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 Feeling like a freak on a leash - Moïra

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
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MessageSujet: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Sam 28 Jan - 1:46

Something takes a part of me.
Something lost and never seen.
Everytime I start to believe,
Something's raped and taken from me



Les muscles engourdis par le froid, je presse le pas. Je suis sorti du boulot plus tard que prévu, et la fatigue prend ses aises – je fourre une clope entre mes lèvres pour éviter de bailler, et l'allume rapidement. Pas de cachetons pour ce soir, je dois être en forme. Galvanisé par l'excitation du combat de ce soir, je n'ai même pas songé à les prendre.
Je contemple les portes du Bones en me dépêchant de tirer sur ma cigarette, et l'écrase au sol, avant de m'engouffrer dans le club. Je dévale les escaliers quatre à quatre, pressé. Je n'y pense pas. J'essaie de ne penser à rien. Je suis ma routine, celle que j'ai depuis des mois – je pose mon sac, ma veste, je bois une gorgée d'eau, je m'étire, je fais trois pompes pour faire genre, bois une nouvelle gorgée d'eau. Et surtout, je n'y pense pas. Les minutes s'écoulent rapidement, et la routine se poursuit – on vient me chercher, et je dois me rendre dans l'arène. Je ne réfléchis pas à mon souffle, ni à mes muscles, ni à rien. Ou en fait, si, mais je me persuade que je ne le fais pas. Le bourdonnement au fond de mon crâne s'intensifie, la bête rôde au fond de mes entrailles, menaçante et enragée. Les seuls instants où elle peut se déchaîner, ce sont ceux-là.

Le rythme cardiaque s'intensifie, le souffle s'accélère – l'excitation. Mes lèvres s'étirent, se tordent, et j'ai déjà du mal à contrôler mon corps. J'ai envie de bouger, de sautiller comme un putain de boxeur dans un ring, ma poitrine se gonfle de rage à chaque seconde qui passe. Le centre de l'arène m'accueille, j'entre en son sein comme l'habitué que je suis, et au bourdonnement se mêle le brouhaha du public. Un brouhaha confus, et pourtant tellement organisé. Impossible de discerner quoique ce soit, et je me contente d'apprécier. La bête se dresse et s'éveille, et elle hurle à travers moi comme un animal sauvage – la voix rauque et grave, le peu de contrôle qu'il me restait encore me glisse lentement des doigts. Un nouveau rugissement animal, davantage pour m'exciter moi-même que pour le public. Je ne tiens plus en place, je sautille, je marche, je sautille encore, je me frotte le visage – je n'entends pas vraiment ni la foule, ni mon nom, et je ne vois personne. Je ne redresse pas la tête pour croiser un visage, un regard, pas même celui de Moïra. Rien de tangible. Je suis dans l'arène pour gagner, et pour rien d'autre.

Ma poitrine se gonfle encore et encore, elle va exploser, et la bête commence à me démanger, la bave aux lèvres et les crocs dehors. Le bourdonnement se transforme en bruit sourd, isolation ultime de mon esprit – je n'entends plus rien, c'est à peine si je discerne quoique ce soit. Mon regard s'assombrit en même temps que ma champ de vision se rétrécit – et je vois la grille s'ouvrir. À quelques mètres, le mort fait ses premiers pas vers moi. C'est une putain de cible. Une putain de cible. Une putain de cible. Un nouveau rugissement bestial se jette hors de mes lèvres et je me précipite sur le cadavre qui s'avance déjà – pas de priorité pour toi mon gars. J'abandonne derrière moi toute retenue, et toute considération. Mon pied s'écrase sur son ventre avec toute la violence dont je sois capable – le coup me fait tomber en arrière autant que lui, mais je me relève aussitôt. J'ai l'impression d'avoir prix dix lignes de coke avant de venir, je peux faire n'importe quoi, je ne sentirai pas la douleur, je suis un putain de monstre invincible. Je crois que je ne fais que gueuler comme une bête, et celle qui bout dans mon ventre beugle avec moi. Et pour l'instant, je fais un peu de show, je tourne autour de lui, je le pousse, je le cogne gentiment. J'esquive, je feinte, je fais le beau et j'enlève mon t-shirt. Putain, je me sens bien.

Peu à peu, le bourdonnement revient, et la bête se met à râler. Le sueur coule sur mon front, je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Les gouttes de transpiration roulent sur mes cils, et je frotte vigoureusement les yeux en reculant. Et là, enfin, je le vois. Je vois son visage, son corps décharné, ses dents qui claquent dans l'air. Je discerne ses pommettes saillantes, ses côtes prêtes à craquer la fine peau grise qui les recouvre, les os de ses épaules anguleux, presque pointus. Ses doigts, dont certains sont arrachés, ses orbites creusées, et ses yeux. Ses putain d'yeux gris, blancs, translucides et opaques à la fois. Ses putain d'yeux morts, ce regard vide et effrayant. Et je sais. C'est moi, c'est moi dans le reflet du miroir, tous les jours. Les os saillants, décharnés et à moitié mort. Le temps coule pendant que je le dévisage, et je tourne pour lui échapper, pour continuer ma contemplation morbide. C'est mon putain de reflet. Plus de visage, plus de chair, plus de muscles ni de tatouages, plus de barbe – plus rien de moi. Plus rien de ce que je construis. J'ai l'impression de devenir fou, et je me demande si c'est le même cinéma à chaque fois, ou si c'est de pire en pire. Je tourne comme le lion dans sa cage, je l'esquive. Vas-y, frappe, frappe. Allez, frappe.

Sometimes I cannot take this place.
Sometimes it's my life I can't taste.
Sometimes I cannot feel my face.



Un nouveau coup de pied dans le ventre le fait reculer, mais il revient déjà. Il me sent, il crève la dalle, et s'il me touche, c'est terminé. Une sueur glacée coule le long de mon échine. Je lâche la bête, je laisse le monstre se battre avec le monstre, en combat égal – et je hurle une dernière fois, comme pour me donner du courage, ou pour faire sortir quelque chose. Le plat de mon pied s'écrase finalement contre son genou. Il vacille et ne tombe pas, alors je frappe – ses côtes, son épaule, sa mâchoire. Mais ses mains me gênent, ses ongles me regardent du coin de l’œil et me menacent. Je le pousse en arrière et esquisse un mouvement derrière lui, mais il se tourne, me refais face. Je réitère, lui bloque le bras, et me glisse dans son dos – un poignet dans chaque main, je bloque, et avance avec ma proie, jusqu'à le coller contre les grilles de l'arène. Je le maintiens, colle un pied dans son dos, et tire de toutes mes forces sur ses bras. J'aurais peut-être pu le tuer, tout à l'heure, ou tout du moins essayer. Mais j'ai besoin de le détruire. Le craquement de ses os brisés roule jusqu'à mes oreilles, et la bête qui grimpe au fond de mon bide en demande encore. Je jette les bras décharnés dans mon dos, et refais quelques pas en arrière. Reste que la tête à exploser. Le mort n'aura pas le dessus, c'est terminé. C'est terminé – je recule encore. Je ne sais pas comment je me débrouille à chaque fois que je viens ici – en général, je bois comme un trou après un combat, ou l'état second dans lequel je me trouve s'efface de mon esprit une fois le combat terminé. Alors je ne sais pas par où l'attraper, et je décidé de cogner.

Un coup dans ce qui lui reste de nez, et un autre. Encore un, dans l'arcade sourcilière, et dans la mâchoire. J'ai senti le souffle chaud et ses dents claquer à quelques millimètres de mes doigts – la montée d'adrénaline est instantanée, et je me rue sur lui, et je cogne dans tous les sens. Je frappe aveuglément, je donne des coups de tête, des coups de coude, des coups de tout. Et je suis sur lui – je frappe encore, je joins mes mains en une sorte de masse improvisée que j'écrase sur son visage. L'odeur me monte enfin au nez, il pue la mort, au sens le plus strict du terme. L'odeur infâme emplit mes narines, ma bouche, ma gorge, et rend la bête plus avide encore. J'abats mes poings sur lui, sur la masse difforme qui gît au sol, tas d'os et de chair molle. Je me relève et écrase de mon pied. Pour être sûr. J'écrase encore une fois, puis deux, trois. Mon corps fait un mouvement en arrière – le souffle court, la respiration saccadée, la poitrine douloureuse. Je sens mon cœur battre dans toutes les veines de mon corps, frapper au creux de mes tempes, et la sueur me dégouline sur le visage. Ça y est. C'est terminé.
C'est terminé, me dis-je. En réalité, ça ne l'est pas – le zombie est mort, on vient me chercher, on m'attrape le poignet et on le hisse au ciel, signe ultime de ma victoire. Mais ça n'est pas terminé. Je vois rouge, noir, sombre, et la transpiration me coule de nouveau dans les yeux, me brouille la vue et les idées. La bête griffe ma chair à vif au creux de mon ventre, elle veut sortir, elle ne s'est pas suffisamment amusée. Moi non plus.

Le zombie, c'est moi – je suis le mouvement, je sors de l'arène et poursuis mon chemin, aveuglé et sourd. Je n'entends pas ce qu'on me dit, je ne vois pas où on m'emmène, je n'arrive plus à faire les liens. Où vais-je, d'habitude ? Qu'est-ce qu'il se passe après un combat ? Les questions se bousculent, je ne vois rien, je ne discerne que les formes indistinctes qui se bousculent autour de moi. Et la main m'attrape l'avant-bras, une seconde – puis c'est moi qui l'attrape. Et je la tire vers moi comme une corde, je tire jusqu'à sentir un corps, que j'attrape. Mon front s'écrase contre un visage une fois, deux, trois, quatre, tant que je le tiens contre moi. J'agrippe mes doigts sur l'inconnu, et je frappe.

Feeling like a freak on a leash.
Feeling like I have no release.
How many times have I felt diseased?



