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 /!\ Like old friends - Maisy

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: /! Like old friends - Maisy   Jeu 16 Fév - 23:51

Regrets collect like old friends
Here to relive your darkest moments
I can see no way, I can see no way
And all of the ghouls come out to play


La colère, sourde et aveugle, me pousse dans mes retranchements. Ivre de rage, je m'en vais gâcher une nouvelle soirée, une nouvelle relation. Je ne sens plus mes poings qui cognent, je n'entends plus ce qui m'entoure, je ne sens plus le vent sur ma peau. Seulement la chaleur du sang qui bout dans mes veines, le cœur qui bat beaucoup trop vite, en beaucoup trop de temps. Et le bourdonnement, au fond de mon crâne, qui ne filtre que les chuchotements indisctincts. Frappe, tue, crève. Fous-lui la raclée de sa vie, brise lui les os. Sens l'odeur du sang sur ton visage. Encore, encore, encore. Toujours ce sang qui doit recouvrir mes mains, toujours cette sueur haineuse qui doit couler sur mon visage, et cette colère, profonde. Ancrée dans chacun de mes pores, dans chaque parcelle de mon corps. Pour l'épouser, pour lui jurer fidélité, pour lui promettre de ne jamais l'abandonner. À la tombée de la nuit, j'oublie chaque bonne résolution, je laisse de côté tout ce qui pourrait faire de moi un homme bien. J'oublie toutes les promesses d'accalmie, tous les engagements de salut, et j'embrasse mes vieux démons – pas si vieux, d'ailleurs. Ça me désespère profondément et, d'un autre côté, le soulagement et la satisfaction sont tels que je ne pourrai certainement jamais m'en passer.

La vigueur s'évanouit, et avec elle, la colère. Le soufflé retombe lentement, frémissant et encore brûlant, mais il est désormais suffisamment tard pour que la rage ne revienne plus. Le souffle court, haletant, les mains poisseuses et le visage humide de sueur, je laisse repose mes mains sur le sol froid. La lumière de la rue éclaire le visage alors méconnaissable de l'homme qui repose au sol. La chair meurt sous mes yeux, grisâtre et molle. Chaque coup était une vague de gangrène supplémentaire sur sa peau, et il ne ressemble plus à rien. Et ça n'est que de mon fait. Le monstre s'est éveillé, la bête en cage rugit encore de frustration au milieu de mes entrailles, mais je n'y peux plus rien. Monstrueux et inhumain, voilà ce que je suis devenu. Et plus le temps passe, plus les atrocités sont produites de ma propre main, plus j'enlace cette nouvelle nature. Le bourdonnement résonne dans ma tête, interminable. Je déglutis difficilement, reprends mon souffle, lorsqu'un claquement attire mon attention dans mon dos. Maisy. Elle a peur. Elle est effrayée du monstre qui serait capable de tuer un homme à mains nues pour un mot de travers. L'expression de son visage m'est douloureuse à regarder, et je détourne finalement les yeux, refusant de m'infliger ça en plus du reste. Ça n'est pas toujours comme ça. Je ne suis pas toujours comme ça.

Mes lèvres restent closes, et les mots hurlent au fond de mon crâne. Je ne voulais pas qu'elle assiste à tout ça, je ne voulais pas qu'elle revoit ce dont je suis capable. Je me recule et me redresse lentement, lorsque la voix féminine, douce, roule à mes oreilles. Les yeux dans le vague, le regard sûrement un peu fou, je ne suis pas certain de ce que je veux faire. Me tirer, rester. Lui obéir, n'en faire qu'à ma tête. Lui faire définitivement regretter cette soirée, ou essayer d'arranger les choses, si tant est que je le puisse. Sa voix est douce, mais elle marche sur des œufs, elle choisit ses mots, elle ne veut pas me brusquer. Elle a peur. Je l'observe du coin de l'oeil, et lorsqu'elle me demande ses chaussures, je m'empresse de lui tourner le dos. La porte du bar est en face, et je la regarde en avançant. Elle a peur, mais elle n'est pas partie. Pas encore. Je récupère la paire de chaussures au sol, et pousse un profond soupir – allez mon gars. T'as déjà fait pire. C'est pas plus rassurant, mais ça devrait me permettre de reprendre contenance. Ça le fait toujours, jusqu'au moment où je fais pire, et où je dois improviser. Alors je me tiens devant elle, les chaussures en main, un peu aveugle. Je la regarde, et je ne la vois qu'à moitié, parce que j'ai l'impression d'avoir oublié un morceau de moi-même dans l'autre monde. Celui du monstre, de l'abominable chose, qui tend mes traits et me grignote petit à petit. Maisy me semble si menue, tout à coup – pieds nus, plutôt mal à l'aise, sans rien dire.

And every demon wants his pound of flesh
But I like to keep some things to myself
I like to keep my issues drawn
It's always darkest before the dawn


Les lèvres cousues, je n'ai rien à dire, rien envie de répondre. De toute façon, il n'y a rien de particulier à dire. Je suis reconnaissant, mais je ne l'admettrais pas. Une autre fois, un autre jour, si j'en ai l'occasion. Alors on se contemple mutuellement, on se dévisage, on essaie peut-être de se sonder. Si mon visage est fermé, le sien n'est pas très ouvert non plus, pour des raisons certainement bien différentes. Mais je ne sais pas quoi dire, je n'ai toujours pas grand-chose à dire, je préfère être lâche et la laisser prendre une décision plus éclairée que la mienne. Et lorsqu'elle se rapproche et que sa main rejoint mon bras, j'esquisse un sourire, pour ne pas jouer le rustre jusqu'au bout. Soulagé et plutôt stressé, pour être honnête. Ses yeux sont un peu fuyants, sa voix n'est pas bien assurée, et elle propose pourtant la chose la plus étrange du monde, à cet instant précis. À la maison. Putain, cette fille n'a aucun foutu instinct de survie, si elle m'invite chez elle. Et moi, moi je n'ai pas suffisamment de bonne conscience, parce que je n'y trouve rien à redire. Au contraire. La colère passera, comme toujours – le plus choquant, c'est encore pour elle. Pas pour moi, qui me connais, qui y suis habitué, et qui y ai pris un certain plaisir coupable. La violence, c'est une pulsion à assouvir comme une autre. Au fond, je ne perds sûrement pas le nord, parce que je m'efforce de ne pas penser à ce qu'on fera une fois chez elle. Monstrueux être que je suis, putain.

C'est pas grave. Je vais te soigner. Rien ne va pourrir nos retrouvailles. J'éprouve toutes les difficultés du monde à ne pas rester pensif une bonne partie du chemin. Certaines femmes sont attirées par une petite dose de violence et de prétention, parce qu'elles trouvent ça viril. Mais pour Maisy, c'est différent. Avec ce qu'elle a vécu lorsque cet idiot de Steven était encore de ce monde, on pourrait la croire prudente, dégoûtée de toute forme de violence. À cette pensée, je passe une main dans son dos. Je crois que j'ai beaucoup d'affection pour elle, et plus j'y pense, plus je m'en découvre. Ou peut-être est-ce parce qu'elle n'est pas plus rebutée que ça, ou qu'elle est douce et ferme à la fois. Je sais pas.
Je la suis dans l'escalier, une drôle d'impression dans la poitrine. Un peu comme si on bouclait un premier rendez-vous, mais c'était un rendez-vous bref et assez spécial. Ou comme si je raccompagnais une vieille amie chez elle. C'est sans doute le mélange des deux, qui rend le sentiment si étrange. Elle pénètre la première et je la suis, dépose la veste que j'ai été récupérer dans le bar avant de partir sur son manteau. Je m'assieds sur le canapé une seconde, un peu mal à l'aise, et me retrouve seul dans le salon. C'est beaucoup trop coloré, beaucoup trop... joyeux. Mais ça lui ressemble, me dis-je, un léger sourire aux lèvres. Je quitte rapidement le canapé pour fouiner, un peu curieux. C'est beaucoup plus joli que chez moi et en comparaison, j'ai l'impression de vivre dans un bouge.

Mais ce qui retient mon attention, c'est le petit rat qui fait sa vie, dans une grande cage. Inconscient de ce qui se passe dans le vrai monde, dans un petit hamac, elle m'adresse à peine un regard. C'est pour ça que j'aime bien les bêtes, pour cette innocence un peu idiote. Ils ne savent rien, ne se doutent de rien, et vivent dans un monde si petit qu'il ne peut presque rien leur arriver de mal.
J'entends Maisy revenir, et je retourne tranquillement jusqu'au canapé, lorsqu'elle arrive dans le salon. Un coup d’œil vers la télévision m'arrache un sourire amer, et je la dévisage. Tous ses efforts pour rendre la situation plus légères s'envolent lorsqu'elle s'assied à mes côtés, et que je perçois quelques tremblements secouer faiblement ses doigts. Le regard baissé quelques secondes, je le relève vers elle, et lui adresse un sourire serein. Un peu indifférent de l'état de mes mains, j'en lève une lentement jusqu'à son visage et passe une mèche de cheveux derrière ses oreilles, puis contemple son beau visage éclairé par la lumière de son appartement. Je distingue mieux ses traits que depuis le début de la soirée, forcément, et je garde un sourire aux lèvres. Au fond et tout à l'intérieur, je souris moins franchement, mais il faut qu'elle essaie d'être plus ou moins en confiance. Je m'appuie contre le dossier du canapé, et observe ses grands yeux.

« T'es mal à l'aise, avec moi ?, je demande, direct. Pas la peine de tourner autour du pot, d'autant plus que la question est plutôt rhétorique. Je lui donne cependant mes mains, avant de désigner la chair déjà abîmée. C'est pas hyper sexy, mais ça part au bout d'un moment, essaie de faire abstraction de ça... »

Au bout de tout ce temps, je suis bien obligé d'assumer ces trucs bizarres sur ma peau. Même si je me refuse à comprendre, et à en parler. En réalité, j'ai plutôt bien appris à les contrôler, je crois. Bon, dans un seul cas de figure. Mais c'est quand même pas mal. Pendant que Maisy s'occupe de ma main la plus amochée, je me contorsionne pour attraper ma veste, et en sors la boîte de comprimés, que je pose à côté de la bouteille d'alcool. J'en ôte d'ailleurs le bouchon à une main, et la porte entre nous deux. « Allez, tu vas pas me laisser commencer, quand même », dis-je nonchalamment, en approchant déjà le goulot de ses lèvres. Bah, je suis un pro pour faire boire les gens, y a jamais rien qui coule. Si c'est pas un talent, ça. Une fois qu'elle a bu quelques gorgées, dont la quantité n'était dictée que par moi, je fais de même. Le liquide chaud se fait vite rassurant dans mon gosier, et je n'attends pas vraiment qu'il fasse effet pour me coller un comprimé sous la langue. Je l'ai souvent pris avec un verre, et à part me fatiguer un peu plus, ça ne fait pas grand-chose, me dis-je en prenant une nouvelle gorgée. Maisy semble en avoir terminé avec ma main, et je ne lui donne pas l'autre. Ça me dégoûte plutôt, et j'ai pas particulièrement qu'elle regarde ces saloperies très longtemps. Au fond je m'en fous, ça guérit toujours plus ou moins tout seul.

Je me renfonce dans le canapé, plutôt à l'aise en fin de compte, et jette un coup d'oeil à la table. Je reprends une gorge d'alcool, et repose la bouteille près de Maisy. L'alcool refait tranquillement son effet, et je n'en attendais pas beaucoup plus. Le visage penché vers le sien, je tends le bras pour l'inciter à venir contre moi. Je profite du moment, parce qu'ils sont plutôt rares, et laisse un léger silence s'installer. Finalement, je n'ai besoin de rien d'autre pour me détendre.

« Tu sais, t'as dit que t'étais sortie pour oublier un peu, et trouver de la chaleur humaine. Moi aussi, c'est sûr, mais c'est pas juste pour ça. C'est pour pas oublier que... Enfin, c'est difficile à expliquer. J'ai pas l'impression d'être le même, depuis un moment. J'ai l'impression que je suis en train de péter une pile, je suis tout le temps en colère... Mais pas comme avant. C'est difficile à expliquer, quoi. Et puisque ça change pas, j'essaie de m'y faire. Puis j'hésite, je marque une pause. J'ai la voix plutôt basse, et j'entends clairement l'accent anglais ressortir tranquillement, presque naturellement. C'est assez étrange d'en parler, et je suis soulagé de ne pas être face à son visage. Je sais que j'aurais du rester avec toi, tout à l'heure, mais j'ai pas pu m'en empêcher. Y a ce truc dans ma tête qui m'a dit d'y aller, qui a exagéré la chose... Et au final, ça me soulage. Ça me gêne pas... tant que ça. »

Autant être sincère dès le départ. De toute façon, c'est rare que je me pare d'un bon vieux mensonge, et j'ai été plutôt rassuré par le fait que Maisy ne prenne pas ses jambes à son cou avant. J'ai l'odeur de ses cheveux dans le nez, et son corps contre moi. J'ai toujours aimé le contact d'un corps contre le mien, mais depuis les autres symptômes, j'ai l'impression que celui-ci est exacerbé aussi. Comme si j'en avais besoin, trop souvent. Ou bien est-ce le besoin de me rassurer qui se fait sentir. Quoiqu'il en soit, je l'incite à incliner le visage vers moi, pour enfin se faire face.
Quelques secondes s'écoulent sans que le silence soit brisé, et puisque parfois les gens ne comprennent pas les promesses qu’ils font au moment où ils les font, je ne mesure pas mes propos :

« Mais à toi, je te ferai jamais de mal. »

And I've been a fool and I've been blind
I can never leave the past behind
I can see no way, I can see no way
I'm always dragging that horse around

_________________
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SIN IS SINCERE


Dernière édition par Joseph Townsend le Ven 24 Fév - 17:11, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Ven 24 Fév - 6:05


Sans vraiment comprendre pourquoi, l’image de Joseph, de dos dans cette ruelle mal éclairée, les mains pleines de sang et les épaules encore secouées par un souffle saccadé, la traine à l’époque où elle croyait encore en Steven. Les yeux fous de Joseph semblent danser dans l’esprit de Maisy, la narguant encore et encore. La ramenant des années en arrière, à une époque où sa faiblesse lui avait valu tant de cicatrices, tant de bleus, au corps comme à l’âme. Cette époque où, elle croyait encore que quelque chose de bon, de sain, pourrait ressortir de cette relation malade qu’elle entretenait avec Steven. L’époque où il lui apportait parfois des fleurs, des chocolats ou des cœurs qu’il avait découpés maladroitement de ses grandes mains dans un bout de papier coloré, offrande de pardon digne d’un enfant. Offrande de pardon après lui avoir hurlé dessus, qu’elle acceptait parce qu’on pouvait tous perdre son sang-froid parfois, elle la première. Offrande désolée après l’avoir insulté pour avoir osé rire à la blague d’un des garçons, qu’elle acceptait parce qu’on peut tous être déraisonnablement jaloux parfois, elle la première. Offrande affligée après l’avoir frappée, qu’elle acceptait parce qu’on peut tout faire une erreur parfois, elle la première. Et le cercle avait continué, les cris, les insultes, les coups. Tous plus violents, les uns que les autres, ses côtes brisées à plusieurs reprises, les bleus sur ses épaules, ses cuisses et son ventre, là où on ne le verrait pas. Les hématomes gros comme des melons sur son dos. Les sifflements de rage de Neria qui la soignait sans rien dire, fatiguée de se faire envoyer sur les roses. Les yeux si doux de sa meilleure amie, plein d’une tristesse et d’une rage froide. La transformation, loin de lui apporter le pouvoir qu’elle pensait, n’avait fait qu’aggraver les sautes d’humeur de Steven, le transformant littéralement en une bête féroce, qui aurait pu la tuer, si elle n’avait pas été capable de prendre la seule décision censée qu’elle avait prise dans cette relation.

