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 Miserere Mei || Eamon

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Miserere Mei || Eamon   Sam 30 Jan - 1:45


« cor contritum et humiliatum »


 
 
Eamon Grimes & Noah Meadow
featuring

Les lourdes portes sécurisées se refermèrent dans un grincement sinistre derrière lui. Il n'était plus retourné dans cette prison depuis qu'il avait réussi à s'en échapper, trois ans plus tôt, et se serait bien passé de ce petit exercice s'il n'avait pas été mandaté en personne par le nouveau Directeur de l'établissement carcéral. Une aubaine que le type ne soit pas le précédent. Il n'aurait pas toléré que le sorcier revienne comme une fleur en sachant tous les dégâts que Lazlo et lui avaient provoqués au cours de leur escapade.
Quand il avait vu la convocation, Noah avait eu peur. Sincèrement, profondément peur. La prison était non seulement un mauvais souvenir, mais pouvait potentiellement devenir son avenir. Rien ne garantissait après tout que Rafael n'ait réussi à mettre la main sur son casier judiciaire et eu l'envie subite de le renvoyer où il devait normalement être. Entre ça et Enya qui ouvrait progressivement les yeux sur qui il était, le sorcier n'était pas en reste. Le monde semblait réaliser, au fur et à mesure, la réalité de sa nature. Et griller cette couverture qu'il avait mis toutes ces années à confectionner n'était certainement pas à l'ordre du jour.

Les gardiens palpèrent ses côtes, puis ses hanches, puis ses cuisses à la recherche d'armes potentielles. Ils finirent par l'autoriser à rabaisser les bras et lui tendirent à nouveau son calepin et son crayon avant de le sommer de les suivre. L'odeur de la prison n'avait pas changé. Parcourant les longs couloirs étroits, emboitant le pas des gardes, il enfonça sa tête dans ses épaules. Personne ne devait le reconnaître. Et apparemment personne ne prêtait la moindre once d'attention à sa présence.
L'un des gardiens lui adressa une boutade qu'il n'entendit qu'à moitié. Poliment, il lui répondit avec contrition avant de saisir le dossier qu'il lui tendait. Avec tout ça il ne s'était même pas renseigné quant au prisonnier qu'il devait rencontrer sous peu.
Un homme du nom d'Eamon Grimes, sans passif particulier, père de famille, qui avait tenté de se foutre en l'air. Le prisonnier était suivi par un confrère pour des troubles sommes toutes basiques, comme de l'insomnie à cause de rêves traumatiques, et une tendance écrite à la dépression. Noah roula des yeux. En même temps Grimes était un type lambda dans une prison qui ressemblait plus à un trou à rats qu'un hôtel cinq étoiles, forcément qu'il allait être mal. Même du temps où il y avait lui-même été, il n'avait pas souvenir de quelqu'un qui soit vraiment heureux d'y être. Ce n'était pas aujourd'hui que ça allait commencer.

Les gardiens le firent bifurquer vers une aile qu'il ne connaissait pas. Une petite salle lui fut ouverte, vide, froide, meublée seulement d'une table vissée au sol et une paire de chaises. Une minuscule fenêtre s'ouvrait, haut dans le mur, déversant les rayons du soleil qui conféraient à la salle un soupçon de chaleur. Obéissant à la requête des gardiens, le psychiatre s'installa sur l'une d'entre elles.  

"On le sort du mitard et on vous l'emmène, Doc"

Le mention du terme "mitard" provoqua une suée froide dans le dos du psychiatre. Il attendit dans la petite salle, secouant nerveusement son genou sous la table en formica. Le mitard. Il avait pu y passer quelques journées, oui. Beaucoup, en réalité. Trop. Noah frotta son visage entre ses mains, fermant les yeux, tentant de modérer son souffle. Et si cette histoire de prisonnier suicidaire n'était qu'un coup monté, un piège créé de toutes pièces par Rafael pour le faire tomber et lui faire enfin payer tous ses crimes passés ? Il pressa ses paumes contre ses yeux, fourrageant vaguement ses doigts dans ses boucles brunes pour se masser. Pour se calmer. Non, ce n'était pas le cas. Il était juste là pour faire son boulot, le ferait, et repartirait aussi sec en prétendant ne pas pouvoir aider Grimes.
C'était la meilleure des choses à faire, oui.

Il finit par se redresser en entendant l'écho de pas dans le couloir, et réorganisa rapidement ses cheveux pour avoir l'air un tant soit peu présentable. La porte s'ouvrit pour laisser entrer un garde imposant, suivi du fameux Eamon. Un homme chétif qui devait tout juste faire sa taille, au regard expressif cerclé de cernes profonds. Un homme manifestement épuisé, et soumis à une telle pression que son échine semblait voutée quand il se déplaçait. Il faisait peine à voir, même à Noah. Alors ce dernier lui adressa un sourire amical, de celui qui savait à quel point on pouvait se sentir mal dans un lieu pareil. Parce que pour une fois il ne pouvait pas mentir à ce sujet.

-Bonjour, Mr Grimes. Je suis le Docteur Noah Meadow. J'ai été appelé pour remplacer votre précédent thérapeute, le Dr... Il jeta un coup d'oeil sur la couverture du dossier avant de se tendre, voyant le nom inscrit dessus. Son regard se durcit sous la contrariété. ... Bates.

Ainsi donc Eamon était suivi par son interne. Allait-il devoir rattraper les pots cassés ? Force était de constater que cela risquait d'être le cas, compte tenu du fait que le père de famille avait tenté de se foutre en l'air. Et si Noah avait appris que dans ce genre de situations, mieux valait ne pas insister lourdement, il n'avait pu s'empêcher de remarquer une ombre violacée dans le cou de Grimes.
Pendaison, avait précisé le Directeur de la Prison. Son inquiétude était renouvelée à cause de l'absence soudaine de Bates, mais aussi du fait qu'il était encore psychologiquement fragile et risquait de tenter une nouvelle fois de mettre fin à ses jours si jamais on ne lui venait pas en aide.
Noah repoussa le dossier honni du bout des doigts, sur un coin de la table, et continua sur un ton amical.

-Vous pouvez me parler librement, sans détours, comme vous aviez peut-être l'occasion de faire avec mon confrère. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit pour améliorer vos conditions de vie dans cet établissement, je suis également là pour y veiller. Y'a-t-il des points en particulier que vous souhaiteriez aborder ?

Une entrée en matière sans l'éternel "je suis ton psy, parle moi de ton enfance misérable passée au fin fond de la campagne avec un père alcoolique et une mère absente". Il ignorait sincèrement si c'était la chose à faire avec Grimes, mais peut-être que parler d'aménagement de sa cellule d'isolement lui permettrait de s'ouvrir un peu.
Et après tout, même si c'étaient des conneries, cette histoire d'améliorer ses conditions de vie, il pouvait très bien manipuler le Directeur avec quelques illusions bien placées pour obtenir quelques faveurs supplémentaires. D'autant qu'il avait un autre intérêt, à présent, dans toute cette histoire. Bates était passé sur ce cas. Et Noah avait besoin de la moindre petite information susceptible de le faire radier une bonne fois pour toutes de l'Ordre des Médecins.
Et Grimes, vu son état lamentable, pouvait très bien être cette toute petite étincelle dont il avait besoin pour dynamiter la carrière de Joshua.
 


