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 Use seduction as a weapon. | | Kenoah

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Sam 30 Sep - 17:23


S'il avait espéré une réponse, ce n'était certainement pas celle-là. S'il était bien trop méfiant, naturellement, il ne s'était pas douté que cette maudite paranoïa soit un jour justifiée à ce point.
S'il se tenait aussi nonchalant que possible dans ce genre de circonstances, son visage ne manqua pas, cette fois-ci, de trahir la stupéfaction qui l'étreignit à l'entente de ce prénom. Les yeux grands ouverts, il dévisagea son comparse pour s'assurer qu'il n'ait pas mal entendu le prénom de son émissaire. Enya. Deux syllabes qui avaient encore tant de sens à ses oreilles qu'il ne pouvait supporter qu'elle puisse être à l'origine de cette étrange mascarade. Enya. Il déglutit difficilement, une goutte de sueur froide roulant le long de son échine. Son regard balaya le visage du renard, à la recherche de la moindre marque de malice qu'il aurait pu saisir pour s'assurer qu'il le menait en bateau. En vain. La voix de Kenneth n'avait subi aucune variation de ton, aucun espacement, aucune hésitation. Parce que la réponse simple, la réponse la plus sincère à l'interrogation du psychiatre était celle-là. Enya. C'était elle qui avait mis le renard entre ses pattes, c'était elle qui avait, en vérité, une bonne dose de doutes pour lesquels elle espérait obtenir résolution.
Elle et elle seule. Kenneth n'était au final qu'un outil pour ne pas avoir à assumer la portée de ses propres actions. Pour ne pas avoir à réaliser l'étendue de sa lâcheté en ce qui concernait la fin de leur relation. Mais de là à se servir d'une tierce personne pour obtenir le fin mot de l'histoire ? Malgré leur relation, même Noah ne l'en aurait pas crue capable. Il n'avait jamais vu la jeune femme comme la personne la plus brave de toute la Nouvelle Orléans. Et encore moins la plus culottée.
Force était de constater qu'il s'était trompé dans son jugement.

L'amertume lui serrait les mâchoires, et il posa un regard assombri au fond des iris trop bleus de son partenaire. D'un geste vindicatif de la main, il refusa le verre que lui tendait le serveur, l'incitant à le poser sur la table. Et filer à toute vitesse. Il pouvait la sentir, la colère. Elle revenait gonfler ses veines comme son esprit, embrumant ses pensées aussi sûrement que tout l'alcool qu'ils s'enfilaient progressivement. Et si Noah était capable de se composer, ses défenses venaient d'être suffisamment ébranlées pour qu'il nécessite un moment pour se recomposer. Un moment que Kenneth lui offrit avec une amabilité qui le hérissa prodigieusement. La courtoisie mal placée n'avait pas sa place dans les affaires du coeur. Encore moins quand il en était la cible. Et encore moins quand il n'était plus d'humeur pour endurer ce type de babillages.

Déséquilibré. C'était exactement l'état dans lequel il se trouvait en remarquant malgré lui la position de Kenneth. Une position de force, tant dans son attitude physique que dans la suffisance qui se dégageait de ses paroles. Parce que Noah n'était plus maître de la conversation comme il l'avait été ces dernières heures. Toute la situation s'était inversée, et le petit jeu que le psychiatre avait lui-même inventé se retournait à présent contre lui. L'espace d'un instant, il fit abstraction de ce que racontait son partenaire pour regarder tout autour d'eux, à la recherche d'une échappatoire. Il n'avait plus envie de jouer, plus le moins du monde.
Du moins c'était avant que Kenneth ne trahisse une fraction d'information qui raviva l'intérêt du psychiatre, le poussant à reposer un regard sombre sur le renard. La mâchoire toujours serrée, Noah glissa ses doigts le long du pied de son verre. Effleura la surface polie du bout de son index. Le contact le calmait. Se concentrant sur les sensations sous la pulpe de son doigt, il soupira lourdement, dans l'espoir de rassembler ses pensées. Dans l'espoir, aussi, de rattraper les filaments de sa propre magie qu'il sentait filer le long de sa peau, comme à chaque fois que les émotions devenaient trop fortes. Que Kenneth perçoive sa puissance n'était pas un mal. Mais qu'il puisse en calculer l'étendue entière ? Ce serait un bien trop beau cadeau de la part du sorcier.
Comme pour lui faciliter les choses, son étrange partenaire avait repris la parole. S'expliquait sur certains points dont Noah n'avait aucune envie de connaître les détails. Et pourtant sa curiosité se trouva aiguisée, bien malgré la colère, bien malgré l'amertume, par la définition que Kenneth apportait à leur relation. Une amitié. Enya ne lui avait jamais parlé du brun, du temps où Noah et elle étaient en couple. Ou alors il n'avait pas relevé l'information. Mais s'ils étaient effectivement amis, cela pouvait-il signifier qu'elle ait pu lui demander directement qu'il agisse de la sorte vis à vis de son ex ?
Trop d'interrogations. Trop d'interrogations, et ce n'était pas même à lui de poser les questions. Jaugeant son étrange compagnon avec humeur, il ne se hasarda toutefois pas à cesser le jeu tout de suite, l'incitant à poursuivre d'un hochement de tête. Avec ce pacte de sincérité qu'ils avaient tous deux décidé de signer, il avait de bonnes informations à tirer de son côté, lui aussi. Il suffisait qu'il continue sur sa lancée.

Lancée. Une nouvelle salve, qui lui arracha un ricanement méprisant. Forcément. Forcément, lorsque deux coeurs s'entre déchirent, cette question doit nécessairement arriver sur le tapis. Forcément, il n'était de toute évidence pas quelqu'un qui filait droit, il suffisait de peu pour le comprendre malgré toute ses précautions. S'accoudant de nouveau à la table, il tendit la main pour s'emparer du verre qui l'attendait, miraculeusement rempli. Il avait été trop préoccupé pour se souvenir du serveur. Ou plutôt, trop pris dans leur conversation. Recouvrant ses manières autant que sa maîtrise de lui-même, il fit tourner le liquide doré dans le verre, quelques instants, du bout des doigts, avant de s'offrir le luxe d'une nouvelle gorgée. La boisson n'était plus assez alcoolisée pour souffrir cette conversation.

-Oui. Une fois.

Inutile de s’appesantir sur les détails, ne serait-ce que parce qu'ils pourraient lui être critiques, pour peu que Kenneth décide de le dénoncer. Peu importait qu'il lui dise que ce n'avait été qu'une nuit, que ce n'avait été qu'une fois, que ce n'avait été qu'avec un sombre inconnu. Peu importait qu'il lui dise qu'il avait revu ledit inconnu pour se lover dans la chaleur de son corps une nouvelle fois, après que leur relation ait touché à sa fin. Peu importait qu'il sache, tant qu'il avait la vérité. Il ferait bien les connexions tout seul, comme un grand, plus tard.
Et il espérait qu'il le dise à Enya. Il espérait qu'elle sache, qu'elle souffre, autant qu'elle l'avait fait souffrir en l'abandonnant aussi brusquement. Sans la moindre raison.
Il déposa un regard vipérin, luisant d'une énergie sourde, ancestrale, au creux des iris trop bleus de Kenneth. Un regard qui ne souffrait aucune négociation, qui appuyait ses propos d'une sincérité crue, violente et sombre. C'était ça qu'il était venu chercher, au fond, le renard. Ce n'était pas une poule gloussante, perchée sur le tas de fumier qu'était son innocence. Sa véritable cible, c'était une vipère. Il l'avait trouvée. Et, finalement, la vipère avait encore un peu de poison à déverser pour vicier le reste du monde.

-J'imagine que vous devez être déçu de cette réponse, surtout si vous vous prétendez être ami avec l'interne Rivers. Mais soyez assuré qu'elle n'est motivée que par la seule sincérité imposée par notre petit jeu. Sachez dès lors que si ça ne s'est produit qu'une fois, ça n'avait aucun rapport avec notre couple. C'était... Différent. Une passade, comme elle en a eu elle-même une de son côté.

La vérité. L'honnêteté. La sincérité. S'il avait couché avec autrui, Enya, elle, avait abandonné son coeur à un autre alors qu'ils étaient toujours ensemble. S'il jouait assez finement, et si Kenneth était aussi vulpin que sa nature animale, Noah pourrait facilement lui faire perdre l'intégralité de ses questions sur des détails insignifiants. Il venait de lui tendre une perche, après tout. En faisant abstraction des détails, il pouvait aussi bien titiller la curiosité naturelle de son comparse comme l'étouffer. Un pari qu'il était prêt à prendre, juste pour évaluer ses chances de s'en sortir de cette soirée sans trop y perdre. Une manière, également, de se réintéresser au jeu.
Et ça avait fonctionné en ce qui le concernait.

