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 « Hoist the colours » MORIAH

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« The forgiven warrior »

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MessageSujet: « Hoist the colours » MORIAH   Ven 3 Mar - 11:11

Hoist the colours !
Moriah&Esperanza
Le noir total, les ténèbres, l’inconnu et cette odeur… Une odeur qu’elle connaissait bien, celle de la mer. Au loin un puits de lumière donnait sur une échelle en bois. Esperanza sentait qu’elle n’était pas sur la terre ferme. Malgré les siècles passés à Darkness Falls, l’ancienne sorcière avait l’impression de se retrouver dans sa vie d’antan. Car la sensation qu’elle avait ne laissait pas de place au doute. Elle était sur un bateau. Elle sentait l’air salé de la mer et surtout, elle entendait brailler sur le pont du dessus. La métisse resta terrée dans son coin pendant quelques minutes. Elle ne se souvenait de presque rien, ne savait pas trop comment elle était arrivée là. Est-ce que tout ceci avait été un rêve ? Elle douta un instant de sa propre mort, elle douta d’avoir un jour quitté sa vie de pirate pour construire une famille. Chassant ses pensées d’un froncement de sourcil, Esperanza finit par s’avancer vers l’échelle. Elle leva les yeux et aperçut le mat d’un navire qui affichait des voiles noires. A peine plus sombres que les nuages qui comblaient le ciel. Le vent les gonflait avec force. Une tempête devait se préparer pensa la jeune femme. Arrivée sur le pont, Esperanza fut surprise de voir tout un équipage en panique. Perdue au milieu des autres, elle ne bougea pas. Alors c’était vrai ? Elle était redevenue une simple pirate ? Au diable la vie de luxe de cette ville qu’on appelait la Nouvelle-Orléans ? C’était pourtant clair. Autour d’eux l’océan s’étendait à perte de vue. Un océan capricieux qui faisait tanguer le navire qui fendait les vagues à toute vitesse. Au milieu de tout ça, Esperanza ne remarqua pas tout de suite le borgne qui la désignait du doigt.

« Hé toi là-bas, c’est pas l’moment d’jouer les marins d’eau douce ! Ils arrivent sacrebleu. Et vous autre activez le mouvement. » cria-t-il avec une voix rauque.

Les autres se mirent à fourmiller avec un peu plus d’entrain. Esperanza ne savait pas trop quoi faire alors elle s’éloigna vers l’arrière du navire. Qui arrivaient ? Se traçant un chemin à travers les pirates en panique, la jeune femme put apercevoir trois autres bâtiments. Leurs voiles blanches comme des colombes et leurs proues ne laissaient aucun doute. Les anglais. Cette fois, peu lui importait comment elle était arrivée là, il fallait réagir. Esperanza savait à quel point ces ennemis là pouvaient s’avérer redoutables. S’activant, elle rebroussa chemin. Dans sa tête, il fallait aller ouvrir les sabords, histoire d’armer les canons. Il fallait se défendre, utiliser le vent pour les prendre de vitesse. Les autres étaient vêtus de guenilles certains portaient des chapeaux, d’autres de simples bandeaux. La métisse n’échappait pas à la règle d’ailleurs. Elle n’avait pas de chapeaux mais un bandana noirs sur les cheveux, une chemise blanches souillée de poudre à canon, un pantalon noir et des bottes. La seule choses qui la rassura à ce moment là était l’épée qu’elle portait au niveau de sa hanche gauche. Mais le temps pressait, il ne fallait pas qu’elle s’attarde trop sur son accoutrement. Elle fendit la foule pour retourner au pond inférieur quand une jeune femme attira son attention. Elle était la première qu’elle croisait depuis que cette mascarade avait commencé. L’instinct de l’ancienne sorcière lui dit qu’elle n’avait rien à faire là. Alors Esperanza se dirigea vers elle.

« Viens avec moi, reste pas là. » dit la métisse en lui faisant signe de venir avec elle.

La situation ne se prêtait pas vraiment à des présentations. Surtout que les anglais semblaient prendre du terrain. La voix du capitaine perça le brouhaha ambiant mais Esperanza n’y comprit rien du tout. La pluie s’était mise à tomber avec force, trempant les matelots qui continuait de malmenés les mats du bâteau. D’ailleurs ce dernier changea brusquement de cap. Esperanza faillit tomber mais se rattrapa de justesse à la barrière qui bordait les extrémités du navire. « Milles sabords ! Ces anglais auront notre peau. » pesta la métisse qui s’était visiblement rouillée depuis le temps. Il fallait qu’elle trouve refuge, qu’elle atteigne le pont inférieur pour fuir la bataille et rester près des canons. « Si tu restes là tu vas passer par-dessus bord avec ce mistral ! » prévint-elle à l’attention de l’autre jeune femme avant de lâcher la barrière pour retourner près de l’échelle qui permettait de descendre dans les entrailles du bâtiment. Si sa mort n’avait été qu’un cauchemar, alors autant garder la vie le plus longtemps possible. Que l’étrangère la suive ou non.



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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Sam 4 Mar - 22:51


« Waves crack with wicked fury against me ship's hull while ocean currents rage as the full moon rises o're the sea. »

 
Esperanza & Moriah
featuring

Odeur. La première chose qu'elle enregistre, corps mal lavés, iode, poudre à canon, tant d'odeurs, qui la perturbent, qu'elle ne devrait pas être en mesure de reconnaitre et qui pourtant font parfaitement sens, tandis que son corps s'ajuste (s'ajuste ? Ils ne sont pas descendus à terre récemment, elle n'a besoin de se réajuster à rien, le roulis est naturel, corps compensant pour lui aussi facilement qu'elle respire) aux mouvements du poids sous ses pieds. Le chaos commence sur le bâtiment, équipage s'activant. Le vent est fort, fait battre sa natte le long de son dos, plaque sa large chemise tâchée de sang séché contre sa peau, le capitaine crie, interpelle les hommes. Pour sa part, elle reste en retrait, indifférente à la panique. Pas son rôle, elle ne sait pas se battre, elle en a la certitude, un bête poignard à la ceinture qui n'a jamais goûté au sang. Les vagues gonflent, les voiles claquent, le bateau tangue, tentant d'échapper à ses poursuivants alors qu'ils se préparent en même temps à faire face à l'assaut de leurs poursuivants. Vu la panique, les voiles immaculées (si belles, si blanches, elle voudrait pouvoir poser ses mains dessus, elles feraient de merveilleux bandages, non ? Et tellement plus propre que ce qu'elle porte... au moins ce n'est que du sang qui entache le tissu, rien de bien grave, rien qui comporte une souillure particulière, une bonne nouvelle ça, alors que ses yeux se posent sur la bordure noirâtre d'une plaie découverte par le col entrouvert de la chemise et que ses lèvres se tordent en une moue irritée) ne sont pas une bonne nouvelle. Et elle n'a pas la moindre idée de ce qu'elle peut bien faire, à part rester là, une part d'elle lui disant de descendre et de trouver l'infirmerie, l'autre tournant en rond en paniquant.  

