AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

  /!\ Define the Mess - Anastasia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 13 Avr - 20:32

Define the Mess

Anastasia & Joseph

C'est qu'il finirait presque par m'énerver, c'grand con, à force de me regarder avec ses yeux de killer prêt à passer à l'action. Il veut quoi ? Que j'lui dise que c'est pas sa faute, que c'est parce que maman a été méchante quand il était petit et que papa refusait de lui acheter des sucreries le dimanche, s'il a une gueule de monstre de foire ? Connerie... Si sa nécrose n'a rien d'une illusion, je reste mitigée et me demande encore si tout son bazar de reflet n'est pas juste dans sa tête. J'lui ai pourtant dit les choses aussi gentiment que possible, parce que le mien ça ne me ressemble pas. Le miel et la guimauve c'est pour les enfants et les princesse et... Bah jusqu'à preuve du contraire, je tiens plus du dragon ou de la sorcière que de la gourdasse en robe à frous-frous. J'ai pas d'épaule sur laquelle on peut pleurer, pas plus que je n'ai de sympathie à revendre, j'ai juste... J'ai quoi, au juste ? Qu'est-ce que j'ai pour les gens qui m'entourent, sinon des railleries ? Et merde... Voilà que je commence à me dire que si sa présence me permet d'oublier ma solitude, la mienne en revanche doit plus lui taper sur le système qu'autre chose. Bon sang le monstre c'est moi. Si je n'ai rien vu de monstrueux dans la glace, c'est parce que je ne m'y suis pas regardée. Ça m'sert à quoi, de l'envoyer chier de la sorte ou de lui dire qu'il est cinglé ? A rien sinon à baisser dans le peu d'estime qu'il pouvait avoir de moi. Au final... Son regard furibond, je l'ai mérité. Sauf que ça pourrait très bien s'terminer, je pourrais m'excuser, lui dire que je suis désolée, blablabla... Voire lui faire un bisou sur le nez pour me faire pardonner, mais pour ça faudrait encore que je ravale mon orgueil et ma fierté. Faudrait encore que je reconnaisse que j'ai eu tort et en général, je ne suis pas douée pour ça. Pour traquer, mentir, tuer ça y a pas de souci, je suis la femme de la situation ! Pour faire preuve d'humilité et accepter mes erreurs, en revanche... Fais chier. Conscience de merde, états d'âme de merde, qu'est-ce que j'fous encore là ? J'ouvre la bouche et immédiatement la referme en le fusillant du regard. L'enfoiré... Il contre-attaque bien et il touche sa cible. Il veut de l'honnêteté ? Parfait !

« Tu penses bien qu'si j'avais un mari, des mômes et un clébard qui m'attendent chez moi, j'prendrais pas la peine de ramasser les connards qui traînent dans l'caniveau... »

Si ça peut répondre à sa question, tiens... Qu'il me range donc dans la case des trentenaires désespérées qui n'ont plus que leur propre reflet à haïr, dans la case de celles qui auraient voulu aimer mais qui sont vouées à déverser leur haine sur la monde, la case des déchets, des rebuts de l'humanité... J'en fais partie et j'y ai honnêteté gagné ma place : j'ai rien d'autre à apporter au monde que la mort, c'est pour ça qu'on m'a formatée. Seulement après tant d'années, faut bien reconnaître que ça me pèse. Voilà qu'il commence à me faire la morale, et je ne peux m'empêcher de lever les yeux au ciel. Quel enfoiré... C'est toujours comme ça que ça se passe : j'énerve, je titille et au final on m'fait la morale, comme à une enfant. J'ai horreur de ça. J'ai l'impression d'entendre Andreï, toujours Andreï, Andreï par-ci, Andreï par là... Il va finir par me rendre dingue, son putain de fantôme !

« Mais j'en sais rien, ça t'va ? J'te connais pas, tu m'connais pas, j'aurais quel intérêt à venir chercher des infos pour te faire tomber, hin ? J'ai voulu t'aider, j'me suis chier d'ssus, c'est quoi la suite ? »

Non en effet, je n'ai rien à obtenir de lui. J'ai mécaniquement cherché des infos sur un type dont je ne savais déjà rien. Je me lève alors prête à lui tenir tête comme un vieux cabot déplumé se mettrait à aboyer sur un molosse.

« Premièrement, ma vie est d'une telle platitude qu'y a rien à en dire qui puisse t'intéresser. Deuxièmement, si j'me doutais d'toi, je serais en train d'me marrer après t'avoir dit que j't'ai vu à poil en train de danser la lambada dans ton miroir. Et ton troisièmement, tu peux t'le foutre au cul, c'est clair ? »

Je suis énervée, en colère, acide, amère... Et pourtant je me sens étrangement joviale. Je n'avais pas eu de conversation animée depuis des années. Peut-être même des décennies. Je me rends compte que mon existence depuis l'ouverture des portes est d'un ennui mortel. Mortel, c'est le mot. Avec tout ce qu'on vient de se dire, s'il ne m'a pas encore foutue à la porte, c'est un miracle. Je m'attends d'ailleurs à ce qu'il le fasse, lorsqu'il reprend la parole, tant et si bien que ce qu'il me propose me prend totalement au dépourvu. J'écarquille les yeux, sincèrement étonnée, et reste sans voix. Il veut qu'on... Joue ? Comme des gosses ? Ce jeux-là, je ne l'ai découvert que quelques années plus tard, avec Andreï – y a-t-il seulement un truc con que je n'ai pas fait avec lui – si bien que le coup des ados assit autour d'un feu de camp et se lançant ce genre de défi pour moi, c'est dans les films et nulle part ailleurs. On n'avait pas besoin d'un prétexte pour boire. Boire nous aidait à oublier, à supporter la peur et la douleur, à amadouer nos cibles, mais boire n'a jamais été un jeu. Alors... Son idée me prend autant au dépourvu qu'elle m'intrigue. Qu'est-ce que j'ai à perdre, sinon deux heures d'une vie trop longue et deux ou trois anecdotes sur moi ? Je le regarde boire, hésite un instant, puis m'empare de mon verre et le rempli. Une nuit que j'ai pu regretter ? Ah ça... Je ne sais pas laquelle j'ai le plus regrettée, entre celle où j'ai laissé Andreï partir sans même lui dire un mot, celle où j'ai sauvé Lara et Roman au péril de ma vie... Ou encore celle où, après avoir bu bien trop de cet alcool bizarre venu d'Asie, j'avais accepté de passer la nuit avec un couillon à peine capable de la lever suffisamment longtemps pour m'faire grimper aux rideaux. Une nuit entière à tenter de lui arracher autre chose que des gémissements d'ado pré-pubère et un souvenir de frustration et de gueule de bois comme on ne peut en avoir qu'une fois dans une vie. Avec un sourire amusé, je porte le verre à mes lèvres et le vide d'une traite.

« Bizarrement, ce sont ces nuits qu'on préférerait oublier mais qui restent. »

Je repose mon verre sur mes genoux, lève les yeux vers le plafond et cherche quoi dire pour renchérir. Y a tellement de trucs à dire et pourtant je ne trouve rien sur le coup. Rien qui ne donne encore l'illusion que je suis quelqu'un de calme et équilibré. Finalement, je n'ai pas besoin de me fatiguer car Joseph semble avoir plus envie de jeter les dés de me laisser mener la partie. Une bête de foire... S'il savait... Dans mon cas ça serait plutôt spécimen de recherche ou cobaye mais au fond, qu'est-ce que ça change ? Geogr nous a traînés, Andreï et moi, un peu partout dans le monde, nous présentant comme les agents ultimes, les agents parfaits. Et il gardait toujours son préféré avec lui alors forcément, il m'a plus d'une fois vendue au plus offrant. Sale besogne, besoin du flair d'un clébard et surtout... Mes charmes. Voilà ce qu'il a le plus souvent utilisés pour que je lui ramène des infos. J'avais pas vingt que déjà, je lui servais de prostituée de luxe aux oreilles baladeuses. Rien que d'y repenser, j'en ai la gerbe. Alors je tends mon verre pour qu'il me le remplisse et relève les yeux pour les poser dans ceux de Joseph.

« Putain c'est vraiment d'la merde, ton jeu... », dis-je en buvant mon verre d'une traite. « T'es pas le seule à avoir été considéré comme une bête de foire ici, on dirait. Même si nous avons visiblement des raisons différentes. »

Dans le pire des cas, le fait que je sois une métamorphe n'est pas le secret que je garde le plus enfouit en moi. Entre ceux qui le savent déjà et ceux qui le sentent, la seule chose qui reste généralement secrète, c'est la forme que j'adopte.

« Bon ! A mon tour ! Pour rivaliser, il va falloir que j'en balance deux autres, je suppose ? Aloooors... Je ne mens jamais sur mon âge. »

Facile, ça je le fais tout le temps ! Bien que ça soit la vérité, personne ne me crois jamais quand j'affirme avoir plus de soixante-dix ans. Trop bien conservée, qu'on me dit !

« Et... Je n'ai jamais tué personne. »

Le verre se rempli pour aussitôt se vider. J'ai tué plus d'Hommes dans ma vie que je n'ai passé d'années sur Terre. On m'y a forcé, puis j'y ai pris goût et maintenant ça n'a plus aucune saveur. C'est presque cruel, mais la vie a perdu son caractère sacré à mes yeux le jour où j'ai dépassé la centaine de morts au compteur. Vaccinée, immunisée, qu'importe le mot. De toute manière, dans un monde au bord de l'extinction comme le nôtre, c'est presque devenu plus rare de n'avoir jamais tué personne.

