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 /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Ven 28 Avr - 20:27


« We try to run from our past, but the truth we cannot hide »


Noah & Mikkel
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Les lèvres du sorcier étaient douces contre ma peau. La curiosité ne quittait pas mon regard, lorsque je retrouvai le sien. A ses commentaires narquois, je le fixai avec circonspection avant de hausser doucement les épaules dans un sourire en coin. Qu'il me pense incapable de respecter le secret professionnel ne me faisait ni chaud ni froid. Oh je savais bien moi, que j'aurais fait un merveilleux psy si je l'avais voulu ! Mais... En tous les cas, gagner la confiance de Noah ne serait pas une mince affaire, c'était net. Je méditais vaguement sur l'état de notre monde dévasté, sans réelle nostalgie. En vérité, je ne parvenais pas à me convaincre que certaines continents auraient réellement disparu pour toujours et je conservais un optimisme serein. Les gens avaient trop tendance à dramatiser, après tout. Je me contentai de garder chaleureusement le corps de mon amant enlacé, appréciant de le découvrir sous ce nouveau jour. Le langage de son corps était si différent de son attitude secrète et renfermée, alors qu'il n'était avare ni de caresses, ni de baisers. Sa façon de se resserrer contre moi témoignait d'une absence totale de froideur ou d'indifférence, puisqu'il semblait au contraire en demande de tendresse... Je lui répondais avec naturel, sans me poser de question, lui offrant la chaleur de mes bras avec un plaisir sincère. La tension dans son corps me fut perceptible après que je lui ai dit certaines choses. Y avait-il été sensible d'une certaine façon ? Je n'y pris pas vraiment garde. Il restait toujours tranquillement contre moi, sa main baladeuse me procurait des frissons agréables et j'écoutai ses réponses, fronçant les sourcils à ses phrases aux tournures toujours si complexes.

« Oh nan, j'imagine bien que même les psy ont des problèmes. Comme on dit, ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, tout ça. » N'empêche, même s'il remettait les pendules à l'heure en faisant comme si je jugeais les pauvres petits nantis si riches et si incompris, il me confirmait quand même à demi mots qu'il avait bien besoin de s'extirper de son écrin, aussi joli soit-il. A quel point il morflait et pour quelle raison, je n'en savais toujours rien, mais une chose avait malgré tout fait tinter mon oreille : rares étaient ceux qui avaient eu l'occasion d'assister à ses talents. J'étais donc un privilégié ? Oho... Cette pensée alluma une lueur vive dans mes prunelles expressives. Voilà qui était extrêmement intéressant. Je masquai tant bien que mal mon exaltation en faisant en gros semblant de rien, pinçant mon sourire qui bataillait pour s'étirer jusqu'à mes oreilles. Palpant sereinement ses fesses, j'appréciai la cambrure de son dos sous mes caresses alors que sa propre main venait audacieusement à ma rencontre. « Tu n'es qu'un réceptacle ? Mais tu es un charmant réceptacle. Un réceptacle si chaud et stimulant qu'on a envie de s'y déverser encore et encore... Hmmm..»

Ma voix langoureuse se perdit dans un soupir. Croisant son regard, je lui offris un regard enjôleur, entre séduction et malice, me mordillant les lèvres lorsque ses doigts remontaient entre mes cuisses. Haussant un sourcil à la réplique mystérieuse de Noah, je ne relevai pas immédiatement. Il ne voulait donc toujours rien lâcher concernant cette fameuse soirée mais le fait qu'il n'ait soi disant eu aucune incidence sur le chacal me laissait grandement sceptique. Sans me démonter, je me redressai doucement pour surplomber son visage, dévorant les lueurs vertes de ses prunelles. Mon sourire de prédateur s'était agrandi à ses mots suivants. Pinçant mes sourcils à son air détaché, j'articulai chacun de mes mots avec une extrême gravité. « Oh je n'ai pas peur. Et oui. Je t'amènerai de la vie à la mort et de la mort à la vie. Je tue, je dévore, je ranime, je dévore encore. Un cercle sans fin, pour ton plus grand plaisir. » Ponctuant mes affirmations de baisers voraces, je me lovai contre son corps, sentant la chaleur de ses cuisses m'entourer. « Pour cela, il faudrait que tu aies un certain intérêt pour ce fameux chacal, bien sûr, mais si ce n'est qu'un rêve selon toi... c'est bien dommage. »

