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 Who taught you how to hate ? | (Rhys)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Mer 21 Déc - 21:43



❝ Tell me now, who taught you how to hate ?
Les avenirs perdent futur, et les présents jamais ne durent, les amours conjuguent au passé quiconque a cru qu'ils s'aimeraient. La nuit s'agite, on est pas quitte, l'horreur des injures je te jure, on aurait dû passer tout ça, recoudre un peu nos déchirures. Mais la mémoire n'est pas neuve, et ma violence n'est pas nouvelle, ces écorchures au fond de moi, au goût d'enterrement parfois.


Les noces funèbres de l'indécence asservie au gré des désirs, le dominant écrasant de sa force la victime de ses appétits lubriques. Au rythme du froissement des étoffes et des billets verts, la rétribution pour les instants d'ivresse entre les cuisses du mal, cette perdition dans les limbes de l'intimité prohibée du sexe fort. L'amour pour son épouse en façade quand il n’y a que l'appel de la beauté rude en unique délice. Bafouer la prohibition entre les bras du rien, le néant de cet être qu'il achète le temps d'une délicieuse illusion. Sa sueur contre la peau parsemée de pigments incendiaires, le tableau de maître du vice étendu devant ses yeux encore brûlants d'envie. L'indéniable attraction du maudit rouquin, la convoitise broyant le ventre même après avoir été honteusement assouvie. A travers le voile des volutes de fumée de sa cigarette, l'instant se dessine avec les salissures d'une beauté crade, les brisures de l'homme au milieu des draps défaits accrochées aux échos de son souffle. Il le veut encore, avec cette même ardeur folle, jumelle de celle l'ayant possédé à son entrée dans l'antre de la déchéance. Le charme indécent de cet être singulier l'écrase comme un vulgaire insecte et l'homme ne peut que s'y plier. Fiévreusement, les pupilles restent ancrées à l'étalage d'impudeur, la fumée s'échappant des lèvres sur lesquelles vient se glisser la trace d'un sourire concupiscent. Sa prostituée, brisée par les assauts de sa furie lascive, l’éclat affolant de sa victoire réconforte son orgueil, lui donne l’impression d’avoir, pendant de brefs instants, dominé le monde entier. L’insolent est son échappatoire, l’exutoire pervers contre la morosité de son existence.

« - Elle va encore se plaindre que je rentre tard. C‘est elle qui n’est jamais là, et c’est elle qui passe son temps à m’accabler de reproches. » Râle-t-il dans un soupir enfumé, tirant avec hargne sur sa cigarette à la seule évocation de l’épouse bafouée. Dans un vil réflexe ancré à sa chair, Regan tend l’oreille, avide d’entendre s’arracher de ces lippes avilissantes les brides d’informations qu’il guette à chaque rencontre. Petite main habile œuvrant pour les puissants, cette femme tant ignorée est la seule raison pour laquelle le résistant autorise le mufle à le toucher aussi souvent. Hormis les éternelles pleurnicheries, son client ne lui apportera rien de plus que du vent et de la frustration dans la poitrine. L’époux adultérin abandonne son appui pour revenir se tenir près du lit, surplombant la créature, l’écrasant de son regard insolent. Les doigts délaissent la cigarette entre les lippes, s’accrochent aux mèches en désordre pour contraindre le rouquin à se redresser. « - Tu as exactement… » Un regard nonchalant à la montre hors de prix, scintillant au poignet comme le gage d’une richesse promise à être dilapidée. « - Cinq minutes pour t’occuper de ça. Et n’imagine pas que je vais allonger ton salaire si tu traînes. » Il ronronne de plénitude, assouvissant son besoin de contrôle, le dépravé soumis à sa volonté ployant le genou devant lui, cueillant du bout des lèvres l’indécence crasseuse d’un nouveau caprice obscène.

Libéré de ses immondes fonctions, à la manière d’un objet trop usé que l’on abandonne, le débauché se perd dans sa demeure. Prisonnier de sa propre salissure, inapte à la faire totalement disparaître malgré tous ses efforts. Elle est ancrée à sa peau, comme visible aux yeux des autres elle le pousse à longer les murs dans l’espoir de passer inaperçu dès qu’il atteint les grilles du quartier résidentiel lui servant de refuge. Respirant pour de bon qu’une fois la porte fermée à double-tour, cachant le sale à l’intérieur. Le goût de l’ignoble sur sa langue, malgré ses tentatives pour faire disparaître l’infamie, la recracher quitte à s’en déchirer la trachée et voir se noyer des bouts de ces entrailles pourries sous les remous de l’eau. Figé dans le noir, ce refus de vivre sous les faisceaux de ces lumières artificielles lui brûlant les rétines, Regan se perd dans ses propres pensées. Terrassé par les méandres de sa conscience bafouée, la douleur dans la poitrine comme à chaque fois qu’il commet l’irréparable, le sentiment de salir l’autre morceau disparu de son âme. La mémoire de celle qui fut son tout, et qui reste le vide sous sa peau. Il vacille dans son tourment, les sillons de la peine creusant son visage fatigué, des myriades d’éclats fragiles se cristallisant sur les taches de rousseur. Rage au ventre, celle qui consume mais qui n’est jamais assouvie. Le dilemme de toute une vie, à jamais déchiré entre tous ces opposés gravitant dans sa carcasse. Il en soupire de détresse, traîne ses chaussettes dépareillées sur le parquet en fantôme dans sa propre chambre, le français s’immobilise derrière les hautes fenêtres. Scrute du bout des cils le vide au-dehors, la façade éteinte de la demeure face à la sienne. Jumelle dans sa souffrance, le deuil en peinture contre les murs. Depuis la mise à nue de sa traîtrise devant les yeux de la ville entière, Regan s’enlise dans sa couardise, évite autant qu’il le peut de se trouver au-dehors trop longtemps. L’angoisse sourde de faire face à celui dont il aura à son tour détruit la vie. Rongé par le venin de son abjecte victoire, fracassé par l’ignominie de ses actes, lui qui ne jurait que par la vengeance se retrouve terrassé par ses remords. Ce n’est pas ce qu’il espérait, certain qu’un imposant morceau de sa peine finirait par disparaître le jour où l’ennemi souffrirait à son tour. Persuadé que les fragments piétinés de sa vie commenceraient enfin à se recoller, qu’ils seraient quittes tous les deux. Sa propre bêtise l’agace, fait naître sur le fils de ses lèvres tirées l’ébauche d’un sourire noir alors qu’il s’éloigne des vitres pour venir s’allonger tel un poids mort sur le lit. Il inspire alors à s’en éclater les poumons et contemple le vide agaçant du plafond. En symphonie hurlante contre ses oreilles, le silence devient à son tour un ennemi, fige ses craintes et fait des ronflements de Flop la pire nuisance du monde. Roquet dont il jalouse la propension à s’endormir à n’importe quel endroit, dans n’importe quelle position.

