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 parfois les miracles vont par deux (noliam -22)

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Twins : two people who are joined and can't escape each other.

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MessageSujet: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Lun 8 Aoû - 1:45

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



« LIAM, LIAM ! ATTRAPE ! » Je lui balance le ballon de l’autre côté du jardin pour attirer son attention mais peine perdu, il est trop intéressé par sa conversation avec Maman pour esquiver la balle. J’éclate de rire devant sa tête ahuri lorsqu’il se la prend dans la tête, avant de courir dans sa direction pour lui sauter dessus et lui faire un câlin dans un « BASTOOOON ! » énergique. Liam, c’est mon frère, c’est même mon frère jumeau et on se ressemble tellement que nos parents nous confondraient la plupart du temps si je n’étais pas le plus dynamique des deux, le plus désobéissant, le plus survolté et surtout le plus fragile. Et fragile, d’ailleurs… j’essaye de plaquer Liam à terre lorsqu’un vertige me prend, la nausée arrive et s’interpose entre moi et le jeu de la manière la plus vicieuse possible. Je me recroqueville sur place et déjà Maman est sur moi pour me tenir par les épaules. « Nolan !? Nolan, mon chaton, ça va ? » Non, ça ne va pas, ça ne va pas du tout parce qu’elle sait comme moi ce qu’il se passe et que ce n’est pas drôle, pas drôle du tout, parce que je jouais avec Liam et que c’est trop, bien trop injuste que ça m’arrive comme ça, maintenant, alors que ça faisait des mois que ça allait mieux et que… je secoue la tête de dénégation, des larmes plein les yeux. « Liam, va chercher ton père, tout de suite ! » Je m’effondre dans les bras de ma mère, tout tremblant, nausée, des vertiges faisant flageoler mes jambes.

Dans la vie, il y a des trucs chouettes, des trucs mégas chouettes, des trucs craignos et des trucs ultras craignos. Par exemple, fêter son anniversaire, c’est méga chouette. Se battre dans la boue avec son frère et se faire gronder par ses parents, c’est méga chouette, même si la punition qui en suit, comme par exemple laver tout le salon parce que la boue est un peu partout, c’est craignos. Avoir une bonne note à l’école, c’est chouette, et faire un câlin à Magalie, son amie de CM2, c’est chouette aussi, et aller au restaurant avec son papa pour fêter ses dix ans, c’est chouette encore. Mais se réveiller à l’hôpital après s’être évanoui la veille, ça… ça ça rentre vraiment dans les trucs ultras craignos de la vie et pourtant, j’y suis habitué. Presque.

Je déteste ce genre de réveil. Ca commence par la bouche pâteuse, la lumière trop forte. Puis il y a la gêne, ces perfusions dans mon corps, le ronronnement de la machine à côté de moi qui filtre mon sang, l’essoufflement. Et un peu de douleur, beaucoup de fatigue. Je déteste ce genre de réveil, mais je déteste encore plus le lendemain. Quand je me réveille une nouvelle fois dans mon lit d’hôpital mais que mes parents ne sont pas là, parce qu’ils sont inévitablement en train de discuter avec les médecins pour faire un point sur l’avancée de ma maladie. Et le pire, en plus, c’est que je ne peux pas m’installer comme je veux, parce qu’il y a tous ces tuyaux, parce que je me sens perdu dans ce grand lit, parce que je n’arrive pas à me redresser comme je veux. Et que je suis fatigué. Si fatigué que c’est vraiment, mais vraiment trop injuste. Mais… mais parfois, mon réveil a quand même quelques trucs assez chouettes. Comme là, lorsque je me retourne comme je peux dans mon lit, et que j’aperçois un Liam qui est en train de lire un gros livre, parce que Liam il lit beaucoup. Beaucoup plus que moi. Et qu’en plus, je sens sous mon oreiller mon pingouin en peluche. J’imagine que comme d’habitude, c’est Liam qui a pensé à le prendre dans ma chambre, parce que moi j’y pense jamais et que mes parents ils y pensent jamais non plus mais que je veux avoir Bidou avec moi. Même si j’ai dix ans et que je suis supposé être un grand garçon, Bidou a quand même quelque chose de sacrément rassurant. Mon poignet me gratte, là où est fait le raccordement avec la grosse machine. Ca a quelque chose d’effrayant de voir tout mon avant-bras enveloppé de bandage, avec des tuyaux rouge sang, et la légère douleur qui est constante. J’aime pas. « Liam ? Tu dors ? » Bien sûr que non, qu’il ne dort pas. Mais je veux juste qu’il sache que je suis réveillé. « Je dors depuis combien de temps ? Tu vas bien ? T’as eu peur ? Je peux avoir à boire ? » J’imagine que lui, il va bien. Mais… « Ils ont commencé la dialyse y’a longtemps ? Papa et Maman sont où ? » Mes questions rituelles, j’imagine. Pour savoir où j’en suis dans les quatre, cinq heures d’opération, pour savoir si ça s’est aggravé, pour savoir ce qu’il se passe, en général.


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Lun 8 Aoû - 1:52



Parfois, les miracles vont par deux

 
S.T.A.Y.


Des rires. Des rires fins et lents. Des rires d'enfants, tout simplement. On joue, on oublie. Il n'y a que nous et le monde n'a plus d'importance. De toutes façons, rien n'a plus d'importance que nous. Je ne suis pas près de toi, mais je te ressens, je sais que tu veux jouer. Je sais que tu veux qu'on continue à s'amuser. Mais maman me parle, maman m'explique que je dois arrêter de faire comme si de rien n'était. « Tu comprends, Liam, Nolan est malade. » Qu'elle me dit et me répète. Et moi je rétorque que je m'en fiche, que c'est pas ce qui te définit. Que t'es pas une pauvre maladie et que t'es plus fort que ça. Que j'arrêterai pas nos vies pour ça. Mais maman baisse les yeux, elle en a marre  que j'écoute pas. Et le coup derrière m'arrive brusquement, parce que je me suis déconnecté de toi. Inconsciemment, je ne veux pas que tu ressentes la colère qui monte en moi. Je ne veux pas que tu subisses ça. Réflexe incontrôlé, je me retourne et te fixe avec la main sur l'impact et un regard vengeur. J'ai oublié la conversation. Parce que t'es là. T'es en vie et t'es toi.

Je ne te retiens pas alors que tu m'arrives en plein dessus. Je ris à nouveau, je laisse le reste. Je m'en fous. Il faut qu'on rit. On est des enfants, on a pas à penser à tout ça. On a pas à voir tout ça. T'as pas à être malade comme ça. Je m'apprête à recevoir ton coup, te laisser gagner, le sourire en coin et prêt à manger l'herbe, mais ton regard change. Je le vois Nolan, ton regard, et tu t'arrêtes. Je me fige et t'observe, je ressens ta douleur sans même la comprendre, ma gorge se noue alors que maman intervient à nouveau entre nous. T'allais mieux. T'allais mieux Nolan, j'y croyais. J'ai juré à maman quelques minutes avant que c'était fini tout ça, et pourtant, t'es bien là, recroquevillé en face de moi. Je me perds devant toi, je brûle intérieurement. J'ai mal, tellement mal de ne pas pouvoir jouer avec toi. Maman m'interpelle alors que nos larmes sont elles aussi jumelles. J'acquiesce et m'éloigne de toi, le cœur brisé de tes pleurs. Le cœur brisé de tes peurs.

Le temps passe lentement, horriblement lentement. Tu n'es plus là. Nous ne sommes plus deux, il n'y a que moi. « Attends maman, il faut prendre Bidou. Nolan voudra Bidou. » Je renifle, j'ai les yeux rouges et des livres sous le bras. Maman me sourit, de ce sourire que je déteste, celui qui montre que tu vas pas bien. Ils ont tenté de me ramener à la maison, de me mettre hors de ta chambre. Personne n'a réussi, il est hors de question que je sois loin de toi. Si j'avais pu, j'aurais eu les mêmes trous que toi, juste pour pas que t'aies mal tout seul. Juste pour qu'on soit encore ensemble. Une couverture sur les genoux, je lis depuis des heures, les livres s'empilent à côté de moi et toi tu dors. Je te regarde parfois, et je me demande si tu rêves. Je me demande de quoi tu rêves. Peut-être de Magalie, même si tu prétends qu'elle n'est que ton amie. Parfois je referme le livre, et je regarde dehors. Le temps s'est arrêté parce que tu n'es plus avec moi. Le temps s'arrête toujours quand t'es plus là. Et puis je me replonge dans mon livre, et je m'enferme dans ce monde dans lequel tu n'es qu'endormi, dans lequel rien de tout ça n'est grave. Dans lequel j'ai raison, et maman a tort. Dans lequel ils ont tous tort.

Notre monde à nous.

