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 Fight Fire with Fire [Declan]

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Fight Fire with Fire [Declan]   Sam 25 Fév - 11:39


« Do unto others as they have done unto you
But what in the Hell is this World coming to ? »




Declan & Cassidy
featuring

Tout est calme dans cette rue tranquille des beaux quartiers. Le ciel se teinte à peine des premières lueurs de l'aube, un léger brouillard recouvre le jardin qui entoure cette riche maison et pas une feuille ne bouge. Nous nous sommes infiltrés dans la propriété sans un bruit, moi et les miens, et nous nous glissons dans la pénombre du parc. Les trois chiens de garde ont été empoisonnés par nos soins et leurs corps sans vie reposent à l'abri des buissons. Ainsi, aucune alerte ne sera donnée pendant que mes compagnons et moi-même, nous nous faufilons entre les bosquets, arme au poing. La maison se dresse devant nous, sombre et endormie, et aucune lumière n’apparaît aux fenêtres. D'un geste, j'enjoins mes hommes à se positionner, l'assaut va bientôt être lancé. Nous sommes quatre résistants ce soir, ce qui parait peu pour une opération de cette envergure car nous nous attaquons à un personnage important du ministère de la Justice. Si je suis adepte de solutions extrêmes dans la défense de mes idées, ce n'est pas seulement en théorie. C'est le tribunal révolutionnaire qui est en marche ce soir, un tribunal qui va juger et sanctionner un criminel. Cet homme n'a montré aucune pitié envers les nôtres, les faisant exécuter après avoir été odieusement torturés, et nous n'en aurons pas plus pour lui.

Le silence avant l'assaut est pesant, quelques secondes à peine pour prendre notre souffle avant de mitrailler la façade. Nous faisons feu en même temps. Les vitres explosent, des gens hurlent à l'intérieur et rapidement, des coups de feu viennent en riposte de la part des gardes du corps. Centré sur l'action, je ne songe à rien d'autre qu'à la réussite de mon objectif. L’adrénaline est une drogue puissante, elle m’enivre, je suis soulagé de libérer ma frustration dans cette attaque, une frustration grandissante ces derniers temps, à cause de l'inaction de la résistance rendue faible par son manque d'organisation. Notre immobilisme n'a que trop duré, nous ne pouvons plus nous contenter de petites frappes aléatoires et sans aucune efficacité, le gouvernement doit être ébranlé plus que cela, bien plus. Par cette fusillade qui ne pourra qu'être médiatisée, j'espère aussi bousculer les esprits des citoyens, leur prouver que les tyrans ne sont pas invincibles, qu'il est possible de lutter contre eux. Si cette action permet de convaincre d'autres personnes de grossir les rangs de la résistance, nous aurons gagné.

Alejandro, Ed et Connor me couvrent pendant que je fonce vers la maison pour m'engouffrer à l'intérieur. Nous avons de la chance, la milice n'est pas encore sur les lieux mais les échanges de tirs avec les gardes du corps ont fait pas mal de raffut. Il faut faire vite. J'enjambe les cadavres des gardes du corps, me dépêchant de fouiller les pièces pour m'assurer qu'il ne reste aucun survivant. Un gémissement plaintif me permet de débusquer le ministre blessé, planqué derrière son bureau. Les responsables de ce régime tyrannique ne méritent aucune clémence de ma part et c'est sans émotion que j’abats froidement ma cible d'une balle dans le crâne, sans prendre la peine d'écouter ses supplications. Notre lutte est une lutte à la mort.

Si la milice n'est pas encore intervenue dans cette fusillade, c'est pour une bonne raison, le plan que j'ai élaboré devait nous éviter l'arrivée trop rapide des peacekeepers. J'ai chargé Declan Grimes de détourner l'attention des miliciens du coté du Collosseum. Il devait provoquer un incendie là bas et par la suite, s'échapper en empruntant les voies souterraines du métro. J'ignore s'il a réussi cette mission périlleuse mais en tous les cas, la milice ne nous a pas dérangé et nous pouvons à présent nous replier et sortir de la propriété privée. Connor soutient son frère Ed, blessé au cours de la fusillade, son front pisse le sang. Je compte sur Alejandro pour les conduire en sécurité à bord de sa camionnette pendant que je m'en vais récupérer Declan. J'ai beau l'appeler à l'aide du walkie talkie, il ne me répond pas et seuls des crachotements répondent à mes appels tandis que je me dépêche de rejoindre l'entrée du métro, encore désert à cette heure matinale. Declan est un homme entier et déterminé, je sais que je peux lui faire confiance et qu'il ira jusqu'au bout. Nous avons longuement parlé et je comprend ses motivations de rejoindre la résistance, surtout après ce qui lui est arrivé au cours de ces maudits jeux. Si je sais que cet homme est assez mature et intrépide pour conserver son sang froid indépendamment des embûches, son absence de réponse commence néanmoins à m'inquiéter.

Ma mitraillette en bandoulière, un sac contenant des grenades accroché à l'autre épaule, je ne compte évidemment pas rentrer dans un train. Après avoir sauté du quai pour me retrouver sur les rails, je cours dans les profondeurs sombres du tunnel avant de bifurquer sur ma droite. Cette voie là n'est plus desservie depuis un bout de temps et il est possible de la traverser à pied sans encombres. Étant nyctalope en tant que daybreaker, cette faculté me permet de voir nettement dans la pénombre et c'est un avantage certain puisque je n'ai pas besoin de lampe de poche et que je peux ainsi me fondre dans l'obscurité sans être vu. Plusieurs kilomètres séparent ma position de l'endroit où Declan était censé provoquer l'incendie de diversion. Nous devions nous rejoindre à l'arrêt le plus proche de la villa du ministre afin de fuir tous à bord de la camionnette d'Alejandro. J'ai insisté pour qu'ils s'échappent sans moi pendant que je récupérais Declan. Ed est grièvement blessé et quant aux autres, ils seront plus utiles à le soigner qu'à m'accompagner. Tout en courant dans le tunnel obscur, j'espère que mon ami n'a pas été intercepté par la milice car cette fois, il risque bien plus qu'une peine de prison.

Lorsque j'aboutis au niveau de la station proche du Colloseum, je me faufile dans les passages ensevelis de gravats, restant tapis au creux des ombres. Un nouvel appel est lancé, par le biais du walkie talkie. « Rottweiler, ici Black Dahlia, répond. » J'attends encore dans le silence. Ces noms de codes nous permettent l'anonymat au cas où la conversation serait interceptée, nous ne pouvons prendre aucun risque. Mes sens aux aguets, je m'avance encore, jusqu'à rejoindre la voie ferrée en fonction et poser ma main contre les rails du métro. Les vibrations lointaines m'apprennent que l'arrivée du prochain métro se fera dans un peu plus de trois minutes, une approximation fiable que me permet de faire mon sens du toucher exacerbé. Je peux donc me risquer à longer rapidement ce tunnel pour me rapprocher encore plus de l'endroit où Declan devrait être.



