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 (Adrian) | Time drawing near as they come to take us

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Dim 12 Fév - 16:38

Time drawing near as they come to take us

Anastasia & Adrian

Les blessures ne m'ont jamais fait peur. Du genou égratigné au poumon perforé, j'crois pouvoir affirmer qu'aucune partie de mon corps n'a été épargnée. Tandis que mon sang bat à tout rompre dans mes oreilles, m'assourdissant dans un roulement ininterrompu, je jette des coups d'oeil furtifs autour de moi en tentant comme je peux de contenir l'hémorragie. Il a suffit d'une seconde, une toute petite seconde d'inattention pour qu'une balle vienne se loger dans mon flanc, m'arrachant un grognement de douleur. C'est pourtant censé être une mission simple : une cible à abattre, un endroit reculé de la ville, la nuit... Tout mon plan était parfait jusqu'à ce que tout dérape. J'avais le dessus, je maîtrisais la situation, mais j'ai péché par orgueil, j'ai voulu jouer avec lui, ignorant que ces minutes de torture seraient un répit pour lui. Un répit qui lui permettrait d'appeler des renforts.

Et maintenant, j'ai l'air d'une débutante, d'une pauvre gourde qui fuit, qui se cache et qui tente de sauver sa peau, parce que je sais qu'avec une balle qui me perfore l'intestin et quatre gorilles aux trousses, je ne fais pas le poids. Le coyote en moi crie vengeance, l'assassin me hurle d'y retourner, mais ma raison me retient. Ne jamais se laisser tuer, ne jamais se laisser mourir, toujours rester discret. Je me répète tout ça en boucle tout en essayant de contenir les battements frénétiques de mon cœur. Et si j'y reste ? J'aurai l'air fin, tiens... Une idée, vite, une idée... J'avise alors une vieille échelle rouillée à l'angle d'un immeuble et m'y traîne avec difficultés. Une fois en haut, j'aurai une vue d'ensemble des choses, je pourrai me cacher... Laisser mon corps se régénérer et revenir leur faire la peau à tous. Je sens déjà mon pouvoir agir et mon corps guérir, mais je dois absolument retirer la balle avant que la plaie ne soit refermée. Mes mains tremblantes et couvertes de sang agrippent les premiers barreaux et je commence à me hisser vers le sommet, à l'instant même ou mes poursuivants débouchent dans la ruelle. Le premier m'agrippe le pied, je me sens chuter et me rattrape in extremis en lui fracassant la mâchoire d'un coup de pied. Le second en profite, tire une lame de sa ceinture et, d'un geste ample et maladroit, lacère mon pull et la peau de mon dos en dessous. J'ai envie de ricaner, de lui hurler que ce n'est pas un vulgaire poignard qui aura raison de moi, mais la douleur est telle que je manque de chuter de mon échelle.

Une lame en argent... L'enfoiré m'a coupée avec une lame en argent, et il me faut toute la volonté du monde pour reprendre mon ascension avant que l'un de ces tarés ne m'attrape. Je monte, m'active et, et une fois sur le toit, me faufile entre les cheminées et verrières pour me cacher. Quand les trois idiots encore debout rejoignent le toit, l'humaine n'est plus et c'est le coyote qui se tapie dans l'ombre, tremblant, les oreilles couchées en arrière. Mes muscles tremblent, se tendent, et je sens d'instinct que l'animal voudrait leur asséner un coup de crocs dans la jugulaire, mais je reste cachée, j'attends qu'ils se lassent, qu'ils redescendent et enfin, je souffle.

Mais ce n'est que de courte durée. Mes blessures me lancent, et la balle continue à se frayer un chemin dans mes entrailles. Alors j'avise les immeubles, je me repère dans Treme, scrute les bâtiments aux murs calcinés le brouillard pollué qui rend le tout compliqué, et je repère enfin cette vieille enseigne clignotante perchée sur le toit de l'immeuble où j'habite depuis quelques temps. J'utilise mes dernières force pour trottiner jusqu'au bord du toit, bondit sur le suivant et arrive, à bout de souffle et d'énergie sur le toit de mon immeuble. Si ça ne tenait qu'à moi, je resterais là, tant le simple fait de me tenir sur mes quatre pattes est une torture. Je me laisse tomber dans un bruit sourd sur la rampe de l'escalier de secours et pars à la recherche d'une fenêtre ouverte. Bingo ! Quatrième étage, la fenêtre donnant sur la cage d'escalier n'est pas bien fermée. J'y glisse une patte, le museau, et joue avec le loquet pour l'ouvrir en grand. Là, je me glisse sur le palier et monte les deux étages qui me séparent de mon appartement, me fichant bien du sang que je laisse sur les marches.

Mais une fois en haut, mes forces m'abandonnent, je suis à bout. Je m'effondre sur mon paillasson dans un couinement de douleur, incapable de faire un pas de plus. Je ne vais pas tarder à reprendre forme humaine, et mon martyr n'en sera que plus rapide et douloureux. Quelle conne je fais, à m'être mise dans un tel pétrin...

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MessageSujet: Re: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Lun 13 Fév - 9:17



Time drawing near as they come to take us

 


Fatigue. Tristesse. Solitude. Cette foutue impression qui me ronge encore et encore. Ce mal qui m'habite et prend toute la place. La porte claque, l'immeuble est silencieux. Cet idiot de parquet ne s'infiltre plus jusqu'à mes oreilles. Il ne reste que moi, entièrement seul jusqu'à ce que j'arrive au travail. Un jour comme un autre, un service comme un autre. J'enfile l'uniforme, m'isole, lis un peu. Et j'attends. J'attends d'avoir quelqu'un à sauver, à aider. J'attends que quelqu'un aille mal pour me faire me sentir mieux. Utile, humain. L'horrible pensée qui me hante me fait fermer les yeux. Je tente de faire comme si de rien n'était, tenir le change. Il faut que la journée passe, qu'elle ne s'éternise pas. Peut-être qu'avec un peu de chance elle sera sur mon pallier ce soir. Sa chevelure brune en cascade sur ses courbes fines. Un espoir, fou, presque irréaliste. Une dose d'émotions, d'amour pour oublier la haine. Je soupire, l'alarme sonne. Mes entrailles se serrent, les murmures de mes pensées disparaissent, ils laissent place à ces battements de cœur qui envahissent mon corps.

