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 « the run and go » - pv. Liam

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MessageSujet: « the run and go » - pv. Liam   Dim 18 Sep 2016 - 18:13



liam & nataliya
I can't take them on my own, my own. Oh, I'm not the one you know, you know. I have killed a man and all I know, is I am on the run and go. Don't wanna call you in the night time. Don't wanna give you all my pieces. Don't wanna hand you all my trouble. Don't wanna give you all my demons. You'll have to watch me struggle. From several rooms away. But tonight I'll need you to stay. I am up against the wall, the wall. For, I hear them coming down the hall. I have killed a man and all I know. Is I am on the run and go. Don't wanna call you in the night time. Don't wanna give you all my pieces. Don't wanna hand you all my trouble. Don't wanna give you all my demons. You'll have to watch me struggle. From several rooms away. But tonight I'll need you to stay. Cold nights under siege from accusations; Cerebral thunder in one-way conversations. Tonight, I'll need you to stay.
« the run and go »



Le tintement métallique d’une clé qui remue au creux d’une serrure. Elle souffle en poussant sur la poignée, habitée par une forme d’angoisse qu’elle n’a encore jamais connu jusque là. L’ombre derrière elle. La silhouette qui la suit, qu’elle reconduit, ça ne peut être que ça. La raison de son mal être. Une pointe de colère surmontée d’anxiété. C’est tout ce qu’il reste de sa dernière venue ici. L’endroit est familier et pourtant, elle aimerait qu’il en soit autrement. Le trousseau gigote entre ses doigts fins. Nerveuse, elle manque de le faire tomber au moins à deux reprises. Parvient à le rattraper à la dernière seconde, comme une alerte à son attention défaillante. Le front plissé, tout chez elle retranscrit son état mental. Son état émotionnel encore plus. Son travail l’oblige à être là. À faire ce qu’elle fait. Bien qu’elle n’en ai aucune envie. En éprouve encore moins le besoin. Et le ministre qu’elle a été chargée de raccompagné n’arrange rien. Pire. Se trouver en sa présence accentue la maladresse. L’inconscience. Elle tente, par tous les moyens, de paraître un tant soit peu naturelle. Un tant soit peu normale. Mais rien n’y fait. Elle n’y arrive pas. Ne parvient pas à agir comme avant. Puisque rien n’est comme avant.

« - Bon retour chez vous, Monsieur Wiggins » Le timbre est faible, elle se racle la gorge. Articule à peine. La blonde ouvre la porte en grand avant de faire quelques pas de côté pour laisser le ministre pénétrer dans sa demeure. Un signe de tête vers la garde rapprochée qui attend non loin et la voilà qui s’éloigne. Elle prend définitivement le relais, après l’avoir accompagné depuis sa sortie de l’hôpital. Un nouveau souffle, d’encouragement personnel cette fois. Elle replace quelques mèches de ses cheveux derrière une oreille, tire sur son tailleur, se redresse brièvement avant d’emboiter le pas à son patron.

Elle s’enfonce dans le couloir qui lui paraît pour une fois bien trop court. Bien trop rapide à franchir. Et elle se retrouve face à lui bien trop vite. Bien trop tôt. Elle évite soigneusement son regard. Se promène dans la vaste pièce, occupe ses mains du mieux qu’elle peut. Ce qui ne ressemble pas à grand chose. Son premier réflexe est d’ouvrir les rideaux, laisser entrer la lumière pour lever le brouillard qui s’est installé partout autour d’eux. Jusqu'à la rendre aveugle. Incapable de discerner ce qu’elle veut de ce qu’elle peut. Elle se pince les lèvres, secoue la tête, tente de rassembler ses idées, en vain. Tout se mélange et elle perd pied. Elle se remet en action rapidement. Les talons aiguille claquent sur le carrelage alors qu’elle se dirige vers la cuisine, ouvre la porte du frigo et en sors une petite bouteille d’eau en plastique. Elle hurle intérieurement en pensant à la dernière fois qu’elle s’est trouvée là. Dans cette même pièce, avec lui. Et que tout a dérapé. Ce soit, où tout à changé. Si proches le temps d’un instant. Avant de se retrouver propulsés au rang d’ennemis. D’un tout assez flou pour la faire douter. Douter de tout. De ses convictions. De cette tentative inutile de parvenir à ses fins. D’achever ce pourquoi elle s’est donné tant de mal. De tuer Liam. Un nouveau soupire, elle tousse pour occuper l’espace avant de s’en retourner vers le convalescent.