 

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MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Jeu 4 Fév - 16:22


Il m’est difficile de me comprendre dernièrement. Toutes mes attitudes et réactions se fondent dans un flou difficile à maîtriser et impossible à comprendre. Je me retrouve face à moi-même, dans ces cachots et cellules, qui dans le fond se ressemblent tous. Ce ne sont que des murs autour de moi, des entraves dont je ne peux me dépêtrer. Il ne s’agit pourtant pas de mon unique prison. Les murs les plus épais sont ceux qui entourent mon esprit douloureux. Perdu dans moi-même, mes pensées s’emmêlent et s’égarent dans une déprime sans faille qui s’éternise et me prend toutes mes forces. Pourtant, l’on pourrait croire que ma situation s’arrange lentement. Certes, je suis toujours en prison, enfermé au milieu de fous pour un délit mineur et partageant ma cellule avec un forcené qui a violenté ma sœur. Pire encore, je me trouve être la tête de turc préférée d’un gardien aux mœurs gênantes, incroyablement attirant. Et malgré tout cela, une subtile lumière vient éclairer l’obscurité inhérente à ma personne. Ce n’est qu’une étincelle, si ténue qu’elle risque de s’éteindre à tout moment. Elle s’accroche pourtant et tente de dissiper les ténèbres toujours plus intenses. Mes yeux qui s’ouvrent soudain ne croise pourtant que le noir de cette cellule trop petite. Le froid est mordant, s’insinue dans le moindre de mes os, entre ces murs mal aérés, conséquences directes de mes actes passées. Trop apeurés par la paperasse qu’un suicide réussi pourrait leur imposer, ils m’ont déshabillé et débarrassé de mes draps, pour prévenir de toute nouvelle pendaison. En résulte des frissons infinis, qui me font trembler en continu depuis plusieurs heures. Je n’entrevois nulle fin à ce calvaire et pourtant, bientôt, la porte tremble sous les coups trop intenses qu’un gardien lui porte. Sans mot dire, je me réfugie vers le mur, alors que c’est une lumière jaune qui envahit soudain l’espace confiné dans lequel je me trouve. Je cligne, cherche à m’abreuver de cette lumière qui m’a quitté depuis un peu trop de temps, lorsque la voix du gardien me fait de nouveau sursauter. « Ramène toi Grimes. T’as un rencart avec le psy. » Mes sourcils se froncent alors que mes poils se hérissent, à l’idée même de voir Joshua se pointer dans la prison.

Cela ne pourrait rien faire pour me sortir de mes sentiments, ces horribles pensées qui me traversent sans cesse. Je ne peux pourtant refuser l’entrevue et le miton impatient s’empresse de me lancer au visage des vêtements, que je me dois d’enfiler avant de quitter la pièce. Je ne me dirige pas vers la salle de gaité de cœur, incapable de ne pas paniquer à l’idée de le revoir, de souffrir encore de sa présence près de moi. Bientôt, une longue pousse dans le dos me force à pénétrer entre ces murs redoutés et s’il me faut plusieurs secondes pour déposer mes yeux sur le docteur, je sursaute une fois encore, en ne croisant pas l’azur de ses prunelles à lui. Celles là sont bien différentes et j’esquisse un soudain sourire, qui n’a rien à voir avec l’état dans lequel je me trouve et qui ne s’intensifiera finalement pas. Son sourire me réchauffe plus efficacement que son discours vernis, qui ramène un cruel frisson lorsque son nom résonne entre mes oreilles. Bates… Joshua… Sans pouvoir m’en empêcher, je dépose mon séant sur la chaise devant lui, mais détourne le regard rapidement à ses questions. Je déteste les questions. Je déteste parler de moi ou de mes problèmes. Et pire encore, je déteste parler aux psys. Et si son discours avenant pourrait me mettre immédiatement à l’aise, je ressens une gêne, que tous les mots du monde ne pourraient dissiper. « C’est Noah vot’ prénom hein ? » La voix rauque, à cause de mes cordes vocales abimées et du manque de discussion avec d’autres humains, me fait froid dans le dos et je me trouve surpris de pouvoir émettre de tels sons.

Lentement, ma langue passe sur mes lèvres un peu trop sèche et enfin, je ramène mon regard sur lui, incapable de prétendre m’intéresser aux murs lugubres plus longtemps. Je soupire, secoue la tête, et finalement reprend, la voix toujours aussi grave. « Ecoutez, c’est pas contre vous, vous avez l’air cool… mais… vous allez devoir faire vot’ bonne action ailleurs. Je vais pas rester en isolement bien longtemps encore d’façon. Sont trop pressés de me remettre avec l’autre connard. » Je sais que je laisse filtrer des informations dans ces quelques mots. Je sais aussi que je vais probablement l’agacer à conserver le silence. Tout comme je sais aussi que le psychiatre ne devrait pas rester très longtemps. Il peut rien faire pour moi de toute façon…

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    MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Mar 9 Fév - 23:15



    Un cas difficile. Noah avait su en posant seulement les yeux sur son patient que la tâche serait ardue. Mais la reconnaissance qu'il en tirerait valait probablement la peine. Ou peut-être seulement l'idée d'avoir pu alléger un peu sa sentence, d'une certaine manière lui donnait envie d'y croire. Qu'on se le dise, il n'avait aucune envie d'être ici. Aucune envie d'y rester, et si les sessions n'avaient pas été imposées par les hautes instances, il n'aurait jamais remis les pieds volontaire dans cette maudite prison.
    Et pourtant il sentait quelque chose, là, dans cette petite pièce sans âme, en face de Grimes. Quelque chose qu'il n'avait plus ressentie depuis des siècles, un petit ressenti vivace qui étreignait son ventre. Ce n'était pas la peur, non. C'était la compassion. L'envie de bien faire, de faire juste. S'il ignorait pourquoi Grimes et personne d'autre avait réussi à obtenir cette grâce dans son coeur, celle qui l'animait dans sa jeunesse, il devait se rendre à l'évidence. Il avait envie de l'aider. D'aider ce père de famille bousillé pour Dieu sait quelle raison, de redonner un éclat dans ce regard noir.

    Ou peut-être était-ce tout simplement parce qu'il avait lu le nom de Bates, et que cette seule information suffisait à lui hérisser le poil. Dans tous les cas, il avait envie de faire quelque chose. Et les paroles creuses, classiques du prisonnier n'allaient pas l'en empêcher. Sans se départir de son air bonhomme, il croisa ses doigts sur la table en formica, jetant un coup d'oeil vers la porte métallique par laquelle il était entré.

    -Je crains qu'ils refusent de nous laisser sortir, vous comme moi, avant que l'heure fixée par la convocation ne soit révolue. Car oui, je vous ai été assigné, et nos rendez-vous sont donc une obligation pour l'un comme pour l'autre. Autant faire profit de ce temps et discuter, qu'en pensez-vous ?

    Lui n'était pas vraiment tenu de rester, en soit. Certes, il se ferait un peu secouer par le Directeur pour non assistance à personne en danger, mais tant qu'il s'assurait de ne rien laisser de potentiellement mortel dans la pièce, il pouvait très bien en sortir quand il le voulait. Pas comme Grimes. Grimes qui semblait bien plus perturbé par une menace différente que sa seule dépression, un mal interne, apparemment bien plus proche que Noah ne le croyait.
    Baissant un peu le ton de sa voix, il fronça les sourcils en se penchant vers son nouveau patient. Ses yeux s'étaient à nouveau posés sur la porte, alors qu'un énième frisson traversait son échine, gelant jusqu'à ses os. Il haïssait la prison. Il haïssait encore plus les gens à l'intérieur. Un vivier incessamment alimenté de brutalité et de bêtise humaine, délimité en deux groupes : les manipulateurs, et les manipulés. Reproduction à l'échelle du système humain, il n'en était pas moins plus condensé, plus oppressant entre les murs en béton armé de la Prison. S'il n'avait pas eu Lazlo, il n'aurait lui-même pas donné bien cher de sa peau, enfermé qu'il avait été dans le quartier de haute-sécurité.

    -Ce "connard" que vous mentionnez est un prisonnier ? J'ai vu dans votre dossier que vous étiez souvent mis en isolement, est-ce par sa faute ?

    Il sentait bien qu'Eamon ne répondrait pas à ses questions. Un pressentiment bien souvent justifié au cours des toutes premières séances avec de nouveaux patients. Mais là, le stress jouait en sa défaveur. Stressé, oui, par la peur d'être reconnu par un des membres du personnel. Stressé par la situation, le temps qui leur était compté. Stressé, une dernière fois, par cette sensation sordide qui sourdait dans son estomac, cette terreur qui n'en finissait jamais de croître. Nausée. Elle lui laissait un goût de bile, imaginé, au fond de la gorge.
    Ses yeux clairs se plongèrent dans les iris sombres de Grimes, à un de ces rares moments où il arrivait à capter son regard. Il poursuivit, d'un ton contrôlé mais sûr.

