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 Flesh and bones (.pv)

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ANIMAL I HAVE BECOME

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The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Flesh and bones (.pv)   Dim 17 Avr - 21:21

flesh and bones
Somewhere outside that finish line. I square up and break through the chains. Anointed by the blood, I take the reins. Cut from the cloth, of a flag that bears the name of "Battle Born". They'll call me the contender. With my face flashing crimson from the fires of hell. What are you afraid of? And what are you made of?


Un nouveau réveil derrière les barreaux. Il ne prend pas la peine d’ouvrir les paupières. Trop profondément ancré dans la noirceur de son sommeil, le prisonnier se replie sur lui-même dans l’espoir d’apaiser la douleur qui fuse sous sa peau. Le corps en lambeaux, fatigué plus que de raison, Stain ne cherche plus à quitter sa cellule. Ses vertèbres brisées sont sorties de leur léthargie, éveillées par les coups qu’il a reçu des autres détenus. Et déjà il commence à en sentir les effets : ses pauvres jambes peinent à supporter son poids, et refusent de lui obéir quand l’envie leur en prend. Un soupir meurt contre le mur, et se retrouve suivit d’une quinte de toux qui macule de sang le crépis et lui lacère la trachée. Brûlée à l’acide, sa gorge n’est plus qu’un ramassis de chair en fusion, enraye sa voix et l’oblige à garder le silence tant chaque tentative pour aligner plusieurs phrases d’affilé lui arrache le gosier. Le sang perle contre le coin de ses lippes, et le loup à l’agonie serre les dents tout en se relevant. L’exercice est laborieux, douloureux. Il se traine jusqu’aux chiottes à côté desquels il s’affale pour mieux vomir son sang. La transpiration se fait de glace contre sa peau, il tremble, s’agrippe au métal froid et ferme les paupières. Le souffle en berne, Stain tente vainement d’apaiser ses maux avant qu’un nouveau spasme ne l’oblige à replonger du museau dans la cuvette. Ses doigts tâtonnent alors sous l’abattant, les prunelles vissées en direction de la porte. Voie libre de toute présence, les exploratrices extirpent une lame de rasoir, toute aussi sommaire que sa cachette de fortune. Deal passé avec le dénicheur de tout de la prison, elle devait lui servir de moyen de défense. Avant qu’il ne tombe à genoux devant le géant albinos et ne s’improvise astiqueur de tuyauterie. Tout ça pour garantir sa sécurité. Mais le protéger de lui-même ? Même un géant n’en est pas capable. Alors sans la moindre hésitation, Stain se scie le poignet. Taillade ses veines sans la moindre douceur. Il ne ressent rien, la peau morte atténue la douleur, il n’y a que le sang qui s’écoule à gros remous qui témoigne de la folie de son geste. Le rouge et cette impression de vide qui l’aspire de l’intérieur comme s’il venait de tirer la chasse d’eau. La délivrance. La mort sortie des chiottes.

[…]

On l’a foutu en isolement. Dans une cellule loin des autres taulards, au confort réduit au minimum vital pour éviter une nouvelle connerie de sa part. Il n’est plus qu’une loque, une ombre. Alors quand la porte s’ouvre et que des mains viennent lui agripper les bras pour le contraindre à se lever, Stain ne réagit pas. Il piétine sur le sol, ne le sent pas sous ses pieds et pèse de tout son poids ridicule contre les gardiens qui lui servent d’appui. Au milieu des bourdonnements qui envahissent ses oreilles, lui parviennent des voix. On souffle que ce n’est plus la peine, que c’est trop tard. On crache et râle que c’est le protocole et qu’il pourra crever sur la table d’examen, c’est pas un problème. Une visite chez le médecin, l’ironie fait naître un misérable sourire sur ses lèvres. Il est mort, tombe en ruine à l’intérieur, un médecin n’y changera rien. On le lâche d’un côté et l’autre gardien le traîne jusqu’à la table d’examen une fois l’infirmerie franchie. Il s’y hisse avec toutes les peines du monde, émet ce qui se rapproche le plus d’un râle de douleur, mais le bruit s’étrangle dans sa gorge brûlée. « - On t’amène le cas du jour, chérie. » Le petit gardien, connu pour son cynisme et son manque d’humanité à l’encontre des prisonniers s’approche de la chirurgienne et lui presse le bras sans la moindre gêne. « - Allez dessape-toi le guignol ! Il doit lui rester quoi ? Une semaine, mais t’sais, la procédure, tout ça. Il pisse et vomit du sang. J’pense que le foie a lâché, et les reins sont en train de suivre. » Il balance l’état de santé comme s’il racontait une bonne blague, le sourire aux lèvres et une lueur malsaine dans le regard alors qu’il accable le dos amaigri de Stain de ses yeux vicieux, qui tente de se défaire de son bel uniforme de prisonnier, aidé par l’autre gardien. « - Il s’est tailladé les veines il y a deux jours. C’pas son premier essai d’après ce qu’on m’a dit. On a arrêté les injections d’argent en voyant son état, mais ça a continué de se dégrader. » Il en lâche un petit rire acerbe, amusé face à cette situation pitoyable. Le gardien caresse gentiment le bras de Nymeria, se fait charmeur. « - C’la pute d’El Pequeño. La jolie Princesse se fait élargir la sortie par le Roi du clapier ! S’tu pouvais essayer de le faire durer un petit peu, histoire qu’il continue son boulot, les Déchets sont calmes depuis. » L’écho de la conversation lui parvient, et dans un effort qui le fait souffrir, Stain lève son bras, tend le majeur en direction du péteux et expose les lettres noires gravées dans sa chair. Un magnifique ‘fuck’ qu’il n’est pas capable d’énoncer à haute voix mais dont le sens est bien plus évocateur avec ce simple geste. La main retombe mollement sur la table, et le loup manque de basculer en avant. L’autre garde le rattrape au vol, s’inquiète de son état en jetant un regard alarmé en direction de son collègue et de la chirurgienne. L’autre agite à nouveau la main et se racle la gorge. « - On t’le laisse. Si jamais ça va pas, on s’ra dehors. » La phrase s’accompagne d’une tape sur les fesses de la jeune femme, sans pudeur et les deux hommes quittent la pièce. Stain L’a reconnu. Et si dans sa tête il a hurlé, imploré pour qu’on le ramène dans sa cellule, l’état déplorable de ses cordes vocales l’a empêché de manifester son envie à ses deux geôliers.

