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 Use seduction as a weapon. | | Kenoah

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Sam 26 Nov - 19:55


« Beauty and seduction, I believe, is nature's tool for survival, because we will protect what we fall in love with. »



| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

J'avais bien fait mes devoirs. Suite à la demande d'Enya, j'avais étudié le cas Noah Meadow. Si j'avais pu découvrir qu'il était effectivement l'un des hommes les moins fidèles de la Nouvelle-Orléans, j'étais néanmoins bredouille quant à son passé de possible meurtrier. Soit il savait parfaitement masquer ses assassinats, soit il n'avait jamais rien commis ici de punissable par le gouvernement, soit il était blanc comme neige. La curiosité avait pris le dessus sur le simple deal et j'observais ma cicatrice pratiquement inexistante sur mon flanc. Si Enya avait fait un travail de chef, le renard avait bien fait son travail lui aussi et je ne pouvais pas dire qu'il ne m'était pas utile au quotidien. Je le sentis faire le beau alors que j'échappais un bref rire. Je m'habillais rapidement après avoir pris soin de choisir mes vêtements de la manière la plus judicieuse qui soit. Ce soir j'allais draguer. Réellement draguer. Ce n'était malheureusement pas une blague. Je n'avais absolument aucun talent là-dedans et pourquoi m'infliger ça me demanderez-vous ? Au cours de mes recherches, j'avais découvert que Noah était bisexuel. Autant attiré par les femmes que les hommes, j'imaginais que c'était ma chance de le mettre dans ma poche. C'était un homme qui ne lésinait pas sur les conquêtes visiblement, je pouvais toujours tenter de retourner ça à mon avantage pour briser la glace puis le mettre à mes pieds. Il avait même couché avec Mikkel... Je notais dans un coin de mon esprit de lui casser le nez à l'occasion, à ce sale petit drogué déviant. Mais ce soir, cela ne concernait pas Mikkel. Je l'oubliais alors pour recentrer mes pensées sur Noah. Au moins, il n'était pas dégueulasse à regarder, c'était déjà ça, et si je savais que j'étais immunisé d'avance contre son charme, je pouvais comprendre pourquoi Enya avait craqué sur ce type. Il devait d'ailleurs se savoir charmant et en profiter à sa guise. J'allais prendre un malin plaisir à le manipuler mais j'allais entrer sur un terrain inconnu. Séduire un homme, il ne manquait vraiment plus que ça à ma liste de manipulations. J'adorais le challenge et imaginer checker une telle case faisait naître en moi une certaine fierté, sûrement mal placée d'ailleurs.

Une fois sûr d'être le plus élégant possible, ou du moins aussi élégant que je pouvais l'être, je vérifiais une dernière fois l'adresse à laquelle je devais me rendre pour rencontrer Noah. Non, nous n'avions pas rendez-vous, mais j'avais décidé de l'intercepter à l'un de ses fameux galas de charité. Ce fin psychologue participait au développement de l'hôpital et était donc convié à ce genre d'événements ; ce qui n'était pas mon cas. J'avais dû manipuler et jouer des coudes – ou des poings – pour obtenir une invitation. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour Enya... Et pour satisfaire ma curiosité personnelle aussi, certes. Cependant, j'étais bien conscient que Noah était loin d'être idiot ; pire encore, c'était un psychologue. Je n'allais sûrement pas apprendre à un vieux singe à faire la grimace. L'amour rendait aveugle, le désir aussi paraissait-il. Alors je voulais perturber son jugement, qu'il ne me voit pas venir chercher des informations sur son matricule ; je voulais qu'il soit totalement et parfaitement ébloui, suffisamment pour obscurcir la vérité en tout cas et qu'il soit incapable de s'en rendre compte.

Je garais mon véhicule près de l'événement de charité et terminais les derniers mètres à pied. Je présentais mon bulletin d'invitation à l'entrée puis accédais au lieu. Si la charité devait faire preuve de retenue et de simplicité, ce n'était pas le cas ici. Tout puait le luxe pour satisfaire les donateurs et leur besoin de paraître. Le gratin de la Nouvelle-Orléans se trouvait ici, et si j'étais un parfait inconnu pour tous ces petits péteux, j'étais au moins sûr que personne n'allait m'interrompre dans ma mission. Servaient-ils de l'alcool à ce bar ? Bien sûr que non, ou alors pas de manière visible. Le gratiné aurait été choqué par tant de déviance et d'irrespect en public envers le gouvernement, en apparence en tout cas. J'étais persuadé que les sous-vêtements allaient voler derrière les rideaux rouge et or ce soir, quand plus personne ne regarderait. Je sondais la salle aux hypocrites, cherchant ma cible, un verre d'eau pétillante citronné à la main. Comme je pouvais avoir l'air con, sans déconner. Je me rappelais que c'était pour la bonne cause et que Noah n'aurait de toute manière pas de point de comparaison étant donné qu'il ne me connaissait pas.

Je le repérais finalement. L'objet de mes convoitises. Élégant également sans surprise. Si son attention était dirigée vers deux autres personnes avec qui il entretenait une discussion, il fallait que je réussisse à l'attirer et que le contact se fasse. Je le contournais prudemment, sans me faire repérer pour finalement arriver derrière lui. Advienne que pourra, sans aucune autre idée, j'adoptais la stratégie la plus basique au monde. Je fis semblant de me cogner et de trébucher sur lui, me rattrapant de justesse et prenant soin également de le rattraper aussi comme si c'était un pur réflexe de protection. Bien évidemment, dans mon geste, j'avais également renversé mon verre sur lui.

Merde ! Excusez-moi je suis désolé... Balbutiais-je le plus naturellement possible en laissant ma main libre tenter d'essuyer mon méfait avec ma petite nappe.

Pisser dans un violon dirons-nous, mais je ne cherchais pas à sécher les vêtements de Noah, je cherchais simplement à le toucher. Je relevais mes yeux sur lui, croisant son regard dans le processus. J'étais resté proche de lui, volontairement, simulant la surprise comme si je venais de rencontrer la plus belle créature au monde. J'avais envahi son espace intime uniquement pour attirer davantage son attention et que son regard ne soit que sur moi et rien qu'à moi. Une fois ce contact réalisé, j'empruntais une mine confuse et reculais immédiatement, créant un espace suffisant pour qu'il puisse respirer à nouveau et qu'il sente la différence.

Ce n'est que de l'eau ça devrait sécher, mais ça n'excuse pas ma maladresse. Je me connais plus habile d'habitude...

Et maintenant seulement, je lui souriais. Un sourire éclatant dévoilant mes dents comme je savais si bien les faire et les utiliser à mon avantage. J'essuyais ma main humide sur ma veste, spontanément, avant de la lui tendre, espérant qu'il la prenne dans la sienne.

Kenneth Zaran, et vous êtes ?

Et maintenant je jouais les naïfs et les ignorants, curieux néanmoins de découvrir son identité. J'aurais aimé mentir sur la mienne, mais en créer une serait me tirer une balle dans le pied. Je ne doutais pas que cet homme était prudent et que je ne pouvais pas lui mentir. S'il cherchait des informations sur moi, il fallait qu'il en trouve sinon j'allais ruiner toutes mes chances. Peut-être aurais-je assez de temps pour lui caresser la main dans le processus, lui laisser penser qu'il me plaisait, s'il n'était pas trop pressé de s'échapper à moi bien évidemment. J'avais abattu mes cartes, je ne pouvais pas espérer plus désormais. S'il me renvoyait balader, j'aurais définitivement perdu la partie car j'étais bien conscient qu'il ne me laisserait plus l'approcher. Je pouvais au moins, peut-être, compter sur sa politesse et sur le lieu dans lequel nous nous trouvions pour ne pas être trop rude avec moi et me laisser ma chance.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Jeu 8 Déc - 3:47

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L'hiver approchait. Et avec toutes les célébrations typiquement américaines qui allaient avec. Des célébrations que Noah peinait toujours autant à comprendre, surtout après l'Apocalypse. Halloween, Thanksgiving, ces concepts avaient beau lui passer par dessus la tête, et même s'il trouvait un certain charme à la première, il avait du mal à approuver ces fêtes. Les Jeux, les drames, étaient bien suffisants à gérer pour s'occuper de façon aussi désuète, non ? Clairement pas. Et encore moins en considérant que cette période de l'année était aussi propice à d'innombrables galas de bienfaisance. L'Adventist Hospital avait beau l'avoir rôdé de ce côté-là, en organisant à tous vas pour arracher les quelques deniers de personnes encore suffisamment aisées pour daigner les donner, il n'était pas de ceux qui appréciaient réellement et le geste, et les faveurs. Certes, se pavaner était bon pour l'égo mais... Ces soirées le barbaient si prodigieusement qu'il avait dû se faire violence pour quitter son fauteuil, au coin de la cheminée. Liam, son colocataire occasionnel, avait suivi ses pas avec bienveillance. Avait choisi son costume, avait noué le nœud de sa cravate alors que Noah pestait, clamant haut et fort qu'il n'avait aucune intention de quitter le confort de son appartement. "Allez, c'est l'occasion de passer une bonne soirée, pour une fois !" Il marquait un point. Leurs soirées dernièrement avaient été occupées par l'apprentissage du ministre dans les arts de la sorcellerie. Une nouvelle activité que Noah avait embrassée à bras ouverts, qui lui permettait de s'oublier au passage.
Bien sûr que Liam avait raison. Pour les questions humaines qu'ils abhorraient autant l'un que l'autre, Liam avait toujours été plus louvoyant que lui-même. Ce dernier avait glissé un mouchoir coloré dans la poche de sa veste, et l'avait tapoté, un sourire de sphinx sur le visage "Et si jamais c'est trop insupportable, hurle, et j'accours." Noah s'était déridé. La présence du Ministre, quasi constante, avait été un véritable souffle d'air dans sa vie si poussiéreuse depuis le départ d'Enya.

La salle était lumineuse, bruyante, emplie d'une vie paradoxale quand on voyait le reste du monde à l'extérieur. Pourtant Noah s'y sentait à sa place. En tant que représentant du service psychiatrie, il était tenu d'être là, et pourtant sa présence était soumise à conditions. Qu'il avait imposées lui-même. Ses collègues ne lui en avaient pas tenu rigueur, pas plus qu'ils ne l'avaient houspillé lorsqu'il avait demandé deux semaines de congés suite à sa rupture avec l'interne Rivers. Le monde de la santé était minuscule, l'affaire s'était répandue comme une traînée de poudre, et tout le personnel soignant avait été mis au courant en moins d'une journée. D'autant qu'ils l'avaient vu. Ils avaient compris. Une compréhension bien particulière qui le rendait perplexe sous bien des aspects. Mais il n'allait pas s'en priver. De ses 3 ans d'exercice, il n'avait que rarement pris de congés, de sorte à rester aussi respectable qu'irréprochable. Un sacrifice qui portait ses fruits, d'une certaine manière. Si on évitait de considérer toute l'ampleur émotionnelle de laquelle découlait une telle décision.
Le directeur de l'Adventist, un homme au cheveu aussi rare que son intelligence, n'attendait apparemment que lui. Avec son charme et son bagout, Noah était un de ses meilleurs collecteurs de fonds, et l'idiot le savait très bien. Lorsqu'il l'aperçut à l'entrée, il brassa la marée de mondains pour le rejoindre, et posa une main amicale, bien trop intrusive, sur son épaule.

-Meadow, vous tombez bien, il y a des personnes qui souhaiteraient échanger avec vous.
-A quel propos ?
-Je n'ai pas exactement saisi la raison, mais je suis persuadé que vous ferez des émules !


Forçant son masque de politesse, Noah lui adressa un sourire ravi. Quel sombre idiot que cet homme. Comme d'habitude, il trouvait un énième prétexte pour le mettre entre les pattes de sombres inconnus, juste parce qu'il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'ils pouvaient bien lui raconter. S'emparant d'un verre d'un cocktail sans alcool coloré dont il n'avait aucune idée du parfum au passage, le psychiatre accompagna son imbécile attitré jusqu'aux convives. S'il n'était pas forcé de respecter une distance charitable entre sa propre opinion de l'homme et lui-même, dans le but de préserver son poste, il aurait déjà versé le contenu du verre sur son crâne dégarni et rendu son tablier. Mais son poste était trop important. Trop intéressant pour cracher dessus. Et c'était grâce à la naïveté de cet homme qu'il était arrivé où il en était à présent. Se laissant emporter, il balaya la pièce d'un regard circulaire, cherchant une petite silhouette frêle dans la foule. Cela faisait plus d'un mois, et il continuait de guetter, pour voir si elle ne reviendrait pas d'une certaine manière dans sa vie. Mais Enya n'était nulle part. Comme à chaque fois qu'il se perdait à espérer, vainement, de la retrouver.

La conversation n'était pas si désagréable, en fin de compte. Certes, le cocktail manquait cruellement d'un peu d'alcool, mais dans l'ensemble la soirée s'annonçait plutôt sympathique. Au point que le psychiatre se laissait doucement griser, hélant un serveur pour déposer son verre vide sur son plateau et lui demander d'en ramener un autre. Son éminent directeur ayant mis les voiles était un plus non négligeable. Et le couple de futurs investisseurs, leur richesse débordant par chacun de leurs pores, étaient nettement plus fins d'esprit que lui.
Oui, tout se passait plutôt bien, dans l'ensemble. Jusqu'à ce que quelqu'un vienne le heurter, déstabilisant tout son équilibre. Ses jambes se dérobèrent sous l'impact et Noah se sentit tomber en avant. Avant, justement, d'être rattrapé par un bras solide en travers de son torse. De surprise, il poussa un léger juron étouffé. Avant de sentir comme une sorte de liquide gelé imprégner sa veste toute propre. Qui ? Qui était le cazzo di merda qui avait osé faire ça ?

La réponse ne tarda pas à lui arriver, l'homme qui l'avait bousculé s'épanchant dans un chapelet d'excuses qui ne suffirent pas à apaiser sa colère. Ses gestes, comme pour tenter d'éponger le liquide, étaient saccadés. Perdus. Et il finit par relever les yeux vers le psychiatre, qui lui, le toisait en fulminant intérieurement. Des yeux d'un bleu azuré, écarquillés de stupéfaction. Aveuglé par sa propre ire, le psychiatre repoussa sa main avec humeur et attrapa le mouchoir coloré que Liam avait glissé dans la poche de sa veste. Pressant toujours le tissu pour éponger l'erreur de l'autre, il prit sur lui pour soupirer profondément, recomposant son masque d'amabilité avant de reporter un regard acide, perçant, sur son malheureux tortionnaire. Un tortionnaire agréable à l’œil, s'il en était. Qui reculait comme si Noah allait le mordre, ce qu'il aurait probablement fait s'il n'avait pas été en présence de potentiellement bons payeurs.