« - Votre réfrigérateur à été rempli. Quelqu’un viendra pour le ménage, demain à dix heures. Vous aurez juste à lui ouvrir la porte » Elle lui tend la bouteille d’eau, ne s’attarde pas dans le geste et continue sur le ton aussi professionnel que possible qu’elle a choisi d’adopter. « - Je vous ai préparé un compte-rendu de tout ce que vous avez loupé pendant votre hospitalisation. Lisez-le, que je n’ai pas fait ça pour rien, s’il vous plaît. L’infirmière passe tous les jours aux environs de quatorze heures, veillez à être chez vous à ce moment de la journée. Vos pansements doivent être changés, c’est important » La voix se brise quand elle fait face à la réalité. Elle aimerait qu’elle tienne la route pourtant. Être capable de passer au dessus de ce qu’elle ressent. Du malaise qui persiste et qui s’installe. Mais rien n’y fait. Pas même sa manière d’exécuter son travail sans ciller. « - Vos médicaments sont dans la cuisine, n’oubliez pas de les prendre comme il est indiqué sur l’ordonnance » Son regard se promène dans la pièce. À la recherche de quelque chose à ajouter. N’importe quoi. N’importe quoi pour ne pas laisser le silence s’imposer entre eux. N’importe quoi pour ne pas avoir à parler de ce qu’il s’est passé. De ce qu’il ne s’est pas passé. De ce qu’elle a fait, ou tenté de faire. « - Je me suis occupée de vos chats pendant votre absence » ajoute-t-elle en les apercevant sortir de leur cachette en miaulant comme ils ont l’habitude de le faire. Elle retient un sourire en les voyant, touchée par leur maladresse innocente.

« - Si vous avez besoin de quelque chose… » Le vouvoiement lui laisse un goût amer. Elle cherche ses mots, peine à les trouver. « - Vous savez quoi faire. N’hésitez pas » Chevrotant, le timbre hésite. Elle croise les bras sur son abdomen en baissant la tête. La sincérité de cet aveu reste tout à fait relative. Les limites de sa capacité à encaisser ne vont pas tarder à être atteintes et elle n’a aucune idée de comment gérer cette situation. Elle aimerait pouvoir s’échapper sur le champ. Partir. Écourter l’entrevue immédiatement. Pour ne pas avoir à subir son regard. Ce regard qui la fait défaillir. Jusqu’à l’empêcher d’agir.
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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Re: « the run and go » - pv. Liam   Mar 20 Déc 2016 - 3:30




The run & go



Le souffle court, l'esprit embrouillé, c'est la silhouette de la blonde qui me fait avancer. Les images encore fraîches de la brune dans le sang je me raccroche à la douceur émanant de ma partenaire. Les pas lourds, le cœur en vrac, je n'ose pas dire un mot alors qu'on avance. Je devrais courir dans ses bras, lui dire simplement ce que j'ai pu ressentir, ce que je peux voir lorsque mes yeux se baladent sur ses courbes. Je me tais pourtant, le visage dur, presque froid alors qu'on passe la porte de mon appartement. Ce n'était pas sensé se passer comme ça, rien n'était sensé tourner de cette façon.

Un soupir retenu alors que mes muscles faiblissent en franchissant le pas de la porte. Tout ce qu'il s'est passé ces derniers jours était réel. Tout ce qui a eu lieu ces temps-ci était vrai. Je n'arrive pas à le réaliser, le comprendre. Une part de moi espère encore une mauvaise blague. Le timbre de l'ukrainienne me tire de mes pensées alors que mes yeux se posent sur elle. Un sourire maladroit, mal étiré, qui ne me ressemble pas, se pose sur mon visage. J'ai envie de lui dire merci, de lui dire de rester. J'ai envie de lui dire plein de choses et pourtant même un simple mot ne franchit pas mes lèvres. Tous ces doutes et cette insécurité qui avaient la première place dans mon enfance sont revenus au galop. Je n'ai plus rien du ministre confiant et imposant. Je ne suis plus rien. La sorcière qui me glace encore le sang me l'a bien fait comprendre. Des hommes bougent autour de nous, Nataliya, elle, n'a pas manqué d'assurance sur ce coup là. Je me laisse porter comme un gamin de qui on ne peut pas lâcher la main. Sans le réaliser vraiment j'avance dans le salon, cherchant un réconfort dans n'importe quoi.

Mes yeux balaient la pièce pendant des secondes interminables avant de se poser sur ceux de la féline juste derrière moi. Sans trouver le moindre appui dans ses yeux clairs qui m'évitent, je détourne à mon tour le regard pour me trouver étranger de mes propres propriétés. Les mains serrées, le bras dans l'attelle dans un mensonge que je ne supporte pas, mes pensées se mélangent et je ne sais pas par où commencer, ni comment. Pourtant je veux tout lui dire, je veux qu'elle sache tout. Je me fous des risques et des conséquences, j'ai besoin de la savoir près de moi. L'égoïsme reprend le dessus alors que je me place en première ligne. Balayant tout l'inconfort de Nataliya, de sa dernière visite par ici, je ne veux que la retrouver, la trouver. Persuadé que tout cela ne va pas durer longtemps, décidé à m'envoyer à la mort à la place de mon jumeau, je ne peux pas garder tout ça pour moi. Après tout, si quelqu'un est responsable de ma survie dans cette salle de torture qu'est devenue ma chambre d'hôpital c'est bien elle.