Spoiler:
 

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Dernière édition par Joseph Townsend le Ven 7 Avr - 19:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Mer 1 Fév - 23:46



" Just like animals. "

Joseph & Moïra




Ca faisait des heures déjà que la jolie rousse avait verrouillé de l'intérieur sa paisible librairie avant de refermer derrière elle la seconde porte du local où se trouvait l'escalier pour mener chez elle. A l'étage, elle avait troqué sa robe claire pour une tenue plus près du corps, plus sensuelle, en se laissant portée par la douce musique d'un solo de violon.
La complexité humaine résumée en leur amour pour la douceur autant que leur fascination pour la violence. Un besoin de sécurité, mais une éternelle course vers l'aventure, le formidable, l'inattendu. Une recherche de l’opulence et la passion de l'unique. Moïra ne faisait pas figure d'exception. La Hellraiser chérissait tout autant le calme qui régnait dans sa librairie que la violence et l'agitation du Bones. Elle aimait se perdre dans le silence comme dans le bruit. Et là, c'était dans le vacarme le plus total qu'il était temps d'entrer.
La jolie rousse descendit deux étages. C'était tout ce qu'il fallait pour arriver en Enfer. Une toute petite volée de marches et quelques portes. Tant de facilité à se damner aurait du être proscrite...
En entrant dans le Club, Moïra fit bien attention d'éviter tout regard en direction de la porte qui menait au sous-sol de Grayson. L'idée même de l'apercevoir lui était insupportable. Mais peut-être que ce soir elle n'aurait pas besoin d'aller là bas... Peut-être qu'il n'y était même pas... Que savait réellement la jolie rousse de son employé au bout du compte ? Elle en avait appris tellement ces derniers temps... Nora, Mikkel... Qui encore viendrait allonger cette liste inattendue et secrètement haïe ?
De toute manière, ça n'avait aucune sorte d'importance pour le moment, le travaille primait toujours sur tout le reste.
S'écartant de la porte qu'elle venait de passer, la propriétaire du Bones se redressa quelque peu, colla un sourire sur ses lèvres et commença à fendre la foule avec des signes de tête polis.

La balade habituelle de la propriétaire du Club pouvait avoir l'air anodine, mais en réalité, la destination était déjà pleinement définie.
Arrivée au niveau de l'arène, le regard de la jolie rousse se stoppa net sur une silhouette comme taillée dans le bronze. Il n'était pas particulièrement grand mais présentait une musculature respectable et une attitude de tueur qui en avaient déjà impressionné plus d'un.
Il y avait des gens sur lesquels Moïra aurait parié, si jouer dans son propre terrain de jeu avait eu un quelconque intérêt pour elle. Joseph Townsend était l'un d'eux. Le public aussi le savait : aucun monstre, aucune créature quelle qu'elle soit n'était jamais venue à bout de l'homme au regard de feu, hypnothique. Autour de lui la foule était dans une transe maladive, une excitation pure, chacun de leur geste, chacun de leur cri transpirait le besoin de violence, la soif de sang. Un sourire distrait se dessina sur les lèvres de la Hellraiser. C'était ça que la propriétaire du Bones voulait : cette excitation, cette joie malsaine expiée, crachée pour alimenter le grand feu qu'elle avait allumé. Et rien de tel qu'un vainqueur comme Joseph pour entretenir ça. Cependant, si Moïra ne lâchait pas l'homme du regard c'était pour une raison bien éloignée de son physique ou de la force brute qu'il expirait. C'était parce qu'elle avait pleinement connaissance du danger que le combattant représentait.
Surplombant maintenant un peu la foule agitée qui s'agglutinait autour de la fosse, Moïra observait attentivement le combat. Pour peu, on aurait dit que le tout avait été chorégraphié. Une vraie danse macabre dans laquelle la créature n'avait aucune pauvre chance contre l'homme. Ce jeu était aussi beau que dangereux. Plus encore avec cet homme là, qui vivait le combat comme une drogue pure, comme une possession maléfique dont il se languissait à l'excès. La violence était captivante, la tension palpable. Un spectacle sanglant dont personne ne détachait le regard. Les cris hystériques fusaient de toute part, la foule de parieurs se mouvait presque comme un seul Homme, comme s'ils étaient le combattant, comme s'ils assenaient ses coups, poussaient ses cris, partageant cette envie de sang, ce besoin de mort...
Et bientôt leurs souhaits furent satisfaits. Après l'apogée de l'excitation, passa la satisfaction de la conquête. Il n'était pas difficile à deviner que les paris étaient tous aller dans le même sens ce soir... Tant mieux, les joueurs heureux faisaient des affaires heureuse... Mais chez Moïra, le bonheur n'était de loin pas le sentiment dominant. Son regard était toujours figé sur Joseph. Elle le voyait bouillonner, encore, ce n'était pas normal. Tout chez lui transpirait la frustration, l'inachevé. La jeune femme tressaillit. Il lui semblait qu'elle ressentait de son poste même l'excitation encore palpitant de l'homme. D'ici elle ne voyait pas son visage, mais elle devinait facilement son regard fou, incapable de se fixer sur un point, parce que celle expression, la Hellraiser l'avait déjà vu plus d'une fois...
Au moment où l'homme s'échappa de sa cage, tous les muscles de Moïra se tendirent. A vrai dire, la jeune femme était déjà sur le qui-vive depuis le moment où elle avait vu le nom de Joseph sur la liste des combattants du soir. Elle se devait d'avoir tout son contrôle, de tout savoir et d'être prête à toute éventualité. Et celle d'un débordement avait semblé tellement logique qu'il s'en était fallut de peu pour que la propriétaire du Bones prévienne Grayson d'une éventuelle bataille clandestine. Mais elle ne l'avait pas fait. Elle avait les choses en main, la Hellraiser en était persuadée.
Sans attendre, fendant la foule, Moïra se rapprocha du mouvement de panique. Le temps qu'elle arrive, la bagarre avait déjà débuté.
Là, à quelques pas, sous les yeux de dizaines de personnes aussi apeurées que surexcitées, Joseph semblait vouloir fendre son second crâne de la soirée.
La propriétaire du Bones n'eut pas de problème pour arriver tout près des deux hommes : un grand cercle de vide s'était créer entre eux et la foule délirante. La jolie rousse s'arrêta à un pas du combattant déchainé, lançant à peine un regard au pauvre malheureux dont le nez n'était plus vraiment à même de pouvoir porter ce nom tellement ses os devaient être brisés. Toute la partie inférieure étaient couverte d'un sang abondant... Mais ce n'était pas la partie inférieure du visage de Grayson, alors ça n'avait rien de plus inquiétant que la normale.

- Joseph, calme toi.

La voix de la propriétaire du Club était douce mais sans appel. Usant de sa capacité de Hellraiser, la jolie rousse influença les émotions de l'homme, apaisant sa colère, l'intimant au calme. Quand elle fut assurée que son pouvoir avait agit dans le sens qu'elle espérait, Moïra posa doucement sa main sur le bras de l'homme, juste pour l'avoir un peu plus sous contrôle. La manœuvre était encore délicate.
Puis de son autre main, elle fit s'écarter l'homme qui tomba presque immédiatement en arrière. Un homme le rattrapa de justesse.

- Emmenez-le à une des serveuses, elle s'occupera de son nez.

En s'adressant au grand brun qui venait de rattraper la pauvre victime du dangereux combattant. Après un hochement de tête, titubant sous le poids du blessé, les deux hommes bientôt aidés d'un troisième partirent en direction du bar. A ce moment, Moïra se tourna complètement vers Joseph.

- J'espère que tu vas mieux, parce que nous allons devoir avoir une discussion toi et moi.

Des mots juste soufflés, pour que lui seulement l'entende. Toute la foule ne s'était pas encore dispersée, attendant peut-être encore que le fou de rage s'attaque à la propriétaire des lieux. Mais il n'y avait pas de risque, elle le tenait sous son influence... Pour l'instant seulement.

- Suis-moi, allons autre part.

Il lui devait bien ça, au moins, pour le bordel qu'il avait déclenché et le mal qu'il avait momentanément fait à son commerce. Prenant la direction de son bureau personnel, une petite pièce aux vitrines en miroir sans teint, la Hellraiser fit un détour vers un de ses hommes pour lui intimer de reprendre les combats dans trois minutes, laissant le temps aux esprits de s'en remettre, mais pas assez pour que l'adrénaline retombe, laissant place à la peur et l'amertume.
Quelque chose disait à Moïra que si son intuition continuait à être bonne comme elle l'avait été jusqu'à là, sa soirée de hurlements et de violence n'était de loin pas terminée.


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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Mar 7 Fév - 0:11

I feel it calling
I feel it holding me
It's taking everything I love away from me


« Joseph, calme-toi. »

La colère est tamponnée de calme, de douceur. Le bourdonnement rugissant dans mes oreilles s'évanouit, d'une lenteur exaspérante – mais il s'évapore avec la colère, avec tout le reste. La sensation est étrange, comme si j'étais enveloppé dans une drôle d'atmosphère. C'est un calme qui ne m'appartient pas, comme si j'étais caressé dans le sens du poil jusqu'à ce que je sois forcé de me détendre. Mais ça fonctionne. La sueur qui me coule dans les yeux est dorénavant la seule chose qui m'aveugle, et le brouillard se dissipe, tant dans mon esprit qu'autour de moi. L'odeur rouillée du sang me caresse les narines, et je sens tout mon corps recouvert d'une pellicule de sueur, qui sèche rapidement au contact de l'air. Désagréable. J'ai la peau brûlante, le visage bouillonnant, le cerveau en ébullition, et ce calme étrange qui m'étreint malgré tout. Mon esprit se fait cotonneux, un peu embrumé, et je réalise peu à peu ce qui vient d'arriver. L'homme, l'odeur du sang, le combat, le pétage de plomb. Putain. Une main se pose mon bras – je tressaute, sur le qui-vive, et croise le regard de Moïra.

Son visage éveille en mois une flopée de sentiments contraires. Je suis encore sur la corde raide, et n'importe quoi pourrait me faire vaciller de l'autre côté. La chevelure flamboyante de Moïra, son regard clair et pourtant si dur. L'ensemble de ses traits, qui me renvoie à tous ces combats, toutes ces soirées, toutes ces morts. Tout, atténué par le coton imprégné de calme, et par cette main sur mon bras, ces doigts glacés sur mon sang encore bouillonnant. Le temps que je réfléchisse, que je sente l'apaisement couler sur mon esprit, protecteur, les minutes s'écoulent sans moi. Moïra prend tout en main, comme d'habitude. Il y a toujours quelqu'un pour rattraper le nombre incalculable d'erreurs que je peux commettre. La colère frémit au fond de mon ventre, de nouveau prête à se déchaîner, au moins faux pas. « J'espère que tu vas mieux, parce que nous allons devoir avoir une discussion toi et moi.  » Une discussion. La voix implacable, ferme, c'est bien celle que je connais. Mais je suis pas sûr d'avoir déjà merdé comme ça.