Elle avait fui, préférant partir sans rien dire, lâchement, un soir qu’il était parti au Bones pour se battre, encore et toujours. Mais le visage de Joseph, souvenir vivant de cette époque qu’elle essayait d’oublier avec tant d’acharnement, la ramenait violemment en arrière. Elle avait décidé, stupidement probablement, de l’inviter chez elle, dans ce havre de paix qu’elle ne gardait que pour ceux qu’elle aimait. Ils étaient rares ceux qui avait passer la porte de cet endroit. Elle pouvait les compter sur une seule main, même sur celle d’un atrophié. Timothée, Lazlo, son père, Sigrid. Les voilà, les quatre personne qui avaient eu le droit d’entrer dans son refuge. Timothée qui se moquait toujours de ses coussins, avant, avant qu’il ne soit réduit en bouillis par l’arène. Lazlo qui babillait près d’elle pendant qu’elle préparait des cookies aux pralines dans la cuisine, avant qu’il ne soit lui aussi détruit par ce gouvernement malade. Son père, toujours un peu mal à l’aise dans son environnement violement féminin, mais toujours tendre et doux, prenant des nouvelles, s’inquiétant pour son unique fille. Sigrid, animal sauvage, toujours à marcher sur des œufs, toujours à l’affut, qui brisait le cœur de Maisy tout en l’enveloppant d’une tendresse qu’elle ne connaissait pas vraiment. Et maintenant Joseph. Joseph, ses gros bras, sa gueule de beau-gosse torturé, ses blagues de mauvais goût, et son gout immodéré pour la baston. Joseph et sa carrure de footballeur américain, débout au milieu de son salon plein de coussins et de tapis multicolores. Joseph, qu’elle entr’aperçoit, par l’embrasure de la porte de sa salle de bain, faire le tour de son salon et observer sa rate. L’image aurait pu être adorable, s’il n’y avait pas eu ses poings sanguinolents pour compléter le tableau.

Elle s’approche finalement, son chargement plein les bras et s’assoit près de lui en soupirant. Elle déteste ses mains qui tremblent et par-dessus tout, elle déteste cette peur qui lui broie les entrailles et fait trembler ses mains. Elle n’a pas peur de ce qu’il est, elle connaît trop bien le monde magique et ses étrangetés pour s’inquiéter de la condition de Joseph. Ce qui l’inquiète, c’est cette violence qu’elle sent sourdre en lui. Cette rage qu’elle connaît pour l’avoir côtoyée à de trop nombreuses reprises. Le sourire que lui adresse Joseph, elle le connaît, parce que Steven lui a adressé le même tant de fois. Ce sourire qui veut dire ‘’Tout va bien, je suis calme maintenant, approche, je ne te ferrais pas de mal.’’ Ce sourire qui lui a valu bien des coups et bien des déceptions. Il approche la main de son visage et elle contient la peur qui monte, monte en elle, elle reste stoïque, ne recule pas. La pire chose qu’elle pourrait faire serait de lui montrer à quel point elle est terrorisée à l’instant T. A quel point elle tremble intérieurement. Il se recule et elle respire un peu plus librement. Elle attrape la main qu’il lui tend, délicatement et observe la plaie. Elle hoche la tête négativement à sa question. « Nan… » Elle toussote pour désencombrer sa gorge serrée. « Nan, pas vraiment… Enfin, si. Fin, non, c’pas TOI qui me met mal à l’aise. C’est… Tu sais quoi. » Elle secoue la tête, elle sait qu’il sait, elle sait que Steven ne s’est jamais caché de "corriger sa conne de meuf" quand il le jugeait nécessaire. Elle soupire et s’attaque au nettoyage de la peau. L’odeur de la chair nécrosée, en décomposition, lui soulève le cœur, mais elle sait que ses onguents sont bons, qu’elle maitrise ses recettes et qu’ils feront effet. « Ça va, j’ai vu pire t’sais. Dans les arènes ou dans la résistance, on voit de sacrer truc quand on sait soigner. » Elle relève les yeux et les plantes dans les siens. Il est calme maintenant, mais qui sait quand la colère reviendra. Elle rebaisse la tête, applique du bout des doigts la crème et enroule la main dans une bande propre. Contente de son œuvre, elle s’apprête à attaquer la deuxième avant de remarquer la bouteille que lui tend Joseph. Elle rit doucement, mais le laisse faire. Le whisky, brûlant, réconfortant, traverse sa gorge et réchauffe son corps de l’intérieur. Elle s’appuie contre le dossier et regarde Joseph avaler sa petite pilule avec de longues rasades d’alcool. Son esprit, toujours un peu embrumer par l’alcool dérive quelques secondes et elle fixe les mouvements de sa gorge tandis qu’il avale. L’image de son grand corps affalé dans son canapé, la bouteille à la bouche et les mains abimées remue quelques choses dans le fond de son ventre qu’elle ne se pensait pas capable de ressentir après avoir vu la violence de Joseph. « T’as une sacrée descente Townsend, dis donc. » Elle ne fait pas allusion à la drogue, chacun use et abuse de ses propres vices finalement.

Joseph ne semble pas motivé à lui donner sa deuxième main, et bien qu’elle souhaite le soigner, elle n’a pas particulièrement envie de se retrouver à nouveau face à sa chair martyrisée. Alors quand il pose la bouteille, elle l’attrape et en avale trois longues gorgées avant de la remettre sur la table et d’essuyer sa bouche du dos de sa main. Elle attrape le nécessaire et commence à rouler. La tête de beuh, d’une qualité irréprochable comme toujours, s’effrite facilement entre ses doigts et l’odeur rassurantes, agréable, envahit ses narines. Elle s’applique, roule son joint avec application et l’allume. La première bouffée est un régal et les suivantes l’aideront à calmer la tension qu’elle sent toujours bien présente et qui menace de l’étouffer. Elle ne comprend même pas pourquoi elle a eu l’idée, saugrenue, d’inviter Joseph chez elle. Elle aurait dû se barrer, rentrer chez elle discrètement et ne jamais chercher à le revoir. Mais il est là, sur le canapé, son adorable visage tourné vers elle et il lui tend ses bras.

Alors, elle craque. Parce qu’elle est comme ça Maisy, elle est faible, si faible, face à un homme qui prend l’air fragile après avoir éclaté la gueule d’un parfait inconnu. Elle s’approche et blotti son corps contre le creux de l’épaule de Joseph. Elle inspire profondément contre son torse, se gorge de son odeur masculine et y trouve un réconfort un peu incongru. Elle pousse un soupir et tire sur son joint. Profitant du silence, uniquement troublé par le battement calme du cœur de Joseph contre son oreille. Il parle et sa voix résonne bizarrement dans sa cage thoracique, mais Maisy se concentre pour écouter ce qu’il dit. Ses paroles lui brisent le cœur, parce qu’elles sont si proches de ce que Sigrid a pu lui dire. Si proche aussi, de ce que disait Steven après sa transformation. Mais Joseph n’est définitivement pas un métamorphe, son odeur et son essence magique sont différentes, si proche de celle de Sigrid, ou encore de Niklas. Quelque chose de malsain, de mauvais semble couler en eux. « Hmm… » Sa voix est un peu rauque, à cause de l’alcool, de la drogue et de la fatigue nerveuse et physique. « J’comprends, p’tet mieux que tu l’penses. » Elle n’a pas envie d’amener le sujet de sa propre magie sur la table, bien que Joseph soit surement au courant. « J’veux dire, Steven… Steven était un peu comme ça… Sur la fin. » Elle se mordille la lèvre, admirant la stupidité avec laquelle, elle vient de faire intervenir son ex dans cette histoire. « Mais, j’ai une pote… Elle est un peu comme toi, c’est assez bizarre, elle a des pulsions parfois, elle a l’air au bord du craquage psychologique, puis… Elle a aussi se truc chelou que t’as avec tes plaies, cette nécrose bizarre. Honnêtement, j’ai aucune foutre couille idée d’où ça vient cette merde. Tout c’que j’sais, c’est que ça bousille des gens autour de moi, et qu’ça me fait chier. » Elle soupire, se calle un peu plus confortablement et tire à nouveau sur le joint. « T’aurais dû rester ouais, mais c’est fait, c’est fait. Puis… » Elle sait qu’elle devrait être horrifiée par ce qu’il vient de dire, qu’elle devrait s’éloigner, mais il est si chaud et confortable, et après tout, ce monde a déjà brisé tant de gens qu’un problème de violence n’est pas grand-chose face à toute l’horreur ambiante. « C’est pas le pire que j’ai vu d’ma vie, j’survivrais. » Elle pense l’espace d’une seconde à ce mec qu’elle a descendu parce qu’il risquait de balancer des infos compromettantes sur elle. L’état dans lequel elle avait été juste après et la façon dont elle envisage le meurtre aujourd’hui. Rien n’est trop risqué pour sauver sa peau. « J’aimerais pouvoir t’aider, t’sais. J’veux dire, c’est la merde, clairement, et j’sens bien qu’ça t’fout mal. Mais au final, j’pense que j’peux rien faire de plus. » Elle se décale un peu, change le joint de main et caresse distraitement le torse de Joseph de l’autre. Elle est arrêtée par ses doigts sous son menton qui la force à lever le menton. Ses yeux se plantent dans les deux océans de Joseph et son cœur s’arrête avant de repartir aussi sec à grande vitesse. Elle quitte les yeux de Joseph pour regarder sa bouche. Ses lèvres si pleines, si rondes et qui ont l’air si douces. Elle s’approche, lentement, le souffle court et en éloignant les pensées intempestives pose ses lèvres sur les siennes. Baiser papillon, fragile et léger comme une caresse. Elle se secoue intérieurement. Elle a déjà entendu ce genre de promesse. Trop de fois pour y croire. Même si l’envie y est.

Elle se redresse, s’éloigne un peu pour ne pas se jeter sur Joseph. L’envie de l’embrasser réellement est si forte qu’elle lui picote les lèvres, alors elle les mord un peu trop fort et se tourne vers la table pour avaler une grande goulée de whisky. « Arrête ton baratin, Townsend, on sait tous les deux qu’t’es un fieffé connard et qu’j’suis une sale garce. » Elle tire sur son joint et lui tend. « On est pas fait pour le romantisme et les mignonneries. » Elle se frappe intérieurement, oh si, elle aimerait bien un peu de mignonnerie et de romantisme. Elle aimerait bien quelqu’un qui l’aime pour ce qu’elle est, qui l’accepte et qui pour une fois ne l’abandonne pas. Pas comme Neria, pas comme Alistair, pas comme sa mère. Quelqu’un qui soit là pour elle. Elle effleure ses lèvres du bout des doigts, la sensation de celle de Joseph sur les siennes encore bien présente, malgré la légèreté du baiser. Elle se morigène, s’interdit d’être une mijaurée. Elle sait bien que Joseph n’est pas là pour ça, qu’il n’est certainement pas prêt à s’amuser à reconstruire le puzzle Maisy Weaver : Édition ‘’J’ai faillis perdre tout ceux auxquels je tiens dans les arènes y a deux semaines et je sais pas comment vivre avec. ‘’ Elle s’appuie à nouveau contre Joseph, cache son visage dans le creux de son épaule. « J’veux dire, qu’est-ce qu’on peut promettre de beau dans un monde comme celui-là ? T’as vu la merde dans laquelle on vit ? Mon meilleur ami est obligé d’se planquer pour embrasser qui il veut parce qu’c’est interdit. La bouteille à laquelle on boit pourrait nous foutre en taule tous les deux. Pourquoi est-ce que tu m’ferrais des promesses alors que le monde court à sa perte ? »

Elle reprend son souffle et mord sa lèvre une fois de plus. Oh, oh, elle aimerait lui en faire des belles promesses, elle aussi. Elle pourrait après tout, qu’est-ce qui lui dit qu’elle le reverra après ce soir ? Après tout Joseph est de la même espèce que Steven, ces mecs qui court les filles comme on court un cent mètre. Elle aimerait être comme Lazlo, se sentir capable de s’amuser sans retenue, de courir les garçons sans culpabilité, sans sentir son cœur s’emballer à la première phrase gentille qu’on lui dit. Elle relève les yeux, observe le menton du grand brun entre les mèches de sa lourde frange et remonte un peu. Elle pose sa bouche contre le coup de Joseph, juste là où elle peut sentir son pouls. « T’sais. J’t’ai toujours trouvé plutôt canon comme gars, pas mal drôle aussi. » L’alcool et la drogue commencent à taper sérieusement et elle sent le nœud dans sa poitrine se desserrer un peu. « J’t’aime bien Townsend. » Elle glousse un peu. « Même si des fois, tu dis des trucs que tu devrais pas dire, mais t’sais quoi. Aller, soyons fous ! Pour ce soir, j’vais te croire ! On va dire que t’es pas qu’un coureur et que j’suis pas à moitié tarée ! Tu m’ferras pas mal et moi, j’te promets… » Elle prend deux secondes pour réfléchir et attrape la bouteille. « Des nuits toutes plus endiablées les unes qu’les autres, tant qu’tu tiens ta promesse ! » Elle lève la bouteille, avale une longue gorgée avant de la tendre à Joseph. Elle redevient sérieuse et le fixe droit dans les yeux. « Mais merci d’m’avoir parler. C’est bien d’ta part et j’suppose que ça doit pas être facile de dire c’genre de chose. Donc j’respecte ça. Un jour p’tet, si t’as envie d’entendre une histoire nulle, j’te raconterais la mienne. » Pour se changer les idées et éviter son regard, elle attrape sa deuxième main et prend quelques minutes pour la soigner. Après tout, c’est ce qu’elle sait faire de mieux. Elle soupire et laisse la main de Joseph sur sa cuisse, une fois son travail terminé. Elle se rapproche de lui et reprend sa place dans le creux de son bras, retrouvant avec plaisir la chaleur rassurante de son corps contre le sien. Maintenant que l’alcool et la drogue ont fait leurs effets, elle se sent plus légère, la peur s’est éloignée et elle laisse sa main glisser à nouveau contre le torse du barbu. Elle dessine des arabesques sur le tissu de sa chemise et se concentre sur sa respiration. Elle glisse ses doigts entre deux boutons et caresse du bout du doigt le bord d’un pectoral dessiné par les combats avant de laisser échapper un petit grognement de contentement. « J’te préviens, si tu trouves pas un moyen de me maintenir éveillée, j’vais juste m’endormir la comme une grosse bouse. »

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Ven 24 Fév - 17:10

L'odeur de l'herbe flotte autour de nous, presque tangible tant elle est forte – je n'ai jamais eu beaucoup de plaisir à fumer autre chose que du tabac, mais je ne ferai pas la fine bouche ce soir. D'autant plus que Maisy doit en avoir besoin. On a tous nos vices, nos saloperies qui nous aident à tenir le coup et à ne pas sombrer trop rapidement. L'odeur s'envole jusqu'à mes narines et apaise une atmosphère peut-être un peu trop tendue. En ce qui me concerne, le stress s'est émietté depuis un moment déjà – on s'habitue à ce type de soirées. Elles sont presque légion, jamais différentes mais jamais vraiment les mêmes non plus. Mon bras déployé autour de son corps resserre un peu son étreinte en un mouvement possessif, et mes doigts glissent sur sa peau, ici et là. Peut-être est-ce parce qu'elle vient de mentionner Steven, de me comparer à elle, ou à cause d'autre jour, mais mes doigts s'enfoncent dans sa chair. De ma main libre, je reprends une gorgée d'alcool – non, je ne suis pas comme lui. Il n'était pas comme moi, mais je ne relève pas, peu désireux de chipoter sur une formulation que j'estime un peu maladroite. De toute façon, elle embraye et mentionne une amie ; des pulsions, l'instabilité psychologique, la nécrose. Ma poitrine se serre à l'idée que nous soyons nombreux à souffrir de ce mal, et je me redresse malhabilement de quelques centimètres en lorgnant sur ma main blessée d'un œil critique.

