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 Je t'aime, moi non plus # Joan

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ANIMAL I HAVE BECOME

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↳ Nombre de messages : 2907
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↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
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↳ Age du Personnage : 32 ans
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↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
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MessageSujet: Re: Je t'aime, moi non plus # Joan   Ven 29 Avr - 2:51

Définitivement, il tire son épingle du jeu, s'en sort avec les honneurs pendant qu'elle patauge, se noie dans un océan de confusion. Sa caresse se perd, s'oublie tandis qu'il la renverse précautionneusement sur le canapé. Elle ne proteste pas, ne cherche même pas à l'en dissuader. Son regard rivé sur le sien, elle fait de ses yeux son seul horizon. Un ciel si bleu qu'elle peut s'y laisser tomber sans éprouver la moindre crainte. Pas d'ouragan, pas le moindre nuage. Elle peut s'y abandonner jusqu'à omettre chaque mot prononcé, chaque idée projetée, jusqu'à balancer chaque conséquence. Durant ce court instant, les priorités se réarrangent. Tout semble avoir trouvé son sens, être à sa place. Depuis combien de temps lui procure-t-il cette sensation ? Une autre de ces questions qui n'effleure déjà plus son esprit engourdi. Il lui dérobe toute son attention, la prive de toute réflexion. Pendant cette poignée de secondes où tout se suspend, elle redevient cette gamine insignifiante qui aurait pu se damner pour qu'on lui adresse un tel regard. La peur déserte, renvoyée avec force par les milliers d'autres d'émotions qu'il suscite, réveille. Le métamorphe achève tout bon sens en se rapprochant, en revendiquant ses lèvres. Sa tendresse ankylose le corps de la milicienne, anesthésie pour de bon, toute trace de lucidité. Les doigts de Joan n'ont pas le temps ou l'occasion de rejoindre sa nuque qu'il lui échappe déjà. En bon meneur, il la guide sur le chemin d'une démence vorace. Poupée de chiffon entre ses doigts, elle se laisse être ballottée en tout sens. Elle ne comprend plus grand chose aux mouvements qu'ils observent, elle sait juste où il place ses mains, où il dépose sa bouche. Tout le reste semble superflu, sans importance. La sorcière agrippe son bras, se presse davantage contre lui et laisse la frustration massacrer son euphorie quand il la prive pour la seconde fois de ses lippes.

Transportée par cette douceur inopinée, enivrée par cette étreinte, elle ne remarque pas leurs doigts entrelacés, ne réalise pas sa propre réaction alors qu'elle resserre un peu plus fort sa main dans la sienne. Le chamboulement se poursuit, ses gestes sont si affectueux qu'il la prive encore de toute parole, de tout raisonnement. Sans en prendre conscience, elle lui renvoie chaque degré d'affection et redessine de son pouce, le contour de ses lèvres avant qu'il ne brise le silence. Jusque-là tout semblait parfaitement simple. Si simple qu'il avait été aisé de ne plus mêler ni le passé, ni le futur à ce présent bien trop idyllique. Dès que Declan parle, tous les démons posés au pied du canapé, ressurgissent. Une onde qui la ravage morceau après morceau. Les phrases s'entrechoquent, forment un ensemble qui lui ôte toute faculté respiratoire. Son souffle s'égare, s'éparpille entre eux tandis que le rythme cardiaque se détracte. Elle peut sentir les pulsations s’accélérer dans son cou, ses poignets, sa poitrine, ses tempes. Elle en est réduite à un amas de chair relié, semblerait-il, à ce seul organe. A nouveau, il ne cède aucun espace au doute alimentant la parole de regards et de gestes bienveillants. Elle le reconnaît à peine. Elle se reconnaît à peine. La terreur construit son jeu de galeries sous son épiderme. Inévitable pour celle qui s'était jurée de ne plus jamais laisser un homme l'apprivoiser. Elle a tellement envie de le croire et tellement envie de fuir pourtant. A l'autre bout de la pièce pour commencer, à l'autre bout du monde pour terminer. Tout va recommencer. Et elle reste là immobile à l'observer lui piller tout ce qu'elle possède. Tout ce qu'il lui reste. Son indépendance. Tout ce qu'elle a acquis depuis qu'elle a quitté Isaac. A mourir et à revivre au moindre contact qu'il lui concède, à souffrir de ses plaies, à risquer sa peau pour protéger la sienne, n'en fait-elle pas déjà une priorité ?

Les envies et la raison s'affrontent, la soumettent à l'incompréhension. «  Je comprends pas. » avoue-t-elle d'ailleurs, la crainte faisant désagréablement vibrer sa voix. « Je pige rien. » Pratiquement un couinement apeuré. Ses prunelles ne savent déjà plus où se poser. « Qu'est-ce que tu suggères là ? Tu me connais même pas. Je te les brise la plupart du temps. Je croyais que...» Tu ne m'appréciais pas. Les intonations se brisent et propulsent quelques hypothèses dans l'air. A cette phrase inachevée, à cette idée non assumée, elle ne dédie déjà plus la moindre pensée. Elle sait ce qu'elle a dû devenir, elle sait qu'elle n'a rien d'aimable. Rien qui ne permette à quelqu'un de vouloir la garder à proximité. Rien qui ne justifie tout ce qu'il vient de lui avouer sans réserve. Elle n'en mérite pas la moitié. Il doit se tromper. « Je sais pas ce que tu veux que je te dise. Qu'est-ce que t'attends de moi ? Je vois pas d'autres gars moi non plus. Et je risque rarement mes fesses pour les gens, ouais mais je sais pas, Declan. Je comprends plus rien. Y a encore deux jours, je pensais que j'allais peut-être même plus jamais revoir ta tronche. Puis je réfléchis pas moi, putain. C'est comme ça que je me suis retrouvée à me mêler de tes histoires avec cette connerie de secte de mes deux d'ailleurs. Comme ça que je me suis foutue dans la merde. Que je t'ai laissé rester. Je réfléchis pas, jamais.  Depuis le début, je fais n'importe quoi. » Tu me fais faire n'importe quoi. C'est ça le souci au fond. Elle ne fait rien à moitié. Si encline à tout risquer pour quelques sentiments, si prête à tout sacrifier pour se jeter à coeur perdu dans ses bras. Se mettre en danger, sans la moindre réserve pour un homme. Va-t-elle répéter indéfiniment les mêmes erreurs ? Le centre de la tornade. La raison pour laquelle le malaise persiste. Elle connaît les statistiques. Combien de chances pour qu'elle soit à nouveau maltraitée ? Pour qu'elle l'accepte à nouveau sans broncher ?

