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 Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Dim 9 Oct - 23:09


« Je te vois »



Nolan & Windsor
featuring

Le temps s’étire d’une manière bien étrange pour le Ministre. Il défile puis s’étiole. Avance, recule. Le temps se mélange, se confond dans les périodes, broie ses certitudes, ravive ses doutes. Il se souvient puis il oublie. Il oscille, espère trouver des réponses dans le réconfort de ses réveils douloureux, comme s’il lui fallait souffrir pour redevenir lui-même. Cet homme en quête de vengeance. Cet homme en quête de haine. Cet homme en quête d’amour. Il aimerait pouvoir lui faire payer mais le doute subsiste alors que les sentiments se nappent d’une nouvelle parure bien confortable. Elle ne se doute pas de l’état qu’elle fait naitre en lui, cela finira par le détruire. Plus encore qu’auparavant. Ses prunelles ont maqué ses ambitions pour n’apprécier que ses couleurs, que ses lueurs. Une si mauvaise idée. Aujourd’hui, avec le recul, il regrette tout en attendant la suite. Ses doigts parcourent son bureau, observe le hibou que sa secrétaire a recollé en espérant lui offrir l’occasion d’un sourire. L’homme aimerait le jeter de nouveau par la fenêtre. Hurler serait un exécutoire trop… bruyant pour lui. Lui qui aime les douces mélodies d’un univers classique à tous les airs que le monde a créé depuis. Ceci dit, frappe dans le sac de son appartement ne lui ferait pas de mal. Au lieu de ça, il se penche, ouvre la cachette de son deuxième tiroir et avale une de ces pilules miracle. Pour lui du moins. Ca le calme à moins que ce ne soit devenu placebo, qu’importe… le tout c’est que cela fonctionne et lui permet de se centrer sur ses actualités du jour. Retournant à son fauteuil, il s’y installe, ouvre son agenda puis deux des dossiers posés sur sa droite. Un stylo en main, il le fait tourner entre ses doigts, tapote la table, découvre le contenu des premières lignes. Les arènes. Le ministre avait loupé une partie des arènes si ce n’est la majorité, bien heureusement Dariya avait su prendre les choses en mains. Cette femme était un concentré d’intelligence, de sadisme et de classe que le ministre ne pouvait déplorer avoir dans son équipe. Son seul regret était celui de ne pas y avoir participé bien qu’au final, il en voyait déjà les avantages pour ses plans d’avenir. Quel peuple pourrait apprécier un ministre favorisant et même, participant à ces jeux ? Ou peut être est-ce là, une bonne idée…. Y participer réellement… se retrouver jeter dans une des arènes… Ses doigts se referment sur son stylo, sa tempe explose, sa mâchoire se crispe. Non. Paupières baissées, l’obscurité soudaine le replonge en enfer puis dans ce bureau, dans cette salle. Cette rage. Cette colère. Ce gout pour la violence. Cette appréciation à l’idée de savoir l’autre mourir par sa décision. Une forme de contrôle ultime qu’il se répugne de ressentir alors les jeux ne peuvent tout simplement pas l’atteindre. Que montrerait-il au milieu de ces êtes inférieurs ? Sa similitude avec eux ? Non. Jamais. Le ministre trouvera bien d’autre façon d’aboutir ses projets vis-à-vis de ce peuple stupide, ignorant et logé dans un espoir infantile.

« Sir. Wiggins » La voix de Naty le sort de son oppression personnelle. Liam. L’historie des deux frères avaient enfin éclaté au grand jour, l’un tirant sur l’autre dans une pathétique histoire mélodramatique, une bromance si futile que le ministre aurait pu s’en détacher avec aisance si elle n’avait pas concerné son jeune poulain. Après tout, il appréciait le garçon s’en était rapproché et avait appris à travailler avec lui voire, le respecter. Cependant toute cette histoire avec son frère énervait le ministre puisqu’il ne jugeait pas du bon œil l’impact que cela avait sur leur réputation et donc ses plans à lui. Liam se devait d’être irréprochable, sérieux, rivé sur ses objectifs. Avec Nolan dans les parages depuis des mois maintenant, cela s’était ressenti. Le ministre avait même compris comment dissocier l’un de l’autre sans pour autant prévenir personne de la supercherie. A vrai dire, le Ministre avait trouvé ça culoté et s’était amusé de le voir duper le monde autour de lui. Ses pas foulent le sol sur lequel l’immondice avait rendu l’âme sous ses doigts, serre le poing en ressentant la délectation et arrive au niveau de Naty. Il lui sourit, n’attend pas son approbation et entre dans le bureau comme si c’était le sien. « Gamin » Ses yeux se posent sur le visage de son vis à vis. « Il parait que tu as rencontré ton double maléfique ? » Le ministre regarde autour de lui, pose son regard sur Liam et s’assoit dans le fauteuil en face du bureau. « et que tu n’as pas réussi éviter les balles… » Tout comme Windsor mais pour une toute autre raison, surement moins pathétique au final bien qu’aussi frustrante pour le ministre que de savoir son poulain aussi mal entouré et aussi peu capable de se défendre de son propre frère censé être mort. Mais passons. Il doit l’avouer, ils ont tous des démons. Lui c’était une femme, la sienne. Liam c’était probablement son frère.




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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Mer 19 Oct - 23:47

Dr Jekyll and Mr Hyde
Windsor & Noliam



Nerveux. Nerveux comme jamais même. Nerveux et pire encore : terrifié. Et en colère aussi, une colère attisée par l’angoisse. Je te déteste Liam, pour ce que tu m’obliges à faire, pour ce que tu m’obliges à être. Je te déteste, pour avoir remis en partie entre mes mains ta survie, ta réputation, ton travail, bien trop de toi au final. Je ne sais déjà pas me protéger moi et me conserver une crédibilité, qu’est ce que je vais faire de toi, de tes amis, de tes relations, de tes chats ? Si j’ai un chien et pas un chat, ce n’est pas pour rien, Liam : je sais m’occuper d’un Gavin aussi débile que moi, pas de chatons qui te ressemblent un peu trop. Je ne peux pas m’occuper de toi, Liam, parce que je marche sur des oeufs, je marche sur du verre, je marche sur des arabesques de sable et chacun de mes pas ne fait que fragiliser tout ce que tu as mis des années à construire. Je sais que je hurle à qui veut entendre que je te détruirais, je sais que je te l’ai promis, aussi, qu’un jour je piétinerai ta petite vie bien rangée, mais maintenant que j’en ai le pouvoir, forcément je me dégonfle, forcément j’en suis incapable. Sans trop de surprise, j’imagine.

Tous les jours c’est la même chose. Dès mon réveil, je me demande ce que mon frère est supposé faire. Lorsqu’il se brosse les dents, met-il le dentifrice avant ou après avoir mouillé la brosse-à-dents ? Lorsqu’il mange, est ce qu’il engouffre ses pancakes trois par trois parce qu’il est en retard ou est-ce qu’il prend son temps, posé et détendu parce qu’il est en avance ? Chemise blanche ou légèrement bleutée ? Cravate unie ou rayée ? Chaussettes bleu marine, noires… accordées à son caleçon ? Je me pose trop de questions, j’imagine, parce que je ne veux pas, surtout pas, le trahir. Je me pose bien trop de questions, et je me rends compte que je ne peux pas répondre à toutes sans l’aide de Nataliya. Je me souviens avec difficulté de l’époque où Liam et moi, on pouvait se comprendre sans même se parler, où on savait exactement ce à quoi pensait l’autre, sans difficulté. Quand est-ce que notre complicité est morte, au juste ? Sur une table d’opération, très certainement. Sous l’attaque d’une amertume, d’une aigreur que je n’ai pas vue grandir, sous les reproches présents dans les yeux de Liam, sous ses demandes de plus en plus exagérées, sous ce jeu qui nous a vus interchanger nos places sans que je ne mette de limites, sans que lui ne se mette de limites. J'ai sa trahison, ses trahisons en travers de la gorge mais je reste incapable, naïvement incapable, de lui faire le moindre mal. Et quelque part, je n'arrive pas à savoir si c'est mieux ainsi ou si je suis supposé regretter cet état de fait. Chaussettes noires ou chaussettes blanches ? Peut-être grises… mon soupir est éloquent, je me concentre sur mon reflet dans le miroir. De plus en plus émacié, sans les potions de Cordelia. De plus en plus maladif puisque je n'ose rien faire qui puisse mettre à quiconque la puce à l'oreille. Maintenant moins que jamais il ne faut pas que qui que ce soit se doute que…

Je cligne des yeux, me détourne du miroir, me concentre sur les paires de chaussettes, en prends une au pif, finalement, et termine de me préparer dans une ponctualité qui me déstabilise. C’est contre-nature pour moi d’être en avance, ce serait contre-nature pour Liam d’être en retard. C’est contre-nature pour moi d’être coiffé, propre, habillé, peigné, ce serait contre-nature pour Liam de mettre la même chemise deux jours de suite. Nos différences sont telles, et sont si omniprésentes, que je désespère de nous retrouver un jour un point commun autre que notre aspect. Et notre nom de famille. Très important le nom de famille.