A moitié comateux, du brouillard dans le crâne et du sang au coin des lèvres, la magnificence du soldat et du fauve noyée sous la flotte de la chasse d’eau dans laquelle il a tenté de se tuer, les phalanges du prisonnier s’agrippent aux rebords de la table. Il tremble, frissonne, a froid de l’intérieur et ne parvient pas à se réchauffer. Se retrouver devant Elle après ce qu’elle lui a foutu dans la gueule. Sa rancœur devrait le pousser à lui cracher le sang qui lui racle la langue dans Sa jolie frimousse. Elle devrait. Mais le désespoir qui le ronge efface la haine et le besoin de Lui faire payer sa connerie. Alors il reste là, les pattes dans le vide, à tenter d’agiter ses orteils sous ses chaussettes. Elles bougent, un peu. A peine. Et ce constat lui déchire la gorge. Il en étouffe un sanglot, ravale sa peine dans un reniflement rachitique. Il Lui avait promis, qu’il ne Lui survivrait pas. Et il se sent con. Con d’avoir envie de supplier la cause de son incarcération de l’achever.  Comme ça, comme on abat un animal à terre. C’est ce qu’il est. Un fauve en cage qu’on a fracassé plus que de raison et qui est incapable de se relever.


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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Mer 20 Avr - 21:12

La porte battante de l’infirmerie s’ouvre avec fracas, suffisamment pour faire sursauter vivement la chirurgienne. Les rétines d’acier se posent sur le patient qu’on traine de force, et son sang de fige aussitôt dans ses veines. Elle redoute ce moment depuis des jours. Depuis qu’on avait eu la mauvaise idée de l’affecter temporairement à la prison. Ses supérieurs ont invoqué un manque problématique d’effectif pour se justifier, et elle n’a eu d’autre choix que d’accepter sans broncher. Contester les ordres aurait été inutile, n’aurait servi qu’à les agacer pour s’y retrouver de toute manière contrainte de la même façon. Elle avait bien compris qu’il ne s’agissait pas d’une suggestion. Qu’il allait falloir composer avec les frissons d’appréhension qui tiraillaient son épiderme en permanence au sein des murs insalubres. Ce n’était pas l’aspect lugubre des lieux qui la préoccupait. Mais bel et bien la perspective de tomber sur son frère, ou pire encore sur Stain. Son prétendu bourreau, en chair et en os. L’empoisonner méthodiquement à distance était une chose. Affronter les ravages de l’arsenic sur Lui en est une autre. Famélique, incapable de tenir debout par ses propres moyens, l’italien ressemble à une épave. Pourri en dehors comme en dedans. Une grimace déforme furtivement ses traits alors qu’Il se démène pour monter sur la table d’auscultation. Elle n’esquisse pourtant pas un pas vers lui, laisse le gardien s’en occuper sans chercher à lui offrir un quelconque appui. Elle se souvient avec une précision acérée de l’arrogance abjecte du soldat après leurs ébats putrides. De l’absence apparente de remords, du ton glacial sur lequel Il s’était auto-congratulé pour ses piètres exploits. Alors qu’Il tombe, qu’Il se fracasse violemment le museau contre le carrelage, elle n’attend que ça.

Les pattes crasseuses contre son bras l’irritent prodigieusement, font courir des tremblements d’aversion sur son enveloppe. Le scélérat semble les identifier à un encouragement, à une marque de désir, et s’échine à lui dispenser des caresses éphémères. Ses lèvres se pincent. L’odeur âcre qu’il dégage lui fait plisser les narines. Les billes scabreuses sont trop focalisées sur sa poitrine plantureuse pour remarquer les œillades assassines qu’elle peut lui lancer. Elle écoute le compte-rendu horrible des symptômes en s’efforçant de rester neutre, de contenir les vagues d’effroi qui s'échouent contre ses membres. De ne pas se laisser attendrir. Lui ne l’a après tout pas fait dans l’asile psychiatrique, quand sa sœur convulsait et se vidait par tous ses orifices. Il mérite le même sort funeste, si ce n’est pire. Elle veut s’en persuader de toutes ses forces, mais la nausée la prend à la gorge. S’intensifie lorsque le maton lui raconte ce à quoi le shadowhunter est contraint de s’abaisser pour survivre. La vision obscène lui retourne les tripes et elle s’efforce de la chasser de sa cervelle détraquée comme elle le peut. La provocation en riposte du milicien ne parvient pas à la dérider, tant Son état est alarmant. C’est au prix d’un douloureux combat interne qu’elle reste stoïque lorsque le sans-gêne gratifie son postérieur d’une tape avant de quitter la pièce. Ses dents se serrent, filtrent les insultes qui se pressent contre la barrière de ses lèvres. Elle n’a pas le temps de laver l’offense. Elle n’en est tristement plus à ça près non plus.

Le silence glaçant revient se heurter contre leurs tempes, à peine brisé par le tic-tac désagréable de l’horloge murale. Elle devrait le laisser crever là, comme un vulgaire chien. S’asseoir à son bureau et bouquiner, en attendant que la nature fasse enfin son œuvre. L’ignoble hésitation ronge ses nerfs avant qu’un soupir de lassitude ne perce sa trachée. Elle s’approche avec lenteur et précaution de l’animal blessé, repositionne les guiboles amochées correctement. Les prunelles claires dévorent le corps amoché, enlaidi par les incisions et les ecchymoses pourpres. Se fixent partout sauf sur le visage d’ange. Ses phalanges glissent doucement contre Son abdomen, dessinent les contours des entailles qui refusent de cicatriser. Les effleurent à peine. La sorcière s’efforce de refouler au plus profond de son être l’angoisse qui lui vrille atrocement les entrailles. La culpabilité rampe, s’accroche, l’écorche. Le constat des blessures la fait affreusement souffrir, même si elle est l’instigatrice du carnage. Pénible, la déglutition lui arrache la trachée. Des lames de rasoir lacèrent ses poumons, abiment la paroi écarlate de sa cage thoracique. « - Tu as tenté d’en finir ? Moi qui pensais que tu apprécierais ton séjour. Le sexe gratuit, la violence à volonté, l’environnement crade. C’est pas un fantasme devenu réalité pour toi ? » Ironise t’elle d’une voix qui se veut froide et parfaitement détachée. Mais la harpie commet une erreur de débutante, remonte vers le haut de la carcasse affaiblie. Les sphères polaires se fondent dans leurs opposées, noires comme la suie. Les nuances ténébreuses la font frémir, ravivent le manque cruel qui brûle en permanence ses veines. La haine qui embrase ses reins, qui épouse ses courbes enjôleuses comme une seconde peau, perd sensiblement de sa vigueur. Elle l’avait presque oublié. Que leurs existences étaient si insidieusement liées. Qu’elle en crèverait s’Il sombrait.

