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 /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 9 Jan - 0:29


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Je dominais avec difficulté le plaisir qui me noyait sans me ménager. J'avais toujours peiné à gérer mes émotions et maintenant c'était pire. Ca n'avait jamais été aussi difficile pour moi. Pas même la première fois où j'avais possédé Lucrezia. Trop d'événements s'étaient passés entre nous deux, trop de sentiments, de la haine à l'amour et son inverse, plusieurs fois. Je l'avais tant désirée que ce moment semblait parfaitement irréel. Je n'aurais jamais cru que je pourrais toucher ce plaisir du bout des doigts encore une fois, malgré mes nombreuses et vaines tentatives. Je m'étais contenté de cet amour platonique et à sens unique bien trop longtemps. Je ne savais pas ce qui allait se passer ensuite et je me raccrochais à ce moment comme si c'était le dernier instant de ma vie, que cela ne m'en déplaise. Je ne pourrais pas affirmer que je serais en mesure de le regretter. Je ne voulais rien manquer, comme si je n'aurais jamais la chance de rattraper tout ce qui pourrait m'échapper. J'avais à peine commencer à lui faire l'amour que je ressentais ce sentiment de trop et de pas assez à la fois. J'en fermai les yeux un bref instant, en parfaite incohérence avec mon besoin de ne rien manquer, mais j'en ressentis le profond besoin pour contrôler mes mouvements de hanches et me contrôler moi-même par la même occasion. Si j'avais toujours eu des doutes concernant ce que je ressentais pour Lucrezia, à cet instant précis je n'en avais plus aucun, et j'osais espérer que c'était également son cas. Je me figeais un bref moment lorsque je sentis les dents de ma partenaire de plaisir se resserrer sur mes lèvres. J'échappais par réflexe à sa morsure en reculant mon visage à distance du sien. Mes yeux se rouvrirent d'eux-mêmes et j'observais ceux de la belle brune avant de laisser se dessiner un sourire sur mon visage. La voir aussi silencieuse était presque amusant ; mais plus amusant encore était le fait qu'elle pouvait transmettre tout ce qu'elle voulait à travers son regard. Une nouvelle provocation et Dieu que je connaissais bien cette lueur dans ses pupilles. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, n'est-ce pas ? Elle avait respecté ma demande de silence mais ne pouvait pas résister au besoin de s'exprimer et de s'affirmer. Mon sourire s'agrandit. Peu importait son sale caractère, ses envies étaient les miennes, son désir était le mien, et même si je l'avais visiblement privée de sa voix, je ne pouvais pas la priver de quoi que ce soit d'autre dans de telles circonstances. Ses mains sur mes cuisses et le mouvement de ses hanches m'encouragèrent à la pénétrer plus brutalement que précédemment et j'en échappais un bref gémissement entre surprise et plaisir. D'accord, le message était bien passé, et si mon sourire s'était éteint de lui-même, mes yeux n'avaient pas quitté les siens qui me défiaient encore. Lucrezia me réclamait une brutalité qui était la bienvenue. Et si je m'étais contrôlé pour ne pas la bousculer davantage, il semblait qu'elle y avait trouvé son compte étant donné qu'elle était celle qui réclamait ma colère. A cet instant, je lâchais ma retenue précédente. Je n'en avais plus rien à faire de me montrer agressif ou hargneux si Lucrezia me donnait son accord, et pire encore si elle le réclamait. Cela nous soulagerait tous les deux, même si je n'étais pas sûr de comprendre quelle rage Lucrezia pouvait possiblement avoir envie d'expulser, mis à part celle contre moi. Un besoin de souffrance et de plaisir à la fois ; peut-être quelque chose de plus complexe qui serait difficile d'expliquer avec des mots. Mais peu importait, je ne comptais pas lui poser la question et je n'attendais aucune réponse. Je comptais simplement satisfaire nos besoins sans réfléchir davantage à la situation. Sans la quitter, je me redressais sur mes genoux alors que mes mains s'ancraient sur les hanches de ma déesse. Je relevais sa taille avec force, la décollant du sol dans le processus, avant d'instaurer un va-et-vient brutal à un rythme bien plus soutenu que précédemment. Et le plaisir prit une nouvelle dimension alors que tout ce que je ressentais put s'évacuer autrement qu'avec des mots. J'en fermais les yeux un bref instant, me mordant la lèvre pour contenir mon souffle erratique à la place de le laisser s'exprimer librement. Je soulageais cette faim en moi et laissais le feu me consumer de toute part. J'étais devenu tout bonnement et simplement l'esclave de mon désir, et de Lucrezia soit dit en passant, mais ça, ce n'était pas nouveau, aussi difficile à accepter que ce soit pour un homme qui voulait absolument tout contrôler. La peau de Lucrezia brûlait mes doigts alors que je resserrais spontanément ma prise sur elle, la marquant au passage et continuant de la posséder avec profondeur à un rythme que je n'étais plus très sûr de pouvoir tenir encore très longtemps. Ses hanches claquaient contre les miennes à chaque fois que je me rapprochais un peu plus de l'extase, m'assurant que je ne pouvais pas la posséder davantage que comme je le faisais déjà, limité par nos corps quand j'aurais eu besoin qu'il n'y ait aucune limite qui soit. Et peu importait que cela dure quelques minutes ou bien une heure, ce besoin grondant dans chaque molécule de mon corps ne serait jamais satisfait. Je me penchais au dessus de Lucrezia alors que mes mains remontèrent sur ses flancs en une caresse possessive sans jamais relâcher la dureté et l'assurance de leur prise. Mon bassin frappait le sien sans ménagement alors que je laissais échapper un gémissement incontrôlé de mes lèvres. Pour occuper ces dernières suite à leur traîtrise, je me penchais un bref instant pour les laisser embrasser le ventre de Lucrezia à plusieurs reprises. Je la repoussais bientôt sur le sol pour m'installer au dessus d'elle et continuer de la pénétrer avec passion et ferveur, et dans mon élan, mes bras passèrent tout autour d'elle comme pour la maintenir davantage contre moi, frêle petit corps parfait qui me rendait fou et frottait le mien dans le processus. Je me sentis proche de l'extase et, pour masquer mon visage déformé par le plaisir que je ne pouvais plus contrôler, ainsi que pour faire taire les gémissements qui menaçaient de résonner dans l'entrepôt, je volais le souffle de Lucrezia avec mes lèvres pour l'embrasser avec force. Mon souffle anarchique contre le sien, j'espaçais mes derniers coups de hanches bien malgré moi avant de jouir en elle dans mes ultimes mouvements. Le bien-être et le soulagement qui s'en suivirent m'écrasèrent avec violence et je me calais immédiatement sur mes avant-bras pour ne pas m’effondrer sur Lucrezia. Je soupirai bruyamment pour récupérer mon souffle, mes yeux se fermant d'eux-mêmes. La paix m'enveloppa, douce caresse d'une émotion si rare. Mon front prit résidence contre celui de l'objet de toutes mes convoitises ; un bref instant de complicité que je m'offrais pour toute conclusion. Je ne savais même plus comment nous en étions arrivés là, mais quelle que soit la raison, elle en valait très certainement la peine. Je me redressais lentement en poussant sur mes avant-bras et observais les traits du visage de Lucrezia, celui qui faisait exploser mon cœur et bien plus encore. Je donnerais tout au monde, je dis bien tout, tout ce qu'il me restait encore, pour pouvoir observer ce visage tous les jours d'aussi près, sans barrière ou retenue. Un mur qui s'était parfaitement et totalement effondré ; et si elle s'en était remise à moi pour la toute première fois, j'attendais cet instant où elle allait rebâtir le mur, aligner les briques une par une pour me chasser à distance. Si mon cœur menaçait de lui crier je t'aime, mon corps lui se redressa malgré le manque certain que cela allait entraîner au fin fond de mes entrailles. Je ne savais pas si elle allait jouer encore ou non, mais si elle osait, ce serait sans moi. Mon humeur s'était apaisée, et si ma patience était de nouveau présente, je savais que maintenant n'était pas le bon moment pour me prendre son mépris en plein visage. Je réajustais mon pantalon puis je réunissais et ramassais les vêtements de Lucrezia avant de les déposer près d'elle, laissant mes yeux profiter de la vue une dernière fois. Si je ne savais pas de quoi l'avenir serait fait, mon esprit considérait déjà qu'il n'aurait pas l'occasion de savourer un tel moment une nouvelle fois avant longtemps, comme s'il s'était résigné à vivre cet instant de bonheur que bien trop rarement, alors qu'à l'inverse, mon corps ne se résignait pas et réclamait la chaleur de Lucrezia près de lui. La vérité était qu'à cet instant précis j'étais vulnérable et je me défendais au centuple avant même d'être attaqué. Je terminais de me rhabiller distraitement, évitant le regard de Lucrezia dans le processus. Une fois fait, je réajustais ma ceinture armée. Je ramassais le pistolet de la jolie brune et vérifiais rapidement qu'il était toujours fonctionnel. J'hésitais entre l'installer à l'arrière de mon pantalon ou le lui remettre pour qu'elle puisse se défendre par elle-même. Ma bienveillance fut plus forte que ma méfiance, devinez pourquoi, et je m'approchais de Lucrezia, lui tendant la crosse de son arme.

Essaye de ne pas te tirer une balle dans le pied, lançais-je avec une touche de mépris bien malgré moi.

Je soupirais à peine avant de hocher négativement la tête, détournant les yeux. Finalement, c'était moi qui devenais méprisant. Il fallait que je sois prudent dans l'attitude que j'adoptais et que je contrôle mes propres peurs pour ne pas les répercuter sur ma relation avec Lucrezia. Mes mains s'installèrent spontanément sur les bras de la jolie brune et les frottèrent doucement, presque avec prudence, comme si je cherchais à la réchauffer ou à la rassurer, ce qui n'était pas totalement faux.

Laisse-moi rester avec toi cette nuit, que tu puisses dormir tranquille... Ici ou ailleurs. Où tu voudras.

Je n'allais pas m'imposer et si elle souhaitait me voir partir, je réaliserais sa demande sans même la contester. Mais je savais que je ne pouvais pas m'en aller tant qu'elle ne me mettrait pas à la porte du hangar. Pour le moment, je ne pouvais rien faire d'autre qu'être auprès d'elle pour assurer sa sécurité, ou tout du moins essayer du mieux que je le pouvais malgré le poids de l'ennemi. Demain était un autre jour. Demain, il faudrait agir, vite et bien, si bien sûr nous passions la nuit.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mar 7 Fév - 22:45

Le contrôle, encore et toujours le contrôle. Une maladie qui rongeait tout à chacun, certains plus que d’autres, mais toujours là, insidieuse. Pouvait-on décider de complètement lâcher prise et y arriver ? Je n’en étais pas certaine, il semblait subsister une infime part de nous-même prêt à se rebeller contre ce relâchement. Je la sentais s’agiter sous ma peau, je la voyais dans la tension qu’exprimaient ces traits, jamais très loin de la surface, attendant son heure. Une expression de sa présence et le temps se suspendit, l’immobilisme provoqué par la démonstration brave mais si peu téméraire. Mon regard fixé sur son visage, s’abreuvant de tout ce qu’il pouvait y lire, dans l’expectative. Captivée par des orbes où j’aurais pu me noyer des millions de fois sans regrets, mon souffle suspendu à ses lèvres, attendant la réponse qui me permettrait de respirer à nouveau. Un minuscule mouvement, des traits qui s’étiraient discrètement et mon monde basculait à nouveau dans une spirale infernale. Les battements de mon cœur si discrets que je les avais oubliés, jouèrent tambours battant à mes oreilles, couvrant tout autre bruit environnant. L’adrénaline enflammant mes veines déjà à vifs, j’accueillis la réaction de son corps contre le mien avec un soulagement inattendu. Perdue entre peine et plaisir, punition et récompense. Je méritais ça, mais ça quoi exactement ? Je ne saurais pas le dire, mais la culpabilité s’effaçait doucement, graduellement, proportionnellement à la passion et la violence de notre échange. Devais-je me sentir honteuse d’en ressentir du plaisir ? Probablement, mais je ne savais plus mettre la barrière entre mes différents sentiments et devais me contenter de gérer un maelström où cacophonie rimait avec folie.


Peut-être pouvait-on complètement lâcher prise finalement, pendant quelques instants, lorsque notre conscience semblait se dissocier de notre corps. Ou peut-être est-ce notre corps qui s’exprimait bien trop fort pour que le reste soit entendu. Loin de mon corps et pourtant coincé dedans, l’ambivalence de la situation me rendait folle, un choix impossible à faire, pendant lequel je me contentais d’être la marionnette passive d’un corps qui semblait doté d’une conscience propre à laquelle aucun accès ne m’était autorisé, aucun contrôle possible. Ne plus avoir conscience de mon corps tout en gérant des sensations auxquelles je ne pouvais pas échapper, prêtes à m’étouffer de leur intensité. Chose qui finit par arriver, une issue inévitable contre laquelle je ne cherchais pas à me battre. Bien trop occupée à essayer de faire entrer assez d’oxygène dans mes poumons. Je pouvais ressentir la brutalité d’une pression sans pitié s’appliquer sur chaque parcelle de ma peau, insupportable, porteuse de démence et sans doute de cris étouffés par des cordes vocales trop abîmées pour s’exprimer. Une vague de soulagement et de bien-être pouvait déferler en moi qu’elle était déjà étouffée par une nouvelle pression grondante. Incapable de savoir comment, j’endurais les montagnes russes que m’imposaient mon corps et mon cœur sans pitié. Jusqu’à ce que l’intensité me fasse basculer dans un monde sans sons, où la conscience de mon propre corps m’échappa pour ne laisser que plénitude et contentement. Pour la première fois de ma vie, je me sentais à la fois aimée et parfaitement protégée à la fois, comme si rien ne pourrait jamais venir briser le cocon de ce corps contre le mien, ce lien inébranlable scellé par ses lèvres contre les miennes.


Un instant de paix éphémère qui me sembla n’être qu’une seconde et je sentis déjà mon cocon réconfortant se briser pour laisser le monde s’immiscer entre nous à nouveau. J’aurais pu en pleurer tellement le manque se fit cruel, la réalité bien trop dure à encaisser. Je n’avais pas envie de devoir remettre un masque en place, je n’en avais pas la force à vrai dire, même si je l’avais voulu. Ma main chercha à retenir ce qu’elle aurait pu attraper, mais elle ne rencontra que le vide, trop lente, trop hésitante. Je me retrouvais alors dans une de ces situations où je n’avais aucune idée de quoi faire, que cela soit de mes pensées ou de mon corps. Je me redressais pour venir blottir mes jambes contre mon torse, maigre défense contre l’hostilité du monde. Je suivais du regard les mouvements de Kenneth sans vraiment les voir, distraction suffisante à mon esprit encore embrumé et distant. Jusqu’à ce que mes vêtements s’amoncèlent à côté de moi, le message peinant à se faire un chemin jusqu’à mon cerveau. Me rhabiller, oui d’accord, mais pourquoi faire ? Je n’avais pas envie de sortir et faire face à la réalité, je voulais juste rester là et ne pas penser. Résolution que j’aurais tenu si sa voix n’était pas venue troubler le silence, me forçant à lever les yeux vers lui, vers l’arme qu’il me tendait. Je l’observais sans réfléchir pendant quelques instants, avant de la prendre par automatisme. Quelques secondes me suffire à me remémorer malgré moi le nombre de fois où j’avais envisagé de retourner cette arme contre moi sans jamais le faire. Ma prise se resserra autour de cet objet que je haïssais profondément avant de la poser au sol à côté de moi avec brusquerie. À si méprendre l’on aurait pu croire que j’étais énervée par la remarque méprisante, mais il n’en était rien. Ma faiblesse et ma lâcheté suffisaient largement dans ce domaine.

