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 I have to tell you something (pv Elias)

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Twins : two people who are joined and can't escape each other.

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MessageSujet: I have to tell you something (pv Elias)   Sam 16 Jan - 17:21

I have to tell you something
Elias & Nolan



La faible luminosité de l’écran heurte mes pupilles, j’étouffe un bâillement avant de m’étirer comme un chat sur ma chaise de bureau que je fais tourner lentement du talon. L’heure est plus, beaucoup plus même, que tardive. Il n’y a personne dans l’entrepôt, juste le ronronnement des bécanes qui pataugent pour m’extirper des informations et filtrer ce que j’arrive à récupérer des communications de la police : pas grand-chose d’intéressant, beaucoup de bruits, quelques potins grivois et c’est tout. J’aime les nuits comme celle-là où je veille sur l’ensemble et surtout où personne ne me reproche de paresser dans mon coin. Mains jointes dans la nuque, je laisse le dossier du fauteuil couiner lorsque je m’y avachis, regarde le plafond et étouffe un deuxième bâillement. J’aime les nuits comme celle-là, j’aime bien moins la fatigue qui va avec et qui m’oblige à me droguer au café. Pour quelqu’un sujet à l’hypertension, ce n’est vraiment l’idéal, mais il faut faire ce qu’on peut avec ce qu’on a, et moi j’ai une cafetière fonctionnelle et encore quatre heures à tenir si on part du principe qu’Elias va arriver avant six heures du matin comme je le lui ai gentiment demandé la veille au soir. Ce dont je ne doute pas un seul instant. Je considère le téléphone posé à côté de l’ordinateur. J’imagine que même s’il avait un portable, lui envoyer maintenant un SMS pour lui octroyer une heure de sommeil en plus et reporter notre discussion serait une idée stupide. Tentante, oui, mais stupide. Et irréalisable du coup, puisque non seulement il n’a pas de portable mais en plus : ça ne ferait qu’attiser davantage sa curiosité et ça ne le ferait certainement pas rire. Un nouveau soupir, je fais claquer ma langue contre mon palais au rythme des secondes en espérant les faire accélérer ou ralentir à ma convenance. Sans succès. Je m’ennuie. Et je déteste m’ennuyer. Mes doigts glissent sur un morceau de papier, hésitent à attraper un crayon pour faire un dessin ou du moins tenter d’esquisser quelques traits.

Je m’ennuie et forcément, ça m’oblige à réfléchir, ça m’oblige à penser à ce que je vais bien pouvoir dire à Elias. Et ça m’oblige enfin à me faire la remarque que je n’aurais jamais du lui proposer d’arriver plus tôt parce que faut que je te parle, dès que tu auras du temps, rien de grave. Qu’est ce qui m’a pris de préciser rien de grave, hein, on peut me le dire ? Je n’aurais jamais dû formuler ça comme ça. Il doit se faire des idées. Je m’ennuie et je déteste m’ennuyer, surtout dans ce genre de moments où s’ennuyer est synonyme de réfléchir, synonyme de regretter, synonyme de se prendre la tête. Un soupir : je préfère me lever, aller chercher sur le premier bureau venu une feuille de papier à moitié vierge – j’espère que les gribouillis n’étaient pas importants – et la découper en petites boulettes que je commence à envoyer dans un gobelet posé quelques mètres plus loin. Voilà une activité saine et intellectuelle qui va m’occuper suffisamment pour les vingt minutes à venir, le temps que ma feuille se décompose entre mes doigts et que je tapisse le sol de petites boulettes de papier. Voilà une activité qui élève l’âme et fait grandir l’esprit. Et l’impatience. Une activité qui fait passer le temps. Le temps que mon programme ronronne dans mon ordinateur et me fournisse un premier jet de résultats à étudier. Mon regard file une nouvelle fois en direction de ma montre, il ne me reste que deux heures à tuer. Je devrais peut-être aller regarder l’ordinateur d’un des rédacteurs qui a tendance à surchauffer toutes les demi-heures mais je n’ai aucune motivation pour ça. Et lorsque je ne suis pas motivé… un soupir, je ferme les yeux à deux doigts de céder à la tentation et de m’endormir. Le bip sonore de mon poste me fait bondir dans mon siège, je manque même de me ramasser : une partie, les calculs préliminaires, de mon programme vient de s’arrêter. Du travail, somme toute. L’avantage, pour le coup, c’est que je suis un gosse qui est curieux de voir ce que ça a donné. Plus de deux heures, mon code n’est en rien optimisé c’est assez lamentable pour le moment. Mais tant que ça marche… je fais rouler mon siège vers l’écran, pianote sur le clavier pour déverrouiller ma session.

Je suis encore plongé dans la lecture de mes résultats – et leur analyse, lorsque la porte de l’entrepôt grince. Je ne prends même pas la peine de relever la tête : un coup d’œil aux caméras qui surveillent l’ensemble m’a permis de reconnaître la démarche particulière d’Elias. Je lève deux doigts sans le regarder, dans un « Deux minutes et je suis à toi » articulé sans y penser malgré me stylo que je mordille. Il ne me faut pas dix mais bien vingt minutes en réalité pour terminer, j’appuie sur entrée, entends le grondement simultané de l’imprimante qui crache des résultats imbuvables sous forme de graphiques et de sacs de mots à démêler dans moi con. Un énième roulement de chaise, je me lève et me tourne vers Elias.

« Désolé, ça m’a pris plus longtemps que prévu ! » Je désigne du menton le tas de feuilles qui s’impriment toujours. « Tiens, j’avais pas trop envie de faire de l’électronique, du coup, j’ai eu une idée pour infiltrer le Gouvernement, c’est mes premiers tests mais j’ai pas dû réussir à choper grand-chose pour le moment, vu que c’était juste un… » Hum. Ca ne l’intéresse certainement pas. J’aurai peut être dû m’occuper en premier lieu de l’ordi qui surchauffe. Hum. Pas bien Nolan. Un soupir, un petit sourire désolé, j’essaye de redémarrer la conversation à zéro. « Merci d’être venu aussi tôt en tout cas ! Tu vas bien, bien dormi ? Réveillé ? » Ma main file dans ma tignasse et mes épis, subitement nerveuse. Pourquoi je lui ai demandé de venir, déjà ? Mes yeux dérivent vers le bureau d’une blonde, je me mords la lèvre.


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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Ven 22 Jan - 23:37

Un insecte. Une saleté d’insecte. La main se redresse péniblement, s'agite et retombe mollement contre l’oreiller mais le bourdonnement n’a même pas faibli. Il grommelle des phrases incompréhensibles tissées d'incohérence, se retourne en propulsant les draps au-dessus de sa tête. En vain. Agacé, ses doigts partent à nouveau en quête de la source sonore inconvenante. Il se heurte à un boitier en plastique qu’il écrase volontairement du poing. La mélodie s’arrête. Mélodie ? La paupière droite se relève, chasse les lueurs inconvenantes. Une injure plus tard, il se redresse pour analyser les dégâts. Le crâne du personnage déboîté, la figurine peinant à demeurer sur son socle. Ce réveil n’a pas été conçu pour résister aux assauts répétés d’un adulte. Forcément, ce n'est pas le sien. Le damné inhale la poussière en rejetant les couvertures et veille à garder son regard rivé sur la moquette le temps de cette manœuvre. Qu’est-ce qu’il fiche ici ? Il n'y est pas revenu depuis que Carley a quitté les lieux. Ça lui reste soutenable de franchir le seuil pour constater que le monde s'est écroulé partout sauf ici. Cette pièce est une faille, une anomalie temporelle. La seule de cette maudite maison qui n'a pas souffert du départ de ses occupants. Tout y est toujours bien rangé à sa place, même son odeur y traîne encore. Dès qu’il redresse le menton, sa gorge se noue jusqu’à la douleur physique. En voulant reprendre de la hauteur, il se heurte au cadavre de la veille. C’est pour ça qu’il a atterri là, il s'est encore saoulé. Il s'accroupit avec difficulté, attrape la bouteille désespérément vide. N'est-ce pas odieux d'avoir apporté ses démons et vices ici ? La nausée le poursuit alors qu'il fuit la chambre de son fils.

Sa mine décomposée et sa migraine l'accompagnent jusqu'à la salle de bain. Il se rend aussi présentable que possible, tente vainement de lisser ses traits marqués par sa gueule de bois et ses cernes témoignant de son manque perpétuel de sommeil. A moitié confus, il dévale les escaliers. Pas le temps pour son jogging matinal - ni la condition physique ou l'énergie de toute façon. Son petit déjeuner consiste en une aspirine ingurgitée trop rapidement et une cigarette qu'il allume sur le pas de la porte en cueillant son courrier. Une seule enveloppe à glaner mais son poids semble insurmontable. Il la déchire tout en remontant les allées jusqu'au Blackbird. Les premières lignes lui arrachent des grimaces mais les suivantes l'obligent à stopper sa progression. Gilmore a bien bossé, elle a réussi à obtenir de Carley une proposition, un potentiel accord. Mais comme toujours, son ex-épouse manie à la perfection les règles du jeu. Elle les contourne avec une habileté qui force l'admiration du trentenaire, il faut l'avouer. Elias jure, cherche à frapper la première poubelle à proximité avant de se rappeler qu'il ferait mieux de préserver sa jambe défaillante pour le trajet à mener jusqu'aux locaux du journal. Les injures s'écrasent contre ses dents serrées. Réclamer de l'argent en échange d'une garde alternée de Clementine. De l'argent qu'il ne possède pas, elle le sait très bien. Il intervient dans la moitié des frais de Bran, doit payer ses propres toubibs pour sa foutue guibolle, sans parler de ces médicaments hors de prix qu'il se procure au marché noir. Mackenzie. Les paupières basculent. Il a beau chercher à  l'écarter à tout prix de son esprit, elle y retrouve toujours sa place, se faufilant avec brio entre la moindre de ses pensées. Désormais troublé en plus d'être exaspéré et définitivement déphasé par son ivresse antérieure, il pénètre dans l'entrepôt réaménagé pour les besoins de son activité professionnelle, déjà au bord de la brèche alors que l'aube ne s'est même pas levée.

Le papier qu'il a relu plusieurs fois jusqu'à délaver l'encre de la rétine, se froisse dans sa main tandis qu'il s'oriente naturellement vers son collègue. C'est pour lui qu'il a dû délaisser ses habitudes. Il y a peu de gens qui peuvent l'obliger à se déloger de sa routine qu'il qualifie pour lui-même, de manœuvre de survie. Avant, il n'y avait aucune mécanique à respecter et à vrai dire, il a toujours affectionné l'inattendu et l'improvisation mais depuis l'accident, il tente par tous les moyens de s'imposer des repères quotidiens pour s'y retrouver. Néanmoins, Nolan mérite qu'il mette en péril ses petits rituels et il le fait, d'ailleurs, volontiers. En percutant du regard son meilleur ami, il oublie furtivement ses propres ennuis pour se concentrer sur la raison de sa présence en ces lieux. Le sorcier doit avoir quelque chose de grave à lui annoncer. Forcément. Le damné ouvre la bouche, la referme immédiatement alors que son acolyte le prend de court. « Bonjour à toi aussi. » déclare-t-il aussi calmement que possible tout en réévaluant sa trajectoire pour atteindre son propre bureau. Il y dépose un peu trop brutalement son sac tout en parcourant à nouveau le contenu de la missive reçue. Son ex-femme a été brillante sur ce coup. Elle a hérité de la fortune de ses parents. Elle n'a pas besoin de son fric à lui, il le sait et elle sait qu'il le sait. Elle ne le fait que pour s'assurer la garde absolue de leur fille. Elle lui fait entrevoir une issue condamnée par les circonstances. Elle veut qu'il étouffe, se sente pris au piège avec des demi-solutions. Il pourrait peut-être envisager un emprunt, la battre à son propre jeu. Peut-être que sa dealeuse connaît des gens prompts à ce genre d'arrangement. Des personnes peu recommandables qui finiraient sans doute par lui coller une balle entre les deux yeux quand il n'arrivera pas à les rembourser... Et il a encore réussi à repenser à elle. Épuisé par ses tergiversations, il s'empare de la cafetière et contemple le quart de tasse restant. Un grognement lui échappe. La journée sera longue.

Son comparse, par chance, lui donne de quoi s'occuper les neurones en l'interpellant à nouveau. Le grec s'assied sur le bureau de son employé, fait glisser le couvercle de son flacon d'antidouleurs pour mieux se servir deux gélules qu'il avale avec le fond de café. Il l'écoute partir en tout sens pour éviter sans doute de parler de l'essentiel, à savoir ce qu'ils font qu'ils soient tous deux arrivés à une heure aussi matinale ici. « 'Pas grave, encore moins grave si tu as noblement accompli ton travail. On regardera à ça plus tard, oui. Tu hantes les lieux depuis quelle heure au juste ? T'as dormi au moins ? Question purement rhétorique. J'ai déjà eu ma réponse. La caféine a déserté le champ de bataille ce matin, je suppose que tu es l'heureux coupable ? » Il soupire en reposant sa tasse désormais vide avant de concentrer son attention sur son interlocuteur. Il y décèle une sorte de malaise qui le rend lui même inconfortable. Le chantage financier de Carley semble déjà bien loin derrière lui quand il se penche vers l'informaticien. « J'irai mieux quand tu m'auras dit ce qui te tracasse en ce moment même. Excuse-moi pour ce manque de subtilité mais te voir emprunt à autant de nervosité ne me dit rien qui vaille. J'ai toujours préféré connaître les mauvaises nouvelles avant les bonnes, tu sais bien et rapidement de préférence. » Son manque de tact l'énerve lui-même mais il doit faire preuve d'une grande maîtrise de lui pour garder son masque habituel de sérénité faussée. « Tu peux cracher le morceau, quoiqu'il se passe, tu sais bien que je ne vais pas te juger, Nolan. » Au moins, il a réussi à adoucir le timbre de sa voix. « Qu'est-ce qu'il se passe ?  » demande-t-il ultimement avec le plus de bienveillance possible. Il pourrait lui annoncer la fin du Monde qu'il n'en serait vraiment plus surpris. Rien ne tourne rond ce matin. Non, ces derniers mois. Tout bien réfléchit, ces dernières années même. Non, dès le départ, rien n'avait de sens. Mais ce n'est pas grave. Ils en trouveront un. Peu importe ce que cet homme ait à lui dire.

