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 Birds in the storm [Lazlo]

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Birds in the storm [Lazlo]   Ven 3 Mar - 20:18


« We're on our way to see the world, and all we are is birds in the storm »


   
   
Laznya
featuring

   « Hey, y’a quelqu’un ? »
Ma voix résonna et les seules réponses que j’obtins furent des sifflements et autres bruits d’ailes. De toute évidence, il n’y avait pas âme humaine dans la volière à part la mienne. Et gambader au milieu de tous ces volatiles était une expérience étrange. Au début, je n’y avais même pas cru. Une volière, à cette époque, dans cette ville ? Qui irait faire une volière ? Eh bien, de toute évidence, quelqu’un était assez fou pour s’occuper de tous ces oiseaux. Quelqu’un que j’espérais bien rencontrer bientôt. Mais il faut dire que je n’avais pas vraiment prévenu de mon arrivée.

Cela faisait bien des mois que je conversais avec cet étrange inconnu. Via pigeons interposés. Si si, ça existe. J’avais recueilli une colombe un jour, par hasard et par compassion. Et son propriétaire m’avait remercié chaleureusement via un petit mot à la patte de ladite colombe, des jours plus tard. Il se trouvait qu’il écoutait ma radio. Mon audience était donc bien supérieure à ce que je pensais. J’étais persuadée que nous étions quatre à écouter cette radio : Vaas, Timothée, Maisy Weaver, et moi. Et bien non, nous étions cinq, avec un homme qui, je l’appris plus tard par une connaissance d’une connaissance d’une connaissance, s’appelait donc Lazlo. Un homme qui, d’après ce que mon contact m’avait dit, ne vivait pas dans les normes. Plus à l’aise avec ses volatiles qu’avec les humains. Souvent couvert de plumes et de poils. Les siens, les poils. Il semblait un bien étrange personnage. Mais la curiosité l’avait emporté : il fallait que je le rencontre. Déjà pour voir à quoi ressemblait ce Lazlo qui communiquait avec moi par colombes interposées. Ensuite parce qu’il avait glissé dans nos échanges qu’il faisait partie de la résistance, celle qui se battait encore. Et j’avais besoin de cela. J’en avais assez de me contenter de ma radio. Mais ma dernière expérience avec un groupuscule plus extrême n’avait pas été un franc succès. Elle avait été tuée dans l’œuf, si l’on peut dire, en partie à cause de Timothée. Je soupirai. Je n’avais pas parlé à Timothée de Lazlo. Je lui cachais un certain nombre de choses. Il allait bien falloir mettre les choses au point, un jour. Mais il n’apprécierait peut-être pas que j’essaie encore d’entrer dans la « vraie » résistance, et je n’étais pas prête à me disputer avec lui sur ce sujet. Alors j’avais fouiné, et j’avais fini par suivre une colombe jusqu’à la volière.

Et voilà, maintenant j’y étais, et Lazlo n’était pas là, et j’avais l’air idiote. C’était ridicule. Pourquoi cet homme voudrait-il m’aider ? Certes, il était un très bon critique sur mes émissions de radio, me donnant des conseils avisés et des opinions honnêtes depuis longtemps. Je ne pourrais jamais assez le remercier pour cela, et pour la forme de soutien qu’il m’adressait. Mais rien ne disait qu’il serait enclin à aider une pauvre interne paumée. Je n’avais aucune valeur pour la résistance. J’avais plus besoin d’eux qu’eux de moi. Je n’avais pas ma place parmi ceux qui se battaient. Je soupirai, jetai un dernier coup d’œil aux oiseaux, souris. C’était beau, en fait, toutes ces plumes et ces ailes qui vivaient presque hors du monde. Je tournai les talons et m’apprêtai à sortir quand un bruit me fit m’arrêter. Je me retournai. Et haussai un sourcil.
Couvert de plumes et de poils. La description était, en réalité, absolument pertinente. Je souris.
« Tu es Lazlo, je présume ? Je suis Enya. Je me suis dit qu’il était temps de passer en face à face. Ravie de te rencontrer. »
Il y avait mieux comme entrée en matière, et je sentais la pression s’accumuler sur mes épaules. Il n’était pas violent, parait-il. Plutôt gentil, en fait. J’aurais aimé être un pigeon à cet instant. Parce qu’il faut avouer qu’il me faisait un peu flipper, quand même.

   



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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Dim 5 Mar - 19:40


Le temps avait pansé certaines de ses plaies, mais pas toutes. Il restait toujours la même question, persistante, toujours la même. Oui, et Mikkel ? Toujours cette même question qui revenait comme une ritournelle quoi qu'il fasse, où qu'il tente d'aller malgré les restrictions que lui avait données Cassidy, quoi qu'il tente d'accomplir. Réapprendre la vie s'était fait progressivement, depuis les Arènes. Réapprendre à rire, réapprendre à sourire, réapprendre à faire confiance aux autres, aux sons dans la rue, aux regards des autres. Réapprendre à respirer sans avoir peur des conséquences, réapprendre la vie, l'amour, et tout ce qui allait avec. Réapprendre en tout et pour tout, un processus qui avait pris du temps, qui avait fait du sens.

Sauf que maintenant qu'il se sentait bien plus apte à évoluer, la douleur s'était transformée en rage de vivre. Plus forte. Elle dépassait le vol même de ses oiseaux, elle se répercutait contre les murs dans un hurlement rageur à chaque fois qu'il s'entendait dire qu'il n'avait pas le droit de sortir en mission avec le reste de la Résistance. Elle se dévoilait les moments où il n'y réfléchissait pas, se mêlant à l'impuissance, se mêlant aux questions qui revenaient sans cesse. Une forme d'agonie dans la passivité qui lui rendait la vie difficile ces derniers temps, et dont la seule échappatoire qu'il avait trouvée était de reprendre sa correspondance avec cette nénette et sa radio. Enya, de son prénom, à ce que lui avaient dit les membres de son réseau. Une résistante beaucoup moins extrême que lui sous bien des aspects, qui ne disait pourtant pas que des bêtises au micro de sa minuscule radio pirate. Sa voix un peu fluette, son discours accusateur sans être inquisiteur, l'avaient plusieurs fois amusé avant les Arènes. Mais pendant toute sa convalescence, il s'était accroché à toutes ces émissions pirates à la radio. Il avait suivi scrupuleusement chacune des émissions de la jeune femme, et lui avait envoyé ses commentaires par pigeons, sans jamais manquer un seul jour. Une manière de se rattraper de ne pas avoir pu être là pour la taquiner par messages lors de sa captivité dans les Arènes. Un petit soupçon revanchard, certes, mais la douleur le rendait acide. Et il avait besoin d'une occupation.

Il caressait l'intention d'aller la voir, un jour, lorsque Valdès lui laisserait un peu plus de lest dans ses mouvements. Mais le manouche avait un regard d'aigle et semblait toujours savoir parfaitement ce qu'il faisait, ou à chaque fois qu'il préparait un dépassement des règles qui lui étaient imposées. Une frustration qui n'était pas en accord avec le mode de penser de Lazlo. Constante. Une frustration qui finirait par exploser elle aussi, comme tout le reste.

La Résistance gonflait d'avantage depuis les Jeux, il pouvait le sentir dans l'air. Le vent tournerait, et la Rébellion suivrait. Alors il préparait les arrières de ses collègues. Le printemps avait apporté son lot de couvées, et il avait de nouveaux protégés à éduquer. Bientôt, ils seraient suffisamment vieux pour être déposés chez les uns et les autres, prêts à charrier entre leurs pattes de nouveaux messages essentiels pour assurer la liberté des Hommes. Une perspective qui faisait renaître l'espoir, et le sourire sous sa barbe.
Ce matin, il était occupé à leur apprendre à répondre aux sifflements auxquels étaient habitués leurs aînés. Enveloppé de la veste trop grande de Daniel, le bras levé, il suivait du regard leur vol désorganisé, sa main libre fermant la trappe de la Volière pour éviter que les aînés viennent rejoindre les plus jeunes. Eux répondaient aux sifflements. Eux savaient parfaitement ce que signifiaient les signaux dont l’Éleveur abreuvait leur descendance. Et ressentaient la même impatience que lui alors que la jeunesse décadente refusait de rejoindre le nid. Lazlo finit par relever la trappe et lâcher les pigeons adultes pour qu'ils leur montrent les ficelles du métier. Les claquements de leurs ailes frôlèrent ses épaules, ébouriffèrent ses cheveux, léchèrent ses joues de plumes sèches, lui arrachant un éclat de rire.