Rassuré par l'origine du liquide, le psychiatre épongea encore un peu distraitement la tâche de son mouchoir, vérifiant qu'il ne se teinte pas d'une couleur suspecte. L'odeur était légèrement citronnée, peut-être que le cazzo avait raison. Mais cela n'empêchait pas le déshonoré de jeter un nouveau regard noir sur son joli minois. Joli minois qui s'illumina d'un sourire lumineux, plein de dents, qui soulagea un peu la colère de Noah. Juste un peu. Juste assez pour qu'il lui rende son sourire, comme les convenances l'exigeaient. Et aussi, un peu, parce que ce sourire faisait ressortir tout le ridicule de la situation, en même temps qu'il dévoilait quelques délectables pattes d'oie au creux de ses yeux. Le maladroit personnage esquissa une nouvelle mimique, rompant le charme, lui tendant une main encore humide qui se voulait chaleureuse. Comme si le psychiatre mangeait de ce pain-là. Saisissant son mouchoir par les coins, il le fit claquer dans l'air avec désinvolture avant de le replier pour le remettre à sa place. Puis de reposer un regard clair, droit, dans les yeux trop bleus de son tortionnaire.

-Noah Meadow, chef du service psychiatrie de l'Adventist Hospital.

Malgré cette hostilité à peine avouée dont il faisait preuve, le psychiatre se fendit d'un sourire chaleureux et consentit finalement à lui serrer la main d'une poigne forte, sûre d'elle. Il avait délimité son domaine, sa stature et son territoire, en le laissant mariner. Territoire que très clairement Zaran avait foulé au pied, et si cela ne l'enchantait guère, il n'était pas en position de refuser sa proposition de trêve. Pas alors que la soirée battait son plein, et que les profits accordés à l'hôpital dépendaient, en partie de sa propre affabilité. Relâchant la main de son nouveau comparse, du moins sur le papier, il détourna le regard, à la recherche de ses potentiels investisseurs. Ils avaient pris le large, suite à la bévue de Zaran. Merda.
Autant en prendre son parti. Noah ajusta à nouveau sa veste et, rompant la distance entre eux, passa une main amicale sur l'épaule de Zaran tout en les dirigeant tous les deux vers le buffet. Une sensation électrique picota le bout de ses doigts, à son contact. La même sensation qu'en présence de Rafael. De Mikkel. En clignant des yeux, il apercevait la silhouette d'un canidé. Mais pas un chien, non. L'animal était nettement trop fin pour en être un.
Fin. Comme la carrure qu'il devinait sous sa main. L'homme avait un certain charme. L'homme lui servirait d'argument pour ne pas avoir à se mêler avec le reste de la plèbe.

-Vous savez soigner vos entrées, mon cher Kenneth. Et je dois vous remercier, d'une certaine manière. Sans votre fracassante interruption, j'allais devoir être obligé de passer une soirée à louvoyer entre les uns et les autres en quête de fonds.

Un léger rire franchit ses lèvres alors qu'ils approchaient du buffet, où Noah relâcha son alibi pour attraper un nouveau cocktail coloré. Trop content d'avoir trouvé une utilité au cazzo à belle gueule, son sourire ne quitta pas ses lèvres. Attrapant de lui-même un second verre, il le tendit à son comparse avant de trinquer avec lui, chaleureusement.

-A croire que c'est la Providence qui m'a placé sur votre chemin. A la Providence, donc.

Les verres tintèrent agréablement, et il porta la coupe à ses lèvres, sans quitter Zaran des yeux. Détaillant chacun de ses traits, chacun de ses atours. Scrutant ses attitudes. La manière dont sa pomme d'Adam se déplaçait avec une gorgée. Il ne le connaissait pas. Il serait son jouet à analyser pour cette soirée. Et, au pire, s'il était trop barbant, il aurait toujours d'autres personnes vers lesquelles se diriger, avant de prétexter un mal quelconque pour rejoindre son appartement.
Le breuvage frais manquant toujours autant de mordant, il était toutefois agréable au palais. Claquant légèrement la langue de contentement, les lèvres rougies par la boisson, Noah haussa un sourcil interrogateur en direction de l'inconnu.

-Nous n'avons pas eu le plaisir de faire connaissance plus tôt, Kenneth. Que venez-vous faire parmi nous, sinon bousculer des psychiatres ?

Son ton était amusé, railleur, alors qu'un éclair de malice passait dans ses yeux verts. Liam avait peut-être raison, après tout. Peut-être qu'effectivement il allait passer une bonne soirée.
Et au pire, il pourrait toujours hurler pour voir si le Ministre viendrait le chercher.

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 12 Déc - 19:17


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Use seduction as a weapon.

Noah ne m'avait pas seulement dévisagé, mais il m'avait également toisé et méprisé, j'avais pu le voir dans son regard. C'était mal parti et l'espace d'un instant, je crus qu'il refuserait de prendre ma main dans la sienne, voire de m'adresser le moindre mot. Oh non, au temps pour moi, son mouchoir était prioritaire. Et après qu'il l'ait rangé, il acceptait finalement de se présenter. Bien, il voulait me démontrer que, de nous deux, il avait la plus grosse et la poigne de sa main me le confirma. Il était sûr de lui, c'était un homme de pouvoir et je souriais davantage à ce constat. Spontanément, je répondis à la fermeté de sa main avec la mienne avant de laisser mon pouce la caresser vaguement. Un message contradictoire qu'il m'amusait de transmettre. Si j'avais réussi à capter suffisamment son attention, Noah ne constatait que maintenant que ses compagnons avaient pris le large. Peut-être avaient-ils senti une certaine animosité dans l'air ? Parce que derrière les allures semi-chaleureuses du psychiatre, l'ambiance n'était plus propice à une certaine légèreté. Ne tienne qu'à lui de se détendre à nouveau et de sincèrement pardonner ma... maladresse. Je ne l'avais pas quitté des yeux. Il n'y avait plus que nous deux désormais. Je l'observais retrouver sa contenance et lorsqu'il franchit la distance entre nous pour m'attraper par l'épaule, je restais concentré pour ne pas me crisper à son contact. La vérité était que je détestais qu'on me touche. J'avais la sensation qu'on cherchait à briser ma carapace sans mon autorisation. Mais ici, dans ce cas précis, c'était plutôt bon signe. Finalement, mon approche n'aura pas été si mauvaise. Je laissais Noah m'entraîner vers le buffet. C'était un homme de contrôle ; il me dirigeait là où il avait envie de me diriger, avec tact. Et si le renard était peu enclin à se faire apprivoiser, il s'y pliait néanmoins au vu des circonstances. J'écoutais attentivement chacun de ses mots avant de sourire alors que je me débarrassais de mon verre pratiquement vide et de ma nappe trempée. Il avait cherché à s'échapper, à fuir ses responsabilités et j'étais arrivé au bon moment. Un petit coup de pouce du destin peut-être. On y était. Noah commençait à se laisser tenter par ma compagnie ; mieux valait qu'il n'ait pas à le regretter maintenant. Tout en saisissant le verre qu'il me tendait, je penchais mon visage dans sa direction, un sourire malicieux aux lèvres, pour lui murmurer :

Je l'ai fait exprès...

Un clin d'oeil complice plus tard, je me redressais. Mieux valait garder une certaine sincérité, ça me serait toujours utile. S'il percevait un quelconque signe de manipulation de ma part, la partie serait terminée. Nous trinquions alors à la Providence et je bus une gorgée de jus de fruits. Je le laissais m'observer, sentant son regard sur moi, et j'en profitais pour détourner le mien, volontairement, sondant la salle pour occuper mes yeux, mais sans rien regarder de précis. Bien, la première étape était passée avec un succès douteux, maintenant il fallait faire la conversation et maintenir un certain intérêt. Ce fut Noah qui fit ce premier pas ; encore mieux. Je souriais à nouveau, cherchant une fiole dans la poche intérieure de ma veste. Après quelques regards pour constater que personne ne nous accordait réellement d'importance, je me rapprochais de Noah pour nous sécuriser. Habilement, j'ouvris la fiole avec la même main qui tenait mon verre et fis couler une petite quantité de rhum dans le jus de fruits du psychiatre, puis dans le mien. Je n'avais jamais été maladroit avec mes mains, je l'étais plutôt avec mes sentiments et mes émotions.

Profiter du buffet gratuit, dis-je avec un grand sourire sur mon visage en rebouchant la fiole avant de rapidement la ranger dans ma veste, comme si de rien n'était.

Je croisais à nouveau le regard du psychiatre sans me dépareiller de mon sourire puis repris une distance raisonnable. Je trinquais une nouvelle fois, frappant délicatement mon verre contre le sien sans le quitter des yeux.

A la Providence, la vraie, cette fois.

Si je me permettais de lui montrer mes déviances, c'était parce que je le savais déviant lui-même. Je le voulais à l'aise, intrigué, intéressé, mais aussi naturel. Je savais pertinemment qu'il se sentirait plus confortable avec quelqu'un qui pourrait lui ressembler ; et malheureusement, nous nous ressemblions. Je bus une gorgée du jus de fruits qui avait maintenant bien meilleur goût et grimaçais à peine lorsque je sentis le liquide corsé couler dans ma gorge et me brûler l'oesophage à son passage.

Ce qui est sûr, c'est que je ne vous donnerais pas le moindre centime. Mais, si je peux me permettre, vous n'avez pas l'air très intéressé par votre propre quête, Monsieur Meadow.

Je lui souriais davantage. Au delà du fait qu'il me l'avait avoué de lui-même un peu plus tôt, il s'ennuyait à mourir, le renard pouvait le sentir. Est-ce qu'il en avait au moins quelque chose à faire de l’hôpital ou alors le soutenait-il par obligation, en tant que chef du service de psychiatrie ? Tout poste à pouvoir ou à contrôle venait avec son lot d'inconvénients, c'était le prix à payer malheureusement pour être quelqu'un d'important.

Que puis-je faire maintenant pour vous libérer de votre contrainte ? Demandais-je malicieusement, laissant échapper un soupir de rire, avant de boire une nouvelle gorgée de jus de fruits.

Me mettre à sa disposition lui donnerait peut-être des idées. Si c'était réellement un homme de contrôle, je n'allais pas le lui en priver ; pas pour le moment en tout cas. Je ne savais pas à quoi il pouvait penser et je ne préférais même pas imaginer. Mais j'allais me laisser surprendre en gardant à l'esprit que cet homme avait piétiné le cœur d'Enya mais qu'en plus il avait probablement supprimé des vies. Je m'en méfiais comme de la peste mais, malheureusement pour moi, la réciproque devait être vraie. J'étais peut-être un peu hypocrite sur ce coup là, mais peu importait, je le faisais pour Enya. Et si amener Noah à s'ouvrir à moi allait être un travail difficile et de longue haleine, j'étais prêt à relever le défi. Il me fallait jouer le jeu, jusqu'au bout, j'en étais capable. J'étais bon acteur. Il me suffirait de garder le cap et de ne pas perdre de vue mon objectif. Pourtant, une partie de moi était curieuse. Dévorante curiosité malsaine et maladive. Quel genre d'homme était réellement Noah Meadow ? Même si j'avais bien ma petite idée sur la question, je ne demandais qu'à le découvrir.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Mer 14 Déc - 16:17

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L'aveu malicieux de son nouveau compagnon lui avait laissé un goût amer sur le palais, tout juste adouci par la perspective d'une soirée agréable en charmante compagnie. Il l'avait fait exprès. Entre ça et la caresse traînante qu'il avait imprimée sur la main du psychiatre, Zaran était tout de même plutôt suspect, comme homme. Dans une société où l'homosexualité pouvait être portée aux nues aussi facilement, prohibée légalement, il osait tout ce qui n'était pas légal. Et si Noah appréciait les hommes qui avaient du cran, il éprouvait tout de même une once de suspicion envers l'homme aux yeux trop bleus. A croire qu'il en faisait autant pour attirer son attention, pour ne l'avoir rien qu'à lui. Il l'avait fait exprès. Les paroles tournèrent un instant dans l'esprit du sorcier, sans qu'il n'arrive à comprendre voire même saisir le pourquoi. Quel serait l'intérêt d'un homme comme lui dans le chef du service psychiatrie ? Il voulait une séance à l'oeil ?
Quoi que ce soit que Zaran puisse rechercher, Noah n'était pas certain d'être l'homme le plus indiqué pour le lui apporter. Pas alors qu'il était tenu de faire bonne figure auprès de tous les investisseurs potentiels, quand bien même ils ne l'intéressaient guère.

Suivant attentivement les mouvements de ses mains, Noah remarqua qu'il était nettement plus habile qu'il ne l'avait laissé entendre à leur premier contact. Bien plus adroitement, il avait versé un liquide ambré qui sentait fortement comme du rhum dans son verre de jus de fruit. S'il avait un intérêt, et si le sorcier se demandait toujours lequel, il noyait le poisson, dans tous les sens du terme. Un sourire amusé creusa les lèvres ourlées du psychiatre alors qu'il avouait la raison de sa présence. Un squatteur de buffets à volonté ? Etrangement, Noah ne fut pas particulièrement surpris par cette révélation.

-Une raison légitime, en effet. Vous êtes malin comme un renard, Kenneth.

Trinquant gracieusement avec lui, le psychiatre porta le verre à ses lèvres sans le boire, son regard rivé sur son partenaire d'ennui. C'était ça, cette créature, ce canidé sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt. Le brun lui faisait penser à un renard, dans ce sourire, dans ce regard pétillant, dans cette attitude nonchalante mais à la fois terriblement intéressée. Et s'il n'était pas certain de ses propres déductions, il était possible que sa réflexion, même si prononcée l'air de rien, fasse mouche. Il attendit qu'il ait bu pour se lancer à son tour, une fois persuadé que l'ajout ne soit pas du poison. Ses expériences avec les métamorphes n'avaient jamais été particulièrement positives, et encore moins ces derniers temps. Sa méfiance passant pour une élégance supplémentaire, parfaitement conscient de donner l'impression d'être un homme maniéré, Noah laissa le breuvage réchauffer son œsophage avant de claquer la langue de contentement. Zaran avait raison de ce côté-là. La boisson était nettement meilleure avec cet ajout inopiné. Laissant glisser son regard sur le reste de l'assemblée, il finit par le reporter sur son compagnon, lui adressant un léger sourire chaleureux.

-Vous avez raison, je ne suis pas entièrement concentré sur ma propre quête, au grand désarroi de mon employeur. Disons que d'autres pensées occupent mon esprit que la soirée en elle-même.