Dans la cuisine, comme tous les jours, je dédaigne le consistant pour goûter du bout des lèvres un café noir, serré, sans sucre, sans eau, sans cuillère, sans tasse, juste de la caféine condensée en fait, histoire d’ouvrir les yeux. Et je me rends compte qu’aujourd’hui, contrairement à tous les jours, je vais quitter l’atmosphère confinée de l’appartement de Liam pour me heurter à la réalité du monde qui a continué à tourner. Mettre à l’épreuve l’image que je renvoie de Liam pour mieux lui éviter d’éclater en morceaux sous mon absence qui pourrait être remarquée. Qui va finir par être remarquée. Le pire, dans tout ça, c’est que prendre la place de Liam, je sais faire, je l’ai déjà fait. Mais… jamais sous la contrainte, et jamais sur la durée. Et les premiers pas que je fais au Government Building sont certainement les pires lorsque j’en franchis les portes, lorsque je me glisse dans l’ascenseur avec une assurance si factice qu’il est visible à des kilomètres à la ronde qu’elle est en train de tous vous entuber. Comme toutes les assurances. Celles d’avant, du moins. Avant l’apocalypse. Je me demande, d’ailleurs, si des gens ont tenté de les contacter. Je me demande aussi quel dommage ils ont déclaré. Bonjour, est-ce que je suis couvert contre les morsures de zombie ? Je ne me souviens plus très bien de l’alinéa C. Je me demande aussi pourquoi j’en viens à penser à des conneries pareilles, alors qu’il faut que je passe en mode automatique, que je souris mais-pas-trop à ceux que je croise, que je sois poli mais-pas-trop-tout-de-même à ceux qui me saluent et que je fusille du regard mais-pas-trop-tout-de-même-je-ne-veux-pas-mourir ceux qui oublient de le faire.

Son bureau. Mon bureau. En quelque sorte. J'ai l'air perdu et je l'assume presque lorsque mes doigts cherchent un point de repère sur la table. Mon épaule enfermée ne me gêne plus vraiment: je me suis entraîné à l'avoir. Nataliya y a veillé. Tout comme elle a veillé à me briefer sur chacun des rendez vous que je n'ai pas pu annuler, éviter, esquiver, fuir tout simplement. Je déverrouille l'ordinateur sans difficulté, je suis bien trop tendu pour envisager de collecter quelques informations pour le Blackbird. De toute manière… est ce qu'il sera seulement envisageable à un moment ou un autre de les leur transmettre ? Je me laisse retomber sur ma chaise.

Et merde.
Qu'est ce que je me suis fait comme promesse déjà ? Ne pas penser à Elias, ne pas penser au Blackbird, ne pas penser à tout ce qui pourrait me faire penser à elle finalement. C'est un échec des plus retentissant. Mais au moins ça a le mérite de faire passer le temps parce que je sursauterais presque lorsqu’une voix s'élève de l'autre côté de la porte. Porte qui s'ouvre. Pour laisser entrer un ministre. Non. Pas déjà tout de même ? Je souffle pour me décrisper, je souffle pour véritablement devenir Liam.

Et c'est Liam qui se crispe autant sous le gamin qu'à la mention d'un jumeau maléfique. C'est comme ça que j'avais présenté mon frère à Giulietta il y a une éternité. Non, n'y pense pas Nolan, reste concentré sur cette ombre de sourire caractéristique de Liam que tu as apprise ces derniers jours. Focus ! Déjà, essaye de te souvenir du nom du Gus. Ensuite tu pourras te lamenter sur ton sort et pleurer sur l'épaule de Nataliya qui te calmera d'un coup de genoux dans les… “ En effet.” je retiens de justesse le grand père que jamais Liam n'aurait eu l'impertinence de prononcer. Armstrong. Voilà comment il s'appelle. Et pour qu'il se permette d'être aussi familier avec mon frère, il est au dessus dans la hiérarchie.

Armstrong. Non, Nolan, on ne chante pas. Même si on a la chance dans la tête. Armstrong, la vie quelle histoire ! C'est pas très marrant… Focus Nolan. Répondre quelque chose. De pertinent. Lui faire comprendre qu'on joue malgré tout dans ma même cours. Sans être impertinent. “ J'imagine que les quelques personnes les plus puissantes de Nolan… ” Mais quel con. Esprit de Liam vient en moi pour sauver ta réputation. “... ne peuvent pas s'empêcher d'être malgré tout de vulgaires commères. Je viens de remettre un pied ici. Qu’elle est donc la version officielle ? Le ministre Wiggins agressé par son sosie ? ” Je me demande si mon existence est à nouveau un fait établi ou juste une légende urbaine.

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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Lun 7 Nov - 21:51

Son regard décrit un virage à 180e degré, direction l’immense fenêtre qui offre une vue parfaite sur la ville. Moins belle vision que celle de son bureau mais tout aussi appréciable. Cette impression de dominer le monde. La vision qu’il aurait dû continuer d’observer. Une vision due à sa place dans ce monde, une place lui étant également dû. Une vision qui lui fait presque oublier ses 300 dernières années. Un battement de cils et tout semble disparaitre. Un autre puis tout revient. L’ambivalence de ses pensées n’a d’égale que l’ambivalence de ses songes. Aujourd’hui la réalité se fripe, se déchire, s’étire, se ressoude avec autant de facilité que ses cauchemars. Comment garder le contrôle sur sa propre voie si sa vie ne semble pas totalement remplie ? L’erreur se cache dans les obscurités de son jugement mais il ne parvient pas à déterminer quel bosquet pourrait le plus le trahir, le détruire. Et à cet instant, penser à Liam. Penser à Nolan. Pensez à ce duo catastrophique, désespérant, pitoyable ne l’amène qu’à revoir les traits juvéniles de son petit frère. Powle. De trois ans son cadet, il n’a eut de cesse que de suivre Luke dans ses pas. Une admiration dont le ministre s’était nourri pour forger sa propre destinée, n’hésitant nullement à laisser les reines de leurs terres et de leurs titres à ce dernier. Celui-ci rêvant pourtant de s’échapper sans s’en cacher, contrairement à Luke qui ne lui offrit aucunement le luxe de refuser. Pris au piège par son ainé parti sur un autre continent. Etait-ce de la lâcheté ? Non. Luke voulait sa vie et non celle de ses aïeux. Il a juste été plus malin que son jeune frère, abattant la relation qui les liait pour un bien triste avenir. Le ministre secoue la tête, Powle est mort depuis de nombreux siècles. Il doit être le seul à connaitre son existence, à se souvenir de son visage d’enfant… seule chose que sa mémoire a su conserver. Une image de fourberie. Dans le fond, son frère fut également pour lui une faiblesse. Les deux jeunes frères ne semblent pas avoir eu l’occasion d’apprendre de plusieurs siècles de vie et de mort, ni même l’impact qu’une autre rencontre pouvait avoir sur soi. Ils étaient jeunes. Jeunes et stupides à s’élire mutuellement démon de leur vie. Powle. Ce visage. Ce regret qui surprend l’âme après tant d’époques. Le ministre soupire se tourne vers son collègue, poulain éventuellement ami. « J'imagine que les quelques personnes les plus puissantes de Nolan… » Windsor arque un sourcil. Nolan. « …ne peuvent pas s'empêcher d'être malgré tout de vulgaires commères. Je viens de remettre un pied ici. Qu’elle est donc la version officielle ? Le ministre Wiggins agressé par son sosie ? » Si seulement ce n’était qu’une affaire de sosie, le problème serait déjà réglé hors la réalité ne se situe pas ici.

