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 water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's

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rirat bien qui rirat le dernier

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↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 - 2 en occultation des sens, guérison et en manipulation des ombres - Max en exhibitionnisme
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MessageSujet: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Dim 13 Déc - 17:16

water's sweet but blood is thicker
Mikkel & Andreï



Je m’adosse au mur le plus proche, titube, m’écroule contre un autre mur et me maintiens vaguement à flots en serrant les dents, le temps que mes côtes se ressoudent, que mon cœur se calme un peu et, surtout, que mes plaies se referment. Mauvaise idée de provoquer un connard, pire idée encore de ne pas s’être aperçu avant que le connard en question avait un groupe de potes à portée de cris. Je titube un peu plus, crachant au sol une giclée de ce sang dense et poisseux que ma joue laisse suinter en abondance depuis une poignée de minutes. Idiot, je suis idiot, définitivement idiot. Déjà que je n’ai jamais vraiment brillé par mon intelligence mais je crois que je pourrais réclamer un prix cette fois-ci. Un pas douloureux, je me tiens le côté où la lame d’un des cadavres qui m’entourent m’a bien entaillé un peu plus tôt. Je souffle, doucement. L’avantage d’avoir été formé par le KGB en un assassin aussi utile que jetable c’est que ma résistance à la douleur est incroyablement élevée et que m’occuper de quatre gus, en général, ça ne devrait pas me poser problème. L’avantage, aussi, de ne plus être humain, c’est que chaque coup que je porte est bien plus puissant qu’il n’y parait et que si je prends à la gorge un adversaire, c’est non seulement pour le priver de souffle mais aussi de vie. Sauf que tout assassin que je suis, tout Daybreaker que je suis, je reste faillible. Et que niveau faillibilité… j’ai toutes les preuves qu’il me fallait entre les mains, là.

Finalement, ma respiration cesse d’être erratique pour revenir à la normale, et mes plaies se referment suffisamment pour que le reste de leur guérison accélérée se passe théoriquement bien si j’évite les coins craignos. Je m’extirpe de la ruelle, j’enjambe dans une grimace le corps qui me bloque l’accès à une veine guidant vers une artère plus fréquentée, donne un coup de pied et m’applique à rejoindre l’appartement de mon fils pour me poser. En théorie, personne n’est à l’appartement. Lizzie est supposée suivre un cours quelconque à un endroit quelconque – il ne faut pas me demander de retenir davantage de chose – et Colin assiste son père depuis quelques temps au cabinet. Quant à Mikkel… et bien… Mikkel est supposé vivre sa vie. Sans s’attirer plus d’emmerdes si ce n’est pas trop lui demander. L’escalier me semble interminable, je m’échoue face à la porte sans cesser de tenir mon côté encore bien trop douloureux. Ma main libre fouille dans ma poche, cherche mes clés que je glisse, main tremblante, dans la serrure. La porte s’ouvre toute seule sur mon fils qui me toise dans un regard tout d’abord surpris, puis inquiet, puis… je lis dans ses yeux une colère qui enfle à toute vitesse. « Andreï. » Sa voix est sèche et je sais que lorsqu’il refuse de m’appeler papa, chose qu’il a pourtant l’habitude de faire, c’est que la discussion va être aussi aimable que celle que je viens d’avoir à coups de poing et de couteaux. Oh, et de flingues, aussi, j’ai encore la balle dans l’épaule. Il se décale pour me laisser entrer, histoire que les voisins ne jasent pas trop. J’en profite pour m’écrouler sur le canapé le plus proche. Allez, Roman, raconte moi ta vie, explique moi pourquoi tu es là en début de soirée et on pourra éventuellement espérer que tu me laisses tranquille et que tu n’ailles pas à la confronta « Tu m’expliques de toi-même ou je dois te poser des questions qui ne te plairont pas ? » La grimace sur mes lèvres est éloquente. Je déteste quand il fait ça.

Il est autoritaire, mon fils. Bien plus que je ne l’étais avec lui lorsqu’il n’avait que trois ou quatre ans. Il est autoritaire, mon Roman. Tout autant que sa mère, bien plus que moi, bien plus que ne peut le supporter ma tendance à rejeter toute forme d’autorité avec obstination. Il est autoritaire et je ne suis pas suffisamment patient pour penser rester calme. « Garde ce ton là avec tes gosses, Roman, j’suis pas d’humeur. » Je grommelle en espérant qu’il comprenne le message : laisse moi tranquille le temps que mes côtes se ressoudent totalement et que mes plaies disparaissent durablement. Je tente d’extirper à la main la balle logée dans mon épaule, insensible à la douleur, préférant d’ailleurs me concentrer dessus plutôt que d’avoir conscience de la colère de mon fils, exacerbée je présume par son inquiétude. « Si tu comptes sur moi pour te soigner, tu te fous le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. » Hein ? Sans même le regarder, je lui fais un doigt d’honneur histoire qu’il sache où il peut se foutre son doigt, lui, s’il manque d’inspiration. C’est plus que ce qu’il ne peut supporter et au moment même où je parviens à mettre la main sur la balle et à l’extraire, ses mains à lui se saisissent de mon col pour me soulever d’une poigne de fer. « ANDREÏ ! » « ROMAN ! » Je me dégage d’un mouvement d’épaule – putain, mauvaise idée, je douille - et m’écarte de lui. « Je me suis battu, qu’est ce que ça peut te foutre ? » « Tu t’es battu ? » Sa claque me fait reculer un peu plus, sa colère dépasse les bornes et la mienne aussi. Dans ces moments là, j’ai la désagréable impression qu’il me confond avec Mikkel. Ou que sans me confondre, il ne peut s’empêcher de me prendre pour son fils et me rappeler que je n’ai pas été le père que j’aurais du être pour lui. Je lui crache au visage ce que je pense de lui, je recule d’un pas encore. J’en ai marre. Je ne suis pas d’humeur à être patient face à lui et je ne suis pas en état de supporter son intransigeance qu’il a héritée de je ne sais pas qui mais certainement pas de moi. Ma voix se fait menaçante. « Roman, je ne suis pas ton fils. » Il y a quelques secondes, j’aurais été prêt à lui souffler de me lâcher en refusant d’aller vraiment à la provocation pour le moment. Honnêtement, j’ai juste envie de dormir, là. Seulement… il n’aurait pas du me baffer. Je me redresse, le regardant dans les yeux, tout les deux nous toisant de notre mètre quatre-vingt-cinq aussi identique que nos attitudes. C’est mon fils. Mais c’est aussi un gros chieur. « Alors cesse de te comporter comme un gamin. » « Alors arrête de me considérer comme tel, bordel ! Et puis, t’es pas supposé bosser ? » On se foudroie du regard, bloqués dans une impasse. Je sens qu’il se retient de m’en mettre une deuxième, et moi je me retiens de lui encastrer la tête dans la table basse. Les muscles contractés, j’imagine qu’on est suffisamment têtu tous les deux pour se regarder en chien de faïence pendant des heures. Sauf que là… je n’ai pas la patience. Pas la patience du tout. Tout ce que je voulais, à la base, c’était m’effondrer dans un coin et dormir après avoir pris une bonne douche.

Je suis le premier à craquer, à faire volteface. « Putain tu fais chier » Le russe se craquèle entre mes lèvres, je contourne le canapé pour ressortir de l’appartement. « Andreï ! … Papa ! On va pas en rester là, je veux des explications ! » Il tente de m’attraper, je me dérobe, utilise son élan pour l’envoyer contre la porte. Un mouvement tout simple, un mouvement de base en self-défense et redoutable lorsque la personne percute le mur ou la porte. Totalement inutile lorsque la porte s’ouvre et que mon fils percute mon petit-fils avec violence. Je les regarde tous les deux, le souffle court. Je sais que j’ai une sale tronche et je sais aussi que je vais regretter tout ça d’ici quelques heures mais je n’ai pas besoin de me prendre davantage la tête avec Roman surtout si Mikkel est spectateur. J’enjambe mes deux descendants et crache en direction de mon fils un « J’vais prendre l’air. » pour mieux le dissuader de rajouter quoique ce soit. Je dégringole la cage d’escalier bien plus dynamiquement qu’un peu plus tôt, mes côtes n’étant qu’un vieux souvenir. Il n’y a au final que ma blessure au torse et mon épaule qui soient encore douloureux. J’allume une cigarette et me réfugie pour l’instant dans la cour de l’immeuble, adossé au local à poubelle. Je me doute bien que ça ne va pas s’arrêter là. D’ici quelques heures, Colin et Lizzie rentreront, ou mieux, Roman va sortir et me foudroyer du regard. J’expire un peu de nicotine. Un bruit à l'entrée de la cour, il me suffit d'un coup d'oeil pour repérer la silhouette de Mikkel. Je décolle la clope de mes lèvres pour la laisser se consumer dans mes doigts. « Quoi ? Ton père t'envoie me faire la leçon ? » Je ne suis pas sérieux, bien sûr. Je sais bien qu'à défaut de m'avoir sous la main, Roman a du au mieux toiser Mikkel d'un regard fatigué, au pire le noyer de questions et de reproches à mon sujet.

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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Lun 14 Déc - 18:59



« Water's sweet but blood is thicker »

Andreï Ievseï & Mikkel Ievseï
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Il faisait chaud dans les rues animées de la ville et pendant que je marchais, j'appréciais les effets de cette légère brise sur mon visage. Mon humeur était aussi limpide que le ciel bleu au dessus de ma tête, j'avais gagné un gros paquet de fric au poker et pour une fois j'étais plein aux as ! Les dieux de la chance étaient avec moi, ils m'avaient inspiré et je m'étais montré coriace, ne laissant rien paraître de mon jeu, plus menteur que le diable en personne. Mon bluff avait été payant et à présent, je n'avais qu'un but : dépenser ces liasses de dollars qui me remplissaient les poches ! Pour un peu, je me serais bien mis à danser au rythme des notes de musique qui s'échappaient des bars, un sourire satisfait errant sur mes lèvres. Peu m'importait que je doive me lever tôt demain pour aller bosser, je ne rentrerais pas avant l'aube et je me défoncerais jusqu'à l'os. Putain ! Je l'avais bien mérité.

Mais avant de m'enfoncer dans cette nuit de débauche, il me fallait quand même rentrer chez moi pour me changer et enfiler des fringues un peu plus appropriées. J'en profiterais pour prendre une douche, vu que je serais sûrement trop naze pour le faire demain matin. Tout à ces projets pratiques, je pressai le pas pour rejoindre l'immeuble où se trouvait l'appart de la famille Ievseï. La moindre connerie me donnait envie de rire, même ces tags débiles qui décoraient la façade, même la sale gueule de la voisine du dessous, toujours aussi pimbêche. En la croisant dans le hall commun, je lui souris de toutes mes dents, passant ma langue contre mes lèvres dans un mouvement obscène. Elle eut l'air choqué et j'en fus ravi. En rien m'amusait ce soir, décidément. Je gravis les dernières marches pour rejoindre mon étage et m'empresser d'ouvrir la porte de l'appart familial. J'étais de si belle humeur que je me sentais prêt à accueillir n'importe quel reproche de mon vieux sans sourciller, avide de retrouver pour quelques minutes, notre chaleureuse ambiance familiale. En toute ironie bien-sûr.

Des reproches de la part de Demian oui, je me préparais à les encaisser. Mais je m'attendais pas à le recevoir LUI, tout entier dans la face. J'avais à peine ouvert la porte que je me pris une masse en pleine poire et le choc, tout autant que la surprise,  me fit perdre l'équilibre, m'envoyant valser contre le sol du pallier. Aouch ! J'en eus le souffle coupé. Les yeux écarquillés, je me retrouvais par terre avec mon père dans les bras qui rugissait de rage. Devant nous, j’aperçus la silhouette d'Andreï dans l'encadrement de la porte et je n'eus que le temps de croiser son regard explosé. Un sang noir et visqueux imprégnait sa joue mal rasée ainsi que le haut de ses vêtements. Une vraie vision d'horreur. Il n'avait pas l'air de vouloir moisir sur place et il fila aussitôt alors que mon père se relevait en pestant tant et plus, sans même s'inquiéter de m'avoir écrabouillé. Je soupirai en me redressant lestement à mon tour, échangeant un rapide regard avec le paternel, visiblement furax.

« Laisse, je m'occupe de son cas. Pas la peine d'empirer les choses.»

Toujours aussi taciturne, Demian se contenta de me toiser d'un regard noir alors que je haussai les épaules. J'étais pourtant la voix de la sagesse et il ne pouvait pas nier que j'avais raison. Si j'avais été de mauvaise humeur, j'en aurais sans doute profité pour enfoncer le clou en lui retournant une réplique plus mordante mais là, j'en avais même pas envie. Était-ce vraiment la peine de me casser la tête à discuter avec mon père ? Sûrement pas. Je me détournai donc rapidos, en me massant vaguement la mâchoire. La vache, il m'avait pas loupé. Revenant sur mes pas, je dévalais les escaliers que je venais à peine de monter, cherchant la tête blonde d'Andreï des yeux. J'avais beau avoir l'habitude, ça me faisait toujours quelque chose de les voir se bagarrer, lui et mon père. Peut-être parce que ça me renvoyait à mes propres problèmes avec Demian ? C'était comme si mon grand-père et moi, on ne formait qu'une seule personne et que mon père nous mélangeait tous les deux. Un truc bizarre et extrêmement troublant sur le plan psy, de quoi péter vraiment un câble.

Me guidant à mon flair, je ne tardai pas à trouver la piste olfactive de mon grand-père, lequel avait trouvé refuge dans l'arrière cour, un endroit assez calme et ombragé bien qu'un peu crade. Lorsque je m'approchai pour sortir à mon tour, je croisai son regard sarcastique et attrapai au vol ses mots en russe. Je roulais des yeux sans pour autant me sentir choqué par ses commentaires. Au contraire, j'avais du mal à retenir un sourire jouasse de faire frémir mes lèvres. C'était peut-être parce que j'étais de trop belle humeur aujourd'hui mais le simple fait qu'il me cause en russe me faisait plaisir, comme toujours. A voir son état, y'avait pourtant pas de quoi rire et je me mordis l'intérieur de la joue, sincèrement inquiet de le voir comme ça.

« Ouais, il m'a même dit que t'étais pire que moi dans le genre sale gosse. »

La tronche d'Andreï ne me disait rien qui vaille et même si c'était pas trop mon genre de jouer les angoissés chiants, le sang qui s'écoulait de ses plaies était fameusement impressionnant. Je m'approchai donc de lui en le couvant d'un regard attentif, conservant un ton léger en appuyant ma hanche contre le mur à ses cotés.

«Sérieusement, Papy, c'est pas étonnant que Demian ait mal réagit, t'es pas beau à voir là... »

Loin de moi l'idée de prendre la défense de mon vieux mais quand même. Il fallait pas s'attendre à ce qu'il le félicite en voyant son fils revenir au bercail aussi mal arrangé. Néanmoins, je n'avais pas envie d'en rajouter une couche et même si je me doutais qu'il devait fameusement douiller, il avait l'air de tenir sur ses jambes, c'était le principal. Je cherchais mon propre paquet de clopes au fond de ma poche mais ce dernier était tristement vide et je soupira un peu avant de le jeter sur le sol de la cour, posant un regard envieux sur la cigarette qui se consumait entre les doigts d'Andreï.