Ses yeux verts s'abaissèrent sur le verre qu'il tenait dans ses doigts, alors qu'il le faisait tourner doucement, achevant de mélanger le rhum avec le jus de fruits. Ses pensées étaient par trop occupées par cette quête abstraite, désuète, qu'il avait d'Enya Rivers. Elle le hantait, dans des moments comme celui-ci. Non seulement parce qu'il avait passé la dernière soirée du genre avec la demoiselle à ses côtés. Mais aussi parce qu'il redoutait le moment où il serait tenu de passer quelques heures enfermé dans la même pièce qu'elle.
Mais de cela, Zaran ne s'en doutait probablement pas. Pire, ça ne l'intéresserait voire ne le regarderait guère. L'homme, de son propre aveu, n'était ici que pour jouer les pique-assiettes, sans dépenser le moindre denier. L'homme n'avait donc aucun intérêt dans tout le gratin bien habillé qui évoluait actuellement dans la réception. Restait à définir pourquoi il avait mis le grappin sur Noah. Une question qui restait indéfiniment en suspens, pas suffisamment pour être obsédante, mais suffisamment pour se manifester aux moments les plus inopportuns.
D'autant plus alors que, louvoyant à nouveau, cette même pépite de malice luisant au fond de ses prunelles, il se proposait de lui offrir ses services. Noah haussa un sourcil dans sa direction, amusé. Décidément, cet homme risquait d'avoir des problèmes, avec une attitude pareille. Et s'il avait la sensation qu'il n'était probablement pas le seul homme à qui il fasse la roue comme cela, il avait de la chance d'être tombé sur le psychiatre. S'il était prouvé qu'il ait des inclinations particulières pour le même sexe, au moins il avait trouvé un allié dans cette soirée par trop politiquement correcte.

-Vous en faites déjà bien plus que vous ne le pensez, Kenneth. Mais si vous y tenez tant que ça, vous pouvez commencer par m'expliquer comment vous avez réussi à vous glisser en ces lieux ? Il me semblait que des invitations étaient distribuées aux convives, justement pour éviter que trop de personnes se ruent sur le buffet sans débourser le moindre centime.

Il aurait été plus que surpris que la soirée n'ait pas été organisée comme elle pouvait l'être d'habitude. Le Directeur de l'Adventist était très à cheval sur la sélection de ses convives, justement pour éviter d'avoir à trop dépenser. Le système de l'offre et de la demande, au moindre coût. Et si Noah n'avait aucune considération pour cet homme, même lui était capable de reconnaître qu'il était un excellent gestionnaire de ce côté-là. D'autant qu'il se dégageait de Kenneth quelque chose d'inattendu. Si ses vêtements étaient aussi propres et repassés que ceux des autres, il leur manquait l'éclat d'un costume taillé sur mesure et payé avec l'équivalent du PIB du Botswana. Pour l'oeil averti, il était évident que Kenneth n'appartenait pas à ce monde. Du moins pour un homme comme Noah, qui passait ses journées à observer et analyser le commun des mortels pour déceler leurs failles et les exploiter.
Ce n'était toutefois pas de la méfiance. Juste une question parmi tant d'autres, l'occasion de faire la discussion avec un homme clairement malin. Et qui disait malin disait rafraîchissant. Prenant une nouvelle gorgée de sa boisson, le psychiatre laissa son regard divaguer d'un visage à l'autre de l'assemblée en écoutant distraitement la réponse de son compagnon. Le Directeur de l'Adventist était en pleine discussion avec une bonne-femme au cou de laquelle dévalait une rivière de diamants. Une conversation difficile, qui le poussa à chercher son psychiatre en chef du regard. Psychiatre en chef qui leva son verre dans sa direction avec un sourire aimable, avant de reporter sa pleine attention sur Zaran. Qu'il galère, ce cher patron, qu'il galère. Et qu'il lui foute la paix par la même occasion. Pour bien marquer son désintérêt complet au Directeur, le psychiatre se pencha même vers son interlocuteur, lui adressant une œillade complice.

-Pardonnez mon indiscrétion, qui n'est que le fruit d'une déformation professionnelle, mais quel intérêt avez-vous avec moi, Kenneth ? Votre comportement cavalier est rafraîchissant, mais j'ai comme la sensation que vous ne m'avez pas accosté seulement pour que je vous serve d'alibi pour boire un jus de fruits et piller le buffet.

Si l'idée d'être encore capable de plaire à qui que ce soit était agréable, surtout en ces temps de noirceur affective, il n'en restait pas moins dubitatif. Kenneth était un homme mature. Il avait clairement roulé sa bosse, et semblait être suffisamment sûr de lui pour ne pas se laisser prendre bêtement pour avoir flirté avec un homme tout sauf réceptif. Et si Noah appréciait grandement être le sujet de ses charmes, il n'en était pas moins surpris de le voir faire avec autant de force et de spontanéité. A croire qu'il n'avait vraiment pas peur de se faire attraper.
Profitant d'un instant de latence, il sirota une nouvelle gorgée de sa boisson en fermant les yeux, laissant le soin à l'alcool d'apaiser lentement ses sens. Ses paupières se rouvrirent sur un regard bien plus droit, bien plus net, qu'il darda directement dans les iris clairs de son interlocuteur.

-Vous devriez vous méfier. Il y a en ces lieux quantité de bien pensants qui seraient prêts à vous mettre au pilori pour moins que tout ce que vous avez déjà fait vis à vis de moi. Les Jeux ayant repris, la prudence est de mise. Considérez cela comme le conseil de votre nouveau psychiatre attitré.

Méfiance. S'il n'avait pas entièrement confiance dans l'homme qui lui faisait face, il en éprouvait suffisamment pour se permettre ce type de conseil. Le masque de sincérité, de sérieux, s'évanouit progressivement dans un sourire chaleureux alors qu'il achevait son verre, pour mieux pouvoir le poser sur le buffet derrière lui.

-Sur une note plus joyeuse, je ne crois pas que vous m'ayez parlé de votre profession, mon cher. Quelle est-elle ?

Il avait fait son boulot d'allié. Son boulot de conseiller, autant que son boulot de pair. Si Kenneth était effectivement homosexuel, ce que clairement il avait senti émaner de Noah, il devait faire attention tant à son attitude qu'à ses propos. Détourner la conversation maintenant que l'information était passée devenait essentiel, tant pour détendre l'atmosphère que pour ramener à nouveau l'intérêt sur l'impromptu. D'un mouvement gracieux, il tendit le bras et attrapa un nouveau verre de jus de fruits. Le rhum qu'avait glissé Kenneth dans le précédent verre manquait affreusement à ce nouveau cocktail. Mais il n'allait pas traire indéfiniment cette fiole providentielle que son compagnon cachait dans sa veste.

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Ven 23 Déc - 12:54


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Use seduction as a weapon.

Noah se laissait tenter, un sourire sur son visage lorsque j'avais osé verser du rhum dans son verre. Bien, tout se déroulait au mieux, pour le moment. J'étais convaincant et Noah n'avait définitivement rien de mieux à faire que de m'accorder du temps. Si j'avais gardé mon sourire jusqu'à maintenant, il dût vaguement s'éteindre lorsque Noah me dit que j'étais aussi malin qu'un renard. Je n'oubliais pas que cet homme était un sorcier, un très vieux sorcier, qui savait parfaitement ce qu'il faisait et à qui je ne pouvais pas cacher ma vraie nature. Alors il avait lu en moi ? Comme ça, aussi vite et aussi facilement ? Les oreilles rousses de mon compagnon se secouèrent à peine, prudent, m'encourageant à me méfier à mon tour. Est-ce que cela allait jouer en ma défaveur ? Les renards n'étaient pas connus pour être des animaux spécialement sincères ou droits. Et leur ruse pouvait souvent être comparée à de la sournoiserie. Ce n'était pas faux. J'étais là après tout, cherchant à arnaquer l'homme face à moi, et plutôt deux fois qu'une. Je ne faisais jamais rien sans raison et si Noah ne me connaissait pas, le renard en moi me trahissait sans aucun doute. Je buvais le contenu de mon verre avec cette sensation désagréable d'avoir été mis à nu. Pourtant, je n'allais pas me laisser démonter. Et lorsque j'abaissais mon verre, mon comportement ne laissait plus rien paraître. Je repris là où nous en étions, ignorant sa remarque bien trop juste pour être innocente. L'approbation de Noah m'encouragea à échapper un bref rire. Notre échange avait repris et j'écoutais attentivement chacun de ses mots. Je ne l'avais pas quitté des yeux, ne voulant pas manquer la moindre de ses expressions. D'autres pensées ? L'un de mes sourcils se redressa spontanément. Et quelles pensées pouvaient bien hanter le psychiatre ? J'avais proposé mes services, en espérant qu'il ne me propose pas quelque chose de sexuel, même si je l'avais volontairement dit sur un ton qui pouvait être interprété d'un tas de manières différentes. Cela ne sembla pas le perturber le moins du monde. Noah avait-il l'habitude d'être courtisé ou abordé ? Peut-être. En fait, cela ne m'aurait pas surpris. Je me souvenais : son charme. Mon sourire s'agrandit à sa réponse. Quoi, il voulait connaître mes secrets ? Je bus une nouvelle gorgée de jus de fruits avant de répondre :

Disons que j'ai de bons contacts, mais je ne dévoilerai pas tous mes secrets ce soir... Sauf si vous me dévoilez les vôtres.

Je m'étais contenté d'être évasif. Devais-je lui expliquer que j'aimais tenir les gens en laisse ? C'était mon truc. Cela me permettait d'obtenir des faveurs auxquelles je ne pourrais jamais avoir accès autrement. Ce soir n'était pas une exception. Je sentais les yeux de Noah me détailler. Il me passait au crible ? L'intriguais-je autant ou était-ce juste dans ses habitudes ? Il semblait méfiant et tout son opposé à la fois. Difficile à cerner. J'avais vaguement perdu son regard l'espace d'un instant, mais lorsque je le récupérais, il se pencha davantage vers moi et je ne bougeais pas d'un millimètre. Un nouveau sourire sur mon visage. Déformation professionnelle, ça pour sûr, et beaucoup d'intelligence aussi. Je ne m'étais pas attaqué à une proie facile, j'en avais parfaitement conscience. Avais-je au moins préparé une excuse pour l'avoir abordé lui ? Nullement ! Improvisation jusqu'au bout, je souriais encore, et la première chose qui me venait à l'esprit serait mon échappatoire.

C'était hasardeux et risqué, mais j'ai le nez fin. Un long shot comme on dit.

S'il savait que j'étais un renard, il pourrait probablement croire à cet argument. Ma main imita la sienne et je bus une gorgée de boisson à l'instar de mon nouveau compagnon. Ses yeux se reposèrent sur moi et je me contentais de le fixer. Tiens, il s'inquiétait pour ma sécurité ? Un fin sourire en coin se dessina sur mon visage, presque attendri. Qu'est-ce qu'il me faisait là ? Allait-il me faire croire qu'il était un homme bien et qu'il voulait me protéger de mes imprudences ? Ce serait bien la meilleure ; pourtant j'y aurais presque cru tellement ce fut spontané.

Nouveau psychiatre attitré ? Répétais-je amusé, redressant un sourcil dans le processus. Je suis parfaitement équilibré, merci beaucoup.

Enfin, à peu près. Disons que mes calibrages étaient légèrement différents de la normalité, renard ajouté. Noah terminait son verre et je ne l'avais pas quitté des yeux. S'il se permettait de me donner un tel conseil, c'était soit parce qu'il allait lui-même me dénoncer, et dans ce cas là je me défendrai ; soit il commençait déjà à s'attacher à ma personne, ce qui serait surprenant et avantageux pour moi. Et voilà que nous dérivions sur ma profession. Il était inutile de lui cacher la vérité, en un clic il connaîtrait mon background. Néanmoins, je pouvais toujours jouer un peu pour détourner son attention et retarder l'échéance. Je me penchais un peu plus en direction de Noah et lui murmurais d'une voix charmeuse, mes yeux fixés sur les siens :

Pour que je réponde à des questions un peu plus personnelles, il va falloir m'offrir un verre, ailleurs.

Je grimaçais à peine dans un sourire complice, avant de me redresser et de reprendre une distance convenable. Long shot hein ? Autant continuer sur cette voie. J'espérais ne pas le faire fuir ou faire déborder un vase déjà bien plein, mais mieux valait que je sois entreprenant pour rester cohérent avec tout ce que j'avais fait pour l'aborder jusqu'à maintenant. De plus, cela me donnait une ligne de conduite à suivre. Il me suffisait de rester concentré sur ce trait de caractère pour ne pas relâcher la pression ou me trahir.

Vous pouvez partir ou nous sommes bloqués là jusqu'à ce que tous ces péteux décident qu'il soit l'heure de gentiment aller se coucher ?

J'attrapais un petit four près des boissons et l’enfournais dans ma bouche sans réfléchir. Une fois l'amuse-gueule réduit en poussière, j'hésitais avant d'ajouter avec mon meilleur jeu d'acteur :

Je n'ai plus très faim. De nourriture en tout cas.

J'allais le regretter. Pour sûr. Est-ce que Lucrezia me tuerait pour ça ? Je montrais la sortie d'un signe de tête, comme si je m'apprêtais à exposer un plan.

Vous pourrez toujours dire que je vous ai kidnappé ou que votre nouveau patient avait besoin d'une consultation de toute urgence...

Allait-il se laisser tenter et faire passer une envie avant son travail ? Vu la motivation qu'il ressentait pour sa quête, je pouvais espérer un oui. Mais prudence, rien n'était encore gagné. Loin de là. J'attendis patiemment le verdict, totalement dans le flou, sans la moindre idée de quelle réponse allait me servir le psychiatre.




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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Mer 18 Jan - 3:22


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Il avait lancé l'allusion au renard comme une bouteille à la mer. Dans cet océan de convives, dans cette marée d'insouciance grasse que seule la bourgeoisie survivante pouvait connaître. Comme un jeu, celui auquel il s'amusait à chaque fois qu'il croisait un métamorphe. Si ses pouvoirs lui permettaient de distinguer l'allure générale de l'animal qui les habitait, il ne pouvait pas le définir précisément jusqu'à la couleur de sa robe. D'où le jeu. Noah, le sorcier, était un pécheur. Mordra ? Mordra pas ? La ligne lancée, il avait attendu la réaction de Kenneth. Et ce dernier avait pris l'appât, son sourire plein de dents, trop clair pour être honnête ayant perdu un soupçon de cet éclat qu'il se plaisait tant à lui offrir.
Un renard donc ? Le fait qu'il ait amené de l'alcool à un gala de bienfaisance n'était donc pas si anodin. Pas seulement parce que l'animal était rusé. L'homme l'était aussi, manifestement. Liam le lui avait dit, que cette soirée serait l'occasion de s'amuser. Et il avait raison. Les jeux commençaient tout juste.

