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 every flower is a soul blossoming in nature. (violet)

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement; il croit en la justice, il croit en la nécessité d'un pouvoir centralisé et totalitaire; il n'a jamais rien connu d'autres et ne conçoit pas qu'autre chose puisse fonctionner
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Sam 31 Déc - 16:07

La remise en question n’est pas un art que je maîtrise ni avec lequel je me suis un jour trouvé familier. La remise en question est une épine que l’on se plonge en plein cœur, un poignard que l’on fait tourner dans une plaie, une poignée de sel qu’on disperse sur une peau à vif. Il est tard. Très tard. Ma vue revenue, mes yeux sensibles, mes pupilles abimées apprécient l’éclairage tamisé qu’offre la lune et les quelques ampoules, me replongent dans les ténèbres salvatrices pendant une poignée d’heures. Le loup rôde à côté de moi, mes chemises, costumes, cravates, sont délaissés le temps d’une parenthèse, le temps d’une escapade, le temps d’une remise en question impromptue. Je ne devrais pas être ici. Je ne devrais même pas quitter mon sanctuaire, m’échapper loin des regards et de la protection que Duncan tient à m’offrir. Je me fonds dans ce flot continu de personnes qui entrent et sortent de l’hôpital, fourmilière gardée active à toute heure de la journée et de la nuit. Adossé dans une nonchalance qui ne me ressemble en rien, j’ai les yeux rivés sur ces ambulances qui s’arrêtent, redémarrent, sur ces lumières qui s’allument, s’éteignent, illuminent des couloirs. Je sais qu’elle est là, je le sais de source sûre. Une part des ressources dont je dispose pour avoir des yeux partout dans la ville est concentrée sur elle et uniquement sur elle. Pour la protéger, pour me protéger. Une surveillance certainement exagérée, qui peut aussi être mal interprétée, je n’en doute pas, mais une surveillance sur laquelle je ne reviendrais pas.

Nous nous sommes quittés en froid, quelques semaines plus tôt. Nous nous sommes quittés en froid, et dans ma gueule subsiste une amertume coupable que rien ne fait dissiper. Le loup, le Seigneur, le mâle alpha me chuchote qu’elle n’a pas à me tenir tête de la sorte, qu’il est dans mon droit d’exiger d’elle des excuses, mais l’homme, l’homme… je baisse le regard sur mon téléphone, en coupe toute énergie après avoir envisagé de faire demi-tour pour rejoindre le bureau de Duncan où il travaille encore, très certainement. Je pourrais aussi faire un détour vers les locaux des services secrets, mettre en avant les caméras de vidéosurveillance qui cartographient l’hôpital. Je pourrais. Mais je préfère décoller mon dos du mur, souffrir de mon orgueil froissé, prendre sur moi et goûter une nouvelle saveur : celle d’une humilité somme toute relative. Elle est une omniprésence, elle est une absence, elle est une fleur rare dont j’effleure les pétales en craignant de les abimer, en craignant de les lacérer de mes griffes de meurtriers. Elle est une fleur rare que je ne comprends toujours pas, une anomalie dans un monde décadent, une particularité dans l’infection.

Il y a quelque chose d’anormal dans mon attitude. Quelque chose de contre-nature. Je ne suis pas fait pour la discrétion, je ne suis pas fait pour être ignoré, même s’il est plaisant de ne pas être la cible des regards. Je ne suis pas fait pour qu’on me tourne le dos, que l’on ne me prête pas attention. Je ne suis pas fait pour ne pas être craint. Ma voix est douce, l’absence de mes tenues guindées et faites sur mesure est le meilleur des camouflages : on m’oriente sans tarder vers l’aile consacrée à la rééducation et on m’oublie. On m’oublie. Le loup hurle au scandale, me souffle de tous les réduire à néant, de me faire craindre, de marquer les esprits pour que quelle que soit ma tenue, quelle que soit l’heure et le contexte, tout le monde me respecte et se comporte envers moi avec déférence. Que personne ne me confonde avec un pécore lambda. Quelques pas, quelques mètres, mes yeux me guident sans aide auxiliaire, dans une assurance si fragile que je m’en sens mal à l’aise. Je n’ai rien à faire là. Et pourtant… mes doigts frôlent le mur, s’arrêtent sur la porte, écoutent sa voix. Je musèle l’animal, exploite ses capacités, entre dans la pièce sans faire le moindre bruit. Le loup est un prédateur, le loup est chasseur, le loup et son silence suintent de l’homme pour le rendre invisible. Je déteste ne pas être au centre de l’attention, mais tout hurle la discrétion dans l’animal que j’héberge. Elle est là. Elle n’est pas seule. Elle discute avec un autre médecin. Elle me tourne le dos. Il s’interrompt dans son explication, mes yeux clairs se posent sur lui, mes verres teintés se lovent dans ma main pour un contact visuel direct. « Laissez-nous. » Je ne hausse pas le ton, c’est inutile : le loup et le Seigneur parlent pour moi, mon autorité n’a pas besoin de costume et de projecteur. « Docteur ? » J’attire son attention. Il m’a reconnu, lui, bien évidemment, puisqu’il fait partie des dirigeants de l’établissement. J’attire son attention, des menaces implicites alourdissent mes mots. « Je me fie à votre discrétion. Ne me le faites pas regretter. » Il fait un pas en arrière, s’incline très légèrement, quitte la pièce et nous laisse seul. Enfin. Ma superbe se fendille, mes certitudes se lézardent lorsque mes pupilles azures frôlent l’ergothérapeute. « Il me semblait que vous n’appréciez pas nécessairement les visites plus… officielles. J’imagine qu’il faut que l’on parle de… » Les mots m’échappent, fait si rare qu’il en devient notable. « Comment allez-vous Violet ? »


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Sam 31 Déc - 20:11

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Le soir à l’hôpital avait quelque chose de différent. Pourtant l’endroit n’était jamais en sommeil, les médecins étaient sans arrêt sur le qui-vive, près à intervenir, près à sauver des vies. Dans les couloirs des urgences, un brouhaha constant résonnait, des gémissements de douleur, des ivrognes qui s’étaient battus, des accidentés de la route. Mais loin de toute cette agitation, dans un endroit à l’abri du bruit se trouvait le service de Violet. Le soleil avait disparu depuis longtemps pourtant l’ergothérapeute était encore là. Depuis quelques semaines elle peinait à trouver le sommeil. Elle s’obstinait à penser que ça passerait, que ça devait être le stress. Elle avait tout tenter, la méditation, les plantes thérapeutiques. La trentenaire se refusait à prendre des somnifères. Elle les trouvait utiles parfois mais là c’était différent. Elle savait que le médicament dont elle avait besoin pour dormir s’appelait Rafael. Un médicament qui s’apparentait plus à un poison mortel pour la trentenaire. Pourtant il envahissait son esprit, le bougre. Voilà pourquoi depuis ces dernières semaines, Violet acceptait des rendez-vous jusqu’à tard. Elle passait sa vie à l’hôpital. Mais Rafael était partout, c’était là qu’elle l’avait rencontré. Alors même si l’homme n’était pas là physiquement, Violet pouvait le sentir. Un comble quand on savait à quel point elle était remontée contre celui qui, selon elle, avait trahi sa confiance.

Alors qu’elle mettait de l’ordre dans le service, rangeant les boules en mousse et autres accessoires, la brune fut interrompit par l’un de ses collègues. Un chirurgien. Le cinquantenaire s’étonna de voir sa collègue encore dans les parages, mais cela l’arrangeait bien au final. Ses lunettes épaisses sur le bout du nez, le médecin commença à parler d’un des patients qu’ils avaient en commun. C’était l’un des cadres de l’établissement à la tête du service de neurologie. Mais alors qu’il continuait ses explications l’homme se stoppa au bout de quelques minutes. « Et ? » demanda Violet, curieuse. Mais son collègue eut une réaction pour le moins étrange. Et puis une voix s’éleva derrière elle. Une voix posée qu’elle aurait pu reconnaître entre mille. Rafael. La brune ne prit pas la peine de se tourner jusqu’à ce que le neurologue quitte la pièce. Elle vint masser sa tempe à l’aide de ses doigts. Comme si elle venait d’être prise d’une violente migraine. Et puis au bout de quelques secondes, Violet s’accorda à poser son regard sur l’homme qui venait de mettre un terme à sa discussion. « Je crois que j’ai besoin de sommeil. » finit-elle par répondre. Non Rafael ne pouvait pas être là. Il ne pouvait pas être là car cela voudrait dire qu’il aurait fallu qu’il mette son orgueil de côté, assez en tout cas pour qu’il se remette en question. Et ça Violet refusait de le croire possible. Et peut-être aussi qu’elle en voulait tellement à Rafael qu’elle lui préparait la pire punition qui soit : l’ignorance.

Après avoir jeté un oeil à sa montre, Violet fit mine d’être surprise par l’heure qu’il était. Elle se dirigea vers la porte d’entrée en contournant le brun. Elle posa délicatement sa main sur la poignée puis soupira. Elle se pinça les lèvres en fermant les yeux puis revint faire face à l’italien. « Rafael tu ne peux pas débarquer comme ça, je travaille… Et puis, de quoi voudrais-tu qu’on parle ? Je crois que tu as été parfaitement clair. Après tout, ce n’est pas comme si j’avais passé des semaines à essayer de te faire retrouver la vue. » agacée, la jeune femme ne termina pas sa phrase. Elle savait Rafael presque aussi buté qu’elle. Elle saluait l’effort, il s’était déplacé jusqu’ici lorsqu’il aurait pu rester muré dans ses convictions, persuadé qu’il n’avait rien fait de mal et que Violet se la jouait dramatique. L’ergothérapeute se sentait rassurée, bien qu’elle ne veuille pas l’admettre tout de suite. Elle aurait presque sourit mais sa rancoeur revint agiter ses méninges. Elle retourna près de la porte mais manqua de tomber en trébuchant sur une des balles tombée au sol. Elle grogna. Elle aurait pu éclater de rire et retourner vers l’italien, lui pardonnant tout mais non. Pas cette fois, elle en avait marre. Alors Violet éteignit la lumière de la pièce désormais éclairée uniquement par les rayons lunaires. « Je vais dormir maintenant, je suis épuisée comme tu peux levoir. » dit-elle en retournant vers la porte qui menait au couloir. C’était vrai, la jeune femme n’en pouvait plus et se sentait à deux doigts de tomber de fatigue, mais il ne fallait pas que ça arrive maintenant alors elle préférait fuir bien qu’elle sache au fond qu’il était impossible d’échapper à Rafael quand il avait décidé de vous voir.



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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Sam 31 Déc - 23:04

Le sentiment de puissance que je ressens à l’instant où le docteur m’obéit, s’exécute et sort de la pièce légèrement crispé par les lourdes menaces que portent chacun de mes mots a beau m’être extrêmement familier, comme un vieil ami dont je connaitrais tous les secrets, je ne m’en lasse pas. Le loup s’en repaît, le Seigneur s’en satisfait. Je savoure cette puissance qui se répand dans mes veines au moment où j’en ai le plus besoin. Venir ici m’en a coûté, bien évidemment. Mettre mon orgueil de côté, même un seul instant, même minimalement, n’est pas une tâche facile. La remise en question, elle aussi est douloureuse. Et une part de moi espère très fortement – et pour moi, et pour Violet – qu’elle va s’en rendre compte pour m’épargner la peine de poursuivre excessivement ces simagrées ridicules. Je reste immobile, le temps que l’homme quitte la pièce. Je reste silencieux, même, une fois mes derniers mots égrenés, ma question posée d’une voix douce, et mes yeux rivés dans les siens. Ses tempes sont massées par ses doigts, son silence s’installe entre elle et moi et je le reçois comme un reproche. Un reproche dont je comprends la source sans l’accepter. Un reproche qu’elle risque de regretter. Les secondes passent, et mon visage se ferme petit à petit. Immanquablement. « Je crois que j’ai besoin de sommeil. » Ma mâchoire se crispe, interprète chacun de ses mots comme un rejet extrêmement malvenu. Un rejet plutôt qu’une réponse à ma question. Besoin de sommeil : l’heure tardive à elle seule rend superflu ces quelques mots. Son regard à sa montre appuie encore l’évidence, son déplacement éveil en moi un mouvement réflexe que je contiens un instant trop tard : j’ai déjà fait un pas, j’ai déjà tendu le bras dans l’idée de resserrer ma prise autour du sien. Un mouvement que je bride, mon poing se serre et s’enfonce dans ma paume. « Rafael tu ne peux pas débarquer comme ça, je travaille… Et puis, de quoi voudrais-tu qu’on parle ? Je crois que tu as été parfaitement clair. Après tout, ce n’est pas comme si j’avais passé des semaines à essayer de te faire retrouver la vue. » Tu ne peux pas. Mes lèvres se pincent pour m’empêcher de lui faire remarquer qu’au contraire, j’ai tous les droits. Tous les pouvoirs. Qu’à chaque fois que je demande la permission, l’autorisation ou son accord à quelqu’un, je fais preuve d’une clémence et d’une magnanimité dont j’aurais pu me passer. « Je vais dormir maintenant, je suis épuisée comme tu peux le voir. » Je la fixe. Mon visage s’enveloppe d’une impassibilité éloquente. D’un mécontentement, d’un agacement croissant. Mais aussi contenu. « Restez. » L’ordre s’impose, naturellement. Un ordre que je tempère malgré tout, après un temps d’arrêt. « Je vous le demande. » Un pas dans sa direction, je me contrains à desserrer mon poing, à détendre mes traits, à me départir d’une armure qui a fusionné avec mon être. « Violet, votre fatigue peut attendre. J’ose espérer qu’il existe éventuellement un nous, et que ce nous est plus important que votre propre nombril. » Mon ton est injustement cassant. Ma voix est injustement agressive. Mes propos sont injustement inappropriés mais je ne veux pas la laisser s’enfuir parce qu’il faut que je mette les choses au clair, d’une façon ou d’une autre. J’ai beau me rendre compte que j’aurais pu m’abstenir de ces dernières phrases, j’ignore par quoi j’aurais pu la remplacer. Je refuse de lui mentir sur ma propre personnalité, je refuse de me comporter en hypocrite uniquement pour la faire rester. Je préfère encore ravaler mon orgueil. « Pardonnez-moi, ce n’était pas quelque chose à dire. Je présume du moins. » Je ferme les yeux une fraction de seconde, pour les rouvrir presque immédiatement, craignant une disparition malvenue de Violet de mon champ de vision.