« Mais si ça peut t'rassurer, j'ai pas l'intention d'te butter, hin. »

Par contre... Les questions je les attends. Parce que je viens de lâcher deux infos intéressantes, mais sans le moindre contexte ni indice. L'alcool faisant son effet, je commence à n'en avoir plus rien à foutre, s'il découvre plus de choses sur moi que ce que je veux bien révéler d'habitude.

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones


Dernière édition par Anastasia N. Bolkonsky le Mer 28 Juin - 17:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1364
↳ Points : 283
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : ellaenys / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mar 25 Avr - 0:59

Des connards qui traînent dans le caniveau ? Les lèvres se pincent, les yeux roulent dans leur orbite. Si tu savais ma chère Anya, comme ces vilains mots souillent tes jolies lèvres. En réalité, le ribambelle ne faisait que débuter, le florilège, que dis-je, la kyrielle de saloperies se poursuit. Elle est mauvaise, pensé-je en détournant les yeux, vaguement amusé pourtant. Les mots volaient dans l'air, venaient s'écraser mollement dans mon esprit fatigué. J'ai souri à l'évocation de la fameuse lambada, laissé échapper un rire silencieux qui s'évanouit presque aussitôt, rattrapé par le démon de l'embarras. Mec, tu devais être ridicule – les lèvres à nouveau pincées. Je ne suis plus sûr de moi, plus sûr de rien, de ma putain d'apparence et de l'image que je renvoie aux autres. Un truc que je n'ai jamais contrôlé et qui pourtant me laissait indifférent, jusqu'à il y a peu. Cette gêne profonde et douloureuse est similaire en tous points à tout ce qui vit et prolifère dans un esprit ; tant qu'on l'a, qu'on le contrôle inconsciemment, impossible de réaliser à quel point on en jouit.

L'alcool, les questions, le jeu. Ce jeu idiot. J'avais toujours besoin de raisons suffisantes pour boire, quand j'étais ado. Mon père ne nous laissait pas approcher une coupe de pétillant pour fêter la nouvelle année, il nous poussait continuellement dans le berceau, nous aurait enfermés dans un parc s'il en avait la possibilité. Paradoxalement, il s'amusait toujours de nous voir nous taper sur la gueule, avec Nicholas. J'acquiesce vaguement – ouais, ce sont définitivement les nuits qu'on voudrait oublier qui s'imprègnent dans l'esprit, s'accrochent à la mémoire comme de la mauvaise herbe, poussent par milliers en quelques jours seulement. « Les nuits, les jours, les souvenirs. » J'ai toujours trouvé étrange de me remémorer certaines scènes en particulier et pas d'autres – les plus désagréables ont cette netteté, cette profondeur déchirante. L'impression de pouvoir les revivre, d'être à quelques heures seulement de leur naissance, alors qu'elles datent d'il y a cinq, dix, vingt ans, qu'elles sont mortes et sous terre. Et certains souvenirs, dont on meurt de désir de vouloir les ressentir, ne serait-ce qu'avoir l'ombre d'une caresse olfactive, d'une douceur mémorielle, et disparaissent dans les tréfonds de l'esprit, ne remontent jamais à la surface.
Les yeux sur le visage d'Anya, j'y trouve une certaine amertume, mais ai bien trop de mal à me concentrer pour m'y attarder davantage. À mes nombreuses sources de fatigue vient se mêler l'alcool, l'esprit traînant déjà hors de sa cage. Tandis qu'elle s'exprime, je passe les doigts sur mon genou, y porte une attention assez vague. Un sourire étire mes lèvres à l'évocation du jeu de merde et j'acquiesce en penchant le visage vers elle, amusé. Les jeux les plus merdiques font les meilleures soirées.

Elle ne se contente pas d'acquiescer silencieusement, d'un cul sec, à ma question. La curiosité est titillée et je l'observe sans mot, lèvre mordue. Les questions fusent dans mon esprit, les suppositions s'entassent les unes sur les autres. Mais elle ne nourrit pas davantage la faim qui me grignote l'esprit, demeure évasive, et je n'en demande pas plus. Pas encore – chaque chose en son temps, me soufflent les vapeurs d'alcool. Pour l'instant elles m'apaisent, m'assagissent. Elles se feront bientôt ennemies et douloureuses.
Je ne mens jamais sur mon âge, dit-elle. Elle admet, boit, et je ne peux réprimer un gloussement railleur, une moue moqueuse. « Sérieusement ? » demandé-je sans attendre de réponse de sa part. Le sourire s'évanouit pourtant bien vite de mes lèvres – le déni des créatures, des monstres qui peuplent les rues, de la chose dont je fais désormais partie, atteint souvent ses limites. Je ne veux pas savoir son âge, ni pourquoi il lui arrive de le cacher, et me convaincs avec bien peu d'aplomb qu'elle est à l'image de ces autres femmes, qui n'assument pas le poids des années et en reste là. Un déni qui grandit en moi depuis que mon reflet n'est plus le même, que je ne suis plus le même. Il faut se convaincre que je suis normal et que tout le monde l'est, sans distinction.
Je n'ai pas bu, j'ai attendu la seconde question patiemment. Elle pourrait alourdir l'atmosphère, si elle n'était pas gorgée des vapeurs d'alcool, légères et douceâtres, entêtantes. Anya ne perd pas une seconde et fait dévaler le torrent d'aveux dans sa gorge. Je l'imite sans mot et remplis à nouveau nos verres, en prévision de la future question.

Parfois, il fallait les tuer. Pour Isak, pour la Niflheim, pour les filles. Pour moi. Parfois, souvent, ce n'était pas obligatoire. Mais la rage aveugle, inhibe les sens et camoufle la douleur. Et il faut cogner jusqu'à ce que la vie s'endorme, jusqu'à ce que la lueur soit soufflée comme la flamme de la bougie, jusqu'à ce que les doigts s'abîment contre les os brisés. Frapper, hurler à s'en déchirer les poumons, frapper, se plonger tout entier dans le sang et la souffrance, frapper. Il le fallait. Et la satisfaction douceâtre du travail terminé nous étreint alors, lorsque tout est terminé. Et on se sent misérable, à la fois. Triste et soulagé, comblé et malheureux. Je lui réponds d'un hochement de tête et d'un sourire sans joie. C'est étrange, comme tout se compliqué une fois l'esprit atteint. Je remue mon verre sans y penser, pose un regard rendu lourd par l'alcool sur Anya. Maintenant qu'on a commencé, il faudra boire jusqu'à s'évanouir dans les bras de Morphée. Je ne sais pas quoi lui demander – l'esprit embrumé, beaucoup de questions me parviennent mais bien peu sont sérieuses, voire seulement matures. D'autres sont inutiles, j'en connais déjà la réponse. Le regard papillonne ici et là, se balade avec lourdeur dans la pièce qui a bien du mal à rester en place.

« Je n'ai jamais... voulu revenir en arrière. Et tout recommencer à zéro... » J'abandonne les mots dans l'air, lèvres encore entrouvertes, sans savoir quoi ajouter pourtant. J'y cale donc le verre, le termine en quelques gorgées brûlantes qui coulent sur une langue engourdie et lourde. J'ai bu avec peu de conviction, partagé entre le désir profond et meurtri de rembobiner ma vie jusqu'à la naissance, et le souhait ferme de tout assumer, jusqu'à la moindre virgule. Les maux et douleurs sont justifiés, toujours – alors, à quoi bon vouloir les effacer, me dis-je amèrement. Je mentirais pourtant en n'admettant pas avoir jamais caressé ce doux rêve. « T'as raison, c'est vraiment un jeu à la con. »
J'exprime ma réflexion intérieure à voix haute, désinhibé et immature, d'un « Hmmm » d'une longueur plus que respectable, et l'achève d'un grognement. Je souris bêtement, triste, et me concentre sur le visage en face du mien. Elle est jolie. Un peu masculine, ou pas assez féminine – mais ses traits sont fins, son regard envoûtant, sa silhouette séduisante. Je me surprends à la contempler et laisse courir mon regard sur elle à l'envie, efface toute tristesse de mon esprit. J'ai envie de baiser. Parce que l'atmosphère devient trop lourde, parce qu'on a trop discuté, parce qu'on s'est trop ouverts l'un à l'autre. Il faut redevenir animal et ne converser qu'avec nos enveloppes de chair, ne laisser que nos souffles se mêler l'un à l'autre et plus nos souvenirs. La bienséance me détourne pourtant avec ardeur de mes désirs les plus primaires et les yeux dérivent vers le couvre-lit, les récipients entre nos doigts, la bouteille quasiment vide. Les dernières gouttes coulent dans nos verres et je l'agite sous son nez, moqueur.