« Hum. Bon. T'as pas envie qu'on se trouve un coin plus confortable pour te poser un peu ? Genre la chambre de Lizzie. Faut quand même soigner tout ça... Au cas où tu l'aurais pas remarqué, tu pisses le sang. Tu m'expliqueras après, si t'es d'humeur. »

Je me sentais un peu désarmé, ne sachant trop quoi faire pour l'aider. Le convaincre de remonter dans l'appart me semblait presque perdu d'avance vu que Demian y était, mais la place l'un blessé n'était clairement pas à coté d'une benne à ordure. Quelques mouches que la chaleur rendait nombreuses, venaient déjà se poser sur ses fringues humides de sang et je les chassai d'un geste vif. Il n'allait pas me faire sa tête de cochon longtemps quand même.

« Allez, fais pas la gueule, merde. Accouche. Il s'est passé quoi ? »

 

 

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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Mer 16 Déc - 0:50

water's sweet but blood is thicker
Mikkel & Andreï



J’inspire une bouffée de nicotine, j’en expire tout autant en tentant de me décrisper. Je rejette la tête en arrière, indifférent au sang poisseux qui tâche mes cheveux blonds, marque noire et rouge évidente dans le ton clair de ma tignasse. Je fixe le ciel, expire de la fumée une nouvelle fois. Il ne faut pas croire : ça me gonfle autant que mon fils de me prendre à ce point la tête avec lui. Mais on n’est de toute évidence pas du même monde et chaque fois que je le vois, je me rends compte que j’ai tout loupé de sa vie. J’ai peut être eu ses premiers pas, ses premiers rires, ses premiers sourires, ses premiers mots, je n’ai rien eu du reste. Juste la vision de son petit corps devenir cadavre, juste un hurlement de mes lèvres alors que j’étais incapable de lui venir en aide. Et même si je sais depuis des années que ce n’était qu’une illusion infligée par mon créateur, elle reste marquée dans ma mémoire au fer rouge, comme ce tatouage dans mon dos qui assure ma servilité. J’inspire une nouvelle fois, souffle par le nez et fixe encore le ciel. L’immeuble qui grimpe vers les nuages. Mes yeux ne mettent pas longtemps à trouver la fenêtre de notre salon. Ou de la chambre de Lizzie. Roman. Ca a beau être mon fils, je ressemble bien plus à Mikkel ou pour être exact, Mikkel me ressemble bien plus. Bâtis sur le même moule, portant aussi bien l’un que l’autre les germes de l’illégalité et de la décadence. Je ne sais pas si je suis supposé être ravi de voir que mon fils a échappé à ça, je ne sais même pas si je dois le considérer comme mon fils ou… Ca me gonfle, ça me gonfle à un point…

Je n’ai pas le temps de plus réfléchir qu’un bruit attire mon attention et que je remarque la silhouette de Mikkel, justement. Forcément. Je m’adosse un peu plus au mur, pliant le genou pour caler mon pied contre le mur du local à poubelle, grimaçant lorsque je tire sans trop le vouloir sur la plaie qui se résorbe patiemment. Le russe naît naturellement au bout de mes lèvres, comme un code secret entre mon petit-fils et moi, comme une revendication de ce qui nous rapproche encore plus : cette nationalité qu’on a adoptée sans d’autre raison qu’une affection particulière pour le pays. Mikkel est même bien plus russe que moi. Je murmure donc dans ma langue d’adoption un soupir las et ironique. Je me doute bien que si Mikkel est là, ce n’est pas parce que Roman l’a supplié de venir mais plutôt parce que mon fils a dû admettre à contre cœur que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour le moment. Et il n’a pas tort. Même si, honnêtement… j’ai peut être moins envie de subir l’inquiétude de Mikkel qui doit avoir plus que Roman une bonne idée de ce qui a pu me mener à avoir du sang et des plaies un peu partout. Je remarque son sourire, soupire une nouvelle fois en me disant que si ça se trouve, il ne va pas me faire chier. « Ouais, il m'a même dit que t'étais pire que moi dans le genre sale gosse. » Un léger rire glisse entre mes lèvres, un rire blasé. « Il parait, ouais. » Je lève les yeux au ciel lorsqu’il s’approche de moi et que je sens son regard se poser sur mes habits en loque et le sang qui s’y craquèle salement. Je le laisse s’approcher, carbonisant un peu plus d’une inspiration la cigarette qui se consume un peu trop vite à mon goût. «Sérieusement, Papy, c'est pas étonnant que Roman ait mal réagi, t'es pas beau à voir là... » Je lui lance un regard glacial et exaspéré. « Pas beau à voir ? T’as pas vu ta tronche… »

Sérieusement Mikkel ? Okay, je sais que la réaction de Roman et la réaction de Mikkel sont tout à fait logiques mais… Ca m’insupporte autant que ça me touche. Je préfère largement m’intéresser au paquet de clopes vide qu’il délaisse pour chercher dans poche le mien et le lui envoyer dans un haussement de sourcils signifiant il s’appelle reviens. « Fais pas chier avec ça pour le moment. J’suis plus solide et c’est même pas que mon sang. » Je me gratte la joue mal rasée, considère les plaques d’hémoglobines séchées qui se désagrègent entre mes doigts et se dispersent sous mes ongles. J’ai besoin d’une douche. Je ferme les yeux avant de terminer ma cigarette, dilapidée à vitesse grand V et de l’écraser sur le mur pour me l’envoyer à quelques mètres de là d’une pichenette.

« Hum. Bon. T'as pas envie qu'on se trouve un coin plus confortable pour te poser un peu ? Genre la chambre de Lizzie. Faut quand même soigner tout ça... Au cas où tu l'aurais pas remarqué, tu pisses le sang. Tu m'expliqueras après, si t'es d'humeur. » Je boude. Non, je ne boude pas vraiment. Disons que mon regard est éloquent : Pas question que je bouge mon fion de la cour, j’y suis très bien, j’adore l’odeur des détritus, ça me rappelle ta mère. Je le sais bien que je suis injuste avec Mikkel, mais… Une mouche se dépose sur ma veste, Mikkel prend le temps de la chasser d’un geste de la main. Hors de question que je bouge. J’ai pas envie de recroiser Roman, j’ai même pas envie d’aller dans la chambre de Lizzie. J’ai juste… je ne sais même pas ce que je veux. Je suis un grand père un peu gâteux, voilà, on va dire ça, ça m’excuse. Pour le moment. « Allez, fais pas la gueule, merde. Accouche. Il s'est passé quoi ? » Pour la troisième, ou quatrième fois, je le foudroie du regard. Il est injuste, le con.

Il est injuste parce qu’il le sait bien, que de tous les Ievseï, il est celui qui a le plus de chance de me convaincre et de me calmer. Surtout qu’en réalité, je ne suis pas vraiment en colère, juste… fatigué. On va dire ça. Je récupère mon paquet, allume une deuxième cigarette. Allez, si je ne bouge pas mon derrière d’ici, je lui dois bien une explication. Même si ça me gonfle, même s’il risque de vouloir me faire la leçon, même si à nous voir, on ne pourra pas parier que c’est moi le grand-père et lui le petit-fils. Je me renfrogne comme un gamin qui boude après avoir fait une bêtise. Ce qui n’est pas tout à fait faux. « J’ai merdé. T’sais le contrat avec Hartley ? » Un contrat tout simple, à la base. A la base. Ca pue en général lorsque je dis directement à Mikkel que j’ai merdé. Déjà parce que lorsque je confesse un truc, je commence par le moins pire, ensuite parce que, talent familial oblige, lorsqu’un Ievseï fait de la merde, il fait une connerie de compétition. « Bah… il se pourrait que je n’aie pas été très clean avec elle et encore moins avec l’autre partie du contrat. » Ce que je raconte ne veut rien dire, j’en ai bien conscience. Je joue avec la cigarette, la faisant tourner entre mes doigts au risque de me cramer un peu l’épiderme ou, pire, de la faire tomber. « Et il se pourrait aussi que j’aie un peu provoqué la mauvaise personne au mauvais moment et qu’ils me soient tombés à cinq… » Je regarde dans le vide au fur et à mesure que je compte. Je rectifie rapidement : « sept ou huit, dessus. Et ils étaient armés et moi pas. Et… tadam. » Je sais ce qu’il va me dire. Papy, on ne provoque pas les gens lorsqu’on est sûr de se faire rétamer et plus encore lorsqu’on n’a pas respecté un contrat. Je le sais bien mais… c’est dans mon sang. C’est dans son sang à lui aussi : quand on ne cherche pas les embrouilles, ce sont les embrouilles qui nous trouvent.



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Dernière édition par Andreï C. Ievseï le Sam 16 Jan - 18:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Ven 18 Déc - 18:16



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Andreï Ievseï & Mikkel Ievseï
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Un vague rictus me frôla à la répartie d'Andreï qu'il me balança aussi sec, toujours aussi direct qu'à sa chère habitude. Qu'il m'envoie carrément chier ne m'aurait pas vraiment surpris, j'avais appris à connaître le gaillard depuis toute une année qu'on vivait ensemble et il fallait bien dire qu'on partageait pas mal de points communs. Notre caractère de merde, par exemple. Mais il aurait beau tout faire pour chercher le conflit ou tenter de m'envoyer paître plus ou moins violemment, j'étais bien décidé à ne pas lâcher le morceau.

Je me contentai donc de hausser les épaules, me retenant de lui faire remarquer que ma tronche, elle au moins, n'était pas poisseuse de sang. Mais j'avais aucune envie de défendre le point de vue de mon père plus que ça, fallait pas déconner non plus. En général, j'avais plutôt tendance à m'opposer à Demian, sûrement pas d'argumenter pour prouver à mon grand-père qu'il avait des raisons de se faire engueuler par son propre fils. J’attrapai au vol le paquet qu'il me lança, soutenant un moment le regard glacial avec lequel il me fusillait. Bordel comme je détestais ce regard là.

« Pas la peine de me faire ces yeux là... Ouais, t'es solide mais t'es pas invincible pour autant.»


Et surtout, ça ne l'empêchait pas de morfler. Parfois, j'avais la sensation que ma bonne humeur s'écaillait trop vite, comme une peinture de basse qualité à la première pluie. Déjà, le léger sourire que j'affichais n'était plus qu'une façade alors que je sentais mon cœur s'alourdir désagréablement. Je connaissais ces symptômes inconfortables, ils étaient devenus mes plus fidèles compagnons et si je ne les avais pas apprivoisés, je m'étais habitué à les sentir m'écraser sans crier gare. La culpabilité, voilà la source de mes foutus symptômes. Elle me rongeait sans cesse et même si elle se faisait parfois oublier, elle revenait ensuite avec plus de force encore pour se rappeler avec horreur à mon bon souvenir. C'était sans doute ma faute tout ça, hein ouais ? Ouais. Tout en l'écoutant, je m'allumai ma propre cigarette avant de lui rendre son paquet, en aspirant aussitôt une franche bouffée. Il n'avait pas envie de décoller de cette cour et j'insistai pas pour le moment, d'autant plus que j'avais trop besoin d'entendre son histoire. Une fois remontés dans l'appart, on n'aurait plus été aussi à l'aise pour discuter et manifestement, Andreï supportait quand même ma présence donc j'allais pas le faire chier plus que ça. J'attendis donc que quelques bouffées de clope lui permettent de se calmer assez pour qu'il consente à me parler un peu.

Je fumai donc en silence, fronçant les sourcils en l'écoutant me confier qu'il avait merdé. Je n'avais pas d'idée précise de l'identité du gonze qui avait bien pu laisser ces traces de sang. Je préférais ne pas essayer de me représenter  comment Andreï s'était débrouillé pour recevoir le sang d'un autre sur le visage mais vu le résultat, ça avait dû être violent. L'inquiétude commençait à faire de plus en plus sa place dans mon esprit et une certaine anxiété se lisait sur mon visage pâle. Je tirai sur ma clope avec force, une grosse nervosité traduite dans l'intensité de ce geste, me redressant du mur où j'étais appuyé pour lui faire face.

« Hartley.. okay je vois.. et donc ? » Je voyais pas en quoi il aurait pu merder, a priori il n'y avait aucune raison que ça se passe mal et j'écoutai la suite avec une impatience que je cachais mal. « T'as pas été clean ? Jusqu'à quel point ? » J'avais envie de l’attraper par le col et de le secouer. Qu'est ce qu'il me faisait chier à parler par énigmes comme ça ! Je savais que mon grand-père était un mec honnête, contrairement à moi. Il allait toujours au bout de ses engagements et on pouvait dire que c'était un mec loyal. L’appât du gain était bien la seule raison qui aurait pu motiver Andreï à trahir un accord, en tous cas je ne voyais que ça. Mon regard tomba sur ses doigts, en train de jouer dangereusement avec sa clope.  Il me parlait d'un air coupable, comme un gosse fautif, et encore une fois, l'incongruité de la situation me sauta aux yeux. C'était pas comme si je m'étais pas fait cette remarque un million de fois depuis que je le connaissais. Andreï était mon grand-père mais j'avais souvent l'impression que c'était mon frangin, autant à cause de son âge physique que de son caractère, assez immature, même pour un mec de trente ans.

La suite de ses explications me donna un nouvel aperçu de sa capacité phénoménale à se foutre dans la merde en un temps record. Je me tapais le front du plat de la main, sans le quitter des yeux. « Putain… papy... » J'expulsais la fumée dans ces simples mots, prononcés dans un mélange d'affection un peu blasée et de vague malaise. Le russe qu'on utilisait accroissait le caractère affectueux de mes murmures, en dépit de leur tonalité un poil angoissée. Il avait merdé, c'était net. Pourtant, c'était pas moi qui allait commencer à lui faire la morale ou quoique ce soit du style, c'était mon père qui faisait ça, sûrement pas moi. Au lieu de ça, j'essayais de garder la tête froide et de réfléchir aux aspects purement pratiques des choses. Andreï était peut-être du genre à se castagner sans réfléchir mais s'il en arrivait là, c'était un peu à cause de moi. Je m'en voulais de le manipuler mais d'un autre coté, je ne pouvais pas me permettre qu'on se pose mal vis à vis des mafieux, on avait besoin de bosser avec eux. Donc, puisque c'était moi le cerveau de notre duo, il fallait que je me débrouille pour arranger les bidons et vite fait. Comment réparer ses conneries ? Dans l'immédiat, je poussai un large soupir et sans plus attendre, j'entourai son épaule indemne de mon bras, l'étreignant un bref moment. Ma nature chaleureuse était la plus forte et puis ça me faisait chier qu'il s'en prenne plein la gueule comme ça. J'avais beau être un connard égoïste, j'en éprouvais pas moins une sincère affection pour lui.

