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 Your blood's gone bad [PV Stain]

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MessageSujet: Your blood's gone bad [PV Stain]   Mar 8 Déc - 1:50

 Your blood's gone bad

○ I knew it would. The devil killed. And yet you're back for good. So death is coming to purge this town. I know your name and I'm gonna hunt you down. You can run, you can hide, you can pray but I'm gonna cut you down. I don't bring forgiveness. I don't bring peace. I've come to slay you. Come to kill the beast. I'll search the shadows. You'll wear back the crown. You know it's coming. And I'm gonna hunt you down.


La vérité. Pour elle, on peut s’écorcher la chair jusqu’à l’os. Dédier sa seule existence à cette lutte acharnée. Avant, elle était de ceux qui la fuient au lieu de la traquer. Avant, elle aurait préféré s’arracher les yeux plutôt que de contempler sa réalité. Trop faible pour endurer l’écho du tangible jusque dans sa moelle épinière. La moindre brise pouvait la briser, le moindre vent contraire révéler les ecchymoses sur la peau. Ces hématomes qu’elle préférait confondre à la couleur du ciel tout là-haut. Assez immergée dans son idyllique démence pour se voiler la face, pour préférer la brume à la clarté. Le mensonge détruit, elle s’est donnée pour mission de n’invoquer que les tornades pour absoudre le faux et encaisser le vrai. Chaque coup se place à l’imparfait, façonne le présent de la meilleure des manières. L’honnêteté de faiblir devant la glace, la force de répliquer à chaque fausse note avec plus d’ardeur encore. Peut-être que sa volonté aurait été absolue ce matin-là si Nymeria Grimes n’était pas venue disséminer ses fumeuses théories dans son crâne plusieurs jours auparavant. L’intuition détraquée et la crainte revenue, la glorieuse, de ce temps macabre, insalubre. Joan ne se supporte pas dans le reflet. Elle fracasse le miroitement d’un coup de coude rageur. L’hémoglobine galope déjà sur l’avant-bras. C’est toujours comme ça que ça s’enchaîne. L’absence de sincérité ne lui occasionne que de nouvelles plaies. Si tout n’est pas encore bon à entendre, elle doit pourtant prêter une oreille attentive à quelques-unes de ces paroles corrosives. La fin de l’enquête déterminera le jugement final sur la chirurgienne. Mais l’urgence est ailleurs. Les fragments du miroir se dispersent à ses pieds, elle ne prend même pas la peine de les ramasser. Bandage pour le bras blessé et vêtements à enfiler. Le blouson se superpose très vite à l’ensemble, le café dégringole l’œsophage plus vite encore avant que l’appartement ne soit déserté et les rues conquises.

Devant l’austérité de la bâtisse, elle contient à peine un grognement désapprobateur. Le lieu ne la hante pas particulièrement. Il ne lui fait ni chaud, ni froid. La raison de sa présence en revanche, l’agace au plus haut point. Elle aurait préféré mettre la main sur ce Rafaele plutôt que de devoir s’entretenir avec le démon. Ses espoirs sont minces. Ici, sa conscience doit battre la mesure. Quatre murs pour aucune issue, ne devrait-il pas se montrer plus clément à tout interrogatoire ? Les dents grincent, les doigts se crispent en un poing. Son dernier crime le range dans la catégorie des personnes qu’elle souhaite voir crever lentement, agonisant dans leur sang et priant pour la délivrance qui tardera forcément. Le désespoir appelle le vice. Comment l’envisager autrement que coupable ? Il a déjà franchi chaque limite en tuant sournoisement Azzura. La haine se répand, onde pour l’épiderme qui propulse ses crocs en avant et ses pas en arrière. Comment réussir à le dévisager sans chercher à le fracasser ? Elle se donne deux minutes pour dénicher une réponse mais l’impatience assoit son autorité et c’est en vengeresse qu’elle franchit le premier palier. On l’arrête directement pour lui poser des questions. Elle ne répond que par monosyllabe, retenant péniblement chaque insulte qui effleure son esprit échaudé et sa langue dévastatrice. Son métier soutient sa requête habilement mais ne la préserve d’aucune mesure préventive.

Avant de passer le dernier portail, un molosse exige qu’elle présente ses armes. Excédée, elle ôte son flingue abruptement de son holster dans un mouvement bien trop brutal qui réveille la douleur encore fraîche de son coude. Son chapelet d’injures interpelle le gardien qui s’avance déjà vers elle pour procéder à une fouille au corps impromptue. La sorcière recule vivement. « Tu gardes tes putain de mains pour toi, le gorille. » Rapidement, elle retire sa veste et lui démontre en de simples gestes qu’elle n’a aucune arme sur elle. « Et accessoirement, on bosse pour la même enseigne. J’ai pas que ça à foutre de me faire toucher par le premier frustré qui passe par là surtout quand il a les pattes plus poilues encore que mon clébard. La pleine lune, ça se passe comment ? T’arrives à gérer ? » Un collègue intervient avant que l’intéressé ne réplique. Un coéquipier courageux et très certainement soucieux pour la veine dilatée que l’offensé arbore depuis quelques secondes sur le front. La milicienne soupire d’un air agacé et abandonne à regret son pistolet derrière elle. L’option viser et tirer est donc abolie. Sans doute pour un mieux. Trop radical. Pas assez recherché. Elle peut sûrement mettre sa créativité à meilleure contribution pour régler le cas de Stain Greyjoy. On l’escorte jusqu’à la salle destinée à ce type rencontre insolite entre prisonnier et visiteur. Murs dénudés, teintes glacées et silence relatif. Le néon au-dessus de sa tête grésille suffisamment pour qu’elle ait envie de jeter sa chaussure au plafond afin qu’il s’éteigne définitivement. La chaise accueille sa nervosité, la table, ses énièmes offenses alors que la partie mutilée de sa peau entre en contact avec la surface.

Elle fait basculer son siège en se rejetant en arrière pour poser ses pieds sur le meuble face à elle. Les bras croisés et les yeux braqués sur la paroi qui la sépare toujours de son cher cousin. Des sentiments contradictoires abondent dans son thorax alors qu’elle sépare méthodiquement les informations reçues sur cette affaire sordide. Un viol donc. Elle ne connait pas l’identité de sa victime. A vrai dire, elle préfère ne pas savoir. Ça ne l’amènerait à rien d’utile. La faute n’en demeure pas moins entière, abjecte et suffisamment affreuse pour qu’elle en ait la nausée dès qu’elle y projette le moindre songe. Elle ne croyait pas qu’il puisse plus la dégouter davantage mais de toute évidence, elle l’avait sous-estimé. Le garçon qui courait à ses côtés, n’a définitivement conservé de son essence que ce regard impénétrable qui enfouit une douleur sans fond. Une souffrance pour laquelle elle possédait tant de compassion et tant d’empathie quand elle répondait encore au nom de Chiara. Elle avait mal pour lui. Elle avait mal avec lui. Désormais, elle n’éprouve qu’une sensation de vide, de vertige à chaque fois qu’elle tente de démêler sa rancœur de l’attachement inconditionnel. Tout a une échéance, même la loyauté intemporelle. Leurs souvenirs ont beau s’évaporer dans l’air, ils sont autant de chants macabres dépecés de toute gorge pour être entonnés, désincarnés dans les esprits fragmentés par les décennies écoulées. Le temps a filé pour ne jamais se racheter. Des enfants perdus à tout jamais.


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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Dim 13 Déc - 20:46


On a pris soin de doubler la dose. L’argent qu’on lui injecte tous les petits matins dans les veines pour s‘assurer que le loup rester bien maté. C’est une dose de poney qu’ils lui ont foutu dans le système ce matin. Le corps en feu, le cœur en furie, le soldat souffre. A en crever. Il gémit sa douleur dans son oreille, s’y étouffe pour mieux ravaler le sang qui lui chatouille la langue. Il se fiche d’attirer l’attention d’Eamon. Il se fiche de la prison et du reste tant ce qui est en train de sévir sous sa peau lui démolit le cerveau. Le soldat serre les dents mais lorsque les premiers os se brisent, son flegme vole en éclat. L’argent dans le système, c’est toute sa nature qui se révolte. Hurle et brûle de faire voir à ses tyrans qu’il est impossible d’apposer un quelconque contrôle sur l’instinct du fauve. Le squelette se démolit à grand renforts de craquements et la chair s’étiole sous les ongles de l’homme qui étouffe dans sa peau. Il arrache la chair, se contre-fout de la couche de souffrance qu’il rajoute à son supplice. Au milieu de raffut de son sang contre ses tympans, Stain croit percevoir la voix de son camarade de cellule. Il souffle plus fort et râle. Expulse sa douleur à s’en déchirer la gorge et cède enfin. Le corps en lambeaux se recompose et le loup émerge de l’amas détruit. Sur le matelas souillé par la mutation, le fauve griffe les draps, s’agite et mords le néant. Brisé par le mal qui l’a possédé, l’enfermement exacerbe ses angoisses et ses instincts sauvages. Les griffes se heurtent durement au sol, le griffe et lorsque les prunelles d’or se pose sur l’autre homme présent dans la cellule, les babines claquent. Avide de sang, le fauve s’avance vers sa proie. S’apprête à bondir pour voir son geste voler en éclat lorsque des gardes font enfin irruption dans la cellule. Ils hurlent, frappent la boule de fourrure blanche et tentent d’attraper le fauve qui profite de la confusion pour se faufiler hors de la geôle. Il panique, perd ses repères et bute contre une porte close. Le loup glapit son mécontentement et rebrousse chemin, prêt à repartir dans le sens inverse lorsqu’un élan de douleur lui vrille la cuisse. Un tranquillisant, fiché dans son arrière-train. Il lutte quelques pauvres secondes et s’effondre sur le linot de la salle commune. Sous le regard des autres détenus, le fauve se fait trainer comme une vulgaire serpillère jusque dans une cellule d’isolement, prévue spécialement pour les monstres dans son genre, aux prises avec leurs hormones les soirs de pleine lune.