La légèreté de l'alcool m'empêche pourtant de m'appesantir bien longtemps là-dessus, et je souris à nouveau à son langage de charretier. Putain, ce qu'elle peut parler mal, quand même. Le sourire amusé est rendu un peu amer lorsqu'elle admet que j'aurais du rester avec elle, à l'intérieur, mais je ne relève pas non plus. Tristement, je réalise que je ne suis pas plus touché que ça par la déception que j'ai du provoquer chez elle – quoique, déception sous-entendrait qu'elle s'était attendu à quelque chose d'autre. Je ne sais pas si c'est l'alcool, la fatigue ou autre chose, et même si le pincement au cœur est bien présent, je ne ressens ni l'envie d'en parler davantage, ni celle de m'excuser. J'ai peur que les mauvais choix ne soient qu'un début, que des préliminaires un peu insignifiants face à ce qui pourrait arriver, et j'essaie de ne pas y penser davantage.
Bien plus gêné par le fait d'avoir fait transparaître un peu trop de fragilité, je hausse évasivement les épaules et lui offre un sourire reconnaissant. « Ouais... Demain j'y penserai plus, y a pas d'aide à m'apporter. » Ça n'était pas sec, ni cassant. C'était plutôt sans appel, parce que je n'ai plus du tout envie d'aborder le sujet. Après tout, l'alcool pousse parfois à dire les premiers trucs qui nous passent par la tête, hein ? Et je saurai bien jouer l'inconscient, si le sujet réapparaît sur le tapis. Non, Joseph Townsend se fiche pas mal des pépins qui pourraient surgir dans sa vie – d'ailleurs, il n'en a pas. Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes.

La caresse de ses doigts sur ma poitrine est agréable, et celle de ses yeux sur mon visage me remue le ventre. Ses lèvres se posent sur les miennes, en un baiser bien trop court, bien trop timide, qui en appelle déjà bien d'autres. Envieux et rapidement frustré, l'étreinte de ses lèvres sur les miennes me paraît déjà loin lorsqu'elle se redresse, s'éloigne. À défaut de poser autre chose sur mes lèvres, j'y glisse le joint et tire dessus. On est pas fait pour le romantisme et les mignonneries. Je tire à nouveau dessus, et le repose. « Touché. Le fieffé connard et la sale garce, savoureuse fable du 21ème siècle... N'empêche que c'est pas pour autant que tu dois avoir peur que j'te tape dessus à la première occasion. Et puis, personne à part toi n'a parlé de romantisme..., dis-je, narquois, avant de me pencher vers elle, le regard moqueur. Mais si ça ne tient qu'à ça et que ça peut te faire plaisir, je viendrai chanter sous ta fenêtre, la prochaine fois. »
Pourtant, je me mords bientôt la lèvre – l'humour ne tient pas longtemps et surtout, il ne me détourne pas vraiment du désir qui me réchauffe le ventre. Son visage retrouve le creux de mon épaule, la chaleur de sa peau se mêlant à la mienne, et je passe une main dans son dos, caresse lente et réconfortante. Je ne sais pas quoi lui répondre sur la forme, sur les soucis tous personnels qu'elle m'expose. Oui, ce monde est un monde complètement pourri, tout ou presque est à jeter. La liberté est une denrée rare, que nous devrions chérir. « L'espoir, c'est tout. Sans ça, autant s'enfoncer dans la merde jusqu'à s'étouffer. »

J'ai la manie terrible de ne penser qu'au moment présent. De ne pas imaginer le futur, les répercussions, les conséquences – c'est pour ça que tout merde, tout est foiré, tout est pourri. Mais le reste, si éphémère soit-il, est délicieux. Le choix ne s'est pas proposé, il s'est imposé à moi – pourtant, dieu sait à quel point il est mauvais. « Tu t'poses trop de questions, c'est ça le problème. Essaie de juste... profiter des bons moments, même s'ils sont rares. »
Ses lèvres douces et chaudes rejoignent ma peau et j'incline légèrement le visage, la main dans le bas de son dos – je caresse inconsciemment, presse mes doigts contre sa peau, frémissant. Partagé entre envie et amusement à chaque fois que quelques mots s'échappent de ses lèvres, je ris. Elle est légère. Elle passe du coq à l'âne, elle est très franche, et c'est plutôt agréable. Un peu bizarre, mais agréable. J'attends sa fameuse promesse, et mime une surprise exagérée. « C'est bizarre, j'ai justement un souvenir de toi beaucoup plus sage, un peu gamine, si tu vois ce que je veux dire, je lâche, amusé, avant de boire quelques gorgées de la bouteille tendue. Mais ce qui est sûr, c'est que t'avais rien à faire avec l'autre con. Et avec la piètre opinion que t'as de moi... » Je ne termine pas une phrase sortie un peu trop vite, mais dont on en devine facilement la fin. Avec la piètre opinion que t'as de moi, faut croire que tu choisis les hommes sur des critères de merde. Je dis peut-être des choses que je devrais pas dire, elle a pas tort sur ce coup-là.
Elle m'échappe, encore, et la frustration se manifeste presque autant que le désir, à ce stade. Je laisse ma main entre les siennes, apparemment soucieuses de me soigner correctement, et le souvenir amer de ma sœur me revient en pleine figure. Tout ce temps passé à me rafistoler, toutes ces nuits à la secouer pour qu'elle arrête de pleurer sur notre pauvre sort. Aussi, j'accepte avec plaisir la fin des quelques minutes de soin, et retrouve Maisy contre moi. Encore, sans savoir exactement à quel moment elle va se redresser et m'échapper à nouveau.

« J'espère que je ne suis pas le premier à te dire à quel point t'es sexy quand tu parles... » J'abandonne pourtant rapidement la moue moqueuse que j'arbore et passe mes doigts sur les siens, glissés sous ma chemise. Les yeux dans les siens, la lèvre mordue, je passe mon autre main contre ses épaules, sa nuque, ses cheveux. Elle est belle, sa peau contre la mienne me fait frémir, et on pourrait sûrement rester encore longtemps comme ça. À se voler un baiser, s'éloigner, faire quelques pas en avant et tout autant en arrière ; discuter, se moquer, partager un peu n'importe quoi. Mais le message serait mauvais, tellement mauvais. Un coureur, ça ne passe pas trois heures à discuter. Ça ne monte pas chez une femme pour que la seule chose qu'elle touche, ce soit ses mains. Alors je les déplace, je les laisse glisser sur ses courbes, sur une robe trop ajustée que je meurs d'envie d'arracher. Mes lèvres rejoignent sa joue, sur laquelle je dépose un baiser, courent jusqu'à sa mâchoire, le souffle chaud effleurant sa peau tiède. Le corps tendu, je me redresse et la tiens contre moi, une main sur sa cuisse et l'autre contre sa taille. Je respire son odeur, le visage niché contre son cou, sur lequel les baisers reprennent, un peu plus pressés. Les doigts roulent jusqu'à sa nuque et cherchent la fermeture de sa robe – une fois trouvée, ils ne perdent pas de temps et gagnent quelques centimètres de peau nue, ne la défont pas entièrement. Son parfum est doux, un peu sucré – la peau de son cou, après être passé sous mes lèvres, est triturée par quelques mordillements.

Une main pourtant claque contre sa hanche, d'une part pour l'inciter à bouger, et de l'autre parce que j'ai toujours bien aimé claquer ce qui me passe sous les doigts. Un regard vers la mezzanine me dissuade de m'aventurer là-haut, et je me contente de me redresser en allongeant la propriétaire des lieux de tout son long à mon ancienne place. Mes lèvres rejoignent rapidement son épaule, sa clavicule, le haut de sa poitrine, toujours couverte par le tissu. Contre son dos arqué, ma main se glisse et baisse encore un peu la fermeture, en grignote encore plusieurs centimètres. Les lèvres descendent malgré la robe et embrassent la poitrine toute entière, le flanc et la naissance des côtes, tandis que les doigts, dorénavant plus pressés, s'appuient avec envie contre sa cuisse, remontent contre sa hanche, torturent le bas du vêtement.
Et lorsque je relève le visage vers le sien, je mentirais en disant que ça n'est pas un peu bizarre. Bizarre de l'apprécier sous cet angle, d'embrasser sa peau, d'avoir fiévreusement envie d'elle. Bizarre de n'avoir toujours pas vraiment posé mes lèvres sur les siennes, et de pourtant laisser nos corps s'épouser comme ils le font. Alors je remonte vers elle, et plonge dans le bleu de ses yeux, m'y noie en grignotant la petite distance qui subsiste encore entre son visage et le mien. La poitrine désormais contre sa poitrine, les cuisses entre les siennes, la pression de mon corps se fait brûlante et impatiente. Le regard soudé à celui de Maisy, je ne le lâche que pour frôler son nez du mien – bref baiser esquimau, fade prélude pourtant. D'une lenteur aussi exaspérante que délicieuse, je laisse planer mes lèvres à quelques millimètres des siennes – les souffles saccadés et tièdes se mélangent, jusqu'à ce qu'enfin je l'embrasse, et réduise à néant la frustration d'un acte loupé qui durait depuis trop longtemps. Et de plus en plus fermement, scelle un baiser qui me brûlait les lèvres. Mais ce baiser, c'est comme ouvrir la boîte de Pandore – une fois qu'on y a goûté, on en veut plus, toujours plus. Alors il s'intensifie, se fait langoureux, fiévreux d'une envie qui se laisse aller à sortir de sa cage. Le ventre brûlant de désir, je laisse cette première fois durer, se prolonger inlassablement – sa langue embrasse la mienne, lascive et impatiente, et j'efface définitivement l'ancienne Maisy de ma mémoire.

Celle qui se laissait faire, celle qui n'osait pas, celle qui ne souriait pas suffisamment. Et son beau visage était trop fermé, trop triste, trop renfermé. J'abandonne ses lèvres pour couvrir son cou de nouveaux baisers, et m'imprégner de son odeur. Je ne sais pas si ce sont les fameux papillons dont tout le monde adore parler, mais la sensation familière et agréable d'un ventre secoué par l'émoi se fait de plus en plus forte. Ces papillons là, il n'y a qu'une manière de les exterminer durablement, me dis-je en passant une main le long de son ventre – sous le tissu, je devine son nombril, puis l'élastique de son sous-vêtement, que j'effleure du bout des doigts. Ils grignotent encore quelques centimètres, et dévient leur course le long de sa cuisse. Agrippent le bord de la robe et la remontent un peu, s'insinue entre ses deux cuisses – puis s'abandonnent finalement ici, à quelques centimètres de son entrejambe. Putain, ce que j'ai envie de m'y aventurer, de franchir une barrière sûrement déjà trop enfoncée pour faire demi-tour – mais je crois que je préfère encore qu'on se torde d'envie pour quelques minutes supplémentaires. Assouvir un besoin tourmenté est sûrement la meilleure des récompenses.
Je m'emploie enfin à la libérer complètement de sa robe, et dévoile un corps qui, sans surprise, est beau. Attirant, tant que j'ai envie de laisser courir mes lèvres sur chaque centimètre de peau qui m'est offert. Reprenant ses lèvres entre les miennes, je m'appuie contre sa peau chaude, y passe inlassablement mes doigts. Torture l'élastique de ses sous-vêtements, et éloigne mon visage du sien. Je lui lance pourtant un regard, mi-amusé, mi-curieux, au songe si transparent qu'il s'y lit aisément ; T'es prête à ne plus pouvoir revenir en arrière, Maisy Weaver ? Parce qu'une fois qu'on se sera vus à poil, on aura passé une putain d'étape. Tout à fait prêt à passer l'étape, j'embrasse sa poitrine, laisse glisser ma langue dans le sillon de son ventre, triture son nombril, et dépose un nombre incalculable de baisers le long de la lingerie qu'elle porte.

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Sam 4 Mar - 3:31


"N'empêche que c'est pas pour autant que tu dois avoir peur que j'te tape dessus à la première occasion." Elle avait tressailli, frisson sec, traversant son échine de part en part. Touché. Oh, elle n’avait jamais pris Joseph pour un crétin, toujours bien consciente que sous ses allures de gros bourrins, il était probablement bien plus intelligent que la plupart des gars avec qui il trainait, mais elle n’avait jamais pensé qu’il serait capable de mettre si facilement le doigt sur le problème. Alors elle s’était tendue, sur la défensive, prête à nier en bloc la peur qui broyait ses tripes, prête à se battre bec et ongles pour prouver qu’elle n’était pas faible et fragile, mais Joseph avait rapidement évacué sa tension d’une blague légère qui avait eu le mérite de lui tirer un sourire. « Cours toujours, j’ouvrirais pas la fenêtre pour toi, Sinatra. » Alors, sa peur apaisée pour le moment, le joint l’aidant à se détendre, elle était retournée prendre sa place dans le creux de son torse, le nez contre son cou, appréciant son odeur masculine et rassurante. Sa grande main caressant son dos, elle s’était laissé aller, s’était détendue. « Hm... L’espoir ? J’t’avoue qu’ça fait longtemps qu’j’ai arrêté de cultiver ce genre de plante dans mon jardin. Peut-être que j’réfléchis trop, peut-être ouais. Mais bordel, c’est dur d’se déconnecter quand le monde roule plus droit d’puis si longtemps, mais pour ce soir, j’te suis, j’oublie qu’demain existe rien que pour tes beaux yeux Townsend, t’en as d’la chance. » Sa voix, ironique, n’en était pas moins douce et pleine d’humour, avant qu’elle ne plaque ses lèvres contre la peau tendre de son cou. Ses paroles, définitivement portées par la drogue, avaient eu le mérite de faire rire Joseph et elle avait découvert avec surprise qu’elle adorait ce son et qu’elle souhaitait l’entendre à de nombreuses reprises.