Un léger sursaut de surprise, une tension éphémère et à nouveau, le réconfort. La simple joie de le savoir encore là près de moi alors qu’il aurait pu simplement partir sans rien ajouter. Ces gestes attentifs valaient bien plus que ce que j’aurais pu imaginer. Un profond sentiment de gratitude me réchauffa autant qu’il faillit provoquer des larmes traîtresses, ravalées à temps et masquées sous un sourire reconnaissant. Je n’aurais jamais dû accepter qu’il reste à mes côtés, car c’était sans doute l’endroit le plus dangereux à la ronde, mais je n’avais pas la force nécessaire à me défaire de ce qui me semblait tout à coup bien trop précieux pour être gaspillé. Je hochais alors légèrement la tête, donnant mon accord à sa requête, honteuse d’accepter de le mettre en danger pour mon confort personnel. Culpabilité que je noyais en cherchant à me rhabiller, même partiellement. Je ne réussis à enchaîner que quelques gestes mal assurés et tremblant, enfilant mon t-shirt à la va-vite et mon sous-vêtement perdu dans mon pantalon. Je n’avais pas besoin de plus pour le moment, je n’avais pas besoin de grand-chose, hormis le sentir encore là. Mes doigts hésitants s’approchèrent de sa main, j’appréhendais encore une réaction de refus qui ne viendrait jamais, pour finir par prendre sur moi et glisser mes doigts entre les siens. Cette prise devenait mon point d’ancrage, et je ne comptais pas m’en défaire de sitôt. Je m’en servis même pour me relever et le guider dans l’entrepôt, nous faufilant entre les œuvres, les caisses et les cartons en tous genres, pour finir par dénicher le point de chute que j’avais aménagé pour les membres de la Menrva dans le besoin. Caché aux yeux du monde, c’était à mon sens le meilleur endroit pour continuer à refuser d’affronter ma vie. Entre le canapé douillet et le matelas jeté sur des palettes, je m’installais naturellement sur le canapé, repliant mes jambes contre mon torse encore une fois, mes doigts n’ayant pas lâché les siens, le forçant quelque peu à s’installer avec moi. J’allais pouvoir profiter de sa présence une première et dernière fois sans avoir à porter de masque ou à me méfier et je comptais profiter de chaque seconde de ce moment improbable. Je n’avais plus beaucoup de temps devant moi, constat qui ne m’avait pas gêné jusque-là, mais je me surprenais maintenant à en avoir peur. Je n’étais pas aussi prête à mourir que ce je pensais.

Je pensais ne pas vouloir vivre.


Je ne pensais pas vouloir aimer à nouveau non plus. Je pensais quitter cette vie sans rien laisser derrière moi, rien qui me manquerait en tout cas, mais j’avais tort. Réaliser cela alors que je ne pouvais plus rien changer. S’il y avait un semblant de justice ou même un Dieu, probablement que je méritais cette épreuve pour toutes les atrocités que j’avais commises. Mourir en paix aurait été trop facile.

Mais maintenant, je crois que je ne veux pas mourir.

Un vent de panique menaçait de m’engloutir si je n’arrivais pas à faire face. Je ne m'ne sentais pourtant pas capable et de me calmer par moi-même. Où étaient donc passées mes défenses ? La digue sensée retenir le surplus ? Je relevais enfin mon regard pour me plonger dans le sien, comme si j’allais y trouver une réponse réconfortante, comme s’il suffisait qu’il me dise que tout irait bien pour que je le croie.

Je ne veux pas que tu meures non plus.

L’enchaînement de mes pensées était trop chaotique pour que je m’y retrouve moi-même. J’avais exprimé en quelques mots plusieurs choses à la fois, sans les exprimer réellement. Je ne voulais pas le mettre en danger certes, je ne voulais pas non plus qu’il me laisse, et ces deux choses étaient complètement contradictoires. Je ne pouvais pas lui conseiller de partir, c’était bien au-dessus de ce dont j’étais capable à cet instant, mais je n’arrivais pas plus à lui demander de rester pour plus que cette nuit.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 12 Fév - 20:04


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Le sourire de Lucrezia suivi de son hochement de tête approuvant ma requête me firent sourire à mon tour, à peine. Parfait, je n'aurais pas besoin de me battre avec elle pour la protéger. C'était presque suspect. Un sacré avancement dans notre relation ou juste une illusion qui allait bien trop vite s'évaporer ? J'avais cru qu'elle remonterait chacune des briques du mur qui nous séparait en temps normal, mais visiblement pas encore. Je lui laissais un peu d'espace pour qu'elle se rhabille mais, après des gestes tremblants, elle décida de porter le strict minimum, au plus grand plaisir de mes yeux, bien que je fus plus inquiet qu'elle attrape froid qu'autre chose. Bientôt, avant que je ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, sa main fut liée à la mienne et j'entrelaçais immédiatement mes doigts aux siens, sans réfléchir. J'observais notre geste ; simple mais absolument pas habituel. Nous étions-nous déjà tenu la main une seule fois depuis que nous nous connaissions ? Je sentis une vague de méfiance s'emparer de moi. Qu'avais-je fait pour mériter ça ? A part la brutaliser un peu plus tôt ? Est-ce qu'elle avait un plan pour me briser une nouvelle fois ? Peut-être serait-ce sa vengeance ? Je devenais de plus en plus suspicieux. Je me laissais guider dans l'entrepôt, sans broncher, plus concentré sur la femme qui m'emmenait avec elle que sur le processus en lui-même. Bientôt, nous arrivions dans un coin aménagé et je laissais mes yeux vagabonder, observant l'espace, l'analysant également. Un canapé, un lit ; y avait-il des tours de garde ici pour protéger les oeuvres d'art ? Sans aucun doute possible ou alors quelque chose d'autre m'échappait. Lucrezia s'installa sur le canapé sans relâcher ma main et je dus la suivre pour m'y installer à mon tour. Je réalisais uniquement maintenant que nous avions laissé son arme à terre là où nous étions précédemment. Une très mauvaise idée mais je ne pouvais pas interrompre ce moment, j'en étais tout simplement incapable. Je m'assis alors sagement, laissant mes doigts entrelacés aux siens, mémorisant cette sensation, comme si cette femme pouvait être mienne et que nous tenions chacun notre propriété fermement dans la main. Elle fut la première à briser le silence qui s'était instauré entre nous et mes yeux ne la quittèrent pas une seule seconde. Ne pas vouloir vivre impliquait tant de non-dits. Est-ce qu'elle essayait de me faire comprendre qu'elle s'était toujours tout refusé, y compris de se laisser aller avec moi, si cela pouvait lui apporter un semblant de vie ? Je ne savais pas. J'interprétais sans aucun doute ses propos. Qu'est-ce qui avait changé entre le moment où j'étais entré dans l'entrepôt et qu'elle m'avait tiré dessus et maintenant ? Parce que nous avions eu ce moment d'intimité un peu chaotique faisait qu'elle avait réalisé vouloir vivre ? J'affichais ma confusion qui fut immédiatement remplacé par une colère froide qui ne lui était pas destinée.

Tu ne vas pas mourir, l'interrompis-je presque d'une voix ferme.

Il en était hors de question, quoi que fasse Ivanov, je ne pouvais pas laisser ça arriver. Je croisais finalement le regard de Lucrezia. Je pouvais lire la peur au fin fond de ses pupilles et cela me brisait le coeur. Je la voulais en sécurité et je voulais qu'elle se sente en sécurité également. Si mon visage afficha une brève confusion suite à ses mots à mon égard, un sourire plein de tendresse la remplaça bien vite. C'était peut-être la première fois qu'elle exprimait avec des mots des sentiments positifs me concernant.

Je ne vais pas mourir non plus, chuchotais-je.

Je portais sa main à mes lèvres, la caressant avec ces dernières avant d'y déposer quelques baisers. Combien de temps me laisserait-elle rester auprès d'elle ? Cette question frappait mon esprit en boucle, encore et encore. Je ne pouvais pas m'en débarrasser. Toute trace de colère avait disparu pour ne laisser qu'une délicieuse chaleur au fond de moi. Même le renard ne pouvait lutter contre cette sensation de quiétude qui m'avait envahi. Je me sentais entier près d'elle ; et si l'absence de ma soeur jumelle serait toujours bien présente, elle était tout de même bien plus tolérable auprès de Lucrezia. Elle comblait l'espace. Tout semblait bien plus facile, bien plus évident auprès d'elle, et j'espérais que cette paix intérieure dure éternellement. Mes yeux détaillaient ses traits, elle était si belle. Elle était la seule à pouvoir me consoler de tout en un sourire. On rencontre des milliers de gens et aucun ne nous touche, et tout à coup on rencontre une personne et notre vie est changée, pour toujours... Renoncer à elle était inconcevable. Personne ne pourrait la remplacer si elle me quittait, c'était évident. Mon coeur battait bien trop fort tel un puissant tambour à mes tempes pour que je puisse réfléchir convenablement. Je perdais mes capacités auprès d'elle, et c'était définitivement un problème. De plus, j'étais parfaitement incapable de comprendre comment nous en étions arrivés là. Sentait-elle que nous étions à un point de rupture alors elle souhaitait arranger les choses ? Etait-ce la dernière fois que nous nous voyions ? Les théories allaient bon train. Mais que pouvais-je faire d'autre que de me poser tout un tas de questions ? Elle pensait très certainement qu'Ivanov allait s'en prendre à moi s'il apprenait que je la protégeais, et ce n'était pas un problème. J'espérais pourtant être le premier à l'approcher, cela serait bien plus facile. J'étais prêt à affronter cet homme, même si j'avais plus de chance de me faire jeter hors de l'échiquier très rapidement qu'autre chose. Mais j'étais un battant. Je n'allais sûrement pas lui faciliter les choses, et ce qui était sûr, c'était que s'il souhaitait s'approcher de Lucrezia désormais, il faudrait qu'il passe par moi avant. Je respirais sa peau, comme si j'insufflais un peu de drogue à mes poumons, avant de déposer sa main sur ma joue, la maintenant contre moi avec la mienne. J'avais besoin d'elle, je ne pouvais pas renoncer. Alors, au diable la possibilité que ce soit un piège, je ne pouvais rien faire d'autre que profiter de sa présence. Le renard se coucha en boule, cachant son museau avec sa queue, silencieux. Il n'y avait plus que moi pour mener cette discussion et tant mieux.

Est-ce que tu as décidé de me dire toute la vérité maintenant ?

Si je ne pouvais pas oublier qu'elle me manipulait peut-être, j'espérais pourtant la vérité. Je l'attendais depuis tellement longtemps. Sans la brusquer, sans la menacer, sans lui hurler dessus. Est-ce que nous allions enfin pouvoir discuter paisiblement ? Bien que je savais désormais qu'elle faisait partie de la résistance, à sa façon, j'avais encore beaucoup de questions auxquelles j'attendais des réponses de sa part.

Qu'est-ce qui s'est passé exactement avec Ivanov ?

J'avais besoin de tous les détails si je voulais pouvoir l'aider. Je ne pouvais pas manquer de la moindre information face à l'ennemi. Le restant pouvait attendre ; c'était actuellement la question la plus importante. Si nous passions cette crise, peut-être nous resterait-il assez de temps pour répondre à toutes les autres questions laissées en suspens depuis que nous nous connaissions, si elle ne s'enfuyait pas encore une fois loin de moi. C'était une possibilité que je prenais en compte mais qui ne pouvais pas m'arrêter pour autant. Je ne lui demandais pas de la gratitude ; plus maintenant. Je ne lui demandais rien d'autre que de l'honnêteté.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 12 Fév - 23:17

Aucun refus de sa part, pas de rejet, pas une parole désobligeante, rien. Si je me pensais chanceuse, je ne me serais pas fait de soucis. Mais je me savais malchanceuse et cette accalmie n’allait pas durer, j’aurais pu mettre ma main à couper sur le sujet. Mais j’avais fini de m’inquiéter de l’avenir de notre relation, l’avantage de la savoir condamnée à mourir avant d’avoir pu réellement devenir quelque chose de tangible. Étais-je égoïste de laisser cet homme s’approcher de moi alors que je me l’étais interdit jusqu’ici ? Je l’avais tellement malmené depuis notre rencontre, manipulé, blessé. Abandonner ces règles n’était-il pas la manière ultime de le briser. Lui faire miroiter quelque chose qu’il n’aurait pas le temps d’atteindre ? N’étais-je pas en train de saboter ce que j’avais mis tant de temps à bâtir ? Pourquoi avais-je passé mon temps à sacrifier mon bonheur pour ne penser qu’à ma vengeance. Comment aurais-je pu vivre avec sa mort sur la conscience et ne rien faire. Depuis ce jour funeste, je n’avais plus mérité le moindre instant de joie. Le monde avait perdu ses couleurs, la nourriture avait pris le goût de la cendre sur ma langue, les échanges avec mes concitoyens ne semblaient plus avoir le moindre intérêt. Je m’étais murée dans mon plan pour survivre à pire épreuve que je n’avais jamais eu à expérimenter. Mais étais-je allée trop loin dans cette réaction primaire ? J’avais rejeté en masse tout ce qui pouvait mettre en lumière les erreurs de jugement que j’avais commises, Kenneth y comprit.

Aujourd’hui, après des années dans le noir et à la veille de tout perdre, je réalisais enfin que mon comportement n’avait rien de sain ou de sensé depuis des années. J’avais considéré ma vie comme un déchet à mettre à la poubelle alors que j’aurais dû la vivre pour deux. Je pensais devoir porter la honte de ne pas pouvoir venger mon fils, mais c’est la honte d’avoir gâché ces années qui m’étreignait désormais. J’aurais dû sauver plus de gens, j’aurais dû faire plus que simplement financer la résistance, j’aurais dû me soulever pour ce en quoi je croyais avec plus ferveur et moins de cruauté. J’étais peut-être devenue à l’image du monstre que je pensais combattre, ou me battais-je seulement contre moi-même depuis le début. A croire que je m’étais plus punie ces dernières années, que je n’avais infligé de coups au gouvernement.

Mes yeux n’avaient pas quitté son visage, captant certaines de ces expressions, alors que je me demandais comment lui expliquer simplement mes regrets et mes faux pas sans le rendre encore plus confus. Je savais d’avance que mes tentatives d’explications seraient maladroites et je redoutais de me faire encore mal comprendre. Kenneth et moi avions du mal à communiquer clairement, ou peut-être étais-je la seule à compliquer nos échanges, je n’étais plus sûre de rien. La surprise s’afficha un instant sur mes traits à la réaction assez virulente que ma confession avait déclenché. Il avait tellement sûr de lui, j’aurais pu le croire sur parole le connaissant. Mais malheureusement, je savais que ce point avait de grandes chances de ne pas changer. J’avais provoqué Ivanov et malgré les menaces, malgré les meurtres, je continuais à l’entuber jusqu’à ce qu’il tire une balle comme pour Seraphina.

Mes doigts se resserrèrent autour des siens alors que son sourire réchauffait mon humeur, chassait la peur et l’angoisse un peu plus loin. J’aurais aimé que nous ne quittions jamais l’entrepôt, ce calme et ce réconfort. J’aurais voulu regarder ce sourire me promettant un avenir sans nuages pendant des heures. Si j’avais pu le protéger, j’aurais fait tout ce qu’il y avait en mon pouvoir, mais je savais déjà qu’en lui avouant ma situation, il ne me laisserait pas l’affronter seule. Ce constat éveillait autant d’amour que de tristesse, blessant ce qu’il me restait de cœur avec cette fatalité. J’avais condamné l’homme qui m’avait le plus aidé dans ma vie sans même le savoir. La dévotion qu’il m’offrait me blessait autant qu’elle me réconfortait. J’avais été et resterais l’objet de toutes ses peines et probablement de sa mort. Je l’avais laissé monter à bord d’un navire à la dérive dont la cale était trouée, inondant lentement chaque pont, les uns après les autres. J’allais couler et l’emporter avec moi vers les abysses, je ne pouvais plus rien y faire, j’en avais conscience désormais, advienne que pourra, nous étions dans cette galère tous les deux.

Lorsqu’il me demanda la vérité, la seule, l’unique, celle qu’on ne veut pas entendre, celle dont j’avais refusé de parler jusque-là, mon souffle se suspendit. Étais-je prête à redevenir celle que j’avais été, cette femme aimante et ouverte ? Mes doigts contre ses lèves finirent par s’activer alors que je prenais une grande respiration. Je devais me jeter à l’eau une bonne fois pour toute, mais cela n’était pas simple, je n’avais plus l’habitude de simplement dire la vérité, le mensonge était devenu une seconde nature très tenace. Un sourire défait étira mes lèvres alors que mes doigts parcouraient doucement la peau de sa joue. Je n’avais plus le choix, je ne pouvais plus reculer, je n’avais plus nulle part où me cacher de ce regard électrique qui pourrait me retrouver n’importe où. Tous les murs s’étaient écroulés autour de moi, ne restait plus que celle que j’avais voulu dissimuler au monde.

Je lui vends des contrefaçons depuis des années, c’est l’un de mes plus gros clients et ironiquement, j’appréciais vraiment de lui soutirer un maximum d’argent. Lui le représentant du gouvernement, a alimenté la résistance de son argent personnel pendant des années, c’était sans doute mon plus beau coup.