Il émerge dans le noir. La bouche pâteuse, le cœur en miette et une migraine qui lui déchire le crâne. Sa nuit de pleine lune a été un véritable charnier. Un assemblage de peur et de souffrance qui se rapproche étrangement de ce qu’il a éprouvé des siècles en arrière le soir de sa première mutation. Le silence qui règne alentour le fait frissonner d’appréhension et le doute se change en certitude lorsque la porte de la cellule grince. Des moqueries lui percent les oreilles et s’accompagnent de coups. Encore brisé par le retour soudain de son humanité, le Hunter encaisse la violence sans sourciller. Se laisse relever comme une vulgaire poupée de chiffon et trainer au dehors de sa cage. Les jambes chancèlent, le corps vacille et la honte lui vrille le bide. Celle d’être si impuissant, incapable de se tenir debout sans aide, à poil devant des abrutis qui profitent de sa faiblesse pour le trainer encore plus bas que terre. Il enfile son pyjama orange sous les regards acerbes. Les mains tremblantes, le corps parcourus de frissons de douleur. Fracassé, il n’ose pas imaginer l’étendue des dégâts qui peut parsemer sa peau blanchâtre. Et pour parfaire la tenue du taulard, les menottes viennent lui cisailler les poignets. « - T’as de la visite, Greyjoy. » Pas maintenant. Qu’elle aille crever cette visite de merde. Il ravale sa haine et la colère assassine qui ronge sous sa peau. Remplace le temps d’une inspiration la fatigue écrasante qui lui démolit le cœur. Il n’aspire qu’à se foutre sous ses draps pourris, la tête sous l’oreiller et dormir. Pendant toute une journée, d’un sommeil de plomb. Il se laisse entraîner dans les couloirs insalubres de la prison, ne cherche pas vraiment à savoir ce qu’il l’attend une fois arrivé dans la salle des visites. Il s’en fout.

Alors quand la porte s’ouvre, que la lumière vacillante lui grille les rétines, Stain baisse le museau. Avant de reposer son regard sur la silhouette familière. « - Je te les enlève ou tu vas encore vouloir lui casser la gueule comme à l’autre ? » Il lance un regard entendu au gardien. Comme si j’étais en état de lui casser la gueule… Sérieusement ? Les serrures cliquètent et il se retrouve libre comme l’air. Pour mieux se trainer jusqu’à la chaise inoccupée. « - Précieuse. Justement, j’avais un service à te demander. » Il grimace lorsque son derrière se pose sur la chaise et pose ses pattes à plat sur la table. « - J’ai une plante, super fragile à arroser, tu voudrais pas t’en charger ? Tu pourras te servir au passage si tu veux… » Il esquisse son plus beau sourire en direction de Joan. Bat des cils comme un dealer qui cherche à vendre sa meilleure came. Le grand séducteur se retrouve face à un mur. Ravale ses dents et se renfrogne légèrement. « - Ok, vue ta tronche, t’es pas là pour parler chiffons et arrosage. Que puis-je faire pour toi ? Je suis un peu limité par contre, comme tu peux le constater. » Il désigne la pièce d’un geste de la main tout en tapotant la table de l’autre. Si une part de lui sent que la visite risque de fortement lui hérisser les poils du derrière, une autre ne peut s’empêcher de se sentir rassurée de voir la Peacekeeper. Sous la couche de moqueries détestables qui vient se poser sur sa langue, c’est la chaleur d’un étrange attachement qui se distille dans ses veines.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Lun 4 Jan - 21:21

L’espace dépouillé et pratiquement chirurgical met à mal la patience de la sorcière. Elle se sent déjà oppressée par quatre murs immaculés, uniquement souillés de murmures évanouis ou avortés. Combien de personnes ont pu s’y retrouver pour se juger, se jauger et se séparer ? Combien de détenus rabaissés ? Combien de larmes ? Combien de cris ? De coups ? Des réminiscences insalubres qui s’attardent entre le carrelage et cet affreux néon grésillant toujours plus fort. Des échos incrustés dans la brique et déterminés à hanter la seule occupante. Des nuances de gris se découpent dans sa pupille alors qu’elle serre désormais ses poings contre son ventre. Aux extensions du cauchemar, le pied contre la marge, à la limite du saut, elle s’est construit cette alternative. Celle qui l’aurait propulsée ici pour d’autres motifs, pour une autre personne. Le voir dans une de ces tenues mandarines qui feraient pâlir le plus audacieux des textiles, menotté, la fierté écorchée jusqu’à l’œil rougi par l’épreuve. Isaac s’insinue sans mal dans ses poumons à ce seul souhait pourtant périmé. Maintenant, où qu’il soit, il est définitivement libre. De toute manière, qui aurait accepté de le condamner ? Frapper et détruire sa femme n’est pas un prétexte à l’enfermement. Tout juste à l'amende qu’il aurait pu régler sans mal. Ce salaud s’en sort dans une société qui sous-estime la violence conjugale. La brune souffle l’air avec agacement. De toute manière, son silence impérieux n’aurait jamais brisé le tabou. Elle en aurait été incapable. Trop faible, soumise et apeurée à la seule idée que les choses empirent. Ou qu’il la quitte. Au fond, c’est de ça dont il a toujours été question. La solitude qu’elle ne voulait pas encaisser. La mélancolie trace ses sillons sur son épiderme, disperse la hargne sollicitée. Cet endroit scie ses nerfs jusqu’à l’os. Mais celui qui entre, brise jusqu’à son squelette tout entier.

La dégaine désarticulée, la chair mortifiée et le regard éjectant un désespoir farouche. L’archétype même de la victime. Et pendant un bref instant, elle se prête à l’émotion. L’inquiétude se diffuse péniblement dans son réseau sanguin, l’obligeant à réajuster son insolente position, rebasculant vers l’avant pour mieux le contempler. A peine perché sur ses deux guiboles, à peine capable de poser un pied devant l’autre. Elle s’attend presque à le voir trébucher et s’affaler au sol. La compassion tortille ses artères et manque presque de la forcer à se redresser pour le soutenir avant de se souvenir qu’elle n’est plus tout à fait Chiara. Et qu’il n’est définitivement plus Ezio. Crispée sur son siège, elle l’observe s’installer avec une contradiction marquée dans le choix de ses expressions. Ses yeux s’évadent de la vision macabre pour atterrir sur le gardien s’éloignant de la scène, leur laissant un semblant d’intimité en refermant la porte derrière lui. Désorientée par cette apparition fantomatique et sa rancœur encore vive, Joan replace ses prunelles sur le métamorphe et l’écoute avec attention, accroche l’audace avec laquelle il s’exprime, s’agite. Son impertinence déclenche l’étincelle embrasant le bûcher.

La trentenaire réorganise ses traits furtivement pour articuler un rictus triste, pratiquement bienveillant. « Mon petit Ezio. Mon pauvre cousin adoré. Pourquoi crois-tu que j’ai accouru ici ? Pour toi, bien sûr. Regarde, dans quel état ils t’ont mis, tu fais peur à voir. » Prenant une mine plus soucieuse encore, elle se penche par-dessus la table qui les sépare et attrape une de ses paumes. Ses doigts caressent doucereusement le dos de sa main et dans un souffle, énonce « Tu souffres ? » La tête s’incline, la moue se forme et avant qu’il puisse répondre, son index allié à son pouce prenne le majeur de l’ingrat en otage. Elle lui tord le doigt le plus violemment possible en s'aidant de toutes ses phalanges, priant pour lui casser un os. « Sûrement pas assez. » Ses ongles grignotent la chair toujours captive de son emprise tandis que la fureur siffle entre ses dents serrées. « Tu devrais baisser les yeux au lieu de la ramener. Quand on est une couille molle, on se la ferme. Et si tu piges pas le principe, je peux te la faire bouffer ta plante. » Elle le relâche ultimement après l’avoir toisé et recule jusqu’à ce que son dos cogne le dossier de sa chaise.

Un léger rire, proche du gloussement, surpasse ses lippes et envahit l’atmosphère. Sarcastique, il claque comme le prélude d’un nouvel accès de violence ou d'une démence manifeste tout du moins.« Un peu limité ? T’as déjà trop d’espace. Pourriture, je sais pas ce qu’ils attendent pour te castrer mais je peux faire ça gratuitement s’ils demandent gentiment. » La peacekeeper dépose prudemment ses coudes contre la surface plane face à elle avant de reprendre. « Ça va ? T’arrives à gérer avec le feu que t’as aux couilles ? Tu fais tomber le savon ? A moins que tu ne les sodomises quand ils roupillent ? Apparemment, tu kiffes ça quand tu peux te servir sans demander. Tu me débectes. Susanna te cracherait elle-même à la gueule si elle pouvait. T’es pire qu’une honte, un putain de déchet de la société. Et encore, j’insulte les immondices là. Même la merde a plus bel aspect et sent meilleur. T’as pas le moindre remord. Je comprends qu’ils te rouent de coups. C’est le fait que tu sois encore en vie que je pige pas, crevure. T’as réussi à acheter la justice ? Tu as sucé qui pour être encore là hein ? » Les raisons de la visite s’égarent dans toute cette haine à évacuer. D’autant plus quand elle met en forme cette réalité. Lui, compressé par cette tenue de prisonnier. Elle, jouant à l’inquisition pour dépasser sa déception. Combien de fois devra-t-elle assister à la déchéance de sa famille d’autrefois ? Combien de fois encore devra-t-elle le juger pour pouvoir s’acquitter de toute émotion ? Sans doute jamais. Cette situation est irréparable. Aucune indifférence pour aucun pardon. Coincée entre la carcasse et l’âme. Maintenue entre agressivité et chagrin. Dissipée par habitude, perdue par essence.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Ven 8 Jan - 20:20


Il se sent crever devant le regard de Joan. Perturbé par l’esprit qui sommeille sous cette peau. Cette petite emmerdeuse qu’il avait appris à détester et à apprécier. Le regard du milicien captif se dérobe le temps de quelques battements de cœur, la douleur dissimulée derrière les paupières le temps de trouver une position relativement confortable sur une chaise qui ne fait que lui démolir le cul. Il inspire et se mord la langue juste au moment où un spasme lui comprime les muscles. Attise les élancements émanant de ses bleus et autres jolies marques d’une affection sans borne. Trop populaire auprès de ses potes les taulards. La vedette de la cage aux folles. Il ne sourcille même pas lorsque la voix vient se distiller contre ses oreilles. Il sent venir la connerie. La belle merde qui s’apprête à lui tomber sur le museau comme une vilaine pluie. Trop de douceur dans un timbre d’ordinaire chargé de cynisme et de mots corsés. Stain esquisse un infime geste de recul, sans avoir cependant le temps de virer ses pattes de sur la table. La harpie se saisit de sa main et lui démolit le majeur. Le souffle se bloque dans sa trachée et le loup soutient le regard noir. Aussi sombre que le sien. La ressemblance qui vient alors qu’ils ne partagent plus le même sang. L’ironie du truc fait naître une ébauche de pauvre sourire sur ses lippes avant qu’il ne le souffle dans une expression de douleur difficile à cacher. Il crève d’envie de l’insulter, la pourrir et l’incendier mais il préfère se contraindre au silence. Ravaler ses injures pour le moment et se contenter de la laisser se défouler sur son pauvre doigt. A défaut de pouvoir le pointer de son plein gré devant son joli nez. C’est mort pour Plante… Putain fait chier. Sa came en train de crever dans son appartement parvient à l’inquiéter bien plus que sa main qu’il ramène malgré tout vers lui. Histoire d’éloigner ses autres doigts des élans sadiques de Précieuse.

