AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 turn, turn, turn (noliam)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1218
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: turn, turn, turn (noliam)   Lun 8 Aoû - 10:37

Turn, turn, turn
Liam & Nolan



« Nolan Wiggins » Ma voix s’étrangle dans ma gorge. Assis, je fixe mes mains, je fixe le sang qui s’y écaille, qui se redessine dans ces petites pliures dans ma paume. Je n’ai même pas la présence d’esprit de mentir, de donner un faux nom, je n’ai même pas la présence d’esprit de me protéger, d’inventer une histoire toute faite. J’en suis incapable de toute manière. Pour qui je travaille ? La question me fait relever la tête et fixer mon interlocuteur, les yeux hagards. Pour qui je travaille ? Elias « Personne ». Je ne cherche pas à me protéger, mais ce n’est pour cela que je ne protègerai pas les autres. Il réitère sa question, je réitère ma réponse avec un peu plus de fermeté. Personne, je ne travaille pour personne. Je suis venu de moi-même. Elias, Elias ne voulait pas que je vienne. Il change son angle d’attaque, n’insiste pas. Et continue avec ses questions. Pourquoi m’en prendre à un membre du Gouvernement ? Je me prends la tête entre les mains, m’efforce de respirer. Pourquoi m’en prendre à un membre du Gouvernement ? « Il… » Il a couché avec ma copine. Vraiment, c’est ce que je comptais lui répondre ? Je n’arrive pas à respirer, je n’arrive pas à me concentrer, je n’arrive pas à savoir quoi répondre. Et il le sait, ce connard, il le sait. Parce qu’une nouvelle fois, il change de question. Je suis vulnérable, ça se voit, ça se sent que je vais craquer. Que j’ai déjà craqué. Pourquoi m’en prendre à mon propre frère ? Je ne cherche même pas à nier. C’est inutile. J’exsude la culpabilité par tous les pores de ma peau, par ces ongles qui ripent sur mes mains pour en ôter le sang de mon frère, sec depuis plusieurs heures maintenant. « Comment va-t-il ? » Est-ce qu’il est mort ? Je suis incapable d’insuffler un peu de rage dans ma question. Comment va mon frère ? Est-ce qu’il est mort ? Est-ce que je l’ai vraiment tué ? « Je ne voulais pas, c’était… c’était un accident… je voulais qu’il se taise, je voulais tellement le faire taire, je voulais juste qu’il… » Tais toi Nolan. Je me mords la lèvre pour me faire taire. Je ne suis pas dupe. Là, ils profitent des éclats de mon esprit brisé pour en tirer le maximum par la douceur. Demain, ils risqueront de se faire un peu plus violents, un peu moins patients, un peu plus directs. « S’il vous plait… dites moi s’il va bien, dites moi s’il… c’est mon frère… » Le regard glacial de mon interlocuteur rend toute intervention superflue et pourtant, il ne se prive pas de décrocher un acide « C’est votre frère et vous avez tenté de le tuer » Mes poings percutent la table, dans un mouvement aussi brutal que désespéré. Dans un fracas métallique, aussi, agrémenté des cliquetis des chaînes. « MERDE NON ! C’était un accident ! J’ai… » Non ce n’est pas un accident. Ou du moins, pas vraiment. Parce que j’ai voulu le tuer. Je ne récolte que ce que je sème, je… « Emmenez-le… » Des mains se saisissent de moi, m’immobilisent le temps que les menottes se désolidarisent de la table, me traînent davantage qu’elles m’escortent jusque dans une cellule. Je sais ce qu’il va m’arriver, je le sais. Les arènes, une condamnation, je vais probablement y rester. Et c’est bien fait pour moi.

Vraiment bien fait pour moi. Je n’ai que ce que je mérite, pour une fois. La prison, je connais. Les condamnations, je connais aussi. La mort… je croise les bras sur ma poitrine, je me ramasse dans un coin de la pièce, sur la paillasse qu’on m’a octroyée, pour me faire tout petit. J’aimerai me laver les mains, mais il n’y a pas d’eau. Il n’y aura rien, pas avant demain en tout cas. Lorsque j’arrive à m’endormir, c’est pour faire des cauchemars. Où je me vois dans l’arène. Je me sens dans l’arène aussi. Surtout. Lorsque je me réveille, c’est dans un cri de panique, complètement déconnecté de la réalité. Du temps aussi, parce qu’il me faut bien une dizaine de minutes pour que je me rende compte que je n’ai pas dormir plus d’une heure. Ou deux. J’ai tué Liam. C’est une certitude. Et je vais devoir vivre avec. Est-ce qu’il a eu des cauchemars, lui aussi, lorsqu’il a tenté de me tuer ? Non, bien sûr que non, parce que Liam ne s’embarrasse pas de remords, parce que Liam ne s’embarrasse pas de scrupules, ni de regrets, parce que Liam est un monstre, parce que Liam est suffisamment fort pour aller au bout des choses et assumer ses actions, lui. Non. Il ne les assume pas. Il force les autres à les assumer. Mais je lui ai tiré dessus.

Les jours se suivent, sans distinction aucune. J'ai perdu le compte. On m’a changé de cellules mais je reste dans mon coin, à attendre que la nuit tombe, à attendre que le jour se lève, à attendre qu’on se lasse de me poser des questions auxquelles je n’apporte aucune réponse dès qu’elles s’écartent de moi pour s’intéresser au reste. A attendre, aussi, qu’on se lasse de m’entendre poser la même question. J’ai beau savoir que Liam est mort, je ne peux pas m’empêcher de demander. Pour en avoir la certitude. Mes mains sont immaculées depuis longtemps maintenant, mais je les frotte encore frénétiquement pour en enlever d’hypothétiques résidus de sang. Qui n’existent que dans mes pensées. Mais qui m’obsèdent. Comme cette seule pensée. J’ai tué mon fr… « WIGGINS ! » Je sursaute dans un battement de cœur raté. Je me lève, titube jusqu’aux barreaux. « Contre le mur. » Alors quoi, c’est aujourd’hui, c’est aujourd’hui l’arène ? Un éclair de panique me traverse, sans que je ne me débatte le moins du monde lorsqu’on me plaque contre le mur de la cellule pour me passer les menottes. « De la visite. » De la visite ? Vraiment ? En dehors des horaires officiels ? Comment ? Je n’ai pas le temps de comprendre ni de poser la question qu’on m’enchaîne à la table, à cette même table où les gens m’interrogent. Je me prends la tête entre les mains, ébouriffe mes cheveux déjà un peu trop désordonnés, glisse mes doigts sur ma mâchoire et ma lèvre fendue, ces quelques écorchures sur ma gueule qui la ponctuent d’hématomes. Rien de grave. Rien de grave, comparé à une balle dans la poitrine, je me dis. Du bruit dans mon dos, je ne prends même pas la peine de me retourner. Je n’en prends même plus la peine, plutôt, je me contente de lever les yeux au ciel dans un soupir. Avant de les baisser sur la personne qui vient d’entrer. Et de me lever d’un bond. « Liam ! » J’ai le soufflé coupé. « Oh merde… Liam, je… ! » Je retombe sur la chaise. « Tu… tu es vivant ?! »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 739
↳ Points : 1035
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 33
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ◐ METALLICA - One ◐ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ◐ COLDPLAY - Fix you ◐ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ◐ PINK FLOYD - Wish you were here ◐ BANKS - Waiting game ◐ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ◐ MT. EDEN - Escape ◐ HALSEY - Gasoline ◐ BRITNEY SPEARS - Toxic ◐ METALLICA - Master of Puppets
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : Adrian N. Hoffman
↳ Couleur RP : (#336666) #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Anna Nalick ; blue comet
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Mar 9 Aoû - 3:13



Turn, turn, turn

 
Afraid of time


Je soupire. Tourne en rond. Je ne fais que ça. Diablo et les chatons sont fous, de me voir ainsi. Mon épaule n'a plus rien mais je garde le change. Juste la marque de la balle. Je suis seul chez moi, j'ai l'attelle étalée par terre et je me secoue la tête. Comment on a pu en arriver là ? Comment ça a pu aussi mal tourner aussi vite ? Sans parler du coup de feu, il y a Nolan. Nolan est en prison, pour la deuxième fois de sa vie. Par ma faute. L'idée m'insupporte, je cogne dans un coussin. Douleur fantôme ou réelle, mon épaule cogne. J'ai répété le plan, encore et encore. J'ai parlé à Nataliya, j'ai subi Faith. Mais c'est fait, tout le monde est sur la même longueur d'ondes. Pourtant j'hésite. C'est trop fou pour marcher.

C'est trop gros pour marcher. C'est pas possible. Je regarde ma main. Me rappelle de la cicatrice de Nolan, réfléchis encore une fois à tout ce qu'on doit inverser, pour être réellement l'un à la place de l'autre. Je dois devenir Nolan. Je ne peux pas le laisser être dans ces murs un instant de plus. Je ne peux pas laisser tout ça se produire une seconde de plus. C'est ma place. Ma condamnation. Ma mort. Pas la sienne. C'est comme ça que ça doit être, et il sera enfin libre. Il sera définitivement libre. Peu importe l'issue de l'arène. Mes mains se baladent sur ma tête, et j'enfile un costume. Devant le miroir, dégoûté de mon reflet je déglutis. Comment j'ai pu devenir aussi pourri. Je détourne les yeux, l'attelle à nouveau à sa place, me tords la nuque à cause de la gêne qu'elle provoque. La gêne qu'elle provoquera bientôt à Nolan.

J'ai négocié pour ne plus avoir personne devant chez moi. Je ne suis pas en danger, Nolan est en prison. Et de toutes façons, c'est moi le danger. L'unique danger. Dix jours. Ça fait dix jours. Dix longs et lents jours que je rumine encore et toujours. Des cris, de la douleur. Je ne me souviens que de ça depuis le bruit strident de l'arme à feu. Pas une once de joie. Pas un moment de bonheur. Rien. Rien du tout.

Je passe la porte, la regarde comme si c'était la dernière fois. Parce que c'est la dernière fois. Une caresse entre les oreilles de Diablo, et la promesse qu'on s'occupera bien d'elle. Je laisse ma main droite posée sur la porte, ferme les yeux. Mes doigts se resserrent et je retiens ma peur, mes tremblements. Je retiens tous les sentiments qui se mélangent parce que je vais voir Nolan. Maintenant. C'est décidé, plus de retour en arrière. Un léger coup sur cette dernière et je lui tourne le dos sans plus d'artifice. J'aurais du mourir il y a dix jours. Je suis mort il y a dix jours. C'est comme ça, pas besoin de regarder en arrière plus que ça. Le temps passe sent passer, les minutes jusqu'à l'arrivée des portes de la prison.

