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 The game has changed | Stain.

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: The game has changed | Stain.   Ven 12 Fév - 2:09



the game has changed

 
Even the Devil can smile


La tristesse s'empare une fois de plus de mon visage alors que les souvenirs me reviennent en pleine figure. Nolan est là, il prend toute la place et cette pièce qui était mienne était désormais un cauchemar. Pourtant, je n'avais pas eu d'autre choix que de remettre les pieds dans mon bureau, récupérer les dossiers que je devais étudier. Soupirant alors que je lâche la poignée de la porte, je viens finalement attraper les dossiers papiers, un peu poussiéreux pour les ramener chez moi et ne pas passer un instant de trop dans ce lieu maudit. Je déglutis et referme la porte derrière moi. Un signe de tête poli envers la pauvre bonne femme qui n'a pas demandé à remplacer ma secrétaire et qui ne me voit que comme un fantôme et je descends les marches dans le seul bruit de mes pas alors que mes souvenirs me hantent.

Il faut que je me sorte tout cela de la tête. Il faut que j'avance, que je passe à autre chose. J'ai abandonné mon frère parce que je ne suis pas un monstre. Je l'ai frappé parce que je voulais le protéger. Les mots se répètent sans cesse dans ma tête et je vais finir par devenir fou. Si bien que le trajet jusqu'à mon appartement est un automatisme et que lorsque je passe la porte, le frottement du corps poilu du chat noir qui vit ici me ramène à la réalité. « Diablo... » mon ton est doux, comme si j'étais désolé. Désolé qu'il me voit comme ça, qu'il n'ait pas le droit à plus de joie. Je jette les dossiers sur le canapé et caresse le félin avant de lui donner à manger et finalement m'asseoir et ouvrir les objets de crime. Le premier que j'ouvre est évidemment celui de Noah Meadow, psychiatre de renom qui en a visiblement gros sous la chaussure et surtout, le chef des services secrets à dos. En lisant le dossier rédigé par Rafael, je comprends rapidement pourquoi et réalise qu'en demandant les services du docteur, je ne m'attaque pas à n'importe qui.

Il était clair que Rafael n'allait pas apprécier s'il se rendait compte que je lui coupais l'herbe sous le pied, aussi, fallait-il être plus malin et se renseigner correctement sur l'homme à l'allure si parfaite. Si ma petite trentaine d'années m'avait appris une chose, c'était de se méfier des hommes en costume. D'autant plus quand ils ont l'âge d'être morts sept fois. Il n'y a qu'un masque remplit d'illusions et si on arrive à être si haut placé dans le Gouvernement sous lequel on est, alors on peut être sûr que l'on a rien d'un ange. Je parcours le dossier du brun d'un œil rapide, et note les noms des gens qui semblent plus ou moins avoir croisé sa route. Vu son âge, certains étaient décédés, d'autres non. Dans ce monde, on ne peut jamais être sûr que quelqu'un est vraiment mort. Par contre, il était plus qu'aisé de disparaître, aussi, je n'avais pas non plus grand choix pour obtenir plus d'informations.

Les dossiers du Gouvernement, aussi beaux faisaient-ils sur le papier, n'étaient que ramassis de conneries. J'étais bien placé pour le savoir, le mien étant la blague du siècle. Aussi, lorsque le nom de Stain Ezio Greyjoy me passa sous l'index, j'en tapotais la feuille du bout du doigt sous un sourire non dissimulé. Gagné. L'un d'eux était dans nos filets, emprisonné pour un certain temps. Alors que j'ouvrais le dossier du concerné, je serrais les mâchoires à la lectures des accusations qui le concernaient. Il n'était certainement pas un agneau, et si Rafael était un loup, alors lui devait être un monstre. Je passais un peu de temps à réfléchir, savoir comment tout cela pouvait se dérouler, et surtout tourner à mon avantage. Et puis finalement, après quelques heures, je me décidais à bouger, le dossier du prévenu en main.

Arrivé à la prison peu après, le premier gardien ne cacha pas son étonnement à ma venue. Je lui offrais mon air le plus snob pour lui annoncer froidement que je désirais voir Mr. Greyjoy afin de revoir des détails de son dossier. Sans discuter, il m'ouvrait la porte tout en m'avertissant. Il paraîtrait que la bestiole n'est pas toujours commode. D'un simple regard et d'un sourire faux, je remerciais le gardien de sa bienveillance. Alors que j'attendais qu'on installe l'accusé, j'ouvrais à nouveau le dossier, lisant sans lire une énième fois les tords de l'homme. Serrant les mâchoires, ravalant mon dégoût, je me retrouvais l'instant d'après dans la pièce face à lui.

Une table. Deux chaises. Juste lui et moi. La porte claque alors qu'elle se referme sur mon dos et je jette le dossier sur la table face à lui sans m'avancer plus que ça. « Mr. Greyjoy, ravi de faire votre connaissance. » Mon plus beau sourire de politicien sur les lèvres, je ne pouvais nier une certaine peur mêlée à une excitation certaine. J'étais face à un monstre, je n'en doutais pas, le loup féroce, bien plus que ce cher Rafael, ne cachait pas réellement les crocs, et pourtant, j'étais en position de force, mettant gentiment toutes les cartes dans mon jeu. Construisant doucement la mort de ce monde pourrit et peut-être de mon avenir aussi. Mais qu'importe, la magie noire en valait le prix.

Aussi, je m'avançai finalement pour m'asseoir sur la chaise face à lui, croisant les mains devant moi et lui pointant le dossier du bout du nez avant de plonger mes iris dans les siens. « Je ne vous demanderai pas si vous allez bien, à votre tête, on voit que cet endroit n'est pas de tout repos. Alors on va passer directement aux choses sérieuses. » Sortant une page du dossier, je la tournai face à lui, pour lui pointer le nom de Rafael du doigt. « Dîtes-moi, vous me semblez bien connaître un haut placé du Gouvernement, c'est pas commun pour quelqu'un qui croupit ici... Alors si on discutait un peu du pourquoi du comment vous vous êtes retrouvé là ? »

Des questions vagues, et surtout, un intérêt pour lui. J'étais bien placé pour savoir que l'on obtenait rien sans rien, et certainement pas de ce genre de personne. Et si pour parvenir à mes fins, il me fallait relâcher un monstre dans la nature, j'étais prêt à le faire. Mais pour ça, il fallait qu'il parle. Et surtout, qu'il parle suffisamment. Mon regard toujours dans le sien, ne trahissant rien d'autre que le défi, j'attendais de voir ce que ce loup là, avait en réserve. Il n'y avait qu'un Alpha, disait-on, était-ce donc lui ?

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Lun 15 Fév - 20:34


Le mal de bide le ronge. Du fin fond de ses pauvres viscères, la java s’en donne à cœur joie. Et le pauvre loup se retrouve à prier pour qu’on vienne lui ouvrir le ventre comme un pauvre poulet chez le boucher. La simple présence d’Eamon à côté de lui irrite ses nerfs. A vrai dire il ne supporte plus grand-chose depuis quelque temps. Si le fait d’avoir mis son égo de côté pour tomber à genoux devant le cador de la prison, histoire de se retrouver protéger en échange d’un habile jeu de langue, cette soudaine tranquillité lui fait encore plus froid dans le dos que la menace de prendre des coups. Il sait d’où vient la douleur quand il se fait tabasser. Celle qui le détruit à ce moment précis reste une énigme et lui coupe le souffle lorsqu’un nouveau spasme vient titiller ses entrailles. De sa pauvre couchette, le taulard se traîner jusqu’aux chiottes. Sans trop d’espoir, vomir n’apporte rien, si ce n’est lui bousiller la trachée. Il se dit que c’est un truc qu’il a mangé, c’est là la seule explication logique à ce qui ressemble le plus à une intoxication. Sauf que son collègue de cellule semble se porter comme un charme, alors que la bouffe est la même pour tout le monde. Perplexe, le loup fronce les sourcils, et face à l’échec, il revient se jeter comme une masse sur son lit, qui couine pour exprimer son mécontentement. A la manière d’un gamin incapable de trouver le sommeil, le soldat tourne et retourne. Soupire pour bien marquer son irritation, et en même temps faire chier le Grimes à côté. Il en rajoute des caisses, se montre le plus emmerdant possible pour transposer son irritation sur quelqu’un d’autre. Peut-être que si Eamon se mettait à gueuler, menaçait de lui en coller une, Stain pourrait oublier son mal de bide. Autant rêver qu’on vienne lui annoncer qu’il était libre. Et même ça, ce serait encore plus probable qu’un quelconque énervement de la part de Gandhi Grimes.

Ce n’est pas un élan de fureur de la part de l’autre détenu, recroquevillé sur son lit en prenant soin de bien lui tourner le dos qui va lui faire oublier pendant un instant son bide et sa java. La porte s’ouvre sur un petit gardien, qui n’attend pas l’autorisation d’entrer pour prendre ses quartiers. Cette manie qu’ils ont tous d’entrer là-dedans comme dans un moulin… Pour un peu, il aurait presque l’impression d’être revenu chez lui et d’avoir retrouvé sa vieille voisine envahissante. Sauf que elle, il peut la foutre dehors sans problème. Les flicards en revanche, c’est une autre histoire. Il grogne quand le type lui tire le bras, et ordonne en gueulant qu’il se bouge le derrière. Il a beau râler comme un pou mal léché, le résultat n’est pas très probant. Au bout de quelques piteuses secondes de luttes, Stain se retrouve sur ses frêles guiboles, traîner par le gardien pourtant plus petit que lui. Il commence à trop la connaître la salle des visites, et c’est toujours cette même appréhension qui le prend à la gorge lorsque la porte s’ouvre. Cette fois ne déroge pas à la règle. Les mêmes frissons lui caressent la peau lorsque la porte claque et qu’il se retrouve seul sur sa chaise avec un type au derrière visiblement bourré de fric. Stain profite du silence pour l’inspecter des pieds à la tête, d’un regard inquisiteur pas franchement discret. Au point où il en est, il s’en fout d’être discret ou pas. Un sourcil se lève lorsque le dossier est jeté devant son nez. Le soldat ne bouge pas, intrigué mais sur la réserve. « - Le plaisir est pour moi. Vu les billets qui pendouillent à votre costard, j’imagine que j’ai affaire à quelqu’un de super important. Ministre non il me semble ? Monsieur ? » Lâche-t-il finalement après un long moment de silence. La blague du comique de service lui arrache un semi-sourire. La dernière fois qu’il a vu sa gueule dans un miroir, il a presque pris peur. Ces quelques mois derrière des barreaux lui ont collés dix ans de plus dans la tronche. Et ces années supplémentaires le font affreusement ressembler à son géniteur. Pour son plus grand malheur.

