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 Crystalised || Mikkel

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: Re: Crystalised || Mikkel   Lun 20 Nov - 22:27


« Crystalised »



 
Mikkel & Lazlo
featuring
Ce n'était peut-être pas bien de me coller à lui de cette manière ou d'enfouir mon visage contre son cou. Pas bien ni normal, pas pour des amis. Pourtant, mon esprit s'engourdissait peu à peu sous l'effet de ces pillules étranges qui dissolvaient mon anxieté jusqu'à la rendre moins douloureuse. La crise d'angoisse qui comprimait mon coeur dans un étau devenait progressivement moins rude, desserait son emprise pour me permettre enfin de respirer librement. Sous le préau de tôle, nous étions protégés du vent, enfoncés dans les coussins et les couvertures qui offraient à cette alcôve une douceur agréable. Les lueurs des grosses bougies étaient les seules à éclairer les lieux, dessinant des ombres mouvantes contre les canisses et les tissus. Je percevais néanmoins les alentours assez clairement et si j'ouvrais les yeux, la merveille du ciel étoilé me parvenait avec plus d'acuité que jamais. Quand j'étais dans ce genre d'état d'esprit, plus apaisé, je parvenais à apprécier la beauté de mes dons, dans un mélange d'étonnement et de plaisir. Cette malédiction n'apportait pas que douleur et honte, ce n'était pas que du négatif... Je n'étais pas qu'une créature cauchemardesque soumise à un sorcier mystérieux au dessein inconnu. Lazlo aurait quand même fait une drôle de tête en me voyant avec un costume de chacal pour Halloween...

Mais non, je n'aurais pas préféré sortir ce soir. Je me moquais bien des autres gens et j'étais trop fatigué pour danser. Surtout, je n'aurais eu aucune envie de me contraindre à m'éloigner de Lazlo, à conserver des distances plus pudiques ou simplement à partager la soirée avec d'autres que lui. Tant de nuits s'étaient écoulées dans la douleur et la peur, à le savoir souffrant, à le croire mort. Les sanglots et les larmes que je lui avais fait verser ne quittaient pas mes pensées, restant en image de fond dans mon esprit. Pourtant maintenant il délirait joyeusement et j'avais envie de sourire. Oui, on était sur la même planète et dans cette dimension duveteuse, la souffrance se faisait oublier comme si elle était soudainement bien loin de nous.

J'inspirais une bouffée de l'odeur de Lazlo, percevant son contact dans mes cheveux et ce baiser perdu, dans un frémissement léger. Les arabesques contre mon bras me firent sourire un peu, mais je n'y répondis pas tout de suite. Je ressentais avec intensité ce que je venais de lui confier, sous couvert de dérision. La confiance que je lui vouais était fondamentale, aussi solide que le contact naturel du sol sous mes pieds. Parce que j'étais conscient de ses valeurs, de son courage et de sa force mentale. Parce que je savais qu'il était un être rare, un diamant étincelant dans cet univers de corruption et de malveillance où le chacal teigneux que j'étais se complaisait avec cynisme. Lazlo se battrait jusqu'à la mort pour sauver un ami, il lutterait contre ses peurs les plus abominables, au mépris de sa propre sécurité, comme il l'avait fait dans les arènes. Il était comme ça, un joyaux à l'état brut. Et il était aussi chaleureux et réconfortant qu'une île quand il m'entourait de ses bras, sans même que j'aie besoin de m'exprimer. Pourtant, ses mots contre mes cheveux me plongèrent dans un océan d'incertitude alors qu'à la fois, je ressentais des frissons papillonner dans mon ventre. Que voulait-il dire par là... ? Je n'osais pas le lui demander, même si mes questions brillaient dans mon regard grisé.

Tu ne voudrais pas partir explorer quoi que ce soit sans moi ? Tes mots me perdent, ils m'inspirent un plaisir volatil, quelque chose d'aérien qui me rend plus léger mais à là fois, une incompréhension vaguement troublante, au point que tu m'en coupes la chique, t'as vu ? C'est que... Je ne sais pas quoi dire, mon pote, quand tu me regardes comme ça...

Mon ami, mon meilleur ami. Je restai muet en le regardant, il s'était détaché de moi pour mieux trouver mes yeux et je sentis une vague de chaleur me recouvrir sous son regard couvant. Peut-être n'avais-je pas envie de comprendre, peut-être que je ne me le permettais pas. Mais je n'avais pas envie de briser ce silence entre nous, me nichant dans la caresse de son regard qui m'enrobait. Son geste contre ma tempe accrut davantage mon trouble, sans que je parvienne à articuler le moindre son, répugnant à rompre l'instant. Je savais que j'aurais dû dire quelque chose, lancer une vanne, un truc débile, une connerie pour rendre ce moment moins grave. J'aimais son regard, et même si je ne voulais en décortiquer les émotions qui y planaient, je les trouvais belles dans ses yeux.

Quand il m'enlaça, je fermai les yeux instinctivement, fondant contre ce baiser dans un plaisir confus. Nous étions des amis mais aussi des amants, on s'embrassait souvent, nos manières chaleureuses n'étaient pas rares et pourtant cette fois, il me semblait que ce n'était pas la même chose... Lorsque nos yeux s'ouvrirent à nouveau pour se rencontrer, mes opales dilatées vacillaient dans un scintillement fébrile. Mes bras échouèrent contre sa taille, presque par hasard, tandis que mes paupières s'abaissaient sous la caresse de son front, l'écoutant chuchoter contre mes lèvres. Je pouffai doucement à ses histoires de chauve aigri, lui répondant dans un souffle.

« On emmerde Ground Control... »

En vérité, j'emmerdais le monde entier, qu'ils aillent tous se faire foutre les aigris, les jaloux, les censeurs puritains. C'étaient les battements du cœur de Lazlo qui me captivaient en cet instant, me poussant à rester étrangement silencieux sous les caresses de ses yeux clairs... Ce cœur meurtri, ce cœur blessé. Je les percevais avec force, résonner comme des coups de tambour alors que je frémissais sous l'insistance de son observation. Peut-être que j'aurais dû reculer, peut-être que j'aurais dû m'inquiéter. Ce n'était pas normal qu'il batte si fort. Pourtant, je reléguai au fond de moi ces craintes que le médicament rendait plus floues. Et je fermai à nouveau les yeux, les joues chauffées par la douceur de ses lèvres.

Lazlo avait monté son lecteur mp3 et même des baffles mais c'était sa voix à lui qui chantait contre mon cou. Et je n'avais pas envie d'écouter autre chose tandis que ses doigts reprenaient leurs tracés légers contre ma peau, ces caresses en forme d'arabesques qu'il dessinait toujours sur mes bras quand il avait envie de... certaines choses. Ses caresses me délivraient des frissons alors que le désir grimpait les échelons, dans un déferlement d'émotions. Il voulait qu'on décolle. Il voulait qu'on fasse l'amour sous les étoiles. Soudain, sans prévenir, ses mots précédents résonnèrent dans mon esprit, me filant le rouge aux joues alors que le sourire solaire de Lazlo s'allumait devant mes yeux. Un rictus troublé étira mes lèvres en réponse et je recueillis ses lèvres contre ma mâchoire dans un soupir alangui, glissant mes doigts dans sa chevelure.

« Y'as pas d'aliens ici, Laz, on est dans une zone certifiée sans risques... hors d'atteinte. » Un lieu protégé de toutes les misères du monde, autant des dangers concrets que des fêlures qui lézardaient dans nos crânes. Dans ce nid, à l'écart des regards, nos esprits anesthésiés par les cachets miraculeux, aucun danger ne semblait menaçant. « J'aime bien quand tu chantes... »

J'avais poursuivi d'une voix plus basse, inclinant la tête sous ses lèvres, les yeux mis-clos, comme un chat avide de caresses. Il aurait pu continuer à me fredonner des chansons toute la nuit, je me serais laissé bercer dans une semi torpeur, me perdant dans des songes éveillés en observant les étoiles briller au dessus de nous. On aurait bien pu se contenter de ça et le moment aurait déjà été parfait. Mais je ne pouvais ignorer les manières tactiles de mon ami dont la main audacieuse s’immisçait contre mon torse et m'inspirait des envies des plus impudiques : l'amener à la glisser sous ma chemise par exemple, ou bien plus bas, contre ce désir qui chauffait sous ma ceinture... Pourtant, mon esprit restait encombré par les doutes, bien que je me sentais bien moins agité grâce aux effets du médicament. J'aimais bien quand il chantait. Mais la chanson précédente avait été bien troublante, même si je savais que Lazlo planait à cause des drogues... J'ignorais si j'avais confusément envie de l'entendre poursuivre dans cette voie ou bien si je craignais de trop analyser le sens de ses paroles. Je cillai légèrement, baissant le regard dans une mine confuse. Je ne voulais pas dire non à Lazlo mais... Quelque chose était différent ce soir et si j'aurais été bien en peine de décrire en quoi, ça me donnait autant l'envie de foutre le camps que de rester.

« Proposition acceptée, Major Tom. » Impulsivement, j'accédais à sa demande d'un ton complaisant, sans même y réfléchir, haussant les sourcils dans un sourire mutin. « On oublie pas les procédures de sécurité, vérification des circuits, du niveau de pressurisation, l'oxygène, tout ça... » Je terminais ma phrase en me cachant contre sa gorge, le nez contre sa barbe blonde à l’affût de son pouls contre mes lèvres.

Ce matin encore, je m'étais laissé souiller par un gros porc qui s'était servi de mes lèvres comme exutoire. Les gens me traitaient de pute et peut-être que c'était vrai. C'était pas de ça que le Juge m'avait accusé avant de me forcer à voir un psychiatre ? "Il s'enfonce dans "une attitude d'opposition", la problématique s'est cristallisée sur la pulsion sexuelle comme espace social de valorisation narcissique." Je n'étais plus qu'un corps, sans que je n'éprouve rien qu'un vague dégoût ou au mieux, une terne indifférence. Pour moi-même, pour les autres. Ces derniers mois, je ne connaissais plus rien d'autre que des relations sordides et sales avec des amants brutaux ou méprisants, au point d'avoir presque oublié qu'il existait d'autres façons de faire. Au point même de me demander si Noah m'avait vraiment pris pour un sex-toy lui aussi. Pourtant, même si la dernière fois avec Lazlo remontait à bien avant que je ne devienne un chacal, il me semblait que c'était tout de même autre chose. Mais ce soir, cette ambiance qui se dégageait de ses baisers était encore différente. C'était pas juste pour le fun ou parce qu'on était des petits pervers qui aimaient se tripoter, c'était... différent.

