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 Through the ruins [PV Moriah]

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Through the ruins [PV Moriah]   Jeu 2 Mar - 0:27

Through the ruins
○ What you say tells me nothing. What’s the truth, give me something. Take me down a road I believe in. Lost the way, lost all reason. Give me something. Search the past for redemption. Broken glass, no reflection. Take me to a place I believe in. Lost my way, lost all reason. 


Les contours de sa cicatrice, il les redécouvre un millier de fois du bout des doigts. Son index s’attarde sur les plis significateurs, s’empreigne des marques. Les quenottes d’Elena, il préférerait les discerner derrière un sourire moqueur et pas à même sa peau balafrée. C’est tout ce qu’il a pu emporter d’elle. Tout ce qui lui reste de ce vieux souvenir imparfait. Lui qui se plait à penser que la mémoire l’abandonne pour mieux le préserver, se surprend à revivre certains instants mentalement. Il suffit d’un seul mot, parfois d’une seule voix pour que les réminiscences se remettent à danser dans son esprit harassé. Aujourd’hui, c’est un éclat de rire. Demain, ce sera peut-être une insulte. Une malédiction bien plus terrifiante pour l’infecté que les quelques dispositions qu’il a réussi à gagner. Souffrir de trop de mémoire, un mal indivisible que rien ne peut atténuer. La main s’attarde sur le front quand les yeux usés gagnent la vieille commode au pied manquant et au contenu à demi-rejeté. Ce meuble semble vouloir expulser tout ce qu’il contient comme écœuré par cette marée incohérente d’objets variés. Des petits butins sans valeur pour la plupart mais ce n’est pas dans ce tas-là qu’il compte piocher. Vaguement déterminé, l’arnaqueur échappe à sa mélancolie en se penchant sur le tiroir du bas. Il en extirpe un contenant peu attrayant. Les ongles claquent contre le verre quand il raffermit sa prise. L’étiquette ne lui importe pas, sa provenance non plus. Il l’a stockée là à raison ou non. Incapable de balancer ce qu’il prend ou reçoit mais également dénué du palais qu’il convient de posséder pour déguster pareil met. L’ébriété étant incroyablement ardue à dénicher pour l’être qu’il est. Le premier inconvénient à sa condition, celui qu’il a trop souvent tenté de braver. Quelques minutes d’euphorie relative, il n’en demande pas plus après tout. Alors le goulot atterrit entre ses lèvres serrées, alors le liquide dévale l’œsophage dans cet écœurement caractéristique. Cendre pour la gorge, inutilité pour l’organisme vicié.

Le breuvage est consommé dans son entièreté. Seule solution pour expérimenter un peu de ces sensations vagabondes. Les effets ne tardent d’ailleurs pas à se manifester. De légers vertiges le surprennent. Un hoquet désarçonne le silence. L’allégresse ne s’épanouit pas pourtant dans sa poitrine, ne perdure qu’un dérangeant arrière-goût de misère. Désabusé, l’escroc se résigne à rejoindre sa couche, la bouteille vide toujours calée dans la paume. Son dos entame la manœuvre pour rejoindre les oreillers quand un écho le rattrape, le massacre. Des cris d’enfant. Alerte, il tend l’oreille avant de conclure que ce n’est pas son problème. Sauf que les hurlements reprennent, sauf que cette fois-ci, des pas s’y joignent. Une silhouette à l’extérieur de la pièce, dans le bureau. Oswald se redresse, enjambe la distance pour cueillir l’intrus. Ils sont plus de deux, il ne croit pas les connaître. « Sortez de chez moi. » Ordonne-t-il, les bras déjà prêts à les éconduire vers la sortie. Sauf que deux autres émergent d’un autre recoin. Qu’un sixième s’extirpe de la chambre qu’il vient de quitter. « Vous vous foutez de ma gueule. Six contre une seule personne, quelle belle preuve de courage. » Crache-t-il excédé. Un grondement métallique arrête le temps. Le détective perd l’équilibre un instant, se rattrape au mur. L'instant d'après, ils ont disparu. A la place, le plancher se transforme sous ses pieds, une spirale étrange qui engloutit le sol. « C’est pas réel. » Il beugle avec conviction mais cherche pourtant une issue tandis que le vide s’élargit au centre de la salle. La peur lui saisit les tripes alors que le néant atteint ses semelles, qu’il se sent aspirer par le gouffre inventé. Le criminel finit à genoux contre le plancher, les mains raclant l’illusion évanouie. Quand il relève le menton, la porte s’ouvre, se referme, les vitres l’imitent. La lumière vacille. Des spectres se mêlent à la cacophonie. Et au milieu de ces tourments, l’évidence, soudainement, jaillit. Ce qu’il a bu, était contaminé.

La lucidité s’absente dans les minutes suivantes quand il se retrouve plongé dans le noir, qu’il se heurte à chaque objet sur son passage. Il fonce vers la porte d’entrée pour atteindre le couloir. L’ampoule éclate et comme un égaré, il continue sa course pour chasser l’obscurité. Sans trop savoir comment, il atterrit sur le trottoir face à l'immeuble. La sueur dévale ses tempes, le cœur bat toute la démesure de sa démence. Les sens détraqués, la vision et l’ouïe définitivement trompés, le hors-la-loi tente vainement de se raisonner. Rentre chez toi, allonge-toi. Attends. Quand il se retourne pour disposer de la poignée, pour pénétrer dans la bâtisse comptant son appartement, un mur remplace l’entrée. Il s’obstine, les paumes vers l’avant mais le mirage ne se dissipe pas. Piégé dans son esprit malade et incroyablement effrayé, le danois ne se voit pas surpasser cet égarement seul. Il doit trouver un remède. Remettre la main sur la responsable lui est impossible. Et pour cause, il ne se souvient même pas de son identité. Combien de gens arnaqués depuis le mois dernier ? A chaque poison, son antidote. A chaque douleur, son guérisseur. L’évidence le cueille alors.

La route devient hasardeuse, les dangers fictifs, légion. Des détours, il en effectue plus d’une dizaine. De modifications du décor et de ses perceptions en apparitions, il ne parvient à gagner l’appartement convoité qu’à l’aide d’une farouche volonté qui relève de l'obsession. Il se laisse choir contre la mauvaise paroi, dérange un voisin peu accommodant que l’aliéné ne perçoit pas clairement. Des flammes lui lacèrent les chevilles quand ses poings tambourinent la bonne cloison. « Teke, dépêche-toi ! » Un coup d’épaule se fiche dans le bois. Vain et insuffisant. Qui ne lui apporte qu’une vive douleur. L’incendie qu’il croit distinguer, commence à ronger les murs qui l’entourent. « On va crever ! » s’entend-il lui hurler avant de se rappeler que ça se passe dans sa tête. « Ouvre-moi, putain, bouge-toi ! Tu fous quoi ? » Il oublie la clef au fond de sa poche. Il oublie qu’elle n’est peut-être pas là. Il oublie jusqu’à son bon sens quand il retente de forcer l’entrée, y fichant des coups de pieds ravageurs sans jamais obtenir satisfaction. Il finit par s’affaler contre cette maudite paroi qui refuse de céder en se demandant ce que ça ferait de mourir ainsi brûlé.  

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Ven 3 Mar - 22:26


« Anger is like flowing water; there's nothing wrong with it as long as you let it flow. Hate is like stagnant water; anger that you denied yourself the freedom to feel, the freedom to flow. »

 
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L'odeur de la lessive flotte dans l'appartement, sans ses accents autrefois familiers de fleur d'oranger, juste la légèreté du savon et les accents agressifs de la javel, se heurtant et grattant aux poumons comme pour en demander l'entrée quand la porte leur est toujours ouverte. Les murs luisent, humides, mousse coulant lentement le long d'eux en un suintement rassurant, laissant juste la blancheur parfaite de la peinture. Aram les avait peints, de ce blanc aveuglant, avait peint les planches de la même manière avant de les poncer pour faire ressortir leur grain, bien décidé à faire de l'endroit un écrin immaculé juste pour elle, où la moindre trace de crasse pourrait lui sauter aux yeux, pour qu'elle ne s'évertue pas à laver ce qui n'avait pas besoin d'être. Il soupirerait désormais en la voyant, tunique sombre trempée d'eau savonneuse s'accrochant à sa peau pendant qu'elle frotte, encore et encore, mains crispées sur la brosse dure, aussi fort que si elle récurait sa propre peau. Besoin de se changer les idées, de se calmer. Le parfum qui flotte dans l'air est rassurant, avec ses accents hospitaliers. La brûlure de ses muscles aussi, tandis qu'ils répètent le même mouvement, encore et encore, sons de la ville entrant par la fenêtre ouverte. C'est aussi calme qu'elle parvient encore à se sentir.

Ça ne pouvait pas durer, forcément. Bruits de pas lourds dans l'escalier qui traversent les murs fins, cacophonie de pieds emmêlés dont elle se moque éperdument, juste un voisin qui rentre après avoir trop bu, rien de surprenant par ici. Poing qui s'abat contre la cloison, hurlement de son nom, dans une voix qu'elle ne peut que reconnaître, qui lui tire un sursaut, brosse tombant dans le seau et l'éclaboussant plus avant. Il fout quoi là ? Il braille quoi, là, jambes se dépliant dans un craquement douloureux d'articulations trop longtemps restées dans la même position, sang recommençant à se précipiter dans ses veines, premier pas fait manquant la mettre à terre. Eau sur le sol, quand il était déjà propre. Elle va le tuer, lèvres se retroussant sur ses dents, rage emplissant lentement son champ de vision, grondement vibrant dans sa gorge alors que la porte recommence à trembler. Connard. Il veut l'enfoncer, ou quoi ? Elle lui a fait quoi, cette putain de porte ? Elle n'en sait rien mais elle veut le tuer, indifférente aux intonations de la voix qui continue de percer les murs. Il va se faire faire la peau par quelqu'un si il continue de gueuler comme ça, et ça sera pas une grande perte, alors qu'elle finit d'avaler la distance, sensation de l'eau encore accrochée à son pied l’écœurant. C'était propre, bordel, et la porte s'ouvre à la volée, grondement s'échappant enfin de sa gorge, bordée d'injures s'interrompant à la première syllabe en voyant la créature adossée contre le mur, pathétique.

"Si t'as perdu ma clef, j'te nécrose les couilles jusqu'à ce qu'elles tombent d'elles-même, pigé ?"

Le plus gros du feu a quitté sa voix alors qu'elle referme sa main autour du bras de Madsen, le trainant à sa suite. Il pèse lourd et elle se fout de l'aider à se redresser ou à marcher, le tire à la place, sourire incurvant ses lèvres tandis que le son sourd d'un corps entrant en collision avec le chambranle lui parvient. Ça fera rentrer la leçon, mains l'abandonnant sitôt qu'il est à l'intérieur pour se diriger vers la salle de bain, ignorant tant bien que mal son reflet au profit de la boite à outils remplie de matériel de premier secours. Si il a besoin de points, il aura intérêt à pas gueuler, ou elle risque de lui recoudre les lèvres par erreur. Ça se défait, des points, il s'en remettra. Et le look à la Loki lui irait bien, elle en mettrait sa main à couper. Il serait amusant à voir comme ça, en tout cas. Incapable de brailler.

Moins amusant, aussi, elle doit se l'avouer. Leurs engueulades et ses geignements sont amusants, nourrissent cette part d'elle qu'elle n'aimerait rien tant qu'exciser à coups de scalpel et évider à la petite cuillère, voir flamber en emportant tout derrière elle, la chair morte et le reflet déformé et la rage. Ça serait bien, soupir lui échappant alors qu'elle émerge de la petite pièce, sang recommençant aussitôt à bouillonner. Madsen sur le canapé, check. Bottes aux pieds, check. Bottes crasseuses aux pieds qui ont laissé des traces sur son sol et sur le tapis placé devant le canapé ? Check check check. Bingo, nous avons un vainqueur, Madsen est un homme mort, mains ambrées vibrant de rage alors qu'elle pose la boite métallique au sol. Qu'il bondisse. Qu'il s'étrangle dans sa merde. Il a sali son sol, souillé son refuge, ramené toutes les horreurs de l'extérieur dans le seul endroit dans cette foutue ville qui soit encore un tant soit peu propre. Elle veut le tuer, l'éventrer, lui ôter la peau avant de la épingler de nouveau en place sans anesthésie et avec des agrafes rouillées. Elle se dirige vers le seau à la place, s'en saisissant avant de le vider posément sur son patient. Pas grave s'il en avale un peu, ça lui désinfectera la bouche. Et la trachée. Et les poumons. Il s'en remettra.

"T'as intérêt à avoir une putain de bonne raison d'avoir ramené tes bottes crasseuses chez moi Madsen, le serment d'Hyppocrate j'ai plus aucune raison de le respecter à part la force de l'habitude, et là, j'ai très envie de te faire mal. Parle. Qu'est-ce qui cloche, que j'règle le problème et qu'je puisse te foutre à la porte. T'as pas l'air de saigner et d'toute évidence t'as rien d'cassé, alors quoi ? Tu nous fais un bad trip ? J'savais même pas que ton espèce pouvait planer. Bouffer un rêve périmé, récemment ? Une vieille peau qui rêvait un peu trop de toi ?"

Pupilles dilatées, peau blafarde et moite avant qu'elle l'ait arrosé, il a probablement bouffé un type pas frais. Eh. Il s'en remettra. N'empêche, elle est curieuse. Et elle veut trop le faire souffrir pour le mettre dehors. D'autant que ça impliquerait de le trainer -encore- sur son pauvre sol. Il était si propre...
   

   
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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Sam 4 Mar - 23:44

Les paupières basculent à plusieurs reprises, tentent de nuire à l’embrasement fictif mais les flammes s’obstinent. Le corps accuse la panique, engendre les effets dévastateurs que la fumée devrait avoir sur ses poumons. Tout ça, c’est dans sa tête. Il le sait pertinemment. Depuis le temps que son esprit déconne, il devrait réussir à différencier le fantasme de la réalité. Sauf que jamais, ça n’a duré si longtemps, pris des proportions aussi dramatiques. Les poumons réagissent de manière démesurée au mirage, la gorge expectore des toxines qu’il n’aspire même pas. Ridicule, il veut en rire d’ailleurs mais il n’en a pas la force. Ses yeux pourchassent l’incendie quand une voix le fauche en pleine terreur. Un grommellement lui échappe, marque son soulagement. Les propos de la maniaque ne trouvent que tardivement leur chemin jusqu’à son esprit tourmenté. Son corps a le temps de se faire trainer, son épaule déjà endolorie de subir l’indélicatesse de son hôte. La porte se referme sur le cauchemar, chassée par une odeur de javel qui file immédiatement la nausée à Oswald. Le renvoie tout aussi sûrement à ce maudit orphelinat où il était trop souvent de corvée. Punition attribuée à toutes les fortes têtes qui frappaient impunément un de leurs petits camarades. Stabilisé dans cet environnement familier, il se surprend à avaler l’air à grandes goulées, réalisant par la même occasion qu’il avait cessé de respirer. Avant qu’elle ne lui échappe et tout en reprenant son souffle, l’aliéné rejette le mépris qu’elle a elle-même propulsé en premier. «  Vu tes tares et ta tête, ça m’étonnerait que tu saches où ça se trouve et à quoi ça ressemble, des couilles. J’ai pas à payer pour ta détresse sexuelle. » Pourrir sa sauveuse, une piètre idée. Peut-être qu’il a un peu trop pris confiance en son inébranlable loyauté. Pas son genre de s'appuyer sur les potentielles qualités d'autrui. Mais on pouvait confondre fidélité et naïveté dans le cas de Moriah. Des termes que le danois juge même bien trop polis pour qualifier la bêtise de cette femme. Filer sa clef à une raclure comme lui relève du suicide après tout.

