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 There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre

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MessageSujet: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Mer 1 Mar - 19:09


« It was haunted; but real hauntings have nothing to do with ghosts finally; they have to do with the menace of memory. »

 
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Le ciel est déjà peint des couleurs du couchant lorsque la silhouette drapée de blanc arrive à sa destination, s'arrêtant un instant pour fixer ce qui l'entoure, les herbes hautes et jaunies qui semblent hurler leur soif en dépit de l'humidité persistante, les arbres aux branches tordues et dénudées qui enserrent l'air de leurs griffes, négligés depuis ce qui semblerait presque une éternité désormais. Et la demeure de pierre, imposante, sa façade noircie sans qu'elle sache si la couleur est le fruit d'une pollution quelconque ou du temps, volets à la teinte indéfinissable claquant dans le calme de l'heure, battant des secondes distordues. Elle ne peut s'empêcher de reconsidérer, de nouveau incertaine de ce qui l'a amenée là, main gantée de cuir repoussant la capuche du long gilet de coton avant d'en extirper une masse de cheveux charbonneuse. C'est vieux. C'est négligé. Pire, l'endroit semble froid alors qu'elle reprend son approche, peau se hérissant d'une chair de poule teintée de révulsion. Elle devrait faire demi-tour, repartir, oublier la curiosité passive qui l'a saisie en l'entendant parler du lieu. Sa main pousse la lourde porte à la place, geignement des gonds se répercutant dans la bâtisse.  

De nouveau elle frissonne, main se portant à son bras pour le frictionner, tentant de chasser l'anxiété qui le fait trembler avant de laisser un nouveau regard derrière elle, notant les sculptures dans le jardin, vertes au milieu de l'herbe jaune. Illogique... Elle se détourne aussitôt, s'enfonce dans la demeure, regard traçant les murs, nez flairant l'air, oreilles traquant les sons. Si différent de l'extérieur. Tout est propre ici, pas une trace de poussière, et aucune odeur de produit ménager flottant dans l'air. Pas même l'odeur de la cire qui devrait être la raison derrière le brillant des boiseries, pas même un accroc à la tapisserie des sièges. C'est...

Trop net.

L'idée est contre-nature. Comment est-ce que quelque chose peut-être trop net, trop propre, trop rangé ? C'est comme ça que les choses sont censées être, c'est comme ça que les choses font sens. Et pourtant, ici, le résultat semble alarmant plutôt que rassurant. Trop clinique, trop méticuleux, trop... Elle ne se souvient plus du mot, sourcils se fronçant en considération alors qu'elle approche d'une fenêtre rutilante, visage de Balrog s'y reflétant, rictus aux lèvres. Artificiel. C'est ça le mot, tandis qu'elle balaie le reflet du monstre loin de sa présence. Et les panneaux de verre ne semblaient pas si propres, vu de dehors. Illusion d'optique ? Bizarre. Mais propre. C'est une bonne chose. Non ? Elle ne sait pas, préférant sortir de la pièce, tête s'inclinant de côté. On aurait cru un son... mais dans le même temps, elle n'a rien entendu. Une canine émerge le temps de mordiller sa lèvre, anxiété commençant à former un étau autour de son estomac avant qu'elle secoue la tête, rire forcé émergeant de sa gorge. C'est juste une maison vide. Propre, oui, mais qui sait, le Gouvernement paie peut-être pour qu'elle soit comme ça ? Une façon comme une autre d'occuper les gens de la ville. Les rumeurs ne sont que ça, inutile de s'inquiéter, poids sur ses épaules s'allégeant en réponse. Il ne va rien se passer, elle explore juste un peu pour se changer les idées. Aram était intervenu ici, une fois, quand le monde faisait encore sens. Elle veut juste passer un peu de temps avec lui. Tout ira bien.

Il faut juste comprendre pourquoi elle est face à un escalier qui descend au lieu de monter. Elle s'est trompée de porte ? Elle avait l'impression qu'il n'y en avait qu'une, pourtant, envie de faire demi-tour et d'aller vérifier se faisant sentir un instant avant d'être balayée. Pas grave, si l'escalier descend, elle descendra, il sera aussi propre que ce qu'elle a vu pour l'instant, elle en est persuadée. Pas vrai ? Bien sûr. Et il mènera sans doute à un escalier qui montera à l'étage. Ne serait-ce qu'un escalier de service. Un endroit comme ça, il doit bien y en avoir un quelque part, hochement de tête brusque agitant ses cervicales avant qu'elle s'enfonce le long des marches. Un son, au loin, long, bas. Comme un cri douloureux, de ceux qui se sont étirés sur si longtemps que l'air vient à manquer, que la voix se tait en une exhalation aiguë, se change en un pneu crevé. Juste un courant d'air. Il y a une porte en bas des escaliers, plusieurs, même, si elle est honnête, main pointant les différentes poignées avant d'en choisir une au hasard et d'entrer dans l'inconnu, yeux clignant en se retrouvant face une autre femme. Fille.

"Ah, désolée, je ne savais pas que quelqu'un vivait ici. C'est très net, pourtant, j'aurais dû m'en douter. Vraiment navrée de l'intrusion."


Elle a lâché la porte, machinalement, bois pivotant sur lui-même tandis qu'elle parle pour retrouver sa place initiale, cliquetis discret partiellement occulté par ses mots, surprise se peignant sur ses traits quand elle va pour partir. Une porte qui se referme toute seule ?

"Un système de clôture automatique ? Pas que je doute de son utilité, mais... Enfin, vous savez ce que vous faites, je suppose."


Une épaule se hausse, indifférente, situation ignorée pour mieux s'enfoncer dans la pièce, la parcourant du regard sans vraiment savoir ce qu'elle cherche. Une autre porte, peut-être. Ou une horloge. Ou juste quelque chose d'intéressant. Elle ne sait vraiment pas. C'est important ?
   

   
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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Dim 12 Mar - 17:56


There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin
It was haunted; but real hauntings have nothing to do with ghosts finally; they have to do with the menace of memory. ••• Ses doigts s’agrippaient au papier qui avait été glissé sous sa porte. En temps normal, la jeune fille ne prêtait pas réellement attention à ceux-ci, notamment parce qu’il n’était pas rare que des inconnus tentent de la piéger. Aux yeux d’une majorité, elle était un monstre, une shadowhunter présente seulement pour tuer. Aussi, elle était une tueuse. C’était un fait qu’il n’avait jamais eu à démonter, parce que c’était la réalité. Et qu’Ambre restait une personne plutôt honnête dans son mensonge. Enfin, jusqu’ici, personne ne l’avait confronté à cette vérité. Les gens avaient peur. Ils avaient peur des représailles, pensant qu’elles existeraient forcément. L’italienne n’était pas ce type de personnes. Notamment parce que les émotions, elle n’en ressentait pas. Enfin, tout ça pour dire que la lettre déposée pouvait très bien la mener à un guet-apens. Après tout, ce ne serait que le troisième depuis le début de l’année. A croire que les comploteurs n’avaient toujours pas compris que tous les efforts étaient vains. Parfois, l’humaine ne comprenait pas pourquoi autant d’acharnement. Certes, elle avait des ennemis. Beaucoup d’ennemis, pour qui sa mort serait synonyme de bonheur, et de reprise des affaires. Mais pourquoi chercher à la faire finir en prison, pourquoi tenter désespérément de telles mascarades, qui ne menaient à rien ? Etait-ce seulement pour s’amuser ? Et puis, ils ne se rendaient pas compte, mais elle était loin d’être la seule à agir de la sorte. Ils auraient toujours une personne pour prendre sa place, pour continuer de les emmerder. Enfin, il ne fallait pas trop en demander aux gens limités…

