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 Damn, I wish that I could resist you ║ Shae

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MessageSujet: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Ven 20 Mai - 3:19



Damn, I wish that I could resist you

 
Can't decide if I should leave you or kiss you


Je me réveille, encore dans le cirage. Les blessures, bien que pas si graves, me tiraillent un peu partout. J'en ai marre de cette vie qui nous donne des coups. Encore agacé, les mots de la veille trop présents dans la tête, je me lève rapidement pour me voir prendre un café. Je suis désolé, tellement désolé de la tournure des événements. Mais je ne sais plus comment faire pour la protéger, je n'ai jamais été très doué pour les sentiments.

Une grande tasse de café avalée, quelques regards dans le miroir face aux restes de coups marqués et je soupire. Plus jamais une telle connerie. J'ai voulu croire que c'était une revanche sur la vie, que faire passer les interdits n'était pas si dangereux. J'ai voulu croire que j'avais eu ma dose et que je ne risquai plus ma vie, sa vie. Et voilà le résultat. Je roule des yeux et soupire en attrapant un bouquin. Les douleurs sont assez vives, ma colère un peu trop fraîche. Les heures passent lentement avant que mon esprit se réveille.

Shae. Et merde. On avait rendez-vous ce soir, dans un bar. Parce que c'était pas grave de penser à se voir dans un tel endroit, un verre allait pas nous tuer. La bonne blague. Hors de question d'y retourner. Mais pas non plus question d'annuler. C'était un rendez-vous à ne pas louper, mettre les choses au clair. Je suis sûr que t'adores Shae de là où t'es. Que tu te fous de ma gueule alors que tu me vois m'attacher. Tu ris en me disant que tu savais que ça arriverait. Mais je suis désolé petit frère, ça ne peut pas arriver.

C'était le contrat entre elle et moi. Pas d'attache, pas dans cette vie, pas dans cette réalité. On ne peut pas se le permettre. Je ne peux pas me permettre de m'attacher à d'autres gens. C'est des pertes et de la douleur. C'est les voir souffrir et ne rien pouvoir faire. Je ne veux plus me sentir impuissant. Les relents de la veille jusque dans les dents, je sais pertinemment que je suis incapable de m'inquiéter pour plus d'une personne. Et cette place est déjà prise.

Ma seule famille. Je ne peux pas la laisser. Je passe mes mains sur mon visage tuméfié et me demande ce qu'aurait été nos relations dans une autre réalité. Une autre époque, un autre choix de vie et pas d'apocalypse. Une vie sans tous ces tourments. Quoique, je dois avouer que le facteur zombie rend parfois la vie un peu intéressante. Risquée mais marrante.

Mais c'était pas le sujet. C'était pas non plus le moment de divaguer. Un petit coup d’œil vers ma montre. Il ne reste plus que deux heures avant qu'on se retrouve. J'aimerais dire que je ne sais pas où elle est, que je ne la connais pas assez pour savoir qu'elle va partir de son bureau en courant cinq minutes avant de devoir me rejoindre. Mais je le sais, je le sais bien trop. Elle est dans ses papiers, ne voit pas le temps passer. Je sais exactement où la trouver.

Je soupire, quelque part au fond de moi je n'ai pas envie d'y aller. Pas envie d'avoir cette discussion et d'arrêter. Pas envie de faire les bons choix. Mais il faut, pour ne pas en souffrir plus tard, il faut avant que ce ne soit vraiment trop tard. Je sors de l'appartement, m'allume une cigarette et marche jusqu'à son bureau. Les hématomes me brûlent, peut-être l'appréhension aussi. Mais peu importe. C'était ce qu'il fallait faire. Ce qu'il y avait de mieux à faire. Et pas seulement pour moi, mais pour elle aussi. Je ne pouvais pas me permettre de lui faire des promesses que je ne pourrais jamais tenir. Elle valait mieux que ça. Elle valait tellement plus que ça.

Un sourire déjà nostalgique sur mon visage et de longues minutes de marche plus tard me voilà à l'entrée de son bureau. Je finis mon énième cigarette avant de me décider à rentrer. Se donner du courage en se pourrissant les poumons, quelle drôle d'idée. T'aurais détesté savoir que je fumais autant. Détesté savoir que j'abandonnais les gens. Mais je ne sais plus comment faire autrement. Le cœur serré, mais décidé. Je frappe à la porte de mes phalanges abîmées.

Cette dernière ne tarde pas à s'ouvrir et le visage de Shae apparaît. Mes yeux se perdent dans sa beauté, pure et douce. Sa rousseur qui illumine mon visage, ses yeux clairs qui me font fondre plus que je ne l'admettrais jamais. Je me perds une seconde dans mes pensées, fixe ses lèvres, me retenant de les embrasser.

On est pas un couple. On ne fait pas ça. Je ne suis pas là pour ça. Je finis par ouvrir la bouche, avec cet air un peu désolé. J'étais pas censé être là, pas maintenant. Je la prends de court pour mettre fin à un truc qui aurait pu être tellement bien si seulement on était pas ici. Pas maintenant.

« Hey... Je suis désolé de débarquer à l'improviste, je me doute que t'es en train de bosser. Un regard derrière son épaule et un sourire caché sur mes lèvres. J'aime tellement sa détermination. Mais je peux pas aller dans un bar, pas ce soir. Sans doute pas demain non plus. Enfin bref, si t'as pas le temps de parler maintenant je comprends. Mais tu veux bien qu'on se voit dans un endroit qui ne risque pas de nous faire arrêter ? »

Je détourne le regard, éloigne les souvenirs de la soirée qui s'est déroulée moins de vingt-quatre heures auparavant avant d'ajouter en marmonnant. « J'ai eu ma dose pour un moment là. » Réflexe, je touche ma joue en parlant. J'en ai marre.

Tellement marre. Et je ne dis pas ce que j'ai sur le cœur. Parce que la vérité ce n'est pas que j'ai pas envie d'aller dans un bar. C'est que je n'ai pas envie qu'elle y aille non plus. Je ne veux pas qu'elle se mette en danger pour rien, qu'elle risque la prison pour un foutu verre de vin. Mais je ne dis rien, parce que c'est pas mon rôle. Je ne suis personne pour elle. C'était le deal.

C'est le deal. Et je me tais, même si mon regard crève de cette vérité. Mais je ne peux rien dire. Parce que c'est pas ce qu'on a décidé, et c'est pour ça qu'on doit tout arrêter.


