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 Pick up your memories [Liam]

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Métier : Avocate
↳ Opinion Politique : Pro, officiellement. Contre, en réalité
↳ Niveau de Compétences : Général 1 - 2 en guérison & sens décuplés - 3 en mauvais choix de fréquentations
↳ Playlist : Don't you worry Child - Swedish House Mafia
Iris - Goo goo Dolls
Howl - Florence & the Machine
Lifeline - Imogen Heap
Grey Room - Damien Rice
↳ Citation : On a toujours le choix. Toujours. Il suffit de faire le bon
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MessageSujet: Pick up your memories [Liam]   Ven 29 Jan - 16:02


« une petite citation parce que ça fait joli »



Liam Wiggins & Shae Thackery
featuring

C’était une journée bien calme, et Shae avait profité de l’absence de clients pour s’attaquer à un peu de rangement. L’avocate n’était pas ce qu’on pourrait appeler une pro de l’organisation. Elle avait des dossiers papiers qui trainaient un peu partout, des documents informatiques éparpillés, et si elle retrouvait toujours ce dont elle avait besoin, elle y perdait parfois beaucoup de temps en route. Elle avait donc décidé de trier paperasse et documents informatiques. Cela ne s’annonçait pas une tâche évidente. Bien sûr, si elle avait eu une assistante ou une secrétaire, elle l’en aurait chargée et la rousse aurait été tranquille. Mais ça, c’était valable dans l’ancien monde, quand elle avait une belle carrière d’avocate de droit privé devant elle. Une carrière faite de victoires, d’assistante personnelle et d’un beau bureau avec vue sur Manhattan. Aujourd’hui, Manhattan n’existait plus, New York était hantée de créatures morbides, et Shae n’avait pas une belle carrière devant elle. Surtout, elle n’avait clairement pas les moyens d’engager une assistante, et elle devait donc se coltiner le travail elle-même.
Elle était en plein dans un ancien cas d’agression à mains armées quand elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir. Elle releva la tête, surprise. Un client ? Rapidement, elle se leva  et alla ouvrir la porte de son bureau, se retrouvant face au dit client. Elle se figea sur place.

« Liam. Monsieur Wiggins. Monsieur le Ministre. »
Elle ne savait pas bien comment l’appeler. Liam Wiggins était un ministre important au Gouvernement, bien que Shae ne soit plus très sûre de son champ d’action. En tout cas, il était l’une des personnalités les plus en vue à la Nouvelle Orléans. Mais Liam Wiggins était aussi un ami de longue date de l’avocate. Ils s’étaient connus lors de leurs études de droit, avaient sympathisé et étaient rapidement devenus amis, liés par l’amour du droit et de nombreuses soirées passés ensemble. Et puis…et puis Liam avait entamé une carrière politique prometteuse, et ils s’étaient un peu perdus de vue. Après ça, Shae avait perdu Becca, elle s’était perdue elle-même, et elle avait fini par se suicider.
Oui, sauf qu’elle était là. Et Liam était parfaitement conscient qu’elle devrait être six pieds sous terre, il avait probablement reçu l’avis de décès, comme tous ses proches. Il parait que les parents Thackery avaient fait un enterrement immense, une belle cérémonie. Il y avait un monde fou, dont la moitié qui ne connaissaient Shae que de nom. C’était toujours comme ça avec les Thackery ; il fallait se faire voir. En tout cas, Liam devait savoir que Shae n’avait rien à faire ici, à exercer le droit. Et son existence n’avait qu’une signification : elle était Nightkeeper. Sauf qu’ici-bas, les Nightkeepers n’étaient pas particulièrement bien vus ; c’était même un euphémisme. Shae l’avait caché de son mieux, dans l’espoir de se protéger des hystériques et du Gouvernement justement. Gouvernement qui venait de s’incarner devant elle et qui était assez intelligent pour comprendre la nature profonde de l’avocate.

« Tu, euh…entre, voyons, je t’en prie ! »
Et elle s’effaça pour laisser son ami passer. Etait-il encore son ami, d’ailleurs, après toutes ces années et dans ce nouveau monde ? Ce qui était ironique, c’était que Shae s’était retrouvée face au jumeau de Liam, Nolan, à peine quelques jours auparavant. Et qu’elle n’avait pas non plus particulièrement apprécié cette rencontre impromptue. En plus de cela, elle se demandait pourquoi Liam viendrait la voir à son cabinet. Après tout, il était avocat également. Un meilleur avocat qu’elle-même, d’ailleurs, même si la jeune femme aurait beaucoup de mal à l’avouer en public. Il n’avait clairement pas besoin de ses services, ils devaient avoir un tas de bons avocats disponibles et prêts à faire n’importe quoi pour le Gouvernement, dans leur beau building officiel. C’est le cœur serré par l’inquiétude que Shae referma la porte sur le ministre. Elle avait commis au moins une dizaine de délits depuis qu’elle était revenue à la vie, sans compter son statut caché de Nightkeeper. Venait-il pour détruire la petite vie qu’elle avait réussi tant bien que mal à édifier ?


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↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ◐ METALLICA - One ◐ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ◐ COLDPLAY - Fix you ◐ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ◐ PINK FLOYD - Wish you were here ◐ BANKS - Waiting game ◐ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ◐ MT. EDEN - Escape ◐ HALSEY - Gasoline ◐ BRITNEY SPEARS - Toxic ◐ METALLICA - Master of Puppets
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Mar 2 Fév - 4:27



pick up your memories

 
Just upon a Smile


Shae. Le souvenir est encore douloureux et mes mains tremblent alors que je repense à la nouvelle. Ce jour là, j'étais dans mon bureau, préparant je ne sais quel dossier inutile, lançant ma carrière politique avec précaution, ignorant une quelconque menace. Shae n'était plus qu'une lointaine amie, nous nous étions éloignés. Pourquoi ? Simplement parce que j'ai choisi la voie où tous ceux qui comptaient n'avaient pas leur place. J'ai choisi la voie solitaire, où il n'y avait de place que pour moi. Pour autant, lorsque la nouvelle m'est parvenue, j'ai loupé un battement. Shae. Mon amie. Ma si douce amie. Les souvenirs étaient remontés, tous. Et si à l'époque j'étais déjà froid, je tenais déjà mon masque, une larme n'avait pu s'empêcher de couler.

Je m'en étais voulu. Je m'en veux encore. Si seulement j'avais été là, si seulement je n'étais pas parti. Tant de remarques qui n'auraient jamais de réponses. Tant d'excuses à quelqu'un qui n'était plus là pour les entendre. C'était plus facile pour moi, de faire face à Shae maintenant qu'elle ne pouvait plus répondre. Plus facile que de faire face à mon frère, bien vivant, et de devoir lui dire que j'étais désolé. Elle, au moins, ne pouvait pas me dire à quel point elle me détestait. Et pourtant, pourtant, si tout avait été aussi simple.

En plus d'avoir été égoïste j'avais donc été aveugle. Lorsque son nom s'est retrouvé à nouveau entre mes mains tout cela m'a paru être une évidence. Elle était une sorcière, elle n'avait rien de différent de moi. Et le monde, au lieu de lui offrir une paix qu'elle avait convoité, lui avait offert un nouvel Enfer et désormais une vie dans une Terre abîmée. J'avais passé du temps à observer son nom, son bureau et glisser mes doigts sur les lettres. Elle était vivante et je me devais de m'excuser. Elle était là, à quelques mètres et les mots que j'ai répété pendant des années à un disparu semblaient désormais impossibles à assumer.

Pourtant, la rencontre avec Nolan datant de quelques jours, je m'étais rendu à l'évidence. Je ne pouvais pas laisser ça comme ça. Pas avec Shae. Pas avec le sourire si innocent de cette petite rousse qui m'a vu encore humain, encore riant et affectueux quand les autres ne voyaient qu'un opportuniste qui n'avait d'yeux que pour sa carrière. Alors j'avais enfilé ma veste de costume et descendu le bâtiment du Gouvernement. J'avais soufflé un bon coup, secoué mes mains pour stopper leur tremblement réflexe et m'était rendu sur son lieu de travail. Nerveux comme rarement, j'avais souri poliment jusqu'à me retrouver à l'entrée de son bureau.

Ses pas résonnaient au loin et me serraient le cœur. Elle était en vie. Mon amie pleurée, regrettée, était en vie. Derrière cette porte elle marchait, son cœur battait. Derrière cette porte, il y avait la matérialisation de mes regrets. À défaut d'arranger les choses avec mon jumeau, je me devais de les arranger avec elle. Essayer, du moins. Je lui devais au moins ça. Je me devais, peut-être même, au moins ça. Et quelques secondes affreusement longues après ça, la porte devant moi s'ouvrit, m'offrant la réalité que j'avais tant redouté. Les larmes me montant aux yeux, je restais silencieux alors qu'elle prononçait mon nom. Mon rang. Elle savait qui j'étais. Je n'avais pas de quoi être surpris, mais pourtant, un instant, une pensée seulement, je me demandais pourquoi elle n'était pas venue me voir.

Sans avoir le temps de laisser cette pensée prendre plus de place dans mon esprit, elle me laissait passer pour entrer. Un instant, j'hésitais, voyant clairement de la gêne sur son visage. Marchant sans rien dire jusqu'à ce qu'elle ferme la porte dans notre dos, me retournant vers elle. Son expression qui me laissa glacé, ne sachant ni quoi faire ni quoi dire, me fit finalement rire un peu nerveusement. Quel piètre politicien je faisais en cet instant. Et pourtant, mon regard se plongeant dans le sien, ce fut évident. L'instant d'après je la prenais dans mes bras et la serrais doucement. Le sourire toujours aux lèvres, s'estompant lentement, me laissa fermer les paupières pour savourer l'instant.

Elle était en vie. Elle était vraiment en vie. Sans me détacher d'elle, ne réfléchissant pas plus que cela sur l'instant, j'ouvrais finalement la bouche pour dire, d'une voix moins sûre que je ne l'aurais voulu. « Tu m'as manqué. » Et serrant une dernière fois ma main dans son dos je m'éloignais un peu, remettant ma veste en place pour observer un peu son trop petit bureau pour elle. Le regard encore flouté par ce mélange d'émotions, et surtout, par le fait de l'avoir enfin devant les yeux, j'ajoute, joueur. « Les appartements de la faculté te manquaient à ce point pour que tu décides de t'installer ici ? » La blague n'était pas vraiment de bon goût et il ne me fallut pas une seconde pour lever la main, la secouant légèrement et dire. « J'espère que tu n'as pas oublié à quel point quand je suis mal à l'aise j'ai tendance à dire ce qu'il ne faut pas. Je suis désolé, Shae. »

Le souffle de son prénom sur mes lèvres me laissait un frisson. Si mes excuses n'avaient rien de celles que je prononçais ces dernières années à son égard, les mots étaient tout de même sortis dans le même ordre, sauf que cette fois, elle était face à moi. Cette fois, tout était réel. Tout était vrai. Peut-être même trop vrai pour elle ? Et aussitôt cette pensée apparut, aussitôt j'ajoutai. « Je... je ne veux pas te déranger Shae. Je voulais... je devais te voir mais. Mais je peux m'en aller. Vraiment. » Je me dirige vers la porte et la regardant, réalisant à quel point elle n'avait peut-être pas envie de me voir là, je soufflais. « J'aurais du appeler, pas vrai ? ».

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Dernière édition par Liam P. Wiggins le Sam 30 Juil - 4:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Jeu 4 Fév - 22:20

Ainsi donc, il était là. Liam. Shae ne savait pas trop comment réagir à sa présence. D’un côté, elle était sincèrement et foncièrement heureuse de le revoir. Avant Darkness Falls, la jeune femme était du genre à avoir beaucoup de « potes », mais peu d’amis. Il y avait Becca, évidemment, mais leur relation allait bien au-delà de l’amitié. Liam faisait partie du peu d’amis réels qu’elle comptait à l’époque. Même lorsqu’ils s’étaient éloignés, même lorsque Liam avait commencé à faire son trou dans le monde impitoyable de la politique, Shae le comptait comme un ami. Un ami sur qui elle pouvait compter. Et pour cela, elle était heureuse de le revoir, parce que les amis dans ce nouveau monde se faisaient encore plus rares qu’avant. Mais de l’autre côté, Liam et elle ne s’étaient pas revus depuis 2012. Liam était Ministre, et elle était une Nightkeeper. Leurs natures et leurs fonctions étaient bien opposées. Et la visite d’un ministre ne présageait pas forcément quelque chose de bon, même si le ministre en question était un ancien ami.
C’est avec appréhension que Shae regardait maintenant Liam, dans son bureau. Ils étaient tranquilles pour un moment ; quelle que soit la raison de sa présence ici, il aurait tout le temps de lui en faire part. Shae s’attendait à des banalités sur le temps, ou à un discours magnanime. Mais ce ne fut rien de cela. A la place, elle se trouva en deux secondes dans les bras de Liam. L’avocate en resta bouche bée, figée, ne sachant que faire. Elle avait l’impression de vivre un instant surréaliste. Liam Wiggins, qui enlaçait une femme qu’il n’avait pas vue depuis des années ? Elle était encore hébétée lorsqu’il la lâcha, le fixant du regard en cherchant une réponse à tout cela.
« Tu m’as manqué. » Il paraissait tellement sincère. Shae sentit son cœur se briser. Bon sang, ce qu’il lui avait manqué aussi. Dans ce monde, elle n’avait rien retrouvé de ce qu’elle avait dans son ancienne vie. Tous ses amis avaient disparu ou étaient morts. Elle avait erré dans un monde inconnu peuplé de gens inconnus. Elle n’avait pas noué beaucoup d’amitiés sincères à la Nouvelle Orléans. Après tout, les gens avaient vécu l’Apocalypse, ils savaient qu’ils pouvaient tout perdre d’un instant à l’autre. Et la méfiance était de mise la plupart du temps. Mais Liam était là. Elle avait un ami, une réminiscence du bonheur qu’elle avait avant. Elle n’avait pas tout perdu, et revoir ce visage familier lui faisait tellement de bien que ça lui faisait presque mal. Elle aurait tout donné pour revenir en arrière. Elle ne le dit pas, cependant, se contentant d’un sourire à moitié gêné. Cette situation était burlesque. Et elle ne savait toujours pas quel loup se cachait derrière cette visite.