«Tu me fous la trouille quand tu dis des trucs pareils… t'aurais pu y passer tu sais.  Huit gars armés mais putain. T'es vraiment le roi des emmerdeurs mais t'es fichtrement balèze, mon vieux papy. »

Je le regardais avec de la douceur dans les yeux, relâchant doucement son épaule pour mieux inspirer ma clope, songeusement. J'avais beau avoir écopé du même caractère colérique que Demian – cadeau de famille visiblement – je m'étais toujours juré de ne jamais lui ressembler. Surtout pas dans son coté injuste et critique qui m'avait tellement fait souffrir dans ma jeunesse. Moi j'étais le gars indépendant, habitué à ne compter que sur lui même et à veiller sur mon frère et ma sœur plus jeunes. J'avais l'habitude de considérer tout le monde comme des pions sur le grand échiquier de la vie et Andreï ne faisait pas exception. Là, je croyais bien savoir de quoi il avait besoin en ce moment ou surtout de quoi il n'avait pas besoin. Et c'était pas d'être jugé. Parce qu'on était pareil à bien des égards et j'aurais pas supporté de l'être moi non plus.

« Écoute, on va arranger tout ça, faut pas t'en faire, okay ? On peut rester dans cette cour toute la soirée si t'en as envie et si t'es mieux là qu'ailleurs. Mais ce que tu vas faire c'est me raconter point par point comment t'as merdé avec Hartley, où et pourquoi. Et quel est le rapport entre ce contrat et ces mecs que t'as provoqué. » Voilà, il fallait que j'en sache plus et ensuite on aviserait. Je tirai une nouvelle fois sur ma clope, la laissant rougeoyer un instant avant de reprendre.  « Première chose à savoir, est ce que les mecs qui te sont tombés dessus sont hors d'état de nuire ? »

J'avais pas envie qu'il se ramènent dans l'immeuble, ces chiards, surtout pas en sachant que Lizzie et Colin s'y trouvaient. Connaissant mon grand-père, je savais qu'il ne prendrait pas ce genre de risque mais je préférais être sûr. Je l'observai avec attention, son regard exprimait la rage mais également la souffrance et je ne savais pas trop comment l'apaiser. J'aurais voulu le soigner mais ce n'était pas avec des médicaments ou des pansements basiques qu'on pouvait guérir un daybreaker. J'hésitai avant de lui poser la question, d'un ton plus bas, malgré moi. « Tu dois avoir besoin d'énergie là… comment je peux faire pour t'aider ? »
 

 

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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Jeu 31 Déc - 19:15

water's sweet but blood is thicker
Mikkel & Andreï



Il y a quelque chose d’agréable à parler russe de cette manière, avec fluidité, sans se prendre la tête pour articuler lentement ou radier de mon vocabulaire tous ces mots d’argot qui sont pourtant le socle de mes compétences linguistiques. Ca plus la clope, ça me détend petit à petit. Lorsque je parle avec Roman dans notre langue maternelle, soit je suis supposé articuler exagérément, soit il me répond en anglais parce qu’il refuse cette part de lui, cette part de moi. Dans la famille, dans la fratrie, il n’y a guère que Mikkel qui accepte de se plier aux caprices de son grand-père et à cette manie linguistique qui nous rapproche pourtant tous. Parler russe, donc, me détend. Patrie d’adoption, première et unique grande famille de l’orphelin que j’étais, elle m’apporte un sentiment de sécurité mêlée de violence, une atmosphère chargée d’hémoglobine mais de complicité. Je souffle le reste de nicotine, éjecte le mégot d’une pichenette en maugréant que de toute manière, le sang que je peux arborer comme des peintures de guerre n’est pas que le mien et que je suis bien plus solide que ce qu’il pourrait le croire. Nos regards trop similaires se croisent, j’ai beau le foudroyer, il soutient mon regard avec un aplomb très certainement hérité de sa grand-mère. Ou de son grand-père. Je me frotte la joue, gratte ma barbe mal rasée. La seule trace qu’il reste de la large coupure qui a barré mon visage est la traînée de sang déposée en cadeau. Charmant. « Pas la peine de me faire ces yeux là... Ouais, t'es solide mais t'es pas invincible pour autant.» J’hausse les épaules avant d’étouffer une grimace lorsque je tire sur la chair encore fragile, tout juste reconstituée autour de la plaie par balle. Bon sang, que je suis crade… pourquoi est ce qu’il y a mon fils entre moi et la douche, hein ? Et pourquoi, aussi, est ce qu’il y a mon caractère buté qui me pousse à rester collé à ce local à poubelle plutôt que d’aller affronter la chair de la chair ?

Mikkel doit lire dans mes pensées, il me propose de grimper dans l’appart et de se réfugier tous les dans la chambre de ma petite fille, seule fille de la famille d’ailleurs. J’ai pas envie de bouger. J’ai envie de prendre une douche, oui, mais je n’ai pas besoin qu’on me soigne, j’ai pas besoin qu’on me dorlote, je n’ai pas besoin de croiser à nouveau mon fils et puis c’est tout. Alors je retiens le sarcasme qui plane sur mes lèvres et je me contente de me la fermer et d’attraper une deuxième clope dans le paquet pour l’allumer et échapper à son regard. Allez, fais pas la gueule merde. Parfois, j’ai l’impression que c’est moi le gosse et lui le grand-père. C’te génération, j’vous jure, aussi insistante qu’insolente, aussi exaspérante que têtue. Comme moi. Pendant une poignée de secondes, il me laisse tranquille, on tire deux ou trois bouffées de nos clopes en silence. Moi, j’en profite pour réfléchir.

Et finalement, j’en viens à la conclusion que quitte à refuser de bouger, autant lui expliquer ce qu’il s’est passé. Trois mots et tout ce qui est important est dit : j’ai merdé. Le reste n’est que du détail, et du détail superflu. Je le replace dans le contexte, il me pousse à continuer d’un « Hartley.. okay je vois.. et donc ? » impatient. Je lève une nouvelle fois les yeux au ciel pour ne pas lui planter un regard glacial dans les rétines. Patience, minot, sinon je me la boucle. J’ai pas été très clean, c’est le moins qu’on puisse dire vu que non content de ne pas remplir le contrat, j’en ai accepté un inverse. « T'as pas été clean ? Jusqu'à quel point ? » D’un regard en coin, je me rends compte d’un truc en le voyant se jeter comme ça sur les miettes que je lui balance et je décide, gamin immature que je suis, de jouer avec ça. Je continue à tourner autour du pot, me rapprochant de plus en plus du pot aux roses sans le retourner pour autant. Tiens, prends ça dans ta tronche, gamin. Ouais, ils étaient sept ou huit et armés, et ouais, le papy a été suffisamment con pour se prendre la tête avec l’un d’entre eux. Sa réaction ne se fait pas attendre et faut bien l’avouer, j’ai un petit sourire assez fier. « Putain… papy... » Pas qu’un sourire, c’est même un petit ricanement à ce niveau là. « Quand j’te dis qu’j’suis solide. Il est p’t’être con le grand père, mais il sait y faire avec ses poings. » je commente sur le ton du jeu, m’apercevant après coup que je suis supposé être en colère contre mon fils, de mauvaise humeur et, surtout, que je suis supposé être contrit ou désolé. Son soupir fait disparaître mon sourire, son bras passé autour de mon épaule la moins tâchée de sang me fait encore une fois lever les yeux au ciel. Je ne suis pas contre les marques d’affection, loin de là… je ne suis juste pas très habitué à ce qu’on s’inquiète comme ça pour moi. Mon petit fils n’a pas récupéré que des conneries de mon côté, de toute évidence, il a aussi réussi par miracle à récupérer deux trois choses intéressantes ailleurs. «Tu me fous la trouille quand tu dis des trucs pareils… t'aurais pu y passer tu sais.  Huit gars armés mais putain. T'es vraiment le roi des emmerdeurs mais t'es fichtrement balèze, mon vieux papy. »

Il fait renaître mon petit sourire, j’hausse les épaules. J’aurais pu y passer ? Ouais, sûrement, mais je suis costaud, plus qu’il n’y parait. Ma large blessure au côté, qui se soigne bon gré, mal gré au rythme de mes capacités surnaturelles atrophiées par ma faim est la plus grave dans le lot et je pense qu’elle n’est pas mortelle. Je pense. Je considère mon petit fils et le souci que je lui cause. « Mikky… c’toi qui as posé la question, tu d’vais bien t’douter que ça a pas été jojo non plus, hein… » J’ai un peu de mal à croire que mon apparence n’en dévoile pas suffisamment pour que même un enfant de chœur – notez bien l’ironie, hein, pas de contre-sens – tel que Mikkel y voie parfaitement ce qui a pu se cacher derrière. J’ai merdé, donc. Violemment. « Écoute, on va arranger tout ça, faut pas t'en faire, okay ? On peut rester dans cette cour toute la soirée si t'en as envie et si t'es mieux là qu'ailleurs. Mais ce que tu vas faire c'est me raconter point par point comment t'as merdé avec Hartley, où et pourquoi. Et quel est le rapport entre ce contrat et ces mecs que t'as provoqué. » Ce que tu vas faire… Il est marrant, le petiot, parce qu’il croit vraiment pouvoir me donner des ordres. Chose que je ne compte pas démentir pour le moment. Je regarde ma clope rougeoyer dans son coin avant de faire pétiller les braises en collant le filtre à mes lèvres. « Première chose à savoir, est ce que les mecs qui te sont tombés dessus sont hors d'état de nuire ? » Il fait une pause, j’en profite pour m’adosser un peu mieux au crépi et me passer une main nerveuse sous mon tee-shirt, en direction de la plaie de mon torse qui continue de me faire mal. Lorsqu’elle revient, elle est noire de sang. Putain les bâtards, tu m’étonnes que j’ai encore mal, elle est loin d’être guérie en fin de compte, juste un peu anesthésiée par le reste. Il ne m’en faut pas plus pour additionner les faits. Je manque d’énergie, c’est tout. Et sans énergie, par de régénération miraculeuse. Je m’essuie la main sur ma veste avant de me concentrer sur ce que Mikkel m’a demandé. Question la plus facile ? La plus récente dans le temps.

« En théorie, ils sont dans un état pire que le mien, à la différence prêt que je leur ai rendu leurs armes en leur plantant dans le corps pour qu’ils évitent de les perdre. J’ai du faire preuve d’imagination pour le flingue d’ailleurs. » Je fais mine de réfléchir dans un demi-sourire. « J’ai hésité à lui foutre dans le fion, mais finalement, je me suis contenté de lui vider le chargeur dans la gueule. Ca répond à ta question ? » En général, c’est une mauvaise idée de me provoquer. Eux, ils l’ont payé au prix fort, je crois qu’il n’y en a que deux ou trois sur les huit qui bougeaient encore à la fin. Je fixe Mikkel pour le mettre au défi de dire quoique ce soit sur mes méthodes, à demi-conscient que je ne devrais pas tenir de tels propos face à mon petit-fils. Mais c’est plus vraiment un gosse et je pense que sans être pire que moi, il en tient quand même une sacrée couche de son côté. Je rejette la tête en arrière pour fixer le mur de l’immeuble qui grimpe dans les étages au rythme des différentes fenêtres. Faut pas t’en faire. Je me demande ce que cache cette allégation. Il pense qu’Hartley va riposter ? Un frisson d’angoisse dégringole ma colonne vertébrale à cette possibilité.

Je n’y avais pas pensé. Tu vas me raconter point par point comment t’as merdé avec Hartley, où et pourquoi. Il a pas tort le gamin, faut que je lui raconte tout. Pour une fois que ce n’est pas lui qui nous fout dans la merde, ça doit lui faire bizarre d’avoir à rattraper une bourde de son grand-père, tiens. Sauf que j’ai conscience que cette fois, la bourde, c’est du high level parce qu’Hartley ne bossait pas pour un simple mafioso du coin mais, si j’ai tout compris, avec le Gouvernement. Je me prends la tête entre les mains. Putain que je suis con. « J’ai bien merdé cette fois… en fait… » En fait, bravo Andreï, tu viens de connecter deux neurones avec succès. Un léger vertige m’interrompt lorsque je veux reprendre, je me préfère finalement me concentrer sur ma clope mais mon état ne manque certainement pas d’échapper à mon petit-fils qui me connait sûrement un peu trop bien. « Tu dois avoir besoin d'énergie là… comment je peux faire pour t'aider ? » Pour qu’il me pose cette question et qu’il en oublie le russe… Mes rétines se fixent dans les siennes avec dureté. Mikkel doit être celui de la famille qui est le plus familier avec ma nature de Daybreaker, même si les trois autres sont aussi au courant. C’est lui qui me pousse à me nourrir un peu partout pour ne pas vider les gens intégralement et laisser des cadavres derrière moi, c’est lui qui me rappelle de me nourrir, aussi, quand j’ai tendance à oublier. Parfois. Ce qu’il peut faire pour m’aider ? L’angoisse parcourt mes veines comme un courant électrique. « J’suis à sec, ouais, j’arrive plus à guérir. Mais t’inquiète, je peux tenir une heure ou deux, le temps que ton père se casse de l’appart et que tu me remontes pour recoudre ça. D’ici là, évite de me toucher. » Du menton, je désigne ma plaie au torse : coup de couteau assez profond. Le plus grave a été soigné en premier, mais le travail n’a pas été fini. Ouais, je viens de sous-entendre que remonter à l’appart ne serait pas du luxe, au final. Con, stupide, idiot, oui, mais pas suicidaire. Enfin… je crois. Je déglutis et inspire comme je peux. Préférant changer de sujet le temps de trouver une solution durable à mon petit problème de bouffe – hors de question que je me nourrisse sur lui – je repense à ce qu’il a dit sur Hartley. Et sur ce que j’ai pu faire comme connerie.

« Pour Hartley… J’ai pas rempli l’contrat. C’est compliqué, mais dans l’idée… le mec que je devais buter m’a proposé une somme d’argent supérieure pour que j’évite de l’égorger et du coup… » L’argent. Avec les femmes, c’est ma plus grande faiblesse. Je suis corruptible, je suis vénal, j’ai les yeux qui brillent et la bave qui coule lorsqu’on me présente de l’or et des billets et pour être honnête, je suis capable de pas mal de choses contre rémunération, même du pire. Après tout, je tue bien pour de l’argent. « Le truc, c’est qu’elle m’avait déjà payé une partie mais j’avais pas trop envie de lui rendre le fric mais j’suis quand même allé la voir pour mettre les choses au clair et… » Je soupire. « Au final, j’crois que le mec a cru que je le roulais dans la farine, et du coup, il m’a envoyé les gus pour récupérer son fric, et j’ai peut être oublié d’écouter ce qu’ils avaient à me dire avant de leur foutre mon genou dans les parties. » Je sais, dit comme ça, c’est effroyablement con. Mais j’ai jamais prétendu être une lumière : j’étais dans la section assassinat du KGB, mais diplomatie. « T’as une idée de comment arranger ça ? » Mikkel, la solution à tous les problèmes.