Plissant les yeux dans un sourire, je repris d'une voix plus suave, toujours légère, amusée, presque superficielle. Avec Mikkel, on n'était jamais sérieux, pourquoi on le ferait. « C'est toi ou c'est moi le pilote en chef ? Si tu préfères prendre les commandes, c'est toi qui vois, faudrait pas qu'on se prenne une pluie d’astéroïdes sur le coin du capot alors j'compte sur ton talent pour tenir bien fort le manche... T'assures grave quand tu me pilotes, sexy major...» Dans un léger clin d’œil égrillard, je haussai doucement les épaules à ma connerie, retrouvant un sourire plus réservé.

Pardon d'être con, Lazlo, c'est tout ce que je sais faire. J'suis qu'un chacal roublard, tu sais, un pauvre chacal fatigué et drogué qui veut juste te serrer dans ses bras et plus jamais te relâcher.

Je me contentais de douces caresses contre ses longs cheveux, mes doigts s'y emmêlant et s'y tortillant, restant tout aussi proche de lui, mon corps détendu contre le sien. Mes muscles avaient perdu leur rigidité à présent que ma paranoïa s'était envolée, me laissant enfin plus serein. Je me rendais compte à quel point j'avais accumulé de la tension alors que cette vague de bien-être me délassait et me permettait de me défaire de cette crispation trop douloureuse. De son coté, Lazlo ne toussait plus et ma main glissa de ses cheveux pour atteindre son torse et y arrêter ma paume, la plaquant à l'endroit de son cœur avec prudence. L'envie de glisser ma main sous ses fringues pour sentir sa peau s’immisça dans mon esprit. Pas uniquement par désir de savourer son derme chaud ou de palper ses muscles mais aussi... par instinct. Je ne le conscientisais pas vraiment mais mon sens du toucher était bien plus délicat et je commençais à prendre l'habitude de vérifier les choses d'une autre manière que le faisaient les humains normaux. Comme un docteur armé de son stéthoscope aurait le réflexe d'écouter le cœur d'un malade, misant sur son savoir pour s'assurer qu'il allait bien. Avec précaution, mes doigts s'aventurèrent plus bas, l'interrogeant du regard pendant qu'ils s’immisçaient sous le t-shirt pour remonter doucement contre son torse.

Ce geste contre son cœur. Cette façon dont mon sosie illusoire s'était rapproché de Lazlo dans l'arène des sables me revenait à l'esprit. Si le cachet que j'avais pris me permettait de mieux gérer l'angoisse et la peine, je n'oubliais rien pour autant. Pendant que ma paume remontait doucement sous le tissu, je me penchai pour embrasser le coin de ses lèvres, avant d'ajouter, d'une voix douce.

« T'sais que tu chantes mieux que David Bowie ? Hé Lazlo... » Ma paume toujours chaude se posa avec précaution contre son cœur, percevant ses battements rapides. Mon autre bras entoura ses épaules pour l'étreindre doucement, le ramenant contre moi jusqu'à chuchoter contre son oreille. « J'm'en fous des gens, tu sais... personne m'empêchera de sortir avec toi si j'ai envie. Et les merdes qui m'arrivent, ce sera surement jamais à cause de toi, tout au contraire vu que... c'est juste quand t'es pas là que j'en ai... » Je reposai ma tête contre son épaule, restant comme ça un moment, les yeux fermés. J'aurais aimé pouvoir le protéger moi aussi, si j'en étais capable. Pourtant, malgré ce qu'il avait enduré aux arènes, malgré ses blessures, ses maux, son visage émacié et livide, j'avais toujours l'impression qu'il était beaucoup plus fort que moi. Beaucoup plus courageux. Mes lèvres se posèrent contre son cou. « Mais j'suis toujours prêt à décoller avec toi quand tu veux. » Parce que j'ai envie de toi, Lazlo.

Et sur une impulsion, un murmure me traversa dans un souffle.« T'sais que... » Je redressai la tête, mon regard se dirigeant vers ses lèvres. « T'es plus que... » Qu'un ami. Qu'un meilleur ami. Qu'un meilleur ami sexuel. « Plus que ça. »

Dans un soupir, mes lèvres se posèrent contre les siennes pour les happer dans un baiser léger puis les reprendre plus profondément. Les baffles ne fonctionnaient pas mais dans le silence de la nuit, les battements de nos cœurs résonnaient au même rythme.
 




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MessageSujet: Re: Crystalised || Mikkel   Lun 11 Déc - 16:18


Il n'était pas fort. Il ne l'avait jamais été, fort. Il était plus petit que la moyenne, sa carrure, bien que musculeuse, était plus fine que la majorité des armoires à glace qui l'avaient entouré à l'armée. Il n'avait jamais été fort, tant de caractère que de convictions, tant de corps que dans la violence de ses coups. Il n'était pas fort, jusqu'à trouver sa force. La sienne, celle qui faisait que son monde valait la peine d'y vivre, celle qui faisait tourner sa propre planète. Sa force, elle était là, contre lui. C'était ce regard un peu perdu, un peu incertain, qu'avait le Brun de la Discorde. C'était cette teinte cramoisie sur ses joues, que l'Oiseleur devinait entre la pénombre et la lueur vacillante qui émanait des bougies. C'était ce jeune homme qui, malgré ses attitudes bravaches et son impulsivité, lui avait donné cette force qui lui avait toujours fait défaut. Avant de connaître Mikkel, il n'était rien de plus que le capitaine ivre d'un bateau à la dérive. L'océan des injustices le portait, son esquif secoué par un ressac tenace sans réellement avoir de but. Puis Mikkel était arrivé. Puis Mikkel était devenu cette force qui animait chacune de ses pensées, chacun de ses pas, chacun de ses combats.
Elle était là, sa force. Ce n'était pas de lui qu'elle venait, ce n'était pas la sienne, pas tout à fait du moins. Elle était minuscule et si vigoureuse, revancharde tout en étant bien cachée. Il était là, le port où son esquif souhaitait s'amarrer. Tout, finalement, n'avait découlé que le plus naturellement du monde de cette conviction.
Avant, il s'étouffait avec sa violence, sa colère, son deuil. Puis Mikkel, sans même le savoir, lui avait réappris à respirer.

Comme un phare dans la nuit noire, il éclairait chacun de ses pas depuis des années. Il aurait pu se lover dans ses bras, laisser son regard sauter d'étoile en étoile, il aurait peut-être même pu chercher Venus ou la Voie Lactée. Mais il avait un spectacle autrement plus beau qui l'attendait. Ils avaient cru qu'ils le lui enlèveraient, ces connards de l'Arène, ils avaient presque réussi. Mais elle était là, sa force. Elle était dans ces moments complices, elle était dans ces instants où les ondes retrouvaient la même fréquence, irrémédiablement. Plus que n'importe quel remède ou n'importe quel sortilège, c'était de ça que Lazlo avait besoin. De cette vibration tangible dans l'air lorsque leurs lèvres s'étaient retrouvées. De cette voix, tout juste un murmure, qu'il entendait au-dessus de lui, alors qu'il s'engorgeait de son odeur. De cet esprit en rébellion perpétuelle, qui ne s'arrêtait que de rares instants pour souffler, et qui lui donnait toute la vigueur nécessaire pour poursuivre son combat. Pendant bien trop longtemps, il l'avait cherché, cet instant où se ressourcer. Il l'avait craint, aussi, à cause de l'Arène. Mais maintenant qu'il le retrouvait, rien n'était plus beau que la mélodie du cœur de Mikkel, là, dans cette veine contre lequel était blotti le visage de l'Oiseleur, qui tambourinait aussi fort que le sien.

Peut-être que la drogue d'Olivia ragaillardissait les sens, peut-être qu'elle étouffait la cruauté du monde, la violence de la douleur, pour être plus profitable sous certains aspects. Peut-être était-ce lui, aussi, qui avait changé, avec l'Arène. Peut-être que cette sensibilité dont il n'avait fait que preuve toute la soirée, aux antipodes avec l'image forte de valeureuse qu'il avait toujours montrée au brun, était une facette qu'il avait besoin de montrer. Celle d'un homme détruit, d'un homme misérable, rabaissé, humilié, blessé jusque dans ses fondements. Ils ne s'étaient jamais vus comme ça, de toutes les années qu'ils se connaissaient. Vulnérables. Il y avait bien eu des confessions, ils n'étaient pas meilleurs amis pour rien, mais jamais à ce point. Et peut-être que c'était juste, tout simplement. Juste qu'ils ne se cachent plus, juste qu'ils s'avouent mutuellement. L'Homme n'en est un que par sa propension à être humain. A trop rire de tout, à ne jamais pleurer, ils s'étaient créé une échappatoire bien trop simple. Bien trop superficielle.
Et pourtant, ils n'avaient pas fui. Pourtant, malgré toutes les mises en gardes, qu'elles soient verbales ou silencieuses, Mikkel ne s'était pas enfui. Il était toujours là, bien réel, contre lui. Ni une illusion, ni un rêve, ni un cauchemar. Et c'était tout ce qu'il lui fallait pour se remettre.
Tout avait l'air tellement plus simple, sous les étoiles.

Chanter avait été naturel, reprendre leurs habitudes d'enfants bien trop tactiles aussi. Ce n'était probablement pas la chose à faire, Lazlo n'était pas suffisamment guéri pour se permettre de faire des cabrioles ou de courir un marathon. Mais, ils avaient décidé de dire merde. Au monde. A Ground Control. Un sourire amusé creusant ses lèvres charnues, l'Oiseleur leva le menton, laissant son amant s'y blottir non sans un frisson agréable. Son meilleur ami. Le regard que ce dernier lui avait jeté en acceptant sa proposition avait été équivoque, enlevant un poids supplémentaire de ses épaules.

