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 /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Sam 7 Jan - 0:48



This is war
It’s the moment of truth and the moment to lie. And the moment to live and the moment to die. The moment to fight


Tous ces discours lui donnaient un goût de faiblesse en bouche, vraiment très amer. L’irlandais n’avait encore jamais vécu de sermon en étant le sermonné, il était d’ordinaire le donneur de leçons. Et ces mots qu’il écoutait avec une attention toute particulière, emplis de sens, étaient le reflet de ce qu’il avait toujours voulu dire à Eamon, mais qu’il avait eu bien du mal à lui ancrer. Il doutait d’ailleurs que ces derniers aient réellement fait mouche dans l’esprit faiblard du petit Grimes, alors qu'ils sonnaient tellement forts chez le plus grand. L’ironie de cette situation lui décrocha un sourire pendant qu’il contemplait la peacekeeper dans la pénombre. Les rôles avaient été inversés finalement et la place qu’il était contraint d’occuper cette nuit là n’était vraiment pas faite pour lui plaire. Lui qui avait été, toutes ces dernières années, une épaule solide sur laquelle se poser, avait du mal à concevoir qu’il n’était effectivement pas un surhomme, quand bien même il n’était même plus vraiment un homme. Le héros, c'était comme ça que son cadet l'appelait et ça lui seyait si bien, jusqu'à ce que le héros ne s'écroule à son tour, risible et misérable. Lâcher prise ne lui avait jamais réussi, il n’avait que trop tendance à se laisser totalement déborder lorsqu’il osait se défaire d’un peu de leste. Il suffisait de se remémorer cette fichue soirée chez Joan pour se rendre compte que ce n’était pas franchement l'idée du siècle. Lutter dans la tempête ou simplement se laisser couler jusqu'aux profondeurs, il était incapable de se contenter de dériver. Il haïssait cette situation, cette saleté d'impuissance, cette saloperie de dérapage qu'il ne parvenait pas à maîtriser. Toutefois que faire d'autre, si ce n'était se laisser un peu aller, ne serait-ce que pour s'éviter l'implosion. La sorcière avait raison, néanmoins les vérités étaient dures à encaisser et s'en accommoder lui était terriblement compliqué. L'armure lui avait été ôtée, son âme avait été mise à nue, fébrile et écorchée. S'il ne se battait pas, s'il s'autorisait à relâcher la pression, il était presque certain de sombrer sans parvenir à refaire surface. Il était blessé et épuisé, ne demandait qu'à pouvoir se laisser un peu aller, pourtant le risque lui paraissait trop grand pour être tenté.

La suite, rendue plus légère par l'attitude taquine de la sorcière, lui apporta d'avantage de réconfort, autant par la douceur de ce contact qu'elle lui offrait, que par celle qui accompagnait un aveu qu'il avait ardemment désiré. Lui qui s'était défendu de toutes ressemblances avec l'ancien amant, mais qui n'avait jamais trouvé de satisfaction dans les répliques de la belle, était enfin rassuré. Délesté d'un poids trop lourd à porter, apaisé de savoir qu'elle ne craignait pas de lui qu'il répète des erreurs commises, des traumatismes causés par autrui. La comparaison avait été douloureuse, aujourd'hui elle la balayait, amenait plus de sérénité dans l'esprit du compagnon qui pourrait poursuivre cette histoire de coeur plus aisément. La mage venait de lui retirer une énorme épine du pied. Un soupir s'évada d'entre ses lippes masculines bien moins pincées, puis son auteur se détendit avant de se redresser légèrement. Le plombier profita de l'affection de la dulcinée, déposa sa main rugueuse sur le mince avant-bras qui effleurait son torse et le serra tendrement. Geste silencieux duquel découlait toute sa gratitude. Un remerciement pour cette confession, pour tous ces mots, pour cette tendre bienveillance.

Le libéré se crispa lorsqu'elle évoqua son séjour à l'ombre. Il ferma les yeux l'instant que la milicienne prenne ses distances, consciente qu'il ne fallait pas s'étaler d'avantage sur ce sujet sensible. Il claqua promptement la porte à la gueule de tous ces souvenirs dévastateurs, puis ouvrit de nouveau son regard azuré qu'il déposa sur la carrure fluette en bas des marches. D'autres préoccupations s'ajoutèrent à celles déjà présentes. Le doigt soudain pointé sur un problème qu'il avait voulu égoïstement éradiquer lui accéléra le palpitant. L'angoisse se lut derechef dans ses prunelles pâles, pourtant une sorte de pressentiment lui intimait que les sujets de ses inquiétudes ne méritaient pas de se montrer si alarmiste. Où qu'ils étaient, les enfants se portaient bien, Declan en était intimement persuadé. Ils ne pourraient de toutes façons pas être plus mal lotis qu'ils ne le seraient si l'oncle les avait retrouvés à sa sortie de prison. Le malaise s'évanouit aussitôt, céda face à une fatalité que le métamorphe n'avait plus aucune envie de contrer. Il se remit sur ses pieds, descendit lui aussi les dernières marches pour venir se dresser devant le décor résidentiel. Ses épaules haussèrent le temps d'une profonde inspiration pendant que le survivant fourrait ses mains dans ses poches de pantalon, puis s'affaissèrent dans un souffle bruyant. Il ne pouvait pas faire face à Joan pendant qu'il lui confiait, faiblement, la démission de ce rôle de parent qu'il avait été contraint d'endosser. Honte et culpabilité escortaient sa voix penaude. « J'en sais rien ». Le fait qu’il était là, à s’apitoyer sur son sort avec une bouteille d’alcool à la main plutôt qu’à la recherche active de ses neveux, en disait long sur la lâcheté qu’il avait décidé d’épouser. Conscient de cette dernière, il ajouta, résigné. « Je n’vaux pas mieux qu’mon frère finalement. Je n'suis qu'un putain d'hypocrite... J'ai peut-être le droit d'merder, mais pas à ce point. J'me sens tellement soulagé pourtant... Tellement... Libre ». Son monde s’écroula. Ses convictions se firent la malle. Tout ce pourquoi il s’était battu avec tant d’acharnement n’avait plus le moindre sens. Cette vie ne semblait plus être la sienne. Celui qu'il avait été lui paraissait étranger. « C'qu'on a vécu ne peut pas tout excuser ». Ce qu'il ressentait vis-à-vis de ses gamins, c'était mal, il n'y avait simplement aucune excuse valable. Il n'était pas le genre de connard qui avait laissé des séquelles à la magicienne, mais il en était un tout de même, d'une autre manière.