Il les observa voler en cercles, les aînés rassemblant les plus jeunes en formation serrée. Puis décida de laisser les plus vieux enseigner à leurs rejetons comment voler de manière organisée, le temps de préparer les bacs de millet. Chargeant les sacs de grain sur ses épaules, il entra dans la Volière, préparant les lieux pour le retour d'une trentaine d'oiseaux affamés et hystériques. Quelques flemmards étaient restés à l'intérieur sur leurs perchoirs de bric et de broc et poussèrent de lourds roucoulements en entendant le grain se déverser dans les bacs. Lazlo eut tout juste le temps de sortir de la Volière en ricanant, de siffler deux fois pour signaler l'heure du repas, et les oiseaux se ruèrent vers la trappe d'accès unique. Un des plus anciens, ce charmeur replet de Daniel Deuxième du Nom, voleta jusqu'à son bras pour une caresse. Comme son homonyme, Daniel avait un comportement affectueux et envahissant. Lazlo lui caressa distraitement le jabot, quand même touché de l'attention.

-Beh alors mon gros, tu veux pas manger ? Remarque, c'est pas comme si t'en avais vraiment besoin !

Daniel reviendrait bientôt chez Maisy, quand il aurait pensé à répondre à son message. Mais en attendant il profitait d'être de retour au bercail pour attirer toute l'attention de son Oiseleur, comme un enfant envahissant, et légèrement attendrissant. Le laissant sautiller le long de son bras jusqu'à son épaule, il se retourna pour revenir vers la Volière. Avant de tomber nez à nez avec un sourire. Et une jeune femme frêle au visage lunaire, rattachée à ce même sourire. Jeune femme dont la voix douce lui était terriblement familière.

-Je me disais aussi que ta voix me disait quelque chose ! Je suis Lazlo, un de tes sûrement nombreux admirateurs anonymes, enchanté !

Un sourire chaleureux se dessina sous sa barbe alors qu'il approchait, son pigeon sur l'épaule, pour lui tendre une main couverte de poussière et de farine de millet. Main qu'il ôta aussitôt qu'il s'en rendit compte pour l'essuyer distraitement sur la veste de Daniel Premier du Nom, et lui tendre à nouveau.

-J'avais l'intention de venir te voir en personne, mais clairement t'as été plus rapide que moi. Bienvenue à la Volière !

D'un geste emphatique de la main, il montra fièrement son toit, et la large cabane qui servait de volière à proprement parler. Son mouvement ample ne fit pas broncher Daniel qui, habitué aux besoins de son maître de bouger beaucoup, s'était contenté de planter ses serres dans son épaule et de rentrer sa tête dans ses plumes sans ciller. Sans s'en offusquer, l'Oiseleur se retourna pour faire face à la jeune femme. C'était une belle, une très agréable surprise, que de la voir ici. Et s'il pouvait sentir qu'elle n'était pas très à l'aise dans cet univers tout sauf "conventionnel", il était fier de voir qu'elle avait franchi le pas d'elle-même sans qu'il ait à le faire. Même si elle devait être particulièrement surprise de pénétrer dans son monde. Ha ha, pénétrer !

-Je te présente toute mes excuses si mes pigeons ont causé des dégâts chez toi. Ils sont pas toujours très futés. J'imagine que ce n'est pas la raison de ta présence, mais je tenais à le dire malgré tout !

Le regard d'Enya trahissait la même chose que tous les autres regards qu'il avait pu croiser depuis l'Arène. Ce type a un visage familier. Un visage qu'ils avaient vu et revu sur les écrans de télévision, celui d'un de ces pauvres gars qui s'étaient retrouvés malgré eux. Et si ce n'était pas ce que pensait la jeune femme, il avait toujours cette désagréable sensation à chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un de nouveau. La sensation d'être épié. Reconnu.
Une sensation insensée, peut-être injustifiée, qu'il décida de chasser d'un léger mouvement de tête. Se remettant en marche, il se dirigea vers l'escalier en fer d'où elle venait, l'invitant de la main à le suivre.

-Viens, nous serons plus à l'aise pour discuter chez moi que sur un toit.

D'autant que son travail était terminé pour le moment. Sentant qu'ils s'éloignaient de la mangeoire, Daniel finit par se redresser en claquant des ailes avant de s'envoler lourdement pour rejoindre les autres à l'intérieur de la Volière. Son épaule délestée d'un grand poids, l'Oiseleur guida son hôte jusqu'à l'intérieur de son appartement. L'invitant à s'asseoir sur l'un des canapés de récupération, il finit par reprendre la parole.

-Bon, soyons honnêtes, j'imagine que tu n'es pas là pour me parler de pigeons ou de pots de fleurs défoncés. Qu'est-ce qui t'amène du côté de la Volière, alors, Enya ?

Il était curieux. Positivement curieux. Une curiosité qui allumait un éclat de malice au fond de ses yeux affreusement clairs, alors qu'il les plantait au fond des prunelles sombres de la jeune femme. Elle lui plaisait déjà, malgré son apparente retenue. Et, paradoxalement, il ne se l'était pas imaginée autrement que légèrement timide. Restait à espérer qu'elle prenne suffisamment confiance pour lui dire la vérité, plutôt que ses jambes à son cou.


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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Mer 22 Mar - 18:42

« Je me disais aussi que ta voix me disait quelque chose ! Je suis Lazlo, un de tes sûrement nombreux admirateurs anonymes, enchanté ! »
Qu’on se le dise, la réincarnation de Jesus que j’ai devant moi a une voix douce et mélodieuse, et un sourire d’ange. Et instinctivement, je l’aime bien. Je serre la main tendue, lui rend son sourire. Il dégage de cet homme une sympathie hors norme, qui inspire une confiance immédiate. Il est tellement adorable qu’il s’excuse pour les dégâts éventuels causés par ses pigeons. Je ris.
« Oh non, tes volatiles sont absolument dociles et ils se sont bien tenus. Ils sont de bonne compagnie »
Ils étaient une compagnie étrange, mais quand ils toquaient à ma fenêtre avec leur petit bec, leur message à la patte, ils me faisaient chaud au cœur. C’est peut-être ridicule, mais je m’étais prise d’une certaine…affection pour ces êtres. Ils avaient la belle mission de former un lien entre deux humains et le faisaient avec beaucoup de professionnalisme. Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais un pigeon est beaucoup plus fiable qu’un coursier de nos jours.
« Viens, nous serons plus à l'aise pour discuter chez moi que sur un toit. »
Vous vous souvenez, quand vos parents vous disaient de ne jamais suivre un inconnu ? Avec Lazlo, cette injonction semble n’avoir aucun sens, aussi je le suis sans me poser de question. Cet homme ne ferait pas de mal à une mouche. Et alors qu’il m’emmène jusque ce qui semble être chez lui – il ne vit donc pas au milieu de ses pigeons, ce qui est plutôt rassurant en soi-, je me creuse la tête pour me rappeler où je l’ai déjà vu. Parce que je l’ai déjà vu, c’est sûr. Et c’est juste avant d’entrer dans son appartement que cela me frappe. L’arène. Lazlo était dans la même arène que Tim. Bon sang. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine et je me rappelle maintenant, la façon dont Lazlo s’était comporté avec les autres. Je lui avais été tellement reconnaissante ce jour-là. J’ignorais que c’était lui. Je me trouve doublement reconnaissante. Quand je voyais l’état dans lequel était Timothée en ce moment…Laz devait être en pleine reconstruction lui aussi. Et dire que je venais l’embêter au milieu de tout ça. Je me dis sur le coup que je devrais peut-être partir, le laisser tranquille, mais quelque chose dans son attitude m’invite à rester.

« Bon, soyons honnêtes, j'imagine que tu n'es pas là pour me parler de pigeons ou de pots de fleurs défoncés. Qu'est-ce qui t'amène du côté de la Volière, alors, Enya ? »
J’observe l’appartement d’un regard circulaire. Il est….à l’image de son propriétaire, disons. Un peu en bordel. Mais chaleureux. Je m’installe, le sourire aux lèvres, avant de les pincer légèrement.
« Eh bien…je…je sais pas trop comment tourner ça. Mais je me demandais si tu pouvais m’aider, en fait. »
J’inspirai un coup avant de me lancer. J’étais là, autant aller jusqu’au bout, maintenant.
« Tu fais toujours partie des résistants ? Pas ceux qui ont vendu leur âme au Gouvernement, mais ceux qui se battent encore. J’aimerais…ça va peut-être te sembler ridicule, parce que bon, j’ai pas la carrure d’une combattante, je suis qu’une voix trafiquée derrière une radio, la journée je suis interne en médecine, je suis juste une petite femme, mais… »
Je relevai la tête et plongeai dans les yeux infiniment bleus de Lazlo.
« J’ai besoin d’aller plus loin. De faire plus que la radio. De faire quelque chose de vrai. Alors je me suis dit, autant se tourner vers les gens que je connais, et ton nom est ressorti en haut de la liste. Enfin, puisque tu es plus ou moins le seul vrai résistant que je connaisse, la liste n’était pas bien longue de toute façon. »
J’esquisse un sourire. J’espère ne pas passer pour une complète idiote auprès de Laz. J’espère qu’il comprend. Je ne veux plus être passive et lancer des mots que personne n’entendra. S’il y a autre chose à faire, je veux en être. Sans tuer des gens, de préférence. Mais Lazlo ne tue pas des gens, pas vrai ?