Il se penche légèrement et regarde le nom que le doigt de l’autre lui indique. Même avec toute la volonté du monde, Stain n’aurait pas réussi à cacher son ressentiment. Tout son visage se crispe, les prunelles sombres s’assombrissent encore plus sur le coup de la colère. « - Vous vous êtes tous passé le mot pour venir me casser les noix avec lui ou quoi ? J’ai rien à dire, désolé. » Sa voix déraille sous la force de la hargne qui vient le prendre à la gorge. Les phalanges se crispent contre la table et des frissons de rancœur viennent lui titiller le ventre. S’ajoutant à la douleur qui revient lui tirer les intestins. Dans un raclement de gorge, il revient se coller contre le dossier de sa chaise et hausse les épaules avec désinvolture. « - J’en connais quelques-uns. Une fois sortie de leur petit bureau, les hommes sont tous les mêmes… » Il balaye l’air vicié de la main, le regard rivé sur le dossier. Avant de relever le nez. Il se fout de ma gueule ou quoi ? « - Vous savez pourquoi je suis là. Manque de bol, c’est pas lui ma supposée victime. Pas trop mon genre de mec je dois avouer. » Pas trop d’humeur à jouer au con, la réplique malgré l’humour qu’elle peut contenir se fait incisive. Le ton est aussi froid que la table contre laquelle il s’appuie pour forcer sa chaise à se tenir en équilibre sur deux pieds. « - Si vous êtes venus ici juste pour ça, vous avez fait tout ce chemin pour rien. Suffisait de lire mon dossier pour savoir pourquoi je suis là-dedans, vous êtes déjà au courant, j’ai rien de plus à dire. Vous en avez sûrement plus que moi d’ailleurs. » Condamné pour viol sans aucune forme de procès. C’est tout ce qu’il sait. Combien de temps il va rester là, ça en revanche, il n’en sait foutrement rien. Jusqu’à ce qu’il crève certainement, si c’est Rafael qui s’occupe de l’affaire, le loup n’est pas près de sortir de là. Aussi vrai qu’il a envie de vomir.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Lun 7 Mar - 22:40



Le regard posé sur le jeune homme. Bien mal en point, mais pas moins fier. Ce regard, cette façon de parler. Même dans la merde il n'en perd pas sa répartie et son arrogance. Un rictus se dessine lentement sur mon visage. Alter ego, l'un ministre, l'autre à croupir en prison. La pièce qui est tombé du mauvais côté pour l'un, du bon pour l'autre. Adossé contre la chaise inconfortable je l'observe un instant. Il a à peine survolé le nom de l'italien et pourtant son visage a changé. En un seul instant, crispé. Comme si je lui rappelais l'existence du diable, d'un fantôme du passé. Et c'est sans doute ce qu'il était.

Ne cachant pas mon interrogation, je posais un peu plus mon regard sur le sien, pressant. Je laisse échapper un rire à sa remarque. Quelqu'un était venu lui parler de lui ? Information intéressante. Chose à vérifier. Rafael avait donc de nombreux amis en ces lieux, et tous venaient se renseigner auprès de notre ami canin croupissant. De plus en plus intriguant. Mes bras se croisent sur ma poitrine alors que l'autre joue au plus con. Un sourcil se hausse à sa remarque, il croit vraiment ce qu'il dit ? Tous les mêmes. Si seulement. J'aurais pu lui prouver qu'il avait tort, que je n'avais rien de comparable à mon frère. Ou peut-être que si. Peut-être qu'on est tous pareil. Le prédateur sexuel, le meurtrier, et le con qui se fait manipuler. Le bon, la brute et le truand ? Étaient-ils réellement différents ou se complétaient-ils simplement ? J'en savais rien. Mais ce n'était pas cet homme qui allait me faire me remettre en question.

Pas comme ça.
Pas maintenant.

Il se la joue humoristique, sarcastique. Les seules armes restantes dans ce lieu pourri. Sans réaction notable j'attends. Voir jusqu'où il ira. Jusqu'où il est prêt à aller pour ne pas parler de celui qui lui a fait changer de regard, passant de sombre à noir perçant en un instant. Il se rapproche, lentement, comme le prédateur qu'il est. Le regard toujours planté dans le sien, j'attends qu'il ait fini sa belle petite plaidoirie avant de m'avancer à mon tour. Même position, même regard. Face à face, l'air de nos respirations se cassant l'un contre l'autre.

« Vous vous croyez malin ? »

La question est rhétorique, n'appelle à aucune réponse. Je me redresse, le dos droit et referme le dossier, laissant ma main dessus, pointée vers lui. « Votre dossier, j'en ai rien à cirer, Mr. Greyjoy. » Je regarde la pièce qui nous entoure avant de me recentrer sur lui et lui dire, très honnêtement. « Je vous demande ce qu'il s'est vraiment passé. » Je tapote le dossier brun sous mon index tout en continuant. « Pas de procès, lié à un haut placé du gouvernement qui vous fait visiblement sortir de vos gonds rien qu'à son évocation, ne me prenez pas pour plus con que je ne le suis. »

Je le zieute de haut en bas pour constater son piteux état une fois encore avant d'ajouter. « Alors qu'est-ce qui vous retient de parler ? Vous voulez passer votre vie ici ? Sans vouloir vous vexer, vous ne semblez pourtant pas très heureux, encore moins en bonne forme. » Un air compatissant aussi faux que tout ce que contient le dossier qui se trouve entre nous et je me relève, commençant les cents pas. « D'autant plus que votre instinct animal ne doit pas trop aimer les cages, non ? » J'appuie mon regard avant de me décaler vers lui.

Appuyant un bras sur la table, me rapprochant lentement de son visage, d'une voix langoureuse je lui murmure presque. « À moins que vous n'ayez trouvé un mec à votre goût en ces lieux. Auquel cas, je vous laisse retourner à vos occupations. N'oubliez pas de vous protéger. Une maladie, c'est si vite arrivé. » Je m'éloigne d'un appui brusque sur mon bras avant de me caler contre le mur et de le regarder, plus ironique que jamais.

« Sérieusement, Greyjoy, un peu de justice, ça ne vous tente pas ? » Je hausse les épaules avant d'ajouter. « C'est quoi le problème, il vous fait peur ou quoi ? »

Provocation. Gratuite et mauvaise. L'homme clairement mal en point peut me tomber dans les bras d'une seconde à l'autre. Et j'aurais quoi ? Rien. Rien du tout. Pas une information, et encore moins sa sympathie. Mais il avait ce quelque chose au fond des yeux. Ce truc qui me donnait envie de chercher la bête en lui. Faire ressortir sa vraie nature, voir ce qu'il est. Des mots dans un dossier, ce n'est que du vent. Un chien qui aboie ou qui mord ? La question était là, et la réponse me faisait brûler d'impatience. J'en aurais eu des frissons sur les bras pour peu que j'ai été émotif.

Et lui, il était là, sans avoir rien demandé. Un pauvre toutou mal aimé qui avait subi les lacunes du Gouvernement pourri dont je faisais largement partie. Sans bouger, les yeux fixés sur lui, je me demandais si tout cela valait la peine. Si Rafael, en valait la peine. Des cours par un mage noir, Meadow n'était certainement pas le seul, peut-être le seul aussi corruptible. Mais ce que je trouvais en face de moi, en cet instant, m'intéressait bien au delà de mes espérances. Oublié les informations, les cons, et la magie. Stain, l'animal enchaîné, là, face à moi, c'était lui qui m'intéressait.

Où pouvait-il me mener ? Que pouvait-il bien m'apporter ? Je n'en avais pas la moindre idée mais je le découvrirai, j'en étais certain. Je n'étais pas prêt de lâcher la laisse de l'animal. Et c'est pour ça, dans cette idée de le découvrir, le pousser, chercher à titiller le démon en lui, comprendre ce qu'il valait vraiment, que d'un air nonchalant, détaché de tout contact visuel autre que son reflet dans un vitre sale, je lançai, le regard sur mes propres mains.

« Et cette Nymeria, alors, elle était à votre goût ? »

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Mer 9 Mar - 20:02


La question le fait sourire. Et fièrement, le loup acquiesce de la tête. A la manière d’un gamin fier de sa connerie. Malin ou con, qu’elle différence ? Et face à ce charmant politicard, il ne se gênera pas pour endosser son plus rôle d’imbécile. Parce qu’il sent que la discussion ne va pas lui plaire. Parce qu’il n’a pas envie d’être là, trop préoccupé par la révolution qui est en train de se jouer dans son bide. La nausée se fait souveraine, titille sa langue et rend sa bouche pâteuse. Un état d’âme qui lui est coutumier depuis quelques jours. La faute à la bouffe, absolument dégueulasse. Imbouffable. Dépourvu d’humour, l’autre se perd dans une expression semblable à celle du loup, et ce miroir le dérange. Inconfortable sur sa chaise qui lui donne l’impression d’avoir posé son cul sur des punaises, le soldat s’agite, croise les bras sur son torse comme si ce rempart pourrait avoir une quelconque influence sur l’état pitoyable de ses entrailles. « - Un peu oui. » Au cas où, il n’aurait pas saisi le sens de son hochement de tête moqueur à en crever. Tant mieux, lui aussi en à rien à cirer de son dossier. Ce que les autres peuvent penser de lui, il s’en contrefout. Vu l’endroit où il se trouve, ça ne changerait pas grand-chose. Les prunelles sombres se posent un instant sur la main qui tapote sur la pochette, puis reviennent se heurter contre celles du type face à lui. Cet intérêt qu’il semble lui porter intrigue le loup autant qu’il l’irrite. « - Et j’ai pas envie de vous en parler. Qui vous dit que je vous prends pour plus con ? Non, ce serait trop gentil de ma part. » Il agite la main, déplace du vent, un sourire cynique sur les lèvres. Trop gentil de sa part, mais il ne fait rien pour le considérer avec le rang qui est le sien. Entre ces murs, personne n’est personne. Un ministre, reste un homme. Un con, reste un homme. Pas de différence entre les deux. Comme pour répondre à sa propre réflexion, Stain hausse une épaule et s’absorbe dans la contemplation du sol. Affreusement crade, comme le reste de cet établissement répugnant.

La compassion de façade lui file la gerbe. L’oblige à serrer les dents pour ravaler ce trop-plein de venin venu se heurter contre son palais. Il se retient de lui coller un pain. Crève d’envie de lui démolir son joli pif, lui arranger la trogne, en cadeau pour sa visite. L’idée le fait sourire, marrer de l’intérieur mais il se ravise. Il ne sait déjà pas pour combien il en a à tirer à cause de cette sordide histoire, alors casser du politicien n’est pas vraiment la meilleure chose à faire. « - Sors de ton bureau de temps en temps, tu verras que c’est pas le pays où tout va bien ici. Tu me vexes pas, je m’en fiche de ce que tu penses. Je suis pas stupide, je sortirais pas d’ici. Et pour cette même raison, je n’ai aucune envie de parler. » Il le lâche dans un soupir amer, rejeté d’entre ses dents serrées. La douleur commence à se faufile contre ses mâchoires, et ses phalanges se crispent frénétiquement contre ses bras. « - Ca sent le vécu ça mon grand. Merci du conseil en tout cas. » Le soldat ajoute un clin d’œil entendu en direction de l’autre. Le regard soudainement avec intérêt, comme un morceau de viande qu’il se ferait un plaisir de croquer. Factice, comme le sourire apposé sur la trogne de son vis-à-vis. Un rire jaune lui échappe à l’entente de la nouvelle valse de paroles.

