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  /!\ Define the Mess - Anastasia

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: /! Define the Mess - Anastasia    Mar 14 Fév - 19:09

Fight, fight, fight, fight


Fin 2015


Accoudé au bar du Little, j'observe d'un œil distrait les filles se remuer sur la scène. La musique parvient à mes oreilles, et se mue en une sorte de bruit désagréable. Je regarde l'heure – seize-heure quinze, je ne vais plus tarder à y aller. Je lance un coup d’œil gêné à mes collègues, sans pour autant croiser l'ombre d'un regard en retour. Je me sens un peu mal d'aller chez un autre fournisseur que la Nif, mais je ne peux pas admettre qu'il y a quelque chose qui cloche, pas devant ces types. Ça ne me ressemblerait pas, et ce serait avouer que je me sens faiblir. Et ici, c'est la jungle – ici comme partout, d'ailleurs. Je me laisserai pas avoir, je ne laisserai personne me prendre ma place, une place qui m'est réservée de droit et que je mérite, putain. Pas avec tout ce que j'ai fait pour la Nif.
Et cette saloperie d'agressivité qui gronde dans mon ventre, qui pousse comme une récolte sous le soleil brûlant de la colère. Une rage qui ondule, qui se trouble, mais qui gonfle sans cesse – elle en devient presque douloureuse, tant que j'ai l'impression qu'un simple contact contre ma peau m'est désagréable. Le verre est rempli, encore, et la tombée de la nuit n'est pas encore menaçante. Sitôt porté à mes lèvres, comme pour anesthésier ce courroux latent, et pourtant tellement palpable.

Pourtant, j'ai l'alcool particulièrement mauvais, je devrais le savoir. Pour une minute de relâchement, c'est cinq de mauvaise humeur qui suivront, mais c'est déjà ça de pris. Je lance à nouveau quelques coups d’œil, balaie la pièce du regard – les mecs qui sortent du boulot vont bientôt arriver par petites poignées, jusqu'à remplir le Little. En ce moment, il n'y a bien que la lumière tamisée que j'aime dans cet endroit, je la désire plus que n'importe quelle fille ici.
Une main se pose sur mon bras et je sursaute violemment, crispé. C'est une des filles, justement – je passe mon bras autour de ses épaules, bien forcé de faire comme si tout allait bien, et je fais la causette cinq minutes. Blablabla, tout ça tout ça – je tique cependant lorsqu'elle me fait mention d'un type qu'elle trouve un peu louche et qui revient souvent. Je lui assure que je vais m'en occuper, avant de la laisser partir. Ces filles, elles m'ont vu dans n'importe quel état, j'ai l'impression qu'elles me connaissent toutes presque mieux que n'importe qui. Peut-être parce qu'elles ont toutes la même sincérité, cette drôle de fragilité. Elles me savent doux comme un agneau, protecteur, et impétueux comme la foudre – ça frappe n'importe où, n'importe qui, n'importe comment. En général, elles ne m'en tiennent pas rigueur, mais elles en auront eu bien assez d'ici quelques mois, c'est certain.

Je m'enquiers frénétiquement de l'heure en terminant mon verre, tant pressé d'y aller que de revenir. C'est l'histoire de vingt minutes, après tout – trente si ça s'éternise. Mais j'ai désespérément putain de besoin d'une drogue, toute magique soit-elle, qui me ferait oublier la douleur, ne m'endormirait pas et me garderait éveillé et vif comme une anguille, prête à lâcher la tension dès qu'il le faudra. Bien sûr, si elle ne rend pas hyper dépendant, c'est encore mieux. Un truc miracle, quoi – le désespoir m'a poussé dans les bras grands ouverts de quelque trafiquant de drogue dont j'ai plus ou moins entendu parler, plutôt en bien. Ça n'est pas tant leur réputation qui m'inquiète, que celle que je pourrais tenir auprès d'eux. Mais, en réalité, je n'y pense qu'à moitié – je me suis persuadé qu'ils ne font ça que pour le fric, alors j'ai du mal à voir le souci. L'arme dans la poche, l'argent dans une autre, je serre ma veste contre moi, avant d'aller prévenir quelques collègues que j'ai une course à faire. J'essaie d'avoir l'air normal, ni suspect ni agacé, ni pressé ni... Ni rien, en fait. Jouer le blasé est encore le meilleur moyen de n'attirer aucune question.
Dès que je suis dehors, je me dépêche, en essayant de deviner l'heure à chaque minute qui passe. Je n'aime pas les bracelets, les montres, les bijoux – je préfère encore être en retard que de porter ce genre de trucs – de toute façon, une montre à quinze balles serait convoitée, alors...

***

Je suis stressé. Ça me ressemble pas – j'ai testé tellement de saloperies ces derniers temps que je suis en sueur au moindre pet de mouche qui passe, je dors mal, j'ai plus faim. Ça me coupe tout, ces putain de drogue, sauf ce qu'il faut. La jambe agitée, à défaut d'avoir le corps entier qui exprime une infinie impatience, je suis adossé contre le mur. Et j'attends, ce qui ressemble plus à un putain d'enfer, mais je ferai avec.
Le type est arrivé, il a pris mon fric, j'ai pris son sachet de cachetons. J'attends encore un peu, parce que je suis un peu parano, mais rien n'est arrivé. Tout va bien. Je glisse le sachet dans la poche intérieure de ma veste, et je repars, direction le Little, où m'attend un petit verre pour faire passer la pilule, au sens le plus littéral. La ruelle dans laquelle j'ai du m'enfoncer pour venir chercher le saint Graal est tortueuse et, je ne sais pas si c'est le fait de l'alcool, de la fatigue, ou de tout le reste, mais je mets un temps incroyable à m'en sortir. Et, aussitôt la rue principale aperçue, c'est une douleur fulgurante, cuisante qui me remue le cerveau. Ce n'était pas l’œuvre d'un poing, mais sûrement une barre de fer, ou un truc dans le style. La douleur est immense, et elle n'est que le prélude d'une longue série de maux. Je n'ai vu personne, mais ils étaient au moins deux, c'est certain. L'odeur du sang m'emplit rapidement les narines, se colle à mon visage, me brouille la vue, et c'est une douleur incommensurable qui me torture le genou.
Puis, plus de bruit. Seulement quelques gouttes d'eau qui s'échouent dans une flaque sombre, pas loin. Quelques paires de semelles qui écrasent le sol avec hâte. Je ne parviens pas à ouvrir les yeux, et chaque centimètre carré de peau m'est douloureux – mais je ne pense qu'à ce que j'ai sur moi. Le flingue, les sous, les cachets.
Si on me trouve ici, comme ça, je suis mort. Si personne ne me trouve... je suis mort.

They'll just cut our wrists like
Cheap coupons and say that death
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Dernière édition par Joseph Townsend le Jeu 27 Avr - 1:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mer 15 Fév - 20:14

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Je n'ai jamais trop su tenir en place. J'ai toujours aimé bouger, sauter, découvrir... Pas pour rien que la danse est mon exutoire. Mais comme à notre époque trouver une paire de pointes et un justaucorps devient compliqué, j'innove. J'explore les recoins de la ville, en photographie mentalement chaque recoin et surtout, je m'amuse à observer les gens, à imaginer leurs conversations, je m’immisce dans leur vie et ça m'occupe la soirée. C'est souvent là que je me rends compte à quel point je suis seule. Je n'ai pas d'attache, pas de parent – faut admettre que les miens m'ont vendu au KGB quand j'avais huit ans pour pouvoir payer les frais d'hospitalisation de mon frère, on a vu mieux comme famille soudée – pas de gentil mari qui m'attend à la maison ni de bambins braillards pour occuper toutes mes journées. Je suis seule et libre, enfin en quelque sorte. Si on oublie Georg.

Les mains dans les poches, je remonte prestement la rue pour rentrer chez moi. Du bout des doigts, je caresse la liasse de billets que mon charmant sorcier créateur m'a donnée, mes étrennes comme il l'habitude de le dire avec son sourire d'enfoiré. J'ai autant envie de lui faire la peau qu'il me fait peur, autant envie de le suivre que j'aimerais fuir, et la dualité qui oppose ma raison à mon instinct de survie à son sujet est presque aussi violente qu'avec Andreï. Presque parce que dans le cas de cet intersidéral abruti congénital, mon pauvre petit cœur en guimauve malmené par les années ajoute toujours son grain de sel. Toujours est-il que je m'en sors encore honorablement, cette fois. C'est devenu presque trop facile de mentir à Georg, presque évident, et j'en viens à me demander s'il me croit vraiment ou si lui aussi joue avec moi. Bah... Qu'importe, tant que je lui apporte des infos avérées ou non au sujet des Ievseï, il est content. Tout ce qui compte pour moi, c'est d'être payée, au stade où j'en suis, c'est l'argent qui fait mon bonheur.

Le vent me fait frissonner, je me hâte un peu plus en soufflant sur le bout de mes doigts et choisi de prendre un raccourci. La traditionnelle petite ruelle sombre, celle dans laquelle les jeunes filles ne s'aventurent pas après minuit de peur qu'il leur arrive des bricole. Des conneries... Le premier qui me tombe dessus, il va goûter à mon genou de frêle jeune fille dans les bijoux de famille, il fera moins le malin ! J'en suis encore à imaginer la gueule d'un type qui tenterait de me détrousser en découvrant que je suis capable de mes servir de mes dix doigts pour l'étrangler quand je manque de magistralement m'étaler sur le truc informe qui encombre le passage. Je fais un bond sur le côté et, faisant fi des formules de courtoisie, je crache :

« Dis donc, mon vieux ! C'pas franchement un endroit pour dormir ! Tu veux pas lever ton cul et te trouver une piaule, au lieu de crever dans le caniveau ? »

C'est tout moi, ça. La finesse et le raffinement comme élixir de vie... Ou de survie, la plupart du temps. Voyant que l'autre se contente de grogner de douleur, je m'accroupis devant lui et penche la tête sur le côté.

« La vache, t'es sacrément amoché, mon pauvre ! Qui t'a mit dans c't'état ? T'as contrarié un maffieux ou un mec dans l'genre ? Ah non ! Laisse-moi d'viner ! Tu t'es tapé la gonzesse d'un autre et il a pas aimé ! J'ai bon ? … Mouais... T'es pas du genre bavard, toi... »

Tant pis, je vais faire la causette pour deux. Ni une, ni deux, je profite de son état déplorable pour commencer à lui faire les poches tranquillement. Quand je fini par trouver un sachet de cachetons et un flingue, je siffle, admirative.

« Mazeeette ! J'comprends mieux pourquoi tu t'es fait casser la gueule ! C'que j'comprends moins, c'est pourquoi ils n'ont rien pris. »

Je souris, espiègle. Je pourrais le dénoncer, faire la fayotte et espérer être dans les bonnes grâces du gouvernement... Ou je pourrais aussi lui piquer ce qu'il a sur lui et le laisser agoniser dans le caniveau. Pas que ça me pèserait sur la conscience, j'ai dépassé ce stade depuis trop longtemps. Mais la troisième option, elle, est beaucoup plus alléchante.

« Tu m'donnes quoi si je t'embarque avec moi, te soigne et te laisse repartir sans te dénoncer ? J'suis d'bonne humeur... »

Échange de bons procédés, vision sur le long terme, ça c'est moi. Toujours là pour négocier, quelle bonne âme je fais !

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 16 Fév - 18:46

Ma peau incendiée par la douleur m'ôte tout désir de faire ne serait-ce qu'un seul mouvement. Je sens la chair parfois à vif me brûler douloureusement, le vent se mue en de longues flammes qui me lèchent le visage, le sang me brouille la vue. Tu as déjà encaissé, tu as déjà vécu pire. Redresse-toi, relève-toi. Le corps inerte, dans le noir, le bourdonnement résonne à mes oreilles comme des milliers de nuisibles. Je lutte comme un diable pour ne pas garder les yeux fermés, pour ne pas sombrer – au fur et à mesure des mes vains efforts intérieurs, le temps passe. Quelque chose me heurte, mais sans violence aucune, et je ne sais pas si c'est l'adrénaline, le stress, ou une drôle d'angoisse, mais j'ouvre un œil. Une silhouette se tient près de moi, et quelques mots glissent à mes oreilles, sans que je comprenne tout. J'en profite pour tâter le sol, et tenter un léger redressement – quelques râles de douleur répondent à la tentative, et je bouge bien de deux ou trois centimètres. Du coin de l’œil, je vois la silhouette se pencher vers moi. C'est une femme. Elle parle beaucoup, comme toutes les autres, et je n'en saisis que la moitié. Mafieux. J'espère que ça n'est qu'une coïncidence, et qu'elle dit ça comme ça. Je grogne en guise de réponse, agacé.

Tous les efforts du monde m'aident à ouvrir légèrement les yeux, et je sens une pression sur mon corps – elle me fait les poches, la garce. Outré et impuissant, je grogne de plus belle et me racle la gorge, avant de baragouiner quelque chose, que moi-même j'ai du mal à identifier. Elle siffle, et je me redresse lentement. Tout mon corps me fait souffrir, mais je dois dépasser ça, putain. Allez Joseph, pense à des trucs motivants ; la douleur, c'est dans la tête, c'est pour les faibles. Dans la tête mon cul, la moindre respiration m'est douloureuse et, lorsque je me redresse un peu trop, c'est à nouveau une douleur lancinante au niveau du genou qui refait surface. Mais je dois dépasser ça, je suis sûr d'avoir déjà vécu pire, ou similaire. Les yeux à moitié ouverts, je passe une main sur mes paupières et en dégage le sang. L'un s'ouvre bien, pas l'autre ; je dois avoir reçu un coup sur la pommette, ou au niveau de l'arcade. Elle est un peu floue, un peu sombre, mais je distingue la femme. Les cheveux courts et noirs, elle a vraiment la gueule de garce qui va avec sa voix, mais je peux pas faire la fine bouche. Surtout quand j'entends sa fantastique proposition.

Au fond, je suis tellement soulagé qu'elle propose ça que je m'attarde peu sur la forme, et surtout sur sa cupidité. Elle a pas tort : tout se paie. Alors, j'acquiesce le plus rapidement possible en faisant abstraction de la douleur et je me racle la gorge, avant de me détourner pour cracher un truc au goût de rouille – du sang, certainement. Sur mon visage et ailleurs, je sens les blessures se consumer, et je sais que ça va bientôt se produire – la chair va pourrir ici et là, où elle a été maltraitée. Elle va noircir, avoir un aspect que j'imagine facilement des plus repoussant, et guérir, d'ici quelques temps. Les battements de mon cœur s'accélèrent, et la manifestation d'une inquiétude bouffée par une colère frustrée grandit en moi quand j'assimile réellement ce qu'elle vient de dire. Putain, si je vais à l'hôpital, ne serait-ce que sans l'arme et la drogue, ils vont me faire des analyses, de sang ou d'urine, c'est sûr. Je me suis gavé de toutes les drogues que j'ai trouvées, récemment, et ils le verront. Et je serai tout aussi foutu. Impulsif, j'attrape son poignet entre mes doigts, et lâche d'une voix encore rauque :

« Non non non, me laisse pas là, je me stoppe déjà, crache un nouveau truc plein de sang, et reprends d'une voix un peu plus éveillée, bien qu'entrecoupée : T'auras ce que tu veux, je peux te trouver de la drogue, des armes, du fric, et même tout ce que tu peux pas avoir avec ce Gouvernement, mais je peux pas aller à l'hôpital... »

Entre mes doigts, sa peau devient chaude à mon contact, et je la relâche lentement, fatigué. C'est arrivé sur elle aussi. Sa peau est devenue douloureuse, elle a tout perdu de sa couleur naturelle et s'est gangrenée là où je l'ai touchée – en tout cas, c'est la sensation que ça me procure, à chaque fois. Depuis quelques mois, dès que je me sens dépassé par quelque chose, ma peau a cette horrible faculté. Cette capacité monstrueuse, anormale, à laquelle je ne trouve aucune réponse. Je relève les yeux vers les siens, plutôt indifférent malgré tout – les plaies sur mon visage doivent en faire de même, et je ne suis plus très choqué. Mais plus que tout, je suis pressé d'en terminer. Ce qui est sûr, c'est qu'elle ne va pas me faire languir longtemps. D'ailleurs, je vais accélérer les choses et ne pas lui laisser trop de temps pour prendre une autre décision – allez, mon vieux caractère arrive déjà au galop. Je désigne son poignet et fais fi des éventuelles protestations de douleur qu'elle fait – pas de temps à perdre, ma vieille.