Liam lui sortit une blague, vaseuse, ce dont il se rendit vite compte. Il avait toujours été comme cela. Dès que la situation lui échappait, il faisait des remarques qui tombaient à l’eau, voire jetaient un froid. Dans ces moments, il ressemblait fort à Nolan et ses blagues à deux sous. D’ailleurs, Shae s’était souvent demandé comment il avait gravi les échelons avec un tel manque de sang froid. Mais elle ne lui en tint pas rigueur, sachant que c’était juste sa façon de gérer les situations compliquées.
« Je sais, ce n’est pas grave. Ce n’est pas super ici, mais c’est pas mal non plus », ajouta-t-elle avec un sourire et un haussement d’épaules. Elle faisait avec ce qu’elle avait pu trouver. Et au final, elle s’en sortait plutôt bien. Ca n’était pas le luxe, mais c’était suffisant pour recevoir ses clients et traiter sa paperasse. Bien sûr, aux yeux de Liam, ce devait être un peu miteux. Lui devait avoir un beau bureau avec plein de meubles et de décorations. D’un autre côté, il ne recevait pas les mêmes clients que Shae, probablement.
« Je... je ne veux pas te déranger Shae. Je voulais... je devais te voir mais. Mais je peux m'en aller. Vraiment. »
Il semblait réellement mal à l’aise, désormais. Il devait la voir. Shae frissonna à ces paroles. La voir pour quoi. Pourquoi devait-il le faire ? Cela voulait-il dire qu’il ne le souhaitait pas ? Elle ne comprenait pas bien ce qui se tramait. Et cela ne lui plaisait pas des masses. Liam l’avait totalement prise au dépourvu, et maintenant il proposait de s’en aller, là, comme ça ?

« J'aurais du appeler, pas vrai ? »
Elle sourit, mais pas un sourire gêné cette fois-ci. Celui-ci était plus affectueux, plus sincère. Au fond, Liam avait beau être ministre et faire ses beaux discours, il restait ce mec un peu maladroit qu’elle avait rencontré lors de ses études.
« En général, c’est ce que les gens font, quand ils décident de reprendre contact après plus de 6 ans. Mais tu ne me déranges pas, reste. S’il te plait, reste un peu. Assied-toi. »
Pour aussi surprise qu’elle était, et inquiète, Shae ne souhaitait pas voir Liam partir tout de suite. Elle voulait comprendre, savoir ce qu’il avait fait pendant qu’elle n’était pas là. Rattraper un peu de tout ce temps perdu, gâché. Elle s’assit non pas à son bureau, mais sur l’un des fauteuils qui entouraient une table basse dans le coin de son bureau, sur laquelle s’empilaient des livres de droit. C’était là où elle relisait ses dossiers le soir, plus confortable que sa chaise de bureau. Elle posa les livres à terre, puis reporta son attention sur Liam.
« Désolée, je n’ai rien à t’offrir à boire, je suis en retard sur les courses de bureau. »
Elle était souvent en retard sur toutes les tâches quotidiennes, d’ailleurs. Son frigo chez elle était quasiment vide, mais elle n’avait jamais le temps, enfin du moins ne prenait jamais le temps, d’aller faire les courses. Elle avait toujours mieux à faire.

« C’est assez…déboussolant de te voir là. Je veux dire, vu ta fonction. Tu, euh…je peux faire quelque chose pour toi ? »
Shae doutait qu’elle puisse faire quoi que ce soit pour Liam. Comme si le ministre avait besoin d’elle. Mais c’était la seule tournure qu’elle ait trouvé pour poser la question de façon neutre. Que faisait-il ici ? Etait-il venu pour elle ou contre elle ? Devait-elle s’inquiéter ? Autant de questions implicites et silencieuses, adressées à son ami. Etaient-ils encore amis d’ailleurs ? Elle était morte. Elle avait eu sa chance. Elle ne l’avait même pas prévenue lorsqu’elle avait vu qu’il était toujours en vie, n’avait pas cherché à reprendre contact. Il faut dire que Shae fuyait le gouvernement tant qu’elle pouvait. Les seuls contacts qu’elle avait étaient lorsqu’un représentant venait lui donner des « consignes » concernant un procès, exceptionnellement, et chaque fois cela la laissait dans une colère sans nom. Le Liam qui était devant elle était-il son ami retrouvé, ou le ministre Wiggins ?
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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Ven 12 Fév - 3:53



Le regard de mon amie, là, face à moi, valait tout. Il avait toute la gêne, toutes les hésitations, il valait tout. Alors elle pouvait me foutre dehors, elle pouvait me dire de ne pas revenir, elle pouvait même me dire qu'elle m'en voulait, je m'en fichais. En cet instant, tout ce qui m'importait c'est qu'elle était bien en vie. Bien sûr, lorsque son nom était apparu sous mes yeux j'avais voulu y croire. Je voulais me dire que c'était elle, qu'il n'y avait qu'elle. Il est évident que nous n'avons pas tous un double dans ce monde, encore moins un dont je n'aurais pas eu connaissance. Mais cette réalité était aussi tellement tordue que quelqu'un avait pu prendre son identité. Auquel cas, je lui aurais expliqué ma façon de penser et j'aurais tout fait pour réparer ça.

Mais quelque chose me disait que c'était elle. L'évidence qu'elle était une sorcière avait passé le déni, et au fond de moi je savais. Je savais aussi ce que cela signifiait. Elle avait été envoyée à Darkness Falls, et donc pratiquait la magie noire. Mais ça m'importait peu. La couleur de la magie que l'on pratique n'est en rien le reflet de la couleur de notre âme. J'en étais la preuve, elle en était la preuve. Aussi, je profitais de l'instant. De la douce odeur qui se dégageait d'elle et qui n'avait pas changé. De ce sourire qui ne lui appartenait qu'à elle et qui me réchauffait le cœur rien qu'en existant. Elle, tout simplement. Et elle ouvrait finalement la bouche, cassant cette pseudo-glace qui s'était installée entre nous.

À sa remarque, je haussais les épaules. Généralement, les gens ne recontactent pas ceux qu'ils croient morts. Ce monde est tellement sans dessous-dessus qu'il n'y a pas réellement de normalité, ou de généralement. Mais peu importe, ce qui suit me colle un sourire franc alors que je la suis. Si je ne la connaissais pas autant, j'aurais juré que quelque chose la tracassait. Il y avait fort à parier pour que ce sentiment découle de ma présence. Si cette idée me blessait un peu, elle n'avait pourtant rien d'étonnant. Je restais Ministre et elle, morte. Tout cela, en tant normal, n'aurait rien auguré de bon. Mais c'était Shae, c'était mon amie et je ne lui voulais aucun mal. Alors que je me faisais malgré tout silencieux, cherchant à ne pas la mettre plus mal à l'aise que je n'avais pu le faire, je m'asseyais dans un fauteuil et observais les tonnes de livres et dossiers qui couvraient la pièce. Elle n'avait pas vraiment changée. Alors que mon espace de travail avait toujours été ordonné à la mouche près, elle remplissait le moindre trou d'un bout de dossier et je la revoyais encore enjamber les piles et m'attraper une feuille sous dix autres, sa tasse de café à la main alors que l'on révisait.

La pensée me laissa un sourire songeur alors qu'elle s'excusait et que sans attendre je répliquais. « T'excuses pas, ce n'est pas comme si tu m'avais oublié. » Ma voix est douce et mes yeux se reportent sur les siens. Et alors qu'elle continue, je passe ma main sur ma mâchoire, réflexe incontrôlé qu'elle m'a vu faire un million de fois. Finalement, je m'avance et pose mes coudes sur mes genoux pour la regarder avec toute la tendresse dont je suis capable.

« Ma fonction n'a rien à voir avec ma visite, et tu n'as rien à faire pour moi, non. » Je détourne les yeux et réalise combien cela doit être compliqué pour elle. Cette nouvelle vie qui s'offrait à elle n'avait rien du paradis. Si elle adorait le droit et que j'étais heureux de la voir exercer, je réalisais que tout cela n'avait pas grand chose du cadre dont elle rêvait lorsque l'on étudiait. Shae avait toujours était très bonne et elle aurait sans doute pu faire une très bonne carrière. Tout cela devient évidemment beaucoup plus compliqué lorsque l'on est pas sensé être en vie.

Alors que je me frottais le visage une nouvelle fois, je me décidais à parler honnêtement. « Écoute, Shae... Je... Je ne suis pas là pour obtenir quelque chose de toi. Je suis là parce que ton nom est apparu devant mes yeux et que... Je devais savoir si c'était bien toi, si t'étais bien en vie. » Je m'approche du bord du fauteuil et glisse ses mains dans les miennes. J'ai besoin de la sentir. D'être sûr. Ce n'est pas un rêve. Tout cela est bien réel. Mon amie est en vie. Ma seule amie.

« Shae j'ai tellement merdé tu sais... » ma gorge se serre et mes mains se referment un peu sur les siennes. « Je... j'aurais pas du m'éloigner de toi, j'aurais pas du te laisser. » Les émotions récentes, tous les événements et la tristesse accumulées faisaient que je n'arrivais plus à prétendre. Que ce masque si parfait que j'avais mis des années à créer et que Nolan avait salement cassé restait fissuré. Évidemment, je ne m'écroulais pas en larme ou ne frappais pas le premier venu. Pour autant, j'étais incapable de faire semblant face à quelqu'un d'aussi important, et surtout d'aussi vivant qu'elle. Je me rappelais de toutes les fois où j'avais tourné la tête vers le ciel pour lui parler, m'excuser et lui demander comment tout cela allait terminer. Et là, c'était le regard bien droit, dans ses prunelles, que toutes ces questions me brûlaient la langue.

Hésitant, mal à l'aise, je caressais lentement sa main, regardant ses doigts fins dans les miens pour me donner le courage de parler. « Je suis tellement désolé Shae... t'aurais pas du vivre ça... pas toi. » Mon regard se relève dans le sien, et les yeux légèrement floutés je déglutis avant de dire d'une voix légèrement brisée. « Tu crois que tu pourras me pardonner ? ». Sentant que tout cela devient trop sérieux, trop vrai, et surtout que sa réponse peut briser encore plus ce qu'il reste du vrai moi, je retire mes mains et me tourne vers ma sacoche, me rappelant d'une chose.

Me détournant rapidement pour l'attraper j'en sors une bouteille de jus de fruit. Pressés du matin, que j'amenais toujours avec moi. Non pas que les aliments du Gouvernement ne soient pas bons, mais j'avais toujours adoré boire mon jus pressé, frais, et si pendant mes études on pouvait me voir arriver avec mon orange pressée le matin en cours, rien n'avait vraiment changé. Alors je lui montrais avec un sourire gêné, tentant malgré tout de garder une certaine contenance et ajoutai. « J'espère que tu aimes toujours les oranges fraîchement pressées ? »

Je tente tant bien que mal de faire taire mon cœur et les souvenirs qui l'accompagnent. Le pardon n'était pas ma spécialité, et ces jours-ci encore moins. Je n'étais pas très doué pour l'obtenir. Mon frère, bien que vivant, refuser de me le donner. Alors de la part de quelqu'un qui est mort, était-il réellement bon d'espérer ?