Lui laisser toutes les opportunités pour l'anéantir, lui permettre de la démolir. Lui fournir chaque arme pour se faire abattre. Il en possède déjà bien trop. En a-t-il seulement conscience ? Brutalement, elle dénoue ses doigts des siens, place ses bras entre eux en les nouant contre sa poitrine. Rempart nécessaire. C'est du moins ce qu'elle croit. « Puis je sais pas, putain. Tu me sors tout ça comme ça. Tu dis que t'as les idées claires... Mais peut-être que dans une heure tu vas encore te traiter de con, te tirer d'ici et silence radio pendant des semaines, comme d'hab'. Qu'est-ce que j'en sais, hein ? Jusqu'à preuve du contraire, je suis la seule conne à toujours se pointer. » Pas toujours, non. Injuste par défaut, pour se barricader comme elle peut. Toujours brisée après toutes ces années de reconstruction. Elle a fait du chemin, elle n'en a juste pas parcouru sur cette voie-là. Tout comme lui, elle n'a jamais laissé personne l'approcher d'assez près pour se permettre la moindre brèche. Comment il a réussi à déjouer ses défenses ? Comment a-t-elle pu s'attacher à lui sans même le vouloir ? Pourquoi ça lui saute à la figure comme ça ? « Je veux pas que tu me prennes pour une conne. J'ai passé l'âge de croire au père noël. Je veux pas que tu me fasses des putain de promesses que t'es pas capable de tenir. La dernière fois qu'on s'est foutu de ma gueule, ça s'est terminé dans un putain de bain de sang. » Incomparable. Elle mélange tout. Tout le temps. Les personnes, les époques, les situations. Un frisson fracasse son échine dès que les souvenirs s'imposent. Le couteau dans la main, contre son visage, elle allait l'écorcher vif dans son hystérie. Son bourreau de toujours, son mari, le père de sa fille. Mais Jill n'était déjà plus là pour assurer sa docilité, pour la préserver de la folie. Cette maudite nuit où elle allait volontiers se jeter dans une horde de zombies pour ne plus rien ressentir. Elle ne veut pas revivre ça, pour rien au monde. Elle ne pourrait pas revenir d'aussi loin une seconde fois. Mais Declan n'est pas Isaac. Et elle n'est plus cette femme.

Elle se le répète jusqu'à vaguement s'en convaincre. Suffisamment pour à nouveau, craindre viscéralement son éloignement. Prudemment, elle replace sa main contre la sienne, la fait remonter contre son bras. L'américaine lui doit au moins une réponse. Une vraie réponse ou un début au moins. « Me voiler la face, hein ? Je sais bien que j'ai pas envie qu'il t'arrive un truc, bordel. » Elle détourne les yeux, pose sa paume contre le torse du changeur. D'un murmure, elle s'entend même lui accorder une parcelle de vérité. « Puis peut-être aussi que je peux pas supporter l'idée qu'on te fasse du mal, que t'ailles mal. Peut-être que... » Peut-être que je veux pas te perdre moi aussi. Brusquement, elle se redresse. Elle voudrait presque lui expliquer mais elle est trop terrorisée. Lui dire ce qu'elle a ressenti ce soir-là quand sa maison a été marquée, l'effroi enduré à la seule idée de le penser mort. Ce qu'elle a pensé la nuit dernière tandis qu'il était au plus mal. Elle voudrait lui dire qu'il a raison, qu'elle ne veut rien s'avouer parce que c'est plus facile. Qu'elle en veut plus elle aussi. Qu'elle en a crevé de jalousie de l'imaginer avec une autre, de n'être qu'un numéro sur une liste. Pourtant, il ne peut pas réclamer autant d'efforts de sa part. Elle n'est pas capable de mieux. Avant qu'il ne puisse émettre le moindre son, avant qu'il ne puisse désapprouver son comportement, elle se colle à lui plus franchement. Ses bras s'enroulent comme ils peuvent autour de son cou, sa bouche retrouve aussi avidement la sienne. Elle l'embrasse d'une façon bien plus chaotique et bien plus exigeante qu'auparavant. Ses doigts fourragent dans sa crinière indomptée, le presse toujours plus contre elle. Avec ce baiser, elle espère qu'il comprendra ce qu'il reste à déduire. Elle y met une force assez désespérée pour au moins lui faire passer le seul message à transmettre. Elle ne veut pas qu'il l'abandonne, qu'il la plante là pour ne plus jamais revenir. Après tout ce qu'il vient de se passer, elle est convaincue qu'elle ne pourra pas le supporter.

