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 Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Nombre de messages : 235
↳ Points : 80
↳ Arrivé depuis le : 01/10/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : James McAvoy
↳ Age du Personnage : 30 ans en apparence & 785 en réalité
↳ Métier : Sapeur Pompier;
↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2, création d'illusions et guérison 3
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Solveig Eriksson
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MessageSujet: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Sam 12 Nov - 1:04


Another day, another way to fade and deteriorate
I've been losing my mind. I've been falling way behind. I'm a lost surviver, walking through fire, but strength is giving away ••• Orfeo se laissa tomber dans son canapé défoncé. Bordel, ça avait une semaine des plus mouvementés… Certes, devoir gérer son quotidien entre une mafia et son métier de pompier n’était guère des plus faciles mais il ne s’attendait pas à autant d’actions en si peu de temps. Déjà, il avait dû aller faire un tour à New-York. Et rien que de se souvenir de cette virée le fit frissonner. Le temps neigeux et glacial ne lui avait jamais réussi et aussi se faire enfermer dans un cimetière n’était pas ce qu’il appréciait le plus. Notamment lorsque cela finissait en course-poursuite de morts-vivants et autres créatures tout à fait appréciables. Et après ça, alors qu’il voulait juste se retrouver en un lieu reculé pour réfléchir, il y avait eu quelques complications. Du genre… Explosion de mines et invasion de zombies. Le sorcier avait eu de la chance de s’en sortir qu’avec des blessures superficielles. Qu’il pouvait soigner. Pareil pour son compagnon d’infortune, Mikkel. Aucune morsure ou griffure n’avait été à déplorer, ce qui n’était pas mauvais vu que cela entraînait des mutations en daybreaker. Orfeo avait déjà suffisamment de mal à ne pas se mettre à dos le Gouvernement, autant ne pas lui offrir une raison de plus de le détruire.

Alors il était là, à fixer son plafond, terminant la cicatrisation de son bras. Il avait fallu quelques jours pour qu’il y parvienne, son manque d’entraînement était flagrant dans ces moments-là. Il allait très clairement falloir qu’il se trouve un mentor pour augmenter ses connaissances. Ou plutôt sa pratique. Parce que lorsqu’il avait commencé à entendre parler de magie, il n’était même pas capable de distinguer le bien du mal ou de se souvenir de ce qu’il faisait. Le retard mental dû à la consanguinité lui avait pourri la vie. Déjà, il l’avait empêché d’être aimé, reconnu, choyé. Il l’avait obligé à être considéré comme un animal par tous. Et si à l’époque cela lui semblait normal, avec du recul, non. Et seul son frère lui avait permis de s’en sortir. Ce putain de frère qui lui avait sauvé la vie et qui après ça l’avait condamné. De nombreux sentiments contradictoires lui comprimaient la poitrine. Ce besoin de retrouver ce frère perdu en était un. Celui de vivre indépendamment de lui en était un autre. Et enfin, il ne parvenait plus à se dire qu’il devait garder secrète toute une partie de lui aujourd’hui. Qui sait la réaction qu’aura Rafael lorsqu’il se rendra compte que son petit frère n’avait pas les mêmes croyances que lui par rapport à la politique.

Un léger rire quitta ses lèvres à cet instant. Bordel, au vu de leur dernière conversation… Il se ferait tué. C’était nerveux tout ça. De se souvenir de ses mots. « Ta vie m’appartient, seul moi peut décider de quand elle terminera. Pas toi. ». Un bref résumé que son esprit lui ressortait. Comme pour lui rappeler qu’il s’accrochait désormais à une chimère. A cette chimère que tout puisse redevenir comme avant. Que son frère puisse réavoir cette douceur à son encontre. Il soupira avant de se redresser et de quitter son canapé. Il avait pris un jour de repos de son boulot. Et, en temps normal, il aimait bien s’en servir pour se reposer, se promener dans les rares parcs de la ville. Ou trouver une librairie ou bibliothèque. Certes, le Gouvernement pratiquait la censure à une échelle assez importante mais il était toujours possible de trouver des réseaux à moitié caché qui, sous couvert d’une vente réglementée par les dirigeants, offraient en réalité de réelles mines d’or. Evidemment, les trouver était toujours complexe mais Orfeo faisant partie du milieu, il était toujours plus simple de trouver les entrées nécessaires.

Ce qui donc sur cette pensée qu’il enfila un tee-shirt et sortit dehors, dans le temps ensoleillé de la Nouvelle-Orléans. Heureusement qu’un été permanent planait sur la ville, le sorcier n’aurait certainement pas apprécié la neige et le temps glacial de New-York tous les jours. Après, cela aurait peut-être empêché à certaines maisons de prendre feu. Et à Orfeo de perdre certains humains dans les flammes. Car oui, malgré ses réactions de parfait connard, il restait quelqu’un de profondément gentil et altruiste. Voilà pourquoi il ne parvenait pas à haïr son frère, alors que tout le bon sens du monde lui hurlait le contraire. Ses pieds le menèrent jusqu’à une petite porte dans les quartiers est de la ville. Il pénétra dans la librairie, officielle pour celle-ci. Un sourire pour la gérante, un regard pour le magasin vide de clients et il se glissa dans l’arrière-boutique. L’odeur des livres par centaines le replongea dans ses souvenirs, une nouvelle fois. Quand il se retrouvait dans la bibliothèque de son grand-père. Bon, ce n’était pas grand-chose. Juste quelques images succinctes liées à cette odeur fugace. Bordel, il avait quand même gardé de nombreux éléments en mémoire après sept cents ans d’enfer…

Il finit par se laisser tomber dans un fauteuil, un livre à la main. Un livre historique, sur la Rome du treizième siècle. Oui, il avait besoin d’en savoir plus. De combler les connaissances que son cerveau malade n’avait pas été capable de retenir. Et aussi de comprendre. Il était parvenu à apprendre à lire, à force de persévérance de son frère et d’Azzura. Une nouvelle raison pour laquelle il s’accrochait à lui, encore et toujours. Malgré la trahison et la mort. Malgré chaque événement qui devrait le conduire à changer d’opinion. Après tout, pouvait-on réellement renier son sang ?

Il finit par jeter un coup d’œil à sa montre. La nuit devait tomber sur la Nouvelle-Orléans. Il était peut-être temps d’aller faire un tour à la Sakpata… Histoire de montrer que non, il n’était pas mort. Et qu’il ne s’était pas fait choper par la milice entre temps. Même si ça, ça n’arrivera jamais… Il reposa le livre et, perdu dans ses pensées, se promena dans les rayonnages. Il ne devait y avoir personne, comme toujours, que risquait-il alors ?


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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Lun 14 Nov - 21:07

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You don't know the half of the abused. Damaged people are dangerous, they know they can survive.
La boutique est fermée, le panneau bien visible contre la porte indique qu’elle ne va pas rouvrir avant minimum deux semaines. Elle est parfaitement incapable de créer de nouvelles pièces à sa collection, c’est tout juste si elle est encore capable de préparer un onguent sans faire une erreur ratant alors la préparation. Pour cause, ses mains tremblent et elle sursaute à chaque craquement du plancher, à chaque bruit soudain qui trouble son calme. Il lui a bien fallu deux semaines et demi minimum pour qu’elle retrouve un semblant de paroles. Redevenue muette comme il y a des années, tétanisée par la peur. Elle se souvient avec horreur de cette période dans laquelle elle ne souhaite pas replongée. Il ne manquerait plus qu’on l’hospitalise de nouveau, surveillée par des médecins, par des psys. Elle a mis du temps à se relever, comme beaucoup d’autres mais elle chancelle encore actuellement et voilà que des ordures s’empressent d’enfoncer un clou dans les plaies béantes, empêchant toute cicatrisation totale. Les morsures, les déchirures aussi fausses soient-elles sont encore en écho itératif chaque fois que la blonde ferme les yeux croyant pouvoir profiter d’un peu de répit.  Il n’en est rien. Pour couronner le tout, il a fait sa réapparition, profitant de la situation bancale et donc potentiellement exploitable pointant le bout de son nez pour récupérer sa fille adoptive ce jour là, quand enfin on lui rendait sa liberté. Tout ça pour finir entre les bras d’un enfoiré qu’elle n’a pas revu depuis un moment et qui revient comme un cheveu sur la soupe. Il n’arrange rien à la situation comme toujours, il l’empire et Elizabeth songe fortement qu’il s’en délecte.

Elle a passé sa nuit dans l’arrière-boutique de son magasin, trop peu pressée de mettre les pieds chez elle. Pour peu qu’il y soit. Elle sait qu’il ne viendra pas ici la trouver, sauf s’il ne la voit plus pendant un bon bout de temps mais pour le moment, elle est tranquille ici. Elle a des nuits relativement courte alors elle passe son temps le nez plongé dans les papiers. Elle avance dans le côté administratif des choses mais elle creuse un trou dans ses finances parce qu’elle est bien incapable de tenir la caisse maintenant. Elle a la tête dans les nuages, égarée dans de sombres pensées. Elle se dit mélancoliquement qu’elle devrait se trouver une occupation parallèle à son travail. Un loisir qui lui permettrait de décrocher un peu mais elle n’est pas certaine de le pouvoir. Avant, elle dansait mais elle a arrêté et parfois elle regrette un peu mais à l’époque, c’était le tout début de la descente aux enfers. Aujourd’hui, par tous les moyens, Elizabeth compte occuper son esprit et comme la danse est loin derrière elle, elle décide de sortir de sa boutique. Il faut qu’elle se force à ne pas rester cloîtrée dans un lieu familier, réconfortant. Il lui arrive de se demander ce que sont devenus ses camarades d’infortunes, puisque tout n’était que mascarade. Malgré tout, elle se répète alors que revoir leurs visages pourraient lui remémorer les moments les plus délicats de leurs rencontres. Simplement, s’assurer qu’ils vont bien semble être important pour la demoiselle alors qu’elle n’en montre pas la trace. Elle soupire : saura-t-elle jamais qui ils sont vraiment ? Peut-être au final sont-ils des ennemis d’opinion radicalement opposés ? Ils lui ont pourtant paru relativement aimables, ou du moins pas la pire compagnie qu’on puisse avoir.