Pour se redonner un semblant de contenance, la brune préfère s'éloigner et tourner le dos au loup. Trop vulnérable pour l’attaquer en traitre, même s’il est toujours dangereux de sous-estimer l’énergie du désespoir. « - Enfin, comme d’habitude tu t’es encore raté. A croire que t’essaie jamais assez fort. » Une pointe d’anxiété se mêle à son timbre, égratigne le vernis de son rôle de reine des glaces. Une pointe de reproche aussi, de s’accrocher autant à la vie, alors que Sa cousine n’en fait plus partie. Elle a envie de se gifler tant elle se débecte d’envisager déjà de Lui administrer l’antidote. Elle retourne finalement près de Lui, plante le faisceau de la petite lampe qu’elle vient de récupérer directement dans ses iris pour en jauger les réflexes. Puis ce sont les doigts fins qui prennent le relais, qui palpent sans pudeur le corps détruit pour cerner les douleurs. « - Les vomissements ont commencé quand ? » Interroge t’elle innocemment, pour mesurer à quel stade Il en est. Ce n’est pas son premier crime de ce genre, mais son mari avait mis bien plus longtemps que Lui avant d’en ressentir réellement les effets. La faute certainement aux piqures d’argent qui infectaient Son organisme et empêchaient le mécanisme de réparation de s’actionner.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Lun 25 Avr - 20:37


La voix grinçante du gardien se tait enfin. Libère les oreilles déjà bourdonnantes du loup d’un bruit affreusement dérangeant. Il en étouffe un léger soupir, ferme les paupières au risque de se casser la gueule et s’agrippe plus fortement encore à la table. S’il crève d’envie de se tirer de là, il n’en a pas la force. Seul, il ne parviendrait à rien. Hormis se démolir la tronche sur le carrelage et se traîner jusqu’à la porte. Attendre qu’on daigne lui ouvrir pour continuer de se démener comme une larve jusqu’à sa cellule. Et y crever tranquille. C’est ce à quoi aspire le fauve. Trouver un endroit désert, éloigné de l’agitation morbide de la prison pour se rouler en bouler et s’oublier. Le rêve fait germer un infime sourire sur les lippes serrées du soldat. Il frissonne, tremblote de froid et se recroqueville un peu plus sur lui-même pour tenter de conserver un semblant de chaleur sous sa peau morte. Perdu dans ses tourments, Stain sursaute lorsque les mains de la chirurgienne viennent se heurter contre sa chair. Le contact lui coupe le souffle, l’oblige à quitter sa cécité de fortune. La mâchoire se crispe et un gémissement fébrile s’échappe de sa gorge en charpie. Son cerveau ordonne de la repousser, il se voit accomplir le geste et pourtant ses mains restent accrochées à la table d’examen. Soumis à la volonté de sa tortionnaire, le loup n’a d’autre choix que de la laisser faire. Contraint de se plier à l’examen gênant de ces pupilles glaciales, Lui offrir tout le loisir d’admirer l’état pitoyable de sa pauvre carcasse. Stain se borne à fixer le vide de son regard éteint. Refuse de seulement Lui accorder un regard. Elle le dérange. Fait courir contre son ventre en pleine démolition des élans de dégoût et de peur. Les phalanges contre sa peau lui font mal. Eveille sa honte et attise ses douleurs. N’importe qui, mais pas Elle. Qu’un autre contemple les dégâts de sa chute, il pourrait faire avec. Apprendre à le supporter. Mais se retrouver dans cet état face à Nymeria lui est insupportable.

Les dents grincent lorsque la chirurgienne brise le silence. Il souffle, tente vainement de se racler la gorge pour Lui faire comprendre que sa blague tombe à plat. L’exercice est laborieux et menace de faire perler aux coins de ses yeux le sel de larmes d’affliction. « - Mon dernier partenaire m’a déçu, un moment de faiblesse. » Souffle-t-il la voix éraillée. Il frissonne de s’entendre, après avoir gardé le silence pendant des jours. Parce que le timbre ne lui ressemble pas, qu’il témoigne du carnage qui règne sous une surface déjà pas belle à voir. « - Y a toujours un con pour me récupérer avant que ça fonctionne… » Du genre, ton petit frère… Il ravale le sarcasme, de travers et recrache ses poumons flétrir dans une quinte de toux rachitique. Des gouttes écarlates s’écrasent par terre. Le loup baisse le museau et admire le contraste. Du rouge, entre ses chaussettes blanches et sur le sol. A croire qu’en fin de compte, à la place du noir, le rouge est sa couleur favorite. Les muscles fatigués se crispent une nouvelle fois lorsque l’infirmière de fortune s’approche à nouveau. Une grimace s’appose sur les traits tirés, la lumière lui vrille les rétines et l’oblige à plisser les yeux. A ciller comme un imbécile une fois le faisceau disparu, pour enlever cette tache blanchâtre qui danse devant lui. Il a l’impression de n’être rien de plus qu’un vulgaire morceau de pâte. Un machin que l’on pétrit dans tous les sens jusqu’à lui filer la bonne forme. Il fronce les sourcils lorsque la question volète jusqu’à ses oreilles. Essaie de se souvenir mais tout s’embrouille dans sa tête. « - Je sais plus. Un mois… Deux peut-être. La bouffe est tellement dégueulasse ici. » Malhabile, Stain se tortille sous les mains de la chirurgienne. Le désir en vrille, ce qui d’ordinaire aurait eu le mérite d’éveiller ses envies lubriques et ses blagues salaces, le laisse de marbre. C’est du néant qui court contre sa peau. Du froid et du vide. Une absence de réaction quasi-totale. Il n’y a que la gêne qui vrille la surface. Fait germer la chair de poule sur les membres abîmés.

« - Tu vas l’accuser de harcèlement sexuel l’autre aussi ? Il t’a peloté non ? Ca nous rendrait service. » Souffle-t-il péniblement, le sarcasme dans la voix, l’ébauche d’un sourire amer sur les lèvres. La question est un reproche. Mal dissimulé, et bien trop faiblard pour contenir toute la rancœur qu’il peut éprouver à Son égard. Il s’efforce de La tenir responsable de sa chute, quant au fond, elle lui rend service. Sa jolie salope qui le pousse enfin à assumer ses conneries, et se sortir de sa léthargie pour au moins tenter de tenir une promesse qui a été mise de côté depuis trop longtemps. Tant pis pour Rafael, Précieuse s’occupera de son cas, il n’en doute pas une seconde. Irrité, le loup grogne. Et finit par repousser les mains baladeuses. Faiblement, avec la conviction d’une mouche. Parce que lâcher la table trop longtemps reviendrait à se vautrer lamentablement. Parce qu’il n’a plus que ses mains pour se tenir hors de l’eau. « - Te fatigue pas, laisse-moi crever. T’en meurs d’envie. » Le soupir est empli de souffre. D’un venin acide qui lui déchire la langue. Il ose enfin poser les yeux sur Elle. Ancre le noir de ses pupilles à ces océans de glace. Le temps d’un battement de cils avant que le contact ne se brise. « - On m’empoisonne depuis le début... » Il le murmure pour lui. Dans un piètre souffle qui va mourir à ses pieds. Les coups, les injections d’argent, ces petites doses de poison qui rythment son quotidien depuis des mois. Il est affreusement proche de la vérité. Incapable pourtant de se dire que la cause de son état pitoyable se tient devant lui. Qu’en plus de l’avoir envoyé pourrir derrière des barreaux, Elle s’échine à le détruire de l’intérieur. Parce qu’il n’est pas foutu de voir au-delà de l’enveloppe sulfureuse, de réaliser que tout ce qui lui tombe sur la gueule n’est que la vengeance de celle qu’il a trahi sans vergogne. De la seule qui comptait vraiment et qu’il bafoue comme un imbécile.