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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Lun 17 Avr - 1:46

Ce n’était pas rare que des âmes en peine suivent le vol de ses oiseaux. Si peu rare en fait qu’il n’était pas surpris par la démarche de la jeune femme. Pourtant, il y avait un petit plus dans son attitude, cette petite étincelle de folie qui l’attirait comme le miel avec les frelons. Un petit soupçon d’impulsivité qu’il n’aurait jamais soupçonné d’une personne aussi visiblement inhibée qu’Enya. Oh, il ne la connaissait pas si bien. Le seul aperçu qu’il avait d’elle était par cette radio pirate qu’elle animait, le soir, sous couvert d’une fréquence bien dissimulée. Connue des Résistants et d’eux seuls. Pourtant elle l’avait, cette étincelle. Et le sourire de l’Oiseleur n’en cessait plus de s’élargir à mesure qu’elle parlait, sa petite voix flutée parvenant tout juste à ses oreilles.
En plus elle avait de ses pigeons qu’ils étaient parfaits, propres et courtois. Rien qu’avec ça, elle avait obtenu son entière attention.

Croisant les bras sur sa poitrine, il avait penché la tête sur le côté, méditant les paroles de la jeune femme. Elle avait envie d’agir d’avantage ? Ce n’était pas impossible, c’était juste… Un peu compromis, vu les circonstances. Non pas que Lazlo n’ait pas voulu l’aider, bien au contraire. Mais avec toutes les mises en garde de Valdès, sans parler de son propre visage qui était reconnu à peu près aussi bien que celui de Danny Clocker, c’était compliqué. Bien sûr, il pouvait toujours jouer les entremetteurs pour introduire la jeune femme auprès des membres de son groupuscule. Mais il préférait encore la tester avant d'entreprendre quoi que ce soit. Ne serait-ce que parce qu'il ne lui semblait pas qu'elle soit si impliquée dans la Cause qu'elle veuille sacrifier sa vie, voire des vies, pour elle. Hochant lentement la tête, il finit par capter son regard sombre, soupesant le pour et le contre.

-En soit ce serait pas impossible que je t’aide, c’est juste que… Bon, soyons honnêtes une minute, je ne crois pas que mon « boss » soit super ravi de savoir que j’accompagne qui que ce soit en ce moment.

Oh, il avait envie de l’aider, c’était un fait. Ca s’entendait à son ton, et même au soupir un peu excédé qu’il poussa alors qu’il glissait une main dans ses mèches blondes, son esprit carburant à toute vitesse. Il pouvait bien y avoir des moyens de détourner la vigilance de Valdès, tout en aidant la jeune femme à prendre ses marques dans l’Action en général. Restait encore qu’il fallait les trouver.

-Ce n’est ni contre toi, ni contre lui, mais juste un petit souci de célébrité. Tu m’as reconnu, je l’ai vu à la façon que t’avais de me regarder. Ma tronche passe pas franchement inaperçue en ce moment, et tu risques déjà gros à traîner par ici, justement à cause de ça. Ils m’ont pas choppé, mais c’était pas loin, vu les conneries que j’ai pu raconter. Donc en restant ici, tu t’engages déjà à faire « plus » que ce que tu faisais déjà, à savoir te foutre un peu plus dans la merde, tu me suis ?

Il avait l’appui de certains pontes du Gouvernement, vu ses services, mais les connaissant il était persuadé qu’ils n’auraient aucun scrupule à retourner leur veste à la première occasion venue. Et si Enya avait absolument envie de faire quelque chose, autant qu’elle ait toutes les informations en main, non ?
Tirant distraitement sur une de ses longues mèches, il l’enroula autour de son index, perdu dans ses pensées. Dans l’état où se trouvait la Résistance, surtout en ce moment, des bras supplémentaires étaient tout de même les bienvenus. Valdès serait ravi, peut-être même qu’il lui lâcherait un peu plus la grappe s’il ramenait du sang neuf dans leur groupe. Après tout, il était un de leurs recruteurs les plus efficaces, non ? D’autant que la demoiselle avait déjà fait ses preuves quant à ses engagements auprès de la Cause. Elle avait un discours intéressant, quand bien même il était encore un peu hésitant selon les critères de l’Oiseleur, mais elle avait tout de même de la suite dans les idées. Sa radio était nettement plus écoutée que ce qu’elle présupposait, non seulement de lui, mais aussi de nombre de membres de son propre groupe. Une première preuve de son implication, une forme de patte blanche qu’elle avait montrée sans même le savoir. Restait toutefois à vérifier plusieurs aspects : était-elle sérieuse ? Etait-elle vraiment prête à aller au fond des choses, à se salir les mains, quitte même à prendre quelques vies au passage ? Il lui jeta un regard rapide, évaluant son expression, son attitude, ses mimiques. Elle semblait douce, oui. Un peu trop douce pour avoir les épaules suffisamment solides pour supporter la responsabilité de plusieurs morts. Mais peut-être que ce n’était qu’un leurre, après tout. Vittoria, le nouveau leader d’un de leurs groupes alliés, malgré sa jeunesse, était une meneuse d’hommes sans la moindre pitié. Peut-être qu’au final, tout ce dont Enya aurait besoin ne serait qu’un tout petit coup de pouce supplémentaire dans la bonne direction. Un coup de pouce qu’il était tout prêt à lui donner.

Au terme d’une nouvelle minute de réflexion, il finit par se décider, enfin. Après tout, la demoiselle souhaitait faire d’avantage. Et il avait peut-être quelque chose à lui proposer, de substantiel, à se mettre sous la dent.

-Si t’es vraiment motivée, j'ai peut-être quelque chose pour toi. Un petit truc qu'on pourrait faire tous les deux, qui me permettrait de savoir un peu ce que t'as dans l'bide, sans parler de ton envie de t'impliquer.

Une forme d'évaluation, toute simple, pas de quoi fouetter quinze chats avec une babouche. Lui adressant un clin d'oeil, il se rapprocha de la table basse, basculant d'un pied sur l'autre en lui indiquant la carte qui s'y étalait. La Nouvelle Orléans, et ses environs. D'épais traits de marqueur noir délimitaient les frontières de la ville, tout du moins le périmètre défini par le Gouvernement. A l'aide de capsules de bière de couleurs et de marques multiples, certains lieux en dehors des frontières étaient mis en exergue. Une multitude de croix rouges, de ratures, de notes codées, entouraient les capsules.
Mais, surtout, il avait commencé à tracer une sorte de route au crayon à papier, qu'il n'avait pas encore finie. Prenant place à côté de la jeune femme, sur le vieux canapé, il tira la table basse pour la ramener à leur niveau. Et se pencha vers la carte.

-J'ai prévu une petite sortie expresse au-delà des murs, d'ici quelques jours. Trois fois rien, juste de l'exploration. J'comptais partir en solo, mais maintenant que t'es là, tu pourrais m'accompagner. On fait du repérage. On cherche de tout, des armes, des produits chimiques, des vivres. On évite les zombies et la Milice. Trois fois rien, comme j'te disais.

En général, les sorties sauvages qu'il faisait au-delà des murs étaient un peu plus que seulement "trois fois rien". Elles avaient leur part de risques, entre la possibilité de se faire abattre en tentant de franchir le mur, celle de se faire mordre, ou tout simplement la déshydratation ou la famine. Une petite balade de santé, en somme. D'autant qu'il crevait littéralement, à tourner entre ses quatre murs. Il lui suffirait d'un contact à l'intérieur, et de Dita, pour avertir Valdès de son entreprise une fois hors de murs. Avoir Enya à ses côtés lui permettrait non seulement d'évaluer ses capacités, mais aussi d'avoir une partenaire sur qui compter. Pour peu qu'elle n'ait pas peur.

