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 The sad flesh - Violet

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: The sad flesh - Violet   Lun 6 Fév - 17:04

Flesh wound, flesh wound
With medication it will fade
Should I assume
That someone hears me when I pray?



Fin 2015.

À mesure que je m'enfonce dans la ruelle, l'obscurité m'engloutit, jusqu'à ce que je disparaisse dans l'ombre des immeubles. L'air est gorgé d'humidité en cette fin d'automne, et plusieurs flaques d'eau sale se dessinent ici et là. Je suis fatigué, ces derniers temps. Fatigué, instable, un peu irréfléchi. J'ai toujours été assez brusque, mais jamais sans raison, jamais à ce point. J'ai l'impression que j'ai quelque chose qui cloche, que je deviens fou – je ne vois plus le reflet de mon visage dans le miroir, je sens une pression gonfler au fond de mes entrailles, et la colère s'installe peu à peu. Peut-être que j'ai un cancer ou un truc du style. Un cancer du cerveau, peut-être, une tumeur qui appuie sur je sais pas trop quoi et qui me fait devenir complètement dingue. Les mains enfoncées dans les poches de ma veste, je me glisse entre les immeubles, et vais traîner dans les sales coins isolés du quartier. J'aurais pu continuer à prendre ce qu'on me donnait à la Nif, mais j'ai besoin d'autre chose, d'un truc plus fort, d'un truc qui me calme et me donne de l'énergie à la fois, d'un truc... différent. Et raconter mes problèmes, c'est admettre que j'en ai, et que je suis bouffé par la faiblesse. Plutôt crever.

Je m'appuie contre le mur et patiente, la clope au bec – je la sens pas très bien toute cette histoire, mais bon... J'ai l'esprit tellement embrumé ces derniers temps que je fais n'importe quoi. À vrai dire, je suis même pas sûr de la façon dont j'ai trouvé ces types, et je commence à me demander s'ils ne viennent pas d'une autre mafia... Une main dans la poche de ma veste, je presse les doigts sur mon arme. Je sais me défendre, je ne m'en fais pas trop.
La semelle écrase le sol humide en un son régulier, posé, et le frottement indistinct de vêtements se fait peu à peu entendre. Je tire une dernière fois sur ma cigarette et éjecte le mégot par terre, sans me décoller du mur. C'est tout décidé : il va s'avancer jusqu'à moi, échanger la dope avec ce que je lui dois, et repartir. J'attendrai un instant, et je partirai aussi. Ça ne peut que bien se passer. Tout ce stress que je ressens, ça n'est pas habituel non plus, c'est cette foutue maladie qui me bouffe. La main sur l'arme, cachée par ma veste, je garde l'autre dehors. Ça va bien se passer.

***


Ça s'est bien passé, en réalité. J'ai toujours mon arme, et le petit sachet au fond de ma poche. Si on me surprend avec ça, je suis cuit – pressé de rentrer chez moi, je m'empresse de m'échapper des ruelles, lorsqu'une douleur cuisante à l'arrière du crâne me désoriente, m'aveugle. Un sifflement sourd me ravage l'esprit, ni plus ni moins que le triste chant d'une souffrance soudaine, et la douleur se propage dans tout mon corps à mesure que les secondes s'écoulent. Comme un diable, je riposte – et les coups pleuvent, sur moi bien davantage que sur quiconque d'autre. Accueilli par le sol froid de la rue, je n'ai pas d'autre choix que de m'évertuer à me protéger le visage. Le sifflement sournoisement insinué au fond de mon crâne joue ses dernières notes, mais le calvaire ne s'arrête pas là. Le corps n'a pas le réflexe de s'anesthésier sous la douleur, mon esprit ne fuit pas devant cet acharnement et lâchement, j'aurais préféré m'évanouir comme une fillette, depuis belle lurette. Et c'est là que toute la force spirituelle dont je suis doté se manifeste – oui, je tiens le coup. La douleur est telle que j'ai le désir honteux d'en mourir, qu'ils m'achèvent et abandonnent ma dépouille juste ici, mais mon esprit sportif garde la tête hors de l'eau.

Ce qui m'a semblé être des heures d'enfer s'achève. Et à mesure que le calme revient, la douleur s'éveille, brûlante et cruelle. La moindre parcelle de ma peau me paraît être empreinte d'une douleur sans égale. La vue troublée par les contusions et le sang, je suis dans le noir ; chaque respiration est une souffrance supplémentaire, chaque battement de mon cœur provoque une décharge dans tout mon corps. S'ils me trouvent là, avec la drogue et l'arme, je suis fichu. Je suis fichu. Le cœur bat de plus en plus rapidement, j'ai l'impression d'étouffer, je ne peux plus bouger – putain, je suis foutu, c'en est terminé de moi.

***

Finalement, on m'a trouvé. On m'a soigné, on m'a aidé, avant de me laisser à l'hôpital, comme on abandonne un paquet empoisonné sur un chemin plutôt fréquenté. Après tout, quelqu'un finira bien par le récupérer. J'ai des côtes cassées, mon épaule était déboîtée, et une putain de fracture du genou. Assis dans le lit d'hôpital, j'appuie frénétiquement sur le bouton magique qui me donne suffisamment de morphine pour tenir le coup pendant cinq bonnes minutes, en sachant pertinemment que le puits n'est pas sans fond. C'est mon dernier jour à l'hôpital, je vais pouvoir me tirer de ce mouroir – la porte s'ouvre sur un fauteuil roulant, poussé par un infirmier.

« Non, je me mets pas là-dedans. Jamais. »

***

En réalité, je n'ai pas vraiment eu le choix. C'était le fauteuil pour m'escorter jusqu'à l'extérieur de l'hôpital, et les béquilles, les putain de béquilles pour trois mois. Trois mois. C'est loupé pour faire le dur à la Nif, en tout cas, puisque je dois quémander des quantités astronomiques d'anti-douleurs tous les jours, et que je suis infoutu de faire dix mètres en un temps respectable au Little. Je commence même à croire qu'ils essaient de me faire rester chez moi... Ce serait le pire qu'il pourrait m'arriver, sincèrement ; moisir dans mon appartement, comme un grand-oncle qu'on refuse de voir parce qu'il passe son temps à raconter comment ça se passait quand il était gosse. Non putain, je préfère encore me traîner là-bas et râler toute la journée.
Après quelques minutes passées à m'extirper de la voiture qui m'a amené jusqu'à l'hôpital, je pénètre à nouveau dans le mouroir, où se mêlent avec bien trop de fluidité relents de vie et de mort. Ici, les âmes doivent se recycler avec une facilité déconcertante - le malaise s'installe au fond de mon ventre, tandis que je m'approche de l'accueil - je sors de ma poche un petit papier roulé en boule que je déplie. Il est tout chiffonné, mais indique que je dois voir Violet Forester, Ergothérapeute. Je connaissais même pas ce boulot, putain. Je vais essayer de me faire deux, trois séances, avant de lui dire adieu. J'ai pas vraiment besoin de rééducation – non, je ne suis pas autonome, mais c'est normal, je pense.

Après que l'on m'ait indiqué la bonne aile, le bon étage, je m'y dirige et traîne la patte jusqu'à la salle d'attente. Alors, je fais preuve de la plus grande désorganisation du monde – une béquille s'est coincée dans l'encadrement de la porte et m'a fait trébuché en avant. Mais, on ne pose le pied au sol sous aucun prétexte avant au moins deux mois. Alors, j'ai avancé à cloche-pied en tentant désespérément de garder mon équilibre, et j'ai renversé sa grosse plante, avant de faire tomber ma deuxième béquille par terre. Putain de saloperie.


Screwed up, used up
Crumpled, lying on the floor
Fucked up, shut up
All you did back then was score

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Dernière édition par Joseph Townsend le Ven 7 Avr - 19:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Ven 10 Fév - 12:08

The sad flesh
Joseph&Violet
La balle tomba au sol. Trois petits rebonds plus tard, l’objet rond échouait au pied d‘un des murs de la pièce. « Ce n’est rien Stacy, ça va aller on va réessayer. » dit Violet l’air confiant. Une petite fille brune au teint hâlé faisait la moue. Assise sur une chaise, elle avait les deux mains posées sur la table, pourtant l’une des deux ne fonctionnait pas bien. Stacy avait eu un accident à vélo. Lors de l’accident les nerfs de sa main gauche avaient été gravement touchés. Aujourd’hui la petite fille s’en remettait après des semaines de rééducation. L’exercice du jour consistait à serrer une balle de mousse entre ses doigts. Parfois Stacy y arrivait et parfois, la balle s’écrasait au sol sans qu’elle ne puisse la retenir. Pourtant la fillette s’avérait forte mentalement, une force qui réjouissait Violet. De toute façon la séance touchait à sa fin. La balle dans la main, l’ergothérapeute vint déposer un baiser sur le front de Stacy. « C’est bien ma grande on se verra la semaine prochaine. » dit-elle en accompagnant la fillette jusqu’à la salle où l’attendaient ses parents. Une fois seule, Violet alla consulter son planning. Il y avait plusieurs salles dans l’aile d’ergothérapie, c’était souvent toute une aventure de s’y retrouver. Il y avait les salles individuelles, une immense salle commune, des bureaux. L’index posé sur sa fiche, la jeune femme constata qu’elle avait une demi-heure de trou avant son prochain patient. Un certain Joseph Townsend. Jamais vu. Violet espérait que l’homme serait agréable. En général, les femmes acceptaient plus facilement de se faire aider. Bien que certaines s’avèrent parfois être de véritables têtes de mules.