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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Dim 1 Mai - 20:27

Les serpents de givre s’approprient la peau abimée, en redécouvrent les contours frêles. Les lignes qu’elle a appris à connaitre par cœur dans une autre vie, et qui lui sont désormais presque étrangères. Les gestes impudiques sont cependant dénués de sensualité, seulement empreints d’une froideur chirurgicale. Elle sent la gêne de son métamorphe. Devine qu’il est mortifié de se retrouver dans un état aussi délabré devant sa tortionnaire. La déconvenue cuisante qu’elle lui inflige devrait la ravir, mais elle n’en retire qu’une satisfaction dérisoire. La vengeance a un goût amer, la furie ne parvient pas à s’en repaitre. Constater les dégâts revient à croquer dans un grain de sel en gâchant ainsi tout le repas. Elle s’emmêle dans sa haine, trébuche dans les pièges qu’elle a elle-même posés. Elle n’est pas prête à supporter la mort du fauve. Elle ne le sera sans doute jamais. Elle l’aime mal, presque de force parfois, mais il n’y a que Lui depuis le départ. Lui et personne d’autre. Au fond, ce n’est pas le meurtre prémédité de sa sœur qui la meurtrit le plus. C’est d’avoir baissé sa garde, d’avoir été suffisamment vulnérable pour cesser de se méfier. Elle lui avait offert sur un plateau d'argent ce qu’elle lui avait arraché hargneusement des siècles auparavant. Une chose infiniment plus précieuse que son attachement inconditionnel. Sa confiance. Le préalable nécessaire à n’importe quelle relation. Malheureuse comme les pierres après avoir perdu son ainée, elle avait cherché du réconfort auprès de l’assassin. Elle avait balayé tous les doutes et toutes les médisances qu’Azzura avait incrusté dans son crâne, pour mieux se perdre entre Ses bras. Aveuglée par Ses ignobles mensonges. Trop fragile pour résister au charme irrésistible de son cousin. Pour ne pas succomber à la dévotion malsaine qui se mélangeait à son sang souillé par l’inceste. Et Il l’avait réduite en cendres, cette si chère confiance, avant de l’éparpiller aux quatre vents. Même si elle finissait par le pardonner, plus jamais elle ne parviendrait à croire en la sincérité du milicien.

« - Pauvre petit loup qu’on ne laisse pas mourir tranquille. T’as toujours une bonne excuse en stock hein ? » Minaude t’elle, usant d’intonations enjôleuses pour distiller plus efficacement son venin. Grâce à ses interrogations lancées l’air de rien, elle comprend qu’il ne se doute pas de la machination qui se trame dans l’ombre. Il ne l’imagine pas assez détraquée pour pousser le vice jusqu’à le détruire de l’intérieur, après l’avoir fait enfermer avec un faux témoignage. « - Evidemment qu’elle est dégueulasse. Tu t’attendais à un hôtel quatre étoiles ? » L’examen minutieux se poursuit pour la forme, bien que le diagnostic n’ait déjà plus aucun secret pour elle. Un ricanement mauvais s’extirpe de sa bouche fielleuse alors que la critique mal déguisée effleure ses tympans. « - Je ne sais pas encore, je vais y réfléchir. Tu le préfèrerais peut être en compagnon de cellule ? » Son souffle suave se perd contre la chair écorchée du libertin, les phalanges indécentes stoppant leur folle course juste au-dessus du dernier morceau de tissu recouvrant son anatomie. Elle sait qu’Il ne ressent rien. Aucun désir. Juste un vide abyssal et un dégoût sans limites. Elle s'emploie uniquement à l’humilier. Les mains du soldat cherchent faiblement à repousser les siennes et un sourire hypocrite ourle aussitôt ses lippes. « - T’as même pas idée à quel point. Mais tu peux ranger ta fierté de mâle dominant où je pense, on sait tous les deux que tu l’as perdue ya longtemps de toute façon. Et vu ce que tu t’abaisse à faire ici, t’as dû achever d’enterrer ton semblant d’honneur en taule. » Impitoyable et perfide, elle enfonce le clou. Il n’a presque rien dit, il ne mérite pour une fois certainement pas de s’attirer ses foudres. Mais c’est plus fort qu’elle. Elle a besoin de le trainer plus bas que terre. De se fondre dans son rôle de harpie abjecte pour éviter de se laisser attendrir. Ce ne sont pas les reproches de Nymeria, ce sont ceux de l’italienne recluse sous le masque de glace. De la femme trompée qui crève littéralement de ressentiment et de jalousie.

Ses doigts fins s’enroulent autour de la glissière de sécurité, les ongles manucurés jouent nerveusement des percussions contre la ferraille. La silhouette plantureuse s'appuie contre le rempart de fortune, le temps de décider de Son sort. Elle réfléchit. Hésite. Pèse les pour, infiniment rares, et les contre, démesurément nombreux. Les rétines translucides s’attardent longuement sur le corps famélique. La vision affreuse lui fait remonter un haut-le-cœur et elle n’a d’autre choix que de céder aux hurlements de son stupide myocarde. L'estomac au bord des lèvres. Un soupir agacé perce sa trachée. Elle se détourne vers la boite à pharmacie murale, fait semblant de fouiller derrière la vitrine de verre alors que l’antidote se trouve depuis le début dans l’une des poches de sa blouse blanche. « - T’as tellement mérité tout ce qui te tombe sur le museau… Mais faut croire que je fais partie de ces cons qui te sauvent la mise in extremis contre toute attente. T’as un don pour inspirer la pitié. » La chirurgienne s’empare d’une seringue, défait le plastique avant de la plonger dans un petit flacon puis de retourner vers son pauvre patient. « - Tu devrais ressentir une légère brûlure, c’est normal. » Prend-elle la peine d’avertir sur un ton autoritaire, pour le dissuader de protester ou de négocier. Elle désinfecte soigneusement la zone, pince la peau du ventre puis insère l’aiguille sans plus de cérémonie. La substance liquide se répand dans l’organisme. « - Je pense que tu fais une intoxication alimentaire sévère. Et l’argent dans les veines n’a pas dû aider. » L’explication se veut logique, tend à éloigner les soupçons du réel empoisonnement. La culpabilité la dévore alors qu’elle essaie d’articuler les mots avec professionnalisme et détachement. Ses phalanges froides glissent contre Son front, écartent les mèches rebelles avec ce qui ressemble à un reste de tendresse. Elle ignore les frissons de répulsion qui sévissent sous l’épiderme. La sorcière se positionne pour aspirer le mal, la migraine qui bat contre les tempes, l’arsenic qui grignote lentement la cervelle en vrac.

