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 Closer [PV Ellie]

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Closer [PV Ellie]   Mar 20 Déc - 1:57

Closer
○ Stranded in this spooky town. Stoplight is swaying and the phone lines are down. Floor is crackling cold. She took my heart, I think she took my soul. With the moon I run far from the carnage of the fiery sun. Driven by the strangle of vein, showing no mercy I'd do it again. Open up your eyes, you keep on crying. Baby I'll bleed you dry. Skies are blinking at me. I see a storm bubbling up from the sea. And it's coming closer.


Paroles en italique = norvégien
Des froissements à peine distincts, des recommandations que l’intuition chuchote contre la chair. Un frisson pour l’échine, une démangeaison pour la nuque. Les pavés se calent adroitement sous la semelle quand la cadence s’intensifie. Ennemi sans visage qui le pourchasse depuis dix bonnes minutes maintenant. Hydre indivisible pour ses pensées morcelées, égarée dans l’ombre avilissante. Les hypothèses s’entassent, se fractionnent dans les nouvelles théories à creuser. La comédie s’entretient dans une démarche faussement assurée. Duperie vaine, sans grande nécessité. Le norvégien ne craint ni le poignard, ni la plaie. Sans le poids de l’âme, sans la présence du cœur, que demeure-t-il ? Sa carcasse évidée ne transporte déjà plus qu’une mécanique organique défectueuse. Seul l’instinct le préserve de nouvelles pulsions destructrices. Les mœurs d’un milicien en fuite, déclenchant ainsi ces automatismes fortuits malgré lui. La proie se rit du prédateur. Reste encore à savoir quel rôle on tente de lui faire endosser. La peur ne taraude pas l’esprit tandis qu’il emprunte les voies familières avec un flegme indéfectible. Qu’il mène son pilleur de pénombre jusqu’à son antre, l’implante dans la rue quotidiennement fréquentée. A quelques pas seulement de son logis, le mirage se brouille. Il s’arrête, une main contre les clefs, l’autre sur le couteau qu’il a pris l’habitude d’emporter. Deux options pour une seule issue. Une simplicité très vite écartée quand le contact survient. Un millier de débouchés pour des alternatives de plus en plus réduites. Autour de sa taille, des bras s’enroulent. Couleuvres serpentant autour de son buste, hachant ses flancs. Le souffle se laisse distraire, les doigts compriment les objets moissonnés au fond des poches. La joue accolée à son dos, l’étreinte étrangement dispensée lui divulgue sans plus de détails, la nature de cette traque. Pas de vis-à-vis, pas de traits à contempler mais déjà, la certitude pour seule alliée.

Dans de lointaines contrées désormais ravagées, il a serré ce corps plus d’une fois contre le sien. Il l’a aimé jusqu’à embrasser l’obscurité. Et a appris ensuite à le craindre dans la lumière. Le prénom s’aventure sur ses lèvres, les dépasse dans un soupir. « Kitty. » Les paumes désertent avec difficulté leur abri, effleurent avec précaution l’épiderme de la sorcière, chercher à mettre en relief, une réalité dérangeante. Leur dernière rencontre se teinte d’incompréhension, d’amertume. D’une rancœur qui contamine la rétine et tout aussi sûrement, les membres. La raideur chasse la confusion. Ses paumes décrochent la brune de son thorax sans délicatesse. « T’es venue pour te venger ? » Le ton aussi glacé que la neige dans laquelle elle l’a, un jour, déniché. Elle remue, ondule à proximité, va jusqu’à se placer devant ses iris troublées. La lacune persiste. Aucune chaleur pour animer des regards perdus, pas la moindre empreinte du passé. Les traits mutins de son ancienne amante arborent une moue dubitative, soulignent un peu plus ce fait. L’accent nordique sectionne immédiatement les mots qu’elle déploie. « Ça, ça dépend de toi, Sven. » L’enfer s’ouvre quelque part sous ses pieds. Le sens puisé dans le cycle, dans la boucle qui tournoie autour d’eux et additionne chaque choix pour sa conséquence. Effet papillon qui les amène ici ce soir, au point de départ qui se trouve être également l’arrivée. Les fait basculer jusqu’à cette autre nuit. Celle où l’espoir lui a donné accès au ciel. Les doigts de l’aliénée se rangent sur sa pommette, exécutent quelques caresses empruntes de familiarité. « Tu as changé mais tu traines toujours ce regard éploré. Egaré. » Constat qui accule des lueurs inédites dans la prunelle voisine. Un triomphe sournois s’empare de la magicienne alors que ses ongles grattent la joue, l’écorchent au lieu de poursuivre les gestes alliés de tendresse.