Lire occupera son esprit et c’est d’un pas calme qu’elle traverse la rue. Son corps en revanche dit tout autre chose. Les bras croisés sous la poitrine, le regard alerte, elle se méfie de chaque recoin de rue. C’en est parfaitement ridicule et le pire est qu’elle en est consciente mais c’est plus fort qu’elle. Ce n’est pas comme s’il allait lui arriver deux fois la même chose. Elle arrive finalement à destination dans une librairie qu’elle a déjà repéré depuis longtemps mais dans laquelle elle n’a jamais mis les pieds avant. On ne trouve pas toujours ce qu’on cherche dans ce genre de lieu de nos jours mais Elizabeth s’intéresse à suffisamment de choses pour trouver son bonheur dans la plus petite librairie qui puisse encore exister actuellement. Elle entre d’un pas mal assuré, salue celle qui tient les lieux par pure politesse et engage un tour dans les rayons. Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle cherche mais déjà elle pense moins à ses angoisses. Les bouquins ça lui rappelle des tas de souvenirs : entre les histoires que lui a lu sa mère toute petite avant que son père ne décède et ces épais manuscrit qu’Anya se faisait un  plaisir de lui prêter. C’est elle qui lui avait appris à créer des onguents. Elle l’a regrettait d’autant plus qu’elle était l’une de ses meilleures amies. Nostalgique, Elizabeth se met à arpenter les collections pour trouver de quoi éveiller sa curiosité. Anya lui prêtait souvent des carnets d’ésotérisme, des livres sur la cartomancie… Elle cherche dans les rayons ce qui lui apportera, certes bien peu de connaissances concrètes mais de la curiosité et qui lui donnera l’impression que son amie est encore bien présente dans son esprit, qu’elle n’est pas bel et bien morte. Et pourtant… Eli commence à entasser nombre de futures lectures si bien qu’on se demande comment elle va pouvoir payer tout ça. Non le plus important, c’est comment elle va transporter tout ça car elle a disparu sous l’amas de livres qu’elle a l’intention d’acheter pour lui tenir compagnie pendant les semaines à venir. Il en faut pour tenir son esprit hors de toutes contraintes ! Sauf que c’est lourd, qu’elle a des bras fins et peu musclés et qu’elle ne voit absolument rien de ce qu’elle fait. Elle tourne à un coin d’étagères, ne se doute pas qu’il y a quelqu’un, persuadée que non puisqu’elle n’a pas entendu les bruits de pas, ni d’autres bruits avant. Elle y va franco et se heurte de plein fouet à un individu sur qui elle fait tomber une bonne partie de sa pile d’achats. Inquiète, elle pose tout parterre et s’enquiert de son état. Certains livres sont épais et puis le coin d’une couverture, ça peut faire mal ! « Je suis désolée, je vous avais pas vu ». Ben oui évidemment qu’elle ne l’a pas vu … cette idiote ! « Vous allez bien ? … J’espère que vous allez pas avoir une grosse bosse par ma faute ! »
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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Mer 16 Nov - 1:03


Another day, another way to fade and deteriorate
I've been losing my mind. I've been falling way behind. I'm a lost surviver, walking through fire, but strength is giving away ••• Les bibliothèques, les libraires, ces lieux chargés d'Histoire et d'histoires... Orfeo avait toujours apprécié s'y perdre, encore plus depuis son retour sur Terre. Ils étaient un moyen de trancher avec sa vie de tous les jours, de se plonger dans des univers parfois plus joyeux, souvent bien plus dystopiques. De nouvelles perceptions s'offraient alors à lui. Et aussi, il avait à ce moment-là l'opportunité d'apprendre cette nouvelle langue. Car il fallait l'avouer, bien qu'il ait pu apprendre quelques bases d'anglais au fil des siècles passés à Darkness Falls, il ne le parlait pas du tout couramment en sortant. Finalement, il avait eu de la chance de tomber sur Lucrezia, parlant l'italien de cette époque à la perfection. Il était plus facile pour lui de comprendre cette langue qu'une autre avec des racines différentes de la sienne. Cependant, aujourd'hui, à force d'entraînements et de lectures, il était parvenu à user de l'anglais parfaitement. Certes, son accent italien avait tendance à traîner sur les mots et sur certaines consonnances, mais cela donnait presque une intonation agréable selon certains. Pas forcément très compréhensible par moment mais il faisait de son mieux pour éviter cela.

Enfin, tout cela conduisait le jeune homme à ne plus faire attention à ce qui l'entourait. Et c'était le seul souci de son esprit, il avait tendance à se renfermer sur lui-même malgré la reconstruction de son intelligence. Et donc... Il ne vit pas la petite silhouette cachée sous un tas de livres qui lui fonçait dedans. En revanche, il la sentit bien, surtout quand il chuta à terre et que les ouvrages lui tombèrent dessus. Elle n'avait pas choisi les plus légers bordel. Il grimaça légèrement, se débarrassant de leur lourdeur sans trop de douceur et posa son regard sur la responsable de ce massacre. Pour tomber sur une petite blonde, toute fine, dans la vingtaine, qui avait l'air complètement perdu. Et Orfeo perdit toute envie de l'insulter dans sa langue maternelle. Il se redressa sur ses coudes, la fixant de ses yeux bleus, avant de soupirer et de secouer la tête. Ne pas s'énerver.... Parce que même si cela ne se voyait pas au premier abord, le sorcier avait une tendance très forte à l'impulsivité. Voilà pourquoi il resta au sol quelques secondes de plus. Et puis au moins, ainsi, il ne pouvait pas chuter plus bas...

Les excuses et les questions de la jeune fille terminèrent de calmer la colère qui avait failli l'emporter sur le coup. Il glissa sa main contre sa nuque et se la massa légèrement. Il n'avait pas blessé, aucune nausée n'était à remarquer. Bref, il pouvait dire qu'il allait bien. Même s'il ne bougeait pas son cul du sol pour le moment.

" Ne vous inquiétez pas, aucun livre ne m'est rentré dans la peau. Et pour tout vous avouer, j'étais moi-même perdu dans mes pensées, je ne vous ai pas vu non plus. "

Ce n'était pas entièrement la faute de la jeune fille s'ils s'étaient heurtés. Orfeo aurait pu être un peu plus attentif. Il aurait dû l'être. Il pesta doucement contre lui-même avant de se frotter les paupières et de s'ébourriffer les cheveux. Puis ses mains se mirent à ramasser les livres éparpillés autour de lui. Il laissa ses yeux glisser sur les couvertures, s'étonna du nom de certains ouvrages, feuilleta quelques pages. Des livres sur l'ésotérisme, la magie. Ce genre de choses qui était interdit à son époque mais qu'il avait quand même pratiqué à son insu. Des connaissances éparpillées qu'il essayait tant mieux que mal de retrouver. Parce qu'aujourd'hui, ses capacités lui seraient pratiques, notamment s'il doit s'opposer à son frère. Et lui montrer qu'il vivait bien sans lui. En tout cas mieux que la réalité. Puisqu'il se doutait que s'il s'était sorti de certaines épreuves, ce n'était pas grâce à lui-même, mais grâce à la surveillance de Rafael. Enfin, mieux valait qu'il ne pense pas à leur relation tendue s'il ne voulait pas apparaître comme violent à l'encontre de la petite blonde. Il finit par se relever, les ouvrages bien en main, et l'interroger :

" Vous vous intéressez en la magie et l'ésotérisme ? En tout cas, c'est un passe-temps intéressant que vous avez là. "


Un léger sourire s'était dessiné sur ses lèvres. Des plus calmes et sincères. Cependant, Orfeo se demandait si ce n'était qu'un besoin de recherche ou une simple curiosité, ou bien plus que cela. Bon, peut-être que ses années passées en enfer l'avaient rendu quelque parano mais il avait presque envie de désigner son interlocutrice comme sorcière. Partir de cette hypothèse, quitte à l'invalider par la suite. C'était mieux que le cheminement inverse et se faire manipuler. Sa naïveté, bien que présente, avait été remplacée par un certain réalisme. Les Hommes étaient par nature plus à même de manipuler leurs semblables pour arriver à leurs fins. D'autant plus en ces temps sombres. Même si la petite blonde lui semblait particulièrement innocente... Ou jouait son rôle à la perfection.

" Qu'est-ce qui vous attire le plus dans ces domaines ? Peut-être les pratiquez-vous ? "

Les questions s'enchaînaient, quitte à mettre mal à l'aise la personne lui faisant face. Cependant, elles prouvaient qu'il allait bien. Même s'il n'était pas forcément très poli, n'ayant même pas pensé à décliner son identité. Qu'importait, leur présence en ces lieux impliquait déjà qu'ils n'étaient pas très proches du Gouvernement... Personne de sensé n'irait dans une libraire-bibliothèque avec la censure qui court...


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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Dim 20 Nov - 15:33

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Empoisonnée de pensées parasites, Elizabeth ne fait parfois plus attention aux détails qui peuplent la réalité, au point de ne pas remarquer la présence d’autres personnes dans les parages. C‘est sans doute pour cette raison qu’elle s’est hâtée sans mégarde vers la caisse pour régler ses achats. Il n’y avait aucune possibilité dans son esprit, que quelqu’un parcourt les rayons actuellement. Elle ne pense qu’à une chose à cet instant et c’est pouvoir ramener ses trouvailles chez elle pour pouvoir les feuilleter tranquillement. Plutôt dans sa boutique en réalité car elle n’a pas envie de mettre les pieds dans son appartement dernièrement. Une visite à l’improviste de la part de Drake lui rongerait le moral et c‘est exactement son but. Il ne manquerait plus qu’il tombe sur les fameuses lectures de la demoiselle pour céder à un accès de colère, peut-être même de là à lui balancer un des bouquins à la tête. Il y a fort à parier qu’il lui hurlerait que ce ne sont pas des lectures convenables et comme il fait partie du gouvernement, il est bien gentil de veiller sur elle mais elle devrait l’écouter un peu plus. Et encore, l’écouter, le mot est faible quand on considère qu’elle n’a jamais gagné une indépendance complète. Elle en frissonne presque de dégoût. Toujours est-il qu’elle préfère s’installer paisiblement dans sa boutique car il ne viendra pas y mettre les pieds, pas avant un bon bout de temps en tout cas. Il l’oubliera peut-être pendant un mois, elle sortira alors de sa tanière et il reviendra quelques temps plus tard quand la demoiselle aura repris du poil de la bête. Elle espère donc qu’il ne verra pas sa collection de livres, elle sait pertinemment qu’elle ne choisit pas ce qui existe de plus recommandé mais elle se dit qu’elle ne croisera pas grand-monde en sortant d’ici, que les gens ne s'attardent pas sur un détail précis quand ils croisent une autre personne et que nul ne viendra de toute façon faire un tour dans son arrière-boutique là où elle est déterminée à les ranger. C’est donc sans méfiance qu’elle fait son chemin et se heurte à cet homme. Elle a beau faire de son mieux pour retenir l’effondrement de la pile, la moitié est déjà tombée sur le pauvre malheureux. Elle aurait du mettre les plus lourds vers le bas de sa pile mais elle n’a pas envisagé un seul instant que la situation présente pourrait avoir lieu. Elle a déjà posé l’arme du crime sur le sol tandis qu’il repousse tout ce qui lui est tombé dessus avec des gestes un peu brusques. Elle aurait presque envie de se faire toute petite quand il pose ses yeux sur elle. Elle se mordit l’intérieur de la lèvre, tout à fait consciente d’être responsable de tout ça. Il se redresse un peu mais ne se relève pas pour autant. Est-ce qu’il est sonné ? Elle fronce les sourcils avec inquiétude, examinant les dégâts : il n’a pas l’air d’avoir une marque rouge qui puisse laisser croire à un choc brusque avec un des livres. Sans trop réfléchir, Elizabeth s’accroupit. Peut-être histoire de se mettre à sa taille, n’aimant pas parler aux gens de haut. Elle est vraiment soucieuse de son état, sur le moment. Elle l’est d’autant plus quand il se masse. Est-ce qu’il va la traiter d’idiote, lui dire de faire plus attention à ce qu’elle fait quand il aura repris ses esprits ? Apparemment non, constate-t-elle quand il finit par ouvrir la bouche. Elle est rassurée et se prend même à esquisser un fin sourire soulagé.

