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 Bird without Feathers || Dita

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Bird without Feathers || Dita    Mar 28 Fév - 21:16


« A heart without dreams is like a bird without feathers. »


 
 
Lazlo & Djamila
featuring


  Depuis des mois, les Forgiven Days. Depuis des mois, il avait fallu ré-apprendre à vivre. Ré-apprendre à respirer, ré-apprendre à ne plus avoir peur de sortir de chez soi. Ré-apprendre que le monde extérieur existe, et que si les regards continuaient de le scruter comme une bête de foire, à cause de la célébrité soudaine que lui avaient procurée ces maudits jeux, il pouvait toutefois reprendre ses propres activités. Enfin, pas toutes. Cette maudite couverture médiatique avait causé du tort à leur groupe, de part le fait que plus de la moitié de ses représentants avaient fini dans l'Arène. Valdès avait été ferme de ce côté-là. Lazlo devait redoubler de vigilance pour ne pas être reconnu ou repéré par la plèbe. Par la milice. Montrer patte blanche et une civilité irréprochable quand la seule envie qui le travaillait était de revenir sur le terrain, plus fort, bien plus fort qu'avant. Parce que c'était ce qui le faisait tenir. Parce que c'était ce qui l'empêchait de réfléchir.

Mais dans ces circonstances, la vigilance de Cassidy était logique. Une mise au banc particulièrement désagréable, quand bien même il la comprenait. Il y avait tant à faire, tellement de choses à faire ! Tellement de têtes à faire tomber, tellement de connards à abattre. Tous ceux qui avaient osé mettre en place ce cirque du cauchemar, tous ceux qui avaient osé faire souffrir toutes les personnes touchées de près ou de loin par les Arènes. La terreur s'était transformée en colère à mesure que ses plaies s'étaient refermées. Maisy avait été d'une grande aide, ses pouvoirs prenant le relais sur les onguents d'Olivia, sa guérisseuse de l'Arène. Et s'il gardait cette maudite cicatrice ovale au niveau de son cœur, cet échec cuisant gravé à même la peau de son torse, il pouvait s'estimer entièrement guéri. Enfin, presque...

Son genou battait l'air nerveusement depuis de bonnes minutes, alors qu'il était assis dans son canapé, tentant de planifier une prochaine sortie à l'extérieur. Personne ne serait au courant. Peut-être Vaas, pour voir s'il suivrait le mouvement. Mais Cassidy n'en saurait rien, parce qu'il pouvait très bien imaginer le non catégorique qu'il obtiendrait comme toute réponse. Un non qu'il se refusait d'entendre. Il avait trop d'énergie à revendre, trop de colère accumulée pour essuyer un nouveau refus. Il devait agir, et la première étape commençait par surmonter les règles et les lois, qu'elles fussent celles de son chef ou celles du monde entier. Peu importait ce qu'ils lui diraient. Peu importait qu'il se fasse attraper. Peu importait la prohibition, la sécurité, ces lois qui les étouffaient. La Résistance devait prendre du galon, et ça passait par l'insubordination.
Une pensée qu'il s'était faite en se frottant à Vittoria, en discutant avec Enya. Deux facettes de cette même Résistance, la première aussi abrasive que l'acide, la seconde passive comme une braise sur point de s'éteindre, mais tout de même prête à se ranimer. Deux forces à prendre en compte, deux forces de plus, qu'il mourrait d'envie d'aider. C'était dans le but d'une nouvelle rencontre qu'il avait envoyé un message à Vittoria, une nouvelle possibilité d'alliance qui serait bénéfique à leurs groupes respectifs. Plus ils s'organiserait et plus la Résistance serait efficace, il le savait. Sauf que Dita était partie, le message enroulé autour de sa patte, depuis bien trop longtemps. Si Vittoria n'était pas facile à trouver, ça n'aurait tout de même pas dû prendre autant de temps à la colombe pour revenir chez son Oiseleur avec une réponse.

Ce n'était pas normal. Il s'était redressé pour faire nerveusement les cent pas dans son salon, oubliant la carte de la Nouvelle Orléans qui s'étalait sur sa table basse. Non, ce n'était pas normal qu'elle ne soit toujours pas revenue. Et dans l'état où il était, il ne pouvait pas se permettre de perdre sa colombe. Pas elle. Les autres pigeons étaient à des années lumière d'avoir autant de jugeote que l'oiselle, d'avoir autant de répondant, et de comprendre aussi bien les ordres. D'avoir droit au même traitement de faveur qu'elle. Et la dernière fois qu'elle était partie aussi longtemps, il avait appris de la bouche même d'une revenante des Enfers qu'elle avait failli y passer.
Il ne voulait pas que ce soit de nouveau le cas. D'une impulsion, ses pensées noyant la voix ferme de Valdès qui lui intimait une discipline exemplaire, il attrapa sa veste et s'échappa de son usine. Peu importait le risque, il battrait toute la ville pour la retrouver s'il le fallait.  

Suivant les consignes de Vittoria, il avait envoyée la colombe en direction du Bones. C'était là qu'elle était la plus aisément joignable, ce serait donc le point de départ de ses recherches. Bifurquant à travers les ruelles étroites, mal famées, il avait tiré sa capuche sur ses cheveux longs, profitant de la tombée de la nuit pour se protéger des regards. Filant à longues enjambées rapides, il réfléchissait. Ses volatiles basaient leur vol sur l'odeur, celle de leur nid en particulier. Dita était la seule qui semblait pouvoir se dissocier de cet instinct primaire, une qualité qui l'avait toujours surpris et s'était toujours avéré particulièrement utile. Si elle avait dû partir vers le Bones, elle aurait choisi la route la plus courte, en évitant les cheminées d'aération, sur les toitures. Elle aurait aussi évité de sinuer entre les bâtiments les plus hauts, pour ne jamais manquer un appel d'air. Parce qu'il la connaissait, sa colombe. Il l'avait vue faire. Jamais elle ne courait le risque de perdre la moindre parcelle d'énergie bêtement, comme ses comparses pigeons. Toujours aller droit au bout, le plus efficacement possible.
Retraçant le parcours de vol qui semblait le plus logique, le nez levé à la recherche de signes ou de plumes qu'elle aurait pu laisser en chemin, il arriva à proximité du Bones. Une population à l'air rude rôdait tout autour de la librairie factice, dans l'attente de se voir autoriser l'entrée dans les tréfonds du bouge. Quelques uns lui adressèrent un hochement de tête en guise de salut. Des amis. Des habitués. Des clients. Il leur répondit d'un signe de la main avant de remarquer une plume minuscule, d'une blancheur immaculée, au pied d'une poubelle.

Alors qu'il s'accroupissait pour la ramasser, un des hommes l'apostropha.

-Tu cherches un de tes pigeons, Janus ?
-Une colombe blanche comme ton cul, Rob, tu l'aurais pas vue des fois ?
-Elle était moins blanche que ça, mais elle est partie par là, m'semble.


Serrant toujours la plume entre ses doigts, l'Oiseleur suivit la direction que montrait le dénommé Rob. Une ruelle sombre, étroite et sans aucun éclairage qui, si elle raccourcissait le chemin pour revenir au bercail, semblait être à des lieues du type d'axes que semblait préférer sa colombe. D'une bourrade amicale sur l'épaule de son informateur, l'Eleveur prit congé et suivit la piste.
Rob avait raison. Douloureusement raison. Il venait tout juste de faire quelques mètres dans le coupe gorge qu'il trouva une nouvelle plume blanche. Une décision vraiment surprenante. Ou alors le signe que quelque chose était effectivement arrivé à sa colombe.
Pourvu que ça ne soit rien de grave. Progressant lentement, tentant d'observer au mieux les lieux malgré la pénombre ambiante, il siffla doucement. Un sifflement particulier, celui qu'il utilisait pour que ses oiseaux le rejoignent. Dita avait elle aussi été dressée à le reconnaître. Si elle était dans les parages, il était certain qu'elle trouverait un moyen pour attirer son attention.