Long shot. Il ignorait la signification de ce terme, et se contenta d'un haussement de sourcil dans la direction de Zaran. Si le terme ne lui était pas familier, il avait une idée générale de son sens. Du moins il l'espérait. Zaran était un joueur, lui aussi, une autre des qualités qu'avaient les renards. Zaran l'avait flairé parmi la foule et, si l'avertissement de Noah était clairement tombé dans une oreille pleine, il n'avait pas l'intention pour autant de le relâcher. Ce qui tombait plutôt pas mal. Il occupait son espace visuel autant que ses pensées, et, de fait, l'empêchait de laisser son regard vagabonder parmi les convives à la recherche d'Enya Rivers. L'air circonspect, il le laissa se pencher dans sa direction, fermant les yeux par réflexe. Un réflexe malheureux, un signe de sa propre inclination plus que la manifestation d'une peur ou autre. Le parfum de Zaran était entêtant, musqué. Et sa voix suave lui donnait envie d'arracher cette maudite flasque pleine d'alcool pour épicer son nouveau cocktail bien trop fade.
Un sourire amusé s'étira sur ses lèvres alors qu'il rouvrait les yeux, les plongeant dans les iris clair de son interlocuteur. Il voulait l'arracher à ses obligations pour qu'ils boivent un verre ailleurs ? Les renards étaient-ils donc dotés d'une ouïe assez fine pour entendre jusqu'aux pensées des gens ? Charmé par la perspective, Noah posa distraitement son verre entamé sur la table du buffet, se rapprochant subrepticement du brun. Il voulait le tester, lui aussi. Voir jusqu'où le masque d'ingénuité irait avant de se fêler. Sa voix roula sur son palais, légèrement plus grave, plus basse pour que lui seul puisse l'entendre :

-Avec ou sans alcool, seulement ?

Il lui adressa une oeillade entendue, assortie d'un léger sourire. Cet homme l'amusait. Cet homme allait le faire sortir de cet enfer d'apparats qui commençait à lui taper sur le système. La question de Kenneth toutefois lui rappela où il était réellement. Quelle était réellement sa place en ses lieux. Ses obligations. Sa recherche.
Malgré lui, l'espoir de revoir Enya s'était réveillé, et son vieux coeur avec alors qu'il embrassait une dernière fois la salle du regard. Cette petite brune, avec sa robe noire, n'était-ce pas... ? Non. Non, ce n'était pas elle. Ses yeux vagabondèrent distraitement d'une femme à l'autre, se heurtant aux bijoux étincelants, aux coiffures compliquées. Mais Enya n'était nulle part. Aida n'était nulle part. Une sensation de manque qui faisait perdre pied, celle de n'avoir pas eu sa dose depuis bien trop longtemps pour pouvoir fonctionner correctement. Hagard, il répondit distraitement, la cherchant toujours avec l'énergie du désespoir. Tout en sachant qu'elle ne serait pas là.
Qu'elle ne serait plus là.

-... J'étais venu dans l'espoir de retrouver quelqu'un. Mais je suppose qu'elle ne viendra plus, maintenant. Plus rien ne me retient ici.

Il lâcha un soupir désabusé en remuant légèrement la tête, chassant son image autant que les pensées vagabondent qui traînaient sous ses boucles brunes. Enya ne viendrait pas, parce qu'elle savait très bien qu'il y serait. La soirée avait commencé depuis bien trop longtemps pour qu'elle se libère et vienne, si elle l'avait désiré, de toutes façons. Il était trop tard. Pour ce soir, comme pour le reste.
Spontanément, il posa une main sur le torse de Zaran et le tapota, recentrant son énergie sur leur discussion. La jeune femme était encore une blessure trop récente, et qui ne l'intéresserait sûrement pas. Et il avait envie, non, besoin de se changer les idées. Parce que s'il restait plus longtemps dans cette maudite salle de réception, il allait finir par étriper quelqu'un.
Souriant un peu à ses remarques, le psychiatre les éluda d'un mouvement de main en relâchant son contact sur le brun. Amusant. S'amuser. Sa réflexion quant à la nourriture avait beau être de fort mauvais goût, Noah devait reconnaître ne plus avoir non plus envie ni de jus de fruit, ni de petits fours. Une bouffée de malice regonfla son torse alors qu'il se penchait vers lui, répondant du tac au tac :

-Ou alors nous pouvons nous enfuir de cet enfer sans rien avouer à personne, et garder cela comme notre secret. Pour ma part je ne dirai rien, confidentialité professionnelle oblige.

Parce que si la perspective de s'échapper de ce nid de vipères était alléchante, il n'avait absolument aucune envie de s'embarrasser de salutations. Il trouverait bien une excuse, dans la quiétude de son bureau, lorsque le Directeur l'appellerait pour lui demander des explications. Une urgence médicale, un ennui sans bornes, la soudaine nécessité de revenir à son domicile parce qu'il ne se sentait pas bien. Les raisons étaient multiples. La malice creusant toujours un sourire enfantin au creux de ses lèvres, il guida Zaran vers la sortie à pas vifs. Demanda au réceptionniste leurs manteaux et d'annoncer son départ en toute discrétion au Directeur de l'Adventist. Raison : un malaise inopiné. Parce que tout le monde savait que les plus éminents spécialistes étaient sujets à des vapeurs mondaines. Vu que l'homme n'était pas choqué, cette raison avait déjà dû lui être donnée par une bonne dizaine de convives avant lui. Tant mieux.

L'air frais de la nuit caressa son visage alors qu'il sortait, et inspirait une profonde bouffée d'oxygène en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, Zaran se tenait à côté de lui. Certes il ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Mais le brun avait été suffisamment clair quant à ses intentions sur le reste de la soirée. Du calme. De l'intimité. La fraîcheur de la nuit n'était pas insupportable, ils s'en accommoderaient sûrement. Du moins suffisamment pour trouver un lieu qui corresponde à leurs nécessités. Un éclat de rire, pourtant, franchit ses lèvres en repensant à la rapidité de leur fuite. Un éclat de rire léger, libérateur, alors qu'il posait de nouveau une main sur l'épaule de son comparse.

-Je ne vous remercierai jamais suffisamment pour m'avoir tiré de cet enfer, Kenneth. Je crains toutefois que vous ne soyez maintenant cantonné à une image d'aide-soignant du pauvre psychiatre souffreteux. Bien que j'aie la sensation que cette perspective ne vous soit pas désagréable. Je me trompe ?

Son ton s'était abaissé sur sa question, tout comme sa main qui avait trouvé place sur son torse. L'alcool que le renard avait versé dans son cocktail commençait à réchauffer ses sens, suffisamment pour qu'il considère ses lèvres une brève seconde, avant de reporter son attention sur ses yeux. Reculant d'un pas, il relâcha le contact avant d'enfoncer ses mains dans ses poches. Le contact était volontaire, le regard un peu moins, mais l'intention restait la même. Mordra ? Mordra pas ? D'autant qu'il ne connaissait pas les intentions réelles de l'homme. Ni même les informations essentielles le concernant.
Et sa curiosité était insatiable, ce soir.

-Vous m'avez dit n'avoir plus faim, mais avez-vous toujours soif ? Car, de mémoire, il me semble qu'il existe un bar non loin d'ici qui sert encore de l'alcool officieusement. Un petit secret sur lequel le Gouvernement ferme les yeux, puisqu'il l'a lui-même approuvé.

Le bar en question n'était qu'à quelques centaines de mètres. Et maintenant que le brouhaha de la soirée, ses visages et l'ombre d'Enya qui planait constamment dessus étaient loin d'eux, Noah était tout disposé à suivre le moindre des désirs de son sauveur. Sauveur vers lequel il était revenu, interrogeant à voix basse en considérant ses lèvres une nouvelle fois.

-A moins que vous n'ayez un autre lieu en tête ?

Il l'aurait bien invité chez lui, mais le risque que Liam soit encore en train d'écumer sa bibliothèque était bien trop grand pour le prendre. Et si la rumeur de la tentative de fratricide n'avait pas quitté les murs de son bureau, il ne voulait pas risquer l'intégrité de son élève. Certes, Liam avait repris ses quartiers depuis peu. Mais il lui arrivait de passer des soirées entières, encore, chez le psychiatre. Et cette soirée-ci était encore trop jeune pour que le Ministre ait quitté son appartement.
Il en revenait donc du choix de Zaran, et de ce qu'il allait vouloir faire. Tout dépendrait de son courage, maintenant qu'ils se retrouvaient en tête à tête.


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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Mar 7 Fév - 20:14


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Use seduction as a weapon.

Si je n'avais jamais réfléchi au fait que je pouvais peut-être séduire un homme, j'en avais désormais la confirmation. Si ce qu'il ressentait n'était pas de l'attirance, alors je n'y comprenais plus rien. Je ne savais pas si je devais prendre cette découverte comme un compliment ou si je devais plutôt m'en inquiéter. Peut-être seulement un coup de chance ? Noah, en toute logique, était actuellement en pleine rupture avec Enya. Etait-il alors plus enclin à passer à autre chose ou à s'éloigner de la douleur que leur séparation aurait pu engendrer ? Je le laissais jouer, passant bien malgré moi mon regard de ses lèvres à ses yeux, pas par désir mais plutôt par sécurité, me concentrant sur chacun de ses mots pour ne rien manquer à la réponse qu'il m'apporterait. Je ne sus pas si c'était un oui, mais cela y ressemblait en tout cas.

Ce qui vous fera plaisir, me contentais-je de répondre, un sourire sur les lèvres en écho avec celui de Noah.

Mais la suite de notre échange me fit perdre une nouvelle fois l'intérêt du psychiatre à mon égard. Je l'observais détailler la salle, à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un. Attendait-il une personne en particulier ? Son énergie à sonder la salle m'encouragea même à en faire de même, au cas où si j'avais manqué quelque chose. Un simple réflexe avant que je ne repose mes yeux sur un Noah distrait. Ses mots confirmèrent mes pensées. Qui avait-il cherché avec autant de ferveur ? Enya ? Probablement quelqu'un de proche, pour sûr. Une femme, à son emploi du elle. Une partie de moi espérait que c'était bien d'Enya dont il parlait, cela me prouverait alors qu'il avait peut-être quelques sentiments pour elle. Une autre partie de moi espérait que ce soit douloureux. Un juste rendu à la peine d'Enya, celle qu'elle m'avait dévoilée sans pouvoir s'en cacher. Quel gâchis. Je ne pouvais pas blâmer cet homme, je n'étais pas là pour ça, et s'il était rongé par les secrets, que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons, il était visiblement rongé par les regrets aussi. Pour un homme qui avait caché des informations importantes sur ce qu'il était à la femme qu'il aimait, il affichait pourtant ses émotions sans réellement chercher à s'en cacher face à un inconnu : moi. Noah devint alors davantage encore une énigme. Il captait mon attention, bien malgré lui. Bientôt, il posa sa main sur mon torse et je dus me recentrer à mon tour sur la situation et sur ma présence face à lui pour ne pas spontanément le repousser et reculer. Je restais figé au sol, affichant ma surprise alors que ses doigts me tapotèrent. La partie reprenait. Nous allions finalement nous en aller d'ici et le jeu prendrait alors une nouvelle dynamique. Lorsque Noah se pencha près de moi, j'en fis spontanément de même comme pour mieux écouter ce qu'il avait à me dire, un sourire aux lèvres.

Notre premier secret... confirmais-je alors après ses paroles d'une manière parfaitement amusée, du moins en apparence.

Bien vite, Noah me guida vers la sortie et je m'exécutais immédiatement, presque bousculé. Et bien, quelle impatience. Ou plutôt : aucune perte de temps. Parfait. Je me laissais piloter par le psychiatre et remis paisiblement mon manteau alors qu'il expliquait la raison de son départ au réceptionniste. Un fin sourire se dessina sur mon visage, honnête cette fois-ci, discret, destiné uniquement à mon auto-satisfaction. Le premier contact avait parfaitement abouti, mais ça avait été la partie la plus simple de l'histoire. Le plus compliqué débutait maintenant. Etre fin, Kenneth, être fin.

Une fois à l'extérieur, il était clair que nous respirions mieux. Je retrouvais un confort qu'il me semblait avoir perdu parmi ces mondanités écoeurantes sans même m'en être aperçu. Si j'observais les alentours et en profitais pour respirer l'air frais pour récupérer un semblant d'énergie, je me retournais vers Noah lorsque j'entendis son éclat de rire. Mon Dieu, était-ce du bonheur ? De la joie en bloc ? Ce type exprimait vraiment ses émotions de la manière la plus spontanée qui soit. Je dus rester figé un très bref instant avant de relever un sourcil et de me laisser saisir par l'épaule. Bon sang que cet homme était tactile. Je laissais échapper un bref rire léger à mon tour en écoutant ses paroles. Après l'interne, il passait à l'aide-soignant, rien de bien incohérent, il restait dans son domaine. J'étais plus aisément à ma place en tuant qu'en soignant, mais je pouvais lui laisser le bénéfice du doute.

Je ne peux rien vous cacher...

Je m'étais foutu là-dedans, sans vraiment savoir jusqu'où ça irait. Sa main sur moi me dérangeait. Etait-ce ça que Lucrezia avait ressenti à chaque fois que j'avais posé mes doigts sur elle sans autorisation ? Je ne pouvais qu'imaginer. Je ne m'étais jamais réellement posé la question Qu'est-ce que ça fait ? J'avais toujours tenté d'être le plus respectueux possible sans vraiment me limiter. Faire passer son intérêt en premier, comme d'habitude. Je n'avais jamais été un homme très tactile avec les inconnus, bien au contraire. Moins je les touchais, mieux je me portais. Je ne sus pas si Noah se permettait cette fantaisie parce qu'il voulait clairement exprimer ses intentions ou si c'était simplement parce qu'il était ainsi avec tout le monde. Je tentais de ne pas perdre le nord, de ne pas perdre ma concentration et les raisons de ma présence ici. Je le faisais pour Enya, et uniquement pour elle. Je connaissais ce regard, cette tentation au fond de ses yeux. J'aurais dû m'en réjouir ; à la place je me tendis imperceptiblement et restais ancré au sol, m'obligeant à ne pas bouger d'un seul millimètre, quoi qu'il fasse, qu'il pose ses lèvres sur les miennes ou non. Bientôt, Noah recula de lui-même, réalisant peut-être son comportement à l'instant. Je respirais profondément, doucement, avec la sensation d'avoir retrouvé une certaine liberté. Un soulagement aussi. Bon sang, comment allais-je pouvoir continuer ainsi ? J'écoutais attentivement chacun de ses mots avant qu'un sourire prenne possession des traits de mon visage resté si neutre cette dernière minute. De l'alcool, ça devenait nécessaire si je voulais poursuivre sur cette voie et c'était un délice dont je ne l'allais pas me priver. Au mieux, peut-être que je ne me souviendrais pas de tout. Une nouvelle approche physique du psychiatre et je priais pour qu'il ne me touche pas encore une fois et que les poils roux de mon compagnon ne s'hérissent pas. A la place, il murmura simplement à mes lèvres et si mes yeux s'étaient figés sur ces dernières, je les relevais immédiatement sur ses yeux. Un fin sourire sur mon visage s'agrandit à mesure que je me laissais tenter par la possibilité de passer une bonne soirée à boire en compagnie de ce type. J'allais y trouver du plaisir, je le devais. Il le faudrait. S'il ne posait pas ses mains sur moi toutes les cinq secondes, ça allait être possible. Je suis sûr qu'il avait beaucoup de choses à dire, à me raconter, et s'il se laissait prêter au jeu des confidences, cela serait d'autant plus intéressant. J'essayais de repousser la possibilité d'un contact charnel pour ne pas juste laisser tomber. Pourtant, c'était moi qui avais instauré le contact physique en premier, et c'était bien moi qui avais laissé planer l'idée d'un plus. Peut-être n'avait-il fait que saisir la perche que je lui avais tendue. C'était ça, ne pas arriver avec un plan en tête. On subissait les conséquences de ses faits et ses gestes car on n'y avait pas assez réfléchi.