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Dernière édition par Cassidy H. Valdès le Jeu 27 Avr - 12:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fight Fire with Fire [Declan]   Sam 25 Fév - 21:06



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Le changeur s'était dissimulé dans l'ombre matinale, attendant le bon moment pour agir. De l'essence avait été déversée plus tôt, alors que le soleil n'avait pas encore commencé son ascension. Le métamorphe avait utilisé sa forme animale pour passer inaperçu. Un bidon troué dans la gueule, il avait trottiné silencieusement dans la nuit le long du Colosseum, répandant le liquide inflammable en toute discrétion. Mettre le feu pour faire diversion, le plan était simple, bien qu'un peu risqué. Nombre de miliciens squattaient les environs, le bâtiment était bien gardé, et pour cause il était le symbole de leur justice corrompue, un symbole que Declan prendrait grand plaisir à enflammer. Le fait d'avoir frôlé la sentence des arènes en remplacement de la prison n'y était pas pour rien, tout comme sa participation aux jeux dits factices qui l'avaient bien plus marqué qu'il n'osait l'avouer. Il fallait en finir avec toutes ces machinations et cette tyrannie, peu importait les moyens, pour ne plus jamais avoir peur de perdre quelqu'un qu'il aimait, pour que ces enfants qu'il avait un temps élevés puissent jouir d'un avenir moins sombre que leur présent. Tuer faisait déjà partie intégrante de son existence, autant ôter la vie pour une cause qui en valait la peine plutôt que continuer à se soumettre aux caprices des mafias et de leurs diktats. Cassidy avait été son échappatoire, l'occasion qui lui avait permis de se remettre sur les rails à sa sortie de prison quand la rage et les séquelles menaçaient de le plonger dans la folie, qui lui avait offert un but auquel se raccrocher quand sa relation avec Joan n'avait pas été suffisante à sa survie.

La vengeance et la hargne dans la peau, il observait la milice commencer à s'agiter, une cigarette entre les lèvres. Il la roula entre ses doigts, prêt à la jeter sur le combustible et embraser les lieux, avant d'avorter son geste. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il cru apercevoir sa milicienne. Le résistant pesta contre lui-même dans un juron lorsqu'il se rendit compte que ce n'était pas elle et qu'il s'était bêtement laissé distraire. Il venait de perdre de précieuses secondes durant lesquelles un peacekeeper avait posé un oeil suspect sur lui. Grimes lui offrit un sourire arrogant puis acheva son oeuvre avant de prendre la fuite, laissant le chaos derrière lui et des hommes sur ses talons. Il fallait voir le bon côté des choses, avec l'alerte d'un suspect bien concret à traquer plutôt qu'une enquête à mener sur un incendie et son auteur, Cass et ses hommes n'auraient pas qu'une voie de libre mais un tapis rouge de déroulé pour leur propre fuite.

Il aurait dû galoper jusqu'au métro, selon le plan initial, pour retrouver les quelques membres de sa clique à une station bien précise. Mais le plan avait brusquement changé. Avec les chiens du gouvernement dans son sillage, il était hors de question de suivre les ordres d'origine. Le skinchanger ne mettrait pas en péril la vie des autres en risquant de conduire les miliciens droit sur eux. Il ne lui restait plus que la course dans les dédales des alentours pour espérer lâcher ses poursuivants, heureusement l'assassin était habitué à ce genre d'embûches et, de plus, il courrait vite ! Il tourna à plusieurs reprises, évita toutes les lignes droites, quelques balles qu'on tentait de lui loger dans les entrailles au passage. Le visage en sueur, la respiration saccadée, il vira une dernière fois vers la gauche, s'engouffra dans une ruelle avant de se cacher derrière un container tout en reprenant son souffle. La vilaine troupe fut aperçue peu de temps après, elle passa à vive allure sans se détourner. La voie jugée libre, Declan sortit rapidement de sa cachette et fondit droit sur la station de métro la plus proche.

Le retard s'était accumulé, il avait conscience que les autres ne pourraient pas l'attendre bien longtemps au risque de se faire choper. Il cessa sa fuite quelques secondes, juste le temps de saisir le talkie walkie longue portée dans son sac à dos. Ce truc refusait de fonctionner, il n'émettait que des saletés de grésillements, impossible de trouver la bonne fréquence. Il tenta quand même d'appeler Cassidy par son nom de code, mais aucune réponse ne lui parvint. « C'est quoi c'putain d'bordel » maugréa t-il. Il rangea le matériel inutilisable puis reprit son chemin, sans savoir ce qu'il y trouverait au bout, ou qui. Il avala rapidement la distance dans les souterrains, en se retournant à de nombreuses reprises pour s'assurer qu'il n'était pas suivi, se servant de ses pouvoirs de skinchanger pour contrer l'obscurité. Lui qui avait d'abord maudit sa condition n'y trouvait aujourd'hui plus que des avantages, c'était fort pratique, surtout lorsqu'on s'adonnait à des activités à risques. Des activités comme celles-ci.

Des bruits de pas parvinrent jusqu'à ses oreilles aux sens surdéveloppés, une seule personne à priori. Le rebelle s'immobilisa instinctivement. Son revolver fut en une fraction de seconde logée au creux de sa main aguerrie, pointé en direction de l'arrivant. Le cliquetis retentit pendant que la silhouette prenait formes sous son regard aux aguets. Tous ses muscles étaient tendus, sa respiration maîtrisée, le pourchassé était concentré. Puis un soupir fut libéré, soulagé. Le voilà tombé nez à nez avec Cassidy. Il rengaina. « T'en as fait du ch'min, t'as eu peur que j'me perde ? ». Humour à deux balles qui n'était pas vraiment de circonstances, rapidement troublé par l'apparition de nouveaux échos. Cette fois ce n'était pas une paire de godasses qui claquaient dans les tunnels, mais une bonne dizaine. L'irlandais se munit derechef de son pistolet. « Putain... » lâcha t-il entre ses dents serrées. « J'étais persuadé d'les avoir semés ».

Les voix s'élevaient dans les ténèbres, se motivaient à tracer la route toujours plus vite pour rattraper l'incendiaire. Il venait de les foutre dans la merde. Sa peau lui importait peu, il avait appris à ne plus redouter la mort depuis longtemps, celle de Cass en revanche... Néanmoins le changeur garda ses remords pour lui, l'heure n'était pas à l'auto critique mais à l'urgence. Ces types étaient acharnés et le lieu dans lequel ils s'étaient tous engouffrés pas vraiment de leur côté. Sans compter ce fond sonore que le métamorphe percevait sans parvenir à réellement le discerner, la créature manquait encore d'expérience pour utiliser ses dons avec précision. « C'est quoi c'bruit d'fond ? Pitié, m'dis pas que c'est c'que j'crois... ». Et si... Juste le métro qui se rapprochait dangereusement de tout ce petit monde et ne manquerait pas de leur aplatir la face s'ils ne ralliaient pas au plus vite la station à proximité, problème étant que leurs poursuivants n'avaient plus qu'à alerter le reste des troupes pour leur fournir l'endroit précis où les deux compères seraient bien obligés de sortir pour éviter la collision. Ce satané contre temps allait les livrer aux autorités sur un plateau d'argent... Les talkies walkies adverses confirmaient déjà les positions. Les lampes torches laissaient des points de lumière danser dans leur champs de vision. « Là, c'est vraiment la merde, dis moi que t'es venu m'chercher avec un plan B ». Le métro ou la milice, un dilemme pas franchement réjouissant. C'était quoi la troisième option ?
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MessageSujet: Re: Fight Fire with Fire [Declan]   Lun 13 Mar - 14:55