Effectivement, elle n’est pas seule responsable de cette collision car il aurait sans doute pu l’éviter s’il n’était pas ailleurs également. Elle acquiesce mais elle ne compte pas en rajouter une couche et puis ça ne la dédouane pas non plus entièrement. Elle se contente donc de répondre simplement à cela en haussant les épaules “Tant que je ne vous ai pas fait mal, c’est l’essentiel.” En tout cas pour elle. Faire du mal au autres, elle en est bien capable parce que son émotivité parle parfois plus vivement que sa raison mais pas dans ce genre de circonstances. Le reste du temps, à l’inverse, elle est plutôt soucieuse d’autrui. Elle se méfie souvent d’elle-même car elle sait qu’être ainsi pourrait la perdre. Elle oscille souvent entre méfiance et envie de se sentir utile. Elle aurait presque envie de lui tendre la main pour l’aider à se remettre debout mais elle réfrène ce genre de réaction, restant simplement à sa hauteur pendant qu’il se reprend tout seul. Il attrape les livres autour de lui alors qu’elle n’a même pas pensé à les récupérer, trop préoccupée par sa maladresse et la réaction de sa victime. Elle commença à un peu plus se faire du mouron quand il se mit à feuilleter ses ouvrages et s’empressa d’en récupérer une bonne partie qu’elle reposa sur sa pile. “Laissez, c’est de ma faute s’ils sont par terre.” mais déjà il les avait en main et se tenait désormais debout. Parfaitement remis de sa chute puisqu’il se mit à lui poser une question qui fit se figer un peu la blondinette. Un passe-temps intéressant ? C‘est vrai qu’elle ne s’en est pas inquiétée au tout début mais elle ne sait pas sur qui elle est tombée et cela pourrait générer des ennuis bien plus grands que cette simple collision. La magie et l’ésotérisme ne sont pas les sujets les plus abordables avec le grand public et elle ne sait pas vraiment si elle doit réellement répondre à cette question. Est-ce un piège ? Au fond, elle ne peut pas savoir… Elle ne sait pas non plus comment elle doit interpréter le sourire qui se forme sur ce visage fin. Elle n’y perçoit rien de mauvais, de calculé mais elle n’a rien d’une experte en la matière. Elle ne sait pas quoi faire, comment réagir et quoi dire. Elle n’a pas le temps de toute façon de dire un mot qu’il lui pose deux nouvelles questions et qu’elle reste totalement perdue. Peut-être les pratique-t-elle ? Elizabeth fait un pas en arrière et l’observe de haut en bas avec attention. A qui a-t-elle à faire ? De premier abord, il ne lui fait pas vraiment peur mais elle n’aime pas vraiment le tour que prend la conversation parce qu’elle a peur de faire un faux pas. Il a bien vite repris ses esprits soudainement.

“C’est… c’est simplement en souvenir d’une amie que j’ai perdu et qui aimait beaucoup lire ce genre de livres… Question de nostalgie un peu. “ Ce qui n’a rien d’un mensonge car c’est Anya qui l’a plongée dans la magie et l’ésotérisme. Son amie lui a toujours manquée, elle a toujours souffert de l’avoir perdue. Après sa mort, elle a même baissé les bras un temps face à Drake. Anya lui manque toujours terriblement, comme si une partie de son coeur s’était morcelé. Elle l’aimait comme une soeur. Y repenser, évoquer le sujet même sans nommer l’absente lui fait un pincement au coeur. Elle ne se dit pas que le fait qu’il soit là dans cette librairie est signe qu’il n’est pas entièrement un ennemi. Le motif de la censure ne lui fait pas tilt, elle continue de le toiser en observant désormais chacun de ses faits et gestes. “ Je n’en sais rien, je ne devrais pas, mais ça a toujours éveillé ma curiosité. C’est tout.” Elle le fixe, attendant de voir s’il compte lâcher les livres qu’il tient encore entre ses mains. Pour le moment, elle préfère qu’il les garde, ça l’encombre suffisamment pour le rendre moins inquiétant. Elizabeth reste à distance. Quant à la question les pratiquez-vous ? La question est trop directe pour être éludée. Elle n’a aucune intention de dire qu’elle prépare des onguents mais c’est bel et bien la seule chose pour laquelle certains livres sur les vertus des plantes peuvent lui être utiles. Le reste n’est que de l’amusement, de la curiosité, des souvenirs du bon vieux temps. Rien de concret. “Non...je connais juste certains trucs de magiciens pour amuser les enfants.” Retrouver une carte dans un paquet de cartes, faire passer une pièce derrière l’oreille d’un innocent ou encore faire disparaître un objet entre ses doigts… tout ça elle pourrait le faire oui. Elle sait même faire des sculptures de ballons et tout ce qui est un minimum créatif, parce que ça l’intéresse, parce qu’elle est curieuse et imaginative. Déjà elle est plus manuelle que sportive alors, il fallait bien qu’elle puisse trouver des trucs qui lui correspondent comme activité. Elizabeth ne sais pas vraiment face à qui elle se trouve mais il lui bloque le passage vers la caisse et donc vers la sortie et elle ne compte pas faire un seul pas dans sa direction. Elle murmure plus qu’elle ne le dit à haute voix “ Je ne veux pas d’ennuis.”. Pas aujourd’hui, pas maintenant, elle n’est pas prête à devoir affronter de nouveau des choses qui la dépassent. Elle a déjà suffisamment eu à gérer à cause du Gouvernement récemment. Stop ! C’est pas le moment de lui reprocher de s’intéresser à des sujets particulièrement peu conseillés. Elle aurait tendance à laisser les émotions prendre le dessus à un moment où un autre et il ne faut pas. Toujours pas maintenant.
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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Dim 27 Nov - 18:34


Another day, another way to fade and deteriorate
I've been losing my mind. I've been falling way behind. I'm a lost surviver, walking through fire, but strength is giving away ••• Orfeo laissa ses yeux s’accrocher au visage de la jeune fille qui lui faisait face. Ou plutôt qui était légèrement au-dessus de lui puisqu’il ne s’était pas encore levé. Certes, aucune blessure n’était à déplorer malgré le poids des livres et surtout leurs angles. Le sourire soulagé rassura l’homme, même s’il ne le montra pas vraiment. En s’intéressant à son interlocutrice, il avait déjà remis en cause l’image de connard qu’il essayait pourtant d’adopter en toutes circonstances. Comme quoi, il ne pouvait pas résister à une personne un peu paumée. D’ailleurs, cela se voyait bien avec Callum. Malgré que la logique aurait voulu qu’il ne change pas de comportement en lui parlant, tout avait fini par évoluer en ce sens. Le voir sans attache, sans vie, était devenu impossible pour celui que le sorcier était réellement. Peut-être parce qu’il avait l’impression de se regarder dans un miroir. Quand il était sorti de Darkness Falls, qu’il était tombé dans cette nouvelle époque, sans personne pour lui expliquer ce qu’il voulait là. S’il n’y avait pas eu Lucrezia, il serait certainement détruit, meurtri aujourd’hui. Cependant, il avait eu de la chance d’avoir quelqu’un pour s’en sortir. Alors, souvent, il avait tendance à récupérer cette chance pour l’offrir à d’autres. Même à son frère, celui qu’il se plaisait à haïr autant qu’à aimer.

La jeune fille avait raison néanmoins. Tant qu’il ne s’était pas fait de mal, qu’importait de qui c’était la faute. Il n’irait pas porter plainte ou la frapper. Déjà parce que ce n’était pas son genre et puis ce serait juste un moyen de se mettre une personne de plus à dos. Ou pire, que Rafael s’en mêle. Et le connaissant, la violence et le carnage seraient de mise. Une fraction de seconde durant, il imagina le petit corps déchiqueté et ses yeux se voilèrent. Non, définitivement, ce n’était pas une bonne idée de dire quoi que ce soit à un membre du Gouvernement. Sa dernière rencontre lui avait bien montré que le métamorphe était au courant de TOUT le concernant. Après, avec les pouvoirs qu’il possède au sein de celui-ci… C’en était presque normal qu’il s’en serve. Mais c’était agaçant pour Orfeo de savoir que ses faits et gestes étaient autant observés. Parce que sur ce coup, ça avait été mignon. Cependant, il travaillait aussi avec l’une des mafias les plus violentes de la Nouvelle-Orléans. Et si ça s’apprenait, il y aurait du sang. Le sien coulerait en premier lieu. Puis une traque se développerait pour ceux qui restaient. Il n’en avait jamais réellement parlé à Marie, même si elle devait s’en douter vu le peu qu’il avait avoué au sujet de la relation avec son frère.