Voix féminine, qui l'interpelle, geste de main au coin de son œil, visage se tournant machinalement dans cette direction. Une autre femme, yeux clignant de surprise avant qu'elle la suive. Elle a fait signe, elle suit, automatiquement, aucune question posée, brusque changement de cap du bateau la précipitant contre la barrière, choc résonnant au creux de ses os. Rien de gênant à la respiration, juste une douleur sourde, rien de cassé ni de fêlé, ça ne fera qu'un bleu de plus. Même pas de nécrose, et c'est parfait, sourire satisfait glissant sur ses lèvres à cette idée avant de disparaitre. Passer par-dessus bord, quelle idée. Mais elle a probablement raison, probablement plus d'expérience qu'elle en tout cas sur ce genre de chose, ne serait-ce qu'au vu de l'épée à son côté. Et du fait qu'elle ne sent pas comme une pirate. Est-ce qu'on peut sentir si on est pirate ? Bonne question. Très bonne question ça, qui occupe le gros de ses pensées alors qu'elle reste accrochée à la rambarde un instant encore, nouveau soubresaut du navire la planquant de plus belle contre le bois. Lâche la rambarde, inspire, cours, jette-toi dans la gueule du loup. Elle a peur, le vent fouette, une vague lui trempe les eaux alors que les voiles blanches semblent se rapprocher encore. Leur bateau a l'air plus... elle ne sait pas, mais il a l'air plus rapide. Plus très envie de rester au dehors, tout compte fait. Elle respire, un deux trois, cherche un bout de courage en elle, assez pour délaisser le réconfort de la barrière. Tout ira bien. Et elle court, distance avalée, bras attrapant un homme au hasard (et le noir qui se forme aussitôt le long de sa peau, juron sonore lui échappant alors même qu'elle le lâche et que l'horreur se résorbe, se stoppant avant de se précipiter le long de l'échelle, pieds trouvant d'eux-mêmes les barreaux, mains glissant le long du bois.

Le sol sous ses pieds, qui tangue, les bruits des hommes au-dessus, leur course clairement audible transmettant toute leur agitation tandis qu'elle observe l'endroit où elle se trouve, sourit en voyant ce qu'elle reconnait être une trousse de médecin, s'en approchant aussitôt sans se soucier de la métisse en dehors d'un "Moriah. Merci du conseil, nous devrions être davantage en sécurité ici que sur le pont. Nous sommes poursuivis, donc ?" distant. Les initiales inscrites dans le cuir sont plus intéressantes, MNT engravés, restes de feuille d'or effacés par le temps s'obstinant à y rester accrochés. Une part d'elle a envie de rire, hystériquement, alors qu'elle se demande pourquoi elle voudrait mettre un T devant. TMNT. Ça ne veut rien dire, ça. Probablement un reste d'un rêve, ou juste un instant de fatigue passager, qu'elle balaie d'un geste irrité. Elle doit avoir l'air de chasser les mouches. Elle s'en fout, inspectant le contenu de sa valise à la place. Une fiole de laudanum nichée dans du coton, bandes mouchetées de fluides mais qu'elle sait propres et bouillies aussi longtemps que possible, aiguilles, fil, scalpels, scies, tout ce dont elle a besoin si le besoin pour une opération se présente. Manque juste un véritable médecin, plutôt qu'une infirmière. La bouteille d'alcool blanc nichée au fond de la valise contre un flacon d'éther fait davantage sens désormais. De quoi les endormir plus ou moins solidement selon ce qu'il y aura à faire. Logique. Le laudanum est difficile à doser, après tout. Et encore plus difficile à se procurer quand on est entre deux escales.

Au-dessus, les premiers cris retentissent, attirant son attention et lui faisant refermer sa valise, s'assurant au passage que tout est bien à sa place avant qu'elle lance un coup d’œil derrière elle.

"Y'a t'il quelque chose que je puisse faire, hormis attendre que mes services soient requis pour quelque opération ou premiers soins ?"

   

   
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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Ven 10 Mar - 12:31

Hoist the colours !
Moriah&Esperanza
Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, Esperanza retrouvait ses repères. Après avoir quitté la barrière non sans mal, la jeune femme réussit à atteindre l’échelle. Elle s’engouffra donc sur le pont inférieur. Elle fut étonnée de voir qu’il n’y avait qu’elle ici. Et puis elle se rendit compte que l’inconnue avait suivi ses conseils. Esperanza se tourna vers elle et la regarda vérifier sa trousse de secours d’un air perplexe. Elle sembla comprendre le rôle de la brune sur le navire. Un vague sourire lui courba les lèvres. Moriah. C’était donc le nom de cette femme. Visiblement cette dernière n’était pas prête à lui donner plus d’attention, sauf peut-être lorsqu’elle demanda s’ils étaient bel et bien poursuivis. Esperanza quant à elle cherchait du regard les canons qui devaient –logiquement- se trouver un peu plus loin. « Oui par les anglais. Ces voiles blanches ne laissent aucun doute. Ces maudits anglais, toujours sur notre dos. » grogna-t-elle en fronçant les sourcils. Ce n’était pas sa soudaine certitude qui la perturbait mais plutôt Moriah qui s’était mise à agiter sa main sans raison apparente. Un haussement d’épaule plus tard, la métisse s’enfonçait un peu plus loin. Mais déjà des cris au dessus se firent plus insistants, la panique semblait quasi-totale. On entendait la voix du capitaine se fondre dans les brises violentes. Le bateau tangua de plus en plus vivement.  Esperanza revint vers Moriah à toute vitesse. Et tandis qu’elle lui répondait. « Je pensais ouvrir les sabords, histoire de sortir les canons. Mais le capitaine a l’air d’avoir d’autres projets. J’crois qu’il veut les prendre de vitesse. Mais avec ce temps c’es…  » un homme vint s’écraser entre les jeunes femmes. Visiblement une rafale lui avait fait perdre l’équilibre et le pauvre pirate –sûrement aidé par l’alcool- finit sa chute au niveau inférieur. « Sacrebleu ! » s’écria Esperanza en relevant les yeux vers Moriah. Le matelot était inconscient, son crâne avait heurté le sol avec violence.

La situation au dehors sembla dégénérer. Outre les anglais derrière lui, le navire fut de plus en plus malmené par des vagues gigantesques. Bien que les deux jeunes femmes se trouvent au pont inférieur, il était évident de comprendre que le temps se gâtait. Afin de se rendre utile à Moriah, la métisse s’en alla décrocher la lanterne qui s’avérait être la seule source de lumière à proximité. Elle revint près de la jeune femme et du pirate inconscient et tenta tant bien que mal de tenir debout en s'accrochant à l’échelle.

« Peux-tu voir s’il va bien ? » demanda Esperanza, inquiète pour son camarade.

En relevant les yeux vers l’ouverture du pont supérieur, la métisse constata que le ciel était devenu encore plus sombre qu’auparavant. Les nuages commencèrent à gronder, ce n’était décidément pas un bon présage. L’inquiétude était désormais peinte sur les traits d’Esperanza.  Une inquiétude qu’elle aurait volontiers noyée avec un peu de rhum si jamais elle en avait eu sous la main. Reportant son attention sur l’homme, Esperanza remarqua qu’un bout de papier jauni dépassait de sa poche. Se baissant en attendant que Moriah intervienne, elle lui soutira, curieuse. « Je me demande si… » elle déposa la lanterne près de la jeune femme brune pour déplier le morceau de papier. Une carte. Esperanza en oublia presque la situation critique dans laquelle l’équipage était embarqué. Pour un pirate, une carte s’apparentait toujours à un défi à relever. Encore faudrait-il que la tempête ne les engloutisse pas et que les anglais soient distancés. Bien avant une énième secousse du navire pirate, Esperanza avait fourré la carte dans sa poche et ressaisit la lampe. Le nouvel espoir provoqué par la découverte du bout de papier fut rapidement anéanti par un bruit assourdissant. La métisse se crispa d’horreur. Elle ne sut pas si c’était l’un des boulets de canon des hommes de la Compagnie des Indes, ou un éclair perçant le ciel noir, mais cela n’avait rien de rassurant. Surtout qu’en haut, le capitaine continuait de beugler des ordres dont Esperanza capta quelques bribes. « terre… tempête… moussaillon… île. » répéta doucement la métisse. Peut-être que si l’homme se réveillait il pourrait en apprendre plus aux deux jeunes femmes retranchées.