La lumière éteinte apaise mes yeux, mes verres teintés trouvent définitivement refuge dans une poche de mon pantalon, libère mes mains, m’imposent de lui offrir mes pupilles réparées et de la contempler. Elle a tout d’abord été pour moi une odeur, une respiration, une présence avant d’être une silhouette : j’en découvre encore les contours, j’en apprécie encore les formes alors que mes sens exacerbés me confirment à chaque seconde que oui, c’est bien elle qui se tient devant moi. « Vous êtes une femme remarquable. Remarquablement belle, je dois bien l’avouer à présent que je vous vois. » A nouveau, mes propos me semblent maladroits et surtout, me semblent loin de correspondre à ce que je voudrais dire. Perdre mes mots, trébucher sur mes pensées, désorganiser mes propos me déstabilise : je suis habitué au contrôle, pas au chaos. Et pourtant, il y a malgré tout une constante : je refuse de la laisser partir mais je m’acharne à le retenir autrement que par des menaces et par la force. « Vous ne m’avez en aucun cas rendu la vue. Mais vous m’avez grandement aidé à pallier ma cécité. Je ne vois… je ne vois pas encore bien. Ce que j’essaye de dire… c’est que j’ai besoin de vous, Violet. » Ces derniers mots dispersent sur mes lèvres une amertume désagréable. Elle accroche mon ego, irrite ma trachée, me laisse un arrière-goût de défaite et d’impuissance. Pendant les semaines de rééducation qui ont vu s’opposer nos volontés et notre obstination, jamais je ne lui ai concédé ce simple fait, qui me semble avec un peu de recul comme évident, pourtant. Mon orgueil est malmené.


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Lun 2 Jan - 11:49

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Il était évident et pratiquement inutile de préciser que Violet ne comptait pas partir aussi vite. Mais il fallait bien faire un peu de comédie puisque tout ceci s’apparentait presque à une pièce de théâtre. Mais pour l’instant la suite n’était pas assurée. La jeune femme lâcha la poignée de la porte lorsque Rafael lui intima de rester. Ce fut comme un réflex, d’ailleurs Violet s’en voulu d’obéir si facilement à l’italien. Mais au fond ce n’était pas une question d’obéissance. Au fond, Violet voulait rester avec lui. Alors elle se retourna. Au même moment Rafael fit une remarque qui fit légèrement sourire l’ergothérapeute. Elle avait été naïve de croire que l’italien ferait un effort. Habituée à ce genre de critique cassante, la jeune femme se contenta de s’avancer, croisant les bras pour écouter ce qu’avait à dire celui avec qui elle formait visiblement un « nous ». Chose qui la flattait énormément mais chose qu’elle préférait garder hypothétique. Car avec lui rien n’était sûr et Violet était souvent surprise que ce soit dans le bon ou dans le mauvais sens du terme. Aujourd’hui visiblement, Rafael semblait prêt à faire des efforts surhumains. L’ergothérapeute s’en rendit compte lorsque l’italien s’excusa.  « Tu présumes bien mais j’accepte tes excuses.» dit-elle en souriant légèrement. Violet n’était pas du genre rancunière. Surtout quand il s’agissait de Rafael car autrement elle passerait sa vie à lui en vouloir. De toute façon leur relation s’apparentait à une immense irrégularité ponctuée de jours avec et de jours sans.

La suite fut étonnante. Tellement que Violet eut du mal à y croire. Parce que si au début elle en doutait, Rafael était bien là. Et c’était bien lui qui venait de la complimenter. L’ergothérapeute se surprit à sourire. Un sourire radieux. Elle savait ces moments rares et elle en profitait. Elle en aurait presque rougit. « Il n’y a pas besoin de voir une personne pour savoir si elle est belle ou non.  Mais je euh… Merci.» finit-elle par dire. Sur ce coup là, Rafael l’avait prise de court et toute la colère que la jeune femme éprouvait sembla disparaître. Pour le moment en tout cas. Violet se dit qu’elle avait bien fait de ne pas être retournée voir l’homme-loup avant qu’il ne fasse le premier pas. Bien sûr qu’elle y était allée, hésitant à sonner, puis qu’elle avait fait demi-tour avant d’être vue, se disant que Rafael n’était qu’un goujat qui ne méritait pas une telle patience. Et puis la jeune femme s’en était voulue jusqu’à aujourd’hui. Malgré la pénombre qui régnait dans la pièce, Violet put profiter du regard clair de son ancien patient. Un regard poignant qui en avait sûrement effrayé plus d’un. Un regard dans lequel la jeune femme percevait du bon. Malgré tout elle voulait y croire. Alors même si les paroles qui suivirent furent toutes aussi maladroites que les premières, Violet comprit les efforts que Rafael avait dû faire pour en arriver jusque là. Avec une douceur infinie, la jeune femme se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur la joue de son amant. « Ça a dû te demander des efforts énormes de venir jusqu’ici… Même après tout ce temps tu continues de me surprendre. » elle réfléchit. Leur dernière entrevue avait pour le moins été forte en émotion. La jeune femme n’y comprenait rien. Certes elle avait déjà eu des hommes dans sa vie mais rien de très sérieux puisque son métier lui prenait beaucoup de temps. Et puis il avait fallut qu’elle tombe sur Rafael. Il avait fallut qu’il revienne… Il avait fallut qu’elle tombe amoureuse de lui. De cet homme brisé au comportement agressif, exagéré.

Violet préféra s’éloigner pour aller faire face à la fenêtre. Elle croisa ses bras tout en présentant son dos à Rafael. Elle était troublée et ne savait pas trop quoi penser de tout ça. « Est-ce que ça vaut la peine Rafael ? Tu sais ce que je ressens pour toi mais tu n’es jamais clair. Tu reviens pour mieux me rejeter. Je sais que tu as vécu des choses affreuses, mais je suis là pour toi. Je ne demande que ça d’ailleurs. Tu ne pourrais pas me faire confiance, ne serait-ce qu’un peu ? Tout ce que je veux c’est que tu sois heureux. Pourtant tu t’obstines à croire que le bonheur t’es interdit. » finit-elle dans un soupire en se retournant vers l’homme-loup. La jeune femme ne pouvait pas être plus sincère. Avait-elle un avenir avec lui ? Elle n’en savait rien. Pourtant elle était prête à prendre le risque de passer le reste de son existence à ses côtés. « Je cro… » la porte s’ouvrit violemment. Une jeune infirmière fit irruption, brisant le calme ambiant qui régnait. Un immense faisceau de lumière venu du couloir chassa partiellement l’obscurité. Violet secoua négativement la tête à l’attention de sa collègue qui fixait Rafael de manière assez gênante. « Alice, tu as fini son service qu’est-ce que tu fais là ? » dit Violet avec une douceur qui contrastait avec son inquiètude. La brune s’avança vers l'intrus à grandes enjambées, elle voyait déjà Rafael s’enflammer et mettre la jeune femme à la porte. « Excusez-moi docteur je pensais que vous étiez partie je.. Je venais récupérer quelque chose. » articula difficilement la blonde en jetant un dernier regard vers Rafael. « On verra demain, aller. » vite pensa Violet.



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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mer 4 Jan - 21:51

Mes mots sont les pas prudents d’une danse que je ne connais pas, d’une danse que j’apprends, d’une danse dont je ne suis pas encore certain d’apprécier le dessin et la finalité. Mes mots sont les pas prudents que j’effectue avec réserve et minutie, pour éviter la moindre erreur. Mes mots sont des pas maladroits que je rattrape avec circonspection, en écoutant hurler mon ego malmené. Mes mots, enfin, sont durs et doux, sont tendres et agressifs, oscillent entre les crocs du loup et la poigne de l’homme. Un ordre, que je tempère. Une agression, pour laquelle je m’excuse, quand bien même ce seul mouvement de retrait m’écorche les lèvres et brûle mon œsophage. Pardonnez-moi, des syllabes qu’elle n’a pas dû entendre bien souvent de ma part, des mots qu’elle accepte dans un « Tu présumes bien mais j’accepte tes excuses.» insolent qu’elle rend supportable par son sourire léger. Mes pas ont la forme de mots, mes mouvements de main, pour mieux la faire tourner sur un rythme ternaire, sont des phrases esquissées sans que je m’autorise la moindre réflexion préalable, mon souffle est une musique chuchotée, presque excusée, l’ombre d’une mélodie sur laquelle me déplacer. Il y a un tel contraste entre ma voix enveloppée de doute et la sienne, coupante d’hésitation. « Il n’y a pas besoin de voir une personne pour savoir si elle est belle ou non. Mais je euh… Merci.» Mes pupilles se heurtent aux siennes quand mes verres se réfugient dans ma veste, j’apaise le loup en lui offrant le merci et en conservant le reste pour moi-même. « Bien évidemment, mais cela n’enlève rien à la chose. » Mon ton se veut léger, je ne suis que tension. Tension de celui qui lutte contre sa propre nature pour atteindre un but dont il ignore jusque dans les contours. Je suis un imbécile à la recherche d’une chimère, je suis un imbécile en quête d’illusions et je persiste malgré tout à me voiler suffisamment l’âme pour ne pas faire volte-face et cesser immédiatement tous ces gestes inutiles. Violet a quelque chose de particulier, quelque chose qui la font ressortir dans la fange d’une humanité en pleine déliquescence. C’est un perce-neige immaculé dans une cendre alourdie par le sang et le pus. Un soupçon de lumière dans un cimetière putride. Et moi, je ne suis que le sacre du dégoût, je ne suis qu’un lépreux rongé par son orgueil et nécrosé par son arrogance.

Un nouveau pas de danse, un pas feutré, un pas calculé, et la distance qui nous sépare s’évapore pour rejoindre le reste au rang des illusions et des mirages. Mes yeux la contemplent, mes pas de danse s’accélèrent comme les battements de mon cœur lorsque ses pupilles se figent véritablement pour la première fois dans les miennes. Lorsqu’elle rompt son immobilité pour effleurer mon corps, lorsque ses lèvres caressent mon épiderme dans un geste que je n’ose chercher à comprendre de peur de le salir par des pensées incapables de la moindre douceur. « Ça a dû te demander des efforts énormes de venir jusqu’ici… Même après tout ce temps tu continues de me surprendre. » Un faible sourire trouble mes lèvres, comme un voile de soie tombant sur une plaie à vif dans l’espoir touchant de l’apaiser. « Je suis un homme surprenant. » Mon orgueil n’est que chair malmenée, mais je m’étonne de ne plus m’en soucier. Pour la première fois depuis bien longtemps, pour la première fois depuis une éternité, je touche dans un souffle étranglé une pensée bien étrange. Celle qui me chuchote que, peut être, Noah n’avait pas tort. Celle qui me pousse à croire que, peut-être, Rafaele n’est pas aussi mort que ce que je craignais. Pendant un instant, mon corps s’apaise, cette tension née d’une haine omniprésente s’amoindrir, ce rejet constant de ce qui m’entoure faiblit. Pendant un instant, je ne suis plus qu’un homme, doutant de ce qu’il sent, doutant de ce qu’il pense, doutant, plus que tout, de ce qu’il ressent.

Et pendant cet instant, elle en profite pour s’éloigner de moi. Mes yeux suivent Violent se diriger vers la fenêtre sans que mon corps n’accepte d’effectuer le moindre geste. Parce que j’ignore, tout simplement, quel mouvement il conviendrait de faire. « Est-ce que ça vaut la peine Rafael ? » Mes sourcils se froncent, la réalité s’échoue sur mon corps, le brise et le martèle, l’éprouve et le réveille. Quelques pas me portent et me déportent à distance, mon visage s’obscurcit à nouveau, se réfugie dans l’ombre d’une armure que je dresse à nouveau entre elle et moi. « Quoi donc ? » Seule subsiste de l’homme nouvellement redécouvert une légère impatience. « Tu sais ce que je ressens pour toi mais tu n’es jamais clair. Tu reviens pour mieux me rejeter. Je sais que tu as vécu des choses affreuses, mais je suis là pour toi. Je ne demande que ça d’ailleurs. Tu ne pourrais pas me faire confiance, ne serait-ce qu’un peu ? Tout ce que je veux c’est que tu sois heureux. Pourtant tu t’obstines à croire que le bonheur t’es interdit. » Mes pupilles gagnent à leur tour en ténèbres, devant des propos qui me rappellent un peu trop bien ceux tenus par Noah des mois plus tôt. Des propos qui me hantent, des propos dont la sincérité me paraît, à présent, indiscutable. Tout comme ceux que Violet vient de m’imposer. « Je m’obstine à croire ou je me borne à savoir ? » La question se charge de menace, à l’image de mon comportement depuis qu’elle s’est éloignée. Sais-je réellement ce qu’elle ressent pour moi ? Est-ce réellement moi qui la rejette ? Je n’apprécie guère les accusations sans fondements.