J'y suis allé, la dernière fois ne remonte pas à si longtemps en plus. Les portes que j'avais passées sans attention particulière, pour voir Greyjoy, du haut de mon monde que je ne voyais pas s'effondrer. Je les regarde cette fois-ci, j'observe leur couleur, leur noirceur, la froideur qui en émane. Je serre les mâchoires alors que mon cœur se trouve bien trop vivant dans ma poitrine. Lui qui était supposé s'éteindre sagement. Je franchis enfin le pas, me retrouve rapidement face à la sécurité. Trop polie, trop fausse. Trop tout. « Les heures de visite sont passées Mr. le Ministre, vous êtes sûr que c'est une bonne idée, avec... votre état ? » Trop aimable aussi. Je roule des yeux. Donne le regard qui veut dire que c'est bien mignon, mais que sa pensée il peut se la garder. Pour ce que j'en ai à foutre. Je passe les portes, j'attends sagement. « On l'installe, vous allez pouvoir entrer. », je remercie d'un hochement de tête. Et j'attends.

C'est quand je veux. C'est même pas obligatoire, disent-ils. Personne ne m'en voudra. Ils ont proposé de rester pas loin, j'ai ordonné d'éloigner tout le monde. C'est mon frère, il est enchaîné, ils savent qu'il n'est plus un danger. Même s'il ne l'a jamais été. Je pose ma main sur la porte, alors que j'aperçois mon frère de dos. D'un signe léger, presque invisible, le gardien ouvre la porte, la referme derrière moi. Je prends le soin de vérifier qu'il s'en aille. Et finalement, alors qu'il ne reste plus rien à faire, c'est sur mon frère que mes yeux se portent. Les images saccadées de notre dernière rencontre me donnent un vertige que je cache, il ne se retourne pas. Il ne voit pas. Je reprends contenance et me retrouve face à lui. Pendant un instant, un simple et court instant, je suis le seul à le voir. Je suis tout seul, face à mon frère et je le regarde. Son visage encore amoché par les gardes ou par moi, je ne saurais même pas vraiment dire. Je ressens à nouveau cette douleur, cette peine, et la réaction de Nolan me fait sursauter.

Pour la première fois depuis aussi longtemps que je me souvienne, je sursaute à une réaction de mon jumeau. Non pas que j'ai peur de lui, mais bel et bien parce qu'il a réussi à me surprendre. Je me reprends aussitôt, ajuste mon costume maladroitement alors qu'il prononce mon nom. À son regard, je peux dire qu'ils ne l'avaient pas prévenu. Ces foutus enquêteurs, pseudo-justicier, n'ont pas pris la peine de lui dire qu'il ne m'avait pas tué. Je tire la chaise et m'assoie, l'attelle toujours mise, et la bouche toujours close. Ma joue est encore gonflé, mon nez tient une marque qui se glisse sous mes yeux. Mais ce n'est rien. Ce n'est plus rien. Je n'ai plus mal, je n'ai plus rien. Sauf le souvenir de cette balle. Mais peu importe. Il retombe sur sa chaise alors que mes fesses se posent sur la mienne. Je l'observe et sa question ne m'arrache pas une émotion.

J'y arrive pas. Parce qu'à la seconde où je parlerai, ce sera trop tard. Ce sera fichu, pas de rôle, pas de faux-semblant, et les images, les relents des souvenirs plus durs les uns que les autres, et la culpabilité qui va prendre sa place dans la moindre de mes veines. Je ne peux pas me laisser submerger. Il y a un plan. Un protocole strict à suivre pour qu'il s'en sorte, pour qu'il aille bien. Je ne peux pas montrer de faiblesse, je ne peux pas faire preuve de détresse. Je passe ma main droite sur ma mâchoire, juste en voyant la sienne, reflet douloureux, honteux aussi.

« Oui. Je vais bien. » Pas vraiment, en réalité, mais là n'est pas la question. Je gigote sur ma chaise, bien loin du rôle du ministre, bien loin de ma zone de confort, et tout proche de la réalité, de ce qu'il reste de moi. De ce qu'il reste de nous. Je lève une main en signe qu'il doit attendre pour parler. Attendre pour réagir, comme si j'avais un quelconque contrôle sur la situation. Mais la vérité c'est que j'ai besoin de temps. J'ai besoin de calme, que mon cœur se fasse silencieux, que les souvenirs retournent à leur place. J'ai besoin de pouvoir parler sans m'effondrer. J'ai besoin de beaucoup de choses, et pour une fois, elles sont toutes pour Nolan, aucune pour moi. Je me retrouve à treize ans, à donner mon rein, mon cœur, mon foie et tout ce qu'ils voulaient pour que tu ailles mieux. Je me retrouve dans le rôle de frère, celui que je n'ai plus depuis tant d'années. Et dans un soupir las, je pose ma main sur la table froide. Mon sang se glace et je n'ai qu'une envie, t'enlever ces chaînes.

Mais ce n'est pas le moment. Pas encore. Il faut suivre le plan. Ne pas tout foutre en l'air. « Nolan, écoute-moi s'il te plaît, et sache que quoi que tu penses, l'issue de cette discussion sera la même. » La manière douce ou la manière forte. Je ferai ce qu'il faut. Je te dois bien ça. Les mots sortent de ma bouche d'un ton que je ne connaissais plus, d'une honnêteté que je n'espérais même plus. « Je vais te sortir de là, Nolan. Je te promets que tu ne vas pas passer une heure de plus dans ces chaînes. Mais pour ça, il faut que tu m'écoutes et que tu restes calme. J'ai éloigné les gardes, ils ont confiance, mais je t'en supplie ne crie pas. » Pas pour eux, ils ont trop peur de moi, mais bien pour moi. Garder le fil rouge de mes pensées.

Je relève les yeux, affronte ton regard et pose mes pupilles brunes dans les tiennes. L'impression d'être différent, et incroyablement distant. J'ai franchi la ligne et je t'ai fait trop de mal. Je ne suis plus ton frère et n'ai plus le droit de l'être. De toutes façons, tout ça ne va plus durer bien longtemps. Les marques sur ton visage me font mal, l'idée de ce qu'ils ont pu te faire subir me torture. Alors avant de lancer le plan, j'enfreins la règle. J'improvise. J'improvise, parce que j'ai besoin de savoir, et que je ne supporte pas tout ça. Mais je gère tout ça. Je peux me permettre cet écart là. Je peux faire ça.

« Mais avant qu'on parle de tout ça, Nolan... ça va ? Ils t'ont pas trop fait de mal j'espère. Je... » suis désolé, je suis effondré. J'ai voulu faire quelque chose avant mais je n'ai pas pu. Ma gorge se serre et je continue en baissant les yeux. « Je vais te soigner. Dis-moi ce qui s'est passé. » Je ne précise pas, parce que je ne sais pas ce que je veux savoir. Ce qui s'est passé ce jour là, ou depuis ce jour là. Je ne suis même pas sûr de vouloir savoir, mais je ne peux pas te laisser comme ça.

Tu vas t'en sortir Nolan, tu vivras.

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Lun 12 Sep - 4:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1218
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Sam 20 Aoû - 15:31

Turn, turn, turn
Liam & Nolan



J'ai encore ton sang sur les mains. J'ai encore ta douleur dans le regard. J'ai encore ton cœur qui bat à toute vitesse et qui s'échappe de ton corps. J'ai encore la détonation qui résonne à mes oreilles, mes hurlements affolés qui s'étranglent dans ma gorge, ton poids qui s'écrase lorsque tes jambes cessent d'accepter de te retenir. J'ai encore mes muscles qui tremblent, tétanisés, affolés, j'ai encore la gorge sèche, les yeux qui brûlent, j'ai encore dans ma main la lourde présence de mon arme, abandonnée sur ton sol. J'ai encore sur mes épaules ces poignes qui m'écartent de toi, qui me maintiennent au sol, qui me traînent et me jettent hors de ton bureau, loin de toi, loin de toi mon frère, et qui refusent de me dire si tu vis.

J'ai encore la conviction que tu es mort, Liam, parce qu'on ne m'a pas dit le contraire, parce qu'on me l'a laissé sous-entendre, parce qu'on m'a maintenu dans le secret, violemment, peut être pour me punir, déjà. Qu'est ce que tu fais là, Liam, qu'est ce que tu fais devant moi, qu'est ce que… tu es un reflet, tu es un fantôme, je suis une désillusion, tu es un cauchemar, un miracle, ma folie qui s'éveille et ton spectre qui vient me hanter. Tu es vivant, bordel, si vivant que j'en bondis sur mes pieds, les menottes grinçant à mes poignets, cliquetant sous le mouvement brusque, juste avant que je me laisse retomber sur la chaise qu'on m'a accordée. J'ai le souffle coupé, mes mots se perdent entre mes lèvres, mes yeux noyés de larmes te suivent du regard, marqués par son sursaut, marqués par son attelle, marqués par sa présence. J'ai bien trop de choses à te dire, Liam, j'ai bien trop de choses à lui dire. Parle moi. Parle moi Liam. Dis moi quelque chose, même n'importe quoi. Pardonne moi. Son silence m'asphyxie. Chacune de ses respirations me vole mon air, m'étrangle un peu plus. « Parle moi, Liam, s'il te plaît, dis moi quelque chose... » Parle moi, je t'en prie, parle moi : mes yeux hurlent mes suppliques à ma place, ma gorge est trop sèche pour articuler quoique ce soit d'audible et de compréhensible. Et enfin… « Oui. Je vais bien. » Je respire. Sans parvenir à le croire. Ton épaule est maintenue, bandée, des marques sur ton visage sont les vestiges de mes coups, de ces coups même que j'ai promis de t'infliger si tu t'obstinais à me raconter des conneries. Je m'en veux, putain, je m'en veux tellement, tu n'as pas idée, grand frère. Je m'en veux. Et même si tu me pardonnes un jour, je doute de pouvoir moi, un jour, me pardonner tout ça. Me pardonner les coups. Me pardonner cette arme braquée sur toi. Me pardonner ce sang. Tout tourne dans ma tête, tout part en spirale, tout voltige sans que je ne puisse avoir le moindre point de repère. « Nolan, écoute-moi s'il te plaît, et sache que quoi que tu penses, l'issue de cette discussion sera la même. » Je relève la tête.

