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 /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: /! Is there somewhere ? [PV Declan]   Sam 3 Déc - 1:49

Is there somewhere ?
○ Flashin' those eyes like highway signs. Light one up and hand it over, rest your head upon my shoulder. Just wanna feel your lips against my skin. White sheets, bright lights, crooked teeth, and the night life. You told me this is right where it begins. But your lips hang heavy underneath me. And I promised myself I wouldn't let you complete me. I'm tryin' not to let it show, that I don't wanna let this go. Is there somewhere you can meet me ?


Les ongles s’encastrent machinalement dans les boutons usés d’une télécommande malmenée. Le son augmente. Il chute aussi vite. Les images reviennent, repartent. La folie talonne l’ennui de si près que le verre dans sa main se vide avec une rapidité troublante. La bouteille passe d’une paume à l’autre alors que ses prunelles traquent les visions macabres. Au début, les séquences alimentaient sa rage, la bousculaient suffisamment pour qu’elle évite de s’enfoncer dans un brouillard mental de plus en plus écrasant. Ce n’est déjà plus la haine qu’elle poursuit désormais. Les apparitions sont parfois brèves, généralement désespérées, principalement douloureuses. Elle s’est surprise à pourchasser le souvenir de Jill puis à chercher les traits de Declan machinalement. Ces rediffusions bercent ses journées, entretiennent sa démence latente. Les sorties s’amoindrissent. Sa couverture fragilisée, pour ne pas dire envolée, l’oblige à faire profil bas. Une situation qui ne lui permet nullement de dépasser les horreurs devant lesquelles elle se plante volontiers. Isolée, terrée derrière ses quatre murs, la sorcière a le loisir de toiser ses plus vieux démons. Les nuits sont agitées, des terreurs qui ne s’apaisent nullement quand l’aube disperse l’obscurité. Les questions se superposent et les réponses s’évanouissent à chaque gorgée puisée dans le bourbon ingurgité. Piégée dans un entre-deux ténébreux, la milicienne doit se contenter des décisions établies par ses supérieurs. Pratiquement une mise à pied. Ou bien une douce vengeance pour son comportement effronté dans l’arène. A moins que ce nouveau silence ne soit simplement le résultat d’une froide indifférence. Les dirigeants peuvent bien se moquer du sort d’un pauvre petit pion échoué sur l’échiquier. Peut-être qu’ils s’attendent à ce que les mafieux règlent eux-mêmes la question, en l’éliminant sans plus d’hésitation. La main de la brune coulisse contre la gorge à l’endroit précis où l’impact chimérique s’est produit, où la balle a perforé sa chair. La réalité pourrait si aisément rattraper la fiction.

Une réflexion lugubre qui s’accompagne très vite d’une sonorité inquiétante. Quelques coups contre sa porte la font sursauter. Les doigts se rassemblent déjà contre la crosse de son arme tandis que d’un mouvement fluide, elle se redresse. Mécaniquement, son bras libre soutient sa cage thoracique. Geste devenu inutile, les séquelles se sont amenuisées ces dernières semaines. Quelques tiraillements tout au plus la déstabilisent parfois mais le traumatisme perdure sous toutes ses formes. L’index flirte avec la gâchette alors qu’elle se rapproche de la paroi toujours aussi rudement brutalisée par le visiteur imprévu. Une voix émerge ultimement pour s’annoncer, la fait enjamber les quelques mètres restants. Les traits tirés et sévères de Burton cueillent sa confusion. « T’as une gueule épouvantable. Me dis pas que t’avais encore le cul posé devant ces merdes ? » La trentenaire relève le majeur sans cérémonie pour toute réponse. Un soupir plus tard, son coéquipier franchit le seuil sans toutefois s'insérer davantage dans la pièce. Abruptement, il enchaine sur la raison de sa visite. « Ils l’ont libéré. » Les prunelles éteintes de l’américaine agrippent avec férocité celles de son interlocuteur. La nervosité la gagne immédiatement, elle agite déjà l’index en direction du messager. L’impatience à son comble. « Si tu te fous de ma gueule, je te jure que… » Ses intonations demeurent rauques, abimées par les tirs reçus durant les jeux imaginaires. Les hématomes toujours visibles témoignent silencieusement de cette barbarie. « Je te dis qu’ils l’ont libéré. Je l’ai vu de mes yeux. » Une question lui brûle les lèvres mais elle se perd quelque part entre son larynx et sa poitrine. Elle s’en fiche de ce que son collègue pourra bien lui répondre. Les paroles ne l'intéressent plus. Elle attrape son blouson, ses clefs et expulse rudement son allié hors de son foyer. « Je savais que tu ferais cette connerie. » commente-t-il avec lassitude. « Tu vas finir par te faire descendre pour de vrai. » Un haussement d’épaules qu’elle exécute en enfilant sa veste et en pressant déjà le pas vers la sortie de l’immeuble. « Qu’est-ce que ça peut te foutre ? » Le mutisme du quadragénaire persiste jusqu’au dehors. Alors qu’ils se séparent sans ajouter le moindre mot.

La capuche relevée sur le crâne, les mains calées au fond des poches et la précipitation à peine contenue, la fausse trafiquante évolue dans les rues, l'estomac remué par un méli-mélo d’émotions indéfinissables. Si elle s’écoutait, elle se mettrait à courir. Mais son thorax fragilisé par l’assaut irréel ne lui permet pas d’exécuter une course effrénée. On l’a privée de toute visite, on l’a empêchée de l’atteindre, de lui parler. On ne lui a même pas communiqué le sort qui lui était réservé. Elle a bien tenté d’obtenir des informations, de déjouer la sécurité mais en vain, elle s’est heurté à plus de blâmes, plus de réprimandes. Plus d'ennuis. Cette attente interminable l'a rendue plus maussade que jamais quand il lui est apparu évident que la fureur ne pourrait rien changer. Leur dernier échange houleux a ainsi rythmé ses pensées, alimenté ses propres regrets. Son sacrifice impulsif tout autant. Tout ça la dépasse. Et si elle ne craignait pas autant pour la survie du métamorphe depuis des semaines maintenant, sans doute qu’elle ne serait pas celle qui se dirigerait aussi vivement vers son logement. La terreur devrait la tenir éloignée. L’expérience traumatisante des arènes lui a fait réaliser des choses qu’elle se buttait à ne pas vouloir analyser, accepter, réaliser. Sans parler de ses quelques secrets éparpillés. Elle a toutes les raisons du monde de faire marche arrière, de chercher à conserver ce qu’il lui reste d’auto préservation. Cependant, elle est là, à accélérer la cadence juste pour pouvoir enfin le voir.

Devant la bâtisse démolie, elle sent le malaise s'amplifier. Elle n’a même pas été foutue de revenir sur le lieu de leur crime, n’a pas réalisé la précarité dans laquelle l’irlandais s’est retrouvé depuis l’explosion désastreuse. Plus chamboulée que jamais et plus désorientée encore, la réincarnée s’engouffre dans les vestiges d’une demeure décomposée, le flingue toujours bien logé dans le creux de sa main. Juste au cas où. « Y a quelqu’un ? » s’entend-elle réclamer aux ombres de son ténor toujours aussi usé. Elle se sent un peu ridicule à se tenir là, le coeur détraqué et l'anxiété exacerbée face au chaos environnant. Toujours trop instable, toujours trop emportée et incroyablement irréfléchie quand Declan est impliqué.

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Dernière édition par Joan C. Valentine le Mar 13 Déc - 0:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Sam 3 Déc - 12:22



   
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La libération s’était faite dans la matinée. Dans un silence sinistre, l’oeil mauvais, rancunier, blessé jusque dans son âme, l’ancien prisonnier avait quitté la cage sans une oeillade en arrière. Il avait senti l’air le caresser, vu le monde s’étendre de nouveau devant lui, pourtant le changeur n’avait ressenti qu’une profonde indifférence. Son visage sans plus aucune vie, fatigué par des semaines d’enfermement et d’acharnement, aux cicatrices récentes, n’avait pas laissé la moindre émotion le traverser. L’irlandais s’était simplement contenté de marcher droit, d’un pas traînant, lassé, éreinté, bousillé. Les géants l’avaient envoyé dans l’enfer carcéral, là où leurs petits cerbères l’avaient brisé. Lui faire plier l’échine, lui faire passer l’envie de la révolte, lui ôter toute notion de protestation, tant de directives qui leur avaient été données. Et ils avaient mis énormément de coeur à l’ouvrage. Plus le taulard avait résisté, plus les pantins s’étaient amusés. Son droit de visite avait été aboli. Aucun contact. Un homme, un seul, contre tous. Ils ne lui avaient pas laissé la moindre chance ces salauds. Ressortir sans séquelle de ce séjour n’avait jamais fait partie de leurs desseins, ces derniers avaient été exécutés avec un machiavélisme teinté de perfection. Un souffle, peut-être trop léger pour lui permettre de se relever, c’était tout ce qu’ils lui avaient laissé.

La porte brûlée puis rafistolée s’ouvrit dans un grincement. Le regard morne accosta le néant. Tout avait été fouillé, dévasté. Les armes dont il disposait dérobées, tout comme le peu d’affaires qu’il avait possédées. L’arène l’avait précipité derrière les barreaux, l’abri de fer lui avait absolument tout pris. Mais tout ce matériel n’était rien en comparaison du devenir de ses proches. Sa main légèrement tremblante se posa sur l’encadrement de cette petite chambre d’enfant tristement vide. Où étaient-ils ? Le coeur se serra dans sa poitrine douloureuse. Agatha avait veillé sur ses petits qui, chaque matin lui avait-elle dit quelques minutes plus tôt, échappaient à sa bienveillance pour aller se réfugier dans leur antre, avec le vain espoir de voir leur oncle resurgir. Un jour, ils n’étaient pas revenus. Un jour, ils avaient disparu. L’angoisse était insupportable. Des larmes coulèrent sur ses joues ternes et amaigries, un bref instant, avant qu’il ne se détourne du décor innoccupé dans un murmure. « Pourvu qu'ils soient avec l’un d’vous... ». Eamon, Nymeria, Joan peut-être. Le skin ignorait le sort de chacun, il ne savait même pas, finalement, combien de temps s’était écoulé depuis la grande finale. Il n’avait plus conscience du temps, plus conscience de rien. On l’avait coupé du monde, contraint d’abandonner tout ce qu’il connaissait de celui-ci, tout ce qu’il était, tout ce qu’il chérissait. Un animal en cage, battu, mené sur la pente de l’égarement, puis de la démence. Une bête qu’on avait relâchée dans cet état, sans considération. Un fou sorti de l’asile, c’était le résumé qu’il faisait de sa condition. Tremblant de haine, il s’achemina jusqu’aux vestiges de sa salle de bain pour y recueillir son reflet. Ses yeux assombris se rivèrent sur ses traits vieillis, presque maladifs, pendant que son esprit ne parvenait pas à encaisser le choc de cette découverte. Son visage était encore légèrement tuméfié de la veille, des cicatrices n’avaient pas encore eu le temps de s’estomper, il avait la sensation d’être défiguré. Frissonnant de rage et d’affliction, bouffé par l’amertume et les tortures, il décrocha violemment le miroir et l’envoya se briser contre le carrelage, dans un cri bestial. S’appliqua ensuite à détruire tout ce qu’il restait de son logis, libérant toute la colère qu’il avait accumulée, avant de saisir une bouteille d’alcool que les voleurs n’avaient pas su dénicher puis de se laisser tomber dos au mur, sans plus aucune force. Il ramena l’une de ses jambes tremblantes contre lui, déboucha sa trouvaille, puis s’y accrocha comme à une bouée de sauvetage.

Le temps s’était écoulé en contemplant le malheureux se réfugier dans l’ivresse pour atteindre le confort de l'oubli. Les jeux, la lutte, la mort, le sang, les tourments, la séquestration. Les derniers événements l’avaient profondément marqué. La prison lui avait laissé tout le temps d’y repenser, en plus d’ajouter d’avantage de stigmates. Il avait fini par ne plus discerner le réel de l’irréel. Ne savait plus s’ils étaient vivants ou morts, s’ils étaient là où ils pensaient être, s’ils étaient sortis de cet univers virtuel, ou même si tout ça n’avait été que factice finalement. Totalement perdu, l’arrière de son crâne vint brutalement percuter la façade. Son regard se ferma pour ne plus voir toutes ces atroces images qui passaient en boucle. Mais ces images étaient dans sa tête, et elles continuèrent leurs agressions. Ses sourcils se froncèrent. Sa poigne devint plus ferme sur le réceptacle qu’il porta jusqu’à ses lèvres. Le contenant lui offrirait le répit dont il avait besoin, chasserait de sa mémoire les arènes et les tortures endurées dans l'ombre des cages. Le métamorphe n’était plus en phase avec la réalité et ne voulait plus s’y reconnecter.

La voix de Joan le berça soudainement d’illusions. Le souffle du Grimes cessa brièvement, avant que l’homme ne tourne la tête vers la silhouette. L’amante était là, aussi belle que dans son souvenir, saine et sauve. Etait-ce un leurre ? L’espoir naquit, pour mourir aussitôt. Le plombier se redressa en prenant appui contre le mur, sans lâcher la bouteille qui pendait maintenant de manière bien précaire au bout de ses doigts. Sans dire mot, il détailla sa dulcinée, chercha la faille qui lui permettrait de balayer la chimère. Ses prunelles brumeuses ne la trouvèrent pas et Declan s’avança, épuisé et vacillant, jusqu’à la sorcière qu’il contemplait sans oser battre des cils de peur qu’elle ne disparaisse. Sa main libre vint effleurer la joue de la milicienne, elle était si chaude, si réelle. Lui avait tellement froid. Sa voix glacée fila faiblement. « Joan, c’est vraiment toi ? T'es vivante ». Avant même de lui laisser l’opportunité de répondre, il laissa l’alcool chuter dans un bruit d’éclats de verre pour attraper le visage de la belle de ses dix doigts, dans un élan ou se confrontaient la fougue et le désespoir. Ses lippes piégèrent les siennes, embrasées par une passion qui s'était éteinte dans les couloirs obscurs. Son corps fiévreux contraint le sien, si frêle, si désirable, à venir se coller contre la façade léchée par les flammes. L'amant se fraya un chemin jusqu'à la peau satinée de la magicienne, sous son tee-shirt, pendant qu'il s'appliquait à faire glisser avec empressement la fermeture de sa veste. Le condamné voulait se laisser consumer par l'étreinte, sentir la chaleur de sa douce contre sa carrure meurtrie, se sentir à nouveau pleinement vivant. Taire son supplice, l'oublier dans les bras de cette émotion égarée aussi intense que soudaine qu'elle lui offrait dans l'instant. L'animal farouche se laissait dévorer par le désir, exalté par les délices de la chair et la boisson.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Dim 4 Déc - 23:57

Le chaos au dehors, au-dedans. Il parsème de remords, le regard éteint de la milicienne. Les épaules inclinées et l’arme ramenée contre le flanc, la sorcière observe le vide, s’en imprègne jusqu’à se sentir insignifiante, impuissante. Egarée au milieu d’un tas de débris, paumée dans la suite des événements. Le cœur a ralenti sa course, comme résigné à l’absence significative du propriétaire. La main légèrement tremblante, elle accuse mal son impatience. ses yeux continuent de balayer l’environnement ravagé, l'espoir en branle face à la précarité du logement mais la détermination intacte. A défaut de dénicher son amant, elle pourra peut-être en apprendre davantage sur le sort de ses occupants. Elle s’autorise un pas avant d’être interrompue par des bruissements. Ses prunelles bifurquent immédiatement, le canon déjà relevé par réflexe vers la silhouette s’allongeant à quelques mètres de là. Le flingue redescend progressivement alors que la vision s’éclaircit. Une vague d’émotions la fauche instantanément, la respiration s’estompe, disparait totalement. Figée sur sa parcelle de plancher, la brune se contente de l’observer, de réapprendre ses traits du bout des cils. Le soulagement fugace laisse place à une réelle angoisse, à un désir tout aussi vif de lui sauter au cou. Le métamorphe amoché, présente des plaies encore marquées. Sa démarche gauche n’est pas non plus étrangère à la trentenaire. Ce que la bouteille au creux de la paume lui confirme très vite. Les mots remontent sa gorge et meurent sur ses lèvres trop rapidement dès qu’il place sa paume contre sa joue. Désarmée, Joan accueille les tourments projetés par ses iris céruléens et s’y abandonne. Les quelques intonations dispersées par le plombier se décomposent dans son esprit embrumé. Trop vite, il s’approprie son visage, sa bouche. La chair glacée de l’irlandais comprime la sienne rudement, la cale contre une paroi noircie d’un même mouvement. Le verre s’est brisé, quelque part. La fausse mafieuse l’a déjà oublié, ne l’a même pas calculé. Après une poignée de secondes, le choc la relâche ultimement, lui permet de réagir finalement à son enivrement.

