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 every flower is a soul blossoming in nature. (violet)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mar 28 Fév - 11:48

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
Son regard se perdit un instant sur la salle. Ses iris clairs fuyant ceux du gentleman en face d’elle. Violet avait soupiré. Elle avait senti le passé s’écrouler sur ses épaules. Elle avait senti la curiosité de Rafael. Puis elle s’était reconcentrée, avait déposé un baiser sur la main de l’italien pour se redonner du courage. Heureusement le serveur était venu interrompre son discours. Une intervention qui s’apparenta à une bouffée d’air frais pour la mexicaine. Et puis Rafael fit preuve d’une tendresse bienveillante. Violet ne sut dire si c’était pour se rassurer lui ou pour la rassurer elle, mais le geste eut le don de l'apaiser. Le souvenir traumatisant de ses parents avait été un choc. Les personnes qui l’avaient élevée étaient des monstres, des êtres ignobles pour la fleur fragile qu’était la jeune femme. Une fleur qui au fil du temps s’était habillée d’épines à peine visibles et pourtant bien présentes. Peut-être qu’elle aussi avait peur de s’engager dans une relation après tout. Peut-être qu’elle mettait tout sur le dos de Rafael car son caractère particulier était l’alibi parfait. Violet s’en serait presque soudainement voulu. Bien heureusement la voix de l’homme-loup l’arracha à ses pensées tortueuses.  La confiance était le thème de la soirée. La jeune femme eut un léger sourire. Cet homme là était un sacré numéro et pourtant, à chaque moment passé avec lui, Violet se confortait dans l’idée qu’elle ne l’échangerait pour rien au monde ni pour personne.

Lorsque Rafael assura que Violet avait cherché à fuir ses parents, le sourire de l’ergothérapeute s’évanouit. Elle baissa légèrement le menton, comme pour confirmer les dires sans pour autant vouloir développer. Fort heureusement, en gentleman qu’il était, ou par hasard, Rafeal rebondit sur le fait que la jeune femme parle espagnol. « C’est tout à fait ça. » dit-elle, soulagée. Soulagée que le sujet de ses parents retourne dans l’oubli. Bien qu’elle s’en doutait, Rafael confirma être né en Italie. Violet n’était jamais allée là-bas. Pourtant les richesses culturelles de ce pays l’avaient toujours fascinée. Écoutant l’histoire de l’italien, Violet sembla boire ses paroles. C’était fascinant. Jamais elle n’avait pensé un jour faire face à un être ayant vécu des siècles avant elle. Violet posa son coude de libre sur la table et appuya son menton sur la paume de sa main. Elle hochait la tête au fur et à mesure que Rafael évoquait son passé. « Tu veux dire à l’époque des chevaliers ? Vous combattiez en duel avec des épées ? Vous partiez en guerre à cheval ? Enfin je veux dire, comme dans les films historiques… Ce monde doit te changer. » dit-elle avec de grands yeux bordés de curiosité. Elle connaissait l’âge de Rafael oui, mais il n’avait jamais réellement parlé de son royaume à l’époque. Qui aurait cru que Violet réussirait à l’attirer dans un restaurant mexicain. Un large sourire revint courber les lèvres de la blonde. « Je doute aussi que la nourriture que tu mangeais ait quoique ce soit à voir avec celle d’aujourd’hui. Mais je pense aussi que la nouveauté n’a jamais tué personne. » elle haussa les épaules. Violet se demanda même si à cette époque ils ne mangeaient pas des bouillons de racines et autre choses peu ragoutante pour elle.