Deux silhouettes apparurent, un couple bras dessus bras dessous, marginal et familier. Deux habitants de Treme, habitués au quartier, bravant sans peur les malfrats et le couvre-feu. Le garçon habitait de l’autre côté de la rue, avec vue sur le taudis de l’irlandais. Ces deux là se connaissaient bien, le plombier l’avait aidé à se sortir de quelques emmerdes, comme un père que le jeunot n’avait jamais eu. Le duo s'arrêta à la hauteur des trentenaires. « Un revenant, je ne pensais plus te voir dans le coin après tout ce temps. T'as vraiment une sale gueule Declan ». Un bonsoir comme un autre entre squatteurs des environs. « Ouais, ouais, moi aussi j'suis ravi d'te revoir ». Le jeune homme reluqua avec l’oeillade pétillante de l’insouciance la peacekeeper, sans s’inquiéter de l’arme qu’il détailla sans trop d’insistance. « Je comprends pourquoi, t’as décroché le gros lot après les arènes ? Ca prend du temps ces choses là ». Une lueur coléreuse imprégna le regard du Grimes, puis se mua en résignation. Les jeux n’avaient échappé à personne. C'était cette conclusion qui le courrouçait, plus que la réflexion franchement grossière concernant sa compagne. « Ferme ta gueule gamin, le gros lot est moins tolérant qu'moi vis-à-vis des p'tits merdeux... ». Le ton sonnait grave lorsqu'il se concentra sur un détail beaucoup plus sérieux que le physique avantageux de Joan. « T'as vu mes n'veux dernièrement ? ». Le branleur tombait vraiment à point nommé, en espérant qu'il saurait le rassurer quant aux sort que la destinée avait réservé à ces enfants. « T'es sérieux ? Tu ne sais pas ce que sont devenus les morveux ? ». Le faciès d'une noirceur soudaine du changeur fit blêmir le questionné qui se dévêtit sur le champ de son ton trop audacieux, à la limite de la raillerie. « Si tu le prends comme ça... Je ne les ai plus revus depuis le passage du mec que j'ai vu sur une de tes photos quand... enfin tu sais quoi ». Quand il lui avait volé son portefeuille, avant que métamorphe ne lui tombe méchamment sur le coin du nez et ne riposte, c'était le jour de leur rencontre. « Il était plus vieux que sur le cliché, mais il ne peut pas y avoir d'erreur sur la personne ». Sans le moindre sentiment sur le visage, le grand blond conclut cette conversation. « T'es qu'un sale petit fouineur, tu l'sais ça ? Allez file m'en une et j'fermerai les yeux sur ta prochaine connerie, parce que y a pas d'doute que tu m'en f'ras voir d'autres d'ici peu, t'as pas l'air d'avoir changé d'puis la dernière fois qu'j'ai dû te botter l'cul pour te r'mettre dans l'droit ch'min ». Le concerné lui donna une cigarette que l'ancien prisonnier s'empressa d'allumer, lui souhaita une bonne soirée à sa manière avant de jeter un dernier coup d'oeil à la jolie brune, puis de déguerpir silencieusement avec sa petite copine. Declan inspira une grande bouffée de nicotine, leva un regard clos vers le ciel en déposant l'arrière de son crâne contre sa nuque, expira longuement une fumée qui lui avait rudement manqué.

Le Grimes se tourna vers l'amante, toujours coupable de ses sentiments peu honorables mais apaisé par ce qu'il venait d'apprendre. Le hasard faisait parfois bien les choses. « Qui aurait cru qu’Emmy passerait dans l’coin et embarquerait la marmaille, y a plus qu’à espérer qu’il excelle dans l’rôle du père modèle ». L'oncle avait de grands doutes, mais à l'instant où Eamon avait décidé de se réapproprier sa descendance, ça n'était plus devenu ses affaires. D’une voix grave mais placide, il fit part à la milicienne des intentions qui émergeaient doucement dans son esprit libéré de toutes contraintes. « Les épreuves t'ont rendue meilleure Joan, moi elles m'ont juste flingué et j'vois pas comment m'en sortir sans flinguer à mon tour. Sans les gosses à protéger, j'peux m'venger, y a plus rien qui m'retienne de foncer tête baissée dans tout c'bordel. C'est en train d'm'envahir, ça me ronge ! ». La rage refaisait surface, peut-être pas de la meilleure manière, mais il s'y accrochait comme à un ultime rempart. « On a pas à digérer c'qu'on nous a fait, parce que c'est pas digérable. Putain, personne devrait avoir à vivre des trucs pareils, on peut pas totalement s'relever d'un tel cauchemar ! ». Il tirait sur son rouleau de tabac comme si sa survie en dépendait. Les tremblements avaient repris possession de sa carrure qui n'étaient plus provoqués par un corps transi, mais par une fièvre haineuse, par les souvenirs d'un Enfer qui ne pouvait laisser personne sans séquelle. « Cette douleur, si j'fais rien, elle va m'bouffer. Y a beaucoup trop à encaisser, alors au lieu de la subir en priant qu'la pilule passe, j'vais m'en servir comme d'une arme ». Comme s'il ne lui restait plus que ça. Sans entrave, la résolution montait crescendo. Un nouveau but émergeait, redonnait toute sa force à cet esprit farouche qu'on avait tenté de soumettre. « J'leur ai fait une promesse dans cette arène ». Ses doigts, pris de spasmes, tenaient fermement sa cigarette pendant qu'il la ramenait encore à ses lèvres. Puis, d'un timbre paisible, à l'antagonisme de sa silhouette agitée, il se questionna. « J'sais pas comment tu fais pour continuer d'vivre comme avant, pour porter c'flingue de service comme si de rien n'était ». Ce n'était pas un reproche, mais une véritable incompréhension. Certes, elle avait besoin de gagner sa vie et ce boulot lui permettait de casser sa croûte, mais c'était dur à concevoir qu'une victime du système puisse continuer à travailler pour lui après que ce dernier, en guise de remerciements pour ses bons et loyaux services, lui ait fait subir tant de sévices. Lui ne parviendrait pas à passer outre cette tourmente causée qui avait fait jubiler les sadiques, le temps qu'il avait évoqué pour ce faire n'était qu'une chimère. Un leurre. « J'peux pas simplement laisser l'temps filer, en espérant qu'tu n'sois plus jamais balancée dans un putain d'guêpier et en croisant les doigts pour qu'les gosses soient épargnés. Voilà comment j'vais t'le gérer ce traumatisme de merde ». La conversation, en enchaînant sur les enfants, avait subitement chaviré. S'était tournée vers un sujet encore plus complexe que le lien purement sentimental qui les unissait, incluant dans l'équation de nouvelles problématiques. Un résistant, tueur à gages à ses heures, et une peacekeeper, voilà qui promettait de bien fâcheuses complications. La milicienne ne pourrait pas éternellement le protéger, elle finirait tôt ou tard par s'attirer des représailles. Comment allaient-ils se sortir de cette bien sombre situation ? Comment la gardienne parviendrait-elle à gérer ça ? Le regard interrogateur avec lequel Declan la soutenait cherchait vainement des réponses pas trop alarmantes.  
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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Dim 8 Jan - 0:37