Son pouls s’affole alors que les mains du changeur coulissent contre son épiderme, s’occupent d’annihiler les barrières fibreuses entre eux. Emportée par cet élan, l’américaine s’agrippe à lui férocement. Leurs succubes s’étreignent pendant que la frénésie se charge de démanteler le néant. Les peurs écorchent les lippes qu’elle revendique avec ferveur. Les violences subies hors de ses murs, hors de cette réalité, celles qui se sont ensuite nourries du silence et de l’absence, ont raison d’eux pour quelques instants. La réincarnée glisse sa main libre à son tour contre la peau toujours transie du métamorphe, effleure sa colonne vertébrale avant de saisir son épaule gauche avec force pour se caler toujours plus étroitement contre lui. La fièvre les écroue, l’oblige à se presser toujours plus contre lui, jusqu’à réveiller les douleurs au thorax. Chaque lancinement lui rappelle les horreurs de l’arène, nourrit sa démence et son besoin de le serrer plus fort encore contre elle, de le sentir proche, de multiplier les contacts. L’exaltation se disloque néanmoins dès que ses lèvres dévient des siennes pour venir heurter les séquelles toujours présentes de l’ancien prisonnier. Le souffle court, sans jamais défaire sa prise, la divorcée recule son visage du sien pour analyser les dégâts. « Les fumiers. » grogne-t-elle ensuite de sa voix atrophiée. Prudemment, sa  paumes file sous le tissu qu’elle a négligemment relevé pour grimper jusqu’au faciès malmené de son comparse. Sans lui demander la permission, sans même prendre le temps d’y porter le moindre songe, habitée simplement par son besoin urgent de remédier d’une façon ou d’une autre aux meurtrissures de son interlocuteur, elle use de sa magie pour réparer les torts occasionnés au visage allié. D'une caresse, elle apprécie la peau remise à neuf. Son revolver encombrant toujours son autre paume, elle ne peut se permettre de le rapprocher à nouveau d'elle avec facilité. D'un mouvement rageur, elle range très rapidement cet obstacle dans son holster. La seconde suivante, ses deux bras s’occupent déjà d’entourer la carrure de l’amant, les doigts grignotant très rapidement sa nuque.

La détresse de Declan la rattrape une nouvelle fois avant qu'elle ne laisse l'envie la submerger une nouvelle fois. Face à son regard, les paroles se bloquent dans son larynx. L’odeur d’alcool rance qui l’accompagne, la désarçonne tout aussi vivement. Quelques réminiscences réarrangent les préoccupations. Ses sourcils s’arquent à mi-chemin entre la désapprobation et le chagrin. Peut-être qu'elle est vexée qu'il n'ait pas filé droit chez elle. Peut-être qu'elle n'a toujours pas compris qu'il ne savait pas qu'elle était toujours en vie. Peut-être qu'elle n'a pas envie de le comprendre. Le déni semble bien moins oppressant que les terreurs avec lesquelles ils ont été forcés de cohabiter. « Je t’avais dit de plus te bourrer la gueule quand t’étais seul. A quel moment t’as cru que c’était le bon plan hein ? De revenir dans cette merde pour te torcher la tronche comme ça ? T’as pas retenu la leçon la dernière fois ? Putain, j’ai pas été assez claire peut-être ? Regarde-toi, merde. T’as encore cru que tu pouvais te démerder seul ? Que t’avais besoin de personne ? » Le timbre vibre sous l’émotion qu’elle ne parvient pas à contenir. Elle ne supporte pas son état, n’arrive pas à accepter cette fausse normalité qu’elle cherche vainement à instaurer pourtant. Rien de tout ça n’est habituel. La dernière fois qu’ils se sont vus, elle a crevé dans ses bras. Son front s’accole au sien. Elle tente de réparer les reproches balancés pour contrer son propre accablement, sa propre impuissance. « Je t’ai attendu, moi. J'ai fait que t'attendre bordel. » L’aveu se brise sur une note affreusement rauque, atrocement aigüe. L’attente interminable, le supplice d’ignorer les directives observées par le gouvernement. Qu’il soit vivant pour qu’on le lui arrache finalement aurait été cruel. Et possible. Maintenant que l’effroi redevient entier, l’imagination alimente les scénarios catastrophes. Ses pouces soulignent les pommettes du criminel. « J’ai tenté de te tirer de cette merde, je te jure mais ces connards... Putain. » Elle sait qu’elle ne commence pas par les évidences, pas par ce qui est important ou essentiel. Elle sait aussi qu’il n’a sans doute pas envie de parler. Elle sait qu’elle-même n’a initié cette ébauche de discussion que pour semer les drames qu’ils alignaient en s’enlaçant aussi chaotiquement. Alors elle s’arrête là, le fixe en ne sachant déjà plus quoi faire de tous ces sentiments aussi primitifs que douloureux. A bout de nerfs, elle se réapproprie finalement ses lèvres avec brusquerie, sans la moindre transition.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Lun 5 Déc - 17:40



   
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La réalité s’effondrait sous les caresses de l’amante, sous cette ferveur qu’elle lui témoignait sans ériger la moindre barrière, alors qu’elle détenait toutes les raisons de le faire. Il n’y avait plus d’atrocités, de blessures de l’esprit ou de culpabilité. Les images d’horreur s’étaient calcinées dans le grand feu du désir que la sorcière faisait naître et qui seul régissait maintenant le monde du changeur. Il s’accrochait à la magicienne avec la force du désespoir, le regard de nouveau plein d’une vie qu’on avait tenté de lui arracher, le corps frémissant sous une émotion qu’il avait pensé définitivement dérobée. Le fer lui avait promis une éternité de tortures, il n’avait jamais pensé qu’il en serait un jour libéré. Mais était-il vraiment libre, ou la virtualité se jouait-elle encore de son âme déjà trop écorchée ? Ses paupières se fermèrent un instant, pour que seules les sensations perdurent. Les prunelles se laissaient trop souvent berner par le mensonge, alors que le toucher laissait entrevoir la vérité. Aussi, ses mains parcouraient la silhouette de Joan sans pudeur, vigoureuses. La milicienne avait l’air si réelle... Pitié, qu’elle le soit. Supplique qui fut accompagnée d’un frisson, à la fois déroutant et agréable. La poigne de l’ancien prisonnier faiblit pendant que son regard s’attachait à plonger dans celui de la guérisseuse. Les lèvres closes, il la laissa porter sa main talentueuse jusqu’à son visage blessé qu’elle parcourut brièvement. Elle en fit de même de ses yeux bienveillants et satisfaits, la mage avait parfaitement oeuvré. Declan ne sentit plus la moindre séquelle sous la caresse de ses doigts. Dans un silence reconnaissant, sans plus aucune pensée pour ceux qui avaient gravé leur brutalité sur son portrait, il offrit juste le temps à sa belle de se défaire de son arme avant de se laisser aller de nouveau à cette passion qui le submergeait. Sa prise se raffermit sur la silhouette gracile pendant que ses mains venaient se loger à l’arrière de ses cuisses, que ses lèvres harcelaient les siennes avec une avidité croissante. L’amant profita que la dulcinée agrippait sa nuque pour la soulever d’un élan transporté, avant de la déposer sur la table qui avait miraculeusement échappée au désastre. Il profita qu’elle soit à sa hauteur pour la séparer de son holster qui chuta sur le plancher, puis de finir de la délester de son blouson qui rejoignit aussitôt le revolver. Le reste allait subir le même sort lorsque la convoitée décida finalement de briser cette rythmique.

Les mots se mêlèrent à l’action qu’ils balayèrent sans ménagement. Leur violence cingla le destinataire qui se figea, puis se décomposa. L’esprit tantôt éteint se raviva et amena avec lui les affres de son proche passé qu’il avait tenté de noyer dans l’alcool, puis d’oublier dans les bras de la luxure. La lueur pétillante que cette dernière entreprise avait offerte à son oeillade fut chassée par une nouvelle obscurité qui le contraignit à reculer. Il abandonna le contact de la sorcière qui, décontenancée par ses propres paroles, cherchait pourtant le sien. Mais l’appel de la chair l’avait déserté, ne restait que la souffrance dans son palpitant qui battait plus faiblement. L’excitation déclina aussi rapidement qu’elle s’était avivée. La glace s’invita derechef dans le coeur de l’homme, puis s’étendit jusqu’à ses traits. L’irlandais foudroya son vis-à-vis d’un regard réprobateur. Pourquoi s’était-elle donc sentie contrainte de muer l’ébauche d’ébats salutaires en une conversation torturante. Néanmoins cette sombre émotion céda promptement face à la vague d’accablement qui le menaçait d’effondrement. Joan ne méritait pas d’être regardée ainsi, alors, coupable, minable, le plombier se détourna. Son faciès dévia pendant que sa mâchoire se serrait, que l’azur de ses prunelles n’était plus qu’une mer de souffrances, d’angoisses et de profonds regrets. Sa voix était la déferlante qui se heurtait contre la roche lorsqu'il rétorqua, simplement. « Personne n’peut rien pour personne ». Parce que la bonne volonté ne suffisait pas dans un monde où la justice, la moralité et la chance n’existaient plus. Que s’y risquer signifiait qu’il fallait en payer un prix bien trop élevé. Qu’elle était de toutes manières éradiquée par l’autorité monstrueuse et toute-puissante de leur gouvernement en place.

Declan semblait avoir abandonné, son séjour en enfer l’avait dépossédé de son tempérament de feu et de sa détermination. Las, il voulait déposer les armes, puis lâchement baisser les bras. Se fondre dans un univers de solitude où il n’y aurait plus aucune entrave, plus de proches, d’inquiétude à leurs égards et de préoccupation. Pourtant, une petite étincelle continuait de crépiter au sein de cet esprit farouche qui n’en avait pas encore conscience. Elle avait simplement besoin d’un peu de temps pour redevenir la flamme qui lui permettrait de se relever et de hurler vengeance, pour la préservation de tous ceux qu’il pensait avoir sacrifiés. Pour l'assurance d'un avenir plus radieux pour ces enfants qui n'étaient plus là, mais qu'il recroiserait bien un jour. Ces gosses qu'il était venu chercher, qu'il n'avait malheureusement pas trouvés. Un peu amer, il rappela leurs existences à la milicienne. « Il fallait qu’j’revienne ici, t’étais pas la seule à être censée m’attendre... Mais m'attendre ça rimait à quoi, j'savais même pas si j'allais un jour sortir d'cet enfer... ». Toutes ses pensées s'étaient dirigées vers ses neveux disparus, pour s'en détourner dans la seconde. Il ne voulait plus penser à leurs disparitions qui laissaient jaillir de trop nombreuses questions, aux réponses trop inquiétantes. Les scénarios catastrophe s’enchaînaient et le skinchanger ne supporterait pas une énième douleur, se fichant bien de cet air de connard profondément égoïste qui lui collait alors à la peau. Il n’était pas parti à leurs recherches et ne comptait pas s’atteler à cette tâche. Il n’avait plus suffisamment de ressources pour ce faire. « Je s'rais allé où de toutes façons ? J’savais pas si t’étais encore vivante. Puis après toutes ces horreurs que j't'ai dites... Putain, ça s'est vraiment passé ? T'étais vraiment là ? ». Du sang. De la sauvagerie. Une souffrance terrible. Des larmes. Le deuil. Les images du massacre de sa martyre vinrent le bousculer un peu trop brutalement. Sa gorge était serrée et ses yeux brillants lorsqu'il s'exprima. « La dernière fois qu'jai posé mon regard sur toi... ». Les mots ne parvenaient pas à sortir, trop cruels, trop douloureux pour être prononcés. Trop réels. Il craignait qu’ils ne se transforment en vérité, que Joan ne devienne plus qu’une illusion que ses paroles souffleraient dès qu’elles seraient libérées. Paumé, son regard un peu voilé se planta dans le brun des yeux de l’ensorceleuse. « J'suis même pas sûr qu’tout ça soit réel... ». Son aplomb avait sombré, laissant quelques bribes de démence immerger, et l’homme plus que l’ombre de ce qu’il avait été.
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Mar 6 Déc - 16:41

La chaleur suscitée s’évapore, se disperse dans la distance qu’il leur impose abruptement. La frénésie déserte la prunelle, troquée par une intraitable dureté. Le froid se réapproprie l’enveloppe de la sorcière, engourdit chaque muscle, réarrange ses traits. La confusion domine quand la douleur se terre quelque part au fond de la poitrine. L’instabilité du changeur intensifie la sienne inéluctablement. D’un extrême à un autre, ils tanguent. La colère ronge la rétine de l’irlandais, oblige Joan à malmener de ses quenottes, sa lèvre inférieure pour contenir une nouvelle salve de mots tous plus regrettables les uns que les autres. Le silence ne dure que quelques instants mais il lui est insupportable. Ses phalanges craquent contre le bois qu’elle serre machinalement depuis quelques instants, les doigts calés sur le rebord de la table. Quand le regard glacé du plombier lui échappe, la brune en profite pour courber l’échine, admirer la ribambelle de débris jonchant impitoyablement le sol avant de redresser le regard. Il se pose un instant sur le blouson et le flingue dont il l’a délestée. Elle se met à regretter amèrement son propre comportement. Si elle ne l’avait pas interrompu, tous deux seraient sans doute à mille lieues des drames. Les pensées ne s’accordent plus au cœur aliéné. Vainement, pourtant, elle tente de rattraper ses cheminements, de faire front face à cette énième tempête. Après tout, c’est elle qui l’a à nouveau invoqué. A vouloir jongler entre les différentes plaies, elle finit toujours par les réveiller. Les premières paroles du changeur lui arrachent un long soupir. Sa fatalité l’agace. Surtout après de tels événements, après qu’il se soit autant acharné à la protéger dans les marais. Après qu’elle ait été jusqu’à se jeter devant lui pour le sauver. L’irritation s’estompe face à cette conclusion, l’amertume doit tirer ses racines de ce seul fait. La compassion s’étend péniblement dans ses yeux, bouscule l’exaspération. Sentiment qui grandit devant le spectacle qu’il lui concède. Alors qu’il se débat avec ses démons, elle attend, planquant les siens sous ses semelles pour lui prêter l’assistance qu'il semble nécessiter.