    -Si quelqu'un vous cause du tort, ici, voire plusieurs personnes, je suis habilité à vous venir également en aide de ce côté-là. Le Directeur prend très à coeur votre sécurité.

    Le mot lui parut abject vues les conditions. Un Directeur de prison parlant de sécurité, c'était comme un politicien prétendant la transparence absolue : un mythe. Pour autant il savait pertinemment comment parvenir à ce type de fins, auprès de son mandataire. Il suffisait pour cela qu'Eamon dise un nom, une phrase, quelque chose. Qu'il se décide. Et si ce n'était pas pour cette fois, il le travaillerait au corps pour obtenir une réponse rapidement.

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    MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Dim 21 Fév - 23:32


    « Conneries ! » C’est le premier mot qui m’échappe lorsqu’il se décide enfin à garder le silence. Un rire jaune, inhabituel, vient compléter la remarquer trop acerbe pour l’homme que je suis. Celui en face de moi l’ignore. Il ne sait pas qui je suis, les remords que je peux éprouver, à chaque fois que je prétends être plus dur que je ne le suis réellement. Le médecin ignore que je me punis de chacune de mes remarques du genre. Et jamais il ne l’apprendra, mon dos étant, de toute façon dissimulé par le tissu rêche. Mon regard revient sur lui malgré tout et je l’abreuve une seconde d’une once de ce tenaillement qui me transperce. J’essaye de prétendre que tout va bien et que mes propos ne sont qu’ennui et désinvolture, mais mon regard en dit bien plus long que mes mots. Dans un soupir, je feins de nouveau m’intéresser aux murs, bien trop perturbé par son regard pour continuer à l’observer. Lui ne se gêne pas pour observer la porte à intervalles réguliers après tout… Cette constatation me dérange une seconde, avant que je ne pense à l’embêter sur le sujet. L’envie me titille, cependant je n’en fais rien, par trop conscient de titiller les restes de ma bienveillance en me montrant ouvertement hostile avec l’homme, qui ne semble vouloir que mon bien. Je ne peux que m’en méfier pourtant, gardant toujours en tête les artifices utilisés par Joshua pour me mettre à l’aise, avant de m’effrayer un peu plus.

    Ce n’est pas le même homme, mais rien ne m’indique qu’il n’utilise pas les mêmes méthodes. Je ne suis pas prêt à m’abandonner de nouveau, ni même à subir les douleurs qu’imposent un retour en arrière, dans mon cœur et mon âme. Cependant je ne veux pas me montrer trop malpoli, alors dans un soupir, je me redresse sur ma chaise de fortune et pose mes coudes sur la table, pour le regarder de nouveau. Ma langue s’agite, cherche où commencer, sans savoir quoi dire pourtant face à cet inconnu. La peur d’être enregistré, de n’être que le jouet d’une nouvelle manipulation de Joshua, est trop présente pour me permettre de me lancer, alors je me retrouve stoppé dans mon élan et m’avachis de nouveau dans la chaise, l’air trop insouciant pour être crédible. Pendant une seconde, j’ai voulu parler, dire quelque chose de plus qu’un mot… Et la peur s’en revient, trop présente à mon goût…

    Maladive, elle me paralyse, quand mon esprit trop niais s’empresse de vouloir faire confiance à cet homme bien habillé et presque sincèrement gentil. Je ne sais quelle décision prendre lorsque la dualité se montre presque sur mon visage, dans une grimace que je me trouve incapable de maîtriser. Et enfin, après un duel interne qui m’a semblé être une éternité, c’est ma voix, presque venue d’outre tombe, qui se manifeste finalement. « Le psy en prison hein ? C’est pas commun ! Dommage qu’on vous ait collé avec moi pendant j’sais pas combien de temps. » Je soupire de nouveau et me redresse encore, trop bien élevé pour continuer avec ma nonchalance trop feinte. « Si l’directeur en avait quelque chose à foutre de ma gueule, il m’aurait jamais foutu avec Greyjoy en cellule. Vous savez pourquoi j’suis ici non ? Ca doit être marqué dans votre joli dossier. Et ce type là bas, dans son bureau, a décidé que la meilleure des idées, ça serait de me mettre dans la cellule du violeur de ma sœur. Allez pas m’faire croire qu’il veut mon bien, j’y crois pas une seconde. Vous êtes juste là pour qu’il s’assure que j’recommence pas. La paperasse je suppose ! Aucune hargne dans mes mots, juste l’amère vérité, telle que je la conçois et que les faits m’imposent. Dans une grimace, je me lève finalement et commence à arpenter trop nerveusement les quelques mètres carrés qui nous sont autorisés, toujours plus grand que mes pauvres cellules. Plusieurs secondes s’écoulent, avant que je ne reprenne, la voix toujours trop rauque à mes oreilles. « Vous êtes forts ! J’ai même répondu à vos questions, sans en avoir l’air ! Vous devez être un sorcier avec des pouvoirs et tout ! » Ce n’est qu’une blague, une simple façon de me détendre, alors qu’imperceptiblement, je me glisse dans la bulle de confiance qu’il tente d’instaurer entre nous.

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      MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Jeu 17 Mar - 22:54

      La voix de Grimes résonna dans la salle trop vide, rebondissant sur les murs clairs, cognant sur la table en formica au centre de la pièce. Les vibrations claquaient encore dans les oreilles du psychiatre, s'ajoutant à son propre inconfort, lui rappelant sans relâche cette impression d'étouffer qu'il éprouvait depuis qu'il était entré dans l'enceinte confinée de la prison. La sensation de bile s'accentuait au fond de sa gorge, rendant sa gorge râpeuse, et sa bouche trop sèche. Mais il tint le coup, préférant se concentrer sur le mal-être de son nouveau patient plutôt que le sien.
      C'est fou comme on devient empathique quand on est soi-même dans une situation psychologique approximative. C'est fou comme il ne voulait pas se préoccuper de ses propres craintes, de la panique qui étreignait encore son estomac à l'idée d'être reconnu, et se plongeait dans chacune des bribes de paroles que Grimes voulait bien lui lâcher. Des soupçons d'informations auxquels il se rattachait comme s'ils étaient le Messie lui-même, paroles d'Evangile. Il ne devait pas montrer sa propre impuissance. Ne devait pas trahir sa propre inquiétude. Alors il joignit ses mains, les posant sur la table, s'y accoudant au passage. Contenir toute sa personne pour ne plus laisser que son esprit libéré, ne plus pouvoir qu'écouter Eamon Grimes, ses problèmes, ses doutes, ses péchés peut-être. Il n'était pas là pour juger, pas là par un caprice subit du nouveau Directeur de le plonger, lui, Noah Meadow, dans le sein même de la Prison et l'y enfermer ensuite. Après tout, il n'avait sûrement rien dans ses dossiers pour justifier d'un tel acte.
      Non, il n'y avait qu'Eamon Grimes comme raison de sa visite dans cette prison. Et il était temps qu'il agisse comme un véritable professionnel, et face ce qu'il avait de mieux à faire : son métier. Nerveusement, il tapota le dos de sa main gauche du bout de son index droit, forçant un sourire affable. Sans le savoir, Grimes venait d'appuyer exactement là où ça faisait mal.

      -Le psy en prison, effectivement. J'ignore pour combien de temps, mais je suppose qu'il s'agira probablement de quelques séances d'une heure. Il restera à moi de décider si vous avez besoin de plus de sessions ou non, toutefois. Donc je crains que nous ne devions nous revoir prochainement, et, certainement, dans les mêmes conditions.

      Il regrettait le confort de son cabinet personnel, voire même celui, bien plus précaire, de son bureau à l'Hôpital. Restait qu'il n'avait guère le choix, et devait faire avec ce qu'il avait sur le moment. Fronçant les sourcils, il reporta son attention sur Grimes. Ce dernier était clairement agité, et clairement sceptique quant à l'utilité de séances. Ce qui était logique au vu des circonstances qu'il exprimait à présent, circonstances que Noah n'avait que survolées en refermant trop rapidement le dossier du père de famille. Dire qu'il ne s'était pas attendu à cela était un euphémisme. Il retint son souffle, écoutant attentivement les informations, les stockant dans un creux de son cerveau pour les étudier d'avantage le soir venu. Ouvrir les dossiers et les consulter en profondeur devenait capital, le cas de Grimes se révélant probablement plus complexe qu'il n'en avait l'air de prime abord.