Sur le champ de bataille de sa lutte contre le sommeil absent s’élève les notes d’une symphonie grinçante. Son nom, hurlé du dehors par une voix trop familière. Dans sa poitrine le cœur se serre, se vide de tout son sang, quand dans les veines il s’est figé. Regan ne bouge pas, s’enlise dans l’immobilisme comme si le geste parviendrait à faire taire les éclats de voix au-dehors. Appelé, insulté, les écorchures d’une haine déroutante contre les vitres semblent durer une éternité. L’incriminé ferme les paupières, se persuade qu’il se fatiguera si rien ne vient. Son silence pour son salut. Il y croit, quand la rue retrouve son calme nocturne, s’apaise presque devant la trêve qui perdure. Ce n’est pas le bruit des carreaux qui se brisent qui le fait sursauter mais le jappement strident de Flop. Vitre éclatée, une mare de verre étincelante sous les éclats de la lumière qu’il allume à la dérobée pour trouver le pauvre chien prostré dans un coin de la pièce voisine, tremblant de toutes ses pattes, des griffures écarlates sur le museau. « - Flop… Reste. » Soufflé pour réprimer l’avancée folle du roquet, c’est le maître qui joue prudemment des chaussettes au milieu des débris pour récupérer son animal choqué. Les blessures sont superficielles, mais la colère prend pourtant son essor dans sa poitrine alors qu’il resserre son emprise contre Flop, lui grattant l’oreille avant que l’animal ne joue des pattes contre son torse. Se tortiller pour mieux se libérer et détaler de ses petites pattes contre le parquet en aboyant à plein poumons. Premier messager annonciateur de l’arrivée du maître tant désiré, la lumière qui s’allume au rez-de-chaussée l’accompagne lorsqu’il ouvre rageusement la porte à la volée.

« - Putain mais t’es malade ! » Voix trébuchante sur les aspérités de sa rage, le français s’arrête aux limites du perron, apposant la hauteur des quelques marches en sécurité. « - Hurler comme un perdu ne te suffisait plus, il fallait que tu casses des vitres en plus ? Faire comme tout le monde et utiliser la sonnette, ça te dépasse ? » De l’acide sur la langue, le venin qui caresse et lacère en questions purement rhétoriques. « - Rentre chez toi Rhys. » Lâche-t-il dans un souffle étranglé, reculant d’un pas vers la sécurité de la porte. Il la cherche du bout des doigts tout en contemplant le triste tableau devant ses yeux. L’ivresse dans les pupilles limpides, cette lueur fourbe qu’il ne connait que trop bien pour en avoir fait sa plus belle alliée depuis des années.

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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Mar 27 Déc - 14:20

Les lèvres collées au goulot d’une bouteille pleine de pleurs salés, il erre dans sa propre maison comme un fantôme. Il trébuche, se cogne lamentablement aux meubles, se rattrape in extremis aux babioles qui les décorent. Il en renverse certaines, en piétine d’autres. C’est un champ de bataille qu’il retrouvera au petit matin, mais la nuit est encore trop jeune pour y songer. Le cylindre de feu lui brûle les doigts, tandis qu’il alterne outrageusement entre destruction du thorax et anéantissement du foie. Son ombre dégouline sur le plancher ciré, menace de venir l’embrasser chaque fois qu’il s’emmêle les pattes dans son propre désespoir. Il provoque son épouse défunte, saccage leur demeure emplie des artifices d’une vie faussement réussie. L’esprit embrumé par les volutes de l’alcool, il s’attend presque à la voir apparaitre sur le seuil de l’entrée. A croiser son regard sombre, noirci par le dégoût et le mépris à son paroxysme. Il se surprend à l’espérer. Il aimerait entendre sa voix stridente lui asséner des horreurs, lui décrire quelle loque il est. Quel exemple déplorable il incarne pour leur fille. Quel mari déplorable il est devenu. Sans elle, il n’a plus aucune limite. Plus aucune raison d’entretenir un semblant de décence pour éviter ses remarques acides. Il voudrait mourir encore sous ses mots, plutôt que de crever d’en être à jamais privé. Il reprendrait volontiers encore une tranche de leur malheur, pour ne pas s’étouffer avec le gâteau entier.

Le débauché sent son estomac se révulser, écœuré par le mélange corrosif d’arsenic et de chagrin. Il se tient le ventre, se retient de justesse d’en recracher tout le contenu sur le tapis pourpre de leur chambre. Les phalanges tremblantes se posent sur le rebord de la fenêtre, et c’est tout le corps qui frissonne violemment. Lourdes comme des enclumes, les paupières se referment un instant. Le temps de calmer les battements douloureux de son cœur en miettes. Elles se relèvent sur le calme assassin du dehors. Derrière la vitre, se dresse la façade imposante du voisin. Celle qui lui a si longtemps inspiré un profond malaise et une terrible culpabilité. Celle devant laquelle il s’est trainé comme un chien galeux pour implorer son pardon, après avoir commis l’irréparable. Il repense à leur dernière rencontre, et frémit de rage. Il aurait dû le laisser se faire massacrer par les raclures homophobes des environs. Il n’aurait pas dû bouger d’un cil. Encore moins accepter son invitation ensuite, et se perdre dans les affres de l’indécence le lendemain. Le mégot brûlant retrouve ses lèvres, comme pour venir calciner le souvenir lascif. Mais s’il l’avait laissé se faire battre à mort, il aurait renié tous ses principes. Il serait resté dans l’ignorance aussi. Regan n’aurait pas participé aux jeux macabres, et personne ne lui aurait révélé son crime. Dans un sursaut, la décision est prise. La lucidité absente et la mauvaise foi alarmante transforment le rouquin en la source de tous ses maux. Elles effacent ses remords, n’en laissent que des ruines fumantes. Il ne pense plus qu’à venger celles que le français a si sournoisement fait souffrir.

Le sol tangue, manque plus d’une fois de se dérober sous ses pas, mais il finit par atteindre l’endroit souhaité. La carcasse déconfite s’abreuve de la fausse quiétude des lieux, et il sent son monde se fendre un peu plus, tenter de l’aspirer dans la gueule béante des enfers. Il suffirait d’un rien pour y sombrer. Il pourrait incendier la résidence pendant le sommeil de ses occupants. Observer les flammes lécher les murs, réduire en fumée toute une vie. L’éclat fou dans ses rétines danse puis s’éteint presque aussitôt. Il n’est pas suffisamment ivre pour commettre une telle atrocité. Pas assez détaché pour le souhaiter. Mais il est en revanche trop furieux pour ne pas troubler son semblant de quiétude. Il a besoin de le confronter, de lui hurler les pires insanités, de le frapper peut être. Lui montrer le monstre qui se reflète dans ses prunelles translucides. « - Regan ! Sors de là petite fiotte ! » Qu’il hurle à gorge déployée en signe de bonsoir, avant de venir tambouriner contre la porte. Trop éméché pour appuyer sur la sonnette, pour se rappeler seulement qu’il y en a une. Le prénom du criminel est braillé encore et encore, jusqu’à se briser la voix. Il l’agrémente d’insanités, lui beugle toutes les injures qu’il connait et qui lui passent par la tête.

Mais rien ne bouge, rien ne remue. Même son insupportable roquet ne moufte pas, comme s’il avait compris qu’il était dans son intérêt et dans celui de son maître de faire le mort. Rapidement, le milicien décide donc de passer à la vitesse supérieure. Il ramasse des pierres sur la pelouse, les balance de toutes ses forces en visant les carreaux, pour tout juste atteindre les tuiles. Le Roméo débraillé continue de chanter sa sérénade dans le processus, en déclinant toutes les teintes de son langage ordurier. Des insultes communes aux plus vulgaires qui soient. La bouteille de whisky presque vide pèse lourd dans sa main et lui insuffle la plus stupide des idées. Sans réfléchir, sans hésiter, le militaire se recule. Il vise méthodiquement les vitres, mime le lancer à plusieurs reprises juste pour verrouiller sa cible avant de la lâcher avec une brutalité sans nom. En plein dans le mille, le verre explose, se fracasse joyeusement. Il exulte, crie avec plus d’ardeur encore lorsque le maudit cabot se réveille. Perce ses tympans de son jappement strident. La pauvre bête lui fait presque pitié, alors qu’il reprend difficilement sa respiration. Attentif aux pas empressés et aux lumières qui s’allument pour annoncer l’arrivée imminente.