Quand la détresse conclut sa tirade, la spectatrice redescend promptement de son perchoir en un mouvement fluide. « Ouais, ça va, je sais bien qu’il fallait que tu vois tes mômes. Mais t’étais pas obligé de rester là comme un con à picoler pour autant. A rester là dans ton coin comme un pochtron. C’est pas en se foutant minable que t’arrivera à discerner le vrai du faux, hein. » Son ton peu amène ne vient délivrer que les restes de l’acrimonie ressentie plus tôt. Il n’en demeure déjà plus rien. L’affliction de son amant, ses remords si maladroitement déliés, étreignent ses propres regrets, exaltent son affection. La souffrance adverse ne fait pas l’ombre d’un doute. La tendresse rattrape le geste qu’elle exécute en s’approchant de lui. Sa main glisse contre son bras prudemment.« Pour ce que j’en sais, on est plus dans une putain d’arène. Même si avec l’état de ta baraque, on pourrait presque en douter. Faut que tu crèches ailleurs, c’est pas dans ce merdier que ça peut aller. » Le timbre graveleux se pare d’une douceur qu’il a sublimé en mentionnant un peu plus tôt la scène fatale. Elle, non plus, n’a pas oublié le dernier regard qu’il lui a adressé alors qu’elle se noyait dans son propre sang. « C’était qu’un sale trip, Declan. Ils ont piégé notre putain d’esprit quelque part, c’était qu’un gros délire. Et c’est terminé là, depuis un bon moment. » Très calmement, la milicienne attrape la paume du trentenaire et la dépose contre sa gorge, contre l’hématome témoignant de l’impact mortel. Tout en repoussant de son autre main le col de son t-shirt, elle dévoile les autres ecchymoses bien tangibles pour les autres endroits touchés par les tirs fictifs. Les séquelles restantes témoignant de la réalité d’un monde imaginaire. « Ouais, tout s’est bien passé. C’était dans nos têtes et ça l’était pas en même temps. » murmure-t-elle alors avec fragilité. Ses prunelles ne cillent pas, elles quand elles se plantent dans les siennes. « C’était qu’un putain de cauchemar. Et c’est terminé. On est en vie, c’est la réalité. » Avec la même défiance, elle fait redescendre les doigts de son acolyte vers son buste, à l’endroit où son pouls bat la mesure. Elle marque la pose juste une poignée de secondes pour tenter de lui ancrer ces faits dans le crâne.

La férocité gomme la vulnérabilité dès la seconde suivante. La détermination devient si vorace qu’elle rend à ses intonations, leur sauvagerie habituelle. « Qu’est-ce que tu voulais que je foute sinon ? Que je passe à autre chose ? Que je lâche l’affaire et que je me dise que t’es bon qu’à crever ? T’as vraiment rien pigé, si c’est le cas. » Avec bien moins de délicatesse, elle relâche sa prise sur la dextre de l’ancien prisonnier sans cesser de maintenir le contact visuel néanmoins. Tout se ne résume qu’à l’azur, qu'aux tourments qu'il délivre même silencieusement. Elle ne sait pas pourquoi mais elle éprouve le besoin de le provoquer malgré elle, de le secouer. De le tirer de cet état léthargique, de cet abattement. Elle se revoit tout aussi sûrement en lui, tous les reproches qu'elle lui a adressé, étaient valables pour elle. A se pencher sur son bourbon, à se lamenter seule, isolée. A penser à lui sans rien pouvoir y faire. Elle ne veut plus accepter ça. Qu'ils soient résumés à ça. Ça ne leur ressemble pas et elle ne désire pas perdre face à la machination gouvernementale. « Après si tu veux que je me tire pour que tu puisses te morfondre tranquillement… T’as qu’un mot à dire, Declan. » Le défi balancé avec âpreté et très vite, talonné par son immuable vérité. « Moi, c’est pas ce que je veux. » Elle reste là, immobile, presque imperturbable, camouflant si adroitement sa multitude de succubes, ses semaines de galère, d’horreur. Son envie de plus en plus encombrante de l’étreindre, de lui communiquer ce qu’elle n’aurait jamais dû s’avouer. Les émotions la submergent et pourtant, elle n’en montre rien. Elle sait qu’il a plus besoin d’elle, qu’elle de lui pour l’instant. Du moins, elle s’en convainc. Et il ne la détrompe pas d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Mer 7 Déc - 23:10



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Les reproches ne l’atteignirent pas, trop loin d’amener la culpabilité dans cet esprit malmené qui avait ressenti ce besoin presque vital de se dégoter son exutoire. Il avait fallu qu’il tente d’effacer ces jours, ces semaines, ces mois... Ca faisait combien de temps qu’on était venu le cueillir dans son antre en fait ? Il n’en avait pas la moindre idée. Le temps n'était plus qu'une notion perdue. Il avait seulement cette putain d’impression qu’il avait été torturé durant des années, qu’on lui avait brisé l’échine des millions de fois, pour attendre sa guérison miracle puis recommencer. Toutes ces pages de tortures toutes plus originales les unes que les autres, d’angoisses et de solitude, il voulait en faire des bouts de papiers bons à brûler, pour que personne ne puisse lire ces quelques lignes de son passé et les lui rappeler. Incapable de faire face à toutes ses préoccupations, à ses questions sur les sorts qui leur avaient été réservés à tous, il avait eu besoin de s’abrutir pour les oublier. Reculer pour mieux sauter, juste le temps d’une journée, d’une soirée. Le temps d’un souffle, un répit avant que l’aube prochaine n’amène avec elle toutes ces souffrances qu’il redoutait. Mais les affres de ces douleurs s’estompèrent au fur et à mesure que ses doigts parcouraient les séquelles de Joan, jusqu’à disparaître totalement, chassé par un mal différent. Les paroles de la sorcière continuèrent de se déverser mais le changeur ne semblait déjà plus les entendre, son esprit était accaparé par ses souvenirs des arènes, par le vil plaisir qu’avait pris les marionnettistes à leur offrir leurs pires cauchemars. A les tourmenter à coups d’illusions qui avaient soulevé tant d’interrogations, de mystères toujours en suspens. Qui avaient laissé resurgir tellement de démons que le plombier n’avait jamais soupçonnés. Tout remontait à la surface, dans ses moindres détails. Chaque geste, chaque parole, chaque émotion dans le regard. La mémoire amena avec elle une panoplie de sentiments qui le martelèrent à l’unisson. La tristesse, la colère, la compassion, l’impuissance. Il était bousculé par cette vague d’émotions qui se retrouvaient exacerbés par sa légère ébriété. L’oeil de l’irlandais brillait d’avantage lorsqu’il s’ancra dans les pupilles glacées de la mage. Derrière cette oeillade si froide devait s’embraser une douleur si grande... Putain, Joan... Brusquement projeté dans leur réalité, le métamorphe égara ses tourments pour s’approprier ceux de l’amante, en particulier ceux de l’enfant défunte. Terribles. Injustes. Pour les avoir effleurés lorsque le petit Keane avait été condamné, il ne savait que trop bien à quel point ces derniers faisaient mal. Aussi, ses doigts vinrent se mêler aux siens pour renouer le contact de la chair contre la chair, pour qu’ils sentent à nouveau le réconfort de ce simple geste. Les mots se bousculaient aux portes de ses lippes qu’il s’appliqua pourtant à garder closes. Jill, la phobie, le visage démoniaque contre lequel la milicienne se battait avec une sombre folie - la folie de l'effroi. Ses questions attendraient le bon moment pour leur libération.


Le malaise ne fut qu’éphémère, le métamorphe semblait reprendre une dose d’aplomb lorsque ses épaules avachies se redressèrent un peu. Sans quitter la dulcinée des yeux, il commença à démêler ses paroles et à réfléchir. Elles allaient provoquer tellement de conséquences... Lui faire prendre un tournant qu’il n’avait pas imaginé et qui se façonnait sans qu’il n’en prenne encore conscience. Le mener sur le chemin d’une cause à défendre, poussé sur ses pavés par une colère sourde qu’il n’arrivait pas encore à exprimer. La révolte grondait silencieusement et attendait patiemment de lui donner un nouvel élan, de raviver son feu pour qu’il s’étende et calcine le système perverti. Ses sourcils se froncèrent au dessus d'un azur clairvoyant. « A peine en vie... Le cauchemar n’est pas encore fini, on est en plein d’dans ». Parce qu’il était leur quotidien. Parce qu’il était les diktats et leurs auteurs, les chaines et leurs geôliers, le colosseum et sa justice arbitraire. La peur et les interdits, la soumission et la résignation. Sans lui fournir toutes ces explications, il lâcha sa main puis se hissa sur la table - il n’y avait plus une seule chaise en état. Le décor n’était pas très net, mais il n’était pas totalement trouble non plus. Il n’avait pas suffisamment abusé de sa bouteille. Posément, il en informa la magicienne. « J'suis pas bourré meuf, alors relax avec tes sermons. J’viens tout juste de sortir de taule et la pension complète c’était pas du cinq étoiles. C’qu’ils m’ont fait endurer c’était... ». Ses yeux s’embrumèrent, pris d’assaut par des souvenirs qu’il chassa d’un battement de cils. Il était incapable d’en dire d’avantage. « Putain, j’ai quand même le droit à un peu d’réconfort après toutes ces merdes, t’es qui pour décréter le contraire ? Puis j’suis un grand garçon, merde ». Son oeillade scruta promptement son intérieur en ruines. Il n'y avait plus que de la résignation dans son attitude lorsqu'il fit tomber le constat. « Un grand garçon qui n’a nulle part où aller, c’merdier c’est chez moi ». Ce merdier était dévasté mais il y tenait, il était son unique repère, le toit de ses neveux, sa caverne durement gagnée.

« Et qu’est-ce que je devrais piger au juste ? Quelle affaire ? J’sais même pas qui tu es, c’que tu r’ssens, d’où tu viens, alors comment j’pourrais comprendre quoiqu’ce soit ? J’ai le coeur qui bat pour un putain d’mystère ». Les mots étaient crus, néamoins délivrés avec une profonde lassitude. Le plombier était dépourvu de cette force qu’on lui avait toujours connue. Et elle n'était pas d'avantage présente lorsqu'il enchaîna avec incohérence sur tout ce qu'il avait ruminé à son sujet. La boisson le faisait choir dans un gros foutoir, ses pensées s’échappaient comme elles lui venaient, sans qu’il ne puisse les contenir plus longtemps. Pourtant, le moment n’était pas bien choisi. « Tu m’as agressé avec une telle violence, t’étais hystérique, terrorisée et j’pouvais rien faire, parce que j’savais même pas contre quoi il fallait qu'j'me batte. Plutôt contre qui. J’sais rien d’toi mais fallait que j’comprenne que tu m’attendrais comme une femme après son marin ? Alors qu’personne ne savait si j’allais sortir de l’ombre. Putain... Joan, j’savais même pas que t'avais eu une gosse, t’étais là pour moi quand Keane était... J’t’en ai foutu plein la gueule alors qu’tu devais déjà te sentir tellement mal, avec l’souvenir d’ta fille et... ». Le discours cessa soudain, pendant que l’éméché se rendait compte de son dérapage et de la douleur qu’il devait inéluctablement provoquer sur la destinataire. Il blêmit, se maudit intérieurement. Saisit le bras de la guérisseuse pour la ramener contre lui dans un geste qui la contraignit à se retourner. Le dos calé contre son torse, il l’enlaça de ses bras parcourus de frissons. Sa tête penaude se posa contre l'épaule féminine, sa joue effleura la sienne tendrement. « J'suis désolé, j'voulais pas. La boisson m'réussit pas mais c'est pas une excuse. T'as pris ces putains d'balles à ma place, sans savoir qu'elles n'étaient pas réelles, c'est tout c'q'ui compte ». Les images revinrent encore, douloureuses. Les bras du métamorphe étreignirent son amante plus fortement pendant qu’il tremblait toujours plus. « J’suis tellement désolé si tu savais... Pour tout ça, pour ce qu’ils t’ont fait, pour c’que j’t’ai dit ». Ca m’a bouffé mais j’n’ai pas l’droit de te le dire. Pas le droit d’exprimer plus encore ma douleur, parce que toi tu dois tellement souffrir. Putain d’égoïste. « C'est pas c'que j'veux non plus. Laisse moi être là pour toi, comme t'as été là pour moi ». Parce qu’il avait besoin de se raccrocher à la milicienne et de la sentir se raccrocher à lui. Parce qu’à cet instant, elle était la seule à pouvoir l’empêcher de sombrer. Parce qu'il avait compris ce qu'elle ressentait pour lui.
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Ven 9 Déc - 14:07

L'instant à bascule où les mots atteignent le destinataire. Où il faut décider de la suite. Abandonner ou persévérer sur cette voie nébuleuse. La brune a à peine conscience de ses propres paroles, du chemin qu’elle trace de sa voix enrayée. L’instinct régit ses actes et ses mots comme toujours. Peut-être même davantage quand ses sentiments sont au cœur de la tourmente. Bien qu’elle se complaise à penser que la lucidité l’habite dans son entièreté, elle l’égare dès que l’azur percute ses iris, dès que ses doigts rejoignent les siens. Le bousculer, une démarche incertaine pour un résultat réel néanmoins. Sa posture se modifie, un signe encourageant qui débouche sur une légère férocité et toujours plus de fatalité pour l’homme brisé. Sa poigne déserte sa paume et elle ne le retient même pas. La sorcière se contente de le détailler durant sa tirade, contient une fois de plus, ses sarcasmes pour leur bien commun. Impatiente, elle mâchonne le bout de sa langue et ne divulgue qu’une poignée de ses pensées de quelques regards insistants. Le reproche coule ainsi entre eux silencieusement avant d’être chassé par l’impuissance, le chagrin, l’anxiété. Aucun filtre pour ses yeux ou ses traits qui se crispent à mesure qu’il poursuit son monologue. Des scénarios catastrophes, elle en a brodé un paquet. Elle a harcelé Burton à ce sujet, pour qu'il la tienne au courant, pour qu’il parvienne à collecter de morceaux de réalité, qu’elle puisse les assembler. Qu’on lui fournisse un morcellement d’espoir auquel elle puisse s'accrocher, qu’elle sache que la cruauté de ses tortionnaires serait obligatoirement temporaire. La phrase en suspens de son acolyte exacerbe son imagination macabre. Elle manque de faire un pas dans sa direction mais se force à le laisser poursuivre sans jamais déranger les quelques réprimandes qu’il lui adresse.