-Inspection des combinaisons, contrôles de chaleur des moteurs, vérification de la réactivité des manches et vidange potentielle du liquide de refroidissement, comme d'habitude, cela va de soi.

Partir. S'envoler. Toucher les étoiles du doigts et revenir. Elles étaient belles, les étoiles, mais ce n'étaient pas celles-là que l'Oiseleur comptait toucher. Jusqu'à ce que la voix de Mikkel ne résonne de nouveau contre son visage, alors que la main du blond, elle, s'était glissée sous son t-shirt pour effleurer son abdomen du bout des doigts.
Il s'arrêta. Juste quelques instants, parce que les paroles de son co-pilote n'étaient que trop vraies. Trop justes pour qu'il n'y réponde qu'au tac au tac, sans réellement y penser. Si le ton de Mikkel était joueur, il n'en avait pas moins soulevé une véritable question de logistique. S'il se sentait mieux, était-il judicieux qu'il perde sa santé en considérations bassement physiques, juste par un caprice de ses propres sentiments ? Le regard luisant, l'expression mutine qui se dessinaient sur les traits fins de son partenaire achevèrent de le convaincre. Oui. Oui, ça en valait la peine. Oui, ils avaient suffisamment souffert, suffisamment attendu, s'étaient suffisamment blessés mutuellement pour mériter de s'offrir ce caprice. Oui, il avait envie de Mikkel, et ce ne serait pas une blessure qui l'arrêterait. Pas alors qu'ils étaient enfin connectés. Pas alors qu'il retrouvait sa force, pas alors qu'il voulait, ardemment, remettre des couleurs dans les yeux de son meilleur ami.
Toute cette soirée n'avait été qu'un enchevêtrement de douleurs et de noirceur. Il était temps que cela cesse. Un haussement d'épaules, un sourire en coin alors qu'il sentait les nerfs de son amant se dénouer un à un sous ses doigts.

-Je sens à tes railleries que tu doutes de mes aptitudes à piloter, cher Space Cadet.

Feulement. Son ton amusé répondant au sien, avant que son regard s'abaisse vers les lèvres du brun, incapables de soutenir ses iris métalliques. En avait-il les capacités, la force ? Probablement pas. Ses dernières étreintes, il les avait passées avec une paresse résignée due à sa trop grande fragilité. Mais les battements abrupts de son cœur, dans sa poitrine, et la perspective d'arracher Mikkel à tous ses problèmes l'espace de quelques heures était bien trop douce pour ne pas être envisageable.
Il reposa un regard clair dans les mares métalliques du Russe. Cette étrange lueur qui y luisait sans qu'il ne sache s'il s'agissait seulement de gourmandise ou d'autre chose acheva de le convaincre.

-Et tu es le meilleur co-pilote que l'on pourrait souhaiter. D'où la confiance sans bornes que je place en toi pour reprendre le manche au cas où tu me verrais ne pas respecter le code de la route intergalactique. Ou si tu vois que je fatigue. Ce serait idiot d'atterrir sur la Lune alors que nous sommes deux pilotes hors pairs, en témoignent nos médailes.

Un aveu, confessé sous le ton du jeu, mais un aveu tout de même. S'il plaçait une confiance aveugle, démesurée, dans son meilleur ami, ce soir, c'était différent. Rien ne devait entacher leurs retrouvailles. Pas même sa faiblesse, qu'elle fusse momentanée ou temporaire. Parce qu'il le savait, que cette fois-ci serait différente. Que cette fois-ci ne serait pas placée sous le signe d'une luxure débridée, où toutes les inhibitions foutraient le camp. Cette fois-ci était différente, et s'ils avaient toujours été sur la même longueur d'ondes même dans ce genre de domaine, Lazlo espérait que son amant le comprenne. Ce n'était pas que sa confiance qu'il glissait dans ses paumes, ce soir. C'était tout ce qu'il était, ses forces, ses faiblesses, et son cœur qui se faisait la malle. Un saut de l'ange dans un gouffre inconnu, qu'il était tout prêt à faire pour peu que Mikkel le soit lui aussi.

Si tu savais comme je t'aime. Si tu savais comme c'est important pour moi. Si tu savais à quel point j'en crève, de vouloir te redonner le sourire.


S'abandonner. Lâcher prise. Un silence confortable s'instaura entre eux, qui ne souffrait aucune parole. Lové contre la chaleur de son amant, il eut la confirmation que tout se passerait au mieux. Juste un geste, juste une main glissée dans ses cheveux, contre laquelle il se laissa aller en fermant les yeux. Depuis gamin, il avait toujours aimé cette sensation. La main de sa mère qui ébouriffait ses mèches blondes quand elles devenaient trop longues, celles de sa sœur qui le brossait à chaque fois qu'ils devaient se montrer présentables. Celles de ses amants, qui tâtonnaient les quelques bribes de cheveux sur son crâne tondu, l'incitant à poursuivre ses génuflexions malgré le couvre-feu. Celles de Kay... Tristan, alors qu'il découvrait un monde capillaire qui n'était pas le sien. Celles de Maisy, quand elle s'amusait à lui faire des tresses. L'expression d'une multitude de messages, qui n'avaient pourtant qu'une seule voix : celle de la tendresse. Puis il y avait celles de Mikkel. Joueuses, électriques, tendres et sulfureuses. Habiles. Curieuses.

Il rouvrit brutalement les yeux en sentant les doigts de son amant glisser le long de son cou, pour finalement que sa paume se presse sur son torse. Sous cette paume, cette immonde blessure ovale qui l'empêchait d'exister. Un frisson glacial étreignit sa colonne vertébrale, alors qu'une bouffée d'angoisse montait dans ses poumons. L'Arène. L'Arène, tout autour de lui, des dunes de sable à perte de vue. Le colosse aux traits familiers, ses doigts de sable contre sa peau, hurlant sa haine avec la voix, avec le visage, de son amant. L'envie de fuir était trop forte, bien trop forte, avec cette paume contre son torse, avec ce cauchemar bien trop réel. La terreur qui dévalait ses veines, grondant dans tout son corps avec violence, était bien trop réelle. Cette saillie de douleur, imaginaire ou concrète, l'était bien trop elle aussi.
Mais il n'était pas à l'Arène. Sans le vouloir, ses muscles s'étaient immédiatement tendus au toucher, et il s'était reculé pour se soustraire à la sensation, ne laissant plus que le tissu de son t-shirt trop grand contre la peau de Mikkel. Son souffle était court. Il n'était pas à l'Arène. Non, il n'était plus à l'Arène. Lentement, les nerfs à fleur de peau, son palpitant bien trop réactif à cette terreur instinctive, il revint progressivement. Baissa un regard incertain vers le visage de son meilleur ami, et y croisa des yeux luisants d'inquiétude ainsi qu'une question muette. Ce n'était pas l'Arène, c'était Mikkel. Ce n'était pas le monstre de sable, c'était Mikkel. Ils étaient sur son toit, ils étaient en sûreté. Le Gouvernement et la douleur n'avaient pas leur place ici. Déglutissant avec difficulté, Lazlo finit par hocher la tête en silence, revenant de lui-même contre cette main tendue. S'abandonner. Pas seulement au plaisir. S'abandonner entièrement à la seule personne en laquelle il vouait une confiance aveugle.
Parce que c'était lui. Daniel avait tenté, lui aussi, par inquiétude, par curiosité certainement aussi. Lazlo s'était aussitôt emparé de son poignet pour le rejeter au loin, par instinct. Il lui avait fait jurer de ne plus retenter de toucher sa cicatrice, de ne pas insister de la voir. Mais c'était différent, avec Mikkel. Il n'était pas certain d'accepter de la lui montrer, pas dans l'immédiat, pas alors que ses membres s'étaient mis à trembler. Mais il comprenait son geste. Il comprenait ses interrogations silencieuses, dans son regard, cette distance dont il sentait qu'il la prendrait si Lazlo lui demandait d'arrêter. Reprendre le contrôle. Il n'était pas à l'Arène. Baissant la tête, les paupières fermées, il s'efforça de contrôler sa respiration. De calmer les battements chaotiques, terrifiés, de son cœur en miettes. A moins qu'il ne batte aussi fort qu'à cause de la douceur de son amant, toute en contraste avec le début de la soirée.
Respirer. Expirer. Se calmer. Respirer. Expirer. Se calmer. Ses mains étaient en suspension à côté de ses côtes, prêtes à arrêter la progression de celle de Mikkel sur sa peau. Respirer. Expirer. Personne d'autre qu'Olivia n'avait touché sa blessure, personne n'avait eu le droit. Il entrouvrit les yeux, cherchant le regard de son amant pour s'y raccrocher. La lente progression de ses doigts était un supplice. Sa blessure une honte, la preuve de son abdication face à un système qui n'avait jamais voulu d'eux. Mais il était là. Ce n'était pas le monstre. Il était là.
Il était là.

Un baiser au creux de ses lèvres, pour atténuer sa tétanie et ses tremblements. Par réflexe, l'Oiseleur avait de nouveau fermé les yeux, se concentrant sur la voix et la progression de la longue main du brun sur son torse. Il avait peur, oui. Pas peur de lui, mais peur qu'il voit réellement la marque cuisante de son propre échec. Une cicatrice ovale, qui se nichait à présent sous la paume de son amant. Il avait peur, peur d'avoir mal, peur de devoir mettre un terme à cette soirée à cause de son irresponsabilité. Mais il ne sentit rien. Rien d'autre que l'inquiétude de Mikkel. Rien d'autre que sa tendresse, alors que son Hé Lazlo lui faisait reprendre conscience du monde qui l'entourait. Un éclat de lumière dans la pénombre, comme à chaque fois que ces trois syllabes s'imposaient entre eux. Se laissant enlacer, il décida de battre en retraite. Fourra son visage dans les cheveux bruns, ses bras retrouvant un semblant de mobilité pour agripper ceux de son amant. Sentit son coeur manquer un battement alors qu'il se concentrait sur ses paroles, pour oublier la sensation de sa main sur sa blessure.
Il allait rétorquer quelque chose, n'importe quoi, pour ne pas avoir à avouer qu'il était touché. Emu par tout ce qui se passait, par son geste, par ses attitudes. Par cette protection qu'il lui offrait, par ce pilier qu'il était auquel il pouvait s'accrocher. Il s'était même extirpé de ses cheveux pour chercher ses yeux du regard, les joues légèrement cramoisies.
Mais il n'en eut pas le temps. Parce que Mikkel venait de dire quelque chose de bizarre.