« - Je me doutais que la botanique c’était pas ton fort. Tu sais, quand on est... une couille molle c’est ça ? L’ouvrir, ça peut compenser ce petit désagrément. » La langue du fauve se délie et le cynisme roule contre son palais. Il hausse un sourcil et lance un regard entendu en direction de la Peacekeeper. Il grimace une nouvelle fois et vient laisser son dos fracassé venir se coller contre le dossier de sa chaise. Il ne devrait pas rester assis. Pas quand le temps qu’il lui reste avant de ne plus pouvoir tenir debout n’a de cesse de devenir de plus en plus court. Les reins se font de fer, rouillent sans qu’il ne puisse rien y faire et c’est tout l’édifice qui menace de se casser lentement la gueule. Et un infirme en prison, il ne donne pas cher du restant de sa pauvre peau. Des frissons dégringolent le long de sa chair fatigué et les dents claquent sous la force du froid qui vient de le toucher. « - Ils attendent le bon moment. On est en prison ici, la castration ça existe plus. A l’époque de l’Inquisition je dis pas. Les services ne sont plus ce qu’ils étaient qu’est-ce que tu veux, faut s’y faire. » Il hausse une épaule, désinvolte. Et constate que mentionner l’ancien temps et les horreurs qui ont pu y être perpétrés ne lui font plus rien. A peine un fourmillement sur les bras. Pour ce qu’il a fait à ce moment là, il n’a plus de remords. Pour ce qu’il peut faire aujourd’hui… Il a de sérieux doutes.  « - Ca va très bien. Et toi ? Tu maîtrises avec tes éternels grains de sable dans le string ? Ces clichés, Précieuse, je m’attendais à tellement mieux venant de toi. » L’ébauche d’un rire amer effleure sa langue et le regard du fauve se fait plus incisif. Ces petites conversations acides lui manquaient. Trop de coups, pas assez de cerveau derrière ces foutus barreaux. Trop de chose qui se font absentes et qui creusent lentement sa tombe. Il a déjà un pied dedans, il le sent. Ca grouille sous sa peau, et il ne peut rien à faire pour arrêter l’hémorragie. Les paroles le détruisent, démolissent son pauvre cerveau et pendant un court instant, Stain se noie. La tête sous ce flot d’injures et de ressentiment, il suffoque et se raccroche d’un geste maladroit à la table. Efface d’un infime mouvement de tête les étoiles venues danser devant ses rétines. Quand ce n’est pas le sol qui devient tout mou, c’est la galaxie qui clignote devant ses mirettes. Façon guirlande de Noël. Trop de coups sur la tête.

« - Je t’ai rien demandé, t’as rien à foutre ici. Si je te débecte à ce point-là, fallait pas ramener ton cul ici. Les parasites sont résistants, et j’ai un bon entrainement derrière moi. La merde c’est tenace tu sais. Tu crois vraiment que si je n’étais improvisé plombier je serais encore ici ? J’ai rien acheté, et si je me suis mis à genoux devant des glands, c’était pas les bons apparemment. » Il distille son ressentiment dans un sifflement. Les dents serrées pour ne pas laisser toute la haine qui lui crève le cœur se déverser sur Joan. Une part de lui s’efforce à se convaincre qu’il reste quelque chose de cette cousine qu’il a tant aimée étant gamin. L’autre en doute, vu qu’il ne reste plus rien du môme qu’il a été. Sinon un tas de cendres dans lequel il bute dès que l’envie le prend. « - Tu m’épargneras la tirade sur la mémoire d’Anna. Tu la connaissais pas et t’as plus rien de Sa sœur, alors évite de la ramener.  Précieuse et son langage de camionneur, c’est amplement suffisant. » Le visage se ferme et le regard se fait de glace. L’hésitation le prend au cœur un court instant, puis il finit par se lever. Non sans mal. Tout en essayant de rester digne. De garder cet aplomb qui le caractérise quand tout menace de se casser la gueule. « - Retourne jouer dans ton bac à sable, il doit te manquer deux-trois grains pour parfaire la plage et embellir ton humeur de merde. J’ai pas besoin de supporter tes crises de morve. On s’occupe suffisamment de mon cas pour pas que t’en rajoute. » Il la fixe un court instant. Se nourrit de ce visage aussi charmant qu’horripilant. J’attire les emmerdeuses. Le constat a quelque chose de comique, mais l’envie de rire lui reste coincer dans le gosier. La douleur dans ses reins se fait plus intense maintenant qu’il est debout, à mi-chemin entre la table et la porte.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Dim 17 Jan - 23:57

Que cherche-t-elle en se jetant à corps perdu dans des combats trop souvent perdus d’avance ? A quoi joue-t-elle seulement en râpant la chair d’autrui de ses paroles acerbes ? Remuer l’air, s’imposer dans l’espace, pourvu qu’elle puisse attirer l’attention, faire la différence, marquer la pièce de sa seule présence. Expulser le plus d’insultes possible pour ne pas s’autoriser le remord ou pire encore, s’adonner à l’empathie ou à sa jumelle maléfique, son opposé absolu, l’apathie. Collectionner les tragédies, les porter en collier et se laisser perpétuellement étrangler par un passé conjugué bien trop souvent au présent. Non, Joan ne peut pas se résoudre à ça. Surtout pas quand l’orchestre se disperse entre l’abime et la réalité. Chaque son diffus s’est démantelé, il n’y a plus aucun ensemble, plus aucune harmonie. Des dissonances entre les échos de ceux qui sont partis et les bruits assourdissants produits par les survivants. Par le seul miraculé. Celui qui s’échine à devenir tantôt nonchalant, tantôt martyr. Elle connait les hommes de son espèce. Des manipulateurs cherchant à susciter la compassion en entretenant fièrement chaque accent de douleur dans la voix et dans la pupille. Cette souffrance n’est sans doute pas fictive, elle en décèle des nuances improbables dans sa dégaine de détenu maltraité et rabaissé. Pourtant, ceci n’est-il pas que le résultat du chaos qu’il a invoqué ? Quelques paroles s’imposent dès que le chagrin fait osciller cette promesse de revanche sur les traits. Il aurait pu me torturer, comme Ezio l’a fait avec sa propre cousine. Nymeria Grimes et ses demi-mensonges sont abruptement impérieux, donnant du sens à un fait qu’elle a laissé sans doute de côté. Le métamorphe brisé se range plus aisément dans la catégorie des monstres que des hommes.

L’insolence toujours. En bannière ou comme barrière, ça ne change rien. Absolument rien. Ça n'arrache ni rictus, ni grognement à la sorcière. Relativement indifférente, elle le laisse tenter de répliquer à son agression verbale mais le trouve de plus en plus pitoyable à mesure qu’il poursuit sa tirade. Ses grimaces témoignent de la précarité de son état mais ne propulsent sur le faciès de la trentenaire aucune ombre. Elle s’en moque désormais. Qu’il soit couvert d’hématomes, qu’il ait contracté une infection sordide ou qu’il soit à l’article de la mort. Peu importe, il l'a mérité. A son rire qui n’en est pas un, elle ne peut s’empêcher de répondre cependant. « Ouais, faut dire que tu ne m’inspires que l’envie de gerber. » Un ricanement se joint aux hostilités générales. Elle sait qu’elle l’abat. Elle le voit se décomposer, déjà livide avant de franchir la porte, pratiquement translucide désormais. Du shadowhunter, il ne reste plus rien. Ou si peu. Sa farouche assurance s’émiette de rencontre en rencontre, de vérité en vérité. Et entre les regards courroucés, elle discerne étrangement et de façon constante le petit garçon à qui elle aurait aimé pouvoir encore s’attacher. Mais les faits s’alignent, grossissent à mesure que les injures volent et qu’il s’applique à les lui renvoyer. Toute cette énergie gaspillée en sons et pas en actes. Sauf qu’il se redresse, qu’il fait mine d’asseoir sa supériorité, de vouloir quitter la pièce. La milicienne le dévisage longuement avant de se relever à son tour, l’empêchant d’obtenir le moindre ascendant sur elle, même de cette façon symbolique. Surtout de cette façon. « On s’occupe déjà assez de ton cas ? Pauvre petit canard boiteux, t’as besoin que maman t’aide à patauger dans la mare ? Tant que t’arrives à tenir sur tes deux guiboles, c’est qu’ils sont encore trop sympas avec toi. » Son index se pointe la poitrine ennemie. Depuis quand le sont-ils devenus d’ailleurs ?