Je restais tout de même assez fière d’avoir pu escroquer un homme tel qu’Ivanov pendant autant de temps. Je trouvais juste dommage que l’argent qu’il m’avait fourni n’ait pas servi à le faire tuer. C’était bien un homme dont le monde pourrait se passer sans problème. Restait juste tout le reste du gouvernement…

Sauf qu’il a fini par se rendre compte de mon manège et comme tu t’en doutes, il n’a pas vraiment apprécié. Il a été plutôt direct sur les conditions de ma survie à présent.

Je revoyais le corps sans vie de Seraphina, j’entendais encore ses cris d’agonie résonner dans un coin de mon esprit. Mes traits se crispèrent de colère et de culpabilité. J’avais causé la mort de la jeune femme, sans moi, elle ne se serait jamais trouvée sur le chemin d’Ivanov et n’aurait pas fait les frais de mes erreurs.

Je dois lui reverser quasiment tous les revenus de la Menrva et lui fournir les dernières œuvres originales dont je dispose.

Une exclamation dédaigneuse m’échappa alors que le venin s’infiltrait une nouvelle fois dans mes veines.

Et ce connard pense vraiment que je vais plier sous la menace. Comme si j’allais lui offrir tout ce que j’ai construit contre lui sur un plateau d’argent. Je préférerais mille fois mettre le feu à cet endroit et à tout ce qu’il contient plutôt que de risquer de le voir s’en emparer.

La verve avec laquelle je m’étais exprimée retomba tout aussi rapidement lorsque je me tus. Je n’avais pas envie de laisser Ivanov gâcher ce qu’il me restait, pas encore. Les traits de mon visage se détendirent alors qu’un léger sourire revint hanter mes lèvres.

Voilà, la vérité.

Ma gorge se sera, coupant la suite de la phrase. Je redoutais encore la suite de cette conversation, je venais de lui résumer l’étendue de ma bêtise et de ma fierté qu’il connaissait si bien. Allait-il enfin réaliser à quel point rien n’était susceptible d’être sauvé et m’abandonner ?

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 13 Fév - 2:59


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Est-ce que cela lui demandait un effort ? De dire la vérité et rien que la vérité ? Je pouvais comprendre Lucrezia. Nous étions bien plus similaires que nous voulions bien l'accepter. Confier la vérité et toute la vérité était comme s'exposer sans se cacher d'une quelconque façon que ce soit. J'aimais penser qu'elle ferait cet effort pour moi comme je le faisais pour elle. Je fermais à peine les yeux sous les douces caresses de ses doigts. Mon regard qui s'était spontanément posé sur ses lèvres remontèrent pour observer ses yeux lorsqu'elle reprit la parole. Elle avait volé Ivanov durant des années et un sourire amusé étira mon visage bien malgré moi. Bon sang, elle était complètement inconsciente et je ne sus plus si je devais en rire ou si je devais me mettre en colère face à tant d'impertinence. Elle arnaquait un membre du gouvernement plein aux as pour faire tomber le gouvernement lui-même. Au delà du fait que c'était aussi risqué que de lui cracher au visage directement, c'était également un coup de génie. Ivanov devait lui avoir sacrément fait confiance pour avoir laissé la supercherie durer tant d'années. Comment avait-il pu être si aveugle, lui le porte-parole dont la puissance et l'importance n'étaient plus à remettre en cause ? Je hochais négativement la tête, fermant à peine les yeux simultanément. C'était sans compter sur le jour où il découvrirait la vérité et se mettrait en colère. L'erreur était probablement d'avoir trop laissé l'arnaque durer. N'avait-elle pas su s'arrêter ? J'écoutais attentivement les conditions de la survie de Lucrezia, car c'était la partie la plus importante à mes yeux. Alors tout était une question d'argent ? Bien évidemment. Au delà du fait que Monsieur Ivanov devait être très écoeuré de s'être fait arnaquer par une jeune femme comme Lucrezia, il voulait également récupérer son investissement. Il allait faire couler la Menrva, lentement mais sûrement, et avec elle Lucrezia. C'était sa façon de se venger n'est-ce pas ? Étouffer ce qui l'avait baisé jusqu'à sa mort. Je lisais la détermination dans les yeux de ma belle alors qu'elle déversait désormais tout son dédain pour Ivanov. Certes, c'était un homme détestable, mais n'avait-elle pas tendu le bâton pour se faire battre durant toutes ces années ? Elle l'avait vraiment pris pour le dernier des abrutis. Bon sang, savait-elle au moins s'arrêter sans que l'on ne l'y oblige ? Je devais l'avouer, j'aimais son courage, j'aimais sa force d'esprit, j'aimais tout d'elle, absolument tout ; même lorsqu'elle me tenait tête et qu'elle me mettait dans des rages folles. Je ne pouvais pas dire que je préférais lorsque sa ferveur était tournée vers un autre homme, mais presque. J'aimais admirer les qualités de son caractère sans que ça n'ait de conséquences sur notre relation ou directement sur moi. Je la croyais lorsqu'elle me répétait c'était la vérité.

D'accord, dis-je alors pour simple réponse, hochant la tête dans le processus.

Je ne savais pas si je pouvais lui faire réellement confiance. Après tout, jusqu'à maintenant, elle n'avait jamais rien fait pour entretenir la sincérité de notre relation. Mais, néanmoins, j'avais décidé de lui laisser sa chance sans même y réfléchir davantage. Cela n'aurait jamais pu arriver avec une autre personne. Auprès d'elle, je changeais, pour le mieux. Je m'améliorais. J'accordais le meilleur de moi-même à cette femme et je crois que j'aimais me voir ainsi : dans la capacité d'être bienveillant, d'être quelqu'un de bien ou de mieux, d'instaurer un sourire sincère sur un visage que je me persuadais être fragile. Mais Lucrezia était tout sauf fragile. Et je l'aimais également pour ça. Un sacré bout de femme qui se cachait peut-être un peu trop derrière de la cruauté. Beaucoup d'indifférence aussi. Et c'était exactement le numéro qu'elle m'avait joué, jusqu'à aujourd'hui. J'effleurais la joue de Lucrezia à cette pensée, avant de poser totalement ma paume contre sa peau. J'attirais son visage à proximité du mien pour caler mon front contre le sien. La paix régnait dans chaque parcelle de ma peau, dans chacune de mes pensées. Je laissais le souffle de Lucrezia s'écraser sur moi ou se heurter contre le mien. Je pouvais tout lui pardonner, et si j'avais passé des moments très désagréables auprès d'elle à lutter pour rester dans son périmètre, ces simples petits instants me prouvaient que ça avait valu le coup. Bien sûr, cela pouvait changer à tout moment et elle pourrait s'enfuir à la première occasion ; pourtant je voulais me convaincre que ce soir, nous avions ouvert une porte importante de notre relation qu'elle ne pourrait plus jamais refermer. Je devais maintenant supprimer Niklas Ivanov de l'échiquier. Il ne pouvait pas me voler mon bonheur, pas lorsque je lui avais couru après avec tant de ferveur. J'avais peiné à l'avoir, et je ne comptais pas laisser cet homme le supprimer en un claquement de doigt. Cette femme était mon avenir et je comptais m'y accrocher autant que possible. Je ne laisserais plus personne me séparer de ce qui comptait réellement pour moi. La perte de ma soeur jumelle avait été très largement suffisante dans ma vie.

Je me redressais doucement, brisant ce moment de quiétude une nouvelle fois, éloignant mon visage de celui de Lucrezia. Si je voulais la rendre heureuse, j'espérais qu'elle n'aurait pas besoin de brûler la Menrva de ses propres mains et que personne n'aurait l'occasion de le faire. C'était son bébé ; sa vengeance. Je me devais de l'aider à la protéger, à la réaliser. Qu'en était-il de la mienne ? Bidouiller avec des résistants était la plus mauvaise idée que je pouvais avoir. Je pouvais peut-être, néanmoins, faire une petite exception pour elle, sans trop me mouiller. Bon sang, cette femme réussissait à négocier ma propre vengeance sans même ouvrir la bouche ou me le demander de manière détournée. J'étais le seul à prendre cette décision ici. Elle ne me demandait pas d'aide, elle ne me demandait pas de me mettre entre Ivanov et elle. Elle se contentait de simplement me dire la vérité comme je le lui avais demandé. Je ne pourrais jamais rester à ma place et fermer les yeux. Pouvait-elle le deviner ? Mes bras s'installèrent lentement autour d'elle. Je n'avais jamais vraiment été un homme doux ou tendre ; mais j'avais envie de la rassurer, du mieux que je le pouvais. Je n'allais rien lui promettre et encore moins l'inquiéter inutilement. Si j'approchais Ivanov, c'était parce que je l'avais décidé et cela ne servirait à rien d'avoir une quelconque discussion avec elle à ce sujet. A vrai dire, je me demandais presque si je ne le faisais pas par pur égoïsme. A travers le service que je lui rendais, j'allais surtout servir mes propres intérêts. Du moins, j'essayais de me convaincre que je n'avais pas totalement perdu la tête pour Lucrezia. Pourtant, aucune chance qu'elle m'empêche de la protéger. Non, à la place, je voulais qu'elle se détende, qu'elle oublie son quotidien l'espace d'une seconde, toute la pression qui lui broyait les épaules ; au moins ce soir. Demain serait un autre jour, et désormais j'étais dans l'échiquier et je comptais bien jouer ma part. Je la serrais contre moi, silencieusement, calant mon visage dans son cou, y déposant quelques baisers dans le processus.

Je ne laisserais personne t'enlever à moi, murmurais-je plus à moi-même qu'à Lucrezia.

J'espérais même qu'elle ne m'ait pas entendu. Je repris rapidement la parole, ne lui laissant pas l'occasion de réfléchir à mes précédents mots :

Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi en paix ? Quand est-ce que c'est arrivé avec Ivanov ? Reformulais-je ma question immédiatement.

Il me manquait quelques informations sans grande importance, mais mieux valait que j'ai toutes les cartes en mains avant de jouer avec lui. Je me redressais lentement dans l'optique de croiser le regard de Lucrezia à nouveau et de pouvoir observer ses yeux, comme si je pourrais y lire comme dans un livre ouvert.

Quand est-ce que tu dois payer ?

Plus les secondes passaient, et plus je me disais que Lucrezia m'avait accepté dans sa bulle intime parce qu'elle ne pensait plus aux conséquences de ma présence près d'elle. Ivanov devait hanter ses pensées ; peut-être même qu'une horloge faisait défiler le temps dans son esprit. Si elle refusait de céder à la demande d'Ivanov, bien évidemment qu'il n'hésiterait pas à la tuer, et je pouvais deviner l'horreur que devenait votre vie lorsque vous aviez une telle épée de Damoclès au dessus de votre tête. Peut-être que je me trompais, peut-être que ce n'était pas seulement un lieu pour permettre aux tours de garde de s'effectuer. Peut-être se cachait-elle ici ?

Est-ce que tu as trouvé résidence parmi tes oeuvres ?

Ivanov ne peinerait pas à la retrouver, même si elle se cachait dans le plus reculé et isolé des entrepôts. Il avait de quoi payer absolument n'importe qui pour obtenir les informations qui l'intéressaient, sans compter sa place privilégiée au sein du gouvernement. J'espérais simplement qu'il ne la trouve pas ce soir, ni les prochains jours d'ailleurs. J'étais trop impatient. Si je m'étais écouté, je me serais levé et je serais parti immédiatement à la recherche d'Ivanov. Je n'avais ni plan, ni concrète idée de comment le détourner de Lucrezia, mais j'allais trouver. Je devais simplement prendre mon mal en patience et ne pas laisser mon impulsivité prendre le dessus. Je n'aurais qu'un essai, et il ne fallait pas le gâcher. De plus, je ne pouvais pas abandonner Lucrezia maintenant. Elle paraissait si vulnérable ce soir ; la laisser aurait été la pire des décisions que j'aurais pu prendre. Peut-être devais-je détourner son attention ? Peut-être devais-je profiter de ce moment de paix où elle était parfaitement honnête pour amener le sujet sur moi, sur nous, tel le pur égoïste que j'avais toujours été et que j'étais encore dans un tel moment.

Qu'est-ce qui a changé entre nous Lucrezia ?

Je ne savais pas comment lui poser la question différemment. Je tentais alors ma chance de cette façon. Si c'était réellement la perspective de mourir des mains d'Ivanov qui lui avait donné envie de vivre, envie d'être avec moi, alors il me faudrait penser à le remercier. C'était le meilleur service qu'il aurait pu nous rendre. Malheureusement, ce type pourrait penser que je lui en devais une, et ça, il en était hors de question.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mar 14 Fév - 22:34

Je ne m’attendais pas à ce qu’il me comprenne, je m’attendais à des remontrances, peut-être même des critiques bien senties. C’est une chose que j’aimais et détestais à la fois chez lui, cette facilité avec laquelle il pouvait me mettre face à mes erreurs sans avoir peur de ma réaction. Jamais il ne s’était tu en espérant me garder, du moins je n’en avais pas l’impression. Autant de fois où il m’avait fait entrer dans une colère noire, autant de fois où je l’avais repoussé, autant de fois où il était revenu. Je ne savais pas si cette fois pouvait différer des autres. Étais-je prête à accepter les remarques sans me replier derrière ma carapace et mon arrogance ? Si je ne prenais pas sur moi pour changer cette entrevue allait finir comme toutes les autres, amère et colérique. Je soufflais un bon coup avant d’affronter les réactions de Kenneth, m’attendant à du négatif, je fus assez surprise de l’éclair d’amusement que je pus lire sur ses lèvres. C’était bien la dernière réaction à laquelle je m’attendais, c’était bien trop beau pour être vrai et comme je m’y étais préparée, j’observais déjà les premiers signes de désapprobation. Allait-il vraiment oser me faire la leçon sur quelque chose que je ne pouvais plus changer ? Pourrais-je rester de marbre et ne pas m’énerver qu’il me rappelle mes erreurs ?

D'accord.

Comment ça d’accord ? Juste d’accord ? J’étais stupéfaite. À croire que je n’étais pas la seule à prendre sur moi pour ne pas gâcher ce moment. Je pouvais sentir tous les mots qu’il retenait sur le bout de sa langue et je fus impressionnée qu’aucun ne s’en échappe. Avait-il confiance en moi ? Bien sûr que non. Je n’avais rien fait pour qu’il puisse envisager de croire tout ce que je lui racontais. Se fiait-il simplement à son instinct désormais ? Ou avait-il simplement passé toutes les étapes ? Déni, tristesse, colère et maintenant acceptation ? Je ne comprenais pas pourquoi il restait si calme, cela me perturbait d’une certaine manière, mais je décidais de ne pas plus réfléchir et de me laisser aller à l’étreinte réconfortante, relaxante, apaisante. Mes yeux se fermèrent, mon esprit en paix avec la situation, savourant juste l’instant. J’entendis à peine les mots murmurés contre ma peau, mais ce qu’ils impliquaient me figea. Comment pouvait-il tenir un tel discours avec tout ce qu’il s’était passé entre nous, comment pouvait-il un seul instant vouloir construire quelque chose avec celle qui avait passé son temps à lui mentir ? Je n’eus pas le loisir de me poser plus de questions qu’il enchainait avec de nouvelles requêtes. Je fronçais les sourcils et grognais pour le principe alors qu’il s’éloignait à nouveau de moi. Une grimace déforma mes traits à l’enchaînement de questions. Fallait-il vraiment que je lui dise combien de temps il nous restait ? Je fuis son regard à l’instant même où le poids du temps revint s’écraser contre ma conscience. Moins de 48h, voilà ce qu’il me restait, autant dire une fraction de seconde. Je savais déjà pourquoi il me posait cette question. Je l’imaginais déjà en train d’élaborer un plan improbable pour me sauver de mon mauvais pas. Un combat perdu d’avance, je le savais bien, et je détestais savoir qu’il allait se mettre en danger inutilement. Mais pouvais-je seulement me permettre de lui cacher encore des choses ? Un soupir résigné m’échappa alors que je prenais la décision de tout lui dire, sans filtre et sans mensonge.

Il m’a donné deux semaines avant de devoir faire le premier versement… C’était il y a 13 jours.

Je n’arrivais pas à regarder Kenneth dans les yeux, je ne voulais pas y lire le moindre doute, la moindre peur ou j’allais me remettre à simplement paniquer. Alors je fixais avec acharnement nos mains entremêlées, mes doigts s’agitant nerveusement autour des siens. Sa question suivant me fit rire et enfin relever les yeux vers les siens, un sourire amusé persistant sur mes lèvres alors que je lui répondais du tac au tac.

Non, pas encore, même si j’aurais pu et s’il m’est arrivé de le faire. Mon regard se promena autour de nous alors que j’enchainais sans trop faire attention. C’est un endroit que j’ai toujours installé dans les entrepôts, au départ juste pour qu’une personne puisse surveiller la nuit, mais au final, ce n’était pas nécessaire, alors cela a plutôt servi de point de chute pour ceux qui en avait besoin.

