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 Pourquoi pas la soie, les vertiges, l'apogée? [PV Séléné]

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MessageSujet: Pourquoi pas la soie, les vertiges, l'apogée? [PV Séléné]   Mar 28 Fév - 11:01


Pourquoi ?

Pourquoi pas ?

- Pourquoi pas les robes de soie, les talons vertigineux ?

Pourquoi pas la soie diluvienne, la fluidité sur les seins, les hanches, entre les jambes, les décolletés outrageants, les béances indécentes ? Pourquoi pas les talons perçants, juchant, les hauteurs démesurées de l’élégance troublante ?

- Et un peu de cuir, si tu veux vraiment avoir mauvais genre.

Qu’il dit en tirant sur sa cigarette, tenue entre le pouce et l’index. Un air de vieux film noir. Ne lui manque que le borsalino et le sourire en coin. Ne lui manque qu’un siècle. Perdu à Darkness Falls, sans doute.

- Et un peu de paillettes, peut-être, sur le décolleté. Mais attention aux paillettes. Des paillettes de luxe.

Pas de babiole, pas de bon marché, pas de clinquant facile. Les idoles ne se contentent que du plus cher. L’hors de prix, l’or impossible des temples sacrés à qui on a dérobé les feuilles aurifères pour tisser leurs robes chatoyantes.

- Rien n’est trop beau, trop cher, trop décadent quand tu montes sur scène.

Qu’il ajoute en regardant au loin, au-dessus des toits, là où un bout de soleil rose pointe. L’aurore, déjà, au creux du bleu marine. La fin d’une longue nuit.
Nuit passée à écouter les auras des musiques filtrées à travers les pierres et les fenêtres. Les rires des gens. Les épices de leurs peaux. L’âcreté de leurs haleines. Le sel de leurs sueurs.

Calder évite un homme saoul.

Sa cigarette mourante. Lui rappelle les salles embuées des respirations des spectateurs. L’air déjà cent fois mâché. L’oxygène lourd. Les ambiances sures et pas fraîches. C’était bon. Ça lui plaisait.

C’étaient de jolis rêves. Des songes éveillés. Dans lesquels une femme chantait. Une créature à l’apparence humaine et dont le corps disparaissait quand elle chantait. Car il n’aime pas les femmes pour ce qu’elles sont, Calder, il ne les aime que pour ce qu’elles suscitent. Et celle-là avait l’art et la manière d’envahir la scène, la salle, l’espace, de sons qu’il n’imaginait pas venir d’un organe humain avant elle. Pourtant, lui dira-t-on, pourtant cette voix-là est bien humaine. Pourtant, rétorquera-t-on, cette tessiture-là est bien féminine.

Oui. Mais.

Il s’en fout un peu, de la technique. Un peu beaucoup. Ce qui compte, c’est l’effet. La conséquence. L’utilité pour les sensations. Lui qui ne vibre que rarement, s’est laissé couler, liquéfier, évaporer dans les sentiments d’une musique ‘nouvelle’. Le rock. Inédit pour lui, mort pendant la guerre. Cervelle éclatée. Décomposé dans la terre. Revenu d’entre les morts grâce à une farce menée par des inconnus. Revenu glacé. Ecchymosé. Bleu métallisé.

Et puis, ces ‘chansons’. Ce rock. Il a dû l’encaisser. Comme un coup. Une baffe. Un high kick dans le estomac, le foie, les intestins. Ca a d’abord été désagréable. Puis douloureux. Incompréhensible. Puis ça a été frémissant. Chatouillant. Pétillant. Ca a fini en sentiment. Sentiment de quoi. Sentiment impossible à décrire. Peut-être de l’exubérance, probablement de la pugnacité, sûrement de la folie.

Et puis, plus rien. Un silence. Un trou noir. Des jours sans rock. Un quotidien assourdi. Comme si de l’ouate dans les tympans. Une monotonie des décibels.

Et puis, elle dans la rue. Sans robe à paillettes. Sans basse. Sans batterie. Sans… sans rien. Dans la rue, juste. Femme. Il a eu un haut le cœur. Ne lui a pas montré. Il a eu une nostalgie. Lui a dit. Elle, pas l’air intéressée. L’a revue. Elle, pas l’air motivée. L’a revue à nouveau. Lui a dit sa nostalgie à nouveau. Elle, pas emballée.

Et puis ce soir. Cette nuit. L’a trainée dans la rue des musiques.

Une dernière tentative.
Pour la soie. Les vertiges. L'apogée.

