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 Nothing burns like the cold | Amber & Djamila

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MessageSujet: Nothing burns like the cold | Amber & Djamila   Dim 19 Fév - 16:05


« Here we may reign secure, and in my choice
to reign is worth ambition though in Hell:
Better to reign in Hell, than serve in Heaven. »


Amber M. Del Nero & Djamila Singh

Il était une fois une contrée lointaine où la lumière ne s’éteignait jamais. Le soir, le soleil ne disparaissait que pour laisser sa place à une infinité d’étoiles électriques. Les enseignes 24/7 clignotaient au fil des rues, qu’il vente, qu’il neige, qu’il pleuve. Les jours et nuits s’enchaînaient tels une partition bien rôdée et aux accords simples et même si parfois répétitifs. Les foules de costumes noirs laissaient leur place à des volées de robes aux mêmes teintes dès lors que le jour disparaissait au milieu des notes fusant des bars ouverts. Et, éternelle, la cohue souterraine entraînait ses voyageurs d’un bout de la ville à l’autre. L’obscurité terrifiante, une nuit d’ombre, n’existait pas dans cet univers. L’espace, également, n’était qu’un contexte, et la promiscuité rebutaient les amateurs de grands espaces et de liberté de mouvement.

Les lignes de ruelles telles un damier d’un plateau gigantesque se chargeaient de grands immeubles, d’églises, de parcs, de commerces. D’habitations et de bureaux. Chaque surface avait son utilité : il ne fallait pas laisser l’espace à l’espace. Cependant, la rigueur et l’illusion d’ordre de ces tracés géométriques se retrouvaient contrés par cet enchevêtrement anarchique de bâtiments, sans pouvoir offrir de logique pour leur positionnement. Les blocs n’étaient pas logements ou quartiers des affaires : chaque coin de la ville contenait ses surprises et sa propre organisation.

Les habitants de ce royaume étaient à l’image de ce lieu : éclectiques, bruyants, désordonnés. Ils se mélangeaient par leurs différences et s’ignoraient dans leur indifférence. Blancs, noirs, bleus, rouges ou violet. Cravate, chaussures cirées ; costume de Superman ou tenue hawaïenne. La différence était la seule similitude de cette foule disparate qui se laissait avaler par des alignements de souterrains. Le silence, la solitude étaient des luxes que l’on ne pouvait se permettre lorsque l’on habitait la Grosse Pomme. Une grosse pomme grouillante de vers, toujours en mouvement, creusée de toutes parts.

New York. Il était une fois où l’évocation de ce nom rappelait d’immense immeubles vitrés, où se réfléchissait la foule vrombissante des heures de pointe, les vendeurs de hot-dogs et les taxis jaunes. Les commerces, autrefois noir de monde, avaient été abandonnés : béants et détruits par les tempêtes ou par les hommes, qui, dans un mouvement de foule désespéré, avaient pillé et volé ce qu’ils pouvaient se mettre sous la main avant de suivre les chemins migratoires vers la Nouvelle-Orléans. La ville qui ne dort jamais avait perdu de son éclat et surtout de son énergie : calme, neige, froid glacial avaient depuis longtemps remplacé l’agitation vaine métro-boulot-dodo.

La vie, qui avait été transportée à des milliers de kilomètres, se réorganisait : un gouvernement, des lois, des groupes. Le monde se laissait reconstruire et oublier la grandeur passée. Djamila avait vécu à New York. Un passage court, mais riche. Où elle s’était construite une famille, un foyer, où elle avait pu observer le début de la fin, ou la fin du début et un nouveau départ. Elle avait vécu le passage de l’habitude au chaos, de la vie à la mort. De la vie à la fuite. Et elle, comme des milliers d’autres encore, avait emporté quelques vivres, trainé un sac avec peu d’affaires et une seule idée : un futur. Pas forcément meilleur, mais une chance de s’en sortir.  Elle n’avait pas quitté la Nouvelle-Orléans depuis. Et, si son avis lui avait été demandé, jamais elle n’aurait risqué de quitter son petit cocon d’aise pour retourner dans ces terres arides et glaciales, dans ce désert gelé qu’est devenu New York.

Mais le gouvernement semblait ne pas se soucier de son opinion. Le gouvernement ne se souciait que de peu, mis à part de lui-même. Et l’intérêt du gouvernement était en ce moment – si les informations fournies à Djamila étaient correctes (elles ne l’étaient jamais : elle n’était qu’un maillon de la chaîne, jamais n’aurait-elle accès aux véritables raisons et aux arguments des têtes pensantes. Elle n’avait qu’une version édulcorée, acceptable. Et une seule mission : ne pas y réfléchir et obéir aux ordres), c’était de reconquérir New York. Ou du moins de faire un point sur l’évolution de la situation dans la ville fantôme. La population ne pouvait rester éternellement à la Nouvelle-Orléans seule, il lui fallait s’étendre, mais sur des Terres sûres, viables. Djamila aurait pensé que des condamnés ou autres réseaux de résistants récemment démantelés seraient de la partie lors de cette expédition vers le pôle Nord. Elle avait eu tort. C’était la Milice qui avait été saisie pour cette mission, et pour accompagner la Milice… une délégation du gouvernement.