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Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 7:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Mar 23 Fév - 22:22

« T'excuses pas, ce n'est pas comme si tu m'avais oublié. »
Shae ne peut s’empêcher de sourire, amusée. Liam a peut-être vendu son âme au diable en s’enrôlant dans un Gouvernement corrompu jusqu’à la moelle et tyrannique envers des gens qui ont déjà trop souffert, il a gardé son humour teinté d’esprit et son auto-dérision qui l’amenait à toujours gagner les débats à l’université. Et alors qu’il s’avance, Shae se souvient qu’il gagnait aussi le cœur des gens grâce à son regard qui transperçait les gens et les incitait à l’aimer, instinctivement. En réalité, Liam était irrésistible. C’était probablement ça, en plus de son intelligence grandiose, qui l’avait amené aussi haut. Shae avait toujours été intelligente, mais elle était agaçante, et c’est pour ça qu’elle n’aurait jamais pu viser aussi haut. Mais elle avait toujours pressenti que son ami irait loin. Elle avait juste espéré, à l’époque, garder une petite place dans sa vie une fois qu’il serait au sommet. Au final, la vie en avait décidé autrement, et il avait grimpé les échelons sans elle, alors qu’elle se débattait contre l’horreur de Darkness Falls. Ironie du sort, il était là aujourd’hui, et ils avaient à peu de choses près la place qu’ils auraient probablement eue si l’Apocalypse n’avait pas eu lieu. Quoique, Shae aurait eu un poste plus sympa, tout de même.
Liam m’assure que sa venue n’a rien à voir avec son poste. Je ne sais pas si je dois le croire totalement. J’ai envie de lui faire confiance. Mais même s’il venait à cause de sa fonction, il ne pourrait peut-être pas le dire. Et elle ne pouvait rien pour lui. Pourquoi venir alors ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ?
« Écoute, Shae... Je... Je ne suis pas là pour obtenir quelque chose de toi. Je suis là parce que ton nom est apparu devant mes yeux et que... Je devais savoir si c'était bien toi, si t'étais bien en vie. »
Alors c’était aussi simple que cela ? Shae s’en voulut presque d’avoir donné des intentions mauvaises à Liam. Il voulait savoir si elle était réellement revenue d’entre les morts. Après tout, c’était compréhensible, et Liam semblait trop sincère pour mentir sur ce point. C’avait dû être un choc lorsqu’il avait vu son nom. Un fantôme ressurgi. Il est vrai que les deux amis vivaient à une époque où les fantômes pouvaient ressurgir, et encore, ce n’était pas le plus bizarre. Mais Shae ne pouvait qu’imaginer à quel point cela pouvait être difficile à digérer de revoir quelqu’un que l’on croyait mort.
« Eh ben, oui. Faut croire qu’on a estimé que j’avais pas fait mon temps. », lança-t-elle avec un petit sourire. Qui que ce soit ce « on », il avait décidé que le suicide n’était pas une façon de partir, et l’avait renvoyée ici après un petit passage par la case Punition. Mais au fond, à voir Liam devant elle, ressentir ce bonheur indescriptible de retrouver un être cher, elle arrivait même à ne plus en vouloir à ce « on ». Elle lui abandonna ses mains volontiers. Ils avaient toujours été proches. Le genre de proximité que certains ne supportaient pas. Le genre qui n’avait pas peur des sourires, des mots sincères et des gestes d’affection. Le genre de proximité que Shae appréciait tout particulièrement parce qu’elle était fondée sur quelque chose de spécial. Bon sang, ce que ça lui avait manqué, ce qu’il lui avait manqué.

Elle serre un peu plus les mains de Liam, en réponse à sa propre réaction, alors qu’il s’excuse. Maladroitement, mais sincèrement. L’avocate n’avait jamais imaginé qu’il ait pu s’en vouloir à ce point. C’est vrai qu’ils s’étaient éloignés. Mais Shae n’avait jamais eu l’impression d’être abandonnée. Quand elle appelait Liam, il répondait toujours. Il donnait des nouvelles, dont elle avait eu vent à la télévision de toute façon. Il ne l’avait pas laissée tomber. Personne ne l’avait laissée tomber. Elle s’était laissé tomber toute seule. Ce n’était la faute de personne, sauf d’elle-même. Elle s’était infligé. Et elle se rendait compte, alors que Liam affichait une mine qui serrait le cœur de la belle rousse tout en lui demandant son pardon, qu’elle avait aussi infligé ça à d’autres. Elle s’était suicidée, persuadée que c’était la seule solution. Mais elle avait fait du mal à ceux qu’elle aimait. Elle avait infligé de la culpabilité à ses proches. Ce n’était pas ce qu’elle avait voulu. Elle voulait juste arrêter d’avoir mal, pas faire mal en retour.
Avant qu’elle ait pu prononcer un mot, Liam l’avait lâchée et était retourné à son sac, duquel il sortit un jus d’orange. Shae éclata de rire. Elle avait longtemps charrié Liam sur sa manie de se ramener à l’université avec son jus d’orange pressé, comme un petit vieux. Et il faut dire qu’elle en avait profité allègrement, piquant toujours un verre dans la bouteille. Il faut croire que certaines habitudes sont tenaces. Elle acquiesca d’un signe de tête accompagné d’un sourire.
« Il y a des verres juste là, sous la machine à café. », dit-elle en désignant la commode à côté de Liam.

Elle avait l’impression de remonter un peu le temps. Liam, elle, une bouteille de jus d’orange. Ils pourraient presque parler du cours de droit pénal avec leur professeur qui ne comprenait aucune blague, ou des coucheries de la prof d’économie avec un élève de dernière année. Comme avant. Quand ils vivaient dans l’insouciance, persuadés qu’une vie magnifique s’offrait devant eux. Et quelle vie ils avaient, au final…Shae baissa les yeux sur ses genoux. Mauvais endroit, mauvais moment. Leurs rêves avaient volé en éclats, à tous les deux. Ce n’était pas juste.
« Ce qu’il y a là-bas, c’est horrible. C’est indescriptible. Une fois que tu atterris à Darkness Falls, il t’en reste des souvenirs cauchemardesques. J’ai cru que j’en sortirais jamais, tu sais. Et puis, je suis sortie, et le monde était en ruines. J’avais juste…tout perdu. Tout et tout le monde. »
Elle releva les yeux, retenant une larme rebelle de justesse, et adressa un sourire à Liam.
« Alors tu n’imagines pas à quel point je suis heureuse de te voir. Tu es la première personne qui comptait pour moi que je retrouve. Y’a rien à pardonner, tu sais, parce que je ne t’en ai jamais voulu. Tu n’es pas fautif en quoi que ce soit. J’ai fait mes choix. Je croyais en finir, puis non, visiblement, pour les Nightkeepers faut s’y prendre à plusieurs fois. », ajoute-t-elle avec un rire.

Après tout, cela ne sert à rien de nier sa nature. Liam est déjà au courant, le simple fait qu’elle soit revenue d’entre les morts prouvant qu’elle était une Nightkeeper, selon l’appellation officielle. Et s’il n’était pas venu pour cela, pourquoi mentir ?
« Au fond, je ne sais pas si ma nature est un don, parce qu’il m’a permis de revenir et de vivre à nouveau, ou une malédiction, parce qu’il m’a forcé à vivre l’Enfer et à atterrir dans un monde un peu bancal. Là, depuis quelques minutes, je pencherais pour la première option ».
Elle lance un clin d’œil à Liam avant de sourire une nouvelle fois. Dans ce merdier qu’est sa vie, il y a maintenant un petit coin de beauté en plus, l’image d’un ami revenu du passé, d’un ami véritable, avec qui elle ne doit pas faire semblant. Quelqu’un qui tenait à elle. A qui elle tenait. Cela justifie totalement ce sourire béat qui semble ne pas vouloir quitter son visage.
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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Jeu 17 Mar - 3:55



Le rire de la rousse me fit frissonner jusque dans mes entrailles. Elle était là, en vie. Elle était face à moi, riant comme si rien n'avait d'importance. Riant comme si tout ce qui nous avait éloigné, tout ce qui avait été mauvais dans cette vie n'existait pas. Rien de ce qui nous avait rendu si malheureux l'un et l'autre n'était entre nous. En cet instant, son rire prenait toute la place. Mes yeux se fermaient, s'enivrant de la sensation alors que les souvenirs me remontaient jusqu'au visage. Tout ce qui faisaient de nous des étudiants en bonne voie, de quoi réussir. Les piles de livres et les révisions qui s'accumulaient autour de nous. Les tasses de café, de thé, les stylos, et nous. Juste nous.

Le fait que Shae ait été la meilleure des amies n'avait rien d'un hasard. Elle avait cette capacité que peu de personnes ont, de me mettre à l'aise. Près d'elle, je ne m'étais jamais senti pas assez. Je n'avais jamais eu besoin d'en faire des tonnes. Le fait que j'ai passé un nombre incalculables de soirées en jogging à lui faire à manger pendant qu'elle travaillait et à m'endormir près d'elle. Le fait que lorsqu'elle était malade je venais lui raconter la journée et m'endormais contre elle, la main dans la sienne, simplement pour qu'elle ne soit pas seule. Tout ça sans jamais de rancœur, de jalousie ou que sais-je. Dans ses yeux, j'étais assez. Pas pour les costumes, les blablas tout fait. J'étais assez pour ce que j'étais vraiment, ce que j'avais perdu en perdant mon frère et qu'elle avait été la seule à me faire retrouver.

Mais ce moment, aussi parfait était-il, n'avait rien d'éternel, et à la seconde où son rire s'éteignait, bien qu'imprégnait dans les moindres recoins de mon crâne, mes yeux s'ouvraient à nouveau sur une réalité bien plus triste, bien plus noire que là où mon imagination, mes ambitions et mes espoirs m'avaient menés. Mais elle était malgré tout bien là, bien vivante, bien riante. Alors l'espoir n'était pas mort, l'idée d'une vie meilleure non plus. Les deux seules personnes qui avaient ce petit quelque chose dans leurs yeux étaient mon frère et ma meilleure amie. Il y a quelques jours encore je pensais avoir perdus les deux. Mais le fait qu'elle soit là, face à moi, m'indiquant la machine à café, me laisse croire au fond de moi que rien n'est réellement complètement fini. Qu'il y a toujours un espoir, même dans le plus sombre des temps. Il suffit d'être patient, d'attendre. Peut-être de le mériter ?

Me laissant emporter par la nostalgie du moment, versant le jus dans les verres tout juste attrapé, je ne remarquais pas tout de suite le changement d'atmosphère. Il fallut que sa voix transperce le silence qui nous entouraient un instant pour que mon cœur rate un battement. Son ton avait complètement changé, et alors que je me retournai sans attendre un mot de plus les deux verres à la main, je vis son visage. Mon sourire s'effaça en un instant alors que j'avançais vers elle pour reprendre ma place, laissant sur la table le jus pressé sans un mot. Sa description me fit serrer les dents. De rage, de peine, de haine. C'était dur de comprendre, de savoir. J'en voulais à la terre entière pour sa mort, je m'en voulais encore plus encore pour ce qu'elle avait subi, bien pire que la mort. Alors mes yeux se replongeaient, honteux dans les siens, je cherchais mes mots.

Cherchais du réconfort, des blagues, n'importe quoi. Je recherchais désespéramment l'innocence de nos jours de fac. L'innocence de notre avenir, de nos mots doux qui nous montraient tout l'avenir qu'il y avait devant nous. Ensemble. Mais comment faire aujourd’hui ? Comment dire ça ? Comment croire ça ? Alors que nous vivons au milieu de ruines, à deux doigts de mourir à chaque instant pour des raisons plus ou moins valables, n'ayant pas la moindre idée de ce qui pourrait nous attendre après. Et puis son sourire, un peu triste, me coupa dans mes pensées. Me fixant sur elle, je lui souriais timidement en retour. Sans plus chercher de mots, sans plus rien chercher d'autre que l'instant présent.

J'écoute attentivement la suite de ses mots. Elle ose dire à voix haute, face à moi, la seule chose que l'on ne s'est jamais dite. Nous sommes des sorciers, l'un comme l'autre. Les sorciers ne meurent pas comme ça. Le Paradis ne nous attend pas, et d'après ce que j'ai lu et entendu, l'Enfer non plus, c'est bien pire que ça. Alors  qu'elle conclut ce petit passage un peu triste, un peu trop vrai, je lui souris toujours tendrement avant de m'approcher un peu d'elle et lui reprendre la main. Quelques secondes, je joue avec ses doigts, j'appuie doucement dessus. C'est un réflexe quand je réfléchis, cherche mes mots. Ma lèvre se pince entre mes dents et finalement, je relève mes paupières, fixant ses prunelles avant de parler, continuant de jouer avec ses doigts.