La carcasse épuisée du scandinave échoue pitoyablement sur le canapé. Les hallucinations suivantes ne sollicitent que son audition. Des pleurs, lointains pour l’heure. Il a refermé son champ visuel afin de chasser les ombres menaçantes. Pour ne plus offrir à sa vision le loisir de le tromper. Le métal claque contre le plancher abruptement pourtant, obligeant ses prunelles à en traquer la source. Au lieu de se voir dans le modeste logis de l’infirmière, l’escroc croit redessiner du bout des cils, les contours de sa cellule. L’oppression survient immédiatement. Ses poings se serrent tandis que son geôlier se rapproche, répand sur lui quelque chose de poisseux. Sensations faussées, il croit recevoir de l’acide alors il se débat inutilement. Les paumes lissant la peau, chassant le liquide de ses orbites avant de perdre la vue. Ça lui ronge la rétine et l’œsophage. Il a réussi à en ingurgiter sans le vouloir. En s’agitant, il remonte ses semelles maculées contre les coussins du divan, salit le textile avant de basculer au sol et de heurter sa tête au plancher. La respiration mise à mal par la chute et la tétanie, le criminel peine à reprendre pied. Il identifie avec difficulté l’eau qui ondule sur ses tempes, imprègne ses fringues. En déduit ce qu'il s'est réellement passé.

Sans prendre la peine de se relever, ramenant juste son bras contre sa poitrine, il se met à ricaner. « Faudrait arrêter de sniffer les produits d’entretien. Y te manque une case à force. Déjà que la lumière était pas à tous les étages de base. Maintenant, je pue sévère et t'as dégueulassé ton canapé avec ton eau usagée, pour la grosse psychorigide et névrosée que t’es, ça va valoir au moins dix séances chez le psy. » Désabusé par ce petit règlement de compte gratuit, il ne cherche même pas à se venger. Se contente de fixer le plafond dans l’espoir fou que le phénomène s'interrompe. Mais les sanglots en arrière-plan ne se sont jamais estompés.

Les mots de l’américaine se bousculent dans un coin de sa tête. Toussotant en se relevant finalement, il pose un bras sur le genou qu’il a replié et son autre main sur le siège qu’il a déserté plus tôt. « C’est celle qui nécrose, qui me parle de péremption. T’es pire qu’une pomme pourrie dès qu’on a le malheur de t’effleurer, faut que tu contamines tout ce qui passe à proximité. Les vers doivent te ronger de l’intérieur, ce qui explique que tu veuilles que ça brille à l’extérieur. Besoin d’équilibrer la tendance ? Une vieille peau, c’est toujours mieux qu’un mec fictif, regarde-toi, la vieille fille, avant de parler. Quel pauvre taré se mettrait à rêvasser de ça. » Les paroles acerbes ne sont qu'une source de distraction pour annihiler la démence. En vain. Derrière la silhouette de la brune, des araignées par millier se rassemblent contre le mur immaculé. « Tu veux me faire quoi au juste, me brûler la peau avec ta javel encore une fois ? Me récurer les narines avec du détergent ? Regarde un peu comment je tremble devant le fléau serpillière et savon. » Il parle plus fort pour distancer les sonorités chimériques d’un gosse qui ne cesse de geindre. « Mes godasses sont le premier problème, alors ? » D’un geste désinvolte, il en retire une qu’il balance de l’autre côté de la pièce. Elle butte contre une de ces cloisons à la pureté inégalable, y déverse sa souillure. Il s’apprête à répéter le processus avec la seconde quand les lamentations du bambin le rattrapent, des cris si puissants qu’ils lui brisent le crâne.

La main rattrape le front brutalement. Des frissons le parcourent quand il relève le menton pour toiser l’enfant. Le décor bascule à nouveau totalement. Le quadragénaire marche à quatre pattes jusqu’au banc qu’il aperçoit, pose sa main sur le petit tas de couverture. La tristesse crispe ses traits. Le gosse hurle à lui en déchirer les tympans et sa paume se referme sur du vide. En voulant la reprendre, il cogne une lampe. Elle se brise au sol à la suite, casse définitivement l’imagerie erronée. Le cœur battant dans les tempes, il recule jusqu’à avoir son dos contre le fauteuil. Tremblant des pieds à la tête autant par la fraicheur du liquide reçu que par la vision chaotique, il se recroqueville sur lui-même et tente d’apaiser ses pulsations anarchiques. Il en a des douleurs à la poitrine. Sa main serre son bras gauche alors qu’il s’évertue au calme. « Me faut un antidote. » Qu’il explique finalement d'une voix rauque. Les yeux rougis par les produits chimiques, la gueule totalement défigurée par le désarroi.


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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Dim 5 Mar - 18:27


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C'est toujours comme ça. Elle peut déjà imaginer les voisins qui soupirent, partent en quête de boules quies ou qui ferment leurs fenêtres, tout pour tenter d'étouffer le son de leurs voix. Depuis le temps, on pourrait croire qu'ils s'y seraient fait, mais non. Elle ne sait même pas pourquoi les mots semblent sortir aussi aisément en sa présence, hormis bien sûr la poussière et la crasse qu'il ramène toujours avec lui. Il a une de ces têtes, peut-être. Ou c'est juste une part normale de leur fonctionnement, elle ne sait pas, se moque de savoir. C'est juste comme ça, elle l'aime bien, mais il lui fait perdre instantanément son calme. Quelque part, ça rend les choses amusantes. Ça rend certainement le fait de s'en servir comme cobaye cathartique. Puis il répond. Ce qui l'irrite. Et puis merde, il a une putain de clé, il a qu'à apprendre à s'en servir ! Elle lui a pas filé pour qu'il s'amuse à foutre des trous dans les murs, ils sont bien assez fins comme ça, elle n'a pas besoin de pouvoir en plus passer la tête directement chez eux pour leur demander si il leur reste du café ! Même si ça serait pratique... Mais non, ne pas y penser, tête brutalement secouée pour chasser l'idée. Imbécile. Elle devrait lui demander, à tous les coups, il ne frapperait plus jamais un mur. Ou il le ferait juste pour l'emmerder. C'est Madsen, tout est possible.
Même le voir dans un état aussi pathétique, apparemment, sourcils se fronçant tandis qu'elle l'observe, ignorant (essayant) l'eau qui le couvre et ruisselle sur le canapé et le tapis. C'est pas la première fois qu'elle devra les laver, ça ira. Ça faisait un moment qu'elle pensait à les relaver. Il lui a fourni le prétexte, c'est une bonne chose, non ? Conneries. La rage bat malgré tout contre ses tympans. Saloperie de Balrog. Il doit se régaler, le monstre dans le miroir, en cet instant, tandis que l'homme étendue chez elle sort un instant de son délire pour ricaner. Il se ressemble plus, là, venin coulant de ses mots. S'infiltrant dans ses veines alors qu'il se redresse. Résonnent dans ses os alors qu'il fixe plus le vide qu'elle. T'es pire qu'une pomme pourrie. Les vers doivent te ronger de l'intérieur.

Il n'a pas idée à quel point il a raison alors qu'elle reste immobile à le fixer, colère un voile sanglant devant ses yeux, incapable de savoir si son squatteur la pousse vers cet état qu'elle pressent de haine anesthésiée ou si elle précipite d'elle-même vers ce gouffre. Le tuer serait si facile... d'autant plus facile qu'il creuse sa tombe lui-même, gestes prenant la suite des mots, botte laissant son empreinte contre le mur avant de s'écraser au sol, lamentable. Aussi lamentable que son propriétaire, sourcils se fronçant enfin, indifférents à la souffrance exhibée devant eux, traçant la destruction que l'homme laisse derrière lui, éclats de lampe au sol s'enfonçant dans sa chair tandis qu'il rampe, trainée humide se formant dans son sillage telle une deuxième ombre, noir du sang et brun de la crasse de la rue repeignant le sol. L'appartement n'aura jamais été aussi souillé, et elle a atteint le point où la colère est telle qu'elle se contrecarre elle-même, la laissant juste passive, détachée. En train de flotter dans une mer lisse, ses vagues étouffées par l'huile qui flotte à sa surface, ses courants se déchainant en dessous. Antidote. L'état n'est pas naturel, il ne s'est pas shooté lui-même. Elle a assez de respect pour Madsen pour croire qu'il n'est pas si con qu'il mixerait les substances, pas que grand chose l'affecte, cadavre animé qu'il est, juste un autre type de zombie. Un monstre, encore un. Il l'assume, au moins, tandis qu'elle soupire et s'agenouille devant lui. Un monstre qui supplie un autre monstre. Pitoyable.

"Tu vois un labo quelque part ? De quoi trouver c'qui t'a foutu dans cet état ? J'ai rien pour ça, Madsen. Même si j'le voulais, et j'en suis pas sûre, j'pourrai rien faire à part te regarder agoniser et m'assurer qu'tu te mordes pas la langue ou une connerie du genre. Ça serait pathétique, tu trouves pas ?"
Une pause. Le temps de lui sourire, le regard froid, cœur se calmant dans sa poitrine alors qu'elle enfile une paire de gants, latex poudré une sensation familière contre ses doigts. Naturelle. "J'peux même pas te filer de quoi te calmer. Pas sans risquer des interactions. Tu vas devoir attendre que tout ça passe, et moi j'vais devoir subir ta présence pendant ce temps avant que ça se soit enfin assez calmé pour que tu sois un poil lucide. Réjouissant, non ? File ton bras, maintenant. Tu t'es coupé sur du verre, ça au moins j'peux le soigner. Ou tu préfères attendre d'être un peu moins paumé qu't'es là pour que je le fasse ?"

Inspiration. Expiration. Longue, ventre se creusant, épaules se courbant, poumons sifflant, essayer de retrouver un peu de lucidité. Oublie les murs, oublie le sol, oublie la panique qui veut monter à l'idée de toute cette saleté, oublie la rage qui se nourrit d'elle-même. Pense à ce connard de Balrog dans ton miroir qui doit être en train de sourire de toutes ses dents, langue pendant hors de sa gueule, mains aux ongles noircies déployées devant ses yeux, stigmates dans ses paumes une paire d'yeux. En train de se régaler du spectacle, saloperie qu'il est. Il adorerait que Madsen crève, autant qu'il doit se délecter de l'état de l'appartement. Ses doigts se crispent dans les gants, avant d'attraper la main du drogué, sans trop savoir qu'en faire. Elle a autant envie de prendre son pouls que d'enlever un gant et de pourrir sa main jusqu'à ce que la nécrose dévore son bras entier, ou décroche son poignet du reste. Antidote. Quelqu'un l'a foutu dans cet état. C'est cette personne qu'il faudra faire souffrir. C'est elle qui devra payer. Et lui, aussi, quand même. Il a salopé son mur. Il peut s'estimer heureux de ne pas avoir fait tomber les photos dans leurs cadres, si fragiles. Elle aurait probablement fini le travail.

"J'te propose un deal. Tu me laisses t'embarquer dans la salle de bains, que j'ai plus à voir ce bordel, et te passer à l'eau parce que t'es vraiment dans un état qui fait pitié à voir. Froide, chaude, tiède, ton choix. J'dois avoir des fringues qui t'iraient que tu te retrouves pas plus malade que t'es. Et pas de robe, pas la peine de flipper, t'es tellement pathétique que te torturer comme ça, ça serait comme shooter dans un chaton avec un club de golf, satisfaisant, mais beaucoup trop facile. Et en échange, tu me laisses me défouler sur quiconque t'as foutu dans cet état. Et tu laves mon mur une fois qu't'es fonctionnel. Deal ? Ou j'te laisse là pendant qu'je nettoie tes saloperies, comme tu veux. J'garantis pas de réagir à temps si tu t'étouffes, mais bon... Fallait pas foutre le bordel, aussi, tu t'attendais à quoi ?"
   

   


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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Mar 7 Mar - 2:38

La revanche suivante doit déjà être en chemin mais le danois ne pourrait pas plus s’en moquer. La douleur vive à sa main ne l’intéresse pas plus. La folie douce qui semble s’être emparée de son esprit, dresse toujours plus de tempêtes sur sa route. Des bruits métalliques ont ainsi chassé les pleurs du bambin. Des chaînes, les siennes sans doute mais il préfère ne pas savoir, alors il garde les yeux clos. Le monologue de sa sauveuse surpasse les sonorités dérangeantes, il s’y agrippe avec toute la lucidité qu’il peut encore mobiliser. Les représailles se font ainsi attendre. Comme une pièce qui ne parvient pas à trancher, Moriah reste piégée dans ses contradictions. Il ne l’a jamais comprise. Et ne la comprendra sûrement jamais mais de toute façon, ça ne l’intéresse pas de s’incruster dans l’engrenage de cette personnalité pour en détailler le mécanisme. Tant qu’il peut continuer à abuser de son hospitalité, le reste n’est qu’un détail dans une vaste histoire. Les paumes contractées sur le front qui bascule, l’égaré tente de rattraper les pans de cette réalité trouble, de retrouver un semblant de pouls, de respiration. Son lamentable état l’écœure tout autant que les insinuations de son acolyte. Rejetant la tête en arrière jusqu’à cogner les coussins du fauteuil humidifié de sa tignasse emmêlée, il élabore ses réponses. Tente péniblement de retirer de l’ensemble de ses songes, la tendance, ses souhaits. Difficile de se concentrer quand le fer martèle les tympans, la conscience. Il se racle la gorge à quelques reprises pour doser le son de sa propre voix mais le vacarme le dissuade d’interagir avec son environnement pour l’instant. Il ouvre les prunelles, observe longuement le plafond d’un air hagard, laisse les secondes, peut-être les minutes s’écouler ainsi. Jusqu’à la prochaine hallucination visuelle qui le force à baisser les prunelles.