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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Sam 11 Mar - 19:09


« Waves crack with wicked fury against me ship's hull while ocean currents rage as the full moon rises o're the sea. »

 
Esperanza & Moriah
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Voiles blanches, Anglais, l'information est notée, enregistrée dans un coin de son esprit. Blanc, Danger, Noir... Danger aussi, elle ne se ment pas à ce sujet, léger rire au coin des lèvres qui ne s'échappe pas tandis qu'elle finit son inspection avant de tourner de nouveau le visage vers l'autre femme. Le bateau danse sur les vagues, une danse éméchée, aussi agitée et instable qu'un derviche tourneur ou une toupie. Elle prie pour qu'il ne verse pas ou que le capitaine ne tente pas de leur faire faire quelque changement de direction dans ses conditions. Elle n'est pas navigatrice, elle ne sait pas si ils verseraient ou non, ne voit que le carré noir qui se découpe là où le ciel devrait se trouver, n'entend que les hurlements perçants du vent et les ordres du capitaine que la tempête emporte. Elle espère qu'ils ont le temps de parvenir à l'équipage, n'y croit pas pour autant, alors qu'elle écoute la métisse. Sortir les canons, ç'eut probablement été une bonne idée. Les prendre de vitesse... Elle n'a pas besoin de la fin de la phrase pour deviner combien cette décision est risquée, le genre de pari que seul un pirate oserait faire, seul avec son navire et son équipage contre les éléments, se jouant d'eux en même temps qu'il les exploite pour son seul intérêt. Les voiles blanches n'ont pas ce courage propre aux voiles noires, n'oseront probablement pas s'enfoncer plus avant dans la tempête, préféreront parier sur la rage de l'océan et sa capacité à les mettre à terre. Elle n'est pas navigatrice, elle ne se souvenait pas de la couleur des servants de la Couronne, mais ça, elle l'a acquis. Eux sont seuls maîtres de leur destin, les autres sont des chiens en laisse. Ils ne prendront pas de risques.

Elle n'aurait pas eu la fin de la phrase même si elle l'avait voulue, corps écrasé au sol l'interrompant, propulsant de nouveau le sang dans ses veines, sacoche attrapée alors qu'elle s'approche du corps. L'habitude lui fait attraper la paire de fins gants de coton nichée en évidence, les passant avant de tenter de prendre le pouls de son patient. Avec la manière dont le navire tangue, c'est plus difficile qu'elle ne le souhaiterait, corps inconscient bougeant tandis qu'elle laisse s'échapper un râle exaspéré, main finissant par se refermer sur le bras de leur camarade pour le hisser sur ses genoux, notant vaguement la carte que l'autre femme a entre les mains. Elle a autre chose à penser, pouls pris avant qu'elle commence à tâter le crâne, jurant tout du long sous son souffle, sans la moindre préoccupation de maintenir un vernis de bonnes manières. A se demander pourquoi elle a jamais tenté, vraiment. Une de deux femmes sur un bateau pirate, le médecin du navire, exposée au quotidien à des corps masculins dévêtus et pelés de cicatrices ? Elle n'est plus respectable depuis longtemps. Pas grave, lame attrapée, sourcils froncés en ne trouvant pas d'alcool dans la trousse ni de bougie pour la désinfecter. Merde. C'est bien le moment... "Hey." Visage tourné vers la métisse (descendante d'esclaves ? Native d'une ile ? C'est important ? Non ? Parfait, on y pense plus, et on s'concentre sur le type sur ses jambes pour éviter qu'il rende l'âme), elle attend d'avoir son attention pour poursuivre. "Pas d'alcool ou de flamme ouverte dans le coin ? Je peux l'entailler même sans ça, évacuer le sang sous sa peau, mais ça limiterait les chances d'infection, faut admettre."

Les mots prononcés par l'autre femme sont ignorés le temps d'entailler la peau, sang en émergeant lentement, puis plus abondamment lorsqu'elle l'étire pour mieux y voir. Le crâne même ne semble pas affecté, l'os intact, et elle ne peut qu'espérer qu'il en aille de même pour son cerveau, que le sang provienne de vaisseaux près de la surface. Dans ces conditions, penser à une trépanation est simplement impossible, compresse mise en place suivie d'un bandage alors qu'ils continuent de tanguer et de glisser, la situation absurde. Elle jure entre ses dents, toujours, n'évite que de justesse d'insulter l'océan, réflexe et instinct de survie la bâillonnant à temps. Il ne faut pas davantage le provoquer, pas quand il est déjà si déchainé. Mais s'occuper de son patient dans ces conditions est simplement impossible, frustration faisant grincer ses dents avant qu'elle redresse enfin la tête, mots ignorés s'égrenant enfin dans son conscient.

"Le capitaine veut atteindre la terre ? Est-ce que c'est sage, par ce temps ? Il faudrait changer de cap, non ? Ou est-ce que c'est déjà fait ? Et je ne peux rien de plus pour lui, Dieu seul sait quand il se réveillera. Si le cerveau n'a pas gonflé, il ira bien, sinon... avec cette tempête, je ne peux pas faire plus que j'ai déjà fait."


Ses épaules se haussent. Les hommes meurent, c'est la règle, elle ne peut qu'essayer de les sauver pour sa part, gants retirés et glissés dans sa ceinture au côté du poignard avant de devoir se rattraper de justesse à l'échelle, mouvement tirant sur son épaule, bâtiment se redressant aussi brusquement qu'il s'est incliné, la projetant dans l'autre direction. Son bras tient le coup, une bonne chose, tandis que le marin glisse de ci et de là, manquant se faire rouler ses yeux. Il est pas prêt de se relever, celui-là, elle le pressent, esprit le classant parmi les causes perdues pour se concentrer sur le plus urgent. Le ciel semble s'être fait encore plus noir, cordes d'eau s'infiltrant par l'ouverture sur le pont. C'est mauvais signe.

"Quelles sont les chances qu'on atteigne la terre, franchement ?!"


Il faut hurler désormais, pour se faire entendre, voix couvertes par la tempête, alors que le bâtiment tangue et continue de fendre les eaux du mieux qu'il peut. Il faut prier que la terre soit proche, qu'il n'y ait pas de récifs à naviguer, que la tempête veuille bien leur offrir un répit. Mais ce ne semble pas être dans les cartes. Elle ne semble que vouloir gagner encore en intensité, encore et encore. En comparaison, les Anglais n'étaient qu'un problème mineur.
   