« - Justice ? Parce que ça existe encore ? S’il y avait une quelconque justice, je ne serais pas là et vous non plus. Il y aurait eu un procès et des explications. » Il vous fait peur ou quoi ? La question le laisse de marbre et il décide de garder le silence. Parce qu’il ne sait pas vraiment quoi répondre. Une part de lui craint l’ancien bourreau. Une autre ne peut s’empêcher d’espérer pouvoir sortir de là vivant pour avoir le plaisir de lui arracher les yeux et les couilles. Le silence se pose entre les deux hommes et pour Stain, l’entrevue est terminée. Il n’ajoutera rien. Si le brun veut rester là à jouer aux rois du silence, il ne le froissera pas. Sera aussi muet que la porte dans son dos. La question le pique, écartèle ses nerfs à vif. Il sursaute et la colère vient incendier son regard, et le loup pique au derrière se relève avec brusquerie, envoyant valser sa chaise sur le sol avec fracas. « - Espèce de sale con. Tu t’imagines que juste parce que t’es un petit ministre de mes deux, t’es à l’abri ? Mon vieux si t’apprends pas à la fermer, je te jure je te démolis ta jolie gueule et je te fais bouffer ta langue. » Il crache sa haine sans retenue. Appuyé des deux mains sur la table, penché en avant pour mieux écraser sa victime toujours assise de sa hauteur. Il tremble, de rage, de douleur. De tout un savant mélange de choses qui lui démolissent le cœur.

« - T’as rien d’autre à foutre ? Ca t’amuses de te ramener, et de me sortir tes belles paroles comme ça, en espérant que je vais tout te balancer parce que tu le demandes gentiment ? Mon instinct animal aime pas les cages, mais il aime pas non plus les politicards dans ton genre. Tu veux vraiment le savoir ? Un putain de délice comme t’en connaîtras sûrement jamais. Ca te va ? » Un instant de flottement puis le soldat se redresse. Péniblement. Les vertèbres usées craquent, et il a l’affreuse impression de sentir les os s’effriter. Les morceaux s’éparpillant sur ses reins pour mieux s’y planter. « - T’es content, je t’ai répondu. Maintenant casse-toi avant que ton costard change de couleur. Sauf si tu aimes le rouge… » Sarcastique et aussi froid que le regard qu’il lui lance. Le fauve recule de quelques pas, appose une distance de sécurité entre son corps et celui de l’autre. Le traqueur attend la prochaine attaque. La prochaine erreur pour mieux sauter à la gorge de sa proie. S’il était partit pour se montrer raisonnable, la seule mention de Nymeria a fini d’enterrer ses braves résolutions. Peut-être que le Ministre c’est meilleur que la bouffe d’ici…

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Sam 19 Mar - 2:03



Le petit chien monte lentement dans les tours. Il réagit, me tourne autour. Il fait le malin sans franchir les limites. C'est sans nul doute permis un jeu auquel il a l'habitude de jouer. Le chiot en cage qui fait le fier pour montrer qu'il vaut mieux que ça. Mieux que tout, et mieux que moi. Mais ma langue a à peine fini de claquer le nom de la jeune femme qu'il sursaute finalement brusquement. Je ne bouge pas d'un pouce, spectateur entièrement satisfait de la scène. Un peu plus et je m'en frotterai les doigts, mais ça rendrait le tout bien trop théâtral. Alors je regarde, plongé dans son regard plein de haine en attendant qu'il éclate. Il ne faut pas longtemps pour que la pièce valse. C'est sans doute sa façon à lui de montrer qu'il peut être menaçant.

J'observe son show, distant, stoïque. Sa voix dure vient finalement se mêler au brouhaha des pauvres meubles fatigués qu'il vient d'envoyer valser. Il passe au tutoiement et un sourire se glisse discrètement sur mon visage. Le match a commencé, et mon petit chiot, t'as perdu cette manche. Les bras croisés sur le torse, j'écoute les menaces sans montrer une once de réaction. Il aboie si fort, mais est-il capable de morde ? Le visage près du mien, je l'ignore sciemment alors que la table tremble sous le poids de sa rage, sortant nonchalamment une main de sous mon coude pour observer mes ongles afin de coller un peu de distance entre sa petite tête de pioche et la mienne.

Et il continue. S'énerve, s'élance. Il rage et hurle sa haine face à moi, par l'évocation de ce simple nom. Celui de la fameuse Nymeria. Mon esprit se mêle et se démêle, cherchant comment tirer profit de la situation pendant que l'autre continue d'aboyer de plus belle. Il m'empêche de penser correctement, mais ce serait malvenu de lui faire remarquer étant donné que je suis responsable de sa petite crise du moment. Alors je me pose, l'observant un instant. Passant outre les cris et le regardant lui. L'être, l'humain ou l'animal, du moins ce qu'il en reste. Je constate rapidement qu'il est plus que dans un sale état. Plus que faible et plus que cassé. Je sais pertinemment que coller des animaux en cage n'aide pas leur santé, mais de là à le coller dans cet état, il y a autre chose.

Le constat me laisse tourner un œil, être sûr que l'on est bien seuls, même si je l'ai clairement demandé. Il continue de se vouloir menaçant, tel l'animal blessé qu'il est. Éloigné de quelques pas seulement, il attend clairement que je parte. La mention de la demoiselle n'est réellement pas passée, à mon plus grand plaisir. Ne bougeant pas d'un pouce, je décroise mes bras, les posant sur la table et fixant ses yeux un instant avant de me décider à parler à nouveau. « Vous savez, Mr. Greyjoy, vos menaces, elles sont bien jolies mais la réalité est assez loin de ce que vous voulez croire. » Je le pointe du doigt, le montrant de haut en bas avant de continuer sur un ton très calme et très posé. « La vérité c'est que vous êtes en train de crever ici, et même si je sais que la nourriture n'est pas la meilleure chose dans les environs, je suis presque certain que le mal qui vous ronge est bien plus grave que de la simple insatisfaction de menu. Ou du moins, les conséquences le sont. »

Je repose ma main sur la table et m'installe plus confortablement, autant que possible sur la chaise. « Et vu que vous êtes entêté à vouloir resté ici, tendance suicidaire ou amour perdu pour celle qui vous a fait mettre entre ces barreaux, peu importe, je pense que vous avez raison, partir maintenant serait sans doute la meilleure chose à faire. » Je me relève finalement, me détourne de la chaise pour appuyer mes mains contre son dossier, le regard toujours planté dans celui du toutou. « Mais voyez-vous, la facilité, c'est pas trop mon truc. Ne vous en déplaise, les politicards ne sont pas tous les mêmes. Imaginez si tous les loups l'étaient, vous seriez bien malheureux, non, d'être tel que certains de vos semblables ? » L'insinuation est claire, précise. Je me redresse et ne coupant pas la distance entre nous j'ajoute, cette fois plus froid, plus direct.

« Alors vous pouvez continuer votre petit jeu de celui qui pisse le plus loin, Greyjoy. Vous pouvez même m'égorger si ça vous chante. En attendant, vos os qui craquent, votre ventre qui vous torture plus que ma présence, y a de quoi arranger ça. Ne soyez pas plus con que vous en avez l'air, et sachez reconnaître un allié quand il s'en présente un. »

Je me recule finalement de la table pour m'avancer lentement vers lui, le menton levé, fier et hautain, à quelques pas seulement de lui, nos souffles se fracassant violemment l'un contre l'autre. « Néanmoins, avant de menacer le premier costard venu, vous feriez mieux de bien le regarder, être sûr que vous menacez le bon. » Ne bougeant pas d'un pouce, le sourire le plus faux et joueur possible se dessinant sur mon visage, j'attaque une nouvelle fois. « Alors à moins que vous ne vouliez réellement crever, Roméo, je vous conseille de réfléchir à ce que vous voulez vraiment. »

Je m'éloigne de lui pour me rediriger lentement vers la table et la chaise, prêt à attraper le dossier et tourner les talons. Le chiot est sans doute la chose la plus intéressante que j'ai croisé ces derniers temps, bien plus que je n'aurais pu l'imaginer. Pour autant, la prison semble lui avoir un peu bousillé la cervelle. Peut-être a-t-il simplement besoin de temps, pour se remettre les idées en place. Ou peut-être d'une visite conjugale ? Je souris discrètement à ma propre pensée avant d'ajouter à l'égard du blessé. « Pour répondre à votre question, personne n'est à l'abri, j'en suis bien conscient. C'est d'ailleurs pour cela, que je crois qu'il est plus malin de protéger ses arrières en compagnie des bonnes personnes. Et c'est étonnant, mais dans ce monde, les bonnes personnes semblent toutes être entre ces murs. »

Un regard sur lui, un peu appuyé. Tout dépend de lui, en cet instant. La tournure de tous les événements à suivre. Une discussion, un accord, un combat, un mort, ou un départ, une porte claquée. Impatient de voir à quel point la haine du louveteau pour Rafael, pour cette fameuse Nymeria, ou même pour ce monde peut le mener, j'attends sagement, avide de ses actions.

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Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 8:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Lun 21 Mar - 20:05


La patience rangée dans un coin de sa cellule, au même titre que son égo et tout ce qui pouvait encore le constituer avant d’entrer dans ce taudis, Stain se fait violence pour écouter les palabres du Ministre. Rester le plus impassible possible quand la frustration n’a de cesse de s’infiltrer dans son système. Les bras croiser contre son torse, le soldat crispe nerveusement ses phalanges contre la chair de ses avant-bras, froisse le orange si à la mode de son pyjama. Couleur criarde virant au délavé, les coups et l’usure rendant l’ensemble un brin douteux. Les passages à la machine à lever n’étant pas marqué sur la liste des choses à faire en priorité quand on se tient derrière des barreaux, surtout pas dans un lieu où la salubrité passe au second plan, il avait fini par s’y faire. Il écoute et se mord la lèvre pour ravaler la bile. Et ce sang qui lui caresse la langue. La douleur ne passe pas, elle reste là, latente contre son ventre qui se tord et se détend à un rythme qui lui coupe le souffle. A la manière d’une femme en cloque, les nausées sont devenues le rituel de ses débuts de journée. La tête dans la cuvette pour mieux faire sortir ce mal qui le détruit de l’intérieur. Sans succès. Les mots qui l’accablent, le blessent plus qu’il ne veut le croire. Il est au courant du ridicule de sa situation. Ne se fait pas d’illusion quant à sa sortie de ce trou à rats. Sans jugement, si Nymeria ne change pas d’avis rapidement, il crèvera ici. Sous les coups ou à force d’avoir trop rendu ses tripes sur le sol miteux. De toutes les options qui se posent devant ses yeux fatigués, Stain préfèrerait encore crever d’ennui, assassiné par les belles paroles d’Eamon et ses jérémiades. Le doux de sa voix en dernier écho de ce monde pourri, quoi de plus charmant ? Il en esquisse l’ébauche d’un infime sourire, crispe un peu plus encore ses pauvres doigts qui craquent sous l’effort et recule d’un pas jusqu’à buter du derrière contre le mur rêche. Un appui temporaire qui lui évitera au moins de se vautrer royalement devant le politicard.