Un regard se pose sur elle, distingue quelques dessins incrustés dans sa peau sous le tissu qui la recouvre et je lui offre un regard narquois. « Je n'ai jamais... laissé un inconnu détailler mes tatouages. » D'accord, c'est capillotracté au possible, mais j'ai envie de mater. Je commence sérieusement à ressentir les retombées douloureuses à l'âme de l'alcool, la chute d'une soirée trop longue et trop pénible. J'ai besoin de la suavité d'une femme – je me taperais la tête contre le mur, de mêler le sexe à tout. C'est ce qui gâche tout, c'est ce qui fait que je n'ai aucune relation durable, c'est la cause de misérable réputation. Il faut annihiler la profondeur, en jouant de sarcasme ou en baisant. Je n'ai pas vraiment d'excuse et ne m'en cherche pas davantage, l'estomac brûlant d'alcool, la jambe douloureuse. Mais je n'y pense plus, je ne songe même plus à l'apparence que je lui renvoie. La boisson a cela de beau qu'elle ne laisse place qu'au fondamental.
Et puis, au fond, j'ai sincèrement envie d'admirer ce qu'elle a bien pu graver à vie dans son épiderme – elle n'est sûrement pas du genre à faire dans l'esthétique. Là où les miens ressemblent à un patchwork de souvenirs, je veux savoir à quoi ressemblent les siens. La moue railleuse, je bois le peu d'alcool restant dans mon verre et lui tend la bouteille vide : « Allez, si tu me montres les tiens, je te montrerai les miens. Et, hm... Y en a d'autres dans la cuisine, si tu veux bien nous ravitailler... »

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mer 26 Avr - 15:07

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Passé le moment d'agacement et celui de la joute verbale, l'alcool semble faire reculer l'agressivité et nous pousser au rire et à la confidence. Y a pas à dire, ce genre de boisson a vraiment le don de délier les langues et imposer une ambiance un peu étrange. Je sais quels effets peuvent provoquer les alcools forts, tout comme je sais que j'ai tendance à me laisser aller à l'ivresse quand j'en consomme un peu trop et pourtant, je me prête au jeu sans véritablement broncher. J'ai beau dire que ce jeu c'est de la merde, j'y participe de bon cœur en renchérissant après Joseph. C'est vrai quoi... Il est merdique ce jeu. Il ne fait qu'attiser un peu plus ma curiosité avec ses je n'ai jamais, et je suppose que les miens lui font le même effet. Si je n'ai jamais mentit sur mon âge ? S'il savait... A sa question, mon regard et mon sourire se font mystérieux. A mes débuts en tant qu'agent du KGB, j'ai mentis, usé de faux papiers d'identité et de quantités de maquillage pour me faire paraître plus jeune. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Comment réagirait-il s'il apprenait que je n'ai pas la trentaine mais plus de soixante-dix ans ? Aucune crème anti-rides ni aucun lifting ne vaudront jamais les quelques décennies que j'ai passées dans la peau d'un coyote. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver dans le même état qu'à ma transformation, lorsque j'avais repris forme humaine ? Pas un cheveu blanc, pas une ride... Le temps s'était arrêté pour mon corps, contrairement à mon esprit. Et encore, je n'ai passé qu'une quarantaine d'années dans la peau d'un animal. Je me demande ce que ça doit être pour ceux qui ont passé plusieurs siècles enfermés dans leur propre enveloppe. Quitter l'époque féodale pour découvrir les voitures et la télévision, ça doit faire un choc. Alors je fixe Joseph, détaillant ses traits tout en me disant qu'ironiquement, même si nous avons l'air d'avoir le même âge, je pourrais presque être sa grand-mère. Ça fait froid dans le dos.

Ce qui est amusant, en revanche, c'est que si la question de mon âge l'a fait réagir, celle sur le meurtre beaucoup moins. A croire qu'aujourd'hui, c'est devenu monnaie courante de tuer pour survivre, ou de tuer pour... Assouvir je ne sais quel instinct bestial. Mais la loi du plus fort à supplantée celle de la vie, et j'en viens à me demander si la justice existe toujours, quelque part. Alors lui aussi il a tué. Je me surprends à apprécier cette absence de jugement dans son regard. Combien de fois ai-je surpris de l'horreur ou du dégoût dans les yeux de ceux qui apprennent ce que je suis ? Combien de fois m'a-t-on dit, avec des mots débordant d'un sexisme qui me donne toujours envie de clouer des paires de baloches aux murs, que ce n'est pas digne d'une dame ? J'vous en foutrais, moi, de la dignité... Y a aucune dignité dans le meurtre mais y en a pas plus dans une vie vertueuse et pleine d'amour. Je me suis attendue à voir le regard de Joseph changer, mais il n'a pas cillé. Il reste là, à engloutir son énième verre de whisky, et ça ne semble pas le déranger plus que ça de savoir que moi aussi, j'ai des cadavres sous mon lit. Parfait. Tu marques un bon poing, le lépreux. Je m'apprête à répliquer quelque chose, mais le voilà qui renchérit déjà. Je hausse un sourcil, amusée, puis me sers un verre et bois à sa suite.

« Ouais hin... C'est vraiment d'la merde, on va finir par s'mettre à pleurer... »

Tout recommencer à zéro... Ne pas être jumelée avec un animal que je déteste, ne pas être perdue, ne pas chercher à trouver un sens à mon existence... Ne pas envoyer chier le monde entier parce que c'est plus simple de se faire détester par tout le monde que d'accepter de se faire aider... Bon sang que tout ça est comique et ridicule. Bien sûr que j'aimerais pouvoir revenir en arrière ! Mais qui ne le voudrait pas ? Qui ne voudrait pas une télécommande pour rembobiner la cassette et réécrire une nouvelle version de l'histoire par-dessus ? C'est d'une tristesse... Plutôt que de penser à ça, je tourne la tête vers Joseph et le surprend à me détailler du regard. Quoi ? J'ai un bouton sur le nez ? Sans pudeur, voilà que je me retrouve moi aussi à le regarder. Faut bien admettre qu'une fois les tissus nécrosés disparus, il n'est pas désagréable à regarder. Une allure d'ours mal léché, une barbe hirsute et un visage fermé que viennent éclairer deux iris si perçants que j'ai l'impression de le voir sonder mon âme – pour peu que j'en ai encore une. Bah merde... L'alcool m'aurait ouvert les yeux ? J'ai envie de jeter mon verre sur le tapis et... Et quoi, au juste ? Une bouteille s'agite sous mon nez et je cligne des yeux plusieurs fois en me sentant brutalement arrachée à mes pensées. La nouvelle affirmation tombe et je plisse les yeux un moment. Il a dû voir l'un de mes tatouages émerger de mon t-shirt et comme tous les autres avant lui, ça l'intrigue. Habituellement, je lui aurais dit d'aller se faire foutre mais là, j'ai trop bu, et j'ai envie de continuer à boire.

« T'as raison, tiens... J'ai jamais laissé personne les regarder, en général j'file un pain à ceux qui me matent avec insistance... C'est ton jour de chance ! »

J'attrape la bouteille qu'il me tend, me lève... Et comprends que j'aurais dû rester assise. Il monte vite à la tête, son whisky, et voilà que je tangue et peine à garder l'équilibre. Un pied devant l'autre, Anya, et surtout pas de folie ! Je me tourne, esquisse un sourire et le détaille du regard. Y a pas besoin d'être devin pour comprendre que ce qu'il veut, ce n'est pas seulement voir mes tatouages, et je mentirais si je prétendais ne pas en avoir envie aussi. Qu'est-ce que ça peut foutre, au fond ? Il est seul, j'suis seule, on fera de tort à personne si on continue à boire.

« Ah ouais donc en plus de t'soigner, faut que j't'apporte à boire... Bouge pas, tu s'rais capable de te faire mal... », dis-je en évaluant mal la distance entre la porte et le mur.

Un coin de porte dans le nez et dix injures plus tard, me voilà en train de déambuler dans le couloir à la recherche d'un autre élixir d'euphorie en bouteille. Je pourrais aussi récupérer ma veste et le planter là, me dit une petite voix pernicieuse à l'oreille. Seulement cette voix, je la chasse bien vite en attrapant une bouteille de vodka et une autre dont l'étiquette a fichue le camp mais qui doit forcément contenir un truc pas dégueu à boire. Les bouteilles en main, me voilà en train s'essayer de traverser le couloir sans en fracasser une contre un mur. Ce qui est amusant, c'est que j'ai encore toute ma tête – enfin je crois – c'est mon corps et le fait que je n'ai pas beaucoup mangé qui pose problème. Je me plante devant le lit, tends les bouteilles et Joseph puis me passe une main dans les cheveux.

« Donc tu veux qu'on se montre nos peintures de guerre, c'est ça ? »

J'attrape la bouteille de vodka, mon verre, le remplis et l'avale cul sec.

« On peut considérer que dans cinq minutes, je t'aurais laissé les admirer, ces tatouages. »

Je n'ai pas la prétention d'être une bimbo portée sur le strip-tease et autres conneries du genre. Quand je retire mon t-shirt, y a rien de sensuel et c'est sans la moindre pudeur que je dévoile aux yeux de Joseph les étranges dessins qui couvrent le haut de mon corps. Il n'y a pas vraiment de logique artistique dans les dessins que je porte. Des chiffres sur une hanche, des mots qui courent le long de la clavicule, un symbole dans le creux des reins... Rien de tout ce qui décore ainsi ma peau n'a de sens pour qui ne connaît pas mon histoire. Ces tatouages, ils témoignent à la fois de ma vie, de mes pensées et de ma fureur. Pourtant, leur rôle premier est bien plus terre à terre : j'ai tout simplement voulu masquer le premier de tous. Ce tatouage qu'on m'a imposée quand je suis devenue une métamorphe, ce tatouage que je ne peux expliquer comme tous les autres. Ce tatouage, il est l'empreinte au fer rouge de mon appartenance à un sorcier, c'est le plus douloureux et le plus ancien, mais aussi celui dont je ne peux me débarrasser. Mon corps n'a rien de celui d'une jolie mannequin. Point de rondeurs ni de formes typiquement féminines, la danse a façonné le corps d'une athlète, trop élancé, trop raide, trop tout, finalement. Je m'approche, faisant mine de vouloir poser mon t-shirt sur le lit, et me penche vers Joseph.

