AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La main dans le sac [Nolan & Shae]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Mer 13 Jan - 23:06

Shae traversa la rue en chantonnant et s’arrêta devant une porte moderne, d’un noir de jais. A côté de la porte, en dessous du numéro tracé à la craie, une petite pancarte trônait fièrement.
« Shae Thackery, avocate diplômée en droit privé. »
Elle n’avait pas voulu ajouter le titre de Maitre. Maitre Shae Thackery, c’était ridicule. Et puis, dans ce nouveau monde, les titres en droit n’avaient plus d’importance. D’autres titres avaient pris leur place : Peacekeeper, Shadowhunter, Rebelle, Nightkeeper, Daybreaker, Skinchanger. C’étaient ceux-là qui comptaient maintenant. Et elle ne pouvait pas décemment inscrire sur sa plaque « Shae Thackery, Nightkeeper, avocate diplômée en droit privé et heureuse survivante de Darkness Falls » ; ça ferait plutôt fuir les clients, et Shae en avait besoin. Gagner sa vie était une chose encore plus difficile qu’avant, à la Nouvelle Orléans, pour une avocate. Les gens avaient souvent tendanceà régler leurs différends par les poings plutôt que par un procès. Et puis, les procès, ça faisait peur aux gens. A juste titre, parfois ; Shae avait vu beaucoup de reconnus coupables partir avec les Peacekeepers et ne jamais revenir. Elle avait donc opté pour une plaque plus simple, à l’image de son bureau, qui n’avait aucune prétention, et de ses plaidoyers d’ailleurs.

Elle fit tourner sa clé et poussa la porte, en chantonnant toujours. Elle sut dès qu’elle fut entrée que quelque chose clochait. Un bruit de fond dérangeant, une porte mal fermée. La petite salle d’attente était déserte, alors le problème était dans le bureau en lui-même. Shae fouilla rapidement dans son sac à main et en sortit une petite bombe lacrymogène achetée au cas où, qui n’avait heureusement jamais servi. Elle s’approcha prudemment de son bureau, sur la pointe des pieds, avant d’ouvrir la porte en grand en hurlant à plein poumons. Son hurlement s’arrêta bien vite, laissant la place à la stupéfaction. Bouche bée, Shae regardait ce grand homme aux cheveux noirs qui fouillait dans son armoire à rangement. Et pour cause, elle le connaissait très bien. Enfin, elle connaissait bien son frère jumeau.
« Nolan ? »

Nolan Wiggins. Un homme dont le frère jumeau était dans les grands pontes du Gouvernement et dont le visage apparaissait souvent dans les pages du Weekly Unit. Un homme qui était censé être mort, mais qui de toute évidence était bien vivant. Shae avait fréquenté Liam très souvent, avant Darkness Falls. Liam et elle s’étaient rencontrés pendant leurs études de droit, et le courant était tout de suite bien passé.  Ils étaient devenus vite de bons amis, puis le temps et la carrière politique naissante de Liam les ont un peu éloignés, jusqu’à la mort de Becca et la descente aux Enfers de Shae. Pendant toute cette période, Shae avait connu Nolan, dans une moindre mesure, une personnalité nettement différente de celle de son jumeau.  Une fois le choc passé, la jeune avocate sentit le rouge lui monter aux joues, et croisa les bras sous sa poitrine.
« Je peux savoir ce que tu fiches dans mon bureau, Nolan Wiggins ? Tu t’es trompé de porte ? T’as fait tomber tes clés ? Je dois appeler les Peacekeepers ? Ou ton frère ? »

La réaction était peut-être un peu exagérée, mais la roussette ne pouvait pas supporter de voir quelqu’un fouiller dans ses affaires. Il y avait des informations confidentielles dans ces dossiers, des cas de clients, certains épineux, des dossiers qui ne concernaient que Shae, et certainement pas un homme mort-mais-pas-tout-à-fait. Menton relevé dans un geste de défi, elle attendit la réponse de l’accusé. Si son plaidoyer n’était pas assez bon, elle prendrait la sentence nécessaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Dim 17 Jan - 22:40

La main dans le sac
Shae & Nolan



Je fixe la porte, comme pour la mettre au défi de hurler au scandale. Je n’ai rien à faire là, absolument rien. Déjà parce que les avocats, hormis avec une vinaigrette, j’en ai assez, ensuite parce qu’officiellement je n’en ai pas besoin puisque je suis mort. Mort. Et qu’aux dernières nouvelles, un mort n’a pas besoin d’avocat. Je fixe la porte, donc, pas réellement convaincu par ma présence sans le quartier et encore moins devant elle. Ce que je fais là ? C’est une excellente question et j’aimerais avoir une réponse aussi excellente. Seulement, la vérité c’est que je suis là aujourd’hui parce que je ne suis pas venu hier. Ni avant-hier. Ni quand il était encore temps de venir. La vérité, c’est que si je suis là alors que la propriétaire du lieu peut arriver à tout instant, c’est parce que j’ai eu la flemme de me bouger plus tôt. La vérité, enfin, c’est que je suis à deux doigts de soupirer et de faire demi-tour pour la quatrième fois de la semaine.

Je suis un gros flemmard. Lorsqu’on apprend à me connaitre, c’est la première chose qu’il faut retenir, ça et le fait que mon humour soit, ‘apparemment’, particulièrement lourd par moment. Personnellement je ne trouve pas, mais soit, il parait que je ne suis pas objectif sur ce sujet là. Et donc, en dehors de mon humour, il y a ma paresse relativement légendaire. Un nouveau soupir, j’essaye de souffler à la porte de me convaincre de faire demi-tour. Allez, mistinguette, soit gentille je t’en conjure. Mais non. Elle est loquace, loquace comme une porte, et je me retrouve à jeter un coup d’œil derrière moi avant de m’accroupir devant elle, comme pour la demander en mariage. En réalité, il ne me faut que quelques secondes pour faire tourner la serrure et pas davantage pour m’immiscer dans le bâtiment. Doucement, je ferme derrière moi, me glisse dans les différentes pièces et arrive sans tarder dans le bureau principal. Aussitôt, je sors de mon sac un de mes ordinateurs portables et m’installe sur le siège, connectant en quelques mouvements sûrs les deux tours. Comme dans le Seigneur des Anneaux. Avec un câble pour faire office de palantir, quelque chose dans le genre. A cette simple pensée, j’ai mon sourire qui revient, celui là même qui avait déserté mon visage à la seule perspective de me forcer à faire quelque chose. Mais bon… j’ai promis, j’ai promis. Et ça fait tout de même pas mal de temps que je repousse… un nouveau soupir, je joue avec le clavier de l’ordinateur que je compte pirater le temps que mes codes craquent aimablement les différents mots de passe. L’avantage lorsqu’on a travaillé dans la sécurité informatique, c’est que défendre un terminal est bien plus compliqué que le craquer. Et que je suis un expert dans les deux domaines. En quelques minutes, je me retrouve à siffloter sur l’air de la Communauté de l’Anneau tout en faisant craquer mes articulations. Mon regard file vers ma montre, j’estime à une vingtaine de minutes le temps qu’il va me falloir pour récupérer les données et à une quarantaine de minutes le temps que j’ai devant moi. Je suis large. Très large. Trop large ? Non, tout de même pas, si on tient compte de ma concentration de chipmunk hyperactif et si on note que je suis déjà en train de coder un petit script qui fera apparaitre des fleurs pixelisées sur son écran à chaque clic de la souris. Utile. Très utile. Pourtant, je suis encore occupé à cette tâche dix minutes plus tard.

Quinze, même. Bon, dans les faits, ce n’est pas dramatique puisque mes programmes de piratage et ma copie des fichiers sont lancés eux aussi en parallèle mais dans l’idée… j’imagine que je pourrais certainement trouver mieux à faire. M’enfin… ce n’est pas si dramatique j’imagine parce que… un bruit m’arrache soudain à ma concentration, je relève la tête de mes écrans. J’ai entendu quoi ? Ou plutôt, j’ai bien entendu, là ? Réflexe de geek il faut croire : d’une séquence de touche, je verrouille les sessions et éteins les écrans avant de me lever lentement. Très lentement. Trop peut être parce que je me prends les pieds dans la poubelle et ne me rattrape que de justesse sur l’armoire de rangement qui s’ouvre devant moi, au moment même où un hurlement vrille mes tympans. « Nolan ? » C’est une grimace qui nait sur mon visage, presqu’aussitôt.

Aïe. Zut. Pendant un instant, j’envisage de la rectifier en précisant que c’est Liam qui se trouve devant elle mais… comment dire… avec mon tee-shirt, mon sweat, mon baggy et mes cheveux aussi bien coiffés qu’un mec ayant dormi dans une poubelle, je ne serais pas très crédible. Que dire, que dire… à dire vrai… je ne sais pas. Je tente un « Surprise ? » qui n’a rien de vraiment convainquant, et pour cause. Celle qui se trouve devant moi doit être non seulement l’une des rares amies de mon frère mais en plus, elle doit être l’une des rares à avoir presque toujours su nous différencier. Presque toujours. Elle croise les bras, je me tourne dans sa direction, sans savoir pour le moment ce qu’elle attend comme intervention spirituelle. « Je peux savoir ce que tu fiches dans mon bureau, Nolan Wiggins ? Tu t’es trompé de porte ? T’as fait tomber tes clés ? Je dois appeler les Peacekeepers ? Ou ton frère ? »

Ou ton frère ? Niveau claque, elle sait y faire : ça me fait réagir immédiatement. Un pas en avant, une main en avant, je sors de mon mutisme et de ma surprise coupable pour m’empêtrer dans un « Non, n’appelle pas Liam, surtout pas » à la limite de l’inarticulé. Je me passe une main dans les cheveux, nerveux. « Enfin, je veux dire… je… bonjour Shae ? » Je contourne le bureau, déconnecte les deux ordinateurs, ferme mon ordinateur portable. Me mord la lèvre. « Je… écoute, c’est pas ce que tu crois, j’ai rien fait de mal. » Invente un mensonge, Nolan, invente un mensonge tout de suite. Le problème, c’est que chez nous, c’est Liam le spécialiste des mensonges. Moi… « N’appelle personne, j’te jure, je passais juste dans la rue, j’ai vu passer un raton laveur, et tu connais ces bêtes là, quand ça rentre dans une baraque, ça a tendance à tout grignoter, du coup j’suis rentré par la fenêtre », fermée, la fenêtre, « Pour chasser le raton laveur, et… ouais, je sais, c’est vraiment une histoire de fou, ahah. » Parfois Nolan, tu devrais te la fermer. Mais genre… vraiment.


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Mer 27 Jan - 20:37

Nolan. Déjà il y a une vie de cela, lorsque je fréquentais Liam, il était le vilain petit canard. Toujours en retard, toujours célibataire, toujours dans le pétrin, toujours une bonne excuse. Il était probablement, en tout cas Shae en était persuadée, un petit génie. Mais ce génie était noyé sous les couches de flemme et de mauvaises décisions. Et de toute évidence, il n’avait pas beaucoup changé, à en croire par sa réaction. Il aurait pu faire de grandes choses de sa vie. Liam était un beau parleur intelligent, et il avait mis ces deux qualités à profit. Aujourd’hui, il était Premier Ministre, un poste que beaucoup enviaient, qui lui assuraient succès, argent et surtout, une sécurité dans une jungle ou n’importe quel prédateur pouvait surgir à tout moment. Nolan, lui…Shae ignorait même ce qu’il faisait. Il aurait dû être quelqu’un de grand. Pas le genre de mec à forcer la serrure d’une petite avocate de droit privé de la Nouvelle Orléans. En plus de ça, il n’était pas très bon dans sa carrière de voleur, étant donné qu’elle était là et qu’il n’avait même pas eu le temps de ranger son matériel. S’il était venu hier, il aurait trouvé le bureau vide toute la journée, comme tous les jeudis de toutes les semaines de l’année depuis que Shae s’était installée. La jeune femme était persuadée que même elle ferait une meilleure cambrioleuse que Nolan.