-C'est vraiment toi qui vois. On peut parler de la Cause pendant des heures, ou on peut agir. Crois pas que j'aie pas envie de parler, hein, loin de là. J'pourrais en parler pendant des heures. Mais avec ce qui s'est passé, avec l'Arène, je peux pas rester là sans rien faire. Faut que j'bouge, que j'agisse. Et j'ai l'impression que tu comprends parfaitement ce que je ressens.

Il lui laissait le choix. Elle avait entièrement le droit de refuser, et rien dans son ton à lui ne la forçait à le suivre si elle n'en éprouvait pas l'envie. Il ne lui en tiendrait pas rigueur, de toutes façons. Certains des nouveaux avaient tendance à vouloir passer un peu plus de temps dans le nid, à se faire bercer de théories, de peur de passer à la pratique. Et la théorie, il la connaissait sur le bout des doigts.
Restait à voir ce qu'Enya, elle, préférait. Et, au regard chaleureux qu'il lui lançait, elle pouvait être certaine qu'il approuverait sa décision. Quelle qu'elle soit.

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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Ven 5 Mai - 19:50

« En soit ce serait pas impossible que je t’aide, c’est juste que… Bon, soyons honnêtes une minute, je ne crois pas que mon « boss » soit super ravi de savoir que j’accompagne qui que ce soit en ce moment. »
Je haussai les sourcils, surprise. Vu les gestes et les mots de Lazlo, il avait dû faire une connerie. Et il était puni. Au coin, visiblement. Je souris presque, amusée de voir le mignon petit Lazlo en train de râler parce qu’il était sous surveillance. Mais il semblait réellement vouloir m’aider, et cela me faisait chaud au cœur. J’avais un allié dans tout ce fatras, un allié qui semblait fiable et qui m’inspirait la confiance. Même si, en soi, tout le monde ou presque m’inspirait confiance. Mais passons.

Mon interlocuteur reprit et je compris d’où venait sa punition. Lazlo était trop connu. L’Arène avait apporté une célébrité soudaine et bien souvent non voulue à ses participants. Et ce n’était pas franchement un cadeau quand on voulait agir en douce contre le gouvernement, je suppose. Je n’osais pas vraiment imaginer ce que devait vivre Lazlo au quotidien, avec tous ces regards sur lui. Des regards pour une bien mauvaise raison. Après la fin des arènes, quand on avait appris que tout cela n’était qu’un jeu, et que les participants étaient bien vivants, certains avaient commencé à parler. Il y avait ceux qui étaient révoltés. Ceux qui étaient restés indifférents, peut-être trop blasés par les actions du gouvernement pour porter encore attention à ce genre de manigances. Et puis il y en avait eu quelques-uns qui avaient développé de la jalousie envers les participants. Qui leur enviaient leur gloire. Cette réaction me répugnait au plus haut point. Comment pouvait-on envier ce qu’avaient vécu ces gens ? Quand je voyais l’état dans lequel Timothée était revenu, le temps qu’il mettait à se reconstruire…il n’y avait rien à jalouser. On devrait les plaindre, et se battre pour eux, et pour qu’il n’y en ait pas d’autres. Ce que j’essayais de faire, maladroitement, timidement.
« Donc en restant ici, tu t’engages déjà à faire « plus » que ce que tu faisais déjà, à savoir te foutre un peu plus dans la merde, tu me suis ? »
Je hochai la tête, non sans un léger sourire. J’étais consciente de cela en venant. Vouloir agir contre le pouvoir en place, c’était se foutre dans la merde. Avec ma radio, j’étais dans un beau tas de crottin. Avec la vraie Résistance, c’était une montagne de merde qui risquait de me tomber dessus. Je le savais. Et je savais que c’était insensé de vouloir s’engager là-dedans, alors que je pouvais vivre ma petite vie tranquille, j’avais un boulot, un logement, des amis, un petit ami…mais je m’en fichais, je voulais désespérément me foutre dans la merde. C’était mieux que de ne rien faire.

« Si t’es vraiment motivée, j'ai peut-être quelque chose pour toi. Un petit truc qu'on pourrait faire tous les deux, qui me permettrait de savoir un peu ce que t'as dans l'bide, sans parler de ton envie de t'impliquer »
Je me penchai en avant, intriguée. Là, ça devenait intéressant. Et oh oui, j’allais lui montrer ce que j’avais dans le bide. J’étais prête, j’étais plus que prête. J’examinai la carte que Lazlo me présenta avec attention. Ca ressemblait aux cartes des films d’espionnage américains, avec des points et des routes tracées, sauf que c’était fait avec les moyens du bord. J’aimais déjà cette opération. J’aimais déjà cet homme. Lazlo voulait donc sortir de la ville. Je frissonnai légèrement. Je n’étais jamais sortie de la ville depuis que j’y étais entrée. Il y avait toutes sortes d’histoires sur ce qu’on trouvait dehors. Les zombies, et pire. Mais c’était un bon moyen de tester ma volonté. J’écoutai Lazlo m’expliquer le plan.
« Ouais, les zombies et la Milice, trois fois rien », dis-je doucement avec un petit ton railleur avant de lancer un clin d’œil à Lazlo. En réalité, j’étais partagée entre la peur et l’excitation. Une vraie opération, en dehors des murs en plus. L’aventure, et l’action véritable. L’occasion de faire quelque chose d’autre que rester à ma radio comme une cruche. Bon, il allait falloir que je puisse convaincre Timothée, mais c’était un détail, pas vrai ?
« C'est vraiment toi qui vois. »

Je regardai à nouveau la carte, tentant de comprendre tous les rouages des points qui s’y trouvaient. Puis au bout de quelques secondes, levai les yeux vers Lazlo, un sourire aux lèvres. Ma décision était prise.
« Je comprends parfaitement ce que tu ressens. Enfin, je n’ai pas été…dans l’Arène. Donc ça, je ne vais pas prétendre pouvoir comprendre. Mais…Timothée, il était avec toi. Et je, enfin, on a une relation, enfin tu vois. On est plus ou moins ensemble. Je tiens beaucoup à lui. »
C’était toujours aussi délicat de parler de Timothée. Parce que notre relation était bancale, en partie à cause de ce qu’il avait vécu dans l’arène d’ailleurs. Mais aussi bancale pouvait-elle être, je la chérissais. Parce que j’aimais énormément Tim. Je ne sais pas ce que je serais devenue s’il était vraiment mort dans l’arène. Alors je pouvais comprendre la douleur que cette manipulation avait entrainée. Je pouvais comprendre la colère, la volonté d’agir, le désir de vengeance.
« Dis-moi quand tu as prévu d’y aller. Je m’arrangerai pour me faire remplacer à l’hôpital si besoin. Je suis partante. Et puis si tu te fais bouffer, je sais faire des points de suture. », ajoutai-je en haussant les épaules.

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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Jeu 1 Juin - 0:49


Paradoxalement il sentait une vraie force de volonté émaner de la jeune femme. Une force cachée, tapie dans l'ombre de sa timidité, mais bien présente. Il suffisait des bonnes allumettes au bon moment pour l'embraser, cette force, pour la dévoiler sous son aspect le plus complet, et la laisser prendre possession de toute la frêle carrure d'Enya. Il ne s'était juste pas attendu à ce que la tâche soit aussi manifestement aisée. Il n'avait pas suffi de grand chose. La perspective d'une petite sortie, quelques coups de gueule, quelques sourires. Comme quoi, alors qu'il avait été persuadé qu'il lui en faudrait plus pour la convaincre, Lazlo fut contraint de réaliser qu'elle était déjà convaincue avant même de franchir le pas de sa porte.
Et ça, de voir qu'ils pouvaient compter sur une nouvelle force non seulement influente mais avec une bonne tête vissée sur de bonnes épaules, ça le mettait particulièrement de bonne humeur.

-Trois fois rien, exactement !

Sa petite remarque, toute empreinte d'une ironie fine, lui avait arraché un bon éclat de rire. Franc. Sincère. S'il n'était pas capable de rire trop longtemps de peur de s'arracher à nouveau les poumons, même maintenant qu'il était quand même bien plus rétabli qu'à la sortie de l'Arène, il n'avait pas pu s'en empêcher. Elle lui plaisait bien, cette nana ! Du répondant, de la jugeote, et ce petit soupçon d'acidité qui lui rappelait Mohini. Bon, le langage de charretier en moins, c'était sûr. Mais cette petite irait loin, il en était certain. Rares étaient ceux qui avaient autant le goût du risque tout en connaissant les finalités de la cause. Tout en sachant ce qu'elle impliquait. En général le concept de devoir et risquer sa vie, et celle de tas d'autres personnes alentours, avait tendance à répugner quelque peu. Après tout, sa mère s'était montrée réticente quand il lui avait annoncé s'être engagé. Laura avait subi les frais de leurs actions, par sa faute. Mikkel lui avait confié à demi-mot ne pas supporter qu'il risque sa vie de la sorte.
Son cœur s'était pincé en se souvenant de cette confession. Mikkel et sa mère avaient raison, il en était parfaitement conscient. Mais c'était inscrit si profondément dans son corps, dans ses cellules, dans son être tout entier. Libérer le monde de ceux qui les opprimaient. Même si pour ça il risquait sa peau, quoi qu'il fasse.
S'ils y arrivaient. Si seulement ils y arrivaient, ils n'auraient plus à se cacher. Ils pourraient vivre. Mikkel et lui pourraient enfin ne plus avoir à vouloir se tirer, plus jamais. Et ça, c'était ça qui le faisait avancer.
C'était ça qu'il voulait.

