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 What the fuck ? ft Nym

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MessageSujet: What the fuck ? ft Nym   Dim 5 Mar - 16:12



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Un pas. Deux pas. Trois pas. Un coup de pieds dans une chaise encore debout qui explosa sous l'impact. Un pas... Deux pas... Cent pas. Le changeur tournait en rond dans son antre, contrarié, tourmenté, épuisé, brisé, totalement paumé. Joan venait de quitter les lieux, la situation avait encore dérapé. Encore et toujours, les choses s'étaient mal terminées, tout était compliqué. Une accumulation de mauvais choix en était la cause. Un mauvais choix qui avait conduit à un autre, jusqu'à ce qu'il se retrouve planté comme un con au milieu de sa demeure en ruines. Seul avec sa douleur et ses cauchemars, face à lui-même. Un pas. Deux pas... La marche cessa lorsque ses mains agrippèrent la table pour la renverser brutalement. Elle se fissura dans un fracas puis, avec un cri de rage, le skin la réduisit en morceaux à coups de godasses. Le volcan ensommeillé depuis des semaines venait de s'éveiller. Les objets volaient dans la petite pièce, s'écrasaient sur le sol déjà jonché de bordel. La colère sourde se libérait et ravageait un taudis pourtant déjà anéanti.

Un tiroir fut éjecté sur le plancher, des babioles et des bricoles s’en déversèrent. Parmi elles, une photo attira son attention. La crise cessa instantanément. Les yeux électriques du changeur se posèrent sur le portrait de Nymeria. Elle souriait, alors Declan sourit aussi, légèrement, un peu faussement.  « Un autre mauvais choix » murmura t-il pour lui-même de sa voix rocailleuse. Il s’accroupit et saisit le cliché entre ses doigts avant de le détailler, de le contempler. « Tu me manques... ». Elle était toujours ouverte la blessure de cette absence, même s’il tentait de se persuader du contraire. Elle lui manquait, cette femme candide à laquelle il avait tenté de se raccrocher, cette femme qui n’était plus qu’une illusion dans un monde trop sombre qui l’avait elle aussi happée. Nym n’était plus qu’un fantôme chassé par un autre, un souvenir qui n’existait plus que dans son esprit nostalgique d’un temps révolu. Pourtant, elle était et resterait sa prunelle, sa petite soeur si précieuse à ses yeux. L’ancien prisonnier souffla, las. Il en avait assez de cette rancune qui l’avait étouffé. Assez de cette distance qu’elle lui avait imposée et qu’il n’avait plus tentée de transgresser. Une multitude d’erreurs avait été commises, pour une multitude d’excuses à fournir. Dire qu’il aurait suffit d’un zeste de courage et de vérité pour tout arranger, avant que chacun ne s’éloigne beaucoup trop pour oser faire le chemin inverse, le premier pas en direction de l’autre. L’irlandais avait fait preuve de lâcheté, de fierté aussi. Rancunier, blessé, il avait opté pour la facilité et avait préféré lui en vouloir, parce que c’était moins douloureux que de se sentir rejeter. Parce qu'il avait eu trop peur de ce qu'il serait forcé de découvrir. Hanté par sa cadette, il rangea la photo dans la poche de son pantalon. Tout ça ferait bientôt partie du passé.

Si la pendule avait continué de fonctionner, elle aurait indiqué trois heures quarante deux du matin. Elle aurait vu la silhouette d'un homme amaigri par des semaines d'enfermement claquer la porte d'entrée au trou béant. Une carrure presque méconnaissable à la démarche lourde mais résolue s'éloigner dans la nuit, un sac à dos sur l'épaule. Un sac qui ne contenait que deux ou trois changes, le peu d'affaires qui lui restait - que les voleurs avaient daigné lui laisser. Aucun objet de valeur, aucune arme, juste quelques photographies de sa famille prises avant l'apocalypse glissées entre ses vêtements. Cette maisonnette était tout ce qu'il avait jamais vraiment possédé et il la quittait sans se retourner. Il n'y avait plus rien ici pour lui, rien qui ne serait plus jamais pareil. Il y avait l'avant et l'après prison. Une page s'était tournée et une autre s'ouvrirait, mais pas ici. Pas sous ce toit calciné qui lui rappelait tant de souvenirs, des bons et des mauvais, plus de mauvais que de bons. Declan marchait vers un autre destin, une existence nouvelle pour un homme nouveau, avec d'autres priorités. La prochaine s'appelait Nymeria, il allait mettre un terme à cette rancoeur qui l'avait bouffé. Il avait surtout besoin de savoir si elle se portait bien. Si le cauchemar de ses sévices visualisés dans les arènes n'était réellement qu'une menace virtuelle.