Dernière édition par Garret Ferguson le Sam 30 Juil - 4:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Mer 25 Mai - 23:14

Lorsque le bruit résonne dans son bureau, Shae sursaute. On toque à la porte. Bordel, quelle heure est-il ? La jeune avocate lève les yeux de son dossier et regarde l’heure à la pendule accrochée au mur en face de son bureau. Fin d’après midi. Déjà. Elle n’a pas fait la moitié de ce qu’elle voulait faire. Et elle doit rejoindre Garret dans moins de deux heures. Elle soupire, referme le dossier qu’elle a sous la main et se lève afin d’aller ouvrir. Après tout, elle n’allait pas refuser un client, par les temps qui courent.
Mais ce n’est pas un client. C’est Garret, et à peine Shae a-t-elle posé les yeux sur lui que son cœur fait un bond. Il est amoché. Il a pris des coups, de toute évidence. La jeune femme esquisse un geste de la main vers la joue tuméfiée de Garret, un air inquiet sur le visage ; mais elle retient sa main après une course de quelques centimètres à peine. Pas de ça, jeune fille. Pas de ça avec lui. Garret est l’une de ces rencontres fortuites que la vie met sur votre chemin, une de ces rencontres qui pourraient s’évaporer dans le temps comme tant d’autres avant elles et encore plus après elles, mais qui restent. Ce qui n’était qu’une discussion improvisée et sympathique autour d’un verre est devenu une entrevue régulière. En fait, à force de se tomber dessus dans des bars, ils ont fini par se dire que ce serait plus pratique qu’ils se donnent carrément un endroit et une heure où se retrouver. Un rendez-vous, pas un rencard, la nuance était capitale. Il n’y avait pas de rencard entre Garret et Shae. Ils avaient passé une sorte d’accord tacite : OK pour passer des soirées à boire, discuter et rire ; pas OK pour aller plus loin que cela. Ils étaient potes, refaisaient le monde à l’occasion, se voyaient régulièrement, mais rentraient chacun chez eux une fois le dernier verre bu, et retrouvaient chacun leur vie. Ce ne pouvait pas être plus. Garret semblait tenir à sa liberté et à son indépendance autant que Shae, et Shae avait tout de suite apprécié Garret assez pour ne pas vouloir faire de leur relation un vulgaire plan cul. Une amitié sans prise de tête, c’était un deal qui semblait correct.  
Sauf qu’il fallait bien se rendre à l’évidence : Garret avait ce truc que les autres n’avaient pas. Ils n’étaient clairement pas toujours d’accord, surtout vu le métier de Garret, ils avaient parfois des discussions enflammées, chacun défendant son avis. Mais le jeune homme était aussi drôle, intéressant dans sa conversation, à l’écoute. Il partageait avec Shae sa rage de vivre, son besoin quasiment obsessionnel de se sentir vivant et pas juste survivant. Et pour ne rien arranger, il était sacrément au goût de Shae physiquement. La jeune femme s’était surprise à ouvrir la bouche pour l’inviter à un rendez-vous un peu plus sérieux avant de se retenir ; à rire un peu trop à des blagues pas si bonnes que ça ; à se sentir flattée par certaines paroles bien plus qu’elle n’aurait dû. Elle aimait bien Garret. Et ce n’était pas acceptable. Ce n’était pas raisonnable de s'attacher aux gens alors qu'à tout moment ils pouvaient vous être arrachés. Et Shae commençait à s’attacher, à s’inquiéter pour Garret, à se demander ce qu’il faisait quand ils ne se voyaient pas. Elle brisait le deal.

« Hey... Je suis désolé de débarquer à l'improviste, je me doute que t'es en train de bosser. »
La jeune femme sourit. Il n’avait pas fallu longtemps à Garret pour comprendre qu’elle passait la plus claire partie de son temps au travail. Elle haussa les épaules en guise de réponse. Il n’avait pas à s’excuser, après tout, cela ne la dérangeait pas d’être tirée de son travail par la gueule d’ange de Garret. Mais elle ne le dit pas. Ce n’était pas le deal.
« Mais je peux pas aller dans un bar, pas ce soir. Sans doute pas demain non plus. Enfin bref, si t'as pas le temps de parler maintenant je comprends. Mais tu veux bien qu'on se voit dans un endroit qui ne risque pas de nous faire arrêter ? »
La jeune femme fronça les sourcils. Ca, par contre, n’augurait rien de bon. Mais elle se contenta d’acquiescer et de s’effacer pour laisser entrer Garret. Personne ne viendrait les arrêter dans son bureau. Personne ne viendrait les y déranger non plus a priori. En refermant la porte, Shae restait toutefois songeuse. Elle n’aimait pas ce genre d’entrée en matière. Elle rejoint Garret dans son bureau et lui adressa un sourire.
« J’ai tout mon temps. Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Tu t’es battu ? Tu vas bien ? »
Bien, donc pour le détachement par rapport à l’inquiétude, c’était loupé. La jeune femme se pinça les lèvres et secoua la tête. Ne fais pas n’importe quoi.
« Ca me regarde pas, à la limite. Mais bon, si t’as besoin d’une bonne avocate… », ajouta-t-elle avec un clin d’œil. « Si tu préfères laisser les choses se tasser, pas de souci, on peut annuler ce soir. Et puis, tu repasses d’ici quelques jours quand ça ira mieux et que ta joue ne ressemble plus à une zone de guerre, et on rattrape le coup. Ou si tu préfères, on peut aller ailleurs que dans un bar ce soir ? Je pourrais bien me passer de l’ambiance cosy d’un bar de la Nouvelle Orléans pour ce soir ».
Elle sourit de nouveau. Peu lui importait au final, ce n’était pas le bar qui importait. Ce qui importait, c’était la soirée passée avec Garret. Ce petit moment sympathique, qui lui faisait oublier le boulot, le gouvernement, les clients, les gens. Le reste, elle ferait comme il voulait. Et de toute évidence, s’il avait attrapé ce coup dans un bar, pas étonnant qu’il ne veuille pas y retourner.

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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Sam 11 Juin - 4:42

Le deal. Ce putain de deal. Celui de la survie, celui qui était fait pour que personne ne souffre. Et pourtant je me perds, dans ses cheveux, dans ses sourires. Je me perds dans ses expressions alors que mes hématomes me rappellent durement pourquoi on a décidé ça. Pourquoi c'est comme ça. Il n'y a pas d'avenir. Il n'y a pas de quoi tomber amoureux, juste de quoi tomber tout court. Et je ne veux plus tomber.

Elle fronce les sourcils alors que je hausse les miens en réponse. J'insiste en silence, je m'expliquerai si elle à le temps, ou peut-être pas, d'ailleurs. Parce que ça ne fait pas non plus partie du deal de se raconter nos tracas du quotidien. Je me mords la lèvre, j'en ai marre de tout ça, de ne pas savoir quoi dire, peur de franchir des limites desquelles je ne pourrais pas revenir. Elle me laisse entrer, et d'un hochement de tête discret je passe à ses côtés. D'un souffle qui passe inaperçu je respire son odeur comme si c'était la dernière fois. Parce que ce doit être la dernière fois. Et la barre dans ma gorge se fait de plus en plus présente. Je m'avance dans la pièce et me tourne vers Shae qui me rejoint.

Dans un sourire que je ne retiens pas, j'observe sa silhouette. La première pensée qui me vient est qu'elle va me manquer. Et c'est justement pour cela qu'il vaut mieux arrêter. Avant que ça n'aille plus loin, qu'il ne soit trop tard. De sa voix tendre, elle me pose ses questions à la pelle et un rire s'échappe tendrement d'entre mes dents. Merde. Heureusement ; avant que je n'ai le temps de réagir, c'est elle qui se reprend. Repose les limites. Les remets en avant les unes après les autres et y ajoute son humour fin.