Et ta voix, si fatiguée s'échappe de tes lèvres. Je sens mon cœur se serrer, parce que tu es de retour avec moi. Je tourne les yeux sur toi, vidé de toute tristesse ou peur, juste plein de bonheur. Parce qu'il n'y a pas de monstre, pas de maladie entre nous. Je n'ai pas peur pour toi devant toi. Je ne pleure pas pour toi devant toi. Parce que tu vas bien. Parce qu'on va bien. C'est tout. C'est comme ça. Je referme le livre et passe lentement mes doigts sur la reliure avant de me lever pour t'attraper un verre d'eau. Je n'appelle pas les médecins. C'est notre moment. Et puis je sais m'occuper de toi. C'est sans doute pour ça qu'on m'a laissé seul dans cette pièce avec toi. Je verse l'eau dans le verre, attrape une paille de ta couleur préférée, une de la mienne et m'avance à tes côtés.

Tu poses les mêmes questions qu'avant, sur le même ton. De la même voix. Je les connais. On les comprend. On devrait pas mais on sait tout ça. « Tiens, bois pas trop vite, ça pourrait te donner mal à la tête. » Tu le sais pertinemment, mais je le répète moi aussi. « Ils ont commencé il y a quatre heures, mais on est ici depuis longtemps. Enfin je sais pas trop en fait. » Je me gratte le front et m'assoie sur le bord de ton lit, les pieds croisés, miroir parfait, sans aucun bandage sur les bras, sans maladie à l'intérieur de moi.

« Papa et maman sont partis voir des trucs avec les docteurs. » Je marque une pause en buvant dans ma paille, du verre que je tiens pour nous deux, avancé vers toi en équilibre pour te faire faire le moins d'effort possible. « Ils t'ont fait des nouveaux tests, mais ils veulent pas me dire. De toutes façons, ils veulent jamais rien me dire. » Je détourne les yeux, je suis en colère. En colère que ce soit toi dans ce lit, et pas moi. Parce que tu mérites pas ça. Pas toi. « Mais tu vas aller bien, je le sais. » Je souris et m'installe en enfonçant un peu plus mon derrière dans le lit avant de te parler, comme si de rien n'était.

« T'as fait des jolis rêves ? Magalie te faisait des mamours ? », instinctivement, je pose mon bras sur les bandages, comme pour drainer la douleur. « Si tu veux que je change les bandages, tu me le dis. J'ai déjà tout piqué dans la nuit. » Je souris, j'aime savoir ce qu'ils t'ont fait, j'aime faire les bandages comme ils ne te font pas mal, ou le moins possible. « Tu veux qu'on fasse quoi ? »

Pas de médecin. Juste nous. Les options sont limitées, mon état de fatigue et ton état physique ne nous permettent pas grand chose, mais on a l'habitude, et on est pas malheureux. Parce qu'on est tous les deux. « J'ai des cartes, des jeux, et des tours de magie à t'apprendre si tu veux. » Je souris toujours, du fond du cœur. Du fond de l'âme. Parce que t'es en vie. Parce que t'es réveillé. Que cette paille que je tiens à nouveau entre mes dents, que ce lien, personne, jamais, l'enlèvera. Et que de toutes façons, t'iras bien.

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Sam 20 Aoû - 15:30

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



Maman dit toujours que lorsque je regarde quelqu'un, je donne l'impression d'être totalement étonné et subjugué parce qu'il raconte, et tout ça juste parce qu'en général, j'ouvre grand les yeux et je fixe l'autre presque sans ciller. Et que même, parfois, j'ai la bouche ouverte, à gober des mouches. Mais moi je dis que c'est pas de ma faute si je suis attentif et si la personne elle dit des trucs intéressants. Et bien là, même si j'ai mal à la tête, un peu, même si j'ai du mal à ouvrir grand les yeux, même si j'ai un peu de mal à me relever et à m'asseoir, je regarde mon frère avec de grands yeux tout en le noyant sous mes questions habituelles et timides. Est ce qu'il a eu peur ? C'est la plus importante. Je ne veux pas lui faire peur, non, mais moi j'ai eu peur, et je veux savoir si lui, c'est pareil, et s'il m'en veut. Parce que je ne supporterais pas que Liam, il m'en veuille. Parce que c'est mon frère et que je veux le protéger et prendre soin de lui, parce que c'est important qu'il n'ait pas peur, parce que j'ai peur, moi, parfois, d'attirer tellement l'attention sur moi que mes parents, et bien ils ne voient plus Liam. Alors que Liam, c'est le meilleur, Liam, il est génial, Liam, il est presque mieux que moi. En plus, il est intelligent. Et il lit un livre. Même si ça, quand même, je sais faire moi aussi.

J'attrape le verre avec précaution, de ma main libre, tout en regardant avec un grand sourire la paille jaune qui y est plantée. Ma couleur préférée. « Tiens, bois pas trop vite, ça pourrait te donner mal à la tête. » Je le sais bien, il me le dit à chaque fois, on me le dit à chaque fois, mais ce n'est pas pour autant que je n'acquiesce pas avec sérieux. Papa et Maman, ils disent tout le temps que Liam me rend plus sérieux. Je sais pas si c'est vrai, mais dans tous les cas… on s'en fiche de ce que les grands pensent. L'important, c'est ce que je pense moi, et ce qu'il pense lui, et qu'il soit là à mon réveil pour que je ne sois pas tout seul. « D'accord » je le rassure. J'avais une gorgée, les yeux plissés sous la concentration que me demande la déglutition. « Ils ont commencé il y a quatre heures, mais on est ici depuis longtemps. Enfin je sais pas trop en fait. » Je fronce les sourcils avant de me gratter le front, en miroir de mon frère qui s'installe juste devant moi. Quatre heures ? Mes lèvres s'arrondissent dans un oh étonné. « J'ai beaucoup dormi alors, cette fois. » Oui, vraiment beaucoup.
« Papa et maman sont partis voir des trucs avec les docteurs. Ils t'ont fait des nouveaux tests, mais ils veulent pas me dire. De toutes façons, ils veulent jamais rien me dire. » Cette fois, c'est dans une moue soucieuse que se tord ma bouche. « Ils sont trop nuls. » je rajoute, juste pour faire comprendre à Liam que je prends son parti, et que je le soutiens, et que s'ils ne veulent jamais rien lui dire, c'est parce qu'ils sont trop méchants avant lui. « Mais tu vas aller bien, je le sais. » Il sourit, alors je souris tout en grattouillant mes bandages même je sais que je n'ai pas le droit parce qu'il faut que je les laisse tranquille. « Bien sûr que je vais aller bien. » Là-dessus aussi, mes parents ils ont à dire. Parce qu'ils me disent que je dois être plus sérieux, faire plus attention, être plus prudent, et que ma maladie, elle est grave, et qu'il ne faut pas que je l'oublie. Mais c'est fatiguant de toujours faire attention. Alors moi je dis que ça va aller mieux, et je mets tout ça dans un coin de mon esprit. Comme maintenant. Je bois une gorgée d'eau, en regardant Liam dans les yeux pendant qu'il se réinstalle. J'aime bien ces moments, ces moments à nous, où mes parents et les médecins nous laissent ensemble.

« T'as fait des jolis rêves ? Magalie te faisait des mamours ? » Mais j'aime moins quand Liam, il aborde ce sujet. « Maiiiiiiiis ! C'est trop pas vrai, d'abord ! J'ai même pas rêvé de Magalie ! Et Magalie, c'est une fille, et les filles, c'est trop relou ! » Même si Magalie, c'est quand même une super copine, ça, c'est vrai. « Si tu veux que je change les bandages, tu me le dis. J'ai déjà tout piqué dans la nuit. Tu veux qu'on fasse quoi ? » Je rétracte mon bras dans un geste de protection. J'hésite un peu. Changer mon bandage, ça peut être marrant mais… « Les médecins, ils veulent pas que tu les changes quand ils sont pas là, Liam, tu risquerais de te faire gronder. Et puis, c'est pas si gênant. T'as apporté des trucs pour jouer ? » La dernière fois, j'avais réclamé un ballon mais je me suis fait crier dessus parce que je n'ai pas le droit de vraiment me lever tant que la dialyse est en cours. Déjà qu'être assis, je crois que ça va pas leur plaire… mais c'est tellement mieux que d'être allongé.

« J'ai des cartes, des jeux, et des tours de magie à t'apprendre si tu veux. » Aussitôt, j'ai les yeux qui s'illuminent, parce que j'aime trop les tours de magie. Et que Liam le sait. Parce que Liam sait tout. « Oh oui, oui, trop, je veux ! Tu peux me refaire celui du roi, qui apparaît dans ta main, là, et BAM, qui est derrière mon oreille, et tout, j'ai toujours pas compris ! » Je pourrais presque en sautiller sur place, ou en taper dans mes mains pour applaudir, si je n'étais pas ficelé comme ça. « Et sinon, on peut faire le jeu du à quoi tu penses ? » Bon, ce jeu, en général, il est drôle cinq minutes mais pas plus parce qu'on arrive toujours trop vite à savoir ce que l'autre à en tête, autant lui que moi. Par exemple, là, je sais qu'il sait que je pense déjà à un éléphant. Parce que j'adore les éléphants. Et quand je pense pas à un éléphant, je pense à un pingouin, parce que je cherche autour de moi de l'inspiration et que je tombe sur Bidou. « T'as dormi un peu, cette fois ? Et Papa et Maman, ils avaient l'air comment lorsqu'ils ont discuté avec le médecin ? Tu sais si Frank est là ? Et Pansy ? » Avec Liam, les trois fois précédentes, on a essayé d'apprendre les noms du personnel soignant, parce que c'est plus simple de dire Frank que de parler du gros qui pue avec des auréoles sous les bras mais qui est gentil parce qu'il donne des sucettes, ou encore Pansy à la place de celle avec les dents bizarres.