Son poing se ferma face à la grande porte sur laquelle il s'apprêtait à frapper. Le geste avorta. Le taulard hésita, desserra ses doigts qu'il figea à quelques centimètres de cette mince frontière qui le séparait de sa prunelle. Ca faisait si longtemps... Nym lui semblait n'être plus qu'une étrangère. Il ne savait même pas quoi lui dire. La dernière fois qu'ils s'étaient croisés, il l'avait trouvée dans un sale état, puis s'était précipité pour agresser à son tour son agresseur. Un coupable désigné qu'il avait peut-être mué en victime, ou peut-être pas. Il ne savait plus quoi ou qui croire, n'avait jamais eu le fin mot de l'histoire. Tellement de rumeurs couraient à son sujet. Troublé, il toqua pourtant à plusieurs reprises, priant pour que ce débarquement nocturne ne se solde pas par une porte claquée au visage. Qui savait ce qui pouvait bien se tramer dans la tête de sa cadette qu'il ne reconnaissait plus. Qui vivra verra. Il n'eut que le silence pour réponse à son courage. Le sac chuta à ses pieds. Son dos épousa le bois et l'irlandais se glissa lentement à terre. Nym, j'ai b'soin d'toi. Il attendrait là qu'elle accepte de lui ouvrir cette fichue porte. L'attente fut interminable.

Il s'était endormi comme un clochard sur le seuil de cet appartement sans vie. Les sollicitations de la voisine de palier le réveillèrent en sursaut, pour lui apprendre que Nymeria avait déserté l'endroit depuis longtemps. La date à laquelle elle l'avait aperçue la dernière fois ne coïncidait pas avec celle des arènes, aussi Declan fut ôté du doute qui l'assaillait : elle n'avait jamais été séquestrée pour le motiver à tuer ses adversaires. « Elle est simplement partie et n'est jamais revenue », c’était tout ce qu’il pouvait récolter. Mille questions se posèrent. L'inquiétude devint plus vive, mais l'homme ne savait ni où chercher, ni à qui s'adresser pour tenter de la retrouver. Il ne savait plus rien d'elle, ne pouvait que s'angoisser sans être certain que les battements rapides de son coeur soucieux étaient justifiés. Encore un coup dur. L'âme en peine quitta l'immeuble dans un corps avachi, contrainte à l'impuissance et à l'ignorance, à l'infime espoir.

***

Le temps avait continué de s'écouler. Aucune nouvelle ni d'Emmy, ni des gosses, ni de Nym. Le changeur avait suivi son propre chemin en les chassant de ses pensées, s'était tout entier plongé dans la révolte qui grondait aux côtés d'une clique d'extrémistes pour ne plus y songer. Mais cette quête n'était qu'un leurre et, cette nuit, lorsqu'il s'était retrouvé seul dans l'obscurité, il n'avait pas réussi à trouver Moprhée. La pleine lune approchait et ses émotions semblaient exacerbées, le manque de ses proches lui paraissait beaucoup moins supportable et les nerfs s'étaient égratignés. Il avait éprouvé le besoin de ne plus rien ressentir, de se couper totalement du monde qui l'entourait. De laisser place au chien et à l'instinct, au néant dans son esprit en flammes.