« Tu sais, j'aurais jamais cru que tout ça tournerait comme ça. J'ai pas fait que des bonnes choses, loin, très loin de là. Mais que le monde devienne aussi tordu, aussi foutu, ça j'y aurais jamais cru. » Je resserre légèrement mon emprise en continuant. « Mais tu ne méritais pas de vivre tout ça, sous aucun prétexte. Si le fait d'être Sorcier justifie de vivre un Enfer, j'aurais clairement du le vivre à ta place. » Une moue se dessine sur mon visage alors que ma main tremble légèrement. « Je ne sais pas pourquoi je ne t'ai jamais dit ça, pourquoi j'ai préféré taire ça. Mais je crois que j'avais peur... J'avais peur que tout ça t'éloigne de moi. C'est ironique quand on y pense, parce qu'il n'y a rien de magique à tout ce qui nous a éloigné. »

Je me tais une seconde, la regardant plus intensément avant de la prendre dans mes bras une nouvelle fois. Je cale ma tête contre son épaule et ferme les yeux. Le sourire qui se dessine sur mon visage alors que la vague d'émotions qui resurgit me laisse des larmes au fond des yeux me fait soupirer, soulagé. Et je m'éloigne d'elle encore une fois, lui tendant enfin le jus de fruit et portant l'autre verre à mes lèvres, je continue. « Tu te souviens quand tu étais malade ? Je venais t'apporter du jus, du thé et je dormais avec toi, pour que tu n'aies ni peur ni froid. Je suis désolé, désolé de ne pas avoir été là, tout en bas, alors que tu avais besoin de quelqu'un pour ne pas avoir peur. Mais je suis là, maintenant. Et je te protégerai. »

J'avale une gorgée, et dans un sourire joueur j'ajoute finalement, plus léger. « Non pas que tu en aies besoin, t'es tout de même littéralement revenue d'entre les morts, c'est plus que tout ce qu'on avait jamais espéré pour notre avenir ! Mais... si tu le fais pas parce que tu en as besoin, tu veux bien me laisser le faire pour moi ? Tu sais, me sentir viril, utile, ce genre de trucs. »

Tout ça n'avait rien d'évident, rien de facile. Ce genre de situation n'était pas vraiment écrite dans les livres. On n'avait rien sur quoi se baser, alors j'improvisai. Et j'espérais, réellement, du fond du cœur, que l'issue de tout ça serait positive. Parce que j'avais vraiment besoin de mon amie.

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Mer 23 Mar - 13:04

Le jus d’orange était maintenant sur la table, Liam de nouveau face à elle. Shae ignorait pourquoi elle s’était confiée comme ça, c’était juste sorti sans prévenir. Elle avait juste eu besoin d’en parler. Elle n’en avait jamais parlé, à personne. On ne parlait pas de ces choses-là ; les gens n’avaient pas envie de l’entendre. Shae gardait ça au fond d’elle depuis des années. Elle n’avait confiance en personne assez pour se livrer. Mais avec Liam, c’était différent. Lui, elle lui faisait confiance. Il l’écouterait. Alors elle avait parlé, et il l’avait écoutée, posant les verres doucement sur la table, s’asseyant de nouveau en face d’elle. Ca faisait mal de parler de Darkness Falls ; mais ça faisait du bien de pouvoir enfin le dire à quelqu’un. Assumer l’Enfer qu’elle avait vécu, sa condition de Nightkeeper, son incapacité à envisager la mort sereinement. Quand elle eut fini, Liam resta silencieux. Il lui prit la main et Shae l’observa alors qu’il jouait avec ses doigts.

Il faisait toujours ça, avant. Liam savait souvent quoi dire, mais les rares fois où il ne trouvait pas le bon mot, il restait silencieux plusieurs secondes, et comme par un réflexe, il prenait sa main et jouait avec. Au début, elle n’avait pas su comment réagir. C’est peu commun, ce genre de comportement. Les gens ont souvent peur du contact physique, surtout quand on parle d’un homme et d’une femme. Ca fait jaser. Mais Liam, il avait eu très vite cette propension tactile. Et Shae, eh bien, ce jour-là, la première fois qu’il lui avait pris la main sans scrupules, elle avait compris que leur relation n’était pas comme les autres. Qu’ils étaient assez à l’aise l’un avec l’autre pour ne pas se soucier des règles de fonctionnement des autres. Les gens autour avaient jasé, c’est sûr. Ca les faisait rire, au fond. Ils étaient tous trop stupides pour comprendre que la confiance qu’ils avaient ne voulait pas dire qu’ils couchaient ensemble. Il y avait quand même une majorité d’idiots à l’université.

Alors que Liam reporte enfin son regard sur elle, Shae ne dit rien. Elle sait qu’il va dire quelque chose de difficile, son air grave l’annonce. Elle ne compte pas le casser dans son élan, elle sait que pour Liam, parfois, parler avec son cœur est un exercice ardu. Il n’est pas comme elle. Elle, elle dit souvent ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent. Si elle est triste ou en colère, les gens le savent. Liam, il a ce masque sur lui, le masque de celui que rien n’atteint, qui va de l’avant quoi qu’il arrive. Rares sont les fois où il s’autorise à être plus faible. Alors elle le laisse parler, de ce monde foutu. Oh oui, il est bancal, cassé, handicapé. Il n’a rien à voir avec le monde de tous les possibles dans lequel tous les deux ont grandi. Il aura suffi de quelques heures pour que tout change. Elle serre sa main lorsqu’il lui dit qu’il aurait dû aller à Darkness Falls à sa place. Shae dénie d’un signe de tête. Elle a fait ses propres choix. Personne n’aurait dû y aller à sa place. Si elle avait su, peut-être aurait-elle agi autrement. Elle a juste fait la découverte douloureuse des conséquences de son acte.

« Je ne sais pas pourquoi je ne t'ai jamais dit ça »
Shae sourit légèrement. C’est sûr, c’aurait peut-être été plus simple s’ils s’étaient tous les deux avoués leur nature. La découverte de ce point commun aurait peut-être aidé. Quand Rebecca était morte, Shae s’était retrouvée perdue. Elle était la seule à la comprendre véritablement, parce qu’elle aussi avait ces étranges pouvoirs. Peut-être que si Liam lui avait dit qu’il les avait aussi, elle aurait pu s’accrocher à ça. Mais bon, elle s’imaginait mal à l’époque balancer un truc du style « hey Liam au fait, je fais des potions et je lis des formules cheloues dans des vieux grimoires. Toi aussi ? Super ! Rendez-vous samedi soir en pleine forêt ? ». Elle haussa les épaules.
« Personne ne savait pour moi, à part Rebecca. Je ne peux pas t’en vouloir. »
Elle sourit, d’un sourire qui se voulait réconfortant, et la seconde d’après elle se retrouve de nouveau avec Liam contre elle. Bon sang, il fait une crise d’affection aujourd’hui.

Shae sourit. Depuis combien de temps n’a-t-elle pas serré quelqu’un dans ses bras, juste comme ça, par affection ? Oh bien sûr, il y a Callum, mais on ne peut pas dire que c’est de l’affection. En général, la personne qu’elle a dans ses bras est nue. Non pas que ça la dérangerait en soi que Liam soit nu, il a l’air en forme. Mais ce n’est pas ce genre de relation. Ils n’ont pas ce genre d’affection. Et Shae profite de ces quelques secondes d’affection simple, qui lui rappelle les souvenirs d’une vie plus belle. Quand Liam retourne à sa place et prend son verre, elle sourit encore. Elle a l’impression de vivre une parenthèse dorée dans son monde de merde. Elle prend son propre verre et boit une gorgée. Bon sang, ce jus est excellent !! Ils gardent tout le bon jus dans les placards du Gouvernement ou quoi ?

« Tu te souviens quand tu étais malade ? »
Shae rit à l’évocation de Liam lui apportant son thé. Des fois, elle était tellement malade qu’elle en devenait livide, elle était laide et elle perdait sa voix, elle se noyait dans sa fièvre. Et Liam débarquait, frais comme un gardon, un thermos de thé à la main. Il passait des jours entiers avec elle, ils discutaient, il lui faisait à manger, l’obligeait à prendre ses médicaments. Des fois elle l’empêchait de dormir, mais il restait veiller sur elle. Rebecca lui disait parfois qu’elle avait un chevalier servant que même elle ne pourrait pas égaler. Liam était l’une des rares personnes devant laquelle Becca s’inclinait ; elle qui était d’une nature assez possessive avait laissé Liam entrer dans leur petite vie et veiller sur Shae. Enfin, dès que Liam repartait, Becca reprenait sa place avec un naturel déconcertant, en deux secondes chrono en main. Shae ne s’était jamais sentie seule avec eux deux. Elle s’était sentie tellement seule depuis…Elle sourit.

« Bah, tu sais, ressusciter c’est vachement plus simple que ce qu’on dit, en fait. J’ai vu une porte avec de la lumière, je l’ai franchie et tada ! De retour parmi vous. »
Elle rit légèrement. Ca s’était littéralement passé comme ça. Toutes les créatures diverses hantant Darkness Falls s’étaient précipitées vers un endroit, Shae avait suivi par curiosité, et elle s’était retrouvée dehors, dans le vrai monde. Un jeu d’enfant. Même les zombies avaient su le faire. Aucun mérite à ça, en somme.
« Tu sais, je ne crois pas que tu aies besoin de moi pour te sentir utile. Je veux dire, tu es Ministre. Tu diriges cette petite ville. C’est déjà pas mal non ? »
Shae n’aimait pas le Gouvernement. Mais elle voulait croire que Liam était chez les gentils. Elle ne pouvait pas se résoudre au fait que son ami était un de ces dirigeants corrompu, despotique. Peut-être qu’il faisait quelque chose de bien, de là où il était. C’était peut-être mieux d’avoir des gens comme lui là-haut, pour contrebalancer les autres pourris.
« Mais j’accepte volontiers ton offre. C’est hyper dur pour moi de me faire un thé correct quand je suis malade. J’ai pas le courage. En fait je me laisse dépérir au moindre rhume. J’aurais bien besoin d’un ami viril pour m’aider à surmonter ce genre d’épreuve », ajouta-t-elle avec un clin d’œil. Liam n’était pas ce qu’on pouvait appeler le mec le plus viril au monde. Il était trop gentil, trop doux. Il n’était pas de ceux qui jouaient à qui a la plus grosse. Mais c’était aussi ça que Shae appréciait. Après tout, elle n’aurait jamais pu avoir la relation qu’elle avait avec lui si Liam avait été un mec de la trempe du quarterback bourru de l’équipe de football.  

« Mais je ne voudrais pas que ça dérange ta copine….bon, c’était censé être une remarque subtile destinée à savoir si tu en avais une, mais je me rends compte que c’est très raté. »
Elle sourit et but une gorgée de son jus d’orange. Quitte à se retrouver, autant rattraper un peu le temps perdu et savoir ce qu’il devenait. En réalité, Shae lançait un sujet pour éviter de parler encore de son Enfer, ou de l’absence de Liam. Et aussi pour qu’il ne s’en aille pas. Il avait peut-être un emploi du temps très chargé, mais la jeune femme le voulait pour elle, encore un peu. Juste un peu.

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Lun 4 Avr - 0:14



L'instant est à la fois beau et dur. Les paroles de Shae me font sourire. Une porte avec de la lumière. On se croirait dans les séries pourries que l'on regardait gamin. Le genre où un mec, les yeux ouverts, regardait une nana entrain de pleurer et elle lui disait d'aller vers la lumière. Bon, visiblement là, la lumière ramenait à la vie. Drôle d'ironie, si les scénaristes avaient su. Peut-être que toutes nos séries auraient été différentes, qui sait.

Je souris à sa remarque. Tu es Ministre. Oui, et un parfait connard. J'ai même le costume qui le dit, c'était un kit. J'avais la gueule, les mots, les fringues. Un peu tout. Et je m'y colle plutôt bien. Dans mon rôle de ministre pourri dans un gouvernement pourri. Je ne sais même pas combien de temps cette mascarade va durer. Oh, pas la mienne, la mienne elle existe depuis bien avant que je ne sois un quelconque élu. Mais celle du gouvernement, celle de tout ça. Est-ce que ça va vraiment durer ? Est-ce qu'elle a bien fait de passer cette foutue lumière pour se retrouver ici ? Je n'en étais vraiment, mais alors vraiment pas sûr. Cependant, ce n'était peut-être pas vraiment le moment de se poser ce genre de questions. Sortir à quelqu'un qui a vécu l'Enfer qu'il aurait peut-être mieux fait d'y rester, ce n'était pas vraiment les retrouvailles idéales. Et autant, je ne pouvais pas empêcher la pensée de me traverser l'esprit, autant, contrairement à mon frère, je pouvais la taire, et c'était pas un mal.

Alors qu'elle continue finalement de sa douceur habituelle, je souris bêtement. Une moue un peu fâchée prend lentement place sur mon visage alors qu'elle parle de se laisser dépérir et bombant le torse dans une exagération calculée je lui réponds du tac-o-tac. « Il est hors de question que quelqu'un qui a survécu à la mort se laisse dépérir. Ce serait honteux quand même. En tant que Ministre, non, en tant qu'Ami, je ne peux absolument pas autoriser cela ! Alors c'est décidé, mademoiselle Thackery, au moindre petit éternuement, même au moindre frisson suspect, je rapplique, vous kidnappe et je vous soigne jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun signe de maladie ! Avec ou sans votre consentement ! Et je vous rappelle qu'il n'est pas conseillé de ne pas obéir aux ordres d'un homme comme moi, juste au cas où il vous viendrait à l'idée de vouloir t'échapper loin de moi. »

Le rire, discret mais franc accompagne mes mots. Avec Shae, je ne suis pas le politicien. Je ne suis pas dur. Je ne suis pas violent. Je n'ai rien de l'homme qui a tué de sang froid un pauvre type dans la rue. Je n'ai rien de celui qui a frappé son frère et qui a mis à flot et à sang son bureau, incapable de faire face à son reflet. Non, avec Shae je ne suis rien de tout ça, et ça fait du bien. Le reflet dans ses yeux n'est pas si noir que dans celui de tous les autres. La peur dans son sourire n'est pas présente. Shae ne me voit pas comme un monstre, ne me connaît pas comme un monstre. Et j'aimerais que ça dure le plus longtemps possible. Pourtant, je sais au fond de moi que renouer contact c'est l'exposer au Liam d'aujourd'hui.

