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 Poetry - Maisy

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
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RAMMSTEIN- Feuer Frei *
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MessageSujet: Poetry - Maisy    Dim 5 Fév - 2:11

Poetry in your body
You got it in every way
And can't you see it's you I'm watching
I am hot for you in every way


Les miroirs de l'appartement sont recouverts de draps dépareillés qui ont déjà beaucoup vécu – ils portent en eux les vestiges d'une longue vie. Celui-ci appartenait à mes parents, et l'autre, je l'avais déjà dans mon premier appartement. Aujourd'hui, il camoufle un miroir en pied, et semble suspendu dans les airs, fantomatique. L'autre est punaisé au mur, puis scotché sur le miroir qui surmonte le lavabo, dans la salle de bain. Je ne dévisage plus mon reflet. Et je ne le regarderai plus jamais. Pas tant que le monstre me fera face, décharné, éclaté. Je ne vois même plus à quoi ressemble ma putain de barbe, et je suis obligé d'aller me la faire tailler régulièrement. Mais c'est pas grave, me dis-je en enfilant mon pantalon. Ce soir, pas de jean, pas de baskets dégueulasses aux semelles souillées par le vice de la ville. Non, me répétai-je en boutonnant ma chemise, en nouant ma cravate – ce soir putain, je vais oublier la crasse qui s'insinue tous les jours au fond de mon crâne, je vais oublier mon sale caractère et la gueule cadavérique qui essaie de s'accrocher à mes traits. La veste de mon costume glisse sur mes épaules lorsque j'ai terminé d'enfiler mes chaussures. Ce soir, je vais me persuader que je n'ai rien du monstre que je côtoie tous les jours.

Je suis resté toute l'après-midi au Little pour m'occuper des filles, et elles se passeront de moi le temps de quelques heures. Je descends les escaliers de mon immeuble miteux rapidement, et bondis presque sur le trottoir pavé. L'humeur est bonne ce soir, l'humeur est bonne ! Il fait froid, je sens déjà le vent me croquer le bout des doigts, vicieux et pressé d'attraper une nouvelle proie dans ses filets. Mais, franchement, c'est pas grave – je me tire de ce quartier, de cette ambiance, de ces pavés que je contemple tous les jours et que je connais par cœur.
Le temps est passé – métro, taxi, marche, tout ce que tu veux, mais je suis arrivé à destination. Bourbon Street. Du monde partout, partout, qui se bouscule et qui se marche dessus, qui se cogne et qui ne s'excuse même pas, qui ne va jamais dans la même direction. Et je me perds dans la foule, je passe incognito et mon visage devient quelconque. Il se greffe à celui des autres, se mélange avec celui d'un autre type, passe trop vite pour qu'on le reconnaisse et l'interpelle. Et c'est bien tout ce que je cherchais.

Je déambule dans les rues, me laisse aspirer par la foule et par le bruit ambiant, par l'éclairage artificiel qui brise l'obscurité de la nuit qui s'annonce peu à peu. Le temps me semble coupé dans sa course – les rires résonnent entre les immeubles, la musique est étouffée par les portes des bars... C'est assez reposant, finalement. Je crois que j'ai besoin de bruit, de lumière, de sons, de monde. Une fois repu de tout l'anonymat dont je puisse jouir ce soir, je me glisse dans une ruelle, puis dans une autre – les meilleurs endroits qu'on puisse trouver sont les moins populaires, surtout en ces temps. Les moins populaires, les moins fréquentés, les moins surveillés.
Les mains glissées dans les poches de mon pantalon, je jette mon dévolu sur un bar – la musique m'a littéralement harponné et traîné à l'intérieur. Aussitôt passé le pas de la porte, c'est une lumière tamisée et semblable à celle du Little qui m'accueille, et l'odeur douceâtre d'un encens déjà fatigué. À vrai dire, le début de la soirée est déjà loin derrière moi. Le groupe de jazz emplit le bar d'une musique des plus agréables, et se fait pourtant oublier sous les discussions animées de chacun. Je glisse jusqu'au bar sans hâte, en laissant courir mon regard un peu partout. Sur les gens, sur l'endroit, sur le groupe, le bar. Je m'imprègne de l'atmosphère qui règne ici avec plaisir.

Les coudes glissent sur le comptoir du bar avec une rapidité altérée par la dissipation qui m'habite déjà. En réalité, je papillonne, je commande à boire, et mon esprit vagabonde au gré de la musique. J'ai pris un comprimé dans l'après-midi – je crois que je pique trop de crises. Ça ne va pas en s'arrangeant, c'est de pire en pire, et je ne parviens presque plus à me contrôler. Je ne compte plus tout le matos que je pète et je suis peut-être un peu brusque avec les filles... Je trempe les lèvres dans la crème de whisky – crémeux et alcoolisé, tout ce qui est bon. Allez, on oublie. On oublie, on oublie, on oublie – le regard roule d'une silhouette à une autre. Une courbe de reins particulièrement prononcée, ou une taille qui ne demande qu'à être enserrée par de larges mains. Un visage doux et adorable, ou camouflé sous un maquillage outrancier, je dévisage ceux qui m'entourent.
La chevelure épaisse et sombre, la peau claire et les traits fins, je devine même les iris d'un bleu hypnotisant. Et avec ce visage me reviennent en foule les souvenirs d'années passées. Maisy. Je ne me souviens pas d'elle de cette façon. Ses grands yeux bleus et sa tignasse m'ont souvent rappelé une gosse, malgré tout ce qu'elle pouvait dire ou faire.

And turn around, let me see you
Wanna free you with my rhythm
I know you can't get enough
When I turn up with my rhythm


Malgré son sale mec et leur sale relation. Comme si je valais mieux que lui, d'ailleurs. Je remue mon verre lentement, en l'observant – non, je me souvenais pas d'elle comme ça. Peut-être lui avais-je collé une certaine image, dont je ne connais même pas la source. Peut-être parce qu'à l'époque elle était avec lui et qu'au fond, ça m'intéressait pas plus que ça. Mais ses yeux, j'en aurais rêvé la nuit, de ses deux perles bleues – je vide le verre au fond de mon gosier et en recommande un autre. Lorsque le barman s'approche, je commande un verre pour Maisy – la même chose, comme on dit. Je l'observe encore quelques secondes, jusqu'à ce qu'on lui serve son verre, et je suis désigné du regard. Lorsque ses yeux croisent les miens, je lève poliment mon verre, et incline le visage en un signe de salutation courtois. Ouais, je sais être courtois. Je crois que je ne la connais pas dans ce type de registre, et qu'elle ne doit pas me connaître de cette façon non plus. Quand on se voyait, c'était avec son mec et que je bossais, que je cherchais des cachetons, de l'alcool, des filles à envoyer sur le trottoir. Quand on prévoyait des combats à l'arène et qu'on pariait l'un sur l'autre – merde, c'est comme ça qu'il est mort, d'ailleurs. Tocard. Ce souvenir provoque chez moi des sentiments contraires, et je souris. Heureusement que j'avais pas parié sur lui ce soir-là.

Rien n'a changé depuis ce temps-là, en réalité. Je laisse s'écouler un moment, pendant lequel je me remémore quelques souvenirs. En vrai, j'essaie de me rappeler si elle m'a déjà vu en une position vraiment pas enviable, mais ma mémoire me fait terriblement défaut. Je pense que oui, forcément. Finalement, j'en viens à me demander si elle m'a déjà vu à un moment vraiment classe, mais là non plus, je ne suis sûr de rien. Tant pis. Le verre entre les doigts, je glisse le long du bar et me risque à replonger tête la première dans l'océan de son regard. Plus je m'approche, plus je m'y noie. Plus je distingue les traits de son joli visage et la finesse de ses expressions. Je sors la tête de l'eau, me permets de la reluquer un petit peu, et replonge dans ses yeux. Je crois que ça fait un baille que je l'ai pas revue – deux ans, peut-être plus. J'ai l'espoir vain de conserver un ersatz de courtoisie, mais je me connais. La belle poésie ou la dentelle, je sais pas faire, je tourne pas autour du pot.