Alors que Rafael lui rendait un sourire, il rompit le contact en s’appuyant sur le dossier de sa chaise. Bien que Violet voulut garder sa main dans la sienne, elle se contenta d’imiter son vis-à-vis. La suite de ses propos eut le don de terrasser la bonne humeur qui venait de l’envahir. Le bénéfice du doute ? Les sourcils de la jeune femme se froncèrent. Décidément le tact était quelque chose qui ne devait pas existé en Italie sept siècles plus tôt. Le sujet de ses parents eut le don de fermer les traits de son visage. L’ergothérapeute aurait presque eut envie de se lever et de partir. Elle laissa son regard s’attarder sur Rafael et douta soudainement de ses convictions. Comprendrait-il un jour ? Violet eut un petit soupir, elle parut vraiment agacée. « Ca ne se dit pas Rafael. On ne dit pas à quelqu’un qui vous aime que vous ne lui faites pas confiance. Même si c’est vrai. Tu ne me fais pas confiance, alors moi non plus. Mes parents m’ont donnée la vie, m’ont élevée et j’ai découvert des années après quels montres abominables ils étaient. Ils ont fait des choses horribles. Pourtant je leur faisais confiance. Tu n’as pas été le seul à avoir été trahis. Il faut que tu apprennes à ouvrir ton cœur. De quoi tu as peur ? En fait c’est ça, tu es mort de peur. Tu as peur de me faire confiance, de te laisser aller à quelqu’un. Tu parles d’un Seigneur qui a peur de moi. Qui a peur d'aimer. » dit-elle en serrant les dents. Ses yeux s’humidifièrent de rage, de tristesse et de déception. Elle croisa ses bras comme une enfant boudeuse et détourna la tête. Ce n’était pas tant Rafael qui l’avait énervée mais plus le souvenir de ses géniteurs, de sa confiance trahie, de son frère qui lui aussi s’était avéré être une pourriture. Si Rafael ne lui faisait pas confiance elle ne pouvait lui en vouloir d’avoir été honnête. Mais en l’état, le jugement de Violet était altéré par ses sentiments. Alors la jeune femme garda la tête tournée vers la salle pour ne pas avoir à affronter le regard de Rafael. Elle l’avait provoquée et appréhendait déjà le retour de flammes. Elle espérait que l’homme contrôlerait le loup mais elle n’était plus sûre de rien. « J’ai été stupide de t’emmener là.» murmura-t-elle en fermant un instant les yeux. Il fallait qu’elle se calme mais elle était sensible. Peut-être un peu plus qu’il ne l’aurait fallu.


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Sam 11 Mar - 1:45

A la mention de son passé, mon attitude s’est faite curieuse. A la mention de ses parents, mon regard s’est fait incisif. Silencieux, comme mes pensées. Silencieux. Je la laisse parler, je la laisse effleurer ma main, renouer un contact indispensable, je la laisse poursuivre mais pas à un seul instant, je déporte mon regard loin de ses yeux, loin de son visage, loin d’elle. Je la fixe, immobile, parce que je me concentre pour la découvrir, pour apprécier ces confidences qu’elle me fait sans a priori et ce qu’elle tait, ce qu’elle ne dit pas, ce qui alourdit chacun de ses mots d’une détresse et d’une douleur plus que palpable. Lui faire confiance est en effet le thème de cette soirée. Apprendre à la connaître, à la connaître différemment, l’est aussi. Deux objectifs incertains, deux objectifs pour lesquels mon comportement habituel n’est pas souhaitable, deux prises de risque, deux cordes raides sur lesquelles je progresse à petits pas, sans réellement savoir si je m’y prends correctement. Mes doigts caressent le dos de sa main, davantage pour m’y ancrer que pour lui apporter un réconfort hors de ma portée. La tendresse, j’ai parfois l’impression d’en avoir oublié les fondements. La douceur me semble souvent être un mot dont la définition se tient hors de portée, comme la saveur douce-amère qu’un met d’antan aurait délaissé sur mes lèvres, un fantôme dont il ne me resterait que des frissons nostalgiques et la conviction que ce qui m’échappe est bien plus vaste avec ce qu’il me reste. Mes mots s’égrènent comme des perles nacrées le long d’un fil de soie. Des mots choisis avec soin, accordés, homogènes, mais qui n’ont pas la spontanéité qu’on leur souhaiterait.

Ces mots sont dépourvus d’une quelconque âme, ils en ont été séparés par la violence à l’instant où je les ai pensés avant de les vocaliser. L’absence de spontanéité les détériore, jusque dans leur nature, les laisse pourrir, les exposent comme des coquillages, vestige d’un être auquel on aurait arraché la vie, de force. Mes propos s’échappent loin de ses parents, alors même que mon esprit enchaîne inquiétude et hypothèse, doute et angoisse, sans se calmer. Dissociation entre le corps et l’esprit, dissociation entre l’abstrait et le concret. Je ne dis pas ce que je pense, je ne pense pas ce que je dis, et son soulagement me force à m’en rendre compte, tout autant que ses quelques mots qui savourent mon intérêt linguistique pour une langue qui ne m’intéresse pas. « C’est tout à fait ça. » Faire confiance, apprendre à la connaître, réapprendre à me connaître, mes yeux sont rivés dans les siens lorsque je contemple non seulement ses traits mais aussi ce troisième objectif qui vient de s’ajouter aux deux premiers pour mieux complexifier mes actes. L’absence de spontanéité a extirpé de chacune de mes récentes interventions de toute leur substance. Réapprendre à me connaître, je le sens et le pressens, ne peut que commencer par me laisser porter. Porter par une intuition, porter vers des chemins risqués, porter vers une confiance risquée, porter hors de ma zone de confort, sortir de ma réserve, de ces protections dans lesquelles j’étouffe de plus en plus en sa présence.

