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 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Lun 21 Mar - 19:43


Mon regard s’échappe encore une fois. Ce sont ses yeux que je cherche, juste pour être certaine de capter son attention sans avoir à ouvrir la bouche. Son regard reste pourtant obstinément fixé sur l’écran de sa machine de malheur et je me retrouve encore une fois à devoir l’appeler, sans en trouver le courage. Son nom s’étrangle dans ma gorge, avant que je ne décide finalement à réessayer par moi-même. Devant moi, l’écran définitivement noir de mon ordinateur, dont j’ai besoin, pour une fois. Et l’impossibilité de lui rendre ses couleurs joue avec mes nerfs. Je voudrais secouer la bestiole, lui donner des coups pour la forcer à fonctionner, mais je me heurte à son obstination depuis quelques minutes. Et après de nouveaux essais infructueux, je tourne de nouveau mon attention vers lui. Et me reviens en mémoire aussitôt les évènements des derniers temps. Notre nuit ensemble. Notre dispute. Notre décision de devenir amis… Et puis sa venue chez moi… dont il n’est pas du tout au courant. Tout comme notre réconciliation, qui dans n’a pas eu lieu. Le malaise que je trimballe va en s’accentuant encore un peu lorsque je me souviens encore que c’est avec Liam que cette réconciliation a eu lieu. Je voudrais avoir le courage de lui faire face, de le lui dire et de réclamer son pardon pour un acte pourtant impardonnable. Impassible, je fixe ses traits, réprime le frisson que je n’attribue qu’à son frère et échoue encore à faire s’élever ma voix pour l’interpeller. Cela serait pourtant si simple. Un appel, un problème expliqué ainsi que résolu et une minute plus tard, ça ne serait qu’un bien inutile mauvais moment de passé. Je reste simplement muette tout en conservant mon regard sur lui, consciente soudain de l’impasse dans laquelle je me trouve. Bien sûr, je pourrais appeler Elias et lui demander de m’aider pour un souci aussi simple, mon esprit pourtant, ne se place dans aucune logique et semble considérer Nolan comme l’unique personne capable de m’aider… Alors qu’elle reste la seule que je ne peux avoir autour de moi sans avoir envie, soit de lui sauter dessus, soit de vomir.

De nouveau, je repose mes prunelles sur l’écran et sans l’avoir prémédité une seconde, j’entends ma voix s’élever dans le loft. Les deux syllabes m’échappent, impétueuses et résonnent dans mon cœur en une curieuse litanie. « Nolan ! » Son attention est attirée, je le sais sans le voir et ne tourne mes yeux vers les siens que dans un automatisme qui m’effraie. Mon sourire en fait de même et dans un amusement que je ne ressens pas une seconde, je pointe mon doigt vers l’écran, secouant la tête dans une simulation d’exaspération. Lorsque tout mon esprit se charge de jouer une parfaite pièce, mon corps entier semble se décomposer. Ses pas le mènent vers moi, mon malaise s’agrandit. Mon cœur s’emballe et s’enfuit dans une cavalcade impétueuse. Mon estomac lui, s’est aventuré dans un grand huit trop alambiqué et semble vouloir rendre mon déjeuner d’une seconde à l’autre. Ma culpabilité vient ronger lentement ma trachée, assèche ma gorge et serre mes mâchoires. Mon décolleté pourtant très ordinaire, me semble soudain indécent et je tente de reboutonner vers le haut. Dans ma fébrilité pourtant, je casse le mince fil qui maintenait le bouton en place et me retrouve donc incapable de dissimuler cette tentation que je ne voudrais pas imposer. Enfin, après un temps qui m’a semblé incroyablement trop court, il se trouve juste à côté et me questionne probablement sur mon problème. Je suis pourtant incapable d’articuler le moindre mot et c’est d’une main tremblante que je pointe l’écran.

Ce tremblement tranche de façon très nette avec le visage serein que je lui montre et dénote avec mon sourire trop lumineux. Je tente donc de le cacher en serrant le poing. Nous sommes amis. Nous sommes censés être amis. Si je montre le moindre signe d’intérêt, il va croire autre chose, penser que j’ai changé d’avis alors que lui semble se satisfaire très bien de notre amitié. Il n’est après tout pas venu me voir. Il a fait son choix de ne me considérer que comme une collègue, peut être une amie, mais certainement pas une amante. Mon défaut l’a effrayé et je ne peux lui en vouloir. D’autant plus avec le réveil de mes sens en la présence de son frère. Etre amis, c’est toujours la meilleure solution pour nous et si je ne veux le faire fuir définitivement, mieux vaut me montrer sous un meilleur jour. Je prends donc sur moi et me redresse juste assez pour lui balancer, dans un sourire. « Je suis vraiment allergique aux machines de malheur. Au secours Nolan Wiggins, tu es mon seul espoir ! » Je pars dans un rire cristallin, qui résonne étrangement faux à mes oreilles, tente de faire fuir, dans cet éclat, cette nausée qui menace d’exploser à chaque seconde, mais ne parviens qu’à l’alimenter juste un peu plus. Quelle femme abjecte je fais. Quelle femme horrible je suis…

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Dernière édition par Giulietta V. Monicelli le Sam 20 Aoû - 16:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Lun 21 Mar - 23:26

I'm nowhere if I'm here without you
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IOoihz ioehfoenof ùpj. >ojas. C’est à peu de chose près ce que mes doigts tapent fébrilement sur mon clavier, tandis que mon regard s’obstine sur l’écran. Je suis productif. Etrangement productif, même. Trop productif. Comme face à Elias, je suis incapable de me concentrer sans laisser toutes les cinq minutes mon regard dériver dans sa direction. Mes yeux percutent son bureau, j’inspire à fond j’expire d’un seul coup et d’un coup de talon, je recule ma chaise pour aller me faire du café. Sans avoir fini ma sixième tasse de la journée. Tant pis : autre prétexte, je vais me dégourdir les jambes. Voilà, se dégourdir les jambes est une bonne raison de faire une pause, même ça ne fait qu’une demi-heure que je suis vissé à ma chaise. Se dégourdir les jambes, boire un café, éviter une amie, grignoter un morceau de pain, aller promener son chien, éviter une amie, taper la discut avec un journaliste et aller emmerder Elias : tout autant de bonne raison pour ne pas travailler. Pour ne pas l’observer. Il va vraiment falloir que je change de bureau, pour la cinquième fois. Il va vraiment falloir que je trouve une solution. Parce que ça ne peut plus durer. C’est d’ailleurs ce que je me dis depuis qu’on a commencé ce petit jeu ridicule. Et ça dure. Ça dure, la tension monte de plus en plus et je viens de faire tomber ma tasse dans un fracas de verre.

Parfait. Génial. Bravo Nolan. Je me compose un éclat de rire, échange deux ou trois plaisanteries avec le pigiste le plus proche avant d’attraper une nouvelle tasse sur l’étagère la plus proche et de la remplir à nouveau d’un café bien serré et bien noir. Noir comme mes yeux, noir comme ma mauvaise humeur, noir comme le clavier que je retrouve dans un raclement de chaise. Un nouveau regard volé, un nouvel éclat de cheveux clairs : mes lèvres se pincent et j’expire douloureusement. Que je suis con, putain, que je suis con de rester dans mon coin. Mais je n’arrive pas à savoir ce que je veux, je n’arrive pas à savoir ce que j’attends et c’est elle qui a proposé la première. Juste ami. Comment pouvons-nous être juste des amis ? Ca n’a pas de sens, ça n’a aucun sens, ça… « Nolan ! » Je sursaute, mes yeux partent directement se fixer dans les siennes, je suis déjà à moitié debout, une main sur mon bureau, l’autre qui recule la chaise. Comme si je n’attendais que ça. Parce qu’il faut bien être honnête : je n’attendais que ça. Mon attention se pose sur ses lèvres, sur son sourire, sur son agitation, sur l’écran qu’elle me montre. J’impose à mes lèvres un léger étirement, je me compose une nonchalance, je force mes muscles à se détendre. Son mouvement de tête exaspéré consolide mon amusement, je reste un instant immobile le temps qu’on me donne virtuellement un coup de pied aux fesses pour que je me force à avancer. Son agitation au niveau de sa poitrine m’empêche d’en détourner le regard, je me mords la lèvre en regardant le plafond. Et mes lèvres me sauvent de la perdition en articulant d’un ton très professionnel, « Je peux t’aider ? Ton ordi te fait encore des misères ? » Elle repointe l’écran, je claque la langue dans un soupir réellement amusé cette fois. Un soupir qui devient légèrement tendu lorsque je me rends compte que pour faire les vérifications de base, il va tout de même falloir que je contourne la barrière naturelle qu’est son bureau, que je la frôle et que je reste dans le coin un certain temps, histoire de tout régler. J’en viens à prier, pour une fois, pour qu’elle ait encore juste oublié d’allumer l’écran de la bécane. « Je suis vraiment allergique aux machines de malheur. Au secours Nolan Wiggins, tu es mon seul espoir ! » Son éclat de rire me vrille les tympans, je me force à sourire, je me force à rire à mon tour même si je ne me pense pas très convainquant. Ça fera l’affaire. Ça fera forcément l’affaire. Il faut que ça fasse l’affaire et pour me détendre et penser à autre chose, je me concentre sur la seule chose qui soit à portée : la citation qu’elle m’a sortie. Hasard ou pas, tentative de réconciliation ou pas, je l’attrape au vol. « Tu t’es enfin trouvée une copie de Star Wars ? Décidément, ta culture générale grimpe en flèche, tu seras bientôt fréquen.. » Parfois, Nolan, il faut réfléchir avant de parler. Parfois, aussi, il ne faut pas essayer de faire de l’humour, il faut simplement résoudre le problème et se barrer. Mais… autant terminer ma phrase. Et rebondir. « … table. Et donc, ton ordi ne s’allume pas ? Tu as appuyé sur quels boutons exactement ? » J’ai l’impression d’avoir couru un marathon. D’autorité, j’attrape son écran pour mieux le tourner dans ma direction et le placer entre elle et moi. Mon regard dérape sur son décolleté, s’y attarde contre mon gré, se plonge sur le clavier que je fais lui aussi venir à moi. L’ensemble est dépareillé, l’ensemble a été monté, soudé, configuré par moi il y a des mois maintenant. C’est un bordel sans nom mais c’est fonctionnel, en théorie. En quelques mouvements précis, je pianote sur le clavier, relance l’ordinateur qui, effectivement, ne veut plus s’allumer. Je tripote les câbles en me faisant la remarque que j’aimerais tripoter autre chose, je me passe une main sur le visage. « Tu en as besoin pour quoi ? »


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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Lun 28 Mar - 22:55


Sa proximité… elle me gêne autant qu’elle me plaît. Par contre, elle n’arrange pas du tout ma nausée, qui va en s’accentuant au fil des secondes. La culpabilité continue lentement de me ronger, à chaque seconde passée si près de lui. Dans le fond, je n’ai rien fait de mal, du moins consciemment et probablement cela devrait il me faire me sentir un peu moins mal à l’aise, mais c’est tout le contraire. J’aurais du le savoir. C’est cette pensée qui ne cesse de me bouleverser et me rendre malade. J’aurais du, mais j’ai été incapable de m’en rendre compte, trop obnubilée par mon plaisir personnel pour réellement me soucier de mon vis-à-vis. Son rire fini par vriller mes tympans lorsqu’il les atteint et je laisse échapper un sourire un brin trop triste. Bien sûr, il est toujours mon ami et rit toujours à mes stupidités technologiques. Je suis idiote de croire que quelque chose à changer. Ce n’est qu’en mon moi intérieur que les choses sont différentes et Nolan ne doit pas se rendre compte de cela. Tout simplement parce que je ne veux pas le blesser. Je ne veux pas le laisser croire que je préfère son frère. C’est après tout avec lui que je veux être, même si pour l’instant, notre amitié passe avant le reste… Je frissonne une seconde, à l’idée de ce reste qui ne viendra probablement plus jamais. D’un coup de tête, je refuse d’y penser et préfère me concentrer sur un trait d’humour apparemment perceptible dans la culture Nolanesque. Il s’éclaire à ma réponse et je ne peux que me demander ce que j’ai pu dire pour réveiller ainsi son intérêt. Ses propos deviennent incompréhensibles à mon encontre et je hausse les épaules, visiblement perdue. « Star-quoi ? Nolan je n’ai absolument aucune idée de ce dont tu parles. » Je soupire, balaye l’espace entre nous d’un geste de la main et me concentre sur la suite. Son hésitation, je l’ai senti, mais ne sait pas réellement à quoi l’attribuer alors je préfère l’ignorer, pour continuer doucement, le rouge au joue soudain.