Mais pas de réponse. Il en était à la troisième plume blanche nichée dans des coins incongrus de cette mauvaise ruelle. Plumes qu'il tripotait nerveusement entre ses doigts alors qu'il débouchait sur une intersection, et que le mystère s'épaississait. Un nouveau sifflement, légèrement plus fort. Auquel répondit un mouvement dans l'obscurité, dans la ruelle juste devant.
Rapidement, il rejoignit l'origine du bruit, avant de réaliser que ce n'était pas un oiseau mais bien une personne qui avait fait ce mouvement.

-Excusez-moi, vous auriez pas vu une col...

Une jeune femme à la peau brune, nue comme au premier jour. Une jeune femme dont les longs cheveux de jais ne suffisaient pas à cacher la pudeur, et dont le visage provoqua une vague de sueur froide le long du dos de Lazlo.
Cette nana, à poil dans sa ruelle, là, elle bossait au Gouvernement. Il en était persuadé.
Restait que dans sa position, elle n'allait pas pouvoir aller bien loin sans s'attirer des emmerdes. A moins que ce ne soit précisément parce qu'elle avait eu lesdites emmerdes qu'elle était dans cet état. Déglutissant rapidement, l'Eleveur enleva aussitôt sa veste sans un mot pour la lui tendre. Un geste spontané qu'il regretta presque immédiatement. Cette nana constituait une part de son problème.

-Enfile ça, tu peux pas rester comme ça, encore moins dans le coin !

L'altruisme passait avant le sens critique. Une faiblesse connue chez lui. Par chance, la veste qu'il avait précédemment sur le dos était celle de Daniel, et le quadragénaire faisait une bonne tête ainsi qu'une bonne vingtaine de kilos de muscles de plus que lui. Elle nagerait encore plus dedans que lui, mais au moins, elle donnerait l'illusion d'être relativement couverte.
Jetant un bref coup d'oeil derrière son épaule pour s'assurer que la milice ou qui que ce soit d'autre ne pointe le bout de son nez, il se retourna vers la jeune femme. Oui. Il connaissait ce visage. Et oui, c'était une de ces connasses du Gouvernement. Mais ça n'empêchait pas qu'elle restait humaine comme les autres. Désespérément humaine.

-Quelqu'un t'a agressée ? T'as besoin d'aide ? J'peux pas te laisser comme ça...

Il y avait du mouvement dans la ruelle d'à côté. Le claquement de semelles sur le bitume, accompagné de voix masculines qui se répercutaient sur les murs de la ruelle trop étroite. Des pas qui se rapprochaient de leur position. Pourvu que ce ne soit rien...

 



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MessageSujet: Re: Bird without Feathers || Dita    Ven 3 Mar - 11:03

Liberté. Pure liberté. Ses blanches ailes déployées, la colombe se laissait porter par les vents : elle est légère, aérienne, loin du monde des hommes et de ses monstruosités. Gouvernement, sorciers, jeux d’arènes, résistance, crimes de sang… Tout s’effaçait dans une brume nuageuse – à choisir, elle pourrait rester oiseau éternellement. Ces animaux à plumes semblent avoir cette légèreté presque incongrue dans le monde actuel : du lever du jour, ils vont au fil du temps et chantent, encore et toujours des notes mélodieuses. Qu’est-ce que ce chant ? Et que veulent-ils dire ? Cherchent-ils à communiquer ? L’Homme l’a toujours ignoré, mais cet appel musical ne peut être qu’un hymne à la joie. Aussi avait-elle de la chance, elle n’avait à se soucier de rien : la colombe, nourrie, logée par son Oiseleur, était traitée avec bienveillance et tendresse. Il ne lui demandait presque rien en échange : quelques messages à transmettre, à faire passer à travers les différents quartiers. Elle aimait ces missions à tire d’ailes, elle aimait survoler la ville, la parcourir comme jamais avant. Il y a des vues du ciel qui valent mille fois ce que l’on aperçoit d’en bas.

Et si elle pouvait raconter à la jeune fille qu’elle fut, qu’un jour, cette forme animale serait bien plus une force qu’une faiblesse, que cette capacité de transformation serait son échappatoire, elle n’aurait peut-être pas passé des années à se détester.

Vittoria. En direction du Bones. C’était la mission du jour. Son oiseleur lui avait expliqué la route –d’autres peut-être l’aurait trouvé fou de prendre du temps à rendre compte d’un trajet à un oiseau, mais pas Lazlo, jamais – et elle était partie à tire d’ailes, le message accroché à l’une de ces pattes. L’Est de la nouvelle Orléans est la partie vivante, festive, celle des bars et des clubs, de la musique ; celle qui ne dort jamais. Jour comme nuit, impossible de ne pas se faire repérer : il y a toujours quelqu’un. Être porteur d’un message top-secret devenait plus difficile dans ces conditions, mais, par chance peu se souciaient du va-et-vient des pigeons.

Le fait que des oiseaux dressés étaient utilisés pour transmettre des messages n’était ignoré de personne. Même le gouvernement soupçonnait certains groupes de résistants d’avoir recours à ce moyen de communication.  Aussi, il aurait fait exécuter sans remords tous les éleveurs de volatiles… s’ils n’étaient pas si utiles alors qu’il s’agissait de transmettre des messages rapidement, pour le compte des chefs d’Etat. La poste avait des plumes et une paire d’ailes : pratique pour atteindre les lieux inaccessibles et éviter de risquer la vie d’un homme bien. Par homme bien, entendez quelqu’un à la botte de cette pseudo gouvernance. Et si les prisonniers avaient été évoqués pour transporter le courrier, ils étaient trop instables, trop ingérables, enclins à s’enfuir s’ils n’étaient pas surveillés par une brigade assez rapprochée, moins agiles et rapides, aussi – des frais en plus, une attention plus importante à leur accorder. Non, ce n’était pas rentable. Autant se farcir les fientes de pigeons sur les façades si la solution convenait à obtenir le courrier en temps et en heure.

Et, quand ces abrutis de rats-volants étaient repérés dans un quartier où ils ne devraient se trouver, si ces volatiles sont suspectés de transporter des informations destinées aux ennemis de la nation, eh bien… Disons qu’ils ne résistaient jamais longtemps à une milice.

En parlant de malheur. Repérée. Merde. De la hauteur, il lui était impossible d’entendre l’échange entre les deux hommes, mais leurs regards étaient suffisamment suspicieux pour que la colombe décidât de plonger entre deux bâtiments : un détour, dans son trajet pour rejoindre le Bones, mais elle ne pouvait se permettre d’attirer l’attention sur elle – elle n’avait jamais appris à slalomer entre les tirs, n’avait jamais connu la brûlure d’un projectile le long de ses plumes, mais elle le savait, savait qu’elle ne pourrait échapper à la précision de l’impact. Elle connaissait la ville comme sa poche et personne ne réussirait à suivre un oiseau – trop de bâtiments à éviter, à contourner. Un tir en l’air. Les abrutis semblaient s’être défiés, semblaient vouloir toucher un oiseau au vol. Un autre tir. La balle n’était pas passée loin. Un choc violent. Des rires lointains. Et le noir.

_______

Ses yeux s’ouvraient difficilement – mais l’obscurité ambiante aidait. L’obscurité ? La nuit était déjà tombée ? Merde. Merde. Qu’est-ce que… ? Une douleur sourde lui transperçait le crâne et, en passant la main sur son front, elle se rendit rapidement compte de la grosseur qui se formait sous sa paume. A vouloir éviter ces abrutis, elle avait dû finir par être entraînée par un appel d’air et foncer dans l’une de ces conduits de cheminées qui lui avaient causés tant de mal quand elle avait commencé ses virées aériennes. Mais ce n’est que lorsqu’elle tenta de se redresser qu’elle se rendit compte de l’étendue du problème : la retransformation ! Elle était seule, nue, dans une ruelle sombre de l’est de la Nouvelle-Orléans. Formidable. Comment allait-elle pouvoir se sortir de là ? Elle allait avoir besoin de quelques instants pour retrouver ses esprits avant de pouvoir s’envoler à nouveau. Au moins, elle n’était pas morte. C’était plutôt positif. Pas de blessures visibles, juste cette douleur à la tête, et ces éraflures, probablement dues à sa chute. Une fois de plus, elle avait de la chance ! Mais il manquait quelque chose… Le message ! Elle se mit rapidement à rechercher le message…

Un sifflement lui fit redresser la tête. Lazlo. Merde.