La question s’insère entre eux, prend une importance soudainement dévastatrice que sa porteuse n’aurait pu soupçonner. Le silence s’allonge quelque peu. Juste assez pour que la nervosité de la milicienne s’amplifie naturellement, pour qu’elle fixe ses prunelles sur son allié sans plus jamais sourciller. Le cœur bat à toute vitesse dans sa poitrine. Elle ignore elle-même pourquoi le sort de ces gamins lui importe tant. Un mauvais transfert sans nul doute, des restes d’un vieil instinct qu’elle ne parviendra jamais à enfouir totalement. Sa lèvre inférieure est très vite prise au piège par ses quenottes tandis que Declan fait durer le suspense en se relevant à son tour. Son regard fuyant ne fait qu’ajouter un peu plus d’anxiété sur les traits de la brune. Et quand la réponse tombe finalement, la trentenaire ne parvient à évacuer son affolement que d’un grognement à demi-mâché. Les interrogations fusent mais elle contient comme elle peut, son emportement alors qu’il poursuit. La confusion se mêle à l’inquiétude. Sa main part vers l’avant mais son geste bienveillant est avorté trop vite par l’apparition de deux silhouettes. La paume relevée se pose très rapidement sur le flingue, l’adrénaline décuplant d’une seule onde, ses sens. Ses prunelles ne les quittent pas un seul instant quand bien même le métamorphe témoigne une certaine sympathie au garçon. Elle les détaille et assiste à leur échange sans jamais intervenir, ne ponctuant l’avertissement du changeur que d’un regard assassin. Se retenant tout juste de flirter symboliquement avec la gâchette de son arme pour effrayer l'insolent. Leur discours lui rappelle la médiatisation de l’événement macabre, la soumet à quelques préoccupations secondaires mais néanmoins présentes. Au-delà du fait que sa vie privée ait été ainsi exposée, que ses pires secrets aient été plus ou moins vendus à un nombre massif de témoins, elle ne peut s’empêcher de se demander si son ex-mari a assisté à cette mascarade. Ce qu'il en a pensé. Et surtout, ce qu'il compte en faire. Elle a peur que ça ne lui donne la bonne idée de la recontacter. Comme une sale intuition qui persiste qui la tient trop souvent éveillée la nuit.

Les adolescents éloignés, la quiétude lui parait bien plus meurtrière. Joan se détourne quelque peu de son amant quand ce dernier embrase le bout d’une cigarette, si peu tolérante à la nicotine. Bien à distance de la fumée ravageuse, l'asthmatique rassemble ses bras contre sa poitrine, tente de compiler avec son nombre d’incertitudes et la fatigue omniprésente accumulée dans les semaines écoulées. Elle n’est pas sûre d’avoir compris le message délivré par le jeune voisin du plombier et attend non sans s’agiter, plus d’explications sur cette situation. Quand il les lui délivre ultimement, la rage la secoue abruptement et sans prévenir. « Tu te fous de ma gueule ? Le frangin instable là ? Père modèle, lui ? Laisse-moi rire.  » Elle le crache malgré elle avant de se mordre frénétiquement la langue pour taire ses autres pensées peu reluisantes. Ses nerfs sont un peu plus sectionnés quand son interlocuteur déploie le reste de son discours. Elle oscille entre hargne et douleur durant tout son monologue. L’instabilité du criminel lui lacère la poitrine mais ses propos enveniment plus vite encore ses cheminements. Elle peut le comprendre jusqu’à un certain point, s’y refuse pour l’instant alors que le sang bat ses tempes. « Qu’est-ce que tu veux que je te réponde franchement ? Que je vais tout plaquer parce que t’as décidé d’aller pisser à la gueule de mes patrons ? » Ses yeux s’assombrissent, elle effectue deux pas en arrière pour échapper à l’odeur nauséabonde du tabac, pour se soustraire tout autant à l’azur qui ne cesse de la déstabiliser. « Promesse à la con, ouais. Putain mais t’as envie de canner ou quoi ? Tu sais ce qu’ils font aux gars de la rébellion ? Bah moi, je le sais. Ton petit séjour à la prison, c’était que dalle en comparaison. J’hallucine que tu te jettes la tête la première dans les pires emmerdes après avoir traversé ça. Que tu veuilles plus t’occuper des mômes, c’est une chose mais que tu risques tes miches pour une cause perdue d’avance… Compte pas sur moi pour brandir des putain de banderoles. » La mâchoire se serre jusqu’au craquement. L’air s’engouffre avec difficulté dans sa cage thoracique, elle perd le contrôle peu à peu. C’est plus qu’une colère qui se manifeste, c’est une terreur qui l’habite.