Elle avait ri franchement quand il lui avait parlé de la fille effacée qu’elle était avant. « J’ai jamais vraiment pu être moi-même à l’époque t’sais. » Elle hoche les épaules, devant ce constat triste mais réaliste. Elle avait toujours été bruyante et pleine de vie, mais Steven avait fait d’elle une sorte de pale copie de la femme qu’elle était. Des mois, des années, sans avoir le droit de se comporter comme elle en avait eu l’habitude, en retrouvant sa liberté, elle en avait fait, des conneries. Elle avait couché avec tant de mec, de fille, avait bu à s’en rendre malade, avait pris chacune des drogues sur lesquelles elle avait pu mettre la main. « T’sais, j’ai jamais cru que t’étais comme lui. Fin, j’veux dire, ouais ok, tu cognes plus que tu causes, mais t’es quand même loin d’être du même acabit que l’autre. » Elle avait bien senti qu’il avait parlé trop vite, mais elle n’avait pas envie qu’il se méprise. Elle avait toujours eu conscience d’avoir choisi le mauvais cheval. Celui malade avec le caractère de merde.

Elle avait pris le temps de soigner sa main avant de se retrouver de nouveau contre la chaleur rassurante de son corps, sa grande main, prenant une place presque naturelle dans la cambrure de son dos. « Ça va t’surprendre, mais non, jamais… » Elle lui tire la langue, nullement vexée par la petite pique qu’il lui lance, elle sait qu’elle parle mal, qu’elle jure, qu’elle bouffe les mots, mais qu’est-ce qu’elle peut s’en foutre, elle est obligée de parler correctement à la radio, elle n’a pas envie de se faire chier à le faire une fois sortie du studio. Elle tressaille quand les doigts de Joseph rejoigne les siens et lève les yeux vers son visage. Il mord sa lèvre inférieure et une fois de plus, elle se fait la réflexion, notant à quel point cette bouche féminine sort du lot dans ce visage profondément masculin. Un ilot de douceur dans ce visage brut et dur. Une fois de plus sa main se déplace, enveloppe de sa chaleur, sa nuque, ses épaules. Elle plonge ses yeux dans les siens et elle voit en instantané, le moment où il décide qu’il a assez jouer. Une vague d’excitation la traverse et elle se sent finalement vivante. Le silence se fait dans l’appartement. Seulement troublé par leurs souffles, calme pour le moment. Les mains de Joseph glissent sur sa robe, englobent de leurs paumes brulantes chacune des courbes qu’elles croisent et l’espace de quelques secondes Maisy est dépourvu. Elle n’arrive pas à faire le point et soudain le visage de Joseph est là, si proches qu’elle discerne les quelques cicatrices, les rides nouvellement arrivées, qui marquent sa peau. Elle cligne des yeux rapidement quand il embrasse sa joue, la douceur et la tendresse du geste la surprend un peu, mais rapidement ses baisers dérivent le long de sa mâchoire, jusqu’à son cou et elle marmonne un grognement d’appréciation, accompagné d’un petit rire quand sa barbe la chatouille légèrement. Le bourdonnement étourdissant de l’excitation commence à faire son effet et elle sent son corps se détendre. Oubliées, la violence brute, la peur et les nécroses. Oublié, cet instinct qui devrait la faire tenir loin de lui. Elle baisse les yeux sur sa cuisse, sur laquelle repose la main de Joseph, la jupe de sa robe dangereusement haute et elle oublie tout quand il reprend la douce torture qu’il inflige à sa gorge.

Elle sursaute et pousse un petit cri, et lui jette un regard faussement courroucé, quand la main de son amant claque sa hanche, mais elle s’exécute, se laisse allonger, et en profite pour admirer la vue. Les yeux mi-clos, les pupilles dilatées par le désir et la robe moitié détachée, moitié remontée en haut de ses cuisses, elle doit donner une belle image. Elle hausse mentalement les épaules, Joseph n’est pas le premier mec avec qui elle couche, certainement pas le dernier, néanmoins… Néanmoins, son regard semble avoir un peu plus d’importance que celui d’un mec lambda. Peut-être parce qu’il l’a connu avant qu’elle n’ose prendre ces libertés, peut-être parce qu’il est lui-même excessivement bien foutu. Peu importe, elle se retrouve sur son canapé débraillé, foutrement excitée et en pleine réflexion sur son corps. Mais les lèvres de Joseph qui s’approprie rapidement sa gorge et sa poitrine malgré le tissu de sa robe lui font oublier ses questions, jusqu’à ce qu’il lui jette un regard et qu’elle comprenne qu’elle n’est pas la seule à trouver la situation un brin étrange. Elle mord sa lèvre inférieure quand Joseph remonte rapidement jusqu’à son visage. Finalement, ce baiser qu’elle esquivait tout à l’heure arrive. Elle agripper fermement les épaules de Joseph d’une de ses mains, fourrageant dans ses cheveux de l’autre, tirant légèrement sur les mèches qu’elle attrape, le souffle court, elle laisse sa langue s’approprier la bouche de Joseph. Whisky et herbe, un mélange qu’elle connait bien, qu’elle apprécie.

Son corps, lourd sur le sien, ne laisse place à aucun questionnement sur son désir et elle se cambre pour le laisser descendre d’avantage la fermeture de sa robe. Elle retient le gémissement de dépit qui manque de s’échapper de ses lèvres quand il les abandonne, mais le bourdonnement du désir et de l’excitation reprend son murmure de plus belle et le laisse reprendre son exploration. Elle ronronne presque quand ses doigts s’aventurent sous sa robe, effleurent le haut de ses cuisses, la laissant sur sa faim. Elle se tortille, le corps en feu, mais déjà sa robe est définitivement enlevée, le tissu s’échoue sur le sol dans un froissement délicat et elle se retrouve presque nue sous ses yeux. Et à nouveau, son cerveau décide de la torturer et elle commence à remonter ses mains, cherchant à cacher sa poitrine découverte, mais elle se rend compte que la cacher ne changera rien, ce ne sont pas ses seins qui la dérangent, mais les cicatrices, blanches et roses, qui marquent une grande partie de son corps. Reste de ses combats, elle a beau les arborer fièrement la plupart du temps, elle sait bien qu’elles ne sont pas belles, encore moins sexy. Mais une fois de plus Joseph, avait coupé court à sa réflexion, en couvrant sa poitrine, cicatrice ou non, de baiser léger, la chaleur de son souffle contre sa peau, la douceur de ses baisers, lui faisant tourner la tête. Elle se redresse, les coudes sur le canapé, les yeux posés sur son partenaire, les joues rouges, le souffle court.

« T’es beaucoup trop habillé, Townsend. Je trouve ça, profondément injuste ! » Elle le repousse, le force à s’asseoir dans le canapé et entreprend de détacher chacun des boutons de sa chemise avec une lenteur qu’elle ne se connaissait pas. Une fois son œuvre achevée, elle se recule un peu, presque nue sur les genoux de son amant et observe avec un plaisir non feint, le torse musclé du brun. Elle se mordille la lèvre, laisse les doigts d’une de ses mains glisser le long du torse de Joseph tandis que ceux de l’autre, se posent sur ses lèvres. Elle se penche en avant, laisse ses lèvres flotter au-dessus des siennes quelques secondes, avant de l’embrasser à pleine bouche. Le chuchotis des souffles saccadés et des lèvres qui se frôlent, qui se cherchent, empli la pièce. Elle mord légèrement la lèvre de Joseph avant de laisser les siennes glisser le long de son cou. Elle apprécie de sa langue et de ses lèvres, la fermeté des muscles de Joseph, laisse sa bouche effleurer un téton avant qu’elle ne se laisse glisser entre les jambes du barbu, tombant à genoux devant lui, dans cette pause de soumission vieille comme le monde. La tête basse, elle se mord la lèvre inférieure en jouant avec les boutons qui ferment le jean de l’homme face à elle.

Elle se redresse quelques minutes plus tard et reprend sa place sur les genoux de Joseph, accompagnant son installation de quelques coups de reins tentateurs. Son corps, tendu par le désir apprécie particulièrement le changement de position et elle laisse son bassin s’appuyer contre celui de Joseph dans un grognement de plaisir, elle cale son visage dans le cou de son amant et mordille la peau tendre de sa clavicule, hésitant quelques secondes à laisser la marque de son passage sur cette chair tendre. Après quelques secondes de réflexion, elle éloigne l’idée et se contente de laisser ses lèvres et sa langue remonter jusqu’à l’oreille de Joseph.

« T’es carrément sexy quand t’as l’air sans défense. » Le chuchotement s’échappe de sa bouche, tout contre l’oreille de Joseph et elle apprécie pendant quelques secondes cette sensation de pouvoir. Elle connait les hommes de la trempe de Joseph, elle sait bien qu’elle n’aura pas le contrôle bien longtemps, que tôt ou tard, elle se retrouvera dans une position bien moins facile et qu’elle n’aura pas son mot à dire. Elle mord la peau du cou de Joseph avec un peu plus de force, et de sa main libre attrape une des siennes et dépose une série de baisers légers sur la paume enveloppée dans sa bande.

Elle jette un regard à Joe sous sa lourde frange et mord sa lèvre inférieure avant de l’embrasser une fois de plus à pleine bouche. Sa langue s’enroulant autour de celle de son amant, ses lèvres mordillant les siennes.

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Lun 6 Mar - 2:20

T’es beaucoup trop habillé, Townsend. Je trouve ça profondément injuste ! Un nouveau sourire éclaire mon visage, que je remonte vers le sien - pourtant, elle ne m’en laisse que très peu le loisir, m’incite à me redresser. J’obéis, docile comme je le suis aisément face à une femme quasiment nue, et accompagne mon attitude d’une posture générale ; les bras en arrière, appuyé contre le dossier du canapé, je me laisse faire. La douce torture commence alors - d’une lenteur aussi exaspérante qu’électrisante, ses doigts courent le long de la chemise, glissent peu à peu d’un bouton à un autre, d’une cadence plus que mesurée. Un regard irrité plonge dans ses yeux clairs, la lèvre mordue, avant de s’adoucir en glissant sur son corps. Elle me reluque, je la reluque - les tatouages sur ma peau se laissent admirer, les cicatrices sur la sienne se font plus timides. Pourtant, je les regarde sans vraiment les voir - je trouve ça plutôt séduisant, à sa manière. Ça lui appartient, ça fait d’elle ce qu’elle est - je termine d’ôter le tissu qui couvre mes bras et abandonne la chemise derrière moi. Une main sur mon corps, l’autre près de mes lèvres, j’embrasse les doigts qui sont à ma portée. Son visage près du mien, à quelques centimètres, les souffles se mêlent et se troublent, la chaleur de la peau se mélange à l’autre, l’envie me brûle de presser mes lèvres contre les siennes. Mais elle fait durer l’instant, fait bouillir le sang qui coule dans mes veines, rend le palpitant dans ma poitrine pressé et secoué de battements plus prononcés à chaque seconde qui passe.
Enfin, elle assouvit le désir brûlant, et lie ses lèvres aux miennes. Sur son corps, mes doigts courent et se étreignent sa peau, s’y appuient avec précipitation. Dans son dos, le long de sa taille, de ses hanches, remontent sur son ventre, jusqu’à sa poitrine. Elles sont curieuses, envieuses, et ne ratent jamais une occasion de se faufiler quelque part, de caresser une peau douce et frissonnante ou de s’aventurer dans sa tignasse épaisse et souple. Ses lèvres gardent les miennes un instant, le silence troublé par quelques respirations saccadées et le bruit emblématique d’un baiser.

Puis elles s’abandonnent pour rejoindre ma peau. M’arrachent des frissons fiévreux, sa langue parcourant mon épiderme torturé de baisers. Elle me fait bouillir, m’inflige ce que je lui ai infligé il y a quelques minutes seulement, excite le moindre de mes sens. Mes yeux la suivent sans la quitter, presque sans oser briser la contemplation d’un clignement de paupières, et son corps glisse entre mes jambes. La poitrine se gonfle d’un soupir brûlant d’envie, un soupir qui s’enfuit hors de mes lèvres d’une lenteur absolue, comme pour savourer chaque seconde de cette sensation aussi frustrante que délicieuse. Je me redresse légèrement, les yeux rivés sur un visage qui m’échappe le temps d’un instant, les doigts glissent lentement entre les mèches de ses cheveux.

Lorsqu'elle se redresse, j'accueille son corps entre mes bras qui se referment aussitôt sur elle, déjà avide de la toucher, de passer mes mains sur chaque parcelle de sa peau. Le rythme suggestif de son bassin contre le mien sonne comme une danse qu'elle ne peut effectuer seule et impuissant, il en suit le mouvement, se fait indécent. Le frémissement provoqué par sa douce morsure sur ma peau se mue en un frisson interminable lorsque sa langue s'y mêle. L'envie de la bouffer toute crue se fait intense, et mes doigts plus pressants, mon bassin ardent. Le son de sa voix glisse à mes oreilles, et je réponds presque aussitôt : « T'es plutôt sexy quand t'as le contrôle ; sexy, et tellement exaspérante. » Je souris légèrement, mais mon visage reprend vite le sérieux imposé par la frustration qui grandit et s'installe. Elle profite de mener la danse et je ne lui vole pas vraiment la vedette, me laisse faire avec un plaisir très peu dissimulé. De temps en temps, c'est séduisant – ses dents s'enfoncent plus fort dans la peau de mon cou, et je grogne lentement, torturé de toutes parts. J'apprécie une once de douleur insinuée dans le plaisir de la chair, mais j'aime encore mieux en être la cause, pas la cible. Une morsure à laquelle elle met bientôt fin, ses lèvres cheminant sur ma main bandée en y déposant quelques baisers  surprenants de douceur et tous mes sens s'affolent.

Ses grands yeux bleus dans les miens, j'esquisse un sourire amer : « C'est un supplice » soufflé-je contre sa peau, à demi-mot. La caresse de ses lèvres sur les miennes intensifie le feu ardent dont les flammes me lèchent tout entier. La brûlure doucereuse d'un ventre criant d'envie ne me quitte plus, et les mains à nouveau dans son dos, je presse son corps contre le mien. Les langues s'enlacent et s'embrassent, les lèvres scellées ne se séparent plus. J'ai toujours été sensible à la lasciveté d'un baiser – trop, peut-être. Le corps tendu par le plaisir, le cœur battant, la respiration étouffée par nos lèvres pressées, je me fais impatient. Une main remonte le long de son dos et glisse dans sa nuque, si fine que je l'enserre aisément. Le baiser s'allonge et j'en profite impunément – ma langue caresse la sienne, mes lèvres embrassent ses lèvres et se laissent mordiller.