Quoi qu’il en soit, Ambre jeta un coup d’œil au contenu de la lettre. Mots bancals, expressions mal utilisées. Tout laissait à penser que ce n’était qu’une supercherie, qu’une connerie de plus. Sauf que quelque chose retenait son attention. Le lieu mentionné. L’un des lieux considérés comme le plus effrayant de la Nouvelle-Orléans. Certains n’osaient même pas en parler, de peur que la malédiction des lieux ne leur retombe dessus. Cela allait sans dire que l’italienne trouvait tout cela absolument stupide. Après, elle avait toujours été très terre à terre, bien qu’elle vivait entourée de créatures surnaturelles. Cela, elle l’avait accepté, après tout, ce n’était pas comme si elle n’avait pas eu les faits pour étayer leur existence. En revanche, les manoirs hantés, les fantômes, ce genre de choses la laissait totalement de marbre. Ce n’était que des jeux, que des mensonges pour empêcher les gens de s’approcher de la bâtisse.

Et voilà donc la raison pour laquelle Ambre s’était retrouvée en chemin pour ce fameux manoir, sous le nom non moins mystérieux de Through The Never. Un lieu hors du temps. La jeune fille avait presque hâte de voir cela. D’arriver à bout du pourquoi et du comment de cette lettre, bien que celle-ci lui semble étrange et intrigante. Enfin, la voilà donc en chemin vers le sud de la Nouvelle-Orléans. Chemin qu’elle effectua à pied, vu sa proportion à ne pas respecter les codes en place avec une voiture. Et puis, elle se voyait mal emprunter un véhicule du Gouvernement pour une affaire strictement personnelle. Les questions fuseraient certainement sinon, et elle n’avait pas de temps à perdre à y répondre. Donc, elle y alla à pieds, vêtements noirs sur le dos pour éviter de se faire aborder. L’épée était restée chez elle, mais la jeune fille avait quand même pris deux pistolets et quatre poignards. Le tout dissimulé bien évidemment. Elle préférait ne pas avoir à expliquer aussi aux miliciens qu’elle croiserait pourquoi elle était ainsi armée. Même si elle faisait partie du Gouvernement, cela pourrait s’avérer… Chiant.

Elle se glissa dans la bâtisse, laissa son regard se perdre sur les meubles étincelants. Il était vrai que l’endroit pouvait effrayer, tout y étant parfaitement rangé, parfaitement à sa place, alors qu’à l’extérieur la flore sauvage reprenait ses droits. Et pourtant, Ambre s’y mouvait comme si de rien n’était. Comme si elle n’entendait pas les hurlements lents et lugubres. Comme si cela ne l’atteignait pas. Après, elle avait quand même été celle qui n’avait eu aucune réaction à la découverte de son arène, supposée représenter Darkness Falls, ou l’Enfer des sorciers. Pour elle, ça n’avait été qu’un terrain de jeu grandeur nature, sans réalité, sans consistance. Elle n’avait pas eu peur à cette vision, bien au contraire, elle s’en était accommodée. Elle s’accommodait toujours de tout finalement. C’était ça d’avoir été éduquée dans l’optique d’être une simple tueuse. On finissait par ne plus avoir peur de rien, par éliminer la notion-même de sentiments. Dante n’aimerait pas entendre ce à quoi elle pensait. Il était persuadé qu’elle n’était pas ce masque de marbre qu’elle montrait à tous. Mais lui, il avait toujours eu le droit à une vision plus enfantine, plus… Nuancée d’elle. Elle changeait à son contact. Parce qu’elle n’était pas en danger avec lui.

Elle avait suivi les instructions données. Se plonger dans un espace-temps totalement différent, voilà ce qu’elle expérimentait. Pourtant, elle ne ressentait aucune perte de contrôle, son cerveau lui permettant de garder en mémoire les routes prises, les décisions effectuées. Tout avait l’air si simple. Peut-être trop simple finalement. Une énième porte fut ouverte, une nouvelle pièce découverte après une descente d’escaliers. Ambre pensait être seule, jusqu’à ce que des bruits de pas lui parviennent. Une main sur une de ses armes, un regard calme sur la porte par laquelle elle était arrivée. Quelques secondes plus tard et le rectangle de bois grinça, dévoilant une silhouette féminine. Quelqu’un vivant ici ? Réellement ? Etait-elle en train de parler d’elle par hasard ? En voilà une idée cocasse… En revanche, cela l’emmerdait qu’une autre soit présente. Cela l’emmerdait réellement… La porte se referma. Automatiquement. Elle poussa un léger soupir. Finalement, sa soirée n’allait pas si bien se terminer… L’autre semblait déjà paniquée, ou alors l’accusée de tous les maux. Si seulement elle savait… Si seulement elle savait que l’italienne n’y était pour rien.

« Il n’y a personne qui vive ici. Le nom de cet endroit est synonyme de malheur, de destruction. Je suis étonnée de voir quelqu’un y pénétrer avec tant d’insouciance en fait. »

Phrasé si décalé par rapport à son jeune âge, par rapport à son physique de poupée. Elle laissa l’autre bouger dans la pièce, restant silencieuse, immobile. Ses sens s’étaient attardés sur autre chose. D’autres sons, d’autres odeurs, d’autres visions. Quelque chose clochait. La poignée avait disparu, la porte se fondait dans le mur. On les poussait à changer de direction. Ressortir par là où elles étaient arrivées n’était plus possible. Soit, Ambre trouvait un autre passage. Ce n’était pas quelque chose qui la dérangeait, son cerveau s’adaptant à la situation. Après, il y avait l’autre femme. Là, c’était plus problématique, puisque la milicienne ne savait pas comment elle réagirait. A penser.

« Je n’ai pas mis ce système de clôture. En fait, je ne pense pas avoir un pouvoir permettant de faire disparaître les portes. Donc ce n’est pas moi qui suis derrière tout ça. Quelqu’un est-il rentré en même temps que vous ? »

Fin de phrase ponctuée par un hurlement qui glacerait le sang n’importe quel être vivant. Sauf elle. Mis à part elle finalement. Le cœur de pierre s’en moquait bien. Elle détourna le regard, accrochant la silhouette de l’autre. Nouveaux mots pour surplomber le cri :

« Pourquoi être venue ici si vous pensiez que l’endroit était habité ? »

Interrogation de celle qui s’en moquait pas mal. Histoire de faire la conversation.