Les paumes s’accrochent à la table ensuite, les ongles s’incrustent dans le plastique, pourraient presque le rayer. La rage qu’elle expulse fait grimper le ton, elle hurle quasiment. « T’as même pas honte de ce que t’as fait hein ? T’as cru quoi quand tu lui as écarté les cuisses de force ? Que c’était Susanna ? T’as voulu la baiser en croyant que c’était Elle ? Putain de psychopathe. Elle est morte ! Et sûrement par ta faute, putain ! » Le déclamer à voix haute la gifle, l’oblige à respirer précipitamment. Toujours en deuil. Toujours. Le vide creuse de nouvelles cavités dans sa poitrine mais elle persiste au milieu de la tempête, elle se tient droite. Elle accuse chaque bourrasque avant de se décrocher de la surface, fait le tour de la table un peu trop calmement pour se placer face au fuyard. Elle lui barre l’accès vers la sortie et se place à quelques centimètres de lui, les yeux dans les yeux. « Tu te rappelles Ezio quand j’ai fermé ma gueule sur ce qu’il t’arrivait ? Quand tu chialais comme un gosse et que t’avais besoin de moi ? Tu ressembles toujours à cette larve, à cette petite chose larmoyante et pathétique. Tu m’as fait pitié. Tu me fais toujours pitié en vrai. T’es faible, tu sers à rien. T’es une sous-merde. J’ai plus de rien de Chiara, ouais. Parce que des merdes comme toi m’ont fait comprendre que la seule chose de censée à faire dans ce monde à la con, c’est de penser qu’à sa gueule. T’as fait ça bien, toi, hein ? » Un sourire mauvais se hisse sur sa bouche alors que ses mains attrapent doucement le col de l’italien. La hargne lui fait serrer la mâchoire, donne à ses intonations une instabilité effrayante. Elle se sent capable de tout, au bord de la brèche, prête à sombrer dans une folie qu’elle a manifesté au contact d’Isaac. Après que Jill ait perdu la vie. Ce même état de désespoir, ce même constat. Elle n’a plus rien à perdre. Elle a déjà tout perdu. « Tuer Azzura, violer une pauvre meuf. Et qui sait participer au massacre de Susanna ? Elle aussi tu l’as forcée à coucher avec toi ? T'as posé tes mains où ça te plaisait ? T'as pris ce que t'as voulu, tu l'as laissée pour morte ? Plus rien me surprendrait de ta part. T’as tout souillé, t’as tout gâché. Ouais, tu me débectes mais je suis ici parce que j’ai besoin que tu me parles de Rafaele. Tu sais le mari de ma sœur. Celle que tu as empoisonnée petit con. Et tu vas me répondre. » Elle le secoue à deux reprises aussi brutalement que possible, rêvant qu’il s’effondre quand elle s’arrêtera et le relâchera. Qu’il soit à terre, qu’elle puisse l’ignorer. Qu'il soit au sol, loin, bien loin d’elle. Le plus loin possible.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Jeu 21 Jan - 20:00


Un spasme lui crispe le cœur. Les dents s’entrechoquent dans un semi-sourire qui meurt aussitôt sur les lippes du loup. La mâchoire se contracte à en faire péter l’émail de ses crocs. Creuse les joues déjà amaigries du taulard alors que les mots s’écrasent sur ses épaules fatiguées. Elle se lève et réduit l’écart entre eux, oblige le soldat à se redresser encore un peu plus malgré la douleur fulgurante qui lui bousille les reins. Il s’efforce de rester impassible quand le tourment vient creuser ses traits fatigués. Les phalange s’ouvrent et se referment sous le joug d’une envie cuisante de lui balancer sa main dans la tronche. La faire taire avant que la situation ne dégénère et que les envies de meurtres qui lui grignotent le cœur ne se mettent à parler librement. Il a déjà causé la mort de celle qui sommeille sous cette peau. A assassiné une autre partie de cette famille de barge. Pourquoi pas recommencé encore une fois ? Sans Cora, il n’y a plus de risque. Maintenant qu’il est seul, autant qu’il le soit totalement. Le dernier membre encore en vie d’une généalogie détruite depuis des siècles. La tare qui s’accroche et refuse de crever, quand elle aurait dû être détruite dès son premier souffle. C’est le bâtard qui enterrera la noblesse. Et l’ironie de la chose pourrait le faire sourire si seulement ses lèvres ne restaient pas dangereusement scellées. Stain se mure dans le silence, et toise la merdeuse. Le temps d’un soupir avant que le flot de rage ne le submerge. Les mots lui écorchent les oreilles, le font tressaillir. Il fulmine, la colère se déchaine sous la peau et l’assaille d’affreux picotements. Elle souille la mémoire de sa propre sœur. Comme il a pu la souiller lui. En enchaînant ses reins à ceux de la chirurgienne dans Sa propre demeure. La honte lui déchire le cœur, fait saigner l’organe mort pour mieux l’accabler d’un poids qui le fait suffoquer. Le loup recule et les neurones se détachent. Décident qu’il est temps de quitter la salle. Parce que tout ceci n’apportera rien de bon.

Pour son plus grand malheur, la furie n’en a pas fini. L’accusation le fait enrager. Attise les braises de cette rage assassine et lorsqu’elle vient se placer devant lui, Stain se fait violence pour ne pas l’envoyer se fracasser contre le mur pourri. Ajouter le sang de la Peacekeeper aux nombreuses tâches insalubres qui maculent déjà le crépi. Les gestes qui se joignent à la parole. Ils amorcent la destruction de la muraille de flegme érigée à la hâte autour des griffes de son haine. Le détenu inspire, profondément. Et dans cette seule inspiration, il se rachète une attitude. Rassemble les miettes de sa piteuse carcasse pour s’entourer à nouveau de cette aura écrasante. Le masque de neutralité glaciale s’appose à nouveau sur les traits défaits et le noir de son regard se fait encore plus sombre. L’éclat d’une lueur assassine dansant dans les abysses de ses prunelles qui viennent écraser Joan. La loque devient menaçante et dans une impulsion, le revers de la main s’écrase contre la joue de la milicienne. Il a insufflé toute sa force dans la gifle dont l’écho se répercute contre les murs. La lèvre de la malheureuse éclate sous la violence du geste. Le sang sur la peau blanche et les lames qui se plantent dans le ventre du fauve. La main fautive s’agrippe alors à la mâchoire, oblige Joan à pencher la tête en arrière et à reculer. « - Tu devrais apprendre à fermer ta gueule. Ou réfléchir avant de l’ouvrir. Tu salis la mémoire de ta sœur comme une vulgaire camionneuse qui crache ses molards sur le bas-côté de la route. » Le timbre devient inflexible. Vibre de cette assurance qui est la sienne lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens. Le fauve réajuste sa prise, agrippant avec plus de hargne sa proie pour en marquer la peau fragile. « - Honte de quoi ? Je n’ai fait que répondre aux invitations de cette pauvre allumeuse qui pleurniche au moins pet de travers. Quand on traine dans les bouges les plus infâmes de la ville, et qu’on prend son pied dans les soirées SM les plus crades, on la ramène pas pour une paire de collants déchirés. Je l’ai pas violé, cette putain de menteuse, les cuisses elle les a écartés toute seule. Précieuse est jalouse peut-être ? » La colère le fait trembler. Il se perd dans les méandres de sa haine, brûle de rancœur et ne contient même plus le venin qui se glisse sur sa langue. Ses entrailles se tordent, tiraillées entre un désir coupable à l’évocation de cette violente incartade et le besoin étouffant de La faire taire. D’obtenir réparation pour ce qu’Elle lui fait subir.

« - Ce que j’ai fait avec Anna ne te regarde pas. Pense ce que tu veux, j’en ai rien à foutre. Tu ne fais plus partie de cette famille ma belle, pas avec cette tronche. Occupe-toi de tes fesses, et arrête de courir après tout le temps que tu as perdu. » Il le lâche dans un soupir, ses lèvres assassines proches des oreilles de la jeune femme. Le silence se fait le temps de quelques battements de cœur, où le loup reste contre la milicienne. S’enivre du contact, oubliant le feu qui lui dévore le corps avant de la relâcher dans une brutale impulsion. Stain recule, et vient buter contre la table. Réalisant sa présence contre ses reins lorsque les pieds raclent le sol. Les sensations se font plus fragiles. C’est à peine s’il parvient à percevoir le froid du sol lorsqu’il se lève pour aller pisser. « - Que je te parle de Rafaele ? Mais ma pauvre tu crois vraiment que je vais le faire ? Ce fils de chienne est mort. Tu perds ton temps. » Il crache sa bile dans un reniflement dédaigneux. Croise les bras sur son torse et crispe ses phalanges contre le tissu de sa blouse. « - Regarde-toi un peu avant d’insulter. T’es aussi inutile que moi. Tu viens en taule pour demander de l’aide à un violeur et un assassin. Elle est belle la justice. On a plus rien à se dire toi et moi. » A Chiara, j’aurais peut-être eu des choses à dire. Dans un autre contexte, avec une autre humeur, peut-être aurait-il pris la peine de deviner la présence de sa cousine derrière ces yeux sombres. Peut-être aurait-il pris la peine de passer au-dessus des phrases assassines et des insultes. A caresser le fauve dans le mauvais sens du poil, elle venait de le pousser à montrer les crocs. Qu’elle approche encore une fois sa main, et il risquait de mordre.


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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Jeu 28 Jan - 23:55

Le passé consomme avidement le présent. Un fait établi par ce lien érodé, une conviction mise en quarantaine par les circonstances. Traquer les vérités à l’imparfait mais chercher toujours plus à gratter le présent pour s’assurer que les retours en arrière ne pourront s’opérer. Entre eux, il n’y a déjà plus assez d’espace pour respirer. Elle l’empêche de reprendre son souffle en égarant le sien. Les mots s’additionnent, des briques à projeter contre la carcasse ébranlée du métamorphe. Autant de coups qu’elle inflige à cette part d’elle qui préférerait l’étreindre, lui promettre que rien ne peut changer. Mais tout a déjà évolué. Chiara se morfond quand Joan se déchaîne. La cadence surhumaine qu’elle s’impose, n’a d’autre but que celui d’en finir avant de disperser les idées, d’adoucir les propos. Sa méfiance va pour lui mais surtout pour elle. L’instabilité la menace toujours. L’italienne captive de ses entrailles hurle avec plus de précision quand elle impose les pires souvenirs à dénicher. Mais l’américaine décide de l’ignorer. La provocation, la méchanceté et le mépris ont raison de la moindre bienveillance enfouie. Elle qui pensait ne pas être venue pour le frapper alors qu’il est déjà misérablement échoué au sol. Pourquoi lui donne-t-il alors le bâton en se parant d’insolence ? Pourquoi ne peut-il agir avec humilité, au moins pour cette fois ? Toute son attitude laisse transparaître un détachement sournois et perfide. Aucune explication, aucuns remords. Brisé, les pieds au bord du gouffre, il maintient le masque. Elle le déteste pour ça. Pour jouer ce rôle. Ou peut-être pour ne pas le faire plutôt. Après tout, c’est elle qui aimerait bien le voir suivre à la lettre le script d’autrefois. Quand va-t-elle se décider à réaliser qu’il n’existe définitivement plus sous la forme qu’elle le souhaiterait ? A quoi s’attendait-elle en retrouvant cette mémoire volée par une éternité d'errance ?