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MessageSujet: Re: Je t'aime, moi non plus # Joan   Ven 29 Avr - 18:30

Tous les mots s'envolèrent en une fraction de secondes. Tout ce qu'il s'était imaginé lui rétorquer au fur et à mesure de son discours qu'il voulait rassurer, qu'il était capable de réconforter. Toutes ces belles paroles que ses pensées avaient finement préparées et qu'il s'était apprêté à lui livrer avant qu'elle ne brise toutes ses intentions dans une mêlée de lèvres passionnées qui le laissa choir dans les méandres du désir. Plus rien n'effleurait son esprit pendant que son corps épousait le sien avec une avidité croissante. Il répondit à son baiser avec un enthousiasme de circonstances et passa ses mains sous son tee-shirt, les déposa d'abord sur ses côtés avant de remonter jusqu'à son dos qu'il caressa franchement. D'un geste un peu farouche il la rapprocha d'avantage de son propre corps en flammes sans céder la moindre parcelle de liberté à ses lippes qu'il continuait d'harceler. Leurs chairs s'accordaient dans une union nouvelle, plus affectueuse qu'auparavant, peut-être plus avide, plus passionnelle. Il ressentait la profondeur qui se dégageait de cette étreinte, là où leurs précédentes fusions n'avaient laissé entrevoir que le néant. Les esprits s'ajoutaient à leur union. Les coeurs s'emballaient d'émotions naissantes qu'ils n'avaient encore jamais ressenties et qui offraient d'avantage de sensations et de plénitude. Mais aussi de rage et de désespoir. La force qu'elle dégageait venait le heurter sauvagement. A cette vigueur il répondit par la vigueur, s'attacha à la laisser ressentir sa présence avec toute la nécessité qu'elle semblait éprouver pour cette requête. Il lui semblait presque que transparaissait la crainte de l'abandon, à la manière d'en enfant solitaire qui s'accrochait avec démesure au cou de son parent trop absent. Il ne l'abandonnerait pas. Le lui intima en la pressant toujours plus contre sa peau nue avant de la saisir dans ses bras tout en posant pieds à terre, de la soulever, et de la porter jusqu'à la chambre.

La porte s'ouvrit sur un chien aux poils épais couché sur un grand lit aux draps blancs entremêlés. Surpris par cette arrivée, il redressa la face ornée d'un regard sombre en alerte, les oreilles pointées vers les bipèdes. L'homme, d'un simple mouvement de tête, avec dans les yeux cet éclat significatif et mystérieux qui brillait chaque fois qu'il communiquait avec la gente canine - il était d'ailleurs toujours surpris de la facilité avec laquelle il se faisait obéir des quatre pattes depuis sa première transformation - fit sortir l'animal des lieux sans un bruit avant de refermer la porte en la poussant du pied, dans un claquement à peine audible. Il déposa délicatement la désirée sur le matelas confortable avant de lui ôter son vêtement avec empressement, de l'allonger, puis de venir la chevaucher derechef. De faire une nouvelles fois de ses lèvres les esclaves des siennes, de soumettre son corps au sien dans une danse charnelle inédite. La bestialité qui avait régné jusqu'alors s'était transformée en une délicatesse fougueuse qui avait offert à l'homme une béatitude inconnue. Toute cette tendresse et cette affection qui n'avaient jamais été coutumes contrastaient tellement avec sa brutalité quotidienne. Declan avait bien du mal à se reconnaître en l'homme qu'elle venait d'invoquer dans cet élan passionnel. De la brute, il ne semblait rien rester. Elle avait fait ressortir le meilleur qui avait sommeillé en lui et qu'il avait depuis longtemps oublié. Qu'il croyait même avoir définitivement abandonné. Surpris par son comportement aimant et délicat, il n'en fut pas moins comblé. Ces dernières heures étaient définitivement très spéciales et le métamorphe commençait à redouter le moment où elles prendraient fin.

[...]

Les corps dénudés étaient allongés dans la pénombre de cette chambre aux rideaux tirés, immobiles et fatigués. Le temps avait filé trop promptement. L'irlandais ne voulait plus se détacher de son amante qu'il serrait tendrement de ses bras sans plus aucune énergie. Son torse chaud épousait le dos cambré de Joan. Ses doigts, affectueusement, caressaient son bras en prenant grande précaution de ne pas frôler les hématomes douloureux. Il repensait à tous ces mots auxquels elle ne lui avait pas laissé le temps de répondre et ressentait le besoin de la rassurer maintenant que leurs désirs coutumiers avaient été comblés. Il ne voulait pas la laisser s'éparpiller plus longtemps dans des interrogations chaotiques qui ne feraient que tourmenter inutilement son âme. Declan avait conscience que ses paroles à venir seraient bien futiles et ne suffiraient pas à balayer les peurs et les doutes, mais elles avaient au moins le pouvoir de les affaiblir. Il brisa donc le silence.