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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Mar 3 Mai - 20:16


L’inconfort dégringole contre la peau gelée. Des gerbes de frissons qui lui lacèrent le corps et lui tordent le bide. Plus les phalanges s’approprient sa peau, et plus le malaise lui explose dans la gorge. Le loup croyait son égo enterré, achevé lorsqu’il s’est vu contraint de s’agenouiller devant plus fort que lui. Grappiller sa survie dans le slip du roi de la prison. La honte cuisante se répercute contre les parois fatiguées. Il chancèle, vacille inconsciemment sous les mains de la chirurgienne. N’importe qui d’autre. Le toubib le plus nul de la ville aurait fait l’affaire. Qu’il annonce tranquillement la date de sa mort, le jour et l’heure. Pour le laisser joyeusement repartir dans sa cellule. C’est son karma qui lui fait un doigt d’honneur. Se fout ouvertement de sa gueule en lui envoyant la pire en secours. Celle qu’il crève d’envie de trucider, lui arracher ses beaux yeux pour arrêter de frissonner à chaque fois qu’ils peuvent se poser sur lui. « - C’est bien pour faire parler les emmerdeurs. » Il le lâche dans un soupir abîmé. S’use la trachée à tenter de faire la conversation quand il n’aspire qu’à se taire. Il devrait lui offrir son silence. Son mépris en seule réponse pour bien lui faire comprendre qu’il l’emmerde et qu’il n’a rien à lui dire. Elle doit déjà le savoir, et il est certain qu’elle s’amuse de la situation. Se marre à l’intérieur de le voir dans un état pareil. Dans un spasme assassin, les phalanges se crispent sous le souffle de la haine. Cogner, quelque chose, quelqu’un pour calmer la tempête. Il en a l’envie mais pas la force, alors il cille. Bêtement. Inspire puis soupire sa douleur. Le souffle se bloque un bref instant lorsqu’il sent les doigts gênants effleurer son ventre. L’insensibilité de la chair sous le nombril, Stain baisse furtivement le nez pour constater avec amertume que la provocation s’arrête juste avant d’atteindre sa misérable virilité.

« - Pas vraiment. Je supporte déjà ton adopté de frangin, ça me suffit. » Il le lâche avec amertume. Appose un sourire ridicule sur ses lippes. Aussi vide que le regard qu’il peut poser sur Elle. Les pupilles sombres s’ancrent un instant aux océans de glace. S’y accrochent comme un marin en perdition s’accroche à son misérable caillou puis fuient la menace. Les traits tirés du loup s’assombrissent plus encore, et l’inconfort le pousse à gigoter pitoyablement sur la pauvre table d’examen. Le souffle brûlant contre sa peau de glace lui file la gerbe. Il s’éloigne légèrement, comme pour fuir l’air qu’il respire. Tente d’apposer une distance quand il n’a aucun moyen de vraiment le faire. Il est à la merci de la chirurgienne et ce seul constat brise les derniers morceaux de fierté et de courage qui pouvaient s’accrocher aux débris. « - Je me demandais justement où je l’avais mis, merci pour la précision. Je tacherais de pas l’oublier la prochaine fois que je m’agenouille pour pas me faire éclater la gueule. » Une ébauche de rire nerveux caresse ses lèvres. Elle achève de lui agiter sa médiocrité sous le pif. Enfonce les clous qui le crucifient sur la croix de sa misère. Pitoyable jusque dans son agonie. Il laisse le silence peser entre eux, comme un rempart. Une caresse pour apaiser les tourments de son cœur. La tête basse, le loup courbe l’échine. Halète et siffle dans l’espoir de remplir ses poumons décrépis d’air. Le geste de recul est timide, la vue de la seringue le révulse mais la force de répliquer se fait absente. Docile, le soldat se laisse faire, fixe de son regard éteint l’aiguille qui transperce la chair et le liquide qui disparaît de la seringue pour se ruer joyeusement dans son corps mort. « - Ca va me filer combien de temps ? Une semaine ? Si c’est la bouffe, ça sert à rien ce que tu viens de faire. » Reculer pour mieux se jeter contre le mur. Si ce n’est que pour lui filer le temps de mieux se faire démolir, ce qu’elle vient de faire ne sert à rien. Le geste tendre suivant la précision médicale le fait trembler. D’un dégoût qu’il ne parvient pas atténuer. Virulent, affreusement violent. Le maudit brûle de lui dire de foutre le camp. D’enlever ses ongles de sorcière et de rappeler les deux affreux pour qu’il le ramène. Il en meurt d’envie mais les mots s’engluent sur sa langue. Se noient dans l’afflux soudain de sang. Une violente crampe lui déchire le bide, le fait soupirer de douleur alors que ses doigts viennent s’agripper à la peau tendue. Sous l’impulsion du mal, Stain se penche en avant. Le corps à la merci du rejet qui s’opère, les pieds insensibles qui se posent sur le sol juste avant qu’il ne chute pour de bon et vomisse son hémoglobine sur le lino de l’infirmerie.

Le cœur s’emballe, hurle et frappe avec hargne contre les côtes. Et la douleur qui lui broie l’estomac ne cesse de s’amplifier. Il a tellement prié pour que la mort arrive qu’il ne lutte même pas. Si ce qui est en train de lui briser le corps ressemble à une mutation ratée, le loup a la certitude que cette fois, rien ne le sauvera. Qu’il va crever aux pieds de la chirurgienne, derrière des barreaux. Et qu’il va enfin pouvoir La retrouver. Celle qu’il a bafoué. Celle qu’il aime à s’en arracher le cœur. C’est la seule chose qui rend la fin plus agréable, de savoir qu’Anna n’est plus loin. Qu’il aura finalement réussi à tenir une de ses promesses. Même s’il n’est plus digne de sa cousine, il s’en fout. La revoir est suffisant, effleurer les lignes d’un visage qu’il ne parvient pas à oublier avant d’aller pourrir en Enfer. Un nouveau spasme lui déchire le corps et le cerveau, achève ses résistances et le sol se meurt dans sa poitrine. Au rythme du dernier battement de son cœur en lambeaux, la carcasse s’effondre lourdement à terre.