Il est trop près de moi. Je peux sentir son odeur, celle que j’aime tant, mélange de café et autres choses un peu trop indéfinissables. Sa chaleur aussi, est si intense qu’elle irradie et me plonge dans un désarroi un peu trop tendu. Je préfère me concentrer sur sa question, pour y répondre au plus simple. « Je sais pas ! Enfin… Ceux de d’habitude quoi. Ceux que tu m’as montré ! Celui là. Peut être celui là aussi… Pis je crois que j’ai appuyé là quand j’ai vu que ça marchait pas. » Au fur et à mesure de mon discours, je pointe des boutons qui ne veulent absolument rien dire pour moi. Probablement n’est ce même pas ceux que j’ai actionné, mais je suis bien incapable de les différencier et donc d’aider Nolan. Je préfère me concentrer sur ses traits, pour ne plus penser à rien. Ni son frère, ni cet ordinateur récalcitrant, ni cette gêne palpable et encore moins cette nausée qui menace de déborder à chaque instant. Curieusement, cette observation m’apaise une seconde, juste assez pour que dans une espiègle envie de détendre l’atmosphère, je vienne déposer mon menton sur le haut de l’écran et l’œil malicieux, je viens le déconcentrer, en tirant la langue, puis tirant ses oreilles. Cela fonctionne plutôt pas mal, de mon côté et je viens finalement soupirer une fois encore, un brin décontenancée. « Je dois écrire un truc pour aller avec mon dessin. Et du coup j’ai besoin de ce machin ! C’est nul ! » Cette fois, je me laisse devenir boudeuse, juste assez pour le dérider encore un peu plus.

Je finis par quitter ma position et pose mon coude sur le bureau, mon menton dans ma main et soupire une fois encore. « Je comprends pas comment tu peux aimer ces bestioles. C’est vraiment pas pratique du tout ! En plus, ça tombe toujours en panne. Mais bon, ça me permet de te voir plus souvent comme ça. » Je pouffe légèrement, avant de me rendre compte de ce que j’ai dis. Violemment, je rougis, je sens une bouffée de chaleur me chauffer les joues et de nouveau la nausée revient, encore plus virulente. Cette culpabilité ne veut pas me quitter et à chaque fois que je me reprends à penser à lui, d’une façon plus personnelle, elle s’intensifie et je voudrais hurler pour me débarrasser de cette gêne incessante. Je veux le lui dire, tout lui avouer et ne plus mesurer mes propos. Comme je le lui ais déjà dit, je ne veux pas me sentir obligée de quoi que ce soit et en gardant ce secret, je m’oblige à lui mentir, à prétendre ne rien ressentir pour lui, à ne pas lui dire que je veux devenir plus qu’une amie pour lui. Et chaque fois que j’y pense, c’est un trou de plus que je fais dans mon cœur trop fragile.

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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Ven 1 Avr - 17:22

I'm nowhere if I'm here without you
Giulietta & Nolan



Odziofeokn zojknfozen jzdnzjin  zdnd ozroezn. Inspire, Nolan. Expire, Nolan. Cette fois, ce ne sont plus mes doigts qui tapent sur mon clavier sans raison, ce sont juste mes pensées chaotiques qui s’entrechoquent, explosent, se cherchent et se perdent sans trouver leur chemin. La voix de Giulietta a cette merveilleuse propriété d’arrêter mon cœur et de le faire repartir à un rythme effréné. J’ai sursauté. Oui, je l’avoue, j’ai sursauté et lorsque je me retrouve debout en un rien de temps, je me rends compte que je n’attendais que ça. Qu’elle m’appelle. Que nos yeux se croisent. Que nos respirations s’entremêlent, que nos lèvres se… Je me compose une nonchalance, un petit sourire détendu, une question, deux questions, des bêtises professionnelles qui me permettent de ne pas laisser trop longtemps dériver mon regard au niveau de sa poitrine mise en avant par son agitation. Mais ne fais rien, Giu’, tu es déjà belle comme ça et… là n’est pas le sujet. Son ordinateur. Focus, Nolan, focus. Respire, Nolan, respire. Son éclat de rire, mon éclat de rire, il y en a un des deux qui sonnent faux et je vous mets au défi de me dire lequel. Attention, il y a un piège. J’essaye de me raccrocher à ce que je peux, je saisis au vol la citation qu’elle m’offre, comme – et je me fais un film, une montagne d’hypothèse, un château de carte – en signe de paix. La princesse Leia se transforme en calumet de la paix, je m’imagine déjà Giulietta me concéder qu’elle a effectivement vu Star Wars parce que c’est ce que font les amis et… Redescend sur Terre, Nolan, redescend sur Terre. J’injecte de l’enthousiasme dans mes mots, pour rebondir, pour ne pas rester silencieux, pour garder mes yeux pétillants. Elle hausse les épaules, je termine ma phase si mal commencée dans une pirouette digne des plus grands cirques et un sérieux abrutissant. « Star-quoi ? Nolan je n’ai absolument aucune idée de ce dont tu parles. » Sur quels boutons a-t-elle appuyés, ce qu’elle a fait, la routine des questions me permet de reprendre de pied et de réussir à respirer sans assistance. Parce qu’il faut bien que j’agisse, parce qu’il faut bien que je bouge, j’attrape son écran pour plonger mon regard sur autre chose que ma collègue et sa présence un peu trop insistante. Son geste de la main, sa concentration, elle me rappelle à chaque seconde que nous sommes là pour travailler, par pour jouer ; que nous sommes des collègues, pas des amants, que nous sommes des amis, pas autre chose. « Je sais pas ! Enfin… Ceux de d’habitude quoi. Ceux que tu m’as montrés ! Celui là. Peut être celui là aussi… Pis je crois que j’ai appuyé là quand j’ai vu que ça marchait pas. » Elle me montre chacun à leur tour tous les boutons de l’ordinateur, un sourire amusé s’impose à mes lèvres. Quelque part, j’ai envie, vraiment envie, de me relever, de l’embrasser, juste comme ça, juste pour la faire taire mais… mais si je m’écoutais, je serais plutôt en train de frapper le mur pour me détendre et évacuer un peu de cette tension qui me noie, qui m’étrangle, qui me déstabilise et me déconcentre.

Ne plus penser à elle. Penser à l’ordinateur, penser aux causes possibles de ce qui me semble bel et bien être une panne, au final. « Tu sais, à l’avenir, contente toi d’appuyer juste sur le bouton que je t’ai indiqué et si ça ne marche pas, n’essaye pas d’appuyer sur les autres » Ma voix est un peu sèche, je me concentre sur le clavier que j’ai ramené devant moi pour engager la conversation avec la bécane, l’un de mes petits bébés. Du coin de l’œil, je la vois bouger, poser son menton sur l’écran, me tirer la langue, les oreilles. Je suis chatouilleux. Est-ce qu’elle s’en souvient, ou est-ce que ça aussi, elle l’a rangé avec tout le reste juste pour… Je suis injuste avec elle et je commence à m’énerver sur le clavier et sur les câbles. Focus, Nolan, focus. « Je dois écrire un truc pour aller avec mon dessin. Et du coup j’ai besoin de ce machin ! C’est nul ! » Elle devient boudeuse. Vu que je suis déjà sur les nerfs, ce n’est pas nécessairement une bonne chose. Je pince les lèvres. Ma nervosité, ma frustration, cette main qui me pousse vers elle, cette colère contre moi-même à l’idée d’être con, mes insomnies, ma maladie : c’est un cocktail explosif qui bouillonne dans mes veines et de la voir aussi légère, aussi proche, aussi désirable… je ne peux pas gérer. Je me demande d’ailleurs comment j’ai fait pour gérer aussi longtemps, pour gérer jusque-là, pour… Elle se déplace, trouble ma concentration et mon silence complètement forcé. « Je comprends pas comment tu peux aimer ces bestioles. C’est vraiment pas pratique du tout ! En plus, ça tombe toujours en panne. Mais bon, ça me permet de te voir plus souvent comme ça. » Elle pouffe. Elle rit. Elle rougit. Et moi, je relève la tête. Qu’est-ce qu’elle vient de dire, là ? « T’as dit quoi ? » Ça me permet de te voir plus souvent. Ça l’amuse, peut-être ? Ca l’amuse de… « Ces bestioles, ce machin, tu peux pas être un peu plus respectueuse, Monicelli ? » Nolan, tu aurais mieux fait de rester silencieux. Je sais. Mais je craque. Oui mais dans ce genre de situation, il vaut mieux être un boudeur taciturne et de mauvaise humeur qu’un con en colère. Je serre le poing. « Non mais qu’est-ce que tu crois, hein, qu’il y a un esprit dans la machine qui veut ton mal ? Qu’en appuyant sur tous les boutons ça va marcher par miracle ? Que tu peux te permettre de foutre en l’air une bécane que je répare juste pour me voir alors que je suis juste en face ? » Le ton monte, inexorablement. Elle ne m’a rien fait, je sais, mais il faut bien que j’évacue ma tension. Je vais m’en vouloir, je vais culpabiliser, je sais, mais… mais pour le moment, j’ai une bonne raison pour la regarder dans les yeux et une excellente motivation pour mettre de côté le fait qu’elle me plaît, beaucoup trop, que je ne sais pas quoi faire, quoi penser, que ça fait plus d’un an maintenant que je ne peux pas m’empêcher de l’asticoter moi aussi, juste pour avoir une bonne raison de lui parler. Sauf qu’on est allé trop loin, maintenant, ou pas assez. Sauf que…

« Tu ne sais pas comment je peux aimer ces bestioles ? Et bien au moins, les machines, les ordis, je sais comment les réparer, bordel ! Elles, je les comprends, je sais les gérer, je sais comment faire en sorte qu’elles fonctionnent et qu’elles ronronnent ! » C’est un prétexte, bien sûr. L’ordinateur, c’est un cercueil ambulant, une carcasse, un monstre de Frankenstein et puisque c’est moi qui l’ai remonté, soudé, formaté, construit, je suis le plus à même de savoir à quel point ils sont capricieux, susceptibles et absolument pas fiable. Mais ce n’est qu’un prétexte. Parce que autant son ordinateur, d’ici vingt-quatre heures il sera opérationnel, autant elle… elle je ne sais pas comme l’aider, je ne sais pas comment la réparer, je ne sais pas quoi faire avec elle.


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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Mer 6 Avr - 18:32


Je feins un amusement que je ne ressens pas une seule seconde. Je prétends une sérénité qui n’est qu’illusion dans le tourment interne de mes émotions qui se battent la première place pour s’exprimer. Mon cœur s’est emballé dans une course effrénée que je suis incapable d’empêcher, mon esprit gamberge et s’enfuit vers des discussions que je ne veux même pas envisager. Et mon pauvre estomac dans l’histoire, se tord et s’empli d’une bile que je voudrais déverser dans une nausée qui se fait de plus en plus intrusive et désagréable. Acide, elle vient brûler les parois de ma trachée tandis que je déglutis avec difficultés. Ce sont des sensations que je ne souhaite à personne, pas même leur responsable, tant elles sont désagréables. Lentement, elles mangent ma lucidité pour me plonger dans une géhenne et un malaise qui se veulent intrusifs dans notre discussion. Ce n’est pourtant qu’un visage serein et amusé qui se dessine et trompe le monde qui m’entoure dans un sourire presque crédible. Son ton, trop sec pour être réellement celui de Nolan, me fait sursauter soudain, mais je fais comme si de rien n’était. Je préfère prétendre que je n’ai pas entendu cette amertume dans sa voix et fini par hausser les épaules avant de m’aventurer dans un petit jeu qui ne m’amuse qu’en surface. Bien sûr, je me souviens de sa sensibilité autour des oreilles, mais si je viens le toucher, de cette façon, c’est plus pour m’empêcher de m’enfuir en courant face à cette situation qui devient de plus en plus irrespirable. Je parle, j’explique et sans crier gare, il s’énerve et s’évertue à défendre ses bécanes, lorsque mon visage perd soudain ses couleurs. Blanche comme neige, c’est un contraste flagrant avec ma rougeur précédente.

Dans ma confession, je me suis sentie gênée, mais dans son emportement, il me blesse et me renvoi sans le savoir à ma confrontation avec son frère. Plus le ton monte, plus il s’agace, plus mon corps se raidit et se bloque, dans une réminiscence cruelle. Sans crier gare, je me lève et quitte ma chaise, qui roule sur plusieurs centimètres vers l’arrière, dans un boucan qui amène quelques regards sur nous. Je ne m’en préoccupe pas et préfère tourner mon regard vers sa main, qui n’a heureusement rien d’intact. Le voir s’énerver ainsi m’a tellement rappelé son horrible frère que je me suis sentie obligée de vérifier. Plus pour m’empêcher de réfléchir aux sentiments que sa colère a réveillé que par réel doute, mais mon regard est pourtant très visible. Fixé quelques secondes sur la paume abimée, je sens de fourbes gouttes salées poindre à mes yeux. Dans un clignement d’œil je les chasse et fini par me détourner complètement de lui, les bras croisés. Je suis prête à partir, à clamer qu’il peut tout réparer sans moi et que je préfère aller ailleurs en attendant, pourtant mes pieds restent ancrés dans le sol et je me retrouve incapable de bouger un muscle. Je croyais qu’il avait fini son discours mais sa voix s’élève de nouveau derrière moi, dans une cruauté que je suis la seule à voir. Incapable de ne pas me vexer face à ces quelques mots, je me retourne dans un geste sec et laisse ma main rencontrer sa joue, dans un claquement sonore, qui attire de nouveau l’attention de nos collègues. Je ne m’en préoccupe pas, trop concentrée sur chacun des traits de mon vis-à-vis pour entendre ce chuchotement qui grossit. « Tu n’as qu’à coucher avec tes machines puisqu’elles ronronnent aussi bien ! » Ma mâchoire se resserre soudain et dans un soupir, je préfère reculer d’un pas, plutôt que continuer sur ma lancée.