« Je ne disparaîtrai pas ». Sa voix était presque un murmure dans cette ambiance engourdie. Et cette angoisse que possédait la jeune femme invraisemblable. L’irlandais était un homme prêt à tout pour ceux qu’il chérissait et cette facette était la première que l’on discernait chez lui. Il avait toujours été totalement dévoué à ceux qui s’étaient fait une place dans son coeur un peu bourru, jusqu’à s’oublier totalement pour leurs profits. Paré à tous les sacrifices, même à celui de sa vie. Comment pouvait-elle imaginer qu’après l’avoir touché si profondément il serait capable de la laisser si facilement dans son sillage ? « Je n’te ferai aucune promesse, mais pas parce que j’serai incapable de la tenir... C’est pour toi. Parce que je n’veux pas que tu t’sentes piégée dans une relation qui semble vraiment t’angoisser... ». Ses doigts n’avaient pas cessé de jouer avec délicatesse sur sa chair nue. « Je n'sais pas ce qu'il s'est passé pour qu'tu aies si peur aujourd'hui mais je sens qu'c'est pas tout rose et j'veux rien faire qui pourrait t'faire craindre que toute cette merde que tu sembles avoir vécue recommence. Laisse moi simplement une chance Joan s'il te plaît. De t'prouver qu'je suis différent de celui qui t'as fait tant de mal... ». Il ne savait pas d'où lui venait cette facilité à s'exprimer sur un sujet qui lui était pourtant totalement inconnu. Il avait l'impression d'être un autre et cet autre le réconfortait. Il n'y avait finalement pas que le mal en lui et cette perspective le menait sur des sentiers qu'il avait pensé ne plus jamais fouler : ceux de la lumière qui l'avait choyé jusqu'à ce que l'obscurité ne finisse par la chasser, portée par les aléas indomptables de la vie. « C'est vrai... je n'sais pas grand chose de toi mais l'peu qu'tu m'as laissé voir m'a suffi à n'plus pouvoir me séparer d'toi. Ca fait longtemps je crois... que j'enrage quand tu m'laisses en plan puis sans nouvelle après avoir eu ta dose. C'est devenu insupportable au fil du temps... Me demande pas de t'expliquer pourquoi je ressens c'que je ressens, j'en suis incapable. Je le ressens, c'est tout ». Comment expliquer les sentiments ressentis à l'égard de quelqu'un ? Le fait de ne pas pouvoir dire pourquoi mais d'affirmer la véracité de ses émotions avec conviction, c'était ça qu'il pensait pouvoir appeler Amour. Mais après tout... que savait-il vraiment de ces choses là ? « J'arrive pas à comprendre comment on peut passer sa vie à foncer vers le danger tête baissée, à s'foutre dans les emmerdes jusqu'au cou et à les affronter avec une paire de couilles énorme... à les chercher même... et être si minables et terrorisés quand il s'agit simplement de sentiments... ». Quels qu'ils soient. Son frère. Sa soeur. Ses neveux. Maintenant Joan... L'existence relationnelle était terrifiante et compliquée. Mais elle aussi il voulait tenter de l'affronter. « Ne me fuis pas s'il te plaît... ». Il ne lui demanderait pas plus que ça. Pour le moment.
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MessageSujet: Re: Je t'aime, moi non plus # Joan   Sam 30 Avr - 3:14

Au milieu de milliers d'appréhensions, au centre de toute torture mentale, subsiste la seule crainte à révoquer. Le rejet. Et si toute cette mise en scène s'achevait sur un refus catégorique ? Elle ne joue pas selon ses règles après tout. Là où elle esquisse des vérités ténues, il s'affirme sans plus la moindre pudeur. Il est vrai qu'il soupèse encore ses mots, ne la bouscule que par ce que ses paroles suggèrent. Cependant, l'honnêteté du changeur bouleverse la trame de ses mensonges. Ceux qu'elle tisse pour ne pas croire en ses intentions. Pour ne pas envisager cette suite à laquelle elle aimerait peut-être rêver. Les sentiers qu'il dessine de sa voix trop grave, ne les mènent qu'au danger. S'approcher un peu plus, se heurter davantage. Collision pour dégâts irréparables. Il lui propose de s’abîmer, de se déchirer en osant la faiblesse. Parce que ça ne peut pas se terminer d'une façon agréable. Tout est voué à l'échec sous une forme ou une autre. Une conviction acquise par l'expérience. Peut-être qu'en cherchant à s'approprier son corps, elle décide de ne pas entrevoir de finalité. Peut-être que c'est elle qui a besoin d'être rattrapée maintenant. A croire qu'il l'entend, qu'il comprend... Il ne la repousse pas, ne l'accuse pas, il l'accepte avec la même clémence, la même démence. Les mains de l'irlandais réapprennent ses courbes, glissent sous le textile, lui arrachent de légers frissons et dissipent surtout le moindre doute. Ses baisers brisent sans mal le flux de ses pensées, congédient la raison et cette multitude d'angoisses auxquelles elle a tant voulu s'associer. Le cœur au bord des lèvres, le désir nouant les tripes, elle s'agrippe plus férocement à lui, laisse ses doigts dévaler sa nuque, son dos. Il entretient sa fièvre en la calant contre lui avec force. Elle se sent alors si minuscule dans ses bras, si menue, presque insignifiante. Chaque contact avec sa peau lui rappelle que ce n'est pas le cas, chaque caresse lui suggère même son total opposé. Bien vivante, bien présente. Sous ses paumes revêches mais étrangement délicates, la sorcière se réinvente. Contre lui, elle en oublie jusqu'aux séquelles de la veille, aux cicatrices de la décennie antérieure. Il ne reste plus que ce qu'elle est, pas ce qu'elle prétend être, ni ce qu'elle voudrait être. Avec lui, maintenant, elle n'est déjà plus qu'une femme. Et pour une fois, elle n'en est absolument pas désolée.