« Mais si tu veux voir le reste, va falloir le faire par toi-même. Si c'est moi qui te montre tout, ça n'a rien de drôle. »

Brûlante de tentation, je m'approche un peu plus, mon visage si près du sien que je sens son souffle sur mes lèvres. Puis, espiègle, je me redresse et m'éloigne, lui laissant un arrière-goût de frustration sur la langue et la vision des tatouages dans mon dos comme maigre consolation.

« Alors ? Tu me montres les tiens, ou c'était juste du bluff ? »

Mon sourire se fait charmeur tandis que je m'appuie contre la commode et le fixe sans ciller. Il a joué le premier, après tout, et je n'ai fait que lui renvoyer la balle, du moins... C'est ce dont je tente de me convaincre.

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1364
↳ Points : 283
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : ellaenys / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 27 Avr - 0:02

« T'as raison, tiens... J'ai jamais laissé personne les regarder, en général j'file un pain à ceux qui me matent avec insistance... C'est ton jour de chance ! »

Les lèvres s'étirent en un sourire amusé, vaporeux et un peu trouble, comme cette soirée. Une moue modeste et pleine d'humilité, d'un peu de reconnaissance aussi, s'affiche sur mon visage. Ouais, c'est ça. Incertain de savoir si elle dit ça pour me flatter ou s'il y a là-dedans un semblant de vérité, je n'en demande cependant pas davantage et garde ce qu'elle accepte de me donner. La bouteille entre ses doigts, elle se lève et s'immobilise presque aussitôt – je souris, amusé pour un rien, le cerveau flottant sur un coussin d'ouate, les membres délicieusement engourdis et les sens ensommeillés. Je n'ai pas vraiment de réflexe à son égard et me contente de l'observer de loin, muet, lorsqu'elle a bien du mal à se stabiliser. C'est vrai qu'il tape, le con, me dis-je en lorgnant sur la bouteille qu'elle tient dans ses doigts. Les prunelles abandonnent bien vite la boisson et courent sur son corps, glissent sur son visage et dans ses yeux lorsqu'elle m'observe un instant. Je lui renvoie son sourire – le regard qu'elle me lance ne m'est pas inconnu, et je souris un peu plus encore. Je la reluque éhontément avant de me redresser, acquiesce mollement à ses quelques mots et repose les yeux sur elle pile au bon moment. Son visage rencontre la porte dans un bruit sourd. Railleur, je ris de son malheur et me moque d'autant plus à mesure que la flopée d'injures s'écoule ses lèvres.

Seul dans la chambre, le silence m'entoure comme des tas de morceaux de coton et je distingue avec difficulté le moindre son provenant du salon. Dans un grognement, je me traîne jusqu'au bord du lit, passe une main sur le genou engourdi et, finalement, plutôt douloureux. Rien que quelques verres supplémentaires ne sauront endormir. Les mains passent sur mon visage, dans mes cheveux, ma barbe. À mesure que mes membres reprennent vie, l'alcool grimpe au sommet de mon crâne et j'en sens véritablement les effets. Putain, avec cette soirée, cette putain d'étrange soirée, c'est dingue qu'elle accepte encore de rester. De deux choses l'une ; soit je suis doté d'un sex-appeal particulièrement intense, soit elle se sent vraiment seule. Soit... on trop bu. Peut-être les trois à la fois, me dis-je, de toute l'humilité dont je suis capable. Les secondes s'égrainent sans qu'elle revienne et je me mords la lèvre, l'intérieur des joues, la langue pour sortir de cette drôle de torpeur. L'alcool coule dans le sang et s'éprend de mes songes, timidement pourtant. Peut-être avons-nous suffisamment bu pour ressentir cette douce jovialité, mais pas encore assez pour être complètement à l'ouest. L'impression d'être lucide m'étreint, comme celle qu'Anya l'est également, et me conforte. Lorsque les bouteilles surgissent sous mon nez, je réalise qu'elle est revenue ; je les attrape et les abandonne sur le lit, où elles roulent avec lenteur. Pas longtemps d'ailleurs, puisqu'Anya a une sacrée descente.

I don't wanna lie,
I'm gonna take what you're giving
'Cause I know you're willing
To take me all the way.
You got me right here combustible.
And I can't wait to finally explode

Elle enlève son t-shirt comme si elle filait à la douche après une journée éreintante et je ris. Pas d'effeuillage lascif, pas de sensualité débordante, pas même un regard de velours lorsque sa peau nue se dévoile à mes yeux curieux. Je m'avance encore un peu sur le bord du lit et passe mes mains sur ses hanches, contre la rugosité du jean, l'attire près de moi avec fermeté. Elle se tient debout devant moi, soumise à un regard inquisiteur ; un regard qui a pourtant bien du mal à se focaliser sur les formes sombres et supposément nettes qui ornent son épiderme. Des chiffres, des symboles, des trucs sûrement incompréhensibles à un esprit des plus lucides – la poussière d'alcool qui traîne sur mes mirettes ne partira pas, malgré tous les battements de cil du monde. Alors je caresse sa peau du regard, une peau claire et ferme, un corps mince et athlétique. Elle s'approche et mes doigts courent à nouveau sur son jean, s'approprient déjà ses quelques formes. Les souffles s'échangent et se mêlent, son odeur me caresse le visage, mes doigts possessifs se pressent sur ses hanches. J'accueille son recul d'un grognement frustré, contemple un dos mince et élancé qui se fait toile sous mes yeux. L'encre sillonne l'épiderme, se rejoint ici ou là, s'abandonne plus loin. Elle n'a pas tort, pourtant – ça n'aurait rien de drôle, qu'elle se dévêtisse tranquillement devant moi. De toute façon, l'oisiveté ne m'a jamais intéressé, me dis-je en laissant courir mon regard sur le bas de son corps.
Elle se fait tentatrice, se laisse désirer et je lui découvre malgré tout une certaine lascivité. Camouflée sous un je ne sais quoi qu'elle semble prête à abandonner ce soir.

« Bluffer, moi ? » Et louper une occasion de me foutre à poil ? Après un ostensible roulement d'yeux, je me redresse – le sang retombe dans ma jambe, que j'agite avec lenteur, et l'alcool remonte le long de mon corps, me fait vaciller une seconde. Ignorant la douleur, je me convaincs qu'elle va disparaître d'une seconde à l'autre et m'avance près d'elle, lèvre mordue. Je ne sais plus vraiment si c'est le fait de l'alcool ou du désir, mais les entrailles irradient d'une chaleur incendiaire. J'ôte mon t-shirt rapidement, ne prends pas plus de précautions qu'elle et l'abandonne au sol. Peut-être même suis-je plus à l'aise comme ça - je sais à quoi mon corps ressemble, je sais tout le soin que j'y porte. Quant à mon visage... Je chasse la pensée de mon esprit. « Tant pis pour le strip-tease, hein, restons simples. » Je souris. Des femmes qui se désapent j'en vois tous les jours, sûrement trop pour mon propre bien. Les bras légèrement écartés, j'offre à ses pupilles dilatées par l'alcool les dessins qui ornent mes épaules et le haut de mon buste. À l'image de ses tatouages, ils sont personnels mais bien moins sibyllins que les siens. Le drapeau du pays natal, deux masques de théâtre, un corbeau, des mots. Sur mes bras, la vierge Marie, Londres, du tribal, de tout. Des ajouts, des compléments, des finitions. L'esquisse de décennies, des pages d'existence qui se sont fait tirer le portrait, des chapitres entiers. Lui laissant l'opportunité de contempler tout ce qu'elle désire, j'apprécie les siens plus en détail. En profite pour la dévisager de temps en temps, scruter le fond de ses yeux et toutes les particularités de son visage. D'un seul mouvement, mes mains remontent le long de ses cuisses et se nichent au creux de sa taille. Comme si je la touchais pour la première fois, un léger frisson court sur mon échine. Avec un peu plus de fermeté, les doigts se plaquent contre ses reins et pressent son corps contre le mien. Sa peau est brûlante contre la mienne et son souffle s'écrase contre mon visage.