Le soleil levant réchauffait un corps mis à nu qui s'était transformé en bête pour se métamorphoser à nouveau en homme. Declan se rhabillait dans cette forêt sinistre, apaisé par ces dernières heures passées dans la peau de sa créature. Il terminait de lasser sa dernière chaussure lorsqu'un bruit de brindille fendue le fit subitement se redresser. Les traits d'une Nymeria déplorable apparurent face à lui comme par magie, le laissant médusé. Aucune réaction, si ce n'était un regard bleu désorienté et écarquillé. Un bad trip sans consommer, ça s'appelait tout simplement Démence. Il avait conscience d'halluciner, pourtant il ne parvenait pas à se détourner de cette illusion qu'il aurait tellement voulu réelle. Sa cadette qui réapparaissait comme par miracle, quand personne n'était capable d'expliquer sa disparition, c'était trop beau pour être vrai disait l'adage. Néanmoins comment ne pas céder à cette folie qui le frappait soudain, ne pas oser tenter de la toucher, de profiter de cette chimère qui s'offrait si facilement à lui. Le fou s'avança jusqu'au mirage, puis sa main se déposa sur son visage... Tangible. « C'est impossible...». Incohérent. Que ferait-elle là, au milieu des bois, après de longues semaines d'absence mystérieuse. Irréel et pourtant. « Je peux t'sentir ». Réel. Les explications devaient être folles, mais à cette époque rien ne pouvait plus le surprendre. « Où étais-tu depuis tout c'temps ? ». La surprise passée, il la scruta de son air inquiet.
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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Mer 15 Mar - 8:50

L’oxygène qu’elle respire lui semble de plus en plus toxique. Les fines particules encombrent ses bronches, s’agglutinent et grattent sa gorge. Elle n’a rien avalé depuis des jours. Complètement déshydratée, elle ne survit qu’avec l’eau croupie qu’elle a pu trouver et qui aggrave sa toux. Elle crache désormais du sang plusieurs fois par jour. Ses entrailles la brûlent à un point tel qu’elle regrette de ne pas pouvoir se les arracher à mains nues. Elle se perd dans les dédales des géhennes, apeurée et désorientée. Change sans cesse de cachette pour esquiver les monstres. Elle n’est plus certaine de courir aussi vite qu’à l’origine. Ses jambes se trainent, ses pieds peinent à se lever. Elle sait que l’un d’eux finira par la rattraper. Qu’elle a trop peu de ressources pour lutter. Toute notion du temps a été perdue. Le jour ne se lève de toute manière jamais ici. Elle n’a pour contemplation que des ténèbres opaques. Un filtre obscur qui embrume toute l’atmosphère. Le désespoir l’encombre, dévore la moindre de ses espérances. Elle serait presque prête à se livrer à l’une des bêtes pour tout arrêter. La sorcière est pourtant encore trop coriace pour renoncer. Pour accepter de mourir dans l’isolement le plus total, les tripes arrachées par une créature effroyable.

Un grognement sourd se fait subitement entendre, la force à se replier contre le mur d’un bâtiment délabré. Le souffle court, elle prend le risque de tourner la tête vers la source du bruit. Une forme gigantesque, désarticulée, traine sa victime contre le sol jonché de déchets. Inconsciente, recouverte d’une substance gluante. L’écarlate sur ses vêtements jure avec les tons ternes, désaturés, de Darkness Falls. L’immense masse ne la remarque pas, trop occupée avec sa proie ensanglantée pour percevoir son odeur. Nymeria est obnubilée par le tronc d’arbre duquel le géant hideux a émergé. La sortie de l’Enfer. Celle qu’elle cherche en vain depuis ce qui ressemble à des semaines. Une aiguille dans une botte de foin dans un univers aussi vaste. Elle la fixe comme si elle risquait de s’évanouir comme un mirage, jette des coups d’œil affolés à l’animal qui s’éloigne de plus en plus. C’est son unique chance de s’en sortir, elle le sait. Il ne faut pas se tromper. Si elle attend trop, elle risque de perdre la trace du passage vers l’extérieur ou de se retrouver face à une autre abomination de la nature. Si elle s’élance trop rapidement, le tortionnaire immonde pourrait la repérer et revenir en arrière pour l’attraper. Ses genoux écorchés trépident d’anxiété. L’adrénaline pulse jusque dans ses tempes, accélèrent le piteux organe dans sa poitrine. N’y tenant plus, elle finit par se décider. Par se relever et puiser dans ses restes d’énergie pour atteindre son échappatoire. Elle ne regarde pas en arrière, s’efforce d’ignorer le danger imminent. Elle se glisse tant bien que mal dans la brèche gluante, rampe pour atteindre l’autre côté de la forêt apocalyptique. Pour quitter le reflet effrayant du monde des vivants. Elle y parvient laborieusement, se relève tant bien que mal au milieu de la végétation de la Nouvelle-Orléans.