Je pénètre dans la pièce, et pose les mains bien à plat sur le bureau. La sueur sèche sur mon corps, et me chatouille le visage – je le secoue comme un chien mouillé. Une goutte de sang s'écrase sur le bois verni. Je l'observe, sombre et brillante, avant de passer les mains sur tout mon visage, puis de les essuyer sur le tissu de mon pantalon. Et de souffle. Souffle putain, tu vas en avoir sacrément besoin – ma poitrine se soulève régulièrement, à un rythme encore trop rapide qui, je le sens, s'intensifie. Pendant un instant, je n'avais plus le regard de Moïra sur moi, je n'avais plus de contact physique avec elle – pour être honnête, je ne suis pas sûr de ce qu'elle a fait. Je crois qu'au fond de moi, je le sais, mais impossible de mettre le doigt dessus. Ou peut-être que je n'en ai pas envie, je sais pas. Mais ça me rappelle à quelque chose de désagréable, de vraiment dégueulasse, qui me soulève l'estomac. Je sais pas pourquoi. Je deviens complètement dingue. Je sens la rousse se faufiler dans la pièce, refermer la porte sur elle. Le silence règne, mais il est pesant et lourd comme le plomb. Je me recule, abandonne le bureau, avant de passer les mains sur mon visage – le sang sèche et me donne l'impression de s'incruster dans ma peau, dans ma barbe.

Incapable de me calmer, la poitrine secouée par une respiration toujours plus irrégulière, les tempes frémissantes, je me tourne envers vers elle, et colle mon regard dans le sien. Et c'est bien suffisant pour déchaîner la bête qui gronde au fond de mon ventre. Je parcours les quelques pas qui me séparaient encore d'elle, le regard fixe, jusqu'à ce que nos corps se collent. Alors, d'un mouvement brusque, je la pousse en arrière. Je recommence, jusqu'à ce qu'elle soit contre le mur, et j'approche mon visage du sien.

«  Alors quoi, tu crois que je vais m'excuser ? T'attends que je te dise que je suis calmé, que j'ai pété une pile et que... ça y est, je susurre, tout va bien, c'est terminé ? »

Les yeux coulant de lave, la langue acide, je sens la colère remonter en flèche. Mais elle ne sera plus aveugle – non, parce que dorénavant, elle se concentre sur elle. Elle et son putain de carcan. Elle et son putain de pouvoir, sa putain de main de fer dans son putain de gant de velours. Et pourtant, c'est pas vraiment elle, le problème. Mais elle est là, elle est devant moi, et elle accepte le rôle. Sinon, elle m'aurait foutu dehors à coups de pied, en me disant de jamais revenir. La clameur du public me revient en pleine face – elle doit être bien contente que je fasse tourner ses affaires de temps en temps, c'est peut-être pour ça. Peu importe, en réalité, parce qu'elle est , et elle ouvre grand les bras à la rage qui me bouffe.

« Allez vas-y, refais ton truc, recommence. » J'attrape son poignet et le pose contre mon cou, en exerçant une pression sur sa main. « Recommence, de suite, parce qu'il y a rien d'autre qui pourra me calmer que cette saloperie, et fais en sorte à ce que ça dure des heures, cette fois. »

Les veines gonflées, le cœur qui bat dans tout mon corps, je serre encore un peu plus les doigts sur son poignet. Ce poignet fin, trop délicat pour gérer ce mouroir, trop délicat pour être brisé en quelques secondes. La bête rôde, gronde, tourne en cage – elle veut du sang, elle veut des os émiettés, de la chair à vif et des hurlements. Elle veut ce qu'elle n'a déjà plus, ce dont elle aurait déjà du être repue, mais elle n'est jamais satisfaite. Je détourne les yeux, lâche sa main avant que la bête ne jette son dévolu dessus, et je vais tourner en rond dans cette pièce trop petite. Mes yeux glissent sur une armoire, un placard, une commode, avides et envieux. Y a bien quelque chose à se mettre sous la dent là-dedans, hein ?

« À moins que t'aies un truc magique, tu sais, un mélange d'anti-dépresseurs, de coke et de morphine à la fois, un truc vraiment super quoi, parce qu'y a rien d'autre qui me fasse du bien. J'ai l'impression de devenir complètement cinglé, j'ai qu'une envie, dis-je en revenant vers elle, c'est de t'éclater la tête contre un mur pour avoir... pour... Je sais même pas pourquoi putain, ça me rend fou, vociféré-je, en repartant tourner en rond dans le bureau une seconde, instable, et de revenir déjà vers elle. Mais je peux pas rester là, j'étouffe, j'ai besoin de me défouler, dis-je en attrapant à nouveau ses mains, ses poignets, ses avant-bras, n'importe quoi à agripper, à triturer, serrer, torturer entre mes doigts. »

I feel it ripping
I feel it scarring me
That shit has made me blind to all reality

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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Dim 26 Mar - 23:03



" Just like animals. "

Joseph & Moïra




L'homme avait une beauté bestiale. Même calme il ressemblait toujours à un prédateur. Un prédateur au repos, mais un prédateur tout de même. Moïra appréciait les angles durs de son visage, elle appréciait sa force et ce qu'il en faisait, c'était sa fougue qui posait problème. Sa fougue et son manque évident de limites.
Au fond d'elle-même, la Hellraiser tentait de trouver de la compassion, du calme, quelque chose qui pourrait aller dans le sens de ce qu'elle voulait obtenir et pas de ce dont elle avait besoin maintenant. Inutile de préciser qu'un combat loyal entre elle et Joseph se terminerait terriblement mal pour la jeune femme. Mais la violence l'attirait plus qu'elle ne l'admettait. Un besoin grandissant, dévorant, de se mettre en danger, tout en protégeant ce qu'elle chérissait le plus. Que les deux soient incompatibles, la jolie rousse ne l'envisageait pas. L'important était qu'ici il ne pouvait pas nuire au Bones, il ne pouvait l'atteindre qu'elle.
Lorsque l'influence de la jeune femme cessa, l'homme fut submergé par la colère qu'elle avait un instant plus tôt repoussée avec autant de rapidité que si on avait ouvert les vannes à un océan retenu prisonnier. En un instant, Moïra se retrouva plaquée contre un des murs de son bureau, le corps du combattant pressé contre elle.

«  Alors quoi, tu crois que je vais m'excuser ? T'attends que je te dise que je suis calmé, que j'ai pété une pile et que... ça y est, tout va bien, c'est terminé ? »

La rousse ne lâchait pas son regard. Le défiant, se laissant emplir de sa colère avec l'impression étrange qu'en la galvanisant, elle la détendais, elle lui faisait du bien. Un bien fou...

« Allez vas-y, refais ton truc, recommence. Recommence, de suite, parce qu'il y a rien d'autre qui pourra me calmer que cette saloperie, et fais en sorte à ce que ça dure des heures, cette fois. »

Et Moïra mourrait d'envie de le faire, d'accéder à sa requête, et aussi d'envoyer voler son petit poing animé de cette sombre force qu'il l'habitait pour aller heurter la tempe de l'homme.
Puis Joseph se détourna pour se mettre à tourner tel un lion en cage. Une bête assoiffée et jamais rassasiée. La Hellraiser comprenait ça. Elle ressentait la même chose, souvent. Depuis un an surtout, mais avant déjà. La mort de son frère n'avait fait que tout empirer. La jeune femme avait changé, elle le savait et en même temps... Elle n'était pas si différente. Elle était toujours cruelle, elle oeuvrait toujours pour ses intérêts et maniait l'art de la manipulation à merveille. Qu'est-ce qui avait réellement changé ? A part peut-être le fait qu'elle était plus seule que jamais...

« À moins que t'aies un truc magique, tu sais, un mélange d'anti-dépresseurs, de coke et de morphine à la fois, un truc vraiment super quoi, parce qu'y a rien d'autre qui me fasse du bien. J'ai l'impression de devenir complètement cinglé, j'ai qu'une envie, c'est de t'éclater la tête contre un mur pour avoir... pour... Je sais même pas pourquoi putain, ça me rend fou. Mais je peux pas rester là, j'étouffe, j'ai besoin de me défouler. »

- Joseph...

La jolie rousse se déplaça pour aller s'adosser à une commode contenant ses livres de compte, posant ses deux mains derrière elle sur le rebord en bois, avant que l'homme reprenne ses mains. Encore.

- Tu sais que j'apprécie ce que tu fais. Tu es un excellent combattant. Un des meilleurs.

Une nouvelle fois, la jeune femme usa de ses pouvoirs. Calmant le guerrier comme elle le pouvait, lui offrant un moment de répit dans cette bataille intérieure qu'il menait si sauvagement. D'un côté la rousse ressentait pour lui une certaine empathie, et de l'autre, cette façon qu'il avait de lui renvoyer d'une certaine manière son propre reflet la débectait. C'était pourtant sans bouger ni seulement tenter d'échapper à son contact que la rousse poursuivit.

- Mais ce qui se passe dans l'arène, reste dans l'arène. Tu ne peux pas perdre le contrôle. Tu ne peux pas foutre le bordel comme ça dans mon Club.

Comme il était plus facile de s'adresser à quelqu'un dont on contrôlait les émotions. Mais c'était surtout pour qu'il l'écoute, attentivement. Moïra n'avait pas peur de lui, ni de ce qu'il pourrait bien lui faire, ici et maintenant. En revanche, elle craignait que ses mots ne le percutent pas, qu'il ne les entende pas à cause de la colère sourde qui courrait dans ses veines. Parce qu'il fallait qu'il l'écoute, qu'il retienne.

- Tu sais tout aussi bien que moi que tu as besoin du Bones. J'ai besoin de toi, mais j'ai d'autres combattants, d'autres personnes qui aiment risquer leur vie pour sentir l'adrénaline couler dans leurs veines, pour exulter leur colère ou oublier l'espace d'un instant tout le reste du monde...