Le panneau de bois s’ouvre avec fracas, lui souffle la colère du résistant. Il distingue une pointe d’affolement dans sa voix, s’en réjouit à travers la brume qui lui inonde la cervelle. Un ricanement mauvais accueille les questions rhétoriques, manque de le faire s’étrangler. Une quinte de toux lui cisaille la trachée, lui fait recracher ses poumons. « - Parce que tu m’aurais ouvert de toute façon ? Quand tu te terres comme un sale rat depuis des semaines par peur de me recroiser ? T’avais qu’à descendre tout de suite, j’aurais pas eu besoin de casser quoi que ce soit. » A part ta jolie gueule. Le ton est aussi acerbe que sirupeux, gronde d’une menace sourde. Il rompt la distance qui le sépare du perron, tape hargneusement sa paume contre la porte pour empêcher le roux de la refermer. Le pied se glisse à l’intérieur et sa main libre vient agripper le pull à écailles. « - Tu n’oserais pas me laisser dehors quand même ? Où est passé ton merveilleux sens de l’hospitalité de la dernière fois ? » Susurre t’il, son haleine chargée d’alcool caressant le visage griffé par les tâches vermeilles. Il inspecte son accoutrement, louche sur les couleurs affreusement mal assorties. Une lueur un brin perverse accrochée aux rétines d’acier. « - Magnifique gilet au fait, tu t'es faite belle pour moi ? » Se moque t’il avant de tirer le dépravé vers lui avec autorité. L’islandais dévale maladroitement les marches avec le réceptacle de son courroux. Manque de chuter et de l’entrainer dans sa dégringolade comme une vulgaire marionnette. Son poing s’écrase en plein dans sa figure lorsqu’il tente naturellement de se dégager. Il le maintient sauvagement contre l’herbe mal coupée et réitère l’attaque. « - Je rentre oui, mais tu vas venir avec moi. Que t'y mettes de la bonne volonté ou pas. Admirer l’œuvre dont tu dois être si fier. Ya tellement longtemps que tu n’as pas revu Allie, tu lui manques tu sais. » Les intonations fébriles oscillent sur les nuances subtiles de l’affliction et de la haine, éventrent son terrible secret. Elles promettent milles sévices à celui qu’il juge responsable de l’état injuste de son enfant. De la mort abominable de sa femme. Malheureux et ébréché, il perd les pédales, part totalement en vrille sans savoir comment s’arrêter.

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Just a young gun with a quick fuse. I was uptight, wanna let loose, I was dreaming of bigger things and wanna leave my own life behind. Not a yes sir, not a follower. Fit the box, fit the mold, Have a seat in the foyer, take a number. I was lightning before the thunder.
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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Mer 4 Jan - 21:21


Il n’y a que le souffle d’une colère brûlante qui lui ouvre les bras, accueille son arrivée comme le ferait un vieil ami perdu de vue depuis bien trop longtemps. Les frissons déments de son erreur roulant contre sa peau, en rappel de la bêtise qu’il vient de commettre. Rester mort et attendre que l’orage ordurier ne s’apaise. Prendre le risque de voir un des voisins s’interposer pour ramener le perdu dans les limbes de sa maison fantôme. Qu’il salisse son nom à outrance si cela peut apaiser le monstre hurlant sous sa peau, le français aurait dû laisser faire. S’enliser dans sa petite mort, les échos d’un sommeil comateux contre les paupières et ne se souvenir de rien au réveil. Oublier, ranger dans un coin de son esprit fracassé les déboires de la nuit tout juste tombée. Et continuer à vivre à la manière d’une ombre, errer entre les demeures le plus discrètement possible, se faire honteusement oublier jusqu’à ce que la tempête s’apaise. Espérer au mieux que l’islandais finira par noyer le souvenir des images aperçues sur l’écran de sa télévision sous un flot d’alcool. Ils partagent le venin de la traîtrise, l’un comme l’autre coupable des pires atrocités. Jugés à la hâte pour n’être que condamnés, la sentence qui tombe contre son carreau et qui explose dans sa poitrine. Il sait que son châtiment se tient sur sa pelouse, vacillant sur des jambes soudain trop hautes ou trop fragiles pour le supporter. Dérobée impossible à exécuter une fois les premières salves de paroles amères jetées à ses pieds. Regan reste de marbre, ne fait qu’esquisser un sourire factice, aussi mort que le cœur dans sa poitrine. Peur au ventre écrasant les viscères abîmés de tout son poids, contraignant la créature à faire bonne figure en s’enveloppant dans un drapé de flegme affolant face à la menace évidente distillée dans les mots de son voisin. « - Dans ton état, pardonne-moi d’avoir hésité avant de t’ouvrir la porte. » Lâche-t-il calmement lorsque ses phalanges effleurent les contours de la porte, s’accrochent à la poignée avec tendresse. Le repli enfermé sous la pulpe de ses doigts.

La distance se réduit en un murmure, offre au résistant le temps nécessaire pour se glisser à l’intérieur. Honteusement embrigadé dans sa lâcheté, nullement en état de supporter sa condamnation, Regan s’enlise dans ses erreurs. Le corps sursaute face au heurt de la paume contre la porte, s’arrache de son immobilise sous la volonté d’un autre et s’accroche à l’enveloppe, les doigts qui s’enroulent contre le bras de l’ennemi quand la prise se fait gênante. Il se crispe dans une inspiration, retient son souffle face aux effluves nauséeux caressant sa peau. De l’écœurement dans la poitrine, il a de nouveau la nausée au bord des lèvres. De la honte sur la langue en s’imaginant à la place de l’islandais, le rouquin alors contraint de contempler le vice qui le dévore depuis la mort de son épouse sur le visage d’un autre. Ces ravages qui rongent et détruisent les restants de raison en même temps que le corps tout entier. Se tuer à petit feu, assassiner les organes un à un jusqu’à ce que l’ensemble abandonne la lutte dans un soupir frêle. « - Il ne fonctionne que les soirs de pleine lune et pour les personnes sobres. Ni l’une ni l’autre de ces conditions ne sont réunies pour que je te laisse entrer. » La proximité se fait dérangeante, aussi amère que les mots ravivant le souvenir de leur dernière rencontre. Offrant aux reins les réminiscences de l’étrange tourment venu les caresser, le contact des lèvres à présent recouvertes d’arsenic contre les siennes. Le français s’étrangle un instant, ses poumons perdant le fil de leur fonction, son souffle qui se suspend dans sa trachée. « - Tes moqueries sont déjà bien ridicules quand tu es sobre, alors quand tu es ivre… Tu frôles l’excellence. » Ironie bafouée par les éclats étranges d’une honte déplacée. L’emploi du féminin brisant l’homme, rappelant au morcelé ce qu’il est réellement et ce que l’autre sait à présent. L’irritation s’accroche aux pupilles, creusent des sillons contre ses traits. Piteusement, Regan se voit contraint de se plier à la volonté du milicien, l’ivresse dans la démarche se répercutant contre sa propre carcasse. La porte se refermant dans un claquement comme pour lui indiquer qu’il n’est plus question de retour en arrière.