Les livres quittèrent ses mains soudainement. Un sourcil s’arqua, son regard empli d’interrogations se posa sur l’inconnue. Certes, il était devenu dangereux aujourd’hui d’évoquer la magie, l’ésotérisme, bien qu’Orfeo ne comprenne pas forcément pourquoi, cependant, il ne s’attendait pas à ce que cela provoque une telle réaction. Notamment parce qu’il avait lui-même avancé le sujet. C’était elle qui était plus un danger à ses yeux. Possiblement une personne du Gouvernement, présente dans cette boutique seulement pour trouver des noms de résistants. Ou de curieux. Pourtant, le sorcier ne s’y était pas vraiment attardé. S’il restait profondément prudent, il n’en avait pas moins gardé une certaine naïveté. Ce qui ne manquerait pas de se retourner contre lui un jour mais mieux valait ne pas y penser. Il s’était redressé entre temps sans s’en rendre compte et son interlocutrice avait reculé d’un pas. Effroi ? Protection ? La dernière fois qu’il avait remarqué un tel comportement, c’était lorsqu’il était intervenu après qu’un homme ait battu sa femme. Les voisins avaient appelé la vaisselle et les couteaux s’étaient mis à voler en dehors de la maison. Et qu’ils craignaient que le mari, pyromane notable, ne tente de faire brûler la maison. Et l’humaine avec. Enfin, tout cela n’était qu’une coïncidence.

Après, vu les questions qu’il posait, c’était logique qu’elle s’inquiète. Il était inquisiteur, peut-être un peu trop direct. Mais les non-dits faisaient plus de mal que le reste. Et il s’était toujours demandé pourquoi l’hypocrisie avait pris une part aussi importante chez l’Homme, pour qu’autre chose effraie les humains. La réponse de l’inconnue le fit sourire. Cette peur était une chose qu’il avait fini par ne plus ressentir. Parce qu’il assumait être un sorcier certainement. Parce qu’il avait vécu à une époque où ce qu’il avait appris l’avait mené en Enfer. Donc étrangement, les lois actuelles lui faisaient moins peur. Certes, il était mal vu de pratiquer la magie, ou de s’y intéresser, mais on ne risquait rien du moment où on ne l’utilisait pas contre les dirigeants. Bien qu’il soit toujours incapable de définir clairement ce qu’ils considéraient comme allant à leur encontre. Cependant, il lui faudrait rassurer son interlocutrice rapidement. Pour éviter de voir la frayeur se glisser un peu plus dans ses veines.

Elle ne devrait pas… Orfeo se mit à rire ouvertement. C’était stupide de penser ça. Même si le Gouvernement a mis en place un nombre incalculable de lois pour entraver la liberté des citoyens. Quant aux trucs de magicien, c’était déjà mieux de rien. Parce que l’italien se demandait si elle n’était pas une sorcière. Malheureusement, le seul moyen de le savoir réellement serait de voir si elle était capable d’accomplir un rituel quelconque. Sauf qu’il se voyait mal le lui demander maintenant. C’était un coup à la voir s’enfuir. Ou à l’effrayer encore plus. Il soupira doucement. Décidément, les relations humaines lui étaient toujours compliquées. Déjà parce qu’on ne lui avait jamais réellement appris étant enfant et aujourd’hui… Faire confiance à un autre être était devenu impossible. Il y avait trop de trahisons, trop de violence pour que les gens y parviennent. Et c’était compréhensible. Jusqu’à ce qu’il entende la dernière remarque murmurée de la jeune fille. Calmement, il déposa les quelques livres qui lui restaient dans les bras sur une petite table à côté de lui et se recula d’un pas.

« Pourquoi en auriez-vous ? Si j’avais voulu vous en causer ou alors vous faire du mal, je n’aurais pas attendu de vous poser des questions. »


Il vivait à travers son propre prisme de référence. Donc oui, pour lui, c’était anormal de chercher à gagner la confiance de quelqu’un avant de le détruire. Surtout lorsqu’il avait déjà les preuves nécessaires pour l’arrêter. Sauf qu’il ne faisait pas partie du Gouvernement, donc tout ça l’intéressait peu. Au contraire, il serait plus du genre à aider son interlocutrice dans la mesure de ses moyens si cela était nécessaire. Que ce soit du point de vue de ses connaissances ou juste de sa survie. Vu à quel point elle était effrayée à l’idée d’avoir des soucis, et de surcroît avec le Gouvernement.

« Vous avez parfaitement le droit d’avoir de tels centres d’intérêt. Et je serais bien mal placé pour vous faire une quelconque remarque à ce sujet puisque je me renseignais sur des ouvrages supposément censurés par le Gouvernement. »

Quelques mots pour qu’elle arrête de s’en faire. Lui-même était venu pour en savoir plus sur son époque, les œuvres, le courant de pensée qui y était majoritaire. Bref, des recherches qu’il fallait mieux éviter si on tenait à sa liberté. Puisque les dirigeants ne voulaient pas que la population s’interroge sur ce qu’ils faisaient. Sur les lois qu’ils promulguaient. Et le meilleur moyen de s’en assurer était de l’empêcher d’accéder à une quelconque connaissance. Parce qu’ils répétaient des schémas déjà en vogue il y a des siècles, voire des millénaires. Et si la majorité s’en rendait compte, une rébellion pourrait avoir lieu, mettant fin aux privilèges que les dirigeants s’étaient octroyés en cette période bien sombre.

« Vous faites des représentations ? Et je comprends pour la nostalgie. C’est toujours un bon moyen de lire des ouvrages qu’une personne qui nous manque aimait. C’est une manière de la garder avec nous, pourquoi donc avoir peur de l’avouer ? Vous ne faites rien de mal. »


Comme il l’avait déjà pensé, il n’y avait aucune opinion politique à s’intéresser à la magie. Certes, ce n’était pas ce que le Gouvernement s’attendait de la majorité de la population mais il n’irait pas jusqu’à tuer quelqu’un sur ces simples lectures. Sinon, Orfeo lui-même serait très surveillé par les dirigeants. Ou alors la position de son frère lui permettait d’y échapper. Ce qui lui arracha une grimace. Et l’obligea à penser soudainement à autre chose. Il n’était pas sain de recentrer ses pensées sur la proportion de contrôle de son frère dans sa vie.

« Je ne pense pas m’être présenté, et c’est très impoli de ma part, mais je m’appelle Orfeo. »

Décliner une identité pour offrir une certaine confiance. Pour montrer qu’il n’était pas méchant. Qu’il ne s’en prendrait pas à elle ou ce qu’elle aimait, ce qu’elle était.

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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Mar 29 Nov - 0:50

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C’est devenu une seconde nature de se méfier de tout le monde mais c’est surtout que les souvenirs brûlants d’un désert la hante encore quotidiennement. Elle en fait des cauchemars et le mot est faible. Il lui arrive de se réveiller le lit trempé de sueur, avec la sensation de sentir sa peau la brûler encore violemment et lui donner la migraine. Parfois c’est le cri d’un homme qui la réveille, celui qu’elle a entendu là-bas et pourtant elle sait bien que tout est revenu à la normale, que ce n’était pas entièrement réel mais rien n’y fait. L’auto-persuasion ne fonctionne pas pour elle, il lui est difficile de s’endormir autrement que par épuisement total ces derniers jours. Elle songe parfois à retourner consulter mais elle se rappelle le temps qu’il lui a fallu les premières fois pour se remettre à parler, pour avoir confiance en un corps médical qui se permet parfois des conclusions hâtives. Au point de pousser une patiente à prétendre qu’ils ont raison pour pouvoir leur assurer que vous faites du chemin dans votre guérison. Elle n’y retourne que ponctuellement à l’origine mais là, elle n’a pas envie de se confronter à la médecine pour savoir qu’elle garde un choc traumatique de cette expérience et surtout elle n’a pas envie d’évoquer ce sujet avec des gens dont elle n’a aucune idée de l’opinion politique qu’ils ont. Ça n’arrange absolument pas ce côté légèrement paranoïaque qui survient alors quand cet homme commence à ramasser les livres qui l’entoure en les feuilletant. Elle n’aime pas qu’on fasse intrusion dans ses affaires et qui apprécierait ? Certes, ce ne sont que des lectures et donc rien de très gênant à partager mais Elizabeth n’est pas certaine de vouloir tout de même. Elle a besoin de son jardin secret –si on peut dire- et n’a aucune envie d’y voir un mec écraser les jeunes pousses. Il faut lui laisser encore un minimum de répit pour fleurir. Elle s’emporte un peu en récupérant aussitôt les bouquins alors qu’il semble surpris de sa réaction. Elle n’imagine pas un seul instant pouvoir lui apparaître comme une quelconque menace, sans doute parce qu’elle ne songe à aucun moment qu’on puisse la voir comme une pro-gouvernementale. Quant à la menace physique, la bijoutière a tout du poids plume en plus d’avoir un teint de cachet d’aspirine et parfois l’air plus jeune que son âge. Comme on la considère rarement comme une personne potentiellement dangereuse, elle ne se dit pas qu’elle peut lui paraître suspecte. De son point de vue, c’est plutôt lui qui est intriguant et donc inquiétant. Avait-il au moins l’intention d’acheter un livre avant qu’elle le heurte ? Elle ne voit que les siens sur le sol et dans ses mains, pas de traces d’un bouquin ne lui appartenant pas.