Un soupir, une main qui se perd sur le menton, répand son essence noire sur le visage anguleux. La sympathie soudaine de son hôte ne retire en rien sa propre acidité. Tout au plus, ce revirement le déconcerte. « Je m’attendais à ce que t’aies la décence de me proposer de quoi grailler. » ironise-t-il avant d’extirper son paquet de clopes de sa poche trempé. Il grogne et relâche les cigarettes sans plus d’émoi alors que leurs contours se métamorphosent en un énième délire. Des cafards, rien de bien original. Son mental est en train de perdre en ingéniosité. « Y a pas écrit peintre ou nettoyeur sur mon front, jusqu’à dernière information. Récure ta pièce si ça te chante. » La langue claque sur la fin, bien déterminé à ne pas lever le petit doigt pour réparer les dommages causés. Pas la priorité. Et pas l’envie non plus. Si elle le croit assez  docile pour lui obéir, c’est qu’elle ne cesse de se parer de belles illusions.

Néanmoins, rattrapé quelque peu par la mansuétude de l’américaine, l’arnaqueur consent à accepter une part du marché mais selon ses conditions. « Je vais aller me noyer dans ta baignoire pendant ce temps, écoute. Mais si t’as pas envie de finir en repas improvisé,  à ta place, j’approcherais pas de trop près avec une aiguille. » La blessure peut attendre. La mutiler ou la tuer par inadvertance ne servirait aucun but après tout. Les épaules remontent, retombent. Sa voix lasse expulse les dernières bribes d’idées que les paroles ont suscitées. « De toute manière, je sais pas c’est qui le coupable alors tu lui feras pas avaler tes éponges de sitôt. Moi qui croyais que t’allais lui vouer un culte d’ailleurs. Tu te ramollis avec l’âge. Fais gaffe, la prochaine étape, c’est le fémur qui casse. » La paume prend appui sur le canapé et il se redresse rapidement, est immédiatement englouti dans ce qui ressemble à un trou. Pas un trou, un puits. Les yeux se relèvent pour toiser les cieux obscurs. Les mains partent vers l’avant pour gratter les parois mais aucun mur n’est là pour retenir son emportement soudain. Il manque de chuter, se rattrape de justesse. « T’as même pas, je sais pas, un somnifère ? » Un marmonnement. Venu ici pour trouver une solution, pas prêt de repartir sans la moindre piste. Peut-être que l’eau apaisera les tensions. Mais qui sait ce qu’il pourra dénicher comme fantasmes avec cet élément présent. Peut-être une sirène. Plus rien ne le surprendrait. Bien conscient qu'elle ne pourrait rien changer à son état, il poursuit. « Laisse tomber. Je vais me démerder. On n'est jamais mieux servi que par soi-même, hein. » Sans vitalité, il traine la patte jusqu’à la salle de bains, vacille à quelques reprises, éreinté. Les ombres se transforment en spectres, les voix fantomatiques se multiplient, il n’y prête pas attention.

La porte s’ouvre sèchement. Il n’a même pas le temps de la refermer qu’une mauvaise scène se rejoue sous son nez. Les poignets tranchés, la gueule béante, le regard vide, tout a été minutieusement reconstitué. L’hallucination happe son souffle, noue ses tripes. Il se tord de douleur, finit à genoux et expulse le maigre contenu de son estomac contre le carrelage avant de reprendre son souffle, de retrouver le chemin jusqu’à la vision. Une deuxième silhouette s’est jointe à la tragédie, annihile les restants de raison. « Touche pas à ça ! » Qu’il hurle à s’en arracher la gorge mais son petit frère qui n’a même pas encore dix ans, se penche tout de même sur le cadavre. Oswald bondit vers l’avant inutilement, son crâne rencontre brusquement la cloison. Assommé, il s’écroule, s’ouvre le crâne sur l’évier au passage. Au milieu de sa confusion, il a le temps de rire de sa connerie. Hilarité qui s’étrangle d’elle-même. S’assommer, peut-être l’issue. Sans parvenir à reprendre une fois de plus de la hauteur, il reste là, allongé, l’hémoglobine coulissant désormais contre sa tempe également, pour mieux se retrouver à longer ses déjections gastriques. Un bras replié sur les paupières, il geint stupidement, bien conscient désormais de ne plus avoir d’apparence à sauver. De toute façon, il s’en fiche de ce qu’elle pense. « Moriah... Ramène ta javel. » Le solitaire ne peut pas endurer plus longuement le silence, ni les odeurs nauséabondes qui se disputent le terrain. Il ne sait plus si la saveur métallique dans l'air provient de ses plaies ou de son imagination, du corps qui repose là, juste à côté. Il n’ose même pas vérifier. Bien trop lâche pour affronter le passé.

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Mer 8 Mar - 1:19


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Instabilité. Ça semble être le thème du jour, instabilité de ses émotions, instabilité de Madsen, instabilité de la réalité, instabilité de ce qu'elle a toujours considéré comme des valeurs absolues. Comme le fait de ne pas pouvoir avoir pitié de l'homme aux cigarettes trempées, délaissées au sol comme autant de larves sans intérêt. Comme le fait de ne jamais pouvoir être en colère de tant de manières à la fois, pour tant de raisons à la fois. L'état de son appartement, l'état de Madsen, son attitude, ses répliques, l'incapacité de pouvoir faire quoique ce soit pour rétablir sa normalité, l'irritation habituelle que les mots font naître en elle, l'exaspération générée par ses propres émotions. C'est vraiment étrange, un tel degré de colère, il n'empêche. C'est zen. La rage s'est transcendée, est devenue indifférence, clinique, calculatrice, situation observée et théories faites, balayées, mêmes les réponses du détective ignorées, réplique sortant d'elle-même. Elle ne reconnait ni sa voix ni elle-même lorsqu'elle parle. "J'ose penser que ma hanche me lâcherait avant mon fémur. Tu sais combien de personnes âgées doivent se faire poser une prothèse à la hanche, sérieux ? Et j'te parle même pas des complications, tu t'en fous probablement, de toutes façons..." Tentative du drogué pour se redresser, basculement vers l'avant, mouvement esquissé pour l'aider à se rattraper qui se révèle inutile, avorté à mi-chemin. Il ferait presque mal à voir. Reste d'instinct d'infirmière, habitude de le voir blessé mais loin de cette déconnexion d'à la réalité qu'il affiche là, empathie ? Allez savoir. N'empêche. L'idée disparait sous l'indifférence tandis qu'elle se voit demander un somnifère. Pour échapper aux images ? Probablement. Pas le temps de faire plus qu'ouvrir la bouche et former la première syllabe, il a déjà balayé l'idée, se traine vers la salle de bain, la laissant là, sourcils froncés alors qu'elle fixe son dos. Il s'est pris des années dans la gueule, là. Elle n'est pas sûre d'aimer ça. Et elle sait qu'elle n'aime pas ne rien pouvoir faire, se retrouver les mains liées comme ça. Il est pas censé être amorphe comme ça, Madsen. On dirait vraiment un zombie, là. Pas une image qui met très en confiance. Elle a envie de taper quelque chose, besoin de faire quelque chose de ses mains. Crever l'abcès des émotions, penser à autre chose, rendre le monde un peu plus rond. Il a l'air franchement ovale, là. Limite carré.

Nettoyer les débris de la lampe, d'abord. Le plus dangereux d'abord, c'est la règle, et ça fera de suite moins désordre. La boue sera plus facile à enlever une fois sèche en plus, probablement. Le verre d'abord. Éviter qu'il y ait plus de blessures qu'il n'y en a déjà eu. Bonne idée, non ? Oui. Le balai et la pelle ne sont jamais bien loin, elle s'en saisit aussitôt, s'approche des débris, regard accroché au sol pour éviter de marcher sur des débris. Ce serait con, quand même... Mais il faut approcher, forcément, pour balayer. C'est méditatif, entre la colère calme qui la rend si glacée, si détachée, et le mouvement répétitif alors qu'elle ramasse les débris. C'est rassurant face au désordre de la journée. C'est trop bref, surtout, hurlement résonnant à travers l'appartement et probablement les étages. Il y a trop d'émotions dans la voix, de poids dans les mots, et elle sursaute, Moriah, balai lui échappant, pied s'avançant machinalement, manquant de justesse atterrir dans le verre et déclenchant une nouvelle tempête de jurons. C'était limite. Elle fixe son pied, comme abrutie, écho du cri dans les oreilles. Elle peut déjà voir son pied noircir, mourir, percevoir l'odeur, la manière dont les cellules sans vie le formant réagiraient à chaque pas, l'absence totale de sensations la déséquilibrant... Clignement. Son pied est sain, tout va bien, la blessure a été évitée, pas de membre à l'aspect répugnant, révoltant, pas là en tout cas. A croire que Madsen est contagieux. Mais non. Elle ramasse balai et pelle à la place, jette les débris, avant que la voix lui parvienne de nouveau. De loin, comme vaincue. Elle pourrait ne rien faire, se moquer, mais franchement... il lui fait trop pitié. Et il n'y a plus de verre au sol, il y a un peu moins de désordre. Elle prend le seau, du coup, reverse de l'eau, de la javel, un peu, une serpillière, paupières se fermant en voyant le spectacle dans la salle de bain. Oubliez la pitié, le mot n'est pas assez fort. Même en lui en voulant, même en étant toujours en colère, qu'importe qu'elle ait perdu en intensité (émotions distraites par la sueur froide de sa presque-blessure, par l'odeur âcre de l'acide gastrique et de l'alcool partiellement digéré et de la peur qui émane du détective, par la faiblesse de sa voix et que ses gestes transmettent, par le sang qu'elle aperçoit le long de sa tempe, sombre contre le blafard jaunâtre de la peau), pathétique est un mot trop faible pour décrire le tableau qu'il forme. Pauvre monstre vaincu par ses cauchemars.

Ne pas lui dire, il n'aimerait pas. Soupirer à la place, rouler des yeux, protester - pas que ce soit très dur. Le traiter comme un type en plein bad-trip qui a désespérément besoin d'être raccroché à la réalité. Pas difficile, ça sera une occasion de se défouler, au passage. Sans réel vitriol dans ses mots, mais bon... dans son état, il ne s'en rendra même pas compte, elle en mettrait sa main à couper si elle n'avait pas aussi peur de l'aspect de son bras après.

"Tu pouvais pas faire trois pas sur le côté et viser dans la cuvette des toilettes ou le lavabo, hein ? Sérieux, t'as quelque chose contre mon sol, en fait, avoue. C'est ta façon de me dire que je devrais refaire la déco ? Si c'est le cas, désolée de t'annoncer que tu t'y prends mal, le total look boue, sang et restes d'estomac, c'est pas vraiment mon truc, j'préfère les choses un peu plus nettes." Sa voix commence à s'échauffer, lentement. Retour à l'ordre naturel des choses. "J'te demanderai bien si t'as bouffé récemment, mais j'sais pas si ton régime alimentaire se prête à un estomac plein. J'me plante si je suppose que tout ce liquide, tu l'as ingéré avant d'à avoir tes araignées au plafond qui se foutent à danser le cancan ? Parce que bon, si on t'avait injecté un truc, tu serais pas si con que tu me le dirais pas, pas vrai ?" Attraper la carcasse amorphe pour l'éloigner de ce que son corps a rejeté (pas une mauvaise chose, ça, si c'est ce qui l'a contaminé... faudra lui faire avaler un émétique, une fois ça nettoyé, ça servira peut-être. Et il appréciera pas. C'est mesquin, mais hey, il avait qu'à accepter de nettoyer le mur), nettoyer en jurant tout du long à voix haute parce qu'elle avait lavé la salle de bain la veille et bordel, c'était si dur que ça de viser ?, tout déposer dans la cuisine et mettre la serpillière à tremper, revenir, verre d'eau salée et paire de ciseaux à la main. Déposer les ciseaux sur le rebord du lavabo, s'agenouiller devant Madsen, le verre temporairement délaissé pour mieux examiner son crâne. Se rendre compte qu'elle recommence à se distancier. Bordel. Ou pas ? Elle en sait rien, préfère penser à autre chose. Genre la larve devant elle.

"Bon, tu t'es pas complètement défoncé le crâne, chance, hein ? Tu saignes, forcément, mais bon, c'est la tête, avec tous les vaisseaux sanguins, c'pas vraiment une surprise. M'enfin, vu l'état dans lequel ton cerveau a l'air d'être, on va éviter d'le priver encore plus d'oxygène, j'préfère pas parier que ça aide. Tu penses pouvoir rester tranquille l'temps que je foute une compresse et un bandage ? J'te décris toutes les étapes si il faut, j'm'en fous. Et après, tu bois le verre qu'il y a à côté de moi. C'est de l'eau salée, ça te fera dégueuler encore plus. Dans les toilettes, si possible. Et après, t'es le bienvenu pour rentrer dans la baignoire si t'y arrives, vu sa taille, tu pourras pas t'allonger, mais t'auras du mal à t'y noyer, du coup. Vire ton jean et teeshirt ou pas, j'm'en tape. Un coup d'eau leur ferait pas de mal, en soit."


Les mains s'activent tandis qu'elle déblatère, d'une voix vive, mi-irritée mi-soucieuse, se saisissant de ce dont elle a besoin pour panser le crâne entaillé, une pause faite pour respirer avant de reprendre, encore. Ça comble le vide. Ça couvre l'écho de ce putain de hurlement qui résonne encore dans son crâne. Et hey, retour de la colère ! C'est cool ça, elle commençait à se demander si elle virait pas folle elle aussi.
   

   


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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Mar 14 Mar - 1:15

La sentence l’éprouve autant par sa durée que par sa justesse. Subsister entre cauchemars et réalité, seul sans le moindre repère auquel se raccrocher. Un égarement jusqu’alors bien méprisé mais aux proportions désormais, démesurées. Le bras ne s’écarte pas des paupières, la main ne cherche même pas à balayer les sillons ébènes se propageant sur son épiderme ternie. Il ne compte pas courir après les horreurs, ni même les semer. Bien conscient de son inaptitude à gérer les faiblesses mémorielles que la drogue vivifie, l’escroc ne tente pas de remuer avant l’arrivée de sa sauveuse. Les pieds de cette dernière martèlent désagréablement le sol, accompagnent cette odeur toujours aussi nauséabonde de javel. La nausée reprend immédiatement. Avec lassitude, Oswald ôte mollement sa propre entrave de son champ visuel et vient la fixer depuis son gouffre. L’expression de la brune lui est indéchiffrable. Sans doute qu’elle le déteste et veut l’écarteler à cet instant précis. Le danois va peut-être se faire chasser de là, cette fois. Il hantera alors son palier. Ici ou là-bas, de toute façon, qu’est-ce que ça changera ? Elle le tire difficilement de sa parcelle. Il faut dire qu'il ne l’aide pas, se laisse porter, muni du plus grand désintéressement. Un soupir lui échappe tandis qu’il cherche à se redresser, la main tâtonnant le terrain en quête d’un point d’appui. La douleur lui arrache une grimace dès qu’il s’assied. Sans jamais orienter ses prunelles vers la baignoire, il lorgne sur une masse gigantesque apparue aux côtés de l’américaine. Créature difforme, issue d’un mauvais rêve, trop irréaliste et trop tangible à la fois mais il n’y prête pas attention, se penchant davantage sur la sémantique du monologue que son hôte lui a délivré juste un peu plus tôt. Toutes les paroles qu’elle a alignées, légitiment la migraine latente qu’il s’est infligée en se cognant la tête contre la porcelaine.