Ce sifflement est un signal de ralliement. Elle l’avait entendu maintes fois sous sa forme de colombe. Il fallait qu’il vienne à sa recherche maintenant. Aujourd’hui. Vas-t-en. Oublie cette ruelle et vas-t-en. Inconscient des prières silencieuses de l’oiselle, il s’engouffra dans l’obscurité. Idiot.

- Excusez-moi, vous auriez pas vu une col...

La phrase prit fin alors qu’il aperçut l’état de Djamila. Elle avait déjà oublié sa nudité. Super. Comment expliquer ça maintenant ?

- Hm… Bonjour.

Bonjour ? Bonjour ? Elle avait plus de répartie que ça, habituellement. Mais jamais n’avait-elle eu à parler à son oiseleur. Il enleva sa veste sans un mot et la tendit à Djamila.

- Enfile ça, tu peux pas rester comme ça, encore moins dans le coin !

Se couvrir. Oui, c’était une bonne idée. Elle se saisit du vêtement et l’enfila. Si elle avait pu, elle serait partie sans demander son reste – mais avec toutes ces nouvelles restrictions et cette police des mœurs, elle n’aurait pas fait trois pas dans les ruelles animées.  Et comment l’expliquer ? J’étais à la piscine mais j’avais oublié mon maillot ? Je suis somnambule et je dors nue ?

- Quelqu'un t'a agressée ?

… ou je me suis faite agressée. C’était définitivement une excuse plus crédible.

- T'as besoin d'aide ? J'peux pas te laisser comme ça...

Décidément, il avait décidé de parler. Mais l’Oiselle ne savait comment réagir : si elle avait imaginé de nombreuses fois la rencontre avec Lazlo, aucune de ces situations n’impliquaient une ruelle sombre, et elle dans un manteau dans lequel elle aurait pu loger trois fois.

- J’aurai besoin d’un change de vêtements et de rentrer chez moi mais, sauf si vous avez pour habitude de vous travestir la nuit, je doute que vous me soyez utile.

Elle n’était pas à son avantage, mais elle ne pouvait, ne voulait laisser percevoir son trouble. Peut-être s’il était suffisamment tard, elle pourrait faire passer son accoutrement pour un walk of shame où elle n’aurait même pas attendu le lendemain matin ?

- Vous savez qui je suis.

Ce n’était pas une question. Le comportement de Lazlo était incompréhensible, tant son langage trahissait son envie de la laisser alors qu’il faisait tout son possible pour se montrer altruiste. Dita était presque déçue de voir qu’elle n’était à ces yeux que la femme du gouvernement. Mais après tout, c’était tout à fait ce qu’elle était. En fait, elle était aussi celle qui venait de perdre un message important, et qui devait le retrouver, son train de pensée la fit machinalement regarder au sol – mais elle releva rapidement son regard, espérant qu’il n’avait pas aperçu ce qu’elle cherchait.

- Il serait ridicule d’espérer que vous soyez venu autrement qu’à pied, n’est-ce pas ? Ne restez donc pas pour moi, je vous en prie, continuez ce que vous aviez à faire.

Une pause.

- Vous cherchiez quelque chose me semble-t-il ?

Oui, toi. Il te cherchait toi. Mais comme il ne pourra lui répondre la vérité, peut-être botterait-il en touche. Il ne serait pas suffisamment stupide pour risquer de se dévoiler à une représentante du gouvernement, n’est-ce pas ? Surout que les claquements de semelles se rapprochaient encore.
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MessageSujet: Re: Bird without Feathers || Dita    Lun 6 Mar - 2:01


Non décidément, c'était surprenant de voir une nénette comme elle, dans cet état, au beau milieu d'une ruelle qui n'avait rien de sûr. D'autant plus surprenant de remarquer qu'il n'y avait de traces de ses vêtements... Nulle part. Absolument nulle part, pas la moindre once de tissu déchiré, pas le moindre petit bout de jean chiffonné jeté au pied d'un mur. Rien. Comme si elle avait été posée là, au milieu des poubelles, sciemment.
Etrange, très étrange. D'autant qu'il n'avait encore jamais entendu parler de ce type de crimes dans la Nouvelle Orléans. Mais avec les temps qui courraient, toutes ces nouvelles drogues spéciales qui passaient de main en main et la folie qui s'emparait de l'Humanité, il n'aurait pas été surpris que des criminels trouvent de nouvelles lubies pour passer le temps.
Restait qu'il ne pouvait pas décemment la laisser comme ça, dans cet état, et encore moins alors que des hommes semblaient se rapprocher d'eux. S'accroupissant à contrecoeur dans sa direction, l'Oiseleur avait presque oublié ce pourquoi il était venu dans cette maudite ruelle. Presque. Parce que la seule chose qu'il y avait à proximité de la jeune femme du Gouvernement, c'était une énième plume blanche, écarlate, juste à ses pieds.

La défiance qui résonnait dans la voix de la jeune femme lui arracha un léger grognement, entre ses mâchoires serrées. Il essayait de l'aider, et elle, elle le prenait de haut. Ce qui n'était finalement pas si étonnant venant d'une nénette comme elle. Tous des connards imbus d'eux-mêmes, ces Gouvernementaux. Pas étonnant que certains comme lui aient envie de faire péter leurs locaux, de préférence avec leurs employés à l'intérieur. Des fois le Darwinisme ne faisait pas si bien les choses.

-Effectivement miss, j'ai pas vraiment l'habitude de me trimballer en robe patineuse mais je peux au moins te ramener chez toi. Sauf si tu comptes traverser tout le quartier en tenue d'Eve à danser la gigue, et à ce moment je serai vraiment pas contre reprendre ma veste. Elle est pas à moi, tu vois.

Après tout, il s'imaginait mal expliquer à Daniel Premier du Nom qu'il avait prêté sa veste à une chienne du Gouvernement parce qu'elle avait décidé, Dieu seul savait comment, de se promener avec sa seule fourrure sur le corps. Daniel l'aurait probablement très mal pris. Et puis son ton l'irritait. Trop impérieux. Trop similaire à celui qu'empruntaient les édiles Gouvernementaux quand ils venaient se servir dans son cheptel à plumes. Et s'il avait répondu sur le même ton, imitant la défiance de sa partenaire improvisée, il finit par se fendre d'un nouveau sourire. Railleur, cette fois.

-Je t'ai déjà vue quelques fois, mais j'ai pas retenu ton nom. Et pour être entièrement honnête, ça m'est strictement égal que tu bosses pour la Haute ou pour le pressing du coin.

Pour qui se prenait-elle ? Elle avait lâché son affirmation avec un aplomb qui avait provoqué une vague de sueur froide le long de son dos. Comme si elle se doutait elle-même de ses propres affinités politiques. Elle n'avait aucun moyen de savoir, si ? A moins que dans leur tour de verre, les ennemis soient bien plus documentés qu'ils ne le croyaient tous, dans la Résistance. Ce qui l'aurait vraiment surpris.
Non. Elle bluffait. Il ne pouvait s'agir que de cela. Elle tendait des perches au hasard et attendait de voir à laquelle il se raccrocherait. Mais il n'était pas aussi stupide que ça.

Les bruits de pas se rapprochaient et il se redressa lentement, pour ne pas l'effrayer. Si ça se trouvait, elle ne lui parlait comme ça que pour cacher la misère. Il l'espérait tout du moins. Cette maudite foi en l'Humanité, toujours la même. Celle de toujours tenter de déceler le positif quelle que soit la situation, quand bien même c'était sans espoir. Malgré ses propres dires, il n'était pas homme à la laisser dans cet état quand bien même sa fierté était régulièrement agressée par ses attaques. Pas alors que les pas se rapprochaient toujours plus, leur son se faisant progressivement plus clair à mesure qu'ils avançaient. Les voix masculines, borborygmes inintelligibles au départ, se définissaient avec plus de clarté. Les sons faisaient des mots, et les mots trahissaient non pas un groupe de miliciens comme Lazlo l'avait cru, mais un groupe de malfrats.
Et merde. Et la Gouvernementale qui reprenait la conversation l'air de rien, avec ses piques.