J'acquiesce alors qu'elle continue et réalise que ce ne sera pas aussi simple que je ne l'aurais pensé ou voulu. J'ai l'impression de vivre un de ces fameux livres qu'on lisait sur la route Jayden et moi. Vous savez, ce genre de livre où les deux protagonistes se promettent de ne pas tomber amoureux et on sait pertinemment que c'est ce qui finit par arriver. Le problème, c'est que dans les romans c'est toujours une bonne chose. La situation qui nous donne le sourire, nous réchauffe le cœur et ils vécurent tous heureux. Dans notre réalité, si on franchit cette limite, la mort va nous séparer. Et pas dans cinquante ans, sans doute demain, par un zombie qui aura coupé l'un d'entre nous en deux pour en faire son quatre heures. Je ne peux plus permettre ça, je ne peux plus perdre quelqu'un. Non, pas après toi. Le pire étant, que tout cela semble déjà trop tard. L'idée de ne plus voir ses tâches de rousseur, ses joues qui deviennent rosées dès qu'elle parle trop vite, ne plus la photographier, tout cela me manque déjà.

Et ma gorge se serre encore un peu. Le sourire qu'elle affiche, ses propositions, le tout est rassurant. Elle accepte, elle m'accepte. Certes, elle est loin de tout savoir de moi, mais elle a ce petit quelque chose qui me met à l'aise, me fait me sentir moi. La seule personne à qui j'ai envie de parler de Mack et de l'état de notre relation. La seule personne à qui j'ai envie de parler de toi dans un souffle de nostalgie heureux. Mais je ne peux pas le permettre. Tu dois te moquer de moi, me dire que c'est pas comme ça que je dois voir la vie. Mais tu vois pas toi, tu vois pas tout ce qu'on voit.

« Merci. » Le sourire qui accompagne le mot est plus doux que je ne le voudrais. Merci qui renferme tant de choses. Je me rattrape et continue. « Mais je ne sais pas trop si je veux attendre que les choses se tassent, j'veux dire, elles se tasseront pas. Puis de toutes façons c'est pas ça le problème. »

Je passe une main derrière ma nuque, mon regard fuyant, me force à assumer, continuer, lancer le sujet. Et finalement, lorsque mes pupilles croisent ses doigts tâchés d'encre, que mon sourire se dessine sans que je ne le veuille, je m'avance vers elle et attrape sa main. Je joue doucement avec ses doigts, me donne des forces là où je ne devrais surtout pas les chercher. Je serre un peu mon emprise et finis par observer son visage avec une tendresse que le deal n'autorise pas.

Mais va te faire foutre le deal.
J'ai failli crever hier.

« Shae... j'vais être honnête avec toi. J'me suis fait casser la gueule par la milice hier. Un connard qu'a pas apprécié de se faire remettre en place, enfin peu importe. J'ai rien. »

Je souris, et m'éloigne d'elle. Je ne tiens pas en place. Je ne sais plus quoi faire. Le bon choix, le mauvais, tout se mélange. Elle est partout, alors qu'elle ne devrait pas. Et je ne sais plus quoi faire de ça. Alors pour la première fois de ma vie, je décide de laisser les mots sortir. Ne pas retenir, ne pas jouer au roi du silence et pour une fois, dire un peu ce que je pense.

« Le problème c'est que j'peux pas continuer comme ça. Pas avec toi Shae. » C'est violent, trop dur, je m'en mords l'intérieur de la lèvre et jure entre mes dents avant de passer une main sur ma mâchoire pour calmer la douleur. « J'veux pas arrêter, mais j'peux pas Shae. J'peux pas te faire ça. J'veux pas te mentir. J'veux pas faire comme si de rien n'était. »

Je marque une pause, arrête de faire les cent pas. Je me fixe, la regarde droit dans les yeux alors que mes côtes me font violence, que mon cœur hurle la souffrance que je lui inflige. Et finalement, d'une voix cassée, un peu triste mais beaucoup trop sûre pour qu'elle ne visualise tout ça, j'ajoute. « Il faut qu'on arrête. »

Je me déteste de dire ça. Mais c'est mon cerveau qui prend le dessus, la raison, la survie. C'est pour elle aussi. Qu'elle n'en souffre pas. Qu'elle ne me découvre pas moi. Qu'elle ne me perde pas non plus. Je ne peux pas nous infliger ça. Je ne veux pas nous infliger ça. Et sans une larme, sans un soupçon de drame, je détourne les yeux pour conclure « Je suis désolé, Shae, j'ai pas voulu en arriver là. »

Et ma froideur me frappe brusquement, elle me fait frissonner et je m'en veux. Mais c'est la meilleure chose à faire, j'ai compris avec le temps qu'il n'y avait pas de bonne manière de blesser quelqu'un, mais que l'espoir était la pire des choses à laisser. Alors je m'y refuse, peu importe à quel point j'ai mal sur l'instant, à quel point mes bleus me brutalisent, à quel point je me déteste. Et de réaliser dans son regard d'un instant à l'autre, à quel point, elle, elle me déteste.
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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Ven 24 Juin - 23:30

Le sourire de Garret entraine celui de Shae alors qu’il la remercie. Elle ne sait pas bien pourquoi, d’ailleurs. Mais le sourire est de courte durée.
« Mais je ne sais pas trop si je veux attendre que les choses se tassent, j'veux dire, elles se tasseront pas. Puis de toutes façons c'est pas ça le problème. »
La jeune femme hausse un sourcil, croise les bras devant elle par réflexe. Ce genre de phrases, non seulement ça ne veut rien dire, mais en plus ça n’augure en général rien de bon pour la suite de la conversation. Si ce n’est pas ça le problème, alors c’est quoi ? Garret est mal à l’aise, de toute évidence. Malgré le peu de temps relatif passé avec lui, Shae a appris à repérer certains gestes, certains réflexes. Quand on s’intéresse à quelqu’un, quand on le regarde et qu’on l’écoute réellement, cela devient naturel. Et cette main passée sur sa nuque indique un malaise. Malaise qu’elle-même commence à ressentir. Qui ne fait que s’amplifier alors qu’il prend soudain ses mains. La jeune femme n’essaie pas de se dégager, mais elle ne rend pas non plus le geste. Il n’ont jamais été tactiles. Jamais proches. Cette réaction soudaine surprend la jeune femme : il se passe réellement quelque chose. Et elle ne sait pas si le contact des mains de Garret est agréable ou juste bizarre.