Le creux des bras calés contre les genoux relevés, le blessé aspire de grandes goulées d’air. La sueur froide longe sa colonne vertébrale, lui donne l’impression d’être habité par une fièvre intarissable. La bouche pâteuse et l’œil terni par la fatigue autant que par le souvenir, l’arnaqueur s’exprime avec lenteur, trainant sur les dernières syllabes. Aucune chaleur dans le ténor, pas la moindre trace de son insolence. De l’acide qu’il expulse pour contrer le venin de l’ancienne infirmière. « Au temps pour moi, j’avais oublié qu'il s'agissait des jeux olympiques de la gerbe. J’ai loupé la médaille d’or à cause d’un mauvais calcul de trajectoire. Ma vie est foutue, putain.» Une de ses paumes coulisse contre sa nuque, y disperse la transpiration. « Parce que t’appelles ça de la déco ? Une morgue serait encore plus accueillante et personnalisée que ça et tout autant, aseptisée. » L’attention décroche quelques instants, se rue sur une autre silhouette. Un mort-vivant, peut-être qu’il s’agit de… Le présumé détective rassemble ses mains en deux poings serrés, se laisse retomber au sol, battu par cet énième mirage. Laisse sa joue brûlante coller le carrelage frais tandis que sa comparse s’occupe de réduire à néant les traces de sa perdition. Les jurons qu’elle propulse, lui donnent envie de repousser toujours plus les limites de patience de la bienfaisante mais la force lui manque pour assurer ce rôle dans les règles alors il se contente d’agoniser contre le parquet. Elle termine, s’éloigne, revient. Il n’en a qu’une vague idée, n'émerge de sa somnolence que lorsqu’elle débute l’examen de sa plaie.

Les mots surchargent une fois de plus l’environnement sonore déjà bien fourni par les délires passagers de l’infecté. Une horde de zombies semble avoir envahi la pièce, limitent ainsi ses capacités de réflexion autant que sa réplique acerbe. « C’est qu’il faut être au moins écervelé pour supporter autant ta présence que tes conneries. Qu’est-ce que tu parles pour rien dire quand t’arrives pas à gérer tes pulsions de ménagère de moins de cinquante ans. Calme-toi, va renifler de la lessive propre, je sais pas. » Agacé de devoir endurer les railleries de la trentenaire, de subir sa verve quand il ne peut totalement concentrer ses propres efforts dans le dialogue, il se sent d’autant plus diminué que jamais. Son orgueil congédié pour le restant de la soirée, se rappelle malgré tout à lui. Avec difficulté et pour faire écho aux suggestions de la secouriste, le quadragénaire avise son purgatoire. Vide, cette fois-ci. Pas de corps, pas de veines tranchées et pas de gamin pour contempler le massacre. Néanmoins livide et toujours hanté, il reporte comme il peut l’idée de s’immerger dans l’eau. L’idée de remplacer le corps, de se croire imbibé par le fluide souillé, lui donne envie de hurler. Il peut s’attendre à tout avec sa cervelle détraquée. Pour camoufler son malaise, pour postposer cette conséquence, il ironise sur ses dernières paroles. « Je vais pas me mettre à poil aussi vite, sans préliminaires. Après tout, on se connait à peine.» Il s'en fiche bien de se mettre complètement nu devant elle. Pas pudique pour un sou. « Fais ce que tu veux avec ton bordel mais ton truc pour dégueuler, je l’ingurgite pas. Je crois que le reste est déjà passé dans le sang alors à moins que tu veuilles que je repeigne le côté sud de la pièce… » Les épaules remontent avant de choir une nouvelle fois nonchalamment. Pour la seconde fois, il relève son buste, prêt à recevoir les soins. Cependant, il n’a pas le temps de stabiliser sa position. Des dents claquent à proximité de Moriah soudainement. Le macchabée d’un réalisme inné fait sursauter l’européen. « Derrière-toi ! » Qu'il crie avec véhémence. Il s’empresse d’attraper le poignet de la damnée, de la tirer vers lui sans ménagement. Il la rejette contre la baignoire tout aussi vivement afin de l’écarter de l’assaut suivant puis balance inutilement sa semelle en avant. Sous ses coups, les traits qu’il a craint plus tôt, se manifestent, rendent son acharnement moins important. Le chagrin fond une nouvelle fois sur sa poitrine, son pied écrase le vide. L’hallucination s’efface. Ne perdure que le désarroi.

Les tremblements ont repris. L’appréhension demeure intacte. Sa voix chevrotante ne trompe pas quand bien même, il veut donner le change pour faire taire ses pulsations anarchiques.  « Je vérifiais tes réflexes. Du coup, la hanche, ça se passe comment ? » Son regard s’oriente vers l’échouée qu’il a malmené contre son gré. Depuis quand d’ailleurs la préserve-t-il à ce point du danger ? Par simple intérêt, sans doute, s’entend-il penser, écartant toute autre possibilité d’un revers de main. Par facilité. Il s’ôte ainsi le poids considération d’un attachement déplacé qui aurait pu éclore à son insu. Sans oser s’inquiéter du sort de son alliée, il rassemble ses mains contre son front. Et émet la pire hypothèse. Après tout, ces soucis se basent sur une défaillance déjà bien présente, ancrée. Et si… « Je sais pas si ça va être temporaire ou pas. Si ça l’est pas, tu pourras toujours aller là où tu bosses et bidouiller un truc, hein ? » Ça lui a échappé. Il a besoin d’espoir brusquement, d’alternatives. D’une certitude, ce qui ne lui ressemble pas. Ébranlé par les apparitions chaotiques, il en perd jusqu’à sa personnalité. Il ne doit pas poursuivre dans cet état. Il n’aurait plus qu’à se flinguer sinon. Perspective, en effet, qui semble bonne à envisager dès maintenant. Le bout des cils retrace les derniers filaments du phantasme. Il ne manquerait plus qu’une seule personne pour compléter le tableau. Une onde dévastatrice ravage sa pelure à ce songe. L’éreintement s’approprie un peu plus sa carcasse immédiatement. Il se recroqueville sur lui-même, souhaite le repos. Rien de plus, rien de moins. Mais c’est sans compter sur la femme présente qui s’échine à lui bourrer le crâne de discours décousus et de reproches malheureusement, bien trop valables pour être correctement contrés.

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Dernière édition par Oswald E. Madsen le Jeu 16 Mar - 0:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Mar 14 Mar - 22:55


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A peine le temps d'attraper le flacon de désinfectant, de se pencher sur son patient, soupir s'échappant d'entre ses dents prêtes à s'ouvrir davantage pour déverser un nouveau torrent de mots, et elle voit Oswald pâlir encore davantage à la place, bras la saisissant rudement et la propulsant contre la baignoire, corps agenouillé volant et heurtant la faïence sans douceur. A peine le temps d'enregistrer l'avertissement à rebours, alors qu'elle jure et se roule machinalement en boule. La douleur a fait monter les larmes à ses yeux, vue trouble enregistrant le mouvement de retrait de la jambe. Tapé dans le vide ? Saloperie de drogue, elle espère vraiment qu'il trouve qui l'a foutu dans cet état, qu'elle puisse se défouler aussi, jurons distrayant la douleur alors qu'elle palpe son crâne et s'étire précautionneusement. Elle va avoir le dos multicolore après ça, une magnifique ligne bleue et noire le long des omoplates, assez chanceuse pour ne pas se briser le cou sur le rebord de la baignoire, assez malchanceuse pour la heurter quand même. Vu la taille de la salle de bain, c'est pas surprenant. A se demander comment ils faisaient pour y tenir à deux... Quoiqu'ils y tiennent à deux là. Comme quoi. Son dos proteste tandis qu'elle bascule de nouveau sur ses genoux, regard noir se posant sur le Danois, rancune de s'être faite malmener de la sorte, vague reconnaissance qu'il l'ait protégée même si de pas grand chose au final, pitié en entendant le tremblement de sa voix, cachée par l'expression boudeuse et butée de ses traits. Vérifier ses réflexes, sérieusement ? C'était quoi, le Derrière toi, alors ? Une hallucination à elle ?

Elle a vraiment l'air si conne que ça ?

"Drôle de méthode pour tester les réflexes, vraiment. Mais ma hanche se porte à merveille je te rassure, mon dos, par contre... Tu me diras, c'est l'âge qui commence à se faire sentir. Rien à voir avec le fait d'avoir été balancée contre une baignoire par un mec paumé dans son délire."


Quoique... De nouveau, elle se traine devant l'homme à terre, doigts gantés redressant de force son visage pour mieux voir la plaie le long de son crâne. Le sang est noir, noir, noir, noir comme de l'encre de seiche, partiellement séché, sillons s'écaillant, gouttelettes partiellement solidifiées. On dirait que quelqu'un s'est amusé à... elle n'est même pas sûre de comment qualifié ça. Ou plutôt si. C'est gélatineux. De l'encre gélifiée ? Répugnant... A croire qu'ils sont tous condamnés à être aussi repoussants et contre-nature que possible, les humains triomphants au milieu, avec leur peau croûtée et leur sang rouge... Envie. De redevenir comme eux, de retrouver son reflet, de se sentir propre, et propriétaire d'elle-même. Normale. La normalité, c'était l’hôpital. La normalité, c'est de reprendre coton et désinfectant et de nettoyer la coupure sur le crâne du drogué pour constater qu'elle a commencé à se refermer, d'appliquer un bandage malgré tout avant de se rassoir sur ses talons, ligaments hurlants d'être étirés de la sorte tandis qu'elle attrape la main d'Oswald pour l'inspecter à son tour, regard se levant au plafond en l'entendant. Putain.

Il fallait qu'il ait l'air fragile, hein ? Qu'il perde un peu de son côté geignard et sarcastique, qu'il arrête deux minutes de donner aussi bon qu'il encaisse pour être vulnérable et admette le fond du problème ? Soupir. Et main qui cogne contre son front, doucement, comme son père pouvait le faire avec elle quand elle était stupide, comme elle pouvait le faire avec Aslan. Calme-toi, crétin.

"Pour que ça soit définitif ou permanent, faudrait que ça change définitivement ta chimie cérébrale, si des cocktails de médicaments peuvent pas faire ça, j'doute qu'une drogue y parvienne. Ça va peut-être pas se calmer de suite, mais tu devrais finir par redescendre, t'inquiètes. Et si vraiment tu continues à planer, j'te ferai une prise de sang et je me démerderai pour analyser ça, ok ? T'es un emmerdeur, mais franchement, pas au point qu'j'te laisse dans ta merde, alors respire. Et sois sympa, si tu commences à voir un truc vraiment flippant, préviens-moi, j'veux soigner tes mains, et pas me manger à nouveau la baignoire. Me briser la nuque, c'est pas vraiment mon rêve. T'crois que t'en es encore capable ?"


Pas qu'il aura le choix, tandis qu'elle attrape sa main et l'inspecte, langue claquant avec irritation en voyant son état. Il a du verre dedans, ce con, pince à épiler attrapée en grommelant et doigts claquant devant les yeux du Danois pour le ramener sur terre, occasion saisie de l'avertir que ça risque de faire mal. Si elle a commencé à ôter le verre avant de lui dire... Eh, il fallait pas qu'il se crispe. Voilà. Et elle a mal au dos. Vu le nombre de fois où elle lui a sorti que vraiment elle en avait plein le dos, c'était sans doute inévitable. Ça fait quand même mal, paume désinfectée et bandée avant qu'elle se redresse, pied poussant le genou du détective au passage. "Bon, physiquement, t'es aussi réparé que j'le pouvais, mentalement, j'doute que tu l'ais jamais été, et chimiquement, va falloir s'armer de patience. Tu pues, par contre. Tu préfères quoi, grimper dans la baignoire par toi-même, ou que j't'y balance ? Vois ça comme une bonne action si t'y vas par toi-même, tu m'épargneras l'effort d'essayer d't'y faire rouler."

Ou pas. Il est lourd, mais... et elle pourrait en profiter pour lui enlever au moins sa chemise, la mettre à tremper, ça lui ferait pas de mal, elle pourra toujours lui passer un des teeshirts d'Aram qu'elle a conservé, il y sera peut-être un brin à l'étroit, mais il s'en remettra, elle parie qu'il apprécierait en temps normal, ça doit lui faciliter la tâche quand il veut ramener une fille. En attendant qu'il ouvre la bouche et qu'elles fassent demi-tour, forcément. Elle a du mal à croire qu'il arrive à attirer beaucoup de mouches avec un vinaigre pareil, ou alors, elle est juste privilégiée comme ça. Ce serait fun, gants rapidement remplacés avant qu'elle enlève la deuxième chaussure, l'abandonnant au sol avant d'attraper le Danois du mieux qu'elle le peut, mains l'enserrant maladroitement sous les aisselles, genoux forçant alors qu'elle tente de les redresser. "T'es lourd, putain ! Quoi, c'est d'la junk-food tes rêves ou quoi ? Quoique non, réponds pas, j'veux pas essayer de comprendre comment des cauchemars ou de l'énergie vitale peuvent être convertis en calorie, c'est pas la journée. Saloperie de surnaturel... Ça pouvait pas essayer un minimum de suivre les lois de la nature, hein ? Nan, trop compliqué, faut du sang noir et des cicatrisations bizarres et va savoir quoi d'autre, normal ! Tu vas voir, bientôt on va découvrir que les zombies se reproduisent... Quoique non, sans façon, on est déjà assez dans la merde comme ça." Et vu le visuel que ça évoque, il risque de se vider les tripes, encore. Loin des toilettes, encore. Sans façons, vraiment, alors qu'il se retrouve enfin assis sur le rebord de la baignoire et qu'elle attrape des ciseaux avec un grand sourire. Il fera pas gaffe au fait qu'elle montre un peu trop de dents dans son état, hein ? Ouais. Ouais... On croise les doigts quand même. "Bon, à part ça, deux options, soit tu t'désapes, soit j' le fais, mais j'promets pas de pas les découper au lieu de juste te les laver. A moins que tu veuilles rentrer chez toi quand t'auras atterri et bouffé un coup en puant la peur et avec une partie du contenu de ton estomac sur toi ?"

Si c'est le cas, elle va vraiment y aller aux ciseaux. Y'a des choses que personne devrait subir, et Madsen en train de tituber dans la rue et complètement dégueulasse en fait partie. Elle plaint les gens qui ont dû le croiser sur le chemin de l'aller, tiens... Ils ont dû avoir mal aux yeux.