Mon regard revint se poser sur Kenneth alors que la nostalgie m’avait envahi. Ce point de chute comme je l’appelais, avait servi à plusieurs membres de la Menrva dans le besoin. C’était une des rares choses pour laquelle la Menrva restait désintéressée et un peu humaine. Je n’avais pas laissé complètement tomber mes congénères pour ne me préoccuper que de ma petite vengeance d’égocentrique. Mais mon expression changea rapidement à la dernière question qui tomba comme un couperet.

Qu’est-ce qui avait changé ? Se demandait-il pourquoi, tout à coup, je me battais plus contre lui et lui offrais tout ce qu’il avait mis tant d’acharnement à essayer de m’arracher jusqu’à présent ? Vaste question à laquelle je ne pouvais pas répondre simplement. J’avais besoin de réfléchir, de remonter les pistes de mon propre comportement. Si je devais commencer à lui expliquer quelque chose, alors je devrais tout lui raconter et pour cela, le mieux semblait de commencer par le début, le jour de notre rencontre. Je calais ma tête dans la paume de ma main libre et me jetais à l’eau avant de perdre le peu de courage qu’il me restait.

Tu te souviens de notre première rencontre ? Je veux dire, de notre réelle première rencontre ?

Je ne voulais pas en parler, c’était un sujet que j’avais choisi d’oublier délibérément, mais je ne pouvais nier qu’il avait toujours eu un impact sur la relation que j’avais tenté de ne pas avoir avec Kenneth. Alors non, je ne parlais pas de cette fois où il m’avait sauvé la mise d’un client qui m’avait attrapé la main dans le sac. Non, je parlais de cette fois où j’avais vu un animal se transformer en homme au détour d’un lieu complètement désert. Je n’arrivais même pas à me souvenir de l’endroit exact, je savais juste que je n’avais pas pu décrocher mes iris de la scène jusqu’à ce qu’elle soit terminée et qu’un homme aussi choqué que moi se tienne debout en face de moi. La suite était assez floue, j’avais couru loin de ce que j’avais vu, m’était enfermée chez moi et avait passé la nuit à me convaincre que je n’avais rien vu du tout.

J’ai une peur bleue de ce que je ne peux pas expliquer.

J’avais lâché la phrase le plus rapidement possible, comme si cela allait diminuer l’importance de la confession que j’étais en train de faire. Non seulement, je reconnaissais pour la première fois à voix haute que ce que j’avais vu été réel, mais j’admettais en avoir encore peur aujourd’hui. Si j’avais peur de ce que j’avais vu, c’est que j’avais en partie peur de l’homme assis à côté de moi. Je risquais un regard vers lui, déchirée entre la honte de l’aveu et la peur de l’avoir blessé avec cette vérité. Pourtant, elle nécessitait d’être dite, car elle avait eu un impact sur mon propre comportement. Je n’avais pas fui Kenneth uniquement à cause de son statut ou parce que je me sentais glisser sur une pente où je ne voulais pas laisser aller mon cœur. Ce dernier battait excessivement vite, j’appréhendais encore et toujours ces réactions, ne sachant pas si je devais m’arrêter là et attendre de voir ou continuer tant que j’étais lancée. Je gardais finalement le silence, mais mes doigts se resserrèrent compulsivement autour des siens, cherchant à les capturer en prévision d’une fuite.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mer 15 Fév - 4:09


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



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KEZIA

Mes questions furent mal accueillies. Est-ce que cela sonnait comme un interrogatoire ? Si c'était le cas, je ne l'avais pas fait exprès. J'avais juste besoin de savoir. Je continuais d'observer Lucrezia qui évitait désormais mon regard. Après sa réticence évidente, elle décida finalement de répondre et je l'écoutais attentivement, ne voulant rien manquer. J'affichais mon désarroi. Nous manquions encore plus de temps que je ne le croyais. J'arrivais tard dans la partie. Qu'Ivanov pense qu'elle finirait par payer par peur, même au dernier moment, n'excluait pas qu'il avait déjà probablement prévu comment lui faire regretter sa rébellion si elle ne se décidait finalement pas. Il ne la tuerait pas aussi simplement. Je ne connaissais pas grand chose sur Ivanov, mais je savais que cet homme était assez fou pour faire durer le plaisir. Je caressais lentement le dos de la main de Lucrezia avec mon pouce. Elle semblait tellement s'y accrocher que je n'avais trouvé aucun autre moyen de lui accorder un peu de chaleur pour la rassurer. Maintenant que je possédais toutes les informations nécessaires concernant l'épée de Damoclès au dessus de sa tête, nous pouvions parler d'autre chose.

J'avais comme la sensation de manquer de temps. La sensation que l'on pouvait me l'enlever à tout moment sans que je ne puisse absolument rien faire contre ça. Ce n'était pas moi. Il était évident que je ferais tout en mon pouvoir pour que ça n'arrive pas. Pourtant, à l'arrière de mon esprit, cette possibilité était bien présente. Son épée de Damoclès allait devenir la mienne. Pourtant, je ne pouvais pas lui montrer mes doutes. J'étais persuadé que c'était la dernière chose qu'elle attendait de moi : que nous paniquions tous les deux. Je ne pouvais pas céder à la peur de la perdre, ou alors cela pourrait affecter mon jugement et ma concentration, et c'était actuellement la pire chose qui pouvait m'arriver pour affronter Ivanov. Cet homme devait jouir de l'angoisse et de l'emprise qu'il pouvait faire subir à ses victimes. Je l'imaginais parfaitement perfide et sadique et j'espérais me tromper.

Un rire. Le sien. Celui que je chérissais tant. Un sourire attendri naquit sur mon visage. Je croisais enfin son regard. J'aimais la voir ainsi ; j'aimais croire que je pouvais lui faire ressentir une quelconque sensation de bien-être. Pendant tant de temps, j'avais pensé être incapable de lui apporter un quelconque sentiment positif. J'avais même pensé, dans mes pires heures sombres, l'écoeurer au plus haut point. J'avais pourtant insisté ; ma détermination nous avait menés ici, à ce moment. Dieu comme ça avait valu le coup. Le destin avait un drôle sens de l'humour malgré tout. Maintenant que j'envisageais la véritable possibilité de construire quelque chose avec Lucrezia, je pouvais également la perdre très prochainement si je ne réussissais pas à acheter Ivanov. J'écoutais les mots de Lucrezia attentivement, lui accordant toute l'importance que je pouvais accorder à une personne. Elle me captivait. Je détaillais ses traits alors qu'elle m'expliquait l'histoire de ces petits points de chute. Y avait-il eu plusieurs entrepôts ? Lucrezia avait mené sa barque durant des années. Cela aurait été une tragédie que tout s'arrête à cause d'un seul homme. Pourtant, c'était souvent ainsi que ce genre d'arnaques se terminait. Tomber sur plus fort que soi. Il y avait toujours plus fort que soi ; tomber sur cette personne n'était qu'une question de temps. Pour Lucrezia et la Menrva, nous y étions.

Vous faites aussi dans le social ? Demandais-je amusé.

Aujourd'hui, c'était elle qui était dans le besoin, et voilà qu'elle se retrouvait au dernier point de chute qu'elle avait créé pour les autres. Qui aurait cru que cela finirait par lui servir ? Sûrement pas elle. Si je m'intéressais désormais à la Menrva, ce fut uniquement pour Lucrezia. Je n'y portais aucun autre intérêt et ne parlons même pas de la cause des résistants en elle-même. C'était le cadet de mes soucis. Alors j'avais recentré la discussion sur nous. Lucrezia et moi ; surprenant à dire mais pourtant cette possibilité était bien réelle. Je l'avais tellement attendue que cela sonnait comme un vulgaire piège. Un silence régna, un bref instant. Ma question avait été floue, j'en avais bien conscience, mais elle pouvait me répondre ce qu'elle voulait. Ce serait un premier pas. Une ouverture. Et si sa sincérité ne foutait pas le camp, si ce n'était pas elle toute entière, nous pourrions poursuivre sur notre lancée. Elle me parlait alors de notre première rencontre. Celle où je l'avais empêchée de se faire agresser par un homme mécontent ? Bien heureux que mon tour de garde m'ait mené en ce lieu à ce moment précis. Lucrezia reprit immédiatement la parole et j'affichais ma confusion. Notre réelle première rencontre ? Que voulait-elle dire par là ? Ce fut lorsqu'elle parla de peur que la signification de ses mots me frappèrent violemment en plein estomac. Bien évidemment. Je soupirais à peine, fermant les yeux un bref instant avant de me frotter le front du bout des doigts avec ma main libre. Elle avait réellement décidé de jouer cartes sur table cette nuit, n'est-ce pas ? Cela paraissait être le pire et le meilleur moment pour parler de ça et je me demandais si je devais m'en réjouir de pouvoir aborder le sujet ou si c'était catastrophique en ce temps précieux qu'il nous restait. Il était plutôt épatant qu'elle mette ce sujet au coeur de notre échange et je me dis que les temps étaient définitivement graves. Finalement, nos regards se croisèrent, en silence. Que pouvais-je bien répondre au fait que je lui faisais peur ? Et le pire dans tout ça ? C'était qu'elle avait raison d'avoir peur. Mon compagnon roux secoua une oreille, soudainement intéressé par la discussion. Je ressentis le profond besoin de reculer. Nous laisser de l'air. Chercher mes mots. Et tout d'abord, que répondre ? A l'instant où je fus prêt à me lever, je fus instantanément immobilisé par les doigts de Lucrezia qui se resserrèrent autour des miens. Je me réinstallais, calmement, incapable de me libérer de son emprise. J'inspirais un peu plus d'oxygène dans mes poumons, me débarrassant de cette désagréable sensation d'étouffer. Elle attendait une réponse de ma part mais je ne savais pas laquelle. Je détournais à peine les yeux. Devais-je avouer que le renard au fond de moi avait bien plus peur qu'elle ? Pas tant. Bien sûr. Malin, mais peureux dans son ensemble. Il la fuirait comme il savait si bien fuir et comme il le faisait toujours, et il attendait exactement la même chose de moi. En principe. Mais est-ce que c'était vraiment ça la question ? Quand nous parlions de peur, de quoi parlions-nous exactement ?

C'est ce que je suis... abandonnais-je finalement.

Que pouvais-je bien dire d'autre ? Peut-être devais-je lui expliquer, tenter ma chance, lui donner des informations sur ma nature, sur ce qui m'était arrivé, et pourquoi j'étais devenu ainsi ? Peut-être que cela l'aiderait à comprendre ? Je n'étais pas sûr que cela la rassurerait, mais en étions-nous vraiment là ? Avait-elle vraiment besoin d'entendre des phrases bateaux aussi simples que n'aie pas peur ou je ne te ferai pas de mal ? Quelque chose me disait que nous n'en étions vraiment plus à ce stade. C'était à mon tour de resserrer ses doigts entre les miens, spontanément, et c'était désormais moi qui anticipait une fuite de sa part face à la vérité.

Plus jeune, j'ai fui mes responsabilités. J'ai tout fui avec ma soeur, pour lui éviter un mariage forcé qui la rendait misérablement malheureuse. C'était la seule solution que j'avais trouvée. Dans le processus, j'ai abandonné mon premier amour.

Je n'étais pas fier de lui raconter cette histoire, mais elle méritait de savoir. J'avais été celui qui l'avait toujours obligée à se confier, je lui devais bien ça. Je lui devais ma sincérité. Elle serait la seule. L'unique. Et si je devais la perdre et échouer, je voulais au moins faire les choses bien, une dernière fois.

Et quand je suis finalement rentré, des années plus tard, elle me l'a fait payé. Je lui avais brisé le coeur, alors elle a brisé le mien, en mille morceaux.

Une pause dans mon discours. Je reprenais aussi discrètement mon souffle que possible, mais je n'étais pas sûr de pouvoir cacher mes émotions dans un tel moment. C'était la première fois que je mettais des mots sur mon passé. Sur toutes mes fautes. Sur mes regrets. Sur tout ce que j'avais perdu et que je ne pourrais jamais retrouver. Il avait fallu que ce soit à elle que je me confie. Lucrezia ne m'avait jamais mis de couteau sous la gorge, je savais que j'avais le choix, mais c'était comme si, si je ne lui disais pas tout ça maintenant, je ne pourrais plus jamais le faire. Hors de question d'avoir un regret supplémentaire. Je baissais les yeux un bref instant. La partie la plus difficile à expliquer arrivait et j'espérais ne pas perdre mon courage en cours de route.

Elle a tué ma soeur, une première fois, précisais-je tout de même, conscient que ça ne serait pas forcément très clair, et m'a également maudit, dis-je d'une traite rapidement.

C'était dit. Une vague de soulagement me berça alors que la vérité était finalement sortie de ma bouche. Bon sang, qui pouvait croire que ça pouvait être aussi libérateur et facile à la fois ? Je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin.

Tout n'est pas clair pour moi, il y a des zones d'ombres dans ma propre vie, mais depuis ce moment je vis avec un renard au fond de moi. Au départ il prenait le contrôle ; maintenant c'est plus facile de le dominer.

Va chier donc. Je m'empêchais de rire, affichant mon amusement un bref instant. C'était une malédiction, j'avais toujours souhaité m'en convaincre. Mais parfois je me demandais si ce n'était pas une bénédiction. J'étais ce que je suis aujourd'hui grâce à lui, que je le veuille ou non. Il m'avait aidé à passer les plus durs moments de ma vie ; il m'avait offert sa force là où mon humanité seule n'aurait probablement pas été suffisante. Il faisait partie de moi, j'avais fini par l'accepter tout en cherchant à le dominer. Notre relation était unique, et si je savais que je risquais de perdre totalement mon humanité pour lui laisser toute la place, je tentais de me convaincre que je pouvais gérer ça et l'éviter. Lucrezia était mon plan pour y arriver. Elle était la clé. Et le renard en moi le savait pertinemment. Lucrezia était son ennemie bien malgré elle.

Je sais que c'est difficile à accepter, à expliquer, à comprendre. C'est juste... difficile. Mais il fait parti de moi et je ne pourrais jamais m'en séparer. Je ne suis même pas sûr que je le ferais si je le pouvais. Je suis l'homme que je suis face à toi grâce à lui. J'étais faible et hésitant, bien trop sensible. Je n'aurais pas survécu dans ce monde sans lui.

Étais-je vraiment en train de faire son apologie ? Visiblement oui. Et si le renard se serait laissé tenté à faire le beau, il se contentait de rester figé, fier. Je portais à mes lèvres la main de Lucrezia dont les doigts étaient encore entrelacés aux miens. J'y déposais alors un baiser sincère, puissant. Je l'aimais mais je ne pouvais pas changer qui j'étais. Elle devait m'accepter ainsi, qu'elle soit rongée par la peur ou non. Bien évidemment, je pouvais la comprendre. J'espérais juste qu'elle soit capable de me prendre tout entier, tout comme je la prenais toute entière.

Jamais, jamais je ne te ferai de mal. Et lui, lui s'il apparaît, il te fuira. Je ne suis pas dangereux et lui non plus. Je ne ferais jamais rien pour te compromettre, jamais. Je ne pourrais jamais te faire de mal.

Finalement, je l'avais sortie, ma phrase bateau rassurante. Mais je la pensais. C'était important que je le lui dise. Qu'elle comprenne. J'espérais avoir raison. Avoir raison sur la nature de l'animal avec qui je cohabitais ; avoir raison sur la bienveillance de Lucrezia ; avoir raison de lui avoir confié tout ça sur moi.

Je n'en ai jamais parlé auparavant. Tu es la première. Je veux te montrer à quel point je suis sérieux. Il restera toujours cette part d'ombre en moi qui te fera peur parce que tu ne pourras pas l'expliquer ; je ne suis même pas sûr que quelqu'un puisse... Mais j'ai besoin que tu me fasses confiance. J'ai besoin que tu ailles au delà de cette peur.