Le simple fait d’inverser Nola par Nolan en est une preuve. Le Ministre offre une nouvelle lueur dans son regard. Une lueur qui s’anime d’une bipolarité mordante mais qu’il sait déjà apprécier : l’agacement totale et la curiosité instinctive. Connaitre les failles est une ambition pour lui, les débusquer un jeu, s’en servir un plaisir. Comme il le dit souvent, il n’y a pas d’amitié en affaire et bien qu’il se retrouve bien éloigné de ses magouilles d’antan, le jeu en veut toujours la chandelle. Windsor reste Luke, imperceptiblement celui-ci fait parti de lui. « Non, le gouvernement est resté simple : Le ministre Wiggins agressé par son frère. Une histoire de vengeance stupide à laquelle on a volontairement supprimé toute mention à une arme à feu. » Cela aurait fait trop entre cette histoire et l’immondice mord dans le couloir. Cette dernière nouvelle n’était même pas parue, silence totale malgré la mort d’un stagiaire et les blessures de plusieurs collaborateurs. Il semble que chacun ait pris conscience de l’embarras d’une telle information. Une compréhension faite presque comme des grands. Presque à l’unanimité. Amada n’avait eut qu’à souffler son idée pour que l’ensemble suive le pas. Décidément, une femme intéressante. Surement ce bras droit que le Ministre recherche. Un fin sourire nait sur son visage. En vue de la situation Amada semblait même être plus prometteuse que Liam dans la catégorie poulain mais les affres du métissage, de la beauté et de l’intelligence ont déjà su entrainer l’homme dans sa mort : méfiance est de rigueur. Le ministre tapote un instant le fauteuil puis décale son regard sur Liam. Par reflexe il scrute le garçon puis, sans froncer les sourcils, se pose l’unique question utile pour la suite de cette conversation. Est-ce Liam ? « Résume moi rapidement ce qu’il s’est passé afin qu’on puisse déterminer la taille de l’abysse que ce fâcheux évènement peut entrainer. Également, profites-en pour me parler de lui, sera-t-il capable de survivre au colosséum ? » Son intérêt se porte sur le jeune ministre, non seulement sur ses réponses mais également sur ses mimiques, sur sa respiration, sur son attitude. « Il faut déterminer si c’est la vie ou la mort qu’il nous est préférable… » La neutralité de son ton est sans appel bien qu’il ne soit lui-même incapable de juger s’il aurait sacrifié la vie de son frère à dessein. « Veux-tu qu’il vive ? »

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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Sam 26 Nov - 10:50

Dr Jekyll and Mr Hyde
Windsor & Noliam



Je n’ai jamais été doué pour les jeux de rôle. Le seul que j’aie un jour pu jouer à la perfection, c’était celui du renard dans une mise en scène du Petit Prince, lorsque j’étais pâle comme un cadavre, les lèvres rougies par la fièvre, lorsque j’étais allongé au fond d’un lit à l’hôpital et que je luttais pour prononcer mes répliques, loin, très loin de la scène du collège où j’étais supposé être enveloppé dans un déguisement orange et duveteux, alors que Liam, et de cela j’ai un souvenir plus que vif, alors que Liam n’était déguisé qu’en lampadaire. Et qu’il avait l’air débile. Je n’ai jamais été doué pour les jeux de rôle, je n’ai toujours été doué que pour imiter mon frère. Et pourtant, actuellement, je n’ai pas le droit de me faire porter pâle, je n’ai pas le droit à l’erreur, j’ai encore moins le droit de trébucher, puisque la vie de mon frère repose désormais sur moi. Mais quel con, mais quel con, putain, d’avoir pu croire à un seul instant que j’allais être capable de supporter ça, quel imbécile de croire que j’allais pouvoir tenir, que j’allais pouvoir…

Je ne suis pas à mon aise, derrière ce bureau qui transpire le meurtre que j’ai failli commettre. Celui que j’ai cru avoir commis. Je ne suis pas à mon aise, dans ce bâtiment qui me répugne, dans ce bâtiment dans lequel je me suis pourtant infiltré plus d’une fois, à la recherche d’un indice, d’une information, sous le bouclier d’une apparence que je n’empruntais alors que temporairement. Volontairement. Pour des durées si brèves qu’elles n’étaient, au final, qu’une éternité de petits soupires qui me permettaient de respirer. Là, je suis en apnée, en apnée depuis que je suis sorti de l’enceinte protectrice de chez Liam, en apnée depuis que j’ai du mettre cette cravate qui m’étrangle, ce costard qui m’écartèle, cette chemise qui m’écorche la peau. En apnée, depuis que j’ai franchi les portes du Government Building, en apnée, depuis qu’on a glissé sous mes doigts des dossiers à relire, en apnée, depuis qu’on m’a parlé d’un rendez-vous prévu de longue date que Liam n’aurait pas pu repousser plus longtemps. Je ne me sens pas capable de tenir le rôle, je ne me sens pas capable d’être Liam, je ne me sens pas capable d’affronter ce ministre qui me fait à présent face, qui parle et m’interpelle comme si j’étais mon frère. Gamin. Le quolibet me fait l’effet d’une gifle, c’est Nolan qui s’offusque de l’appellation. Jamais mon frère n’aurait accepté ça de bonne grâce, jamais. Le gamin, du duo, c’est moi, et ça a toujours été moi. Lui, il est l’adulte, il est le parfait, il est le modèle, il est celui que l’on admire. Double maléfique, la deuxième claque est assénée à Noliam, à cette entité malsaine qui se crée dès que je me fais passer pour mon frère, ce mélange hybride qui ne devrait pas exister de nos deux personnalités. Je cherche ce que répondrait mon frère, je frémis sous ma voix qui parvient de justesse à se faire cassante mais pas trop. J’inspire avant de reprendre. Le nom du ministre s’impose à mes pensées, comme un script lancé en tâche de fond et toujours accessible. D’un clignement de paupière, je me concentre pour refouler Nolan, pour imposer Liam, pour contrôler Noliam. Je trébuche, sur mon prénom, je trébuche mais je garde la tête haute. Je te déteste, Liam, pour m’imposer ces pitreries, je te déteste aussi pour avoir remis entre mes mains ta survie, notre survie, ta crédibilité, ta carrière, notre avenir. Il faut que je sache ce qui se sait, il faut que je récupère des informations, il faut, il faut, il faut et moi, je flanche.

« Non, le gouvernement est resté simple : Le ministre Wiggins agressé par son frère. Une histoire de vengeance stupide à laquelle on a volontairement supprimé toute mention à une arme à feu. » J’hoche la tête, en me sentir pâlir tandis que résonne à nouveau dans la pièce, dans cette pièce, le coup de feu qui m’a réduit à néant. Et qui aurait pu m’enlever mon frère. Incapable de laisser le silence s’étirer trop longtemps, c’est Nolan qui s’empresse d’articuler un « Je vois » quand je sais que mon frère aurait pris tout son temps pour répondre. Deuxième faux pas, et certainement pas le dernier. Agressé par son frère, cette vérité crue est douloureuse, plus que douloureuse même. Une vengeance stupide, je me sens pâlir davantage lorsque je prends la mesure de ce que ça sous-entend. Une vengeance, ça signifie un passif. Une vengeance, ça signifie un affront. Ce qui ne peut que vouloir dire que le Gouvernement sait quelque chose. Mon jugement, il y a quatre ans, la trahison de Liam, les trahisons de Liam… Il faut que j’aie l’air tranquille, lorsque je m’efforce de commenter par un bref « Des vieux dossiers sont remontés, naturellement… » qui n’est là que pour tâter davantage le terrain.

« Résume moi rapidement ce qu’il s’est passé afin qu’on puisse déterminer la taille de l’abysse que ce fâcheux évènement peut entrainer. Également, profites-en pour me parler de lui, sera-t-il capable de survivre au Colosseum ? Il faut déterminer si c’est la vie ou la mort qu’il nous est préférable… » Je déglutis. La vie, c’est la vie qui est préférable, la vie, uniquement la vie. Nolan, dans ma tête, hurle qu’il veut la vie pour son frère, que sa place est en prison, que celle de Liam est en liberté, dans ce bureau, dans ce costard, dans cet univers qui n’est pas le mien. Mais Liam… Liam, que répondrait-il dans cette situation ? Je ne sais pas, je n’en sais rien et, pire que tout, mes mains commencent à trembler de nervosité. « Veux-tu qu’il vive ? » Je ferme les yeux, en cherchant sur le bureau placé devant moi un appui. Ne pas s’asseoir, ne pas s’asseoir tant qu’il ne sera pas assis, ne pas montrer de signe de faiblesse, malgré cette transpiration qui commence à perler sur mon front, je ne peux que le sentir.