Un blessé, léger. Une intervention simple, une dose d'adrénaline en barre sans bad trip à la suite. Pas de re-descente, cet homme qui me tient la main, s'accroche à moi alors que je lui dis que tout ira bien. Je lui souris, je maîtrise la situation. Les sirènes me soulagent, m'encouragent. Je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas celui que je pense être. L'hôpital est proche, des blouses blanches prennent le relais alors que la main du blessé quitte la mienne. À nouveau seul avec moi-même, la chaleur humaine quittant trop vite ma paume. J'ai peur qu'elle ne soit pas là ce soir, j'ai peur de me retrouver seul avec les miroirs. Le noir, la vie sans plus un souffle fin, sans plus un rire serein. Je rentre pourtant chez moi, tard, trop tard. J'ai attendu le plus longtemps possible. Tout pour ne pas faire face à mon propre destin. Mais finalement, l'heure arrive où il n'y a plus le choix.

La route est longue à pieds. Mes pas lents qui frôlent le sol tandis que je fais tout pour ignorer les murmures de la vie. Je ne supporte plus le bonheur, trop inaccessible, trop futile. Je soupire, baisse les yeux, les mains dans les poches. J'avance sans ne regarder autre chose que mes chaussures. La rue est dans un sale état, elle aussi ne supporte plus la vie. Elle aussi a mal de voir ce que l'humanité devient. Elle crie, hurle. Le sang, les larmes. Tout est là, sous nos yeux. Pourtant, ce ne sont que les rires que j'entends au loin. Devant la porte de l'immeuble, je sors ma clé, force sur la porte et la laisse se refermer dans un bruit sourd, un cri d'agonie pour elle aussi. Je monte les étages trop lentement, redoute ma porte, redoute de n'y voir personne. Mes pas se traînent, alors que j'effleure les murs, la vie. Sans jamais la toucher, la sentir pour de vrai. J'entends vaguement un brouhaha trop fort pour l'heure, j'entends vaguement que quelque chose n'a rien à faire là. Mais j'ignore. Encore. Toujours. Je marche, me concentre sur mes propres ennuis. Égoïste. Parasite. Il ne reste que deux étages, quand mes yeux s'arrêtent sur les traces sur le sol. Je relève la tête, observe les marches qu'il me reste à monter. Je m'arrête, presque trop brusquement. Je fixe les marques et me penche pour déposer du liquide sur mon doigt, le sentir, le palper.

Du sang.
Trop de sang.
Cordelia ?

Sans réfléchir plus, je monte les marches quatre à quatre. Ma respiration devient saccadée, mon souffle et mes battements de cœur désynchronisés. Pourvu qu'elle aille bien. Pourvu que je ne la retrouve pas trop tard. Je m'en veux d'avoir traîné, je m'en veux d'avoir peur. Je l'ai peut-être tuée. Je serre mon poing alors que j'arrive enfin au niveau de mon appartement. Je me stoppe à nouveau. La porte en bois commence à grincer dans mon esprit, le parquet revit. Je n'en tiens pas rigueur, me concentrant immédiatement sur l'animal devant moi. Je le regarde, bien trop blessé, sur le pallier de ma voisine. Il pourrit son paillasson. Sans m'approcher, j'observe la bête, persuadé que je ne peux pas la laisser comme ça. Et si quelqu'un était derrière cet animal blessé ? Si ce coyote était un homme, comme mon frère ? Je m'avance lentement, fixe l'animal dans les yeux. Une main en avant, paume vers lui, je prends mon temps et articule péniblement. « N'aie pas peur, je veux seulement t'aider... », un pas. Un autre. Je cherche à contrôler ma peur, contrôler mon esprit, mon corps, mon cœur. « Je vais te soigner, mais pour cela, je vais devoir te toucher, d'accord... ? » Ma voix est tendre, inoffensive, presque une caresse alors que la distance qui nous sépare se réduit considérablement. « Tu ne peux pas rester ici, tu pourrais mourir ou te faire attraper... Alors tu veux bien ? », j'attends quelques seconde, presque persuadé que l'animal va me répondre, puis je m'accroupis, me pose à sa hauteur, toujours la paume vers le ciel, coupant presque tout l'espace entre nous, le frôlant sans le toucher. Je joue à un jeu dangereux dont j'ignore tous les signes. Je me fiche des conséquences, je suis incapable de le laisser se vider de son sang. « Tu vois, je ne te ferais rien... » Je souris, doucement, en écho à ma voix avant d'ajouter, du même ton, presque berçant. « Je vais devoir te porter, je risque de te faire mal... Je suis désolé... » Sincèrement désolé. Mes yeux ne quittent pas les siens pendant toute cette conversation, comme si j'allais pouvoir faire réellement passer mes messages. Comme si l'animal comprenait tout, comme si une part de moi savait que j'en étais capable.

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MessageSujet: Re: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Lun 13 Fév - 16:59

Time drawing near as they come to take us

Anastasia & Adrian

Ça fait mal... Putain que ça fait mal. Il y a cette balle que je sens bouger à chacun de mes mouvements, cette balle qui s'insinue un peu plus profondément entre mes organes et me donne envie de vomir, cette balle qui sera bientôt coincée entre les tissus cicatriciels, tant la régénération s'accélère dès que j'adopte ma forme animale. C'est complètement con. Je suis capable de guérir plus vite que la normale, de me remettre d'une fracture en quelques heures... Mais les talents de la métamorphe s'arrêtent là. On parle de guérison accélérée, pas de décapsuleur à balle. Si je guérie, ça sera pour quoi... Un jour ? Deux peut-être ? Un corps étranger de ce genre, ça n'a rien à faire là. Et j'ai déjà donné : des montées de fièvre, le cœur qui s'emballe, tout le corps qui lutte, et puis une accalmie. Jusqu'à ce qu'on me retire l'immondice qui me tue à petit feu. J'ai besoin d'aide et ça me répugne. Je n'aime pas être faible, je n'aime pas me sentir en difficulté, et je déteste appeler à l'aide. Je ne suis ni une princesse, ni une demoiselle en détresse, je suis... Je suis juste une pauvre conne qui s'est faite avoir comme une débutante. Pourtant j'ai besoin d'aide, parce que cette balle ne va pas partir toute seule et je ne pourrai pas l'enlever.