J'allais craquer. Je pouvais le sentir. Ma voix avait été tremblante et les émotions étaient en train de me noyer petit à petit ; et je savais que je ne pouvais pas me le permettre. Non seulement, elle pourrait rencontrer mon compagnon exactement au moment où il ne faudrait pas : c'est-à-dire maintenant ; mais en plus je ne voulais pas qu'elle me voit aussi faible. J'embrassais une nouvelle fois sa main, profitant de l'instant pour me pencher suffisamment afin de cacher mon visage. J'allais me ressaisir, il me fallait juste quelques secondes de plus. Le pire dans tout ça, c'était que si elle me quittait à cause de cette peur, je ne pourrais même pas lui en vouloir. Je ne pourrais rien faire ; et je haïssais cette sensation d'impuissance. Sa peur était légitime. C'était évident pour moi mais comment cela pouvait-il l'être pour elle ? Cela faisait des années et des années, j'avais fini par accepter ma condition. Maintenant, je lui demandais de l'accepter à son tour en bien moins de temps. Mais si nous en parlions, c'était parce qu'elle voulait se débarrasser de cette peur n'est-ce pas ? C'était un premier pas bienveillant. J'espérais que ma sincérité serait suffisante, parce que je ne pouvais rien faire d'autre que de me montrer honnête et m'ouvrir à elle. Je m'en remettais à elle, totalement, avec cette sensation amère que ce n'était ni la première ni la dernière fois que c'était ainsi.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Jeu 16 Fév - 22:21

La notion de temps continuerait de m’échapper jusqu’à ma mort. Comment pouvait-il parfois passer aussi vite et d’autres fois sembler suspendu pendant une éternité ? Je voyais bien que Kenneth avait du mal à encaisser le délai que je lui avais donné. Réalisait-il enfin l’énormité de la situation ? Non seulement, je m’étais mise l’un des hommes les plus dangereux de la ville à dos, mais en plus, j’allais lui tenir tête une nouvelle fois, courant directement à ma propre mort. Je n’étais pas stupide, je savais déjà quels points faibles Ivanov allait cibler pour me faire plier. Normalement, aucun membre de la Menrva ne lui était connu hormis Seraphina et moi-même. J’avais toujours fait en sorte d’être la seule à connaître l’identité de toutes les personnes que j’avais recrutées. Alors il ne restait au boucher qu’à frapper mes proches, ma famille évidemment, je pensais à mon mari. Méritait-il de mourir pour mon arrogance ? Probablement pas, mais je ne me pardonnerais jamais de plier au chantage d’Ivanov. Alors oui, j’étais prête à mettre sa vie en jeu. Je misais sur l’éloignement que j’avais pris avec lui ces dernières années. Un homme qui ne m’avait adressé la parole depuis ces mêmes années que pour m’injurier et me reprocher mon comportement d’une vie commune chaotique. La rancœur me serra la gorge, oui j’étais plus que prête à le sacrifier sur mon échiquier, j’en étais la reine après tout, gardienne d’un roi déjà perdu depuis trop longtemps. Je défendais un royaume en manipulant les autres pièces depuis bien longtemps, œuvrant parfois moi-même à la démolition de l’ennemi. Protéger un roi endormi était relativement facile, mais je le voyais désormais s’agiter lentement, ne sachant pas comment réagir face à ce changement de nature. Le roi est mort, vive le roi ? La honte n’était jamais très loin, la honte de voir les remparts s’effondrer autour de mon cœur, la honte d’aimer à nouveau un être, la trahison de le remplacer par un autre. Pourtant, j’en étais bien là, à constater l’inévitable, ce qui était déjà en train de se passer, incapable de stopper quoi que cela soit, plus maintenant.

Mes yeux n’avaient pas quitté ce nouveau roi en devenir, guettant le moindre de ces mouvements, prête à l’enfermer dans la prison de mon étreinte, et pourtant incapable de le contraindre à quoi que cela soit. Il n’y avait rien de pire pour une reine, que de ne pas pouvoir correctement protéger son roi animé par sa propre volonté. J’avais bien fait d’envisager une possible fuite à mes aveux, alors non seulement ma prise se fit encore plus ferme au mouvement de recul de Kenneth, mais en plus, ma main libre vint s’écraser avec précipitation sur son avant-bras pour le ramener de force assis contre moi. Oh non, je n’allais pas le laisser filer, pas après tout le temps qu’il avait passé à me courir après. Il allait sans doute finir par regretter le temps où j’étais celle qui le fuyait, car à l’opposé, je pouvais devenir possessive. Même rassis sagement à côté de moi, je gardais mes doigts enroulés autour de lui telle une plante grimpante. J’étais assez surprise d’arriver à le retenir aussi facilement. Il aurait très bien pu s’arracher à moi sans trop de peine, même si je ne le reconnaissais pas. Je repris une respiration discrète de soulagement alors qu’il me parlait à nouveau. C’était toujours ça de pris finalement. Un sourire repentant étira mes lèvres alors que je lui répondais immédiatement.

Tu es une énigme. Je déteste les énigmes parce que je ne peux pas les contrôler. Parce qu’elles peuvent mettre ma vie sans dessus dessous. Parce qu’elles sont parfois plus fortes que moi.

Mon sourire se fit plus entendu. Kenneth était tout ce que je détestais dans ma vie, imprévisible, bien plus incontrôlable que ce qu’il pensait et d’une force qui m’était supérieure en tout point. En totale contradiction, ce sont ces choses qui me faisaient l’aimer. Il était un mélange assez complexe, un adversaire de taille avec lequel il était facile d’échanger quelques coups. Est-ce que j’avais cherché toute ma vie un homme capable de savoir me tenir tête ? Sans pouvoir supporter que l’on m’impose une autre volonté que la mienne, la façon dont Kenneth ne me laissait pas lui imposer la mienne avait quelque chose de profondément satisfaisant. Mon sourire disparu alors que je me penchais vers lui avec douceur, mes lèvres venant effleurer les siennes pour lui murmurer quelque chose que ma fierté aurait dû m’empêcher de dire.

Mais je commence à en aimer une alors je suis bien obligée de revoir mon comportement en conséquence.

Je conclus ma déclaration d’un baiser un peu rude, coupant court à toute remarque sur le sujet. Je ne voulais pas voir son visage lorsqu’il comprendrait l’ampleur de mes mots. Alors je fuis rapidement dans son cou, mon front venant naturellement se caler dans l’arrondi de ses courbes. J’avais bien sur écouté avec attention tout ce qu’il avait à me dire. Un peu déconcertée par cet élan de sincérité partagé. Si j’avais toujours été secrète sur ma vie, Kenneth l’avait été tout autant et j’avais du mal à réaliser qu’il était en train de me confier la sienne. Irréel et pourtant, je n’en ratais pas une mienne, avide de connaissance sur l’homme qui avait réussi le challenge de me faire revoir mes positions. J’écoutais religieusement, oubliant que j’étais celle qui devait m’expliquer au départ, ne coupant jamais cet élan de confession inattendu. Je dus me faire violence pour ne pas bouger alors que les émotions se répercutaient sur sa respiration. J’avais peur de bouger, de briser l’instant, alors je me mordis la lèvre assez fort pour tenir bon. Je me redressais pourtant sous la surprise lorsqu’il aborda la malédiction. Malgré tous les efforts du monde, je ne pouvais pas rester de marbre lorsque j’entendais de tels mots. J’avais été formatée depuis petite fille à les détester, à détester ma mère pour ses convictions, pour sa folie douce. Je regrettais mon mouvement, obligée de croiser le regard de Kenneth, j’avais peur qu’il y lise mon scepticisme. Je fermais les yeux un instant, me reprenant en main, acceptant les mots qui se déversaient de ses lèvres sans s’arrêter. Je savais que j’avais lancé le sujet, mais j’ignorais quelle vanne j’allais ouvrir et c’était beaucoup pour moi d’un seul coup. J’ouvris les yeux alors que je l’imaginais me regarder, me faire comprendre qu’il acceptait la difficulté que j’avais à faire face à sa vérité. Encore une fois, il prenait soin de moi avec un sérieux à faire peur, me rassurant, me réconfortant, alors qu’il était celui en train de se livrer. Je pouvais prendre sur moi, je devais faire l’effort, pour lui, pour nous, de pouvoir avancer sur des chemins inconnus. Un sourire attendri se fit une place sur le coin de mes lèvres alors qu’il me jurait que jamais il ne me ferait le moindre mal. Je n’avais aucun mal à le croire et de toute façon, il y avait méprise sur la nature de ma peur. Je n’avais pas peur d’un renard, j’avais peur du concept qui se cachait derrière la dualité de l’homme et l’animal. Je savais que la méprise serait facile à faire, je devais le rassurer à mon tour, mais je sentais qu’il n’était pas encore temps pour moi de parler. Je voulais d’abord m’assurer que tout ce qu’il avait envie de dire était sorti.

Un bon point pour mon instinct pourtant si faillible d’ordinaire. Il me facilitait la tâche en me livrant clairement ce qu’il attendait de moi. Malgré les difficultés que ce challenge allait me poser, je savais au plus profond de moi que je pourrais y faire face, je n’avais plus rien à perdre, plus le temps d’avoir peur de quoi que ce soit. Mes doigts lâchèrent leur prise alors que je me redressais suffisamment pour faire passer l’une de mes jambes pas dessus les siennes, me hissant doucement à califourchon sur ses cuisses. Il avait été mon cocon, je serais le sien. Mes mains glissèrent dans son dos alors que je calais sa tête contre ma poitrine, lui laissant le temps qu’il souhaitait pour se reprendre. Mes mains errèrent en douces caresses qui se voulaient réconfortantes alors que je me décidais à reprendre la parole à mon tour.

Crois-le ou non, mais j’ai complètement confiance en toi, d’une manière que je ne peux pas expliquer.

Peut-être était-ce la force du désespoir, de cette envie grondante de trouver quelqu’un à qui s’en remettre pour le peu de temps qu’il me restait. J’avais juste envie d’abandonner le combat que j’avais mené contre lui, sur tous les plans. J’étais fatiguée de me battre contre l'homme qui n’avait jamais rien fait d’autre que me prouver son attachement, même de la pire des façons. J’avais bien pire à gérer désormais, et Ivanov m’avait fait comprendre la futilité de mon propre comportement auprès de Kenneth. Dommage que j’ai mis autant de temps pour réaliser ce que j’avais sous les yeux. J’avais été si stupide, j’avais gâché tellement de choses, si je ne me laissais pas gagner par l’amertume, c’était seulement pour ne pas continuer à tout gâcher. L’une de mes mains vint jouer distraitement dans les cheveux de jais de mon compagnon alors que je méditais sur ce qu’il m’avait dit de son double à poils. J’essayais avec ardeur de ne pas paniquer sur le sujet ou de simplement le prendre trop à la légère et de le vexer. Un juste-milieu difficile à trouver.

Maudit à te transformer en renard, c’est … étrange comme punition. Comment ça marche ? Tu te transformes à chaque pleine lune ou c’est aléatoire ? Je n’arrive pas à me souvenir de la lune cette nuit-là.

J’étais définitivement stressée par le sujet, je racontais absolument n’importe quoi. En fait, je n’étais pas forcément rassurée qu’il m’avoue ne pas comprendre lui-même ce qu’il pouvait se passer. Donc j’allais devoir rester dans le flou, ce que je détestais le plus au monde. Relativiser, je devais relativiser. Je n’avais pas longtemps pour me débattre avec ce problème en théorie. Il me suffit de me convaincre pour prendre le sujet un peu plus à la légère. Je penchais la tête pour venir murmurer au creux de son oreille.

Est-ce que tu penses qu’il m’aimerait un peu si je l’appelle mon petit foxy ?

Le ton de ma voix portait le son d’une malice certaine. Je ne savais pas comment gérer, dédramatiser et le rassurer à la fois. Je ne comprenais et ne comprendrai surement jamais le lien possible entre lui et son animal, la manière dont il en parlait laisser penser qu’il s’agissait d’une personne à part entière. Mais j’allais essayer de ne pas y penser plus que ça. J’avais abordé ce sujet dans l’unique but de lui expliquer en partie mon comportement passé, pas pour en débattre. Je décidais de trancher une bonne fois pour toute la question. Mes doigts migrèrent sous le menton de Kenneth alors que je m’éloignais légèrement pour lui permettre de relever le regard vers moi. Je plongeais alors dans cette mer agitée que j’avais appris à adorer.

Je n’ai pas peur de toi.

Je ne voulais pas le voir se renfermer sur lui-même pour des chimères. Alors je m’interrogeais sérieusement sur le fait de pouvoir ou non poser des questions sur sa sœur et la femme qui l’avait maudit. Avais-je seulement le temps de m’en préoccuper ?

Et je ne fuirai pas la prochaine fois.

Si prochaine fois, il y avait, et pas tout de suite si possible, pas dans les 48 prochaines heures en fait. Mes mains finirent par encadrer son visage, l’enfermant dans une prison où il ne pouvait voir que moi, mes yeux refusant de quitter les siens. Comment lui faire comprendre que j’acceptais la situation même si elle me posait encore problème ? Je ne savais pas comment m’exprimer pour que le message passe et qu’il soit compris. Mes pouces formaient de petits cercles sur ses joues, délicate caresse faite d’effleurements avant que je ne me penche à nouveau pour voler les lèvres que j’avais revendiquées comme ma propriété.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Sam 18 Fév - 4:00


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KEZIA

Étais-je une énigme ? Je n'en avais jamais vraiment eu l'impression. Je renvoyais probablement l'image d'un homme compliqué. Étais-je compliqué ? Peut-être... Un peu. J'étais le genre d'homme qui savait toujours identifier ses émotions mais qui ne les montrait quasiment jamais. J'avais appris à me cacher, avec mes bras au départ, avec des murs solides désormais. Plus le temps était passé, plus j'avais appris. Et avec les années qui ont défilées, mes sentiments, mes émotions avaient finis par s'atténuer, rendant la tâche encore plus facile. Pourtant, j'avais toujours été le plus transparent possible avec Lucrezia. Certes, je ne lui avais jamais parlé de ma vie auparavant. Mais nous y étions, et je n'avais pas reculé. Je l'avais voulu, l'espace d'un bref instant ; mais si j'avais reculé maintenant, que se serait-il passé ? Nous n'aurions peut-être plus eu jamais une telle occasion. Nous n'avions jamais vraiment parlé auparavant. C'était notre chance et j'aurais été le plus gros des cons si j'avais fui. Ses doigts sur ma peau m'avait rappelé instantanément cette évidence. Alors, d'accord. J'avais peut-être été une énigme pendant longtemps ; mais plus maintenant. Elle était sur le point de la résoudre. Peut-être que sa résolution ne serait pas totalement claire, mais elle finirait par l'être, avec du temps.

Je la laissais effleurer mes lèvres sans bouger. Sa douceur aurait pu me faire vaciller, pourtant je continuais de me tenir le plus droit possible. Ma fierté n'y était pas pour rien. Me dévoiler d'accord, mais ne pas perdre pieds dans le processus serait mieux. Son puissant baiser contrastait avec cette sensation de tendresse une seconde plus tôt et j'y répondais avec ferveur. Oui, son comportement avait définitivement changé. J'étais celui qui avait couru après ses baisers tout ce temps ; maintenant j'en recevais sans avoir à bouger le moindre petit doigt. Incroyable mais vrai. J'étais ébloui par elle. Par sa capacité à m'apporter tout ce dont j'avais besoin : la rudesse et la tendresse, simultanément. Je la laissais prendre refuge dans mon cou et je profitais de sa chaleur. L'avoir contre moi était ce qu'il y avait de plus réconfortant, et maintenant que je pouvais y goûter de cette façon, je ne voulais plus être séparé de cette sensation. Tel un adolescent face à son premier émoi, en plus puissant. Parce que maintenant je connaissais la vraie valeur d'un tel sentiment et ce que cela faisait de tout perdre ensuite. Alors j'allais m'accrocher, j'allais me battre, comme je l'avais toujours fait depuis que j'avais croisé son regard pour la première fois. Le destin m'avait toujours poussé près d'elle ; je comprenais pourquoi maintenant. Bon sang comme j'avais résisté, et Dieu comme ça avait du sens aujourd'hui. Cette situation avait ouvert une vanne : celle de la sincérité. J'étais touché, bien plus que je ne pourrais jamais l'exprimer, et cela me trahissait dans ma voix et peut-être sur mon visage. Pourrait-elle me considérer comme une énigme après ça ? J'en doutais.