« Décidément, le monde est petit, dis-je, en lui offrant mon plus beau sourire. Si j'avais su que tu venais ici, j'aurais pas perdu mes soirées ailleurs, pendant tout ce temps... »

J'attaque. Ce soir, je te bouffe toute crue, Weaver.

Your body's poetry, speak to me
Won't you let me be your rhythm tonight?

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MessageSujet: Re: Poetry - Maisy    Lun 6 Fév - 21:33


Épuisée, elle se laisse tomber sur le canapé couvert de coussin multicolore de son salon. Encore engoncée dans son manteau, elle lâche son sac qui tombe dans un bruit sourd sur le tapis. Elle soupire et frotte son visage à deux mains, oubliant l’espace de quelques secondes qu’elle s’est maquillée ce matin. C’est en retirant ses mains et en fixant ses paumes maculées de noir qu’elle s’en rappelle. Elle laisse échapper un juron d’une voix sourde et laisse ses mains retomber, paumes vers le plafond, sur les coussins qui l’entourent. Elle relâche son cou et appuie sa tête contre le bord du dossier, laissant ses yeux se perdre dans la blancheur éclatante de son plafond. L’épuisement qui la guette depuis des jours semble avoir finalement gagné la bataille et elle finit par s’endormir, d’un sommeil sans rêve. Elle se réveil en sursaut quelques heures plus tard. Son appartement est plongé dans l’obscurité et elle entend nettement le bruit régulier de sa respiration. Elle profite quelques minutes du silence réconfortant. Elle se perd un peu dans ses pensées qui n’arrête pas de retourner vers Timothée et Lazlo. Elle s’en veut de se sentir aussi mal, alors qu’ils ont traversé l’enfer. Elle s’en veut de n’avoir pensé qu’au gigantesque trou qu’ils créeraient dans sa vie s’ils venaient à disparaitre. Elle s’en veut de ne pas savoir quoi faire pour les aider. Elle semble incapable d’aider Timothée à s’émanciper de cette colère qui l’habite. Mais comment pourrait-elle faire alors qu’elle-même bout de rage la moitié du temps ? Elle s’en veut de ne pas réussir à aider Lazlo à se débarrasser de son stress post-traumatique, mais comment pourrait-elle l’aider alors qu’elle est incapable de gérer ses propres émotions ? Le ronronnement caractéristique du réfrigérateur s’enclenche et brise le calme ambiant ainsi que le fil des pensées de la jeune femme. Elle se redresse dans un grognement, pousse sur ses mains pour s’extirper du canapé avant de masser sa nuque. Elle se sort tant bien que mal de son manteau avant de le lâcher sur le fauteuil le plus proche. Il est l’heure de nourrir Chat et la rate lui fait bien comprendre. Elle tire la langue à Mrs Hudson, le fantôme de la vieille dame qui habitait là avant. Elle l’a baptisé comme ça parce qu’elle est intimement persuadée que cette grand-mère est anglaise, bien qu’elle soit incapable de communiqué avec elle. Elle verse les graines dans la mangeoire de la rate et lui grattouille les oreilles avant de prendre la direction de la salle de bains.

Elle pousse un petit cri de surprise en croisant son reflet. Ah oui, c’est vrai qu’elle s’était maquillée. Elle jette un œil à l’horloge dans le coin de la pièce et soupire avant de se déshabiller. Elle observe son corps amaigri d’un œil critique. Elle a perdu au moins cinq kilos depuis toute cette histoire et les cernes qui s’étalent sous ses yeux ferraient peur à un insomniaque. Elle effleure sa hanche du bout des doigts, elle avait longtemps voulu perdre du poids, mais elle commence à regretter la beauté voluptueuse de ses courbes. Elle secoue la tête et rentre sous le jet brûlant. Elle pousse un grognement de plaisir quand l’onde s’abat sur ses épaules et son cou. Elle lève la tête et laisse l’eau recouvrir son visage. Elle en à tellement marre d’être seule. Tellement marre de rester bloquer sur ses souvenirs d’Alistair, sur ceux de Neria. Tellement marre d’avoir placé chacune des personnes qu’elle aime sur un piédestal. D’avoir transformé Lazlo en une sorte d’archange gay, Timothée en prince charmant. Elle a si peur de perdre ceux à qui elle tient, qu’elle refuse tout bonnement de s’attacher à de nouvelles personnes. Les arènes, l’Apocalypse, la magie, chacune des choses qui régit le monde actuel semble lui avoir pris quelqu’un ou quelque chose à quoi elle tenait. Elle pousse un gémissement d’énervement et commence à se laver. Elle frotte son corps meurtri par la fatigue et les nombreux chocs qu’elle s’inflige sans le vouloir régulièrement. Et tout en lavant son corps, elle prend la décision de sortir. Elle a besoin de ne pas être seule ce soir, elle a envie de se sentir vivante, de se prouver qu’elle n’est pas morte et que le monde a encore, peut-être, quelque chose de sympa à offrir.

Elle sort finalement de la douche et essuie ses cheveux trempés. Elle se tire la langue dans le miroir, lève le pouce devant Mrs Hudson et monte l’escalier jusqu’à sa chambre. Elle se plante devant son placard et sort la seule robe qui lui va désormais. Une jolie robe noire, avec une encolure en cœur et une jupe évasée. Elle ressemble probablement un peu trop à ce qu’on pouvait trouver dans les années cinquante, mais après tout, qu’est-ce qu’elle s’en fout. Elle l’avait acheté en prévision d’un régime et d’une remise en forme qu’elle n’avait, au final, jamais commencés. Elle l’enfile rapidement et remonte la fermeture éclair avec un petit sourire de victoire. La robe est encore un poil trop serré, mais elle met en valeur sa poitrine et c’est bien tout ce qu’elle lui demande. Elle enfile une paire de bas et des talons avant de redescendre l’escalier d’un pas un peu moins assuré qu’à l’aller. Elle se remaquille rapidement et laisse ses cheveux boucler librement. Elle grimace un peu en se regardant, le maquillage et la jolie robe aident, mais, ma fatigue se lit toujours sur son visage. Elle enfile un bracelet qui est désormais trop grand pour son poignet et reprend son manteau avant de sortir prendre un taxi.