L’américaine sait très bien qu’il a toujours trempé dans un milieu néfaste, qu’il risque sa peau depuis bon nombre d’années. Et pourtant, le savoir plus proche que jamais du danger, la terrorise. Elle assiste à son retour peu glorieux. Il est ébranlé, brisé, diminué. Sa vulnérabilité la secoue plus qu’il ne peut sans doute l’imaginer. Peut-être que pour la première fois, elle le voit réellement tel qu’il est. Un être humain avec toutes ses faiblesses et ses limites. Une créature mortelle qui veut provoquer son propre péril. Quelqu’un qu’elle pourrait perdre facilement. Trop facilement. Son argumentation ne sert déjà plus que l’unique projet de le détourner de ses desseins qu’elle juge létales. Un ricanement souligne ainsi son agacement quand elle reprend. « Tu crois quoi ? Que ça va tout solutionner de les faire tomber ? Regarde autour de toi bordel. Y a plus que nous et des macchabées. Je te parle même pas de tous les pisseux qui se promènent avec des dons de malade. Tu crois qu’il va se passer quoi quand tu auras viré les gros tarés ? Y en aura d’autres tout aussi secoués qui prendront leur place avec d’autres méthodes peut-être encore plus merdiques. Y a plus d’humanité et plus de place pour l’idéalisme. Le monde est pourri jusqu’à la moelle. Y a rien à sauver. » Sa pupille toise le bout de sa clope avec sévérité. Égoïstement, elle aimerait juste qu’il fasse passer sa propre survie avant tout le reste. Elle qui a été si prompte au sacrifice impulsif pour lui, trouve ça particulièrement injuste de le voir gâcher ses chances de la sorte. « Regarde vraiment autour de toi, le guêpier c’est la ville entière. Et je sais de quoi je cause. Ils m’ont forcée à infiltrer une putain de mafia à la con. Tout est gangrené, y a plus aucune moralité et aucune règle. Ça a toujours été comme ça de toute façon, juste que là, ça se voit. Tu pourras rien changer. Les gens sont tous des connards, ils s’amuseront avec tes faiblesses, ils te foutront à terre. C’est comme ça. C’est pas pour ça que t’es obligé de te relever seul après, bordel et que ça peut pas s’arranger. J’ai l’impression d’avoir brasser du vent jusqu’ici. »   Ses bras décrivent des mouvements indistincts autour d’elle avant qu’elle ne se décide à se rapprocher de lui.

Le regard féroce et la détermination plus farouche encore, elle se place devant lui, toussote quand l’émanation de la cigarette effleure son visage et reprend son aplomb aussi rapidement. « Si t’as envie de te servir de ta douleur pour un truc constructif, protège autrement tes proches, putain. Laisser tes gosses à ton frère, non mais quelle idée de merde. Je l’ai vu moi le petit Grimes. Du genre chialeur et bien ravagé. Il a pas la carrure, ni les idées correctement placées. Tu t’en fous vraiment de ça ? De tes neveux ? De leur sécurité placée entre les mains d’un homme qui est même pas fichu d’articuler trois phrases sans se mettre à couiner ? Et sérieux, tu as réfléchi plus loin deux secondes ? Le gouvernement va garder un œil sur toi pendant un moment. Tes mômes vont être une cible privilégiée. » Autant que moi. Mais ça n’importe pas. Elle sait se défendre, elle. Contrairement aux enfants. « Tu vas simplement les inciter à écraser tout ce qui t'importe. » Ses poings se serrent, se relâchent tandis qu’elle expulse l’air rageusement.

Ses épaules remontent, redescendent. Son timbre emporté et enragé bascule dans une sorte de résignation lasse, éprouvée. « Tu sais quoi, c’est ta vie de toute manière. Tu fais ce que tu veux, ça me regarde même pas. Mais viens pas me faire des leçons après. Tu sais pas ce que ce job signifie pour moi. Sans ça, je suis rien. Personne. » Sans ça, elle n’aurait jamais réussi à s’endurcir, devenir celle qu’elle voulait être. La femme qui aurait pu sauver Jill. La respiration erratique, l’esprit de plus en plus démantelé dans toute la souffrance qu’elle a elle-même encaissé et enduré silencieusement, la furie se sent finalement à bout d’énergie et d’espoir. Elle ne veut pas se retrouver de l’autre côté du flingue si un jour, elle a pour mission de traquer les rebelles. Elle sait de toute façon, que jamais elle ne pourrait lui nuire. Et que sa loyauté reviendrait au hors-la-loi et non à son employeur. Situation compliquée et volcanique qui déciderait de son sort à son insu. L’attachement qu’elle ne peut s’empêcher d’entretenir pour cet homme risque de tout lui ôter. Une fois de plus. Finalement, c’est elle qui refait toujours les mêmes erreurs.

Les paupières se replient sur ses prunelles troublées. « Je m’en fiche qu’on soit dans des camps différents. Je veux juste pas qu’il t’arrive une autre merde, c’est tout. J’aurais vraiment kiffé te voir à ma place durant toutes ces putain de semaines à me demander dans quel état tu reviendrais. » Sa fragilité fait vibrer sa voix, l’émotion filtre finalement à travers la rancœur et les accès de rage. Elle prend toute la place dans les minutes suivantes quand elle rouvre son champ visuel et accroche les teintes céruléennes. « Tu m’avais promis de pas disparaitre. Tu penses encore pouvoir me faire gober les mêmes salades en allant flinguer les autorités ? Les épreuves m’ont pas rendue meilleure, juste pragmatique et encore, regarde où j’en suis. Tu crois que ça a été facile ? Que je sais pas ce que c’est de se sentir minable ? Tu crois pas que ça m’a foutue à terre aussi toutes ces conneries ? Que je leur pardonne et basta ? Ils m’ont rien épargné de ma gamine à l’autre branleur en passant par ton exécution. J’ai envie de les saigner mais je sais que c’est même pas envisageable et que ça changera pas ce qui s’est passé. Si j’arrive encore à foutre la gueule dehors et à pas me foutre en l’air, c’est que je sais qu’il y a des raisons de pas le faire. T’en es une. Me bousille pas ça en allant crever comme un con, putain. » Les sonorités se brisent avant l’injure, étranglée par l’émotion, elle se détourne avant qu’il ne puisse apprécier sa détresse. Elle fait quelques pas en direction de la maison et s’arrête juste pour reprendre son souffle massacré. Ses propres mains l’entourent désespérément. Elle ne sait déjà plus quoi ajouter ou retirer. Le chaos s’est réapproprié l’équilibre précaire qu’elle s’était bornée à maintenir jusqu’ici. Rattrapée par les horreurs que l’attitude fébrile de Declan ne cessent d’invoquer, par les futures conséquences de son impulsivité exacerbée, par son passé qui n’en finit plus de la torturer. Il y a toujours cette voix dans sa tête qui lui dit qu’elle aurait dû fuir quand elle le pouvait. Trop tard pour s’en soucier. Maintenant, elle ne peut plus jouer à celle qui se pense détachée. Pas après tout ce qu’ils se sont dit, tout ce qu’ils ont mis en œuvre. Et tout ce qui la bouleverse particulièrement maintenant.