L'euphorie éclot de cette impatience à en attendre plus, à vouloir toujours plus. Elle resserre son étreinte quand il l'emporte, fait dériver ses lippes contre son cou. Trop enivrée par la promesse de ces retrouvailles charnelles, elle ne remarque pas la fuite du husky. C'est à peine si elle a conscience du décor dans lequel il les projette. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il est à nouveau contre elle et qu'elle compte réduire à néant le moindre obstacle entre eux. Extatique de renouveler cette liaison, de la revivre plus intensément. De leurs aventures précédentes ne se démarquait que leur chaos respectif, chacun exprimant une rage permanente, une colère sourde qu'il fallait annihiler dans un corps à corps essentiellement animal. Aucune prévenance, presque aucune chaleur, ils s'utilisaient mutuellement. Elle avait toujours été d'accord avec ça. C'était ce qui lui convenait. Rien qui ne lui donne envie de se blottir contre lui après l'acte, rien qui ne l'invite à rester. Rien qui ne puisse la détourner du but premier. De se soumettre totalement à cette attraction, d'assouvir un désir sans cesse entretenu. Toutes ces nuits à égarer un peu de ses démons dans ses draps, à les additionner aux siens, elle ne les regrette pas. De bien des façons, elles lui ont permis de tenir la distance. Une survie par le chaos. Ce qu'il lui offre désormais, surpasse de loin ce qu'ils ont pu partager. Il n'est plus que son partenaire de déroute. Il devient déjà un refuge. L'échappatoire à une réalité oppressante, une issue idyllique au quotidien catastrophique. La douceur qu'il manifeste à son égard lui réapprend la confiance, accentue sa propre fougue, donne un relief inédit à cette passion. Il la métamorphose en ce qu'elle ne croyait plus jamais être. Entière. Entière et aimante. La brune délaisse pour ces quelques instants, ses faux semblants, en oublie la méfiance. En se défaisant de ses troubles et en s'alimentant plutôt de ses caresses, de sa tendresse, elle s'abandonne à de nouvelles sensations, bien plus enivrantes que les précédentes.

(...)

Engourdie par la chaleur qu'il dégage encore, abritée par l'ombre du bras qu'il a glissé autour d'elle, par cette main qui serpente précautionneusement contre sa peau, elle pourrait presque céder à la somnolence latente. Pour la première fois depuis une éternité, l'amertume a déserté. Elle se donne le droit de savourer ces instants de plénitude, de ne pas penser à ce qui la dérange. Elle se contente d'exister ici, maintenant, contre lui. Ça lui semble amplement suffisant pour l'instant. Ses aspirations sont pourtant mises à mal par les intonations rocailleuses que son amant dispense soudainement. Les doigts de Joan se crispent contre la main qu'elle a pris inconsciemment en otage. La mélancolie réinvestit péniblement sa poitrine. Les peurs assoupies en son sein, se déploient à chaque nouvelle phrase qu'il débute. Il la confronte sans le vouloir à ce qui lui fait mal et lui fait sans aucun doute prendre conscience de ce qu'elle a pu laisser s'échapper dans les chamboulements qu'il a négligemment suscité. Il délivre un peu plus de vérité, pose des termes sur ce qui a outrepassé leur viligance. La tempête reprend mais le vent a déjà changé de direction. « J'ai jamais réussi à te fuir réellement même quand je le voulais... » lui avoue-t-elle d'un murmure en faisant rouler son pouce contre sa paume. Plus facile de lui faire des confidences quand l'azur ne la déstabilise pas, ne l'accule pas dans ces sentiments trop voraces pour sa frêle carcasse. Ses paupières basculent. « T'es quand même qu'un foutu maso, mec. On te l'a déjà dit ? Le côté handicapé du sentiment, c'est rien en comparaison. Tu t'écoutes parler ? Le peu de ce que je t'ai montré, c'est quoi ? Je l'ouvre tout le temps pour t'emmerder. T'aimes tant que ça, être insulté ? Non parce que c'est pas un souci, hein mais bon après faudra pas te plaindre. » Ses doigts rattrapent la main qu'il faisait coulisser contre son bras, l'obligent à se poser contre son ventre, à resserrer leur étreinte, à l'envelopper un peu plus. « Tu viens déjà d'en faire une... De promesse. De pas disparaître. » Sa bouche glisse contre le bras qu'elle a replié contre elle. « Alors t'as intérêt à la respecter, Grimes. Sinon je donne pas cher de ta précieuse paire de couilles soi-disant énorme. » Sa voix supporte à peine le poids de sa menace. Elle n'est déjà plus crédible. La trouille s'est insinuée dans son timbre, l'a rendu pitoyable. Ses dents grignotent nerveusement sa lèvre inférieure tandis qu'une foule de questions l'assiège. N'a-t-elle pas scellé un accord ? N'ont-ils pas débuté quelque chose à son insu en acceptant le changement, en le sublimant de la façon la plus intime qu'il soit ?

La trentenaire ne peut plus repousser les conséquences alors elle décide de faire preuve de la même bravoure. Elle décide de prendre le taureau par les cornes et de foncer la tête la première. Il a raison, c'est comme ça qu'ils fonctionnent tous les deux. Et si Declan y arrive, elle ne voit pas pourquoi elle ne le pourrait pas. « Qu'est-ce qui va se passer maintenant, Declan ? » Ce n'est encore qu'un son léger, chétif, frémissant qui divulgue toute sa vulnérabilité. Elle se retourne lentement vers lui, cale un bras sous sa tête et fixe un point hasardeux sur le torse nu de son invité, bien incapable d'accoster le bleu de ses yeux. « Je suis censée faire quoi ? Me pointer chez toi avec des cookies et des putain de bons petits plats qui auront mijotés toute la journée ? T’appeler par un surnom débile qui pue la connerie profonde et sourire bêtement quand j'ai envie de t'en coller une ? » Tout ça, elle l'a bien été. Dans son autre vie, avant quand elle pouvait encore aimer sans craindre. Quand elle pouvait encore croire que toujours soit possible. Elle ne peut, ne veut plus redevenir cette femme. Et pourtant, c'est sûrement celle-là qu'il mériterait. Il a déjà compris bien des choses sur elle mais est-il passé à côté de l'essentiel ? « Je suis peut-être » sûrement. « pas la meuf qu'il te faut. T'y as pensé à ça ? Je suis une prise de tête, putain. Tu le sais mieux que personne. Je pense pas pouvoir changer.» Changer pour quelqu'un à nouveau. « En fait, j'ai surtout pas envie de changer. » Une précision à laquelle elle accorde une grande importance. « Je suis pas aussi douée que toi pour tout ça parce que ouais, t'es là à la ramener sur le fait que t'arrives pas à gérer ce que tu ressens alors que putain... Tu m'en as foutu plein la gueule depuis tout à l'heure. Même bourré, t'as été plus cohérent que moi, sobre, bordel.» C'est trop, trop d'un seul coup, trop pour sa seule personne, trop à assimiler. Elle ne parvient toujours pas à déterminer ce qu'elle veut réellement si ce n'est sa présence et non, son repli. Elle sait juste qu'elle ne veut pas qu'ils en restent là, qu'ils s'oublient. « Ça me terrorise.» Le pire aveu d'entre tous. Elle se recroqueville, pose le haut de son crâne contre le buste de son interlocuteur. D'eux deux, elle est la moins courageuse et par dessus tout, elle déteste se reconnaître dans cette faiblesse. Pire encore, de la servir à celui qui n'aurait jamais dû l'apercevoir en premier lieu.