Je ne peux pas me taire, je ne peux pas ne rien lui dire. Et pourtant, je ne suis pas foutu d'articuler un simple merci. Sa voix attire mon attention à nouveau, elle me transperce de part en part, me rend vivant par des mots simples qui me rendent pourtant plus heureux que n'importe quoi. Parce qu'elle est là, tout près de moi. J'esquisse un mouvement d'approbation à ce qu'elle me dit, pose à nouveau mes pupilles sur elle et l'observe dans un silence qui dit bien plus de mots que j'en ai prononcé tout au long de ma vie. J'attrape l'eau qu'elle me tend, cherche ses doigts en les frôlant, alors qu'elle continue, déjà trop éloignée de moi. Son ton change, éclate dans ses mots. La femme forte face à moi craque rarement, toujours est-il qu'en deux visites, elle s'est brisée deux fois. Cherchant à lui dire la vérité, je n'y parviens toujours pas alors que je dépose la bouteille devant moi. Ses mots passent à nouveau ses lèvres alors que je n'ai toujours rien dit. Mon pied se décolle lentement du sol pour se rapprocher d'elle mais elle parle encore, avorte mon geste en mentionnant les félins. Mes yeux se posent automatiquement sur eux et je perds le fil auquel je tentais désespéramment de me raccrocher.

La distance qu'elle appose entre nous me tue, elle me bouffe plus que tout ce qui a pu se passer ces derniers temps. Je suis incapable de la supporter, déjà trop faible face à celle qui occupe toutes mes pensées. Le silence semble s'étendre lentement dans la pièce alors que les bras de la secrétaire se croisent. Mes prunelles remontent lentement vers son visage, s'arrêtent sur chaque petite expression avant de trouver ses yeux à elle. « Nataliya... », un simple murmure dans une voix cassée. Celle qu'on a trop longtemps retenue et qui ne sait plus vraiment comment fonctionner. Mon corps prend l'initiative en s'avançant prudemment vers elle. « Je... je ne sais pas par où commencer mais... » Il faut qu'on parle, que je te dise des millions de choses. « Je suis désolé. »

Mon regard quitte le sien, se pose honteusement sur le comptoir entre nous alors que j'y dépose une main fébrile. « Je sais que tu as fait des tas de choses pour moi ces derniers temps. Sans doute plus que ce que j'imagine d'ailleurs. Je sais aussi que t'étais pas obligée de rester, encore moins après ce qu'il s'est passé, et pourtant tu es là. Nataliya je... » Ma main se referme, mes ongles courts s'enfoncent dans ma paume alors que je me force à retrouver sa présence, sa chaleur. « S'il te plait accorde moi juste une conversation, une seule. Tu pourras t'en aller après ça, je comprendrais. Mais s'il te plait, là, tout de suite, j'ai besoin que les choses soient dites. » J'ai besoin de toi, tout simplement. Les mots qui ne franchissent pas mes lèvres, les plus vrais de cet aveu.

Me détournant du comptoir, je commence à défaire mon attelle inutile en silence, seul le bruit des scratchs pour briser la tension. Le cœur en vrac, ce dernier n'ayant pas tout à fait réappris à battre, je dépose l'objet sur le canapé avant de me retourner à nouveau vers elle. « Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais. », les mots se brisent avant même d'avoir complètement franchi mes lèvres. Tendant le bras vers le sofa à côté de moi, je croise une fois de plus son regard avant d'ajouter. « Il y a beaucoup de choses que tu ignores, et si tu veux bien, j'aimerais vraiment qu'on en parle... », une pause alors que mes lèvres se pincent et qu'en détournant les yeux je finis par enfin dire une des seules choses qui compte vraiment à mes yeux. « Et je t'en supplie, ne me vouvoie pas... »

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »
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MessageSujet: Re: « the run and go » - pv. Liam   Ven 13 Jan 2017 - 16:16