On ne sera pas éternellement tous les deux dans son bureau, coupé du monde horrible, coupé de ce que je suis aux yeux de la terre entière. Et j'ai peur. Peur de finir cette conversation. Peur de finir ce moment. Peur que ces si douces retrouvailles finissent en une énième guerre. Peur de perdre la seule alliée qui me reste. Le dernier lien avec mon passé qui n'est pas tâché. Même un suicide, même une mort n'a pas entravé notre amitié, et pourtant, je suis certain que si elle attrapait le masque posé juste à côté de mon visage, qu'elle regardait au travers, elle fuirait. Je suis persuadé, de ne plus être assez bien pour elle. La minute à laquelle je passerai cette porte, la minute à laquelle notre étreinte sera finie, j'ai bien peur que notre amitié le soit aussi.

Mais je me rassure, bêtement. Je me rassure en me disant qu'au moins, cette fois, nos adieux auront été propres. Ils auront été beaux. Je me dis qu'elle a de quoi vivre, que je ferai tout pour même si je ne peux plus l'approcher. Je me dis tout ça, je me parle à moi-même en oubliant de profiter de l'instant présent. Ravalant ma haine envers moi-même, ravalant mes coups, le bruit de l'arme dans ma main, le bruit de Nolan dans mon rein. Et finalement la voix de la rousse prend encore place dans cette pièce loin du monde, loin des horreurs, de sa tendresse. Je rigole, ne me retiens pas, et caresse tendrement sa joue avant de me reculer un peu et m'enfoncer dans le fauteuil pour attraper mon jus et la suivre à en boire une gorgée avant de répondre, finalement, laissant de côté tous mes ressentiments pour le moment.

« J'avoue que tu peux repasser pour la subtilité ma belle, mais on va dire c'est ce qui fait ton charme et qui l'a toujours fait. » Je souris, tendrement, bois une autre gorgée et me lance. Comment savoir quoi dire ? Comment ne pas lui montrer ce que je suis devenu, tout en voulant rattraper le temps perdu ? Et puis tant pis. Advienne ce que pourra. J'ouvre la bouche, on verra bien. Wiggins un jour, Wiggins toujours. « Je n'ai pas de copine non et même si j'en avais une, elle n'aurait pas son mot à dire sur ton importance dans ma vie. Mais de toutes façons c'est pas vraiment ma préoccupation tu sais. Enfin, avec ma place, c'est un peu compliqué de rencontrer des gens hors du gouvernement, et honnêtement, les femmes de la milices et autres... c'est pas vraiment mon trip. » Je hausse les épaules. Non, la vérité était plus compliquée. Mais qui avait besoin de compliqué, là, maintenant ? Certainement pas moi, certainement pas Shae non plus. Alors pour ne pas laisser la conversation comme ça, je continuais. « Mais j'ai un chat ! Un beau chat tout noir, tu l'adorerais. Il est adorable, il adore les câlins et c'est une vraie tête de mule. Il me demande beaucoup d'attention, et c'est bien je crois, il me suffit. Et puis, il est bien moins chiant qu'une copine tu vois ? » Je rigole à ma remarque bien lourde et volontaire, l'accompagne de mon plus beau sourire avant de poursuivre toujours aussi simplement.

« Tu pourras venir le voir si tu veux d'ailleurs, quand tu veux. Ma porte t'es toujours ouverte ! » Enfin, si tu veux encore me parler après que je sois parti. Enfin, si je serai toujours ton ami une fois que tu auras vu cet horrible masque que j'ai mis depuis que t'es partie. « Mais et toi alors ? Mise à part ta mésaventure plutôt incongrue ? Qu'est-ce qui se passe dans ta vie aujourd’hui ? T'aurais pu devenir n'importe quoi, n'importe qui, mais tu es quand même restée sur le droit ? Ça t'a tant manqué que ça ? » Je ne mentionne pas Rebecca. Je ne mentionne pas le suicide. Je ne veux pas parler de ça, je ne veux pas de noir entre nous, pas tant qu'il n'y a que ce bureau, et nous. Juste nous. Et de la légèreté. Des souffles et l'odeur de l'orange, ses cheveux roux qui se baladent sur ses épaules, encore et toujours.

« T'as séduit la plus belle personne encore vivante de cette planète ou pas encore ? Parce que je suis certain qu'elle n'attend que toi tu sais ? » Je souris à ma phrase, et bois une nouvelle gorgée avant de lui demander, d'un regard vers son bureau. « Mais rassure-moi, ton amour pour le droit, aussi inconditionnel et intemporel soit-il, n'est plus ton seul loisir ? Et... tu ne vis pas avec le code civil en guise de couverture sur ton canapé ? » Et là, le doute s'installe une seconde. Vraiment ? Shae, ma Shae. Celle qui se tuait à la tâche, oubliait de vivre, de manger, était toujours la même. Mais elle était morte une fois. Et ça ne pouvait pas se produire une seconde fois. Non. Pas tant que je serais vivant. Qu'elle veuille de moi ou non. C'était impossible de laisser passer ça. Et elle me connaissait suffisamment pour le voir dans mon regard, d'un coup plus sérieux. « Shae... dis-moi que je me trompe. » Et ne me mens pas. Douce ironie de ma part d'attendre ça de quelqu'un. Mais c'était elle, c'était différent. Tout était différent quand elle était là, parce que j'étais le Liam d'avant, celui qui n'avait pas les mains pleines de sang et le cœur plein d'horreurs.

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Mer 11 Mai - 0:31

Liam fait l’idiot, et Shae rit. Elle se croirait des années en arrière, quand le monde était monde, quand elle et Liam étaient les meilleurs amis du monde. Quand il faisait l’idiot pour la faire rire quand elle n’avait pas le moral, quand ils révisaient ensemble pendant des heures et se soutenaient mutuellement avant les épreuves orales. Là, dans la petite oasis que représentait son bureau, coupés du monde, ils auraient pu être encore à cette époque-là. Comme si le monde dehors ne s’était pas cassé la gueule, comme si elle ne luttait pas pour vivre là où on s’occupait avant tout de survivre, là où il ne représentait pas un gouvernement qu’elle méprisait tout en s’agenouillant devant lui. Et la conversation continua sur la copine de Liam, ou plutôt son absence, un sujet tellement anodin après ceux qu’ils avaient abordés. Si une petite voix ne lui criait pas au fond d’elle que l’illusion ne durerait qu’un moment, Shae aurait pu tomber dedans et oublier ce qu’il en était réellement.
Liam était donc célibataire. Lui, le tombeur, célibataire. Bien sûr, la vie de ministre ne devait pas être de tout repos et laisser peu de temps pour les histoires sentimentales. Non pas qu’il y ait un sous-entendu dans la question ou une intention quelconque. Leur relation n’était pas celle-là. Elle était bien au-delà des conneries de tension sexuelle ou d’envie de couple. Shae avait été le Wingman de Liam, et lui le sien, parce que leur amitié ne tolérait pas plus compliqué qu’elle-même. Mais ça restait dommage, Liam méritait d’avoir une femme à aimer. Mais la jeune femme sourit lorsqu’il affirma que de toute façon, aucune femme n’aurait son mot à dire sur sa relation avec elle. C’avait été une peur récurrente, à l’époque. Dès que Liam avait une copine, Shae redoutait le moment où il lui dirait que leur relation était trop proche au goût de celle-ci, et qu’il devait couper les ponts. Et quand elle avait connu Jake, les choses avaient été très claires dès le début : à choisir entre lui et Liam, elle choisirait Liam. Toujours.

« Mais j'ai un chat ! »
Tiens donc. Maigre compensation. Shae elle-même avait adopté deux furets. L’idée d’avoir des petites vies dont il fallait s’occuper lui rappelait qu’elle ne pouvait pas se permettre de perdre la sienne. Elle était responsable d’une petite chose, de deux petites choses adorables ; et Malicia et Wolverine méritaient que leur mère adoptive revienne à la maison entre deux conneries. Elle rit à la blague vaseuse de Liam ; il n’avait pas tout à fait tort, cependant, et elle ne répondit rien. Elle haussa les épaules à son invitation à venir chez lui. Il devait être affublé de gardes du corps et surveillé. Ce n’était pas vraiment le genre d’environnement dans lequel elle voulait évoluer. Néanmoins elle lui promit de passer un jour, bientôt.

« Mais et toi alors ? Mise à part ta mésaventure plutôt incongrue ? Qu'est-ce qui se passe dans ta vie aujourd’hui ? »
Sa mésaventure incongrue. Jolie façon de tourner un suicide et une virée en Enfer. La jeune femme réfléchit quelques secondes. Que se passait-il dans sa vie ? Elle essayait de la rattraper. C’était à peu près aussi simple que ça. Sauf que rien n’était simple. Elle se démenait avec un gouvernement tyrannique. Elle faisait son métier les poings liés, trahissant des clients. Elle était poursuivie par ses démons, avait des amis parfois peu recommandables. Couchait avec un gars dont, en fait, elle ne connaissait rien. Justement, Liam enchaina avec sa propre vie sentimentale, lui renvoyant la question qu’elle avait abordée plus tôt, en toute logique des choses. Il ne tarissait pas de questions, les enchainant les unes après les autres, et elle attendit patiemment qu’il ait fini de la mitrailler, un sourire aux lèvres. Il voulait tout savoir, ça lui ressemblait bien. Et voilà qu’il s’était inquiété par ses propres questions. Est-ce qu’un jour il arrêterait d’être tiraillé par les doutes ? La jeune femme inspira un coup et se lança dans la réponse à toutes ces questions.
« Je fais toujours du droit parce que…eh bien parce que je ne sais faire que ça, concrètement. Et puis, je me suis rendue compte que les gens avaient toujours besoin d’être défendus. Donc voilà, j’ai investi dans un bureau et j’ai eu mes premiers clients. J’aime le droit, profondément, ça n’a pas changé. Et ça me permet de vivre un peu comme avant, aussi. Je trouvais ça dommage d’abandonner mon rêve de devenir avocate parce que le monde a décidé d’arnaquer l’humanité. Mais non, ce n’est pas mon unique activité. »

Elle s’arrêta une seconde. Par où commencer ? Devait-elle tout dire ? En avait-elle envie surtout ?
« J’ai plusieurs mois à rattraper. Donc je profite de ce que la ville a à offrir. Ce n’est pas….toujours très légal. Tu vois ce que je veux dire. Et puis, j’ai rencontré des gens très cool. Des clients, des gens rencontrés au détour d’un bar. Je connais pas mal de monde, mais au final j’ai peu d’amis réels. C’est mieux comme ça, d’ailleurs. »
Est-ce raisonnable de s'attacher aux gens alors qu'à tout moment ils pouvaient vous être arrachés? Shae préférait ne pas se mêler. Ne pas faire confiance pour ne pas avoir à raconter, ne pas avoir à souffrir. Elle avait déjà beaucoup perdu.
« Mais pas d’homme. Enfin…j’ai pas mal de créatures dans mon lit », ajouta-t-elle en riant, « mais rien de stable. Je n’ai pas vraiment envie de m’embêter avec ça. J’aime ma liberté. Trop, je crois. Pas question de m’enfermer dans des promesses et des compromis. »
Elle sourit. Tout ce qui pouvait se mettre entre elle et son désir de vivre à fond était indésirable. C’était comme ça depuis plus de trois ans. Peut-être qu’un jour elle trouvera la motivation nécessaire à arrêter les conneries et vivre en adulte. En attendant, à quoi bon devoir supporter un homme à temps plein ? Elle en avait plein en intérim. Shae haussa les épaules, comme une conclusion à cette déclaration.