« Pour ça, je... Je t'expliquerai après, ça va partir, mais il faut que tu te bouges et que tu m'aides à me tirer de là.Je colle à nouveau mes yeux dans les siens, tout tenace et déterminé que je suis alors, soudain galvanisé par l'idée même de sortir d'ici sur mes deux pieds. Ou bien est-ce véritablement l'adrénaline, cette fois-ci, le stress, le truc qui me rend si différent dernièrement ? Tout ce que tu veux, c'est promis », j'ajoute finalement, à contre-coeur.

J'appuie mes mains au sol, certain de réussir à me relever du premier coup, et frais comme un gardon, en prime. La désillusion est fatale : à la douleur perforante de mon genou se joint celle, lourde et déchirante, de mon épaule. Elle est déboîtée, ou démise – ça m'est arrivé trop de fois depuis que j'ai quinze ans pour ne plus savoir la reconnaître. Mon frère, presque à chaque fois. Elle doit être un peu fragilisée. Profondément agacé, je sens l'énergie se transformer en une colère sourde – je tends la main vers la fille, pitoyable et incapable d'y parvenir seul.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Dim 19 Fév - 15:00

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Il fait nuit déjà nuit et les façades des immeubles noircies par la saleté et la suie semblent filtrer le peu de lumière qui subsiste encore. C'est sûrement pour ça que je manque de me vautrer lamentablement sur le type qui gît en travers de la rue, peut-être aussi parce que je suis trop distraite par d'autres choses. Mais ce ne sont certainement pas mes sens de métamorphe qui me font défaut, ça non ! Toujours est-il que le demi macchabée, je ne le vois pas. Pas plus que je ne vois pas sa peau se colorer de noir et la nécrose lui ronger les tissus. Tout ce que je vois, c'est un type amoché à qui je peux potentiellement faire les poches. Le reste n'a pas d'importance. Une arme, du fric et de la drogue. Il se promène avec suffisamment de choses compromettantes sur lui pour que le premier agent du gouvernement venu l'achève sans aucune forme de procès. Il s'est mis dans une sacrée merde, le con ! Alors je m'agenouille, goguenarde, et le regarde tenter de se redresser. Mon sourire s'efface, mes sourcils se froncent, et à l'instant où je comprends que quelques chose cloche avec ses blessures, il me saisit le poignet et le serre entre ses doigts.

Si ça n'était que ça, je me contenterait de me relever et de lui mettre un coup de pied dans la mâchoire, mais je sens soudain ma peau me brûler au contact de la sienne, comme si elle avait été faite d'acide pur. Ça chauffe, ça brûle, et une odeur de chair calcinée et pourrie me chatouille les narines alors que la douleur me fait grimacer. Je ne lui ferais pas le plaisir de hurler, il peut toujours rêver.

« Lâche-moi immédiatement, »je siffle entre mes dents serrées,
« Sinon j'te jure que j'te laisse crever là... »

Lorsqu'il fini par me lâcher, je me lève précipitamment et m'éloigne de quelques pas. Là où ses doigts m'ont touchée, la peau s'est noircie et s’effrite, des lambeaux de chair se détachent déjà tandis que je sens mon pouvoir régénérateur lutter contre cette agression. Tout autour de la blessure, j'ai comme des marques blanches qui éclaircissent mes tatouages et, alors que je relève les yeux vers le mourant, je me surprends à me demander ce qu'il peut bien être, pour avoir un tel pouvoir en sa possession.

« T'es quoi comme genre de monstre, pour être capable de faire ça, hin ? C'que j'veux, pour le moment, c'est savoir c'que tu m'as fais et comment m'en débarrasser. »

Habituellement, je cicatrise extrêmement vite, les blessures superficielles de ce genre se referment immédiatement mais cette fois, mon organisme doit lutter contre une chose qui me dévore la peau, et la brûlure irradie en pulsant au rythme de mon cœur. Je regarde à nouveau le type et hésite un instant à tourner les talons en le laissant là, seul, mourant et détroussé. L'ennui c'est que s'il meurt sans m'avoir dit comment me débarrasser de ses saloperies, je risque de me retrouver fissa avec un bras en moins et ça non merci, très peu pour moi ! Alors je n'ai pas le choix, je dois l'aider, et il lui en coûtera le triple de ce que je lui ai volé. Je le vois tenter de se relever, me tendre la main... Je soupire en levant les yeux au ciel.

« Tu fais chier... Rallonge-toi. Rallonge-toi, j'te dis ! T'as l'épaule déboîtée, j'ai pas envie de t'entendre pleurnicher sur le chemin alors allonge-toi et laisse-toi faire. Et tu me touches pas, même si t'en meurs d'envie, c'est clair ? »

Je lui jette un regard glacial, prête à laisser le coyote prendre le dessus et lui arracher la jugulaire s'il envisage ne serait-ce que de me faire un câlin. Je l'aide à se rallonger sur le dos puis, sans pudeur ni ménagement, glisse mes genoux autour de ses hanches pour le maintenir fermement, défais ma ceinture – j'ai dis sans pudeur, hin – et la lui fourre entre les dents.

« Si tu gueules, on est mort tous les deux. Alors mords ça et pense à... J'sais pas, à ton gonze ou ta gonzesse, à un truc heureux ou même au Paradis si ça t'aide. »

Remettre une épaule démise en place, c'est douloureux, et je sais de quoi je parle. C'est quand elle désarticulée ainsi qu'on voudrait ne plus jamais y toucher, tant on appréhende le moment où l'os viendra se ressouder à son voisin dans une douleur aussi sournoise qu'électrique. D'une main, je lui saisis le bras, puis pose l'autre sur sa clavicule. J'amorce doucement un mouvement puis, dans un geste ferme et vif, j'appuie sur la clavicule et tire sur le bras pour les rassembler. Un craquement sinistre, je sens tout son corps se tendre entre mes genoux mais au moins, il n'a plus l'épaule rendue à Pétaouch'. Je me relève, récupère ma ceinture et, tandis que la remets à mon pantalon, je lui glisse :

« J'ai pas l'intention de t'emmener à l'hôpital. Ils vont poser des questions auxquelles je n'ai pas les réponses, ils vont trouver tout ce que de plus prohibé sur toi, et vu que tu as l'air d'être un genre de... Grosse gangrène ambulante, je doute qu'ils s'attardent beaucoup sur ton cas. J'ai pas spécialement envie d'être prise dans la bataille. »

Je tire de la poche de ma veste une paire de gants en cuir, les enfile et lui tend le bras pour l'aider à se relever. On est jamais trop prudent, et s'il est bel et bien capable de gangrener les tissus vivants, je croise les doigts pour que ce ne soit pas le cas des tissus morts et synthétiques. Une fois qu'il est debout, je le sens tanguer contre moi et fini par passer son bras par dessus mon épaule pour l'aider à se tenir et avancer.

« C'est par où, chez toi ? Pas question que je t'emmène chez moi, j'ai déjà assez d'emmerdes comme ça. J'te ramène, j'te soigne, on discute de la contrepartie et on en parle plus. Ça t'va ? »

J'ai l'air bien moins moqueuse qu'au moment où j'ai manqué de l'écraser en lui tombant dessus. J'ai même l'air bien plus sérieuse, parce que son étrange capacité ne me rassure pas. Pour tout dire, je suis bien obligée d'admettre que les battements sourds de mon cœur ne peuvent être dû qu'à la peur. La peur de ne pas comprendre ce qu'il est ni ce qu'il sait faire, et la peur de ne pas savoir si je vais récupérer ma main ou si elle va continuer à noircir.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mar 21 Fév - 16:56

Piqué au vif, vexé comme un pou, je laisse lamentablement choir mon corps malmené contre le mur. Le mot magique, celui qui me retourne l'estomac et auquel je songe tous les jours avec horreur, a été prononcé. Monstre. L'obscurité camoufle nos traits, et elle est encore épargnée de la vision de mon visage meurtri. Je me repose contre le mur et reste muet, secoué par une énergie lunatique – tantôt épuisé, tantôt excité par une décharge d'adrénaline. Je ne compte pas lui annoncer tout de suite que la nécrose va s'évaporer comme neige au soleil, d'une part parce que je me sens particulièrement humilié par cette garce, et de l'autre, parce que ça pourra peut-être la convaincre de se dépêcher un peu, si elle a l'impression qu'une épée de Damoclès tournoie autour de sa tête. Je me tasse contre le mur, gêné par des côtes douloureuses, et tends difficilement la jambe. Mon genou me fait un mal de chien, et la douleur électrisante me chuchote que je serai incapable de marcher correctement de cette jambe pendant un long moment. Les doigts sur le visage, je tâtonne ma peau dans l'espoir de sonder quelques blessures, d'imaginer à quoi je peux bien ressembler, en attendant qu'elle ait terminé l'examen minutieux de sa peau.

J'étais plutôt calme, persuadé qu'elle reviendra aussitôt m'apporter son aide, ange gardien imprévisible et particulièrement grossier, mais les secondes s'écoulent sans qu'elle revienne pourtant vers moi. Je tente un regard en biais et l'observe dans la lumière de la rue, hésitant ; lui répondre, ne pas lui répondre... J'attends de voir un mouvement de recul de sa part pour noircir la situation de sa peau, mais elle parcourt à nouveau les quelques pas qui la séparaient de moi. Satisfait malgré la situation merdique, je l'écoute me donner des ordres et m'exécute d'une lenteur infinie, pas vraiment en position de répliquer quoique ce soit. 'Ne me touche pas, même si t'en meurs d'envie', me dit-elle, glaçante et mauvaise comme une teigne, alors que je bataille encore à m'allonger correctement sans baigner dans le caniveau. Maîtresse, je meurs de désir de poser mes mains impures sur votre corps délicieux – je n'ai pas vraiment la force de me lancer dans mes grandes tirades, mais je le pense suffisamment fort pour n'avoir aucun regret. Et, entre nous soit dit, je ne pense pas pleurnicher. Je dois vraiment faire peine à voir, pour qu'elle s'imagine avoir entre les mains un chiot, me dis-je amèrement.

La situation ne me permets pas de nourrir un quelconque esprit lubrique ; aussi, lorsqu'elle s'assied quasiment sur moi, je ne moufte pas. En revanche, le frottement familier de la ceinture contre le jean me fait tiquer – la ceinture entre les dents aussi, maintenant que j'y pense. Je referme la mâchoire sur le cuir, bien trop habitué à me faire rafistoler à l'arrache, et regrette malgré tout quelques gorgées d'alcool. Offusqué à la mention d'un gonze, je n'ai pas l'occasion de m'y attarder pour autant. Je ne pense pas non plus à ce qu'elle est en train de faire, je n'imagine pas ce qui se passerait si elle se foirait, je ne pense pas à la douleur. Pour autant, je n'ai pas grand-chose de très heureux en stock pour m'aider à passer le temps, alors je serre les dents sur le cuir entre mes lèvres. C'est déjà arrivé avant, ça t'arrivera encore – n'y pense pas. Elle fait les bons mouvements, c'est sûrement pas une première pour elle, et si t'es chanceux il t'arrivera rien d'autre. La poitrine lourde, gonflée, tendue, je m'efforce de débloquer une respiration saccadée.
La mâchoire contractée, j'imprime mon empreinte dentaire dans le cuir – la décharge électrique se propage dans tout mon corps, et un putain de râle de douleur que je ne peux réprimer résonne dans la ruelle en même temps que le craquement sonore. Les nerfs à vif, les muscles à l'agonie, je retiens un beuglement animal au fond de ma gorge. Les secondes glissent sans que je bouge davantage – la douleur ne s'évanouit pas encore, soudaine et intense.

J'écoute d'une oreille distraite ce qu'elle me dit, et attrape sa main lorsqu'elle se décide à me la tendre. Le cœur battant, le souffle haché, je reste muet – seul un grognement approbateur se fait entendre. Je ne m'étends pas davantage sur tous les membres qui me font souffrir et prends appui sur elle, sans parvenir à poser la jambe blessée au sol. Tant pis, je claudique plus ou moins en utilisant la fille comme béquille. Elle a enfilé ses gants pour se protéger de la gangrène ambulante, comme elle dit, et je ne risque plus de toucher sa peau par mégarde. Une fois à la maison, je prendrai de quoi me détendre, et il n'y aura certainement plus de pépins du style.
Le trajet dure environ quinze minutes, un quart d'heure qui me semble être une éternité. Taciturne, je n'ai pas été très bavard pendant le trajet, m'exprimant davantage en soupirs et nouveaux grognements qu'autre chose. La vue de mon immeuble m'enveloppe d'un espoir soudain – tant que personne ne nous hèle, tant que personne ne nous croise, c'est que tout va bien.

« Tiens, c'est juste là. Y a pas d'ascenseur, dis-je rapidement, pour ne pas lire dans son regard l'immense déception de devoir passer un nouveau quart d'heure dans les escaliers avec moi. »

Comme prévu, ce fut encore le plus pénible, mais les quatre étages sont dorénavant parcourus – appuyé contre la porte d'entrée, je fouille ma veste pour en sortir les clés, lui laissant tout le loisir de lire mon nom sur la plaque. Ça m'évite de me présenter. Passer la porte à deux fut également un peu frustrant, mais nous y sommes. Je referme la porte et ses multiples serrures et autres verrous inutiles et allume instinctivement les lumières, lui offrant par la même occasion la vision de ma peau abimée. Peut-être que ça va l'adoucir un peu, qui sait. L'immeuble n'étant pas très récent, l'appartement ne l'est pas davantage. Directement sur la gauche, il y a le coin cuisine, uniquement délimité par les éléments de travail ; à droite, un large canapé vert bouteille ainsi qu'une grande table à manger ronde en plein milieu de la pièce, là où j'ai pu la caler. Le parquet est assez ancien, il grince à certains endroits – ça n'est pas très personnel, ni chaleureux, et quelques vêtements ont été jetés ici et là négligemment après une journée bien trop longue pour être soigneux. De l'autre côté, une grande porte vitrée, encadrée de hautes fenêtres, s'ouvre sur un petit balcon. Puisque je suis au dernier étage, on peut même accéder au toit. Sur la table et dans la cuisine, deux ou trois emballages alimentaires traînent encore, avec des bouteilles d'eau à moitié entamées – enfin, les boîtes de médicaments et autres pilules rejoignent le léger désordre ambiant.
Je lui refais face et prends nouveau appui sur elle.

« Viens, aide-moi à enlever mes fringues, dis-je, et grimace de douleur lorsque je dois me contorsionner. La veste et le haut rejoignent le sol en un tas difforme et sale, bientôt puant. À l'aise avec la nudité, j'en reste cependant là – elle se fait déjà des idées sur moi, autant ne pas lui donner de grain à moudre. Je dois me laver, dis-je d'un ton assuré. »

Je l'abandonne et claudique de la façon la moins lamentable possible jusqu'à la table – une pilule, deux pilules, trois, je mélange au hasard et fais tout passer avec quelques gorgées d'eau. Une fois devant la salle de bain, je m'appuie contre le montant de la porte et me tourne à nouveau vers elle.