Moïra sondait le regard du blond. De temps en temps il lui semblait voir passer une flamme dans ses yeux.

- Mais toi tu as vraiment besoin de ça. Tu as ça en toi, ce besoin de te battre, de violence. Et cet endroit te le permet. Librement, tu peux assouvir tes pulsions, libérer la chose qui vit en toi, qui t'agite, qui te hante.

L'usage de ses pouvoirs commençait à fatiguer la Hellraiser. Mais il fallait qu'elle tienne bon, encore un peu.

- Il n'y a plus vraiment d'autres endroits comme ça aujourd'hui. La Nouvelle-Orléans est une petite place pour le reste du monde...

A aucun moment la propriétaire ne se donnait un air supérieur. C'était son business, elle ne traitait pas ses employés comme ses clients. Jamais.

- Je ne veux en aucun cas te menacer, je veux seulement mettre les choses au clair. Je ne peux pas tolérer qu'on mette mon Club en danger. Tu comprends ça ? Je peux te libérer sans que tu explose ma tête contre le bois de mon bureau ou bien va-t-il falloir que je demande qu'on t'attache pour pouvoir continuer cette discussion ?


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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Jeu 6 Avr - 22:45

Les images giflent, les souvenirs sont frais, ils suintent encore de la perle écarlate et brillante. Le souffle a bien de la peine à se contenir au creux des poumons, il tremble dans la gorge et cherche à s'échapper, me fait m'essouffler, depuis tout à l'heure. Le cœur dans la poitrine ne parvient pas davantage à s'endormir de cet accès d'adrénaline – non, il en veut plus, le monstre en veut plus, la bête en attend davantage. L'odeur du sang me chatouille les narines, il sèche et s'emmêle dans les poils drus d'une barbe peu entretenue, comme le lierre dans une forêt abandonnée. Je ne prends plus vraiment la peine de m'attarder sur mon apparence, puisqu'elle m'est inconnue. Au fond, je laisse tout le loisir à la bête de transpirer à travers mes pores, de s'abandonner un peu sur mon apparence. Les poings se serrent et les ongles s'enfoncent dans la paume charnue de ma main. Oui, il faut respirer, il faut respirer. Se calmer. Et plus je me répète de me calmer, moins j'en suis capable. Plus le murmure s'intensifie, plus la colère s'installe. Mes yeux se plongent dans ceux de Moïra, fouillent son regard ; mais ils l'esprit est bien trop préoccupé pour y trouver quoique ce soit. Alors je me contente de la dévisager, plutôt soulagé qu'elle ne fuit pas. Le besoin de me noyer dans un regard, toujours. On y voit tout, on y décèle tout, on y comprend tant. Et pourtant, dans celui de Moïra, je ne vois rien – je la fixe comme un aveugle, inconscient.

Joseph. Oui, non. Je ne sais plus vraiment où il est, je ne sais plus vraiment s'il est entier, si c'est lui, si c'est moi. Et quoi, Joseph, quoi ? Qu'est-ce que tu lui veux, qu'est-ce que tu veux qu'il fasse – tu voudrais qu'il se calme, c'est ça ? Les lèvres s'étirent en un sourire amer, se tordent en un drôle de rictus. Je fais craquer mes doigts lentement, trop crispés, recroquevillés à l'intérieur de ma main. Moira se déplace lentement ; sa grâce cohabite avec sa force. Elle me ménage – je l'ai déjà connue plus froide, plus indélicate. Au fond, ça ne doit pas laisser présager quoique ce soit de positif, qu'elle me manipule avec des pincettes – je la suis du regard, la poitrine se gonflant lentement d'une longue bouffée d'air. Je suis l'un des meilleurs, me dit-elle. Pour cette fois, je décide de fuir son regard – oui, l'un des meilleurs. La déglutition est difficile, toujours gênée par cette respiration saccadée et irrégulière. Je ne sais pas ce que ça me procure, de l'entendre – la satisfaction se mêle au dégoût. Ça me fait plaisir, parce que je sais que c'est vrai, et ma fierté brille de se voir délicatement lustrée. Et ça me répugne profondément, parce que je sais que je ne fais plus seulement ça parce que ça me fait du bien, ni parce que j'aime ça. Pas seulement. Maintenant, il faut nourrir le monstre, il faut lui donner des os à mâchonner, du sang dans lequel se baigner et de la haine dans laquelle grossir comme une tumeur.

Pourtant, je ne sais pas le temps de m'appesantir là-dessus et je referme de lourdes paupières sur des yeux fatigués. Elle recommence, me dis-je avec contentement. Elle recommence et je ne veux plus qu'elle s'arrête, je veux qu'elle m'apaise encore, toute la nuit, chaque nuit. Et je sais pertinemment que je caresse un doux espoir, un rêve qui s'étiole déjà entre mes doigts et s'effrite, meurt dans le sang qui a séché sur mes doigts. Je n'aurais pas du lui demander de réitérer son truc, et elle n'aurait pas du accepter. Les erreurs s'accumulent et la colère s'entasse, la frustration s'y mêle bientôt, et la profonde lassitude de cet état quasiment permanent. Je presse les doigts contre mes paupières closes et repose un regard sur elle. Merci quand même, c'est mieux que rien, pensé-je amèrement. Pourtant, lorsqu'elle poursuit, les yeux roulent dans leurs orbites et échappent aux siens un instant. « Je sais. », dis-je aussitôt après elle, rattrape ses mots des miens sans vraiment la couper. Je sais que je ne peux pas foutre le bordel. Je plante les dents dans ma lèvre et mords, les enfonce dans la chair à défaut de rétorquer à l'infini, de m'installer dans un sarcasme inutile. Alors je reste silencieux, croise les bras sur ma poitrine. Elle m'aide à l'écouter, elle m'incite à rester muet, elle donne un peu de came à son toxico. Le sourire amer s'affiche encore sur mon visage, immobile.

Elle reprend ses pincettes, me caresse dans le sens du poil – oh oui, j'ai besoin du Bones. C'est bien ce qui rend toute cette situation si dangereuse – elle a raison, évidemment. Je ne peux pas tout foutre en l'air, parce que j'ai l'excuse parfaite, le prétexte idéal pour me défouler sur n'importe quoi. Sinon, où irais-je ? Je pourrais chercher des noises à n'importe qui, foutre la merde partout où je passe, fêler des os à m'en briser les mains, me saouler dans quelques effluves de sang et de violence. Je l'ai déjà fait, durant trop d'années, et je ne peux pas recommencer. Il n'y a plus personne pour venir me récupérer, maintenant – Nicholas n'est plus là, Aimee non plus. Les deux piliers se sont effondrés et je n'ai pas eu d'autre choix que d'embrasser un peu de maturité. J'acquiesce évasivement. Cause toujours, Moira. J'entends, j'entends, mais je ne sais pas si j'imprime correctement – je sais pertinemment tout ça, mais je n'ai pas envie de l'entendre. Alors j'acquiesce toujours, plus vivement. Pour qu'elle s'arrête de parler. Mais elle n'arrête pas. Je pose un regard brûlant sur elle, qui s'accorde si bien avec sa chevelure et se perd dans la couleur des flammes. Et comme un énième coup dans le ventre, un coup qu'on redoute depuis trop longtemps, elle les assène – Tu as ça en toi, ce besoin de violence. Tu peux assouvir tes pulsions. Libérer la chose qui vit en toi. La chose qui te hante. Les lèvres se pincent et la mâchoire se contracte douloureusement. La chose, la putain de chose. Je ne sais pas si elle dit ça comme ça, si elle parle d'une boule de colère, quelque chose que j'ai en commun avec tous les autres combattants, ou si elle parle de ce truc. D'un truc personnel, trop personnel pour qu'elle puisse seulement savoir de quoi il s'agit. Et au fond, je ne veux pas savoir ce qu'elle sous-entend. Alors je hoche la tête.

« Ça va, j'ai compris. » Elle m'a déjà connu plus agréable, me dis-je avec amertume. Je passe les mains sur mon visage, insiste sur les paupières fermées. « C'est bon, ça va aller. Tu peux arrêter ton truc, j'me contrôle. », marmonné-je, avant d'abandonner derrière moi un léger silence. Moira a fait des efforts, il faut que je sois capable d'en faire autant. Ne serait-ce que par respect. « Je sais, tout ça. Le problème c'est que cette chose prend de plus en plus de place, le Bones ne me suffit plus. Oui oui, je sais que t'y es pour rien, le club non plus, ce pauvre type non plus. » ajouté-je d'un trait. Ce type dont je n'ai même pas vu le visage, dont je me branle éperdument. « J'ai vu rouge, j'ai pas d'explication. Ça se reproduira plus. »

Je décroise lentement les bras, tends des muscles un peu endoloris. Plonge un regard plus éveillé dans le sien. « C'est très bien, tout ce que tu as dit... » dis-je lentement, et détache en chaque syllabe, comme si je n'étais pas sûr de ce que j'allais dire. « Mais j'ai pas envie de parler. Comme tu l'as si bien dit, j'ai tout ça dans mon ventre, ou j'sais pas où d'ailleurs, mais je l'ai, et c'est pas sorti. Et tu t'y connais dans ce domaine, hein ?  » Je laisse un léger sourire étirer mes lèvres. La colère ne s'envole pas, mais elle veut muter.  « Y a pas trente-six façons de s'en débarrasser. » Je fais le tour du bureau, y appuie le plat de mes mains en l'observant, amusé. « J'imagine que t'es pas d'humeur à baiser, alors on peut évacuer autrement. » Non, y a pas trente-six manières de le faire, même si j'aurais pas été contre un moment avec Moira. Je laisse courir mes yeux le long de sa chevelure et suit les courbes de son corps. Elle connaît mon peu de galanterie, inutile de faire semblant avec elle. Mais il doit bien y avoir autre chose, n'importe quoi - un endroit où se défouler, un truc à saccager, d'autres zombies. De quoi faire courir l'adrénaline dans mes veines, dans les siennes.

