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 Psaïkoz 1-0 [Pryam]

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MessageSujet: Psaïkoz 1-0 [Pryam]   Lun 6 Fév - 23:23


PSAÏKOZ 1-0
FT PRYAM


Dure semaine. Le temps. Les nuits. Les réveils. La perte de sommeil. Bawdy, ce fantôme cinglé qui ne semble pas le lâcher, mais qui a disparu depuis une petite semaine, ne le rassure pas. Tout parait plus lourd. Comme si tout allait s'écrouler sans prévenir. Que son ventre n'allait plus être assez solide pour tenir ses organes en place. Et ses muscles qui tirent, se déforment au moindre effort de trop, maltraités par la fatigue et les nerfs. Le gant finit par se poser sur le rebord de la cuvette de métal qui contient de l'eau chaude, chauffée sur le poêle à bois. A l'ancienne ici. En pleine forêt, aucune personne sensée ne s'ose la nuit. Tout ce qui peut arriver ici quand le soleil ne surveille ne peut être que nocif à toute personne normalement constituée. Même s'il n'a pas fait les Darkfalls, il en connait la couleur au travers des yeux des autres. Ceux qui y sont passés, qui se confessent encore et encore, mais aussi parce que les enfers ont tout vomis sur leurs terres... le monde du milieu. S'il y a un "en bas", il y a un "en haut". Peu importe que ce soit vrai ou non, Semiel le conçoit ainsi. Et au milieu, il y a eux. Eux. Ce qu'il en reste, comme des insectes qu'on chasse, qu'on bouffe, qu'on découpe, qu'on blasphème, qu'on digère puis qu'on oublie. Tout n'est que désordre, infamie et tourment, on se démerde comme on peut. Au milieu de tout ça, il y a des hommes comme le jeune père Di Valli. Qui ont encore la foi. L'espoir.

Il se redresse face au miroir, fatigué, les pupilles dilatées par le peu de lumière qui alimente cette pièce de vie aux rideaux tirés. Le regard rivé sur sa blessure à l'épaule qui ne saigne plus mais qui va encore lui laisser une cicatrice. Il a encore mal, mais supporte, comme tout. Si on ne supporte plus, on peut crever. Le prêtre ici calme et pacifique et devenu soldat dans les mains de Dieu. Les Croisades pour un monde nouveau et ici Jérusalem, probablement encore une fois tombée par les enfers de l'autre coté du monde, a bien pâle figure. Une guerre bien plus grande. Ce n'est plus une ville qui s'ouvre mais un monde. Qui chiale, et se plaint. Au moins, il le fait pour quelque chose aujourd'hui. Semiel, lui, il oublie peu à peu ce qu'est la plainte et la douleur, il se contente de la concevoir dans le coeur des autres quand ils ouvrent la bouche. D'une main lente, il passe ses phalanges sur la plaie et frissonne. Nette, propre et pourtant si macabre. Parfois les portes de la mort ont bien belle couleur. Lui qui la voit tous les jours sous toutes ses formes, et que même la lumière boude aujourd'hui.

Un soupir. Un geste blasé. Il prend la serviette et se sèche le haut du corps, marchant pieds nus sur la plancher râpeux. Quelques marches et il se s'écroule , face contre matelas pour sentir ses paupières se clore d'épuisement. Dix minutes. Ses membres s'engourdissent. Il ne sent plus le froid, le poêle à bois tourne et chauffe la mansarde doucement, teintant sa peau sans chair de poule. Il fait froid dehors cette nuit, le brouillard enrobe amoureusement les piliers de la terrasse de bois... un vieux chalet d'un éberlué en hauteur d'un chemin aux abords du Elvenpath... un charme lugubre qui ne déplait pas au jeune prêtre, parti bien loin maintenant... Son bras tombe du lit , ses doigts frôlant les lattes du plancher dans un bruissement presque végétal. Une caresse inconsciente. Insouciante. Les minutes passent dans la pénombre de la bougie qui s'est éteinte. La lampe à pétrole a été soufflé avant qu'il ne se couche. Il ne craint pas le noir depuis le temps. On lui a fait tellement de frayeur. Enfoirés de fantômes. Pas de bouton off. Et pourtant, pour d'autres pouvoirs, il y reste sur le bouton off! Fichus dons en carton.

Sa main touche par terre. Il bouge un peu, elle caresse de nouveau le sol. Dehors le silence. Puis... une caresse moins innocente. Humide. Douce. Il pluvine dehors, ou bien est-ce le brouillard qui est trop épais et mouille ses visiteurs... Mais... la caresse est là. Encore une, qui passe des doigts à sa main... sur le dessus. Puis l'avant bras, sur l’intérieur. Un frisson. Le jeune prêtre se retourne sur le dos en grognant un peu. L'autre bras déborde du lit. Et un pied. Un pied qui sent une fraicheur anormale. Une pression sur le mollet, par dessus le pantalon ample qui tient à ses hanches. Comme une main. Qui remonte, entoure le genou, puis sur l’intérieur de la cuisse. Son souffle se fait long et il se réveille un peu, perturbé dans son sommeil depuis de longues secondes, trop pour garder un sommeil constant.
"PUTAIN !" Échappé sec. Il bondit sur son lit en arrière, devant la vision macabre qui lui grimpe dessus. Il craque un briquet direct habitué aux fantômes nocturnes, et allume net la mèche dans l'huile, pour voir la chose disparaitre. Une... hallucination? Par reflexe, il fait le signe de la croix sur son torse nu, et ferme un court instant les yeux pour les rouvrir un peu. Plus rien. Son cœur veut se tirer de sa cage thoracique. Il avale sa salive et essaie de garder son calme pour réfléchir, une main sur la bible juste à coté, quand son regard bloque. C'est quoi ça.