« Surprise ? », lança-t-il sur un ton qui indiquait que même lui n’était pas convaincu de ce qu’il disait. Cela ne rendit l’avocate que davantage en colère. Elle haussa les sourcils, en restant silencieuse, les bras toujours croisés. Elle n’allait pas lui rendre les choses faciles. Et s’il le fallait, elle était tout à fait capable d’appeler Liam. Bon, en fait, peut-être pas, parce qu’elle essayait plutôt de l’éviter. Elle n’aimait pas particulièrement le fait que quelqu’un soit au courant de sa nature de Nightkeeper, et Liam était bien au courant, puisqu’il avait reçu l’avis de décès de Shae quelques années plus tôt. Alors elle se gardait bien de prendre contact avec lui. C’était déjà assez difficile de voir quelqu’un qui l’avait connue avant son suicide, avant sa descente aux Enfers. C’était quasiment insurmontable pour elle de lui adresser la parole comme si de rien n’était. Mais ça, Nolan n’était pas censé le savoir, et elle comptait bien laisser la menace planer. D’ailleurs, cela sembla avoir l’effet escompté, puisque le fautif lui demanda tout de suite de ne pas le faire. L’avocate se permit d’esquisser un sourire satisfait. Bien que jumeaux, les frères Wiggins étaient tellement différents. Liam maitrisait bien mieux le bluff que son frère. Bien, peut-être ne ferait-elle rien et le laisserait-elle partir, mais il allait falloir avoir une défense solide, mon coco.
Sauf que Nolan n’eut pas une défense solide. Sauf si on estimait qu’une histoire à dormir debout à base de raton laveur cambrioleur et d’un Wiggins chevaleresque pouvait faire office de défense solide. Shae sentait qu’elle atteignait les limites de sa patience, qui, avouons-le, n’était pas d’une longueur très importante à la base. Son ton se fit sarcastique.
« Un raton-laveur. T’as pas trouvé mieux ? Tu parles à une avocate là. Donc ton excuse bidon, merci, mais non merci. »

La jeune femme avisa le pc portable à côté de son pc à elle, le câble débranché à la va-vite. Il cherchait quelque chose, et il avait cru bon de se servir comme un grand. Shae détestait les gens qui fouillaient dans sa vie professionnelle. Elle avait une conscience dans son boulot, tout de même. Le secret professionnel, le privilège avocat-client, ça n’était pas rien. Et qu’un quasi-inconnu s’introduise dans son bureau pour rompre ce privilège était impardonnable. Elle soupira et décroisa les bras ; de toute façon, au jeu de la violence, elle perdrait.
« Tu veux fouiller dans mon pc ? OK. Donc voilà comment on va faire. Tu vas me dire ce que tu cherches et dans quel but, et en échange je te file mon mot de passe et le dossier que tu veux. »
La curiosité était un vilain défaut, et Shae en était atteinte à un niveau dramatiquement élevé. Elle n’avait jamais pensé que ses dossiers pouvaient avoir la moindre valeur aux yeux de quelqu’un d’autre qu’elle-même, son client, et le procureur. Mais visiblement, ça intéressait d’autres personnes, et elle voulait savoir quel cas, et pourquoi. Nolan était le seul moyen d’obtenir cette réponse. Elle croisa de nouveau les bras devant elle.
« Ou je peux appeler ton frère et lui dire que tu essaies de me voler des informations. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Dim 7 Fév - 19:07

La main dans le sac
Shae & Nolan



Alors oui, je vous arrête tout de suite, on me l’a déjà dit, redit, répété et radoté qu’attendre n’arrange jamais les choses et qu’à constamment reporter au lendemain ce que je ne veux pas faire le jour ; pas besoin d’en rajouter une couche. Et au passage, je suis aussi au courant que les ratons laveurs, même s’ils sont mignons, n’aident jamais un crétin à se sortir du pétrin dans lequel il s’est fourré pour la simple raison qu’il est incapable d’avoir deux sous de jugeote et de se foutre le coup de pied au cul qu’il faut au bon moment pour ne pas élever la procrastination au rang d’un art. J’ai l’air désespérément… désespéré. C’était un risque dont j’avais conscience lorsqu’on m’a demandé de venir chercher des données ici. Lorsqu’il s’agit de craquer des systèmes, de pulvériser des protections électroniques et de détruire carrément les pare-feux, je suis aussi doué que lorsqu’il s’agit de faire la sieste. Mais lorsqu’il s’agit d’être confronté une connaissance qui nous croit mort et qui, pour ne pas trop changer des habitudes, a tendance à être dans le camp de Liam… c’est un zéro pointé que je me prends dans la gueule. Parce que forcément… « Un raton-laveur. T’as pas trouvé mieux ? Tu parles à une avocate là. Donc ton excuse bidon, merci, mais non merci. » Ah… oui… c’est pas faux, là. J’hausse les épaules, refusant de me laisser démonter plus que ça, et par son attaque, et par ma connerie. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, ma pauv’dame. Et moi, en l’occurrence, en dehors de circonstances aggravantes et d’un sourire désolé, je n’ai pas grand-chose. Juste l’angoisse incertaine qu’elle appelle mon frère, juste un babillage de gamin et un sourire penaud pour tenter de la faire changer d’avis. Je parle à une avocate ? Si je n’ai pas trouvé mieux ? Trop de remarques pertinentes, trop de questions justifiées, mes mains se lèvent, paumes vers le haut, dans un mouvement porteur de tè, vè, jé fais cé qué jé peux renforcé par l’accent du sud de la France que j’ai toujours pratiqué aussi bien que leur sieste. « Hé… fallait bien essayer… sur un malentendu… et puis, on sous-estime toujours la cutitude des ratons laveurs, d’un point de vue choupi, ça rapporte un sacré nombre de points dans une argumentation… » Je parle pour ne rien dire, je parle parce que je suis incapable de me la fermer et que je veux surtout qu’elle se souvienne que je ne suis pas un méchant. Juste le mec condamné pour meurtre. Oh, oui, c’est vrai, j’avais oublié ce détail. Sauf que dans mes souvenirs… Je fronce les sourcils à l’instant même où elle soupire. « Tu veux fouiller dans mon pc ? OK. Donc voilà comment on va faire. Tu vas me dire ce que tu cherches et dans quel but, et en échange je te file mon mot de passe et le dossier que tu veux. » Sauf que dans mes souvenirs, elle est morte avant même que je ne sois condamné à mort. Mais ma mémoire me fait défaut pour le reste, je me souviens juste que j’étais déjà con à l’époque. Ce qui n’est pas bien compliqué, je ne me souviens plus de la dernière année m’ayant vu un peu plus futé qu’un panda roux. En échange, je te file mon mot de passe. Un petit rire glisse entre mes lèvres. Elle est trop mignonne…

« Ou je peux appeler ton frère et lui dire que tu essaies de me voler des informations. » … Rectification : elle n’est pas mignonne. Du tout. Si je souriais, si je reprenais un peu d’aplomb et beaucoup d’assurance, à la mention de mon frère… je me fige. Instantanément. Et je soupire à mon tour. Oh, pas question de rendre les armes mais… « Tu sais Shae, j’ai jamais été très futé. Tu dois t’en souvenir. Mais… » Je délaisse le bureau, je m’avance dans la pièce, me drapant comme un prince d’une nonchalance que je n’ai piquée à personne, qui est simplement celle du gosse turbulent que j’ai toujours été. Mes doigts galopent sur les murs, sur les meubles, glissent sur un cadre, s’attardent sur un livre. « J’crois que t’as loupé quelques chapitres, et moi quelques étapes. T’es morte, t’es là, je suis supposé être mort, je suis là. » Je me tourne brutalement vers elle. « En fait, on a plus de point commun qu’on voudrait le croire ! Je peux même en citer un de plus : » Je m’approche d’elle. « Liam n’en a rien à faire de nous. Quand je te dis que tu as loupé des chapitres… je ne parle pas seulement de tes bouquins de cours et de l’encart sur l’immunité totale accordée aux défenseurs de ratons-laveurs, je parle juste du moment où mon frère m’a fait comprendre que je pouvais faire ce que je voulais de ma vie, il n’en avait rien à faire. Donc… » Donc, Nolan, ta gueule. D’accord. Merci. « Ce que je veux dire, c’est qu’en soi, il fera semblant de s’intéresser à ta tronche, il m’emmerdera et t’auras rien gagné au change. Ce qui fait aussi que je n’ai aucun intérêt à répondre à tes autres questions. Ce qu’on va faire… » Je cherche l’inspiration autour de nous et l’évidence se plante soudain devant moi. Je pousse deux trois trucs et m’assois sur le bureau sans gêne aucune. « Raconte moi ta vie et je te raconte la mienne, donnant-donnant. Comme ça, je reste sans le mot-de-passe, quelle misère, me désole-je en français, mais toi, tu ne t’embarrasses pas d’informations qui t’enquiquineront plus qu’autre chose. Parce qu’honnêtement, la crevette un peu avariée que j’ai mangée y’a deux jours et qui m’a donnée la chiasse hier, ce qui m’a empêché de venir faire mon petit marché en temps voulu, j’imagine que tu t’en fiches. » Oui, j’avoue, c’est à peine plus crédible et encore moins intellectuel que le raton-laveur. Mais soit, passons. « Et puis… si j’ai accepté de venir ici, c’était aussi dans l’espoir de te revoir. Une amie, dont j’ai fait le deuil… ça surprend de trouver son nom sur une plaque. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Lun 15 Fév - 22:50

Shae avait l’impression d’avoir remporté une victoire. D’avoir l’avantage pour la bataille à venir. Nolan semblait mal à l’aise, même son sourire ravageur était presque gêné. Il était coincé, et l’avocate attendait, un léger sourire aux lèvres. Et puis…
« Tu sais Shae, j’ai jamais été très futé. Tu dois t’en souvenir. Mais… »
Mais quoi ? Nolan n’était pas très futé. Pas idiot, loin de là. Mais d’une flemmardise sans précédent et d’une maladresse qui aurait pu être touchante si elle n’était pas désespérante. Mais à cet instant, Shae se figea, parce que ses tripes lui disaient quelque chose qui ne lui plaisait pas. Elle s’était fourvoyée. Nolan avait une carte en main. Et il la sortit avec une nonchalance déconcertante.
« J’crois que t’as loupé quelques chapitres, et moi quelques étapes. T’es morte, t’es là, je suis supposé être mort, je suis là. »

Ah. Oui. Ce petit détail. Shae resta stoïque mais devint rouge pivoine, et en elle tout bouillonnait. Bien entendu, elle était censée être morte. Suicidée même. Et Nolan le savait, vu qu’il avait reçu un faire-part, comme son frère. Et Nolan était censé être mort aussi. Tiens, d’ailleurs, oui, qu’est-ce qu’il faisait là ? La petite rousse ne s’était même pas étonnée de le voir devant elle. Juste en colère. Mais une fois la colère passée, la question se posait. Nolan était censé être enterré six pieds sous terre. Son frère savait-il qu’il était en vie ? Et comment s’était-il débrouillé ? Finalement, il était peut-être plus futé qu’il ne le laissait penser. Mais elle ne posa pas cette question. Ce n’était plus elle qui avait la main, c’était Wiggins. Et il continuait sur sa lancée, bien sûr de lui à présent. D’après ses propos, Liam était tout à fait au courant que son frère jumeau était encore en vie. Et toujours d’après ses propos, il n’en avait rien à fiche. Cela choquait un peu la jeune avocate, qui resta perplexe. Elle était consciente que les deux frères n’étaient pas les meilleurs amis du monde. Tellement différents, pourtant avec la même tête. La nature était tellement ironique parfois. Mais elle imaginait mal Liam renier son frère à ce point. Nolan était-il aigri au point de raconter des salades ? D’un autre côté, Nolan n’était pas un menteur. Il semblait réellement sincère. Shae ne savait que penser ; elle n’avait pas vu Liam depuis sa sortie de Darkness Falls, sauf sur des affiches. Avait-il changé à ce point ?