-Attend-t-elle un rapport détaillé de votre part ou avez-vous agi de votre plein gré ?

Sa deuxième question. Une question mûrement réfléchie qui lui permettait de mieux en savoir tant sur les motivations de son laconique compagnon que sur la nature de sa relation avec la jeune femme. Une question en deux temps, comme un pas de bourrée. Un pas, une inspiration, un pas. Mais au final, toujours le même mouvement.
Fantomatique, un léger sourire marqua de nouveau le creux de ses lèvres ourlées. La trace fugace de l'amusement, qui revenait prendre ses quartiers au beau milieu de la tempête qui fusait sous les boucles brunes du sorcier.

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Ven 27 Oct - 3:18


« Beauty and seduction, I believe, is nature's tool for survival, because we will protect what we fall in love with. »



| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Je n'avais pas quitté Noah des yeux. Ainsi, j'avais pu percevoir les traits de son visage passer du contrôle à la stupéfaction. Je restais impassible ; je ne comptais ni enfoncer le couteau ni commenter. J'attendais simplement que ma réponse fasse son bout de chemin dans sa bouche et qu'il déglutisse pour l'avaler. Le silence s'était installé entre nous et je lui laissais le temps nécessaire pour qu'il commence à digérer l'information. J'appréhendais un geste brusque. Un geste de désespoir ou de colère. J'étais sur mes gardes. Après avoir renvoyé balader le serveur, j'avais comme la sensation que ce serait bientôt mon tour. Je bus une gorgée de whiskey, trouvant ici un échappatoire illusoire l'espace de quelques secondes. Ce silence devenait pesant, mais je ne me sentais pas coupable ou mal à l'aise. Je n'avais fait qu'être sincère et c'était même plutôt quelque chose dont j'étais fier, là maintenant. Notre dynamique s'était brisée mais avec un peu de patience, cela en instaurerait sans aucun doute une nouvelle, si Noah ne quittait pas la table avant.

Je m'étais penché légèrement en avant alors que j'avais bien remarqué le regard du psychiatre tout autour de nous. Il n'avait pas besoin de parler. Je pouvais, dans une certaine limite, lire dans son comportement. Il était prêt à fuir et je savais que je ne pourrais pas le retenir. Pourtant, mon geste inconscient m'avait trahi. Je ne comptais pas le supplier de rester, ni lui demander de se ressaisir, même si mon corps semblait le lui dire en silence. Je n'avais jamais rompu la communication, et ce fut peut-être ce qui permit à Noah de retrouver une partie de sa contenance. Les doigts du psychiatre se posèrent sur son verre de vin et lorsqu'il soupira, mon dos retrouva sa place au fond de son siège pour toute réponse. Peut-être ne fuirait-il pas finalement.

D'un hochement de tête, Noah m'autorisa à poursuivre notre petit jeu et un poids quitta mes épaules. J'étais ravi de constater que nous n'en avions pas fini, lui et moi. Je ne sus pas si mes yeux le remerciaient en silence, mais d'une certaine manière, je lui en étais reconnaissant. Pourquoi ? Aucune idée précise. Peut-être ne voulais-je pas perdre cette aura, ne pas perdre ce moment de parfaite simplicité et de profonde sincérité. Cette ambiance toute particulière que je n'avais pas connu depuis... Depuis trop longtemps pour que je me souvienne de la dernière fois où je ne m'étais pas caché derrière mes mensonges ou que je n'avais pas essuyé ceux de mes interlocuteurs. Une légèreté dérangeante lorsqu'on savait qui était Noah et quel type d'homme il était. Comme moi. Deux escrocs qui s'étaient trouvés et qui échangeaient dans une bulle d'honnêteté incongrue.

Ma prochaine question avait été toute trouvée depuis longtemps. Elle fut accueillie par un ricanement. Il l'avait vue venir celle-là, n'est-ce pas ? Et comme si un bouton venait d'être poussé, je retrouvais soudainement mon compagnon de la soirée. En quelques secondes, il s'était repris et je trouvais cela presque suspect. Ma tête se pencha légèrement sur mon épaule alors que mes yeux le détaillaient toujours. Sa réponse me déçut autant qu'elle ne me surprenait pas. « Je ne m'attendais à rien mais je suis quand même déçu. » Cette phrase n'aurait jamais autant de sens que maintenant. Je ne le jugeais pas, oh non loin de là. Parce que j'étais tout moi-même sauf un modèle à suivre. Je ne sus pas s'il avait lu la déception dans mes yeux, mais Noah reprit bien rapidement la parole et je me perdais dans ses iris verdâtres. Contenance toute retrouvée, j'y lisais assurance et sincérité. Une passade. Il était toujours difficile de résister aux passades ; c'était pourquoi nous étions infidèles. Et si mes pensées auraient normalement dû s'attarder sur le comportement de Noah, elles m'emmenèrent pourtant à me questionner sur Enya. Avait-elle également été infidèle ? Pourquoi est-ce qu'une partie de moi peinait à y croire ? Mes yeux se plissèrent d'eux-mêmes, analysant l'homme face à moi. Je ne lisais que sincérité en lui. Prêchait-il le faux pour connaître le vrai, ou usait-il d'une quelconque astuce ou technique pour m'obliger à dire ou faire quelque chose ? Est-ce qu'il pensait qu'il pourrait justifier son propre comportement envers Enya ? Cherchait-il des circonstances atténuantes ? J'étais curieux, et je ne manquerais pas de demander la version des faits à Enya, bien que cela ne me concerne absolument pas. Je n'oubliais pas que nous étions dans un jeu tous les deux, et j'aurais pu aisément utiliser mes trois questions restantes dans des détails. Mon dos se cala un peu mieux au fond de son siège, comme s'il avait été inconfortable, alors que mes doigts n'avaient pas lâché mon verre. J'étais là pour interroger Noah et amener Enya dans la discussion n'avait pas été évitable, mais cela ne voulait pas dire que nous devions discuter d'elle. J'étais ici pour parler de Noah, en apprendre plus sur lui ; sur ses secrets et sur les cadavres qu'il avait caché dans ses armoires. Je tapotais maintenant mon verre du bout des doigts, contrôlant ma curiosité mal placée, me recentrant sur ce qui était important. Bien heureusement pour moi, ce n'était pas à moi de poser une question. Mon impulsivité aurait pu jouer en ma défaveur. J'aurais facilement pu m'emporter spontanément et poser une question que j'aurais regrettée. Sans commenter aucune de ses paroles, je restais totalement silencieux. J'avais la réponse à ma question, je n'avais pas besoin d'en savoir plus sur le sujet. Pas du point de vue de Noah en tout cas.

J'écoutais attentivement l'interrogation de Noah. Je n'avais pas manqué son léger sourire et, sans réfléchir, par mimique sans aucun doute, je lui souris avec une parfaite symétrie. En fait, il était plutôt agréable de constater que mon compagnon de soirée avait retrouvé son énergie et une certaine envie de poursuivre notre jeu. J'avais eu peur qu'il s'enfuit, c'était peu compter sur sa détermination. Ce jeu lui apporterait tout autant à lui qu'à Enya ; peut-être plus s'il jouait ses cartes correctement. Je ne savais pas si je le souhaitais ou non. Etais-je un mauvais ami ? La trompais-je en appréciant jouer avec Noah et en me montrant parfaitement honnête avec lui ? Aurais-je dû favoriser l'anonymat ? Aurais-je dû risquer de perdre l'honnêteté du psychiatre ? J'étais incapable de regretter la décision que j'avais prise. J'espérais pourtant qu'elle soit la bonne. Pour notre amitié, Enya et moi. Si je n'étais pas du genre sensible, je devais avouer que Noah continuait de me toucher en profondeur sans que je ne sache réellement pourquoi. Cela me permettait probablement de rester totalement neutre dans nos échanges.

Elle attend un rapport détaillé, répondis-je finalement avec simplicité.

Je n'allais pas en dire plus, et je ne savais pas si Enya tiendrait réellement à connaître tous les détails, mais je pourrais sans aucun doute répondre à quelques unes des questions qu'elle se pose. En vérité, j'espérais pouvoir rester flou durant mon compte rendu, notamment sur les circonstances autour de nos échanges. Je ne comptais pas lui parler du lien que je ressentais avec cet homme. Le fait que nous étions similaires et différents à la fois. La façon dont nous avions été parfaitement honnêtes l'un avec l'autre et que cela ne m'était pas arrivé depuis de bien trop nombreuses années. Je ne lui dirais pas non plus comme il avait été agréable de passer la soirée en sa compagnie. J'étais définitivement un très mauvais ami.