Je suis né en Italie. Premiers pas. Des aveux calculés, mais formulés sans que je ne pèse ces cinq mots avant de les articuler. Des aveux calculés, qui s’enchaînent malgré tout dans une fluidité déroutante, une fluidité que je savoure malgré tout. Je suis né en Italie, faible écho avec son ascendance mexicaine. A une époque, à une époque qu’elle n’a pu connaître mais dont les flagrances flottent encore dans ma vie, dont les rires résonnent encore dans le silence, dont les hurlements me glacent encore le sang lorsque je ferme les yeux. Des hurlements mêlés à d’autres, plus actuels, plus récents, plus réels. Je suis né en Italie, dans un milieu que me rappelle, par certains points, cet environnement dans lequel nous sommes. Le regard que Violet porte sur moi m’encourage à continuer, je surpris un sourire sur mes lèvres devant son attitude, ses hochements de tête. Et ses mots. « Tu veux dire à l’époque des chevaliers ? Vous combattiez en duel avec des épées ? Vous partiez en guerre à cheval ? Enfin je veux dire, comme dans les films historiques… Ce monde doit te changer. Je doute aussi que la nourriture que tu mangeais ait quoique ce soit à voir avec celle d’aujourd’hui. Mais je pense aussi que la nouveauté n’a jamais tué personne. » Un froncement de sourcil devance de justesse un autre sourire. Dans les films historiques. Se rend-elle compte que ces deux mots juxtaposés sont déroutants pour un homme comme moi, qui a vécu l’histoire et pour qui les films sont encore des prouesses technologiques qu’il pourrait facilement qualifier de futuristes si seulement son époque avait été chargée d’un quelconque concept de futur, si seulement on avait su se projeter à son époque dans un futur aussi lointain que celui qui a vu émerger l’électricité ? « Des chevaliers en effet. Et j’ai appris le maniement de l’épée, c’est cela, tout comme j’avais un cheval… En revanche… la guerre est quelque chose qui m’a été épargnée, fort heureusement. » La guerre contre d’autres domaines, contre d’autres Seigneurs, la guerre était bien plus couverte par des faux-semblants et des alliances que par le fracas des armes et le sang d’un peuple lancé comme sacrifice offert à bas prix contre quelques arpents de terre… Je n’ai pas combattu comme les chevaliers qu’elle se représente, je ne suis pas parti en guerre sur mon fier destrier, la seule guerre que j’ai menée, je la mène encore et elle se pare de l’odeur âcre de chair brûlée, le goût métallique d’un sang versé sous la torture et des yeux bleus rivés sur des corps qui se débattent pour échapper aux flammes.