Ezra attrape le poignet de la vagabonde avant que les ravages ne divulguent l’essence. Avant qu’elle ne conscientise la gravité de sa situation. Considération secondaire qui se nourrit du pouls décharné d’un spectre à tout jamais condamné. Des échos mémoriels entêtants, des désastres à collecter des deux côtés. Les articulations rugissent quand il resserre sa prise. « Qu’est-ce qui t’es arrivée ? »  Un rictus déforme le faciès de la scandinave, trace sur l’opale une douce folie. « Tu m’as trahie. Trompée. Voilà ce qu’il s’est passé. Je pourrais presque te pardonner si on partait du postulat que tu me pensais décédée. Et que tu te décides à délaisser cette fausse identité. A redevenir qui tu étais. » Les chimères s’adossent à la pupille. Un rêve qui n’a déjà plus que des allures de cauchemar. Sans réellement chercher à en comprendre  davantage sur la marche du monde, sur la destinée qui l’a poussée ainsi à le retrouver, il s’abandonne à la fatalité. Elle est venue pour le tuer. Il le sent, il le sait. L’esprit malade accompagne le mouvement, la lame est tirée de la veste, présentée à sa créatrice sans la moindre émotion. « C’est ainsi que ça a commencé. C’est ainsi que ça devrait terminer. C’est pour ça que tu es venue, je le sais. » Un défi, un pari ou simplement, une envie. Kitty fait coulisser sa langue contre sa bouche, amusée. Il ne la reconnait plus. De moins en moins. Et ça n'a déjà plus d'importance. Plus rien n'en a récemment. « Qu’est-ce que tu veux, Sven que je te plante ça entre les côtes ? Que j’achève ce que j’ai créé ? »  Il n’en sait rien. Rester en vie, crever. Trouver un sens ou se rendre à l’évidence. Étourdi par les coïncidences, désillusionné sur la possibilité d’une amélioration, devancé par ses pires craintes et acculé par les souvenirs encombrants, par tout ce qu’il a semé de ses actes, de ses ratés, il s’enfonce toujours plus dans la noirceur de ses desseins. Il n’aura même pas besoin du vaccin. Une forme perfide de satisfaction apparait, coupellé d’un sentiment aigüe de culpabilité. Kyran devra ainsi expérimenter la même perte, le même chagrin, apporté par le même mal. La vision de son frère penché sur son cadavre attise les pulsations alors qu’elle fait trainer le couteau contre sa trachée sans jamais l’enfoncer. La gorge saccagée par la sauveuse, les pensées occupées par le frère qu’il a trop souvent répudié et le cœur animé par son plus beau regret, sa seconde plus belle déception. Ellie. L’éclipse est totale. L’obscurité l’emporte alors que le fer  longe encore le larynx. Alors qu’il ne sait toujours pas pour qui rester. Ni pour qui partir.

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I know I let you down, didn't I ? So many sleepless nights where you were waiting up on me. Well I'm just a slave unto the night. Now remember when I told you that's the last you'll see of me. Remember when I broke you down to tears. I know I took the path that you would never want for me. I gave you hell through all the years.
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MessageSujet: Re: Closer [PV Ellie]   Mar 20 Déc - 23:09


« It’s dangerous to fall in love, but I wanna burn with you tonight »

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Tic-tac. Le compte à rebours est lancé. Tic-tac. Les dés sont désormais jetés. Tic-tac. Le train quitte la gare surchargée. Il avance à toute vitesse, maintenant le cap sur sa direction. Ce qu'il ignore, c'est qu'il ne l'atteindra pas. L'un des wagons va dérailler malgré lui et faire dévier l'engin de sa trajectoire. Pour effectuer une halte inattendue. Tous les passagers vont devoir évacuer. Sauf un. Il n’est pas comme les autres. Il est spécial. Sans en avoir vraiment conscience. Pourtant, son existence entière repose sur le prodige des constellations qui s’alignent pour lui. Pour un souffle de vie. Pour une nuit infinie. Il embrasse sa destinée alors même qu’elle lui semble être une malédiction. C’est le paradoxe qui l’englobe, la contradiction qui le désire, la dualité qui le retient prisonnier. Tic-tac. Les freins sont activés. Tic-tac. La situation d’urgence est déclenchée. Tic-tac. Les portes s’ouvrent.  