Et puis enfin la vérité tombe. La milice. Une bagarre. Il s’est fait casser la gueule ; ça explique qu’on ait abimé sa gueule d’ange. Instinctivement, malgré Garret qui se veut rassurant sur son état, Shae sent son cœur battre plus vite. Il aurait pu être blessé. Ou pire, arrêté. Et ces marques sur son visage ne sont pas rien, quoi qu’il en dise. Il s’éloigne un peu, lâche ses mains, et elle ressent comme un étau qui se desserre. C’est étrange comme parfois elle a envie de le prendre dans ses bras, et comme d’autres elle préfère qu’il soit à deux pas d’elle. Shae n’est certes pas le genre de fille qui sait ce qu’elle veut. Mais avec Garret, c’est encore différent. Enfin…c’est ce qu’on dit chaque fois, que c’est différent, pas vrai ?
« Le problème c'est que j'peux pas continuer comme ça. Pas avec toi Shae. »
Han. Voilà pourquoi il s’est éloigné. Plus facile de balancer ça comme ça alors qu’on est à distance. Il a eu peur qu’elle lui brise les os des mains ? D’instinct elle recroise les bras, comme une protection. Piètre protection contre les mots qui fusent encore, toujours plus durs. Il parle sans vraiment dire quelque chose, fait des sous-entendus qu’elle n’est pas sûre de comprendre. Arrêter quoi ? Mentir à propos de quoi ? Comme si de rien n’était, qu’avait-il en tête ? Et puis le couperet, la fin violente d'une chute un peu longue.
« Il faut qu’on arrête »

On a beau dire, on a beau affirmer que ça ne compte pas, que c’est juste une histoire entre toutes les autres, au fond, Shae savait bien que c’était faux. Et entendre ça de la bouche de Garret lui fait mal, plus mal que ce qu’elle aurait voulu. Putain, ça fait mal. Et même s’il s’excuse, ça fait mal, ça fait limite encore plus mal. Le silence s’installe, plusieurs secondes. Shae fixe Garret du regard, intégrant l’information, ne trouvant pas les bons mots. Elle devrait le prendre avec philosophie et sympathie, lui dire que ce n’est rien, que ce n’est pas de sa faute, qu’elle comprend. Mais elle n’en est pas capable, parce que là, ce qu’elle ressent, c’est de la colère et de la déception. Deux émotions qui demandent à s’exprimer. Qu’elle refoule pourtant, au profit d’une troisième.

« OK. »
Elle hausse les épaules, détourne le regard, fuit celui de cet homme auquel elle ne doit pas s’attacher. De toute façon à ce stade, à quoi bon. Il s’en va.
« Eh ben on ne sortira plus, qu’est-ce que tu veux que je te dise. Enfin, toi, tu fais ce que tu veux, Garret. Mais c’est pas parce que tu viens jouer je-ne-sais quel numéro que moi, je vais m’arrêter là, tu vois. »
Elle cherche à feindre l’indifférence, mais sa voix trahit une colère sourde, une dureté à laquelle elle n’a pas habitué le jeune homme. On ne lui a donc jamais appris qu’une femme déçue est pire qu’un chien affamé et enragé ? Elle rit, d’un rire blasé, sec, froid.
« C’est drôle parce que je croyais que toi et moi on partageait une vision des choses. Tu sais, tout le truc sur profiter de la vie, vivre et pas juste survivre. Faut croire que finalement, on n’a pas la même vision. »

C’est ce qui lui avait plu au départ, chez Garret. La raison pour laquelle ils s’étaient si bien entendus. Parce que lui, comme elle, voulait profiter de la vie à 100%, oublier les épreuves, les obstacles, et profiter. Vivre tant qu’on le pouvait, avant qu’une saloperie nous emporte. Shae fit volte face et ouvrit la porte, puis reporta son regard sur Garret. Empli de colère. Il croyait quoi, lui, à se pointer comme ça et mettre un terme à leur relation en deux mots, avec une excuse débile ?
« Arrête si tu veux. Mais moi, je ne compte pas m’arrêter de vivre juste parce que la milice m’est tombée dessus. Mais c’est rien, je veux dire, y’a plein de mecs dans cette ville prêts à passer une soirée dans un bar, j’ai qu’à me joindre à l’un d’eux. Donc s’il te plait, épargne-moi tes excuses bidons et tes beaux discours. J’ai pas besoin que quelqu’un me protège. Je suis une grande fille, je t’ai rien demandé, c’est pas ta place de me protéger. Et je sortirai, avec ou sans toi. Sans, de toute évidence, vu que t’as décidé qu’une de tes mésaventure suffisait pour qu’on arrête de se voir. D’ailleurs je vois pas le rapport entre l’un et l’autre, mais bon. »
Elle fait un geste vers la sortie.
« Je vais pas te supplier de rester, Garret. Abandonne, c’est ton problème. Mais ne dis pas qu’il faut qu’on arrête. Tu veux qu’on arrête. Donc je ne te retiens pas plus longtemps. Je me ferai à l’idée. »
Shae laisse le silence retomber. Elle fixe toujours Garret, toujours en colère, toujours froide. Alors qu’au fond son cœur manque des battements, alors qu’au fond elle souffre. Elle ne veut pas que ça s’arrête, mais elle est trop fière pour le dire. Et puis, ce n’est pas sa place, de lui demander de rester. C’est pas le deal.

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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Sam 30 Juil - 5:30

Ok. O. K. C'est tout. Mon monde s'écroule, et tout en moi semble s'effondrer. C'est stupide. Tellement stupide. C'est ce que moi je veux, et c'est moi qui semble surpris. Je ravale ma salive, serre les dents. Me répète bêtement que je suis un homme et surtout que je n'ai pas pris cette décision pour rien. Oui, mais pour quoi au juste ? Parce que sur le moment ça me semble juste être la pire de toute ma vie.

N'importe quoi, ressaisis-toi.

Le moindre de ses gestes est un coup en plein cœur, son regard qui s'éloigne du mien crée instantanément un manque. Parce que ça y est, c'est trop tard, je l'ai perdue. Et c'est de ma faute. C'est pour le mieux, n'importe quoi. Tout ce que je vois c'est qu'elle me fait mal. Que je me fais mal. Que je lui fais mal.


Elle parle, et je baisse les yeux. Elle balance les vérités comme des poignards et je les encaisse. Qu'est ce que je veux qu'elle me dise ? Peut-être que je ne suis qu'un con. Qu'est-ce que je veux qu'elle me dise ? Peut-être que je suis le dernier des cons. Je ne sais pas ce que je veux qu'elle me dise, mais je sais que je ne veux pas ça. Et elle balance, la jolie rousse, elle continue. Nous sépare. Il n'y a plus de nous. Juste elle et moi. Bien distincts. Je peux m'enfermer jusqu'à décrépir, elle, elle ne changera pas de train de vie, même si ça la tue. Même si ça la bouffe.

Et j'ai mal de ses mots. Parce que j'en ai rien à foutre de crever, tout ce que je veux c'est qu'elle, elle reste en vie. J'ai mal d'être aussi con et de ne réaliser ça que maintenant. Je passe une main sur mon visage, me frotte les yeux alors qu'elle continue. Tout se bouscule en moi, je rêve d'intervenir tout en me l'interdisant. Je rêve de m'excuser sans m'y autoriser. Parce que j'ai créé ça, alors j'ai plus aucun droit.

De toutes façons j'en ai jamais eu, c'était ça le deal. Son rire me glace le sang, mes yeux la cherche sur l'instant. Putain, qu'est-ce que j'ai fait. Elle parle, froidement, durement. Me rappelle mes principes, mes rêves à la con. Et mon cœur saigne, plus blessé que depuis des années. C'est pas vrai putain. C'était pas sensé se passer comme ça. Je fais quelques pas, cherche à canaliser mon énergie pour ne pas répondre, ne pas aggraver la situation.

Parce que je suis en colère moi aussi. En colère contre moi, contre ce que j'ai créé, contre ce qu'on a fait. Il est clair que le deal n'est maintenu d'aucun côté. Elle n'en a pas rien à foutre et moi non plus. Et je rêve de l'embrasser pour ça. Pour le fait qu'elle tienne possiblement à moi. Je rêve de tout balancer, pour m'excuser et ne plus la quitter. Je rêve une seconde d'un avenir à ses côtés parce que je préfère me réveiller dans ses bras. Mais je ne peux pas. Je n'ai pas le droit de faire ça. Je ne survivrai pas à une autre perte. Et tout ça c'est une question de survie.