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Ven 13 Jan - 17:49



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It’s the moment of truth and the moment to lie. And the moment to live and the moment to die. The moment to fight


Les discours s’enchaînaient, tellement amers, tentant de mener le résolu sur le chemin du contre courant. De le dissuader, simplement, en lui faisant entendre une raison qu’elle s’était faite, mais qui ne faisait qu’insinuer la colère dans les veines du changeur qui fumait avec crispation, indifférent à la gène que la sorcière manifestait. Ses yeux azurés l’observaient avec un éclat de rage qu’il ne tentait ni d’intérioriser, ni d’apaiser. Il avait la sensation que la milicienne s’appliquait à lui imposer son point de vue et haïssait cette écrasante impression. Libre penseur, meneur dans l’âme, il n’était décidément pas habitué à être celui à qui on se permettait de faire la morale, à ce qu’on critique ses choix avec tant de tranchant. Emmy, qui en prenait à juste titre pour son grade, se mit à occuper toutes ses pensées pendant qu’il goûtait à cette place misérable que ce dernier avait occupé durant toutes ces dernières années. Un gamin qui faisait fausse route et qui se faisait taper sur les doigts pour son dérapage, voilà comment l’homme était perçu à cet instant. Comme son frère. Un paumé, incapable de gérer ses émotions, qui prenait les mauvaises décisions. Un abruti d’aveugle à qui on désirait vainement faire voir. Pourtant, Declan était loin d’être habillé d’oeillères. Son regard sur le monde était grand ouvert, au contraire. Les mots qui sortaient d’entre les lippes de la belle s’étaient aussi échappés des siennes peu de temps avant les arènes. L’humanité n’était plus qu’un souvenir dans une obscurité que plus rien ne saurait chasser. Il se rappelait comme si c’était hier du petit Eamon à qui il demandait de cesser de culpabiliser pour le mal que sa condition pouvait causer à autrui, parce qu’il avait la hantise de se nourrir sur l’innocence. Une innocence à laquelle l’irlandais ne croyait plus. C’est pas vraiment dramatique tu sais, j’crois pas qu’il y ait beaucoup d’personnes qui soient restées humaines sur cette putain d’planète. La plupart de ceux qu’t’as peur de tuer se r’mettrons d’un claquement d’doigts d’bien pire que ça. La plupart ne mérite même pas de vivre... Faut être réaliste, les gentils ont déserté ou se sont fait buter par les méchants qui forment la grande majorité d’notre civilisation en ruines. Ses paroles lui revenaient en mémoire dans leurs moindres détails. Le métamorphe était conscient depuis si longtemps de la désespérance qui terrassait leurs rêves, exterminait un idéalisme qu’il n’avait jamais rencontré, ni même voulu adopter. Le survivant ne désirait pas brandir les armes par convictions mais par désespoir de cause. La déchéance du pouvoir en place n’amènerait peut-être pas l’utopie, néanmoins rien de pire ne pourrait succéder à cette tyrannie. Une infime touche de meilleur, en ces temps monstrueux, c’était déjà amplement suffisant pour s’accommoder du présent, pour justifier ce désir de vengeance qui, finalement, était l’unique moteur de sa détermination soudaine. De cet objectif sanglant semblant sortir de nulle part.

Puis l’irritation disparue, absorbée par les confessions de Joan, par cette fragilité troublante qu’elle dégageait en pointant du doigt le véritable problème. La fatalité n’était qu’une excuse à des craintes plus profondes et plus complexes. Perdre l’amant était la raison première à cette tentative de dissuasion, Declan n’aurait jamais cru qu’elle en arriverait un jour à lui livrer ses sentiments si facilement. Il n’aurait pas non plus pensé que ces derniers pourraient le blesser. Déconcerté, le feu dans ses prunelles rageuses fut soufflé par un vent de tristesse. Coupable d’avoir pris bien trop d’ampleur dans l’existence de la dulcinée, sans être certain de pouvoir l’entretenir, l’ancien prisonnier jeta son mégot au sol et s’avança vers la mage qui lui tournait le dos. Ses bras enlacèrent sa taille quelques instants, en silence. Son corps épousa le sien dans une intention de réconfort, puis l’homme la délaissa pour reprendre place sur l’une des marches de son perron. Ses coudes se posèrent sur ses cuisses, ses épaules tombèrent quelque peu. Son regard, d’abord fuyant, aborda celui de la peacekeeper. Il y déversa tout le poids de son impuissance. « J’te demande pas d’lâcher l’insigne, qui au passage te fout autant en danger qu’un opposant. Putain, la mafia maintenant... Et c'est moi qu't'agresses parce que je flirte avec la mort ? ». Il soupira, découragé par cet adage à la con. Fais ce que je dis mais pas ce que je fais. « J’t’obligerai jamais à choisir entre ton taff et la rébellion, y’a pas une voie qui peut s’vanter d’être meilleure que l’autre de toutes façons. On a jamais été dans l’même camp toi et moi et j’ai jamais critiqué tes choix concernant tout ça, alors ne critique pas les miens ». Son ton était paisible, il n’avait pas envie de lutter contre la magicienne, il voulait se contenter de lui exprimer à son tour son ressenti. « J'passe déjà mon temps à risquer ma peau, on peut pas dire qu’mon quotidien soit plus sûr qu’la Rébellion. Qu’on soit d’un côté ou d’l’autre, mafieux ou bibliothécaire, on a tous une épée d’Damoclès au dessus d’nos têtes. Putain mais ouvre les yeux, plus personne n’est en sécurité, quoiqu'il fasse, il suffit d’voir l’profil des mecs envoyés dans les arènes. C’est la guerre et la guerre elle n'épargne personne. Quant à risquer d’se faire trouer la peau, autant qu’ce soit pour une cause qui en vaille un peu plus la peine ». Mourir pour la Révolte était plus honorable que de se faire vulgairement exterminer par un mafiosio, pour une ridicule somme d'argent. « J’ai rien d’un idéaliste. J’dis pas qu’le monde sera meilleur sans tous ces enfoirés, mais on pourra pas plus toucher l'fond, on y est d'ja. Et justice s’ra faite ». Par justice, il entendait vengeance. « J'ai pas foi en l'humanité, si on peut encore nous appeler comme ça, mais j'suis pas non plus du genre à m'soumettre sous prétexte que je n'crois plus en rien. J'suis pas certain qu'la cause rebelle puisse espérer quoique ce soit, mais j'ai encore moins foi en c'putain d'gouvernement. J’y crois pas, mais j’ai envie d’y croire, parce qu’il ne reste plus qu’ça à quoi s’raccrocher. J’veux pas voir mourir ceux qu’jaime en m’disant qu’j’ai rien tenté pour les sauver. On n’sait pas c’qu’on a à y gagner, mais c’est pas comme si on avait quelque chose à perdre ». Le changeur souffla, tout en fermant les yeux. La mort factice de sa compagne accapara brièvement son esprit. Sa voix se brisait pendant qu’il continuait d’argumenter. « T’es morte dans mes bras... Si ça avait été réel... Putain ! J’veux pas qu’un truc pareil puisse se reproduire. J’peux pas rester les bras croisés en attendant qu’ce jeu d’merde finisse par devenir réel, j’pourrai pas survivre avec ma passivité sur la conscience ».