Une partie de moi voulait éloigner Enya de cet homme. Si j'avais été parfaitement conscient de la situation, j'aurais dû ruiner cette relation, pour la protéger. Mais parce que nous nous ressemblions, Noah et moi, je pouvais me montrer intolérant et compréhensif à la fois. Une véritable ambiguïté que je peinais moi-même à bien cerner. L'autre partie de moi, bien cachée au fin fond de mes entrailles, se dit que cet homme méritait peut-être une seconde chance. Ne méritions-nous pas tous le pardon lorsque nous aimions sincèrement une personne ? Nous étions tous susceptibles de faire des erreurs ; certains feraient des erreurs plus graves que d'autres, mais au final personne n'était parfait, et faire des erreurs était la définition même d'être humain. Je lui cherchais moi-même des circonstances atténuantes. Je savais que cet homme avait des secrets, et tout comme moi, il lui était difficile de les partager. Ma prochaine question était déjà toute trouvée, et peut-être était-elle la plus importante. Sans attendre plus longtemps, je laissais les mots s'échapper de mes lèvres :

Vous l'aimez toujours ?

Je ressentis la nécessité d'expliquer plus précisément ma question et ajoutais alors immédiatement :

Je veux dire par là : est-ce que vous êtes encore amoureux d'elle ? Et sachez que cette question vient de moi.

Aimer était un mot bien vague. J'étais persuadé qu'une partie de Noah aimerait Enya pour le restant de sa vie, tout comme une partie de moi aimerait pour toujours la femme qui avait pourtant détruit ma vie. Les sentiments qui avaient existé pouvaient s'amoindrir, mais ils seraient toujours là, quelque part. Entre la haine et l'amour, il n'y a qu'un pas ? Non, je n'y croyais pas. Il pouvait parfois arriver que ces deux sentiments se côtoient en silence. Mais je ne pensais pas, en toute sincérité, que l'amour pouvait se transformer en haine. Nous pouvions haïr une partie de l'autre, ses erreurs par exemple, désapprouver ses choix, un tout qui rend l'être qu'on aime insupportable ou détestable parfois ; mais si nous connaissions sincèrement l'autre, l'amour serait toujours présent. A voir ce que révélerait la balance pesant ces deux sentiments simultanément et lequel serait le plus lourd et gagnerait la partie. L'amour rend aveugle était l'expression la plus cohérente concernant cette balance que l'on ignore dans un premier temps. Attention à l'instant où on ouvrirait finalement les yeux et qu'on prendrait en considération cette balance. Ce n'était pas toujours joli, comme pour Noah et Enya.

Je n'avais aucune idée de ce que Noah ressentait réellement pour elle désormais. Il avait été blessé, ça je l'avais bien remarqué. Il avait aussi été pris au dépourvu par la véritable raison de ma présence ici. Mais l'aimait-il encore sincèrement ? S'il avait l'opportunité de retrouver sa bien-aimée, le ferait-il ? Ou était-il déjà passé à autre chose ? Préférait-il la laisser partir ? Lors de notre dernier échange, j'avais pu lire la détermination dans les yeux d'Enya ; et soudainement, un nouveau lien se fit dans mon esprit. Peut-être était-elle désormais avec sa passade dont Noah m'avait parlé ? Difficile à dire. Et tout ce qui était difficile à savoir m'intéressait. Simple curiosité maladive. Dans quoi m'étais-je embarqué vraiment ? L'apocalypse nous entourait et je m'intéressais à une histoire d'amour comme une adolescente avec un bol de pop-corn. Et le pire, c'est que c'était passionnant. Dommage que je n'ai pas de pop-corn. A la place, je portais mon verre de whiskey à mes lèvres et en dégustais une gorgée sans jamais quitter Noah des yeux.



_________________
P a r a l y z e d
When did I become so cold? When did I become ashamed? Where's the person that I know? They must have left. They must have left with all my faith.


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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Sam 4 Nov - 3:28


La vipère était toujours là. Tapie dans les buissons, attendant son heure, revigorant l'apparence déterminée du sorcier. La vipère guettait les informations, avide de s'en repaître. Et la vipère ne partirait pas avant d'avoir calmé sa faim. Tel qu'il le voyait, Noah avait les informations qu'il désirait. L'étrange phénomène en face de lui avait réfuté ses propres théories, confirmant qu'il avait envoyé par Enya et non pas par Rafael. Si l'information était douloureuse, elle n'en était pas moins particulièrement utile. Pour peu que la jeune femme attende de Kenneth qu'il la brieffe sur tout ce qui s'était dit ce soir, elle aurait son compte. Le mieux, dans cette histoire, restait encore que Rafael n'aurait vent d'aucune des faiblesses du sorcier, restant extérieur au problème. C'était lui qui l'inquiétait le plus, bien plus que ce que pourrait faire l'interne Rivers. Elle pourrait se servir de ces informations pour ruiner sa réputations, si elle le voulait. Et si cette soirée avait suffi à prouver à Noah qu'elle n'était au final pas aussi innocente qu'elle le prétendait, il savait qu'elle serait incapable d'aller jusqu'à cette extrémité. Au nom de leur année passée ensemble, au nom d'un quelconque respect hypothétique, peut-être. Elle avait fait preuve d'une fourberie sans pareille en envoyant Kenneth, mais le sorcier savait au fond qu'elle s'arrêterait là. Elle était bien trop lâche pour se permettre d'en faire plus.
Elle serait peut-être même suffisamment dévastée par les informations que le métamorphe pourrait lui rapporter pour décider de ne pas poursuivre d'avantage leur querelle intestine.

Une passade. Une passade qui s'éternisait, vue la régularité avec laquelle ils avaient fini par se voir, Ievseï et lui. S'il ne pouvait pas qualifier leurs entrevues de relation à proprement parler, il ne pouvait pas nier qu'ils avaient leurs atomes crochus. S'il préférait considérer son attachement au chacal comme purement analytique, voire purement physique, il était obligé de considérer qu'au fond, il appréciait occasionnellement sa compagnie. Alors il avait tendu la perche à Kenneth, espérant que sa nature renarde morde au hameçon. S'il se perdait dans les détails de cette relation hypothétique, Noah aurait le champ libre pour attaquer sur un autre plan. En ce qui le concernait, la question Enya était close. Il l'avait cherchée, toute la soirée, dans cette salle de réception bondée. Il l'avait cherchée en vain, dans l'espoir ridicule de pouvoir lui adresser la parole. Pour lui dire quoi ? Il n'en savait rien. Mais il l'avait trouvée, d'une certaine manière. Il avait trouvé son empreinte dans ce brun aux yeux trop bleus qui sirotait son alcool fort, là, assis juste en face de lui. Il avait trouvé son fiel et ses mensonges. Et n'avait aucune envie de replonger dans cette relation, toute aussi vénéneuse qu'elle lui semblait à présent.
Pourtant ce n'était clairement pas l'avis de Kenneth. Non seulement il confirmait que la jeune femme avait commandité l'acte, mais aussi qu'il était prémédité. Qu'elle attendait un rapport. Une raison supplémentaire pour abandonner le problème.

Sans se départir de son verre, le sorcier poussa un soupir à fendre l'âme. C'était si... Petit. Lamentable, qu'elle en soit rendue à cela alors qu'il aurait suffi qu'elle pose les bonnes questions au bon moment. Un état de faits qui lui semblait parfaitement clair en l'instant, et dont il savait qu'il n'était absolument pas vrai. Parce qu'au fond, et même s'il venait de décider d'arrêter les frais, l'information ne cessait pas de le blesser. Agacé par le propos, il tapota distraitement des doigts sur la nappe blanche, au rythme d'une saltarelle qui se jouait lors des banquets des Renzaccis. Un. Deux. Trois-quatre. Un rythme qui le détendait, un mouvement sur lequel il posa un regard terni par la peine pour ne pas avoir à faire front. Parce que tout le monde peut souffrir. Même ceux qui tentent au mieux de nier l'évidence.
Sous la question de Kenneth, il finit par relever la tête. L'aimait-il encore ? N'était-ce pas évident, à quel point il l'avait aimée ? A quel point il avait souffert ? A quel point elle l'avait blessé ? A quel point elle avait foulé au pied tout ce qu'il possédait en filant avec le premier venu ? N'était-ce pas évident qu'elle le faisait encore souffrir, en ces lieux, en cette heure ? Qu'il avait placé tous ses espoirs, qu'il avait placé Aida toute entière dans cette traitresse ?

-Je l'aime encore. Même si les informations que vous m'avez confiées à l'instant mettent sérieusement à mal la tendresse que je porte encore pour elle.