Au bord du précipice, elle ne parvient à se tenir droite que par la force de sa volonté. Des forces déjà bien irritées. Effritées. À deux doigts de se briser définitivement. Mais elle tient bon. Elle se force à tenir bon, pour une raison qui lui échappe honnêtement. Quand bien même, elle est toujours debout. Face à celui qu’elle redoute le plus. Face à celui qu’elle désir le plus. Des sentiments mélangés qu’elle ne comprend pas tout à fait. Qu’elle ne veut toujours pas admettre. Parce qu’elle ne peut pas se le permettre. Énervée, déterminée. Elle s’efforce de garder la funeste fatalité qu’elle s’est imposée en tête. Parce qu’il ne peut en être autrement. Au bout du compte, elle l’a toujours su. Il faut qu’elle accomplisse sa tache. Celle qu’elle s’est donnée par désir de justice. De vengeance. De revanche. Pour son frère, son aîné qu’elle n’oubliera jamais. Épuisée par plusieurs jours de stress intense, elle soupire. À de nombreuses reprises. Ne fait même pas mine de vouloir camoufler son agacement. Elle a bien cru qu’il allait y passer, cette fois. Elle a bien cru que le jumeau allait lui voler son objectif. Frustrée, elle se pince la lèvre inférieure. Croise les bras, se ferme volontairement à toute tentative d’approche du ministre. Ça, elle ne lui aurait pas pardonné. En plus de tout le reste. S’il doit mourrir, il mourra de sa main. Et personne n’a le droit de prétendre le contraire. Elle jubile de détenir ce pouvoir sur lui. Sa destinée parcourant délicatement ce fil si fragile qu’elle tient entre ses doigts. Elle se plaît à l’imaginer comme une vulgaire marionnette dont elle tire les ficelles. Elle aimerait en être capable, mais la vérité est toute autre. Une de ces vérités qu’elle ne peut pas accepter et qu’elle se déteste de penser.

Il a l’air hagard. La blonde se félicite intérieurement d’être parvenue à le faire se sentir aussi mal. Il est bien loin d’imaginer son état d’énervement après les évènements récents mais à en croire sa réaction très peu digne de sa fonction, il doit commencer à en avoir un aperçu. Bien. Si ça peut lui éviter de revivre la même chose une seconde fois, tant mieux. « - Désolé ? Désolé de quoi au juste ? D’avoir frôlé la mort d’un peu trop près ? C’est pathétique » Elle bat de l’air avec ses mains, esquisse l’ébauche de quelques pas sur le côté, sans vraiment savoir où aller. Elle préfère s’éloigner, instaurer encore un peu plus de distance entre eux, parce qu’elle ne supporte pas cette proximité malsaine qu’ils ont pu avoir. Elle ne la supporte pas parce qu’elle en a envie, parce que ça la comble, lui procure ce manque dont elle souffre depuis longtemps. Mais avec lui, ce n’est pas possible. Ça ne doit pas être possible. C’est une oreille faussement distraite qu’elle lui accorde. Le félin toujours sur ses gardes et attentifs lui procure de ces réflexes qu’elle ne peut pas abandonner. Bien que, parfois, elle préfèrerait qu’il en soit autrement.

« - Tant mieux si vous savez ce que vous faites parce que je ne peux pas en dire autant. Et croyez-moi, Monsieur Wiggins, je le déplore. J’aurais aimé être un peu plus au courant de ce que vous avez dans la tête parce que c’est dans l’ignorance la plus totale que j’ai du gérer les conséquences. Une situation dont j’ai horreur et qui, je l’espère, ne se reproduira pas » Son ton est ferme et sa voix grave. Elle ne lui adresse qu’un furtif regard reflétant toute la noirceur de ses pupilles. « - J’espère aussi que la prochaine fois que je suis contrainte d’aller vous rechercher quelque part ce ne sera pas à la morgue » Elle le craint plus qu’elle ne veut bien l’admettre. Le vouvoiement est voulu. Provoqué volontairement pour le faire tiquer. Elle le contemple s’agiter, retirer son attelle alors qu’il ne devrait pas. Mais pour une fois, elle ne lui fera aucune réflexion à ce sujet. Qu’il aille au diable avec sa blessure, elle ne lui donneras pas la satisfaction de son inquiétude. Pas plus qu’il ne peut déjà la constater. Bien malgré elle. « - Et évidemment que je m’inquiète. Évidemment que j’étais obligée de rester, non mais qu'est-ce que vous croyez ? S’il vous arrive quelque chose ils ne s’encombreront pas de quelqu’un comme moi et je me retrouverai à la rue du jour au lendemain. N’imaginez pas que dépendre de vous soit quelque chose que j’apprécie » De lui ou de personne. La colère déborde et elle appuie ses deux paumes sur le comptoir, se retient de taper du poing sur la table. Ça la rend folle quand elle y pense. Un nouveau soupire et elle ajoute, plus calmement. « - Vous trouvez normal que, dans la situation où nous nous trouvons, j’ignore encore toutes ces choses qui semblent si importantes ? Que vous le vouliez ou non, je suis impliquée d’une manière ou d’une autre et me laisser à l’écart pourrait se montrer plus dangereux que l’inverse. Il va falloir vous faire une raison. J’ai accepté ce poste en connaissance de cause mais on dirait bien que ce n’est pas votre cas » La sévérité transparaît par chaque syllabe prononcée, par chaque pore de sa peau diaphane. Par chaque intonation de sa voix. C’est quelque chose qu’elle ne peut pas contrôler. Pas tout à fait. Pas maintenant.