« J'aurais peut-être besoin de ton aide, je sais pas... T'as qu'à faire comme chez toi, euh... C'est quoi ton prénom, déjà ?, demandé-je. Puis, après une hésitation, j'ajoute : Bon... Merci pour l'épaule, hein, je crois que t'as pas trop merdé. »

Je ne ferme pas vraiment la porte de la salle de bain, d'une part parce que je serais capable de m'évanouir sous la vapeur étouffante, mais aussi parce que je préfère autant ne pas m'isoler. Ou garder un semblant d’œil sur elle, je sais pas. Après un temps qui me semble infini à terminer de me dessaper, je passe dans la douche sans lancer un seul regard au miroir de la salle d'eau. De toute manière, je n'y distingue plus rien d'autre que l'abomination – ni mon visage, ni mon corps. Je ne vois plus mes traits, mes yeux, ni même les tatouages qui ont fleuri sur le haut de mon buste. Je n'y verrai pas non plus les blessures – seulement la chair pourrie, la chose immonde qui me renvoie le pire des reflets.
Une fois sous l'eau chaude, je fais abstraction de la douleur qu'elle produit sur mes blessures encore à vif. Si je ne m'étais pas douché maintenant, j'aurais moisi dans des fringues dégueulasses – j'ai mes défauts, mais je ne supporte pas la crasse, la saleté, les mauvaises odeurs. Pendant ce temps, elle n'a qu'à faire ce qu'elle veut ; je ne vais pas mettre bien longtemps, j'ai déjà du mal à tenir debout là-dessous.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Ven 24 Fév - 23:04

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Il a l'air vexé, le ronchon, alors qu'il prend appui sur le mur pour ne pas lamentablement se vautrer à nouveau dans un caniveau qui empeste la merde et le moisi. J'en ai rien à foutre qu'il soit blessé, rien à foutre non plus qu'il puisse s'en faire un cas de conscience et risque de pleurer sous sa couette quand il sera bien au chaud chez lui. La délicatesse n'a jamais été mon fort, et je suis plus douée pour insulter la famille entière des gens que je croise que pour faire preuve de gentillesse. Pas ma faute, je me plais à répéter. Pas ma faute mais un peu quand même. C'est un moyen comme un autre de me protéger, de m'enfermer dans un cocon qui maintient les gens à l'écart, car il n'y a rien de pire que de s'attacher à quelqu'un pour être ensuite déçu. C't'inconnu n'échappe pas à la règle et pourtant, voilà que je me retrouve à califourchon sur lui – sans la moindre intention bien peu chaste – en train de lui remettre une épaule en place. Mon poignet me lance, ma peau me brûle et pourtant, il faut bien avouer que ce n'est pas uniquement pour me débarrasser de ça que je l'aide. Ce n'est pas non plus seulement pour obtenir de lui des faveurs à base de billets vert et sachets de poudre. C'est aussi parce que ça m'intrigue, cette histoire. Qui est-il ? Pourquoi est-il dans cet état ? Quel genre de... Créature peut-il être ? Depuis que je suis une métamorphe, j'ai appris à ne plus dire « ça n'existe pas », car s'il existe des sorciers et des gens capables de se changer en un animal quelconque, pourquoi n'y aurait-il pas aussi des gus à moitié décomposés qui peuvent putréfier ce qu'ils touchent ? Honnêtement, je ne suis même pas certaine que ça soit vraiment ça, son petit pouvoir maléfique, mais ce dont je suis certaine, c'est que ça n'a rien de naturel ni de logique. Et ça m'intrigue, ça me plaît, ça me fascine... A la seule et unique condition que ça ne me tue pas ou ne m'ampute pas d'une main, bien sûr.

Alors au final, je me retrouve à lui tendre la main, à glisser son bras par-dessus mes épaules sans broncher – pourtant il pèse son poids, l'animal – et à l'entraîner à l'écart de cette ruelle qui, définitivement, empeste. Je suis ses indications sans décrocher un mot, retenant chacune des questions et remarques qui me brûle la langue. Mon instinct de survie détrône aisément ma curiosité, et je sais que si je ne reste pas à l'affût des bruits et des odeurs, on risque de se faire prendre et là, je n'aurais clairement plus aucun scrupule à défendre ma peau et à laisser le type décomposé sur le macadam. Se hâter dans les rues en silence, c'est tout de même le meilleur moyen pour que nous arrivions tous les deux en vie chez lui. C'est chiant, ce silence. J'ai presque envie de lui raconter des blagues, du genre de celle du type qui rentre dans un café en hurlant « c'est moiiii ! » alors qu'en fait c'est pas lui... Mais j'ai peur qu'il me prenne pour une folle et ne me grille la langue avec son épiderme qui moisit à l'envie.

Lorsque nous arrivons devant l'immeuble, je regrette amèrement de ne pas lui avoir fait la blague, parce qu'il manque définitivement d'humour. Pas d'ascenseur ? Génial !

« Super... Tu m'en voudras pas si j'te fais tomber à un moment, dans c'cas. »

Un quart d'heure à s'traîner dans les rues, un quart d'heure de plus à hisser un poids mort jusqu'au quatrième. Bordel mais qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce que je vais pouvoir tirer de lui s'il y reste ? Je me fais la remarque qu'il a plutôt intérêt à m'offrir à boire en arrivant et ne peux m'empêcher de jeter un coup d'œil à la plaque fixée à côté de la porte.

« C'est drôle, t'as pas du tout une tête à t'appeler Joseph... Te manque un... Un côté biblique, j'dirais. Quoi que j'l'ai pas lue, la Bible, y a un type qui se décompose dedans ? »

Question bête, pas de réponse. Pas comme si j'en attendais vraiment une au final. Il m'intrigue, ce type, les multiples serrures qui verrouillent la porte d'un appartement sans prétention aussi, et je ne vois finalement que deux options : soit il a quelque chose d'important à cacher – la drogue c'est déjà pas mal – soit il est parano. Et si c'est le deux, il doit pas être très heureux, le bougre. Une fois à l'intérieur, je n'ai pas besoin d'attendre qu'il allume la lumière pour commencer à fureter et à observer l'appartement. Mes sens décuplés de métamorphe me permettent de discerner les formes dans l'obscurité, mon odorat décèle une odeur de vieux parquet, et mes oreilles à l'affût de la moindre présence humaine me confirme que ce Joseph vit seul. Ou bien que sa dulcinée n'est pas là. Dulcinée qui peut être un homme, je ne juge pas, ça me ferait juste marrer de savoir qu'il ajoute un autre truc répréhensible à sa liste. Quand finalement il allume la lumière, je me tourne vers lui et ne peux retenir une expression de surprise, traduite par des yeux ronds et une absence de remarque. Qu'est-ce que je pourrais dire, après tout ? Il a la peau parcheminée, couvertes de ces stigmates qui marbrent la peau de mon poignet et pourtant, il a l'air d'aller... Relativement bien, pour un type qui semble atteint d'une forme de lèpre particulièrement rapide et répugnante. Je pourrais faire des remarques, me moquer, mais je n'en fais rien. Il n'a rien d'un monstre, c'est même plutôt fascinant, et c'est la douleur de mon poignet qui me rappelle que non ! Tendre la main pour toucher n'est pas une bonne idée ! Je ne retrouve finalement la parole que quand il me demande de venir l'aider à retirer ses fringues. Je m'approche, féline, un sourire amusé aux lèvres.

« D'habitude, les hommes n'ont pas besoin de me demander ça, mais puisque c'est dit si poliment... Arrête de gesticuler. »

Je l'aide à retirer sa veste, peste contre les boutons de sa chemise qui sont une chiure à retirer quand on porte des gants, et jette le tout au sol sans y prêter attention. Ce n'est que lorsque je me rends compte que je fixe sa peau avec un peu trop d'insistance que je détourne le regard. La curiosité m'obsède, j'ai envie de savoir pourquoi son corps est ainsi, mais il est déjà rendu dans la salle de bain. Je le suis du regard, jusqu'à ce qu'il me dise de faire comme chez moi. Ca tombe bien, je n'avais pas l'intention de rester plantée dans l'entrée.

« Anya », je lâche en guise de présentation sans lui donner mon nom complet, « T'es pas le premier ni le dernier à qui je remets l'épaule en place. »

Il me laisse seule ici, avec tout à portée de main ? Hè bin... Il n'a pas peur ! Je pourrai lui piquer sa réserve et me barrer en vitesse qu'il n'aurait pas le temps de s'en apercevoir. Il a vraiment de la chance que son cas m'intéresse. Sans gêne, je commence à arpenter la pièce, attrape un des comprimés laissé sur la table et plisse les yeux pour tenter d'y lire l'inscription. Aucune idée de c'que c'est. Je me servirais rien si je n'avais pas peur d'être complètement stone en ne sachant pas ce que j'ai pris. Je délaisse la table pour m'aventurer du côté des étagères et y laisser vagabonder mon regard. Ok. Donc le gus vit seul, sinon il n'aurait pas autant de dvd classés X dans sa bibliothèque. J'en attrape un au hasard, hausse un sourcil en voyant le titre et vais même jusqu'à lire le « synopsis », si tant est qu'un truc de ce genre puisse avoir une histoire. Je repose le dvd et m'amuse à lire les titres des autres, tous plus cons les uns que les autres. Il commence à me plaire, ce type. Il a l'air de s'en foutre royalement de l'image que je peux me faire de lui, il me laisse vagabonder dans son appart et, quand j'arrive à la cuisine, je ne me fais pas prier pour « emprunter » le paquet de gâteaux qui traîne sur le plan de travail. Grignotant les biscuits, je reviens vers la salon et attends patiemment que l'eau s'arrête de couler.

« Je peux entrer ? »

J'attends quelques secondes et pousse la porte de la salle de bain. Aussitôt, un écran de vapeur d'eau brûlante me brouille la vue et me prend à la gorge. S'il voulait se passer la couenne au court bouillon, c'est réussi. J'ouvre la porte en grand pour laisser la chaleur s'évacuer, attrape une serviette et la lui tend. Des types nus, j'en ai vu assez pour que plus rien ne me choque ou ne me fasse rougir, mais même si l'eau a retiré une partie du sang et des tissus nécrosés qui lui couvraient le corps, il reste des traces de tout ça, des... Cicatrices.

« Tu as de quoi te soigner ? »je demande en grignotant un biscuit.
« Tiens au fait, j'ai trouvé ça dans ta cuisine, tu m'as dit de faire comme chez moi, alors j'me suis servie. T'en veux un ? Vu ton état, t'es tout intérêt à manger. »

Je lui tends le paquet de biscuit, comme si c'était le mien ou un cadeau particulièrement généreux, avant de rabattre le couvercle de la cuvette des toilettes pour m'y asseoir. Il me désigne le placard où est apparemment rangée sa trousse de premier secours, que je m'empresse de sortir. Des compresses, un vieux flacon d'alcool, une paire de ciseaux et des aiguilles, voilà ce qui constitue l'essentiel de son petit matériel. Une bobine de fil qui doit sûrement être davantage faite pour repriser les chaussettes, quelques vieux pansement et... C'est tout. On va faire avec.

« Bon... Montre-moi les dégâts, caïd. »

La mine sérieuse, je lui intime de s'asseoir au sol pour éviter de se fatiguer inutilement en restant debout, et commence par lui inspecter le visage.

« Tu as l'arcade ouverte... J'vais t'arranger ça. »

Je déballe une compresse, l'imbibe d'alcool et l'approcha de son visage.

« Ça va piquer, mais j'imagine que tu le sais », je murmure en tamponnant le liquide que la plaie. « Dis donc, j'ai jeté un œil à ta... Collection... T'es du genre cinéphile monomaniaque ou juste un manque à combler ? »

J'esquisse un sourire, ayant plutôt dit ça sur le ton de la rigolade qu'autre chose. Après tout, j'm'en fiche un peu de ce qu'il fait de ses soirées, et j'ai suffisamment les gens moralisateurs en horreur pour ne pas m'y mettre moi aussi. Je repose la compresse souillée, déballe une aiguille et la porte à hauteur de mes yeux pour y passer un morceau de fil.

« Qu'est-ce que tu leur as fait, aux types qui t'ont mis dans cet état ? J'veux dire... Ils devaient méchamment t'en vouloir, non ? »

Des questions, j'en ai des milliers, et la première reste pourtant coincée dans ma gorge : tu es quoi ?

« Bon ça me soûle, enfiler une aiguille avec des gants c'est vraiment la merde ! »

Je retire mes gants, enfile l'aiguille et regard Joseph avec un regard à la fois sérieux et agressif.

« Tu penses pouvoir contrôler ton... Truc ? Parce que si tu veux que j'te soigne, va falloir que tu mettes ça en veille, sinon j'aurais perdu l'usage de mes dix doigts avant d'avoir fini de te recoudre. »

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Sam 25 Fév - 14:19

L'eau chaude ruisselle sur mon corps endolori, un peu meurtri, et s'insinue longuement sur la chair blessée. La sensation est brûlante, douloureuse, mais je me fais violence encore quelques minutes. L'eau devient bientôt savonneuse, et l'odeur de propreté me détend peu à peu. Les muscles se relâchent sous l'eau brûlante, quelques nœuds se défont, et j'y mets finalement fin. La buée est étouffante, et je ne réalise qu'après quelques secondes que Anya est déjà là. Finalement, elle doit être plutôt sympa, si on met de côté ses remarques cinglantes et son incapacité à rester muette plus de cinq minutes. Je lui réponds vaguement d'une voix enrouée et me racle la gorge, en faisant un pas en-dehors de la cabine de douche, toujours pas gêné de ma nudité. Rien qu'elle n'a pas déjà vu ; j'attrape la serviette qu'elle me tend et l'enroule autour de ma taille. Je ne sais pas si c'est la fatigue, la faim ou la chaleur étouffante, mais je m'appuie contre le lavabo, gêné par un voile sombre devant les yeux.
Du nerf, Joseph, on s'laisse pas aller – je prends un biscuit, puis deux, puis trois. En fait, j'ai une sacrée dalle. La bouche pleine, je lui indique le placard dans lequel se trouve la trousse de soin. Le sucre fait rapidement son œuvre, un coup de pied mental au cul aussi, et j'y vois bientôt beaucoup plus clair.

Le postérieur posé au sol, le visage incliné vers elle, j'ai l'impression de véritablement la voir pour la première fois depuis tout à l'heure. Je ne me gêne pas pour la détailler, comme je le fais toujours. Ses traits sont plutôt fins, et elle a ces yeux, dont on ne sait jamais vraiment s'ils sont verts ou noisette, ou un peu des deux. Je n'aime pas les cheveux si courts, mais elle les porte plutôt bien – l'odeur d'alcool me monte rapidement au nez, et la compresse humide s'écrase lentement sur mon visage. Fugacement déformé par une grimace lorsque le liquide se dessine un sillon dans la chair à vif, je tique quand elle me parle d'une collection. Je ne comprends pas immédiatement, et aboie brusquement de rire. Putain, je sais pas si je dois rougir ou pas. D'un côté, je m'en fous pas mal – de l'autre, elle va me prendre pour un ado qui se paluche tous les soirs. Malgré le besoin que je ressens de me justifier, je souris franchement : « Ah, ça... Ouais, j'ai de gros besoins, dis-je, amusé, avant de reprendre : Tant que j'arriverai pas à contrôler ce truc, je sais pas si j'aurai beaucoup de prétendantes, je lâche simplement avant d'ajouter, sarcastique : Mais j'trouve que t'exagère, j'suis sûr d'avoir tous les Die Hard ». Quelques expériences malheureuses m'ont suffit, je ne vais plus poser la main sur une femme avant de savoir contrôler cet horrible... pouvoir. Une putain de malédiction, un mal dont j'ai l'impression que je trouverai jamais la cause.

Elle glisse le fil à l'intérieur de l'aiguille, et je baisse les yeux une seconde, contemple une peau abîmée que j'exècre. Je n'imagine pas l'état de mon visage. Presque étonné qu'elle parvienne à s'y focaliser avec tant d'attention, je le relève malgré tout vers elle, lui tends l'arcade blessée. Je ne repense pas au regard surpris qu'elle m'a lancé lorsqu'elle a eu le loisir de me dévisager à la lumière vive de l'appartement, ni au mot terrible qu'elle a prononcé plus tôt – monstre. Terrible, parce que c'est celui que j'emploie trop souvent – j'imagine que je m'étais convaincu d'être le seul à le penser, après tout.
Anya se fait curieuse, et je lui offre un sourire moqueur. « De toute évidence, je suis admiratif devant tant de perspicacité », dis-je lentement, goguenard. Un léger silence suit, parce que la seule chose dont je sois sûr, c'est que tout est lié à la mafia. Bien sûr, il est hors de question que je prononce ne serait-ce qu'un mot à ce sujet, et je hausse les épaules le plus évasivement possible. « Non, je leur ai rien fait. Pas encore. J'crois que j'peux considérer ça comme une sorte de menace, c'étaient pas mes fournisseurs habituels... J'imagine qu'ils espéraient surtout qu'on me retrouve avec tout ça sur moi – j'suis sûr que s'ils avaient réussi à me coller main dans la main avec un autre type, ils l'auraient fait.  » dis-je, amusé. Je collectionne suffisamment les vices pour pas être homo, en plus de ça.