Comme elle regrettait faire partie du gouvernement alors que le groupe s’avançait loin de ces horizons connus et au plus près de la zone interdite. Votre présence est essentielle pour garantir les intérêts de notre gouvernement. annonçait la convocation officielle. Observation. Compte-rendu. Et retour à la maison. La mission ne semblait pas si compliquée, quand on y pensait. Quelques heures de route, quelques lieux à visiter, quelques zones à surveiller – elle n’avait pas la liste, mais elle supposait que la Milice n’avait pas été envoyée sans plan. Son rôle à elle était de rester en retrait. Les Miliciens prendraient et donneraient des coups, s’il coups à donner il y avait. Parce que le début du voyage n’avait laissé qu’une vague impression de silence, de calme et… de vide.

Un voyage en cœur de solitude.

Mais dans sa solitude, elle était accompagnée, – quelle chance ! – par l’une de ces connaissances. La jeune femme n’avait qu’un intérêt limité à se lier aux Miliciens. Ou même à se rappeler d’eux. Ils étaient au service du gouvernement, les petites mains armées (entre autres groupes). Ambre était l’exception. Elle ne lui faisait pas confiance et le sentiment était réciproque. Une raison supplémentaire pour faire de ce voyage un aller-retour rapide en Enfer. Djamila n’avait qu’une envie : se trouver à un autre endroit. N’importe où. Loin. Cependant, leur périple, depuis lors sans encombre fit un arrêt inattendu. Quelle excuse avait encore trouvé ces abrutis ? Une pause pour boire un coup ? Elle n’avait pas que ça à faire ! Se concentrant à nouveau sur des documents à rédiger, elle avait choisi d’ignorer ce qu’elle ne voulait pas voir. Son agacement ne laissait pas possibilité à sa curiosité de prendre le pas. Elle ne descendrait pas. Ne se renseignerait pas. La colonne allait repartir rapidement, évidemment. Mais l’absence d’annonce et de mouvement aux alentours se faisait de plus en plus pesant. Qu’est-ce que… ?

Le bruit qui rompit le silence n’avait rien d’humain.


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MessageSujet: Re: Nothing burns like the cold | Amber & Djamila   Sam 4 Mar - 2:49


Nothing burns like the cold
Why can't you see what we had, let the fire burn the ice ••• La rencontre à la prison avec Niklas lui avait pris un peu plus de temps que prévu, mais ce n'était pas comme si quelqu'un l'attendait chez elle pour dîner. Certes, au début, elle avait prévu de passer voir Dante, histoire de lui parler un peu de ce qui la bouffait en ce moment (moralement parlant hein, pas physiquement...). Il l'aurait écoutée, il lui aurait aussi certainement passé un savon en apprenant qu'elle avait encore menacé de mort quelqu'un, qu'elle avait encore tué. Il n'aimait pas cela, mais Ambre ne parvenait pas à se détacher de ce qu'on avait fait d'elle. Un jour, il en serait tellement désespéré qu'il l'abandonnerait. Elle s'en doutait, que c'était écrit dans les prochaines pages de l'histoire. Elle ne voulait pas, et pourtant, d'un autre côté, il n'y avait aucune chance qu'elle ne le retienne si une telle situation se présenterait. Après, il fallait qu'elle regarde au fond d'elle-même. Survivrait-elle à tout cela ? Ne déciderait-elle pas de plonger encore plus dans le danger, ou alors de mettre fin à ses jours ? D'ailleurs, c'était une chose à laquelle elle avait déjà pensé. Avec toutes les armes à sa disposition, ce n'était pas bien compliqué à réaliser. Une épée en travers du corps, une balle détruisant le cerveau, un poignard tranchant la gorge. Des pensées bien sanglantes pour la jeune fille qu'elle était.

Finalement, l'italienne se décida à rentrer chez elle. La nuit était tombée depuis bien longtemps et les lampadaires éclairaient pâlement les rues de la Nouvelle-Orléans. Ambre accéléra le pas, bien que sa tenue de shadowhunter devrait lui éviter des problèmes. Après, elle était dans les quartiers nords de la ville, qui n'était pas réputés pour leur douceur de vivre et l'ambiance chaleureuse qui y régnait. Il y avait plus de probabilités que la jeune fille tombe sur un fou furieux cherchant à la violer et la tuer que sur un ours en peluche. Enfin, ce serait un bon moyen de passer ses nerfs. Car si quelqu'un l'attaquait, la milicienne avait parfaitement le droit de se défendre. Et en ce moment, avec ce qu'il arrivait à Niklas, elle avait besoin de laisser la colère, la rage qui grondait s'expulser. En pensant à cela et en reliant le tout à Dante, lui serait heureux de la voir ainsi, en partie. Loin de l'image de tueuse froide qu'elle donnait en permanence, et avec des émotions. Peut-être pas les meilleures, peut-être pas les bonnes mais c'était déjà un pas en avant. Et un premier pas en amenait toujours d'autres non ?

D'un pas rapide, elle grimpa les marches menant à son appartement, avec une seule envie, finir la tête la première dans son lit. La tension nerveuse était à présent retombée, et son corps en payait les frais. La porte se poussa, s'ouvrit, et ses yeux tombèrent sur une enveloppe par terre. Un soupir, quelques secondes pour l'ouvrir, la lire. Rendez-vous le lendemain, tôt, pour partir en direction de New-York. Elle accompagnerait une délégation là-bas, avec quelques autres miliciens, pour voir l'évolution de la ville, si celle-ci pourrait être apte à la recolonisation. Les dirigeants avaient certainement perdu un morceau de cerveau durant la nuit... Sauf qu'Ambre n'avait pas le choix. Elle acepterait donc cette mission, aussi périlleuse soit-elle. En espérant ne pas finir en charpie...