Pas plus que je ne pourrai soigner cette grande balafre qui me barre le dos de l'épaule jusqu'aux reins. Je sens le sang poisser ma fourrure, les particules d'argent nécroser mes chairs, et chaque mouvement de mes omoplates m'arrache un grognement de douleur. J'ai toujours été plus sensible à l'argent, c'est mon talon d'Achille. Affalée sur le paillasson, ma vue se brouille, la vieille tapisserie défraîchie danse sous mes yeux, et je me sens partir. Partir dans l'inconscience et non la mort, certes, mais partir, ça signifie aussi perdre le contrôle, et il en est hors de question. Avec le peu d'énergie qu'il me reste, à savoir celle du désespoir, je tente de me hisser sur mes pattes au moment où une odeur fait frémir mes narines. Quelqu'un approche. Je tends l'oreille, me fige, et oublie un instant les battements de mon cœur. C'est feutré, effacé, mais c'est là. Quelqu'un monte les marches, s'arrête... Et repart. Ce quelqu'un a-t-il vu le sang sur les marches ? Et si c'était mes assaillants ? Je suis certaine de les avoir semés et pourtant, le doute persiste, fait frissonner mon échine alors que je m'imagine déjà égorgée sur le pas de ma porte.

Aussi, lorsque j'aperçois la silhouette qui se dessine dans l'escalier, mes muscles se détendent insensiblement. Je ne sais pas si je dois penser « ce n'est « que » Adrian », si je dois me réjouir que justement, ce soit lui qui me trouve ici. Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que c'est probablement la personne la plus sympathique qui peut me trouver là à cette heure. Et le voilà qui approche. Je me tapie un peu plus au sol, oreilles couchées en arrière et babines qui se retroussent sur des crocs que je n'hésiterai pas à lui planter dans le bras s'il continue de s'approcher. Un grognement enfle dans ma gorge, et je regarde sa main avec toute la suspicion du monde dans les yeux. Qu'est-ce qu'il veut ? Me grattouiller la tête et me lancer une balle en espérant que j'la rattrape ? Plutôt crever que d'la jouer clébard, mon vieux ! Il veut me soigner ? Je n'ai pas besoin d'aide. Enfin si, j'ai besoin d'aide mais je ne veux pas et... Merde. Je suis ridicule. Je continue à grogner, sans pour autant que mes muscles ne se tendent comme si je m'apprêtais à lui bondir dessus. J'ai vraiment l'impression qu'il me prend pour un gentil toutou, là... Minute... Tu es un chien, Anya. Bon... Un gros et pas vraiment un chien, mais merde, il ne va pas s'mettre à débattre politique avec toi. Je le regarde dans les yeux, le laisse approcher, et semble soudain me calmer. Sa présence a quelque chose de... D'étrange. Une chose sur laquelle je n'arrive pas à mettre des mots, mais je sens l'animal en moi s'apaiser en sa présence. C'était une sensation que je n'ai jamais ressentie qu'en présence de Georg, le tout teinté de terreur et de respect. Là c'est... Doux, presque neutre.

J'approche le museau, renifle sa main d'un air suspicieux et le laisse approcher. Je fini par poser mon menton dans le creux de sa main en guise d'invitation. J'ai besoin d'aide, il me faut courber l'échine, même si ça me coûte. Qui va s'occuper de botter le cul de cet abruti de Ievseï si j'passe l'arme à gauche, hin ? Sous ses doigts, mon corps tremble, ma vue se brouille un peu plus et je dois lutter pour garder ma forme animale, lutter alors que je sens l'humaine refaire surface, lutter alors que la douleur de la transformation s'ajoute au reste, presque supportable à côté de celle de mon dos. Bientôt, ce n'est plus un coyote qu'il a sous les yeux mais... Moi. Dans un ravissant costume d'Eve couvert de sang et de tatouages. Levant les yeux vers lui, je grommelle.

« T'attends quoi pour me porter ? Le déluge ? Ou c'est d'voir une nana à poil sur un paillasson qui t'fait cet effet-là ? »

Je ne suis pas aimable. Et à vrai dire je m'en fiche. J'ai autre chose à foutre que de lui chanter une sérénade alors que je me vide de mon sang.

« Dépose-moi sur l'canapé et... Et fous l'camp. T'as pas à être mêlé à ça. »

J'ai froid et pourtant je suis fiévreuse, j'ai mal et pourtant, je me sens comme enveloppée dans du côté, signe évident que mon cerveau commence à faire n'importe quoi parce qu'il est incapable de gérer tous les signaux qu'il reçoit en même temps. J'ai presque envie de rire en imaginant ma cervelle en ébullition comme la préfecture un vendredi après-midi.

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MessageSujet: Re: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Mar 14 Fév - 7:32



Time drawing near as they come to take us

 


Plus qu'une volonté, c'est un ordre. Je refuse de laisser l'animal m'échapper, je refuse de perdre un être vivant. Peu importe qu'il morde, qu'il grogne, montre ses crocs. Peu importe combien de sang je devrais verser à mon tour, je refuse de l'abandonner. Je n'ai pas peur, ma main assez proche pour sentir le souffle chaud de l'animal ne me laisse pourtant avoir aucun mouvement de recul. Sûr de moi. Pourtant, la seconde où la fourrure bouge, où sa gueule s'approche doucement. La seconde où les gestes ne viennent plus de moi mais de celui qui peut m'arracher la main d'un coup de dents. Celui qui peut me laisser me vider de mon sang sans aucun remord. Mon cœur arrête de battre, le monde semble ralenti, tous les sons s'estompent, tous, sauf ce reniflement. Bestial, puissant. Ma main s'approche lentement, sans même que je ne le réalise. À mi chemin, c'est la fourrure trop fraîche de l'animal qui rejoint ma paume.

Un frisson parcourt mon corps entier. Il me glace le sang alors que je réalise que c'est pire que ce que j'imaginais. Je le sens, le sais. Je déglutis, serre les mâchoires. Rêve de sauver un chien sur un paillasson, une bête dont je ne sais rien. Les tremblements se propagent, sa détresse envahit mon corps. Je souffre et me demande si je serais à la hauteur, si je peux tenir des promesses dans une situation où je ne sais rien. Je ferme les yeux, quelques secondes seulement. Cherche à faire taire ce trop plein de sentiments envahissant pour ne pas risquer de perdre l'animal. Je souffle, ouvre à nouveau les paupières pour voir quelque chose de bien plus effrayant qu'un simple animal blessé devant ma porte.