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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Dim 31 Jan - 1:18

I have to tell you something
Elias & Nolan



« Bonjour à toi aussi. » Deux minutes, c’est ce que je lui annonce. Une dizaine se faufile entre mes doigts le temps que je règle quelques problèmes, une autre dizaine s’éparpille dans mes réflexions lorsque je relis mon code, rajoute quelques lignes, en supprime d’autres, jette un regard en direction de mon meilleur ami. Un coup d’œil aussi nerveux qu’inquiet, un coup d’œil aussi rapide que penaud. Je sais que j’abuse, pas besoin de me le dire. Je le fais se lever aux aurores, je le traîne jusqu’ici alors qu’il me semble évident qu’il aurait bien besoin de quelques heures de sommeil en plus. Comme moi. Il s’approche de la cafetière au moment où je termine de faire défiler les trop nombreuses lignes de mon document, j’ai un sourire aux lèvres lorsque je l’observe contempler ce qu’il reste de café. Tu as vu, Elias, je t’en ai laissé, j’ai été un brave garçon ! Finalement, mes talons heurtent le sol pendant que l’imprimante du Blackbird crache quelques documents. Tiens, il faudra qu’elle vienne me consulter elle aussi, parce qu’elle fait un bruit étrange. Un nouveau roulement de chaise et me voilà debout. Une excuse, un compte-rendu de ce que je viens de faire et… une diversion. Oh, encore des remerciements, pour faire le pendant des excuses, décidément je suis en force ce matin pour tourner autour du pot sans faire mine de m’en rendre compte. Les traits tirés, j’attrape ma tasse de café, encore à moitié rempli, pour accompagner Elias dans sa dégustation. « 'Pas grave, encore moins grave si tu as noblement accompli ton travail. On regardera à ça plus tard, oui. Tu hantes les lieux depuis quelle heure au juste ? T'as dormi au moins ? Question purement rhétorique. J'ai déjà eu ma réponse. La caféine a déserté le champ de bataille ce matin, je suppose que tu es l'heureux coupable ? » Son soupire fait naître chez moi le sourire d’un gamin qui vient d’être pris la main dans le sac. Le sourire d’un gamin qui ne sait pas vraiment s’il doit être fier de sa connerie ou s’en repentir : mon cerveau n’est pas encore suffisamment opérationnel pour se pencher sur la question. Noblement accompli mon travail ? Si j’ai dormi ? Je crois qu’il a la réponse pour les deux, mon regard coupable dérive une fraction de seconde en direction des ordinateurs que je suis supposé examiner depuis… une ? Deux ? Trois semaines. Il pose sa tasse, je termine la mienne avant de faire de même. « Ouais, je plaide coupable, désolé. Bah en fait, je… » ne dors pas des masses ? Ce n’est pas une excellente idée d’aborder le sujet comme ça. Et puis… ce n’est même pas la raison principale. « J’voulais faire ce petit programme, et du coup, j’avais besoin un peu de puissance de calcul, et comme c’est pas un super idée de le faire quand il y a des gens, j’ai réfléchi et tadaam… mais ouais, j’ai bossé, t’inquiète… un peu. » Voilà, un aveu de fait. Un sujet sur lequel je ne veux pas spécialement m’attarder parce qu’il ne faut pas être Liam pour voir qu’Elias n’est pas d’excellente humeur.

Et c’est ça qui me fait hésiter. C’est ça qui menace de me faire faire volteface et rebrousser chemin. Pourtant… il faut que je lui en parle, je le sais, ça ne va pas pouvoir durer très longtemps. Les potions de Cordelia ont beau être efficaces, elles se contentent de traiter les symptômes. Une partie des symptômes, même. Pas les troubles du sommeil, pas les quelques douleurs musculaires qui commencent à paraître ça et là. Elias n’est pas de bonne humeur. Elias a déjà suffisamment de souci comme ça. Elias n’a pas besoin d’un boulet supplémentaire à la cheville. Elias a déjà bien à penser. Elias… Nolan a surtout besoin de trouver un tas d’excuses pour ne pas inquiéter son meilleur ami, voilà la vérité. Je me giflerais bien mais… mais mon regard dérive en direction du bureau de Giulietta et une nouvelle fois, une boule se forme dans mon estomac, comme pour somatiser cette culpabilité que je ressens. Et j’imagine que si la mauvaise humeur de mon meilleur ami m’est apparente, mon malaise doit le lui être tout autant. « J'irai mieux quand tu m'auras dit ce qui te tracasse en ce moment même. Excuse-moi pour ce manque de subtilité mais te voir emprunt à autant de nervosité ne me dit rien qui vaille. J'ai toujours préféré connaître les mauvaises nouvelles avant les bonnes, tu sais bien et rapidement de préférence. » Il est direct, je ne peux m’empêcher de détourner le regarde et de me décoiffer, encore et toujours, de cette même main nerveuse qui me trahit sans cesse dans ce genre de situation. « Tu peux cracher le morceau, quoiqu'il se passe, tu sais bien que je ne vais pas te juger, Nolan. Qu'est-ce qu'il se passe ? » Qu’est ce qu’il se passe. On y est. Je me sens au pied du mur, je me sens acculé, je me sens pris au piège dans ma propre demande dis, Elias, est ce qu’on peut se voir demain matin pour parler.

Stupide Nolan, Stupide Nolan, mon double astral se fracasse la tête contre le clavier, comme pour composer un quelconque programme capable de remonter le temps et de me faire fermer ma tronche. Malheureusement… je n’ai pas de double astral aussi doué, et je reste seul dans l’entrepôt, à tapoter ma jambe dans une arythmie aussi silencieuse que ravissante. Il n’a pas tort, le barbu face à moi. Il faut que je crache le morceau, je sais que ça me soulagera et que ça m’enlèvera un poids des épaules. Il faut juste que quelqu’un me mette un bon coup de pied dans le train pour me faire avancer. Qu’est ce que je veux lui dire, déjà ? « J’ai besoin d’aide, Elias. » Je me mords la lèvre. Soupire. Je sais qu’il faut que je rajoute quelque chose, je ne suis pas stupide à ce point, mais… au moins, le premier pas est fait. Il n’en reste plus que quelques dizaines de milliers, au rythme où je vais. « Je voulais pas t’en parler à la base, parce que t’as déjà suffisamment d’emmerdes pour que ce ne soit pas à moi de t’enfoncer davantage, mais… j’imagine que c’est le mieux. » Je suis une jolie abeille qui tourne autour du pot de miel, bzzzz. Je me passe une main sur le visage. « Je crois que je suis malade. » Un petit pas dans la discussion, un grand pas pour notre amitié, il faut croire. « Je veux dire… je n’ai pas encore totalement vérifié, mais j’ai été malade pendant suffisamment d’années pour en garder un souvenir assez vivace et… le rein de mon frère est en train de lâcher. Je crois. » Je crois ? J’en suis sûr plutôt, mais on va dire que je me raccroche aux branches pour tempérer mes propos. « T’affoles pas, hein, c’est pas non plus hyper grave, c’est juste qu’avec tout… ça... », tout ça comme l’apocalypse, ma condamnation à mort et le fait que je sois officiellement mort ; tout ça, ces quelques détails, « … avec tout ça, je ne sais pas trop comment faire. En théorie, faudrait déjà que je consulte un médecin. Ensuite, il y aura le problème des dialyses. Et des médocs et… » La liste des problèmes pourrait s’allonger dangereusement, on va s’arrêter là. Mes deux bras s’agitent comme pour appuyer mes propos, ils s’agitent comme pour dire enfin bon voilà, je ne sais pas quoi faire. Ce que je verbalise sans attendre. « Je suis dépassé Elias. Je pensais pouvoir gérer ça tout seul mais… je dois t’avouer que ça m’angoisse. J’suis vraiment désolé de t’embêter avec ça mais je me disais… que peut-être que t’aurais une idée ? »


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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Lun 1 Fév - 23:29

Les postulats ne manquent pas. Ils s’agglutinent, se réinventent à chaque minute dans l’esprit inventif et excessif du damné. Bien entendu, il se complait plus d’une fois de ces conclusions à tirer, s’imaginant faire mouche, anticiper les bons événements. Ce n’est pas pour autant se projeter, préparer sa réaction mais plus pour l’effort à fournir. L’idée d’une déduction juste et parfaite galvanise l’intellect, en ce jour affaibli, du journaliste. Sa perspicacité, il veille à l’entretenir du mieux qu’il peut. Sans doute qu’il la surestime trop souvent d'ailleurs. Sa seule fierté pourtant, ou presque, repose sur ce seul concept, parvenir à comprendre rapidement les situations. Même celles qui sont encore à venir. Pas devin cependant. Le sujet de cette rencontre, il l’envisage forcément comme important parce qu’il connaît Nolan. Suffisamment pour savoir qu’il ne s’agit pas d’un simple souci à résoudre avec un ordinateur récalcitrant ou même une collègue un peu trop révoltée. Les thèmes pouvant potentiellement être abordés sont variés mais le grec aurait sans nulle doute tout misé sur la famille de l'américain - ou tout du moins sur une requête particulière concernant cette dernière. L’intuition peut-être ou simplement, une projection de ses propres préoccupations. Réfléchir de façon censée, lucide ne lui est pas toujours permis. Quant à parvenir à solliciter son empathie alors que ses problèmes se succèdent... Il n’aurait rien de surprenant à ce qu’il ne puisse se douter de la nature de cette entrevue. Il en a bien conscience. Spéculer l’aide juste à contenir sa curiosité maladive et naturelle. Il ne supporte pas les phrases inachevées, les actes manqués, les reproches subtils et les mensonges effrontés. Pas plus que les discussions qu’on amorce pour mieux reporter. Les silences et les remarques marmonnées l’ont toujours agacé. Cette façon d’agir le ramène plusieurs millénaires en arrière, à ses parents et à leur manière de l’aborder. Jamais dans la franchise, toujours dans le détour. Il ne le supporte désormais plus du tout.

Toutes les diversions de l’informaticien mettent dès lors à rude épreuve les nerfs déjà éprouvés du trentenaire. Quand enfin, sa langue se dénoue, ce n'est pour abattre qu'une première partie de vérité. De l’aide, il avait vu juste pour ça au moins. « Mais encore ? Il s’agit de ton frère ? » Ne le presse-t-il pas un peu trop ? Il déniche le malaise de son ami sans la moindre difficulté et n’y fait face qu’en enfonçant sans le moindre tact les portes closes. L’estropié serre machinalement les dents tandis que Nolan ne cesse de détourner le cœur de son problème en ramenant même l’entretien sur un terrain bien trop glissant. « Je n’ai pas besoin de ta pitié, ni de ta compassion et encore moins de ménagement, Nolan. Je pensais que tu serais le premier à savoir ça. Alors vas-y, crache la pilule. » Le ton un peu plus sec qu’il ne l’aurait souhaité. Les regrets s’additionnent tandis que son interlocuteur se débat avec sa conscience. A moins qu’il ne s’agisse que d’embarras ? Quand enfin la sentence tombe, Elias a le réflexe de se redresser. Ses yeux s’enfoncent dans le regard voisin pour tenter d’assimiler la nouvelle. Livide et partiellement agité, il se mord la langue pour ne pas l'interrompre, se force à écouter chaque mot prononcé à la suite en réfrénant son envie de lui balancer à peu près un milliard de questions au visage. Tout en apaisant vaguement son anxiété en respirant exagérément profondément, il descend lentement de son perchoir. Les pensées plus embrouillées qu’au réveil ce matin, il doit réellement se concentrer sur la bonne démarche à suivre, sur la priorité pour parvenir à accuser le choc de cette annonce.

La première phrase prise à la volée dans ce discours, celle qui l’a fortement irritée, est la première à s’imposer. On se souvient toujours des choses déplaisantes, pas vrai ? « Je ne m’affole pas du tout, regarde. » s’entend-t-il répondre d’un timbre trop assuré. Tout en s’emparant de la tasse résolument vide, il s’oriente très tranquillement vers son bureau tout en élevant le volume sonore de sa voix afin de se faire entendre même à cette distance. «  Je range cette tasse et prends gentiment cette veste afin d’aller faire une promenade. » Il agite bêtement son blouson avant de revenir toujours aussi tranquillement vers son acolyte. « Prétendons même que tu as déjà accepté de m’accompagner. »  Il l’enfile aussi vite tout en se saluant pour ce sang-froid impromptu. Faussement détaché alors que l’inquiétude engendre de nouveaux poids sur son estomac. « Nous allons donc marcher nonchalamment jusqu’à ce grand bâtiment que l’on nomme plus communément hôpital. Là-bas, je me plaindrai des éclairages, des odeurs et de la température suffocante pendant que tu t’adresseras d’une façon tout à fait charmante à l’une des employées sans doute exténuée par son boulot ingrat, afin de solliciter un rendez-vous.  De préférence le plus proche de la date actuelle. » La légèreté disparait de ses traits, la dureté la remplace. « Je suis très sérieux. Tu veux une idée, c’est ça l’idée. Tu ne peux pas rester comme ça. Parce que je crois au contraire, Nolan, que c’est très grave. Tu crois que tu es malade ? Il faut qu’on en soit certains, je ne vis pas sur des suppositions et toi non plus, tu ne peux pas vivre là-dessus. Il faut que tu passes des tests, que tu sois suivi et au plus vite. » Le patron aspire l’air précipitamment, trahit son appréhension et veille à réinstaurer autant de souplesse que possible à la difficulté que présente cette situation. « Navré de ne pas te l'avouer avec les formes nécessaires pour la bonne préservation de cette amitié mais t’as une tête à faire peur. Et crois-moi, je ne plaisante pas avec ça, ma grande tante Patty avait de la barbe, une moustache sublime et elle plaçait son mascara partout sur son visage sauf sur ses cils. Son dentier ne tenait pas en place et ses vêtements présentaient généralement une à deux tâches douteuses. Mais son allure me terrifiait moins que la tienne. Je pense qu’il est temps d’agir. » Oui, il ne peut pas dire qu’il n’avait pas remarqué quelques signes avant-coureurs mais il attribuait ce fait à la potentielle fatigue de son allié. Jamais, il n’aurait pu envisager une réelle maladie. Pourtant, il connaissait l’histoire de Nolan. Mais comment aurait-il pu deviner pourtant ?