**

Dans le véhicule leur faisant traverser New-York, Ambre se trouvait face à Djamila. Une jeune femme qui lui importait peu à vrai dire, à laquelle elle ne faisait aucunement confiance. Bon, elle ne faisait confiance à personne aussi... Mais envers cette femme-là, il y avait autre chose. Il y avait cette petite voix dans sa tête, des questions qui restaient en suspens. Et l'italienne n'aimait pas. Elle n'aimait pas quand elle n'avait pas accès à toutes les informations, son cerveau malade n'appréciait pas. Ils furent arrêtés, la jeune fille jeta un regard par la vitre. Rien. Il n'y avait rien... Elle s'apprêta à interroger le conducteur sur cet arrêt brutal lorsqu'un... Râle non-humain lui parvint. Aucune émotion ne vint pourtant troubler son visage de poupée. Calme, elle se contenta de décrocher un poignard de son mollet. Des zombies. C'était à prévoir d'après les précédents rapports auxquels elle avait eu accès. Dans tous les cas, il leur faudrait bouger. Mettre les véhicules à l'abri. La jeune fille se glissa jusqu'au conducteur, transmis quelques ordres. Son but aujourd'hui était de ramener le maximum de personnes en vie, en même temps que les informations demandées par le gouvernement. Puis elle se tourna vers la... « Référente » du groupe, celle qui allait faire les rapports de cette mission – suicidaire il fallait l'avouer –.

« Vous venez ? Il nous faut visiter un peu les lieux, pour que votre rapport soit complété au maximum. »


Ca ne lui plairait certainement pas. Mais pour une fois, Ambre n'avait pas tort. L'autre était supposée voir le tout de ses propres yeux, et elle, elle était là pour la protéger, s'assurer que rien ne viendrait lui arracher à la tête. Et pourtant, cela n'aurait pas dérangé l'italienne. Cependant, la jeune fille ne pouvait pas risquer que les autres ne fassent demi-tour sans elle. Elle décida donc d'envoyer d'autres membres à des endroits différents. Et aussi... Elle récupéra la clef d'un véhicule, une fois celui-ci mis « à l'abri » entre deux bâtiments à moitié détruits. D'ailleurs, il fallait mieux pour Djamila qu'Ambre n'ait pas à conduire. Elle avait son permis, certes, mais ne respectait pas pour autant les limitations établies. Pour ainsi dire jamais.

« Je vous conseillerai de ne pas trop vous éloigner. A moins que vous ne vouliez faire un face-à-face avec une créature peu recommandable... »

Une réalité plus qu'une menace. Au cas où l'autre n'était pas encore au courant de cela. Aussi..

« Je ne sais pas trop pourquoi ils vous ont désignée pour cette mission. Vous n'allez être qu'un grain de sable dans les rouages. » Une pause. La phrase n'avait pas été dit avec méchanceté mais comme dans le cerveau d'Ambre, un être humain n'était qu'un outil, qu'un amas de chiffres... « On va d'abord remonter la rue principale, pour évaluer le danger. » Et voir si les nerfs de sa accompagnatrice tenaient le coup...


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MessageSujet: Re: Nothing burns like the cold | Amber & Djamila   Lun 6 Mar - 14:27

Jamais elle n’aurait cru pouvoir se faire à la Nouvelle-Orléans. Trop chaud. Trop humide. Trop… peuplée, avec toutes ces migrations incongrues et tous ces nouveaux venus qui apparaissaient jours après jours. Trop bruyant aussi. Ironiquement, New York lui avait toujours semblé plus calme : le brouhaha de la grosse pomme n’était pas une invitation. Chacun s’occupait de sa vie, de son chemin, et continuait la route qu’il s’était tracé. Le bruit de la Nouvelle-Orléans était rythme de jazz aux tempos effrénés, des rires, de la musique et des voix pleines de chaleur et de vie. Une main tendue qui propose une danse. La Nouvelle-Orléans était dans le vivre-ensemble permanent : par choix, pour certains, par comodité, et par défaut, pour beaucoup. La place ne pouvait s’étendre, l’homme ne semblait pouvoir arrêter de se reproduire et de peupler, tant et si bien que tous s’entassaient sur cet îlot viable, ancienne terre noire.

La raison de leur excursion était bonne. Le chemin nécessaire. Mais plus la virée avançait, plus elle regrettait d’avoir choisi de joindre cette expédition. Choisi. Le mot était bien trop fort – elle n’avait eu plus de choix que ces compagnons d’infortune. Un aller-retour en Enfer. Et s’ils étaient chanceux, ils seraient de retour, tous, en un seul morceau, chez eux ce soir. S’ils l’étaient moins… Disons que Djamila espérait que les autres seraient attaqués en premier. Sur ces genoux, un simple carnet dans lequel elle griffonnait quelques détails intéressant pour son rapport. Des lieux détruits, ceux encore utilisables éventuellement. Présence de vie. Ou solitude glaciale.

A l’intérieur du véhicule, c’était la même atmosphère digne d’un des deux pôles qui régnait. Amber et elle n’avait jamais trouvé quoi se dire : elles travaillaient ensemble, se soupçonnaient mutuellement (à raison, pour la Milicienne, à raison, mais jamais elle ne le découvrirait), s’ignoraient dès qu’elles le pouvaient. Garde tes amis proches et tes ennemis plus proches encore. Mais le fait de se retrouver avec cette… femme, ne rassurait pas Djamila. Pour peu qu’elle soit aussi aimable et serviable en mission qu’elle l’était à la ville, la représentante du gouvernement finirait attaquée par un zombie alors que sa partenaire de malheur repartirait avec le véhicule sans l’ombre d’un remord.