Et, en quelques mots, son monde qui partait en éclats. Des fragments de rires, des fragments de joie, des poussières d'amour éparpillées aux quatre coins du toit, portés par la brise. Son coeur qui tambourinait alors que leurs lèvres se retrouvaient, sans que l'Oiseleur n'ait pu dire ou croire quoi que ce soit d'autre que l'évidence. Fragments de doutes, fragments de solitude, tout partait en fumée. Il n'y avait que cette chaleur bourdonnante dans sa poitrine qui émanait de la main de Mikkel, il n'y avait que ce baiser plus profond auquel il répondit jusqu'à se perdre. S'il ignorait quel était le point de comparaison de ce "plus que ça", il s'en foutait éperdument. Le soleil était revenu baigner les contrées glacées par la peur qu'était son esprit. La chaleur reprenait ses droits, la certitude terrassant le doute alors que l'Oiseleur s'abandonnait à ses lèvres.

Plus que ça. Elle était là, sa force. Elle était là, sa Cause. Dans l'intensité qu'il ressentait aux tréfonds de chacune de ses cellule. Dans ce baiser différent de ce à quoi il s'était habitué de la part du brun, résonnant d'une tendresse confuse. Différent, autant que bizarre. Mais tout sauf désagréable. Parce qu'il avait un soupçon de réponse. Ce n'était pas grand chose. Ce n'était pas rien. C'était suffisant pour vouloir vivre, suffisant pour vouloir combattre, suffisant pour vouloir reprendre au monde ce qu'il lui avait volé.
Parce que cet homme, qui disait des choses aussi cheloues que déraisonnables, il mourrait pour lui. Il le savait, au fond. Mais c'était un sacrifice qu'il était plus que prêt à faire, maintenant qu'il savait. Aussi certain que les battements qu'il sentait sous la main qu'il avait posée sur son torse. Aussi certain qu'il ne respirait vraiment que quand ils étaient ensemble.
Il n'y avait pas besoin de mots, en réalité. Juste de répondre, de reprendre ses lèvres, de raccourcir la distance entre eux. De retrouver sa chaleur en lui offrant la sienne, de remettre toute sa confiance dans cette main encore posée sur son coeur. Au terme de plusieurs minutes à savourer ses lèvres, il les relâcha à contrecœur. Ses joues étaient brûlantes, et le regard qu'il posa au fond des iris métalliques du brun luisait d'un bonheur indéfinissable.

-Tu dis des trucs chelous, mais ça m'plaît bien, en vrai...

Hé Mikkel, ce serait bien que tu arrêtes de jouer avec mes émotions comme ça. Parce que je t'aime. Parce que j'ai l'impression, des fois, que toi aussi, surtout quand tu dis d'aussi belles choses. Je te connais, je sais que tu vas tenter une fuite à l'anglaise. Mais sache que je n'oublierai pas cette soirée.
Un murmure contre ses lèvres, pour éviter d'en dire d'avantage. Pour éviter de gâcher le moments avec d'autres paroles trop abruptes, pas alors qu'ils entraient main dans la main dans un tout nouvel univers bien à eux. L'instant était trop fragile pour le bousiller bêtement. Même Lazlo était capable de le réaliser.
Tout comme il était conscient de la rougeur de ses propres joues. Tout comme il était conscient de la vague de désir qui avait transcendé son corps sous l'intensité du baiser. Se fendant d'un sourire radieux qu'il n'arrivait pas à contenir, il dégagea une main pour la glisser sous son t-shirt.

-A dire des trucs pareils, tu vas me faire décoller avant même qu'on ait fait tous les tests d'usage. On part droit à la catastrophe, à ce rythme !

Mikkel avait toujours eu ce don, chez lui. De le faire courir à la catastrophe. Mais étrangement, ce soir plus que jamais, Lazlo était prêt à faire le bond les yeux fermés.
Yeux qu'il avait, de toutes façons, déjà fermés alors qu'il reprenait les lèvres de son amant dans un baiser équivoque. Il avait tant de choses à lui avouer, tant de sentiments qui restaient en suspens dans cet instant de magie partagé, et qui le resteraient encore. Ils resteraient tous les deux dans cette impression de flottaison, cette anti-gravité, mais ils seraient ensemble. Perdus dans l'espace, main dans la main. Lentement, tout en savourant les lèvres du brun, il ne résista pas plus longtemps à l'appel de sa chaleur et se nicha au creux de ses cuisses. Ses mains cherchèrent celles de son amant pour entremêler leurs doigts, alors qu'il relâchait ses lèvres pour mieux les reprendre. Il finit par les délaisser pour effleurer sa joue puis sa tempe de sa barbe, déposant quelques murmures au creux de son oreille.

-Merci d'être venu, ce soir... Tu n'imagines même pas à quel point je me sens mieux grâce à toi...

Hé Mikkel, je t'aime. Il n'y a que toi, et toi seul, qui parviens à ce type de miracles. Il n'y a qu'avec toi dans ce monde dévasté que j'ai envie de construire quelque chose.


-...D'autant que notre navette spatiale peut pas se conduire sans toi. Y'a que toi qui as le double des clés.

Il n'y avait qu'avec lui qu'il avait réellement envie de décoller. La joie profonde qui résonnait dans tout son corps se manifestait dans sa voix, il le savait. Toute sa tendresse, tous ces sentiments qui prenaient bien trop de place s'échappaient dans son chuchotement. Mais c'était vrai, tout ça. Aussi vrai que le rythme fracassant de leurs cœurs. Aussi vrai que la chaleur sourde qui envahissait progressivement son bassin, autant que ses sens.
Relâchant sa tempe, il finit par se redresser. Qu'il était beau, le Brun de la Discorde, ses joues cramoisies et son regard d'acier luisant avec cette lumière qu'il ne lui connaissait pas. Qu'il était beau, dans ses forces, dans ses faiblesses, dans son caractère imprévisible et ses crises de solitude. Qu'il était beau, dans sa douleur et dans sa joie. L'Empereur de son Royaume. L'Astre de ses Nuits.

-Space Cadet, je crains que ta combinaison ait un évident problème d'étanchéité. Pour ta sécurité, je te conseille de l'enlever en entier, histoire qu'elle puisse être envoyée au contrôle !

Et histoire qu'ils puissent en profiter pour rouler dans les couvertures, et faire pâlir les étoiles.

-Et pour faire preuve de ma bonne foi, et éviter que notre expédition soit vouée à l'échec, je consens à faire de même.

Adressant un sourire complice à son co-pilote, Lazlo pencha la tête en avant et tira sur le col de son t-shirt pour l'enlever. Avant de marquer un temps d'hésitation. Le nez dans le tissu, il inspira profondément. Tristan ne l'avait pas vue. Daniel ne l'avait pas vue. Maisy ne l'avait pas vue. Lui-même ne la regardait que difficilement, et le moins possible. Une expiration. Il pouvait le faire. Pour Mikkel, il pouvait le faire.
Ses mains tremblaient quand il jeta son t-shirt dans les couvertures. Sa honte s'étalait sur son torse, ovale, cicatrisée mais encore rosâtre en son centre. L'envie de reprendre aussitôt son vêtement pour le remettre lui rongeait les nerfs. Il détourna le regard, incapable de soutenir celui de son amant. Murmura d'une voix basse :

-Elle est moche hein ? ...

Pendant un bref instant, il s'était senti suffisamment brave pour supporter le regard de Mikkel sur sa saloperie de cicatrice. Mais maintenant, il se sentait misérable. Et pourtant, il baissa les yeux vers le Brun de la Discorde. Chercha son aval, son soutien, quoi que ce soit qui ne lui donne pas envie de foutre le camp.
Il lui avait donné la force, avec ses paroles bizarres. Mais il n'était clairement pas encore assez fort pour s'assurer que ce n'était pas si grave, qu'il était encore vivant. Que Mikkel ne le rejetterait pas.

-... Je peux remettre mon t-shirt si tu préfères...




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MessageSujet: Re: Crystalised || Mikkel   Jeu 25 Jan - 23:23


Donne-nous ton cœur. Le hurlement avait résonné dans le silence, ses échos dévalant le long des collines de sable pour s'écraser en rafales sur le corps du jeune soldat. Sous les paroles accusatrices de ceux qu'il aimait, il avait baissé la tête, terrassé. Lui qui s'était toujours montré si combatif, éternellement insoumis, lui qui avait toujours été le symbole de l'espoir inaltérable, lui qui fonçait tête baissée vers le danger avec un sourire volontaire. On avait vu les larmes couler sur son visage, on l'avait vu abandonner la lutte. Ses grands yeux d'un bleu si pur s'étaient remplis de douleur mais il n'avait pas tenté de se défendre. Il était resté là, offert en pâture à ceux qui le jugeaient si cruellement, il n'avait pas bougé d'un cil. Jusqu'à ce que son cœur lui soit arraché.

Sans l'effet réconfortant des pilules magiques, l'émotion m'aurait submergé et je n'aurais sûrement pas pu lutter contre, je me serais effondré en chialant comme un gosse en voyant le regard de Lazlo. Ce regard là. Celui d'un innocent qui se savait condamné et qui levait les yeux vers son bourreau sans la moindre rancune, sans la moindre malveillance. Un regard où seule la peur s'inscrivait, cette angoisse indicible qui faisait trembler son corps entier, le raidissait et le rendait si fragile. Dans sa réponse silencieuse, je recevais trop de révélations, bien trop pour ne pas en être profondément bouleversé. Dans sa manière de s'exposer, de se livrer à ma paume malgré toute la terreur et la souffrance que ça lui inspirait, d'accepter de me laisser faire n'importe quoi au risque de le déchirer encore.