Elle sort du taxi en haut de la rue et se dirige tout droit vers un des rares bars qu’elle apprécie réellement. L’ambiance y est cosy, agréable et détendue. Les lumières tamisées et un verre de rhum apaisent un peu l’angoisse qu’elle sent monter. Un gamin d’à peine, vingt ans s’approche d’elle et pose d’office son derrière sur la banquette près d’elle. Maisy ne peut s’empêcher de rire devant la hardiesse du jeune homme. Il y a quelque chose de touchant dans son attitude de jeune chiot. Alors, elle le laisse lui sortir son baratin avant de lui annoncer qu’elle a bien treize ans de plus que lui. La nouvelle ne semble pas calmer les ardeurs du jeune homme qui semble encore plus décidé à faire de Maisy sa conquête du soir. Elle s’en amuse un peu et le laisse donc faire. Elle sursaute quand le barman s’approche de sa table et dépose devant elle un verre de liqueur de whisky. Elle hausse les sourcils, surprise. « Tiens, donc, et qui m’fait l’honneur ? » Elle se penche sur le côté pour voir l’homme que lui indique le serveur. Son cœur rate un ou deux battements sous la surprise. Joseph ?! Oh merde, depuis combien de temps ne l’a-t-elle pas vu ? Elle descend cul-sec le verre de rhum qui était posé devant elle pour se calmer et repousse tant bien que mal les images de Steven qui tente de remonter. Il incline la tête, poliment et elle perd contenance. Non, définitivement, elle n’allait pas penser à son ex, à son seul skinchanger, pas ce soir. Elle souffle profondément et pousse un couinement un peu stupide quand elle voit la masse imposante de l’ami de son ex compagnon se lever. Elle avait oublié à quel point Joseph était imposant. Comment avait-elle pu oublier d’ailleurs ? Il l’avait toujours traité comme une gamine, une sorte d’adolescente un peu reloue qu’il fallait supporter puisqu’elle était accrochée à Steven. Elle inspire un grand coup et se laisse happer par le regard de Joseph. Putain, il avait ce genre de regard qui vous donne l’impression d’être la chose la plus importante de la pièce. Ce genre de regard qui donne envie de courber l’échine sagement. Elle se tortille sur sa chaise, mal à l’aise quand elle sent son regard dérivé sur elle. Jamais, non, jamais, il ne l’a regardé comme ça. Comme quelqu’un de désirable. Très désirable. Elle avale sa salive, tente d’hydrater sa bouche sèche avec une gorgée de son verre et le voilà. Si près qu’elle perçoit son parfum. Son parfum et quelque chose d’autre. Un truc sur lequel, elle n’arrive pas à mettre le doigt. Elle prend trente secondes pour réfléchir. Elle a déjà ressenti cette sensation face à quelqu’un d’autre. Elle n’arrive pas à s’en souvenir et honnêtement, elle s’en carre comme de l’an quarante. Parce que Joseph vient de parler. Elle se racle la gorge et passe la main dans ses cheveux. « Townsend ? P’tain, ça fait vachement longtemps. » Elle laisse échapper un gloussement qui la consterne au plus haut point avant de se mordre la lèvre inférieure et de réagir de la seule façon qu’elle connaisse quand on la complimente. « Ah ? J’aurais su qu’tu venais là, j’aurais évité le bar comme la peste. » La pique atteint sa cible et elle lui sourit pour bien lui faire comprendre qu’elle le charrie.

Elle se recule sur la banquette pour lui faire un peu de place et se cogne contre le jeunot qui l’accompagnait. Merde, elle l’avait oublié celui-là. « Oh, euh, Joseph, j’te présente… » Merde, c’était quoi son nom déjà ? Jeff ? Non, John ? Merde. Elle se tourne vers le jeune homme. « James, c’est ça ? » Elle croise les doigts sous la table, priant pour avoir trouvé le bon nom. Et quand le gamin hoche la tête, elle se détend. « Bon, voilà… Euh… » Elle ne sait pas trop comment se dépatouiller et choisit la solution la plus lâche, comme bien souvent. Elle pose sa main sur l’avant-bras de Joseph et pousse James d’un petit coup de fesse. « Tain, Joseph, ça fait quoi ? Deux ans ? Trois mêmes… T’as pas changé, mec.» Elle laisse sa main sur le bras de Joseph, essayant d’éloigner le visage de Steven. Il lui avait cogné dessus tellement de fois parce qu’il était persuadé qu’elle voulait se faire son pote, ce qui n’était pas le cas à l’époque. Mais, les choses ont changé, et Joseph est définitivement une masse de muscles tout ce qu’il y a de plus séduisante. Elle inspire profondément, laisse ses narines se gorger de l’odeur profondément masculine du grand barbu. Elle lève la main et pose son index sur le menton désormais couvert de poil dru de l’homme. « A part ça. Ça, c’est nouveau. Et pas dégueu, si tu veux mon avis. C’est même… Très sympa.» L’alcool aidant, elle se lâche, décide d’oublier Steven, d’oublier les arènes, d’oublier Maisy Weaver la présentatrice de radio. Ce soir, elle a envie de s’amuser. Sa voix à baisser d’une octave et repose sa main sur la table. « Bon, alors, qu’est-ce que tu fais de beau dans un lieu de dépravation qui n’soit pas ton lieu de travail ? » James n’a toujours pas bougé, et elle sent son énervement augmenter drastiquement au fur et à mesure qu’elle parle à Joseph. Ce qui l’a fait glousser intérieurement.

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'Cause maybe you're lovable and maybe you're my snowflake. And your eyes turn from green to gray and in the winter, I'll hold you in a cold place.


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MessageSujet: Re: Poetry - Maisy    Jeu 9 Fév - 2:38

« Townsend ? P’tain, ça fait vachement longtemps. »

Comme tu dis. Le gloussement qui s'échappe de ses lèvres étire les miennes d'un sourire amusé ; non, décidément, le temps n'a aucune emprise sur elle. Derrière ce corps délicieusement moulé dans une robe si ajustée, qui attire beaucoup mon attention, se cache un esprit mutin qui n'a pas vieilli. En réalité, elles n'ont pas toutes beaucoup d'humour. Ni ce type de langage. Maisy, elle dit vraiment ce qui lui passe par la tête – on a pas tous le filtre réglé de la même manière, de toute évidence. Je porte une main à ma poitrine lorsqu'elle se fait railleuse, faussement blessé, avant de prendre mes aises à ses côtés. Et découvre, camouflé dans l'ombre, un homme. Non, un jeune homme – un petit jeune, quoi. Je fais la moue une seconde, amusé – la différence d'âge ne me choque pas plus que ça, parce que je suis pas très regardant non plus, mais je mettrais ma main à couper qu'elle n'a pas besoin d'un gamin. Pas spécialement menacé, je m'installe et retourne dans l'azur des deux perles bleues de Maisy, et prends la mature décision de ne pas prêter davantage attention à l'importun.

Elle se charge des présentations sans que je daigne regarder autre chose que son joli visage, un sourire aux lèvres. Sincèrement, la politesse est bien le cadet de mes soucis vis-à-vis de ce type, et je préfère bien mieux vouer mon entière dévotion à Maisy. D'ailleurs, lorsque je sens la chaleur de ses doigts sur mon bras, j'ose une main innocente près de son genou, puis sur le bas de sa cuisse. Ouais, soyons tactiles, brisons la glace. « Tain, Joseph, ça fait quoi ? Deux ans ? Trois même… T’as pas changé, mec.» Je souris et fais le flatté – elle n'a pas tort, j'ai pas du changer tant que ça. Au fond, je ne sais pas comment le prendre, et j'essaie d'évacuer chacune des pensées négatives qui glisse jusqu'à mon esprit, intruse et avide d'y semer la discorde. C'était un compliment sur le physique, rien d'autre. Deux ans, c'est sûr - depuis son ex, quoi, dans ces eaux-là. Je ne relève pas, pour ne pas foutre un blanc, et un léger silence s'installe, jusqu'à son soupir – peut-être qu'elle est rattrapée par un petit démon, elle aussi. Un sale démon qui s'appelle Steven, sûrement. J'ai presque zappé son existence, et j'en oublie qu'ils ont vécu un moment ensemble. Heureusement, elle ne me laisse pas perdre le nord, et pose son doigt sur ma barbe. Je souris franchement à son compliment – ouais, j'aime bien les compliments. J'aime surtout savoir que certaines choses sont réciproques entre elle et moi.  

« Content qu'elle te plaise. T'as un petit peu changé, toi aussi, si je me souviens bien, dis-je naturellement en laissant ma main grignoter quelques centimètres supplémentaires sur sa cuisse. J'imagine que tu t'habilles pas comme ça tous les jours, mais peut-être que tu devrais... »

Lorsqu'un serveur se faufile tout près de notre table, je le harponne précipitamment et commande deux nouveaux verres, un peu plus forts cette fois. Je ne peux m'empêcher de glisser un petit regard mielleux à Jeff, ou Jack – un regard effacé en un clignement de paupières, une brève seconde plus tard. J'ai envie de boire un peu ce soir, de me laisser aller à tout ce qu'un début d'ivresse peut nous promettre – cette sincérité naïve, une légèreté sans pareille, et surtout, le tourbillon flou et indistinct des pensées les plus pénibles. Bon, il nous faudra certainement pas mal de verres pour y arriver, mais je saurai être patient. Elle retire sa main de mon bras, et je laisse la mienne bien à sa place, peu concerné par la bienséance. Lorsqu'elle me demande ce que je fais ici ce soir, je laisse le serveur débarrasser nos verres pour les remplacer avant de reporter mon attention sur elle.