J'ai déjà vu ça, des centaines de fois. Je retire ma main brusquement. Instinctivement, je me recule, attrape la rampe de l'escalier et la serre. Je cherche à éloigner les images de mon propre frère et ses transformations. Éloigner la douleur du coup de feu et de cette métamorphose pleine de rage, celle de trop. Mes pupilles se dilatent alors que l'animal devient homme. Dans son propre sang, il montre son réel visage. Je tremble, son odeur encore sur la paume de ma main. « Anastasia... » L'accent néerlandais trop présent reflète mon passé qui prend trop de place en cet instant. Ma voix cassée qui n'arrange rien, n'apporte rien. Je me retrouve face à ma voisine, bien humaine, seulement habillée de son sang et des blessures qui la composent.

Ses yeux assassins croisent les miens alors que je n'arrive toujours pas à bouger. Foutue peur, foutu trouillard. Les murmures reprennent en intensité, le poids de ma culpabilité plus écrasant que jamais. La voix de la russe me glace. Je ne bouge toujours pas d'un centimètre alors qu'elle crache plus que lorsqu'elle n'avait pas la parole. Mes doigts se détendent alors que je reprends peu à peu le contrôle de mon corps. La brune parle à nouveau, pose des barrières entre nous alors que je ne peux m'empêcher de réagir instantanément, violemment. « Mais ça va pas non ? Je vais pas te laisser crever toute seule. » Je ne réalise pas vraiment la force avec laquelle mes propos sortent de mes lèvres. Je m'avance sans la quitter des yeux, retire ma veste pour la déposer délicatement sur elle avant de m'agenouiller. « Accroche toi à moi si tu peux. » Je n'ai pas la moindre idée de ce qui se trame sous sa peau. J'ai peur pour elle, encore plus que je n'ai pu être apeuré pour l'animal.

Je passe mon bras sous le sien, referme ma prise sous sa poitrine, cherchant dans son regard une certaine approbation. La preuve que je ne suis pas en train de la tuer plus que ne l'aider. Dans un temps trop lent, trop long, je glisse mon deuxième bras sous ses cuisses. Son sang qui glisse désormais sur ma peau, son épiderme brûlant qui me gêle. Anastasia, qu'as tu fait ? Je tais ma pensée, retrouve ses yeux trop malades pour son visage avant de murmurer lentement. « Je te soulève à trois. Un... deux... » Trois. Sans prononcer le dernier chiffre, je la soulève, ignore sa réaction, d'un coup dans la porte je fais tampon avec mon dos pour ne pas risquer de la blesser encore plus. Le canapé n'est qu'à quelques mètres. Pourtant, ils me semblent déterminants, j'ai l'impression d'avoir trop de responsabilité. Le poids de nos deux corps fait craquer son parquet. Dans ce bruit sinistre qui me rappelle que je ne suis bon à rien, que je n'ai pas sauvé mon frère, pas sauvé celles que j'ai aimé, alors pourquoi cette fois-ci serait différente ?

Je mords ma lèvre inférieure, la brunette n'a pas besoin de mes états d'âme. Arrivé contre son canapé, je retrouve ses yeux, certain de lui faire à nouveau brutalement mal, trop mal. Déposée sur le tissu, je ne retire pourtant pas mes mains, incapable de faire le dernier geste, celui qui me mettra définitivement face à mes responsabilités. Je soupire, sens ma propre température faire des variations à son contact trop long, retrouve une fois de plus son regard et me décide à articuler. « Je ne partirais pas d'ici, pas avant que je ne sois sûr que tu ailles bien. Alors c'est très simple, tu peux accepter, je retire mes mains et tu me montres tes plaies, ou alors tu me fous encore dehors et là, je ne te laisse pas le choix. » Je marque une pause, cherche à me donner du courage pour affronter la fille qui en a bien plus que je n'en aurais jamais. « Je t'assomme s'il faut. Mais tu meurs pas alors que je suis dans les coins. »

Mon cœur bat à la chamade, comme si j'avais dit mon premier gros mot devant mes parents. Comme si j'affrontais encore et encore toutes mes peurs les unes après les autres. Son corps fiévreux m'effraie, j'ai peur qu'elle se soit fait mordre. J'ai peur qu'elle vive ce que j'ai pu vivre, et bien plus inquiétant, j'ai peur que ce soit bien pire que tout ce que je peux imaginer. « Je ne te demande pas de me dire ce qui s'est passé, je veux juste que tu me montres tes blessures. » Je baisse les yeux, moins sûr de moi, étonnamment, pour ce qui semble le plus évident. « Je suis pompier au cas où tu l'aies oublié... » Je ne suis même pas sûr qu'elle soit en capacité de tout comprendre – et pour être honnête, ce serait sans doute plus facile de la soigner comme ça. Pourtant, la règle numéro un de tous les gros traumatisme, la plus logique. La voix de Cordelia comme une caresse du passé se glisse le long de ma trachée alors que je finis par dire. « Parle moi, faut pas que tu t'endormes. Même si c'est pour m'insulter, me détester. » Le dernier mot s'étrangle alors que je me demande comment cette soirée a pu prendre cette tournure. Que je n'arrive pas à savoir comment ma voisine, si sympathique, si joyeuse, peut être aujourd'hui, en cet instant, dans cet état, dans mes bras.

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MessageSujet: Re: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Mar 14 Fév - 13:15

Time drawing near as they come to take us

Anastasia & Adrian

Il ne va pas me laisser là. S'il tenait à sa vie, il ne m'aurait pas accordé un regard et se serait dépêché de s'enfermer chez lui. Mais il a fallu que je tombe sur un bon samaritain, le gentil prince charmant valeureux qui veut sauver la veuve et l'orphelin, l'imbécile heureux qui se complet dans l'aide qu'il peut apporter aux autres. Y a bien des gens qui trouveraient ça honorable, et j'doute pas que s'il y a une nana dans sa vie, elle doit être ravie de pouvoir dire que son bel amoureux veut sauver ce monde pourrit de la perdition. Moi j'trouve ça débile, ridicule, ça n'a aucun sens, mais c'est peut-être aussi parce que je ne comprends pas cet altruisme. Toute ma vie est régie par le profit, l'argent, les bénéfices et les coups de couteau dans le dos. Je n'aide pas, je profite, alors je ne comprends pas ce qui peut le motiver à m'aider. Je n'ai rien à lui donner et il ne semble rien exiger. Alors que je renifle sa paume, je sens l'odeur âcre de la peur, celle qui fait tambouriner son cœur dans sa poitrine, celle qui le ferait se pisser dessus s'il n'était pas à ce point inconscient. Les animaux se cachent pour mourir, et j'avais bien l'intention de me planquer, à l'origine. Mais surtout, un animal blessé voit son taux de dangerosité exploser. Je pourrais lui arracher la main, me jeter sur lui et lui déchiqueter la gorge, mais à quoi bon ? Qu'est-ce que ça m'apporterait ?