[…]

S’extirper des brumes quand on est aussi lourd qu’une enclume. L’épaule fracassée dans la chute de son dernier souffle, branché à tout un tas de machines qui bipent et lui font crisser les tympans, Stain émerge difficilement des bras de sa mort. Il cille, péniblement. Se redresse, un peu, et gémit lorsque la perfusion dans son bras lui arrache la peau. Assister pour vivre et respirer, le fauve ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. Sa dernière pensée est restée couchée dans l’infirmerie de la prison. Noyée dans une mare de sang. Il en a encore le goût dans la bouche, la texture sur la langue. Dans un lourd soupire, le soldat se laisse retomber sur ses oreilles et ferme les paupières. Pour endiguer les larmes qui viennent de lui monter aux yeux. La saveur de l’échec remplace le sang, souffle les faibles forces qui s’accrochent à son corps défait. Il peine à croire que la Grimes ne l’ait pas laissé crevé. Qu’elle ait pris la peine de le faire transférer à l’hosto. Et pourtant, il n’est plus en prison, c’est évident. Elle aurait pu me voir crever, elle se fout de ma gueule…

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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Lun 9 Mai - 20:48

Je supporte déjà ton adopté de frangin. Le sarcasme claque contre la peau comme un coup de fouet. Sans l’effet agréable qui peut s’inviter lors de ses soirées insalubres. Les barrières de nacre se serrent à s’en faire éclater la mâchoire et elle se retient difficilement d’asséner une droite au milicien. Les picotements fourmillent désagréablement au creux de ses phalanges, elle parvient laborieusement à se contenir. Le tempérament de feu de l’italienne se heurte à la glace. L’aura sombre qui ne la quitte jamais, qui fait taire les insoumis d’une unique œillade polaire. Il n’est pas difficile de l’entretenir, même si elle a parfois des rechutes. Elle se sent vide, presque indifférente à tout depuis qu’elle est revenue pour la deuxième fois d’entre les morts. Les relents amers de la fourberie de son amant rongent son humanité. Ils la dévorent pour ne plus en laisser qu’une enveloppe rêche. Ce qui a survécu du carnage n’est plus tout à fait elle, ni plus vraiment Nymeria. Juste une anomalie qui se nourrit des échos des fantômes pour faire semblant d’être en vie. « - Alors c’est toi qui lui a logé cette maudite idée dans le crâne. J’aurais dû m’en douter… Tu pouvais pas te mêler de tes affaires ? » Sale petit con. Les lèvres délicates restent scellées, empêchent l’injure d’éclater à haute voix. Par la faute de la pipelette, elle a été contrainte de trahir un lourd secret de famille. De morceler encore davantage les liens de la fratrie.

Des restes de dévotion ou une extrême pitié. Elle ignore ce qui la mène. Ce qui la pousse à insérer l’aiguille gorgée d’antidote dans l’abdomen. A gâcher la vengeance qu’elle fomente dans l’ombre depuis des mois. La sorcière est persuadée d’être revenue pour ça. Pour Le faire payer. Et pourtant. Elle doute face au misérable. Horriblement. Le besoin de Lui venir en aide reste irrépressible. Impossible à détruire entièrement. Même après tout le mal qu’ils se sont faits. Ou peut-être qu’elle estime qu’Il n’a pas encore assez souffert. Qu’il serait presque trop généreux de le laisser mourir ainsi, être délivré alors que son combat à elle n’est pas terminé. Elle veut le voir se démener avec Ses tourments, se noyer dans l’atrocité absurde de Son existence. Les relents de tendresse se font happer par les frissons de révulsion qu’elle sent courir sous l’épiderme abimé. La réaction instinctive la fait vaciller, ronge son misérable cœur de chagrin. Elle arrive bien trop tardivement. Elle l’affecte parce qu’elle est au fond dirigée contre elle, contre le châtiment qu’elle lui a infligé sans scrupules, et non contre la véritable irlandaise. Elle aurait voulu la sentir sur la rambarde au-dessus du vide, au lieu de sentir les serpents indécents s’affairer avec un désir hargneux sous le tissu de sa robe. Elle aurait voulu le répugner d’emblée. Ne pas être en mesure d’attiser si aisément et sauvagement les braises de Ses reins. Cora aurait voulu être la seule. Ne pas être confrontée à Ses manières de chien en rut, juste obnubilé par des pulsions primaires. Elle aurait voulu qu’Il soit trop peiné par le souvenir de son cadavre encore chaud pour être en mesure de dévorer les courbes affriolantes de la chirurgienne. Etait-ce trop demander ? Etait-ce un excès d’arrogance de vouloir qu’Il honore une période illimitée de deuil ? La brune austère ne le niait pas. Mais le soldat était tombé dans tous les pièges tendus, comme un parfait imbécile. Il n’avait pas hésité une seule seconde à souiller la mémoire de sa cousine dans sa propre maison. A se brûler à n’en plus finir contre sa peau laiteuse. Il aurait mérité qu’elle lui taille ce qui pendait entre Ses cuisses en représailles. Qu’elle la lui coupe avant de l’offrir à manger à leur husky adoré.

Incroyablement violente, la crise mortelle la surprend par sa rapidité. Le malheureux détenu s’effondre, convulse, et elle n’a pas le temps d’enrailler la chute. Horrifiée, elle recule d’un pas alors qu’il s’écroule à ses pieds, recrache le contenu sanglant de ses entrailles sur le carrelage. La panique se rue à une vitesse folle dans ses veines, la paralyse littéralement. Elle se sent plonger dans une eau noire et glacée alors qu’Il s’enfonce dans les ténèbres. Il ne lui faut pas plus d’une seconde pour se jeter contre la porte, hurler comme une forcenée pour obtenir de l’aide avant d’aller chercher les palettes pour ranimer le blessé. Son esprit se vide, devient flou. Elle ne réfléchit plus, n’analyse rien. Elle se contente de réagir à la terreur qui englue ses membres dans un étau, qui ronge ses nerfs jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des filaments à vif.

[…]

« - Mademoiselle Grimes ? Votre patient vient de se réveiller. » La voix fluette de l’infirmière la sort de sa torpeur, la fait sursauter. L’organe damné entre ses côtes s’emballe, se heurte avec vigueur contre sa prison de chair. Sans prononcer un mot, la jeune femme hoche la tête et s’engage dans le couloir d’un pas précipité. Elle s’arrête pourtant net devant la porte de la chambre, toise les deux gorilles sécurisant l’entrée avant de se glisser entre eux. Elle inspire bruyamment pour se donner la force d’entrer. Elle sait qu’elle est la dernière personne qu’Il a envie de voir. Qu’Il ne comprendra pas pourquoi elle a laissé filé cette chance inespérée de l’éliminer. Les sphères métalliques détaillent la silhouette allongée du malade, plongent dans les sphères abyssales de l’inquisiteur. « - Stain… » Souffle t’elle, sans parvenir à masquer réellement son soulagement. Les traits tirés creusent le visage, témoignent des insomnies qui hantent ses nuits depuis qu’Il a été transféré en urgence. Elle se racle aussitôt la gorge, s’approche de la perfusion pour vérifier qu’elle s’écoule de manière fluide et se donner un simulacre de contenance. « - Tu es resté inconscient plusieurs jours. On t’a placé dans un coma artificiel le temps de finir de réparer toutes tes blessures internes. La convalescence risque de prendre quelques semaines, peut-être moins si l’argent est évacué plus tôt que prévu de ton organisme. » Explique t’elle mécaniquement, retrouvant la froideur implacable qui la caractérise. En rendant son timbre le plus neutre possible, elle espère qu’Il s’en tiendra là, qu’Il ne poussera pas plus loin les investigations. Elle n’aspire qu’à fuir, qu’à quitter la pièce pour soulager la culpabilité qui se réveille sournoisement. « - Navrée pour les menottes, ça fait partie des mesures de sécurité de l’hôpital. » D’un mouvement de menton, elle désigne ce qui entrave les poignets. Une mesure obligatoire mais temporaire. Le temps que la plainte pour viol soit officiellement retirée.