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Ven 2 Sep - 3:16



Parfois, les miracles vont par deux

 


Nolan, il pense toujours trop à moi. Il pense toujours des choses qui ne me viennent pas à l'esprit. Souvent, les gens disent que j'ai l'air plus intelligent que lui. Tout ça parce que je me balade avec des livres dans les mains ou parce que j'écoute tout ce que tout le monde me dit. Mais moi je pense que c'est pas vrai. Nolan il voit le monde comme moi je le vois pas. Il m'apprend des choses que personne ne voit. Il est bien plus intelligent que tout le monde le croit. Mais je le dis pas trop, je le garde pour moi, pour nous. Parce que Nolan il aime pas qu'on l'embête et tout le monde lui prend déjà la tête avec sa maladie. Alors c'est un peu notre secret, parmi les milles autres aussi.

Et lorsque tu me dis que je me ferai gronder, je hausse les épaules et je ne réponds pas tout de suite. On change de sujet, on parle d'autre chose, de te divertir. Comme d'habitude, tu veux jouer. Je repose le verre d'eau sur la table de nuit avec précaution et je me lève pour attraper mon sac à dos qui est juste à côté. Doucement, je m'assoie à nouveau sur le lit, restant le parfait miroir de mon jumeau et veillant à ne surtout pas te faire mal. J'ouvre les fermetures du sac et je regarde à l'intérieur. Quand on est partis de la maison, j'ai mis tout dedans sans trop réfléchir, alors c'est un peu le bazar. Et j'aime pas trop ça, je préfère quand tout est à sa place et organisé. Alors je me concentre et commence à sortir les choses en les plaçant avec précaution devant nous. Mes petites pupilles brunes se posent sur chaque objet que j'aligne et je me mordille la lèvre alors que je passe trop de temps à me focaliser sur des bêtises. Finalement, alors que j'ai presque fini, je relève les yeux vers mon frère et je te dis avec un sourire tendre.

« On peut pas faire le jeu du à quoi tu penses, parce qu'on sait toujours à quoi on pense. », je marque une pause le temps de laisser le sac retomber aux pieds du lit, tirant la langue en me penchant dans un équilibre maîtrisé pour que ça ne fasse pas trop de bruit avant de reprendre. « Là, tu penses à un éléphant. » Je souris, repose mes yeux sur toi. On ne peut pas jouer à ce jeu, parce qu'on se connaît trop, il n'empêche que sortir ça comme ça, une fois de temps en temps, ça reste marrant. Je me recule pour m'appuyer sur le bords du lit et resserre mes jambes contre moi, les divers jeux posés entre nous. Pour écouter ce que tu as dit plus tôt, j'attrape les cartes et les mets en place dans mes mains pour te faire le tour à nouveau. Puis je réalise que je n'ai pas répondu à ta question.

Je mets toujours du temps à répondre à tes questions quand elles sont sérieuses. C'est pas que je veux chercher mes mots, parce que je suis toujours honnête avec toi, c'est juste qu'être ici, ça me fait mal à moi aussi. Et c'est un peu dur parfois. Mais ça, je ne le dis pas à haute voix. Parce qu'on a pas besoin de ça, ni toi ni moi. Alors, les cartes qui se baladent entre mes doigts je finis par te dire d'une petite voix en haussant les épaules. « J'ai pas trop dormi non, mais c'est pas grave. J'ai lu, c'était bien aussi. Et puis, j'pouvais veiller sur toi. » Je suis incapable de dormir tant que je ne suis pas sûr que tu vas bien. Pas par les mots des médecins, mais par mon propre ressenti, par ce qui se trame tout au fond de moi. Et ça, je veux pas que ça change, même si mes yeux me piquent un peu.

Déposant les cartes devant nous, préparant le tour tout en continuant à parler, j'ajoute un peu plus sûr, gigotant légèrement malgré tout. « Ils avaient l'air inquiets, parce qu'ils disent que t'étais sensé aller mieux tu sais. » Je déteste dire des choses comme ça, mais je déteste encore plus te mentir. Alors je le dis quand même, même si ma bouche forme une moue un peu triste. Mais je me reprends rapidement, et je réfléchis un instant avant de reprendre avec le sourire.

Le petit moment potin de l'hôpital. L'avantage d'être petit, c'est qu'on pouvait se faufiler dans les couloirs et écouter un peu aux portes. Ce que je ne me gênais pas de faire lorsque Nolan dormait profondément. « Aloooors... Frank il était là hier, d'ailleurs il m'a donné des sucettes pour nous deux. Mais il m'a dit qu'on avait pas le droit de les manger avant qu'il revienne. Il revient dans heu... » je compte dans ma tête après avoir regardé l'horloge derrière moi. « Trois heures. Et puis Pansy, elle est pas là, elle a changé de service ! » C'était pire qu'un téléfilm, les hôpitaux. « Elle a voulu aller s'occuper des bébés. T'imagines, elle va leur faire peur avec ses dents... » J'ai un peu honte mais je ris doucement et me rappelant d'un détail très important, je pose mon regard sur les yeux de mon frère avant de dire d'une voix plus proche du murmure.

« Mais y a une nouvelle infirmière. J'ai pas compris son nom, parce qu'elle est venue j'étais moitié endormi. Mais tu vas l'adorer. À côté, toutes les filles de la Terre elles sont moches. » D'un coup d’œil rapide, je vérifie que personne ne rentre dans la chambre avant de dire, un peu choqué. « Même papa, t'aurais vu comment il l'a regardée ! » Non mais franchement, moi j'ai toujours cru que quand on était amoureux on regardait que la personne qu'on aime. Puis, visiblement, vu le regard de maman, elle aussi. Mais c'était pas bien méchant, et on savait pertinemment qu'ils s'aimaient. Alors je préfère en rire. Sans dire un mot de plus, je fais le tour une première fois, te tirant la carte de derrière l'oreille avec un large sourire et ton regard de celui qui a pas compris.

Reposant les cartes devant moi, je fixe à nouveau tes bandages, ils te gênent. Je le sais. De toutes façons, ils ont été mal faits. Et je m'en fiche de me faire gronder. Sans dire un mot de plus, je me lève et vais fermer la porte à clef. Je reviens vers toi et lève le doigt de manière autoritaire vers toi avant que tu ne me contredises. « Tes bandages ils sont mal faits, et j'aime pas que t'aies mal. Alors le temps que tu trouves comment on fait le tour de magie, tu me laisses les refaire. Parce que tu ferais la même chose pour moi et tu le sais très bien. »

Je fronce un peu des yeux par principe et attrape tout le matériel médical que j'avais caché. Avec une délicatesse et une précision toute particulière pour ne surtout pas te faire de mal, je commence à me désinfecter et ajoute. « Parle pendant que je le fais, sinon tu vas regarder. Bon, alors, t'as compris le tour de magie ou pas ? » Il faut te concentrer sur autre chose, comme ça, tu n'as pas mal, parce que tu ne fais pas attention. Et moi je me concentre, me mordillant l'intérieur de la lèvre prêt à me lancer dès que tu auras commencé à parler. Faire ça bien, pour que mon frère à moi, ne souffre pas. Pour que t'ailles bien.

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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Sam 10 Sep - 9:32

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



Parfois, quand on arrive en cours, avec Liam, les maîtres et les maîtresses, ils nous regardent sans trop comprendre ce qu’il se passe. C’est qu’on se ressemble énormément, peut être même trop qu’ils disent. Même regard, même taille, mêmes cheveux, mêmes vêtement, alors que promis, on ne se concerte pas, même petit sourire lorsqu’on pense à la même chose. On se ressemble, comme le reflet l’un de l’autre. Ce qu’on est là, assis sur ce lit, en tailleur tous les deux. A la différence près que je sais que je suis tout pâle, et que lui il a des cernes et dans ses yeux, dans ses traits, je sens le souci que je lui cause. J’aime pas ça, j’aime pas du tout ça. En général, de toute manière, j’aime pas lorsque je croise quelqu’un qui ne va pas bien, ça me rend tout triste, ça me rend tout flagada, tout patraque, ça me donne envie de lui faire des câlins et de tout arrange pour que la personne aille mieux, même lorsque je ne la connais pas. Alors quand c’est mon frère…

Mais la seule façon que j’ai de tout arranger, c’est de guérir. Et de l’empêcher de se faire gronder, aussi. Et de nous changer les idées. Jouer, bien sûr que je veux jouer, ce mot a un effet magique sur moi parce qu’instantanément il me fait sourire. Je regarde avec les yeux qui pétillent mon frère qui étale devant nous tous les trésors qu’il a mis dans son sac. En clignant des yeux, j’essaye de l’imaginer, hier, qui attrape ce qu’il peut pour faire vite mais en même temps ne rien oublier. Ca a dû l’agacer, de tout mettre comme ça dans ses affaires sans ranger, sans trier, sans classer. Moi, ça ne me dérange pas, mais je sais que Liam… sa chambre, elle est toujours bien rangée. Ses livres, ils sont tous classés. Moi, j’ai des piles, j’ai mon train qui fait le tour de ma chambre, j’ai mes peluches qui sont par terre et même que je crois que je n’ai pas rangé mes cartes pokemon. Son sac est un trésor, chaque objet est une pierre précieuse. Et moi, je réclame un tour de magie, je réclame le à quoi tu penses, qui est drôle mais pas trop longtemps tout de même. « On peut pas faire le jeu du à quoi tu penses, parce qu'on sait toujours à quoi on pense. » Je me marre, en voulant cacher mon éclat de rire entre mes mains. Le problème, c’est que je ne peux cacher mon rire qu’avec ma main droite, et ça… c’est pas pratique. « Là, tu penses à un éléphant. » J’ai les yeux qui pétillent, j’éclate de rire, comme d’habitude, comme à chaque fois qu’il devine. « T’es trop fort, Liam, t’es trop le meilleur. » Pour sûr qu’il est le meilleur.