« - Et il faut que ce soit un ministre qui me l’annonce, cette vérité pour que j’en prenne conscience ? Mon gars, j’étais au courant de ma situation avant même que tu t’intéresses à mon cas. » Il le lâche abruptement. Sans la moindre douceur ni chaleur dans la voix. Faisant bien comprendre à l’intéressé que sa présence autant que ses mots le dérangent. Et qu’il est en train de faire un effort pour ne pas lui faire avaler le joli tissu de son costard impeccable.  « - Non, t’as raison. Il y en a des plus malins que d’autres. Et d’autres qui ont la fâcheuse tendance à s’obstiner dans leur délire. » Le loup penche légèrement la tête de côté, appuyant ses mots d’un regard lourd de sens en direction de Liam. Il le range dans la catégorie de ses puces qui s’agrippent au cuissot et qui refusent de lâcher prise. Celles qui insupportent mais dont on ne peut se débarrasser. Et malgré lui, Stain comprend qu’il ne pourra retourner crever sous sa couverture que s’il offre à son visiteur ce pour quoi il est venu. Des aveux qui lui arrachent la langue rien que d’y penser. « - Un allié ? Parce que tu penses que je vais te considérer comme un allié ? Je bosse pour tes supérieurs, c’est un fait, mais ça veut pas dire que je vous fais confiance, à toi et à tes semblables. Et honnêtement, si je n’ai pas réussi à arranger mes problèmes techniques tout seul, pas grand monde pourra le faire. » La moquerie s’accompagne d’un rire jaune. Se fige dans le froid de ses traits qui se font de fer. Ils jurent avec l’ensemble du tableau, cette pâleur dérangeante qui se couple avec la maigreur imposée par son cher estomac. « - Ben voyons. Et c’est parce qu’elles sont tellement bonnes et sympathiques qu’ont les a foutu entre ces murs. Ca doit être ça. » Un haussement d’épaule sarcastique et un claquement de langue dédaigneux accompagnent la tirade. Il n’a pas bougé lorsque l’autre s’est levé. A peine un tressaillement d’appréhension a fait bouger la surface. Pour mieux se dissiper dans la certitude qu’il ne risque rien. Le plus dangereux dans cette pièce, c’est lui, même dans son état déplorable.

Le rapprochement fait courir des doigts de glace contre sa peau. La caresse du dégoût contre son cœur, Stain se redresse du mieux qu’il peut. Se réfugier dans les tours de sa pauvre hauteur pour apposer une nouvelle distance entre sa carcasse et celle du ministre. Le souffle suspendu dans sa poitrine, il ne s’autorise à respirer qu’une fois l’autre de nouveau revenu se poster près de sa chaise. Dans un soupir, le loup se détache de son appui, traîne les pattes jusqu’à sa chaise qu’il remet sur ses pieds pour mieux y reposer son derrière. « - Qu’est-ce que tu veux savoir ? Je doute de pouvoir t’apprendre quelque chose de neuf, un type qui fait bien ses devoirs pour récolter toutes les infos, avant d’aller frapper aux portes. Tu t’en fous du dossier, mais tu l’as quand même reluqué. Au mieux, si tu me disais ce que tu sais déjà, ce sera sûrement plus simple moi. Parce que si je dois tout te raconter, mon vieux, vaudrait mieux que tu prennes une cellule et que tu pries pour que je crève pas avant la fin. » La fin de la lutte entre l’obstination et la curiosité. Parce que malgré tout, le type l’intrigue. Cet intérêt qu’il lui porte et qu’il semble manifester aussi à l’égard de Rafael le laisse perplexe. Parce qu’il a l’air d’en savoir beaucoup sur leur compte. Trop pour que ça ne soit pas considéré comme suspect. Le prisonnier n’a pas spécialement envie de parler, mais si délier sa langue peut lui offrir la promesse d’une fin d’entrevue rapide, il est prêt à lâcher prise. Jeter les derniers morceaux de son orgueil bafoué dans un coin de poussière et courber l’échine devant un de ceux qui le dominent. Le pauvre pion, usé jusqu’à la corde que l’on range dans une boite fermée à double-tour pour qu’il n’en sorte que s’il parvient à prouver qu’il est encore d’une quelconque utilité.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Ven 1 Avr - 18:01

Un allié. Me considérer comme un allié. La remarque me fait sourire. Il reprend mes propres mots qui résonnent tellement faussement que le diable doit en rire lui-même. Il n'y a pas d'allié ici, personne n'a d'autre intérêt que lui-même. Et c'est bien pour ça que je suis là, d'ailleurs. Bosser pour « mes supérieurs », bosser pour qui au juste ? Pour le chef du gouvernement ? Pour quelqu'un qui a la moelle plus pourrie que les nôtres réunies ? Personne ne sait pour qui il bosse. Personne ne sait qui est réellement qui. Nous vivons dans un pauvre jeu malsain. Les Hunter's Seasons ne sont plus d'actualité mais la guerre l'est toujours. Nous sommes des animaux en cages, capables de trahir pour bouffer un peu plus, pour monter un peu plus.
Tous, autant que nous sommes, nous sommes mauvais. Lui, comme moi. Ses yeux noirs dans les miens. Mais peu importe, peu importe la pourriture du monde. Lorsque l'on vit au milieu des ombres, il faut savoir les manipuler, en faire des  étendues de soi. Il faut savoir jouer, sans jamais vouloir gagner. Laisser la force au mal, le laisser devant et le suivre sagement, prenant ses pas pour ne pas se perdre. C'était un jeu, un jeu malsain et dangereux dans lequel il fallait savoir se placer. Et cet instant, dans ce lieu pourri, triste, fatigué et usé, semblait propice à savoir comment toute la suite de tout ça allait se dérouler. Je restais là, silencieux, face à cet homme enragé, encagé, je restais là et je l'écoutais énoncer vérité sur vérité.

Je n'étais certainement pas capable de le soigner, mais le soulager, ça oui. En avais-je le droit ? Certainement pas. Mais je m'en foutais. Il y avait quelque chose en ce loup, quelque chose en lui qu'il fallait garder. Il était un pion, certes, mais un pion précieux qu'il ne fallait surtout pas faire tomber. Sur une partie d'échec il avait une place bien plus importance qu'il n'y laissait paraître. Alors que l'atmosphère, toujours si lourde, toujours si pesante nous suit, Stain rapproche sa chaise pour finir par s'asseoir en face de moi. Calmer sa rage, se contenir un instant. L'animal n'est pas si con. L'animal pense un minimum, il arrive à voir qu'il y a des choses à ne pas faire, à ne pas dire. Ou l'inverse peut-être.
Je l'observe, se poser là, gardant sa fierté jusque dans ses yeux fatigués. Admiratif de cet homme au fond du trou capable de ressembler encore à quelque chose, à quelqu'un. Capable de dire qu'il travaille pour mes « supérieurs » alors qu'il se retrouve à crever là. De la fidélité ou de la bêtise ? Il était bien trop tôt pour le savoir. Mais pourtant, chaque seconde, chaque geste, rendait le loup plus intéressant. Et finalement, il délie sa langue rugueuse et il débite. Plus que depuis le début de notre conversation. Plus que depuis mon entrée dans ce bâtiment. Alors j'attends sagement qu'il continue. J'attends sagement qu'il parle, qu'il lance les premières perches, et j'étudie. Geste, parole. J'étudie en silence sur ma chaise pourrie, loin de tout.

Juste lui et moi, coupé du monde. Alors je pose lentement mes bras sur la table. Je regarde fixement l'homme qui vient de se jeter à l'eau en désespoir de cause et je prends pitié, juste une seconde. De cet homme qui n'est là que pour des conneries. Oh, c'est sans doute le dernier des connards, mais ce dossier, celui qui l'enferme ici, lui, n'est qu'un ramassis d'ordures écrit par un abruti qui a sans doute voulu se venger d'un je-ne-sais-quoi. Être un connard c'est une chose, être une victime c'en est une autre. Et plus je voyais l'homme se débattre avec lui-même, plus je réalisais qu'il avait en cet instant, bien plus d'une victime, d'un animal blessé, que d'un connard qui mérite tout ce qui lui arrive.

Alors je prends une inspiration, je le regarde et me décide à arrêter toutes ces conneries, ce jeu du plus beau, du plus fort. Parce qu'on s'en fout. Personne ne l'est dans ce monde de merde. Pas de plus fort, juste des putains de survivants qui se battent comme ils peuvent. « Vous pouvez m'apprendre des tas de choses. Les dossiers, ce n'est que du vent. C'est la romance moderne. On a peut-être plus trop d'écrivain, mais ceux qui écrivent ce qu'il y a là dedans, mon doigt pointe le dossier, ils sont pas loin des prix littéraires. Et puis de toutes façons, Stain, il faut une raison pour venir voir quelqu'un dans ce trou à rat, que l'on soit ministre ou non. Alors ce dossier, c'était l'excuse parfaite. »

Je décale sur le coin de la table les mensonges de papier avant de continuer. « Ce que je sais ? Je sais pas grand-chose pour être honnête avec toi. Mise à part que t'as rien à foutre là. T'es peut-être pas l'homme idéal, mais tu dis toi-même que tu travailles pour mes supérieurs. Et ils te laissent ici ? Je veux bien jouer aux cons, mais vraiment, y a quelque chose derrière tout ça. T'as touché une corde sensible sans doute. Ou peut-être qu'on l'a touchée pour toi. Mais sincèrement, j'en ai rien à foutre de savoir pourquoi t'es là. Rien à foutre que tu puisses m'arracher la gorge et que tu sois le monstre que l'on se plaît à dépeindre à tort et à travers. » Je laisse un rire jaune s'échapper d'entre mes lèvres avant de continuer. « Mais aujourd'hui, les monstres sont dans tous les coins de rue. Et tout ça, c'est pas important. Je suis là parce que je suis un Sorcier, comme on dit vulgairement. Et que j'ai l'intention d'en apprendre plus sur cet art que ce que je ne sais déjà. Il se trouve que pour en apprendre plus sur ce que je suis, je vais devoir faire affaire avec une personne qui a visiblement une dent contre ce fameux Rafael. »