Il s'avance vers la commode qui est collé au fond du lit... elle est vide d'ordinaire... et dessus, il trouve un livre et un bocal fermé... à l'intérieur, un papillon bleuté.
Il le prend dans sa main et le soulève pour observe le papillon, complètement subjugué. Qu'est-ce que cet insecte fout ici...? qui l'a déposé...? Et cette horreur de créature bipède pareille à une goule informe et immatérielle qui lui a limite touché l'entrejambe, c'était quoi .... Il repose le bocal en douceur pour ne pas brusquer la pauvre créature, jetant un regard par ci par là , mais arrête de surveiller quand il pose les yeux sur ce qu'il avait de caché sous le bocal. Un livre et un morceau de papier par dessus... "ti vedo", de l'italien. La seconde langue de Semiel.

"Je te vois..." qu'il se murmure pour lui-même. Ses doigts prennent le papier pour l'écarter, peu rassuré, et dessous le bouquin. Un bouquin manuscrit visiblement, qui n'est pas du tout à lui. Un sigle dessus, le même que sa chevalière qu'il s'empresse de regarder. Et un nom. Di Vescento. Il bloque... de longues secondes. Il a du mal à respirer... Et dans tout ça, il a toujours oublié de surveiller autour de lui. Ses doigts caressent la couverture de cuir du bouquin... très inquiet, mais absorbé.





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MessageSujet: Re: Psaïkoz 1-0 [Pryam]   Mar 7 Fév - 3:26


❝ Psaïkoz 1-0 ❞La nuit glisse sur la ville. Les étoiles prennent place sur la large toile bleutée que forme le ciel, en cette douce soirée. Pourtant, bien que tes yeux soient levés là-haut, le brouillard t’empêchent de les distinguer les unes des autres. Tu ne vois qu’un amas d’une lumière jaunâtre, sur une tâche de bleu foncé. Tu traînes des pieds dans une forêt dont tu ignores le nom, dont tu ne connais rien, si ce n’est le chemin que tu empruntes chaque jour. Ce même chemin brumeux qui te guide jusqu’à cette petite maison. Ce chalet de bois que tu as apprit à connaître. Ton souffle s’évapore en vapeur d’eau de tes lèvres charnues. La brûlure mordante de l’hiver gerce ta bouche. La fine couche de peau craquelle. Ta langue a beau les humidifié, elle ne fait qu’empirer leur cas désastreux. Tes dents viennent saisir une peau et prennent plaisir à la martyriser. Un anti-stress, certainement.

Quelques minutes de marche, hors du sentier battu, tu parviens à destination. Tu en devines l’étage et la répartition des pièces, simplement en regardant par la fenêtre. Le froid s’engouffre dans ta nuque, se fichant du col que tu as relevé quelques secondes auparavant. Tu remontes le zip jusque sous le menton et glisses tes mains dans les poches de ta veste afin de te les réchauffer. Le froid invoque cette chair de poule qui t’insupporte. Aucune sensation, aucun désir, aucune émotion : tu travailles sur toi pour y parvenir. Tes pieds foulent le sol, jusque sur la minuscule terrasse en bois flottant. Tu connais le chemin, tu n’as besoin d’aucune aide, d’aucune lumière artificielle. Tes longs doigts fins s’accrochent aux colonnes qui supportent le poids de la maison et tu escalades la façade avant avec une facilité déconcertante. Tu répètes ce geste tous les jours, depuis que tu l’as retrouvé. Tu le suis à la trace. Tu es devenu son ombre. Chacun de ses mouvements, ses allées-et-venues, ses habitudes. Rien ne t’échappe. Tu n’oublies rien. Tu n’as pas oublié Nikola, non plus. Comment le pourrais-tu ?

Ta silhouette se faufile dans la pénombre. Tu ne fais aucun bruit. Tu rôdes. Les Enfers t’ont appris à être discret. Là-bas, ta vie en dépendait. La peur est devenue un étau, le silence, ton cercueil. Quatre-cent ans, et tu n’envies rien au plus discret des félins. Tu t’approches de la fenêtre, sans faire grincer la latte de bois t’ayant fait fuir ta première nuit, ici. Le rideau mal tiré sur le carreau t’offre une superbe vue sur ta proie. Délicieuse proie. Ta langue passe sur tes dents. Un sourire carnassier fend ton visage. Tu veux qu’il sente ta présence. Tu veux qu’il sache que tu ne le quittes jamais. La situation t’excite. Tu prends ton pied.

Dehors, les nuages englobent les étoiles, les cachent. Tu attendais ce moment où l’obscurité s’approprierait l’espace. Tu attendais ce moment où l’obscurité te ferait disparaître. Ton sourire s’agrandit. Il est temps. Tu jubiles. Une maigre feuille de papier sortie de ta poche et tu récites ton numéro. Ton spectacle. Ta partie de plaisir. Oh oui, tu vas prendre du plaisir. La simple vision de corps presque entièrement dénudé sous ce drap t’émoustille.