   
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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Ven 17 Mar - 0:37

L’accablement génère ses stigmates à l’abri de tout consentement. La pièce exigüe abrite deux carcasses mais Oswald ne perçoit déjà plus la proximité de l’alliée. L’esprit piégé par ses propres absences, congédié par l’afflux de pensées. Le danois stocke les sonorités par défaut, en chasse la sémantique pour l’heure. Moriah déverse un peu de son agacement, sans jamais rugir tout à fait. Elle aurait dû barricader son entrée depuis longtemps et pourtant, au lieu, de le déloger de son appartement, elle se penche sur sa plaie. L’arnaqueur déploie ses paupières, se butte à l’obscurité pour ne pas faire les frais d’autres chimères. Mais l’infirmière le rattrape en pleine fuite, d’un geste qui ne semble pas anodin. Elle aurait pu le gifler, le pincer, chercher à susciter une douleur quelconque. A la place, elle fait preuve d’une certaine familiarité. L’escroc ignore ce qui est le plus curieux, l’acte en lui-même ou cette impression de normalité. Il s’est bien trop habitué à la clémence de son hôte ainsi qu’à sa générosité. En même temps, d’eux deux, il n’est pas l’irréfléchi. Lui a tout à gagner de cette alliance. Même une main tendue en temps de déroute. A l’ombre de ses réactions impulsives et de sa répartie corrosive, la brune abrite une douceur insolite. Il s’empresse de la démolir bien souvent à coup de mépris pour ne pas lui laisser l'opportunité de se développer. Les autres ne l’intéressent pas, après tout. Il veille à ce que ça reste le cas. Ainsi l’américaine n’y échappe pas. Croit-il du moins. Le réconfort qu’elle lui apporte, associé à la pression exercée plus tôt sur le front, lui ramène une sensation ancestrale qu’il tente d’étouffer. « Je sais pas. Parce que pour en revenir à tes réflexes… Bah, c’était pas trop ça alors avertissement ou pas… Tu vas faire quoi ? » Nonchalance faussée. L’attitude bienveillante de sa sauveuse a ôté partiellement l’acidité de son timbre écorché.

Dans les secondes qui suivent, il mobilise sa concentration pour ne pas péter à nouveau les plombs. Conscient de mettre en péril le sort de sa main, notamment et surtout. Son attention décroche à quelques reprises sur des détails fantasmagoriques. Il est ramené à la réalité par la guérisseuse, grogne quand elle débute les soins sans jamais l’avertir. La mâchoire serrée et les yeux à nouveau fermés. Il ne les rouvre que lorsqu’elle reprend la parole, bouscule son genou. Sa main tiraille, il tente de l’oublier. « Je croyais que la javel était ton parfum préféré, d’où le fait que tu m’aies aspergé. Au temps pour moi. T’es jamais satisfaite. Une autre de tes tares. » Plus de panache, plus d’aigreur non plus. Juste son ton laconique, son apathie pleinement recouvrée. Son regard s’oriente avec anxiété vers la porcelaine. Il espère presque pouvoir y échapper, se résigne à ne pas l’aider dans sa quête, trop préoccupé par les cauchemars qu’il pourrait y dénicher.

La détermination de sa tortionnaire parvient à le redresser en partie. Ses commentaires effleurent à peine la cervelle démantelée de l’aliéné. Quelque part, dans l’autre pièce, des horloges se sont mises à s’activer. Un autre mirage auditif. Des cliquetis désagréables, des sonneries stridentes. Il ne s’entend plus penser. « Sachant que c’est toi, le plat principal à chaque fois… Si tu te mets à t’insulter toute seule, je vais plus rien avoir à te dire écoute... T’as pas demandée à être toute avariée à l’intérieur, j’ai pas demandé à être bouffé par … » Les nommer est aisé. Se dire qu’Elena a basculé de ce côté. Qu’elle y perdure sous cette forme décharnée en est une autre. La plaie encore ouverte, la perte de trop, l’absence qui survit par le souvenir, le fait réagir brutalement, réveille son corps engourdi, sa verve envenimée. Le feu par le feu. « Pour la reproduction, t’inquiète, suffit de te regarder pour que ça passe l’envie à n’importe qui de bander. T’es le meilleur contraceptif de ce beau pays. Moriah passe, la saleté et le taux natalité trépassent. » Un ricanement sournois. Un châtiment immédiat, la drogue rétablissant l’équilibre, chassant la moquerie. La gamine qui réapparait sans sa malédiction, sous ses prunelles. Haute comme trois pommes, le rictus hautain. Juste à côté du lavabo, elle se tient et le regarde. Plus vraie que nature. Il n’aurait pas dû se la rappeler, invoquer indirectement son spectre. Il sait ce qu’elle dirait. Ses iris contournent la divagation, atterrissent sur les ciseaux. Il risquerait de les retourner contre elle. Trop dangereux. « Tu veux que je rentre à poil peut-être ? Mes fesses ont beau valoir le détour, j’ai pas envie d’y convier toute la ville. » Justification légitime. Ses doigts s’affairent avec une lenteur indécente à défaire les attaches de sa chemise poisseuse. Les tremblements animent toujours la chair, deux causes se disputant cette conséquence. Le textile échoue à ses pieds, délivre ainsi le torse marqué du quadragénaire. Ses plus laides cicatrices forment un trio près de ses côtes. Les impacts de balle qui se sont infectés, ont nécessité des points de suture de façon répétée. Ce qui a failli le tuer. D’autres trophées de ses frasques passées ornent son abdomen, son dos, ses flancs mais la marque la plus insupportable se situe au niveau de l’avant-bras droit. La morsure d’Elena. Cette dernière toujours présente là, près du lavabo.

Le bouton du jean saute et le regard remonte jusqu’au témoin. « Et sinon je peux avoir un peu d’intimité ou c’est trop demandé ? ‘Fin ça dépend à quel point t’as envie d’être serviable. Tu veux récurer la crasse ? Tu vas me frotter le dos peut-être ? Aller jusqu’à gratter les peaux mortes entre mes orteils ? C’est un spa ici, y a le massage compris ? Parce qu’y a pas que ton dos qui encaisse. Tu m’épuises, Teke. » Parler occupe l’espace vacant, celui que les apparitions remplissent en d’autres temps. Il s’achète aussi du temps, inéluctablement. En voulant se relever pour ôter ses dernières frusques, il déclenche la suite de la démence. Des cris, pas des pleurs cette fois-ci. On l’engueule. La voix gagne en force, la silhouette se manifeste, chasse les contours du fantasme précédent. L’homme bondit immédiatement sur lui et dans un sursaut, l’infecté cherche à reculer, heurte le creux de ses genoux au rebord, bascule en arrière et retombe dans la cuve aussi minuscule que le prédisait la propriétaire. Manque de se rompre le cou.

Légèrement stupéfié par sa chute, il demeure muet. Ses articulations hurlent mais il n’en dit mot parce que la dispute fictive ne s’est pas tarie. Son assaillant réclame vengeance pour le meurtre qu’Oswald a commis. Il se penche, actionne le jet d’eau. S’en écoule le sang répudié en grande quantité. Tout ce pourpre mêlé à la crasse, mêlé à l'eau. Le faux détective est tétanisé, il veut en sortir mais ne fait que s'y enfoncer, ses coudes cognant les parois. Ses doigts cherchent à couper le robinet, les paumes tremblantes doivent s’y reprendre à deux fois mais au lieu d’obtenir satisfaction, il l’enclenche réellement. Le liquide limpide remplace le vermeil immédiatement. Il réajuste sa position, s'immerge à demi-vêtu dans la baignoire, repliant ses jambes contre sa poitrine. La vision de son père s’est estompée, plane encore son ombre dans la salle. « C’était pas ma faute. » Qu’il marmonne vainement pour ses démons absents. Il cherche à se redresser à nouveau, emportant avec lui l'humidité qu'il a provoquée. Bascule en avant, en arrière sans jamais franchir la barrière de faïence, agité désormais.

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Dim 19 Mar - 0:05


« Anger is like flowing water; there's nothing wrong with it as long as you let it flow. Hate is like stagnant water; anger that you denied yourself the freedom to feel, the freedom to flow. »

 
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Il lui fait un Complexe d'Oedipe à retardement, ou quoi ? Toujours à lui attribuer tous les défauts, avant de faire des remarques liées à sa sexualité, à son absence d'attraits... Elle va finir par croire qu'il fait une fixation, ou cherche à tout prix à la désexualiser. Faudrait probablement qu'il en parle avec un psy, de cette manie qu'il a, alors même que l'idée lui fait lever les yeux au ciel avant que ses sourcils se froncent. C'est bien marrant de se foutre de lui (non, vraiment. Elle ne s'en lasse pas.) mais une autre de ses remarques la travaille. Elle lui sert de plat principal. Vu la fréquence de ses visites, elle espère que non, il y a vraiment de quoi se demander comment il fait pour ne pas être squelettique sinon, il ne vient quand même pas si souvent que ça, si ? Non... Enfin, il ne lui semble pas. Après, il fait peut-être partie des meubles à force... Il faudra qu'elle fasse attention, qu'elle trouve un calendrier où noter ses visites, pouvoir calculer leur fréquence et essayer de là de voir si elle peut effectivement être sa principale source d'énergie. Si c'est le cas, il risque fort de se prendre quelques coups. Elle veut bien lui servir de casse-croute, mais y'a des limites quand même, regard s'assombrissant plus avant alors que les ciseaux tapotent contre son cou au même rythme que son pied contre le carrelage, laissant Madsen se battre avec sa chemise sans intervenir mais n'empêchant pas l'impatience de monter pour autant. Les plaies que le tissu découvre, elle les connait, regard passant sur chacune d'entre elles avec un détachement clinique, s'attardant un instant à peine sur la morsure. Elle la connait sans doute aussi bien que lui, cette plaie, son premier contact avec le sang noir d'un dévoreur de rêves, la raison pour laquelle il se retrouve dans sa salle de bain désormais, en proie aux hallucinations au lieu de pouvoir se rendre à l'hôpital, la cause de tous leurs problèmes. Tout ça parce qu'il s'est fait bouffer par un foutu zombie. Un jour, il faudra lui expliquer en quoi il est plus répugnant que le reste d'entre eux... Comme si elle était moins contre-nature que lui. Si le Gouvernement était logique, il n'autoriserait les soins qu'aux humains et potentiellement aux sorciers. Le reste d'entre eux n'est qu'un ramassis d'abominations après tout, non ?

Les yeux du danois, elle peut les voir qui tressautent, qui essaient avec obstination d'éviter un point précis, exaspération la faisant se décaler pour essayer d'occulter le mirage qu'il voit alors qu'elle ramasse la chemise et esquisse un sourire narquois en le voyant attaquer le jean. Brave petit. A ce rythme, elle va finir par penser qu'il y a moyen de lui apprendre à nettoyer derrière lui, aussi, ciseaux reposés sur le lavabo et tissu posé au bord du lavabo après une grimace. Direction la machine, direct. Avec une bonne dose de lessive et de détachant. Et pas de javel, vu comme il semble prêt à croire qu'elle va jusqu'à en verser dans son café. Il faudrait pas lui donner raison non plus... Il prendrait la grosse tête, constat l'amusant à l'idée du danois coincé dans le chambranle d'une porte du fait du diamètre de sa tête, main se plaçant avec exagération devant ses yeux dans le même temps.

"J'sais pas si t'es au courant, mais j'ai déjà eu l'occasion d'admirer tes fesses, et même si elles comptent pas parmi les pires que j'ai pu voir, il y a pas de quoi leur dédier des odes non plus. Et pour l'intimité, tu m'excuseras d'pas vouloir laisser un mec qui a une vision complètement pétée de la réalité tout seul, tu serais foutu de te péter un truc sans t'en rendre compte !"


La preuve, alors qu'elle le voit reculer et basculer en arrière, main se tendant pour le retenir, parvenant tout juste à attraper le bord du jean crasseux avant qu'il lui échappe et achève sa chute dans la baignoire, nuque évitant de justesse le rebord. L'adrénaline est un rush dans ses veines et au bout de ses doigts alors qu'elle fixe l'homme dans le bassin, l'observe actionner l'eau, se battre pour l'éteindre, ne faire que renforcer son débit, crasse et sang se mêlant à la clarté du liquide et s'écoulant, se faisant de plus en plus clair à mesure qu'il emporte la souillure avec lui, avant de commencer à monter, bonde enfoncée lors de l'une des tentatives du détective d'interrompre le flux du liquide à peine tiède avant qu'il renonce. Elle observe, muette, trop tendue, trop alerte, émotions et sens exacerbés et oscillant le long d'une lame de couteau dans l'incertitude de si ils cèderont de nouveau à la tentation de la rage qui nourrit le monstre en elle ou se plieront aux murmures de l'empathie et de la lutte pour conserver le peu d'humanité qu'elle a encore. Ils attendant, quelque chose, n'importe quoi, funambules tanguant dans la brise avant d'enfin parvenir à se stabiliser. Qu'il semble petit, le monstre dans sa salle de bain, alors qu'il se recroqueville et se balance tel un enfant terrifié d'avant en arrière, en un geste millénaire, cherchant à s'apporter un réconfort qu'il ne pourra jamais réellement entièrement s'offrir, marmonnement se perdant dans le bruit de l'eau qui cascade et gicle au sol. Une part d'elle s'en horrifie, celle dont le monstre se nourrit, celle qui lui hurle de se mettre en colère, de l'arracher à la faïence et d'apposer ses mains sur lui, de voir si la douleur de sa chair qui meurt l'arrache à son délire, qui souffle dans un murmure ravi d'encercler son avant-bras et de pourrir cette morsure plus avant encore, de la rendre plus semblable encore à la plaie d'un zombie, ne serait-ce que le temps d'une seconde.