Je marque une pause, et le regarde un instant. Jouer franc jeu avec lui, était-ce la meilleure chose à faire ? Rien à foutre. Il avait trop de potentiel pour ne pas prendre de risque. Et au pire, qui le croirait ? « Alors comme tu t'en doutes, je me suis intéressé au bonhomme. Je ne me lance pas tête baissée n'importe où non plus. Et ton nom est apparu. Et il faut dire, qu'avec un dossier remplit avec tant de minutie, tant de conneries, il fallait que je vois ça de mes propres yeux. » Je le reluque de haut en bas avant d'ajouter. « Et donc me voilà. Mais tu sais comme moi que je ne vais pas pouvoir te faire sortir d'ici demain. Ton dossier aussi faux soit-il, est bien trop lourd pour passer dans les mailles du filet. Mais je peux réellement soulager tes douleurs. Je ne dis pas que je peux te soigner, je ne suis pas si arrogant. Mais je peux peut-être te rendre la vie un peu plus facile et supportable en attendant de trouver une solution plus durable. Évidemment, ça ne dépend que de toi, ça. Tout ce que je te demande en échange, c'est de m'expliquer qui il est réellement. Et ce que tu sais de lui. J'ai besoin d'en apprendre plus sur lui avant de me lancer dans ce merdier, et tu peux m'aider, si tant est que tu le veuilles. »

Mon regard insiste un peu, le silence s'installe après ces mots vrais, trop vrais pour ce monde de mensonge et finalement j'ajoute. « Et si, toi, tu as besoin que je joigne ou cherche quelqu'un pour toi, je peux le faire. Et je le ferai. » Cette Nymeria, par exemple, à laquelle il a l'air de tant tenir malgré les horreurs du dossier.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Dim 3 Avr - 21:50


Que du vent mais tu l’as quand même traîné ici. Il ravale son sarcasme et son contente de s’affaisser encore un peu plus sur sa chaise. Le geste n’apporte rien. Hormis une prétendue nonchalance, quand la dureté de l’assise lui bousille gentiment le derrière et les reins. Il s’efforce de rester de marbre, de faire comme si les élans de douleur ne le touchaient pas. La belle blague. Il a l’impression d’être en train de crever. A petit feu, doucement. Parce que c’est toujours la meilleure option, les faire crever lentement. Il le sait mieux que personne, l’ancien Inquisiteur. Le loup tique lorsque la familiarité s’installe dans la bouche du ministre. Il en lève un sourcil et le scrute avec plus d’attention. Pour que le vouvoiement soit aussi facilement abandonné, c’est que quelque chose vient de changer. Il ouvre les oreilles et écoute en silence. Ravale son envie de rire au nez du petit politicien en se mordant la langue. Il joue du derrière sur sa chaise pour se redresser du mieux qu’il peut, portant son attention sur une tache douteuse au sol. A quelque pas de la table. Son intérêt pour la tache lui occupe un instant le cerveau, transfère ses sombres pensées vers des trucs moins compliqués. Son cerveau n’est pas en état de suivre une conversation trop longue. Parce qu’il est trop occupé à devoir gérer les soucis techniques qui s’accumulent dans la machinerie. Son ventre se crispe, le spasme s’apposant sur ses traits tirés. Il souffle, expulse le mal dans un soupir qui s’emplit de lassitude.

« - J’ai trop tendance à faire des conneries. C’est un rappel à l’ordre supplémentaire. Et quand la nana en question bosse pour le même patron, ça le fait pas trop ce genre de vague. Vraie ou non. T’en as une sacrée paire pour te ramener ici et me sortir que t’en as rien à foutre de ta petite vie. Ou c’est de la connerie ou c’est du courage, mais dans ton cas, j’avoue que je sais pas trop de quel côté me placer. » La tirade s’extirpe d’une seule traite. Lâchée comme on peut énoncer une vérité, une ligne de texte apprise par cœur. Le soldat fixe un instant l’homme face à lui. Essaie de démanteler ce regard qui l’irrite et lui donne l’impression de n’être qu’une pauvre crotte. Un truc qu’on peut utiliser quand on en a besoin pour mieux le ranger dans un coin et le laisser prendre la poussière. Car c’est toujours de ça dont il est question. D’utilité. S’il est là, et qu’aucun de ses supérieurs ne bougent son cul pour le faire sortir, c’est qu’ils y trouvent une nécessité. Parce qu’ils font partit de ces crétins qui préfèrent dire amen aux accusations d’une femme pour pas la froisser. Stain n’a pas lu le dossier, et malgré la curiosité, il ne le fera pas. Ce qu’on peut dire à son sujet il s’en doute. Pervers, à tendance violente. Drogué notoire et alcoolique à l’occasion. Les plus belles tares fourrées derrière le rempart d’une jolie gueule. Pour tromper son monde et éviter les emmerdes. Jusqu’à ce qu’elles lui tombent d’un seul coup sur la gueule. Ils ont dû aussi mentionner ses tentatives de fuite, lui coller l’étiquette du crevard de base, incapable de choisir son camp et à la tendance facile de trahir quand l’occasion se présente. Rien de bien plaisant en somme. Il en plisse le nez, et se renfrogne à la manière d’un gamin touché par les commentaires hypocrites de ses parents devant sa dernière création artistique.

« - Je me doutais que t’étais pas net comme type. Trouve moi une personne qui a pas une dent contre lui… Quelqu’un avec un dentier peut-être. » La raillerie s’extirpe d’entre ses dents serrées. Le seul fait de mentionner le loup gris, lui donne des envies de meurtres. Tiraille ses pauvres nerfs en un supplice dont il se passerait bien. « - Et c’est là que je dois tomber à genoux devant toi en pleurnichant de gratitude ? J’ai pas besoin d’aide. Ta magie, tu peux te la mettre où je pense. Me rendre la vie plus facile ? T’as cru quoi, que c’est comme ça que ça se passe ? Qu’il suffit de quelques mots bien placés pour qu’on me transfère dans l’aile VIP du clapier ? Tu ne ferais que la rendre encore plus atroce. Les monstres sont dans tous les coins, ici c’est encore pire. Te fatigue pas pour moi, je m’en voudrais qu’on associe ton nom au mieux. Ca ferait tache dans ton petit monde propret. » Dans un sursaut de colère, Stain se redresse et se penche avant. Ecrase la table de tout le poids de ton ressentiment. Il fusille le ministre du regard, lui fait bien comprendre dans une simple œillade ce qu’il en fait de sa proposition. La magie, il l’a assez vu. Il n’y a plus que celle qui lui triture le bide qui compte. Ce loup qui est aujourd’hui son seul allié. La part la plus noble de sa personnalité à jeter. Juste lui. Les sorciers, il les déteste. Alors obtenir de l’aide de l’un d’eux, il préfère encore se faire démolir la tête contre une cuvette de chiotte plutôt que d’en arriver là. Parce que si les autres taulards venaient à apprendre qu’il est le chiot d’un ministre, ils se feraient un plaisir d’avancer l’heure de sa mise à mort. Des frissons dégringolent contre son échine, laissent traîner des doigts de glace contre sa peau. Dans un soupir, Stain se résigne une nouvelle fois et revient s’appuyer contre le dossier de sa chaise. « - Il se traine sept siècles d’antirides au derrière. Bourreau pour l'Inquisition avant d’être un péteux prétentieux. Il se donne des airs mais il n’est plus rien. Quand on passe autant de temps dans la peau d’un loup, on peut ne pas être de nouveau totalement humain. Il se planque derrière des titres à rallonge pour compenser sa connerie. On était proches avant tout ce merdier. Le Rafael que j’ai connu à Rome n’a plus rien à voir avec ce type. » De l’acide dans les mots et la douleur dans le cœur. Ca lui fait mal de constater à quel point tout à changer. Qu’elle est affreusement loin, cette époque où son monde tenait encore à peu près debout. Quand aujourd’hui, il ne reste plus rien hormis à champ de ruines. Et lui, debout au milieu des décombres. Le dernier con à rester en vie. L’avantage, c’est qu’en cas d’attaque nucléaire, il ses chances. Le type qu’on retrouve dans le frigo au beau milieu d’un désert de cendres, c’est lui.

« - C’est un rat, un beau connard, déjà mort à mes yeux. Tu devrais espérer que je crève ici parce que si je sors, ton Rafael ne va pas durer bien longtemps. » Stain esquisse son plus beau sourire. Assassin au possible. Des paroles en l’air, il le sait, mais ça fait toujours du bien de les entendre. De croire qu’il pourra effectivement sortir pour régler son compte à cet imbécile. Si Précieuse ne s’en occupe pas avant. Elle au moins est assez intelligente pour ne pas se faire enfermer. La proposition manque de le faire s’étouffer. Il cille, stupide et reste là à regarder le ministre. Quelqu’un à contacter ? Le loup se persuade qu’il a mal entendu. Que c’est son pauvre cerveau qui voit là un sous-entendu ridicule. Les phalanges craquent sous le coup d’une étrange colère. Et l’envie de coller son poing dans le joli pif du ministre lui titille les phalanges. « - Il n’y a personne à joindre. Je suis seul dans cette merde. » Il le lâche dans un soupir glacial. Amer. Il pense un instant à Joan. Mais se ravise. Parce qu’elle ne pourra pas faire grand-chose pour sa gueule. Qu’elle en aura sûrement pas envie, et il la comprend. Parce qu’elle est peut-être la seule personne qu’il voudrait revoir avant d’y rester. C’est Cora qu’il veut vraiment revoir. Et pour ça, ministre ou pas, l’autre ne peut rien faire pour lui.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Mer 6 Avr - 0:05

De la connerie ou du courage. Un sourire fin, presque inaperçu se pose sur mon visage. C'est de la connerie, pure et dure. Parce que je suis stupide, stupide à n'en plus finir. On n'a toujours dit que des Wiggins c'était moi le plus malin. En attendant, depuis quelques temps, tout vient à montrer le contraire. Vouloir apprendre la magie noire est une chose, mais surtout ne plus tenir réellement à sa vie au point de mettre son doigt dans une fourmilière qui est bien plus vieille et bien plus grosse que moi. J'étais stupide. Mais sérieusement, je n'avais plus grand chose à perdre. Et puis le loup a raison, je n'ai rien d'un type net. Rien du tout. Mais qui l'est aujourd'hui ? Réellement ? Personne, sans doute. Je hausse les épaules à sa remarque. Si je n'avais rien à perdre, j'aurais pu prendre un peu de temps.

Il doit bien y avoir quelqu'un dans ce monde qui n'a pas une dent contre ce Rafael. N'importe quel connard a toujours un allié. J'en suis la preuve vivante. Mais pas le temps pour ces conneries. J'observe le loup qui serre les mâchoires. Je vois bien que parler de tout ça ravive des souvenirs bien au delà de ce que je peux imaginer. Mais pourtant, je veux savoir, je dois savoir. Je ris à sa remarque. Tomber à genoux devant moi, gratitude, quelle drôle d'idée. Je suis peut-être un connard qui a un sacré ego, mais je n'ai pas besoin d'un loup pour me lécher les bottes, oh ça non. Sa réaction quant à ma proposition me laisse tout de même un peu dubitatif. Il est rare que quelqu'un réagisse aussi violemment lorsqu'on lui propose un peu d'aide. Je l'écoute parler, et garde mon sourire qui évolue lentement au rythme de ses remarques. Certaines vaudraient de l'or. Si l'on était encore à l'air des biographie, cette conversation aurait pu faire un beau chapitre. Mais qu'importe.