« Ta question est un peu abrupte. » Je déglutis, encore, en cherchant à masquer cette difficulté croissante que j’ai à respirer. « Ce qui est préférable… » Liam choisirait ma mort, j’en suis certain. Mais je ne peux pas décider du sort de mon propre frère avec autant d’indifférence. Nous sommes différents, lui et moi, bien trop différents, comme il me l’a si bien rappelé à de nombreuses reprises. Liam trouverait préférable que je disparaisse de sa vie, de notre vie. Que Noliam n’existe plus, qu’un seul Wiggins subsiste. « Il n’y a rien à résumer, juste des conséquences à contenir dans l’enceinte de ce qui est gérable. Actuellement, mon frère est en prison, dans un endroit que l’on maîtrise. Mais le condamner au Colosseum… » Sera-t-il capable de survivre ? La réponse est non, bien entendu. Mon frère est un chacal, mon frère est un rapace, mais mon frère n’a rien d’un guerrier. C’est moi, le jumeau qui prenait les coups pour lui, c’est moi, le Wiggins qui encaissait pour lui. Mon frère sait manipuler, mon frère sait bien s’exprimer, grimper les échelons, s’imposer, mais il ne sait pas ce que ça de se prendre un coup dans l’estomac et de se relever tout de suite après en ignorant la douleur.

La réalité me frappe de plein fouet. Mon frère n’a aucune chance de survivre si je ne fais rien. « … le condamner au Colosseum serait assurément une erreur que le Gouvernement paierait au prix fort. Même si je ne suis pas mon frère, ce ne serait réellement pas une bonne publicité pour l’autorité que de condamner le visage d’un de ses ministres, n’est ce pas ? » N’est-ce pas ? Mon incertitude ressort, ce besoin d’avoir l’aval de l’autre, ce besoin d’être rassuré. Troisième faux pas, un faux pas que je ne mets pas plus d’un battement de cœur à regretter. Je ne suis qu’un piètre acteur.

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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Lun 5 Déc - 20:55

La question est mordante, octroie le don de vie ou de mort sur autrui, sur un frère, un être du même sang. La réponse l’est d’autant plus, mordante, significative et dangereuse pour l’âme. Personne ne peut réellement s’en sortir entier d’une telle conversation qui plus est quand il est claire que la réponse va davantage vers la mort. La haine pour le frère peut être saisissante à bien des égards mais il est une chose bien encré qui empêche souvent d’imaginer réellement la mort. Souhaiter n’est pas difficile jusqu’au moment où le pouvoir nous est offert. Le pouvoir de décider cette mort ou cette vie. Cela devient davantage qu’un choix Cornélien. Cela devient une mort de l’âme quelque soit la réponse. Le simple chemin qu’effectue la question, le pouvoir dans l’esprit, le corps a déjà détruit une partie de l’âme. Un paradoxe puisque ce chemin met en exergue l’absolue nécessité que l’autre vive. Lorsque l’amour d’un frère explose au visage. Lorsque la haine d’un frère marque et entaille. Lorsque l’amour et la haine se heurtent dans un choix qui pousse à l’implosion. Quelque soit la situation, quelque soit la réponde, cela brûle. Brûle le corps, l’esprit, l’âme. Windsor ne saurait imaginer pareille situation, son frère étant mort depuis des siècles, pourtant les souvenirs affluent et leurs marques le laissent entrevoir la dureté que peuvent prendre les relations familiales. Et puis… et puis Marie. N’a-t-elle pas su prendre une place similaire dans son cœur ? N’est-il pas incapable de la voir mourir alors que la haine a si longtemps fait parti de lui ? Windsor peut comprendre. Il peut comprendre ce qui se trame dans les prunelles de Liam mais parvient à s’en dissocier avec la froideur qui lui est propre. Il faut régler le problème. Cela est urgent mais délicat. Le simple fait que la presse soit au courant est problématique. Quelque soit la futile excuse de vengeance ayant été colporté adroitement par le gouvernement n’empêchera pas les questions. Déjà, il semble essentiel que le réel antécédent ne soit pas divulgué, il serait mal vu qu’un ministre ait par le passé commis un meurtre ou ait fait enfermé son frère. Ceci dit, aujourd’hui encore rien n’est assuré sur l’identité de l’assassin. Windsor suspecte Liam mais parvient à occulter cet acte indigne de leur statut, n’a-t-il pas lui-même tué sans cesse durant deux siècles ? Bien qu’il se trouve très régulièrement des excuses plus ou moins bonnes, il n’en est pas moins un ancien tueur. D’autre part, le simple fait d’avoir éventuellement jeté la faute sur son frère démontre un esprit sur de lui et bien incapable d’éprouver grand-chose. Liam aurait ainsi déjà fait le choix de la mort du frère plutôt que de sa survie. Windsor appréciait l’homme rien qu’à cette idée : il faut savoir faire des sacrifices bien qu’il n’approuve le meurtre.

« Ta question est un peu abrupte. » Abrupte ? Elle est davantage nécessaire. Le ministre devait bien se douter qu’ils en viendraient à débattre sur le sujet. Tant que le frère était inexistant aux yeux de tous, cela n’était pas un problème. Une tentative de meurtre, là, ça devenait problématique. Qui plus est ici. De plus, si Win avait raison, ce dont il ne doutait pas – à tort ou à raison là encore- Liam avait déjà fait ce choix sans être ministre. Sa place ne pouvait lui permettre la moindre erreur. « Ce qui est préférable.. » Et le silence accueille ce début prometteur. Depuis ouvrait-il la bouche sans s’assurer de ses propos ? Alors doucement, le ministre détaille l’homme en face de lui. La sueur. La crispation finement masquée mais détériorée par les questions de Windsor. Le besoin de se maintenir. L’hésitation. Et puis la continuité n’étant pas vraiment la poursuite de sa phrase initiale. Tout ça. Tout ça, on pourrait le souligner et l’octroyer au stress lié à se retrouver de nouveau dans ce bureau alors que la précédente fois c’était pour s’échouer au sol. Mais tout ça, ça fait sourire Windsor. « … le condamner au Colosseum serait assurément une erreur que le Gouvernement paierait au prix fort. Même si je ne suis pas mon frère, ce ne serait réellement pas une bonne publicité pour l’autorité que de condamner le visage d’un de ses ministres, n’est ce pas ? » Nolan. Nolan. Nolan. Serait-ce aujourd’hui la première vraie conversation qu’ils auront ensemble ? Est-ce la fin de l’amusement pour Windsor ? Probablement. Masquant son sourire dans une apparente réflexion aux propos tenus, Windsor s’installe plus à son aise et laisse le double faire de même. Ce serait dommage qu’il implose dès la première heure de ce sketch. Liam avait donc pris la place de Nolan. Quel idiot. Aurait-il une quelconque capacité à ressentir de l’amour pour son frère ? ou quoique ce soit d’autre au final ? Bien que déçu, Windsor n’en voyait qu’un léger impact sur son jeu d’échec. Bien au contraire, le voila en présence d’un frère désespéré et d’un autre en direction de la mort. Certes, la situation n’était pas des plus optimales mais il pouvait en ressortir bien des avantages. Dont des services, et les services sont une monnaie bien plus luxueuse que ces billets verts. Et puis, ressentir est une contraire de l’âme, du cœur qui impose bien des tourments, bien des choix stupides comme aujourd’hui, cela se retournera de nouveaux contre eux… et cette fois-ci ce sera peut être pour les intérêts du Ministre. Bien. L’amusement puis la déception, à présent la satisfaction et une pointe d’amusement tout de même. Les prochaines minutes, voire heures, seront d’une grande importance pour la suite. Toutefois, la question restait la même : opter pour la vie ou pour la mort ? Il est clair que Nolan ne ferait pas un bon ministre, du moins pas dans cet état de nerf et certainement pas avec les idées cachées le masque liamesque. Remettre Nolan en prison est une option, ceci en toute discrétion mais cela en vaudrait-il le coup ? Si Liam s’est mis volontairement dans cette situation ce n’est pas pour y renoncer et voir son frère mourir tout de même… Un bon allié est un allié reconnaissant. « Selon toi, il serait préférable de laisser impunie une tentative de meurtre envers un ministre alors qu’en parallèle, on jette des individus au colosséum pour homosexualité ? » Son sourcil s’arque pendant qu’il entrecroise ses doigts sur son ventre. « Il est vrai que votre ressemblance est un problème mais, d’un autre côté, est un atout. Après les arènes, il n’est pas temps de faire preuve de clémence mais de dureté. Amener ton frère au colosséum en serait un autre parfait exemple de force et d’intransigeance. » Indifférence. C’est clairement ce qu’il laisse transparaitre. Non seulement parce qu’en effet, la mort de « nolan » ne lui importe peu, mais aussi parce qu’il apprécie lire le désastre dans les yeux de son vis-à-vis. Il joue avec lui comme on peut jouer avec sa proie. Cela l’exalte et lui rappelle d’une manière bien plus douce, darkness fall et bien avant, son temps entant que « roi ». « A bien des égards, sa mort servirait le gouvernement. » Intransigeance. Froideur. Ses yeux propulsent la sentence dans le regard de son voisin. Le silence s’installe presque mais le spectacle livré en face de lui qu’il y ait mots ou non, est jouissif pour le Ministre. « Je peux cependant me mettre à ta place. Il n’est pas évident d’amener à la mort son frère lorsqu’on sait celui-ci innocent. Enfin, comme ton frère t’a déjà précédé dans le domaine, tu pourrais t’y laisser tenter. » Le regard du ministre ne le quitte pas. Observant le moment où ses propos feront sens dans les méninges du garçon. « Personne ne t’en voudrait, Nolan ».