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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Ven 14 Avr - 18:38



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Joseph & Moïra




La créature était calmée. Mais ce n'était que momentané. Qu'une ridicule pause dans sa longue existence. Un repos artificiel, forcé, contrôlé par des forces mystiques que la jolie rousse elle-même ne comprenait pas. Mais elle s'était volontairement enfermée avec un Démon et la Hellraiser ne ressentait aucun regret. Juste une étrange excitation, un feu dévorant que le combattant avait ravivé par sa seule présence.

- Il faut que tu trouves autre chose. Ou il faut que tu apprennes à te contrôler.

Moïra elle se contrôlait... D'une certaine manière. Peut-être qu'elle n'avait pas non plus exactement les mêmes besoins que Joseph. Peut-être que le Club canalisait davantage ses pulsions... Ou bien était-ce son éternel combat avec Grayson ou Kyran.
Mais cette fois-ci, une colère de plus ne servirait à rien. Moïra se devait de régler ce problème une bonne fois pour toutes. Au moins d'essayer. Ce que le blond lui confiait lui semblait si familier, si compréhensible. Et pour le bien du Bones et la survie de sa clientèle, il lui fallait faire quelque chose. Bien entendu, achever Joseph n'était pas une solution. Ca le libèrerait peut-être, certes, mais ce n'était pas dans les plans de la soirée de faire un mort de plus... Quoi que le combattant ferait certainement un merveilleux zombie...
La propriétaire du Club cessa son influence.

« Mais j'ai pas envie de parler. Comme tu l'as si bien dit, j'ai tout ça dans mon ventre, ou j'sais pas où d'ailleurs, mais je l'ai, et c'est pas sorti. Et tu t'y connais dans ce domaine, hein ? Y a pas trente-six façons de s'en débarrasser. »

Oui elle savait. La violence pour extirper la violence. Le feu par le feu. Il n'y avait que ça de vrai. Il n'y avait toujours eu que ça de vrai. On pouvait apaiser, mais calmer la colère ne faisait que la repousser. Moïra voyait ça comme un vase qui ne faisait que se remplir. On ne réglait rien en mettant un couvercle dessus, la colère était toujours à l'intérieur, il fallait la déverser.
Toujours collée contre son armoire, les mains agrippées au bois, la jolie rousse avait beau sembler calme, ses doigts étaient prêts à s'incruster dans le matériel.

« J'imagine que t'es pas d'humeur à baiser, alors on peut évacuer autrement. »

Un sourire froid anima un instant les lèvres de Moïra. La jeune femme se redressa et traversa la pièce dans un mouvement lent sans quitter des yeux le combattant. Arriver à sa hauteur, la Hellraiser laissa sa main glisser le long du bras de l'homme avant de saisir ses doigts et de les remonter pour les accrocher à sa propre gorge.

- Tu pourrais me tuer maintenant n'est-ce pas ? Une partie de toi en a envie. Si ça peut te rassurer, j'aimerais bien te tuer aussi de temps en temps.

La belle rousse resta ainsi un instant, les yeux levés sur l'homme, avant de se reculer de quelques pas, contournant le bureau et mettant à nouveau de l'espace entre elle et le combattant.

- J'ai une idée. Un endroit. Ca pourrait être dangereux, mais ça vaudrait le coup d'essayer. Au moins pour cette fois en attendant de trouver une autre solution.

Un souvenir presque engageant sur le visage, la femme attendit un signe, un acquiescement avant de rouvrir la porte de son bureau et de s'engager à l'intérieur même du Club. La musique, les cris, les chocs du verre contre le bois lui sauta dessus avec un ensemble qui ressemblait à une étrange mais apaisante symphonie. Jetant un coup d'oeil circulaire, Moïra croisa le regard de Kyran posté un peu plus loin sur sa droite.

- Un instant.

Adressé envers Joseph avant de s'écarter rapidement.
La jolie rousse fendit la foule pour rejoindre Kyran. Arrivée à sa hauteur, elle lui souffla qu'elle devait sortir un moment, qu'elle lui confiait le Bones et qu'il avait plutôt intérêt à ne pas foutre le feu d'ici son retour. Le beau brun lui renvoya une réplique cinglante qui voulait certainement dire qu'il acceptait avec plaisir. Dans un coup de vent, la Hellraiser avait déjà de nouveau rejoint le blond et la sortie du Bones par la même occasion.

La nuit était glacée et les rues désertes. La jolie rousse avançait silencieusement, suivant le chemin qu'elle avait prit des mois plus tôt lorsqu'elle avait rencontré son plus fidèle allié. Grayson... Peut-être sa meilleure rencontre... Peut-être la pire. Moïra se concentra sur le froid qui griffait sa peau et ses yeux faisaient des aller-retours sur chacun des recoins qu'ils rencontraient. Tomber face ç une milice ne serait pas la meilleure des choses qui pourraient leur arriver. Croiser Alistair ne serait pas la meilleure chose qui pourrait leur arriver !
Arrivée près de leur porte de sortie, la Hellraiser ralentit le pas. Personne à l'horizon. Ecartant les lattes de bois du premier mur, la jeune femme laissa passer Joseph avant de le guider à travers les différents passages pour sortir à l'extérieur de la Nouvelle-Orléans.

Une fois hors du mur, il fallut attendre encore un peu, juste par prudence, Moïra voulait s'éloigner le plus possible de toute menace potentielle... Venant de la ville en tout cas.
Quand la jeune femme jugea que la distance qu'ils avaient parcouru était suffisante, elle attrapa un bout de bois qui trainait au sol pour le taper contre un grillage qui avait sûrement un jour essayé de protéger la population restante des créatures infernales. Et justement, c'était ces dernières que Moïra cherchait et elles n'allaient certainement pas tarder au bruit des grognements se rapprochant.

- Je t'en prie, donne toi en à cœur joie. Et surtout, ne te fais pas mordre...


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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Lun 1 Mai - 18:17

La tiédeur de ses doigts se referme sur ma peau, guide mon bras et l'élève entre nos corps. Mes propres doigts caressent sa gorge et se ferment sur des pulsations régulières, sur un cœur qui résonne entre ses chairs et tout près de ses cordes vocales. Serrer les doigts sur ce cou délicat, c'est un peu détenir la vie contre la paume d'une main, me susurre la bête. Et si je l'écoutais, si je buvais l'acidité de ses paroles, je le ferais – je serrerais, j'y joindrais les deux mains et les dix doigts jusqu'à ce que la lueur de vie s'écoule de ses jolies lèvres, jusqu'à ce que sa tignasse rousse ne soit plus qu'un chiffon orangé, son corps celui d'une poupée de tissu. Muet, immobile face à elle, je ne réponds que de la coulée de lave qui dégouline de mes prunelles. J'aimerais bien te tuer aussi de temps en temps, dit-elle. Je ne sais pas si c'est une formule ou si le désir de goûter à la mort brûle au fond de ses entrailles et lui engourdit les membres. Les lèvres se pincent pourtant lorsqu'un léger silence s'installe à nouveau – la bête veut annihiler, mais sa cible principale, c'est certainement moi. L'envie de se tuer à petit feu est parfois dévorante, profonde, douloureuse. Il ne faut rien précipiter, les meurtres les plus efficaces sont ceux que l'on prépare depuis des années, tapis dans l'ombre. À seulement attendre que, finalement, ça se produise. Un sourire sans joie étire mes lèvres, brièvement, et ses yeux dans les miens sont une torture supplémentaire. Pourtant, malgré une légère pression contre sa gorge, mes doigts s'empêchent d'étrangler, de serrer, d'étouffer. Un drôle de soulagement me détend les tripes lorsqu'elle s'éloigne, comme un poids arraché à mon corps.

Je hoche la tête à sa proposition, avec presque trop d'empressement – le mot magique avait été prononcé. Dangereux. Le danger a ses raisons que la raison ignore et ce sont d'infernales bêtes volantes qui me remuent le ventre. Point de papillon ici, rien que des bestioles avides de sang et de douleur qui me lacèrent les chairs à mesure que l'envie de suivre Moïra se fait impétueuse. Dégageons d'ici, de cet endroit confiné et étouffant – mes doigts sur sa gorge ne sont plus une menace, et n'étaient finalement rien comparé aux griffes du monstre autour de mon cou, du sien, autour de tous ceux qui peuvent combler ses désirs les plus profonds. L'impatience gonfle comme un ballon de baudruche, inexplicable de brusquerie et je talonne la rousse. Dépêche-toi Moïra, dépêche-toi. Mais la rousse m'abandonne à ma fébrilité, et c'est les jambes parcourues de fourmillements distinctifs que je poireaute sans mot. Les secondes me semblent être des minutes, des poignées de minutes balancées dans le temps et les nerfs s'électrisent. Plongé dans un silence qui ne dure pourtant que depuis que la patronne du club a rejoint son associé, les pensées vagabondent et se perdent dans les méandres d'une mémoire torturée. Je sais ce que le monstre me chuchote depuis quelques mois – prends-en. Détends-toi et prends-en, laisse couler dans tes veines l'acide, la drogue brûlante et d'une grande pureté, comme seule Mackenzie sait la faire. Comme avant, comme au temps de tes premières amours, comme lorsque tout était si beau qu'on ne réfléchissait plus aux conséquences. Il ne fallait qu'une impulsion du pouce pour décoller, pour rejoindre le monde d'Isak et des autres camés, celui que t'as pourtant tant fréquenté et qui te colle à la peau. Alors vas-y, Joseph. Casse-toi et fais-le, fais-le, fais-le.