C'est tout ce qu'il nous reste. La survie. La simple survie. Y a pas de place pour le bonheur. Pas de place pour un putain de cœur. Mais elle me passe à côté comme un ouragan, ouvre la porte brusquement et je sais que je n'ai plus ma place. Il n'y a plus que de la haine dans ses yeux. De la déception. Parce que c'est tout ce que je suis. Tout ce que j'ai toujours été, et je l'ai toujours dit.

Elle parle encore, et je l'observe, tremblante de rage, tout cela à cause de moi. J'écoute, chaque mot, chaque syllabe. Son geste accompagne ses mots, me fout dehors en une seconde. J'ai juste à faire un pas. Et pourtant je ne bouge pas. Je reste là, mon regard dans le sien, l'intérieur de mes lèvres sans doute plus en sang que les ecchymoses qui ornent mon visage. J'hésite, la regarde. Et elle m'achève avec ses derniers mots. Elle parle d'abandon, elle me rappelle que tout cela vient de moi. Qu'elle n'a rien demandé. Le silence s'installe et ma mâchoire se serre. Je me retrouve tiraillé entre deux eaux. Putain, je sais pas quoi faire. Je sais tellement pas quoi faire.

Je la regarde et je me demande ce qui me prend. Tu serais là, tu me traiterais de con. Tu me dirais de pas laisser partir la seule nana qui a jamais voulu de moi pour ce que j'étais. Tu serais là, tu me dirais de vivre au lieu de survivre. Tu me dirais que ça suffit les conneries. Tu me diras qu'enfin mon cœur bat. Tu me dirais que c'est mon tour d'avoir ma Mackenzie. Je soupire, baisse les yeux.
Ouais mais t'es plus là. T'es plus là putain Jayden. Et le monde c'est pas le même sans toi. Et tu me dirais que justement, sans toi, j'y arrive pas, mais avec elle, j'oublie tout ça.

Et t'as raison.
T'as toujours raison.

Je m'avance brutalement vers elle, la regarde droit dans les yeux et claque la porte dans un coup de poing qui m'explose les phalanges. Mais je m'en fous. Je m'en fous tellement. J'attrape ton bras, fixe ton regard clair et parle d'un ton énervé, instable, reflétant à merveille mon état du moment.

« Stop. C'est bon, stop. J'ai compris que j'étais un connard. T'as pas besoin de me l'exposer encore et encore. Mais tu comprends pas putain Shae ! Tu comprends pas que notre deal de merde là, j'en ai rien à foutre ! Tu comprends pas que ça fonctionne pas ? J'en ai rien à battre de me faire péter la gueule par la milice. J'en ai rien à battre de faire des jeux plus glauques qu'on peut imaginer. Je m'en fous à un point de tout ça mais putain ! »

Je marque une pause, souffle en relâchant mon emprise pour poser une main sur ta joue et continuer d'une voix brisée, effondrée. « Shae, je peux pas continuer comme ça... moi. Je peux pas parce que je tiens à toi. Je peux me persuader de ce que je veux, quand je te vois, quand je touche ta peau... » mes mots s'accompagnent d'une caresse le long de ta joue, qui descend jusqu'à tes lèvres. « … Quand j'embrasse tes lèvres... » le murmure à peine audible alors que mes lèvres sont posées sur les tiennes, les embrassant avec toute l'envie, toute la vie qu'elles me donnent pour finalement me reculer, cesser tout contact et dire, plus franc que depuis le début de cette conversation. Les côtes plus douloureuse que depuis que la botte du mec les a touchées.

Je relève mon t-shirt, montre mes bleus jusqu'alors cachés et ajoute doucement. « C'est pas parce que t'as besoin qu'on te protège, Shae. C'est parce que je vais te rendre malheureuse. Parce que je suis un nid à emmerdes, et que tu vas me voir crever à petit feu. Et je peux pas te faire ça. » Je m'apprête à baisser mon t-shirt pour couvrir les plaies qui me font encore bien mal avant de dire. « … Je tiens trop à toi pour ça. »

Un aveu qui fait mal alors que mes doigts lâchent le tissu qui retombe douloureusement sur mon torse, et dans un soupir, incapable d'affronter ton regard je conclue simplement par ce que j'aurais du dire depuis le départ. « Je vais m'en aller, t'as raison. Continue de vivre comme tu le fais... parce que tu mérites tes éclats de rire. » Je m'avance doucement, et dans un regard que j'imagine être le dernier, que je vis comme le dernier, j'arrive à articuler, un simple. « J'suis désolé. »

J'aurais jamais été à la hauteur. Je serai jamais à la hauteur.
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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Ven 5 Aoû - 0:46

« Stop. C'est bon, stop. »
Le regard empli de colère, Shae se décide enfin à se taire. Et à écouter ce que Garret a à lui dire. Les yeux noirs braqués sur lui, le cœur prêt à imploser. Le venin prêt à sortir encore et encore de sa bouche. Mais Garret parle, et ce qu’elle lui a balancé, il lui répond. Et il lui donne autant de coups de poing au cœur. Leur deal de merde, il ne le trouvait pas si merdique quand ils l’ont passé sans vraiment le dire. Et il fonctionnait très bien jusqu’à ce qu’il se pointe ici. Quoique. Se mentir à soi-même c’est un peu mentir, parait-il. Et Shae devait bien admettre qu’elle appréciait Garret plus qu’elle ne devrait. Mais le deal fonctionnait. Il ne s’était rien passé, ils étaient juste deux potes qui aimaient écumer les bars ensemble. C’était lui qui le brisait d’un coup, comme ça, pour une raison complètement nulle.
« Je peux me persuader de ce que je veux, quand je te vois, quand je touche ta peau... »
La jeune femme se paralysa. Non, il ne fallait pas que ça se passe comme ça. Elle ne voulait pas entendre ces choses là. Elle voulait qu’il se taise. Il fallait qu’il se taise. Il fallait….
« Quand j'embrasse tes lèvres... »
Elle sentit le baiser de Garret avant d’avoir pu réagir. Elle n’essaya pas de s’en défaire, ne le rendit pas non plus. Elle resta juste là, tétanisée par ce qui était en train de se passer. La colère avait disparu. Elle laissait place à une Shae perdue. Ca ne devait pas se passer comme ça, ce n’était pas ce qui était prévu, ce n’était pas le deal. C’était l’exact inverse de ça. C’était ce dont elle avait eu peur, ce qu’elle redoutait depuis des jours, des semaines. Ce n’était pas comme ça que les choses devaient être. Parce qu’elle refusait qu’il s’attache à elle, ou plus encore. Elle refusait de s’attacher à lui. A quoi bon s’attacher aux gens alors qu’on les perd de toute façon ? Garret ne pouvait pas être plus qu’un ami. Elle ne voulait pas de ces complications, elle ne voulait pas de la douleur qui les accompagnait toujours à la fin. Elle ne voulait pas s’inquiéter pour quelqu’un d’autre que pour elle-même. Elle ne voulait pas avoir peur pour un autre. Elle ne voulait pas de tout ça, elle était très bien comme elle était, et il venait tout compliquer. Ce n’était pas bien. Même si ce baiser enflamma son corps en une explosion de plaisir, ce n’était pas bien. Ce n’était pas ce qu’elle voulait.