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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Ven 30 Déc - 10:19

Dr Jekyll and Mr Hyde
Windsor & Noliam



C’est une chose de prendre occasionnellement l’apparence de son frère jumeau, c’en est une autre de lui voler sa vie. D’être lui, jusque dans les moindres détails. D’être lui, dans ses pensées et ses réactions. D’être lui, dans ses expressions, dans ses choix, dans ses objectifs et son ambition. De base, je ne suis pas ambitieux ; l’ambition de Liam m’a sacrifié sans l’ombre d’une hésitation. De base, je fonctionne selon mes désirs et mon impulsivité ; la maîtrise que Liam exerce sur lui même l’a mené au sommet. De base, je ne réfléchis pas, je suis mon instinct ; Liam pèse chacun de ses mots et de ses gestes, s’adapte à son environnement, calcule, anticipe, prévoit, contrôle. Je ne suis rien de tout ça, et pourtant il faut que je le sois. Il en va de la vie de mon frère, il en va de ma propre vie, il en va aussi, plus indirectement, de la survie du Blackbird si jamais le Gouvernement se mettait en tête d’extirper des aveux de ma bouche par tous les moyens possibles. Veux-tu qu’il vive. Mon sang se glace, mon sang se fige dans mes veines, ma respiration se fait fuyante et mes yeux, bon sang mes yeux cherchent un point de repère où accrocher mon regard. Ce qui est préférable… ma phrase commence, je ne lui trouve pas de fin, pas de fin acceptable, pas de fin. Pas de solution. Mon frère, mon si cher frère, je suis certain qu’il n’hésiterait pas une seule seconde à souhaiter ma mise à mort. Mais moi, mais moi… j’en suis incapable. Le condamner ne serait pas une solution, point final. Mener mon frère jusque dans l’arène serait le condamner à mort, j’en suis convaincu. De nous deux, je suis sans conteste celui qui a le plus de chance de survie. Pas très doué en sorcellerie, pas très doué lorsqu’il s’agit de réfléchir, encore moins doué lorsqu’il s’agit d’être intelligent, mais je suis le meilleur lorsqu’il faut encaisser, survivre et même lorsqu’il faut frapper.

Je sais frapper. Je sais me défendre. Liam sait utiliser les autres comme bouclier. Je sais fuir, je sais esquiver. Mon frère sait exploiter les forces et les faiblesses des autres pour retourner la situation à son avantage. Moi non. Je joue à un jeu qui me dépasse, dont les règles me sont connues mais inaccessibles, je joue dans la cour des grands, alors que tout ce que je veux, c’est aller me perdre sur une balançoire ou un bac à sable. « Selon toi, il serait préférable de laisser impunie une tentative de meurtre envers un ministre alors qu’en parallèle, on jette des individus au Colosseum pour homosexualité ? » Mais en parallèle, je dois parler de politique et prêcher pour ceux que j’abhorre du plus profond de mon être. Je me retiens de rétorquer que puisqu’on en est à condamner l’homosexualité, je ne vois pas pourquoi il serait illogique que le Gouvernement se comporte encore plus comme un gros débile. « Il est vrai que votre ressemblance est un problème mais, d’un autre côté, c’est un atout. Après les arènes, il n’est pas temps de faire preuve de clémence mais de dureté. Amener ton frère au Colosseum en serait un autre parfait exemple de force et d’intransigeance. » Je dois me museler pour ne pas gémir de désespoir. « A bien des égards, sa mort servirait le gouvernement. » Mes genoux veulent se défiler, mon souffle veut se transformer en sifflement, mes yeux veulent se charger de larmes, ma poitrine, de panique. Mais je lutte, je lutte avec obstination, je lutte pour mon frère et je me force à respirer tranquillement pour conserver une apparence tranquille malgré la tempête qui me broie les tempes. Sa mort servirait le gouvernement Et la tienne, gros lard ? Il faut que je me bâillonne, il faut que je me retienne, que je sauve les apparences.

« Je peux cependant me mettre à ta place. Il n’est pas évident d’amener à la mort son frère lorsqu’on sait celui-ci innocent. Enfin, comme ton frère t’a déjà précédé dans le domaine, tu pourrais t’y laisser tenter ». Je me sens pâlir. Véritablement pâlir. Mon frère, c’est moi. Ton frère, c’est moi. Il sait, il sait que je suis un assassin, il sait que Nolan est un assassin, un assassin condamné à mort, un assassin miraculé, un assassin. « Personne ne t’en voudrait, Nolan ». Je ferme les yeux. « Liam. » Par automatisme, je m’enroule dans la voix de Liam, je m’enroule dans sa prestance, je me recroqueville derrière son assurance, celle que je dois faire mienne, absolument. « Liam, c’est Liam mon prénom. Si même toi tu confonds, comment veux-tu que le peuple ne confonde pas, dans l’arène, ne voie pas un Ministre, un des piliers du Gouvernement, tomber. » Je me débats comme je peux, je me cache derrière un dialogue et des mots ampoulés pour ne dire, au final, que du vent, et du vide. « Je ne parle pas de laisser une tentative de meurtre impunie, je dis juste que... » Je ne dis rien. Je ne sais pas ce que je dis. Je me débats, et je me noie.

Je suis venu, j’ai vu, j’ai été vaincu. « Mon frère n’est clairement pas innocent, Nolan est un meurtrier, coupable de fratricide. De tentative d’homicide volontaire. » A ces mots, je retrouve mon assurance puisqu’il n’y a aucun mensonge dans mes propos, juste une condamnation. « Nolan est un assassin. » Nolan, pas Liam. « Mais... » Mais il y a ce mais. Mais ce n’est pas Nolan qui est en prison, actuellement. Pourquoi ? Parce qu’aux dernières nouvelles, je suis Nolan. Je crois. « Je ne sais pas à quoi tu veux faire référence lorsque tu dis qu’il m’a déjà précédé dans un quelconque domaine, mon petit frère n’est qu’un imbécile et un crétin doublé d’une inconscience qui frôle l’exploit perpétuel, certes. » J’adore parler de moi à la troisième personne, c’est très rafraîchissant. « Mais il me semble qu’on s’est écarté du sujet initial. Pourquoi es-tu venu ? Uniquement pour récolter quelques potins ? J’ai du travail, à faire, à rattraper, à déléguer. » Un travail dont j’ignore encore à peu près tout, dont je ne connais que la surface, suffisamment pour simuler. « Enfin… sans vouloir te brusquer. »

Détourner la conversation de manière discrète, fine et délicate est tout un art, un art que mon frère maîtrise, un art que je maîtrise autant qu’une poule face à une fourchette : non seulement je ne sais pas comment m’y prendre, mais en plus, j’en suis juste incapable. C’est plutôt con. Nataliya : help !