Je lui lance le regard le plus innocent du monde lorsqu'elle perd patience, et relève de grands yeux vers elle. Mon truc je le contrôle pas, mais je sais qu'il n'est pas près d'arriver. Si je ne sais pas véritablement ce que c'est, ni comment je peux le nuancer, je sais quand ça se produit, et à moins qu'on ne se lance dans quelque chose de vraiment intense, ça n'arrivera pas. Pourtant, je hausse faiblement les épaules, une moue toujours aussi innocente sur le visage, sous son regard sérieux. « Ça ne dépend que de toi, tu sais... Pour l'instant je le contrôle, mais il faut que tu sois très délicate, sinon ça risque de me glisser des doigts... » Probablement trahi par un sourire un peu trop rieur, j'incline à nouveau le visage vers elle, patient. « Bon, pour être honnête, je le contrôle pas trop. Va falloir me faire confiance, sur ce coup-là ».
Peu enclin à m'étendre davantage sur le sujet, j'en reste là. Après tout, je serais idiot de la laisser me toucher si je n'étais pas certain que ça ne se reproduirait pas. L'aiguille pénètre dans la chair, et je fais tous les efforts du monde pour grimacer le moins possible, garder la peau de mon visage tendue et aisée à manipuler pour elle. Elle est plus douce que je ne l'aurais pensé, et comme à chaque fois qu'une femme me soigne, le visage de ma sœur s'impose. Elle rechignait davantage à recoudre, parce qu'il faut avoir la force de savoir glisser l'aiguille dans la peau. Anya n'a pas ce problème, de toute évidence. Elle ne prend pas le temps d'y réfléchir, elle agit spontanément. Elle me plaît bien, parce que les femmes sont rarement aussi directes. Je détaille son visage et réalise qu'elle en sait déjà bien plus sur moi qu'inversement, et cette situation là me plaît beaucoup moins.

« Bon, tu connais bien trop de trucs sur moi pour que je sois pas curieux à mon tour. T'as pas l'air d'avoir une vie plan-plan, alors j't'écoute, j'adore écouter plein d'histoires. Et puis, tu faisais quoi dans ce quartier pourri ? Plus ou moins interrompu par le gargouillis d'un ventre affamé, j'ajoute : Je présume que tu sais pas cuisiner ? »

En toute sincérité, elle a pas la gueule de celle qui passe deux heures aux fourneaux. Je tends la main vers le paquet de biscuits et en fourre un nouveau entre mes lèvres. Au fond, je crois que je suis soulagé de pas être seul. Ces derniers temps, l'appartement est trop souvent plongé dans une obscurité réconfortante, pour ne pas regarder le vide de mes quatre murs droit dans les yeux. Pour ne pas subir le poids d'un isolement narquois. Je chéris la solitude lorsqu'elle n'est pas forcée, lorsque je décide de tirer les rideaux et de ne voir personne. Mais depuis les maux de têtes, depuis la nécrose, depuis les pensées malsaines et tout le reste, plus personne ne vient. Je fais le strict minimum au Little et me fais taciturne.
Les minutes s'écoulent, l'aiguille passe et repasse inlassablement dans la chair, et le fil soude une peau meurtrie, coupée. Ça n'a pas été trop douloureux, ses mains ne tremblaient pas, et je me risque à prendre lentement le poignet blessé entre mes doigts, précautionneux. La chair à l'aspect brûlé n'est pas très ragoûtante, mais ça ne s'est pas étendu. J'étais plutôt certain que ça ne se développerait pas, mais je suis satisfait de l'apprécier. Du bout des doigts, je caresse la blessure, en apprécie également la sensation – ça n'est pas très prononcé, ça devrait disparaître rapidement. « D'ici quelques jours, t'auras plus rien. J'ai peut-être de la crème, ça peut accélérer le processus... » J'ai envie de m'excuser, mais je crois que je l'ai déjà fait. Et puis, c'est pas vraiment de ma faute, alors je reste muet.

La jambe toujours douloureuse, je me relève malgré tout sans son aide – d'une part parce que j'abhorre le fait d'être un assisté, et d'autre part parce que je sais déjà que je devrai lui demander de l'aide pour me fringuer. Autant ne pas exagérer. Et puis, j'ai repris des forces, je n'ai pas eu tant de difficultés que ça à me redresser. « Merci pour ça aussi, marmonné-je, embarrassé. Je vais m'habiller, mais bon... j'suis pas sûr d'y arriver seul, tu penses bien. » Je claudique jusqu'à la chambre et pousse la porte derrière moi, avant de m'asseoir sur le lit. Las. Putain, en réalité, je lui en dois une belle, et ma dette grossit à vue d’œil. Je crois même que je commence à espérer qu'il lui arrive la même chose, un jour – alors je serai là, prêt à la porter sur quatre étages et à la rafistoler pour qu'on soit parfaitement quittes. Le bras tendu vers ma commode, j'attrape un sous-vêtement, et me contorsionne comme un diable – ce putain de genou me fait souffrir le martyr, et la douleur ne s'endort que trop difficilement. Tant bien que mal je l'enfile, et bien que j'estime déjà le combat perdu pour n'enfiler qu'un jogging, j'essaie. En vain. Épave vautrée sur le lit, j'incline le visage vers la porte.

« Anya ! » Lorsqu'elle s'ouvre sur sa silhouette, je l'imite et balaie la pièce du regard. Pas particulièrement spacieuse, elle contient cependant un grand lit et ses deux guéridons, une commode, ainsi qu'une armoire encastrée dans le mur. Dans un coin, le miroir est recouvert d'un drap, action de toute évidence faite à la va-vite. « Ils ont du me péter le genou, ou un truc du style, me justifié-je, agacé. Une fois que t'auras trouvé quoi faire pour le dîner, tu seras libre, promis », dis-je, narquois. Hors de question qu'elle m'abandonne seul et affamé.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Ven 3 Mar - 23:34

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Quand je lui suis tombée dessus, faut bien l'avouer, ça m'a fait chier. Et j'ai la finesse et le raffinement d'une princesse sous amphet', et j'en ai strictement rien à cirer. Ça m'a emmerdée parce que ça m'a foutu en l'air mes plans pour la soirée, mais étant donné que je n'avais rien d'autre de prévu à part bouffer un reste de glace devant un dvd pris au pif... Finalement la soirée n'est pas si mal. Si on exclue la nécrose qui ronge mon poignet et irradie d'une douleur supportable mais constante. J'ai toujours eu cette tendance un peu désespérée à me jeter sur la première opportunité venue pour chasser ma solitude et pour une fois, c'est l'opportunité en question qui m'est tombée dessus. Alors j'en profite, je râle pour la forme mais au fond, tout ça m'amuse. Ça m'amuse autant que de voir le vide intersidéral de son frigo et le pauvre paquet de gâteaux qui semble avoir survécu par miracle à l'Apocalypse, ça m'amuse comme ces petites pilules qui poussent comme des champignons – et même pas du LSD – dans son appart, mais ça ne m'amuse pas autant que ce que je découvre sur ses étagères. Franchement. La plupart des gens qui... Consomment ce genre de truc planquent ça dans des sous dossiers de dossiers verrouillés par des mots de passe et pourquoi pas un capteur rétinien, le tout au fin fond d'un disque dur enfoui sous leur lit. Lui non, c'est open bar, à la vue de n'importe qui et ouais. Ça me fait marrer. Typiquement le genre de mec qui a autre chose à foutre que d'avoir honte de ça, ou du moins c'est l'impression qu'il me donne.

Forcément, ça serait trop m'demander que de me taire à ce sujet, et alors que je lui désinfecte l'arcade, j'apprécie ce franc sourire qui fend son visage et se passe sans peine d'un rougissement ridicule.

« Oh tu sais, si on veut extrapoler, on peut dire que tu n'as que des films avec des gros calibres, ça t'va ? »

La finesse, Anya, la finesse... Plus tard.

« Plus sérieusement, ça doit être... Handicapant dans tes relations avec les gens. J'veux dire... Pas que pour coucher, c'est très plaisant comme activité, mais y a quand même autre chose à faire dans la vie. Ça se produit tout le temps ? Si tu serres la main du mec qui vient de t'embaucher, il se retrouve avec la lèpre en version accélérée ? »

Va falloir qu'il s'y fasse, je ne suis ni connue pour mon hypocrisie, ni pour mon tact. Quand j'ai un truc à dire, je le dis, c'est comme ça. Mais ça doit lui changer, d'avoir quelqu'un qui ne le regarde pas avec une moue de dégoût. Des gueules cassées j'en ai vu, et par bien des aspects, la mienne l'est aussi. Il n'est pas beau à voir, son visage couvert de plaie et de tissus décomposés, mais si on enlève ça, il doit pas être trop mal. Je préfère l'imaginer comme un type lambda que de me focaliser sur ce qui pourrait me soulever l'estomac si j'y faisais attention. Ça aussi, ça fait partie de l'entraînement que j'ai suivi : ne jamais être écœurée par quoi que ce soit, ne pas avoir peur de se salir, ne pas paniquer devant des tripes à l'air... Alors oui, je reste de marbre devant son visage parce que j'ai appris à voir au-delà des blessures et cicatrices. Je fronce alors les sourcils.

« Une menace ? Attends... Des types qui vendent de la drogue chercheraient à te faire attraper avec ladite drogue ? C'est pas super malin, pour peu qu'on puisse savoir d'où viennent les médocs... Fin j'dis ça, j'suis pas experte en la matière, mais c'est pas super malin, comme technique. T'as d'la chance d'être tombé sur moi, t'aurais aussi bien pu être en train de comater dans les bras d'un mec que j'en aurais rien eu à foutre. »

J'ai pour habitude de vulgairement penser – et dire – que chacun est libre de foutre sa queue ou son vagin où il voulait. La moitié des lois dictées par le gouvernement me passent au dessus, et j'ai du mal à croire qu'ils puissent penser tout ça viable : priver les gens de toutes leurs libertés, c'est la porte ouverte à la rébellion.

« En tout cas, j'espère pour toi que tu sauras les reconnaître si tu les croises, parce que eux se souviendront de toi, et à moins que je ne te suive à la trace comme un toutou, je serai pas là pour te ramasser à chaque fois. »

J'ai beau être un coyote et partager pas mal de traits commun avec les chiens, ce n'est pas pour autant que je me comporte comme eux. Finalement, le sérieux reprend le dessus tandis que je retire mes gants et passe le fil dans le chas de l'aiguille.

« Il est bien là l'souci, champion. Pour que j'te fasse confiance, va falloir un peu plus que deux ou trois biscuits. On va dire que tu vas te contrôler. Et si c'est pas le cas, j't'en mets une, ok ? »

Je sérieuse. Il a beau m'être sympathique, je n'accorde pas ma confiance à grand monde. A vrai dire, le dernier à qui j'ai accordé ma confiance m'a trahie, s'est marié avec la première venue et m'a plantée là comme un vieux chiffon dégueulasse. Je me concentre, tend la peau entre mes deux doigts – non sans une appréhension à l'idée de finir gangrenée de partout – et plante fermement l'aiguille dedans pour commencer à la recoudre. Tout ça se fait en silence, je fais mine d'ignorer le regard insistant qu'il pose sur moi, fais tout aussi mine de ne pas m'en offusquer. Quand on me regarde comme ça, j'ai tendance à prendre la mouche, car je ne sais jamais si c'est simplement de la curiosité ou de l'observation dans le but de me nuire. Et c'est alors que viennent les questions. Ok. Pas d'observation, juste de la curiosité. Je me détends un peu, me penche vers lui et casse le fil d'un coup de dents, non sans un soupir de soulagement en constatant qu'il ne m'a pas à nouveau fait moisir.

« Bof... Y a pas grand chose à dire, en fait. Je suis journaliste, j'écris des articles pour les journaux qui en ont besoin et ça s'arrête là. Si j'étais dans l'quartier, c'était justement pour récupérer l'argent que me devais un client. »

Et il passe bien, le mensonge, parce que je mens comme je respire. Justifier de mes talents d'infirmière, en revanche...

« Et j'te vois v'nir, tu vas m'demander comment une journaliste se retrouve à remboîter des épaules et recoudre des plaies ? Pas grand chose à dire. Y a eu une période où j'ai rafistolé par mal de gens. »

Le peu que je suis prête à en dire doit lui suffire pour comprendre que je n'ai pas spécialement envie de m'étendre sur le sujet. Quant à savoir si je sais cuisiner...

« C'est pas parce que je suis une femme que forcément j'dois m'coller aux fourneaux. A mon accent, tu dois te douter d'où je viens, mais que ça soit la gastronomie de chez moi ou celle d'ici, je suis infoutue de faire cuire des pâtes sans les louper. Ça t'va ? »

Je n'aime pas cuisiner et les aliments en général ne m'aiment pas non plus. Réussir à ce point à rater toute tentative culinaire pourrait s'apparenter à du génie si ça n'était pas franchement ridicule. Lorsqu'il me prend le poignet, j'ai un mouvement de recul instinctif et fronce les sourcils. La marque noire n'a pas bougé, probablement freinée par ma régénération naturelle de métamorphe mais ça, il n'a pas vraiment besoin de le savoir. Finalement, je me surprend à hausser les sourcils tandis qu'il caresse doucement ma peau endolorie. Y a... Une espèce de douceur un peu maladroite chez lui, une douceur qui s'passe de mots mais qui est loin d'être désagréable. Deux cons solitaires qui se retrouvent à partager trois mètres carré de salle de bain à tout casser. Et en fait, ce n'est pas désagréable. Sa présence autant que son contact.

« Laisse tomber la crème, je cicatrise plutôt vite... »

Disant cela, je retire mon bras et rompt cet étrange lien qui nous a uni l'espace de quelques secondes. C'est tout moi, ça. Briser tout ce qui peut être agréable pour mieux imposer une distance de sécurité qui me consume à petit feu. De toute manière, il est déjà debout, à s'croire plus vaillant qu'il n'est et à repousser mon bras quand je tente de l'aider. Finalement, je le laisse boitiller jusqu'à sa chambre, soupire, puis retourne vers le salon et m'étale dans le canapé en l'attendant. Faire comme chez moi, décidément ça m'connaît. S'il a besoin de mon aide pour enfiler ses chaussettes, il ne manquera pas de me faire signe. Je n'ai pas le temps de souffler que déjà, il m'appelle. Avec un sourire amusé, je me relève et me dirige tranquillement vers la chambre. Qu'est-ce qu'il a l'air con, vautré sur son lit... Les bras croisés, je m'adosse à l'embrasure de la porte et le regard avec un sourire goguenard.

« Bah alors... Tu tiens plus d'bout ? J'te l'ai dit, j'vais pas cuisiner pour toi, et j'me sens pas encore assez captive pour implorer ta pitié ou m'enfuir. Si tu veux à bouffer, j'espère que tu as une pizza qui traîne dans ton congélo ? J'vais regarder... »

Je m'éclipse alors, retourne jusqu'à la cuisine et commence à farfouiller un peu partout. Pas grand chose dans le frigo, mais comme je m'y attendais, une pizza dans le congélateur. Eh bah... Ça fera l'affaire, on dira, et je suis plus ou moins certaine de ne pas louper un truc aussi basique. Je m'approche du four, passe cinq bonnes minutes à me demander comment il fonctionne avant de trouver le bouton "start", et l'allume avant de retourner vers la chambre, où je trouve Joseph toujours étalé comme un vulgaire cadavre sur son lit.

