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 « I won't let you in » - pv. Cassidy

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MessageSujet: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Lun 20 Fév - 18:09



cassidy & vittoria
You're a fire burning up in my brain. You can't be tamed for me. You struck a match and left me to burn. It doesn't feel right. To feel the weight of your world, the weight of your world in my spine. You've had me going out of my mind. I wanna feel something. That's not the touch of your breath on my neck. I wanna feel something. That's not the weight of your world in my head. And all the walls are caving in. And I feel you entering. I shouldn't give in, but I let you win. I let you in. Find a new place. Another space to invade. Another brain to decay. With your presence, with your ghost. I'm growing sick in the head trying to push you out, trying to push you out of it. I said it and I'll say it again. I won't let you in. I wanna feel something. That's not the touch of your breath on my neck. I wanna feel something. That's not the weight of your world in my head. And all the walls are caving in. And I feel you entering. I shouldn't give in, but I let you win. I let you in.
« I won't let you in »



Piégée dans l’ombre, elle calcule chacun de ses pas. La silhouette encapuchonnée de la voleuse d’énergie s’avance, les mains dans les poches de sa veste, féline. Le silence l’entoure, l’enveloppe. Elle marche sans provoquer le moindre bruit, respire à peine pour ne rien faire bouger dans l’atmosphère. Tout est lourd autour d’elle. L’ambiance, l’air. Elle suffoque, prisonnière de sa situation délicate. Un animal en cage, retour à la case départ. Elle divague, n’a plus de point d’ancrage. Que des destinations qui se succèdent sans fin. Changeante, elle parcourt la ville dans la plus grande discrétion. Si sa simple condition ne lui suffit plus à lui attirer des ennuis, il faut en plus que la rebelle soit de plus en plus provocatrice vis-à-vis de ses bourreaux. Tout s’est accéléré depuis que son Ange a miraculeusement survécu aux arènes. L’illusion de ces jeux macabres a fait mouche, la goutte qu’il manquait au vase de son impatience à enfin agir. Guidée par toute l’affection qu’elle porte à la louve, la brune n’a pas cherché plus loin pour la convaincre de passer à l’action. Et les conséquences ne se sont pas faites attendre. Elle ne pourrait en être plus satisfaite et se réjouit à l’idée de mettre finalement en place tout de dont elles ont tant parlé ensemble depuis si longtemps déjà. Leur duo fonctionne à merveille, elles forment une équipe et plus encore. Elles sont liées par quelque chose de plus fort. Quelque chose que la petite adolescente perdue dans les rues de New-York n’attendait pas. Une forme d’amour qu’elle ne cherchait pas à l’époque mais qui a finit par lui tomber dessus. Un heureux accident. On ne marche pas vers l’amour : on tombe la tête la première dedans. C’est la seule chose tangible à laquelle elle se raccroche dans ses moments difficiles.

Et ils ont étés nombreux, ces moments. Mais elle espère qu’aujourd’hui ne fera pas partie de cette liste étonnamment longue pour une jeune femme comme elle. Il faut croire qu’elle ne fait rien comme les autres. Dissimulée sous les pans de tissus, méconnaissable, elle se dirige plutôt normalement vers les frontières de la ville. Une rendez-vous l’attend. Un rendez-vous qu’elle a bien du mal à approuver mais que sa mère a finalement convaincue de mener à bien. L’avenir de leur cause en dépend. Leur avenir à elles, aussi. Autant de responsabilités qu’elle porte désormais. Un poids qui s’ajoute à ses épaules déjà mises à mal de trop nombreuses fois. Mais c’est sa mère qui lui a confié cette mission. Elle a plus ou moins officiellement placé les rennes de leur petit groupe entre ses mains. Alors elle ne a décevra pas. Pour ce qui est de ce qui l’attend, elle n’est pas non plus décidée à rendre les choses faciles. Puisque rien n’est simple dans leur monde.

Très vite, elle atteint la lisière de la forêt. S’y engouffre sans crainte, n’ayant aucunement peur de ce qu’elle pourrait y trouver. Elle représente à elle-seule une bien plus grande menace pour tout ce qui se cache dans ces bois et n’a donc pas de raison de se sentir en danger. Elle a bien entendu parler de ce qu’ils appellent déjà la faille. Des rumeurs dont la véracité n’a pas encore été prouvée par personne. Ils disent qu’elle se cache dans la forêt, quelque part, non loin de la clairière mais personne n’a jamais osé s’y aventurer. Les disparitions inexpliquées finiront par l’être et les rumeurs finiront par disparaître. Comme tout le reste. En y pensant, elle lève les yeux au ciel. Exaspérée par le manque de rationalité dont certains peuvent faire preuve. Même dans leur univers l’imagination connaît ses limites. Elle ne doute pas non du pouvoir du Gouvernement qui a très bien pu mettre en scène toute cette histoire pour susciter la peur chez la population et s’attirer de nouveaux partisans. Cette simple pensée la fait bouillir de colère, de rage. Elle serre les poings dans ses poches, désolée pour le monde qu’elle s’entête à défendre.

Décidée, elle enjambe les racines et autres troncs tombés lors de la dernière tempête. La moiteur l’envahit mais elle ne s’en offusque pas. Habituée aux conditions les plus rudes, il lui en faudrait bien plus pour faire la grimace. L’heure avance et aux vues de la position du Soleil dans le ciel brumeux, elle ne sera pas en retard. Mais pas en avance non plus. Juste à temps pour le rendez-vous tant attendu. Car si la rebelle a du mal à l’accepter, elle est bien consciente de la nécessité de son succès. Faire bonne impression n’est pas une option, pour elle comme pour celui qui l’attend peut-être déjà. Un rictus mitigé de forme le long de ses traits usés par la fatigue de jours passés à cavaler, à fuir la milice qui lui court toujours plus ou moins après. Plusieurs centaines de mètres parcourus, ils ne risquent pas d’être dérangés dans un environnement pareil. De longues minutes s’écoulent avant qu’elle ne distingue enfin la silhouette convoitée. « - Déjà là ? » Féline, elle enjambe la dernière branche qui la sépare de son rendez-vous. « - T’étais tellement impatient de me voir que t’as campé ici ? Fallait pas, voyons. Je sais être patiente, quand je veux » Elle appuie chaque syllabe, roule des yeux. Un sourire cadavérique trouve son chemin jusqu’à ses pommettes. Réchauffant de rien du tout son teint pâle. Elle s’attend à tout avec lui. Au pire aussi. Mais malgré les apparences, entend bien obtenir ce qu’elle est venue chercher.
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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Lun 6 Mar - 22:43


« I won't let you in»



Vittoria & Cassidy
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Le craquement d’un arbre qui se fend. Son écorce rude est déchirée de bas en haut comme une plaie béante. Il saigne, la sève s’écoule le long du tronc en traînées amères. Ses racines profondément ancrées dans le sol sont arrachées et des mottes de terreau noir vacillent autour d’elles tandis que le chêne se renverse. C’est son agonie qui résonne dans la vieille forêt et les arbres millénaires tremblent sous son râle déchirant. Les oiseaux s’évadent des ténèbres pour gagner la clairière et le bruissement effrayé de leurs ailes la survole, comme une nuée fugace. Le fracas de la chute a ébranlé le sol et les vibrations se dispersent avant de mourir pour faire place au calme. Les créatures mystérieuses qui hantent cette forêt ont été englouties par les ténèbres avant que qui que ce soit n'ait pu les apercevoir. Pas même moi. Si j'ai entendu parler des rumeurs inquiétantes au sujet de ces disparitions de plus en plus nombreuses récemment, je mettais cela sur le compte d'une légende urbaine, sans doute grossie par les bavardages des commères. Dans ces conditions, quel meilleur endroit que la forêt pour une discussion privée, avec la certitude que la peur éloigne les oreilles indiscrètes ?