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MessageSujet: Re: Je t'aime, moi non plus # Joan   Sam 30 Avr - 17:23

Etonnant contraste entre ses gestes tendres et ses mots trop indélicats pour faire de cette silhouette gracile et féminine le préjugé classieux auquel on s'attendait la première fois. Il savourait ces attentions aimantes et nouvelles qui préservaient pourtant sa dulcinée entière. Fidèle à elle-même, même dans la délicatesse de l'affection. Declan n'en espérait pas plus. Ecoutant ses mots avec ravissement, il la laissa naturellement guider sa main jusqu'à son ventre plat, lui offrit cette étreinte plus franche et rassurante qu'elle quémandait. Armé d'un sourire qu'elle ne pouvait deviner, il se régalait des inquiétudes de Joan qu'il savait vaines et du semblant de menace qu'il prit pour ce qu'elle était, à savoir une supplique plus qu'une réelle bravade. Il avait peur du rejet, mais il n'était pas le seul à détenir cette crainte. Finalement, même dans leurs angoisses ils paraissaient si semblables... L'irlandais sentit le soulagement parcourir son corps en prenant les grossières provocations de la peacekeeper pour ce qu'elles étaient : la preuve de son attachement au métamorphe qu'elle avait elle aussi très peur de perdre. La preuve qu'elle avait nié tout comme lui jusqu'à ce que l'amant ne finisse par oser le premier pas qui serait la première pierre à leur édifice sentimental improbable. Surpris mais non moins transporté par les failles de son armure qu'avait finalement daigné lui révéler Joan, il lui répondit d'un timbre enjoué, presque railleur. « Ma paire de couilles m'est trop précieuse pour qu'je la risque. T'en fais pas, y a pas d'danger». Et ajouta à sa tirade légère, cette fois avec beaucoup moins de légèreté. « Tu sais ma belle, j'suis peut-être un peu maso dans mon genre, mais j'te signale au passage que t'es vachement mal placée pour m'sortir un truc pareil. On peut pas dire qu'tu sois plus équilibrée qu'moi sur c'oup là. Je suis autant aimable et distingué qu'toi - quelle belle ironie de circonstances - et ça t'empêche pas d'm'ouvrir tes bras toi non plus ». Identiques qu'ils étaient, deux reflets du même calibre qui n'avaient de différent que leurs appartenances à leurs gentes respectives.

S'invitèrent encore l'anxiété et le désarroi. Joan avait tellement de préoccupations qui n'avaient pourtant aucun lieu d'être. Elle se tracassait vainement sans même se rendre compte de l'éventualité de se fourvoyer. Elle pataugeait dans des eaux troubles qu'elle aurait pu s'éviter, dans lesquelles elle n'aurait jamais dû mettre le moindre pied. Le désordre régissait son esprit qui se heurtait à de nombreuses questions sur leur avenir, mais aussi sur leur passé et leur présent, sur le pourquoi du comment. Sautait sur toutes les occasions qui se présentaient à elle pour justifier que l'affection que son amant lui portait n'était qu'une pure folie, pour se dénigrer et tenter de le persuader de sa démence passagère qui l'avait poussé dans ses bras trop méprisables pour mériter toute cette attention qu'il lui vouait. Enonçait ses exigences avant même de savoir si leur expression était fondée, se précipitait pour ne pas laisser à l'autre le temps d'aborder lui-même ces sujets délicats qu'il savait la troubler et qu'il avait eu le désir et l'intention de rassurer avant qu'elle ne s'empresse de le faire avant lui. « Hey, calme toi » lui souffla t-il dans un murmure, dépassé par la précipitation de l'amante angoissée. Il resserra ses bras autour de son corps qui lui faisait face dans une position presque foetale. La sécurisa de sa chaleur avant de lui dévoiler les mots qui la décuplerait et finirait de la réconforter. « Je n'sais pas ce qui va s'passer Joan, mais je suis à peu près certain que c'est pas en s'posant tout un tas de questions sur le sujet et en s'inquiétant comme tu l'fais d'la suite que ça s'passera bien. Si tu laissais simplement les choses se faire sans te torturer l'esprit comme ça et qu'tu te contentais d'voir ce qu'il s'passe ? ». Il lâcha un soupir tout en resserrant toujours plus leurs nudités entrelacées. « T'es pas censée faire quoi qu'ce soit d'plus. Et j'ai jamais compté qu'tu changes, ni de te l'demander. Je veux pas qu'tu changes mais qu'tu restes simplement toi, cette femme qui parle comme un bonhomme, cette femme super chiante et grossière qui n'a pas sa langue dans sa poche, avec un tempérament très fort qui m'tape parfois sur le système. C'est cette femme là qu'je veux, pas une vulgaire ménagère soumise des banlieues chics. C'est tout ça qui m'a conduit là où j'en suis aujourd'hui. Pourquoi je voudrais qu'ça change ? ». Un petit sourire venait se peindre sur ses lippes pendant qu'il osait un brin de plaisanterie dans tout ce trop plein de sérieux, juste histoire de détendre un peu l'atmosphère. « De toutes façons j'suis sûr qu'tu sais même pas les cuisiner les cookies ».