Ce qui en soit était particulièrement vrai. Il baissa les yeux, soupirant de nouveau. Pour Kenneth, ce n'était qu'une mission, clairement. Un jeu comme un autre. S'il prétendait taire cette dernière information à Enya, et ne la garder que pour satisfaire sa propre curiosité, Noah lui était épuisé. Epuisé par le sujet. Epuisé de lutter contre des chimères, de s'accrocher à de faux espoirs, d'entretenir les faux semblants. Mine de rien, cette conversation à coeurs relativement ouverts lui faisait du bien aussi. Car il n'y avait eu personne, pas même Liam, à qui il avait pu dire qu'il était encore sanglé à l'illusion de l'amour. Car il avait placé tellement d'espoirs dans la jeune femme, avait tellement construit ses propres chimères autour d'elle et était tombé de si haut que la honte l'empêchait d'en dire d'avantage. Dans ces circonstances, il est facile de prétendre. De dire à qui veut l'entendre que l'autre est un monstre, que l'autre est la dernière des atrocités, que l'autre vous a réduit l'âme et le coeur en miettes. Mais la réalité est toujours beaucoup plus floue, et les limites nettement plus fines qu'il n'y paraît. Que dans ces histoires, il n'y a pas de victime et de bourreau, les deux partis endossant chacun partiellement ces rôles distinctifs. Noah le savait parfaitement, pour l'avoir entendu suffisamment de fois de la bouche de ses patients, de ses amis, de la sienne. Le coeur n'est qu'un naufragé perpétuel, tour à tour noyé dans la colère et la passion. Il n'y avait jamais de juste milieu, en ce qui le concernait.
Jamais.

-Qu'avez-vous précisément à tirer de cette soirée, Kenneth ?

Là était sa troisième question. Une question si simple et pourtant mûrement réfléchie. Qu'est-ce que mettre le nez dans la superficialité d'une rupture pouvait apporter à un homme pareil, Noah était incapable de le comprendre. C'était peut-être ça qui le frustrait le plus, dans cette soirée pourtant agréable. De ne pas comprendre ce qui pouvait attirer le renard, sinon l'assouvissement d'une curiosité mal placée.
Il devait y avoir un prix à tirer de toutes ces paroles, une certaine satisfaction personnelle à défaut d'altruisme. Mais un homme de la tempe de son bien étrange compagnon n'était clairement pas le genre de personne à s'attarder sur les amourettes des uns et des autres. Il l'avait bien précisé, il n'était qu'un ami d'Enya. Un ami laconique, perspicace et observateur, qui, de son attitude à cette manie de ne lâcher aucun information autre que celle précisément demandée, n'était pas qu'un homme lambda. Un étrange et fascinant personnage, au demeurant. Qui n'avait pas nié appartenir à un corps de métier lié à l'investigation ou les forces de l'ordre quand Noah avait émis l'hypothèse.
Peut-être s'agissait-il d'un privé. Peut-être la collecte d'informations était-elle sa marotte, et c'était pour cela qu'il s'était porté volontaire pour cuisiner le psychiatre. Peut-être qu'il était fétichiste des informations croustillantes. Après tout Noah avait rencontré suffisamment de personnalités diverses pour savoir que certains ne s'engorgeaient que de la mauvaise fortune d'autrui, monnayant les informations privées comme de l'or. Peut-être avait-il un autre but plus personnel, des visées plus impures vis à vis de son ex compagne.

Ou peut-être était-il juste curieux. Laissant sa question en suspens, le psychiatre reprit son verre de vin par le pied, laissant couler la substance sirupeuse le long de son gosier. Le regard qu'il posa au creux des prunelles trop bleues de son compagnon trahissait ce regain d'intérêt qui l'animait à présent. Car il avait fini de perdre son temps et ses questions sur le sujet Enya. Oh, Kenneth pouvait continuer de le cuisiner à ce propos, il répondrait.
Mais en ce qui le concernait, il venait de trouver un tout nouveau sujet qui l'intéressait nettement plus.

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Mar 14 Nov - 1:23


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| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Mes oreilles rousses étaient imparablement attirées par le tapotement des doigts de Noah sur la table. C'était dérangeant. Cela me déconcentrait presque. Je m'efforçais de ne pas racler ma gorge pour lui signifier que cela commençait à doucement m'agacer. Je m'étais recentré sur notre échange. Je lui avais posé la question qui m'animait principalement. N'était-ce pas la véritable raison de ma présence ici, l'amour ? L'amour qu'ils avaient partagé à un moment donné dans tous les cas. Et sa réponse me fit hocher légèrement la tête. Je ne savais pas si j'approuvais ce qu'il me disait ou si je confirmais que sa réponse n'était pas surprenante. Mais lorsque le sorcier parla de la tendresse qu'il lui portait encore, je laissais pencher lentement ma tête sur mon épaule.

Si je suis là, c'est probablement parce que vous êtes toujours important pour elle. Voyez plutôt le positif dans tout ceci, si quelconque positif vous intéresse encore.

Je savais que Noah n'avait ni besoin de mes conseils, ni de mon avis ; mais je n'avais pas pu m'en empêcher. Je crois que je préférais la curiosité mal placée ou la maladresse plutôt que l'indifférence. Quoi de pire que la personne que vous aimez qui se fiche totalement de vous ? Rien. Pas même la haine. Je ne cherchais pas à l'encourager. Au contraire, j'aurais dû le décourager, je le savais ; mais c'était plus fort que moi. Les mots avaient franchi mes lèvres d'eux-mêmes. Je me penchais à peine, imperceptiblement, alors que Noah baissait les yeux. Les miens se baissèrent également, par mimétisme, avant de se fixer à nouveau sur le sorcier.

Sa question me fit redresser un sourcil. Quoi, gâchait-il réellement son tour de cette façon ? Je fus pris au dépourvu. J'aurais été persuadé que sa prochaine question concernerait Enya. Je m'étais visiblement trompé. C'était étrange, cette façon dont il avait encore de me surprendre. Pourquoi ne voulait-il pas en savoir plus sur elle ? Certes, je n'étais pas à sa place, mais j'aurais aimé savoir ce qui se passait dans sa tête à ce moment précis. Je laissais la confusion s'afficher sur mon visage, un très bref instant, avant que l’impassibilité ne reprenne possession de mes traits. Je terminais mon whiskey cul-sec avant de reposer mon verre devant moi, et les vapeurs d'alcool commencèrent doucement à me soulager d'un certain poids que je m'infligeais moi-même au quotidien. Si j'étais amené à parler davantage de moi, peut-être que cela serait un tout petit peu plus facile après plusieurs verres.

Pour être parfaitement honnête : rien du tout. Je lui devais simplement une faveur, avouais-je finalement.

Je n'allais pas rentrer dans les détails, sauf s'il m'y obligeait en utilisant sa prochaine question dans ce sens. Il serait probablement déçu de la réponse mais il aurait été plus facile pour moi de l'attirer dans cette direction là que de devoir faire face à une nouvelle question encore plus personnelle. Je pouvais lire dans ses pupilles. Il ne se cachait pas : mon cas l'intéressait. Je me demandais s'il observait ses patients de la même manière. Et sans savoir ce qui me prit vraiment, j'ajoutais avant même de réfléchir davantage :

Je suis curieux. Je l'ai toujours été. Je voulais voir l'homme qui l'a fait pleurer de mes propres yeux. Et peut-être même lui coller mon poing dans la gueule, juste comme ça.

Les mots s'étaient enfuis de mes lèvres et j'en avais probablement trop dit maintenant. Qu'est-ce qui me prenait ? Ce n'était pas mon genre. Etre sincère d'accord, ça avait été le deal entre le sorcier et moi ; mais lui donner des informations gratuites de cette façon ? Ce n'était pas moi. Mais je me souviendrai toujours de ce soir là, ce soir où nous avions conclu ce deal Enya et moi. Je me souviendrai de ses larmes et de son honnêteté. Je me souviendrai de la peine qu'elle avait ressentie. Je me souviendrai que cet homme, d'une quelconque façon que ce soit, lui avait brisé le cœur, volontairement ou non.

Je pensais que je vous détesterais. Ce n'est pas le cas malheureusement.

Maintenant je devais me taire. Je commençais à vraiment – vraiment – trop parler. Mais si ses yeux verdâtres me faisaient penser aux miens, c'était ce qui me perturbait le plus. Seule la couleur changeait. Pourquoi étais-je aussi sympathique avec lui ? J'aurais vraiment dû le haïr. Lui tout entier. Pour Enya et pour moi-même. Ce miroir aurait dû être dérangeant, détestable. Je découvrais que c'était peut-être tout l'inverse et ce n'était vraiment pas prévu. Impensable même, alors qu'il y avait encore quelques années de ça je ne pouvais même plus me regarder dans un miroir. De l'eau avait coulé sous les ponts bien sûr ; et si aujourd'hui je me supportais bien plus et si j'étais bien plus en accord avec moi-même, cela ne voulait pas non plus dire que je n'étais pas toujours aussi détestable. Je hochais négativement la tête, un peu abasourdi par mes propres révélations. C'était mon tour de poser une question, alors si j'avais fini de me dévoiler, je pouvais maintenant enchaîner. T'es vraiment qu'un pauv' con Kenneth. Je le désignais vaguement de la main, sans aucun mépris pourtant :

Quel âge avez-vous ? Et. Je soulevais l'index spontanément : Je parle de votre véritable âge.