Le silence s'est imposé depuis un bon moment déjà, même le chant des oiseaux s'est tu et seul le bruit du vent dans les branches se fait entendre. Assis à même le sol, le dos appuyé contre le tronc d'un arbre, les herbes folles m'entourent comme dans un nid de verdure. Mon emploi du temps m'a permis de rejoindre un peu à l'avance ce point de rencontre, afin d'attendre Khalissa, celle qui ne me connaît que sous mon nom d'emprunt : le Dahlia Noir. Si Lazlo nous a servi d'intermédiaire au tout début, il est déjà temps de nous rencontrer en personne afin de discuter plus concrètement de nos plans. Au cœur des ombres, sous le couvert des hauts arbres, des pas se posent sur les feuilles d’or qui jonchent la terre meuble. Elles craquent doucement alors qu’une silhouette se faufile entre les buissons et les fougères. Aussi souple et agile qu’un faune, elle a beau être silencieuse, mon ouïe surnaturelle ne me trahit jamais. Je me redresse alors doucement pour accueillir cette silhouette encapuchonnée qui me rejoint. Elle ressemble à une nymphe des bois, gracile et malicieuse.

Un sourcil arqué, je la jauge d'un regard acéré tandis qu'elle se rapproche de ma position. « La patience et la ponctualité. Des qualités appréciables... » Au delà de son ton narquois, le timbre de sa voix est manifestement très jeune. C'est la première chose qui me frappe jusqu'à ce mon regard se glisse sous la pénombre de sa capuche. « Khalissa. » Elle ressemble à Ange dans sa façon de se faufiler sans un bruit, dans ses manières discrètes et silencieuses. Des réflexes indispensables pour les ennemis des tyrans, contraints d'agir dans l'ombre pour mieux frapper. La blancheur de ses dents m’apparaît dans ce sourire sinistre qu'elle m'offre, un sourire qui s'associe à l'aura obscure qui s'échappe de ses pores. Sa nature surnaturelle m’apparaît d'entrée de jeu et mes yeux se plissent légèrement. Je sais que mon instinct ne me ment jamais. Et alors que je la surplombe, la contraignant à redresser son menton pour soutenir mon regard, une vague d'incertitude m'envahit, s’inscrivant nettement dans mes yeux inquisiteurs. « Tu es sans doute trop belle pour attendre avec tes yeux de biche... j'imagine qu'il est rare que tu doives faire preuve de patience avec tes prétendants. Mais la beauté et la jeunesse rendent les jeunes filles trop sûres d'elle. Sans doute trop pour leur propre sécurité.»

Un sourire amer m'effleure à mes propres paroles désenchantées. Je ne m'attendais guère à ce que je vois en face de moi, une gamine à peine sortie de l'enfance, aux yeux brillants de provocation, comme le sont les adolescents rebelles, toujours trop prompts aux défis. Si ses charmes pourraient être agréables dans d'autres circonstances, mes compliments n'étaient en vérité que d'impartiaux constats. Sa façon de m'aborder prouve à elle seule tant de choses. Peut-être ais-je un peu trop tendance à juger sur un premier regard mais l'expérience m'a prouvé trop de fois que mon instinct visait juste, que mes premières impressions étaient les bonnes. Mes analyses n'ont nul besoin de s'étendre trop longtemps pour que leurs conclusions m'en soient limpides. Mais si l'âcreté de la déception s'est inscrite dans mes yeux, elle ne s'y attarde pas plus de quelques infimes secondes. Déjà la chaleur a retrouvé sa place dans mon regard alors que le ton de ma voix, toujours léger, ne porte aucune trace de mépris ou de condescendance.

« Nous sommes au calme pour discuter. Je suis prêt à entendre ce que tu as à me dire et dans quelle mesure tu penses être capable de me suivre. »

Il y a bien longtemps que j'entends parler de Khalissa et de ses actions contre le gouvernement tyrannique mais j'étais loin d'imaginer qu'elle était si jeune. Quel âge pouvait-elle bien avoir au moment où j'ai commencé à m'investir dans la résistance... douze ans ? C'est un gouffre qui nous sépare. Pourtant, je ne rejette pas sa candidature d'office, loin de là. Nous avons délaissé depuis longtemps nos scrupules, notre morale et notre sensibilité. Il n'y a pas de limite d'âge pour la guerre et la pitié n'est plus de mise désormais, nous devons faire des sacrifices quel qu'en soit le prix. Alors, si cette gamine est prête à nous apporter quelque chose, je ne refuserai pas de l'écouter.



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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Jeu 23 Mar - 12:10




La méfiance est de rigueur. Toujours sur ses gardes, prête à riposter au moindre signe suspect, la brune n’est que très peu encline à accorder sa confiance au premier venu. Et bien qu’elle croit en la raison et la présence d’esprit de sa mère adoptive, celle-la même qui l’a envoyée ici pour parlementer, la jeune hongroise ne peut s’empêcher de dresser des barrières entre elle et son interlocuteur. Une façade destinée à accueillir tout ses doutes et questionnements, réceptionner sa verve malicieuse et ne rien laisser paraître de sa fébrilité. Une impatience qui grandit et qu’elle se force à restreindre, pour le bien de tous. Son bien à elle, celui de sa cause. Féline, elle s’avance d’un pas décidé vers la silhouette qu’elle distingue clairement au milieu de la verdure. C’est donc lui, celui qui se fait appeler le Dahlia Noir. Un nom bien choisi, assez énigmatique et évocateur pour susciter la peur chez les concernés. Pourtant, elle s’attendait à autre chose. Ou peut-être ne s’attendait-elle à rien de vraiment très précis, elle ne s’était pas vraiment imaginé à quoi pouvait ressembler celui dont elle a tant entendu parler. Mais la vision de l’homme qu’elle aperçoit et qu’elle jauge de ses prunelles neurasthéniques en est presque décevante. Elle ne formule pas sa première impression cependant, bien consciente que cela ne l’aiderait en rien à obtenir ce qu’elle est venue chercher. Elle ne relève pas la première remarque qui lui arrache pourtant un sourire. Il apprendra bien assez vite à apprécier toutes ses qualités. Ses défauts, également. Chaque chose en son temps. Entendre son deuxième prénom retentir doucement dans la forêt la fait tiquer. Un geste fluide des deux mains et elle laisse retomber sa capuche contre le haut de son dos, dévoilant son visage à la lumière relative que leur offre l’environnement ambiant.

« - Ne commence pas à me faire la morale, très cher. Car ma patience a des limites, en effet et elles risquent de ne pas tenir longtemps » Un sourire en coin trouve son chemin le long de ses traits tirés par la fatigue. Aucune amertume ne transparaît dans sa voix, seule le simple constat qu’elle dresse avec regret qu’il semble porter des conclusions bien trop hâtives sur sa personne. Des conclusions basées sur son apparence, sur son âge. Autant de choses qui l’insupportent et qu’elle ne saurait tolérer. Pas dans ce monde, pas dans leur monde. Elle connaît sa valeur, elle sait de quoi elle est capable et elle n’a pas besoin d’un homme comme lui pour lui souffler de belles leçons. Il a tout faux s’il croit qu’elle a vécu dans un écrin doré. Elle a grandit dans la pauvreté, a survit dans la rue, s’est débrouillée seule pour survivre et aujourd’hui encore, se bat pour que tout ce qu’elle a connu dans le passé y reste définitivement. Le jugement qu’il porte sur elle ne lui plaît guère mais elle ravale son venin et force la douceur sur son visage. Elle a appris à jouer de ses atouts et il l’apprendra bien assez vite. À ses dépends ou non. Il la surplombe du regard mais elle ne craint pas de devoir soutenir ses yeux perçants. Au contraire, elle se délecte de la maigre provocation que cela représente s’il croit dominer qui que ce soit. Le timbre léger qu’il emploie l’irrite, elle n’a pas l’impression qu’il prenne cette entrevue au sérieux et son attitude à le don de l’énerver. Mais la rebelle ne laisse rien voir. Elle a conscience de l’importance de ce rendez-vous et ne repartira pas sans avoir gain de cause.