Je suis fasciné par ses mouvements lorsqu’il étale maintenant ses cartes devant moi. Je suis si fasciné, même si je le connais par cœur, ce tour, que je ne me rends pas immédiatement compte qu’il s’est arrêté. Enfin… qu’il n’a pas arrêté de bouger, mais juste… « J'ai pas trop dormi non, mais c'est pas grave. J'ai lu, c'était bien aussi. Et puis, j'pouvais veiller sur toi. » Je fronce les sourcils, en me désintéressant des cartes. « Mais… il faut que tu dormes, Liam. Si tu dors pas,… je veux pas que tu sois tout malade. » J’ai la bouche toute sèche, mais cette fois, ce n’est pas à cause de mon sommeil ou de ma rechute. C’est à cause de tout ce souci que je me fais. Pour lui. Forcément. « Ils avaient l'air inquiets, parce qu'ils disent que t'étais sensé aller mieux tu sais. » Je secoue la tête, lentement, en effleurant du bout des doigts, les cartes qu’il tient dans ses mains, presque pour les lui faire lâcher, juste pour effleurer ses doigts à lui, et lui dire que je suis là. « Je vais mieux. C’est juste passager. J’en suis juste trop trop sûr. » Maman elle me dit que je suis trop optimiste, mais je ne vois pas comment on peut être trop optimiste. Vraiment.

C’est bien d’être optimiste, non ? « Aloooors... Frank il était là hier, d'ailleurs il m'a donné des sucettes pour nous deux. Mais il m'a dit qu'on avait pas le droit de les manger avant qu'il revienne. Il revient dans heu... Trois heures. » Je n’arrive pas à retenir une petite moue. « C’est long trois heures. D’habitude, je reste pas longtemps après la fin de la dialyse… » Ce n’est pas que j’aime pas l’hôpital, mais… l’hôpital, c’est l’endroit où je vais mal. Pas l’endroit où je vais mieux. Rester à l’hôpital, rester dans cette chambre, rester là alors que mon frère risque de partir, rester là alors que Papa et Maman rentrent à la maison… ce n’est pas arrivé souvent, mais c’est déjà arrivé. Et je déteste ça. Tu étais censé aller mieux. « Et puis Pansy, elle est pas là, elle a changé de service ! Elle a voulu aller s'occuper des bébés. T'imagines, elle va leur faire peur avec ses dents... » Si j’ai failli perdre mon optimisme, Liam me le redonne enveloppé dans du papier cadeau, et avec un sourire nettement moins flippant que celui de Pansy. « Elle a changé de service ? » Je fais le stupéfait. J’adore quand mon frère, il commence à me mettre à jour sur tous les potins. Après, si jamais je reste toute la journée, voire la journée de demain, ce sera à moi de le tenir à jour. « Genre elle nous abandonne pour s’occuper des bébés baveux ? » J’hésite ouvertement entre rire et faire le boudeur, mais une fois encore, Liam me distrait en continuant la liste des choses qui ont changé depuis la dernière fois. « Mais y a une nouvelle infirmière. J'ai pas compris son nom, parce qu'elle est venue j'étais moitié endormi. Mais tu vas l'adorer. À côté, toutes les filles de la Terre elles sont moches. » Je fronce les sourcils pour rectifier dans un grommellement un « Magalie, elle est pas moche » en entortillant les draps autour de mes doigts. « Même papa, t'aurais vu comment il l'a regardée ! » Ma bouche s’arrondit dans un « o » outré, j’essaye de me pencher pour apercevoir papa à l’extérieur de la chambre, sans grand succès. Déjà parce que la porte est juste entrouverte, ensuite parce que Papa et Maman, ils ne sont pas à côté. Distrait, j’aperçois du coin de l’œil Liam qui reprend correctement les cartes, qui les manipule avec toute mon attention et que…

« Mais c’est pas possiiiiiiible ! » J’ai les yeux grands ouverts, un large sourire de celui qui est émerveillé sans trop comprendre ce qu’il se passe. J’adore ce tour. Parce que je ne le comprends vraiment, vraiment, vraiment pas. Ce n’est pas logique. C’est totalement magique. Je secoue la tête avec énergie. « Je comprends pas, je comprends pas, tu es trop trop fort, Liam. » Dès qu’il les pose, j’attrape les cartes avec mon bras libre, comme si elles allaient me chuchoter l’astuce. Je suis plongé dans l’observation intense de la dame de cœur quand Liam se lève brutalement. « Tu t’en vas ? » Il ferme la porte à clé sous mes yeux étonnés. « Tes bandages ils sont mal faits, et j'aime pas que t'aies mal. Alors le temps que tu trouves comment on fait le tour de magie, tu me laisses les refaire. Parce que tu ferais la même chose pour moi et tu le sais très bien. » Je fronce les sourcils avant de regarder mon bandage. Et Liam. Et mon bandage. Et la porte. Et ce qu’il sort d’une cachette. Et le bandage. Et Liam. « Mais tu vas te faire gronder… » J’ai pas envie qu’il se fasse gronder. Même si je suis d’accord avec lui, j’ai plus mal que d’habitude.

Ce qui est marrant, c’est que j’ai une confiance pleine et entière en Liam. Le problème, ce n’est pas que je doute de ses capacités à refaire le bandage en mieux, c’est juste que je doute de la capacité des adultes à croire en lui autant que moi, je crois en lui. « Parle pendant que je le fais, sinon tu vas regarder. Bon, alors, t'as compris le tour de magie ou pas ? » Je cligne des yeux. En fait, il ne me vient même pas à l’esprit de dire non à Liam, lorsqu’il impose les trucs comme ça. Juste… « Tu me laisses leur dire que c’est moi qui t’ai demandé, d’accord ? Moi, ils osent jamais me gronder quand je suis à l’hôpital alors que toi, ils t’embêtent tout le temps, les nuls. » J’espère qu’il va faire comme moi, et faire comme si je ne lui demandais pas son avis. Parce qu’en vrai… je sais très bien que je suis incapable d’imposer quoique ce soit à mon frère. D’une façon ou d’une autre. Je lui tends mon bras en me réintéressant aux cartes.

« Tu me promets que t’utilises pas deux jeux de carte, hein ? » Je me frotte l’oreille, comme si j’allais à mon tour en faire sortir une carte. « Et t’as rien dans tes manches… » Je me concentre pour regarder les cartes. « Liam… » J’ai une petite voix qui veut dire la question que je vais poser me titille depuis tout à l’heure et n’a aucune rapport avec le sujet de conversation. Une petite voix qui veut aussi dire tu vas pas aimer ma question et tu vas la trouver bête. « Est-ce que tu m’en veux d’être malade ? » Je cherche son regard. « Je veux dire… à chaque fois, Papa et Maman, ils sont stressés, moi on m’endort. Et toi… toi personne ne s’occupe de toi. Et toi, tu t’occupes de moi. Et quand je suis puni de jeux, toi aussi du coup. Et tu es fatigué. C’est pas ma faute, je te promets que je fais des efforts, je sais pas comment je dois faire pour… tu m’en veux d’être malade, Liam ? »


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Mar 20 Déc - 2:55



Parfois, les miracles vont par deux



Les mains froides à cause du désinfectant, je regarde mon frère dans les yeux alors qu'il me parle. D'un sourire un peu maladroit, je reste étonné de cette gentillesse. J'en ai l'habitude, je le sais plus que personne, mais Nolan m'étonne toujours. On a beau gagner des centimètres et voir le monde sous son plus mauvais jour lorsqu'on se met sur la pointe des pieds, lui, il ne sait que penser aux autres. Il ne sait pas faire autrement, et ça, je trouve ça fascinant. Bien plus qu'un tour de magie, ou qu'un livre chiant à mourir. Mais les grands ils ne le voient pas, pas comme moi. Ils arrivent pas à comprendre que la vision de Nolan est précieuse parce qu'elle est plus magique que toute la magie de la terre. Ils arrivent pas à voir combien il est précieux, mon frère à moi.