Les corps s'imbriquent et le silence qui ne régnait déjà plus depuis un moment est définitivement évanoui. Aux souffles saccadés se mêlent soupirs langoureux et harmonie emblématique de deux êtres qui s'unissent dans la chair. Je l'embrasse, colle mon regard dans ses deux perles bleues et la laisse guider le rythme un temps, une main sur sa taille. La chaleur se disperse dans mon corps, adoucit le feu qui me ravageait le ventre et je l'incite à poser ses mains sur moi, à prendre appui pour cadencer les mouvements de son corps. Les vas-et-vient d'un bassin qui s'éveille se calquent sur les siens et se mêlent à la danse. Les mains enserrent sa taille plus fort, les doigts s'y enfoncent à mesure que le rythme que j'impose s'intensifie. Le souffle court, le cœur battant plus fort, plus vite dans sa cage, je laisse mes yeux courir sur elle. Son visage, ses lèvres, sa gorge, ses épaules, sa poitrine, son ventre. Lorsque la cadence est installée, je délaisse sa taille et m'empare de sa gorge d'une main. C'est mesuré, presque délicat à ma manière, parce que je tâte le terrain et scrute son visage. De l'autre main, je caresse sa poitrine, sa hanche, claque une fesse une fois, puis deux et me retiens de faire rougir davantage sa peau. Putain, elle pourrait me gifler que j'en serais seulement plus excité. Les ardeurs restreintes, rien ne pourrait troubler l'harmonie de nos deux corps. Le claquement régulier de ses cuisses contre les miennes est rapide, la cadence ne faiblit pas, jusqu'à ce que le bouillonnement dans mon ventre ne revienne et ne m'incite à adoucir nos mouvements, à les ralentir jusqu'à ce qu'on s'immobilise. Le souffle court, je presse mes lèvres contre les siennes et enserre son corps entre mes bras. Le visage niché dans son cou, je chuchote : « Accroche-toi! », sans vraiment lui laisser le temps de le faire. Mais j'ai toute confiance en ma propre étreinte et je me redresse brusquement du canapé, plus ou moins délicatement, en m'autorisant un léger rire. Je lorgne sur tous ces tapis au sol et y jette mon dévolu. « Accroche-toi vraiment, là... », dis-je en riant légèrement, et je parviens à l'allonger au sol, et moi avec.

Les lèvres courent sur sa clavicule, sa poitrine, où elles se permettent quelques baisers sur ses cicatrices. Elles ne sont pas vilaines, me dis-je en y laissant traîner les yeux. Peut-être est-ce parce que j'y suis habitué, ou tout simplement parce que je n'ai jamais trouvé ça particulièrement repoussant. Je suis la ligne de son ventre et y laisse courir ma langue, n'épargne pas son nombril, dépose ses baisers sur ses hanches, et son bas-ventre. Un regard amusé relevé vers elle, et je lâche : « Ça risque de chatouiller, mais j'vais faire gaffe. »
Finalement nus comme des vers, je me redresse légèrement et retourne plaquer mon corps contre le sien. Les tapis colorés sont plutôt épais, agréables au toucher, et j'observe Maisy une seconde. Les joues rougies, sa tignasse un peu décoiffée et ses grands yeux bleus sous cette épaisse frange. Comme si c'était toujours un peu étrange d'avoir franchi le cap, d'avoir bousillé à jamais cette vieille relation bizarre qu'on pouvait entretenir, et je passe mes mains le long de ses jambes, pourtant prêt à reprendre là où je m'étais arrêté plus tôt.

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Mer 8 Mar - 22:55


Elle prend quelques secondes pour laisser ses yeux se perdre sur le visage de Joseph. Il est foutrement beau ce con, de la courbe de ses sourcils, aux quelques rides qui se dessine aux coins de ses yeux, en passant par ces yeux d’un bleu pâle déconcertant, sans oublier cette bouche, si féminine qu’elle en est presque incongrue au sein d’un visage si masculin. Elle laisse ses doigts glisser sur ses joues, effleure la lèvre bombée du pouce et se perd un peu chemin. Elle se gorge des soupirs, des gémissements, des grognements de Joseph. Il y a quelque chose de profondément animal dans sa façon d’exprimer son contentement ou sa frustration. Sa réponse rapide à sa taquinerie, tire un rire à Maisy, un rire franc et léger qui éclate comme une petite bulle de joie au-dessus de sa tête. Elle se sent bien, ici et maintenant, en équilibre un peu installe sur les cuisses de Joseph, un peu partie à cause de l’herbe et de l’alcool qu’elle a ingéré, le corps lourd de désir et de fatigue mêlée, la peau électrisée par le contact des mains bandées de Joseph. Elle a toujours aimé qu’on ne soit pas tendre avec elle, du moins entre les draps, et Joseph semble avoir bien compris ses envies, ses attentes, elle se penche légèrement en avant le laisse agripper une fesse. Ses doigts s’impriment dans la chair tendre et elle pousse un grognement. La tension dans son bas-ventre commence à lui faire perdre la tête.

Elle mord la lèvre inférieure de Joseph, commence par retenir un gémissement avant de se laisser aller, la torture qu’il inflige à la chair délicate de son téton la fait vibrer. Elle long frisson, du haut de la colonne jusqu’à la pointe de ses orteils, la traverse quand il laisse sa main remonter le long de son dos, jusqu’à l’attraper par la nuque. La sensation d’être dans l’incapacité de se défendre titille un coin de son cerveau, réveillant la peur quelques secondes, mais les lèvres de Joseph contre les siennes, sa langue qui capture la sienne, la chasse rapidement et rallume de plus belle son désir. Elle halète un son, à mi-chemin entre la supplication et le contentement quand il ressert sa prise, lui ôtant ainsi toute liberté. Elle sent toute la tension qui reposait sur ses épaules s’envoler et, étonnamment, la vague de désir qui l’emporte lui semble démesurée.

Elle le laisse prendre les commandes, se laisse porter par son désir, suit la vague et bientôt, il n’y a plus rien entre eux et elle pousse un soupir de contentement. Elle se laisse aller, pose son front sur l’épaule de Joseph tandis qu’il la laisse imprimer la cadence de leurs ébats. Mouvement des corps entrelacés, musique des souffles mélangés, ils reproduisent comme tant d’autres couples avant eux, l’étreinte originelle. Elle oscille son bassin, lentement, des mouvements amples, souples, presque tendres, mais rapidement Joseph la suit et le rythme s’intensifie. Le bruit de la peau contre la peau, de souffles qui s’accélèrent, elle ferme les yeux, oublie qui elle, où elle est, elle oublie le monde dehors qui s’écroule, elle oublie tout ce qui lui pèse au quotidien, se concentre sur Joseph, sur la jonction de leur corps. Elle pose ses mains à plat sur Joseph et cherche son regard qui s’est perdu sur son corps et elle penche la tête sur le côté attendrie par la façon dont il la regarde. Elle relève bien vite les yeux quand son regard, assombri par le désir se plante dans le sien. Il remonte lentement une main le long de son ventre, jusqu’à sa gorge et elle le laisse l’enserrer. Si elle s’attend à ce que la peur revienne, vieille amie qu’elle aimerait bien pouvoir mettre à la porte une bonne fois pour toute, elle n’en laisse rien transparaitre. Elle ferme les yeux, avant de prendre conscience qu’elle n’a pas peur. Ses yeux s’ouvrent d’un coup sous la surprise et elle jette un sourire victorieux à Joseph, qu’il ne comprendra probablement pas. Elle se replonge dans son propre plaisir et pousse un glapissement de surprise quand sa main s’abat sur la peau sensible de ses fesses. Elle sursaute, manquant de rompre leur étreinte avant de glousser comme une dinde. Dieu, ce qu’elle est stupide quand elle s’y met. Le rythme ralenti, se calme et s’arrête finalement, avant qu’il ne vienne blottir son visage dans son cou. Elle laisse ses doigts jouer quelques secondes avec les cheveux de sa nuque, profondément attendrie par la douceur de cette étreinte, après le feu de leurs ébats. Elle glisse ses doigts sur son crâne, masse son cuir chevelu du bout des doigts, le cœur serré d’un sentiment mitigé qu’elle ne comprend pas encore. Elle ne l’entend qu’à moitié quand il lui chuchote de s’accrocher et manque de tomber quand il se relève rapidement. « Eh ! » Elle s’agrippe à son cou, enroule ses jambes autour de ses hanches, appréciant d’un sourcil levé, le changement d’angle.

Elle glousse, comme une adolescente, heureuse d’être portée avec tant de facilité et en profite pour laisser ses doigts courir sur les biceps tendus de Joseph. Heureuse aussi, de ce rire qu’il lâche, qui la frappe une fois de plus en plein cœur. « Ouah, j’vois qu’on soulève de la fonte ! » Elle bouge légèrement son bassin en souriant, cherche à distraire son esprit de ces sentiments qu’elle n’est pas en mesure d’étudier. Elle s’accroche, à sa demande, resserre ses jambes et ses bras le laissant l’allonger sur ses tapis. Elle se laisse aller, lâche, un peu à contre cœur, ses épaules. Il s’allonge près d’elle et elle laisse ses yeux se perdre sur son torse, sur son visage, la courbe de son épaule, celle de sa hanche, elle laisse ses doigts glisser sur ses pectoraux en soupirant. Elle s’arrête rapidement, le laisse embrasser ses cicatrices, gênée de le voir s’y intéresser, mais une fois de plus, sans qu’elle sache comment il fait, elle oublie sa gêne, parce qu’il a arrêté de s’intéresser à ses cicatrices et qu’il semblerait que sa bouche navigue plus au sud. « J’espère bien, sinon j’te jure, tu t’prends un coup de pompe, Townsend ! » Elle secoue son pied droit en guise d’avertissement, mais elle sent la fournaise reprendre de plus belle dans son ventre tandis qu’il s’occupe d’elle.

Elle murmure des stupidités contre sa peau, embrasse son épaule, sa gorge, le bord de sa mâchoire, avant de prendre ses lèvres. Elle l’embrasse profondément, avec attention et gourmandise. Elle lève les yeux vers lui, joues rouges, yeux brillants, et plonge dans ces yeux. Oublié, celui qu’elle considérait comme une simple connaissance. Ils ont définitivement franchi un pas décisif ce soir. Elle ne sait pas quelle place il prendra désormais, ni quelle sera la sienne. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’il lui fait oublier ce qui la bouffe et c’est bien suffisant, au moins pour ce soir. Elle glisse les doigts dans ses cheveux, tire doucement et l’embrasse doucement. Un baiser bien timide après ceux qu’ils ont déjà échangés, mais qu’importe, elle frissonne quand ses mains glissent le long de ses cuisses et elle glousse. « Vous êtes un animal Monsieur. » Elle hausse un sourcil, un sourire taquin aux lèvres, qui s’efface bien vite, au profit de la surprise qui arrondit sa bouche en ‘’o’’ parfait. Elle le laisse prendre le contrôle.

« C’est pas pour dire… » Ses halètements hachent sa phrase. « Mais, si tu veux pas finir avec des brûlures de moquette, va falloir qu’on bouge… » Non pas qu’elle en ait envie, mais clairement, elle aimerait éviter elle aussi d’avoir deux belles marques au niveau des reins. Elle se détache de lui à contre cœur et sans vraiment s’en rendre compte, entrelace leurs doigts tandis qu’elle le guide jusqu’à sa chambre, elle grimpe les escaliers et c’est à cet instant qu’elle en prend conscience. Elle lâche sa main, comme si elle s’était brûlée et grimpe les escaliers en se morigénant intérieurement. Elle atteint son lit et s’y installe. Elle l’accueille d’un sourire ingénu avant de le laisser reprendre sa place contre elle. De nouveau, elle l’embrasse, se perd contre ses lèvres, pour ne pas le faire dans ses yeux trop bleus. Elle se laisse apprivoiser, le laisse s’approprier son corps, elle mord sa lèvre avant d’y passer une langue délicate. « T’attends quoi, pour reprendre là où tu t’étais arrêté ? » Et une fois de plus, les corps s’imbriquent et la mélodie des souffles saccadés reprend de plus belles, se mêlant à celles des draps froissés.


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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Jeu 9 Mar - 3:07


J'ai toujours aimé ça. Un baiser brûlant, une langue contre la mienne, les douces mains d'une femme courant sur tout mon corps. Un gémissement, un cri étouffé, un cri assumé. Il y a dans l'union de deux corps quelque chose d'indéfinissable, comme un supplice délicieux, une torture – ça vient de commencer et je suis déjà frustré que ça se termine un jour. J'aimerais toujours que ça dure une éternité entière. J'aimerais toujours me perdre dans la moiteur d'un soupir, j'aimerais pour toujours sombrer dans les courbes d'un corps, me fondre dans la goutte de sueur qui roule entre deux seins. Ne plus penser au lendemain, ne plus songer à la merde dans laquelle on s'embourbe inexorablement. Et ses mains passent sur mon corps, ses doigts caressent ma peau ; pour l'instant, ça dure, je n'y pense plus. Je ne pense qu'à elle, qu'à moi, qu'à ce que l'on forme pour cette nuit. Ce duo improbable. Ses lèvres sont douces, ses baisers reconnaissants, et je me laisse embrasser ; le temps d'un instant, on ne mord plus, il n'y a plus une langue pour fourrager quelque part. Un baiser surprenant de simplicité, inattendu de douceur. Prémices de la nouvelle union de leurs corps, qui se lient encore.

Un animal. Attends que je me lâche, exprimé-je en un regard malicieux, qui en dit bien long. L'animal ne réfléchit pas, il se laisse porter par ses pulsions – je ne pense pas vraiment au frottement du tapis, aux brûlures, à l'hygiène du sol. Je le devrais, sûrement ; mais je la porte, je l'allonge, je la reprends. J'attends qu'elle prenne les devants, je ne m'arrête pas lorsque sa main s'appuie sur mon torse, pas davantage lorsqu'elle entrecoupe ses soupirs de quelques mots sages. Non, c'est bien le défaut de la bête ; elle n'écoute pas, elle se laisse guider par le corps seulement, isole l'esprit et la raison dans un coin poussiéreux. L'union est mise en pause, et je pousse un léger grognement, lance un regard en biais vers la mezzanine, et grogne de plus belle. Pas spécialement enchanté à l'idée de grimper là-haut, je me redresse docilement – je ne sais pas si c'est parce que ça représente sa chambre, mais un léger malaise m'envahit. Je n'y dormirai pas, de toute façon. Ç'aurait été plus simple en restant dans le salon – je me mords la lèvre, et ses doigts se mêlent aux miens, m'arrachant à mes songes. Elle n'a pas pris ma main, elle n'a pas avancé en attendant que je la suive. Elle a mêlé tous ses doigts aux miens, et elle m'entraîne dans sa chambre. La bête ne réfléchit pas, elle n'aime pas s'appesantir sur quelques détails de ce type. Pourtant, le malaise grandit lentement, prend une petite place dans ma tête. Le problème, c'est que je la connais. D'avant. Et ça change tout. Je laisse mes doigts entre les siens, sans vraiment savoir si je dois laisser choir ma main dans la sienne, ou l'accompagner plus franchement, et je fais un drôle de mélange des deux, plutôt tiède.
En bas des escaliers, elle me lâche brusquement – un sourire amusé se peint sur mes lèvres, malgré la petite gêne latente. Lorsqu'elle grimpe, je lève les yeux et profite du spectacle de sa nudité offerte ; un sifflement grossier s'envole jusqu'à elle, brise le petit malaise, et je la suis.