Alors que j'avais prononcé cette question dans un murmure impulsif, sitôt qu'elle m'avait traversé la tête, le soupir du sorcier avait paru contrarié. J'aurai aimé croiser son regard mais il demeurait obstinément caché à ma vue, son visage enfoui dans mes cheveux et je n'osai bouger, attentif à ses réactions. La joue contre son épaule, je retins mon souffle en l'écoutant parler, blotti dans son étreinte. Malgré moi, je voyais se dessiner la scène à mesure de ses descriptions et ma gorge se serra en imaginant l'horreur. Le fait qu'il se confie ainsi à moi était aussi troublant que captivant. Noah s'ouvrait enfin, ce n'était pas trop tôt ! Il ne fallait surtout pas l'interrompre. Je grattais doucement son torse de mes ongles, pour l'encourager à poursuivre, impressionné malgré tout par cette histoire. Dans quel état avait-il dû sortir de là si ses doigts avaient été écorchés jusqu'à l'os ? Ils avaient l'air normaux maintenant... non ? Je me figeai alors que sa voix si grave résonnait au dessus de ma tête. A ses derniers mots, mon cœur fit un triple saut périlleux et je blêmis alors que je me voyais bloqué par son étau.

Un cri m'échappa sous la surprise et la trouille et je gueulais un « Han non ! » retentissant, avant de me rendre compte que ce salopard se foutait de ma gueule. Surpris et décontenancé, je le dévisageai quelques secondes alors que le visage de ce farceur de psychiatre m'apparaissait enfin. « Hééé... le p'tit enfoiré ! J'y ai même pas cru une seconde en plus ! Nan mais franchement. Tsss.» Partagé entre la stupeur, l'envie de tirer la gueule et celle de me foutre à rire, j'étais quand même sacrément déconcerté. Secouant la tête dans un soupir de soulagement, je ne pus empêcher un rire de me secouer. Bon okay, j'avouai que la blague était drôle mais quand même, je ne m'attendais pas à ça venant de lui. Décidément, il y avait des tas de choses à découvrir derrière ces beaux yeux verts. Je fis la moue sous ses baisers, sans pour autant m'y dérober, expulsant un soupir sous ses lèvres, les sourcils froncés. Les yeux envahis par le doute, mon cœur battait toujours la chamade. « C'est malin hein... on n'a pas idée de raconter des trucs pareils. C'est quoi ça pour un psy pas sérieux, tu veux me traumatiser ?» Je me redressai pour venir à la rencontre de son bassin avec volupté, mes mains posées avec franchise contre ses fesses alors que je répondais à son baiser avec ardeur. Dans un soupir, je cillai un peu à sa question, remontant mes mains pour chatouiller doucement ses côtes, testant sa résistance à cette douce vengeance..

« Nan. » dis-je d'un ton boudeur, des étincelles espiègles dansant dans mes yeux. Sa magie me frôlait et me donnait la chair de poule. Mes sourcils frémirent, sans que je me détache de son emprise, alors qu'il se collait à nouveau contre moi, frissonnant sous les assauts de ses lèvres gourmandes. Il avait beau me tripoter comme le vil tentateur qu'il était pour me distraire, la chaleur qui revenait dans mon ventre ne m'empêchait pas de garder la tête froide. Du moins un peu. Je fermai les yeux deux secondes dans un soupir alangui en essayant de rattraper ses mains. Les murmures étaient bas mais sans que je ne comprenne rien à ces mots en italiens, ils m'avaient procuré une sensation de malaise indéfinissable, tant ils me semblaient graves. « Quoi... ? » J'avais répondu sur le même ton chuchoté mais je doutais qu'il me traduise quoique ce soit. « Si tu me parles en italien, je peux aussi te répondre en russe et personne ne comprendra plus rien. » Lui dis-je dans la langue de mon père. Mon ton était léger mais ne masquait pas la curiosité extrême dans mon regard. J'hésitais à insister mais je sentais que je n'arriverais qu'à le braquer. Je laissai passer un moment de silence en réfléchissant, lui faisant croire que je lâchai l'affaire pour me concentrer sur son corps, ses lèvres que j'embrassai encore, sa peau que je caressais. Mon visage ploya pour embrasser sa gorge, puis son torse, tandis que mes doigts sinuait contre ses hanches. Ma main revint errer autour de son nombril alors que je redressai les yeux vers lui.