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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Mar 14 Mar - 0:54


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La pièce est propre, une bonne chose tandis qu'elle l'inspecte, doigts passant sur une surface et constatant l'absence de tout résidus poussiéreux, de toute texture graisseuse, collante, ne laissant que le soyeux du bois, le crayeux du plâtre, le rugueux des crépis en attendant une réponse de l'autre femme. C'est étrange, une porte qui se ferme toute seule, mais pas si étrange. Les portes coupe-feu font ça régulièrement, après tout. C'est peut-être une porte coupe-feu à poignée ? Peut-être qu'elles sont dans un bunker ou une sorte d'abri anti-zombies ? Si c'est le cas, les propriétaires étaient certainement prévoyants... Elle n'y aurait pas pensé avant qu'ils débarquent, pour sa part. Ses doigts dansent devant ses yeux, blanchis de plâtre, alors qu'elle fronce les sourcils. Le plâtre ne reste pas sur le mur, ne reste pas à sa place. Ils auraient pu faire un effort en l'appliquant, mieux le gâcher, prendre davantage soin de leur chaux, quelque chose, même le climat de la Nouvelle-Orléans ne justifie pas un plâtre qui se désagrège de la sorte, c'est une négligence, vraiment... Elle n'aime pas ça, langue claquant avec irritation, avant qu'une voix aux accents élégant ne trouble le silence. Personne ne vit ici ? Qui nettoie, alors ? Et qu'est-ce qui peut l'avoir amener ici ? Certes, elle a ses raisons pour être ici, Moriah, mais deux personnes qui décident d'aller au même endroit par pur coïncidence... c'est étrange, non ? Ou juste le quotidien. A la réflexion, c'est comme ça que le monde fonctionne, encore plus depuis qu'il a aussi drastiquement rétréci. La question était stupide. Elle méritait quand même d'être posée. Non ?

Elle méritait d'être posée, mais elle n'en est pas moins balayée lorsque la jeune femme poursuit, peau se teintant de cendres à l'idée d'un pouvoir qui peut faire disparaitre les portes, à l'absence de la porte même. Peut-être pas une porte anti-incendie, pour le coup. Peut-être pas une porte tout court, et elle ne peut retenir un regard méfiant en direction de la brunette au doux visage de porcelaine. Est-ce qu'il n'y a pas des créatures qui savent utiliser les illusions ? Quoique l'annoncer serait stupide... Dieu, que c'est compliqué, main se portant à son visage avant de retomber, visage se redressant et pouls s'accélérant brusquement alors qu'un hurlement perce les murs et les tympans. Le sang dans ses veines se charge d'adrénaline, pupilles se dilatant, température de son corps augmentant, cellules oscillant le long du fil du rasoir, attendant le verdict. Se battre, se figer, s'enfuir ? Et le cri qui continue, s'arrête, reprend, ou se poursuit sans fin, pauses trop réduites pour être réellement enregistrées, volume montant encore. Suivi de la voix de sa compagne, question lui attirant un regard surpris. Pourquoi ? Est-ce que c'est vraiment important, quand elles sont coincées ici avec un hurlement perçant pour seule compagnie et du plâtre qui tient mal aux murs ?

"La question ne serait-elle pas plutôt pourquoi pas ? Le bâtiment est au centre de nombre de rumeurs impliquant qu'il est vide, mais vous vous y trouviez, et les pièces autour de l'entrée étaient d'une propreté troublante, la conclusion semblait logique sur le coup."
Le silence, brutal, qui la fait cligner des yeux et jeter un regard vers le plafond. Il semble presque alien, désormais. Pas désagréable pour autant, vraiment. On peut s'entendre penser, au moins. Étrange, Aram n'avait pas parlé de hurlements et autres... C'était la belle époque. Celle où le monde faisait encore sens. Le bâtiment n'était peut-être pas aussi bruyant, à l'époque où il était habité... Enfin. Le calme est reposant. "Mon mari était intervenu ici, avant que le monde ne perde la tête. Je désirais voir le lieu, pouvoir me l'imaginer dans son élément. Simple nostalgie, vraiment, même s'il est vrai que le lieu n'a pas une réputation des plus engageantes. Et vous, quelque raison particulière vous amenait-elle ici ?" Une seconde, le temps de se rappeler qu'elle manque à toute son éducation, sourire poli se peignant sur son visage en réaction. "Je crains de ne pas m'être présentée, Moriah, enchantée."

Pas de nom de famille, l'habitude perdue depuis trop longtemps, l'inutilité d'un nom qu'elle est seule à porter, l'envie de ne pas se rappeler qu'elle est retournée à son nom de jeune fille, un oubli permanent dont elle ne s'aperçoit au final pas. Il y a autre chose à penser, comme le hurlement qui retentit à nouveau, juste au-dessus de leurs têtes, accompagné d'un choc sourd qui lui évoque l'image d'un corps propulsé contre un mur. Mais il n'y a pas de bruits de pas, pas d'autre son que l'écho mat et brutal et la voix qui hurle et hurle et monte dans les octaves, juste un plafond qui vibre et laisse tomber une fine poussière de plâtre qui fait grincer les dents et se durcir le visage. Rester calme. Ignorer la poussière blanchâtre qui tombe en bruine sur elles et affadit l'obscurité de leurs cheveux, fane la douceur des fibres de leurs vêtements, s'infiltre dans leurs poumons pour corrompre leurs alvéoles. Elle essaie d'étudier la pièce à la place, les murs sans porte, le sol tout en lattes de bois, les quelques meubles. Rien qui ressemble à une issue, à moins que quelqu'un se soit amusée à la cacher dans la garde-robe. Il faudrait être stupide... Est-ce qu'il n'y avait pas toujours un passage sous le plancher, sinon, dans les films ? Ou sous un meuble, dissimulée dans son ombre ? Elle ne se souvient plus, trop d'années écoulées depuis la dernière fois qu'elle a regardé un film de gansters. Un film tout court, d'ailleurs. La télévision prend la poussière au sens métaphorique, à défaut de le faire au sens physique. Pas comme elles alors qu'un nouveau choc retentit à l'étage supérieur et que la pluie de particules se densifie, faisant se recourber sa lèvre sur ses dents et se redresser son visage.

"Oh, c'est pas bientôt fini, ce putain de ramdam ? Y'a des gens qui cherchent une porte, ok ? Arrêtez d'nous noyer sous le plâtre et foutez-nous la paix, on s'entend même plus penser ici bordel !!!"

   

   
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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Lun 3 Avr - 1:16


There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin
It was haunted; but real hauntings have nothing to do with ghosts finally; they have to do with the menace of memory. ••• Les questions pouvaient paraître dérisoires par rapport à la situation dans laquelle les deux femmes se trouvaient. Et elles l'étaient réellement d'un point de vue humain. Chez Ambre, elles étaient importantes, peut-être parce que les disparitions de porte ne l'étaient pas. Et oui, dans l'esprit de l'italienne, la logique prenait une autre forme. Le surnaturel, elle l'avait côtoyé depuis tellement de temps que les manifestations d'aujourd'hui la laissaient de marbre. Quant au long et lent cri plaintif... Elle était une tueuse. Les pleurs, les hurlements, les gargouillis plein de sang, elle connaissait tout cela, c'était son quotidien. Alors oui, peut-être qu'en temps normal, on se contentait de trembler de peur, cherchant la source du bruit. Sauf qu'Ambre n'avait jamais été normale. En fait, elle se rapprochait d'une jeune fille de vingt-quatre ans qu'en présence de Dante. Il était le seul à calmer ses instincts d'assassin, la rendant... Humaine. Il était le seul qui permettait à la peur de s'accrocher en elle. Il était le seul avec lequel elle aurait peut-être revu son discours. En ce moment, il n'était pas là, et donc l'espionne et la tueuse avaient repris le dessus sur les sentiments. Et les questions qui en découlaient étaient adaptées à la personnalité prédominante. Toujours avoir des informations sur tout, et notamment sur ceux présents. Comme c'était le cas avec la femme se tenant face à elle.