En partant en salle de pause, Violet prit le soin d’emporter avec elle le dossier de son patient. La jeune femme salua ses quelques collègues qui trainaient là puis prit place autour de la table. Bien sûr elle avait déjà lu ce dossier mais elle tenait à avoir tous les détails en tête. Joseph avait donc été amené par des inconnus après avoir visiblement été la victime d’une violente altercation. Il en était ressorti qu’il avait de graves lésions au genou, aux côtes et une épaule déboitée. Bien qu’il ait dû s’en remettre depuis, de telles blessures laissaient des traces. Traces que l’ergothérapeute s’appliquerait à estomper.  Une discussion et un café plus tard, Violet jeta un coup d’œil à l’horloge pendue au mur. Il était presque l’heure. Son dossier sous le bras, la jeune femme fila dans le dédale de couloirs pour finalement arriver dans l’anti-chambre de sa salle de consultation. Elle avait perçu un bruit et lorsqu’elle débarqua dans la salle d’attente il était déjà trop tard. La plante qui décorait la pièce était échouée au sol ainsi que les deux béquilles d’un homme brun. Il avait l’air d’un flamant rose debout sur sa seule jambe valide. « Et bien voilà une entrée en matière originale Monsieur Townsend. » dit Violet l’air amusé. Ce n’était pas drôle certes, mais ce genre de maladresse la faisait sourire. Car étant la reine de l’étourderie, cela aurait très bien pu lui arriver. La jeune femme se baissa pour rattraper les deux béquilles et les rendre à son propriétaire. Elle alla ensuite redresser l’énorme plante. Il y avait de la terre partout. Violet haussa les épaules. Il fallait débuter la séance. Les premières étant toujours les plus houleuses. Ouvrant la porte de la salle de consultation, Violet invita Joseph à entrer puis à aller s’asseoir à la table. Sur cette table était posée plusieurs balles. De la plus petite à la plus grosse qui traînait au sol.

Les murs étaient blancs, une large fenêtre accueillait la lumière du jour. Violet vint s’installer en face de son patient. Elle posa son dossier sur la table et lui accorda un sourire. « Bien je suis Violet, votre ergothérapeute. Je suis là pour faire en sorte que votre genou se remette correctement. En fonction du déroulement de la séance d'aujourd'hui, j’établerais la fréquence nos rendez-vous. » annonça-t-elle en souriant. La jeune femme sortit une feuille du dossier sur lequel était dessiné un tableau vide aux allures de calendrier. Violet sortit ensuite un stylo de la poche de sa blouse. « Bien Joseph, alors dites moi si vous avez senti du progrès ? D’ailleurs comment va votre épaule ? » demanda l’ergothérapeute en jaugeant son patient l’air curieux. Logiquement Joseph ne devait plus trop en souffrir. Mais il valait mieux s’assurer que tout se remettait en place correctement, histoire d’éviter les erreurs de diagnostic. La jeune femme gribouilla la date sur le papier ainsi que quelques informations. Elle posa ensuite son stylo et avisa les différentes balles. Elle avait déjà prévu un exercice, restait à savoir si elle avait à faire à un patient réfractaire ou coopératif. Elle espérait que la deuxième option soit la bonne. Car elle ne faisait visiblement pas le poids contre ce colos. De toute façon Violet savait faire preuve d’autorité lorsqu’il le fallait. Bien qu’elle ait l’air fragile aux premiers abords, lorsqu’on l’irritait ou qu’on la contredisait elle savait s’imposer. Surtout dans sa vie professionnelle et lorsque cela concernait ses patients.


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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Jeu 16 Fév - 15:22

Immobile sur une jambe, je la sens rapidement trembler et déjà faiblir sous mon poids, après tant de convalescence. J'ai l'impression que le cauchemar dure depuis des mois et des mois, je n'en peux plus d'être dépendant, assisté, attendu. Félicité lorsque je fais trois pas ou que je me lève avant midi. Le rythme soutenu que je suivais avant l'incident me semble être à des années lumières de ce que je vis aujourd'hui, séparé chaque jour davantage par le fossé qui se creuse et engloutit avec lui le peu de motivation qu'il me reste. Je sautille légèrement d'un côté, puis de l'autre, comme pour me redonner contenance, mais je n'ai pas besoin de patienter bien longtemps avant que la femme ne me rejoigne. Son visage souriant et affable m'accueille, mais ne parvient pas vraiment à me détendre. Elle porte une blouse, sur laquelle mon regard se pose un instant. Nous sommes à l'hôpital, mais je crois que je m'attendais quand même à voir débarquer une sorte de marabout, ou une originale, cheveux emmêlés dans quelques feuilles sèches et doigts encore terreux de sa dernière balade dans les bois. Non, elle ressemble plus ou moins à un médecin, en fait. Mi-soulagé, mi-déçu tout de même, je récupère les béquilles qu'elle me tend en marmonnant quelques brefs remerciements, déjà profondément ennuyé par cette séance.

« Ouais, vous remarquerez que j'aime bien me donner en spectacle... », dis-je d'une voix maussade, avant bafouiller une vague excuse forcée lorsqu'elle va redresser son pot de plante. C'est pas vraiment de ma faute. Je reprends mes appuis rapidement et m'engouffre dans la salle de consultation – le cliquetis des béquilles qui rencontrent le sol est un bruit particulièrement agaçant, qui a le don de m'exaspérer au plus au point. Contrôle-toi Joseph, contrôle-toi. Peu avant l'incident, j'ai pris un nombre incalculable de drogues de toutes sortes, et le sevrage forcé est un peu plus difficile que prévu, à vrai dire. Entre ça, mon humeur naturelle, et ces... choses, qui m'arrivent dernièrement, je suis complètement à l'ouest.
Les murs de la salle sont immaculés, et elle est gorgée de soleil. Mes yeux se plissent légèrement sous une agression de la sorte, et je m'installe lentement à la table qu'elle m'a désignée, sceptique. Il y a des balles, des trucs dont je ne comprends absolument pas l'utilité, et je jette un coup d’œil circulaire, tout autour de moi, avant de me recentrer sur elle. Une main glisse instinctivement sur mon genou à sa mention – en réalité, j'ai putain de peur de le perdre, je l'admets. L'idée de ne pas recouvrer la totalité de mes capacités me donne des sueurs froides, j'ai peur de devenir dépendant, de ne plus pouvoir mener mon ancienne vie exactement de la même manière.

Je lui souris faiblement en l'observant, muet. Depuis quelques temps, je ressens l'étrange besoin de sonder le visage de tout le monde, comme si j'allais y deviner quoique ce soit de particulier. Comme si un battement de cil ou une ride plus ou moins prononcée étaient si évocateurs. Je gigote sur ma chaise, bien peu confortablement installé, et cherche comme placer ma jambe tendue tandis qu'elle sort une feuille, sur laquelle je crois discerner une sorte de tableau. J'ai envie de m'en griller une, mais je pense pas être en mesure de demander une pause cigarette, me dis-je en jetant un coup d’œil à l'horloge. Peut-être dans dix minutes, on sait jamais. Le stylo en main, elle me demande ce qu'il en est de mon avancée – je la dévisage un instant, incertain. Comme pour joindre la geste à la parole, et lui prouver ma bonne foi, j'agite lentement mon épaule, qui ne me fait absolument plus souffrir. On dirait que c'est ce putain de genou qui jalouse la douleur et l'absorbe toute entière.

« Non, elle se déboîte souvent depuis que je suis jeune, mais elle s'est bien remise. Je sens plus rien. » Les souvenirs de disputes d'avec mon frère me giflent en pleine figure – c'est sûrement celui qui m'a le plus botté le cul dans ma vie, et inversement. Je ne compte plus les trucs qu'on s'est mutuellement pétés. J'efface les souvenirs d'un nouveau coup d’œil vers Violet, et désigne ma jambe du regard et c'est aussitôt une moue désespérée qui se peint sur mon visage. « Mais bon, le genou... J'arrive même pas à dormir avec cette merde, dis-je en donnant un léger coup contre l'attelle serrée. Y a aucun progrès, si ce n'est que je mets plus une demi-heure à me préparer, mais peut-être vingt-cinq minute. »

Après qu'elle ait griffonné quelques trucs sur sa feuille, je regarde les balles d'un air critique. C'est quoi ça, d'abord ? Je suis censé faire quoi, avec ? J'agite le pied de ma jambe valide sans m'en rendre compte – une sorte de stress agressif se roule en boule dans mon ventre, et grossit. Je regarde autour de nous une seconde, et ne vois aucun équipement auquel je me serais attendu, et lance un nouveau regard à l'horloge. Il s'est écoulé environ trois minutes. Amer et agacé, je réprime un soupir, avec tous l'effort du monde. Zen. Respire – je suis venu jusqu'ici, j'ai fait chier tout le monde pour qu'on m'emmène et qu'on vienne me récupérer, j'ai des séances prescrites par cet idiot de médecin, c'est pas pour me tirer tout de suite. Les bras croisés, je reporte mon attention sur Violet. Elle a l'air d'être plutôt douce et sympathique, elle sera certainement conciliante lorsque je déciderai de la fin des séances. Je retire ma veste et la laisse pendre contre ma chaise, avant de m'accouder à la table.