La présence dans ma tête, bien sûr, se délecte du drame à venir, mais je m’efforce de la cacher, de la restreindre, pour me calmer. La colère que je ressens actuellement, je n’ai absolument pas le droit de l’éprouver et encore moins de l’exprimer, à ce pauvre Nolan qui sans le savoir, a bien des raisons de m’en vouloir. Je me suis vexée, de sa remarque, plutôt parce qu’il utilise ma faiblesse comme une arme, lorsque je voudrais l’oublier et l’enterrer loin de moi. Je suis vexée parce qu’il s’est révélé incapable de la contrer, lorsque son frère a été si parfait dans un ébat que nous n’aurions jamais du avoir. De nouveau, les larmes pointent le bout de leur nez et désormais face à lui, les yeux dans les siens, je suis incapable de dissimuler aussi bien cet excès de tristesse, que je m’empresse de faire disparaître de nouveau. Non, je ne peux pas me montrer triste, mieux vaut continuer sur la lancée que je me suis tracée. « Désolée de pas partager ton amour pour ces trucs là. Non je ne peux pas être respectueuse, parce que ce ne sont que des machines ! Et non, je ne fais pas exprès de casser les amours de ta vie pour te voir. C’était juste une blague ! C’est tout ! Alors tu sais quoi, j’vais aller boire un café et te laisser tranquille avec ton amour d’ordinateur et tant pis ! » Tant pis… Je ne saurais pas dire pourquoi ces deux mots m’ont échappé, mais je finis par détourner les talons et m’avance d’un pas qui se veut décidé, loin de lui, loin de cette situation qui m’empêche de réfléchir normalement. Trop perturbée par ce qu’il s’est passé avec Liam, j’oublie mon rôle d’amie parfaite, pour avancer vers la noirceur d’un futur qui m’attriste déjà. Un futur sans Nolan !

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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Mer 13 Avr - 23:39

I'm nowhere if I'm here without you
Giulietta & Nolan



J’ai l’impression que d’une minute à l’autre, soit Elias, soit Liam va se pointer derrière moi pour me demander ce qui tourne pas rond dans mon crâne. Aux tentatives d’humour de Giulietta, je réponds d’une voix sèche, à sa présence, par une hostilité latente ou quelques choses dans le genre. En somme, mon comportement actuel est à des années lumière de mon habituelle hyperactivité d’optimiste. Ce qui tourne pas rond ? Mais rien, rien ne tourne rond. Tout n’est qu’un bordel sans nom dans mes pensées, tout n’est qu’un ouragan qui détruit le peu de raisonnement que j’arrive à construit. La voir, c’est m’étrangler. Aligner une phrase, c’est faire une syncope. Est-ce qu’elle a conscience qu’avant notre entrevue dans l’ascenseur, ça faisait plus de dix mois que je l’avais remarquée, hein ? Est-ce qu’elle a conscience qu’elle est complètement unique et que l’amitié, c’est pas ce que je veux ? Sauf que… je perds le contrôle et mon ouragan intérieur se transforme en tempête, mon ton sec s’acidifie. Je suis à bout de nerfs, je cède, complètement. Si je massacrais son clavier pour canaliser ma tension, je finir par craquer. Elle devient boudeuse, sa petite moue me donne envie de capturer ses lèvres, son regard me fait exploser. Elle pouffe, elle rit : j’explose. Complètement. Je commence soft, je la fais répéter. Mes machines, j’en ai rein à faire, c’est elle que je veux. Sauf que… sauf que c’est mort, je ne peux plus l’avoir. Sans savoir comment, j’ai tout gâché entre nous deux, elle a tout gâché entre nous deux. Et c’est ni de sa faute, ni de la mienne, c’est… c’est quoi ? C’est un bordel sans nom, voilà ce que c’est. Je m’emporte, je saccage tout : mon calme, ma crédibilité, notre amitié aussi artificielle qu’insuffisante. Mes machines, au final, c’est un prétexte. Peut être pour me voir, peut être pour la voir. Mais une chose est sûre : là, elles sont un prétexte pour me mettre en colère, pour avoir quelque chose à défendre histoire de ne pas juste être en train de tout perdre et de tout détruire. Je vais trop loin, mais après tout, on et déjà allé trop loin avant.

Les muscles crispés, je me redresse, je lui fais face. Boule de nerfs, je n’ose pas imaginer à quel point je dois être identique à mon frère à cet instant, ainsi que diamétralement opposé. La colère de Liam est brutale, violente, culpabilisante. La mien est destructrice, incontrôlée. La colère de mon frère, c’est de la lave qui dégringole d’une montagne sans qu’on puisse l’arrêter, la ralentir. C’est un colère qu’il oriente comme il veut, qu’il transforme en arme, en bombe nucléaire pour mieux s’en servir. Ma colère, c’est un feu follet, c’est un feu de forêt qui échappe à son créateur pour ne laisser que des cendres. Double langage, double discours : ces machines, elle les critique mais elles, je peux les réparer. Les hommes, en revanche, et encore plus les femmes, je ne peux rien y faire. Mon rein va me lâcher, elle, elle ne ressent rien sous mes caresses, elle ne ressent rien lorsque je l’aime à me perdre, lorsque je l’aime à en crever. Elle simule. Et moi, je cache mon sang qui se vicie chaque jour un peu plus. Et je ne peux rien y faire. Plus le ton monte, plus je la vois se raidir et pourtant je ne m’arrête pas. Parce que je suis commence ça, et que je ne sais pas où m’arrêter ni quand. Elle finit par se détourner, et moi je finis tout de même par me taire, hors d’haleine. Dis quelques chose, merde, réponds moi quelque chose, fais moi un signe, bordel ! Fais… sa claque résonne dans l’open space, attirant sur nous tous les regards. Et sa voix fait pire encore. « Tu n’as qu’à coucher avec tes machines puisqu’elles ronronnent aussi bien ! » Elle recule, j’imagine qu’elle se retient de rajouter quelque chose, d’envenimer la situation. Moi, moi je n’essaye même pas. « Au moins, elles, j’arrive à les faire ronronner, elles ne font pas uniquement genre ! » Mon poing se serre, je fais à mon tour un pas en arrière avant de me passer une main dans les cheveux pour mieux les décoiffer – ou du moins de tenter de le faire. Ses larmes, je les vois. Et il faut pas croire : elles me mortifient. Chacune d’elles est un kilo de plus de culpabilité sur mes épaules. Je crève d’envie de m’excuser, de la supplier qu’on retente une fois, rien qu’une. J’ai envie de l’embrasser, de me faire pardonner. Sauf que je ne pourrai pas me faire pardonner et je sais que je ne supporterai pas un nouvel échec, je ne supporterai pas de la décevoir, pas à nouveau. Je ne supporterai pas de ne pas être à la hauteur, pas encore. Face à Liam, je ne suis pas à la hauteur. Face à Elias, je me sens si misérable avec les problèmes que je lui rajoute sur le dos que ce n’est même pas la peine d’en parler. Et avec Giu’… avec Giu’, c’est pire encore.

« Désolée de pas partager ton amour pour ces trucs là. Non je ne peux pas être respectueuse, parce que ce ne sont que des machines ! Et non, je ne fais pas exprès de casser les amours de ta vie pour te voir. C’était juste une blague ! C’est tout ! Alors tu sais quoi, j’vais aller boire un café et te laisser tranquille avec ton amour d’ordinateur et tant pis ! » Mon sang ne fait qu’un tour, ma main s’abat sur son épaule pour la retenir. Un jour, promis, un jour j’apprendrai à réfléchir avant d’agir, j’apprendrai à penser mes actes avant que ce ne soit trop tard. Mais aujourd’hui : « Pardon ? Non mais hors de question que tu te casses comme ça ! » En réalité, la logique voudrait que je la laisse partir, que je souffle loin d’elle, que j’en profite pour la repousser. Mais je suis tout sauf logique. « Je suis désolé, Giu’, de pas être… je… qu’est-ce que… Je veux pas être ton ami. Je veux même pas essayer de l’être, Giu’, je veux être plus que ça, merde ! Mais… mais comment veux-tu que je sois plus que ça si je suis incapable d’être celui qu’il te faut, hein ? » Quelque part, une petite voix me chuchote que l’openspace du Blackbird n’est pas nécessairement le meilleur endroit pour gueuler ça. Mais étrangement, je n’en ai rien à faire. Parce que je la fixe, et qu’il n’y a qu’elle qui existe, là, maintenant, tout de suite. « Je veux pas te décevoir, bordel, ça va faire un an que je te bave dessus et dès la première nuit, il s’avère que je suis pas celui que tu mérites, que… » Ta gueule, Nolan. Vraiment. Je me calme brutalement en prenant conscience des regard. J’ai honte. Et elle doit me détester, maintenant, assez violemment même. « Je me tire, j’en ai marre. »


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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Mar 26 Avr - 17:30


Je n’aurais pas du l’appeler. C’est la pensée qui tourne en boucle dans mon esprit depuis qu’il s’est rapproché. Les minutes passent, s’écoulent et chacune ajoute une couche sur ma culpabilité, mais plus encore sur ma peine. Lors de ma rencontre avec son jumeau, j’avais tort. Tout simplement parce que Nolan lui est bien plus semblable qu’il ne le croit réellement. Il est aussi cruel, aussi méchant que lui, frappant systématiquement là où ça me blesse le plus. Le problème avec ce Wiggins là, étant qu’à chaque fois qu’il plante une lame, la blessure se met à saigner sans discontinuer. Là où Liam n’a fait qu’écorcher une peau solide, Nolan perce la carapace de milles aiguilles et c’est ce qui m’amène finalement aux larmes. Là se montre l’unique raison qui voudrait me faire partir loin de lui, dans une sécurité relative. Pourtant il m’en empêche, appose sa main sur mon épaule en un geste si brusque, si agressif, que je sursaute et me retourne, la main de nouveau en l’air, prête à lui asséner une seconde claque. Je n’en fais pourtant rien et ma main retombe mollement le long de mon flanc, presque sans force. Tout mon corps pourrait se recroqueviller ainsi, mais une volonté extérieure me permet de rester en place, sur mes appuis, face à ses attaques et à son désarroi. Je secoue la tête, tristement, incapable de réagir sur le moment. Alors je le laisse parler, s’enfoncer dans son erreur et ne réponds rien. Tout simplement parce qu’il est trop tard maintenant. J’ai tout gâché lorsque dans ma faiblesse, je lui ai avoué ma frigidité. La nuit avec son frère n’est que la cerise sur ce gâteau maudit…

Je voudrais le laisser partir, ne plus réagir à son être, à ses mots, pourtant quand à son tour il tente de s’esquiver, c’est ma main qui s’abat sur son épaule. Mon regard se fait noir, mes lèvres s’affinent et la colère, qui s’était jusque là absentée, fini par revenir, en force. « Pathétique imbécile ! Continue à te plaindre que tu n’es pas le mec qu’il me faut. J’en ai rien à faire de tes états d’âme ! » Je le lâche, fini par le pointer d’un doigt accusateur. « Le sexe n’est pas, ne sera jamais, le moteur de mes relations. T’es pas capable de me réparer ? Je suis pas cassée bordel ! Je suis pas une de tes foutues machines que tu peux réparer et tu sais quoi ? C’est pas un problème ! C’est pas ton problème ! » Je grimace, tente de retenir le flot de paroles qui menace de s’évader depuis plusieurs secondes. La vérité veut se faire entendre et difficilement, je parviens à l’empêcher de sortir et conserve les mots en mordant violemment ma langue. Cela serait bien trop cruel de lui annoncer mon erreur. Et s’il se montre lui, capable du pire, je ne peux lui faire autant de mal qu’il m’en fait. « Je te rappelle, Nolan, que c’est ton non-dit qui a suggéré une amitié entre nous. C’est toi qui a laissé entendre que tu ne voulais rien avoir à faire avec moi. C’est toi encore, qui me pense pestiféré sous prétexte que je ne suis pas capable de jouir sous tes doigts ! Tu sais t’es pas le seul. Personne n’a jamais réussi ! » Menteuse… Le mot résonne dans les limbes de mon esprit et finalement, c’est d’une petite voix que je reprends finalement, inconsciente des regards et chuchotements qui nous entoure désormais.