Moïra m'avait arraché à mes songes et je réalise seulement du ridicule de mes désirs enfouis. Et je ne veux plus y penser, me dis-je en portant mon attention sur les environs, l'air glacé, la clope entre mes lèvres et la fumée qui nous poursuit. Les mirettes de la rousse papillonne mais ses questionnements, son inquiétude s'il y en a une, ne sont pas contagieux. Nos pas sont pressés mais je ne me pose pas vraiment de questions, peut-être dans un état un peu second. Le sang a définitivement séché sur mon visage, la moiteur de la transpiration qui a coulé le long de mon dos disparaît et laisse place à des plaques glaciales sur mon épiderme. C'est revigorant, ça remet les idées en place, mais ça ne calme pas l'ardeur du monstre pour autant. Visiblement habituée à emprunter ce chemin, je suis Moïra sans mot, la laisse me guider dans un endroit qui m'est inconnu. Les frontières de la ville sont passées, franchies, abandonnées derrière nous. Le danger nous tend les bras et me caresse le visage, la protection est désormais loin derrière nous.
Le grillage immobile se remue et sa mélodie métallique est bruyante dans le paysage endormi. Celui qui avait un jour empêché les morts de s'approcher les appelait désormais. Ils ne tardent pas et éveillent les lieux, le silence tiré de sa torpeur. Un regard pesant s'attarde sur Moïra, sur son visage calme et son ton placide. Je l'envie tant que la convoitise se fait coup de fouet le long de mon dos. Quelques pas en avant, sans décrocher mon regard du sien – faut-il qu'il soit reconnaissant, ce regard ?

Le déchaînement arrive à grands pas. Rien à voir avec tout ce que j'ai expérimenté au club. Pas de grilles, pas de public, pas de lumière vive, rien d'autre que les morts qui affluent. Leurs corps décharnés sont plus rapides que ce que l'on peut croire, leurs grognements et râles plus rebutants que ce que je pensais. Ils sont répugnants, ils dégoûtent, et l'odeur de chair en décomposition qui les poursuit me soulève l'estomac. Non, rien à avoir avec tout ce que je m'étais imaginé. Ils sont plusieurs et je les vois mal progresser – pourtant ils sont là. Pas de show à faire, pas de muscles à dévoiler, pas de grilles contre lesquelles presser le corps quasiment mort. Alors il faut cogner, il faut que le poing s'abatte sur eux, que le pied éclate une rotule, que le corps tout entier réussisse à se soustraire à leur progression. Le cœur bat déjà la chamade dans ma poitrine et la cigarette que j'ai à peine eu le temps de terminer m'a asséché la gorge et les poumons, l'air glacial s'y infiltrant insidieusement. Mais il faut frapper, ne pas faiblir, ne surtout pas réfléchir. Suivre le conseil de la rousse et ne pas se faire mordre – plus facile, bien plus facile à dire qu'à accomplir.
Et pourtant, j'ai rapidement l'impression d'être spectateur. Bientôt acculé, l'odeur de pourriture dans les narines et la vision gênée par l'obscurité, ils avancent et je recule. Le sang gonfle et afflue dans mes veines, se fait lave destructrice ; les battements de mon cœur sont bruyants, presque douloureux dans ma poitrine, et tout mon corps s'électrise. C'est maintenant ou jamais, me dis-je, me répété-je inlassablement. Maintenant ou jamais. C'est maintenant – la bête s'éveille, s'étire en mon sein et hurle sa rage comme je hurle la nôtre d'une même et seule voix. Les muscles déchirés par la vigueur et la haine, elle abat sur les morts la violence animale qui m'habite. Je ne sens plus la douleur, l'inquiétude, le manque, la fatigue. Il n'y a plus personne avec moi, seulement l'animal que je mime.

Le souffle court, les perles pourpre au bout des doigts, la poitrine frénétique et le ventre creusé par l'effort. Ils sont tombés, et je suis encore debout. Le sang se mêle à la sueur sur mon visage et les pensées qui traînent dans ma tête sont enfin miennes. Trop décousues pourtant. Les jambes tremblent sous mon poids et expriment leur fatigue – les genoux s'abattent au sol et sont rejoints par la paume de mes mains. La sueur goutte sur la terre souillée et je m'octroie quelques secondes pour reprendre mon souffle.
Alors je me tourne et c'est tout mon corps qui s'écrase au sol dans un froissement, la face dirigée vers les étoiles. « J'imagine que je dois te remercier pour ça. Alors merci. » dis-je à voix basse, le souffle court et la gorge sèche. Le visage incliné vers elle, allongé entre les macchabées, je passe les mains sur mes bras à la recherche d'une blessure que l'adrénaline aura camouflé. « Moïra... » La voix se brise, cassée, et je déglutis lentement, reporte les prunelles sur un ciel noir parcouru de points étincelants. Revenues bredouilles, mes mains se posent sur mon ventre. « T'en as trop montré ou pas assez. T'as trop bien compris, t'as beaucoup trop bien... géré. Comment tu sais c'que je ressens ? » Si le début est calme, les derniers mots sont un peu secs. Quelle étrange habitude je prends, de parler de mes émotions à tout bout de champ. Reportant un regard intéressé sur elle, il est néanmoins ferme – oh, je saurai, Moïra, je saurai ce que tu renfermes.

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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Sam 13 Mai - 22:53



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Les problèmes, Moïra en avaient rencontré dans sa vie. Elle y était habituée et aimait en général s'en débarrasser rapidement et proprement. Et si elle préférait souvent faire les choses elle-même pour s'assurer que tout soit bien fait, il arrivait qu'elle doive déléguer, faire confiance à d'autres personnes qu'elle même. Joseph n'était certainement pas un de ces cas là. Elle devait s'en charger, il était bien trop imprévisible, bien trop comme elle.

L'air était frais, pourtant il semblait à Moïra que cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu froid. Aucun frisson, aucune brise n'arrachait ne serait-ce qu'un seul tremblement aux membres de la jeune femme. Comme si la température était quelque chose dont elle n'aurait pas eu le temps de se préoccuper et qui ne l'impactait donc pas. Sa sécurité en revanche la préoccupait. A tout instant ses yeux sondaient l'obscurité sans laisser passer le moindre détail. Si une ombre avait bougé, elle l'aurait repéré et se serait arrangée pour disparaître en un clin d'oeil, tout comme elle était apparue. Mais ce ne fut pas le cas, aucune silhouette ne dérangea la quiétude de la nuit et les deux possédés trouvèrent sans encombre la sortie secrète.

Dehors, au-delà du mûr, Moïra lança un regard à la dérobée à l'homme. Il avait le profil d'un prédateur, son comportement tout entier le faisait ressentir. La moindre de ses expressions était celle d'un chasseur, d'un tueur né. Pire encore quand Joseph se tourna vers la belle rousse pour la gratifier d'un regard profond que Moïra n'aurait su qualifier avec exactitude mais qu'elle reçu agréablement. Reculant de quelques pas en soutenait encore un peu le regard du blond, la jeune femme alla se hisser sur une carcasse de voiture abandonnée depuis bien longtemps, un merveilleux point de vue pour observer le spectacle à venir.
Dans les ténèbres de la nuit les masses difformes se mouvaient comme une seule énorme créature grognant sa rage sauvage. Approchant avec une lenteur qui ne réduisait pas pour autant la menace qu'elle représentait. C'était comme un piège inévitable se refermant avec une douceur mortelle. Et quoi qu'il se passait, Moïra s'était fait loi de ne pas intervenir. S'il arrivait malheur à l'homme, elle ne s'en tiendrait pas rigueur, elle tournerait simplement les talons en l'abandonnant à son sort. Il connaissait les risques qu'il encourait en la suivant. La Hellraiser l'avait prévenu.
Mais bientôt il ne fut plus question de se préoccuper d'abandonner le blond hors des murs car sous le coup de ses poings, chacune des créatures était tombé, l'une après l'autre.
Même dans l'obscurité, Moïra arrivait à apercevoir les corps décharnés qui jonchaient le sol et le sang qui maculait le corps entier du guerrier. Une fois qu'elle fut sûre qu'il était le seul être encore capable de mouvement dans les environs, la jeune femme se laissa glisser du toit rouillé qui avait été son parfait observatoire. Et le temps que ses pas touchent le sol, le blond s'était effondré. En quelques enjambées, la jolie rousse avait rejoint le corps allongé et s'était agenouillée pour se pencher sur l'homme épuisé.

« J'imagine que je dois te remercier pour ça. Alors merci. »

Moïra n'en attendait pas tant. Dans un petit soulagement de voir que Joseph était encore capable de converser de la sorte, elle sourit vaguement, comme pour signifier que ce n'était pas nécessaire, sans pour autant le rejeter totalement. La gratitude fut appréciée, puis déjà oubliée.

 « Moïra...T'en as trop montré ou pas assez. T'as trop bien compris, t'as beaucoup trop bien... géré. Comment tu sais c'que je ressens ? »

Pendant toutes les rencontres avec le blond auxquelles la Hellraiser avait eu le droit, jamais encore elle ne l'avait vu dans cet état. Jamais il ne s'était ouvert à elle sans cette carapace dure de violence animale. Ce comportement lui rappelait douloureusement celui de quelqu'un d'autre que la jeune femme se dépêcha d'oublier.

- Chut... Tu as dépensé beaucoup d’énergie, tu es épuisé. Laisses moi voir si tu n'as rien.

Sans attendre aucune approbation, Moïra se pencha davantage sur le corps du combattant pour passer sa main sur chaque centimètre dénudé de sa peau, laissant glisser ses doigts sur chacune des blessures, s'assurant qu'aucune fatale morsure ne décorait sa chaire abimée. Restant un moment dans le silence le plus total, la jeune femme fini par s'exprimer.

- Ce n'était pas difficile de deviner ce dont tu avais besoin. J'ai juste... Voulu essayer quelque chose et par chance, ça a fonctionné.

Pas vraiment la vérité, pas vraiment la réponse à sa question, mais pas un mensonge non plus, alors que ses yeux suivaient ses mains, même si elle ne voyait pas réellement grand chose. Une fois qu'elle fut certaine que l'homme n'était pas blessé, la jolie rousse retira ses mains pour les reposer bien à plat sur ses cuisses. Elle était rarement si attentionnée avec quelqu'un, voir avec quelque chose d'autre que son Bones. Elle qui avait si peu l'instinct maternel dans ses gênes là voilà qui se retrouvait presque protectrice. Ce n'était qu'un instant, pas destiné à duré et qui se briserait rapidement mais pour l'instant encore dans cet atmosphère étrange, ils pouvaient bien tous les deux être un peu quelqu'un d'autre ou enfin eux mêmes.

- Tu crois que tu peux te lever ?