Le loup, à ses propres mots, réagit. Trop brusquement pour ne pas cacher quelque chose de plus gros, de plus grand. Faut dire que lorsqu'on a vécu quelques siècles, on a de quoi être en colère. Je l'observe plier la table pas si solide sous ses doigts pourtant abîmés et plante mon regard dans le sien. Il ne me fait pas peur. Quand je disais que j'étais stupide. Je ne bouge pas d'un cil, mais je comprends. Ce n'est pas avec ces cartes là que j'aurais les grâces de monsieur Greyjoy. Bien, grand bien nous fasse. Il aurait aussi pu le dire avec une simple phrase, mais j'imagine que les bonnes manières en prison, on les oublie un peu. Peu importe. Je soupire lentement alors qu'il se rassoit et ouvre la bouche à nouveau. Décidément, il n'est pas si muet le petit toutou quand on tire certaines cordes. Les mots qui sortent d'entre ses crocs m'intéressent cette fois particulièrement. Alors j'écoute avec attention, ne bougeant pas, ne montrant ni signe d'agressivité, ni de recul.

Je l'écoute juste lui, là, pour ce qu'il a à dire. Je ne note rien, je retiens simplement. La voix de l'animal, de l'homme entre-mêlées. Ce son qui montre tant d'amertume. Sept siècles d'amertume. C'est sacrément long. Et puis sa dernière phrase m'interpelle. Le fait que l'homme qu'il est aujourd'hui, n'est pas celui qu'il était avant. Les gens changent, certes. Mais si l'on est l'ami d'un bourreau, capable de voir le bon en lui, et de ne plus rien voir de bon en un simple pion du gouvernement, il a du y avoir un sacré changement. Je garde cette remarque en tête, l'analyse. Je cherche une raison, lamentablement. Une raison pour l'excuser, ce bourreau, sans doute parce que je m'identifie un peu à lui.

Un homme change quand il a des raisons de changer. Elles peuvent paraître stupides, mauvaises, elles peuvent paraître complètement futiles, mais pour l'homme en question, parfois elles sont tout. Et une part de moi voudrait savoir ce qui a pu faire changer cet homme. Pourtant, ce n'est pas à lui que dois m'intéresser. Ce n'est pas pour lui que je dois me mettre à trouver une sorte d'empathie ou je ne sais pas trop quoi. C'est pas pour devenir son meilleur pote, que je dois apprendre des choses sur lui. Et puis il en rajoute une couche, celle de trop.

On dirait Nolan qui parle de moi. Stain est blessé, blessé par quelqu'un en qui il avait plus que confiance. Quelque chose a été brisé. Et quand je vois les dégâts qu'ont pu faire trois pauvres années sur mon jumeau et moi, je me dis que sept long siècles ont du causer une guerre nucléaire. Il n'y a pas pire que la trahison d'un être cher, et en une seconde, une toute petite seconde, je perds de vue les deux loups, me ramène à mes propres démons et me sens coupable d'infliger ça au prisonnier. Parce que mon frère ne mériterait pas qu'on lui rappelle à quel point je suis le dernier des connards, pour n'importe quelle raison.

Mais c'est pas le moment. Pas le moment d'avoir des états d'âme. Je suis là pour une seule raison, des informations. Les dommages collatéraux m'importent peu, ils doivent ne pas m'importer du tout. Je plonge à nouveau mon regard dans celui de Stain, et esquisse un sourire à sa remarque. « Mon Rafael ? Si tu savais comme je m'en tape qu'il soit en vie. » La phrase est lancée comme ça, sans réelle raison. Simplement parce qu'elle est vraie. Et aussi, parce que si ce con n'était pas en vie, j'aurais beaucoup moins de boulot pour atteindre mon but, mais qu'importe.

Et puis il ajoute une nouvelle phrase. Celle qui pique un peu. Il est vraiment seul ici ? L'homme qui connaît des haut placés du gouvernement, qui semble vivre depuis plus longtemps que la plupart des choses sur cette Terre est réellement seul. Je passe une main sur mon visage, le temps d'accumuler toutes les informations qui me sont tombées dessus. Je réfléchis une seconde, silencieux, avant de me décider à ouvrir la bouche.

« Bon, si j'ai bien compris, c'est pas vraiment le genre de mec à qui il faut s'attaquer. Son CV laisse sous entendre qu'il est plus ou moins increvable tout de même. » Je marque une légère pause, réfléchis un peu. Est-ce réellement judicieux de se lancer dans tout ça ? Est-ce que Noah Meadow vaut vraiment la peine de mettre les pieds dans de telles histoires ? Je chasse ma pensée pour revenir au présent, et Stain, bien là, face à moi. « Merci, pour les informations, elles me seront utiles. » Non pas qu'il en ait quelque chose à foutre mais qu'importe. « Pour mon nom, t'en fais pas pour ce dernier, t'as peut-être passé quelques années ici mais je suis bien assez grand pour m'occuper de moi. Et si ça peut te rassurer, personne n'a mon nom ici, donc le tien ne sera pas non plus associé au mien, puisque je présume que le problème est plutôt dans ce sens. »

Je craque mes doigts et me concentre à nouveau sur lui qui semble tout de même dans un sale état. «  Écoute, Stain. Je vais pas changer ta vie, je vais pas te foutre dans une cellule VIP ou je ne sais quoi. J'ai pas vraiment l'intention de faire des vagues et de te mettre des petites paillettes sur la tronches. » Un sourire sarcastique sur ma figure et je continue. « Même si ça t'aiderait peut-être avec tes petites histoires de cul. » Je reprends un ton plus neutre pour poursuivre. « Enfin bon, peu m'importe. Ce qui m'importe là, c'est toi. Tu m'as aidé, que tu le veuilles ou non. Et j'ai du mal à l'admettre mais ça me fait bien chier de te voir dans cet état, va savoir pourquoi. Peut-être mon amour pour les chiens ? », je passe une main dans ma nuque, qui commence à se faire douloureuse dans cet environnement réellement inconfortable. « Mais bref, pas de magie, j'ai compris. En attendant, il existe des trucs qui n'ont rien à voir avec ça qui peuvent te soulager et je peux te les procurer. Quant à ta peine de prison, sache que ton dossier est en quelque sorte en suspend, tu vas pas crever demain, du moins, pas par la « Justice ». Alors il te reste deux solutions. Soit, on passe un genre d'accord, je te rends la vie plus ou moins plus supportable en attendant de voir ce qu'on peut faire de ton dossier, et je te donne des informations sur ce que tu veux savoir du dehors, dans la limite du raisonnable. Et il est évident que jamais ton nom ne sera associé au mien, crois-moi, mon costard de politicard peut me permettre de faire en sorte que ça arrive. Soit, on a plus rien à voir l'un avec l'autre. Tu pourris dans ton trou, comme déjà, et tu continues d'y pourrir jusqu'au jour ou soit la vie, soit la justice se décidera à t'achever. Mais tu sais que je fous mon nez dans l'histoire des italiens. Alors si tu choisis la deuxième solution, je ne peux pas te garantir de ne pas devenir un quelconque dommage collatéral. Pour peu que t'en aies quelque chose à cirer. »

Je me tais, simplement, laissant le silence s'instaurer un peu entre nous. Je marque une simple pause avant d'ajouter, sincère. « C'est à toi de choisir, c'est même pas une question de perdre ou de gagner. C'est une question de ce que tu veux. Et je ne choisirai pas à ta place, et te forcerai à rien. » Je sors une boite de médicaments de ma poche, rien de magique, quelque chose d'absolument basique mais qui ne peut que le soulager un minimum et lui tends. « Tiens, tu les prends ou pas, c'est pas mon problème. C'est pas pour but de t'influencer non plus. Mais crois-le ou non, ça ne me plaît pas tellement un gars dans ton état. Alors t'en fais ce que tu veux, mais ça pourra au moins te soulager un minimum. »

Si du moins, c'est ce que tu veux. Parce qu'entre nous, bonhomme, t'as pas tellement l'air de tenir à ta vie, et je suis de moins en moins sûr que la prison en soit la raison.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Dim 10 Avr - 20:11


Il parle trop, le ministre. Comme un homme de son rang, il a la causette facile. L’italien aurait presque l’impression de se tenir devant un compatriote. En serait ravi, si seulement il n’avait pas la tête en vrac. Il se concentre pour rester dans la dynamique de la conversation. Doit faire un violent effort pour ne pas se préoccuper de son bide qui se tord et se déchire à mesure que le temps passe. La nausée lui gratouille le gosier, et malgré lui ses doigts quittent la table pour venir se crisper contre son abdomen. Vomir sur les pompes d’un haut-placé, même en voulant jouer au plus con, ce n’est certainement pas la meilleure chose à faire. Il y pense pourtant. Se dit que s’il venait à pourrir les dites godasses, l’homme le prendrait en grippe et déciderait de le laisser là, dans sa merde, à crever la gueule ouverte. Mais il en doute fortement. Aussi difficile soit-il de se débarrasser de lui, Stain est quasi-certain que l’homme face à lui est de la même herbe que lui. Celle qui s’accroche tant qu’elle n’a pas réussi à étouffer la bestiole venue se coller d’un peu trop près sur elle. Un point commun, c’est déjà pas mal. Parce qu’il a beau chercher, à part pour Rafael, il n’y a pas grand-chose qui peut pousser un type de cet acabit à venir se perdre dans un trou pareil. Le loup frissonne, soudain frileux. Un autre détail qui s’est ajouté à la liste de tous les trucs étranges qui lui dérèglent le cerveau. Il a froid. Souvent. Tout le temps. Grelotte comme un imbécile malgré une chaleur étouffante, se crame la peau sous la douche jusqu’à ce qu’elle en devienne rouge sans parvenir à apaiser la glace qui sommeille en profondeur. Il hausse une épaule, une moue désinvolte venant se coller sur sa tronche. «  - Pire qu'une tique. » Il le lâche dans un claquement de langue amer. Tente de se montrer comique quand même son humeur semble avoir le nez qui colle et l’envie pressante d’aller se planquer sous la couverture miteuse. Il tuerait pour retrouver sa couette. S'y lover et ne plus en sortir jusqu’à ce qu’une nouvelle Apocalypse ne vienne raser cette ville pourrie. Le loup s’en mordille les lèvres d’envie, renifle sa douleur et regarde ailleurs comme pour chasser cette vision délicieuse de ses rétines. Son lit, tout comme son appartement, il n’est pas près de les revoir. L’avantage, c’est qu’il n’a plus à supporter son emmerdeuse de voisine et son chien. Je me coltine le petit frère à la place, je sais pas si c’est vraiment mieux.