« - Te suivre ? » Un petit rire échappe à ses lèvres, un éclat nerveux et naturel qu’elle n’a pas pu retenir. L’absurdité de la formule la frappe, elle arque un sourcil, les lèvres pincées d’un sourire. « - Non je crois qu’il y a une erreur. Je ne suis pas là pour te suivre, que ce soit clair. Je suis là pour qu’on s’associe, qu’on parvienne à un accord et qu’on travaille ensemble puisque, visiblement, notre but est le même. Jouer les petits chiens qui aboient gentiment derrière toi, non merci » Elle roule des yeux, remet les pendules à l'heure, le ton aussi léger que celui employé par ce cher Dahlia Noir. Elle le pensait plus intelligent. Après tout ce qu’elle a pu entendre de lui et de ses actions, elle ne s’attendait pas à être rabaissée à ce point, surtout pas après la conversation qu’il a pu avoir avec Ange. Elle a bien du lui faire comprendre leurs objectifs mais peut-être n’a-t-il pas bien saisi la nuance. « - Nous ne connaissons pas de mesure. Nous avons une finalité en tête et nous ne nous arrêterons qu’une fois celle-ci atteinte » La brune reprend un air plus sérieux, parlant au nom de son groupe tout entier bien que ses membres se comptent sur les doigts d’une main. Ce n’est pas le nombre qui compte mais la grandeur des idées. De leur volonté. Elle se le répète comme un mantra chaque jour, pour se convaincre elle-même des chances de succès de ses actions. « - Je ne suis pas là pour justifier d’une quelconque motivation. Je suis certaine de l’avoir déjà prouvée à de nombreuses reprises. Toi aussi. Nous connaissons chacun notre valeur alors trêves de bavardages, veux-tu ? » La brune penche la tête, l’interrogeant faussement du regard. Elle a la désagréable impression de passer un entretien d’embauche et ça ne lui plaît pas du tout, alors elle préfère y mettre un terme. « - Nous avons tous deux des profils avantageux dans nos rangs et je crois qu’il est nécessaire que l’on travaille ensemble pour les mettre à profit. La résistance a été trahie, divisée. Nous devons faire en sorte de la rassembler. Nous n’arriverons à rien en étant tous éparpillés et en travaillant chacun dans son coin. » Des paroles sages qui le surprendront peut-être. Ses traits changent et le sérieux reprend ses droits sur son visage de poupée. Le ton est grave et dépeint volontairement un tableau critique de leur situation. « - L’union fait la force, c’est ça qu’ils disent, non ? » La citation balancée à la volée. Un bref résumé de sa pensée, dans un hochement d’épaules naturel. Il se dit prêt à écouter, voilà chose faite.
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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Jeu 27 Avr - 15:13


« I won't let you in»



Vittoria & Cassidy
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En dépit de la douceur de son sourire, l'ironie mordante est claire dans ses réponses. Loin d'être timorée, la gamine me prouve son assurance dans son sens de la répartie, ce qui n'est pas une mauvaise chose. Les tempéraments fougueux ne sont pas déplaisants en règle générale, tant qu'ils sont intelligemment canalisés. J'apprécie enfin les contours de son visage avec plus de netteté, alors qu'elle se défait de sa capuche, m'offrant la vue sur ses traits angéliques au sourire mutin. Croisant les bras contre mon torse, je lui renvoie un regard amusé en la voyant s'offusquer. Si son impertinence correspond à l'attitude éternellement rebelle de l'adolescence, je ne m'attendais pourtant pas à ce qu'elle se vexe à ce point. Il faut avouer que l'image du petit chien est peu glorieuse et elle ne manque pas de m'arracher un sourire perplexe.

« Quelque chose me dit que tu es douée pour aboyer, je suis persuadé que tu te débrouillerais pourtant très bien dans ce rôle... Mais soit, je prend bonne note de tes précisions ! »

J'ignore si mes taquineries auront raison de la patience si fragile de la belle mais j'ose espérer que sa susceptibilité ne nuira pas à la discussion. Dans la forêt silencieuse, seule sa voix discrète s'élève, à l'abri des frondaisons, tandis que je vois son expression changer et devenir plus sérieuse. Derrière son attitude bravache et orgueilleuse, elle semble plus que déterminée. Dans un ploiement de paupières, j'acquiesce à sa proposition, sans m'attarder sur sa condescendance. C'est avec attention que j'écoute ses paroles qui résonnent parfaitement avec mes propres desseins. Lorsqu'elle cite l'adage bien connu, je hoche la tête, retrouvant la sagesse de Ange dans le discours de Khalissa.

« Nous avons la même vision des choses, je pense également qu'il serait tout à notre avantage de faire front commun pour notre but : dissoudre le gouvernement qui nous oppresse. Beaucoup de résistants sont trop individualistes et agissent en solitaire, il y a un manque de cohésion parce que les moyens de communication sont mauvais, voire inexistants. Mais le problème majeur reste la méfiance, beaucoup craignent de se faire trahir, d'autres répugnent à se voir imposer des méthodes contraires à leurs valeurs. Ils rechignent à s'ouvrir à d'autres mais nous devons leur ouvrir les yeux. »

Mes paroles sont spontanées et pendant un instant, j'oublie que je n'ai qu'une jeune fille à peine sortie de l'adolescence en face de moi. Me frottant le menton songeusement, je la fixe d'un air vaguement sceptique avant de poursuivre, de ma voix toujours calme et posée, sans prendre la peine de prendre des gants pour lui révéler ma pensée.

« Notre cause n'est pas un jeu, Khalissa, ni un concours d'égo. Ta fierté est tout à ton honneur mais prend garde que cet orgueil que je vois briller dans tes yeux ne cause ta perte. J'entends bien qu'elle n'apprécie pas qu'on lui fasse la morale mais il est parfois bon de s'ouvrir aux conseils. Elle n'est qu'une toute jeune fille et déjà, la voilà en tête d'un groupe armé. C'est sans doute flatteur mais il ne faut pas que ce statut lui monte à la tête. « Lorsque je parle de me suivre, il ne s'agit ni d'humiliation ni de rabaissement. Mais dans un groupe, il faut une bonne organisation pour que les choses fonctionnent et que les décisions soient fermes et respectées. Pour cela, il faut un leader qui répartisse les tâches. Si chacun fait comme bon lui semble, l'union que nous recherchons toi et moi pour les résistants ne fonctionnera jamais. »

Si mon ton est paternaliste, c'est bien inconscient de ma part, mais je ne peux faire autrement que de lui parler comme à une gamine. Ce qu'elle est. Une gamine fière et hautaine, dont je ne remet pas en doute le courage, mais qui met un peu trop de hargne à insister sur son indépendance. Je sais qu'elle a des compétences, j'ai suffisamment entendu parler d'elle pour en être persuadé, mais je crains que son tempérament impétueux ne cause des soucis au niveau du groupe. Ma propre patience est assez grande mais je n'aurai pas le temps de discourir sur chaque point stratégique avec une jeune fille contrariante. Je crains en effet qu'elle ne soit capable de me contredire par simple défi, au dépend de la réussite de la mission... n'est ce pas un risque réel avec les adolescents trop frondeurs ? Je n'ai moi-même jamais eu d'enfant, qu'en sais-je.

«  J'ai ressenti l'aura surnaturelle qui t'entoure, je suppose que tu as reconnu la mienne également.» J'ignore ce qu'elle est exactement et j'ai besoin de le savoir. Tout comme j'aimerais qu'elle me détaille les profils de son équipe et les forces sur lesquelles nous pouvons compter. « Êtes-vous prêts à tuer ? A mettre vos vies en péril et celles de vos proches? Car c'est ce qui se passera et nous ne pourrons pas empêcher des pertes d'innocents au cours de nos actions, sois en consciente. »

Si nous sommes d'accord sur la base, nous pourrons peut-être ensuite développer une relation de confiance, c'est primordial à mon sens. Je n'ai pas la sensation de me montrer méprisant mais malgré moi, mon ton autoritaire me dépasse. Et si j'en suis vaguement conscient, dans la façon dont je l'ausculte d'un regard impérieux et presque écrasant, je conserve la douceur dans ma voix pour ne pas la brusquer.