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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Mer 7 Juin - 22:28

Les prunelles embrassent le ciel sombre, dans lequel les étoiles se dessinent lentement et se dévoilent à mon regard. Étincelantes dans une flaque d'infini presque noire, elles contrastent douloureusement avec ce qui vient de se passer. Le ciel de la nuit est toujours apparu, à mes yeux, envoûtant. Comme un peu magique. Ça l'était peut-être, d'admirer des astres certainement déjà morts. Je m'y perds, me conforte dans la douceur un peu pénible de cette contemplation. Le monstre n'aime pas le silence et le calme, et ses murmures reviennent – ses chuchotements glissent d'un bout à l'autre de mon crâne, sillonnent les crevasses de mon esprit, tranquillement. De cette tranquillité effrayante, parce qu'elle ne représente rien que les prémices d'un brouhaha sous-jacent. Après une déglutition difficile, je penche le visage et coule finalement un regard jusqu'au visage de la rousse. Je n'aurais pas du parler. Un soupir se coince dans ma gorge ; je ne sais jamais si j'en ai marre, de discuter, ou si j'en ai terriblement besoin. Si c'est la nécessité de laisser s'écouler les mots qui me brûle les lèvres, ou si c'est l'amertume d'avoir si peu envie de le faire. Épuisé. Tu ne sais pas combien, Moïra ; tu n'imagines pas à quel point tout m'épuise, à quel point le soleil haut dans le ciel me fatigue, à quel point les ombres de la nuit m'exaspèrent. La journée est un enchaînement de lassitude et de douleurs, incompréhensibles et intangibles. Rien à faire, rien à dire, tout à garder. Les émotions se succèdent, s'enchaînent péniblement, ne se ressemblent jamais – ne sont pourtant jamais vraiment différentes.

Oubliée, l'énergie du fauve de tout à l'heure. Endormie, la colère sourde qui courrait dans mes veines et dans chacun de mes membres. Il n'y a plus que la fatigue, celle qui se manifeste lorsque j'ai un moment de répit au fond de mon crâne et qu'il n'y a plus que moi. Le corps se tend et les muscles se bandent légèrement pendant que la chair de poule parcourt ma peau ; les doigts de Moïra, frais et mus d'une certaine douceur, passent sur ma peau. Elle cherche les blessures, une blessure que je fantasme peut-être. Une blessure qui saurait peut-être se faire salvatrice – le murmure de la bête est sans équivoque. Après ce que j'ai infligé à mon corps ce soir, ses doigts me font l'effet d'une caresse, tout aussi douloureuse de douceur que le ciel étoilé. Je ne sens aucune blessure que mon épiderme et demeure muet, comme elle. Le silence nous englobe à nouveau, permettant simplement aux bruits de la nature de s'exprimer. Pas de blessure grave, si ce n'est la chair abîmée et meurtrie, qui ornera ma peau durant des semaines. Ces horreurs, ces atrocités, ces marques inhumaines que je ne comprends pas. Qui me dégoûtent. Peut-être Moïra ne les voit-elle pas dans l'obscurité, me dis-je lorsqu'elle retire finalement sa main de ma peau nue. Peut-être est-elle suffisamment habituée à la vue des zombies pour ne pas être écœurée par ces choses.
Elle brise le silence, reprend la parole et j'acquiesce avec bien peu de vigueur. Un sourire amer étire mes lèvres.

« Ouais, j'imagine que j'ai jamais été très compliqué à cerner. » La voix est rauque, elle cherche à se briser, et je tousse. Non, je n'ai jamais été compliqué. Je suis un putain de livre ouvert, sans aucun mystère à percer. Les émotions se peignent sur mon visage avant même que je les comprenne, mes envies sont brusques et je ne peux pas les retenir, j'ai du mal à coincer quelques paroles dans ma gorge. Non, il n'y a rien de mystérieux chez moi. « Mais bon, ça a... fonctionné. » Le mot est un peu acide sur ma langue. Ça a fonctionné, vraiment .
La vision de ma dépouille épuisée au sol, Moïra penchée au-dessus de moi, quelques cadavres déjà putréfiés autour de nous, ne me donne pas une impression de victoire, mais j'acquiesce. Les émotions reviennent, poussées et jetées au-dehors de l'antre par le monstre. Il veut que tu craques, hein ? Il veut que tout coule sur ton visage, et de tes pores. Il veut que ça suinte, que tu te montres, que tu t'exposes. La boule se forme dans ma gorge et les paupières se dépêchent de se fermer, profitent de la question de la rousse – en guise de réponse, je grogne. Non, je ne peux pas me lever, pas tout de suite. Parce qu'il est là, il profite de n'importe quel moment de faiblesse.

Je rouvre les yeux, les colle sur le visage de Moïra, penché vers le mien. Le moment de faiblesse, elle le ressent peut-être aussi ; chez elle. Une fois que je ne suis plus focalisé sur moi-même et mes petits bobos, je réalise qu'elle agit vraiment avec douceur, avec calme, et ses doigts se sont faits protecteurs sur mon épiderme. Un sursaut agite la commissure de mes lèvres – pas vraiment un sourire, mais un peu quand même. Inutile de remuer le couteau, même si une certaine reconnaissance doit se lire sur mon visage ; évidemment.
Et comme à chaque fois, ce besoin de panser une plaie par un bandage qui ne convient pas du tout. Une main glisse jusqu'à la sienne, se pose lentement sur sa peau, le temps d'un instant. Remonte près de son poignet, cherche un contact, une peau chaude contre la mienne. La tendresse est douloureuse mais je la quémande, le temps d'un battement de cils. Ou deux, ou trois – sans mot, je retire mes doigts et les appuie sur le sol, me redresse. « Ouais, ouais. Ça va mieux. Putain, j'vais bien dormir cette nuit, c'est au moins ça d'pris. » Je souris. Le réveil interne a sonné, et l'heure du désespoir est passée, il n'est définitivement plus temps de se morfondre. J'ai terriblement besoin de son aide pour me lever. Les membres sont douloureux, la fatigue se mêle au sang qui coule dans mes veines et l'adrénaline de tout à l'heure laisse place à un grand vide. J'ai besoin de son aide et je fais comme si de rien n'était, m'aide de mes mains sans mot et me relève lentement. Un soupir de soulagement coule hors de mes lèvres et je balaie l'endroit du regard.

« Tu viens souvent ? » La question est introductive, rhétorique – évidemment, qu'elle vient souvent. Ses habitudes peintes sur le moindre de ses gestes, tout à l'heure, ne laissaient pas planer beaucoup de doutes. J'ajoute aussitôt : « Pour quoi faire ? T'as besoin d'te défouler, toi aussi ? Comme ça ? » Une moue un peu railleuse sur le visage, je hausse les sourcils. Non, que ce soit Moïra ou une autre, il est assez inconcevable à mes yeux qu'une femme se prête à ce genre de pratiques. Même si je connais la rousse, je fais mine de désapprouver, passe les mains sur mes cuisses et abandonne un peu de poussière derrière moi. Peut-être ne répondra-t-elle pas à mes questions – ce soir, elle est passée maître en la matière. Dévier, ignorer, répondre autrement. Moïra se fait serpent au milieu de toutes mes interrogations, mais ça m'importe peu. Chacun son intimité.

« J'reviendrai certainement sans toi, tu m'en veux pas... Au final, on fait p't'être une bonne action en débarrassant la ville de ces saloperies, hein ? » Je lui désigne l'endroit par lequel nous sommes rentrés, un sourire aux lèvres. Non, tout est déjà oublié, et se morfondre n'est plus au menu.

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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Sam 17 Juin - 23:24



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Non il n'était pas difficile de comprendre quelqu'un lorsque leurs yeux renvoyaient en miroir la même ombre que celle qui obscurcissait le regard de Moïra. Il agissait peut-être avec une agressivité plus exprimée quand lui attaquait directement, la Hellraiser agitait les foules, se baignait dans les ondes de violence du Bones et se libérait par l'évacuation de la rage des autres, mais quoi qu'il en soit, la fureur animait leur vie.
En observant l'homme épuisé mais calme, la jeune femme ressentait une agréable satisfaction. Mais la joie ne devait être que de coute durée. L'homme ne pouvait resté rassasié assez longtemps et la faim finirait par revenir. Pouvait-il seulement trouver un équilibre capable de le contenter sur le long terme ? S'il était réellement comme elle, Moïra savait que cette brutalité finirait par le lasser, il lui en faudrait plus, encore plus et si le Bones ne lui suffisait déjà plus, l'extérieur des murs viendrait aussi à ne plus être assez.
Un instant encore le blond resta allongé, répondant à la question de la belle rousse sur sa capacité à se relever par un grognement de négation. Puis soudain, sa main s'avança pour venir se poser sur celle de Moïra avec une douceur qu'elle ne lui connaissait pas. La jeune femme resta immobile alors que les doigts de l'homme remontait lentement sur sa peau. Ses yeux se fermèrent l'espace d'un instant, puis le contact fut rompu.

« Ouais, ouais. Ça va mieux. Putain, j'vais bien dormir cette nuit, c'est au moins ça d'pris. »

La jolie rousse répondit par un sourire satisfait et quelque peu amusé et se redressa sans plus de contact ou de mots :il y avait déjà eu bien assez de tendresse entre les deux possédés pour tout le restant de leur vies certainement. Sans réagir et avec la froideur émotionnelle revenue qui caractérisait normalement la propriétaire du Bones, elle observa insensible le combattant se relever à son tour, non sans mal. Cette douleur là était bénéfique, elle l'occuperait pendant un moment, contiendrait encore un peu sa fureur et apaiserait pour quelque temps son besoin de sang. C'était tout du moins ce que la jeune femme espérait, pour lui et la santé des clients du Bones qui avaient subit ce soir la rage de Joseph.

« Tu viens souvent ? Pour quoi faire ? T'as besoin d'te défouler, toi aussi ? Comme ça ? »

Au risque de surprendre son compagnon nocturne, la jeune femme secoua négativement la tête.

- Je suis venue quelques fois. Mais ça faisait longtemps.

Elle avait essayé à un moment. Tant essayé. Mais on l'avait repoussé, encore et encore, inlassablement, brisant à chaque rejet un des rares liens qui la rattachaient encore au Gouvernement. Son frère, combien de fois avait-elle voulu aller ici pour le chercher, le ramener à la maison, enfin. Combien de fois avait-elle attendu de le voir parmi les cargaisons de zombies que Grayson ramenait de ses expéditions à l'extérieur de la Nouvelle-Orléans ? Ce soir encore, les yeux de la jeune femme avaient parcourus les corps inertes sans y trouver le visage de son cher Matt.