Tu serres les barreaux de la fenêtre entre tes fines mains pâles. Bordel. Tu observes la lueur du poêle à bois se refléter sur sa peau. La lueur du feu trace les contours de son corps si bien dessiné. Entre tes mains, la chasteté aurait quitté son corps à l’instant même où tu l’aurais frôlé. Tu te mords la lèvre inférieure. Front contre la cage, ton esprit se concentre. Tu sais ce que tu veux. La pluie roule sur ton visage. La silhouette de ton double se dessine à l’intérieure de la petite pièce. Il prend forme. Il devient toi. Il est toi. Tu t’accroches à cette cage de fer. Bon sang. L’autre se penche sur le corps de ta victime. Son index frôle la paume de sa main. Le premier contact. Hm. Un second. Tu t’imagines à sa place. Ses doigts caressent les siens. Il grimpe sur le lit. Ses caresses prennent consistance. Ta respiration est haletante. Il se glisse entre ses jambes, sa main glisse sur l’intérieur de sa cuisse. Putain.

Une allumette. Il disparaît. La réaction de ta proie est un délice. Tu ne résistes plus. Ton imagination prend forme. Tu sais ce qu’il voit. Un livre, un bocal, un insecte, un morceau de papier. Misérable insecte. Un livre. Souvenir de ce journal que tu avais dérobé à cet homme que tu pensais si bien connaître. Image du passé. Di Vescento. Ti vedo. Deux mots d’italiens que tu as apprit tout spécialement pour lui. Pour lui, cette descendance. Deux mots qui indiquent ta présence. Deux mots qui te font frissonner. Deux mots. L’excitation est trop forte.

Une nouvelle forme. Féminine. De jolies courbes, une longue chevelure cachant une nudité des plus attirantes. Tu n’y résisterais pas. Elle s’approche de lui, glisse dans son dos. Un murmure. « Il te voit, encore. » Un rire enfantin résonne dans la petite pièce boisée. Une odeur. Un parfum envoûtant. Sa poitrine collée au dos du prêtre, son bassin cherchant la courbe de ses fesses, elle glisse ses mains sur son torse, pour descendre dans le creux de ses hanches. « Il s’amuse beaucoup. » continue-t-elle.

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MessageSujet: Re: Psaïkoz 1-0 [Pryam]   Mer 8 Fév - 0:30


PSAÏKOZ 1-0
FT PRYAM

Le coté rugueux de la couverture lui donne des frissons... on dirait que la mort s'y cache... ce nom. Est-ce celui qu'il aurait du porter avant d'être placé au monastère Di Valli? Jamais rien n'avait été fait pour qu'on le fasse revenir dans ce cercle.... Le papillon tombe au fond du bocal d'un coup. Semiel prend le bocal, fronçant les sourcils, le visage incrédule. Il est mort? Comme ça? Il penche le récipient sur le coté. Le papillon suit le pente et tombe en cendres. Qu... quoi? Puis c'est au tour du bocal de s'évaporer... et le livre. Est-ce qu'il a rêvé de les avoir touché? Est-ce que son esprit lui joue des tours à ce point? Il cherche à comprendre, touchant le dessus de la commode sans bouger, et inspire profondément, sa langue passant dans ses molaires, confus. Il n'aime pas ça. Il n'est pas fou pourtant. Son expiration se fait lente, pendant qu'il observe sa main qu'il a retourné vers lui. Il se frotte les doigts contre son pouce, comme persuadé qu'il peut rester quelque chose de tout ça qui puisse prouver qu'il n'est pas fou. De la poussière, un morceau de papier... même le ti vedo s'est effrité? Comment c'est possible, il n'a jamais vu ça. Il a vu et senti certaines illusions, mais au point d'avoir une hallucination qui prend les cinq senst...non. Il rouvre ses doigts.

Un frisson amer, mauvais, une sensation derrière lui, mais il n'a pas le temps de bouger qu'autre chose se fait connaitre. Ne pas bouger. Surtout pas. Il avale sa salive, calme. Si c'est un fantôme, se barrer en courant ne ferait que l'exciter et aggraver le jeu, il le sait trop bien depuis le temps... "Il te voit encore." Il? Semiel tourne un peu la tête, pour ne distinguer que quelques boucles blondes, très longues... Dieu... est-elle nue? Dans quel état est-elle? Est-ce encore une énième créature sortie des enfers, et contrôlée par un de ces tarés de mages noirs, ou bien la petite amie de Bawdy? Oui, il sait que Bawdy fait chier, c'est pas nouveau et ça l'étonnerait même pas qu'il se soit trouvé une colombe mutilée pour faire la paire. Mutilée... oh non, sérieusement, il n'a pas envie de ça ce soir. Le rire enfantin ne fait que confirmer qu'elle a un truc qui cloche. Doit-il se retou... Sa bouche s'ouvre, bloqué, à la sensation qu'il a dans le dos. Saint Christophe. Saint Matthieu. Même Saint Nicolas, Saint Patrick, et les trois mages, il s'en fout , mais il veut bien de leur aide à tous! Son expiration tremble. Il n'ose plus bouger. Il sent son ventre contre ses reins, elle est plus petite. Et des seins assez volumineux appuyer dans son dos, contre sa peau tiède... pourtant cette femme ne dégage aucune chaleur... ni froid. Qu'est-elle...? Puis le bassin contre ses fesses. Son ventre se creuse au passage de ses mains... ses abdominaux se contractant. Ses muscles servent pour maitriser les possédés, pour courir ou soulever des corps blessés, mais là, ils ne servent à rien. Qu'est-ce qu'il doit faire? En trente ans de vie, trente quatre ans même, personne n'a jamais osé lui faire ça. Il murmure pour lui même une prière, se concentrer sur ses chuchotements en latin, juste la bible, pas d'incantations. Se mettre dans sa bulle, ne pas énerver cette jeune rieuse nue... Nue... nue... Il n'y arrive pas! La torture!