Pendant que nous discutons, je reste malgré tout attentif aux bruits qui nous entourent. Jusqu'alors, je ne percevais que le son léger du vent dans les feuilles ou parfois, les pépiements des oiseaux mais cette fois, il s'agit d'autre chose. Tournant le visage vers les profondeurs obscures de la forêt, je plisse les yeux avec méfiance. Les odeurs que le vent pousse vers nous alertent aussitôt mes sens surnaturels. Un groupe d'humains s'approche. Ils sont encore hors de vue, dissimulés au loin, derrière les rangées d'arbres touffus, mais nous devons faire preuve de prudence. J'intime alors le silence à Khalissa, posant ma main contre mes lèvres. Mieux vaut quitter cette clairière, quitte à nous enfoncer dans la forêt si nous voulons continuer à discuter tranquillement. Mais soudain, des coups de feu résonnent, troublant pour de bon le calme de la grande forêt. Des cris suivent aussitôt le vacarme et nous donnent ainsi une indication sur ce qui se trame : une patrouille de la milice a prit en chasse un fugitif...

« Ne bouge pas d'ici. »

Mon ordre claque comme un fouet avant que je ne me détourne de Khalissa pour me faufiler entre les arbres et aller voir ce qui se passe de plus près. Peut-être pourrais-je aider le pauvre diable que ces miliciens pourchassent. Quant à la gamine, elle ferait mieux de rester sagement à l'abri.



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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Mar 16 Mai - 23:52




Le timbre de la rebelle se veut à la fois assuré et discret. Elle marche sur un fil tiré au dessus du vide. Équilibriste expérimentée qui oscille dangereusement entre deux possibilités. Canaliser son énergie et sa verve pour la transformer en quelque chose d’utile ou bien tout faire basculer et se laisser aller à la colère. Tempérament de feu qu’elle s’efforce de restreindre pour le moment. L’issue de ce rendez-vous peu habituel en dépend. Elle en est bien consciente, le demoiselle qu’il juge évidemment trop jeune. Trop peu sérieuse. Trop peu crédible. Trop tout peut-être. Mais la belle est bien déterminée à lui montrer qu’elle en veut. Elle n’est pas prête à tout foutre en l’air pour son orgueil et pire encore, pour la cause qu’elle se tue à défendre. L’ironie s’évapore doucement et ses traits se changent en une expression des plus graves. Le regard neurasthénique de la jeune hongroise se plante dans celui de son interlocuteur pour ne plus le quitter. S’il veut la voir aboyer, la voilà qui se met à mordre. Et une fois ses crocs plantés dans la chair, la bête ne la lâche plus. Sourire carnassier qui se dessine lentement sur les contours de son visage et venant illuminer son teint blafard. Il déblatère beaucoup pour ne pas dire grand chose au final. Mis à part qu’il est d’accord avec elle. De longues secondes passées à l’écouter parler, il se trouve bien chanceux que la demoiselle ait besoin de lui. Dans le cas contraire, elle aurait coupé court à cette entrevue depuis longtemps déjà. N’ayant pas de temps à perdre en discours inutiles, elle le laisse à peine finir avant d’intervenir de nouveau.

« - La méfiance n’est-elle pas légitime par les temps qui courent ? Bien sûr que si. C’est le manque de méfiance qui nous a conduits à la situation actuelle » Le ton est sec et les mots pesés dans la bouche de celle qui les prononce. Le regard se ferme, toujours ancré à sa cible. Le front plissé, elle serre les poings. Et le discours qui s’éternise n’arrange rien. « - Je ne suis pas là pour jouer, passons aux choses sérieuses si tu veux bien » Un choix qui n’en est pas un, à vrai dire. Elle ne le sollicite même pas. Se contente de le gratifier d’un demi sourire teinté de cynisme. Le timbre masculin résonne une fois encore dans la forêt, elle se redresse. Refuse de baisser le regard face à celui qui tente désespérément de la dissuader. De la faire reculer. Regretter. Le ton qu’il emploie ne lui plaît guère mais elle refuse de céder à la pression qu’il exerce sur elle. Elle en a vu d’autres durant sa petite vie, aussi courte soit-elle à ses yeux. Il semble qu’elle en ait déjà eu plusieurs et ça, il ne pourra pas lui enlever. Ange lui a confié un rôle. Un devoir. Et elle n’est pas prête de la décevoir. « - Ce leader étant toi, évidemment ? » Elle l’interroge du regard en le pointant du doigt, l’air faussement surpris. Bien sûr que oui. Elle rit intérieurement mais ne laisse voir qu’un léger rictus à peine moqueur. Ça ne l’étonne même pas qu’il en vienne là, à négocier sa place alors que leur cause est bien plus grande, plus importante que ça. « - Peu importe. Nous aurons l’occasion de discuter de ce détail plus tard » Elle coupe court au débat. N’ayant aucunement l’envie de s’engouffrer dans une discussion qui lui apparaît déjà comme sans issue.

« - Tu m’insulterais presque à oser poser ce genre de questions. Je te l’ai dit. Nous sommes prêts à tout. Nous ne sommes pas des amateurs comme tu sembles le croire et nous avons tous déjà beaucoup sacrifié pour la résistance. Tu ne m’apprends rien » Elle aimerait rajouter un peu plus de venin à son fiel pourtant balancé avec une certaine retenue. Agacée par les questions posées, elle commence à sérieusement perdre patience. Il n’a pas la moindre idée de ce qu’elle a déjà fait. De ce qu’elle a déjà vécu. De ce qu’elle a perdu. Et de tout ce qu’elle a donné, abandonné. Elle ne réagit même pas à l’évocation de sa nature. Il en sait déjà beaucoup et elle ne dira rien de plus à ce sujet. Il apprendra à découvrir ses capacités bien assez tôt, si par chance ils parviennent à travailler ensemble. Chose qu’elle espère bien que le Dahlia Noir commence sérieusement à lui foutre les nerfs en boule. Elle n’a pas le temps de songer plus longtemps à ce qu’elle s’apprête à répondre. Le rebelle lui intime le silence et elle reporte son attention sur les alentours. Très vite, elle perçoit ce qui semble inquiéter son interlocuteur. Puis un coup de feu retentit et fend l’air non loin de là où ils se trouvent. Machinalement, les genoux de la brune se plient. Un geste de recul avorté quand elle se rend compte de la distance à laquelle le coup est parti. D’autres détonations suivent la première, puis des cris et la demoiselle se tient prête à bondir. L’ordre intimé par Cassidy ne l’atteint pas vraiment. Elle l’entend mais se trouve bien trop concentrée à déchiffrer ce qu’il se passe autour d’eux. La milice n’est pas loin. Elle peut la sentir à des kilomètres à la ronde. À force d’en être la victime.