C'est que je l'aime bien, Adrian. A ma façon. A cette façon de venir lui demander s'il n'a du sucre un dimanche soir, à bourrer sa boîte aux lettres avec mes publicités, à sonner chez lui en pleine nuit pour discuter... Juste discuter. Adrian a droit depuis le début à cette Anya joviale, une Anya qui rit, qui plaisante, qui raille et qui discute. Il n'a jamais vu l'Anya blessée par la vie ni même l'assassin. Il n'a jamais vu le coyote, parce que c'est le genre de chose que je préfère cacher. Il m'arrache même un rictus douloureux lorsqu'il se relève et s'éloigne, alors que je quitte la forme de la bête pour révéler celle de l'humaine. Je tremble de partout mais mon regard est toujours aussi alerte, brillant de colère et de combativité. J'aimerais qu'il se contente de m'ouvrir la porte et qu'il me laisse là, qu'il me laisse me débrouiller seule. Mais ça serait trop demander, hin ? Je lève les yeux au ciel alors qu'il refuse de me laisser là et fini par me laisser faire, résignée et bien trop faible pour protester. Je lève un bras dans une grimace de douleur, le passe maladroitement derrière ses épaules et appréhende ce moment où il me soulèvera du sol, réveillant au passage mes blessures. Tout mon corps se tend, et je me mords la langue jusqu'au sang pour contenir le hurlement de douleur qui me broie les cordes vocales. J'en ai les larmes aux yeux, putain. Ma main se crispe sur sa chemise, je suis secouée de spasmes incontrôlable, et chaque mouvement qu'il fait attise le brasier qui me ravage le dos. J'ai l'impression que les particules d'argent continue leur festin, grignotant lentement et douloureusement ma chair.

Quand il me pose sur le canapé, je grelote, frigorifiée et pourtant, je suis fiévreuse et trempée autant de sueur que de sang. Sans mon douloureux entraînement, je sais que j'aurais sombré dans l'inconscience bien plus tôt, peut-être même en serais-je morte. Mais pour le moment, je lutte, je me bats, et tourne vers lui un regard fatigué. Il ne me laissera pas ici. Et quelque part, je lui en suis reconnaissante, car ça m'évite d'avoir à le supplier de m'aider. En revanche, ça ne m'empêche pas de railler.

« T'es complètement con... Tu vas t'attirer des emmerdes, si tu m'aides... T'es déjà trop impliqué, j'veux pas qu'ils... J'veux pas que toi aussi tu t'retrouves dans cet état. »

C'est que la fièvre me rendrait presque sentimentale, tiens ? Dans un tremblement, je laisse glisser sa veste sur mon flanc pour lui désigner la plaie pratiquement refermée qui l'abîme.

« On m'a tiré dessus... Et je cicatrise trop vite, la balle est... Hgn... Logée dans l'intestin, j'crois. Alors à moins que tu sois boucher ou chirurgien, t'as intérêt à avoir les tripes bien accrochées. »

Je la sens toujours glisser en moi, cette balle, comme un serpent qui ondulerait dans mes entrailles, à m'en donner la nausée. Je relève les yeux vers Adrian, résistant à la tentation de lui tapoter la joue comme à un brave toutou, histoire d'éviter de lui mettre du sang partout.

« Ca tombe bien que tu ne demandes pas, j'ai pas spécialement envie d'te raconter tout ça. T'as qu'à te dire que j'ai glissé sur une balle, tiens. »

Je me redresse comme je peux, repousse ses mains en grimaçant de douleur et tâtonne autour de moi. C'est un peu l'appartement de madame tout le monde : impersonnel, décoré avec le strict minimum, propre mais pas rangé par une maniaque... Un machin déprimant de banalité. Mes doigts finissent par se refermer sur un gros sac noir, d'où j'extirpe un couteau de chasse et un briquet. A la remarque d'Adrian sur sa profession, je ricane et le regrette aussitôt dans un gémissement de douleur.

« Hin... Moi qui croyais que la spécialité des pompiers c'était le sauvetage de chats et pas celui de métamorphes à l'agonie... Tiens... », j'ajoute après avoir passé la flamme du briquet sur la lame du couteau.

Je n'ai pas peur de la douleur. J'ai bien plus peur de la solitude ou de la mort, et la douleur m'est trop familière pour que je l'appréhende. C'est plutôt paradoxal, hin ? D'avoir peur de la mort quand on est un assassin... C'est commun à tous les humains, on a tous peur de ce qu'on ne peut pas contrôler. On a tous peur de ce qui nous arrivera un jour mais dont on ne sait rien. Alors oui, j'ai peur de mourir, parce que si je meurs, je serai encore plus seule.

« Merde mais t'as à c'point besoin qu'on te flagelle ? Tu veux pas que j'te file des coups de ceinture en te disant « vilain garçon », temps qu'on y est ? J'vais pas... M'endormir. »

Epuisée, je repose la tête sur l'accoudoir, fixe le plafond et tente de contrôler ma respiration. Ne pas m'endormir, il en a d'bonnes... Maintenant que je suis allongée sur ce canapé, que je me sais en sécurité chez moi, je n'ai qu'une envie, c'est me laisser aller au sommeil.

« Y a une bouteille de rhum dans la cuisine... T'auras qu'à m'dénoncer plus tard si tu veux, mais on va en avoir besoin pour désinfecter ça. »

Le plus urgent, c'est la balle. Après viendra le dos, et je sens d'avance que c'est la partie où je vais le moins rire. Et surtout le traiter de tous les noms possibles et imaginables. Alors qu'il s'éloigne vers la cuisine, je hausse légèrement le ton pour qu'il m'entende.