Oui, elle semblait être le genre de personne à ne pas éprouver de remords. Djamila doutait qu’elle ne puisse exprimer la moindre émotion. Son visage, poupée de porcelaine, était figé quelque que soit le temps ou le lieu. Elle n’avait d’humain qu’une apparence et un regard neutre et, il est vrai, des plus difficiles à lire. Au grand dam de l’oiselle.

Djamila en venait presque à regretter le manque d’action : quoi que ce soit pour briser cet éternel hiver et cette quiétude forcée. A peine pensé, elle regretta ce souhait – d’autant que leur véhicule faisait un brusque arrêt. Finalement, elle préférait la balade inutile. Pas besoin de se retrouver face à … qu’est-ce que c’était ça ? Un râle rauque s’était élevé dans le ciel et un frisson lui parcourut l’échine. Elle n’avait aucune envie de se retrouver devant ce truc. Rapidement, elle cacha son trouble et ses yeux se fixèrent à nouveau sur celle qui voyageait en face. Elle semblait imperturbable. Bien sûr, un simple zombie, même pas peur, on en croise tout le temps. Pff.

« Vous venez ? Il nous faut visiter un peu les lieux, pour que votre rapport soit complété au maximum. »

Elle avait dû se perdre dans ses pensées car la question la prit tout à fait au dépourvu. Venir ? C’est-à-dire ? Oh. Sortir. La mission. L’observation. Super. Elle mourrait d’envie d’aller se frotter à ces zombies mangeurs d’hommes. Son acolyte ne sembla même pas faire cas de son manque d’entrain : elle distribuait des missions, rangeait les véhicules – il fallait les mettre à l’abri – s’assurait de pouvoir retrouver l’endroit avec quelques repérages. Très bien. C’était donc parti. Calepin et stylo en main, elle ne s’était jamais sentie aussi inutile et aussi peu à sa place. Même lorsqu’elle avait commencé à se transformer et qu’elle ne le contrôlait pas, même quand son père l’avait presque reniée en découvrant sa nature, même lorsque, prétendant avoir déjà exercée en tant que secrétaire, elle s’était retrouvée avec à trier plus de courrier qu’elle n’avait pu voir de toute sa vie, elle n’avait jamais ressenti cette… inutilité.

« Très bien. Allons-y. » Sa voix était plus assurée qu’elle ne se sentait. Bien. Elle avait appris à maintenir les apparences, peut-être paraissait-elle tout aussi insensible et impassible que sa compagne de voyage, de l’extérieur. Elle aurait aimé être armée pourtant. Même avec quelque chose d’inutile, arc et flèches, ce genre de conneries. Histoire d’avoir quelque chose à pointer sur un assaillant éventuel. Mais n’avait que calepin et stylo, et une pauvre bombe lacrymo. Les zombies souffraient-ils quand aspergés de lacrymo ? Elle n’était ni suffisamment curieuse, ni suffisamment téméraire pour vouloir tester cette théorie.

« Je vous conseillerai de ne pas trop vous éloigner. A moins que vous ne vouliez faire un face-à-face avec une créature peu recommandable... »

« Et moi qui pensais ne rencontrer que licornes et bisounours. »

Pour qui la prenait-elle, vraiment ? Elle n’était peut-être pas milicienne mais tout son chacun savait ce qui peuplait désormais les terres abandonnées. Du moins, chacun s’en faisait une idée, plus ou moins réaliste, plus ou moins morbide. Et c’était cette idée-là qui l’avait tenue éveillée des heures durant avant le départ de ce matin. Monstres sanguinolants à soif de cerveaux humains.

« Je ne sais pas trop pourquoi ils vous ont désignée pour cette mission. Vous n'allez être qu'un grain de sable dans les rouages. »

Merci bien. Djamila serra les dents. Elle était plus que consciente de son statut de… « grain de sable ». Mais la milice ne pouvait être yeux et bras, à son grand malheur. Djamila les aurait bien laissé gérer cette mission de A à Z. Et être ceux à se faire massacrer, au besoin.

« Il semblerait simplement que les rapports de la Milice laissent à désirer. » Juste des faits. La stricte vérité sous un fond d’attaque ; légèrement mal-venue auprès de celle qui devrait passer la journée à faire en sorte qu’elle ne finisse pas en pâtée pour zombie.

« On va d'abord remonter la rue principale, pour évaluer le danger. »

Hm. Très bien. Rue principale donc.

« Je vous suis. » Une pause. « A quand date la dernière patrouille dans le secteur ? » Elle ne sait pourquoi elle commence la conversation. Certes, son rapport mériterait de contenir de telles informations, mais il était inutile de les obtenir maintenant. Peut-être se garantissait-elle une contenance. Le silence, entrecoupé de cris, était bien moins agréable à la compagnie.

Surtout que sa guide les avait séparées quelque peu du reste du groupe.
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MessageSujet: Re: Nothing burns like the cold | Amber & Djamila   Jeu 23 Mar - 0:52