« Bon... je veux pas paraître malpoli, mais c'est quoi tous ces trucs ? Enfin, je m'attendais pas à ce type de... d'instruments, quoi. Je pensais que vous me feriez soulever quelques poids avec ma jambe ou un truc du style, pas... , dis-je, en désignant les balles d'un mouvement du visage. C'est surtout que ça m'a l'air hyper mou, comme exercice. Et les trucs lents et répétitifs, ça commence à me fatiguer, je suis pas venu faire du pilate. Enfin bon, je vous fais confiance hein, vos méthodes doivent aussi avoir leurs points forts... »

Le pied toujours frénétique, je reste accoudé à la table, les traits empreints d'un scepticisme profond.

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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Lun 20 Fév - 13:21

The sad flesh
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A première vue, même s’il sembla grincheux et pas franchement ravi d’être là, Joseph ne rechigna pas lorsque Violet lui indiqua d’aller s’asseoir. La jeune femme prit place en face de lui et se contenta de lui sourire lorsque son patient se mit à la fixer. Elle se demanda un instant ce qu’il pouvait bien lui prendre à la dévisager comme ça mais porta rapidement son attention sur autre chose. Après avoir parcouru le dossier de son patient, l’ergothérapeute releva les yeux. Joseph regardait déjà l’horloge. C’était mauvais signe. Enfin pour répondre à la question concernant son épaule, l’homme l’agita et assura qu’elle se déboîtait souvent et qu’elle ne le faisait plus souffrir. Un léger sourire courba les lèvres de Violet. La rééducation de l’épaule était donc exclue. Visiblement la douleur se concentrait dans le genou de Joseph. Sa mine déconfite ne laissa que peu de place au doute. Le pauvre semblait au bout du rouleau. En même temps il avait été sacrement amoché et c’était tout à fait normal qu’il peine à s’en remettre. Mais souvent les gens n’étaient pas patients, ce qui pouvait se comprendre dans un sens. Car cela pouvait être perturbant de se retrouver handicapé durant un temps qui paraissait souvent interminable. Le regard clair de Violet avisa l’attelle du patient.

« Je vous comprends, c’est souvent long à cicatriser. Mais dites vous au moins que vous allez pouvoir remarcher, croyez-moi ce n’est pas le cas de tout le monde. » assura Violet avec le ton le plus doux du monde.

Elle nota de nouveau quelque chose sur le dossier avant de laisser choir  le stylo sur la table. Joseph regarda les balles avec un scepticisme si palpable que Violet en aurait volontiers rigolé. Enfin comme si ça le démangeait, après qu’il ait retiré sa veste, l’homme questionna l’ergothérapeute. Soulever des poids était peut-être griller les étapes. Les gens étaient si pressés qu’ils en auraient fait n’importe quoi. Mais il ne fallait pas le froisser, Violet prit une balle qui avait la taille de celle qu’on utilise pour jouer au football.

« Pour les poids on verra après Monsieur Townsend. Tout d’abord on va voir comment va votre motricité. Forcer sur votre jambe si elle n’est pas prête risquerait d’aggraver les dégâts. Et je pense que vous ne voulez pas garder votre attelle indéfiniment. »

La jeune femme se leva et fit le tour de la table, elle posa la balle par terre, à proximité de la jambe blessée de son patient. De ses deux mains elle recula un peu le meuble à quatre pied pour laisser de l’espace à son patient. Elle frotta ses mains puis se plaça en face de Joseph. L’exercice était simple, Joseph allait devoir poser son pied sur la balle et la faire rouler dans différentes positions. Comme ça l’ergothérapeute pourrait constater si oui ou non, son genoux était entrain de se remettre et surtout, si cela lui faisait mal. En soit cela avait l’air simple, mais dans les faits, cela s’avérait être un exercice déterminant. Il ne restait plus qu’à espérer que l’homme prenne les choses au sérieux, auquel cas Violet devrait le convaincre et c’était rarement facile avec les réfractaires.

« Vous allez poser votre pied sur la balle. Ensuite vous devrez la faire bouger dans plusieurs directions. D’avant en arrière, côtés puis en rond. Ca va stimuler votre genou. Au début faites de petits mouvements et puis si vous voyez que ça ne vous fait pas mal, vous agrandirez les choses. D’accord ? »

La voix de Violet était douce, son regard rivé dans celui de son patient, elle attendait avec une anxiété parfaitement dissimuler sa réponse. Surtout que l’homme n’avait de cesse de regarder l’horloge. Soudain Violet se demanda s’il était sobre. Dans le dossier de Townsend était indiqué qu’à son arrivé à l’hôpital, son sang contenait plusieurs substances illicites. Violet se fichait pas mal que l’homme se drogue, seulement il fallait qu’elle sache s’il était clean aujourd’hui. Car s’il ne l’était pas, les drogues ingurgitées pourraient entraver sa perception de la douleur. « Dites au fait, vous n’avez rien pris avant de venir ? Ne râlez pas. Je m’en fiche pas mal de ce que vous prenez. C’est juste que je veux être sûre que vous percevez toutes les sensations correctement. » cette fois ci Violet avait été un peu plus autoritaire. Elle ne rigolait jamais avec ses patients et voulait réellement faire le maximum pour qu’ils se remettent correctement. Peu lui importait qui ils étaient, comment ils vivaient. S’ils avaient atterris en rééducation c’était qu’ils avaient traversé une chose assez violente voire traumatisante. Inutile de les blâmer, Violet était là pour les aider. Et aujourd’hui toute son attention était portée sur Joseph Townsend. Il n’avait pas l’air si méchant dans le fond, juste un peu têtu. Mais la jeune femme en avait vu d’autres.



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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Mar 28 Fév - 0:31

Elle attrape une balle, aussi grosse qu'un ballon de foot, et commence à me parler de motricité. Quelle motricité ? Ma jambe est raide comme un piquet, j'ai l'impression d'avoir le genou en morceaux – pour une drôle de raison, je ne fais qu'imaginer l'os réduit en milliers de morceaux d'os aussi fins que de la poudre, ou peut-être bien brisé comme plusieurs éclats de verre, tranchants et coupants, s'enfonçant dans une chair molle et impuissante. Elle fait le tour de son bureau et m'arrache de mes songes, pose la balle au sol, que je contemple dubitativement – encore. Je suis de moins en moins chaud pour toute cette histoire de rééducation, finalement. Je me tasse dans mon fauteuil – ça y est, je le sens venir gros comme une maison. Les jambes fourmillent, comme des centaines de nuisibles sous ma peau, et mon ventre se serre. Le malaise s'installe plutôt rapidement, et je sais précisément d'où il provient. Je suis assis, quasiment en convalescence, et c'est une femme qui est debout devant moi. Je lorgne sur mes béquilles, agacé – s'il arrivait quoique ce soit, je serais incapable de faire un seul mouvement. J'aurais du rester chez moi, quitte à végéter pendant six semaines, et à ne pas me retrouver en position de faiblesse face à une femme qui m'est complètement inconnue.

J'écoute ses indications d'une oreille distraite, pas vraiment certain d'avoir envie ne serait-ce que d'essayer et lance un nouveau regard à la balle. J'acquiesce mollement et la gratifie d'un marmonnement peu jouasse, avant de prendre un instant de réflexion. Inconsciemment, je repense à chaque instant où ma jambe me fait souffrir, alors que je suis immobile. Que je ne fais rien, que je suis allongé comme une loque, et c'est un agacement déjà brûlant que je sens grossir en moi. Plus le temps passe, et moins je sais à quoi je m'attendais. À un peu de came, peut-être, ou à une petite prescription un peu lourde, quelques étirements. Je soulève la jambe fermement tendue par l'attelle avec hésitation et la laisse planer au-dessus de la balle un instant, incertain. Et si, et si, et si. Le pied frôle lentement l'objet tandis que je m'évertue à ne pas imaginer tout et n'importe quoi, et je me force à effectuer quelques mouvements timides.
L'agacement crépite, et mademoiselle Forester souffle lentement sur les braises – ce sont bientôt les flammes d'un début de colère qui me lèchent le ventre. Cette saleté n'attendait que ça, qu'un mot de travers, qu'un sujet bien peu importun pour montrer le bout de son nez. J'abandonne bien rapidement cet exercice idiot et repose le pied au sol, en relevant un regard brûlant que je plante dans le sien.