Lui aurait dû veiller, réaliser, agir. Pourquoi avoir attendu ? Ce détail le chiffonne, l’agace, le met hors de lui même s’il n’en montre pratiquement rien. « Après, ne te méprends pas, je trouve ça mignon que tu demandes l’autorisation à ton patron mais tu peux m’expliquer pourquoi tu n’as pas réagi plus vite ? »  Le reproche se pare d’angoisse. Le résistant balaie d’un geste ample le bureau de son collègue. « Allez prends tes affaires, on y va maintenant. On achètera du café sur le chemin du retour, une pierre, deux coups. Vois ça comme un ordre de ton supérieur hiérarchique si tu veux, si ça peut te faire bouger rapidement. » Déterminé, il ne compte pas lâcher cette histoire. Quand bien même, il devrait encore hanter ce maudit établissement hospitalier. Quand bien même, il lui demanderait de venir avec lui quand il devra passer ses examens. Il le ferait. Parce que c’est ce que les amis font. Et si Elias ne devait choisir qu’une seule personne de son entourage à qualifier et à traiter en tant que tel, ce serait Nolan. Sans hésiter.

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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Dim 7 Fév - 19:08

I have to tell you something
Elias & Nolan



J’ai besoin d’aide, Elias. Ces mots m’écorchent les lèvres au moment où la sentence tombe. Vraiment. Ils sonnent comme un échec, ils sonnent comme un aveu, ils sonnent comme un glas, ils sonnent comme une gifle violente. J’ai besoin d’aide, je ne voulais pas t’en parler, je ne voulais pas t’embêter, mes excuses s’accumulent, l’aveu n’en est que plus douloureux. Et mon regard, putain, mon regard est incapable de se poser dans le sien pendant que je soupire, me mords la lèvre, tourne autour du pot quitte à user sa patience et à lui donner envie de me secouer. Là-dessus, je sais qu’on est pareil lui et moi. Diverger, esquiver, contourner le sujet, ça nous insupporte, ça nous exaspère. Et c’est ce que je fais, pourtant. Et tout ça pour quoi ? Pour qu’au comble de la prévisibilité, il s’agace. Il me stresse, l’ahuri, il me stresse à me presser, il me stresse à se stresser. Je ne veux pas qu’il s’affole, je ne peux juste pas garder plus longtemps le silence parce que plus je lui cache de choses, plus je me sens coupable, et plus je me sens coupable, plus je deviens mon frère. Mon frère, d’ailleurs. Non, ce n’est pas lui, c’est autre chose, c’est pire encore dans un sens. Même si mon frère aurait aussi droit à son temps d’existence dans notre conversation. Je ne voulais pas t’embêter. Ahah, si je devais être honnête, il faudrait plutôt dire que je ne voulais pas m’embêter non plus, ni rendre plus tangible cette angoisse. « Je n’ai pas besoin de ta pitié, ni de ta compassion et encore moins de ménagement, Nolan. Je pensais que tu serais le premier à savoir ça. Alors vas-y, crache la pilule. » Son ton sec cause chez moi une réaction instinctive : je rentre légèrement la tête entre mes épaules. Autant en général, j’assume mes conneries avec la morgue de l’insolence et la satisfaction de l’éternel ado, autant là… Je ne suis pas d’humeur à fanfaronner, je suis plutôt d’humeur à garder profil bas. Vas-y, crache la pilule. Il a pas tort, le bougre, il a même bien raison de me secouer, de me houspiller, de me foutre le coup de pied au derche qu’il faut. Et la sentence tombe, encore. Mes yeux se forcent à se planter sur lui, comme pour guetter des réactions. J’ai mis les formes, tout bien comme il faut. Il ne manque, j’imagine, que le tact. Et le mensonge. Ou la vérité, je ne sais plus vraiment à ce niveau là. Je crois que, je crois surtout que je suis un imbécile. Et lorsqu’il bouge, lorsqu’il devient livide, lorsqu’il se déplace lentement en récupérant la tasse – vide, lorsqu’il articule posément un calme « Je ne m’affole pas du tout, regarde. », je déglutis avec difficulté. Pour me lever à mon tour, comme si j’ai l’idée ridicule de le retenir. « Elias… » Ma voix est fatiguée, timide et maladroite. Soufflée. Comme une supplique, comme pour l’encourager à dire plus. Je garde une main sur le bureau, menotte que je me passe sans trop savoir pourquoi. «  Je range cette tasse et prends gentiment cette veste afin d’aller faire une promenade. » Je fronce les sourcils en l’entendant et en le voyant faire. Faire une promenade ? Je me pince l’arête du nez. A quoi il joue ? Il ne peut pas juste me dire qu’il préfère me foutre un pain à l’extérieur ? Je ricane de nervosité à cette idée, avant d’hausser les épaules. « Prétendons même que tu as déjà accepté de m’accompagner. » Ma main glisse vers ma veste vaguement jetée sur ma chaise à mon arrivée, des heures plus tôt. « Comme tu veux, mais… « Nous allons donc marcher nonchalamment jusqu’à ce grand bâtiment que l’on nomme plus communément hôpital. Là-bas, je me plaindrai des éclairages, des odeurs et de la température suffocante pendant que tu t’adresseras d’une façon tout à fait charmante à l’une des employées sans doute exténuée par son boulot ingrat, afin de solliciter un rendez-vous.  De préférence le plus proche de la date actuelle. » Je m’immobilise en plein mouvement, une manche passée, l’autre encore tendue alors que ma main s’apprêtait à s’y engouffrer. Je baisse les bras, veste à moitié mise, veste qui pendouille. Et oreilles bloquées sur un mot. Hôpital. Je ne l’ai pas vu venir. Solliciter un rendez-vous. Il plaisante, là. Il plaisante, ah, ah, ah, et il va me sortir son diplôme de Jojo le clown. Non. Au contraire, sa nonchalance, sa légèreté, son visage se pare de sérieux et une coulée de sueur froide dégringole ma colonne vertébrale. « Je suis très sérieux. Tu veux une idée, c’est ça l’idée. Tu ne peux pas rester comme ça. Parce que je crois au contraire, Nolan, que c’est très grave. Tu crois que tu es malade ? Il faut qu’on en soit certains, je ne vis pas sur des suppositions et toi non plus, tu ne peux pas vivre là-dessus. Il faut que tu passes des tests, que tu sois suivi et au plus vite. Navré de ne pas te l'avouer avec les formes nécessaires pour la bonne préservation de cette amitié mais t’as une tête à faire peur. Et crois-moi, je ne plaisante pas avec ça, ma grande tante Patty avait de la barbe, une moustache sublime et elle plaçait son mascara partout sur son visage sauf sur ses cils. Son dentier ne tenait pas en place et ses vêtements présentaient généralement une à deux tâches douteuses. Mais son allure me terrifiait moins que la tienne. Je pense qu’il est temps d’agir. » Alors oui mais non. N’allez pas croire que je le laisse parler sans rien faire, que je le laisse parler sans me battre. Plusieurs fois j’ouvre la bouche. Le seul problème, c’est que plusieurs fois je la referme sans émettre un son, sans l’interrompre. Il faut croire que j’ai le chic pour me la fermer lorsque je devrais plutôt l’ouvrir. Il faut croire. Mais… Son allure me terrifiait moins que la tienne. Je me passe une main dans les cheveux, la main qui n’est toujours pas dans la veste, d’ailleurs. Je crois que c’est très grave. Non, non, c’est faux, ce n’est pas grave, ce…

Youhou, Nolan, dialyse, médocs, fatigue, douleur. Je sais que c’est grave, Elias, je le sais. Et mes muscles qui se crispent petit à petit, mes poings qui se serrent, cette tension qui naît, tout le monde chez moi sait que c’est grave. Seulement… « Après, ne te méprends pas, je trouve ça mignon que tu demandes l’autorisation à ton patron mais tu peux m’expliquer pourquoi tu n’as pas réagi plus vite ? Allez prends tes affaires, on y va maintenant. On achètera du café sur le chemin du retour, une pierre, deux coups. Vois ça comme un ordre de ton supérieur hiérarchique si tu veux, si ça peut te faire bouger rapidement. » Je le fixe avec aplomb. Je me la suis fermé jusque là parce que je ne m’attendais vraiment pas à ça. Dans le petit monde de Nolan, si Elias avait suivi le script que je lui ai foutu dans les mains dans mes rêves, il m’aurait tapoté l’épaule en se foutant de ma gueule avant de me sortir une solution miracle de sa poche, et il m’aurait dit que ce n’est pas grave, que ce n’est qu’une fausse alerte et, faisant ah ah ah de sa voix grave, il aurait même rajouté que je suis très con et que maintenant je vais réparer ces ordinateurs rapidement avant qu’il me foute une torgnole. Ou quelque chose s’en approchant, je ne suis pas coincé au point de l’empêcher de prendre quelques libertés. Sauf que là, ce ne sont pas des libertés qu’il a prises, on passe carrément dans l’absurde. Et lorsque je le fixe et que j’enlève lentement ma veste à moitié mise, c’est pour mieux le regarder dans les yeux. « Non. » Je suis très calme. Même pas un caprice, même pas un cri, même pas un mot plus haut que l’autre. Après, vous allez me dire que comme je n’ai dit qu’un seul mot, c’est un peu facile de se vanter d’un tel calme mais… voilà. Ma veste glisse le long de mon bras, dégringole mes doigts, échoue sur mon siège. « Non, Elias. » Je joue la décontraction. Je croise mes bras, je plante fermement mes pieds dans le sol avec l’intention de m’y enraciner. « Tu ne crois pas que si j’avais voulu aller à l’hôpital, je me serais passé de ta permission ? Je ne peux pas aller à l’hôpital, pas comme ça. C’est ça le problème et… » Et quoi ? Et rien. Je ne veux juste pas y aller, parce que je suis stupide, parce que je suis buté, parce que je refuse de mettre les pieds dans un lieu officiel sans la couverture que me procure l’identité de mon frère. Et que si je mets les pieds dans un hôpital en m’annonçant comme Liam Wiggins, alors Liam saura que j’ai foutu en l’air son sacrifice. Tu peux m’expliquer pourquoi tu n’as pas réagi plus vite ? Mes yeux veulent fuir ceux de mon meilleur ami lorsque je repense à cette question. « Ecoute, Elias, tu ne crois pas que tu t’emballes un peu vite, là ? Je veux dire, c’est peut être normal que tu… que tu réagisses comme ça, mais je sais ce que je fais, hein ? Et je suis sûr qu’on peut trouver une solution durable autour d’un café, ou d’un peu d’encre diluée dans un verre d’eau pour simuler le café si le fait qu’il n’y en ait plus te perturbe, et comme ça, on évite l’étape où tu insistes pour que j’aille foutre les pieds là bas, on évite aussi l’étape dans laquelle je crie et je pleurniche, et on passe directement à l’étape brainstorming avec le sourire et… » Et je parle trop. Je m’arrête, le temps de respirer. Avant de repartir. « Tiens, si tu veux, je peux même aller acheter des cookies, ça te consolerait ? Et avec des cookies, tous les soucis s’arrangent, tu verras, on aura une idée et… Elias » Je redeviens sérieux une fraction de seconde et ça s’entend dans ma voix, ça doit même se voir sur mon attitude. Ma main part à mon côté, presque inconsciemment, survoler du bout du doigt cette cicatrice dont je m’invente la perception au travers de mon tee-shirt. « Je suis sûr qu’à nous deux, on peut trouver la solution miracle. T’es intelligent, je suis beau gosse, ça ne peut que marcher. » J’ai dit que je redevenais sérieux ? Et bien, on va dire que ça n’a été qu’un passage nuageux dans mon babillage qui ne vise qu’un seul objectif : changer les idées d’Elias. « Plus sérieusement, je te le disais juste pour qu’on sache comment réagir si jamais je fais un malaise, que tu ne paniques pas ou autre. » Je lui fais un petit sourire désolé lorsque je me rends compte que je n’ai rien de rassurant. Tout est confus dans ma tête. Je veux juste qu’il soit au courant, je veux qu’il me sorte une solution miracle de son cerveau, je veux juste que si un jour, mon corps me trahit, il sache réagir avec assurance pour que Giu’ ne panique pas et… Oh. Cette pensée vient de poper dans mon cerveau, et même si elle me semble totalement intelligente, je ne l’avais pas préméditée. Oh. Il faudra peut être que je lui en parle, aussi. Mais une autre fois. Oui, une autre fois.


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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Dim 21 Fév - 23:43

Elles sont insignifiantes, ces quelques secondes. Celles qui annoncent la victoire avant même la bataille. S’attend-il réellement à une quelconque résistance ? Il ne prend pas le temps d’y porter le moindre songe. Dès l’instant où Nolan reçoit ses mots, où il y réagit en agrippant sa propre veste, il croit pouvoir réussir sans même poursuivre son argumentation. Il sait qu’il a raison. Il sait qu’il est suffisamment lucide pour lui avoir présenté la seule solution à ce problème aussi simple que grave. Ses doigts se rassemblent autour du paquet de cigarettes échoué au fond d’une de ses poches. Un vieux vice revenu depuis l’accident qu’il entretient allégrement maintenant que Carley n’est plus là pour pointer du doigt cette mauvaise manie. Sans plus d’enfants à la maison, il peut s’exercer à l’art d’enfumer ses poumons. Mais dans les bureaux, il préfère éviter. Pour ne pas incommoder ses employés, notamment. Cette situation le déroute suffisamment pour que le besoin s’en fasse ressentir néanmoins. Il est d’autant plus pressé à atteindre le trottoir pour pouvoir s’intoxiquer correctement, tout en écoutant la suite des confidences de son ami. Tellement de données à traiter, tellement d’ennuis à résorber. Sa tête est tellement lourde qu'il se demande parfois comment elle peut encore tenir en place sur ses épaules. Il l'égare à l'occasion autour d'un verre. Mais ça ne retire rien au poids constant, cette pression exercée tout autant sur son crâne que sur ses nerfs. Avant l'accident, il aurait pu faire preuve de plus de subtilité avec Nolan. Il le voit au fond, le sait qu'il a besoin de plus d'artifices pour être amené à accepter la situation. Le grec se sent atteindre doucement un point de rupture, jour après jour, embûche après embûche. Sa propre ténacité le surprend et il ne se raccroche pratiquement qu'à ça pour survivre au jour suivant.