« En fait c’est pas vrai. Y’a une personne qui a réussi… Et c’est là tout le problème… Parce que je croyais que c’était toi. » Je ne continue pas. Je n’en ai pas la force. Tout comme je n’ai pas le courage de le dire plus fort, plus en détails. Je ne peux pas dire à haute voix que je l’ai confondu avec Liam. Je ne peux pas lui dire que j’ai aimé coucher avec Liam, parce qu’il est le seul à m‘avoir fait vibrer. Je ne peux que baisser les yeux, un air coupable trônant fièrement sur mon visage. Mes traits se serrent, mes yeux se baissent, mes joues se teintent de rouge lorsque finalement, je finis par reprendre, la voix cassée par les sanglots qui se cachent entre mes cordes vocales. « Ca fait vraiment un an que tu m’as remarqué ? Je suis désolée de n’avoir rien vu… J’aurais su te reconnaître si… je te connaissais mieux. Je… m’excuse profondément d’avoir couché avec ton frère… J’avais désespérément besoin de croire que c’était toi mais… » je pousse un long soupir, je me perds dans ce que je lui dis et ce que je pense et ne parviens pas réellement à différencier ce que j’énonce à voix haute ou pas. « C’était pas toi… » Les yeux toujours baissés, je finis par attraper ses doigts entre les miens et serre doucement, lentement, je remonte mon regard jusqu’au sien et l’abreuve de mes regrets, tous plus intenses les uns que les autres. « Nolan… Ce n’est pas toi qui n’est pas assez bien pour moi. C’est moi qui ne mérite aucunement ta personne. C’est… Tout est ma faute en vérité. J’aurais du savoir que c’était pas toi, parce qu’il ne sera jamais capable de prétendre ressentir quelque chose. » Je serre les mâchoires pour m’empêcher de continuer mais fini par me hisser sur la pointe des pieds et déposer un baiser sur sa joue. « Tu… mérites quelqu’un capable de vous différencier ! » Je voudrais lui dire que je ferais tout pour me faire pardonner. Je voudrais lui demander une chance, pour ne plus sentir ce trou béant s’agrandir, mais je me trouve incapable de supplier son pardon… Tout simplement parce que je suis impardonnable.

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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Sam 30 Avr - 14:53

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Des accusations. Des banalités. Des déceptions. Je crois que les mots qui s’entrechoquent entre mes deux et crissent à mes oreilles sont un peu tout cela. Mais je crois aussi que… la colère gronde. La frustration enfle. La fureur, elle, s’immisce dans mes veines avec une chaleur brûlante, violente, avec une douceur acide qui ronge ma concentration. Je suis une bonne pâte, d’ordinaire. Ce qui rend mes colères encore plus destructrices puisqu’elles débarquent à toute vitesse, écrasent, piétinent, tonnent et repartent aussi sec sans laisser le temps de respirer ou réfléchir. Je ne réfléchis pas, tout m’échappe. Je perds le contrôle, le ton monte, et je finis par me taire en me rendant compte que j’aurais mieux faire de fermer ma gueule plus tôt. Double langue, double discours, les machines deviennent mes amantes et si je n’étais pas aussi certain de ne rien vouloir voir, je parierais même que Giu en est jalouse. Sauf que… je fais un pas en arrière dans une réplique acide. Mes ordinateurs, au moins, ronronnent entre mes mains. Sa claque me brûle la joue, je fais un pas en arrière en attendant la deuxième. Et lorsque je vois ses larmes…

Ma colère est douchée, une culpabilité de plomb pèse sur mes épaules et sur ma poitrine, comprime ma cage thoracique comme pour me faire regretter davantage tout ce que j’ai pu dire. Je crève d’envie de m’excuser, de l’embrasser, d’effacer mes mots, ces jours, ces heures qui nous séparent depuis notre étreinte pour m’y perdre à nouveau et éviter tout ce qui a suivi. Pour avoir une chance d’être différent des autres, pour tenter ma chance, tout simplement, pour cesser de fuir les échecs et les déceptions. Sauf que cette chance, je l’ai foutue par terre. Et que je viens de la tuer une deuxième fois parce que… parce que je ne sais pas ce que je veux, tout simplement, et que c’est un problème. Un gros problème. Que je n’arrive pas à régler. Et elle s’en va. Menace de s’en aller. Ma main s’abat sur son épaule, dans une rudesse que je n’ai pas tenté de contrôler. Non, hors de question qu’elle s’en aille. La colère revient, attisée par la culpabilité. Et lorsque je recommence à parler, alors qu’encore une fois il faudrait mieux que je me la ferme définitivement, c’est pour m’excuser. Vraiment.

Des aveux. Des excuses. Des déceptions. Mes mots ont beau avoir changé de registre, ma voix reste emportée, à la limite des cris de colère que j’aimerais lui enfoncer dans le crâne pour qu’elle comprenne. Tout m’échappe, tout se faufile entre mes doigts. Elle m’échappe, surtout. Un an, une putain d’année que j’ai foutue en l’air en une nuit, en une matinée, en un mois. Tout ça pour quoi ? Pour rien. Pour tout. Je m’excuse d’être celui que je suis, je m’excuse de ne pas être comme mon frère, de ne pas être comme Elias, de ne pas être un homme de décision et de détermination. Moi, c’est dans les autres que je trouve ma volonté et mon dynamisme. J’embrasse les causes des autres pour les faire miennes, j’embrasse leur foi, l’enlace leurs objectifs pour les faire mien et là, seulement là, je trouve un but et un moteur et là, seulement là, je commence à avancer. Sans ça… sans ça, je suis un indécis, qui ne sait pas quoi faire de sa vie tant qu’on ne lui fout pas une carte entre les mains. Un an, un an d’œillades, de petits coups d’œil, un an à venir l’emmerder, à noter ses tics lorsqu’elle ne me regardait pas, un an à sourire de ses sourires, à rire de ses rires, à m’amuser de ses fossettes plissées et de ses mèches de cheveux qui glissent sur son visage lorsqu’elle est trop concentrée sur son dessin pour les remettre à leur place, un an à me retenir de me lever pour le faire à sa place et l’embrasser dans le cou. Et bam, une nuit a suffi pour balayer tout ça, ruiner mes fantasmes, détruire mon enthousiasme, pour me reléguer au rang des pas-doués et des grands imbéciles, pour me propulsr, avec mon aide, dans une friendzone létale.

J’en ai marre, je me tire. Vraiment. J’en ai marre d’être un con, j’en ai marre de cette colère qui est la seule chose que j’arrive à exprimer à défaut de pouvoir hurler ma frustration d’être incapable de maintenir un cap, d’être incapable de faire les bons choix, de prendre les bonnes décisions lorsqu’il le faut. Et lorsqu’elle me retient, à son tour, je manque de céder à la facilité en envoyant balader sa main posée sur mon épaule. J’inspire à fond, déglutissant avec peine lorsque je croise son regard. Noir. A cet instant, je n’ai qu’une envie. L’embrasser. Comme toujours lorsque je suis aussi proche d’elle. « Pathétique imbécile ! Continue à te plaindre que tu n’es pas le mec qu’il me faut. J’en ai rien à faire de tes états d’âme ! » Elle me lâche, je ne baisse pas le regard, le maintenant bien au contraire pour le consolider dans ses pupilles sans lui concéder le moindre cillement. Je me mords la lèvre pour ne pas répondre. « Le sexe n’est pas, ne sera jamais, le moteur de mes relations. T’es pas capable de me réparer ? Je suis pas cassée bordel ! Je suis pas une de tes foutues machines que tu peux réparer et tu sais quoi ? C’est pas un problème ! C’est pas ton problème ! » Je saigne, je me sens. Je fais un pas en arrière, crispant la mâchoire à m’en faire marre. Contractant mes abdos à m’en retourner les tripes. « Je te rappelle, Nolan, que c’est ton non-dit qui a suggéré une amitié entre nous. » « Quoi ?! J’ai » « C’est toi qui a laissé entendre que tu ne voulais rien avoir à faire avec moi. C’est toi encore, qui me penses pestiférée sous prétexte que je ne suis pas capable de jouir sous tes doigts ! Tu sais t’es pas le seul. Personne n’a jamais réussi ! » J’ai beau avoir conscience que l’activité du Blackbird s’est arrêtée, j’ai beau savoir qu’on est au centre des regards, que tout le monde nous observe, chuchote, hésite à aller chercher Elias dans son bureau, je garde les yeux fixés sur la blonde. Ma blonde. Elle est la seule qui existe. La seule qui respire. Elle est la seule avec moi dans un univers qui ne regarde que nous. Pas le seul. Personne. De quoi elle m’accuse, là ? « Je ne te pense pas pes… » Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase. « En fait c’est pas vrai. Y’a une personne qui a réussi… Et c’est là tout le problème… Parce que je croyais que c’était toi. » Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase mais… j’aurais du hurler. J’aurais du couvrir ça, j’aurais du me boucher les oreilles, j’aurais dû l’envoyer balader pour ne pas entendre… ça. Je pâlis. Je blêmis. Brutalement. Hypertension ? Très certainement mais au moins, j’y suis habituée puisqu’elle va de paire avec mon insuffisance reinale. Je titube. Un pas, deux pas en arrière, je dois donner l’impression d’être saoul, complètement saoul. « Comment ça, tu croyais que c’était moi ? » Ma question ne sert à rien parce que j’ai déjà compris. J’ai la gorge sèche, les yeux hagards qui accrochent tous les visages sans approcher la silhouette de Giulietta. Je me rattrape au premier bureau. « Ca fait vraiment un an que tu m’as remarqué ? Je suis désolée de n’avoir rien vu… J’aurais su te reconnaître si… je te connaissais mieux. Je… m’excuse profondément d’avoir couché avec ton frère… J’avais désespérément besoin de croire que c’était toi mais… » Son soupir me fait mal à la poitrine. Elle est désolée de n’avoir rien vu ? Je regarde le sol, alors que ma respiration commence à s’accélérer. Lentement. Mais sûrement. De bloquée, elle passe à la vitesse grand V. Et ma colère, douchée, sonnée, revient. Elle avait besoin de croire que c’était moi mais… Mais quoi ? « Mais c’était pas moi. » j’articule, mâchoire crispée, en même temps qu’elle. « C’était pas toi… » Je frisonne lorsqu’elle attrape mes doigts. Incapable de faire un geste qui ne soit pas violent, je reste tétanisé. Maintenant que mes yeux ont à nouveau happé les siens, je suis incapable de les quitter. Bien au contraire. J’attends qu’elle dise quelque chose. Qu’elle m’explique. Qu’elle m’en dise plus. Battu par mon frère, même au lit. Battu par mon frère, même dans ma vie amoureuse. Identique en tout point, sauf pour ça, forcément. Je ne suis qu’une copie, qu’une pâle copie, qu’une copie défaillante. Qu’est ce que je lui ai dit déjà, la dernière fois ? Que ma vie, c’était de la merde ? Et bien je mentais parce qu’à l’époque, il y avait Giu. Maintenant… Les regrets, je n’en ai rien à faire. Parce qu’actuellement, il n’y a pas que mon rein qui empoisonne mon sang, il y a aussi ma respiration. Et son regard. Que je connais par cœur. « Nolan… Ce n’est pas toi qui n’es pas assez bien pour moi. C’est moi qui ne mérite aucunement ta personne. C’est… Tout est ma faute en vérité. J’aurais du savoir que c’était pas toi, parce qu’il ne sera jamais capable de prétendre ressentir quelque chose. » Je suis au bord de l’implosion, je ne fais pas le moindre geste lorsqu’elle monte sur la pointe des pieds, lorsqu’elle pose ses lèvres sur ma joue. Je ferme juste les yeux en inspirant longuement pour calmer mon rythme cardiaque. Incapable de penser. Incapable de réfléchir. Incapable d’agir. Incapable. Tout simplement. Je ne sais même pas ce que je suis supposé faire, je me contente d’osciller, comme toujours sur une corde raide en attendant de tomber d’un côté ou de l’autre sans avoir à choisir de moi-même ma réaction.

Et justement… « Tu… mérites quelqu’un capable de vous différencier ! » Elle me pousse. Giulietta me pousse de la corde raide, avec violence. Quelqu’un capable de me différencier de mon frère ? De mon propre frère ? Alors que mes parents n’ont même pas été capable de savoir que je n’étais pas un meurtrier ? Je secoue la tête, en la repoussant violemment. « C’est pas toi le problème Giu. Et comme tu me l’as dit tout à l’heure… » Je commence à avoir un rire nerveux alors que la machine redémarre, stimulée par le problème qu’elle vient de pointer du doigt. J’avais peut être tort en disant à Liam, à l’époque, que ma vie était pourrie, mais j’avais raison sur un point : lui et moi, on ne peut pas, on ne peut plus cohabiter. « Comme tu l’as dit tout à l’heure, c’est pas ton problème. T’as pas à t’en vouloir. » Je serre les poings. Et brutalement, j’envoie mon coude percuter l’écran d’ordinateur le plus proche, faisant bondir en arrière le pauvre gars qui était en train de rédiger tranquillement son article. Ou qui était supposé le rédiger mais qui s’était arrêté pour observer la rediffusion en live de feux de l’amour. L’écran voltige, dans un bruit sonore. « PUTAIN ! » Mon cri résonne dans la boite alors que je me prends la tête entre les mains une fraction de seconde. Hyperventilation. J’ai du mal à respirer. « Je vais le tuer. » C’est simple, je vais le tuer. Repoussant le premier mec qui s’approche de moi, je donne un coup de pied dans l’ordinateur que j’ai envoyé valdinguer pour me tracer un chemin vers le bureau d’Elias pour fracasser mon poing sur la porte et l’ouvrir d’un nouveau coup de pied. D’ordinaire, je suis plutôt bonne pâte. Mais là, mon hyperactivité s’est canalisée. Brutalement.