Un soupir, je m’arrache à ces pensées pour tenter un instant de distraire mes souvenirs du goût des mets qui remplissaient les tables des banquets dans l’espoir de les comparer à ces fajitas qu’elle m’a promis. Un soupir, je me rends compte que le passé est toujours là, quoique l’on fasse, prêt à bondir sur nous pour nous lacérer sans limite, ne laisser de nous que des masses sanguinolentes et gémissantes. Le passé est toujours là. Dans mon esprit, dans ses non-dits. Tu me fais confiance, n’est-ce pas ? Faire confiance. Je me suis prêté au jeu, j’en ai l’impression du moins. Je me suis prêté au jeu, j’en ai eu la volonté. Une volonté timide, une volonté pudique, une volonté fragile ; mais une volonté présente et de cela, déjà, il y avait jusque-là de quoi s’en étonner. Installé à une table dans un établissement miteux, mon regard s’est perdu dans le sien. S’est perdu dans le regard de celle que j’ai laissé me guider jusqu’ici pour me prêter au jeu de la confiance. La confiance. Le concept vient et revient, tourne autour de nous, voltige, s’éprend d’une envie brutale de liberté avant de se rabattre brutalement sur nos respirations comme pour se rappeler à notre bon souvenir. Tu me fais confiance, pas vrai ? La confiance. Une évidence, pour Violet. Une prise de risque à mes yeux. Une faiblesse, aussi. Une douleur présente dans ma poitrine. Rarement donnée, souvent déçue… la confiance se mérite, se gagne. C’est un combat, selon moi, c’est un combat acharné que l’on doit livrer chaque seconde, comme une respiration nécessaire. Je ne peux pas lui faire confiance, je peux me risquer à lui faire confiance. La confiance. C’est une inspiration, un souffle que l’on bloque mais qui est immanquablement suivi d’une expiration. C’est un acte qui se choisit, qui ne va pas de soi, que l’on doit ancrer à chaque instant pour qu’il ne soit pas emporté à la moindre brise, à la moindre vague. C’est un engagement martelé, répété, plus fragile qu’un pétale de fleur et plus dangereux que toutes les armes et les pouvoirs du monde. La confiance… la confiance, à mes yeux, passe par l’honnêteté. La franchise. Une vérité sans fard, sans masque, sans retenue.