Elle n'avait peut-être pas tort, me dis-je en glissant sur le lit. C'est plus confortable. Les corps se recollent, avides et gourmands, l'appétit n'est pas satisfait, l'envie n'est pas assouvie. Elle reprend mes lèvres, je passe mes mains le long de son corps, caresse ses courbes et sa peau douce. Mon nez se frotte au sien, elle m'embrasse, et je sens une petite pointe de satisfaction percer lorsqu'elle me mord. C'est bête. Tu es bête. Idiot d'avoir peur de la tendresse, d'avoir martelé que tu n'aimes pas ça, tant que tu commences à y croire. Tout le monde apprécie un peu de douceur, espèce d'idiot – une main caresse son dos, joue avec les mèches de ses cheveux, l'incite à m'embrasser encore et se plaque contre sa nuque.

Un nouveau grognement suit sa question, et je ne me fais pas prier. Les mains sur son corps, je profite de ses courbes, apprécie tout ce qui passe sous mes doigts, les enfonce dans sa chair tendre et me fonds en elle. Les soupirs reprennent, se font gémissements, se mêlent au son de nos corps qui s'épousent.


Le rythme se casse lentement, la pause s'impose ; alors je me penche en avant, la poitrine contre son dos et l'incite à abandonner l'appui de ses mains sur les draps. Lentement, je la fais se redresser en même temps que moi, plaque son dos contre mon torse et la retiens d'une main contre sa poitrine. Le visage dans ses cheveux, je m'en dégage et embrasse son épaule. Le bassin remue lentement contre son doux fessier, et les mains passent sur son ventre, le long de ses hanches et de ses cuisses. Mes lèvres courent jusqu'à son cou, la langue roule près de son oreille, chaude et suave contre sa peau moite. Le mouvement des corps enlacés reprend franchement, malgré la position un peu précaire, mais la réflexion ne fait toujours pas partie de moi. Tant que c'est réalisable et que ça tient, même si c'est bancal, je me lance. Je me laisse aller en arrière, et le derrière de ses cuisses repose bientôt sur les miennes. Une main plus assurée grimpe à nouveau contre sa gorge, qui se laisse emprisonner.


La position n'est plus très confortable ni reposante pour les muscles, mais personne n'a dit qu'elle devait l'être, me dis-je bêtement en laissant courir mes lèvres le long de sa peau. Ses cheveux remuent lentement près de mon visage, caressent le haut de mon torse et me chatouillent. Tandis qu'une main ne cesse de la gratifier de quelques caresses bien placées, l'autre s'immobilise contre son cou, l'incite peut-être à s'appuyer contre moi. Un geste qui lui susurre que pour ce soir, j'ai le contrôle, et qu'elle n'a rien à penser. Qu'elle n'a qu'à se laisser aller, qu'à s'abandonner entre me bras. Que je suis là pour ça. Le ventre brûlant, les membres déjà un peu endoloris, je ne sais plus toujours où donner de la tête. J'écoute ses soupirs, je me nourris de tout ce qui s'échappe de ses jolies lèvres et mêle tous mes bruits aux siens. Ils sont plus graves, plus bruts, mais ils s'enlacent au-dessus de nous, en quelques volutes intangibles et pourtant si frappants. Mes deux mains rejoignent sa poitrine et mes lèvres glissent encore à ses oreilles et, moins libidineuses qu'elles ont pu l'être par le passé, si proche soit-il, se laissent aller à lui murmurer des bêtises. Qu'elle est belle, qu'elle me plaît. Des choses auxquelles je n'aime pas penser, des choses que je n'aime pas m'entendre dire surtout en cet instant, parce que je n'aime pas parler pendant une partie de jambes en l'air, et surtout pour être aussi mièvre. Mais lorsque ça sort tout seul, je ne m'en préoccupe pas, et j'imagine que ça fait toujours plaisir.
Soucieux de ne pas briser une nouvelle fois la belle mélodie de nos corps, je l'incite à reprendre sa place initiale et ses appuis, après avoir laissé courir une nouvelle fois mes mains un peu partout, trop gourmand d'un toucher que je chéris. J'aime son corps, j'aime la sensation que produit sa peau sous mes mains, malgré un bandage réducteur. J'aime ses frémissements, j'aime la sentir se détendre contre moi.



La communion est belle. Elle l'est toujours – les mains sur son corps, le rythme a repris presque aussitôt pour ne plus faiblir. Bêtement, mes yeux se portent à nouveau sur ses cheveux qui se balancent en rythme, sa poitrine qui en fait autant, son visage parfois tourné vers moi – le plaisir exalté par tous les sens roule dans mes veines, me tord le ventre, et excite un cœur déjà enflammé.

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Mar 14 Mar - 1:29


Elle a bien remarqué le soulagement de Joseph quand elle lui a lâché la main. Elle a aussi senti la petite pointe qui a vrillé son cœur, mais elle préfère en faire abstraction. Vivre dans le déni, elle connait, trop bien même, alors elle oublie, pour le moment en tout cas. Elle se perd un peu dans les bras de Joseph, dans ses étreintes, si passionnées qu’elles lui font oublier ce qui se cache derrière chacun de leurs évitements. Elle ne réfléchit plus, son cerveau déconnecté de son corps, elle se laisse porter par la vague. Par les mains de Joseph, sur ses hanches, ses fesses, son ventre, sa poitrine et il n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. Elle glousse quand il la siffle et secoue la tête. Un rustre, voilà ce qu’elle a ramené chez elle, mais un rustre sacrément doué de ses mains. Il la rejoint sur le lit, muscles imposant et poids masculin marquant un creux dans le matelas et elle se perd à nouveau contre son corps. Les baisers embrasent les braises qui semblaient presque éteintes et elle ronronne de plaisir contre la chaleur de sa peau, contre la rugosité des bandes qui encerclent ses mains et le piquant de sa barbe. Elle est surprise quand il se laisse aller à des gestes tendres, qui tranchent si durement avec la violence contenue qu’elle perçoit toujours en lui. Cette même violence qui encore maintenant la laisse indécise et mal à l’aise. Elle ne sait pas quoi penser de ce qu’elle est en train de faire. L’idée qu’il puisse briser sa nuque d’une main, au lieu de l’effrayer l’excite et elle ne comprend pas. Mais l’heure n’est pas à la réflexion et le souffle de Joseph contre son oreille la ramène à leurs activités. Rapidement, ils bougent et le rythme reprend, rapide, animal.

Ses mouvements de hanches suivent ceux de Joseph, ralentissent et elle prend le temps de calmer sa respiration saccadée, elle laisse Joseph la redresser et plaque son dos contre son torse. Elle se cale de son mieux, balançant son équilibre précaire sur les cuisses de son amant. Il repousse sa lourde chevelure et elle pose une main sur son avant-bras, qui l’empêche de tomber en avant, en soupirant. L’air frais, contre son visage désormais débarrassé de la masse de ses cheveux. Elle pousse un long soupire de plaisir et mord sa lèvre inférieure quand les mouvements reprennent. Certaines de les entrainer dans une chute, si elle tente quoique ce soit, elle reste immobile accrocher comme elle peut à Joseph quand il recule et se penche en arrière. Elle repose sur son torse et ses cuisses, dans une position peu confortable, mais peu importe. Son souffle se bloque dans sa poitrine quand la main de son amant remontre jusqu’à sa gorge. Elle sent ses doigts enserrer sa nuque et sa paume qui repose contre sa trachée. La peur revient en force, et elle contient difficilement ses tremblements puis un mouvement plus tard son cerveau se déconnecte et elle se laisse à nouveau envahir par le désir. Si elle tremblait de peur, il y a quelques secondes, elle le fait désormais d’excitation, son corps tendu dans l’expectative d’un plaisir nouveau. Elle n’a jamais été tentée par les relations de domination dans son lit, n’ayant pas assez confiance en ces amants de passage pour tenter l’expérience, quant à ses amants de longues durées, ils avaient au final tous été plutôt classique dans leurs fantasmes. Mais la main de Joseph contre sa gorge lui ouvre de nouveaux horizons.

Elle laisse sa tête reposer sur l’épaule de Joseph, lui laissant le contrôle intégral de son corps, elle s’abandonne, oubliant pour quelques minutes la femme effrayée, blessée et fière qu’elle est. Elle s’abandonne aux mains expertes de son amant, à sa voix grave contre son oreille. La mélodie de leurs soupirs envahit son appartement, résonne contre le toit au-dessus de son lit. L’odeur caractéristique du sexe envahit ses narines et elle se délecte de l’animalité ambiante. Les yeux clos, le dos cambré pour répondre aux assauts de Joseph, elle retient un gémissement de mécontentement quand ses mains abandonnent leurs places pour rejoindre sa poitrine, mais elle le laisse faire. Après tout, c’est lui qui a le contrôle pour ce soir. Son cœur se serre quand il commence à parler. Ses amants d’un soir ne lui disent pas ce genre de chose, et elle préfèrerait que Joseph s’en abstienne. Elle n’a pas envie de s’attacher, elle n’a pas envie que sa voix remue les choses, là, dans son ventre. Elle n’a pas envie que ce qu’il puisse dire la touche. Elle n’a pas envie d’y croire, pas envie d’être heureuse de s’entendre dire qu’elle est belle. Alors, elle est soulagée quand il la repousse vers l’avant, la replace dans une position moins intime. Drôle d’idée quand on pense au degré d’intimité qu’il partage à l’instant T, mais elle préfère être plus éloignée de lui, moins proche de son cœur qu’elle sentait batte violemment contre son dos. Moins proche de ses yeux d’un bleu troublant. Moins proche de sa bouche qui dit des choses si douces à entendre. Alors elle reprend sa position en appréciant les mains de Joseph qui parcourent une nouvelle fois sa peau.

Le souffle court, elle se sépare de son amant et se laisse tomber sur le lit, rampant jusqu’au corps de Joseph, elle se blottit contre son épaule, laissant son souffle léger chatouiller son cou. Entre deux respirations, elle lâche un petit rire. « Pas mal, Townsend, pas mal ! ». Elle se redresse l’embrasse a pleine bouche, profite encore un instant de cette intimité qu’ils partagent, conscience que Joseph n’est pas le genre d’homme qui reste après. Elle sait que d’une minute à l’autre, il va se relever et sortir une excuse quel qu’elle soit pour quitter le lit puis son appartement. Elle soupire un peu et laisse sa bouche dérivée sur l’épaule du jeune homme. Distraitement, elle pose les yeux sur son propre corps, quand elle aperçoit une marque sur sa hanche. Elle retient une grimace et continue son observation. Sur sa hanche droite, sous son sein droit, et dans le creux de sa cuisse gauche. Trois marques. Trois zones que Joseph à abimé avec son pouvoir étrange. Pour en avoir fait les frais avec Niklas, elle sait que la marque disparaitra rapidement, mais elle préfèrerait que Joe ne les voie pas. Elle n’est pas sûre qu’il réagisse bien et elle préfère éviter qu’il ne se mette en colère. Alors elle se glisse sous la couette, sans prêter attention à la gêne qui ne cesse de grandir dans son ventre. Elle s’approche de Joseph et pose son menton sur son pectoral, pour le fixer dans les yeux, bien à l’abri sous sa couverture. « Alors ? On fait quoi maintenant ? » La question à double sens, est sortie sans qu’elle n’y pense. On fait quoi de ce qu’on vient de faire ? Je ne peux définitivement plus être juste l’ex d’un de tes potes. Je ne peux définitivement plus être cette pauvre Maisy. Mais elle n’a pas envie d’y réfléchir ce soir, elle préfèrerait qu’il réponde qu’il a envie de regarder un film, qu’il veut rentrer, n’importe quoi plutôt que penser aux conséquences de leurs actes. Elle n’a pas envie qu’il parte. Elle n’a pas envie de rester seule chez elle, de retrouver sa solitude. Elle n’a pas envie d’avoir le temps de réfléchir à ce qu’elle vient de faire, à ce qui vient de se passer, à ce que ça peut impliquer. Elle n’a pas envie de penser à Timothée, à Lazlo, à la fin du monde qui les menace tous et à ce gouvernement de malade qui risque bien de tuer tous les survivants qu’il reste.

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Mar 14 Mar - 18:38

I'm gonna be released from behind these lines
And I don't care whether I live or die
And I'm losing blood, I'm gonna leave my bones
And I don't want your heart




Un profond soupir accompagne des paupières mi-closes, et un corps parcouru de frissons interminables. Je passe machinalement le bras autour de son corps lorsqu'elle se love contre moi et m'abandonne à quelques secondes de silence, seulement interrompu par deux souffles saccadés. Les paupières se referment lentement et je penche le visage contre le sien. Pas mal Townsend, pas mal – je rouvre un œil et souris, pas encore suffisamment rustre pour me vanter de mes exploits sexuels, et la gratifie d'un léger grognement. Finalement, l'harmonie était bien plus intéressante que ce à quoi j'aurais pu m'attendre. En fait, je ne sais pas à quoi j'aurais pu m'attendre, me dis-je bêtement. Mais, pas mal, ça l'était. C'était même mieux, c'était bien, c'était... Soulagé que ses lèvres s'écrasent sur les miennes et m'empêchent d'y réfléchir davantage, je l'embrasse avec envie. De quelques doigts discrets, je caresse sa peau lentement et passe mon bras libre sous ma nuque lorsqu'elle abandonne mes lèvres pour mon épaule. Le plafond s'offre à moi et je le contemple sans mot. Alors, je laisse quelques songes me polluer – je me questionne à propos de l'heure, à propos du boulot, à propos du fait que j'ai envie de me doucher et de terminer la bouteille qui sommeille en bas. L'esprit dérive sur le tangible, simplement ramené à nous lorsque son corps m'échappe. Elle se glisse sous la couette, et malgré mon désir de ne rien interpréter, je la regarde du coin de l'oeil. Peut-être qu'elle veut dormir, et me fait passer le message – allez, casse-toi Joseph, elle passe de tes bras à ceux de Morphée.