« C'est quand même curieux, ce besoin que tu as d'aider les gens à moitié crevés sur leur paillasson... Une faute à pardonner ? »

Il n'est pas obligé de me répondre, mais il n'y a ni animosité, ni raillerie dans ma voix. Je fais juste la conversation, tout en luttant pour que mes yeux restent ouverts.

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MessageSujet: Re: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Jeu 18 Mai - 23:22



Time drawing near as they come to take us



J'ai peur, pour elle, pour moi. Peur d'atteindre mes propres limites sans réussir à l'aider comme elle en a besoin. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être celui dont elle a besoin. Je pose mes yeux dans ceux de la brune, l'observe parler, différemment, sans doute trop. Un léger sourire s'étire sur mon visage, presque invisible. Me retrouver dans cet état, si elle savait. J'empêche du mieux que je peux les souvenirs de mon passé de m'envahir, j'évite les images qui me rappellent à quel point ma vie est un désastre, à quel point je suis un désastre. J'observe la métamorphe, ses gestes que j'ai envie de stopper, l'arrêter là de peur qu'elle n'aggrave son état. Pourtant je reste silencieux – sans doute un peu apeuré par le fait qu'elle n'hésiterait pas à m'en coller une si je devenais trop insistant.

La vue de son flanc me fait écarquiller les yeux. Elle me parcourt d'un frisson incontrôlable alors que je suis à la fois rassuré de ne pas y voir une morsure mais que je crois trop vite comprendre ce qui se cache sous cette plaie refermée. Les mots de ma voisine s'élèvent dans la pièce, posent les choses, écrasent les doutes pour y mettre des certitudes. Je passe une main sur mon visage, essuie les gouttes de sueurs, les montées de traumatismes qui reviennent trop brusquement dans ma figure pour les ignorer complètement. J'ai vu pire, j'ai peut-être vécu pire, mais je ne suis pas capable d'encaisser comme elle le fait. La remarque qui suit laisse échapper un léger rire, si je n'avais pas l'intention de demander une quelconque précision, cette explication me suffit largement pour le moment. Pourtant, sans que je n'ai pu en placer une, Anastasia bouge et entre mes lèvres serrées je murmure sans m'en rendre compte. « Attends, bouge pas... » À quoi bon ? Je n'ai certainement pas la carrure pour lui tenir tête, j'en suis certain. Je suis ses mouvements du regard, l'observe me sortir la panoplie du parfait petit chirurgien que je ne suis pas.

Je déglutis, ferme les yeux une seconde. Alterne entre mon imagination qui me tire vers le bas et la réalité qui se trouve peut-être encore plus basse. Je soupire, l'entends me sortir une énième blague qu'elle maîtrise si bien et me vois rétorquer, sans trop savoir comment. « Un chat, un métamorphe, après tout... » Complètement spectateur des instants qui suivent, je reste étonné de ce qu'elle est vraiment. Celle qui sourit en demandant du sucre devenue maîtresse dans l'art de se prendre des balles et de les retirer. Comme quoi, tout le monde cache quelque chose, personne n'est ce qu'il prétend être. Les mots qui suivent me serrent la poitrine, si mes yeux ne s'étaient pas posés sur elle une nouvelle fois en cet instant, je les aurais presque regrettés. Pourtant, la vérité c'est qu'elle est bien dans ce sale état, celui dans lequel il ne faut pas qu'elle s'endorme. Je me mords l'intérieur de la lèvre, réfléchissant à comment procéder sans la faire souffrir encore plus.

Un peu trop idéaliste sans doute. Je tourne les yeux vers sa cuisine alors que la réflexion sur la prohibition me passe complètement au dessus de la tête. Mal placé pour dénoncer qui que ce soit, elle serait sans doute la dernière sur ma liste dans tous les cas. Je me lève sans un mot, ignorant le sang, la peur, l'odeur de la mort qui plane à nouveau sous mes narines pour trouver cette fameuse bouteille. Dos à elle pour la première fois depuis de longues minutes, j'en oublierais presque l'état dans lequel elle se trouve. La bouteille prise en main, je l'entends poser la question. Celle qui semble peut-être trop évidente lorsqu'on me rencontre, qui brûle le moindre de mes interlocuteurs. Normalement, j'ai une réponse banale, prête, toute faite et bien rodée. Celle du genre que tout le monde doit aider son prochain. Belle connerie. Je me tourne vers elle, séparant la distance entre nous par quelques mots trop honnêtes. « Pas qu'une. Mais ce n'est pas le sujet de ce soir. » Coupé court sans le vouloir, je peine à laisser tomber mes barrières.

Je fixe ses yeux, cette profondeur dans leur clarté abîmée, brumé. Je fixe ses yeux en posant mes mains sur sa plaie, tâtant le terrain comme je le peux. « Peut-être que tu as glissé sur cette balle mais celle que j'ai tirée, le personne en face n'avait pas glissé. » Déborah. Pourquoi parler d'elle ? Pourquoi m'écorcher à vif alors que c'est le sang d'une autre que j'ai sur les mains. Sans parler de ce que je fais, je glisse de l'alcool sur son flanc, lui tendant la bouteille. « Tiens, passe le temps. Me vomis pas dessus par contre, je préfère le rouge. » Je détourne finalement les yeux, me concentrant sur sa plaie, couteau en main, prêt à ouvrir. Je rassemble mon courage en parlant lentement, doucement, de ces fameuses fautes qu'elle a amenée dans la conversation. « J'ai tiré une seule balle dans ma vie, pourtant, j'aurais pu en tirer plus. » J'enfonce la lame encore chaude dans son corps, la maintenant d'une main aussi ferme que possible de l'autre. « J'ai eu le malheur de naître lors d'une guerre, alors j'en ai vues, des armes, des balles. Mais celle que j'ai tiré c'était différent. » J'attrape à la va-vite la bouteille qu'elle tient, en avale une gorgée avant d'en verser un peu sur la plaie ouverte. Mon cœur s'accélère, mes gestes aussi. « J'ai voulu protéger quelqu'un que j'aimais, sans savoir que je le condamnais en la tirant. » Mes mains dans son corps, je me tais, finalement, concentré à attraper la balle, ne vivant et voyant que par ça, pour ça. Ne pas la laisser tomber, ne pas la décevoir. Pas alors qu'elle a mes mains dans ses entrailles et que nous sommes probablement plus proches que nous ne pensions jamais l'être. Je serre les dents, ignore la sueur, le sang, les cris, les larmes. Réels ou souvenirs tout se mélange. Je prends sur moi, tout ce que je peux. Rassemble mes forces, me dis et me répète que j'en suis capable. Pour Damian, pour Cordelia, pour Roman. Pour être celui qui a une raison de vivre dans ce monde de pourris. « Anastasia, reste avec moi. Attrape mon bras, serre le de toutes tes forces si tu veux, je m'en fiche. Mais tu me laisses pas maintenant. J'ai besoin de toi. » Les mots s'enchaînent dans une vitesse à la limite du compréhensible, pourtant c'est vrai, j'ai besoin d'elle.