- En réalité je ne m'éloigne que très rarement du Bones. Il est mon exutoire.

Parce qu'elle avait cette façon d'exorciser ses démons en libérant ceux des autres. Parce qu'elle ne pouvait pas non plus confier au blond tous ses secrets pour calmer sa faim de violence car si elle persévérait à affirmer qu'elle n'avait besoin de rien ni personne d'autre que son Club, il était arrivé à la jolie rousse quelques écarts qu'elle ne pouvait aborder. Qu'elle ne voulait aborder.
Moïra n'en dit donc pas plus et se mit en marche pour rejoindre à nouveau la Nouvelle-Orléans. Il était amusant comme cette seule pensée l'inquiétait bien plus que de sortir au-delà des murs. Pourtant ici grandissait l'inconnu, les monstres et la désolation, qui savait ce que l'on pouvait encore trouver dans le vaste monde détruit par la colère des éléments ? Qu'est-ce qui avait pu survivre ou renaitre des cendres de la terre autre que des morts capables de se relever et de tuer à leur tour ? Moïra n'imaginait rien, tout en sachant que tout était possible, elle était bien trop cartésienne pour réellement songer à d'autres menaces que celles qu'elle devait affronter au quotidien.

« J'reviendrai certainement sans toi, tu m'en veux pas... Au final, on fait p't'être une bonne action en débarrassant la ville de ces saloperies, hein ? »

L'ombre d'un sourire passa sur les lèvres de la Hellraiser.

- Je ne t'en voudrais pas, au contraire.

Bien sûr que non, si cela pouvait empêcher que Joseph ne tue les clients du Bones, elle n'y voyait absolument aucune objection. De toute manière ce terrain de jeu là ne lui appartenait pas, contrairement à son Club.

- Mais à mon avis, les pires monstres sont à l'intérieur.

Moïra prononça ces mots en désignant d'un mouvement de tête le mur duquel ils se rapprochaient peu à peu. Oui, c'était définitivement là l'Enfer et ils allaient s'y replonger comme si c'était là-bas qu'ils étaient en sécurité.
Avant de franchir à nouveau le portail, la belle rousse lança un regard en arrière. Peut-être que son frère avait trouvé un refuge ici. Il y serait certainement mieux qu'à la Nouvelle-Orléans. Il ferait bien d'y rester.


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MessageSujet: Re: Feeling like a freak on a leash - Moïra   Lun 31 Juil - 0:42

Non. Non, bien sûr, elle n'y vient plus. Ne ressent certainement plus ce besoin viscéral de lâcher la bête aveuglément, sur n'importe quoi. N'importe qui. Les prunelles se perdent dans le décor sombre et déjà ordinaire qui nous entoure, à mesure que nous progressons. Moïra a cette retenue, ce flegme apparent qui m'étonne, que je ne comprends qu'avec trop d'efforts et de difficultés, si tant est que je puisse véritablement en saisir la teneur. Elle a l'air pensif et je l'imite, me laisse aller à quelques réflexions supplémentaires, superflues. Profite du vent frais sur ma peau, passe les doigts dans une barbe rêche et constellée de perles de sang séché. Elles tâchent mes doigts, et je devine les éclaboussures du liquide carmin sur mon cou, mon t-shirt, peut-être même ici et là sur mon visage. Le sang d'autres, innombrables, victimes. Impuissantes et indéterminées, elles n'ont ni visage ni passé. Que des monceaux de chair à abîmer, une peau à flétrir, un sang à faire couler. Et lorsque je pense à la soirée qui vient de s'écouler, la fatigue me tombe dans les membres comme des centaines de poids. L'adrénaline s'étiole et s'éteint, abandonne sur son passage dévastateur un corps ankylosé et épuisé. Au fond, il vaut bien mieux ressentir la fatigue que le poids des événements. Suivant, presque machinalement, la mince silhouette de la rousse, je pense à la nuit qui s'annonce. Au LD que je vais certainement éviter ; je ferai le mort, et j'irai me pieuter. Un sommeil qui promet d'être sans rêve, un luxe rare depuis quelques mois, auquel je ne peux tourner le dos.

Moïra ne s'éloigne que trop rarement du Bones, avait-elle dit. Je peux la comprendre, mais si je n'ai – de toute évidence – pas exactement le même attachement au Little qu'elle peut avoir envers son club. J'acquiesce vaguement, l'esprit préoccupé. Et je m'agace. Je m'agace de son détachement, de sa facilité apparente à se désintéresser des tourments qui peuvent nous animer. Je ne sais pas si c'est la fatigue, la colère qui reprend simplement sa place au fond de mon crâne ou encore une sorte de pulsion envieuse envers la rousse, mais ça revient. Tranquillement, calmement. Le bruit, les membres lourds, la fatigue, la hâte, le stress. Le répit fut de courte durée, je n'ai pas eu le temps de le chérir et de l'apprécier à sa juste valeur, mais qu'importe, désormais.
Penchant la tête vers celle qui me tient compagnie pour le moment, je l'observe. Non, bien sûr qu'elle ne m'en tiendra pas rigueur. Il vaut mieux que je vienne foutre en l'air ce morceau de terrain et les choses qui le hantent, peu importe le danger, tant que je ne vais pas troubler le travail établi depuis tout ce temps au Bones. Au fond, c'est toujours pareil, me dis-je. Ils ont tous un peu de soulagement à me voir m'éloigner, à me voir ne pas franchir la limite fragile que chacun s'évertue à tracer devant sa porte. D'un sourire sans joie j'acquiesce, hoche la tête de lassitude. Ne t'en fais pas, Moïra, j'essaierai de faire en sorte à ce que ça ne se reproduise plus. Mais nous savons tous les deux l'inconsistance de cette promesse muette. Nous savons tous les deux qu'un jour ou l'autre, ça se reproduira, parce que je n'y mettrai jamais du mien pour arrêter la bête. Peut-être même que je commence à me complaire dans cette relation, si abusive et absurde soit-elle.

La ville se rapproche et les paroles de la rousse s'imprègnent de sagesse. Un nouveau sourire dénué de joie aux lèvres, je suis son regard et fais la moue. Moïra n'est peut-être pas si détachée de la réalité que ça, après tout. Elle prend même le temps de jeter un regard en arrière et je l'observe, sans gêne ; son expression, le temps d'une poignée de secondes, est différente. Plus sincère, presque affectée – il n'y a plus sur ses traits cette pudeur, celle d'une femme qui ne souhaite peut-être pas dévoiler ses quelques faiblesses à tout-va. Et puis, comme toutes les habitudes, la retenue revient. Je cesse mon observation, reprends la marche dans un silence pensif de ma part.
Lorsque nous passons le portail, c'est le poids invisible et intangible de la ville qui s'abat sur mes épaules, s'ajoute sans pitié à une fatigue physique douloureuse. Les fantômes des pires monstres dont parlait la rousse, la charge des vices et de la crasse qui s'incruste à même l'atmosphère de la ville. « Hm, t'en sais quelque chose, de ces monstres. Tu les côtoie, t'en fais partie. Au même titre que moi, d'ailleurs. » Il n'y a là aucun jugement, juste une vérité un peu acide. Si la fin justifie les moyens, on peut trouver une raison à tout, à toutes ces actions que l'on fait sans même plus y réfléchir. Pour survivre, on ferait certainement n'importe quoi – et si ça implique enfiler le costume des autres bourreaux... C'est fait depuis longtemps, en réalité. Moïra table et vit sur l'agressivité, la violence, la mort. Toute cette eau souillée que les gens comme moi apportent à son moulin. Les minuscules, ridicules pions sur l'échiquier que nous représentons, en somme.

Quelques minutes supplémentaires sont nécessaires afin qu'on se rapproche du club, durant lesquelles je ne sais plus quoi dire. Je suis d'une très mauvaise, terrible compagnie, ces derniers temps. La bienséance requiert certainement de ma part davantage de politesse envers une femme, une petite excuse bien placée et la reconnaissance d'une humeur exécrable. Mais rien ne sortira jamais à ce propos, en tout cas, pas plus que tout le baratin que je lui ai déjà sorti. J'ai trop parlé en une soirée, j'ai trop cogné, je me suis beaucoup trop épuisé en quelques heures. Moïra n'a certainement pas envie d'en entendre beaucoup plus, d'ailleurs. Satisfait de mes propres justifications, j'en reste là. Lorsque la façade du Bones se dévoile, je ralentis cependant légèrement le pas. La rousse a su être conciliante et particulièrement compréhensive, ce soir. Parce que je lui rapporte un certain bénéfice, j'en suis conscient – la charité n'a rien à faire là-dedans. Mais il faut savoir être reconnaissant, me dis-je sans vigueur. Un grognement indistinct en guise d'introduction, je grommelle, plus par politesse que par envie : « J'essaierai de m'contrôler, t'en fais pas pour le club. Ça s'reproduira... » L'hésitation, sincère, est incontrôlable. « ... plus. » Plus vraiment, plus avant longtemps, plus de cette façon – qu'importe le fond, tant que la forme est satisfaisante ? Coulant un regard narquois malgré moi vers le visage de Moïra, je glisse les mains dans mes poches et m'arrête lorsque nous arrivons devant le Bones. La laissant pénétrer en premier dans le club, la lumière artificielle est agressive à mes prunelles fatiguées. Peu loquace, agacé, épuisé, je n'ai même plus envie de voir cet endroit en peinture. Jusqu'à demain, ou jusqu'à la semaine prochaine. Jusqu'à ce que je ressente le besoin, presque vital, de venir relâcher une pression insupportable. Au fond, dans le Bones flotte également cette atmosphère lourde, à trancher au couteau, de dizaines de mecs qui viennent relâcher la pression. « J'dois en avoir partout. » commencé-je en désignant vaguement mon visage et les éclats carmins qui ont séché sur mon épiderme. « J'passe me rincer et j'y vais. Bref... Merci encore pour la séance. »

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Feeling like a freak on a leash - Moïra

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