Allons boire un verre, me contentais-je de répondre. Je vous suis de près Monsieur Meadow.

Je lui montrais la voie d'un simple geste de la main, sachant parfaitement de quel bar il parlait. Le Gouvernement et ses incohérences. Il faudrait qu'un jour tout s'écroule pour pouvoir reconstruire le restant de notre civilisation sur des bases plus saines. Ou alors peut-être serait-ce pire ? Ce jour n'était pas arrivé et n'arriverait probablement jamais. Peu importait, ce n'était pas important pour moi, je n'en avais que faire de notre civilisation et de notre avenir. Je ne lèverais pas le moindre petit doigt tant qu'on ne m'obligeait pas à le bouger. Visiblement, je préférais occuper mon temps de façon bien plus superficielle, en séduisant un homme qui n'avait rien demandé à personne par exemple. Ah... Enya... Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour tes jolis yeux...

Je calais mes mains dans mes poches, marchant silencieusement à côté de Noah qui nous conduisait au bar. Que devais-je dire ou faire ? J'allais foncer dans le tas, aussi incohérent que j'étais. Le recueil de données pouvait commencer.

C'est un autre homme que vous cherchiez et attendiez tout à l'heure ?

J'étais approximativement sûr qu'il s'agissait d'Enya, mais je ne voulais pas paraître comme informé de quoi que ce soit. Prêcher le faux pour savoir le vrai. Je pouvais toujours tenter ma chance et commencer à le faire parler, ne serait-ce qu'un peu.




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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 6 Mar - 1:59

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Un jeu. Tout était un jeu ce soir. C'était décidé, c'était écrit. Les règles avaient été décidé bien en amont de sa propre volonté et il avait opté pour l'approche la plus sûre : les suivre. Ce n'était pas comme s'il avait été contre la perspective de passer une soirée plus sympathique en compagnie d'un parfait inconnu plutôt que de rester mêlé à une foule endimanchée qu'il devait rabattre comme un vulgaire commercial. Donc le choix avait été arrêté. Et se retrouver à l'extérieur par cette fraîche soirée avait quelque chose de cathartique qui le mettait d'humeur bien moins morose que les quelques jours précédents.

Tout n'était qu'un jeu. Il avait joué selon les règles que Kenneth lui-même avait instaurées, et pourtant il sentait que l'autre joueur ne dévoilait pas sa main entière. Comme s'il retenait ses cartes. Comme s'il retenait ses coups. Il avait bien senti cette tension à chaque fois qu'il glissait ses mains sur son corps, des gestes naturels pour lui qui était si tactile. Une tension contradictoire avec les paroles du brun aux yeux si bleus, une tension qui l'amusait, il fallait bien le reconnaître. Long shot, hm ? Ou n'était-ce qu'une image, une impression qu'il voulait donner ? Un de ces blancs-becs au foie jaune qui venaient se faire des frissons, et finalement partaient la queue entre les jambes lorsque venait l'occasion d'accorder le coup de grâce. Il en avait vu un paquet, de gens comme ça, dans l'intimité de son cabinet. Des prétentieux qui souhaitaient se faire passer pour plus larges qu'ils ne l'étaient en réalité. Kenneth serait-il comme eux ou savait-il précisément ce qu'il voulait ? Il ne tenait qu'à lui de le lui dire.

Restait qu'il avait été affreusement silencieux, depuis qu'ils étaient sortis. Il suivait passivement le mouvement, plus observateur qu'acteur, et Noah n'en avait cure. Ce n'était pas la première impression qu'il avait donné, et cette sensation qu'il commençait à se dégonfler malgré son attaque toute en force lui laissait un goût amer sur le palais, laissant son opinion pencher sur la thèse qu'il soit finalement qu'un usurpateur de plus. Mais il n'avait pas encore entièrement arrêté son avis sur l'homme à l'aura renarde. La nuit était encore jeune. Il avait bien le temps de se rendre compte de sa potentielle erreur de jugement.
Le relâchant enfin, lui laissant volontairement son espace comme il aurait tout aussi bien pu continuer de l'envahir, maître dans son domaine, il acquiesça avec nonchalance. Alors comme ça il était prêt à le suivre. Prêt à s'acoquiner un peu plus en terrain inconnu. Soit. Le sorcier avait lui-même bien besoin d'un verre, ça tombait bien.

-Vous m'en voyez ravi, Kenneth. Par contre, laissons tomber toutes ces civilités inutiles. Vous pouvez m'appeler par mon prénom.

Pourquoi s'entêtait-il à l'appeler par son nom, après tout ? Ils étaient loin de ce vivier de bourgeois, les conventions sociales ne s'appliquaient plus de la même manière. D'autant que si Kenneth était effectivement venu flairer le loup dans la bergerie, autant qu'il ne l'appelle pas comme un vulgaire mouton. Lui adressant un léger sourire chaleureux pour appuyer ses dires, il lui emboîta le pas en direction du bar. L'homme connaissait l'endroit. L'homme était donc plus intéressant qu'il ne le laissait supposer.
Mais de nouveau, ce silence. Un silence comme une chape de plomb, gênant, qui s'immisçait entre eux. Une passivité qui hérissait quelque peu le naturel de Noah, un naturel chaleureux poussé par les quelques verres resquillés par... Kenneth, justement. Ce silence qui accentuait l'intérêt du psychiatre, alors que dans toute autre circonstance il aurait justement perdu ledit intérêt. C'était surprenant. C'était rare. Mais il pouvait éventuellement placer cette passivité retrouvée comme un symbole de timidité.
Ce qui ne collait toujours pas avec contexte de leur rencontre. Remisant cette réflexion dans un recoin de sa cervelle, il se contenta de les mener vers le bar, se contentant de profiter de l'air frais de la nuit. La Nouvelle Orléans avait de faux airs festifs, malgré les drames qui s'y passaient. Des drames exceptionnels comme les jeux, ou des drames plus ordinaires comme sa recherche précédente du spectre d'Enya quelque part dans la salle de réception. A mesure qu'ils progressaient, Noah perdit ce léger sourire qui creusait ses lèvres ourlées. Une ombre fugace que l'autre ne remarquerait probablement pas.

L'autre qui lâcha enfin quelque chose, alors qu'ils arrivaient à proximité du bar clandestin. Une question qui poussa Noah à s'arrêter, sincèrement surpris par son aplomb. Confus, le psychiatre répondit du tac au tac :

-Un homme ? Pourquoi un homme ?

Ai...Enya n'était pas un homme, foutre Dieu ! Une vague d'indignation s'éleva en lui avant qu'il ne comprenne d'où aurait pu venir la méprise. Ils jouaient, tous les deux. Si le but de Kenneth était effectivement de l'approcher lui, il était fort logique qu'il se soit fourvoyé en étant persuadé que Noah chercherait un homme dans la foule. Mais la vérité était toute autre.
Se remettant rapidement de son choc, il passa une main dans ses boucles brunes, en poussant un soupir résigné. Aucune raison de cacher la vérité. Après tout, il n'avait ni l'envie ni l'intention de jouer à ce point.

-Non en réalité je cherchais une femme. Une... connaissance.

Le terme était amer, sur sa langue. Un terme à des années lumière de ce qu'il éprouvait pour Enya, mais à quoi ils étaient résolus à présent. Des connaissances, pour mieux effacer tout ce qui s'était passé pendant plus d'une année entre eux. Et si le terme le plus exact devait être, selon les mœurs actuelle, une ex, il ne pouvait s'empêcher de trouver ce mot horriblement disgracieux et bien trop éloigné de la réalité. Alors il se contenta de cela. Enya était une connaissance. Une connaissance qu'il pouvait potentiellement croiser où qu'il aille, une connaissance qu'il mourait d'envie de revoir, mais qu'il devait se contenter de laisser partir. Parce qu'elle avait été bien trop claire à ce sujet.
Sentant la peine sur le point d'entacher son humeur, il haussa les épaules, tentant de la chasser une nouvelle fois de son esprit pour mieux profiter de l'instant présent. En vain.

-J'espérais pouvoir lui parler mais... Elle n'était pas là. Allons boire, à présent !

Une joie feinte, qui pouvait potentiellement paraître vraie, bon comédien qu'il était. Une joie feinte qui cachait un vrai problème. Problème dont il était sûr qu'il trouverait la solution au fond d'un bon verre de vin. S'il était conscient que sa comédie avait une chance infime d'échouer, et qu'il pouvait risquer ses chances avec son compagnon, une partie de lui s'en fichait. Il était là pour voir où le porterait la soirée. Repartir bredouille mais délicieusement grisé faisait aussi partie des issues qu'il entrevoyait.

Le bar affichait la même tête que tous les bars post-Prohibition. Son ambiance feutrée, intimiste, légèrement luxueuse sans afficher trop fièrement son faste, était entamée cruellement par la sélection de boissons derrière le comptoir. Tenant la porte, Noah invita Kenneth à entrer, s'assurant de glisser sa main dans son dos au passage. Une nouvelle tension. Une nouvelle distraction pour occuper son esprit, alors qu'il l'escortait jusqu'au comptoir.
La politique du bar était connue des initiés gouvernementaux. D'extérieur, il était exactement comme tous les autres. Si on passait outre l'existence d'une seconde pièce, à l'arrière du bar, où seuls pouvaient accéder ceux qui commandaient le bon breuvage au comptoir. La spécialité du barman. Obéissant à la règle, la barmaid qui tenait le bar ce soir-là jeta un coup d'oeil par dessus son outil de travail pour s'assurer qu'aucun regard ne les suive, avant de les guider vers la seconde salle.
L'ambiance était la même, toute aussi feutrée, mais la pièce était déjà nettement plus animée. Par chance, avec la réception de l'Adventist, une bonne majorité des habitués avaient levé l'ancre. Les abandonnant à l'entrée, la barmaid leur adressa un bref salut avant de revenir se faufiler à l'avant sans autre forme de procès.

-Installons-nous à l'arrière, nous y serons plus à l'aise pour discuter.

Menant toujours la danse à sa convenance, Noah louvoya entre les tables pour en rejoindre une à l'écart, entourée de fauteuils confortables. L'endroit, un ancien bar à vin reconverti, disposait de hauts paravents ajourés qui délimitaient les tablées, assurant calme et intimité à ses usagers. Un cadre que Noah affectionnait tout particulièrement. Ôtant enfin son manteau, le psychiatre s'installa confortablement. Cet endroit était le seul qui ait encore de bonne réserve de vin blanc sec Italien et pas cette infâme bouillie Californienne, un parfum fruité et frais dont il avait cruellement besoin à l'instant présent.

-Vous m'aviez dit attendre d'être plus au calme pour me parler d'avantage de vous, lorsque nous étions enfermés dans l'Enfer Doré. Et j'ai beau avoir réfléchi, je n'arrive pas à deviner votre profession. Vous êtes un mystère, Kenneth.

Une invitation à s'ouvrir d'avantage, maintenant qu'ils étaient sûrs de ne pas être entendus. Et Noah était curieux. Curieux de savoir jusqu'où il était prêt à jouer, jusqu'où il était prêt à jouer le jeu des questions sans jamais apporter de réponses. Il n'avait pas le choix à présent. Et les yeux verts du sorcier, luisants de curiosité, étaient fixés sur lui.

-Je me demande aussi une autre chose. Qu'est-ce qui a pu vous faire croire que je cherchais un homme, en particulier, lors de la réception ?

Une nouvelle perche. Pour savoir. Savoir si c'était du lard ou du cochon, si l'homme était réellement intéressé, s'il avait perdu ledit intérêt, ou s'il jouait un autre jeu que le sien.
Son attention, elle, était entière à présent.

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Dim 19 Mar - 23:15


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Noah s'était figé et je m'arrêtais à mon tour, à deux ou trois pas de lui à peine. Bien, au moins on pouvait dire qu'il était tombé en plein dans le panneau. Parce que je veux te croire complètement gay. J'affichais un doute simulé, avant de tendre lentement la main dans sa direction, comme si je cherchais à désamorcer une situation gênante que j'avais moi-même très habilement provoquée.

J'ai cru que...

Je me tus, laissant planer le doute dans l'air tout comme ma phrase ne serait jamais terminée. J'abaissais spontanément la main alors que celle de Noah se perdit dans ses cheveux. Son soupir me ravit mais bien évidemment je ne le montrais pas ; bien au contraire. Une femme. Enya ? Ou alors quelqu'un d'autre. Noah bouffait à tous les râteliers. Ce serait difficile de savoir de qui il avait parlé. Même s'il semblait plutôt aisé de le faire parler jusqu'à maintenant, ce n'était qu'une apparence, j'en étais persuadé. Les choses allaient se compliquer à mesure que la soirée allait se dérouler. Quelques verres allaient nous aider tous les deux. Je hochais la tête, comme pour approuver sa réponse.

Noah un gentleman ? Sans aucun doute. J'entrais dans le bar, avant de sentir sa main dans mon dos. Je me raidis un bref instant avant de dominer mon réflexe et de me détendre du mieux possible. J'allais lui casser la main avant la fin de la soirée si ça continuait. Je profitais qu'il ne puisse pas voir mon visage pour fermer légèrement les yeux, soupirant à peine, évacuant la frustration que je contenais pour ne pas me retourner et réagir au quart de tour. Plus les minutes passaient, plus il m'était difficile d'être touché. Chassez le naturel, il reviendra au galop. Désespérant comme je ne pouvais pas contrôler ce fait.