Contre mes doigts légers, je sentais la chaleur de son corps, la douceur de sa peau frémissante et secouée des battements si puissants de son cœur. Je ressentais avec intensité les moindres secousses qui l'habitaient, les plus infimes variations de chaleur, je ressentais la manière dont son sang était propulsé dans ses veines et l'air qui gonflaient ses poumons douloureux. Autant de détails qui me parvenaient tous en même temps dans ma quête insensée. Une recherche motivée par un besoin primordial de partager la souffrance de Lazlo. Je voulais la connaître, je voulais me l'approprier, je voulais la posséder complètement dans l'espoir aussi confus qu'irréaliste de l'en décharger. Et si la chose était impossible, alors je le garderais entre mes bras pour qu'on ne forme plus qu'un seul corps, une bulle de protection où plus jamais personne ne pourrait l'atteindre, pour qu'il soit camouflé dans mon étreinte et que je lui serve de rempart contre le monde entier. Qu'est ce que j'en avais à foutre des autres, moi ? Mais rien, Lazlo, rien, parce qu'en vrai j'en ai rien à foutre de personne, sérieux, sauf que toi tu...

T'es plus que ça. Et le chacal aurait pu dévorer cette proie trop délicate qui s'était offerte à lui avec trop de candeur, comme un petit oiseau au rythme cardiaque si rapide qui tremblait dans son étreinte. Mais si je l'embrassais avec tant d'intensité ce n'était pas uniquement parce qu'il avait allumé mon appétit, pas uniquement parce qu'il était tellement cute que j'avais envie de le bouffer, pas uniquement parce que mon beau pilote major me faisait fantasmer par son assurance à prendre les commandes. C'était tout cela à la fois et plus encore. C'était peut-être cette sensation de planer plus haut que les étoiles qui brillaient au dessus de nous. Cette sensation qui me donnait l'envie de larguer les amarres et me laisser aller pour mieux la savourer pleinement, avec toute l'extrême puissance dont j'étais capable. Parce que le bonheur de sentir Lazlo bien vivant entre mes bras était si étincelant qu'il illuminait les zones d'ombres de mes émotions, celles que je préférais dissimuler autant aux autres qu'à moi-même. Au point de dire des trucs chelous...

Contre mes lèvres, le murmure de Lazlo me fit frissonner, dans un mélange de gêne et d'envie de sourire. Incapable de rétorquer quoique ce soit d'intelligible, je me contentai d'un froncement de nez sceptique et d'un grommellement. « Genre, je dis des trucs moi ? Quels trucs ? Mais pas du tout, y'a rien de chelou. » Ce n'était pas facile de maintenir un air boudeur devant le regard lumineux de Lazlo et son sourire si magnifique. Même si j'en avais vraiment eu envie, je n'aurais pas réussi à retenir mes lèvres de s'étirer elles-aussi, de façon si naturelle que j'avais la sensation que tous les atomes de mon corps avaient envie de sourire. Une envie que je ne retenais plus, dans un rire qui m'échappa à ses mots suivants, sans que je ne cesse de soutenir son regard. Peut-être que j'aurais dû essayer d'y échapper, tenter une esquive, empêcher Lazlo de remarquer qu'il m'embarrassait avec ses conneries. Mais tout ce que je parvenais à faire, c'est glousser bêtement comme un sale gosse vicelard avant de retrouver ses lèvres dans un soupir d'envie. Me perdre dans ce baiser était la seule chose à laquelle je pensais, oubliant toutes les angoisses, la méfiance ou le malaise qui auraient pu m'agresser. Enfin, après cette soirée si bouleversante, plus rien ne se mettait entre nous pour nous empêcher de profiter du moment présent. Ramener Lazlo plus près entre mes bras, entre mes cuisses, pour m'accrocher à lui et entrelacer mes doigts aux siens, c'était tout ce que je désirais, mon visage ployant contre le sien, toujours avide de caresses.

Les paupières closes, je me laissais bercer par ses murmures, me plaisant à croire qu'ils étaient vrais, sans même penser à les contredire. Mon cœur papillonnait d'une joie trop pure, à l'idée d'y être pour quelque chose dans le bien-être de Lazlo. Je n'étais plus celui qui lui avait fait du mal, celui qui l'avait fait pleurer, celui qui lui avait gueulé dessus, celui qui avait semé le chaos dans son appartement en bousillant ses sentiments au passage. Je n'étais plus ce montre des sables à qui Lazlo avait offert son cœur et qui l'avait écrasé entre ses mains avec tant de mépris. Moi, j'étais le type qui avait le double des clés. Et ça, c'était quand même pas rien du tout...

Rouvrant les yeux pour le suivre du regard, je le vis se redresser devant moi et me contempler comme il ne l'avait jamais fait auparavant. J'avais toujours aimé me sentir couvé par le regard de Lazlo, percevoir le désir dans ses yeux, me sentir exister, me sentir spécial, me sentir important. Peut-être que jusqu'ici, je me concentrais trop sur moi-même pour me rendre compte que son regard dégageait tant de profondeur. Que ce n'était pas celui qu'on pose sur une belle plante ou sur un paon qui se pavane avec ses plumes multicolores. Que c'était peut-être aussi, plus que ça pour lui. J'avais pas envie de me pavaner. Il ne me venait pas de rictus insolent, de clin d’œil gouailleur ni de répartie mutine à lui renvoyer. Peut-être que ce soir, les pilules miracles de Lazlo m'épargnaient le besoin de me cacher sous une multitude de masques ou de jouer un rôle, ni même de prendre la pose. Ou peut-être que c'était lui, qui avait toujours réussi à me regarder vraiment. En cet instant, il n'y avait rien pour déguiser mon sourire, ni voile de légèreté ou de séduction. Juste les véritables émotions sans artifice.

Mes yeux se plissèrent dans un sourire joyeux à son annonce et je me redressais sur mes genoux, trop empressé de lui obéir. Avais-je seulement jamais mis les freins à une demande pareille de la part de mon capitaine ? A poil Mikkel ! D'accord. « J'ai toujours dit que tu étais le plus pervers – pardon- le plus attentif des inspecteurs de sécurité ! Je compte bien faire honneur à la réputation de notre équipe, alors je ne ferai pas dans la demie-mesure et j'balance absolument tout. Ça te permettra de vérifier si la radioactivité n'a pas encore corrompu mon corps, faudra bien regarder partout mais j'te fais confiance, major-chef! » Certes, les conseils d'un supérieur n'étaient jamais à négliger, surtout dans des missions aussi périlleuses ! Tout en parlant, j'avais commencé à me désaper avec enthousiasme, enlevant mon t-shirt pour le lancer par dessus ma tête avant de me préparer à me remplir les yeux du strip-tease du major en question suivi le plaisir encore plus délicieux de le tripoter. Pourtant, quelque chose semblait le coincer. Avait-il un alien, logé sous sa combinaison ? J'allais lui proposer galamment de l'aider avant de m'immobiliser. Je cillai doucement en m'apercevant que Lazlo ne déconnait pas.

Son mouvement s'était arrêté, l'espace de quelques secondes. Quand sa tête émergea de sa prison de tissu, son sourire avait disparu et je le regardais un léger moment, sans comprendre pourquoi son geste me paraissait si désenchanté. Il y avait eu comme de la résignation dans sa manière de jeter son t-shirt, comme si soudainement la magie avait pris fin et que notre si belle ambiance retombait. Est-ce que j'avais fait quelque chose de mal... ? Une vague inquiétude me fit froncer les sourcils. C'est alors que je la vis. Sa cicatrice n'était pas une illusion. Elle déchirait sa peau claire en une meurtrissure ovale, comme pour nous rappeler la cruauté de la réalité. Quand je relevai le regard vers le sien, le désarroi habitait ses prunelles, bien trop tremblantes, au point de s'arracher à moi. Doucement je glissais sur mes genoux pour venir vers lui, essayant de trouver ses yeux qu'il me refusait. Sa voix était si basse et surtout tellement remplie de peine qu'elle me glaçait. La peur était revenue se loger dans les yeux clairs de Lazlo qu'il baissait enfin vers moi, une peur si profonde, si viscérale qu'elle me prit à la gorge et m'empêcha de répondre immédiatement. Moche ?

« Oh... »

Sa demande me déconcertait, autant que sa formulation, tandis que je le fixais d'un regard interrogatif, agenouillé devant lui. J'en voyais tous les jours des cicatrices à l'hôpital, cela faisait bien longtemps que la vision de blessures, de mutilations ou de balafres ne me choquaient plus, pas vraiment. Mais bien-sûr, ce n'était pas la même chose puisque ce n'était pas la blessure d'un inconnu sur laquelle je posais le regard. C'était le corps de Lazlo qui avait été malmené, lacéré, mutilé... Je me pinçai les lèvres. Constater le symbole de sa souffrance me hérissait, dans un mélange de colère et de tristesse. Le voir souffrir m'était si intolérable que j'avais presque la sensation de sentir la même douleur contre mon propre torse. Comme si cette cicatrice labourait ma peau autant que la sienne. Mais que je souffre pour lui ne lui serait d'aucune utilité. J'hésitais un très bref instant. Est-ce qu'il voulait que je lui donne mon opinion, en tant que brancardier ? J'avais pas trop l'habitude qu'on me demande mon avis, vu que je n'étais même pas aide-soignant, je ne faisais que transporter les gens moi, et on me le rappelait bien souvent. Mais Lazlo ne m'avait jamais considéré comme un con, lui.

Troublé dans mes pensées, j'examinais sa cicatrice, essayant de mettre de coté toute la douleur qu'elle ne manquait pas de raviver dans mon propre cœur. Encore une fois, les médoc de la drôle de doctoresse de Lazlo m'y aidaient assez pour que je puisse me concentrer et essayer de donner un avis le plus professionnel possible à Lazlo, cherchant mes mots avec soin. L'envie de ne pas le décevoir me motivait tout autant que la perspective de lui offrir un avis correct. Sa cicatrice n'était absolument pas laide, tout au contraire, elle était vraiment très belle. Il n'y avait pas de boursouflure, ni d'infection et... c'était quoi l'autre mot déjà 

« Ben, elle est pas cheloïde et euh elle est peut-être bien un peu hypertrophique mais t'sais c'est... Quoi ? »

J'étais tellement concentré à jouer à docteur Mikkel que je ne m'étais pas aperçu tout de suite de la suite de sa phrase. Peut-être que la came m'avait renvoyé si loin au pays des bisounours que ça me rendait trop confiant. Et l'inquiétude me revenait en rafale alors que je prenais à nouveau conscience de cette voix si effrayée, de ce ton fragile et blessé avec lequel il me proposait de remettre son t-shirt. Comme si je ne voulais pas le voir, comme si j'allais être... dégoûté ? Mes yeux s’écarquillèrent et je blêmis en retrouvant son regard tétanisé. Je ne pouvais que me rendre à l'évidence. C'était de moi dont il avait si peur. De moi, de ma grande gueule, de ma violence, de ma colère, de ma connerie. De ma façon de toujours réagir comme un ouragan dévastateur. Je m'étais déjà comporté comme un vrai connard devant lui, ce soir et d'autres fois avant, et je le savais très bien. Il l'avait déjà bien vu que j'étais capable de me foutre de la gueule des autres sans m'émouvoir une seule seconde. Tout comme j'étais capable de chercher à impressionner avec un vocabulaire d'intello un mec qui faisait battre mon cœur au lieu de comprendre ce dont il avait vraiment besoin. Quel con putain.