Pas question pour elle de rester en retrait alors qu’il se dérobe. Si les intentions étaient sincères, elle ne fait pas partie de ceux qu’on laisse à la traîne. La rebelle emboîte alors le pas au ténébreux tout de suite après l’avoir vu s’évaporer entre les branches. Féline, elle se fait aussi discrète que possible. Quelques mètres plus loin, la scène paraît qui se déroule sous ses yeux paraît irréelle et pourtant trop habituelle. La jeune hongroise reste bien dissimulée derrière un énorme tronc et observe en silence, guettant également la réaction du Dahlia Noir. Devant eux, Quelques membres de la milice en train de s’acharner sur un fugitif. Passage à tabac d’un homme dont le visage est déjà méconnaissable tant il est tâché de sang et gonflé par les hématomes. Spectacle horrifique qui ne surprend pourtant pas la demoiselle qui a subit des pratiques à peu de choses près aussi terribles. Elle se met à bouillonner intérieurement. Dans un geste fluide et discret, elle se saisit de son arme jusque là bien cachée sous sa veste. Ils ne peuvent pas décemment assister à ça sans rien faire. Pas si lui partage véritablement les mêmes convictions que la résistante. Ultime test inattendu. Les prunelles sombres cherchent celles du potentiel allié, questionnent les iris voisines en quête d’une décision. Interrogation du regard. Dernier cri, un silence de mort. Celui-la ne sera pas sauvé. Il peut encore être vengé. Interminable attente. Le doigt sur la gâchette.
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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Sam 10 Juin - 16:26


« I won't let you in»



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A l'abri du feuillage, j'évalue rapidement les possibilités qui s'offrent à moi, saisissant déjà mon arme, logée dans mon ceinturon. Le fugitif a été rattrapé par le groupe et son corps ensanglanté est à présent inerte. Il est trop tard pour lui, la violence extrême des coups qui lui ont été assenés a trouvé son terme au cours des premières secondes de mon arrivée. Et tandis que la dépouille du malheureux gît sur le sol boueux et maculé de sang, les brutes balancent encore quelques coups de pieds qui ne font qu'offenser un cadavre. Le silence se fait et lorsque je tourne la tête, c'est pour croiser le regard courroucé de l'impétueuse rebelle. Nos prunelles s'affrontent un léger moment qui pourrait pourtant paraître une éternité à une âme impatiente. Devrais-je être surpris de la trouver là, l'arme au poing et visiblement prête à en découdre ? Sans doute pas. La méfiance s'inscrit dans les yeux perçants de cette donzelle qui semble m'avoir jugé négativement dès le premier regard. Si j'ignore les raisons exactes de son amertume, elle parait à présent décidée à m'offrir le choix de la décision qui s'impose. Un vague rictus anime mes lèvres avant que je ne hoche la tête. Elle veut me prouver sa valeur ? Qu'à cela ne tienne, nous ne serons pas trop de deux pour éliminer ces salauds.

Par des gestes silencieux, je lui fais comprendre que nous allons les prendre en tenaille. Si je me poste de l'autre coté du groupe, ils pourront croire qu'ils se sont fait encercler, sans avoir la moindre idée du nombre de leurs assaillants. Il fait si sombre sous le couvert des arbres touffus, mais de mon coté, ma vue de nyctalope est un précieux atout puisque je parviens à distinguer les formes, même dans les ténèbres. Je reste également attentif aux bruits qui m'entourent tandis que je me faufile discrètement entre les buissons. Si d'autres humains erraient dans les parages, je devrais le savoir assez vite, le vent souffle dans ma direction et m'apporte les moindres odeurs de vie. Mais il ne s'agit visiblement que d'une patrouille isolée et aucun renfort ne se trouve à proximité d'eux. Il me faut rester concentré. Embusqué, je tire le premier et atteint ma cible en pleine tête. Le corps du milicien s'écroule aussitôt contre le sol mousseux tandis que ses compagnons se redressent. One shot, one kill. C'est la devise du sniper et je n'attend pas pour viser et tirer à nouveau, ma balle se logeant dans la gorge d'un autre ennemi. Le sang rougeoie dans l'air en une pluie de gouttelettes tandis qu'il s'étouffe dans un dernier râle.

Des coups de feu renchérissent aussitôt à mes propres tirs, ils proviennent des miliciens mais sans doute également de la résistante. Des cris s'élèvent. Le vacarme résonne dans le silence de la vieille forêt. On tire dans ma direction et j'esquive, me glissant entre les branches tandis que les balles fusent à mes oreilles. Il me faudrait opérer toujours à couvert et profiter de l'ombre pour éviter de me faire repérer, c'est un impératif en cas de surnombre, pour ne pas être descendu. Mais la situation est particulière, je me sens responsable de cette gamine trop fière qui s'est imposée dans l'attaque. C'est donc volontairement que j'attire l'attention du groupe vers moi en émergeant des fourrés pour les canarder en face à face, sans me soucier de m'offrir en cible de choix. Peut-être que la présence de Khalissa n'est qu'une bonne excuse pour me permettre d'assouvir mes pulsions de trompe-la-mort mais c'est tellement plus exaltant que de se cacher comme un lâche ! L’adrénaline me dope, armé de ma passion révolutionnaire, je suis déterminé à ne laisser aucun survivant.

Une balle érafle ma tempe, dessinant une zébrure sanglante sur ma chair. Une autre traverse mon épaule, m'imposant une vive brûlure. Je ne cesse pas de tirer pour autant, zigzagant entre les salves ennemies qui se multiplient dans ce chaos, les poussant à me pourchasser, plus avant dans les profondeurs de la forêt. Le silence est lourd par ici, comme si plus aucun animal ni aucun oiseau n'y vivait. J'entends les bruits de pas derrière moi, tandis que je cherche l'abri d'un tronc solide. M'y calant, je me concentre sur le bruit pour repérer mes poursuivants et me retourner pour faire feu sur eux, jusqu'à ce que mon chargeur soit vide. Un filet de sang coule dans mon œil et je l'essuie d'un revers de manche. Mon épaule est imprégnée d'un liquide rouge sombre, épais et poisseux mais déjà, l'écorchure de ma tempe se referme, peu à peu. Les battements de mon propre cœur agressent mes tympans. Tout en m'accroupissant, planqué entre deux buissons, je tente de recharger rapidement mon flingue, attentif aux bruits alentours. Des pas me surprennent et je n'ai que le temps de me redresser pour recueillir un diable qui me tombe sur le râble. Nous roulons sur le sol humide, le souffle court, les mâchoires contractées. Le visage grimaçant de mon assaillant est tout proche du mien et l'appétit bestial qui m'anime me secoue par sa violence. Je n'ai même pas conscience de lui voler son énergie, je le fais sans m'en rendre compte, à mon plus grand damne. La malédiction qui m'a frappé m'est une honte et une atroce frustration. Je ne parviens pas à la contrôler, je ne l'accepte pas.

Les souvenirs de cet inconnu dont je dévore la vie défilent dans mon esprit comme autant d'images disparates. Mes yeux s'agrandissent, figé devant le spectacle de cet homme qui se racorni sous mon contact, sa peau flétrie comme une vieille pomme ridée. Ce n'est plus qu'une créature desséchée qui retombe sur le sol, me rappelant l'horreur de ma propre nature. J'en reste hébété durant quelques secondes, choqué par les images de cette vie qui me restent en tête, avant de m'en détourner brusquement. Pas le temps pour la pitié et encore moins pour mes tourments. Des cris s'élèvent plus loin. Je prend le temps de fouiller ma victime pour récupérer son arme, la mienne ayant été balancée dieu sait où, avant de me dépêcher pour rejoindre la source des cris. Je cours dans la pénombre, bondissant par dessus les  racines et les ronces, jusqu'à ce que l'odeur bien reconnaissable du sang versé ne me parvienne. Elle se mélange à celle des champignons, de la mousse et des sapins. Plissant les yeux pour rester attentif aux moindres silhouettes dans ces lieux enténébrés, je parviens enfin à repérer des ombres mouvantes. Elles me sont dissimulées en partie par les arbres et je me rapproche rapidement, prononçant le surnom de la rebelle. « Khalissa... »



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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Mar 27 Juin - 12:43