« - Lâche-moi. » Raclement haineux de gorge, l’exaspération qui se lâche sur la pelouse et crève dans la douleur qui lui explose à la figure. Le résistant vacille à son tour jusqu’à tomber à genoux sur son propre gazon, son cerveau s’évaporant dans la moiteur comateuse distillée par le coup reçu. Un rire s’étrangle dans sa gorge, la nervosité à fleur de peau agissant comme un carburant dans les veines du fou. Le spectacle qu’ils renvoient doit être d’un ridicule. Le bourreau frappant sa cible sur le tapis d’une pelouse déjà recouverte d’humidité. Le goût du sang sur la langue au gré des coups pleuvant sur sa pauvre figure, c’est toute son abjecte existence que le milicien est en train de détruire. Crachats sanglants sur l’herbe alors qu’il tente de reprendre son souffle et ses esprits. « - Lui manquer ? Tu n’es pas sérieux ? Elle ne ressent plus rien. » L’écho d’un rire amer fait vibrer ses cordes vocales alors qu’il repose sa tête douloureuse sur le tapis vert tout en fermant les paupières. Sa fierté n’est qu’un infime grelottement sous la couche d’opprobre recouvrant sa chair. Le veuf ne peut que savourer la chute de celui qui lui a tout volé. L’ancien ami, celui qui ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour cet autre qu’il a aimé plus qu’il n’aurait certainement dû le faire, ne ressent que de la honte face à son geste. « - Ce n’était pas ce qui aurait dû se passer, elle ne devait pas se… Je ne voulais pas qu’il lui arrive malheur. » Il avoue dans un souffle une partie de ce qui lui écrase le cœur. Allie n’aurait jamais dû se trouver là. Mais sauver la fille revenait à sauver la mère, et le résistant ne pouvait décemment pas se résoudre à laisser passer sa chance de destruction. La haine au ventre il a assisté au massacre de deux vies, le sel des larmes accrochées à ses cils lui brûlant les rétines. Il l’aimait, cette gamine. Comme sa propre fille, celle qui n’a pas vécu, qu’il n’a jamais connu. Ce trou béant dans leur existence, le manque dans la poitrine de Rose et cette peine silencieuse qu’il pouvait apercevoir parfois dans le noir de ses yeux malgré ses sourires radieux. Sa malédiction venue des méandres de ses entrailles fractionnées. En voulant l’aimer, il lui a offert une vie de misère. L’étau du chagrin se resserre autour de la gorge du français, au même titre que la poigne du soldat qui le force à se relever sans la moindre douceur. Les chaussettes sur la chaussée, il traverse la route à la suite du milicien. L’intrus que l’on invite contre son gré, dans une demeure où il n’a rien à y faire.

Du bout des cils, le français parcourt le décor qui s’offre à lui. Désordre chaotique régnant dans la pièce, réchauffée par les éclats corrosifs de la lumière qui s’allume pour saluer sa venue. Il a le malaise en écharpe autour du cou, resserrée à l’excès. L’envie irritante de tourner le dos au propriétaire des lieux en espérant qu’il finira par oublier sa seule présence. « - Et ensuite ? Tu vas me jeter dans ton garage, en pâture à ta progéniture ? Pour les venger toutes les deux ? Je ne suis fier de rien, encore moins d’avoir eu à regarder une petite fille souffrir par la faute de son géniteur. Tu as eu ce que tu méritais Rhys, nous sommes quittes à présent. » Soupir fragile mourant devant lui. Dans un frôlement, le français fait doucement volte-face, les pupilles agressées prenant alors le risque de venir se poser contre celles affreusement fascinantes de l’islandais.

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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Sam 28 Jan - 18:29

Familière, la rage ronronne dans son ventre. Fourmille et se love dans ses tripes confortablement. Elle prend toute la place, dicte le moindre de ses mouvements. Sous son joug, il pourrait tuer le résistant. Continuer de le frapper, réduire les tâches de rousseur en bouillie. Ses phalanges tremblent, se languissent de retourner fracasser le cartilage. Éclater les chairs, exploser les os. Toujours plus fort. S’acharner sans retenue, jusqu’à ce que l’écarlate envahisse tout. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus de la figure de l’ancien allié qu'un magma méconnaissable. Admirer les émeraudes flamboyants se gonfler de terreur avant de se vider dans les ultimes soubresauts. Il pourrait éteindre à jamais son rire grinçant, celui qui lui perce les tempes avec une facilité déroutante. Mais il manque de force, de volonté, ou de courage. Peut être un peu des trois. Ses gestes demeurent fébriles, maladroits. L’alcool alourdit ses membres, comme englués dans de la vase. Le militaire perd en précision et en rigueur. Moins redoutable qu’en temps normal. Les volutes capiteuses embrument son esprit ravagé, lui donnent la nausée.

Mais si les pulsions de meurtre incendient sa carcasse, elles sont insignifiantes en comparaison de la peine qu’il ressent. Quel genre de père jette sa fille en pâture aux rebelles qu’il doit trahir ? Il aurait dû refuser la mission, ne pas exposer son enfant à d’inévitables représailles. Le risque d’être découvert était conséquent à l’époque. Mais celui qu’il avait pris en laissant l’un des deux époux en vie l’était bien plus encore. Elle ne ressent plus rien. Horriblement cynique et terre-à-terre, la raillerie le torpille de l’intérieur. Il l’espère, refuse d’admettre qu’il la fait souffrir en la gardant ainsi dans cet état plus proche de la mort que la vie. Le père le redoute pourtant tout autant. Il veut croire qu’il reste une étincelle d’humanité derrière les rétines affamées. Tout se mélange dans sa tête, les remords tombent sur ses épaules comme une chape de plomb. « - Te fous pas de ma gueule, c’est exactement ce que tu voulais. » Siffle le milicien, tout en agrippant le beau rouquin par la nuque. Il le relève de force, le tire par la peau du cou sans une once de délicatesse. Le reste du trajet s’effectue les dents serrées, a le mérite de le faire partiellement décuver. Il n’est toutefois plus temps de reculer, de le laisser s’échapper pour retrouver la froideur de son lit vide. Il veut lui montrer ce qu’il a fait d’Allie, ce qu’il a précipité avec ses représailles puériles et sournoises.

La fraicheur des lieux l’agresse dès qu’ils entrent dans son salon. Le parfum lugubre de la mort qui l’enveloppe depuis que sa femme a été tuée. Il cohabite avec son fantôme, l’ombre néfaste qu’elle laisse dans son sillage. Elle lui rappelle sans cesse ses vices, ses erreurs, ses défaillances. Son souffle polaire ne le quitte pas, l’embaume d’une culpabilité mortifère. A présent que Louiza n’est plus là, il n’a plus personne d’autre que lui-même à blâmer. Il ne peut plus lui reprocher d’avoir manqué de prudence, condamné leur fille. Elle n’est plus là pour recevoir ses sermons, pour les lui renvoyer comme un boomerang. L’islandais se retrouve seul avec sa conscience, forcé de composer avec une existence qui ne lui a jamais semblé si inutile. Si vaine. Les rétines tourmentées se fondent dans la glace des siennes, se heurtent aux récifs acérés de sa rancœur. La haine se plante dans sa colonne vertébrale, incendie ses reins. Elle inonde ses veines, sature son cerveau. Il se concentre pour ne faire qu’un avec elle, pour renier les sentiments contradictoires qui le lacèrent. Il refuse de la laisser se diluer dans l’attachement puissant qu’il continue de lui vouer, d’entacher sa pureté. Il la laisse contracter ses muscles, supprimer toute forme d’hésitation. Il se doit d’être impitoyable, de ne pas flancher. De renier cette faiblesse qui le tuerait plus facilement encore que tout le reste. « - C’est précisément ce que je compte faire. C’est maintenant que tu considère qu’on est quittes ? C’est trop facile de le prétendre au pied du mur. Tu crois vraiment que tu peux t’en sortir comme ça ? Tu m’as pourri la vie bien après sa transformation, ça te gênait pas de me faire passer pour le seul salaud de l’histoire. » Le ton se veut inflexible mais son pauvre corps est secoué de tremblements intempestifs. Tyrannisé par la tristesse et la fatigue. Au fond de lui, le soldat sait déjà qu’il autorisera le dépravé à s’enfuir. Qu’il ne l’abandonnera pas aux crocs de la gamine. Le tout est seulement que Regan n’en soit pas certain. Sans ajouter un mot de plus, il attrape son arme de service sur le comptoir, l’appuie contre le ventre malingre en retirant le cran de sécurité. Le son métallique écorche les oreilles, distille sa menace. Il lui intime d’avancer d’un mouvement de tête, lui désigne l’escalier menant au garage.