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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Mer 11 Mai - 20:29


Etre bourré tout en s’étant fait piétiner par un troupeau d’éléphants en pleine crise de panique. Il a le crâne en vrille et le corps perdu à des kilomètres en arrière. La tête dans le cul, et le cul dans un épais brouillard qui s’accroche à ses cils malgré ses tentatives pour le dissiper. Il s’échine à battre des paupières, pour adapter la lumière à ses pauvres rétines. Pour se rendre bien compte qu’il est en vie. Le loup complètement paumé croit entendre une voix. Son nom, et une question. A laquelle il ne peut pas répondre. Parce qu’il n’a rien compris. Pendant un court instant, l’anglais est une langue que son cerveau ne connait pas. De l’italien et du latin se pressent contre ses tempes qui menacent d’exploser sous la pression. A la manière d’un fauve méfiant et prêt à mordre, Stain examine son nouveau décor. Il n’est plus en prison, c’est évident. Trop propre, trop blanc, trop net. Il n’est pas libre non plus. Les tubes qui pendouillent et qui s’accrochent à son bras en sont la preuve. Tout comme les menottes rutilantes qui le retiennent à son lit. Il grogne, péniblement. Remarque que la douleur dans sa gorge est moins virulente. Presque supportable. Les sourcils se froncent devant ce constat, la perplexité sur le visage. Il fait le vide dans le bordel de son cerveau. Tri les tiroirs de sa mémoire pour les laisser s’entasser sur le sol. La visite médicale de la dernière chance, juste après son suicide ridicule. Le bandage autour de son poignet a été changé. Blanc comme neige, sans tache écarlate pour souligner la perte de sang continuelle. L’hémorragie qui refuse de s’arrêter et la cicatrisation laissée dans un coin de sa cellule. Le mal de bide est toujours là, comme un stigmate qui s’accroche à ses entrailles. Un vieil écho, qui lui rappelle surtout qu’il a faim. Et qu’il a morflé de l’intérieur. Mais rien à voir avec cette horreur qui le happait de l’intérieur. Le loup grogne une nouvelle fois, laisse retomber son crâne contre le moelleux des oreillers. Même ça, ça lui file mal à la tête. La migraine qui cisaille l’os en deux, le tam-tam joyeux d’un homme préhistorique qui prend sa boite crânienne pour un tambour.

Stain. Encore une fois. Il vacille légèrement, reste les paupières closes pendant quelques battements de cœur. Le temps de comprendre que c’est lui qu’on appelle. Qu’il n’est plus Ezio l’italien, mais Stain. Que les mots qui se bousculent contre ses dents ne sont pas dans le bon dialecte. Remettre le cerveau dans le bon sens et revenir dans le présent. Dans un soupir, le soldat ouvre les paupières, cherche la source de l’appel avant de lâcher un hoquet de surprise. Une stupeur vacillante qui s’accompagne d’un froncement de sourcils. Les yeux noirs s’accrochent à la chirurgienne, épousent ses gestes avec méfiance. Il écoute le compte-rendu de son état sans vraiment comprendre. Le coma artificiel, la notion même le dépasse. Il a rendu l’âme sur le sol pourri de l’infirmerie. Et des gus en blouses ont tout fait pour le ramener. C’est aussi simple que ça. Putain de merde. Il râle comme un gosse prompt à faire un caca-nerveux. Se redresse du mieux qu’il peut pour pas rester trop avachi. Ses longues jambes se traînant à la suite du reste du corps, aussi amorphes qu’avant sa petite balade chez les morts. Le nœud dans la gorge se fait violent, la boule au ventre et le cœur qui pleure devant la merde qui s’entasse. La sienne, celle qu’il accumule depuis des mois et qui s’accroche à ses pattes. Pas foutu de crever. C’est comme une chanson que l’on est incapable d’oublier. Elle tourne en boucle dans sa petite tête et lui donne envie de hurler. De tout arracher, les tubes, le machin à son doigt. Faire péter les moniteurs et leurs bips horripilant. Les ploucs du goutte-à-goutte qui lui hérissent les poils. Et par-dessous tout, Lui faire bouffer la machine à glace qu’elle se trimbale dans le derrière. « - Accusé de viol. Envoyé en taule pour me faire démolir la gueule dans les règles. Je crève devant tes talons, et pourtant t’es la première qui vient me tendre les bras à mon réveil. » L’amertume fait vibrer sa voix. Rend sa bouche pâteuse encore plus sèche. « - Tu aurais pu cracher sur ma tombe et savourer ta victoire. C’est quoi le but ? J’ai pas assez morflé c’est ça ? Faut encore en rajouter une couche alors tu leur ordonnes de me remettre sur pieds ? » Il agite ses doigts en direction du mur. Désigne le couloir au-delà et les allers-venus du personnel. Le grouillement incessant qui lui vrille les oreilles. Les sens du loup sont en friche, démoli par ce qu’il s’est pris dans la tronche. Par ce troublant retour à la surface. La différence est subtile, mais sous la peau, la guérison commence à pointer le bout de son nez. A mi-chemin entre le désespoir et le soulagement, Stain oscille. L’italien s’efforce de rester le plus immobile possible mais les menottes claquent contre le lit. Rappellent leur présence, le font grimacer et soupirer d’agacement.

« - Je suis pas capable d’aller pisser tout seul, comme si j’allais foutre le camp. Dit à tes potes que ça sert à rien, je partirais pas. » Les dents claquent avant de se serrer, les phalanges s’agitant cette fois en direction du bout du lit. Vers ses orteils. La mort restée dans le fond de ses pieds, elle fige les pattes pour bien lui faire comprendre qu’il va devoir garder son cul dans ce foutu lit et être à la merci des infirmières et autres gus en blanc. Il les déteste, tous autant qu’ils sont. Parce qu’il est déjà passé par la case hôpital et qu’il s’était juré de ne pas y remettre le museau. « - Quelques semaines, hein ? Je suis plus à ça près de toute manière. Ici ou là-bas, ça reste une cellule. » Lâche-t-il dans un souffle amer. Il scrute un instant son nouveau décor, s’attarde sur la fenêtre mais ne parvient pas à voir ce qui se passe au-dehors. L’avantage, c’est qu’au moins il sera seul. « - T’as personne d’autre à aller emmerder ? Tu veux quoi, un merci ? Merci, chérie. Tu peux retourner réfléchir à ta prochaine fausse accusation. » Le loup s’autorise à poser les yeux sur la chirurgienne. Le regard noir et brûlant d’une colère sourde. Il ne cherche pas à la cacher parce qu’il s’y accroche. A cette chaleur malsaine qui le pousserait à se jeter sur Sa jolie gorge pour l’étrangler dans les règles de l’art. La voir crever à ses pieds pour ne plus sentir ce poids dans sa poitrine. Parce qu’il la déteste et qu’elle ne mérite rien de plus que son indifférence et sa haine. C’est une belle connerie qui s’est passé dans le chalet. L’élan d’un merdeux aux prises avec ses hormones. La bile lui caresse la langue quand il repense et le vide s’échoue contre ses reins.