Dans un regard un peu perdu, toujours étonné de voir Nolan vouloir prendre la faute pour ce que j'ai fait, je baisse un peu les yeux avant de prendre le temps de répondre tout en mettant chaque objet dont j'aurais besoin à sa place, pile devant moi. « D'accord. » J'ai pas très envie qu'il se fasse gronder à ma place, après tout, j'ai l'habitude de me faire fâcher. Relevant les yeux sur lui, je reprends d'une voix un peu triste. « Mais j'en ai marre qu'on se fasse gronder parce qu'on fait des trucs bien tu sais ? J'veux dire, on est plus si petits. C'est quand même stupide de devoir se justifier alors qu'on essaie de faire des choses bien. » Et c'est plus que vrai, je ne comprends pas comment fonctionnent les adultes. Dans un haussement d'épaules, plus pour moi que pour lui, j'ajoute. « De toutes façons les adultes ils comprennent rien. Je crois qu'ils savent pas ce que ça fait que d'avoir mal. » C'est pas vraiment vrai, et je le sais. Papa et maman ils ont très mal de voir ma moitié dans cet hôpital. Ils ont mal quand on prend des risques, quand Nolan dort dans cette chambre triste. Mais ils comprennent pas comme nous.

Le bras tendu dans ma main, je défais délicatement la colle du pansement avec la petite astuce de le mouiller avec de l'alcool frais pour qu'il se détache sans faire de mal. Concentré, je garde une oreille attentive pour les mots qui sortent de ta bouche. T'as beau savoir parler tout seul pendant des heures, si je ne te réponds plus maintenant, tu vas pas pouvoir t'empêcher de regarder. Le pansement presque décollé, je relève les yeux vers toi en fronçant les sourcils. « Je suis pas un tricheur, j'utilise qu'un seul jeu. En plus je te l'ai déjà dit. » Posant à nouveau les yeux sur le pansement, je pose l'ancien à côté de nous et regarde ton bras. J'essaie de voir si ces idiots ont fait ça bien et ne t'ont pas fait un bleu. Déconcentré par tes mots, je dis rapidement. « Mais non, je t'ai tout donné, tout ce que j'utilise. » Laissant mes doigts parcourir ton bras avec attention, la mention de mon prénom me fait relever les yeux pour de bon. Ta voix n'est pas détendue, tu vas dire quelque chose que ni toi ni moi n'avons envie d'entendre.

Le doigt froid toujours sur ton bras, dans une douceur que je n'ai qu'avec toi, je te regarde avec des yeux plus que surpris de ta question. M'avançant un peu vers toi, sans jamais rompre le contact de nos bras, je te laisse continuer et terminer avant de me décider à parler. Ma voix est aussi toute petite, bien plus que d'habitude. Mon regard n'ose pas tellement se poser dans le tien. « Nolan... », comme un écho à ta propre façon de parler, je reproduis sans le vouloir ta façon de parler. « C'est pas de ta faute si t'es malade. T'as pas choisi. », c'est la vérité, et je ne t'en ai jamais voulu d'être malade. Pourtant, ça ne s'arrête pas là, parce que tu l'as dit, ce n'est pas si simple. « Je suis pas toujours content, parce qu'on nous interdit des trucs. Mais c'est pas vraiment parce qu'on me les enlève à moi, c'est surtout parce que toi t'as pas le droit. Tu sais... », je baisse les yeux et attrape machinalement de quoi refaire ton pansement pour m'occuper les mains. « J'voulais pas te le dire parce que je suis sûr que tu vas pas être content mais... Papa et maman ils m'interdisent pas vraiment ce qu'ils t'interdisent tu sais ? Ils m'ont déjà dit que je pouvais aller jouer avec d'autres gens, des trucs comme ça. » Je stresse à ta réaction, ma gorge se serre alors que ma main tenant ton bras devient légèrement tremblante. « C'est moi qui veux pas. On a toujours dit qu'on était toi et moi, et c'est pas juste que tu sois malade et moi pas. T'as rien fait pour mériter ça. Alors j'veux pas avoir plus que toi, j'y arrive pas. » Je hausse les épaules encore une fois et reprends la confection du bandage en me concentrant.

« Me gronde pas. J'ai choisi tout ça et je suis toujours content d'être avec toi. », un sourire se dessine sur mon visage, un peu bancal. Je secoue mon visage avant de croiser ton regard et de dire. « Bon, et ce tour de carte ? », changement de sujet. J'ai pas envie que tu sois malheureux, j'ai pas envie que tu sois triste à cause de moi. Délicatement, je commence à poser ton bandage en tirant la langue pour mieux me concentrer. Je me force à ne plus y penser, j'ai pas envie que tu sois mal à cause de moi, je regrette déjà un peu de t'avoir dit tout ça. Je sais que tu vas t'en vouloir, tu vas tenter encore plus de pas être malade. Sauf que moi je sais que ça ne dépend pas de toi, que tu fais rien de mal. Je soupire alors que j'ai fini et je laisse malgré tout ma main contre ton bras avant d'ajouter.

« Nolan, arrête de croire que c'est ta faute tout ça. Tu dois rien faire ou ne pas faire. La maladie, elle cherche pas à savoir si tu la mérites ou non, sinon elle t'aurait pas choisi de toutes façons. La seule chose qui me rend triste, c'est de te voir ici. Et c'est pas parce que tu as fait quelque chose, ça me rend triste parce que je comprends pas. », je cherche à contrôler ma voix alors que je parle de la pire chose au monde à mes yeux. « Je lis des tonnes de livres, et je comprends toujours pas. Je veux savoir des tas de choses pour réussir à te soigner, et j'y arrive pas. Je comprends pas pourquoi... », et moi, est-ce que tu m'en veux de pas être à la hauteur ? Est-ce que tu m'en veux de pas avoir les capacités de te soigner, de t'accompagner ? Est-ce que tu m'en veux d'être celui qui va bien alors que toi t'es là ? Parce que moi, je m'en veux beaucoup pour ça. « J'voudrais te donner ma santé, t'en as plus besoin que moi. T'adores faire plein de trucs et on t'en empêche. Faut pas être très en forme pour lire des livres. », relâchant ton bras, je commence à ranger pour m'occuper alors que j'ajoute dans un murmure qui j'espère n'arrive pas à tes oreilles. « C'est moi qui aurais du être malade, pas toi. »

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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Ven 30 Déc - 10:22

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



Mon frère, il se fait du souci pour moi, je le sais. Je le vois. Je le sens. Il se fait du souci dans les yeux, il se fait du souci dans son sourire, il se fait du souci dans ses lèvres, il se fait du souci et il est comme moi : complètement impuissant face à la maladie qui me fait mal aux reins et qui me fait mal au ventre, face à la maladie qui me fait mal de partie et qui me fait tomber. Il se fait du souci pour moi. Et moi je m'en fais pour lui. Je n'aime pas quand il veut faire quelque chose qu'il a pas le droit de faire, parce qu'après, il se fait gronder, et je sais que c'est un peu de ma faute. Si je n'étais pas malade, il ne serait pas obligé de faire tout ça, et on recommencerait à jouer comme avant, comme au tout début où ça allait encore. Je ne veux pas qu'il se fasse gronder, et c'est pour ça que je lui demande de ne pas me corriger lorsque je mentirai à Papa et à Maman et au médecin. « D'accord. » Ou d'accord, tant mieux, d'accord. Je chuchote un « Merci frérot » avant d'obéir lorsqu'il me dit de parler. J'essaye de me reconcentrer sur le tour de magie, mais je n'arrive pas trop parce que... ça me fait faire du souci tout ça, à moi aussi. « Mais j'en ai marre qu'on se fasse gronder parce qu'on fait des trucs bien tu sais ? J'veux dire, on est plus si petits. C'est quand même stupide de devoir se justifier alors qu'on essaie de faire des choses bien. De toutes façons les adultes ils comprennent rien. Je crois qu'ils savent pas ce que ça fait que d'avoir mal. » J'acquiesce avec force parce que je suis bien d'accord avec Liam. « Les adultes, ils sont trop nuls, ils comprennent jamais rien. » Et on a dix ans maintenant, on n'est plus des bébés, ça c'est trop vrai, il a trop raison. Je sais que Papa et Maman se font beaucoup de souci pour moi, et qu'ils s'en font aussi pour Liam, mais je sais surtout qu'ils ne le comprendront jamais comme moi, je le comprends, et qu'ils ne comprendront surtout jamais ce que moi, je ressens quand je vois Liam avec des yeux tristes, ni lui ce qu'il doit ressentir lorsque je suis en train de dormir dans ce lit. Mon frère. Mon jumeau. Je lui tends mon bras tout en regardant avec des yeux fascinés le pansement qu'il enlève et surtout ce qu'il cachait. Je sais qu'il n'aime pas quand je regarde parce qu'il pense que ça va me faire tout trop, ce qui s'enfonce dans mon bras, sous ma peau. Ça ne fait pas mal, ça ne fait plus mal, mais ça me rappelle que je suis malade, et que je suis différent de Liam, très différent, dans mon corps, et que c'est injuste. Injuste.