« Pardon ? » Bien sûr que je vais l'écouter. Je lui dois bien ça. Bien sûr que... « Comment ça, l'issue de... » Je secoue la tête. « Laisse tomber, je t'écoute... » En même temps, je n'ai pas trop le choix. Je déglutis, tout en essayant de ne pas fixer sur le visage de mon frère les écorchures que j'ai laissées.  « Je vais te sortir de là, Nolan. » Je cligne des yeux. « Quoi ? » « Je te promets que tu ne vas pas passer une heure de plus dans ces chaînes. » Je fronce les sourcils. Avant de murmurer. « Non. » Bien sûr que non. Il en est hors de question. « Mais pour ça, il faut que tu m'écoutes et que tu restes calme. J'ai éloigné les gardes, ils ont confiance, mais je t'en supplie ne crie pas. » Je t'en supplie, ne crie pas. Je serre les poings, crispe la mâchoire, refuse de baisser les yeux sous ses pupilles, refuse de laisser parler ma culpabilité. Parce qu'il est hors de question que je sorte d'ici. « Mais avant qu'on parle de tout ça, Nolan... ça va ? Ils t'ont pas trop fait de mal j'espère. Je... Je vais te soigner. Dis-moi ce qui s'est passé. » Je secoue la tête. « Non, Liam. Il est hors de question que je sorte de là, que ce soit bien clair entre toi et moi. » Que ce soit clair, oui. Je ferme les yeux. Les rouvre pour les fixer dans ceux de mon frère. « Ca va. Mieux maintenant que... Je pensais que... tu étais... » J'essaye de croiser les bras sur ma poitrine, ces chaînes qui me lient à la table me bloquent, m'enferment, m'en empêchent. « Je ne veux pas sortir d'ici, Liam. Ca... ça ne me gêne pas, tout ça. Je t'assure. Je vais bien, très bien. Ils sont... gentils avec moi. » Si j'en fais trop ? Peut être. Mais il faut que je parvienne à l'en convaincre. L'issue de cette discussion sera la même. « Si tu me forces, je hurle, je te le jure. » Vraiment. « Et toi, tu vas bien ? » Je pointe son épaule du doigt. « C'est... grave ? »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 739
↳ Points : 1035
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 33
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ◐ METALLICA - One ◐ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ◐ COLDPLAY - Fix you ◐ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ◐ PINK FLOYD - Wish you were here ◐ BANKS - Waiting game ◐ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ◐ MT. EDEN - Escape ◐ HALSEY - Gasoline ◐ BRITNEY SPEARS - Toxic ◐ METALLICA - Master of Puppets
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : Adrian N. Hoffman
↳ Couleur RP : (#336666) #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Anna Nalick ; blue comet
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Jeu 1 Sep - 6:21



Turn, turn, turn

 
Afraid of time


Mon frère, tu jures et tu conjures. Tu veux vérifier si je suis en vie, vérifier si je suis capable de parler. Ce que je fais. La boule au ventre, l'esprit ailleurs. C'est une situation qui n'aurait jamais du exister, quelque chose que l'on aurait jamais du provoquer. Je dis nous, même si je suis responsable. Mais quelque chose en moi n'arrive plus à être je. Quelque chose en moi ne veut plus de cette séparation qui nous déchire. Et pourtant, je m'apprête à l'agrandir, encore. Plus que jamais, possiblement définitivement. Pourtant j'ai plus le choix, il n'y a plus d'autre solution que ça. J'ai tout tourné dans tous les sens, j'ai réfléchi à toutes les solutions possibles et imaginables. Mais y en a pas d'autre, Nolan. Y en a plus d'autre.

Alors pour la dernière fois de ma vie je te donne des ordres. Et pour la première fois ils sont pour ton bien. Pour la dernière fois de ma vie je ne te laisse pas un choix, je t'informe. Pour la première fois c'est pour que tu vives et moi pas. Je suis incapable de faire demi-tour, fermement décidé à ce que les choses se passent comme je l'ai étudié. Tu le sais, Nolan, j'ai longtemps étudié. J'ai beaucoup étudié. Et je te connais toi, malgré les années, malgré notre éloignement. Malgré le fait que je ne sois plus vraiment celui d'avant. Je te connais par cœur, je peux anticiper tes réactions, j'ai prévu tout en fonction. Parce que je sais, Nolan. Je sais pertinemment comment ça va se passer.

Tu me reprends, d'abord. Plutôt calme, tu réutilises mes mots. Tu cherches à devancer ma pensée. Tu cherches à savoir ce que je vais dire, ce que je peux bien penser. Mais tu ne peux plus faire ça. Toi, tu n'as plus ce pouvoir là. Et c'est à cause de moi. Je continue mes explications, tu les refuses. Simplement, catégoriquement. Je le sais, je le savais. Parce que tu veux pas que je sois là, sauf que c'est ma place et pas la tienne. J'ai beau changer de sujet, histoire de faire passer un peu la pilule, j'ai beau te concentrer sur autre chose, tu continues. Tu t'entêtes. T'as toujours été bien trop têtu.

Je soupire, lentement. Mes prunelles brunes se fixent dans les siennes alors que tu parles. Je reste silencieux, incroyablement calme. Je ne bouge pas d'un millimètre et ma poitrine se soulève à peine pour respirer. Tu peux dire ce que tu veux Nolan, ce n'est pas un choix. Tu peux croire clair ce que tu veux, ça se passera comme je l'ai décidé. Mes yeux ne quittent pas les tiens, mes paupières se ferment à peine. Mais mon regard change, alors que tu parles de moi.

Alors qu'après tout ce qui s'est passé, tu t'es inquiété pour moi. Mon cœur se serre étrangement, un peu comme avant. Comme si j'arrivais à ressentir ce quelque chose entre nous que je croyais perdu. Et pourtant, c'est quand même foutu. Je cache mes émotions en serrant les mâchoires et je t'écoute. Je finis par fixer ces chaînes qui m'insupportent sur tes mains, qui n'ont rien à faire là. Tu n'as rien à faire là. Tu parles, et je n'écoute qu'à moitié. De toutes façons, tu dis n'importe quoi. « Tu mens mal, t'as toujours mal menti. »

C'est à moitié vrai, puisque tout le monde t'a pris pour moi pendant ces dernières années. Mais tu ne sais pas me mentir à moi. Tu n'as jamais su me mentir à moi. Mes yeux retrouvent les tiens, et je soupire à nouveau alors que tu me menaces. Finalement, lorsque tu me retournes la question, je choisis d'aborder les choses autrement. Pour le moment. Peut-être parce que j'ai envie de parler avec toi, de te retrouver pour de vrai cette fois. Peut-être parce que j'ai pas envie de gâcher la vraie dernière conversation qu'on aura, que tu le réalises ou pas.

« D'accord. D'accord, c'est bon. On parle, et personne ne hurle. » Je suis bien meilleur magicien que toi Nolan, je connais des choses que tu ne soupçonnes pas, je peux duper des gens que tu n'imagines pas. Mais je ne dis rien de tout ça, non. À la place, je défais lentement mon attelle qui est inutile. Faith ayant bien pris soin de ne pas lui laisser la moindre utilité et rendre au passage ma dette plus grande que la balle qui m'a traversé. Je prends mon temps, effectue des gestes lents, pour finalement retirer le côté de ma chemise qui cache la cicatrice que je refuse de voir disparaître. Sans un mot, pendant toutes ses minutes, je ne croise pas ton regard. Ce n'est que maintenant, à nu, que je fixe tes yeux, et que je reprends la parole.

« Je vais bien. J'ai été plus que correctement soigné. » Par une démone avec qui j'ai fait un pacte qui me tuera si l'arène ne le fait pas. Je remets ma chemise, laissant l'attelle de côté avant d'avancer vers les chaînes qui lient tes mains et les enlever. « Nolan, je ne vais te forcer à rien. Je veux qu'on parle. Sérieusement, sans tout ce bordel que j'ai foutu. » Mes mots sont vulgaires, beaucoup plus que d'ordinaire mais il n'y a pas de faux entre nous. Il n'y en a plus. Juste toi et moi, et les murs qui nous entoure. Comme un jugement dernier, le notre, rien qu'à nous.

« J'ai été trop loin, et on a pas besoin de discuter là dessus. Je ne parle pas forcément de ces derniers temps mais du jour où je t'ai fait aller en prison pour la première fois. » Sérieux, je laisse mon regard soutenir le tien même si ça me tue, me ronge de l'intérieur. Même si j'ai mal à en crever d'en être arrivé là, et pour quoi ? Pour rien du tout. « Sauf que je ne peux pas revenir en arrière. Je ne peux pas effacer mes erreurs, je ne peux pas t'enlever de la tête ce que j'ai fait. Et d'ailleurs, même si je le pouvais je ne le ferai pas. » Je reste calme, croise mes mains sur mon torse face à mon reflet, reflet si fatigué. « Je ne veux pas que t'oublies que si t'en es arrivé là, c'est pas pour rien Nolan. C'est pas toi qui a fait une connerie, c'est moi qui suis allé trop loin depuis des années. T'as juste réagi comme il fallait. » Je sais que tu t'en veux, je le vois dans tes yeux. « Arrête de culpabiliser, t'as tiré sur le mec qui t'a condamné à mort. Rien de plus juste. »

Je baisse les yeux et déglutis. J'ai beau être calme, j'ai beau avoir répété la scène cent fois dans ma tête, rien y fait. J'ai mal. Mal de nous. Mal de ce que j'ai fait. Mal de ce qui reste. Mal de nos derniers mots. Mal de tout ce qui va suivre. « Je ne te forcerai à rien Nolan, mais écoute-moi. T'as rien à faire là. Tu subis ma condamnation, encore une fois. Tu subis mes erreurs. Tu subis celui que je suis. Et ça, c'est plus possible. Alors laisse-moi être à ta place, et vis enfin la vie que tu mérites. » Je marque une pause, observe ton état avec cette boule au ventre qui ne part pas avant d'ajouter. « Donne-moi une bonne raison de changer d'avis. Si tu tiens tant à rester ici, alors explique-moi pourquoi tu le mérites. Je t'écoute. »

Aucune raison ne sera valable, aucune réponse ne changera la suite. Mais je te laisse parler, je ne veux pas que tu sortes de là avec des regrets. Je ne veux pas que notre dernière conversation soit dans les cris et les larmes. Pas celle-ci. Alors je te laisse faire. Je te laisse être toi. Et je savoure, je savoure chaque instant qu'il me reste avec toi.