Le discours axé sur le mal être du plombier vire trop soudainement sur une toute autre problématique que Joan n’a pas pu correctement anticiper. Ses quelques interrogations la désarçonnent. De nouvelles intonations évanouies dans son esprit reviennent agiter ses pulsations, elle ne sait toujours pas si elle les a rêvé ou non. Elle sait juste qu’il réitère l’idée en la massacrant dans son noyau d’ignorance pourtant. Le malaise s’empare de la réincarnée immédiatement. Sa fausse assurance se fragmente alors qu’il poursuit et dès que Jill est mentionnée, elle se met littéralement en fuite. Incapable d’affronter les conséquences de l’arène, encore moins de se confronter à son passé devant un témoin clef. Son visage se décompose et elle refuse qu’il discerne une seule miette de sa détresse. Declan applique ses méthodes. Mais cette provocation la pousse vers la sortie. Il la rattrape avant qu’elle ait pu exécuter un second pas cependant et l’attire contre lui tout aussi vite. La trentenaire redresse déjà ses paumes pour écarter les bras de son amant, à mi-chemin entre sa panique et sa colère. Pourtant sa joue contre la sienne, son ténor grave et profond la font renoncer à cette lâcheté. Les excuses talonnent l'acte, elles sont mal ingérées par la divorcée. La milicienne ne peut s’empêcher de tracer des parallèles entre l’irlandais et son ex-époux. Quand ce dernier embrassait les hématomes qu'il venait de causer et se répandait ensuite en excuses. C’est comme ça qu’elle se laissait embobiner. Les situations sont diamétralement opposées. La violence absente des mouvements que le métamorphe exécute. Des comparaisons injustes, injustifiées mais qu’elle ne parvient pas à dépasser.

Les paupières se replient, la respiration devient pesante. En quelques minutes seulement, les rôles semblent s’être inversés. Ou peut-être pas. L’américaine le sent trembler contre elle, sa fragilité à portée de main. Un roc que la tempête bat perpétuellement. Le silence s’allonge, alors qu’elle reste pétrifiée dans ses bras frémissants. Une vulnérabilité commune avec laquelle tous deux doivent bien compiler. « Ton putain de réconfort, j’aurais voulu que tu viennes le chercher chez moi, pas au fond d’une bouteille de merde là. Pour tes excuses, tu peux te les garder, j’en ai rien à secouer. C’est pas ça qui va changer toute cette merde.  Et de toute façon, c’est pas comme si je t’avais pas poussé à bout là-bas. T’as essayé de me sauver les miches et j’ai fait que te gueuler dessus… » Ses intonations se craquellent, se reprennent. C’est une ascension de tonalités totalement incohérente, oscillant entre détermination et faiblesse. Les images reviennent la harceler. Tout s’enchaine encore, encore et encore. Chaque jour, chaque nuit. Toute son existence s’est mise à tournoyer autour de ces faits en boucle, sans répit. Elle en a le vertige, la nausée. La lassitude du prisonnier fait écho à la sienne. Toutes ses pensées s’enchevêtrent très vite et bousculent les réponses tardives contre ses lèvres sèches. « Si ce sont des putains de mots sortis d’un feuilleton pour petites minettes en chaleur que tu cherches, alors tu t’es vraiment trompé de meuf, ça ouais. Si t’es pas capable de piger après tout ce que j’ai fait… Je peux y faire quoi sérieux ? » Lentement, elle se défait de sa prise, remonte ses doigts jusqu’aux poignets du criminel pour les écarter et se retourner dans sa direction, mieux lui faire face.

La brutalité reprend ses droits, à tout niveau, vivement. « Tu joues le mec surpris mais je t’avais prévenu. Je croyais que ce que tu voyais chez moi, ça te suffisait d’ailleurs. Tu veux quoi putain ? Que je remue toute ma merde sous ton nez ? Ca servirait quel but bordel ? Le passé, c’est le passé. J’en ai plus rien à branler. Qu’est-ce que ça change que j’ai eu une gosse ? Puis j’allais te sortir ça à quel moment ? Y a pas encore si longtemps, on baisait plus qu’on se causait, je te rappelle. De toute manière, elle est morte y a plusieurs années et y a rien à dire de plus. » La voix se brise avant que le point ne soit atteint, la mère baisse les yeux machinalement et accuse maladroitement la douleur qu’elle s’est elle-même infligée. Cette phrase, elle ne l’a prononcée qu’une seule fois. Au père, avant qu’ils ne s’empoignent, qu’elle manque de le tuer. Même Ezekiel a dû déduire tout seul cette conséquence. Pour s’ancrer un peu plus à la conversation actuelle et ne pas perdre de vue la mauvaise scène qu’ils se jouent, elle dispose ses paumes contre les bras de l’européen. Son timbre instable rejette finalement une explication tangible. Elle réalise d'ailleurs ses propres craintes en les divulguant à son interlocuteur. « Je veux pas de ta pitié. Je veux pas que ça change quoique ce soit, putain. Que tu me regardes différemment. Que ça soit comme une saleté de monstre parce que je suis une satanée sorcière… Ou comme la connasse qui a pas pu sauver sa môme. » Pas après avoir autant bataillé ces dernières années, pas après avoir tout fait pour changer, évoluer. Devenir quelqu’un d’imperturbable, d’indépendant. De résistant. Ne plus demeurer cette personne qu’on fixe avec mépris. Quelqu’un de répugnant, de faible, d’insignifiant.  

Les mains de la magicienne coulissent contre les côtes de son vis-à-vis tandis qu’elle vient accoler son front au cou de son allié pour quelques instants. Une étreinte qui comble un vide qu’ils viennent de rouvrir sous ses pieds, qui se veut également rassurante pour l’ex-taulard encore trop fébrile. « Puis tu me fais rire, bordel. J’aurais bien voulu te voir à ma place. Tu devais sortir de là, y avait pas d’autre option pour moi. Je voulais même pas l’envisager. Mec, à quel moment je t’ai donné l’impression d’en avoir rien à foutre de toi ? Tu veux que je te rappelle tous les risques que j’ai pris pour toi ? Y a eu des conséquences bien merdiques dont t’as même pas idée. » Des chuchotements qui s’effacent dans un faux calme avant qu’elle ne s’écarte pour mieux le fixer, la confusion gagnant du terrain après cette débâcle de sentiments. Ces gestes bienveillants la déroutent perpétuellement. Une transition qui s’est faite brutalement plusieurs mois auparavant, qui n’a été réitéré qu’à trop peu de reprises sans doute pour qu’elle puisse totalement s’y habituer. La douceur au milieu des cris et des disputes. Ses épaules remontent, retombent. « Je sais même pas ce qu’on fout sérieux, Declan. A quoi on joue ? Je devais te vendre à mes boss, tu voulais me butter et la seconde d’après, tu prends les coups à ma place et je me jette devant ta gueule sans même réfléchir pour pas qu’on te saigne. J’avais juré de plus jamais... » Les yeux se referment une seconde. « Je suis pas venue ici pour jouer la pleurnicheuse, putain. Je suis venue parce que je savais que t’en avais bavé. Parce que ouais, t’as peut-être raison, Declan. Personne peut rien pour personne et on vit dans un putain de cauchemar depuis longtemps. Mais moi, je peux pas accepter ça. Je refuse de l’accepter ou de le tolérer. D’être impuissante. De pas pouvoir protéger qui que ce soit. De pas pouvoir faire quelque chose là, maintenant, pour toi. » Elle rouvre son champ de vision et se laisse happer par le regard azuré de son interlocuteur. Au milieu du déluge matériel, à l’heure où tous les dangers semblent permis, il ne lui reste déjà plus rien à préserver. Ni sa fierté, ni sa dignité. Elle a perdu tous ces droits quand elle a plongé devant lui afin de le sauver.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Ven 9 Déc - 22:46



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Il avait la sensation que cette situation échappait totalement à son contrôle. Trop de gestes qui contrastaient avec des paroles parfois trop rudes, de mots qui s’enchaînaient et s’emmêlaient dans son esprit pas tout à fait sobre. Il était là, comme un con, à encaisser ce flot de questions auxquelles il n’avait pas toujours de réponses et de sombres constations. Se perdait dans une tempête de sentiments sur lesquelles il ne mettait pas toujours de nom, subissait sans broncher tout ce discours qui lui semblait parfois manquer de cohérence, les va-et-vient de la sorcière incapable de choisir entre distance et proximité. Pourtant lui avait déjà fait son choix, sans savoir à quel moment. Ignorant l’instant où tout avait basculé, il avait cependant conscience que leur relation avait changé et qu’elle lui convenait mieux ainsi, bien que tout était devenu beaucoup plus compliqué. L’amour avait remplacé la baise farouche, la préoccupation l'indifférence, la tendresse s’était invitée là où il n’y avait eu de place que pour la virulence. C’était à la fois revigorant et terrifiant, parce qu’ils ne foulaient pas les mêmes pavés, que leurs mondes étaient deux opposés qui pouvaient à tout moment les séparer. Elle milicienne pour un gouvernement qu’il avait décidé de haïr, lui un criminel, tueur à gages et dorénavant ancien taulard, un marginal que le vent portait progressivement vers le chemin de la révolte. Cette histoire était une énorme connerie, il le savait, mais s'en foutait. Il n’y avait plus qu’elle et lui, alors que ce n’était malheureusement pas le cas, que, fatalement, ça ne pourrait jamais l’être.

« J’en sais rien ». Sa voix était fracassée, mais agressive, son regard celui d’un animal acculé qui tentait de se rebiffer, qui la fuyait, trop lâche pour la contempler. Il le ferma un court instant, dans une attitude confuse, avant de le poser finalement sur la sorcière. Il n’était plus qu’un puits sans fond et son timbre presque un murmure lorsqu’il se répéta. « J'en sais rien... ». A quoi ils jouaient, ce qu’il attendait, ce qu’il désirait, où ça les mènerait... Pourquoi ? A quoi bon ? Tout n’était qu’un fichu paquets de noeuds trop coriaces pour être défaits. Trop d’informations. Trop d’interrogations. Trop de liqueur dans les veines pour y réfléchir correctement. Il n’y avait plus de raison, seulement les battements violents de son coeur dans cette débâcle. « C’est pas un jeu Joan et c’est la merde ». Ses traits se déformèrent dans un embarras qu’il ne tentait même pas de camoufler. « J’voulais pas d’ça non plus, j’voulais plus d’attaches, on sait tous où ça nous conduit... ». A se soumettre à l’autorité mafieuse et à devenir un tueur, parce que la crainte de les perdre était réelle et viscérale. A se damner. A se condamner. A massacrer des âmes au hasard dans les arènes. A risquer sa longévité et sa si précieuse liberté. A délaisser la vie pour la survie. L’affection était une faiblesse bien trop facile à exploiter et ils se l’étaient déjà tous les deux prouvés, à priori à maintes reprises. Et pourtant... « Ca nous est tombé sur la gueule et j’arrive plus à savoir si c’est une bonne ou une mauvaise chose. P’têtre un peu des deux ». Le plombier n’avait jamais été très doué pour le maniement de ces choses là, à trente quatre ans il était encore en apprentissage. Mais pouvait-on se vanter de tout connaître de l’amour un jour ? « Putain, c'est même pire que la merde en fait, mais j'peux plus faire marche arrière ». Une étincelle brilla soudain dans ses prunelles glacées. « Bordel ! J't'ai dit qu'j't'aimais, j'avais jamais dit ça à une femme avant toi. J’sais pas y faire avec ce genre de trucs ». Puis elle fut soufflée, simplement. Le froid régnait de nouveau en maître pendant qu’il s’empressait d’ajouter. « J’l’ai pas fait pour qu'tu en fasses de même, je m’en branle de toutes ces conneries, c’est pas mon délire. Si j’avais voulu taper dans le romantisme, j’me s’rais jamais accroché à une meuf comme toi et j’t’ai déjà dit qu’j’voulais pas qu’tu changes, au cas où tu l’aurais oublié. J’sais plus quoi faire Joan... Ca va forcément mal finir tout ça, c’est déjà la galère pour toi apparemment et j’peux pas t’promettre que ça l'deviendra pas d’avantage ». Parce que la Rébellion semblait sa seule option et qu’elle enliserait plus encore la milicienne dans les problèmes qui la contraignaient déjà à patauger. Qu’il creuserait un peu plus le fossé qui séparait déjà leurs univers. « C'est carrément et totalement la merde ouais, mais j'veux pas la balayer putain. J'ai l'impression d'être qu'un sale con d'égoïste, parce que lorsque les emmerdes nous tomberont sur la gueule, et c'jour arrivera forcément, ce s'ra pas moi le plus à plaindre ». Elle était celle qui prenait forcément le plus de risques et qui prendrait donc le plus de blâmes, ou pire encore.

Ses pieds retrouvèrent le sol d'un geste fluide, alors qu'il se rattrapait pourtant comme un manche contre le rebord de la table. « Laisse tomber, j'sais plus trop c'que je dis ». L'irlandais alla rejoindre le canapé d'une démarche pleine de langueur et s'y installa sans s'avachir. Ses coudes accostèrent ses cuisses, l'une de ses mains vint ensuite s'appuyer contre son front, le tout dans une attitude désarçonnée, égarée. Putain, ça part grave en couilles là. « Tu t'es sacrifiée pour moi ». Le changeur redressa son visage blafard qu'il dirigea vers la magicienne. Ses yeux brillaient d'assurance. « Et t'es là ce soir. J'suis à peine sorti d'taule et... T'es pas là pour rien. T'as pas joué l'bouclier pour rien non plus. J'sais pas quand est-ce que tout a changé, mais ça a changé, c'est tout c'qui compte je crois... Et c'est parce que les choses ont évolué qu'j'ai b'soin de plus. J'me suis retrouvé tellement con dans cette arène... Incapable de réagir comme il aurait fallu, comme à l'hôpital... Je regrette tellement c'que j't'ai dit là bas. T'es pas un monstre Joan, j'avais pas l'droit d'dire ça, puis venant d'la bouche d'un mec qui s'transforme en clébard... Ca n'a pas d'valeur. Et merde, j'ai foiré, j'étais qu'un sale con désespéré qui s'en prenait à la seule personne présente pour lui. Tu l'as sauvé. Pourquoi j'me suis pas juste contenté d'te remercier... Un vrai connard. Et j'pourrai jamais penser ça d'toi concernant ta gosse, ne dis pas des choses comme ça bordel. S'il te plaît... ». La mort de cette enfant était un mystère pour l'irlandais, néanmoins il était persuadé que, peu importait ce qu'il s'était passé, ça ne pouvait être qu'un terrible accident, un fichu coup du sort que Joan avait certainement dû tenter d'éviter. Il comprenait son sentiment de culpabilité, mais il n'était sûrement pas mérité, il en était convaincu. « Ca n'change rien au regard que j'porte sur toi, j'suis pas comme ça. J'veux pas qu'tu m'fasses l'étalage de ton passé, j'veux juste savoir contre quels démons j'dois m'battre, parce que j'ai pas l'intention d'perdre contre eux. Tout c'qu'il s'est passé durant les jeux... On peut pas faire comme si ça n'avait jamais eu lieu ». Qui était l'homme qu'elle croyait frapper dans les marécages ? Pourquoi tant de démence dans cette action ? Tant d'effroi ? Le fantôme de son passé était ce qui l'empêchait aujourd'hui d'avancer et d'offrir sa confiance à l'homme qui la convoitait. Qui rendait l'approche de Declan si tortueuse. « T'as eu peur de moi le soir où j'ai déboulé chez toi et qu'j'ai dérapé, à cause de lui. Tu freines des quatre fers, à cause de cet espèce d'enfoiré qui t'a fait du mal, mais cet enfoiré c'est qui ? ». Là aussi, encore une fois, il allait trop loin. La machine était lancée,  impossible à enrayer. La langue déliée par l'alcool, il laissait s'échapper tout ce qu'il avait emmagasiné, sans le moindre filtre, dans un ordre pas franchement logique. « Et merde, j'veux pas retourner l'c'couteau dans la plaie, j'veux juste savoir qui tu es et être là pour toi d'la bonne manière, parce qu'on sait tous les deux pourquoi tu m'as attendu... J'peux plus m'contenter d'un ferme ta putain d'grande gueule Declan et occupe toi d'ton cul, encore moins après tout ça ». Parce qu'elle aussi ressentait quelque chose pour lui, quelque chose qui l'avait poussée au sacrifice, à prendre avant ça tous les risques, à le soutenir, envers et contre tout, il ne pouvait plus s'en accommoder.