« Raconte moi ta vie et je te raconte la mienne, donnant-donnant. Comme ça, je reste sans le mot-de-passe, quelle misère »
La proposition était tentante. Après tout, ce n’était pas tous les jours que l’on avait l’occasion d’entendre un présumé mort raconter pourquoi il était toujours vivant. Et puis, elle était curieuse de savoir ce qu’il s’était passé dans la galaxie Wiggins pendant son absence. Mais d’un autre côté, Shae se demanda s’il n’y avait pas éléphant sous gravillon. Nolan était aussi un arnaqueur. Et elle ne tenait pas tellement à être sa prochaine victime.

« Et puis… si j’ai accepté de venir ici, c’était aussi dans l’espoir de te revoir. Une amie, dont j’ai fait le deuil… ça surprend de trouver son nom sur une plaque. »
Là, l’avocate haussa un sourcil. Une amie ? Ah bon ? Dans ses souvenirs, Nolan et elle n’étaient pas réellement amis. Elle était amie avec Liam. Nolan, c’était le frère chiant qui suivait les amis partout. Il avait eu un deuil à faire ? Shae était presque gênée de se dire qu’elle n’avait fait aucun deuil de Nolan. En fait, sa mort était passée carrément sous silence, maintenant qu’elle y pensait. Elle n’en avait entendu aucun mot, ne l’avait lu nulle part. Elle eut un petit rire. Elle se rappelait pourquoi elle appréciait Nolan en fin de compte. Il était déconcertant, surprenant. Elle haussa les épaules. De toute façon, elle n’avait rien à gagner, rien à perdre. Elle s’assit dans un des petits fauteuils dans le coin de son bureau, posa son sac et son manteau à côté et lança un regard et un sourire à Nolan.
« OK. »

Par où commencer ? Elle souffla, croisa les mains sur ses genoux.
« Je me suis suicidée en 2008, m’enfin ça tu le sais. Je croyais que tout s’arrêterait, que j’allais enfin être tranquille. Et puis en fait, non. Tu as déjà entendu parler de Darkness Falls ? »
Elle sourit. Tout le monde connaissait Darkness Falls. Pour le coming-out de Nightkeeper, c’était fait. Simple et concis. Elle ne l’avait jamais exprimé de cette façon. Cela paraissait tellement…simple, dit comme ça. Tellement aux antipodes de l’horreur qu’elle avait vécue pendant des mois. Eloigné de ce qu’elle avait ressenti en revenant dans un monde désolé, en ruines, vieux de 4 ans alors qu’elle n’en avait pris qu’un. Mais elle n’allait pas se mettre à chialer et faire du drama devant Nolan. Sinon, elle devrait lui payer son heure de traitement psy, et elle n’en avait pas l’envie ni les moyens actuellement.
« Eh ben je peux te dire que c’est moche, là-bas. J’y suis restée jusqu’à ce qu’en 2012, tout le monde sorte, et donc j’ai suivi, et je me suis retrouvée là. »

Elle adressa un nouveau sourire à son compagnon d’infortune.
« Et toi, t’as ressuscité, opération du saint esprit ? Ou tu voulais juste voir qui viendrait à ton enterrement ? Perso, on ne m’a pas envoyé de faire-part. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Jeu 25 Fév - 23:11

La main dans le sac
Shae & Nolan



Dans la famille Wiggins, on va dire qu’il y a le menteur, Liam, et le baratineur, moi. La différence ? Ce n’est pas tant que je ne sais pas mentir, c’est plutôt que je ne cherche pas à être crédible, juste à me foutre de la tronche de mon interlocuteur pour le mener en bateau et exploser de rire dans la minute qui suit. Mes mensonges ne sont pas faits pour durer, ils ne cherchent pas la pérennité. Ils sont là, fulgurants, ridicules, comiques. Ils ne cherchent habituellement pas à convaincre mais à faire rire. Dans la famille Wiggins, donc, Shae vient de piocher le baratineur, l’enfumeur, l’électron libre qui est immanquablement attiré par son noyau positif. Au moins, je ne me laisse pas démonter. A ses sarcasmes et ses arguments je suis avocate et patati et patata, à mon angoisse brutale lorsqu’elle mentionne mon frère, à cet air penaud que sa seule présence attire sur mon visage, à tout ça je réponds par un babillage insupportable et une insolence infantile. Le meilleur des boucliers. Je parle pour ne rien dire, je parle ne pas laisser le droit au silence d’exister. Je parle, aussi, pour me donner le temps de me construire, de me donner, de me trouver une porte de sortie.

Echec. La sentence, pire !, le verdict tombe. Pendant un instant, j’ai cru avoir joué suffisamment finement pour m’en sortir sans trop de problème. Tu vas me dire ce que tu cherches, c’était mauvais, ça, mais le et en échange je te file mon mot-de-passe était si mignon que je prévoyais déjà de m’en resservir. A ce moment-là, donc, je me disais allez Nolan, c’est bon, c’est dans la poche. Mais forcément… Liam. A cette seule mention, je me fige. Si je pâlis ? Certainement. Une fraction de seconde, tout ce qu’il faut pour que je manque de perdre pied et que j’arrête de danser sur ce fil d’équilibriste sur lequel je promène depuis le début avec l’insouciance d’un gosse qui retombe presque toujours sur ses pieds. Je délaisse le bureau, comme si j’enlevais une armure et posais mon bouclier au sol. Tu veux jouer sur ce terrain-là, Shae ? Mes doigts frôlent les murs, mon esprit carbure pour m’engouffrer dans une minuscule porte de service qui va me servir de porte de sortie pour l’occasion. Une toute petite brèche. J’imagine qu’on me sous-estime souvent – moi le premier, hein – sur le plan de mon babillage lorsqu’on me compare à Liam, inégalable lorsqu’il joue de son charisme et de sa verve, inatteignable lorsqu’il se pare de son petit sourire et de ses hypocrites éclats de rire. On me sous-estime souvent. Peut-être à raison, sûrement à tort.

Elle ne m’arrête pas, je continue sur ma lancée, sur mon envolée qui pourrait être lyrique dans un autre consortium espace-temps, mais qui n’est dans notre monde qu’une succession de mots n’ayant au final qu’un seul but : me sortir de cette mauvaise passe, noyer le poisson, décaler la conversation sur un autre terrain et, il faut bien se le dire, satisfaire un peu ma curiosité enfantine. Des mensonges, des idioties, un peu de ratons-laveurs et de mauvaise foi, je sors le grand jeu. Liam serait tellement fier de moi, j’imagine, vu la tête que tire Shae. Elle me confirme à chaque froncement de sourcils qu’elle est prise dans la nasse de mon monologue. Raconte-moi ta vie, je te raconte la mienne, le deal est clair quand on y pense. En même temps… deux morts qui se rencontrent dans le bureau d’une avocate, ça sonne comme le début d’une mauvaise blague, je me demande quand exactement St Pierre et le Diable vont débarquer dans l’équation. A moins que mon frère joue le rôle des deux zigotos, endossant en plus le costume du deus ex machina qui ne serait pas à mon avantage. Mais n’y pensons pas. Parce que je pousse deux ou trois babioles, parce que je m’installe sur le bureau, parce que je croise les mains sur mes genoux comme un enfant sage. Et que dans un sourire innocent, un peu timide aussi, hein, je sors toute la panoplie du petit Liam, je pousse le bouchon jusqu’à la traiter d’amie. Elle hausse un sourcil. Oh. Peut-être que je suis allé un peu trop loin dans le mélodrame, j’ai bien fait de ne pas rajouter en plus de ça les violons que j’avais prévus. Les yeux grands ouverts, puisant dans ma nervosité et le lol nope qui résonne dans mon cerveau à chaque fois que j’imagine Liam débarquer ici, j’attends à nouveau le verdict. Son petit rire me fait froncer les sourcils de perplexité, son haussement d’épaule colle davantage à ce à quoi je m’attends. Et finalement… « OK. » Je tape dans mes mains, comme un gamin heureux. « Parfait ! » J’attrape un stylo sur le bureau et commence à le faire voltiger entre mes doigts, pour évacuer un peu de ma nervosité hyperactive. « Je me suis suicidée en 2008, m’enfin ça tu le sais. Je croyais que tout s’arrêterait, que j’allais enfin être tranquille. Et puis en fait, non. Tu as déjà entendu parler de Darkness Falls ? » Le stylo m’échappe dès le mot suicide. Ah ouais quand même, elle attaque fort dans le vis ma vie de morte-pas-morte. Darkness Falls ? Son sourire est assez étrange dans une discussion de suicide, de meurtre et tout. « Eh ben je peux te dire que c’est moche, là-bas. J’y suis restée jusqu’à ce qu’en 2012, tout le monde sorte, et donc j’ai suivi, et je me suis retrouvée là. » J’hoche la tête avec conviction, pour mieux la brosser dans le sens du poil. Darkness Falls, pas cool, en soi c’est une information très intéressante mais de l’utilité la plus restreinte parce que je ne compte pas y aller de sitôt. Enfin, du moins… ça n’a jamais été dans mes plans et encore moins dans mes destinations de voyage rêvées. « Et toi, t’as ressuscité, opération du saint esprit ? Ou tu voulais juste voir qui viendrait à ton enterrement ? Perso, on ne m’a pas envoyé de faire-part. »