Je ne lui fais pas confiance. Je fais des pas timides dans cette direction, comme le prouve notre présence ici, mais je ne lui fais pas confiance. Et je doute vouloir un jour poser un acte de foi en me confiant à elle sans arrière-pensée. C’est ainsi. Elle, de son côté, me fait-elle suffisamment confiance pour m’évoquer davantage son passé, et surtout ses parents ? Sa protection m’importe, les zones d’ombre et les silences aiguisent ma méfiance. Je ne lui fais pas confiance mais j’exige de sa part qu’elle ait suffisamment confiance en moi pour parler. Mon comportement est empreint d’incohérence et d’illogisme et je le sais, mais… Mes yeux la fixent, sans ciller. Attendent une réaction qui, je le sens dès son soupir agacé, ne me plaira pas. « Ca ne se dit pas Rafael. » « Plaît-il ? » Ma réaction est immédiate. « On ne dit pas à quelqu’un qui vous aime que vous ne lui faites pas confiance. Même si c’est vrai. Tu ne me fais pas confiance, alors moi non plus. Mes parents m’ont donné la vie, m’ont élevée et j’ai découvert des années après quels montres abominables ils étaient. » Je contracte la mâchoire. Le loup me chuchote que les monstres doivent mourir, quel qu’ils soient. L’homme, lui, est curieux, curieux de savoir de quelle monstruosité Violet parle, inquiet à l’idée de s’y reconnaître. Rafaele, lui… « Ils ont fait des choses horribles. Pourtant je leur faisais confiance. Tu n’as pas été le seul à avoir été trahi. Il faut que tu apprennes à ouvrir ton cœur. De quoi tu as peur ? » Une nouvelle fois, un « Plaît-il » s’extirpe avec difficulté de ma mâchoire serrées. « En fait c’est ça, tu es mort de peur. Tu as peur de me faire confiance, de te laisser aller à quelqu’un. Tu parles d’un Seigneur qui a peur de moi. Qui a peur d'aimer. » Peur d’aimer. L’accusation me laisse interdit une poignée de seconde, me laisse muet quand tout ce que je peux répondre à cela, si je me tiens à cette droite ligne de conduite qu’est l’honnêteté, qu’un oui chargé de culpabilité. Peur d’aimer… « … » J’inspire pour répondre, mais seul le silence s’enfuit hors de mes lèvres entrouvertes. Un silence porteur de sens, un silence douloureux, une meurtrissure dans mon ego, mais un silence que je ne peux combattre. Elle détourne le regard, ma langue claque sur mon palais pour appuyer ma désapprobation. Tu parles d’un Seigneur qui a peur de moi. « Regardez-moi. » Je voulais faire de cette phrase une demande, elle sonne avec l’inflexion d’un ordre. « J’ai été stupide de t’emmener là.» A nouveau, ma désapprobation parle à ma place, tout comme le soupir que je ne lâche pas. « Ne dites pas ça. » Bien sûr qu’elle a été stupide, mais elle a été stupide à ma demande. « N’était-ce pas ma requête que de découvrir votre monde ? » Je soupire une nouvelle fois. « Regardez-moi, Violet. Je ne voulais pas vous blesser, uniquement vous… » Lorsque je ne prends pas le temps d’ôter aux perles toute leur substance avant de les glisser le long d’un filin de soie, elles s’organisent, chaotiques, pour former un collier des plus harmonieux d’incohérences. Mais je persiste dans cette œuvre enfantine, parce que mon intuition me l’impose et que le loup et le Seigneur se taisent pour laisser parler l’homme. « … vous dîtes m’aimer, mais vous prenez la mouche pour un rien. Vous savez qu’il est excessivement difficile pour moi de me départir de ma méfiance, et pourtant me voilà, dans cet établissement insalubre et… populaire, à déployer plus d’efforts qu’il n’en faudrait, tout ça pour vous faire plaisir parce que votre sourire dénoue à chaque fois un nœud, là… » Mes doigts accrochent ma poitrine, ma voix s’échauffe. L’homme est là, spontané. Peut-être trop. « … qui se reforme à chaque fois que vous n’êtes plus là. Que vous faut-il de plus ? Une déclaration, un discours grandiloquent sur moi, capable de vous suivre aveuglément dans vos petits égarements culinaires, vos chapeaux ridicules ? Je m’inquiète pour votre santé, je m’inquiète pour l’impact qu’ont eu sur vous vos parents, parce que votre sourire va de paire avec votre regard, et qu’il y a trop de fantômes dans le mien pour que je supporte d’en voir dans le vôtre. Que la confiance soit à sens unique ne devrait pas vous déranger, parce que tout ce qu’il y a de bon en moi, c’est vous qui le faites naître et c’est encore à construire. Tout le reste n’est que passé, n’est que futilité. Je ne vous fais pas confiance, mais je vous offre ma confiance, n’est-ce déjà pas suffisant ? Que vous faut-il de plus, Violet ? Une confiance pleine et entière, un mensonge de ma part ? » A un instant, j’ignore quand exactement, je me suis levé. Incapable de retenir mes mots, incapable de retenir mes pensées, incapable de contrôler mes actes… je me sens homme, plus que jamais auparavant. Je me sens fébrile, inquiet, en colère et pourtant dépassé, mais plus que tout, je me sens vivant. « Et bien n’y comptez pas, Violet. Ni sur l’un, ni sur l’autre. La confiance se construit, elle ne se revendique pas. » Alors pourquoi est-ce que je m’obstine à exiger sa confiance ? Parce qu’une part de moi en est convaincu. Et mes propres contradictions me sidèrent, exacerbées par le fait que je les contemple une fois exposées, et non en amont. « Peut-être ai-je tort, ainsi, d’exiger de vous votre confiance. Je l’admets, j’ai peut-être péché par orgueil, puisque je considérais votre confiance acquise puisque vous me la donniez sans contrepartie. » Je me rassois, indifférent aux regards qui se sont attardés sur moi. Toute ma concentration n’est orientée, pour le moment, que sur Violet. « Ce dîner est un échec. » La confiance ne se revendique pas, elle se construit. « Si vous souhaitez que nous nous arrêtions là, je comprendrai. » Arrêter le dîner ? Ou ce jeu auquel je me prête depuis trop de mois ? « Je ne peux pas vous faire confiance, et je ne veux pas vous mentir. Je n’ai pas peur de vous aimer, j’ai… » Les mots m’échappent, se jouent de moi. Un soupir. « … j’appréhende les désillusions. Et votre propre déception lorsque vous découvrirez l’homme derrière le mirage. » Je m’avance légèrement sur la table, laissant mes coudes s’appuyer sur la table qui nous sépare. « M’aimerez-vous toujours, lorsque vous contemplerez du sable s’écouler entre vos doigts là où vous pensez puiser de l’eau ? »