      -Il paraît peu probable qu'il ait tenu compte de ces éléments dans votre situation, en effet... Je l'ignorais, n'ayant pas eu l'occasion de lire votre dossier. Et je m'assurerai que vous soyez déplacé vers une autre cellule le plus rapidement possible. Indépendamment du regard du Directeur sur votre cas. Je ne comprends même pas qu'il soit envisageable de vous mettre dans cette cellule dès le départ.

      Il avait marmonné la dernière phrase, entre ses dents, plus pour lui-même que pour son patient à vrai dire. Outre l'inadmissibilité de la situation, ce paradoxe aussi Dickensien qu'improbable, il n'en revenait pas que le Directeur ait été suffisamment stupide pour croire que la cohabitation se passerait sans soucis entre les deux prisonniers. Indépendamment de la volonté du Directeur, oui. Il s'avançait au delà des limites de ce qu'il pouvait promettre ou réellement accomplir. Mais quelque chose dans Grimes lui donnait envie de faire quelque chose de vraiment bien.
      Peut-être sa tentative d'humour, malgré l'ironie malsaine de la situation. Une tentative qui arracha un sourire au psychiatre, le détendant à son tour alors qu'il répliquait d'un ton égal, l'amusement pointant toutefois dans son regard clair.

      -Allez savoir, peut-être est-ce réellement le cas. Cela vous plairait, que votre psychiatre soit doté de pouvoirs ? Peut-être que cela pourrait même se révéler utile, par la suite.

      La remarque avait été prononcée avec cette légèreté incertaine du demi-mensonge. Il n'était pas bien avisé de trahir sa condition sorcière. Mais Grimes pouvait-il franchement se douter de sa nature ? Pas vraiment non. Pas que Noah puisse l'estimer en tout cas.



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      MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Jeu 24 Mar - 17:30


      Je râle et prétends me braquer face à cette présence, ces confidences que je ne désire pas. Pourtant, au fond, j’apprécie d’avoir été sorti de mon cachot. J’apprécie la présence d’un inconnu, envers qui je ne dois rien. Ni faux sourire, ni fausse bonne humeur. La seule chose que je suis obligé de faire, c’est parler, juste un peu. Je n’aime pas cela, mon expérience avec mon précédent médecin s’étant révélée désastreuse. Pourtant, c’est facile d’exprimer ce que je ressens à cette seconde, lorsqu’il n’impose rien. Et je lâche une blague, une remarque peu importante, qui semble le mettre mal à l’aise aussitôt. Alors je regrette ma légèreté et mon manque d’empathie. Si moins égoïste, je cessais de râler sur les injustices dont je suis sujet, probablement aurais-je pu remarquer que mon psychiatre n’est pas très à l’aise entre ces murs. Probablement moins que moi encore, alors qu’il est libre d’aller et venir sans contrainte aucune. Cette situation m’interpelle, mais je suis trop poli pour aborder le sujet. Je ne voudrais pas le braquer et ajourner cette séance qui se trouve être beaucoup moins désagréable que je l’aurais d’abord cru. D’un geste douloureux, je me relève de ma chaise trop inconfortable et commence à parcourir la salle lentement. Elle est plus grande que ma cellule, plus lumineuse que l’isolement et dans une longue inspiration, je ferme les yeux finalement, tout en écoutant les dires du brun. Dans mes explications, je me suis enflammé et sa réponse n’amène finalement qu’un rire amer à mes lèvres. Je reste persuadé que le directeur est à l’image des grands de ce nouveau monde, à savoir fasciné par la douleur d’autrui et les conflits qui pourraient être aisément évité, avec simplement lus de considération pour ses détenus. Je ne me formalise pourtant pas de ce fait et préfère continuer à écouter l’homme avant de laisse échapper un ricanement, un brin moqueur, un brin amusé. « J’suis plus un gamin doc ! J’crois en beaucoup d’choses, mais la magie, c’est des conneries. » J’affirme une vérité que tout le monde véhicule lorsque mon esprit encore enfantin se prend à rêver juste une seconde.

      La magie… ça serait tellement mieux d’avoir le droit à pratiquer des sorts. L’un d’eux pourrait par exemple me débarrasser du monstre en moi. Probablement pourrais-je manger de nouveau, sans pour autant ressentir ce goût cendreux qui s’impose à chaque seconde… Et aussi vite que je me suis mis à rêver, la dure réalité reviens en moi, comme un boomerang que je me serais pris en pleine face. Et mon rire se meurt finalement dans une acerbe grimace douloureuse. Une veine sur ma tempe se crispe à intervalle irrégulier, alors que l’afflux de sensations m’assaille soudain. Mes épaules s’affaissent lentement et je laisse mon visage venir observer le sol, des larmes cruelles et douloureuse creusant un sillon brûlant sur mes joues. L’appel de la douleur s’est éveillé et impose à mon corps d’irréguliers battements. Je ne le regarderai pas, me contente de fixer le sol, dans l’optique de calmer mes glandes lacrymales, qui s’activent de plus en plus à mesure que les secondes passent. Je voudrais parler, lui signifier que tout va bien, mais je ne parviens qu’à renifler lamentablement. Et dans ce pathétique spectacle, je finis par relever la tête, dos à lui, et les mots m’échappent, d’une voix que je ne maîtrise pas. « Merci pour l’effort, mais ça servira à rien. Pour tout vous dire doc… J’préfère rester avec Greyjoy que me retrouver avec un psychopathe inconnu. Au moins lui… il est pas capable de vraiment m’faire du mal. J’suppose. » Mon ton vacille, tente une réponse claire quand je m’enfonce pourtant dans l’incohérence. Le pauvre homme ne doit pas comprendre grand-chose, mais je ne veux pas me tourner vers lui, pas encore. Pas quand le sel décore mes joues. Pas quand mes yeux rougis semblent si démunis et pleins d’une peine indicible.

      Après une accalmie, je me décide enfin à reprendre ma place et me pose sur la chaise plus que je m’y assois. Le visage de Piotr s’impose soudain et mes larmes se font plus intenses encore, parfaitement visibles pour l’œil avisé du professionnel. Lorsque la logique voudrait me faire parler, me faire m’épancher dans le plus grand secret médical, je garde le silence et finis par essuyer mes pleurs dans un geste rageur. « Savez quoi doc ? Vous pourrez revenir autant que vous voudrez, ça changera pas ce qu’il se passe là, ou là… » Tout en parlant, je pointe successivement mon cœur et l’une de mes tempes, avant de secouer la tête, dans un air volontairement dédaigneux, voire même méprisant. Incapable d’un tel geste, sciemment, je ne peux le définir exactement, mais une chose est sûre, je ne crois pas en ses capacités, tout comme je ne me crois plus destiné à échapper à l’enfer. Dans un réflexe, je viens gratter le haut dans mon dos, où mes ongles se sont enfoncés peu de temps auparavant. Impossible d’utiliser un fouet, aussi je me meurtris d’une façon plus barbare, lorsque ma peau vient se réparer d’elle-même. Le noir de mon sang est équivoque, sa sombre consistance est un prémices évident de ce qui m’attend à ma mort. Dieu m’a abandonné et il n’est qu’une question de temps avant que le docteur en fasse de même. « On devrait parler de trucs qui servent à rien. D’façon vous en avez rien à foutre de ma tronche. Y’a que la thune qui vous parle. Un prisonnier qui essaye de s’pendre, ça doit rapporter un peu non ? Et puis d’façon, j’vais finir par crever dans l’coin. C’est rien qu’une question de temps. » Et ça, j’en suis persuadé…

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        MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Dim 24 Avr - 17:07