Agressé par sa mémoire, Declan tapa nerveusement du pied contre le sol, ses dents mordillaient l'intérieur de sa joue pendant que son regard scrutait l'obscurité, quelque peu dans le vague avant de tomber lourdement sur la silhouette de Joan. « Comment veux-tu protéger autrement qui qu'ce soit dans c’système toi ? Du jour au lendemain il peut décider d’te condamner pour d’la merde, de s’en prendre à tes proches sans aucune forme de procès pour un pas d’t’ravers ! ». Il ne lui apprenait rien, elle avait été la première à évoquer la menace qui planait sur ses neveux. « C’est parce que j’me soucis des gosses qu’j’peux pas continuer d’rester planter comme un con à attendre qu’le gouvernement leur tombe sur la gueule ». Le skinchanger se frotta la tignasse, perturbé par le sort que les circonstances allaient réserver à ces enfants, inquiet à l’idée que leur père s’écroule et que la progéniture puisse se retrouver livrée à elle-même dans la ville de tous les dangers. Toutefois, leur avenir n’était plus de son ressort. Déconfit, il ne contemplait plus la milicienne lorsqu’il avoua son ignorance. « J'ne sais même pas où l'père a bien pu les amener. Où il crèche, c'qu'il fait d'sa vie, j'en sais que dalle. La dernière fois qu'j'lui ai parlé, lui aussi trempait chez les requins, il était dans la même merde qu'toi et moi, mais sans les épaules taillées pour. Il va p't'être bien s'planter, mais j'ai pas d'autre choix que d'lui laisser sa chance. C'est leur père ». Son oeillade se planta soudain dans les prunelles noisettes de la sorcière, sombre et lucide. « Puis arrêtons deux s’condes de s’voiler la face, j’suis pas meilleur que lui dans l’rôle du père modèle. Et j’me sens encore moins capable de l’être après tout ça ». Le danger avait toujours été perpétuel. Combien de fois les petits avaient-ils été menacés par les mafieux à qui l’oncle devait de l’argent ? Déposés chez la voisine à toute heure du jour ou de la nuit sans jamais savoir si le tueur à gages allait revenir de ses tueries ? Il les avait mis en danger, parce qu’il n’avait pas su se déposséder de son addiction aux cartes, parce qu'il n'avait finalement jamais rien su contrôler. C’était franchement pathétique. Sans reparler de cet incident qu’il avait partagé avec Joan et qui avait failli laisser le plus jeune s’éteindre dans la douleur sur un lit d’hôpital. Concernant les Grimes héritiers, l’aîné ne reprocherait plus rien au cadet, il ne valait guère mieux.

Les prunelles en peine se détournèrent de la magicienne et les sonorités faiblirent d'avantage. « J'aimerais tellement qu'il n'y ait qu'toi et moi, mais c'est pas l'cas. On sait tous les deux qu’ça l’est pas, pas dans c’monde là. J'peux pas m'contenter d'ça, j'vais crever à p'tits feux... Ou finir dans l’même état qu’mon frangin ». S'il restait passif plus longtemps, cette finalité deviendrait une évidence qu'il ne se sentait pas capable d'accepter. Lui ne voyait pas d'autre porte de sortie que celle-ci pour survivre dans cet enfer qui avait réussi à lui faire plier l'échine. Elle était salutaire. En accord avec son caractère de fer forgé qu'ils avaient, durant des semaines, réduit à néant. Mais la belle, qu'attendait-elle de lui ? Quel autre chemin pouvait-elle lui offrir ? « J'suis sensé faire quoi ? Prier pour qu'on nous laisse tranquilles ? Ils nous ont déjà prouvé qu'ça marchait pas comme ça, quoi qu'on fasse ils tenteront d'nous écraser, autant leur donner d'bonnes raisons pour ce faire. Puis va t-en r'trouver un mec qui n'a pas envie de l'être, j'frai jamais rien qui puisse vous mettre en danger. J'vais pas rester dans c'trou à rats en agitant des banderoles ». Quitter Treme, il ne l’avait jamais envisager. Pourtant, il allait tourner le dos à tous ses repères, dire adieu à tout ce qu’il avait connu jusque là pour se fondre dans une nouveauté qu’il n’avait pas considérée jusqu’aux séquelles récentes. Le gouvernement n’avait pas eu à craindre de lui, néanmoins ça ne l’avait pas empêché d’envoyer l’indifférent dans les marécages de la mort. Les tyrans avaient façonné la haine et la rébellion dans un esprit neutre, ajouté d’avantage de poids à la Révolte qu’ils tentaient pourtant d’anéantir. Tout cela n’avait pas la moindre logique, la cruauté était irraisonnée. Et cette déraison l'avait foutu à terre, l'y avait frappé incessamment dans la pénombre de sa cage jusqu'à ce qu'il cède à la démence. « Ils m'ont rendu pitoyable. J'veux plus jamais ressentir ça, pas sans m'battre ». S'abandonner à l'humiliation, s'agenouiller et quémander la pitié à ses geôliers, pour un homme qui se pensait presque invincible, c'était impossible à encaisser.
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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Re: /!\ Is there somewhere ? [PV Declan]   Dim 29 Jan - 2:33