-Penses-tu, j'ai garé mon jet privé un peu plus loin dans la rue, mais tous les cons du coin essaient tous de me le braquer régulièrement. Tu peux te lever ?

Se rapprochant, il essaya de discerner rapidement sur sa peau la moindre trace de blessures. Rien. Pas une once de sang, pas un hématome, pas de boursoufflures, sa peau brune semblait en parfait état. Son regard ne s'attarda pas une seconde sur ses courbes, sur ses formes. Parce qu'il n'y avait rien à voir. Rien qui soit susceptible de l'intéresser, tout du moins.
A part cet éclat blanc, cette plume qui se trouvait à côté de sa cheville. Plume qu'il se hâta de ramasser pour l'inspecter, une vision autrement plus intéressante que le corps d'une femme. Il se mordit la lèvre inférieure. Comme mue par un sens du timing exceptionnel, l'employée Gouvernementale lui demandait s'il cherchait quelque chose.
Oui.

-Je cherche une colombe. Blanche. A peu près cette taille... Il retraça le format de Dita de ses mains couvertes de griffures, un format qu'il connaissait par cœur. Maline comme tout, elle est passée par ici à priori. Mais ne changeons pas le sujet, tu m'as pas expliqué comment t'as échoué ici dans cet état.

Ce n'était pas une question. C'était une affirmation, dure, sèche. S'il savait que Dita avait franchi cette ruelle, il avait une confiance entière dans ses capacités. L'Oiselle avait réussi à esquiver pire que la mort. Elle trouvait toujours le chemin de la Volière. La jeune femme à ses pieds, elle, c'était une autre paire de manches.
Et elle refusait toujours aussi systématiquement son aide. Ce qui commençait à devenir vraiment problématique.

-Bon, j'm'appelle Lazlo, et j'te veux vraiment pas de mal. J'crois que tu sous-estimes un peu le quartier, en me disant que tu vas t'en sortir toute seule comme une grande. Ici, c'est la merde. On est juste à côté de pas mal de repaires de cons, donc c'est toi qui vois. Soit je te raccompagne jusqu'à chez toi et j'te sers d'alibi voire de protection, soit... Bah soit je te laisse là, j'récupère ma veste, et je retourne à mes recherches.

C'était couillu, comme proposition. Couillu parce qu'il n'avait strictement aucune intention de la laisser toute seule, en réalité. Parce qu'autant d'égoïsme ne lui ressemblait pas, au fond. Mais elle lui parlait vraiment comme au dernier des abrutis depuis leur rencontre. Elle le brossait dans le mauvais sens du poil. Alors sa proposition ne servait à rien d'autre qu'à remettre les choses à plat, et lui offrir la possibilité de s'échapper de cet enfer dont, clairement, elle ne devait rien connaître.

-J'te raccompagne, et ensuite on trace nos routes chacun de notre côté. Pas besoin de nous retrouver tous les jeudis pour boire un diabolo menthe en ricanant sur la façon dont on s'est rencontrés. T'en as ma promesse.

Son ton était urgent. Pressé. Non seulement parce que la nuit continuait de progresser sur la ville, les enveloppant bien trop vite pour sa sécurité, mais aussi parce qu'il s'inquiétait de plus en plus pour sa propre colombe. Avait-elle eu un problème ? Avait-elle rejoint tranquillement la Volière, alors qu'il traçait les rues pour la retrouver ? Trop de questions. Et cette nana le retardait, avec sa mauvaise volonté.
Le blond finit par se redresser, jetant un coup d'oeil derrière son épaule. Les malfrats s'étaient arrêtés pour faire Dieu seul savait quoi, dans la rue. Ils gagnaient ainsi quelques précieuses minutes pour filer sans qu'ils ne la repèrent. Encore fallait-il qu'ils en fassent bon usage, de ces fameuses minutes. Lui tendant une nouvelle fois la main pour l'aider à se redresser, il planta ses iris céruléens dans ses grands yeux sombres

-Deal ?



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MessageSujet: Re: Bird without Feathers || Dita    Ven 10 Mar - 19:52

Pour tout autre résistant, pour tout autre personne rencontrée, elle aurait été fière de sa prestation. Fière de son air de suffisance, fière de son assurance et de la réaction qu’elle provoquait chez l’oiseleur. Elle n’était protégée que par cette inaccessibilité méprisante. Il était ‘’du peuple’’ et elle de ‘’l’élite’’. Lui de la résistance et elle d’une classe supérieure. Elle imaginait ses parents se retourner dans leur tombe à la description : la fille d’artiste, acrobates aux plumes blanches, transformée en arriviste d’un gouvernement tyrannique. L’ironie. Etait-ce exagéré de vouloir se comporter telle une noble d’une autre époque ? D’afficher cette arrogance si commune parmi l’élite et de se faire affilier avec ceux qu’elle méprise tant ? Djamila était convaincue que ce petit spectacle lui permettait d’afficher ostensiblement son camp et de ne laisser aucune place à l’interprétation, se protégeant, de fait, des suspiscions qui pourraient naître concernant une certaine aide à la résistance. Et jusqu’à présence, son petit show avait plutôt bien porté ces fruits et plusieurs fois avait-elle pu obtenir des informations intéressantes pour préserver ses protégés.

Donc, oui, bien sûr face à n’importe qui d’autre, elle se serait réjouie d’avoir réussi son petit numéro – peut-être aurait-elle dû se lancer dans la comédie, finalement, mais face à Lazlo, face à celui dont elle savait tant et avec qui elle aimait tant passer du temps, elle encaissait avec difficulté. Jamais ne l’avait-elle entendu utiliser son ton avec elle. Mais pourquoi l’aurait-il fait ? Elle n’était que son oiseau, une belle colombe blanche qu’il semblait adorer.

-On prête donc ce qui ne nous appartient pas… Monsieur Elle n’aimait pas du tout la manière dont il lui répondait. Elle l’avait cherché, c’est vrai. Mais Lazlo, son Lazlo, n’était pas comme ça. Une veste volée peut-être ? Elle aurait pu le deviner : la carrure l’oiseleur n’était pas suffisamment imposante pour remplir ne serait-ce que la moitié de ce truc. Et elle, elle nageait dedans, littéralement. Elle devait avoir l’air d’un ridicule ! Un sourire forcé s’afficha sur son visage. Je vous la rendrais votre monstruosité. Nom et adresse, et elle est à vous à nouveau demain. Avec un rictus ironique, elle ajouta : Je vous la ferais porter par pigeon.

L’instant où les mots franchirent ses lèvres, elle se raidit. Quelle idiote. Etait-elle censée savoir ça ? Elle ne devait pas le connaître. Elle, du moins sa forme humaine, l’image publique ne le connaissait pas ; et ne pouvait savoir qu’il possédait des oiseaux voyageurs. Mais quelle idiote. Putain ! Peut-être n’y fera-il pas attention ? Peut-être supposera-t-il qu’elle ignore tout de ces activités clandestines et imaginera-t-il qu’elle, comme de nombreux autres abrutis de la haute – comme il dit, a déjà fait appel à ses services de messager. Oui, après tout, elle pourrait très bien le connaître comme ça. Après tout, il disait l’avoir déjà vue, du plus. Même si elle ne semblait pas lui avoir fait une grande impression. Non mais pour qui se prenait-il de la regarder de haut ? Monsieur est résistant ? Monsieur est du bon côté de la barrière alors Monsieur prend des airs de grand seigneur ?

Je doute que vous connaissiez le personnel du pressing du coin. lâcha-t-elle après l’avoir observé quelques secondes de la tête aux pieds. C’était étrange, de pouvoir le regarder ainsi. Elle n’avait jamais où l’occasion d’avoir cette vue de Lazlo. Elle savait ce à quoi il ressemblait quand on se perchait sur son épaule. Elle pouvait dessiner les yeux fermés son portrait… vu du dessus d’une armoire, ou du perchoir de ses innombrables volières. Mais ainsi, face à face, elle le découvrait.