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Declan & Cassidy
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Les odeurs piquantes de la sueur et de la vengeance me parviennent subitement dans la pénombre. C'est lui. J'aperçois ses yeux d'un bleu céruléen luire dans le tunnel et le canon de son arme pointé vers moi. Sacré Declan, toujours prêt à en découdre. Le soulagement m'inonde tandis que je marche vers lui, un sourire en coin à sa boutade, mes yeux brillants d'une joie contenue. « Et depuis quand les molosses se perdent ? Content que tu sois entier. L'opération s'est bien déroulée. On l'a eu. » Quelques mots concis pour lui apprendre le principal. Si nous ne sommes pas encore tirés d'affaire, nous pouvons néanmoins nous réjouir du succès de la mission de ce soir. Declan n'a pas pris tous ces risques en vain, il nous a permis de réussir notre assaut et d'éliminer notre cible, tout cela sans aucune perte humaine de notre coté. C'est un fameux défi relevé pour la résistance ! Pourtant, les sons qui nous parviennent dans les profondeurs du tunnel nous rappellent rapidement que le danger n'est pas écarté. Non, il n'est pas temps de nous reposer sur nos lauriers. Fronçant les sourcils, mon regard fouille rapidement la pénombre, acquiesçant aux paroles de mon allié. « Ils sont tenaces les bougres. » Certes, les miliciens ne sont pas du genre à lâcher prise, en dépit de la rapidité et de la discrétion du métamorphe, ils ont donc réussi à suivre sa piste. C'est ce que je craignais, son rôle était salement dangereux, raison pour laquelle je ne l'aurais jamais abandonné, livré à lui-même. Les mains arrimées à ma mitraillette, un regard circulaire aux alentours m'apprend que nous ne bénéficions d'aucune planque et, dans un échange de tirs frontal contre plusieurs personnes armées, nous ne tiendrions pas longtemps. Deko a bien entendu lui aussi le bruit lointain du métro qui se rapproche. Nous sommes bel et bien coincés entre deux feux.  Un sourcil cynique se dresse avant de hocher résolument la tête. « Tu as l'oreille fine, comme je vois. On n'a pas le choix, il faut avancer. » Vers le métro.

Impossible de se laisser rattraper par les peacekeepers, quoiqu'il advienne, je ne les laisserai jamais me capturer vivant. Mais je n'ai pas l'intention de leur abandonner mon cadavre pour autant, ni celui de mon ami. Dans une impulsion de la main contre l'épaule de Declan, je l'enjoins à avancer rapidement le long de la voie, nous éloignant des lampes torches dont les faisceaux lumineux clignotent au loin derrière nous. Un plan B. Les idées se construisent rapidement dans mon esprit, pendant que je garde le silence quelques secondes tout en avançant. Les plans s'adaptent en fonction des circonstances. Voilà les faits : nous sommes acculés comme des rats dans ce tunnel et les miliciens ne tarderont pas à bloquer la sortie la plus proche, de manière à nous y cueillir. Impossible de faire demi tour en espérant se sauver par cette voie. Impossible d'aller plus loin en arrière sous peine de se confronter à nos poursuivants. « On ne peut pas sortir par là ni reculer. On va foncer droit devant. » Je lui lance un regard, scrutant ses réactions. Il faut qu'il me fasse confiance. « J'ai un moyen pour l'encourager à freiner.» En espérant que ce fichu métro le fasse à temps avant de nous passer dessus. A ces mots, j'attrape vivement mon sac à dos, pour en sortir une des grenades que j'avais pris soin d'emporter. La levant dans ma main pour l'offrir à la vue de Declan, mon regard est rempli d'une détermination placide. Il y a de bonnes chances pour que le conducteur du métro freine devant l'explosion mais ce n'est pourtant pas vers lui que je compte lancer la grenade... « Cours ! »

La grenade dégoupillée, je la balance derrière nous, vers le groupe de peacekeepers qui nous pourchassent. La détonation résonne avec fureur dans le tunnel qui tremble, repoussant les corps sous la déflagration, semant la mort et le sang. Derrière nous, les voies sont désormais obstruées par un amoncellement de gravats, de poussière et de fumée et nous n'avons plus qu'à courir droit devant nous, les yeux et les narines agressés par cette chape poussiéreuse qui roule derrière nous. Les hurlements des blessés parviennent à nos tympans encore douloureux sous l'intensité du fracas tandis que devant nous, les phares éblouissant du train percent déjà les ténèbres, le grondement du métro se mêlant aux plaintes du tunnel. J’aperçois dans un flash le visage effrayé du conducteur qui ne voit que le rouge de l'explosion devant lui et appuie avec terreur sur le frein. Ils hurlent contre les rails. La mort nous fauchera-t-elle aujourd'hui ?

Devant nous, le monstre de fer s'arrête enfin, à deux mètres à peine de notre position et je reprend enfin mon souffle, le cœur battant. Il s'en est fallu de peu. Impossible néanmoins de poursuivre notre route, le train ne laisse que peu d'espace de part et d'autre, pas assez pour que nous puissions nous faufiler contre les murs et le dépasser. Alors, dressant mon arme fermement, c'est sans hésitation que je mitraille la vitre avant de la cabine, la faisant éclater sous les hurlements du conducteur qui quitte sa place pour fuir dans les wagons arrières. Rajustant mon arme sur mon épaule, je m'avance rapidement, profitant de mon élan pour escalader souplement le devant du train et me faufiler au travers de la vitre brisée. Une fois hissé dans l'habitacle vide, je cherche le regard de Declan. « Viens vite ! »

Il est évident que nos poursuivants n'ont pas lâché l'affaire, bien au contraire. J'entends toujours la clameur de leurs cris au loin et il est plus que probable que les survivants de l'explosion ont déjà appelé des renforts, de manière à nous prendre en tenaille. Cherchant les commandes du métro, je tente de deviner comment enclencher la marche arrière dans l'enchevêtrement de ces manettes qui me sont étrangères. « Le plan B t'inspire ? Si tu savais comment manœuvrer un train, ce serait diablement utile. Marche arrière toute. On dépasse plusieurs stations, ils ne pourront pas les surveiller toutes à la fois... » J'essaie d'y aller à l'instinct. Nous avons désormais détourné le vieux métro de sa trajectoire et je suis conscient que la vie d' innocents sont entre nos mains désormais. J'espère pourtant toujours parvenir à ce qu'on s'en sorte sans que des civils ne soient blessés. Enfin, nous voilà repartis, avec une cargaison de passagers alarmés qui n'ont pas la moindre idée de ce qui est en train de se passer ni de la raison pour laquelle ils font demi tour. Les peacekeepers ont été dépêches à la station suivante. Et ils n'hésiteront pas à fusiller le métro ni à tuer des civils s'ils peuvent en profiter pour éliminer les terroristes par la même occasion.