« De quoi ? Évidemment, que j'ai pris quelque chose avant de venir, dis-je plus sèchement que souhaité. Y a que ça qui me motive à bouger mon cul et à sortir de chez moi, si vous voulez tout savoir. Je marque une pause, et recule légèrement ma chaise de quelques centimètres. Pour être tout à fait honnête, je crois même que je m'attendais à ce que vous me prescriviez un truc, au lieu de m'occuper avec trois balles en plastique. »

D'ailleurs, le geste se mêle à la parole et le pied s'éloigne encore des balles, la chaise se recule. La douleur ravive un comportement qui ne m'est pas habituel, et l'enfant qui sommeille en moi depuis trop longtemps, qui ne sortait pas même réellement lorsque j'étais gosse, s'époumone au fond de mon crâne. Je me fais gamin, je me fais capricieux, et une moue boudeuse se dessine sur mon visage. Un enfant qui a envie de s'en griller une, tout de même – je m'abandonne pourtant à prêter attention à ce que la petite voix dans ma tête me chuchote, insidieuse et cruelle. Celle qui me dit de me tirer, celle qui me susurre de ne même pas terminer cette séance. La voix rauque et raisonnable me semble bien loin, pourtant elle m'incite à rester encore un peu. Un regard vers le doux visage, sur lequel j'ai néanmoins l'impression de déceler un agacement poindre. Ses yeux clairs se dévoilent à mon regard critique et perforant ; elle sait les assombrir, elle sait tordre ce joli minois en une expression de profonde contrariété, finalement. L'enfant se gausse, l'enfant glousse, et moi aussi. J'attrape les béquilles et exalté d'un amusement aussi incongru que soudain, me redresse avec une fluidité qui m'encourage à poursuivre. Je lance un regard aux deux yeux clairs qui me dévisagent, et m'impose d'une voix forte, comme pour l'empêcher de trop râler :

« Je sais qu'on vient de commencer, mais j'ai besoin de m'en griller une, doc. Vous devriez venir avec moi, comme ça on pourra discuter un peu, je suis franchement incapable de travailler avec quelqu'un que je connais pas, dis-je naturellement, avant d'ajouter : Allez, faîtes-moi confiance, j'ai des putain de défauts mais j'vais pas vous mentir. »

Le cliquetis agaçant des béquilles qui foulent le sol reprend dans le couloir peu fréquenté de l'aile, et je me déplace plutôt rapidement, pour une fois. Incertain de la cause, mon esprit s'imagine que c'est uniquement le fait d'une excitation soudaine. Peut-être bien que c'est le cas. L'âme lunatique et tourmentée par des humeurs trop changeantes peut-être la cause de tous mes maux qui m'affligent, mais pas seulement. Elle peut être la naissance de tout ce qui me constitue et me concerne profondément. Les derniers mètres salvateurs sont parcourus rapidement, et les portes coulissantes s'ouvrent sur nous. Elle m'a suivi – est-ce pour me sermonner, ou pour s'assurer que je ne détale pas comme un lapin, ou encore sincèrement pour m'accompagner, je n'en sais encore rien. Je me décale rapidement et m'appuie contre le mur, à quelques pas du cendrier noirci. Le paquet de cigarettes déjà entre les doigts, j'en sors rapidement une que je cale entre mes lèvres, et tends le paquet à la jeune femme. « Vous fumez?, marmonné-je en gardant les lèvres à moitié serrées. Je parie que non, vous avez l'air si sage... ». Ça n'est pas dit sur le ton de la critique – ça n'en est pas une, d'ailleurs. Je lui lance un nouveau regard, la flamme du briquet dansant sous les yeux – au fond, j'aurais peut-être bien aimé avoir un visage aussi sage. Et le comportement qui va avec, par la même occasion. La cigarette s'enflamme sous un léger crépitement et l'odeur du tabac s'élève au-dessus de nous, rapidement balayée par une brise froide. « Vous savez, vous me faîtes penser à ma sœur, dis-je d'une voix rauque, avant de tirer longuement sur la cigarette. Elle aussi, elle était plutôt portée sur l'aide à la personne, tous ces trucs... Bah, je baragouine finalement, évasif, et éloigne le sujet d'un haussement d'épaules. Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce boulot, à vous ? Pas l'envie de côtoyer des malades frustrés et dépendants, j'imagine ? »
Vaguement tenté de m'excuser d'avoir tout interrompu pour une clope, je n'en dis pourtant rien. Au fond, ça se passera réellement bien mieux si on discute hors de la salle qui pue la rééducation et le médical.

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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Mar 7 Mar - 10:32

The sad flesh
Joseph&Violet
Joseph n’est pas discret lorsqu’il s’agit de masquer son agacement. Violet l’a vu, elle sait qu’il n’a aucune envie d’être là. Que si sa jambe était valide il serait déjà loin. Mais la jeune femme ne faiblit pas. Au début elle croit être sur le bon chemin. Joseph semble coopérer d’un geste timide. Et finalement, sans que la jeune femme ne sache trop pourquoi, il se braque. Violet l’écoute en croisant les bras. Elle attend qu’il ait terminé de passer ses nerfs sur elle. Elle sourit presque lorsque Joseph avoue avoir pris des substances illicites et lorsqu’il dit s’être attendu à ce que Violet en prescrive. La jeune femme enfonce ses mains dans la poches de sa blouse blanche et hausse les épaules, impassible.

« D’accord très bien. Je peux vous prescrire des calmants. Si vous préférez ça plutôt que de remarcher normalement un jour il fallait le dire plutôt Monsieur Townsend. » dit-elle d’un air faussement indifférent.

L’ergothérapeute a l’impression de faire face à un gosse en plein caprice. Un gosse qui n’a pas envie de faire d'efforts et qui penche doucement vers le chemin de la facilité. Un gosse qui se recule, s’éloigne de la balle pour montrer son mécontentement. Violet attend. Que va-t-il faire ? Partir sans jamais revenir ? Finalement Joseph se lève. Il a besoin de fumer qu’il dit. La jeune femme retient un soupir. Chaque patient est différent, elle le sait. Alors docile, elle se dit qu’une cigarette pourrait suffire à détendre l'homme grincheux. « D’accord, d’accord, allons-y. » abdique-t-elle alors que Townsend attrape déjà ses béquilles. Il s'avère qu'il est plus vif que Violet ne l’aurait pensé. L’appel de la nicotine a des effets étonnants. Une fois dehors, Joseph s’empresse de sortir son poison. Violet refuse son offre en secouant la tête. Fumer ne l’a jamais intéressée. D’ailleurs son patient le devine assez facilement. La jeune femme sourit. Ce n’est pas la première fois qu’on lui fait cette remarque. L’homme poursuit, l’ergothérapeute apprend qu’il a une sœur. Puis enfin il la questionne sur ses motivations. Les mains toujours dans ses poches, Violet sourit un peu plus. Quel drôle de phénomène.  

« J’aide les gens parce que je pense que chacun renferme du bon en lui. Regardez vous, vous jouez les réfractaires pourtant vous n’êtes pas si désagréable que ça. Que fait votre soeur ? » elle lance un regard sur son patient.

Lorsqu’elle a commencé ses études Violet était à mille lieux d’imaginer que son frère, le seul être en qui elle croyait encore après la trahison de ses parents, s’avérerait tout aussi pourri qu’eux. La nostalgie peinte sur les traits de son visage, l’ergothérapeute tente de chasser ses souvenirs. Elle pense réellement que chaque être renferme quelque chose de bon. Elle veut y croire en tout cas.

« J’avais un frère aussi. Mais je n’ai plus de nouvelles  avec ce qu’il s’est passé. Vous savez Joseph je suis là pour vous aider. Tout ce que je veux c’est que vous marchiez de nouveau. Mais si vous vous obstinez ça prendra plus de temps. »

Le ton est bienveillant et pas du tout moralisateur. Violet veut simplement faire ouvrir les yeux à son patient. Elle veut qu’il se rétablisse le plus vite possible. La jeune femme aime son travail lorsqu’il aboutit à des choses positives. Elle a aussi l’habitude des patients réfractaires, ces cas là se font d’ailleurs de plus en plus fréquents. Des gens qui n’acceptent pas leur handicap soudain, qui se braquent, qui enragent. Joseph quant à lui semble plutôt calme comparé à eux. Pour l’instant. Violet préfère rester méfiante. Elle est déjà bien gentille de le laisser prendre une pause sur leur temps de rendez-vous. Un infirmier sort derrière eux, il pousse une vieille dame assise dans son fauteuil roulant. C’est Geneviève Dubois. Violet la connait bien. Mais ce qui attire son attention c’est le fait que Geneviève parte en balade. Un éclair de génie traverse les iris clairs de Violet qui vient se placer devant son patient. « Dites Joseph, je vous propose un compromis. Vous avez l’air plutôt accroc à votre truc. Je ne peux rien y faire. Par contre si vous voulez, comme il fait beau, on pourra faire nos séances dehors. Mais en compromis ne râlez pas si les gens vous regardent. » cette fois le ton est durci. S’il rechigne, Violet trouvera une autre solution. Mais celle-ci semble être un bon compromis.