« Je n'avais jamais rencontré de sorcier avant toi. » C'était la vérité. En faisant exception de mon propre père, bien sûr. Mais Roman ne savait pas que j'étais au courant et de toute façon, le concernant, ce n'était pas pareil, il n'avait jamais été dans ce... monde obscur. Ma main descendait doucement sans que je ne cesse de le fixer avec provocation, le dévorant d'un regard qui en appelait à la luxure, les lèvres entrouvertes. Jusqu'à ce que mes doigts frôlent son membre. « J'aime ça, le mystère qui t'entoure, ça te rend encore plus sexy... Certains secrets mériteraient pourtant d'être éclaircis.» Ma main caressa doucement son sexe et devint plus ferme sur sa prise, le massant de haut en bas. Lui volant sa bouche pour un bref baiser, je fondis contre son bas-ventre, embrassant ce que je tenais entre mes doigts avant d'en lécher brièvement la fragile extrémité. Ma joue se frotta doucement contre son membre chaud que je continuais à épouser de mes doigts « Je sais bien que tous les sorciers ne sortent pas tous d'un tombeau ou de ces ténèbres. » Je le fixai d'un regard interrogatif. « Mais toi ? Confie toi à moi si tu veux. Je serai une tombe. Enfin, façon de parler hm, une tombe cool ! Hellcome... » Dis-je d'une voix veloutée.

Sans lui laisser le temps de me répondre, je l'interrompis d'un mouvement de l'index, reculant doucement sur le matelas. « Quoiqu'il en soit... » J’inclinai la tête de coté, levant les yeux au ciel dans une moue chafouine. « J'aimerais d'abord visiter ta salle de bain, avec ta permission. » Ou sans. Je haussai les sourcils d'un air explicite avant de m'extirper du lit souplement et faire volte face. Il fallait tout de même que je le laisse poireauter un peu, bon sang. Si je lui donnais tout ce qu'il voulait directement, je ne recevrai sûrement jamais aucune réponse de sa part sur mon affaire. Et qu'il se frustre un peu tiens, ça lui apprendrait à me faire peur avec des histoires de zombies.

Lui offrant la vue sur mes fesses, je m'en allais donc magistralement, sans véritablement attendre sa réponse, m'en allant avec superbe pour rejoindre le couloir. Il devait bien y avoir une salle de bain à l'étage. J'en profitai pour jeter à nouveau un coup d’œil aux peintures qui ornaient le vestibule. L'idée me traversa d'en voler une mais en lieu de cela, je tentai de graver ses visages dans ma mémoire. Juste au cas où. « On dirait des thermes romains, c'est majestueux ! J'fais vite hein, mais j'profite du confort. » Tu parles. J'élevai la voix distraitement à son intention, pendant que je me rapprochais de la peinture d'un mec d'allure noble, au visage fin et jeune. Ses vêtements étaient anciens et je me demandais s'il s'agissait de l'amant de mon psychiatre. Il avait l'air important pour lui. En tous cas, il était très beau. Tout autant que ces deux femmes – autant que je puisse en juger - dont les tableaux étaient également mis en valeurs. L'une des filles portaient cependant des vêtements plus récents. Plissant les yeux, j'approchai mon doigt de la peinture inachevée qui trônait toujours sur le chevalet. Elle paraissait sèche et je soupirai, un peu désemparé. Parmi ces peintures, il me semblait avoir reconnu cet autre homme tout à l'heure, ce mec que j'avais vu en rêve. Peut-être était-elle dans la montée d'escalier et j'y lançai un regard avant de me retourner pour surveiller l'entrée de la chambre de Noah. Si je descendais maintenant, il l'entendrait sûrement. Mais peut-être qu'il finirait par s'endormir si je le fatiguais assez ? Cette idée alluma un sourire machiavélique sur mon visage. Le fatiguer serait de toute façon, une activité fort plaisante, n'est ce pas ?