A croire qu’il peut s’emparer de ses songes, à croire qu’il sait ce qu’il doit faire pour que sa belle utopie se fragmente pour de bon. Alors que le point s’impose, la fatalité la rattrape. L’expression bascule sur les traits de son opposant. Elle reconnait les stigmates de ce qui l’attend. Ce regard tranchant, cette détermination et  cette rage. Elle les a expérimentée elle-même en endossant chacun des rôles. Pendant une poignée de secondes, ce n’est plus Stain qu’elle croit observer. Pétrifiée, la sorcière récolte les tempêtes qu’elle a sciemment invoquées. Le geste survient quand elle se convainc enfin qu’il n’oserait pas la toucher. Le bruit cogne plus contre le cœur que la gifle sur la joue. Les tremblements débutent sans son consentement. Séquelles d’une vie vouée au silence et à la violence. L’hémoglobine dévale sa lèvre, elle ne la rattrape pas. Quand il reprend son menton, elle cherche à détourner les yeux. La honte revenue, les cicatrices rouvertes et le comportement rendossé. Sa conscience vacille. Tétanisée à l’idée qu’il recommence, à l’idée d’être encore une fois de plus maltraitée, rabaissée. Elle oublie sa propre existence, balaie ces dernières années pendant ce qui ressemble à des mois entiers. Il profite de sa faiblesse retrouvée pour s’imposer, pour allonger les hématomes sur les artères et engendrer de nouveaux frissonnements. Ses paroles s’insèrent à peine entre leurs deux corps, il est trop proche, trop envahissant. Elle ne parvient plus à se rappeler des circonstances. La peur l’écroue à son mutisme tandis qu’il poursuit les hostilités, domine la situation.

Il suffit d’un terme. D’une seule sonorité pour inverser le mécanisme. Inutile. Non. Pas cette fois. Il s’écarte ultimement, elle réapprend à subsister, à inviter celle qu’elle est devenue dans la pièce. La brutalité qu’elle éprouve alors semble absolue, l'adrénaline pulse dans ses veines. Elle le hait. Elle le hait plus férocement qu'elle n'est désolée pour lui. Elle bondit immédiatement sur l’homme, l’oblige à se retourner abruptement en attrapant sa nuque d’une paume le plus rapidement possible, ses ongles s’incrustent dans sa chair tandis qu’elle met toute sa force, tout son poids dans ce seul geste afin qu’il bascule vers l’avant, appuyant de son autre main l’épaule. Elle force la tête de son cousin à percuter la table, le plus violemment possible. La milicienne espère que le nez sera cassé. Elle maintient sa prise sur lui pour que la joue rafle toujours le plastique de cette surface plane. Très calmement, elle se penche pour glisser à son oreille. « La prochaine fois que tu lèves le moindre petit doigt sur moi, c’est pas que tes couilles que je vais t’arracher. Je te jure, Ezio, j’hésiterai pas à te tuer si tu me touches une seconde fois. » Elle l’oblige à se redresser tout aussi férocement en agrippant sa carrure pour planter ses prunelles assassines dans les siennes. « Regarde-moi bien, la prochaine fois, t’es mort ! T’as pigé ?  » Pour marquer le propos, son genou s’élance pour frapper l’entrejambe du présumé violeur. Elle le relâche alors, recule en essuyant le sang perlant encore sur sa bouche. Un léger rire à moitié nerveux, à moitié glacial accompagne le geste.

Elle tente de recomposer ses traits, de se distancer au maximum du trouble. Ce n'est déjà plus qu'un jeu d'apparence entre eux. « Puis laisse-moi rire, tu veux te faire passer pour la putain de victime ? Quoi t’as vu sa culotte du coup ça y est, elle voulait te baiser ? Tu sais quoi, j’en ai rien à foutre de ton histoire de merde. T’es qu’un pauvre con  qui cherche les emmerdes. C’est bien fait pour ta gueule. » A deux doigts, de lui cracher le cruor qui encombre encore ses lèvres, elle se retient par simple nécessité. Elle rêverait de l’écraser mais se souvient de la raison de sa présence. « Je me casserai et je te laisserai à ta pitoyable petite existence quand tu arrêteras de me dire de la merde. Il est mort de quoi hein ? Je sais qu’il est en vie. Et tu le sais forcément toi aussi, je suis sûre de ça. Moi, au moins, je passe le temps en essayant de capter qui l’a tuée, je fais pas comme toi, à racler ma merde au fond d’une cellule. Alors j’ai peut-être plus la même tronche, peut-être que je suis plus de ta famille, l’attardé mais j’ai le droit de savoir. T’as envie qu’elle soit vengée, oui ou merde ? Fais quelque chose de ta vie, arrête de te torcher le cul en chialant et réponds à ma foutue question. Je dois le trouver, putain. C’est peut-être lui qui l’a butée, tu piges ? T’as pas envie qu’il crève ce fils de pute ? » Sa dernière et unique carte, l’affection qu’il a porté à sa jumelle. Son envie de mettre un terme à l’irrésolu. Pourtant quand elle le regarde, cet odieux personnage, elle se demande s’il possède encore la seule volonté de respirer.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Mar 2 Fév - 20:15


Le geste se répète dans son pauvre cerveau. Sa main le brûle. Et l’horreur de son geste se fait perfide sous sa peau. Il regrette son élan de violence. D’avoir seulement osé lever la main sur elle. La gifler sans plus de sommation et avec toute la force de sa rage. Ce qu’il s’est échiné à éviter depuis sa renaissance, ce qui l’a détruit quand il n’était encore qu’un gamin, le mince rempart entre le restant de raison et la violence brute vient de voler en éclat. Il a franchi la ligne,  et pour lui, il n’y a plus de moyen de revenir en arrière. C’est un pas de trop qu’il regrette déjà et qui lui laisse un arrière-goût amer sur la langue. De l’acide dans le cœur et du sel sur les plaies du monstre qu’il est devenu. Stain se renferme dans son aigreur et ravale les excuses. Elles ne servent à rien. Elles ne font que balancer par terre des regrets qui sonnent faux dans l’oreille de ceux qui les entendent. C’est une valse qu’il danse seul et qui ne lui apporte jamais rien. Alors il se tait, enferme ses remords dans un coin de sa tête pour qu’ils aillent crever avec tous les autres. La réaction de Joan le prend de cours. Bloque le souffle dans sa poitrine et la brutalité du geste le faire soupirer de douleur. Les reins craquent dans l’attaque et c’est cette douleur-là qui l’inquiète bien plus que celle qui fuse dans son crâne lorsqu’il se démoli la tronche contre la table. Le loup a l’odeur du sang dans les narines et son goût sur la langue. Le contact sur la peau alors que l’arcade explose et s’entaille devant le choc. Il ravale sa douleur dans un râle, alors qu’elle fuse de l’arrête de son nez. Qu’elle lui ait pété le pif, il s’en tape. Il en récoltera un magnifique cocard qui lui évitera de se faire démolir la gueule pendant quelques heures. Un sourire ensanglanté s’appose sur les lippes du loup en entendant les paroles de l’américaine. La connerie en rôle principal, les menaces lui passent au-dessus de la tête, même si une part de lui sait qu’elle le fera. Sans hésiter. Et au fond, elle aurait bien raison. Il ne donne plus grand-chose de sa personne. Parvenant même à s’inspirer le même dégoût et la même hargne que celle qui peut suinter des paroles de sa cousine.

Les réponses crèvent contre sa langue avant d’avoir pu s’en échapper, alors qu’elle le force à se redresser. Les regards se croisent un instant avant que la réplique suivante le cingle d’un élan de douleur d’une force qui lui coupe le souffle. Elle s’étend jusque dans le ventre du loup qui râle, et s’agrippe le flanc pour tenter de dissiper cet afflux soudain de souffrance qui lui vrille le bide en deux. Les jambes vacillent et il recule d’un pauvre pas, avant de laisser ses genoux venir s’érafler contre le sol miteux. Le sang sur la langue et la nausée qui menace. Les dents se serrent pour ravaler l’écarlate et le souffle se coupe un instant. Il repart de plus belle, laisse le temps au soldat d’encaisser le choc. Le retour de bâton que l’on se prend dans la gueule. Dans les couilles pour être plus juste mais le résultat est le même. Il l’a giflé, elle se venge, ils sont quittes. Les neurones du loup se déchirent alors qu’il se redresse piteusement et laisse son dos fatigué s’appuyer contre le mur. Il n’a pas le force de se relever et rester assis par terre parvient à atténuer la douleur qui lui bousille le bas du ventre. A peine, mais c’est déjà ça. « - J'avais compris la première fois déjà. Ma pauvre si tu es aussi teigneuse avec tes mecs, ils doivent pas te durer longtemps. » Lâche-t-il dans un souffle amer, essuyant du revers de sa manche orange le sang venu se glisser au coin de ses lèvres. « - Ta compassion me touche cousinette. Un véritable amour. C'est plus compliqué que ça en fait. » Il crève d’envie d’abréger la conversation. De la laisser pourrir avec ses nerfs aussi tendus que le string d’une catin des bas-fonds. Sauf qu’elle serait capable de vraiment me les briser la prochaine fois. La perspective ne l’enchante pas, même si elle pourrait fournir une excuse pour une potentielle future accusation de viol. Les sourcils se froncent et l’idée se fait chasser d’un hochement de tête furieux. Elle insiste et Stain se borne dans le silence. Contemplant d’un regard morne et éteint le sol devant lui.