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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Jeu 16 Mar - 10:55

Hoist the colours !
Moriah&Esperanza
La question fut balayée d’un haussement d’épaules. Esperanza n’avait vu aucune bougie, rien susceptible de répondre à la demande du médecin d’équipage. Bien sûr que de l’alcool était sûrement caché sur ce navire, mais dans de telles conditions, il était difficile de se mettre en quête du précieux liquide. Alors la métisse laissa faire Moriah sans moufeter. Puis la carte trouvée sur l’homme inconscient avait largement détourné son attention. Le bateau semblait à deux doigts de chavirer à  chacune des vagues qu’il parvenait à dompter. Rester debout s’apparentait désormais à faire de l’équilibrisme. La lanterne à la main, Esperanza se cramponnait fermement à l’échelle. Les gouttes de pluie énormes la trempaient, elle râla avant de prudemment s’éloigner de l’ouverture pour s’accrocher à autre chose. Le corps de l’homme se trimbalait sur le sol humide, la métisse doutait du fait qu’il se relève un jour. Elle fut soudainement peinée. Encore plus lorsque Moriah annonça ne rien pouvoir faire de plus. Après tout elle ne pouvait pas faire de miracle. Il fallait prier maintenant. Prier pour que son âme soit épargnée.  

Une averse de questions déferla sur Esperanza. La jeune femme reporta toute son attention sur le médecin de bord, s’agrippant à un poteau de bois. Le capitaine voulait sûrement atteindre la terre, et soudain les souvenirs refirent surface. L’équipage était en quête de quelque chose. Mais la tempête avait dû les retarder, les éloigner de leur but premier. « Je crois que le capitaine veut atteindre une terre, mais pas n’importe laquelle. Mais je crois que son acharnement a énervé Poséidon et que cette tempête va nous couler. » avoua Esperanza dans un soupir. La mer était une force capricieuse, indomptable, qui les autorisait à naviguer, mais personne n’était capable de l’apprivoiser. Personne n’était devin, même pas ceux qui prétendaient avoir croisé des sirènes, des monstres affreux tout droit sortis des profondeurs abyssales.

Le vent, la pluie, les grondements du ciel, les cris du dessus ne permettaient pas de se concentrer. Désormais il ne fallait que prier. Esperanza raccrocha la lanterne et se précipita vers l’échelle lorsque le bateau fut à peu près stable. Elle commença à en grimper quelques échelons « Je vais voir ce qu’il se passe là-haut. » annonça-t-elle en continuant son ascension. La métisse ne fit dépasser que le haut de sa tête. Elle jeta un rapide coup d’œil aux voiles, certaines avaient cédé sous la puissance du vent. Les pirates continuaient de s’agiter, d’autres restaient cramponnés à certains endroits. Le capitaine semblait lutter contre la barre. Il était trempé jusqu’aux os pourtant un sourire dément courbait ses lèvres. « TERRE. Tenez le cap ! On y est presque. » hurla-t-il. Esperanza détourna le regard comme elle put mais elle n’arriva pas à percevoir cette terre donc le chef d’équipage parlait. Elle retourna se terrer sur le pont inférieur. Le corps inerte de l’homme bringuebalant au rythme des flots agités. « Je crois que tout était calculé. Les anglais nous pensent déjà perdus, ils n’ont pas l’air d’avoir suivi. » dit Esperanza, réellement soucieuse. Qu’est-ce qui pouvait pousser le capitaine à prendre de tels risques ? Le navire pouvait se retourner à chaque instant. Et comment repartiraient-ils de cette fameuse terre si le bateau ne tenait pas la distance ? La métisse soupira de nouveau. Elle restait près de l’échelle. La pluie cessa de tomber à travers l’ouverture, la mer sembla se calmer. Etait-ce un présage ? « Prépare toi à débarquer. Sûrement qu’ils ne laisseront pas le médecin rester à bord. » elle hocha la tête. Son cœur battait à toute vitesse. Elle était perturbée, curieuse, anxieuse. Bien sûr qu’elle n’en était plus à son premier voyage en mer, ni à sa première tempête. Mais cette aventure là avait un goût différent, un goût nouveau. Alors qu’elle se posait mille questions et que son regard n’avait pas quitté Moriah, le bateau sembla heurter quelque chose de plein fouet. La métisse tomba à la renverse en jurant. Elle espérait que leur calvaire venait de prendre fin et que l’obstacle ait été le sable d’une plage auquel cas elle ne donnait pas cher de leur peau.


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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Jeu 16 Mar - 22:59


« Waves crack with wicked fury against me ship's hull while ocean currents rage as the full moon rises o're the sea. »

 
Esperanza & Moriah
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Je crois que tout était calculé. Il y a quelque chose de gelant dans cette phrase, dans le fait que les Anglais aient déjà abandonnés leurs âmes aux flots comme si leur mort n'était plus désormais qu'un fait accompli, dans l'idée que le capitaine ait tout calculé. Elle ne doute pas de ses talents de navigateur, tout homme prêt à accepter deux femmes à son bord se sait certainement suffisamment capable pour déjouer la malchance que la rumeur veut qu'elles apportent à son bord et la lucidité nécessaire pour les savoir aussi voire plus capables que des hommes, mais tels risques sont différents. C'est l'océan, la tempête, pas juste les Anglais. C'est une force qu'ils ne comprennent ni ne maitrisent, traitresse un instant, docile le suivant. A moins qu'il n'est appris à déceler ses humeurs et composer avec, navire une marionnette entre ses doigts, souvent malmenée, toujours fidèle. Elle l'ignore, prie à la place, main accrochée à sa mallette, corps ballotté, regard errant un instant sur le corps abandonné qui met le goût de l'échec dans sa gorge avant de se reposer sur la métisse. Les gouttes de pluie ont cessé de clapoter le long de ses membres, premiers rayons de soleil s'infiltrant par l'ouverture à la place pour jouer le long de quelques gouttelettes, annonçant le calme en même temps que l'autre femme.

Elle hoche la tête pour toute réponse, main se resserrant encore davantage sur la poignée de cuir avant de vérifier rapidement la présence des gants à sa ceinture, le geste superstitieux, regard accroché aux yeux sombres qui la fixent en retour. Le même sentiment d'appréhension et d'excitation mêlés qu'elle ressent elle-même se lit en eux, peut-être. Le capitaine était déterminé à parvenir à cette terre, et la raison ne peut être qu'impressionnante, au vu de ce qu'ils ont déjà dû traverser. Impressionnante comme le choc qui secoue le bâtiment et les propulse au sol, bordée de jurons emplissant l'espace, médecin se courbant autour de sa trousse pour protéger son contenu lorsqu'elle heurte le plancher puis la paroi dans un choc sourd, absence du son si particulier du verre brisé la rassurant alors qu'elle redresse la tête et jette un regard à la métisse. Elle n'a pas l'air trop sonnée, question posée malgré tout par pur acquis professionnel avant qu'elle n'ouvre sa trousse et ne vérifie le contenu. Tout va bien, vue des flacons et outils la rassurant plus que la simple absence de sons de casse le pouvait, long soupir s'échappant alors qu'elle la referme et achève de se relever. Le navire est immobile, quelques voix dont celle du capitaine s'entrechoquant, curiosité montant de voir ce qu'ils ont pu heurter.

"Au moins la coque ne semble pas avoir été percée."


Voix plus sèche que du papier de verre, cachant la gratitude qu'elle ressent à cette idée. Sûrement ils paniqueraient bien plus, il y aurait bien plus de bruits et de cris, si c'était le cas ? Sûrement, oui. Le contraire serait illogique... hein ? Elle n'en escalade pas moins l'échelle, expérience lui dictant comment ne pas lâcher ce qui lui est aussi important que ses membres, regard s'assombrissant en se posant sur le spectacle qui s'offre à elle, pieds l'approchant plus avant du lieu du désastre. Ils sont échoués, les silhouettes de coraux se dessinant sous les vagues tranquilles, de pierres, ranimant l'inquiétude quant à l'état de la coque avant de se concentrer sur le plus important. Pas la terre, avec ses arbres frêles et bas aux troncs et branches tordus par le vent et blanchis par l'iode. Mais l'équipage, marins étendus, gémissant, quelques-uns identifiés comme morts d'un regard, dos ou cou tordus à des angles anormaux, victimes des vagues qui les ont traités comme de vulgaires poupées de sons, les lançant de ci de là comme le ferait un enfant inconscient de la fragilité du jouet entre ses mains, persuadé qu'il vivra toujours le jour suivant.