Je me résolu à me rendre pour de bon sans sa salle de bain, y prenant mes aises en testant tous les robinets. Autant recréer l'ambiance des thermes romains pour de bon, cela mettrait peut-être ce bel italien dans de bonnes dispositions. Une buée digne d'un sauna ne tarda pas à se dessiner sur les miroirs. Ayant profité du cabinet royal, j'entrepris de plonger sous le jet de la douche avant de héler mon hôte. « Je me sens seul dans cette magnifique salle de bain... Noah ? Sérieux, je suis perdu et tellement troublé... J'ai trop de troubles en moi, c'est ça. J'crois que j'ai besoin d'un réceptacle. Oh tu as de la crème de bain ? Il y a un massage qui t'attend si tu consens à te déplacer vers la piscine qui te sert de baignoire. » Tout en parlant, je manipulais les différentes bouteilles de shampoing et savon à ma disposition, réfléchissant en même temps à la meilleure manière de lui tirer les vers du nez. Dans ma distraction, je ne prêtais pas attention à l'heure qu'il était. Bientôt il ferait nuit et lorsque la pleine lune se lèverait, certaines choses risquaient de se produire, de la même manière que le mois précédent...


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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Sam 30 Sep - 17:23


Ses mains étaient absolument partout. Sur son corps, sur sa peau, sur ses nerfs, sur ses sens. Ievseï avait l'art et la manière de prendre tout l'espace, que ce soit en gestes ou en paroles, quelles que soient les circonstances. Un point que le psychiatre ne s'était pas empêché de noter, quand les circonstances, justement, étaient nettement moins intimes. Un besoin profond de combler les espaces, de remplir le vide, d'atténuer le silence en le peuplant autant que possible. Une façon presque désespérée de se raccrocher à son Humanité, en sollicitant celle de l'autre. Quelle que soit la réponse, il semblait qu'elle importait peu. Mikkel était de ces êtres perpétuellement volubiles qui, peu importait ce que l'autre en face pourrait faire, avait désespérément besoin d'être remarqué.
Une façon malhabile de demander l'approbation de son public, pour pouvoir avoir la sensation d'exister.

Pour autant, dans l'état d'esprit où se trouvait actuellement Noah, ce n'était pas pour lui déplaire. La même cruelle nécessité de se sentir bien humain avait résonné dans chacune de ses cellules, se manifestant toujours avec ces gestes qu'il s'accordait vis à vis du jeune homme. Un réceptacle. Il ne croyait pas si bien dire. Une enveloppe creuse, vide, si profondément nécessiteuse du moindre contact, de la moindre once de chaleur humaine, qu'il se trouvait lui-même risible. Mais les bras de Ievseï, quand bien même il était bien trop loquace au goût du sorcier, étaient accueillants. Un havre de confort et de protection pour les démunis d'affection. Pas qu'il ait manqué de tendresse avec Enya, bien loin de là. Mais ce n'était pas pareil. Il y avait quelque chose de différent, à se lover dans les bras de Ievseï. Une rudesse purement masculine qui lui allait nettement mieux, car elle était différente. Et pourtant tellement désirée.
Et puis bon, il fallait reconnaître qu'il était prompt à suivre le mouvement, peu importait le chemin. En témoignait cette réplique prompte qu'il lui offrit, dans une langue âpre, un peu rugueuse, que le sorcier n'avait jamais entendue. Haussant un sourcil surpris dans la direction de son patient, Noah finit par se fendre d'un sourire. Le ton était aussi mordant que le reste de son personnage. Et s'il était impulsif, il n'était clairement pas sot. Finalement, peut-être que le Don était bien plus justifié qu'il ne l'aurait cru en lui attribuant un chacal. L'animal, bien qu'il lui soit inconnu, semblait doté de ce double jeu permanent dans sa psyché. Un double-jeu qui n'avait pas une seule fois lâché Ievseï depuis qu'il avait mis les pieds dans son appartement.