L’innocence… Elizabeth est pleinement consciente que le monde n’est et ne sera jamais ce qu’il a été auparavant. Elle ne sait pas si elle doit regretter ou bien se dire que le monde évolue perpétuellement même si cela ne signifie pas forcément que ce sera en bien. Elle a beau être parfaitement au courant que des histoires se trament dans l’ombre, elle reste parfois en dehors de tout cela. Elle est rarement au courant de ce qu’il se passe avant la majorité, comme les rumeurs autour d’un certain lac. Si Moïra ne lui en avait pas touché un mot, l’aurait-elle jamais su ? Elle ne se mêle pas des choses, elle reste toujours en surface tant qu’on ne brise pas la fragile protection qui l’entoure. Elle ne se passionne évidemment pas pour les affaires retorses du Gouvernement et ne cherche pas à deviner leur prochain coup foireux non plus, tout comme elle ne fait que donner des fonds aux résistants sans pour autant se pencher sur leurs réels projets. Elle reste en dehors de tout. Les choses n’ont pas basculées, pourquoi se lancer dans le danger les yeux fermés ? Elle préfère rester soucieuse, prendre du recul devant cet inconnu. Les hommes lui paraissent toujours trop grands, enfin la plupart, surtout quand ils étaient affalés par terre et qu’ils se relèvent. La faute à qui… ? C’est un réflexe de se mettre en retrait, elle a pris l’habitude de le faire spontanément sans s’en rendre compte quand elle n’est pas sûre qu’un orage ne risque pas d’éclater ou qu’un danger puisse survenir. Elle le fait principalement en présence de Drake, histoire de mettre de la distance entre eux. Comme si cela peut changer quoi que ce soit. Elle sait pertinemment qu’elle cela ne la protège jamais bien longtemps. Allez savoir pourquoi elle se comporte de la même façon devant ce type ? Peut-être à cause du flot de questions qu’il lui assène soudainement, l’acculant sous ses paroles. Voir se détacher un sourire est certes rassurant mais pas assez pour qu’elle relâche la pression dans ses muscles. Elle ne s’attend absolument pas à le voir rire et elle doit bien l’observer désormais avec une incompréhension largement palpable. Qu’est-ce qui lui prend à ce type ? Elle reste là, surprise, à ne plus comprendre ce qui se déroule sous ses yeux mais déjà ses épaules se sont affaissées, elle a l’air moins tendue dans sa posture mais toujours suspicieuse. Les questions n’avaient pas l’air si anodines sur le coup alors ça l’a un peu déroutée mais elle le regarde attentivement poser les livres et faire un pas en arrière. Elle hésite à savoir s’il fait cela pour tromper sa vigilance ou pour montrer qu’il n’a rien d’une menace ? Malheureusement, elle a du mal à voir le verre à moitié plein mais ses paroles esquissent une sorte de pardon. Il a soudainement l’air moins rude que pendant cet interrogatoire assez impoli. Elle penche légèrement la tête sur le côté, à l’écoute. Elle grimace légèrement, pas entièrement d’accord. Elle ouvre la bouche et la referme… ne sachant pas si elle peut réellement s’exprimer plus librement. « … je ne sais pas. Ce n’est pas toujours évident de savoir pourquoi on peut en avoir. » Tout dépend de qui cherche à causer du tort à l’autre, d’ailleurs « je ne peux pas deviner que vous ne fonctionnez pas ainsi. » La phrase est franche mais n’a rien d’un reproche car elle se sentirait mal aisée qu’il le prenne mal. Quand bien même il n’a rien à voir avec le Gouvernement, elle ne sait pas s’il connaît Drake. Il la rassure sur ses centres d’intérêts, elle arque un sourcil à la suite de ces propos. Comment ça « mal placé » ? Des ouvrages censurés ? Elle écarquille les yeux. En réalité, c’est sa présence à côté de cet homme qui pourrait lui causer du tort… « C'est-à-dire ? » car il est bien vague sur le sujet et c’est facile de dire qu’on est dans le même bateau. Enfin non, lui pire puisque ce n’est même plus dans le tolérable mais bien dans l’interdit. Elle pourrait en devenir curieuse mais doit-elle le croire ? Elle s’appuie d’un pied à un autre, réfléchissant. Pour le moment, elle n’ajoute rien, se contentant de le détailler un peu plus. Histoire de tenter de comprendre le personnage.

Elle tique au mot représentation, ne comprenant pas à quoi il fait référence puis le déclic survient et elle laisse échapper une exclamation  soudainement, plus vraie et qui montre un peu qu’elle est moins inquiète. Il parle des tours de magie ! Oh non, elle n’en connaît pas tant. Elle se souvient surtout que son père lui en montrait souvent quand elle était gamine et elle l’admirait tellement. Elle a voulu en savoir plus rapidement pour avoir hérité quelque chose de feu son père. Elle se souvient difficilement de son visage. Le temps efface presque tout. « Non… je ne sais pas faire grand-chose, ce ne sont que des tours de passe-passe. C’est surtout un bon moyen de faire sourire quelqu’un ou de le divertir. Juste comme ça » Elle acquiesce au sujet de la nostalgie. Anya était une partie de sa famille de cœur et une de celle qui la comprenait le mieux. Aujourd’hui, Elizabeth se sent complètement seule et ça ne profite qu’à une personne. Toujours le même. Elle sait parfaitement pourquoi elle ne veut pas avouer qu’elle lit ça. Elle a peur d’un jugement négatif. Elle a l’habitude qu’on la gronde pour des sujets tout aussi futile et le fait qu’il ait posé ses questions a déclencher cette peur. C’est en rapport avec ce qu’elle vit… tout simplement mais ça elle n’a pas à en dire un seul mot. Seulement, c’est difficile quand on sent un nœud au creux de sa gorge. Elle attend un peu avant de répondre « … C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour conserver mes souvenirs d’elle. Il paraît que ce n’est pas toujours très bon de vivre dans le passé mais bon, aujourd’hui… Je sais… ce n’est rien de grave … c’est juste que …c’est un peu étrange de poser des tas de questions comme ça soudainement pour des livres à une inconnue. Il n’y a pas grand monde qui fait ça ? » Poser des questions ça fait très interrogatoire et ça lui rappelle la milice ou même après l’horreur de l’arène alors rien de bien positif. Elle voit cet grimace sur le visage de cet homme et un instant, elle a ce réflexe stupide de lui toucher le bras et lui demander si « ça va ? », après tout, elle lui a peut-être vraiment fait mal et il a rien dit mais non ça semble être plus un réflexe lié à autre chose, de moral. Se rendant compte de son comportement, elle se recule de nouveau. Quelques livres dans une main, l’autre le poing serré, le bras le long du corps. Trop de spontanéité n’est pas une bonne chose parfois.  Elle sourit un peu quand il se présente. Orfeo… c’est un drôle de prénom, ça sonne comme un nom de gâteau et cette pensée la fait rire doucement. Il lui fait moins peur oui. « Orfeo… c’est peu courant. » Elle regroupe tous ses livres. « Moi c’est Elizabeth » Beaucoup plus commun. Un nom qui revenait souvent dans la famille. Classique indémodable comme disait sa mère. Les présentations sont faites…
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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Jeu 8 Déc - 0:19


Another day, another way to fade and deteriorate
I've been losing my mind. I've been falling way behind. I'm a lost surviver, walking through fire, but strength is giving away ••• Ses muscles avaient fini par se tendre, plus par instinct que par réelle peur. Il n'avait aucun ressenti vis-à-vis de la jeune fille face à lui, à part qu'elle était jeune et certainement fragilisée. Peut-être parce qu'il reconnaissait un état qu'il avait lui-même dû traverser juste avant de mourir, sans en prendre réellement conscience puisque son cerveau ne le pouvait pas. Cependant, il sentait que quelque chose n'allait pas. La librairie était bien trop calme. Et vu les livres qu'ils lisaient tous les deux... Bon, ceux de son interlocutrice étaient juste dérangeants, mais pas interdits. Lui se renseignait sur des périodes historiques, des types de Gouvernement aujourd'hui disparus, des siècles considérés comme des lumières. Pas forcément ce que les dirigeants actuels appréciaient. D'autant plus que son frère lui avait fait remarquer qu'il fallait mieux qu'il se fasse petit sur les jours, voire semaines à venir. Peut-être que la jeune fille ne comprendrait pas ce que cela impliquait. Mais Orfeo savait qu'un esprit capable de s'éduquer pourrait causer des problèmes pour la suprématie des dictateurs. Non, le Gouvernement n'était pas dans les bonnes grâces du sorcier. Mais vu ce qu'ils avaient fait de son frère... A moins que ce soit seulement leur père qui était la cause de tout cela, mais que le cadet préférait se voiler la face...

Il est vrai que la blonde n'avait pas tort lorsqu'elle évoquait que les problèmes pouvaient venir de n'importe où, qu'il n'y avait pas besoin de raisons pour en avoir. Les puissants ne se préoccupaient pas de ça. S'ils voulaient vous emmerder, ils vous emmerderont et trouveront une excuse après. De toute façon, la justice-même était corrompue. Orfeo avait toujours été du genre optimiste mais aujourd'hui, son réalisme et sa lucidité avaient repris le dessus. Et même s'il essayait de faire bouger son frère à ce sujet, il se rendait compte que les valeurs intégrées durant des années étaient difficiles à démentir et changer. Et oui, elle ne pouvait pas le deviner. Un sourire désolé s'étira sur ses lèvres. Il manquait d'habitude dans les discussions "normales" avec les êtres humains. Normalement, celles-ci tournaient autour de son aîné, ou des problèmes d'une personne. Il s'attardait peu sur lui ou sur son comportement ou ses valeurs. C'était un fait, se dévoiler attirait les problèmes. Et il les attirait déjà suffisamment sans rien montrer pour ne pas se transformer en phare. De toute façon, cette partie-là, la jeune fille la verra sous peu. Parce qu'il y avait peu de chances qu'il passe au travers des gouttes aujourd'hui.

Une nouvelle question, par rapport à ses lectures. Intéressée alors ? Son sourire devint légèrement plus amusé. Pour quelqu'un qui ne voulait pas de problèmes et qui n'avait pas l'air de lui faire confiance, elle s'aventurait sur des sujets qui pouvaient être très dangereux... Mais ça plaisait bien  Orfeo, il fallait l'avouer. Elle bascula sur les représentations. De simples tours de passe-passe ? Bon, l'italien avait clairement de voir si elle était capable de faire de la magie, et de la vraie. Ce serait intriguant de se plonger à ce point dans ces lectures sans avoir la moindre notion, la moindre envie d'en pratiquer. Ou alors Orfeo pensait trop. C'était aussi une possibilité. Il n'était pas capable de réguler toutes les interrogations que son cerveau lançait. Après tout, il n'avait pas appris à le faire étant gosse. Bon, il n'avait rien appris du tout avant de se retrouver à DF. Foutu inceste. Etrangement, y repenser lui mettait les nerfs à vif. Peut-être parce qu'il ne supportait plus ce qui l'avait pu être, ce que cela avait poussé son frère à faire aussi. Et le poussait toujours d'ailleurs. La surprotection, ce n'était pas pour rien.

Ah la nostalgie... C'était ce qu'il recherchait en lisant aussi. La nostalgie de ce pays chaud, des palaces, du soleil, d'un monde moins violent. Ou plutôt d'un monde dont il n'avait pas conscience. Et se dire que sa vie aurait pu être complètement différente avec juste une conscience le tuer. Mais bon, il était bien trop tard pour refaire cette période de sa vie donc... Autant ne plus y penser. Si c'était possible. Quant à ses questions... Il haussa les épaules sans rien dire. S'il y avait une seule et unique manière, simple et rapide, de sociabiliser, sa vie serait facile. Cependant, ce n'était malheureusement pas le cas et il tentait de faire la conversation comme il le pouvait. Avec les moyens du bord. La jeune fille s'approcha, toucha son bras, lui redemanda si ça allait. Il l'observa, étonné. Etait-ce à cause de la grimace qu'il avait faite ? Comme quoi, se perdre dans ses pensées n'était pas forcément une bonne chose pour ne pas inquiéter ses interlocuteurs. Elle recula néanmoins rapidement, et Orfeo se dit qu'il devrait être réellement effrayant vu ses réactions. Peu commun comme prénom en effet. Contrairement à celui qu'elle lui offra. Elizabeth. Un prénom américain, ou anglais, qu'il avait croisé à de nombreuses reprises. Avec un sourire, il s'apprêtait à lui répondre lorsque des bruits de pas dans son dos se firent entendre. Il se retourna, posa le regard sur les nouveaux arrivants, notamment un qu'il avait déjà aperçu. L'émissaire de son frère. Qui, à sa grimace, avait relié sa tête à ses souvenirs.