« Ah, tu sais bien que j'aime toutes les formes de dépravation, alors..., dis-je, en terminant d'un haussement d'épaule. On dirait pas... mais faut croire que j'ai un grand putain de besoin de vacances. »

Je joins le geste à la parole, et porte le verre à mes lèvres. Non, ce soir, pas de folie – je m'y refuse. Pas de cris, pas d'engueulades, rien. Je lance un nouveau regard au jeune homme derrière Maisy, éternellement là, coincé dans une scène maintenant trop embarrassante. Il aurait du partir dès le départ – maintenant qu'il est resté, ça ferait bizarre qu'il se lève, tout d'un coup, non ? Il va me faire chier, je le sens. Je bois une nouvelle gorgée brûlante, bien décidé à ne pas montrer à Maisy ce qu'elle a déjà bien trop connu, et me concentre sur le chant agréable mêlé à une mélodie reposante qui se joue sur scène. Je glisse lentement de la banquette et me redresse, avant de prendre la main de celle que je désire plus que tout, ce soir. « Allez, viens profiter un peu de la musique avec moi. » Lorsque je jette mon dévolu sur quelque chose, il faut que je l'obtienne. Lorsqu'elle se redresse, je n'empêche pas mon regard de la dévorer – putain, elle a bien changé. Pour ce soir, tout du moins – force m'est d'admettre que je porte rarement le costume, et je suis plutôt satisfait de l'avoir rencontrée dans ces circonstances, plutôt qu'en sortant de l'arène, dégoulinant de sueur et de sang, ou en train de foutre un client dehors à coup de pied, toujours dans le sang, d'ailleurs.

Je la fais passer devant moi, et abandonne derrière nous l'intrus – s'il a une fierté bien placée, il saura bien où me trouver. Sinon, tant pis pour lui, tant mieux pour nous. J'entraîne celle que je convoite devant la scène, où plusieurs couples sont déjà présents, et profite à nouveau du petit anonymat qui m'est offert, mêlé au milieu de tous. Courtois malgré tout, je pose mes mains dans le bas de son dos, et n'impose pas de proximité particulière. Peut-être que je suis un peu trop directif, me dis-je un instant, incertain.
Bah. Chacun son caractère. Je plonge mes yeux dans les siens – nous ne sommes pas tout près de la scène, et je n'ai pas beaucoup à hausser la voix pour être entendu :

« C'était qui, là-bas ? Ton caprice de trentenaire assumée ?, je la taquine, amusé ; vague réponse à sa raillerie de tout à l'heure. Et toi, qu'est-ce qui t'a amené ce soir ? Pas le désir de te faire draguer par des petits jeunes, j'en suis sûr...  »

La danse, c'est pas particulièrement mon truc. C'était surtout un prétexte pour m'éloigner de lui, et me rapprocher d'elle, mais je me débrouille lorsqu'il s'agit seulement de danser collé-serré en rythme avec la musique. Ce que je fais donc, en observant son visage, sans gêne. L'air fatigué, il exprime les signes d'un léger affaiblissement. Je souris, en parcourant ses traits du regard – putain, je sais pas si ça vient de moi, mais j'ai l'impression de contempler une autre femme.


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MessageSujet: Re: Poetry - Maisy    Lun 13 Fév - 2:30


Maisy laisse l’alcool monter jusqu’à son cerveau et l’envelopper dans une délicate brume d’inconscience. Qui se fout du Gouvernement qui tente de tuer ses meilleurs amis quand il y a de l’alcool frais sur la table ? Elle s’appuie contre le cuir de la banquette et réfléchit quelques secondes à ce qu’il se passe dans ce bar. Elle est assise entre deux hommes. Rectification, un homme et un morveux. Mais passons, deux hommes. Elle a l’impression d’avoir vingt ans et de retrouver la gamine inconsciente qu’elle était à la fac. Elle avait fui des bars, après avoir déclenché une bagarre entre deux prétendants mécontents, plus souvent qu’elle ne s’en souvient. Elle laisse ses yeux glisser sur Joseph. Clairement, l’asticot qu’était James ne faisait pas le poids. Le regard de Joseph, la met toujours mal à l’aise, elle a l’impression d’être déshabillée et pas uniquement de ses vêtements sous le regard droit de l’homme qui lui fait face. Un frisson parcourt son échine et elle avale une gorgée supplémentaire de son verre. Elle l’avait déjà vu regarder des filles de cette façon. À l’époque, ils sortaient régulièrement à plusieurs avec les amis de Steven et Maisy avait souvent eu l’occasion de voir Joseph en chasse. Il ressemblait tellement à un félin dans ces moment-là, qu’elle était persuadée que si elle le transformait en skinchanger, elle aurait face à elle, une panthère. Sauvage, froidement dangereuse et déterminée. La pensée, la laissa rêveuse quelques secondes, la bête serait probablement bien plus belle, et plus, intéressante que Steven. En même temps, le dingo qui était apparu ne l’avait même pas surprise. Une fois de plus, ses pensées s’égarent vers Steven, mais la main de Joseph sur son genou, en plus de la faire sursauter légèrement, la tire vers la situation actuelle, bien plus intéressante avouons-le. Sa main remonte un peu et atteint le haut de la cuisse de Maisy qui sent ses jambes se couvrir de chair de poule. Une fois de plus, la sensation désagréable revient, titillant sa mémoire. Lui rappelant qu’elle a déjà été face à une créature telle que lui. Elle se mord la lèvre inférieure, ses joues rosissant sous le compliment. Oh, elle en reçoit, mais quand ils sortent de la bouche de Lazlo, qui est plus gay que l’homosexualité elle-même et de Tim’, qui la considère comme sa frangine, l’effet n’est pas le même. Elle se tortille sur la banquette et laisse sa cuisse se plaquer contre celle de Joseph. Elle n’a pas l’habitude de le voir comme ça cela-dit, elle l’a plus souvent vu en rage contre un client ou une de ses filles, qu’attentionné comme il semble l’être. Le changement n’est pas désagréable cela dit.

« Nan, en effet, j’t’avoue que ce serait bien moins confortable que mes jeans et mes vieux pulls. » Elle préfère ne pas ramener le sujet de son emploi sur le tapis. Ce dernier ayant été, à l’époque, la cause de la mort de Steven. Le traumatisme lié à la mort de son skinchanger n’avait pas encore disparu. Elle n’avait plus d’affection pour Steven au moment de sa mort, elle ne ressentait qu’une vague rancœur, envers cet homme qui avait fait de sa vie un enfer. Mais devoir mettre fin à ces jours, devoir rompre le lien de créatrice à créature de ses propres mains, l’avait détruit physiquement et émotionnellement. La douleur avait été si vive qu’elle avait passé plusieurs jours alités, les larmes refusant de s’arrêter. Une fois de plus, elle est ramenée à la réalité par la voix profonde de Joseph. Elle vide son verre d’une longue gorgée avant de lécher ses lèvres et de sourire à Joseph. « Ouais, j’vois. Putain, moi aussi mec, avec toute la merde des dernières conneries qu’ont fait les gars du d’ssus. J’ai bien b’soin de souffler, j’t’avoue. » Elle lui sourit, remontant sa façade de jeune femme heureuse pour essayer d’oublier pour de bon la vie à l’extérieur de ce bar et les soucis qui lui retomberont dessus au matin. Elle accompagne Joseph et avale une gorgée de son verre. La fatigue, la perte de poids et le fait qu’elle n’ait rien avalé de la journée, la poussent avec délice dans un début d’ivresse exaltant. Elle laisse échapper un petit rire en se levant sa main fermement agrippée à celle de son partenaire pour la soirée. « Ok, mais j’te préviens, j’danse comme un pied ! » Elle rougit une fois de plus devant le regard scrutateur de Joseph et s’avance vers la piste sans une pensée pour James, resté seul à leur table. Elle ondule des hanches au rythme langoureux de la voix de l’artiste de la soirée et se laisse attraper par son compagnon.