La descente se fait dans un silence accablant. Les grognements de la furie pour seul bruit de fond, couplés à celui métallique de la lourde chaine de métal accrochée à sa cheville. Il a honte d’en être réduit à ça. A sangler sa propre enfant de la sorte, à la dissimuler dans la pénombre. Le visage déformé par le démon qui a pris possession d’elle, elle tire de toutes ses forces, tend ses petits bras vers son géniteur et sa victime. Dans l’espoir insensé de les attraper, de les griffer jusqu’à ce que leur épiderme s’arrache. De se repaitre des lambeaux mutilés. La déglutition est presque impossible, elle lui érafle sauvagement la gorge. « - Ne sois pas impoli, va la saluer. » Susurre-t-il cruellement, la voix craquelée, en agitant dangereusement son flingue dans son dos. Les traits fermés, il se tient éloigné, l’échine appuyée contre le mur sale. « - Qui de nous trois est le plus monstrueux ici hein ? Tu crois que c’est ce que ta Rose aurait voulu ? Que tu te venge sur une gosse qu’elle aimait surement comme sa propre fille ? T’as sali sa mémoire, tout ce à quoi elle tenait juste pour assouvir ta soif de sang. T’es pitoyable. » Au moins autant que moi. Cracher son venin ne le soulage même pas. Il n’en pense pas la moitié. Mais il a besoin de vomir sa bile, de lui faire partager la douleur qui étreint ses côtes. D’une présence, de quelqu’un qui le comprend. « - La vérité, c’est que t’as qu’un petit pois dans la cervelle. T’es rien de plus qu’une misérable vermine Faulkner. Un déchet et un parasite. T’as bien choisi ta reconversion, t’es à ta place que dans les bas-fonds. A ouvrir tes cuisses à l’ennemi en déguisant ta luxure crade en amour de la patrie. » Le veuf veut qu’il se sente aussi mal que lui, qu’il rentre avec le même désir impérieux de crever. Il veut qu’il reste encore un peu, qu’il remplace le rôle affreux de son épouse. Qu’il lui assène des insanités effroyables en retour, juste pour lui faire ressentir autre chose qu’un vide effrayant. Qu’il vole son arme et l’achève peut être, puisqu’il n’a pas été foutu de réussir son suicide quelques jours auparavant. Les désirs malsains empiètent sur son simulacre de raison, meurtrissent l’épave qu’il incarne.  

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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Mer 15 Fév - 20:00


La crainte s’invite sur le trajet. En spectatrice déloyale de ce qui est en train de se jouer, elle se peint sur le visage fermé du français. Hermétique dans sa folie, l’esquisse morte d’un sourire hypocrite sur les lèvres. Il se moque, joue d’ironie face aux paroles de son opposé. Ivresse souveraine dans les veines en guise de combustible, la peine qui pousse à l’absurde. Regan n’a fait que répliquer, promptement, tout en s’enlisant dans le futile. Moqueries gratuites visant à blesser quand il est persuadé que la petite n’est plus de ce monde depuis longtemps. Sous n’importe quelle forme. Il n’imagine pas un seul instant que le couple a pu seulement s’échiner à maintenir en vie ce qui n’est plus. Alors sagement, il se laisse guider dans l’antre du rien. Ce vide sidéral qui lui ouvre les bras une fois la porte franchie, la chimère d’un état sombre qu’il a connu. Qu’il connait encore. Cette odeur fantomatique qui règne dans la demeure après le deuil, et qui s’y accroche malgré tous les efforts pour la chasser. Il a de la peine au ventre, accrochée quelque part dans le vert aveugle de ses pupilles. Elles qui se coulent sur le décor, s’accrochent alors à celles de son hôte. Il se moque mais l’amusement devient façade à l’entente des paroles. L’inflexible dans la voix fait courir des frissons le long de l’épiderme laiteux, le doute au ventre et le simulacre d’une angoisse naissante dans la poitrine. La réplique s’amorce dans son esprit, sur le modèle des précédentes, prête à cracher des morceaux de venin cyniques. Elle meurt sur sa langue, piteusement, lorsque l’arme tant abhorrée se coule contre la chaleur de son ventre. Le jeu s’efface sur son visage, des éclats de frayeur purs fracassant ses rétines, Regan se fait docile. Elève les mains doucement et écrase son regard sur le sol tout en faisant volte-face. Il se plie au caprice qui le déroute, la carcasse tremblante, dévorée par cette peur affolante qui le consume tout entier. Viscérale, la phobie du crachat des balles, morsure de plomb ancrée dans les méandres de son esprit et dans sa chair.

L’appréhension se fait plus virulente à mesure que le bruit s’élève au milieu du silence. Fébrile dans l’ouverture de la porte le séparant du pire, le français se fige une fois à l’intérieur du sanctuaire. La pâleur s’invite en renfort sur son visage, fait exploser les taches de rousseur en un feu d’artifice absurde. L’horreur dans les pupilles et sur les traits qui se défont de leur masque de glace, Regan contemple avec effroi ce qui se dresse devant ses yeux. « - Monstrueux… Comment avez-vous pu… » Le murmure s’arrache dans son français natal, sa langue d’emprunt honteusement oubliée sous le joug de sa stupeur. Son sang s’est figé dans ses veines, le cœur étroitement serré dans sa poitrine. Comprimé entre les doigts de l’effroi et d’une peine qui lui serre la gorge. Sous l’impulsion du père désespéré, le rouquin avance maladroitement vers la chose qui s’empresse de tendre les bras dans sa direction. Les ongles déchiquetés grattant l’air à quelques infimes centimètres de là où il se tient. Inconsciemment, il contourne la créature, s’enlise dans un examen douloureusement insupportable. Partagé entre répulsion et une étrange fascination. L’art de la nécromancie était le domaine de son cadet, quand lui s’est toujours tenu éloigné des morts. Allie est une énigme pour lui, dans sa forme la plus brute. Elle s’échine, râle et joue de sa chaîne sur le sol, tire avec hargne dans l’espoir d’atteindre le rouquin. Si proche et pourtant si loin. Dans le silence de l’instant, il en avait oublié la présence de l’islandais. « - Tu n’as aucun droit de l’invoquer pour justifier ce qui s’est passé. Et encore moins de m’accuser de l’avoir souillée pour tenter de venger sa mort odieuse. » La réplique s’amorce dans un sifflement, glisse entre les dents serrées du français. Mâchoire crispée et regard rivé sur de l’ailleurs, la rage au ventre face à l’injure. « - Nous l’aimions comme notre propre fille. » Arrachée d’une trachée abîmée, la confession se fait murmure. Brise les remparts de sa haine pour parer son timbre d’une douleur sincère. Il l’a aimé cette petite, plus qu’il ne le pensait. Ce mirage de cette autre qui n’a pas vécu et dont la chimère d’existence reste figée dans un autre temps.