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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Lun 13 Mar - 18:04

L'air frais s'infiltre contre ma nuque, m'arrache un frisson qui me tend tout le corps, et je tire longuement sur la cigarette. Elle m'assèche la bouche et fait rouler une vague de chaleur dans ma poitrine. La fumée est rapidement dispersée par le doux vent qui fait son œuvre. Le sang retombe rapidement, trop rapidement dans ma jambe et l'engourdit. Je la tends lentement et la laisse reposer à quelques dizaines de centimètres du sol, appuyée contre ma béquille. Mes épaules rejoignent le mur lentement, et je laisse toujours courir mon regard sur le visage de Violet. Tout est doux chez elle, jusqu'à son prénom. J'ai toujours bien aimé penser qu'un prénom conditionne un être – comme si l'on grandissait dans son ombre, jusqu'à se l'approprier, jusqu'à s'adapter au nom dont nos parents nous ont gracieusement dotés. Violet, au visage doux comme les pétales de velours, à la tignasse blonde et soyeuse, ses beaux yeux clairs papillonnant ici et là. La lumière naturelle illumine sa blouse immaculée et je l'observe, les bras croisés contre la poitrine, la cigarette entre les lèvres. Chacun renferme du bon en lui, dit-elle. Poli, je me contente de sourire et étrangle un rire dans ma gorge. Elle n'est pas méchante, ç'aurait été très malvenu d'être sarcastique à son encontre, me dis-je en détournant les yeux. Ils courent vers l'horizon, sans pourtant que j'y distingue quoique ce soit, l'esprit focalisé sur Violet. Pas si désagréable que ça, ajoute-t-elle à mon propos. Les lèvres s'étirent en de ces sourires charmeurs dont je me pare souvent et je repose un regard amusé sur elle.

Non, je ne le suis pas, osé-je penser en secouant la cigarette au-dessus du cendrier d'extérieur. Il faut admettre que Violet est dotée d'une douceur apaisante. Ou bien est-ce parce qu'elle dénote du monde dans lequel je baigne peut-être trop. Peut-être est-ce le réconfort qui s'écoule de tout son être, un réconfort naturel, qui ne m'est pas particulièrement destiné et qui pourtant m'atteint, sans que j'ai pourtant jamais admis en avoir besoin. « Je ne sais pas », dis-je sincèrement à propos de ma sœur et n'ajoute rien de plus. Les années passent, les gens s'éloignent. Dans mon cas, ce ne fut pas le fruit d'une éloignement lent et naturel ; j'ai pris mes cliques et mes claques et je me suis tiré. Le regard se perd une seconde dans la fumée qui s'élève entre nous et se laisse balayer par le vent. Je me suis éloigné de cette famille de dingues, alors même qu'Aimee ne m'avait jamais rien fait. Le cœur se pince au fond de sa cage, et je tire une nouvelle bouffée. Le tabac essuie l'amertume qui s'allonge sur ma langue et coule le long de ma gorge. Un haussement d'épaules plus tard, et j'acquiesce en l'écoutant d'une oreille distraite. Elle n'a plus vu son frère, avec tout ce qu'il s'est passé. Je n'ai jamais vraiment envisagé cette possibilité. Je déglutis difficilement et repousse les questions à plus tard. Pas maintenant, pas ici – et s'ils sont morts, mon empressement à le découvrir n'y changera plus rien.

Je hoche la tête et la gratifie d'un grognement, sans trop savoir moi-même ce qu'il exprime, laisse la cigarette se consumer lentement entre mes doigts. Non, je ne dois pas m'obstiner, oui, je dois être conciliant. Je la remercie pourtant intérieurement de ne pas me donner l'impression de me sermonner, malgré tout. Sur son visage se peint un chagrin contenu et je l'observe sans rien dire, lui offre finalement un léger sourire contrit. Mon esprit s'abandonne à l'étrangeté des relations fraternelles le temps de quelques secondes, pose mon regard sur une femme en fauteuil roulant sans la voir. Presque aussitôt, c'est le visage de Violet qui s'impose au mien et j'écrase le mégot dans le cendrier. Un peu piqué au vif par le mot magique, accro, je fais la moue et passe une main sur mon visage. Le besoin d'étaler ma propre justification enfle dans ma poitrine, mais elle ne m'en donne pas vraiment l'occasion – peut-être qu'elle s'en fiche réellement. Je grogne vaguement et détourne le regard, échappe au sien – ouais, peut-être. Je lève le menton en l'air et passe une main dans les poils drus d'une barbe qui mériterait davantage de soins. « Ouais, pourquoi pas », marmonné-je sans conviction. J'ai du mal à me faire à l'idée de tous ces rendez-vous, de cette rigueur, d'un bel étalage de faiblesse en place publique. « Je vous l'ai dit tout à l'heure doc, j'adore me donner en spectacle, alors le regard des gens... » Non, c'est certainement pas ça qui me rendra bougon. Autre chose, peut-être, me dis-je en faisant la moue. L'immaturité suinte à nouveau, pressée de se montrer – je n'ai pas envie de faire ces exercices idiots, de me présenter à l'heure comme un écolier devant la maîtresse. Mais je hoche lentement la tête. « Bon, pourquoi pas. » répété-je, encore un peu songeur. « Du coup, on commence au prochain rendez-vous ? J'ai bien compris ? » dis-je lentement, un sourire au lèvres, et ajoute : « Non, parce que là c'est trop tard pour commencer la séance ailleurs, et je suis tellement mal à l'aise dans votre bureau, j'y suis oppressé... »

J'ai insisté sur le tellement, vaguement amusé. La pauvre Violet va tourner en bourrique, si elle est trop conciliante – au fond de mon crâne s'éveille pourtant la mauvaise conscience, celle qui est puissante et insidieuse, celle que je ne me connais que depuis quelques mois. Comme un être fantomatique fardé de noir, sans visage, qui s'agripperait à mes songes et les presserait jusqu'à en tirer le plus sombre. Il s'est redressé brusquement, a surgi hors de la boîte comme l'horrible clown qui terrorise les gosses. J'attrape lentement mes béquilles et amorce un retour vers son bureau, incertain. Le cliquetis désagréable reprend après une pause trop courte et la moutarde me monte rapidement au nez. Ce bruit, ce bruit. Les lèvres se pincent, le regard s'assombrit et le fantôme rôde au fond de mon crâne, remue tout ce qui s'y trouve, dépoussière tout ce que je m'efforce d'y enterrer. La douleur, la fatigue, le manque, le malaise, les souvenirs, l'incident. Tirée par une force intangible, la boule se forme dans ma gorge, venin épais et corrosif que je meurs d'envie de vomir. Mais qui se coince, se tord comme un serpent, et je pénètre dans le bureau avec rudesse. La béquille frappe une balle et l'envoie rouler plus loin ; j'attrape ma veste et l'enfile avec hâte. « On fait comme ça, dîtes-moi où et quand », dis-je soudain. Le voile sombre s'est lâché sur mon regard, et il n'est plus question que je reste une seconde de plus dans cet endroit. Je détourne le regard, refuse de croiser le sien. Trop doux, trop sympathique. Trop clair. Et si j'y croise ne serait-ce qu'une once de reproche, ou un soupçon de dureté, le fantôme se jettera dessus, me murmurera les pires choses à son encontre. Alors je le fuis et reprends les béquilles, fais quelques pas vers la porte. « Allez, passez une bonne soirée, doc. »

Elle ne va pas me retenir, me dis-je en avançant lentement dans le couloir. Elle s'en fiche – le pire, c'est pour moi. Pas de séance, pas de rééducation. Pas de rééduc, pas de mobilité. Pas de mobilité, et je garde ce putain de handicap qui se greffe à mon ombre et ne me lâche plus jamais. Au fond de mon crâne se joue la mélodie morbide du fantôme, celle qui me donne envie de me trouer le crâne, d'enfoncer les doigts dans mes orbites jusqu'à ce que ça sorte, comme un putain de glaucome ou un abcès purulent. Faut que ça sorte, toujours, peu importe la manière tant que la pression dégonfle.

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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Mer 22 Mar - 13:22

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Dans d’autres circonstances, sûrement que l’instinct de Violet lui aurait soufflé de poser plus de questions. Comment cela se faisait-il que Joseph n’ait pas de nouvelles de sa sœur ? La jeune femme aurait aimé savoir, car au-delà d’être une personne attentionnée, elle était curieuse. Mais dans un sens, elle n’aurait pas supporté qu’on lui demande après son frère. Lui qui l’avait tellement déçue lorsqu’elle voyait en lui son dernier espoir. Violet retint un soupir. Ce n’était pas le sujet, ses pensées s’égaraient bien trop loin dans un passé douloureux. Un passé qu’elle aurait voulu rayé de sa mémoire pour toujours. Professionnelle jusqu’au bout, Violet ne laissa paraître aucune tristesse, elle se contenta de rendre le léger sourire que lui adressait son patient. Le sourire était une échappatoire bien utile dans bien des situations. Une réponse à une question délicate qui faisait passer un message, une diversion, aussi douce soit-elle. Le sourire évitait simplement trop de questions dans ces moments là. Et puis Joseph s’avérait être un sacré personnage. Un grand enfant boudeur qui grognait parfois, rien de bien méchant. Rien de nouveau pour l’ergothérapeute qui avait appris à prendre son mal en patience. Finalement après le passage remarqué de Madame Dubois dans sa chaise roulante, Violet partagea son idée avec Joseph. La jeune femme observa chacune de ses mimiques. L’homme passa une main dans sa barbe puis finit par accepter. L’ergothérapeute sourit, satisfaite. C’était déjà bien.  Le sourire s’accrut. Voilà qu’il négociait déjà. Violet inclina légèrement la tête en levant les yeux au ciel. Parfois elle avait l’impression d’avoir un rôle de mère. Dans le fond, peut-être que c’était une facette de son métier qu’elle appréciait aussi.