« Et puis, c’est un peu difficile d’envisager une stabilité ici. Je veux dire, j’avais Jake, avant, et Becca, et toi, et une petite vie rangée. Il ne reste plus que toi. Becca, elle était Nightkeeper pourtant, mais je ne l’ai jamais revue. Jake, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Tu sais, tu construis un truc, et puis ça s’effondre si vite. Je sais pas si j’ai envie de reconstruire quelque chose avec un couple, des amis qu’on invite le dimanche, tout ça. Comment tu fais, toi ? Je veux dire, t’as pas changé. Toujours le même Liam. On dirait que l’Apocalypse t’a traversé sans te toucher. C’est pas un reproche. Je suis heureuse que tu sois heureux, que tu sois le même. Mais je me demande. Comment tu fais pour ne pas te laisser détruire et recollé à l’envers par ce monde de merde ? »
Elle avait été détruite. Pas juste par Darkness Falls. Mais par la fin du monde, la tyrannie, les Hunter’s Seasons qu’elle avait eu la chance d’éviter, les manigances, les coups d’état, la violence, la détresse, la trahison. Tout. Et elle avait recollé les morceaux, elle était encore en train d’en recoller certains, tout doucement, maladroitement. Liam semblait droit dans ses bottes, le même humour, le même regard espiègle, la même tendresse. Elle le regarde, lui prend la main dans un sourire gêné.
« C’est con comme question. Excuse-moi. Oublie. »

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Lun 16 Mai - 22:04

Shae me laisse parler, et lorsque sa bouche s'ouvre, les premiers mots me font sourire. Elle ne sait faire que du droit. Mais bien sûr, comme si on pouvait la résumer à ça. La rousse n'avait jamais su se voir comme elle était vraiment, et j'avais pu lui répéter ses valeurs un million de fois, des années plus tard je voyais que tout cela n'avait eu aucun impact. Il faut dire que je l'entendais, vu tout ce qu'elle avait traversé. Et si l'on pouvait facilement penser que je ne la connaissais plus, l'un comme l'autre ayant changé, évolué dans des mondes drastiquement opposés, j'étais certain en regardant dans le fond de ses yeux qu'elle était toujours celle qui ne se voyait pas comme elle était.

Je ne savais pas si ses miroirs étaient de mauvaise qualité ou simplement sa vue, mais dans tous les cas, les résultats étaient bien loin d'approcher la réalité, à mon plus grand regret. Je l'écoute pourtant avec cette attention qui me brise le cœur. Les gens ont toujours besoin d'être défendus. Plus que jamais. Contre le monde, contre le gouvernement. Contre moi. Je baisse les yeux, honteux de ce que je suis devenu, éloigné au possible des valeurs qui m'avaient fait grandir. Incapable d'affronter le regard de mon passé, de mon amie que j'ai trahie, envers qui je me suis excusé maintes et maintes fois en fixant le ciel, persuadé qu'elle s'y trouvait. Et aujourd’hui, elle est face à moi, la vérité bien plus dure que le mensonge que je me suis construit durant ces années. Je suis un rat, une pourriture du Gouvernement, et je suis incapable de m'en excuser, parce que je n'ai pas trahi quelqu'un qui n'est plus là, mais quelqu'un que j'ai eu quelques secondes auparavant dans mes bras.

Lorsqu'elle s'arrête de parler, mes yeux se retrouvent dans son visage fin et je me demande ce que je peux lui dire désormais. Ce que je peux faire. Parce que la douce illusion qui me berçait depuis mon arrivée dans son bureau s'estompe peu à peu et je réalise le monstre que je suis. Bien loin de son meilleur ami, de celui en qui elle croyait. Et je n'ai aucune idée de comment l'assumer, comment lui en parler. Comment m'expliquer. Heureusement, elle me coupe dans mes pensées en reprenant la parole. Me parle de cette simplicité qui lui va si bien, de choses illégales à un Ministre. Je souris, pense à mes propres vices et me dit que la vie serait de toutes façons bien triste dans la légalité qui nous entoure. Un rictus fin, désolé sans pour autant avoir de la pitié, se dessine sur les contours de mes lèvres lorsque la rousse me parle d'amitié.

C'est mieux comme ça. Tu serais peut-être aussi mieux sans moi, mais je ne peux pas dire ça. Je ne peux pas assumer ça, parce que j'ai bien trop peur de te perdre une seconde fois. Et finalement, elle parle de ses amours. Mon sourire devient joueur et mon regard croise à nouveau le sien. La voilà plus détendue qu'à l'école. Je rigole en écho à ses mots et acquiesce d'un sourire. La liberté, un rêve qu'on ne veut plus lâcher une fois qu'on l'a touché.

Je veux ma liberté. Je veux m'évader. De moi-même. De cette vie. De tout ça.

Ses derniers mots se heurtent sur moi comme des poignards. La stabilité, ses souvenirs, son passé, tous les maux et les souvenirs massacrés. Tous ces malheurs, ces pleurs, cette rage accumulés. Il ne reste plus que moi. Mon cœur éclate, et mes mains se serrent. Si seulement je pouvais lui dire que c'était vrai. Si seulement ça l'était. Que j'étais encore là, celui qu'elle a connu, qui a su être son meilleur ami sans faillir. Celui qui voyait le bon, qui voulait aider son prochain. Celui qui cherchait à faire le bien, trouver le bien. Mais elle n'a plus personne. Elle n'a plus moi non plus, parce que je n'existe plus, plus de la manière dont elle m'a connu. Je me mords l'intérieur de la lèvre et encaisse ses paroles avec une douleur que je dissimule avec difficulté.

Comment construire une vie alors qu'on a tout perdu, que l'on s'est perdu. Je ne sais pas, je ne l'ai de toutes façons jamais su. Je l'écoute et mon cœur finit par s'arrêter. Je n'ai pas changé. J'aimerais tellement que ses mots soient vrais. Les larmes se bloquent dans ma gorge et mes yeux se perdent dans les siens tandis que je suis muet. Incapable de lui mentir, incapable de m'avouer la vérité. Je n'ose pas répondre, je ne sais pas comment répondre. Je me demande quoi faire, ce que je peux dire.

Un énième mensonge pour prétendre un espoir qui est mort depuis des lustres ? Une vérité qui risque de briser notre amitié à tout jamais ? Les choix sont aussi mauvais l'un que l'autre, je soupire et elle ouvre une fois de plus la bouche. Elle s'excuse. Mes yeux s'écarquillent et je ne retiens pas mes mots. Fini de penser, d'analyser, d'essayer de trouver une solution moins pire que les autres. Les excuses de ma meilleure amie face au monstre que je suis sont intolérables. Alors je parle, la voix plus cassée que je ne le voudrais. La langue plus déliée que je ne l'aurais imaginé.

« Ne t'excuse surtout pas. Vraiment. Je ne veux pas que tu t'excuses de me poser une question. N'importe laquelle d'ailleurs. Je marque une pause, attrape ses mains et les serre dans les miennes. Comme un au revoir que je sais inévitable. Le calme avant la tempête. Écoute... j'aimerais tellement que tu aies raison, Shae. Vraiment, je crois que c'est la chose que je souhaite le plus au monde. Ne pas avoir changé. Mais c'est tellement loin de la vérité. Bien trop loin de la vérité. Je suis une pourriture Shae. Une sale pourriture du gouvernement. »

Je ris, débecté de ce que je suis. « Tu l'as dit toi-même, tu es restée dans le droit parce que les gens ont besoin d'aide. Ils ont besoin qu'on les défende. Et même si tu ne l'as pas dit à voix haute, tu sais comme moi face à qui ils ont besoin d'être défendus. J'aimerais que ce soit faux, que je n'ai pas eu à faire ce que j'ai pu faire, que je n'ai pas fait les choix que j'ai fait. Mais c'est pourtant le cas. Je n'en suis pas là par hasard. Et le Liam que tu as connu ne serait pas à ma place aujourd’hui. »

Je lâche ses mains, indigne de son amitié par ce que je suis devenu et je soupire doucement. « J'ai tout perdu Shae. Je t'ai perdue toi, j'ai perdu Nolan, et tout ce qui comptait. Et ce n'est pas que la mort qui nous a séparé, non, ce sont mes choix, mes décisions. Toutes plus mauvaises les unes que les autres. Et aujourd’hui c'est trop tard. Je ne mérite pas ton amitié, je ne mérite même pas ces retrouvailles. J'aurais aimé te donner dix millions de conseils, te montrer qu'on peut trouver le bonheur parfait dans ce bordel monstrueux. Mais je ne peux pas te mentir. Je ne peux pas être celui que je suis devenu face à toi. Je ne peux pas te faire ça. Et la vérité, c'est que je ne sais pas comment être heureux. Je ne sais pas comment être entouré, aimé. Je ne sais même plus aimer. »

Les mots me brûlent la trachée, ils me poignardent l’œsophage et une fois encore je me demande pourquoi j'ai fait tout ça. Qu'est-ce que ça a pu m'apporter d'en arriver là ? Il ne me reste rien. Plus rien que des miettes de regrets et une vie de salaud à mener. Tout ça pour quoi ? L'argent ? La gloire ?

Mais qu'est-ce que j'ai fait. Putain. « Je suis désolé. ».

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Lun 23 Mai - 23:23

« Écoute... j'aimerais tellement que tu aies raison, Shae. Vraiment, je crois que c'est la chose que je souhaite le plus au monde. Ne pas avoir changé. Mais c'est tellement loin de la vérité. Bien trop loin de la vérité. Je suis une pourriture Shae. Une sale pourriture du gouvernement. »
Shae se fige. L’instant magique, ces quelques minutes de retrouvailles qu’ils ont eues, viennent de se briser, laissant place à autre chose. Autre chose qui fait peur à la jeune femme. Liam semble s’être renfermé. Son visage a changé, il n’est plus souriant. Il est amer, il grimace. Il ne peut pas dire ça, ce n’est pas vrai. Liam n’est pas une pourriture, n’a jamais été et ne sera jamais. Il est son ami, son meilleur ami, celui qui est venu la retrouver, celui qui a toujours été là pour elle. Celui vers qui elle regardait si souvent. Les mots la transpercent de part en part alors qu’elle repense à ce que lui a dit Nolan lors de leur rencontre. Lui aussi avait laissé entendre que Liam était devenu un autre homme, un homme peu fréquentable. Mais elle n’avait pas pu y croire à l’époque, elle n’y croyait pas plus maintenant, même si l’affirmation sortait de la bouche du principal intéressé. Elle l’écoute alors, silencieuse, le cœur battant la chamade. Liam lâche ses mains et il fait froid, tout à coup. Elle a mal de ce qu’elle entend, mal de l’expression sur le visage de son ami. Elle ignore ce par quoi il est passé pendant toutes ces années. Mais il en souffre, de toute évidence. Il parle sans dire exactement ce qu’il a en tête. Mais elle comprend que Liam traine ses propres boulets, et qu’ils sont plutôt conséquents.

« Je ne mérite pas ton amitié, je ne mérite même pas ces retrouvailles. »
Il ne pouvait pas dire ça. Il n’en avait pas le droit. Ce n’était pas à lui de décider s’il le méritait ou pas. Et elle avait décidé qu’il le méritait. Elle en avait besoin. Elle ne voulait pas que ces retrouvailles s’arrêtent. Elle ne voulait pas le perdre à nouveau. Elle ne voulait pas être seule à nouveau. Etait-il en train d’essayer de lui dire qu’il allait s’en aller, et ne plus revenir ? Que ces quelques minutes étaient tout ce qu’elle aurait jamais ? Que le temps où ils étaient amis était révolu, qu’il ne pourrait pas revenir ? Pourquoi ne pourrait-il pas revenir ? Elle ne demandait que ça. Retrouver un semblant de sa vie d’avant, cette vie à laquelle elle avait mis fin sans réellement hésiter, un jour où la douleur était plus forte que d’habitude. C’était ironique non ? Elle n’en avait plus voulu et l’avait quittée, alors qu’elle lui tendait les bras ; et désormais, alors qu’elle la voulait, elle s’enfuyait avec le visage déformé de Liam.
« Je suis désolé. »

Le silence se fait. Il ne la regarde pas, pourtant Shae ne peut détacher ses yeux de son visage. Le monde s’effondre devant elle aussi vite qu’il s’était reconstruit.
« Je ne comprends pas…. »
La voix se brise. Puis à la douleur se substitue la colère. Non. Il n’a pas le droit de se défiler comme ça. C’est hors de question. Il aura beau avoir tous les arguments du monde, rien ne justifie qu’il la laisse. Ministre ou pas ministre, rien à foutre.
« T’es en train de me dire quoi là, Liam ? », reprend-elle d’une voix plus ferme, une pointe de colère dans la voix, les yeux plus perçants. « C’est quoi toutes tes conneries ? Parle franchement, parce que va falloir arrêter de parler en énigme si tu veux juste me dire que tu ne veux pas que je fasse partie de ta vie. Et puis merde, si tu veux pas que je fasse partie de ta vie, pourquoi t’es venu alors ? »
Elle croisa les bras et se renfonça dans son fauteuil, puis reprit de plus belle. Il allait voir, Wiggins, à faire le beau prince qui ne mérite rien et s’en va sans scrupule.
« T’es drôle, Liam, tu te pointes ici, on refait le passé, et d’un coup ça y est, tu mérites que dalle, t’es une pourriture ? Je vais te dire, moi. Je me fiche pas mal de ce qui a pu se passer, dans quel camp tu es, ce que tu as fait. J’ai fait mon lot de trucs horribles, bienvenue au club, on va pas lancer une compétition. Mais il est hors de question que tu te tires et que j’oublie mon meilleur ami, OK ? Donc que tu le mérites ou pas, t’as pas intérêt à me planter là et jamais me revoir. T’as pas intérêt, t’entend ? Je te laisserai pas partir. Je t’ai perdu une fois, c’est tout. Tu peux être le pire salaud de la Terre, tu es mon seul ami, et j’ai besoin de toi. »

Elle s’avance, se penche en avant et relève d’un geste de la main le visage de Liam, l’obligeant à la regarder dans les yeux. Dans son regard se trouve toute l’affection qu’elle a pour lui, une affection qui dépasse les conventions, une affection qui a traversé les mutilations que la vie a infligé à Shae. Une affection qui traverserait d’autres mutilations sans problème. Elle se fiche de ce que dit Nolan. Elle se fiche de ce qui peut se dire dans la rue sur les actions du Gouvernement et du Ministre Wiggins. Elle se fiche de ce que Liam lui-même pense de lui. Elle restera de son côté.
« J’ai besoin de toi, Liam. On se soutient dans tous les moments, tu te rappelles ? Laisse-moi te soutenir. Laisse-moi t’entourer et t’aimer. T’apprendras à faire de même au fur et à mesure. »
Mais ne pars pas. Surtout ne pars pas. Reste et aide-moi à affronter le monde. Elle ne le dit pas, mais ses yeux le disent pour elle. Elle n’est pas sûre de pouvoir supporter de perdre Liam. Il est le seul à qui elle peut se fier. Elle donnerait tous les autres pour le garder lui, maintenant qu’il est là.