Impossible de se concentrer, et il sert les dents sous la sensation des mains qui remontent, les siennes en l'air, sur les cotés, comme prouvant qu'il ne va tenter rien de stupide. Elle se colle davantage. "Qui ça il?" Il sent son sourire malsain d'ici, à cette catin inhumaine."Ch..." "Qui êtes-vous..." "Je suis ce qu'il veut que je sois. Tu ne m'aimes pas?" La question qui tue. Non il t'aime pas, dégage! Blasphématrice! Il garde la bouche ouverte sous le passage des mains de nouveau sur son ventre, qui se serre, se torture, se noue. Elles descendent. Très lentement. Puis remontent. Puis redescendent. Il souffle, ses joues se gonflant presque comme s'il faisait un effort surhumain. Il ne va rien se luxer c'est certain, pas comme s'il soulevait une semi remorque, quoi que si , il va se luxer les hormones. Faut pas toucher aux hormones. Ces choses là, une fois réveillée, ça fait n'importe quoi, ça n'écoute plus rien et ça cause la fin du monde. "Je suis jolie pourtant..." "Je n'en doute pas, mais vous..."

Les mains descendent encore. Le bout de ses doigts se frayant un chemin vaporeux sous un pauvre petit centimètre de l'élastique de son pantalon, que c'en est déjà trop pour notre homme de foi. Il ne contribuera pas à la fin du monde! Il se détache d'un coup d'elle en avant, sentant son ventre se serrer. Il se retourne, le souffle court, pour voir à qui ou quoi il a affaire, et ... oh bon dieu... en plus, elle est... très ... jolie..? Il bloque de longues secondes dessus, et détourne les yeux, les fermant, mais son ventre réagit de plus belle. C'est qui ce "il" aussi ! Merde à la fin! Oui bon il blasphème, mais dieu ne lui en voudra pas pour une injure, y'a plus urgent dans l'immédiat!

"N'approches pas..." qu'il souffle lentement pour se calmer, une main sur le ventre, une autre vers elle. "Tu ... n'existes pas...un foutu papillon..." "je suis blessée..." Il ne la lâche pas des yeux, cette phrase ne lui dit rien qui vaille. "C'est qui il... Réponds." Elle penche la tête sur le coté, ses mèches suivant et dévoilant un sein. Semiel détourne un peu le regard, se calmant encore, mais quelque chose cloche. Pourquoi sa silhouette dans le coin de son œil ne bouge plus? Il n'aime pas ça. Quand un fantôme fait ça, on peut être sûr que deux secondes plus tard, sans prévenir, il vous saute à la gueule. Il tourne lentement le regard vers elle, silencieux. Elle le fixe. La tête toujours penché, mais... son corps s'amaigrit à vue d’œil. Son sein disparaissait pour ne laisser qu'une peau grise et des cheveux crasseux. Ah bordel , quelle horreur, ce machin l'a touché tout à l'heure? Déjà que blasphémer sans le vouloir avec une jolie fille, c'est moche, mais avec une vieille psycho, c'est ... Semiel grimace, écœuré par la tournure que ça prend. Il doit courir? Il l'a senti tout à l'heure le truc lui monter dessus. Il a pris le bocal dans sa main aussi. Donc il hallucine bien ou bien c'est une créature réelle cette fois-ci et elle risque de le défoncer?

Y'en a un autre après qui lui a promis la mort il y a quelques années de ça maintenant... c'est impossible que ce machin vienne de lui si? Il secoue un peu la tête en signe de non, et la pointe du doigt en reculant un peu. "Ok, on va rester tranquille. On s'énerve pas. T'es très jolie, je ne voulais pas t'offenser, mais tu sais je suis prêtre et ces choses là, je ne peux pas les faire tu comprends? Que ce soit avec une femme, un homme, un chien ,un hamster ou ...." il la montre de la main sans trouver comment la définir, ce qui n'arrange pas son cas, parce que son faciès grimace un peu devant la difficulté et le fait de ne pas trouver un terme pour la décrire. Et puis il raconte quoi aussi? Un hamster?? Le plus adéquat aurait été -ça- mais pas sûr qu'elle apprécie. Il n'a pas le temps de trouver qu'elle réagit. Mal. Son visage s'affaisse. Ses jolies lèvres se flétrissent et laissent place à des dents longues, comme un celle d'un... les poissons qu'on trouve dans les abysses là! On s'en fout du nom, ça fait mal si tu te fais mordre par ça! Tu dois même y laisser la moitié de ton... toi!

"Woh woh , on respire ok! Tout va b..." Elle se jette sur lui en hurlant comme une harpie caverneuse. Il recule rapidement, mais se prend la commode de pleine fouet en se retournant, pile dans le bas ventre. Dégage toi aussi! Tu vois pas qu'il cherche à pas mourir? Souffle coupé, il perd son élan et un souffle le sèche au sol, sur le dos, une main sur l'entrejambe, dans un gémissement de douleur. Gémissement de douleur qui se stoppe, quand il voit le visage immonde de la créature au dessus de lui. Son cœur bat à tout rompre, il aimerait disparaitre là tout de suite. Une seconde. Deux. Ses dents abyssales fondent sur lui. Il est mort ça y est. Il sent déjà son crâne éclater, son visage se déchirer, la douleur le tuer. Ça va durer longtemps? Il a fermé les yeux sous la réaction et balancer ses mains pour repousser la chose, mais... rien. Il n'a rien touché. Il ne sent ni visage en moins, ni fracture, ni.... Il ouvre les yeux lentement. Il a pas l'air con là, couché par terre sur le dos, à avoir crier comme un viking prêt à mourir, pour finir les bras tendus en l'air, et le regard qui fixe le plafond. Elle est où...? Plus un bruit... Il tourne lentement le visage... a gauche, à droite... même sous le lit pas loin. Rien. Plus rien...