« Je crois que je n’ai pas le choix de toute façon… Si vous êtes si oppressé que ça… » elle insista sur le terme d’oppression.

Est-ce qu’un simple bureau suffisait à donner l’impression à Joseph d’être Blanche-Neige dans la forêt maudite ? Un léger sourire courba les lèvres fines de Violet. Un sacré numéro celui-là. L’homme fit déjà demi-tour, retourna dans le bureau opprimant, demanda les détails de la prochaine séance. Violet vérifia dans son agenda et lui donna rendez-vous la semaine prochaine. L’obliger à rester n’aurait servi à rien. Joseph n’était visiblement pas en condition.

Adventist hospital, une semaine plus tard

Le temps était radieux, les rayons du soleil se faufilaient entre les feuilles des arbres. Dans le jardin de l’hôpital, Violet attendait sagement que son patient arrive. Louchant sur sa montre à plusieurs reprises, l’ergothérapeute espéra qu’on ne lui poserait pas un lapin. Car si la dernière fois elle avait été particulièrement souple, cette fois-ci Joseph n’aurait aucune excuse. Son temps était précieux. Le perdre avec quelqu’un qui refusait d’être soigné était pour elle une chose frustrante. Mais alors qu’elle commençait à s’imaginer les pires choses, Violet crut reconnaître son patient au loin. Elle leva sa main droite.

« Monsieur Townsend, par ici, venez ! » s’écria-t-elle.

La jeune femme s’était mise à l’écart près d’un petit espace rond parsemé de banc. C’était l’espace de promenade, un lieu agréable parfait pour se ressourcer, certains patients venaient même y faire leur sport. A vrai dire Violet appréhendait un peu. Elle espérait que l’homme en béquilles était bien celui qu’elle croyait, et si c’était le cas, elle espérait qui coopérait. Qu’il ne détalerait pas. A côté de Violet se trouvait un appareil qui n’avait visiblement rien à faire là : un vélo d’appartement. La jeune femme l’avait fait déplacer exprès pour Joseph. Plusieurs de ses collègues lui devaient des services, et même si Violet était loin d’être une personne intéressée, elle savait faire jouer ses relations. Ce fut ainsi qu’elle se retrouva à attendre, patiemment en plein soleil à côté de ce vélo d’appartement qui n’attendait plus que son cavalier. Cavalier qui commençait à se faire désirer d’ailleurs se dit la jeune femme en regardant de nouveau sa montre. Alors lasse, elle tenta de se détendre, fourra les mains dans ses poches en plissant ses yeux clairs dans l’espoir d’apercevoir les détails de l’homme au loin. Mais dans un hôpital, les personnes en béquilles ne manquaient pas. De toute façon, si Joseph ne venait pas aujourd’hui, Violet n’hésiterait pas à faire du forcing. Après tout c’était pour son bien et elle était du genre coriace. Et puis comme toutes femmes, ergothérapeute ou non, elle n’aimait pas qu’on lui pose des lapins.



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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Sam 15 Avr - 16:03


Le soleil caressait la large fenêtre de la pièce principale, dessinant avec précision les sillons de chaque trace de doigt qui s'y était posé, grasse et brute. La poussière accumulée depuis des semaines s'y étale en une multitude de particules sombre et pourtant presque translucide. La lumière filtre à travers la vitre et s'allonge en biais sur la vieille table en bois, elle aussi recouverte d'une fine pellicule de poussière. Pourtant, la pièce est en ordre – la décoration est trop sommaire et minimaliste pour que règne le désordre. Il n'y a rien à déranger, et seuls quelques emballages de nourriture s'imposent dans la pièce morte. Il faut se forcer à se redresser, se forcer à s'habiller, à sortir. Je n'ai pas envie de sentir le soleil sur ma peau, le vent qui se heurte contre mes vêtements, les odeurs de la ville ou le poids d'un regard sur moi. Je ne veux pas sentir la douleur dans mes membres, la fatigue dans mes muscles. La rigidité de mes os épuisés. Les yeux se posent longuement sur les flacons d'antidouleur, étalés sur la table comme une grande famille. J'ai envie de me lever brusquement ; je me vois bondir hors du sofa, balayer le bois de mon bras. J'entends les flacons rebondir au sol, les comprimés s'y déverser sans attendre. Il n'y a plus de douleur, et la nécessité de ce poison disparaît dans un écran de fumée. Il n'y a plus rien que la vie au creux de ma poitrine.
Mais je ne peux pas faire de mouvement brusque, je ne peux pas vomir le dégoût et la haine qui m'embrassent, je ne peux pas tourner le dos au poison. Alors je demeure dans le sofa, avachi dans une position inconfortable et je mesure le sang qui s'accumule dans ma jambe en une lourdeur douloureuse.

L'horloge semble engloutir des dizaines de minute à chaque coup d’œil que je lui lance. Le rendez-vous approche à grands pas et m'accule, dos au mur et pourtant incapable de bouger. Je sens déjà le regard accusateur de la femme sur moi, douce et propre sur elle dans sa blouse immaculée, ses cheveux blonds délicatement noués. Mais elle est trop bonne envers nous autres ; elle n'aurait aucun regard accusateur. Juste une pointe d'agacement, voire un peu de déception, pour forcer le trait. Je replie le bras sur mon visage et l'enfouis dans le creux de mon coude, les paupières closes. Je laisse mon esprit faire le point, se pencher sur tout et n'importe quoi, s'envoler loin de la douleur. Mais comme l'oiseau enchaîné, il est brutalement bloqué dans sa progression. Tout me ramène à la douleur, à cette condition dans laquelle je me suis fichu tout seul, cette putain de condition de dépendance. Dépendant, je le suis ; de tout, de tout le monde. Les yeux résolument clos, je ne pense pas à l'heure. Elle court sans moi et je ne pourrai pas la rattraper. Le schéma se répète – tout me passe sous le nez.
Les minutes se sont écoulées avec longueur lorsque je me décide à toucher à nouveau le sol. Le regard accusateur ne vient pas de Violet – il vient de partout, de visages intangibles et invisibles, d'êtres qui ont existé et qui n'existent pas. Et il s'appesantit sur moi, lourd et pénible, m'accable de ses yeux perçants. Les yeux qui voient à travers l'enveloppe de chair, à travers les os, à travers l'âme. Et ce qu'il contemple n'est pas beau.



La semelle s'enfonce trop profondément à mon goût dans l'herbe dense et moelleuse et je progresse lentement. La clope entre les lèvres, une troisième jambe métallique sur laquelle m'appuyer, j'avance aveuglément, gêné par le soleil. Il ne me caresse pas délicatement la peau, ne réchauffe pas mon corps – il me fait transpirer et me gêne dans mes mouvements. Je n'ai pas vraiment grandi sous un soleil californien et n'ai jamais eu d'affection pour l'astre de feu. Les yeux plissés, je tire sur ma cigarette. Pour aujourd'hui, j'ai pu tourner le dos à d'autres poisons et les boîtes de comprimés demeurent intouchées sur la table du salon. Après un difficile balayage de l'environnement et une adaptation ardue à la luminosité, je crois discerner l'ergothérapeute dans l'herbe. Et comme si j'y allais à reculons, je progresse à petits pas, pas franchement pressé d'arriver jusqu'à elle. Je prends le temps de terminer ma cigarette – bon sang, j'étais déjà en retard en quittant l'appartement. Lorsqu'enfin arrive le temps pour moi de rejoindre Violet, je reconnais un visage familier, un corps qui m'est connu. La vague cramoisie qui me passe devant les yeux me tord le ventre et me brouille les idées. Je me dépêche de la rejoindre, oublie mon pas claudiquant et la douleur qui m'irradie la jambe – attrape son poignet entre mes doigts lorsque je suis suffisamment proche et y referme une poigne solide. Ses yeux bruns se tournent vers moi, surpris – l'étonnement se transforme bientôt en panique, tant que je distingue sa pupille se rétrécir et son corps se tendre. La danseuse a disparu un soir, les poches débordant de billets et le sac de drogue. J'ai envie de l'étrangler, de refermer les mains sur ce joli cou, de réduire à néant ce visage à la moue innocente, de me gorger de sa douleur pour étouffer la mienne.