Réponse de l'autre, le calme était toujours de mise. Vague sourire sur le visage de poupée, bien vite reformé dans son masque de froideur habituel. La conclusion aurait pu apparaître comme logique, mais il fallait aussi prendre en compte les nombreuses rumeurs qui courraient sur cet endroit. Certes, Ambre n'y croyait pas réellement mais elle avait bien compris que le lieu était inhabité, notamment puisque le Gouvernement y avait envoyé quelques patrouilles pour s'assurer qu'aucun résistant n'y avait élu domicile. Et nombreux étaient ceux qui étaient revenus en larmes et effrayés. Enfin, l'autre ne devait pas savoir cela si elle n'était pas dans la Milice et dans les hautes sphères du Gouvernement. Et comme l'italienne ne se souvenait pas de son visage, elle pouvait assurer à cent pour cent que celle-ci ne travaillait pas pour le même employeur qu'elle. Son mari ? Elle était mariée donc ? En voilà une information intéressante... Comme si Ambre en avait quelque chose à faire. Elle rangea juste le fait dans un coin de son cerveau, puis entreprit de laisser à nouveau son regard vagabonder sur le plâtre défraîchi. La nostalgie. En voilà une notion que la jeune fille ne pouvait pas comprendre. Elle n'avait personne dans son passé qu'elle voulait revoir. Et quand le passé était fait de crimes et de douleurs... C'était compréhensible. Pour autant, Ambre ne le voyait pas mal. Elle préférait juste que les morts restent à leur place. D'autant plus qu'elle n'avait pas besoin de mises en situation pour se souvenir elle, les joies de l'hypermnésie.

La raison qui l'avait emmenée ici elle ? Il lui faudrait en trouver une. Ou alors juste donner une réponse bidon du style : "Oh, je voulais juste me faire une petite frayeur" mais ça ne collerait pas vraiment au comportement qu'elle avait depuis le début de la conversation. Soupir lorsque l'autre lui offrit son prénom. Et elle allait devoir donner le sien. Superbe. Heureusement qu'un choc brutal l'empêcha de répondre. Le plafond au-dessus d'elles trembla, lâchant une dose de plâtre supplémentaire sur leur tête. Hé bien, une bonne douche serait à prévoir une fois sortie d'ici. Les yeux se levèrent, deux pupilles noires qui scrutaient le blanc à la recherche de la moindre entaille. Et il n'y avait rien. Les copeaux leur tombaient dessus mais le plafond restait lisse. Différence qui ne manquerait pas d'en perturber certains. Ambre, quant à elle, s'en foutait toujours pas mal. Ses iris entreprirent d'observer ensuite les meubles, les murs et le plancher, à la recherche d'une issue. Détendue malgré le hurlement inhumain qui était devenu bruit de fond depuis quelques minutes. Habitude, quand tu nous tiens... Ce n'était pas le cas de sa compagne d'infortune. Les beuglements poussés en direction de l'entité invisible furent semblables à une fourchette crissant contre une assiette dans l'esprit de la jeune fille. Et la réaction ne se fit pas attendre.

"Ce qui est bien c'est qu'avec vos hurlements de veau qu'on égorge vous allez certainement attirer l'attention du psychopathe qui doit tenir ces lieux." Pause. "Finalement, les autres cris nous prouvent qu'il est occupé ailleurs, ce qui est une bonne chose non ?"

Oui, l'italienne était tellement rassurante quand elle s'y mettait. En fait, elle ne souhaitait pas mettre l'autre mal à l'aise, tout du moins, pas consciemment. Elle n'avait juste aucune diplomatie, aucun tact, aucun filtre. Elle disait ce qu'elle pensait sans forcément penser que l'autre pourrait mal le prendre. Ou être stressée, paniquée à cause des mots. Et pourtant, Ambre restait douée lorsqu'il s'agissait de manipuler, preuve qu'elle pouvait faire preuve de diplomatie pour jouer avec les gens. Sauf que c'était seulement lorsqu'elle jouait un rôle. Lorsqu'elle était "elle-même", elle avait tendance à oublier que les autres ne se comportaient pas comme elle, qu'ils n'avaient pas la même tolérance à la douleur et au macabre...

"Ambre. Je m'appelle Ambre. Et je ne sais pas si je suis enchantée de vous rencontrer si votre mari est l'un de ceux qui a travaillé sur un manoir mouvant. J'espère qu'il a péri dans sa propre oeuvre."


Cétait salaud. Se réjouir de la mort d'une personne, la souhaiter, c'était inhumain. Mais cela correspondait bien à la personnalité qui se cachait derrière le visage si enfantin. Inhumain. L'autre le lui ferait certainement comprendre, tout du moins essaierait. Ce serait peine perdue. D'un geste détendu, décalé, elle épousseta ses vêtements noirs recouverts de particules blanches. Nouvelle réponse :

"Je tenais juste à voir de mes propres yeux ce qui effrayait certains miliciens, au point que le lieu ne soit effacé des registres. La curiosité donc. Juste de la curiosité..."

Curiosité qui n'était pas liée au lieu en lui-même finalement mais plutôt à la lettre manuscrite qu'elle avait reçue l'évoquant. Il lui fallait savoir pourquoi les deux éléments avaient été mis en lien. Qu'avaient-ils en commun ? Et aussi... Pourquoi l'envoyer ici et pas autre part ? Ce n'était pas le seul lieu dangereux, supposément hanté de la Nouvelle-Orléans. Quelque chose clochait. Un déclic dans son dos et elle se retourna. Une porte venait de s'ouvrir, telle une invitation à changer de pièce. Que faire ? Regarde envers Moriah :

"On suit ce nouveau chemin ou vous préférez rester ici jusqu'à ce qu'on nous trouve ?"


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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Mar 4 Avr - 13:51


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Moriah & Ambre
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Pas d'interruption dans la pluie de plâtre et de poussière, pas de réaction du couple se battant à l'étage non plus, juste la voix de la jeune femme qui s'élève de nouveau, regard interloqué de la femme de ménage se posant sur elle. Beuglement de veau. Comme si elle mugissait. Elle n'a pas la voix assez basse pour ça, merci. Est-ce qu'elle a seulement déjà entendu une vache ou un veau, cette statue vivante au visage de poupée dont les cheveux se blanchissent de plâtre comme s'ils devenaient une perruque enfarinée ? Elle semble... ailleurs. Est-ce qu'elle a pris quelque chose avant de venir, pour être aussi calme ? Ou elle n'a juste pas la capacité de ressentir quelque chose ? Il y a quelque chose de certainement perturbant, dans tel calme, regard clignant d'incrédulité avant qu'elle parvienne à se défaire du carcan d'incrédulité autour d'elle. Tant de morbidité... Et en même temps, elle ne peut pas lui donner tort. Nouveau choc au-dessus, nouvelle chute de poussière, main passant dans ses cheveux avec irritation avant de fixer la jeune femme.