Et pourtant quand il releva son t-shirt et qu’elle vit son corps parsemé d’énormes tâches bleues violacées, elle ne put retenir un petit cri d’horreur. Une main devant la bouche, elle avança instinctivement l’autre vers Garret, la retenant juste à temps. Il n’avait pas juste eu une petite altercation. Il s’était fait battre violemment. La vue de ces bleus provoqua une douleur franche et sourde dans les tripes de Shae. Il aurait pu être sérieusement blessé, ou pire. Elle n’osait même pas imaginer la douleur qu’il devait ressentir. Elle n’osait pas non plus imaginer ce qui aurait pu se passer, comment il aurait pu être mortellement blessé et qu’elle ne l’aurait pas su. C’était pour ce genre de choses qu’elle ne s’attachait pas. Parce qu’en une seconde, un incident avec un Peacekeeper pouvait vous enlever ceux que vous aimiez. Ca, ou un assassinat dans une rue, ou la fin du monde, ou juste un incendie accidentel dû à un défaut électrique. La vie était une garce et elle vous enlevait ceux que vous aimiez. Shae préférait emmerder la vie et profiter quitte à aller à l’excès.
«Et je peux pas te faire ça. Je tiens trop à toi pour ça. »
La jeune femme releva les yeux vers ceux de Garret, encore hébétée par tout ce qu’il était en train de dire. Elle était entre deux eaux, entre la colère et le besoin irrépressible de le prendre dans ses bras et s’occuper de lui. Il brisait ce qu’ils s’étaient efforcés de construire et de consolider depuis des semaines, il la mettait dans une situation compliquée qu’elle n’avait absolument pas demandée, il balayait leurs soirées en leur ajoutant des sentiments superflus et de toute façon impossibles. Mais c’était Garret. Il n’était pas comme les autres.

« Je vais m'en aller, t'as raison. Continue de vivre comme tu le fais... parce que tu mérites tes éclats de rire. J'suis désolé. »
Et il détourne le regard, s’apprête à passer la porte. Voilà. C’est la fin. Là, c’est la fin de leur relation. Ils se croiseront peut-être un jour dans un bar, se feront un signe de main gêné et passeront leur chemin. Ce qui aurait pu, aurait dû être une belle amitié se transformait en une amitié gâchée et deux personnes qui redevenaient des inconnus l’un pour l’autre. Shae attendit une seconde, croyant réellement qu’elle serait capable de le laisser partir comme ça, de tourner le dos et retourner à sa petite vie. Une seconde. Et puis elle s’avance d’un pas et saisit le bras de Garret.
« Attends ! »
Le son qui sort de sa bouche est empli de détresse. De colère. D’abandon. D’affection. De plein de choses qu’elle ressent et sur lesquelles elle est bien incapable de mettre des mots. Le souffle court, le cœur bat la chamade, et son corps est presque fébrile.
« Alors c’est tout ? Tu t’en vas, juste comme ça ? »
En une seconde la colère reprend le dessus. Pourquoi devait-il faire tout ça, lui dire toutes ces choses qu’elle ne voulait pas entendre ? L’embrasser alors que c’était la dernière chose à faire ? Lui mettre toutes ces choses dans la tête et dans le cœur, avant de lui dire qu’il n’était pas assez bien pour elle et s’en aller ? Les gens étaient d’une hypocrisie sans nom. Ils s’en allaient, ils vous abandonnaient, et se trouvaient une excuse bidon comme quoi c’était le mieux à faire pour votre propre bien. Ils ne voulaient juste pas avouer qu’ils jetaient l’éponge, qu’ils n’avaient pas l’envie ou pas le courage. Ils vous laissaient là avec l’impression que c’était votre faute. Garret voulait la laisser là avec l’impression que c’était sa faute. Elle ne le laisserait pas faire. La jeune femme hocha la tête de gauche à droite, fébrilement.
« Tu me dis tout ça, tu m’embrasses, et après tu te casses, mais oh, t’es désolé, alors tout va bien ? T’as pas le droit de faire ça. T’avais pas le droit de me dire ça, et t’as pas le droit de partir. »

Shae lâcha le bras de Garret et laissa retomber le sien mollement. Ses yeux étaient toujours braqués sur ceux de son ami, mais ils se remplirent de larmes qui se refusaient de couler, qu’elle retenait de toutes ses forces. Le peu de colère qui lui restait se battait contre toute la détresse qui venait par vagues.
« On était bien, on passait des bons moments à deux. C’était simple, et toi tu viens tout compliquer. Tu m’avais dit que tu ne voulais pas de ces trucs-là, on était d’accord, et moi je… »
Elle baissa les yeux, les ferma, laissa une larme couler. Elle n’avait pas la force de toutes les retenir. Elle leur laissait une petite victoire, une bataille. Elle avait peur de ce qui allait se passer maintenant.
« Je veux pas de tout ça. Je ne peux pas. Je croyais que tu le savais. »
Elle croyait ne pas avoir à le redire. Elle croyait ne pas avoir à le repousser. Quand ils s’étaient connus, ils avaient échangé sur leur vision du monde, sur leur volonté d’être libre et de ne pas se préoccuper de ce qui pourrait arriver. Elle pensait qu’ils étaient sur la même longueur d’onde concernant le couple et cette absurdité de s’attacher une responsabilité d’une autre vie. Elle avait déjà assez peur pour sa propre vie. Elle n’allait pas en plus avoir peur pour une autre. Elle avait déjà assez de mal à se faire à l’idée que Liam était de retour dans sa vie et qu’elle avait maintenant peur de le perdre. Elle avait déjà assez de mal à l’idée d’avoir des amis comme Roman. S’enticher, tomber amoureuse, se mettre en couple, c’était une autre histoire. Elle s’était réveillée un beau matin hors de Darkness Falls, seule au monde. Elle ne voulait pas expérimenter cette douleur une nouvelle fois.
« On aurait pu simplement rester comme avant », souffla-t-elle en relevant la tête et le regard vers Garret. Les larmes avaient coulé sur ses joues, gagnant la guerre au passage. Elle n’était plus en colère. Juste triste et effrayée.

_________________


La douleur infinie de celui qui reste,
Comme un pâle reflet de l'infini voyage,
Qui attend celui qui part



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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Jeu 1 Sep - 1:42

J'ai mal au cœur, mal jusqu'au fond de mon être. J'ai même mal à l'âme si c'est possible. J'ai mal pour toi, pour elle. Mal de celui que je suis et surtout de celui que je ne suis pas. Mais j'y arrive pas. Je ne peux pas lui faire ça. Tu comprends pas vrai ? Je cherche bêtement à me rassurer alors que je sais pertinemment que c'est lâche. Que je suis lâche. Mais je ne peux pas. La porte nous sépare. La porte qui met fin à tout. La porte qui me fait assumer mes mots, la porte qui me fout la claque de ma vie une énième fois. La porte qui fait plus mal que les bleus sur mon corps.