Mais il ne s'agit pas lui aujourd'hui. Son meilleur ami se débat, de toute évidence, contre une fatalité. Le journaliste l'observe, immobile, chercher des excuses, tenter d'éviter l'inéluctable. Cette attitude écorche son sang froid et le met à l'épreuve. Peut-être qu'il n'a jamais compris ce genre de déni ? Peut-être que ce qu'il traverse, offre une perspective tout à fait macabre aux faits ? Peut-être est-il excessif parce qu'il pense à l'enfant allongé, avec aucune chance de survie alors que cet homme qui peut avoir toutes les chances du monde, se refuse à les saisir. Pour l'instant du moins. Le damné dévisage son comparse avec le plus neutralité possible en sachant pourtant, qu'il va se trahir dans les secondes à venir, quand son acolyte cessera de lui inventer mille et un prétextes pour ne pas voir la réalité en face. « Que je ne panique pas ? T'es en train de me dire que tu peux faire un arrêt cardiaque ici même, n'importe quand et je suis censé prendre la nouvelle avec le sourire et un cookie ? Nolan, tu t'écoutes parler parfois ? » Sa joue tressaute nerveusement, un sourire crispé veut poindre mais il n'a plus la force de jouer aux apparences. « Tu réagis comme un enfant à qui on dit d'aller chez le dentiste. Je vais devoir t'appâter comme je le fais avec mon fils peut être ? En te promettant de t'acheter des bandes dessinées si t'es sage ?  » Devrait-il déjà employer le passé ? Son cœur se serre si violemment qu'il en a mal à la poitrine. Il doit s'occuper les mains alors il entreprend de tirer la veste que l'informaticien a reposé. « En toute honnêteté, je n'ai pas la patience de prolonger tes illusions et je suis désolé d'être aussi rude mais vieux, un brainstorming nous servirait à quoi ? Tu crois qu'on peut résoudre ce problème autrement ? Je serais ravi de te faire moi-même ces examens ici et de t'éviter le supplice de l'hôpital mais soyons réalistes, je ne suis même pas certain de réussir le moindre massage cardiaque si jamais tu me faisais un malaise alors bon. » Un soupir s'échappe de ses lippes, il remonte une paume sur ses traits tirés. Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule. Jamais.

Las, il tire une chaise d'un bureau voisin et s'y assieds quelques instants. Il tente de rassembler ses idées éparpillées, sa patience ébréchée. Les mains jointes devant la bouche, il tente d'appliquer une des méthodes inefficaces d'apaisement apprise lors de sa rééducation par un psychiatre quelconque qu'on lui a assigné pour quelques séances. Une belle débilité si on lui avait demandé son avis. « Je comprends, non vraiment, que tu ne souhaites pas te confronter à cette réalité trop rapidement. Et j'ai conscience que te brusquer ne va nous amener nulle part. Je ne suis pas David Copperfield, je ne peux pas te sortir une colombe de mon chapeau et te promettre que tout ira bien demain. Tu n'es peut-être pas venu me demander la permission, en effet. Mais tu t'attendais à quoi ? Je ne peux pas poser de diagnostic et toi non plus. Retarder les échéances, ça rimerait à quoi ? Ecoute... Je comprends que ça soit pas plaisant, voir même terrifiant. Mais si tu veux, je suis prêt à te tenir la main pendant tout le processus, à te dire des mots doux pour te réconforter et à soutenir le regard des médecins quand ils nous prendront pour un couple. Je ne peux pas mieux te témoigner mon amitié ainsi que ma dévotion. » Il roule des épaules avant de se relever pour se placer face à son allié en lui tendant le manteau dérobé quelques instants auparavant. « Sérieusement... Tu voulais entendre quoi ? Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi, peu importe ce qu'il se passe. Tu n'es pas seul face à cette merde, ok ? Mais m'oblige pas à débattre pendant quatre heures sur le fait que la première étape à ton problème, c'est de passer des examens. Tu le sais très bien. » Il pourrait lui accorder le temps nécessaire à l'acceptation mais la seule idée de prolonger le suspense et l'angoisse, l'incommode réellement.

Égoïstement, il refuse de laisser une nouvelle incertitude ronger ses méninges et lui aspirer plus d'énergie qu'il n'en possède. Il se déteste pour ça. Entre autres choses. Son regard se détourne, son index et son pouce frictionnent ses paupières alors que la migraine s'amplifie. « Puis, je te prierais d'éviter de nous prendre pour des poulpes avec ton histoire d'encre. J'ai vraiment besoin de café. Vraiment. Je suis prêt à vendre des organes pour ça en ce moment même. » L'improbabilité de sa remarque le désarçonne. Depuis quand fait-il preuve d'aussi peu de tact ? La gueule de bois en porte la plupart de culpabilité. D'un ton trop calme pour ne pas être significatif, il questionne alors son collègue. « D'ailleurs, ces histoires de compatibilité... N'importe qui peut te refiler un rein ? » Interrogation qui se veut mais n'est pas innocente. A défaut de pouvoir sauver son gosse, il pourrait peut-être aider son meilleur ami. But pas réellement désintéressé mais sincère. Il l'aurait sérieusement envisagé de toute façon, même s'il n'avait pas foutu son existence en l'air quelques mois plus tôt. Un rein contre une vie, qui ne signerait pas pour ça ?

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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Mer 2 Mar - 22:11

I have to tell you something
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Non. Il en est tout simplement hors de question. Pas besoin de réfléchir, pas besoin de tergiverser, pas besoin de peser le pour et le contre. Je suis même étrangement calme lorsque ma veste dégringole mon bras pour s’échouer à nouveau sur le siège de mon bureau. Non, je répète, comme pour appuyer un peu plus mes propos. Hôpital. Je suis familier des hôpitaux, très familier. Je l’étais même de manière assidue mes plus jeunes années, un peu moins régulièrement par la suite mais je suis familier des hôpitaux. Lorsqu’à douze ans, on est obligé d’y séjourner plus que fréquemment pour des dialyses, on a intérêt à s’y sentir chez soi. Sauf que je ne m’y suis jamais senti chez moi. Non Elias, je n’y mettrais pas les pieds. Il y a forcément une solution, il y a toujours une autre solution. J’essaye de me débattre face à l’évidence qu’il m’impose, je m’efforce de sortir la tête de l’eau, de dédramatiser ce qui l’inquiète, comme pour mieux me leurrer moi-même. Je crois que c’est très grave. Non, Elias. Je refuse que ce soit grave, je refuse même d’envisager sérieusement que ce soit grave. Et j’imagine que tu t’en doutes, vu ta réaction que je pourrais qualifier d’impulsive et d’exagérée en toute mauvaise foi. Je serre le poing en tentant de conserver un ton badin, en tentant, aussi, de conserver une certaine assurance dans mon humour qui me sert autant d’armure que de bouclier. Je veux qu’on trouve une solution. Vraiment. Et je suis certain qu’on peut, à nous deux, trouver un miracle qui puisse me simplifier la vie sans… sans passer par la case hôpital.

Ma main s’hasarde sur mon tee-shirt au niveau de ma cicatrice, ligne que je retrace machinalement en m’imaginant une perception accrue de sa présence. Vieille de dix-neuf ans maintenant, elle s’est étirée pendant ma poussée de croissance, elle s’est blanchie indiscutablement. Mais elle est là. Comme celle de Liam. Comme un pacte de sang qu’on aurait fait tous les deux bêtement, un pacte assurant et ma survie, et mon obéissance. Un lien qui me tue, que je ne peux pas oublier. Et qui m’interdit, lui aussi, de mettre les pieds à l’hôpital. Je ne veux pas qu’il s’inquiète, je ne veux même plus qu’il y pense : je veux juste, au final… me simplifier la vie. Et dans un sourire confus, je me rends compte que loin d’atteindre mon objectif, je viens d’aggraver drastiquement mon cas. Si jamais je fais un malaise… J’aurais dû me taire. Vraiment. « Que je ne panique pas ? T'es en train de me dire que tu peux faire un arrêt cardiaque ici même, n'importe quand et je suis censé prendre la nouvelle avec le sourire et un cookie ? Nolan, tu t'écoutes parler parfois ? » Je serre les dents dans une grimace. Mon regard fuit brutalement. « J’ai pas dit ça, c’est juste que ce serait plus simple que tu le prennes comme ça, et… » « Tu réagis comme un enfant à qui on dit d'aller chez le dentiste. Je vais devoir t'appâter comme je le fais avec mon fils peut être ? En te promettant de t'acheter des bandes dessinées si t'es sage ?  » Je me passe une main dans les cheveux, dans un soupir fatigué. Sérieusement, Elias ? Sérieusement ? On va sérieusement devoir passer par une certaine tension ? Quand, exactement, ai-je sincèrement espéré avoir cette conversation dans le calme, les rires et les sourires ? Chaque seconde me confirme ce que je sais depuis des mois : j’aurais mieux fait de me taire et de ne pas lui en parler. « En toute honnêteté, je n'ai pas la patience de prolonger tes illusions et je suis désolé d'être aussi rude mais vieux, un brainstorming nous servirait à quoi ? Tu crois qu'on peut résoudre ce problème autrement ? Je serais ravi de te faire moi-même ces examens ici et de t'éviter le supplice de l'hôpital mais soyons réalistes, je ne suis même pas certain de réussir le moindre massage cardiaque si jamais tu me faisais un malaise alors bon. » Au fur et à mesure, c’est inévitable, la fatigue dégringole mes tempes, surgit de nulle part et de partout, appuie sur mes épaules et grignote mon peu de patience. Je lève les yeux au ciel, m’appuie sur le dossier de ma chaise comme pour mieux dissiper cette nervosité qui parcourt mes jambes et me supplie de m’agiter. « Elias, j’ai pas parlé d’arrêt cardiaque, dramatise pas non plus. » Je sais que j’exagère. Mais il faut admettre que lui aussi, il exagère, avec sa lucidité qui piétine complètement ce déni dont je n’ai même pas conscience. « Mon cœur ne va pas s’arrêter tout de suite, il faudrait que mon rein soit en-deçà des… des je-ne-sais-plus combien de pourcent d’efficacité. Ça ne va pas arriver avant plusieurs mois, on peut encore enrayer tout ça sans problème normalement. Enfin… » C’est un mensonge, bien sûr. Si je pouvais me débrouiller tout seul, je le ferais. Vraiment. Seulement, les symptômes sont là. Bien implantés. Depuis combien de temps est-ce que mon rein faiblit ? Je ne sais pas. Avant mon procès, avant ma condamnation à mort, j’étais supposé être suivi très régulièrement par l’hôpital pour justement éviter ce genre de rechute mais depuis… ça fait trois ans que je nage à vue, ça fait trois ans que mon rein peut être en train de totalement déconner sans que je ne le sache. Où j’en suis dans la dégénérescence ? Je n’en ai strictement aucune idée. Et c’est ça qui m’inquiète, même si je ne le dirais pas à Elias. Je préfère me disputer avec lui plutôt qu’il en vienne à m’assommer pour me traîner de force à l’hôpital.

Je regarde Elias s’assoir, me retournant pour utiliser le dossier de mon siège comme support. A nouveau, d’ailleurs, je croise les bras. Au moins, s’il s’assoit, c’est qu’il reconsidère son idée stupide. « Je comprends, non vraiment, que tu ne souhaites pas te confronter à cette réalité trop rapidement. Et j'ai conscience que te brusquer ne va nous amener nulle part. Je ne suis pas David Copperfield, je ne peux pas te sortir une colombe de mon chapeau et te promettre que tout ira bien demain. Tu n'es peut-être pas venu me demander la permission, en effet. Mais tu t'attendais à quoi ? Je ne peux pas poser de diagnostic et toi non plus. Retarder les échéances, ça rimerait à quoi ? Ecoute... Je comprends que ça soit pas plaisant, voir même terrifiant. Mais si tu veux, je suis prêt à te tenir la main pendant tout le processus, à te dire des mots doux pour te réconforter et à soutenir le regard des médecins quand ils nous prendront pour un couple. Je ne peux pas mieux te témoigner mon amitié ainsi que ma dévotion. » Il se relève, je lâche un nouveau soupir en levant les yeux au ciel. Et je le regarde me tendre ma propre veste. Je sais que je ne pourrais pas rêver meilleur ami que lui mais… Je secoue la tête de dénégation sans prendre la veste. On va vers le conflit. On va vers le conflit ouvert. « Pourquoi tu compliques tout, merde ?! » Je sais que c’est moi qui complique tout, à être aussi buté. Mais je suis aussi têtu que stupide. Aussi borné qu’opposé à l’idée de foutre les pieds dans un hôpital. « Sérieusement... Tu voulais entendre quoi ? Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi, peu importe ce qu'il se passe. Tu n'es pas seul face à cette merde, ok ? Mais m'oblige pas à débattre pendant quatre heures sur le fait que la première étape à ton problème, c'est de passer des examens. Tu le sais très bien. » Passer des examens ? Ma patience a des limites. Tout comme celle d’Elias, je ne suis pas dupe. Et ce n’est même pas à moi d’être impatient, ce n’est pas à moi de lui réclamer de la patience. Je suis injuste. Mais je suis aussi fatigué, tendu. Apeuré. « Je voulais que tu me rassures, Elias. Je sais pas ce que je voulais, mais je sais que je ne veux pas foutre les pieds dans un hôpital. Je sais que je suis malade, j’ai pas besoin qu’on me foute une seringue dans le bras pour le savoir. » Je ferme les yeux, serre les dents. Fais volteface pour me réfugier du côté du bureau de Giulietta comme pour mieux me souvenir de ce qu’il y a en jeu, quelque part. Mes doigts traînent sur son bureau, attrapent un crayon et le font voltiger pour me détendre. Ne crie pas, ne crie pas Nolan. Ne brusque pas Elias, ne le pousse pas à bout. J’inspire à fond.

« Puis, je te prierais d'éviter de nous prendre pour des poulpes avec ton histoire d'encre. J'ai vraiment besoin de café. Vraiment. Je suis prêt à vendre des organes pour ça en ce moment même. » A la mention de poulpe, il arrive à m’arracher un petit rire. A la mention d’organe… mon rire devient jaune et amer. Comme doit l’être mon urine, d’ailleurs, ne puis-je m’empêcher de me faire la remarque dans une pensée aussi ridicule que… « D'ailleurs, ces histoires de compatibilité... N'importe qui peut te refiler un rein ? » Je relève instantanément la tête pour planter mes yeux dans les siens. « N’y pense même pas ! » Ma voix est aussi grave que sérieuse. Est en totalement rupture avec ce que je peux afficher habituellement. « Elias, ne pose ça cette question. » Il en est hors de question.