"C'est une façon de voir les choses je suppose. Mais s'ils pouvaient se massacrer sans nous noyer dans la poussière, ce serait appréciable."
Elles n'ont pas demandé à finir là, après tout, fait d'être entrées dans le bâtiment mis à part, quel besoin y a t'il de partager avec elles l'expérience ? Ou juste de se tuer aussi bruyamment, d'ailleurs ? Ils ne peuvent pas juste se tendre un piège, s'envoyer dans un nid de zombies, quelque chose qui fasse moins désordre ? Ce n'est pas comme si c'était ça qui manquait, aux alentours, et ils ne devraient pas trop laisser de restes avec un peu de chance. Ou en tout cas ne pas risquer d'y survivre. Quoiqu'il y aura une possibilité de croiser le cadavre de sa victime plus tard, elle suppose. Ce doit être assez perturbant, comme situation, avoir sa victime qui essaie de vous manger. A la réflexion, elle comprend peut-être mieux pourquoi quiconque est à l'étage préfère un meurtre à l'ancienne, il sera sûr que le cadavre restera bien mort, comme ça. Voix qui s'élève de nouveau de la jeune femme, la présente. Ambre, joli prénom. Ce qui suit l'est moins, sourire se plaquant sur ses lèvres, fin et froid comme un serpent. Oh, petite fille. Tu ne viens pas de souhaiter la mort d'Aram. Elle a dû mal t'entendre.

"C'est réciproque. Je me dois de vous contredire, d'ailleurs. Il se trouve être mort ailleurs. Et ne rien avoir eu à voir avec tout ce..."
Main qui trace la pièce, dédaigneuse, quand sa voix continue de dégouliner de miel empoisonné. Elle n'est même pas en colère, même pas vexée. Plus entre les deux. Interloquée, certainement. Un peu choquée, franchement perturbée. Quel genre d'éducation est-ce qu'elle a reçu, pour dire ce genre de choses ? Elle n'a jamais été mise dans une situation sociale ? Appris à communiquer avec les gens ? "... bordel. En dehors d'une intervention pour réparer la canalisation éclatée de l'ancien propriétaire. A moins que vous ne le suspectiez d'avoir mis tout cela en place durant ce temps ? J'ai une nouvelle admiration pour lui si tel est le cas, je dois l'admettre." Ç'aurait certainement été un tour de force. Faire venir des collègues en cachette, s'assurer que les propriétaires ne se rendent compte de rien, couvrir le coup des matériaux sans alerter personne...  En face d'elle, Ambre s'époussette, reprend la parole. Lève de nouvelles questions, sourcils se fronçant, curieux. Elles sont deux à partager cette qualité. "Les registres ? Comme ceux du cadastre ?" Pourquoi est-ce qu'ils iraient effacer toute trace du lieu ? Surtout s'il est toujours debout, aussi désert qu'il puisse paraitre de l'extérieur. Les bruits de lutte et sa propreté au rez de chaussée sont la preuve qu'il n'est pas aussi abandonné qu'il le semble. Il n'empêche. "S'ils voulaient faire oublier son existence, le raser eut été plus simple. Et les décombres auraient pu servir." Pour rebâtir certains bâtiments dans le Quartier Nord, par exemple. Des matériaux supplémentaires, personne là-bas ne serait assez stupide pour les refuser. Les faire exorciser une fois le Gouvernement parti, probablement, mais pas les refuser. Ils seraient trop utiles.

Cliquetis, son glissant de gonds qui pivotent et laissent s'ouvrir une porte. Question d'Ambre au visage de poupée, incertitude temporaire. Résolue par un nouveau choc, une nouvelle neige tombée du plafond. Elle ne se soucie pas même de répondre, passe devant elle, pour émerger dans la nouvelle pièce. Poussiéreuse, étroite, ampoule jaunie accrochée au plafond, oscillant au bout des câbles électriques qui lui permettent de briller. Le bois vermoulu, la tapisserie trempée, moisie, odeur humide qui flotte dans l'air et prend à la gorge. Juste une cage d'escalier qui monte vers les hauteurs et se perd dans l'obscurité d'un détour. La pièce presque vide et sa pluie de poussière semblent nettement plus plaisantes, d'un coup, pieds pivotant pour l'y ramener, poignée cliquetant sous sa main sans succès. L'irritation monte, les sourcils se froncent, poing s'abattant finalement sur le chambranle, impact résonnant dans ses os et la ramenant à la réalité pour laisser glisser un soupir d'entre ses lèvres et passer sa main dans ses cheveux, la sensation crissante de la poussière qui s'y est nichée lui arrachant une grimace de dégoût.

"Ce lieu commence à tenir de la farce. Enfin, je suppose qu'il n'y a pas le choix. Espérons au moins que les marches soient plus solides qu'elles n'en ont l'air."


Ce serait bien, au vu de leur aspect à la lumière jaunâtre et tremblante. Un pied s'y pose, bois grinçant aussitôt, une longue plainte qui emplit l'espace et monte dans les hauteurs, lui tirant une grimace fatiguée. Elle commence à réellement remettre en cause l'idée de venir ici. "Sérieusement... Quelqu'un a-t-il informé le lieu qu'Halloween est passé ? On se croirait dans un mauvais film d'horreur. Il ne manque plus que quelqu'un qui toque à la porte avant de l'enfoncer à coups de hache et de passer sa tête par le trou avec un 'Here's Johnny'."

Toc. Toc. Toc.
   

   
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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Dim 23 Avr - 19:07


There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin
It was haunted; but real hauntings have nothing to do with ghosts finally; they have to do with the menace of memory. ••• Les mots avaient claqué, bien plus violents que le ton employé ne le laissait entendre. Et pourtant, cela ne dérangeait pas Ambre. C’était le souci lorsque l’on était incapable de ressentir de sentiments, et donc de faire preuve d’empathie. L’italienne ne s’était même pas doutée une seule seconde que ses propos pourraient blesser l’autre. Tant qu’elle disait la vérité, le reste lui importait peu. La poussière tombait à intervalles réguliers, et l’autre entreprit de secouer ses cheveux salis. C’était peine perdue, mais Ambre eut la présence d’esprit de se la fermer sur le coup. Elle avait déjà suffisamment appuyé là où ça faisait mal pour ne pas devoir en rajouter une couche en plus. La jeune fille se contenta donc d’un roulement de yeux dans leur orbite pour exprimer sa… Lassitude face au comportement de l’autre, avant de hausser les épaules comme si de rien n’était. Son interlocutrice avait l’air assez peu perturbé par les bruits. L’aurait-elle mal considérée ? Quoi qu’il en soit, elle comprendrait bientôt que la poussière de plâtre était le cadet de leurs soucis. Car Ambre n’était pas dupe. Pour l’instant, elles avaient de la chance d’être au début du labyrinthe pour offrir une image de la situation. Cependant, pour s’en sortir, il fallait en arriver au bout. Et la milicienne se doutait que ce ne serait pas de tout repos…

L’évocation du mari, de sa mort, ne semblait pas avoir choqué Moriah plus que cela. Enfin, vous parlez là à Ambre, celle qui ne comprenait pas les sentiments. Elle n’était donc que peu capable de les lire sur le visage des autres. L’homme était mort. En voilà une bonne chose. Evidemment, elle se retint de faire un commentaire mais le manque total de tristesse et d’empathie dans son regard ne devait tromper personne. Et il n’avait rien à voir avec ce bâtiment, vraiment ? Ambre en doutait. Elle en doutait et le montrer sans le moindre souci. Enfin, cela ne l’étonnerait pas qu’il soit impliqué dans tout cela. Quoi qu’il en soit, cela l’emmerdait profondément. Ces illusions, puisque oui, il s’agissait d’illusions à ses yeux, ce n’était pas la première fois qu’elle y avait le droit. Et devoir se battre contre des pouvoirs alors qu’elle n’était qu’une simple humaine, sans le moindre don, ça la faisait fulminer. Il fallait sans cesse adapter les plans, modifier les connaissances qu’elle avait. Finalement, ce genre de situations la sortait de son carcan habituel, si bien que ses repères se floutaient, voire disparaissaient.