Nothing burns like the cold
Why can't you see what we had, let the fire burn the ice ••• Elle avait invité Djamila à sortir du véhicule. Quelques mots prononcés, les premiers depuis le début de cet excursion. Premiers mouvements aussi, alors que les hurlements continuaient de se faire entendre au dehors. Au moins, la représentante pourrait noter dans son rapport que les lieux étaient habités. Pas par des humains mais ce n'était qu'un détail... En tout cas, l'autre n'avait pas reculé à la proposition d'Ambre, et intérieurement, elle en était satisfaite. Si elle avait perçu le moindre signe de faiblesse venant de la femme, elle n'aurait pas réellement eu d'hésitation à la laisser tomber en cas d'attaque, même si son boulot premier était de la protéger. L'italienne n'était pas folle non plus, elle ne tenait pas à être transformée en zombie durant ce passage à New-York parce que son accompagnatrice s'était tétanisée de peur face à une silhouette vaguement humanoïde. La milicienne n'avait rien d'une super-héroïne. Pas de pouvoirs, pas de force surnaturelle. Elle composait avec ce corps faible aux yeux de certains, et avec son cerveau. Ce cerveau qui était sa plus grande force, mais aussi sa plus grande faiblesse. Elle y stockait toutes les informations qu'elle recevait, trouvait, dénichait, mais aussi tous ses souvenirs, toutes les douleurs accumulées au fil des années. Rien ne partait. A la fois une bénédiction et une malédiction. Parfois, elle se rêvait à perdre la mémoire, à oublier certaines choses. Parfois, elle espérait que tout s'efface, pour parvenir à être quelqu'un d'autre...

D'un geste habile, après avoir transmis ses ordres, elle vérifia ses différentes armes. Normalement, elles ne devraient pas être affectées par les températures plus basses à New-York qu'à la Nouvelle-Orléans mais Ambre ne faisait pas réellement confiance aux préparateurs. Elle avait déjà eu quelques mauvaises surprises en leur laissant ses armes qu'elle se sentait à présent obligée de revérifier à chaque fois désormais... La confiance n'avait jamais été le fort de la jeune fille. Le sarcasme passa sur le visage de marbre d'Ambre. Des licornes et des bisounours... Bordel, elles étaient à New-York, pas dans une fiction quelconque d'avant la Catastrophe... Un simple soupir quitta les lèvres de la milicienne avant qu'elle détache son regard pour le poser sur les alentours. Son esprit s'était déjà lancé dans les calculs, dans les possibilités d'embuscade, les endroits les plus à risques. Elle était déjà en train de travailler le chemin qu'elle allait leur faire prendre. Autour d'elle, d'autres miliciens étaient partis en exploration, certains dressaient un camp de fortune pour effectuer des mesures, prendre des échantillons, et les premiers tours de garde s'instauraient. Elle les laissa faire. Normalement, ce n'était qu'une affaire de quelques heures mais mieux valait se préparer à une attaque même durant ce court laps de temps...

Les rapports de la Milice laissaient à désirer ? Il est vrai que le seul et unique rapport qui leur soit parvenu manquait cruellement de détails... Après, ce n'était pas comme si l'escouade tout entière s'était fait décimer et qu'un seul homme était revenu en vie. Mal en point mais en vie. Et les rares informations qu'on avait pu lui tirer étaient consignées dans un tout petit rapport. Ah, Ambre allait réellement pouvoir effrayer Djamila avec ça... Elle la suivait... Les pas de la milicienne résonnèrent bientôt dans l'espace vide, surplombant presque les cris stridents qui entrecoupaient le silence. Peut-être que cela éviterait à l'autre d'être trop effrayée. La question lui arracha un sourire derrière le regard glacial. Quelques mots pour briser le silence qu'Ambre avait laissé s'installer, sans s'en rendre compte d'ailleurs. Elle n'était pas touchée par la peur, cela lui important donc peu de le laisser planer. Elle aimait plutôt bien d'ailleurs. Le silence... Il lui permettait de laisser son esprit faire son boulot, ses sens capter la moindre information... Il était saluable puisqu'il sauvait souvent des vies, à qui savait l'écouter...

« En effet, les rapports étaient plutôt creux. Malheureusement, on n'envoie pas les meilleurs éléments sur un terrain aussi hostile en premier. Sinon, il me semble que la dernière expédition a eu lieu il y a soixante-six jours. Il ne restait qu'un seul survivant. »

Elle était tellement douée pour mettre les gens à l'aise, c'est dingue ça... Le silence reprit de suite ses droits sur la rue. Les cris s'étaient d'ailleurs stoppés. Ambre nota cette information capitale dans un coin de sa tête. Il y avait une raison pour qu'ils ne retentissent plus. Peut-être que la chose à laquelle ils appartenaient avait fini par mourir ? A attirer l'attention ainsi... Un vent froid fouettait le visage de la jeune fille, sans qu'elle ne paraisse s'en embarrasser. Elle continuait à avancer, pas mesurés, pas nonchalants. Et pourtant, derrière tout ça, elle était tendue, prête à réagir au moindre mouvement. Du coin de l'oeil, elle surveillait Djamila. Le but était quand même de la sortir en vie de ce merdier. Oui, cela emmerdait profondément Ambre. Sauver quelqu'un n'était pas dans ses habitudes, elle qui était plutôt connue pour les morts qu'elle engendrait pour accomplir une mission. Voilà certainement pourquoi la formulation de la dernière missive incluait le fait que personne ne devait mourir, et encore moins la représentante diligentée par le Gouvernement. Elle devrait certainement leur servir à quelque chose en particulier à l'avenir. C'était ainsi dans l'esprit d'Ambre. Si quelqu'un ne devait pas mourir, c'était qu'il était utile, et non parce que tuer n'était pas bien, pas dans les mœurs.