La nuit a le temps et l’occasion de se replier contre sa carcasse, de l’engloutir, l’emporter dans toutes les nuances anthracites qu'elle ait à lui conter. L’esprit de Joan se morcelle, se décline dans ce jeu d’ombres inquiétant. Sa réflexion est sans issue. Aucune échappatoire à cette situation. Capturée par attachement, piégée dans une relation bien étrange qu’elle n’aurait jamais dû initier. La solitude ne l’a même pas poussée dans les bras du métamorphe. Elle ne peut même pas justifier son comportement rationnellement. Sans doute que la logique s’est absentée dès le départ pour une bonne raison. Raison qui l’oblige à rester en se sachant condamnée. En les sachant voués aux choix cornéliens et aux impasses multipliées. Peut-être qu’elle le regrette. C’est même certain. Sa propre survie reléguée au second plan depuis un petit moment maintenant. Il y a déjà bien trop d’enjeux à protéger. Une nouvelle personne à sauvegarder. Une attache de plus, de celles qu’elle aurait pu s’éviter. Sa fracture mentale se résorbe dès qu’il s’approche néanmoins, dès que son odeur chatouille ses narines et que ses bras l’entourent. Il est déjà trop tard pour les regrets, ça aussi, c’est certain. Bien incapable de mettre un terme à ce beau désastre, bien forcée de constater que sa seule envie consiste à rattraper le corps qui lui échappe déjà, la sorcière fait taire sa lutte futile. Ce combat-là, elle l’a déjà perdu plus d’une fois au cours des derniers mois. Elle a scellé sa défaite dans l’arène et a répété l’expérience en s’exposant, plus d’une fois, ce soir. D’un soupir, elle expulse sa frustration, ouvre et referme nerveusement ses poings avant de se retourner pour le contempler. L’azur s’empare de son attention, s’approprie sa concentration sans le moindre mal. Les paroles se superposent ensuite. Elle profite de quelques secondes de silence pour se rapprocher, s’adosser à la construction sans le quitter des yeux, commentant parfois ses répliques d’un ricanement caustique.

Derrière chaque mot, le traumatisme se terre. Des plaies invisibles qu’elle ne pourrait colmater. Toute la magie dont elle dispose, tous les gestes qu’elle pourrait lui porter, ne pourrait résoudre ce qu’il ressent. Cette impuissance lui donne envie de recourir aux pires extrémités pour obtenir ne fusse qu’un semblant de résultat. Mais rien n’a semblé fonctionner jusqu’ici et elle se retrouve à court d’idées. La trentenaire fait coulisser ses doigts contre son bras mécaniquement, fixe un point imprécis pendant que ses cheminements voguent en tout sens. Elle comprend le message qu’il veut lui délivrer mais elle ne semble toujours pas en mesure de l’encaisser, ne voyant de finalité à cette décision, qu’une mort certaine et douloureuse pour le criminel. Parce qu’elle connait le châtiment qu’on réserve aux rebelles, elle sait parce qu’elle a participé à quelques descentes elle-même. La milicienne se refuse à anticiper ses propres réactions le jour où ils se retrouveraient face à face. Elle ne sait que trop bien où ses intérêts se portent. Elle sait encore mieux à quelle conclusion son indéfectible loyauté et affection la rallieraient. Cette angoisse étouffée pour l’heure, par convenance, elle se penche sur la première appréhension, y revient une fois de plus. De trop sans doute alors que c’est inutile. « T’es censé rester en vie, Declan, voilà ce que t’es censé faire. » Des murmures qui se perdent alors qu’elle se décolle de son point d’appui, exécute quelques pas. Sa voix démarre dans cette douceur irréelle qu’elle ne manifeste pratiquement jamais pour mieux s’achever dans sa sauvagerie habituelle. « Entre l’illégalité et la rébellion, il y a plus qu'un foutu pas. C'est une putain de limite que tu refuses de piger mais moi, je sais bien, bordel. C’est mon job. Je sais bien ce qui se passe. Ceux qui visent ces gros merdeux clairement, sont les premiers à morfler. Tu en as fait les frais, je croyais que ça te foutrait un peu de plomb dans la cervelle. Mais à ce que je vois, t’es encore plus enragé. » Le regard se fait inquisiteur durant une poignée de secondes avant que la vérité ne course sa farouche désapprobation.

La respiration devient pesante. Tout se mélange une fois de plus dans son crâne. Éternellement chamboulée par tout ce qu’elle n’aurait pu prévoir, l’état du changeur qui passe de son amaigrissement par son mental fissuré et toutes les émotions contradictoires qu’il propage de son ténor. Si elle ne s’échine pas à foncer tête baissée dans cette argumentation vaine, elle finira simplement par lui prouver le contraire de ce qu’il a avancé plus tôt. Par lui démontrer sa faiblesse alors qu’il lui a prêté une force insoupçonnée. A lui dévoiler toute cette laideur qu’elle s’est appliquée à ne jamais pleinement divulguer. Son penchant pour le drame, pour l’apitoiement. A moins que ça ne soit son dévouement déjà démontré qu’elle ne veut pas agiter à nouveau sous son nez. Comme toujours, les mots dépassent bien vite sa pensée. « La justice, hein ? La justice de mes fesses, ouais. Ça te rendra pas les semaines que t’as perdu de ta vie à croupir dans ce trou à rats merdique. Cause qui vaille la peine ? On voit que tu les as pas vu ces têtes de cons à butter des mômes pour leur cause foutrement noble. Mon cul, ouais que c’est la solution. Ces crevards auxquels tu veux te rallier, eux aussi, ils te baiseront à la première occasion. Si tu as encore foi en un truc, c’est que t’es un foutu idéaliste. Puis merde, je m’en branle de la politique. » La brune s’agite, marche frénétiquement devant son interlocuteur pour disperser sa nervosité. La fatigue pèse sur ses épaules. Elle s’applique à maintenir une cohésion dans son quotidien depuis trop longtemps pour que tout bascule à nouveau, comme ça.

Égoïstement, elle se perd dans des considérations qui ne concernent déjà plus qu’elle et son besoin de s’assurer qu’il ne s’adonne pas plus au danger. « Y a toujours un truc à perdre. Et on sera jamais en sécurité. Personne ne l’a jamais été même avant tout ça. Personne. » Isaac et ses poings serrés. Jill rejetée par l’abjecte créature. Gemma, empoisonnée. Susanna, le front troué. Ezekiel, ensanglanté dans une ruelle malfamée.  Et maintenant, Declan, torturé. Un ennemi différent pour un résultat unanime. Les paroles du plombier, celles qui lui ont broyé le cœur, résonnent avec plus de vigueur encore dans sa tête. T’es morte dans mes bras... Si ça avait été réel... Un désespoir vif et soudain s’abat sur elle, la fait totalement dérailler.