D’ordinaire, je me nourris des autres, de leurs vies, de leurs volontés, de leurs objectifs. Je ne vis qu’au travers de mes amis, de ma famille, de mon entourage, pour les rendre heureux et leur permettre d’être heureux. J’embrasse leur cause avec ferveur, je m’imprègne de leurs luttes pour les faire mienne. D’ordinaire. Là… là, je ne suis concentré que sur ma colère, ma déception, ma fureur, ma culpabilité, mon désarroi, mon impuissance. Je trouve rapidement mon meilleur ami. « Elias, file moi un flingue ; Je vais tuer Liam. »


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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Mar 3 Mai - 0:18

Il perdait le fil. Son regard suivait nonchalamment les lignes sur le papier qu'on lui présentait. Il avait même pris soin de rehausser ses traits d'un sérieux tout à fait approprié. Mais la vérité, c'était qu'il prétendait lire, ne parvenait pas à se concentrer suffisamment pour mettre du sens sur les mots qui s'y alignaient. Son esprit s'évadait davantage de seconde en seconde et tous les thèmes possibles semblaient de bons prétextes pour fuir sa réalité. Du plus dérangeant au plus inspirant en passant par le plus loufoque. Actuellement, il s'interrogeait très profondément sur la raison qui pouvait pousser son interlocuteur à porter ces grotesques casquettes jour après jour pour venir travailler. Un logo tout à fait singulier trônait toujours sur des tissus aux couleurs variées. Aujourd'hui, ils avaient droit à un singe particulièrement grossier. Elias se demanda combien il pouvait en posséder. Il arrivait encore à le surprendre régulièrement avec de nouveaux motifs, ce qui était tout de même incroyable. Un sourire amusé troubla un instant son application factice. Doug s'agita un peu plus quand il discerna le rictus de son employeur. « Alors, c'est bon, vous en pensez quoi ? » Le grec releva vaguement les yeux. « Hm ? De quoi ? » Son comparse le dévisagea. « Bah de mon article. » Ah oui, l'article. Le journaliste glissa ses doigts contre sa barbe. Il abusait un peu trop des antidouleurs en ce moment. Sans doute que s'il ne les avait pas mixé avec un calmant ce matin, il serait également d'humeur plus appliquée.

Malheureusement, il avait déniché la boîte dans la table de chevet de Carley la veille et n'avait pas trouvé la moindre raison ou excuse pour ne pas la conserver. Bientôt un an depuis l'accident. La fatigue n'avait pas aidé au réveil, il était lassé de se battre contre ses propres pensées. Son meilleur ennemi, lui-même. Les crises d'angoisse se multipliaient à l'approche de ce macabre anniversaire. 365 jours et aucune amélioration. Il n'avait pris qu'une gélule cependant et croyait les effets dissipés depuis quelques heures. Il fallait croire que le remède ne faisait pas que vendre des promesses. « Elias, je dois prendre ton silence pour un oui ou ? » Le rédacteur-en-chef sursauta à moitié. « Ha ? Pardon, pardon. Mais tu peux retourner bosser, t'en fais pas. J'aimerais juste le relire. » Le lire tout court plutôt.

Mais il n'eut pas l'occasion de mettre en pratique ce qu'il venait promettre. Des cris troublèrent leur silence relatif. Le trentenaire arqua un sourcil, observa son acolyte qui se contenta de hausser les épaules. « Discussion animée, sans doute. » Elles n'étaient pas spécialement rares. La plupart des personnes travaillant pour le journal adorait se lancer dans de grands débats. Les idées fusaient, les avis s'opposaient et de légers conflits pouvaient parfois en découler. Rien de dramatique, le damné trouvait même ça très stimulant. Des hommes et femmes avec des idéaux s'affrontant à coup de longues argumentations. Voilà qui ravivait un peu ses espoirs pour le monde. Un soupir et il réajusta sa position sur son siège pour tenter de réellement reporter son attention sur ce que son rédacteur avait composé. A peine eut-il réussi à comprendre enfin la première ligne du premier paragraphe que la porte s'ouvrit brutalement. Et dans l'encadrement, Nolan. Nolan étrangement tourmenté. Le patron se releva aussi brusquement que son ami était entré. « Qu'est-ce qu'il se passe ? » Doug avait lui aussi déserté sa chaise. Le spectre du gouvernement ne les avait jamais délaissé. La crainte que la milice ne finisse par dénicher l'emplacement de leurs bureaux, ne cherche à leur nuire. Les paroles de l'informaticien chamboulèrent davantage les traits crispés d'Elias. En prenant une profonde inspiration, il s'assura de rester relativement calme face à cette annonce pour le moins peu conventionnelle mais néanmoins, rassurante en comparaison à sa première appréhension. « Tout d'abord, et même si je serais ravi de t'aider dans cette entreprise, je me pense profondément pacifiste, ne soutient pas particulièrement le lobby des armes et n'ait donc pas en ma possession le flingue requis pour mener à bien ce plan d'envergure. Ensuite, si je puis me permettre, je doute que tu puisses atteindre aussi facilement un ministre, bien qu'il soit ton frère. » Pragmatique par défaut et par choix aussi sans doute. « Puis avant toute chose, avant de t'aider à abattre un homme, j'aimerais connaître la raison du meurtre. Histoire de ne pas mourir dans l'ignorance, tu vois.» ajouta-t-il légèrement amusé bien que toujours extrêmement inquiet devant l'état de fureur de son allié. D'un signe de tête, il congédia Doug pour se focaliser sur l'américain. Il ouvrit la bouche, la referma aussitôt tandis qu'on le scandait un peu plus loin.

Omid semblait à bout de nerfs, le grec traversa la distance nécessaire pour atteindre les locaux et analyser les dégâts.  « Il m'a bousillé mon ordi ! Il est malade ! Je lui ai rien fait, moi ! » Il pointa du doigt Nolan. Du beau gâchis de matériel, la lassitude s'empara du fauché autant que la frustration. Il avait vraiment besoin d'une explication complète et censée avant d'accuser qui que ce soit. L'éclopé balaya la pièce du regard avant d'ajouter d'un ton apaisant. «  Tu peux emprunter celui de Bonnie, elle n'est pas là de toute façon. On trouvera une solution plus durable à l'avenir. Mais avant que qui que soit ne reprenne le travail, j'aimerais savoir ce qu'il se passe ici. » Il se tourna vers son meilleur ami mais accrocha tout autant des yeux, la silhouette de Giulietta au passage. Il avait l'habitude de les voir se chamailler. Bien qu'il ne comprenne pas ce qui pouvait relier ces habituelles querelles et Liam. Ni ce qui avait poussé Nolan a saccagé un ordinateur. Confus, il avisa l'assemblée et attendit que quelqu'un enfin, daigne lui expliquer.  
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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Ven 13 Mai - 23:53


La douleur, je la sens, entre nous, sous jacente dans la retenue de Nolan. C’est presque une évidence tant elle crève mes yeux. Je me sens mal encore un peu plus, à la simple idée de lui faire du mal de cette façon. C’est de ma faute, bien sûr que c’est ma faute, je n’ai pas su le reconnaître, en ce moment où ça aurait été tant utile. J’ai cédé à cette stupide pulsion vers l’inconnu, vers cette félicité que je n’avais jamais éprouvé auparavant. Mais le malaise que je ressens maintenant est si intense, si dévastateur que je regrette chaque seconde d’orgasme. Ca aurait du être lui. Sans ça, cela ne vaut pas le coup. Chaque seconde passée dans ce pur sentiment de bonheur n’est qu’une semaine de douleur de plus. Je m’égare dans des excuses qu’il ne veut probablement pas entendre. Cherche son contact lorsqu’il ne veut probablement que me voir loin de lui. Pose mes lèvres sur sa joue, alors qu’il ne veut probablement pas m’avoir si près de lui. J’insiste et reste là, droite comme un i en face de lui à attendre une réaction. Mon souffle reste bloqué dans ma poitrine à m’en faire mal tant je me trouve incapable de respirer normalement. Mon cœur s’agite en un battement tantôt frénétique, tantôt bien trop calme pour la situation. En résulte un vertige qui m’oblige à m’appuyer sur mon bureau, à resserrer mes phalanges autour du bois et à fermer les yeux. Juste une seconde. Avant que ses premiers mots ne m’atteignent et que mes paupières se rouvrent brusquement. Je ne peux que plonger mes iris dans les siennes, pour y chercher la réponse qu’il a laissée en suspens. Tout simplement parce que je sais… Ce qu’il va dire traîne sur mes lèvres au moment où il prononce la suite. Dur retour d’un fouet que je ne me souviens pas d’avoir lancé et de nouveau, je sens une boule monter le long de ma gorge, qui retient maints sanglots. Avec une volonté qui m’est propre, je parviens à ne rien laisser échapper et redresse le menton fièrement vers lui.

Je ne veux pas lui montrer à quel point l’utilisation de mes propres mots me fait mal. Leur utilisation, dans ce contexte là, est bien difficile à avaler. De façon inexplicable, je me sens rejetée et me referme un peu, non sans continuer de lui offrir mes yeux et une douleur qui y est visible malgré tout. Trop concentré sur ses prunelles, je sursaute lorsqu’il fracasse l’ordinateur d’un coup. Une seconde je me sens flattée. C’est une de ses machines chéries qu’il assassine dans ce coup bien placé et c’est pour moi qu’il le fait. Stupide, je m’enorgueillis de le voir tuer cet objet, jusqu’à ce que le véritable sujet de sa colère se révèle. Ce n’est pas moi. Ce n’est pas à cause de moi qu’il est furieux. Ce n’est pas parce que j’ai couché avec Liam qu’il est en colère… C’est parce que Liam a couché avec moi… Cette constatation finie par planter une lame dans mon cœur déjà saignant. Il s’excite, se précipite vers le bureau d’Elias, mais je n’esquisse pas un mouvement. La main toujours serrée sur le bureau, je sens mes genoux trembler sous l’assaut de mes émotions, qui se chevauchent et s’intercalent en un parfait ballet d’une géhenne parfaitement orchestrée. Mes yeux sont toujours posés sur lui et l’observent de loin, s’attaquer à la porte du bureau, avant qu’il n’y entre en un coup de vent. La perte de contact visuel me fait soudainement chuter dans la chaise derrière moi et je ne peux m’empêcher de ramener mes pieds sur l’assise, pour entourer mes genoux de mes bras. C’est une posture de faiblesse évidente. De douleur aussi, que je ne parviens pas à maîtriser, ni à exprimer. C’est un équilibre précaire et pourtant incroyablement solide, lorsque je finis par poser mon menton au sommet.

Telle une enfant, je me réfugie dans mon être, incapable de m’inquiéter de ce qui se passe autour de moi. Ce ne sont pas les regards posés sur ma frêle silhouette qui fini par me sortir de ma léthargie. Ce ne sont pas plus les murmures désobligeants qui se font entendre. C’est plutôt sa silhouette, qui revient dans mon champ de vision, qui me permet de me redresser lentement. La question d’Elias m’assaille, m’attaque presque alors que toutes les paires d’yeux se posent alternativement entre Nolan, le patron et moi-même. Je ne me sens pourtant pas la force de répondre. Pas quand je ne suis visiblement responsable de rien. J’hésite, me sens cruelle à l’idée même de prononcer les mots qui me démangent mais fini par les lâcher, dans une rancœur que je ne comprends pas. « Oh rien ! Nolan a juste trouvé une raison stupide pour s’attaquer à son reflet de miroir. Liam a couché avec moi, il supporte pas je suppose. » Chaque mot, je les regrette dès que je les prononce. Et je finis par baisser les yeux, incapable de supporter ceux de Nolan plus longtemps. Je n’ai pas voulu lui faire plus de mal encore, mais sa réaction, cette indifférence qu’il me réserve, est trop douloureuse pour ne pas lui imposer une petite pique en retour. Trop cruelle pour ne pas faire effet, je me contente de garder les yeux vers le ciel, même si intérieurement, j’attends cette étincelle de colère, qui devrait être dirigée contre moi cette fois… Non ?