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Mer 15 Mar - 13:09

Every flower is a soul blossoming in nature
Rafael&Violet
D’un point de vue extérieur aux yeux des autres, en cet instant précis, Rafael et Violet avaient l’air d’un couple normal. D’un couple qui s’apprivoise, qui se parle, qui s’apprend. L’italien donna un peu plus de détails, précisant qu’il avait échappé à la guerre. La jeune femme eut presque une moue déçue, elle qui avait toujours eu une sorte de fascination pour les batailles médiévales et leur côté si épique. Elle ne dit mot, histoire de ne pas montrer sa légère déception. Et puis elle ne voulait pas risquer de vexer l’ancien seigneur. Surtout que sa vie, même sans batailles, avait dû être particulièrement passionnante. « Ce monde doit te paraître bien ennuyeux. » ce monde et son étroitesse. Il n’y avait plus de royaumes, plus de seigneurs, plus d’enjeux. Ils étaient tous là, regroupés sous les dictâtes de ces tyrans à attendre que le destin fasse son œuvre. Violet y trouvait son compte, elle ne se plaignait pas. Le soupir de Rafael eut le don de la faire sourire. Si seulement elle avait pu en connaitre la raison. Sur l’instant elle prit ça pour de la nostalgie mêlée peut-être à une mélancolie tenace.

La discussion reprit son cours. La rivière paisible devint une mer agitée. Violet avait posé une simple question. Une question que Rafael prit un peu trop au sérieux sur le moment. L’ergothérapeute ne s’était décidément pas attendu à une réponse aussi brute, aussi criante de vérité. Et le souci se posa là. Ce fut sûrement son erreur. La jeune femme s’était tout simplement laissée berner par l’attitude de Rafael, oubliant l’homme si étrange qui se terrait derrière cette gueule d’ange. Alors elle avait riposté. Elle aussi avait montré les crocs. Elle avait tenté malgré tout d’ignorer les « plait-il » si horripilant de Rafael et s’était contenté de détourner le regard. Serrant les dents, Violet s’obstina à fuir les iris si perçants de l’homme-loup. Car elle savait que si elle cédait à ses yeux, elle baisserait sa garde. Cette fois pourtant elle était décidée. Rafael allait décidément trop loin. Et ce flux de souvenirs insupportables émanant de son enfance la blessa plus qu’elle ne voulait l’admettre. Sûrement que cette fois, c’était Violet qui exagérait et qui faisait de l’homme-loup un dommage collatéral.  Un silence aussi dérangeant que significatif s’installa entre eux. Un silence pesant, gênant, lourd. Violet se pinça les lèvres. Elle s’était attendu à une réponse cinglante, un pic, une contre-attaque du loup. Au lieu de ça, elle se surprit à plonger son regard dans celui de Rafael lorsque ce dernier l’ordonna. Comme un réflexe, une habitude. Un sacrée mauvaise habitude. Il n’avait pas voulu la blesser, c’est ce qu’il disait. Violet sembla perplexe mais se mura dans le silence. C’était confortable de ne rien dire dans ces moments là, c’était préférable plutôt que de laisser parler une rage passagère qu’on regretterait après.

Si les premiers mots ne rattrapèrent pas vraiment les précédentes paroles blessantes, la suite eut le don de surprendre Violet. Elle n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles. Non seulement Rafael venait de poser sa main contre sa poitrine mais en plus de ça, il s’ouvrait. Comme une fleur rarissime qui n’éclot qu’à des périodes toutes aussi rares. Des périodes qu’il ne fallait rater pour rien au monde, un moment unique, grandiose, fascinant. Un spectacle aussi précieux qu’un diamant enfouit dans une roche. Et Violet se rendit compte que sa quête prenait fin. Qu’elle n’avait pas fait fausse route, que tout ce qu’elle avait voulu était sous ses yeux depuis des mois. Caché quelque part sous ce masque d’homme froid, distant et parfois insupportable. « Rafael je… » les joues de la jeune femme devinrent de plus en plus rouges à mesure que l’italien se dévoilait. Un mélange de honte et de surprise. Elle n’avait pas honte de lui non, mais d’elle-même. D’avoir mal réagis, d’avoir cru en la couverture plutôt que d’avoir lu le livre. Et dans un sens elle se sentit soulagée. Muette devant l’homme qui s’était levé face à elle, Violet continua d’écouter, collectant précieusement chaque mot. Elle n’aurait pu décrire ce qu’elle ressentait à ce moment là. S’était-elle écroulée d’épuisement dans un coin de l’hôpital ? Est-ce que tout ceci était bien réel ? La jeune femme lança quelques regards autour d’elle, beaucoup de gens avaient interrompu leur dîner, attendant curieusement la suite des événements. Heureusement Rafael finit par se rassoir. Violet l’avisa de ses yeux clairs. L’homme loup avait fini de parler. Après quelques secondes silencieuses, la jeune femme revint prendre la main de Rafael. Rafael qui venait de mettre son cœur sur la table. Ce dîner était peut-être un échec mais l’ampleur de cet instant était beaucoup plus importante. « Rafael… » en fait c’était trop. Trop d’un coup. Ce souffle d’aveux, cette vérité.. Violet se sentit soudainement submergée. « Je ne me sens pas très bien je vais rentrer.» elle déposa un baiser sur le dos de la main de l'italien avant de rompre le contact. La jeune femme se leva et  reprit son sac. Certains spectateurs semblèrent véritablement déçus. Le serveur qui arrivait déjà avec leurs plats fit discrètement demi-tour. En silence Violet s’éloigna de la table en se mordant les lèvres. Qu’est-ce qu’elle fichait ? Elle aimait cet homme oui. Mais était-elle prête ? Elle savait que la brèche que venait d’ouvrir Rafael en se déclarant était celle d’un amour véritable, un amour total. La jeune femme était-elle prête à s’y engager ? Pourrait-elle promettre à Rafael qu’il n’aurait pas de désillusions ? Violet fit demi-tour et revint auprès de lui.