Pour une fois, elle la repousse, s'assoit sur le rebord de la baignoire à la place, main se posant dans les cheveux épais sans réellement bouger, juste un poids, essayer de l'ancrer, alors que l'autre va piocher de l'eau et la déverse doucement sur son crâne, latex se réchauffant un peu plus au contact du liquide. Elle peut sentir les mèches individuelles, à travers, collées au crâne par la crasse et la sueur, nez se fronçant de l'odeur sans en protester plus avant, empathie se plaçant en conquérante pour une fois, effaçant le monstre au profit de la victime. Comme cette première fois où elle l'a soigné, mais avec cet attachement étrange qu'elle a développé pour lui depuis à force de s'injurier et de le soigner, de le laisser se nourrir d'elle et de toucher sa peau de ses doigts nus, calme et hors d'elle et épuisée et dévastée et hilare en quelques précieuses occasions, esprit enregistrant les différences, doigts s'éloignant aussitôt que la mort commençait à en émerger, attendant qu'elle rebrousse-chemin, pique surgissant pour moquer ses protestations de douleur. "Hey. J'sais pas où t'es, Madsen, mais la porte d'entrée est de nouveau verrouillée, on est seuls dans cette salle de bains, et y'a personne dans le reste de l'appart'. Quoiqu't'entendes, c'est juste tes synapses qui se foutent de ta gueule. Tu flashback ou t'hallucines. T'es dans une baignoire en train d'inonder ma salle de bain, pas... j'ai pas la moindre idée d'où." Machinalement, elle continue d'humidifier sa tête, chassant l'eau qui aurait voulu partir dans ses yeux, tunique et pantalon s'humidifiant de l'eau qu'il fout partout et collant à sa propre peau, lui tirant un frisson horrifié. Eux aussi, ils seront bons pour être lavés, après tout ça. L'eau assombrit les cheveux courts, les plaque en mèches épaisses, dans lesquelles ses doigts passent machinalement, frottant le cuir chevelu, le massant sans vraiment s'en rendre compte, cherchant à apporter un vague réconfort, les sourcils se fronçant quand à eux, cherchant à estimer depuis combien de temps tout ça dure déjà. Avec un peu de chance, ça sera le dernier pic d'hallucinations avant que son métabolisme commence enfin à faire son job et démolir la saloperie qui court dans son système. "Je te préviens, fais une seule remarque sur le spa, et je trouverais le moyen de te faire manger un steak cru. Ou pire." Comme lui mettre du savon dans les yeux. Nul feu dans la voix, remarque faite pour se dédouaner uniquement, alors que la caresse se poursuit, machinale, doigts se refermant sur une mèche et jouant avec. Un shampoing, ça leur ferait pas de mal. Et ça le calmerait peut-être... Un instant, une main quitte le crâne, se referme sur la bouteille et l'ouvre, maladroitement, produit versé dans la main à force d'agilité avant d'être appliqué, gants s'y trempant aussitôt. L'eau a commencé à s'infiltrer à l'intérieur, la sensation atroce, envie de les arracher montant, réprimée tant bien que mal, dents se plantant dans sa lèvre pour réprimer l'anxiété qu'ils génèrent en elle, peau se hérissant de dégout, pupilles se dilatant. Ignorer, passer outre, rester calme. Rester concentrée sur ce qu'elle fait, sur ses gestes, tandis qu'elle masse le produit et le garde loin des yeux hallucinés, vieille chanson au fond de la gorge, fredonnement sans paroles ni mélodie réelle.
   

   
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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Lun 27 Mar - 0:27

Le regard se perd sur la folie suivante, alignement de volatiles autour de la baignoire. Des yeux globuleux pour le fixer, un procès mené silencieusement par des piafs. Le jugement imposé par la rétine, la posture impérieuse. Oswald pourrait en rire si son état mental le lui permettait. Ces absurdités l’amuseraient si l'écho temporel ne s’y mêlait pas aussi allégrement. Les bras noyés dans l’eau grimpante, le jean collant désagréablement aux cuisses, il espère pouvoir partir à la dérive définitivement. Mettre l’esprit en veille. Mais tout le retient. A commencer par cette main qui s’égare sur le sommet de son crâne. Une ancre lancée à la mer comme des fers pour la chair meurtrie, le répit nécessaire et la présence essentielle. Une contradiction qui s’accroît dans les gestes accomplis à la suite, dans les paroles adressées. Un grognement pour toute réponse, l’agitation contenue pour l’heure. Les oiseaux, toujours bien présents, voltigent au-dessus de leurs têtes, tantôt banals, tantôt exotiques. Cette vision chaotique l’apaise étrangement. A moins qu’il ne doive cette soudaine vague de sérénité aux bons soins de son hôte. Sa conscience le tient éloigné des conclusions à tirer, il vocalise son attention vacillante sur le mirage salvateur que la drogue a suscité, se projetant dans la part la plus glorieuse de son passé. Le soleil brûlant sa peau, les langues étrangères rythmant ses errances. Sa belle liberté, quand tout lui était promis et permis. Intouchable comme il se pensait, voguant d’un océan à l’autre sans restrictions, abusant des plus belles opportunités, s’offrant toutes les distractions possibles. Ses chances gâchées par ce maudit homicide involontaire. Suite catastrophique qui l’a éloigné du frère, de son existence rêvée. Mauvais cheminement. Se raccrocher à la réalité avant d'invoquer les spectres.

Le latex râpe légèrement son cuir chevelu, l’eau dégouline, fait frissonner l’échine. Il se demande depuis combien de temps elle s’amuse ainsi à le confondre avec un bambin ou une poupée. La mélodie fredonnée amplifie cette sensation étrange, oubliée. Un peu de chaleur dispersée dans la poitrine, un peu de mélancolie trainant dans ses pensées emmêlées. Les paupières se referment une nouvelle fois, il chérit durant quelques secondes ce fragment d’innocence retrouvé. Jusqu’à ce qu’il devienne insupportable, qu’il fige sa conscience dans ces vérités trop brutales. Un rêve pour distraire le cauchemar. Agacé par choix et non par réel sentiment, il finit par briser la quiétude dénichée, rouvre son champ de vision d’un même temps. « Bah si c’en était un de spa, j’aurais pas payé de toute manière. Le service laisse à désirer. » La gorge affreusement serrée par cette mise en scène, il se sent plus minuscule que jamais dans cette baignoire, à se faire laver sans même l’avoir demandé. Moriah s’est déjà chargée de le ramasser par le passé, à de multiples reprises. La gêne ne s’est jamais manifestée auparavant. Et pour cause, seule l’enveloppe était détériorée, le mental, lui, restait en place. Totalement dépendant d’elle désormais, une situation qui pourrait se retourner contre lui à tout moment. Un ascendant incommodant dont elle ne se sert même pas à vrai dire.

Tout fonctionne au chantage, à l’offre et au gain. Pourtant, la damnée se retire d’elle-même de l’engrenage universel. Ne faisant que lui porter assistance sans chercher à obtenir un quelconque retour. Cette générosité exaspère l’infecté. Tout le script sonne faux, mauvais acte, piètre pièce. « Tu sais que t’as un sérieux grain. T’as pas pouponné de ta vie peut-être ? Ça te manque d’avoir des mômes à discipliner ? Y en a un qui a crevé en chemin ? » Ces mains sur son crâne, il ne les supporte plus. Prêt à tout balancer dans l’espoir que ça suffise à l’écarter. Un soupir. Comme un gosse, elle le traite. Comme un môme, il agit. Cette drôle dynamique n’a même pas le goût de la nouveauté. Ils la partagent depuis un bon moment sans qu’il ne l’ait totalement réalisé. Hanté par les erreurs, écroué à sa culpabilité, l’aliéné ne peut désormais plus l’accepter. Il ne comprend pas ce qui motive l'américaine. Et ça, au fond, ça le dérange maintenant. « Ça me surprend pas que tu t’emmerdes à recueillir n’importe qui comme ça chez toi. Si tu penses qu’un verrou te protège de tous les fléaux. On doit pas vivre au même endroit. » La faiblesse de la jeune femme l’incommode subitement. Pourtant, il en est le premier à bénéficier. Quelque chose a dû se briser entre cette porte et la porcelaine. Son sang-froid, peut-être. Son indifférence maladive, sans le moindre doute.

D’un mouvement peu amène, il chasse les doigts de sa tignasse. « C’est bon, je vais me débrouiller. Tu peux retourner astiquer le plancher. » Sans plus d’égard, il parachève l’œuvre de la brune, rince ses cheveux en renversant de l’eau de tout côté, le faisant exprès pour la faire enrager, nuire à cette douceur qui rend son malaise insoutenable. Le savon vient rapidement gommer les impuretés agrippées au torse. Bien incapable d’ôter les frusques qui recouvrent encore ses guiboles, il se contente de contourner le problème avant de se relever, passer la jambe par-dessus la faïence maladroitement. Titubant et grelottant, il s’acharne à inonder la salle de bain durant la manœuvre. « Et maintenant quoi ? » Il crie plus qu’il ne parle, planté là au milieu de la pièce exiguë, le pantalon collant au corps et l’arrogance placardée aux traits. Du vacarme fictif dans les oreilles, des tambours au loin. Les bras se rassemblent sur le buste pour contenir vaguement les frémissements. Respiration précipitée quand un nouveau mirage apparait. Plus bancal que les autres, moins net, plus imparfait. La drogue s’épuise.

La dernière personnalité pour compléter le tableau, la plus atroce en un sens. Il prend le temps de l’admirer, sa silhouette qu’il pourrait encore redessiner aujourd’hui. Elle semble avancer sa main pour le gifler, il l’arrête sans trop savoir pourquoi. Il a conscience de la farce, trop grossière pour qu’il la gobe mais à celle-là, il veut bien participer pourtant. Pas un mot ne franchit ses lèvres, ses yeux se contentent de dévorer ce que sa mémoire peut encore produire à partir de son souvenir. Il demeure ébahi par cette apparition, pratiquement convaincu qu’elle marque le déclin de cette démence médicamenteuse. Le retour à la stabilité. Du moins, à la stabilité relative. La main de l’arnaqueur atterrit sur la pommette de l’illusion. Elle ne traverse pas l’invisible comme il le croit. La paume effleure plus qu’une chimère. Sous la paluche, l’épiderme disperse sa chaleur. Celui de la sauveuse qu’il a confondu ainsi avec la danoise. Les traits se réajustent dès la seconde suivante. Le retour au présent l’oblige à avorter sa caresse, à reprendre ses doigts pour former un poing qu’il garde contre sa cuisse. Sans commenter cet instant d’égarement, il rugit plus âprement. « Alors ? Je rejoins le salon ? J’asperge une nouvelle fois le canapé ? Je vais réclamer des fringues à ton voisin de palier ? Choisis bien ta réponse, Teke. Je pourrais lui en raconter des trucs vraiment moches. » Chantage sans doute vain. Mais pas dénué d’intérêt après sa petite mascarade. Du bandage trempé, il s’en défait et le balance à terre sans plus d’émoi. Une dispute vaut mieux que n’importe quelle dose de pitié.

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Mer 29 Mar - 0:47


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Oswald & Moriah
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Chanson au fond de la gorge, doigts gantés dans les cheveux. Les protestations de l'halluciné en accompagnement. Qui n'atteignent pas réellement leur cible, font grincer ses dents mais pas monter la rage dans ses veines, esprit asservi par l'odeur des bulles saponines. Les gestes remontent à la surface, l'esprit dérive, se détache de l'homme dans sa petite baignoire pour partir bien plus loin. Les oreilles elles restent alertes, enregistrent les répliques, remarque moqueuse en réponse à la sienne, qui ne lui tire qu'un reniflement. Faible. "Si j'étais un spa, je te ferai payer. Tu devrais t'estimer heureux que ce ne soit pas le cas, pour le coup." Est-ce qu'il paierait, de toutes façons ? Est-ce qu'elle s'en soucie, de toutes façons ? Qu'est-ce qu'elle en a à faire, de gagner plus d'argent ? Ici, ça ne sert à rien. Il y a des choses infiniment plus utiles, et elle n'en a juste pas envie. Et ses doigts se crispent un instant sur les boucles, tirant, sans violence, sans douceur non plus, élégance du langage illustrant son calme se corrompant alors que l'irritation bruisse de nouveau sous sa peau. Envie de pouponner. Perdu un gosse. Non mais il la prend pour quoi ? Si elle avait eu un gosse, sa photo serait quelque part. Et elle n'est pas assez stupide pour donner naissance dans un monde aussi insensé. Ce serait trop cruel, même si elle avait encore été mariée, n'avait pas été veuve, l'alliance sur sa chaîne autour de son cou. Sa jumelle perdue, sous la terre, avec son propriétaire. En sécurité. Il n'a plus à s'inquiéter, au moins. C'est une bonne chose. C'est ce qu'il faut se dire, quand elle croise le regard de sa photo et meurt de ne plus pouvoir les voir que sur le papier glacé.

"Comme si j'allais avoir ramené un gosse ici. Au cas où t'aurais pas remarqué, c'est la fin du monde. T'infligerais ça à un enfant, toi ? Déjà que les adultes s'en sortent pas..."
Elle n'a pas forcément été simple pour autant, cette discussion. Obligés de se blottir ensemble pour l'avoir, fronts collés et souffles se mêlant, alors que l'enfant qui devait être amené à la vie plus tard n'est devenu qu'une hypothétique réalité puis un mirage, un regret enterré en se persuadant qu'on a pris la bonne décision. La main qui erre le long du ventre, quelques jours durant, se demandant si... L'arrivée des zombies a été salvatrice, quelque part. Elle a mis le point final à ce chapitre, plus sûrement encore que la transformation de la deuxième chambre en simple chambre d'amis. Non, l'envie de pouponner, elle ne l'a pas, Moriah. Elle n'a pas la fibre maternelle de toutes manières, certitude acquise au fil des années à ne pas ressentir le moindre manque pour ce qui lui avait pourtant été assuré être indispensable à son bonheur. Ce n'était pas nécessaire, au final, alors c'est qu'elle ne devait pas être faite pour ça, raisonnement simpliste mais accepté comme une vérité absolue. N'empêche. Elle tire de nouveau, plus fort, avant de poursuivre, doigts délaissant le crâne du danois par la même occasion, juste un instant. "Franchement, si j'voulais pouponner, je pourrais trouver mieux qu'un mec mal éduqué qui est même pas foutu de respecter mes murs, crois-moi." C'est pas les gosses qui ont perdu leurs parents qui manquent, ici, après tout. Elle suppose que d'autres auront été abandonnés en cours de route. Rien de tel qu'une apocalypse pour révéler la nature des gens. Comme le fait qu'elle est un monstre parmi tant d'autres, qu'importe le temps passé à nettoyer son corps et ses possessions.  

Comme le fait qu'elle semble n'être qu'une pauvre folle, apparemment, regard s'assombrissant, orage bruissant. Silencieux, nulle réponse à l'accusation, hormis une lèvre qui se retrousse un instant, le rictus méprisant. Qu'est-ce qu'il en sait ? C'est pas une porte blindée ou un cadenas qui la protégera, de toutes façons. A croire qu'il est pas au courant. Que même rester cloîtrée chez elle sous un lit ne règlera rien. Elle devrait devenir parano sous prétexte que le monde est devenu fou ? "Va te faire foutre, Madsen. Si j'ai envie de donner un peu de normalité à mon monde, ça concerne que moi, ça t'arrange bien que t'as besoin de quelqu'un qui te recoud ou te laisse bouffer, que je suis qu'une pauvre conne. Au cas où t'aurais pas remarqué, la merde est partout, ici. Des monstres dans les rues, mon reflet bon à vomir, des zombies derrière les murs qui demandent qu'à nous bouffer. Je devrais avoir peur de tout le monde en prime ? Rêve. J'préfère continuer à m'sentir utile. Au moins ça sert à quelque chose, ça. Ça m'apporterait quoi, de me dire que t'es un taré qui va me buter à la première occasion, ou de claquer la porte au nez de mon voisin parce que si ça se trouve il va décider de me foutre une balle dans le crâne histoire de pouvoir vider mes placards ? Faut bien crever un jour. Et ouais, t'as raison, j'vais retourner laver mon sol. A moins que ça aussi, ça soit le genre de trucs qu'il faut être une putain de tarée pour faire ? T'as déjà pensé que c'genre de trucs, ça pouvait justement éviter de devenir encore plus taré, ou d'se balancer par une fenêtre ?"