La lucidité flirte avec l'ivresse et j'ai bien du mal à les discerner l'une de l'autre, incapable de savoir de quel côté de la limite je me trouve. Assurément du bon côté, me dis-je en lorgnant sur le corps contre le mien. Je n'ai pas vraiment envie de discuter, j'ai envie de brûler les dernières étapes et d'y passer tout de suite, de la réduire à une femme pour la nuit, à des bras autour de mon corps et des baisers sur mes lèvres. Ce serait dommage... je crois ?
D'un mouvement je la retourne et la mets dos à moi. Les prunelles coulent sur son dos, le long de ses tatouages et mes mains passent sur son ventre, caressent ses hanches et la naissance de ses côtes. Un peu plus clairvoyant, je distingue mieux les formes dessinées sous mes yeux. « C'est pour ça que tu racontes rien. T'as tout... juste là. » Un baiser sur son épaule, et une rivière d'autres jusqu'à sa nuque, du bout des lèvres. Je veux sentir ses frissons sous mes doigts, écouter ses soupirs, sentir si son envie est aussi dévorante que la mienne. Avec bien peu de pudeur, je presse mon bassin contre un arrière-train aguicheur. « Et le reste ? » soufflé-je, fais allusion à sa remarque précédente. Comme si le temps nous était compté, j'abandonne une main sur sa poitrine et fais glisser l'autre plus bas, jusqu'à effleurer le tissu de son jean. Fais sauter le bouton et triture la fermeture Éclair, sans pour autant l'abaisser. Après quelques secondes, mes doigts abandonnent le morceau de métal et se glissent entre ses cuisses sans plus de cérémonie. « Je chauffe ? » L'odeur de sa peau, des quelques mèches de cheveux qui me caressent le visage est plutôt enivrante. Le karma veut se faire pardonner ce début de soirée si misérable, faut croire.

Some people like to talk
But I'm into doing,
What I feel like doing,
When I'm inspired.

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 27 Avr - 23:03


_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1364
↳ Points : 283
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : ellaenys / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Ven 28 Avr - 13:48

« [color:f46c=##0066ff]J'savais bien qu't'avais un accent british... Et patriote en plus de ça. Et bien et bien... Alcool, drogue, sexe, meurtre... Je suis étonnée que ta Vierge ne soit pas encore crevé les yeux, étant donné ce que tu lui infliges. »

J'ai souri faiblement, partagé entre amusement et gêne. Ouais, qu'est-ce qu'elle dirait ? Du haut de mon épaule, elle a toujours tout vu sans piper, impuissante et faible. Elle a contemplé la déchéance, la dégringolade, a prêté la pureté de son oreille à mes confessions, chuchotées du bout des lèvres, terrées dans une profonde honte. A plongé dans mes cheveux caresses éthérées et réconfortantes, posé ses doigts intangibles sur mon visage. C'est étrange, je ne suis pas sûr d'avoir été jamais croyant, même lorsque j'étais gosse ; mais les symboles ont cette puissance, cette force inexplicable. Alors j'ai fait la moue, une moue qui voulait dire que, ma vieille, t'es pas au bout de tes surprises, alors que je suis un livre ouvert. Un livre grand ouvert sur des pages brûlantes, un chapitre réservé aux plus âgés – les doigts sur son corps, ses doigts sur le mien m'ont arraché à mes songes.
Tassé dans mes entrailles, le feu crépite et se fait douloureux. La langue des flammes progresse, elles me lèchent et procurent un plaisir douloureux le long de mon corps. Depuis quand n'ai-je pas accueilli une femme dans cette chambre ? L'exemple est peut-être mal choisi, parce qu'il est finalement assez rare que je les y invite – comment me tirer dans la nuit hors de mon propre appartement ? Mais depuis quand n'ai-je pas senti un corps contre le mien, des lèvres sur les miennes ; depuis quand j'ai pas baisé, bon sang ? Ces derniers mois, tout était trop compliqué. Si elle ne les sent pas sur le moment, Anya trouvera les brûlures de mes caresses sur son corps. Brûlures, pour ne pas dire l'exact mot – nécroses. Un mot capable d'éteindre le désir en un claquement de doigts, et auquel je m'efforce de ne pas penser.

Alors, je n'ai en tête que ses soupirs, que la chaleur de son épiderme sous mes doigts, sa douceur, qu'un parfum qui flotte tout autour de moi. Les minutes s'écoulent et les vapeurs d'alcool se font secondaires, comme si le sang s'adaptait à l'habitude de boire comme un trou et ne se laissait plus si facilement écraser par quelques grammes.
Ses doigts sont fermes lorsqu'elle m'incite à reculer et je m'exécute, docile. C'est marrant, cette aisance à se soumettre à une femme... Je ne prends pas le temps d'être délicat et m'écrase lourdement sur le matelas. Son corps rejoint le mien, ne me laisse pas l'opportunité de me redresser, et nos doigts s'entremêlent. C'est qu'elle prend des initiatives, me dis-je en l'observant, un sourire en coin. Les mirettes coulent d'une lave de désir, de cette chaleur étouffante, et je la détaille. C'est n'importe quoi, cette soirée. Au moins, elle m'aura connu dans pas mal de situations en seulement quelques heures, je n'ai presque plus de secret pour elle, pensé-je avec ironie. Penchée en avant, son visage si près du mien que nos souffles s'emmêlent, mes lèvres cherchent les siennes, sans les trouver pourtant. Elles m'échappent et m'arrachent un grognement, bien vite balayé par quelques soupirs lorsqu'elles sillonnent ma peau. Les paupières s'abaissent un instant et je m'abandonne, profite de ses baisers sans mot. Lorsque ses doigts quittent les miens, je les passe sur ses cuisses, contre ses hanches, sa taille nue.
Sa douce torture débute alors et je rouvre les yeux, le bas-ventre en feu et les hanches coincées entre ses cuisses. S'en suivent alors quelques soupirs et grognements indistincts – certains réprobateurs, d'autres suintant de désir, impatients.

« Ah, tu bous... » Un murmure entre deux souffles. Mon regard s'accroche au sien et je réponds à son sourire. L'envie grandit, enfle comme un ballon de baudruche au creux de mon ventre et se refait douloureuse, ardente et empressée. Le bassin remue légèrement, guidé par la danse de ses doigts aguicheurs sur mon épiderme brûlant. « Les yeux dans les yeux, hein ? Je te pensais pas si... romantique. » soufflé-je, railleur. Non, point de romantisme là-dedans, j'en suis sûr. Classe, j'ajoute : « Pourtant, tout ça, c'est aussi regarder ensemble dans la même direction, tu sais... » Un sourire moqueur aux lèvres, je remonte la main le long de sa colonne vertébrale et caresse un dos mince aux muscles fins. Je me demande vaguement ce qui a construit ce corps à mesure que je progresse et laisse traîner mes doigts contre le tissu élastique de son soutien-gorge, le tripote le temps d'en faire sauter les agrafes.


Les caresses se poursuivent, les soupirs s'allongent et s'enlacent, dansent entre émanations d'alcool et effluves d'un désir grandissant. C'est exactement pour ça, pour ces instants, que je chéris la chair et ses plaisirs. Parce qu'on oublie, on s'oublie avec quelqu'un qui cherche la même chose et qui veut échapper au poids de quelque chose, n'importe quoi. On permet à l'autre de se perdre un peu à l'intérieur – il n'y a plus de bête, plus de monstre, plus d'existence désertique et misérable, plus de solitude. Il n'y a plus de jugement, de questions, rien d'autre que le moment et l'autre, celui qu'on a choisi pour le partager. Les mains à nouveau dans son dos, je l'incite à se pencher encore un peu plus vers moi et grignote la petite distance qui séparait encore son visage du mien. Passe les lèvres sur sa joue, le long de sa mâchoire, près de son oreille et sur la peau douce de son cou.
Glisse sur la peau marquée à l'encre de sa clavicule et m'approche de son épaule, pour finalement mieux redescendre vers son buste. Couvrant sa poitrine de baisers fiévreux, auxquels la langue s'y fait parfois intruse, je tire sur son jean et l'incite à s'en débarrasser. Finalement, on cède toujours à la torture, quelle tristesse. Les corps s'éloignent le temps de se dévêtir partiellement pour mieux se plaquer l'un contre l'autre et elle reprend sa place initiale. Les yeux dans les yeux, je presse les doigts contre sa nuque et embrasse des lèvres bien trop désirées. Des lèvres souillées par les saloperies qu'elle débite mais pourtant délicieuses, à la douceur inchangée malgré l'acide qui peut s'en écouler. Le baiser s'allonge et se fait brûlant, langoureux. Curieux, les doigts caressent ses cuisses nues, flirtent avec la naissance de ses fesses.


_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Ven 28 Avr - 22:18

Define the Mess

Anastasia & Joseph

L'atmosphère est électrique, chargée de désir, d'alcool et pourtant, nous avons tous deux abandonné la bouteille pour nous consacrer à la découverte de l'autre. Parfois ça m'amuse, de voir à quel point les gestes peuvent être différents des mots. Un peu comme ces romans fleuve peint sur nos corps respectifs, comme un appel au secours réduit au mutisme sous l'épiderme. La seule différence c'est qu'à moins que lui aussi mente sur son âge, j'ai vécu plus d'années que lui. Enfin ça, ça ne l'empêche pas pour autant de savoir y faire avec ses deux mains, loin de là. J'en oublie même que lesdites mains doivent laisser sur ma peau des marques autrement plus disgracieuses que mes tatouages. Des stries qui suivent le mouvement de ses doigts, épousent la forme de mes veines mais dont la douleur ne semble pas parvenir à mon cerveau embrumé par le désir et l'alcool. Si ça fait mal, l'envie m'empêche de grimacer. Si c'est douloureux, mon cerveau ne fait qu'interpréter ça comme une façon originale de pimenter les choses. Les frissons parcourent mon corps, nos soupirs rythment chaque mouvement et pour le reste, autant ne pas y penser de suite. L'heure est au jeu, et je lis la frustration dans ses yeux lorsque mes lèvres poursuivent leur course sans s'arrêter sur les siennes. Ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque mais je ne me laisse pas aller, effleurant son épiderme brûlant en le fixant d'un regard amusé. Je baissa la tête vers son bas-ventre gonflé de désir mais la relève bien vite en haussant les sourcils.