Si je ne voulais pas lui en parler, c’était pour ne pas lui apporter de souci supplémentaire. Et qu’est ce que je suis en train de faire ? De le faire stresser. De le faire se poser des questions qu’il n’a pas à se poser. Ce que je suis en train de faire ? De répéter ce qu’il s’est passé avec Liam, avec plus ou moins d’exactitude. J’inspire. Je lui dois des explication, j’imagine, je dois lui concéder quelque chose maintenant qu’il a laissé tombé, un peu, cette histoire d’hôpital. Je m’adosse au mur, jouant toujours avec les affaires de Giulietta. Comme si elle était là. Un petit sourire manque de naître sur mes lèvres lorsque je m’hasarde un instant à l’imaginer dans mes bras. Pour mieux secouer la tête et la chasser de mes pensées. Je replonge mon regard dans les yeux de mon meilleur ami dans un pincement de lèvres en reposant le crayon. « Tu ne peux pas comprendre… Il n’y a rien à confirmer, Elias, il n’y a rien à infirmer non plus. Je suis malade. Je dors mal, la nourriture m’écœure, je garde rien dans l’estomac… je suis suffisamment au fait des différents symptômes pour savoir que… ça ne sert à rien d’y aller. La seule chose qu’ils me diront c’est que je vais devoir commencer un traitement lourd. Qu’ils ne seront peut être même pas capable de me fournir avec… avec tout ce qu’il s’est passé ces dernières années. Et c’est ça que je ne veux pas entendre. » C’est ça que je ne veux pas entendre. Non, c’est faux, il n’y a pas que ça que je ne veux pas entendre.

« Je n’ai qu’un rein de fonctionnel, et c’est celui de Liam. Je doute qu’une greffe soit envisageable, c’était déjà un miracle d’avoir un frère jumeau… » Je ferme les yeux en pensant à Liam. « Je ne veux pas qu’il l’apprenne. Je… je l’ai croisé. » Juste croisé ? « On s’est revu, Liam et moi. Il n’y a pas longtemps, quand je suis allé chercher ce que mes fouineurs avaient recueilli comme informations sur son ordinateur et sur le réseau du Gouvernement auquel il a accès. Et… il est arrivé. » Mes mains enserrent mes avant-bras comme pour me donner contenance, comme pour faire taire mes tremblements. J’ai les mains de mon frère contre ma gorge, j’ai ses larmes dans les yeux, j’ai sa haine qui me regarde, ses sarcasmes, sa colère. « Je ne veux pas qu’il l’apprenne, Elias. Et si je vais à l’hôpital, il l’apprendra forcément. Je ne veux pas qu’il me trouve, je ne veux pas qu’il… je peux pas lutter contre lui. » Oui, Elias, tu entends bien. Je préfère faire un arrêt cardiaque au milieu du Blackbird si on ne trouve pas rapidement de solution plutôt que de faire à nouveau face à mon frère si je suis incapable de lui tenir tête, d’être à son niveau.


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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Mer 16 Mar - 2:38

Les frictions, les accros, autrefois, n'apportaient qu'une stimulation de plus, à s'acharner, à défendre ses idées, à affirmer ses opinions. Avant, il se retrouvait dans le conflit, il s'est forgé pratiquement en son centre. Provoquer l'autorité parentale, confronter ses pairs, jouer de ses phalanges pour obtenir une place. Celle qu'on ne lui a jamais accordé. Exister en a toujours passé par ces luttes, par ces oppositions, ces débats. Mais où est l'excitation désormais ? Où est la passion, la rage ? Ce gouffre au fond de sa poitrine s'étend, distille dans son esprit des effluves d'apathie qui l'assomment trop souvent, endorment les raisons et allongent les regrets. Il s'est offert de nouvelles batailles en croyant naïvement que ça évincerait les conséquences, que ça annihilerait définitivement la fatigue, l'envie de tout délaisser. Pourtant, elles se multiplient les causes. Trop nombreuses pour qu'il en voit le bout, pour qu'il puisse encore rêver, espérer. Une nouvelle lutte à mener. D'abord contre cet homme mais ensuite et surtout contre sa maladie. Il envisage le pire, forcément. Derrière chaque pensée optimiste et encourageante, se terre l'effroi. Celui de devoir le perdre lui aussi. Parce qu'il ne veut pas entendre raison, parce qu'il n'agit pas quand il le peut. L'agacement s'amplifie alors qu'il nie, encore, encore et encore. Nolan n'est pas venu pour entendre la vérité. Nolan s'est présenté à lui, s'est confié pour collecter des mensonges. Quoi de plus ridicule que de venir les réclamer à celui qui tente si voracement de vivre avecsa réalité. Comment lui fournir des alibis à sa fuite volontaire ? Est-il vraiment là pour lui extirper de fausses promesses ? N'est-il pas là plutôt pour qu'on lui ouvre les yeux ?

Elias serre ses poings nerveusement. Les cris qu'il retient, se fracassent contre les parois crâniennes, secouent son squelette. Il veut hurler, briser quelque chose, le secouer, le gifler, le réveiller. Comment peut-il se mouvoir si tranquillement dans ces bureaux et déballer ces horreurs ? Brutalement, le damné est saisi par l'impuissance, l'impatience et une forme de désespoir rendu aiguë par cette suite d'événements. Pourquoi est-ce que son meilleur ami semble si buté, si empressé à foncer dans un mur ? Le journaliste encaisse ses répliques maladroitement. La fureur s'accentue d'inspiration en inspiration. Il étouffe quasiment alors que le souffle devient pesant, irrégulier. Le point de rupture ? Le voici. Ce qui le fait basculer pour de bon tient en quatre misérables lettres. Liam. Il ne l'a jamais rencontré, jamais abordé et pourtant, il lui voue une antipathie totale et absolue. Aucune objectivité ? Peut-être. Mais il y a des choses que le grec refuse de tolérer ou de reconsidérer. Pour palier à l'excès de violence éprouvée, il croise les bras sur sa poitrine, enfonce ses ongles dans ses paumes. Une position de défense. Une camisole fictive qu'il s'impose pour ne pas dévier dans ce qu'il ne souhaite plus répéter. Surtout pas devant l'informaticien. Surtout pas maintenant. Il aspire exagérément l'air avant de s'exprimer. « Alors tu voulais que je te rassure, Nolan ? Tu voulais des mots vide de sens? C'est ça que tu es venu chercher ? Bien sûr que tu vas t'en sortir. Mais c'est pas en te bouchant les oreilles, en fermant les yeux et en marchant à reculons que tu vas aller quelque part et que ça va aller, putain ! » L'insulte brise le timbre relativement calme qu'il a maintenu jusqu'alors. Il ne se rappelle même pas avoir déjà perdu ainsi le contrôle devant son acolyte, pas une seule fois où il a élevé la voix de cette manière en présence de son comparse. Sans doute jamais. Parce que d'ordinaire, Elias Kaligaris entretient la comédie pour ne pas divulguer la tragédie. Ou plutôt pour pouvoir lui rire au nez. Mais pas s'y adonner comme il le fait à présent.

Mais c'est trop. Bien trop à supporter. Il avance, recule, balance ses bras dans tous les sens, déchirant irrémédiablement le voile atmosphérique tissé par la nonchalance et la légèreté factices. « Et tu crois qu'après avoir entendu tout ça, tout ce que tu traverses là, tous ces symptômes, je vais hocher de la tête, te donner une petite tape dans le dos et te dire gentiment, ok, reste là et continue de crever en silence ? Tu ne le veux pas ton traitement ? C'est mourir que tu veux ? C'est ça que tu veux ? Que je te dise amen pendant que tu te berces de tes petites illusions. » Il se crispe, s'arrête un instant pour ricaner tristement avant de reprendre sa marche incohérente. « Pas ça que tu veux entendre ? Mais tu crois que je voulais entendre ça moi aussi ? Que mon meilleur ami se sent mal depuis dieu sait combien de temps et qu'il ne veut pas l'accepter ? Je vais te dire un truc. Ton frère, il n'a rien à voir avec ça. Et à vrai dire, je l'emmerde mais alors d'une force. Ça, c'est ta vie. TA vie, va falloir que tu l'acceptes bordel! Qu'il apprenne que t'es malade, et alors ? Qu'il ose se pointer, je me ferai une joie de l'accueillir moi-même.  Je comprends rien du tout à votre relation tordue mais ce que je sais, c'est que moi, je refuse qu'il t'arrive quoique ce soit, que tu continues à souffrir, que tu... » Meurs. Ce verbe est trop concret, cette alternative qui lui donne le tournis, qui le renvoie à Bran, qui l'oblige à s'asseoir subitement et à se prendre la tête entre les mains pour rassembler son essence. Quand il reprend contenance, le ton n'est pas plus doux pour autant. « Tout ça parce que t'as peur de ton jumeau et de ton ombre de toute évidence. T'es pas un lâche, Nolan. Je sais que tu l'es pas alors arrête de fuir. » Le menton se relève, les prunelles dissipent la distance entre eux. Il pose ses mains jointes contre sa bouche. Egoïste. Il ne lui a renvoyé à la tête que son ressenti sans même prendre le temps d'encaisser, de comprendre, de le rassurer. Il a agi comme un gamin qu'on interdit de sortir.

Ses doigts massent lentement ses tempes, cherchent à raisonner sa démence. En vain. La colère supplante chacune de ses émotions. Il se reconnaît à peine quand il articule la suite de son monologue. « Non tu as raison, je ne peux pas comprendre. Tu es là en train de tergiverser sur les actions à mener, tu es là en face de moi, en vie. En vie, putain et tu as toutes tes chances de t'en tirer. Tu refuses de les saisir là, maintenant. Tout le monde n'a pas cette chance. Et tu espères que je t'observe la gaspiller ? Tu m'as pris pour qui ? Tu ne fais que des spéculations. La ville a plus de ressources que tu ne le penses. Tout est possible si tu te laisses seulement l'opportunité de te faire soigner, d'évaluer tes options. Et pour ton frère, je suis désolé que t'aies une relation si merdique avec, qu'il te pourrisse la vie à ce point mais tu ne pourras rien changer à ça. Il existe, il est là malheureusement. Alors va falloir que tu trouves un moyen de te protéger de lui, une bonne fois pour toute. » Facile à dire. Lui-même ne peut pas se défaire de l'amertume et de cette détresse affective dès qu'il croise sa soeur. Rien de comparable pourtant. Non, ses soucis relationnels avec Louiza s'apparentent à des enfantillages puérils en comparaison à ça.

Sa compassion transcende la hargne subitement. Une main glisse contre son visage, caresse sa barbe. « T'es pas seul, je viens de te le dire. On trouvera une solution mais faut que tu te fasses soigner. Je ne peux pas te dire que ça va aller alors que tu ne veux rien faire là. Je ne suis pas un menteur. » Les méninges se remettent en route, chassent l'émotionnel pour concéder à sa rationalité assez d'espace afin de lui fournir de nouvelles pistes temporaires, insuffisantes mais nécessaires sans doute. « Carley pourrait peut-être t'ausculter si tu ne tiens vraiment pas à passer concrètement par l'hôpital. » L'idée de les connecter ne l'enchante pas. Cependant, que peut-il faire d'autre ? Il sait que son ex-femme est le seul médecin de la ville qu'il peut lui conseiller sans crainte. Il sait qu'elle fera tout, elle aussi, pour le raisonner, pour le sauver. Il a confiance en elle. Ce songe lui arrache un rire amer. « Tant que tu évites de lui dire que tu viens de ma part. Elle reçoit sans rendez-vous. Elle est mieux placée que moi pour t'aider à dénicher des alternatives. Elle est compétente. Peut-être qu'elle pourra alléger certains symptômes en attendant que tu... » La formulation tarde à venir. Sa tentative d'assouplir son intransigeance demeure précoce après cet ouragan. « Enfin que tu te décides, je suppose. » ajoute-il alors brusquement. Trop brusquement. Il n'a fait que ça de toute façon. Le brusquer. Et ça, non, ça ne lui ressemble pas. Ou du moins, plus. A croire qu'on est toujours tiré vers l'arrière. Toujours.