Ellie observe sans bouger. Son regard fugace passe de l’un à l’autre. Il examine, décortique, interprète ce qui se déroule. Elle n’entend aucun mot, la distance l’empêchant d’y parvenir mais cela ne la retient pas de deviner leur conversation. Le mouvement de leurs lèvres trahit leurs pensées. La proximité de leur corps révèle l’intensité de leur idylle. L’impatience de leurs gestes amorce la suite des événements. Et pourtant, rien ne se passe. Ils échangent quelques paroles qui se fanent aussitôt dans l'air sec. L’américaine s’ennuie royalement, le divertissement n’est pas à la hauteur de ses attentes. Elle commence presque à regretter cette mise en scène qui lui a demandé un certain nombre d'efforts à déployer. Lorsque soudain, le climat se met radicalement à changer. Le ciel s’obscurcit dangereusement à l’horizon et les nuages s’empilent pour créer une atmosphère étouffante. Un sourire amusé illumine alors le visage de la jeune femme.

Hélas, le plaisir est de courte durée. Il s’avère que son petit plan ne se déroule pas comme prévu, au contraire. Kitty use son précieux temps à brasser l'air, le rendant encore plus irrespirable qu'il ne l'est déjà. Ses menaces s'amenuisent à mesure que sa langue se délie. Elle claque sur son palais et pourtant, l'écho se meurt. Ezra semble presque résolu, vaincu, battu en retraite. Où est l'étincelle ? La lueur ? La flamme dans ses yeux ? Celle qui accroche le regard, écorche l'âme. Celle qui fait pleuvoir de l'acide sur son coeur. Celle qui fait bouillonner son sang au point de vouloir s'arracher la peau. Au point de vouloir se sectionner les veines. Où est-elle ? Il n'y a rien, c'est vide... tel un désert aride. Ellie soupire, il est temps de mettre fin à cette mascarade. Tant pis pour l'effet de surprise. Une autre fois probablement.

La jeune femme décide de quitter la douceur de la pénombre pour se mêler à la foule. Elle rase les murs aux alentours telle une ombre évitant le faisceau de la lumière pour atteindre les deux anciens tourtereaux. Son arrivée se déroule très vite, une poignée de secondes tout au plus. Un pas en avant, une main qui se pose, l'autre qui anticipe. D'un mouvement, elle récupère l'objet tranchant entre ses doigts avisés. Il effleure la chair de Kitty, caressant son cou dénudé. « C'est bizarre parce que tout ce que j'entends, c'est blablabla blablabla... » murmure-t-elle au creux de son oreille en imitant la moue d'un enfant espiègle. Sa voix est presque joviale, dissimulant à peine le sourire sur ses lèvres.« Or je me suis donnée beaucoup de mal pour te faire sortir de ton trou alors la moindre des choses serait de passer à la vitesse supérieure. »

Ellie finit par lever les yeux vers Ezra, dévisageant l'expression plaquée sur son visage. Bien qu'il retienne désormais toute son attention, elle ne s'adresse pas directement à lui. « Tu sais que ta petite lame ne va pas vraiment le tuer Kitty ? Il t'en faut une plus grosse... parce que ton cher et tendre cicatrice très vite. » Elle le regarde un instant, sans rien ajouter, laissant le poids de ses mots résonner en silence. Elle le regarde un instant, de cette façon étrange, presque nostalgique, presque désespérée. Trahissant une tristesse profonde et surtout réelle. A la limite de l'agonie. Un appel au secours muet. Un cri de détresse. SOS. Sous le joug du parasite, le contrôle de la jeune femme n'est qu'une poussière dans une tornade. Un pétale dans un champ. Une goutte dans un océan.

Tout ce qui lui reste, c'est cette colère abominable envers le monde et l'humanité. Envers lui. Tout ce qui lui reste, ce sont des secondes à l'aimer avant que son esprit ne fasse taire les sentiments. Avant qu'il ne les engloutisse au plus profond de son être. La lutte est rude. L'usure l'achève un peu plus chaque jour, chaque nuit qui la crève. La seule façon d'y survivre est de s'abandonner, s'oublier, de désintégrer. Laisser l'horreur de ses actes l'imprégner jusqu'au sang. Cohabiter avec cet autre qui existe, apprend, grandit au fil du temps. « Contrairement à toi et ta veine jugulaire si jamais je dérape. » finit-elle par annoncer sans avoir l'intention d'utiliser ce couteau. Ses nouvelles capacités sont bien plus utiles qu'une arme blanche. Elles nourrissent la noirceur de son âme, la voix qui lui parle dans sa tête. Tic-tac. Il est l'heure de jouer.  