En sueur, il se relève lentement sur un coude. Son coeur ralentissant lentement... putain... c'est n'importe quoi. C'était quoi ça! Il en a plein le cul notre prêtre de ce jeu malsain. Il se redresse en serrant les dents. La douleur dans son  entrejambe est réelle en tout cas. Comment il va justifier ça au médecin si ça se calme pas? Qu'il s'est castré contre un meuble en ayant eu une hallucination? Il commence à douter de lui-même tout d'un coup. Il a déjà eu des prémonitions. C'est aléatoire... et violent... peut-être est-il dans l'une d'elle? Non, franchement, se castrer comme prémonition, c'est ... nul. C'est autre chose... Il s'approche de la fenêtre, inquiet, en boitant un peu et pousse le rideau. Il pleut de plus en plus. Personne... pourtant il sent quelque chose, là derrière le mur, juste à l'opposé.Ce n'était pas prévu...comme un magnétisme... qui ne devrait pas être là. Il y a quelqu'un ses sens ne le trompe pas.

Le jeune prêtre ferme les yeux, et pose le front contre le mur non insonorisé. Que du bois... Qui que ce soit c'est un bon grimpeur. Il ne parle pas pourtant. Il le sent juste , essayant de définir une nature, une sensation qui le rendrait unique à chaque fois qu'il pourrait le croiser avec ou sans la même silhouette. Son cœur bat en vrac. Il le maudit ce foutu illusionniste. Si c'est ça, il est sacrément bon, et ça ne le rassure en rien. Qu'est-ce qu'il lui veut...


✝yzua
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MessageSujet: Re: Psaïkoz 1-0 [Pryam]   Jeu 9 Fév - 23:19


❝ Psaïkoz 1-0 ❞Les illusions s’effritent. Le vent caresse ta peau dénudée. Le froid se glisse sous tes vêtements, brûle ton épiderme bien trop pâle pour que tu sois du pays. Les gens savent. Ils savent lorsque leurs yeux se posent sur toi que tu ne viens pas d’ici, que tu ne viens pas de cette époque. Tes mots, ta voix, ton attitude, tes vêtements. Tu es ton propre traître. Tu es dans un siècle qui n’est pas le tien. Tu es étranger à tout ce qui foule cette terre. Seules les saisons sont fidèles à elle-même : l’hiver, le printemps, l’été et l’automne. Toujours ensemble, les unes à côté des autres, se succédant fidèlement depuis des millénaires. De là d’où tu viens, il n’y avait pas de gris. Le monde était blanc, ou bien noir. Il y avait le Bien et le Mal.  Il y avait Dieu et le démon, entouré de ses suppôts de mauvais esprits. Les chats noirs n’avaient pas leurs places dans cette société, corrompue par des idées fausses. Les soi-disantes victimes conjuraient le sort par la mort de l’animal. On leur tordait le cou, vidait les entrailles, creusait les yeux avec une cuillère. Tu y as assisté une fois. Ton estomac ne l’a pas supporté et a rendu le dîner que tu venais d’ingurgiter sur le sol de la cuisine. Qui aurait pu croire à cet instant que tu serais capable de tuer pour ta survie ?

La longue chevelure de la femme que tu fais apparaître derrière le prêtre tombe en cascade dans son dos. Quelques mèches viennent caresser ses mamelons, comme pour prétendre éviter une nudité certaine. Ses longues mains fines parcourt le torse de ta proie. Bordel, tu donnerais tout pour être à sa place. Tu voudrais le torturer toi-même. Tu voudrais être celui qui lui donne tant de mal à résister à la tentation. Elle, cette femme qui occupe les lieux, qui caresse son corps, est le démon que tu souhaites devenir pour lui. Le pécheur. Tu veux être celui qui causera sa désobéissance face au Seigneur, celui qui deviendra son obstacle au salut. Tu veux causer la mort de son âme. Pécheur, tu es. Pécheur, il deviendra. Aucun mea culpa possible, seulement des péchés de chair, de luxure. Un sourire laisse apparaître tes dents bien blanches. Tu rabats ta capuche sur le sommet de ton crâne. Le spectacle continue.

Le voir prendre peur, est la plus douce des victoires. Tu te délectes de sa panique. Elle habite les lieux, teint les murs de sa fraîcheur inouïe. Mais cette peur est encore trop innocente. Trop minime. Tu veux lui faire ressentir l’enfer que tu as vécu pendant quatre cent ans. L’angoisse incessante. Le doute. Les sueurs froides. Les cauchemars. Les insomnies. L’envie de mourir. De renaître. De tuer. De massacrer. De faire souffrir.

Les mots du brun s’emmêlent. Ses pensées ne sont plus claires. C’est le bon moment, tu le sais. Tu guettais cet instant depuis le début. Tes pensées deviennent plus sombres. Elles guident tes illusions, les rendent plus noires encore. Les mains de la jeune femme glissent sous l’élastique de son jogging. Plus fort que tu ne l’aurais cru, il se défait de l’emprise de ta création, la repousse. Elle n’avance pas, penche la tête sur le côté, comme une poupée de céramique qui prendrait vie devant ses yeux. Sa peau blanche contraste la sienne, mat. « Je suis blessée » lui fais-tu dire. Les yeux de la demoiselle s’ancrent dans les siens. Sa peau devient grisâtre. Ses cheveux, gras. À travers la fenêtre, tu l’entends crier. Lui, cet homme de foi. Tu souris, satisfait. D’ici, tu jurais entendre ses palpitations cardiaque. Tu te délectes encore de sa voix qui tranche le calme ambiant. Tu entends le parquet craquer dans sa direction. Instinctivement, tu te plaques contre la façade, dos au mur, le visage tourné vers la fenêtre. Le jeu n’est pas terminé. Tu n’as pas fini. La pluie s’abat sur ton visage. Tu es trempé de la tête aux pieds. Descendre maintenant, dans la précipitation, te ferait perdre l’équilibre. Tu as conscience du danger. Tu ne veux prendre aucun risque. Tu ne bouges pas, bloques ta respiration. Tu es silencieux. Rien ne te trahit. Pas même la lumière de la lune qui éclaire le chalet. Tu souffles l’air de tes poumons, profitant de cette bourrasque de vent pour masquer le bruit de ta respiration. Les yeux clos, tu te concentres. Non, le jeu n’est pas terminé. Il vient à peine de commencer.