« J’ai besoin de temps pour digérer tout ça. Je ne veux pas te décevoir. Je pars mais je reviendrais. Je te le promets Rafael. Je te le promets parce que je t’aime. » elle se pencha pour déposer un baiser sur son front. Trop d’émotions lui embrumaient l’esprit. Elle n’aurait pu donner une réponse convenable à un tel discours débordant de sincérité. Elle n’avait jamais eu à faire à de tels mots après tout. Bien sûr qu’elle avait eu d’autres hommes dans sa vie, mais rien ni personne n’aurait pu égaler cet être si particulier, si torturé qu’était Rafael. Après avoir souri, la jeune femme s’éloigna pour de bon mais non sans peine.


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MessageSujet: Re: every flower is a soul blossoming in nature. (violet)   Jeu 6 Avr - 23:26

Parler de l’Italie de mon enfance n’était guère dans mes objectifs, ce soir. Et pourtant, me voilà l’évoquer, me voilà à articuler des aveux sur la nature de mes obligations à l’époque, sur la nature de mes occupations. Sans entrer dans les détails. Sans dire la vérité, l’entière vérité. La guerre, la guerre ouverte, sanglante, futile et pourtant pragmatique, visant à prendre des terres, en perdre et tuer les paysans que l’on convoitait, m’a peut-être épargné, celle plus insidieuse, moins franche et interminable contre le surnaturel et les sorciers, elle, je l’ai vécue. Pleinement. Et j’ai perdu. Indubitablement. Malgré tous mes efforts pour croire en cette cause, je me suis fait consumer par le poison contenu dans l’air expiré par Azzura, je me suis fait aveugler par la sorcellerie perverse qui émanait de Noah. J’ai beau avoir appris le maniement de l’épée comme tous les nobles de mon époque, j’ai beau avoir fait montre d’une adresse sans égale à cet exercice, ce n’est pas ainsi que j’ai tué, que j’ai combattu. A l’exception d’un seul assaut, mené contre les proches de mon ami de toujours, pour n’en laisser que des cadavres transpercés et éventrés, et ma lame souillée de leur sang de sorcier. A cet instant, nous pourrions paraître, Violet et moi, comme deux personnes cherchant à s’apprivoiser et à se connaître, comme le voulait mon intention première. A cet instant, le voile des illusions pourrait nous couvrir d’une cape de bonne volonté. Mes mots s’égrènent, mes souvenirs affleurent, les siens s’enflamment. « Ce monde doit te paraître bien ennuyeux. » Un léger haussement d’épaule ondule sur ma carrure. « Il a sa part de batailles et d’enjeux » Et c’est le moins que l’on puisse dire. Par bien des aspects, plus moraux que technologiques on en convient, il ressemble à celui que j’ai quitté. Voire se révèle être pire encore. Un soupir, je m’extirpe de tout ceci.