Impulsivement, j'attrapai ses poignets, pour prévenir la moindre tentative qu'il aille se rhabiller. J'avais peut-être été un peu trop brutal, encore une fois, mes mains le menottaient avec un peu trop d'ardeur tandis que je me redressais pour être debout face à lui, mais je m'en voulais trop de ne pas avoir pigé directement. « Oh Sweety... non, j'veux pas, j'veux surtout pas que tu l'remettes. » Un mot m'avait échappé, comme une caresse, comme un sursaut d'une affection débordante que je n'avais pu retenir, un surnom trop tendre que je ne m'étais jamais laissé aller à utiliser avec lui. Il m'était venu si  spontanément que je m'en rendais à peine compte, déserrant aussitôt mon emprise contre ses poignets pour mieux glisser mes mains dans les siennes. Comment aurait-il pu penser que je souhaite une chose pareille ? C'était si loin de moi que je n'avais pas pu comprendre ce qu'il craignait vraiment. Mais maintenant que je me représentais ce qu'il devait ressentir, j'en étais consterné. Encore une fois, la fragilité de Lazlo me touchait avec force, me donnant l'envie de l'envelopper dans un cocon de douceur où il serait bien à l'abri et où je l'embrasserais à en perdre haleine sans jamais m'interrompre. Très lentement, avec une prudence extrême, je me penchai pour poser mes lèvres contre son épaule délicatement avant de murmurer. « Tu penses même plus au contrôle de ta combinaison, t'es pas sérieux ? Et puis... »

Je me penchai un peu plus bas, jusqu'au niveau de sa cicatrice. Doucement, mes lèvres s'approchèrent pour effleurer à peine sa peau, dans un baiser très léger pour ne pas lui faire mal. Ni lui faire peur. « Ta cicatrice n'a rien de moche.» Ce n'était pas uniquement le mec qui se pensait cap de passer son diplôme d'aide-soignant qui pensait ça, c'était mon cœur, ma perception profonde, cette certitude que jamais je ne pourrais associer Lazlo à de la laideur. Absolument jamais. Je retrouvai son regard, l'une de mes mains caressant sa taille pendant que l'autre venait se perdre dans ses longs cheveux, les écartant de son visage avec attention alors que je lui parlais avec sincérité, d'un ton doux et sérieux à la fois. « C'est une blessure de guerre. Tous les soldats ont des cicatrices, ça fait partie de leur histoire, ça prouve que t'es un survivant. » Je m'écartai légèrement pour mieux le caresser du regard, englobant sa silhouette dans son entièreté avant d'apprécier les tracés de ses muscles, de ses abdo, de son corps trop mince mais infiniment beau. « Ça te rend encore plus viril, major-chef. Et t'sais que j'aime ça moi, les mecs très virils. » Je me mordillai les lèvres dans un demi-sourire, sans cesser de promener mon regard sur son corps. « Les mecs qu'ont pas peur de contrôler la chaleur des moteurs les plus explosifs, ceux qui rendent les manches hyper réactifs et ceux qui s'y connaissent pour envoyer le liquide de refroidissement pile là où il faut. » Il l'avait toujours été. Un mec viril, courageux, sexy et tellement craquant. Surement pas un mec que j'aurais envie de voir se rhabiller.

Ma langue effleura mes lèvres pendant que j'attrapais ma propre ceinture pour la dégrafer, poursuivant mon déshabillage devant lui, posément. Ayant balancé mes bottes, je réussis la prouesse de maintenir mon équilibre pour me débarrasser de mon jean en toute habileté – opération la plus délicate en matière de strip-tease – avant de glisser mes doigts sous l'élastique du dernier rempart de ma nudité. Haussant les sourcils, je me détournai pour lui offrir une vue plongeante sur mon bronzage intégral. Hé oui, il m'arrivait de m'isoler sur le balcon de l'appart pour offrir à tout mon corps une teinte délicieusement dorée. Personne ne me voyait, on était à l'étage. «  Il est évident que je prendrai les commandes si jamais tu oubliais la priorité de droite ou que tu grillais un feu rouge. Il est hors de question qu'un flic intergalactique nous mette une amende sous prétexte que t'es fatigué, t'inquiète. Mais dooooonc... » Lui ayant fait cette promesse d'un ton enjôleur, je me retournais pour aller me lover entre ses bras, me blottissant contre lui, mon visage venant se nicher contre son cou.

Nu contre sa peau, je frissonnai légèrement dans l'air du soir, sans que ce ne soit la fraîcheur qui en soit la cause. Il était plus facile de se réfugier dans les délires pour échapper à la peur ou à la peine. Est-ce que c'était pas ce qu'on faisait tout le temps ? Pourtant, les sentiments douloureux étaient en grande partie apaisés par la potion et même si j'étais encore inquiet au fond de moi, je faisais tout pour le pas le montrer. Qu'est ce que je ferais si Lazlo se brisait devant moi ? Si mes paroles n'étaient pas suffisantes, si la terreur reprenait le dessus et que l'ombre du monstre de sable revenait se plaquer entre nous ? C'était plus facile pour moi de lui montrer mes fesses, plutôt que d'affronter le risque de voir Lazlo malheureux ou de me heurter à un rejet de sa part. Et si jamais... et pourtant si jamais il avait besoin de m'avouer ses craintes ? Et s'il voulait juste que je lui permette de les exprimer... ? Le visage contre son cou, je pris une légère inspiration. Si quelque chose effrayait Lazlo, je me battrais, je ferais tout ce qui serait possible pour envoyer ces spectres se faire foutre. Oui, je me sentais capable d'affronter ses pires frayeur si c'était nécessaire et j'en sortirais vainqueur. Raffermi par ma résolution, je redressai mon visage, cherchant son regard, mes doigts jouant avec les mèches de ses cheveux, dans un murmure léger, camouflant autant que possible l'inquiétude qui hantait mes yeux. « T'en es où dans le contrôle de ta combinaison ? On a encore tous les tests à faire avant de décoller.... » Me cambrant un peu contre lui, j'en profitai pour le repousser doucement vers les coussins, d'une légère poussée de mes hanches contre les siennes. Notre navette spatiale n'attendait plus que nous.

Hé, Lazlo, j'aimerais tellement réussir à te soulager. Si seulement je savais ce qu'il faudrait faire pour que tu te sentes tout à fait mieux, je ferais n'importe quoi. Y'a aucun autre endroit dans tout l'univers, même dans les galaxies lointaines, très lointaines où je pourrais me sentir mieux qu'ici avec toi. Toi, entièrement nu entre mes bras.
 




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les petits papiers
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MessageSujet: Re: Crystalised || Mikkel   Lun 29 Jan - 3:41


Elle était là, bien trop présente, si laide entre eux. Elle s'étirait ostentatoirement sur sa poitrine, s'élargissant au rythme de la respiration soutenue de l'Oiseleur. Elle s'imposait entre eux, funeste avertissement du Gouvernement. Vous n'êtes que des pions sur un échiquier géant. Vous nous appartenez. Tu nous appartiens, Lazlo Andersen. Une condamnation à une vie sans libertés, une existence sans amour. Parce qu'elle était un synonyme, cette cicatrice. Celle d'un monde où la vie ne pouvait être vécue, celle où l'on pouvait être puni pour tout, pour le seul fait d'exister. La preuve même que le Gouvernement était un punisseur sans merci, et sans cible particulière. Un enfant capricieux, qui prenait et prenait toujours plus sans se soucier d'à qui il prenait. Un rapt de coeur, qui s'annonçait avec une violence crasse sur sa peau, qui montrait à qui le voyait qu'au fond, nul n'avait plus même le droit d'aimer.
Et c'était Mikkel, qui la voyait. Mikkel qui posait un regard scrutateur sur sa plaie, Mikkel, lui qui possédait son coeur tout entier. Déviant le regard, Lazlo baissa la tête. La brise, pourtant légère, le glaçait jusqu'à l'os mais il se sentait brûler malgré elle. Brûler de honte, de dégoût, brûler de peur, brûler de ce besoin, peut-être, d'être reconnu. Il pouvait sentir la morsure des iris métalliques sur sa peau, tout comme la brûlure de son souffle tiède sur sa peau nue. Et tout ce dont il avait envie, tout ce dont il avait besoin à présent, c'était de s'enfuir.
Fuir. Lazlo n'avait jamais été lâche. Et pourtant, ce soir, alors que le seul homme auquel il aurait confié sa vie observait ce qui lui faisait le plus honte, le plus mal, il avait envie de fuir. La gorge nouée, un creux s'agrandissant toujours plus dans son estomac, il finit par se redresser brutalement au pronostic de Mikkel. C'était trop pour lui.

-Je vais chercher mon t-shirt.

Il avait été plus rapide qu'il ne l'aurait voulu, trop vif, trop brusque, trop effrayé. La honte lui rongeait le sang et il n'eut pas le temps de faire un pas que des mains puissantes s'emparaient de ses poignets. Assez fermes pour le retenir. Pas assez fortes pour lui faire mal. Ses yeux s'agrandirent sous la surprise, son cœur reprenant une cadence hystérique alors qu'il s'apprêtait à se défendre. Jusqu'à croiser le regard soucieux de son amant. Dans la semi-pénombre, les flammèches dansantes des bougies conférant une lueur chaleureuse aux iris d'acier, Mikkel avait l'air d'un enfant. Désolé contre la vie. Désolé contre les horreurs du monde. Il s'était relevé pour rejoindre son niveau, sa silhouette envahissant sa vision, étouffant la lumière, comblant le vide. Luttant contre l'envie de rejoindre son vêtement et celle de se lover dans ses bras pour enfin tout oublier, Lazlo tira doucement les siens pour s'extraire de son étreinte. Jusqu'à ce que le Brun de la Discorde sème de nouveau le chaos dans son coeur, et lui coupe les jambes.