Probablement pas. Ça doit être reposant, de vivre dans son monde à lui, tiens. Toujours à se questionner sur ce que les gens veulent. Qu'il se le garde, tandis qu'elle pivote et quitte la pièce, oreilles enregistrant les bruits du liquide et de l'eau aspergée qui font monter la rage tandis qu'elle verse l'eau chaude dans l'évier pour faire tremper le teeshirt emporté avec elle, décision vicieuse prise de le noyer dans cette javel qu'il aime tant moquer par la même occasion. Sa peau est trop étroite pour son corps, son sang est trop chaud pour ses veines, ses yeux sont trop acides pour ses orbites. L'impression d'imploser, d'une pression au fond d'elle, qui monte et monte et menace de tout emporter sur son passage en une vague vicieuse. Un tsunami de haine prêt à détruire encore un peu plus son monde. Enlever les gants, latex se déchirant, aussitôt avalé par la poubelle, doigts se plongeant dans la lessive javellisée, sans crainte. Se faire mal pour retrouver son calme. Frotter le tissu pour ne pas frotter sa peau à se l'arracher. Se purger de ses mains à défaut de le pouvoir de le pouvoir de cette chose en elle. Essayer de respirer, à travers les larmes qui voudraient monter pour évacuer ne serait-ce qu'une parcelle du trop-plein, se mordre la lèvre et la faire saigner pour les retenir, piétiner l'envie de balayer ses yeux de la main et de les laver, eux aussi. Elle tient à eux, encore, assez pour préférer garder sa vue. Qu'importe que les brûler lui épargnerait la vue de son reflet. Ça voudrait dire se priver des sourires d'Aram et d'Aslan aussi, de la vision de ces petits moments où la Nouvelle-Orléans redevient presque belle, presque la ville où elle a emménagé, il y a près de douze ans déjà. Elle ne veut pas y renoncer. Pas quand elle peut se battre avec son image et savourer le triomphe si bref soit-il à chaque victoire. N'empêche.... Non. Essayer d'écraser la rage, sans succès, les doigts tremblants de là où ils se détachent de l'étoffe, la laissant libre de se faire entraîner de nouveau par ses pas dans la salle de bain. L'eau répandue partout clapote sous ses pieds, fait grincer ses dents de plus belle, monter un hurlement dans sa gorge. C'est sa main qui monte à la place, bras s'armant, main nue mortifère prête à dévorer la face du danois. C'est sa main à lui qui trouve sa joue à la place, l'instant d'une caresse qui suspend le bouillonnement sous le poids de l'incrédulité avant de se retirer, d'emporter le calme avec elle. C'était quoi ça, sourcils se levant et se fronçant dans le même temps.

Avant de retomber, entièrement froncés. Sourire mielleux se peignant sur ses lèvres, dents froncées laissant s'échapper une invitation à rejoindre le salon alors que ses os commencent à fissurer sous le poids de devoir garder le voile rouge à distance. Elle pourrait couvrir sa peau abîmée de sa main et laisser la haine et le monstre parler et s'en repaître, elle pourrait faire chauffer son sang et infliger une fièvre à son cerveau déjà fatigué par les drogues qui lui ont été administrées. Elle pourrait... elle s'efface à la place, le laisse passer devant elle avant de le suivre, regard se portant sur l'espace ouvert du salon, sur le lieu où le verre désormais ramassé gisait, où quelques tâches de sang persistent. Elle observe son dos, un instant, la peau qui dégouline, le jean qui dégorge, avant de passer devant lui, regard tout aussi détaché coulant vers le torse. Reculer une jambe, cracher des insultes et menaces qu'elle n'entend pas réellement, et frapper, genou se levant, collision douloureuse avec les testicules. Elle espère que l'humidité du tissu aura amplifié la douleur, tandis qu'elle sourit et s'agenouille devant l'homme. Il n'est pas au courant, qu'elle se fout des règles qui disent qu'il ne faut pas frapper en dessous de la ceinture ? Maintenant, il le sait. Ses doigts craquent, avant d'attaquer le jean, le retirant de force, doigts évitant la peau dans une dernière pitié avant qu'elle se redresse et l'emmène rejoindre le teeshirt dans l'évier. Il va finir délavé. Oups. Elle s'en fout, les rince rapidement avant de les laisser tomber dans la machine, séchage lancé, accompagné d'une serviette qui en avait été sortie plus tôt, étoffe atteignant sa cible.

"Sèche-toi. Tes fringues mettront pas longtemps à sécher, et j'vais t'attraper un jogging dans l'intérim. Une fois sèches, j'doute pas que tu dégages, donc j'te le demanderai pas. J'suppose que tu te démerderas pour bouffer."


Les mots glacés, courts, inflexions basses et monotones. Les phrases monocordes. Parler comme une morte, pour ne pas hurler. Elle a hâte qu'il parte, désormais. Qu'elle puisse exploser sans crainte, détruire avant de réparer, s'arracher la peau et dévorer ses muscles, tout pour déchirer le voile rouge qui palpite devant ses yeux et résonne dans ses oreilles, un écho de sa respiration trop légère et contrôlée. Elle peut voir des étoiles plus noires que ses plaies danser devant ses yeux.
   

   
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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Jeu 6 Avr - 16:11

De tirades en silence, la brune ravale sa patience et sa bienveillance. Comportement adapté, attitude finalement sensée. Résultat des efforts déployés par l’arnaqueur. Pas la moindre satisfaction pourtant. Sa carcasse longe les murs avec la même indifférence, la perdition toujours entichée de son maudit esprit. Les délires s’amenuisent, quelques traits de couleurs indistincts contre la rétine et des bourdonnements dans les oreilles. Plus rien de précis, plus rien de rationnel, quelques distractions, certes, constantes mais sans sens. L’eau ondule désagréablement contre sa peau, lui arrache une succession de frissons. Les fringues accrochées à la chair déversent avec plus d’ampleur la marée qu’il ramène de la salle de bain. Sa sauveuse taisant sa rage, ne lui délivre aucune information sur la suite des événements, l'invite simplement à passer devant. Le rictus malveillant lui indique juste la revanche proche. Mais l’aliéné ne pourrait pas plus s’en moquer. Le regard traine sur le décor puis sur le visage qui s’impose brusquement. Le coup part, atteint son entrejambe avec précision. La douleur l’immobilise immédiatement. Il finit à terre sans comprendre l’enchainement, les mains protégeant inutilement l’endroit de l’impact. Il étouffe des injures entre ses dents serrées. Pas la première fois qu’il reçoit ce genre de traitement, pas la dernière fois non plus sans doute. Les paumes de l’assaillante s’activent alors qu’il gère la souffrance en demeurant paralysé contre le parquet. Le textile s’éloigne. Va-t-elle pousser l’humiliation jusqu’à le forcer à outrepasser le seuil dans cette tenue ? Un soupir. Échoué lamentablement à nouveau à terre, il ne tente même pas de se redresser quand enfin, le mal s’estompe. Ne s’oblige à remuer que quand la serviette lui tombe dessus. La suite des hostilités.

Communication coupée et guerre latente plutôt. L’instigateur de chaos frotte avec lenteur ses membres engourdis, ramasse les gouttes contre ses tempes, dans sa nuque, le cul toujours collé au sol et l’attention portée distraitement sur l’interlocutrice. La violence qu’elle a manifestée, semble lui passer totalement par-dessus la tête mais il n’en est rien. La contradiction le somme de ne pas répondre aux exigences de la furie. D’empiéter autant que possible sur son territoire afin de faire naître des frustrations de plus en plus insoutenables. Provoquer et entretenir cette hargne qui révèle sans doute le pire d’elle. Plus de sincérité à dénicher dans l’absence de contrôle. Pas qu’il traque l’honnêteté - ce serait d’une ironie sans précédent. Il ne supporte simplement pas ceux qui se mentent pour se donner bonne conscience. « Et moi qui croyais que t’aimais ça, te rendre utile. Tu vas pas foutre à la rue, un pauvre type blessé et affamé tout de même, Moriah ? Après avoir consacré tant d’énergie et de ressources à le soigner... » Un sourire narquois rehausse furtivement sa bouche.  Ses genoux craquent quand il se relève enfin, accuse les tiraillements encore présents après l'assaut, se glisse jusqu’au canapé pour s’y laisser choir. Les pieds perdus dans le vide, les jambes allongées et le cou posé contre l’accoudoir. Position nonchalante qui indique sa non-coopération au retrait souhaité. Le tissu mobilisé se perd dans la tignasse avant de reposer contre son torse. « Je comprends de mieux en mieux pourquoi t’es aussi frustrée dans ta petite vie bien rangée. Un mec se pointe dans ta piaule et tout ce que tu trouves à faire c’est le désaper après l’avoir agressé. Tu sais décidément pas t’y prendre. Ça me ferait presque pitié. » Une moue moqueuse. Il ne compte pas lui donner la satisfaction d’une colère froide ou tempétueuse. Le détachement engendre bien plus de contrariétés.

Un bras se cale sous la tête alors qu’il étouffe un bâillement, papillonne légèrement des yeux. Le discours de l’hôte résonne encore dans son crâne malgré lui. Le discernement n’a pas manqué pour une fois, a heurté un point sensible sans le savoir. Il tente de distancer l’argumentation sur la progéniture en temps d’apocalypse en se remettant à parler. « Parfois, t’as des accès de lucidité ceci dit, moi qui croyais que les produits avaient grillé tout ce qu’ils pouvaient là-haut. Mais t’es trop tendue, Teke. Au lieu de racler le sol, tu ferais mieux de te détendre. Si tu veux, je peux te fournir de quoi planer. Parce que ta normalité, bah elle est chiante à crever. Regarde-toi un peu, ça t’arrive parfois de t’amuser ? Autrement qu’en crachant au sol afin de t’empresser de le nettoyer ? Quoique je pense que si tu salissais un truc, tu te scarifierais dans la minute qui suit. Tu pourrais pas le supporter. Ça peut pas te faire de mal de te déconnecter et puisqu’il faut bien crever un jour apparemment, les conséquences si y en a, t’en as rien à secouer, non ? Ça t’éviterait peut-être de vraiment te jeter par la fenêtre, ce qui serait pas super profitable pour moi, ouais. Je peux même t’obtenir ça à bon prix. Et dans la plus grande discrétion. » Un marché profitable qu’il doute pouvoir, un jour, conclure. Son petit discours ne vient que contenir quelques cheminements dérangeants, il ne l’imagine pas sortir de la case bien carrée dans laquelle il l’a déjà placée mentalement. Existence tranquille, sans ennuis si possible. Le profil de la bonne poire. Pourtant, elle vient de lui démontrer qu’elle peut être bien plus que ça. Décidément, il ne la suit pas. Pour combler l’ennui, il allonge le bras vers une photo à proximité, en saisit le cadre et l’analyse en feignant un intérêt relativement absent. « T’as tenté de le castrer lui aussi ? Pour ça que t’es seule et frustrée comme ça ? »  Qu’il demande en retournant l’objet pour qu’elle puisse admirer le visage de l’homme s’y trouve. Il n’a jamais croisé personne ici. Hasard ou simple chance. Il doute pouvoir continuer à l’importuner à toute heure si un autre mâle hante les lieux. Cela ne servirait pas du tout ses intérêts.

Tout en maculant le verre recouvrant le cliché de ses doigts, le danois retrace du bout des cils les traits inconnus. Il n’avait jamais compris l’intérêt de posséder ainsi des instants figés sur du papier glacé, une empreinte froide à des souvenirs envolés. Pas avant d’atterrir à la Nouvelle-Orléans, d’avoir le temps de tourner en rond, de ruminer et de réaliser tout ce qu’il a pu oublier sur sa famille, sur Lisa. Il regrette avoir dispersé, perdu, jeté ou vendu même, toutes ses affaires après ses mauvaises combines, après la prison. Ne demeure que quelques objets mais plus la moindre image. Plus rien vers quoi tourner le regard pour se rappeler avec exactitude des expressions. Il ne lui reste déjà plus que des impressions sur sa mère, que quelques détails de Lisa. Même Tobias perd en netteté dans son esprit, année après année. Mais il a toujours été un crétin qui se pense au-dessus de ça, du passé. Alors il n’a plus qu’à assumer. Pour changer.

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Sam 8 Avr - 20:38


« Anger is like flowing water; there's nothing wrong with it as long as you let it flow. Hate is like stagnant water; anger that you denied yourself the freedom to feel, the freedom to flow. »

 
Oswald & Moriah
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Qu'il dégage. Dieu, qu'il dégage, avant qu'elle cède au monstre en elle et le tue, regard aveugle s'accrochant à chacun de ses gestes, à la silhouette à la silhouette qui s'échoue de nouveau dans le canapé. Bien sûr. Elle lui a demandé de partir, il ne partira plus désormais. Il n'admettra jamais une possible défaite, une possible faiblesse, même si elle le lui demande aussi pour son bien. Elle l'apprécie, d'ordinaire. Madsen avec qui elle peut s'engueuler, s'énerver, s'entraîner. Familier dans l'irritation qu'il déclenche en elle. Un allergène sous forme humaine qui démange le long de ses nerfs, qui étouffe toute possibilité de rester calme. Un auquel elle constitue lentement une tolérance, assez pour se laisser aller en sa présence et moins chercher à contrôler les mouvements de ses humeurs, pour juste lever les yeux au ciel en notant la disparition de quelque bricole. Un qui se révèle presque nocif aujourd'hui, quand elle s'est trop habituée à lui pour pouvoir le foutre dehors de force. Parasite. Sangsue. Mais attachant. Pire qu'un chat. Un chien errant, miteux et plein de puces, qui détruit tout à chaque visite et mord la main tendue vers lui. Juste assez attachant pour qu'on ait pas le cœur de le laisser crever dehors.