"Seigneur..." Murmure horrifié, le temps d'enregistrer la scène dans son ensemble, de commencer à cataloguer les blessures apparentes, qui semble simplement sonné, qui semble contusionné ou avoir quelque fracture. Ceux-là, il faudra qu'elle les examine pour mieux les diagnostiquer, main se levant un instant à son visage avant de retomber à son côté, regard durcissant, froideur reprenant le dessus. Elle aura des états d'âme plus tard, elle n'est pas ici pour geindre ou s'apitoyer sur des marins trop stupides pour trouver quelque chose auquel s'accrocher. Elle hausse la voix à la place, redresse les épaules et la tête. Se faire implacable, inflexible, pour mieux asseoir son autorité sur ces hommes qu'elle ne va pas tarder à inspecter. "Capitaine, permission d'examiner l'équipage ?"

Il ne va pas refuser, n'est-ce pas ? Tempête mise à part, il lui semble un homme raisonnable, pour autant que le capitaine d'un tel navire et équipage puisse l'être. Elle pourra lui dire quels hommes sont en état de partir explorer, au moins, et lesquels feraient mieux de rester à bord. Un homme aux os fracturés ne sert à rien, après tout.
   

   
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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Lun 10 Avr - 13:04

Hoist the colours !
Moriah&Esperanza
Le calvaire sembla prendre fin. Pour combien de temps ? Était-ce la fin de leur périple à travers les flots agités ? Ou était-ce la fin tout court ? Esperanza n’en savait rien. Elle s’était rattrapée à temps. Le médecin quant à elle était restée accroché à sa mallette, comme si cette dernière contenait un vrai trésor. Après tout Esperanza ne pouvait nier que tout cet attirail médical s’avérait utile. Et qu’elle n’aurait su quoi en faire, alors le protéger était totalement légitime. La métisse acquiesça d’un signe de tête. Pour l’instant en effet, la coque ne semblait pas être percée. Pourtant malgré cette affirmation, Esperanza avait un mauvais pressentiment. Ce qu’elle avait constaté ne la rassurait pas. Le capitaine était un grand adorateur de rhum, comme tout pirate qui se respecte. Il était un peu fou, assoiffé d’argent, comme tout pirate qui se respecte. Mais de là à pousser tout son équipage dans une tempête meurtrière... Esperanza fronçait les sourcils depuis de longues secondes. Et puis des voix se firent entendre là haut. Le navire ne bougeait plus, le soleil était revenu, mais qu’en était-il des autres ? Ceux qui n’avaient pu venir se protéger avec elles ?

Suivant sa nouvelle acolyte de près, Esperanza grimpa à l’échelle. Aveuglée un instant par autant de lumière, la pirate ne put que constater la désolation qui errait sur le pont principal. Des silhouettes inertes, des voiles déchirées. La métisse constata également que le bâtiment venait d’échouer sur une île au sable blanc. « Sacrebleu, on a bien perdu la moitié de l’équipage. » chuchota Esperanza pendant que Moriah constatait le même spectacle morbide qui s’offrait à elles. Pourtant le Capitaine lui semblait confiant. Une drôle d’étincelle brillait dans ses yeux, ce qui intrigua la métisse. Elle attendait qu’il crache le morceau. Atterrir sur une île aussi lambda ne l’aurait pas fait sourire comme ça, pas après une telle tempête digne de la colère des dieux.

Moriah s’approcha de l’homme aux commandes, ce dernier l’examina puis sembla réfléchir. Le reste de l’équipage semblait pendu à ses lèvres. Il n’oserait pas refuser une telle requête ? Les pirates retinrent leur souffle, Esperanza croisa les bras avec une mine désagréable. Pour elle c’était sûre, l’homme avait perdu l’esprit. Pourtant malgré sa barbe blanche, il ne semblait pas si vieux pour que la démence le gagne. Le capitaine avisa Moriah puis les quelques corps échoués sur le pont.

« Permission accordée mais faites vite, nous devons mettre pied à terre. Préparez les canots vous autres, dépêchez-vous ! » hurla l’homme en brandissant son épée.

Les regards se croisèrent, tous semblaient épuisés. Jamais le capitaine ne leur avait fait un tel coup. Le reste des pirates paraissaient penser la même chose. Tandis que l’homme à la barbe blanche se retira dans son compartiment pour faire on-ne-sait-quoi, Esperanza s’approcha du médecin. « As-tu besoin d’aide ? Ils sont trop pour que tu aies le temps de tous les examiner correctement. Et si tu veux mon avis le capitaine a l’air pressé de mettre pied-à-terre. J’me demande quelle mouche l’a piqué…» dit-elle en se massant le crâne.

Cela lui faisait mal au cœur de voir ses camarades étendus au sol. Sûrement que la moitié étaient mort. Le vent avait dû disposer de leur pauvre corps comme de celui d’un pantin. Poséidon avait emporté leur âme. Esperanza soupira. Les autres membres de l’équipage préparaient les canots à la descente en commençant à chanter, comme pour se donner de la force. S’ils avaient survécu à une telle tempête, il n’était pas sûr qu’ils survivent à une telle expédition. Mais dans l’esprit d’Esperanza en tout cas, une autre idée germa. Si le capitaine avait pris de tels risques alors c’était que ce qu’il cherchait en valait la peine. Sûrement qu’ils seraient récompensés pour avoir frôlé la mort. « Je crois qu’on est à la recherche de quelque chose d’extraordinaire cette fois… » pensa Esperanza à haute voix. Bien sûr que cela n’excusait pas la perte de ces malheureux, mais c’était un moyen comme un autre de voir le bon côté des choses. Après tout elle était une pirate, pas une fée.



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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Ven 14 Avr - 1:18


« Waves crack with wicked fury against me ship's hull while ocean currents rage as the full moon rises o're the sea. »

 
Esperanza & Moriah
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Permission accordée, soupir muet de soulagement s'échappant d'entre ses lèvres alors que sa tête s'incline avec obéissance, esprit traçant aussitôt les visages de l'équipage, catalogue plus avant les blessures visibles, trouble semé par les ordres du capitaine réprimé. Il ne faut pas le laisser paraître, alors que sa main se ferme davantage autour de sa mallette et que ses yeux se posent sur les hommes qui fixent le capitaine s'éloigner avant de reporter leur attention sur elle. Seule médecin à bord, seule capable de décider de leur sort. Et ils sont si nombreux, quand ils ont l'ordre d'aller au plus vite... Tout ça pour débarquer, mettre les canots à l'eau. Elle ne comprend pas. La faute à son éducation, à sa place au sein du navire. Pas une combattante, celle qui soigne, qui reste à l'arrière et panse les plaies avant de les pousser dans une nouvelle bataille. Elle retourne leurs regards, muette. Juste un frémissement de cil, avant de tourner son visage vers la métisse, lèvres se plissant en un sourire cynique. Si elle a besoin d'aide ?