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you know the truth hurts
But secrets kill ☽ Can't help thinkin' that I love it still. Still here, there must be something real. 'Cause you know the good die young. But so did this and so it must be better than I think it is. Gimme those eyes, it's easy to forgive.
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MessageSujet: Re: Closer [PV Ellie]   Jeu 22 Déc - 21:42


Paroles en italique = norvégien

Un calcul rapide, du diamètre à l’angle de la courbe. Un cercle parfait respectant des lois obscures, une vérité jusqu’alors bien gardée. Une spirale tournoyant autour de sa carcasse, l’emportant dans une fatalité si adroitement tracée que le vertige est instantané. Les paupières repliées, le destin bientôt scellé par cette lame qui parcourt sa gorge sans jamais la transpercer. Il a le temps de s’interroger sur la fugacité de l’instant. Sur ses désirs qui, de façons incompréhensibles, basculent en tous sens. L’empêcher d’attenter à ses jours, s’écarter de sa route, poursuivre ce beau désastre qu’il qualifie encore misérablement d’existence. Flirter avec sa fin lui rappelle qu’il possède encore cette option, le dernier recours. Un bien drôle de réconfort pour une âme en ruine. Si mourir de la main de sa sauveuse trouve sa logique bien tordue dans son esprit malade, son palpitant lui ne cesse de le ramener à l’essentiel. Il part en croisade contre la conscience épuisée, il s’acharne à raisonner les parties de son être infectées par l’abandon. Le péril fait vibrer le squelette, les articulations rugissent et le combat s’enclenche. La survie et la perte. La détresse tord ses traits jusqu’à le rendre méconnaissable. L’apathie délogée par la panique, si peu de temps à consacrer pour cette décision définitive. Les tremblements débutent de ses paumes se propagent à son corps tout entier. Et avant qu’il ait pu trancher. Avant qu’il puisse déterminer avec véracité son envie de crever, l’impossible survient. Le choix qu’il a placé entre les doigts de Kitty se retrouve avorté, ravi par une intrépide voleuse. Les yeux toujours refermés, l’infirmier ne s’aperçoit que du contact coupé entre le métal et sa chair. Durant une fraction de seconde, il pense que son bourreau a reculé pour mieux frapper. Mais très vite, le doute s’installe. Trop vite, il se mue en certitude alors qu’une voix le fauche en pleine descente.

Entre un millier de cris, entre une centaine de conversations, il pourrait scinder ces intonations du reste, ne reconnaître qu’elles, ne se dévouer qu’à ces seules sonorités. La douleur se manifeste au centuple dans sa poitrine fracturée. Cette blessure fictive lui hachurant le thorax depuis des semaines maintenant. L’horizon, il se le réapproprie pour mieux suffoquer. Son regard heurte celui de la démente. Quelques secondes de perfection surviennent, un retour inespéré, une vision qui galvanise l’enveloppe éteinte. Météore flamboyant qui embrase le ciel pour mieux s’écraser, déchiqueter à la suite toute trace d’humanité. Un regain d’affection qui s’estompe jusqu’à la putréfaction. Les prunelles élargissent leur champ d’action, réalisent la situation tandis que la mémoire le rappelle à ses plaies toujours ouvertes. Il saigne de chaque veine pendant que l’affolement rend chacun de ses songes incohérents. La folie se dédouble ainsi. Kitty, Ellie. Sous ses yeux atterrés, les résultats sont troublants, insoutenables. Pour chaque corps enlacé, l’aliénation s’est ainsi manifestée. Quelle conclusion à tirer ? Il révèle le pire chez autrui. A moins qu’il ne soit attiré que par cette particularité. Le mal désagrège chaque intention, le propulse dans ce rôle d’amant maudit. Les conséquences dramatiques à deux idylles déconstruites, se superposent. La peur longe la pupille, alimente les remords. Doit-il y voir un signe cocasse à ses interrogations jusqu’alors muettes ? Pas croyant. Pas prêt à se mettre à posséder une quelconque foi et pourtant, ce tableau suffit à lui seul. A quoi bon survivre si c’est pour assister à ça ? Le provoquer peut-être même ? L’un de ses pires cauchemars prend ainsi forme.