J’éclate de rire à la seule idée que Liam ait ne serait-ce qu’envisagé d’envoyer un faire-part. J’imagine que les journaux et le reste des médias m’ont servi de faire-part, si tant est que les gens s’y soient intéressés et… Mais là n’est pas la question. Moi. Et moi… Je saute pour descendre du bureau, descendre de ces quelques centimètres vertigineux, pour récupérer le stylo tombé un peu plus tôt et tracer un chemin invisible dans le bureau. Et moi…. Dire la vérité, une partie de la vérité, une histoire inventée ? C’est peut être ça la différence principale entre mon menteur de frère et moi. Lui, il prévoit, il planifie, il a constamment quatre, cinq, dix coups d’avance et dès qu’un imprévu se présente… ce n’est déjà plus un imprévu. Moi… j’improvise. Je dis un mot sans savoir quel sera le prochain, je fais un pas sans savoir ce que je vais faire ensuite. Et je me retrouve coincé devant un mur sans l’avoir vu venir, alors que Liam l’aurait anticipé il y a vingt minutes. Et toi ? Ca fait partie du deal. Vérité, mensonge ? Le stylo voltige entre mes doigts. Il tombe : vérité. Il reste : mensonge. Mon stylo glisse, dérape, je le rattrape in extremis de mon autre main. Merde : troisième choix. « Moi ? J’ai été condamné à mort pour meurtre. » Je dis ça très tranquillement, sans la regarder, en observant, passionné, le lustre au-dessus de moi. C’est moi où il y a vraiment quinze mouches carbonisées ? « C’était pas vraiment prévu, ça s’est passé courant 2011, 2012. Mon petit instant de gloire il faut croire, on me voyait partout dans les médias, c'était assez fun, les gens ne savaient jamais si c'était moi ou Liam à l'écran. » J’imagine que ma nonchalance risque de me faire passer pour un psychopathe complètement taré aux yeux de Shae mais… Je trouve la fenêtre, m’y adosse pour croiser les bras et regarder l’avocate. « C’est peut-être pour ça que Liam ne me parle plus. Il s’est sacrément défoncé lors du procès mais… » Mais… pourquoi ne pas dire la vérité à Shae ? Je ne sais pas. Parce que c’est l’une des rares amies de mon frère et que je ne veux pas risquer de briser cette amitié ? Parce que je ne me sens pas de lui dire hé ! Liam a tué un mec de sang-froid et m’a balancé le meurtre sur le dos pour que je termine ma vie à vingt-neuf ans sur une chaise électrique ! ? Sûrement. Un soupir. Liam s’est bien investi dans le procès, oui. Pour le faire accélérer. Pour cacher les pistes qui pourraient remonter à lui. Pour s’innocenter. M’inculper. Un vrai avocat, tiens. Mais n’y pensons plus. « Bref, du coup, j’ai eu de la chance, ce qui t’a fait sortir de Darkness Falls m’a permis de ne pas y aller. Mais tout le monde croit que j’y suis. Enfin… tout le monde… ceux qui s’y intéressent, hein. » Mon regard se perd dans le vide lorsque je repense à cette journée-là. A mes parents aussi. Déjà trois ans… « Finalement, c’est pas grand-chose une vie. Ça se joue à un concours de circonstance près, à quelques heures près. » Je me secoue pour me reconcentrer et c’est tout naturellement que j’enchaîne. Encore. « Mais du coup, pourquoi tu t’es suicidée ? Et maintenant, tu n’en as plus envie ? » Et Nolan remporte le prix du Tact le plus impressionnant, félicitons-le. « Et quand tu es sortie de Darkness Falls, t’as eu juste à te pointer à l’état civil pour dire yolo, ça y est, les vacances sont finies, je reprends le boulot ? » Ca y est, je recommence à parler pour ne rien dire. Pour changer. « Je me renseigne, hein, si un jour j’en ai marre d’être mort. » Je ne me renseigne pas, je distrais, j’entretiens un dialogue, je rattrape le temps perdu, je continue à chercher un moyen de ranger mon ordinateur portable, de lui faire la bise et de me barrer avec la certitude qu’elle ne parlera de moi à personne. Je sens que je vais parler pour ne rien dire très longtemps, à ce rythme-là.


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Jeu 3 Mar - 22:51

Visiblement, Nolan était très enthousiaste à l’idée d’écouter l’histoire de Shae. C’était amusant en un sens, mais aussi un peu inquiétant. Quel intérêt de connaître l’histoire d’une nana morte, enfin censée être morte, depuis des années ? Mais déjà Nolan était assis sur le bureau un stylo à la main, comme un lycéen qui s’apprête à écouter une anecdote palpitante en cours d’Histoire. Alors Shae raconta ce qui lui était arrivé, en toute sobriété, sans fioriture. Et avec une sobriété qui étonne presque la jeune femme, Nolan écoute et hoche la tête, sans même une vanne foireuse à balancer. C’est mieux, ceci dit. Shae n’a pas vraiment envie de rire de ces instants douloureux. C’est déjà difficile de les raconter.

A peine ma question posée, il éclate de rire. La jeune femme sursaute devant cette réaction. Aurait-elle dit une connerie plus grande qu’elle ? Il a réellement ressuscité ? Ou il a juste décidé de péter un boulon, là, sur son bureau ?
« Moi ? J’ai été condamné à mort pour meurtre. »
Ah. Oui. Effectivement. Shae retient un rire nerveux à cette annonce. Niveau annonce stupéfiante, Nolan et elle peuvent lancer une compétition. Et il dit ça avec une telle nonchalance. Comme s’il avait annoncé qu’il avait acheté un cageot de pommes. La jeune femme l’observe, stupéfaite. Ca ne lui fait vraiment rien ; ou il masque ça très bien. Et les questions déjà fusent dans son esprit. A-t-il réellement tué quelqu’un ? Ca lui semble improbable. Le Nolan qu’elle connaissait était peut-être un sale con parfois, mais il n’aurait pas tué quelqu’un. Et puis surtout, il ne se serait pas fait choper. Et qui donc avait été tué ? Pourquoi ignorait-elle cette information ? Bien que ça se soit passé avant qu’elle ne revienne dans ce monde-ci, il devait bien y avoir des traces, des archives. Mais elle n’avait rien vu passer. Elle n’avait pas non plus beaucoup cherché les crimes perpétrés pendant son petit séjour en Enfer. Il y en avait eu beaucoup trop. Encore plus si on comptait les Hunter’s Seasons comme des massacres officiellement légitimés. Nolan la regarde enfin, et son regard est totalement insondable. Il lui parle de Liam, qui s’est « défoncé » lors du procès. Shae sourit en coin. Les jumeaux Wiggins, incapables de passer 48 heures sans se disputer, ensemble sur le banc de la défense ? Elle a un peu du mal à s’imaginer la scène. Mais Liam n’aurait pas laissé tomber son frère dans une telle affaire. Jamais.

Shae écoute l’histoire de Nolan avec autant d’attention qu’il a écouté la sienne. L’histoire du jeune homme est encore plus dingue que celle qu’elle a vécue. Se faire accuser de meurtre, être condamné à mort, en réchapper à cause de ce qui a détruit le monde. La vie est une putain d’experte en ironie parfois. Et maintenant, Nolan Wiggins n’a plus d’existence. Le cœur de la jeune femme se serre à cette annonce. Après tout, elle n’existe plus non plus techniquement. Elle a eu un sursis inespéré, mais elle a perdu toute son ancienne vie. Sauf qu’elle, elle peut se balader dans les rues tranquillement et reconstruire ce qui lui reste de vie jour après jour. Nolan n’a plus rien que la clandestinité.
« Mais du coup, pourquoi tu t’es suicidée ? Et maintenant, tu n’en as plus envie ? »
Ca a le mérite de couper Shae net dans ses tergiversations sur la putasse qu’est la vie. Elle adresse à Nolan des yeux écarquillés et une bouche bée. Lui enchaine l’air de rien sur son retour à la vie normale. Elle s’étonnait de ne pas avoir eu droit à une vanne foireuse pendant son récit. Voilà qu’il lui en sert un festival. L’expression d’hébétude de la jeune femme se transforme vite en une moue coléreuse. Aucun tact. Ca ne se fait pas de parler de choses comme ça. Elle se rencogne un peu plus dans son fauteuil et détourne le regard.
« Non maintenant je n’en ai plus envie. J’ai vu où ça m’a mené la dernière fois, je suis vaccinée. Et pour le fait de revenir, quand les portes se sont ouvertes ça a été un sacré bordel. T’étais sûrement trop occupé à t’enfuir pour le remarquer. Et après ils ont pucé tous les Nightkeepers, dont moi. Et voilà comment on réapparait dans le monde des vivants. »
Elle adressa un regard mauvais à Nolan. Cet épisode là de sa vie n’avait pas été des plus joyeux. Elle était sortie, perdue, de Darkness Falls, pour trouver son monde en ruine et l’apocalypse en marche. Elle avait suivi la foule, tant bien que mal, cherchant désespérément un visage connu. Elle n’en avait vu aucun. Et puis, quand le Gouvernement s’était mis en place et que la tyrannie avait commencé, elle avait été dans les premières victimes. On l’avait obligée à se faire injecter une puce, comme un animal furieux qu’il faudrait contrôler. Son statut de Nightkeeper affiché, une cible de choix. Elle ne sait pas par quel miracle elle avait échappé aux Hunter’s Seasons. A la misère. Aux fausses accusations de crimes. Depuis que les puces avaient été désactivées, elle dormait mieux.

« T’as d’autres questions aussi stupides ? Parce que si tu comptes ressusciter officiellement, de toute façon, ça va être un peu coton, à moins de refaire complètement ta gueule d’ange. »
Elle soupira. Après tout, c’est elle qui n’avait pas voulu le laisser partir en premier lieu.
« Tu es en sécurité au moins ? »

_________________


We won't abandon this ship, We are unsinkable
Bring on the storm, We are unsinkable
Between the devil And the deep blue
Soul search and rescue
We are, we are
Unsinkable



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Sam 12 Mar - 11:14

La main dans le sac
Shae & Nolan



Il faut que je trouve une solution et il faut que je la trouve vite. Mes questions, mon intérêt non feint pour sa vie, tout cela ne sont que des distractions pendant que mon cerveau patauge à deux cents kilomètres/heure pour me sortir de là. Si le stylo tourne entre mes doigts, c’est pour calmer ma nervosité, canaliser mon envie de bouger et ce besoin incessant d’être en mouvement. J’écoute, j’hoche la tête, je me prends au jeu et perds même un instant mon objectif. Elle s’est suicidée, il y a des années. Pour un mec comme moi qui aime la vie, surtout depuis qu’il est mort, c’est totalement stupide. Et incompréhensible. Presque plus inconcevable que cette histoire de Darkness Falls et de zombies, presque aussi inconcevable que l’était l’apocalypse il y a cinq ans. C’est dire. Mais je fais l’effort de l’écouter sans l’interrompre, non sans une certaine concentration. Quelque part, de toute manière, ça m’intéresse parce que ma question était aussi utilitaire que sincère. Et que de toute manière, comme je ne trouve toujours pas de solution, autant l’écouter et me passionner pour le sujet. C’est d’ailleurs pour ça que son et toi me prend presque au dépourvu. Et toi ? Et moi ? Je saute de mon perchoir, je rejoins la fenêtre, toujours occupant mes doigts avec le stylo. Mensonge, vérité, pile ou face : je finis par opter pour le semi-mensonge qui naît au fur et à mesure que mon éclat de rire s’estompe. J’ai été condamné pour meurtre. La nonchalance avec laquelle je balance ça pourrait me trahir ou me faire passer pour un taré de première catégorie : dans tous les cas on pourrait presque croire que je récite la recette du crumble du chat-qui-tousse. Excellent crumble, au passage, même si je suis incapable d’en faire un. J’ai été condamné pour meurtre, mais je ne m’arrête pas là. Je parle très tranquillement, fais même le tour de la question. Média, procès, survie, Liam : il ne me faut pas beaucoup de phrases pour résumer l’ensemble de mes dernières années.