Alors, au lieu de rester plantée là, dans toute sa nervosité, elle préfère s’asseoir. Puisque, d’après ses dires, il faut discuter, elle n’est sûrement pas prête de partir. Un souffle, encore, échappe à ses lèvres et elle s’installe sur les des tabourets de la cuisine. « - Vous voulez parler ? Mais je vous en prie, allez-y. Je suis toute ouïe et bien curieuse de ce que vous pourriez avoir à dire » Elle le provoque volontairement. Continue d’employer cette formule de politesse qu’il déteste tant entendre. Rigide, elle plante son regard de glace dans celui du ténébreux. « - Mais je préfère vous prévenir. S’il s’agit de quelque chose de pire que de vous faire tirer dessus par votre frère, je vais avoir beaucoup de mal à l’encaisser » Les limites de sa patience et de sa raison déjà poussées au maximum se voient dangereusement mises à mal. Elle n’est pas certaine de pouvoir appréhender tout nouvel aveu venant du ministre. Et vu le regard qu’il lui lance, ça n’a rien de bon.
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MessageSujet: Re: « the run and go » - pv. Liam   Dim 29 Jan 2017 - 1:04



The run & go

 


Les mots de la douce slave sont comme des rasoirs qui m'explosent de part en part. Chacun d'eux plus violent et lacérant que le précédent. Incapable de me défendre, n'ayant aucun contre argument à lui présenter. Je me focalise sur ce que j'ai à dire, dans l'espoir fou que mes explications lui suffiront, effaceront tout ce qu'elle peut ressentir. Quel con, vraiment. Je déglutis, mal à l'aise alors qu'elle me met face à la vérité. Tout cela n'est pas réellement pour moi mais pour sauver sa place. J'accuse ses dires avec une brutalité que je ne gère que trop mal. La blonde enchaîne, laisse exploser sa rage et je me retrouve comme un idiot à ne pas pouvoir lui en vouloir.

C'est ma faute, entièrement ma faute. Je le sais pertinemment, j'ai provoqué tout cela, l'ai tirée au plus bas avec moi sans lui laisser le choix. Sous quel prétexte ? Celui qu'elle compte pour moi ? Après Nolan, c'est donc son tour de s'enfoncer avec moi ? Nataliya prend place face à moi alors que je n'ai toujours pas trouvé comment lui répondre, que ses mots m'assassinent en résonnant encore et encore dans mon crâne. Sa dernière phrase m'esquisse pourtant un rire fin, discret. Pire que me faire tirer dessus par mon frère. Pire que mon propre reflet ayant la volonté certaine de vouloir me tuer, me voir tomber. J'aimerais dire que rien ne l'est, parce qu'à mes yeux c'est bel et bien le cas, aux siens pourtant, je n'en suis pas certain. Je m'assoie à mon tour. Prends une longue respiration avant de reposer mes yeux dans ceux de la féline et me décide à parler.

« Tu as raison. » J'articule lentement alors que la noirceur de mon regard se reflète dans le sien. Trop pleinement conscient de la colère et de la haine qu'elle peut ressentir à ce moment précis. « J'aimerais pouvoir te dire que ce n'est pas le cas, que tu te méprends et que j'ai parfaitement tout en main. Que j'ai choisi tout ce qui allait se produire, prévu, planifié. Mais c'est tellement loin d'être le cas. Je n'avais certainement pas prévu tout cela. » Je serre mes mains entre elle, détourne le regard. Les images me frappent violemment. Le coup de feu, tomber à terre. Les cris, la peur. Le réveil. Horrible. La brune à mes côtés, la pire torture que je n'ai jamais vécue. Et maintenant ça. Mon épaule me ramène à la réalité dans une douleur fantôme que je ne maîtrise toujours pas totalement. Une moue déforme mon visage avant que  je ne me décide à reprendre. « J'ai merdé dans les grandes largeurs, Nataliya et tu as raison, si tu as accepté en connaissance de cause je me voilais complètement la face. » Je déglutis, cherche à savoir si je ne fais pas une erreur à me dévoiler autant alors que les traits de ma secrétaire balayent le moindre doute.