« - J’ai vu Rose souffrir un peu plus chaque jour, tiraillée entre son bonheur et la peine qui la consumait quand vous veniez chercher Allie. Et égoïstement pour ne pas la voir supporter une nouvelle fois la perte d’un enfant, même sans être le sien, j’ai refusé de la croire quand elle m’a mise en garde contre ta versatilité. Mon petit pois dans la cervelle voulait croire que tu étais sincère, à tous points de vue. » L’aveu brise et comprime les méandres de sa poitrine vide. L’inflexible des graves reste impérieux mais quelque chose vibre sur sa langue. Fait tressaillir sa voix qui trébuche sur les accents d’une peine qui le frappe en plein cœur. Du regret plein le crâne, de la honte accrochée au morceau de chaire pendu entre ses côtes comme une épine qui s’y loge sans répit pour mieux détruire l’ensemble. L’art du paraître reste digne sur le visage du français, ce détachement affolant qui le rend aussi vide que les pupilles délavées de la petite morte. Trahis par les accros dans sa voix, le sel qui brûle les paupières et l’éclat brut d’un chagrin à fleur de peau. « - On est bien plus semblable que ce que tu veux bien croire. Tous les deux des déchets et des parasites. » Ebauche d’un sourire vide collé aux lippes, il hausse doucement une épaule pour accompagner les mots. Tendant le bras en direction de la créature qui s’agite de plus belle, excitée par l’odeur du sang sur les doigts et sur la peau pâle. Egarement  latent, le souffle se suspend dans la poitrine et le temps d’une pensée, Regan imagine la laisser le toucher. Sentir les petites dents pourries dans sa chair, la déchiqueter. Dévoré par une enfant qu’il a aimé et qu’il a sacrifié, une mort certainement aussi laborieuse que la première. Dans une inspiration, le bras se repli et revient se poser contre les flancs du dépravé, l’offre dépassée et le refus de l’accepter encore présent dans les méandres de son cerveau fracassé.

« - Je suis une vermine d’un autre temps et d’un autre pays, cette patrie n’est pas la mienne. Ce n’est pas elle que je défends, mais la liberté que tes supérieurs s’approprient sans pudeur. » Timbre détaché et doucereux ignorant le cynisme. Il se contente d’appuyer sur un morceau de la réplique du milicien d’un simple regard alors qu’il vient s’adosser contre le mur. La pupille brûlante d’un sous-entendu salace difficile à ignorer, du reproche dans le haussement léger de son sourcil. Contact incendiaire s’éternisant le temps de quelques pulsations cardiaques erratiques avant de se rompre dans un lent  battement de paupières, l’émeraude à nouveau dépourvu de sa chaleur. De la tristesse dans les éclats singuliers revenus se poser sur la petite silhouette continuant de tirer sur ses entraves pour l’atteindre. « - Tu me vois comme le monstre qui t’a volé ta femme et ton enfant. Je l’admets. Mais tu trouves ça plus humain ? De faire durer son calvaire aussi longtemps ? Regarde-la enfin, Allison n’existe plus. Il est impossible de défaire ce que la mort a touché. » Un pas en avant et la main qui s’agite en direction de la gamine. De la colère qui s’invite dans son timbre cette fois. L’indignation face au sort de la pauvre créature. « - Tu tiens à la garder en vie pour qu’elle finisse par te bouffer quand tu ne supporteras plus ta solitude ? Et finir comme Louiza, pour le romantisme de la chose ? C’est ton ticket pour un éventuel suicide ? » L’inconscient qui creuse certainement sa tombe mais les mots dépassent sa raison. S’extirpent de ses lippes avec hargne, dissimule l’inquiétude derrière l’amer d’une moquerie morbide. « - Ce supplice, vous vous l’êtes infligé seuls Rhys. » Souffle-t-il finalement, s’immobilisant à quelques pas du soldat. Entre le père et ce qu’il peut rester de sa fille.


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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Jeu 23 Fév - 21:52

L’enfant démoniaque se débat comme une furie, racle le sol de ses talons, tend ses bras vers son potentiel repas. Il y a longtemps qu’elle ne réclame plus de câlins, uniquement de la chair fraiche. Le père nourrit sa progéniture quotidiennement pour la tenir en forme, et éviter à tout prix qu’elle n’entre dans un état de décomposition avancée. Le milicien a déjà croisé certaines de ces créatures mortifères sur le terrain, il sait que leur corps se dégrade en l’absence d’entretien. Il n’esquisse pas un seul pas vers le français. Il laisse la fillette affamée balayer l’air de ses ongles acérés, manquer à plusieurs reprises de s’accrocher à sa proie. Son comportement effroyable lui donne la nausée. Il ne la reconnait pas. C’est sans doute la raison pour laquelle il a toujours passé bien moins de temps avec elle que son épouse. Il ne parvient pas aussi bien que la cardiologue à faire abstraction de son état chaotique. Il discerne davantage le monstre que la gamine. « - Je m’en branle d’avoir le droit ou pas. Je prends le gauche s’il le faut. Tu sais que j’ai raison de toute façon, qu’elle incarnait tout ce que tu n’étais pas. » Crache t’il, le palais rempli de bile. Décidé à rabaisser son ancien allié jusqu’au point de non-retour. A dire des choses impardonnables. Qui ne s’oublient pas et qu’on ne reprend pas.

Un ricanement mauvais s’échappe brièvement de ses lèvres, le secoue de la tête aux pieds. « - Parce que c’est ça l’amour paternel pour toi ? Regarder une petite fille se faire déchiqueter sans rien faire ? Je me serais jeté sous un train pour elle. J’aurais fait n’importe quoi pour la protéger. Je le ferais encore aujourd’hui. » C’est sans doute ce qu’il y a de plus terrible à accepter. Ne pas avoir été là. Ne rien avoir pu faire pour empêcher le carnage. Il ne s’est retrouvé à son chevet que lorsqu’il était trop tard, qu’elle était ravagée par la fièvre et grelottait de douleur. Il est incapable d’oublier la terreur pure qui incendiait ses prunelles si semblables à celles de sa mère, sa volonté que le supplice s’arrête. Innocence contre innocence. Le rebelle lui a arraché ce qu’il y avait de plus pur dans son existence pour venger la malheureuse fusillée. Le soldat abhorre la loi du Talion, la plus barbare qui existe. « - Tu ne l’aimais pas Regan, pas vraiment. Tu ne sais pas ce que c’est. Ne viens pas te comparer à moi. Si tu avais vraiment tenu à elle, tu n’aurais pas hésité à courir à l’extérieur pour la sauver. Tu te serais fait dévorer à sa place au lieu de rester dans le rôle du témoin pervers juché à sa fenêtre. » La voix rauque trébuche, ébréchée par le chagrin qui lui broie les tripes. Les phalanges tremblent contre son pistolet, doivent se retenir de viser son voisin et d’appuyer sur la détente. Est-ce que ce n’est pas la seule manière d’en finir avec leur haine ? Dans un bain de sang. Que l’un crève pour que l’autre n’ait plus sur la conscience de laisser vivre l’ennemi. A choisir, même après l’ignoble révélation, Rhys préfèrerait néanmoins que ce soit lui. Se trouer lui-même la tempe, et accéder à un semblant de paix.