Et la conversation s’écoule plus loin, charrie encore des souvenirs mais s’oriente surtout vers des zones bien tumultueuses, vers des rapides où, et je ne le comprends que trop tard, je risque de perdre pied. Et de me noyer. Des rapides où le passé n’a finalement guère d’importance, où le présent me broie déjà suffisamment sous la forme d’un ça ne se dit pas Rafael qui se transforme, se dégénère, devient monstrueux en quelques phrases. En un soupir, le ton monte.  Le silence se fait coupant, un silence que j’impose, que je maîtrise. Un silence que je romps d’un ordre, comme je sais si bien en donner. Et rarement en accepter. Regardez-moi, Violet. Ne détournez pas les yeux, regardez-moi. Stupide Qui de nous deux a fait preuve de la plus grande stupidité ? Certainement elle de m’avoir cru capable d’autre chose que de l’indifférence. Certainement moi, de m’être cru capable de m’abaisser à un rang qui n’a jamais été le mien, de m’élever à un rang qui ne sera jamais le mien. Qui de nous deux a été le plus présomptueux, le plus ambitieux sur cette soirée ? Celui qui se laisse engloutir par les flots, celui qui se débat, qui fixe ses rétines dans celles de Violet pour y puiser un peu de stabilité, celui qui s’écoute parler, comme désincarner, qui s’entend dessiner une esquisse d’émotions sans oser mettre de mot dessus, sans oser la faire basculer pleinement dans la réalité. Sans oser forcer le trait et la transformer d’ombre en silhouette. « Rafael je… » Je secoue très légèrement la tête, comme pour mieux la dissuader de poursuivre. Comme pour mieux la dissuader de m’interrompre. Chaque fois qu’elle n’est plus là, une sensation de manque m’obsède, mes travers me rattrapent et je cesse de les voir comme tels pour me repaître dans des habitudes enchaînées au destin. Chaque fois qu’elle n’est plus là, mes pensées ne peuvent que dévier dans sa direction, aimantées à sa nature humaine si profondément belle qu’elle m’en laisse à chaque fois, chaque fois un peu plus dérouté. La confiance se mérite, la confiance se gagne, et si j’ai inconsciemment et abondamment profité de la sienne, ce n’était que parce qu’elle m’était offerte sans arrière-pensée, quand je conservais la mienne avec l’avidité d’un homme cupide et craintif. Ai-je peur ?

C’est pire que cela. Pire, bien pire que de la peur. C’est de la terreur. Ce qu’il y a de bon en moi n’existe que dans mes yeux qui la contemplent. Mon passé n’est quant à lui qu’un ramassis de déchets et de cadavres gonflés et putrifiés qui empestent et empoisonnent mon âme et mes pensées. Et notre dîner, lui… notre dîner n’est qu’un échec : je suis debout sans même plus savoir à quel moment exactement je me suis levé. Et si je me rassois, ce n’est que pour canaliser ma colère et mon agitation comme je n’ai pas eu à le faire depuis des années. Des siècles. « Rafael… » Mes yeux se posent à nouveau sur elle, s’obscurcissent d’une froideur affectée. Je ne peux pas lui faire confiance, je ne peux encore moins l’aimer. Et je n’ai peur ni de l’une, ni de l’autre de ces deux choses, je crains une troisième. J’appréhende les déceptions. Les trahisons. J’appréhende ce que j’ai appris à considérer comme inéluctable. « Je ne me sens pas très bien je vais rentrer.»

Elle se lève, je fais de même avec la ferme intention de la retenir. « Violet… » Les mots me manquent pour poursuivre. L’attention que d’autres portent sur nous me dissuadent également. Je garde les yeux rivés sur elle. « Violet, si vous me laissez maintenant, alors… » Alors quoi donc ? La menace meurt inachevée. Meurt avant même d’être devenue réellement menaçante. A mes oreilles, elle sonne même davantage comme une supplique qu’autre chose. « J’ai besoin de temps pour digérer tout ça. Je ne veux pas te décevoir. Je pars mais je reviendrais. Je te le promets Rafael. Je te le promets parce que je t’aime. » Ses lèvres se posent sur mon frère, je la laisse faire, tétanisé, sans lui concéder le moindre mouvement. Elle sourit. Mes poings se serrent tant que mes phalanges blanchissent. Elle s’éloigne, ma mâchoire se contracte. « Je ne serai pas le prochain à faire le premier pas, Violet. » je finis par articuler lorsqu’elle disparaît dans l’embrasure de la porte de l’établissement. Et cette fois, ce n’est ni une menace, ni une supplique.

Juste une promesse. Comme celle qu’elle vient de me faire.

RP terminé


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