« Je pensais plutôt à des zombies ou des créatures non identifiées. Ce sera l'occasion de recenser de nouvelles espèces. »

Oui, Ambre était très premier degré. L'humour avait tendance à ne pas être compris par son cerveau, ce qui faisait bien rire Dante par moment au vu des réactions de la jeune fille. Et il était le seul à pouvoir en rire sans se faire exploser la cervelle d'une balle entre les deux yeux. Finalement, il avait toujours été privilégié mais... Il était le seul à l'avoir vu adolescente. Il était le seul à avoir vu les ecchymoses sur son corps, les entrainements qu'elle subissait. Et à cause de ça, il aurait pu mourir. Se faire assassiner. Enfin, le géniteur d'Ambre avait simplement décidé de le congédier et de l'empêcher de s'approcher de sa fille. Il était le seul à avoir eu le droit à la fille plus fragile, plus humaine. Celle si profondément enfermée que l'italienne avait été étonnée de la voir sortir. Un mouvement sur sa droite la coupa dans ses pensées. L'arme fut sortie, la balle tirée, et la boîte crânienne du zombie vola en éclats. Le seul moyen efficace et rapide de les éliminer. Après quelques secondes de réflexion, Ambre attrapa un de ses pistolets de secours et le lança à Djamila. Pour qu'elle se défende...

« Laissez tomber le stylo et le calepin. Vous aurez plus besoin de vos deux mains pour vous défendre. Vous n'avez qu'à vous servir de votre mémoire pour retenir les informations. »


Ton redevenu totalement glacial. L'attaque lui avait fait reprendre en compte qu'aujourd'hui, elle était accompagnée. Et donc, elle se devait d'être sur ses gardes. L'intersection arrivait sous peu. Derniers mots :

« Une préférence pour la droite ou la gauche ? »


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MessageSujet: Re: Nothing burns like the cold | Amber & Djamila   Mar 28 Mar - 16:08

L’animosité entre les deux femmes n’étaient pas cachée : si elles n’étaient pas à se rouler au sol et se rouer de coups, elles restaient, toutes deux, tout à fait satisfaites dans l’ignorance parfaite de leur compagne de voyage. Un simple aller-retour, et une virée à l’aventure, avant de rejoindre son train train quotidien – c’était tout ce que Djamila demandait. Ce n’était pas grand-chose, tout de même ? Respecter ses habitudes, sa qualité de vie, son confort. Celle qui avait bourlingué dans l’ensemble des Etats-Unis se sentait souvent perdre goût à la vie à ne plus pouvoir goûter à l’imprévu, mais une expédition dans le cœur de la zone zombie ne relevait pas de l’aventure (l’aventure avait été déjà de passer la zone de décontamination), ni de renouveau ou de changement (les paysages ne faisaient que de défiler, chaque zone différente, comme si plus rien ne contrôlait végétation et météo), non, non, une expédition dans le cœur de la zone zombie était de l’ordre de la mission suicide. De l’ordre de ce genre de décisions que l’on prend, complètement défoncé, lors de ces soirées qui existaient naguère – plus maintenant, plus jamais, merci la prohibition – et que l’alcool aidant, on se sentait invincible et capable de dépasser tous les défis. Je te parie que tu es un dégonflé et que tu n’oseras pas aller à New York ! Chiche ! Et cette douce sensation d’insouciante s’effaçait au réveil, quand, alarmé, on se rendait compte des risques encourus – pour peu encore que l’on se rappelle de ce qui avait été dit ou fait.

Pour Djamila, l’effet était presque semblable : la douceur mielleuse, irréelle presque, de son accession au gouvernement. Elle n’était qu’une arriviste, une gamine de saltimbanques, sans expérience, une moins que rien. Et l’espace d’un instant, dans le feu du chaos, elle était devenue quelqu’un de respecté, quelqu’un de consulté et – si elle n’était pas appréciée – elle était tout de même avantagée par sa position. Protégée. Presque comme invincible dans sa tour de verre des puissants. La résistance était ce qu’elle est, moins forte que lors du dernier coup d’Etat, plus divisée aussi, pour l’instant, rien ne semblait pouvoir troubler son calme et sa protection. Avant cette lettre. Une demande – une convocation, tout est ordre, rien n’est choix – une invitation à participer à l’un des missions de reconquête (les vivres se raréfient, le gouvernement le sait depuis au moins plusieurs semaines déjà, si ce n’est pas des mois ! Djamila n’était pas sûre de la « fraicheur » de ses informations) pour permettre l’observation des alentours de la Nouvelle-Orléans. Et honnêtement, elle aurait préféré oublier de se lever ce matin.

Mais elle était bel et bien en mission, entraînée avec des milliciens dans une intervention de la dernière chance – elle savait, en partie du moins – ce qu’il l’attendait. Elle avait eu vent des informations des précédents tours de garde. Toujours désastreux, d’ailleurs. Elle aurait dû dire non. Un cri retentit et tous sortirent des véhicules. C’est parti. Allons-y de bon cœur ! Elle ne pouvait dire non.    

Chaque pas, chaque ordre, chaque mouvement de sa colonne de soldats lui donnait envie de repartir dans le véhicule et de s’y terrer jusqu’à la fin de la mission. Elle n’était pas un soldat. Et si, à la mort de son père, elle avait récupérer un petit revolver – propriété de l’un de ses spectateurs, mais qui n’était jamais venu le récupérer (qui peut donc suivre une caravane de cirque, toujours en mouvement), elle doutait de ces capacités à faire quoi que ce soit d’utile pour protéger le groupe ou même se protéger. Son assurance faiblit plus encore après le récit de son accompagnatrice : une fine psychologue celle-ci, toujours avec les mots qu’il faut pour rassurer, réconforter. Mais Djamila fit tout son possible pour ne laisser paraître : les prédateurs sentent la peur, signature d’une proie, elle les attire à chaque occasion. Et dans ce cas, Djamila ne savait qui étaient les véritables prédateurs : les créatures rôdantes ou ces « alliés du jour » à qui elle ne ferait pas plus confiance qu’à un junkie en manque dans une pharmacie.