« - Tu sais ce qu’elle était pour vous ? Une vulgaire poupée pour jouer au papa et à la maman. Un simple substitut. Elle a trompé votre douleur mutuelle et vous a fait entrevoir ce que ça pourrait être, d’être parents. Mais crois-moi, c’est tout ce que c’était. Un aperçu. » Persifle t’il, peu disposé à endosser cette fois tous les torts. A reconnaitre sa part de responsabilité. S’y être attelé les fois précédentes ne lui avait permis de récolter que des crachats à la figure. L’islandais se refuse à incarner le paillasson sur lequel on essuie allègrement ses chaussures, et qu’on blâme pour sa chute. « - Ne viens pas m’accuser du malheur de ta femme, c’est toi qui rechignait à coucher avec elle, tout ça pour te vautrer dans la luxure après son décès. Me fais pas croire que tu as refusé de la croire pour son bien. T’as jamais fait que ce que tu voulais. » Fourbe, il utilise les confidences les plus intimes de son ancien ami pour les retourner contre lui. Il les utilise sans scrupules pour le blesser. Change les marques de confiance en armes. Son attitude moralisatrice ne lui ressemble pourtant pas. Sa souffrance le rend plus fourbe et méprisant qu’il ne l’est réellement. Le fait tomber affreusement bas pour obtenir satisfaction. Il redessine les contours d’une plaie qu’il sait ouverte pour mieux y plonger une lame. Les épaules se haussent avec une fausse nonchalance lorsque le rouquin déclare qu’ils ne sont pas si différents. Il ne s’enlise pas dans le déni au point de le nier. « - Est-ce que j’ai déjà prétendu le contraire ? » Ils n’ont pas de quoi s’en vanter néanmoins. « - Mes supérieurs ? Parce que tu me dissocies d’eux à présent ? Tu prends leur argent sans te faire prier en tout cas, même si tu t’échine à mordre la main qui te nourrit. » Il n’arrive pas à déchiffrer son choix de métier. Comment il peut haïr si farouchement les puissants aux pouvoirs, tout en se ruant entre leurs cuisses en échange de poignées de billets verts. Comment il peut se laisser humilier de la sorte, accéder au moindre de leurs désirs scabreux sans sourciller. Le paradoxe malsain le dépasse.

La leçon de morale à propos d’Allie lui brise les tympans, le confronte à une vérité qui le détruit et le fait violemment décuver. Les guiboles chancelantes, il se décolle du mur pour s’asseoir sur une des marches. Le dos tourné au roux, il triture nerveusement ses paumes, se concentre sur les lignes pour ne pas flancher. Il reste muet un long moment avant de se décider à briser le silence pesant, seulement ponctué des grognements de son enfant. « - Si elle n’est plus humaine, elle ne souffre plus. Si elle l’est encore, alors je ne peux pas la tuer. C’est au dessus de mes forces. La mort t’a touché, et pourtant tu es encore là. Alors comment peux-tu dire des aberrations pareilles en connaissant le monde fou dans lequel on vit ? » Les créatures surnaturelles ont défié toutes les règles de la science, de la mort et de la logique. Pourquoi se montrer rationnel pour les zombies en faisant abstraction de tous les autres désordres de la nature ? « - Louiza n’aurait pas voulu que j’abandonne. Peu m’importe de finir comme elle, t’as pas encore saisi ça ? Je ne supporte déjà plus ma solitude. » Murmure t’il, probablement davantage pour lui-même. « - Je ne me le pardonnerais jamais si un… remède était trouvé et qu’elle n’était plus là pour en bénéficier. » C’est un espoir fou et impossible, mais il ne peut que s’y raccrocher. Y renoncer serait un sacrifice trop important, anéantirait la dernière parcelle d’humanité qui demeure en lui.

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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Jeu 2 Mar - 20:44


Tombe à ses pieds comme une pluie d’acide, les mots se déversent et atteignent directement le cœur. Il en a le souffle qui se brise dans sa poitrine, les échos de sa douleur grattent le visage impassible. Le français reste droit, accuse les coups sans broncher quand sous la peau tout est en train de se détériorer. Les odieuses vérités que l’islandais lui crachent à la figure et qui démantèle sa raison plus qu’il ne pourrait seulement l’imaginer. La petite morte qui s’échine à vouloir l’atteindre n’existe plus, les bruits qu’elle peut émettre remplacés par le murmure affolant du sang battant contre les tempes. L’armure a été forgée, mais le cœur y est resté emprisonné. Quelque part sous un amas de rien, du vide et de la glace sur la chair, il survit. Perdure et s’accroche à ses battements pour mieux trébucher quand la douleur revient s’inviter dans la mécanique pourtant si bien rodée. L’insensible pris à son propre piège, le retour de force qui lui coupe le souffle et fait naître la nausée sur la langue. Chanceler les guiboles et trembler les phalanges qui se referment brusquement sur elles-mêmes pour ne pas se détacher de ses paumes. Le pied recule délicatement sur le sol, empreint de ce féminin qui en cet instant le révulse, sous la menace de l’arme qui vacille. Un coup serait si vite parti, une balle perdue qui mettrait un terme au supplice. Le sien, celui de Rhys ou encore Allie. Souffrant tous les trois, chacun à leur manière d’un mal incurable. « - Tu as obéis aux ordres cette nuit-là, j’ai obéis aux miens lorsqu’elles se sont faites attaquer. Rendu aveugle par le besoin de la venger et ma douleur. Je n’invoque pas ces raisons pour excuser mon geste, il est impardonnable. Mais tu m’as poussé à le faire, en m’enlevant l’humanité qu’elle m’offrait. » Souffle-t-il, la voix brisée par la tension qui sévit dans sa trachée. Les lèvres s’ouvrent une nouvelle fois prêtes à répliquer mais les mots se suicident sur la langue. L’attaque est basse, odieuse. Fait saigner la plaie tatouée à même la chair, dans le cœur, elle fait gémir les anomalies qu’il abrite dans son ventre. Le masque tombe, se morcèle d’un seul coup. Sous les yeux du père éploré, Regan se brise. Perd une nouvelle fois de ses couleurs et recule d’un nouveau pas, affreusement fébrile. Pris de court par une attaque à laquelle il ne s’attendait pas, le résistant en perd sa répartie. Souffle de panique et d’une haine folle dans l’âme, l’envie de cogner accrochée aux doigts tremblants.

Goût amer du sang sur la langue, faisant aux échos aux stigmates qui doivent marquer sa peau éventrée par les poings du milicien. Ses envies de le briser sont bien dérisoires en comparaison de la souffrance qui est en train de le prendre au corps. C’est toute la honte pitoyable de sa vie qui vient de lui être si violemment restituée. Les violences qu’elle a engendrées, le dégoût et les moqueries provoqués, tout un assemblage avec lequel il a appris à vivre, forçant Rose à en faire de même. Les pupilles se font vacillantes, dérivent loin de celles de l’islandais qui dans un dernier sursaut de bonté, finit par lui tourner le dos. Il en crache un soupir de soulagement, étouffe le venin de sa haine et le sanglot de sa peine dans les recoins tiraillés de sa trachée. « - Et maintenant tu t’accroches à quelque chose qui ne viendra jamais. Le seul remède c’est l’élimination. Toi qui les côtoies, tu devrais le savoir mieux que quiconque le sort qui est réservé aux créatures comme Allie. » Sermon dans la voix, il n’a nulle envie de faire plaisir ou de rassurer. C’est de l’espoir factice, une utopie à laquelle on se raccroche pour ne pas affronter l’odieuse vérité. La petite est morte depuis longtemps et ne reviendra jamais. Il le sait, mais ne peut pas l’expliquer. Pas plus qu’il ne peut expliquer pourquoi lui, le misérable petit révolutionnaire français est revenu d’entre les morts, et pas d’autres. Aucune logique lorsqu’il est question de magie. Une part de lui comprend malgré tout, ce besoin virulent de se raccrocher à ce semblant de possible pour ne pas sombrer. Les phalanges qui grattent des bouts de rien, parce qu’il est préférable de s’abîmer les ongles plutôt que de ne rien faire.