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Dernière édition par Elias S. Kaligaris le Lun 21 Mar - 23:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Lun 21 Mar - 23:20

I have to tell you something
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Je voulais qu’il me rassure. Est-ce si difficile à comprendre ? Je voulais qu’il me regarde dans les yeux, qu’il me dise que ça va aller, je voulais qu’il me mente, je voulais qu’il me conforte dans mon attitude, je voulais… de toute évidence, comme face à Giulietta quelques jours plus tôt, je ne sais pas ce que je veux. Je suis fatigué, juste fatigué. Je ferme les yeux, je me réfugie derrière le bureau de Giulietta, comme par hasard avant d’inspirer profondément. La maladie. En fin de compte, même si elle a toujours été omniprésente dans ma vie, je n’ai été malade qu’une poignée d’années. Le reste… ça n’a été que convalescence, examen, anxiété à l’idée que mon organisme rejette le rein de mon frère et que le cauchemar recommence et s’éternise. Sauf qu’on y est, maintenant. Le cauchemar est de retour et je n’ai plus mes parents, plus mon frère, plus tous mes amis, mon entourage, mes médecins pour y faire face. Dix-neuf ans après la greffe, je suis un condamné à mort et ma seule attache, c’est celui en face de moi qui tente comme il peut de me faire ouvrir les yeux. Je le vois, bien sûr, je le vois serrer les poings. Je le vois se crisper au moment même où mon frère s’interpose entre nous deux comme un spectre invisible venu me hanter. Venu le hanter, comme un dommage collatéral. Liam. Il faudrait être aveugle pour ne pas sentir la tension qui enfle et trouve son acmé à ce moment là. Liam. Je n’ai qu’un rein fonctionnel. Je parle au présent, comme pour me convaincre que je ne l’ai pas encore flingué. Les bras d’Elias se croisent, je me perds dans un aveu fatigué, aussi fatigué que moi. Et une conclusion. Entre faire un arrêt cardiaque, mais avant ça ne plus dormir, ne plus manger, ne rien garder dans l’estomac, me plier de douleur, entre faire un arrêt cardiaque et être confronté au regard de mon frère, j’opte sans hésitation pour la première solution. Je ne veux même pas imaginer l’attitude qu’aurait mon jumeau s’il venait à apprendre que je suis à nouveau malade. Ses hurlements résonnent à mes oreilles, comme des accusations brûlantes qu’il m’assène sans s’arrêter. Nolan est MALADE. J’ai envie de dire que ce n’est pas de ma faute, mais quelque part… ce sont mes gènes, c’est mon organisme. Ma cicatrice me brûle dans une douleur fantôme lorsque je me résous à regarder à nouveau Elias dans les yeux. Dis quelque chose, s’il te plait, dis quelque chose. Aide moi, j’ai désespérément besoin qu’on me dise quoi faire, mais, pire encore, qu’on me dise ce que je veux entendre, pour que tout se simplifie dans ma tête. Les dessins de Giu’ qui se perdent entre mes doigts, pendant que je joue avec, sont un rappel constant de ce brouillard qui m’étrangle et qui m’empêche de faire des choix. « Alors tu voulais que je te rassure, Nolan ? Tu voulais des mots vides de sens? C'est ça que tu es venu chercher ? Bien sûr que tu vas t'en sortir. Mais c'est pas en te bouchant les oreilles, en fermant les yeux et en marchant à reculons que tu vas aller quelque part et que ça va aller, putain ! » Je me rends compte qu’à un moment ou à un autre, je suis allé trop loin. Pour qu’il sort une insulte comme ça, c’est qu’il perd le contrôle. Autant de mon côté, les putain ont tendance à jouer le rôle de ponctuation, autant chez lui… Et forcément sa colère a un don certain pour aiguiser la mienne et me piquer au vif. Forcément. Il avance, j’avance à mon tour pour me heurter au bureau, avant d’avoir ne serait-ce que l’idée d’en faire le tour. J’ai envie de rétorquer quelque chose, j’ai envie de hausser le ton à mon tour mais honnêtement… il a raison. Je sais qu’il a raison, je ne peux que le savoir et ça me tue. Davantage que mon frère, davantage que mon rein. Cette incapacité à répondre est la condamnation à mort la plus efficace qu’il soit avec moi. Mon silence lui laisse le cham libre, il continue, il s’agite. « Et tu crois qu'après avoir entendu tout ça, tout ce que tu traverses là, tous ces symptômes, je vais hocher de la tête, te donner une petite tape dans le dos et te dire gentiment, ok, reste là et continue de crever en silence ? Tu ne le veux pas ton traitement ? C'est mourir que tu veux ? C'est ça que tu veux ? Que je te dise amen pendant que tu te berces de tes petites illusions. Pas ça que tu veux entendre ? Mais tu crois que je voulais entendre ça moi aussi ? Que mon meilleur ami se sent mal depuis dieu sait combien de temps et qu'il ne veut pas l'accepter ? Je vais te dire un truc. Ton frère, il n'a rien à voir avec ça. Et à vrai dire, je l'emmerde mais alors d'une force. Ça, c'est ta vie. TA vie, va falloir que tu l'acceptes bordel! Qu'il apprenne que t'es malade, et alors ? Qu'il ose se pointer, je me ferai une joie de l'accueillir moi-même.  Je comprends rien du tout à votre relation tordue mais ce que je sais, c'est que moi, je refuse qu'il t'arrive quoique ce soit, que tu continues à souffrir, que tu... » Je ne veux pas entendre le monde qu’il va prononcer, je le coupe immédiatement. De toute façon il s’assoit. « Laisse mon frère en dehors de ça ! » C’est absolument débile comme réflexion, j’en suis bien conscient, mais c’est comme ça. Parce que j’ai passé des jours, des semaines et des mois à insulter mon frère de tous les noms, à le condamner à mort, et réinventer des dizaines de fois nos retrouvailles pour mieux aller lui mettre mon poing dans la figure. Parce que dès que je dois parler de mon frère, je commence par dire à quel point c’est un foutu connard. Laisse mon frère en dehors de ça : c’est moi qui en ai parlé le premier. Parce que malgré tout ce que je dis, c’est bien Liam qui est au cœur du problème. Ça a toujours été Liam. Toujours. « Tout ça parce que t'as peur de ton jumeau et de ton ombre de toute évidence. T'es pas un lâche, Nolan. Je sais que tu l'es pas alors arrête de fuir. » Il relève le menton, j’inspire profondément, presque ostensiblement pour gonfler mes pectoraux que j’entretiens tous les matins pour me dépenser. « P’t’être bien que j’en suis un, Elias. » C’est de la pure provocation. Si je lui lâche ? Je n’en sais rien. Peut être bien, oui. Lorsqu’on parle de Liam, je n’ai jamais été capable de lui refuser quoique ce soit, même le pire. Lorsqu’on parle de Liam, j’ai accepté de me prendre je ne sais plus combien de coups dans la gueule pour que lui n’ait rien. Lorsqu’on parle de Liam, je suis d’un courage mêlé de lâcheté. Alors oui, Elias, peut être bien que je suis lâche.

« Non tu as raison, je ne peux pas comprendre. Tu es là en train de tergiverser sur les actions à mener, tu es là en face de moi, en vie. En vie, putain et tu as toutes tes chances de t'en tirer. Tu refuses de les saisir là, maintenant. Tout le monde n'a pas cette chance. Et tu espères que je t'observe la gaspiller ? Tu m'as pris pour qui ? Tu ne fais que des spéculations. La ville a plus de ressources que tu ne le penses. Tout est possible si tu te laisses seulement l'opportunité de te faire soigner, d'évaluer tes options. Et pour ton frère, je suis désolé que t'aies une relation si merdique avec, qu'il te pourrisse la vie à ce point mais tu ne pourras rien changer à ça. Il existe, il est là malheureusement. Alors va falloir que tu trouves un moyen de te protéger de lui, une bonne fois pour toute. » Me protéger de lui. Tu es en vie. Me protéger de Liam. Tu es là, en face de moi, en vie. De toute évidence, Elias est vraiment celui dont je suis le plus proche. Même Giu’ ne sait pas à quel point j’ai failli y passer, il y a quatre ans maintenant. Même Giu’, même Cordy, même tous ceux que j’ai pu croisés. Elias, en fin de compte, c’est celui qui m’a récupéré lorsque j’avais encore ma tenue orange fluo. « Je sais pas, Elias, je sais pas quoi faire. Je t’ai dit, je suis totalement dépassé, je peux rien gérer, là. J’ai pas envie de crever, mais j’ai pas envie que tout devienne encore plus compliqué pour moi. Et pour toi. Je voudrais qu’on puisse tout résoudre d’un claquement de doigts… » Il a un don pour me couper l’herbe sous le pied, pour tuer mes répliques, pour me laisser la gorge sèche et le cerveau vide. Et les yeux ouverts. Je suis incapable de lutter contre lui comme je suis incapable de lutter contre mon frère. En fin de compte, je suis en train de me demander si je ne serais pas juste incapable de lutter contre la lucidité des gens lorsque je me borne dans un déni d’enfant gâté et de licorne au pays des leprechauns. « T'es pas seul, je viens de te le dire. On trouvera une solution mais faut que tu te fasses soigner. Je ne peux pas te dire que ça va aller alors que tu ne veux rien faire là. Je ne suis pas un menteur. Carley pourrait peut-être t'ausculter si tu ne tiens vraiment pas à passer concrètement par l'hôpital. » Carley ? Autant le dire tout de suite, je mets une poignée de seconde à me souvenir que c’est le prénom de son ex-femme. Je commence à culpabiliser. Bon, je ne fais pas que commencer mais… je me demande encore si c’était vraiment une bonne idée de lui en parler. Je me pince les lèvres pour me forcer à me taire, son rire amer me donne l’impression d’être minable. Je fais un caca nerveux pour ne pas aller à l’hôpital, je me roule par terre parce que je ne veux pas voir de médecin et mon meilleur ami tente tant bien que mal de composer pour concilier mes caprices et la réalité. « Tant que tu évites de lui dire que tu viens de ma part. Elle reçoit sans rendez-vous. Elle est mieux placée que moi pour t'aider à dénicher des alternatives. Elle est compétente. Peut-être qu'elle pourra alléger certains symptômes en attendant que tu... » Soulager certains symptômes. Cordelia le fait déjà, suffisamment efficacement pour ralentir la dégénérescence de mon état, mais… « Enfin que tu te décides, je suppose. » Je me prends sa dernière remarque dans la figure comme une claque qui me sort de ma culpabilité, qui me sort de mon apathie, qui me sort de mon malaise, qui me sort, finalement, de mon immobilité. Il faut que je me décide, oui. Sauf que je ne sais plus me décider. Je cède à la facilité, j’ai finalement toujours cédé à la facilité. C’est certainement mon plus grand défaut, une fois ma paresse mise de côté. Je me réfugie dans la facilité pour faire plaisir à tout le monde, je me réfugie dans l’incertitude pour ne pas avoir à trancher, pour ne pas avoir à décider. Mes coudes s’échouent sur le bureau de Giu’, je me prends la tête entre les mains comme pour disparaître. Il vaut mieux que nous soyons juste amis. Mais bien sûr. Je me mords la lèvre lorsque je me redresse dans un soupir. « D’accord. » Putain, j’ai pas dit ça. « On va jouer cartes sur table, puisque tu veux ça. Je ne veux pas mourir, Elias, et en théorie, c’est pas une maladie foudroyante qui va me tuer d’un seul coup, c’est plutôt une putain de dégénérescence qui va m’empoisonner lentement. Donc ça nous laisse du temps. Mais il faut les traitements. Aller voir Carley… je peux pas te faire ça. Dans tous les cas, ce serait juste un sursis. Mais. » Mais. J’ai envie d’arrêter de parler mais je suis lancé. Et s’il y a bien une seule chose, au final, qui me sort de mon indécision, qui me ferait faire n’importe quoi c’est ce sens de l’amitié qui me pousse à faire ce qui aidera le plus ceux auxquels je tiens. « Mais il est hors de question que Liam l’apprenne, et c’est pas pour la raison que tu crois. Tu crois quoi, Elias ? Liam a accepté de me donner son rein pour que je vive normalement. Tu penses sincèrement que ça va lui faire plaisir que je le foute en l’air ? Il me déteste, putain ! Il me l’a dit ! Et moi, je suis incapable de le regarder sans chialer parce que je culpabilise d’avoir un organisme aussi… » Le ton monte, je perds le contrôle, comme je l’ai perdu face à Liam. Il y a des gens, comme ça, qui me font sortir de mes gonds. Ces gens là sont nombreux parce que mon impulsivité et mon incapacité à faire la part des choses n’aident pas. « Parce que merde, j’ai même pas réussi à le frapper ! J’étais là, comme un con face à lui alors qu’il me balançait des horreurs, et tout ce que j’ai faire, c’est geindre et chouiner comme un bébé. Comment crois-tu que je réagirais le jour où il apprendra que je suis malade, hein ? Il va me tuer, putain, il va juste me détester, il va me mépriser, il va… » J’inspire profondément pour me calmer en attrapant ma veste d’un mouvement rageur qui envoie valdinguer ma chaise. « Je suis désolé, Elias, je suis désolé d’être comme ça. Comment tu fais pour être aussi calme, comme tu fais pour… Je veux pas que tout ça se confirme, je veux pas que le cauchemar recommence. J’aimerai être comme Liam, Elias. Etre aussi imbuvable que lui, être aussi sûr que lui, être aussi posé que lui, être aussi… être comme lui ! Si j’étais lui, je ne serais pas terrifié à l’idée de devoir recommencer des traitements lourds, si j’étais lui… qu’est ce que je vais devenir, Elias ? »


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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Mer 30 Mar - 2:35

L’impuissance, la conséquence inavouée à l’agitation inutile. Les mots déroulés, les bras relâchés et la réplique adverse. L’énergie s’amoindrit de phrase en phrase alors qu’il continue de butter contre son incompréhension. La rage s’absente point après point, elle se dissipe en ne laissant dans son sillage qu’une amère déficience cognitive. Que faut-il faire ? Que faut-il dire ? Il n’en sait foutrement rien. Cet homme ne veut rien entendre, il ne veut pas écouter, accepter. Il se piège tout seul dans un dilemme que le grec juge ridicule. Ridicule en comparaison aux enjeux réels. Il sous-estime l’emprise que le jumeau peut avoir sur son allié. Il l’ignore parce qu’il sait que lui n’aurait jamais accordé à quiconque ce pouvoir sur lui. Surtout pas à sa sœur. Il pourrait solliciter son empathie, se mettre à sa place, essayer de comprendre. C'est ça que son comparse réclame expressément d'ailleurs. C’est ça qu’il parvient d’ordinaire à accomplir. Mais ce matin, l’envie ne survient pas. La force, non plus. Il est trop impliqué, trop apeuré par cette nouvelle pour prendre le recul nécessaire. Il se jette dans ce problème comme s’il lui appartenait. Mais la vérité, c’est qu’il ne souffre pas de cette maladie. Qu’il ne doit pas compiler avec une telle relation toxique. Qu’il n’endure pas les douleurs physiques et mentales de l’informaticien. La vérité, c’est qu’il se montre égocentrique. Parce que la première chose à avoir traversé son esprit n’est pas celle qu’il aurait fallu. Parce qu’il croit que cette malchance lui est adressée. Pour qui se prend-il ? Sa vie à lui n’est pas menacée. Ses jours ne sont pas comptés.  Non, la seule victime d'un destin trop cruel et capricieux, c’est celui qui refuse de faire face, de faire front. Celui qui a peur pour une bonne raison, sa survie. Celui qui a juste besoin d’un ami et non, pas d’un patron ou d'un juge, encore moins d'un bourreau.