"J'aurai besoin de six mains supplémentaires et d'autant de paires d'yeux, là. Toute aide est la bienvenue.
" Murmure discret en sa direction, avant de hausser la voix en direction de l'équipage. Devoir prendre ses responsabilités, la charge. "Ceux qui n'ont pas de douleurs ou rien qui mérite votre attention, commencez à vous occuper des canots, je m'occuperai de vous après. Vous êtes pas prioritaires là, qu'on le veuille ou non. Ceux qui sont abimés mais peuvent marcher, venez là, que je vous ausculte." Regard à la métisse, désolée d'avance de ce qu'elle va demander. "Si tu pouvais inspecter les autres... Juste... Retourne les morts. Que je sache qui a encore une chance de s'en sortir. Ceux-là, faut pas les bouger. Si ils sont pas état d'être debout, ils sont pas en état d'être bougés." Sa voix qui s'abaisse, jusqu'à n'être qu'un murmure, destiné à l'autre femme seulement. "Je m'en fous de ses plans. J'ai je sais pas combien d'hommes à soigner, pas assez de matériel ou de mains, et clairement pas assez de temps. J'suis censée laisser les trop blessés crever parce qu'il veut partir à la recherche de je sais pas quoi ?" Mutinerie cachée dans les mots et dans la voix, médecin de bord enragée de se trouver dans telle situation avant de secouer la tête. Pas le temps de penser à tout ça, silence l'envahissant de nouveau.

Palper les membres, plus vite qu'elle ne le voudrait, vérifier leurs réactions et leurs pupilles, et les envoyer rejoindre les valides, ou les faire asseoir plus loin sinon, la file qui semble ne pas en finir. Envoyer aider à préparer à débarquer, envoyer sur le côté, pas même le temps de faire un premier bandage, suivre la métisse du regard, douleur l'envahissant en notant chaque nouveau corps retourné. D'autres vont les rejoindre, qui auraient pu survivre. Si elle avait le temps. Le matériel. Qui auraient dû survivre. S'il n'y avait pas eu la tempête. L'adrénaline est retombée, l'excitation d'être en vie avec. Plus que la pression. Examiner, trier, se reprocher de ne pas pouvoir faire plus, appréhender le retour du Capitaine. Enfin en finir avec les valides, nouveau regard posé sur les corps étendus. Elle veut s'occuper d'eux. Les empêcher de mourir, réparer leurs os, calmer leurs douleurs, faciliter leur agonie au minimum. Elle sait signe à la pirate, à la place, paupières se fermant le temps de changer son cœur en acier et de dissimuler le trouble que lui cause sa décision. Si elle garde la confiance des hommes après ça... ce sera un miracle. Un qu'elle ne méritera pas. "J'ai besoin de ton aide, il va me falloir quelqu'un qui maintienne leurs membres en place pendant que je replace leurs articulations et fractures ou que je les bande. Je ne vais pas avoir le temps d'être délicate."

Pas le choix. Il faut avancer, toujours, mains indifférentes et regard peiné tandis qu'elle travaille et donne ses ordres à la métisse, renvoie les hommes au travail aussitôt quand certains ne devraient pas l'être, guette de l'oreille le moindre son qui annonce le retour du capitaine, mains se figeant un instant autour de l'épaule qu'elles tenaient, prêtes à la remettre dans son articulation avant de se reprendre, hurlement échappant au pirate lorsqu'elle profite de sa distraction. Elle devine la suite, tandis qu'elle redresse la tête et observe l'homme, si imposant avec sa barbe prématurément blanchie et son visage aux traits burinés, usés par le soleil, par le vent et les vagues. Il ne la laissera pas rester avec les blessés. Et il n'attendra pas qu'elle ait fini de les soigner. Pas avec la manière dont il fixe l'île, a déjà commencé à donner ses ordres, sans même se soucier de s'enquérir de l'équipage auprès d'elle. Elle le hait un peu, pour ça. A quoi ça lui servait de prendre un médecin à bord, si c'est pour l'empêcher de faire son travail ? Et sa mâchoire se crispe. Et ses yeux s'abaissent. Et un murmure lui échappe, alors qu'elle se redresse, pour rejoindre le maître du bâtiment qui a appelé son nom et celui de l'autre femme, impatience dans la voix. Désolée.

Ça ne commence même pas à couvrir le trou dans sa poitrine à l'idée de les abandonner là, dans leurs blessures et leurs souillures, les cadavres de leurs camarades devant eux.
   

   
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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Mar 18 Avr - 10:32

Hoist the colours !
Moriah&Esperanza
Il n’y avait pas d’autres mots, il n’y avait pas d’autre vérité. Cette expédition s’apparentait à un véritable carnage. Le capitaine avait envoyé son équipage à la mort, tout droit en enfer. Si ceux qui avaient survécu jusque là pouvaient se croire chanceux, Esperanza redoutait la suite. Et si ce qui les attendait sur cette île était si terrible qu’elle en venait à souhaiter être morte en mer ? Un soupire lui échappa tandis que le médecin se plaignait du manque d’aide. Que pouvait-elle y faire elle ? Esperanza aussi ne pouvait que constater la catastrophe causée par la colère des flots. Elle ne fit pas de remarque car son regard s’attardait déjà sur les corps qui parsemaient le pont. Moriah attira de nouveau son attention lorsqu’elle lui confia sa première mission : retourner les morts. Pour une raison qui la dépassait, Esperanza avait du mal à se reprendre. Ces hommes étaient pour elle comme une famille, leur dire adieu dans ces conditions lui brisait le cœur. Mais au fond il avait bien fallu qu’elle se fasse une raison, qu’elle se raccroche à l’espoir que la perte de ses compagnons ne soit pas vaine.

« Je vais le faire. Je disais juste que j’espère que ces pirates ne seront pas morts en vain. Que leur âme veille sur nous car le capitaine semble avoir perdu l’esprit. Et que nous serons les prochaines. Qui sauvera nos âmes à nous ?  » soupira-t-elle en s’éloignant de sa compagne d’infortune.

La métisse prit une grande bouffée d’air salé. Les rayons du soleil lui brûlaient le visage, c’était comme s’ils avait changé de monde en un rien de temps. Accroupie près de l’un de ses camarades allongé sur le ventre, Esperanza s’attendit au pire en le retournant. Elle retint un cri d’effroi lorsqu’elle aperçu son visage. Un bout de bois, surement venant d’un mat brisé, lui avait transpercé l’œil. Sa face dégoulinait de sang si bien qu’on en distinguait à peine ses traits. Dans un haut-le-cœur elle s’éloigna du malheureux en priant pour que le ciel l’accueil malgré ses actes de piraterie, car aucun homme ne méritait un tel châtiment. Plusieurs suivirent, la métisse n’eut de cesse de retourner des cadavres. A l’instant même où Esperanza s’approcha d’un énième camarade dont l’estomac était percé d’un bout de fer, elle se demanda jusqu’où elle irait pour son capitaine. Pour la première fois de sa vie de pirate l’idée de briser le code d’honneur lui traversa l’esprit. Jusqu’à ce que ce qu’elle croyait être cadavre lui attrape le poignet. Livide, à bout de force, l’homme la supplia de l’achever. Sa chemise était maculée de sang, la mort lui tournait autour, l’attirait déjà dans ses filets. La pirate ne sut quoi faire. Elle jeta un rapide coup d’œil vers Moriah qui en avait assez avec le file de blessés qui  serpentait devant elle. Alors Esperanza se décida, se saisit du poignard que l’homme avait à la ceinture et mêla ses doigts à ceux du pirate de sa main libre. « Que ton âme me pardonne. » dit-elle avant de lui planter la lame dans le cœur. La pression sur ses doigts disparue, l’homme cessa de bouger. Alors qu’elle était à deux doigts de vomir, la voix de son acolyte l’interpella. Alors la métisse se redressa et rejoignit Moriah.