Declan avait du mal à comprendre cette intention qui découlait de l'implication. Lorsqu'un couple s'officialisait comme tel, ou franchissait une étape importante dans leur relation, le changement venait irrémédiablement s'incruster. Pourtant, ce n'était pas l'idéalisation de ce que l'autre pourrait être amené à devenir s'il se façonnait d'une autre manière qu'on apprenait à aimer - puis ça serait bêtement se bercer d'illusions qui peut-être ne poindraient jamais - mais ce qu'il était présentement. Pourquoi vouloir changer quelque chose qu'on avait appris à aimer tel quel avec le risque de ne plus apprécier l'image renvoyée une fois qu'elle aurait été transformée. C'était cette Joan qu'il chérissait, pas celle qu'elle pourrait être. Puis, si elle étouffait cette partie d'elle-même qu'elle savait parfois exaspérante, elle serait fade et sans plus aucun intérêt pour cet homme que ce tempérament de feu était parvenu à conquérir. « N'aies pas peur de devoir devenir une autre, parce que cette autre j'en voudrais pas de toutes manières ». Ca aussi c'était une promesse.

Il se redressa légèrement et vint déposer un baiser sur son front tout en caressant brièvement sa chevelure, puis de poser sa paume contre sa joue et son regard sur ses traits trop soucieux. Il l'observa un instant, avec plus que le silence au bord des lèvres, puis dut se résoudre à mettre un terme à ce moment privilégié qu'il n'avait pourtant aucune envie d'achever. « Il faut qu’j’aille à l’hosto ». Le chagrin et la culpabilité de la veille resurgissaient au fond de ses yeux pendant qu’il imaginait la scène qu’il serait amené à redécouvrir. Keane, ce petit être chétif au corps bandé et alité sur un lit immaculé d’hôpital, relié à des machines et à des tuyaux, plongé pour un temps indéfini dans un coma artificiel censé annihiler toutes ses souffrances de grand brûlé qui seraient longues à cicatriser. Puis il ne pouvait laisser Nate plus longtemps sans soutien dans les vieux bras de leur voisine Agatha. Les responsabilités venaient s’agripper une nouvelles fois comme des forcenées à ses épaules usées et il n’avait pas le droit de se débattre. Il avait fui le temps d'une soirée. Le temps d'une nuit. Il s'était accordé cette dérive éphémère qui avait été nécessaire et devait maintenant retourner sur le front de ses tourments. Il s'assit sur le rebord du lit et attrapa le pantalon prêté par Joan qu'il enfila lentement, peu pressé d'affronter ce qui l'attendait, la tête basse et le corps un peu voûté. Pensait que tout serait de toutes manières bientôt fini... Qu'Emmy ne tarderait plus à venir s'en assurer, dès sa liberté retrouvée...
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MessageSujet: Re: Je t'aime, moi non plus # Joan   Lun 2 Mai - 3:49

Aussitôt l'anxiété dispersée, le regret noue les tripes. Il y a longtemps qu'elle s'est jurée de ne pas dévoiler ses états d'âme. Bien avant sa résurrection à vrai dire. Elle ne supporte pas l'idée de divulguer ce qui l'embarrasse au plus haut point. Bien qu'elle apprenne plus subtilement à évincer ce trait de caractère de son quotidien, il subsiste dans les replis de sa conscience et se révèle quand elle devrait pouvoir aisément le chasser. Aucune confiance en elle, aucune estime pour la femme qu'elle est. C'est un travail de longue haleine qui nécessite constamment son énergie. Elle a évolué mais n'a pas encore réellement obtenu totale satisfaction. Ne pas avoir réussi à sauver sa fille du péril, ne pas pouvoir se le pardonner. Ce seul fait la hantera sans doute jusqu'à sa mort et ne lui permettra pas de résoudre entièrement ses problèmes. Cependant, le seul souvenir à déranger sa sérénité, est tout autre. Elle a appris à écouter ce que son ex-époux lui rabâchait et ça pendant bien des années. Elle a fini par le croire, a accepté de se faire ainsi rabaisser et même si elle réalise désormais sa bêtise, elle ne parvient pas à faire taire cette petite voix dans son crâne. Tout ce qui ressort de son discours ne met en exergue que ce traumatisme, cette sensation de ne jamais pouvoir suffire à qui que ce soit. Surtout pas à Declan Grimes. Quand bien même il soit bien loin d'être lui-même exempt de tout pêché. Quand bien même, il ait commis un paquet d'erreurs. Quand bien même, il ne soit pas parfait. Que pourrait-elle apporter à un homme de sa trempe ? Dépassée et honteuse de ses révélations empressées, chaotiques, Joan profite de son étreinte pour s'enfouir dans ses bras, disparaître au mieux. Elle s'en veut de lui faire subir ça pour si peu au fond. Ils ne se sont rien promis en dehors des évidences qui n'en étaient peut-être pas avant aujourd'hui. Minimiser la prise de risques ne l'aide en rien. Elle finit par laisser les mots du changeur atteindre ses nerfs en pelote.