« Eh bah y a eu du changement, en dix minutes... Ton four chauffe, tu devrais avoir quelque chose dans l'estomac d'ici une demi heure. En attendant, j'vais pas te nourrir à la petite cuillère, alors faudrait songer à te lever, ok ? »

Je m'approche constate qu'il a tenté d'enfiler un jogging, qui n'est pas aller plus loin que ses chevilles et, sans lui demander son avis, le lui retire et le jette sur le lit.

« T'en fais pas, j'vais pas te violer. Ça ferait désordre. Ta rotule est déboîtée, comme l'était ton épaule. Si je te la remets pas en place, tu risques de faire une hémorragie ou de te retrouver paralysé parce que ton articulation ne se sera pas bien remise en place. Alors attrape ton jogging, mords-le... Et bref, fais comme tout à l'heure. »

Penser à quelque chose d'agréable, ça a toujours été ça, la clé. Dans un geste tout aussi ferme que tout à l'heure, je lui remets le genou en place et commence à me dire qu'il est tout de même très résistant. Autant de blessures, deux fractures et il est conscient, ça force le respect. Respect qui ne se passera pourtant pas d'une visite à l'hôpital, qu'il le veuille ou non. Je me relève, le regarde un moment puis, après une longue hésitation, lui tend la main. Un petit pas vers la confiance, c'est un bon début. De toute manière, il n'a pas trente six choix. Ou bien il prend ma main pour se relever, ou bien il se relève tout seul comme un grand. Ou alors il t'attrape la main, te fait tomber, et tu connais la suite, Anya ! Oui enfin non merci, le scénario où je termine éventrée sur le lit d'un inconnu s'étant servi de moi, ça ne me plaît qu'à moitié. Pour ne pas dire pas du tout.


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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Lun 6 Mar - 20:46

Je fais la moue lorsqu'elle se questionne sur les provisions que j'ai dans mon frigo, peu emballé. Y a rien dans cette bête là, rien d'autre que des paquets de fromage entamés et quelques fruits de seconde fraîcheur. La plupart du temps, je prends même pas mes repas ici – je grignote sur le pouce, ou je mange dehors. Ou au Little. Pas ici, en tout cas. Elle m'échappe à nouveau et m'abandonne, dépendant et handicapé, et je ne fais pas vraiment d'effort pour améliorer ma condition. Le temps s'écoule, la douleur se tasse, et je me contente de me plonger dans une contemplation éhontée de mon plafond. Tic tac, tic tac, il commence à faire froid et je fais mine de m'agiter légèrement pour avoir bonne conscience. L'oreille tendue, j'essaie d'imaginer ce qu'elle fabrique là-bas, m'attends presque à reconnaître le claquement de la porte d'entrée à chaque seconde. La porte ne s'ouvre ni ne se ferme, mais je crois discerner le bourdonnement emblématique du four. Un léger sourire se peint sur mes lèvres, et le bruissement d'un corps qui s'approche se fait entendre. Je penche à nouveau un visage innocent, presque enfantin vers elle, et pose les mains sur mon ventre. Elle s'approche, déterminée, et le jogging atterrit sur le lit en un froissement. Prêt à nous réjouir d'une blague graveleuse, je suis stoppé dans mon élan par Anya et me décompose.

« Non non, n'y touche pas, je m'en occuperai plus tard, je geins en agitant inutilement les mains, mais elle semble prête à me remettre tous les os en place. Non mais si tu te plantes et que c'est pire... »

Je commence plusieurs phrases de cette trempe, peu assuré, et ne prends même pas la peine de les terminer. Le malaise s'installe et une sueur glacée coule le long de ma nuque, une boule se forme dans mon ventre ; l'esprit se prépare à être tourmenté par une douleur aussi vive que cruelle, et je coince le tissu épais entre mes dents, retombe lourdement sur le lit. Putain de plafond que je contemple désormais sans bien-être aucun. Je redoute l'instant où la sensation de ses doigts frais sur ma peau naîtra, prémices d'un nouveau quart d'heure plongé dans le noir. Elle arrive pourtant et, bien incapable de me détendre, je referme la mâchoire sur l'os que j'ai à mastiquer pour m'occuper. Le craquement sonore est semblable au précédent, mais la douleur en est à mille lieux. Ma gorge se serre, l'apnée s'installe d'elle-même, les larmes me brouillent la vue. La mâchoire m'est douloureuse et l'estomac se retourne – je vais vomir. Les secondes s'écoulent sans que je fasse un seul mouvement, et l'air est projeté brusquement hors de mes lèvres, soupir trop longtemps coincé dans ma gorge. La respiration est saccadée, le cœur battant, les cils humides. Sur le tissu du vêtement, la trace plus sombre et élégante de l'empreinte de mes lèvres. La douleur est lancinante mais elle se stabilise lentement. Même si je sais que mon genou ne s'en sortira pas aussi facilement que mon épaule martyrisée, je soupire de soulagement, passe les mains sur mon visage.

La brûlure me rappelle à l'ordre et je me redresse lentement sur le matelas, lève un regard mi-courroucé, mi-reconnaissant à Anya, qui m'observe sans mot. J'enfile le jogging bien plus aisément que tout à l'heure, même si quelque chose est en miette près de ma rotule, et fais tous les efforts du monde pour ignorer la douleur. Une main tendue s'approche de moi – un acte qui me semble naturel, et dont je ne mesure pas vraiment tout ce qu'il représente à ses yeux. J'hésite quelques secondes, frotte la paume de ma main contre ma cuisse – j'ai mal, je suis épuisé, mais les émotions vives sont passées. Je m'autorise encore quelques secondes supplémentaires et m'exhorte à faire le vide. On se détend, si tu lui bousilles l'intérieur de la main, elle va se tirer aussi sec. Alors, d'une lenteur mesurée, j'attrape sa main – l'état de latence s'installe, mais je ne sens rien. Pas de brûlure, seulement une paume chaude et plutôt petite entre mes doigts. Ils s'y referment avec fermeté et je me relève lentement, l'abandonne aussitôt pour fouiller mon armoire à la recherche de quoi me vêtir. Un coup d’œil vers le miroir drapé me dissuade d'oser m'y contempler, et j'enfile le premier t-shirt qui me passe sous la main. Un nouveau soupir s'envole hors de mes lèvres, et je me dirige lentement vers la salle de bain.

« Franchement, t'aurais mieux fait de tenter un petit viol bien placé parce que je marche aussi mal que tout à l'heure, mais bon..., lancé-je, faussement ingrat, l'accent anglais suintant de mes mots, surprenant. J'attrape la crème, l'alcool, n'importe quoi et je tamponne frénétiquement mon visage, soucieux d'accélérer la régénération des tissus. T'es journaliste, alors ?, crié-je d'une pièce à l'autre. Et t'as quoi d'intéressant à écrire, en ce moment ? J'espère que tu lèches le cul du Gouvernement dans chacun de tes articles, rassure-moi ? »

Un sourire moqueur aux lèvres, je ressors de la salle de bain et vais m'appuyer contre le comptoir de la cuisine. Le visage incliné vers le four, je laisse l'odeur d'une pizza en pleine décongélation flotter jusqu'à mes narines et tordre mon estomac de faim. Les yeux désormais plantés dans ceux d'Anya, je passe une main dans ma barbe, la recoiffe sans y penser, l'esprit dérivant ici et là. Ça y est, t'es plutôt présentable, tu fais moins peine à voir. La pensée aussitôt formulée, je grimace en imaginant l'état de mon visage et hoche la tête vers elle. Depuis qu'on est dans l'appartement, elle me regarde de temps en temps, ses yeux courent sur l'épiderme torturé de mon visage. Elle l'a même touché, elle a manipulé ma peau, l'a nettoyée. Je n'ai pas vraiment répondu à ses interrogations – je n'ai jamais vraiment envie de m'étendre sur le sujet, parce que l'ignorer me semble encore être le meilleur moyen de ne pas y penser. Mais je lui dois bien quelques réponses, aussi maigres soient-elles. J'allonge mes avant-bras sur le plan de travail et me détends peu à peu, dans l'atmosphère rassurante de mon appartement.

« Ça, dis-je en désignant mon visage, c'est à cause des blessures. Avant de cicatriser normalement, ça a cet aspect... Je sais pas trop ce que c'est, c'est pas hyper ragoûtant, mais c'est comme ça. Pour ce qui se produit à mon contact, c'est plus compliqué que ça... Le silence s'installe, mon regard se perd ailleurs que sur son visage. Je ne sais pas comment formuler ça, je ne sais même pas vraiment si j'ai envie de mettre des mots dessus. J'attrape machinalement la première chose qui me passe sous la main – un tire-bouchon – et le tripote entre mes doigts pendant que je raconte. L'agacement point dans le ton de ma voix : C'est difficile à expliquer, j'sais pas... Ça se produit pas tout le temps. Seulement quand les émotions sont un peu fortes, quoi. Je vais pas te faire un dessin, mais c'est pas tous les jours non plus. On pourrait croire que ça m'aiderait à me contrôler, mais ça fait tout l'effet inverse., dis-je finalement avant de faire le tour du comptoir et de rejoindre l'intérieur de la cuisine. J'abandonne le tire-bouchon dans un coin et sors deux verres du placard. Bon, on mange pas hyper bien chez moi, mais y a de quoi boire, tu veux quoi ? Je suis sûr que j'ai, mais me sors pas un truc trop exotique non plus, hein. »

Mon verre s'emplit du liquide ambré, à l'odeur forte et emblématique, et je ne l'attends pas pour y tremper mes lèvres. Un bon verre est toujours encouragé après une bonne journée, alors après une journée de merde, on s'imagine facilement que je n'ai plus la patience de la bienséance. Je lui sers ce qu'elle désire et me penche vers le four. « Encore quelques minutes, j'pense. » Je sors des assiettes, et tout le tintouin, avant de me retourner vers elle. Les yeux se plantent à nouveau dans les siens et je croise les bras contre ma poitrine, pensif. J'ai envie de parler, mais je sais pas quoi dire. Appuyé contre le meuble, je lance un regard circulaire à l'appartement vide et un peu froid. Peut-être parce que je réalise que je ne la connais ni d'Ève ni d'Adam, ou peut-être parce qu'elle en a vu bien trop de ma faiblesse, ou encore parce que j'ai parlé de cette chose à propos de laquelle je m'exprime habituellement si peu. Le temps passe, un léger silence s'installe, et le verre entre mes doigts se vide rapidement. Je récupère la pizza dans le four et la fais glisser dans une assiette – elle est un peu dure, mais c'est mieux que rien. Je la coupe rapidement au ciseau et fais glisser l'assiette sur la table de la salle à manger ainsi que la bouteille de whisky.

« J'ai plus mangé à cette table depuis des semaines, dis-je, amusé, en passant la main sur le bois pour y éloigner l'éventuelle pellicule de poussière qui aurait pu s'y déposer. Dans mon dos, la grande fenêtre dévoile le ciel d'un bleu sombre et les immeubles environnants. Peu friand de discussions légères à propos de la pluie et du beau temps, je me sors une part de l'assiette et demande :T'es bizarre, quand même. Dans le bon sens, je m'empresse d'ajouter, un sourire moqueur aux lèvres, et de poursuivre : et je serais bien con de cracher sur ta bizarrerie, d'ailleurs. Mais tu soignes sans rechigner, t'es pas plus dégoûtée que ça vis-à-vis de cet aspect..., dis-je évasivement en désignant mon visage, et fais une pause en engloutissant ma part. J'vais pas te faire la liste de ce que t'as fait ce soir, ni jouer le caïd, mais tu fais partie de ces gens qui aiment bien sortir de leur zone de confort, c'est ça ? Ou qui aiment bien toucher un ersatz de danger du bout des doigts, quoi... »

Je ne juge pas, et encore moins ne critique. Je minimise un peu la situation pour ne pas être dramatique, mais ça aurait pu représenter un certain danger pour elle, de me traîner sur son dos. Mais cette sensation, cette recherche effrénée, je la poursuis tout le temps. Alors, si c'est ça, je la comprends. Je termine le fond de mon verre et m'en remplis un nouveau, que je lève, fais mine de porter un délicieux toast à cette étrange soirée.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Sam 11 Mar - 22:49

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Il n'a pas l'air d'aimer la remarque que je fais sur son frigo mais jusqu'à preuve du contraire, c'est lui l'affamé de l'histoire, et il est hors de question que je sorte lui chercher un truc si c'est pour risquer de me retrouver avec d'autres emmerdes sur le dos. Il est gentil, l'ami Jojo, mais on n'est pas encore assez intimes pour que j'lui cire les pompes à c'point. En revanche, continuer à le torturer pour lui remettre les os en place, ça ne me dérange pas plus que ça.

« Ooh aller fais pas ta chochotte... Si je ne te remets pas ça en place, tu vas râler tout le reste de la soirée et pigner toute la nuit, alors tais-toi et subis. »

Comme si je pouvais me planter... Bon ok, je ne suis pas médecin, un faux mouvement est vite arrivé, tout ça... Mais j'avais remis des épaules, des rotules et même des cervicales en place. Et à bien y réfléchir, 90% du temps c'était Andreï, toujours Andreï, encore Andreï. Comme si son souvenir continuait à me hanter quarante ans après. Ma besogne achevée, je le laisse se rhabiller en le fixant d'un regard amusé. Il fait le dur mais il est comme tout le monde : il craint la douleur. C'est souvent d'ailleurs l'appréhension qui rend la chose insoutenable, et une fracture semble généralement moins douloureuse que la remise en place de l'os, parce que le cerveau n'a pas le temps de l'appréhender, il n'a pas le temps de se tendre et de se compliquer inutilement la tâche. C'que c'est con, le cerveau humain... Arquant un sourcil, je ricanais.

« C'est une invitation déguisée, ou juste de l'humour noir de british ? Tu ne marches pas bien parce que ta rotule est fracturée. Je l'ai remise dans l'axe, c'est tout, mais tu n'échapperas pas à une petite visite à l'hosto. Sauf si tu veux boiter comme un vétéran pour le reste de tes jours. »

Je le regarde avec une certaine fascination débarrassée son visage des tissus morts et nécrosés. A chaque lambeaux de chair qui tombe, j'ai l'impression de gratter la surface noircie d'une toile et d'en découvrir le véritable argument. Je me surprends même à m'approcher, mue d'une curiosité un peu mal placée mais certainement pas malsaine. J'ai juste envie de découvrir qui se cache sous ce masque, et qui est réellement Joseph Tonwsend, à part un cadavre ambulant. Je suis stoppée dans son mouvement par ses questions et cligne les yeux, violemment tirée de mes pensées.

« J'lèche le cul du gouvernement, ouais. Tant qu'ils me payent mieux que l'opposition. T'as pas l'air d'être le genre de mec qui suis le gouvernement comme un toutou, alors t'attendais quoi de ma réponse ? Une rebelle qui se dresse contre l'autorité ? Ou un brave petit soldat ? »

Il y a de l'ironie dans mon ton. Je ne me suis jamais cachée d'être plus attirée par l'argent que le mérite ou l'altruisme. Je n'ai rien à cacher sur mes activités de journaliste, puisqu'elles cachent déjà à la perfection mes véritables talents d'informatrice.