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MessageSujet: Re: Fight Fire with Fire [Declan]   Lun 13 Mar - 21:38



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Une mission à moitié achevée, un objectif cela dit bien atteint mais une échappée totalement ratée, c’était déjà bien mieux que rien. Le reste de la troupe avait survécu, le soulagement fut donc entier. Sa propre vie n’était finalement qu’un bonus qu’il ne voyait même plus défiler face au danger. Son revolver en mains, il planta un regard entendu dans celui de Cassidy, un de ceux qui transperçaient les ombres pour laisser transparaître toute sa détermination. Sa tête hocha légèrement, puis sa prise se raffermit sur le canon de son arme à feu. " Il faut avancer ". Se jeter vers la menace, en prenant tous les risques, en priant la chance de leur être accordée pendant que les corps s’élançaient sans hésiter, sans trembler. Morts ou vifs. Morts, assurément. Les deux résistants étaient sur la même longueur d'ondes : ils ne se laisseront jamais prendre vivants. La prison n’était plus une option. L’arène n’était plus une option. Dans un silence résolu, le révolté se laissa entraîner. Fonça sans tâtonnement en direction des rails qui crissaient de plus en plus fort, de plus en plus proches, ses pensées tournées vers l’objet salutaire qu’avait son ami en sa possession. Une bombe ou une grenade, il ne lui fallut pas longtemps pour que cette solution mystère se dévoile à son esprit, puis que Cass lui confirme son idée folle. Une idée... Un plan... Non, c’était un pari. Osé. Risqué. Declan le relèvera avec lui. De toutes manières, ce n’était même plus une question de confiance, mais de survie. Le choix ne s’offrait plus à lui. « Jusqu'au bout... », il le suivrait. « Que nos culs soient bordés d’nouilles » lâcha t-il vulgairement, gravement. La chance, ils n’avaient plus qu’elle pour épargner leurs vies trop intrépides. Plus qu’elle sur qui compter pendant que le chef du groupuscule mettait son plan dément à exécution.

Il sentit la détonation dans son dos mais n’eut pas la moindre pensée pour ceux qu’ils entendirent hurler dans la pénombre des tunnels. Indifférent du sort qui leur était réservé, alors que Joan aurait pu faire partie du lot que Cassidy avait décimé. L’intuition lui susurrait que le jour où ils seraient amenés à se confronter - si ce jour arrivait - il le saurait. L’amoureux ne la manquerait pas, il sentirait sa présence et son aura, les effluves de son parfum. Le métamorphe avait les sens plus aiguisés, mais pas autant que le chien qu’il renfermait. S’en persuader était la clé pour ne jamais flancher. Alors, confiant, il galopa aux côtés du rebelle sans un regard en arrière, la chair réchauffée par l’explosion, les cils battant pour se défaire des retombées poussiéreuses, le souffle rendu court par l’adrénaline qui le traversait.

L’irlandais freina des quatre fers, éblouit par l’intensité de cette dangereuse lumière qui accompagnait un grincement métallique dans une nuée d’étincelles. Derrière lui, la mort. Devant lui, la mort. La peur n’eut même pas le temps de s’insinuer. Tout allait très vite. Trop vite. Le métro semblait à peine ralentir. « Il s'arrêtera pas », ce n’était qu’une conclusion fataliste qu’il s’adressait à lui-même, à peine chuchotée. On est fichus. Le néant s'empara de son esprit. Instinctivement, les bras du grand blond vinrent protéger son visage comme si cette armure ridicule pouvait suffire à contrer la collision. Ses doigts serraient son pistolet jusqu'à voir leurs jointures blanchirent.

Derrière, les cris et l’agonie. Devant, leur éloge funèbre. Impossible de reculer. Impossible d’avancer. Figé dans un entre-deux, le résistant impuissant attendait sa sentence. Il attendait la fin... qui ne vint pas. Derrière, des plaintes qui n’en finissaient plus. Devant, le silence salvateur. Declan baissa sa protection dérisoire pour contempler le miracle. Cette fois son coeur s'autorisa à s'emballer. Un malaise succinct le parcourut lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait presque qu'à tendre le bras pour effleurer le wagon, puis s'échappa si tôt que son compère fit feu sur le pare-brise. Leurs regards se croisèrent brièvement, Declan avait déjà repris toute sa contenance. A sa suite, il pénétra la cabine, sans se détacher du réconfort que lui procurait son revolver.

Les voilà à bord d'une machine dont les commandes de pilotage ressemblaient à un avion de chasse. Tellement de boutons et de manettes d'un bout à l'autre du tableau pour si peu de manoeuvres possibles... Le révolté en détailla chaque élément pour se rendre à cette bien malheureuse évidence : le chinois aurait été beaucoup plus clair. « Pousse la chance encore un peu » conseilla t-il au meneur. Le métro fut relancé dans la direction opposée, c'était un grand jour pour se remettre au poker ! « A la base, l'poil au menton et la bosse dans l'calbut c'est pas trop mon truc mais... Si mon coeur n'était pas d'jà pris, j't'épouserais sans l'ombre d'une hésitation ». Un porte-bonheur efficace. Petite touche d'espièglerie pour permettre à toute cette tension de retomber pendant que l'engin prenait plus de vitesse. Ils dépassèrent une station, se dirigèrent vers une deuxième et donc vers leur si précieuse liberté, qu'ils mettaient pourtant trop souvent en péril.

Soudain, ce bruit de métal sur le métal retentit de nouveau. Le métro freina brusquement, projetant le trentenaire contre les manettes. Des lumières clignotaient, le freinage d'urgence avait été activé. Il tenta d'appuyer sur les boutons en lançant quelques jurons mais plus rien ne fonctionnait. Ils n'avaient plus aucune maîtrise, les commandes manuelles avaient été désactivées. « Ils ont pris l'contrôle à distance. Ils ont un système de sécurité, on est faits comme des rats ». La pression fut libérée. « Merde, merde, merde ! Putain, un truc pareil, on aurait dû l'prévoir ! ». Pesta t-il de son fort accent irlandais. Dans un moment de lucidité évadée, Declan usa de l'ultime recours pour tenter de stopper la progression de l'inertie. Il tira à plusieurs reprises sur le tableau électrique. Celui-ci émit quelques décharges mais l'exutoire fut évidemment sans succès. Ils allaient s'arrêter, là où les miliciens l'avaient décidé. Pris au piège une seconde fois.

Devant, une horde de shadowhunters se déployait. Derrière, une autre devait sans aucun doute en faire de même. Au milieu, deux rebelles que la chance avait finalement désertés, et une foule de citoyens qui s'étaient retrouvés au mauvais endroit, au mauvais moment. La situation semblait vraiment désespérée, mais l'ancien prisonnier ne lâcherait rien. Il n'accepterait la défaite que dans la mort. L'offensif changea ses munitions d'un geste fluide et précis. « On passe au plan C ». En amener le plus possible dans la tombe, avant que les leurs ne les accueillent. Se battre jusqu'à leur échec inévitable, libres et fiers, pour leur idéal. Sacrifiés pour la cause d'un plus grand nombre. Des hommes qui seraient condamnés par le gouvernement et ses médias, élevés au rang de martyrs par ceux qui osaient encore s'y opposer.