Les secondes passent en une éternité dans son corps que je martyrise avec mes doigts, avec cette lame. Tout ça pour la faire aller mieux – je l'espère tellement. Mais après ce qui semble être une vie entière, je la tiens, cette salope de métal entre mes doigts. Je la tiens et je relève les yeux vers la métamorphe, plein d'espoir. L'espoir de réussir. « Je l'ai, je l'ai. » Le souffle court, je sens mes mains se mettre à trembler, trop proche du but et de mes propres péchés prêts à me revenir en pleine figure. Alors je ferme les yeux, une fois de plus, me coupe du monde, ne voit que la balle en elle. Je souffle, compte dans ma tête avant de me mettre à retirer cette foutue balle le plus prudemment et rapidement possible. « On y est presque, t'entends ? » Pourvu que t'entendes, que ce soit pas trop tard. Pourvu que je n'ai pas un cadavre entre les doigts mais bien ma voisine qui va sans doute hurler de tout son cœur dans quelques secondes. Il faut qu'elle hurle, qu'elle parle. Il le faut. Qu'elle me laisse pas à son tour, pas maintenant.

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MessageSujet: Re: (Adrian) | Time drawing near as they come to take us   Mer 24 Mai - 13:43

Time drawing near as they come to take us

Anastasia & Adrian

La douleur est diffuse, toujours présente, certes, mais en arrière plan. Avec les années, j'ai appris à la maîtriser, à l'oublier pour mieux survivre et à ne surtout pas la laisser me submerger. Tout n'est qu'une question de volonté et d'esprit, c'est c'qu'on m'a toujours répété. Suffit de savoir dire non, de refuser les signaux de détresse envoyés par la partie du corps blessé, et on peut alors se relever, achever le combat ou bien s'enfuir. Ça n'a rien d'exceptionnel, c'est de l'instinct, lequel est guidé plus par ma nature animale que ce qu'il reste de l'humaine en moi. Je suis comme une bête, au final. Il y a quelques minutes j'étais prête à m'enfermer chez moi, à me cacher pour souffrir et peut-être y laisser ma peau, si Adrian n'était pas intervenu. Je devrais le remercier, au lieu de l'engueuler... Lui être au moins un peu reconnaissante, mais tant de sollicitude me gêne parce qu'elle me touche. C'est complètement idiot. Je ne sais pas répondre à la gentillesse par la douceur, pas étonnant que je réagisse aussi agressivement ! Aussi, lorsqu'il m'intime l'ordre de ne pas bouger, je lève les yeux au ciel. Comme si j'allais me lever pour lui faire un numéro de claquettes, tiens... Je le fixe un long moment, cherchant à déceler un indice ou une lueur dans son regard emprunt d'inquiétude, mais rien. Rien qui ne puisse me laisser penser qu'il me voit plus comme un animal que comme un être humain comme lui et quelque part, ça me rassure. Je déteste qu'on me voit comme une bête obéissante, un animal soumis... Je hais viscéralement le regard que Georg pose sur moi, celui-là même qui veut dire « brave bête, va chercher la balle ! ». Y a rien de tout ça dans les yeux d'Adrian et je finis par me détendre un peu, contrôlant tant bien que mal les spasmes de douleur qui me secouent les membres. La méfiance est toujours là, comme un bourdonnement sourd dans un coin de mon crâne, mais je consens à accorder un peu de ma maigre confiance à mon sauveur improvisé. De toute manière, il ne pourra certainement pas me faire plus de mal ce soir.

Alors qu'il s'éloigne pour aller chercher la bouteille d'alcool dont je lui ai parlé, le pousse un profond soupir en fixant le plafond. Je me suis encore mise dans une belle galère, tiens... D'une main tremblante, je viens effleurer mon flanc dans lequel s'est logée la balle. C'est presque entièrement cicatrisé maintenant et pourtant, il va falloir rouvrir. Fais chier... Lorsque Adrian revient, la bouteille de rhum dans une main et le couteau dans l'autre, je sens malgré moi l'appréhension monter. On ne peut avoir peur de ce qu'on ne connaît, de ce dont on n'a pas conscience. C'est probablement pour ça qu'on n'a jamais vraiment peur de mourir mais plutôt de la manière dont on peut en arriver à l'état de cadavre. Au fond, personne n'a réellement peur de la mort car personne ne la connaît réellement. Tout ce dont on peut avoir peur, c'est de souffrir ou des conséquences que ça entraîne. Alors ce n'est pas l'idée de mourir qui me fait peur, d'autant que je suis à peu près sûre de m'en sortir grâce à la magiiiiie de la condition de métamorphe – un jour faudra qu'on m'explique comme ça marche – c'est plutôt la certitude que je vais en baver. J'en ai subis, des rafistolages ! Points de suture, fractures, chairs tuméfiées à tenter de réparer... C'était d'autant plus pénible avant que je ne devienne métamorphe et me mette à guérir à une vitesse incroyable, mais ça ne veut pas dire pour autant que je suis devenue invincible ou insensible. Quand la lame va venir trancher la peau et les muscles, je vais hurler. Quand ses doigts vont s'insinuer entre mes chairs pour y déloger la balle, je vais regretter de ne pas m'être laissée crever sur mon paillasson et ça, je le sais d'avance. C'est bien beau d'avoir appris à maîtriser la douleur pour la surmonter, mais arrive un moment où la volonté ne suffit plus. Alors, pour ne pas trop penser à ce qui va suivre et aux battements effrénés de mon cœur qui semble s'être dit que c'était une bonne idée de pomper plus vite et plus fort pour faire un joli geyser de sang une fois la plaie rouverte. Au lieu de ça, je relève les yeux vers ceux d'Adrian et fronce les sourcils.