« En c'moment, c'est plutôt calme, j'écris des trucs sans grand intérêt, pour être honnête. Mais entre nous, je sens venir les scoop d'ici peu. »

Le calme avant la tempête, comme on dit. Le genre de truc bon pour les affaires. De toute manière, ce monde est suffisamment pourrit pour que les journaux est de quoi raconter pour les cent prochaines années. Y a des moments, comme ça, où je regrette un peu le monde dans lequel j'ai vu le jour. Et pour en venir à regretter la guerre froide côté soviétique, faut soit être barré, soit vivre dans un monde post-apocalyptique où l'espoir s'est fait la malle depuis des lustres. Les bras croisés, je suis Joseph jusqu'à la cuisine où flotte une odeur de pizza qui commence à me mettre en appétit. Alors qu'il se pose derrière le plan de travail, je m'installe sur une chaise, les jambes en tailleurs comme j'ai l'habitude de le faire dès que je pose mon derrière quelque part. Sa remarque me fait sourire. Il a dû remarquer que je l'observe sans trop de réserve, mais toujours avec cette curiosité teintée d'innocence et non de dégoût. Je l'écoute en silence, laissant mes yeux vagabonder sur sa peau qui, part endroits, à déjà retrouvé un aspect normal. Ca servirait à quoi de le regarder comme un monstre, à part l'accabler encore plus ? Je suis une garce, c'est un fait. Mais je ne fais rien gratuitement. Lui vomir à la gueule parce que son visage se décompose, ça serait du chiqué, d'la poudre aux yeux. J'ai même l'impression d'être plus fascinée par ce que je vois que terrifiée.

« Alors c'est un genre de... Système de cicatrisation express ? J'veux dire, t'as des parties de ton visage qui ont l'air de s'être plutôt bien remises. »

Et puis je me tais, alors que des milliers de questions me taraudent. J'ai envie de savoir, j'ai envie de comprendre, j'ai envie de mettre des mots sur ce phénomène qui n'a rien à voir avec tout c'que j'ai pu voir jusqu'à présent. Moi qui pensais qu'avoir croisé un jour un métamorphe jumelé avec un paresseux était le truc le plus louche que j'ai jamais vu...

« Sers-moi donc la même chose, ça m'ira très bien. »

Le whisky n'est pourtant pas ma boisson favorite. A vrai dire, si je m'écoutais, je lui demanderais un thé. Mais non seulement je doute qu'il en ait, mais en plus... Je ne sais pas. J'ai toujours quelques réserves vis-à-vis de mon péché mignon. Comme si ça décrédibilisait l'image que je cherche à donner de moi, ce penchant pour la théine. Je récupère mon verre, en avale une grande gorgée et frémis en sentant une chaleur un peu amère se chatouiller le gosier. Y a ce silence un peu gênant qui s'installe entre nous. J'ai envie de lui poser des questions, tout en sachant que j'en sais plus sur lui que l'inverse et que, quelque part, plus je vais poser de questions, plus il va lui paraître légitime que je lui rende la pareille. Or... bah y a pas grand chose à dire de moi. Ou plutôt, y a pas grand chose que je sois prête à partager. Le fait que je sois une métamorphe asservie par un grand malade, que je me consume à petit feu sous l'effet de la solitude, que je cherche à détruire, piétiner et massacrer la vie de l'homme que j'aime et pense haïr, qu'au final je me complais davantage dans la destruction que la paix... Y a rien à dire, tout est pitoyable et j'me voile la face. Son cas à lui est intéressant, point barre. Alors je me lève, le suis jusqu'à la table et m'y installe avant de me servir un morceau de pizza dans lequel je mords avec appétit. Mouais... On a vu mieux mais ça passe, comme repas.

« Ah ouais ? Parce que d'habitude, tu manges où ? »

Et puis finalement, mon silence et mes questions me retombent dessus. Je hausse un sourcil, repose ma part de pizza et le fixe avec un semblant d'agacement dans le regard. Bizarre ? Je suis supposée prendre ça comment ? Bien, apparemment. Reportant mon attention sur ma part de pizza, je le laissais finir et esquissais un sourire peu convaincu.

« Faut croire qu'aujourd'hui, on croise plus beaucoup de gens susceptibles de tendre la main pour aider un type en train d'crever dans l'caniveau. Et encore, j'te trouve bien sympa dans la description qu'tu m'fais. J'te rappelle que je fais pas ça gratuitement et toi tu... J'sais pas. T'as l'air de me voir un peu mieux que ce que j'suis. »

Pourquoi j'dis ça ? J'le connais pas, il ne me connaît pas, qu'est-ce que ça peut lui foutre que je sois loin d'être quelqu'un de bien ? Je relevais les yeux et le fixais sans ciller.

« Être dégoûté par ce qu'on ne comprend pas, c'est faire preuve d'une sacrée connerie. Et si tu réagis comme ça, c'est que t'as déjà croiser un paquet de cons. Non ton visage ne m'dégoûte pas. Bon ok, il est pas super avenant quand tu te promènes avec de vieux lambeaux desséchés mais... J'vais survivre et j'en ferai pas des cauchemars cette nuit. »

Je suis plus sèche que je ne l'aurais voulu, et je m'en rends sûrement compte un peu tard, mais... Mais je sais c'que ça fait, d'être traitée comme un monstre ou d'être rejetée. Alors soit il va prendre ma réserve pour de l'agressivité, soit il va commencer à se douter que je le comprends peut-être un peu plus qu'il ne l'imagine. Être une métamorphe, c'est loin d'être aussi rigolo qu'on le pense, et je prends parfois ça plus pour une malédiction qu'autre chose. Ma part de pizza terminée, je m'époussetais les doigts et me relevais pour m'étirer comme un chat.

« On vit dans un monde où le danger est omniprésent, très franchement t'es pas celui qui arrive en haut de ma liste. »

Cette place-là revient haut la main à Georg, quand même refusés-je de l'admettre. Je m'approche de Joseph sans détourner le regard, avec toujours cette même curiosité au fond des yeux.

« Et si t'arrêtais de vivre avec une malédiction sur le dos ? J'veux dire... J'vais pas te faire la morale, ça n'a rien de cool de se retrouver à réduire à l'état de chaire putréfiée tout ce qu'on touche, enfin j'imagine, mais tu pourrais... Tu as déjà essayé de t'entraîner à contrôler ça ? »

J'ai retrouvé un peu plus d'entrain en disant tout ça, plus à l'aise pour évoquer son souci à lui que d'essayer de mettre les miens en ordre. Pour sûr, un psy aurait de quoi se mettre sous la dent, avec tous les boulets que je me traînent aux pieds.

« T'as dit que les émotions fortes avaient un impact sur ta... Capacité à tout nécroser ? Si j'te mets méchamment en colère ou que j'te raconte une blague super drôle, tu crois être capable de te contrôler ? »

Un petit sourire innocent aux lèvres, j'attrape mon verre et le sifflais d'une traite. S'il refuse de se sortir de la merde noire dans laquelle il est, ce n'est pas mon problème, mais essayer, ne serait-ce qu'un peu, c'est mettre toutes ses chances de son côté. D'autant qu'en matière de self-control, je me démerde plutôt pas mal, contrairement à ce que les apparences peuvent montrer. La colère, l'excitation, la peur, l'amour... Si je ne risque pas de lui fournir le dernier, je peux toujours essayer de lui flanquer la frousse de sa vie pour voir comment il va réagir.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mar 14 Mar - 1:28

De l'humour de British, dit-elle. Ça veut dire qu'il s'entend vraiment bien, cet enfoiré d'accent. Il m'a toujours donné cet air un peu prétentieux que je déteste, qui me rappelle à la voix de mon père. Puis elle s'exprime, sans honte, sur sa cupidité. C'est étrange, parce que je parviens à émietter la honte qui me bouffe et à m'exprimer, avec cette femme. Peut-être y arrive-t-elle aussi, me dis-je vaguement, quoique encore gourmand d'informations à son propos. Je remue le verre de whisky, en observe le fond – non, ça n'est pas vraiment un système de cicatrisation express, avais-je répondu d'un hochement négatif de la tête. Un haussement d'épaule, sans m'étendre davantage, parce qu'elle me rappelle à ma méconnaissance profonde du sujet. C'est terrible, d'être spectateur de sa propre condition. De ne pas avoir, ne serait-ce qu'un mot à poser là-dessus. Je bois une gorgée et admets amèrement que, finalement, j'en ai bien un. Monstre. Un putain de truc inhumain et tout ce qu'il y a de plus anormal. Je renverse le contenu du verre dans mon gosier, agacé par mes propres songes, et le repose bruyamment sur la table. Comment sera l'alcool, ce soir ? L'aurai-je bon, ou plutôt mauvais ? Mon regard se repose sur elle et je reste pensif – je ne sais pas s'il y a sincèrement des gens qui ont l'alcool bon. Chez moi, il réveille les pulsions ; le liquide brûlant passe dans les sillons crasseux de tout ce que j'étouffe au fond de ma poitrine, de tout ce que j'étrangle sous mon crâne. Et depuis quelques mois, c'est devenu un véritable placard à squelettes.

« Au boulot, mais on y mange surtout liquide... », dis-je simplement, avant de me servir une autre part de pizza. Si Anya n'a pas l'air particulièrement convaincue par le délicieux repas que je lui ai concocté, je trouve que c'est pas trop mal – d'accord, la pâte est assez rigide, le fromage caoutchouteux, et la garniture est plutôt fade, mais à côté de ça, c'est pas trop mal. Je porte toute mon attention sur elle, suis des yeux la part qu'elle repose, son sourcil se redresser, et son regard sombre s'éveiller lentement. Piquée au vif, me dis-je, un sourire amusé au coin des lèvres. Je ne sais pas pourquoi, mais j'y ressens une drôle de satisfaction – je plonge dans l'agacement qui point au fond de ses yeux. C'est cette satanée merde qui grossit au fond de mon cerveau, qui s'en délecte. Le sourire s'évanouit pourtant bien vite, effacé par ses quelques mots. Je ne réponds rien, mal à l'aise – c'est tout moi. J'attends quelques petites confessions, je m'y suis moi-même abandonné, et je suis brusquement gêné. J'attrape la bouteille et me sers un nouveau verre. « Ouais, t'es une grosse garce, mais je croyais que vous aimiez pas entendre la vérité ? » je lâche lentement, un sourire aux lèvres. C'est toujours mieux que d'y répondre sérieusement et d'entrer le pathos. Ou que de ne rien répondre. Je hausse les épaules à la suite et porte à nouveau le verre à mes lèvres. La fatigue, sans doute accompagnée d'un estomac un peu vide, poussent l'alcool à filer droit dans mon sang, et j'engloutis une nouvelle part de pizza en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

De vieux lambeaux desséchés. Un drôle de rire un peu rauque m'échappe, comme s'il avait voulu se coincer dans ma gorge, honteux de ne pas réfuter spontanément la comparaison. Je ne sais pas si c'est l'alcool, ou l'habitude, ou un tout, mais je ne me formalise pas du ton cassant qui roule à mes oreilles. Si je le remarque, je ne m'en préoccupe pas vraiment et le mets sur le compte d'une humeur changeante, comme j'en ai beaucoup. À la suite, une moue faussement offusquée se dessine sur mon visage, et je porte une main à ma poitrine : « Pardon ? Oh non, je pensais être le plus redoutable de tous les grands méchants que tu connais – euh, tu finis pas la pizza ? » dis-je, moqueur, avant de m'emparer d'une nouvelle part. Mais Anya s'approche déjà, et je me tasse contre le dossier de ma chaise, circonspect. « Quoi ? », marmonné-je en terminant de mâcher, et j'abandonne le morceau dans l'assiette. Les mains passent sur mes cuisses et s'essuient sur le tissu épais du survêtement, avant de glisser dans ma barbe, et je déglutis. Elle m'a l'air bien plus enjouée à l'idée de se préoccuper de mes petits soucis que des miens, et je fais la moue avant de boire une nouvelle gorgée du liquide ambré. La grimace s'affiche clairement sur mon visage peu convaincu, et je reste muet quelques secondes. Je penche le visage en arrière et plisse les yeux, méfiant : « On s'calme sur la curiosité, j'ai encore du mal à assumer le rôle de bête de foire. ». J'exagère un peu mais conserve ma posture, paupières mi-closes.

« Une blague super drôle ? Arrête, parce que c'en était pas une, le truc de m'entraîner à contrôler ça ? » demandé-je, désabusé. Je laisse tremper mes lèvres dans le verre, les abandonne à l'alcool qui me chauffe les muqueuses, et permets à un fin filet de glisser sur ma langue. Le regard s'oublie et se perd sur le visage d'Anya. Pas franchement convaincu, je m'avachis sur ma chaise. « J'suis peut-être pas le type le plus dangereux que tu connaisses, mais ce serait quand même un peu stupide de me titiller. Depuis toute cette merde, j'ai la colère plutôt aveugle, si tu veux tout savoir. » répliqué-je lentement, blasé. L'idée de provoquer cette saloperie me déplaît au plus haut point – j'ai juste envie de l'enfermer dans un coin de mon esprit, dans une vieille malle bouclée, et de ne plus jamais y penser. Le verre claque sur la table lorsque je le repose et je croise les bras contre ma poitrine, avant de planter mon regard dans le sien. Confus, malgré tout. Les lèvres sèches, je les humidifie avant de les mordre nerveusement – je ne sais pas. Peut-être que l'idée n'est pas si terrible.
La fierté me rattrape rapidement et s'accroche à mes basques – Anya m'a déjà vu misérable, ce soir, il est peut-être inutile que j'enterre le peu de dignité qu'il me reste encore. Je détourne les yeux et les reporte
D'un autre côté, si j'essaie perpétuellement de ranger cette merde dans un recoin de mon esprit, je fais l'autruche. Et ça n'a jamais été dans mon caractère. Je triture lentement ma lèvre, y plante mes dents tranquillement, songeur. Et redresse soudain les yeux vers elle. « D'accord. Ok. On peut tester. Et t'as pas besoin de me sortir la panoplie des blagues de Toto – déjà, tu pensais sérieusement que ça fonctionnerait ? » demandé-je, un peu moqueur, et je poursuis : « Ensuite, j'ai un truc qui marche à tous les coups. » maugrée-je, secret.

Je lui fais signe de se pousser un peu et me redresse lentement, comme un vieillard cacochyme, m'appuyant sur la table. Je grogne et m'avance tranquillement jusqu'à la chambre, l'incite à me suivre. Le cœur bat déjà plus rapidement dans ma poitrine. Il sent la déferlante d'émotions prête à s'abattre sur moi, comme on prévoit l'avalanche quelques secondes avant qu'elle n'arrive. Je déglutis lentement et repasse une main dans ma barbe. Allez Joseph. C'est pas pire que tout ce que t'as déjà vu, et elle t'assure ne pas être dégoûtée. Et puis tu t'en fous, tu la connais même pas – j'achève de me convaincre et m'appuie contre l'armoire, à quelques centimètres du miroir en pied de la chambre à coucher. L'alcool aidant, je ne suis pas difficile à persuader. Lorsqu'elle est à côté de moi, je lui fais face, le visage grave. « Bon... Souviens-toi que c'est toi qui as demandé à réveiller cette merde, alors te plains pas. » J'attrape sa main sans ménagement et y presse mes doigts – le contact est simplement tiède. Comme pour lui montrer que tout va bien, pour le moment. Le monstre dort encore, mais il adore être réveillé. « Ensuite, faut vraiment que je te prévienne... C'est vraiment pas beau à voir. Putain, j'en ai vu des merdiers dans ma vie, mais je t'assure que ça c'est vraiment, vraiment... » Je hausse les épaules, incapable de poser un mot là-dessus. Horrible ? Dégueulasse ? Épouvantable ? Laid à faire peur ? Non, je ne trouve pas. C'est infernal, c'est une vision d'horreur, c'est immonde. « Personne n'a jamais vu ça, je ne l'ai jamais montré à personne, alors... » Je laisse à nouveau une phrase en suspens, incertain de ce que je voudrais lui dire, et hausse à nouveau les épaules. J'attends quelques secondes, fais mine de lui laisser du temps pour s'armer psychologiquement – mais c'est bien moi qui me prépare. Et, brusquement, je relève le drap qui recouvrait le grand miroir.