Elle apprécie qu’il n’impose pas une présence rapprochée et le regrette en même temps. En cherchant à échapper à ces yeux une fois de plus plongés dans les siens, elle se rapproche un peu. Grisée par l’alcool et la chaleur de ses grandes mains sur ses hanches, elle s’enhardit jusqu’à ce que leurs corps s’effleurent. L’odeur profondément masculine de Joseph parvient à ses narines et enchante ses sens. Elle inspire profondément et laisse son souffle se perdre contre le cou du barbu. Elle rit légèrement, appréciant la pression que ces mains exercent sur son corps. « Eh, traite-moi d’cougar tant qu’t’y es ! » Elle assène une petite claque sur son pectoral gauche avant de laisser sa main reposer sur le muscle tendu. La proximité lui fait prendre conscience de la différence de taille considérable entre elle et lui. Elle se sent minuscule contre le corps imposant du jeune homme, minuscule et diablement sexy. Il y a longtemps qu’elle ne s’est pas sentie si à l’aise avec son corps. L’âge n’aide pas, elle le sait et sa trentaine passée lui rappelle constamment qu’elle n’est plus la jeune femme délurée qu’elle a pu être par le passé. Désinhibée par l’alcool, elle répond honnêtement à la question de Joseph. Elle penche la tête en arrière pour planter son regard dans celui du beau brun. « Nan, clairement pas. J’suis sortie, parce que j’en peux plus d’morfondre sur mes deux meilleurs amis qu’ont eus l’droit à un tour de manège gratuit dans les Forgivens Days. » Elle baisse la tête, appuie son front sur le torse de Joseph et laisse échapper un rire sans joie. « Sorry, j’viens d’pourrir l’ambiance avec mes problèmes, là. » Elle approche son corps plus près, plaque sa poitrine contre la sienne et laisse sa cuisse glisser entre les siennes. « Chuis là… Pour la même raison que tout le monde, que toi, que le mec qui me draguait et qu’la chaude du cul qui se tortille à dix mètres sur la droite. Pour oublier qu’on vit dans un monde d’merde, pour chercher un peu d’chaleur humaine. » La musique change, le rythme devient plus sensuel, plus syncopée.

Elle soupire, se tait et se laisse porter par le rythme de la musique, par les mains de Joseph sur ses hanches, par les muscles de son dos qu’elle sent à travers sa chemise, par sa cuisse, chaude et puissante entre les siennes. Elle laisse l’alcool l’emporter loin de ses problèmes et plus près de Joseph. Ses mains, minuscules face aux siennes, glisse sur le tissu de son costume et caresse son dos avant d’atteindre sa nuque, elle laisse ses doigts se perdre dans ses petits cheveux, et fredonne la musique à voix basse en calquant le rythme de ses hanches à celui de celle de Joseph. « Tu t’démerdes vachement moins mal que c’que j’me souviens. » Elle ne lui dira pas qu’elle l’a regardé danser, intrigué par la facilité avec laquelle il attrapait les filles à l’époque. La violence contenue qui semble constamment suinter de lui n’avait pas l’air de les repousser, alors qu’elle l’avait, et la mettait, toujours mal à l’aise. Une fois de plus, elle recule légèrement, décolle son corps de celui de Joseph, regrettant immédiatement l’absence du contact de son torse contre le sien. La musique s’arrête, remplacée par un rythme moins propice à ce genre de rapprochement. Elle laisse sa main glisser le long du bras de son compagnon et attrape sa main, entrelaçant ses doigts aux siens. Le bar s’est rempli, leur place n’est plus disponible, mais il reste une petite table dans un coin. Elle l’indique d’un signe de tête à Joseph avant de faire un crochet pour récupérer les verres qu’ils n’avaient pas terminés. Elle arrive jusqu’à la table sans trop d’incidents, mais trébuche sur le pied de Joseph et s’écroule à plat ventre sur ses genoux dans un ‘’humpf’ des plus gracieux. Les verres s’écrasent par terre et elle grogne d’énervement. Elle relâche ses muscles et laisse ses bras pendre dans le vide. « Putaiiiin… Chuis, désolée, j’vais nous en chercher des nouveaux, laisse-moi juste me relever. » Elle tourne la tête vers lui une mimique de désespoir feint sur le visage.

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MessageSujet: Re: Poetry - Maisy    Mar 14 Fév - 3:20

Son regard se dérobe sous la pression du mien, peut-être un peu trop indiscret. Pourtant, ça fait plusieurs années que j'ai l'habitude de laisser traîner mes yeux partout. Je reluque, je dévisage, je jauge – mon regard s'adapte à la situation, mais il veut toujours en apprendre plus. Au début, c'était pour le boulot, pour en apprendre le plus des autres. Dans ce monde, on a pas le choix que de se vouer à n'importe quelle manœuvre pour sonder ses pairs. Et pourtant, les yeux bleus se camouflent sous le rideau de chair maquillée, et son visage m'échappe tout autant. Son corps se rapproche du mien, et la chaleur qu'elle exhale se mêle à la mienne ; j'incline le visage, que je rapproche de ses cheveux – son visage au creux de mon cou me fait frémir, et une drôle de sensation naît au fond de mon ventre. Sa main s'écrase doucement sur mon torse, une main qu'elle abandonne ici quelques instants, et la tiédeur de ses doigts se répand rapidement contre le tissu de ma chemise, puis sur ma peau. Je ne sais pas si c'est parce que je la connaissais avant, ou s'il y a une autre raison, mais je me sens plutôt étrange. Ça ne me gênerait pas plus que ça de rester là, encore une minute, cinq, dix. Brusquement, le coup de fouet me rappelle à l'ordre – Maisy, c'est pour cette nuit. Peut-être quelques autres, mais pas plus. Je dégage mon visage de ses cheveux, et l'incline davantage en direction de la scène.

Lorsque c'est à son tour de chercher mon regard, je le lui offre, un sourire aux lèvres – le sourire se crispe légèrement lorsqu'elle mentionne les Forgiven Days. Ils m'ont toujours mis mal à l'aise. Au début, j'étais curieux de savoir ce qui était arrivé, un peu avide d'informations. L'avidité s'est rapidement muée en quelque chose de bien plus malsain, d'un peu obsessionnel – mais je n'ai pas envie d'y penser, pas tout de suite. En réalité, je ne m'attendais pas à tant de franchise. Alors, je ne réponds rien, je lui sers finalement un sourire un peu contrit, qu'elle n'a certainement pas le temps de voir, le visage caché contre moi. Elle s'excuse, et je m'apprête à tout balayer d'un regard vague, de quelques mots rassurants – mais la sensation de sa poitrine contre moi, puis de sa cuisse entre les miennes m'incite à ne plus relever. J'aime la sensation de son corps contre le mien, et ma main glisse dans le bas de son dos, se fait plus ferme, comme pour faire passer le message. Avec moins de détails que tout à l'heure, elle se justifie – je laisse mon regard traîner sur la chaude du cul qui se tortille, et je ris. Au moins, elle se donne. Je ne réponds rien, parce qu'il n'y a rien à répondre, et qu'elle a raison. De mon autre main, celle qui n'est pas aussi près de son cul, je laisse mes doigts caresser sa peau, à travers le tissu de sa robe. Ersatz de réconfort, à défaut de lui chuchoter quelques mots à l'oreille.