Le dialogue s’effectue dans sa tête. Entre sa conscience et ses pensées. Elles se battent pour trouver la pire option, puis finissent par abandonner le combat devant sa futilité. Ramenées dans le temps présent par les douces paroles du ministre. Pour un peu, il pourrait presque réussit à l’endormir. Stain relève le museau, fixe l’homme avec un sourcil en l’air, prêt à lui demander s’il ne serait pas d’accord de venir dans sa cellule pour lui servir de berceuse. Lui qui a le sommeil difficile depuis quelque temps, peut-être que ça pourrait lui être bénéfique. Il ravale l’idée d’un froncement de sourcils et se tasse un peu plus sur sa chaise. Ca lui comprime le bide de se tenir comme un malpropre sur son siège, et ça atténue le mal. Un peu. « - On se connait pas vieux. Avant que tu fourres ton nez dans ces foutus papiers, j'étais rien pour toi. Juste un petit soldat que tu pouvais écraser de ton regard condescendant de Ministre à deux balles. Que t'aimes les clébards ou pas, c'est pas mon problème. Et puis merde, apprenez à faire la différence entre un loup et un chien, ça devient fatigant à force. Si on m'avait dit qu'un type important viendrait me rendre visite, j'aurais fait l'effort de m'arranger. Manque de chance, on reçoit pas les invitations ici. » Il agite nerveusement la main, se désigne de ses doigts tatouer, tout en s’amusant à laisser le majeur dominer ses confrères. Un message subtil, gravé en lettres noires sur ses phalanges, le fuck qu’il ne peut pas dire à haute-voix mais qu’il pense de tout son petit cœur fatigué. Le soldat déchu cille, bêtement, lorsque la boite de médicaments se dépose sur la table. Il la fixe, longtemps. Incapable de savoir s’il doit rire ou rester sérieux. Parce qu’au fond, ça lui fait bizarre qu’un parfait inconnu s’inquiète de son sort quand tout le monde n’en a rien à foutre. Parce qu’il ne comprend pas pourquoi, un ministre se mettrait dans une situation délicate juste pour lui faciliter la vie. Il n’a rien fait. Il n’a même pas dit grand-chose de bien utile. La méfiance le pousse à chercher le coup fourré. Il se redresse sur son siège, nerveux. Les pupilles noires vacillent de la boite au ministre.

« - J'ai pas besoin qu'on m'aide, qu'on me regard avec pitié ou je ne sais quoi. Tu m'as pris pour quoi ? Pour un pauvre imbécile sans défense ? Si je les prends, c'est le meilleur moyen pour me faire fracasser. Tu sais combien ça vaut une boite de cachetons ici ? Même de l'aspirine ? J'ai déjà perdu ma dignité pour gagner un semblant de sécurité, j'ai pas envie de perdre plus. » Dans un relent d’égo, Stain tente de retrouver un peu de prestance quand il n’en reste plus que des miettes. Il a vu sa gueule dans la glace. Il a pris peur en croisant son reflet tant ce type ne lui ressemble plus. C’est un ombre qu’il a sur le visage, rien de plus. Creusé par la fatigue et la douleur qui sont devenues ses seules alliées. Abîmé par tout ce qu’il a encaissé. C’est son égo qui le poussera à ne pas prendre la boite. Et son envie de crever aussi. Parce que le temps passé derrière des barreaux lui a fait comprendre qu’il n’attendait plus rien. Que cette promesse qu’il n’a pas été foutu de tenir, étant en fin de compte la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Ne pas Lui survivre. Arrêter là une belle connerie qui dure depuis sept siècles maintenant. Le loup aurait dû se faire plomber le derrière et finir en carpette dans un chalet Suisse il y a des années de ça. « - T’es médecin peut-être ? » Il le crache presque. Ne parviens pas à retenir son amertume. Et sa voix tremble. Fatiguée par les tourments qui le brisent. Stain soupir et ferme un instant les paupières. Se réfugie derrière la cécité passagère pour ne pas s’écrouler. De son ventre, ses mains viennent s’agripper à la table. Son pauvre rocher au milieu de la tempête. « - Je sais pas dans quoi tu t'engages… » Le murmure quitte la sécheresse de ses lèvres dans un soupir fragile. «  - Mais à ta place j'aurais évité de fourrer mon nez dans des affaires aussi vieilles que les nôtres. Y a rien à en tirer, à part un horrible mal de crâne. Et la conclusion que ta famille que tu croyais totalement barge est, en fin de compte, super saine d'esprit comparée à la mienne. » Il agite des phalanges un brin tremblantes en direction du ministre. Incapable de cacher les faiblesses qui le rongent de plus belle à mesure que les minutes passent. L’italien se disloque. Chaque battement de cœur est un coup de marteau dans un édifice déjà fragile. Le soldat pousse un soupir qui se change en une quinte de toux. Et du sang sur la main. Il contemple l’injure et l’efface avec hâte sur le orange qui camoufle sa cuisse. Du dégoût sur les traits et de l’appréhension dans les pupilles.

« - Dès l’instant où on fourre son nez dans notre histoire, on devient un dommage collatéral. Même en étant un acteur principal, ça finit mal. Tu ne retireras rien de bon de tout ça, le simple fait que tu sois venu me chercher peut devenir un arrêt de mort. Rafael est un assassin, et moi je détruis tous ceux qui s’intéressent à moi d’un peu trop près. Tu ferais mieux de retourner dans ton bureau, et de m’oublier, si tu tiens à te jolie petite vie. » Sa conclusion. Un brin pessimiste et pourtant affreusement vraie. Il le met en garde, tout en se doutant que l’homme ne tiendra pas compte de son petit conseil.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Mar 12 Avr - 2:28

Les pilules entre nous, j'observe l'homme face à moi, ou du moins ce qu'il en reste. Les réponses de l'homme me restent en tête. Durement. Un peu trop même. On ne se connaît pas. Non, c'est certain, mais on a tellement plus en commun que ce que tu crois. Il n'était rien pour moi, certes, mais plus personne ne l'est. Et les gens se rencontraient bien dans la rue avant tout ce merdier, alors pourquoi pas à travers des papiers ? Mes yeux se perdent dans les siens, trop de réflexions viennent à mon esprit. Et merde. Je me laisse encore trop atteindre. Tout ça pourquoi ? Parce que je suis faible, parce que je suis con.

Parce que je devrais être à sa place.

Puis le crissement douloureux de la chaise sur laquelle il se redresse me fait relever le menton et je le regarde à nouveau, et l'écoute attentivement. Peut-être un peu trop pour le simple taulard qu'il est, qui sait. Son petit speech m'arrache un rire jaune. Il me pense si con que ça, comme si je n'avais pas pu tout calculer pour que ça passe de son côté. Il me pense si stupide. Je ne dis rien, hausse simplement un sourcil et l'observe. J'ai tendu les perches, j'attends de voir jusqu'où il va. Peut-être que je suis vraiment con, à croire qu'un mec au fond du trou va finir par accepter l'offre d'un mec dont il ne connaîtra jamais rien et qui lui propose ce qui peut sembler monts et merveilles pour des informations qu'il pourrait obtenir facilement par la torture ou autre. Stain a fait parti du gouvernement, il est parfaitement au courant qu'on ne la joue pas sincère. Alors de se méfier ? Oui, il a de quoi. Il a sincèrement de quoi. Mais j'attends, ma boite de cachetons sur la table et mon regard dans le sien.

Un homme de plusieurs siècle sur le point de crever est-il capable de discerner l'honnêteté ? Suis-je encore réellement capable d'honnêteté ? Je n'en ai pas la moindre idée. Mais il faut bien essayer. Alors je l'observe, perdu dans ses propres pensées, sans doute même dans ses propres maux, tiraillés à savoir quoi faire. Vivre ou mourir ? Vivre à quel prix ? Mourir pour qui ? Les questions que je me pose quotidiennement mais que je tais face au loup. Pas la peine de lui montrer que la seule différence entre nous c'est qu'il est en cage et pas moi.

Je souris à sa remarque et lui réponds d'un claquement de langue fin, « Je suis sorcier, tu sais pertinemment que la médecine n'a pas grande différence avec mes dons. » Ma phrase passe, lentement dans la rage et la bataille qui se mène dans ses propres entrailles, et que j'observe comme un con. Je cache ma propre peur, celle de devenir lui, d'être à sa place. Je cache tout ça, je ne dis rien, et je l'observe à terre et me demande si la vie vaut la peine de finir comme ça. Je me demande, pour qui, la vie vaut la peine de finir comme ça ? Spectateur de tout ça, je rêve de lui demander pourquoi. Pourquoi il a fait, accepté tout ça. Pour qui. Comment. Est-ce que ça en a valu la peine ? Est-ce que quelque chose, en plusieurs siècles, en a déjà valu la peine ? Mais je me tais et lui souffre de plus en plus, je serre les dents à le voir dans cet état.

Réflexe débile. Je suis sensé ne pas être capable d'une once d'humanité, tuer quelqu'un d'un claquement de doigt. Je suis sensé être le méchant. Celui qui rit quand il voit un mec crever à ses pieds et se casse sans se retourner et pourtant, y a quelque chose dans ce type qui m'en empêche. Il parle encore, sa langue se délie sans que je ne comprenne pourquoi réellement. Ma nuque se tourne légèrement pour l'observer un peu mieux, écoutant chaque mot qui sort d'entre ses lèvres, beaucoup plus calme, beaucoup plus vrai qu'à mon arrivée ici. Mais ce n'était qu'un souffle. Un répit bien trop court. De ceux qu'on oublie presque si on a pas regardé assez attentivement. Il s'agite lentement devant moi, et même sur le point de crever se montre le parfait connard qu'il se maintient être. Ou peut-être qu'il s'en persuade. Mais faut dire qu'en plusieurs siècles, il a plus d'expérience que moi en la matière.

En simple réponse à son geste je lui offre un beau sourire et la seconde d'après il crève un peu plus sous mes yeux. Je soupire, voyant le sang, trop présent pour que ce ne soit rien s'étendre sur sa main. Il est sacrément con d'avoir autant d'ego celui-ci. Une seconde, l'idée me traverse l'esprit de ne pas lui laisser le choix. Lancer un sort, là comme ça, et tant pis, que ça lui plaise ou non. Mais je me ravise. Image de marque ou reflet du connard dans le miroir, mais qu'importe. Je reste sans bouger face à l'autre, l'air blasé alors qu'il arrive par un miracle quelconque à encore aligner trois mots.

Mon admiration pour cet acte se laisse entrevoir par un rictus sur mon visage et finalement, il donne des informations utiles, comme si son propre sang, sa propre condition lui disait qu'il avait plus rien à perdre ou quelque chose du genre. J'ai toujours aimé les situations dramatiques mais celle-ci me plaît particulièrement, et Stain, face à moi, qui la joue moitié con, moitié victime, a fait lentement grandir la flamme de ma propre connerie. Peut-être que c'était sa réflexion sur la famille ? J'en sais rien, et je m'en fous. Je regarde l'homme droit dans les yeux et finis par ouvrir la bouche d'un ton extrêmement froid, et hautain.