Il eut à peine le temps de jeter une oeillade combative à son complice et de reculer vers la porte qui menait au premier compartiment qu'une pluie de coups de feu se déversa. Les ordres criés des miliciens fusaient dans les sous-terrains. Il sentit une balle siffler tout près de son oreille, se jeta face contre terre avant d'ouvrir la porte d'un violent coup de pied avec l'intention de se traîner à l'arrière pour s'y mettre en sécurité. Un peu de sang coulait de sa pommette éraflée. Les passagers hurlaient sur leurs sièges, paniqués, désemparés. Leurs yeux effarés dévisageaient leur kidnappeur qui ne leur accorda pas la moindre attention. Ses prunelles à lui, en fusion, cherchèrent la silhouette de son ami et son sac plein de gadgets dans toute cette agitation.
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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: Fight Fire with Fire [Declan]   Sam 8 Avr - 23:18


« Do unto others as they have done unto you
But what in the Hell is this World coming to ? »




Declan & Cassidy
featuring

J'ai toujours cru en la chance, en cette bonne étoile qui brille au dessus de nos têtes, en cette justice immanente. Notre lutte pour la liberté exige des sacrifices mais je suis armé de mon idéalisme pour améliorer les choses et je veux croire que l'Univers est de notre coté. L'exclamation enthousiaste que mon ami expulse de sa voix rude m'arrache un éclat de rire spontané. « Oh hé bien je l'ai échappé belle ! Contente toi de l'élue de ton cœur, va ! » Ce n'est qu'une blague potache mais ce genre d'humour me trouble peut-être un peu ces derniers temps, surtout lorsque l'image d'un certain italien me vient à l'esprit. Je n'ai pas le temps de vraiment réfléchir à la raison. Je ris. Le genre de rire qui vient de l'intérieur et qui libère la tension tapie dans mes entrailles dans une décharge d'optimisme. Un rire violent, plein de hargne et de détermination à nous sortir de ce merdier, alors que je mise sur mon intuition et mon bon sens pour manœuvrer le train et accélérer à la vitesse maximale.

Devant nous, au travers de la vitre brisée, je n'aperçois plus rien que les profondeurs sombres du tunnel. Pourtant, au bout d'un moment, un vacarme retentit à nouveau alors que l'arrêt brusque de la machine me fait brutalement perdre l'équilibre. Me rattrapant contre la paroi de l'habitacle, j'empoigne aussitôt mon arme par réflexe, lançant un regard alarmé vers l'arrière. Toutes les lumières du compartiment clignotent fébrilement et je gronde un juron en écho presque simultané à celui de Declan qui s'acharne sur les commandes, sans succès. « Non, c'est impossible ! Comment auraient-ils pu prendre le contrôle de... non attend ! » Trop tard. Avec son impulsivité rageuse, l'irlandais a fusillé le tableau de bord dans un vacarme assourdissant et une fumée noire laisse une odeur âcre flotter dans l'air, sous les flashs grésillants que provoquent les courts-circuits. Comment aurions-nous pu prévoir une chose pareille ? Je n'aurais jamais imaginé que les commandes puissent être contrôlées à distance mais les progrès des technologies modernes me sont encore bien nébuleuses avec mon retard de près d'un siècle sur le monde. Peu importe à présent, j'acquiesce aux paroles sombres de Declan, réajustant mon sac sur mon épaule avant de maintenir ma mitraillette, prêt à défendre chèrement notre peau.

De nouvelles déflagrations éclatent. Rentrant ma tête dans mes épaules sous la salve de tirs qui arrosent l'habitacle, je riposte aussitôt, leur renvoyant une rafale pour nous couvrir, les mâchoires serrées, mitraillant à l'aveugle cet ennemi invisible qui nous encercle. Tout se passe très vite, nous ne voyons pas grand chose. Dans le chaos, une balle traverse mon épaule et je grogne sous la douleur qui me brûle avant de me dépêcher à la suite de mon ami en baissant la tête, fonçant comme un bélier. Un sang noir et épais imbibe ma veste mais fort heureusement, je suis droitier et la douleur à mon épaule gauche ne me gêne pas pour maintenir mon arme. Mes billes grises saisissent le regard enflammé de Declan et au travers de ce bouleversement, je m'y ancre quelques secondes, partageant avec lui la froide détermination qui m'anime. Et puis ma voix tonne, surpassant les cris d'effroi des passagers.

« Cachez vos visages contre vos genoux ! Vos visages contre vos genoux si vous voulez vivre ! »

S'ensuit une rafale de tirs en l'air de ma part, très brève, qui traverse le plafond du wagon pour les motiver à obéir. Les passagers, terrorisés, ne peuvent qu'obtempérer pour la plupart alors que je m'avance en quelques larges enjambées vers la seule personne qui s'est redressée dans le couloir du train, avec témérité. Il s'agit d'une femme au visage mûr et habillée avec une élégance classique qui témoigne d'un rang élevé dans la société. Elle est fort petite de taille et je baisse mon regard sur elle sans qu'elle ne détourne le sien, bleu d'azur. « Vous feriez mieux de vous rendre, sans quoi c'est vous qui allez mourir. » Sa voix est calme mais imprégnée de son mépris, comme le sont sans doute tous les privilégiés, aveuglés par les fausses promesses de ce gouvernement tyrannique. Je n'ai aucune envie de blesser cette femme et pourtant, lorsque je l'empoigne pour l’exhorter à se rasseoir, c'est une belle part de son énergie que je lui vole, malgré moi. Et lorsque ma main se referme contre son frêle poignet et que ses souvenirs défilent rapidement dans mon esprit, comme des images disparates, je comprend que cette femme est l'un des membres de ce gouvernement tant haï.

« Ils vous tueront. Ils vous tueront sans pitié, vous n'êtes rien d'autre pour eux que de la chair à canon. »

A ces mots si tragiquement réalistes, mes paupières s’affaissent pour une seconde tandis qu'elle chancelle, retombant sur son siège, et je dois me faire violence pour m'arracher à elle et me contraindre à ne pas la délester intégralement de son énergie. Je suis blessé et le sang maudit s'écoule contre ma manche déchirée. Le regard que la ministre me lance m'apprend qu'elle a compris ce qui venait de se produire et qu'elle a reconnu ma nature. Elle sait aussi que je l'ai épargné. Avachie sur son siège, elle murmure d'une voix faible. « Laissez-moi leur parler. » Qu'elle le fasse si elle le souhaite, je ne vois aucune raison de l'en empêcher. J'acquiesce, la laissant trouver fébrilement son téléphone, objet réservé à l'élite dans ce monde apocalyptique. Ses paroles sont brèves. Elle parle des innocents présents dans les wagons, elle demande aux responsables de calmer le jeu. Pourtant, à peine a-t-elle prononcé ces paroles qu'une nouvelle salve de tirs nous mitraille. Comment espérer dialoguer avec ces salopards ? J'enrage, m'emparant du téléphone pour hurler dans le combiné.