Ses yeux d'un bleu voilé scrutèrent un instant ses doigts qui continuaient de trembler. Alors que les images d'horreur revenaient le hanter, il ne parvenait plus du tout à les contrôler. Il ressentait le froid malgré le liquide parcourant son sang censé le réchauffer, la colère sourde qui le rongeait lorsqu'il n'avait plus la force suffisante pour la laisser exploser, la douleur de l'amante qui le heurtait tout autant que la sienne qu'il refusait d'exprimer. Ce traumatisme qu'il dissimulait derrière un mur pourtant presque entièrement écroulé et qu'il tentait de reconstruire en se penchant sur les séquelles de la sorcière, pour se détourner des siennes. Elle avait besoin de lui, il le sentait jusque dans ses entrailles, certainement plus que lui avait besoin d'elle. Il s'en persuadait, se pencherait sur ses propres problèmes plus tard. Ravala ses démons en fermant ses poings pour ne plus les voir s'agiter. Puis, toujours avec ce même ton esquinté qui ne l'avait pas quitté durant tout son monologue, il balança simplement. « T'as pas une clope sur toi ? Tu voulais faire quelque chose pour moi... Ca m'ferait certainement fermer ma gueule en plus de ça, j'crois bien que j'ai dû dire encore trop d'conneries ». Excuse à la con délivrée sans réfléchir. Il espérait surtout taire ses angoisses avec les bienfaits de la nicotine, peut-être même que ça ferait cesser ces saletés de tremblements.
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Sam 10 Déc - 11:54

A ses absurdes élucubrations, la milicienne n’espère pas recevoir le moindre retour. Des questions rhétoriques balancées depuis un pan de sa vulnérabilité, des constatations qu’elle se met à établir tardivement par la force des événements. Rattrapée par ses propres actes, par les battements anarchiques de son palpitant. Arrachée à son déni par la ferveur et la dévotion que le changeur réveille toujours plus chez elle. Dans l’arène, son semblant de détachement a fini par s’effondrer et devant l’ampleur de ce que les plaies ont dévoilé, il lui parait évident qu’elle ne peut plus renier ses sentiments pour l’homme qui ne cesse de se démanteler sous ses yeux inutiles. Le timbre allié se pare d’une pugnacité étrangère au discours ultérieur de la brune. Tandis qu’il se débat avec la vérité qu’elle commence seulement à intégrer, la trentenaire se pare avec stupéfaction d’une certaine assurance. Tout ce qu’il balance, ses doutes, ses appréhensions sur la suite de cette relation chaotique, sur cette fin forcément tragique, elle les balaie d’un seul revers de main. La difficulté, les épreuves, la folie, tout ça, ça ne l’effraie pas. Ou plus, elle n’en sait rien. Alors que l’irlandais s’épanche sur son ressenti, qu’il va jusqu’à lui redonner les mots qu’elle croyait avoir imaginé, son aplomb s’en trouve néanmoins ébréché. Il est simple de dévoiler ses sentiments à un cadavre en devenir mais l’assumer ensuite, le réitérer face à la femme en pleine en santé, c’est porteur d'un tout autre message. Joan récolte ses paroles sans savoir ce qu’elles suscitent en elle. La crainte revient, talonnée par une multitude d’autres émotions. Son cœur semble se démanteler et se reformer très vite, sa gorge serrée ne parvient déjà plus à faire passer ni les sons, ni l’air. Cette confession, sans qu’elle ne puisse se l’expliquer, l'affaiblit et l'endurcit. Le poids de ce qu’ils vivent, retombe sur ses épaules. Elle sait qu’il est trop tard pour envisager le moindre repli maintenant. Qu’elle est aussi impliquée que lui dans cette histoire désormais. Et qu’elle a raturé ses résolutions, bafoué son propre code en s’approchant de lui, en le laissant occuper toute cette place dans sa vie. Et elle sait qu’il a raison. Elle le payera tôt ou tard. Comme elle l’a payé avec Isaac.

La sorcière s’immerge dans son silence et il poursuit les ombres jusqu’au canapé d’une démarche gauche. Elle accole son épaule à une paroi plus ou moins stable non loin de sa position, les yeux rivés sur le bout de ses semelles, les bras croisés sur la poitrine. Le besoin de se recueillir dans son coin, de prendre du recul, de faire le point, de réfléchir pour une fois, se fait sentir. Les enjeux devenant trop accablants pour sa seule personne. Il n’y a plus aucun espace dans sa poitrine pour autre chose que le plombier et ses aveux. Pour la débâcle émotionnelle. Ses prunelles égarées ne retrouvent leur chemin que quand le prisonnier se remet à parler. Sa posture accablée placarde un profond désarroi sur les traits de l’américaine. A sa détresse antérieure, elle est venue additionner un ensemble de succubes, de dilemmes, de douleurs. Elle va jusqu’à remettre en cause sa seule présence ici de ce fait. Au lieu de le délivrer de ses tourments, elle en est devenue la cause. Toujours aucun mot pour s’extirper quand leurs regards s’accrochent, quand son interlocuteur se met à aligner les idées, à fracturer le peu de sang-froid qu’elle a réussi à mobiliser. Il la force à courber l’échine, à se noyer dans un chagrin qui lui fracture le thorax. Il l’accule dans le pire recoin de son être et attend qu’elle lui dévoile ses terreurs les plus profondes. Pendant un instant, la divorcée hésite à lui fournir le relief de ces horreurs, battue par la ténacité de son opposant. Elle peut tout résumer en deux lignes, l’expulser et en finir avec ce secret comme il semble tant le désirer. La confiance ne fait pas défaut même si la crainte perdure. Ce qui lui fait ravaler ses paroles, ce sont ces paumes qui tremblent, ce timbre instable. Ce mal être qu’il transpire avec plus de précision semblerait-il. Un spectacle que la réincarnée ne peut plus endurer. Sa fragilité cède face à son vif emportement. Ses bras s’agitent en tout sens. « Putain de merde Declan, on s’en fout de ce crevard. Les seuls démons que je vois là, ce sont ceux que tu te coltines. Je suis pas venue pour causer de ma vie à la con, putain. Regarde-toi, mec. C’est pas d’une clope dont t’as besoin. » En quelques enjambées, elle rattrape la distance qu’ils se sont imposés.

La magicienne s’installe à ses côtés, les mains rejoignant directement la paume la plus proche. Un réconfort superficiel qui ne lui suffit plus très vite alors que ses iris rencontrent inéluctablement celles du criminel, y fauchent le fléau qu’il contient maladroitement. Sans lui laisser le choix, elle soulève le bras de l’ancien taulard pour se glisser contre lui et l’enlacer, la tête calée contre son buste. Durant une poignée de secondes, elle ne s’exprime plus. Elle tente juste de lui inoculer un peu de sa chaleur, d’apaiser les tremblements qui l’animent avant de répliquer comme elle peut à sa tirade. « Ma vie, ça a été de la merde. Et c’était de ma faute, j’ai été qu’une conne et ça m’a tout couté. Je veux juste pas refaire les mêmes conneries, tu vois. Mais je sais pas comment m’y prendre, je sais pas du tout. Mais je veux pas que tu connaisses cette gonzesse-là, celle qui a tout perdu. Tu pourrais pas la blairer. T’as beau me sortir tes beaux discours de mec transi ou je sais pas trop quoi là. Mais tu vas me regarder comme tous les autres. Avec cette putain de pitié à la con. Puis tu t’excuseras et on saura même pas pourquoi d’ailleurs, tu passes ta vie à balancer des excuses à la noix là alors que tu fous rien et que tu subis tout pratiquement, bordel. » Un grognement pour souligner cette évidence avant qu’elle ne redresse légèrement sa nuque, sans toutefois défaire totalement sa prise sur l’homme. « Je suis pas un cadeau, Declan. Je te pousse à bout tout le temps. Je t’insulte, je te gueule dessus. Quand tu m’en fous sur la tronche, je le mérite souvent. Regarde, je te rentre dans le lard alors que tout ce que t’as besoin c’est de calme là, putain. Et pour ton gamin, j’aurais jamais dû le faire lâchement dans ton dos. J’avais aucun droit. Dans l’arène… T’as pris pour tout et tout le monde, j’ai merdé. » Des murmures accompagnant la main qu’elle remonte jusqu’à la pommette de son amant. « Tu sais, je bosse pas pour ces merdeux par conviction. Et les saletés dans lesquelles tu trempes, ça me regarde pas de toute manière. Nous, on butte du monde parce qu’un gros cul de la hiérarchie l’a décidé. Y a aucune justice. Y a aucune morale, c’est ça la belle civilisation de branleurs qu’on se tape. Et je t’avoue que j’en ai rien à foutre. » Sa paume redescend jusqu’à l’épaule du changeur, dépose une caresse contre son avant-bras.

De nouveaux mots se pressent contre ses lèvres, son pouls course ses pensées exaltées. Ces dernières semaines, elle a eu le temps de remuer ses regrets, de songer à tout ce qu’il lui restait à dire. Sa bravoure se manifeste devant l’infortune de son compagnon alors elle s’y raccroche de toutes ses forces. D’un mouvement fluide, la milicienne réajuste sa position, glisse sa jambe par-dessus son acolyte, s’installe face à lui, les fesses posées sur ses genoux, les jambes de part et d’autre de son corps. Le dos de ses mains coulisse avec douceur contre les tempes de son vis-à-vis très vite, tente toujours de canaliser les démons de son amant. « Tu sais pendant ces putains de deux secondes, quand il a débarqué avec son flingue. Quand j’ai compris… Quand j’ai cru que j’allais pas réussir à t’atteindre… » Sa vaillance défaille, sa détermination se fendille et sa voix déraille juste un instant. Elle s’autorise quelques inspirations précipitées, laisse aux images le loisir de la briser avant de reprendre. « J’ai vraiment lutté putain, je savais que c’était une connerie dès le début. De coucher avec son suspect. Je sais pas ce qui s’est passé, vraiment pas. Et ça me fout toujours la trouille. D’être là avec toi et de te lâcher toute cette merde. Mais durant ces deux putains secondes, tu sais, j’ai réalisé que ça me foutait encore plus les jetons d’être encore là, moi, mais sans toi. » Le regard délie sans plus de pudeur l’émotion quand il se fige dans celui du destinataire. La rythmique cardiaque ne se soumet plus à la moindre cohérence. Et elle s’en moque bien désormais. « Je sais que c’est pas un jeu, je sais que c’est une putain de folie. Mais c’est comme ça de toute façon. C’est trop tard pour jouer à la gonzesse qui se défile. Je peux pas m’empêcher de foncer te voir quand tu sors de taule, à rappliquer mes miches quand ta baraque est menacée, à foncer à l’hosto pour sauver ton gosse. Et à me foutre devant ta gueule pour prendre les balles à ta place. Et toutes les emmerdes qui suivront, je m’en contrefous, putain si tu savais. » Les mains se rassemblent contre la nuque du métamorphe. Les pouces roulent contre sa gorge avant qu’elle ne se penche, cueille ses lèvres un bref instant. Toujours contre sa bouche, d’un chuchotement presque imperceptible, elle scelle sa propre confession. «  Je te l’avais dit mais on a déjà fait notre choix y a un moment. Et je sais que même si j’ai souvent envie t’étriper, même si je te gueule dessus et que je fais celle qui a besoin de personne, je veux pas te perdre. Je peux pas te perdre. » Elle s'étrangle sur les derniers mots et reprend son oxygène sur les lippes de Declan ensuite.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Sam 10 Déc - 22:54



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Ses mains ne tremblaient plus lorsqu’elles se glissèrent sous le vêtement de la milicienne et se muèrent en douces caresses contre son dos. Les gestes affectueux de l’amante à son égard, son contact savoureux et bienveillant, ses mots si rassurants couplés aux tendres effleurements contre son épiderme glacée avaient su redonner à l’homme toute sa sérénité égarée. Il avait oublié l’horreur passée pour se fondre dans ce présent ensorcelant, finalement presque trop beau pour être réel. Il profitait d’une attention toute particulière de la part de la femme qu’il aimait, alors qu’il était encore rué de coups la veille, dans la pénombre d’une cage de fer. C'était déroutant. Le changeur avait quitté la Géhenne pour un rêve, peut-être éphémère mais qui lui était très cher. Les poings s’étaient métamorphosés en attouchements, les insultes en belles promesses, les geôliers en dulcinée. Il y croyait à peine, savourait chaque seconde comme s’il s’agissait de la dernière. Ses lèvres se laissèrent emprisonner par celles de la sorcière puis répliquèrent avec tendresse, un bref instant, avant de laisser couler quelques paroles chuchotées. « T'en fais pas pour moi, je n’ai besoin que d'toi ». Le soutien-gorge fut dégrafé d’un geste, le tee-shirt ôté avec une grande délicatesse. L’attitude sauvageonne des premiers moments de leurs retrouvailles s’était effondrée, elle avait laissé place à une suavité qu’on ne lui connaissait pas, à une retenue toute nouvelle. Tout semblait tellement différent. Les épreuves avaient changé l’homme. Etait-ce en mal ou en bien... Il y avait sûrement un peu des deux. La vengeance assombrissait son coeur mais les derniers aléas lui avaient permis d’apprendre à se tempérer, lorsque les événements en appelaient à cette nécessité. Sa fougue, ses pulsions, tous ces défauts qui lui avaient coûté sa liberté, les tortures subies lui avaient appris à les maîtriser. Bien sûr, il s’était d’abord rebellé, fier et obstiné. Cette dissidence avait duré de longues semaines, jusqu’à l'offrande d'une triste docilité à ses bourreaux. La soumission avait été la clé de sa libération, la lâcheté qui lui avait permis de se jeter dans ces bras de femme qui lui avaient tant manqué et qu'il avait cru ne jamais pouvoir retrouver.