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1218
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Sam 17 Sep - 23:23

Turn, turn, turn
Liam & Nolan



C’est la troisième fois que je suis incarcéré. La troisième fois. Et pourtant, c’est la première fois que j’y suis pour quelque chose que j’ai commis, pour un crime dont je suis le seul et unique responsable. Que Liam ait cherché la merde en premier ne change rien. Que j’aie tiré plus part par réflexe et par peur ne change rien. Lorsque je me suis pointé au Government Building, c’était dans l’intention de lui faire payer. Et ça… ça ne me ressemble pas. Et je m’en veux. Horriblement. Savoir qu’il est en vie n’est qu’une maigre consolation. Cette attelle qu’il arbore est la confirmation que je suis allé trop loin, que nous sommes allés trop loin, que nous nous sommes perdus, à des années lumières de ces deux têtes brunes qui se faisaient des tours de magie en se rapportant les derniers ragots de l’hôpital. Oui, je vais bien. Je cille, alors qu’il me concède enfin quelques mots. Je respire, sans parvenir à ôter de ma poitrine le poids de la culpabilité. C’est la troisième fois que je me retrouve en prison, c’est la première fois que je le mérite à ce point. Et il parle de me faire sortir. Il parle de me sortir de là. Que je l’écoute et que je reste calme, il n’en est pas question s’il continue à me baver des inepties pareilles. C’était il y a quatre ans qu’il aurait dû chercher à me faire sortir de prison, pas maintenant. Ne crie pas, reste calme. Je sens que je ne vais pas aimer ce qu’il veut me dire, je sens que je ne vais rien aimer de la discussion à venir.

Que j’aille bien ou pas, ce n’est pas la question. Lorsqu’on était petit, on jouait à deviner ce que l’autre avait en tête. Nous n’en sommes plus capable, je n’en suis plus capable, je ne comprends ni ne connais plus suffisamment Liam pour ça. Mais je le comprends encore assez pour deviner ce qu’il sous-entend, même si rien, strictement rien n’est cohérent avec ce qu’il m’a fait. Avec ce qu’on s’est fait. Je ne veux pas sortir d’ici, Liam. Tu m‘entends ? Je vais bien, je vais très bien, j’en fais peut être trop mais il faut qu’il rejette cette idée stupide loin, très loin dans son esprit et qu’il n’essaye même plus de l’aborder une nouvelle fois devant moi, ni de me préparer à en parler.

Il ne bouge pas, il soupire même. Et mes prunelles sont rivées dans les siennes. « Tu mens mal, t'as toujours mal menti. » Je refuse de détourner le regard. Quand bien même il a raison. Ou presque. « Non, pas toujours. » Les trop nombreuses fois où j’ai accepté d’endosser ses conneries, je mentais bien. Très bien. Lorsque j’ai avoué mon meurtre, j’ai menti. Excellemment bien menti. Trop bien menti. « D'accord. D'accord, c'est bon. On parle, et personne ne hurle. » Je me décrispe légèrement, avant de froncer les sourcils devant cette reddition un peu trop rapide à mon goût. Je lui laisse un regard sceptique, comme pour le mettre au défi de redire ça et de me mentir. Et mon scepticisme s’amplifie lorsqu’il commence à défaire son attelle. « Liam… tu es sûr que c’est une… » bonne idée ? Ses gestes sont lents, mais pas suffisamment : trop vite, il dévoile son épaule. Indemne. Presque. Une cicatrice est là. Mais c’est tout. Pas de sang. Pas de bandage. « Qu’est ce que… qu’est ce que c’est que ce bordel, Liam ? » Je cherche son regard. Sans succès. « Liam, c’est quoi ça ? » Ca pue la sorcellerie, ça pue la sorcellerie à plein nez mais je suis incapable de discerner d’où vient la puanteur. Soins accélérés ? Illusions ? Clone de mon frère ? « Je vais bien. J'ai été plus que correctement soigné. » Muet, je le regarde remettre sa chemise en place, comme si de rien n’était, avant de s’avancer vers moi. Instinctivement, je recule, tendant les chaînes qui me retiennent à la table. Sans succès : elles tombent trop rapidement à mon goût. Non. « Liam. » Je veux faire de ma voix une menace, ça sonne comme une supplique. Comme toujours face à mon frère.

« Nolan, je ne vais te forcer à rien. Je veux qu'on parle. Sérieusement, sans tout ce bordel que j'ai foutu. J'ai été trop loin, et on a pas besoin de discuter là dessus. Je ne parle pas forcément de ces derniers temps mais du jour où je t'ai fait aller en prison pour la première fois. » Mes doigts jouent avec la chaîne, comme pour tenter de la remettre. J’ai un regard anxieux en direction de la porte, comme si quelqu’un pouvait entrer à tout moment, alors même que je sais que Liam a tout prévu. Parce que Liam prévoit toujours tout. J’essaye de remettre les chaînes à leur place, alors même que je crève d’envie de me dérouiller les jambes, de marcher et de bouger comme à mon habitude. Dans tous les cas je me contrains au silence. Il veut qu’on parle ? Alors je me tais. Parce que si je parle, ça va être pour… pour je ne sais pas quoi. Mais je me suis suffisamment prouvé ma capacité à raconter de la merde que je préfère prendre les devants. « Sauf que je ne peux pas revenir en arrière. Je ne peux pas effacer mes erreurs, je ne peux pas t'enlever de la tête ce que j'ai fait. Et d'ailleurs, même si je le pouvais je ne le ferai pas. Je ne veux pas que t'oublies que si t'en es arrivé là, c'est pas pour rien Nolan. C'est pas toi qui as fait une connerie, c'est moi qui suis allé trop loin depuis des années. T'as juste réagi comme il fallait. Arrête de culpabiliser, t'as tiré sur le mec qui t'a condamné à mort. Rien de plus juste. Je ne te forcerai à rien Nolan, mais écoute-moi. T'as rien à faire là. Tu subis ma condamnation, encore une fois. Tu subis mes erreurs. Tu subis celui que je suis. Et ça, c'est plus possible. Alors laisse-moi être à ta place, et vis enfin la vie que tu mérites. Donne-moi une bonne raison de changer d'avis. Si tu tiens tant à rester ici, alors explique-moi pourquoi tu le mérites. Je t'écoute. »

Lui donner une bonne raison de changer d’avis ? Je cherche son regard, je cherche ses rétines, je cherche mon miroir dans cet homme qui me fait face. « J’ai tiré sur mon frère jumeau. Même toi tu n’as jamais fait ça. » Et qu’il n’ose pas me dire oui mais c’est tout comme. « J’ai pointé une arme dans ta direction, Liam. Je t’ai mis en joue. J’ai appuyé sur la détente. J’ai… j’ai vraiment voulu te tuer. Par pure jalousie. Toi, tu n’as jamais fait ça. Tu ne peux pas dire que ce n’est pas de ma faute, que je n’ai pas à culpabiliser. J’ai tenté de te tuer. Je ne me le pardonnerai jamais. » Mon dernier murmure, en français, est étranglé dans un sanglot coincé dans ma gorge.

Il a raison : je ne sais pas mentir. Pire encore : je ne sais pas me taire, je ne fais que dire ce que je pense, ce que je ressens, ce qui me tourmente et tournoie dans mes pensées. Je ne me le pardonnerai jamais : ce n’est pas une question, ce n’est pas négociable, c’est un constat, c’est une évidence. A quel moment est-ce que j’ai pu croire que tuer mon frère était une solution, exactement ? A quel moment est ce que j’en suis venu à croire qu’un… crime passionnel ?, allait me permettre de tout effacer, de faire table rase, de réparer les torts qu’on a pu se faire les uns aux autres, Liam, Giulietta et moi ? Je serre mon poing sur la chaîne, comme pour l’incruster dans ma chair, sans succès. « Je ne subis rien du tout, Liam. Je… j’ai… je n’ai pas rien à faire là, j’ai tout à faire là. Tu ne me forceras à rien parce que tu sais que j’ai raison. Tu as peut être à payer pour ce que tu m’as fait, mais moi je mérite ce qu’il m’arrive. Tu m’as volé Giu’, moi j’ai voulu te prendre ta vie. Et même si elle, je l’aime plus que ma vie, ça ne justifie en rien de vouloir tuer quelqu’un de sang froid et encore moins son frère. Liam. Je suis coupable d’un fratricide. » Je sais que lui aussi. Mais… Je refuse d’y penser, je refuse de l’accepter, parce que je ne peux pas tolérer l’idée qu’on échange nos places, encore une fois. « Nous sommes jumeaux. Mais nous ne sommes pas une seule et même personne. Il faut qu’on arrête de le croire, il faut qu’on arrête d’en jouer. A chaque fois qu’on a pris la place de l’autre, on a tout détruit autour de nous. Laisse-moi où je suis. Reste où tu es, Liam. Laisse moi être puni pour ce que j’ai pu vouloir te faire. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 739
↳ Points : 1035
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 33
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ◐ METALLICA - One ◐ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ◐ COLDPLAY - Fix you ◐ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ◐ PINK FLOYD - Wish you were here ◐ BANKS - Waiting game ◐ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ◐ MT. EDEN - Escape ◐ HALSEY - Gasoline ◐ BRITNEY SPEARS - Toxic ◐ METALLICA - Master of Puppets
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : Adrian N. Hoffman
↳ Couleur RP : (#336666) #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Anna Nalick ; blue comet
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Mar 20 Déc - 3:20



Turn, turn, turn

Afraid of time


J'ai beau sentir ton regard me chercher, j'ai beau savoir ce que tu veux je m'y refuse. Je refuse de te faire face pleinement, de te laisser l'opportunité de me faire changer d'avis. Je suis sûr de moi, je sais ce que je veux. J'ai toujours pu prendre les décisions pour nous deux, dans les pires et les meilleurs moments. J'ai toujours été celui en avant, celui qui dit non, qui dit oui. T'as toujours été derrière moi à suivre mes pas, et c'était pas toujours le bon choix. Mais aujourd’hui n'est définitivement pas le jour pour changer ça. J'ai besoin que tu m'appuies, que tu comprennes. Que tu sortes de cette culpabilité à la con et que tu vois la réalité en face. J'ai besoin que tu me vois tel que je suis et non pas comme tu l'imagines. Et pour ça, je dois éloigner nos regards. Ne pas t'affronter et te laisser voir nos souvenirs, nos rires. Je veux que tu vois mes mâchoires serrées, cet homme froid et distant, celui qui t'a tellement dégoûté que tu lui as tiré dessus. Lui, et non pas ton jumeau. Lui, celui qui t'a brisé sans même sourciller. Alors arrête, arrête de me chercher du regard, de vouloir absolument voir celui que t'admirais.