Je sais qu'il n'aime pas quand je pense à ça, alors j'essaye de me reconcentrer sur le tour de magie. Lorsqu'il relève les yeux, je m'empresse de relever le menton et de regarder le plafond, pour pas qu'il s'aperçoive que je l'observais faire. Est-ce qu'il est sûr qu'il utilise pas deux jeux, parce que là, je vois vraiment pas, sinon, sauf s'il fait de la vraie magie, mais... Il fronce les sourcils, j'ai un petit sourire amusé. Papa, il dit souvent que j'ai l'air d'un lutin farceur quand je souris comme ça. Et après il me saute dessus et il m'attrape dans ses bras en me faisant des chatouilles parce que c'est comme ça qu'on neutralise un lutin farceur. Mais moi, quand je vois Liam sourire, je ne trouve pas qu'il ressemble à un lutin farceur, donc je ne vois pas pourquoi moi je ressemblerais à un lutin farceur, du coup. Non ? Même si, s'il utilise deux jeux, c'est plutôt un lutin tricheur, moi je dis, parce que... « Je suis pas un tricheur, j'utilise qu'un seul jeu. En plus je te l'ai déjà dit. » Je fais une petite moue boudeuse. J'aimerais bien croiser les bras sur ma poitrine, en plus, mais je peux pas. Alors je me contente de souffler très très fort, et de bouder, et de grommeler « Ouais, je sais, mais je vois pas, et c'est nul. » tout en jetant des petits coups d'oeil sur mon bras dénudé et sur les cartes. « Mais non, je t'ai tout donné, tout ce que j'utilise. » Je regarde mon bras, les cartes n'ont plus d'importance. J'ai du mal à me concentrer, déjà parce que je ne suis pas patient, j'aime pas les casse-tête surtout lorsque je n'arrive pas à les comprendre, mais aussi parce que... Liam. Il se fait du souci pour moi, moi je me fais du souci pour lui. Il faudrait qu'il dorme plus, il faudrait qu'il ne se rende pas malade à cause de moi.

Et j'espère qu'il ne m'en veut pas. Bon sang, s'il m'en voulait... « Nolan... » J'ai un frisson, je ne peux pas m'empêcher de le regarder dans les yeux, même si je commence à le voir tout flou parce que j'ai une grosse larme qui se crée à ma paupière.« C'est pas de ta faute si t'es malade. T'as pas choisi. » Je sais bien mais... j'aurais bien choisi de ne pas être malade, moi. « Je suis pas toujours content, parce qu'on nous interdit des trucs. Mais c'est pas vraiment parce qu'on me les enlève à moi, c'est surtout parce que toi t'as pas le droit. Tu sais... J'voulais pas te le dire parce que je suis sûr que tu vas pas être content mais... Papa et maman ils m'interdisent pas vraiment ce qu'ils t'interdisent tu sais ? Ils m'ont déjà dit que je pouvais aller jouer avec d'autres gens, des trucs comme ça. C'est moi qui veux pas. On a toujours dit qu'on était toi et moi, et c'est pas juste que tu sois malade et moi pas. T'as rien fait pour mériter ça. Alors j'veux pas avoir plus que toi, j'y arrive pas. Me gronde pas. J'ai choisi tout ça et je suis toujours content d'être avec toi. Bon, et ce tour de carte ?» Je secoue la tête, les larmes aux yeux, qui menacent de partir. Je m'en fiche, finalement, du tour de cartes. J'aime pas pleurer, mais je pleure tout le temps pour rien, parce que Maman elle dit que je suis trop émotif. Il hausse les épaules, mon frère, parce qu'il est brave, il est courageux, il est parfait. Et qu'il est Liam. « Mais c'est trop injuste pour toi. Moi je veux pas que tu t'interdises des trucs, et tout. » Même si ça me rendrait sacrément triste de le voir jouer avec d'autres et que moi, je sois obligé de rester tout seul. Mais... « Tu sais, toi et moi, on est un. » Je tends ma main libre pour la poser sur son cœur. « On est pareil, on est Nolan + Liam, on est... Lian ? Noliam ? Voilà, on est Noliam, donc faut que tu te dises que quand toi tu joues et que tu fais ce que moi, j'ai pas le droit de faire, bah... tu le fais pour nous deux ? » Je ne suis pas très convaincu parce que je dis, mais j'aimerais, j'aimerais vraiment que lui, bah... il le soit. Finalement, on s'en fiche de moi, on s'en fiche totalement, moi, ça ne me concerne que moi. Lui, il concerne tout le monde parce que lui, quoi. Je laisse mes doigts effleurer sa poitrine une seconde avant de les replier tout lentement lorsqu'il tire la langue pour refaire mon bandage. Je retiens même ma respiration pour bouger le moins possible, comme ça, il n'aurait pas de problème.

« Nolan, arrête de croire que c'est ta faute tout ça. Tu dois rien faire ou ne pas faire. La maladie, elle cherche pas à savoir si tu la mérites ou non, sinon elle t'aurait pas choisi de toutes façons. La seule chose qui me rend triste, c'est de te voir ici. Et c'est pas parce que tu as fait quelque chose, ça me rend triste parce que je comprends pas. » Je ne sais pas quoi dire, j'ai la bouche entrouverte parce que je veux dire quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Alors je te laisse parler, Liam, parce que... bah... parce que voilà. Tu es très sérieux, on est très sérieux. Plus que les autres fois. Plus. Beaucoup plus. Comme si... j'ai l'impression qu'on sait tous les deux que cette fois est différente des précédentes. Cette fois... il y a quelque chose de plus grave. Moi aussi, je n'aime pas me voir ici.

« Je lis des tonnes de livres, et je comprends toujours pas. Je veux savoir des tas de choses pour réussir à te soigner, et j'y arrive pas. Je comprends pas pourquoi... » Je secoue la tête. C'est normal qu'il ne comprenne pas, on n'a que dix ans, et on n'est pas des adultes, et on n'est pas médecins, et même si Papa et Maman, ils essayent de nous expliquer, ils nous cachent plein de choses. Le plus injuste, c'est que je sois malade et pas Liam, et que Liam il se rende malade pour ça, et qu'il soit triste pour ça. Il faudrait que je ne sois pas malade pour que Liam, il ait le sourire. Est ce qu'il m'en veut d'être malade ? C'est une question qui me taraude, une question que je n'arrive pas à faire taire, une question à laquelle je ne trouve pas de réponse. Et dont aucune réponse ne me convient. « J'voudrais te donner ma santé, t'en as plus besoin que moi. T'adores faire plein de trucs et on t'en empêche. Faut pas être très en forme pour lire des livres. C'est moi qui aurais du être malade, pas toi. » Là, j'ouvre grand la bouche dans un « DIS PAS CA ! » aigu qui résonne dans la pièce. Il y a des choses qu'il faut pas dire, vraiment pas dire. « T'as pas le droit de dire ça ! Personne n'aurait dû être malade ! T'as pas le droit d'être malade ! Promets moi que tu seras jamais malade ! » Je suis en train de pleurer, et je me déteste de pleurer juste pour ça. J'ai l'impression que ce n'est pas mes reins qui font n'importe quoi, mais mon cœur dans ma poitrine. Liam malade, rien que d'y penser, j'ai des larmes qui coulent et qui coulent de mes yeux. « C'est trop nul d'être malade... » De mon bras, j'essaye d'essuyer mes larmes, mais sans trop de succès. Je balaie les cartes, j'envoie tout balader dans la pièce dans un mouvement d'humeur. « Ne dis plus jamais ça, Liam, parce que si tu es malade un jour et que moi je guéris, je mourrai de tristesse, je te le juure ! » Je lui lance un regard noir. « Et je t'en voudrai toute ma vie, et je te taperai très fort. D'accord ? » Parce que je lui demande son accord, bien évidemment. « Viens, on fait un pacte. » Je lui tends la main. « Un pacte de sang. » J'ai une voix plus que sérieuse, presque solennelle. « Moi, je te promets de tout faire pour guérir, et toi, tu me promets de n'être jamais malade et de ne pas oublier de penser à toi. »


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Lun 6 Fév - 22:34



Parfois, les miracles vont par deux

 


Les mots qui sortent de ta bouche me serrent le cœur. Pas d'interdit, parfois j'y pense. Je regarde les étoiles et je me demande ce que l'on ferait si tu n'étais pas malade. Parfois, je me demande si nos vies seraient très différentes. La tienne le serait, c'est sûr, parce que tu veux toujours courir partout. T'as des yeux qui veulent voir le bout du monde alors qu'on est même pas au bout du jardin, la mienne, j'en suis pas certain. Je crois que je t'admire un peu plus que je ne le dis, parce que t'as un courage que je n'ai pas, t'as des rêves que je n'arrive pas à avoir. C'est comme si t'avais pris toute la joie du monde et qu'il ne me restait que la réalité. Puis tu parles encore, je te regarde, t'écoute avec la plus grande des attentions. Ta main sur mon cœur me fait baisser les yeux quelques secondes avant de retrouver tes yeux. Je souris doucement, tu mets tellement de volonté et d'amour dans ce que tu dis. Je me demande comment tu fais pour avoir un cœur aussi grand, petit frère. Peut-être que c'est pour ça que tes reins ne fonctionnent pas bien, parce que ton cœur est trop grand. « Noliam. » Je répète sur le même timbre de voix, acquiesce pour te faire plaisir alors que l'on sait toi comme moi que je ne le ferais pas.