Son regard pétillait d'un peu de vie et s’était rivé dans celui de sa compagne qu’il admirait sans ciller, intense, fasciné, transi. Il mit à son tour son torse à nu, sans abandonner les prunelles de la sorcière qu’il allongea ensuite paisiblement sur le divan. L’irlandais s’étendit à son côté, peau contre peau, flanc contre flanc. La chaleur que dégageait la mage se répandait agréablement, annihilant ses frissons. Ses démons finissaient de disparaître pendant qu’il dégageait une mèche brune du visage magnifique qu’il dévorait silencieusement. Ses doigts s’attardèrent contre sa joue, la caressant de leurs extrémités avant que ses lippes ne se décident à formuler quelques répliques. « Tu n’me perdras pas, c’est une promesse ». Et tous ceux qui le connaissaient, ne serait-ce qu’un petit peu, savaient à quel point il n’avait jamais pris ces choses là à la légère. Le plombier avait énormément de défauts, mais il avait toujours pu se vanter d’être loyal et fidèle, droit dans ses godasses lorsqu’il s’agissait d’êtres chers à son coeur. Sa parole valait de l’or, et cet or était tout destiné à la milicienne qu’il continuait de rassurer, pendant que ses caresses s’aventuraient tendrement sur son cou, puis descendaient avec beaucoup de lenteur entre ses seins. Ses yeux bleus saisissaient la moindre petite lueur du regard noisette de son amante, ils ne parvenaient plus à s'en détacher. « J'suis pas tous les autres putain. Arrête d'avoir peur, j'compte pas t'lâcher, ok ? Peu importe c'qui arrivera, quelles merdes nous tomberont encore sur la gueule... J'compte pas t'lâcher. J'me refuse aussi à refaire les mêmes conneries ». Il avait laissé tomber son frère, alors qu'il n'aurait jamais dû le faire. Il l'avait lâché au moment où il avait finalement le plus besoin de son soutien, de sa présence, de son réconfort, et cette erreur avait conduit ce dernier à se détruire, jusqu'à se vautrer dans une merde trop noire pour en ressortir sans tâche. Il avait merdé, il l'avait regretté, le regrettait encore. Il ne merderait plus, le temps de la démission et de la facilité avait été révolu lorsqu'il avait pris conscience des conséquences de son abandon.

« Et si on tournait simplement cette foutue page remplie d'conneries ? On a tous les deux merdé et en beauté, match nul. J'en ai ma claque des r'proches et des excuses. J'en suis plus à ça, je m'en cogne complètement. Toi, moi, l'présent, on a b'soin d'rien d'autre. T'avais raison, ça sert à rien d'remuer la merde et d'déterrer l'passé ». Ses doigts terminaient leur descente sur le plat de son ventre, ses lèvres approchèrent les siennes sans les toucher, simplement pour lui murmurer. « J'ai moi aussi souvent envie d't'étriper ». Ce n'était pas franchement un scoop, la ville entière avait pu profiter des réjouissances de leurs querelles grossières et virulentes, les écrans n'avaient rien dissimulé de leurs échanges tempétueux. « Mais tout de suite... ». Le skinchanger déboutonna le jean de la convoitée, un sourire se grava enfin sur sa face, charmeur et charmé - avouons le, amoureux. « J'ai quelque chose de beaucoup plus sympa en tête ». Le zip du vêtement glissa jusqu'à la butée. « J'ai déjà flingué toute ma fierté, plus rien n'm'empêche d'le dire... Je t'aime ». Ses lippes piégèrent celles de l'ensorceleuse avec, cette fois-ci, d'avantage d'ardeur. Sa main se faufila jusqu'à sa féminité pour que ses doigts s'affairent à faire monter plus encore le désir, à exacerber leur passion réciproque.

Après des semaines de supplices à frôler le déclin, de prières d'achèvement de cette agonie, Declan se sentait de nouveau pleinement en vie. Embrasé par le feu qu'elle faisait naître en lui, il constatait la disparition de ses souffrances dans les flammes de cet amour improbable, mais grandissant. Cet attachement qu'ils avaient éprouvé tant de difficultés à s'exprimer, qui demeurait fragile, mais qui paralysait sa détresse, lui donnait cette merveilleuse impression d'êtres seuls au monde. Plus de peur, ni de douleur. Juste Lui. Juste Elle. Juste Eux, pour le peu de temps qui leur serait accordé avant que la réalité et ses cruautés ne finissent irrémédiablement par les rattraper. Par les accabler. Les contraindre, peut-être, à faire des choix qu'ils n'auraient jamais souhaités.
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Mar 13 Déc - 1:00

De nouveaux frémissements pour la carcasse animés cette fois-ci uniquement par la douceur retrouvée. Après les confessions, la terreur devrait traquer ce présent, sournoise conséquence d’un passé tourmenté. La milicienne tente de semer l’effroi avant qu’il ne se manifeste, déconstruise les gestes qu’elle a esquissés naturellement. Les mains de l’irlandais contre son dos lui permettent d’égarer peu à peu le train anxieux de ses pensées. Piégée dans cette tendresse, la trentenaire n’entretient déjà plus que le désir qu’il suscite inéluctablement en traçant la suite des événements de ses mouvements. Il initie l’intimité qu’elle a si ardemment souhaitée. Devancer les démons, s’ancrer dans cette réalité. Le retrouver dans cette simplicité qui les caractérisait avant que les ennuis ne coursent leurs étreintes enfiévrées. Avant que les sentiments ne se mêlent à l’attraction. Bien que tout ait changé. Comme un souhait silencieusement émis, reçu et exaucé, les doigts du changeur coulissent contre sa chair, défont les attaches, ôtent le textile avec une délicatesse qu’il lui est toujours aussi étrangère. Ses paroles s’évanouissent quelque part entre l’espace qui s’amenuise. Le froid ambiant mord le thorax mis à nu quelques instants tandis que les paumes ondulent contre le torse du plombier, soutiennent le geste qu’il exécute afin de s’arracher au tissu encombrant. Ils atterrissent avec la même prudence contre les coussins du canapé, accolés l’un à l’autre. Les paumes de Joan s’aventurent sans plus d’invitation sur le corps du métamorphe alors qu’il gomme une mèche de son visage, remplace le silence de sa voix. L’américaine ne peut s’empêcher d’esquisser un rictus à demi-amusé, à demi-crispé. Elle ne veut pas de promesse, elle croyait avoir été claire à ce sujet mais ça n’a pas d’importance pour l’instant. Il pourrait lui certifier toutes les plus belles absurdités du monde, elle ne l’arrêterait pas dans son charabia. Leurs bustes s’entrechoquant, l’électricité nouant ses tripes, cette main glissant contre sa poitrine, ne peuvent pousser sur ses lèvres des mots susceptibles de briser ce qu’ils débutent seulement.

Le regard azuré souligne sa sincérité quand les propos suivants déversent un peu plus de confusion dans l’esprit pourtant inéluctablement engourdi de la réincarnée. Ses intonations vibrent sous la tension éprouvée quand elles lui échappent. « Je demande qu’à te croire, Declan. T'auras qu'à me le prouver. » Des murmures agencés dans le trouble grandissant alors que ses doigts descendent le flanc de son vis-à-vis, vont effleurer la démarcation entre le jean et la peau. Cette promiscuité construit des reliefs toujours méconnus pour les deux amants. La brutalité s’absente une fois de plus, le désespoir lui-même s’efface au profit d’une chaleur immanquable. Les paroles se mêlent aux gestes mais un tourbillon de sensations la préserve d’une bonne partie de la sémantique. Sa concentration ne se porte déjà plus que sur la dextre aventureuse de son partenaire, sur les nuances céruléennes de son regard qui lui brûlent la peau. Il y a bien quelques mots qui se détachent de l’ensemble mais chaque caresse s’empresse aussitôt de les lui faire oublier. Sa dernière déclaration se perd ainsi dans les limbes de sa conscience de plus en plus vacillante. Seuls les contacts qu’il perpétue, la maintiennent bien en place dans ce monde fait de tangibilité. Il attise son désir, le rend plus farouche, plus viscéral que jamais. La main de la magicienne chemine jusqu’à la crinière du criminel, force leurs lèvres à se presser avec plus d’ardeur. Elle étouffe ses soupires contre sa bouche, fait glisser son autre paume contre ses fesses, la ramène contre sa hanche très rapidement. Son pouce roule déjà contre l’aine du changeur avant qu’elle ne se décide à relâcher sa prise sur sa nuque pour déboutonner à son tour, le jean de son partenaire. Bien incapable de se soustraire aux bons soins du désiré, elle se contente d’effleurer la chair adverse, de le chercher comme il ne cesse de la provoquer. Aux portes de l’incohérence, enivrée par l’incendie qu’il déclenche, elle finit par l’obliger à basculer sur le côté, d’un mouvement pourtant dénué de sa brusquerie habituelle, se privant par là même de l’adroite dextérité de l’ancien prisonnier.  

Position dominante vouée à l'éphémère alors qu’elle se retrouve penchée au-dessus de lui. Sa chevelure chatouille l’épiderme quand ses lèvres tracent de longs sillons contre le buste de l’éméché, descendent effrontément jusqu’à son bas ventre pour s’y arrêter aussitôt. Joueuse, elle rehausse ses traits d’un sourire enjôleur, la convoitise se mêlant allégrement à son amusement. Elle réajuste sa position immédiatement et lui retire le peu de vêtements dont il dispose encore. Ils s’éparpillent quelque part, dans la pièce dévastée. Un décor apocalyptique qui ne semble déjà plus la contrarier ou même la concerner. Toutes les préoccupations se dissolvent dans le feu qui ne cesse de se propager. Plus de blessures à déplorer, plus de frayeurs à taire. Simplement un manque à combler, un tourment délectable que la chair subit et réclame tout aussi intensément. Elle se presse contre lui très rapidement avec ardeur, fait coulisser sa jambe contre la cuisse dénudée de son comparse. L’impatience gronde tandis qu’elle se réapproprie sa bouche, revendique jusqu’à ses mains qu’elle dispose contre les textiles qu’elle arbore toujours, le priant de parachever son œuvre en lui ôtant ce qui les sépare encore. Le temps qu’il se charge de réduire à néant les dernières barrières fibreuses, elle s’occupe d’envoyer valser en deux coups bien placés contre ses talons, les chaussures incommodantes.  Le souffle erratique transmet l’inconstance cardiaque. Ses quenottes emprisonnent la lèvre de son amant, la malmènent un court instant, le mettent au défi. Ses doigts dégringolent l’échine du barbu, se plaquent contre ses reins avant qu’elle ne s’applique à comprimer son bassin du sien pour le propulser dans la folie qu’il a fait naître en son sein, pour qu’il s’empresse de répondre à ses appels emportés.  

Un rituel inédit aux règles nouvelles, Joan réapprend à mêler ses sentiments aux sensations, décuple ainsi cette complicité parfois dangereusement enragée. Sa tendresse se disperse depuis sa prunelle jusque dans ses caresses. Chaque frôlement en appelle d’ailleurs un autre et ils lui semblent de moins en moins suffisants, satisfaisants. A l’heure où l’enfiévrée ne demande qu’à s’abandonner dans les bras du plombier, les considérations antérieures s’absentent. Les craintes expirent, les séquelles désertent la carcasse. Son cœur bat dans toute sa démesure, fait vibrer ses tempes, sa cage thoracique. Un son détraqué qu’elle apprécie à outrance et entretient même. Qui lui rappelle qu’elle est en vie. Qu’ils sont tous les deux en vie. Des survivants mesurant leur chance en cet instant. Et si son manque de bravoure ne lui permet pas de délier les mêmes aveux que le métamorphe n’a pas hésité à réitérer, ce sont les détails qu’elle sème, la passion qu’elle ne tente plus de planquer derrière une attitude brutale, qui se charge de délivrer le message. Sans jamais mettre les sonorités sur ce qu’elle éprouve, elle compte lui faire entendre l’affection qu’elle lui porte, communiquant de la seule façon saine qu’elle connaisse avec lui. Leur seule nécessitée depuis les drames endurés, réside dans cette course sensorielle, cette poursuite charnelle. Contre elle, elle l’a senti se détendre, se réchauffer, redevenir l’homme qu’elle s'est surprise à aimer. Celui qui l’a amenée à le désirer, à dépasser ses terreurs passées pour s’autoriser une proximité insensée. Après une multitude de cauchemars, des nuits écourtées dans les sanglots à asphyxier, elle se recompose enfin à son toucher, dans l'euphorie de retrouvailles méritées. A l'ombre du plaisir qui tarde, se prolonge et se savoure, les vérités s'alignent. Un jour, elle devra bien tout lui avouer. Mais pour l’instant, elle peut se contenter de ces moments dérobés au lieu, aux circonstances et à la conscience.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Mer 14 Déc - 21:00



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Les corps se dénudent et s’enlacent, se pressent toujours plus l’un contre l’autre dans des gestes où se mêlent la tendresse et la passion, un soupçon d’espièglerie qui attise plus encore un désir déjà intensément présent. Le feu brûle à nouveau dans l'organe vital et dans l’esprit du survivant, pendant que des frissons d’un autre genre s’approprient sa carcasse torturée. La fièvre monte pendant que l’amante quémande plus d’ardeur, que le changeur la lui concède. Les démons sombrent les uns après les autres, le souvenir des cages et le goût atroce des tortures ne deviennent plus qu’un passé abstrait pendant qu’il déguste le présent. Il oublie tout, pour un temps, savoure l’éphémère sans penser au lendemain, à cette réalité amère qui reviendra inéluctablement le fracasser. S’abandonne à chaque caresse qu’elle lui offre, s’égare dans celles qu’il lui livre en échange, dans ces baisers qui communiquent leur affection presque invraisemblable. Le temps s’arrête. Son coeur s’emballe. Son épiderme frémit. Sa virilité s’enflamme. Son buste se redresse soudain alors que ses mains brûlantes saisissent la convoitée. Son regard embrasé s’ancre dans les prunelles avides de la sorcière qu’il soulève comme une plume. Sa force lui revient pendant que ses tourments s’effacent, sa démarche ne vacille plus lorsqu’il les achemine jusque dans sa chambre, là où le grand lit leur tend les bras, en harcelant les lippes rosées de la milicienne. Le dos frêle se retrouve doucement contre les draps, ses lèvres sont libérées dans la foulée. L'homme se penche sur la silhouette puis grimpe sur le matelas, contraint la dulcinée à reculer pour lui faire place. Puis, bouillonnant, l'ex taulard recouvre la magicienne de sa carrure amincie, l’amène hâtivement à écarter ses jambes avant de la pénétrer. Son être s’échauffe pendant que la vie ruisselle derechef dans ses veines, que les sensations se mêlent aux sentiments dans ces va-et-vient exquis qui s’accompagnent d’embrassades exaltées. La nouveauté qui se dégage de leurs ébats le perturbent à peine, la réflexion le quitte pendant que les mouvements passionnés s’enchaînent. Plus intenses. Plus tendres. Plus beaux. Plus subtiles. Plus délectables. Réconfortants. Enivré par ces émotions, l’union se débride et s’intensifie. Dure jusqu’à ce que l’extase soit atteinte et que le souffle manque. Que les membres tremblent sous l’effet de la jouissance. Que l’irlandais soit dépossédé de ses dernières forces, vide mais comblé.