Arrête, je t'en supplie, ne me force pas à devenir réellement méchant. Pas maintenant. Pas ici. Ta première phrase me laisse sans réaction visible. Pourtant elle m'explose de l'intérieur, elle fait valser les restes de moi. La scène que je me repasse en boucle et que tu articules devant moi. Je ne laisse rien paraître, la main posée sur la table entre nous. Je ne laisse rien sortir autre qu'un soupir las. Tu continues et cette fois mon regard se pose sur toi. J'ai besoin de voir comment tu ressens tout ça. Je me fous de tes mots, je veux juste savoir comment tu vas, comment tu vis tout ça. Le français me fait serrer les dents un peu plus fort. J'ai envie de hurler, te secouer. T'expliquer encore et encore combien je l'ai mérité, combien tu aurais du me tuer. Mais je reste là, stoïque. Sans bouger d'un pouce, je cherche quoi te dire. Je cherche quoi répondre. Les secondes défilent et le seul mouvement que je m'autorise est celui de mon pouce qui tapote la table à intervalles réguliers. Et sans que j'ai dit un mot ta voix s'élève à nouveau. La mention de tout ce bordel lié à une seule personne que je trouve sans intérêt me fait rouler des yeux. Je ne t'interromps pas, laisse un simple rire froid ponctuer la mention de fratricide. Je soupire et me lève, j'ai besoin d'être en mouvement, de m'occuper. Ça a toujours été, plus la situation est sérieuse, plus j'ai besoin de bouger. Je n'affronte pas ton regard alors que mes mains se joignent et que je réfléchis à ce que je dois dire.

Dans un sourire à cette pensée, je me lance finalement sans plus y penser. « Tu vois, j'étais en train de me demander ce que je pouvais bien te dire, te répondre. Plutôt, ce que je devais te répondre. Mais en fait, je me contre-fous de ce que je dois dire. Cette conversation est notre dernière, d'une manière ou d'une autre. Des séparations on en a eu des tas, mais crois-moi, celle-ci sera définitive. Alors je vais être honnête, Nolan. » Je marque une pause pour m'avancer vers toi, contre la table et y poser mes bras pour soutenir ton regard, froid et en colère de tes derniers mots. « Je me fous complètement du fait que tu aies essayé de me tuer, parce que je l'ai fait aussi. T'as beau vouloir te persuader du contraire, sans l'incident de l'Enfer sur Terre, tu serais plus parmi nous. Alors arrête tes conneries et ta tirade sur une quelconque culpabilité plus grande que la mienne. T'as jamais rien fait de pire que moi. Jamais. J'ai tué un mec de sang froid, au cas où tu l'aies oublié. Et c'était pas par jalousie ou pour quoique ce soit. Juste parce qu'il était là, au mauvais endroit au mauvais moment. L'arme entre mes doigts, sur son front, elle était bien réelle. Ce mec s'est vidé de son sang devant moi et au lieu de me sentir coupable, je me suis couvert en t'accusant toi. Tu trouves que t'as fait pire ? Tu te fous de ma gueule là, t'en as bien conscience ? »

Je rage en repensant à ce moment, à mon état d'esprit. La culpabilité de cet acte et ses conséquences me ronge jour après jour mais ce n'est pas le moment de la laisser ressortir. Je ne supporte plus de te voir t'abaisser face à moi alors que tu aurais du m'achever, réussir ton acte désespéré. Les raisons étaient loin d'être les bonnes mais quelle importance ? Dans tous les cas, c'était amplement mérité. On le sait tous les deux. T'as beau vouloir te convaincre du contraire, une part de toi sait que j'ai tout fait pour qu'on en arrive là. Mes lèvres ne s'ouvrent pas pour dire tout ça, mais mes yeux te parlent. Mon regard planté dans le tien qui ne se détourne plus te raconte tous ces non dits. Je sais que tu l'entends, quelque part au fond de toi, je sais que tu comprends. Le poing s'écrasant sur la table, je me décide à reprendre mon discours, capable de parler sans hurler, sans vouloir te frapper.

« On a jamais été une seule et même personne, Nolan. T'as réellement cru qu'on était le même ? Putain mais, durant toutes ces années, t'as vraiment cru ça ? J'ai pas été assez clair là dessus ? Je ne serais jamais toi, jamais. On a beau faire les malins, duper tout le monde, je m'en fous complètement de tout ça. Moi, ce que je vois, c'est qu'on a toujours été différents. Ce que je sais, c'est que t'as toujours mérité mieux que moi et que pourtant, t'es toujours le moins bien loti. Ça a commencé par ta maladie, puis par nos études, et maintenant, regarde où on en est ? J'ai commis un meurtre, je m'en suis sorti indemne. J'ai du sang d'innocents sur les bras avec mon poste et tu le sais comme moi, pourtant, personne ne m'approche. Et toi ? Tu te bats pour une justice, tu as simplement failli me tuer, et tu te retrouves pour la deuxième fois de ta vie dans le couloir de la mort. Alors ça suffit Nolan, ça suffit les conneries. On a jamais été pareils, j'ai jamais pensé ça. T'as toujours valu beaucoup plus que moi et tu t'acharnes à te croire en dessous. Mais il te faut quoi pour comprendre que je suis pas quelqu'un de bien ? Tu fais tout ça pour quoi au juste ? » Ma voix s'étrangle, elle me donne le signal pour m'arrêter alors que je vais trop loin. Mais je refuse de l'écouter, je m'obstine à continuer.

«Parce que je t'ai donné un rein ? », ma main se desserre sur la table et je m'assois à nouveau face à toi, le ton beaucoup plus froid, beaucoup plus posé. « C'est ça, Nolan, avoue-le. Tu te sens redevable encore aujourd’hui. T'arrives pas à laisser ça derrière. Tout ça pour un foutu rein ? Mais Nolan, je ne t'ai rien donné, je ne t'ai pas fait un cadeau ou je ne sais pas quoi, c'était TON rein ! Quand est-ce que tu vas comprendre ça ? Tout ça c'était pas pour faire le gentil, c'était parce qu'il te revenait de droit bordel de merde. T'as jamais compris que j'avais pas fait ça pour avoir un retour mais simplement parce que je t'aimais ? », ma voix se brise complètement et je détourne les yeux. Les larmes non loin des paupières, je tremble à nouveau en repensant à tout ça. « J'aurais jamais du te le donner, au final ça a gâché ta vie. C'est tout ce que j'ai réussi à faire. Ruiner ton existence. » Je lève un bras, refuse de te voir répondre à ça. « C'est bon, ça sert à rien d'en dire plus. », je respire longuement, cherche à retrouver un semblant de stabilité, le temps de retrouver ton regard et d'ajouter, finalement. « Tout ça ne m'a pas du tout convaincu, alors à moins que tu aies d'autres arguments, il va falloir qu'on parle de la suite. »

Mes battements de cœur retrouvent un rythme normal, ma main cesse enfin de trembler, les émotions se trouvent ravalées et dans un soupir, un long soupir, je finis par dire ce qui me fait réellement de la peine dans toute cette histoire. « Je regrette simplement qu'on en soit arrivé là pour une fille. J'ai toujours pensé que notre pire ennemi était notre relation, mais quelqu'un a réussi à se foutre entre nous. » J'ai toujours été possessif, toujours voulu veiller sur mon frère, celui qui avait la première place malgré les années et les conflits, j'ai été assez naïf pour croire que c'était réciproque. Que cette place ne pouvait pas changer, et pourtant, ce n'est pas pour moi que tu as tiré, mais pour elle. Et ça, je ne me le pardonnerai jamais.

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1218
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Dim 1 Jan - 0:36

Turn, turn, turn
Liam & Nolan



Je veux regarder au fond de ses yeux. Je veux gratter la surface, creuser sous l’apparence, toucher mon frère en plein cœur pour le comprendre, pour le comprendre à nouveau, pour le comprendre aussi pleinement qu’avant. Avant que tout ne dérape, quand j’arrivais encore à lire dans ses pensées, quand j’arrivais encore à savoir ce que cachaient les moindres de ses mimiques. Je cherche son regard, parce que je suis perdu. J’ai tiré sur mon frère jumeau. Qu’est-ce qu’il croit, que parce qu’il est en vie, miraculeusement soigné, je peux me pardonner ? Je peux me pardonner cette envie de meurtre qui m’a pris, ce besoin irrationnel de me venger, que je peux me pardonner le poids de l’arme dans ma main, la détonation, le recul, ce sang… bon sang, tout ce sang ? Que parce qu’il n’y a plus rien, que sa chair est indemne, je peux oublier son regard ? J’ai pointé une arme dans sa direction, j’ai appuyé sur la gâchette, je l’ai touché et j’aurais pu le tuer et ça… ça, je ne me le pardonnerai jamais. Le français s’étrangle dans ma gorge, je baisse les yeux, las de chercher des rétines que, de toute manière, tu refuses de me concéder. Mon frère se lève, mon frère se met en mouvement. Je refuse de faire de même, bien que l’envie s’impose dans mes jambes, dans mes gènes d’hyperactif : ce serait accepter ces chaînes qu’il a défaites contre mon gré, ce serait accepter, même un peu, d’être libre. J’aimerais remonter le temps, vraiment. J’aimerais effacer ces dernières semaines, j’aimerais effacer ces dernières années, j’aimerais effacer ces dernières décennies et retrouver le moment où tout a basculé. J’aimerais, même, refuser cette greffe qui m’a sauvé la vie mais qui nous a détruit. Qui a détruit notre complicité, qui a posé entre lui et moi une dette que rien ne pourra faire disparaître. Je ne subis rien, qu’il ne se trompe pas. Je ne subis pas cette incarcération, parce que je la mérite ? Je la mérite pour avoir tenté de le tuer, je la mérite pour lui avoir volé un organe, un organe que je ne sais même pas conserver, un organe que mon organisme détruit, rejette, abime. Je suis coupable d’un fratricide, et j’en suis coupable depuis plus de quelques jours.