« Tu veux la jouer comme ça ? D'accord. Crève. T'as raison Stain, personne en a rien à foutre. Tout ce que tu touches finit détruit ou je ne sais quoi. En attendant, en cet instant, la seule personne que je vois détruite ici, mon loup, c'est toi. » Je roule des yeux avant de continuer. « Tu crois vraiment que je ne me suis pas renseigné sur les autres avant de venir te voir ? Que c'est pour ton petit dossier à la con que j'ai choisi de m'adresser à toi ? Par pitié ou ce qui t'arrange ? Crois ce que tu veux, pour ce que ça change à ma vie. »

Je me relève, ajuste mon costume et m'approche du loup, l'attrapant par la main, essuyée salement, lui collant devant sa propre figure et lui montrant qu'il ne dupe personne, pas même lui. « Mais t'es qu'un abruti si tu penses ça, Ezio. Je n'ai pas de pitié, je ne te prends pas pour un chiot sans défense. Tu veux savoir pour quoi je te prends ? Pour un mec qui a fait les mauvais choix. » Je lâche violemment sa main et me retourne, dos à lui.

« Alors joue les méchants, prouve-le que t'es le dernier des connards. Tue-moi, fais ce que tu veux. J'en ai rien à foutre, ça changera pas la vérité. Tu te trompes toi-même parce que ça t'arrange. Que c'est plus facile de se laisser crever que de se battre sous prétexte qu'on a tout perdu. Pardon, monsieur a des siècles de vie pour me prouver que j'ai tort. T'es fatigué Stain ? Figure toi que tout le monde l'est. Alors arrête de jouer au con pour une fois et montre toi plus malin. » J'ajuste ma cravate, un œil en arrière sur le loup et toujours sans me retourner je continue. « J'étais un dommage collatéral avant de naître, Stain. Mais merci de ton avertissement. En attendant, si tu me permets de te rendre la faveur, peu importe la raison pour laquelle t'a laissé tout ça te tomber sur la gueule et tu te laisses dans cet état, si elle en vaut vraiment la peine, réveille-toi. Parce que je ne crois pas que ton Rafael, si il est si dangereux que ça, laisse quiconque à qui tu tiens en vie. »

Je ferme les yeux. Je cherche le loup, j'attends les coups, je ferme les yeux pour éviter mon propre reflet et le discours qui s'adresse à l'un et l'autre. Je déglutis, et dans mon plus beau sourire, de celui qui joue réellement au plus con je continue. « Encore moins maintenant que je suis dans l'équation, tu peux me faire confiance sur ça. Rafael ne voudra prendre aucun risque vu ce que je compte faire. » Et mon cœur bat, tout dépend de cet instant précis.

Il me ressemble trop, il me rappelle trop mes propres erreurs. Ne pas le provoquer, ne pas le pousser à bout, c'était impossible. Peut-être parce que j'ai besoin d'une excuse pour que ce connard reçoive des soins. Je ne sais pas trop à vrai dire. Je ne sais jamais trop. Mais dans tous les cas, j'attends. Et si il est réellement comme je le crois, c'est ses coups, sous une adrénaline quelconque qui vont m'atteindre avant même que je ne puisse rouvrir les yeux.

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MessageSujet: Re: The game has changed | Stain.   Mer 13 Avr - 21:00


La patience du loup s’effrite. A la manière d’un fauve excité par l’odeur du sang, il tourne en rond dans les entrailles de son maître. Griffe la chair déjà fatiguée, mord la peau jusqu’à la faire pleurer. La lutte le fatigue pour que d’ordinaire. Les premiers jours, il n’y a pas fait attention. A ce changement subtil dans son organisme. Les migraines et les maux de ventre, dans un endroit comme celui-là, c’est commun au fond. Il n’a pas cherché plus loin. Mais quand les choses ont commencé à s’aggraver, l’alarme a été sonnée. A grands renforts de trompettes, pour mieux s’essouffler et se changer un misérable bruissement entre ses oreilles. La symphonie de son sang malade heurtant ses tempes. Il s’en est inquiété les premiers instants, mais maintenant il s’en moque. Il n’a rien dit, garde son mal pour lui tout seul. Egoïstement. Parce que les loups souffrent seuls. Et meurent seuls. Parce qu’il n’ a pas envie qu’on le regarde comme une proie facile à abattre. La faiblesse dans un monde comme celui-là et c’est la mort assurée. Elle l’attend au bout du chemin, il le sait. Demain, dans une semaine, un mois, peu importe, le résultat sera le même. Il a pris soin d’éviter les visites du médecin, mentant ouvertement lorsqu’il est devenu impossible de passer au-travers. Jouant de son humour douteux pour masquer les symptômes. Ou tout mettre sur le dos de la bouffe affreusement immangeable. Un rire nerveux s’échappe de ses lèvres serrées face à la réplique du Ministre.   « - Je n'ai foi ni en l'un ni en l'autre. Mais si je devais vraiment choisir, je préfèrerais plus la médecine. J'ai suffisamment donné avec la magie. » Il le lâche dans un soupir amer. Accable son vis-à-vis d’un regard sombre. Il n’est que la résultante de cette magie qui le rebute. Sans elle il ne serait plus là. Mais il ne parvient pas à faire l’effort de lui trouver de bons côtés. L’Inquisition fermement ancrée à ses viscères pour lui rappeler qu’il a passé une petite partie de sa vie à éradiquer les créatures comme celle qui se tient face à lui.

Le soldat s’efforce de garder le silence. Comme un gamin en train de se faire gronder par ses parents, il regarde fixement un point quelque part sur la table. Une poussière que même ses yeux de métamorphe ne peuvent pas voir. Les bras croisés sur son torse, cachant le sang et les tremblements, il serre la mâchoire et se borne à assassiner le plateau en plastique de son regard noir. Les monologues du politicien lui passent au-dessus de la tête. Parce qu’il ne le connait pas. Et qu’il ne veut pas admettre qu’un parfait inconnu a réussi à comprendre la situation. Parce qu’au fond, il ne veut pas reconnaître qu’il accumule les conneries. Enchaine les fautes comme le gamin qu’il est. Ses sept siècles passés dans la peau du loup ne lui ont rien apporté. Hormis la certitude que le monde est devenu une belle merde. Pire que celle qu’il a quittée dans les cachots de Rome. Il a vu tous les vices, les horreurs engendrées par la stupidité humaine. Il a appris à considérer ses semblables avec un dédain certain. Le même que celui qu’il se porte. Un pauvre con, voilà ce qu’il est. Le seul fait de se tenir dans cette pièce pourrie, déguisé en orange suffit pour le confirmer. Stain soupire, reprend son souffle comme s’il venait de rester en apnée. Et comme le gamin effronté qui refuse la punition il relève le nez. Juste à temps pour voir l’autre se lever et venir se coller à côté de lui. Il n’a pas la force de résister lorsque le ministre lui attrape la main et n’a d’autre choix que de regarder ce rouge qui grignote la blancheur malade de sa peau. La gêne s’appose sur son visage, ses traits se creusent de dégoûts et les pupilles se font fuyantes. « - J'en ai absolument rien à foutre de ce que tu as fait avant de venir. Ce que tu feras en sortant. Je te connaissais pas, et une fois hors de cette salle, je te connaîtrais plus. » Le contact le hérisse et se brise avant qu’il ne soit contraint de le faire lui-même. Mais pire encore, le simple d’entendre son ancien nom dans la bouche d’un inconnu lui tiraille les nerfs. Etripe encore un peu plus sa patience. « - Appelle-moi encore une fois comme ça, je te jure que je te pète le dentier. » Il le lâche dans un souffle, les dents serrées. Ravale son envie de cogner. Par crainte de voir le gardien débarquer. Se faire encore démolir sous les coups de ces types censés assurer sa protection. Il se ravise et s’oblige à garder son cul visser sur sa pauvre chaise.

« - Si t'es venu pour me servir tes serments à la con, tu perds ton temps. Y en a d'autres qui s'en sont chargés à ta  place, t'arrives un peu tard. Je t'ai dit ce que tu voulais savoir, t'es content, t'as eu tes infos, maintenant tire-toi. Tu m'oublies, parce que j'ai pas l'intention de te servir de nouveau de commère. Ministre ou pas, vu où j'en suis, je m'en tape d'en rajouter une couche. » Il hausse une épaule, se force à laisser des éclats de fausse désinvolture venir se glisser dans son timbre. Quand le froid est en train de prendre possession de ses cordes vocales. Il hausse un sourcil devant la réplique. Ne comprend pas vraiment de qui il parle. Il pense un instant qu’il s’agit de Cora. Avant de se dire que l’autre doit parler de Nymeria. Cette blague, il doute de rien ce type. « - Qui en vaut la peine? La Grimes? Mon pauvre mais tu rêves. J'en ai rien à faire. Qu'il la bute, ça ne me fera ni chaud ni froid. Oui, c'était le pied, mais pour le reste, elle m'indiffère royalement. » S’il avait pu cracher aux pieds du politicien, il l’aurait fait. Faire s’écraser tout son venin et sa bile sur le sol pourri. Pour soulager ses nerfs, le temps de quelques battements de cœur avant que tout ne revienne se jeter dans sa tronche. Il ment. Si une part de lui se contre-fout de la chirurgienne, une autre ne parvient pas à s’en défaire. Elle est infime, mais suffisamment présente pour en devenir gênante. Sa belle garce qui ne lui apporte que des emmerdes. Ces yeux envoûtants qui lui collent des sueurs froides à chaque fois qu’il y repense. « - Eclate-toi avec lui. Vous m'avez l'air d'être fait pour vous entendre, deux mégalos psychotiques, le beau duo de barges. Tu m'excuseras, mais je crois qu'on a tout dit. J'ai une cellule à retrouver, on est loin du luxe de ta petite maison mais on s'y fait au final. » Il plaque ses deux mains sur la table et se relève. Lentement. Lamentablement. Son dos lui fait affreusement mal, et se tenir debout ne fait qu’accentuer ses crampes d’estomac. Encore appuyé contre la table, Stain souffle. Agrippe le plastique de ses phalanges malhabiles avant de trouver la force de s’en détacher. Le premier pas est chancelant. Le seul fait de se retrouver sans le moindre appui le rend aussi habile sur ses jambes qu’un type bourré et sous acide. A choisir, il aurait préféré cette option-là.

« - Merci pour la discussion Monsieur le Ministre. » Ironique à en crever, Stain lui accorde son plus beau sourire hypocrite. Il frappe alors sur la porte, attendant sagement que le gardien ne daigne l’ouvrir. Docile, il tend ses poignets pour que l’autre lui remette ses jolis bracelets métalliques. Il hésite un moment, cherchant ce qu’il pourrait dire de plus. Mais rien ne vient. Il fait alors signe à son geôlier, et abandonne la salle d’entretien sans un regard en arrière. En priant pour que ce soit la dernière fois qu’il s’y retrouve. Les visites le fatiguent. Elles lui rappellent qu’il y a un monde derrière ces murs pourris. Et qu’il n’en fait plus parti.

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