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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Ven 10 Fév - 21:05

« Liam. » L’automatisme fait sourire le ministre sans pour autant le faire douter de ses conclusions. Il sait que Liam est enfermé dans une cage et, à bien des égards, Nolan l’est tout autant. Bloqué dans un lieu qu’il déteste, répugne et semble vouloir détruire depuis des mois à présent. Son ombre passant aux moments inopportuns cherchant ce qu’il ne pouvait réellement trouver, un espoir. Un bel espoir pour sauver son petit monde qu’il croit noirci par la haine et le pouvoir sans savoir à quoi ressemblerait ce cocktail. Même Windsor ne tolérerait pas un darkness fall sur ces terres. Sur ses terres. DF est le passé. Mieux encore, il est un cauchemar d’une autre vie. Radicalement derrière lui, le ministre observe ce Liam suant et tremblant avec un amusement qui fin presque le désespoir d’une telle situation. Comment Liam a-t-il réellement pu penser un plan comme celui-ci ? Aucune réflexion, une simple…action/réaction sans la moindre once d’intelligence. Comment Nolan pourrait se faire passer pour Liam ? Le ministre n’est certainement pas la meilleure personne a affronté comme premier round mais quand bien même, les subalternes de Liam finiraient par s’en rendre compte. Les deux frères sont bien différents, Windsor en est persuadé sinon, la situation n’en serait pas là.   « Liam, c’est Liam mon prénom. Si même toi tu confonds, comment veux-tu que le peuple ne confonde pas, dans l’arène, ne voie pas un Ministre, un des piliers du Gouvernement, tomber. Je ne parle pas de laisser une tentative de meurtre impunie, je dis juste que...» Le sourire du ministre disparait un bref instant. Etait-il réellement sérieux ? La tentative est belle mais inutile, le simple fait qu’il cherche encore à s’en défendre prouve qu’il n’est pas le Liam vif d’esprit que le Ministre a su apprécier et reconnaitre par sa valeur. Valeur qui perdait de sa substance avec cette affaire, ce qui n’est en rien un compliment. Chaque mot prononcé révèle plus encore la supercherie. L’idée était fixée, à présent le Ministre ne pouvait voir que chaque élément prouvant l’échange. Ce dernier s’en amuse presque, lire dans les yeux de son vis-à-vis la détresse de s’être fait démasqué au premier round pendant que sa bouche continuait d’espérer. L’être humain est fascinant. Etrangement, il se voit un instant dans ce regard, se souvient de Marie, se souvient de ce dernier chapitre… Aimer est une faiblesse, ça tue. Marie. Aimer une force, ça pousse à l’exploit. Marie. Pourtant, le ministre voit davantage la peine, l’erreur et la folie qui se dégage de ce sentiment bien plus nuisible que la solitude. Croire que nous pouvons réparer. Croire que nous pouvons tout régler en un simple acte stupide. Liam, cet idiot. A croire qu’il est bien plus sentimental que le ministre ne l’avait perçu. « Mon frère n’est clairement pas innocent, Nolan est un meurtrier, coupable de fratricide. De tentative d’homicide volontaire. Nolan est un assassin. » L’aplomb, le voila pour la première fois sur ses traits. Le voici persuadé de la couleur de sa propre âme, pourtant le ministre sait instinctivement qu’il est loin de faire parti de cette élite nauséabonde. Tuer noircie, l’homme en face de lui n’a rien de ça. Le simple aplomb dont il fait preuve en se fustigeant lui-même, certifie au ministre qu’il en est encore loin : de ce poste d’assassin. Stupide, oui. Inconscient, oui. Apeuré, oui. Meurtrier, non. Darkness Fall apporte ça aussi, cette capacité à juger les individus. Doublé de ses propres talents d’observateur, Wndsor est redoutable. Quant à Nolan, lui, il est désespéré. « Mais il me semble qu’on s’est écarté du sujet initial. Pourquoi es-tu venu ? Uniquement pour récolter quelques potins ? J’ai du travail, à faire, à rattraper, à déléguer. Enfin… sans vouloir te brusquer. »

L’homme hausse un sourcil, penche la tête sur le côté avant de soupirer. « Enfin…sans vouloir te brusquer ? » Le murmure reste audible pour son nouveau collègue. Il aurait presque pu berner un audimat moins averti, presque. Malheureusement, Windsor avait déjà su différencier Nolan de Liam lorsqu’il n’était pas encore question de tentative de meurtre, d’échanges, de prison ou de vie et de mort. « Tu as fini ? » Son sourcil s’hausse légèrement. « Pour commencer, bien que ton frère ait un égo clairement disproportionné vis-à-vis du tien, sache qu’il n’en est pas plus un pilier du gouvernement. Ministre est un titre attirant qui semble intouchable mais ne l’est pas plus que n’importe quelle autre poste du gouvernement. Le pouvoir se transmet. Tu dois surement connaitre l’adage : « Le roi est mort, vive le roi » ? » Son sourire s’étale bien que la noirceur de ses prunelles indique un autre songe. Son royaume d’autre fois a été repris par ses subalternes avant d’être effacés des mémoires. Seules de rares livres en font mention sans parvenir à bien orthographier son propre nom. Que Liam disparaisse aujourd’hui cela n’affectera probablement personne ou très peu. Que Windsor disparaisse aujourd’hui cela n’affectera probablement personne ou très peu. Surtout ici. Surtout dans cette ville aux allures d’unique univers. « Enfin… j’applaudirais bien pour ta prestation mais nous en avons pas le temps.» Il s’évite un autre soupire et plonge son regard dans celui de l’usurpateur. « Tu n’as clairement pas la carrure de ton frère. Sauf quand tu te flagelles avec détermination. Liam semble avoir fait des miracles sur toi, cette capacité d’autodestruction est sans limites c’est affligeant. » C’est un fait, Nolan n’est pas son frère. Nolan est bien plus impulsif que son frère et cela fait de lui un danger pour la suite, un danger pour lui-même, un danger pour son frère. Ceci dit, vis-à-vis de l’impulsivité des Wiggins il semblerait que Liam ait su cacher certaines capacités dans le domaine. « A présent que tu as conscience que ton jeu de rôle est fini, je vais t’exposer mon point de vue puis te reposer une question. J’attends une réponse honnête, réfléchit et lucide. » Bien que l’intensité de son regard se soit intensifié, la posture du ministre est aussi décontractée qu’un spectateur de football le serait. « Ton frère, bien qu’il soit ton frère, t’a trahi il y a plusieurs années. Tu n’as rien d’un assassin et la culpabilité qui t’a permis d’avoir eu la seule seconde de véritable assurance n’était que pour avoir tiré sur ce « frère ». Jouant son rôle à présent, tu as toi-même était bien incapable de t’assurer de son comportement ou de sa réponse à la question de vie ou de mort. Au fond de toi, tu as conscience qu’il t’aurait probablement jeté dans la fosse. Comme je te l’ai dis, qu’il meurt ne posera pas de problème cependant il faudra trouver une alternative à ta présence ici car du remplacement tu serais titulaire. L’idée d’avoir un anti-gouvernement comme voisin ne m’enchante guère mais devrait être attrayant pour toi qui cherche des informations depuis des mois ici en te faisant passer pour Liam. » L’homme fait craquer son index contre son pouce. « Je peux toutefois te laisser vadrouiller quelque temps avant de t’éjecter de ton poste que tu ne seras pas capable de soutenir de toute façon. »

Sans quitter Nolan des yeux, il poursuit. « Par soucis de clarté, je précise que cette option est la plus adéquate à la situation et celle qui t’offre le plus d’avantages. Plus aucun problème avec la justice, ni avec ton frère et cela te permettra d’avoir accès à certaines informations que je pourrais consentir à t’offrir avant de reprendre une vie normale sous le nom de ton frère. » La raison choisirait cette option mais Windsor connait bien malgré lui tout ce qui fait que la raison est souvent mise de côté au profit d’autre chose. Quelque chose de plus fort, de plus déraisonnable, de plus stupide et insidieux. « Quant à l’autre option, il n’est pas dit qu’elle existe. Ton frère s’est mis dans une situation complexe. Ceci dit, elle aurait le mérite de ramener le poulain au bercail. » Le ministre se penche en avant. Donc, doit-on faire mourir Liam ou le faire vivre ? »