Je me penchais lentement au dessus de la table qui nous séparait, un léger sourire sur mon visage, avant de murmurer comme si les murs avaient des oreilles :

Votre âge de sorcier. Il paraît que vous avez autour de six cent ans. Ca fait beaucoup. Vous n'avez pas assisté à la création de l'humanité mais vous êtes bien parti pour assister à son extinction. Vos yeux ont dû en voir de toutes les couleurs. C'est peut-être ça qui les rend si spéciaux.

Je laissais échapper un bref rire de mes lèvres. D'accord. Il fallait que je m'arrête à deux whiskey. Deux whiskey double pour être précis. Je parlais trop. Pas que j'étais réellement alcoolisé ; mais la boisson m'avait toujours aidé à délier ma langue. Je devenais davantage causant, trop provocateur aussi parfois, jusqu'à pousser une cible lambda à la bagarre. Beaucoup trop dragueur également, sans vraiment penser le moindre mot ou la moindre attention que je pouvais adresser à une femme. J'étais juste un peu plus dans l'excès de tout ce que j'étais déjà. Et plus j'étais alcoolisé, pire c'était. Malheureusement, mes bons sentiments pour Noah étaient la raison de ma déviance actuelle. Si je l'avais haï, j'aurais été au contraire bien plus froid. Mais oh, nous pouvions bien nous amuser un petit peu. Depuis combien de temps n'avais-je pas un peu trop bu en si bonne compagnie ? Depuis trop longtemps. Le dernier verre de trop avait été avec Timothée. Timmy. Un petit bail en y pensant. Voilà pourquoi j'étais probablement si sensible à ce que je venais de boire. Ca passerait assez vite, et ceci avant que je n'ai à me mordre moi-même la langue je l'espérais.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 11 Déc - 16:20


Cinq questions. Cinq questions, et le sujet d'Enya avait été plié en seulement deux. Il aurait pu, il aurait lui-même cru, qu'il épuiserait toutes ses chances sur le compte de la brunette aux yeux ronds. Mais non. Comme si un déclic s'était enfin fait dans son esprit. Comme s'il se réveillait d'un sommeil bien trop long, peuplé de bien trop de cauchemars, et qu'il ouvrait un regard neuf sur le monde. Oh, il le savait bien, c'était l'alcool qui aidait. Il ne le savait que trop. Mais peu importaient les bulles d'allégresse qui se diffusaient dans son sang, qui apaisaient le flot des idées sous ses bouclettes. Le sujet d'Enya appartenait au passé, en ce qui le concernait.
Peu importaient les cadavres encore chauds de ses sentiments, qui jonchaient encore son cœur. Liam avait raison, en lui ayant intimé plus d'une fois de tourner la page. Qu'il n'y avait pas de coïncidences, que si ça avait dû éclater, il fallait que ça se fasse. Leur relation était une cathédrale de vent, dont les fondations faites toutes de mensonges n'étaient vouées qu'à s'effondrer. Il n'y avait pour les animer qu'une passion dévorante, et cette nécessité maladroite de ressusciter un fantôme qui ne hantait pas même l'interne Rivers. Tout n'avait été que chimères. Une manière de maquiller sa propre solitude. S'il le faisait encore auprès de Ievseï, il avait fallu cette soirée, en tête à tête avec l'envoyé de la jeune femme, pour le comprendre. L'envie fugace d'appeler Mikkel pour achever la soirée en apothéose lui effleura l'esprit, mais resta une pensée parmi tant d'autres. Le vin blanc avait ce don de provoquer la migraine. Mikkel Ievseï aussi. Le choix n'était pas judicieux. Question de survie.
Rompant ses réflexions, Kenneth s'était tenté au réconfort. Une tentative un peu pataude mais d'une pureté paradoxale, qui poussa le psychiatre à hausser un sourcil. Qu'avait-il à dire, lui, qui était envoyé par la jeune femme pour enfoncer le couteau dans la plaie ? Trouver du positif ? Dans des cendres ? N'était-ce pas pousser le masochisme à l'extrême alors même qu'il avait été chassé de la vie d'Enya sur la seule base de rumeurs ? Une ombre de rictus malsain s'étira sur les lèvres du sorcier. Fugace. L'espoir, c'était bien ça le problème. C'était à cause de l'espoir qu'il souffrait encore, et s'y enfoncer était nier la source même du problème : il n'y avait aucun espoir. Aucune réconciliation possible, aucune finalité enviable. Il n'y avait rien, rien d'autre que l'indifférence. Parce que c'était encore ce qui faisait le moins mal.

Pour autant, il ne se laissa pas perturber. Ses questions n'avaient plus lieu d'être épuisées sur le compte d'Enya, et il avait trouvé son tout nouveau sujet d'étude pour la soirée. Sa troisième question fut reçue avec un étonnement délectable, qu'il savoura en même temps qu'une gorgée du vin blanc, son verre miraculeusement rempli quelques instants plus tôt. Le regard de Kenneth, d'un bleu trop pur, s'illuminait quand il était surpris. Le voir déstabilisé, en perte de contrôle, apportait un éclat différent à son visage. Faisait ressortir l'enfant dans ce regard qui semblait quelques fois celui d'un vieillard. Un regard comme le sien. Un regard fascinant.
Une faveur, ce n'était que de cela qu'il s'agissait. Etrangement, Noah n'y croyait qu'à moitié, puisant la vérité dans ces iris bien trop bleus. Bien trop attirants pour être honnêtes. Une vérité pourtant inéluctable que Kenneth ne manqua pas d'appuyer. Sa curiosité, le psychiatre l'avait bien remarquée. La suite n'était qu'un bonbon supplémentaire qui lui arracha un léger sourire, l'alcool aidant.

-Un esprit chevaleresque, prêt à protéger la demoiselle en détresse de l'impitoyable manant. Un sentiment admirable, si ce n'est pour cette retenue que je sens émaner de votre part.

Il en avait vu, des caractériels. Des revanchards. Des belliqueux. Ils constituaient 50% de ses patients, et avaient tous ce petit soupçon d'ego qu'il fallait préserver pour éviter de s'en prendre une. De temps en temps, un coup partait. Mais les occurrences étaient peu fréquentes, car la curiosité primait souvent sur la colère crasse. Une retenue pour le moins admirable, de la part de son compagnon. Au moins, il ne partirait pas avec un coquard de cette soirée particulière. Jusqu'à ce que vienne l'aveu, concédé avec une spontanéité toute naturelle. Le sourire du sorcier s'élargit, culminant en un ricanement silencieux qui secoua ses épaules. Le regard pétillant, il jaugea l'étrange personnage qui se tenait devant lui. Alors c'était donc ça. Kenneth l'appréciait. La réciproque était vraie.

-Vous m'en voyez ravi. Il aurait été bien difficile d'officier sérieusement avec le visage tuméfié, vous avez donc mes remerciements les plus sincères !

L'alcool déliait leurs langues, à tous les deux, réveillant le monstre sarcastique qui n'avait toujours que trop sommeillé en Noah. Un être paradoxal quand on considérait que son métier n'appelait que la modération, tant dans les actes que dans les paroles, pour arriver à ses fins. Mais, pour la première fois depuis bien longtemps, Noah se sentait en confiance avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas quelques heures auparavant. Suffisamment pour se laisser aller à quelques taquineries qui ne faisaient de mal à personne. Là était sa nature profonde. Une nature qu'Enya elle-même n'avait pas su comprendre. Nombreux étaient ceux qui connaissaient son masque de scène, celui qu'il enfilait à chaque réception mondaine, lorsqu'il fallait dégainer le meilleur mot d'esprit au meilleur moment, afin de flatter l'ego d'une assemblée crasse de prétention. Peu, en revanche, avaient l'occasion de le voir intégralement sincère, et avec un coup dans le nez. Un spectacle rare que Kenneth devrait savourer, tant qu'il durerait.