Je n’existe plus. Voilà comment résumer l’ensemble. Si le monde n’avait pas explosé, je serais mort depuis trois ans. Et cette idée, même si je la rejette, même si je la néglige, même si je suis toujours aussi énergique, insupportable bavard, rieur, surexcité, stupide, dynamique, hyperactif, flemmard, passionné, blagueur, cette idée ne me quitte pas et obscurcit mes pensées dès que je me laisse quelques minutes de latence. Je ne devrais pas être en vie. Et c’est mon frère qui m’a tué. Je lui en veux, je lui en veux plus que jamais, j’aimerais même me croire capable de ne jamais lui pardonner mais il est évident, depuis qu’on s’est croisé, que toutes mes bonnes résolutions s’envolent face à liu. Voilà voilà… je n’existe pas. Je secoue la tête pour ne pas me laisser entraîner dans une spirale infernale et je m’accroche à la première branche qui passe, avec un tact aussi violent que merveilleux. Et du coup, pourquoi elle s’est suicidée déjà ? De toute évidence, la question la prend totalement au dépourvu et ça m’arrache un éclat de rire gamin. Mes fossettes en profitent pour se creuser, mon regard en profite pour pétiller, mon humeur en profite pour se teinter d’amusement comme pour mieux chasser une morosité malvenue à l’évocation de ma mort. Je recommence à parler pour ne rien dire, je recommence à me parer de désinvolture, dans une irresponsabilité et une inconséquence qui m’ont toujours caractérisé. Le Wiggins immature, le Wiggins qui parle avant de réfléchir, le Wiggins qui n’arrive pas à rester sérieux plus de deux minutes, le Wiggins qui fatigue. Et de toute évidence, je suis aussi le Wiggins qui énerve et qui blesse, vu la réaction de Shar qui semble s’enfoncer dans son fauteuil. Ça fait s’amoindrir et disparaître efficacement mon sourire dans un froncement de sourcil coupable. « Non maintenant je n’en ai plus envie. J’ai vu où ça m’a mené la dernière fois, je suis vaccinée. Et pour le fait de revenir, quand les portes se sont ouvertes ça a été un sacré bordel. T’étais sûrement trop occupé à t’enfuir pour le remarquer. Et après ils ont pucé tous les Nightkeepers, dont moi. Et voilà comment on réapparait dans le monde des vivants. » J’ouvre les yeux, prenant son regard mauvais en plein visage dans une grimace d’excuse. T’étais sûrement trop occupé à t’enfuir pour le remarquer. Je lève les yeux au plafond, recevant la pique comme il se doit, avec ma susceptibilité habituelle. Je me sens coupable d’avoir été aussi direct, je me sens presque aussi coupable de ne pas retenir mon « Genre pucée… comme des chiens et des chats ? » qui répond à ma petite vexation. C’est quand même dingue, le monde qui a éclos après l’apocalypse. On est repassé à l’âge de pierre avant d’avoir le temps de dire merde, c’est fort, très fort. A l’âge de pierre avec des sorciers, des puces et des zombies, genre l’âge de pierre, level up. Je m’adosse un peu plus à la fenêtre, jetant un coup d’œil désespéré à la porte et à l’ordinateur. Au moins, la discussion a le mérite de lui faire oublier Liam, c’est déjà ça.

« T’as d’autres questions aussi stupides ? Parce que si tu comptes ressusciter officiellement, de toute façon, ça va être un peu coton, à moins de refaire complètement ta gueule d’ange. » Je sursaute. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ça, je ne m’attendais pas à ce qu’elle prenne vraiment au sérieux mon babillage sur une résurrection administrative et tout. A dire vrai… ressusciter officiellement… je n’y ai pas pensé sérieusement dix minutes depuis trois ans. Entre ma fuite, l’organisation de ma survie, ma crainte d’être retrouvé et le Gouvernement mis en place, entre la Résistance, ce jeu du chat et de la souris avec mon frère,… si j’ai envie de revivre officiellement ? J’hausse les épaules. « A quoi ça servirait, Shae ? » A la base, je voulais juste la distraire. Mais elle vient de me balancer la conversation dans la figure pour que je me sente concerné. Merde. « Je veux dire… avec toute cette merde, je sais même pas si mes parents sont en vie, la plupart de mes anciens potes ne le sont pas et les autres ont fait leur deuil donc… Je disais ça pour rire, ça sert à rien qu’on me réhabilite : personne ne s’y intéresserait en dehors des petits cons de bureaucrate qui seraient capables de me foutre dans une arène pour un meurtre que j’ai commis il y a genre quatre ans maintenant. » En le disant j’en viens à me demander si je risque vraiment ça, si un jour la mauvaise personne découvre que Nolan Wiggins est encore en vie. Ma ressemblance avec mon frère me protège pour le moment des mauvais curieux, mais maintenant que Liam a la certitude que je suis en vie… « Tu es en sécurité au moins ? » La question de Shae fait douloureusement écho avec mes pensées.

Je voulais la distraire, et me voilà pris au piège dans cette conversation. Merde. Si je suis en sécurité ? Un sourire parvient à exploser sur mes lèvres, comme pour me foutre ouvertement de sa tronche. Si je suis en sécurité ? Le stylo tourne entre mes doigts, je reviens au niveau du bureau pour m’y asseoir une nouvelle fois, fouiller à la recherche d’un papier sur lequel dessiner une fleur, un cœur, un bonhomme et un animal indéterminé : l’ensemble de mes capacités en dessin en somme. « Tu te sens en sécurité, toi ? Je veux dire, avec ce qui se passe, la peste, tout ça, les arènes, tout ça, les zombies, tout ça… Tu te sens en sécurité ? Je me débrouille, si c’est ce que tu veux savoir. Après… après, sérieusement, je ne sais pas. J’ai un squat dans un appart, un pote a récupéré mon chien donc j’ai de la compagnie… sincèrement, j’me plains pas. » Ou si peu. « Mais avec ce Gouvernement de taré, tu te sens en sécurité, toi ? Parce que tu es pucée, parce que t’es dans les petits papiers des dirigeants ? Parler de sécurité depuis que le monde est devenu un champ de ruines, j’suis désolé, mais c’est comme espérer qu’un poulet atteigne les cinq ans d’espérance de vie caché sous la table d’un KFC. » Je suis particulièrement fier de ma comparaison, je me dois de le dire et mon sourire l’affirme. « C’est totalement con. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Mar 22 Mar - 22:45

Shae ne savait pas trop quoi penser de Nolan. Elle le trouvait sympathique, au fond. Il savait être drôle, il était attachant. Agaçant, maladroit, parfois à la limite de la décence. Mais n’était-ce pas exactement les mêmes reproches qu’on lui faisait, à elle ? Et pourtant elle était attachante…non ? Alors même si Nolan l’agaçait avec ses questions et ses remarques vexantes, au fond elle n’arrivait pas à vraiment lui en vouloir. Après tout, il était censé être mort, il parait qu’on pardonne tout aux morts.
« Genre pucée… comme des chiens et des chats ? »
Bon ok, peut-être qu’elle pourrait lui en vouloir un peu. Il était vraiment très maladroit, ou juste très con. La jeune femme soupira bruyamment et leva les yeux au ciel.
« Ouais. Comme les chats. »
Elle y avait bien pensé en ces termes à l’époque. Quand elle avait appris que tous les Nightkeepers devaient être pucés, du moins ceux qui étaient des mages blancs, elle s’était d’ailleurs révoltée. Puis elle avait eu un aperçu du sort réservé aux mages noirs, non pucés. La déchéance. L’humiliation. Les taudis et la misère, la défiance des gens. Certains disparaissaient sans explication et personne ne s’en inquiétait. Alors elle avait usé de son nouveau poste d’avocate et de certaines relations bien placées pour se faire pucer avec les mages blancs. Elle avait mis ses principes de côté par instinct de préservation. Elle excellait dans cette discipline. Heureusement depuis, les puces avaient été désactivées et le Gouvernement ne surveillait plus ses petits pions blancs de cette manière. De toute façon, elle était constamment surveillée. Elle le savait, elle le sentait. On surveillait ses dossiers, ses procès, ses clients.
La jeune femme croyait que Nolan envisageait sérieusement de revenir à la vie officiellement. Mais visiblement, non. Elle se rendit compte qu’il était tout seul. Les gens proches de lui étaient morts, ceux qui étaient en vie avaient tourné la page. Comme quand elle était revenue de Darkness Falls en 2012. Elle n’avait retrouvé personne. Alors oui, peut-être que Nolan n’avait pas intérêt à revenir à la vie civile. Pour le coup, elle n’avait pas réfléchi avant de parler. A croire que la connerie Wiggins était contagieuse.

« Ouais, je vois. Rester mort est plus sûr, je suppose. »
Il n’y avait bien que dans ce monde que cette phrase n’était pas absurde. Des dizaines de gens étaient morts puis étaient revenus à la lumière. Combien avaient décidé de rester dans l’ombre ? De ne plus exister ? C’était peut-être plus simple. Ils n’avaient pas à se plier aux règles d’un Gouvernement despotique. Les gens ici étaient vivants, mais à quel prix ? « J’ai retrouvé le sourire quand j’ai vu le bout du tunnel ». Shae ne se souvenait plus d’où sortait ça.

«  Tu te sens en sécurité, toi ? C’est totalement con. »
Shae resta silencieuse quelques secondes. Déjà parce qu’elle avait rarement, voire jamais, entendu Nolan partir dans des laïus de la sorte. En général il balançait quelques vannes. Il ne sortait pas des tirades comme ça. Ensuite parce qu’il avait raison. Personne n’était en sécurité. La sécurité, la vraie, était devenue une utopie. Alors les gens s’accordaient une sécurité toute relative. On parlait plus de survie, en fait. Et le Gouvernement, les hommes qui avaient réussi à accéder au pouvoir, en profitaient toujours plus. A croire que l’Humanité, même dans ses heures les plus sombres, arrive toujours à se détruire un peu plus. Aucun Homme sans défaut, aucun Homme sans ego. L’être humain est fait pour mourir à petit feu, tout seul comme un grand. Et Shae participait gentiment à cette mascarade.
« Je sais pas…je veux dire, faut bien un but non ? L’instinct de survie, tout ça. Je suis pas revenue sur Terre pour me laisser mourir à nouveau, alors…je suis le mouvement. Disons qu’on est mieux ici qu’à New York au milieu des zombies. »
Elle haussa les épaules. Elle se sentait mieux ici, dans sa cage dorée, que dehors. Elle ignorait ce qui se trouvait réellement en dehors des murs de la Nouvelle Orléans, et elle ne voulait clairement pas le savoir. Cela voulait-il dire accepter la tyrannie, la peur, la surveillance ? Oui. Elle était prête à payer le prix, en espérant qu’un jour, les choses aillent mieux. Ca finit toujours par aller, non ?
« C’est sûr, je suis privilégiée. J’ai un métier qui me donne certaines relations. Je suppose que c’est parce que je fais ce métier que tu es là à fouiller dans mon PC, pas vrai ? »
Elle lance un sourire amusé à Nolan. Qu’il n’espère pas qu’elle ait oublié la raison de leur conversation.
« Mais je suis surtout là parce que je pense…j’espère que quelqu’un, quelque part, arrivera à changer les choses. Qu’on puisse revivre un peu comme avant. Je sais pas…. On est juste au fin fond du couloir, accroché à un atome d’espoir ».