Les prunelles de la jeune hongroise ne quittent pas la scène qui se joue devant elle. Acte barbare parmi tant d’autres perpétré par ceux qu’elle s’efforce de combattre. Le malheureux a déjà perdu avant même d’avoir commencé à se battre. Aucune occasion de se défendre ne lui est laissée. Il ne peut qu’encaisser les coups en hurlant. Pas pendant très longtemps pourtant. Très vite, le silence reprend ses droits, laissant une atmosphère pesante et lourde à supporter. Les yeux de la rebelles se plantent dans ceux de la victime. Contemplent la vie s’évanouir dans son regard pour ne laisser que des prunelles vides de toute volonté. Ne reste qu’un corps inerte baigné dans le sang, teinté d’hémoglobine. La rage gronde dans les tripes de la demoiselle qui raffermi sa prise sur son arme. C’est pour ça qu’elle se bat. Pour ça qu’elle prend autant de risques. Pour éviter d’assister à ce genre de situation qui semble se répéter de plus en plus régulièrement. C’est pour ça qu’elle a pris la peine de venir à ce rendez-vous. Tout prend son sens quand elle voit le cadavre gisant au sol et sur lequel les miliciens s’acharnent. Bande de lâches. Regard colérique qui se plonge un instant dans celui du Dahlia Noir. L’homme à ses côtés semble partager les mêmes sentiments à l’égard de ce qu’ils viennent de vivre. Tant mieux. La rebelle observe les gestes qu’il lui adresse à la manière d’une opération militaire. Elle acquiesce sans broncher et s’exécute alors que son allié s’éloigne. Tout ses sens en alerte, la demoiselle évolue entre les feuillages de manière silencieuse. Féline, elle progresse sans un bruit, les yeux balayant l’environnement à la façon d’un radar pour ne rien louper. Ne pas risquer de se faire surprendre.

Patrouille isolée qui a jugé bon d’exécuter un homme au lieu de lui accorder un jugement. Bien que la notion de justice soit complètement corrompue dans leur société, il aurait au moins mérité une mort honorable au lieu d’être abattu comme un chien. C’est tout le peu de considération que les soldats qui se croient supérieurs accordent à leurs cibles. Ils ne valent pas mieux que les criminels enfermés derrière des barreaux. La rebelle soupire, concentrée à l’extrême. Son arme ancrée à sa paume, prête à tirer à la moindre occasion. Mais ce n’est pas elle qui déclenche les hostilités et le premier coup de feu qui fend l’air lui arrache un rictus malsain. Elle contemple le corps du premier milicien s’effondrer dans un bruit sourd. La brune n’attend pas que ses complices réagissent et tire à son tour. Atteint sa cible qui fait écho au second tir de son allié. Trois miliciens à terre. Les soldats se mettent à tirer à leur tour, pris à leur propre jeu. Vacarme incessant qui le force à se cacher derrière un arbre imposant. Ils sont encore nombreux et elle ne doit pas leur rendre la tâche facile. Alors elle reste à couvert, tire par intermittence et provoque des râles rocailleux à plusieurs reprises. L’adrénaline est tellement forte qu’elle peut la sentir parcourir ses veines et galvaniser ses muscles. Sensation trompeuse d’invincibilité qu’elle préfère ne pas trop assouvir. Sa priorité est de rester en vie. Démontrer son efficacité à celui qui en doute. Une certitude demeure cependant. L’un des deux camps ne survivra pas à cette attaque. Et elle est déterminée à faire en sorte que ce soit celui de ses ennemis.

Tout bascule rapidement après ça. Elle aperçoit plusieurs Peacekeeper qui s’éloignent du champ de bataille, semblant avoir pris quelque chose, ou quelqu’un, en chasse. La rebelle ne peut s’empêcher de penser qu’il doit s’agir de son complice. Mais elle n’a pas le temps de s’attarder, d’autres coups de feu la visent et la manquent de peu. Haletante, elle ricane derrière son arbre. Se prépare au pire. Décidée à faire un carnage, elle s’apprête à laisser le monstre qu’elle abrite reprendre ses droits sur son corps. Le laisser prendre possession de sa volonté, la faim l’engloutir complètement et faire revivre le démon qu’elle a été juste après sa transformation. Paupières closes, elle souffle. Respire. Se galvanise de toute la rage qui l’habite. La colère qui la submerge. La force qu’elle possède. Elle profite d’une accalmie, d’un moment de confusion de la part de ses ennemis pour sortir de sa cachette. Le visage métamorphosé, ses traits changés. Elle range son arme en avançant d’un pas assuré et rapide vers ses cibles. Elle grogne intérieurement, comme une bête affamée. Sa première victime lui tourne le dos. Elle se rue sur les maigres parties d’échine apparentes. Ses paumes aspirent l’énergie vitale avec une facilité déconcertante. Elle retire l’élixir précieux sans se restreindre, le tue en quelques secondes seulement. Sans se soucier du corps sans vie qu’elle laisse derrière elle. La rebelle n’a plus rien de la jeune femme frêle. C’est un animal vorace qui n’a pas de cesse.

Elle s’attaque immédiatement au deuxième milicien qui se tient encore debout. Lui saute à la gorge comme une lionne en chasse. Ses doigts se crispent autour de sa gorge et lui dérobent la vie comme on subtilise n’importe quel bien. Une monnaie parmi tant d’autres mais impossible à échanger. La brune est interrompue par un énième coup de feu. Le soldat qu’elle tient et qui tire, droit dans le ventre. Dernier recours. Elle est projetée en arrière. Hurle de douleur et se relève en une seconde. Elle n’a pas terminé son œuvre. N’en a pas fini avec lui. Malgré le sang noirâtre et chaud qui lui dégouline le long de l’abdomen, la rebelle reprend sa tâche exactement là où elle l’a arrêtée. Les phalanges craquent sous la pression, elle le maintient par la jugulaire, les ongles à demi enfoncés dans la chair. Elle se délecte de l’énergie qu’elle aspire et qui apaise déjà ses blessures. Mais la balle logée dans son ventre ne permet pas la guérison. Peu importe. Quelques secondes plus tard, le deuxième corps s’écroule. Ne reste qu’un cadavre desséché et le sang qui en découle. Complètement galvanisée, la rebelle n’a plus vraiment conscience de qui elle est. De ce qu’elle fait là. Habitée par la faim insatiable, elle pourrait continuer ce petit jeu pendant des jours entiers. Le carnage qu’elle a laissé derrière elle est loin de lui être inconnu. Elle contemple un instant l’horreur qu’elle a engendrée. Sourire carnassier aux lèvres. Il ne reste rien de Vittoria. Que le monstre qu’elle est devenue. Des bruits de pas l’alertent, elle tourne vivement la tête. Une silhouette qui se dessine. Elle n’en distingue pas les contours, ni le visage. Réflexe primaire, elle se précipite sur l’inconnu, prête à opérer le même rituel que sur ses victimes précédentes. Elle rugit même, avant de s’arrêter net. Khalissa. Déclencheur salvateur. Tout lui revient subitement. Elle reprend conscience en une seconde. Le monstre s’évanouit. Elle a bien faillit tuer Cassidy. Elle n’ose même pas imaginer les conséquences que cette erreur auraient pu avoir. La douleur la rattrape et elle plaque son bras contre son ventre meurtri en grimaçant. « - Ils sont tous morts », articule-t-elle difficilement. Coupables comme innocent. Formulation choisie pour ne pas être forcée d’avouer que c’est elle, qui les a tous tués. Cet autre partie d’elle que la jeune hongroise refoule en permanence. Et laisse apparaître en de rares occasions. Celle-ci en fait partie.
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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Ven 11 Aoû - 18:34


« I won't let you in»



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Tout est très sombre au cœur de cette épaisse forêt et si mes pouvoirs me permettent de distinguer des ombres, je suis encore incapable d'en percevoir les détails. Les frondaisons des arbres frémissent dans un chant lugubre au dessus de moi. Soudain, une forme se détache de l'obscurité, petite silhouette agile qui se rue dans ma direction. Le grondement qui s'échappe de sa gorge est presque inhumain, on dirait celui d'un prédateur avide de sang. Khalissa où es-tu ? Son prénom s'échappe d'entre mes lèvres. Mes yeux s'agrandissent légèrement alors que tout à coup, un visage grimaçant m’apparaît, émergeant des fourrés comme un démon surgi de l'enfer. Mes doigts se crispent sur la crosse de l'arme, l'index prêt à tirer. Pourtant je n'en fais rien, car j'ai reconnu ces traits, déformés par la fureur. Des traits qui se détendent alors qu'elle s'interrompt brusquement dans sa course, dans un arrêt brutal à quelques centimètres de moi. Cette scène s'est déroulée si vite, je n'ai pas eu le temps de penser. Mais alors que nous nous fixons, dans ces quelques secondes de battement, je me rend compte qu'elle était sur le point de se jeter sur moi, comme l'aurait fait un fauve impitoyable. C'est le visage de l'ange de la destruction que j'ai aperçu durant ces infimes instants. Un visage dont la grâce innocente était troublée par la férocité de son regard. Mais à présent, ce n'est plus que la douleur qui s'y imprègne.