J’en suis coupable depuis presque vingt ans. Je veux son regard, je veux fixer mon frère, je veux qu’il comprenne, qu’il comprenne vraiment ce qu’il se passe. Et je crains aussi qu’il comprenne. « Tu vois, j'étais en train de me demander ce que je pouvais bien te dire, te répondre. Plutôt, ce que je devais te répondre. Mais en fait, je me contre-fous de ce que je dois dire. Cette conversation est notre dernière, d'une manière ou d'une autre. Des séparations on en a eu des tas, mais crois-moi, celle-ci sera définitive. Alors je vais être honnête, Nolan. » Je serre les dents. Relève la tête lorsqu’il s’approche, plante mes yeux dans les siens, enfin. Il me surplombe, je relève le menton. « Cette séparation ne sera pas définitive. » Mon aplomb me surprend. Mon assurance et le caractère péremptoire de mon ton aussi. Je refuse d’accepter une seule seconde qu’il puisse avoir raison. « Je me fous complètement du fait que tu aies essayé de me tuer, parce que je l'ai fait aussi. » Je ferme les yeux, je cède le premier en baissant la tête, en la tournant pour arracher mes yeux au contact visuel. « Tais toi » je crache entre mes dents. Je ne veux pas me confronter à cette vérité-là. « T'as beau vouloir te persuader du contraire, sans l'incident de l'Enfer sur Terre, tu serais plus parmi nous. Alors arrête tes conneries et ta tirade sur une quelconque culpabilité plus grande que la mienne. T'as jamais rien fait de pire que moi. Jamais. J'ai tué un mec de sang froid, au cas où tu l'aies oublié. » Je me prends la tête entre les mains, j’en profite pour les plaquer sur mes oreilles et ne plus l’entendre. Trop tard. Je ne veux pas savoir qu’il l’a tué de sang-froid cet homme, je ne veux pas qu’il me prouve qu’il a raison et que j’ai tort. Je veux qu’il comprenne que je refuse que les règles soient les mêmes pour nous deux. Je veux de l’injustice, bordel, et je veux que l’injustice soit en ma faveur, pour une fois. « Et c'était pas par jalousie ou pour quoique ce soit. Juste parce qu'il était là, au mauvais endroit au mauvais moment. L'arme entre mes doigts, sur son front, elle était bien réelle. Ce mec s'est vidé de son sang devant moi et au lieu de me sentir coupable, je me suis couvert en t'accusant toi. Tu trouves que t'as fait pire ? Tu te fous de ma gueule là, t'en as bien conscience ? » « Tais-toi, Liam, arrête ça tout de suite. C’est pas ce que je voulais dire, c’est pas… » C’est exactement ce que je voulais dire. Sauf que de son côté… C’est pas grave. A mes yeux d’égoïste, le sang qu’il a versé à cause de moi a lavé tous ses péchés, à effacer son meurtre, à effacer ce dont il est en train de parler. Arrête de me torturer. Je lutte pour ne pas me lever, je lutte pour ne pas reculer, je lutte pour ne pas me retrancher dans un coin de la pièce, me recroqueviller pour ne plus l’entendre.

Son poing s’écrase sur la table, je sursaute, tétanisé. « On a jamais été une seule et même personne, Nolan. T'as réellement cru qu'on était le même ? Putain mais, durant toutes ces années, t'as vraiment cru ça ? J'ai pas été assez clair là-dessus ? Je ne serai jamais toi, jamais. » « Ne dis pas ça ! » « On a beau faire les malins, duper tout le monde, je m'en fous complètement de tout ça. Moi, ce que je vois, c'est qu'on a toujours été différents. Ce que je sais, c'est que t'as toujours mérité mieux que moi et que pourtant, t'es toujours le moins bien loti. Ça a commencé par ta maladie, puis par nos études, et maintenant, regarde où on en est ? » Je le lève d’un bond, piqué au vif. Piqué dans mon orgueil. Comment ça mes études ? « J'ai commis un meurtre, je m'en suis sorti indemne. J'ai du sang d'innocents sur les bras avec mon poste et tu le sais comme moi, pourtant, personne ne m'approche. Et toi ? Tu te bats pour une justice, tu as simplement failli me tuer, et tu te retrouves pour la deuxième fois de ta vie dans le couloir de la mort. Alors ça suffit Nolan, ça suffit les conneries. On a jamais été pareils, j'ai jamais pensé ça. T'as toujours valu beaucoup plus que moi et tu t'acharnes à te croire en dessous. Mais il te faut quoi pour comprendre que je suis pas quelqu'un de bien ? Tu fais tout ça pour quoi au juste ? » Je veux parler, je veux profiter de cette pause pour reprendre la parole, pour le couper dans son élan, pour l’empêcher de poursuivre, pour l’empêcher de dire ce que je sais qu’il a en tête. Je veux m’intercaler entre lui et la suite, je veux le détromper, lui faire comprendre qu’il se trompe, mais tout ce que j’arrive à faire, c’est d’appuyer mes mains sur la table pour lui faire face, en miroir. Si semblables, nous sommes si semblables que je ne parviens qu’à voir notre ressemblance, notre sang en commun, notre gémellité. Ce lien qui nous unit, ce lien qu’on ne peut pas faire disparaître. Ce lien que je me prends en pleine face à chaque fois que nos regards se percutent.

Pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? « Parce que tu m’as offert ton rein » Mon murmure se superpose à sa réponse. L’anglais s’oppose au français. «Parce que je t'ai donné un rein ? » Il se rassoit, je fais de même avec un petit temps de retard et mes doigts recommencent aussitôt à jouer avec mes chaînes. « C'est ça, Nolan, avoue-le. Tu te sens redevable encore aujourd’hui. T'arrives pas à laisser ça derrière. Tout ça pour un foutu rein ? Mais Nolan, je ne t'ai rien donné, je ne t'ai pas fait un cadeau ou je ne sais pas quoi, c'était TON rein ! Quand est-ce que tu vas comprendre ça ? Tout ça c'était pas pour faire le gentil, c'était parce qu'il te revenait de droit bordel de merde. T'as jamais compris que j'avais pas fait ça pour avoir un retour mais simplement parce que je t'aimais ? J'aurais jamais dû te le donner, au final ça a gâché ta vie. C'est tout ce que j'ai réussi à faire. Ruiner ton existence. C'est bon, ça sert à rien d'en dire plus. Tout ça ne m'a pas du tout convaincu, alors à moins que tu aies d'autres arguments, il va falloir qu'on parle de la suite. » Je le fixe, conscient qu’il n’en a pas encore totalement fini et que tous mes efforts pour le couper seront vains tant qu’il n’aurait pas achevé sa phrase. Son silence m’insupporte, je me mords l’intérieur de la joue pour retenir tout ce que je veux lui dire, tout ce que je songe à lui dire, à lui murmurer, à lui hurler. « Je regrette simplement qu'on en soit arrivé là pour une fille. J'ai toujours pensé que notre pire ennemi était notre relation, mais quelqu'un a réussi à se foutre entre nous. » La mention de Giulietta me pousse une nouvelle fois à détourner le regard. Mais pas par honte, cette fois. Pas par honte. J’oscille entre la détresse, la culpabilité et la colère, j’oscille entre l’envie de supplier mon frère de véritablement me pardonner, se pardonner, et l’envie de lui foutre mon poing dans la gueule à chaque fois qu’elle évoque la dessinatrice.

Mon silence traîne quelques secondes, le temps que je comprenne qu’il en a fini. Pour le moment. Le temps que je comprenne que c’est peut-être à moi de dire quelque chose. Je me relève. Lentement. Je me relève pour reculer, pour reculer suffisamment pour atteindre le mur le plus proche et m’y adosser, tout en faisant toujours face à mon frère. « Tu as raison, tu sais, Liam. » Il a raison. Il a raison sur tant de sujets, il a raison sur tant de choses… mais il a surtout raison sur un point, un point crucial. « Tu n’aurais jamais dû me donner ton rein. » Pour ce que j’en ai fait. Je souffre, Liam, je souffre à un point, tu n’as pas idée. Je souffre à chaque fois que les symptômes s’imposent, je souffre à chaque fois que mon dos me lance, que ma jambe me lance, je souffre à chaque fois que ma cicatrice me démange, comme tout mon épiderme. Les symptômes sont là, les symptômes sont omniprésents mais plus encore, la culpabilité enfle. « Tu as raison lorsque tu dis que ça a tout gâché. Tu n’aurais jamais dû me sauver la vie, ça nous aurait épargné bien des emmerdes. Papa et Maman se seraient un peu plus intéressés à toi, ils t’auraient un peu plus épaulés, et moi,… » Et moi, ma vie ne t’aurait jamais appartenue. « Mais ça ne change rien, Liam. On ne peut pas remonter le temps. Et je suis obligé de faire avec ton putain de cadeau empoisonné. Pareil, je veux rien savoir sur ce qu’il s’est passé il y a 4 ans. J’en ai plus rien à faire, maintenant, de toute cette histoire de procès et de mise à mort. Il faut laisser le passé où il est, il faut tourner la page. Et je suis pas le plus mal loti, je t’interdis de dire ça ! Mes études elles t’emmerdent, parce qu’elles sont très bien ! » Je me décolle du mur pour revenir vers lui. Mon pas se transforme en chancellement quand un vertige me surprend, je me rattrape à ma chaise, comme si de rien n’était. De toute manière, il n’y a rien. Mon déni prend le dessus, surpasse l’anémie causée par mes reins, je me concentre sur ce que j’étais en train de dire. Tourner la page. Le déni. La mauvaise foi. Je mens, parce que je suis incapable de véritablement tourner la page de sa trahison, je suis incapable d’oublier ma détresse quand j’ai compris qu’il ne viendrait pas m’aider. Mais… « C’est pas de ça dont on est en train de parler, merde ! Tu ne veux pas comprendre que je n’ai juste pas envie de sortir d’ici ? » Je balaie ses protestations d’un mouvement de main. « Il ne va pas falloir qu’on parle de la suite, parce que la suite est toute trouvée. »