C’était une vision bien pessimiste qu’ils exprimaient là. Nolan était en train de lui saper le moral. Shae ne voulait pas se sentir comme ça. Elle claqua dans ses mains et adressa un sourire à Wiggins.
« Enfin voilà, je connais ton histoire, tu connais la mienne, c’est beau. Maintenant, est-ce que tu peux me dire pourquoi tu fouilles dans mes dossiers ? Est-ce que je dois m’attendre à te voir redébarquer un de ces quatre ? Ou un copain à toi ? »

HRP :
Spoiler:
 

_________________


We won't abandon this ship, We are unsinkable
Bring on the storm, We are unsinkable
Between the devil And the deep blue
Soul search and rescue
We are, we are
Unsinkable



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Mar 29 Mar - 22:39

La main dans le sac
Shae & Nolan



Shae a toujours été, à mes yeux, l’amie de Liam et pas la mienne. En même temps, ce n’était pas très compliqué : avec Liam, on ne s’est jamais prêté nos amis, juste nos apparences et encore. Shae, donc, je la connais parce que Liam m’en parlait, parce qu’on a dit aller boire un verre ensemble deux ou trois fois et parce que Liam m’en parlait, encore, lorsqu’il me parlait de sa vie au lieu de me voler la mienne. Ce n’est pas que je ne sais pas trop quoi penser d’elle c’est que… cette conversation est foutrement étrange. Et surtout, elle n’a pas lieu d’être. L’idée était simple, pourtant, zut ! Entrer, récupérer les documents, sortir, rien de beaucoup plus long et laborieux. Au lieu de quoi, je me retrouve à taper la causette avec une ancienne amie de mon frère, une sorcière comme moi. Il y a de quoi en fait une blague marrante, dans le genre c’est deux morts dans un bureau mais je n’arrive pas trouver la fin. Et puis… la fin, justement, c’est ce dont on parle. Darkness Falls pour elle, la prison et la condamnation à mort pour moi, voilà qui est follement enthousiasmant. Mais… mais il faut que je garde à l’esprit que le temps s’égrène et qu’il ne faut pas que je me fasse prendre au piège par cette conversation. Parce que c’est ce qu’il se passe, indéniablement. Mes remarques sont autonomes, je n’accorde pas une seule once d’attention à ce que je dis, toutes mes pensées orientées vers la porte de sortie qu’il faut que je me dégage. Jusqu’à sa question. Si je suis en sécurité ? Elle est sérieuse ? Je voulais la distraire, me voilà qui me lance dans un laïus presque aussi convaincant et soporifiques que les plaidoiries de mon frère. La sécurité, ça ne veut plus rien dire désormais. La sécurité, c’est une utopie, c’est une connerie. C’est en mourant qu’on se met définitivement en sécurité, voilà. Ce n’est pas en restant à l’ombre de ces connards de politiciens qu’on ne risquera rien, ce n’est même pas en se contentant de respirer qu’on ne risquera rien.

Le stylo tourne entre mes doigts, crayonne par réflexe un amalgame de traits qu’on peut vaguement appeler dessin lorsqu’on a une myopie sévère. Tu te sens en sécurité, toi ? C’est totalement con. On ne m’a jamais applaudi pour ma diplomatie : c’est une franchise brute et sans fioriture qui est mon apanage. Et lorsque je parle, comme là, c’est sans réfléchir : sincère. Son silence est éloquent, il me rend nerveux. Ça doit être ma comparaison. Trop puissante, trop imagée, trop explicite : elle doit être traumatisée en s’imaginant un petit poulet tout tremblant tentant de se cacher sous une table et se faire attraper par les pattes. « Je sais pas…je veux dire, faut bien un but non ? L’instinct de survie, tout ça. Je suis pas revenue sur Terre pour me laisser mourir à nouveau, alors…je suis le mouvement. Disons qu’on est mieux ici qu’à New York au milieu des zombies. » J’écarquille instantanément les autres. J’me voile sûrement la face mais non, je ne peux pas me dire qu’on est mieux ici qu’à New-York. J’ai fait confiance, aveugle était ma confiance et on voit où ça m’a mené. Et mon instinct de survie, il me hurle que ce Gouvernement est pourri jusqu’à la moelle, qu’on ne sera jamais mieux ici qu’ailleurs tant que des mecs comme Liam auront le pouvoir de vie ou de mort sur la population entre leurs mains. Elle hausse les épaules, je lève les yeux au plafond. « C’est sûr, je suis privilégiée. J’ai un métier qui me donne certaines relations. Je suppose que c’est parce que je fais ce métier que tu es là à fouiller dans mon PC, pas vrai ? » « Hein ? » Alors autant j’allais répliquer quelque chose concernant le fait qu’elle soit une privilégiée, autant là, elle me coupe l’herbe sous le pied. Merde alors, cette conversation est un échec total : je ne l’ai pas suffisamment distraite, et en plus elle est devenue intéressante. Son sourire amusé me met un peu de baume au cœur mais… tout de même, epic fail, échec critique le Nolan. « Mais je suis surtout là parce que je pense… j’espère que quelqu’un, quelque part, arrivera à changer les choses. Qu’on puisse revivre un peu comme avant. Je sais pas…. On est juste au fin fond du couloir, accroché à un atome d’espoir Enfin voilà, je connais ton histoire, tu connais la mienne, c’est beau. Maintenant, est-ce que tu peux me dire pourquoi tu fouilles dans mes dossiers ? Est-ce que je dois m’attendre à te voir redébarquer un de ces quatre ? Ou un copain à toi ? » Oulah, oulah, je lève les mains comme le coupable que je sais si bien être. « Trop d’accusations, Shae, je suis touché en plein cœur, là… » Mes paumes se plaquent au niveau de mon cœur, justement, qui bat la chamade à un rythme trop régulier. « T’as raison, c’est sacrément beau cet échange, toute cette confiance… » Mes doigts vont d’elle à moi, de moi à elle, comme pour symboliser justement cet échange de bons procédés finalement inutiles. Je réfléchis à toute vitesse. Je lui ai donné de quoi me foutre en taule, et j’ai aussi la confirmation qu’elle bosse pour le Gouvernement. Qu’est ce qu’elle a dit ? Qu’elle suivait le mouvement ? « Je n’avais plus personne à qui me confier, tu viens de m’enlever un poids des épaules… j’en perds mes mots, là, trop d’émotions en moi. On vient vraiment de vivre quelque chose d’exceptionnel, là… je ne sais pas si je vais m’en remettre. » Je me fous ouvertement de sa gueule, rebondissant sur son ironie pour me lever d’un bond, fermer mon ordi qui tournait encore et débrancher les multiples cordons ombilicaux qui le… c’est gore quand même, comme image, ça ? Débrancher les perfusions qui le lient encore à la bécane de Shae. « Mais tu sais, trop d’émotions tue l’émotion, je pense qu’il vaut mieux qu’on étale un peu toutes les révélations sur la durée, tu vois… » Faites moi taire, pitié que quelqu’un me fasse taire. «  Histoire d’alléger le choc du je te parle de mon suicide, moi de ma mise à mort ratée… » Tout en parlant, je me décale vers la sortie. Hop, hop, hop, ni vu ni connu je noie le poisson et je me casse sans qu’elle ne se rende compte que j’ai piqué un paquet de données que je trierais gentiment ce soir et que je n’ai pas répondu à ses questions. Sauf que pour me casser, il faut que je passe devant elle, en lui faisant un petit sourire. Bon et bien… noyons encore un peu le poisson. Ou alors, mieux, si je deviens suffisamment insupportable, elle va me virer de là d’un bon coup de pied au derrière sans réitérer ses demandes. Par le caleçon de Liam, ce plan est parfait. « En tout cas, je tiens à te dire que niveau instinct de survie, tu te fous un peu de ma gueule. Parce que bon, faut admettre que venant d’une suicidaire qui se laisse pucer dès sa sortie de l’enfer… voilà quoi, niveau crédibilité, ça se pose là… je pense que mon instinct de survie à moi, il est quand même un peu plus pertinent. » Oui, moi, le mec qui a fini en prison et presque sur la chaise électrique parce qu’il pensait que son jumeau allait tenir ses promesses. Comment ça, hôpital, charité ? Connais pas. « Sérieusement Shae, tu penses vraiment ce que tu racontes sur le fait que quelqu’un t’attende quelque part ? ‘Fin c’est pas pour être méchant mais… » Si, c’est méchant. Et je m’en veux. Un peu. Mais cette discussion est de moins en moins agréable. Parce que je m’enfonce dans des dérapages, parce que rester ici, c’est augmenter les chances que quelqu’un me croise, que quelqu’un me compare à Liam. Reste ici, en soi, c’est une erreur. Comme raconte même une semi-vérité à Shae. Qui connait Liam. Qui me déteste. Et la personne qui pourrait l’attendre, en fin de compte, ça pourrait être Liam. Mon frère, moi, moi, mon frère, les deux Wiggins tournent autour de Shae. Une part de moi à envie de m’excuser, l’autre me hurle qu’à toujours m’aplatir comme ça, jamais je n’arriverai à tenir tête à Liam lorsqu’on se recroisera. Et face à Shae… c’est une amie de Liam. « J’espère pour toi que tu comptais pas sur mon connard de jumeau pour t’attendre, sinon tu ferais mieux de te trouver une corde. Enfin, je dis ça, je dis rien, tu dois sûrement avoir déjà des fournisseurs dans le milieu. » Allez, quelques mètres et tu te casses, Nolan. J’avais juste prévu de rentrer, de pirater, de me barrer, et puis sur elle je suis tombé. Pourquoi est ce que ça ne se passe jamais bien, hein ? Je prends une inspiration. « Sur ce, je vais peut être te laisser. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Jeu 7 Avr - 23:00

Nolan croyait sûrement qu’une petite conversation sur leurs vies respectives allait faire oublier à Shae qu’il avait tenté de lui piquer des informations. Mais l’avocate ne l’entendait pas comme ça. C’était ses dossiers professionnels dont on parlait, là. Elle avait un minimum de conscience, tout de même. Et puis, le Gouvernement venait assez mettre son nez dans son boulot comme ça, elle n’avait pas besoin qu’un Wiggins vienne faire de même.
« Trop d’accusations, Shae, je suis touché en plein cœur, là… »
La jeune femme lève un sourcil circonspect. Mais bien sûr, cause toujours. Nolan est un sacré beau parleur, qui est capable de balancer 40 conneries à la minute. Le reste il le passe à respirer entre chaque connerie. Mais ses beaux discours ne fonctionneraient pas. Voilà qu’il se moque d’elle maintenant. Il faut l’avouer, Shae se vexe lorsqu’il commence à se moquer. Elle s’est ouverte à lui, elle lui a raconté des épisodes pas évidents de sa vie, et il se fout de sa tronche ? C’est assez injuste. Il pourrait au moins montrer un peu de respect. Mais non, Nolan n’en montre pas. Au contraire, il se lève, ferme son ordinateur portable, récupère ses câbles. Qu’est-ce qu’il croit faire avec tous ces trucs ? Partir comme ça, la bouche en cœur ? La jeune femme suit du regard les gestes de Nolan, bras croisés, prête à lui sauter dessus s’il ose esquisser un pas vers la sortie. Elle ne laissera pas partir ses dossiers. Qui sait ce qu’il compte en faire ? Et s’il s’en servait pour mettre l’un de ses clients en danger ? Pour saper une de ses défenses et envoyer un innocent dans l’arène ? Retrouver un témoin et le faire taire ? A la Nouvelle Orléans, tous les coups étaient permis, et certains ne se gênaient pas pour entreprendre tous les moyens d’arriver à leurs fins. Le gouvernement en premier, c’est sûr. L’avocate se lève et se place près de la porte en voyant Wiggins se diriger presque discrètement vers la sortie. Elle est prête à se défendre physiquement s’il le faut. Elle n’a pas pris des cours de self défense pour rien. Elle se battra bec et ongles.