        Non décidément rien n'allait. Entre l'oppression constante qu'il ressentait entre ces quatre murs, permanente, tellement obnubilante qu'il la ressentait jusque dans les plus infimes de ses cellules, et la souffrance physique et morale de l'homme en face de lui, il était facile de deviner que Noah passait une très mauvaise journée. Pire, la séance ne commençait que tout juste, donnant libre cours aux pensées du sorcier. Combien de temps risquait -il de passer à nouveau entre ces murs si jamais on venait, par le plus pur des hasards, à le reconnaître ? La pensée l'obsédait, vigoureuse, insidieuse, le hantant à un tel point qu'il avait du mal à se concentrer sur ce que lui racontait Grimes. Ou tout du moins ce que son expressivité physique, au-delà de ses propres paroles, réussissait à faire transparaître quant à son était d'esprit. Suite à sa bravade, son ton s'était, sans grande surprise, assombri. Non, à vrai dire, le plus surprenant avait surtout été de l'entendre faire de l'humour malgré la gravité de la situation. Un trait d'esprit désuet qui avait fini par se fracasser sur les murs épais, froids de la cellule dans laquelle ils se trouvaient, malgré leur tentative commune d'adoucir quelque peu la situation. Comme quoi on ne ressortait jamais réellement de l'Enfer. Il revenait systématiquement lors des moments de faiblesse, tapi dans ce simulacre de bonhomie qu'on tentait vainement d'ériger. Le psychiatre secoua ses boucles brunes, subrepticement, comme pour chasser ses pensées vagabondes. Il était là pour écouter le père de famille, en face de lui, pas pour céder à ses propres frayeurs. Une raison comme une autre de se plonger dans la tâche première pour laquelle il avait été mandaté, de faire son travail.
        Pour une fois.

        -Chacun est libre d'avoir les croyances qu'il désire, que ce soit pour la magie ou pour le reste. Peut-être que s'ouvrir à l'éventualité que des êtres dotés de capacités surnaturelles est un doux rêve, une douce utopie, ou peut-être s'agit-il d'une réalité bien ancrée dans notre présent. Pour ma part, j'aime à croire qu'il y a une part de vérité dans ce type de mystères...

        La phrase comme le fond de sa pensée restèrent en suspens, flottant dans l'atmosphère déjà bien trop lourde de la cellule. Le silence était revenu, le temps qu'Eamon se redresse, parcourant la pièce comme un fauve en cage. Prisonnier. Ils l'étaient autant l'un que l'autre, au cours de cette séance, prisonniers de tant de faits contraires que cela en était presque risible. Mais la suggestion d'une magie possible, bien réelle, pouvait aider à s'ancrer dans un autre aspect de ce présent qui les opprimait. Sans parler du fait qu'il pouvait ressentir quelque chose, bien qu'il ne sut pas exactement quoi, émanant d'Eamon. Une forme de puissance sourde, meurtrière, qui s'intensifiait ou diminuait selon les fluctuations sentimentales de son patient.
        Fluctuations qui eurent le don de le surprendre, quand il vit le dos du brun se secouer silencieusement, après un reniflement. Rares étaient les patients qui, comme lui, jouaient la bravoure obstinée pour retomber finalement dans un rapport de forces amoindri. Il en avait vus, ils étaient parmi les plus intéressants, mais aussi vite ? Notant mentalement qu'il devrait passer plus de séances personnelles en prison, pour peu que les autres détenus soient autant à fleur de peau que Grimes et donc nettement plus intéressants que la moyenne, il se redressa à peine. Ses doigts caressèrent machinalement la sensation fantomatique de son alliance, qu'il ne ressentait qu'en période de trouble profond. Et tel était le cas, aussi attendit-il que les larmes se calment, et que son interlocuteur s'assoit, à nouveau, devant lui. Modulant sa voix pour qu'elle soit douce, engageante, il se hissa en travers de la petite table en formica et posa ses deux mains à plat devant le père de famille, ayant arrêté son geste spontané à mi-chemin. Il aurait voulu poser ses doigts sur sa peau pour le rassurer, pour lui assurer d'une certaine manière que tout irait bien. Parce que cette souffrance bien réelle réveillait quelque chose en lui. Et c'était assez rare pour être souligné.

        -Ne pensez-vous pas vous en faire suffisamment, de mal, pourtant ? Evitez-vous donc un fardeau supplémentaire, Eamon, offrez-vous la possibilité de panser vos plaies.

        Il était beau, à donner des conseils qu'il n'appliquait même pas à son propre cas. Sa propre vie. Il était beau, à faire cas de cet homme alors qu'il en avait une bonne trentaine de plus sur les bras auxquels il ne prêtait absolument aucune considération. Ça devait être la prison qui lui faisait ça. Ça ne pouvait être que ça. Secouant doucement ses boucles brunes, il laissa échapper un soupir résigné. D'autres lui avaient maintes fois sorti le même type de discours, le dernier en date étant Hartley, qui au final s'était révélé être un garçon plus que prometteur si on mettait sa tendance à l'exagération de côté. Mais le cas de Grimes était différent. Dans le sens où il voulait profondément l'aider, et que tout ce qu'il obtenait n'était qu'une porte close. Frustrant, le père de famille. A juste titre, il devait lui accorder, mais frustrant tout de même.

        -Alors parlons de choses et d'autres, si tel est votre désir. Sachez seulement que je ne suis pas motivé par l'argent, si telle est votre idée de ma présence en ces lieux. Je pourrais toucher bien plus en officiant dans le calme et le confort de mon cabinet personnel. Non, la raison pour laquelle je suis ici, c'est bel et bien vous. Quitte à vous faire sortir moi-même de cet enfer de béton et de métal.

        Il inspira profondément, l'atmosphère suffocante lui donnant la sensation d'être en apnée forcée depuis son entrée dans la cellule. Oui, s'il le fallait il forcerait les portes lui-même pour faire sortir Grimes de la prison, il en était persuadé. Pas seulement parce que l'homme lui semblait sympathique. Mais parce que personne, pas même lui, ne méritait de croupir indéfiniment dans une cellule, aux mains d'inconnus qui n'en avaient qu'après sa vie. Il l'avait vécu. Il en avait été sauvé. Et il voulait d'une certaine manière le faire savoir, le faire comprendre à son patient. Quelqu'un est là qui te tend la main, le seul peut-être, vue ta situation. Qu'as-tu à y perdre ?

        -Parlons de choses et d'autres, alors. Apprenons à nous connaître, avant de juger que nos sessions sont vaines. J'ai cru comprendre que vous aviez des enfants, voulez-vous m'en dire d'avantage ?

        Il savait que le terrain était glissant, de lancer le suicidaire sur le sujet de sa progéniture. Mais peut-être aurait-il un peu de baume au coeur en en parlant ? Noah tâtonnait dans l'espoir de raviver une flamme, une once d'espoir, dans son patient. Parce que l'espoir, lui, faisait vivre. Celui de sortir pour retrouver les sien, pour peu qu'on ait la chance d'en avoir.

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        MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Mer 27 Avr - 11:47


        Je m’évade une seconde de cette prison morbide et déprimante, pour m’imaginer une baguette magique à la main, l’agitant en tous sens pour lancer des sorts, drôles et moins drôles et la conséquence se fait immédiate. Je pouffe et l’instant s’évade lorsque mes yeux se déposent sur les murs trop lugubres. Les rêves, c’est bon pour les gamins et non pas les prisonniers qui n’entrevoient aucune porte de sortie. Dans les méandres, l’esprit retors voudrait continuer à s’évader, pour ne plus penser au moment ou tous les précédents, ceux qui m’ont poussé vers la corde et la sortie la plus facile… Celle que j’ai trouvé le moyen d’échouer. De nouveau mon regard s’assombrit, mon être se réfugie dans la noirceur de mon âme, mais se retrouve de nouveau déconcentré de sa déprime par les dires du médecin. C’est presque étrange, de l’entendre me parler de magie comme si nous parlions du mauvais temps et ses paroles me font réfléchir une seconde, puis une autre. Je ne suis moi-même plus totalement humain après tout, alors pourquoi les sorciers, ne pourraient ils pas exister ? Les zombies ne sont pas tombés du ciel après tout… Soudain concentré sur cela, j’esquive un instant la tristesse inhérente à ma personne, pour finir par le questionner. « Et vous ? Vous en pensez quoi doc ? » La curiosité me prend, de savoir ce qu’il pense réellement de tout cela. Je n’attends pourtant aucune réponse, bien au courant que les psy sont plus du genre à ne jamais se mouiller. C’est probablement ce qui m’agace le plus dans ce type de relations. Devoir parler, sans rien recevoir en retour. Je tente donc d’obtenir quelque chose de lui, plus que de grands discours grandiloquent. « J’veux dire, une part de vérité dans ce type de mystère… Y’a rien d’plus vague. La magie, vous y croyez ? Vous pensez qu’on peut avoir des pouvoirs spéciaux ? » D’un côté, je m’informe aussi sur ce qu’il pourrait savoir de ce que je suis. Si Vittoria m’a déjà aidé avec ma nouvelle nature, cela pourrait faire du bien d’avoir une personne vraiment expérimentée pour savoir de quoi il s’agit.