Et si son animosité était chose nouvelle, elle ne pouvait qu’apercevoir l’homme, altruiste, honnête – naïf, parfois aussi, dans sa foi en l’être humain – dans leurs interactions. Parce que, malgré l’accueil ignoble et les violentes réparties auxquelles il avait été sujet, il souhaitait l’aider. La protéger.  Il guettait les bruits de pas, il ne cherchait pas à abuser d’elle, de sa faiblesse dans la situation, ne profitait pas – comme d’autres pourraient… comme d’autre auraient – d’avoir l’une des petites mains du gouvernement à sa merci.

Il l’observait avec méfiance… et… bienveillance, presque. Et elle ne pouvait que croire qu’il ne lui voulait aucun mal. Son idiotie le perdrait. Elle avait raison de suivre Mikkel. Elle avait raison de surveiller ses fréquentations. Ce garçon était définitivement trop gentil pour le monde – du moins pour ce monde-ci. Un monde de violence et de guerre, de meurtres, de profits. Qu’est-ce qu’il faisait donc dans la résistance, en aidant, en même temps, ses ennemis ? Il allait finir par se faire butter. Imbécile. Tiens, l’imbécile avait repris la parole, et Djamila ne put retenir un sourire amusé alors qu’il rendait coup pour coup ces réparties.

-Penses-tu, j'ai garé mon jet privé un peu plus loin dans la rue, mais tous les cons du coin essaient tous de me le braquer régulièrement. Tu peux te lever ?

S’il n’avait pas su préalablement qu’il préférait les hommes, elle aurait pu être vexée par le manque d’intérêt que Lazlo semblait porter à ses formes. Il avait devant lui une femme – une belle femme, du moins était-elle du goût de certains – et lui ne profitait aucunement de la situation. Sérieux. Concentré. Elle pouvait presque voir ses méninges tourner alors qu’il ne jetait sur elle qu’un regard ancré d’un intérêt presque… factuel.

Je ne suis pas en sucre. Une pause. Et ça va. Merci. reprit-elle plus doucement. S’il avait tendu la main pour l’aider à se relever, elle l’aurait probablement ignoré, mais qu’il ne l’aide pas le moins du monde, elle ne l’avait pas anticipé. Tant et si bien que lorsqu’il plongea pour récupérer une plume blanche (pourquoi grand dieu cette putain de colombe perdait-elle ses plumes ?), elle n’eut même pas la rapidité d’esprit de récupérer d’esprit de récupérer son message. Où était ce putain de message, d’ailleurs ? Et alors qu’il semblait plus préoccupé par la plume qu’autre chose, elle se risqua un regard autour d’elle. Rien de visible. Merde. Retour au plan initial. Le faire partir. Et peut-être pourrait-elle l’orienter ailleurs ? Elle se redressa difficilement – elle s’était bien amochée pendant la chute – elle tenta de garder un minimum de dignité alors qu’elle serrait la veste autour d’elle.

- Connaissant le prix de la viande, elle a dû finir grillée ta colombe. mentit-elle. Et elle en savait quelque chose. Elle en avait vu passer, des pigeons qui finissaient chez le boucher. Peu tiraient sur une colombe – pour le symbole, peut-être – mais les pigeons ne bénéficiaient pas de ce traitement de faveur, surtout dans des temps durs comme ceux-ci. L’idée de finir rôtie et mangée la fit frissonner. Brr. Elle détesterait finir dégustée. Autant être explosée en milliers de morceaux. Autant finir brûlée vive. Mais chassée et mangée ? Oh que non ! Elle valait bien mieux que ça. Du moins, l’estimait-elle. En tout cas…Elle ne profita pour à nouveau examiner le périmètre autour d’elle. Minute. Là-bas. Ce ne serait pas le papier qui était accroché à sa patte alors qu’elle était colombe ? Son regard se releva et elle croisa à nouveau celui de Lazlo. … il n’est pas là, ton oiseau.

Mais toute la discussion sur son oiseau ne semblait le faire bouger. Au contraire, il relançait sur un sujet oh combien plus dangereux pour Djamila. Des explications. Je ne vois pas en quoi ça vous regarde.

Elle y mettait toute la mauvaise volonté du monde. Qu’il parte. Et qu’il parte vit. Djamila n’avait besoin que de quelques secondes pour récupérer le message et partir à tire d’ailes mais elle ne pourrait se transformer si la vermine de ce quartier se joignait à la conversation. Non. Il fallait qu’elle soit seule.

-Je garde la veste. Tu gardes tes questions, tu cherches ta colombe. Et nos chemins se séparent.
Pourquoi fallait-il qu’elle tombe sur lui ? N’importe qui aurait jeté l’éponge, l’aurait laissé à son propre sort – elle pouvait se débrouiller, elle se débrouillerait très bien, elle s’était toujours débrouillée. Après tout, elle avait échappé à pire que la mort. Mais non, Lazlo, toujours lui, semblait dans l’incapacité de l’abandonner dans ce quartier pourri. Son attention, sa persistance, c’était tout lui, en fait. A vouloir protéger les autres, sans pourtant pouvoir y gagner quelque chose en retour. Juste par bonté d’âme. Si seulement les hommes étaient comme lui – si seulement les Hommes étaient aussi bons que Lazlo les imaginaient. Si seulement.

Dans un soupir, elle céda, en lui faisant signe de se retourner : Tu me laisses juste le temps d’enfiler ça correctement ? Juste le temps de glisser ces bras dans la veste, et de récupérer le message. Juste le temps de le faire disparaître avant des personnes mal-attentionnés, ou potentiellement dangereuses pour le réseau de résistants, puissent tomber dessus.

-Deal ?
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MessageSujet: Re: Bird without Feathers || Dita    Dim 19 Mar - 1:02


Non contente de faire partie du Gouvernement, sa nouvelle "meilleure amie" se comportait comme une peste. Une attitude altière, profondément méprisante, qu'il avait souvent pu constater chez les pairs de la demoiselle. Comme si le monde entier leur était dû, comme si leurs ouailles n'avaient pas d'autre choix que de leur manger dans la main pour avoir ne serait-ce que daigné descendre de leur tour de verre. Un comportement qui horripilait profondément l'Oiseleur. Et certes, en temps normal il l'aurait laissée toute seule à son misérable sort. Mais quelque chose l'en empêchait. Quelque chose de profond, qu'il était incapable de s'expliquer, qui résonnait au fin fond de ses entrailles. La condition humaine faisait que les Hommes étaient tous réduits à se faire les pires coups de la planète juste pour préserver leur égo. Et ce n'était pas du goût de Lazlo. Ca n'avait jamais été de son goût, quand bien même il avait eu le choix, et l'avait toujours, d'abandonner la preuve même de cette théorie dans sa maudite rue pour continuer de courir après sa colombe.
Parce qu'une vie animale, celle de sa meilleure et plus fidèle amie, valait mieux qu'une nana arrogante. Et pourtant. Pourtant il était resté, et pourtant il resterait jusqu'à ce qu'elle cède, il le savait tout aussi bien.

Il fronça les sourcils devant les nouvelles attaques de la jeune femme, les bras croisés sur son torse, la laissant répliquer comme un animal acculé. Parce qu'au fond, qu'est-ce qu'elle pouvait vraiment faire, dans sa position ? Prier pour que la milice arrive ? C'était peu probable, et encore moins dans ce secteur. Enfin, elle devait bien le savoir, non ? Ses sourcils se froncèrent d'avantage à la mention des pigeons voyageurs. Comment savait-elle ça ? Elle n'avait encore jamais eu à faire avec lui directement, surtout alors qu'il s'occupait de toutes ses livraisons en personne. Et s'il n'était pas physionomiste, il savait qu'une femme comme elle, il se souviendrait de l'avoir rencontrée. Alors comment savait-elle qu'il élevait des pigeons ? Ce n'était pas marqué sur son visage. Par contre si le Gouvernement l'avait fiché, ou si elle avait suivi les Jeux, il était possible qu'elle l'ait vu quelque part. Pourtant il les avait revus, les Jeux. Et pas une seule fois il n'avait été fait mention de son activité professionnelle.
Alors comment ? Leurs échanges s'étaient poursuivis du tac au tac, acides, mais l'interrogation, elle, trottait toujours dans son esprit. Jusqu'à ce que la perspective bien réelle que Dita ait été blessée pour finir en ragoût lui vienne, portée par la voix chaude de la jeune femme. Un frisson d'appréhension le traversa alors qu'il répondait d'un soupir exaspéré. Elle ne pouvait pas avoir raison, aucune des plumes blanches qu'il avait trouvées n'étaient tâchées de sang. Et même. Au fond, au fin fond de lui-même, il savait que son Oiselle n'était pas assez sotte pour se faire tirer dessus comme un lapin.
Tout du moins l'espérait-il, de tout son cœur.