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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Lun 11 Jan - 1:49



« Water's sweet but blood is thicker »

Andreï Ievseï & Mikkel Ievseï
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De tous temps, j'avais été un mec à l'influence pernicieuse et corruptrice, une personne que l'on évite, comme on écarte du troupeau les bêtes malades. En somme, j'étais une brebis galeuse. Si je causais du tort, je ne m'en inquiétais jamais, narguant le pauvre peuple de mon sourire narquois empli de dents blanches. Cependant, alors que j'étreignais rapidement cet homme, ma désinvolture coutumière était écrasée par une sincère inquiétude dont le point d'orgue n'était autre que cette lueur coupable qui faisait vibrer mes prunelles. Il y rôdait une certaine dose d'admiration aussi, même si je secouais la tête à sa répartie frondeuse, étirant un des coins de mes lèvres en un demi-sourire indulgent. Sacré papy va.

« Je pose la question parce que je dois connaître la vérité. Ça veut pas dire que ça fasse plaisir à entendre pour autant. Tu fais rarement des trucs jojo faut dire, c'est pas trop dans la tradition familiale... »

A croire que devenir adulte chez les Ievseï incluait de se faire casser sa gueule, un peu comme un rite de passage, histoire de se mettre bien en selle pour la suite des aventures salées qui rythmaient nos vies. Évidemment, c'était pas la première ni la dernière fois qu'Andrëi merdait mais ce coup ci, il l'avait fait en toute beauté.  

Balayant d'un battement de cil les relents trop tendres de mon émotivité, je repris un visage plus lisse, mon assurance naturelle me requinquant toujours assez vite. Je possédais cette faculté parfois choquante d'envisager les choses de manière froide et objective, ce qui me permettait de réfléchir assez efficacement et de prendre les décisions adéquates. Bien évidemment, je n'éprouvais pas plus de scrupules à donner des ordres à mon grand-père que j'en aurai eue à roter en public si l'envie m'en prenait. Or donc, en lieu de renvoi, je n'expulsai pour l'instant que la fumée grise de ma clope, lorgnant sur le t-shirt poisseux de sang de mon aïeul en écoutant les descriptions glauques de son combat. La violence de ses propos ne me surprirent pas plus qu'elles ne me choquèrent et un éclat de rire m'échappa, plus semblable un un jappement de hyène, entre cruauté et dérision.

« Tu n'es qu'un animal sans âme ni conscience… Qu'est ce que j'ai fait pour hériter d'un grand-père aussi bourrin, franchement ? Bon ben au moins, ils ne viendront pas se plaindre...»


Ce ne fut que lorsque le soulagement détendit mes muscles que je m’aperçus qu'ils étaient encore crispés d'appréhension. La simple idée que l'un de ces tordus ne cherchent à se venger sur les gosses me tordait les entrailles mais fort heureusement, mon salaud de grand-père avait fait ce qu'il fallait. Je soutins son regard, un rictus plaqué contre mes lèvres pincées, à mi-chemin entre un faux dégoût et un réel plaisir. J'aurais peut-être aimé être encore capable de faire semble de m'offusquer face à ses méthodes, de posséder encore assez de sensibilité ou de blancheur pour vomir toute cette brutalité, ces aveux de carnage et de vraie boucherie. Mais ce n'était plus le cas depuis longtemps et parfois, oui parfois je me faisais peur à moi-même.

« Bon, tu vas pouvoir prendre le temps de reposer un peu tes vieux os. Et après, j'irai raconter à p'pa que tu t'es fritté avec des voyous inconnus qui cherchaient juste la misère» Prenant un ton attristé, je mimai l'une de ces expressions juvéniles et innocentes qui m'allaient si bien. « Pauvre papy...»

Je haussai un peu les épaules, je serais encore plus convainquant plus tard.  Pas la peine que mon père ne se doute ne serait-ce que d'un dixième de la vérité. Bref. Alors certes, on pouvait souffler mais pour l'instant seulement. Je n'estimais pas utile de prononcer mes pensées tout haut mais il me semblait plus qu'évident qu'Hartley riposterait tôt ou tard et, en éliminant ces types, Andreï n'avait fait que nous permettre de gagner du temps. Pour ma part, je ne cherchais qu'à le rassurer, presque par réflexe, comme je l'aurais fait avec Lizzie ou Colin, simplement parce que j'avais tenu toute ma vie le rôle du grand frère et que j'englobais inconsciemment Andy dans le paquet des mômes. C'était probablement le même instinct protecteur qui me poussait à lui rappeler régulièrement de se nourrir, l'aidant ainsi à contrôler sa nature dangereuse avec le plus de discrétion possible. Jamais il n'avait aspiré ma propre énergie cependant.  Et si cette possibilité s'alluma l'espace d'un quart de seconde dans mon esprit, je m’aperçus que j'avais cessé de respirer au moment où il me répondit. Qu'est ce que j'étais con quand je m'y mettais… Merde. Je devais représenter le même genre de tentation qu'un bon poulet rôti aux yeux d'un affamé. Je cillai dans une légère moue, reculant d'un pas en retrouvant aussitôt mon russe que j'avais oublié dans mes derniers murmures. J'avais beau m'être appliqué jusqu'à l'obsession pour étudier cette langue dans les moindres détails jusqu'à la maîtriser parfaitement, l'anglais restait ma langue maternelle. Pour le coup, je me sentais presque sale de l'avoir utilisée avec Andy...

« Oh euh ouais. Hum. Désolé. »

Toujours trop tactile le Mikky. Enfin… Je balançai ma clope à terre avant de m'étirer un peu, à la manière d'un félin, me sentant étrangement serein. Une fois mon esprit délesté du poids de la culpabilité, il n'en était que plus vif et je ne doutais même pas de parvenir à gérer parfaitement la situation. Mon père n'était pas du genre à moisir dans le salon pendant des plombes, il avait des tas de raisons pour sortir et si jamais c'était pas le cas, je réussirais bien à lui en donner une. Du coté du papy, par contre, les choses semblaient plus lourdes à porter et je vins poser mon épaule contre le mur auquel il était adossé, à deux pas de lui, le regardant se prendre la tête dans les mains. Je choisis de ne pas le brusquer davantage, le laissant prendre son temps pour aller au bout de ses explications. S'il avait paru prendre un malin plaisir à me laisser lui arracher un à un les vers du nez, il se montrait enfin un peu plus loquace.

A mesure qu'il s'exprimait, je plissai légèrement les yeux, gonflai les joues, inclinai la tête de coté et finis par hausser un sourcil à sa dernière phrase, relevant mon menton dans un rire franc. Non ce n'était pas drôle, c'était même totalement désespérant. L’appât du fric avait un impact si énorme sur ce mec ! J'avais jamais vu quelqu'un capable d'aller aussi loin… Je l'imaginais parfaitement avec le logo des dollars inscrits dans les yeux, frétillant comme un jeune poulain insouciant, et ruant des quatre fers si jamais un connard se plaçait entre lui et le magot. Et le bouquet, c'était sa façon presque ingénue de me demander si j'avais une idée de comment arranger le foutu merdier dans lequel il s'était enfoncé jusqu'au cou. C'était pas horriblement drôle, ça ? J'avais toujours eu un humour noir, il fallait bien le dire.

« T'es mignon toi hein...» Je me frottai les yeux, me plongeant aussitôt dans la réflexion. Je décidai de me rallumer une nouvelle clope, tant qu'à faire, réfléchissant tout haut pendant l'opération. « Bon. Je résume. Donc, on a d'un coté Hartley et de l'autre cette cible que tu devais buter. » Je m'interrompis, le temps de porter la cigarette à mes lèvres et en inspirer une bouffée. Je regardais Andreï de temps à autre, histoire qu'il m'interrompe si jamais il avait une nuance à apporter ou des info complémentaires à m'annoncer.

« Ce mec là, il t'a proposé une grosse somme mais là, c'est foutu, vu que t'as buté tous ses gars, il risque pas d'être copain avec toi maintenant. Il t'avait versé l'intégralité du pognon ? Il est où ce fric maintenant ? »

J'attendis qu'il me réponde avant de poursuivre mon raisonnement. Pour moi, la ligne de conduite à suivre était assez limpide à présent. Avec son impulsivité habituelle, Andreï avait déjà lancé la manœuvre et il était un peu tard pour faire marche arrière. « Ce mec est notre ennemi maintenant. Tu vas retourner une nouvelle fois ta veste et... aller jusqu'au bout du contrat d'Hartley, plus moyen de faire autrement. » J'essayai de former un rond de fumée avec ma clope, sans succès avant de tourner le regard vers lui. « Si jamais tu gagnes le fric des deux cotés, t'imagines… jackpot ! Tu dois buter ce mec, papy. »

Évidemment ce ne serait pas si facile à présent, vu que le mec était au courant et qu'il s'attendait à ce que Andreï cherche à lui régler son compte. L'effet de surprise était gâché et  ce type pouvait très bien prendre les devants et décider d'attaquer en premier. Étant donné la scène un peu houleuse que mon grand-père venait d'avoir avec ces gars, la phase de discussion était clairement dépassée et, dès que leur boss s'en apercevrait, il passerait sûrement à un niveau supérieur. A moins qu'il n'ait la trouille et qu'il ne se cache ? Tout dépendant de l'identité du mec en question qu'Andreï ne m'avait toujours pas révélée. Raison de plus pour qu'il se remette au plus vite en forme et pour ça, il fallait qu'il accepte de remonter son cul jusque dans l'appart. Si c'était la présence de mon vieux qui le gênait, l'urgence était donc de tout faire pour le pousser à décamper de l'immeuble.

« Bon allez, je vais aller motiver ton fils à sortir voir ailleurs si on y est. Tu m'attends là ? »

J'hésitai, dans son état, j'avais pas trop envie de le laisser seul. Si jamais un voisin passait et lui posait des questions indiscrètes ? Ou pire, si le manque d'énergie le dépassait, au point qu'il agresse un des pauvres locataires de notre immeuble ? Non pas que j'éprouvais un quelconque attachement pour eux, je ne les connaissais que de vue, mais ça nous foutrait mal. Je reniflai un peu, tirant sur ma clope avant de poursuivre.

« Hum bon ben sinon, une autre option c'est qu'on s'incruste chez la vieille du rez de chaussée… Elle est sourde et sa porte est très facile à forcer.» Je le savais parce que j'avais déjà essayé. Elle ne fermait jamais à double tour, malheureuse naïve qu'elle était, alors c'était tentant, forcément.
 

 

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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Dim 17 Jan - 22:26

water's sweet but blood is thicker
Mikkel & Andreï



Ca a beau remonter à un paquet d’années, je me souviens comme si c’était hier de cette première impression que j’ai eue lorsque la sage-femme m’a posé Roman dans les bras. Une envie de changement, un besoin si intense qu’il en était douloureux de tirer un trait sur ma vie jusqu’à cet instant pour mieux repartir sur de bonnes bases, avec ma femme, avec mon fils, avec ces petits éclats de bonheur dans ma vie jusque là plongée dans l’amertume. Je m’en souviens comme si c’était hier, mais il faut bien reconnaître que je me souviens aussi de ce qui a suivi : ma transformation, mes missions, cette dégringolade progressive dans un emploi qui sans me déplaire, m’écœurait toujours un peu plus au fur et à mesure que je m’y habituais. Et si je me rappelle sans souci de cette violente envie d’avoir une vie normale, mieux encore d’avoir une vie respectable, c’est pour mieux la mettre en comparaison avec ce que je suis réellement et ce que je suis devenu ; avec ce que je vois dans les yeux de mon petit fils lorsque je m’entends lui dire avec une certaine lassitude désinvolte que ça n’a pas été jojo… Et son sourire qui me répond devrait me faire d’autant plus culpabiliser qu’il est partagé. Tirer un trait sur mon passé, repartir sur de bonnes bases, des bases saines ? Ca a été mon envie à une époque, ce n’est désormais qu’un songe illusoire que je ne parviens même pas à considérer comme plausible. « Je pose la question parce que je dois connaître la vérité. Ça veut pas dire que ça fasse plaisir à entendre pour autant. Tu fais rarement des trucs jojo faut dire, c'est pas trop dans la tradition familiale... » Pas trop la tradition familiale ? C’est le moins qu’on puisse dire, la légère grimace qui tord mes lèvres me sert de réponse, le sang qui coagule sur mon visage et mes vêtements est un aveu. La tradition familiale… Je pense à Lara, à sa volonté sans cesse renouvelée de m’extirper de ce cycle de violence dans lequel j’ai grandi et dans lequel je me suis surtout épanoui. Lara, tu serais bien déçue de voir ce que je fais de ton petit-fils, tu serais encore plus déçue de voir ce qu’il était avant même que je le récupère ou plutôt avant-même qu’il me récupère.

Dans tous les cas, la conversation repart, la culpabilité revient au même titre qu’une prise de conscience aussi brutale qu’inattendue. J’ai merdé. Et bien plus violemment que les fois précédentes. On va arranger tout ça m’assure-t-il, j’avoue ne pas vraiment être aussi confiant. Ce que tu vas faire, ce que je vais faire c’est me démerder, comme d’habitude, et toi, ce que tu vas faire, Mikkel, c’est avoir l’impression de tout maîtriser en me donnant des ordres et en prenant les choses en main. Pas que ça me dérange, d’ailleurs. On fait un putain de duo, tous les deux, frères d’un autre genre, complices malgré les générations, on pourrait même nous comparer à des ados rebelles qui veulent s’émanciper de leur père. Sauf qu’on a la trentaine, sauf qu’il s’agit de mon fils et pas de mon père, sauf qu’il s’agit de mon petit-fils et pas de mon frère. M’enfin… on fait malgré tout un putain de duo et lorsqu’il commence par prendre les choses les unes après les autres pour tout mettre au clair, je me plie à ses questions, ma main nerveuse tâtant la blessure qui ne se referme pas, comme pour en jauger la gravité au simple toucher. S’ils sont hors d’état de nuire ? Mes lèvres s’étirent dans un demi-sourire, même s’il n’y a pas grand-chose de marrant dans la conversation, je dois bien en convenir.

Forcément qu’ils sont hors d’état de nuire. Pour la plupart, d’ailleurs, ils sont hors d’état tout court, surtout celui qui avait une arme à feu. Je ne mâche pas mes mots, n’en voyant aucune utilité, je revendiquerais presque ma violence si on me la reprochait. M’agresser, c’est faire une croix sur son intégrité physique, c’est le message que je veux faire passer. M’agresser ou agresser un membre de ma famille, c’est signer un arrêt simple vers l’hôpital ou la morgue. Le rire de Mikkel effleure mon sourire un peu plus. Ca répond à ta question ? je termine en raillant légèrement. « Tu n'es qu'un animal sans âme ni conscience… Qu'est ce que j'ai fait pour hériter d'un grand-père aussi bourrin, franchement ? Bon ben au moins, ils ne viendront pas se plaindre...» Il y a quelque chose d’immensément malsain, je le sais, dans notre conversation et nos propos. Tu n’es qu’un animal sans âme ni conscience. Il ne faut pas croire, je suis tout à fait au courant que j’ai une certaine insensibilité vis-à-vis de la violence qui pourrait s’apparenter à un trouble psychologique, mais… ça me blesse. Ca me blesse même plus que je ne veux l’admettre, ça me blesse parce que c’est vrai. Je suis un animal, sans âme ni conscience, un animal qui n’est guidé au fond que par son instinct protecteur et l’argent. Pour toute réaction, au final, en dehors de ce regard fuyant qui file sur le bâtiment pour monter le long du crépi et échouer au niveau des fenêtres, je soupire et j’hausse les épaules dans une grimace. « Bon, tu vas pouvoir prendre le temps de reposer un peu tes vieux os. Et après, j'irai raconter à p'pa que tu t'es fritté avec des voyous inconnus qui cherchaient juste la misère» Prenant un ton attristé, je mimai l'une de ces expressions juvéniles et innocentes qui m'allaient si bien. « Pauvre papy...» Sa voix chasse le côté vexant de ses mots précédents, aussi versatile que susceptible, je suis souri à nouveau.