« Romantique ? Allons... Si j'étais romantique, j't'aurais demandé d'me chanter une sérénade. Puis ça manque de bougies et de pétales de rose... Si t'es sage, on r'gardera p'tet dans la même direction, tiens. »

Regarder dans la même direction... Ça serait presque joli, dit comme ça. L'ennui, c'est que ce n'est ni par pudeur, ni par conservatisme et encore moins par excès de romantisme, que je répugne à adopter ce genre de position. C'est plutôt parce que ça me rappelle ces trop nombreuses missions dont l'objectif était de me coucher bien sagement et de me laisser faire. La plupart du temps, ce genre d'individu affamé préférait m'écraser le visage contre le mur en me disant de ne surtout pas les regarder. La luxure, ça rend honteux, qu'il paraît. L'espace d'un instant, un voile de mélancolie obscurcit mon regard, mais les doigts de Joseph s'affairant sur le dernier bout de tissu qu'il me reste sur les épaules ont vite fait de me réveiller. Je me laisse faire, détachant un instant mes doigts de son jogging pour les y nicher à nouveau une fois mon soutien-gorge à terre. Tandis que ses caresses s'intensifient sur ma poitrine, je fais glisser son jogging jusqu'à ses genoux, lui laissant le soin de s'en débarrasser comme il le pourra. Mes mains remontent le long de son torse et je le laisse m'attirer à lui, cherche à mon tour ses lèvres sans les trouver, frissonner à chaque baiser qu'il vient poser sur ma peau. Avec un grognement, je me débarrasse d'un jeans devenu encombrant et clairement inutile, le tout en me contorsionnant avec une agilité déconcertante. Alors, c'est sans me faire prier que je lui offre mes lippes, sans artifice ni injure, tout en glissant à nouveau mes doigts dans ses cheveux. On l'aura suffisamment attendu, ce baiser, tant et si bien qu'il a la saveur de la victoire et s'arrête bien trop tôt à mon goût. Enfin... Tout ça pour laisser place à la suite, ce n'est peut-être pas si mal, au final, et je me redresse docilement sur les genoux avec un regard interrogateur.


_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1364
↳ Points : 283
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : ellaenys / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mar 2 Mai - 15:17

Le boulot me déteint dessus, s'accroche à moi comme une seconde peau sur la première, abandonne dans mon esprit habitudes et manies increvables. Songes qui n'ont parfois rien à faire là et qui pourtant s'immiscent sournoisement entre mes lèvres et sa peau, alors que les baisers dont je la gratifie sont fiévreux et gorgés de désir. La clientèle, ça se fidélise ; les femmes aussi. Et il y a cette drôle d'alchimie avec Anya, cette alchimie qui fait qu'on ne s'entendra sûrement jamais mieux qu'au lit, nus comme des vers et seulement bavards de soupirs. Les siens me montent à la tête, courent sur mon corps comme des tas de caresses et m'électrisent d'envie. Elle a, sans aller jusqu'à parler de sauvagerie, ce côté animal latent que je crève d'envie de découvrir. Que, au fond, je crève d'envie de rencontrer encore, alors qu'on vient seulement de commencer le premier acte. Le voile de chagrin qui peut couvrir son regard, l'agacement qu'elle a pu ressentir dix fois durant toute la soirée lorsque je prononçais le mauvais mot, la solitude qu'elle esquive au coin d'une ruelle ; tant de choses qui m'intriguent et me donnent envie de creuser, de la revoir encore, d'apaiser une soirée trop lourde de coups de rein salvateurs. Alors on fidélise pour qu'elles reviennent, comme les mêmes têtes que je croise à l'envie au club.
Je sens la légère rugosité de mes doigts glisser sur la peau douce de ses cuisses et le frisson interminable que me procurent ses ongles plantés dans la chair de mes bras.

Ses soupirs sont accueillis avec une satisfaction peu camouflée – inutile de se cacher à quel point ils sont plaisants à entendre, à quel point il est plaisant de savoir que j'en suis la cause. Il y a eu tellement de coups d'un soir, de femmes qui n'étaient plus là que pour me vider, de visages inconnus et d'entrejambes" poisseux. Je passais à côté du désir, à côté d'un baiser, à côté de la douceur d'une peau et de la chaleur d'un corps. Tellement d'inconnues qu'il me faut désormais tout découvrir. Ses doigts curieux exaltent une envie déjà dévorante et me chatouillent, m'arrachent des frissons presque douloureux, comme la chaleur qui irradie mon ventre se fait doucereuse souffrance.


Je me redresse finalement et m'accoude, tend mon bras libre en direction de son corps, l'incite à me donner de quoi la peloter avec bien peu de pudeur. Ils s'enfoncent possessivement dans la chair – pour encore quelques heures, peut-être pour la nuit, elle m'appartient. Point de sexisme ici, je peux lui appartenir tout autant si elle le souhaite, me dis-je vaguement. C'est plutôt agréable, désirer et être désiré, si ardemment qu'on a qu'une seule envie : concrétiser, tout de suite. Mais il faut entretenir le feu, il faut laisser les flammes nous lécher les entrailles, il faut que les chairs soient à vif pour ressentir le profond soulagement, expirer ce souffle de bien-être intense. C'est agréable et un peu effrayant. Mes doigts retombent contre les siens et s'emparent de sa main libre, l'attirent tranquillement jusqu'à moi, l'incitent à presser son corps contre le mien. Sa poitrine s'écrase sur mon buste, son ventre sur le mien et je passe une main dans son dos. Du bout des doigts, parfois du bout des ongles, la caresse se fait frôlement. Ma main libre glisse dans ses cheveux, sur sa mâchoire, près de son oreille. Il y a le sexe, et il y a le reste. Ce qu'il est difficile d'assumer, cette drôle de tendresse qui a besoin de resurgir et de s'imposer de temps en temps, cette douceur réconfortante et tout aussi brûlante que le désir. Mes prunelles caressent les siennes, s'efforcent de ne pas les fouiller, parce que je sais pertinemment que ça met tout le monde mal à l'aise. Anya est certainement bien suffisamment nue pour ne pas que j'essaie d'arracher ses secrets enfouis à l'obscurité dans laquelle ils se terrent.

Mes lèvres se pressent contre les siennes, reprennent un baiser auquel je crois avoir mis fin quelques minutes plus tôt. J'assume le velours de notre échange tant qu'il n'est pas trop long, tant qu'il ne prend pas le pas sur tout le reste. Je passe les mains sur son corps lentement, caresse ses formes et glisse avec envie le long de sa chute de reins, m'attarde sur son postérieur. Les lèvres s'embrassent et se scellent, toujours avec douceur, embarquent avec elles des poignées de secondes, inconscientes du temps que passe.
La fièvre revient tranquillement, s'insinue entre nos lèvres en même temps qu'un peu d'oxygène et le baiser se fait langoureux, suintant de cette lascivité caractéristique. Les caresses se font plus pressantes, le bassin se remue lentement contre le sien. Au sein de ma poitrine bat un cœur fébrile, tape contre les murs de ma cage thoracique et tremble à quelques centimètres du sien seulement.


_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Dim 7 Mai - 18:06

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Quelque chose me dit que Joseph est comme moi. Plus doué pour murmurer des soupirs d'envie sur l'oreiller que pour parler poliment à ses semblables. Laisser courir nos doigts sur l'épiderme de l'autre, se plier à nos désirs mutuels et prendre tout autant plaisir à toucher qu'à recevoir, c'est ce que j'appelle savoir partager. Il sera éphémère, ce moment, comme tous les autres d'ailleurs, et peut-être ne connaîtra-t-il aucune suite mais ça m'est bien égal. Là, à cet instant précis, il est évident que ni lui ni moi ne cherchons autre chose qu'à assouvir des pulsions presque animales et primitives, que nous ne voulons ni « je t'aime » ni tendresse murmurés sur l'oreiller.

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1364
↳ Points : 283
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : ellaenys / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Ven 19 Mai - 14:41

La fièvre court entre nos corps, s'exprime en quelques soupirs, s'étale en une pellicule de moiteur sur nos épidermes. Lorsqu'Anya ne parle pas, c'est tout son corps qui se manifeste, sans pudeur. Elle a ce petit quelque chose, cet éclat dans le regard, cette vibration dans un grognement guttural, qui me prend aux tripes. Ses soupirs me font l'effet de caresses sur ma peau, de davantage de baisers sur mes lèvres. Elles en redemandent encore, avides de l'embrasser. Tout cela, c'est encore bien plus intime que tout ce qu'on aurait pu se raconter pendant des heures. Peu à peu, la retenue dans laquelle on se drape naturellement s'effondre au sol, rejoint le tas de tissu bien futile. Les doigts curieux courent sur sa peau, s'immiscent entre nos corps et brisent encore une autre intimité. D'habitude, ça me semble difficile d'imaginer de poursuivre quoique ce soit d'autre, une fois notre affaire terminée. Comme si nous avions atteint un point de non-retour, l'apogée d'une relation – alors on s'arrête là, pour demeurer sur un joli souvenir, une belle nuit. Peut-être aussi parce qu'il faut désespérément voir les choses de la même façon, l'un comme l'autre. Les femmes s'attachent, s'accrochent à un baiser, à une caresse tendre. Un chuchotement soufflé en pleine fièvre, oublié sitôt les mots franchis hors de mes lèvres. Anya n'est pas comme ça – le chemin de baisers déposés sur mon cou m'arrache à mes songes, m'extirpe un frisson interminable.
Je souris à ses mots, me mords la lèvre – je ne sais pas si la douleur sera oubliée de si tôt, mais je peux faire un effort, assurément.