Noah était un habitué et il savait parfaitement ce qu'il faisait. Je laissais un sourire s'afficher sur mon visage alors que le barman nous offrait l'accès à une seconde salle : celle où nous pouvions consommer de l'alcool librement tant que nous avions l'argent pour. Mes yeux détaillèrent cette salle plus calme et agitée à la fois, pleine d'hypocrites avant de se poser sur Noah. Ce que j'aimais à propos de cet homme, c'était qu'il savait guider et instaurer un rythme. Pas de temps mort, pas de doute pour laisser l'autre décider ; aussi désagréable que c'était, j'avais cette sensation que cet homme et moi étions parfaitement similaires. Un sourire bien plus grand s'installa sur mes lèvres, dévoilant mes dents dans le processus. Un sourire honnête. Je le suivais alors qu'il avait décidé quelle table serait la meilleure pour nous. Une chance pour moi, il savait réellement les choisir. Je retirais rapidement mon manteau et le jetais sur le fauteuil avant de m'y installer confortablement, à l'instar de mon compagnon de soirée. Quel dommage. Plus j'observais ce type, plus je me disais que nous pourrions être proches à notre manière, aussi peu que j'en sache sur lui. Il y avait quelque chose à son sujet qui me convenait, qui me touchait, bien malgré moi. Pas assez pour me faire aimer davantage les hommes que comme je pouvais déjà les apprécier bien heureusement ; mais suffisamment pour que je me retrouve en lui. Un écho. Une aura toute particulière. Il m'intriguait, m'intéressait et provoquait en moi l'envie d'en savoir plus. C'était pourtant si rare. Malheureusement, de telles émotions n'avaient pas leur place ici. Nous ne serions jamais amis ou quoi que ce soit de ce genre, et rien ne pourrait réellement nous rapprocher. Si j'avais su, je ne me serais jamais laissé surprendre. Je me serais mieux préparé. Le fait était que je le découvrais au fur et à mesure et que ce que je voyais en lui était bien loin de me déplaire. Je récoltais des informations et je disparaissais. Rien de plus, rien de moins. Avais-je terminé ma phrase : Long shot, one shot ? Je ne crois pas, et mieux valait qu'il ne le sache pas.

L'endroit était charmant. Presque trop charmant pour l'occasion. Sauf si nous nous en tenions à la comédie. Notre intimité était préservée et cela m'arrangeait, probablement pas pour les mêmes raisons qui avait poussé Noah à choisir cette table. Je m'installais davantage confortablement, laissant mon dos reposer contre l'assise. Parler de moi. Chouette alors, ma partie préférée. J'échappais un bref rire lorsqu'il dit Enfer Doré. Difficile de décrire cela autrement, effectivement, bien que les concernés ne devaient pas se sentir ni en enfer, ni même en prison. Probablement plutôt comme dans une tour, en sécurité, tout là-haut, bien loin des difficultés d'en bas. Un mystère sur ma profession ? Surprenant. Le pire, c'était que je ne pouvais même pas mentir. Ou bien alors le pouvais-je ? Mon sourire ne s'était pas effacé. Sa curiosité était similaire à la mienne. Est-ce qu'elle lui dévorait les entrailles ? Connaissait-il cette sensation aussi bien que moi ? Une nouvelle question. Bien plus facile celle-là. Un peu trop facile. Une porte de sortie posée sur un plateau d'argent. Parfaitement et totalement suspect.

Est-ce que ça veut dire que vous m'offrez le premier verre ? Vous savez bien que rien n'est gratuit.

Noah ne réaliserait jamais ô combien je pouvais avoir besoin de ce verre, très vite : pour parler, pour assumer, pour continuer de jouer cette comédie. J'attirais l'attention d'un serveur pour lui demander finalement de venir à notre table d'un simple signe de tête. Lorsqu'il fut à notre niveau, je ne perdais aucune seconde.

Un whisky... Double... Trichais-je finalement. J'allais en avoir besoin. Mon regard se posa une nouvelle fois sur Noah : Renard un jour, renard toujours.

Mon sourire se fit davantage éclatant alors que j'étais amusé de ma propre connerie. Je le laissais choisir à son tour, et lorsque ce fut fait, le serveur se congédia de lui-même. Je n'allais pas laisser le silence s'installer à nouveau. Je devais garder le contrôle ; ou du moins un semblant de contrôle. Je savais pertinemment que cet homme savait exactement ce qu'il faisait, à moi de faire aussi bien.

Votre regard Noah, commençais-je alors. Le regard d'un homme qui cherchait une personne importante. Très importante.

Ce n'était pas totalement faux. Toute son attention avait été captée en un claquement de doigt ; et si ce n'était pas Enya qu'il cherchait, alors je devrais peut-être lui casser les doigts un par un pour le punir de pouvoir être aussi intéressé par quelqu'un d'autre qu'elle. Désolé pour ça ; un instinct de protection un peu trop développé envers la brunette.

J'ai pensé à un homme parce que... Je me penchais davantage alors que mon coude se posa sur la table et que mon index nous pointa l'un après l'autre.

Je me contentais de ce geste et ne terminais pas ma phrase. J'allais continuer de prétendre que je le pensais totalement gay.

Je ne suis pas adepte de l'infidélité, mais je vous laisse le bénéfice du doute.

Je ne mentais pas ; tout du moins, pas entièrement. A vrai dire, je cherchais à le pousser à avouer qu'il avait cherché une personne importante dans cette salle bondée de déchets humains, mais que tout était terminé entre eux. Ce serait un premier pas. Devais-je rebondir sur ma profession ? Changer de sujet ? Surtout pas. Une idée germa alors dans mon esprit. Une mauvaise idée. Très mauvaise.

Quant à ma profession, disons... Je levais les yeux au ciel, réfléchissant un très bref instant, avant de les reposer sur Noah. Je vous laisse la soirée pour essayer de la deviner. Si vous tapez dans le mille, il y aura une récompense. Je ne tricherais pas, je vous le promets.

J'allais le regretter. Mais je n'avais rien trouvé d'autre pour ne pas mentir, ni le faire fuir de cette table en courant. J'étais protégé par mon petit jeu pour le moment, mais j'allais probablement le payer au centuple plus tard. Malgré tout, il y avait une chance pour qu'il ne trouve jamais, et le jeu continuerait alors, à ma plus grande satisfaction. Puisque depuis le départ je prétendais être un joueur à ma façon, c'était également une façon de rester cohérent avec moi-même et maintenir le mystère et donc son intérêt. J'espérais maintenant qu'il rentre dans mon jeu et accepte ce petit défi. Je le voyais mal refuser et si je ne m'étais pas totalement trompé sur lui, il allait accepter. Mais, aussi bien que je pensais connaître ce type parce qu'il me renvoyait un écho dérangeant de moi-même, tout n'était qu'une illusion. Peu importait le résultat, je continuerais d'improviser, même si j'étais plutôt mauvais pour ça visiblement.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 1 Mai - 1:19

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Au calme, ils ne pouvaient pas mieux espérer pour faire plus amplement connaissance. Et si quelque chose le dérangeait un peu dans le comportement de son si aimable et si cavalier partenaire, Noah décida d'en prendre son parti. Ce n'était peut-être que lui, après tout. Il avait perdu le goût du jeu, ces derniers temps, avait perdu le plaisir de la chasse, celui des rencontres et du plaisir gratuit. Ce n'était pas à Kenneth d'en payer les pots cassés, après tout. Alors il avait décidé de remiser ses impressions dans un coin de son esprit, laissant la soirée suivre son cours. Les boissons commandées, les questions avaient commencé à filer dans l'air, sa curiosité devenue insatiable. Beaucoup de questions qui n'accueillirent que des réponses évasives, attisant d'avantage sa curiosité, assoupissant sa méfiance. Kenneth n'était pas comme les autres. Il n'était pas si facile à déchiffrer, si facile à cerner. Il avait l'attitude d'un croqueur d'hommes, sans toutefois en épouser toutes les caractéristiques. Il avait attaqué brutalement, avec toutes ses forces, et maintenant se montrait nettement plus modéré tant dans ses propos que ses manières. Une attitude toute en ambivalence qui ne collait pas au profil premier qu'il s'était lui-même attribué. S'agissait-il en réalité d'un homme qui cherchait à se faire des petites émotions fortes, en venant tâter le goujon pour voir s'il mordrait ? Peut-être était-il lui-même déjà dans une relation stable, et cherchait à s'acoquiner avec un inconnu, sans savoir comment faire. A moins qu'il ne s'agisse d'autre chose.
Telles étaient toutes les hypothèses qui filaient sous les boucles brunes du sorcier, quand il posait les yeux sur son partenaire. L'homme était aimable. L'homme était courtois. Mais il n'était vraiment pas assez bavard pour apaiser sa soif d'informations. Un état de faits tout aussi irritant que diablement attractif.

-Naturellement, je prends le premier verre. Nous aurons bien le temps de nous mettre d'accord sur les suivants.

Naturellement. L'idée ne lui avait pas effleuré l'esprit une seule fois, mais si Kenneth insistait, autant ne pas lui refuser ce petit plaisir. La balance penchait pour le croqueur d'hommes néophyte, de ces gens qui tentent sans réellement oser. Mais la soirée était jeune, et l'aiguille pouvait toujours tourner. Arquant un sourcil en la direction de son acolyte, le sorcier n'avait pu s'empêcher une ombre de sourire à son allusion. S'il lisait suffisamment bien entre les lignes, l'autre venait de lui confirmer sa nature. Un métamorphe. Un renard. Restait à savoir à quel point il entretenait des ressemblances avec sa nature animale, à présent.
Rapidement, Noah avait commandé ce verre de vin blanc qu'il attendait depuis bien trop longtemps. L'alcool déliait les langues. L'alcool apaisait les pensées. L'alcool permettait à deux inconnus de se trouver des points communs. L'alcool lui permettrait peut-être de voir plus clair dans le jeu de son bien étrange compagnon.
Puis, sans même passer par cet intermédiaire, la langue de Kenneth finit par claquer à nouveau, dévoilant quelques fractions de réponse. Pendu à ses lèvres, le psychiatre le laissa expliquer. Supposer. Minauder. Avant de se renfrogner légèrement devant la grossièreté de ses insinuations. Jouant des doigts sur le coin de la serviette, posée devant lui, il baissa les yeux. Desserra les dents pour rétorquer, d'une voix basse :

-Peut-on parler d'une infidélité si une histoire est techniquement finie depuis des mois ?

L'admettre à voix haute était difficile. Douloureux, tant pour son propre coeur que son amour-propre. Ce n'était pas lui qui avait mis fin à leur relation. C'était Enya. Enya qui avait tiré un trait sur une année entière de relation. Certes chaotique, elle n'en était pas moins vraie, aux yeux du psychiatre. Toutes choses considérées. Toutes erreurs prises en compte. Mais quel bien avait-il à s'épancher sur ce type de détails avec un sinistre inconnu ? Il n'avait pas l'intention d'intervertir les rôles, ce soir. N'avait pas envie de s'étendre d'avantage sur ce qui le dévorait suffisamment, tous les jours, depuis qu'il avait vu Enya pour la dernière fois. Liam le lui avait dit, il était venu à cette maudite soirée, ce soir, pour s'amuser. Et s'il n'avait plus du tout l'impression de ce faire, dans l'immédiat, il savait qu'il ne tenait qu'à lui de changer le sujet.
Il n'eut même pas besoin de le faire que Kenneth lançait une nouvelle perche. Acceptant de se retirer de sa morosité, le psychiatre l'attrapa à la volée, s'adossant plus confortablement dans son fauteuil. Dévisageant le brun aux yeux trop bleus, pour essayer de déceler ce qui pourrait vendre sa réelle identité. L'appel du jeu dessina une ombre de sourire au creux de ses lèvres ourlées. Voilà qui était nettement plus intéressant que ressasser ses propres problèmes.

-Un défi, donc ? Soit, j'accepte de jouer, mais qu'ai-je à y gagner ? Voire à y perdre ?

Il n'avait pas prévu d'attendre grand chose de cette soirée. Tout du moins il n'avait pas prévu de s'y amuser, et, déjà, cette sensation plaisante avait éclaté toutes ses aspirations quant à l'issue du gala. Alors il était ouvert à toutes les propositions, pour peu qu'elles soient raisonnables. Pour peu qu'elles soient profitables. D'autant qu'il était sincèrement curieux de savoir jusqu'où Kenneth était prêt de jouer.
Sans attendre plus longtemps, il avait joint ses mains sur la table, et s'était penché vers son étrange acolyte. De son propre aveu, l'homme était un renard. Les renards étaient des créatures malicieuses, intelligentes et adaptables. L'homme devait être imprégné de ce type d'essence, pour avoir été le bénéficiaire de cet animal. C'était ainsi que fonctionnait le Don. C'était ainsi que fonctionnait le Monde.
Son regard glissa le long de son visage jusqu'à son cou, avant de s'attarder sur ses vêtements. Sur ses mimiques. Sur sa gêne potentielle d'être scruté de la sorte. La majorité de ses patients se sentaient gênés par ce type de regard. Agissaient en fonction. Une provocation entièrement volontaire de la part du psychiatre, qui n'hésitait jamais une seconde à les pousser dans leurs retranchements. Silencieux, ses prunelles vertes s'attardèrent sur les épaules, les coudes, légèrement abîmés du costume de Kenneth. Sur les tendons du cou qui se révélaient sous le col de sa chemise. Sur la légère bosse qui trahissait la flasque d'alcool dissimulée dans la poche intérieure de son veston. Un regard perçant comme une lame qui léchait jusqu'au moindre bouton, avant de revenir se river dans les iris trop bleus de son aimable compagnon.

Les verres finirent par arriver, que Noah n'avait pas rouvert la bouche. Remerciant gracieusement le serveur, le psychiatre finit par prendre son verre par le pied, faisant tourner distraitement la robe pâle du breuvage dans le récipient. Puis finit par rouvrir la bouche, enfin.

-Vous n'êtes pas de notre monde, mais vous n'êtes pas non plus un pique assiette. Votre costume est abîmé mais d'assez bonne facture. Vous bénéficiez donc d'une situation qui n'est ni bonne, ni mauvaise, à proprement parler. Vous êtes observateur, malgré vos questions. Grâce à vos questions. Et vous ne me semblez pas être du genre à planifier vos actions entièrement en avance...

L'odeur du vin, fruitée, sèche, lui parvenait aux narines alors qu'il se concentrait. Laissait filer le cours de ses idées à mesure que les paroles se déversaient, à mesure qu'il tentait de se dresser un portrait plus précis du personnage qui lui faisait face. Distraitement, il poursuivit :

-Non, vous ne me semblez pas du genre à vous créer de règles ou de frontières, à proprement parler. En témoigne cette flasque salvatrice dans votre veste. Un petit côté joueur, un petit côté qui a le goût du risque. Mais quelque chose de physique, aussi. Votre carrure est admirablement dessinée, et je dois admettre que votre costume ne lui fait pas justice.

Une étincelle de malice s'était allumée au fond de ses prunelles alors qu'il levait son verre dans sa direction, saluant son physique tout en guettant sa réaction au compliment dérobé. Lancé comme il l'était, il n'allait pas s'arrêter juste sur cet état de faits.

-Vous êtes curieux, extrêmement curieux. Mais vous avez un petit côté sauvage, indépendant, j'ai pu le sentir à cette façon que vous avez de vous contracter à chaque fois que je vous ai touché. Je vous verrais bien dans un métier qui associerait tous ces éléments. Un métier avec des règles, structuré, duquel vous auriez besoin parfois de vous évader. Peut-être un métier dans l'administration. Ou les forces de l'ordre...

Qu'en savait-il, en vrai ? Il baissa les yeux vers son verre, lorgnant le breuvage avec envie, avant de les planter une nouvelle fois dans ceux de son partenaire. Peu importait, au fond, qu'il ait tort ou raison. L'essentiel était de s'amuser, et il n'était jamais contre une petite énigme quand elle se présentait.
Restait qu'ils avaient leurs boissons, enfin. Et que la bienséance voulait qu'ils ne commencent pas à boire tout de suite. Tendant son verre dans la direction de Kenneth, il l'invita à trinquer, un large sourire aux lèvres.