Au moins, je suis con, mais pas trop rancunier dans l’immédiat, on peut dire que c’est déjà ça. L’un rattrape l’autre, quelque chose dans le genre. Je souris à son pauvre papy, me prenant en plein visage l’incongruité de la situation. Je souris mais je fatigue aussi et ça se lit sur mon visage. L’interrogation de mon fillot en est la preuve, l’anglais heurte mes tympans, sonne discordant dans notre conversation, comme si son inquiétude palpable rendait l’usage de notre complice russe impossible. Ce qu’il peut faire pour m’aider : rester loin de moi. Ma réponse n’attend pas, ma franchise non plus. Au fur et à mesure que les secondes s’égrènent et que mon organisme puise dans mes réserves pour soigner mes plaies, je sais que le contrôle tout à fait relatif que j’ai sur ma nature de Daybreaker va en s’amoindrissant et je doute pouvoir résister très longtemps à ce battement de cœur que j’entends battre dans sa poitrine. Reste loin de moi, Mikkel, je ne supporterais pas de puiser dans tes propres réserves et je supporterais encore moins être incapable de m’arrêter à temps. « Oh euh ouais. Hum. Désolé. » Le russe a beau revenir et la mise en garde avoir été perçue à sa juste valeur, l’atmosphère s’alourdit légèrement. Très légèrement. Je viens de lui concéder que se réfugier dans un appartement n’allait pas tarder à devenir une nécessité, comme il le pressentait. J’hésite à m’allumer une nouvelle cigarette, une énième, je me retiens de justesse et préfère me concentrer sur le reste.

Je me concentre un peu plus à la merde dans laquelle je nous ai joyeusement foutu et pas qu’aujourd’hui. Hartley, l’autre contrat. Et ma connerie, ma vénalité, l’appât du gain qui m’a fait prendre une, deux, trois, un certain nombre de mauvaises décisions. Je résume en quelques mots l’ensemble de l’imbroglio, m’hasardant en confession et hypothèses. J’achève l’histoire dans une question aussi naturelle que naïve, aussi immature qu’irresponsable, aussi ingénue que désespérée. T’as une idée de comment arranger ça ? Oui, je sais, à la base, c’était moi qui étais supposé aider mon petit-fils à résoudre ses putains de dettes et de problèmes de frics et au final, je commence à le rattraper sur ce plan là… Mais que voulez vous… « T'es mignon toi hein...» Je ne le quitte pas des yeux, guettant un début de solution, un début de résolution. Oui, je suis mignon. Si on n’était pas autant dans la merde, je lui ferais des yeux de chien battu avec une moue larmoyante et la lèvre inférieure qui tremble. Lorsqu’il allume une nouvelle clope, je cède à la tentation pour faire de même de mon côté, dans des mouvements aussi lents que prudents. « Bon. Je résume. Donc, on a d'un coté Hartley et de l'autre cette cible que tu devais buter. Ce mec là, il t'a proposé une grosse somme mais là, c'est foutu, vu que t'as buté tous ses gars, il risque pas d'être copain avec toi maintenant. Il t'avait versé l'intégralité du pognon ? Il est où ce fric maintenant ? » Le fric ? Je fronce instantanément les sourcils. « Quoi le fric ? » Si j’avais été encore un rat, j’aurais montré mes petites dents d’un air menaçant. Il ne compte quand même pas rendre le fric, hein ? S’il m’avait versé l’intégralité ? « Ouais, il m’avait tout versé. A dire vrai, j’avais un flingue sur sa tempe, il m’a ouvert son coffre-fort et m’a offert le sac pour emporter le tout. Le fric… il est planqué. Tu veux quand même pas qu’on lui rende j’espère… » Je ne sais pas vraiment d’où ça me vient, cet attrait que j’ai pour des morceaux de papier. Je ne sais pas d’où ça me vient mais c’est là, et je suis obligé de composer avec.

« Ce mec est notre ennemi maintenant. Tu vas retourner une nouvelle fois ta veste et... aller jusqu'au bout du contrat d'Hartley, plus moyen de faire autrement. Si jamais tu gagnes le fric des deux cotés, t'imagines… jackpot ! Tu dois buter ce mec, papy. » Je fronce une nouvelle fois les sourcils. Je sais. Je suis un assassin, j’ai foutu à terre plus d’une demi-douzaine de mecs un peu plus tôt. Et là, j’ai le regard perdu d’un chien qu’on vient de foutre à la porte et qu’il ne sait pas s’il doit pleurer, aboyer ou s’allonger. J’ai le regard du mec aussi pataud et penaud auquel on donnerait le QI d’une langouste et guère plus de douze ans. « Mais… ce serait malhonnête… » Je sais que cette phrase est ridicule, pas besoin de me le faire remarquer. « Je veux dire… si je le tue, alors faudra que je lui rende l’argent que j’ai accepté en échange de la promesse de ne pas le tuer, non ? » Parce que oui, dans mon esprit il y a une différence entre accepter du fric pour ne pas accomplir un contrat et accepter du fric sans faire pour autant le contrat promis. A croire que dans la pourriture de mon esprit, il y a une certaine honnêteté qui refait parfois surface. Je me mords la lèvre, me passe une main sur le visage avant de tirer un peu plus sur ma clope. J’essaye de réfléchir mais quelque chose dans l’idée me met vraiment mal à l’aise. « Y’a pas un moyen de garder et l’argent mes mains s’agitent, vont d’un côté pour symboliser le fric qui pèse dans la balance de mes décisions, et de ne pas être… » Être quoi ? Mes mains qui sont parties de l’autre côté de la balance se perdent dans le manque brutal de vocabulaire. Être quoi, Andreï ? Malhonnête ? Je me perds dans mes pensées, mes doutes et mon malaise, certainement provoqué par ma perte de sang, ma culpabilité et ma fatigue. Je reprends au début. « Je veux dire, il n’y a pas un moyen pour garder l’argent tout en butant quelqu’un que j’ai promis de ne pas buter ? Pas que ça me dérange mais… » Allez, Andreï, crache le que ça te dérange. « J’aime pas trop l’idée de les avoir baisés tous les deux. Déjà Hartley, ça m’a fait chier mais y’avait quand même un paquet de pognon dans la balance, là… » Je réfléchis. J’ai l’air con, hein ?

Je soupire. Souffle un peu de fumée, cherche une solution miracle sans en trouver. Je sais que je vais forcément finir par buter le mec, je le sais. Je préfèrerais juste l’égorger par accident ou lui planter toujours par accident quelques balles dans l’abdomen. Mais là, avec ce qu’il s’est passé, il va être remonté à bloc et va vouloir soit me traiter comme une épine plantée dans son pied soit, dans le meilleur des cas, renégocier notre contrat. Ou vouloir éliminer Hartley, ce qui ne m’arrangerait honnêtement pas des masses. « Bon allez, je vais aller motiver ton fils à sortir voir ailleurs si on y est. Tu m'attends là ? Hum bon ben sinon, une autre option c'est qu'on s'incruste chez la vieille du rez de chaussée… Elle est sourde et sa porte est très facile à forcer.» Mes jambes flageolent, je lève par réflexe une nouvelle fois les yeux vers les fenêtres de notre appartement. C’est haut, c’est loin, c’est sacrément chiant. La solution de la petite vieille me semble plus adaptée, mais… je lâche un énième soupir, dégage ma clope à moitié terminée sans même prendre le temps de l’éteindre et considère ma blessure au torse. Il va falloir s’en occuper, même un imbécile comme moi s’en rend compte. Mes yeux glissent vers la porte, vers ce que je peux voir de l’appartement de la vieille. « Allez, ouais, optons pour la vieille mais je pense qu’il va falloir que tu me trouves à bouffer malgré tout si ça te dérange pas. Genre tu me ramènes n’importe quoi, j’vais pas faire de chichi, j’suis pas difficile. » Je me passe encore la main sur le visage, y laissant une traînée noirâtre de sang dans toute la classe qui me caractérise. « Elle a une douche, ta grand-mère ? Ce serait cool que je l’utilise aussi. Elle a des compresses aussi, sinon ? Comme ça, tu me recouds rapidement et… » Et quoi ? Je soupire. Encore. Je commence à avoir du mal à mobiliser mes pensées pour les rendre cohérentes. Sans attendre de réponse, de toute manière, je décide que Mikkel trouvera des solutions à tous les problèmes qu’on pourra rencontrer, je me dirige vers le hall.



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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Mar 2 Fév - 17:04



« Water's sweet but blood is thicker »

Andreï Ievseï & Mikkel Ievseï
featuring

Des émotions diverses passaient sur le visage de mon grand-père, à la manière de nuages, parfois lourds et sombres. Mais il suffisait d'un rien pour que l'éclat de son sourire ne vienne chasser les ombres, avec une spontanéité touchante. En cet instant, Andy ressemblait à un enfant fatigué et la confiance totale qui s'inscrivait dans ses yeux m'inspira une nouvelle bouffée d'affection. J'avais juste envie de le soulever dans mes bras, sans attendre son avis, le poser sur mon épaule et remonter fissa dans l'appartement. Mais Andy n'était pas un gosse, je n'étais pas son frère et je me contentai d'inspirer pensivement une nouvelle taffe.

Le fric. A la simple mention de ce mot magique, il sembla se raidir, comme si j'avais soudainement appuyé sur l'une de ses plaies à vif. Je me contentai de hausser les sourcils avec nonchalance, le laissant poursuivre ses explications. Il y avait des moments où l'angoisse qu'on lui reprenne son cher pognon était telle que ça le rendait presque paranoïaque. Soufflant la fumée de coté, je ne tardai pas à le rassurer sur ce point, secouant doucement la tête. « Et depuis quand on doit te foutre un flingue sur la tempe pour t'obliger à accepter du fric, toi ? Bien-sûr que non, on ne rend rien. » J'esquissai un sourire en coin, ne pouvant m'empêcher de le taquiner un peu en dépit des circonstances. Cependant, je ne perdais pas de vue le plus important : il avait réussi à mettre un bon paquet de côté et c'était pas négligeable. Je repris, d'un ton posé, manipulant distraitement ma cigarette entre mes doigts. «  Non, sérieusement, t'as bien fait de le planquer. D'autant plus que j'en aurai besoin assez vite... Bref, on verra ça plus tard. »

La blessure d'Andreï laissait toujours échapper un sang noir et visqueux et je baissai un moment le regard vers son torse. Putain, il était salement amoché. Je ne l'avais jamais vu mettre autant de temps à récupérer, ce qui prouvait l'ampleur de sa faiblesse.  Pour moi, Andreï était invulnérable, un genre de roc costaud et solide sans aucune faille. Je le croyais capable de détruire n'importe quel ennemi, grâce à sa force et à sa témérité de tête brûlée. Mais voilà, j'avais pour la première fois en face de moi la preuve qu'il était possible de lui faire du mal. C'était foutrement effrayant de se rendre compte de ça. Il pouvait être blessé et ne pas s'en remettre, il pouvait mourir. Il n'était pas invincible. Je ne savais même pas pourquoi on perdait du temps à discuter alors que la logique aurait voulu qu'il me laisse prendre soin de lui au plus vite. Qu'est ce qu'il pouvait être buté parfois, au point de préférer souffrir le martyre pour mieux tirer la gueule à son fils. Je voyais bien que la douleur, tout autant que la fatigue, le rendait plus fragile psychologiquement, au point d'être complètement paumé. Au point de se casser la tête pour des conneries.

J'arquai un sourcil en le regardant un peu de travers. « Malhonnête ? Non mais… » Sérieusement ? Pour l'instant, il avait l'air tellement concentré à essayer de m'expliquer ses états d'âmes que je préférai ne pas l'interrompre mais j'avais du mal à comprendre où il voulait en venir. L’innocence qui se dégageait de lui à cet instant était aussi attendrissante que drôle et même si je connaissais l'animal, j'en restai assez incrédule. Sans déconner, il me faisait délirer avec ses pauvres scrupules et j'arrivais difficilement à maîtriser l'hilarité qui faisait frémir mes lèvres. Si je me foutais de sa gueule maintenant, c'était à parier qu'il le prenne assez mal et je résistai à l'envie de lui rire au nez. Au lieu de ça,  je me contentai d'expulser ma fumée, dans un léger sourire. « Papy, tu butes des mecs à tour de bras et tu te tracasses pour une histoire de parole donnée ? » Il paraissait tellement déphasé et malheureux que je renonçai à le contredire. « Bon. T'en fais pas pour ça, je m'occuperai de gérer ce problème. Ce que tu dois faire pour l'instant c'est te concentrer sur ta guérison. »

Grand père n'était pas le genre de mec qu'il fallait prendre de front et je préférais le rassurer avant de lui faire changer d'avis en douceur plus tard. Parce que bien-sûr, il ne serait jamais question de respecter ses foutus scrupules, et puis quoi encore ? Pour ma part, je crachais avec une jouissance malsaine sur l'honneur et ce genre de connerie. Oh oui, je me plaisais à me vautrer dans ma saloperie avec autant d'aisance que dans un bain de boue. Les valeurs d'Andy me paraissaient donc aussi superflues que risibles mais pour éviter qu'il se braque, mieux valait faire semblant de rien.

Au moins, l'idée de pénétrer par effraction chez notre vieille voisine ne lui posait pas trop de problème de morale, c'était déjà ça. J'imaginais que dans l'esprit d'Andreï, c'était une option moins contraignante que de devoir affronter Roman et son regard plein de jugements. Je haussai les épaules, une légère moue se dessinant sur mes lèvres en le voyant se maculer le visage de son propre sang. « Manquerait plus que ça que tu fasses la fine bouche… C'est pas comme si j'pouvais te commander une pizza. » Dans un monde normal, ma plus grande contrainte aurait été de faire gaffe à préparer un plat facile à mâcher pour le pauvre dentier de mon vieux grand-père. Mais non. Bien qu'il soit aussi jeune et beau que mon cher moi-même, mon papy à moi était un mort vivant, dévoreur de rêves.

Je grommelai entre mes dents, tirant une dernière fois sur ma clope avant de la balancer sur le sol. Il s'était déjà dirigé vers le hall et j'étais pas fâché de le voir enfin se décider à bouger de cette cour. Je fis craquer mes épaules en m'étirant un peu avant de le suivre dans le hall d'entrée. Je fouillai distraitement dans mes poches pour y dénicher le crochet que j'avais utilisé sur cette même serrure, quelques jours plus tôt et je dépassai mon grand-père, pour m'approcher de la porte d'un pas léger.