Le plombier cala son torse contre l’échine de la mage. Il tira le drap froissé sur leurs silhouettes dénudées. Un bras passa ensuite sous le sien pour venir enlacer la donzelle, la serrer tout contre lui pendant que son front accostait la chevelure sombre. Il resta ainsi un moment, silencieux, les yeux clos, à profiter simplement de cette présence apaisante qui faisait battre son palpitant d’une manière un peu étrange. Le sentiment qu’elle suscitait lui était inconnu et il devrait sans doute apprendre à le dompter pour ne pas le laisser le dépasser. C’était déconcertant, mais à la fois tellement inespéré, si revigorant. Effrayant aussi, pour tout ce qu’il impliquait. Une nouvelle entrave, une autre faiblesse exploitable. D’avantage de préoccupations qui le ravissaient pourtant, plus qu’elles ne l’alarmaient. La crainte d’un énième rejet également, parce que tous ceux qui l’avaient approché avaient, d’une façon ou d’une autre, fini par prendre le large. Troublé par cette chagrinante constatation, l’ancien prisonnier resserra l’étreinte, comme pour se rassurer. Non, il ne fallait pas penser à ces choses là, pas lorsqu’Elle était là, plus proche de lui que personne, plus proche que jamais, si réelle dans le creux de ses bras épuisés. Dans l’ombre, sa voix fila, écorchée par son état. « Merci... ». D’avoir été là pour lui, d’avoir accouru à sa sortie, de l’avoir attendu sans aucune certitude, d’avoir soigné le petit Keane, de ne pas l’avoir repoussé lorsqu’il avait déconné, de ne pas le juger... Un simple remerciement pour tellement de faits à gratifier, tellement de reconnaissance à éprouver, d’excuses à lui délivrer.

Une sensation d’effroi le traversa, une chaleur poisseuse le tétanisa avant qu’il ne parvienne à ramener son bras dans son champs de vision. Du sang maculait son épiderme, si noir dans cette obscurité devenue soudain suffocante. La panique gagna son coeur qui se mit à battre violemment, une sueur froide perlait sur son front. Le changeur se redressa d’un élan, dans une brusquerie affolée, déposa un regard écarquillé sur le corps inerte et ensanglanté qui gisait à ses côtés. La belle était morte, criblée de balles. La scène qu’on lui avait passée en boucle dans sa cellule, pour le plaisir pur de la torture, le frappa brutalement, ôtant son souffle au passage. Ils lui avaient pourtant bien dit et ressassé, ces salopards de gardiens, que la milicienne avait véritablement péri. Qu’il n’y avait plus d’espoir, ni pour elle, ni pour lui. La terreur gravée sur la face, le skinchanger recula dans les draps tâchés, tenta de se débarrasser de toute cette hémoglobine qu’il avait sur la peau en la frottant de ses mains épouvantées. « Non, non, non, non, non... » ne cessait-il plus de répéter dans cette cascade de mouvements effrénés. Trop beau pour être vrai qu'il avait pourtant pensé et quel abruti il avait été pour se laisser si facilement berner. L’homme était désemparé.

Ses prunelles aliénées trouvèrent le courage de se poser sur la décédée pour la détailler. Mais ses yeux ne devinrent qu'encore plus déments, torturés par la vision macabre qui lui était offerte. Joan lui faisait face et l’observait de son regard vitreux. Son sang se déversait, pourtant seule la sérénité animait ce corps mortellement blessé. Pas un bruit. Pas un geste, même pas un infime battement de cils. Elle était simplement là, comme figée dans un linceul, terrifiante, oppressante. Tel un fantôme revenu le hanter, attendant le bon moment pour lui sauter dessus. Le possédé s’immobilisa à son tour, à l’affût, prêt à se défendre contre cette carcasse vide qui semblait le menacer. La défunte tenta d’amener une main en sa direction, le plombier réagit instantanément, avortant cette intention en empoignant son avant-bras brusquement. Il n’y avait plus rien, le membre était de nouveau immaculé. Declan le regarda avec insistance et incompréhension, avant de se plonger dans la contemplation du visage de l’amante. Les yeux de la sorcière étaient plein de vie, leur expression si intense. Désorienté, hébété, il desserra sa poigne, puis lâcha prise. La confusion était totale. Incapable de mettre des mots sur ce qu’il venait de se passer, il comprenait néanmoins qu’il avait été à deux doigts de lui faire du mal. Et cette conclusion, il ne pouvait pas la tolérer. Profondément déboussolé, acculé par la culpabilité, il détourna son oeillade puis s’exprima, sèchement. « Tu f’rais mieux d’rentrer ». Sans explication, ces quelques mots ressemblaient d’avantage à un ordre qu’à un conseil, un ordre indiscutable. Le rêve était redevenu cauchemar.
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Dim 18 Déc - 2:15

Ce qu’il reste de lucidité se disperse dans les contacts entretenus, renforcés. D’une pièce à l’autre, la fièvre s’amplifie, l’attente rendue insoutenable par la proximité sans cesse exacerbée. Les corps s’entremêlent ultimement, les souffles se confondent. Chaque mouvement veille à le rapprocher, chaque geste le repousse tout aussi sûrement. Tout son être s’accroche, cependant, au sien, s’y associe sans la moindre retenue. Les frayeurs délaissées quelque part au pied du canapé, lointaines et de plus en plus imprécises. Entre ses doigts, contre sa peau, la sorcière ne lutte plus contre les sentiments que les épreuves ont amplifiés. Elle les laisse même mener cette danse charnelle, se redécouvrant une fois de plus dans une douceur qui la caractérisait autrefois. La peur s’en est allée pour le moment, elle ne tarit en rien cette fusion, l’intensité des sensations qu’ils traquent et dénichent à chaque nouveau coup de rein. Dans les derniers soupirs expulsés, elle se consume et s’abandonne. La réalité peine à retrouver son chemin jusqu’à son esprit engourdi alors que Declan demeure proche. L’odeur du changeur s’attarde contre son épiderme, l’enivre davantage quand il resserre sa prise sur elle. Les paupières de la trentenaire basculent, sa main glissant machinalement contre le bras qu’il a replié. Une sensation pratiquement méconnue irradie dans ses membres, détend notablement ses muscles. Elle se sent en sécurité après des semaines d’anxiété, des nuits écourtées par ses propres cris. La présence tangible du métamorphe lui donne l’impression de pouvoir enfin parvenir à dépasser les événements dramatiques des arènes. De croire au cauchemar, de l’oublier ainsi sans plus de considération. La naïveté de la brune trouve ses racines non pas dans un optimisme déplacé mais dans cette lâcheté immuable qu’elle combat pourtant avec voracité. La fatigue tiraille la conscience, elle veut pouvoir pleinement profiter de ces quelques instants de simplicité, de cette sérénité retrouvée sans s’inquiéter de ce qu’ils impliquent. Sans plus s’interroger sur le seul avenir qu’ils s’offrent à agir de la sorte.

Le mot propulsé par son amant lui arrache un léger sourire. Elle trouve pourtant le terme encombrant, inutile. « Dis pas de conneries. » Sa paume coulisse affectueusement à quelques reprises contre le poignet du blond. Elle n’est pas venue là que pour le rassurer. Elle a surtout répondu à son besoin viscéral de le réceptionner à la sortie de son enfer. De le savoir en vie. Et peut-être, sans doute même, de constater quelle place elle pourrait continuer d’occuper à ses côtés après cette débâcle émotionnelle. Éreintée et toujours bercée par sa douce euphorie, Joan étouffe un bâillement et laisse la quiétude la pousser bien vite aux portes de la somnolence. De légers rêves décousus semblent même se former avant que l’agitation ne la tire abruptement de ces quelques songes incomplets. Alors que le plombier s’arrache à leur étreinte, elle demeure figée, décomposant les ombres d'un regard, tentant d’identifier la source du danger. Le cœur bat la mesure contre ses côtes, le temps de retrouver un semblant de contexte à la situation. Les gestes incohérents de l’irlandais parviennent à dissiper la confusion de la milicienne bien que cette panique déclenche inéluctablement son anxiété. Avec prudence, la divorcée se redresse, tente de lui adresser un geste réconfortant, entrouvrant déjà les lèvres pour se prémunir de la sonorité nécessaire. Le sortir par tous les moyens du mauvais rêve dont il semble être victime. Sa réaction brutale la désarçonne. La douleur pulse immédiatement contre son avant-bras et dans la poignée de secondes suivantes, elle ne reconnait pas le visage qui lui fait face. La terreur lui saisit les tripes. Pendant un infime instant, elle croit qu’il va lever la main sur elle, la traiter comme n’importe quel danger. Elle lit dans ses prunelles cette hostilité qu’il ne cessait d’exprimer là-bas, aux prises avec l’ennemi invisible dans les marais. Le temps de battre des cils, de relever déjà à moitié son autre bras afin de se protéger et toute cette folie disparait. Le réflexe conservé est ainsi avorté tandis qu’il la relâche déjà.

Le souffle court, absent et la crainte vivace, elle n’ose même pas remuer. Vieille habitude de se faire oublier, à l’heure où la violence abrite le corps qui longe encore le sien. L’ancienne épouse se surprend, une fois de plus, à répéter son comportement quand l’ordre tombe, quand la menace sous-jacente lui parait transparente. Dépassée et troublée, elle s’oriente vers le rebord du matelas, tente de mettre la distance qu’il semble réclamer entre eux et prend alors conscience de sa nudité. De cette embarrassante vulnérabilité que ce seul fait émet. Avec une pudeur particulièrement insensée, elle arrache un de des draps, l’enroule autour d’elle avant de se relever, tremblante et désorientée. Les pieds frôlent le parquet glacé. Les frissons se multiplient. Le vide la cintre si vivement désormais qu’elle ne parvient même pas à se recomposer une démarche assurée. Quelques pas seulement sont exécutés avant qu’elle ne se retourne, désarmée. L’apathie pour seule réponse, une attitude qui ne devrait plus lui ressembler. « Mais qu’est-ce que j’ai fait ? » s’entend-elle demander d’une voix rendue rauque par l’incompréhension et faiblarde par les réminiscences dans lesquelles elle se croit encore piégées. Alors que ses doigts resserrent l’étoffe qui l’habille maladroitement, son bon sens secoue son organisme, l’extirpe de sa léthargie défensive. Ses intonations s’échappent avec sécheresse ensuite. « C’est comme ça que ça va se passer maintenant ? Tu vas me balancer tout un tas de belles promesses à la gueule pour après me dire de dégager sans me fournir la moindre foutue explication ? » La mâchoire craque. Elle ne combat déjà plus que sa propre personnalité. Elle refuse de perdre. Pas contre elle-même. Pas cette fois.

La fureur revient toujours pour planquer la douleur, pour masquer les appréhensions. Pour taire la femme qui ne demande qu'à fuir, qu'à se placer en victime. « J’ai pas mérité que tu me forces à me barrer en plein milieu de la nuit, manquer de me faire trouer par tous les merdeux qui habitent ton patelin pourri sous prétexte que je sais pas … T’as fait un putain de cauchemar ? Merde mais tu me prends pour qui ? » Elle s’écoute redonner de la perspective aux événements, s’échappe ainsi davantage de son brouillard mental. Le silence la terrorise bien plus que n’importe quel acte qu’il pourrait perpétrer subitement. Parce qu’il ne fait que les séparer et qu’elle ne peut tout à coup plus le supporter. « Quoi t’as eu ta baise maintenant je peux foutre le camp ? » Provocation gratuite qui se veut comme toujours instigatrice d’une discussion. Aussi mauvaise soit-elle, elle sera au moins existante. Elle ne peut pas communiquer avec un mur. « Tu devais pas te refuser à refaire les mêmes conneries, Declan ? Tu vois pourquoi j’en veux pas de tes foutues promesses à deux francs. J’ai pas besoin d’un mec qui brasse du vent et qui m’éjecte de sa piaule comme si j’étais même pas digne d’une putain de justification. Je croyais que tu me laissais être là quand ça allait pas. Putain mais tu me fais quoi ? » Son timbre vibre sous l’émotion, elle rassemble sa main libre contre la parcelle de chair qu’il a malencontreusement malmenée. Elle sait pourquoi elle s’est éloignée. Elle sait davantage pourquoi elle veut se rapprocher maintenant. Et elle n’apprécie pas du tout ce qu’il suggère soudainement. Pas maintenant. Pas après tous ces efforts déployés pour se dépasser, pour s'autoriser ce rapprochement. Cet attachement. Et cette multitude de risques.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Mar 3 Jan - 22:49



This is war
It’s the moment of truth and the moment to lie. And the moment to live and the moment to die. The moment to fight


L'homme se recroquevilla un instant dans sa coquille, pendant que les reproches coulaient sur cette carapace qu'il s'était forgée sans parvenir à l'endommager. Les lèvres pincées, le regard amer, furieux contre lui-même, irrité par les propos de la sorcière, il quitta le lit dans la pénombre. S'avança sans bruit jusqu'à ses habits étalés sur le sol qu'il ramassa sans desserrer les dents, sans oser affronter l'oeil courroucé de la belle qu'il avait de nouveau muée en bête. Légèrement frissonnant, il enfila son boxer sans réaction, se vêtit prestement de son jean avant d'offrir enfin quelques mots. Le dos tourné, d'une voix rauque et penaude, il acquiesça. « Non t’as pas b’soin d’ça ». Nulle nécessité d’avoir un homme tel qu’elle le décrivait, c’était certain, sans savoir que la vérité était peut-être pire que ses foutues croyances erronées. Elle méritait mieux que celui qu’elle considérait comme un lâche, une saleté de menteur, une gueule bien ouverte qui n’était pas capable de s’en tenir à ses jolies promesses, c’était blessant. Trop vexant pour rester ancré dans une attitude relativement sereine. Secoué par ce cauchemar qu’il avait subi, par sa réaction face à l’illusion, le métamorphe ne savait plus quel état adopter, ni vraiment à qui en vouloir. Totalement perdu dans ce monde dans lequel il venait d’être relâché, il lui fallait un temps de réadaptation pour pouvoir se retrouver, et ne plus représenter le moindre danger pour qui que ce soit. Pour simplement reprendre le cours de sa vie, en oubliant les séquelles de ses tortures dans son sillage. Pour tourner cette vilaine page. Pour l’heure, désorienté, il préféra se réfugier dans une agressivité qui lui était déjà plus coutumière, un méprisable point de repère. « Mais faut croire que t’attires que des connards, y a peut-être quelque chose qui cloche chez toi... ». Insinua t-il tout en délaissant la chambre sur ses pieds nus pour le salon en ruines, la culpabilité déjà ravageuse.