« Je ne sais pas si tu connais l'histoire mais avant toi j'avais bien sûr une autre secrétaire. Elle faisait très bien son travail, rien à lui reprocher. Jusqu'au jour où... » Je pose ma tête entre mes mains, une migraine commence à naître alors que pour la première fois depuis des années je m'apprête à être entièrement honnête par choix, par envie. Loin d'être dans mon intérêt, tous les mots qui peuvent désormais sortir de ma bouche peuvent me conduire à la mort que je n'ai jusqu'à lors que frôlée. « Elle a vu Nolan. Je l'ai virée, soudoyée. Belle lettre de recommandation, elle est sans doute bien plus heureuse là où elle est aujourd'hui. Et puis tu es arrivée. » Je laisse mes bras retomber alors que mes yeux ne peuvent s'empêcher de fixer ses lèvres fines. « Je savais que c'était une mauvaise idée de t'engager. Je savais que je ne serais pas capable de tenir un masque très longtemps avec toi. » Je me dévoile plus que je ne le devrais, plus que je ne le pensais. « J'ai voulu me bercer dans l'illusion que les problèmes étaient terminés et que je n'aurais pas à faire face à une telle situation avec toi. Au final, nous en sommes là. »

Je me relève, laisse ma main glisser sur le comptoir alors que j'ai besoin de bouger, me rapprocher. Lentement, sûrement. Sentir sa chaleur, son aura, quelque chose qui fait d'elle ce qu'elle est, ce qu'elle fait de moi. « Je ne supporte pas de te voir autant en colère, surtout pas à cause de moi. » Vérité brutale qui brûle mes entrailles. Le ministre bien propre et droit est complètement effacé. Face à elle je ne suis qu'un homme, faible, qui laisse son cœur le guider. Tout ce que j'avais mis de côté en éloignant la seule personne qui comptait à mes yeux est revenu mille fois plus fort en la rencontrant. « Nataliya... » Je m'approche d'elle, saisit tendrement sa main, laisse mes yeux se perdre sur son bras, me délecte de son contact en remontant le long de ses traits fins, hésite une seconde avant de trouver sa nuque, me rapprochant de plus en plus d'elle. « La seule chose qui m'importe réellement pour le moment... » Un murmure voilé, à peine audible dans ce trop plein de sentiments qui m'envahit brusquement. Je laisse mes yeux croiser les siens alors que mon souffle est plus proche du sien que jamais je ne me l'étais autorisé. Sans un mot, une simple seconde, un fragment qui s’incruste et se grave en moi profondément, un souffle qui retrouve un sens après trop de temps, j'avance mon visage contre le sien, un souffle à la fois, le temps presque trop lent, trop oppressant. Mon pouce effleure sa joue avant que mes lèvres trouvent les siennes après tous ces instants. « … c'est toi. » Plus un mot, quelques secondes pour oublier la migraine, les mots et les maux. Aucune douleur, juste sa chaleur, ce qu'elle est, ce qu'elle me fait ressentir. Chaque parcelle de mon corps revit, retrouve une chaleur que la Sorcière leur avait fait perdre. Mon cœur ose battre à nouveau, il ose diffuser le sang dans chacune de mes veines sans avoir peur d'en mourir. Sa chaleur au creux de mes mains, la tendresse dans un instant volé, tant désiré. Le goût de ses lèvres, de sa colère mais surtout d'elle. Loin d'être une excuse, ce baiser est un désir profond trop longtemps évité.

Je m'éloigne à contre-cœur, lui rends l'entière propriété de ses lèvres qui me manquent déjà avant de baisser le regard. Courageux pour quelques secondes, l'odeur de son souffle encore sur ma peau, je n'arrive pourtant pas à continuer dans mon élan. Retrouve rapidement mes barrières, les menaces que la démone a pu avoir à mon égard en tête. « Je ne suis pas capable de te dire ce qu'il adviendra de moi demain, mais je ne peux plus faire semblant. Je ne te demande pas de réagir mais avec ces derniers jours, je ne peux pas me dire que je risque de mourir demain sans avoir fait ça, au moins une fois. » Je n'arrive pas à retourner à ma place, lui offrir à nouveau tout l'espace qu'elle semble tant désirer. J'ai trop peur qu'elle m'échappe comme de la fumée, trop peur qu'elle ne me revienne jamais. Cherchant à me stabiliser, me redonner une prestance un minimum digne de ce nom, retrouver les mots dans le bon ordre, je passe une main sur ma nuque sans parvenir à la regarder à nouveau. « Nolan m'a tiré dessus parce que je le méritais, ce n'est pas plus compliqué que ça. Je ne peux pas lui en vouloir, vraiment pas. Pour ce qui est de ma guérison, par contre... » Je me crispe rien qu'à l'idée d'y repenser. La succube, son rire et son influence. La menace envers celle que je parviens tout juste à effleurer sans avoir peur de la blesser. « C'est une sorcière qui m'a soigné. Je ne lui ai rien demandé, elle est juste... liée à mon frère et à moi. Elle ne m'a pas laissé le choix, histoire d'avoir une dette envers elle. » Et j'ai peur pour toi. Je n'articule pas les mots, laissant mon langage corporel parler pour moi, plus crispé que jamais, je me force à continuer de parler, ne pas assumer mon acte tout juste passé. À peine digéré. « Elle... elle menace mes proches, notamment Nolan évidemment. Et je ne peux pas rester là à ne rien faire. Je ne peux pas le perdre une fois de plus, je ne peux pas non plus risquer de te... » je n'achève pas ma phrase, sachant pertinemment que je dépasse les bornes.