Son ancienne collègue ne ressemble plus du tout à la jeune femme douce et attentive qu’il a pu côtoyer par le passé. Leurs étreintes farouches, la tendresse dérobée à chaque circonstance, tout cet enivrement impromptu qu’il n’a jamais souhaité. Ces sentiments qui ne servent aujourd’hui qu’à sustenter le néant. Cette erreur de trop qu’il tente de raturer, en vain. Pas le bon matériel, pas le bon mouvement. Il la souligne, lui donne une importance létale au lieu de barrer définitivement la consonance de son prénom répudié. Dès qu’elle parle, il l’écoute. Un plan adroitement tissé dont il ne comprend aucune composante. Le sens lui échappe davantage tandis que devant lui, les deux êtres à jamais avoir possédé sa franche affection se retrouvent menacés. L’effroi creuse quelques rides sur son front alors qu’il ne dédie déjà plus ses regards qu’à la dernière arrivante. Machination improbable dont il ne peut apprécier les extrémités. Quelle motivation pour quel but ? Qui est-elle ? Il ne l'a jamais su, n'a jamais été aussi loin de toute vérité. La confusion s’étend un peu plus dans les relents de désespoir que l’ancienne doctoresse lui transmet. Chaque nuance, aussi inconstante que faible soit-elle,  le ramène à ce qu’il aimerait pouvoir étouffer.

Quelques battements anarchiques surviennent, l’obligent à réaliser l’ampleur de sa propre détresse. La colère ressurgit vivement, implacable et glacée. Il n’a pas oublié ce qu’il éprouvait pour elle. Et il n’a pas oublié le mal qu’elle lui a causé. « Je ne sais pas à quoi tu joues mais elle n’a rien à voir là-dedans. Je ne comprends même pas ce que tu fous ici. De m’humilier et me traiter comme tu l’as fait, ça ne t’a donc pas suffit ? Tu es de la pire espèce. » crache-t-il inutilement tandis que la prisonnière se met à glousser désagréablement. « Toi, ferme-la, j’essaie de nous sortir de là. » Kitty obéit. Du moins, le croit-il car dès l’instant d’après, la situation s’inverse. Maitresse suprême de l’illusion, elle les plonge dans un mirage immédiat. Evanescent. Ezra bondit vers l’avant immédiatement, tente d’interagir avec une réalité qu’il ne discerne plus réellement. L’arme vole, il l’entend rebondir à quelques mètres de là, se sent lui-même chuter, emportant avec lui sans le savoir le corps de la norvégienne. La seconde suivante, ils se retrouvent à ramper tous les deux contre le bitume pour attraper le couteau échoué. Ses mains saisissent et tirent avec violence les jambes de la scandinave alors que les doigts de cette dernière effleurent déjà le manche de la lame. Elle rafle le pavé, se débat, dessine un autre leurre à son intention. Le bitume devient cotonneux, un corps se manifeste à proximité, le sang s’en échappant, coule abondamment. Elle sait pertinemment quel souvenir elle veut lui faire revivre. Elle connait bien ses faiblesses. « Ca suffit. » hurle-t-il, la poigne maintenue sur la guibole glisse jusqu’à la cheville, se pose contre le peu de peau qu’il puisse dénicher pour aspirer l’énergie, la mettre hors d’état de nuire. Le mirage se coupe, il retire sa paume précipitamment, la fait rouler sur le côté avant de chercher malgré lui, Ellie du regard. Il se redresse, traque sa silhouette, à bout de souffle. A bout de nerfs et à court d’espoir.

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MessageSujet: Re: Closer [PV Ellie]   Ven 23 Déc - 1:16


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EZRELL
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Ses doigts maintiennent la lame avec une précision terrifiante. Il ne lui faudrait qu'un instant pour mettre un terme à son existence. Juste un petit instant. Un petit dérapage. Bien que cette idée la rende euphorique, elle n'en fait rien. Pour la simple et bonne raison que le moment n'est pas encore venu. Kitty tient un rôle important dans cette mise en scène et il est temps de la faire entrer en action. L'américaine est certaine d'obtenir le résultat escompté avec une arrivée aussi foudroyante que brutale. Effectivement, la sorcière ne met pas longtemps à répliquer pour s'extirper de ses griffes. Avant même de s'en rendre compte, Ellie se retrouve prisonnière d'une illusion incroyablement réaliste. Une expérience plutôt perturbante mais ô combien fascinante. La folie qui siège aux premières loges de son esprit se délecte d'ores et déjà d'y assister.