Sweetie. Un surnom si simple. Si pur. Si doux et naturel qu'il l'avait souvent eu au bord des lèvres sans jamais oser le prononcer à l'encontre du brun. Qui roulait si bien sur la langue, et que pourtant il s'était toujours refusé. Et pourtant, il était là, ce mot, entre eux comme sa cicatrice. Il lui réchauffait le coeur, les joues, les oreilles puis tout le coeur, ce mot, parce qu'il était si beau malgré sa simplicité. Il était si beau quand Mikkel l'utiliser pour l'appeler. Si beau qu'il lui donnait envie d'abandonner la lutte, celle qu'il menait contre le Gouvernement, celle qu'il menait contre lui-même, pour finir ses jours lové au creux du Brun dans cette bulle qui n'était qu'à eux. Son corps se détendant à mesure que son amant se rapprochait, il baissa la tête. Son coeur ne battait plus seulement à cause de la terreur. Il y avait cette agréable sensation qui était revenue, pareille à une nuée de papillons qui battaient vigoureusement des ailes dans sa poitrine. Leurs mouvements, légers, effleuraient ses muscles, affleuraient sa peau, irradiant une chaleur diffuse à chaque tentative d'envolée. Sweetie. Les lèvres de Mikkel, contre son épaule, et les papillons qui tentaient de le rejoindre. Et cette chaleur qui s'accroissait, qui embrasait tout, qui s'immisçait tant dans son corps que dans son cœur. Un brasier qui emportait toute la souffrance. Qui brûlait tout du doute ou de la terreur. Si seulement il était moins con. Il était capable de partir sur des monologues entiers pour expliquer au monde à quel point il avait besoin de se battre, et il n'arrivait pas à prouver à Mikkel à quel point ses paroles, ses gestes, étaient importants.
Rassemblant son courage, il releva les yeux vers son amant. Ne put empêcher ses muscles de se tendre, alors qu'il s'abaissait au niveau de sa poitrine. Sentit une nouvelle fois son cœur s'acharner pour fuir son regard, alors que sa cicatrice étirait de nouveau sa noirceur dans son âme. Si la drogue d'Olivia apaisait ses tourments, elle ne l'empêcha pas de réaliser l'ambivalence de ce qu'il voyait. Mikkel devant sa plaie. La plus belle chose qui soit jamais arrivée dans sa vie, devant la marque de ce qui se faisait de plus laid. Mais le Brun de la Discorde n'avait pas peur d'elle. Et coupa une nouvelle fois le souffle de Lazlo, en apposant ses lèvres contre la manifestation de la noirceur humaine avec une douceur infinie. Juste comme ça, il enlevait le mal. Juste comme ça, il avait provoqué un raz de marée dans le corps trop épuisé du blond. Juste comme ça, il l'avait absous de toute douleur, de toute culpabilité, de toute souillure. Un geste d'une simplicité presque enfantine et qui lui fit monter les larmes aux yeux. Parce qu'il était beau, le Brun de la Discorde. Parce que cet amour démesuré que l'Oiseleur éprouvait pour lui venait d'éclater, d'emporter tout ce qu'il était, de le répandre par delà le ciel et les étoiles. Parce qu'il mourait d'envie de pleurer, de crier, de hurler, de rire et de l'embrasser. Parce qu'il mourait de croire, désespérément, bien trop fort, à ces étranges choses que Mikkel lui avait dites. Tu es bien plus que ça. Est-ce que c'était vrai ? Parce que lui, lui était bien plus que ça. Il ravivait les couleurs, il répandait la lumière sur un monde devenu trop morne et trop difficile à vivre. Il chassait le mal et la tempête, il apaisait les ressacs trop tumultueux de l'océan. Il était un monde et un tout, un univers inconnu à explorer et un astre sur lequel se brûler. Et Lazlo ressentait tout ça. Ressentait cette brûlure phénoménale, l'empreinte de ses lèvres à la surface de l'ignominie, la rendant légèrement plus belle, la rendant à peine plus supportable. La considérant avec ce regard indéchiffrable, si tendre, et l'expliquant pour lui donner une toute autre couleur que la noirceur de l'horreur.
Je t'aime. Je t'aime tellement, Mikkel. Les mots étaient là, bien trop présents, menaçant de sauter de sa gorge, et Lazlo de se faire violence pour les retenir. Je t'aime, je t'aime plus que la vie, plus que la lutte, plus que le monde. Je t'aime à en crever, et tu m'achèves, avec tout ce que tu dis. Avec tout ce que tu es. Je t'aime à m'en arracher le coeur autant qu'il le faudra pour que tu continues à me dire que ce n'est rien. Que c'est une bonne chose. Que ça te plaît comme ça.
Je t'aime tellement, Mikkel. J'aimerais tellement que ce soit vrai, tout ça.


-Elle est immonde...

Des doigts jouèrent avec ses cheveux, et Lazlo finit par relever les yeux. Croisa les iris d'aciers, qui luisaient si fort de cette étrange étincelle qu'ils rivalisaient avec les étoiles. Le métal avait pris cette teinte chaleureuse qui avait illuminé cette bien étrange soirée. Cette teinte douce et pure, celle qui ressuscitait tant son cœur que les papillons qui le faisaient battre doucement. Le regard appréciateur de son amant lui arracha un faible sourire, alors que toute son attitude lui donnait juste envie de l'embrasser pour le faire taire. Parce que c'était trop. Trop beau. Trop à encaisser. Trop onirique pour être vraiment vrai. Parce que peut-être qu'il y avait plus dans ce qu'il disait que ce qu'il admettait réellement. Ou peut-être que Lazlo lisait beaucoup trop entre les lignes, et allait une nouvelle fois se brûler les ailes. Ce ne serait pas la première fois. Après tout, c'était bien comme ça qu'il avait fini par tomber amoureux du Brun de la Discorde. Parce que des fois, celles précisément où Mikkel le regardait comme ça, il avait envie d'y croire. Il se laissait sombrer doucement dans cette euphorie, laissait ses joues s'embraser, juste à cause de ce regard chaleureux qui lui laissait croire qu'il le pouvait. Sombrer.
Mais ce soir, il n'avait pas envie de douter. Il avait envie de croire que ce regard, il ne le servait pas à tout le monde. Parce que ce soir, son regard était différent. Parce que ses gestes, ses paroles, avaient ce petit quelque chose de plus, une infime inflexion qui changeait tout leur sens, qui laissait entendre que les étoiles lui avaient glissé quelques uns de leurs rayons pour qu'il vibre à son tour de la plus radieuse des lumières. Au creux de son ombre, luisait une étincelle. Sauf que Lazlo ne savait pas s'il l'imaginait, ou si elle était bien réelle.
Aussi prit-il le parti de croire qu'elle l'était, réelle. Parce que c'était plus beau. C'était plus doux. C'était peut-être la drogue, peut-être un artifice. Ou autre chose, d'un peu plus tendre, d'un peu plus chelou.

-Tu es un vil flatteur, co-pilote. C'est pas pour rien que c'est toi qui as le double des clés. Mais dis-toi que je n'aurais jamais choisi quelqu'un d'autre que toi. Parce que personne n'inspecte la carrosserie comme toi, n'est capable de gérer la pression des soupapes comme toi ou n'a la force de viser les étoiles comme toi.

Personne n'est toi, tout simplement. Personne n'est aussi troublant, aussi intense, aussi excitant que toi. Personne ne t'est jamais arrivé à la hauteur depuis que je t'ai rencontré, et personne ne m'a autant donné envie d'atteindre les étoiles que toi.
Devant les bravades de Mikkel, toutes ses belles paroles, toute la vivacité et l'entrain dont il faisait preuve, Lazlo retrouva le sourire. Croisa les bras sur son torse, pour se protéger du froid, pour ôter la cicatrice de leur belle entente. Ce grain de folie, c'était le leur. Il n'y avait pas de place pour la douleur, pour la violence et pour la mort. Il n'y avait qu'eux, le ciel, la nuit, et ce paradoxe qu'était leur relation. Un problème insoluble auquel Lazlo n'avait jamais trouvé une solution. Mais au final, en avaient-ils vraiment besoin ? Mikkel lui avait dit le trouver toujours autant à son goût. Et c'était tout ce que Lazlo voulait entendre. Parce que tant qu'il lui plaisait, peu importait ce que pouvait bien lui faire la vie. Tant que Mikkel voulait de lui, ce qu'il lui prouvait en lui offrant un effeuillage en bonne et due forme, Lazlo pouvait tout accepter du monde. Peu importait qu'il soit laid, difforme ou injuste, ce monde. Le regard que le brun portait sur lui suffisait à effacer sa laideur. Suffisait à l'emporter dans un tout autre univers, où les couleurs étaient vibrantes et la vie douce.
Peu importait que son coeur s'envole, qu'il ait envie de pleurer, de rire et de l'embrasser. Que les mots soient coincés au creux de sa gorge de peur de rompre leur connexion. Tant que Mikkel était aussi beau, dans ses attitudes, ses baisers ou ses mots, Lazlo serait encore vivant. Pleinement vivant.

Laissant son regard couler le long des courbes de son amant, l'Oiseleur pouffa doucement en le voyant se retourner. La lueur vacillante des bougies ne suffisait pas à ternir la perfection de son bronzage, ou celle de ses fesses rebondies. Du grand art, que Lazlo approuva d'un sifflement enjoué.

-En ma qualité de pilote, je constate que l'équipement semble être parfaitement en règle, au premier abord. Bien que le diagnostique ne soit que de visu, et que j'aie besoin de vérifier chaque élément de manière plus approfondie !