Et j’apprécie encore moins celles qui me forcent à voir mes propres erreurs. « Je cro… » Tous mes muscles se tendent, non pas du fait de sa phrase inachevée, de son mot atrophiée, de son intervention coupée, mais sous l’intervention malvenue d’une tierce personne dont je ne tarde pas à détailler les formes. Je lui offrais mon dos : je fais lentement demi-tour pour lui offrir un regard assassin. Et sentir dans ma gorge naître le doux grondement du loup agacé, du loup que je n’ai pas envie de retenir. « Alice, tu as fini son service qu’est-ce que tu fais là ? » Un mouvement à mon côté, Violet me dépasse et s’intercale sans plus tarder entre la dénommée Alice et moi. Une infirmière qui vient de voir s’évaporer toutes ses chances de survivre aux mois qui viendront, je m’en fais la promesse, si elle en vient à en avoir la langue trop pendue. Un pas, je ne la quitte pas des yeux. « Excusez-moi docteur je pensais que vous étiez partie je.. Je venais récupérer quelque chose. » Elle bat en retrait sous l’invitation de Violet, j’envisage un instant de rester silencieux. De laisser l’ergothérapeute nous débarrasser de ce parasite dont nous n’avons que faire. « On verra demain, aller. » J’envisage un instant de laisser cette parenthèse se refermer, j’envisage un instant de ne rester qu’une ombre muette.

Le regard que l’infirmière me lance au moment de passer la porte est malheureusement de trop. « Comment vous appelez-vous ? Alice… » Ma voix, doucereuse, résonne dans la pièce bien trop silencieuse. Un geste, je suis à côté d’elle, une main sur la poignée, une main sur la sienne, mon regard dans le sien. « Alice Stevens, et… vous êtes ? » Je penche légèrement la tête sur le côté, tandis que mon regard se durcit, grave ses traits dans ma mémoire, tandis que mon visage s’adoucit d’un léger sourire. « Apprenez à frapper, avant d’entrer dans une pièce, cela pourrait vous éviter des ennuis à l’avenir. » Elle dégage sa main, fait un pas en arrière, se heurte au montant de la porte. Recule, encore, sans me tourner le dos, fait un nouveau pas dans le couloir. « Alice ? » Sursaute, me regarde. « Faites attention à vous. La nuit, la ville n’est pas sûre. » Mes yeux la suivent un instant avant que je ne ferme la porte pour mieux m’y adosser, et la garder de nouvelles intrusions. Je fixe Violet sans plus tarder. « Une de vos amies, je présume ? » Mes bras se croisent sur ma poitrine. « Pourquoi n’en vaudrait-ce pas la peine, Violet ? Ce que vous dites ressentir pour moi… j’éprouve une certaine affection pour vous, cela ne fait plus le moindre doute, ma présence ici en est la preuve. Je ne suis pas un homme facile à côtoyer. Mais votre compagnie est plaisante. Votre présence rassurante. Et le rejet, jusque-là… » Ma voix chancèle entre douceur et dureté. « Le rejet, jusqu’à présent, n’est venu que de vous. Pourquoi me rejetez-vous ? »


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Jeu 5 Jan - 12:09

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Rafael s’aventurait sur un chemin dangereux qui le sortait de sa zone de confort. Violet pouvait le voir, elle le sentait dans la maladresse des mots qu’il employait. Elle savait que cet exercice était aisément comparable à la traverser d’un lac gelé, prêt à céder sous le poids de ses paroles. Ce qui faisait que la jeune femme appréciait un peu plus les efforts fournis. Pour être un homme surprenant il l’était. « Le plus surprenant que j’ai jamais rencontré c’est certain. » avait murmuré Violet avant de poursuivre la discussion. Discussion qui fut malheureusement avortée par l’entrée fracassante -et dérangeante- d’une infirmière imprudente. L’ergothérapeute crut durant d’infimes secondes qu’elle était parvenue à éviter le pire. C’était sans compter sur Rafael qui décida de s’en mêler. Lorsqu’il s’approcha de l’intrus, Violet eut une drôle d’impression. « Rafael… » murmura-t-elle avant de se taire. Par réflexe l’ergothérapeute venait de tendre sa main, comme si elle avait voulu attraper l’italien par le poignet dans l’espoir de le retenir. Mais elle savait qu’en faisant ça, elle ne ferait qu’empirer les choses. Quand Rafael avait envie de faire quelque chose, il ne fallait surtout pas le retenir. Violet l’avait compris. Mais c’était plus fort qu’elle, elle avait peur. Peur pour Alice surtout lorsqu’elle entendit les menaces peu discrètes de Rafael. En retrait, la brune se contenta de baisser la tête. Que pouvait-elle faire ? En aucun cas elle n’aurait pu se dresser entre l’infirmière et Rafael. Entre Alice et le loup au risque de se faire mordre elle aussi. Car là ce n’était plus l’homme sur le point de sourire non…  Stevens fut presque jetée dehors. Sans s’en rendre compte, Violet avait légèrement reculée. Une fois le calme revenue, elle se décida enfin à relever la tête.

Ce genre de réaction, Violet en avait l’habitude. Mais cela n’était pas moins éprouvant pour autant. D’abord silencieuse, la jeune femme scruta le visage de Rafael de nouveau plongé –en partie- dans la pénombre. Comme si elle se concentrait pour voir l’homme bon qui se cachait sous toute cette amertume et cette agressivité. Elle hocha doucement la tête pour répondre à la question que l’italien venait de poser. « Rafael tu ne vas rien lui faire ? Elle n’a pas fait exprès. Laisse moi aller lui parler, s’il-te-plait. » supplia-t-elle presque. Car elle savait qu’on ne décidait pas à la place de Rafael. Pas quand il était dans cet état du moins. Et puis Violet était trop fatiguée pour jouer de son autorité, pas maintenant. La discussion reprit son court et l’ergothérapeute se surprit à sourire légèrement. Ce n’était en rien la déclaration du siècle, mais sortant de la bouche de Rafael, ces mots voulaient dire beaucoup. Essayant d’oublier l’homme infecte qui avait éjecté sa collègue, Violet se mit à réfléchir. C’était donc comme ça que Rafael voyait les choses ? Se sentait-il réellement rejeter par la jeune femme ? La surprise s’empara des traits de l’ergothérapeute qui ne s’était pas attendue à de tels reproches. Tellement pas qu’elle en resta bouche bée durant quelques secondes silencieuses avant de se reprendre.

« Si notre affection l’un pour l’autre est réciproque alors pourquoi est-ce que tout fini toujours de la même manière ? La première et dernière fois que je me suis réveillée à côté de toi, non seulement tu m’as traitée d’idiote mais en plus, tu m’as gentiment fait comprendre que ta santé ne me regardait en rien Violet haussa légèrement les épaules, sa voix restait douce mais résonnait d’amertume je suis désolée d’avoir pris ça comme un rejet si ça n’en était pas. Mais il va falloir un jour ou l’autre que tu me laisses voir sous ta carapace, que tu me laisses entrer. Que tu me donnes le mode d'emploi s'il y en a un. »

Les poings de l’ergothérapeute s’étaient serrés à mesure qu’elle parlait. Rien que de penser à leur dernière dispute la faisait sortir de ses gonds. Rafael avait été trop loin. Pourtant Violet ne voulait pas s’énerver, elle savait que s’il était venu jusqu’ici, c’était sûrement que l’homme-loup s’en voulait. Mais jamais il n’avouerait avoir eu tord, Violet n’en espérait pas tant. Elle espérait juste lui faire comprendre que son attitude avait été particulièrement infecte. Les joues rosées, Violet daigna finalement s’approcher de nouveau de l’italien. Elle soupira et retrouva son calme. Doucement alors elle lui prit la main et se mit à la serrer sans raison apparente. « Je ne te rejette pas. J’ai juste l’impression que tu ne veux pas que je fasse partie de ta vie. Que tu ne me fais pas confiance. S’il y a bien une personne qui aurait sauté de joie en apprenant que tu avais retrouvé la vue, ça aurait été moi. Mais pour toi ce n’est qu’un détail futile. Tu as dit que ta santé ne me regardait pas, c’est faux. Tout simplement parce que je… Violet ferma un instant les yeux avant de les ré-ouvrir parce que je t’aime. Et que quand on aime quelqu’un, on veut savoir comment il va. S’il m’arrivait quelque chose, tu ne voudrais pas savoir comment je vais ? Je pensais simplement que c’était logique. » conclut-elle en relâchant la main de Rafael. Pourtant c’était bien connu, en matière d’amour, le manque de logique était un élément clé. Bien sûr, Violet ne savait pas si l’affection de Rafael était synonyme d’amour étant donné que l’italien utilisait un langage crypté que l’ergothérapeute avait du mal à déchiffrer. Au début Violet avait refusé de passer au délà de la relation professionnelle et puis finalement, elle s’était faite avoir par ses sentiments. Aujourd’hui, face à l’homme qu’elle aimait, elle se demandait si toute cette mascarade en valait la peine. Mais en mêlant son regard bleu à celui de Rafael, quand son cœur se mit à battre un peu plus fort, elle su que oui. « Peut-être qu’on devrait simplement oublier cette histoire. » murmura-t-elle tout en sachant que quelque chose d’autre viendrait tôt ou tard assombrir leur relation.



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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mer 11 Jan - 22:57

« Rafael… » Son murmure ne m’échappe en rien, mais ce n’est pas pour autant que je choisis d’en tenir compte. Elle sait que je suis au-delà du fonctionnement simpliste de ces personnes capables d’être retenu par une culpabilité induite par l’emploi de leur seul prénom. Que Violet cherche à me retenir, qu’elle cherche à me faire comprendre qu’il ne faut pas que je décharge toute la frustration créée par cette situation immanquablement inconfortable si elle le veut, ce n’est pas pour autant que je l’écouterai. Je n’écoute qu’une seule personne : moi-même. Qu’une seule personne : le loup. Un loup qui prend les commandes, un loup à fleur de peau, un loup qui menace, qui siffle dans une voix doucereuse et qui retient le patronyme de la malheureuse infirmière. Mauvais endroit, mauvais moment, faux pas et erreur de taille, elle vient d’accumuler bon nombre de torts. Chose que je ne peux laisser passer. Même par affection pour Violet. Même alors que j’ai décidé de faire rejaillir l’homme et de mettre le Seigneur et le loup en sommeil. Mes menaces ne sont ni hurlées, ni sifflées d’un ton grinçant, bien au contraire. Je les enveloppe dans le sucre d’un ton mielleux, je les enrobe de formes et de sourires, sans pour autant voiler la noirceur de mon regard. Et sitôt disparue de mon champ de vision, je l’éjecte de mes pensées. Elle ne mérite pas plus d’intérêt de ma part, elle ne mérite rien de plus que mon mépris.

Contrairement à la femme qui me fait à présent face. Mes faux pas me lacèrent la poitrine, comme de constants rappels de cette incapacité que j’ai à être un homme, comme des piqûres laboureraient mon corps pour tatouer en ma chair le sombre constat de ma monstruosité. Mes bras se croisent sur ma poitrine, me protègent et m’enferment, me cache derrière un regard sévère qui ne me quitte presque jamais. Qui se fendille immanquablement en présence de cette jeune femme dont je contemple à présent les traits, dont j’en viens à plus qu’apprécier la présence. Une part de moi se fourvoie, une part de moi ferme les yeux et s’aveugle volontairement mais l’autre, l’autre part… l’autre s’attriste tout en se réjouissant de la voir prendre mes menaces au sérieux. Une de ses amies ? Son inquiétude est palpable dans sa réponse. « Rafael tu ne vas rien lui faire ? Elle n’a pas fait exprès. Laisse moi aller lui parler, s’il-te-plait. » Une inquiétude qui frôle la supplique. Le loup s’en amuse, réellement, grogne et sourit, satisfait. Mais j’ai conscience, de manière diffuse, qu’il n’y a rien de pire que la crainte dans la relation qui se tisse entre elle et moi. Une relation vouée à s’autodétruire si elle n’est fondée que sur de la peur. Une relation, qui, de toute manière, me chuchote une petite voix, est vouée à être détruite et déchiquetée par l’animal. La construire sur la peur, au moins, m’assurera une soumission. Une constance que je pourrai contrôler. La construire sur autre chose est un pari que je ne sais pas prendre, un risque que je ne peux pas courir. La corde raide d’un funambule sur laquelle je m’élance malgré tout. Avec la prudence qui me caractérise. Je ne peux pas lâcher prise même si je le souhaite, je ne parviens pas à lui faire confiance même si tout mon être veut tendre vers ça, vers un certain repos pour une âme tiraillée dans une méfiance et une paranoïa constante bercée de désillusions. Je ne parviens pas à lâcher prise, je ne parviens pas à quitter totalement ce carcan de maîtrise, de contrôle glacée, de mesure distante et méprisant, je ne parviens plus à sortir de ce rôle que l’on m’a jadis imposé et auquel je suis revenu de mon plein gré, à la recherche de stabilité, à la recherche d’un peu de sens dans une survie dont je ne voulais pas.