« J'ai jamais utilisé sa salle de bain, figure toi. On n'est pas assez intimes elle et moi hum. » Mon ton était tout aussi désinvolte qu'à mon habitude pendant que je crochetais rapidement la serrure. « Et pour le reste, j'en sais rien mais on fera avec les moyens du bord. » Quelques secondes me suffirent pour réussir à déverrouiller et la porte s'ouvrit devant nous. Un coup d’œil rapide dans la pièce m'apprit qu'elle était inoccupée, du moins à première vue, et j'entourai les épaules d'Andy, oubliant sa mise en garde, pour l'escorter à l'intérieur.

Une vague odeur de renfermé et de pisse flottait dans l'atmosphère. De vieux meubles recouverts de dentelles, des étagères garnies d'angelots en porcelaine, un tapis poussiéreux sur le sol qui étouffait le bruit de nos pas. Et au centre de la pièce, un large fauteuil recouvert de tissus fleuris sur lequel une vieille grand-mère dormait paisiblement, sans se douter de notre présence. Arf, je ne l'avais pas vue tout de suite. Tant pis. On aurait pu la croire morte tant son sommeil était profond en dehors des ronflements sonores qu'elle émettait. Avant qu'Andreï ait pu dire quoique ce soit, je le poussai doucement vers la pièce voisine, où une chambre précédait une petite salle de bain. Pour ma part, je me sentais comme chez moi mais je ne pouvais pas prévoir les réactions d'Andy.

« Allez, va d'abord me nettoyer tout ce sang. J'vais chercher de quoi te soigner. »

Ma voix était à peine plus basse que la normale pendant que j'auscultai mon grand-père du regard. Il avait déjà perdu pas mal de sang l'air de rien, ses fringues en étaient imbibées. J’espérais qu'il n'allait pas faire une syncope mais il me semblait assez solide pour réussir à se laver sans mon aide. Je l'abandonnai donc pour me retourner vers les tiroirs d'une commode et les fouiller avec entrain. Je ne dénichai pas de compresses mais par contre, je découvris des serviettes propres et j'en balançai une à Andreï avant de poursuivre mes recherches. J'allais et venais dans la chambre, comme si c'était la mienne et en fouinant, je découvris rapidement des vêtements masculins au fond d'une garde-robe. Sans doute appartenaient-ils au défunt mari de la vieille et je déposai le pantalon de velours et la chemise démodée sur le lit à l'intention de mon grand-père. « Ça devrait te plaire, ces vieux trucs, tout à fait de ton époque. »

Satisfait, je continuais à fouiller dans un panier en osier où se trouvait du nécessaire de couture. Okay, c'était pas fait pour ça mais au moins, ça permettrait de limiter l’hémorragie. Restait plus qu'à dénicher du désinfectant et je réussis enfin à trouver une bouteille d’éther ainsi qu'une boite de compresses dans le bas de la commode. Tout en cherchant si je ne trouvais pas une boite de premiers secours, je mis inopinément la main sur une broche en or, dissimulée sous une pile de draps. En l'observant, elle avait l'air de valoir son prix et je l'empochai discrètement. « Hum. Okay j'ai ce qu'il me faut. Est ce que ça va, papy ? Bon alors, pour la bouffe, je te proposerais bien de te servir sur la belle au bois dormant à coté… ça t'inspire ? » Le seul problème c'était qu'à son âge, elle risquait de mal supporter un trop grand prélèvement énergétique. Mais bon, on ne faisait pas d’omelette sans casser d’œufs.
 

 

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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Sam 13 Fév - 10:56

water's sweet but blood is thicker
Mikkel & Andreï



Me décrire en quelques mots, c’est se retrouver confronté à une foule de contradictions toutes plus stupides et inattendues les unes que les autres. Tenter de me décrire en quelques mots, plut tôt, c’est risquer de ne plus rien comprendre à sa vie. Parce que mon altruisme commence là où s’arrêtent mes intérêts, mon honnêteté est présente dès que l’argent n’est plus dans mon champ de vision et malgré les cadavres que je traîne derrière moi comme des casseroles, je reste gentil. Je crois. Pour me décrire, il ne faudrait pas seulement quelques mots, il faudrait aussi quelques morts. Et de la connerie, aussi. Une certaine dose de connerie. Il n’y a qu’à voir mon attitude dès qu’il me parle de fric. Aussitôt, instinctivement même, je me ferme, je deviens méfiant, je sors mes petits crocs de rat et de rapiat, comme un gamin donc on menacerait la collection de sucettes et de bonbons. Le fric. Quoi, le fric ? Il ne veut tout de même pas que je le rende, mon fric ? Je l’ai gagné, pas très honnêtement, mais il est à moi. Et ouais, il m’a tout versé, j’ai tout planqué, je rage déjà à l’idée d’utiliser ce fric pour éponger nos dettes. « Et depuis quand on doit te foutre un flingue sur la tempe pour t'obliger à accepter du fric, toi ? Bien-sûr que non, on ne rend rien. » On ne rend rien. A ces mots, toujours aussi instinctivement, je me détends. Un peu. L’anglais revient, mais il redevient aussi de circonstance. Je titube, je peine à réadapter ma langue aux sonorités des Etats-Unis. « C’est moi qui tenais le flingue, ducon. » Mon agacement est visible, mon soulagement aussi d’une certaine manière, puisque toute menace contre mon fric semble s’être atténuée pour le moment. Mais je reste sur mes gardes. Et j’ai bien raison. «  Non, sérieusement, t'as bien fait de le planquer. D'autant plus que j'en aurai besoin assez vite... Bref, on verra ça plus tard. » Mon froncement de sourcils est éloquent : si je n’avais pas l’impression de perdre des litres de sang poisseux et si je n’étais pas non plus en train de serrer les dents, je lui demanderais d’une torgnole ce qu’il entend par là.

Il a de la chance, le petiot, que je sois aussi patient. Ou aussi mal en point, mais en soi, c’est la même chose. Il a de la chance, parce que dans mon soupir se perd ma curiosité. Et que dans notre conversation un peu trop sérieuse, mon inquiétude s’étouffe. Se transforme. Je fronce les sourcils. Encore. Toujours. Me décrire en quelques mots, c’est se heurter à des incohérences qui pourraient me faire passer pour un déséquilibrer. Je viens d’étaler une demi-douzaine de mecs, la plupart ne se relèvera pas, et pourtant je parle de malhonnêteté avec une certaine gêne. La réaction du fillot est d’ailleurs éloquente : je suis totalement ridicule avec mes scrupules qui n’ont rien à foutre là, avec cette morale et cette conscience qui refont surface juste pour totalement me décrédibiliser. « Malhonnête ? Non mais… » Ouais, malhonnête. Je ne suis pas à l’aise avec l’idée d’aller quand même buter le mec. Et même si je suis conscient de la connerie de mon raisonnement, je me torture les méninges, attiré autant par le fric que par une certaine… innocence ? Moi ? Le sourire de Mikkel a quelque chose d’extrêmement frustrant, surtout qu’il me fout le nez dans mon attitude risible sans que je ne puisse détourner le regard. « Papy, tu butes des mecs à tour de bras et tu te tracasses pour une histoire de parole donnée ? » Je lui offre une moue désolée, à la limite des excuses. Ouais, il résume bien la situation. Mais ce n’est pas de ma faute ! Je ne leur avais pas promis, aux mecs que j’ai butés, de ne pas les flinguer ! « Bon. T'en fais pas pour ça, je m'occuperai de gérer ce problème. Ce que tu dois faire pour l'instant c'est te concentrer sur ta guérison. » J’hoche la tête, presque soulagé qu’on change de sujet. J’inspire, j’expire, je me rassure dans cette assurance qu’il expose alors même que je ne suis pas dupe. Je m’occuperai de gérer ce problème. Qui est le grand-père, qui est le gosse ? La question se pose. Mais en apparence, nous sommes deux frères, deux cousins, deux amis. Seul le russe nous relit de manière évidente, comme cette ressemblance troublante entre nous, ces traits qui ressortent. Un lien indéniable qui nous crève le visage, comme le regard de Roman. Me concentrer sur ma guérison ? Ma clope se love entre mes lèvres, j’inspire pour me détendre. Et j’écoute ce que mon fillot a à me dire.

Je m’occuperai de gérer ce problème, ouais, il s’en occupera. Comme il s’occupe des problèmes actuels, à commencer parce cette guérison qui ne s’effectue pas, à commencer par mon sang qui continue de couler et mes couleurs que je perds minute après minute. La petite vieille. C’est une solution, c’est même une bonne option. Il est étrange de voir que je rechigne à l’idée de buter un mec qui m’a donné du fric pour ne pas le buter, mais que forcer la porte d’un appartement juste pour esquiver mon fils ne me pose pas le moindre problème. Un pas, ma clope roule à terre et je glisse le regard en direction de l’appartement en question. Il va falloir que je trouve à bouffer. J’imagine qu’il faudrait que je le ménage, j’imagine, sous prétexte que c’est un gosse, sous prétexte que c’est mon petit fils, sous prétexte qu’il n’est pas encore totalement socialement acceptable de bouffer l’énergie vitale des gens, mais je me prends déjà suffisamment la tête sur des considérations honnêtes pour me prendre en plus le chou avec la moralité. « Manquerait plus que ça que tu fasses la fine bouche… C'est pas comme si j'pouvais te commander une pizza. » Au moins, mon petit fils est peut être aussi doué que moi pour se foutre dans la merde et encore plus doué pour y rester, mais ce n’est pas une lavette qui va partir en hurlant. J’esquisse un sourire, Hartley oubliée, le mec oublié, concentré comme je suis sur la perspective d’une plaie qui se guérie et d’une histoire ancienne. Des pas nous séparent de la porte, je les franchis sans faiblir, me passant une main sur le visage, encore poisseuse de sang. Classe, Andreï, vraiment très classe. Elle a une douche, ta grand-mère ? « J'ai jamais utilisé sa salle de bain, figure toi. On n'est pas assez intimes elle et moi hum. » J’ai un petit rire qui m’arrache une grimace. Je m’amuse presque immédiatement : « Merde, j’pensais rencontrer ma petite-belle-fille. » « Et pour le reste, j'en sais rien mais on fera avec les moyens du bord. » La porte s’ouvre, je me satisfais de savoir qu’il se débrouillera avec les moyens du bord.

De toute manière, se débrouiller, c’est une seconde nature chez les Ievseï, je crois. Se débrouiller pour trouver les emmerdes, se débrouiller pour faire chier le monde, se débrouiller pour survivre, se débrouiller pour vivre… On est des increvables, chez les Ievseï. Et il faut que je me raccroche à cette idée et à ma volonté pour ne pas suivre l’instinct de ma nature lorsque Mikky me soutient pour m’escorter à l’intérieur. Une bouffée. Juste bouffée, c’est ce que je me sens lui voler, au rythme de l’éclat de rire d’un gamin sautant sur les genoux de son père. La culpabilité m’assaille, en même temps qu’un tressaillement sur mes plans m’apprennent que ce n’est pas suffisamment. Bien sûr que ce n’est pas suffisamment. Je repousse son contact dès que la porte se referme et je me concentre sur ce qui nous entoure pour ne pas entendre les battements de cœur, et du mioche, et de la vieille. Une vague odeur de renfermé et de pisse, « C’est charmant par ici, on dirait ta chambre » je siffle pour faire du bruit. J’étais assassin, pas espion, je venais pour tuer, pas pour ne pas me faire remarquer. Et le rat me servait de couverture. Donc pas de remarque sur mon absence complète de discrétion. Je traîne, guidé par la faim vers la vieille qui roupille, quand la main de mon petit-fils me dirige d’autorité vers une pièce adjacente. Une chambre. « Allez, va d'abord me nettoyer tout ce sang. J'vais chercher de quoi te soigner. » Hein ? Je le regarde avec des yeux paumés le temps que je me remette à réfléchir. « Ouais, fais, fais. » Je m’observe du coin de l’œil avant de me décider à bouger et rapidement l’eau dégringole du robinet pour s’échouer dans ma main. Dans mes mains. Elle se teint de noir, elle se teint de rouge sombre, elle se teinte de rouge clair. Ce n’est pas vraiment concluant, mais c’est déjà ça : les gouttelettes s’accrochent dans ma barbe, je passe à mon torse en enlevant péniblement les lambeaux de tissu un peu trop imbibés et tâchés. Et mes doigts redessinent la plaie ouverte avant de se perdre au niveau de mon épaule ou, presque moins douloureuse, j’avais oublié l’étoile percée par la balle. Bien, bien, bien. Je vais douiller lorsqu’il va me recoudre. La question, c’est est ce que je vais douiller plus que maintenant ? La suite au prochain épisode. « Ça devrait te plaire, ces vieux trucs, tout à fait de ton époque. » Je tourne la tête en direction des… trucs, qu’il vient de poser sur le lit. Merde. Il a raison. C’est plutôt mon époque. « ‘Tain, va chier Mikkel. »

Je reviens dans la chambre, jetant sur le lit la serviette rose que j’ai piqué à la vieille. Et repeinte accessoirement. Il parait que ça a quelque chose de traumatisant de voir son grand père à moitié à poil. Au moins, Mikkel n’a pas trop à vivre ce traumatisme vu qu’en soi, il parait aussi que je suis plutôt bien conservé pour mes soixante-dix ans. Je déplie les fringues, rejette le pantalon. « Pas besoin de ça, j’suis suffisamment grand pour ne pas avoir fait dans mon froc » Les tâches de sang, au pire, partiront au lavage. Ou lanceront une nouvelle mode, comme les jeans déchirés ou les conneries dans le genre que j’ai du mal à saisir. La chemise en revanche… vu ce que j’ai laissé au sol dans la salle de bain, je ne vais pas pouvoir m’en passer. « Hum. Okay j'ai ce qu'il me faut. Est ce que ça va, papy ? Bon alors, pour la bouffe, je te proposerais bien de te servir sur la belle au bois dormant à coté… ça t'inspire ? » J’hausse un sourcil en considérant le kit de couture qu’il tient en main avec un petit regard sceptique. Il va pas me recoudre en rose ou en vert, hein, j’suis pas un tee-shirt à rapiécer aux dernières nouvelles. Chez les Ievseï, on sait se débrouiller, mais quand même, c’est un peu du débrouillage foireux que je sens venir. « J’sais pas. D’habitude, je les choisis jeunes et jolies et elles sont plutôt partantes pour faire un tour avec moi et dormir comme des bébés. » Je passe la tête dans l’embrasure de porte pour regarder celle qui ronfle. Et qui doit me mettre bien vingt ans dans la gueule, ce qui est déjà franchement pas mal compte tenu que je triche. « Ouais, pas sûr qu’elle supporte mais en même temps… ça nous ferait une planque plutôt gratos pour la suite. »

Je vous l’ai dit, essayer de me comprendre, c’est risquer d’avoir une migraine. Tenant toujours la chemise en main, frissonnant sous un petit courant d’air alors que mon côté recommence à saigner lentement, au rythme de mes battements de cœur et de ce sang lourd et dense qui coule en prenant son temps, je m’accroupis aux côtés de notre hôtesse. On pourrait presque croire que je la caresse avec douceur, et c’est le cas, lorsque mes doigts frôlent son front et inspirent un peu de ce qui fait battre son cœur. Elle a de la réserve, la vieille, il faut pas croire. Mais ça me laisse pourtant un petit arrière goût de périmé. Ca craint. Je laisse mes yeux dériver vers mon petit fils.