Hystérique, elle ne s’écoute déjà plus brailler sa haine viscérale envers le monde. Elle la dirige contre celui qui en subit tout autant les conséquences, sans même en prendre conscience. « T’as le droit de choisir tes batailles, fais ce que tu veux. Toute façon, t’es qu’une tête de mule. Et ça me regarde pas. Je suis pas ta mère. Seulement la chieuse que tu baises. Et puisque c’est comme ça, je vais me la fermer, hein, gentiment sur ce que je pense de ta comparaison complétement débile avec ton frangin ainsi que tout ce qui se rapproche de près ou de loin aux mômes. C’est pas ma marmaille, ni ma famille alors crois ce que tu veux sur le mec que t’es ou que tu pourrais devenir ou je sais pas quoi là. Si ça peut te faire plaiz’ de te voir comme une sous-merde. » Le souffle erratique se reprend difficilement entre deux tirades alors que tout son mal être s’extirpe finalement de sa cage thoracique. Tout ce qu’elle a ruminé pendant qu’il se faisait maltraiter. « Y a aucun système qui fonctionne. Ça craint d’avoir des gens auxquels tenir. Ça craint de réaliser qu’on est qu’une seule putain de personne face à cette garce de vie. Tu peux pas contrôler ce qui va se passer. Tu finiras toujours pas te sentir minable, con, impuissant. » Les paupières basculent, elle recule de plusieurs pas, ravale comme elle peut la peine qui s’amplifie avant de s’accrocher à un fragment de lucidité.

Quand elle rouvre son champ de vision, seule l’affliction fait trembler ses intonations, éteint ses prunelles un bref instant. « Alors ouais, je comprends ce que tu veux dire. Je pige mieux que tu ne crois toutes les salades que tu peux me sortir. Je sais que t’es pas une de ces couilles molles qui va glander pendant que d’autres se font butter. Je sais bien que la rage, c’est le seul moteur trop souvent et que tu veux… Que tu peux pas accepter qu’on te foute à terre sans riposter. Je sais bien que t’es pas un merdeux et que c’est ce qui fait que je suis là à gueuler. Mais je peux pas te donner raison. Que tu troues des gens, c’est un truc mais que tu veuilles jouer le kamikaze dans le but de te venger, parce que c’est pas de la protection, c’est une vendetta, ton truc. Ça peut que finir dans un putain de bain de sang cette histoire. Et moi, je suis censée faire quoi ? Hein dis-moi ? Prier pour que ça soit pas le tien ? » Ses mains glissent contre son visage, compriment ses lèvres un instant alors qu’elle cherche à se reprendre. A redonner une vraie direction à cette conversation incohérente.

Abattue par la réalité, la réincarnée ne fait que replanter son regard désorienté dans celui de son vis-à-vis. « Ça fait longtemps que j’ai les yeux ouverts. Ça fait longtemps que je me bats, moi. Et j’ai toujours pas les réponses. Quand je crois savoir ce que je fais, je me retrouve encore à me péter la voix pour un mec qui m’écoutera pas. Je pourrai faire tout et n’importe quoi, te causer d’un millier de trucs, j’ai bien compris que je changerai rien à la misère qu’ils t’ont mis. Je sais bien qu’il y aura rien de suffisant là. » L’impuissance dans toute sa sublime splendeur. Elle grignote chaque membre, remplit tout l’espace vacant. Les épaules s’affaissent. « Je peux rien pour toi. Et tu sais quoi, ça craint ça aussi. Ça craint bien sévère, sa mère. » Un petit rire aussi nerveux que triste lui échappe. Sans transition, elle se réinstalle sur les marches elle aussi, à bonne distance du hors-la-loi cependant.

Les iris résolument figées sur le bitume, les paumes qui se frictionnent l’une contre l’autre pour dénicher un semblant de chaleur, elle poursuit alors de ce timbre fragile qu’elle ne supporte pas. « Je viens de passer des semaines à anticiper le pire. A me refoutre devant ces horreurs pour me convaincre que t’étais toujours en vie. J’ai peut-être pas ramassé ton foutu corps dans l’arène mais j’ai eu le temps de m’imaginer ce que ça ferait et moi non plus, je veux pas revivre ça. Je sais bien ce qui se passe quand t’es le dernier con encore debout. » Ses pensées s’égarent vers Ezio et surtout Susanna, sur les révélations qu’elle a grappillé chez l’un et chez l’autre, sur ce que son trépas a provoqué. Avant de se pencher sur ses propres épreuves. Sur ce chagrin sans fin éprouvé après que Jill lui ait été arrachée. « Si tout ce que tu m’as sorti est vrai, alors tu m’épargneras ça, j’ai que ça à dire. Je m’en fous de ce que tu fais, tu peux massacrer tout le gouvernement si ça te chante. Je les connais pas, j’en ai rien à branler. Mais m’oblige pas à te détester toi aussi. » En allant crever de son plein gré, stupidement. En courant après des chimères. Déjà difficile d’admettre ce qui la relie à cet homme mais plus périlleux encore de réaliser les résultats, d’aviser les prochaines séquelles que cette relation lui causera. Elle a été prévenue. Oh ça, oui. Mais Joan, jamais, elle n’obéit, jamais, elle n’écoute. Pas même ses propres avertissements.

Lasse, la brune se détache de la scène, exécute quelques pas avant de se retourner ultimement. « Je te laisse cogiter toute cette merde. Fais gaffe à toi et arrête de picoler, putain. Va te reposer. T'en as besoin. » Un dernier soupir, elle accroche ses yeux pour la dernière fois et s'enfuit avant qu'il puisse répliquer, bien déterminée à ne pas poursuivre la tempête, luttant contre les vents contraires pour rentrer dans sa propre tanière. Même plus tout à fait soulagée par sa libération, seulement engloutie par l'anxiété. Par la possibilité de le perdre, lui aussi.

- Sujet terminé -

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My ghost where'd you go ?
I can't find you in the body sleeping next to me. My ghost, where'd you go ? What happened to the soul that you used to be ? ▬ I'm searching for something that I can't reach
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/!\ Is there somewhere ? [PV Declan]

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