Se laissant docilement malmener, son corps s'éveillant de nouveau progressivement sous chacune de ses caresses insidieuses, le sorcier ferma les yeux en soupirant, afin de mieux se concentrer sur les sensations. Ievseï avait beau babiller, peu lui importait. Il avait laissé entrer le loup dans la bergerie depuis bien trop longtemps pour tenter de s'en débarrasser à présent. Et il n'allait pas le faire alors qu'il prenait le pas sur les tentatives du psychiatre de lui changer les idées. Languide, il se laissa aller à ouvrir un oeil pour observer la tête brune filer entre ses cuisses, son dos se creusant naturellement sous l'impulsion de ses doigts. Il était doué, ce con. Doué, et aussi insidieux que l'étaient ses mains. Se mordant la lèvre inférieure, Noah posa un regard bien plus sombre dans les iris métalliques de son partenaire. Tout, dans son attitude, était un mirage. Un bien joli mirage. Un très joli mirage qui lui tira quelques soupirs d'envie. Mais un mirage restait toujours un mirage, peu importait d'à quelle proximité on s'y trouvait. Et si le mirage avait un bon coup de langue et était capable de raviver le feu entre ses cuisses, il n'en était pas moins dangereux à tenir aussi proche de lui. Il était insaisissable. Et Noah n'était pas certain d'avoir envie de le laisser le rattraper, en ce qui le concernait.

-Pour être parfaitement honnête je...

Il n'eut pas le temps de répliquer à la question, éternelle, des tombes et des morts vivants qu'il se faisait taire d'un index devant les lèvres. Poussant un soupir frustré, il observa son généreux partenaire s'extirper du lit, sans avoir la possibilité d'en rajouter. Alors il esquissa une moue résignée, et concéda, la voix lasse :

-Soit. La première porte sur ta gauche, en sortant de la chambre. Mais tu n'as autorisation de visiter que la salle de bain.

Il se doutait bien, au regard que lui lança le métamorphe, qu'il ne l'entendrait certainement pas de cette oreille. Après tout, le jeune homme n'en faisait qu'à sa tête, Noah l'avait bien compris. Laissant son regard glisser le long des courbes accueillantes de son volubile partenaire, il l'observa filer à grandes enjambées vers la sortie avant d'enfoncer de nouveau sa tête dans ses coussins. Les yeux rivés sur les volutes peintes au-dessus de lui, sur le plafond plâtré, il porta ses doigts à ses lèvres. L'empreinte de celles de Ievseï résonnait encore contre sa peau, douce, chaude, vibrante. Que fais-tu donc, Meadow ? Il avait beau savoir être sujet à tous types de pulsions comme n'importe quel être humain lambda, il ne se serait pas attendu à cela, même en se connaissant parfaitement. Laisser une once de sa vie à la vue de Ievseï était une erreur qu'il aurait à assumer sur le long terme, il en était parfaitement conscient. Tout comme il l'était de ce besoin maladif, cette nécessité qu'il avait eue de se dévoiler de la sorte à un sombre inconnu. Comme si la fougue dévastatrice du jeune homme pouvait potentiellement l'emporter à son tour. Ce besoin cruel de proximité avec quelqu'un, qui que se soit, qui l'avait toujours hanté. Qu'il avait voulu entretenir avec Cassidy sans que ça ne soit possible. Qu'il avait tenté de simuler avec Enya. Qu'il avait avec Aida sans que jamais personne ne parvienne à cette prouesse après elle. Ce n'était pas tant de la reconnaissance de Mikkel qu'il voulait. C'était de celle de quelqu'un, qui que ce soit. N'importe qui. Après des siècles de carences affectives, il avait eu la sensation que n'importe qui pourrait remplir ce rôle. Mais au fond, ils n'avaient été que deux.