La mélodie nous berce, et nos deux corps sont bientôt calqués l'un sur l'autre, en un mouvement plus fluide que ce à quoi je me serais attendu. Elle n'est pas si gauche, finalement – moi non plus, d'ailleurs, me dis-je en frémissant sous la caresse de ses mains, qui parcourent mon dos de temps en temps, ma nuque. «  Ouais, honnêtement, je me souviens que t'étais un peu plus... empotée que ça.  » Je glisse parfois une main au niveau de ses reins, et laisse l'autre remonter le long de sa colonne vertébrale, du bout des doigts. Elle est belle, et la lumière tamisée rendrait n'importe quelle situation plus intime. Je me souviens d'une femme maladroite, parfois effacée sous l'ombre imposante de son ex. Je me souviens de leurs disputes, de ce qu'il me racontait sur elle, et qui me faisait à peine tiquer. Le remords qui m'assaille soudain abandonne une traînée acide sur son chemin, et je suis mal à l'aise – pas parce que je m'en fichais un peu, à l'époque. Mais parce que tout ce qui m'importe ce soir, c'est de savoir que c'est cette femme que j'étreins, c'est sur cette femme que je pose mes mains, là où d'autres ont été moins délicates. Et sur laquelle j'ai déjà peur d'être capable de reproduire les mêmes erreurs. Steven la frappait parce que c'était un con. Et moi, je frappe aveuglément, je laisse la colère me bouffer et je la déverse, bouillante et ivre. Je serre l'étreinte de mes mains contre son corps, les presse contre elle – c'est pour ça que ça ne sera l'affaire que de quelques nuits avec elle.

Comme toutes les bonnes choses, la danse s'arrête en même temps que la musique, et ce sont les doigts de Maisy qui me mènent à une nouvelle table. Je me sens un peu bizarre, depuis quelques minutes. Je n'ai pas vraiment envie de parler – j'abandonne ma veste sur le dossier de ma chaise, et prends mes aises. Il ne reste plus de place, et ce coin est assez serré, alors je laisse traîner mes pattes un peu en-dehors de la table. Je sais pas trop pourquoi je me sens comme ça, mais il n'y a rien qu'un nouveau verre ne puisse pas régler. Les songes me bouffent le crâne, et un fracas soudain m'arrache un sursaut. Avant même que je comprenne ce qu'il vient de se passer, mon rire s'élève et se prolonge quand je saisis le ridicule de la situation. Je crois qu'elle a ripé sur ma chaussure – quelques secondes de rire supplémentaires. « Dire que je te trouvais moins gauche... t'as pas changé ma vieille. » Je me penche vers elle et glisse mes doigts jusqu'aux siens pour m'assurer qu'elle n'a aucune écharde de verre fourrée dans la chair, puis la redresse un peu, sans pour autant l'aider à se relever. Elle se tortille, et je lorgne sur son corps offert, lubrique. La main toujours près des siennes, je l'aide à se relever plus ou moins à contrecœur – j'aurais du donner une petite tape sur ses fesses, mais ça aurait vraiment fait beauf, non ?
Sitôt Maisy debout, je reprends ses mains entre les miennes et la tire vers moi avec suffisamment de force pour que son auguste fessier rejoigne mes cuisses.

« Allez, avoue que tu voulais encore un peu de contact, dis-je, un sourire narquois sur les lèvres, mais tu savais pas bien comment t'y prendre. Non mais j'te rassure, m'offrir cette partie de toi était certainement la meilleure façon d'arriver à tes fins. »

Une main dans son dos, je la tiens près de moi, et l'autre court sur son bras, remonte jusqu'à son épaule, du bout des doigts. Elle effleure sa clavicule, la peau douce et fine de son cou, sa mâchoire. Se glisse sur le contour de son visage, dégage quelques mèches secouées par la chute, libère ses beaux traits de l'épaisse chevelure sombre qui les entourent pour enfin en profiter. Non, t'aimes pas mon regard inquisiteur, mais tu vas pas avoir à le supporter longtemps. Je m'autorise une contemplation que je souhaite rapide de son visage, ses yeux, quand je réalise quelque chose : « Tu sais... Je crois qu'au fond, j'ai toujours bien eu envie que tu m'regardes comme ça. »
Je suis certain que j'avais jamais eu ce type de pensée à son sujet, mais les souvenirs sont complètement biaisés, à cause de cette soirée. Poussée par bien trop de facteurs, une main glisse contre sa nuque, et une chaleur agréable circule dans tout mon corps. Mon visage grignote déjà les quelques centimètres qui le sépare du sien, si bien que je sens son souffle sur ma peau, et ses lèvres me sont bientôt offertes.

« Dis-donc, toi ! » Je retiens un profond soupir, et sens une silhouette assombrir ma vue, à côté de nous, près de la table. Le petit jeune de tout à l'heure – je réprime un nouveau long et infatigable soupir, et me recule, la mort dans l'âme, le corps gorgé d'un désir qui se meut déjà en frustration. Trop habitué à ce type de réactions, trop habitué à mes propres réactions, je glisse aussitôt le pied sous la table et la pousse de quelques centimètres pour dégager un peu de place à Maisy. Le jeune baragouine depuis tout à l'heure – la voix un peu pâteuse, il doit avoir quelques verres de trop sur l'estomac. J'incite aussitôt Maisy à passer de l'autre côté de la table, de l'autre côté du fameux prétendant et me redresse immédiatement, dos à elle. Il a du se faire monter le bourrichon par ses potes, et il vient me les casser. Pauvre mec. Mais on a tous été jeunes, j'ai déjà trop de fois été ce pauvre mec – aussi, dans ma grande bonté, je préserve un certain calme apparent.

« Écoute, laisse tomber et retourne avec tes potes, trouve-toi quelqu'un d'autre mec, la nuit est... » Mais je m'interromps et fais un pas en arrière – il a essayé de m'en coller une, le petit connard. Il n'y a presque plus de soirée, plus de Maisy, plus d'intimité, et la seule chaleur que je ressens alors, c'est celle d'une colère aussi soudaine que violente. Pas d'esclandre, ne fais pas d'esclandre. « Non, je suis sérieux, on va pas s'échauffer pour ça, quand même... » La colère gronde dans ma poitrine, et je me braque lorsque je le vois prêt à tenter à nouveau. Mais il n'en fait rien. « Bah on règ' ça dehors alors ! On va dehors ! »
Non, c'est stupide. Ici ou dehors, c'est stupide. C'est immature. J'ai réussi à me contenir toute la soirée, je suis sûr d'avoir été présentable et tout ce qui va avec, c'est pas pour jouer à ce jeu-là. Mais je sais qu'au fond, je ne pense déjà plus à rien d'autre qu'à la dérouillée que je vais lui coller.
Quelques secondes plus tard, je passe devant le bar et dépose de quoi payer nos consommations. La fraîcheur de la nuit me refroidit plus vite encore que l'interruption du gamin, et sitôt la porte refermée, je pousse contre un mur. La colère épouse ma frustration, et je la sens renforcée, terriblement susceptible. À fleur de peau, cette connasse. Franchement, c'est pour le principe, parce qu'il a déjà du mal à tenir debout. Et puis, je sais pas. Je peux pas m'en empêcher. Comme si je m'en nourrissais.
Je le cogne, et je ne pense plus vraiment à Maisy, ni à rien d'autre. Elle est reléguée au second plan, avec tout le reste. Non, me redis-je encore une fois – j'aurais pas pu lui imposer ça, de toute façon.