Mon cœur ne bat presque plus. À quoi bon ? Elle n'en fait plus partie. T'avais raison. Mackenzie aussi. Je peux pas vivre comme ça. Et je ne veux plus vivre comme ça. Alors je ne vis plus, je passe la porte et je survis, parce que j'ai pas ma place dans ce monde. Parce que j'ai pas ma foutue place dans cette réalité de merde. Que j'aurais du crever et pas toi. Que tu savais vivre et pas moi. Parce que j'en ai marre. Putain j'en ai tellement marre. Ma main tremble sur la poignée, sur l'instant fatal alors que la voix de Shae se fait finalement entendre.

Et elle prend toute la place, elle prend tout mon corps, elle me brise en mille morceaux. Elle m'explose de toutes parts, elle me fait mal tellement elle me touche. Et le contact de sa peau sur la mienne me coupe le souffle, comme un énorme coup de poing dans la cage thoracique. Instantanément ma main arrête de trembler et mon regard remonte lentement le long de son bras, le long d'elle, de ses courbes, de sa peau tendre, pour finir par se fixer dans ses pupilles qui me brûlent. Je n'arrive pas à penser, pas plus qu'à ouvrir la bouche. Je n'arrive pas à savoir où tout cela peut nous mener, je n'arrive pas à comprendre ce qu'elle fait. Pourquoi est-ce qu'elle me retient ? Pourquoi est-ce qu'elle fait ça ? Pourquoi ? Pourquoi moi ? Elle peut avoir tellement mieux. Les larmes aux bord des yeux, elles ne coulent pas. Elles regardent, dans ce flou si prenant, si poignant, celle pour qui je ressens plus que ce que je suis prêt à admettre et à vivre. Elle parle encore, la jolie rousse, et je déglutis. Ses mots me heurtent, ils m'explosent en pleine figure.

Juste comme ça. Je veux répondre. Intervenir. J'avais quoi de mieux à faire ? Je pouvais partir autrement ? Je pouvais lui faire moins mal ? Sa voix me déchire, son emprise me laisse mourir sous le poids de tout ce qu'elle représente. J'ai mal, j'ai mal putain. Pourquoi j'ai fait ça ? Ses gestes me laissent dans l'incompréhension la plus totale. Comme tout, de toutes façons. Parce que je n'y arrive pas. Parce que j'ai peur. Parce qu'elle a raison quand elle parle. Parce que j'ai honte. Parce que j'ai mal. J'ai vraiment mal. Je baisse les yeux, incapable d'affronter son regard une seconde de plus alors qu'elle lâche finalement mon bras.

Et je me brise à nouveau, moi qui croyais ça impossible. Je me brise de cette distance qu'elle impose après mes quatre vérités. Je me brise de la voir s'éloigner, des erreurs que j'ai accumulées. Je laisse mes paupières se fermer, comme pour redonner une once de courage, ou au moins de contenance. Ne bougeant pas d'un pouce, je la laisse continuer. Me déverser sa haine, sa colère, que je mérite sans pouvoir la supporter. J'ai envie de l'embrasser. J'ai envie de lui dire que j'veux continuer. J'ai envie de lui dire des tas de choses que je ne m'autorise pas à penser. Je secoue la tête à mon tour. Je me force à rester calme, je me force à ne pas réagir. Je me force à tout, sauf à dire la vérité. J'ai peur de cette putain de vérité, j'ai peur de toi, Shae.

Relevant les yeux sur elle, la larme qui perle sur sa joue est littéralement la goutte de trop. Une seconde, je reste là sans bouger alors que le monde s'est définitivement écroulé. Une seconde j'écoute sa phrase sans réagir. Je fixe cette perle fine qui glisse le long de sa joue et mon poing se ferme. Premier réflexe de vie. Je suis encore là, et pas que physiquement. Mes pensées reprennent leur chemin et je ne supporte pas ce que je lui fais. Je ne supporte pas d'être responsable de son état. C'est pas possible d'être aussi con que ça, putain.

Mais elle parle encore. Elle ajoute que j'ai tout gâché. Plus joliment, parce que tout est plus joli quand elle le dit. Mais c'est bel et bien ses mots. Et je serre les dents. Je serre les dents sans savoir quoi dire. La vérité qui cogne jusque dans mes côtes et mon incapacité à la laisser sortir. Mais ses yeux dans les miens, la trace de cette larme que j'ai faite couler. Je suis incapable de me retenir de parler plus longtemps. Ma voix se brise, elle est en miette, mais j'arrive à articuler, parce que je ne peux pas ne rien dire. Je ne peux pas rester comme ça. Je ne peux pas la laisser.

Tout en gardant la distance qu'elle a instauré, je finis par dire dans un hochement de tête, les larmes au bord des lèvres. « On peut pas rester comme avant, non. » Je marque une pause en remontant mon regard sur le sien. Je fixe toujours cette trace, les poings à m'en faire saigner les paumes. « On peut pas faire ça Shae parce que je peux pas te mentir. Pas à toi. Je sais que tu veux pas de tout ça, et c'est justement pour ça que je te dis qu'on doit arrêter. »

J'ai mal de mes propres mots. Mal de réaliser que tout ce que je veux, c'est elle. Mal de voir qu'elle ne veut pas de moi, qu'elle en est toujours comme à la première fois. « C'est pas comme si j'avais choisi que ça tourne comme ça. Tu crois que ça m'amuse ? Tu crois que te voir dans cet état ça me fait rien ? Mais putain. »

Réflexe incontrôlé, je m'avance vers elle et j'essuie enfin cette larme, avec le bout du doigt, l'effleurant à peine. Je profite de son souffle et laisse cette main prendre sa joue alors que mes yeux laissent à leur tour perler une larme sur ma joue. Pour la première fois depuis ta mort je pleure devant quelqu'un. Pour la première fois depuis que t'es plus là je ressens quelque chose d'aussi violent que ça. « On peut pas rester comme avant parce que c'est plus fort que moi. T'es pas qu'un truc simple. T'es pas tout ce que j'ai dit que je voulais. Je croyais que c'était l'idéal. Que c'était comme ça qu'il fallait vivre dans ce monde. Pas réellement ressentir pour ne pas avoir peur de perdre. Mais je peux pas faire ça avec toi. Je peux pas parce que t'es tellement plus que ça. »


Un sourire brisé et ma main glisse lentement pour laisser sa joue et essuyer mon nez d'un geste vif. Je détourne les yeux, déteste cette situation. Déteste cette vérité qui m'arrache chaque parcelle de moi, remet en cause le moindre de mes principes. « J'ai toujours pensé que c'était mieux comme ça, comme on avait dit. Mais la vérité c'est que j'ai jamais été aussi bien que depuis que t'es plus que ça. » J'ai mal. J'ai affreusement mal. Et j'ose plus la regarder. J'ose plus, parce que j'arrive pas à assumer la vérité. Mais je continue, je finis, j'avoue, je baisse les bras. « Mais je peux pas te faire ça. Parce que je t'ai promis que ce serait pas plus que ça. Alors je m'en vais. Tu veux que je fasse quoi d'autre ? »

C'est un supplice, je me brûle seul à lui demander confirmation. Lui faire répéter que je ne suis rien de plus et que je peux m'en aller. C'est un coup, un énième, pour que ça s'arrête. Parce qu'on peut pas être heureux. Parce qu'elle peut pas ressentir ce que je ressens. Parce que c'était pas le deal.