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MessageSujet: Re: Flesh and bones (.pv)   Dim 22 Mai - 18:50

Les rétines ténébreuses la toisent, l’écorchent vive à distance. Elle les sent suivre ses mouvements, ne pas en perdre une seule miette. Le désir brûlant ne s’accroche plus aux lunes sombres, c’est un mépris sans limites qui se loge dans les rétines. Un frisson d’inconfort lacère imperceptiblement son échine. Sans doute qu’elle n’est pas habituée à ça venant de Lui. Cette haine pure, incendiaire, sans accrocs. Dénuée de toute forme d’attachement. Il la tuerait s’il le pouvait, elle en est persuadée. Le constat amer lui fait l'effet d'une lame chauffée à blanc enfoncée dans son palpitant. Elle devrait s’en réjouir, mais la réaction espérée arrive bien trop tard. Après les caresses hargneuses, les gémissements de plaisir au rythme des reins en feu. Le souvenir lascif lui fait presque aussi mal que le meurtre de sa sœur, profondément ancré dans sa chair. Sa propre enveloppe la débecte, ses courbes plantureuses lui donnent envie de les taillader pour les enlaidir. Déchirée entre deux entités qui ne devraient pas coexister, qui n’auraient jamais dû fusionner. Les stigmates de l’adultère impossibles à effacer sans arracher l’ivoire de la peau. La froideur en armure, la chirurgienne s’efforce pourtant de se comporter comme elle le ferait avec n’importe quel patient. D’illustrer avec des mots simples son état de santé, pour pouvoir au plus vite décamper. Si elle reste, elle n’est pas certaine qu’elle se retiendra encore d’achever son œuvre. Qu’elle ne l’égorgera pas à coup de scalpel pour tout le mal qu’Il lui a infligé. Elle veut le voir mort autant qu’elle a besoin qu’Il s’en sorte. Elle voudrait danser avec ses talons aiguilles sur son cadavre, mais la simple idée de le perdre pour toujours la détruit.

« - Je ne te tends pas les bras, je fais mon travail, il y a quand même une différence de taille même si ce genre de nuance doit t’échapper. » Persifle-t-elle, le timbre pailleté de débris de glace. Elle n’a pas d’explication logique à lui founir. La seule qui tienne la rend elle-même malade. Elle n’a pas réfléchi. Elle l’a sauvé sans hésiter, comme on plongerait sa main dans un brasier. Avec le goût atroce du désespoir. La masochiste a été incapable d’envisager son existence sans son bourreau. C’était ça le véritable enfer, ce dont elle avait le plus souffert à Darkness Falls. Pas les monstres, pas la peur, pas la famine. Mais croire qu’elle ne le reverrait plus jamais. Qu’ils s’aiment ou qu’ils se détestent, Il est vital pour elle. Et pourtant, elle estime effectivement qu’Il n’a pas assez souffert. Si ses envies de torture sont étouffées pour l’instant, devant l’ampleur et la gravité de ses blessures internes, ce n’est qu’une question de temps avant que les hostilités ne reprennent. Avant d’aspirer à le voir ramper, suffoquer à ses pieds. « - Tu te prends pour un privilégié ? Je n’ai pas le pouvoir de les envoyer ailleurs, tu vas devoir faire avec. Ce n’est pas moi qui fait les règles, et que tu sois inoffensif ou pas ne les décidera pas à partir. C'est le protocole. » Lâche t’elle, acariâtre. Glaciale, elle s’efforce de ne pas se laisser attendrir. Plus la viande est tendre, plus elle est facile à dévorer. Le loup n’hésitera pas au moindre élan de faiblesse. Elle ne doit pas lui montrer combien la situation l’affecte. L’emprise écœurante qu’il peut avoir sur elle.

Odieux, le détenu ne se gêne pas pour exprimer son ressentiment. Pour effriter dangereusement ses nerfs. La sorcière reste stoïque, le laisse se défouler. Faire ronronner le fauve tapi dans les tréfonds de ses entrailles, la bête furieuse abrutie par les litres d’argent. Jusqu’à ce que le surnom ô combien irritant ne vrille ses tempes. Son sang ne fait qu’un tour, pulse dans ses veines avec une frénésie mortelle. La moquerie doucereuse est flagrante, mais la familiarité employée lui donne des pulsions morbides. Sa langue claque de mécontentement contre son palais et elle lui lance une œillade fielleuse. Le fusille sur place. Impulsivement, elle s’empare du gobelet d’eau plein sur la table de chevet et le jette violemment à la figure du métamorphe. Regrettant presque qu'il ne contienne pas de l'acide sulfurique. « - Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler chérie. » Crache t’elle, sur le ton de la confidence alors qu’à l’intérieur, elle hurle de rage. « - Tu ne m’as peut être pas forcée à coucher avec toi, mais ton séjour en taule, tu ne l’as pas volé. T’aurais même mérité d’y crever la gueule ouverte comme le vulgaire cabot que tu es pour ce que t’as fait. » Les paroles venimeuses se veulent énigmatiques, la soulagent sans pour autant être limpides pour sa créature. Cela fait des mois qu’elle se retient, qu’elle ronge son frein. Qu’elle se contente de minauder, d’utiliser de pauvres sous-entendus à défaut de pouvoir laisser vibrer pleinement sa rancœur. « - Si t’es pas content d’être sorti, c’est pareil. Je te conseille de profiter de tes petites vacances tous frais payés, et de t’écraser bien gentiment si tu ne veux pas retourner patauger dans la merde de ta cellule, connard. » La menace à peine voilée est susurrée, alors que ses doigts délicats s’emparent avec aplomb de Sa mâchoire. Bienheureuse qu’Il soit entravé par les menottes, inapte à riposter. Les sphères polaires s’amarrent aux prunelles d’ébène, les noient sous un flot de colère. « - Je peux encore tellement te pourrir la vie, tu t’imagine pas. Je te déconseille de te frotter encore à moi, t’as eu un bel aperçu de ce que ça donnait. » Elle relâche sa prise vivement, comme dégoutée par le contact de son épiderme contre le sien. Devant la porte, la reine des glaces s’immobilise pourtant. Lance un dernier regard à sa victime. « - T’as vraiment rien compris. » Souffle-t-elle contre toute attente, la voix plus fragile, entaillée par des éclats de verre. Le masque frigide se fissure légèrement. L’espace d’une seconde, elle se sent prête à dévoiler la mascarade, à révéler ce qui l’écartèle depuis sa sortie du coma. Avant de repenser au comportement terrible de Joan, au coup de feu qui a failli trouer son buste. Cela suffit à faire s’envoler sa bonne volonté. A la décider à disparaitre dans le couloir en refermant sèchement la nouvelle cage de son amant derrière elle.


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Flesh and bones (.pv)

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