« Vous tirez sur des civils, cessez le feu ! »

Les vitres des wagons explosent sous les hurlements des passagers paniqués qui se redressent pour fuir. Les malheureux s'effondrent sur le sol, criblés de balles et recouverts de sang. M'étant aussitôt accroupi, je vide mon chargeur contre nos assaillants, dans une nouvelle riposte, mais il est bien difficile de viser correctement depuis le couloir de ce fichu métro. Et il serait bien plus malaisé de leur balancer une grenade depuis ma position, je ne peux prendre le risque d'en gaspiller sans être sûr de toucher ma cible. J'ignore si j'en ai touché beaucoup en les mitraillant mais les tirs se calment un peu et j'en profite pour héler Declan.

« Couvre moi ! »

Je profite de son aide pour me placer à découvert, me dépêchant auprès de la porte brisée, une grenade à la main que je m'empresse de dégoupiller. Ma vue de nyctalope me permet d'apercevoir le groupe armé, posté sur le quai un peu plus loin. Me concentrant au maximum, je déploie mon ombre qui s'étire, comme un prolongement sombre de ma propre main qui tient la grenade. Je suis contraint de compter sur la chance encore une fois mais également sur la force de ma volonté, afin de rester concentré sur l'expression de mon pouvoir. Suite aux courts-circuits, un incendie s'est déclenché dans la salle de commandes et le feu prend rapidement de l'ampleur ; de hautes flammes s'élevant tout autour de l'avant de la machine. Des balles fusent autour de moi et éraflent mon corps de toute part, sans le transpercer. Dans cet enfer, l'ombre de mon bras décrit un arc de cercle et la grenade s'élance avant de s'écraser au sein du groupe dans un fracas rougeoyant. Les corps sont projetés en l'air sous la déflagration tandis que je retourne vivement à l'abri du wagon, me dépêchant aussitôt de recharger mon arme. Tôt ou tard, nous serons à court de munitions mais tout espoir n'est pas encore perdu. J'avise le métamorphe à la joue salie de sang .

« Nouveau plan : on a une ministre en otage. Le feu à l'avant les bloque, nous on essaie de passer par l'arrière et de rejoindre une sortie. »

J'ignore si la vie d'une ministre compte plus pour les miliciens que celles de citoyens lambda mais c'est sans attendre que j'attrape le bras de la dame pour la balancer sans douceur vers Deko. Tout en m'avançant vers l'arrière du train, je suis contraint d'enjamber les corps des mourants qui jonchent le couloir. La seule chose utile que nous pouvons faire pour l'humanité, c'est tout faire pour rester en vie et poursuivre la lutte contre l'oppression.



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MessageSujet: Re: Fight Fire with Fire [Declan]   Mer 12 Avr - 19:11



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Son regard captura la blessure de Cassidy, l'étincelle sauvage qui l’habitait brillait de plus en plus fort. Les choses n’auraient pas dû se dérouler ainsi et pourtant. Les chasseurs avaient déjà leur sang sur les mains, alors que la situation ne semblait pas avoir de fin. Les yeux se croisèrent un instant, partagèrent un désir de ténacité sans faille avant que ceux de Declan ne balayent les visages effarouchés des passagers. Leur concentration fixée sur le voleur d’énergie blessé dont la voix occupait maintenant tout l’espace, leurs cris s’apaisèrent brièvement avant de reprendre de plus belle, surpris par l’envolée de munitions rebelles. En retrait, le métamorphe se contenta d’observer la scène avec une indifférence presque honteuse. Ces gens qu’il ne connaissait pas ne lui inspiraient aucune empathie, ce n’était pas pour ceux-là qu’il se battait, mais pour les siens, ce qui rendait sa volonté d’anéantir le monde tel qu’il le connaissait beaucoup plus redoutable. Jusqu’au bout, par tous les moyens.

Le changeur se plaça près de la porte qu’il avait démolie à coup de pieds, le bras calé contre l’encadrement. Son arme tenue de ses deux mais était prête à fusiller la menace qui continuait à progresser de front, son attention partagée entre cette dernière et la scène surnaturelle qui se déroulait dans le compartiment, à la vue et au su de tous. Son oeillade pleine d'animosité agressait la silhouette de l’arrogante pendant que son ouïe aux aguets captait chaque bruissement à l’avant du wagon. Les semelles ennemies se rapprochaient, mais n’étaient pas encore suffisamment proches pour presser les autres protagonistes de cette vaine tentative de marchandage. Démarche d’apaisement à laquelle les miliciens répliquèrent par une énième averse de tirs, sans se préoccuper des innocents pris au beau milieu d’une guerre qui ne les concernait pas. Le rebelle s'éloigna de l'ouverture en expulsant tout son dégoût pour cette société à coups de jurons, puis s'étala instinctivement contre le sol quand le tonnerre retentit, incessant, soufflant sur leurs corps une nuée de débris de vitres brisées.

Son visage crasseux se redressa lorsqu'une petite masse inerte chuta à quelques centimètres de sa position. Un petit garçon massacré, au regard terrorisé et écarquillé que ses paupières sans vie n'avaient pas eu le temps de voiler, semblait l'observer dans sa mort prématurée. Du sang maculait sa chevelure juvénile, là où une balle avait trouvé refuge. Le résistant l'observa quelques secondes sans parvenir à se détacher de cette expression terrible, comme pétrifié par cette vision d'horreur. Les hommes et les femmes l'indifféraient mais les enfants... Le choc fut plus violent qu'il ne l'aurait imaginé, la culpabilité plus lourde à porter et seule la sollicitation de son chef parvint à l'en arracher. Lentement, du bout des doigts, il se chargea de clore ce regard défunt, ses pensées toutes tournées vers un semblant d’excuse qui ne réparerait jamais le mal causé.

D'un mouvement vif, l'ancien prisonnier se campa sur ses jambes et vint près de la brèche, dans le dos de l'homme à découvert qu’il était chargé de protéger. Son chargeur fut presque entièrement vidé sur les ombres qui tentaient de les abattre et les balles qui y restaient nichées s’avéraient être ses dernières - il n’avait pas prévu l’artillerie lourde, sa mission ne devant être, à la base, qu’une simple diversion -. Il jouait de la gâchette sans relâche, pour que les uniformes soient privés de leur capacité à répliquer, pour qu'ils se terrent comme des rats le temps que Cassidy fasse son affaire. Qu'une nouvelle bombe désagrège les rangs adverses, et que le feu de la cabine devienne suffisamment violent pour bloquer toute entreprise de riposte frontale. Les flammes prenaient plus de vie, plus d’ampleur, une fumée sombre commençait à s’en dégager avec pas mal de densité, créant d’avantage de panique chez le peu de civils qui avait survécu aux nombreuses salves. Pourtant, sous la coupe des résistants, les derniers vivants ne cillaient plus. Ils attendaient patiemment que les révoltés se faufilent en dehors de leur champs de vision, recroquevillés parmi les morts, éplorés ou tétanisés. Le plombier ne leur jeta plus le moindre coup d’oeil, il réceptionna sèchement la ministre, lui broya presque le poignet qu’il saisit pour ne plus le relâcher, puis lui offrit son regard le plus sinistre avant d’emboîter le pas de son acolyte, sans conviction. « Ta ministre ils s'en cognent, ils ont pris l'risque de la tuer en nous canardant à l'aveuglette, sans même tenter d'négocier... ». Ce qui sous-entendait qu'à leurs yeux, sa valeur n'était rien en comparaison de celle qu'ils accordaient aux fugitifs. Ils n'hésiteraient pas à tuer cette politicienne si elle devait se trouver entre leurs armes et leurs cibles, rien ne les arrêterait. Espérer le contraire n'était qu'une douce utopie.