Les menaces fusent, susurrées au creux de son oreille, la main écrasant fermement l'os délicat de son poignet entre mes doigts. À l'intimidation se mêle une flopée de jurons et d'insultes, que je suis incapable de réprimer – la vague déferle entre mes lèvres, s'écrase sur son visage sans interruption, sans même prendre le temps de respirer. La goutte a fait déborder le vase et la pute n'a d'autre choix que de se noyer dans la houle de mon amertume. Sa voix chevrotante attise la colère qui brûle dans mon ventre et ses explications ne m'atteignent pas – je me fiche de son petit ami malade, de ses histoires de cœur et de fric, de cette santé fragile. Je lance pourtant un regard à l'homme fatigué qu'elle me désigne  – je vais le buter. Je le lui dis, le lui murmure pour qu'elle seule l'entende. Je vais le buter et elle avec.
Mon nom s'envole dans l'air et vient me chatouiller l'oreille, m'extirper de cette conversation. Violet est là-bas, elle m'apostrophe, elle s'impatiente. Mais ce n'est pas l'appel de l'ergothérapeute qui m'incite à m'éloigner, c'est l'arrivée d'un infirmier près de la prostituée. Par chance, il prononce le nom du malade en s'approchant – je l'imprime et le retourne dans mon esprit, avant de lancer un regard entendu à la pute. Je souris, satisfait. Je vais les buter.

Je lâche l'emprise que j'avais jusqu'alors sur elle et claudique jusqu'à Violet. Très peu satisfait en réalité, je bous de rage. Je m'avance jusqu'au corps de la femme et me pose droit devant elle, le soleil dans le dos. L'ombre de ma silhouette s'allonge sur son visage et la protège de la lumière. « C'est quoi, ça ? C'est pour moi ? », grommelé-je entre mes dents et désigne le vélo d'appartement qui trône dans l'herbe d'un mouvement de la tête. Je pose les yeux sur son visage et esquisse un sourire froid et bref, malgré moi. Elle m'a l'air d'être agacée, un peu lasse – je devrais peut-être m'excuser de mon retard. Mais ça ne sort pas, ça n'a véritablement pas envie de franchir mes lèvres et je demeure muet. Le corps lourdement appuyé sur mon unique béquille, je tourne la tête vers l'ancienne danseuse, que je discerne plutôt clairement de là où je suis. Je n'arrive pas à m'ôter cette histoire de la tête. Il me semble distinguer la voix de Violet, et je lui fais à nouveau face, ramené à la réalité.  « Hein ? Ah oui... » Je lui serre brièvement la main et fais le tour du vélo d'appartement, avant d'abandonner ma veste au sol – le vent s'infiltre enfin sous mon t-shirt, rafraîchit une peau brûlante et moite. Déjà pressé d'en finir, je demande : « Vous m'excuserez, j'ai eu chaud sur le chemin. Bon, on commence par quoi ? »


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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Mer 19 Avr - 11:19

The sad flesh
Joseph&Violet
Plus l’homme en béquilles approchait, plus Violet put distinguer ses traits. Des traits qu’elle désespérait d’apercevoir aujourd’hui. Lentement néanmoins le patient grincheux arrivait. Mais sa course fut stoppée par celle d’une inconnue. L’ergothérapeute râla, elle n’entendait rien elle était bien trop loin pour ça. Alors elle plissa ses yeux histoire de voir ce qu’il se tramait là-bas et pourquoi est-ce son patient s’intéressait à cette femme. Le poing sur sa hanche, la mexicaine haussa un sourcil. De ce qu’elle perçut, Joseph n’était pas tendre avec la jeune femme. Dans un sens ça ne la regardait pas, mais d’un autre ce genre de comportement pouvait apporter son lot de problèmes à Townsend. Et son genou restait en trop mauvaise état pour le laisser filer à ce stade de la rééducation. Après que Violet ait laissé durer le cirque assez longtemps, jusqu’à ce qu’un de ses collègues infirmier interrompe la scène, elle l’interpella. Par miracle son appel porta ses fruits puisque bientôt, l’homme blessé se dressa devant elle, sa mauvaise humeur lui collant à la peau. Il n’eut pas l’air ravi en regardant ce qui l’attendait. Violet lui accorda un bref sourire. Non seulement il était en retard mais en plus il n’était pas content. La jeune femme blonde fit un pas en arrière pour lui laisser le luxe de s’installer.

« Je sais que nos séances vous ennuient Joseph. Mais comme vous pouvez le remarquer mon genou à moi va très bien. » dit-elle dans un haussement d’épaules.

Cette déferlante de mauvaise volonté n’y ferait rien. Un serrement de main plus tard, l’homme s’apprêta presque à monter sur le vélo. A sa question cette fois Violet ne se retint pas de rouler des yeux. « Montez donc sur ce vélo. Ca peut vous paraître stupide mais la priorité ici est de rétablir  la mobilisation de votre genou, le renforcement musculaire et la reprogrammation neuro-musculaire afin de permettre de récupérer l’amplitude articulaire. Cet exercice va vous aider. » assura-t-elle en hochant doucement la tête. Alors qu’elle tenait fermement le dossier de Joseph contre elle, Violet fut rattrapée par l’infirmier qui avait interrompu Towsend lors de sa discussion d’avec l’inconnue. Il demanda à lui parler pendant un instant. Elle acquiesça puis se tourna vers son patient.

« Je reviens, commencez doucement. » dit l’ergothérapeute en s’éloignant.

Son collègue semblait particulièrement méfiant envers Joseph et n’avait de cesse de lui lancer des regards curieux. Il questionna Violet, lui demandant ce qu’elle savait de son patient. Qu’il n’était pas sûr. La mexicaine l’envoya balader, lui rappelant l’importance du secret professionnel et que chaque blessé méritait de l’aide. Bien sûr elle resta parfaitement cordiale et ne tarda pas à revenir auprès du personnage principal de l’histoire. Pour ne rien laisser paraitre, Violet sourit. Malgré ça elle n’était pas idiote et elle savait que Joseph était loin de l’être lui aussi. Elle ne sut pas trop comment aborder la chose puis après quelques secondes d’hésitation, elle se jeta à l’eau.

« Dites, vous connaissez la femme à qui vous avez parlé je suppose ? Je crois que vous lui avez fait un peu peur… »

Elle ne savait pas quoi dire d’autre. Elle n’était d’ailleurs pas sûre de vouloir en apprendre plus au sujet de ce qui liait son patient à cette femme. Ce n’était pas ses affaires, elle soignait les gens parce qu’elle leur voulait du bien, peu importait qui ils pouvaient être. Néanmoins elle n’avait que très rarement vu son collègue aussi préoccupé. Mais elle se rappela soudain à quel point les gens qui travaillaient avec elle pouvaient se transformer en véritables commères. Toujours prêts à faire circuler les pires ignominies histoire d’occuper leurs rares pauses. Mais Violet n’était pas de ce genre là, ce qui d’ailleurs lui valait parfois une réputation de sainte-ni-touche. Elle n’aurait pas voulu que des choses se disent sur son patient au détour d’un couloir. Mais elle ne voulait pas non plus que Joseph déguerpisse car il se pensait au sein d’une histoire fausse. Elle elle ne le jugerait pas car tout ce qui l’intéressait au fond chez cet homme était l’état de son genou et rien d’autre. Elle espérait donc que Townsend ne lui aboie pas après. Elle prit donc les devants tandis qu’elle grattait le dossier du patient de son stylo. « Ne vous énervez pas, je vous préviens juste. Commençons cette séance. » conclut-elle en relevant brièvement ses yeux clairs vers le brun.


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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Jeu 4 Mai - 1:59

Les lèvres se pincent, les yeux cherchent à rouler dans leurs orbites, stoppent pourtant leur course avant une énième expression de lassitude. L'ergothérapeute, en revanche, commence à exprimer des signes d'agacement. Les lèvres de la bête s'étirent en un sourire carnassier, gorgé de satisfaction – elle aime agacer, elle aime triturer, elle aime que je sois détesté ; et si le terme est trop fort, elle se contente du simple fait que je sois irritant, que la moindre de mes expressions suscite la nervosité. Pendant que tout le monde s'éloigne, lorsque tous me tournent le dos, elle grogne de plaisir et tourne en cage, n'attendant alors plus que d'emplir le vide de sa présence majestueuse. Et moi, je contemple le visage de Violet, las. Elle me répond pourtant tranquillement, de cette douceur latente, et je grimace. Bien peu concentré, j'ai eu toutes les difficultés à focaliser mon esprit sur ce qu'elle racontait – renforcement musculaire, voilà ce que j'ai vaguement retenu de son explication. J'acquiesce et grimpe sur la monture de métal, la grimace collée sur des traits tordus par une douleur sous-jacente. Interrompus par un infirmier, celui-là même que je viens de croiser près de l'ancienne pute.
Est-ce un sursaut de narcissisme ou une pointe de paranoïa, me demandé-je, d'imaginer qu'ils discutent de moi ? Les yeux portés sur Violet, j'écrase lentement la semelle de caoutchouc sur les pédales et entreprends un mouvement sur le vélo. La douleur creuse mon visage et ne semble pas chercher à me quitter.