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MessageSujet: Re: Poetry - Maisy    Jeu 16 Fév - 2:31


La tête en vrac, l’esprit en l’air. Loin, si loin, de l’angoisse de la Nouvelle-Orléans, du régime totalitaire qui empêche son meilleur ami de vivre pleinement sa vie, sans avoir à se cacher, de ces folies d’arènes. Loin de la mort sous toutes ses formes, loin de Niklas et de ses menaces, loin d’Enya et son cœur brisé, loin d’Alistair et de son déni, loin de Neria et de son absence. Loin de tout. La tête de Maisy se vide et elle profite de la musique, oubliant l’espace d’un instant sa maladresse et son sens du rythme douteux. Elle se laisse porter par le corps de Joseph qui ondule contre le sien, par la chaleur naissante dans ses entrailles, par la curiosité qui l’anime face à cet homme qu’elle a côtoyé pendant plusieurs années sans chercher à le connaitre, trop effrayée par la main de Steven qui semblait flotter au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès. Moins définitivement fatale, mais pas moins létale pour autant. Les mains de Joseph qui bouge contre son dos, réchauffe son corps glacé de l’intérieur et apaise une faim dont elle n’avait pas conscience. La voix de Joseph résonne à ses oreilles et elle ne prend même pas la peine de répondre, prenant la boutade pour ce qu’elle est, une gentille façon de la taquiner sur son plus gros défaut.


La musique s’est arrêtée, la danse avec elle, et c’est d’un pas légèrement chancelant qu’elle a été récupérer les verres, avant de s’affaler sur les genoux de Joseph, les verres volant en éclats sur le sol sale du bar. Sa sobriété oubliée depuis déjà plusieurs minutes, ses yeux se perdent dans les débris de verre, petites étoiles tranchantes, flottantes au milieu des restes d’alcool. Puis la voix de Joseph résonne, accompagné de son rire. Il faut quelques secondes à son cerveau brumeux pour associer le rire qu’elle attend à la personne sur laquelle elle est couché. Non pas que le rire de Joseph ne corresponde pas à son propriétaire, loin de là, son rire est fort, grave et chaud, comme sa personne. Non, ce qui la surprend, c’est le simple fait de le voir rire. Elle a beau l’avoir côtoyé à de nombreuses reprises, elle croit ne l’avoir jamais entendu rire pour de vrai, quelques éclats de rire par-ci par-là, mais jamais d’un vrai rire franc comme celui-là. Elle sourit, contente d’être la source de ce rire avant de reprendre conscience du ridicule de sa situation. Quand la main de Joseph apparaît dans son champ de vision et caresse ses doigts rapidement, elle frissonne, mais le laisse faire. Alistair, a toujours été poli et attentif avec elle, mais jamais d’une façon si brute et masculine, quant à Steven, il s’est contenté de lui hurler dessus, de jeter un bibelot quelconque ou encore, de rire grassement à chacune de ses chutes. Jamais ni l’un ni l’autre n’avaient eu une réaction qui au lieu de la mettre mal à l’aise ou de lui donner envie de pleurer, l’avait poussé à sourire. Elle le laisse s’amuser quelques secondes et se tortille sous l’inconfort de la position autant que sous son regard lourd de sous-entendu. « Moque-toi, Townsend. Moque-toi, mais si tu vivais ma vie, tu rirais moins ! » Elle claque sa cuisse pour qu’il l’aide finalement et il la redresse de mauvaise grâce.


À peine debout, elle retombe aussi sec. Elle pousse un petit cri de surprise qu’elle étouffe derrière sa main avant de le laisser se transformer en un rire léger. Elle passe son bras autour des épaules de Joseph, sa main se posant avec un naturel déconcertant contre sa nuque, ou ses doigts recommence à jouer délicatement. Ses yeux se posent sur Joseph et l’espace d’un instant, l’alcool aidant, elle est éblouie par la jeunesse qui semble se dégager de son visage. Le sourire narquois qu’il lui adresse lui donne dix ans de moins et elle ne peut s’empêcher d’y répondre. Elle lui pince la nuque du bout des doigts plus pour la forme que pour vraiment punir ses propos. Elle rentre dans son jeu, pour le simple plaisir de rire. « J’avoue tout ! » Accrochée à sa nuque, elle se penche en arrière une main sur le front. « Je ne sais comment attirer votre attention, ô mon seigneur ! » Elle se redresse un sourire aux lèvres. « Votre barbe est si barbue, qu’elle m’a fait me sentir faible et c’est ainsi que mon auguste derrière s’est retrouver sous vos yeux… » Sa voix, rendue plus aigu, par l’alcool, s’éteint dans un souffle, quand l’immense main de Joseph s’approche de son visage. La peur se mêle à l’excitation et un tremblement agite sa main libre, qu’elle plaque contre son ventre. Son souffle se bloque dans sa poitrine tandis qu’elle repousse les images de Steven et de ses coups le plus loin possible. Tandis qu’elle essaie de persuader son cerveau alcoolisé et tétanisé par la peur que non, Joseph n’est pas Steven, qu’elle ne va pas se faire frapper. Mais la voix exécrable de sa conscience lui hurle dans l’oreille qu’elle n’en sait rien. Que Steven était son ami, qu’il pourrait même être pire que lui. Quand ses doigts effleurent la courbe de son cou, elle avale sa salive avec difficulté et la voix hurle encore plus fort. Sa main est si grande, il pourrait lui briser la nuque d’une seule main et mettre fin à ses jours si rapidement. Mais, dans les brumes alcoolisées de son cerveau, elle la perçoit aussi. Cette vague d’excitation qui sert un nœud brûlant dans le bas de son ventre. Elle a envie de fuir, de se lever et de courir aussi loin que possible, mais l’attraction terrestre semble désormais avoir changé d’axe et il semblerait qu’elle soit incapable du moindre mouvement. Les yeux de Joseph sont à nouveau plantés dans les siens. La respiration de Maisy, semble avoir décidé de ne plus répondre à aucun ordre direct du cerveau. Cerveau, qui est d’ailleurs rappeler à l’ordre quand Joseph ouvre la bouche pour lui parler. La phrase met quelques secondes avant que Maisy ne l’enregistre. Comme pour donner raison à sa petite voix intérieure, la main de Joseph glisse et s’appuie contre sa nuque. Ses joues, déjà rougies, par la chaleur du bar, la gêne, la danse et l’alcool, finissent de s’orner d’une belle teinte cramoisie. Sa réponse instinctive, la choque presque plus que ce que son partenaire vient de lui dire. « J’aurais aimé pouvoir le faire… » Elle ne sait pas si c’est vrai, si c’est amené par l’ambiance étrange de cette soirée, par ce besoin de se sentir en vie, aimée et aimable. Mais, quelque part, elle se doute qu’une part de vérité se cache dans ses propos. La voix de Steven, hurlant qu’elle pouvait bien aller se faire baiser par Joseph, une fois rentré chez eux, après qu’elle ait eu le malheur de rire à une blague du brun, lui revient en mémoire. Steven, avait une peur panique qu’elle ne le quitte pour chacun des hommes qui avaient eu le malheur de croiser sa route. Mais Joseph était souvent revenu sur le tapis. Pourtant, à l’époque, sa peur des coups et des représailles était bien trop forte pour qu’elle n’ait pu, ne serait-ce qu’envisager, d’avoir autre chose qu’une relation polie et cordiale avec un autre homme que lui.


Perdue dans ses pensées, elle ne remarque qu’au dernier moment ce qu’il se passe. Les yeux de Joseph sont désormais si près qu’elle peut discerner toutes les nuances de bleu, de vert, de noir et de gris qui leur donne cette teinte ombrageuse et particulière qui attire le regard. Elle louche presque sous son regard avant de comprendre ce qu’il se passe. Rapidement, elle baisse ses paupières, les yeux mi-clos, elle goûte sur ses joues, ses lèvres et le bout de sa langue le souffle du brun. Elle s’apprête à avancer son visage, quand une voix, masculine et avinée, la sort de sa transe. Instantanément, elle se retrouve projeter trois ans en arrière. Face à un Steven, en rage. Joseph pousse la table, lui ménage un espace, mais elle n’en a même pas conscience. Son souffle est toujours aussi rapide, mais c’est la peur qui semble la dominer désormais. Elle recule, descend des genoux du grand brun et se recroqueville dans le coin. Cachée par la haute stature de son compagnon, elle ne voit pas qui vient ainsi troubler la quiétude de la soirée. Son absence de visibilité nourrie, son horrible fantasme et elle se met à trembler. Elle regarde fixement ses mains, la cicatrice en dents de scie de la première morsure de Steven après sa transformation et elle se force à sortir de cette illusion montée, non par la magie, mais par son cerveau.