Putain de deal.
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MessageSujet: Re: Damn, I wish that I could resist you ║ Shae   Dim 11 Sep - 23:15

« On peut pas rester comme avant, non. On peut pas faire ça Shae parce que je peux pas te mentir. Pas à toi. Je sais que tu veux pas de tout ça, et c'est justement pour ça que je te dis qu'on doit arrêter. »
Mais elle ne veut pas que ça s’arrête. Elle ne veut pas que ça change. Elle veut revenir comme avant. Elle sait que ce n’est pas possible, elle n’est pas complètement idiote, elle sait que maintenant que les choses ont été dites, il est impossible de revenir comme avant. Alors quoi, arrêter ? Elle ne veut même pas l’envisager. Elle a besoin de Garret. Elle a besoin de lui plus que ce qu’elle est prête à admettre. Elle ne veut pas faire sans lui. Elle pourrait peut-être, au prix de beaucoup d’efforts. Mais elle ne veut pas.

« C'est pas comme si j'avais choisi que ça tourne comme ça. Tu crois que ça m'amuse ? Tu crois que te voir dans cet état ça me fait rien ? Mais putain. »
Shae n’ose même plus regarder Garret. Elle baisse les yeux, admire le sol, refoule les vagues de larmes qui viennent, une par une. Il y a de la douleur dans la voix de Garret. Et elle a mal, elle aussi. Leurs douleurs respectives s’entremêlent et finissent par former une seule douleur qui emplit la pièce et lui tord les tripes et le cœur. Elle voudrait pouvoir arrêter sa souffrance et arrêter celle de Garret. Elle sait bien qu’elle en est incapable. Le deal, il était là pour ça. Pour éviter qu’ils souffrent. Pour éviter qu’ils en arrivent à ce genre de conversation. Pour éviter qu’ils se déchirent, incapables d’être ensemble sans tomber dans les sentiments. Shae ne bouge pas quand la main de Garret vient essuyer la larme qu’elle n’a pas réussi à refouler. Elle ne voit pas que lui-même laisse passer une larme. Ca n’était pas censé en arriver là. Et pourtant, la main de Garret sur sa joue est chaude, douce, et elle voudrait qu’il ne l’enlève jamais. C’est ça, l’ironie. C’est qu’elle est bien avec lui. Mais qu’elle ne veut pas être comme ça. Elle vit les petits moments mais les repousse en même temps. Par peur qu’ils deviennent plus que des moments volés, par peur qu’elle s’attache. Parce que quand elle s’attache, elle finit par souffrir. La dernière fois qu’elle s’est trop attachée elle en est morte. Et si elle s’attache à Garret et qu’on lui arrache, elle pourrait en mourir une seconde fois. Elle y perdrait sa liberté, sa sécurité. Mais là, elle va perdre Garret, et elle ne sait pas ce qui est le pire.

« J'ai toujours pensé que c'était mieux comme ça, comme on avait dit. Mais la vérité c'est que j'ai jamais été aussi bien que depuis que t'es plus que ça. Mais je peux pas te faire ça. Parce que je t'ai promis que ce serait pas plus que ça. Alors je m'en vais. Tu veux que je fasse quoi d'autre ? »
Elle ferme les yeux. Chaque mot qu’il dit fait plus mal encore. Une voix au fond d’elle lui murmure que c’est ce qu’elle ressent aussi. Elle est bien depuis que Garret est là. Elle est mieux que jamais. Elle a envie de faire des choses qui ont un sens, à nouveau. Elle attend le prochain moment passé avec lui. Elle ne se sent plus toute seule. Mais même si elle est bien avec lui, elle ne peut pas être avec lui. Alors il s’en va. Il a raison, que peut-il faire d’autre ? Elle n’en sait rien. Elle sait juste qu’elle ne veut pas qu’il s’en aille, mais qu’elle ne peut pas lui donner ce qu’il veut. Et quelque part, elle se dit qu’elle aurait dû le voir venir. Elle a bien vu que leurs soirées prenaient une tournure différente des premières fois. Elle a bien vu que les regards qu’il posait sur elle, et qu’elle posait sur lui, étaient différents, avaient une autre couleur. Qu’elle passait plus de temps à choisir ses tenues et à se préparer. Qu’il lui souriait plus. Qu’elle riait plus. Elle avait vu, elle avait su qu’ils étaient en train de glisser vers quelque chose qui n’était pas la relation de deux potes de soirée. Elle l’avait juste occulté, elle avait refusé de voir, parce qu’elle s’était imaginé que peut-être, si elle n’y prêtait pas attention, si elle le reniait, alors ce moment n’arriverait jamais. Alors peut-être elle pourrait juste continuer à voir Garret, honorer le deal, et que rien de grave n’arriverait. Quelle belle idiote. La réalité finissait toujours pas reprendre le dessus, et elle vous obligeait à faire des choix que vous étiez incapable de faire. Et là, elle devait choisir entre perdre Garret et perdre le reste. Le silence retomba, lourd, douloureux. Tout était douloureux. Le nom du monde était souffrance.
« OK. »
Deux syllabes prononcées dans un murmure cassé. Deux syllabes qui signaient la fin de tout ça. Elle avait fait son choix. Sa faiblesse, sa peur l’avait fait pour elle. Elle devait perdre Garret pour ne pas risquer de tout perdre. Elle le perdait parce qu’elle incapable de prendre le risque. Et là, en prononçant ces deux syllabes, elle avait envie de mourir. De pleurer, de disparaitre, de se noyer dans sa souffrance. Elle n’avait toujours pas relevé la tête. Elle n’avait même pas le courage pour ça.
« Fais attention à toi, surtout. »
Elle releva enfin la tête. Les larmes coulaient sur ses joues. Trop fatiguée pour les retenir. Et puis, elle s’en fichait éperdument maintenant. C’étaient des adieux qu’elle ne voulait pas faire. De toutes les personnes dans sa vie, Garret était le dernier qu’elle voulait perdre, et pourtant le premier qu’elle était prête à sacrifier. Il la détesterait peut-être. Sûrement. Un jour, il lui pardonnerait peut-être. Il la comprendrait, il comprendrait son geste. Qu’elle se soit préservée, qu’elle se soit protégée, à ses dépens. Un jour, peut-être, il ne la détesterait plus. Et s’il la détestait toute sa vie, eh bien, elle l’aurait probablement mérité. Même si ce qu’elle faisait lui faisait mal à en crever, même si l’idée de faire souffrir Garret était insupportable, elle l’aurait mérité. Parce qu’elle n’avait pas le courage d’aller plus loin que ces moments volés, qui disparaitraient eux aussi, en même temps que Garret. Ses yeux disaient le « je suis désolée » que ses lèvres étaient incapables de prononcer.
Le « je t’aime » ne franchirait pas ses lèvres non plus.

_________________


La douleur infinie de celui qui reste,
Comme un pâle reflet de l'infini voyage,
Qui attend celui qui part



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Damn, I wish that I could resist you ║ Shae

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