Un regard bref, celui d'une fouine, croise le mien. Je le sens incendiaire et le regret de ne pouvoir fusiller d'un coup d’œil me parcourt. Alors, à défaut de ne pouvoir abattre ce type sur place, je m'en retourne lentement vers l'ancienne danseuse. Comment s'appelait-elle, de toute façon ? Crystal, ou Candy, un pur prénom de strip-teaseuse, quoi. Peut-être était-ce Ginger, me dis-je en me faisant violence – il faut laisser rouler les muscles de la jambe, permettre à la douleur de se propager, apprendre à nouveau un mouvement devenu bien peu naturel. Salope de Ginger, je peux te promettre que tu vas crever – le tout danse au fond de mes yeux. Elle s'est bien foutue de nous. Lorsqu'Isak apprendra que je l'ai recroisée... L'ombre passe près de moi et m'arrache à mes songes. Je lance un regard à Violet, puis sur l'infirmier qui s'éloigne – alors, de quoi avez-vous bien pu discuter ? Elle demeure pourtant muette et je l'imite, lèvres toujours pincées. La vague de douleur s'étire et s'allonge dans tout mon corps, alourdit mes entrailles au fond de mon ventre et abandonne une traînée glacée le long de ma colonne vertébrale. Déjà la sueur perle aux abords de mon front, ma peau se fait moite. L'effort me semble être difficile, alors que je ne fais rien. Un peu démotivé, déjà découragé, je poursuis pourtant le mouvement de ma jambe. Il se fait de plus en plus lent, épuise les maigres forces que j'ai réunies au cours de la matinée.
Comme pour répondre à mes précédentes interrogations, Violet rompt le silence et étire un sourire amer sur mes lèvres. C'était donc ça. Pas particulièrement dérangé par la question, je fais la moue et prends une pause, laisse choir ma jambe dans le vide. La main passe sur ma cuisse, frotte des muscles déjà fatigués et regarde l'ergothérapeute sans mot.

À ses dernières paroles, un rire dénué de joie m'échappe. Pour cette fois, je ne me serais sûrement pas énervé, mais elle n'en saura rien. Les doigts s'appuient et s'enfoncent dans la chair de ma jambe, triture des muscles – ça soulage, et puis c'est encore plus douloureux. Pensif, je ne dis pas un mot et me décide à reprendre la rééducation. La pause ne me fait aucun bien – les muscles chauffés ont rapidement refroidi et la douleur bien éveillée s'installe avec force. La lèvre se mord et je gratifie Violet d'un grognement, reposant mon regard sur elle. « J'la connais, ouais... » L'envie de sobrement conclure d'un 'cette sale pute' me brûle les lèvres et menace de s'en extraire, mais je souris pourtant. D'un sourire satisfait, le regard mauvais lorsque je l'observe au loin – pas mécontent qu'on soit venu se plaindre, qu'elle semble décontenancée. La bête s'en lèche les babines, grogne de plaisir. « Elle a eu peur ? Tant mieux. Bouffer ou se faire bouffer, telle n'est pas la question... » En réalité, il n'était pas simplement question de lui faire peur. Il est question, désormais, de la traquer. Il ne restera plus grand-chose d'elle lorsque la Niflheim aura dégusté une vengeance glacée. Il faut dire que le patron sait être sacrément inventif, lorsqu'il s'agit de défendre nos intérêts. Les mirettes dégoulinantes d'acide bien malgré moi, je baisse le visage. « Vous devez être bien, ici – à l'hôpital. Tous les boulots qu'on peut trouver sont pas de tout repos, je vous apprends rien. Et cette femme, disons que c'est une ancienne... salariée. J'étais plus ou moins son superviseur, et elle a rompu les termes de notre contrat, en quelque sorte... »

Inutile de préciser qu'il n'a jamais été question d'un contrat, Violet doit bien s'en douter. Mais il faut savoir distiller les informations avec parcimonie, insérer toutes les informations entre les lignes, de sorte à ce qu'elle puisse y lire tout ce qu'elle désire. Une moue faussement mystérieuse sur le visage, je reprends tranquillement les mouvements de la jambe ; la moue s'efface et disparaît sous une énième grimace. « Vous auriez un peu d'eau ? »
Un dernier regard sur l'ancienne danseuse et l'agacement point à nouveau. Elle m'a pris pour un idiot – la pilule est bien difficile à engloutir et je soupire longuement. Comme les autres, elle était appréciée – elles le sont toutes. La dureté de mon caractère s'allie toujours bien avec un calme latent, une protection étrangement tranquille. Je soupire : « Enfin, faut savoir sévir et mettre de côté... tout le reste. » Un souffle. J'aime bien parler, et j'en raconte parfois trop – mais être au centre de l'attention, c'est mon petit plaisir, un truc de gosse.

Violet, même si elle doit le mériter, demeure chanceuse de travailler ici. Les filles qui sont au Little sont des perdues, des femmes complètement paumées. C'est difficile de travailler avec elles, comme il est difficile de travailler avec tous les drogués de la Nif'. Des gens de bien peu de confiance.
Je lui lance un regard. J'aime bien les petites confidences et les ragots m'ont toujours amusé. « Vous feriez quoi, si on se fichait de vous ? Si un collègue vous volait des jours et des jours de travail... ? »

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MessageSujet: Re: The sad flesh - Violet   Mar 9 Mai - 11:01

The sad flesh
Joseph&Violet
La souffrance se perçut sur les traits de Joseph lorsque sa jambe blessée s’appuya sur la pédale du vélo. Violet sembla satisfaite. Loin d’elle l’idée de faire preuve de sadisme, non seulement parce qu’elle n’en serait pas capable mais simplement car la vérité était tout autre. La douleur de son patient ne réjouissait pas l’ergothérapeute mais son effort lui y parvint. Même si Townsend souffrait toujours, que l’exercice s’avérait douloureux, le fait était que s’il avait trop souffert, pédaler lui aurait été impossible. Les progrès commençaient à faire leur apparition pour le plus grand bonheur de Violet. Bonheur que le grognement de Joseph n’arriva pas à faire disparaître. Elle commençait à avoir l’habitude avec lui. Attentive, elle attendit sagement que Joseph développe. Bien sûr qu’il la connaissait. Elle l’avait compris. Elle voulait maintenant en savoir plus. Les explications qui suivirent donnèrent l’air pensif à Violet qui hocha doucement la tête.

« Je vois, en quelque sorte… » dit-elle, septique.

La mexicaine ne connaissait que très peu Townsend, mais à première vue il était évident qu’il n’était pas homme à se laisser aisément rouler dans la farine. Il aurait fallut être fou ou avoir un culot monstrueux pour se mettre un type comme lui à dos. Alors qu’il reprit tranquillement, Violet crut que la conversation était close. Puis Joseph demanda de l’eau. La jeune femme pesta intérieurement, elle se sentit bête de ne pas avoir pensé à une chose aussi simple. Alors qu’elle s’apprêtait à répondre, elle capta le regard que Joseph lança à l’inconnue. C’en fut assez pour délier sa langue. Sévir, un mot qui ne faisait pas vraiment parti du vocabulaire de Violet. Mais elle s’accordait à dire que Joseph n’avait pas tort. Certaines situations délicates ne laissaient parfois pas beaucoup d’autres options. Le regard de son patient dans le sien, Violet resta un instant muette devant une telle question. Dans son monde, il était peu probable que quelqu’un ose lui faire un coup pareil. Elle n’avait jamais envisagé ce genre de chose. Elle haussa les épaules, quelque peu déconcertée.

« Et bien… Je pense que ça serait dingue si une chose pareille arrivait mais… Certainement que je ne me laisserais pas faire c’est sûr. J’adore mon métier mais je n'aime pas qu’on me prenne pour une idiote assura-t-elle en relevant un peu le menton avant de poursuivre je m’arrangerais pour trouver une solution. Mais une solution discrète et sans faille vous voyez.»

La discrétion et le calcul. Deux atouts qui faisaient que souvent, personne ne se méfiait de Violet. Violet qu’on prenait souvent pour une bohème, rêvant de l’utopie d’un monde déjà mort depuis bien longtemps. Si elle se raccrochait souvent à l’optimiste, la jeune femme avait son petit caractère. L’injustice était une chose qui la dégoûtait et lorsqu’il fallait rééquilibrer la balance, faire valoir ses droits ou ceux des autres, l’ergothérapeute savait très bien s’y prendre. Elle mettait souvent des stratagèmes en place, rien de méchant mais bien réfléchi.

« Vous savez il vaut toujours paraître plus bête que vous en avez l’air, comme ça les gens ne font pas attention dit-elle en souriant je vais vous chercher de l’eau et vous prescrire des antidouleurs, vous avez l’air de souffrir mais je suis satisfaite de vos progrès. Je reviens, continuez de pédaler. »

Sur ces mots, la jeune femme tourna les talons, le dossier Townsend à la main. Au passage, elle toisa l’infirmier qui était venu lui parler. Ce qu’elle n’aimait pas les fouines, ces gens qui ne vivaient que pour les « on dit » et les bruits de couloir. Tout ce qu’espéra Violet fut que l’homme lâche l’affaire et ne s’acharne pas sur son patient. Pour le coup il aurait à faire à elle si elle apprenait qu’il était allé raconter n’importe quoi au chef de service. Arrivée devant les portes automatiques, Violet se retourna un instant vers Joseph, petit vu d’ici puis reprit sa marche dans un sourire. Elle était confiante, un peu trop sans doute.  


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