        La curiosité a remplacé la douleur pour un temps, mais comme une mauvaise habitude, elle revient au galop en une vague si puissante qu’elle fini par me submerger et me laisser pantois. Les larmes, je ne les maîtrise pas, même si je voudrais sembler plus fort face au médecin. Par mes larmes, je lui offre ma faiblesse sur un plateau d’argent et je ne peux malheureusement rien faire contre ça. Le calme revient plutôt vite, mais le mal est de toute façon fait. Il est trop tard pour moi, mais je reviens faire face bravement, une lueur de défi dans le regard. J’ai pleuré, j’ai laissé une vision claire de mon être au médecin, mais pour autant, je ne lui offrirais pas ce qu’il désire. Lentement, je lui annonce la couleur, sans parvenir à totalement maîtriser le tremblement dans ma voix. Je sursaute même lorsqu’il reprend la parole, incapable de ne pas frissonner. Toujours cette acuité, qui me dérange tant chez les personnes de sa profession. « Conneries doc ! Mes plaies, comme vous dites, vous croyez vraiment qu’j’vais les panser en prison ? Entre ces murs décrépis et les fantômes ? C’beau l’optimisme ! » Je ne maîtrise pas mes propos et me désole une seconde de ne plus être celui là. Celui qui voit le bien en toutes situations. Celui qui a disparu entre les murs de cette prison. Cette fois, je retiens la larme de dépit qui menace et me contente de relever le menton après un soupir, trop touché pour ne pas avoir un visage totalement neutre.

        Je suis presque content de le voir accéder à ma demande, mais mon côté désormais plus méfiant me pousse à me méfier de ses dires. C’est un psychiatre, il veut me calmer pour obtenir ce qu’il veut de moi. Pour cela, je me referme encore un peu plus, incapable de voir un mouvement de bonne volonté dans ses paroles. Je manque de rire, mais dans une volonté de ne pas lui manquer de respect, je me contente d’un regard plus que dubitatif et secoue la tête, bien conscient que ce ne sont que des paroles en l’air. Et pourtant, j’aurais aimé rester sur ce sujet, tant celui qu’il amène me semble cruel. Mon regard se durcit, mes poings se serrent et je lance, trop touché pour conserver le silence cette fois ! « Allez vous faire foutre ! » Clair, précis, j‘aurais pu balancer un truc à la figure s’il y avait eu quelque chose pour. De noirs, mes yeux virent soudain haineux et je les ferme pour ne pas regretter ensuite de ne plus le voir. S’il s’entête à parler de choses qui m’embêtent prodigieusement, je préfère être avec lui que dans le noir dans ma cellule d’isolement. « Pas d’enfants, pas de sœur, pas de frère… Et p’tête qu’on pourra avoir un conversation agréable ! » Cela réduit drastiquement les sujets, mais au moins, je ne me referme pas totalement à lui et pour le lui prouver, je repose un regard plus calme sur lui.

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          MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Dim 1 Mai - 19:42

          Il avait laissé la réflexion en suspens, laissant le soin à Grimes de l'attraper au vol s'il le décidait. Non, il n'avait pas l'intention de le baigner dans des illusions quant à la magie, mais s'il y avait le moyen dans cette misérable cellule d'insuffler une pointe d'espoir, de liberté au brun, Noah était tout disposé à la lui laisser. Une opportunité qu'Eamon attrapa finalement, mordant à l'hameçon que le psychiatre avait laissé devant son nez, attirant un léger sourire satisfait de la part de l'Italien. Joignant ses mains distraitement sur la table en formica, il haussa un sourcil amusé dans la direction générale de son patient. Un tel intérêt n'était pas habituel, en soit, pas dans sa situation. Peut-être que ça cachait autre chose, un fait sous-jacent qui n'était pas précisé dans son dossier. Un point d'intérêt supplémentaire pour le psychiatre, le raccrochant à nouveau dans le présent et la conversation en cours, fixant son regard dans les iris sombres de Grimes.

          -Pour être parfaitement honnête, et si cet aveu peut paraître désuet, oui, j'y crois. Je crois que certains êtres sur cette planète sont dotés de capacités qui sortent de l'ordinaire, uniques. Allez savoir, peut-être sommes-nous tous les deux concernés par cet état de faits. La situation serait cocasse, ne pensez-vous pas ? Deux être surnaturels réunis dans une même, minuscule pièce, pouvant potentiellement s'entraider.

          Il n'alla pas plus loin, n'en trahit pas d'avantage. A quoi bon, de toutes façons ? Il pouvait bien partir à la pêche aux informations ou juste se fourvoyer et passer pour le dernier des allumés que ça ne changerait pas la nécessité de Grimes d'assister à ces sessions, aussi longtemps que Noah le déciderait. Officiellement aussi longtemps que le psychiatre les jugerait nécessaires. Cela lui laissait suffisamment de temps pour briser ses défenses, ou pour passer pour le dernier des tordus, même si à choisir il préfèrerait la première solution. Parce que Grimes lui donnait envie de l'aider. De le tirer vers le haut, de le remettre sur pieds une bonne fois pour toutes. Et là, alors que les larmes avaient repris possession de son interlocuteur, Noah se demandait profondément ce qu'avait pu être Eamon avait que le malheur ne le happe en plein vol. Dans son attitude, sa façon d'être, il pouvait voir que l'homme était passionné. Qu'il avait de la combativité à revendre, et que cette combativité n'avait pas été altérée par la violence de la vie carcérale. Alors il voulait redresser le dos de cet homme, courbé par le poids des maux. Il voulait faire quelque chose.

          Mais pour ça Eamon allait devoir faire preuve de coopération. Ce que, clairement, il n'était pas disposé à faire. Pourtant Noah comprenait parfaitement sa situation, pour y avoir été. Il comprenait aussi qu'entendre parler d'espoir, par un homme qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam, ça pouvait rendre irritable. Aussi ne cilla-t-il pas à l'énième fois où Eamon le rabroua, clairement échaudé par sa réflexion. Pour une fois, le psychiatre resta silencieux, le laissant déballer son ire, se contentant d'observer attentivement sa réaction. Il ne lui donnait rien, rien d'autre que de la rancoeur et du mépris. Un homme certes blessé, mais qui en plus n'avait plus rien à perdre. Ce n'était pas comme s'il n'avait jamais rencontré d'autres personnes comme lui, au cours de ses sessions. Il fallait juste créer de l'attente, il fallait juste...

          Ses sourcils se froncèrent alors que, pour la énième fois depuis qu'ils étaient enfermés dans la cellule, la voix d'Eamon claquait dans l'air sur un juron sonore. Distraitement, Noah tapa de l'index sur la table en formica, contenant de plus en plus difficilement sa propre frustration. Certes, Eamon avait des choses à dire et certes la situation était extrême en ce qui le concernait. Certes, Noah arrivait la bouche en coeur, après la bataille, pour lui proposer des solutions qui n'arrivaient que trop tard. Mais le psychiatre venait en ami. Et il n'était pas payé à se faire hurler des immondices à longueur de journée, même avec toute la bonne volonté du monde. Alors, lorsqu'Eamon lui déclara les termes de leur entrevue, le psychiatre se leva de sa chaise dans un profond soupir. A gestes lents, d'une tranquillité feinte, assumée, pour cacher sa propre envie de lui jeter ses dossiers à la figure, il reprit ces derniers en main et posa un regard dur, glacial sur son patient.