"Les livres de la demoiselle me semblent..."

L'italien le coupa, légèrement agacé, au point que son accent reprit le dessus sur la prononciation de ses mots en anglais.

"Non, il s'agit des miens qu'elle m'aidait à ramasser puisque je les ai fait tomber. Y a-t-il un problème ?"


Glacial. Il avait adopté à cette seconde précise le même comportement que son frère. Aucune peur ne se lisait dans ses yeux bleus, et pas la moindre gentillesse non plus. Il sentit l'autre hésiter, haussa un sourcil pour montrer son attente. Là, il se faisait peur à lui-même, à copier jusqu'aux mimiques de Rafael. Puis enfin une réponse.

"Monsieur Morienval sera mis au courant de vos agissements, soyez-en certain !"

Et il disparut, accompagné de son garde du corps. Orfeo soupira, relâcha les muscles de son dos qui s'étaient tendus à l'apparition. Il se retourna vers Elizabeth, se massa doucement la nuque en soupirant. Décidément, son frère se pointait toujours à l'instant où il n'aurait pas voulu. Ou plutôt ses représentants. Cette putain d'autorité qui l'enfermait. Bon, au moins, ils auraient une bonne raison de s'exploser joyeusement la gueule la prochaine fois.

"Désolé, je ne pensais pas avoir de problèmes avec ça aujourd'hui... Enfin, au moins, ils ne s'intéresseront pas à vous."

C'était le bon côté. Ils avaient été tellement occupés par Orfeo que la jeune fille avait rapidement disparu à leurs yeux. Et tant mieux d'un côté. Il s'en serait voulu si elle avait eu des soucis à cause de sa présence. Ses yeux se reposèrent de nouveau sur les lèvres. Puis il se souvint de la question qu'elle lui avait posée. Sur ses lectures à lui. Bon, il aurait peut-être dû se taire mais comme il avait lancé le sujet... Et puis bon, l'émissaire ne resterait pas bien longtemps, il avait un rapport à faire à monsieur le bras droit du président, chef de la sécurité et des services secrets. C'était bien plus important que d'écouter deux jeunes gens parler.

"Je lis des ouvrages sur l'Histoire. Et plus principalement la politique. Les différents régimes en Europe, le siècle des lumières et la Révolution en France. Comment faire tomber un Gouvernement dictatorial en quelque sorte. Pas forcément ce qui plaît le plus aux dirigeants j'imagine."


Un petit sourire en coin. Des sujets plus censurés en temps normal, le fait qu'il arrive quand même à trouver des ouvrages les traitant montrait que le Gouvernement avait encore des progrès à faire en termes de répression et de prévention. Ce qui n'était pas plus mal à vrai dire. Au moins, il pouvait se renseigner plutôt tranquillement... Après, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à dire à une quasi-inconnue. Cependant, le sorcier savait qu'il n'avait rien à craindre tant qu'il pourrait se "défendre" auprès de son frère. L'apprentissage de l'histoire comme besoin d'en savoir plus sur ses racines. Comprendre pourquoi Rafael avait choisi de le faire brûler vif. Puisque son aîné refusait de lui en parler par lui-même.

"Vous n'avez pas tort. Et je m'excuse si je vous ai mise mal à l'aise par rapport à ça. C'est juste que j'aime rencontrer des gens la pratiquant, ou ayant des dons pour ça."

Même s'il la pratiquait lui-même. Il aurait presque voulu faire faire un sort à Elizabeth, pour voir. Après tout, ça ne pouvait être que des livres mais si c'était réel, c'était encore mieux non ? Pas du tout chiant comme mec...

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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Mar 3 Jan - 15:17

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Elle n’a pas parlé d’Anya depuis des années et évoquer son nom a quelque chose d’étrange, comme s’il suffit à faire renaître des souvenirs enfouis, qui disparaissent peu à peu à force de les taire. C’était pourtant sa première amie et celle qui lui a permis de s’ouvrir un peu pendant quelques années. Elles ont été si proches et malgré ça, c’est fou comme les souvenirs s’étiolent aisément quand une personne disparaît. Tout a été remplacé par d’autres images moins joyeuses et celles sont bien plus dures à estomper. Prononcer le prénom d’Anya est une étincelle dans cette journée, elle est peut-être le détail qui surpasse la méfiance et attise la curiosité d’Elizabeth au sujet de cet homme. Il ne semble pas enclin a parlé beaucoup de lui et il ne répond pas à la courte question qu’elle lui pose. Elle le trouve un peu étrange tandis qu’il hausse nonchalamment les épaules. Il la questionne mais ne souhaite pas lui répondre ? Pourtant c’est lui qui a commencé à entamer le dialogue et vouloir savoir pourquoi ses lectures, c’est lui qui l’a rassuré sur la tournure de cette conversation. Tant pis, restons dans le flou alors, songe-t-elle. Elle ne parvient pas à s’empêcher malgré tout, de laisser son empathie prendre le dessus quand elle le voit grimacer. Elle n’aime pas voir les gens souffrir et elle cherche toujours à faire un geste pour soulager les gens. Seulement, c‘est une faiblesse de se montrer aussi touchée par la détresse des autres. Elle se reprend vite mais à voir le regard qu’il lui lance, surpris, elle se mord la lèvre. Elle devrait réprimer son instinct parfois et préfère prendre ses distances. Ils entament les banalités en se présentant et elle sent que cela désamorce un peu la tension revenue.  Le simple fait de pouvoir mettre un nom sur un visage. Il sourit mais elle lui accorde qu’une demi-attention car il semble qu’elle ait entendu la porte d’entrée se refermer. Bientôt des bruits de pas confirment ses soupçons et elle jette un coup d’œil curieux aux nouveaux arrivants.  Orfeo se retourne rapidement tandis qu’Elizabeth se rapproche un peu de lui, discrètement. Elle regarde les livres qu’elle tient entre ses mains quand ils commencent à les évoquer et elle ouvre la bouche pour leur répondre mais elle n’a pas le temps de dire quoi que ce soit pour sa défense que la voix de celui qu’elle a bousculé prend déjà sa défense. Elle est surprise par son accent beaucoup plus prononcé et constate qu’elle n’a même pas fait le rapprochement avec son prénom plus tôt. Il a l’air assez énervé, plus que quand il est tombé par terre précédemment alors elle pose une main libre dans son dos, sans que ce soit visible par les hommes devant lui. Qui sont ces gens et pourquoi est-ce qu’il a dit que les livres étaient les siens ? Elle aimerait dire quelque chose mais l’attitude que ces hommes ont l’en dissuade et pourquoi contredire les propos de quelqu’un qui vous défend ? Il semble que le ton froid et direct d’Orfeo fasse son effet car les hommes se rétractent, annonçant juste qu’ils feront leur rapport à un dénommé Morienval. Elizabeth fronce les sourcils, se demandant qui est cet homme.   Est-ce qu’il a des ennuis avec cet homme ? Elle sent Orfeo se détendre et retire sa main, reculant à nouveau. Elle reste soucieuse de cette brève  rencontre… et à bien y réfléchir ces personnes semblent surveiller l’italien mais dans ce cas pourquoi se soucier de ce que elle, elle lit ? Les excuses de son interlocuteur confirment ses pensées et elle grimace un peu. « Mais pourquoi leur avoir dit que c’était vos livres si cela vous attire des ennuis… ! » Loin de le remercier, Elizabeth le gronderait presque de son attitude mais elle finit par soupirer « c’est gentil mais j’ai l’impression que je vous cause du tort du coup. » Elle n’ose pas lui demander qui ils sont, elle sent bien que cela ne la regarde pas mais elle est soudainement très curieuse à ce sujet. Ce n’est peut-être pas le moment…

Il en revient à leur conversation de base pour finalement répondre à sa question. Aurait-il changé d’avis à son sujet ? Se méfiait-il à cause de cette surveillance ? Elizabeth se fait sans doute des films mais tout ça lui trotte dans un coin de la tête et elle a du mal à se défaire de ses pensées. Elle tente de se concentrer sur ce dont il lui parle. L’Histoire avec un grand H et la politique. Des sujets qui ne parle pas énormément à la demoiselle qui ne se souvient que vaguement de ce qu’elle a appris à l’école et qui a bien du mal à comprendre les ficelles politiques. Il faut dire qu’elle a plus le cœur d’une anarchiste que de tout autre parti. Pourtant cela fait des années qu’elle se tient à carreau et elle n’a pas rejoint la résistance. De toute façon, elle ne ferait pas le point et serait bien inutile. Elle préfère faire les choses à son rythme et s’occuper des gens avant tout. Elle tait son cœur parce qu’un pas de travers et Drake refera surface, encore une fois. Elle ne peut retenir un sourire quand il parle de faire tomber un gouvernement. « Je comprends mieux, vous n’avez pas des lectures très communes ! » Peu de gens oseraient fouiller les rayons des librairies pour trouver des sujets pareils. Ce serait s’attirer aisément des ennuis. « Est-ce que ce n’est pas un peu suicidaire de chercher pareils ouvrages ? Vous êtes un peu fou en fait… Vous risquez beaucoup vous savez…» Il est évident qu’elle ne dira rien, qu’elle n’est pas du côté du gouvernement. Elle ne peut pas cacher bien longtemps qu’elle n’a aucune sympathie pour les politiciens de toute façon et leurs sbires. Après tout, elle n’est pas de ceux à qui cela peut offrir des opportunités, du moins rien qui ne l’intéresse. Ce serait plus par contrainte. Orfeo finit par s’excuser concernant la magie et elle lui pardonne volontiers.  Il a l’air de quelqu’un qui se cultive aisément alors il est sans doute comme ça de nature. Elle sourit gentiment à ses propos « Ce n’est pas grave. »  Elle s’est toujours demandée, après coup si Anya était juste une passionnée d’ésotérisme ou si au fond, il y avait autre chose. Elle était peut-être un peu sorcière au final mais ça, Elizabeth n’en saura jamais rien. Elle n’a pas eu le temps de lui poser la question. Elles ne se sont même pas retrouvées avant sa mort.  Elle regrette tellement de l’avoir perdue. « Est-ce que vous connaissez un peu ce domaine aussi ? Pourquoi vous intéressez vous aux personnes pratiquant ça ? »  Elle a toujours été intéressée aussi mais elle a fini par se concentrer surtout sur l’herbologie parce que cela pouvait lui être utile. Du concret. Elle a lu beaucoup d’ouvrages qu’Anya lui confiait. Elle se souvient en avoir souvent emmené chez elle. Soudain quelque chose lui fait tilt.  Elle a longuement gardé un de ces livres chez elle mais sans jamais pouvoir lui rendre. Elle se souvient l’avoir caché dans un double fond, dans son bureau à la Nouvelle-Orléans. Drake est tombé dessus et l’a fait brûler.  La dispute ensuite a été particulièrement violente.  Les yeux d’Elizabeth se voile brièvement mais elle pince de nouveau les lèvres : la magie fait peur à Drake. Liz  est soudain un peu intriguée mais d’abord lui reviennent en tête les événements d’il y a quelques minutes. Qu’est-ce qu’ils ont pu croire… elle ne veut pas formuler entièrement des doutes. Elle fixe Orfeo. « Dites-moi… pourquoi ces types tout à l’heure se sont souciés de ce que je pouvais lire ? C’est vous qu’ils surveillent non ? »  
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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Lun 16 Jan - 3:44