Justement parce que l'on est trop proches, trop liés pour que je ne sache pas que ça te ferait trop de mal, briserait un peu ton petit cœur d'aventurier. Je me concentre sur le bandage, reprends ce que je dis, sérieux, déterminé. J'ai besoin que tu saches ce que je ressens, ce que je peux percevoir tout au fond de moi. Je continue, dans ce sérieux qui me représente trop et toi pas assez, dans cette vague qui tourne dans mon sens et pas le tien. Je n'aime pas ça, je n'aime pas dire tout ça, je n'aime pas avoir à le dire. Parce que tu es malade, encore dans ce foutu lit d'hôpital. J'ai envie de tout casser, comme Godzilla. J'ai envie de m'énerver très fort, faire peur à la maladie. J'ai envie de pleurer, de hurler que tout est injuste, que le monde ne devrait pas te faire ça. J'ai envie de montrer au monde que tu ne mérites pas ça, pas toi. Je finis par me taire, les affaires toutes rangées dans le sac, seul face à toi. Mon murmure est parvenu jusqu'à tes oreilles, il a atteint ton cerveau. Je sursaute alors que tu cries. Tu ne cries pas souvent, encore moins à l'hôpital. Mes yeux s'ouvrent grands et des larmes me montent aux coins des yeux. J'ai eu peur, pas de toi, mais de ce que j'ai provoqué. Je sens ma poitrine se serrer, ma gorge se nouer. Mes yeux ne fixent plus les tiens, je suis incapable de te regarder alors je regarde le bandage que je viens de terminer. Dans cette tristesse que je ne suis plus capable de cacher, dans cette solitude qui prend toute la place sur mon visage. « Je... » je n'arrive pas à parler, pas à prononcer mes mots alors que tu continues de parler sans m'avoir entendu cette fois-ci. Ta voix se brise, elle me fait mal rien qu'à l'entendre, les larmes coulent sous mes yeux et je finis par te regarder sans être capable de répondre.

Comment est-ce que je peux te promettre ça ? Je n'en sais rien, moi. Je suis bien trop rationnel pour te dire que je ne serais jamais malade. On ne peut pas savoir. Je pleure, dans un silence qui semble prendre de plus en plus de place. J'ai mal partout, je n'arrive plus à faire semblant. Ce n'est pas rien ce que tu as, et ça nous fait mal un peu plus à chaque fois. Je n'arrive plus à faire comme si ce n'était rien, j'ai mal, j'ai peur et je n'arrive pas à le dire correctement. Je ne serais jamais politicien, ça c'est certain. Je sens mes joues me brûler alors que tu rajoutes encore une phrase. La pire de toutes. Celle qui me fait dire que je t'ai fait trop de mal. Comme si j'avais cru que ce n'était rien d'être malade ou d'être à ta place. J'agis en reflet et relève mon bras pour essuyer mes larmes à mon tour. Je cherche à me calmer, me raisonner. Je cherche à trouver quelque chose à quoi me raccrocher, enlever cette impression de tomber toujours plus bas. Ton geste me surprend à nouveau, me fait avoir un sursaut plus prononcé. Je regarde nos divertissements voler entre nous, s'étaler dans la pièce. Je les fixe alors que les larmes reviennent en courant dans mes paupières. J'ai envie de dire pardon, mais même ça je n'y arrive pas. Les mots qui suivent me font remonter le regard doucement sur toi, comme un animal un peu apeuré. « D'accord. » Je réponds avec la voix cassée mais une grosse conviction. Les larmes coulent plus doucement, mon cœur retrouve ses battements. J'arrive un peu plus à respirer alors que tu continues à parler. J'ai le cerveau trop embué pour suivre le cours de tes pensées et savoir ce que tu vas me proposer, alors je tends machinalement la main, en toute confiance.

Je hausse un sourcil, de sang ? Vraiment ? Mais la voix sérieuse qui s'échappe de ta bouche ne me fait pas douter, les mots qui suivent eux, me font un peu mal. Je baisse les yeux une seconde alors que mes joues doivent être encore toutes rouges. « Nolan, je peux pas te promettre de jamais être malade, parce que je peux pas savoir... Je peux te promettre de tout faire pour ne pas l'être, tu es d'accord ? » J'ai une petite voix, un peu incertaine, pleine de doutes. Je ne veux pas que tu m'en veuilles, je ne veux pas que tu t'énerves encore. Je soupire longuement avant de reprendre en tentant de me forcer à garder mes yeux dans les tiens. « Je suis pas parfait Nolan, personne l'est. Et je sais pas lire l'avenir, sinon, je te ferais une telle promesse. Mais je ne veux pas avoir à te mentir, jamais. J'ai trop peur que la vie me fasse te mentir, et moi, je m'en voudrais toute ma vie. On a toujours dit qu'on se dirait tout, toute la vérité, alors je te le dis. », je marque une pause, j'ai du mal à reprendre mon souffle, à tout maîtriser comme j'aime tellement le faire et ça m'angoisse un peu. Je passe la main qui n'est pas dans la tienne sous mes yeux avant de continuer. « Je veux faire ce pacte avec toi, mais je ne veux pas le faire n'importe comment, je veux pas que tu sois déçu. » Je n'ose pas trop garder mon regard dans le tien, j'ai trop peur de ta réaction. « Je sais que tu es fâché que j'ai dit ça, mais mets-toi à ma place aussi. Je suis là, tout le temps, à rien pouvoir faire. Je te vois souffrir et je vois les adultes nous mener en bateau, je suis sensé penser quoi ? Tu le dis toi-même, si j'étais malade et pas toi, tu mourrais de tristesse, alors tu peux comprendre que j'en ai marre que ce soit toujours toi qui souffre. C'est pas juste. » Je serre ta main dans la mienne, refuse de te laisser partir ou t'énerver. « T'es mon frère, on est qu'une personne, je répète tout ce que tu as dit parce que je le pense aussi. Mais tu sais qu'on est parfois différents, pas vrai ? » Cette fois-ci, je retrouve un peu de mes capacités, continue d'un ton toujours doux, un peu fatigué. « Je ne peux pas te promettre des choses qu'on peut seulement souhaiter très fort. Je suis pas optimiste comme toi, moi. Je l'ai jamais été, j'ai pas tes yeux qui voient plein de petites choses magiques cachées dans les herbes, il a toujours fallu que tu me les montres. » Je souris en repensant à toutes les choses magiques que tu as inventé et m'a montré. Je souris à me souvenir de tout ce que tu as réussi à me faire croire, à me prouver sans autre preuve que ta propre conviction. « " Quand on aime une personne, on la prend dans sa globalité, on aime pas seulement les cotés les plus faciles à aimer " , tu m'aimes comme je suis pas vrai ? » C'est une vraie question, un doute stupide mais réel.

« Parce que moi je t'aime comme tu es, je veux jamais que tu sois différent. Alors s'il-te-plaît, pour faire le pacte de sang, on promet que des choses qu'on est sûrs de tenir. Je te promets de tout faire pour ne pas tomber malade, de penser aussi à moi, si tu me promets de tout faire pour guérir et de ne pas oublier que t'as le droit de me demander des choses impossibles. Parce que je ferais tout pour toi. Ça te va ? » Je souris discrètement, un peu triste, toujours. J'ai l'impression que ce pacte marque une nouvelle page, une page qui ne me plaît pas beaucoup. Celle du livre que l'on a envie de passer parce qu'elle raconte des choses pas belles, comme si ton passage à l'hôpital était différent. Trop long, trop soudain. Trop tout, pour nous. On a besoin de se rassurer parce que personne ne le fera pour nous. Et puis de toutes façons, il n'y a toujours que nous au final, tout le monde pense trop à ses propres problèmes pour se souvenir qu'on a besoin de choses différentes, mais je m'en fiche, parce qu'on a nous. Alors je tourne la tête vers les ciseaux que je viens de ranger, prêt à les attraper pour faire ce pacte. Le nôtre, rien qu'à nous.

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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Dim 19 Fév - 22:42

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



Maman dit souvent que j’oublie de réfléchir et que je parle trop vite. La maîtresse aussi elle dit ça, surtout quand elle nous fait des pièges et que moi, bah, je saute à pieds joints dedans parce que j’étais content d’avoir la réponse. Maman dit souvent qu’il faut que je grandisse, qu’il faut que j’apprenne à faire attention, à écouter ce que disent les grands. Maman me demande souvent de prendre exemple sur Liam. Mais moi, je n’écoute pas ma Maman, je n’écoute même pas mon Papa lorsqu’il s’accroupit devant moi, qu’il me prend par les épaules et qu’il me dit qu’il aimerait de tout cœur que je puisse grandir comme tous les autres petits garçons mais que je ne peux pas, parce que ma maladie me l’interdit. Je le sais tout ça. Parfois, j’ai l’impression qu’ils ne comprennent pas que je sais tout ça. Et Liam, Liam lui, j’ai l’impression qu’il ne comprend pas non plus. Parce que sinon, jamais de la vie, il dirait qu’il aurait préféré être malade à ma place. Alors ouais, je réagis peut-être un peu trop fort, ouais, j’ai pas le droit de crier, ouais, j’ai pas le droit de lui parler comme ça mais lui, lui… lui il n’a pas le droit de me briser le cœur parce que je mens pas : si un jour il tombe malade lui aussi, si un jour à son tour, il a les reins qui font totalement n’importe quoi, je mourrai de tristesse, je mourrai vraiment. Parce que Liam il est fort, Liam il arrive à me sourire quand je suis dans le lit de l’hôpital. Moi, il suffit qu’il se cogne pour que je panique. Je ne suis pas fort comme Liam, moi. Alors j’envoie tous nos jeux par terre, j’envoie tout mon calme à la poubelle, j’ai des larmes dans les yeux, il y a des larmes dans les siennes. « Je... » Je secoue la tête. Non, c’est nul, c’est trop nul d’être malade. Je veux qu’il promette, je veux qu’il promette qu’il ne sera jamais malade comme moi, je le suis. Je ne veux pas envisager qu’il vive ce que moi je vive. Je refuse qu’on inverse nos rôles. Je ne veux jamais le voir, avec des tubes dans le bras, dans la poitrine, avec des machines qui font bip-bip au rythme de son cœur, au rythme de sa respiration. Promets-moi, Liam, promets-moi.