Elle est là. La bête immonde, le monstre, le mort, la chose. Cette chose terrifiante, cette chose que je dévisage, et qui me dévisage en retour. Sa peau grisâtre s'arrache, se détache en de longs morceaux de chair pourrie, laisse apparaître les os de sa mâchoire, noircis, saillants. Ses orbites ressemblent à deux puits dans lesquels se traînent des ombres fantomatiques, deux obscurs abysses dans lesquels se reflètent les âmes de ceux qui se sont perdus. Les joues sont creusées, rentrent vers l'intérieur – la peau fripée et grise me soulève le cœur, et c'est bientôt tout le visage qui me remue le ventre. Je ne peux plus regarder. C'est au-dessus de mes forces. Je détourne le regard brusquement, passe mes mains sur mon visage et appuie la chair de mes paumes contre mes yeux, comme pour effacer l'horreur de mon propre reflet. Mon reflet. La gorge se noue et le cœur se serre. Dans tout mon corps, le malaise s'installe. Le bourdonnement résonne au fond de mon crâne et me rend sourd. Je n'entends rien d'autre que ce bruit terrifiant, horripilant, ces murmures, ces sifflements. Les paumes deviennent brûlantes et, si je garde les yeux résolument fermés comme un enfant dans le noir, je les abaisse. Serre les poings jusqu'à sentir les ongles s'enfoncer dans la chair – le cœur bat plus fort, accélère au creux de ma poitrine. L'alcool remue dans mon ventre, me donne une sensation désagréable. Brusquement, je rouvre les yeux et fais face à cette horreur. Encore. D'un mouvement du bras, je pousse le miroir ; il bascule et s'écrase avec violence au sol.
Je ne sais plus pourquoi on a fait ça. Les mains me brûlent et la lave bout dans mes veines. Cette idée était ridicule, plus mauvaise que toutes celles qu'on aurait pu avoir. Je me tourne lentement vers Anya, le corps mu par une rage sourde. Le bourdonnement s'intensifie, et je siffle entre mes dents : « Fantastique, et maintenant ? »

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 23 Mar - 18:27

Define the Mess

Anastasia & Joseph

On y mange surtout liquide, là où il travaille ? Un rictus étire mes lèvres tandis que j'essaye de l'imaginer derrière un bar en train de jongler avec les bouteilles de tout ce qu'il y a de plus prohibé dans cette foutue ville. Parce qu'on ne me fera pas croire qu'il sert exclusivement du jus de goyave et de l'eau gazeuse à ses clients. En revanche, ce qui me fait moins sourire, c'est sa remarque, mais s'il semble vouloir la teinter d'humour. J'essaye souvent de ne pas avoir l'air susceptible – surtout quand c'est moi qui tends la perche – mais j'ai mes limites. Je lui lance un regard froid et lâche d'un ton sec :

« J'admets volontiers mes défauts, mais faudrait p'tet pas t'croire tout permis, cow-boy. La grosse garce t'emmerde, pigé ? »

Peut-être un brin vexée, Anya ? Si peu... Je déteste ce mot. Garce. Parce que ça a toujours été le mot préféré d'Andreï pour me qualifier, après qu'il m'ait annoncé son mariage et que j'ai décidé de lui pourrir la vie. Une garce, j'en suis une, mais je déteste entendre qui que ce soit me le rappeler. Je reporte mon attention sur le bout de pizza que je mâchonne sans grande conviction depuis quelques minutes avant de le reposer dans l'assiette. C'est con, mais ça m'a coupé l'appétit, alors autant détourner la conversation. Un sourire vient à nouveau éclairer mon visage qui s'était fermé depuis quelques minutes, et je pousse l'assiette vers Joseph.

« Tiens, t'as qu'à finir, t'en meurs d'envie. A moins que tu n'sois le genre de type qui démembre ses victimes et expose les morceaux aux quatre coins d'la ville, non, t'es pas le mec le plus flippant que je connaisse. »

Enfin que je connaisse... Le type en question, je m'en étais tenue à l'écart pour ne jamais avoir à figurer sur sa liste. Les aléas du boulot d'assassin, c'est qu'on n'est pas toujours mandaté pour tuer des hommes politique ou d'affaire qui n'ont de redoutable que la langue et l'esprit. Là c'était un malade, juste un malade. Rien à voir avec Joseph. Même si mon poignet continue de pulser d'une douleur supportable mais suffisamment présente pour que je ne l'oublie pas, je sais que sa dangerosité n'a rien de volontaire. Ou alors si c'est le cas, il joue extrêmement bien la comédie et le benêt qui ignore tout de ses capacités de super héros lépreux. C'est quand même pas banal, cette capacité... Tellement pas banal que je m'approche de lui avec toute la curiosité du monde dans le regard. Ça le fait paniquer, on dirait. Loin de m'arrêter, ça ne fait que m'amuser plus encore, de le voir se tasser un peu sur sa chaise comme s'il craignait que je lui fasse du mal. Techniquement, c'est possible. N'importe quel gus qui ne serait pas atteint de la maladie des os de verre ou d'une trouille chronique à s'en pisser dessus est capable de faire du mal à son voisin. Seulement là, ce n'est pas l'idée. L'idée c'est au contraire de comprendre, chose qui a l'air de lui passer un peu au-dessus. Mon sourire se fait plus franc, mon regard pétille de malice, je n'ai pas peur. La peur elle est ailleurs, la peur c'est un autre, la peur c'est une chose que lui m'a appris à contrôler, la peur c'est cette chose que j'éprouve en sa présence et celle de personne d'autre. Je lève les yeux au ciel.

« Hè j'te propose de te file un coup de main, pas de laisser le Hulk en toi prendre le dessus, hin... Une chance que tu ne sois pas tout vert, d'ailleurs. Si j'te propose ça, c'est pas pour me marrer un bon coup ni en profiter. Pas savoir contrôler c'qu'on a au fond de soi, je sais c'que c'est. »

Un peu plus et je lui avouerais être une métamorphe, tiens. Faut dire que les premières années, le coyote a été difficile à dompter. Entre mes accès de colère et la trahison d'Andreï, il suffisait que la lune soit un peu trop ronde pour que je détruise tout ce qui m'entourait. J'ai été le victime de mon manque de contrôle, et voir Joseph tourner le dos à ce contre quoi il pourrait lutter me donne envie de lui mettre des claques. Pourquoi est-ce que je l'aide, moi qui suis pourtant si radine et peu encline à aider les autres ? Je ne sais pas vraiment. Je crois seulement que je me retrouve un peu en cette peur de l'inconnu et de l'inconcevable.

« Si jamais tu perds les pédales, promis je t'assomme. Ça t'va ? »

On dirait que ça lui va, puisqu'il fini par accepter ma proposition. Pas convaincu, mais c'est mieux que rien. Avec un sourire espiègle, je lâche un :

« Oh bah on sait jamais... Il paraît que j'ai beaucoup d'humour et des blagues hilarantes ! »

En fait il ne paraît rien du tout, j'ai l'humour un peu trop noir néant et incisif pour que ça fasse rire qui que ce soit d'autre que moi. Alors je m'efface, le laisse passer devant et le suis docilement, ma curiosité à son paroxysme. Une petite pointe d'inquiétude naturelle alimente l'envie de savoir, et j'essaye d'imaginer un peu à quoi peut ressembler « la chose » qui est tapie en lui. Une fois dans sa chambre, je m'appuie contre le mur et regarde tour à tour Joseph et le miroir recouvert d'un drap. C'est quoi, un sketch ? Un tour de magie ?

« J'ai l'air d'être du genre à m'plaindre ? Arrête de me prendre pour une princesse fragile et magne-toi. »

Pas beau à voir, blablabla, merdiers, gnagnagna.... Bon il me la montre, oui ou merde ? Heu... Sa face cachée, hin, pas sa... Bref. Mes pensées sont plus irrationnelles qu'un QI supérieur dans la tête d'une blonde, alors je vais cesser de penser, me la fermer et observer. Gentiment. Parce que quitte à voir quelque chose que personne n'a jamais vu avant, autant être attentive. Je me contente de hocher la tête et me penche légèrement en avant lorsqu'il soulève le drap. Je retiens ma respiration, oublie de cligner des yeux jusqu'à ce que ceux-ci me brûlent, et entends chaque battement de mon cœur résonner contre mes tympans. Vais-je voir le reflet d'un monstre ? Une sorte de doppelgänger enfermé derrière la vitre ? Ou peut-être vais-je voir la noirceur de son âme exsuder par tous les pores de sa peau ? Je m'attends à tout, d'autant qu'il m'a promis quelque chose d'ignoble. Si je pouvais voir ce qu'il voit, mon estomac se soulèverait de dégoût, mon visage pâlirait et je regretterait de l'avoir provoqué. Si je pouvait voir ce qu'il voit, je serais incapable de le regarder à nouveau dans les yeux, hantée par le visage d'un démon aux orbites creuses, les narines frémissantes d'un parfum de chair décomposée que mon cerveau perturbé imaginerait et rien, pas même le fait de fermer les yeux n'ôterait de mon esprit cette image répugnante. Rien ne pourrait m'aider à oublier ce fragment de je ne sais quel cercle de l'enfer, prisonnier de son reflet.

Seulement voilà. Je ne vois rien. Je ne vois que le reflet ordinaire d'un type « presque » ordinaire, je ne vois rien d'autre que lui, ses blessures, ses plaies et la nécrose qui commence à se résorber. Je ne vois rien de plus dans son reflet que ce que la réalité a à m'offrir. Et soudain, c'est la déception qui m’envahit. Tout ça pour ça ? Toute cette mascarade et ces jérémiades pour qu'au final je le regarder se contempler dans la glace ? Avec une moue blasée, je me tourne vers lui. Son vrai lui, pas le reflet.

« Et maintenant ? Et bien mon beau Narcisse, que va-t-on pouvoir faire de toi ? » je raille avant de grimper sur le lit et de m'y asseoir en tailleur.

Je penche la tête sur le côté en observant son visage. Il a tout de même l'air sacrément perturbé. Comme s'il avait vu quelque chose que moi je n'aurais pas vu.

« Tu t'aimes tellement que te regarder dans la glace quand t'as un p'tit bobo te perturbe ? Parce que sinon, je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de si terrible. Ton reflet est... Toi. Je veux dire, s'il y avait quelque chose à voir, je ne l'ai pas vu. Et pourtant tu as l'air drôlement perturbé. »

Me moquer de lui c'était une chose, mais je cesse immédiatement de le faire en voyant le regard qu'il me semble. Y a quelque chose dans ses yeux qui me fait comprendre que oui, il a sûrement dû voir quelque chose que moi je n'ai pas vu. Et c'est aussi troublant qu'inquiétant.

« Qu'est-ce que tu as vu ? »

Mon regard le détaille de haut en bas, comme si je m'attendais à voir quelque chose de changé chez lui. Mes yeux tombent finalement sur son genoux, dont la blessure a fini par tâcher le jogging.

« Tu saignes... », je dis dans un souffle, comme si c'était la constatation du siècle.

S'il saigne, c'est que la blessure est plus grave que je ne le pensais. S'il saigne, il va avoir droit à Anya l'apprenti boucher ou à un passage à l'hosto. Au choix.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Dim 26 Mar - 20:41

Le corps tendu, les muscles se bandent lentement, les nerfs seront bientôt à vif. Le bruissement de pensées impures qui se traînent et s'enlacent dans ma tête la rend lourde, pénible à porter au bout de mon cou. J'observe Anya dorénavant en silence, la colère au creux de ma main, la gorge serrée. Et maintenant, maintenant que tout est revenu, maintenant que je me suis laissé submerger, qu'est-ce qu'on fait ? Maintenant que j'ai cédé à la colère et qu'un nouvel objet en a fait les frais, maintenant que dans ma tête résonne la cloche du désespoir ? Lourde et intangible, dont le bruit sourd court dans tout mon corps, électrise mes membres et me tord le ventre. Et poussé par le bourdonnement, je l'admets en mon for intérieur : le désespoir n'est pas véritablement pour cette situation, pour ce reflet. C'est le désespoir de devoir avouer que cette colère, cette saloperie qui a toujours tout gâché, je l'aime. Je la porte en mon sein comme un bébé au creux du ventre – un drôle de bébé. Un bébé qu'on aime, qu'on chérit parce qu'il fait partie de nous. Un bébé qu'on déteste profondément, parce que c'est un putain d'intrus dans notre corps. Un corps qu'on a toujours su gérer, qu'on a toujours compris et dont on a toujours pris soin, qui se fait l'hôte malheureux d'un être qu'on ne peut pas vraiment toucher mais dont on ne doute pas de l'existence. Je ne sais pas si ce sont les médicaments, la fatigue, la douleur, mais je délire sévère, me dis-je lorsque le regard d'Anya m'arrache à mes songes. Je l'ai redouté, mais il ne me retourne pas le ventre ; elle n'a pas l'air très choqué. Elle a même l'air un peu... déçu, me dis-je amèrement. Peut-être  s'attendait-elle à autre chose, à quelque chose de plus impressionnant. Un peu vexé, je pince les lèvres.

Lorsqu'elle s'exprime enfin, les yeux se plissent sous deux sourcils froncés. Je la suis du regard lorsqu'elle s'installe sur le lit, la grimace d'incompréhension s'intensifiant sur mes traits. Mon beau Narcisse ? Enfin, mon regard lui échappe pour se poser sur le miroir au sol et revient presque aussitôt à elle. Elle poursuit, et je ne sais pas si l'enclume au fond de mes tripes s'alourdit ou si elle s'envole subitement. S'il y avait quelque chose à voir, je ne l'ai pas vu. Les jurons s'enfuient de mes lèvres en un murmure et les méninges fonctionnent à toute vitesse. Elle me demande ce que j'ai vu, me dit que ma blessure saigne. Je ne prends même pas la peine de lui répondre, le regard d'incompréhension collé sur son visage. Elle n'a rien vu ? Alors peut-être ne suis-je pas véritablement le monstre qui se dessine dans le miroir, peut-être ne suis-je pas cette chose au fond, peut-être mon âme n'est-elle pas si noire que le goudron. Peut-être est-elle nuancée, peut-être est-ce simplement une maladie de l'esprit, une tumeur au cerveau, peut-être que mon corps me fait payer plus de dix ans d'excès, de drogues, d'alcool. Peut-être que je deviens fou, mais cette chose, ça n'est sûrement pas moi. Je souris, la pointe du doigt un instant, passe les mains sur mon visage. Oui, c'est cela. Je deviens fou, j'ai une case en moins que j'essaie de combler, une case grignotée par des années de drogue à intermittence. Je glousse bêtement, m'esclaffe, aboie de rire. D'un rire salvateur, un éclat salutaire par lequel s'échappent quelques doutes et interrogations.  Au moins pour ce soir.

Je me recule de quelques pas et m'appuie sur la commode, me prends la tête entre les mains. Entre deux éclats de rire s'immiscent quelques soupirs, repartent et reviennent. À force de me poiler, à force d'être martyrisé par trop d'émotions, je sens la chaleur émaner de mes paupières. Un gémissement s'étrangle dans ma gorge, et je ne ris plus. Les yeux brûlants, je ne suis plus vraiment en colère, et je n'ai plus du tout envie de rire. J'appuie deux paumes chaudes contre mes yeux, me force à ravaler tout ce qui pourrait en sortir et pousse un profond soupir. « Putain, je deviens complètement taré. » Un chuchotement rauque et indistinct qui brise le bref silence. J'ai envie de l'attraper par le bras et de la tirer devant un miroir, d'y coller mon nez et de lui demander encore, inlassablement, si elle y voit quelque chose. Quoique ce soit, une ombre, une aura, une vapeur, une noirceur. N'importe quoi. Au lieu de ça, je me laisse choir contre le meuble, toujours aveuglé par l'intérieur de mes mains et de nouveau muet. Les secondes passent et je me soumets à la bienséance, pour ce que ça vaut après tout le fouillis social. Le cœur battant, les pensées s'agitent dans tous les sens et je me traîne jusqu'au lit, pose mon auguste fessier tout au bord, la jambe tendue. C'est vrai que ça saigne, me dis-je avec clairvoyance en lorgnant sur le tissu assombri. « Je sais pas c'que j'ai vu. Toujours plus ou moins la même chose, j'sais pas. » commencé-je évasivement, peu enclin à lui décrire la chose. « Mais ça me rassure si tu l'as pas vu. Ça veut dire que tout ça, c'est dans ma tête.  » Je ne suis pas convaincu, ça s'entend. Je me mords la lèvre, passe une main dans ma barbe.