« Ne te retournes pas. Fermes les yeux. Bouges, et tu n’existes plus. Bouges, et plus jamais tu ne verras la lumière du jour. » marmonnes une voix dans le dos du prêtre. Ta voix. Tu la fais résonner dans la pièce. Voix portée par un hôte auquel tu n’as donné aucun visage, aucune consistance. Une fumée ayant ta voix. Juste ta voix. Elle résonne dans la petite chambre aux verrous ouverts, aux fenêtres bloquées par des barreaux. Ton illusion s’approche du prêtre. Ses indexes tracent le chemin dessiné par ses abdominaux. Tes pas sont souples, précautionneux. Tu ne glisses pas. Tu te laisses glisser le long de la colonne de bois. Tes pieds touchent le sol. Tu es glacé jusqu’aux os. Il est temps de rentrer se sécher au coin du poêle. Tu souris. Tu vas t’amuser. Tu vas prendre la place que tu désires depuis des mois. Tu vas prendre la place de cette illusion que tu prends plaisir à animer pour le torturer.

Tu pousses la porte du chalet. Ouvert. L’excitation fourmille dans le creux de ton ventre. Tu ne tiens plus en place. Un Di Vescento, à portée de main. Tes chaussures, tes vêtements, laissent des traces humides sur le plancher. Tu caresses le plan de travail du bout des doigts. Tu connais les lieux. Tant de fois que tu as voulu entrer ici. Tant de fois que tu patientais le bon moment. Impatience insupportable, invivable. Les escaliers grincent sous ton poids. Tu caresses les murs, la rambarde. Tu pousses la porte de sa chambre. Il est juste devant toi. Tu t’approches. Tu avances dans la pièce. Tu entends son souffle contre les boiseries. Sa main contre la vitre. Tu vois la marque qu’il crée sur le carreau.

Tes lèvres se posent dans son cou. Tu goûtes sa peau. S’il se retourne, il est mort. S’il se retourne, ta quête de vengeance sera achevé. S’il se retourne, fin du jeu. Tu prends le risque. Tu prends tous les risques. Tu joues avec le feu. T’aimes ça le danger.

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MessageSujet: Re: Psaïkoz 1-0 [Pryam]   Ven 10 Fév - 0:34


PSAÏKOZ 1-0
FT PRYAM

Il est là. Derrière ce mur de bois étanche, mais il peut le sentir. Grand. Un homme. Trés probablement... la demoiselle qu'il a créé n'est qu'un fantasme digne d'un homme... non? Il n'en sait rien en fait, aucune logique, c'est juste une intuition. Les secondes s'écoulent et sa douleur à l'entrejambe avec. Il s'est pas loupé, il va boité encore quelques heures. Il devrait aller se coucher, se mêler aux draps froids et ne plus penser à ça. Avec ce con de Bawdy, ça marche d'ordinaire. Il finit par se lasser et se tire... en fait pas toujours. Parfois il s'assoit par terre à coté du matelas, pose son menton de fantôme à qui on a claqué vingt fois la porte dans la face tant son visage morbide est éclaté et il attend comme ça, en fixant le jeune prêtre. Inutile de dire que le réveil nocturne, dans un moment de conscience partielle, est ... violent. Avec le temps, il parait qu'on s'habitue à tout. Pas à ça. Ça se saura si l'Homme était fait pour vivre dans un perpétuel charnier. Le jeu est-il fini? Pour l'Homme non, il continuera jusqu'à la destruction de sa terre-mère, mais pour le prêtre...? Ce visiteur a-t-il fini de jouer...? Sa respiration s'est calmée... Son torse se remplit lentement d'une température plus acceptable... et ses sueurs froides s'évaporent en douceur comme un mauvais rêve de sale gosse qui a trop abusé des substances illicites... une longue expiration quand il sent le magnétisme bouger. Il ne parlera pas n'est-ce pas? Pourquoi font-ils ça, c'est stressant et incompréhensible. Ils viennent, restent contre un mur au rez de chaussée, puis repartent... Semiel se détache du mur, un pas en arrière, mais se stoppe en entendant une voix. Non sérieusement pas une deuxième fois. Si? Ça devient épuisant là, il pourrait pas juste pieuter comme un bon citoyen? Il écoute chaque mot. Il retient ce timbre de voix particulier... et cet accent. Un allemand. Ce n'est pas très prononcé mais suffisamment pour être reconnaissable. Et ...sa mémoire semble vouloir l'alerter, mais de quoi?

Et encore une sensation... Pourtant cette fois-ci , Semiel ferme les yeux et respire calmement. Il commence à ne plus être très patient, ça fait un peu comme avec Bawdy , quand le fantôme va trop loin et que ça le fatigue au point qu'il n'en ait plus rien à foutre et ne l'écoute plus. Il expire pour contrôler sa réaction au contact et baisse les yeux... de la fumée. Encore une illusion. Il va lui faire manger son illusion! Le magnétisme a disparu. Merci pour le cadeau d'adieu! Ses yeux ne lâchent pas ces fameuses mains qui le touchent et par sécurité, il ne bouge pourtant pas.