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Sam 4 Juin - 4:06

Je baisse les yeux, me demande vraiment pourquoi j'ai fait tout ça. Ce que j'ai fait pour en arriver là. Je sens son regard sur moi sans être capable de l'affronter. Pas même de faire un geste pour ce que ça vaut. Les secondes paraissent être des minutes, des heures, des années, et finalement sa voix s'élève. Cassée, brisée par ma faute. Par les révélations que j'ai pu faire dans ce moment sensé être parfait.

Ce moment qui était bien loin de ce que je suis aujourd’hui. Et je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire. Parce que c'est Shae, parce que je ne peux pas lui mentir. Les yeux toujours baissés, je serre mes mains l'une dans l'autre. J'ai honte, j'ai peur de sa réaction. Je ne sais pas où j'en suis ni comment c'est possible d'avoir cette discussion. Aujourd’hui, avec mon amie qui s'est suicidée. J'ai parlé avec elle sans qu'elle soit là, je lui ai parlé de mes doutes et de mes peurs et au fond de moi, j'espérais qu'elle ne me déteste pas. Et maintenant qu'elle est face à moi, je ne sais pas quoi faire. J'ai peur de chacun de ses gestes, chacun de ses mots. De l'impact qu'ils auront sur moi. Parce que ce n'est plus seulement moi qui parle à une amie disparue, c'est une réponse que j'ai en direct. C'est une vérité trop dure que je dois affronter.

Elle s'énerve et je déglutis. Je ne sais pas moi-même ce que je suis entrain de dire. Je ne sais pas moi-même tout ce que tout ça signifie. Je passe une main sur mon visage alors qu'elle me lance mes vérités à la figure. Être honnête complètement, directement, ou fermer sa gueule. Mais comment lui dire tout ce que j'ai fait sans détour ? Comment dire à voix haute tout ce que j'ai fait sans détour ? Je n'en avais pas la moindre idée. Mais une part de moi lui devait. Et puis elle dit les mots qui blessent, ceux qui font mal. Je ne veux pas d'elle dans ma vie. C'est tout l'inverse. Tellement l'inverse. Mais j'ai peur de t'abîmer, Shae. Peur de te détruire comme j'ai détruit Nolan, détruit ma vie. Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est qu'il ne faudrait pas. Mais surtout ne crois pas ça.

Je baisse encore un peu plus les yeux, incapable de prononcer un mot, incapable de trouver quoi dire de suffisamment fort pour qu'elle sorte cette pensée de la tête. Je ne voulais pas manipuler les mots, et sans plus être un Ministre, j'étais ce Wiggins maladroit qui ne savait pas utiliser les mots correctement. Celui qui pouvait bégayer à tout instant. Parce que face à elle, j'étais vrai. Trop vrai. Et ça me faisait peur, alors je n'osais plus parler.

Mais elle continue. Elle en rajoute une couche. Elle parle, franchement, de cette honnêteté qui lui va si bien. À mesure de son discours je relève les yeux vers elle. Elle ne veut pas savoir ce que j'ai fait, elle prétend avoir fait des trucs horribles. Et puis elle dit les mots qui changent tout. Ceux qui balayent mon envie de partir, pour la protéger, pour me protéger de ce que je suis. Meilleur ami. Je passe une main sur mes lèvres pour cacher le tremblement et serre mes mâchoires. Elle parle d'avoir besoin de moi, et d'un réflexe incontrôlé, sa phrase à peine terminée je me relève et la prends dans mes bras. Je pose mon menton dans sa nuque et serre mes bras dans son dos. Ma voix se fait plus faible, plus tremblante. Mais je m'en fiche.

Parce qu'elle a raison. Parce qu'elle m'a manqué.

« Pardon, excuse-moi. Je voulais pas t'énerver. Je cale un peu plus mon nez dans ses cheveux pour la serrer plus fort. Tu me perdras pas, tu me perdras plus jamais. Je suis stupide, tu me connais. Je suis qu'un mec, stupide et lâche, alors j'ai tendance à fuir à la moindre difficulté. Mais je partirai pas. »

Je m'éloigne doucement d'elle, pour regarder son visage. Je place une de ses mèches derrière ses oreilles et de ma main restée sur sa joue, je la regarde dans les yeux avant de continuer. « Je ne t'abandonnerai jamais. J'ai fait l'erreur de te perdre une fois et je ne veux plus que ça recommence. C'est horrible la vie sans toi, horrible. Je ne veux plus jamais vivre ça. Mais Shae, il faut quand même que tu te rendes compte que tous les gens vont te dire et te répéter combien je ne suis pas quelqu'un de bien. »

J'enlève ma main de sa joue et la repose sur mon genou pour continuer. Malgré moi, dès que je reprends le sujet, les distances se mettent entre nous. Non pas que je le veuille, mais parce que j'ai peur de ce que je suis sans doute. Et je continue finalement. « Et ils n'ont pas tort, je ne veux pas faire de compétition ou je ne sais quoi, mais je ne suis pas vraiment quelqu'un de bien... Je marque une pause dans un sourire un peu gêné, un œil sur son bureau, le jus d'orange pressé à nos côtés et je continue à parler avec cette nostalgie dans la voix et dans les yeux. Mais avec toi ça a toujours été différent et... même si on vient juste de se retrouver, je n'ai pas l'impression d'être « ministre » à tes côtés. Et je dois te dire, Shae, ça fait du bien d'être Liam. »

Je soupire, me recule dans le siège et regarde tous les dossiers à ses côtés avant de dire. « Et puisqu'on va partir sur le fait que ma Meilleure Amie ne me mentait pas, on va dire que c'est toujours le cas... c'est quoi tous ces dossiers ? Tu bosses sur quoi ? Je peux peut-être t'aider tu sais ? »

C'était peut-être idiot, de parler de boulot, comme si de rien n'était. Mais en vérité, c'était la seule envie que j'avais. Comme si de rien était. Parce que je retrouvais ma meilleure amie, son franc parler. Parce que tout ce qui nous avait séparé, le bon, essentiellement le mauvais, ne méritait pas de se mettre entre nous. Le monde était suffisamment monstrueux pour qu'on ne laisse pas des actes se glisser entre nous. Peu importe ce qu'elle avait pu faire, elle était toujours la même. Je le voyais au fond de ses yeux, et c'est tout ce qui m'importait. Elle était vivante, le cœur battant, face à moi, et il n'y avait que ça qui comptait.

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Jeu 23 Juin - 12:02

« Pardon, excuse-moi. Je voulais pas t'énerver. »
Shae sourit alors que Liam pose sa tête contre elle. Un sourire satisfait : voilà qui est mieux. Mieux que toutes ces conneries qu’il a sorties quelques minutes auparavant. Ce qu’il pouvait être compliqué, parfois. Et ne rien comprendre, aussi. Pourquoi les hommes avaient-ils toujours besoin d’une femme pour leur montrer l’évidence ?
Bien sûr qu’il ne partira pas. Parce qu’il n’en a pas le droit, et parce qu’il n’en a pas réellement envie, non plus. Peut-être est-ce présomptueux de penser ça, mais Shae en est convaincue. Les gens s’accrochent au passé quand l’avenir n’est pas reluisant. Alors elle le laisse parler, se contentant de sourire. Elle ne sait pas si la vie sans elle est aussi horrible qu’il le dit. Après tout, le monde a bien continué de tourner sans elle pendant un moment. Et il ne s’en sortait pas si mal, si on oublie l’Apocalypse. Enfin, la fin du monde était-elle la cause de l’ouverture de Darkness Falls ou sa conséquence ? Personne ne le saurait réellement. Mais le monde s’en était sorti sans elle. Liam s’en était sorti sans elle, et plutôt bien.
Et toujours il en revient au fait qu’il n’est pas quelqu’un de bien. Comme si ça avait la moindre importance. Ca semblait en avoir pour lui, alors qu’elle s’en fichait royalement. Existait-il encore seulement des gens bien ? Le monde était pourri, les gens suivaient le mouvement. Elle n’était pas quelqu’un de bien non plus, et elle ne s’en formalisait pas trop, à vrai dire. Elle haussa les épaules : c’était juste la vie qui était comme ça. Et elle n’était pas persuadée que Liam gagne la compétition de l’ordure de l’année. Après tout, elle était avocate, elle suivait des gens bien pires. Et Liam devait le savoir, même si de toute évidence le droit n’était plus son métier. Il faisait de la politique maintenant. Le ministre, comme il le dit lui-même.
« Et je dois te dire, Shae, ça fait du bien d'être Liam. »
La jeune femme sourit. Si au moins elle pouvait servir à ça, rappeler à son ami qu’il n’était qu’un homme et qu’il n’était pas obligé de maintenir les apparences en permanence, alors elle était heureuse. Etre membre du Gouvernement ne devait pas être aisé tous les jours, et bien que Shae n’aimait pas vraiment la façon dont le gouvernement dirigeait cette ville, elle pouvait imaginer le poids sur les épaules de Liam. En plus de cela, il n’était pas réellement populaire, comme tout membre du gouvernement à vrai dire.
« Tu devrais essayer plus souvent, tu sais, d’être juste Liam. Des fois tu fais un peu pompeux dans tes apparitions », lança-t-elle avec un clin d’œil.

« C'est quoi tous ces dossiers ? Tu bosses sur quoi ? Je peux peut-être t'aider tu sais ? »
L’avocate jeta un œil à son bureau, noyé sous les dossiers, et fit une grimace. Il serait peut-être temps qu’elle fasse un peu de rangement. Mais elle n’en avait absolument pas le temps. Bourreau de travail ou juste très mal organisée, elle passait ses journées sur ses affaires et ne s’occupait que très peu de l’administratif. Elle reporta son regard sur Liam et soupira.
« J’ai trois affaires en cours, en fait. Un vol à l’étalage commis par un mineur, il écopera de travaux d’intérêt général, rien de bien grave. J’ai aussi une femme qui a frappé sa patronne, et qui risque sa place au Weekly Unit, mais je suis sur le point de conclure un accord, sans passer par un procès, c’est juste que la partie adverse demande un peu la lune. C’est le troisième cas qui est plus complexe. »
Devait-elle réellement en parler ? Elle était tenue au secret professionnel. Mais après tout, c’était de Liam dont on parlait. Ils avaient toujours échangé sur leurs affaires, se demandant conseil mutuellement, s’entraidant. Sauf que c’était avant que Liam ne devienne ministre. Elle aurait tellement aimé qu’il reste avocat. C’aurait été plus simple. Elle se mordit la lèvre puis décida de continuer malgré tout.
« Un homme est venu il y a quelques jours. Il est accusé du meurtre d’un collègue. Concrètement, il a un mobile et pas d’alibi. Mais il n’y a aucune preuve directe, et je crois qu’il est innocent. Je crois que quelqu’un essaie de lui faire porter le chapeau. »
C’était une affaire complexe. Elle savait pertinemment qu’elle avait peu de chance de gagner. Mais elle était persuadée que son client n’avait tué personne. Quelqu’un voulait le voir tomber pour un crime qu’il n’avait pas commis. Cela révoltait l’avocate mais révoltait également la femme. Elle était peut-être lâche et égoïste mais Shae gardait un sens de la morale et de la justice. Elle passa une main sur son front.
« Sauf que j’ai aucune preuve de ce que j’avance, et aucun moyen de l’innocenter concrètement. Je suis dessus depuis trois jours et ça me bouffe mes journées et mes nuits. Parce que si je ne gagne pas, on va mettre un innocent en prison, ou pire, on va l’envoyer se faire tuer… et c’est pas juste, tu comprends ? »
Oui, il comprenait sûrement. Il était devenu avocat pour faire régner la justice, lui aussi. Elle sourit puis croisa les jambes devant elle.
« Mais bon, je devrais m’en sortir. Tu as probablement assez de boulot de ton côté, t’embête pas avec le mien, va. Parfois les méchants gagnent, c’est comme ça. »

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Sam 30 Juil - 4:00

Être juste Liam. Quelle idée. Sa remarque me fait sourire, autant qu'elle me blesse. C'est loin d'être sa faute, et elle a raison. De toutes façons, il n'y a que la vérité qui blesse paraît-il. Mais de la bouche de Shae c'est sans doute encore pire. Parce que je sais qu'elle ne dit pas ça pour rien. Le rictus toujours au coin des lèvres, les yeux sur son bureau comme pour passer à autre chose. Oublier les faux-semblants et être juste dans l'instant présent. Le bureau qui hurle de douleur sous la pile de dossier me fait tourner les yeux vers l'avocate, curieux de ce qu'elle peut avoir à dire.