Plus Nolan se débat avec ses émotions, plus Elias sombre dans un constat désolant. Il doute pouvoir changer quoi que ce soit. Aucune prise sur l’état de son meilleur ami, ni sur sa volonté. Le reconnaître lui ôte étrangement son agacement. Sa propre inutilité finit par l’achever, la morosité pèse tant sur sa poitrine qu’il se demande à quel moment il va finalement basculer vers l’avant. Son optimisme ébréché lapide ses dernières pensées tandis que son interlocuteur arrache rageusement sa veste du dossier de son siège. Le regard vide du journaliste suit la courbe effectuée par la chaise. La question tombe alors, clôt cette démonstration de colère. Il inspire comme il peut durant les quelques secondes qui le séparent d’une réaction. Les paroles se calent quelque part entre sa cervelle et sa gorge mais jamais, elles ne dépassent l’ébauche. Le mutisme n’annonce jamais rien de bon chez lui. Autrefois, ça signifiait une colère sourde, une violence qu’il exprimait volontiers de ses poings ou de ses actes, le plus brutalement possible. Désormais, il est trop souvent synonyme d’abandon, d’accablement. Quand il ne peut plus formuler un sentiment, c’est qu’il prend toute la place, qu’il l’étouffe. Cela amène parfois des crises de panique incontrôlables depuis l’accident. Mais là, ça ne le conduit heureusement qu’à l’américain. Le trentenaire pose simplement sa main contre le bras de son acolyte et durant une poignée de secondes, il ne trouve rien à ajouter à ça. Ses yeux se plantent dans les siens en désespoir de cause, transmettent comme ils peuvent sa propre anxiété, son propre désarmement. Il aimerait l’aider mais il est presque convaincu de ne pouvoir rien faire. Pour le moment du moins. Et pour cette fois, il doit le tolérer d'une façon ou d'une autre.

Il expire pesamment pour évacuer toute la tension difficilement contenue avant de détacher sa prise. Il recule d’un pas, la main glissant sur le menton, cherchant à lui redonner un peu de contenance. « Déjà, Nolan, c’est important que tu le saches mais tu n’as pas besoin d’être lui, pour être quelqu’un. Ce que tu vas devenir ? Tu es et resteras toujours le même. Tu l’as dit toi-même, ce qu’il t’arrive, ce n’est pas foudroyant. Tu as le temps de réagir, de trouver une solution. Et crois-moi, on en trouvera une. Mais je ne sais pas quoi te dire pour Liam en toute sincérité. Parce que ça me dépasse et que je ne crois pas être un jour en mesure de comprendre. Je suppose que dès lors, je n’ai pas à juger. » Sa mâchoire se crispe, ses dents cognent les unes contre les autres propulsant un bruit macabre dans la pièce. Difficile de conserver son tact, son sang-froid dès qu’il est question Liam. « Tu n’as pas à culpabiliser. Pas plus qu’il n’a à te tuer ou à te mépriser pour reprendre tes mots. Ce n’est pas toi qui a décidé bon allez ok, mon rein fait le kamikaze, ça va être fun de souffrir, mieux que Disneyland. Vieux, t’es pas responsable de ça et si ton frère tient un minimum à toi, il sera surtout inquiet pour ta santé. » Après ça dépend, s’il est vraiment assez humain pour ça. L’acidité revient, il tente de la congédier... « On lui a pas arraché de force que je sache, son rein alors bon… Il a pas à se plaindre non plus. » Mais échoue de toute évidence. Ses doigts effleurent son front, il ferme les paupières et apprend à se calmer. La migraine pulse encore contre ses tempes et rend ce seul acte ardu. « Il est rare de pouvoir choisir ses batailles. Tu es la première victime de ce que tu vis. Pas Liam. Et pour le reste, je suis pas certain d’avoir tout suivi mais... Je peux comprendre certaines choses. On fait et dit beaucoup de choses quand la culpabilité intervient. Et peut-être qu’elle est à double sens dans votre cas. Je ne sais pas. » Les syllabes s’entrechoquent, la mémoire intervient subitement. Une vieille plaie qui gratte encore, une douleur qu’il porte directement sur l’aorte et avec laquelle il a toujours vécu. Ou presque.

D’un murmure, il délie ses vérités comme il peut. Conscient de devoir offrir un peu de ses souvenirs en pâture pour se mettre au niveau des confidences que lui sert Nolan. Conscient  qu’il n’a que ça à lui fournir comme empathie. Cette histoire qu’il ne raconte jamais, à personne parce que sa mélodie le dérange toujours autant. « Tout ce que je sais… C’est que ma naissance devait sauver ma sœur aînée et que je n’ai pas réussi. J’ai pris l’habitude de la blâmer sans la connaître quand j’étais plus jeune. Parce que je culpabilisais. Je ne sais pas si on peut appliquer le schéma à Liam mais… Quelque chose me dit que peut-être, ce n’est pas très différent. Après, je crois qu’il y a beaucoup de choses irrésolues entre vous. Je suis désolé que tu en souffres à ce point et que ça t’empêche, en partie, d’accepter ta maladie. » Il se détourne ultimement de cette scène, incapable de supporter cette pesanteur plus longtemps. A défaut de pouvoir se distancer de cette situation avec suffisance, il se met à se promener entre les bureaux tout en continuant à parler. « Si tu as besoin de temps pour… » Son regard se relève brièvement pour cueillir celui de son employé. « Les démarches alors d’accord. Je ne te promets pas de ne pas appeler d’ambulance si tu fais un malaise ici ceci dit. Je ne peux pas fermer les yeux indéfiniment sur ta douleur, Nolan. Tu ne peux pas me demander ça. Mais je peux faire des efforts si tu en as besoin. » Il roule des épaules, revient, repart. Un lion en cage, à quelques détails près.

« T’es certain que je peux pas t’aider ? Sérieusement, j’ai un rein de trop et si ça peut t’être utile quelques temps… Je n’y connais rien à la compatibilité et à ces trucs-là mais… Enfin, je suis partant pour les tests et tout ce que tu veux. » Il n’a pas fait ses preuves par le passé. Cependant, il s’en voudrait de ne pas insister, de ne pas tenter. De rester là, passif pendant que lui crève à petit feu. « Mec, je te connais depuis combien de temps ? T’es la seule personne dans ce foutu monde de tarés à qui je pourrais confier ma vie ou celle de mes enfants sans la moindre hésitation. Si c’est pas à toi que j’offre un de mes organes, dis-moi à qui je le ferai ? » Il souligne son argumentation en levant les mains au ciel. « C’est une des choses que je pourrai barrer sur ma liste de choses à faire avant les quarante ans, tu vois. Ça me rendrait service. Et puis, j’aurai une cicatrice comme toi, on pourra former un club et frimer. » Sa misérable tentative de légèreté échoue lamentablement. Forcé de constater qu’il ne peut se terrer derrière son humour douteux, il se place face à son interlocuteur et demande tout simplement. « Laisse-moi faire quelque chose pour t’aider, n’importe quoi. Tu as besoin de quoi là ? » Peu importe que ça soit d’une gomme, d’un oreiller ou d’une grenouille. Qu’il puisse faire quelque chose, concrètement plutôt que de rester là, les bras ballotant et les espoirs réduits en charpie.


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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Dim 10 Avr - 12:48

I have to tell you something
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D’accord. Ça sonne comme une reddition. A juste titre, j’imagine, parce que c’en est une. Clairement une. D’accord allons à l’hôpital. D’accord, prenons le risque que Liam l’apprenne. D’accord, acceptons pleinement le fait que je sois malade, alors que le monde est détruit et que tous les médicaments dont je vais avoir besoin dans les mois à venir, et dont j’ai déjà besoin, sont en quantité limité. D’accord, d’accord, d’accord… je baisse les bras, je rends les armes, j’attrape ma veste d’un mouvement rageur. D’accord, j’accepte. Sauf que… il ne faut pas qu’Elias se leurre, il ne faut pas qu’il se fourvoie : si je viens de dire oui, c’est parce que je sais qu’il n’y a pas de porte de sortie, c’est que dans tous les cas, il faudra que je passe par la case hôpital à un moment ou à un autre et je refuse de lui infliger une confrontation avec son ex-femme par pur égoïsme. Mais ce n’est pas ça le problème. Ce n’est pas ça le vrai problème. Liam me déteste, clairement, et ça ne va pas s’arranger. Et ça n’aura encore moins de chance de s’arranger s’il apprend que j’ai foutu en l’air son rein. Ma colère contrebalance mon désespoir, enfle, s’impose, s’énerve entre nous. Je lui raconte mes retrouvailles avec mon jumeau. Retrouvailles désastreuses, perte de contrôle complète, je lui raconte à quel point son meilleur ami ne vaut pas la peine de survivre, ne vaut pas la peine qu’on se donne du mal pour l’aider parce qu’il est trop faible, trop lâche, trop… trop lui pour parvenir à se dresser face à son meurtrier.

Parce que bon sang, c’est de ça dont il est question, et c’est ça que je parviens pourtant si facilement à oublier face à Liam. Je veux le détester, je veux lui en vouloir. Je hurle, j’en viens presque à pleurer ma frustration. J’étais là, face à lui, et je n’ai rien pu faire, tout comme je n’arrive pas à maintenir mon refus d’aller à l’hôpital face à l’insistance d’Elias. Je ne peux pas lutter contre ça, je ne peux pas lutter contre ma peur des conflits, mon désir de bien faire, de plaire, de rendre heureux ce que j’aime. Je m’excuse, finalement, alors que mes yeux suivent la chaise qui subit ma colère. Je m’excuse de ne pas être celui qu’on aimerait certainement voir. Lorsque je regarde mon jumeau… lorsque je regarde Liam, je ne peux que me regarder moi et me dire que nous ne sommes les même qu’en apparence. Et finalement… après la colère, après les aveux, après les excuses, une supplique. J’ai confiance en Elias, une confiance absolue, certainement trop. Une confiance aveugle qui pourrait me pousser à faire tout ce qu’il me demande dans même réfléchir une seconde. Qu’est ce que je vais devenir, Elias, si je suis incapable de tenir tête à mon frère ? Qu’est ce que je vais devenir lorsque les traitements vont commencer, lorsque ma fatigue va s’accentuer, lorsque mes nuits vont se raccourcir encore davantage, lorsque… qu’est ce que je vais devenir, Elias ? Mes yeux cherchent les siens, veulent y trouver non pas un encouragement, mais un soutien. Quelqu’un sur qui m’appuyer, puisque j’ai rejeté Giulietta autant qu’elle a pu me rejeter. Sa main posée sur mon bras est un contact que je ne peux ignorer, à mon tour je recouvre ses doigts de ma paume, comme pour le maintenir là. Je vais m’effondrer, Elias, tôt ou tard. Et même si je sais que tu seras là pour me récupérer, je suis désolé de t’infliger ça.

Son expiration est éloquente, mon agitation retombe brutalement pour me laisser frigorifié d’inactivité. Je laisse partir sa main, je m’échappe récupérer ma chaise, la planter devant mon bureau comme pour mieux m’occuper. Sauf que c’est inutile : dès qu’il commence à parler, je m’immobilise. « Déjà, Nolan, c’est important que tu le saches mais tu n’as pas besoin d’être lui, pour être quelqu’un. Ce que tu vas devenir ? Tu es et resteras toujours le même… Je ferme les yeux. Tu as tort, Elias : si je ne suis rien, en dehors du Blackbird, si je ne suis pas lui. Nolan est mort, seul Liam existe, là bas, à l’extérieur, sous les caméras, dans son costard. Dans le Treme, Nolan existe vaguement parce que justement, il n’existe pas. Il est un voisin, accessoirement, mais je ne peux pas me permettre de m’exposer sur les lieux publics dans devenir Liam. Sans tenter de devenir Liam. J’inspire profondément, regardant le plafond, me passant une main dans les cheveux, dans la nuque. Et crois-moi, on en trouvera une. Je me tourne dans sa direction, plantant une nouvelle fois mon regard dans le sien. On trouvera une solution. Je n’arrive pas à avoir sa certitude, parce que je ne vois que les complications, que les implications, que les problèmes. Parce qu’au final, il n’y a que ça. La tension que sent dans sa voix à la mention de mon frère réanime les braises de ma colère et de mon impulsivité, comme un vieux réflexe que je contiens de justesse. Non il n’a pas à juger, non il n’a rien à dire, non il ne comprendra jamais. Sauf que moi non plus, je ne comprendrai jamais, je crois, cette indéfectible loyauté mêlée de l’amertume de la trahison qui me lie à mon frère. « Tu n’as pas à culpabiliser. Pas plus qu’il n’a à te tuer ou à te mépriser pour reprendre tes mots. Ce n’est pas toi qui as décidé bon allez ok, mon rein fait le kamikaze, ça va être fun de souffrir, mieux que Disneyland. Vieux, t’es pas responsable de ça et si ton frère tient un minimum à toi, il sera surtout inquiet pour ta santé. » Je frémis, comme s’il venait de m’asséner une claque. En quelque sorte, c’en est une, d’ailleurs. Parce que s’il m’a arraché un sourire en me confiant l’image d’un rein kamikaze décidant d’empoisonner mon sang juste pour le plaisir de planer un peu, le reste de son intervention… Je secoue la tête, entendant Liam. Tu ferais mieux d’être capable de me tuer si tu ne veux pas crever. Mon frère, inquiet pour ma santé ? « On lui a pas arraché de force que je sache, son rein alors bon… Il a pas à se plaindre non plus. » Je serre les dents. « Elias… » Contrairement à d’habitude, je n’ai pas la force de souffler une menace, ce n’est qu’une supplique qui s’échappe de mes lèvres. Elias, s’il te plait, ne t’engage pas là dedans. Ne profite pas de ma fatigue, ne profite pas de ma reddition pour insulter un frère que je ne peux que défendre lorsque c’est quelqu’un d’autre que moi qui s’en prend à lui. Pendant trop d’années, j’ai été son bouclier, j’ai été son pare-choc, j’ai été celui qui prenait les coups pour qu’il n’en reçoive aucun. « Il est rare de pouvoir choisir ses batailles. Tu es la première victime de ce que tu vis. Pas Liam. Et pour le reste, je suis pas certain d’avoir tout suivi mais... Je peux comprendre certaines choses. On fait et dit beaucoup de choses quand la culpabilité intervient. Et peut-être qu’elle est à double sens dans votre cas. Je ne sais pas. » J’hausse les épaules. « Je ne sais pas non plus » reprends-je en écho, incapable de me lancer dans une réponse plus fournie sans me perdre à nouveau dans la colère. Tout ce que je peux faire, actuellement, c’est jouer encore et toujours, avec un crayon et une feuille de papier trouvés sur le bureau de Giu, vers lequel mes pieds m’ont à nouveau conduit sans que je ne m’en rende réellement compte, comme attirés par un aimant.