L’astre brûlant griffe ses rétines, lui fait plisser les yeux. Aveuglée, elle pose ses doigts en visière sur son front, tente de s’habituer à nouveau à la lumière. Elle se remet à galoper aussitôt, terrifiée à l’idée d’être pourchassée, rattrapée. Sa cheville se tord dans l’effort, la fait s’effondrer lamentablement sur la terre humide de la rosée du matin. Un râle de douleur déchire ses lippes, alors qu’elle s’efforce de se remettre sur ses pieds. Elle prend appui sur tout ce qu’elle peut pour avancer, pour s’extirper de ce bourbier. Les bois n’ont pas de fin et elle sent l’effroi l’envahir de plus belle. Elle n’est plus piégée dans les abimes, et pourtant elle ne se sent toujours pas rassurée. Encore moins en sécurité. Tous ses muscles se tendent lorsqu’elle se retrouve face à une silhouette familière. La cervelle détraquée croit se retrouver face à une chimère, n’ose pas se sentir sauvée. La chirurgienne s’immobilise brusquement lorsque l’ainé s’approche. Elle tremble comme une feuille, paralysée par la peur. Celle que ce ne soit pas son frère. Celle que ce soit le soit au contraire, après avoir ingratement disparu de sa vie pendant des mois. Sa tignasse brune emmêlée, l’enveloppe maculée de boue et d’égratignures, elle fait peine à voir.

L’irlandais brise la distance, pose sa paume contre son visage éreinté. Loin de lui apporter le réconfort escompté, le contact la fait sursauter, reculer d’un pas comme une biche aux abois. La plus infirme parcelle de son épiderme la fait souffrir. L’intérieur de la trachée lacérée, elle doit s’y reprendre à plusieurs reprises pour sortir de son mutisme. Pour réussir à parler, à défaut d’être pour l’instant capable de poser de vrais mots sur son calvaire. « - Il… Il… faut pas… rester là. » Bredouille t’elle, avant de se forcer à poser ses phalanges sur le bras du métamorphe. « - S’il te plait. » Insiste l’éclopée avant de le tirer vers elle. Elle doit paraitre complètement folle et incohérente, les pupilles ravagées par la trouille, mais il est primordial pour elle qu’ils ne restent pas dans les parages. La priorité est absolue, même si elle lui doit des tas d’excuses et d’explications. Le voir bien robuste et vivant est un soulagement pour elle, après les épreuves de l’arène. Après l’avoir vu lutter farouchement pour sa survie, puis pour elle, qui n’en méritait pas tant. Elle n’a eu aucun moyen de le remercier depuis. Jetée dans la fosse des monstres par des résistants avant d’avoir pu le faire. Condamnée au pire pour payer le prix de ses services offerts à la tyrannie en place. Pour avoir mené des expériences atroces sur toutes sortes de cobayes. « - Je te… raconterai tout quand… on sera loin. » Promet-elle, les nerfs à vif. Elle espère qu’il ne la contraigne pas à un grand récit sur place.  

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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Mer 15 Mar - 16:24



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Son regard givré balaya précautionneusement les alentours. La proie était en fuite, mais à quel prédateur tentait-elle de faire faux-bond ? L'état était pitoyable, comme le résultat d'un long périple au coeur des bois. La terreur se lisait sans peine dans ses yeux fous et écarquillés. Pourtant, autour d'eux, l'accalmie régnait. Pas une ombre. Pas un bruit. L'irlandais aux aguets tourna la tête à gauche, puis à droite, tendit l'oreille une dernière fois. Rien. C'était comme si la cadette tentait de s'extirper des griffes d'un cauchemar, ou d'échapper à ses fantômes. Il y avait bien eu des rumeurs à propos de ces lieux hantés par la mort qui avaient englouti des corps qui n'étaient jamais réapparus, des hypothèses trop irrationnelles pour heurter son esprit terre à terre - du moins autant que ce monde surnaturel le lui permettait. Elles auraient pu le mettre sur la voie si seulement il les avait écoutées. Pour l'heure, Nymeria n'était qu'une revenante qui avait, quelque part sur le chemin mystérieux qu'elle avait emprunté, sombré dans la démence. Pourtant, sa peur était bien réelle.