Manifestement surpris d'être bien plus loquace qu'il ne l'avait été depuis le début de la soirée, le visage de Kenneth s'illumina de nouveau. Au milieu des vapeurs d'alcool, sa sincérité presque enfantine était touchante. Délectable et magnifique. Se penchant au dessus de la table, ses coudes contre le rebord, Noah attendit patiemment la troisième question. Haussa un sourcil railleur dans la direction de son interlocuteur, presque tenté par un mensonge bonne enfant.
Sauf qu'il tapait juste. Et son expression juvénile, celle d'un adolescent prêt à faire une bêtise, était contre productive s'il souhaitait mentir. Kenneth était bien informé, à un siècle et des poussières près. Rafaele avait donc parfaitement distillé ses informations auprès d'Enya, trahissant tant sa nature que son âge. Faisant écho aux manières de son partenaire, le psychiatre se pencha à son tour au-dessus de la table. Recueillit ses murmures avec un sourire amusé, la remarque sur ses yeux n'étant pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

-Les vôtres sont tout aussi intrigants, Kenneth. Quand ils s'assombrissent, ils trahissent un âge qui est bien plus important que celui que votre physique laisse deviner. A se demander ce qu'ils ont vu.

Sa voix était restée un feulement imprégné d'une once d'Italien dans la prononciation. Le ronronnement satisfait d'un vieux chat qui a obtenu ce qu'il désirait. Si son cadet n'était peut-être pas là pour ce qu'il avait prétendu vouloir, initialement, Noah, lui, n'allait pas s'empêcher d'apprécier la flatterie pour autant. Le ton cajoleur, il poursuivit, restant toujours penché au-dessus de la table.

-...Tout comme votre tentative de percer ma nature peut s'avérer inexistante, car rien ne vous garantit que je sois encore un sorcier, pour peu que je l'ai été par le passé. D'autres créatures surnaturelles grouillent dans la Nouvelle Orléans. D'autres espèces, des membres d'une ancienne nature qui en ont adopté une nouvelle.

C'était plus fort que lui. Elle était là, sa nature profonde. Jouer avec les ressentiments, bousculer les préjuger, chambouler les pensées. Kenneth croirait ce qu'il voudrait, car rien ne laissait supposer que Noah soit ou ne soit pas, justement, un sorcier. Il n'avait pas fait l'étalage de ses dons, jusqu'à présent. Et, par les temps qui couraient, il était présomptueux de ne croire qu'en l'existence de métamorphes, de sorciers, et d'humains lambda.
Reprenant sa place, il reprit une gorgée de vin. L'alcool montait délicieusement jusqu'à son crâne, sans qu'il n'accuse le coup de la même manière que Kenneth. Sa boisson était bien moins alcoolisée que les double whiskys que son acolyte enchaînait depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Il serait rond avant lui.
Claquant de la langue, il plongea de nouveau son regard dans les iris trop bleus de son partenaire. L'ombre de siècles d'errances assombrit les pupilles vertes un bref instant. Un très bref instant.

-Je suis né en l'an de grâce 1230. Une date de naissance qui n'est connue, à ce jour, que de trois personnes. Vous, moi, et celui qui a divulgué cette information à la douce Enya, avant qu'elle vous mette dans la confidence.

Distraitement, il fit rouler le pied de son verre entre ses doigts, agitant la robe dorée de ce qu'il restait de vin avant de l'engloutir cul sec. L'information était trop juste, trop proche de la réalité, pour être une tentative dans le vent. Tous deux le savaient.

-786 ans et des poussières. Et l'Humanité n'a pas changé, malgré ses prouesses.

La prêtrise, la psychiatrie, le contact avec la psyché humaine avait toujours été ce qui avait constitué sa vie. Et, s'il avait vu passer une quantité phénoménale d'âmes en peine pendant tous ces siècles d'existence, leurs problématiques étaient inchangées. C'était la manière de les soulager, elle, qui avait évolué.
Il aurait pu changer le cours de la conversation, tout comme il aurait pu poursuivre dans ses considérations sur la révolution perpétuelle que l'Humanité poursuivait. Mais, paradoxalement, dévoiler son âge tout en sachant qu'il courait le risque que Kenneth le rapporte à Enya était cathartique. Comme une forme insidieuse de vengeance. Comme le soulagement, celui qu'on éprouve quand on partage un secret qui nous ronge depuis trop longtemps. Peu importait qu'ils se recroisent un jour. Il était facile de confier son fardeau à un sinistre inconnu. Cette conversation lui faisait du bien.
Et il avait trouvé sa prochaine question.

-Mais nous avons suffisamment parlé de moi. J'ai cru sentir quelque chose, lors de nos premiers contacts. Une présence velue, à grandes oreilles. Dans quelles circonstances êtes-vous devenu métamorphe, Kenneth ?

Son regard était droit, rivé dans les iris trop bleus de son partenaire. Parler de son âge et de sa nature -hypothétique- avait réveillé son intérêt. Si ses sensations étaient exactes, ce qu'elles étaient, généralement, Kenneth était non seulement plus âgé qu'il ne le laissait entendre mais également capable de se transformer en canidé. Compte tenu de sa réaction précédente, la manière qu'il avait eue de mordre au hameçon du renard, il s'agissait certainement de sa forme animale. Mais Noah n'en avait cure. Il voulait connaître les détails.
Parce qu'au fond, il n'avait jamais eu cette chance, alors qu'on la lui avait promise. Celle de ne faire qu'un avec son animal, cette possibilité magnifique qu'on lui avait refusée. Les métamorphes qu'il croisait, comme Rafael, comme Mikkel, comme Kenneth, étaient une opportunité rare d'en savoir plus. De vivre ce don par procuration.
Et il n'était jamais contre une belle histoire. Surtout si cette dernière était tragique. Guettant la réponse de son partenaire, il espérait, au fond, que le renard ne lésinerait pas sur les détails.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 11 Déc - 21:56


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| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Une retenue ? De quelle retenue me parlait-il ? Est-ce que je me retenais d'une quelconque manière que ce soit ? Non je n'en étais pas sûr. A vrai dire, je n'étais plus vraiment sûr de rien, l'alcool jouant en ma défaveur. Si je m'efforçais de garder une clarté d'esprit concernant mes émotions et mes sentiments, il fallait avouer que Noah malmenait mes principes. J'avais bien remarqué son sourire, puis son rire silencieux. Il prenait plaisir à me voir en difficulté. A me voir bousculer mes habitudes. Je plissais à peine les yeux, le dévisageant toujours quand j'entendis ses remerciements les plus sincères. Un sourire se dessina sur mon visage. Je ne pus l'empêcher d'apparaître et de rester en place. J'avais perdu, autant l'accepter. Je n'avais pas su rester à ma place et cet échange avait pris une tournure toute différente de celle qui était initialement prévue.

Sur cette simple acceptation, et l'alcool faisant son œuvre, la suite de l'échange suivit la direction vers laquelle nous l'avions poussée : une sincérité à faire pâlir le plus pur et honnête des hommes. Si j'avais voulu le déstabiliser un peu ou bien tout simplement exprimer davantage mes pensées, Noah me rendit le coup de bâton sans peine. J'accueillais sa proximité au dessus de la table alors qu'il se penchait pour me rendre la pareille. Mon sourire disparut à mesure que j'écoutais chacun de ses mots et je ne pus empêcher mon regard de s'assombrir. Enfoiré va... Comment faisait-il pour lire en moi ? Est-ce que cela faisait parti de ses pouvoirs ou est-ce qu'il prêchait le faux pour savoir le vrai ? Si c'était la dernière supposition, je m'étais de toute façon trahi moi-même. Je laissais mon dos retomber au fond de mon siège, prenant une nouvelle distance nécessaire, vitale. A cet instant précis, je ne savais pas si je le haïssais ou si je l'aimais davantage. A cette même réflexion, je laissais échapper un rire ; franc et simple. Court également. Comment en étions-nous arrivés là déjà ? Je me détendis à nouveau, l'alcool aidant, et laissais filer les informations que Noah avaient révélées sur moi. Il était le premier. Le premier à pouvoir lire dans mes yeux de cette manière, et si j'aurais dû me sentir violé d'une quelconque manière que ce soit, mes épaules s'abaissèrent d'elles-mêmes bien au contraire. Noah, lui, n'avait pas bougé alors qu'il reprenait déjà la parole. Il se défendait bien vite. Peu m'importait de savoir s'il était encore un sorcier ou non, la réponse était qu'il l'avait été ou qu'il l'était encore. Il serait aisé de le piéger, ou plutôt de lui faire avouer sa véritable nature actuelle à ma prochaine question. La dernière. J'avais parfaitement calculé mon coup, et Noah s'en apercevrait plus tard.

Un plus tard qui n'arriverait jamais.