La jeune femme est projetée tout droit dans le froid hivernal de New-York, de la neige aux pieds, des flocons qui tombent du ciel. Ils sont rouges comme le sang. On dirait qu'il pleut du sang. Lorsqu'un corps étendu apparaît au loin, un corps sans vie. Il porte le visage de son patron, Kyran, mais le froid rend ses traits beaucoup plus doux. Il ressemble à un enfant qui s'endort. Excepté qu'il est mort. Le spectacle est de courte durée puisque l'intervention d'Ezra fait tout voler en éclat. Éternel salvateur des causes perdues. Des âmes égarées. Des romances maudites. La réalité reprend ses droits dès que la magie s'effondre, emportant dans son sillage, le blanc du paysage. « Ooooooh, elle est déjà out. » fait remarquer Ellie en observe la scandinave, quelque peu secouée par l'absorption de son énergie. Très vite, ses yeux de biche se posent sur la silhouette de son ancien amant, encore au sol.

Il semble profondément chamboulé par les récents événements. Elle laisse son regard le parcourir puis finit par s'en approcher. Ses lèvres se mettent à remuer et le son de sa voix se dévoile langoureusement. « Bonjour Ezra » Son visage paraît détendu, presque apaisé. Comme si rien ne s'était passé. « Je sais, moi non plus je ne pensais pas te revoir... lors de notre précédente altercation, je me suis assurée que cela ne se reproduise pas. » Un souvenir douloureux. Elle s'en rappelle dans les moindres détails. Son coeur aussi, incapable de se remettre des dégâts causés. D'une certaine façon, leur rupture s'est révélée très profitable au parasite qui l'habite. Il grandit depuis ce jour précis, n'ayant plus aucun obstacle sur sa route. La volonté de l'hôte s'est littéralement fendue en deux. Il n'en reste que des cendres. « Ce n'était pas un sans-faute je te l'accorde, mais j'ai dû improviser. »

Alors qu'elle ne s'arrête plus de parler, la jeune femme se baisse pour être à la hauteur d'Ezra. Sa main se pose délicatement sur sa joue brûlante, telle une caresse maternelle. « Quand j'ai vu ton regard ce soir-là, j'ai tout de suite compris que tu ne le supporterais pas alors j'ai menti, comme je le fais si bien. Et tu sais pourquoi je le fais si bien ? Parce qu'il y a toujours une part de vérité dans mes mensonges. Ouuups.. » Furtivement elle met une main devant sa bouche avant de la retirer, un rictus plaqué sur ses lippes. « Ce n'est pas de moi, c'est de lui, enfin d'elle... L'américaine rapproche son visage du sien pour murmurer au creux de son oreille « La petite voix dans ma tête. » Elle se pince la lèvre inférieure puis, sans prévenir, se relève subitement pour observer Kitty. Cette dernière, toujours allongée, est en train de balbutier des phrases incompréhensibles. Probablement du norvégien.

« Je ne l'entends pas vraiment, c'est dur à décrire... je la sens parcourir tout mon être. Comme une tension insoutenable qui te prend par les tripes et qui remonte dans tes veines jusqu'à faire pulser le sang dans ton coeur, si fort, que tu as l'impression que ta cervelle va exploser. Ça me donne des frissons rien que d'en parler. » Cette sensation décrite comme enivrante est particulièrement éprouvante. Pour ne pas dire douloureuse. Lui résister relève d'une force mentale qui fait défaut à la jeune femme, incapable de la combattre seule. « Donc tu vois, ce n'est pas de la mauvaise foi, j'ai vraiment tout fait pour te garder à distance mais il y a quelque chose que je n'avais pas prévu... mes sentiments à ton égard. Ces petits vautours qui se nourrissent d'un rien. » Elle en parle avec un dédain impressionnant. A croire que cela ne l'atteint absolument pas. Pourtant, ses propos disent le contraire, difficile de s'y retrouver.

« Je pensais beaucoup à toi et il n'aimait pas ça, alors nous avons tué pour te chasser de ma tête. Beaucoup de gens. Je dois l'admettre, ça fait un bien fou ! Le problème c'est que la montée d'adrénaline ne dure qu'un instant. Après pouf, il n'y a plus rien et tu réapparais comme par magie, juste là » explique-t-elle en désignant sa tempe du doigt. « Et plus j'essayais de ne pas penser à toi et plus j'échouais, c'est fou non ? Il voulait comprendre, reprendre le contrôle, te rencontrer. Alors nous voilà tous réunis au même endroit. » Ellie revient finalement près de lui, dilapidant la distance entre eux d'un simple pas. Puis son regard plonge dans celui d'Ezra, si proche et pourtant si loin. « Je dois te prévenir, il n'aime pas les rencontres formelles. » Sur ces mots, elle saisit sa nuque d'une main et attrape sa veste de l'autre pour le tirer vers elle. Ses lèvres se plaquent contre les siennes avec une ferveur qui la consume sur place.