« Si tu veux t'en aller, tu as encore l'opportunité de le faire sans rien risquer. Je comprendrais. Tu auras toutes les dispositions nécessaires pour ne pas te retrouver à la rue, évidemment. » Je soupire, tristement. Elle aurait tout intérêt à le faire. Partir tant qu'elle a le choix, la chance d'échapper aux griffes de celle qui m'a déjà trop fermement emprisonné. Je relève enfin les yeux de mon plein gré. Persuadé de ses adieux, de ses talons qui claqueront d'une seconde à l'autre. « J'aurais du le faire bien avant... » Si mon sourire ne s'étend pas, mon regard lui, veut tout dire. Transparent, à nouveau honnête, moi-même, pour elle – grâce à elle.

_________________

Breathe, just breathe
« If I get it all down on paper, its no longer inside of me, threatening the life it belongs to and I feel like I'm naked in front of the crowd cause these words are my diary, screaming out loud and I know that you'll use them, however you want to. »
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MessageSujet: Re: « the run and go » - pv. Liam   Mer 8 Fév 2017 - 15:11




Sa voix est tranchante. Lacérante, elle s’efforce de ne pas exploser complètement. De ne pas perdre le contrôle. Mais le fait est qu’elle s’est déjà bien trop engouffrée sur le chemin du lâcher prise. Elle cherche à le blesser, au moins autant qu’il la blessée elle. Pour des actes présents mais aussi passés. Dans la tourmente, tout se mélange. Elle perd confiance, toute sa stabilité. Sa rigidité habituelle dans l’exercice de sa fonction. Plus rien n’a vraiment d’importance. Elle aurait voulut pouvoir maintenir les apparences. Mais la colère reprend bien vite le dessus sur la raison. Guidée par ses nerfs trop à vif, elle lui balance tout ce qu’elle pense au visage. N’essaie même pas d’altérer sa penser, la blonde ne contrôle plus rien. Pas ses gestes, pas sa voix. Pas ses mots. La rage qu’elle laisse finalement voir est troublante, perturbante. Indissociable de sa personne et de ses traits tirés par la fatigue morale. Et tout ce que le ministre ose prétendre n’est que du non sens à ses yeux. Elle ne le voit plus comme avant, tout à changé. Tout est différent. La déception est grande. Mais l’ukrainienne n’est pas déçue par le ministre. Elle est déçue d’elle-même. Encore une fois, elle a laissé passer sa chance et elle s’en mord les doigts. Surtout quand elle n’a d’autre choix que de constater l’état lamentable dans lequel elle se met pour un être aussi égoïste et pitoyable que Liam. Égoïste et pitoyable. Elle n’en pense pas un mot, au fond, mais c’est ce qu’elle veut lui faire croire. Pour qu’il se sente aussi mal qu’elle. Pour qu’il éprouve la même douleur qu’elle. Jusque dans ses tripes, il parvient à l’atteindre. À la faire douter, à la changer. À lui retirer toute volonté. Et si elle n’est pas prête à accepter, à admettre cette emprise qu’il a sur elle, elle ne peut pourtant rien faire pour y remédier.  

Tu as raison. Évidemment qu’elle a raison. C’est certainement le seul élément dont elle ne doute pas en cet instant. La seule certitude complètement tangible qui ne fait pas défaut à son esprit troublé. Leurs regards se croisent. L’un aussi noir que l’autre mais c’est elle qui renchérit en lui adressant toute la sévérité dont elle est capable. À travers ses prunelles avelines, elle lui fait bien sentir tout le mal qu’elle pense de ces agissements. De ce qu’il lui inflige plus ou moins volontairement. Et la confiance qui s’effrite à mesure que les minutes s’égrènent. Une fatalité brutale, un revirement de situation. Il passe finalement aux aveux. Lui délivre des morceaux de vérité qu’elle n’attendait plus. Il se dévoile un peu plus, admet ses tords, exprime le remord. Mais ça ne suffit pas. C’est trop tard maintenant. Plus de retour en arrière possible. « - Et alors quoi ? Vous allez me renvoyer moi aussi ? Comme vous avez renvoyé cette pauvre fille ? Vous devenez pathétique, Monsieur Wiggins » Elle soupire, le front plissé. Comprend sans vraiment saisir le message qu’il veut lui faire passer. Tout ça ne fait que lui prouver que le monde dans lequel elle évolue contre son gré est encore plus pourri, détérioré que ce qu’elle pouvait penser. « - Pourquoi vous m’avez engagée si vous étiez si certain que c’était la mauvaise chose à faire ? » Elle le confronte. Prend appui sur le comptoir de la cuisine en lui adressant le regard le plus accusateur dont elle soit capable. « - Ne répondez pas. La réponse, je suis la seule à la détenir. C’est au delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Hors de votre portée » Le timbre est grave. La colère lui fait dire tout ce qu’elle se retenait d’exprimer jusqu’à présent. Elle a tenté de parvenir à ses fins une première fois. Sans pouvoir aller jusqu’au bout, cependant. Rattrapée par ses démons, elle n’a pas été capable d’achever son geste. À regret.