Elle ne répondit pas à l’autre question. Pas pour l’instant. Devait-elle évoquer son appartenance au Gouvernement ? Ce serait dangereux, mais au vu des armes qu’elle planquait sous ses vêtements… Ca s’apprendrait tôt ou tard. Et malheureusement, elle avait à communiquer avec l’autre femme. Il fallait s’en sortir, s’appuyer l’une sur l’autre. Ambre n’aimait pas ça. Elle n’aimait pas faire confiance. Elle n’aimait pas devoir laisser une partie de sa vie entre les mains de quelqu’un d’autre. Sauf lorsqu’il s’agissait de Dante. Mais Dante avait toujours eu une place particulière dans son existence, malgré les différences caractérielles ou simplement de valeurs qu’il y avait entre eux deux. Il était le seul capable d’évoquer son rejet des dirigeants actuels, de l’élite de cette époque sans que la milicienne l’embarque pour subir un jugement. Mieux encore, elle l’empêchait de se faire attraper. Ils étaient peu à être dans le cas de l’italien. Si peu qu’en réalité il n’y en avait que deux. Niklas et celui susnommé. Deux pauvres personnes dans un monde qui en avait abrité des milliards, qui doit toujours en abriter quelques dizaines de milliers. Cette évocation ne la choqua même pas. Après tout, c’était normal dans son cadre de référence…

L’autre prit les devants, sortant de cette pièce devenue étouffante avec l’accumulation de poussière. Un regard qui épousa une derrière fois les formes de leur première prison avant de suivre Moriah. Nouvelle pièce, nouveau silence. Tout semblait être sur le point de s’effondrer. Et pourtant, malgré la constatation, il n’y avait aucune panique dans son regard, aucune panique dans son comportement. Elle se déplaçait souplement, fit le tour de l’endroit à peine éclairé par une ampoule misérable pendant du plafond. Rien d’intéressant à voir. En revanche, l’autre avait l’air de plus en plus tendu… Ambre s’en moquait, comme toujours. Les situations de stress, la pression, elle connaissait, avait appris à gérer. A ne plus ressentir surtout, mais elle ne le comprendra peut-être jamais. Elle laissa monter son interlocutrice toujours sans répondre. Le bruit ne dérangea pas particulièrement Ambre, si ce n’était qu’il attirait l’attention sur elle. Et en parlant de ça… Quelques coups portés sur une porte. L’italienne haussa un sourcil et ses doigts se glissèrent d’eux-mêmes dans son dos, sous le tee-shirt, pour attraper l’arme qu’elle y cachait sans forcément la sortir. Il ne fallait pas faire paniquer Moriah non plus. Cependant…

« Monte. Je préfère être sur une surface plane que dans un escalier si on se fait attaquer. »

Malgré les paroles urgentes, elle ne semblait pas réellement paniquée à l’idée de se battre. Elle était une shadowhunter après tout, une tueuse, elle avait été entraînée pour faire face à toutes les situations. Les marches furent montées, dans un bruit qui lui paraissait assourdissant, mais elle se demandait si ce n’était pas son cerveau qui amplifiait le tout. La pièce du dessus était étrangement silencieuse, à l’opposé de l’escalier. Un sourcil s’arqua, les doigts se détachèrent de l’arme. Cependant, elle resta plus sur ses gardes que précédemment. La situation pouvait dégénérer d’une seconde à l’autre, et il fallait garder cela à l’esprit. Ce qui ne l’empêcha pas de revenir sur les sujets évoqués plus tôt…

« Etonnamment, j’ai tendance à me méfier des personnes que je ne connais pas, surtout lorsqu’elles ont travaillé sur un lieu avec une réputation semblable à celui où nous nous trouvons aujourd’hui. Et je ne crois guère aux coïncidences. »
Le regard se fit d’autant plus glacial que les mots se prononcèrent dans un murmure. « Désolée pour votre époux. »

C’était ce qu’il fallait dire normalement. Ambre s’en souvenait, ne l’avait jamais réellement appliqué. Ce n’était que des lignes sur une page qu’elle avait engloutie. Ce n’était que des explications qu’elle avait intégrées, sans jamais les comprendre. Pourquoi donc ? Elle-même avait été heureuse quand l’acte de décès de son géniteur était tombé. Parce que leur relation n’avait jamais été construite autour de l’amour et du respect mutuel. En fait, l’italienne le respectait, le craignait surtout. Le paternel voyait juste un outil en elle pour grimper un peu plus dans l’échelle de l’importance. La tête fut secouée. Ce n’était pas le moment d’y penser. Pas le moment de réaliser.

« Je parlais des registres tenus par le Gouvernement concernant les habitations à la Nouvelle-Orléans. Ils ne devaient pas être assez fous pour s’approcher d’ici sinon. Les rumeurs ont la vie dure, même au sein des éminences de ce monde. »


Un bruit sourd ponctua sa phrase. Le sol trembla, sursautait à intervalles réguliers. Ambre jeta un rapide regard autour d’elle, tout en intimant d’un geste à Moriah de se décaler de la sortie de l’escalier. Il lui semblait que tout venait d’en-dessous. Se rapprochant à pas rapides de sa compagne d’infortune, elle murmura :

« Au passage… Sais-tu te servir d’une arme ? »

Ambre avait besoin de savoir si elle pouvait lui confier un pistolet ou si c’était trop dangereux pour sa propre survie….


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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Dim 30 Avr - 20:07


« It was haunted; but real hauntings have nothing to do with ghosts finally; they have to do with the menace of memory. »

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Toc. Toc. Toc.