I don't want your future
I don't need your past
One bright moment
Is all I ask


Pourtant, elle n'en laisse pas supposer autant. Au contraire, son visage s'approche à nouveau du mien, et je vais me noyer quelques secondes dans le bleu de ses yeux. Putain, qu'ils sont beaux – je lui souris lentement, incertain de ce qu'elle veut. Elle répond à mon interrogation sans le savoir – Alors, on fait quoi maintenant? Mes yeux lui échappent et je les laisse courir dans la chambre. Le cerveau réfléchit à toute vitesse, pour trouver une réponse adéquate. Il n'y en a pas. Il y en a trop. Maintenant, ça ne veut rien dire et c'est trop lourd de sens à la fois. Il faudrait d'abord qu'on définisse un avant. Le plus spontanément du monde pourtant, je m'exclame : « Aaaah, Maisy Weaver, je vois où vous voulez en venir, et vous êtes insatiable ! Très bien... », ajouté-je plus doucement en la faisant basculer sur le dos, et je m'allonge sur elle : « D'ailleurs, j'ai bien remarqué toutes tes tentatives pour prendre le dessus – sache que la prochaine fois, ça se reproduira plus. » Je presse mes lèvres contre les siennes. Un début de réponse a été lancé, auquel j'espère qu'elle ne répondra rien – je l'embrasse plus longuement, comme pour l'inciter à en rester là, un peu incertain.
L'humour et le sexe, deux réponses universelles dont j'abuse certainement trop. Gêné dans mes mouvements par la couette qui s'est insidieusement glissée entre nous, je fais mine de tirer dessus et marmonne : « Tu fais ta mijaurée ? » Le ton est moqueur et un peu critique. Les femmes sont bien étranges, me dis-je en soulevant le drap de quelques centimètres, et je fais mine d'y lancer un regard intrusif. Je l'embrasse une nouvelle fois et bascule jusqu'au bord du lit. Les pénibles pensées sont repoussées, éternellement repoussées, jusqu'à ce que je puisse y réfléchir tranquillement. Je m'étire en me redressant, le craquement sonore de mes os résonnant dans la chambre et me dirige vers les escaliers. Le postérieur se remue à son attention et, de bonne humeur, je l'honore d'une petite danse tandis que je descends les quelques marches. Les dernières sont sautées et j'atterris lourdement au sol.

Je lance un regard au rat endormi dans sa cage et me glisse dans la salle de bain, referme la porte derrière moi. Une fois dedans, je soupire lentement. C'est propre, clair, bien rangé – rien à voir avec ma salle de bain, dans laquelle les serviettes sèches se font désirer. Penché au-dessus du lavabo, je passe un peu d'eau sur mon visage et évite consciencieusement le reflet qui se redresse en même temps que moi dans le miroir et se sèche le visage. Pendant un petit nettoyage sommaire, je laisse mes pensées divaguer. On fait quoi, maintenant? J'en sais foutre rien. J'imagine que je sais ce qu'elle voulait dire par là. Maintenant qu'on a baisé, maintenant qu'on ne peut plus se contenter d'être de vieilles connaissances, maintenant qu'on a terminé et qu'on veut toujours braver la solitude d'une nuit trop longue ensemble. C'était un bon moment, on pourrait le réitérer de temps en temps – je rouvre la porte et reste appuyé contre le lavabo. Sincèrement, je n'ai jamais été contre cette idée, mais c'est toujours délicat de voir les choses exactement de la même manière. De ne pas outrepasser la fine limite, de ne pas faire un pas de trop. J'essaie vaguement de sécher les bandages de ma main et m'octroie quelques secondes supplémentaires de réflexion. Oui, peut-être que c'est ce qu'elle voulait savoir. Si on va se revoir. Non, non, me dis-je spontanément. Pas comme ça. Je sors et enfile mon boxer. Si je reste, si je m'abandonne encore quelques heures ici, le message sera mauvais. Subitement, je n'ai plus envie de rester, j'ai même envie de prendre mes jambes à mon cou. Les pas me portent rapidement aux escaliers, que je gravis deux par deux.

I don't need a husband, don't need no wife
And don't need the day, I don't need the night
And I don't need the birds let them fly away
And I don't want the clouds, they never seem to stay


Elle est là. Un peu redressée dans le lit, sa peau pâle illuminée par l'éclairage contraste avec les mèches sombres qui entourent son visage, et deux perles bleues se collent dans les miennes. Je les soutiens, les contemple, les dévore. Le malaise coule dans mes veines et me laisse muet un instant. Le souvenir si frais de son corps chaud contre le mien, des boucles brunes chatouillant ma peau, et de ses lèvres contre les miennes m'incite à me tirer au plus vite. Non, tu ne veux pas de ça, tu ne veux pas d'un regard tendre, tu ne veux pas te souvenir de l'odeur qu'elle abandonne sur ta peau. Du goût de sa langue, et de ce qu'elle te chuchotais au creux de l'oreille. Je reste muet, et les secondes s'allongent inexorablement. « Je... », commencé-je sans conviction. La langue passe sur des lèvres un peu sèches, les mains dans ma barbe. Son doux visage me regarde, et je pense à ses gémissements, à ses jurons, à ses plaisanteries douteuses. À son corps brièvement tendu par la peur lorsque mes doigts se faisaient trop pressants. Et je ne sais plus. Je ne sais plus si je veux partir ou rester. Je fais un nouveau pas, grimpe la dernière marche. « En fait, je... » reprends-je sans davantage d'assurance. Je ne sais même pas ce que j'ai envie de lui dire. Je me tourne une seconde et balaie le salon du regard. Mais ça ne m'aide pas du tout, au contraire. Le malaise dans mes veines se mue en un profond embarras. Je n'aime pas ça. Quelques pas supplémentaires me tirent jusqu'au lit, sur lequel je m'assieds sans la quitter du regard. Ce silence est particulièrement gênant. Il contraste douloureusement avec le brouhaha qui règne au milieu de mes songes. Tous les putain de jours que dieu fait, les décisions que je dois prendre sont lourdes de conséquence. Et je suis incapable de savoir ce que j'ai envie de faire avec Maisy.

« Je crois que j'ai faim. » dis-je subitement. C'est la vérité, mais je suis dubitatif, presque un peu déçu de n'avoir eu que ça à dire. Pourtant, le brouhaha se calme et la tempête se laisse lentement dompter. Je lui souris doucement, mal à l'aise. On peut rester ensemble au moins le temps d'avoir un truc à se mettre sous la dent – du moins, j'essaie de m'en convaincre et me redresse rapidement, m'éloigne du lit. Je crois que je n'ai même pas envie de voir son regard – je n'ai pas vraiment envie de savoir ce qu'elle va penser de ce silence terrifiant. J'aurais du sortir une plaisanterie à la con, me dis-je sèchement en descendant l'escalier, et lui marmonne que je la laisse s'habiller. J'ai toujours quelque chose à dire, je n'hésite jamais aussi longtemps, martelé-je en attrapant la bouteille d'alcool que je porte rapidement à mes lèvres.

Pourtant, lorsque je vois Maisy descendre quelques instants plus tard, c'est en un sourire sincère que s'étirent mes lèvres. Et merde.

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I'm gonna lose my mind

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Ven 5 Mai - 1:38


Elle sent les muscles de son amant se détendre et son corps entier s’alanguir sous le siens et elle sourit, le nez contre son cou, cachée par la masse de ses cheveux. Elle a beau être anxieuse et essayer tant bien que mal d’ignorer le malaise qui chasse peu à peu la douce torpeur d’après l’amour, elle sent bien que Joseph n’est pas à son aise dans le lit près d’elle. Il doit réfléchir autant qu’elle, probablement se demander pourquoi il vient de faire la connerie de se taper l’ex d’un de ses potes décédés. Elle relève les yeux, les plante dans ceux de son amant, dérive jusqu’à ses lèvres, une fois de plus surprise de la féminité de ses lèvres, comparée aux restes de son visage et de son corps. Elle est rapidement sortie de ses pensées quand il la fait basculer et pour quelques secondes le malaise s’évanouit. Elle laisse échapper un rire léger, un peu tremblant, vite arrêté par les lèvres de Joseph. Son souffle se perd dans le sien et elle se laisse emporter par le baiser. Lent, presque tendre, il la désarme et lui laisse un gout de trop peu quand le visage de Joseph s’éloigne du sien. Les yeux mi-clos, elle l’observe et lui sourit. « Tu peux t’brosser Townsend, jamais j’arrêterai d’essayer de te dominer. » Elle lui tire un petit bout de langue avant qu’il ne tente un coup d’œil sous la couette qui l’a fait rire à nouveau. Et ils s’embrassent, ils s’embrassent comme si rien n’était grave et que le monde ne s’écroulait pas et pendant une seconde, juste une, Maisy à l’impression de retrouver la jeune femme qu’elle était avant que toute cette merde ne leur tombe sur le nez. Mais déjà, il se redresse, s’étire et descend les escaliers pour rejoindre sa salle de bains. Elle rit de sa petite danse, secoue la tête et repousse sa frange en souriant. Elle se laisse tomber sur les oreillers, les bras en croix, le corps détendu.

Elle se redresse soudainement, le cœur au bord des lèvres, les mains tremblantes. Toujours nue, elle repousse le drap, observe son corps, les marques laisser par la nature de Joseph s’estompent, elles auront bientôt disparues, elle effleure la marque violacée sur sa hanche, qui elle restera encore quelques jours, souvenir gravé dans sa chair de leurs ébats, de son désir d’être toujours serrée plus fort. Elle soupire, remonte ses genoux et pose sa tête dessus, elle tente de juguler l’angoisse et le dégout qu’elle sent monter en elle. Elle se mord l’intérieur de la joue, a s’en faire mal et ne s’arrête que quand le goût caractéristique du sang envahi sa bouche. Elle entend Joseph dans la salle de bains, puis dans son salon, comme déconnecté de sa présence. À nouveau, ses yeux se posent sur le bleu qui s’épanouit sur sa hanche et elle réprime un frisson, mélange de désir et de dégout. Désir pour Joseph, pour ces failles qu’il cache et qu’elle meurt d’envie de découvrir, dégout pour ce qu’il représente, pour le caractère violent qu’il partage avec Steven, pour tous ces souvenirs que ce petit bleu sur sa hanche fait remonter. Elle respire lentement, pour se calmer, pour ne pas se mettre à hurler, pour ne pas vomir, pour ne pas pleurer.

Elle aperçoit Joseph, en bas dans le salon et il remonte l’escalier. Dès que son regard se plante dans le sien le calme se fait dans son esprit. Le brouhaha de ses pensées immédiatement coupé par les prunelles clair qui se plante dans les siennes. Inquiète, elle baisse les yeux quelques secondes, observe succinctement ses cuisses, mais les marques ont disparu, sauf celle sur sa hanche. A l'instant où ses yeux quittent ceux de Joseph, le brouhaha revient et elle inspire rapidement avant de replonger dans le regard de son amant d’un soir. Elle se déteste l’espace d’un instant, avant que le calme ne s’installe à nouveau sous son crâne. Elle soupire et adresse un sourire, probablement un peu bancal, au jeune homme. Elle sent qu’il ne sait pas quoi faire, qu’il meurt d’envie de partir et immédiatement son cœur se serre. Le calme qu’il lui apporte va cruellement lui manquer quand il passera la porte de son appartement. Le calme, mais pas que, elle le sait bien. Mais déjà, il détourne la tête, la privant de son havre de paix et comme elle s’y attendait, immédiatement, le brouhaha est de retour, le malaise, la gêne, le dégoût, lui reviennent en pleine face et lui coupe presque le souffle.

Elle laisse ses yeux trainer sur son dos, effleurer la courbure de ses épaules, celles de sa nuque, ses cheveux un peu ébouriffés, horrifiée et attendrie en même temps. Mais ses yeux la rattrapent et l’apaisent à nouveau. Elle lui sourit, attend patiemment qu’il lui explique qu’il doit s’en aller. Elle se demande s’il cherchera à trouver une excuse quelconque ou s’il se contentera de lui dire que c’était sympa avant de quitter l’appartement. Elle fronce les sourcils, surprise par sa réponse, avant qu’un sourire ne s’épanouisse sur ses lèvres. Après tout, il semblerait que Joseph Townsend apprécie suffisamment sa présence pour rester encore quelque temps et elle se déteste, elle se sent comme une saleté de chien qui attendrait un os à ronger. Elle se redresse, pose une main légère sur sa joue râpeuse de barbe et dépose un baiser léger sur ses lèvres, presque timide. « Eh bah, c’est la chose la plus romantique qu’on n'ait jamais voulu faire après avoir baiser avec moi ! » Elle pose une main sur son front, dans une posture ridicule de pseudo-évanouissement, avant de se lever rapidement. Mais il se lève déjà, marmonne dans sa barbe et descend l’escalier. Elle se lève lentement le corps encore un peu lourd de leurs ébats. Elle récupère quelques vêtements dans son armoire et descend les escaliers, complètement nue. Elle croise son regard et lui lance un sourire attendri. « J’vais me rafraichir rapidement, fouille dans les placards, j’dois avoir de quoi faire à grailler rapidement, sinon… » Elle lui sourit. « J’fais extrêmement bien les cookies si t’es prêt à attendre qu’ils soient cuits ! » Elle se détourne et s’avance jusqu’à la salle de bains, balançant sciemment ses hanches de gauche à droite. Elle sait que le regard de Joseph est très probablement braqué sur son cul et elle se donne en spectacle rien que pour ses beaux yeux.

Le bruit sec de la porte se fermant derrière elle, la sort de la torpeur dans laquelle elle est plongée. Elle s’assoit sur le tapis de douche et inspire profondément par le nez. Elle allume le robinet de la douche et reste assise par terre en essayant de juguler la vague. Elle se redresse trop vite, se cogne contre le mur et rentre en tremblant sous la douche. Elle commence à se laver, l’eau est trop chaude, le gant de crin trop violent, mais elle se sent horrible. Elle sait ce qu’il se passe. Elle sait qu’elle est en train de recommencer. Qu’elle s’attache à Joseph parce qu’elle ne peut pas l’avoir, parce qu’il lui fera du mal, physiquement et psychologiquement. Que si elle le laisse faire, il la dépossèdera de tout ce qu’elle est, avant de piétiner son amour-propre. Elle le sait, comme avec Alistair, qui ne l’a jamais aimé comme elle l’aurait souhaité, comme Steven qui n’a jamais été capable d’autre chose que d’aimer l’image qu’il avait d’elle. Elle frotte l’intérieur de ses cuisses, ses seins, son ventre, elle frotte avec violence et laisse les larmes couler sur ses joues. Elle sait que s’il reste ce soir, qu’elle lui fait des cookies et qu’elle continue à se perdre dans ses yeux bleus pour oublier tout ce qui la blesse, c’est elle qu’elle finira par oublier. Elle se connait, elle se connait trop bien. Elle change brusquement la température de l’eau et siffle entre ses dents quand l’eau glaciale s’abat sur elle. Elle grelotte rapidement, mais le froid lui permet d’éloigner Joseph de son esprit. Elle sort de la douche, le corps dégoulinant d’eau froide, elle s’enroule dans une serviette et fixe son reflet. Ses yeux trop écarquillés, trop bleus, lui renvoie les questions qui tournent dans sa tête. Elle s’appuie sur le lavabo et inspire profondément. Elle n’a pas besoin de ça, elle n’a pas besoin de Joseph pour continuer à avancer. Elle l’a très bien fait sans personne jusqu’ici, elle n’a pas besoin d’une autre relation désastreuse, pas besoin que quelqu’un ne s’amuse à faire des confettis de ce qu’elle a mis des années à reconstruire après l’affaire avec Steven. Elle s’essuie le visage, efface les traces de son maquillage à l’aide d’un des coins de la serviette et inspire un grand coup. Elle enfile finalement ses vêtements, regrettant de ne pas avoir choisi son jogging le plus moche. Elle se contente d’enfiler un des pulls que Tim a oublié à l’appartement et un pantalon léger dont elle se sert comme pyjama. Elle sort de la pièce.