« Espérons que vous ne soyez pas aussi incompétents. » La survie n’avait rien à voir avec la compétence, surtout dans un tel milieu hostile. « J’aimerai tout autant que personne aujourd’hui ne finissent en pâtée pour zombie. » Une pause. « Et je m’occupe du rapport. »


Pour qu’il n’y ait pas tant de manque – finit-elle mentalement. Mais si elle connaissait et méprisait Ambre, finir par antagoniser entièrement celle qui doit la protéger ne semblait pas être l’idée du siècle, loin de là ! Surtout que celle-ci semblait tout aussi ravie de la présente compagnie et tout aussi enchantée de se traîner le boulet de service dans ces zones grouillant de licornes et de bisounours avait moqué, ironique, Djamila.


« Je pensais plutôt à des zombies ou des créatures non identifiées. Ce sera l'occasion de recenser de nouvelles espèces. »

Qu’est-ce que… Oh. Oui, bien sûr. Très direct alors. Djamila n’arrivait pas à savoir si sa compagne de voyage se fichait d’elle ou si elle n’avait réellement pas compris ce qu’elle avait tenté de lui dire : si tel était le cas, elle devait bien la prendre pour une idiote finie. Bisounours et licornes. Djamila aurait voulu lui demander si elle s’était déjà retrouvée face à un zombie, quand, à quelques dizaines de mètre d’elle est apparu la chose. Une horreur d’humanoïde (la télé ne leur rendait pas justice, leur monstruosité était si pestilentielle, si choquante, en réalité). Il n’avait fallu que quelques secondes à Ambre pour que la bête se retrouve anéantie, une balle dans le crâne, et Djamila ne sut si elle se sentait rassurée ou pas de la rapidité à tuer de son accompagnatrice.

Bien loin de ses pensées-là, Ambre venait de lui proposer une arme. La brune la saisit sans hésitation – mieux valait se retrouver armée – et jaugea le pistolet un instant : la sécurité était-elle enlevée ? Combien de balles ? Y-en-avait-il déjà une dans la chambre ? Que de questions auxquelles Djamila pensait avoir la réponse… Sans en avoir la certitude. Mais l’apparence jouant sur la psychologie et Ambre étant là pour la défendre, l’employée du gouvernement préféra se laisser aller à des suppositions plutôt que de confirmer son incompétence – elle avait su tirer à un moment donnée, et elle espérait que cela ne s’oubliait pas. Si ses parents avaient été de fervents défenseurs de la manière douce, de la parole et de la conviction par la paix, tous ceux de la troupe ne partageaient pas leur avis, et une très jeune Djamila, en proie à ses premières amours de jeunesse et conflits d’adolescente, s’était accopinée avec le fils de dresseur, et ensemble, ils avaient vidé le chargeur du père sur des canettes vides et des bouteilles en verre. Elle n’était pas si mauvaise à l’époque. Mais, excepté cette arme qu’elle avait préféré garder pour protection après le décès de son père, sans jamais l’utiliser, elle n’avait jamais posé le doigt sur la gâchette depuis…. Ces 15-16 ans ? Elle remercia néanmoins Ambre d’un signe de tête et garda l’arme à la main – on ne sait jamais.

« Gauche. Nous allons essayer d’avoir ces créatures en visuel, finir le tour et nous rentrerons. Le gouvernement ne veut pas que je rédige des éloges funèbres. »
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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: Nothing burns like the cold | Amber & Djamila   Ven 14 Avr - 0:13


Nothing burns like the cold
Why can't you see what we had, let the fire burn the ice ••• Les doigts s'arrêtèrent sur son arme, se serrèrent autour de la crosse. Il ne lui fallait plus être distraite. "L'attaque" avait eu le mérite de lui rappeler que se discuter avec sa camarade n'était pas très utile dans leur situation. D'autant plus que c'était dangereux, que leur survie dépendait en partie du temps de réaction d'Ambre pour défoncer le crâne des assaillants morbides. Oh, l'autre pouvait être utile, pouvait les tuer aussi. Sauf que l'italienne n'avait jamais fait confiance à une autre personne qu'elle-même dans les moments de vie ou de mort. Encore plus lorsque son accompagnatrice n'était pas une personne qu'elle "appréciait", tout relatif que ce mot était avec elle. Djamila, elle ne pouvait pas la voir en photo. Sans raison, juste l'instinct qui lui hurlait de se méfier, et de se détourner. Et comme un animal, Ambre l'écoutait. C'était son moyen de survie, celui qui lui restait avec son cerveau. Les deux se combinaient pour l'empêcher, bien que la majorité du temps, ils tendaient vers deux résultats radicalement opposés. Ce qui n'était pas franchement agréable en mission. En fait, l'italienne ne pouvait pas obliger son esprit à aller plus vite. Alors, parfois, l'instinct reprenait le dessus, quitte à ce qu'elle se rende compte avec quelques secondes de retard que la décision prise n'était pas la plus optimale. Enfin, à moins d'être un dauphin, il y avait peu de chances que les capacités de son cerveau soient mieux optimisées.