« Quand j'étais gosse, on avait une vieille tante friquée, mais on la voyait pas souvent. Elle avait cette grosse baraque à Malaga, avec son mari. Elle est revenue en Angleterre quand il est mort, mais on la voyait toujours pas. On voyait pas grand-monde, de toute façon. Bref, quand j'ai eu dix ans elle est tombée malade. Elle avait du mal à tenir quoique ce soit entre ses doigts, du mal à parler, à tenir debout. Elle s'est faite opérer d'une tumeur au cerveau.  » dis-je en tournant le visage vers celui d'Anya, le regard absent, voilé par les souvenirs. « Un jour on a été la voir à l'hôpital, pendant sa convalescence ; elle m'avait filé un billet de cinquante livres pour que j'aille lui chercher un café. Elle était vraiment spéciale. » dis-je en souriant vaguement. « Enfin bon, elle est morte quelques mois plus tard. »

Je ne sais pas pourquoi le souvenir est remonté, ni pourquoi j'en ai parlé. J'aurais pu lui dire que j'ai certainement une grosseur qui appuie sur mon cerveau, ou même ne rien dire du tout, d'ailleurs. Je ne me souviens plus de son visage, seulement du billet rose entre mes mains – mon père s'était dépêché de récupérer la monnaie, d'ailleurs. Mais le visage de cette tante m'échappe complètement. Je baisse les yeux, incapable de savoir ce que j'en pense. Un peu honteux de ne pas même avoir une pensée respectueuse envers elle, je pense à moi, encore et toujours. Mais il y a quelque chose qui cloche, me dis-je amèrement. « J'ai sûrement pas de tumeur, parce que ça expliquerait pas grand-chose, ça expliquerait pas la nécrose. Et si j'deviens dingue, c'est la conséquence de toute cette merde, pas la cause. » Tout en parlant, je me penche en avant et remonte le tissu épais du jogging sur ma jambe, grimace lorsque j'effleure la blessure. C'est pas joli à voir, mais la douleur s'est évanouie, remplacée par tout le reste, alors je m'en soucie bien peu et abandonne. Lentement, le tissu retombe et couvre à nouveau ma peau.

Un nouveau regard vers Anya, que je dévisage. Je ne peux pas vraiment lui imposer mes états d'âme, elle n'est pas venue pour ça. Je ne sais pas vraiment pourquoi elle est venue et même si elle a l'air d'une grande curiosité, je ne peux pas lui imposer tout ce merdier, d'autant que je deviens de bien piètre compagnie. « T'es pas obligée de rester, ça commence à aller mieux. » À peine les mots sont-ils prononcés que je souris vaguement – de toute évidence, ça ne va pas mieux, mais je n'ai pas mal. Pas encore, et je ne laisserai pas la douleur s'immiscer à nouveau. « J'irai à l'hôpital d'ici deux ou trois jours, pour l'instant j'ai juste besoin de prendre un verre. Si tu restes encore un peu, t'en prends un aussi. » Un léger sourire étire mes lèvres, fatigué par mes propres humeurs.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 30 Mar - 13:32

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Il se paye ma tête. C'est soit ça, soit il est complètement barj', et je ne sais vraiment pas quoi choisir entre les deux. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai rien vu d'autre que son reflet dans la glace, et voilà que maintenant il se marre. Vraiment, s'il continue à se foutre de ma gueule comme ça, je l’embroche à une tringle à rideaux et le laisse se démerder tout seul. J'ai déjà été bien trop gentille de l'aider, trop gentille de lui remettre l'épaule et le genou en place, trop gentille de... Une petite voix timide me chuchote à l'oreille que tout ça, aider son prochain, c'est ce que font le gens civilisés, en principe. L'ennui, c'est que je ne suis pas civilisée, hurle une grosse voix à mon autre oreille pour faire taire la première. Je ne suis pas civilisée et en plus de ça, je suis susceptible. Le voir se marrer comme un bossu ne m'aide vraiment pas à être conciliante, et je finis par croiser les bras en pinçant les lèvres.

« Ouais... T'as l'air d'un grand malade. Si tout ton bordel de reflet qui fait peur est das ta tête, va falloir songer à te faire soigner, parce que moi j'vois rien, et jusqu'à preuve du contraire je suis saine d'esprit. »

Enfin selon mes critères. Selon ceux de la plupart des psy, j'aurais été cataloguée de sociopathe, voire psychopathe, monomaniaque et franchement dangereuse. Alors passons. Le cas Joseph est tout de même plus intéressant que le mien. Parce qu'il ne sait pas ce qu'il a vu mais c'est toujours la même chose ? C'est complètement con. Pourtant, je fronce les sourcils. Des fous j'en ai vu plus d'un. Mais jamais je n'ai vu un fou admettre sa folie. Ceux qui font ça sont les gens qui se croient fous.

« T'es peut-être cinglé, ouais. Ou alors tu vois des choses que moi j'vois pas ? C'est genre... Réservé aux VIP ? »

D'ici qu'il me dise « je vois des gens qui sont morts » et je me demanderai si ça n'est pas un remake de ce film à la con.

« Ça fait longtemps que tu vois ce genre de choses ? Tu t'es demandé s'il n'y a pas eu un événement qui aurait pu déclencher tout ça, si c'est vraiment dans ta tête ? »

Je ne suis pas plus convaincue que lui, parce que je n'arrive pas à me sortir de la tête qu'il a tout sauf l'air d'un fou. Je suis loin de me douter qu'il voit un reflet qu'il est le seul à voir, mais je me demande si ce qu'il voit n'est pas un reflet déformé par un traumatisme ou une connerie du genre. Sa capacité à nécroser ce qu'il touche, en revanche, elle est bien réelle, et je ne crois pas assez aux coïncidences pour ne pas penser que tout ça est lié. L'ennui, c'est que Joseph ne prend pas le temps de répondre aux questions que je lui pose, il a l'air de plutôt chercher des réponses à celle qu'il se pose à lui-même. Et voilà qu'en plus il me raconte sa petite vie palpitante. Perplexe, je hausse un sourcil et résiste à la tentation de lui dire que je ne suis pas psy et me fiche complètement de son enfance. Lorsqu'il fini son récit, ne voyant aucun lien avec tout ça, je craque.

« … Et tu vas me dire que ça t'a traumatisé de ne pas lui avoir rendu la monnaie de son café ? Que ton reflet dans le miroir te renvoie à l'enfant geignard que tu étais ? Sérieusement... J'suis pas psy, mec. J'vais pas aller farfouiller dans ton pa... »

Et voilà qu'il reprend. Ah d'accord. C'est la tumeur au cerveau, le lien.

« Dis-toi qu'c'est pas plus mal. Avoir une tumeur au cerveau à notre époque, c'est avoir une date de péremption très proche collée sur le front. Avant de te dire que tu es fou, tu as pensé aux autres options ? Je sais pas, moi... Y a ptet d'autres gens comme toi, par ici ? »

A moins qu'il ne soit né comme ça, que ça ne soit pas cette putain d'Apocalypse la responsable ou que sais-je encore. Il est peut-être fou, après tout ça reste une hypothèse envisageable. Mais c'est peut-être autre chose, et ça m'agace prodigieusement de ne pas comprendre ce qu'il est ni pourquoi il est comme ça. Ca m'agace d'autant plus que j'ai le sentiment qu'il veut se débarrasser de moi, maintenant.

« Je t'ai sauvé la peau et ramené ici, j'me serais attendue à un peu plus que des questions supplémentaires. Alors tu sas c'qu'on va faire ? »

Je me lève, le laisse en plan sur le lit et me dirige vers le salon. Là, je récupère nos verres, la bouteille de whisky, et revient aussi sec me planter sur le lit.

« On va picoler, et tu vas me dire ce qui te tracasse, ok ? T'as quoi à perdre, de toute manière ? T'as peur que j'te juge ? T'inquiète, c'est déjà le cas. On s'connaît peut-être pas assez pour que je te tapote l'épaule gentiment, mais je n'aime pas ne pas comprendre. »

Je lui sert un verre, fait tinter le main contre le sien et avale une gorgée de whisky.

« Je pense pas que tu sois fou, Joseph. Mais t'as clairement un problème avec ce... Truc qui te fait ressembler à un cadavre ambulant. Alors vas-y, j't'écoute. Et si tu veux pas parler, on peut toujours continuer à boire en sa racontant des blagues de merde, mais ça t'aidera pas à avancer. »

Si je n'avais pas l'air aussi ronchon, ça pourrait presque passer pour de la gentillesse, ce que je fais. Puis au fond, je me dis que ça serait dommage de le laisser se vider de son sang si je m'en vais.

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MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Ven 7 Avr - 2:14

La lèvre mordue, j'acquiesce vaguement à la plupart de ses paroles. Ouais ouais. Heureusement que je suis pas du genre à me vexer pour un rien, mais elle parviendrait presque à me blesser la garce. D'ailleurs, le doux surnom me brûle les lèvres, lorsque j'ai envie de lui demander de la boucler. Au lieu de ça, je triture ma lèvre – la bienséance a ses limites, de toute évidence. Entre deux moqueries, elle fait mine de me porter un quelconque intérêt, et je bous. C'est rapide et brusque, le sang ne fait qu'un tour. Il faut vraiment que je voie plus de monde, il faut que je me socialise. Que tout reprenne comme avant, me dis-je en anéantissant la peau de ma lèvre inférieure, amer. En guise de réponse, je la gratifie d'un grognement, hausse évasivement les épaules. J'ai déjà l'air suffisamment offensé pour ne pas lui balancer une petite réplique salée à souhait, je pense en rester là. Je demeure muet mais m'abandonne néanmoins à sa question. Tout est arrivé d'un coup. La malédiction m'a embrassé de ses lèvres putrides il y a peu, c'est certain. Je sens encore le poids de ses bras sur mes épaules, son haleine fétide rouler jusqu'à mes narines, me retourner le ventre. Tout ce qui naît de mon imagination, tout ce qui se matérialise autour de moi lorsque c'est ce reflet qui me dévisage. Parce que ça n'existe pas, me dis-je ; c'est dans ta tête, mon pauvre vieux.

Quelle grosse garce. Je détourne consciencieusement le regard, un instant – en réalité, je dois m'efforcer de ne pas la regarder, parce que j'en meurs d'envie. Les petites mains de la colère s'affairent sur moi, glissent sous ma peau et réveillent les fourmillements dans ma jambe, chatouillent mes tripes et les alourdissent au fond de mon ventre, enfoncent leurs centaines d'ongles sur ma poitrine, mon visage, s'accrochent à mon cerveau. « Ouais, j'deviens complètement taré, t'étais pas obligée d'insister autant là-dessus. » Je commence à regretter de l'avoir gardée aussi longtemps, d'avoir accepté de lui montrer l'invisible, d'avoir ne serait-ce qu'espéré sa présence à mes côtés. D'autant qu'elle ressasse sa bonne action de la journée – j'ai l'impression d'être un passe-temps, un monstre à observer derrière le cordon de sécurité, un truc curieux dont on ne veut pas en savoir trop. Je crois que je n'ai jamais été très susceptible – non, parce que j'ai toujours été sûr de moi. Un peu trop, peut-être. Plus dure sera la chute. J'égare mes repères, je les sème au vent et les regarde s'envoler comme les feuilles sèches l'hiver venu, abandonnant l'arbre nu et démuni. Squelettique.
Lorsqu'elle quitte la chambre, je suis giflé par la réalité. Je remonte le jogging sur mon genou brusquement, comme si j'osais le faire seulement parce qu'elle n'était plus là, libre d'assumer l'inquiétude qui point au fond de ma poitrine. Saloperie de blessure. Ça s'est ouvert, ça saigne, ça... Bref, c'est pas très beau à voir. Alors je rabats le tissu prestement sur ma peau, redescends le jogging jusqu'à ma cheville. Anya revient, et je la gratifie d'un regard courroucé.

« Ce que j'ai à perdre ? » Je hausse les sourcils, fais la moue. Tu vas me dire ce qui te tracasses, je t'écoute. « Oh non, t'es pas psy, j'vais pas t'ennuyer avec ça. T'as mieux à faire d'ailleurs, non ? Y a bien quelqu'un qui t'attend... Quelque part... » dis-je lentement, et descends mon verre d'un trait. Je colle mon regard dans le sien. Non, y a personne qui t'attend nulle part, personne pour t'aider à égrener les heures d'une nuit trop longue. Personne pour glisser un peu de douceur dans ce regard, personne pour apprécier ce langage de charretier, personne à qui raconter ta journée une fois la nuit tombée. Ou pas vraiment, pas toujours, pas suffisamment. Peut-être que je me plante ; je me sers un verre, comble le sien. Inutile d'expliciter ma pensée, j'ai toujours eu le regard suffisamment expressif, me dis-je en le détachant finalement du sien. « T'es venue pour des infos croustillantes, pas des questions complémentaires, c'est ça ? Des trucs à se mettre sous la dent ? Du fric ? Tu veux m'aider à me faire avancer ? Tu veux quoi, Anya ? Tu veux que je sois honnête avec toi ? Alors écoute-bien...  »
Je porte le verre à mes lèvres, les trempe dans le liquide une seconde – j'ai tant trituré qu'elles s'embrasent au contact de l'alcool. Je bois lentement, une gorgée, puis deux. « Premièrement, ce serait peut-être tout aussi bien que ce soit donnant-donnant, si tu vois ce que je veux dire. Ce qui m'amène au deuxièmement, parce que si tu comptes te foutre de moi à chaque truc que je te dirais, va falloir me laisser en faire de même. Troisièmement...  » Troisièmement, je n'ai pas confiance. Pas du tout, de moins en moins. Mais plus je bois, plus je mets de côté ce doute – alors je termine mon verre. « On verra plus tard. »

Au fond, elle est peut-être sincèrement intriguée par tout ça. Elle le montre très mal, elle n'est pas toujours très sympathique, mais son intérêt est peut-être piqué au vif. Mais, de toute évidence, son intérêt ne se porte pas vraiment sur moi, sur mon humble et délicieuse personne. Je pince les lèvres, remue le verre entre mes doigts et me redresse lentement, appuie mon dos contre le mur. Ces quelques minutes sont désagréables, et je ne sais pas ce que je désire – ce qui est sûr, c'est que je n'ai plus vraiment envie de discuter. Alors je l'observe, laisse couler encore un peu du liquide dans ma gorge. La chaleur de l'alcool me caresse la poitrine, le visage, la nuque. M'arrache un sourire. « J'ai une meilleure idée – t'as pas vraiment le droit de refuser. Tu sais, quand on avait quinze ans et qu'on essayait de se donner un prétexte pour boire ? Bon... » Un jeu débile, ça détendra l'atmosphère, très certainement. « Tu peux penser ce que tu veux, ça sera toujours mieux que tes blagues Carambar. On peut commencer avec une facile. Je n'ai jamais... amèrement regretté une nuit entière, au petit matin ? » Aux souvenirs sauvages se mêlent effluves de mauvais alcool, de vomi, de pisse, de sang. Rien à avoir avec le vague remords d'avoir tiré n'importe qui, quasiment rendu inconscient par tout ce qui courait dans mes veines. Alors je bois, lance ce bien beau jeu – Je n'ai jamais, et si tu l'as déjà fait, tu bois, je bois, on boit.

Je baisse les yeux sur le miroir, au sol. La plupart des éclats n'est pas dirigée vers moi – mais un morceau l'est partiellement, me renvoie l'image insoutenable. Tout ce qu'Anya n'a pas vu, tout ce que personne ne verra jamais à part moi. Tout ce qui prouve, une bonne fois pour toutes, que je ne suis peut-être pas fou, me dis-je toujours sans assurance. « J'en fais un autre. J'ai jamais eu l'impression d'être pris pour une bête de foire. » Je bois d'un trait, porte un regard insistant sur elle. Ouais, toi, spectatrice. Il te manquait que les cacahuètes, putain. Pourtant, je souris – l'alcool fait son œuvre. Je ressers nos verres – est-ce que tu vas boire, toi aussi ?

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