Jusqu'à l'irréparable. Le vrai contact. Un baiser. Froid. Glacial. Physique. Des frissons dans tout son dos quand il lui touche la nuque. Là trop près. T'as qu'à inventer le baiser à distance, psychopathe! Encore une. A croire que sur sa maison, il y a un panneau néon avec d'inscrit : "Kind priest accepts bastards and psycho." Sans réfléchir, il se défausse de ce contact avec violence, collant un coup de coude sec dans les cotes de son violeur de nuque, et se retourne pour lui coller ce qui lui passait sous la main à ce moment en pleine tête. Une bible gros volume. La chose qui prend bien toute le visage. Le coup est fort et ne lésine pas sur le décalage de tête qu'il lui offre dans sa maitrise du coup. Master en écrasage de bible. Faut bien être bon en quelque chose n'est-ce pas? S'il n'avait pas été lui, mais ce type, il se serait plaint de ce choc littéraire inapproprié de la part d'un prêtre, mais Grand Dieu, ça suffit! On se calme, on arrête de le toucher de partout! C'est déplacé et totalement abjecte. Le souffle court, il se recule sans vraiment regarder où il a frappé, il a juste dégommé la zone de l'ombre bien matérielle cette fois ci, qu'il a estimé être la tête. Il avale sa salive en le montrant de la bible, le visage énervé et l'allure stable. "Tu l'as cherché. Dieu me pardonnera , mais toi tu m'em... rah!" On ne blasphème pas mon dieu, on respire et on fait le moineau sur une patte sur la branche du cerisier.

Il aurait bien pété cette branche de cerisier là tout de suite si ça avait pu le calmer, mais le temps qu'il se recule de l'autre coté de la chambre, comme une défense supplémentaire, il ne le voit plus. C'est une blague. Sa main baguée passe sur sa nuque pour la frotter fermement, effaçant ce contact obscène. Et puis comment il est arrivé ici? Il ne l'a même pas entendu monter, à moins qu'il était perdu dans ses pensées, n'ayant même pas calculer le grincement des marches? Trop de questions qui l'irritent un peu plus, la bible toujours dans la main. Il monte ses doigts sur son nez qu'il masse doucement avant de lever un index, d'ouvrir la bouche, mais rien ne sort il ne sait pas quoi demander ou dire. Non pas qu'il ne sache pas, c'est justement qu'il y a trop de choses à demander. Alors la seule chose qui sort , c'est un ... "Vous m'fatiguez... Tous! Mais vraiment... et cherches pas me toucher ça me fait plus rien, sans compter que tu es un homme..."

En gros je suis prêtre et pas gay. Il balance la bible sur le lit et regarde dans le noir, voyant passer l'ombre de temps en temps. Il fait quoi au juste? Un coup de main rapide dans ses cheveux et il se dit qu'il ne pourra pas dormir. Que le poltergeist de ce soir risque de ne pas lui laisser de répit, autant aller boire un truc et se poser à coté du poele, alors le voilà qui passe sans le savoir à coté de l'ombre dissimulée, vérifie quand même qu'il n'y a rien dans les escaliers qui risquerait de le trainer jusqu'en bas et descend. " New York. Tu m'as presque brisé les os dans une poutre de building. Je suis prêtre, pas débile profond. Ton accent. Tu changes jamais tes fringues?"    Une pique pour se venger de ce comportement de salopard qu'il venait d'avoir. Et ce n'était pas fini. S'il pensait pouvoir s'en tirer à si bon compte c'était le sous-estimer. Semiel avait beau ne jamais être rancunier, il n'en restait pas moins pédagogue, et à toute bêtise, un enseignement se doit d’être donné. Comme les gosses. Jouer à chat avec les ombres, n'était-ce pas un jeu aussi? Seuls les enfants jouent non?

Il arrive dans la pièce de vie et attrape la grosse bouillotte en fonte d'eau chaude pour se remplir un mug à bière. On fait avec ce qu'on peut. Ce n'était pas vraiment le bon moment pour le chercher, ça fait un peu mal la fonte dans la tête. Semiel n'avait aucune idée du taux de masochisme de son visiteur. "Tu ne peux pas me tuer, et tu le sais." dit-il calmement en s'éloignant vers le fauteuil prés du poele, comme s'il était indifférent à tout ça. Il ne l'est pas en réalité. Mais avec Bawdy, et avec les dingues en général, l'indifférence marche bien, ça leur fait soit perdre leurs repères, soit ça rend leur stratégie inefficace, soit ils se cassent tout simplement. "Excuse-moi pour le coup de la bible... je n'aurais pas du m'énerver." La nature revient au galop, l'éternel type bien qui même si son acte était justifié, s'excuse néanmoins pour son moment d'égarement. Peut-être que c'est le but recherché aussi qui sait? Il ne sait pas où il est , mais il est là, et il l'entend. Il le sait. Le mug énorme sur une cuisse, il pose sa tête dans sa main, pour se faire passer un mal de crâne naissant. Il est crevé et toutes ces émotions l'ont foutu en vrac. C'est pas Feng shui du tout, tout ça. Les énergies vitales sont bien en bordel avec l'autre furie. Il voudrait juste lui dire de se tirer, mais ce serait l'inciter à rester. Autant ne rien dire et attendre.