Un geste pour condamner le reste.
Un baiser pour dissoudre le fardeau.
Et le monde entier cesse, l'instant qui leur reste...

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But secrets kill ☽ Can't help thinkin' that I love it still. Still here, there must be something real. 'Cause you know the good die young. But so did this and so it must be better than I think it is. Gimme those eyes, it's easy to forgive.
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MessageSujet: Re: Closer [PV Ellie]   Jeu 29 Déc - 0:32

L’échine à demi-courbée, le regard voilé par un étrange assortiment d’émotions, le norvégien accuse le relief d’une démence fractionnée. Ses prunelles sillonnent avidement les nuances ambrées dès qu’elles les dénichent. Son être tente toujours désespérément d’y dénicher un refuge. Il y a quelques mois de là, les bras de l'aliénée l’entouraient pour former des remparts entre lui et les cauchemars. Désormais, sa belle idylle est devenue à elle seule source perpétuelle de hantise nocturne. Les démons habillent la silhouette qu’il se plaisait à serrer contre lui, la façonnent selon leurs désirs. Créature extirpée de ses enfers personnels, elle évolue parmi les ombres avec une aisance douloureusement familière. L’obscurité ronge l’iris d’Ezra, détruit un peu plus l’azur. Ciel troublé qui ne sait déjà plus identifier les besoins des envies quand il s'embourbe dans la noirceur avoisinante. Il sait pertinemment qu’il ne retrouvera plus l’idéal qu’il s’était mentalement fabriqué. Représentation fantasmagorique à laquelle elle avait grandement contribué de son attitude trompeuse. Mais quelle beauté pourrait s’éprendre d’une bête dans son genre ? De celles qui rampent contre le bitume pour collecter une arme, de celles qui mentent pour atteindre leur objectif. Plus simple d’y croire, de gober les mots propulsés avec assurance pour briser l’esquisse de leur relation. Mais le scandinave ne peut pas croire que cette nouvelle plaie soit l’œuvre de son aîné. Pourquoi cette femme l’a pris pour cible ? Pourquoi elle s’acharne à l’accabler de la sorte ? Pas la moindre hypothèse. Il est juste certain d’une chose. Jamais Kyran ne tenterait volontairement de le blesser. Le souvenir de la gifle émerge un bref instant dans le trouble de ses pensées, il le rejette immédiatement. Acte impulsif guidé par la joute acerbe et odieuse de son cadet. En rien comparable à une machination obscure qui viserait à le rendre dépendant d’une telle affection. Non, définitivement. Son frère n’a rien à voir là-dedans.

Enhardi par cette conclusion tardive, l’infirmier se retrouve ainsi acculé par plus d’incertitude tandis qu’Ellie transcende le silence. Son amusement grotesque trace un peu plus d’incompréhension sur le faciès de l’européen. Son inquiétude à l’égard de l’ancienne doctoresse semble tout à coup bien futile. Stupide. Pendant que son anxiété enflait, elle se délectait du spectacle. La colère durcit ses traits. Il encaisse le discours décousu de la démente, s’enferme dans une aphasie volontaire. Rien n’a de sens. L’inconnue qui lui fait face, partage de moins en moins de ressemblances avec la personne qu’il a côtoyée. Pourtant, le cœur s’accroche encore tout autant à ses intonations qu’à sa présence. Il bat la mesure quand les paroles se dispersent. Des révélations qu’il ne parvient pas à assimiler, encore moins à croire. Elle les balance avec une inéluctable indifférence, les discrédite par son comportement contradictoire. Une moquerie de plus, s’entend-il penser. Kitty, à moitié évanouie, lui demande de l’aide. Il lui accorde une attention précaire, toujours absorbé par la rage que son autre interlocutrice ne cesse de faire naître en lui. Cette hargne atteint son apogée juste avant que le contact ne s’effectue. Il ne sait déjà plus à quel moment il s’est relevé. A quel instant, il a décidé de distancer l’asphalte. La conscience le rattrape ultimement quand les paumes de l’américaine le ramènent à elle. Pendant une poignée de secondes, le feu provoqué par le ressentiment se change en incendie. Flammes alimentées par une toute autre cause néanmoins. Il peut déjà imaginer son bras droit la capturer, sa main gauche redessiner sa mâchoire. Ses lippes épousent les siennes une seconde, répondent au baiser juste un instant. Un bref instant où l’extase ressuscite la carcasse, où l'émotion suffit à écarteler les cris qu'il contient. Il serait plus aisé de succomber aux sentiments que le rythme cardiaque dicte, plus facile de s’abandonner à cette étreinte, de se laisser consumer par les sensations qu’elle cause inéluctablement. Mais il n’a jamais été du genre à se satisfaire de la simplicité.