Another day, another way to fade and deteriorate
I've been losing my mind. I've been falling way behind. I'm a lost surviver, walking through fire, but strength is giving away ••• Orfeo n'avait pas perçu le mouvement d'Elizabeth derrière lui quand les hommes de son frère s'étaient rapprochés. Ce n'était qu'un malheureux concours de circonstances, ils n'étaient pas là pour lui au début mais... Au moins ils ne repartiraient pas les mains vides et auront de quoi plonger Rafael dans une colère sans nom. Car oui, la nature de l'italien agaçait son frère bien plus que le reste. Il devait certainement le haïr pour cela. En plus de tous les autres détails. Un léger soupir quitta ses lèvres alors qu'il se retournait vers son interlocutrice et reprenait la discussion. Un moyen de passer outre ce qui venait de se passer, et qui pourrait effrayer la jeune fille. Quant aux ennuis... Si elle savait à quel point il était déjà dedans. Il s'y enfonçait, s'y empêtrait depuis des siècles, comme s'il les attirait comme un amant. Elle évoqua le tort qu'elle lui causait et il se contenta d'hausser les épaules. A quoi bon perdre son temps sur ça. Il était si âgé, il n'était plus à ça près aujourd'hui. Il saurait se démerder avec le Gouvernement, notamment parce que Rafael n'était pas encore prêt à le tuer de nouveau. Sinon, il l'aurait fait dès qu'il en aurait eu l'occasion. Cette fois où le sorcier avait agressé un milicien par exemple. Tout aurait été si simple pour lui...

Pas très communes, c'était le cas de le dire... On parlait quand même de trouver de quoi renverser le Gouvernement. Après, c'était un peu spécial dans l'optique du jeune homme. Il voulait surtout libérer son frère de l'influence néfaste qu'il recevait, jour après jour. Il voulait le secouer, lui rappeler que malgré tout, il restait un humain, et qu'il avait le droit d'être considéré comme tel, plutôt que comme un chien tenu en laisse. Enfin, essayer de lui toucher un mot à ce sujet reviendrait à signer son arrêt de mort, Orfeo avait donc la plupart du temps gardé ses opinions pour lui. Il était un peu fou. Pas qu'un peu en réalité, mais il préférait ne pas répondre, laissant simplement un léger sourire se dessiner sur son visage. Il aimait bien. Être fou, être suicidaire. Ca lui donnait une sensation de liberté assez étrange. Être en vie, envers et contre tout. Malgré le feu qui avait léché sa peau et anéanti son existence. Il avait survécu à l'Enfer, il avait bien le droit de faire ce qu'il souhaitait à présent.

Elizabeth avait l'air un peu plus détendu maintenant. Ou il était complètement à côté de la plaque mais ce n'était pas très important. Il lui faudrait juste être plus attentif à ses propres mots, pour éviter de la brusquer. Peu étaient capables d'évoquer leur nature, puisque les dirigeants avaient fait en sorte que la plupart se sentent discriminés par rapport à celles-ci. Les Daybreakers qui étaient traqués, les métamorphes et les sorciers qui avaient dû se faire greffer une puce... Il était hallucinant de voir à quel point on avait cherché à parquer les "inhumains". Comme si cela allait empêcher les crimes de se dérouler. En fait, cela avait seulement exacerbé la haine et le déchaînement des horreurs. Un deuxième enfer, alors qu'il venait à peine de quitter le précédent. Cette pensée le rendit quelque peu triste, bien qu'il ne le montra pas. Il aurait préféré trouver un monde à peu moins... A feu et à sang. Enfin, on n'avait que ce que l'on méritait. La prochaine fois, il se battrait un peu plus pour éviter de finir dans pire que ça. Même s'il avait des doutes sur la possibilité que les évènements aillent moins bien qu'aujourd'hui. Ils étaient bien au fond du trou...

Puis de nouvelles questions. S'il connaissait ce domaine, pourquoi il s'intéresse à ceux le pratiquant... L'homme avait presque envie d'être direct, d'énoncer qu'il était lui-même un sorcier et donc, croiser des gens comme lui était toujours agréable. Et c'était un bon moyen d'apprendre de nouvelles choses, de découvrir de nouvelles personnalités. Notamment pour lui qui avait oublié nombre de sujets et d'apprentissage. Le mieux serait de trouver un mentor pour retrouver tous ses acquis, parce que les grimoires restaient assez succints et ne lui permettaient pas d'obtenir tout le savoir dont il avait besoin. Bref, il allait peut-être éviter de parler trop... D'ailleurs, Elizabeth laissa échapper de nouvelles questions. Par rapport aux évènements précédents, aux hommes qui étaient venus. Et il lui faudrait faire part de ses doutes concernant leur venue. Un soupir quitta ses lèvres alors qu'il lui indiqua de le suivre. Il avança sur quelques mètres, dans un recoin où se trouvaient quelques fauteuils autour d'une table. Un lieu un peu à l'écart, leur évitant des rencontres fortuites comme les précédentes. Il s'installa dans l'un d'entre eux tout en réfléchissant à ses mots :

"Hé bien, si ça peut vous rassurer, j'ai déjà beaucoup d'ennui par moi-même, ce n'est pas prendre la responsabilité pour ces livres qui aggraveront ma situation."


D'un côté, il était heureux d'être toujours en vie alors que ses actions auraient dû le mener en prison depuis bien longtemps. Et donc dans l'arène. Peut-être qu'il aurait pu faire partie des citoyens envoyés dans le dernier abattoir virtuel. Encore une belle connerie du Gouvernement. Comme quoi, certains s'enfonçaient dans leurs erreurs encore plus que lui. Ses doigts se mirent à tapoter sur l'accoudoir du fauteuil.

"Si, c'est clairement suicidaire, mais j'ai l'habitude d'agir ainsi. Il suffit simplement qu'aucun membre de Gouvernement ne me tombe dessus lorsque je les ai entre les mains. Il est assez simple de trouver des excuses sinon."

Surtout quand on se faisait sauver la peau. Sauf qu'Orfeo n'était pas stupide. Vu sa dernière discussion avec Rafael, il valait mieux qu'il fasse profil bas pendant quelques semaines. Ses supérieurs lui demanderont sous peu de le supprimer sinon. Non pas que l'idée dérangeait le sorcier, comme il l'avait déjà avoué. Mais il aimerait au moins voir son véritable aîné, plus que ce putain de masque qu'il offrait à tous. Qui le protégeait. Si seulement il y parvenait... Sauf que cela faisait bien longtemps qu'il n'était plus en position d'attendre quelque douceur que ce soit de son frère. Depuis qu'il avait essayé de le noyer certainement.

"Je ne suis pas certain qu'ils étaient là pour moi dans un premier temps... Peut-être qu'ils cherchaient seulement de quoi ne pas rentrer les mains vides auprès de mon... Leur supérieur. La librairie devait être dans leur liste de commerces à surveiller. Et les livres étaient un sujet comme un autre. Une possibilité parmi tant d'autres. En plus d'essayer de me faire peur en cherchant à s'en prendre à quelqu'un avec qui je suis en train de discuter. Finaleemnt, ils pouvaient faire une pierre deux coups."

Cela l'agaçait quand même que l'émissaire ait vu Elizabeth. Il y avait une probabilité assez importante qu'elle se retrouve avec des membres des services secrets sur ses traces. Oh, ils n'iraient certainement pas jusqu'à l'arrêter. Mais Orfeo ne voulait pas non plus qu'elle finisse surveillée. Enfin, il s'arrangerait sous peu pour ça.

"En tout cas, je suis encore désolé de leur arrivée intempestive. Enfin, ils ne risquent pas de revenir avant un certain temps maintenant..."

Le temps qu'ils fassent l'aller-retour jusqu'aux bâtiments gouvernementaux... Juste la ville à traverser finalement. Et Rafael ne prêterait pas beaucoup d'attention, préférant argumenter qu'Orfeo ne savait certainement pas lire. Ce qui aurait été le cas si Lucrezia ne l'avait pas pris sous son aile et n'avait pas complété son apprentissage de l'anglais.

"Concernant la sorcellerie... Je m'y intéresse parce que c'est toujours agréable de découvrir de nouvelles façons de pratiquer. De trouver de nouvelles personnes avec qui s'entraîner. Même si ça peut paraître... Etrange."

Bon, il avait sous-entendu qu'il la pratiquait aussi. Il espérait ne pas avoir été trop direct. Ne pas trop la bousculer, puisque peut-être qu'elle n'avait pas tout perçu encore sur ce que cela impliquait. Ou qu'elle n'avait rien à voir avec la sorcellerie, mais s'intéresser autant à ce type de livres... Cela cachait quelque chose dans l'esprit d'Orfeo. Ou alors parce que c'était ce qu'il avait envie de voir. Depuis son retour sur terre, il n'avait que peu eu l'occasion de discuter avec d'autres sorciers. Alors, s'il pouvait en avoir la possibilité...