J'ai proposé mon aide, sans être le ministre, le reste d'avocat en moi simplement. Mais malgré nos retrouvailles je savais pertinemment que ça n'enlevait pas ce que j'étais, ça n'enlèverait jamais ce que je suis. Alors j'appréhendais, un refus, qu'elle me jette. Parce que je suis ministre, bien haut placé dans cette machination horrible qui nous entoure. Mais son regard dans le mien, son soupire toujours aussi mignon et mes doutes s'envolent alors que sa bouche s'ouvre.

J'écoute attentivement ce qu'elle dit, croisant mes bras sur mon torse et jetant par-ci par-là des coups d’œil à la pile de laquelle elle parle. Rien de bien grave, je souris. C'est étonnant, ce rien de bien grave, comme si c'était la normalité. Alors que ni les crimes, ni les jugements le sont. On ne vole pas à l'étalage pour les mêmes raisons qu'il y a dix ans. Mais on s'est habitué. Ma gorge se noue un peu, mais je ne dis rien. La laisse continuer sagement, affiche un air étonné pour sa deuxième affaire. Je l'écoute finir, souris fièrement de voir qu'elle passe un accord pour ce qui pourrait très mal tourner dans ce monde. Mais c'est Shae, et elle a toujours été une très bonne avocate. Mon regard le prouve, le montre. Je suis fier d'elle autant que je me déteste. « Eh bin... » je ne demande rien sur la troisième tant qu'elle n'en a pas parlé. Juste surpris de voir les dossiers.

On nous y a préparé, à tout ça. Aux vols, aux coups, aux demandes des parties adverses qui sont du grand n'importe quoi. On nous a préparé à tout, mais pas à la tyrannie, pas à cette justice qui n'en est plus une. Et pourtant, Shae est là, la rousse agit comme l'avocate qu'elle a toujours été. Pas corrompue, droite dans ses bottes jusqu'à en crever. Et moi ? Et moi je l'ai laissée tomber. Je baisse les yeux, les relève avant qu'elle ne le remarque pour la voir avoir ce tic. Elle se mord la lèvre, elle hésite à me parler. Elle ne dit pas tout. Quelques années plus tôt, je l'aurais charriée jusqu'à ce qu'elle parle mais aujourd’hui je ne peux pas me le permettre. Parce qu'elle a raison d'hésiter, de douter de moi. Je ne peux pas lui en vouloir quand on voit ce que je suis devenu. Je ne peux pas non plus bouger. Juste attendre en silence et respecter son choix. Quel qu'il soit.

Mais elle parle finalement et mon regard reste posé sur elle. Plus attentif encore, plus prêt à écouter, à intervenir. Un peu comme avant, lorsqu'on se racontait nos affaires à chacun. Un peu comme avant, quand j'étais pas devenu celui que je suis. Je déglutis à ses mots, détourne le regard. La main sur la mâchoire, je redessine mon os avant de poser cette dernière sur ma nuque et la serrer légèrement. Le regard bas, sans plus la fixer. C'est à mon tour d'hésiter. La rousse avait certainement raison, j'ai confiance en elle et son instinct, si elle dit qu'il a été piégé, alors c'est le cas. Mais se mettre dans des affaires comme ça c'est sauter les deux pieds dans la merde. Et je ne sais pas si j'en suis capable. Je ne sais pas si je peux faire ça.

Sans avoir eu le temps de prendre une décision, elle parle à nouveau. Je me racle la gorge et relève finalement les yeux. Cet air sur son visage, si convaincu, si réfléchit, décidé à tout éplucher pour prouver ce qu'elle avance. Elle ne dort plus, ne mange sans doute plus non plus. Rien à changer, elle est toujours celle qu'elle était. Mon sourire se redessine lentement sur mon visage et dans un soupir j'acquiesce silencieux. Je comprends oui. Évidemment. Ce n'est pas juste, certainement pas non. Son sourire me sort de mes pensées et je m'éloigne un peu, m'enfonçant dans le siège qui me maintient.

Sa dernière phrase m'arrache un sourire et ma main glisse de ma nuque à mes tempes. Un instant ou peut-être deux, je cache mes yeux. Je réfléchis, cherche une solution, quoi faire, quoi dire. Je cherche pour finalement me rendre compte que ce n'est pas la solution. Non. Les grands méchants gagnent parfois, et j'en fais partie. Je relève les yeux vers elle, fixe ses prunelles claires avant de jeter un œil à son bureau et me lever pour attraper un des dossiers. Je la connais, sais comment elle les classe. Alors je sais celui que j'attrape. Le troisième. Je sais qu'en l'ouvrant, je plonge dedans. Dans les noms, dans la vérité. Je me mouille quelques soient les actes et les paroles que je dis à partir du moment où la feuille de papier brun glisse dans ma main droite.

Je ne regarde plus mon ami, me bats avec moi-même, pour finir par me décider. Une fois. Pour une fois je dois être Liam. Et pas le ministre. Et le reste je m'en fous. Je m'en fous parce que Shae est en vie. Et je ne veux pas gâcher ça pour un pseudo Liam, une pseudo réputation. Que du faux. Alors que j'ai le vrai, le vrai de vrai en face de moi.

J'ouvre le dossier, et avant de le lire, le pas passé, je m'appuie contre son bureau pour la regarder elle dans les yeux. Enfin. Redevenu moi, simple avocat. Le jus d'orange pas loin de nous. Dans un sourire un peu maladroit, pas habitué à tout ça, à être moi, je lui dis simplement. « Je vais t'aider, je vais lire le dossier, et on va réfléchir à ton approche. Et tout ce qu'on peut faire et surtout tout ce que tu ne dois pas faire. » Je marque une pause, observe la cafetière et lui dis d'un coup d’œil. « Mais il va nous falloir du café, parce que la nuit va être longue. »

Je souris, attrape deux trois dossiers, un stylo que je cale entre mes lèvres et une feuille blanche pour venir m'asseoir à nouveau sur le canapé. « Shae, je sais que je suis pas l'allier idéal. T'as raison. Les grands méchants gagnent, surtout en ce moment. J'en ai fait partie. » Je marque une pause, persuadé de ce qu'elle va dire, levant une main, le stylo dans cette dernière j'ajoute. « Non, je ne dis pas que je suis un méchant, j'ai compris. Mais tu peux pas nier que j'ai toujours bien agi, sinon je serai pas ministre. C'est comme ça et c'est pas le sujet. Mais toi, malgré tout ce qui s'est passé, t'es restée la même. La même révoltée des injustices du monde, prête à perdre sa santé pour sauver un mec qui ne veut même plus l'être. Alors, je vais t'aider. Parce que j'ai confiance en toi mais surtout. »

J'attends, souris, la regarde en baissant le bras et d'un regard plus tendre finis par dire. « Parce que t'es ma meilleure amie. Et que la justice pour laquelle tu te bats, dans tes yeux, j'y crois. »

Je m'arrête là, enlève ma veste, me mets plus à l'aise, enlève ce costume qui me sert de masque. Je me retrouve avec une chemise mal mise et les chaussure enlevées, assis au pied du canapé, endroit bien plus confortable pour travailler. Quelques instants seulement et les habitudes sont revenues. Comme si rien ne s'était passé. Je commence à lire le dossier tout en lançant un regard à Shae pour dire. « Bon, je te laisse me dire ce que je dois regarder. Et tu as de quoi manger ? Ça fait des années que j'ai pas mangé un morceau de chocolat avec un café. Sans doute depuis qu'on a arrêté ce genre de soirée. »

Un brin de nostalgie et je soupire avant de conclure. « Tu m'as manqué. On s'y met ? » Un craquement de nuque et me voilà concentré. À Nouveau Liam, juste Liam.

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MessageSujet: Re: Pick up your memories [Liam]   Jeu 4 Aoû - 0:21

« Je vais t'aider, je vais lire le dossier, et on va réfléchir à ton approche. Et tout ce qu'on peut faire et surtout tout ce que tu ne dois pas faire »
Shae sourit. A cet instant, elle revoit le Liam qu’elle a connu en fac de droit. Il était déjà un leader. Il prenait les choses en main, se saisissais des affaires et établissait une stratégie. Bon Dieu, c’était un bon avocat. S’il est le même en politique, ses adversaires n’ont aucune chance. Elle hocha la tête en signe d’approbation et, avec un sourire, se leva pour aller refaire une cafetière. Le meilleur ami du travailleur ! De nouveau assise, elle adressa un sourire à Liam. Elle espérait une blague, il lui resservit son discours sur les méchants et le fait qu’il n’était pas un gentleman, et il était agaçant quand il faisait ça. Elle roula des yeux mais l’écouta, hochant la tête, d’un air un peu réprobateur. Pourquoi parlait-il de lui comme ça ? Il était son ami. Le reste importait peu, elle lui avait déjà dit, il le savait. Pouvait-on clore l’affaire maintenant ?

« Mais toi, malgré tout ce qui s'est passé, t'es restée la même. La même révoltée des injustices du monde, prête à perdre sa santé pour sauver un mec qui ne veut même plus l'être. »
Shae haussa les épaules, une voix cynique ricanant dans ses tripes. Etait-elle restée la même ? Probablement pas. Elle n’était plus une justicière. Elle aidait les gens de son mieux, mais quand le Gouvernement lui envoyait un émissaire pour truquer une affaire et laisser un innocent être jugé coupable, elle courbait l’échine et faisait exactement comme on lui disait de faire. Elle était une fausse révoltée, une hypocrite de la justice. Elle faisait juste de son mieux pour survivre. C’était ce qu’ils faisaient tous, tous ces gens qui vivaient à la Nouvelle Orléans. Faire de son mieux pour survivre. Faire de son mieux pour vivre. Mais elle ne contredira pas Liam. Il l’aide parce qu’elle est son amie et elle ne veut pas perdre ça. Surtout pas perdre ça. Les attaches sont rares dans sa vie et elles cassent les unes après les autres. Liam est l’une des seules qui lui reste, une des seules qu’elle s’autorise à avoir.

« Et tu as de quoi manger ? Ça fait des années que j'ai pas mangé un morceau de chocolat avec un café. »
La jeune femme laisse éclater un rire. Les vieilles habitudes ne meurent pas, on dirait. Elle se lève, et sort d’un tiroir de son bureau une plaque de chocolat noir qu’elle pose devant Liam. Elle non plus n’a pas perdu ses habitudes. Le chocolat est presque un luxe dans ces temps de rationnement mais elle a ses sources. Heureusement pour eux deux, elle a un stock complet dans son bureau et un autre à son appartement. A défaut de drogue, elle a le chocolat, il parait qu’à force ça produit le même effet. Quoique, elle a aussi un peu de drogue. Mais ce n’est pas la question.
« Tu m'as manqué. On s'y met ? »
Le sourire qui s’étend sur ses lèvres est en accord avec l’affection dans ses yeux. Elle ne pensait pas entendre ces mots sortir un jour de la bouche de quelqu’un à qui elle tient réellement. Elle ne pensait plus manquer à quelqu’un, pour de vrai. On ne peut pas manquer aux morts. On ne peut pas manquer à ceux qui nous ont oublié.
« Tu m’as manqué aussi. On s’y met. »
Plusieurs minutes après, ils sont au pied du canapé. Le café est posé sur la table basse et à moitié englouti. Lui a complètement laissé tomber le costume de Ministre tiré à quatre épingles. Il est l’étudiant en droit, en chaussettes et chemise sortie du pantalon. Il a juste quelques années de plus. Elle aussi, même si elle a moins d’années qu’elle ne devrait en avoir. Elle est à côté de lui, parcourant les dossiers, ses chaussures enlevées et posées à côté de celles de son ami. Ils sont juste comme avant. Shae croyait avoir perdu ça, ces instants de vie simple et d’amitié partagée. Elle voudrait que ça dure toujours. Sauf que rien ne dure toujours. Alors elle profite de celui-là.

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Bring on the storm, We are unsinkable
Between the devil And the deep blue
Soul search and rescue
We are, we are
Unsinkable



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