Et dans un soupir, le taulard renonce. Il abandonne ses envies de vengeance parce qu’il sait qu’il ne sortira pas de cette foutue prison pour pouvoir accomplir ses sombres desseins. Ses envies de meurtres ne resteront que des pauvres fantasmes, juste bons à le faire frissonner dans le confinement de sa cellule merdique. Un nouveau soupir brise le silence et Stain baisse lentement la tête. « - Il a été assassiné par son égo surdimensionné. Quand on est un lécheur de cul professionnel, faut bien s'attendre à tomber sur des derrières pas frais et se chopper des trucs bizarres. » L’ironie et la moquerie d’abord pour se donner une chance de faire machine arrière et de garder pour lui l’identité de l’assassin de Cora. « - Si... J'en meurs d'envie. De lui faire bouffer sa suffisance et de le voir crever la gueule ouverte. T'as pas capté encore? C'est lui qui L'a tué. Ce sale merdeux... » Ca lui fait mal de l’avouer. De le dire à voix haute quand cette seule pensée lui arrache le cœur. Il s’acharne à insuffler de la haine à ses paroles mais c’est la peine qui fait vibrer sa voix. Les regrets qui s’accumulent contre sa trachée et qui le rende affreusement pitoyable. « - Tu pourras rien faire contre lui. Monsieur le Chef des Services Secrets et de la Protection Rapprochée des personnalités politiques. Non mais sérieusement, rien que le titre te donne des envies de meurtres et te fait comprendre que tu peux pas lutter face à ça. Pauvre type qui se roule devant les pieds du Président. » Un dédain évident se glisse dans ses paroles, s’incruste sur ses traits fatigués alors qu’il relève le nez vers Joan. « - Notre cher Rafael Morienval. » Le nom lui arrache la langue. Il le crache et ne fait rien pour ravaler sa bile. « - Je voulais m’occuper de son cas, mais je doute de sortir de là… Démoli-le si tu arrives à l’atteindre. » Qu’au moins un de nous deux parvienne à La venger.


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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Ven 12 Fév - 1:29

Le voir se tortiller au sol ne lui apporte même pas le moindre réconfort. Dès l’instant où leurs prunelles se sont accrochées, l’illusion s’est fissurée. Envolée du voile et des perceptions altérées. Fuir le passé à grandes enjambées pour mieux le dénicher sous de nouvelles formes, les plus incongrues. Elle accorde à chaque similitude, l’amplitude d’une détresse qui n’a jamais appartenu à Chiara et qui n’appartient même plus à Joan. Engendrer de grands fracas pour la chasser confine à la démence et à l'idiotie. Les séquelles se superposent les unes après les autres cependant. Trop profondes pour pouvoir un jour se dissoudre. Le temps ne peut pas guérir ce qu’il a si longtemps détérioré. Les accès de violence n’ôtent pas le poids des mots, ni la portée symbolique de ces limites à franchir rencontre après rencontre. Bientôt, en plus d’être deux étrangers sans lien de parenté concret, ils ne seront plus que la ruine de l’autre. Deux clichés dotés d’un sépia défraichi mais aux souvenirs encore frais. La brûlure marque encore la joue, elle irradie jusqu’à la poitrine. Le sourire narquois ne s’invite même pas sur ses lèvres. Elle n’a pas vraiment pitié de lui. Mais elle n’éprouve pas non plus satisfaction. Cette entrevue dérive en règlement de compte et elle est sans doute la première à blâmer pour ça. Comment contenir son fiel alors que son adversaire présente le comportement qu’elle répudie le plus ? Elle aurait aimé sans doute qu’il fasse preuve de remords ou au moins, d’humilité. La moindre étincelle devient brasier, les circonstances accablantes sont autant de poudre pour le caractère volcanique de la brune. Il serait facile de détourner les yeux, si l’âme pouvait se faire vagabonde. Elle aimerait pouvoir déloger Chiara de ce corps mais elle ne sait plus qui elle serait sans elle. Après tout, elles ne sont pas concrètement deux entités scindées à l’intérieur bien que l’unité soit trop souvent incertaine. Surtout quand Ezio hante l’horizon.

Epuisé, fracassé, pratiquement abattu et pourtant, à l’insolence toujours manifeste. Joan tient en respect cette ténacité autant qu’elle la maudit. Ne peut-il pas avoir l’air réellement misérable pour qu’elle puisse offrir à son alter-ego européen ce qu’elle souhaite ? Qui croit-il qu’elle blesse en se montrant aussi revancharde ? « Ecrase-la. Vu ta détresse sexuelle, l’obsédé, je la ramènerais pas à ta place. » Le ton se fait sec, glacial alors qu’elle s’écarte davantage de lui en quelques pas maladroits. Il faut prendre du recul, revenir aux objectifs de départ sinon, c'est la perte assurée. « Compliqué ? Avale tes salades et asphyxie-toi avec. J’en ai plus rien à foutre. » Le silence grappille les dernières traînées de hargne. Il ne reste déjà plus qu’une pénible lassitude et des questions insolubles pour créer autant d’attaches que de barrières entre eux. La sorcière fait glisser ses paumes contre ses avant-bras, cherchant inconsciemment à susciter par ce seul geste, un apaisement prématuré. La confrontation n’est pas terminée. Elle ne le sera jamais. Pas à cette époque du moins. La trentenaire ne s’attend plus à rien, sauf au pire désormais. Pourtant, le ténor de l’italien rattrape ses pensées les plus noires et la remet sur les rails. La détermination craquelle la somnolence. Elle redresse le menton tout en écoutant les morceaux de vérité qu’il a à lui fournir et y puise toute la force nécessaire pour contrattaquer. « Pardon ? Tu savais ? Putain de merde, tu savais et tu m’as rien dit ? » La voix se brise. Les doigts se rassemblent, les phalanges craquent. « Tu te fous de ma gueule ? Tu savais que je … Mais tu crois qu’on joue à quel jeu ? Tu crois que je suis qui et que je fais quoi ? J’ai ramassé son corps, Ezio. Putain, j’étais la première sur place, tu me devais cette information. Tu voulais quoi, t’attribuer le mérite ? Avoir le droit de le butter ? Parce que t'as vraiment cru que tu allais pouvoir l’atteindre seul et sans aide ? Hein ? T’as vu où t’es et ce que t’as accompli ? Cet enfoiré est là dehors et toi, t’es là, à crever dans une prison. Bravo. Putain, bravo. J’en reviens pas. Je croyais que tu pouvais pas faire pire mais… J’ai dû me tromper. » L’air siffle désagréablement entre ses dents serrées alors qu’elle se met à marcher de long en large pour évacuer sa fureur. Dire qu’il savait et qu’il aurait pu lui faire gagner un temps précieux. Elle le déteste si fort qu'elle en a mal dans chaque articulation à force de se crisper.

Le pied s’envole dans la table à défaut d'achever la carcasse échouée. « Tu sers vraiment à rien. T’es même pas fichu de la venger. Tu sais ça depuis quand ? » Les mains se ramènent contre les tempes, les paupières basculent alors que la course effrénée d’un coin à l’autre de la pièce, s’arrête nette. « Chef des services secrets… Putain, j’ai dû bosser au moins une fois avec ce sale connard. » La colère se fait plus vive à ce seul songe. Dire qu’il était juste là lui aussi, à portée de mains. Un grognement avant qu’elle ne se décide à reporter son attention sur le métamorphe. « Sa putain de vengeance… C’est donc vraiment ta faute. Quelle ironie. Quelle famille de fous. » Un ricanement et puis, plus rien. Elle se laisse choir sur la chaise qu’elle a désertée plus tôt et fait le point en posant son front contre ses paumes. Toutes les hypothèses, toutes les alternatives et toutes les vérités lui donnent le tournis. « Rien à faire contre lui ? Fais-moi rire. Il est fait de chair et de sang, ce petit bouseux. Rien qui ne puisse se régler d’une balle entre les deux yeux au moment venu. Il goûtera à ses propres méthodes. » Maintenant que la certitude a été établie, maintenant que les liens se font doucement, elle peut poursuivre en ce sens. Elle peut mettre quelqu’un d’autre en tête de liste, rétrograder son cousin. Mais il pourrait mentir. Surtout qu’elle ignore ce que Nymeria Grimes vient faire dans cette histoire. Elle ne comprend toujours pas cet élément du puzzle. Elle a besoin d’en savoir plus. Besoin de se confronter à ce qu’elle ne voulait pas voir. « Vu que tu t’es enfin décidé à l’ouvrir pour autre chose que pour ta petite comédie d’enculé… Si je te dis Nymeria Grimes, ça te parle ? » Elle n’a plus qu’à parier sur son honnêteté. Ou du moins, sur le bon vouloir de sa coopération. Elle n’a pas vraiment le choix. Ni l’envie d’ailleurs. Cependant, ça a de l’importance. Suffisamment pour qu’elle l’écoute encore alors qu’ils ont déjà brisé absolument tout ce qui les liaient encore.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Lun 15 Fév - 20:04


La langue du loup se délie. Ca lui fait presque aussi mal que le coup dans les burnes que d’avouer. Balancer à la tronche de Précieuse tout ce qu’il peut savoir. Que son ancien ami est le responsable de toute cette merde dans laquelle ils pataugent. Que tout ce massacre, n’est au fond qu’une histoire de vengeance. La connerie appelle la connerie. Stain a fait le con le premier, et il s’en mord affreusement les doigts maintenant. Ca m’apprendra à me vanter, la prochaine fois je fermerais ma gueule. Il hoche bêtement la tête tout en levant un sourcil. « - Comment j’aurais pu le faire ? T’as vu où je traine ? » Il désigne d’un balancement de la main la pièce exiguë dans laquelle ils se trouvent. Aussi crade et déprimante que le reste de la prison. Le loup en pousse un soupir. De désespoir. Il a réussi à s’échapper d’un cachot encore plus pourri que cette pauvre salle, et voilà qu’il se retrouvait coincé derrière d’autres barreaux, sept siècles plus tard. Et pas de loup ou de gardiens benêts pour le sauver cette fois. « - Ca va c’est bon, j’ai compris que tu as été la première à La trouver. J’ai vraiment cru pouvoir le démolir tout seul oui. Un excès de zèle, on m’y reprendra plus. » Stain crache son venin sur le sol tout en lançant une œillade assassine en direction de Joan. Elle a été la première à La trouver. Il a été celui qui a dû passer derrière le massacre et vivre dans un appartement devenu tombe à ses yeux. Se rappeler Sa présence dans la moindre pièce, le moindre recoin de ces dernières. La souffrance qui s’éternise pour bien se punir de ce qu’il a osé commettre. Il n’a pas pu se résoudre à déménager. Parce que même si cet endroit lui rappelle sans cesse le meurtre, il fourmille de souvenirs. Ces instants de répits où ils n’étaient rien de plus qu’un couple. Loin des engueulades et des bavures, juste eux et cette dévotion fusionnelle et dévorante. Seulement eux. « - Je peux toujours faire pire, Précieuse, à force tu devrais le savoir. Depuis le temps qu’on se connait. » Le soupir espiègle se meurt sur ses lèvres. Il espérait pouvoir le buter tout seul, le Rafael. Obtenir vengeance et réparation comme un grand. Il aurait peut-être pu y parvenir si des collants n’étaient pas venus se fourrer en plein milieu de l’affaire.