Embrassant la carte du regard, ses yeux céruléens bondissant d'une capsule de bière à une autre, il s'était remis à considérer leur plan d'action. Attendait la réponse de sa potentielle future partenaire, en espérant qu'elle soit positive. Ce qu'elle fut, bien qu'elle ne fut pas directe. Un immense sourire, solaire, illumina ses traits alors qu'il se retournait vers elle. Avant que l'Arène ne refasse surface. Puis un prénom.
Timothée. Cette grande perche aux airs d’ado éternel, sa gouaille légendaire. Timothée, qu’il avait sauvé, qui l’avait sauvé, à plusieurs reprises, dans cette maudite arène pleine de sable. Timothée, qui avait encore une fois tenté de le sauver alors que plus rien n’était possible. Que la fin était bel et bien arrivée. Expressif, il ne cacha pas sa surprise. Alors Enya était une proche de ce type, elle aussi ? D’abord Maisy, puis elle, décidément cette maudite ville était bien petite ! Mais la surprise était belle, elle aussi. Parce que ça signifiait qu’au fond, Timothée avait quelqu’un sur qui compter. Quelqu’un d’une force insoupçonnable qui l’aiderait peut-être à se reconstruire.

-Timothée, celui qui passait sa vie à raconter des vannes et perdre ses chaussures ? Un brave gars, ce type. Il tient le coup ?

Sa voix s’était subrepticement tendue, bien malgré lui. Parce qu’évoquer Timothée, évoquer l’Arène, était toujours un sujet aussi sensible. Parce que parler de cette période néfaste ravivait une pique de douleur dans sa poitrine, faisait brûler cette maudite cicatrice sur son torse. Un échec. Cette putain d’arène avait été une putain d’erreur. Et il n’avait même pas été foutu d’aider tout le monde.
Passant rapidement sa main dans ses cheveux pour les tirer en arrière, dans l’espoir improbable que passe son trouble, l’Oiseleur avait baissé les yeux. Avait baissé ces derniers vers ses chaussures couvertes de farine, de plumes, de poussière, de paille. Les teintes jaunâtres lui rappelaient le sable. Une vague de froid le fit tressaillir, et, quand il releva les yeux vers Enya, il fut soulagé de constater que ceux de la jeune femme n’étaient pas rivés sur lui. Forçant un sourire malgré la situation, il ajouta doucement.

-Avec toi et May pour le requinquer, j’suis sûr que ça vite aller mieux. Si c’est pas déjà le cas. Il a de la chance de pouvoir compter sur des nanas comme vous.

De l’Arène, il n’avait plus gardé de contacts avec qui que ce soit. Grayson était aux abonnés absents, mais il ne s’en inquiétait pas outre mesure. Quant aux autres de l’Arène de Sable, il ignorait ce qu’il était advenu d’eux. Il espérait juste, de cet espoir enfantin, irrationnel du survivant, qu’ils avaient tous réussi à retrouver un semblant de vie. Quel qu’il soit. Juste parce que c’était ce qui faisait avancer le monde.
Et, un jour, il finirait par serrer la pince à ce gamin, dans des circonstances bien moins funestes.
Toujours était-il qu’ils avaient du pain sur la planche, à présent. Enya était capable, motivée, et disposait de qualités qui n’étaient pas de trop lors d’une sortie expresse hors des murs. Délaissant le sujet « traumatisme » volontairement, Lazlo reporta toute son attention sur la carte bricolée qui s’étalait sur la table basse. Pointa de l’index la première capsule de bière, une capsule bleue cerclée d’argent au centre de laquelle se trouvait un aigle stylisé, fichée sur la muraille Est de la ville.

-Pour revenir au plan, on va faire simple. Sous cette capsule y’a comme qui dirait le Graal. Un passage aménagé par mon groupe et quelques potes sans étiquette, à travers le mur, où on peut éviter tout le bordel qu’est la zone de décontamination. Si on pousse un peu plus vers l’Est, et si on se fait pas capter par les sentinelles, on accède à une sorte de No Man’s Land. En gros, du zombie, du zombie, du milicien, et encore du zombie. Sauf quand les uns ou les autres, voire les deux en même temps, sont en pause déjeuner. Là, on est peinards.

La pause déj', l’un des derniers aspects humains qui restaient aux morts-vivants. S’assurant que la jeune femme suivait toujours, il survola la ligne qu’il avait tracée au crayon à papier, du bout du doigt, jusqu’à le poser sur une capsule rouge. Un rouge vif, qui attirait l’oeil. Les codes couleurs, ça avait toujours été sa marotte, quand il était publicitaire. Ca restait, ces choses-là.

-On court, on traîne pas, on essaie de pas se faire chopper par tous ces dalleux, et on se retrouve juste là. C’est un ancien entrepôt de conditionnement, ils y faisaient conserverie, fut un temps. Des putains de tomates, une tuerie. Bon, tu te doutes bien que depuis, il est archi-vide, le bordel. Mais c’est juste le temps de faire une pause, reprendre notre souffle, et ensuite on trace vers le Nord. Ca te va toujours ? Des questions ?

Selon ses calculs, en étant suffisamment habiles, motivés et rapides, ils pouvaient parvenir à cet entrepôt en moins de deux heures. Ensuite, il leur suffirait de reprendre le Nord en direction de l’ancienne zone industrielle. Ils trouveraient bien quelque chose d’intéressant, de ce côté-là. Des vivres, des vêtements, des armes, de l’engrais, quelque chose. En espérant qu’une horde ne soit pas dans le secteur, et qu’ils aient suffisamment économisé leurs forces pour le retour. D’où la pause. Si quelque chose venait à leur arriver, ils auraient la possibilité de déposer leur butin potentiel dans l’ancienne conserverie, pour revenir dans l’enceinte de la ville. Il était réputé vide, plus personne n’y mettait un pied. Plus personne, à part les siens.
Donc, c’était là leur repère. Interrogeant la jeune femme du regard, il s’était rassis sur le canapé. Avait joint ses mains ensemble. Et finit par poser une question qui lui brûlait les lèvres, depuis que le nom de Timothée était tombé au creux de ses oreilles.

-Il est redevenu lui-même, lui ? Je veux dire, c’est bizarre ce que je demande, sachant qu’on est un peu marqué à vie par ce genre de conneries mais... Il a changé ?

Pourquoi cette question, et pourquoi maintenant ? Lazlo n’aurait pas su se l’expliquer. Mais il avait besoin de savoir. De se rassurer. Lui-même le sentait dans son propre corps, dans ses propres actions. Ses propres colères. L’Arène avait été l’élément déclencheur d’une nouvelle forme de frénésie, d’un goût encore plus dévorant pour la prise de risques. Mais personne ne lui avait rien dit. Il avait été entouré, oui. Accompagné, aidé, soutenu. Mais il ignorait à quel point cette expérience l’avait changé, intérieurement.
A quel point il pouvait risquer de perdre Mikkel en mettant sautant, volontairement, à pieds joints sur une mine.




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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Mar 20 Juin - 19:23

« Timothée, celui qui passait sa vie à raconter des vannes et perdre ses chaussures ? Un brave gars, ce type. Il tient le coup ? »
Je souris. Celui-là même. Avec son humour douteux mais qui me faisait rire chaque fois. Le sourire de Timothée surgit dans mon esprit et répandit une vague de chaleur dans mon corps, la chaleur confortable de savoir que quelqu’un compte pour nous. Qu’il compte pour de vrai. Mais il était un peu différent depuis le retour de l’arène. Il n’avait plus toujours ce même sourire. Il y avait des parts sombres de lui qui ressurgissaient, parfois. Trop souvent à mon goût. Je ne savais pas si « tenir le coup » était le verbe exact pour décrire l’état de Timothée. Alors je haussai les épaules pour seule réponse. Lazlo comprendrait, il avait été envoyé là-bas aussi. Il évoqua une May, un nom complètement inconnu pour moi, qui attira forcément une légère pointe de jalousie. Légère comme une trente-trois tonnes. Mais ce nom faisait juste partie des secrets que gardait Timothée. Je n’avais pas encore vraiment percé sa carapace. Un jour, peut-être. Une chose à la fois, un pas après l’autre, on construisait la confiance que ni lui ni moi n’avions réellement.