Je le fixe, en hurlant subitement, empruntant instinctivement les inflexions de voix de mon jumeau. « GARDES ! A MOI ! LE PRISONNIER S’EST DÉTACHÉ ! » Je me jette aussitôt sur mon frère pour le faire tomber, pour lui mettre mon poing dans la figure. « Personne ne me libérera, Liam. Pas même toi. » je siffle entre mes dents. « Si tu m’aimes, si tu m’aimes vraiment, Liam, laisse-moi ici, laisse-moi tranquille. Vis ta vie de ministre, essaye d’aider les innocents et tout, mais pas moi, n’essaye pas de m’aider moi. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 739
↳ Points : 1035
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 33
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ◐ METALLICA - One ◐ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ◐ COLDPLAY - Fix you ◐ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ◐ PINK FLOYD - Wish you were here ◐ BANKS - Waiting game ◐ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ◐ MT. EDEN - Escape ◐ HALSEY - Gasoline ◐ BRITNEY SPEARS - Toxic ◐ METALLICA - Master of Puppets
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : Adrian N. Hoffman
↳ Couleur RP : (#336666) #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Anna Nalick ; blue comet
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Ven 3 Fév - 18:19



Turn, turn, turn

 
Afraid of time


Les secondes défilent lentement, la fin s'approche et je le sais. Tout comme je sais qu'elle ne va pas se passer dans la douceur. Mon cœur a beau s'être brisé plus que jamais, mon regard avoir tracé plus de vérités que ces dernières années, ça ne suffit pas. Comme ça ne me suffirait pas à sa place. Je sais pertinemment que mon reflet ne va pas se laisser faire sans se battre, je sais pertinemment que cette discussion va finir dans plus de peine et de haine qu'elle n'a commencé. Mais je n'ai pas le choix. J'ai beau ne plus supporter le regard qu'il ne soutient plus, prier pour un quelconque miracle, je ne change pas d'avis. Pas une seule seconde je ne m'imagine revenir en arrière, prendre mes affaires et partir comme si de rien n'était. Laisser mon double dans le couloir de la mort et le voir se faire exécuter une fois de plus. Voir son sang couler et mon cœur se déchirer. Perdre ma moitié, j'ai cru en être capable, j'étais allé jusqu'au bout, j'y ai cru jusqu'à la dernière seconde. Ce tribunal, je n'ai pas changé d'avis, rien fait pour prendre la place qui me revenait. Et je me suis écorché, brisé, torturé tout seul. Jusqu'à aller chercher ses affaires et les garder dans un carton dans ma chambre.

Je ne peux pas exister sans toi. Pas plus d'une minute. La minute qui nous sépare. C'est comme ça, qu'on le veuille ou non. Alors je n'ai pas le choix. Je n'ai jamais eu le choix, et toi non plus. Peu importe ce que l'on croit. Peu importe ce que l'on s'obstine à dire le menton levé, comme si l'on était les maître du destin ou plus stupide encore. Ce n'est pas un choix, c'est comme ça. On ne peut pas vivre si l'autre ne respire pas dans ce monde, pas plus d'une minute. Une simple minute. Et mes poumons ne trouveront plus l'air, ils vont mourir, et mon âme se tirera de cette foutue enveloppe pour trouver sa jumelle.

Il se relève, trop doucement. Mes pupilles brunes le fixent, chacun de ses mouvements, dans des respirations saccadés, des sentiments coincés dans la gorge, une attente au bord des lèvres. Il va faire une connerie. Mes talons ne touchent plus le sol, mes doigts ne pressent plus la table. Prêt à bondir, intervenir dans la seconde. À vif de la moindre de ses réactions, du moindre de ses gestes. Ne fais pas ça. Je sens ma poitrine se serrer, mes muscles se tirer, mes nerfs me lancer. La voix presque identique à la mienne prend rapidement place dans la pièce, l'envahit, la possède. Les mots qui en sortent me glacent. Pardon ? Je déglutis, surpris de l'entendre dire ces quelques mots. La suite, pourtant, n'aurait jamais du venir. J'aurais du rester surpris le temps de ces mots et devenir sourd. Ne plus entendre ce qui pouvait sortir de la bouche de celui qui me ressemble tellement en étant si différent. Les mots résonnent dans mon crâne. Explosent comme de toutes petites bombes qui n'en finissent plus. Ça commence par mes oreilles, puis mes yeux, mon cerveau, mes mâchoires, ma gorge, mes poumons. Leur tracé se dessine comme une mauvaise blague. Je revis cette anesthésie, je revis les petites douleurs jusqu'à la dernière. Celle du rein, qui explose comme mille. Qui me brise un peu plus alors que je ne peux retenir mes tremblements.

J'ai mal, tellement mal que la douleur en devient physique. Je veux hurler, m'arracher cette foutue cicatrice et la chair qui la compose. Pourtant je reste là, immobile, spectateur de nos maux, de nos douleurs qui s'accentuent, s'évertuent à nous montrer qu'elles sont plus fortes que nous. Je respire douloureusement, me retient de pleurer, d'exister. Je me refuse d'être à nouveau le petit garçon qui craque, se jette dans tes bras pour te montrer comme il tient à toi. J'aimerais, j'aimerais tellement passer ce pas. Mais je n'y arrive pas. Alors je me contente de poser mon regard sur toi, le soutenir, le garder, comme seul contact avec le passé, avec ce que l'on était. Celui que j'étais. Les mots s'enchaînent et m'enfoncent un peu plus à terre. Si j'avais su que tu pensais tout ça, si j'avais su que tu croyais tout ça. « Nolan, je... » Je n'arrive plus à articuler, ma voix s'étrangle alors qu'elle n'atteint même pas le seuil de mes lèvres. Cadeau empoisonné, le terme m'arrache ce qui restait de nous, de mes illusions, mes faux espoirs. Je serre un peu plus fort les mâchoires pour ne pas craquer, garde mon peu de force pour être l'homme que je suis sensé être.

Je n'ai jamais voulu dire que tes études n'étaient pas bien. Je me suis mal exprimé, le comble du politicien. Pourtant, même dans les instants tragiques j'arrive à te blesser plus que personne ne le ferait. Quel con, mais quel con. Je ne bouge pas, ne réponds pas. À court de mots, de geste. À court de ce qui pourrait nous sauver, refaire de nous les jumeaux que l'on était. Je n'ai plus d'espoir. Plus capable de te retrouver après avoir tout brisé. Il faut tourner la page. Les mots restent ancrés en moi comme un foutu tatouage dont on ne se débarrasse pas. Les mots me font mal, s'incrustent et laisse le sang se verser à nouveau à l'intérieur de moi. Son dos se décollent, dans des gestes brusques et non maîtrisés, il arrive à nouveau juste à côté de moi. « Nolan... » Le nom roule sur mon palais dans un accent franco-anglais à bout de souffle, presque identique à celui qui se faisait entendre quand tu te réveillais à l'hôpital. Presque identique au passé, quand tout allait bien. Quand nous prétendions n'être qu'un tout et non pas deux êtres que tout opposent. Je n'insiste pourtant pas, conscient que ça n'aura aucun effet sur la détermination et la colère qui t'habitent. Je soupire, cherche à retrouver mon calme, mes marques.

Mes yeux se ferment. Un. J'aimerais dire que je suis désolé, dire tant de choses que je n'arrive pourtant pas à exprimer. Je n'ai jamais regretté de t'avoir donné mon rein, j'ai regretté ce qui en a résulté. Tu ne méritais pas ça, tu n'as jamais mérité ça. Tu vaux bien mieux que tout ce que tu imagines. Je suis désolé d'avoir profité de toi, d'avoir été jaloux, d'avoir accentué ce vice dans lequel tu t'étais enfoncé à cause de moi. Je suis désolé de ne pas avoir été à la hauteur, de ne jamais avoir su être là pour toi. Je suis désolé de ne pas être comme toi. Je suis désolé, mon frère. Deux Je retrouve la possession de mes membres, de mes gestes. Je resserre le poing et le desserre, le moment arrive, je le sais. Je suis parfois heureux de me dire que l'on se connait encore autant malgré tout ce qui nous sépare. Trois Un simple souffle, la prise de contrôle sur ma respiration et mes gestes. Les enseignements répétés de tout ce qui concerne la magie me reviennent lentement en tête. Je ne te laisserais pas faire une connerie, je ne te laisserais pas plus gâcher ta vie. Quatre Je racle ma gorge, soupire un peu avant d'ouvrir à nouveau les yeux. Ton regard dans le mien. Le temps presse. Cinq Ta voix en écho de la mienne, comme un réflexe que l'on ne perd pas, je m'entends alors que tes lèvres bougent et non pas les miennes. Sans bouger d'un pouce, j'observe la scène, presque certain de voir venir la suite. Six Mon reflet arrive sur moi, mon dos s'écrase violemment au sol, une moue douloureuse s'affiche sur mon visage. Pardonne-moi, Nolan. Sept Le poing qui m’aplatit la joue ne me surprend pas, je ne cherche même pas à me défendre alors qu'il parle à nouveau. Sans répondre, je laisse mes yeux se perdre dans la noirceur des siens, me demandant encore et encore ce que j'ai fait pour qu'on en arrive là. Huit Un rire fin s'échappe de mes lèvres endolories par le coup porté juste avant alors que je fixe mon jumeau, sur le point de réagit. Neuf Je prépare mes dernières cartes, plus qu'un tout petit instant, et le vent tournera, une bonne fois pour toutes.

Dix.

Je profite d'une simple seconde pour relever mon bras et retourner mon frère, prendre le dessus sur lui. Dans une maîtrise trop brusque, je serre ses poignets avant de lui faire avaler une potion sans lui laisser le choix. Je déglutis, agis rapidement, plus rapidement que je ne l'aurais espéré. Nos tenues échangées, nos places retrouvées, moi, juste au dessus de sa tête. Lui, à ma place, attelle sur l'épaule. Je le regarde, tristement, plus malheureux que depuis des années. « C'est toi qu'il faut sauver, tu vaux tous les innocents. » Ma voix se brise, j'inspire profondément pour prendre les traits de mon double qui est toujours sonné. Mon poing frappe violemment le sol à côté de sa tête, les contusions apparaissent sur mes phalanges alors qu'une larme coule le long de ma joue. « Je suis désolé, petit frère. » Un simple murmure alors que les gardes me saisissent et que je ne cherche même pas à me défendre. Je le regarde en m'éloignant, sonné, drogué, complètement inconscient de ce qu'il vient de se passer.