Le détenu sursaute lorsque le pied de la Peacekeeper vient buter contre la table. Mieux vaut la table que moi. Il fronce les sourcils et se mure dans le silence un court instant. Le temps de laisser à ses neurones l’occasion de se reconnecter et de lui donner la réponse à la question de sa cousine. Stain a perdu la notion du temps. Il a l’impression d’être arrivé dans ce bordel la veille, et d’y être depuis une éternité. Les éléments se mélangent et s’assemblent pour mieux l’enliser dans un délire temporel qui le coupe totalement de la réalité. « - Depuis qu’on m’a foutu ici. Il a été le premier à venir me rendre visite, son amabilité le perdra si tu veux mon avis. Et vu le rat, il a profité de la situation pour avouer sa connerie. J’aurais dû en profiter et le démolir… Il était aveugle en plus ce con à ce moment-là. Putain j’aurais dû le démolir… » Les dents se serrent, et les poings font de même. La bile lui caresse la langue et l’amertume des regrets vient lui titiller le palais. Il aurait dû le fracasser. Ne pas se laisser amadouer par un foutu handicap et se comporter comme un connard. Frapper l’infirme comme Rafael avait pu le faire lorsque les rôles étaient inversés. Un rire amer s’échapper de ses lippes alors que les prunelles sombres reviennent se poser sur Joan qui vient de s’assoir. Il doit se démonter la nuque pour apercevoir autre chose que le haut de son crâne, et à regret, Stain finit par se relever. Péniblement. Il soupire et reste un instant penché en avant, le derrière appuyé contre le mur pour soulager l’affreuse douleur qui vient de lui tirer le bide. « - C’est une super option, j’y avais pas pensé. Heureusement que tu es venue pour me le dire. Et tu crois quoi, qu’après ça tu vas pouvoir continuer à sautiller dans les rues sans problèmes ? Tu viendras me tenir compagnie. Un violeur et une meurtrière, on fera une bien belle paire tous les deux. Entre cousins, ça donne envie non ? » Et à choisir, il préfèrerait partager sa cellule avec cette belle emmerdeuse plutôt qu’avec Grimes Junior.

Nymeria Grimes. Le nom résonne contre ses tempes et lui fait le même effet qu’un second coup dans les noix. Il se crispe tout entier et ses traits se peignent d’une animosité évidente. « - Pour tout ce qui concerne les Grimes, écris moi tes demandes sur un papier, met-le dans une enveloppe et fous-toi le dans le derrière... Ca te va ? Non parce que j’en ai ma claque de cette famille de tarés. C’est les Di Mercurio du 21ème siècle. » Crache-t-il, aussi hargneux qu’un chat mouillé. Il se redresse enfin, non sans grimacer de douleur. Il fait quelques pauvres pas dans la pièce et finit par s’appuyer de la main contre le mur d’en face. S’abîmant la paume contre le crépis usé et sérieusement douteux. « - J’imagine que ça te suffit pas et que tu vas encore m’écraser les noix pour en faire du crumble… » Devant l’expression de Joan, le loup ravale son arrogance. Fait machine arrière pour tenter d’effacer ce qu’il a pu lui sortir. Sans réfléchir d’ailleurs. « - C’est à cause de la Reine des Glaces que je suis là. La pauvre victime de ma détresse sexuelle, cette blague je te jure… Suffit de la regarder pour savoir qu’elle raconte du flan. Comme quoi, quelques larmes et des battements de cils, ça fait son monde. Et maintenant je me coltine, son chouinard de petit frère en pote de cellule… Tu veux savoir autre chose ? » De l’avoir balancé d’une traite rend la situation encore plus ridicule. Pour qui connait ses tendances et sa réputation de débauché invétéré, il est peut être facile de La croire. Et personne ne prendrait le temps de regarder plus attentivement un cas aussi crade, il en a bien conscience. Il s’est fait avoir comme un pauvre imbécile. Il se jure que la prochaine fois qu’on viendra le chercher pour une visite, il ne bougera pas. Il sait pourtant que c’est stupide, que ce sera affreusement facile de le trainer devant son nouveau bourreau. Lui qui tient à peine sur ses pattes, il n’aura bientôt plus le luxe de pouvoir résister des quatre fers. Foutues vertèbres.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Lun 22 Fév - 22:32

Entre les coups et les cris, il ne reste pratiquement plus le moindre espace et pourtant, même s'ils ne sont plus liés par l'âme, ils le sont par le destin. Se raccrochant aux miettes restantes, remontant la piste jusqu'à l'esprit évanoui mais à l'essence encore tangible de Susanna. Tout ce qu'il demeure du deuil, quelques souvenirs éparpillés, l'injustice placardé au thorax et l'amertume sur la langue. L'irrésolu trace un trait à l'encre, la seule ligne à poursuivre et même si elle se dilue sous les averses incessantes, elle s'accole toujours au papier. Des bavures de part et d'autre du trait, des abus, des pensées dépassées par les mots mais ils se tiennent encore là, dans cette pièce ridiculement étroite à se déchirer pour déchiffrer leurs ratures et en ajouter de nouvelles. A la poursuite de fantômes, errance spectrale qui leur vaut le supplice d'un face à un face houleux. Chaque parole du changeur nourrit une incohérence de plus en plus chaotique. A croire que ses idées ne se replacent jamais correctement dans son crâne ou qu'il ne parvient plus vraiment à aviser son existence pour ce qu'elle est. Réelle. « T'as pas toujours traîné ici l'enflure, joue pas au pauvre petit malheureux impuissant. J'ai pas de susucre à t'offrir de toute manière donc ça te sert à rien. » Des syllabes mâchées et recrachées aussi sèchement. La joue crépite encore, sa lèvre enflée l'incommode. La douleur s'amplifie quand l'adrénaline se disperse. A moins qu'elle n'accorde toute son attention à cette souffrance pour un autre objectif, celui de ne pas s'attendrir. Même pas pour une seconde. « Nan, je pense pas qu'on se connaisse, Stain. » Elle éjecte son nouveau prénom avec mépris, dégoût.  « Mais ouais, je suppose que je devrais arrêter de m'enfoncer les doigts dans les yeux. T'es qu'un putain de junkie qui pisse sur tout ce qui l'approche. T'as vraiment l'air encore plus con maintenant que t'es seul et minable. » Elle pourrait presque lui cracher à la figure si la salive ne lui manquait pas.

Les confessions tirent une rage inhumaine des entrailles de la sorcière. A chaque scène dévoilée, le portrait du meurtrier se défait de toute nuance colorimétrique pour ne laisser apparaître que le visage froid et cruel d'un homme déterminé et effroyablement abject. Du noir sur du blanc. Si elle a pu compatir un tant soit peu à son sort pour Azzura, il n'en est déjà plus rien. Un second coup dans la table alors que la hargne l’agrippe plus voracement. « Putain parce que ce fumier est venu te narguer ? Et tu dis qu'il est encore en vie ? Laisse-moi rire, bordel. T'avais tout en main et t'as rien fait... C'est quand que tu vas arrêter de te branler et que tu vas assumer tes emmerdes ? C'est quand tu vas être un foutu homme, tête de nœuds ? T'es fort pour l'ouvrir mais t'es qu'une putain de fiotte dès qu'il s'agit de te sortir les doigts du cul. » Un disque rayé, une colère absolue, répétitive. Toute cette situation tourne en rond, lui donne le vertige. Chaque élément trouve péniblement sa place mais le processus réclame autant d'énergie que de ténacité. L'épuisement la guette mais elle s'accroche à tous les indices pour sortir de ce maudit bâtiment avec des réponses et des certitudes.

Sans doute que l'italien ne réalise pas jusqu'à quelles extensions elle est prête à aller pour obtenir réparation à ce qu'on lui a si outrageusement dérober. Tout ce temps qu'elles auraient pu avoir, rattraper. Un rire nerveux, à la limite de l'hystérie franchit ses lèvres, les nerfs écorchés par l'entrevue et la bataille menée. « Tu crois que j'en ai quelque chose à foutre des conséquences ? Rien à carrer des barreaux ou de la sentence. Au moins, je saurai qu'elle est vengée et que je suis pas au fond d'un trou parce que j'ai baisé de force une gonzesse. J'aurai rien à ruminer, pas comme toi, le pleurnicheur. Plutôt me pendre que de sautiller avec toi, cousinou. Je compte pas nettoyer ta pisse non plus, alors rêve pas. » Les inspirations deviennent erratiques et elle n'a pas pensé à embarquer son inhalateur avec elle en cas de crise d'asthme. Sa nervosité réveille toujours ce souci de santé latent. Elle aurait dû savoir que se jeter dans la gueule du loup aurait cette fâcheuse conséquence. Aussi ardemment qu'elle veut le renier, elle en est pitoyablement attachée. « De nous deux, je ne suis pas celle qui se fait fourrer des trucs dans le cul, alors me confonds avec toi, la sous-merde. T'es pas saoulé par tes propres conneries ? Ils t'ont fait quoi les Grimes au juste hein ? Ils ont refusé de te donner le biberon ? De changer ta couche ? C'était ta famille de substitution, pauvre petit canard ?  » Son incompréhension s'étend à l'ombre de toute suspicion. Un nom qui est relié directement à Ezio, ce n'est pas un hasard. Le mystère l'étrangle, la presse d'en apprendre plus et heureusement, il parle.