Aussi incompétents... Les mots étaient passés sur Ambre comme ils couleraient sur du marbre. Cela ne lui faisait rien, parce qu'elle savait ce dont elle était capable. Et surtout, elle ne s'était jamais formalisée des pensées de ceux l'entourant. Ils n'étaient qu'un amas de chiffres, de probabilités qu'elle décodait et manipulait. Alors, le reste importait peu. Aussi, l'autre semblait effrayée par la mort. Pourquoi avoir accepté cette mission alors ? Pourquoi le Gouvernement la lui avait mis dans les pattes ? Les dirigeants étaient au courant de son dossier médical par ailleurs, ils savaient qu'elle était incapable d'oublier quoi que ce soit. Elle aurait largement suffi pour cette sortie, pas besoin de lui mettre une secrétaire dans la mission. Enfin, peut-être qu'ils voulaient simplement se débarrasser de l'autre fille. Et lui faire porter le chapeau à elle. Vague sourire se dessinant sur ses lèvres. Qu'ils essaient. Le corps inerte du zombie termina de s'écrouler sous ses yeux et elle soupira juste en proposant l'arme à sa compagne d'infortune. Il fallait que l'autre puisse se défendre seule malgré tout... D'ailleurs, elle n'hésita pas avant de s'emparer du pistolet. Bien. C'était un bon point pour elle. Une arme chargée, voilà qui allait l'aider...

Laisser le choix à l'autre de la direction à prendre n'était peut-être pas la meilleure idée alors qu'elle avait besoin de tout contrôler. Cependant, son cerveau ne parvenait pas à se mettre d'accord sur laquelle explorait dans un premier temps. La gauche. En effet, ainsi, elles s'éloigneraient du hurlement à leur glacer le sang. Etait-ce une bonne chose ? Beaucoup de personnes penseraient que oui, mais Ambre avait toujours plus craint le silence que le bruit. Le silence pouvait cacher l'horreur. Le silence, elle l'avait connu, et il résonnait bien plus dans son esprit que le reste. Enfin, tout cela était bien compliqué à expliquer. Et l'italienne n'avait pas particulièrement envie de se rappeler tous ces moments, alors même qu'ils ne s'effaceraient jamais de sa mémoire. Ils étaient déjà là, faisant coucou de leur petite case, n'attendant qu'une seule pression pour revenir sur le devant de la scène, ramenant avec les images les sensations parfois minimisées. Piqûres douloureuses dont elle cherchait pourtant à se défaire.

"Je ne suis pas certaine que ce sera vous qui serez chargée d'écrire les éloges funèbres, vous allez certainement périr au cours de l'expédition. Enfin, c'est bien d'être optimiste..."


Réellement, un jour, il lui faudrait prendre des cours de communication, ou juste comment ne pas être pessimiste. Peut-être que Dante pourrait lui en offrir, mais aurait-il la patience ? Ambre ne savait déjà pas comment il pouvait avoir envie de l'aider, ni pourquoi il s'accrochait à elle et se considérait comme son ami. Un ami. Quelle idée saugrenue. Qui voudrait être ami avec une pro-gouvernementale ? Personne de sensé. Surtout que l'italienne était du genre à suivre les ordres. Un peu trop fanatique, surtout parce que le cadre offert par les dirigeants lui était rassurant. Il était celui qu'elle avait connu pendant des décennies, et elle n'était pas prête de se détacher de cela. Un esprit trop formatée, voilà ce qu'elle était. Un esprit avec sa propre logique, ses propres notions, et qui pourtant ne connaissaient pas les plus basiques. Le bien et le mal par exemple. Le consentement aussi. Qu'il s'applique à elle ou à un autre. Finalement, tuer n'était pas mauvais, et son corps n'était qu'un instrument pour arriver à ses fins, pas pour prendre du plaisir. Ses yeux furetaient à droite et à gauche alors que chacun de ses pas semblait brisé le silence pesant.

"Si j'étais aussi incompétente que les précédents, vous auriez déjà été griffée ou mordue par le zombie. Enfin, je ne pense pas que ce soit une grande perte."

Et Ambre aurait une raison de lui coller une balle entre les deux yeux, avant qu'elle devienne trop dangereuse. Une pensée que beaucoup aurait repoussé, mais cela ne dérangeait pas la milicienne. Elle éliminait souvent ceux lui apparaissant comme trop perturbateurs. Son cerveau ne supportait pas les éléments imprévisibles, ceux qui l'obligeaient à prévoir des centaines de plans, des centaines de possibilités. Enfin, pour le moment, il fallait qu'elle se concentre sur les événements actuels. Un bruit lui parvint, et elle stoppa brutalement Djamila. Des voix basses lui parvinrent, sans qu'elle ne puisse entendre la teneur de leurs propos. Elles s'éloignèrent peu de temps après. Un sourcil se arqua. Personne n'aurait dû être présent dans le coin... L'italienne se rapprocha sans un bruit de sa collègue, murmurant non loin de son oreille :

"La mission évoquait bien qu'il n'y avait personne d'autre sur place que la délégation envoyée, je ne me trompe pas ?"

Besoin d'obtenir une confirmation alors qu'elle était très au courant des ordres donnés, de la réalité de l'expédition. Et c'était un mauvais pressentiment qui se glissait dans ses entrailles. Un regard jeté derrière pour s'assurer que personne ne les suivait. Puis les mots reprirent, un ton plus bas encore :

"Je ne pense pas que les chercher soit une bonne idée mais il va falloir que l'on modifie le chemin de retour, je doute de ce qui nous attend là-bas."

La froideur de son ton était désormais liée à la suite des événements. Le sérieux avait repris le dessus sur leurs possibles différents. Les pas reprirent, plus lents, plus mesurés. Il ne fallait pas attirer l'attention s'il y avait effectivement un souci..

© 2981 12289 0

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She has been through hell, so believe me when I say, fear her when she looks into a fire and smiles.

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