Le calme revenait doucement apaiser ses sens échaudés, et il entendit les pas de Ievseï faire frémir le plancher. Des craquements qui n'étaient résolument pas dans la bonne direction. Une voix tonitruante retentit du côté de la mezzanine surplombant son cabinet, qui le fit rouler des yeux si fort que les volutes peintes semblèrent s'animer. Des termes. Là où il se trouvait. Et les cochons volaient.
Agacé, le psychiatre roula sur le côté pour s'asseoir sur le rebord du lit. Ses membres étaient engourdis sous l'effort et les endorphines, ralentissant considérablement ses mouvements. Le poussant à considérer les raisons de son agacement temporaire, pour finalement s'étirer longuement. La nature curieuse du métamorphe finirait par être rattrapée par les besoins de la nature, après tout. Il se lasserait. Un postulat qui fut vérifié par les pas qu'il entendit, alors qu'ils passaient devant sa porte pour rejoindre la bonne direction. Quelques minutes de plus et les canalisations ronronnèrent enfin. A la bonne heure. Joignant le geste à la réflexion, il tourna la tête vers le réveil qui trônait à côté de son lit. Les aiguilles lui rappelèrent qu'il se faisait tard, bien plus tard que l'inclinaison du soleil pouvait laisser supposer. La nuit n'allait pas tarder à glisser au-dessus de la ville avant de l'engloutir toute entière, laissant l'empire à une lune bien ronde. Ce n'était plus l'affaire que de quelques heures. L'estomac du sorcier se creusa, malgré lui, à cette pensée. Le temps leur faisait défaut, quand bien même la soirée s'annonçait particulièrement douce. Car arriverait un moment où les instincts animaux de Ievseï ne seraient plus que ça, des instincts. Et Noah n'avait aucune envie de se retrouver avec un canidé dans l'appartement. Pour peu qu'il ait peur, il pourrait saccager tout ce qu'il restait potentiellement à détruire.

Il finit par se redresser. Les canalisations crachotaient suffisamment pour signaler que Ievseï avait trouvé le chemin vers sa baignoire, et la perspective de se glisser sous l'eau chaude pour dénouer ses épaules avait un certain attrait. A pas lents, silencieux, le sorcier se dirigea vers la salle de bain. Pour être accueilli par une invitation qu'il avait anticipée, et un écran de buée. Un sourire ourla malgré lui le coin de ses lèvres, alors qu'il progressait à tâtons vers la silhouette de son partenaire. Il n'avait pas tort sur ce coup-là. Sa salle de bain, avec ses carreaux et son marbre clair, ressemblait effectivement à des termes romains. Et l'Eros qui s'y tenait, avec ses fesses rebondies sur lesquelles Noah hasarda une main, flirtait clairement avec son reflet sur le robinet à l'image d'un Narcisse de basse extraction.  

-J'accepte le massage, s'il est une manière de te racheter pour avoir tenté de me faire croire que tu n'étais pas en train de fouiner dans mes affaires.

Sa main avait longé le creux des reins du brun pour atteindre sa nuque. Son pouce et son index s'était fermement enfoncés dans la peau fine, pareils à des serres, pour bien marquer l'intensité de sa pensée. Non, il n'était pas idiot. Oui, il l'avait parfaitement entendu. Et si le jeune homme était plus agile, plus fort et plus souple que lui, le sorcier n'en était pas moins terriblement puissant. Et tout sauf dupe.
Pour autant sa voix était toujours aussi neutre. Laissant ses doigts enfoncés dans les chairs tendres encore quelques instants, il finit par relâcher la nuque de Ievseï avant d'enjamber la baignoire. Si Mikkel avait ses défauts, il savait au moins parfaitement doser l'eau chaude. Le contact lui arracha un frisson de volupté, et il se glissa à son tour sous le jet, frôlant la peau de son partenaire sans la moindre gêne. La baignoire était assez grande pour manoeuvrer. Il n'eut aucun mal à se glisser pour lui présenter son dos, attraper un flacon de gel douche, et le lui fourrer entre les mains avant de se retourner, prêt à se faire masser. La nonchalance de ses gestes, elle, fut à l'image de celle qui se dégagea de son ton parfaitement égal.