L'urgence et l'impatience l'obligent à se redresser tandis qu'il exécute quelques pas. « Ah bon parce que t'en as vraiment des couilles ? Je croyais que j'avais frappé dans le vide. Fais pas le con et accouche.» Penchée vers l'avant, ses doigts serrent les coins de la table jusqu'à ce que ses ongles se brisent contre le plastique. Elle ne loupe pas une miette de son monologue jusqu'à ce qu'il mentionne un membre de la famille dont elle n'avait pas prévu l'implication. Son poing frappe la table subitement pour marquer sa frustration, masquer tout autant la panique qui la saisit. « Son frère ? Comment ça son frère est ici ? Qu'est-ce que Declan  a fout.. » Sa lucidité la rattrape. Declan est l'aîné. Stupide, elle l'a été. S'emporter pour si peu. Elle aurait été au courant si le plombier avait été capturé pour ses méfaits. Par qui ? Bonne question.

En essayant de balayer son trouble, elle s'écarte de la surface plane pour se ranger dans un coin opposé afin d'apaiser le remue-ménage aortique que cette erreur de compréhension lui a causé. «  Le petit frère ? Comment ça se fait qu'on t'ait forcé à partager ta belle cellule avec le père de l'année ? C'est pas un peu du foutage de gueule si t'as violé sa frangine ? » La confusion se poursuit et tout devient un beau bordel sans début, sans fin. Sa paume vient cogner à plusieurs reprises son front tandis qu'elle se sent prête à exploser à nouveau. « Putain, je pige plus rien. Tu me donnes la migraine en plus de la gerbe maintenant. Quand tu dis qu'elle a dû battre des cils ? Quoi ils ont pas vérifié clairement avant de te foutre en cellule ? Je peux savoir ce qu'elle avait contre toi pour te foutre dans cette merde alors ? T'as dû forcément l'emmerder comme tu sais si bien le faire. T'as tué quel membre de sa famille à celle-là ? » Un ricanement mauvais avant qu'elle ne dépose ses prunelles dans les siennes. Sa dégaine lui lacère la rétine autant que la poitrine. On dirait qu'il va s'écrouler d'un instant à l'autre. Ironique qu'elle en soit touchée par vague alors qu'elle voulait encore le piétiner un peu plus tôt. Cette haine et cette affection sont toujours trop extrêmes. Basculer d'un état d'âme à l'autre devient exténuant. « T'en as pour combien de temps au juste ? Assez longtemps pour que ça te tue vraiment, j'espère. » Juste pour camoufler l'attendrissement et un semblant de compassion. Si elle croit à l'innocence qu'il clame ? Pas encore. Mais si Nymeria a dit vrai, peut-être alors qu'il ne ment pas. Peut-être.

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MessageSujet: Re: Your blood's gone bad [PV Stain]   Mar 1 Mar - 20:26


Les reproches écrasent les épaules du loup, mais il n’y prête pas attention. Ils se fondent aux bruissements qui sévissent dans ses oreilles. Le bruit du sang en rafale contre les tempes, du cœur qui s’affole dans la poitrine amaigrie. Le bruit de toute une mécanique qui se fait branlante. Stain lutte pour rester un tant soit peu digne. Même si ce mot n’a plus vraiment de sens à ses yeux. Il se moque de ce que l’américaine peut bien penser. Il s’en contre-fout comme un chien se fout d’une puce qui lui grignote le cul. Un coup de patte et elle ira ailleurs. Foutra le camp ou se fera assommer pour mieux s’écraser par terre.  Alors le soldat hausse les épaules, pour bien lui faire comprendre qu’elle peut râler tout ce qu’elle veut, ça ne lui fait pas grand-chose. Il a suffisamment conscience de sa connerie. D’avoir été incapable de tuer l’assassin de la seule personne qu’il ait jamais été capable d’aimer sur cette foutue planète. Condamné pour rester enfermer, un peu plus un peu moins, il aurait dû ne pas réfléchir. Ne pas laisser un semblant de bon sens titiller son pauvre cerveau et se comporter comme la brute qu’il peut être. Les insultes l’irritent et il serre la mâchoire pour retenir celles qui lui viennent en retour. S’hurler à la gueule ne sert à rien. Pas avec Joan. C’est un concours, celui qui aura le langage le plus fleuri, la meilleure réplique pour fermer le bec de l’autre. Si au début, ce petit jeu a eu le mérite de le sortir de son tas de poussière, briser l’ennui, ce n’est plus le cas maintenant. Trop de douleurs se partagent son corps fatigué et il n’aspire plus qu’à retourner crever dans sa cellule. En silence, profiter de la possible absence d’Eamon pour se reposer les oreilles. Un doux rêve. La solitude lui manque, presque autant que sa liberté.

« - Tes jérémiades me filent la migraine. Les fabricants d’aspirine devraient t’engager pour tester leur produit, tu ferais des merveilles. » Lâche-t-il en se massant les tempes, visiblement victime d’un mal de crâne. C’est un peu le cas, la migraine commence à se faire ressentir. Cisaille son pauvre cerveau en morceau pour mieux l’embrouiller. Il ne prête plus attention aux attaques de la milicienne. Et pourtant. Un prénom le fait tiquer au milieu de ce ramassis de connerie. Declan. Stain relève le museau et pose son regard sur la jeune femme. « - Ah, tu connais l’aîné de cette joyeuse fratrie… Le moins atteint des trois je pense. Enfin, il cache bien son jeu. » Il hausse les épaules désinvolte, un énigmatique sourire sur les lèvres. Le métamorphe qui s’ignore, choupinou à en crever. Il s’efforce à se mordre la langue pour ravaler la moquerie. Peu enclin à s’en prendre encore une pour une simple connerie. La question est légitime, et lui-même ne connait pas la réponse. Une erreur de parcours. Un trop plein de délinquants et d’assassins qui aura poussé l’administration à coller un pauvre dealer trop léger du bocal pour penser à vider ses poches avant d’entrer avec le violeur de sa propre sœur. La blague ridicule qui ne fait rire personne hormis ceux qui en ont été les instigateurs. Stain soupire, tente une dernière fois de briser le mystère de cette étrange cohabitation, comme s’il pouvait être capable d’y voir plus l’air avec les neurones en vrac.

« - C’est du foutage de gueule. A vrai dire, j’ai pas l’impression que ça le dérange plus que ça d’ailleurs, d’être enfermé avec le violeur de sa sœur. S’il pouvait m’allumer, il le ferait ce con. L’esprit de famille, on l’a ou on l’a pas. J’aurais préféré qu’ils le foutent dans une autre cellule. » Cynique à en crever, il agite la main devant lui comme pour balayer les prétendus liens du sang qui se tissent entre les trois Grimes. Les réactions du petit dernier ont eu le mérite de surprendre le loup. Tant elles ne collent pas à ce que l’on est en droit d’attendre dans une telle situation. Il a lu dans les yeux noirs un semblant de compassion qui l’a laissé sur le cul. Le loup n’en a même pas pour son hôte. Une bonne blague, rien de plus. L’emmerder. Il a dû le faire, c’est sûr. Sauf qu’il ne parvient pas à s’en rappeler. En cobaye ou en partenaire de débauche à distance, dans les deux cas il n’a jamais poussé le bouchon trop loin. La seule tâche au tableau est bien ce qui a pu se passer dans le chalet de Cora. Cette erreur de parcours qui lui reste en travers de la gorge pour tout ce qu’elle représente. Ces frissons qui peuvent le dévorer quand il y repense, entre la haine et l’envie. La répulsion qui court sur sa peau et qui écartèle son cœur. Le loup serre la mâchoire et se renfrogne, s’affaisse encore un peu plus dans un bref soupir. « - Mais j’en sais rien. Je sais pas ce qu’il s’est passé. On m’a arrêté et jeté là-dedans sans m’expliquer. Ce qu’elle a dit ou fait, j’en ai aucune idée. Mais honnêtement, entre la pauvre femme aux collants déchirés, et le dépravé notoire, le choix est vite fait. Avec quelques  armes en prime, et le tour est joué.  Personne. Je n’ai tué personne. » Il le lâche dans un souffle fatigué. Aussi las que son attitude. La fougue insufflée dans la gifle n’est plus qu’un pauvre souvenir. Détruite par le poids pesant revenu se jeter sur ses épaules. La dureté de glace du soldat se défait à chaque battement de cœur. Cède sa place à la faiblesse d’un gamin jeté dans l’horreur d’un monde qu’il ne connait pas. La lutte pour survivre, celle qu’il abandonne à chaque nouvelle journée passée dans cet enfer. Il n’en a plus envie. De sortir. Parce qu’au fond, il a la certitude qu’on ne lui rendra jamais sa liberté. Qu’il finira sa triste vie derrière des barreaux sales et rouillés. Aussi pitoyable que son commencement. « - J’en sais rien… Des années j’imagine. T’en fais pas, je crèverais bien avant d’avoir pu purger ma peine. Tu pourras venir cracher sur mon cadavre d’ici quelques mois, ça te fera plaisir. » Les dents serrées par l’amertume, Stain évite de croiser le regard de la brune. Et s’enferme dans le silence. La porte qui grince le fait sursauter et l’extirpe de sa morne rêverie.

« - C’est terminé. On rentre Princesse. » Le gardien agite sous son nez les menottes, un sourire niais sur la gueule. Prêt à le renvoyer dans sa fosse à merde. Le soldat déchu s’apprête à céder, mais avant que le bracelet d’acier ne puisse se refermer sur son poignet, il fait volte-face. Brise le vide, et vient se heurter contre Joan pour l’enlacer avec une tendresse déplacée. Ressurgir du chaos de leur passé commun, l’affection de l’italien pour sa cousine. « - Je suis désolé, j’aurais pas dû m’emporter… Fait gaffe à toi. » C’est une excuse tardive et inutile. Et l’ébauche d’un adieu qui lui laisse un arrière-goût amer sur la langue. La gorge s’assèche et il finit par s’éloigner pour tendre les poignets à son geôlier. Et quitter la salle de visite sans un regard en arrière, un nœud dans la trachée.

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Your blood's gone bad [PV Stain]

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