Lucrezia s'installa bien vite sur moi et cela me fit taire. Immédiatement. Je cherchais à lire sur son visage mais bien vite le mien fut contre sa poitrine. Je soupirais à peine, pas de lassitude mais plutôt de soulagement. Est-ce que cela voulait dire qu'elle m'acceptait entièrement ? Je cherchais dans mes souvenirs. Depuis combien de temps ne m'avait-on pas étreint de cette façon ? Je n'arrivais même pas à me rappeler quand fut la dernière fois que j'avais reçu autant de tendresse en si peu de temps. Si cela me mettait presque mal à l'aise, c'était paradoxalement si agréable que je fus obligé d'en fermer les yeux, contrôlant ma respiration dans le processus. Je savourais ses caresses, cette sensation de sécurité ou son illusion en tout cas, remettais mes idées en ordre, calmais le rythme des battements de mon coeur. Je fus incapable de lutter contre ce bien-être, même si je me sentais soudainement à la merci de Lucrezia. Je l'avais toujours été, mais si elle avait eu un doute jusqu'à maintenant, cette position le démontrait désormais clairement. Si je devais communiquer comme le renard en moi, j'aurais pu dire qu'elle m'avait dompté, adopté et apprivoisé. Sa voix résonna au dessus de moi et j'ouvrais spontanément les yeux. Complètement confiance en moi ? Je me redressais lentement. Avais-je vraiment gagné sa confiance ? Après tout ce qui nous était arrivé, avais-je vraiment réussi à lui prouver que tout ce que j'avais pu lui dire n'était pas que des mots ? Je me laissais maintenant toucher les cheveux sans broncher et un fin sourire se dessina sur mon visage ; sourire qui s'estompa à ses questions. Elle s'intéressait réellement à mon compagnon à poils ? Je pouvais deviner qu'elle était curieuse. Honnêtement, qui ne le serait pas face à ma condition ? Lucrezia avait sans aucun doute besoin de comprendre, savoir comment ça... fonctionnait, dirons-nous, pour mieux l'accepter, et j'étais prêt à répondre à toutes ses questions. Elle était plutôt perspicace pour quelqu'un qui avait refusé pendant longtemps de croire ce qu'elle avait vu de ses propres yeux. Elle ne se souvenait pas de tous les détails mais moi je m'en souvenais. Parfaitement. Ils étaient ancrés en moi. Ce moment m'avait marqué bien plus qu'elle ne pourrait le croire.

A chaque pleine lune oui. Je ne peux pas résister. J'essaye, vraiment, mais c'est bien trop douloureux... Mais j'y travaille.

La vérité était que le moins je me transformais, le mieux je me portais. La douleur de la transformation était insoutenable avec la terrible sensation que mes chairs se déchiraient à chaque fois. Et c'était sans parler de l'aspect émotionnel de la transformation. Bientôt, j'accueillais le visage de Lucrezia près de mon oreille et écoutais attentivement ses mots. Mon petit foxy ? Vraiment ? Je laissais échapper un soupir de rire avant de baisser les yeux, hochant la tête. Je n'étais pas sûr que cela l'achèterait mais il était définitivement sensible à la séduction féminine. Ca restait un animal aux instincts primitifs qui me poussait à adopter les mêmes comportements que lui, et non l'inverse, malheureusement ; Dieu merci, j'étais sûr d'en être encore loin, pour le moment. A voir...

Je pense que tu pourrais finir par le séduire lui aussi, répondis-je simplement, amusé.

Les doigts de Lucrezia captèrent mon menton et je lui fis bientôt face à nouveau. J'observais ses yeux et un fin sourire se dessina sur mon visage. Rien que de la voir alors que je savais pertinemment qu'elle était là près de moi depuis le début égayait mes traits. J'aurais pu la regarder des heures. Détailler les courbes de son visage, tout ce qui le constituait, étudier les rides et ridules qui se formaient lorsqu'elle souriait ou qu'elle fronçait les sourcils. Sa beauté ne me lasserait jamais, ne me laisserait jamais indifférent, et si ce n'était pas totalement humain, peut-être tenais-je cela de mon animal finalement. Mes doigts repoussèrent lentement les cheveux trop près de son visage alors que j'admirais toujours ce dernier. Ses mots m'arrachèrent un soupir de contentement. Si elle n'avait pas peur de moi, alors pourquoi m'avait-elle fui à ce point jusqu'à maintenant ? Ce fut comme si elle avait lu dans mes pensées. Je fronçais à peine les sourcils, toujours ce sourire figé sur mes lèvres. Mes doigts dérivèrent sur sa joue puis sur la ligne de sa mâchoire. Peut-être valait-il mieux qu'elle fuit si elle tombait sur le renard, même si j'étais persuadé qu'au fond, la psychologie était plus son fort que l'attaque physique. Il ne la toucherait pas, j'en étais convaincu. Peut-être parlait-elle simplement de ne pas me fuir, moi. L'homme que j'étais. Le Skinchanger et le Shadowhunter qui poursuivait les hommes qu'elle protégeait. J'espérais simplement ne pas lui exposer mon apparence animale à nouveau, et encore moins mes transformations. Je me demandais comment, en ayant cette image en tête, elle pouvait encore me désirer d'une quelconque façon que ce soit. Ca faisait beaucoup de points négatifs pour un seul homme. C'était tout sauf normal ou ordinaire. C'était même peut-être parfaitement écoeurant ? Je n'aurais su dire. Petit foxy remua une oreille, à peine. Il connaissait mes pensées, même les plus intimes, et je savais que celle-ci n'en était pas une qui le laissait indifférent. Notre communication était si étrange. Indescriptible, inexplicable. Je me recentrais sur la femme qui faisait bouillonner mon sang et tambouriner mon coeur. De jolies images pour dire à quel point je l'aimais de façon détournée. Ses mains maintenaient mon visage et j'eus un bref mouvement de recul bien malgré moi, pas assez franc néanmoins pour m'échapper bien heureusement. Et ça, c'était quoi ? La sensation d'être pris au piège ? Un réflexe, une défense ancrée en moi. Peu importait en réalité, j'acceptais de rejoindre sa cage avec joie si elle souhaitait m'y mettre. Mais ça, je ne le lui avouerais jamais. De plus, j'avais besoin de ma liberté. Malgré tout mon amour et tout mon attachement pour elle, j'avais du travail, pour elle d'abord, puis pour moi. J'acceptais d'oublier ma vengeance le temps qu'elle soit en sécurité, c'était le seul délai que je pouvais accorder à mon but. Pourtant, jamais je n'aurais cru pouvoir mettre ma vengeance en second plan. Je fermais à peine les yeux sous les caresses de ses pouces. Je n'avais pas besoin de les ouvrir pour sentir son souffle sur mon visage ; douce capacité sensorielle empruntée à mon compagnon roux. Je répondis à son baiser avec ferveur dès que je sentis ses lèvres contre les miennes, peut-être en contraste avec toute la douceur qu'elle m'offrait. Happé par le désir que son simple geste provoquait en moi, je repoussais Lucrezia dans une impulsion et l'allongeais dans le canapé, m'installant immédiatement au dessus d'elle, bloquant son corps avec le mien comme si j'avais peur qu'elle puisse s'enfuir. Mes lèvres se ruèrent à nouveau sur les siennes, désireuses de bien plus. Je les laissais dériver sur sa mâchoire avant de glisser lentement jusqu'à son oreille alors que l'une de mes mains caressait déjà possessivement sa cuisse. Alors que ma respiration s’accélérait, je me redressais suffisamment pour observer Lucrezia et interrompre ma propre lancée. Je ne voulais pas mettre fin à ce moment de parole et le remplacer par du sexe, ce n'était pas mon intention. Ca avait tout simplement été une impulsion. Une impulsion que je peinais désormais à freiner. J'avais toujours démarré au quart de tour ; j'aurais aimé blâmer le roux pour ça, mais cela aurait été très malhonnête de ma part.

Qu'est-ce que tu veux savoir d'autre ? Demandais-je dans un murmure, frottant délicatement mon nez contre le sien dans le processus. Je n'en ai peut-être pas l'air mais je t'écoute attentivement...

Ma main glissa lentement jusqu'à sa hanche, sous le tissu de son sous-vêtement, puis je me figeais de moi-même. Je lui volais un faible baiser, du bout des lèvres, avant d'éloigner lentement mon visage du sien pour l'observer, prêt à l'écouter et à répondre à ses questions. Enfin, j'essayais de m'en convaincre.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 19 Fév - 19:32

Le mettre en cage était la solution sécuritaire, mais pourtant inenvisageable. Jamais je ne pourrais mettre cet homme en cage, comme jamais il ne me mettrait en prison, j’en avais conscience désormais. Je choisissais de croire en l’impensable, de prendre un risque, parce que je savais ne pas avoir grand-chose à perdre. S’il s’avérait que j’ai eu tort, pourrais-je regretter mes choix ? Je n’en avais probablement plus la force à présent. Je m’en remettais à lui pour ne pas faillir et ne pas me décevoir, le temps que cela durerait. Je perdis mon sourire alors qu’il reprenait la parole. Moi qui avais lancé l’idée sur un coup de tête un peu hasardeux, babillant sur les stéréotypes télévisés du loup-garou, je me retrouvais tête la première dans le sérieux de la situation. J’ouvris la bouche, mais aucun son n’en sorti, parce que je n’avais rien à répondre à ça. Je ne voulais pas prendre le sujet au sérieux, je ne voulais pas l’accepter, je voulais juste le survoler et l’ignorer. Pourtant, une partie de mon esprit réfléchissait déjà à une manière d’endiguer les souffrances de Kenneth. La douleur, comme tout, était intimement reliée au cerveau et par chance, j’en étais spécialiste. Ce serait un comble, si je n’étais pas capable de trouver un traitement adapté. Je m’en voulais de réfléchir à la question en fond, me posant encore plus de questions sur cette particularité, des questions dérangeantes. Je secouais la tête discrètement alors que la réplique suivante tombait. Elle eut le don de me redonner le sourire. Si mon charme opérait sur l’homme et son double, alors tout n’allait pas si mal. Ma bonne humeur retrouvée ne fit que grandir alors que mon sourire trouvait son jumeau sur les lèvres du shadowhunter. Il semblait que j’avais réussi à faire passer mon message finalement. Pour une fois que j’y arrivais sans encombre. Je voyais là un pas immense dans notre relation, qui s’éloignait enfin des malentendus et des mauvaises interprétations.

Peut-être m’étais-je un peu trop avancée sur le sujet, car la tentative de fuite de Kenneth me prit autant par surprise, qu’elle me laissa pantoise. Avais-je été trop loin ? J’avais retiré mes mains par réflexe comme brûlées par la chaleur de sa peau, mais à quelques millimètres de son visage, je les reposais dessus lorsque je me rendis compte que cela irait. Mon cœur s’était peut-être arrêté le temps d’une seconde, suspendu à la réaction de mon compagnon, mais il était reparti de plus belle lorsque mes lèvres revendiquèrent à nouveau les siennes. Rassurée par le contact, je ne me méfiais pas du tout du geste brusque qui suivit et me laisser faire sans avoir le temps de m’insurger. J’eus juste le réflexe de verrouiller mes mains derrière sa nuque, autant pour la garder près de moi, que de peur de tomber. Un seul hoquet de surprise m’échappa avant que je ne soupire de contentement. Pourquoi m’étais-je privée de cette sensation tout ce temps déjà ? Le poids de son corps sur le mien était aussi réconfortant qu’agréable. Il était si facile de se laisser couler dans la passion, tous les obstacles réduit à néant, c’était comme profiter de quelque chose que l’on pensait ne jamais obtenir. Difficile de se rassasier d’une et unique fois, nous le savions tout les deux très bien. C’est avec un naturel dont je ne me serais pas cru capable que je le laissais happer mes sens et brouiller mes pensées une nouvelle fois, abandonnant sans même réfléchir, la discussion que nous avions entamée. La prise sur ma hanche provoqua la même réaction sur son propre corps, cherchant le plus de contact possible mais frustrée par le surplus de vêtement.

La question me prit de cours alors que je peinais à me reconnecter au sujet. Des questions sur quoi déjà ? Je papillonnais difficilement des yeux, plongeant immédiatement dans la mer agitée des siens. S’il voulait une réponse, ce n’était pas en me câlinant de la sorte qu’il allait l’obtenir. J’aurais pu ronronner sous la caresse, mais à la place, c’est un rire qui m’échappa à sa dernière remarque. J’ouvris donc résolument les yeux pour lui répondre.

Je confirme, tu n’en as pas l’air, mais je dois dire que tu m’écoutes un peu trop parfois.

Je n’étais pas forcément pour la rupture de son élan, mais maintenant qu’il s’était arrêté de lui-même qui étais-je pour ne pas m’aligner sur sa force de caractère. J’hésitais un instant, trahi par les allers-retours de mes yeux entre son regard et ses lèvres. Devrais-je être raisonnable ou sombrer une nouvelle fois dans le vice en l’entrainant avec moi ? Finalement, je craquais et lui offris un sourire à la fois mutin et pénitent.

On devrait peut-être garder le reste pour plus tard. Ne m’en veux pas, mais c’est déjà pas mal pour une première fois, tu ne penses pas ?


Je parlais là de mon expectation soudaine pour le surnaturel, qui n’en était pas encore une, mais que j’acceptais de considérer pour lui. Cela nous rendrait la tâche bien plus facile pour les prochains jours et au final, cela me semblait être qu’un sujet de fond assez secondaire. Je pouvais bien me transformer en licorne à la pleine lune, qui en aurait quelque chose à faire ? Forte de ma décision de ne pas être forte, j’attaquais à nouveau ses lèvres avec vigueur alors que mes mains s’étaient déjà attelées à lui enlever son tee-shirt. Quelle honte qu’il se soit rhabillé, il me donnait plus de fil à retordre qu’autre chose, la peau de mes jambes ripant contre le tissu rêche de son pantalon. J’en étais à lui ôter cette saleté de ceinture lorsque mes propres pensées me rattrapèrent malgré moi. J’ôtais mes mains de la ceinture, sachant très bien que si je l’ôtais, je ne reviendrais plus en arrière et les remontais au niveau de mon visage, paumes vers Kenneth, m’arrachant à ses lèvres au passage.

Bon d’accord encore une question. Est-ce la science n’a jamais pu aider ? Je veux dire, oui, il a des choses qu’on ne peut pas encore expliquer et forcément, on apparente ça à de la sorcellerie. Mais un jour la science percera le mystère, comme elle l’a toujours fait. Enfin s’il nous reste assez de temps pour ça, peut-être que l’humanité sera éteinte avant ça.

Chasser la scientifique, elle reviendra au galop, même dans un moment aussi inopportun que celui-ci. J’aurais pu me gifler pour mon comportement, mais je me contentais de grimacer en fermant les yeux un instant, regrettant d’avoir ouvert la bouche. Je passais une langue furieuse sur mes lèvres alors que je rouvrais les yeux, une lueur de déception au fond de mes prunelles. Je posais à nouveau quelques doigts caressants sur la joue de Kenneth, cherchant à me ferme pardonner pour avoir avorté notre échange aussi brusquement. Je savais bien qu’au fond, la question qui m’importait était de savoir si oui ou non, je pouvais être capable de le soulager. Mais à quoi bon se poser la question alors que je n’en aurais probablement pas l’occasion. Cette idée me déchira le cœur à la seconde où elle prit forme. Je ne devais qu’à ce regard posé sur moi de ne pas m’effondrer à nouveau sous le poids de ce qui m’attendait. La vie resterait à jamais cette garce cruelle, jusqu’au bout.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 20 Fév - 2:53


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

J'avais été idiot de croire que mon élan de passion à son égard l'aurait dérangée. Non, Lucrezia l'accueillait à bras ouverts. Je crois qu'il nous fallait un moment d'adaptation à tous les deux, pour comprendre que nous pouvions nous le permettre. Elle m'avait fui tant de temps et je m'étais toujours résolu à ne jamais être satisfait auprès d'elle que cela devait lui paraître aussi étrange à moi qu'à elle. Mais en réfléchissant, plus rien ne nous retenait désormais. Elle avait décidé de lâcher prise et j'étais bien décidé à en profiter, rattraper le temps perdu, combler le manque et l'envie que j'avais ressenti pour elle durant tant de mois où elle n'avait fait que me repousser. Cela paraissait presque irréel. C'était comme avoir couru après un rêve, longtemps : lorsque vous l'obteniez finalement, il y avait toujours cette part de doute ; était-ce bien réel ? Est-ce que ce rêve n'allait pas s'envoler ? N'allait-elle pas disparaître ? Je savais que je devais régler le problème Ivanov avant de croire en nous, pour nous donner toutes nos chances et ne pas la perdre de la façon la plus dramatique qui soit. J'aurais dû me protéger en attendant ; ne pas trop en profiter, contrôler mon addiction, contrôler ce besoin, pour ne pas en souffrir ensuite. C'était la théorie. Maintenant qu'elle était contre moi, en pratique, c'était bien différent. J'avais envie de profiter au maximum de chaque seconde, comme si c'était la dernière ou alors comme si cet instant ne prendrait jamais fin. Aucune idée. Mais j'étais accro à elle ; elle était une drogue contre laquelle je ne pouvais pas lutter.