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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Ven 20 Mai - 22:48

I'm nowhere if I'm here without you
Giulietta & Nolan



« Qu'est-ce qu'il se passe ? » Je vais tuer Liam. Cette phrase sonne incroyablement faux dans ma bouche. Moi, tuer mon frère ? J’en suis bien incapable. Tuer une araignée, déjà, j’évite parce que je préfère la prendre délicatement et la remettre en liberté en dehors de mon appartement. Alors tuer Liam… tuer mon frère, tuer mon jumeau, tuer la moitié de mon être ? Ca sonne faux. Et pourtant, je suis sérieux, bien trop sérieux. Bien trop en colère, bien trop perdu. Ma raison est un esquif balloté par une tempête sans précédent. Jetée sur les falaises, jetée sur les débris coupants d’un récent effondrement. Ma raison est en sang, ma lucidité est écorchée vive sous la colère  du cyclone qui la jette et la balance encore et encore contre tout ce qui peut la lacérer, que ce soit les fonds marins ou les abords escarpés d’une roche à vif. Je vais tuer Liam. Cette phrase n’a aucun sens et pourtant, mon regard se pose dans celui d’Elias avec la conviction et la détermination d’un fou. Parce que c’est bien ça, le problème. J’avais désespérément besoin de croire que c’était toi. Les mots de Giulietta sifflent à mes oreilles comme des acouphènes auxquels je ne peux pas échapper. Le calme d’Elias n’est qu’un contraste supplémentaire avec cette rage qui tétanise mes muscles, qui exige une arme pour que j’aille abattre celui qui me ressemble bien trop pour que nous puissions coexister dans un même monde. « Tout d'abord, et même si je serais ravi de t'aider dans cette entreprise, je me pense profondément pacifiste, ne soutient pas particulièrement le lobby des armes et n'ait donc pas en ma possession le flingue requis pour mener à bien ce plan d'envergure. Ensuite, si je puis me permettre, je doute que tu puisses atteindre aussi facilement un ministre, bien qu'il soit ton frère. » En temps normal, le bavardage incessant d’Elias a le don soit de m’apaiser, soit de m’exciter comme une puce pour que je me mette à mon tour à babiller sans que l’on puisse par la suite m’arrêter. En temps normal, aussi, je ne détruis pas les ordinateurs que j’ai passés des heures à réparer, je ne hurle pas, en temps normal, mon frère ne détruit pas ma vie et mon avenir avec autant de minutie. Quoique. Mais là… là… Mon « ta gueule, putain » quitte mes lèvres avec violence à défaut d’être fort, à défaut d’arrêter Elias. « Puis avant toute chose, avant de t'aider à abattre un homme, j'aimerais connaître la raison du meurtre. Histoire de ne pas mourir dans l'ignorance, tu vois.» Je serre les poings, je serre les dents. Le ton amusé d’Elias m’irrite presqu’autant que la fuite de Doug, presqu’autant que les bruits et les murmures dans mon dos, presque autant que tout ce qui peut m’entourer et mettre encore plus mes nerfs à vif.

Tétanisé, je laisse Elias passer, me doubler, échouer dans les locaux que j’ai quitté. Tétanisé, incapable de réfléchir. Ma fureur, de toute évidence, est telle qu’elle a cramé tous mes systèmes. Je boue, je bouillonne : tous les services sont HS pour cause de surchauffe et ce qu’il faudra, c’est rebooter le système d’exploitation. Sauf que je ne suis pas un putain d’ordi qu’on peut backuper à loisir. Sauf que ma mémoire, on ne peut pas en supprimer des bouts à loisir pour enlever tous les virus et les parasites qui ont foutu en l’air. Sauf que je ne peux pas revenir des jours en arrière, sauf que je ne peux pas ouvrir une sauvegarde me ramenant à ce dîner avec Giu’, à cette dispute qui a suivi le lendemain, sauf que… « Il m'a bousillé mon ordi ! Il est malade ! Je lui ai rien fait, moi ! » Le doigt pointé sur moi me réveille, me sort de ma torpeur. Me sort, aussi, de mon mutisme. « OH CA VA ! » Je m’énerve, vraiment. « J’ai pas buté ta femme non plus ! Je vais te le réparer, ton PC, c’est juste une putain de machine, c’est pas ta vie non plus ! » De grands gestes, agressifs : je m’énerve, je m’énerve vraiment. Parce que je n’ai aucune patience, parce que ce n’est qu’une machine, contrairement à mon contrairement à Giu. Parce qu’elle, je peux la réparer, je peux la comprendre, je peux… «  Tu peux emprunter celui de Bonnie, elle n'est pas là de toute façon. On trouvera une solution plus durable à l'avenir. Mais avant que qui que soit ne reprenne le travail, j'aimerais savoir ce qu'il se passe ici. » Je reste derrière Elias. Il vaut mieux. Je sais qu’il vaut mieux, pour le moment, que je reste caché derrière Elias sinon je vais me jeter sur le premier qui parlera pour l’étrangler, le frapper, pour réagir avec une impulsivité dictée par cette tempête qui continue à me broyer le crâne pour me réduire en charpie. Tu mérites quelqu’un capable de vous différencier. Comment aurait-elle pu ? Comment aurait-elle pu alors que Liam et moi, on partage tout jusqu’à cette cicatrice à notre côté ? Et je n’en ai rien à faire que je mérite quelqu’un d’autre, ce n’est pas quelqu’un d’autre que je veux. C’est elle, juste elle. Elle que je regarde fixement, comme en la redécouvrant, alors qu’Elias se tourne vers moi, alors qu’Elias se tourne vers elle. Ce qu’il se passe ? Et bien vas-y, Giu’, explique lui donc ce qu’il se passe…

Je suis confus. Véritablement confus. Véritablement con, aussi. Parce que le simple fait de la voir, de la revoir, ma colère sans s’apaiser, reflue. Et la tempête se calme. Pour revenir, plus forte qu’auparavant. Je vais le tuer, putain je vais le tuer. Pour ce qu’il lui a fait, pour ce qu’il m’a fait, pour exister surtout. Je vais le tuer, parce que je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Parce que plus ça va, plus je la ressasse, plus j’y pense en regardant Giulietta, plus elle fait son chemin. Et se confirme. S’implante. Se creuse. Liam l’a compris le premier. Moi, je suis le jumeau à la traîne. Le naïf. Mais… je le comprends aussi. Parce que tant qu’il sera là… « Oh rien ! Nolan a juste trouvé une raison stupide pour s’attaquer à son reflet de miroir. Liam a couché avec moi, il supporte pas je suppose. » Elle m’arrache à mes pensées avec une telle violence que je blêmis. Avant de partir au quart de tour. « PARDON ?! TU TE FOUS DE MA GUEULE ?! » Je vais le tuer. Mais avant ça… je vais la tuer elle et je vais... Elle baisse les yeux. Mais c’est trop tard. Liam a couché avec moi. Liam. Liam. Le prénom est posé, la bombe a explosé. Le prénom de mon frère est une grenade qu’on lance sans prévenir sur moi. Je bouge, je quitte le dos d’Elias pour m’intercaler entre lui et Giulietta. Je suis hors de moi mais ça je crois que personne n’a besoin de sous-titre pour le comprendre. « Une raison stupide, hein ? Il a couché avec toi, mais toi tu as couché avec lui aussi, hein ! » Je cherche à capter son regard une poignée de seconde, avant de me tourner vers Elias ; De toute manière, je ne vois plus les autres. A mon regard douloureux, il n’y a plus que Giulietta et Elias qui existent. Et mon reflet. Mon putain de reflet. « Ma petite amie a couché avec mon frère jumeau. Mon putain de frère jumeau s’est fait passé pour moi pour coucher avec elle. » C’est étrange comme la colère me force à poser mes mots, alors qu’à chaque phrase, mon index pointe Giulietta. Comme pour me l’accaparer. Ma petite amie. La bonne blague. Ma connerie m’étonnera toujours par sa façon toute particulière d’innover à chaque fois un peu plus. Parce que bien sûr, Giu’ n’est pas ma petite amie. Et en plus, ça ne regarde ni Elias, ni le reste du Blackbird. Et demain, je serais roulé en boule au fond de mon lit à me dire que je suis con. Mais pour le moment… ça ne sert à rien de remonter le temps, ça ne sert à rien de me corriger parce qu’il est évident pour tout le monde que c’était ironique, comme appellation, hein ? Tout le monde a compris que petite amie n’était là que pour me moquer d’elle, ou pour… bref. Je suis en colère. Ne te disperse pas, Nono. « Ca te semble stupide à toi, hein ? Putain, mais t’imagines si un jour Liam se pointe ici ? Hein ? Si vous êtes pas capable de faire la différence ? » Ce n’est pas ça, le problème. Ou plutôt, ce n’est qu’une partie du problème. Mais… mais il faut que je m’éloigne de Giu. Ou que je… je ne sais pas ce que je veux. Tout ce que je sais, c’est que… Tu mérites quelqu’un capable de vous différencier. Non. C’est elle qui mérite quelqu’un qui n’a pas un jumeau maléfique, quelqu’un qui a les couilles de s’affirmer et de savoir ce qu’il veut, quelqu’un qui ne se perd pas dans des cris mais qui, comme Elias, sait rester calme. J’inspire, comme je peux. « Elias… il faut abattre mon frère. Il est allé trop loin. Imagine… imagine s’il lui avait fait du mal… » Abattre… la violence de mes mots me cloue sur place à l’instant même où je les entends. Et fait manquer un battement à mon cœur.


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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Sam 28 Mai - 22:49

Il ne fallut qu’une poignée de secondes à Elias pour réaliser l’ampleur de sa maladresse. Débarquer en plein milieu de la tempête et chercher les coupables. De toute évidence, il aurait dû savoir qu’isoler Nolan, lui extirper les vers du nez à l’abri de tout regard et jugement d’autrui, aurait été la démarche la plus diplomatique et sans doute, la plus réfléchie. Gérer une équipe réclamait une patience constante, une bonne dose de sang-froid et sans nul doute, un grand sens de l’humour afin de désamorcer très calmement quantité phénoménale de conflits pouvant émerger de situations périlleuses. L’autorité que sa position lui conférait, ne lui plaisait pas vraiment et à vrai dire, il n’en faisait pratiquement jamais usage. Il aimait à penser que toutes ces personnes étaient davantage des amis avant d’être des employés. Leur métier se résumant à défendre des idéaux, il était difficile de considérer leur boulot comme autre chose qu’une lutte pour une cause commune. Dès lors, la hiérarchie ne l’intéressait pas. S’il avait été plus à même à faire preuve de sévérité, il aurait déjà empêché son meilleur ami de poursuivre sur cette lancée impulsive et chaotique. Depuis la demande de la boucler jusqu'à sa remarque déplacée envers le collègue offensé, l'informaticien cumule les provocations. Il semblait bien mal avisé de lui faire remarquer et bien mal venu de s'adresser directement à lui pour l'instant. Le grec ne l'avait jamais vu dans une telle rage. Son inquiétude et sa curiosité ne faisaient de croître à part égale quant à la source de cette colère insensée. Son regard brassait le vide entre les quelques silhouettes rassemblées là, en attendant d'obtenir des réponses. Son attention décrochait dangereusement quand il arrêtait de parler, son esprit divaguait sans qu'il ne le veuille. Les effets du calmant, assurément. La voix de Giulietta l'extirpa de son égarement mental et annihila toute rêverie sur ses traits, y placardant la surprise à la place.

Durant un bref instant, il dût se concentrer pour réprimer un rictus tout à fait inopiné. La nervosité suggérait l'hilarité, ses nerfs à vif avaient du mal à encaisser la moindre révélation ces temps-ci. L'idée que tout ce remue-ménage soit causée par une histoire grotesque de sexe le laissait légèrement perplexe. Il ne comprenait absolument pas ce qu'il se passait. Mais Liam était donc bel et bien impliqué, tout autant que la blonde. Tandis qu'il tentait de relier toutes ces anecdotes entre elles, son acolyte se mit à réagir de façon virulente et lui permit enfin de tirer les dernières conclusions à cette dispute d'envergure. Ce n'était pas marrant du tout, c'était même plutôt alarmant pour l'ambiance au journal. Et sans doute pour la santé mentale de ses alliés. Le choc évinça durant de longues secondes tout le reste. Que deux de ses plus proches amis sortent ensemble sous son nez, le dépassait. Comment avait-il fait pour ne pas s'en apercevoir ? Bien entendu, ils se chamaillaient, il aurait sans doute dû y voir une forme de complicité. Peut-être que s'il n'avait pas été aussi obstiné à se focaliser sur ses soucis, il l'aurait remarqué, déduit depuis bien longtemps et il ne serait pas là, à les fixer à tout de rôle avec des yeux écarquillés et aussi peu de solutions dans la tête.

La composante jumeau vint s'insérer sournoisement dans ce dédale de pensées et le rendait encore plus confus au sujet de toute cette vaste scène de ménage. Il ne se serait jamais attendu à ça. En même temps, il ne voyait pas pourquoi l'un ou l'autre lui en aurait touché un mot. Ce n'était pas comme si lui-même voulait se précipiter chez l'américain pour lui parler de Mackenzie. Bien que la situation soit totalement différente et qu'accessoirement, il ne pouvait attribuer à leur relation le moindre qualificatif pour l'instant, pas comme venait de le faire cet homme. De plus, l'idée de se livrer risquait de mettre en péril ce qu'il commençait seulement à réaliser. Il n'était pas prêt à risquer ça pour le moment. Etait-ce aussi le cas de Nolan ? L'un dans l'autre, tout ça le dépassait et il regretta très vite d'avoir permis aux deux protagonistes de se donner en spectacle ainsi. Aucun d'eux n'avait pu mesurer la portée de leurs mots, il en était convaincu. Ils allaient eux aussi le déplorer. Alors avant qu'ils ne continuent sur la route de l'embarras, le patron se devait de reprendre la parole.