Deux corps qui s'emboîtent, c'est d'un naturel affolant. Si j'étais plus romantique, je dirais que c'est la beauté de notre espèce, lorsqu'on se passe de mots et qu'on communique pourtant tellement bien. Alors pourquoi a-t-il fallu boire ? Peut-être que la vraie nature, c'est de le faire pour les sentiments, ou pour la reproduction. Et entre son corps et le mien, il n'y a pas l'ombre d'un morceau de latex pour nous en préserver, me dis-je amèrement – la pensée est fugace, tellement éphémère que c'est à se demander si ça m'importe vraiment. Les seuls songes qui subsistent sont d'une frivolité répétitive et je m'y abandonne tranquillement. La futilité, c'est d'une telle douceur. Elle est jolie lorsqu'elle dégage son visage d'une mèche de cheveux intrusive, lorsqu'elle prend appui sur mon buste, lorsque les soupirs qui s'échappent de ses lèvres lui font fermer les yeux.


Finalement, la douleur se fait vite secondaire – on a tous des priorités, hein ? Ne subsistent que l'envie un peu douloureuse, le plaisir brûlant et étouffant. La douceur d'une étreinte, devenue plus ferme lorsque mon corps a basculé sur le sien, parce que je ne sais pas vraiment faire autrement, ou parce que je ne sais pas m'en contenter.  

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Jeu 20 Juil - 18:12

Define the Mess

Anastasia & Joseph

Pendant un court instant, mon corps s'est crispé, la gêne a froissé mes traits et mes gestes se sont fait plus hésitants. La faute à un manque de pratique, diraient certains, mais il faut dire qu'avec les directives purement nazies du gouvernement, il ne faut pas s'attendre à pouvoir s'envoyer en l'air avec le premier venu trois fois par semaine. Connerie... Comme si nous taper sur les doigts où nous répétant que la luxure est un péché allait nous empêcher de transgresser les règles ? Au contraire... Tout ce batifolage a un goût d'interdit qui ne fait que me griser davantage. Quelque part, je prends aussi ma revanche sur les années d'esclavage sexuel que j'ai eu à endurer, comme si cette situation, le fait de me retrouver au-dessus de Joseph, son corps à ma merci, me permettait d'une manière ou d'une autre d'affirmer mon indépendance et mon contrôle. Quand j'y pense, un sourire se dessine sur mes lèvres. Un psy me ferait enfermer pour ça, c'est certain, et même moi je trouve ça complètement con. Une seule chose est sûre : si un jour je dois mourir – parce que si on m'annonce qu'un métamorphe est immortelle, je démissionne – je préfère que ça soit dans les bras d'un type avec qui j'aurais passée la nuit que seule et oubliée de tous. N'importe quoi, n'importe où, avec n'importe qui mais pas seule. Les doigts de mon amant d'un soir se glissent dans mes cheveux, me faisant frissonner à mesure que l'envie guide mes mouvements contre lui. Il est véritablement enivrant, ce moment où le désir enfle telle un volcan prêt à exploser, il est fugace et éphémère, cet instant, mais Ô combien jouissif. Tandis que mes lèvres parcourent sa peau et que mes ongles griffent doucement son torse, j'esquisse un sourire. Bin voyons... S'il avait refus de prendre les rênes, ça m'aurait étonnée ! Je lui mordille l'épiderme, ne me rappelant que trop que l'instinct de chasseur du coyote qui est en moi n'a pas non plus à le dévorer sur place, et sursaute alors que je sens sa main claquer contre ma cuisse.

« Ai-je été à ce point une vilaine fille pour que tu aies besoin de me donner la fessée, »murmuré-je avec un sourire malicieux.

Je me laissa alors faire, basculant sur le côté en regrettant presque cet instant où nos deux corps se séparent et s'éloignent, alors même que le torrent de désir qui m'envahit et me frustre en redemande pour ne pas se tarir. Instinctivement, mes genoux viennent entourer ses hanches avec possessivité tandis que mes doigts se glisser dans ses cheveux pour mieux rapprocher son visage du mien. Mes baisers se font pressant, étouffent mes soupirs de plaisir, mes doigts agrippent sa nuque et à nouveau, je sens le désir me gagner. Dans une telle position, ses mouvements se font plus rapides, plus enfiévrés et nulle crispation ne vient ternir ce tableau de pure luxure. La suite me paraît floue, comme si ce nous nous offrions mutuellement était en train de me rendre folle. Je ne sais même pas combien de temps tout cela va durer mais lorsque l'extase nous gagne, un soupir plus appuyé que les autres m'échappent et se perd contre sa peau.

Repus, la respiration courte, nous restons un moment l'un contre l'autre, écoutant simplement nos deux cœurs qui battent à tout rompre à l'unisson. Elle est fragile, notre liberté, elle ne tient qu'à un fil. C'est presque beau de voir avec quelle spontanéité nous en sommes arrivés là, bien loin de cette archaïque idée de l'homme observant son devoir conjugal auprès de son épouse. Ça n'a rien à voir, c'était simplement... Beau, agréable, ça a duré un temps, et je sais d'avance que ni lui, ni moi ne pouvons prévoir si ça se reproduira. Dans mon cas, ce n'est pas ce que je recherche et il n'y aura ni mots doux ni promesses prononcés dans ce lit. Lorsqu'il bascule sur le côté, je me love contre lui, posant ma tête sur son torse en me laissant bercer par le rythme bien plus posé de son cœur, désormais. Le silence nous entoure comme un intrus pourtant bienvenu, et nous restons un long moment silencieux, lui et moi. Du moins jusqu'à ce que je rompe le silence.

« Wouaw... J'ai l'impression de ne pas avoir fait ça depuis une éternité. »

Espiègle, je relève les yeux vers lui.

« Pour un estropier, tu te débrouilles pas mal, je dois l'avouer. »

Après quelques poignées de minutes, je me redresse, m'étire comme un chat et lui jette un regard. Je réalise alors que je ne devrais pas me trouver ici et qu'il m'est sympathique ce con. Qu'avec un jeu à la con et un peu d'alcool, il a fait voler en éclats certaines de mes barrières. Je réalise aussi que si Georg découvre ce que je fais, il risque bien de transformer ce petit moment d’égarement en véritable problème, et je refuse d'attirer des ennuis à Joseph alors qu'il a l'air d'en avoir déjà un paquet sur le dos.

« Tu permets que j't'emprunte ta salle de bain, avant d'lever l'camp ? »

Et merde... Je me donne l'impression de fuir, j'ai horreur de ça. Mon regard se fait fuyant tandis que je ramasse mes vêtements éparpillés au sol. C'est fou comme il y a l'instant, la beauté du moment... Et puis l'après. Il est chiant, l'après.


[HRP : mille pardons pour le retard, je suis vraiment trop nulle... Du coup, pour me faire pardonner, voici une photo mignonne de Rhapsody, qui a activement participé à la rédaction de ce post en... S'asseyant sur mon clavier. What a Face[/HRP]

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1364
↳ Points : 283
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : ellaenys / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mar 19 Sep - 20:27

Un profond soupir roule dans ma gorge, écrase ma poitrine d'un poids invisible. Le sang s'accumule le long de mes extrémités, les perles de sueur glissent le long de ma peau et s'écrasent sans bruit sur les draps. Le corps encore échaudé et les nerfs torturés, je me laisse aller à quelques sursauts électrisés. Dans ma jambe, mon ventre. L'effort. Cet effort un peu oublié, je redécouvre ce qui fut, à une époque, une habitude. D'un geste machinal, je pose les doigts sur le corps qui s'oublie à côté du mien. Sa peau est encore brûlante et nos respirations anarchiques s'entremêlent sans jamais se croiser. L'instant de communion est terminé, n'est-ce pas ? Les poitrines se soulèvent l'une après l'autre et les battements de cœur ne s'attendent plus pour un calibrage harmonieux. C'était bien le temps que ça a duré, me dis-je, la main libre fourrageant dans ma barbe.
Sorti de mes songes par un sursaut, ce n'est que le corps d'Anya qui se rapproche et cherche un ultime moment de douceur. Passant un bras contre elle, les secondes s'égrainent tranquillement et m'offrent même le luxe de retourner à mes songes. Passée l'excitation furieuse, j'apprécie les détails qui ornent son épiderme avec plus de calme. Les tatouages sont nombreux et n'ont pas vraiment de sens, du moins pas à mes yeux. Ne m'y attardant pas, j'observe la pâleur de sa peau, le léger reflet de sa chevelure dans l'obscurité, l'éclat de ses prunelles lorsqu'elle les relève vers moi. Tourne le visage et reprends ma contemplation du plafond.