L’aidant à maintenir leur camarade jusqu’à l’arrivée glaçante du capitaine, Esperanza ne donna pas cher de leur peau. L’homme portait un regard dément sur l’île, comme s’il avait été ensorcelé par une force divine. Les femmes furent rappelées par leur chef. Esperanza soupira, abandonnant l’homme blessé pour se mêler aux valides. Le capitaine ordonna de mettre les canots à la mer, indiquant qu’il était temps de partir. Il s’arrêta néanmoins pour aviser la file de malades.

« Si vous ne pouvez pas marcher moussaillons restez à bord. Occupez-vous des mourants. Les autres, au travail. » cria-t-il ensuite.

Esperanza resta septique. Dans son esprit, si le capitaine avait dit ça ce n’était pas par compassion. Simplement que les boiteux le retarderaient dans sa quête folle. La métisse serra les poings et s’approcha d’un canot.

« Viens  dit-elle à l’attention du médecin il vaut mieux qu’on monte dans le dernier canot, on ne sait pas ce que cette île maudite nous réserve. Si on doit faire demi-tour il vaut mieux prendre nos précautions. »

D’autres semblaient avoir compris son manège. Et tandis que les premiers pirates quittaient le navire pour se retrouver sur les flots, Esperanza appréhendait toujours ce qui les attendait au loin, sur cette île qui, d’un premier regard semblait totalement paradisiaque.



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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Dim 23 Avr - 0:23


« Waves crack with wicked fury against me ship's hull while ocean currents rage as the full moon rises o're the sea. »

Esperanza & Moriah
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Il y a des gens, qui ont le charisme des moments calmes, le charme des nuits sans nuages et des mers aux vagues ondulantes et rutilantes des rayons du soleil. Des gens de métal plaqué, qui inspirent la confiance et la loyauté d'un simple regard, d'un simple souffle, leur présence assez pour regonfler les coeurs et regonfler les échines, sans le moindre effort de leur part. Jusqu'au jour où les obstacles s'accumulent et que la vie érafle leur surface pour révéler l'étain terne sous l'éclat chaud de l'or et les reflets d'hiver de l'argent. Des gens trompeurs, consciemment ou non. Et elle commence à réaliser, tandis que la voix du capitaine enfle et annonce sa sentence, qu'il est de ceux-là. Les blessés, s'occuper des mourants. Quand ils ne pourront rien faire d'autre qu'abréger leurs souffrances. Il va revenir à un équipage déchiré, réduit à des lambeaux écharpés, sans moyen de les recoudre et de retrouver l'équipage initialement si soudé. Elle n'est pas sûre qu'il en soit conscient. Elle n'est pas sûre qu'il s'en préoccupe, combien même il le réaliserait. L'île semble avoir pris possession de lui, l'aimanter. Et elle peut sentir un courant glacé comme les abysses jouer le long de son dos. Il est devenu fou. Et ils dépendent de lui. Dieu les garde... Quoique. Dieu semble les avoir abandonnés à leur sort, et à son tour elle se demande, qui les sauvera eux. Un groupe de fous, damnés pour une quête désespérée.

La voix de la métisse l'extirpe de ses pensées, visage s'inclinant vers l'avant en un accord minute. C'est une bonne idée, oui, et elle reste figée, observant les premiers canots s'éloigner, ses yeux glacés. Ils vont vers leur mort. Tous. Il va tous les tuer, pour une île dont ils ne savent rien, si ce n'est qu'ils ont traversé les enfers pour l'atteindre. Elle a froid de frustration et de peur, pour sa survie et celle du reste de l'équipage. Pour sa vie surtout, elle se l'admet aisément. Nulle envie de mourir, ni aujourd'hui ni comme ça, et qu'importe qu'elle ait choisi la vie de pirate. "Maudite... C'est le moins que l'on puisse dire." Elle a certainement ensorcelé le capitaine, cette île. Si il n'y a pas assez d'or sur cette île pour acheter une flotte entière et trouver assez d'hommes pour la diriger... Comment est-ce qu'ils pourront ne fut-ce qu'essayer de se persuader que toutes ces morts avaient un but ? Qu'elles valaient mieux qu'affronter les anglais ? Eux, au moins, ils les connaissent. Ils savent comment les détruire, ils savent qu'ils saignent aussi rouge qu'eux. Cette ile... ils savent ce qu'un bout de parchemin a bien voulu leur en dire. Rien.

Les canots s'éloignent, jusqu'à ce que ce soit leur tour, les deux femmes et quelques hommes avec elles. Elle les connait, comme on connait tout le monde dans un équipage. Les deux frères plus agiles que des singes qui grimpent le long des voiles et font certains des meilleurs nœuds sur le navire, leurs sourires habituels ternis, effacés, un filet de sang coulant de la tempe de l'un, l'autre la pommette gonflée, probablement fracturée. Le timonier, avec son rire sonore et son verbe acerbe, silencieux et sombre maintenant, l'arcade sourcilière entaillée, du sang séché dans ses cheveux, une coupure elle le sait. Elle espère qu'ils survivront, tandis qu'ils commencent à ramer, regard accroché aux frêles embarcations qui dansent dans les vagues. Elles sont étrangement calmes. Ça n'en rend les choses que plus choquantes, quand elle se rend compte que les premiers esquifs ont une trajectoire étrange, se déportant plus qu'ils n'avancent, ses sourcils se fronçant alors qu'elle se penche vers l'avant. C'est perturbant, comme spectacle, alors que des roches acérées et récifs cruels jouent sous la surface de l'eau, prêts à les sombrer s'ils s'en aventurent trop près. C'est le signe annonciateur de courants, ces trajectoires, non ? Autour d'une île... Est-ce seulement naturel, question lui échappant d'une voix teintée d'une anxiété superstitieuse. Les Anglais, la tempête, les morts, et maintenant ça, des courants invisibles qui s'emparent des canots et les font dériver, protestation instinctive lui échappant en voyant le premier s'empaler sur une lame de pierre. Ils sont condamnés, tous... ce lieu est maudit, ne veut pas être atteint, et elle ne peut que ramer plus fort, de tout son corps, et prier pour que le Ciel prenne pitié d'eux et abrège leurs souffrances. Elle ne veut pas mourir noyée. Elle ne veut pas mourir tout court.

"Il faut faire demi-tour. Retourner au bateau."


Ils n'ont pas le choix, s'ils veulent survivre.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Mar 2 Mai - 10:56

Hoist the colours !
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Les voilà partis au milieu des flots. En ligne les canots se suivaient dans un silence de mort. Un silence pesant et presque palpable. Esperanza avait le cœur battant d’une anxiété jamais ressentie auparavant. Moriah sembla aussi soucieuse qu’elle pouvait l’être. Le regard des autres, de ceux qui les accompagnaient était vide. Ils semblaient déjà avoir accepté la mort alors que la vie ne les avait pas quittés. Le capitaine avait perdu l’esprit, ou peut-être était-ce l’île qui lui avait pris. La métisse soupira sans un mot. Les rames perçaient l’eau calme, ce fut bien trop facile. Esperanza avait les yeux plissés, elle s’attendait presque à voir les tentacules géants du Kraken sortir des profondeurs. Pourtant ce fut tout autre chose qui se produisit. La dérive. Au loin les premiers canots s’écartaient dangereusement de la trajectoire. Lorsque Moriah demanda si tout ceci était naturel, Esperanza cherchait déjà un moyen d’éviter de se faire attirer dans le courant improbable.