Ils sont tous morts. A cette annonce qu'elle articule d'une voix fragilisée, mon attention se porte sur les masses inertes qui gisent un peu plus loin. Qu'il est difficile d'associer une telle sauvagerie à la délicatesse de l'enfant que je dévisage... Un léger frisson me parcourt l'échine devant l'horreur de cette réalité alors que j'aperçois le sang noir qui macule le ventre de l'impétueuse rebelle. C'est gravement que je hoche la tête. Nos ennemis ont tous été décimés et je ne vais certainement pas pleurer sur leur sort. Pourtant, à présent je sais ce qu'elle est. Je connais cet appétit bestial qui domine les êtres et leur arrache toute once d'humanité. «Je connais cette lueur si particulière dans le regard. » Je l'ai aperçue autrefois, dans les plaines désolées des enfers, lorsque certains mages se transformaient en monstres, assoiffé d'énergie vitale. Je la reconnais également dans mes propres yeux chaque matin, lorsque je fixe mon reflet dans le miroir. Celui d'un homme qui ne pourra jamais être totalement rassasié. Jamais totalement maître de ses propres instincts de destruction. D'un geste fluide, je rengaine mon arme et mon bras entoure les épaules de la blessée pour lui offrir mon soutien.

« J’admets t'avoir sous-estimée. Tu es prête à beaucoup de choses. » Prête à tuer sans que l'hésitation ne fasse trembler son bras ou lui faire perdre l'avantage. Prête à endurer les blessures en restant debout. Prête à faire front avec force et endurance. Mais est-elle prête également à assumer l'horreur de tels actes ? Personne ne pourrait s'habituer à être un monstre. Je reconnais sincèrement m'être trompé sur elle, cette fille n'est pas aussi fragile qu'elle en avait l'apparence, loin de là. Pourtant, je ne peux que trouver douloureux qu'une si jeune fille ait à endurer le poids de ces meurtres sur sa conscience. Si le timbre de ma voix est grave, c'est avec douceur que je m'adresse à elle, l'attirant avec moi pour l'éloigner de ce charnier. «Ne restons pas là. Appuie-toi sur moi, on va bouger un peu. » La surveillant du regard, je me tiens prêt à la soulever pour la transporter plus vite dans un lieu plus sain, si le besoin s'en fait sentir. En dépit du sang visqueux qui souille ma chemise, ma blessure devrait s'arranger dans un temps relativement court. Mon épaule ne saigne déjà presque plus. Par contre, celle de la gamine semble bien plus sévère, au vu de l'importance de ses saignements, toujours plus épais et plus sombres. Sa nature surnaturelle devrait l'aider à se régénérer et j'espère qu'elle tiendra bon, le temps que nous puissions nous poser dans un endroit plus tranquille, sans craindre l'arrivée de renforts de la milice.

Cette ancienne forêt est bien silencieuse, à croire que tous les animaux qui y vivaient en ont été chassé mystérieusement. Cette absence de bruit rend l'ambiance encore plus pesante et macabre tandis que nous nous faufilons difficilement pour rejoindre la clairière. Ici, l'absence de ronces et de buissons épineux pourra permettre à Khaleesa de s'asseoir et de reprendre des forces. La menant face à un large tronc contre lequel elle pourra s'adosser, je la soutiens pour l'aider à se poser sur le tapis de mousse. La course et le combat dans cette forêt si touffue ont laissé des traces sur nos allures. Les épines et les branches ont déchiré le bras de nos vêtements, égratignés nos membres et nos joues, toute maculées de terre. Des feuilles mortes sont accrochées à nos cheveux et sans doute aussi dans ma barbe. Pour le coup, nous sommes adaptés à notre environnement, de véritables créatures des bois. Baissant le regard sur la blessée qui saigne toujours, je m’accroupis sans tarder à ses cotés pour écarter doucement ses mains et pouvoir ainsi palper sa blessure avec précaution. Cette vérification me confirme la raison pour laquelle elle tarde à se régénérer car je sens rapidement la présence d'une balle dans sa chair. Redressant le regard pour trouver ses yeux, je les sonde un instant.

« La balle est toujours à l'intérieur. Elle n'est pas enfoncée trop profondément, je vais pouvoir te l'enlever. » Sans être médecin, mon passé m'a déjà conduit à me charcuter moi-même par la force des choses et après une rapide estimation silencieuse, je me sens capable de la lui ôter sans lui causer trop de dommages. De toute façon, nous n'avons pas le choix. « La méfiance est compréhensible par les temps qui courent. Mais tu dois accepter de prendre des risques. » En d'autres termes, accepter de me faire confiance. C'est le lot de tous les résistants : ils doivent se faire confiance les uns les autres pour affronter le gouvernement en s'unissant contre lui. Malheureusement pour elle, je n'ai aucun sédatif ni alcool sous la main à lui administrer. Il faudra qu'elle serre les dents. Et tandis que je cherche une lame dissimulée dans ma poche, je lui laisse le soin d'écarter son vêtement pour exposer la plaie. Lui dédiant un dernier regard encourageant, je me concentre alors sur l'opération et la lame s'introduit dans la plaie. Le sang s'écoule plus fort mais je fais tout pour ne pas prolonger inutilement son calvaire. La balle est délogée en quelques instants de concentration, ma vue exacerbée m'étant d'un grand secours. Lorsque la balle tombe sur le sol mousseux, un flot de sang noir s'échappe de la plaie.

« Tu es une femme forte. » Lui dis-je doucement. Je déchire rapidement l'une de mes manches pour m'en servir comme compresse et l'appliquer contre la blessure, la laissant ensuite la maintenir elle-même. « J'ai besoin de toi dans mon groupe. Oui, j'en serai le leader. » Dans cette précision, je répond à sa précédente question, d'un ton tout aussi assuré. Je sais ce que je veux et ce que je vaux. Si je recherche le pouvoir c'est pour faire progresser mes objectifs. Reste à savoir ce que Khaleesa désire réellement. Dans un sourire en coin, je poursuis sur ma lancée, attentif à la pâleur de son visage.« Et voilà un ordre pour toi, jeune fille. Tiens le coup. Régénère toi comme tu sais si bien le faire. Accroche toi à la vie. » Il faut qu'elle tienne bon. Restant à ses cotés, je reste prêt à la protéger en cas de souci. Il semble que quelque chose rôde dans les alentours mais je détecte aucune odeur humaine. Peut-être s'agit-il d'un animal sauvage. Au fond de moi, je regrette encore une fois d'avoir perdu mes capacités de sorcier qui m'auraient permis de la soigner rapidement. Mais je ne peux revenir en arrière, je ne peux m'arracher cette malédiction qui me pèse toujours autant.