C'était plus simple de reprendre les railleries. Plus simple de reprendre le ton du jeu, sincère dans sa voix, sincère dans son sourire qui s'était élargie. Beaucoup plus simple que de lui dire à quel point il l'aimait, à quel point il l'avait toujours trouvé magnifique. A quel point il avait mémorisé chaque centimètre carré de sa peau, à quel point il connaissait tout son corps parfaitement et éprouvait pourtant toujours le même frisson à l'explorer comme la première fois. S'étant laissé aller à une bouffée de tendresse passagère, il fut surpris d'entendre Mikkel remettre ses propres âneries sur le tapis. Éclata de rire, franchement, à la transition maladroite. Il se calmait tout juste quand son amant le rejoint, et glissa d'office son visage dans le creux de son épaule. Y déposa ses lèvres, comme une promesse, comme un accord.

-J'ai entièrement confiance en toi, co-pilote. Je pense même n'avoir jamais eu autant confiance en toi que pour cette expédition.

Naturellement, ses bras s'enveloppèrent autour de sa taille, l'attirant tout contre lui. Il pouvait sentir les frissons de sa peau sur la sienne, les battements tempérés de son coeur contre le sien. Ses doigts papillonnèrent le long de son dos, retraçant le sillon de sa colonne vertébrale, appréciant les frissons que provoquaient leur passage. Là, à la faveur de la Lune et des étoiles, il avait plus que jamais envie de décoller avec lui. Ce n'était pas un caprice. Ce n'était pas un rêve. Ce n'était pas une énième illusion. C'était son coeur qui lui disait que c'était le bon, et pas un autre. Qu'il n'aimerait jamais qui que ce soit d'autre avec la même puissance qu'il aimait Mikkel. C'était une vérité inscrite si profondément dans son âme qu'elle y resterait pour tout le reste de son existence, et certainement les prochaines. Une vérité qu'imprimèrent ses lèvres le long de sa mâchoire, dans son cou, au creux de son épaule, avant qu'il ne finisse par le relâcher pour mieux retrouver ses yeux. Le métal poli, si riche, s'était terni d'inquiétude.

-Laissons aux robots le soin de contrôler ma combinaison, Alpha du Centaure nous appelle, ce serait dommage de retarder encore plus notre décollage.

Un murmure langoureux, en réponse au sien, et toute l'assurance du monde dans son regard céruléen. Pour chasser le doute. Pour chasser la peur. Ils lui avaient suffisamment consacré de temps, à cette harpie. Une résolution que Lazlo prouva posément en reculant d'un pas, s'offrant à la fraîcheur du soir, pour se défaire de ses vêtements. Pour s'extirper de son pantalon avec un sens certain de l'équilibre, et le jeter dignement au sol, là où se trouvaient les autres. Haussant un sourcil amusé dans la direction du Brun de la Discorde, il se redressa avec emphase et se retourna souplement. Lui laissa l'occasion d'inspecter sa propre configuration, de noter chacun des problèmes potentiels à régler, avant de le rejoindre. Retrouver sa peau l'électrisa. Enrouler ses bras autour de sa taille, capter toute sa chaleur, l'enivrait.

-Si tout est en ordre selon toi, cher co-pilote, partons. Les étoiles n'attendent plus que nous.

Le blond se laissa emporter par le mouvement de hanches de son amant et l'entraîna à sa suite dans ce qu'ils avaient décidé d'appeler leur vaisseau spatial. Il avait confiance en Mikkel, oui. Il avait toujours eu confiance en Mikkel, toute sa vie, depuis leurs tous débuts. En témoignaient ses lèvres qui retrouvaient les siennes, traduisant à chaque baiser tout ce qu'il n'avait pas la force, pas le courage, trop peur de lui dire.
Je t'aime, Mikkel. C'est pas des paroles en l'air, c'est pas des mots dans le vent. C'est pas un nouveau délire, comme on est capable d'en créer un paquet. Je t'aime et tout est vrai, tout est trop vrai, depuis trop longtemps. Je t'aime à en crever, je t'aime à en vivre. Ca ne date pas de notre première rencontre, ça date de bien avant. Ca a commencé avec la création du monde, avec le Big Bang, ça a commencé au moment où est née la première étoile. Parce que la première étoile à avoir gracié l'univers, c'était toi. Et moi, petit satellite arrivé juste après, j'ai été tellement ébloui par ta lumière que je n'ai pas pu m'arrêter de te tourner autour. Et je n'arrêterai que lorsque les astéroïdes auront raison de moi. Je ne m'arrêterai que lorsqu'un trou noir aura happé la galaxie, qu'une fois qu'il aura dévoré la lumière pour nous plonger tous dans le noir. Et quand bien même, qu'il essaie de te dévorer. Parce que je te protégerai. Je te protégerait de l'obscurité, des trous noirs, des vices et des douleurs. Je te protégerai du monde, des connards, du doute et des mensonges. Je protégerai ta lumière pour que tu brilles, brilles encore, jusqu'à la fin des temps. Parce que moi, je t'aimerai jusqu'à la fin des temps.

L'amour. C'était ça aussi, eux, bien que ce ne fut que la première fois. C'était se perdre pour mieux se retrouver, se tenant par la main, sans se quitter des yeux. C'était fondre toujours plus sous les baisers. C'était vibrer à l'unisson, s'unir et se défaire, pour ne plus former qu'un seul être. Qu'un seul cœur. Un air millénaire qu'ils n'avaient aucun mal à retrouver, parce qu'il était inscrit dans leurs gênes. Dans leur ADN. Ployer et se déployer, s'abandonner et se reconstruire. C'était ça, l'amour. C'était redécouvrir Mikkel alors qu'il le connaissait jusqu'au bout des cheveux. C'était retracer chacune de ses courbes pour mieux les épouser, c'était le laisser perdre sa main pour mieux la rattraper. C'était ses soupirs qu'il captait contre ses lèvres, contre sa peau, c'était la lueur, cette lueur électrique, cette lueur inconnue et si belle, qu'il puisait au creux de ses prunelles. C'était son prénom sur ses lèvres, qui roulait si agréablement sur sa langue. C'était cette mélopée qu'ils chantaient à deux, entremêlés, indissociables. Pas de place pour la douleur, pas de place pour la violence. Juste le chaos, le plus beau des chaos, celui dans lequel on se perd, celui dans lequel on n'existe plus en tant que soi mais par, pour, avec, en devenant l'autre. Indivisibles.
Un.
Juste un. Juste eux, juste cette bulle, juste leur monde et rien d'autre autour. Jusqu'à ce que le monde éclate brusquement, et la bulle avec, qu'il n'y ait plus rien d'autre que le noir. La mort. La sensation de n'être plus rien, et tout à la fois. D'avoir enfin trouvé sa place dans l'univers. De n'être plus qu'un seul être, qu'une seule cellule. De retrouver cette fraction d'âme qui manquait. D'être enfin complet.
Et de revenir à la vie, par cette pulsion, cette légère pression, de leurs doigts entremêlés. De renaître, différent, changé. De retrouver la violence de la séparation, tout en gardant la mémoire physique de cette connexion ancestrale. Ne redevenir qu'un, tout en étant deux. Atténuer le manque en s'embrassant un peu. Et laisser au creux des lèvres, au creux du cou, au creux de l'épaule, le souvenir d'une déclaration qui ne sera jamais suffisante pour exprimer tout l'éclat du sentiment.

Parce que les mots, même s'il voulait les dire, Lazlo ne pouvait pas s'y résoudre, même après toute la beauté de ce qu'ils venaient de partager. Même après avoir été brûlé si fort par la radiance de son amant, si fort qu'il en gardait des séquelles sur les épaules. Enfoncé dans les oreillers, le souffle court et ses doigts toujours emmêlés à ceux de son amant, il attira sa main contre ses lèvres. Y déposa un baiser contenant toute la tendresse que son cœur avait toujours voulu lui donner. Un geste qui ne se fait pas, normalement, quand on n'est qu'amis. Mais ce soir, à la faveur des étoiles, tout était différent. Le monde avait changé, et eux avec. L'air s'était constellé de particules d'un sentiment chelou, avait parasité leurs relations, avaient donné une teinte toute aussi cheloue à cette étreinte paresseuse qu'ils partageaient à présent. Mais Lazlo se sentait tout aussi différent que le monde, l'atmosphère, et les planètes. Pour la première fois depuis sa sortie de l'Arène, il n'avait plus peur. Plus peur des monstres, plus peur du Gouvernement. Plus peur de cette cicatrice qui le faisait encore souffrir, s'étirant sur sa poitrine. Parce que là, partiellement barrée par le visage si beau de Mikkel, par ses baisers, par son sourire, elle était devenue sacrément moins moche.

-Tu voles leur éclat aux étoiles, tu le sais, ça, Mikky ?

Un chuchotement, un peu trop tendre, bien trop lointain de ce qu'ils se disaient habituellement. Mais il n'y avait pas de défi, pas d'ironie, dans la voix de l'Oiseleur. Juste cette tendresse qui n'avait rien à faire entre deux amis. Juste les doigts de sa main libre, qui jouaient doucement avec les mèches encore humides du Brun de la Discorde. Juste tout cet amour qui explosait encore au fond de ses iris céruléens, alors qu'il croisait ce métal qu'il n'aimait que trop.

-Je te l'ai déjà dit, mais je suis vraiment heureux que tu sois venu. Parce que tu m'as rendu tout ce qu'on m'a pris, et tu m'as même donné beaucoup plus que ça. Y'avait vraiment que toi qui pouvais faire ça.

Y'avait vraiment que toi pour que je me retrouve moi-même. Y'avait vraiment que toi, que cette fragilité que je vois dans ton regard après l'amour, que la douceur de ton sourire, pour me redonner la force d'avancer.
Se penchant doucement, il déposa un léger baiser sur le front de son amant. Quand il se retira, ses lèvres avaient un goût de sel et de miel. Un léger sourire, tendre et fatigué, s'étira sur ses traits.

-Merci, co-pilote.

Merci d'avoir réalisé ce rêve pour moi. Merci de m'avoir fait croire que peut-être qu'on n'était pas juste des amis. Peut-être qu'on est un peu plus que ça, toi et moi.
Non, de m'avoir fait comprendre qu'on était bien plus que ça.




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Crystalised || Mikkel

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