-A votre arrivée providentielle et aux mystères qui vous entourent, Kenneth !



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 8 Mai - 14:04


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| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Je ne savais pas ce qui caractérisait réellement Noah. Etait-il adaptable ? Etait-il simplement courtois ? Spontanément bon ? Non, il n'était pas bon ; pourtant j'aurais pu aisément le croire. Certes, je partais avec un a priori vis-à-vis de sa relation avec Enya, mais il y avait toujours deux versions à chaque histoire. Une partie de moi pouvait comprendre Noah ; tout ce qu'il était, tout ce qu'il cachait. Une autre ne le tolérait pas. Je n'étais pas ici pour me faire une idée précise de ce qu'il était réellement. Mon avis n'avait pas d'importance. J'étais ici pour Enya, pour satisfaire sa curiosité, pas la mienne. Pourtant, je me retrouvais perdu dans mon propre jeu, oubliant par moment quelles réponses j'attendais de cet homme, dérivant de mon but dans le processus. Je ne pensais pas me tromper de tactique. J'avais affaire à un homme dont je devais me méfier, qui était intelligent et à qui je ne pourrais pas aisément la mettre à l'envers. Je n'avais pas d'autre solution sous le coude et lui poser simplement les questions pour lesquelles j'étais face à lui ce soir n'était de toute façon pas une alternative possible. Alors, je le laissais être courtois, poli, irréprochable avec moi, ne pouvant laisser de côté l'idée qu'il ne devait pas l'être tant que ça en réalité. Je laissais mon jugement premier dominer mes émotions, m'empêchant de trouver ce sorcier parfaitement agréable à côtoyer.

J'avais tendu une perche que Noah avait saisie. Jusqu'à maintenant, il ne m'avait pas laissé tomber. Encore cette fameuse courtoisie ou bien était-il vraiment dans l'échange ? Sa sincérité me fit reculer dans mon siège, brusquement, à peine. Comme s'il venait de me gifler. Je bloquais et masquais immédiatement toute expression sur mon visage. A temps. De justesse. S'il ne parlait pas d'Enya, alors je ne savais pas de qui il parlait, mais il aimait beaucoup cette personne. Aussi surprenant que cela puisse paraître, j'étais un animal d'émotions. Je les ressentais parfaitement. Ce que j'en faisais, néanmoins, était légèrement différent de l'être humain lambda. Là était ma capacité : je les ressentais sans filtre, je peinais même parfois à les identifier tellement elles étaient nettes, limpides, claires, c'était paradoxal ; mais la plupart du temps elles ne m'atteignaient pas. J'étais imperméable à toute émotion extérieure. C'était peut-être pour ça que je pouvais faire mon travail sans montrer la moindre merci, sans prendre en compte une quelconque émotion dans l'équation. Je dévorais les livres, recueillant des sentiments qui n'étaient pas les miens ainsi que toute la sincérité que les mots pouvaient communiquer. Et j'y étais sensible, à ma façon. Quant à mes propres émotions, j'en faisais mon affaire et c'était encore autre chose. Pourquoi lorsque j'aurais dû ressentir des émotions négatives s'émaner de Noah, je ne ressentais à la place que sincérité et bons sentiments ? Il piétinait ce que je pensais savoir, m'imposant une vision bien différente de celle que j'avais attendue jusqu'à maintenant. Je crois que cette question tournait dans ma tête, en boucle. Qui était cet homme bon sang ? Personne ne pouvait jouer aussi bien la comédie ; pas même moi, j'en étais persuadé. Alors, quoi ? Est-ce que sa version de l'histoire pouvait être aussi différente que ça ? Est-ce que c'était Enya qui avait tort, cette fois-ci ? D'avoir laissé filé un homme comme Noah ? Personne n'avait tort ou raison, et loin de moi l'idée ou l'envie de porter un jugement sur leur relation, cela ne me concernait pas réellement ; néanmoins, je me posais la question. Même si nous avions tous nos torts, certains en avaient plus que d'autres et je n'arrivais pas à croire que Noah en avait tant que ça. Son aura était très particulière. Intense. J'aurais presque voulu la toucher. Je n'avais jamais rencontré un homme comme lui auparavant. Je laissais ma tête pencher légèrement sur mon épaule, le détaillant, visage impassible. J'étais captivé, sans raison valable pour expliquer à quel point je l'étais. Et c'était intolérable. Insupportable. Presque douloureux à vrai dire.

La morosité qui s'était précédemment installée avait laissé place au jeu, une nouvelle fois. Je n'avais pas envie de répondre à ses questions ; à vrai dire, je préférais qu'il réponde aux miennes, mais ce n'était pas comme ça que ça fonctionnait malheureusement. Jouer était encore une manière de ne pas répondre directement. C'était également la meilleure solution pour entretenir le mystère. Garder son attention sur moi. Et on ne pouvait pas dire que je n'avais pas réussi. Il avait accepté de jouer, mais cela me coûta un passage au peigne fin de sa part. Il me détailla calmement, intensément, et je le laissais faire, non seulement parce que je n'avais pas le choix, mais aussi parce que j'étais curieux de savoir ce qu'il pourrait découvrir en me dévisageant de la sorte. Que voyait-il ? Mon regard se détourna soudainement sur le whisky qui me fut servi, je remerciais brièvement pour ce verre, puis laissais mon attention se reporter sur Noah. J'étais prêt à lui demander ce qu'il avait vu en me fixant de la sorte, mais il me devança. Mes doigts se posèrent sur mon verre, mais je ne le portais pas immédiatement à ma bouche. J'écoutais attentivement chacun de ses mots. Etait-ce son expérience et son métier qui lui permettaient de dresser un portrait aussi précis, ou utilisait-il une autre compétence qui m'était inconnue ? L'homme n'était pas seulement intelligent, il était en plus doué. Je hochais brièvement la tête dans une grimace, impressionné. Si une partie de moi n'aimait pas être mis à nu aussi facilement, une autre était parfaitement captivée. J'acceptais le compliment alors qu'il levait son verre dans ma direction. Il reprit bien vite la parole et je le laissais s'exprimer, restant silencieux. Il savait absolument tout et je me demandais un instant qui était la proie de qui. Est-ce que j'avais été piégé ou quelque chose du genre ? C'était drôlement précis, peut-être un peu trop pour être honnête. A cet instant, je ne savais plus comment je devais réagir. Prétendre qu'il avait tort, fuir parce qu'il avait parfaitement raison, ou rester assis et affronter son analyse ? Bluffer ? Oui d'accord, mais pour quoi faire ? Et fallait-il encore être cohérent et adapté ensuite. J'étais donc un livre ouvert pour cet homme et cela ne m'était encore jamais arrivé jusqu'à maintenant, et pourtant soixante dix années, c'était long. J'avais cette désagréable sensation qu'il menait parfaitement le jeu et que je n'étais plus acteur de cet échange. Je l'observais, encore. Je ne l'avais pas quitté des yeux. Pas seulement parce que je ne voulais pas les baisser devant lui mais parce que j'en étais tout bonnement incapable. Noah fut le premier à les baisser et je fus rassuré lorsqu'il les leva sur moi à nouveau. Bientôt, il m'invita à trinquer et je m'exécutais immédiatement. Un fin sourire se dessina sur mon visage. D'accord, il m'avait déchiffré et je ne comptais pas nier qu'il avait raison sur tous les points. Néanmoins, je pouvais peut-être utiliser l'excuse de ses compétences pour aborder un sujet qui m'intéressait tout particulièrement. Je bus une gorgée de whisky après que le tintement du choc de nos deux verres résonna à mes oreilles, respectant toujours la tradition. Pas dégueulasse, ma foi. Même plutôt pas mal. J'observais l'alcool dans mon verre. En fait, il était le bienvenu et je souriais à nouveau. J'allais le savourer et le boire vite à la fois. Je pris une nouvelle gorgée avant de reposer mon verre sur la table qui me séparait de mon acolyte, puis ouvrais finalement la bouche :

Vous avez une âme bien plus vieille que votre corps. Je ne sais pas s'il y a encore du mystère autour de cette table, mais il ne provient visiblement pas de moi. Votre description est plutôt épatante, hochais-je la tête pour soutenir mes propos. La seule chose que je vois en vous, ajoutais-je en le désignant vaguement de la main, c'est que vous avez l'air compétent dans ce que vous faites. Et que vous avez le cœur brisé.

Si cela semblait évident, c'était pourtant les deux seuls éléments que je percevais réellement de lui, et pourtant j'avais été préparé à cet entretien ; lui non, et il en savait déjà bien plus sur moi que je n'en savais sur lui. J'étais visiblement désavantagé, mais devais-je vraiment prendre ça pour un défi ? Peut-être devais-je laisser cette soirée se dérouler à sa façon sans chercher forcément à en prendre le contrôle ? Cela ne me ressemblait pas, certes, mais quelque chose me disait que ce serait épuiser mon énergie vainement. Je n'aimais pas me reconnaître perdant ou en mauvaise posture, mais son analyse, bien trop précise pour être réelle, m'indiquait qu'il était plus fort que moi à ce petit jeu et je ne pouvais pas le nier. Seul un con fini aurait pu, et je ne me pensais pas stupide à ce point.

Vous savez visiblement déjà tout de moi en un regard. Quel est votre secret ? Lançais-je naïvement dans un sourire amusé.

J'espérais qu'il me donne encore de la sincérité. Encore. Je devenais accro ; que ce soit aux mots ou aux émotions sincères qu'il m'envoyait en plein visage.  J'en oubliais un bref instant Enya. J'aurais le temps d'aborder son sujet. Je voulais prendre du temps avec cet homme, bien malgré moi. Parfois, une compagnie agréable n'était pas là où on l'attendait, et c'était la dernière chose que j'avais attendu de cet échange. Pourtant, c'était ainsi. En fait, je m'étais attendu à tout sauf à un entretien sincère. Même encore maintenant, cela me paraissait irréel. Et maintenant, associez cela à une absence totale de conséquence... Si je devenais sincère à mon tour, serais-je récompensé ? J'avais presque envie d'essayer. Voir ce que ça ferait pour une fois, dire ce qu'on pensait, ressentait ou pensait ressentir en tout cas, sans réfléchir à ce que la personne face à nous ferait de ces informations. Cet homme ne pouvait pas m'atteindre et pourtant il me touchait avec une aisance démesurée. Comment était-ce possible ? La profonde liberté que je ressentais en sa présence me dérangeait et me donnait envie de fuir aussi loin que possible alors que mon corps, mon esprit et mes mains, étaient verrouillés en ce lieu et en sa présence. Je tombais dans mon propre piège et cela ne m'était encore jamais arrivé. Une sensation toute nouvelle que j'avais envie d'explorer, aussi improbable que cela semblait paraître être. Ma sincérité avait toujours eu des conséquences, c'était pourquoi je mentais comme je respirais : pour me protéger, pour protéger. Je cachais mes véritables pensées et émotions. Et pourtant, je me nourrissais d'honnêteté. Un paradoxe inexplicable. Cet homme pouvait m'apporter une sincérité sans aucun prix à payer ; parce qu'il ne me tenait pas, et que je ne le tenais pas non plus. Pas même Lucrezia ne pourrait m'apporter cela un jour. Il n'était rien, un autre homme parmi tant d'autres, sans importance, et pourtant là était toute la différence. Depuis combien de temps n'avais-je pas échangé de cette façon, gratuitement ? Juste pour le plaisir de partager un verre avec un inconnu, échanger quelques mots, exprimer une sincérité qui ne serait pas biaisée par des sentiments mis en jeu dans une relation ? A cette pensée, une pression s'ôta d'elle-même de mes épaules et je me détendis imperceptiblement. Est-ce que je pouvais faire d'une pierre deux coups ? Apprendre à connaître cet homme qui semblait déjà me connaître et satisfaire la curiosité d'Enya par la même occasion ? Je croyais cela possible maintenant. Un sourire compatissant s'afficha sur mon visage alors que je décidais de reprendre la parole :

J'avais juste envie de discuter autour d'un verre ce soir. Je voulais prétendre être quelqu'un d'autre mais maintenant que je constate que vous m'avez cerné, je n'en vois plus l'intérêt. En toute honnêteté, je voulais vous faire tourner en bourrique mais la vérité c'est que votre aura me captive et que vous pourriez peut-être être plus fort que moi.

Je regardais tout autour de lui, comme si je pouvais actuellement la voir pour de vrai. Sa présence était indéniable. Elle était écrasante, même si je doutais qu'elle puisse réellement le faire.

Je me suis fait prendre à mon propre jeu visiblement, me moquais-je de moi-même avant de saisir mon verre pour boire une nouvelle gorgée de whisky, résigné.

Plus de retour en arrière possible. J'avais répondu à sa sincérité avec la mienne. J'allais peut-être le faire fuir, mais peu importait. Ce qu'il venait de me faire comprendre ici et maintenant en valait le coup. J'étais un très mauvais ami, qu'Enya me pardonne, mais je me devais de tenter ma chance. Cette nuit pourrait m'apporter bien plus que je ne l'aurais cru et j'étais bien trop curieux pour continuer à jouer ce petit jeu qui ne me mènerait pas là où je voulais désormais aller. J'avais encore changé d'avis ; j'étais le spécialiste des retournements de veste. Mais j'étais ainsi, et il y avait peu de chance pour que je change un jour, quelles que soient les conséquences d'un tel comportement.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Jeu 1 Juin - 0:50

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Politesse et courtoisie, en ce qui le concernait, allaient généralement de paire. Surtout quand il s’agissait de passer une bonne soirée en compagnie agréable, dans un bar où l’on servait autre chose que du sirop et de l’eau claire. Ou du jus de fruit. Pas une seule fois, pourtant, le psychiatre ne s’était pris au jeu d’une autre personnalité. S’inventer des masques, il le faisait depuis toujours. Une nouvelle étiquette. Un nouveau nom. Une nouvelle identité, même, entière, depuis qu’il avait accompagné les migrants vers la Nouvelle Orléans. Mais là, sous la lumière tamisée de ce bar clandestin, son verre de vin blanc si doux à la main, il ne voyait aucune nécessité de dresser les masques. Au contraire. Plus il était sincère, plus il était sûr que son comparse agirait de la même manière. Une technique qu’il avait usée à la corde, depuis des années qu’il exerçait en tant que psychiatre. Une technique qu’il utilisait déjà régulièrement des siècles plus tôt, alors qu’il n’était que simple prêtre.
Cet échange, dans ses paradoxes et sa prétendue simplicité, lui rappelait les premiers pas avec Aida. La façon que sa Louve avait eue de lécher son visage poupin de ses yeux sombres, s’attardant sur les plus infimes, les plus insignifiants détails. C’était elle qui lui avait appris à observer les faits et gestes des hommes. A lire dans leur corps, dans leur attitude, dans leurs vêtements, ces mots qu’ils refusaient de prononcer. Une image qui parlerait nettement mieux que des centaines de paroles vaines. Parce qu’il était facile de louvoyer dans les esprits, avec la puissance de quelques mots. Par contre, cacher cette nature profonde qui pouvait se révéler d’un simple coup d’oeil mal placé, cette fissure dans le masque, c’était là, le vrai plaisir. Le vrai jeu.
Noah ne connaissait pas l’expression de Kenneth. Mais, sans même le savoir, il en appliquait le sens. Parce qu’il savait qu’en s’enfonçant aussi profondément dans son analyse de l’autre homme, il courait le risque de le faire fuir. Et, finalement, était-ce vraiment si important ? Le brun aux yeux trop bleus n’était ni un client, ni une influence notoire sur les huiles de cette maudite société. Alors qu’avait-il vraiment à perdre ou à gagner en agissant de la sorte avec lui ? Si peu. Si peu en réalité. C’était pour ça qu’il s’était faufilé dans la brèche. Qu’il avait pris son temps, quitte à surprendre son partenaire improvisé. Et l’observait de nouveau, ses lèvres trempées dans le vin blanc, un élan de satisfaction enfantin plein la tête.