Elle sort lentement et ses yeux tombent sur Joseph, il a la tête plongée dans un placard et cherche probablement de quoi sustenter son estomac affamé et l’espace d’un instant, elle hésite. Elle a envie de lui faire des cookies. Vraiment. Mais elle se rappelle quel type d’hommes il est et elle efface rapidement le sourire qui commençait à étirer ses lèvres. Elle s’approche de lui, s’arrête à une distance respectable et croise les bras contre son ventre. « Ahem… En fait… » Elle hésite, s’autorise cinq secondes de paix dans ses yeux clairs. Elle s’y perd et soupire profondément. « En fait… j’me sens pas très bien, j’ai dû choper un coup de froid en rentrant à pied comme ça… J’aimerai pas t’le refiler, tu vois… » Et voilà que c’est elle qui s’invente des excuses, que c’est elle qui le repousse, qui le jette dehors. Elle évite son regard, pose ses yeux sur la boite à gâteaux sur le comptoir, glisse une main dans ses cheveux encore tout emmêlés de leurs ébats. Elle s’en approche, l’effleure, la pulpe de ses doigts se gorgeant de la chaleur de sa peau. « J’veux pas t’foutre dehors… » Menteuse. « Mais j’suis claquée et… » Elle s’arrête là, consciente d’avoir l’air d’une idiote. Elle attrape la boite et l’ouvre avant de prendre plusieurs de ses cookies. « Tiens… Ça devrait te caler au moins pour un temps… » Elle lui tourne le dos, serre les pans de son pull entre ses doigts pour ne pas l’attraper. Elle n’a pas envie qu’il parte, non, vraiment pas et elle se dégoute tellement d’avoir envie qu’il reste. Elle redresse la tête et s’octroie une dernière bouffée de calme. « Ce serait cool de se revoir un d’ses quatre quand même… » Elle mord sa lèvre, mortifiée d’avoir balancé ça. Elle détourne rapidement les yeux et l’accompagne jusqu’à la porte. Elle dépose un baiser léger sur sa joue au coin de ses lèvres, le cœur et l’estomac en vrac. Elle s’appuie dos à la porte et observe son appartement vide. Elle tente tant bien que mal de juguler les larmes, mais elles débordent toutes seules. Elle pleure d’épuisement, de dégoût, de colère, de tristesse aussi, un peu. Elle est si fatiguée d’avoir à toujours se battre contre tout. Elle se laisse glisser par terre, assise sur son carrelage froid, elle renifle et frotte ses yeux. Elle ne peut vraiment pas se permettre de revivre un truc aussi destructeur que Steven.

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MessageSujet: Re: /!\ Like old friends - Maisy   Sam 6 Mai - 20:25

Romantique. J'ai souri, éludé. Parce que tu deviens romantique, Joseph ? À ce souvenir, qui ne date pourtant que de quelques minutes, je souris à nouveau, amer. J'essaie de ne pas me poser de questions, me convaincs que c'était une bonne idée, que les heures à venir seront agréables. Peut-être pas romantiques – l'amertume se dépose sur ma langue et la pilule, décidément, ne passe pas – mais la perspective est séduisante. La lumière illumine la pâleur de sa peau, qui semble attirer la moindre étincelle de la nuit, et je ne vois plus qu'elle. Les prunelles courent sur la peinture qui m'est offerte et je contemple sans mot sa silhouette. J'acquiesce vaguement à sa proposition, les songes dirigés ailleurs – la douceur de son épiderme, la fermeté de ses étreintes, la fièvre de ses baisers. La lèvre mordue, je continue de hocher la tête ; dans le placard, d'accord. Je consens avec un peu plus de vigueur à sa seconde suggestion – j'ai toujours adoré ça, qu'on me fasse à bouffer. Finalement, c'est assez intime, c'est doux. Et dieu sait que j'ai besoin qu'on me caresse dans le sens du poil, qu'on sucre ma vie d'un peu de miel, dans ce putain de monde. L'image du miel se fait suave dans mes songes lorsqu'elle balance des hanches de velours de gauche à droite, tranquillement, d'un mouvement certainement mesuré et pourtant si naturel. Je les caresse du regard, par défaut, et abandonne mes mirettes contre la porte close. Immobile un instant, muet, je contemple le bois verni, comme si l'ombre de sa silhouette y était toujours dessinée. Elle est belle, elle est douce. Et j'ai distingué les traces sombres, celles qui n'étaient pas attirées par la lumière, celles qui se terrent dans l'obscurité. Je les ai vues, je ne les ai pas vraiment regardées ; elle le savait, me dis-je. Elles le savent, en général, toutes. Maisy n'a rien dit, peut-être par pudeur, peut-être par complaisance, peut-être parce qu'il n'y avait rien à dire là-dessus. Elle est douce, douce et amusante.

Et pourtant, il y a cette chose. Cette chose, douloureuse et déplaisante, cette chose pénible à penser. Je suis attiré parce qu'on vient de baiser, me dis-je en m'avançant lentement dans la cuisine. J'ai envie d'elle parce que j'ai toujours envie de plus, je suis hypnotisé par son regard parce que j'ai cette fascination malsaine pour des perles d'océan coincées dans leurs orbites. Enivré de son odeur parce que c'est une femme, et que je suis un homme. Il me faut rationaliser, tandis que je fouille les placards sans vraiment y faire gaffe. Un paquet passe entre mes doigts et j'en extirpe rapidement un biscuit, le fourre entre mes lèvres. Je voudrais les trucs à grailler et les trucs faits maison. Frottant les doigts pleins de miette contre mon ventre, je vais traîner dans le salon, écoute l'eau couler dans la salle de bain d'une oreille distraite. Et je regarde, j'observe ; c'est coloré, très coloré. Et puis, il y a ce rat. Cet appartement est plein de vie, plein de joie, comme s'il fallait capter la gaieté avant même de franchir le pas de la porte, comme s'il y avait besoin de se parer de quelques atours d'allégresse avant même d'arriver. Parce que Maisy n'est pas si joyeuse, pensé-je ; je ne la connais pas si bien, mais c'est frappant. C'est sûrement ce qui fait qu'elle m'intrigue. La comparaison avec Anya, par exemple, s'opère rapidement dans mon esprit. Si elles sont un peu malheureuses, qu'elles ont vécu trop de chagrins et de pertes, si elles portent au bout de leur pied la lourde peine de souvenirs ineffaçables, elles m'intéressent. Celles qu'il ne faut pas approcher, en gros.
Je vais me pencher vers l'animal en cage, endormi près de la paille, et repars silencieusement. Ça doit être sacrément bizarre d'avoir une bête à l'appartement, me dis-je vaguement. Les pas me portent à l'escalier, puis à la chambre.

Je ne sais pas pourquoi je suis monté – un regard à mes vêtements entassés près du canapé me fait grimacer. Et maintenant que je suis ici, j'ai envie de regarder, de fouiner. Alors je me glisse vers un meuble, regarde la décoration et les quelques objets personnels déposés ici et là. Et le malaise revient, s'installe, s'enfonce dans mon ventre. Cette merde devient trop réelle. Les draps encore gorgés de nos odeurs, lourds d'ébats. L'atmosphère encore pleine et chargée... Je dévale les escaliers et une fois en bas, saute presque dans mon jean. Trop facilement à l'aise, j'ai un peu tendance à me croire chez moi partout où je passe. Passe ma chemise à la va-vite, m'agace sur les boutons à refermer et sur mes doigts beaucoup trop encombrants pour être rapide et efficace. Puis retourne dans la cuisine, regarde son matériel d'un œil distrait, engloutis un nouveau biscuit. Je remarque alors que l'eau est coupée dans la salle de bain – je patiente sans mot, sans trop savoir quoi faire, en jetant quelques regards au-dehors, dans les rues baignées de la lumière jaunie des lampadaires. Décide de trouver autre chose à manger, quelque chose de salé, cette bouffe sèche et beaucoup trop salée qui donne irrémédiablement envie de boire et qui assèche la bouche. La porte de la salle de bain s'ouvre et je fouille le placard, un peu mal à l'aise. Pas de fouiller, pas d'être ici, pas d'être avec elle. D'autre chose, je ne sais pas. Je me redresse lentement, souris ; le sourire s'efface pourtant rapidement, presque aussitôt.

Stoppée net dans sa progression, elle ne s'approche pas suffisamment de moi et garde les bras croisés. Hm. J'ose un nouveau, discret sourire lorsque ses yeux coulent dans les miens. Ça a l'air d'aller. Et une seconde plus tard, ça n'a pas l'air d'aller bien du tout. Le malaise retombe dans mon ventre, comme une pierre lourde et glacée. Ses yeux m'échappent, son visage aussi et mes yeux se plissent. Incertain de comprendre, finalement peu désireux de saisir le sens de ses propos. Un soupir se forme dans ma poitrine, remonte le long de ma gorge, où je l'y coince. Déglutis difficilement et il fait rebrousse-chemin. Le corps entier se tend et se brusque, l'esprit se gifle et veut s'étrangler, se frapper, cogner à poings fermés sur mes idées idiotes. Quel imbécile, quel imbécile. Tu lui as laissé l'opportunité de prendre les devants, de tirer les rênes. Et elle te repousse. Le monstre se gausse et je demeure immobile, statue offensée au milieu de sa cuisine. Je m'en veux, je m'en veux tellement que j'ai envie d'acquiescer, de lui dire qu'elle a raison et que je n'osais pas le faire avant, que j'ai eu pitié, que j'aurais daigné passer quelques heures ici, en sa compagnie, pour lui faire plaisir. Pour briser la monotonie pathétique de son existence. Que je voulais simplement la baiser, qu'une fois les cuisses écartées elle ne m'intéressait déjà plus. Que j'ai voulu la sauter pour souiller le fantôme de son ex, que j'ai simplement concrétisé un vieux désir enfoui, un vieux machin planqué dans un tiroir. Tant de choses à dire, tant de façons de la blesser en retour, et pourtant rien ne sort. Les lèvres ne consentent même pas à s'écarter d'un millimètre.
Et, ultime provocation de sa part, elle vient souffler le chaud après m'avoir aspergé de glace. La moiteur de sa peau s'approche de la mienne, exhale sa chaleur et je pince les lèvres. Dégage, casse-toi – les mots me brûlent les lèvres. Je détourne les yeux et souris, amer. Puis hoche imperceptiblement la tête, parce qu'elle ne veut pas me mettre dehors, dit-elle – menteuse.

Un souffle se fraie finalement un chemin le long de ma trachée et s'extirpe hors de mes lèvres, lorsqu'elle a le putain de culot de me fourrer de la bouffe entre les doigts. Ils me démangent, la colère roule dans mes veines et gonfle dans mon ventre. Je les sens brûlants, prêts à détruire la chair au moindre contact. Elle n'a même pas pris la peine d'achever ce pitoyable mensonge et je souris un peu plus largement. Le rictus est tordu, crispé. Elle se tourne et c'est pire que tout. C'est bizarre de dire oui, puis non, puis pourquoi pas. Puis non. Puis de balancer un nouveau peut-être. On pourrait baiser un de ces quatre, pourquoi pas. Putain, Maisy. Pourtant, je hoche vaguement la tête, hausse les sourcils. Merci, mais non merci, quelques miettes d'honneur se battent entre elle, quelque part en moi.
Trop vexé, trop froissé, contrarié comme un gosse à qui on aurait refusé quelque chose. Je ne sais pas pourquoi je le prends mal, pourquoi la boule grossit dans ma gorge, pourquoi j'ai subitement envie de lui balancer des saloperies et surtout pourquoi je n'en fais rien. Alors, robotique, je récupère ma veste au passage et me laisse diriger tout droit vers la porte. Un peu indigné de me faire raccompagner comme ça, un peu outré de regarder mon ego se faire poignarder au milieu du salon, de le voir défaillir comme un morceau de chiffon à chaque fois qu'on ne m'adule pas. Et elle, elle ne m'adule pas. Ne m'apprécie même pas, ou déjà plus. Peut-être avait-elle trop bu, peut-être... elle n'avait pas l'air de se forcer, mais qu'est-ce que j'en sais ? Bourré de doutes, ils s'échouent dans la lave qui écume dans mon ventre et se transforment aussitôt en colère. Elle bout dans mes veines et s'ancre dans mes songes. Je n'ai jamais su camoufler mes émotions – alors elle doit tout lire, tout déchiffrer sur mon visage comme sur les pages d'un livre.

Et lorsque ses lèvres se déposent sur ma peau, tout s'efface. Il n'y a plus de colère, plus de monstruosités à se jeter au visage, plus d'offense et même plus d'ego. Seules demeurent les questions, acides et pénibles.
Un mot prend racine en moi : peut-être. Mais il n'y a pas de place pour le doute, il faudra trancher, il aurait fallu trancher depuis longtemps déjà. Et, en réalité, elle vient de le faire. C'est non.

La porte se referme et tout le reste avec. Comme tout à l'heure, je reste immobile. La vague d'amertume me passe sur le corps et les doigts se referment sur les putain de biscuits, abandonnent des tas miettes sur le sol et dans les escaliers. L'air frais me caresse le visage et je ne mets pas ma veste, laisse le vent courir sur ma peau. Déambule un instant sans but dans la rue et me trouve finalement un but ; je ne peux pas rentrer chez moi. Je n'en ai pas envie, je n'ai pas assez d'alcool dans le sang pour assumer un ego ratatiné. Alors je erre jusqu'à reconnaître une façade, une porte d'entrée, un balcon. N'importe quoi, et dès que c'est le cas, je me précipite à l'intérieur de l'immeuble, grimpe les marches qu'il y a à grimper, frappe à la porte. Me bouffe les lèvres pour ne pas tambouriner. Je dois effacer son odeur, les caresses abandonnées sur ma peau, la douceur de ses lèvres sur les miennes. Annihiler son souvenir trop frais et le souiller, maculer cette soirée passée ensemble des fluides d'une autre. Salir nos ébats pour les oublier.


SUJET TERMINÉ .

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