« D'accord. » Je m’en veux. Je m’en veux déjà d’avoir crié, je m’en veux déjà d’avoir… d’avoir… je m’en veux de le faire pleurer, je m’en veux tellement… mais mon cœur bat très vite dans ma poitrine, parce que même si je veux m’excuser d’une petite voix, il suffit que je me dise que si ça se trouve, Liam aura le même problème que moi, pour que… pour que… il faut qu’on fasse un pacte. Un pacte de sang, parce que c’est beaucoup solennel, beaucoup plus sérieux. Et beaucoup plus marrant, aussi, me chuchote une petite voix dans ma tête. Un pacte. Sa main est dans la mienne, je rive mes yeux dans les siens. Un pacte. Entre frères. Un pacte qu’on ne pourra pas trahir. Un pacte. Je fais tout pour guérir. Il évite toutes les maladies du monde. C’est simple. Et je me redresse, en grimaçant sous la fatigue, pour être complètement son reflet. Son reflet. Il baisse les yeux, j’ai le souffle coupé. La gorge toute sèche, comme lorsque je me suis réveillé. « Nolan, je peux pas te promettre de jamais être malade, parce que je peux pas savoir... Je peux te promettre de tout faire pour ne pas l'être, tu es d'accord ? » Je fronce les sourcils. Je fronce immédiatement les sourcils. J’ouvre de grands yeux, qui plongent dans ceux de Liam. Des grands yeux écarquillés, bordés de larmes. Comme les siens. « Comment ça ? » J’ai la même petite voix que lui. La même intonation. « Je suis pas parfait Nolan, personne l'est. Et je sais pas lire l'avenir, sinon, je te ferais une telle promesse. Mais je ne veux pas avoir à te mentir, jamais. J'ai trop peur que la vie me fasse te mentir, et moi, je m'en voudrais toute ma vie. On a toujours dit qu'on se dirait tout, toute la vérité, alors je te le dis. » Il fait une pause et moi j’arrête de respirer. Je suis pas parfait. « Je veux faire ce pacte avec toi, mais je ne veux pas le faire n'importe comment, je veux pas que tu sois déçu. » Moi, je ne réfléchis pas assez. Mais Liam, lui, il réfléchit trop. A croire qu’à nous deux, on s’équilibre. Qu’à nous deux, on se complète. « Je sais que tu es fâché que j'ai dit ça, mais mets-toi à ma place aussi. Je suis là, tout le temps, à rien pouvoir faire. Je te vois souffrir et je vois les adultes nous mener en bateau, je suis sensé penser quoi ? Tu le dis toi-même, si j'étais malade et pas toi, tu mourrais de tristesse, alors tu peux comprendre que j'en ai marre que ce soit toujours toi qui souffre. C'est pas juste. » Sa main se serre dans la mienne, ma main se serre dans la sienne. Reflets. Eternels reflets. Comme mon murmure qui résonne en écho. « C’est pas juste. » Même voix. Même regard. Et pourtant… je sais qu’on n’est pas pareil. « T'es mon frère, on est qu'une personne, je répète tout ce que tu as dit parce que je le pense aussi. Mais tu sais qu'on est parfois différents, pas vrai ? » J’hoche la tête, très lentement, parce que moi aussi, j’en suis venu à la même conclusion. Echo. Je murmure un « On est complémentaire » en articulant bien. Et en français. Comme un secret. On est parfois différents. Quand il lit et moi je cours, quand il sourit et moi je ris aux éclats. Quand il obéit et que moi je désobéis. Quand il désobéit et que moi, j’essaye d’obéir. Quand il répond juste à la maîtresse et moi je dessine. Quand il est dans le fauteuil et moi dans ce lit. « Je ne peux pas te promettre des choses qu'on peut seulement souhaiter très fort. Je suis pas optimiste comme toi, moi. Je l'ai jamais été, j'ai pas tes yeux qui voient plein de petites choses magiques cachées dans les herbes, il a toujours fallu que tu me les montres. » Je souris en même temps que lui, parce qu’en fait, ce qu’il sait pas, ce que souvent bah… il n’y a rien et que je m’amuse juste à lui faire croire que, parce que j’aime bien le voir s’étonner, froncer les sourcils et se laisser convaincre. Je lui souris, mais mon cœur, là, dans ma poitrine, il n’arrive pas à sourire vraiment. Je sais qu’il ne me ment pas. Mais j’aimerais qu’il soit optimiste. Pour moi. Pour lui. Pour nous. Je veux croire qu’il ne sera jamais malade. Parce que je crois aussi que je peux guérir de tout ça. « "Quand on aime une personne, on la prend dans sa globalité, on aime pas seulement les côtés les plus faciles à aimer ", tu m'aimes comme je suis pas vrai ? Parce que moi je t'aime comme tu es, je veux jamais que tu sois différent. Alors s'il-te-plaît, pour faire le pacte de sang, on promet que des choses qu'on est sûrs de tenir. Je te promets de tout faire pour ne pas tomber malade, de penser aussi à moi, si tu me promets de tout faire pour guérir et de ne pas oublier que t'as le droit de me demander des choses impossibles. Parce que je ferais tout pour toi. Ça te va ? » Je me mords la lèvre. Est-ce que je l’aime comme il est ? Je le suis du regard en me mordant très fort la lèvre. Et il revient avec des ciseaux. Pour le pacte de sang. Est-ce que je l’aime comme il est ?

Je ne réfléchis pas beaucoup. Voire pas assez, voire trop rarement. Mais, et ça c’est un secret que je partage avec mon frère, parfois, souvent, je peux voir au-delà des silences, au-delà des mots. Surtout lorsqu’on parle de mon frère. Sa question, elle est sincère. Et quand elle est sincère comme ça, j’ai l’impression que c’est parce qu’il doute. J’attrape les ciseaux, parce que le pacte de sang, c’est mon idée. Je les pose à côté de moi pour reprendre la main de mon frère. J’y fais correspondre, parfaitement, mes doigts aux siens. Il n’y a que mon index qui est un chouia plus grand que le sien, il n’y a que son majeur qui est plus grand que le mien. Reflet. « Tu te souviens du cours qu’on a eu, à l’école, sur les symétries ? » Je suis pas très doué à l’école. J’arrive pas à apprendre mes leçons, les cours d’anglais, c’est nul, surtout lorsqu’on me demande de lire des livres nuls. Mais il y a une matière qui me fait rire, parce qu’elle est marrante : les maths. Et ça, ça je retiens. « Tu te souviens de ce qu’elle avait dit, la maîtresse ? Les symétries axiales sont opposables, pas superposables. Comme nos mains. Tu es mon frère, Liam. Tu es mon jumeau. Si je t’aimais pas comme tu es, comment pourrais-je t’aimer ? Tu dis que t’es pas parfait mais… à mes yeux, tu es parfait. » Je laisse sa main pour me pencher en avant et lui faire un câlin, avec la spontanéité qu’il me connait, avec un petit cri lorsque ma perfusion se tire et m’oblige à reculer. « Mais je comprends ce que tu veux dire. Comme moi, je voulais pas être malade, j’ai pas demandé à être malade, si toi tu es malade un jour, ce sera pas de ta faute. Alors d’accord. » Je relève le menton, je me redresse en attrapant maladroitement les ciseaux. Je me demandant pendant un instant ce que je vais en faire, avant de me piquer le centre de ma paume et de les tendre à mon frère sur un air de défi. « Moi, Nolan Guillaume Wiggins, je promets sur mon sang et mon honneur et la tête de Bidou de tout faire pour me soigner, de tout faire pour guérir et d’avoir toujours confiance en mon frère, Liam Philipp Wiggins et… » Mince. Ça partait bien, c’était hyper classe mais… je ne sais plus quoi rajouter. « … et voilà, abracadabra. » Je souris à Liam. « Allez, à toi, à toi de prononcer le serment à vie qu’on devra respecter sous peine de devoir embrasser sur la bouche la grosse Lulu. » C’est pas très gentil pour Lulu, mais il faut dire qu’elle est moche.


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He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
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