Mon armure est tissée autour de moi, ces fils me retiennent, m’enferment et me protègent. J’ai besoin de Violet, j’en ai besoin pour vivre, j’en ai besoin pour respirer, j’en ai besoin pour redevenir un homme. J’ai besoin de Violet, et je ne suis pas assez sot pour le nier. En revanche, sot je le suis assez pour être incapable de formuler ce que je pense, ce que je sais, ce que j’espère. Sot je le suis assez, aussi, pour être aussi franc avec elle. Et pour continuer à la chercher alors qu’il est clair qu’elle me rejette. Tout en se jouant de moi, par bien des manières. « Si notre affection l’un pour l’autre est réciproque alors pourquoi est-ce que tout fini toujours de la même manière ? Mes yeux se plissent, expressifs contre mon gré. « Qu’entendez-vous par là ? » Les mots m’échappent sans que je ne les retienne. Une perte de contrôle symptomatique de mon trouble, à n’en pas douter. La première et dernière fois que je me suis réveillée à côté de toi, non seulement tu m’as traitée d’idiote mais en plus, tu m’as gentiment fait comprendre que ta santé ne me regardait en rien Je fronce les sourcils derechef, me retenant cette fois de justesse de lui répondre qu’en effet, ma santé ne la regardait en rien. Et qu’elle ne la regarde toujours pas, d’ailleurs. Ma santé ne concerne en réalité qu’une seule personne : moi-même. Et l’amertume que je sens dans sa voix, qui alourdit ses mots, s’attaque à ma patience, s’attaque à mon humanité pour titiller le monstre. je suis désolée d’avoir pris ça comme un rejet si ça n’en était pas. Mais il va falloir un jour ou l’autre que tu me laisses voir sous ta carapace, que tu me laisses entrer. Que tu me donnes le mode d'emploi s'il y en a un. » Ma mâchoire se contracte, mon corps se crispe, mon visage se ferme, encore. Incapable de s’ouvrir, incapable de s’exposer. Je me referme à la moindre agression. « Certes. »

Et tout s’apparente à une agression pour mon orgueil. Un mode d’emploi. Il n’y a nul mode d’emploi à donner. Juste… juste que quoi ? Mes bras se décroisent lorsqu’elle s’approche de moi, mais je reste sur la défensive, incapable de la quitter des yeux. « Je ne te rejette pas. J’ai juste l’impression que tu ne veux pas que je fasse partie de ta vie. Que tu ne me fais pas confiance. S’il y a bien une personne qui aurait sauté de joie en apprenant que tu avais retrouvé la vue, ça aurait été moi. Mais pour toi ce n’est qu’un détail futile. Tu as dit que ta santé ne me regardait pas, c’est faux. Tout simplement parce que je… Je l’observe fermer les yeux. Ne dites pas ça, Violet. Ne le dites pas. Ces mots n’ont pas de sens. Ces mots ne veulent rien dire. Ces mots ne signifient rien. Plus rien. Ils ont perdu de leur substance le jour où Azzura est morte. Je ne veux pas les entendre, ces mots qu’elle s’apprête à prononcer. parce que je t’aime. Je souffle, dans une voix inarticulée, un non qui s’échoue dans sa voix. Et que quand on aime quelqu’un, on veut savoir comment il va. S’il m’arrivait quelque chose, tu ne voudrais pas savoir comment je vais ? Je pensais simplement que c’était logique. Peut-être qu’on devrait simplement oublier cette histoire. » S’il m’arrivait quelque chose… se rend-elle compte que s’il lui arrivait la moindre écorchure, la moindre égratignure, je me ferais un devoir d’aller saigner moi-même ses bourreaux, d’aller traquer et écorcher vif ses agresseurs pour décharger sur eux, sans la moindre mesure, sans la moindre limite, toute la bestialité de l’animal ? Je ne peux répondre à sa question par un mensonge, mais j’ai l’intuition que je ne peux non plus y répondre par la vérité la plus abrupte qu’il soit. Tout en ayant une certaine obligation d’apporter à sa question une réponse. Quelle qu’elle soit.

« Oublions tout cela, oui. Mais ne me rejetez pas, Violet. Venir ici… dans cet… accoutrement… » Je considère ma tenue décontractée, celle que je revêts lorsque je suis réfugié dans cette parenthèse de temps que crée ma villa, dessinée selon mes souhaits, bâtie selon mes désirs. Une parenthèse de temps que rien ne vient troubler. Une parenthèse de temps, une bulle fragile mais qui résonne pourtant d’une puissance rare, comme celle qui se réinstalle autour de nous, dans cette main que je lie à la sienne dans une douceur que je ne force pas. Une douceur que je redécouvre. « N’est-ce pas un signe de ma bonne… volonté ? » Les mots m’écorchent les lèvres, me semblent inadaptés. Et pourtant… « Je ne laisserai jamais rien vous arriver, Violet, soyez-en sûre. La question ne se pose donc pas. Mais… n’exigez pas de moi que je vous tienne informée de mes moindres faits et gestes, vous seriez déçue de ma réponse. » Ma voix vibre d’une certaine sincérité que je n’arrive pas à tout à fait dénuer de menace. Je navigue en eaux troubles, et le loup qui ignore comment nager se noie à petits feux. « Quant à faire partie de ma vie… » Il en est hors de question. Je romps brutalement la distance qui nous séparait encore pour cueillir ses lèvres, je romps le contact de nos mains enlacées pour perdre mes doigts dans sa nuque, cesser de l’embrasser et respirer. Respirer. « Ne comprenez-vous pas, Violet, que vous faites bien malgré moi, bien malgré vous, partie de ma vie, désormais ? » Ne comprend-elle pas ce que je n’ose formuler ? « Vous êtes la seule personne capable de réveiller en moi un homme que je pensais égaré. » Et qui l’est. Qui l’est toujours. Ma main dégringole de son épaule le long de son bras pour trouver ses doigts, les plaquer contre mon cœur. Avant de la lâcher, avant de reculer d’un pas, comme brûlé à un brasier. Je suis ridicule. Vulnérable. Pathétique. Fragile.


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Ven 13 Jan - 11:32

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Le silence. Un silence qui voulait tout dire. Voilà ce qu’obtint Violet pour toute réponse à sa question. Elle n’avait plus qu’à espérer qu’Alice Stevens subsisterait à son imprudence sans trop de mal. Et puis l’infirmière sortit bien vite de l’esprit de l’ergothérapeute. Il était difficile de penser à autre chose que Rafael lorsqu’on l’avait en face de soit. Et pour Violet c’était difficile de penser à autre chose que Rafael, tout court. Leur échange suivit son cours sans éclats de voix. Le ton de Violet n’en resta pas moins chargé d’amertume mais son visage conserva un air serein. Elle savait à quel point il était facile d’irriter l’homme-loup et l’ergothérapeute n’était pas vraiment d’humeur à affronter l’animal. A mesure qu’elle parlait, Violet perçut les mini-expressions qui ne laissaient aucun doute sur l’état de Rafael. Il commençait à s’agacer. La jeune femme le remarqua lorsque ses yeux se plissèrent puis lorsque ses sourcils se froncèrent à leur tour. Elle s’attendit à être interrompue mais à son grand étonnement, elle n’obtint qu’un « Certes. » contrôlé. Alors elle ne se gêna aucunement pour continuer à vider son sac. Il ne fallait pas qu’elle s’arrête, elle sentait que l’italien fournissait des efforts pour dompter le loup.

Le « non » murmuré par Rafael fut sciemment ignoré par Violet. C’était un fait elle l’aimait, et dans son esprit à elle, il fallait qu’il le sache. Qu’il l’entende au moins même s’il ne voulait pas écouter. Ce fut au tour de Violet de froncer les sourcils. Elle avait d’abord sourit en entendant Rafael se plaindre de ses vêtements. Pour lui cela n’était qu’un « accoutrement » pourtant il restait très classe et beaucoup mieux habillé que n’importe qui dans cet hôpital. Puis le sourire de la jeune femme s’était éteint lorsqu’il évoqua de nouveau le rejet. Pourquoi était-il tellement obsédé par cette idée ? Certes au début Violet l’avait en quelques sortes rejeté en refusant de le revoir. Mais désormais ce n’était plus le cas, du moins elle le voyait comme ça. « Rafael tu es très bien habillé… Et bien sûr que c’est un signe de ta bonne volonté. J’avoue que j’ai cru que je rêvais en te voyant là…» dit-elle dans un sourire léger. Avant qu’il ne poursuive, Violet eut le temps de déposer un baiser contre le dos de sa main. Il était drôle de constater la vision de Rafael concernant certaines choses. Malgré la maladresse de certains propos, l’ergothérapeute appréciait le moment. Elle écoutait attentivement chacune des paroles qui sortaient de la bouche de Rafael. Enfin ils communiquaient. Pas de remarques acides, pas de cris, pas de pleures. « Je ne veux pas que tu me dises tout ce que tu fais, c’est juste que je m’inquiéterais si ta santé venait à se dégrader c’est tout. Le reste… Tu m’en parles ou non c’est comme tu veux. Tant que tu n’es pas en danger. » Violet haussa les épaules. Elle était à mille lieux de s’imaginer ce dont Rafael était capable de faire pour remplir ses obligations. Elle aurait sûrement frôlé la crise cardiaque si cela avait été le cas. Non Violet continuait de regarder l’italien avec toute la douceur du monde peinte sur le visage.

La suite fut encore plus surprenante lorsque Rafael vint embrasser sa douce, qui s’était attendue à tout sauf à ça. De sa main droite désormais libre la jeune femme vint caresser la joue de l’italien. S’abandonnant un instant à ce baiser inattendu. Elle était si bien dans cette pièce qui semblait coupée du monde. Dans cette pièce dans laquelle le temps semblait s’être arrêté le temps d’un baiser. Baiser auquel Rafael mit un terme pour poursuivre. Violet continua de caresser sa joue de son pouce. Elle n’aurait pas voulu que ce moment s’arrête, voir Rafael comme ça tenait de l’ordre du rarissime. Violet le savait. Mais ce qu’elle entendit la fit sourire une nouvelle fois. Elle réalisa alors que Rafael tenait sûrement bien plus à elle qui ne voulait bien l’admettre. Encore pour l’admettre faudrait-il qu’il se l’avoue à lui-même. Chose qui était loin d’être gagnée. Relevant le menton, Violet vint déposer un furtif baiser sur les lèvres de l’italien avant de l’enlacer avec tendresse. Elle posa sa tête contre le torse de ce dernier avec douceur. Elle écouta les battements de son cœur. Allait-elle trop loin ? La jeune femme se recula avec un peu de précipitation. Elle eut soudain peur qu’un trop plein de tendresse soit la goutte de trop. Elle se contenta de mêler son regard clair à celui de Rafael. « Je me sens en sécurité avec toi. Même si tu t’y prends mal je sais qu’il ne m’arrivera rien. Je sais aussi que l’homme que tu pensais égaré est bien présent. Comme ce soir. Tu n’as pas à craindre de te dévoiler avec moi. Je ne te jugerai pas, je ne te blâmerai pas. » les mots de Violet étaient d’une sincérité déconcertante, elle pensait réellement ce qu’elle disait. Si elle avait avoué l’aimer, alors elle l’aimait pour tout ce qu’il était. Même quand il était infecte et qu’il laissait le loup prendre le dessus. Serait-ce encore vrai lorqu’elle apprendrait la vérité ? Pour l’instant elle en était loin. « Je ne te rejetterai plus. Quoique je fasse c’est trop tard maintenant. » trop tard pour faire demi-tour, trop tard pour refouler les sentiments qui faisaient battre le cœur de Violet à la chamade. « Tu as déjà dîné ? Je meurs de faim… On peut passer la soirée ensemble, à moins que tu aies quelque chose d'autre de prévu dans ce cas… » dit Violet d’un ton léger avant de mordiller sa lèvre. Elle voulait détendre l’atmosphère et puis ils n’allaient pas rester dans cette salle indéfiniment. Bien que l’ergothérapeute craignit soudain de quitter sa bulle pour affronter le monde extérieur.



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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Ven 20 Jan - 23:51

Parce que je t’aime. Mon non est un murmure, un murmure qui pourrait s’apparenter à une supplique si mon orgueil ne faisait pas barrage à de telles pensées. L’amour, qu’est-ce donc ? Je le sais, je l’ai su, j’ignore pourtant la réalité que ce terme recouvre. Aimer, aimer à en mourir, aimer à en perdre la raison, aimer à en crever, aimer à se perdre, à errer, aimer à tuer, aimer… un sentiment destructeur qui a accompli des ravages par bien des aspects. Un sentiment si fort qu’il en a traversé les siècles. Aimer. M’aime-t-elle ? Je ne parviens pas, les yeux rivés dans les siens, mes pupilles égarées dans les siennes, je ne parviens pas à lire dans ses mots le moindre mensonge. Sa sincérité est un doux aveu, un aveu au toucher aussi léger et chatoyant que de la soie. Mais un aveu blessant. Aimer… mon cœur est asséché, mon âme est aride. Plus rien n’irrigue mes sentiments, si ce ne sont ces fleuves de sang qui gouttent sur mes mains. Plus rien n’abreuve mes émotions, si ce n’est une pluie de colère, de la neige de haine déposée délicatement, accumulée, gelée et rendue plus dure que de la pierre par le temps. Je ne sais plus aimer. Aimer n’a pas de sens. Parce que je t’aime, mes pensées veulent lui hurler que ses mots ne sont que des inepties, des illusions, qu’elle se berce d’innocence et de candeur et qu’elle ne peut pas m’aimer. Que l’amour, finalement, n’a aucune réalité. Ce n’est qu’un jeu de l’esprit. L’amour est un mirage, un voile de poussière qui étouffe celui qui le respire. Que j’ai côtoyé, que j’ai perdu. Mes lèvres veulent la mettre en garde, lui dire que l’amour est devenu malsain, perfide, qu’il s’est infecté et que la seule solution que j’ai pu embrasser pour survivre, ça a été l’amputation. La gangrène de l’amour rongeait mon corps, rongeait mon âme, acidifiait mes veines. M’aime-t-elle réellement ? Je le crains. La réciproque est-elle vraie ? La question est tentante mais la question n’a pas lieu d’être. Parce que je n’y répondrai pas. Je n’y répondrai jamais. Jamais plus.