Mais je souhaitais également répondre à ses questions. Une occasion rêvée de mettre toutes nos cartes sur la même table n'était pas à gâcher ou à bâcler. Nous n'avions pas eu cette chance auparavant, pas en étant parfaitement honnêtes en tout cas. J'allais donc chérir cette opportunité. Ou pas... Lucrezia peina à revenir à la réalité et je ne sus pas si je devais m'en sentir flatté ou me dire qu'il était aisé de la perturber. Puis ce rire ; son rire. Cette mélodie me fit sourire énergiquement, me stimulant encore davantage. L'écouter un peu trop ? Comment pouvais-je l'écouter trop ? L'un de mes sourcils se redressa alors que j'essayais de comprendre ce qu'elle voulait dire. Puis ses prochaines paroles me firent oublier les précédentes. Garder le reste pour plus tard et pas mal pour une première fois ; pourtant, ce n'était pas la première fois que nous couchions ensemble, mais j'étais prêt à attendre plus tard. J'avais déjà tellement attendu, je n'étais plus à un plus tard près. Pour elle, je pouvais attendre, autant de temps nécessaire, pas sans frustration certes, mais je pouvais lui offrir ma patience. Elle en valait définitivement la peine. Puis son vigoureux baiser me surprit. Je n'y comprenais plus rien, répondant du bout des lèvres, presque un peu trop tard. Ses mains sur moi me firent réaliser que j'avais parfaitement mal interprété ses propos. De quoi avions-nous parlé déjà ? Nous ne parlions pas de sexe, pour sûr. Un soulagement donc alors que je la laissais me débarrasser de mon t-shirt et que je l'aidais même dans le processus. Je laissais tomber mes réflexions pour foncer tête la première alors que mes lèvres se jetèrent sur les siennes, oubliant instantanément le léger froid précédent. Je la laissais dealer avec ma ceinture, jusqu'à ce qu'elle s'arrête brusquement pour s'éloigner de moi, s'arrachant à mes baisers avec une détermination qui me dépassait. J'affichais ma confusion alors qu'elle prenait immédiatement la parole. Je reculais mon visage, calmant par la même occasion ma respiration, l'observant, un peu perdu. La science ? Savait-elle ce qu'on faisait aux êtres humains comme moi dans ces fameux laboratoires ? On ne cherchait pas à les aider, on avait plutôt cherché à les asservir et à les utiliser, à les contrôler. La seule raison pour laquelle je ne portais pas de puce électronique était parce que le gouvernement craignait une émeute sans aucun doute. Elle ne voulait pas croire en la gravité de la situation. Le monde n'avait pas changé, il avait toujours été ainsi, depuis la nuit des temps. Pour elle, ça ne pouvait être qu'une maladie ? Un fléau que la science allait pouvoir expliquer puis gérer ? Était-elle consciente de ce qui se passait là-dehors ? Une nuance de tristesse se joint à mon humeur. Comment pouvait-elle être aussi aveugle et aussi ignorante ? Et lorsque ses doigts cherchèrent à atteindre ma joue, je les esquivais spontanément, reculant la tête et me redressant suffisamment à temps pour m'épargner une caresse probablement de pitié. Pauvre petit Kenneth, la science va nous aider... Ta gueule toi. Ma foi, Lucrezia devait sensiblement penser quelque chose du genre en son fort intérieur.

Je ne suis pas malade et je ne suis pas un renard de labo... murmurais-je avec vigueur, détaillant l'éclat de ses pupilles.

Je sentis de la fierté émaner de mon compagnon roux alors qu'il tentait de me voler toute la tranquillité que j'avais pu ressentir jusqu'à maintenant. J'allais faire une crise de colère, je pouvais le sentir. Bon sang, je pouvais désormais les sentir arriver. J'étais si nerveux à la moindre contrariété, et ça, je ne le tenais pas de mon caractère naturel. Je soupirais bruyamment, grimaçant, cherchant à repousser l'influence du renard qui m'imposait sa propre hargne. Sa propre peur. Il ne finirait pas en labo ; nous ne finirions pas enfermés dans une cellule à subir des expériences au grès des folies des scientifiques du gouvernement. Je me l'étais toujours promis. Ma place dans la société me sécurisait pour le moment. Je devais me ressaisir. J'étais toujours plus réactif lorsque le désaccord était avec Lucrezia. Elle pouvait me mettre dans tous mes états en quelques claquements de doigts. J'étais comme un instrument de musique avec lequel elle savait parfaitement jouer. Elle pouvait obtenir le meilleur et le pire de moi avec une aisance déloyale. Alors quoi, cherchait-elle à me repousser ? N'avait-elle même pas conscience de ses mots ? Est-ce que j'interprétais son discours ?

Il y a des choses qui te dépassent Lucrezia, et il faudra un jour que tu les acceptes. Tout ne se règle pas sur une table d'opération, ni avec des traitements lourds.

La science ne percerait rien, car il n'y avait rien à percer. J'étais peut-être plus informé qu'elle, parce que j'avais vu des cas bien plus étranges que le mien au cours de ma vie, j'avais vu ce que mon premier amour avait fait, je côtoyais des gens différents au quotidien, et ils n'avaient aucun problème médical, ça je pouvais en être sûr. Je n'avais pas de problème de santé non plus et si ce renard était à l'intérieur de moi, c'était à cause d'une malédiction, pas parce que j'étais fou ou que j'avais été mordu par un renard ou que sais-je encore. Je me redressais davantage, échappant à la proximité de Lucrezia dans le processus, avant de me lever, rompant définitivement l'instant.

C'est ça que je t'inspire maintenant ?

J'en étais désolé pour mon compagnon, désolé pour Lucrezia, désolé pour moi-même. Je n'avais qu'une envie à cet instant précis, ce fut de me cacher. De fuir, encore. Et je résistais. Je restais debout, figé, face à Lucrezia, peu sûr de savoir ce que je devais faire. Mon instinct lié à ma raison me criait de partir, de fuir loin ; mon coeur me criait tout autre chose. Nous y étions presque, nous avions presque réussi, mais son incompréhension était en train de nous séparer. J'aurais dû être prêt à ce moment. Je savais que Lucrezia était capable de comprendre mais ne le ferait pas. Était-ce vraiment trop pour elle ? Je ne pouvais pas renoncer ; comment le pourrais-je ? Non, jamais. Le mieux était peut-être de lui donner du temps ; peut-être même beaucoup de temps, peu importait. Je ne savais plus ce que je devais faire, me contrôlant pour ne pas laisser ma crise de nerfs prendre le dessus et briser ce que nous avions mis tant de temps à construire. Mon coeur allait sortir de ma poitrine, ou bien alors exploser. Ce même coeur sur lequel Lucrezia régnait en maître indiscutable. Quel gâchis.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mar 21 Fév - 19:05

Elle avait fini par arriver, cette fuite que j’avais tant redoutée, mais simplement au moment où je m’y étais le moins attendu. Qu’avais-je bien pu dire pour le mettre dans cet état. Je ne comprenais pas cette réaction, je ne comprenais pas l’éclat de colère au fond de ces iris. Mes sourcils se froncèrent à la réponse qu’il me fit, virulente et agressive. Mais comment avais-je pu passer un tel message ? Je m’inquiétais de la souffrance qu’il devait ressentir, comment avait-il pu sauter à de telles conclusions ? Mais plus que cela, le contenu de sa réponse m’inquiétait encore davantage. Un renard de laboratoire ? Que sous-entendait-il ? Est-ce qu’il y avait des scientifiques prêts à s’en prendre à un être humain à cause de cela ? Evidemment qu’il y en avait, quelle question. J’oubliais trop souvent que la science était un réservoir à esprits dérangés, consumés par une soif de compréhension avilissante. Me voyait-il comme ces hommes et femmes désormais ? Etais-je devenue l’ennemie en un claquement de doigts et quelques mots malheureux ? La suite me confirma mes craintes. Si j’avais su qu’un jour, être une scientifique me desservirait…

Je fermais les yeux sous l’impact du reproche. Il heurtait mes sentiments et mes principes, un cocktail détonnant qui aurait pu me mettre dans une rage noire en un instant. A la place, je me focalisais sur autre chose, sur la manière de ne pas tout merder une fois encore. Ne pas réagir impulsivement, ne pas me laisser entrainer par les sœurs fierté et irritation. Une grande respiration et je rouvrais les yeux sur Kenneth, me mordant la langue pour ne rien répliquer que j’aurais pu regretter. De mon silence pourtant, je ne tirais aucun avantage. Je le laissais me fuir, sachant par instinct que le retenir aurait été une erreur. Je ne l’avais pas apprivoisé du tout, contrairement à ce qu’il avait pu dire. Il resterait à jamais comme de l’eau filant entre mes doigts, inlassablement, à la seconde où je laisserais une brèche ouverte. Sa dernière question me toucha bien plus que je ne l’aurais pensé, pourtant il était hors de question que je me laisse gouverner par trop de sentiments. J’évitais son regard, je n’avais pas bougé depuis qu’il s’était arraché à moi, mon regard errant vers l’obscurité du plafond.

Tu as dit que c’était douloureux… Quel genre de médecin je serais si je ne cherchais pas à l’amoindrir ?

Je ne pouvais pas être plus honnête que ça, je ne pouvais pas faire moi dénué d’artifice comme discours. Mais la question rhétorique ? J’aurais dû m’en passer. Je n’étais plus digne d’être un médecin intègre depuis longtemps, je n’avais pas le droit de jouer cette carte, plus maintenant. L’hypocrisie de cette phrase me fit grimacer et les regrets affluant en masse, je me sentis obligée de me corriger.

Je suis loin d’être un bon médecin, je le sais très bien, mais si je dois l’être pour quelqu’un je pense que ce serait toi.

Je n’aimais pas ce sujet, il faisait remonter trop de mauvais souvenirs. Alors je choisis de l’occulter en passant à autre chose, en me recentrant sur la conversation surtout. Il ne me fallut que quelques instants pour réaliser autre chose et me redresser brusquement, plantant mon regard dans celui de mon compagnon.

Attends une seconde. Si je comprends bien tu es en colère parce que je m’inquiète pour toi ?

J’en avais vraiment plus qu’assez de ne pas arriver à me faire comprendre, encore plus de ne pas arriver à le comprendre. Alors tant pis, j’allais tout dire désormais, plus de sous-entendus, plus d’interprétations hasardeuses, plus rien.

Non mais c’est la meilleure. Tu sais quoi, souffrir en silence c’est ton choix et je vais le respecter. Je ne reviendrais pas sur le sujet alors pitié détends toi !


J’étais peut-être un peu en colère finalement, mon ton était trop tranchant pour ne pas trahir mon irritation. Je trouvais ça assez fort de sa part de réagir ainsi à une intention aussi banale, alors qu’il passait son temps à s’inquiéter pour moi apparemment. Mais aussi colérique que j’étais, j’avais pris la décision de prendre sur moi. Je me calmais rapidement, mes mains couvrant mon visage le temps que je me reprenne. Tâche ardue mais nécessaire, au terme de laquelle je finis par me laisser tomber à nouveau dans le canapé, vaincue par mes propres pensées. C’est un regard plus apaisé que je posais sur l’homme encore prêt à fuir à n’importe quel instant.

Je ne sais pas ce qui est le plus déroutant. Que tu me prennes pour une scientifique folle à lier ou que tu me penses capable de te prendre en pitié.

Un sourcil s’arqua sous le constat, insistant sur le fait que je ne lui avais jamais donné de quoi penser de telles choses de moi. Je ne m’étais pas sentie aussi seule, incomprise et abandonnée depuis très longtemps. Le couteau à double tranchant, après avoir gouté à tout, j’en étais privé brusquement, rendant le manque bien plus violent. J’attrapais la couverture posée sur le montant et me drapais dedans dans l’espoir de faire disparaitre un frisson désagréable. Je me relevais enfin, attrapant le t-shirt abandonné sur le canapé avec la seule main dépassant de la couverture et le tendit à Kenneth une fois près de lui.

Je me doute de tout ce dont tu es capable et si tu ne veux pas de mon aide tant pis, je ne vais pas te l’imposer.

Mettre autant de désinvolture dans mes propos me coutait tellement. Je ne pensais pas vraiment ce que je disais. Oui je ne lui imposerais rien, mais je devrais me faire violence pour cela. L’idée même de le laisser souffrir alors que j’aurais pu tenter quelque chose m’insupportait. La seule chose qui me faisait tenir bon, était de me rappeler constamment que je n’aurais pas le temps de faire quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mer 22 Fév - 20:32


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Je n'y comprenais plus rien. Je n'étais même pas sûr d'avoir compris quoi que ce soit depuis le début en fait. Le moment avait été rompu avec une violence qui m'était caractéristique, comme d'habitude. C'était quoi, mon problème ? Alors tout n'avait été qu'une question de douleur ? C'était ça qui inquiétait Lucrezia ? Mes épaules se détendirent imperceptiblement alors que je reprenais mon souffle aussi discrètement que je le pouvais. J'étais resté silencieux, assimilant chacun de ses mots, réalisant leur véritable signification. Bon Dieu, comme j'étais le dernier des connards. Ca mérite vérification... J'étais tellement prêt à bondir face à la moindre menace que je ne savais pas adapter mon comportement, même face à Lucrezia ; encore plus face à elle en fait. J'avais peur qu'elle me trahisse car elle était la personne qui pouvait me blesser le plus, me détruire puis m'enterrer sans la moindre difficulté. Je n'étais même pas sûr de pouvoir lui faire confiance, en tout cas suffisamment pour ne jamais remonter mes bras en geste de défense et de protection, puisque tous mes remparts étaient tombés. Lucrezia était un médecin. Bien évidemment, son premier but avait été de vouloir m'aider. Je lui avais fermé la porte au nez tellement fort que je m'étais moi-même fait sursauter dans le processus. J'étais si nerveux. Pourquoi est-ce que Lucrezia doutait de ses capacités ? J'abaissais les armes et les bras, acceptant le calme qui tentait de retrouver son chemin dans mon humeur, chassant la colère et la peur. Je n'étais même pas sûr que ces émotions avaient été les miennes en premier lieu.

Brusquement, Lucrezia se redressa et mes yeux la suivirent immédiatement alors que nos regards se croisèrent. Il y avait malentendu. Depuis le début de cette conversation. Je hochais négativement la tête, trop tard ; c'était elle qui était en colère désormais. Toujours la même musique, la même rengaine ; nous nous échangions nos humeurs en quelques secondes, pour le meilleur comme pour le pire. Est-ce que nous arriverions à communiquer plus facilement avec le temps ou étions-nous voués à jouer les mêmes notes, encore et encore, inlassablement ? Tous mes mauvais sentiments ne disparaîtraient pas aussi aisément, oui il me faudrait du temps pour être au point et ne plus interpréter chacun de ses mots avec de la peur et de la méfiance. J'affichais ma compassion, sincèrement désolé pour avoir réagi au quart de tour comme je pouvais le faire pour absolument tout lorsque j'étais trop atteint, notamment lorsqu'elle était concernée. Elle manquait ce que je voulais lui dire avec les yeux alors qu'elle cachait son visage avec ses mains. Je savais qu'elle avait raison. Je n'avais rien à dire pour ma défense. A part peut-être qu'elle n'était pas toujours claire lorsqu'elle parlait. J'allais m'abstenir de la contrarier davantage. J'allais écraser ma mauvaise foi. Je l'avais déjà blessée, j'en avais bien conscience, encore une fois. Une bien vilaine habitude mais parfaitement involontaire. C'était comme si elle me poussait toujours à le faire ; mais j'étais le seul à blâmer. J'étais si désadapté. Elle était bien plus humaine que moi ; et si quelqu'un avait un problème ici, c'était bien moi et personne d'autre. Il me fallait lutter contre cette voix dans ma tête, me répétant en permanence : ne lui fais pas confiance, encore et encore. Celle de mon compagnon roux, ou alors le blâmais-je ? Je savais que c'était exactement contre ça que je devais lutter, bien au contraire. Je l'observais se couvrir. Avait-elle froid ou se cachait-elle de moi désormais ? Une très mince barrière pleine de sens à mes yeux. Je les baissais à peine à ce constat avant de les relever sur les siens. Elle me tendait mon t-shirt et je le pris machinalement, sans réfléchir. Je ne savais pas comment accepter l'aide qu'on me proposait. J'étais toujours persuadé que si je ne troquais pas des services, personne ne m'aiderait de manière spontanée et bienveillante. C'était ainsi que je vivais désormais. Comment pouvais-je lui dire ces simples mots aide moi ? Je n'étais même pas sûr d'avoir besoin d'aide ; est-ce que j'avais besoin d'aide ? Ma fierté était aussi puissante que mon ego. J'avais tant longtemps estimé n'avoir besoin de rien ni personne à part moi-même dans ce monde que cette pensée mettrait du temps à disparaître ; et plus je regardais Lucrezia, plus je me disais que mon comportement devait changer. Je repoussais lentement la couverture de ses épaules, l'obligeant à la quitter et la laissant s'échouer au sol ; une partie de moi espérant que je pourrais également abaisser ses bras en position de défense de manière parfaitement symbolique.