Lazlo passa ensuite au plan à proprement parler, et je me surpris à sourire malgré moi. J’aimais bien sa façon de parler, d’expliquer les choses. Il avait une voix très douce, mais il était direct dans ses paroles, avait un langage imagé, et un petit humour bienvenu. Je me dis pendant qu’il parlait que l’on pouvait faire une bonne équipe, lui et moi. Je misais là-dessus. J’avais envie de connaitre l’homme aux pigeons voyageurs. Il était intriguant, et le côté flippant de l’idée d’un mec vivant en haut d’une volière en élevant des pigeons était proportionnel à la gentillesse du jeune homme. Enfin un, peut-être, qui ne me ferait pas un coup de pute.
Il arrêta son explication et quand je levai les yeux, il était de nouveau assis sur son canapé, à attendre une réaction. Je me contentai de hocher la tête, avec un sourire. Ca me va. Pas de questions. Pas pour l’instant, en tout cas. Peut-être en route. Déjà, on avait une direction, le Nord. Qui ne serait pas facile à atteindre, mais si Lazlo le proposait avec autant de sérénité, c’est que ce n’était pas suicidaire. Ou alors j’étais en train de m’engager dans une mission suicide avec un fou furieux, et dans ce cas, après tout, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, pas vrai ? J’avais vu un seul zombie de toute ma vie, une fois, à New York. Un seul. Le souvenir me suffisait amplement à m’enlever toute envie d’en recroiser un, alors je priais intérieurement pour qu’ils soient effectivement en pause déjeuner, comme l’avait si joliment dit mon futur compagnon de route.
« Ca me semble un bon plan, t’as potassé ça longtemps de toute évidence. Tant qu’on ne finit pas mort ou au Colosseum, ce qui revient au même, je te suis. »

Et le sourire qui s’était affiché sur mes lèvres à l’intention de Lazlo s’effaça aussi rapidement. Avait-il changé ? Timothée, de toute évidence, était le sujet de conversation de mon interlocuteur. Timothée avait-il changé ? Etait-il de nouveau lui-même ? Je fus tentée de répondre par un nouveau haussement d’épaules. Mais je ne pouvais pas, parce que je connaissais pertinemment la réponse.
« Il a changé, oui. Pas en bien, pour être honnête….Il est…je sais pas trop. Quand je l’ai connu, il avait une plaie béante à l’abdomen, et il trouvait encore la force de me draguer avec des vannes pourries. Il y avait de la magie en lui. Il rendait les moments magiques. Depuis l’Arène, il a perdu cette magie. Parfois elle revient, furtivement. Mais il est comme détaché, du monde. Comme blasé, ou en colère, un peu des deux peut-être. Il ne me parle pas beaucoup, enfin, il parle, mais il ne dit rien, tu vois. »
Je baissai les yeux, les fermai un instant. Je me revoyais sur le toit avec Timothée. Le temps s’était arrêté, il n’y avait plus que lui et moi au monde. Et aujourd’hui il dormait sur mon canapé et je ne savais pas où on en était.
« Ils ont cassé quelque chose en lui. Je ne peux pas leur pardonner ça. Je fais tout ce que je peux pour être là pour lui, pour l’aider, qu’il se reconstruise. Mais je suis tellement en colère moi aussi. Et j’ai peur. Je sais pas pourquoi je te dis tout ça. Désolée, ce que je dis n’aide pas trop le moral. Peut-être…peut-être que vous pourriez vous revoir, discuter ? Toi, tu sais ce qu’il ressent. Tu seras peut-être d’une plus grande aide que moi. J’ai l’impression d’être inutile. »

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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Lun 7 Aoû - 23:52


Le plan était d’une simplicité enfantine. En témoignaient les capsules de bière, colorées, qui jonchaient la carte toute aussi gribouillée étalée sur sa table basse. Un plan si sommaire, si simplissime, qu’Enya avait tout compris du premier coup. A croire que la jeune femme avait obtenu un diplôme en communication avec les imbéciles idéalistes comme Lazlo. Ou alors c’était tout simplement qu’ils parlaient exactement la même langue.
La langue du coeur. Enya avait exactement la même expression sereine et légèrement soucieuse qu’avaient tous les gens amoureux qu’il connaissait quand ils parlaient de leur moitié. Les sourcils légèrement froncés de l’inquiétude imperceptible, soucieux. Laura avait ce regard, quand elle pensait à la possibilité de ne jamais retrouver son mari. Enya lorsqu’elle parlait de Timothée. L’espace d’un instant, il se demanda s’il avait la même expression quand il parlait de Mikkel. Quand il se posait la question de ce qu’il voulait, de ce qu’il cherchait réellement. A croire qu’à l’instar de la ride du lion caractéristique de la parentalité, il existait une expression typique pour les amants.

Il grimaça. Bien sûr, le Timothée de la Résistance ne pouvait pas être un autre que celui avec lequel il avait partagé l’Arène. La réponse parfaitement évasive d’Enya à sa question était plus qu’équivoque. Il savait pourquoi, au fond. Parce qu’elle était aussi insipide, fade et superficielle, que de demander à quelqu’un qui vient de perdre son bras s’il sent encore sa main. Pourtant, et quand bien même il évaluait parfaitement la difficulté, il n’avait pas pu s’empêcher de demander. Par réflexe. Par sympathie. Le jeune homme s’était prouvé être, contre toute attente, un allié de choix. Apprendre qu’il n’allait pas mieux que lui, finalement, c’était se conforter dans l’idée qu’il n’était pas seul.

Pas seul. Enya s’était ramassée sur elle-même, donnant au blond l’envie de la serrer dans ses bras alors qu’ils se rencontraient tout juste. Elle était forte, mais pas à ce point. Comme tous, elle avait ses limites, et sa limite était précisément le compagnon d’infortune de l’Oiseleur. A croire que le Gouvernement s’était amusé à faire le plus de victimes que possible, dans cette histoire. Les victimes directes de l’Arène. Mais, et surtout, toutes les collatérales. Celles auxquelles on ne pense pas forcément, les amis, les amants, la famille.
Il posa une main sur l’épaule de la jeune femme en l’écoutant, soupirant doucement, s’efforçant à ne pas l’interrompre. Clairement, la situation lui pesait, à elle aussi. Et s’il ne la connaissait pas personnellement, il pouvait apporter des réponses à ses questions. Pour peu qu’elle les veuille.

-Tu me dis tout ça parce que tu sais que j’ai vécu la même chose que lui, ma belle. Et parce que clairement je suis nettement plus bavard que lui. Mais... C’est compliqué. C’est encore frais, tout ça, ça nous a bien secoués. Tous. Toi, lui, moi, les autres. Et si ça peut te rassurer, ça viendra, il finira par plus pouvoir tout garder pour lui. Bon par contre, vu ce qu’on s’est cogné, ça risque de piquer un peu quand ça va sortir. C’était moche quand j’ai tout balancé à mon...

Ami ? Amant ? Mikkel ? Il grimaça, une vague d’amertume envahissant le fond de sa gorge. Parce que même ça, il n’en savait rien. Juste que sa gorge le brûlait et qu’il n’avait pas envie de parler de tout ça. Parce que même si le temps avait repoussé le souvenir des Arènes au loin, il n’avait pas tout réglé.

-...pote. Mais ça a fini par sortir, et ça m’a permis de rebondir. Je pense que pour qu’il retrouve sa combativité, il faut crever l’abcès. Ou lui payer un psy. C’est la seule solution.

Ce n’était pas le cas. La preuve, Enya lui en proposait une nouvelle, à laquelle il n’avait pas pensé une seconde, mais qui fit dévaler une goutte de sueur froide le long de son échine. Parler de l’Arène. Avec le gars qui avait tenté de s’interposer entre le Mikkel ensablé et lui-même, avant de se faire massacrer dans sa vision périphérique. Le frisson s’accentua. Son coeur avait beau être bien moins douloureux, les coups qu’il frappait à présent contre sa cage thoracique suffisaient à lui couper le souffle. Par réflexe, il porta ses doigts au niveau de sa blessure. Et grimaça, une nouvelle fois.