Même si, d’une certaine façon, mon accoutrement ridicule parle pour moi. Ma présence en ces lieux, à une heure si tardive et surtout, surtout sous le sceau de l’anonymat, est éloquente. Mes habits, faits sur mesure, sont loin de ceux qui habillent en temps normal le bras droit du Président, le Seigneur d’un autre temps, le Rafael qui veut imposer non seulement le respect mais aussi la crainte. Ce sont ceux d’un homme, ceux d’une personne qui souhaite se fondre comme jamais dans la masse et qui veut échapper le temps de quelques heures à la sinistre réalité de son existence. Ridicule, il n’y a pas de terme mieux adapter pour décrire mon apparence. La seule chose qui puisse être aussi ridicule que tout ceci, peut-être est-ce tout simplement cette angoisse qui me consume à l’idée que Violet me repousse encore une fois. « Rafael tu es très bien habillé… Et bien sûr que c’est un signe de ta bonne volonté. J’avoue que j’ai cru que je rêvais en te voyant là…» Une angoisse assourdie par son sourire, assourdie par ses mots. Très bien habillé. Ridicule, n’est-ce pas, que ce compliment me touche malgré ces épaisses armures de morgue et d’arrogance qui m’enveloppent. Ridicule, n’est-ce pas, que ce sourire qui naît sur mes lèvres en réponse. « Vraiment ? »  Un sourire mis à mal par toutes ces pensées qui me submergent par la suite. Mes yeux ne me transmettent pas des images nettes depuis plus d’une poignée de jours mais cela suffit à fertiliser à nouveau mon imagination. S’il m’arrivait quelque chose, je ne laisserai jamais rien lui arriver. Quant à lui faire part de mes moindres faits et gestes… « Je ne veux pas que tu me dises tout ce que tu fais, c’est juste que je m’inquiéterais si ta santé venait à se dégrader c’est tout. Le reste… Tu m’en parles ou non c’est comme tu veux. Tant que tu n’es pas en danger. » Il y a entre nous une nouvelle proximité. Bien différente de nos mains entrelacées, bien différentes de nos regards. Il y a entre nous une nouvelle proximité qui prend toute sa substance dans la réponse de Violet. Une réponse à mes propos qui répondaient déjà aux siens : nous conversons. Nous discutons. Nous échangeons. Calmement. La parenthèse de temps est encore là, elle nous drape de son manteau pour nous cacher aux yeux du monde, pour me cacher aux yeux perçants de mon orgueil, pour me voiler la face, aussi. « Je comprends. » Trois syllabes articulées dans un soupir. Trois syllabes, trois petites vérités. Je comprends. Je comprends son point de vue, sans pour autant l’accepter. Ne voit-elle pas qu’à mes yeux, confesser une faiblesse physique, c’est hurler une faille dans laquelle tous peuvent planter un poignard ? Tant que tu n’es pas en danger. J’héberge un loup perpétuellement acculé. J’héberge un prédateur chassé par l’homme. Je suis un prédateur qui chasse l’homme. Mes doigts caressent ses cheveux, viennent replacer l’une de ses mèches derrière son oreille.  Et ne rajoutent rien. Je comprends. N’est-ce déjà pas un petit pas en avant ?

Un petit pas inévitable. Elle fait partie de ma vie. Bien malgré moi, bien malgré elle. Mes lèvres libèrent les siennes, soupirent dans sa nuque. Respirent. Avouent. Avouent. Elle fait partie de ma vie. Cette réalité commence non pas à tracer son chemin de certitude dans mon esprit – voilà qui est déjà fait – mais prend à chaque battement de cœur conjoint un peu plus de densité. De persistance. Elle se grave dans mes pensées, sans que je ne puisse aller plus loin dans mes déductions. La seule personne capable de réveiller en moi un homme, un homme dont Noah lui-même a fini par avouer en reconnaître le cadavre dans mon regard. « Je me sens en sécurité avec toi. Même si tu t’y prends mal je sais qu’il ne m’arrivera rien. Je sais aussi que l’homme que tu pensais égaré est bien présent. Comme ce soir. Tu n’as pas à craindre de te dévoiler avec moi. Je ne te jugerai pas, je ne te blâmerai pas. » Je frémis. Involontairement. « Qu’y aurait-il donc à juger ? » je murmure, à mi-voix. Qu’y aurait-il donc à juger d’autre que mon être dans son intégralité ? Je ne te jugerai pas. Le loup pousse un hurlement, un hurlement de détresse. Comment le saurai-je ? Comment puis-je avoir la certitude qu’elle dit la vérité sans la mettre à l’épreuve de la façon la plus dangereuse pour moi ? Que ferais-je, s’il s’avère par la suite qu’elle mentait ? Le loup hurle, l’homme chuchote. Personne ne le saura. « Je ne te rejetterai plus. Quoique je fasse c’est trop tard maintenant. Tu as déjà dîné ? Je meurs de faim… On peut passer la soirée ensemble, à moins que tu aies quelque chose d'autre de prévu dans ce cas… » Une fraction de seconde, je la contemple, interdit. Tant par le changement de sujet, brutal, que par ce que je considère comme une promesse. Une promesse faite sur sa vie bien évidemment.

Interdit, aussi, par la pensée ridicule qui vient de s’imposer à moi. Si tu te trompes, Rafaele, personne ne le saura. Je ne te jugerai pas, vient-elle de dire. Comment puis-je lui faire confiance ? Si tu te trompes, Rafaele, personne ne le saura. L’homme insiste. Le loup grogne, sceptique. Mais attentif, et curieux oui. Le loup est un prédateur, le loup est un carnassier, mais le loup est pétri d’une loyauté sans limite et d’une curiosité. D’une curiosité qui, cette fois, permet à l’homme de gagner. Décrispe mes muscles, apaise ma respiration. Prend une décision. Une curiosité qui étrangle Rafael Morienval, fait renaître Rafaele Renzacci, Rafaele tout simplement. Je dégage des cendres un cadavre vieux de plusieurs années, je libère de l’ambre les résidus d’un homme dans l’espoir d’en réanimer quelques braises. C’est un risque que je choisis de courir. C’est un pari que je fais. C’est une… expérience que j’entreprends. La confiance est fragile, aussi fragile que les pétales d’une rose tout juste éclos et exposée au soleil, au vent et au gel. La confiance est fragile, j’entrouvre mes mains pour laisser apparaître aux yeux de Violet un bourgeon glacé par l’hiver. « Dîner avec vous serait un plaisir, Violet. Et ma soirée… n’était dédiée, à l’origine, qu’à un peu de solitude et de silence, avant que sans préméditation, mes pas ne me mènent ici. Considérez donc cela comme… et bien… » Mes mots se cherchent dans ma gueule. « une invitation. » Je tends la main, paume ouverte vers le haut. « Guidez-moi, Violet. Comme lorsque je ne voyais goutte. Qu’aimez-vous manger, où aimez-vous aller ? A présent que je vous vois, que je vous vois clairement, faites-moi découvrir ce que vous appréciez voir. » Un sourire, un sourire timide, s’étire sur mes lèvres tandis que mon souffle se raccourcit dans une anxiété mêlée de curiosité. « Vous avez cru rêver en me voyant arriver. Faisons-en sorte que demain, ce rêve n’ait pas les allures d’un cauchemar. Qu’en pensez-vous ? » Si tu échoues, Rafael, si elle te mentait, Rafael, personne ne le saura, n’est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mar 24 Jan - 10:31

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Le compliment sincère de Violet n’avait pas eu pour but de flatter l’égo de Rafael. Pourtant, comme s’il en doutait réellement, il demanda confirmation après que la jeune femme l’ait complimenté sur sa tenue. Violet se contenta d’hocher la tête à son « Vraiment ? ». Après quoi elle savoura le sourire qui courba les lèvres de l’homme-loup. Un sourire si rare qu’il ne fallait pas le rater. Une étoile filante qui illuminait le visage de Rafael. Tout d’un coup il sembla si doux, si calme et posé. Il sembla écouter avec attention ce que Violet avait à dire. Parce qu’elles étaient rares les fois où l’homme ne s’obstinait pas à déformer les propos d’autrui pour les transformer en ce qu’il voulait entendre. Se pouvait-il qu’il change ? Violet appréciait Rafael pour ce qu’il était, comme il était bien que des fois elle aurait voulu l’étrangler et lui faire avaler sa langue. Elle ne voulait pas qu’il change mais qu’il s’ouvre et qu’il cesse de s’obstiner dans ses idées parfois radicales et moyenâgeuses. Mais elle savait que le chemin serait long jusque là. Pourtant elle était prête à l’accompagner, ce qui était déjà bien car sûrement que d’autres se seraient découragés à sa place.

Le murmure de Rafael fut entendu in extremis par Violet qui haussa les épaules. Qui y’aurait-il à juger ? Elle ne savait pas trop. Elle ne pensait à rien en particulier. Sûrement que ses fonctions au sein du Gouvernement l’amenaient parfois à prendre des décisions difficiles. « Je le dis comme ça, pour que tu saches que quoique tu fasses je ne te jugerais pas. C’est pour te montrer mon soutien. » dit-elle dans un sourire assuré. De toute façon Violet ne savait pas trop ce qui se tramait aux services secrets du Gouvernement. Non seulement elle ne voulait pas être mêlée à ses histoires qu’elle savait parfois sordides et puis elle doutait que Rafael ne lui en parle un jour. Comme ça ils seraient quittes. Elle nageait dans un flou total et lui faisait ce qu’il avait à faire sans que cela ne pose problème. Violet sourit de nouveau tandis qu’elle regardait Rafael qui semblait légèrement pensif tout d’un coup. Alors elle se contenta de murmurer un « Je te le promets, arrête de te torturer. » avant de sourire un peu plus. Bien qu’elle soit persuadée de ne pas rêver, plus le temps passait, plus l’ergothérapeute se demandait si cela durerait ainsi. Mais les mots de Rafael la rassurèrent. Non seulement il accepta son invitation, mais ce dernier sembla décider à faire en sorte que leur rêve ne se transforme pas en cauchemar. Pour une fois, ils semblaient sur la même longueur d’onde. Pour une fois, aucune ombre ne vint assombrir le tableau. Pour combien de temps ? Violet l’ignorait encore mais elle était décidée à profiter de chaque seconde passée auprès de Rafael. Auprès de cet homme qui semblait s’ouvrir enfin.

Elle ne s’en rendit pas compte mais la jeune femme s’était mise à sourire. Elle ne s’était pas attendue à passer la soirée avec quelqu’un et encore moins avec Rafael, qu’elle maudissait encore une demi-heure plus tôt. Violet saisit alors la main que lui tendit l’homme-loup et acquiesça d’un signe de tête. « D’accord alors allons-y. Mais… » elle hésita un instant. Avant que Rafael n’arrive, Violet s’était déjà changé, décidée à rentrer chez elle le plus vite possible après qu’elle eut mis les choses au clair avec son collègue. Ses joues rougirent. C’était à son tour de se trouver mal habillée. Elle était vêtue d’un pantalon slim noir sur lequel retombait un pull lâche couleur taupe. A ses pieds des bottines en cuir se raccordaient à la pochette que la jeune femme portait en bandoulière. Violet se pinça les lèvres mais ne fit aucune remarque. « Rien. Mais passons par derrière. » sur ces mots la jeune femme serra un peu plus la main de Rafael dans la sienne et l’entraîna à l’extérieur via un passage réservé aux employés. Par chance ils ne croisèrent personne, Violet n’avait pas voulu passer par l’allée principale car elle avait peu qu'un nouveau scandale éclate. Elle doutait qu’Alice soit allée répéter quoique ce soit à ses collègues, mais la précaution restait de mise.

Une fois à l’extérieur Violet garda la main de Rafael dans la sienne. Elle semblait ravie. Dire qu’elle avait passé ces derniers jours à se persuader que c’était terminé. Qu’il ne changerait jamais et qu’il fallait qu’elle avance, qu’elle mette de côté ses sentiments même si cela lui brisait le cœur. Comme quoi avec cet homme là, tout était possible. La moiteur de la Nouvelle-Orléans contrasta avec les locaux climatisés de l’hôpital. De sa main libre Violet passa une main dans sa chevelure brune. Un tic qu’elle avait lorsqu’elle se mettait à réfléchir. Où allait-elle l’emmener ? « Rafael… Tu as déjà mangé mexicain ? Tu sais que je suis mexicaine pas vrai ? » demanda-t-elle d’un ton léger. C’était un détail qu’elle n’avait jamais partagé. A vrai dire elle ne s’en souvenait plus vraiment. Sur son visage un air malicieux vint éveiller ses traits. Rafael était habitué au luxe, à ces restaurants dans lesquels les couverts occupaient la table par milliers. Dans lesquels de longues nappes blanches couvraient les tables et où les serveurs exhaussaient vos moindres désirs. Alors l’imaginer manger des fajitas aurait presque fait rire Violet. « Je suis sûre que tu vas adorer. » elle hocha vivement la tête, comme pour rassurer l’italien qu’elle guidait à travers les rues. Rues qui grouillaient déjà de monde et auxquelles faisaient écho des notes de jazz. Elle ne savait pas quand est-ce que Rafael se refermerait de nouveau, dans une heure ? Une semaine ? Un mois ? Elle ne voulait pas y penser. Elle ne pouvait pas se dire que le temps lui était compté. Pour l’instant l’italien semblait apte à partager ce rêve alors autant en profiter. Violet l’avait fait sortir de sa forteresse et désormais l’emmenait en ville et ce, malgré son accoutrement qu’il trouvait « ridicule ». Il ne lui en fallut pas plus pour être convaincue de la bonne volonté de son amant.