-Ta visite des termes inexistants de ma mezzanine a-t-elle été instructive ? Qu'as-tu tiré de cette expérience ? Et n'oublie pas. Je ne répondrai à aucune de tes interrogations.

Il leva le visage vers le jet d'eau et ferma les yeux en se laissant asperger, profitant de la chaleur du liquide sur sa peau lasse. Un sourire s'étira sur son visage en sentant les mains de Ievseï sur son dos. Si la personne n'était pas idéale, il devait reconnaître au jeune homme une capacité toute particulière dans le toucher. Surtout en ce qui concernait le psychiatre. Se laissant docilement faire, il finit par lever un index pour pousser le jeune homme au silence sans même se donner la peine de se retourner. Chacun son tour.

-Il y a des choses qui ne doivent être connues que de ceux qu'elles concernent directement, Mikkel. Tout comme il y a des secrets, des fardeaux et des errances qui ne doivent être confiées qu'en de brèves et rares occasions. Et tout aussi accueillant puisse être ton caveau, je crains de ne devoir emporter mes secrets qu'à l'intérieur de mon propre cercueil. Je te fais toutefois la promesse de te les rapporter si jamais le destin s'amuse à me faire errer une troisième fois à la surface de cette planète.

Un sourire chafouin étirait ses traits alors qu'il jetait un coup d'oeil amusé à son partenaire, par-dessus son épaule. Peu importait, au fond, ce qu'il pouvait penser. Le psychiatre avait posé ses limites depuis leurs débuts. Il ne passerait pas outre, peu importait toutes les machinations qui auraient pu se monter sous les mèches brunes du Russe. D'autant qu'il avait quelques projets pour lui permettre d'oublier chacune d'entre elles, tout du moins dans l'immédiat. Des projets à reprendre qu'ils avaient abandonnés en cours de route, qui avaient le don de reléguer ce type de détails au fond des esprits. Il leur restait bien quelques heures, avant qu'il n'ait à mettre Ievseï à la porte, après tout.
Prêtant une attention distraite à la réponse de son patient, Noah finit par se retourner avec langueur. Ses doigts se posèrent sur le torse ciselé de son comparse, savourant de la pulpe chaque sinuosité de sa musculature. La gourmandise avait toujours été un de ses défauts. Aussi, quand ses doigts dévalèrent le nombril pour effleurer l'entrejambe de Ievseï, il reposa un regard où résonnait une force tranquille au fond des prunelles métalliques du brun.

-J'y pense, mais tu ne m'as jamais réellement parlé des raisons qui t'ont poussé à franchir la porte de mon bureau. Outre la convocation par le juge, bien entendu. Notre séance a beau toucher prochainement à sa fin, je suis curieux d'entendre les circonstances exactes de ton arrivée en ces lieux.

Ses doigts se faufilèrent dans les sinuosités de son entrejambe, s'enroulant docilement autour de sa hampe pour la caresser lentement. Se hissant sur la pointe des pieds, le psychiatre profita de l'impulsion pour retrouver la chaleur de Ievseï, et chuchoter contre sa tempe :

-Je ne pourrai probablement pas te répondre, mais sois assuré que mon attention t'est entièrement dévouée.


Son attention, elle, lui était entièrement accordée. Ils avaient encore quelques heures, certes. Mais ces quelques heures conservaient toujours cette possibilité d'être extrêmement révélatrices, à qui savait comment s'en servir.

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