« Sérieusement Shae, tu penses vraiment ce que tu racontes sur le fait que quelqu’un t’attende quelque part ? ‘Fin c’est pas pour être méchant mais… »
Mais quoi ? Shae reste bouche bée devant le laïus de Nolan. Elle pensait qu’il avait atteint des sommets en lui demandant si elle n’avait plus envie de se suicider, mais là, non, il la surprend encore et fait pire. C’était difficile pour elle d’évoquer son suicide. C’est quelque chose dont elle parle peur, quasiment jamais en fait. Peu de personnes connaissent la vraie Shae, celle d’avant. Nolan, oui. Et il lui balance ça à la figure comme si ça n’avait aucune importance, comme une vanne foireuse, sauf que la blague n’est pas drôle du tout. La jeune femme reste fermée comme une huître mais à l’intérieur, son sang commence à bouillir. Il n’a pas le droit de se comporter comme ça. Il n’a pas le droit d’être aussi méchant, de dire des choses aussi horribles. Il n’a pas le droit. Et il le prend, ce droit, il l’arrache au bon sens et il le manipule avec la délicatesse d’un bébé hyperactif à qui on aurait filé un hochet bruyant. Son connard de jumeau ? Elle n’a même pas revu Liam depuis qu’elle est revenue de Darkness Falls. Enfin si, sur des affiches. La même classe, la même élégance que quand ils étaient amis. Ca lui brise le cœur de le voir sur ces affichettes et de savoir que cet homme n’est plus son ami. Qu’il la croit sûrement morte, ou alors qu’il sait qu’elle est revenue mais s’en fiche pas mal. Nolan se sert de ça aussi, il sait pertinemment que Shae et Liam étaient proches étant étudiants. Dit-il tout cela sans se rendre compte des blessures qu’il inflige ? Ou au contraire, est-il parfaitement conscient de ce qu’il dit, mais a décidé que ce n’était pas son problème ?

« Sur ce, je vais peut être te laisser. »
La gifle part toute seule. Elle fend l’air et vient se crasher contre la joue droite de Nolan. Shae n’a pas changé d’expression. Son regard est glacial, et elle retient de justesse l’envie de donner une copine à cette gifle. Le silence se fait pendant une, deux, trois secondes. Puis enfin elle parle, d’une voix sifflante, hantée par la colère, la rancœur, le ressentiment, une pointe de mépris peut-être même.
« T’es vraiment un crétin, Nolan. Le roi des crétins. Donc tu vas sortir d’ici, mais sûrement pas avec mes données. Tu laisses le pc ici, ou tu en effaces les données, tu te démerdes, je m’en fous. Mais tu n’emmènes pas mes données. Et après je ne veux plus jamais revoir ta tête de crétin. »

_________________


We won't abandon this ship, We are unsinkable
Bring on the storm, We are unsinkable
Between the devil And the deep blue
Soul search and rescue
We are, we are
Unsinkable



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Dim 17 Avr - 22:06

La main dans le sac
Shae & Nolan



Je joue la comédie, j’exagère, je me produis sur scène, m’épanouis en acteur et en imbécile. Vraiment. Cette conversation… m’entraîne sur un chemin dangereux. Il faut que je garde en tête qu’elle travaille pour ceux qui veulent ma peau, qu’elle était amie avec celui qui a eu ma peau et que si je reste ici… et bien si je reste ici, il y a de fortes chances que je termine grillé. Sauf qu’il n’en est pas question. Et qu’elle veuille récupérer les données… je me rends compte que je suis mal. Parce que j’ai trop parlé, parce que je me suis laissé prendre au jeu et que je lui ai donné de quoi me faire tomber, de quoi faire tomber le Blackbird si on le trouve, parce que… Je joue, mes mains parlent pour moi, je ferme mon ordi, je le débranche sans cesser une seule seconde de raconter de la merde. Je suis passé en mode automatique. Je n’entends plus ce que je dis, je me concentre sur une seule chose. Débrancher mon ordi, croiser les doigts pour que toutes les données aient été transférées. Je ne réfléchis pas une seule seconde à ce que je dis. Je me moque, bien sûr, parce que c’est le plus simple, parce que c’est le plus instinctif, parce que comme ça, j’ai pas besoin de ménager sa sensibilité, de réfléchir, je n’ai même pas besoin d’essayer d’aller quelque part. Mon seul objectif, c’est qu’elle me lâche, c’est qu’elle me vire. Mon seul objectif, actuellement, c’est de partir sans encombre et de mettre le plus de distance possible entre elle et moi. Un petit pas par ci, un petit pas par là, je continue de parler pour conserver son attention et continuer ma diversion, sans réellement savoir si ça marche. Un petit pas, encore un petit pas et… je me surprends à virer dans la méchanceté gratuite. Cette discussion vire au cauchemar, sans le moindre doute. Autant pour elle que pour moi. Je dérape, complètement, le mode Nolan parle sans réfléchir est hors de contrôle et je tente bien malgré moi de rester concentré sur une seule chose. Partir. Partir tout de suite, partir avant que ça ne dérape davantage encore, partir. Mes sens, mon instinct de survie justement, m’envoient des signaux pressés, paniqués. Dans ma tête, c’est l’alarme incendie qui s’est déclenchée à partir du moment où je me suis rendu compte que je m’attardais. Que si je pensais parler avec elle pour détourner son attention, j’étais en train de perdre du temps et que peut être, au lieu de la faire entrer dans mon jeu, c’était moi qui étais entré dans le sien comme un crétin. Des scénarios se composent dans ma tête sans que je ne les contrôle, du moins pire – que la milice soit en train de rappliquer – au pire : que ce soit Liam qui soit en train de rappliquer. Liam, justement, que je mets sur le devant de la scène. Allez, casse toi, Nolan, casse toi au lieu d’attiser des braises, de détruire le semblant de paix. Vu ses réactions, en plus, je crois qu’elle apprécie moyennement mes commentaires et pour être honnête, je réagirais de la même manière si je parvenais à me poser deux secondes pour prendre conscience du sens de mes mots. Mais… mais le sentiment d’urgence se fait plus pressant encore. J’ai trop parlé, trop attendu, mes données sont chargées et il faut que j’y aille, maintenant. Sur ce, je vais peut être te laisser. Première intervention intelligente depuis bien trop de minutes. Et de toute évidence, je ne suis pas le seul à le penser parce que sa main vient de se fracasser sur ma joue.

« AÏE ! SHAE ! » Mon étonnement est flagrant, ma surprise encore plus, et même si les deux émotions sont sensiblement identiques il faut bien établir le contraste. Etonnement, parce que je ne l’en pensais pas capable. Surprise, parce que je ne l’ai pas vue venir, celle là. Son regard est glacial et je ne peux que reculer, même pas lui en vouloir. Une, deux, trois secondes de silence, j’envisage vaguement d’en profiter pour partir. Sauf que le temps que je prenne ma décision… il est déjà trop tard. « T’es vraiment un crétin, Nolan. Le roi des crétins. » « Je sais ? Merci. » Quoi, il faut bien remercier les gens quand ils font des compliments aussi sincères, sinon après ils sont vexés et c’est triste pour eux. « Donc tu vas sortir d’ici, mais sûrement pas avec mes données. Tu laisses le pc ici, ou tu en effaces les données, tu te démerdes, je m’en fous. Mais tu n’emmènes pas mes données. Et après je ne veux plus jamais revoir ta tête de crétin. » Je lève les mains, instantanément. Je lève mon ordinateur, aussi, du coup. Il faudrait que je songe à le ranger dans mon sac, tiens. Mes données ? « J’ai pas de données, je te rappelle que tu ne m’as pas donné ton mot de passe donc que je suis en train de m’en aller bredouille, là. » C’est ça, bien sûr, cause toujours Nolan, comme si un simple mot de passe pouvait t’empêcher d’aller là où tu le souhaites dans un ordinateur auquel tu as un accès direct. Pour toute personne ne connaissant que ma connerie, ça peut passer mais pour toute personne m’ayant déjà vu me servir d’un ordinateur, il faut bien dire que ce n’est pas très crédible tout ça. Seulement… je n’arrive plus à savoir si Shae sait qu loin d’être un simple geek, je suis expert en sécurité informatique. Et tout ce qui inclut sécurité implique aussi… et bien… le contraire. « Laisse-moi y aller, Shae. » Je ne plaisante pas. « De toute manière, te laisser mon PC, ce serait te laisser une boite de conserve que tu ne serais pas capable d’ouvrir sans l’ouvre-boite. » Jolie métaphore tiens, il faudrait vraiment que je la note quelque part pour ne pas l’oublier parce que je l’aime bien. « Donc tu gardes ta boite de conserve, je garde la mienne et les pâtés en croute seront bien gardés. Ou les flageolets, hein, si jamais tu es végétarienne et que la métaphore te convient mieux comme ça, hein… » Tais toi, Nolan. Je sais. « Plus sérieusement… laisse-moi y aller. Sinon… » Sinon quoi ? Sinon je risque de forcer le passage. Et elle risque de ne pas apprécier des masses.


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 423
↳ Points : 394
↳ Arrivé depuis le : 08/11/2015
↳ Age : 23
↳ Avatar : Zoe Kazan
↳ Age du Personnage : 34 & 30
↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
↳ Multicomptes : Enya Rivers & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



les petits papiers
↳ Copyright: DarkShines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Ven 13 Mai - 0:36

Nolan ne s’attendait probablement pas à prendre une gifle, vu sa réaction. Bien que le cri soit très grandement exagéré, Shae n’étant pas non plus dotée d’une force capable de faire beaucoup de mal. Ou alors c’était une chochotte. C’était probablement ça d’ailleurs. Ah ça, il n’avait pas prévu d’avoir de la résistance dans son petit plan, le Wiggins. Si tant est qu’il avait un plan, en fait. Mais ça ne l’empêcha pas de continuer à être un idiot et de répondre des conneries. Shae fut parcourue par l’envie fulgurante de lui mettre une deuxième baffe, qu’elle retint uniquement par acquis de conscience. La première était parlante, la seconde avait beaucoup moins d’impact.
« J’ai pas de données, je te rappelle que tu ne m’as pas donné ton mot de passe donc que je suis en train de m’en aller bredouille, là. »
Il se fout d’elle en plus. Il la prend pour une parfaite idiote. Il mériterait franchement une seconde gifle, à y réfléchir. Elle hausse un sourcil, dans un regard qui voulait dire « cause toujours, zéro crédibilité », mais ne bougea pas d’un cil. Elle savait que Nolan était un gars idiot mais paradoxalement, très intelligent Un petit génie, potentiellement. Elle savait aussi que dans le temps, il craquait des ordinateurs et que les mots de passe étaient comme des barrières en carton de 50 cm de haut par-dessus desquelles il passait avec un sourire et un petit signe de main, voire une danse de la victoire et un café entre deux. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’il avait récupéré en partie ce qu’il voulait. Et qu’elle était en train de se faire voler ses données.