Elle l'observe, alangui dans le canapé, la posture décontractée hurlant son intention de rester, et elle quitte la pièce. Le sang menace de détruire ses tempes tant il y bat fort la rage et la vexation, ses mains tremblent tandis qu'elles ouvrent le tiroir de la commode et courent le long des vêtements pliés, odeur de lessive encore accrochée à eux. Elle n'a pas le cœur... pas la force de s'en séparer, de les laisser prendre l'odeur des vêtements des fantômes, poussière et renfermé. Elle ne peut pas, elle ne veut pas le laisser partir. Pas Aram. Elle peut prétendre, pendant quelques instants, quand elle les lave, les jeans et survêtements et chemises amples et teeshirts clairs. Qu'il est juste parti travailler à l'extérieur, un contrat hors de la ville, une visite à des amis à lui, quelque chose. Avant de se forcer à revenir à la réalité, larmes ravalées, âme déchirée. Trop de manque. La certitude qu'elle doit le laisser partir, reposer, qu'il est mieux là où il est. La solitude de se réveiller seule, de ne plus sentir son odeur, de ne plus entendre son rire en la voyant se plaindre de quelque tâche ou salissure qu'il avait fait, de ne plus croiser son regard en relevant la tête de son livre ou d'une tasse de café. Qui l'étouffent. Elle ne comprend pas, parfois. Pourquoi elle ne peut pas faire son deuil, quand elle a pu faire celui de son frère. Pourquoi tant de choses la ramènent à lui, contre toute logique parfois. Le doute, de si elle en est la cause, de si l'autre chose l'en empêche, de si elle devrait se forcer à effacer toute trace de son existence de l'appartement, quand elle les reconnait si aisément dans chaque recoin. Peut-être. Ses doigts qui errent le long du coton qui ne connaitra plus la chaleur de sa peau ni l'odeur de sa cologne avant de se refermer sur un teeshirt et un survêtement, tête se renversant en arrière pour contenir les larmes. Moriah qui se meure de l'intérieur. Les paupières papillonnent, le souffle se fait court. Une minute, juste une minute, pour s'apitoyer, pour pleurer ce qui ne sera plus jamais.

Soixante secondes. Avant de redresser la tête, de clore ses yeux, d'enfouir la peine là où Balrog seul pourra la percevoir et s'en nourrir, genoux se dépliant, tiroir fermé du bout du pied. Retour dans le salon, vêtements lâchés sur le détective, sans un mot. Regard tombant sur le cadre entre ses doigts, le verre graissé par les huiles sécrétés par sa peau. Il le tâche. Il tâche Aram, et sa main se fait referme sur son poignet sans la moindre pitié. Trop de colère pour se contenir, trop de tristesse, trop de blessures, de fatigue. Elle n'essaie même pas de contenir la marée noire qui se répond le long de la chair en une vague corrosive, lui déplie les doigts de force à la place, reprenant l'image au creux de ses mains et observant la nécrose qui cesse de se répandre maintenant que le contact n'est plus. Le bout des ongles qui erre le long du verre et dessine des traits tatoués à l'intérieur de ses paupières, ancrés le long de ses rétines, incrustés dans ses rétines, imprimés jusque dans ses nerfs optiques.

"Garde tes merdes. J'en veux pas. Soit elles me rendront encore plus folles soit elles me garderont assez calme pour plus pourrir ce que je touche comme je viens de te le faire, et je pourrai plus m'en passer. Au moins je sais à peu près gérer les choses. Il se passe quoi, si prendre de l'herbe me calme et que je tombe à court ? Je nécrose tous les gens que je croise jusqu'à trouver un dealer et je lui fous une main autour du cou ou des couilles pour le convaincre de me filer son stock gratuitement ? Merci bien."
Doucement, la tunique frotte le verre, juste pour se donner l'impression de le nettoyer avant de le reposer, à sa place, à côté d'Aslan, doigts errant le long des deux visages sans les toucher. Leurs sourires prisonniers du verre... "Ravie de savoir que tu t'inquiètes tant de moi, vraiment. Mais t'en fais pas, si je veux planer, j'ai ce qu'il faut, une petite minute à sniffer du White Spirit, c'est efficace aussi." La voix aussi dégoulinante de sarcasme qu'il était dégoulinant d'eau dans sa salle de bain. Pas envie de lui dire qui est dans le cadre, assez de lucidité pour savoir qu'il insistera, pressera de plus en plus fort, pour savoir, pour la voir se morceler. Comme si les gens ne pouvaient être honnêtes que quand ils sont au pire... Il n'a vraiment aucune foi en l'humanité, ce type. Pourquoi il s'accroche à la vie, alors ? Un instant, se renforcer contre ce qu'elle va dire. Être vicieuse, pour qu'il n'y revienne pas. Qu'il ne sente plus jamais le besoin de s'en servir contre elle. Si il a une once de dignité ou d'empathie. Bien cachée quelque part sous le sang aussi noir qu'il l'est. Sa main plonge sous sa tunique, en extirpe l'alliance au bout de sa chaine, simple anneau doré, bague de fiançailles qui lui tient compagnie toute aussi simple, brins d'or tressés, nul diamant, nulle pierre précieuse. Elles n'étaient pas nécessaires, pas quand elle avait Aram. "Et c'était mon mari, connard. Mort, avant que tu demandes. Et je peux t'assurer qu'il ne se sentait pas castrer. Le canapé pourrait certainement en attester, s'il pouvait parler." Nouvelle pause, lèvres s'étirant en un sourire plein de dents, savourant. Il est si curieux de sa vie sexuelle ? Il s'apprête certainement à avoir quelques informations dessus. Et elle anticipe sa réaction avec une joie vicieuse. "Je dirai même que ça avait l'air d'exciter Aram, de me voir faire le ménage. Il aimait certainement m'en distraire, et on ne va pas se mentir, le lit ça va bien cinq minutes. Tu ne trouves pas ?" Elle n'est même plus sûre de si elle n'enjolive pas, si les souvenirs ne s'exagèrent pas juste pour lui arracher la langue.

Une épaule qui se hausse. Un sourire qui s'agrandit, avant de s'effacer. Elle est toujours aussi en colère, tandis qu'elle attrape une serpillière et part éponger la salle de bain sans un mot de plus, lèvres bougeant en un simulacre de prière muette. Nul Dieu qui l'entende, juste un monstre en elle, qu'elle se représente en train de rire à gorge déployée, trop heureux de la savoir en train de danser le long de la rage persistante et de la peine, de l'envie de le frapper et de celle de le mettre dehors. L'eau épongée cascade dans la baignoire, éponge saisie pour commencer à la nettoyer à l'aveugle, les gestes dépassant toute notion de contrôle ou de conscience, réflexes. Verser le produit, frotter, rincer, recommencer, main passant le long de ses yeux et en laissant dangereusement prêt de son œil sans même s'en rendre compte. Sourde à tout ce qui n'est pas le son de l'éponge contre l'émail. Madsen pourrait l'attraper et la vider de son énergie, elle ne l'entendrait pas venir. Pas même s'il décidait de partir en emportant avec lui le canapé. De loin, elle enregistre le son de la machine à laver, sans discerner plus. Elle espère qu'il s'est habillé, qu'il va dégager. Elle se demande si il va la suivre jusqu'ici pour continuer à l'attaquer et l'enrager. Probablement. Il ne sait pas s'arrêter. C'est amusant, d'habitude. Une partie de joute verbale sans fin. Pas aujourd'hui.
   

   
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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: Through the ruins [PV Moriah]   Lun 17 Avr - 14:18

Les limites discernables mais contournées. Des détours, des pirouettes et parfois de l’insolence pure, foncer tête baissée et atterrir au-delà des frontières sans la moindre subtilité. Tout ce qui est défendu, revendiqué attire irrévocablement l’arnaqueur. Pas de règles avec lui, pas de bornes non plus. Aucun code pour sa route. Ainsi piétiner la vie privée de son hôte lui parait naturel ou tout du moins, ne se préoccupe-t-il pas le moins du monde des sentiments de cette dernière. Ses doigts maculent grossièrement la vitre comme les souvenirs encrassent son propre esprit. Les vêtements s’éparpillent rapidement sur son corps dénudé, une offrande soudaine qu’il accueille avec peu d’enthousiasme. Engourdi par les événements, il ne désire même plus réellement remuer. Ne souhaite déjà plus que s’assoupir et attendre que la nuit balaie les quelques séquelles que les hallucinations ont provoquées. Le froid ronge son enveloppe cependant et réarrange les priorités. Mais avant de pouvoir analyser correctement les textiles apportés, le danois se heurte au courroux de la brune. Une main qui se perd sur la chair, la détériore. Une sensation désagréable avec laquelle il a l’habitude de compiler, qui lui arrache une grimace silencieuse néanmoins. L’instabilité de l’infirmière ne l’inquiète pas réellement, ne dévoile que son attachement pour une image figée. Aucun embarras pour le détective privé qui la fixe avec lassitude. « Ça va, j’ai pas la gale. Et je te rassure c’te truc est inanimé, je vais pas le contaminer. » Qu’il marmonne en effleurant la peau nécrosée. Le derme retrouve très rapidement son aspect originel dans les secondes qui suivent et l’incident s’oublie dès la minute suivante. La paume chasse la serviette mobilisée, s’intéresse aux frusques qu’il enfile avec lenteur tout en l’écoutant répondre à ses nombreuses provocations, en la voyant du coin de l’œil frotter nerveusement les souillures qu’il a engendrées.

La mémoire piégée sur papier glacé, se repose délicatement à la suite sur son support d’origine. Caresse qu’elle exécute qui ne lui échappe pas alors que le teeshirt glisse sur ses épaules. Il se tait toujours quand elle poursuit sa tirade, apporte des explications. Aucune surprise quand l’alliance gagne son horizon. A vrai dire, le quadragénaire la visualise assez bien captive d’une routine sans fracas. Prendre soin d’un homme, fonder son petit foyer. Il a toujours eu l’habitude de critiquer ouvertement ces existences monotones et insipides. De belles façades pour un schéma préétabli. Amertume qui trouve racine dans les dysfonctionnements de sa propre famille. Alors quand l’américaine cherche à teinter son récit de passion, à déstabiliser son interlocuteur peut-être même, Oswald ne fait que hausser nonchalamment des épaules. « T’essaies de te convaincre ou de me convaincre sur tes prouesses sexuelles là ? » Un sourire narquois flotte sur ses lèvres tandis que le pantalon coulisse contre ses guiboles. Trop vite, elle s’éclipse. La tension palpable, faisant frémir les muscles adverses. Objectif réellement atteint donc, il a réussi à dissoudre l’honorable intention. Toujours aucun ravissement pour appuyer le résultat. Les doigts lissent les traits éreintés de l’aliéné vainement. Il y a trop d’espace, trop de vide autour de lui à combler subitement après cette agitation alors il se redresse, pose un pied devant l’autre jusqu’à rejoindre la silhouette de la ménagère.

L’épaule heurte l’embrasure de la porte, les bras se croisent. Les yeux contemplent les mouvements à la fois précis et à la fois rageurs de la nettoyeuse. Durant de longues minutes, il n’émet pas le moindre son. La mélancolie n’a pas déserté sa carcasse. Dans les gestes de Moriah, il revoit ceux d'une toute autre personne. Quand après une de ces crises de colère, quand le père jetait tout ce qui lui tombait sous la main à terre, elle aussi, elle s’appliquait à tout effacer mais pas avec la même colère. A vrai dire, elle a toujours semblé manquer d’énergie d’aussi loin qu’il se souvienne. Se superpose tout aussi rapidement à l’ombre de la damnée, sa personne recroquevillée, le jour où la mère les a quittés. Abandonnés.

L'orphelin se revoit éponger le sol après que les secours soient venus la déloger de sa baignoire. Gratter le carrelage pour nuire au vermeil s’y incrustant. Il a tenu à tout laver avant de faire ses affaires. Avant de se faire embarquer par les services sociaux. Une sorte de rituel pour expier ses fautes. Le sang qu’il a essuyé ce soir-là lui colle encore aux mains. Son premier crime. Celui orchestré par sa passivité, son incapacité à s’interposer entre les deux parents, à porter la peine de sa mère sur ses épaules. A la pousser au divorce, à la liberté. Il aurait dû la confronter à ce chagrin qu'elle planquait si mal derrière ses sourires surfaits. La tête tourne, rencontre l’encadrement à son tour. Il respire difficilement, se rattrape à la réalité en brisant le silence. « Tu sais, je suis plutôt convaincu que ton canapé et ce qui te sert de corps aussi, ils demandent qu’à recommencer l’expérience. Si tu veux pas de ma merde, je peux toujours te présenter de braves gars que tu pourras récurer dans tous les sens si ça te chante. Pour parler autant de fois de couilles et tenter de me briser les miennes, c’est que t’es en manque sévère, ma pauvre fille. Il est mort y a longtemps, c’est ça ? » Aucune gêne, pas la moindre considération pour les sentiments de la veuve ou de la divorcée. Pour ce qu’il en sait. Elle pourrait très bien avoir inventé le deuil pour ne pas affronter la séparation. Quelque chose l’interpelle cependant dans cette attitude. Un mauvais transfert sûrement qui le pousse à balancer ces mots avec son habituelle absence de tact. « Tu devrais quand même trouver de quoi te calmer. A part t’écorcher la peau des mains, tu fous quoi sérieux à nettoyer tout comme ça ? Que tu nécroses un autre gars ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Ceux qui vivent encore, sont de la pire espèce de toute manière. Alors ta soi-disant grandeur d’âme là, tu peux l'oublier. Je te dis pas de lui foutre la bague au doigt, juste de tirer ton coup de temps en temps. Ça peut pas te faire de mal, je t’assure. » Un soupir, ses bras retombent contre ses flancs.

Le regard se voile un bref instant, le fiel en bordure des lèvres. Les années accumulées dans les nombreuses désillusions. Lui-même peut se vanter d’être un produit de cette espèce humaine corrompue. « Je sais pas ce que tu crois exactement ? Que parce que tu pourris ce que tu touches et que j’ai le sang noir, on est catalogués chez les tarés ? T’as cru quoi ? Y a toujours eu des monstres parmi les hommes. T’es bien naïve et simpliste si tu penses le contraire. Mais ça me surprendrait pas venant de toi. Tu vis pas sur la même foutue planète que les autres parfois. Je sais pas, lâche-toi. Emmerde le monde, emmerde un peu la vie. Sinon, tu vas continuer à te faire chier et finir vieille fille pour de bon. C’est d’une tristesse… » Derrière ses remarques acariâtres se terre un réel intérêt, qu’il s’empresse d’étouffer. Tout ça, ça ne le concerne pas. Il doit s’en assurer. A défaut de mobiliser toute l’indifférence qu’il devrait, il opte pour la fuite. « Je te laisse désinfecter ton petit monde, hein. J’ai eu ma dose de javel pour un bon mois. » Il roule des épaules, fixe ses prunelles dans celles de la démone. D’autres propos se pressent contre ses lèvres, il les ravale. Pas de reconnaissance bien qu’elle l’ait tiré de sa perdition. Elle détient déjà un peu trop de pouvoir à son goût. « T’auras qu’à brûler mes fringues et t’adonner à un rituel satanique ainsi. Après tout, t’es contaminée par Satan, non ? » C’est son au revoir. L’européen attrape sa chaussure échouée là, s’empare de la seconde abandonnée dans le salon puis les enfile. Il s’extirpe ainsi du lieu sans ajouter quoi que ce soit, emporte avec lui, quelques odeurs encombrantes et sa somme de succubes. Bien que le sol soit stable sous la semelle désormais, que les mirages se soient évanouis, la route se façonne pourtant toujours de tourments. Qu’il tentera sans doute de semer en créant quelques ennuis. Chassant ainsi également le visage de sa sauveuse et les échos entêtants de cette soirée chaotique.

- Sujet terminé -

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Through the ruins [PV Moriah]

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