          -Si nous nous confortons à vos conditions, nous n'avons résolument rien à nous dire, dans ce cas, Eamon. Lorsque vous aurez conscience que je ne suis pas là pour vous enfoncer la tête dans l'eau mais bien vous tirer de tout cela, peut-être qu'à ce moment nous pourrons avoir une discussion. D'ici là, je vous laisse le soin d'y réfléchir, et ne reviendrai que si vous décidez que nous pouvons enfin communiquer normalement, en adultes responsables.

          C'était plus fort que lui, c'était parti plus vite que lui, avec l'intensité de cette gifle qu'il mourait d'envie de lui décrocher depuis que l'autre l'avait envoyé paître pour la fois de trop. Sa voix n'avait écorché aucun mot de son accent italien, était resté grave, mais dénuée de toute chaleur, et il ne détourna les yeux qu'au terme d'une minute, s'étant assuré que le message ait été bien assimilé par le prisonnier.
          Non, il ne tolérerait pas plus longtemps de subir les caprices de l'autre. Non, il ne tolérerait pas de se faire humilier, ou vilipender, juste sous prétexte qu'il avait sincèrement envie de l'aider. Le pire dans cette affaire étant qu'il réagissait comme cela justement parce que le cas de Grimes faisait écho en lui. Mais il était temps que ce dernier comprenne que la discussion était à double sens. Qu'il comprenne, aussi, que s'il voulait jouer à poser des termes et des limites, Noah en était tout aussi capable.

          Le poing levé vers la porte, prêt à demander son extraction de cette satanée cellule, il attendit un instant. Si l'autre souhaitait le retenir, il resterait. Si l'autre l'insultait une nouvelle fois, il lui ferait ses adieux et partirait sans autre forme de procès. Le choix appartenait bel et bien à Eamon, maintenant.

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          MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Dim 8 Mai - 18:56


          Malgré moi, j’impose une attention toute particulière aux mots prononcés par le docteur. C’est ce dont j’ai besoin finalement. Une confirmation de ne pas être le seul. Je l’ai déjà eu, en la présence de Stain, mais je me demande parfois si je n’ai pas imaginé le loup, celui qui a failli me dévorer. Cependant je sais… que je ne suis pas unique en mon genre. Vittoria est comme moi. Stain est autre chose, mais avec des capacités uniques aussi. Peut être que le médecin fait aussi parti de ces créatures étranges, celles qui m’effrayaient enfant. Celle que je suis maintenant. Il semble si convaincu, si intensément ouvert à la situation, que j’envisage une seconde lui dire la vérité. Les mots se bousculent, viennent heurter la barrière de mes lèvres, avant de finalement s’y échouer, sans le moindre espoir de se faire entendre finalement. Je n’ai pas confiance en lui. Si ses phrases sont magnifiques et donnent envie de se confier, je n’oublie pas l’évidence. C’est son métier, ce qu’il fait pour vivre et s’il a réussi à me mettre à l’aise, ce n’est pas uniquement pour me faire plaisir, mais bel et bien pour me soutirer autre chose. Alors la méfiance revient, m’empêche de lui dire les secrets qui hantent mon cœur et dans un geste de la main, j’esquive la question. Je ne peux lui répondre, pas sans me trahir. Je ne peux feindre une désinvolture lorsque tout mon être est si lourd. Mes yeux parlent cependant et s’impriment d’une curiosité que je cache difficilement. Je voudrais qu’il me parle de ça, avec plus de détails, je voudrais qu’il m’avoue être lui aussi un de ces êtres. Rien d’autre ne vient pourtant alors je me réfrogne et m’enfonce dans cet ensemble de sentiments confus qui s’emmêlent après ma perte de contrôle précédente. Tout cela me prend, me dépasse et je déteste ressentir tout cela.

          Alors oui, je voudrais pouvoir m’ouvrir à lui, mais ma méfiance ne s’estompe pas au fur et à mesure des minutes passées avec lui. Avant ma rencontre avec cet homme, jamais je n’ai pu prendre conscience du traumatisme de mon ancien thérapeute. Maintenant pourtant, le manque de confiance que cela implique m’handicape fortement. Tout simplement parce que je veux lui parler et exprimer tout ce que j’ai sur le cœur. La peur seulement, que mes mots puissent être utilisés contre moi est bien trop intense pour me laisser aller aux confidences. Peu importe le bon feeling que je peux ressentir envers lui, il est bien moindre en comparaison de cette pensée qui ne me quitte pas. Si je lui parle, il me fera du mal et cela, j’en suis persuadé… Alors je me tais, je conserve un silence buté et croise même les bras devant ma poitrine, en un défi clair lorsqu’il lance le sujet de mes enfants. Non, je ne veux pas m’exprimer, je ne veux pas parler d’eux.

          Et sa réaction en réponse me laisse pantois. Lentement mes yeux le suivent alors qu’il se lève, qu’il s’éloigne de moi et je ne peux empêcher mes lèvres de s’entrouvrir. Le voir partir, c’est refermer la porte de ma cellule. S’il s’en va maintenant, je vais de nouveau me retrouver dans le nid de vipères et cette simple idée me révulse sur le champ. Alors avec une attention renouvelée, je l’écoute et le regarde me débiter son discours parfaitement huilé. Et la raison voudrait que je le supplie de rester, quitte à devoir parler. L’émotion pourtant, prend le pas aussitôt et dans un air résolument farouche, je relève le menton. Pourtant mon regard, une fois encore, véhicule tout autre chose. C’est un désespoir que l’on peut y lire alors qu’il s’éloigne vers la porte. Mon cœur hurle, mon esprit le renie et chacun de mes muscles se tire, pour finalement se détendre soudainement.

          Je me relève comme précédemment assis sur un ressort et esquisse un pas vers lui. En plein combat interne, je ne prends pas de décision immédiate et ne fais qu’observer son poing s’élever lentement vers la porte. Comme en regardant un film, lors d’un ralenti, j’attends le moment où la chair va rencontrer le fer, en un sourd coup et ferme les yeux une seconde dans cette expectative. Ce moment qui ne vient pas et cette fois, je n’écoute plus ma peur pour me concentrer sur cette impulsion, que je ne retiens plus. Dans un mouvement fluide, je comble la distance entre nous et attrape son poing levé, sans gêne aucune. Mes doigts se referment lentement en même temps que mes yeux, lorsque ma sentence fini par se faire entendre entre nous. « Si vous partez, je n’irais jamais mieux. Si vous restez, peut être pas non plus… mais au moins, j’serais pas seul ! » Long soupir pour conclure cette phrase, durant laquelle je n’ai pas respiré et je finis par répondre, toujours tendu, toujours la main posée sur lui, plus douce que mon ton, qui ne se veut pourtant pas agressif. « Mes enfants… J’suppose qu’ils me détestent maintenant. J’en connais qu’un sur les deux. L’autre c’était un bébé quand… » Dire à voix haute ces mots, me prennent tant d’énergie que je finis par crisper mes doigts. « quand j’suis parti. Maintenant ils sont avec mon frère, mais… Ils méritent mieux. Tous les trois. Lui mérite mieux que d’être coincé dans l’rôle de père lorsqu’il a jamais voulu l’être. Et les deux gamins méritent mieux que d’être élevé par quelqu’un qui n’est pas leur vrai père… » Je m’embrouille légèrement mais au moins, j’ai obéis… Je me suis ouvert… Et par la même occasion, j’ai retiré les points qui maintenait la blessure close…

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            MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Dim 22 Mai - 1:19




            Comme par miracle, sa réaction avait fini par porter ses fruits. Eamon avait enfin réagi d'une manière qui non seulement était satisfaisante mais aussi qui pouvait leur permettre de progresser ensemble. Pas qu'il ait vraiment eu l'envie ou la nécessité de prendre la fuite, bien qu'il ne se sente pas au mieux de sa forme dans cette maudite cellule. Mais nécessité faisait foi, ici. Et s'il ne trouvait pas une manière de faire réagir Eamon, aussi rude soit-elle, il n'avait absolument aucun intérêt à rester une minute de plus dans ce mouroir.