Ils parcouraient les couloirs sans que le silence environnant ne soit dérangé par les les forces à leurs trousses, la grenade et l'incendie semblaient avoir fait leur oeuvre derrière eux. Devant, la situation était bien incertaine et l'irlandais doutait de plus en plus qu'ils sortent entiers de cette mission qui avait dégénéré au point d'échapper à tout contrôle. Il visualisait déjà une horde de milice avec leurs fusils en joug, prêts à leur trouer l'épiderme jusqu'à ressembler à du vulgaire gruyère, hurlant le "feu !" qui les condamnerait aussitôt l'ultime porte ouverte. La partisane du despotisme ne les aiderait pas à franchir cette barrière, pourtant la liberté qui se profilait juste derrière était un délicieux chant de sirènes. Le trentenaire donnerait absolument tout pour pouvoir l'atteindre.

Elle était là cette fichue porte, aussi tentante que dangereuse. Le changeur y colla l'oreille et écouta, il entendait les légers échos de leur mise en place pourtant silencieuse. Ils n'avaient pas la moindre chance, pas en comptant sur la prise d'un otage que leurs assaillants auraient pu tuer en toute connaissance de cause, sans une bribe d'hésitation. Ils la pensaient même peut-être déjà morte après cette rafale de tirs dans le premier compartiment, comme la plupart de ceux qui avaient eu le malheur de s'y trouver. S’ils avaient voulu la garder en vie, ils auraient parlementé lorsqu’ils en avaient eu l’occasion, Declan n’en démordrait pas. Aussi, il décida d'essayer de contrarier les plans du meneur. « Il te reste une grenade ? Cette saleté d'politicienne va peut-être pouvoir nous aider, mais pas comme tu l'imaginais ». Le rebelle la contraignit à s’asseoir, puis se planta devant le siège occupé pour lui intimer de ne pas bouger. Son regard azuré, aussi froid qu’une journée d’hiver, s’ancra dans celui de Cassidy. « On lui colle une bombe dans sa jolie p’tite poche, on l'attache et on la bâillonne, j'la ramène aussi proche que possible de la mêlée d'enfoirés qui n'attendent que d'nous cueillir de l'autre côté et j'la jette dans la foule. Libérons la voie et traçons notre route jusqu’à la prochaine station ». Le grand blond lui tendit son bras, sans détourner ses prunelles des siennes. « Si t'as b'soin d'un peu d'carburant pour la course qui nous attend, c'est l'moment, après on s'arrête plus, pas avant qu'on soit loin de toute cette pagaille ».

Pour revoir la lumière du jour et poursuivre leur bataille d'idéalisme, il braverait tous les dangers, surtout quand ceux qu'ils combattaient n'avaient pas la moindre pitié ni pour ceux qui tentaient de les renverser, ni pour ceux qui embrassaient leur tyrannie. Cette femme était un sacrifice plus que concevable, puisque son statut aurait aussi bien pu en faire une cible de choix pour leur Résistance. Quant au métamorphe... Son idée était un peu folle, en plus d'être en ligne de mire il lui faudrait rapidement s'écarter en priant ne recevoir ni de balle, ni de répercussion de la déflagration. Néanmoins, ce devoir lui incombait. Il était celui qui avait enfanté cette situation. Celui qui risquait la vie de son compagnon d'infortune. Il serait aussi celui qui la sauverait. « Ils m’ont suivi, c’est moi qui les ai ramenés jusqu’à nous, j’suis responsable de tout ça ». De cette plaie à l'épaule, de cette existence et de cette liberté menacées, de ce gamin qu'un coup de mitraillette avait anéanti... « J’compte bien m’en sortir, mais si jamais c’est pas l’cas... On est pas obligés d’crever tous les deux ». Il offrirait au moins sa chance à son ami, parce que tout était de sa faute, parce qu'il il avait failli à sa tâche et engendré ce chaos.
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MessageSujet: Re: Fight Fire with Fire [Declan]   Mer 3 Mai - 17:54


« Do unto others as they have done unto you
But what in the Hell is this World coming to ? »




Declan & Cassidy
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Je ne peux rien faire pour les blessés, c'est un fait avéré : je n'ai ni le temps ni les moyens de faire quoique ce soit pour les aider. Il ne sert à rien d'encombrer mon esprit avec la pitié ou la culpabilité, j'y penserai plus tard, peut-être. Declan est rude avec la ministre mais qu'importe, il est évident que nous n'allons pas la laisser survivre à cette échauffourée, si nous-même en réchappons. Il semble néanmoins peu motivé par mon plan et ne le cache pas, me répondant avec sa franchise habituelle. Gémissant sous l'étreinte si dure du résistant, la petite dame ne perd rien de notre conversation et c'est avec arrogance qu'elle lui crache, d'une voix rendue grinçante par le stress :

« C'est au commissaire supérieur que j'ai téléphoné, je ne connais pas le numéro de tous les petits chefs de milice, sombre idiot ! Celui-ci n'a pas eu le temps de recevoir le message, je venais à peine de raccrocher quand ils ont commencé à tirer... Réfléchissez ! »

J'ai gardé le téléphone de la ministre et lorsque je vérifie l'écran, je ne constate aucun rappel. Sans mot dire, je compose le dernier numéro sans pour autant recevoir la moindre réponse. Ça sonne dans le vide. Si l'idée me traverse de profiter de cet objet pour appeler des renforts, je n'ai pas le temps de la formuler plus précisément dans mon esprit. Le téléphone s'éteint, faute de batterie, et je l'abandonne sur un siège, dans un geste blasé. Tant mieux dans un sens, mieux vaut nous débrouiller seuls.

Ma blessure m'élance déjà moins, je la sens se refermer peu à peu, même si le sang tache toujours ma chemise. La porte du dernier wagon est offerte à l’ouïe si fine du métamorphe. Je les entend moi aussi se mettre en place de l'autre coté où un comité d’accueil nous attend. La question de Deko trouve un sobre hochement de tête de ma part. Il me reste encore deux grenades. J'écoute les paroles de l'homme d'un air grave et préoccupé. Mon œillade tombe sur la ministre assise sur une banquette, sa respiration est courte et son regard brillant d'angoisse quand elle nous dévisage l'un et l'autre. « Non ! Ne me tuez pas, je... Vous n'avez même pas essayé de négocier !»

« Ils n'ont pas eu l'air de s'inquiéter énormément pour vous jusqu'ici.» J'assène ces mots à la bourgeoise tout en soupesant l'idée de mon ami. Sacrifier la vie de cette femme m'importe peu mais cette méthode de dissimuler des grenades sur elle m'inspire un malaise indéfinissable. Mon regard s' accroche à celui du casse-cou qui me présente son bras, toujours aussi impulsif. Sa proposition inattendue me cause un frisson le long de l'échine tandis qu'une lueur trouble s'allume dans mes prunelles.