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MessageSujet: Re: « I won't let you in » - pv. Cassidy   Dim 20 Aoû - 12:05




L’éveil du monstre qui fait mal. Lui rappelle des souvenirs aussi amers que douloureux. Des moments sombres durant lesquels elle ne se reconnaissait plus. N’était plus tout à fait elle-même. Un animal sauvage, une bête qui est allée jusqu’à terroriser des innocents. Faire frémir les rues sanglantes d’une ville qui s’obstinait à faire enfler la rumeur. Pas de témoins pour en parler. Elle n’a jamais laissé repartir la moindre de ses victimes. Renaissance monstrueuse, elle ne vivait que pour tuer. Assouvir cette faim insatiable. Ce manque impossible à combler. C’est Ange qui la sauvée. Après des jours de traque. Qui la tirée de ce cauchemar sans fin en lui infligeant une punition nécessaire. Enfermement indispensable pour la sevrer, lui redonner cette once d’humanité qu’elle avait perdue. La forcer à contrôler ses gestes, sa soif. Elle peut aujourd’hui se targuer d’être en totale maîtrise d’elle-même grâce à cela. La plupart du temps. La bête qui reprend le dessus sur la jeune femme quand elle le lui autorise. Quand elle s’abandonne à l’animal qu’elle abrite et lui donne les pleins pouvoirs. Des occasions qui se font rares. De peur de ne plus pouvoir l’arrêter, de ne plus pouvoir regagner son corps. Sacrifice qu’elle juge obligatoire quand la sécurité n’est plus. Quand elle peut mettre sa condition morbide à profit. Trouver une utilité concrète à ce qu’elle est devenue.

Silhouette maintenant familière qui la ramène brutalement sur terre. Elle prend conscience de ce qu’elle vient tout juste de faire, un massacre. Un nouveau carnage. Elle ne s’était abandonnée comme ça depuis longtemps. Galvanisée par l’énergie ainsi volée, elle ne se rend pas immédiatement compte de la blessure qu’elle camoufle de manière inconsciente. C’est l’odeur du sang qui la force à pencher la tête. Vision peu réjouissante que son abdomen noirci par l’hémoglobine. Genoux à terre, ses jambes n’ont plus la force de la porter. Géhenne invisible qui l’empêche de guérir, elle peut sentir le morceau de métal lui bouffer les entrailles. Soutient quasiment inattendu quand le bras masculin lui entoure les épaules. Elle s’y appuie férocement jusqu’à pouvoir se tenir sur ses pieds. Affaiblie par le projectile, elle se laisse bercer par la voix de l’allié qui la rassure. Ils vont sûrement pouvoir s’entendre, désormais. Situation étrange au cours de laquelle elle a saisi sa chance de prouver sa valeur, sans le vouloir cependant. Ce n’est jamais une partie de plaisir pour la rebelle de perdre le contrôle à ce point qu’elle en devient une autre personne. Coup d’œil rapide sur les cadavres qu’elle a laissé derrière elle. Elle n’éprouve pas la moindre pitié pour ces hommes. Ils n’étaient pas innocents. Rendus coupables pour avoir exécuté un autre. Un des leurs, certainement. Le front plissé, elle grimace. Tiraillée par la colère et le dégout de l’humanité.

Résignée, la brune se laisse emporter loin de ce lieu macabre, hochant la tête en signe de coopération. Elle s’agrippe au bras du Dahlia Noir, avance avec difficulté en se pinçant les lèvres pour étouffer les gémissements de douleur. « - Tu es blessé aussi », souffle-t-elle difficilement en apercevant les saignements sur la tempe du ténébreux. Murmure à peine audible qu’elle peine à articuler. Elle s’y force pourtant, preuve de sa bonne volonté. Elle ne prête même plus attention à l’environnement qui les entoure. La forêt lui paraît bien lointaine et elle ne pense qu’à marcher. Avancer. Sortir de là. La végétation ne fait plus partie de son champ de vision, elle disparaît peu à peu et ses prunelles la remplace par le chemin qu’elle s’imagine. La route à emprunter. Sillon imaginaire qu’elle dessine dans son esprit pour ne pas laisser tomber, continuer malgré tout. Et s’éloigner de ce bourbier. Elle doit faire peur à voir, le teinte livide et les vêtements déchirés, tâchés de ce sang épais qu’elle dissimule sous son enveloppe charnelle. Quelques minutes leur suffisent pour atteindre la clairière. La lumière y est plus douce et les herbes moins hautes. Moins hostiles. Menée par le résistant, Vittoria s’adosse à un tronc en retenant un cri. Grimace et soupire une fois assise. L’air est beaucoup plus respirable dans cette plaine tapissée de mousse. Elle serre les poings quand il s’approche et tente de l’examiner. Réflexe défensif qu’elle a du mal à laisser tomber. Regard échangé qui la confronte à sa condition. Elle fait tomber les barrières et se laisse faire. Médecin improvisé qui lâche son diagnostique. Elle se prépare mentalement à souffrir. Plus qu’elle n’a jamais souffert physiquement. « - Fait ce que tu as à faire » Confiance accordée sans plus d’hésitation en dégageant la plaie. Elle n’a pas non plus vraiment d’autre choix mais peu importe. Il faut que le projectile dégage de son ventre, et vite.

La lame qui lui triture les tripes est une torture indéfinissable. Elle se tord dans tous les sens quand il procède à l’opération. Serre les dents à s’en briser la mâchoire, pour ne pas risquer de crier. Assez consciente pour ne pas regretter un éclat de voix. Les poings si serrés que les phalanges blanchissent, les ongles griffent les paumes et frappent le sol terreux avec fureur. Douleur encore jamais connue, même dans les pires moments de sa vie. Elle est à deux doigts de perdre connaissance mais déjà, la balle est extraite et tout est fini. Elle se redresse brusquement pour reprendre ses esprits. Tousse, crache du sang en se penchant sur le côté avant de maintenir la pression sur le tissus protégeant sa blessure. Elle devrait guérir rapidement maintenant. « - J’imagine que je peux bien supporter ça » L’idée d’obéir à quelqu’un d’autre. Quelqu’un d’autre que sa bienfaitrice. Concession nécessaire, faite à celui qu’elle a choisi. Elle grogne légèrement, sourcils froncés, le temps que les dernières bribes de géhenne disparaissent, encouragées par l’adrénaline qui conquiert ses veines. Attentive, la jeune hongroise plonge son regard neurasthénique dans celui du rebelle qui la toise. Un ordre, dit-il. Elle n’a pas besoin qu’on lui ordonne de survivre. C’est ce qu’elle s’évertue à faire depuis des années. Elle se garde bien de lui faire la moindre réflexion, cependant. Se contente de hocher la tête affirmativement, imaginant cette première directive comme un signe de considération. « - Merci », finit-elle par ajouter. C’est tout ce qu’elle parvient à dire, à formuler, après cette épreuve désagréable. Il lui faut du temps pour se remettre complètement mais la brune tente déjà de se relever. Prouver qu’elle va bien. Qu’elle ira bien.

« - Tu devrais partir. C’est pas sûr ici, ils pourraient revenir. Et si ils nous tombent dessus, je donne pas cher de notre peau » Autant dire qu’ils sont déjà morts. Une scène de crime assez proche et deux résistants blessés. Des voleurs d’énergie par dessus le marché. Autant de bonnes raisons pour le Gouvernement de les faire exécuter. Elle ne leur donnera pas cette satisfaction. S’y refuse catégoriquement. « - J’imagine qu’on est amenés à se revoir. Tu sais comment me trouver » Des techniques, il en existe des tas. Des sûres, un peu moins. Mais elle ne doute pas un seul instant que son nouvel allié soit devenu un expert dans ce domaine, après tout ce temps. Elle espère sincèrement qu’il la contactera, dès que l’occasion se présentera. Elle brûle de mettre en place un plan d’action, quel qu’il soit. Et d’enfin prendre part à quelque chose de concret, qui a des répercussions sur sa seule cible. Son seul ennemie mortel. Elle ne doute pas qu’une opportunité soit à sa portée très prochainement. Auquel cas, elle saura s’en saisir. Ou la créer.
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