Venaient les négociations, maintenant. Typique. Shae se serait crue dans une négociation pré-procès afin d’éviter à un coupable qui était sûr de perdre devant le juge d’aller trop longtemps en prison. D’abord on mentait, ensuite on tentait de négocier, on faisait la pauvre victime en essayant d’attirer la pitié. Nolan n’était pas très doué pour attirer la pitié. Bien entendu, elle ne saurait absolument pas quoi faire du PC de Nolan. Et elle ne connaissait absolument personne a priori capable d’en faire quelque chose. Cela ne voulait pas dire pour autant qu’elle devait le laisser partir avec. Parce que lui, de son côté, saurait parfaitement quoi faire des informations qu’il lui avait volées. Il ne semblait pas vouloir comprendre qu’elle refusait de le laisser emporter ses données. Ce n’était pourtant pas bien compliqué, en soi. Elle ne le laisserait pas partir avec les informations de ses clients. Bordel, il était coriace. On aurait dit elle. La comparaison ne lui plaisait pas.

« Plus sérieusement… laisse-moi y aller. Sinon… »
Shae ne put s’empêcher d’éclater de rire. La menace maintenant ? Sérieusement ? C’était ridicule. Sinon quoi ? Il allait essayer de l’écarter du chemin ? Elle avait pris des cours de self défense, elle était tout à fait capable de mettre un homme à terre, là, maintenant, sur le sol de son bureau. Elle ne le faisait pas parce qu’elle appréciait tout de même Nolan, par respect pour lui, et en souvenir de Liam qui n’aurait peut-être pas apprécié que sa meilleure amie assomme son frère jumeau. Quoique, en fait, Liam l’aurait peut-être remerciée. Une fois le rire passé, elle retrouva son visage de glace.
« Sinon quoi, Nolan ? Tu vas t’attaquer à une femme ? T’es déjà assez dans le pétrin comme ça pour que je n’aille pas dire aux Peacekeepers qu’un mec supposé mort m’a attaqué dans mon bureau pour me voler des informations. Liam sera vite au courant, comme ça. Parfait. »
Voilà qu’elle se mettait à menacer, elle aussi. Comme quoi, c’était un vieux réflexe pitoyable de l’être humain. Ou alors était-elle seulement trop en colère pour agir autrement. Elle souffla. Ca commençait à sérieusement user sa patience, comme situation. Elle n’avait pas imaginé sa journée de la sorte, honnêtement. Elle était déjà en retard sur sa paperasse, en plus. Et elle n’était pas sûre que ses clients acceptent une excuse du genre « je n’ai pas encore préparé votre défense, mais comprenez-moi, j’ai passé des heures à discutailler avec un gars venu voler des données dans mon PC, que je connais en fait, mais qui est censé être mort, comme moi d’ailleurs, étrange non ? ».
« En plus, sérieusement, qu’est-ce qu’il y a de si important dans mes données ? Je ne représente pas le Président ou je ne sais qui d’important. J’ai des clients lambda. »
Elle y réfléchit en même temps, à toute vitesse. Mais elle avait beau creuser, aucune de ses affaires ne sautait aux yeux. Aucune ne semblait différente des autres. Aucune ne justifiait un cambriolage. Qu’est-ce qu’elle avait loupé ? Qui était impliqué ? Elle avait déjà son lot de problèmes avec le Gouvernement qui venait ajouter son grain de sel dans ses affaires. Si en plus un groupuscule obscur s’intéressait à elle….c’était si dangereux que ça d’être avocate dans le nouveau monde ?

« Ecoute, Nolan. T’as foiré ta mission, ok ? J’étais pas censée être là, t’as merdé, je suis là. Donc admet ta défaite. Tu retenteras ta chance. OK ? Ca me semble raisonnable. Parce que là, je dois avouer que tu commences à me souler. »
Ils n’allaient pas y passer la journée. Il était temps d’en finir et qu’il la laisse tranquille. Qu’il retourne à sa condition de censé être mort. Qu’il pirate quelqu’un d’autre.

_________________


We won't abandon this ship, We are unsinkable
Bring on the storm, We are unsinkable
Between the devil And the deep blue
Soul search and rescue
We are, we are
Unsinkable



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1304
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   Ven 20 Mai - 22:51

La main dans le sac
Shae & Nolan



Sa gifle, je ne l’ai pas vue venir. Et pourtant, j’ai encore la joue qui me brûle que je suis déjà en train de me faire la remarque qu’elle est logique. Qu’elle était prévisible. Inévitable. Si je suis le roi des crétins ? Bien sûr que je le suis. Le roi des crétins, l’empereur des imbéciles, la couronne est posée sur ma tête et je compte bien faire en sorte que ça reste comme ça le plus longtemps possible. Tant que j’arrive à sortir de là. Tant que je parviens à m’enfuir, sans demander mon reste, sans perdre mes données, sans risquer la prison, sans risquer mon frère. je lève les mains, comme un coupable, mais je garde le poing fermement serré autour de mon sac et de mon ordinateur. Les données ? Le mensonge me vient aisément, avec l’aplomb du pitre que je suis et que j’ai toujours été. Je fais le pitre, lorsque je m’entends lui expliquer que, de toute manière, sans son mot de passe, je ne vois vraiment pas comment j’aurais pu avoir accès à son disque de dur. C’est vrai, ça, c’est tellement efficace contre un hacker, les mots de passe, surtout contre un hacker comme moi qui a travaillé pour les sécuriser. Je sais que je ne suis crédible que fac eà des personnes qui ne me connaissent pas mais… mais autant tenter ma chance, c’est toujours ça de pris et ce serait bien dommage de passer à côté d’une telle occasion de s’en sortir sans trop de mal. Une métaphore, je tente d’avancer vers la sortie. Et je m’agace. Je finis par perdre de patience. Je finis par faire une connerie. Parce qu’il faut se le dire : c’est trop mignon de ma part de tenir absolument à la menacer, mais franchement… franchement, je n’aurais pas pu choisir pire manière de me décrédibiliser totalement aux yeux de Shae qu’en ne terminant même pas ma menace. Le problème, au final, c’est que je ne suis pas un méchant. Pas tout le temps, pas sur commande, pas sur demande du moins. Et forcer le passage… Son éclat de rire est éloquent, je me renfrogne de mécontentement. « Te fous pas d’moi... » Âge mental : quatre ans. Je m’applaudirais presque. Mais non, je préfère faire basculer mon sac de mon épaule pour mieux ranger mon ordinateur à l’intérieur sans plus tarder. « Sinon quoi, Nolan ? Tu vas t’attaquer à une femme ? T’es déjà assez dans le pétrin comme ça pour que je n’aille pas dire aux Peacekeepers qu’un mec supposé mort m’a attaqué dans mon bureau pour me voler des informations. Liam sera vite au courant, comme ça. Parfait. »

C’est à son tour de me menacer, visiblement. Et elle, elle sait être bien plus crédible et intimidante que moi, de toute évidence. Il faudrait peut être que je m’en inspire pour la suite, parce que sincèrement… je siffle, impressionné par la performance de Shae. Vraiment, elle me bat à plate couture là-dessus : tout y est. De la moquerie à la vérité en passant par la menace explicite qui reprend un par un tout ce qu’elle a pu grappiller comme information sur moi dans les dernières minutes. Non, vraiment : je fais pâle figure comparer à elle. Et j’arrive tout juste à me retenir d’applaudir et de m’incliner bien bas. Au contraire : je me force à inspirer. Et à rebalancer mon sac sur mon épaule, pour mieux en serrer les bretelles. Si jamais je dois courir. « En plus, sérieusement, qu’est-ce qu’il y a de si important dans mes données ? Je ne représente pas le Président ou je ne sais qui d’important. J’ai des clients lambda. Ecoute, Nolan. T’as foiré ta mission, ok ? J’étais pas censée être là, t’as merdé, je suis là. Donc admets ta défaite. Tu retenteras ta chance. OK ? Ca me semble raisonnable. Parce que là, je dois avouer que tu commences à me souler. » Oh ? Ma bouche d’arrondi dans un étonnement enfantin. « Je commence à te saouler ? Sérieux ? J’aurais pas pensé… » … je lui fais un petit regard triste. Lorsque je parle, mon cerveau commence à fonctionner. Quelque chose dans le genre. Lorsque je parle, mon cerveau s‘active en tâche de fond. « C’est marrant parce que toi aussi, tu commences à me saouler. Qu’est ce que tu crois ? Que parce que tu me le demandes gentiment je vais répondre à tes questions ? Que parce que tu me menaces, je vais obtempérer ? Mais tes menaces, ce ne sont que des mots balancés dans les airs, sans rien de réel, sans rien de concret ! » Je me regarde en train de parler. Un filet de sueur glisse à mes tempes, tandis que je me concentre comme jamais pour maintenir l’illusion que je suis resté au même endroit, que je suis en train de prononcer ces mots que j’articule en silence. C’est ma mère qui m’a appris ce tour, c’est ma mère qui nous a enseigné ce qu’elle savait. Les bases. Et si je n’ai jamais brillé par mon intérêt et mon sérieux, j’ai retenu certaines choses. Et même si ça fait longtemps que je n’ai pas fait ça… je me faufile, je me glisse dans le dos de Shae pendant que mon double continue de babiller. « Alors que tu vois, moi, je me borne à menacer concrètement. Si je te dis dégage de là sinon je te frappe, je suis crédible » A me voir, comme ça, j’ai l’impression de me trouver face à Liam. Et imperceptiblement, l’illusion que j’ai mise sous les yeux de Shae glisse vers Liam, dans ses expressions de visage, dans ce petit sourire inimitable, dans cette attitude qui devient de plus en plus assurée. Je dois garder un contact visuel avec l’illusion, parce que je ne suis pas suffisamment doué pour la laisser survivre sans ça. Mais de toute manière… je ne vais bientôt plus en avoir besoin. « Tu joues dans le mauvais camp, Shae » Mon illusion s’affaiblit, je suis dans le dos de l’avocate, je suis du côté du couloir, du côté de la sortie. Et c’est moi qui parle, alors que mon double se trouble et disparaît, lorsque je reprends. « Et les gens que tu protèges sont intéressants pour le seul camp qui en vaille la peine. » Je me passe une main sur le front, pour essuyer les gouttes de transpiration qui y ont perlé alors que je lance un large sourire à l’autre sorcière. « Je crois que ma mission n’est pas si foirée que ça. J’ai pu avoir de tes nouvelles au final… » Un clin d’œil, un sourire…

Et je pars en courant, en inspirant à fond. Pitié que mes reins me laissent tranquille, que ma tension me laisse tranquille, que tout me laisse tranquille le temps que je m’enfuis dans les rues et que je me perde dans le Treme ou l’atmosphère douteuse du quartier me permettra de disparaître.



Spoiler:
 

_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: La main dans le sac [Nolan & Shae]   

Revenir en haut Aller en bas
 

La main dans le sac [Nolan & Shae]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Pourquoi il ne faut pas mettre la main dans un engrenage?
» Prise la main dans le sac...[PV Sacha]
» Se promène par la main (pv Gael)
» CANICHES d'élevage Tous âges URGENT à placer - VAR
» [terminé] « Il faut que tous braves menteurs soient gens de bonne mémoire, pour se garder de méprendre » Etienne Pasquier [Ewen]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-