C’est mal. Putain, c’est mal. Pourquoi tu m’as touché, bordel, je t’avais prévenu. Parce que l’humanité de la vieille pulse dans ses veines, bien moins attractive que ce chacal qui cohabite avec toi. Je déglutis, m’éloignant presque dégoûté de la vieille qui dort un peu plus profondément. Je me suis arrêté à temps, alors que ça ne suffit pas. Mais c’est un peu comme si on me demandait de bouffer des navets après une petite bouchée dans un bon burger bien gras, bien dégoulinant, et ça… ce n’est pas faisable. J’enfile la chemise, un peu juste pour ma carrure, et je ne cherche même pas à en fermer les boutons. « Elle est dégueulasse, j’aime pas les vieux. Va falloir que tu me recouses je crois. Mais… t’as déjà fait ? Parce qu’entre recoudre un bouton et ton grand-père, c’est pas la même chose, hein. » Je m’assois sur le lit, épuisé. Mais déjà un peu plus vif, de ce peu d’énergie volée et à mon petit fils, et à la vieille. « Comme ça, tu pourras m’expliquer pourquoi tu vas avoir besoin du fric du mec. »


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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Jeu 18 Fév - 16:32



« Water's sweet but blood is thicker »

Andreï Ievseï & Mikkel Ievseï
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J'étais pas sûr d'avoir pigé les circonstances du merdier dans lequel Andy s'était fourré et je me rendais bien compte que ça l'agaçait un peu. Cela dit, ce n'était pas vraiment le moment d'avoir une longue discussion détaillée sur le sujet alors qu'il était en train de se vider de son sang. Le mec était déjà mal en point et à peine rentré au bercail, l’accueil brutal de mon père n'avait pas arrangé les choses. Les Ievseï possédaient un caractère très complexe, c'était le moins qu'on puisse dire, et dans tout cet imbroglio, j'essayais de garder la tête froide et de ne pas me laisser dominer par des émotions plus ou moins violentes. Jusque là, j'y étais assez bien parvenu, en dépit de mon héritage familial qui me valait ce caractère aussi impulsif qu'imprévisible. A dire vrai, j'étais sincèrement confiant et je ne doutais pas une seule seconde de ma capacité à gérer tout ce joyeux bordel avec autant d'élégance que de finesse. Grisé par ma bonne humeur et ma nonchalance coutumière, je guidai donc mon grand-père vers la piaule de Gwendoline, notre gentille voisine édentée. « Arrête, tu me donnes des idées avec tes conneries… ça vaudrait le coup que j'me marie avec une vieille riche, j'aurais plein d'emmerdes en moins d'un seul coup. » Entre autres le fait de faire taire les ragots sur mon orientation sexuelle et m'éviter la taule, je n'aurais pas craché sur les bénéfices d'un mariage en communauté de bien. « Je ferais un veuf tellement sexy en plus... » Putain, l'idée du siècle en fait ! Si au début, je disais ça pour délirer, c'était peut-être pas si tordu en réalité.

En pénétrant dans la pièce, une étrange sensation de flottement me surprit. Je n'étais pourtant pas du genre à tourner de l’œil à cause d'une odeur de pisse, j'en avais vu d'autres au boulot, à force de transporter des vieillards incontinents d'un bout à l'autre de l'hôpital. Ce n'était pas bien grave et je n'y pensais déjà plus en entendant le commentaire moqueur de papy que je corrigeais d'un claquement de langue. Incapable d'être discret celui là ! En plus, il risquait de foutre du sang partout et, vu la consistance visqueuse et noirâtre de son liquide vital, je me voyais mal éponger les traces qu'il laisserait sur le tapis.. Je lui intimai donc de se doucher vite fait pendant que je préparais le reste.

Ainsi, j'entendis avec satisfaction le bruit de l'eau dans la salle de douche et je relevai le regard vers Andy qui revenait vers moi, d'un pas que je jugeais assez faible. Ça ne m'empêcha pas de me foutre un peu de lui en le dévisageant un moment dans un mélange d'émotions contradictoires. C'était tout de même un sacré mec.. Avec son corps d'athlète, j'avais vraiment du mal à me dire que c'était mon grand-père. Et en dépit de la mocheté des blessures assez profondes qui le meurtrissaient, je ne pus m'empêcher de me marrer à ses réparties. « Merci de m'éviter le traumatisme de te laver les fesses, c'trop sympa ! »

Ce qui allait suivre n'était pas forcément beaucoup moins compliqué. L'air sceptique d'Andy en apercevant le kit de couture en disait long. Je supposai qu'il valait mieux qu'il reprenne quelques forces pour mieux supporter l'opération et je suivis son regard vers la porte entre-ouverte. Pour sûr que c'était pas spécialement appétissant et je haussai les épaules avant de me rapprocher. « Une planque, ouais… grave. Bon ben… chears ! » Je le laissai faire, sans trop savoir comment il allait s'y prendre et en espérant surtout que ça lui permettrait de se requinquer suffisamment. Mon regard fut attiré par le sang qui coulait le long de son flanc. Ainsi dénudé, ses blessures apparaissaient dans toute leur gravité et je me pinçai légèrement les lèvres en retrouvant son regard. Avant qu'il ne dise quoique ce soit, j'avais compris que ce n'était pas assez, que l'énergie de cette vieille - ou ses rêves ou je ne sais quel truc immatériel et bizarre dont il se nourrissait - ne le satisferait pas.

Je le regardai frisonner en enfilant cette foutue chemise trop petite qui s'imbiba aussitôt de son sang et je lâchai un soupir entre inquiétude et agacement. « T'es vachement difficile, tu sais. Bon sang mais quelle différence ça fait ? C'est dans ta tête tout ça, si c'est juste l'enveloppe qui te plaît pas, t'as qu'à fermer les yeux alors, j'sais pas moi... » Je grommelai en le suivant dans la chambre alors qu'il se laissait tomber sur le lit, visiblement au bout du rouleau. Mais la fatigue n'empêchait pas mon pauvre grand-père de penser à la chose la plus importante pour lui : les jolis et frétillants dollars qu'il avait planqué, je ne savais où.

Je levai les yeux au ciel avant de me poser devant la commode où j'avais disposé tout mon matériel. Après avoir désinfecté une belle aiguille, j'enfilai un fil à coudre bleu nuit, fermant un œil pour réussir à faire passer le fil dans le chas et je lui offris une réponse évasive. « C'est rien, juste une petite dette à régler... Commence pas à stresser pour ton fric. J'ai des plans pour le faire fructifier à mort, ce sera génial, t'imagine même pas. » Un mince sourire revint sur mes lèvres à cette idée et je retrouvai son regard, lui montrant mon instrument d'un air encourageant. « Tu crois que cette couleur t'ira bien au teint ? » J'essayais de faire les choses le mieux possible en fonction des circonstances. Ainsi, je pris soin de me laver les mains avec le produit désinfectant avant de toucher ses blessures. Andy avait beau ne plus être véritablement un humain vivant normal, j'avais pas envie qu'il chope une foutue infection, sans savoir s'il pouvait être sensible ou pas à ce genre de trucs. Ainsi fait, j'attrapai la boite de compresses et l’éther, avant de venir m'installer sur le plumard à ses cotés, lui faisant signe de s'allonger.

« T'aurais pas dû remettre ta chemise, elle est déjà toute poisseuse, putain ! T'es si pudique que ça? Bon allez, tourne toi un peu. » Je le laissai s'installer de manière à m'offrir une vue sur sa blessure la plus grave, c'était tout de même assez sérieux. « J'ai vu tellement de fois les médecins le faire que c'est comme si je l'avais fait. » Traduction : non, ce sera la première fois que je recoudrai autre chose que mes chaussettes. En attendant, elles étaient toujours impeccablement recousues donc je ne voyais pas où était le problème. « C'est possible que tu le sentes un peu passer. Je t'aurais bien proposé une lampée d'alcool mais là, j'ai que de l'éther à t'offrir. » Pas top hein.

« Le principal c'est que tu ne fasses pas le mariole et que tu essaies de ne pas bouger, ok ? » Je retrouvais enfin mon russe, que j'avais délaissé sans même m'en rendre compte, sans doute trop absorbé par les différentes pensées qui se mêlaient et se démêlaient dans ma tête. « D'abord, on va désinfecter un peu. » Ou beaucoup tant qu'à faire. Mieux valait y aller franco pour être sûr. Après avoir rapidement imbibé une compresse d'alcool, je la pressai sur la plaie sans hésitation, avec une certaine fermeté. Bordel, il risquait de morfler quand même et je décidai de le maintenir, au cas où, de mon bras libre, afin d'être sûr qu'il ne bouge pas trop. On assistait ainsi à l'éclosion de mes nouveaux talents en matière de soin. Si j'avais été un peu plus sérieux pendant mes études, peut-être bien que j'aurais réussi à devenir un docteur digne de ce nom. La classe totale, Docteur Mikkel, célèbre jusqu'à Moscou.

L'une de mes mains se posa contre la plaie en douceur, de manière à resserrer les bords et je m'emparai de l'aiguille – mise de coté jusque là sur une compresse stérile – avant de commencer à recoudre. J'imaginais que la séance se passerait peut-être mieux si je le distrayais en parlant de trucs plus cool. Genre le fric qu'on allait se faire. Je repris donc la parole, d'un ton aussi assuré et allègre que me le permettait ma nature optimiste, toujours concentré sur ma couture. « J'ai investi dans un truc extra qui va nous permettre de se faire du blé tranquillou. Et si ça peut te rassurer, ça n'a rien de malhonnête enfin, on ne va voler personne en tous cas. » Il était vrai que je trempais assez facilement dans la fraude sous toutes ses formes, allant de l'escroquerie au vol pur et simple sans m'émouvoir. Je savais que ce genre de truc déplaisait à Andy, comme il me l'avait prouvé juste avant en m’annonçant ses scrupules. Je poursuivis, prêt à le bloquer un peu plus fermement si jamais il bougeait de trop et le surveillant tout en lui parlant. L'aiguille s'enfonçait dans la chair, mes mains trempaient dans le sang noir et visqueux pendant que j'essayais de parler de toute autre chose.

« Une grue. » Tout autre chose en effet. « J'ai gagné ça au poker. » Si l’incongruité de la chose pouvait le distraire de la douleur, ce serait déjà ça de gagné. « Avec une boule de démolition. » Wrecking ball. J'en aurais presque ri nerveusement. « Tu pourras faire comme dans le clip de machine… t'sais.. » Oh merde, je me mordis les lèvres, m'interrompant dans mes conneries en constatant que mon grand-père perdait de plus en plus de sang… « Si t'es sage, je te trouverai le sosie de la chanteuse comme dîner, un vrai nectar ce coup ci, promis… allez, tiens le coup... c'est presque fini. » Sérieusement, j'étais prêt à lui promettre monts et merveilles, pour peu qu'il me dise que je ne lui faisais pas trop de mal...
 

 

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water's sweet but blood is thicker
Mikkel & Andreï



J’imagine que d’un point de vue extérieur, la relation qu’on entretient, Mikkel et moi, confirme totalement la version officielle que Roman donne à tous ceux qui s’intéressent un peu trop près aux Ievseï, autrement dit que je suis un neveu et donc que Mikkel et moi sommes cousins. Complices, avec une ressemblance physique indéniable, je n’ai pas le moins du monde à filtrer mes pensées lorsque je parle avec lui pour la simple raison qu’on est sur la même longueur d’onde. Cousins. Qui, en nous voyant, pourrait se douter une seule seconde que je suis son grand-père ? Personne. Et c’est ça qui est tout à fait génial. C’est mon descendant jusqu’au bout des ongles, dans cette attitude désinvolte qui irrite Roman à cet éclat qui brille dans ses yeux lorsqu’on parle fric. « Arrête, tu me donnes des idées avec tes conneries… ça vaudrait le coup que j'me marie avec une vieille riche, j'aurais plein d'emmerdes en moins d'un seul coup. Je ferais un veuf tellement sexy en plus... » Un sarcasme me vient aux lèvres mais l’odeur qui flotte dans la pièce, exacerbée par ma nature de zombie, me coupe drastiquement dans mon élan. Et cette main posée sur l’épaule de Mikkel me ronge rapidement de culpabilité. Une bouffée, juste une bouffée, juste le temps d’entendre un éclat de rire d’un petit enfant et la voix grave de mon fils qui le fait sauter sur ses genoux.

Je culpabilise. Immédiatement. Le cœur au bord des lèvres, mais pas à cause de l’odeur, je me traîne dans l’appartement dans des remarques aussi discrètes que pertinentes. Rapidement, on se répartit les tâches : moi je m’occupe de faire des taches, justement, lui… de trouver de quoi me recoudre. Il ne me faut que quelques minutes devant le miroir de la salle de bain pour me prendre en pleine gueule mon état. Pas pitoyable mais on s’en approche sacrément. Depuis quand n’ai-je pas été aussi amoché ? Longtemps, très longtemps. Mes doigts longent mes deux plaies les plus inquiétantes, s’attardent sur l’empreinte que le couteau a tracé sur mon torse et qui reste trop impressionnante, même une fois ma chemise en lambeaux échouées sur le sol et le sang nettoyé à la va-vite. J’entends Mikky qui revient, qui lâche des habits sur le lit. Un regard critique, va chier, Mikkel, je me rends compte qu’il n’a pas tord et que ça doit bien être le genre de truc que je portais quand j’avais son âge et que je n’étais pas trop trop occupé à éliminer discrètement des gens gênants. Sans vraiment porter de considération au fait que je me promène à moitié à poil devant mon petit-fils, je me ramène dans la chambre pour considérer un peu plus ce qu’il a trouvé. Ouais, la chemise je garde. Le froc en revanche, il peut se le garder, hein. « Merci de m'éviter le traumatisme de te laver les fesses, c'trop sympa ! » Je me marre dans ma barbe, comme un bel imbécile avant d’être violemment refroidi par sa proposition. Me servir sur la vieille ? Il doit y avoir l’équivalent nutritif d’un paquet de wasa, génial. Pourtant j’essaye.