Les menottes serrent mes poignets alors que j'ai pris le temps de refaire nos cicatrices distinctives respectives à l'aide d'une potion particulière. Pourtant, même si je n'ai plus de marque sur l'épaule, celle-ci me brûle quand les gardes tirent sur mes bras. Ils hurlent, gueulent comme si j'étais la dernière des sous-merdes, sans doute dégoûtés de ne pas avoir fait leur travail correctement. Si seulement ils savaient. Si seulement ils savaient. Je relève le menton alors que l'on me place dans ma cellule. « T'es pas assez dans la merde Wiggins ? Tu veux vraiment le buter ou quoi ? » Je détourne les yeux, serre les mâchoires une fois de plus alors que je retrouve mon lit, ton lit. Pour la première fois depuis des années on a réellement échangés nos places. La justice peut enfin être faite correctement. Je replace mes mains derrière ma tête, grimace alors que mes phalanges me tirent atrocement.

Je suis en prison. Pour la première fois de ma vie. À la place de celui qui n'a jamais mérité d'y être. Mais vais-je seulement être capable de subir, survivre ? Vais-je seulement tenir jusqu'à l'arène ? Pour le sauver, nous sauver ? Ou l'ai-je condamné à être ministre jusqu'à la fin de sa vie ? Merde, qu'est-ce que j'ai fait...

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect

Twins : two people who are joined and can't escape each other.

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1218
↳ Points : 675
↳ Arrivé depuis le : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 34 ans (13 mai 1983)
↳ Métier : Expert en sécurité informatique au Blackbird; résistant inconscient
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 - Niveau 84 en blague à Toto et Choupiniaiserie
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



les petits papiers
↳ Copyright: (avatar) marelle
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: turn, turn, turn (noliam)   Dim 19 Fév - 22:41

Turn, turn, turn
Liam & Nolan



Parfois, je me demande s’il existe une personne plus tordue encore que mon frère. Plus tordue que cet homme devant moi qui est capable du pire et en lequel je m’obstine à espérer voir le meilleur. Parfois, je m’interroge sur tous ces choix qu’on a fait, lui et moi, et qui nous ont inévitablement conduit ici. A cet instant donné. A ce moment précis de nos vies, ce moment où quand je le vois, je me vois, où quand il me voit, il se voit, ce moment où notre coexistence ne peut avoir pour conséquence que notre autodestruction. Ce moment où je me rends compte, pour la vingtième fois, pour la première fois, de tout ce que j’ai pu gâcher dans nos vies à tous les deux. Il a raison. Jamais, jamais je n’aurais dû accepter qu’il me donne son rein. Il n’aurait juste pas dû me le donner. Me laisser mourir, me laisser et vivre sa vie, se séparer de moi. Tous nos choix nous ont poussés dans cette direction pour qu’on se retrouve en prison, mais tous nos choix me paraissent maintenant être des erreurs grossières. Nous n’aurions au départ jamais dû passer un pacte, un pacte d’enfants, un pacte ridicule. Il a raison, Liam, lorsqu’il dit que ça a tout détruit, tout gâché de notre complicité. La liste des choses qui suive un si je n’avais pas été greffé est interminable. Est-ce que ces deux cicatrices sur nos torses valent la peine de tous nos sacrifices ? Est-ce que ça en valait la peine, compte tenu de ce qu’on en a fait ? Je me relève, je m’adosse au mur le plus proche. Chaque mot est une souffrance, une souffrance que je mérite, une souffre qu’il ne mérite pas, en aucun cas. J’ai l’impression d’être toi, Liam, d’être tellement toi alors qu’on est si différent tous les deux. Des jumeaux sans l’être. Des jumeaux avant tout. Avant d’être des frères, nous sommes des jumeaux. Avant d’être des amis, nous sommes des jumeaux. Avant d’être des ennemis, nous sommes des jumeaux. Une même âme séparée dans deux corps. Une même âme qui ne supporte pas de voir ce qu’elle est devenue, une âme qui ne tend qu’à se détruire à défaut de pouvoir se retrouver. Peut-être est-ce pour ça que mon corps détruit mes reins, que mon corps se détruit lui-même : il est là d’être séparé, il est las de contempler un reflet. Il a compris avant nous qu’on ne peut pas, qu’on ne doit pas coexister, d’une certaine manière. Et que tous les sacrifices que tu as fait, Liam, à commencer par me donner une part de toi, n’ont été que pure perte. Je suis un gâchis de temps.

Et chaque seconde me le rappelle. Chaque insomnie. Chaque potion que je bois pour purger mon sang, pour combler mon anémie, pour enrayer une machine infernale me le rappelle. « Nolan, je... » C’est marrant de voir que la situation s’est brutalement inversée. Nolan qui s’exprime lentement, posément, Liam qui n’arrive pas à terminer ses phrases, qui laisse ses je orphelins. Nolan, tu rien du tout. On ne peut pas remonter le temps, quand bien même on pourrait tous les deux le souhaiter plus que tout, moi davantage encore. Ça ne changera rien, ça ne change rien au fait que la situation est un bordel monstre et qu’on ne peut pas la changer, juste… qu’est-ce qu’il croit ? Que je suis le plus mal lotis des deux alors que c’est ma vie qu’il a réduit à néant, ma vie que j’ai construit comme j’ai pu, ma vie que j’ai construite à mon image, branlante, déséquilibrée, une vie que j’ai appris à aimer ? Alors que c’est sa vie qu’il n’aime pas, de toute évidence, alors que sa vie, il l’a construite sur la mienne, alors que c’est sa vie que j’ai volée, d’une certaine manière ? « Nolan... » La voix de mon frère heurte ma poitrine pour expulser tout l’air contenu dans mes poumons mais je tiens bon. Contre toute attente.

Je quitte le mur qui me servait de soutien pour me rapprocher de lui à l’instant où il ferme les yeux. Trop de choses sont dites, trop de choses sont assénées depuis quelques mois, trop de non-dits, trop d’aveux. Et j’ai toujours l’impression qu’on ne se comprend pas. Qu’il ne me comprend pas. Qu’on ne se comprend plus, non plus. Si on s’est un jour déjà compris vraiment. Tourner la page, ce serait bien que je tienne compte de mes propres conseils, que je les applique moi aussi. Tourner la page. Comme si j’en étais capable. Tourner la page, comme si quiconque en était capable. Je n’ai pas envie de sortir d’ici parce que je n’ai pas envie qu’on soit libre tous les deux, je n’ai pas envie de sortir d’ici parce que ma place est en prison, parce qu’avec des barreaux pour nous séparer, on limitera les dégâts, parce que je meurs à petit feu, parce que seule une greffe ou de vrais soins pourraient éventuellement me sauver, parce que si on est incapable de tourner la page, alors il serait peut-être temps de la déchirer. Ou de fermer le bouquin. Fin de l’histoire. The End. Game over.

Game over. Je fixe mon frère. Arracher la page. Fermer le bouquin. Les intonations de mon frère collent à ma gorge lorsque je hurle, lorsque je prends sa place, comme j’ai toujours su le faire, comme il a toujours su le faire. Comment est-ce qu’on a fait pour ne jamais se perdre dans nos échanges de vie, de personnalité, dans nos échanges de manière d’être, de façon de s’exprimer ? Je n’ai pas le temps d’y réfléchir. Parce que je me jette sur lui pour le frapper, avec détermination. Je ne me leurre pas : je mérite ma place en prison. Mais lui, mérite mon poing dans la gueule. J’ai le dessus. Je suis entré dans son jeu, j’ai abattu mes dernières cartes. J’ai hurlé, j’ai rameuté les gardes pour nous séparer, j’ai pris les devants, j’ai retourné son jeu contre lui, j’impose une séparation, j’impose la bonne marche des choses parce qu’il est trop aveuglé par je-ne-sais-quoi pour voir que c’est la seule solution, et que…

Il a le dessus. Comme des années auparavant lorsqu’il me faisait des tours de magie avec quelques cartes, je ne vois rien venir, je contemple juste les conséquences. Insuffisance rénale qui sape mes forces, et mon dos heurte le sol, mes poignets sont verrouillés par les siens. Et j’ai le souffle coupé, une attelle qui m’enserre l’épaule, des yeux grands ouverts. « Liam… » Ca ne devait pas se passer comme ça. Je secoue la tête pour esquiver sa potion, je lutte, je veux vomir, je veux recracher, je veux respirer, j’avale. « C'est toi qu'il faut sauver, tu vaux tous les innocents. » Une larme s’échappe de mes yeux, lorsque je sens ma volonté s’étioler, se briser, disparaître sous l’effet d’une drogue aux conséquences bien trop rapides pour que je puisse lutter contre. « Liam… non… » Je vaux aucun innocent. Je ne vaux même pas mon frère. Je n’ai pas retourné son jeu contre Liam parce que sans le savoir, j’ai joué avec lui, je suis allé dans son sens, j’ai… je ferme les yeux quand son poing se précipite vers moi, je me crispe, alors qu’il ne fait que heurter le sol à côté de moi. « Je suis désolé, petit frère. » Je veux rétorquer quelque chose, mais les gardes sont déjà là, et moi, je suis déjà sans force.

Des forces sapées par cette drogue qu’il m’a fait boire, des forces sapées par mon impuissance, par ces larmes qui coulent sur mes joues et sur les siennes. « Tu n’es pas désolé, connard » Je souffle lorsqu’on m’aide à me remettre debout, qu’on m’entoure de sollicitations et d’inquiétudes. « Tu peux pas… je… » Je veux l’appeler par son prénom, je veux hurler, je veux me débattre, mais mes yeux se ferment, se ferment sur son dos et la porte qui claque, se ferment sur ma silhouette qui repart en cellule alors que je reste là, mes yeux se ferment et je m’écroule. Inconscient. Dans la peau de mon frère. Et libre. Détestablement libre. Enfermé, mais libre.

RP TERMINE



_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3068-nolan-je-me-surm http://www.mercy-in-darkness.org/t5158-nolan-lying-in-my-bed-i-hear-the-clock-tick#209592
 

turn, turn, turn (noliam)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» And what's small turn to a friendship. [pv Aaron]
» 01. Turn down these voices, inside my head
» Thousands of Haitians turn out to call for Aristide's return
» India helps Haiti slum dwellers turn trash to cash
» Guitare, quand tu nous tiens ! {PV Evan}[Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-