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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Dim 29 Jan - 10:27

Qu’y aurait-il donc à juger ? Ma discussion avec Duncan s’impose à mon esprit lorsque mes lèvres articulent cette question. La dévoilent à mon âme tout autant qu’à Violet. Qu’y aurait-il donc à juger, qu’y aurait-il donc à ne pas juger dans mon comportement ? A quoi suis-je donc en train de jouer, aussi, à me laisser porter par des instincts qui ne suivent aucune logique, aucune raison, en venant la retrouver pour renouer avec elle, en souriant à ses compliments avec le naturel timide d’un homme qui se redécouvre ? Suis-je en train de me perdre, comment puis-je m’abaisser à la croire alors que sa gentillesse, sa simplicité et sa candeur ne peuvent être, aux yeux d’un loup blessé de multiples fois par de multiples trahison, que les traces d’une duplicité et d’une hypocrisie ne visant qu’à le détruire. Comment, enfin, puis-je lui faire confiance et trahir tout ce que j’ai pu affirmer à Duncan des semaines plus tôt ? « Je le dis comme ça, pour que tu saches que quoique tu fasses je ne te jugerais pas. C’est pour te montrer mon soutien. » Le sourire de Violet est l’un des éléments de réponse à cette question, mon âme en perdition, mon âme égarée, déposée sur une mer en furie, en est un autre. Comment puis-je la croire ? Son murmure s’immisce dans les recoins de mon esprit, contrebalance le personne ne le saura chuchoté par l’homme. « Je te le promets, arrête de te torturer. » Une promesse est bien des choses, mais ce n’est en rien une certitude. Pourtant… mes pensées voltigent, cherchent une ancre pour s’immobiliser, luttent et débattent dans mon silence. Si je fais une erreur, qui le saura ? Personne. Je ne la laisserai pas s’en vanter, je ne la laisserai pas le divulguer. Si je me trompe, si je manque de discernement… qui le saura ? Personne. La curiosité s’impose petit à petit, couplée à une envie dévorante de revivre. De quitter mes protections prudentes et de me montrer téméraire, d’une certaine manière. De faire renaître celui que je jurais mort et enterré, réduit à l’état de charpie et de cadavre. Je souffle sur la terre, j’expire mon arrogance, j’inspire cette curiosité, je repousse mes limites et me réfugie dans le recoin de mon âme pour faire éclore une confiance risquée. Quelques mots prudents. Quelques mots inquiets. Quelques mots maladroits, pétris dans une assurance illusoire, dans un tissu d’angoisse. Ma main est tendue, ma paume est ouverte, offerte. Et je me rends compte, sans la quitter du regard, que son sourire est l’unique chose qui me maintienne à flots, la seule chose qui me permette de ne pas faire marche arrière. Son acquiescement est un soulagement qu’un soupir s’échappant de mes lèvres laisse transparaître sans tarder. « D’accord alors allons-y. » Un soupir qui se transforme en moue interrogative sous son « Mais… » importun. « Mais… ? » Mes doigts s’entrelacent dans les siens, mes yeux se posent sur elle, refusent de se détacher de sa silhouette. « Rien. Mais passons par derrière. » Je reste interdit une fraction de seconde, le temps que nos mains jointes se distendent et que je me décide à la suivre, dans une tension peu commune. Le loup hurle que c’est indigne de moi, l’homme reste étrangement silencieux. Curieux quant aux minutes, aux heures qui se profilent à l’horizon. Ne lui ai-je pas demandé de me guider dans son univers, pour chercher à saisir ce qui s’obstine à fuir mon emprise, une compréhension de son essence qui me paraît illusoire.

L’air frais de la vie nocturne me surprend à l’instant où nous sortons du bâtiment par des voies détournées qui ne me laissent pas dupe : Violet s’est échinée à ce que notre route n’en croise aucune autre ; j’ignore seulement qui elle a pu chercher à satisfaire, je me contente d’inspirer et d’expirer longuement. L’air frais de la vie nocturne ne tarde pas à se transformer en moiteur lourde et étouffante. Mes doigts quittent un instant les siens pour que mes verres protecteurs m’aveuglent à nouveau partiellement, m’isolent des éclats de lumière, m’enveloppent de leur sérénité. Ainsi tamisée, la lumière se fait à son tour insaisissable, me masque une partie des mouvements de Violet, son odeur s’impose et tous mes autres sens s’emballent à sa proximité. Mes yeux m’aveuglent par bien des aspects, monopolisent mon attention ; je me rends compte que la vue n’est, finalement, qu’un sens bien superflu comparé aux autres. Sa main dans la mienne m’ancre dans le présent, ses sourires sont des récompenses, le silence, lui… « Rafael… Tu as déjà mangé mexicain ? Tu sais que je suis mexicaine pas vrai ? » Un sursaut de surprise. Mexicain ? Mes lèvres articulent avec automatisme un assuré « Bien évidemment… » qui a le goût douceâtre du mensonge. Mexicaine, mexicain, je crois percevoir là une nationalité, à moins que ce ne soit un de ces régimes alimentaires qui me dépassent et n’éveillent en moins qu’un mépris doublé d’un dédain hautain. « Je suis sûre que tu vas adorer. » Elle hoche la tête avec conviction, j’affiche sans pouvoir m’en empêcher une moue bien plus circonspecte. « Très certainement… » Mes mots sont chargés d’un scepticisme que je ne cherche pas une seule seconde à masquer, des mots prononcées d’une voix crispée par l’appréhension alors que nous nous enfonçons dans une foule que même ma cécité forcée ne me permet pas d’ignorer. Mon souffle, dans ma poitrine, se raccourcit à chaque mètre effectué. Le loup fourmille sur mon épiderme, il ne me faudrait qu’un soupir pour le laisser prendre ma place et me conduire en sécurité, loin de tout cela. Mais je me contente de serrer davantage la main de Violet, de rester à proximité et de fermer les yeux pour me concentrer sur elle. Sur son odeur qui se démarque de la transpiration de la foule. Sur sa respiration, sur une seule idée : si tu veux redevenir un homme, il faut combattre la bête. Lutter, rien qu’une fois, lutter contre mes instincts primaires, lutter contre ces instincts auxquels je me suis bien trop laissé aller ces derniers mois. Lutter, figer mon regard dans la nuque de Violet, suivre les mouvements de sa chevelure. Lutter et se concentrer. Lutter, rien qu’une fois, juste pour tester, juste pour savoir si je suis encore capable de lutter. Comment peut-elle vivre dans un tel milieu ? Comment peut-elle survivre sans être martelée de toute part par des envies de meurtres et des hurlements de colère ? D’angoisse ? Nous nous arrêtons devant un établissement encastré dans une ruelle, ma respiration accélère. L’espace est moindre. La foule est dense. Ma voix se perd. « Violet… Êtes-vous bien sûre que… » Mon regard oscille entre la bâtisse animée et la rue bien plus hostile encore par la foule qui s’y meut. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, ma respiration s’accélère, mes mouvements se font brusques : « Entrons, vous me présenterez à l’intérieur les… » La panique s’accentue, me fait trébucher maladroitement dans mes pensées. Le loup a les foules en horreur, les lieux clos créent en lui une angoisse que je partage, vestige de multiples enfermements de l’animal durant ses sept siècles d’errance. « … particularités d’un régime mexicain et ce que vous a poussé à l’adopter. »


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mar 31 Jan - 12:43

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
En quittant l’enceinte de l’hôpital Violet se sentit soulagée. Elle s’en serait presque voulut d’ailleurs. Son métier était l’une des choses qu’elle chérissait le plus au monde. Son métier était une valeur sûre, quelque chose dans laquelle elle se confortait, dans laquelle elle s’épanouissait. Cela faisait des années qu’il était la source de son bonheur. En avisant Rafael revêtir ses lunettes, elle se rendit compte que désormais, lui aussi était la source de son sourire. Elle se rendit compte à quel point les jours passés à lui en vouloir l’avait affectée. Bien plus qu’elle ne saurait l’avouer. Car mine de rien, elle aussi savait être têtue. La jeune femme se pressa pour ressaisir la main de Rafael.  D’ailleurs l’italien sembla avoir du mal à masquer son scepticisme. Violet fit la moue mais de préféra ne rien dire. Elle se demanda si Rafael aimerait vraiment la nourriture mexicaine ou s’il la détestait déjà mais qu’il serrait les dents dans l’espoir de ne pas la vexer. Pour ne pas partir sur un terrain glissant, la jeune femme ouvrit la marche à travers les rues animées de la Nouvelle-Orléans.

Plus leur destination approchait, plus la foule se faisait dense. Le passage était parfois pénible. Violet sentait Rafael lui serrer la main. Parfois elle lui jetait une œillade compatissante. Bien qu’elle n’ait rien contre les promenades à travers la ville, Violet n’était pas forcément friande des bains de foules. Et tandis que Rafael se manifestait, elle commença à se dire qu’il avouerait enfin haïr la nourriture mexicaine.  « Tu n’aimes pas la… » à peine eut-elle le temps de parler qu’à sa grande surprise, l’italien lui indiqua d’entrer. Et puis la suite de ses propos eut le dont de faire sourire Violet. La jeune femme s’arrêta devant la devanture colorée du restaurant. L’endroit s’avéra légèrement moins agité. Tenant toujours la main de Rafael dans la sienne, Violet continuait de sourire. C’était plutôt un sourire affectueux qu’un sourire moqueur. « Rafael je… Enfin. Je suis née au Mexique alors je l’ai adopté grâce à mes parents. C’est d’ailleurs pour ça que je parle espagnol. Mais je ne t’en ai jamais parlé alors tu ne pouvais pas deviner, pas vrai ? » elle haussa les épaules. Surtout ne pas le mettre dans une situation inconfortable. Il ne fallait pas qu’il se braque, qu’il lâche le loup. Alors Violet avait fait preuve de tact et d’une délicatesse inouïe.

A travers les fenêtres on pouvait apercevoir la décoration atypique du restaurant. Il y avait des couleurs partout et il semblait y avoir du monde. Violet hésita un instant puis elle tira la porte de l’établissement duquel s’échappait des notes de musique mexicaine traditionnelle. « On va prendre à emporter et on pourra aller manger chez toi si tu veux. Tu crois que quelqu’un pourra  venir nous chercher ? » demanda Violet qui commençait à comprendre que Rafael faisait tous les efforts du monde pour lui faire plaisir et se mêler à son monde.  Mais tandis qu’elle franchissait la porte du restaurant que déjà un homme s’approcha d’eux. C’était un cliché à lui seul. Brun le teint halé, la bouche habillée d’une moustache garnie. Un sombrero sur la tête et deux autres plus grands dans les mains. Il s’approchait d’eux… Il s’approchait d’eux ! Violet pria pour que son hypothèse soit fausse. Pourtant déjà l’orchestre au fond de la pièce se mit à jouer plus fort. L’homme vint poser les chapeaux folkloriques sur la tête des nouveaux arrivants. « Félicitations Senior, Seniora, vous êtes les 100ème clients de la journée. » annonça l’employé avec un accent espagnol à couper au couteau. Il n’en fallut pas plus à Violet pour devenir rouge écarlate. Tout le monde s’était mis à applaudir. Doucement, très doucement, la jeune femme se tourna vers Rafael. « Au Mexique ce sont les gens très importants qui portent ce genre de coiffes ! » assura-t-elle en hochant vivement la tête. Elle se tourna à nouveau vers l’homme qui leur indiquait déjà une table.

« Mon ami n’aime pas vraiment attirer l’attention. C’est un homme très important vous savez. Je ne voudrais pas vous causer d’ennuis. En plus nous n’allons pas rester. Je pense qu’on va juste commander. » dit Violet dans un espagnol parfait. L’homme sembla tout penaud.  « Faites comme si tout allait bien, faites comme s’il était un seigneur. Parce que croyez-moi, c’en est un. » assura Violet avant de se retourner vers Rafael et de lui accorder un sourire radieux pour masquer sa gêne.

Le petit homme moustachu osa à peine le regarder.  « Si tu veux on peut partir Rafael. Je suis désolée pour ça. Ne soit pas fâché, tu sais au Mexique les gens avaient l’habitude d’être très chaleureux. » dit-elle en se pinçant les lèvres. Les curieux poursuivaient leur repas, le petit moustachu était visiblement parti chercher quelque chose. Violet espéra que ça ne serait pas une Piñata géante auquel cas elle commencerait sérieusement à s’agacer. Dans un sens, Violet aurait voulu rire. Elle trouvait ça drôle et la convivialité ne l’avait jamais dérangée. Mais elle savait les efforts fournis par Rafael, elle savait que ce genre de démonstrations n’était pas quelque chose que l’homme-loup appréciait. Elle savait que pour ça l’établissement pourrait certainement être fermé. Tandis qu’elle attendait, anxieuse, une réaction de la part de Rafael, le serveur revint en tenant une bouteille de Mezcal visiblement hors de prix vue son allure. Au moins il avait compris ce que Violet lui avait dit, c’était déjà un point positif dans toute cette mascarade.