            Surpris, toutefois, par le geste, il haussa un sourcil intrigué dans la direction de son patient. Si la pression qu'il infligeait sur son avant-bras n'était pas douloureuse, elle était toutefois suffisamment ferme pour lui indiquer qu'il avait effectivement décidé de coopérer. Qu'il souhaitait que le psychiatre reste, que sa connexion au monde extérieur ne sa fasse pas seulement par les éclats de ciel qu'il pouvait probablement apercevoir par la fenêtre de sa propre cellule. En témoignaient les propres paroles du père de famille, un éclat dans le silence pesant de la petite pièce presque vide, que Noah entendit parfaitement. Alors c'était ça. Le déclic dont il avait besoin pour enfin réagir, pour enfin s'ouvrir. Toujours silencieux, le sorcier acquiesça avant de rejoindre la table en formica, reprenant sa place initiale, tendu toutefois par une forme de méfiance qu'il ne s'expliquait pas. Qui disait que cet éclat soudain, cette prise de conscience providentielle n'était pas seulement temporaire ? La séance commençait malgré tout, après plus de vingt minutes à louvoyer entre deux insultes. Et si Eamon n'avait, à terme, pas besoin d'une séance supplémentaire, au moins crever l'abcès et laisser filer ses maux avec ses paroles pouvaient lui permettre de se soulager quelque peu. Un mal pour un bien, surtout pour un homme qui avait été suivi par Joshua Bates avant de tomber sur son supérieur hiérarchique.
            Le pauvre...

            Les dossiers de ses collègues avaient bien fait mention d'enfants, mais pas de mère. N'étant pas allé chercher plus loin, car n'ayant absolument aucun intérêt dans les conclusions de ses pairs, Noah ignorait ce qu'il en était, comme les véritables circonstances dans lesquelles les enfants étaient traités. Il ignorait jusqu'à l'existence d'un frère Grimes, fut-il aîné ou cadet, et se demanda aussitôt si l'homme en question pouvait se prouver digne d'intérêt. Les liens fraternels étaient tels qu'ils n'étaient jamais certains. Mais vu le ton d'Eamon, il y avait fort à parier qu'il était digne de confiance. Et ce malgré l'apparent manque de choix qui avait fait du frère Grimes un père adoptif sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit.
            A se demander depuis combien de temps cela durait.

            -Vos enfants, depuis combien de temps ne les avez-vous pas vus au juste ?

            Si la question faisait preuve d'un manque évident de tact, elle était nécessaire pour que Noah puisse se faire une impression globale de la situation. Le plus il obtenait d'informations, le mieux il pourrait travailler à faire sortir Eamon sinon de prison, au moins de sa cellule en isolement.  
            Son attention à nouveau portée entièrement sur les déambulations de Grimes, le psychiatre s'autorisa une petite pause, le temps de compulser les informations dont il se souvenait dans sa mémoire, avant de continuer. Inutile de lui servir le baratin habituel, empreint d'une compassion mielleuse et qui n'amenait à rien. Il voulait faire cracher jusqu'à la bile de son patient, et l'obtiendrait. C'est en allant jusqu'aux tréfonds de la souffrance qu'on ne peut que remonter.

            -Votre frère vous rend-t-il visite de temps à autres ? Avez-vous des contacts avec votre propre famille ?

            Sa tête bourdonnait, tant à cause de la nervosité d'Eamon, qui affleurait si bien sur sa peau qu'il pouvait la ressentir, que celle qu'il éprouvait du seul fait de se trouver dans la prison. Une nervosité qu'il tenta de canaliser en joignant ses doigts entre eux, posément, sur la table en formica. La séance risquait de très vite toucher à sa fin, il pouvait le sentir. Les gardiens commençaient à s'agiter, de l'autre côté de la porte, et c'était le moment pour que le père de famille recrache encore un peu de sa propre noirceur.
            Parce que le temps leur était compté. Et que la belle avancée qu'ils venaient de faire risquait de trouver un terme plus rapide qu'escompté.


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            MessageSujet: Re: Miserere Mei || Eamon   Dim 12 Juin - 12:14


            Je me sens statique, à découvert, face à cette réalité qui me dérange. Je dois parler. Je dois m’ouvrir. Pour ne pas rester seul avec mes démons, qui prennent de plus en plus de place. Dans le fond, je ne suis pas certain de vouloir m’en sortir, pourtant, lorsqu’il évoque mes enfants, lorsqu’il me parle de ces deux bouts de chou que j’ai abandonné, non sans des centaines de regrets, je sais que je désire les revoir. Mes mots dépassent mes envies, alors que je déballe lentement mon histoire. Je n’ajoute pas trop de détails, trop douloureusement atteint par ce que je suis en train de dire. Une blessure qui s’ouvre de nouveau après des mois de colmatage incertain. Mes traits lentement, se crispent, toute ma personne se durcit, accusant sans détour ma lâcheté du passé. De nouveau mes regrets s’emparent de moi, bien que je me sache incapable de faire quoi que ce soit pour eux actuellement. En prison, suicidaire, toujours camé, je ne suis pas en état de prendre soin d’autres personnes que moi. Pourtant en parlant à voix haute de mes deux bouts de chou, je sens mon cœur se serrer de nouveau. Une larme pointe le bout de son nez dans mon œil mais je me refuse à la laisser s’échapper de nouveau. Je ne veux plus pleurer. Je l’ai bien trop fait dernièrement. Lentement je me perds dans mes souvenirs divers et variés et ne revient sur terre qu’en entendant de nouveau sa voix dans la pièce. Je sursaute, me tourne vers lui pour me rendre compte qu’il n’est plus à mes côtés mais qu’il est retourné s’assoir. Une seconde je me questionne sur le bien fondé de sa question, mais je laisse rapidement tomber en une forme évidente de reddition. J’ai décidé quelques minutes plus tôt de lui parler, de lui laisser une chance, de ne pas le considérer aussi malsain que Joshua.

            Après un long soupir, je finis par lui répondre, d’une petite voix qui ne ressemble pas du tout à mon habituel ton. « Plus de quatre ans. Mon plus petit était juste un bébé. Le plus grand avait 3 ans. Ma femme était encore en vie. » Mes poings se resserrent. Je ne pense plus à elle. Je ne veux pas penser à elle. Pas quand je me sens encore coupable de sa mort. Declan a été clair. Si j’avais été là, probablement la mort n’aurait elle pas frappé à sa porte. Peut être pas. Mes pensées s’embrouillent lentement et je ne peux que m’assoir pour ne pas sentir un vertige cruel s’emparer de moi. Nouvelle question, nouvel embarras dont je ne sais que faire. Sa question me rend triste sur le champ et je baisse le regard pour ne pas lui imposer mon regard trop pitoyable. Ma famille… Nous ne sommes plus une famille. Plus depuis longtemps. Plus depuis ma naissance. Je sens ma mâchoire se serrer, incapable que je suis à prononcer ces mots à voix haute. Je sais que je le dois pourtant. Il doit comprendre à quel point je suis mal à l’aise avec ma sœur ou mon frère dernièrement. Les mots se bousculent mais ne franchissent pas la barrière de mes lèvres pour autant. Les secondes s’écoulent, sont trop longues puisque rapidement, le cliquetis caractéristiques d’une serrure se fait entendre non loin. « Non… » Je ne laisse donc échapper qu’un murmure douloureux plutôt que de lui offrir ma réponse. Mon regard se pose sur le médecin, mes yeux supplient l’homme de demander une prolongation du rendez vous, mais force est de constater que le gardien semble bien décidé à me ramener en cabane le plus vite possible. Alors je ne me débats pas. Je préfère conserver un calme que je n’éprouve pas une seconde et finis par conclure, d’un air blasé. « Merci doc. Ca fait du bien d’parler à un humain normal pour une fois. » Rapidement je grimace, incapable de ne pas m’inquiéter à l’idée de me retrouver tout seul de nouveau.

            |Sujet terminé

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              Miserere Mei || Eamon

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