Le changeur alla saisir son tee-shirt qu’il se passa rapidement puis récupéra ses rangers. Il s’assit avec mollesse sur le plancher avant d’entreprendre de se chausser, la mâchoire crispée, les doigts tremblants. La rage éphémère l’avait déjà abandonné, au profit d’un sentiment bien plus dévastateur. La douleur dans le coeur, l’esprit morcelé, il changea de cap lorsqu’il lassait ses chaussures. « T'y es pas du tout. Et t’as rien fait. C’est pas toi l’problème, c’est moi ». Ses yeux se voilèrent d’une peine face à laquelle il était impuissant et qu’il était le seul à provoquer. Il n’avait pas de pouvoir sur son inconscient et ce dernier aurait pu le conduire à blesser la magicienne. A la tuer, véritablement, peut-être. Qui savait jusqu’où la folie dont il n’avait même pas eu conscience aurait pu le mener si elle ne s’était pas soudainement dissipée ? Plongé dans ses sinistres pensées, l’irlandais s’était figé sans s’en rendre compte. Il termina ses boucles avec plus d’insistance et de fermeté pour se redonner un peu d'plomb perdu, comme si toute la colère sourde qu’il contenait jaillissait dans ce simple geste, silencieuse mais bien présente. « J’ai simplement b’soin d’un peu d’temps je crois ». Sans plus d’explication, il se redressa et attrapa les vêtements de Joan avant de les lui lancer d’un mouvement fluide et précis. Le plombier s’achemina ensuite jusqu’au holster et en sortit le revolver machinalement, le manipula avec les gestes de l’habitude, vérifia qu’il était correctement chargé avant de le détailler d’une lueur sombre sans savoir pourquoi il s'y affairait - l'instinct sûrement, ou le besoin de s'occuper les méninges avec une diversion. Puis cette présence était si réconfortante... Il rangea l’objet assassin dans son étui, mécontent d’avoir été dépossédé de ses armes, de n’avoir plus que ses crocs pour seule défense, son grognement pour unique menace, puis tendit le tout à la peacekeeper avant d’accrocher son regard.   « J’ai l’impression de devenir taré Joan et j’me l’pardonnerai pas si j’devais t’faire le moindre mal ». Ses prunelles coupables se détournèrent. « Tout à l’heure j’aurais pu... ». Une pause fut marquée, l’ancien prisonnier réfléchissait au choix de ses mots, sans parvenir à trouver ceux qui seraient le plus adéquats pour décrire ses peurs et ses ressentis. « J’sais pas vraiment c’que j’aurais pu t’faire et ça m’fout la trouille. J’avais plus aucun contrôle ».

Ses mains se fourrèrent dans ses poches pendant qu'il plaquait nonchalamment son dos contre le mur noirci. Il voyait son hôte sans vraiment la regarder, d'avantage concentré sur ses propres sentiments que sur la vision dénudée de la délicieuse sorcière. Son ton était plus posé lorsqu'il entreprit de lever les soupçons infondés de l'amante agacée par son comportement lunatique, incompréhensible. « J'suis pas en train d'refaire les mêmes conneries ou d'revenir sur mes paroles, ne crois pas ça. J'suis juste un peu paumé ». Dans cette atmosphère calcinée, vide de toute vie enfantine, transformée en chaos, pillée, Declan avait soudainement l'impression de suffoquer. Ses doigts malaxaient ses tempes devenues brusquement douloureuses, avant que son poing ne s'écrase sans prévenir sur le bois mural. Un rugissement de frustration s'échappa dans l'action. L'homme avait perdu les rênes de sa propre existence, son esprit s'était laissé détraquer tel un faible entre les mains des vils et tout paraissait s'éparpiller sans qu'il ne puisse rien rattraper. Enterrer le passé, recommencer ailleurs et à zéro, dégoter le moyen de se venger et priver le système de son pouvoir destructeur, tant d'étapes nécessaires à sa reconstruction qu'il avait le désir d'empoigner dans cette foulée, alors qu'il ne lui semblait pourtant plus en avoir la force. « Putain c'est le bordel, ils m'ont r'tourné la cervelle ces connards ! ». Il s'éloigna du pan de mur et combla la distance qui le séparait de la mage, d'un pas résolu. Sa paume épousa délicatement la joue de la dulcinée. « J’veux pouvoir enterrer toutes nos merdes, nos douleurs, nos putains d’souvenirs qui nous foutent en l’air chaque fois qu’on s’y plonge et passer à autre chose, avec toi. J’veux juste qu’on puisse oublier tout ça, mais j’ai peur de n’pas y arriver. Si j’te touchais, comme l’autre salopard t’as touchée... ». Sa voix mourut. Il n’osait même pas imaginer le sentiment terrible que cet acte de cruauté, qu’il soit ou non consenti, pourrait lui provoquer. La magicienne avait déjà tellement souffert... Egaré dans un monde d’indécision, l’irlandais déposa son front sur celui de son vis-à-vis, lentement, tendrement, tristement aussi. « Mais on n'oublie jamais, n'est-ce pas ? ». Non, on n'oublie jamais, on tente de vivre avec. Et coexister avec cette mémoire tourmentée était difficile, cela dit peut-être pas impossible. La belle avait vécu bien pire, pourtant elle s'en était sortie. Mais comment ? Dans l'univers carcéral, il avait perdu sa flamme combative. « Et si finalement j'n'étais pas aussi fort que toi... ». Si je ne parvenais pas à faire avec, si je ne m'en relevais pas, ou si en tentant de le faire je faisais de toi un dommage collatéral...

Un baiser fut déposé sur son épiderme, puis le torturé recula de quelques pas, sans lâcher Joan de son regard glacé. Il n'avait jamais été aussi peu sûr de lui. Toutes ses défenses avaient été anéanties, son armure s'était vue démantelée sans aucune résistance, laissant l'homme aussi pathétique qu'un enfant sans protection. Qu'un dément sans remède à sa folie, certainement apte au pire, mais incapable d'en prendre la pleine conscience lorsqu'il s'invitait sournoisement. Seulement capable de le regretter une fois sa démence passée. Declan n'était plus qu'une bombe prête à exploser, qui cherchait péniblement à se désamorcer, ou à défaut d'imploser. De plus en plus mal dans cette cage aux barreaux qui semblaient se resserrer autour de lui, les traits d'avantage angoissés, tel un animal acculé, il lâcha soudain dans un murmure. « Putain faut qu'j'sorte d'ici ». Il se dirigea d'un pas pressé vers la sortie, l'air lui manquait. La porte rafistolée claqua contre le mur et s'ouvrit sur une nuit sans étoile. Le changeur se précipita dans l'obscurité puis inspira profondément, avant de s'asseoir sur une marche de bois de son perron, de s'accouder sur une plus haute et de se laisser calmer par l'air frais envahissant ses poumons.
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Ven 6 Jan - 1:42

L’indifférence manifeste de son interlocuteur lui noue les tripes. Dans ces moments où les idées sont retenues par des lèvres trop serrées, piégées dans l’esprit échaudé, la milicienne se sent capable de tout mais surtout du pire. Les silences la replacent dans cette position tellement exécrée qu’elle ne sait pas elle-même jusqu’où elle pourrait aller pour modifier ce seul fait. Sa propre fragilité l’encombre alors que ses doigts fébriles ne cessent de retenir le drap contre son corps dénudé. Du bout des cils, elle détaille ses mouvements, tente d’y dénicher des indices sur la suite. Il semble fuir, disperser leur folie antérieure dans une rage palpable. Sur la brèche, la sorcière reçoit les mots du métamorphe avec perplexité. Sans jamais remuer, elle se surprend à demeurer mutique et à attendre qu’il se décide à poursuivre cette discussion. Mais le dialogue est rompu immédiatement par sa réplique cinglante. Joan se sent plus ridicule que jamais, enroulée dans le textile immaculé. Le vide remplace bien vite la présence à la fois troublante et rassurante du changeur. Bien incapable de subsister dans cette pièce déserte, la brune se décide à traquer son hôte sans jamais rien ajouter. Ses émotions volent en tous sens, elle ne sait déjà plus déterminer le sentiment dominant. L’air glacé lèche sa peau, propulse un millier de frissons contre son échine mais à aucun moment, elle ne s’approche de ses vêtements pour les récupérer. Puérilement, elle croit pouvoir rallonger un peu ce qu’ils ont partagé en refusant de s’adonner au même rituel que l’homme emporté. Lassée par la tempête, la brune n’entretient déjà plus l’incendie qu’elle a déclenché, se résigne à collecter les braises qu’il lui renvoie inexorablement en se taisant. Son regard s’égare sur la nuque de Declan. La culpabilité la cloue définitivement sur place quand il se réapproprie leur environnement sonore.

La tristesse arque les sourcils de la trentenaire. Elle voudrait ajouter quelque chose, le retenir peut-être même mais coupée dans son élan par le geste de l’irlandais, elle n'en fait rien. Elle se contente d'attraper ses fringues d’une main et se contraint à les enfiler pendant que le criminel se dirige vers un autre pan de la demeure. Frigorifiée, l’américaine délaisse sans plus d’émoi son morceau de tissu emprunté et revête ses sous-vêtements avec rapidité. Le t-shirt a juste le temps de retomber sur ses épaules quand son comparse se décide à lui rendre une autre partie de son inventaire. Elle se sent réellement congédiée, serre la mâchoire pour ne pas divulguer sa déception de quelques paroles injurieuses. Seuls les propos articulés par la partie adverse, abolissent totalement l'indignation muette. Le discours de Declan prend toute la place et elle n’en perd pas une miette. Tout s’enchaine très vite, trop vite tout à coup, pour l’esprit incroyablement engourdi de la furie. Sa colère, ses appréhensions, sa tendresse. Tout se confond un peu plus dès que sa paume retrouve sa joue. Tout ce qu’elle souhaite lui communiquer, reste bloqué dans son larynx. Elle reste impuissante, inutile alors qu’il perd pied et s’éloigne ultimement. Happée par ce raz-de-marée, elle s’agite avec imprécision, enfile son jean maladroitement, manque de chuter durant l’exercice. Son tibia heurte le canapé, des jurons s’échappent encore de ses lippes quand elle enfile ses chaussures. Sans prendre le temps d’ajuster son accoutrement, elle émerge à l’extérieur et tente de compter ses chances de rattraper son acolyte.

Le soulagement se propage immédiatement quand son regard le déniche sur les marches du perron. Elle lui accorde quelques minutes de tranquillité avant de se manifester, profitant de cette fausse quiétude pour parachever son œuvre en enfilant son pull, son holster et son blouson. Lentement et avec prudence, elle se rapproche de l’homme, va jusqu’à s’asseoir à proximité en lui laissant le plus d’espace possible dans un premier temps, respectant ainsi son besoin de respirer. Le regard fixé sur la voute céleste, la fausse mafieuse décortique la tirade du plombier. Quelques longues secondes s’écoulent ainsi. Les bras croisés, l’épaule à moitié accolée à la rambarde, elle perturbe le calme apparent d’un soupir. « Oublier, ça rimerait à rien. On refait  déjà bien assez les mêmes conneries. Si t'as même plus la mémoire pour te rappeler de ce qui importe… » Ses yeux cherchent les siens un bref instant. Ses épaules remontent et retombent aussi vite à la suite avant qu’elle ne se détourne pour admirer le ciel. « Y a que la douleur qui permette d'avancer correctement alors ça serait con de l’oublier. Si j'avais pas perdu Jill, je sais bien que je serais toujours la même connasse. » Et pourtant, elle veut bien subir tous les sévices à nouveau si ça pouvait lui rendre sa fille. Les paupières basculent un instant, le souffle se perd dans la nuit. « Y a des leçons qu'on apprend qu'en se prenant des coups dans la gueule. Les faibles sont pas ceux qui se rétament la gueule à terre. Ce sont ceux qui se relèvent pour retomber de la même foutue façon plusieurs fois mais qui font rien pour que ça change. » Typiquement ce qu’elle était. Ecœurée par son comportement antérieure, elle grogne à moitié avant de se refocaliser sur l’essentiel. « Putain, je fais vraiment de la philosophie à deux balles. Ce que je voulais dire c’est que t'as le droit de merder. C'était une putain d'épreuve. Personne arriverait à la digérer en une foutue nuit. Tu deviens pas fou, t'es encore sous le choc. Mec, t’es pas un robot, faut que tu relâches la pression là. » Son regard se plante dans le sien avec plus de fermeté. « De toute manière, tu pionçais à moitié. Y a plein de fois où j'aurais bien mérité que tu m'en colles une et où t'as rien fait alors stresse pas comme ça. » L'ironie que ça soit elle qui délie cette évidence. Pour appuyer son argumentation, elle pointe le bout de sa semelle dans sa direction, bouscule légèrement avec candeur, la guibole de son allié.

Enhardie par cette lucidité retrouvée, elle glisse imperceptiblement vers lui et analyse d'un même temps les environs - se rappellant vaguement du danger qui la guette encore.  Cette mission foireuse la détourne partiellement du sujet abordé. Sans quitter la rue des yeux, elle complète néanmoins sa pensée. « T’es pas un connard. Mais c’est moi qui suis attirée par les sales doses d’adrénaline, ça ouais. Dans quel monde t’as cru que j’allais te laisser me démolir de toute manière ? Essaie seulement, tu verras quel bout je te charcuterai en premier. » Un rictus moqueur dérange ses traits jusqu’alors légèrement crispés. Elle le délaisse dès que sa paume coulisse contre la tempe du tourmenté. Elle sait qu’elle doit clarifier un point important. Une déclaration qu’elle émet autant pour lui que pour elle-même. Elle s’écoute s’avouer ce qu’elle pense depuis un bon moment maintenant. « T'as rien du salopard que j'ai connu, Declan. Si je le pensais ne fusse qu’une seule putain de seconde, je me serais déjà cassée depuis longtemps. Te compare plus à cette sous-merde, t’as pas idée du niveau de pourriture auquel tu te rabaisses là. » Quand bien même, elle craint de revivre les mêmes scènes traumatisantes, elle sait que le problème vient d’elle.

Son bras vient entourer le cou du rebelle, son autre main se posant contre son torse alors qu’elle se penche vers son visage. Ses lèvres échouent ainsi contre le coin de sa bouche furtivement, dispense un peu de cette tendresse qu’elle ne manifeste que trop rarement. Sa compassion perdure après le geste. « T'en as marre, t’es à bout. Mais t’as vu par quel merdier on est passé, par lequel toi t’es passé après ? Je sais bien ce qui se passe derrière ses murs. Ça me rendait folle de le savoir d’ailleurs et de rien… Enfin bref. Je me la ferme. » Elle s’écarte de lui tout aussi brutalement, se relève même pour descendre le reste des marches. Elle s'agite nerveusement sans savoir pourquoi et ne se retourne que pour lui faire face à nouveau, les mains calées au fond des poches de sa veste. « Je sais bien que ça te passera. Mais faudra peut-être le temps, ouais. De là à me foutre à la porte à poil par contre hein... C'est peut-être ton trip ça, le nudisme, pas le mien. Heureusement que les mômes nous ont pas chopé d'ailleurs... Ils sont où au fait ? » Leur absence la frappe soudainement quand ses prunelles saisissent à nouveau touet l’ampleur du drame que la secte a provoqué. La culpabilité toujours plus sournoise, serpente dans ses entrailles alors qu’elle adresse un regard interrogateur à son vis-à-vis.

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