Ma réponse fuse aussitôt, sourdement. « Il n'en est pas question. » Ma voix est sombre et aussi aiguisée qu'un couperet. Sans doute plus agressive que je ne l'aurais voulu, mais je me refuse à me nourrir sur mes alliés, jamais je ne le ferais, cette simple idée m'agresse au plus haut point. Je ne me contrôle pas assez et cette malédiction à laquelle je suis asservi m'oppresse et me dégoûte au delà de la raison, au point que la colère la plus noire écrase Declan quand je le fusille du regard. Je suis toujours si affamé, c'est une torture permanente contre laquelle je suis obligé de lutter. L'aura qui se dégage du métamorphe est beaucoup trop alléchante et cette tentation m'arrache un grondement de frustration, tandis qu'il m'expose ses motivations.

« Tu ne te sacrifieras pas, Declan, ta proposition est rejetée. » Et il n'y aura aucun moyen d'argumenter, mon refus est catégorique et se marque nettement dans le ton de ma voix ainsi que dans mon regard. Je regrette aussitôt ma réponse un peu sèche, alors que je suis sincèrement touché par son esprit de sacrifice et son courage. Declan est une tête brûlée mais j'apprécie ses qualités, son acharnement autant que son caractère entier. Mes mots suivants sont moins rudes, bien que tout aussi assurés. « On ne va pas crever, pas aujourd'hui. »

« Qu'allez-vous faire, bon sang ! Il faut vous rendre, des innocents, des enfants meurent à cause de vous ! » La ministre nous interrompt en s'agitant sur son siège, elle tente de se mêler à la conversation, manifestement peu habituée à ce qu'on lui intime le silence, elle apparaît comme une femme de pouvoir, arrogante, manipulatrice et sans doute aussi tyrannique que le reste de sa clique. J'arrache alors un pan de ma chemise, le torsadant pour m'en servir de bâillon et museler enfin cette vieille bavarde. Tout en faisant, j'expose le déroulement des prochaines actions au fougueux irlandais. Nous nous situons à l'autre extrémité de cette machine à deux têtes et encore une fois, nous nous retrouvons dans une salle de commandes, permettant au métro de rouler dans l'autre sens. Si celle-ci est probablement tout autant contrôlée par l'extérieur, elle est néanmoins toujours en état de marche pour certaines actions. Rouler ne sera plus possible. En revanche, un micro se trouve à ma disposition, permettant ainsi de diffuser un message à l'adresse des passagers, dans tous les wagons. Après avoir bâillonné la femme, je m'empresse de la ligoter en nouant solidement les manches de son gilet.

Il fait chaud dans ce métro, trop chaud. La sueur me coule entre les omoplates. La poussière noire se colle contre mon front. L'incendie a prit de l'ampleur et accroît cette sensation d'être piégé au fond de l'enfer, avec les râles des blessés et les pleurs angoissés des survivants en guise de fond sonore. Les éclairages sont pratiquement tous détruits et c'est bien là notre plus grand atout car nos pouvoirs de nyctalopes nous offrent un grand avantage face aux miliciens. L'écho des explosions résonnent encore dans les profondeurs du tunnel qui a lui-même souffert des ondes de choc. Même si les humains normaux ne les perçoivent plus, les êtres possédant un sens du toucher exacerbé peuvent ressentir les vibrations inquiétantes qui animent le sol, sous les roues des wagons. En silence, je considère ces informations avec cynisme. Si le tunnel s'effondrait sur nos têtes, la conclusion de cette aventure serait funeste pour tout le monde.

« S'ils se moquent tant de la vie de cet otage, ils vous tireront dessus avant que vous ne soyez assez près. Du reste, en admettant qu'ils vous laissent vous rapprocher, tu n'aurais que trop peu de chance de t'en tirer sans être toi-même soufflé par l'explosion. Une grenade dégoupillée ne prend que cinq secondes avant d'exploser, si tu la places dans sa poche, ton temps d'action serait bien trop court.»

Impossible que je le laisse mettre à ce point sa vie en péril. Je réfléchis rapidement en terminant d'attacher notre otage. Ses mots au sujet des victimes m'ont heurté malgré moi. Pour la plupart des pro-gouvernement, nous sommes, nous les résistants, les vrais salauds de l'histoire. Ces terroristes sans conscience qui troublent la paix publique et sèment le chaos dans un monde déjà tant dévasté, par oppositions aux bonnes âmes de ce cher gouvernement. J'enrage face à cette injustice mais force est d'admettre que nous avons bel et bien mêlé des innocents à notre combat. Il va nous falloir assumer ces blessés et ces morts. Dieu sait qu'il y en aura encore dans les instants qui vont suivre.

« Je vais leur parler, les distraire pendant que tu agiras. Sous ta forme animale, tu seras plus discret et rapide, je pense aussi que tu supporteras plus facilement les blessures éventuelles. Le but est que tu te faufiles entre leurs rangs, sans te faire remarquer, pour les dépasser et les prendre à revers pendant que je crée une diversion. Ils te croiront toujours ici avec moi et, lorsque ce sera le bon moment, tu pourras leur balancer la grenade. »

Sous sa forme de chien, il pourrait prendre une grenade entre ses crocs et profiter de l'obscurité pour ramper au sol, sans attirer l'attention. Pour la dégoupiller par contre, il lui faudrait reprendre forme humaine et j’espère qu'il puisse le faire assez vite. Bien sûr, je pourrais confier cette tâche à mon ombre, mais je ne suis pas certain de réussir à la contrôler une fois encore, mon pouvoir me permet parfois de la plier à ma volonté mais ce n'est pas toujours une réussite et cela s'avère dangereux lorsque je la perd de vue. Je préfère donc compter sur lui pour les prendre en tenaille. Si j'y parviens, j'en profiterai pour lancer la dernière grenade au même moment que lui. Si tout fonctionne, les peacekeepers seront pris entre deux feux et on pourra quitter les lieux. Me débarrassant de mon sac à dos, je l'offre à Declan pour qu'il puisse se servir parmi les deux grenades restantes. Ensuite, c'est vers le fameux micro que je me dirige, l'allumant pour diffuser un message dans le métro. Ma voix résonne dans tous les wagons.

« Vous n'êtes pas les otages de la résistance. Vous êtes ceux du gouvernement qui vous opprime. Nous allons vous ouvrir les portes, vous êtes libres de vous sauver. Prenez garde aux miliciens, ce sont eux et eux seuls qui risquent de vous prendre pour cible. » A ces mots, je cherche parmi les commandes ce qui déclenchera l'ouverture des portes de sortie. Elles le feront toutes à la fois. Un flot de passagers paniqués se dépêcheront de fuir et ce sera le moment rêvé pour que Declan profite de la cohue pour sortir lui aussi, sans se faire repérer. Les hauts parleurs sont assez puissants pour diffuser mon message à l'adresse des miliciens qui nous attendent dehors. « Vous avez dû recevoir le message de votre supérieur, nous avons une ministre auprès de nous. Si sa vie vous importe, cessez le feu et laissez les civils s'en aller. »

J'attends que Declan soit prêt, soutenant son regard avant d'appuyer sur la commande qui provoque aussitôt l'ouverture des panneaux coulissants. Les gens hurlent et se bousculent dans la panique générale. Dans l'enfer qui se déchaîne, le chaos est roi.

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Fight Fire with Fire [Declan]

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