La sorcière a envie de rire. Rire à gorge déployée quand elle réalise qu'il est plus lucide, censé et plus en phase émotionnellement qu'elle. Qui l'aurait cru ? Ironiquement, au fond, elle n'aurait jamais soupçonné ça. A chaque nouvelle facette manifestée, il grappille davantage son attention. Pendant qu'il simplifie chaque complexité, elle se surprend à se détendre et à se trouver incroyablement stupide. La panique s'estompe mais perdure dans une moindre mesure tandis qu'il achève son monologue. Si quarante-huit heures avant on lui avait prédit tout ça, elle aurait sans doute été la première à crier à la farce. Comment en sont-ils arrivés à ce point où il apaise ses insécurités et où elle se laisse aller à toute sa vulnérabilité contre lui ? Encore confuse, la trentenaire décide néanmoins, d'écouter ce que son amant lui propose. Éviter de réfléchir à ce qu'ils font, encore moins à ce qu'ils se sont dit, se diront peut-être. Rien ne peut être certitude de toute manière. Rien n'est vraiment clair non plus sans doute. Et même si Declan affirme qu'elle ne doit rien changer, il est certain qu'il s'attend à quelque chose de plus. Vu que leur mode de fonctionnement ne semble plus le satisfaire et qu'elle ne voit pas comment ils pourraient entretenir cette relation autrement. Sans qu'elle ne débarque chez lui pour réclamer sa présence désespérément. Comment lui donner la sensation de ne pas se servir de lui dans ce but et de filer ensuite ? Les questions reviennent, la terreur aussi mais elle y coupe court très vite. Une chose à la fois, il a raison. Jusqu'ici, ils s'en sont plus ou moins bien tirés. « Putain, plus tu fais mon portrait, plus je me dis que je devrais foutre ton cul dans un asile. Foutu maso. » conclut-elle pour la forme avant d'ajouter une précision futile. « Tu peux t'estimer heureux que je te force pas à bouffer les essais alors. » S'il savait qu'elle passait ses journées de cette façon autrefois. Le cliché de la ménagère soumise comme il l'a si bien résumé. A arrêter de bosser pour élever son gosse et à attendre un mari de plus en plus absent en mitonnant des repas de plus en plus exigeants. Rien qu'en y repensant, elle  se donne envie de vomir.

La dernière réplique de l'irlandais affole douloureusement son rythme cardiaque. Pour ça aussi, elle a envie de se cogner la tête contre un mur. Tellement désarmée par sa nouvelle façon d'être, de lui divulguer avec ce qui semble être une aisance manifeste, ce qu'il pense, ressent. Ses lèvres contre son front, ses doigts dans ses cheveux et ses yeux dans les siens. Pourra-t-elle si habituer un jour ? Après ce virage inopiné, elle n'aurait jamais cru pouvoir recevoir une telle tendresse de sa part. Elle semble toujours irréelle, l'est d'une certaine façon. « Ouais bon bah... Ok. » C'est tout ce qu'elle parvient à articuler après sa tirade. Que peut-elle ajouter à ça ? Déstabilisée par sa sollicitude, elle finit par se perdre une fois de plus, dans l'azur avant que le monde extérieur ne les rattrape pour de bon. Elle le laisse sonner le glas de ces quelques moments volés aux circonstances, grogne à moitié pour souligner son mécontentement tandis que sa chaleur et son odeur l'abandonnent déjà. Un soupir et elle se relève à son tour. « Ouais et moi, j'ai des comptes à régler. » Elle va retrouver les petits malins de la veille, la mafia doit récupérer son fric. Sa couverture doit demeurer intacte, elle doit respecter ses engagements. Sa vengeance a le temps et l'occasion d'être balayée alors que ses préoccupations s'amplifient pour le plombier. Le désarroi de ce dernier métamorphose son assurance des derniers instants. La brune ignore comment venir à bout de ce mal être. Elle doute de réussir réellement à y mettre un terme. Seul le rétablissement de Keane en aurait le pouvoir sans doute. Désagréable sensation d'impuissance qu'elle cherche à annihiler en tirant un pull du haut de sa commode et en le tendant au trentenaire. « Je te conseille d'enfiler ça, ma voisine va encore nous faire une syncope si elle te voit te barrer comme ça. J'ai pas de chaussures à te filer par contre . Puis on m'a confisqué la bagnole alors tu devras te démerder comme ça. » Elle ne lui a pas dit pour l'infiltration, les conséquences notamment à leurs actes antérieures mais elle décide que ça n'a pas d'importance de toute manière. Il n'a pas besoin de savoir. Sa main glisse lentement contre le bras de son invité, en signe de réconfort. Aucune parole ne semble nécessaire ou suffisante. Elle se contente de le soutenir silencieusement.

Trop vite, elle est habillée. Trop vite, il se trouve dans le hall, prêt à partir. Dans l'encadrement de la porte, elle se demande encore comment ils en sont arrivés là. « La prochaine fois que tu te bourres la gueule, va te coucher direct, ça vaut mieux. Ou alors évite de te torcher quand t'as personne pour te foutre au pieu. » ajoute-t-elle pour combler les blancs. Implicitement, elle s'introduit dans l'idée de la non-solitude en cas de dérive et s'inquiète aussitôt de le suggérer de la sorte bien que présenté de manière indirecte. Capricieusement, elle s'approprie une ultime fois la bouche de l'égaré, sans même prendre le temps d'analyser son comportement. La milicienne lui souffle en guise d'au revoir « Fais gaffe à tes fesses, Grimes. » Elle attend qu'il ait déserté le palier pour refermer la porte. Dos à la paroi, elle tente de rassembler son sang-froid. L'esprit décomposé, les émotions en vrac et l'épuisement massif. Elle vient d'essuyer une sacrée tempête. Elle n'est pas sûre d'apprécier l'accalmie cependant.
- Sujet terminé -

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Je t'aime, moi non plus # Joan

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