Hagarde, perdue, elle cherche des yeux Joseph. Sa petite taille est un réel handicap dans ces moments et elle se met debout sur sa chaise pour avoir une vue d’ensemble sur le bar. Elle aperçoit la silhouette imposante de Joseph se faufiler vers la porte. « Meeeerde ! Putain de bordel de merde de connerie de mes couilles ! » Elle tape du pied sur la chaise, manquant de tomber par la même occasion. Elle pose ses doigts contre ses lèvres et lâche un sifflement aigu. Joseph, apparemment trop concentré sur ce qu’il s’apprête à faire, sors du bar malgré ses appels répété. Elle saute au bas de sa chaise, s’avance un peu avant de retirer ses talons pour gagner en rapidité et en stabilité. Elle traverse le bar à toute vitesse avant de s’arrêter près du barman. « Un mec, brun, d’la barbe, environ grand comme toi, il vient de passer par là, il est parti vers quelle sortie ? » Le barman lui indique la porte la plus proche et elle s’engouffre dehors. La température a violemment chuté depuis qu’elle est arrivée au bar. L’été éternel qui berçait la Nouvelle-Orléans, depuis l’apocalypse, semble commencer à se faire la malle. Pieds nus et frissonnante, elle observe les alentours voir ce qu’elle cherche. C’est un bruit qui la met sur la voie. Un bruit qui fait se dresser tous les poils de ses bras. Elle marmonne une volée de jurons et s’avance à pas lent. Elle sait ce qu’il se passe, elle le sait. Elle déglutit à plusieurs reprises avant de passer la benne et de tomber sur la scène. Le visage de James est déjà méconnaissable, les mains de Joseph recouverte de son sang. Elle retient un haut-le-cœur en comprenant pourquoi le visage du premier est aussi abimée. Elle recule de quelques pas le cœur au bord des lèvres et les mains tremblantes. Joseph est comme Niklas. Elle n’a pas encore compris avec précision de quoi il s’agissait, mais la sensation de mal-être qu’elle a ressenti a plusieurs à son contact fait désormais sens. Elle ne sait pas ce qu’ils sont, ni d’où ils viennent, mais elle sait qu’ils sont dangereux. Elle recule encore lâche sa paire de chaussures qui tombe dans un claquement qui résonne dans la ruelle vide. Joseph se retourne d’un coup sec, probablement surpris par le bruit. Elle pousse un glapissement de peur et recule encore de quelques pas. Ses yeux d’un gris d’orage en temps normal, sont quasiment noirs de rage. Son premier réflexe, comme elle l’a si souvent fait serait de prendre la fuite, mais elle en assez et Joseph semble tout aussi perdu qu’en colère. Elle avale sa salive une fois de plus et d’une voix qu’elle veut douce s’adresse au barbu. « Joe ? C’est Maisy, j’vais pas te faire d’mal, ok ? Laisse-moi, juste m’approcher de vous deux. »


Elle s’avance lentement, contourne Joseph et pose les yeux sur le visage nécrosé, détruit de James. Le pauvre gars n’avait rien demandé de plus qu’une soirée sympa avec une fille gentille, mais il avait été assez con pour vouloir se battre avec une armoire normande. Elle secoue la tête et pose sa main sur le torse du jeune homme. « Joseph, tu peux aller prendre mes chaussures, s’il te plaît ? » Elle s’assure qu’il s’est au moins retourner pour ne pas qu’il ait à voir ses pouvoirs en actions. Il n’a rien de grave, mais son visage est bien amoché. Elle inspire profondément, et laisse sa magie se charger de soigner. Elle n’a pas envie de tout soigner, ça lui apprendra à lui avoir pourri sa soirée. Elle a décuvé aussi rapidement que l’alcool lui est monté à la tête. Elle se redresse, laissant James et son visage boursouflé sur le sol. Elle se retourne vers Joseph, elle sent toujours la rage sourdre de chacun des pores de sa peau et étrangement, cette colère animale qu’elle sent en lui, serre son ventre. Elle le regarde, ses yeux glissent sur son corps gigantesque, sur son visage durci par la colère et sur sa poitrine qui se soulève au rythme de sa respiration. Elle soupire, glisse sa main dans ses cheveux et s’approche finalement de lui. Tout son être lui hurle de reculer, qu’elle est en danger. Elle pose sa main sur son bras, évitant du regard sa main, blessée et ensanglanté. « On s’casse. J’en ai plein l’cul d’ce bar. J’ai à boire à la maison et de quoi t’soigner. » Elle passe sa main sous son bras et l’entraine dans la nuit, loin du bar, loin du bruit, loin de la peur. « C’pas grave c’qu’il s’est passé. » Elle refuse de parler de ce qu’il s’est passé justement. Du fait, qu’il est semblable à Niklas, du fait qu’il fait pourrir la vie sur place et du fait qu’il est dangereux tout simplement. Du fait qu’elle est une sorcière, qu’elle vient d’user de ses pouvoirs devant lui. « On va s’poser chez moi. J’vais t’soigner. Boire un whisky et fumer un pétard. Puis, après on avisera. Ok ? » Elle lève la tête, pour regarder son visage, fermé, mais dans lequel elle décèle néanmoins l’incompréhension et l’angoisse. « Aller Townsend. On va pas laisser ce con, et même la vie en général, nous pourrir nos retrouvailles. » Elle se sent minuscule maintenant qu’elle n’a plus ses talons et boitille sur le sol caillouteux de la ville avant d’atteindre un quartier moins craignos.

Après une vingtaine de minutes de marche, ils atteignent l’appartement de Maisy. Elle monte les escaliers rapidement et ouvre le porte de l’appartement d’un coup de fesses. Elle jette sac et manteau sur le canapé et dirige Joseph et sa stature de géant qui paraissent profondément déplacé dans ce décor, jusqu’à son canapé. « J’arrive. » Elle fonce dans l’armoire à pharmacie, récupérer quelques onguents et une potion contre la douleur. Elle se doute bien que le poing de son ami doit lui faire un mal de chien. Dans un élan, un peu stupide, elle avale une potion de protection physique que Neria lui avait fabriqué à l’époque où elle faisait de l’eczéma, censé lutté contre les agressions externes de la peau. Avec un peu de chance, ça calmerait les attaques des pouvoirs étrange de Joseph. Elle passe par la cuisine, attrape la bouteille de whisky qui traine dans un placard, avant de se rendre au Salon. « Pour te soigner. » Elle montre les onguents et potions. « Pour te bourrer la gueule. » Elle montre la bouteille. Avant de filer vers sa bibliothèque. Elle sort le pochon qu’il lui reste de chez Lazlo. « Pour te détendre. » Dans un élan d'humour elle montre son corps de ses deux mains.« Pour ton plaisir. » Elle lâche un petit rire avant de revenir vers le canapé et de poser l'herbe sur la table. Elle s’assoit près de Joseph, retrouvant son sérieux. « Faut que tu me donne tes mains pour que j’te soigne… » Elle tremble un peu… La peur serrant son ventre bien que Joseph semble plus calme.


SUITE A L'APPARTEMENT DE MAISY.

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'Cause maybe you're lovable and maybe you're my snowflake. And your eyes turn from green to gray and in the winter, I'll hold you in a cold place.


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