Trois coups. Trois notes. Identiques. Le même intervalle entre chaque, le même son, la même force, le même rendu, mécanique et boisé tout à la fois, artificiel. Nulle ombre sous la porte, qui s'insère dans la pénombre jaunâtre où elle se trouvent captives et trahit une présence humaine.Qu'est-ce qui se trame ici, qu'est-ce qui hante ce lieu ? Est-ce que ce n'est qu'une illusion sonore, ces trois sons aussi rythmés et réguliers que les battements d'un cœur ? Est-ce que c'est un robot, un mécanisme qui a été déclenché par la fermeture de la porte derrière elles, quelque chose ? Un courant d'air, une personne dissimulée dans le seul but de les effrayer ? Elle ne sait pas, appréhension battant dans sa gorge en un nœud vivant. Encore une nouvelle chose qui bruisse dans ses entrailles et la possède. Elle s'en épuise, s'en fatigue. Ignorer. Monter les marches à la place, pas précipités, pointes de pieds tendues, main qui oscille au-dessus de la rampe sans la toucher. Crasse. Poussière. Elle n'en peut plus. La présence de la jeune femme dans son dos est anxiogène et rassurante tout à la fois. Elle en a peur, de son visage lisse de poupée de porcelaine inanimée, de l'incertitude de leur situation, du bruit de ses pas derrière elle. Elle la rassure, par ce contrôle absolu d'elle-même qu'elle dégage, le pressentiment qu'elle est capable, le fait qu'elle se juge moins aisée à effrayer que les miliciens. Elle ne sait pas. Elle finit de monter les marches, résiste à l'envie de grimacer à chaque marche qui grince sous son poids. Elle voudrait avoir l'agilité des singes, combien même ce serait celle d'un gorille. Ne pas avoir à craindre la chute. Fermer les yeux, se retrouver sur le palier, regard lancé en direction de la jeune femme. Avant d'ouvrir la porte, et d'observer rapidement la nouvelle pièce.

Immensité blanche, le sol les murs et plafond se fondant les uns dans les autres, une décoration qui lui apparait comme une indéniable amélioration en comparaison de l'escalier ou de la pièce où elles se sont rencontrées. La pièce semble infinie, semble surtout pouvoir être assez grande pour couvrir celle où elles se trouvaient avant. Pas de sang au sol pourtant, ni même l'odeur d'un sol récemment nettoyé, rien. Elle doit mal visualiser. Elle n'aime pas ça malgré tout, sourcils se fronçant avant que son visage se tourne vers Ambre, porte refermée dans le même geste, la salle oubliée. Surprise, qui parcoure un instant ses traits. Des quasi-condoléances et un regard gelé qui hérisse sa peau. Il y a quelque chose d'une machine ou d'un carnassier dans ce regard, quelque chose de prédateur, d'étrange, amplifié par ses mots. Elle se méfie des gens, elle ne croit pas aux coïncidences... Ils sont plus vieux qu'elle, ses mots et ses idées, bizarrement adultes et cyniques. Ce monde ne fait définitivement plus le moindre sens, si quelqu'un qui semble si jeune peut sonner si vieux. A moins qu'elle soit sans-âge, inhumaine. Elle ne veut pas savoir. Elle ne veut pas comprendre. Juste sortir d'ici, retourner à la logique. Sa main monte à son visage, sent la poussière à la naissance de ses cheveux qui fait renaître en elle le besoin compulsif d'être propre avant de retomber à son côté, lasse. Elle écoute, Moriah, et elle retient. Ambre connait le Gouvernement, de plus près qu'elle ne le connaitra jamais, d'une façon plus intime qu'elle ne le pourra jamais, qu'elle ne le voudra jamais. Une Peacekeeper ? Elle refuse d'envisager la seconde option, la plus terrible, celle qui expliquerait pourtant des choses, distraite par un bruit sourd et un sol qui commence à vibrer, à trembler, de secousse en échos vibratoires qui résonnent dans ses os. Se décaler, suivant l'ordre muet, yeux s'agrandissant en entendant la question posée. Si elle sait se servir d'une arme ?

"Probablement pas. A moins d'avoir un scalpel ou équivalent sur toi, je ne pourrai pas grand chose, hormis me servir de mes mains pour me défendre. En tout les cas, je n'ai pas la moindre idée de comment viser avec une arme à feu, mieux vaut ne pas m'en confier en conséquence."


Est-ce que les Peacekeepers ou les gens normaux se baladent avec des armes à feu ? Elle ne le fait pas, mais elle ne sait pas si elle est le meilleur des exemples, pour être honnête. Même si elle savait se servir d'un pistolet, elle n'oserait sans nul doute pas en posséder un. Pas confiance dans le monstre dans le miroir pour ne pas blesser quelqu'un avec, pas envie de s'en saisir dans un moment de rage ou de désespoir. Pour se défendre, elle a ses mains, ses doigts dénudés et tortionnaires, la chose en elle et l'espoir de suffisamment garder de lucidité pour générer de la peur ou causer une fièvre qui affaiblisse, quelque chose qui crée une ouverture pour Ambre. Ambre qui a des armes, Ambre qui ne semble pas trouver la situation terrifiante. "Tu n'est pas juste Peacekeeper, n'est-ce pas ? Pour venir ici, pour être armée..." Ce n'est pas le moment. Est-ce qu'il y a un moment, pour ce genre de choses ? Un nouveau son qui provient d'en bas, le claquement d'une porte projetée contre le mur avec brutalité, de marches qui grincent et qui crient sous des pas lourds. Elle se recule en une posture machinale, crainte au fond du ventre, le regard qui fuit et se pose de nouveau sur la porte de la salle sans fin. Le son se rapproche, lourd, menaçant, ombre noire qui grandit sur le sol et le long du mur. La décision est impulsive, porte ouverte à la volée, signe fait à Ambre de venir avec elle avant de la refermer et de se reculer, regard cherchant une autre issue et identifiant une autre porte, les larges et hautes fenêtres, arbres oscillant devant elles. Ils forment un filet de sécurité, au même titre que le reste, course l'amenant vers l'autre porte et l'ouvrant, corps basculant vers l'avant avant de se rattraper. Un trou dans le plancher, la pièce en dessous perdue dans l'obscurité. Un passage possible, avec assez d'agilité, assez d'espace pour contourner le vide. "Si tu as envie de faire plus qu'attendre qui que ce soit qui nous chasse, nous pouvons aussi nous amuser à traverser le vide et voir ce qui nous attend derrière. Ou juste tenter de voir si il y a davantage d'endroits où se dissimuler ailleurs." Ici... elles n'ont rien pour se cacher. Juste du blanc parfaitement nette et un espace vide qui n'offre aucune couverture. Aucune sécurité.

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MessageSujet: Re: There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre   Ven 2 Juin - 23:38


There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin
It was haunted; but real hauntings have nothing to do with ghosts finally; they have to do with the menace of memory. ••• Pousser l'autre à monter, plus vite. Ecouter les battements des cœurs résonnant dans l'espace. Prendre le contrôle des émotions et des peurs. Les utiliser pour outrepasser les limites. En jouer pour manipuler. Chaque grincement de marches la rappelait à l'ordre. Le chemin que les deux femmes empruntaient était ainsi présenté à leur assaillant. Ou leurs assaillants peut-être ? Enfin, cela ne dérangeait pas Ambre, bien au contraire. Un peu de combat ne lui ferait pas de mal. Les yeux détaillaient le nouvel environnement. Du blanc à perte de vue, aucun endroit pour se mettre à couvert. Les doigts s'étaient renfermés sur son arme à feu, alors qu'elle proposait à sa compagne d'infortune une arme. Ou plutôt qu'elle l'interrogeait sur sa capacité à en tenir une et à viser avec. Avant de lui confier son arme de secours, elle tenait à être sûre que l'autre ne risquait pas de s'en prendre à elle par inadvertance. Avec ce qui pouvait leur tomber dessus d'une minute à l'autre, la milicienne ne pouvait pas se permettre d'ajouter une ennemie à l'équation. Enfin, ce qu'elle avait besoin de savoir pour son plan, c'est si elle aurait un pistolet ou deux, si elle devait intégrer la seconde personne dans ses calculs pour la défense. Au final, les probabilités seraient ajustées en fonction de la réponse que Moriah lui offrirait. Si celle-ci voulait encore lui adresser la parole à vrai dire. Enfin, cette partie-là, l'italienne n'en avait pas franchement conscience. Il serait temps qu'elle s'intéresse de plus près aux interactions sociales.