Lorsque j'aurais besoin d'aide, je demanderai.

C'était un mensonge. Un mensonge parfaitement absurde qui ne la duperait sûrement pas. C'était malheureusement la seule excuse que je trouvais à lui répondre. Je voulais qu'elle lâche prise. Je n'étais pas son patient et je ne voulais pas l'impliquer davantage dans mes problèmes. Elle avait déjà bien assez à gérer et à se consacrer actuellement ; son inquiétude pour moi ne ferait que lui ajouter un poids sur les épaules dont elle pouvait très franchement se passer. Un poids que je refusais de lui imposer. Bien au contraire, je voulais l'apaiser. Elle devait le savoir : je me battrais pour son confort.

Tout ce que je te demande ce soir, c'est de m'accepter comme je suis.

Ca, c'était la vérité. Pour le moment, je n'avais pas besoin de plus ; et c'était déjà beaucoup. Je passais mon t-shirt sur Lucrezia, la tête en premier, puis les bras. Si elle avait froid, peut-être que cela la soulagerait, mais ce ne serait pas une armure supplémentaire, j'y veillerai. Je remettais ses cheveux en ordre, doucement, la laissant s'habituer à mon contact une nouvelle fois, comme si nous reprenions à zéro. Je lui souris lentement. Nous ne faisions que ça, nous repousser, nous chasser puis nous bousculer à nouveau tel des aimants. C'était comme si nous étions prédestinés à toujours répéter les mêmes erreurs. Ca s'améliorerait ; nous pouvions largement faire mieux que ça. Nous valions plus que ça. Nos insécurités, nos peurs, notre instabilité, nos craintes, nous allions les vaincre ensemble. Nous apprendrions à les gérer, à les identifier puis à les connaître, par cœur. J'attrapais ses mains que je rejoins l'une contre l'autre avant de les porter à ma bouche, déposant un baiser sur ses doigts, ou peut-être deux.

On va y arriver... murmurais-je presque à moi-même.

Je portais maintenant ses mains à mes joues et la laissais emprisonner mon visage avec ses doigts. Le renard en moi, craintif, n'avait pas d'autre choix que d'accepter Lucrezia. J'étais le commandant de bord, j'étais celui qui donnais les ordres ici et je savais que je ne devais pas laisser mon anxiété devenir paralysante, ou penser que mes bons sentiments pour cette femme pouvaient être avilissants. C'était le bon ordre des choses. Mon humanité me le criait en tout cas. Mes mains glissèrent sur les hanches de Lucrezia, lentement d'abord avant d'être trahies par mes bras impatients et je l'obligeais presque à se hâter de venir dans mes bras. J'essayais de me restreindre et de ne pas la serrer trop fort pour ne pas la blesser, mais l'envie de fusionner son corps au mien était presque incontrôlable. Je ne sus pas dire si j'étais soulagé ou si c'était douloureux. Probablement les deux, simultanément. Je respirais sa peau, laissant mon instinct animal prendre le dessus quelques secondes, m'imprégnant de cette odeur que je connaissais par cœur ; l'odeur de la femme qui m'appartenait et à qui j'appartenais, mais à qui je ne le dirais jamais au risque de me prendre un coup de genou dans les parties intimes. Mes mains changèrent de cap et je m'abaissais pour laisser mes doigts glisser sur ses cuisses avant de la porter contre moi, l'encourageant à passer ses jambes autour de ma taille dans le processus. Je relevais les yeux sur ceux de l'objet de tous mes désirs avant de murmurer à ses lèvres, presque timidement, en parfaite incohérence avec mes gestes :

Est-ce que tu me pardonnes ?

J'avais bien conscience que je n'avais présenté aucune excuse à Lucrezia. Elle pouvait tout aussi bien me gifler ou me cracher à la figure pour s'enfuir de ma proximité, celle que je lui avais pratiquement imposée ces dernières secondes. J'avais toujours été trop entreprenant avec elle et désormais je ne connaissais plus les limites puisqu'elle m'avait autorisé à la toucher. C'était un droit auquel je peinerais énormément à renoncer ; elle ne pouvait pas me le retirer. J'en mourrais probablement si elle le faisait. Je ne savais pas si elle pouvait lire tout ce que mon silence cachait dans mes pupilles mais en vérité, une partie de moi l'espérait. J'étais maladroit avec mes sentiments et mes émotions, mais je travaillais dur, pour elle. Uniquement pour elle.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mar 7 Mar - 22:53


Et maintenant, qu’étais-je sensée faire ? Si Kenneth partait simplement, qu’allais-je faire de moi-même ? C’était assez étrange, un instant plus tôt, je savais exactement ce que j’avais à faire, mais désormais plus rien n’avait vraiment de sens sans lui. Il me faudrait lutter pour revenir à mes prérogatives, je le savais, ce serait dur, très dur, mais j’y arriverai, comme toujours, parce que je n’avais pas le choix. Mais pour l’instant, il était encore là, à quelques centimètres de moi, proche et inaccessible à la fois. Allait-il fuir à l’instant même où j’ouvrirai la bouche à nouveau, comme un renard en pleine forêt que le moindre craquement mettait sur ses gardes ? Mon regard remonta vers le sien, interrogateur alors que je sursautais légèrement au contact de ses doigts sur ma peau. À trop envisager le pire, je me laissais surprendre par le meilleur. Je ne sus pas comment prendre sa réponse. Il me la donnait clairement pour me faire plaisir, mais nous savions tous deux qu’il n’en pensait pas un mot. Entre irritation et dépit, je choisis d’évacuer toutes mauvaises réactions et lui offrit un sourire mitigé (cochon d’inde).

Autrement dit, lorsque l’apocalypse sera finie. Mais je donne un point pour l’effort Zaran.

Après avoir évité la colère, le seul comportement qui me venait à l’esprit était empreint de taquinerie. C’était la seule solution pour que je passe sur tout ça, sans monter en pression. Un soupir m’échappa tout de même alors qu’il se faisait encore des idées. Certes, j’avais du mal à gober toute l’histoire, mais j’y travaillais et il ne me semblait pas l’avoir rejeté à cause d’elle. Je levais les yeux au ciel avant de lui voler un baiser aérien.

Est-ce que j’ai l’air de ne pas t’accepter comme tu es ? Non parce que si tu veux une lettre en recommandé pour être sûr, je pense que je peux m’arranger.

Il avait commencé avec les absurdités, pourquoi m’en priverais-je ? Un sourire taquin en coin, je me laissais habiller, sans trop savoir où il voulait en venir. À vrai dire, je le laissais volontiers faire ce qu’il voulait, tant qu’il le faisait… Il y avait une certaine sérénité dans ces gestes, la facilité de me laisser manipuler avec délicatesse. Mes yeux se fermèrent doucement, ma peau savourant les caresses. Je ne les rouvrais qu’aux mots murmurés contre mes mains. S’il pensait qu’on pouvait le faire, sans doute que nous pouvions, mais nous n’en aurions pas l’opportunité, il devait le savoir. Avais-je le droit de le laisser imaginer un futur chimérique ? Il aurait fallu pour cela que je le repousse et j’en avais assez de jeu de yoyo, proche un instant, éloignés celui d’après. Je n’avais pas envie d’être la porteuse de mauvaise nouvelle, pas envie de briser notre dynamique encore une fois, j’en avais simplement assez. Je voulais profiter du moment, de nous, et ne pas penser à l’éphémère de la situation. Comme quoi tout ce qui est beau n’est pas fait pour durer.

Mes mains n’avaient pas bougé de son visage et mes lèvres étaient restées scellées, gardant prisonnières les paroles de trop. Le simple fait de retrouver la chaleur de son corps contre le mien, suffit à me conforter dans ma décision. La réalité pouvait bien attendre encore quelques heures, elle nous rattraperait bien assez tôt. Je me laissais fondre dans l’étreinte, mes mains quittant leur siège pour errer sur la peau délicate de son cou là où l’épiderme se faisait plus fin et où mes lèvres échouèrent avec douceur. Délicatesse mise à mal par les doigts qui se firent pressant sur mes cuisses. C’est par instinct et sans trop réaliser, que je répondis à sa demande, enroulant mes jambes autour de sa taille, détenant son corps contre le mien de gré ou de force.

Nos regards se croisèrent alors et je dus me faire violence pour ne pas trahir de réaction à sa question. Le pardonner ? De quoi ? De s’être emporté pour rien ? Est-ce qu’il y avait au moins quelque chose à pardonner ? Sa réaction me paraissait si dérisoire en face de ce que j’avais pu lui faire subir. De nous deux, il me semblait que j’étais celle qui avait le plus à se faire pardonner. J’en avais pleinement conscience, mais je me gardais bien de le lui rappeler. Encore un sujet épineux que je n’avais pas envie d’aborder maintenant.

Seulement si tu me promets de ne plus me fuir ce soir.

Je préférais encore marchander quelque chose de fictif, que de remettre mes fautes sur la table. Tout allait bien, jusqu’à ce que je fasse ce lapsus. Pourtant, j’avais bien réussi à me restreindre pendant quelques minutes. Mais il avait fallu que je lâche ce petit « ce soir » au lieu de simplement m’arrêter à ma demande. J’étais persuadée qu’il allait buter sur cette précision, Kenneth flairait trop bien les problèmes pour son propre bien. Mes options étaient limitées pour détourner son attention ou noyer le poisson. En avais-je seulement envie ?

Un pas à la fois, demain est un autre jour.

Un autre jour de répit, avant quoi ? Je ne voulais même pas y penser. À la place, je fuis à nouveau dans son cou, mes bras entourant ses épaules avec force. L’étreinte, loin d’être délicate, relevait plutôt de la bouée lancée en pleine mer, à laquelle je me rattachais avec la force du désespoir. Il faudrait bientôt que j’arrive à me raisonner et à la lâcher pour me noyer seule, mais pour l’instant, il était tout ce dont j’avais besoin, tout ce qui pouvait être important. Alors je le serrais contre moi, créant à nouveau cette bulle où ne faisions qu’un, et que le monde aille se faire voir.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 20 Mar - 20:01


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
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Je n'étais pas convaincant, j'en avais bien conscience, et ça n'avait pas été difficile pour Lucrezia de voir que je mentais. Il fallait que je me méfie que ça ne devienne pas trop facile pour elle.

Est-ce que j'aurais une récompense au bout de quelques points ?

Si elle me taquinait, je pouvais bien le faire moi aussi en retour. Néanmoins, cela ne dura qu'un temps. Je voulais qu'elle m'accepte, et cela n'était pas un sujet sur lequel on pouvait plaisanter. Pourtant, Lucrezia trouva le moyen de poursuivre sur sa lancée. Je hochais négativement la tête, échappant un soupir de rire :

Une lettre recommandée, ce serait bien.

Une preuve écrite, tel un contrat. Que pouvais-je demander de plus ? Mon sourire s'effaça de lui-même alors que le sérieux reprit possession de mes traits. Est-ce que j'avais besoin de garanties ? Je préférais ne pas y penser. Je chassais la question de mon esprit avant de me concentrer à nouveau sur la réalité : Lucrezia face à moi.

Lucrezia était dans mes bras, contre moi, alors que mes mains étaient verrouillées à ses cuisses avec force, comme si elles avaient voulu fusionner nos deux corps. Mon regard se perdit dans le sien. J'étais trop impulsif, trop colérique. Et si un jour je pétais le plomb de trop ? Je ne préférais pas y penser. Sa chaleur me suffisait dans le pire des froids, comme celui de mon cœur. Elle me rendait vivant comme personne. La fuir ? Je ne savais pas de qui nous deux c'était la spécialité, mais j'étais prêt à lui accorder le bénéfice du doute. Mes yeux la détaillèrent et j'observais ce bref moment de réflexion. Est-ce que ça voulait dire qu'elle voulait y aller doucement ? Je fronçais à peine les sourcils. Non. Demain est un autre jour parce qu'elle se croyait déjà morte ? J'aurais aimé lui dire que je ne laisserais jamais cela se produire. Qu'elle allait vivre. Et qu'elle aurait encore des tas de jours pour me fuir à nouveau. Que je préférais encore son indifférence que sa mort. Que je préférais que ce soit moi au bout d'un piquet plutôt qu'elle, que ma vengeance ait atteint son but ou non. Tout ceci n'avait plus d'importance, pas même ma survie. A la place, je gardais un parfait silence. Je la connaissais si peu et si bien à la fois. Si je lui confiais mes pensées, elle tenterait de me dissuader de faire quoi que ce soit ; pire encore, son orgueil et sa fierté prendraient le relais et nous ne pourrions plus communiquer. De plus, je ne pouvais rien lui promettre. Rien du tout. Je n'en avais pas le pouvoir. Je ne pouvais pas assurer que toute ma bonne volonté et toute mon énergie seraient suffisantes. J'accueillais Lucrezia davantage dans mes bras alors qu'elle se réfugiait dans mon cou. Est-ce que mes yeux m'avaient trahi ou savait-elle que c'était les siens qui avaient parlé ? Je resserrais mon étreinte autour d'elle, si cela était possible, et je soupirais avant d'inspirer son parfum ensuite. Son odeur était parasitée avec la mienne et je devais avouer que ce mélange me plaisait tout particulièrement. Je ne savais pas si elle recherchait la sécurité ou si elle souhaitait être rassurée ; mais actuellement, c'était moi qui me sentais tout particulièrement à l'abri de tout. Je laissais mes lèvres naviguer sur sa peau à travers ses cheveux, avec cette sensation bien marquée de prendre ma dose. Dans un tel moment, j'évitais son visage. Je savais que si mes lèvres rencontraient les siennes, je ne serais plus capable de reculer, alors, comme si je ne savais pas si le moment était bien choisi, je préférais les éviter pour le moment. Je nous fis reculer en direction du lit pour finalement m'asseoir et garder Lucrezia sur moi, libérant ses cuisses pour poser mes mains sur ses hanches. La garder ainsi contre moi toute la nuit ne m'aurait pas dérangé. Je n'avais rien promis, mais je ne comptais pas fuir, elle pouvait en être sûre. Pourtant, une peur me dévorait les entrailles. Jamais je ne le lui avouerai. La peur de l'échec. Et si Lucrezia se faisait descendre et que je ne pouvais rien faire contre ça ? Rien faire pour pouvoir l'empêcher ou la sauver ? Bien sûr que j'y pensais ; et j'avais beau me répéter que l'échec n'était pas une option, cette épée de Damoclès était tout de même au dessus de ma tête, veillant au grain, attendant la moindre erreur de ma part pour s'abattre sur moi. Sur nous. Sur elle, en fait. Je ne savais pas pourquoi je m'infligeais ça à moi-même. Pourquoi, après tout ce qui s'était passé dans ma vie, je ne me préparais pas à la perdre. Me préparer à la séparation aurait été une faveur que j'aurais dû me faire à moi-même. Me préparer au pire. J'en étais juste incapable. Pourquoi ? A la place, je la gardais dans mes bras, comme si rien n'aurait pu nous décrocher l'un de l'autre. Moi dont les pieds étaient bien ancrés au sol, à la réalité, je réalisais que je me fourvoyais moi-même. Dans une impulsion, je reculais, m'extrayant à peine de l'emprise de ses bras.

Je te le promets, murmurais-je à ses lèvres avant de l'embrasser avec toute la ferveur dont j'étais capable, évacuant par la même occasion un cocktail d'émotions imprécises.

J'avais changé d'avis et mes lèvres scellées aux siennes en était la preuve. Je ne comptais pas abandonner, pas avant d'avoir tout essayé. Et je promettais, mais je n'étais pas sûr de savoir ce que je promettais exactement. De la protéger ? De me sacrifier pour elle ? De mettre le monde à ses pieds ? Sans aucun doute et sans aucune garantie de réussite. Mais je ne pouvais pas renoncer. Je m'enfonçais, comme si j'avais voulu me faire tomber par moi-même, parce que je ne pourrais pas supporter de la voir tomber seule. De la dévotion. Voilà ce que c'était. Une émotion que je n'avais pas ressenti depuis bien longtemps pour quiconque. Peut-être que ça valait le coup. Ou peut-être que je me trompais et que j'aurais dû reculer avant que ce ne soit trop tard. Aucune idée. Mais il n'y avait qu'un moyen de le savoir : c'était d'aller jusqu'au bout. Mes lèvres avaient à peine libéré les siennes qu'elles réclamaient déjà un nouveau baiser.



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