Comme un relent de néant, le silence retombe. Créature d’outre-tombe en unique source de nuisance, les sons émanant d’elle retournent le cœur et apposent le malaise sur la langue. Les doigts râpent finalement contre le mur grossier, guident le corps qui finit par se laisser glisser à terre. Prostré loin du réceptacle de sa douleur, son regard se perd dans les limbes. Le tourment s’affiche sur les traits déjà défaits, brisés comme ils ne l’avaient plus été depuis longtemps. Monstre dans ses entrailles hurlant à la mort, ses mains tremblent et se rejoignent pour contenir l’agression. Ce viscéral qui lui tend les bras et fait courir un profond malaise sur sa peau affreusement pâle. Dans une inspiration fébrile, les paupières se ferment et la voix s’arrache, racle les parois d’une gorge serrée à en devenir douloureuse. « - J’avais… Douze ans, la première fois. » Il trébuche sur les mots, fait de son mieux pour maintenir son timbre dans des notes audibles. Y repenser, il y est contraint à chaque fois qu’il se vend. Le dire à haute voix, même après tout ce temps lui donne la désagréable impression de se tenir à nouveau dans la peau de l’adolescent abusé. « - Pendant cinq ans, à chaque nuit d’ivresse, je devenais l’objet des désirs immondes du nouvel époux de ma mère. Il s’est appliqué à me briser avant même que je ne sois capable de comprendre. J’ai été fracassé pour être né différent des autres. » Enoncé d’une traite pour ne pas s’arrêter en cours de route. Il a conscience de faire une nouvelle erreur en s’engageant à nouveau sur la voie des confidences. D’offrir à l’ennemi plus de matière pour forger ses moqueries. Stupide qui se raccroche au souvenir d’une amitié depuis longtemps démolie, c’est le besoin de mettre des mots sur les silences mal interprétés qui le contraint à sortir de sa réserve.

Battement de cils pour chasser l’indicible, le français s’arrache les rétines à contempler le mur face à lui, à quelques pas de la silhouette du propriétaire des lieux. « - La luxure n’est rien pour moi, seulement un moyen de plus pour les atteindre lorsqu’ils sont le plus vulnérables. J’ai été suffisamment humilié pour rester hermétique à ce qu’ils peuvent me faire. C’est là l’unique avantage de n’avoir jamais rien ressentit. » Des échos vibrant de douleur ayant teinté ses précédentes paroles, il n’en reste plus rien. Uniquement une profonde froideur dans la voix, la mort qui s’invite dans les paroles d’un être détruit jusque dans les plus infimes recoins de son âme. « - Tu as raison, j’ignore ce que c’est d’aimer. Je m’accroche aux illusions qu’on m’a montré, à ce qu’Elle m’a donné. » Conclusion douce-amère offerte sans concessions. Il n’aurait pas pu être plus juste dans ses propos, face à la créature qui ne connait rien, l’affectif en ruine sous la peau.

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MessageSujet: Re: Who taught you how to hate ? | (Rhys)   Sam 11 Mar - 21:40

C’est petit, c’est mesquin, c’est bas. Même venant de lui. Il déterre les derniers fragments intacts de leur amitié pour les souiller, les fracasser. Il les réduit en poussière juste pour obtenir le dernier mot. Pour le blesser autant qu’il l’est. Une honte cuisante lui bousille les entrailles à peine envolés dans l’air vicié, mais il ne les retire pas. Il continue sur sa lancée, se repose sur sa colère pour ignorer sa peine. Les derniers élans de rage avant de se décomposer. De faire tomber le masque pour mieux le regretter. Les créatures comme Allie. L’étiquette apposée sur son enfant lui fait mal, lui rejette à la figure ce que n’importe qui pourrait penser d’elle. Qu’elle n’est qu’un vulgaire monstre. Un être difforme à éliminer. Le résultat sordide d’une infection incurable. Il ne peut pas lui en vouloir de penser ça. Il ne l’aurait pas mieux affirmé que lui s’il n’avait pas s’agit de sa fille. Mais parce que c’est elle, il s’obstine à percevoir des étincelles d’humanité derrière les pupilles vides. Il a besoin de croire qu’elle existe toujours quelque part. Un monde sans elle lui semble trop ignoble, dénué d’intérêt et de sens. C’est sans doute ce que ressent également le résistant lorsqu’il songe à sa femme fusillée. Un manque horrible, que rien ne peut assouvir. La nécessité de se raccrocher à des bouts de rien pour tenir. Il est le premier à avoir porté le coup fatal, à avoir déclenché la guerre. Même s’il le haït de toutes ses forces, une part de lui le comprend. Le pardonne presque.

Prostrés chacun à un point opposé de la pièce, ils s’enferment dans leur mutisme. Ruminent l’ampleur de leurs torts, le poids de leurs actes odieux. Aussi coupables et misérables l’un que l’autre. Puis la voix mal assurée du français vient briser le silence de plomb. Il s’attend à recevoir une salve d’injures, mais c’est tout l’inverse qui se produit. Le rouquin se dévoile, lui confie ce qui est certainement le pire secret de son existence. L’horreur à son paroxysme, qui n’en devient que plus ignoble lorsque des mots s’apposent dessus. La terrible confession n’est troublée que par les grognements hargneux de la petite. L’islandais reste parfaitement muet, suspend quasiment son souffle par peur de l’interrompre. L’atrocité qu’il dépeint lui retourne les tripes, lui serre le ventre. Il sent son sang se figer dans ses veines, glacé de la tête aux pieds. Une vague de profonde répulsion le ravage de l’intérieur, le ramène à sa propre conception. A ce militaire immonde qui s’est approprié de force les courbes de sa mère. Celui qui a créé sa vie dans la destruction et l’opprobre. Qui a condamné sa victime à une véritable torture, à un rappel constant du cauchemar enduré en la faisant tomber enceinte. A voir grandir son fils, épouser de plus en plus les traits physiques de son bourreau. Les mèches sombres, le bleu d’acier. La noirceur qui supplante les tâches de rousseur. L’engeance d’un violeur, la génétique d’un pervers. La preuve d’un crime impossible à oublier. Il ne s’y est jamais fait. Il frémit parfois encore en se croisant devant un miroir. Il se déteste de ne pas avoir pu l’épargner, d’avoir incarné un rappel constant du scélérat ayant brisé ses reins. Il est persuadé qu’elle a voulu l’aimer de toutes ses forces, en dépit de l’abomination. Tout autant qu’il est convaincu qu’elle n’y est jamais complètement parvenue.

Le soldat serre les dents, jusqu’à sentir une douleur sourde envahir ses tympans. La déchirure lui noue la gorge, racle cruellement sa trachée. « - T’as pas à te justifier sur ton mode de vie. J’aurais pas dû t’attaquer avec ça, c’était pitoyable. Tu fais bien ce que tu veux de ton corps, je ne suis personne pour te juger. » Les pensées amères bifurquent entre elles, instables. Que le résistant supporte un tel traumatisme le touche plus qu’il ne l’aurait voulu. Plus qu’il ne l’aurait cru. L’âme mise à nue, alors qu’elle est déjà à vif. « - Je pourrais t'avouer qu’il n’y a pas un seul jour où je ne regrette pas d’avoir appuyé sur la détente. Mais ça ne vaudrait rien, ça ne changerait rien. Je te l’ai enlevée et je ne peux pas revenir en arrière. Toi non plus. » Souffle t’il finalement, avant de prendre appui sur la rampe de l’escalier pour se relever. Ils ont la capacité de se comprendre mieux que quiconque, brisés par des épreuves similaires. L’ironie est seulement qu’ils sont mutuellement responsables de la détresse de l’autre. « - Rentre chez toi Regan. » Lâche-t-il finalement, en se déplaçant sur le côté pour lui faciliter l’accès vers la sortie. Il n’y a aucun piège, aucune menace. Ce n'est même pas réellement un ordre. L’alcool s’est évaporé au même titre que la haine. Il sait qu’il ne trouvera aucun réconfort à le cogner, et encore moins à le tuer. Il ne veut plus se battre contre lui.


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