Au moins, on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé. Ma main se pose sur son front, je la sens tressaillir à mon côté encore humide d’eau glacée mais elle ne se réveille pas. En même temps, étant donné que je commence à lui voler ses rêves, à puiser dans son énergie vitale et dans ses souvenirs… Je frissonne en sentant mes plaies recommencer à saigner au lieu de se réparer. Un arrière goût de poussière, de périmé, c’est tout bonnement… Non, c’est mort, je ne peux juste pas. Je me relève un peu trop rapidement en passant la chemise sans tenir compte de la stupidité totale de la manœuvre. Le soupir de Mikkel est d’ailleurs éloquent mais c’est mort. En lui effleurant l’épaule, j’ai fait une putain de connerie parce que je ne peux m’empêcher de trouver une différence entre son énergie à lui et celle de la vieille. Peut être parce qu’il est de mon sang, parce qu’il est jeune, parce qu’il est mon petit fils… « T'es vachement difficile, tu sais. Bon sang mais quelle différence ça fait ? C'est dans ta tête tout ça, si c'est juste l'enveloppe qui te plaît pas, t'as qu'à fermer les yeux alors, j'sais pas moi... » J’hausse les épaules. « C’est ça, je te dirai ça la prochaine fois que tu refuses de terminer ton assiette de choux, ducon. » Je me laisse tomber sur le lit, sans la moindre délicatesse. Fantôme-de-rat couine dans mon esprit que je suis stupide de ne pas me servir sur le plateau repas qui est devant moi. Mais fantôme-de-rat est con, et a toujours eu tendance à privilégier encore plus que moi ses propres intérêts.

Je me passe une main sur les yeux avant de tenter de connecter deux neurones. Il n’a pas parlé de fric tout à l’heure ? « C'est rien, juste une petite dette à régler... Commence pas à stresser pour ton fric. J'ai des plans pour le faire fructifier à mort, ce sera génial, t'imagine même pas. » J’arque un sourcil. « Ouais, ça a intérêt à bien marcher alors, hors de question que je débourse un de mes dollars pour rembourser une connerie de ma part et… » « Tu crois que cette couleur t'ira bien au teint ? » « Putain, mon petit-fils est daltonien, je suis pas dans la merde. Manque plus que tu aies parkinson et on va me prendre pour Frankeinstein. » Avec une légère appréhension, je le regarde se laver les mains. Putain. Il n’a toujours pas répondu à ma question sur ses capacités en couture, ça pue un peu… Lorsqu’il revient et me fait signe de m’allonger, j’hausse encore un sourcil en m’exécutant. « Ouais, ‘fin t’as pas intérêt à me tripoter, hein, ce serait juste super crade. » Je parle pour le principe, je parle pour parler, pour faire passer le temps, pour… « T'aurais pas dû remettre ta chemise, elle est déjà toute poisseuse, putain ! T'es si pudique que ça? Bon allez, tourne toi un peu. » Je ricane, saisissant la première occasion pour me marrer. Mauvaise idée : ça contracte mes abdos, ça fait putain de mal. J’essaye de m’installer du mieux que je peux, je termine à moitié allongé, mes coudes supportant mon poids. « Pudique toi-même le merdeux. J’avais juste froid. Et une chemise, c’est pas fait pour… dis moi, tu sais ce que tu fais au moins ? » Je lance un regard assez… circonspect – pour ne pas dire carrément angoissé –en direction de l’aiguille. « J'ai vu tellement de fois les médecins le faire que c'est comme si je l'avais fait. C'est possible que tu le sentes un peu passer. Je t'aurais bien proposé une lampée d'alcool mais là, j'ai que de l'éther à t'offrir. « Le principal c'est que tu ne fasses pas le mariole et que tu essaies de ne pas bouger, ok ? » Je serre les dents, levant les yeux au ciel devant le russe qui revient. « Tu sais, me parler en russe ça va pas me rassurer, hein. A la rigueur si tu commences à me chanter une berceuse, hein… » « D'abord, on va désinfecter un peu. » Je roule encore des yeux dans un grommelé, prémâché, inarticulé « Fais toi plaisir… »

Je contracte tout lorsqu’il pose l’alcool sur la plaie, même si la douleur est totalement supportable. Je ne suis pas douillet. Loin de là. La douleur, j’y ai été confronté bien plus souvent que ce que Mikkel peut imaginer, et sous bien plus de formes que ce qu’il pourrait concevoir. Mais putain, ça fait quand même mal, malgré l’habitude quelque peu rouillée. Je serre le poing, me retenant de bouger malgré l’envie plus que grandissant de lui foutre mon poing dans la gueule. D’autant plus que le contact de sa main est un appel alléchant au laisser-aller et à cette énergie qui consume ma chair. Trop concentré pour ne pas céder, je manque même de comprendre ce qu’il me raconte. « J'ai investi dans un truc extra qui va nous permettre de se faire du blé tranquillou. Et si ça peut te rassurer, ça n'a rien de malhonnête enfin, on ne va voler personne en tous cas. » Je serre les dents, siffle pour la forme un « Toi, investir ? » destiné plus à l’inviter à poursuivre qu’autre chose. T’arrête pas, Mikky, pas tant que ma plaie ne sera pas recousue intégralement sinon je te jure que je te refais le portrait. Et je ne suis pas quelqu’un de patient. « Une grue. J'ai gagné ça au poker. Avec une boule de démolition. Tu pourras faire comme dans le clip de machine… t'sais.. » Il s’arrête, s’interrompt et me force à ouvrir les yeux. « Quoi, t’as cousu la chemise en même temps ? » « Si t'es sage, je te trouverai le sosie de la chanteuse comme dîner, un vrai nectar ce coup ci, promis… allez, tiens le coup... c'est presque fini. » Je lève les yeux au ciel, encore.

Parce que bordel, s’il s’arrête toutes les trois conneries, on n’est pas sorti de l’auberge et, surtout, je ne vais pas tenir jusque là. Prenant mon inspiration, je prends une voix sérieuse, pour une fois. Il faut croire que la fatigue me force à me responsabiliser un peu, ou quelque chose dans le genre. « Putain Mikky, fais pas ta princesse. Tu termines de me recoudre cette merde sinon je te jure que la seule démolition à laquelle tu assisteras, ce sera celle de ta tronche. » C’est clair ? Je soupire. « Désolé, la patience et moi, ça fait deux. Mais tu m’expliques comment tu t’es débrouillé pour gagner une grue ? Enfin… qu’est ce que tu veux qu’on en fasse ? On peut même pas dormir dedans, super pratique c’te merde. Tu peux pas plutôt… bon putain, file moi ça. » A la base, je pensais très sincèrement avoir le temps de terminer ma phrase. Mais non. Ma patience explose, je me redresse en lui arrachant de ses mains prudentes l’aiguille et le fil pour mieux saccager son travail en terminant le chef d’œuvre dans un empressement bourrin. Je coupe d’ailleurs le fil avec mes dents avant de balancer le tout dans la pièce. Oui, je m’emporte vite, je ne réfléchis pas, je fais beaucoup de choses mais… Je soupire. Encore une fois. Mais… de soulagement, quelque chose s’en approchant. Et je me rends compte que ma colère risque d’être mal interprétée. Voire qu’elle peut totalement le vexer parce qu’à sa place, je serais vexé comme un pou. « Désolé… encore. T’es un doc de tonnerre, hein, Mikky. La patience, tout ça… mais c’est moi qui ai craqué, hein. Ça me gonfle c’te merde. J’dois être un peu trop habitué à me soigner comme un grand. » Ouais, ce sont des excuses. Et des excuses sincères.

Je m’allonge complètement sur le lit, maintenant que tout est soigné, tout est réparé, tout est oublié… dans la mesure du possible. Je me passe encore une fois la main sur le visage comme pour lisser mes traits fatigués. « Dis, Mikky… ça te dérangerait d’aller voir si ton vieux est encore là ? » J’ai les yeux qui se ferment comme des grands.

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MessageSujet: Re: water's sweet but blood is thicker ▬ ievseï's   Mer 9 Mar - 13:48



« Water's sweet but blood is thicker »

Andreï Ievseï & Mikkel Ievseï
featuring

Je n'avais jamais été un mec susceptible et il en fallait beaucoup pour me vexer. A vrai dire, il n'y avait que mon père qui excellait dans le domaine et qui parvenait systématiquement à me foutre en boule. Mais en dehors de lui, les insultes qu'on pouvait me cracher à la figure me glissait dessus sans que je m'en soucie. Concernant Andy, ça me faisait même plutôt marrer quand on se lançait des noms d'oiseau ou qu'on se balançait des vannes, comme deux frangins qui se chamaillent sans que ça prête à conséquence. « T'en as une belle de tête de chou, tu le sais ça ? J'pense à toi à chaque fois que j'en mange, justement. » Je ricanais entre mes dents, me concentrant ensuite sur l'opération pendant que grand-père Ievseï râlait, pour pas changer. Je pouvais concevoir qu'il s'inquiète que je le recouse de travers mais j'étais décidé à m'appliquer et à tout faire pour que ses cicatrices soient les moins visibles possibles. Alors je prenais mon temps pour faire de jolis points bien réguliers et assez serrés pour que la plaie se referme proprement. J'avais beau paraître désinvolte ou même irresponsable, j'étais en vérité très attentif concernant ma famille et les choses importantes qui les touchaient.

Papy avait déjà endossé la nouvelle chemise avant même que ses plaies ne soient recousues,  et je fus obligé de soulever le tissu pour le recoudre, ce qui était tout de même un peu chiant. Qu'est ce qu'il avait au juste ? Je fronçai les sourcils, choqué par son commentaire. Le tripoter, moi ? Euh... Sur le moment, je cillai un peu avant de hausser les épaules dans une froide répartie bien articulée. « Je t'emmerde. Tu me prends pour qui ? Connard va, c'toi qu'est crade.» Non, pour le coup, je ne trouvais pas ça drôle. Pourquoi je le tripoterais ? J'étais gay okay, ce mec avait mon âge et il était bien foutu okay. On n'aurait pas dit qu'on avait ce lien de parenté et même si je l'appelait grand-père, par un foutu respect envers lui, j'avais du mal à intégrer qu'il l'était. N'empêche que je le considérais comme tel et y'avait aucune ambiguïté la dessus dans mon esprit. Bordel de merde, il me prenait vraiment pour un pervers, juste capable d'avoir des pensées dégueulasses ou incestueuses ? Ce genre de trucs, ça me sciait en deux. Il pouvait pas comprendre que ce genre de remarque lourdingue était extrêmement pénible, encore plus pour quelqu'un qui en avait prit plein la gueule depuis son adolescence à ce sujet. Encore pire depuis que les homophobes du gouvernement avaient décrété que les gens comme moi étaient tout bonnement des désaxés immoraux, tordus, anormaux et donc illégaux.

Soudainement, je sentais mon humeur changer pour devenir un peu plus sombre. Peut-être que j'étais beaucoup plus susceptible que je le pensais finalement, du moins sur certains points et vis à vis de certaines personnes. Ma famille en particulier. Je n'en montrais pourtant rien, reprenant le russe dans l'espoir de retrouver cette complicité agréable qui nous reliait. Je disais n'importe quoi, parlant de mes gains, de cette foutue grue que j'avais gagnée au poker. Andy me charriait un peu, à moitié rieur, à moitié bougon et je ne savais pas au juste ce qui se passait dans son foutu crâne. Il avait l'air furax. J'y allais pourtant doucement, mettant un soin tout particulier à m'appliquer pour le soigner, j'avais envie de faire ça bien et sincèrement j'estimais que c'était plutôt réussi jusqu'ici… Pourtant soudain, je fus interrompu dans mon travail. Le fil manqua de craquer. « HO !! Mais putain... »

Il s'était redressé avec violence à la fin de sa tirade et je reculai avec surprise, le fixant sans comprendre quand il m'arracha l'aiguille presque agressivement. J'avais bien compris qu'il était tendu, nerveux, irascible mais à ce point ? Muet de stupéfaction, les bras m'en tombaient. Andy n'avait pas arrêté de me demander si je m'y connaissais, il n'avait pas caché son inquiétude de ressembler à Frankenstein, il avait vraiment l'air de craindre d'être mal recousu et là… il était en train de se recoudre à l'arrache, obligé de se plier à moitié en deux pour tendre la main vers sa blessure, se recousant comme un véritable bourrin. Il préférait le faire lui-même, au risque de faire n'importe quoi ? C'était moi le problème ou quoi ? L'idée qu'il ne supportait pas que je le touche me traversa le crâne et le malaise me retomba dessus encore plus lourdement. Il avait l'air soulagé alors que de mon coté, je ne desserrais pas mes lèvres, le regard fixé vers lui. Accusateur. Noir. Douloureux. Je n'écoutais pas ses excuses et je rebondis aussi sec, la voix creusée par une sourde colère.

« Va te faire foutre. Tu entends ce qu'elle te dit la princesse ? TE FAIRE FOUTRE, Andy. C'est pas moi qui t'ai mis dans cet état là, okay ? T'as la rage contre tout le monde parce que tu penses qu'à ton putain de fric et que ça te rend dingue rien qu'à l'idée qu'on puisse t'en soutirer un peu. Moi j'essaie juste de limiter les dégâts, tu vois ? Mais ouais okay ouais, débrouille toi alors si tu sais tellement mieux faire les choses. Et ne me demande plus de t'aider. Je te trouve de la bouffe, des fringues, de quoi te soigner, tout ça loin de Roman mais pas trop loin non plus, vu que t'es bon dieu de faible. Mais non, t'es pas content, tu râles, tu fais chier et pire que tout tu… tu commences à me prêter des intentions dégueulasse. » Je fis claquer ma langue avec dépit, abrégeant ma tirade d'un geste las de la main avant de regarder ailleurs. « C'est bon. »

Mon père me prenait déjà pour un raté, ça me tuait de lire le mépris dans ses yeux, jour après jour. Alors si en plus de ça, c'était pareil de la part de mon grand-père, si je ne lui inspirais que de la méfiance ou du dégoût à lui aussi, alors putain… C'était trop. J'avais plus envie de parler de cette grue, on s'en tapait de cette grue. A priori, j'imaginais qu'on pouvait en faire plein de choses, genre la louer, s'en servir nous-même pour nous défouler en démolissant des vieilles baraques (avec des gens dedans), la vendre aux enchères, qu'est ce que j'en savais ? Ça coûtait cher une grue de nos jours. Tout coûtait cher. Même les excuses qu'il m'avait offert avaient dû lui coûter un bras, je supposais. Mais pour le moment, j'étais blessé, bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer et même bien plus que je n'aurais pu le prévoir moi-même. Mes colères me tombaient toujours dessus sans prévenir, balayant tout sur leur passage, ma bonne humeur et le reste. T'es un doc du tonnerre, hein, Mikky. Mon cul. Excuses bidons. J'esquissai un sourire de chacal, désenchanté et cynique avant de reculer de deux pas, roulant des yeux. Il valait même pas la peine que je lui mette mon poing dans la tronche.

« C'est ça, ferme les yeux et dors avant que je t'assomme. J'vais aller voir si mon père est encore là ouais, tiens, quelle bonne idée.»

N'étais-je pas dans les meilleures dispositions pour une charmante conversation père-fils ? Oh oui, sûrement. Tournant les talons à ces derniers mots, j'abandonnai Andy à la garde de la cerbère endormie avant de sortir de l'appart et m'évader vers les escaliers, les gravissant d'un pas lourd. Aussi accablé que mon humeur.
 

 

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The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.


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