-Je ne te vois pourtant pas du genre à traîner dans les boucheries du marché noir, et encore moins à connaître précisément le prix de la viande, maintenant que t'en parles.

Il savait ses répliques puériles, mais il était incapable de s'en empêcher. Après tout, la jeune femme faisait absolument tout pour le brosser dans le mauvais sens du poil, et réveillait instantanément le côté frondeur de sa personnalité. Et pourtant il continuait de vouloir l'aider. Une entreprise qui aurait rebuté n'importe qui d'autre, mais pas lui. A croire qu'il lui restait bien plus de patience qu'il ne l'aurait cru, surtout après les Jeux.
Un nouveau roulement d'yeux, si intense qu'il crut avoir instantanément musclé ses nerfs optiques. Décidément il fallait vraiment qu'il soit con, ou patient, ou un mélange des deux, pour supporter ce genre de paroles. Tenant toujours nerveusement sa plume entre ses doigts, il planta un regard noir dans ses prunelles sombres.

-Hors de question. Soit tu me rends la veste une fois que je t'ai raccompagnée, soit je la reprends tout de suite et tu te démerdes. Contrairement à ce que tu penses, je suis pas un voleur. Et rien ne me garantit que tu me la renvoies, encore moins alors que je ne connais ni ton nom, ni comment tu sais pour les pigeons.

Non, ça n'avait aucun sens. Elle n'avait aucun moyen de savoir qu'il était éleveur, puisqu'elle n'était tout simplement pas sa cliente. Et vu sa manière de parler, vu sa position au sein du Gouvernement -qu'il supposait plus qu'il ne connaissait réellement-, elle ne pouvait pas non plus savoir qu'il produisait certain de ses oiseaux aux bouchers du marché noir. Elle en savait nettement plus qu'elle ne le laissait paraître, et ça le dérangeait. Il ne lâcherait donc pas le morceau aussi simplement.
Il sembla finalement que son insistance avait porté ses fruits. Les bras croisés sur son torse, il la toisa un bref instant. L'idée de ne pas se retourner lui effleura l'esprit. Après tout, sa nudité ne réveillerait rien chez lui. Mais justement. Si une nénette du Gouvernement, qui clairement savait qui il était alors que la réciproque n'était pas vraie se rendait compte qu'il était homosexuel, il risquerait gros. Soit il devait prétendre s'intéresser à ses courbes, probablement charmantes pour le commun des mortels, soit il devait...

-Bon okay je me retourne, mais magne-toi, qu'on se tire rapidement d'ici.

La décision prise et ratifiée, il pivota pour faire face à l'entrée de la ruelle. Plissa les yeux alors que les ombres des quelques braillards se dessinaient sur les murs à briquettes abîmés, en face de lui, difficiles à apercevoir compte tenu de l'éclairage presque inexistant du secteur. Les coupes Gouvernementales. L'économie d'énergie, tout le falbala, de nouvelles excuses qui justifiaient de couper directement l'électricité à des dizaines de foyers et la dilapider dans leurs conneries de Jeux. Se concentrant sur tous les éléments extérieurs, il entendit le bruit du tissu qui se froissait et finit par tourner les talons. Pour voir que la Gouvernementale n'était plus exactement où il l'avait laissée.

-Hep là, la Fille de l'Air, crois pas filer comme ça !

L'inconsciente. Sans lui à proximité elle risquait beaucoup trop gros. Et même si elle n'avait pas parcouru une distance trop éloignée par rapport à l'endroit où elle se trouvait, elle était déjà en route. Rompant la distance en quelques pas, il revint à son niveau, le regard volontairement noir. Se penchant vers elle, il lui intima à voix basse :

-On va filer de l'autre côté de la rue. Les autres se rapprochent, et j'ai tout sauf envie de me battre.

Surtout envie de retrouver Dita. Mais ils se trouvaient dans une situation bien plus épineuse, suffisamment pour qu'il fasse appel à toute la confiance qu'il avait en la colombe pour rentrer à bon port.
Attrapant le bras de la jeune femme d'autorité, fermement mais en faisant tout de même attention à ne pas lui faire mal, il l'entraîna à sa suite dans les tréfonds de la ruelle. Guida leurs pas alors que la pénombre avait pris ses marques sur toute la Nouvelle Orléans, et rendait la progression bien plus difficile. Se repérant à la lueur faiblarde des lampadaires, de l'autre côté de leur position, il adapta sa démarche sur celle de sa captive. Après tout, il devait aussi prendre en compte le fait qu'elle semblait boiter, comme celle qu'elle n'avait clairement pas de chaussures.
Ils n'étaient plus qu'à une petite dizaine de mètres de l'embouchure qu'il entendit un coup brutal contre une poubelle, à l'entrée. Il risqua un coup d'oeil par-dessus son épaule. Forcément, il fallait que la troupe de joyeux braillards soit entrée elle aussi à leur suite dans cette maudite ruelle. Ils ne semblaient pas les avoir aperçus, trop occupés qu'ils étaient à vider leur vessie visiblement pleine de mauvaise bière sur les poubelles, exactement là où se trouvait la pauvre fille.
Pauvre fille à qui il chuchota nerveusement :

-Tu crois que tu peux courir ?

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MessageSujet: Re: Bird without Feathers || Dita    Mar 28 Mar - 11:04

Sa patience s’amenuisait. Visiblement. Et elle ne pouvait le blâmer – elle n’avait que très rarement été aussi exécrable. Son rôle rentrait, apparemment : bientôt peut-être, le mensonge lui serait si facile qu’elle ne pourrait même plus se différencier de ce masque de froideur qu’elle revêtait pour le gouvernement. Elle deviendrait comme eux, peut-être l’était-elle déjà, à s’offrir le luxe, nue dans une ruelle, de prendre de haut une bonne âme qui souhaitait l’aider. Elle était ridicule.

Mais il restait. Une bonté à la limite de l’idiotie. Comment un tel homme pouvait survivre dans le monde actuel la dépassait. Qui plus est dans un réseau de résistance, à la merci à chaque instant d’un gouvernement sadique. Un gouvernement auquel tu appartiens, lui rappelait sans cesse une petite voix dans sa tête. Un gouvernement qui compte sur toi. Une tyrannie que tu aides à mettre en place, chaque jour. Et avant Lazlo, avant son affection, avant ses soins, l’idée d’oppresser tout une partie de la population pour son petit confort, pour la sécurité de l’emploi – pour la sécurité, tout court – ne la dérangeait pas. A dire vrai, elle n’était même pas sûre d’y avoir réfléchi.

La vie est comme une boîte de chocolat dit-on. Et pour certain, elle est pleine de bouchées chocolatées, pralinées, noisette de qualité – ou que sais-je encore – pour d’autre, la boîte est vide, désespérément, et pour certains, encore, chaque chocolat laisse un goût amer, décevant, et cause des aigreurs d’estomac. A chacun de tomber sur la bonne boîte, ou de la choisir, rechercher la bonne boîte de chocolat. Celle, peut-être sans surprise, certes, mais qui ne l’éloignerait de ce « rien » qu’elle avait été, que sa famille avait été, alors des folies racistes qui avaient ravagé l’Amérique post-Ben Laden. Soudain, voisins et amis étaient devenus terroristes et ennemis, et sa peau caramel, splendide, mise en valeur de plumes blanches, était une signature de non-appartenance. Au gouvernement, elle était respectée. Crainte, même, par certains. Bien loin de la gosse de cirque.