-Je t’aime bien, ma jolie et j’te suivrais jusqu’au bout du monde parce qu’on pense pas mal pareil mais ça... Ca je vais pas pouvoir. Je suis vraiment désolé...

Non, il n’était pas prêt. Même des mois après. S’il était plus inconscient que sensé en temps normal, Lazlo ne se savait pas suffisamment serein pour affronter les démons de Timothée. Pour retrouver l’éclat des souvenirs encore trop vifs dans son esprit, de se replonger dans l’horreur démesurée de l’Arène de Sable. Ce n’était pas contre Enya. Ce n’était certainement pas contre le Gamin. Mais ils n’en avaient jamais plus parlé avec Grayson, quand bien même ils étaient bien plus proches que du jeune homme. Laura, Tristan, aucun d’entre eux ne s’était jamais épanché sur leur expérience malgré les points communs.
Malgré le fait qu’ils étaient tous, à bien des égards, des survivants de la même horreur.
Comme pour mieux traduire ses excuses, il resserra sa main autour de l’épaule menue de sa nouvelle compagne de jeu. Il savait qu’elle méritait des explications bien plus détaillées qu’un simple «pardon, j’peux pas, bisous». Mais il ignorait comment les traduire sans qu’elle ne se sente personnellement visée par un reproche qui n’existait pas.

-C’est ni contre toi ni contre lui, j’espère que tu comprends. J’veux dire, je comprends ta position. J’comprends parfaitement. Mais j’suis pas assez solide pour replonger dans l’Arène. Ca m’a trop coûté, vraiment trop...

Doucement, il leva son t-shirt râpé, dévoilant la cicatrice encore rosâtre sur son torse. Une déchirure qui filaient sur une bonne poignée de centimètres, laide, qui continuait de le lancer quand il n’y pensait plus. La marque bien réelle d’une torture qui n’avait finalement de fictif que le nom. Ils avaient tous gardé des stigmates. En lui montrant les siens, Lazlo espérait qu’elle comprendrait. Gêné de se dévoiler à ce point, il finit par rabaisser son t-shirt et passa une main nerveuse dans ses cheveux. Ses yeux clairs vagabondèrent dans l’appartement. Loin de ceux de la jeune femme.

-J’comprends ta rage. Je la partage, même. Du coup j’te propose un deal. On part, on fait notre repérage, on récupère autant de trucs qu’on peut porter et on se tire. Et si on est efficaces, je prends sur moi, et j’vais parler à ton homme pour voir si ça peut aider. J’garantis rien, mais l’essentiel c’est d’essayer.

Il n’en avait pas envie. Il aurait préféré se faire bouffer par une bonne dizaine de morts-vivants plutôt que de devoir revivre l’enfer de sa mise à mort virtuelle. Mais il ferait ça pour Enya.
Pour que le deal soit enfin équitable.


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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Mer 23 Aoû - 18:24

Lazlo était doté d’une gentillesse absolue, mais il était aussi douloureusement perspicace. Et il avait de suite compris que j’étais perdue avec Tim, et son comportement depuis son retour de l’Arène. J’étais bien consciente que ce qu’il avait vécu était mille fois pire que ce que j’avais vu à la télévision. Mais ses silences me frustraient, me rendaient tristes, me tuaient à petit feu. Et je n’osais pas aborder le sujet, parce que je ne voulais pas qu’il s’en aille. Lazlo en avait parlé, lui, à quelqu’un. Peut-être bien qu’au final, Timothée en avait parlé aussi à quelqu’un. Simplement, ce quelqu’un n’était pas moi. Je ne sais pas si c’était bien ou pas. C’était une bonne chose, qu’il puisse en parler. Mais j’aurais aimé, si c’était le cas, que cette personne soit moi. Je ne voulais pas d’une autre relation embourbée dans les non-dits et les secrets.
« Je pense que pour qu’il retrouve sa combativité, il faut crever l’abcès. Ou lui payer un psy. C’est la seule solution. »
Je souris un peu blasée. Le psy, on va éviter, si tu veux bien. Mais l’idée de crever l’abcès, comme il disait, était effrayante. Alors l’idée que ce soit Lazlo qui lui parle était plus que rassurante. Elle était confortable. Timothée pourrait parler à quelqu’un qui comprendrait ses émotions. Et je n’avais pas à risquer de le perdre pour avoir voulu le faire parler. Mais mes attentes furent plus ou moins douchées froidement.
« Je t’aime bien, ma jolie et j’te suivrais jusqu’au bout du monde parce qu’on pense pas mal pareil mais ça... Ca je vais pas pouvoir. Je suis vraiment désolé... »

« Oh », répondis-je dans un souffle. J’avais essayé de ne pas laisser transparaitre ma déception, mais je crois qu’elle avait réussi à se glisser furtivement. Néanmoins, les paroles suivantes de Lazlo me réconfortaient un peu. Je pouvais comprendre ses raisons. Replonger dans ces souvenirs était douloureux, trop pour lui, et qui aurait pu le blâmer ? Je hochai la tête en signe de compréhension et d’acquiescement. Il n’avait pas à se mettre en danger et faire le sale boulot pour moi. Je compris encore plus lorsqu’il exhiba sa cicatrice. Une trace laissée par l’Arène. A vie. Comme un rappel indélébile et quotidien de ce que le Gouvernement lui avait fait subir. La colère remonta en moi d’un coup, comme un verre qu’on remplit trop vite et qui manque de déborder. Timothée avait-il le même genre de cicatrice ? Etait-ce pour cela qu’il s’éloignait dès que j’étais trop proche, et que notre couple manquait sérieusement d’intimité ? Le sang bouillait presque dans mes veines. Personne n’avait le droit de faire cela à un autre être humain. Le Gouvernement avait dépassé les limites. Encore. Sauf que c’était de pire en pire.

Lazlo était en fait tellement gentil et attentionné envers les autres qu’il me proposa un deal. Le succès de l’opération contre sa discussion avec Timothée. Je souris. Pourquoi est-ce qu’il faisait tout ça ? J’étais quasiment une étrangère qui avait débarqué chez lui. Et il voulait m’aider, sincèrement. Les personnes comme lui étaient en voie d’extinction. Mais Dieu merci, il en restait encore quelques-unes, irréductibles généreux. Je hochai la tête.
« Ca me semble un deal correct. Je…merci, Lazlo. Merci pour tout. Je n’étais pas sûre de ce que j’allais trouver en venant ici. Mais j’ai fait le bon choix. »
Je laissai le silence s’installer quelques secondes. Le temps de réfléchir. Le temps de remettre mes idées en place.
« En vrai, j’ai jamais vu de zombies. J’ai jamais…depuis que je suis arrivée ici, je ne suis jamais allée passer le nez dehors. C’est comment ? C’est aussi horrible qu’on le dit ? »
Les gens racontaient des tonnes de choses sur ce qu’il y avait dehors. Sur les zombies. Tellement de choses qu’elles se contredisaient. Mais toutes les rumeurs faisaient froid dans le dos. Je haussai les épaules.
« Non pas que je sois en train de me dégonfler. Mais bon…tant qu’à faire, autant que je sache à quoi m’attendre exactement. Comme ça, je pourrais me préparer, éventuellement. Ce serait quand même con que ta coéquipière se fasse bouffer au bout de trois minutes parce qu’elle n’a pas su reconnaitre un zombie d’un tronc d’arbre. »


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MessageSujet: Re: Birds in the storm [Lazlo]   Sam 30 Sep - 17:24