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Dim 5 Fév - 23:43

Quitter l’Adventist Hospital est un premier pas. Le faire par des voies détournées, une nouveauté. Je ne suis pas de ceux qui se cachent, je suis de ceux que l’on voit, de ceux que l’on expose. Depuis ma plus tendre enfance, on m’a montré, on m’a mis en avant pour ce que j’étais, pour ce que j’allais être, pour ce que j’étais destiné et à devenir, et à inspirer. La puissance. La force. Le charisme et la crainte, la peur et l’envie. Traîner dans les ombres, m’effacer de la scène pour prendre les couloirs destinés aux serviteurs, ça n’a toujours été qu’un jeu, qu’une fuite, qu’un sursis bienvenu mais toujours plus rare. Et cette fois, cette fois n’y fait pas exception. Quitter l’hôpital par la porte de service a le goût de l’imprévu, un goût qui attise en mon sein l’angoisse de l’inconnu. De l’absence de contrôle. Ma main est perdue dans celle de Violet, comme un point d’attache sur lequel me concentrer pour ne pas me perdre. Pour lutter contre mon instinct, pour lutter contre la bête que j’ai laissé gagner bien trop de fois, bien trop longtemps. Mes doigts et les siens sont liés, comme des amarres retenant le bateau dans le flot déchaîné de ses craintes et de ses rejets, de ses peurs et de ses défenses. De son orgueil, aussi, qui me hurle de ne pas m’abaisser à ça. Un orgueil qui a, lui aussi, régné bien trop longtemps maître dans ma psyché en morceaux.

La lumière tamisée est forte à mes pupilles craintives, elle justifie le retour devant mes prunelles de verres faits pour m’aveugler, conçus pour filtrer tant et si bien les éclairages que je n’y vois guère plus que des silhouettes et des incertitudes. Je me place de moi-même dans un terrain instable pour me concentrer sur mon environnement et oublier que je suis en train de faire confiance à Violet. Pour me pousser, aussi, à lui accorder une confiance qu’elle mérite pourtant. Et qu’elle ne devrait pas mériter. Qu’ai-je promis à Duncan, déjà ? De ne pas me perdre en imprudence, de ne pas m’en remettre totalement à cette femme insaisissable qui s’est emparée de moi sans que je ne le veuille, sans que je ne l’accepte, sans que je ne puisse lutter d’une quelconque manière. Insaisissable dans ses réactions, imprévisible dans ses attitudes, incompréhensible jusque dans ses propos et ces termes qu’elle emploie avec naturel qui me sont pourtant inconnus. Mon mensonge parle pour moi, dans un aveu doublé d’un réflexe. Si je vais adorer, mon scepticisme s’affiche tandis que je lutte pour cacher mon ignorance flagrante. Tandis que je lutte pour survivre à cette foule dans laquelle elle m’emmène, dans laquelle elle me guide ; une foule dans laquelle ma respiration ne cesse de s’accélérer, en réponse à la panique montante, la panique croissante de l’homme et de l’animal, en parfaite symbiose dans leur terreur. Je lutte l’animal, je lutte contre l’envie de disparaître, d’attaquer pour faire disparaître, je lutte contre l’envie de disperser les roturiers, les pécores qui nous entourent et m’empêchent de respirer par leur seule abondance, je lutte et lorsque le pas de Violet ralentit enfin, lorsque nous nous arrêtons devant une gargote des plus misérables. Des plus peuplées, aussi, si j’en crois les odeurs, rances et lourdes, les discussions, grasses et incessantes, les rires, les bruits, les bruits… omniprésents. Est-elle sûre qu’il faille réellement… J’inspire, pour tenter de dénouer dans ma poitrine ce nœud d’angoisse qui y a pris ses aises, j’inspire pour observer la rue, d’où nous venons, la place, où nous allons… L’immobilité est finalement pire que l’incertitude. « Tu n’aimes pas la… » Je la coupe pour l’inviter à entrer, pour tenter de dissiper l’affolement du loup, le garder sous mon contrôle. Mes propos se font confus, conséquences certaines de l’absence de clarté dans mon esprit. Finissons-en, finalement, finissons-en de cette soirée, de cette mascarade, de cette danse dont j’ignore les pas et qui me semble plus dangereuse que tout le reste. Malgré mes verres teintés, son sourire me transperce, ne parvient pas à dérider mon visage tendu d’angoisse. Angoisse. Un sourire que je sais bienveillant mais qui m’irrite de moquerie. Une moquerie raffermit par la correction qu’elle a l’élégance de tourner de la façon la moins humiliante possible. « Rafael je… Enfin. Je suis née au Mexique alors je l’ai adopté grâce à mes parents. C’est d’ailleurs pour ça que je parle espagnol. Mais je ne t’en ai jamais parlé alors tu ne pouvais pas deviner, pas vrai ? » Si elle ne m’en avait pas parlé, en effet, comment aurais-je pu le savoir ? Son tact et sa diplomatie sont les bienvenus, voire indispensables. J’hoche la tête, acceptant sans ciller l’excuse qu’elle me propose, laissant mon ego blessé s’en contenter, le laissant aussi s’exprimer d’une voix légèrement crispée et guindée. « Tout à fait. Malgré ma fonction, j’ai pris le parti de respecter votre vie privée. Peut-être n’aurais-je pas dû me faire aussi chevaleresque… » Un léger sourire trace son chemin sur mes lèvres, ma mâchoire contractée en anéantissant le peu de naturel et de chaleur qu’il pouvait contenir.

La porte s’ouvre enfin, mes mains s’emparent du montant pour la tenir à Violet, la préséance allant dans ce genre de situation toujours à la jeune femme et non à l’homme. La musique, si particulière, si dissonante, m’arrache un rictus que je ne peux faire totalement disparaître. Rictus que les propos de ma guide ne font que renforcer. « On va prendre à emporter et on pourra aller manger chez toi si tu veux. Tu crois que quelqu’un pourra venir nous chercher ? » Je la laisse franchir la porte le temps d’analyser sa demande et surtout, les conséquences qu’une telle mesure pourrait avoir par la suite. « J’apprécie l’attention et je pense qu’il serait en effet préférable de nous retrancher aussi vite que possible dans des lieux moins… » Le terme hostile s’entremêle au répugnant, bruyant et effroyablement angoissant qui qualifiaient déjà cet environnement. L’envie de lui concéder une nouvelle fois un mensonge me titille, se fait attirante, attrayante par bien des aspects. Si séductrice que j’en viens à froncer les sourcils. Mentir, attaquer, me défendre… n’ai-je pas, lorsque j’ai accepté cette soirée en présence de Violet dans son environnement, choisi pour une fois de changer de comportement, de cesser d’être une bête pour redevenir un homme ? « inquiétant » murmurent mes lèvres après quelques battements, dans une honnêteté dérangeante. « Mais si vous souhaitez rester ici,… c’est votre soirée, Violet, je doute que… » Je doute que les choses puissent être pire qu’à présent et je peux supporter tout cela, voilà ce que je comptais dire.

Voilà des propos, aussi, qui meurent dans ma gorge lorsqu’une personne hostile par sa moustache et son large sourire, hostile par son rayonnement, par sa tenue ridicule et… folklorique, s’approchent déjà de nous, armé de deux couvre-chefs aux allures bien singulières. La musique, déjà fort désagréable, s’amplifie de concert, ma poigne se raffermit quant à elle autour des doigts de Violet et je dois me faire violence pour desserrer mes phalanges avant de briser les siennes. « Violet… » Ma voix vibre de menace, vibre aussi des grognements du loup. Menacé. Humilié aussi. Je m’astreins à une immobilité figée, à un regard des plus noirs lorsque les couvre-chefs échouent précisément là où je le craignais : sur nos têtes. Ma respiration reste sous mon contrôle, le loup s’imagine déjà moult manières de réduire cet imbécile au silence, la plupart se terminant dans un bain de sang que Violet risquerait de me reprocher par la suite si je les mettais en œuvre. « Félicitations Senior, Seniora, vous êtes les 100ème clients de la journée. » Un tic agite mes lèvres, contractées dans un sourire forcé. 100ème clients de la journée ? J’expire lentement, me contraignant comme un peu plus tôt avec l’infirmière au silence pour mieux laisser Violet se charger de faire la conversation. Et comme un peu plus tôt, il n’en faut guère pour user de ma patience : les applaudissements nous plaçant au centre de l’attention aurait pu m’apaiser s’ils n’avaient provoqué sur les joues de la jeune femme une rougeur charismatique. Je lâche sa main brusquement. « C’est as… » « Au Mexique ce sont les gens très importants qui portent ce genre de coiffes ! » « …sez » J’inspire. « Les gens très importants, vraiment ? » Ma question échoue sans réponse, Violet s’étant déjà tournée vers notre si charmant hôte.

Il n’y a rien, dans ses propos, qui puisse me permettre de comprendre l’échange, ma main se pose sur son épaule pour maintenant malgré tout le contact et un semblant de maîtrise de la situation. Quelques sons me sont familiers, d’autres se contentent de me le paraître. J’entends le terme signore, encore une fois, amico, aussi, bien que déformés. Uomo trace son chemin, tout comme importante qui flatte l’orgueil trop de fois malmené du Signore. Mes épaules se détendent lentement, le loup retombe sous mon contrôle lorsque l’homme, enfin, semble comprendre où est sa place et cesse de me fixer. Craint, même, de me fixer. Chose que je préfère à son attitude précédente.

« Si tu veux on peut partir Rafael. Je suis désolée pour ça. Ne sois pas fâché, tu sais au Mexique les gens avaient l’habitude d’être très chaleureux. » Si tu veux. Ne sois pas fâché. Chaleureux. Je reste silencieux, suivant du regard l’homme à la moustache qui s’éloigne de nous. D’un pas, je crée une petite distance entre elle et moi, mes doigts viennent cueillir la coiffe apparemment réservée aux personnes importantes. Un bien pauvre pays que le Mexique, si j’en crois la confection de la chose. Pour coiffer ses seigneurs avec de la paille, les pauvres hères ne devaient guère être riches et c’est certainement pour cette raison que ce pays est tombé à ce point dans l’oubli pour que je n’en ai connaissance. Partir, l’idée est tentante. Bien trop. Je prends le temps d’observer ce qui nous entoure, non sans une certaine curiosité que je suis loin de feindre. Tout m’insupporte, ici. Des couleurs trop vives aux clients trop bruyants en passant par cet ensemble bien trop exubérant. Pour un homme ayant grandi dans un univers de retenue, de codes et de règles, tout cela n’est qu’anarchie. Ce n’est pas mon univers. Ce n’est pas mon monde. Mais c’est le sien. « Si je le veux, on peut partir en effet. Mais… n’ai-je pas souhaité connaître votre monde, Violet ? Je refuse d’être lâche et de faire marche arrière à la première… difficulté. » J’ôte mes verres l’espace d’un instant pour plisser les yeux et fixer mes prunelles dans les siennes. L’étrange chapeau irrite la pulpe de mes doigts, me rappelle leur sensibilité et éveille en moi des réminiscences d’un ancien temps où mes tenues pourtant seigneuriales pouvaient elles-aussi sembler ridicules une fois mises en contraste avec celles plus contemporaines du vingtième siècle. « Je n’ai plus l’habitude de côtoyer des êtres aussi simples que ceux qui nous environnent. Mais ça peut être… instructif. » Je ne cherche pas à être offensant, vraiment, et si je le suis, ça l’est bien malgré moi. « Cette atmosphère est une part de vous, si j’en crois vos propos sur vos origines. Je vous apprécie, peut-être qu’avec un peu de patience verrai-je dans tout cela un éclat de votre personnalité que j’aime et en arriverai-je à… endurer le reste. » J’esquisse un sourire, si léger, si fragile qu’il disparaît à l’instant où l’énergumène moustachu refait son apparition.