Je me contentais d'écouter l'histoire de mon nouvel ami de boisson. Je réalisais alors de l'ampleur de la situation. Trois personnes, bientôt quatre. Ou trois et demi ? Peu importait. Enya m'avait vaguement parlé de cet homme qui avait réussi à la convaincre de s'éloigner de Noah. Comment s'appelait-il déjà... ? Morienval. Oui, c'était ça. Je me souvenais maintenant. Je retenais toujours les noms que l'on me divulguait. Une habitude ou bien une compétence militaire. Peu importait. Le fait était que j'étais sûr que la quatrième personne dans la confidence était cet homme. Des rivaux depuis la nuit des temps ? Peut-être. Dans tous les cas, je réalisais à cet instant précis que Morienval pouvait peut-être dangereux. Et il était dans l'entourage d'Enya. Il me faudrait réfléchir à tout ceci, plus tard, très vite également. J'observais Noah terminer son verre avant qu'il ne reprenne une nouvelle fois la parole. Je laissais échapper un soupir de rire, gardant mon sourire à son extrême quelques secondes. Je secouais positivement la tête. Non, l'Humanité n'avait pas changé, ça je voulais bien le croire. Et elle ne changerait jamais. Pauvre race. La seule au Monde avec un instinct de destruction et de reconstruction. La seule.

La vérité était que j'aurais aimé qu'il m'en dise plus. Qu'il me raconte ce qu'il avait vu. Qu'il m'explique comment il avait pu tomber amoureux d'une humaine. Qu'il me confie s'il croyait encore en l'Humanité. Sept-cent quatre-vingt six ans. Bon Dieu. Si cela n'était pas assez pour vouloir exterminer tout être humain qui respirait encore sur cette planète, alors que fallait-il ? J'en avais tenu soixante-dix. Et j'avais déjà tourné le dos à l'Humanité. Etais-je donc si faible ou si intolérant ? Je réalisais que j'avais baissé les yeux un bref instant et je les relevais sur Noah à sa prochaine question. Une once de colère s'afficha sur mon visage sans que je ne puisse la dissimuler. Espèce de sale enfoiré. Bien évidemment qu'il avait perçu le renard au fond de moi. Mais de cette manière, il m'avouait qu'il était encore un Sorcier. Un être humain lambda ne pouvait pas percevoir ma véritable nature. Ou alors était-il devenu un Métamorphe lui-même ? Impossible, j'aurais senti sa vraie nature ; pas clairement, mais j'aurais senti quelque chose, la présence d'un animal. Ce n'était pas le cas. Noah pouvait être tout sauf un être humain ou un Métamorphe. Comme il l'avait si bien dit, il pouvait être autre chose qu'un Sorcier, mais quoi ? Dans tous les cas, cet homme n'était pas banal. Si le fait qu'il m'ait confié de lui-même cette information de manière indirecte apaisait ma colère, cette dernière était encore existante et se décupla même, car maintenant il fouillait dans ma vie privée. Un peu trop privée. Je n'avais confié cette histoire qu'à une seule et unique personne sur cette foutue Terre, c'était Lucrezia. Je ne comptais pas la confier une nouvelle fois à quiconque. Et je n'avais pas envie de partager mon passé avec cet homme. Soudainement, tous les bons sentiments avaient disparu pour laisser place à du vide. Ni haine, ni amour. Juste une neutralité à m'en faire moi-même pâlir. Et la colère s'évanouit à mesure d'elle-même, probablement aspirée par cette spirale de néant au fin fond de mes entrailles, au fin fond de mon cœur. Elle laissait place à quelque chose de bien pire. Bien bien pire. Non. Il ne me mettrait pas à nu si facilement. Non je ne lui dirais pas Sophia. Je ne lui dirais pas Amelia. Je ne lui dirais rien. Pourquoi le ferais-je ? En quoi étais-je tenu de lui avouer tout ça ? Lui exposer mes faiblesses, lui exposer l'homme que j'avais pu être par le passé ? Pourquoi devrais-je me mettre à nu ? Pourquoi ? Je n'étais pas son patient, alors qu'il aille se faire voir. Je soupirais bruyamment alors que je sentis une chaleur nouvelle et pourtant familière me monter au visage. Je repoussais mon siège en arrière, et dans cette manoeuvre, je repoussais les larmes. J'étais dépassé. Depuis combien de temps n'avais-je pas senti les larmes dans mes yeux ? Comment ? Comment faisait-il cela ? C'était comme s'il me sondait et qu'il lisait les réponses à ses questions sans même avoir besoin de les poser. Si je réagissais si violemment, c'était parce que j'avais peur qu'il sache. Mais n'étais-je pas simplement en train de lui dire toute ma vérité sans employer les mots ? J'étais définitivement complètement con. Qu'il sorte de ma tête. Il n'avait rien à y faire. L'alcool avait définitivement joué en ma défaveur et j'avais perdu la parfaite maîtrise de moi-même. Je n'aurais jamais dû être atteint par cette simple question. J'aurais dû feindre l'indifférence, celle que j'utilisais à tout bout de champ pour un oui et pour un non pour repousser quiconque s'approchait un peu trop près. Ou alors j'aurais pu mentir. Ou bien j'aurais pu abattre un joker. J'aurais pu trouver tellement d'autres solutions que de briser cet échange. Mais les faits étaient là. Je ne pouvais pas me résoudre à lui mentir, ni à le mener en bateau. Encore maintenant, dans la puissance du moment, malgré tout, je choisissais la sincérité, comme si je n'avais jamais eu le moindre autre choix avec lui. Je préférais encore l'honnêteté du silence. L'honnêteté de la colère. Pourquoi ? Quitte à parfaitement me révéler aux yeux trop verts de l'homme face à moi qui s'était imposé dans ma tête, dans mon cœur avec une aisance que je n'avais encore jamais vue auparavant de toute ma foutue vie, j'avais choisi. J'avais choisi l'authenticité de ce que j'étais. L'authenticité de la rage qui opérait en moi et qui prenait possession de chaque fibre, chaque cellule de mon corps et de mon être, comme si je n'étais qu'un vulgaire pantin. Un esclave de ce passé qui me contrôlait totalement. Déplorable. Risible. Et pourtant contre lequel je ne pouvais rien. Jamais je ne changerai le passé ; mais le passé changeait mon présent, mon futur. Il régissait tout en grand maître incontesté et incontestable. Un cercle vicieux, destructeur, que je n'arrivais pas à briser. Je n'avais jamais été assez fort pour ça. Je ne le serais probablement jamais.

Va te faire foutre, lâchais-je avec un nouveau mépris avant de brusquement me lever.

J'en avais même oublié le vouvoiement. J'en avais oublié la retenue. J'en avais oublié la date, l'heure et le lieu. J'en avais oublié l'homme inatteignable que je voulais représenter. Je perdais toute crédibilité. C'était terminé, sur bien des points. Mes pupilles n'avaient jamais lâché celles du psychiatre et je réalisais qu'il m'était désormais difficile de détourner le regard. Noah avait dépassé une limite, en un claquement de doigt, et mon caractère impulsif et colérique avait fait le reste. Avec cette nouvelle distance entre nous, j'eus l'impression de me rhabiller. Une illusion absurde et une image un peu écoeurante à la fois. Il n'était ni mon amant, ni mon ami. Il était encore moins mon psychiatre. Je n'avais pas besoin de lui. Je devais bien m'en souvenir. Mon histoire, ma douleur, étaient les miennes, et même avec la menace d'un couteau sous la gorge, personne ne pouvait m'obliger à parler. Personne ne pouvait m'obliger à me mettre à nu. Pas même lui, cet homme aux yeux un peu trop verts pour mon propre bien. Pas même cet écho qui résonnait en moi lorsque je le regardais. Rien. Aucun mot ne franchirait mes lèvres.

Noah m'avait rendu mes coups de bâton avec une justesse effarante. C'était un retour loyal. J'avais fouillé dans sa vie privée, je lui avais demandé de se confier sur sa véritable nature ; Noah l'avait fait, il avait joué le jeu, mais j'étais incapable d'en faire de même. Pourquoi ? Je n'en avais jamais été vraiment capable, n'est-ce pas ? La seule raison pour laquelle je m'étais confié à Lucrezia, c'était parce que j'avais voulu sauver notre relation. J'avais voulu la garder, alors je lui avais avoué qui j'étais et mon passé, en me passant au maximum de lui donner des détails. Je l'avais fait par égoïsme, pour la garder près de moi. Peut-être même l'enchaîner sans vraiment le réaliser. J'avais réussi à trouver les mots, pour elle. La seule et unique fois, pour la seule et unique femme dans ma vie. Mais cet homme, lui, ne pouvait pas. Quel que soit le lien qui nous liait et que je ne pouvais ni expliquer ni définir, il ne pouvait pas me pousser aussi loin. Ce mur était infranchissable, même pour cet homme. Qu'il n'essaie plus jamais. A cette pensée, je le pointais très vite de l'index dans une nouvelle colère que je refrénais du mieux que je le pouvais :

Restez loin de moi. Je ne veux plus jamais voir votre face de toute ma vie. J'espère que le message est limpide.