Encore incertain de pourquoi il s'était dévoilé de la sorte, Lazlo tirait nerveusement sur son t-shirt. Un besoin de se prouver, de se justifier, qui lui avait étreint suffisamment les entrailles pour montrer l'une de ses plus grandes hontes à une parfaite inconnue. Quelque chose dans le regard d'Enya l'avait poussé à cet excès. Parce qu'il la connaissait, cette lueur. Cette étincelle qui montrait une soif de connaissance, une curiosité profonde, insatiable, c'était exactement la même qui illuminait les grands yeux clairs de Dita quand elle était encore vivante. Sa soeur avait toujours su, elle. Elle avait toujours su lire dans le comportement de son petit frère pour savoir exactement quand il n'allait pas bien, parfaitement quand il était en train de lui cacher quelque chose. Mentir à Dita était impossible, tellement elle le connaissait par coeur. Son visage rond se fendait d'un début de moue boudeuse, ses sourcils se fronçaient, à chaque fois qu'il essayait. Il lui avait semblé apercevoir exactement la même expression sur le visage de la brunette, en face de lui, en cet instant précis. A Dita, il l'aurait montrée, sa cicatrice. Alors il l'avait montrée à Enya, en espérant que ça suffise à apaiser ses propres doutes. A apaiser la conscience de l'Oiseleur, par trop malmenée par ses propres souvenirs.
Le regard d'Enya s'était assombri mais elle n'avait rien ajouté de plus. Pour cela, Lazlo lui en était particulièrement reconnaissant. Trop souvent, les gens posaient des questions qui étaient de trop. Daniel l'avait par trop harcelé avec ses questions, avec ses réflexions, quand il était sorti de l'Arène. Et même avec quelques mois de recul, même en se sentant bien plus rétabli, il ne pouvait toujours pas supporter le regard du Monde. Un regard inquisiteur qui se muait en pitié, une pitié exécrable, sirupeuse, qu'il n'arrivait plus à tolérer. Le Monde voyait les survivants de l'Arène non plus comme des êtres humains normaux, mais comme des martyrs. A l'exception qu'ils étaient bien loin de réagir en conséquence. A croire que la société moderne aimait se rouler dans la pitié mal placée sans toutefois faire quelque chose à ce sujet. Apathique et oisive. C'était pour cela que Lazlo avait besoin d'agir.
Qu'ils n'aient pas souffert pour rien. Que le Monde se soulève de nouveau, qu'il réalise qu'il fallait sortir de son carcan confortable, arrêter de se dire que ça n'arrivait qu'aux autres et pas à soi. Arrêter de prendre les autres en pitié. Arrêter de se dire qu'au final, ils avaient de la chance.
Ne jamais cesser de se battre.

Puis il y avait eu Enya. Son arrivée dans son domaine, dans son salon, dans sa vie, et maintenant dans sa tête. Enya qui avait fini par comprendre elle aussi qu'il était temps d'agir et non plus de subir. A sa manière, à son rythme. Des petits pas. C'était bien comme ça qu'on apprenait à marcher, après tout. Mais elle avait clairement la volonté de bientôt courir. Alors Lazlo prendrait sur lui. Il remplirait sa part du marché, lui tiendrait la main pour la guider et irait s'occuper du cas de Timothée, quand bien même il n'en avait strictement pas envie dans l'immédiat.

-T'as pas à me remercier, va, c'est normal. Faut bien qu'on se serre les coudes, entre êtres humains.

L'Humanité. Pour beaucoup, même en ces temps de crise, c'était un concept bien vague. L'Humanité, comme quoi il ne suffisait pas d'être de la même espèce pour réussir à se comporter en tant qu'humains. Mais si un petit groupe, fut-il une minorité, pouvait déjà trouver moyen de s'associer pour mieux s'entraider, alors la moitié du boulot était déjà faite.
Le silence s'installa entre eux, un silence confortable, qui ne soufflait pas d'interruption. Qui le poussa à reprendre sa place sur le canapé à moitié défoncé, à passer en revue les codes couleur et le plan qu'il avait étalés partout sur sa table basse. Enya semblait songeuse, mais il n'avait pas le coeur à l'interrompre. Ca faisait beaucoup d'informations à digérer. Peut-être allait-elle décider de faire marche arrière, ce pourquoi il savait pertinemment qu'il n'allait pas lui en vouloir. Elle n'aurait pas été la première. Elle ne serait certainement pas la dernière. Pourtant il devait reconnaître qu'il serait particulièrement déçu si elle décidait d'abandonner maintenant.
Elle rouvrit la bouche, et sa remarque fut si pure, si innocente qu'elle arracha un sourire à l'Oiseleur. Se tournant pour mieux l'observer, il l'écouta avec bienveillance, avant de pouffer doucement lorsqu'elle se rebiffa. C'était normal, de s'inquiéter. Tout le monde n'avait pas le culot de Lazlo, et heureusement pour eux. Son rire gonfla avec ses justifications. Elle avait beau dire, elle ne manquait vraiment pas d'humour.

-T'es pas si loin du compte en plus, y'en a certains c'est littéralement plus que des troncs !

Fier de son jeu de mots, il lui adressa un clin d'oeil malicieux. La voix de sa mère lui revenait aux oreilles, d'une clarté éclatante. Arrête de rire de tout, Lazlo, ça va t'apporter des ennuis. Si elle savait, sa pauvre maman. Si elle savait à quel point il valait mieux en rire qu'en pleurer.

-Blague à part, les zombies, c'est un peu comme le croisement entre des grabataires et des nourrissons. C'est ridé et ça sent le moisi, mais ça trébuche sur le moindre caillou. En soit tu risques rien du moment que tu te laisses pas trop approcher. L'essentiel c'est de rester loin de portée des mains et de la mâchoire. Si tu te fais mordre ou griffer, t'as plus de chances de finir comme eux que bien vivante et bien humaine.

Il se redressa, voyant bien que son discours pouvait être tout sauf rassurant. Pourtant. Pourtant il avait connu bien pire que les zombies, comme menace. L'Humain bien portant en était une belle, mais il allait se garder de faire ce type de commentaires au beau milieu de son petit exposé. Pivotant pour faire face à sa partenaire, l'Oiseleur poursuivit, lui laissant le temps d'enregistrer toutes les informations.

-Ils se déplacent soit en solo, soit en troupeaux, ça dépend de la quantité de bruit que tu fais ou s'ils te repèrent. Mais en soit je pense pas qu'ils aient vraiment une notion particulière de ce qui les entoure. Leur seul instinct, c'est de bouffer. Toi, ton chien, ton copain, peu importe du moment que c'est vivant. C'est aussi pour ça qu'ils se bouffent pas entre eux. Ils flairent le vivant et le mort.

Par le temps, il avait parfois été beaucoup trop vivant pour quelques hordes de passages. Mais il y avait toujours des moyens pour survivre à une escarmouche, toujours. Il suffisait de son montrer créatif. Joignant le geste à la parole, il tapota sa tête de ses paumes, poursuivant sur sa lancée :

-Ca sert à rien de viser le coeur ou les couilles, avec eux, ils sont complètement insensibles à ce type de douleur. Du coup si jamais tu te fais chopper ou si t'as besoin de te frayer un passage rapidement, faut que t'attrapes un bon objet contondant ou tranchant et que tu vises la tête. C'est comme un melon pourri, là-haut. Tu cognes fort, tu tranches bien, et une fois que c'est pété, c'est réglé, t'es débarrassée.

Ca paraissait si simple, dit comme ça. Enfantin, même. Mais il savait pertinemment que ça demandait une certaine maitrise tant de soi que de sa propre force, pour en arriver là. Le mieux à faire pour eux restait qu'il parte en éclaireur pour détourner les errants, pour peu qu'il y en ait, lorsqu'ils seraient dehors. Enya aurait peut-être à se salir les mains, mais elle ne le ferait pas sans son entière supervision. Déjà que la sortie était tout sauf approuvée par son chef, si en plus il apprenait qu'une alliée potentielle y avait trouvé la mort, Cassidy risquait d'entrer dans une colère noire. Et si Lazlo n'en avait encore jamais fait les frais, malgré ses erreurs, il n'avait pas envie de découvrir cet aspect de la psyché du Résistant.
Alors il se pencha vers sa jeune comparse, et lui glissa doucement, l'air convaincu :

-J'suis certain que tu vas gérer, de toutes façons. T'es une battante, même si t'en crois rien. J'sais que si tu te retrouves face à un zombie, tu sauras parfaitement comment t'en sortir. L'essentiel, c'est surtout de te souvenir qu'ils ne sont pas humains.

Un détail que beaucoup avaient tendance à oublier. On parlait pour rire des zombies, on les décrivait, on les singeait, mais lorsqu'on était en face d'eux, certains avaient encore l'air tellement vivants que nombre d'inconscients s'étaient faits avoir. S'il n'avait aucun doute dans les capacités de survie de sa comparse, tout aussi peu expérimentée soit-elle, c'était de son empathie qu'il s'inquiétait. Parce que c'était cette qualité profondément humaine qui causait la perte de bien trop de gens.
C'était pour cela qu'il avait insisté sur ce point. Pour cela que son regard trop clair s'était assombri, l'espace d'un instant. Laissant tout juste le temps au silence de s'installer entre eux, tout juste le temps pour que l'information soit parfaitement intégrée par la jeune femme, il se redressa. S'étira longuement. Et alla s'accouder à la fenêtre qui donnait sur l'escalier de secours. Croisant les bras sur son torse, il adressa un sourire goguenard à la jeune femme. Le premier d'une longue série.

-Des questions ? Des craintes ? Une suggestion d'épitaphe, peut-être ? Je pense qu'on partira bientôt, probablement dans le courant de la semaine prochaine. Donc si t'as une dernière volonté, c'est maintenant ou jamais.


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