« A t'entendre, on dirait que cette balle, tu regrettes de l'avoir tirée... C'était qui ? »

Manque de finesse, manque de tact, rien à foutre. Comme pour me punir de ma curiosité mal placée, il me verse l'équivalent d'un petit verre d'alcool sur le flanc. Immédiatement, tout mon corps se tend à nouveau sous la brûlure, et je me mords les joues pour ne pas l'insulter sur huit générations. D'un geste peu assuré, j'attrape la bouteille et peine à en avaler une gorgée. Le goût sucré et amer du rhum ont au moins le mérite de me détendre un peu, mais c'est de courte durée. Avant même que j'ai le temps de réagir aux paroles d'Adrian, la lame du couteau s'enfonce dans ma chair sensibilisée et j'ai miraculeusement le réflexe de me mordre le poing pour étouffer un tant soit peu un hurlement de douleur. Il n'a tiré qu'une balle... Une balle qui lui reste en mémoire, une balle qui s'est fichée dans son esprit en même temps qu'elle a atteint sa cible, et moi je le fixe bêtement, le regard fiévreux. Des balles, j'en ai tiré plus d'une, même si j'ai toujours préféré les armes blanches. Mais des vies j'en ai pris, beaucoup, souvent, sans remords ni regrets. Pourtant, il n'y a pas que cette histoire de balle qui me fait tiquer. Je ne suis peut-être pas très douée pour coller un âge sur le visage des gens, mais je suis à peu près sûre qu'Adrian n'a pas beaucoup plus de 30 ans. Or, à moins qu'il n'ait été militaire dans une autre vie, je vois mal comment il aurait pu se retrouver pris entre les armes et le conflit à son âge. Mes yeux se plissent, ma respiration se fait sifflante.

« Une guerre ? Bon sang, t'as quel âge, en réalité ? Tu m'feras pas croire qu'avec sa bouille d'adolescent à peine sorti d'la puberté t'as vécu Verdun... »

Ou la Marne ou je ne sais quelle autre foutage de gueule sur fond de patriotisme à la con. Et si c'était plus ancien que ça ? Si Adrian avait vécu d'autres batailles, de celles qu'on ne voyait qu'à travers des gravures dans les livres d'histoire ? Soudain, il me semble moins normal. Enfin normal... Pas dans un sens péjoratif, mais admettez qu'un type de plus 100 ans avec un corps pareil, ça ne coure pas les rues.

« Qu'est-ce qui s'est... Passé ? T'as l'air de r'gretter... »

A mesure que le sang s'écoule de la plaie, mon visage passe du pâle au livide et ma diction se fait de plus en anarchique. Qu'est-ce que je disais... Cicatrise vite mais pas invincible ! Ses doigts qui farfouillent entre mes organes me donnent la nausée et, lorsqu'un spasme me secoue la poitrine, c'est du sang que je crache. Faut-il que je lui fasse confiance pour le laisser faire... Dans une telle situation, il pourrait m'achever de tant de manières différentes ! Ses suppliques restent sans réponses, je n'arrive déjà plus à hurler ma douleur ni à prononcer le moindre mot. Ma main tâtonne, s'échoue sur son bras, mais je suis tout bonnement incapable de le serrer étant donné le peu de force qu'il me reste. Et je me sens partir, une fois de plus, comme si c'était devenu habituel, ce genre de situation. Le sang s'écoule sans discontinuer entre les doigts d'Adrian et, plus je sens la douleur s'envoler, plus je m'enfonce dans une inconscience contre laquelle je n'ai plus envie de lutter. Les tremblements cessent, le corps s'affaisse dans le canapé et bientôt, me voilà immobile entre ses mains, observant la scène comme si j'étais un spectateur extérieur. Les derniers mots d'Adrian, je ne les entends pas, plongée dans un demi sommeil étrange. Pourtant, lorsque ses doigts retirent la balle de mes entrailles, c'est comme si tout se figeait avant que les rouages de la cicatrisation ne se mettent en marche. Léthargique, je sens avec dégoût les chairs se reformer, les cellules s'activer pour stopper l'hémorragie et le travail se faire. Bientôt, je ne saigne plus et, si j'ai toujours une plaie béante dans le ventre qui mettra quelques heures à totalité disparaître, je sens progressivement revenir les sensations. Anémiée comme je suis, la migraine ne tarde pas à m'enserrer le crâne dans un étau et des fourmillements parcourent mes mains et mes jambes. Ce n'est qu'après un long et probablement stressant moment de silence que mon visage se tort en une grimace équivoque.

« Oh putain... J'ai l'impression qu'on m'a roulée dessus avec un rouleau compresseur... »

Je mets toutes mes forces dans mon bras, que je tente de lever pour me passer une main sur le visage, mais elles m'abandonnent en cours de route et ma main s'écrase lamentablement sur mon nez.

« Aïe... Fais chier... J'vais encore être bonne à rien pendant trois jours... Tu m'aides à m'redresser ? »

Je tends une main tremblante vers Adrian, me couvre du mieux que je peux avec sa veste, comme si la pudeur m'importait encore, puis je laisse aller ma tête contre l'appui-tête du canapé.

« Merci... Je sais pas si tu compenses tes erreurs en faisant des bonnes actions, mais tu viens d'me sauver la vie. »

Sauvetage dont je lui suis dès maintenant redevable. On me traite souvent de garce, la plupart du temps à raison, mais je sais m'acquitter de mes dettes, à tel point que dans un univers de Fantasy, j'aurais fièrement porté les couleurs des Lannister. L'inceste en moins, faut pas non plus abuser. Dans un effort considérable, je tourne la tête vers Adrian et le dévisage. Y a une question qui reste en suspend. Une question qui touche à mon dégoût de la solitude.

« Tu le penses vraiment ? Que t'as besoin de moi ? Ou tu disais ça pour que j'me batte ? »

Il n'y a plus ni moquerie ni humour dans ma voix. Cette fois c'est sérieux car quelque part, j'ai besoin de savoir si en effet, quelqu'un sur cette foutue Terre a vraiment besoin de moi. Je porte le goulot de la bouteille de rhum à mes lèvres, en bois une gorgée puis la tend à Adrian. Quitte à aborder les sujets pénibles, autant le faire en buvant.

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