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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Mar 28 Fév - 23:58

Dr Jekyll and Mr Hyde
Windsor & Noliam



Maintenir les apparences. Jouer avec les illusions. Lorsqu’il utilise mon prénom, je sens tous ces faux-semblants patiemment peaufinés avec Nataliya se fendiller autour de moi, comme un coup de massue asséné à une délicate sculpture en verre. Je suis à deux doigts de murmurer ces charmes qui me permettraient de poser sur mon visage une réelle illusion. A deux doigts d’emprunter la voie de la facilité, la voie de la sorcellerie, la voie qu’emprunterait mon frère. Mais moi non. Je relève la tête, je relève le menton. Je suis Liam. Mais je suis aussi Nolan. Et s’il faut que je commence à agir comme Liam, et bien j’agirais comme Liam, mais à ma façon. Selon mes règles. Je me recroqueville derrière une assurance factice. Je relève la tête pour mieux me rouler en boule. Je m’appelle Liam, et c’est mon stupide petit frère qui est en prison. Je me débats dans les filets de mon incompétence, je me débats et seule ma volonté, sans surprise, me maintiens la tête hors de l’eau. Si je flanche, Liam en payera les conséquences. Si je flanche… je ruinerai non seulement ma vie mais aussi celle de mon frère. Et ça… ça, je ne peux pas me le permettre. Je lui ai déjà trop pris, nous nous sommes déjà trop pris l’un à l’autre, trop donné aussi. Il faut que cela cesse. Sans compter qu’il compte sur moi. Mon frère n’est pas innocent, je puise dans ma culpabilité pour que ma voix s’infléchisse d’un aplomb semblable à celui qu’ a toujours eu celui qui n’hésitait pas à me demander de jouer le punching-ball à sa place. Celui qui m’utilisait comme un bouclier. Nolan est un assassin. Et je relève encore le menton en disant ça, mes doigts effleurant le bureau qui me sépare de l’autre ministre, comme pour garder contact avec la réalité. Nolan est un assassin, que ce soit bien clair entre lui et moi. Mais Nolan est aussi mon fardeau, Nolan est aussi mon boulet et je m’occuperai de Nolan en temps et en heures, on laissera la justice faire son office, il n’a guère à interférer là-dedans, que ce soit, ça aussi, très clair entre lui et moi. Mon aplomb fourmille sur mon épiderme, comme un choc électrique nourri par ma terreur d’être découvert. Qu’il parte, bon sang, qu’il parte et qu’il me laisse tranquille.

Qu’il parte et qu’il emporte son sourire et son regard fouineur avec lui ; qu’il récupère sa morgue et ses sous-entendus ; qu’il me laisse tranquille. Pendant un instant, j’ai l’impression que je vais pouvoir sacrifier des canards et des cotons tiges pour remercier le dieu des désespérés mais non. Il ne m’exauce pas. Pas plus que les autres fois. « Tu as fini ? » Je contracte ma mâchoire pour me retenir de répondre un non, pas vraiment qui sonnerait bien trop Nolan pour être crédible. « Pour commencer, bien que ton frère ait un égo clairement disproportionné vis-à-vis du tien, sache qu’il n’en est pas plus un pilier du gouvernement. Ministre est un titre attirant qui semble intouchable mais ne l’est pas plus que n’importe quelle autre poste du gouvernement. Le pouvoir se transmet. Tu dois sûrement connaitre l’adage : « Le roi est mort, vive le roi » ? » Je le fixe en parvenant de justesse à ne pas ciller. Mieux, je trouve je ne sais trop où la capacité de le toiser avec un soupçon de moquerie, comme pour mieux tourner en dérision chacun de ses mots. Liam aurait dû me laisser des fiches de révision. Il aurait dû me laisser des citations à ressortir pour gagner des points au kamoulox qu’est sa vie. Il aurait dû… il aurait dû commencer par ne pas me croire capable de faire ça. « Enfin… j’applaudirais bien pour ta prestation mais nous en avons pas le temps. Tu n’as clairement pas la carrure de ton frère. Sauf quand tu te flagelles avec détermination. Liam semble avoir fait des miracles sur toi, cette capacité d’autodestruction est sans limites c’est affligeant. » Ma mâchoire se contracte un peu plus, mais je maintiens un petit sourire de façade malgré tout. Petit, faiblard, mais présent. Capacité d’autodestruction. Je ne suis pas autodestructeur. Bien au contraire, bordel, je suis un bâtisseur. Liam m’a détruit, je me suis reconstruit. A chaque fois. En faisant des bras d’honneur aux ruines de ma carrière, aux ruines de notre complicité de frère, aux ruines de la confiance que mes parents pouvaient avoir en moi. Je ne suis pas autodestructeur. J’ai l’instinct de survie d’un lemming, peut-être, mais je ne suis pas autodestructeur.  Lorsqu’on me frappe, je me relève. Toujours. Et étonnamment, ce mec que je ne connais absolument pas, qui croit me connaître, perd d’un coup toute l’emprise qu’il pouvait penser avoir sur moi. Ou presque. Ce qui est largement suffisant pour que je me relève. Encore. Il sait que je suis Nolan et non Liam ? Visiblement il m’a grillé bien plus vite que prévu. Et bien soit. Je vais redoubler d’efforts, jusqu’à l’en faire douter. Jusqu’à ce qu’il commence même à douter avoir un jour su ce que Liam pouvait penser. Jusqu’à ce qu’il commence même à douter de son propre prénom et de la couleur de son caleçon.

Je souris, arrivé à ce point de ma réflexion. Et mon sourire n’a rien d’un sourire de Nolan. C’est le sourire qu’arbore Liam. Parce qu’aussi flippant que ça puisse être, je suis mon frère. De tout son être. Je suis Liam. Et je peux réussir le défi qu’il m’a lancé en me propulsant ministre alors que je n’ai rien à faire là. Je ne suis pas autodestructeur. Je suis juste un mec dont l’unique talent c’est de se prendre des coups dans la poire et de se relever, envers et contre tout, même lorsque la logique voudrait qu’il reste couché. « A présent que tu as conscience que ton jeu de rôle est fini, je vais t’exposer mon point de vue puis te reposer une question. J’attends une réponse honnête, réfléchit et lucide. Ton frère, bien qu’il soit ton frère, t’a trahi il y a plusieurs années. […] L’idée d’avoir un anti-gouvernement comme voisin ne m’enchante guère mais devrait être attrayant pour toi qui cherche des informations depuis des mois ici en te faisant passer pour Liam. Je peux toutefois te laisser vadrouiller quelque temps avant de t’éjecter de ton poste que tu ne seras pas capable de soutenir de toute façon. » Je me calfeutre derrière une assurance qui a retrouvé de sa vigueur. Qui est même bien plus en place que précédemment. Je ne suis pas le mec le plus intelligent du monde. Toute la stratégie de Liam et de Nataliya, toute notre stratégie ne repose sur notre capacité à nous faire passer l’un pour l’autre. Je ne suis pas le mec le plus intelligent, le plus doué, le plus stratège, le plus brillant, le plus manipulateur, je ne suis même pas le gus le plus comédien du monde. Mais je suis Nolan Wiggins, mon frère est Liam Wiggins, et nous échangeons nos places depuis bien trop d’années pour que j’échoue maintenant. Qu’il dise ce qu’il veuille, ses propos glisseront sur moi. Même si j’entends encore le coup de feu résonner dans ma tête, même si je sens mes pieds m’approcher de la chaise électrique, même si… il poursuit. Et je le laisse parler. Tout mon être veut intervenir, veut lui couper la parole, veut le mettre face à ses propres contradictions. Mais…