Dans une vaine tentative d'apaisement et devant la nouvelle menace de mort proférée par le déchaîné, l'éclopé leva les mains très tranquillement en signe de paix. « Bien… Alors maintenant, déjà, tout le monde se calme » Immédiatement, il réalisa le potentiel dramatique de cette remarque. Personnellement quand on lui disait de se calmer, il s'emportait davantage. Ses prunelles agrippèrent celles de son ami. « Ou essaie de se calmer. Juste assez pour que nous puissions mener une discussion cohérente sans cris de préférence. Au vu de la situation, ordinateur fracassé et menaces proférées en autre, j'aimerais que vous me suiviez tous les deux dans mon bureau. » Médiateur pour couple à la dérive ? L'ironie se jouait de lui mais que pouvait-il faire d'autre ? Il ne savait déjà plus s'il devait agir en tant que chef ou ami. Encore moins dans quelle mesure, il pouvait mettre son nez dans ce qui ne le regardait absolument pas. Mais la situation de crise nécessitait pourtant une mise au point. Et à défaut de pouvoir les aider, il pourrait au moins leur offrir un semblant d'intimité dans cette pièce à l'écart. Dans l'urgence, il n'avait rien trouvé de mieux.

Devant le manque de réaction des deux parties, l'impatience se fit impérieuse « A moins que vous ne préfériez faire profiter tout le personnel de vos histoires ? » se permit-il alors d'ajouter d'un air tout à fait détaché. Il détestait le malaise persistant, les chuchotements légers et tout ce qui risquait de découler de cette conversation. Voyant que ni l'un, ni l'autre ne semblait prêt à bouger, il s'avança vers celle qu'il jugeait être la plus raisonnable en cet instant. Il posa prudemment sa main sur le siège de son employée, se pencha pour glisser à son oreille quelques mots. « Giu, s’il te plaît, je ne cherche qu'à t'aider, à vous aider mais je vais avoir besoin de ta coopération. Je te demande juste d'aller t'asseoir dans mon bureau. Et si ça devient trop dur pour toi, tu pourras toujours sortir. Je ne t'obligerai pas à rester. » Sa paume remonta pour rencontrer brièvement l'épaule de la jeune femme en signe de soutien muet avant de revenir se placer face au perturbateur qu'il reconnaissait à peine. « Je crois que t'as besoin d'un café et d'une bonne douche froide plutôt que d'un flingue, là. On reparlera d'assassinat quand tu seras davantage toi-même, d'accord ? » Il voulut gratifier Nolan d'une tape dans le dos mais n'osa pas cependant, préférant rester prudent avec ce qui ressemblait à un lion en cage. Son regard échoua sur l'ordinateur fracassé. Un soupir lui échappa. Toujours plus de problèmes. Toujours moins de solutions.
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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Dim 12 Juin - 19:22


L’ironie ne me sied pas au teint, pourtant chacun de mes mots est choisi avec une cruauté et une intelligence toute particulière. Je cherche tout simplement à le faire réagir, à le faire sortir de son indifférence à mon endroit. Lui qui ne se préoccupe que de ses machines et de son frère. En le provoquant ainsi, je cherche sa colère et la désire au plus profond de mon âme. Je ne supporte pas le rejet dont il vient de faire preuve. C’est ainsi que je le vis, même si je suis probablement en train de virer paranoïaque. La logique me voudrait reconnaissante de ne pas subir son courroux. Je suis pourtant bien loin de cet état d’esprit et ne remarque que l’injustice. Il faut être deux. Liam n’est pas seul responsable de notre déchéance. Nous le sommes tous les deux. Nolan devrait donc, être tout autant énervé contre moi. Alors je l’asticote, sans me soucier des regards autour de nous. Je ne sors de ma léthargie que pour le piquer un peu plus et sursaute fatalement à l’éclat de voix qui se fait entendre en retour. Et si enfin j’obtiens ce que je désire, en plongeant mes yeux dans les siens, juste une seconde, je regrette amèrement le moment où il n’était furieux que contre son fraternel. Maintenant je dois lui répondre, arquer un regard hautain, voire moqueur, je dois montrer mon amusement. Seulement je n’en ais pas la force. Pas alors que tout, dans son regard, montre sa douleur et sa fureur. Au lieu de me perdre en excuses, je me perds en méchanceté et m’enfonce dans ma spirale impardonnable. Plus ardent encore, les remords m’assaillent et m’attaquent sans crier gare, coupant toute force. Alors je me dégonfle et au lieu de me lancer dans une répartie pleine de piquant, je baisse les yeux et resserre mon emprise autour de mes genoux. Telle une petite fille, je cherche à me protéger du monde extérieur, de Nolan, de sa colère, de ma traitrise et du regard d’Elias, qui me blesse presque plus. Ce n’est encore une fois que dans ma tête, mais la simple idée de le décevoir me fait frissonner et m’enfonce encore un peu plus la tête sous l’eau. Cette journée est une horreur et ne va probablement pas se terminer de sitôt.

Je ferme les yeux, pour m’isoler encore un peu plus, seulement un mot vient heurter mes oreilles et ravive mon attention. Je relève tête et regarde vers le bon jumeau mais il ne répètera de toute façon pas. Il n’en a pas besoin… Tout simplement parce qu’il utilise ce mot pour me montrer ce que je n’aurais jamais. Petite amie… Les deux mots résonnent un peu plus longtemps dans mon esprit, avant que les larmes n’atteignent l’orée de mes paupières. Je bats des cils, pour m’en débarrasser avant quelles ne coulent, mais peine est perdue face au tsunami qu’elles représentent. C’est stupide. Toute cette situation est stupide mais je ne parviens pas à me redresser, à me montrer suffisamment courageuse pour leur faire face. Je préfère fuir la situation, ainsi que la réalité, qui me rattrape pourtant toujours un peu plus vite.

Abattre … J’ai loupé un bout de la conversation, ça j’en suis presque sûre. La voix d’Elias, celle de Nolan… Elles se mélangent en un flou étrange, dont seul un mot ressort. Et je frissonne. Pas d’imaginer le brun capable d’un tel acte, mais bel et bien des conséquences qu’il pourrait avoir. Autant sur son être profond que par le gouvernement. Il finira en prison. Seul avec ses remords et ses regrets. Alors je voudrais crier qu’il est stupide. Que jamais il ne doit tuer son frère, parce qu’il ne sera pas capable de s’en remettre derrière. Je ne pense pas à moi à cet instant. Je ne pense pas plus à son satané jumeau. Ce ne sont que ses états d’âme qui m’inquiètent. Et malgré tout je reste plantée dans cette chaise, incapable d’en bouger malgré l’invective de notre patron. Je ne peux pas plus énoncer à voix haute les tourments qu’un tel acte pourrait provoquer. Ce n’est après tout, pas mon problème. Parce que je ne suis pas sa petite amie. Mes dents s’entrechoquent lentement, nourries par un frisson qui me parcoure de part en part. Je veux partir de là, je veux m’enfuir et ne plus jamais voir Nolan. Ce ne sont pas mes oignons, ni mon problème.

Nouveau sursaut, lorsque Elias fini par se glisser derrière moi. Cette fois ci, je l’entends, le comprends même et relève mon regard toujours plein de larmes vers le sien. Chose impensable, je hoche la tête et réussis même à relever tout mon corps jusqu’à la position debout. Cela me semble être un effort insurmontable et une fois debout, je ne fais que trembler sur mes appuis Je ne veux pas bouger, il ne veut pas bouger, mais le grec a raison. Nous ne pouvons rester là à faire profiter le monde de nos histoires sordides. Lui-même ne devrait même pas être concerné mais maintenant qu’il est là, autant se servir de sa présence pour nous aider. Le plus difficile maintenant, reste d’aligner un pas devant l’autre jusqu’à l’antre du patron, qui me semble si lointaine. Pourtant j’y parviens, avec une lenteur qui me désespère. Cela me prend une éternité, du moins dans mon esprit, pour parvenir jusqu’à Nolan et comme dans un rêve, j’attrape de nouveau ses doigts et d’autorité, le tire derrière moi lorsque je continue ma progression. Je ne lui laisse pas le choix. Si je bouge, lui bougera aussi. Dans mon mouvement d’ailleurs, je finis par trouver le courage de la parole de nouveau et dans une lassitude évidente, je lâche finalement. « N’utilise plus jamais ce mot pour me définir Nolan. Plus… Jamais. » Ce n’est qu’un simple murmure et je continue d’avancer comme si de rien était.

Enfin le poids des regards et des murmures nous lâche lorsque nous entrons dans le bureau, tout comme je laisse échapper ses doigts, comme brûlée par leur contact. Dans un réflexe, je pars d’ailleurs me réfugier dans un coin de la pièce, toujours incapable de prononcer les mots que j’ai pourtant sur le cœur. Je veux aller dans le sens d’Elias, dire à Nolan que c’est une mauvaise idée, qu’il ne peut pas tuer son frère et autres joyeusetés du genre, mais… « A quoi bon… » Les mots m’échappent à voix haute, sans aucune logique avec ce qui a été dit précédemment. Ce n’est que la conclusion de mon chemin de pensées, la résignation qui me prend entièrement et qui fini par ouvrir le carcan dans lequel je me suis enfermé précédemment… « On fait quoi alors patron ? Il raconte peut être beaucoup de conneries, mais il a pas tort sur un point… Si Liam se pointe ici et prétend être lui, on saura pas faire la différence. Et il pourra tout foutre en l’air… Tout ton boulot. » Par dessein, je tais mon tourment interne. Je ne fais que lancer une banalité stupide, pour ne plus parler de ce qui me blesse, ce qui le blesse tout autant. Je ne peux énoncer à voix haute mes inquiétudes à son sujet, pas pour me prendre de nouveau la cruauté de son indifférence. Alors j’élude le sujet, passe à autre chose et prétend que rien n’est arrivé… C’est plus facile… beaucoup plus facile.

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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Ven 17 Juin - 0:17

I'm nowhere if I'm here without you
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Il est malade ! Ah, ah, ah. Qu’il est drôle, celui là. Ma colère est totalement débridée, mes pensées insultent mes collègues avant même que je ne me rende compte qu’elles existaient et je suis incapable de me taire, de me retenir, finalement la seule chose que je peux actuellement vraiment contrôler, ce sont mes jambes que je tétanise pour mieux resté protégé derrière Elias. Elias. Je suis désolé, Elias, je suis vraiment désolé pour cette scène que je t’inflige alors que tu n’as pas besoin de ça, loin de là, mais… mais comment pourrais-je réagir autrement ? Je suis incapable de réfléchir. La lucidité, la raison, la tempérance, je les ai piétinés au moment même où mon cerveau a interprété les mots de Giu’. Et que j’ai compris tout ce que ça impliquait. Et que… putain. C’est horrible, c’est l’horreur, c’est un cauchemar et chaque battement de cœur aggrave le comme pour compter les points, comme pour compter le nombre d’erreurs que j’accumule à la seconde. BAM, j’insulte quelqu’un. BAM, je me heurte au calme d’Elias. BAM, je me heurte aux remarques blessantes de Giu’. BAM, c’est elle que je finis par insulter dans des cris que je regrette déjà. BAM, BAM, BAM, mon cœur s’accélère à mesure que je perds une nouvelle fois le contrôle, que j’explose le record de conneries à la seconde. BAM, BAM, BAM, j’atteins des sommets lorsque je ne réfléchis pas une seule seconde à ces mots que je prononce dans un simulacre de calme qui ne devrait laisser personne dupe. Je me donne en spectacle, mes yeux passent de Giu à Elias en oubliant mon public. Je suis au bord des larmes. Et cette fureur qui embrase ma détresse est un enfer à la fraîcheur envoutante. Une scène de ménage, digne des pires vaudevilles. Je me fais pitié, à nous exposer comme ça mais… mais qu’est ce que je peux faire d’autres ? Mes pensées tournoient dans mon crâne, se heurtent à mes rétines, se heurtent à celles de Giu’ et reviennent sur Elias. Il faut que je me calme, il faut que je raisonne, il faut que j’inspire et que j’efface cette énième connerie qui s’est échappée de mes lèvres. Petite amie. Si seulement… si seulement c’était le cas, si seulement c’était réel, si seulement il y avait le moindre éclat, la moindre étincelle. Mais non. Tout ce qu’il y a entre nous, ce sont des cris. Des moqueries. Un baiser. Deux. Une nuit. Merveilleuse pour moi, désastreuse pour elle. Lamentable. Ma respiration est sifflante dans ma gueule quand j’arrive enfin à me la fermer. Abattre mon frère. Je suis violent. La colère me rend infiniment plus violent qu’en temps normal. Est-ce pour ça que Liam est comme il est ? Parce qu’il est constamment en colère, parce qu’il… Elias bouge.