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MessageSujet: Re: Another day, another way to fade and deteriorate |Elizabeth|   Mer 25 Jan - 21:43

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Au fond, Elizabeth est rassurée de ne pas avoir eu à se justifier devant ces hommes menaçants. Elle n’a pas encore digéré le fait qu’on l’entraîne de force dans une arène mais surtout elle a gardé une certaine rancœur d’avoir été enfermée dans une pièce dans l’attente d’une interview… Comme si tout cela était parfaitement normal. Elizabeth est de ceux qui se sont tenus de manière relativement correcte pendant tout ce temps, qui ont fait profil bas pour ne pas avoir à affronter les ennuis avec la milice. Pour une jeune femme comme elle, ça n’a pas toujours été simple… elle a fait de son mieux parce qu’elle avait besoin de se reconstruire et parce que Drake était sur son dos. Elle a serré les poings quand on les a questionné, elle et Moïra, ce soir où elle rentrait chez elle. Elle a fait mine de pardonner après l’arène malgré les cauchemars. Si seulement les gens pouvaient arrêter de lui donner envie d’ouvrir la bouche, ce serait tellement plus simple. Heureusement qu’il a vite réagi, qu’Orfeo s’est confronté à ces hommes et les a fait partir. Elle n’en peut plus de se taire. Elle sursaute pour n’importe quoi, elle ne s’attache à rien, ni personne. Elle se contente de vivre sa vie jusqu’à ce qu’elle puisse trouver un moyen de se débarrasser de Drake. Jusque là, elle reste la sage bijoutière, peu courageuse  et dont on doute qu’elle puisse être ne serait-ce qu’un peu dangereuse. Il serait dommage qu’elle se retrouve ave des ennuis mais ça ne veut pas dire pour autant qu’elle souhaite les laisser à d’autres. Elle est un peu embêtée pour l’italien qui s’est attiré les foudres des deux hommes mais lui ne semble pas le moins du monde s’inquiéter et il esquive très vite la situation pour changer de sujet et en revenir à ses fameuses lectures déconseillées. Elle se demande vraiment qui il est pour se montrer si insouciant et il ne s’offusque pas non plus quand elle le traite de fou, de suicidaire. Au contraire, il esquisse même un sourire et Elizabeth ne parvient pas à dissimuler le sien. Un sourire en coin parce qu’au fond, elle a toujours aimé les gens un peu fou, les anticonformistes, les gens qui n’écoutent pas. Quand le monde n’avait pas encore complètement changé, quand elle était encore là-bas à Saint-Louis, Elizabeth était devenue une adolescente beaucoup moins sage que l’enfant réservée qu’elle était. Tout s’était déclenché à la mort de sa mère, quand elle avait du apprendre à se débrouiller toute seule… Elle n’allait plus en cours, elle vendait au noir ce qu’elle fabriquait jusqu’à ce qu’il s’en rende compte. Elle avait essayé de partir une fois mais elle était redevenue sage …  ça lui manque parfois la liberté. Il y a toujours une sorte d’oppression dans un coin de sa caboche. Elle n’est pas comme cet homme, elle oublie volontairement de tenir tête malgré l’envie permanente de hurler.

Elle ne sait toujours pas si elle peut avoir confiance mais le penser lui permet de se détendre considérablement et puis elle lui laisse le bénéfice du doute car il vient tout de même de détourner l’attention de ces hommes. Elle peut bien lui accorder un minimum de confiance et puis il dit lire des livres peu recommandables, elle pourrait très bien s’en servir contre lui si elle était mal intentionnée. C’est sa façon d’accepter  qui il est quand elle commence à lui poser un tas de questions comme lui l’a fait au départ. Elle ne peut finalement pas éviter de rentrer dans le vif du sujet, dans ce qui l’a soucie concrètement. Il ne semble pas ravi, elle a bien vu qu’il a vite esquivé le sujet un peu plus tôt mais elle ne peut faire semblant. Cela trotte dans un coin de son esprit. Elle n’hésite pas à le suivre et à s’installer avec lui autour d’une table basse, posant tous les bouquins ramassés sur celle-ci. Le coin est agréable et s’asseoir fait un bien fou quand on vient de tendre tous ses muscles uniquement par nervosité. Ils seront plus tranquilles également ici et ils avaient le dos contre les fauteuils et derrière l’angle d’un mur : de quoi voir quiconque arriverait vers eux. Elle attend qu’il parle, sans le presser, constatant à quel point il paraît réfléchir quand il lui parle. Liz joue de ses doigts sur la couverture des livres en attendant, tend l’oreille quand il commence sa phrase. Elle n’est pas rassurée par le fait qu’il ait des ennuis mais elle comprend ce qu’il veut dire. Pour lui, ce n’est qu’une broutille d’avoir pris cette histoire de livres à sa charge. « Je ne sais pas si savoir que vous êtes un type à ennui me rassure bien mais d’accord, je ne vais pas me faire de souci pour vous alors… » Pour Elizabeth, cela lui enlèvera une épine du pied. Si elle commence à accumulé les ennuis, ce ne sera pas bon signe. A moins que ça ne lui permette d’ouvrir les yeux. Elle rit amèrement  quand il dit qu’il faut simplement que le Gouvernement ne lui tombe pas dessus : ils finissent toujours par nous tomber dessus, songe-t-elle. Lui il a les moyens de se défendre peut-être, elle non. Si trouver des excuses lui semble simple elle n’est pas entièrement convaincue par de tels propos parce qu’ils n’ont pas attendu de plaidoyer pour les purifier dans leur grand jeu à la con. « Vous êtes terriblement confiant… je doute qu’il existe encore une notion de justice dans le cœur du gouvernement pourtant alors les excuses, elles ne servent plus à grand-chose de nos jours. » Ils ont arrêté un ami pour violence mais ce n’était pas lui qui était le plus en tort dans l’affaire et pourtant les autres s’en sont sorti indemne. Elle leur en veut toujours pour ça et parce qu’elle aurait du être embarquée avec lui ce soir là. Elle s’est toujours sentie coupable, surtout qu’elle ne sait pas ce qui lui est arrivé ensuite.

Elle sursaute à ses propos. Elle a du mal à envisager que ces hommes ne soient pas venu pour lui puisqu’ils semblent se connaître mais il a sans doute raison et le fait qu’ils puissent être venu juste pour ne pas rentrer bredouille auprès d’un supérieur lui glace mais elle remarque l’hésitation d’Orfeo et grimace « vous ne travaillez pas pour le même employeur … ? Si ?» Elle ne comprend plus rien : a-t-il failli dire mon supérieur ou est-ce qu’il a voulu dire autre chose ? Elle constate en tout cas, qu’elle est encore au mauvais endroit, au mauvais moment et si elle n’était pas en compagnie de l’italien, ça aurait pu être une journée qui se termine mal. Non il ne semble pas être dans le même panier mais alors qui est ce Morienval et quel rapport entretiennent-ils ? Elle sait que cela ne la regarde pas mais difficile de saisir la situation sans en cerner le fond. « Pardon, oubliez ! Loin de moi l’idée de vous mettre dans le même panier. » Elle regarde un peu plus loin parmi les rayons et soupire à voix basse, pour elle-même « est-ce que j’ai une tête de victime facile ou quoi ?» On lui a toujours dit qu’elle fait plus jeune que son âge et que sa corpulence l’aide pas vraiment à se faire respecter. Une cible pas très compliquée à atteindre. C’est ce qu’il a pensé au départ lui aussi… Espérons que les jours à venir seront sans encombre. Elle a déjà un perturbateur de temps en temps dans sa boutique, un homme  du gouvernement qui s’est rendu compte de ses dépenses pour les rebelles et qui se permet de la faire chanter du coup.  Ce type lui fait froid dans le dos, alors si elle peut éviter d’autres fouineurs… Enfin elle retint une chose parmi d’autres : Orfeo porte la poisse. Apparemment s’en prendre à quelqu’un avec qui il fait connaissance est tout à fait du style de ces inconnus. Très rassurant… Elle se doute bien qu’ils ne vont pas revenir de sitôt. Elle préfère également ne pas les croiser avant un bon bout de temps. « Ne vous excusez pas pour ça… » A moins que ce ne soit prémédité, il ne pouvait pas deviner que ces hommes viendraient les ennuyer aujourd’hui. C’est trop tard de toute façon pour revenir sur cette rencontre et puis de toute façon, ce n’est pas comme si s’attirer des ennuis n’arrivaient jamais de nos jours.

Elle dessine toujours des formes aléatoires sur les livres tandis qu’ils discutent. Ou plutôt qu’Orfeo parle et qu’Eli écoute, lui faisant passer le temps. Ce n’est pas comme si elle était pressée de rentrer de toute manière. Elle finira sans doute par dormir dans sa boutique ce soir… Elle relève les yeux des livres quand il parle magie, soudainement intéressée : alors il sait en faire ! Elle se mord un peu la lèvre par la suite : ce n’est pas comme si elle peut lui être utile ensuite. Elle ne trouve pas ça étrange. Parfois elle aimerait bien être un peu différente de ce qu’elle est actuellement après tout même si cela lui aurait sans doute apporter tout un lot d’ennuis avec. Elle ne connaît la magie qu’à travers les livres et elle ne sait pas vraiment ce que cela peut donner quand quelqu’un l’utilise. Elle n’a pas vraiment été témoins de cela. «  Vous pratiquez… je comprends mieux ! Vous êtes définitivement un danger pour cette société. » mais ce n’est pas un reproche dans la bouche d’Eli, au contraire. Elle ne le trouve pas soudainement étrange mais plutôt fascinant. « Non si ça fait partie de vous, je ne trouve pas étrange de vouloir toujours en savoir bien plus que vous ne savez déjà. Vous avez l’air de quelqu’un de curieux de base. » On a beau dire que c’est un vilain défaut, elle trouve que c’est un excellent moyen d’accéder à la connaissance en général. Elle passe une main dans sa nuque, une seule chose la dérange : s’il la prise pour une sorcière, il est loin du compte. Elle n’a rien à pouvoir partager avec lui. « … vous n’avez pas de chance, je ne suis douée que pour préparer des onguents et faire de faux tours de magie. Je ne connais que ce que j’ai pu en lire… et je doute que cela reflète la réalité. Vous savez mon amie, même les livres qu’elle me prêtait étaient moins légers que cela en contenu. Ça c’est de l’ésotérisme, voilà tout. N’est-ce pas ? »  Elle lui tend un livre intitulé les secrets de la magie mais ça ressemble bien plus à un roman qu’à un grimoire. Elle soupire « vous m’en parleriez un peu ? »
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