Elle ne s'attarda pas sur le regard de Moriah qui semblait s'analyser, ni sur les tremblements du sol, qui annonceraient pourtant une nouvelle bien funeste. Une puissance psychique immense de leur assaillant, ou bien une force surhumaine, de même qu'un poids supérieur à la moyenne pour avoir un tel impact sur la structure même de la maison. C'était ce que le cerveau de la jeune fille soulignait en arrière-plan. La plan s'adapta en conséquent, quand bien même il lui manquait une variable importante. La milicienne se déplaça sur la pointe des pieds, un silence seulement brisé par leur respiration respective. Et les mots de Moriah quelques secondes plus tard. Un sourcil se arqua, étonnée. Un scalpel ou un équivalent ? Ambre avait bien des poignards, deux précisément, et elle pourrait toujours en donner un à l'autre, qu'elle soit capable de se défendre seule si elles venaient à être... Séparées. Elle hésitait néanmoins, n'aimant pas l'idée de se séparer d'une de ses armes alors qu'elle n'était pas certaine que l'autre saurait s'en servir. En tout cas, elle avait bien compris que les armes à feu, c'était elle qui les aurait. Ce qui n'était pas plus mal, puisqu'elle préférait compter sur elle-même plutôt que sur une demi-inconnue dont le mari avait possiblement participé à la construction de l'endroit. Parano ? Peut-être pas non plus... Méfiante ? Oui, certainement.

La question lui fit hausser le second sourcil, sans que l'étonnement ne s'inscrive dans son regard. Perspicace. Ou alors méfiante elle aussi. Ambre s'apprêtait à sortir de son silence, prononcer quelques mots, mais un bruit sourd remit cet instant à plus tard. Elle se concentra sur ce qu'elle avait entendu, sur ce qui sembla se mouvoir à l'étage d'en-dessous. Lourd. Puissant certainement. Les marches grinçaient sous la montée de l'autre. Cet inconnu que la milicienne accueillerait comme il se doit, en vidant un de ses chargeurs sur la silhouette. Enfin, pour l'instant, son regard était rivé sur l'ombre qui grandissait au fur et à mesure que les bruits se rapprochaient. La peur n'était pas présente, laissant son esprit particulièrement lucide sur les événements qui allaient se dérouler. Enfin, ça, c'était si Moriah n'avait pas décidé de fuir, de passer cette porte apparue depuis quelques minutes maintenant. L'italienne aurait pu rester là, faire face à l'horreur qui s'annonçait, mais une petite voix lui disait qu'il serait peut-être plus intéressant de rester non loin de la femme. Alors, elle la suivit.

Une nouvelle pièce, aussi immaculée que la précédente mais possédant de larges fenêtres, sur lesquelles Ambre ne s'attarda pas. Elle était concentrée sur les bruits perçus, les pas lourds qui venaient de la pièce précédente. Elles avaient de l'avance, autant la maintenir dorénavant. Mais leur avancée fut stoppée net. Ambre jeta un regard sur ce qui les avait arrêté, se penchant sur le côté puisque trop petite pour regarder par dessus l'épaule de sa comparse. Un trou. Qui devait mener à une autre pièce mais les ténèbres ne lui permettaient pas d'en deviner les contours. Bien... Les mots de la femme la firent vaguement sourire. Enfin...

« On a bien six ou sept minutes devant nous, avant que notre... Invité ne trouve le chemin jusqu'ici. Enfin, dans tous les cas, j'ai un poignard que je peux te donner pour te défendre, puisque les armes à feu n'ont pas l'air d'être ton truc... C'est toujours mieux que rien, surtout qu'il est suffisamment affûté pour causer des dégâts importants. Manie-le comme un scalpel. »


Les doigts sortirent l'arme de son fourreau, accroché à son mollet, et la mit entre les mains de Moriah. D'un côté, cela pouvait montrer qu'elle avait confiance en elle, ce qui n'était absolument pas le cas en réalité. Néanmoins, Ambre savait qu'il était mieux pour maximiser leur chance de survie qu'elle lui donne ce foutu poignard. En espérant qu'elle s'en servirait contre les monstres plutôt que sur elle. Enfin, sinon, la milicienne se contenterait de la descendre avant de fuir.

« J'ai été militaire pendant quelques années et je suis désormais shadowhunter, si c'était ta question. Enfin, je suis loin d'être la seule personne à la Nouvelle-Orléans à me promener avec des armes sur moi. »

Oh non, elle n'était pas la seule, c'était le cas d'à peu près tous ceux fricotant avec une mafia déjà. Tous les tueurs à gages, régleurs de compte. Ils se comptaient par dizaines, voire centaines puisque c'était une activité plutôt commune et surtout qui avait de l'importance dans un système aussi gangréné que les mafias. Non, Ambre n'appréciait pas ces êtres, qui à son goût détruisaient l'art qu'était le meurtre. Un bruit sourd dans son dos lui fit comprendre que l'autre se rapprochait à grands pas, et qu'il faudrait à présent prendre une décision rapide.

« Bon, je propose qu'on y aille. Ce sera toujours moins dangereux de continuer notre chemin sans nous arrêter, même si cela ne me dérange pas de faire face à la créature. Ca peut être sympa pour tester mes capacités. »

Folle. Elle était très certainement folle, avec son regard froid, son ton monocorde. Elle dépassa Moriah, glissa autour du trou. Ses gestes étaient précis, sans aucune hésitation. Et elle traversa la pièce jusqu'à arriver en face d'une nouvelle porte. Comparée aux précédentes, elle lui semblait plus... Renforcée. D'ailleurs, la jeune fille le sentit au moment de l'ouvrir. Elle lui résistait. Si bien qu'elle finit par devoir s'aider d'un coup d'épaules. Et celle-ci s'ouvrit enfin dans un grincement étrangement... Stressant. Ses yeux se tournèrent vers Moriah, qu'elle invita à venir, avant de pénétrer dans cette nouvelle pièce, plongée dans la pénombre et bien trop mytérieuse à son goût. Elle écouta, resta sur ses gardes. Et perçut le mouvement du coup de l'oeil, lui permettant de dégainer et de tirer avant que la silhouette ne lui saute dessus. Grognements, fin de vie. Elle jeta un coup d'oeil derrière elle, lançant :

« J'espère que tu n'es pas une fervente défendeuse des animaux ou des monstres, il se peut que j'en ai descendu un... »

Elle aurait presque pu rire, si ça avait été dans son caractère. Mais non, elle se contenta de cette demi-blague de mauvais goût, sans la moindre pression ou peur. Elle était réellement étrange comme personne.


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There had stood a great house in the centre of the gardens, where now was left only that fragment of ruin ♦ Ambre

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