C’est con, c’est affreusement con mais ce simple geste de lever ses mains… je me force à prendre à respirer, j’essaye de déchirer le voile de douleur qui transforme mon champ de vision en champ de ruines. « Bien… Alors maintenant, déjà, tout le monde se calme » Tout le monde. D’un geste, il a réussi à me forcer au calme. D’une phrase, d’un mot, il réussit à me foutre une claque. Brutalement, je me souviens qu’il y a des gens dans la pièce. Et pas seulement des clampins. Brutalement… putain. Le regard d’Elias se heurte au mien, je crispe les poings, je pince les lèvres : boule de nerfs, boule de colère, tension extrême à mes épaules et cœur qui bat la chamade dans ma poitrine. « Ou essaie de se calmer. Juste assez pour que nous puissions mener une discussion cohérente sans cris de préférence. Au vu de la situation, ordinateur fracassé et menaces proférées en autre, j'aimerais que vous me suiviez tous les deux dans mon bureau. » Une discussion cohérente ? Il est sérieux là ? Et le suivre dans son bureau ? Vraiment ? Je me crispe davantage encore. Il m’a peut être foutu une claque et calmé en l’espace d’une seule phrase, ce n’est pas une goutte d’eau qui va refroidir un réacteur nucléaire. Enfin, je crois. Et je cherche le regard de la seule qui pourrait éventuellement me décider à bouger, là. Je guette une réaction, avec une anxiété et une colère qui flirtent effrontément dans mes tripes. Je guette une réaction parce que bouger de moi-même, ce n’est pas dans mes cordes. Penser comme un grand, de toute manière, ça m’est inaccessible. « A moins que vous ne préfériez faire profiter tout le personnel de vos histoires ? » Je lève les yeux au ciel dans un claquement de langue, je prends même mon inspiration pour lâcher un exaspéré « Si ça les intéressent pas, ils ont qu’à bosser pour une fois… » C’est clairement abusé de ma part, mais je n’en ai rien à cirer et en plus, je ne suis pas vraiment en état pour faire preuve d’amabilité. Incapable de choisir entre rester plus longtemps immobile et faire un pas dans n’importe quelle direction, je commence par croiser les bras lorsqu’il se décide à bouger en direction de Giu’. Aussitôt, ma fureur et ma détresse s’éclipsent. Face à autre chose. Une jalousie si violente qu’elle en devient douloureuse. Je n’entends rien de ce qu’il lui raconte, mais le simple fait qu’il lui parle me suffit pour que je me tende. Et le fait qu’elle acquiesce n’aide en rien, sans aucune surprise. « Quoi ? » J’aboie, comme un chien, j’aboie avec brusquerie pour mieux lui faire face lorsqu’il revient vers moi. « Je crois que t'as besoin d'un café et d'une bonne douche froide plutôt que d'un flingue, là. On reparlera d'assassinat quand tu seras davantage toi-même, d'accord ? » Un café et une douche froide ? Je sais qu’il a raison mais… Non. Tout simplement… non. Je ne peux pas, c’est... Je me retiens de prononcer un mot, serrant la mâchoire à m’en faire mal, histoire de ne pas aggraver la situation. Je me contente juste, pour le moment, de le fixer ave ce mélange certainement pathétique de douleur et de détresse qui me larguent à la dérive sur une mer déchaînée. Ou quelque chose dans le genre. En gros, et en moins poétique, je suis un chaos qui ne demande qu’à imploser. Et attaquer mon frère… c’est la seule solution qui me parait un peu plausible et intelligente pour le moment. Irréfléchi, immature, impulsif, bon ça que je suis loin d’être posé pour le moment. Et je fais même un pas en arrière, me heurtant à Elias, lorsque Giu’ arrive vers moi. Bon sang qu’elle est canon. Même dans son état, qui rappelle plus une zombie qu’autre chose, elle est canon. Unique en son genre. Hypnotisante. Et ses doigts qui se lient aux miens, tout tremblant, n’arrangent rien au fait que… petite amie. Je n’arrive pas à la quitter des yeux, j’ai juste vaguement conscience que j’ai dépassé un peu les bornes dans ma colère, tout juste maîtrisée, qui ne demande qu’à repartir au quart de tour, j’ai juste vaguement conscience d’avoir tout détruit avant que Liam ne saccage le peu qu’il restait. Liam et Giu’. Liam et celle qui me tient la main et me tire en direction du bureau d’Elias.

« N’utilise plus jamais ce mot pour me définir Nolan. Plus… Jamais. » Le temps qu’on soit dans le bureau, je comprends ses mots. Et je rejette sa main sans aucune douceur. « Va te faire foutre » je crache. En tentant de ne pas pleurer, histoire de ne pas en rajouter davantage au pitoyable tableau que je présente. Plus jamais. Tout est gâché. N’utilise plus jamais. Putain. « A quoi bon… » Je fronce les sourcils. Incapable de rester silencieux. « A quoi bon quoi ? Aller te faire foutre ? Pour ce que ça te fait apparemment… » Acide, méchant. N’utilise plus jamais. Plus d’un an parti en fumée en quelques semaines. Mais quel con. Mais quels cons. Mais quelle conne. « On fait quoi alors patron ? Il raconte peut être beaucoup de conneries, mais il a pas tort sur un point… Si Liam se pointe ici et prétend être lui, on saura pas faire la différence. Et il pourra tout foutre en l’air… Tout ton boulot. » Tout son boulot ? Elle est bien mignonne mais actuellement, le Blackbird, j’en ai rien à faire. Je sais que c’est parce que je suis incapable de fixer mes pensées deux secondes sur un quelconque problème que j’en arrive à ça mais… « Bien sûr que je n’ai pas tort, qu’est ce que tu crois ? Tu me prends pour qui ? Le jumeau con ? C’est Liam qui t’intéresse ? Ca t’arrangerait, en vrai, qu’il se pointe, tu récupérerais le seul Wiggins qui vaille quelque chose. Deux pour le prix d'un, super affaire... » Je ne sais même pas ce que je raconte, je sais juste que si j’arrête de parler… je m’effondre. Quelque chose dans le genre. Quand est-ce que j’ai fait une connerie suffisamment grosse, finalement, pour que tout dérape comme ça ? Il faut que je me taise mais je suis incapable de me la boucler. Tout ce que je peux faire, finalement, c’est me tourner vers Elias pour trouver une nouvelle cible à ma colère et à ma méchanceté. « Et ça s’est à quoi de nous faire venir ici, au juste ? Pour une thérapie de couple ? Génial, parfait, c’est vrai que tu es juste tellement l’homme de la situation, ça coule de source. Et je n’ai pas besoin de café, merci, je suis pleinement moi-même, plus que vous pouvez le croire. En fait, je crois que je suis même très très lucide, plus que vous deux. Parce que c’est pas la question, de se demander ce qu’on fait, faut agir, c’est tout. » Je vais mal. Clairement je vais mal, et proche de l’implosion, incapable de gérer ça, j’essaye d’exploser pour tout détruire autour de moi. Il faut que je me barre de cet endroit avant de tout réduire en cendres ce qu’il peut hypothétiquement rester entre Giu et moi, et mon amitié avec Elias. Ma voix est mon antithèse, lorsqu’elle se fait agressive. « Je peux me barrer ? »


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MessageSujet: Re: 'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)   Mer 22 Juin - 21:39

La fatigue assiégeait sans grand mal le grec en proie au doute et à la perplexité. On aurait pu penser qu’avec l’apocalypse pour seul décor, les relations auraient tendance à se simplifier. A se suffire dans cette misère permanente, dans cette peur perceptible, dans cette insécurité qui offrait une perspective unique aux êtres humains pour appréhender leur existence dans l’urgence, dans la valeur à accorder au jour qui passe. Aux personnes qui accompagnent ce terrible périple. A la place, le chaos n’entrainait avec lui que le déluge émotionnel, poussait les survivants au conflit, mettant à l’épreuve les liens les plus solides. La mort planant, la terreur au ventre et les problèmes latents ressurgissant, divertissant peut-être même parfois des réels dangers. Elias ne saurait dire si ça tenait davantage à la situation ou à la nature humaine profonde. Cependant, il était le premier à pouvoir témoigner de l'absence de bienveillance, de tolérance avec autrui. Ses pensées ne cessaient de voguer de ce constat à un autre, le tenaient éloigné parfois malgré lui, de cette réalité. Se concentrer sur cette scène nécessitait une certaine énergie qu’il ne disposait pas en cet instant. Mais il fit tous les efforts possibles pour ne pas perdre une miette de ce qui se déroulait. Du moins, essayait-il que ça ne dégénère pas davantage. Les isoler ne résoudrait pas les choses mais il préférait tout au temps écarter Nolan des autres ordinateurs. Quand la blonde se releva de son siège, Elias l’encouragea d’un sourire et la remercia par ce même biais. Il les laissa passer devant lui, referma la marche non sans avoir noté le geste de l’italienne. Le divorcé se sentit un peu plus embarrassé de devoir jouer les médiateurs pour un couple qu’il ne soupçonnait même pas. Tout ça ne cessait de le dépasser.

Le journaliste adressa un dernier regard à ses employés et les gratifia d’un « La fête est finie, retournez bosser. » avant de refermer la porte derrière lui. Un embarras manifeste et une inquiétude grandissante le préservèrent d’émettre une remarque tout à fait inutile voir grotesque, destinée à détendre une atmosphère électrique. Fait d’autant plus avéré quand il assista à une énième scène de discorde entre les deux amants. La réplique acerbe de son acolyte l’obligea à s’approcher du couple sans toutefois intervenir. Il se contenta de les observer se déchirer sans ajouter le moindre mot, s’asseyant à moitié sur son bureau durant l’échange houleux. Le calme apparent dont il faisait preuve n’était toujours qu’une façade bien que la nervosité demeurait contenue par ce qu’il avait ingurgité un peu plus tôt. Il se félicita d’ailleurs pour ça. Il attendit que le sorcier lui balance une question pratiquement rhétorique pour enfin reprendre la parole. Jusqu’alors le rédacteur s’était contenté d’être un témoin malencontreux. Laissant à son comparse le loisir de déverser un peu plus de sa hargne quand la jeune femme l’interpellait. Appréhender l’informaticien dans un tel état de fureur lui était si inédit qu’il ne savait pas vraiment comment s’y prendre. « Pas avant que je ne sois certain que tu ne cherches plus à assassiner qui que ce soit. Reste, s’il te plait. » D’un geste ample de la main, il les invita à s’asseoir, leur présentant les deux chaises face à lui sans s'attendre pour autant à les voir obtempérer. Il enchaîna bien vite, se releva pour se faire.

Un haussement d’épaules accompagnait ses mots, suivi d’un tour succinct du bureau. « Certes, Nolan, il est risible que je me tienne face à vous deux afin de vous aider à gérer vos différents s’ils sont d’ordre affectifs. Ceci étant dit, vois-tu une personne plus à même de jouer ce rôle en ces lieux ? Vous êtes tous deux des amis, des amis proches oserais-je même ajouter. Je ne vous jugerai pas et vous êtes libres d’agir comme bon vous semble en dehors de ces bureaux. Tant que cela n’impacte pas l’ambiance ici au travail. Or nous avons pu constater que ça vient bien d’avoir une conséquence assez désastreuse aujourd’hui. C’est pour ça que nous devons clarifier certains points. Je ne suis pas là pour jouer le thérapeute. Mais pour essayer de rendre la situation viable. » Après avoir poser les fondements de cette conversation avec toute la sincérité et l’autorité dont il disposait, il poursuivit, plantant à tour de rôle ses yeux dans ceux de ces deux alliés. « Je ne vois pas comment Liam pourrait avoir connaissance du Blackbird, pour commencer. A moins qu’il ne passe ton temps à te filer et dans ce cas-là, j’espère que depuis le temps, tu l’aurais remarqué. Ensuite, au lieu de nous angoisser en émettant des hypothèses ridicules sur sa venue en ces lieux, je pense qu’on devrait se pencher davantage sur ce qu’on peut faire pour que vous n’entre-tuiez pas ici. Pour le reste, je ne peux pas spécialement vous aider, n’ayant jamais moi-même rencontré, le dit jumeau maléfique. Mais savoir qu’il se fait, de toute évidence, passer pour Nolan, est assez alarmant en effet… » Le père glissa ses prunelles sur la paperasse s’étendant sur la surface face à lui, rassemblant péniblement les idées à faire passer.

Conscient d’avoir entre les mains une bombe qui pourrait éclater à tout moment, il s’apprêtait déjà à poursuivre le trentenaire s’il se précipitait sur la sortie. Il ne pourrait pas le laisser fuir dans cet état. N’oserait pas imaginer les ravages qu’il pourrait provoquer. Ses prunelles se reposèrent prudemment dans celles de son meilleur ami.  « On ne peut pas agir aveuglément et je doute que tuer ton frère par jalousie, sous le coup d’une impulsion soit, disons, recommandé. Jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes pas directement menacés pour l’instant. Ne fais pas du journal un prétexte pour l’assassiner. Nous savons toi et moi, qu’il reste ton frère de toute manière, que tu n’es pas un meurtrier et que Giulietta n’aurait jamais cherché à te faire inutilement souffrir de surcroît. N’est-ce pas ? » Il attendit une seconde son approbation avant de poursuivre «  Alors s’il te plait, prends le temps de te poser cinq secondes, de souffler, de te calmer. Tu n’as aucun recul pour le moment sur les événements. Ta colère est légitime. Mais ne prends pas de décisions hâtives. Surtout pas si elles concernent un crime passable de mort, encore moins sur une personne qui t’es relié de cette façon. La vengeance ne résoudra rien, Nolan. » Sans jamais oser s’asseoir, il fixa ensuite le duo. «  Les motivations de Liam, vous les connaissez vraiment déjà ? » Sans doute qu’une histoire de rivalité fraternelle, une supposition facile à tirer. Ravir la femme de son jumeau. Plus rien ne le surprendrait avec le ministre. Plus rien du tout à vrai dire. Son portrait se noircissait de jour en jour. Une antipathie à entretenir par principe, par loyauté. Et par bon sens aussi sans nul doute.
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'm nowhere if i'm here without you... (ft. Nolan&Elias)

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