Le ministre perd de sa splendeur, ne reste que l’ombre qu’il incarne. Sa voix résonne à nouveau mais elle ne l’entend pas. Bien trop concentrée sur le meilleur moyen de contenir sa rage. De retenir l’animal qui sommeille. Car il gronde, à l’intérieur. Ne demande qu’à s’exprimer. À se défendre, à agir. Puisque l’humaine est incapable de le faire. Le sorcier, lui, ne semble pas échaudé par le caractère revêche de la blonde. Au contraire. À croire qu’elle n’a pas envoyé les bons signaux car il s’approche. Encore. Toujours plus. Toujours plus près. Jusqu’à frôle le dos de sa main. Son poignet, son bras. Elle veut bouger mais en est tout simplement incapable. C’est comme si elle était figée sur place. Évitant son regard, elle veut s’enfuir mais ne peut pas courir. Elle ne veut pas le laisser faire mais ne peut pas le retenir. Finalement, elle lève les yeux vers lui. Toujours aussi en colère, elle rumine intérieurement. Le déteste encore plus de lui infliger ça. De lui faire vivre cette torture permanente. Ses phalanges se crispent comme tout le reste de son être quand il entre en contact avec sa nuque. Ils n’ont jamais étés aussi proches et ça la rend folle. De rage. De tout. Un murmure qu’elle ne perçoit que trop bien, prolongé dans un regard partagé mais aux couleurs opposées. Leurs souffles se mélangent, elle est toujours incapable de bouger. Il continue de s’approcher jusqu’à réduire la distance qui les sépare au néant. Brisée, elle ne réagit pas quand les lèvres du ténébreux trouvent les siennes. Ça lui fait mal autant que ça la galvanise Mais pas de soulagement. Que le supplice de la sanction qu’il lui inflige. Elle souffre de cette affection qu’il lui porte. De ces sentiments mutuels qu’elle ne s’autorise pas. « - Vous pouvez pas faire ça », souffle-t-elle alors qu’il s’éloigne, lui redonne sa liberté. Elle parvient de nouveau à bouger, esquisse un pas sur le côté en se pinçant les lèvres. Les sourcils froncés, son air est sombre. Dédaigneux. Il s’est autorisé ce qu’elle s’interdit depuis des mois, par acquis de conscience. Par sens du devoir. Et voilà qu’il brise tout, en une fraction de seconde.

« - Épargnez-moi les querelles familiales. J’ai mon compte personnel », assure-t-elle sèchement en croisant les bras. Ses yeux se posent sur l'extérieur qu’elle aperçoit au travers d’une fenêtre. Trop perturbée pour le regarder. « - Il va falloir que je vous le dise combien de fois ? » La blonde s’impatiente alors qu’il lui intime encore une fois de partir. Trop tard. « - Je suis déjà impliquée quoi qu’il arrive. Vos problèmes sont les miens que vous le vouliez ou non. En revanche, inutile de vous répandre en remords et autres détails inutiles » Le mot est soigneusement choisi. Volontairement sélectionné pour bien lui faire comprendre son état d’esprit. Une nouvelle manigance de sa part pour ne rien laisser voir. « - Contentez-vous de me dire ce que vous avez en tête. Ce que vous voulez faire, parce que j’imagine que vous planifiez quelque chose. Pourquoi en arriver là, si ce n’est pas le cas… » Un nouveau soupire. Le sous-entendu est douloureux. Aussi douloureux que le souvenir de ce baiser trop récent. Exténuée, blasée, elle finit par ouvrir le frigo, en retire une bouteille d’eau qu’elle n’a aucun mal à ouvrir. « - Comment s’appelle cette sorcière ? Vous la considérez comme un danger alors inutile de me cacher son identité. Je finirai par la découvrir » La blonde aspire quelques gorgées, le teint livide mais l’air décidé. Le liquide vivifie ses muscles et réveille ses sens mais une petite voix à l’arrière de son crâne commence à hurler. Une intuition que ce qu’elle va entendre va encore moins lui plaire que ce qu’elle sait déjà.
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« the run and go » - pv. Liam

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