Elle en avait parcouru du chemin, gravi des échelons, changé en apparence aussi. En présentation. Plus de sourire de circonstance, plus d’exagération de son expression, de maquillage à outrange pour qu’il soit repéré par le public. Plus de mise en scène… ou plutôt, une autre mise en scène, différente, celle du gouvernement. Acide. Acerbe. Froid. Elle enchaînait réplique sur réplique, ne se laissant pas démonter, malgré une situation à son strict désavantage. Et c’est alors qu’elle se satisfaisait de ses réponses présentes, relâchant trop rapidement la pression, qu’elle fit une gaffe : elle parla de ses pigeons. L’allusion déclencha la suspicion de Lazlo, un froncement de sourcil (elle connaissait si bien ce visage, et lui ne l’avait jamais vue) et elle se retint de jurer à son incompétence. Elle serait une piètre espionne. Une piètre résistante. Après tout, il était très bien qu’elle ne soit pas humainement reliée à la résistance – elle n’aurait jamais été capable de mentir convenablement lors d’un interrogatoire. Pas que le gouvernement se soucie réellement de ce qu’un prisonnier avait à dire.

Un prisonnier a tort, même s’il est innocent. Et Djamila comptait inspirer cette même crainte à Lazlo pour qu’il abandonne mais celui-ci semblait figé sur place. Putain d’humanité et putain d’affection pour cette putain de colombe. Il n’allait donc jamais partir ?

- Pourquoi s’embêter avec le marché noir. La pénurie n’atteint que le bas du panier. répliqua-t-elle, cinglante. Elle osa même lui sourire, cassante. Mais vous devez mieux vous y connaître que moi. Elle en devenait quasiment méprisante. Formidable. Il semblait que cette mascarade fasse ressortir le pire en elle. Elle n’en était pas fière. Mais elle devait le faire partir.

La première tentative pour le voir s’en aller – en lui laissant la veste, elle n’était pas suffisamment téméraire pour traverser ce quartier, un soir, nue ; non, c’était de la folie - fut un échec total. Il refusait de partir sans sa veste – ou la veste de… elle ne savait qui.

- Vous y tenez. Elle força un rire, qui sonnait faux même à ces oreilles. - Sentimental ? Une pause. Les goûts et les couleurs. On ne peut juger, parait-il.

Mais, malgré la bravado affichée, elle n’était pas dans une position où elle pouvait négocier. Elle ne pouvait clairement pas se déplacer nue dans ce quartier. Non, définitivement pas. Et elle ne pouvait partir à tire d'aile juste sous le nez de celui à qui elle tenait tant et à qui elle ne voulait, sous aucun prétexte, révéler son secret. Que penserait-il d’elle s’il apprenait qu’elle avait toujours été plus qu’un oiseau, qu’elle comprenait réellement ce qu’il disait… Pire, qu’une nana du gouvernement était sa chère Dita, était celle à qui il n’hésitait pas à se confier ! La bonté légendaire de l’oiseleur n’allait pas suffire pour se faire pardonner – elle n’en avait aucun doute. Il ne restait qu’une seule option : entraîner Lazlo jusqu’à chez elle, et ne plus jamais se revoir à nouveau.

Il s’exécuta alors qu’elle lui demandait de se retourner. Cette idée semblait être la seule bonne chose qui lui soit venu à l’esprit depuis le début de cette conversation : la requête n’était extravagante mais elle lui faisait gagner quelques secondes précieuses pour rechercher son message et discrètement le récupérer. Le retrouver fut plus facile qu’elle ne l’aurait imaginé – maintenant qu’elle n’avait à se soucier du regard scrutateur de son oiseleur, elle put sans mal se retourner et repérer son trésor. Le récupérer fut tout aussi simple et, ni une ni deux – Lazlo n’allait pas rester retourné éternellement – elle glissa le feuillet dans la poche droite de la veste. Elle ne savait comment elle le sortirait discrètement mais une chose était sûre, elle y réfléchirait plus tard, elle n’en avait plus le temps.

Elle sursauta quand Lazlo se retourna : il pensait qu’elle tentait de s’enfuir. Mais bien sûr ! Elle aurait dû y penser ! Pourquoi est-ce que s’échapper ne lui avait pas effleuré l’esprit ? Il ne lui aurait fallu que quelques secondes pour récupérer le papier et pouf, transformation, elle serait libre de s’envoler… Mais sûrement l’aurait-il vu. Peut-être aurait-elle-même pu s’enfuir en courant ? L’aurait-il suivie ? Tenait-il tant que cela à sa veste ? Tenait-il tant que cela à sa vie à elle ?

Il semblait vouloir la protéger. Le gouvernement se faire protéger par cette résistance qu’il méprise et qu’il tente d’écraser à chaque pas. Ironique, n’est-ce pas ? Mais lui semblait prendre ce rôle à cœur, la guidant parmi l’obscurité naissante dans ces ruelles sombres. Il connaissait le quartier, c’était sûr, et Dita, qui ne l’avait visité qu’en volant, n’était pas à l’aise. Elle lui faisait confiance, bien sûr, elle aurait presque pu jurer que si elle ne l’avait pas rencontré avant, si elle ne le connaissait pas sous sa forme animale, elle aurait pu lui faire tout autant confiance. Il y avait quelque chose de particulier en son oiseleur. Quelque chose de bon. Quelque chose qui détonait dans ce quartier d’ivrognes et de voleurs.

En parlant d’ivrognes… Une belle troupe de débiles de service semblait les avoir suivis. La race humaine n’était pas la race supérieure, ça Dita en était sûre depuis que son sorcier, déçu de son tour de passe-passe, avait rejeté le monstre qu’il avait créé. Elle le savait depuis qu’elle avait passé les années les plus paisibles de sa vie à survoler les problèmes de cet Homme, qui ne mérite son grand H, qui n’est fait, dans sa grande majorité, que de pourriture et de cette envie d’écraser le monde. De se détruire lui-même. Elle ne pouvait rester ici, il fallait qu’ils se tirent au plus vite.

- Plus vite que vous ne pourriez suivre répondit-elle. Personne n’était dupe : si, dans son état « normal », Djamila était plutôt athlétique et se débrouillait en course à pied, elle était blessée (plus pour longtemps, elle le savait, son boitillement disparaissait plus à chaque pas – merci à son côté Skinchanger, merci à cette guérison rapide) et sans chaussures. Mais elle n’allait faire preuve de faiblesse et d’un regard, elle indiquait qu’elle était prête à le suivre. Elle n’avait aucune chance dans ce lieu sans lui.
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MessageSujet: Re: Bird without Feathers || Dita    Lun 17 Avr - 1:46


Quelle fasse partie du Gouvernement, et malgré toute la rancoeur qu'il leur portait, Lazlo ne pouvait pas décemment laisser cette jeune femme toute seule dans sa misère. C'était contraire à ses préceptes, contraire à l'éducation que sa mère lui avait prodiguée. Contraire à cette égalité, à ce partage, qu'il prônait aussi vigoureusement en combattant pour les valeurs de la Résistance. Parce que même s'ils avaient les pieds enfoncés dans l'eau sale des caniveaux jusqu'aux mollets, même s'ils étaient sous le joug de tortionnaires gras et adipeux qui n'avaient rien à foutre de leurs condition, ils étaient tous des Hommes. Ils levaient tous le nez vers les mêmes étoiles que celles sous lesquelles ricanaient les puissants. Ce qui signifiait beaucoup, pour le jeune homme. Que la Cause était juste. Que l'égalité avait encore sa place, dans ce monde chaotique, et qu'elle passait par l'entraide. Et ce même si cela signifiait d'assister une jeune femme qui faisait absolument tout pour le faire sortir de ses gonds.
Dans d'autres circonstances, il aurait pu l'apprécier, en plus. Ses réparties cinglantes prouvaient qu'elle avait non seulement de l'éducation, mais aussi de la personnalité. Elle se montrait combative, elle se montrait secrète, elle se montrait féroce. Si elle n'avait pas déjà été enrôlée par le système, il lui aurait sûrement fait un petit laïus sur la Résistance. Mais c'était ça, le problème. Ils étaient techniquement, officiellement, disons, ennemis. Et la demoiselle aux yeux sombres ne semblait pas disposée à changer aussi facilement de camp.
Quel dommage, en y réfléchissant bien. Ils auraient bien eu besoin de personnes dans son genre, avec cette verve, avec ce culot. Une personne qui aurait su facilement louvoyer dans les différents cercles sociaux, usant de sa beauté et de son intellect avec brio. Bon, il partait un peu loin sur l'intellect. Mais il pouvait le voir, dans cette bravade. La brune était intelligente. Elle était rusée. Elle était juste tombée sur plus buté qu'elle, en ce qui concernait l'instinct de survie.