Et le murmure d’Elias manque de s’enfuir avant que je n’en capte un traitre mot. Je frémis, encore. Parce que ce qu’il me confie me parle tellement que je culpabilisé pour la scène que je lui ai faite, que je lui fais toujours. Et aussi parce que… d’une certaine manière, il excuse Liam. Et pour ça, je suis partagé entre la reconnaissance et la colère, la jalousie et les remerciements. Après, je crois qu’il y a beaucoup de choses irrésolues entre vous. Irrésolues ? Je ne sais pas vraiment. De la culpabilité, ça c’est plutôt certain. De la colère, de la rancœur, beaucoup trop de sentiments pour que je puisse faire le point mais des choses irrésolues ? Je suis Elias du regard, l’observant se promener entre les bureaux comme j’ai pu le faire un tout petit peu plus tôt et une nouvelle fois, un petit sourire se pose sur mes lèvres. Aussi actif l’un que l’autre, aussi nerveux, aussi incapable de rester immobile, on se comprend l’un l’autre bien mieux que tous les autres. Et pourtant… mon sourire chancèle… et pourtant, on ne se comprend pas complètement. « Si tu as besoin de temps pour… Les démarches alors d’accord. Je ne te promets pas de ne pas appeler d’ambulance si tu fais un malaise ici ceci dit. Je ne peux pas fermer les yeux indéfiniment sur ta douleur, Nolan. Tu ne peux pas me demander ça. Mais je peux faire des efforts si tu en as besoin. » Je me mords la lèvre. Faire des efforts ? Je respire difficilement en tentant de me représenter la situation dans laquelle il est. Dans laquelle je le mets. Une situation pas facile. « Merci… je ne te le demande pas, je te demande juste de… » Un sourire timide, un sourire de gosse je crois. «… juste d’être normal ? Enfin… je veux dire de ne pas plus t’inquiéter que d’habitude, de… écoute, Elias, je veux vraiment pas être une source de stress pour toi ou quoique ce soit, que ce soit bien clair. Sinon je vais regretter de t’en avoir parlé et… » Je soupire en lui tournant le dos pour me passer une main sur le visage. Et l’entendre repartir de plus belle dans ses déambulation. « T’es certain que je peux pas t’aider ? Sérieusement, j’ai un rein de trop et si ça peut t’être utile quelques temps… Je n’y connais rien à la compatibilité et à ces trucs-là mais… Enfin, je suis partant pour les tests et tout ce que tu veux. » Je serre les dents en me tournant brutalement dans sa direction. « Hors de question, Liam, hors de question que ça recommence. Tu gardes ton rein où il est et on essaye une autre façon de soigner mon problème. » Je ne fais pas gaffe à l’échange de prénom qui s’est fait dans mon esprit, tout naturellement, je ne fais pas attention à la substitution, je ne me concentre que sur un seul fait : mon refus absolu. Et cette fois, même mon amitié pour Elias ne me fera pas changer d’avis. Parce que contrairement au fait d’aller à l’hôpital, je ne serais pas le seul impliqué et ça… ça c’est tout simplement non. Aucune ambiguïté dans ma réponse, je suis catégorique. « Mec, je te connais depuis combien de temps ? T’es la seule personne dans ce foutu monde de tarés à qui je pourrais confier ma vie ou celle de mes enfants sans la moindre hésitation. Si c’est pas à toi que j’offre un de mes organes, dis-moi à qui je le ferai ? C’est une des choses que je pourrai barrer sur ma liste de choses à faire avant les quarante ans, tu vois. Ça me rendrait service. Et puis, j’aurai une cicatrice comme toi, on pourra former un club et frimer. » Mon regard est éloquent : sa blague tombe à l’eau. Et pourtant, d’ordinaire, je suis plutôt bon public il faut bien le dire mais… mais. Mais malgré cette déclaration d’amitié qui me confirme que je ne mérite pas une telle confiance et qu’il est hors de question que je le déçoive, malgré ça… « Laisse-moi faire quelque chose pour t’aider, n’importe quoi. Tu as besoin de quoi là ? » Je soupire. « De quoi j’ai besoin ? » La réponse vient d’elle-même, étranglée dans ma gorge, aphone : de Giulietta. De tranquillité. D’espérance de vie. De cesser de penser. De… de beaucoup trop de choses. « Peut être d’un cœur, pour mon frère. Et d’une belle paire de couilles… histoire que j’arrête de m’aplatir devant lui. » Et que je sache enfin quoi faire vis-à-vis de l’italienne dont le bureau est dans mon dos mais dont l’ombre caresse mes épaules avec la sensualité d’une amante glissant des murmures dans ma nuque et… et proposant que l’on ne reste qu’amis. « Mais garde tes organes là où ils sont Elias, crois-moi, ils ne trouveront pas meilleur organisme que le tien. Et si tu tiens tellement à avoir une cicatrice, essaye plutôt d’asticoter Giu’ quand elle a ses règles, c’est plutôt efficace… » J’agite ma main blessée il y a plusieurs mois, dans une tentative d’humour. Sans succès : je crois qu’il manque l’amusement dans ma voix mais ce n’est pas si important. L’important, au final…

« Honnêtement, je ne sais pas Elias. Je suis… je suis aussi démuni que toi dans cette affaire. J’imagine que… si tu peux te passer de moi un jour sur trois, ce ne sera pas de refus. » Ce n’est pas la fatigue qui me pousse à demander ça. Je veux juste… juste saisir la première chance que j’ai de voir Giu’ moins souvent. Parce que… parce qu’il le faut, j’imagine. Je l’ai dans la peau depuis bien trop longtemps pour me rendre compte que j’ai loupé ma chance et que… et que je continue à penser à elle et à me laisser distraire bien trop facilement. « Tu fais déjà beaucoup, tu sais… rien que d’être là, rien que de me confronter à la réalité, c’est déjà beaucoup, beaucoup plus que je ne le mérite. Et t’as raison, putain, t’as raison de me bousculer, c’est juste que… » J’inspire. Je repose ma veste. « On peut attendre, pour aller à l’hôpital ? Attendre la fin de la journée, la fin de la semaine ? Et juste aller se boire un café, tous les deux ? Et je te parlerai des idées que j’ai eues hier sur des systèmes de diffusion du Blackbird au sein même des bureaux du Gouv. T’sais, genre comme un virus et bam, on est sur tous les écrans et on titille les orgueils et… » Et mes doigts jouent avec ma tasse de café vide dans l’attente de l’accord d’Elias. Ou de son regard désabusé devant mes idées pas nécessairement les plus intelligentes. J’hausse les épaules. « Juste mettre de côté tout ça, et comme ça tu pourras me parler de toi, aussi, de ta mauvaise humeur de tout à l’heure, de ce que je peux faire moi aussi pour t’aider si jamais… »


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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: I have to tell you something (pv Elias)   Ven 22 Avr - 22:28


Être normal. Des termes qui s’ajustent mal à la carrure accidentée du journaliste. Plus de définition correcte pour le concept. Depuis que le monde s’est métamorphosé, que les nuits se sont allongées, que l’absence pèse, Elias ignore ce qui est censé être dans la norme. Après avoir tout perdu ou presque, il ne sait plus ce qui devrait lui sembler familier. Il se sent comme un étranger dans sa propre vie, le parasite de sa propre carcasse. Entre la guibole défectueuse et les conséquences de ses actes, il ne se reconnaît pas dans le regard des autres, ni dans celui qu’il renvoie tous les matins à cette horreur altérant son reflet. Au fond, il aurait dû être habitué à ce sentiment. Il a été élevé comme un intrus, l’anomalie des Kaligaris qui n’a même pas pu résoudre le bug génétique. Celui qui n’a pas sauvé Nora et qui ne servait qu’à ça. Mais avec Carley, il croyait avoir enfin trouvé sa place. Il pensait que ça, c’était la normalité. Il faut croire que la vérité est ailleurs. Leur mariage a battu de l’aile, il s’est définitivement démantelé dans la tragédie. Maintenant, il erre sans plus savoir où il doit se maintenir pour se sentir intégré, pour enfin ressentir la sérénité, l’assurance, la sécurité, le confort d’un foyer. Pour savoir qu’il est là pour une raison. Pour enfin croire qu’il n’est pas que le fruit d’un acte de désespoir mené par un couple au bord du gouffre. Il a toujours tenté d’être plus que ça. Toujours désiré dépasser ce seul statut de nuisible. Maintenant plus que jamais, les choses sont remises en cause. L’une des rares personnes a lui accordé assez de crédit, assez de confiance et assez d’importance pour contrer ces macabres pensées, se tient devant lui. Cette même personne qui contribue à lui permettre d’espérer à une quelconque amélioration de sa situation, se retrouve piégée dans des engrenages que nul ne peut défaire. L’impuissance est violente. Et ce n’est que le commencement. Le commencement d’une longue lutte contre sa maladie et contre son propre esprit de toute évidence.

Un léger sourire pointe sur les lèvres sèches du grec, tordu par la requête de son acolyte. Nolan a trop bon cœur, toujours à s’effacer pour laisser de l’espace à autrui. Derrière l’humour déployé se terre une sensibilité et une insécurité dont peu de gens ont sûrement connaissance. De bien des façons, c’est l’un de meilleurs hommes que le damné ait pu côtoyer. Ce n’est pas un hasard s’ils ont lié, pas un hasard s’il bosse ici non plus. Ils partagent plus que des valeurs. Au fond, ils adorent maintenir les apparences tous les deux, se cachent derrière une nonchalance trop souvent factice pour ne pas délier le fond de leurs pensées. Le comprendre n’aide pas vraiment le trentenaire à accepter sa remarque ceci dit. « Nolan… S’il te plaît, ne me demande pas ce que je ne peux pas faire. Bien sûr que je vais m’inquiéter, t’es mon meilleur pote. Je ne désire qu’une seule chose c’est que t’ailles bien. J’aimerais pouvoir faire plus, c’est juste frustrant. » Ses épaules grimpent, redescendent tandis qu’il se rapproche à nouveau. « Mais c’est le privilège de te connaître et de t’apprécier ça. T’en fais pas pour moi, vieux. T’as bien fait de m’en parler. J’aurais été profondément vexé si tu l’avais pas fait. » Il lui file une grande tape dans le dos pour souligner ses propos.

Le prénom tombe dans l’oreille de l’estropié et calcine son tympan. « Je sais pas trop comment je dois le prendre, je t’avoue que tu me confondes avec ton frangin. » Un rire nerveux lui échappe. « Moi, je te reprocherai jamais de me prendre un rein en tout cas. Surtout si c’est moi qui te l’offre… Mais c’est toi qui décides, j’irai pas contre ta volonté bien que je trouve ça dommage de pas essayer. » Sa paume glisse contre sa nuque tandis qu’il médite toujours sur des solutions. Il déteste ne pas en dénicher une toute faite, toute prête, une dont son comparse veuille. A chaque problème, une échappatoire. Il en reste convaincu et il trouvera le moyen de trouver celle du sorcier. En attendant ce miracle, il cueille sa réponse avec beaucoup d’amusement, détend ses traits toujours crispés. « Je reviens alors, je vais te chercher tout ça au pays d’Oz, il parait qu’il y a un magicien extraordinaire qui fournit ce dont tu as besoin. Si ça peut fonctionner pour un lion, je vois pas pourquoi ça fonctionnerait pas pour toi. » Une mélancolie soudaine lui ravage le cœur. Le nombre de fois qu’il avait pu lire cette histoire à Bran, le nombre de fois où il s'est mis à imiter chaque voix, jusqu’à la plus fluette, la plus aigüe, celle de Dorothée afin de satisfaire son public. La réplique de l’américain l’arrache à sa rêverie et nourrit un grand éclat de rire. « Je m’en souviendrai, merci. J’ignorais qu’elle pouvait se montrer si redoutable, pauvre vieux. Faut jamais vexer une femme, c’est dangereux. T’as encore des choses à apprendre ! » Sa plaisanterie prend l’eau, son enjouement se fissure. Peut-il réellement déclarer de telles choses après avoir perdu sa femme. Un soupir ponctue la fin de son insouciance retrouvée.

D’un hochement de tête empressé, il accède à la sollicitation du convalescent. « Sans souci. De toute façon, tu sais bien, tu peux venir et partir quand tu veux. Tu t’organises comme tu veux. On se débrouillera bien. » Sa santé passera toujours avant le journal. Toujours. Un peu plus positif désormais qu'en début de cet échange, l'homme apprécie cette demi-victoire.« Je comprends. J’ai eu tort de m’emporter, je suis désolé. C’est juste que… Ca me fout la trouille et que je tiens à toi. Mais oui, c’est toi qui décideras du jour. Je serai pas loin de toute façon donc si tu veux que je t’accompagne… C’est quand tu veux. » Avant de poursuivre, il prend une longue inspiration, tente comme il peut de chasser définitivement les ondes négatives, de se gifler pour être plus éveillé, plus aimable aussi. « Tu sais ce que tu peux faire pour m’aider ? C’est qu’on sorte avant que les autres débarquent et que je me procure un semblant de caféine pour tenir la distance comme tu le proposes. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose à dire ou faire. Carley me met des bâtons dans les roues. Ce n’est rien de nouveau, ni de grave. » Il n’éprouve pas le besoin de s’épancher. Rien que d’en reparler, il sent la colère refluer. Il veut juste lui aussi parler d’autre chose, oublier un instant. Les mains déjà calées dans les poches de sa veste, les doigts contre le paquet de cigarette qu’il est impatient d’entamer, il s’oriente nonchalamment vers la porte. « Allez viens, il est temps qu’on se le boive ce foutu café et que tu m’expliques cette histoire de diffusion. » Un signe de tête supplémentaire pour l’inviter à déserter le bâtiment avec pour seul objectif de partager un rarement moment de paix. Ces instants sont à privilégier. Et ça, Elias le sait. Un regard vers Nolan et un souhait muet. Il doit s'en sortir. Il le doit. Le grec ne lui laissera pas le choix.

- Sujet terminé -

_________________

    I was dreaming life away. All the while just going blind. Can't see the forest for the trees. Behind the lids of my own eyes. Nostalgia's cool, but it won't help you now. A dream is good, if you don't wear it out. And I'm just a little bit caught in the middle. I try to keep going but it's not that simple.
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