« Pas du tout, c’est cette île, les dieux l’ont maudite. Il faut être fou pour vouloir y mettre les pieds. Nous sommes perdus… » finit-elle par dire tandis que le bois d’un canot s’écrasait contre la roche.

Le capitaine trônait en milieu de file. Il était débout, perché sur son embarcation de fortune et hurlait des choses inaudibles pour les deux femmes et leurs compagnons d’infortune. Le médecin de bord néanmoins conseilla fortement qu’ils retournent à bord. La métisse lança un regard désespéré vers le bateau ancré plus loin. Elle envia presque les blessés restés à bord. Qu’adviendraient-ils d’eux s’ils ne parvenaient pas à faire demi-tour. Une grimace peinte sur le visage, Esperanza immobilisa sa rame dans l’espoir de faire tourner le canot.

« Allons-y sacrebleu ! Nos dépouilles seront avalées par la mer si on ne fait rien. » cria la jeune femme, paniquée.

La panique était de rigueur car en dépit de leurs efforts, leur canot sembla soudainement attiré vers l’île, comme si leur force s’avérait impuissante face à celle de cette dernière. Sous eux les vaguent commencèrent à faire agiter leur embarcation. Plus ils luttaient pour retourner au navire, plus le courant les aspirait. La métisse s’immobilisa un instant. Les muscles de ses bras commencèrent à la faire souffrir. Elle était dépitée de voir que ses efforts ne servaient à rien. Cette île était l’article de la mort.

« Plus on résiste pire c’est. Je pense qu’il faut se laisser emporter sans lutter. De toute façon la malédiction a déjà infectée nos âmes. Les anglais l’ont sentie. » dit-elle en soulevant sa rame. Elle resta assise sur le banc de bois trempé par l’eau salée. Intérieurement Esperanza priait. Si leur bateau se retournait, leurs os seraient brisés aussi facilement que les membres d’un pantin.

Lorsque la pirate releva finalement ses yeux clairs vers les autres, elle constata qu’un autre canot venait de se retourner, balançant ses occupants à l’eau, abandonnés au sort des flots hostiles. Par pure folie, l’embarcation du capitaine tenait la route –pour l’instant. C’était étrange car au abord de l’île le soleil brillait, l’eau ne bougeait pas, aussi calme que celle d’un lac. Etait-ce des épreuves ? Fallait-il prouver sa valeur pour atteindre le trésor de l’île ? Et ce trésor valait-il la vie de plusieurs hommes, poussé par un dément aveuglé par sa soif de richesse ? Esperanza aurait voulu retourner à leur navire et faire demi-tour. Repartir en expédition sur la mer des Caraïbes mais elle se sentait totalement impuissante. Désolée d’avoir suivi ce fou. Aucun trésor sur Terre ne ramènerait la vie à ses compagnons morts. Si jamais ils survivaient, Dieu seul savait ce qu’il adviendrait d’eux.



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MessageSujet: Re: « Hoist the colours » MORIAH   Sam 13 Mai - 19:31


« Waves crack with wicked fury against me ship's hull while ocean currents rage as the full moon rises o're the sea. »

 
Esperanza & Moriah
featuring

Qu'est-ce que... Les bras tirent, hurlent, alors qu'ils tentent de ramer contre le courant, débris de l'esquif brisé dansant sur les vagues et les narguant de ses éclats de bois et des corps de leurs camarades emportés sous les flots, piégés sous la surface par les récifs. Il faut ramer, tenter de retourner au navire, et pourtant ils font du sur place, se font emporter par les flots, jusqu'à se voir contraints de reposer les rames et de se laisser emporter. Les yeux du médecin de bord se posent sur le capitaine, debout dans son canot, s'agitant, haine s'embrasant dans son cœur et souhaitant le voir englouti par les flots, lui aussi, pour lui faire payer les morts inutiles et les fibres déchirées des muscles dans ses bras qui brûlent leur douleur. Il les a condamnés, maudits, pour satisfaire une soif qui n'appartenait qu'à lui, quand il aurait dû la partager avec eux. Elle a raison, la pirate à ses côtés. Ils sont maudits, les Anglais ont dû le sentir, bien avant qu'ils le réalisent eux-mêmes. Elle reste muette pourtant, se laisse porter à l'instar de la barque le long des flots, l'île se rapprochant inexorablement, portés par des courants invisibles sous la surface miroir. L'esquif danse entre les coraux, dessine un chemin impossible à anticiper, passe le canot du capitaine sans un mot alors que les mêmes courants l'éloignent de son but. Peut-être est-ce ça, leur sentence. Attirés vers une île qu'ils ne veulent fouler, repoussé par le lieu qu'il souhaite posséder.  Elle est juste, évoque quelque mythe lu au coin du feu par son père à la voix grave. Elle est injuste, lève l'amertume de ceux condamnés par association en son sein.

La barque finit par s'échouer, impossible à dévier de son cours. Elle ne veut pas la quitter, main crispée sur sa rame, sa mallette, regard anxieux. Il va le falloir pourtant, soupir montant dans ses poumons, les gonflant, les creusant dans une expiration qui lui noue la gorge avant de se redresser. Les courants ne les laisse pas repartir, les pressent toujours en avant, sur le banc de sable, vont jusqu'à le refermer autour d'eux, alors que le capitaine n'est plus qu'une voix qui hurle sa rage et sa frustration dans le vent. Il faut se redresser, toute de corps engourdi et de genoux endoloris, avancer. Un pas, un autre, le premier contact du sable sous elle, qui lui donne le vertige. La tête qui tourne, la vue qui se trouble. Sensation d'hors corps qui rend ses camarades étrangers à sa mémoire, qui se renforce à chaque pas sur l'ile. Contours de sa vision qui noircissent et se font évanescents, voix qui se distordent, noms qui s'échappent en filaments de souvenirs déjà perdus loin d'elle. Elle s'en effraie, tente de reculer. Ne réussit qu'à basculer vers l'arrière, corps englouti par les sables.

Elle sursaute. Les draps emmêlés autour de ses membres, et le gout de la peur sur les lèvres, le cœur battant de stress et l'odeur de l'iode encore dans ses narines, mêlée à celle ozone de l'orage et à celle humus du bois mouillé. La chambre est différent de la cabine en tout point, sourcils se fronçant dans une tentative de la replacer avant d'accrocher son reflet dans la vitre devenue miroir sous l'effet jumeau de la nuit et de la lumière de la lampe de chevet. Le monstre la fixe, impassible, la fait se reculer et tomber au sol, tempe heurtant le matelas. La main se porte à son sein, enregistre les battements trop rapides, esprit commençant machinalement à les compter. 120. Trop rapides. Trop de stress. Secouer la tête, ce n'était qu'un rêve, un qui a laissé les tiraillements du sel le long de ses joues et la vision des corps morts, brisés, dans son esprit, qui s'embrume trop lentement en vague sensation. Elle se demande d'où le rêve venait, alors qu'elle se recroqueville dans la baignoire et appuie sa joue brûlante contre la faïence. Ce que l'île cachait. Si ils ont survécu. Elle se rendort, dans l'eau qui refroidit, sombre dans des songes sans liens qui dissipent encore un peu plus la mémoire du bâtiment et de l'équipage, jusqu'à ne plus laisser que de vagues traits.

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