Son orgueil reprend le dessus autant que son bon sens. Il fauche ses propres pulsations en écartant brusquement son vis-à-vis, les doigts fichés dans ses épaules. Le regard hanté par le reproche, grignoté par le chagrin qu’elle y a implanté, il l'observe.« Mais tu me prends pour quel genre d’abruti au juste ? Tu te crois tout permis ? De quel droit tu oses me toucher ? T'es qui pour faire ça ? » Sa voix se brise. Ses paumes la relâchent. Il effectue plusieurs pas vers l’arrière, la dévisage sans masquer la peine qu’elle fait grandir juste en se tenant là, devant lui. Plus belle et cruelle que jamais. « Je dois bien avouer que tu ne manques pas d’inventivité. Une voix dans ta tête ? Bien entendu. Tu lui as donné un petit nom affectueux aussi ? Tu essaies peut-être de m’effrayer ? Tu as un vrai souci, Ellie. J’aurais dû m’en douter. Quelqu’un qui falsifie son diplôme, se fait passer pour ce qu’elle n’est pas… J’ai dû me laisser avoir par ton petit jeu de battement de cils de pauvre biche esseulée. » U n léger rire glacé s’extirpe de son larynx, contamine l’air. Tout ce froid  au-dedans qui ankylose constamment ses membres, se répand au dehors. La dureté alimente la joute, sculpte la douleur qu’elle a fait éclore, qu’elle entretient sans cesse. « Ta version va varier combien de fois encore sinon ? Que je sois un peu mis au courant de ce qui te motive à venir me pourrir l’existence ? Tu te sentais un peu seule ce soir ? T’avais besoin d’une petite distraction ? Quand je pense que je suis allé jusqu’à me sacrifier pour toi. En plus d’être ingrate, t’es égocentrique, complètement tarée et sadique ? Quel autre défaut m’as-tu caché pendant tout ce temps ? Comme ça a dû être pénible de tenir ce rôle en ma présence. De simuler toutes ces choses pour mon bon plaisir. » Une nonchalance feinte bien maladroitement. Pénible pour celui qui ne demande qu’à la glorifier à nouveau.

La rationalité le tient éloigné du pouls détraqué, aspirant à un autre baiser. Il se rapproche néanmoins, la domine de toute sa hauteur, pose sur elle, ses yeux asséchés par la rancœur, accusateurs. « Je ne comprends rien. Ce que tu es, ce que tu veux. Pourquoi tu l’as libérée, elle. Tu joues avec moi, tu te fous de moi ouvertement. Et je sais que ce n’est pas mon frère qui t’envoie. Alors quoi ? Qu’est-ce qui t’a motivée en premier lieu ? Ça n’a sans doute plus d’importance. Celle que j’ai autrefois sauvée a dû crever. Ou ne jamais exister. » Un tout autre désir émerge brutalement. L’attraper, la bousculer, lui faire du mal. Qu’elle en crève elle aussi de ce qu’elle a généré en lui. « Où commence le mensonge et où il s’arrête, Hope ? T’es même pas fichue de me le dire ? » Il serre les poings, refoule cette violence naturelle qu’il exècre. Cette énergie s’intensifie dans son total opposé, l’envie de l’attirer, de s’approprier ses lèvres, sa taille, son être. Un besoin viscéral, une carence inéluctable. Ces deux flux le fracassent, obligent sa respiration à s’appesantir. La tension noue chaque fibre de son organisme. Un geste, un mot. Il suffirait d’un seul déclencheur pour qu’il bascule à l’une de ces extrémités. Sans jamais savoir d’avance laquelle l’emporterait.

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I know I let you down, didn't I ? So many sleepless nights where you were waiting up on me. Well I'm just a slave unto the night. Now remember when I told you that's the last you'll see of me. Remember when I broke you down to tears. I know I took the path that you would never want for me. I gave you hell through all the years.
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Closer [PV Ellie]

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