Liam se tairait. Alors je me tais. « Par souci de clarté, je précise que cette option est la plus adéquate à la situation et celle qui t’offre le plus d’avantages. Plus aucun problème avec la justice, ni avec ton frère et cela te permettra d’avoir accès à certaines informations que je pourrais consentir à t’offrir avant de reprendre une vie normale sous le nom de ton frère. Quant à l’autre option, il n’est pas dit qu’elle existe. Ton frère s’est mis dans une situation complexe. Ceci dit, elle aurait le mérite de ramener le poulain au bercail. Donc, doit-on faire mourir Liam ou le faire vivre ? » La perspective de voir mon frère mourir dans l’arène manque de me faire trébucher, mes mains sont parcourues d’un spasme crispé et mes yeux brillent de douleur pendant un instant. Mais c’est tout. Parce que Liam ne laisserait rien de plus transparaître, je le sais. Il a toujours su se refermer sur lui-même lorsqu’il le fallait, bien plus que moi. Beaucoup plus que moi. Bien trop, mais là n’est pas la question. Je ne suis pas là pour me remettre en question. Je suis Liam. « Tu as fini ? » Je reprends ses propres mots en les tournant en dérision d’un sarcasme moqueur. Je me dégoûte. Mais c’est moi, c’est moi qui parle. C’est Liam qui parle. C’est une entité difforme. « Pour commencer… » Là encore, ses propres mots trouvent refuge entre mes lèvres. « … bien que de toute évidence ton ego soit clairement disproportionné vis-à-vis du mien, je vais te demander de faire un effort et de baisser d’un ton. Loin de moi l’idée de me croire une pièce indispensable d’un Gouvernement peuplé de pions, tous aussi éjectables les uns que les autres, je sais où est ma place, tout comme toi. » Liam, inspire moi, je ne suis pas doué pour les longs discours. « Je ne sais pas exactement à quel moment la sénilité t’a fait perdre le sens des réalités, mais de toute évidence, tu me prends pour ce petit frère qui a eu la brillante idée non seulement de venir se jeter dans la gueule du loup mais en plus de venir armé pour me tuer et qui n’a même pas été capable d’aller jusqu’au bout. Brillant comme plan… en effet, à ma place, je ne lui donnerais même pas deux heures. » Je me force à m’asseoir, je me force à me rendre compte, aussi, que devoir lever le menton pour le fixer n’est en rien une marque de faiblesse. C’est au contraire le comportement du roi qui est sur son territoire et qui fixe l’intrus. « Mon jeu de rôle comme tu dis, n’est pas fini. Parce qu’il n’y en a pas. Et je te ferai la grâce de ne pas me moquer de ta paranoïa psychotique si tu daignes ouvrir les yeux et faire marche arrière. T’entends-tu parler, Armstrong ? » Intérieurement je m’applaudis pour m’être retenu de chanter. « Avoir un anti-gouvernement comme voisin, tu pourrais consentir, m’éjecter de mon poste… non seulement tes propos sont pathétiques, mais plus tu t’obstines à être ridicule, plus tu perds en crédibilité. » Il faut que je me taise, parce que je commence à être à court d’inspiration. Je suis Liam mais j’ai pas sa verve. Je suis Liam, mais je n’ai pas son intelligence.

Juste une formidable capacité à être lui, à paraître lui, à sembler être lui jusqu’au moment où je me révèle être lui. « Je t’ai laissé te gargariser de tes capacités de déduction parce que ça ne me semblait pas psychotique mais pitié, Armstrong, stop. Tu t’enfonces là. Un peu plus, et il faudra t’éjecter de cette place que tu occupes, grand-père. » Hum. J’aurais en effet dû me taire un peu plus tôt. Parce que ça, je ne suis pas sûr que Liam l’aurait dit s’il avait été à ma place. Pensé, c’est sûr. Mais…

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MessageSujet: Re: Dr Jekyll and Mr Hyde [NOLWIN]   Ven 16 Juin - 17:50

Vivre ou mourir. L’éternelle question. L’éternel mystère. Pour certains, les deux voies ont été arpentés pour se finir dans un dangereux tourment, transformant ce que chacun avait construit, détruisant chaque croyance, chaque bout d’avenir. Pour d’autres, le mystère restait entier et peut être bien, plus ardent que par le passé. Que peut-il exister aujourd’hui derrière ce fameux dernier soupire ? Des êtres revenus d’entre les morts, nombreux peuvent craindre le retour dans cet enfer ou pire, craindre ce qui peut exister après ça, à la place de ça. Pour les autres, il suffit de connaitre l’un des revenants pour toucher du bout des doigts les contours de ce que la mort pourrait apporter. Windsor est assez…frileux sur le sujet. Par soucis d’honnêteté, une autre mort est probablement sa plus grande crainte et la simple évocation de cette mort active des mécanismes de défenses internes. Il le sent parfaitement en lui mais ne montre aucunement cette crainte sourde, cette pensée morbide, folle, destructrice. Le mystère reste présent, en fin de compte. Lui, Nolan, Liam, personne ne sait ce qu’il se passe. Déterminer si Liam mérite ou non de mourir. Déterminer si Liam a une plus grande importance mort ou vif. Déterminer quelle arme utiliser pour quelle raison. Déterminer comme auparavant. Windsor n’a pas l’intention d’abandonner entièrement sa quête de pouvoir, de légitimité pas plus qu’il ne laisserait quoique ce soit entraver ses desseins d’ascension, de stabilité au sein de ce nouveau monde. S’il a bien conscience que sa dernière rencontre avec Marie a entamé certaines de ses convictions et un de ses objectif, il n’en est pas moins moins déterminé à enrailler tout obstacle à son assise. Il ne réfutera pas sa cruauté et son absence de conscience humaine pour celles et ceux qui grouillent dans les bas fonds. Il n’est pas comme eux, qu’importe ce qu’il a dû être amené à faire par le passé. Et si Liam s’enfonce dans cette bassesse doit-il s’abaisser à agir pour l’aider ? La réponse apparait sans sourciller : non. Aucune once de culpabilité ne peut traverser son esprit tant il est persuadé que Liam aurait le même discours. Ce n’est pas pour rien que ce jeune homme ait si vite grimpé dans son estime. Il est tout l’inverse de son frère…

Ou peut être pas. Le ministre ne perd pas une miette du changement qui s’opère face à lui. Il ne parle pas pour parler et son regard n’a pas raté la détermination qui est née chez son vis-à-vis. Les paroles de son presque collègue bousculent le ministre et parviennent presque à ébranler son masque de certitude. Il doit l’avouer, soudainement, les deux visages semblent s’accommoder à la perfection. Il entendrait presque la voix de Liam. Combien de fois a-t-il eu le plaisir d’assister aux joutes verbales de son poulain ? Celui-ci avait la pugnacité nécessaire à s’asseoir sur un grand pan de la société. Liam était une aubaine et un risque à conserver près de soi, ce que Windsor fit sans une hésitation. Aujourd’hui, aujourd’hui il assiste à la naissance de son ombre. Etonnamment, son intérêt pour ce frère caché s’accentue à chaque parole prononcée dans cette juste attitude Wigginesque. Le frère n’est plus seul dans la pièce. Quant à savoir quel frère gouvernait l’autre à cet instant, c’était une tout autre question. Une question dont il a cure, pour l’instant du moins.

Le silence s’installe entre les deux ministres. Windsor ne savait pas lui-même quoi répondre ce qui relève de l’exploit dont l’ombre devrait se satisfaire. Le ministre, lui, sait saluer un effort étonnant alors… alors il hoche la tête en pinçant légèrement les lèvres. « Bien. » Il hoche la tête de nouveau et se redresse dans son siège. Petit temps de pause durant lequel Windsor jette un regard transversal à la pièce puis il se lève en prenant appuie sur les accoudoirs de son siège. Une fois sur ses deux jambes, il referme les pans de sa veste et sourit à son vis-à-vis. « Il semblerait en effet que j’ai eu tort, non sans me déplaire, je trouve cela assez… revigorant. Ce type de surprise ne m’est pas nauséabond ou déplaisant je dois dire… » Le hoche la tête, et se détourne non sans avoir bien détaillé la réaction de ce faux ministre et se dirige vers la porte. Toutefois, avant de l’ouvrir, il reprend la parole. « Je vais beaucoup apprécier ces prochaines semaines, il semblerait que j’ai sous-estimé tes talents de Caméléon ou… ton amour pour ton frère. » Nolan est bien déterminé à faire aboutir cette comédie et pour se faire, il a visiblement des ressources enfuis en lui dont lui-même n’était pas au courant. C’est intéressant. « Cependant, il serait malvenu que tu tentes de nouveau cette impétuosité avec moi. Je ne suis pas qu’un « grand père » aux verbes anciens. Je suis sûr que tu sauras me trouver si votre plan ne fonctionne guère…. » Il ouvre la porte. « En attendant, passes mes amitiés à ton frère. Dis lui bien qu'il a caché un être doué d'un talent non négligeable sans même s'en rendre compte. »

Spoiler:
 

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