Une âme vieille dans un corps jeune. Noah ignorait s’il s’agissait d’un constat, d’un fait que l’autre pouvait connaître au préalable, ou juste d’une nouvelle pointe d’humour. Toujours était-il qu’il n’avait effectivement pas tort sur ce coup-là. Mais il ne confirma ni n’infirma quoi que ce soit pour autant, curieux des conclusions de son étrange compagnon. Et fut contraint de grimacer devant tant de véracité.

-Touché. Pour l’une, l’autre, ou les deux affirmations.

Compte tenu de leur entreprise, il n’allait pas s’étaler sur les détails. Il n’en avait, de toutes façons, pas réellement l’intention. Ce qui s’était passé avec Enya était justement ça : passé. Il n’était plus nécessaire de revenir sur ces événements, même si ça lui en coûtait. Même si la déception, la douleur, étaient encore bien vives. Résonnaient, ivres, dans son esprit embrumé. Dire qu’il avait été désespéré au point de chercher à la revoir, dans l’assemblée du gala, quelques dizaines de minutes plus tôt. Dire qu’il avait espéré, mais espéré quoi, au juste ? Une parole ? Un regard ? Vu les circonstances, c’était déjà trop espérer. C’était bien trop cruel, que d’espérer.
Noyer le désarroi dans l’alcool. Se laissant porter par la voix suave, mélodique, de son partenaire, le psychiatre haussa un sourcil à sa question. Reposa le verre qu’il avait commencé à téter avec un peu trop d’ardeur, son coeur appelant à l’accalmie, avant de hausser tranquillement les épaules.

-Tout savoir d’une personne est impossible, surtout sur la base d’une simple observation. Mais chaque personne est un livre ouvert, à qui sait le déchiffrer. Disons que j’ai simplement une bonne expérience dans le domaine, du fait de mes activités professionnelles. Mais aussi d’une passion particulière pour l’âme humaine.

Une passion qui avait pu lui causer du trouble, par le passé. Qui lui en causait toujours. Mais à laquelle il était incapable de résister. La psyché humaine était passionnante, dans ses tours, dans ses virages. Dans les sinuosités extrêmes qu’elle pouvait opérer, de façon aussi surprenante que riche. Une ambivalence permanente qui avait toujours fasciné le sorcier. Parce que dans une personnalité complexe résidait un réel trésor.
Un trésor qui se révélait de plus en plus dans son étrange, et bien laconique compagnon. Compagnon qui se décida enfin à concéder un aveu que Noah n’attendait plus. Alors comme ça, il avait effectivement une idée derrière la tête ? Bon, clairement, l’idée n’était pas exactement la même que celle que le sorcier avait entrevue pour la suite des événements. Mais Kenneth lui lançait un nouvel os à ronger, en reconnaissant avoir eu un but précis le concernant. Un os que le psychiatre prit de bon cœur entre ses dents, sa curiosité aiguisée.

-Prétendre ne pas être le même homme, je comprends l’intention, mais j’avoue ne pas saisir en quoi je pourrais être plus puissant que vous, Kenneth.

Et il voulait savoir, pour tout dire. Parce que cet aveu d’impuissance signalait que le but de son étrangement compagnon, le but premier, n’était peut-être pas aussi innocent qu’il l’avait prétendu dès le départ. Mais dans ce cas, que pouvait-il vraiment lui vouloir ? Etait-il à la solde de Morienval, lui aussi ? Noah fronça les sourcils, s’adossant plus confortablement à son siège, laissant distraitement tourner le liquide doré dans son verre à vin. Observant les tourbillons purs du breuvage, il poursuivit, son ton s’évadant au fil de ses pensées.

-Vous me flattez, Kenneth, mais je crains de vous avoir également sous-estimé. Car, malgré les quelques points que j’ai pu comprendre de votre personne, je ne connais ni votre but, ni votre profession. Peut-être serait-il grand temps que vous vous dévoiliez un peu plus sur le sujet, ne croyez-vous pas ?

La soirée avait pris un tournant pour le moins inattendu, et, s’il n’avait pas la sensation désagréable au creux de son estomac qui signalait un problème imminent, Noah préféra rester sur ses gardes. Ce n’était pas contre le brun aux yeux trop bleus, non. C’était surtout car, dans un monde tel que celui où ils progressaient, une parole de travers peut être bien trop vite captée, assimilée, façonnée et rendue pour dire le contraire. On n’est jamais trop prudent.
Forçant un sourire de circonstance en retour à l’auto-dénigrement de son partenaire, il ne se départit pas pour autant de ses sourcils froncés. Quelque chose ne collait pas. Si l’homme se prouvait être d’un quelconque danger pour lui, son instinct l’aurait déjà prévenu. Si Rafael était dans le coup, il l’aurait su. Il ignorait comment, mais il l’aurait su, c’était une évidence. Toutefois, en ce qui le concernait, il était temps de mettre un peu plus cartes sur table.

Se penchant dans la direction de son étrange partenaire, il joignit ses mains sur la table. Patte blanche. Durant toute la soirée, il n’avait été lui-même que parfaitement honnête. Et c’était cette même honnêteté qui le poussait maintenant à planter un regard incisif dans les yeux trop bleus de son partenaire. De s’illuminer d’un sourire résolument joueur, alors qu’il invitait d’une voix chaleureuse.

-Jouons à un nouveau jeu, dès lors, mon ami. A vérité, vérité. Nous sommes clairement assez fins pour comprendre si l’autre ment ou se confesse. Et ça rendrait toute cette petite situation nettement plus drôle, d’autant plus si effectivement vous aviez prévu de me faire tourner en bourrique. Après tout, autant que ce soit réciproque.

Sa phrase s’était achevée sur un feulement joueur. De nouveau, le chat et la souris. De nouveau, cette nécessité dévorante de faire le jour sur une situation qui ne le mettait pas à son avantage. Briller. Briller et comprendre ce qu’attendait réellement l’homme en face de lui.
De comprendre qui était l’homme en face de lui.

-Ma seule condition est que nous soyons limités à 5 questions chacun. Je vous laisse le plaisir de commencer le premier. Vous pouvez me demander ce que vous voulez. Quelle sera votre première question ?

Il était tenu de ne répondre que la vérité, et rien que la vérité. Mais cela ne le perturbait pas outre mesure. L’homme le plus honnête parmi eux, et depuis le début de cette bien étrange soirée, n’avait jamais été Kenneth.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Dim 2 Juil - 17:56


« Beauty and seduction, I believe, is nature's tool for survival, because we will protect what we fall in love with. »



| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Si je ne pouvais pas percevoir Noah comme ce dernier me percevait, il me confirmait pourtant que je n'avais pas tort sur le peu que j'avais vu. Rien d'exceptionnel, car j'avais été informé de tout ça et pourtant c'était deux données qu'il portait sur son front à qui savait regarder. Cette lueur dans ses yeux n'appartenait ni à un trentenaire, ni à un cœur plein et épanoui. Son sourire contrastait néanmoins avec le miroir de son âme. Cet homme avait l'apparence idéale et cela suffirait à détourner l'attention des gens sur lui. Comme moi. Alors que certains se concentraient sur mes yeux, ils n'en verraient que la couleur qui les perturberait suffisamment pour ne pas être capable d'y lire quoi que ce soit. Ils détourneraient les leurs avant. Un avantage que j'avais perdu face à cet homme. Noah avait raison, nous étions tous des livres ouverts, prêts à être déchiffrés à qui le souhaiterait vraiment. Certains mettraient plus de temps que d'autres, avec l'expérience ou des compétences naturelles, mais à celui qui le voulait vraiment, nous étions tous accessibles. La preuve ce soir. Je souriais en coin. La plupart de la population ne s'intéressait pas aux autres. Elle pouvait le prétendre, mais en réalité, bien trop nombriliste, elle s'arrêterait si cela devenait trop difficile. Pourquoi perdre du temps et de l'énergie sur le cas des autres quand son petit cas personnel était la seule chose qui intéressait réellement ? Une passion particulière pour l'âme humaine. Cet homme l'avait clairement et il savait comment l'atteindre.

La différence entre lui et moi, c'était le fait que Noah ne jouait pas. Il était authentique et c'était l’élément précis qui me donnait envie d'arracher mon masque. Pouvait-il seulement en avoir conscience ? Je n'en avais pas la moindre idée. Le fait était que je dévorais son honnêteté tel un drogué en manque. Je réalisais que j'en avais terriblement besoin. Trop longtemps, trop souvent derrière mes remparts et ceux des autres, atteindre de la sincérité était devenu impossible. Tout le monde mentait, tout le monde se cachait, et cela m'avait convenu, car je pouvais me noyer dans ça moi aussi, tout en en profitant pour en tirer profit. Jusqu'à maintenant.

Je savais que j'avais dévoilé mon jeu. Je l'avais fait car Noah avait été parfaitement sincère avec moi. Et lorsque je me dis qu'il aurait pu fuir, il fit tout l'inverse. Peut-être avais-je capté son attention ou alors était-il simplement curieux de savoir la vérité de ma présence ici. Le fait était qu'il n'avait pas fui... Un simple froncement de sourcils pour montrer ses doutes, son mécontentement peut-être aussi. Et une partie de moi le remerciait pour ça. Une suite logique à ses bonnes intentions peut-être ? Il ne faisait que confirmer son authenticité. Et il avait raison. Il aurait été cohérent que je me dévoile davantage. Cela aurait été un échange logique. Sauf que ce n'était pas dans mes habitudes. Je ne pouvais tout simplement pas ouvrir la bouche. Je restais alors silencieux, l'observant encore. Par quoi commencer de toute façon ? Je le laissais se pencher au dessus de la table pour se rapprocher davantage de moi. Nous étions enfermés dans notre bulle. Je crois même qu'une partie de moi se pencha aussi pour mieux capter la suite des événements alors que je restais physiquement figé dans mon siège. Noah récupérait son sourire radieux, un sourire joueur également. Comme s'il s'adaptait en un claquement de doigts à tous les nouveaux éléments qui venaient d'être posés sur la table.

Comme si Noah avait compris. Comme s'il avait perçu que je n'étais pas capable de parler aussi aisément que lui, il reprit la direction de cet échange. Peut-être une technique qu'il utilisait avec ses patients pour les aider à exprimer les mots qui restaient piégés dans leurs bouches. Je ne sus pas si je devais le remercier ou bien l'insulter. Je l'écoutais attentivement me proposer ce nouveau jeu. Avant d'échapper un rire. Je hochais négativement la tête, soupirant maintenant de rire avant de le laisser naturellement se tarir. Voilà un jeu parfaitement intéressant. Une bénédiction dans ma situation actuelle. Je pouvais lui demander n'importe quoi, il serait tenu de dire la vérité. Mais voilà que la réciproque était vraie. Il avait parfaitement installé les bases. Suffisamment pour me sentir obligé d'être honnête et de répondre avec la même sincérité qu'il me promettait en échange. Cinq questions. A priori, largement suffisant pour obtenir toutes les réponses que je cherchais ce soir. Pour Enya. Mais ce ne serait sûrement pas sans dévoiler l'intégralité de mon propre jeu. Avais-je vraiment le choix ? Nous avions toujours le choix. J'aurais pu mentir. Pourtant, c'était comme si son aura m'en empêchait. Cela aurait été trahir cette dernière, et Dieu savait à quel point tromper cette aura semblait compliqué. Dans tous les cas, quelqu'un serait trahi ici ce soir. Exposer Enya et ses intentions à travers moi ou trahir ce jeu ou plutôt ce marché d'honnêteté avec cet homme. La logique aurait voulu que je protège à tout prix la petite brune. La vérité était que cet échange me semblait plus important maintenant qu'il avait lieu. Je soupirais, résigné, détournant les yeux avant de les reposer sur Noah, déterminé. Comme si je venais de prendre une décision. Probablement que c'était le cas de mon fort intérieur. Mais ce dernier ne prit pas soin de m'informer de son choix. En ce qui me concernait vraiment, je ne savais absolument pas lequel il venait de faire, mais mon impulsivité se chargerait de répondre bientôt à cette question.

D'accord, mais s'il vous plaît, pas de jeux de mots ou de doubles sens, dis-je simplement, pour que mon approbation soit claire.

Noah me laissait poser la première question, me permettant d'ouvrir le bal. Pas sans raison, je n'étais pas idiot. Et si son but était de me conforter dans le fait qu'il était parfaitement honnête, c'était pour mieux m'atteindre ensuite. Il savait que sa sincérité ferait appel à la mienne et que mes réponses seraient plus authentiques. Je ne pourrais probablement pas m'en empêcher, comme en avait attesté mes précédentes confessions. Je hochais à peine la tête, plusieurs fois, approuvant sa technique et ses dires à la fois. Il me faudrait choisir judicieusement ma première question. Mais une partie de moi souhaitait mettre les pieds directement dans le plat sans pour autant lui mettre la puce à l'oreille sur mes réelles intentions. Un savant équilibre auquel je réfléchis quelques secondes avant de lui demander de la manière la plus neutre possible :

Avez-vous déjà tué un homme ?

J'étais ici pour ça. Pour savoir si cet homme était un meurtrier. Un psychiatre n'avait à priori pas besoin de tuer qui que ce soit ; alors si la réponse était oui, j'avais déjà une bonne piste sur la vérité que je recherchais ce soir pour Enya. Néanmoins, attaquer aussi violemment Noah, via les questions qu'il m'offrait et les réponses qu'il me promettait sincères, n'allait que le provoquer davantage à être également virulent dans ses questions. J'étais prêt. Enfin, j'essayais de m'en convaincre. J'avais l'habitude d'improviser. Pas d'exception donc, et j'étais très bien lancé sur cette voie depuis le début de cette soirée.



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