✝yzua
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MessageSujet: Re: Psaïkoz 1-0 [Pryam]   Dim 12 Fév - 15:19


❝ Psaïkoz 1-0 ❞Ta vie n’a été qu’un long fleuve de mensonges, de trahisons sans fin. Tu t’es même demandé si un jour, on a pu être honnête avec toi, ne serait-ce qu’une fois, une seule petite fois. Toutes ces tromperies dont tu n’as pu te défaire que lorsqu’il fut trop tard pour sauver ton âme. Elle est restée coincé là-bas, dans ces Enfers qu’autrefois tu appelais « maison ». De l’ironie, pour tenir le coup. Tu as forgé un masque de plomb, une armure de métal, sans lesquels jamais tu n’aurais pu tenir une seule journée dans ces abysses. Ta haine a prit possession de ton être, ton âme s’est changé. La colère coule dans tes veines. Le désir de vengeance est plus fort que tout.

Le contact de sa peau. La rencontre de la chaleur de son cou et de la fraîcheur, de l’humidité de tes lèvres. L’eau de pluie ruisselle sur tes vêtements imbibés. Ton corps entier frissonne lorsque une larme perle dans ton dos, le long de ta colonne vertébrale. Ou est-ce cette proximité qui te met dans tous tes états ? Un rictus se dessine sur ta bouche alors qu’il te donne un coup dans les côtes, tu as le souffle coupé. Tu t’amuses plus que tu ne l’aurais espéré. Un coup sur le crâne. Tu manques de trébucher. Tu grognes comme un animal. Ce jeu t’excite. Il veut jouer. Ton rire froid résonne dans la pièce. Tu l’enrages. Tu disparais dans l’ombre. Tu ne fais qu’un avec elle. Tu es passé maître dans l’art de la dissimulation.

Tu te frottes l’arrière de la tête, à l’endroit où ce qui semblait être un énorme bouquin à cogner. Ton jouet se rebelle. Tu jubiles. Tu passes ta langue sur tes blanches dents lisses, affamé. Ça fait bien trop longtemps que tu n’as pas goûté à de la chair fraîche. Tu te mords la lèvre ? Tous. Ça ne lui fait plus rien. Étrange, vu l’état dans lequel il se met. L’interdit que tu représentes, le péché que cette illusion a failli dévorer comme Eve a croqué la pomme. Tu veux qu’il souffre. Tu veux prendre ton pied. Tu veux qu’il se jette à tes genoux, qu’il te supplie de le laisser seul. Tu veux qu’il t’offre n’importe quoi pour que tu disparaisse pour de bon. Tu veux le baiser jusqu’à ce qu’il te supplie d’arrêter. Tu veux lui faire payer ce que son ancêtre à fait de toi. La dépendance au contact charnel. Il t’a perverti. Il a perverti ton âme. À toi de faire de même. Donnant-donnant. Le tuer serait trop simple, moins divertissant.

Ce silence, tu ne pensais pas en être capable. Tu as plus de méprise sur toi que tu n’aurais pu le penser. Tu respires son odeur corporelle alors qu’il passe près de toi. Il ne te voit pas, ne te sens pas. Un chat dans la pénombre. Les souvenirs remontent. New York dans la neige. Tu as capitulé ce jour-là. Il sait qui tu es. Il se souvient. Tu as laissé une trace dans son conscient. Qu’en est-il de son inconscient ? Pense-t-il régulièrement à cette mise en garde que tu as murmuré au creux de son oreille alors que la neige mouillait tes chaussures ? Tu passes une main sur ton menton, caressant cette légère barbe de trois jours.

Tu le suis dans les escaliers sans faire le moindre bruit. Tes pieds suivent ses traces. Tu tires la capuche sur ta chevelure blonde que tu dissimules. Tu ne réponds pas. Tu ne veux pas lui faire cette joie. Le silence est le pire des supplices. Tu restes planté dans l’ombre. Tu évites les rayons de l’astre lunaire. Tu le regardes faire comme si tu n’existais pas. L’indifférence. Tu bouillonnes. Il te cherche. Comme s’il pouvait te résister. Comme s’il pouvait t’échapper. Comme s’il pouvait se battre contre toi. Le prêtre s’installe dans son fauteuil. La lueur des flammes se reflètent sur son visage épuisé. Quelque chose en lui te résiste. Quelque chose que tu ne peux pas décrypter.

Tu le regardes, prostré comme un enfant. Tu t’approches de lui. Tes pas grincent sur le vieux bois du chalet. Cette maison a traversé les âges. Ses excuses te sortent de tes rêveries. Un nouveau sourire naît sur ton visage. Tu ne peux pas t’en empêcher, c’est plus fort que toi. Tant d’années à vivre dans l’ombre, tant de fois où tu as freiné tes instincts pour le garder à l’œil. Tu le surveilles depuis que tu as trouvé sa présence. Une recherche effrénée. Le désir de planter une dague dans chaque parcelle de peau, le désir de le brûler au fer blanc, le désir de le prendre jusqu’à ce qu’il prie le Seigneur de mettre fin à sa souffrance. Évacuer ta haine, satisfaire cette partie de toi.

Ton esprit se perd entre tes fantasmes et la réalité. Tes pulsions et ton devoir. Un devoir. Une souffrance. Des interdits. Tu glisses une main dans ses cheveux et tires sur ses mèches pour lécher son cou. Tu viens murmurer à son oreille. « J’ai péché, mon père. »  Sa chope s’échappe de sa main et vient s’éclater sur le sol. Tes doigts parcourent son torse. « J’ai péché tant de fois, et je ne regrette rien. » Tu joues avec le lobe de son oreille.

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