Ils n'avaient malheureusement pas le temps de s'attarder sur ce genre de trivialités. Les malfrats avaient pris possession des lieux, et, leurs voix avinées se réverbérant contre les hauts murs de la ruelle étroite, semblaient tout sauf disposés à partir. Haussant un sourcil à la nouvelle bravade de sa compagne, l'Oiseleur se tourna vers elle. Chuchota rapidement, penché dans sa direction.

-Si en plus tu pouvais te faire pousser des ailes, ce serait plutôt pas mal. Pas que je doute des capacités de tes jambes à te porter, hein ? ... enfin si, un peu.

Si seulement. Si seulement les harpies existaient, au même sens que les métamorphes battaient déjà le pavé de la Nouvelle Orléans, selon les dires du Gouvernement. Que sa compagne de galère en soit une aurait sacrément arrangé leurs affaires. Même s'il supposait que si elle était capable de ce type de miracles, il ne l'aurait jamais trouvée dans un tel état, au milieu d'une ruelle sombre, dans un quartier affreusement mal famé.
Il se recourba et se faufila lentement, le plus silencieusement possible, sous le couvert d'une haute benne à ordures. L'invitant à l'imiter, il se retourna vers la jeune femme, jetant un bref coup d'oeil à leurs invités. Ils ne semblaient pas les avoir remarqués, pour l'instant du moins. Ouvrant toujours la route, il longea la benne avant de rejoindre l'autre mur de quelques grandes enjambées. La jeune femme suivait toujours. Il ne leur restait plus grand chose à franchir avant de rejoindre l'intersection.
Juste une petite poignée de mètres. Rien de bien méchant. Progressant à pas de loup, il longea une nouvelle benne, supplantée par une pile de boites diverses en carton et en plastique. Supplantés par un chat qui faisait apparemment sa sieste. Chat qui se réveilla en sursaut et bondit sur la pile à l'équilibre instable.
Les cartons s'effondrèrent dans un capharnaüm assourdissant, rompant le silence relatif de la ruelle, mais surtout, annihilant leur couverture. Lazlo ne s'en serait pas préoccupé, pour peu qu'il ait été seul. Mais la blessée qui le suivait, elle, n'était plus cachée par rien. Un détail que le groupe de gros bras ne manqua pas le moins du monde, alertés par le bruit.

-Hey mais les gars, c'est qu'on a de la compagnie ! Elle s'est même mise à moitié à poil rien que pour nous !

Non seulement le ton et les ricanements graveleux des cinq hommes au fond de la ruelle étaient exécrables, et filaient une très sale envie à Lazlo de sortir de sa cachette pour leur en coller une, mais le pire était qu'ils avaient repéré la jeune femme. Le pire était qu'ils avaient décidé d'abandonner leur position initiale pour la rejoindre, à grandes enjambées, volontairement bruyants. En ce qui les concernait, les fugitifs n'avaient pas été rapides. Et l'état de sa compagne ne leur permettrait pas de prendre immédiatement la clé des champs.
Il fallait fuir. Tout de suite. Sans attendre une seconde de plus, l'Oiseleur s'était imposé devant la Gouvernementale, tourné vers la ruelle. Penché en avant, il l'intima d'un bref mouvement des mains à sa partenaire de chaos pour qu'elle grimpe sur son dos.

-Pas le temps de réfléchir, faut qu'on fonce ! Monte !

Il connaissait parfaitement ses capacités au combat. Il avait fait l'armée, il s'était battu plusieurs fois contre la Milice, il avait même eu son lot de rodéo zombie, dans le temps. Puis il avait fait les Arènes. Et s'il était généralement remis de cette épreuve, il savait que physiquement il n'était pas à même de prendre à lui seul cinq mecs qui faisaient facilement tous une tête de plus que lui. Encore moins avec une jeune femme blessée à protéger, quand bien même il était sûr qu'elle ne se laisse pas faire sans se battre elle-même. C'était la seule solution. Il avait des jambes. Il courrait pour eux deux. Pour peu qu'elle lui fasse confiance.

-J'en profiterai pas, promis, grimpe maintenant, on a plus le temps !

Pour tout dire, il n'avait même pas besoin de ce type pour ne pas profiter de la semi-nudité de sa partenaire. Elle ne l'intéressait pas, et quand bien même elle l'aurait intéressé, vu les circonstances, ce n'était clairement pas le moment. Il sentit finalement les bras menus s'enrouler autour de ses épaules et l'impulsion de la jeune femme alors qu'elle prenait place. Arrimant ses mains sous ses cuisses, s'assurant au passage que sa veste couvre encore ce qu'il restait de sa dignité, il prit ses appuis. Son centre de gravité avait changé, c'était le meilleur moyen pour qu'ils se vautrent tous les deux. Mais il serait toujours plus rapide avec elle sur le dos qu'en la laissant clopiner. D'autant que les autres, se rapprochaient.
Ils venaient tout juste d'apercevoir la silhouette de Lazlo qu'il partait, son chargement sur le dos. Et piquèrent un sprint à leur tour pour les rejoindre.

Une chance, une chance qu'il s'entretienne régulièrement. Quelques foulées rapides et ils étaient déjà à l'embouchure de la rue, atterrissant dans un carrefour de rues étroites et mal éclairées, mais déjà nettement plus que la précédente. Un avantage tout en étant un inconvénient. Sans réfléchir outre mesure, l'Oiseleur bifurqua vers la ruelle de droite, celle qui semblait la plus praticable. Les autres toujours sur leurs talons, il enchaîna les détours, jusqu'à déboucher sur une artère plus grande, bien loin de leur point de départ.
A bout de souffle, il ralentit la cadence, reprenant quelques forces. Tourna la tête vers sa cavalière, l'interrogeant du regard. Il n'entendait que les battements sourds de son coeur, qui tambourinait contre ses tympans, proche de l'explosion. Il ne sentait que l'adrénaline qui pulsait dans ses veines alors qu'il avait couru sans réfléchir à leur route, et constatait qu'ils étaient bien loin de chez lui. Loin la Volière. Loin de Dita.

-Je... Crois qu'on les a... semés...

Ce disant, il libéra les cuisses de sa partenaire et se pencha en arrière pour la laisser rejoindre le plancher des vaches. La libération de son dos, de ses épaules et de sa gorge lui permit d'avaler une large goulée d'air, apaisant les sifflements de sa propre respiration. Ses poumons étaient encore trop sensibilisés par sa blessure de l'Arène. Même des mois après. Il allait devoir retrouver Maisy pour lui en parler, qu'elle lui refasse un coup de mojo pour achever tout ça. En espérant que ça suffise.
Un bref coup d'oeil circulaire, pour analyser les lieux. Ils étaient toujours dans les quartiers malfamés de la ville, mais le Domaine des Gens Friqués comme il l'appelait n'était pas si loin. D'autant qu'ils avaient maintenant suffisamment d'avance pour ne pas se faire rattraper trop facilement par la bande d'abrutis qui les avait coursés.

-T'habites pas loin ? Non parce qu'au point où on en est, autant que je te raccompagne jusqu'au bout.

Il était bien loin de chez lui, après tout. Et la demoiselle, quand bien même elle allait sûrement prétendre le contraire, lui en devait une. Au moins de la raccompagner à bon port, rien que ça. Il trouverait bien une solution pour rejoindre son nid, plus tard. Se tournant vers elle, il lui adressa un sourire en coin. Narquois. Alors, on décolle ?
Quelque chose au fond de lui lui disait que Dita allait bien. Que sa Colombe n'allait, de toutes façons, pas tarder à rentrer au bercail, elle aussi.



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Bird without Feathers || Dita

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