Une bouteille, vraisemblablement d’alcool, entre les mains qu’il me tend sans plus tarder. Pense-t-il réellement que je vais toucher cette… chose crasseuse et poussiéreuse ? D’un mouvement de main, je l’invite plutôt à remettre ce que je comprends être un présent à Violet. « Aubergiste, pouvez-vous faire libérer… » Mes yeux parcourent la pièce, le loup et le prédateur laissent parler leur instinct et je désigne sans hésiter la table la mieux située de la pièce, légèrement en retrait, tout en ayant une visibilité certaine sur les différentes issues. « … ces places ? Vous serez bien aimables. » J’ai l’habitude qu’on m’obéisse, je soutiens son regard quelques battements de cœur le temps d’être certain qu’il obtempérera, avant pour fixer celle qui justifie à elle seule ma présence en ces lieux. « Violet, je vous assure que je tiens, très sincèrement, à en apprendre plus sur vous, à vous connaître, à… être avec vous juste un homme qui… se promène avec la femme qu’il… apprécie. » La table de mon choix est libre, je tends la main à Violet. « Parlez-moi du Mexique. Où est-ce que cela se situe ? »


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mer 8 Fév - 13:26

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Sa main presque broyée par Rafael, Violet comprit que la situation pouvait déraper à n’importe quel moment. Une vague de stress l’envahit alors. La jeune femme devint rouge écarlate, elle crevait de chaud. Ce fut pire lorsque les sombreros atterrirent sur leur crâne. Les dernières paroles de Rafael déjà avait laissé entendre que l’endroit ne lui était en rien agréable. Chose dont Violet aurait dû se douter. Elle n’avait pas prévu l’élément perturbateur qu’était  cette « distinction » d’être les centièmes clients de la journée. Pas vraiment le temps d’écouter la réplique de l’italien, Violet s’était empressée de mettre les choses au clair histoire de limiter la casse. Histoire d’éviter un scandale. Scandale que Violet pouvait sentir dans la douleur de ses phalanges malmenées par Rafael. Et puis finalement lorsque le petit homme s’éloigna et que Violet se retourna vers l’homme-loup, ce dernier usa d’abord de silence en s’éloignant d’un pas. La jeune femme ne sut pas trop comment interpréter cette soudaine distance. Elle baissa légèrement la tête, son sombrero masquant partiellement son visage. Qu’avait-elle cru après tout ? Rafael était un seigneur, un homme richissime qui n’avait jamais été dans le besoin. Un homme adulé, digne, préparé à une vie faite de faste et de luxe. Alors l’emmener dans un restaurant mexicain, lui mettre un chapeau de paille sur la tête ne pouvait que s’apparenter à une humiliation pour lui. Mais à son grand étonnement, lorsque Violet releva la tête, Rafael –qui avait retiré son sombrero- réitéra son envie de connaître le monde de sa belle. Belle qui s’était mise à sourire en cherchant le regard de l’homme-loup derrière ses verres sombres.  « Tu ne serais pas lâche. » murmura-t-elle en retirant à son tour le chapeau de son crâne. Et lorsqu’enfin Rafael libéra ses yeux, Violet, au regard qu’il lança sur la salle, comprit comme cela pouvait lui paraître surprenant et déroutant comme endroit.

Comme à son habitude, dans la suite de ses propos, Rafael redoubla de maladresse. Violet sourit malgré tout. Elle était jeune, elle ne pouvait pas comprendre ce que c’était que d’avoir vécu des siècles. D’avoir vécu à une époque dépassée dans laquelle des principes archaïques régissaient le monde et les gens. Alors même si dans un sens, ces gens et cet endroit lui paraissaient « simples », Rafael semblait vouloir fournir de nouveaux efforts. Violet hocha doucement la tête. Elle voulut parler mais le petit moustachu était revenu. Sur la consigne- non-explicit- de Rafael, l’homme tendit la bouteille à Violet. La jeune femme était gênée car en soit, l’alcool était interdit, et elle savait parfaitement que cette bouteille devait être un trésor caché, masqué aux yeux de tous. Elle se doutait aussi que l’employé devait être à mille lieux de s’imaginer qu’il avait un des hauts-gradés du Gouvernement sous les yeux. Alors Violet lui murmura un « Gracias. » discret sans s’étendre sur le breuvage contenu dans la bouteille. Lorsque Rafael appela l’homme « Aubergiste » Violet se retourna vers lui, un sourire amusé au coin des lèvres. Plus personne n’appelait les serveurs comme ça. C’était dans ces moments là que la jeune femme se rendait compte qu’effectivement, Rafael appartenait à une autre ère. Laissant son regard plongé dans celui de l’italien, Violet fut amusée par les termes employés avec minutie. « Ah et je suis donc la femme que tu apprécies, c’est ça ? » taquina-t-elle. Leur table libre, le petit moustachu passa près deux pour récupérer les sombreros. L’ergothérapeute se saisit de la main de Rafael avec toute l’affection du monde et suivit ce dernier jusqu’à leur table. Ils étaient à l’écart et la musique ambiante se faisait plus discrète. Sur la table était posé un bouquet de fleurs multicolores, Violet l’observa avec une certaine nostalgie dans le regard. Puis elle se souvint de la question de Rafael. Après avoir posé la bouteille près de sa chaise, elle glissa sa main droite sur la table, l’invitant tendre la sienne.

« J’apprécie les efforts, vraiment. Je ne pensais pas que tu accepterais de rester. Tu es un ange assura-t-elle avant de soupirer le Mexique se situe, ou plutôt se situait juste au sud des Etats-Unis. A l’époque le pays a été colonisé par les espagnols. Du coup la langue est restée. C’était un pays assez pauvre et dangereux avec la mafia etc… Je suis vite partie pour venir à New-York parce que mes parents…» elle se tut. Violet était courageuse, Violet était douce et pas rancunière, mais Violet était aussi fragile. La cicatrice laissée par l’activité immonde de ses géniteurs restait une plaie béante qu’elle tentait de masquer au quotidien. Bien qu’elle tenta de cacher son trouble, on pouvait aisément deviner que quelque chose n’allait pas. Pourtant Violet s’efforça de sourire. Rafael aurait été capable d’appeler les urgences pour si peu. A cette pensée elle sourit un peu plus. Elle se saisit sans attendre de la main de l’italien pour venir en embrasser le dos du bout des lèvres. Et tandis qu’elle allait essayer de se rattraper, l’homme moustachu la sauva en leur apportant la carte. « On va prendre des fajitas, Senior, merci. » l’homme acquiesça et ne se fit pas prier pour faire demi-tour. Le regard clair de Violet s’attarda un instant sur la salle avant de revenir se poser sur Rafael. « C’est très bon tu vas adorer. Tu me fais confiance pas vrai ? » demanda-t-elle en inclinant légèrement la tête, espérant que sa gêne ait disparue.



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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Sam 25 Fév - 11:47

Vulnérable. Je suis vulnérable, je suis si fragile que ma main lovée dans celle de Violet est le seul point d’attache qu’il reste à mon humanité pour ne pas être balayée comme un fétus de paille devant les grondements du loup terrifié. Tout, autour de nous, tout n’est qu’agressions. Tout n’est qu’un ensemble de menaces, un ensemble d’insultes, un ensemble d’attaques qui accentuent à chaque seconde mon état de tension. De la jovialité de celui qui nous accueille à ses attentions très chaleureuses en passant par ces attributs ridicules dont il nous affuble avec le sourire, tout me débecte et me rebute, tout me fait comprendre à quel point je n’appartiens pas à ce monde-là. Sans Violet, je serais déjà en train de canaliser mon malaise et mon stress par de la colère et du mépris, par une autoritaire glaciale et des menaces des plus sincères. Mais sans Violet, je ne serais pas là. Sans Violet et sa voix apaisante, sans Violet et son regard, sans Violet et son sourire, sans Violet et son humanité qui me transperce l’âme à chaque battement de coeur. Ne sois pas fâché. Suis-je présentement fâché ? Bien évidemment que je le suis mais pas contre elle. Pas encore, du moins. Suis-je fâché ? Bien évidemment, et contre moi-même. Contre cet homme qui est incapable de pénétrer dans une pièce sans s’y sentir enfermé, sans suffoquer, contre cet animal dont l’instinct premier est d’attaquer ou de fuir lorsqu’il se sent menacé, contre ce Seigneur qui ne sait regarder qu’avec un mépris non dissimulé ceux qui devraient se traîner à ses pieds. Contre ce fantôme, celui que j’ai été, contre mon passé, contre mon présent, contre un avenir déjà scellé par mon ego et mon orgueil. Par ce sang qui coule dans mes veines et ces préceptes gravés au fer rouge dans mon âme, en lesquels je me retrouve contraint de puiser à défaut de trouver d’autres repères dans ce chaos qu’est ma réalité. Ne sois pas fâché. Je suis en colère contre ma lâcheté qui me souffle de fuir, je suis en colère contre cette tension ridicule que j’héberge. Une colère que mon silence mate petit à petit. Une lâcheté que mon silence décortique, dissèque et laisse retomber. Une lâcheté qu’elle nie dans un murmure. « Tu ne serais pas lâche. » J’en doute. Mais je garde mes doutes pour moi, trop évidents qu’ils sont pour qu’on se donne la peine de les formuler à haute voix. Cette salle, cet environnement, ces tenues, ces rires et ces éclats de voix, il n’y a rien de plus humain que tout cela, rien de plus étranger, rien de plus commun.

Rien n’a changé en sept siècles et demi, rien n’a changé. Je suis le seul à avoir chuté plus que tout le reste. Ces gens simples qui nous entourent, ce peuple, j’avais plaisir à le côtoyer quand je fuyais l’atmosphère oppressante du bastion Renzacci. Ces gens simples, je m’amusais à me fondre dans la masse, sous couvert d’atours passe-partout. Depuis quand ai-je basculé dans la vision élitiste et narcissique de mon grand-père ? Nos places se libèrent, ma main se tend vers Violet, comme pour chasser mes pensées et mes interrogations aux réponses bien trop sensibles. Comme pour aider les mots à se former sur mes lèvres, bridés par ma pudeur et ma lâcheté. Sais-tu, Violet, à quel point l’homme qui te fait face est terrifié, acculé, à quel point l’homme qui te fait face est un couard dans le corps d’un mensonge ? « Ah et je suis donc la femme que tu apprécies, c’est ça ? » Je ne réponds pas, mon sourire hésitant le fait pour moi, mon cœur le fait pour moi puisqu’il a pensé, pesé, chaque de mes mots. Je tire la chaise avant qu’elle ne s’assoie, sans même y penser, je cherche à défaire le bouton de mon costard avant de m’asseoir moi aussi avant que mes mains ne se heurtent à la fermeture éclair du sweat que je porte. Un soupir s’étrangle dans mes lèvres, fort heureusement masqué par la voix de la blonde.

« J’apprécie les efforts, vraiment. Je ne pensais pas que tu accepterais de rester. Tu es un ange. Le Mexique se situe, ou plutôt se situait juste au sud des Etats-Unis. » Mes sourcils se froncent, intègrent ses informations avec curiosité. Et attention. « A l’époque le pays a été colonisé par les espagnols. Du coup la langue est restée. C’était un pays assez pauvre et dangereux avec la mafia etc… Je suis vite partie pour venir à New-York parce que mes parents…» Son silence parle pour elle, il en dit presque plus que tout le reste. Un silence que mon regard dissèque. Un silence qu’elle ne rompt que d’un soupir, alors que mes lèvres se contraignent à en exécuter un maladroit à leur tour pour lui répondre. Ses lèvres effleurent ma peau, les miennes ne demandent qu’à l’embrasser, encore. Alors que toutes mes pensées ne demandent qu’à en savoir plus. A en savoir plus sur son silence, sur son départ rapide du Mexique, sur… « On va prendre des fajitas, Senior, merci. C’est très bon tu vas adorer. Tu me fais confiance pas vrai ? » Je reste immobile, caressant la main de Violet comme pour la garder auprès de moi, me rassurer à son contact et puiser dans sa présence ce qu’il me faut de contrôle pour rester homme. « Vous faire confiance est le thème de cette soirée, Violet. Et je doute qu’un seul des plats exposés sur cette carte m’évoque quoique ce soit. Je m’en remets à vous à ce sujet… » Mais pas à tous. N’ai-je pas promis à Duncan de rester prudent ? De laisser une distance de sécurité entre elle et moi, entre ces doigts qui s’entrelacent dans les miens avec douceur et mon cœur qui espère avoir le droit de s’exprimer. « Vous avez fui vos parents. » Ce n’est pas une question. « Ou on vous les a ôtés. Peut-être les deux. » Aucune interrogation dans mes propos. Toujours aucune. Pourquoi m’en embarrasserai-je ? « Vous parlez donc espagnol… c’est pour cette raison que certains mots sonnaient comme familiers à mes oreilles un peu plus tôt. Grazie préférons-nous dire à Gracias mais je suppose que l’intention est la même en définitive. » Que suis-je en train de chercher ? Que suis-je en train de planifier ? Vers où suis-je en train de nous manipuler ? Je suis incapable de savoir vers où nous mène cette discussion et si cela a quelque chose d’extrêmement déplaisant, je me surprends à l’apprécier malgré tout. « Je suis né en Italie. » Un échange, voilà ce que doit être notre conversation. Un échange. Sans manipulation, sans arrière-pensée. Un échange prudent, que j’estime exempt de toute menace. Mon passé ne sera une arme utilisable contre moi que si je le cache avec honte. Un passé censuré. « A une époque où ce n’était pas un seul et unique pays comme vous avez pu le connaître, mais des royaumes fragmentés, des duchés, des terres dirigées par des seigneurs qui revendiquaient leur indépendance à la souveraineté papale. » Mes propos me semblent si confus que je me demande s’il serait nécessaire et pertinent de poursuivre sur cette voie. « Pour moi, les senteurs de ma terre natale ne sont pas effacées depuis longtemps. Elles ont au plus cinq ans, elles persistent, comme la langue que je parlais, les danses et les rires d’antan, les us et coutumes, les drames et les complots » Les meurtres et les trahisons. « Par bien des aspects, cette pièce et cet environnement me projettent bien davantage dans ce que j’ai toujours connu que tout ce que je connais dès à présent. A la nuance près que la colonisation dont vous me parliez un peu plus tôt… n’a pas dû avoir lieu à mon époque. Et donc que je doute retrouver dans vos… fajitas un lien quelconque avec les mets que l’on pouvait me servir. » Ce simple fait m’arrache un sourire. L’Espagne elle-même ne m’évoque quelque chose que suite à une conversation avec Duncan à propos des contours de la France et des vestiges de mon Italie natale.

Un sourire qui s’éteint brutalement lorsque je libère sa main, m’appuie au dossier de la chaise. « Je ne vous fais pas confiance, Violet. Mais comme dit plus tôt, je travaille à ce sujet pour vous accorder le bénéfice du doute, chose que je n’ai pas l’habitude de faire. En retour… me faites-vous confiance ? Qu’est-il arrivé à vos parents ? Dois-je vous protéger d’une… quelconque manière ? »


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