L'idée de mon visage abîmé me gifle mais je souris. « Tu m'excuseras mais j'ai du mal à y croire... » Marmonné-je, moqueur. Une éternité. Pourtant, elle n'eut pas l'air détendue de bout en bout. Parfois surprise, parfois mal à l'aise, parfois gênée. Comme s'il avait fallu la dompter, l'approcher comme une bête, jusqu'à ce qu'elle ait confiance. Un abandon précipité par l'alcool et par l'étrangeté de cette soirée, certainement. Lorsqu'elle reprend, j'émets un rire rauque. En parlant de ça... Le plaisir m'abandonne, l'alcool s'endort et la douleur, elle, s'éveille. Brûlante, saisissante comme un coup de fouet, puis s'attardant comme des dizaines de lames plantées dans ma chair, elle est vivace. Et pourtant, la fatigue s'abat sur moi comme une chape de plomb. Les paupières lourdes s'abandonnent et ne se rouvrent que lorsqu'Anya se décide à bouger, se dégageant de mon étreinte. Gauche, je me redresse sur le lit lorsqu'elle en fait de même. Dans l'attente, je lui souris bêtement – en réalité, je ne sais pas quoi faire. Je n'invite jamais personne ici, elle est la première à découvrir les murs de ma chambre depuis un long moment ; une éternité, même. Alors je patiente, l'observe s'étirer avec grâce, me demande distraitement si je verrai à nouveau ce corps d'ici quelques temps ou si cette nuit n'était qu'un one shot. Songeuse un bref instant, elle demande finalement à utiliser la salle de bain. J'acquiesce. « Ouais. Euh, prends une serviette propre dans l'armoire... » Je lui désigne les portes coulissantes, dans son dos, mais son regard m'échappe déjà.

Elle disparaît dans la salle de bain et je me laisse retomber sur le lit. Le silence et la solitude font leur œuvre et la douleur est dorénavant parfaitement éveillée. Dans mes veines pulse mon cœur, en une sensation rythmée et attendue qui m'agace profondément. Je gigote sur le matelas, incapable de savoir si je suis supposé m'endormir maintenant ou attendre qu'elle s'en aille. La fatigue repose sur ma poitrine et sur mon visage et, inconsciemment, j'y oppose une vague résistance. Vague et pourtant suffisamment coriace. L'eau coule dans la pièce d'à côté et je réalise que je me sens un peu moite. Ça attendra, me dis-je en me tordant pour enfiler mon jogging. Les tâches sombres ont séché sur le tissu et semblent désormais noires, contrastant avec le gris pâle du tissu. Maladroit, je me redresse et déambule dans la petite pièce, lance un coup d’œil au miroir brisé au sol, repense à ces années de malheur supposément ajoutée à mon ardoise.
Une gorgée d'alcool m'électrise tout entier et je me traîne dans le salon, tant bien que mal. Sur la table trône un morceau de pâte à pizza, particulièrement croustillant, pour ne pas dire dur et je l'engloutis. En fait, je passe le temps et guette le son caractéristique de l'eau qui se coupe. Au-dehors, il pleut. Nonchalant, je secoue la jambe lentement en observant le ciel assombri – puis vient le bruit. Le grincement aigu du robinet, le jet qui s'éteint, puis les dernières gouttes qui s'écrasent dans quelques centimètres d'eau savonneuse.

J'engloutis un nouveau médicament et range ce qui a fait office de repas pour m'occuper les mains. Je crois que j'ai hâte qu'elle s'en aille. Ou plutôt, j'ai hâte d'être seul. Sa précipitation ne m'a pas dérangé le moins du monde. Au contraire, je la comprends. Traîner chez un inconnu avec lequel on vient de baiser, ça ne donne envie à personne – sauf aux timbrées, et je n'en ai pas besoin pour le moment. Avec l'ombre d'un sourire sur le visage à cette idée, je me glisse dans la cuisine et m'occupe consciencieusement de jeter l'emballage lorsque la porte de la salle de bain s'ouvre dans mon dos. Tenté une seconde de me montrer contrit face à l'état de la salle d'eau, je demeure cependant muet. Elle a du en voir de pires. Je me tourne et m'accoude au comptoir de la cuisine. « Pour tout à l'heure... J'voulais te remercier. T'as sûrement reculé ma visite médicale de quelques jours, j't'en dois une. » Ou deux.
C'est définitivement le moment de se saluer, me dis-je. Souvent, c'est plus simple – je m'échappe lorsqu'elles sont endormies, ou dans la douche. Mais partir de son propre appartement, ça aurait fait mauvais genre, non ? Je pourrais le lui dire, histoire de faire une plaisanterie foireuse, mais je n'ai pas envie qu'elle soit mal à l'aise. Et puis, elle semble déjà suffisamment pressée pour que je n'ai rien à ajouter. « Si t'as besoin de quoique ce soit, tu me trouveras plus souvent au Little Darlings qu'ici, c'est pas loin du tout. »

Faisant le tour du comptoir, je me rends dans le salon et m'approche lentement d'elle. Facilitons-nous la tâche. Je lui jette un regard involontairement lourd. Lourd d'un remerciement muet, d'une bienveillance camouflée ou d'une compréhension honnête. Il y a plein de choses à dire, sûrement. Et puis, elle m'est sympathique. Mais je n'ai pas envie d'y penser davantage. « Bon... À plus. » La main sur son bras en un geste avenant, je lui lance un sourire et m'échappe vers la chambre.

« Et fais gaffe : il pleut. »

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 680
↳ Points : 127
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice, ancienne agent et assassin au service du KGB
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    Mer 1 Nov - 12:24

Define the Mess

Anastasia & Joseph

L'eau brûlante qui ruisselle sur mes épaules me délie les muscles et m'aide à réfléchir. L'adrénaline et l'alcool sont retombés, laissant derrière eux l'amertume qui suit toujours l'extase. C'est le moment que je déteste, celui où je me pose mille et une questions, où je n'ose affronter le regard de mon partenaire parce que je sais ce que je suis : une petite chose brisée, à bout de souffle, qui n'a rien à apporter à qui que ce soit. Tout ça, c'est le reflet de trop d'années d'asservissement et de courbettes dégradantes. Je reste un long moment sous l'eau, jusqu'à ce que la chaleur ne commence à m'étouffer. Je sors, ignore les restes de bandages et pansements ensanglantés qui ont servi à soigner mon compagnon d'un soir et m'enroule dans une serviette. C'était étrange, comme soirée. Pas désagréable, par bien des aspects intéressant et sympathique mais... étrange. Imprévu. Lorsque je sors de la salle de bain, fraîchement vêtue et en train d'essorer mes cheveux avec la serviette, mon regard croise celui de Joseph. Vais-je le revoir ? En a-t-il seulement envie, tiens. Je dépose la serviette sur le dossier d'une chaise et penche la tête sur le côté avec un regard plein de reproche.

« Tu m'diras merci quand tu seras complètement guérit. Et t'as intérêt à aller voir un toubib pour finir c'que j'ai commencé, sinon tu vas finir par boiter comme un con. »

Toujours aussi aimable, Anya... Toujours aussi incapable d'accepter les remerciements sans rien ajouter d'acide derrière. J'attrape ma veste, l'enfile... et ne sais pas comment couper court à tout ça. Les au revoir, adieu, à la prochaine et autre, c'est franchement pas ma spécialité. Heureusement, Joseph fait ça mieux que moi et j'esquisse un sourire.

« Au Little, hin ? J'me disais bien qu'la prohibition ne pouvait pas avoir fait fermer tous les établissement chaud de la ville. J'passerai... à l'occasion. »

Inutile de dire que si je peux éviter, je le ferai. Pas que je sois prude au point de ne pas supporter de voir une nana les seins à l'air dansant pour des mecs en rut, loin de là, c'est plutôt le côté asservissement de ces pauvres filles qui me révoltent. Quand on a connu ce genre de traitement, on est marquée à vie, sans espoir de rédemption. Ça ne m'empêche pourtant pas de noter l'adresse car après tout, Joseph m'en doit une. Je lève les yeux vers lui, soutiens son regard et reste silencieuse. Ça ne servirait à rien d'en rajouter, de faire un long discours plein de « merci » ou de « mais non, c'est normal », autant s'arrêter là. C'est drôle, on a l'air assez semblables sur ce point, lui et moi. Pour s'envoyer en l'air, y a du monde, pour conclure le bordel qu'a été cette soirée, y a plus personne. Je me contente d'un hochement de tête, relève le col de ma veste et hausse les épaules.

« Génial... j'suis déjà à moitié trempée, ça changera pas grand chose. »

Un marmonnement plus qu'autre chose et me voilà dans la cage d'escaliers que je dévale rapidement pour me retrouver effectivement sous la pluie. Je soupire, rentre la tête dans les épaules et me hâte dans les rues sombres et dégueulasses de ce quartier que j'exècre tant pour rejoindre mon propre appartement, pas beaucoup plus glorieux. Je n'arrive pas à savoir si j'ai envie de remettre le couvert un de ces quatre ou non. C'était vraiment bizarre. Mais pas désagréable.


RP TERMINÉ

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: /!\ Define the Mess - Anastasia    

Revenir en haut Aller en bas
 

/!\ Define the Mess - Anastasia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Live Fast, Die Young and Make a Beautiful Corpse - Anastasia Vanderbilt ❀
» You've changed [Anastasia] -Abandon
» Le Mess des Marines
» Natasha Anastasia Faust / Kickstart My Heart!
» Anastasia Petrova - Avant de n'être que poussières, que les épines dansent sur mes doigts

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fourth Chapter: Around The World :: Around The World :: Flashback-