- Pourquoi pas, Séléné ?
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MessageSujet: Re: Pourquoi pas la soie, les vertiges, l'apogée? [PV Séléné]   Ven 17 Mar - 18:36


« Une illusion peut-elle exister ? »

Séléné M. Basile & Calder Brythe
featuring

Une illusion parfaite. Jusqu'ici, sa vie humaine s’était résumée à cette façade, cette armure la protégeant de tout ce qui pouvait faire flancher son coeur. Pas qu'elle n'avait jamais aimé être sur scène. Pouvoir faire de son chant son gagne-pain avait toujours été quelque chose qui avait enchanté Séléné. Déjà, de son plus jeune âge, elle prenait plaisir à chanter en publique, voir le regard des gens s'illuminer sous sa voix d'ange. Elle avait cependant changé de disque en intégrant le groupe rock, se contentant de mélodie forte, hargneuse et sensuelle.

La jeune femme avançait lentement dans la rue, contournant les gens de gestes souples et paisibles. Elle ne savait pas tout à fait ce qu'elle était venue faire ici. Cette nuit là, son chemin avait croisé celui de Calder et par instinct elle l'avait suivi, guidée par une curiosité.

Cette femme qui se positionnait sur la scène, gonflait d'air ses poumons dans une vibration, n'était pas celle que tous semblaient penser. Cette femme forte, sensuelle, sans peur, n'était rien d'autre qu'un enfant perdu, mais ça, personne ne le savait. Puis, la drogue vint marquer un tournant dans sa vie, son emprise détruisant tout ce qu'il restait de la douce Séléné. Elle n'était plus que le pantin de sa voix, de sa musique. Elle n'avait plus conscience de la réalité, s'y désintéressait totalement.

Calder était de ceux qui n'avaient jamais vraiment fait face à la véritable Séléné. Il était de ceux qui s’étaient attachés à celle qu'elle n'était pas. Elle l'avait bien compris, lorsqu'ils s’étaient croisés pour la première fois hors de cet univers de la luxure, hors de ce temps révolu. Elle n'avait plus de groupe de musique. Elle ne touchait plus à la drogue depuis déjà quelque temps. Son corps était sevré, à vif. Tous ses sens étaient en alertes pour la première fois depuis déjà trop longtemps. Elle avait enfin conscience du moment présent, de ce qu'elle était, de son pouvoir. Puis il y avait lui. Cet homme qui recherchait à se retrouver devant cette star qui n'était plus que poussière. Cet homme qui s'acharnait sur une illusion. Au départ, cela avait franchement dérangé la jeune femme. Elle ne voulait plus être cette femme, elle ne voulait plus de cette vie hors de contrôle. Elle respirait enfin pour la première fois et lui ne le voyait pas.

Il avait pourtant déjà rencontré la véritable Séléné. Sous sa forme de chouette, elle s’était retrouvée dans une mauvaise situation, assez blesser pour que cela lui cause un inconfort. Elle c'était poser au sol, attendant que la blessure lui apporte moins de douleur, peut-être cherchant à reprendre sa forme humaine pour retourner ce réfugié, mais Calder était arriver à cet instant. Elle décida de garder son anonymat, sa forme de bête sauvage pour ne pas se retrouver devant une situation étrange, pour qu'il ne lui pose pas plus de questions.

L'attention de la jeune femme revint vers l'homme lorsqu'elle entendit sa voix s'élever. Il semblait clairement s'adresser à elle, comprenant qu'elle était non loin de lui. Elle se décida à continuer de le suivre, curieuse d'entendre ce qu'il avait à dire, voulant enfin dissipé ce mal entendu, ne plus être reconnu pour ce qu'elle n'est pas. Il évoqua alors toutes sortes de choses frivoles. Des choses qui semblaient faire partie de quelque chose que Séléné n'avait jamais connu et pourtant... La chouette se rapproche doucement de lui, d'un pas léger, avec une aisance qui ne semble pas humaine. Son regard est fixé sur lui. « Rien n'était trop beau, en effet... mais ce temps est révolu. ». Lorsqu'elle fut à son niveau, Séléné s'arrêta pour pouvoir mieux le détailler, mieux l'observer. Puis son regard revint s'encrer dans celui de l'homme. Elle voulait lui faire comprendre. Lui montré que cette Séléné avait bien plus de valeur. « De toute façon toutes ces paillettes, talons hauts, robes moulantes... c'était épuisant! Je ne dis pas que jamais mon corps ne retrouvera leurs contacts... mais pas maintenant...». Silence. Elle soutient son regard encore un instant puis elle se détourna de lui, croisant les bras tout en avançant, observant les alentours. « De toute façon tu ne m'as jamais réellement connue... comprise.... Je le vois maintenant... Pour tous je n'étais qu'un objet, qu'une sirène qui vous enchantaient... mais ce n'est pas ce que je désire pour ma vie... » . La métamorphe arrêta de bouger, toujours dos à lui dans sa robe légère et ses petits souliers noirs, les cheveux remontés dans une longue queue de cheval qui ne semblait jamais ce terminer. Elle tourna la tête sur le côté, histoire de montrer son visage. Une expression sereine, mais triste, mélancolique, un petit sourire fade. « Tu n'es pas intéressé à connaitre la vérité? La véritable Séléné? »

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