Si cela sonnait comme une menace, c'était plutôt la peur qui régnait au fin fond de mes entrailles. Il avait suffit à Noah de claquer des doigts. Comme ça. Un vulgaire claquement, facile et rapide. Et cela avait résulté l'expression du pire de moi-même. Tel un renard apeuré par un bruit inconnu, j'étais apeuré par cet homme à cet instant précis. Oh non, il n'obtiendrait rien de moi et je ne me laisserais pas capturer par des yeux si familiers. Jamais. Mes pas me dirigèrent - me hâtèrent - vers la sortie, sans préavis. Je fuyais sans courir, aussi vite que je le pus, alors que l'environnement tremblait légèrement autour de moi sans pour autant m'handicaper d'une quelconque manière que ce soit. Le whiskey de trop. J'allais le regretter. J'allais tout regretter demain matin. Peut-être même dans quelques heures. Non, en fait quelques minutes suffiraient. Bon Dieu, comme j'étais con. Comme j'étais le Roi des Cons. Y avait-il plus con que moi ? J'en doutais. Toutes mes pensées, toutes, sans exception, étaient verrouillées sur le psychiatre alors que je lui avais tourné le dos et que je devais dealer avec ma décision. Etait-ce au moins la mienne ? Je l'espérais.



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When did I become so cold? When did I become ashamed? Where's the person that I know? They must have left. They must have left with all my faith.


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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 11 Déc - 23:06


Une réaction. C’était tout ce qu’il attendait, tout ce qu’il espérait obtenir. Une réaction, plus qu’une confession, de la part de celui qui jusqu’à présent n’avait fait que le cuisiner. Ce n’était qu’un échange de bons procédés, un juste retour des choses que Noah attendait de la part de Kenneth. Que les iris trop bleus de son bien laconique compagnon se ternissent, qu’ils virent à l’orage, qu’ils racontent une histoire qu’il lui avait cachée jusque là. Après tout, leur deal les forçait à une entière honnêteté, qu’il n’avait jamais une seule fois foulée au pied bien que l’envie fut grande. La confiance, la sincérité, entre deux vipères qui se repaissaient de tout ce qui était noir. Tout ce qui était sombre. Ce n’était qu’un juste retour de bâton, que sa question. Et Noah espérait avoir une réponse plus que satisfaisante en dirigeant progressivement la conversation non plus sur Enya mais bien sur le Renard.

Et la réaction, il l’eut. Elle fut belle. Magistrale. Cette réaction qui soulevait les poils sur ses bras, qui picotait son échine, celle d’une colère pure, ancestrale, qui venait des abysses mêmes de l’humain. Kenneth n’était qu’un homme, lui aussi, et il avait eu tendance à l’oublier. Un homme avec ses forces, avec ses faiblesses, avec un passé qui était clairement douloureux vu sa réaction toute faite de rage. Il avait posé ses questions, s’était immiscé dans la vie de Noah en étant persuadé de ne pouvoir se laisser atteindre. Sans le savoir, il lui avait accordé sa foi puis sa confiance, doucement, au nom d’une proximité d’abord illusoire puis partagée. Mais Noah connaissait les hommes, d’autant plus ceux qui lui ressemblaient autant. Il y a toujours un point de rupture. Il suffit de le chercher, il suffit de le trouver. Prêcher le faux pour obtenir le faux était une solution, mais en ce qui concernait Kenneth, il savait pouvoir compter sur ses propres impressions. Ne restait plus qu’à contourner les problèmes, profiter que la confiance ait creusé une brèche dans ses défenses et frapper. Fort.
Ca avait bien plus fonctionné qu’espéré. Et s’il devait reconnaître être frustré de ne pas avoir le détail des événements, de n’obtenir que des insultes, il était habitué à ce type de comportement. Le langage corporel de Kenneth, lui, racontait toutes les histoires que sa voix refusait d’avouer. La rage sourde qui grisait son regard trop bleu, tempête dévastatrice sur les deux océans, était sublime. Un déferlement de colère, de rage, de douleur contenues. Un regard d’une violence délectable, tant il était la première preuve d’une authentique sincérité de la part de son interlocuteur.
Quant à ce qu’il lisait dans ses yeux, c’était cet âge. Un âge bien plus important qu’il ne le laissait entendre, un regard bien plus blessé qu’il n’avait pu l’être. Il y avait dans ses actes la preuve d’une blessure encore vivace, dans sa colère la trace d’un problème irrésolu depuis bien trop longtemps. Et si Noah n’en connaissait pas le détail, il fut presque convaincu d’intervenir. Il l’aurait apaisé, s’il ne savait pas que ce type d’intervention pouvait se solder par un coup en travers de la figure.

Son regard, rivé sur Kenneth, n’avait plus rien d’humain. Le confesseur jaugeait le pécheur. Le psychiatre décortiquait son sujet. La vipère attendait que sa proie achève de lutter contre le poison, suite à une morsure létale. Le goût sucré du vin blanc, sur son palais, se mêlait avec l’âpreté de l’adrénaline. Son coeur tambourinant dans sa gorge, il décortiqua chacun des gestes de son partenaire. C’était donc ça. Il avouait que les tâtonnements du sorcier étaient parfaitement justes, et qu’il avait une histoire qui était digne d’intérêt. Penché dans la direction de Kenneth, les mains jointes devant lui sur la table, il l’observa se relever. Il écouta attentivement chacune de ses paroles. Un rictus machiavélique assombrit le creux de ses lèvres ourlées face à la menace.

-Votre fuite est la première véritable preuve de sincérité que vous m’offrez de la soirée, Kenneth. N’hésitez pas à revenir me faire part de votre réponse, lorsque vous serez prêt à assumer tout ce que vous prétendez ne pas être.

Il l’avait captée, cette étincelle. Cette étincelle de peur tout au fond de ses prunelles, dans ce regard qui fuyait avant même que le corps du brun n’ait suivi le mouvement. Ce dernier avait sous-estimé son partenaire, en se basant sur des préjugés ou des rumeurs. Il avait cru qu’il pourrait se glisser sous sa peau, qu’il pourrait en faire ce qu’il voulait. Mais au fond, qui était la personne qui prenait les décisions, depuis ce début de soirée ? Qui était la personne qui menait le jeu, sans avoir besoin de tricher ? Son regard glissa sur le dos du renard alors qu’il prenait ses jambes à son cou, dans une tentative désespérée d’avoir l’air digne. Une tentative désespérée de croire qu’il n’avait ni triché, ni perdu.
Ce n’était pas le cas, pour Noah. Au final il n’avait ni perdu son temps, ni perdu la partie. Se confier sur sa situation avec Enya avait beau avoir été difficile, il savait que le curieux lui ferait part de ses réponses. Qu’il la ferait souffrir par procuration, à travers la bouche de Kenneth lui-même. La réaction violente de son partenaire était seulement la cerise sur le gâteau. Un bonus non négligeable qui venait d’illuminer sa soirée.
Il aurait pu lui courir après. Il aurait pu poursuivre la partie, s’amuser un peu plus à ses dépens, peut-être même mettre en place une illusion pour le perdre d’avantage. Mais il avait déjà obtenu tout ce qu’il voulait de cette soirée. Il s’était amusé. Beaucoup. Il avait découvert une nouvelle personne, s’était vautré dans la fange avec elle au point de révéler sa noirceur. Ses pulsions, ses doutes, réveiller sa douleur. Un plaisir qu’il s’était refusé depuis trop longtemps, même au cours de ses séances journalières. Pourquoi pousser le vice et perdre son énergie pour autant de futilité, dans ce cas ? Ce n’était pas utile. D’autant qu’il avait la certitude que, maintenant qu’il avait déposé son venin au creux du cœur de Kenneth, il lui suffisait d’attendre qu’il revienne. Ils revenaient toujours, une fois que la nécrose avait atteint le centre vital. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il n’entre totalement dans son crâne.

Débonnaire, il savoura sa victoire encore quelques minutes avant d’agiter la main vers le serveur au pas léger, afin de régler leurs boissons. L’air de la nuit était frais, agréable, sur son visage alors qu’il rejoignait la ruelle. La brise charriait la victoire. Elle coulait dans ses veines, tout le long de son système, elle résonnait à ses oreilles, elle gonflait ses poumons.
Au point que, alors qu’il rentrait pour retrouver son appartement libéré de son apprenti, il attrapa son téléphone et composa le numéro de Ievseï.
L’alcool, l’euphorie et la victoire l’avaient mis dans de parfaites dispositions.
Ils reviennent toujours. En témoigna la réponse, immédiate, du chacal.

Kenneth reviendrait, lui aussi.


TOPIC TERMINE


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