Les doigts du métamorphe saisirent doucement la main qui tentait vainement de l'aspirer. Il pouvait la sentir trembler, elle était froide et très crispée. Elle paraissait également plus émaciée qu'auparavant sous cette couche de terre séchée. Le coeur du changeur s'emballa légèrement dans sa poitrine serrée. Avait-elle encore été violentée ? Etait-ce le même agresseur que la dernière fois ? Stain ? Ou le véritable coupable de ce premier drame dont il avait déploré les affreuses conséquences, et qu'elle lui avait dissimulé pour une raison qu'il ne saisissait pas ? Tellement de secrets. Tellement de mensonges. Tant de questions au bord des lèvres qu'il devrait mettre entre parenthèses le temps de s'occuper d'Elle. Qui était-elle devenue, cette étrangère qu'il dévisageait de son oeillade soucieuse, qu'il couvait toujours de son aura de protecteur invulnérable. L'amertume avait totalement disparu. « Nym calme toi » lui intima t-il sereinement sans bouger d’un seul petit centimètre. Son attitude était rassurante, totalement confiante. « Y a personne d’autre que nous ici ». L'étau se refermait avec bienveillance sur sa chair poussiéreuse et frissonnante. « J’suis là, t’as plus rien à craindre ». Une nouvelle fois, il endossait l’armure du roc qui mettait la fratrie à l’abri de tous les dangers. Peu importait l’illusion ou la réalité dont elle désirait s’évincer, aux côtés de son frère, elle pouvait s’abandonner aux bras d’une sûreté sans faille.

L’ancien prisonnier recula de quelques pas avec précaution, comme s’il craignait qu’elle ne s’envole subitement tel un oiseau terrorisé, puis s'accroupit près de son sac à dos délavé et un peu déchiré par endroits pour en sortir une arme à feu. D'un geste habile et rapide, il s'assura qu'il était correctement chargé, vérifia le cran de sécurité, puis le glissa dans son dos, au niveau de sa ceinture. Il fit coulisser la fermeture pour clore le réceptacle en synthétique, se redressa dans la foulée tout en le faisant couler sur son épaule. Ses yeux d'un bleu implacable se plantèrent dans les prunelles effarouchées de la blessée. La distance jusqu'à Nymeria fut avalée, son corps affaibli atterrit délicatement dans les bras de l'aîné qui la souleva du sol sans le moindre mal. « J'vais t'sortir de là ». Direction l'hôtel Overlook, vers cette chambre miteuse qu'il occupait depuis sa liberté retrouvée. C'était ça ou défoncer la porte d'entrée de l'incohérente, elle ne cachait certainement pas ses clés dans ses haillons.

[...]

Le chemin avait été parcouru dans un silence qu'il n'avait pas osé rompre. Aucune question. Aucune remarque. Il perdurait encore pendant qu'il laissait la benjamine seule au milieu de cette petite pièce à la lourde atmosphère. Le résistant déposa son sac et son revolver sur le lit avant de se diriger vers le minuscule réfrigérateur qu'il avait installé dans un coin pour ne pas avoir à fréquenter la cuisine de cet endroit inhospitalier. Un micro-ondes était calé sur son sommet. Tout en fouillant dans un carton de conserves qui jouxtait le tout, son accent venu d'Irlande mit enfin un terme à son mustisme. « Y a des serviettes propres dans l’meuble sous l’lavabo d'la salle de douche, avec une pile de tee-shirts tout juste lavés ». Ca lui ferait une chemise de nuit, en attendant qu'il puisse lui dénicher une tenue plus adaptée. « Il reste peut-être quelques anti-douleurs pour ta ch’ville dans l’tiroir d'la table de nuit. J’vais nous faire le p’tit dej’ en attendant que tu t'décrasses ».

[...]

Sur le lit en décrépitude, Declan avait déposé des chips, des gâteaux secs, de la viande séchée et une bouteille d'eau. Nymeria de nouveau dans son champs de vision, il s’enquit de son état. « Tu t’sens mieux ? ». Il l'invita ensuite à s'asseoir sur le rebord du matelas, à ses côtés, avant de lui tendre le récipient puis de justifier la pauvreté de son festin. « Je n’m’attendais pas à r’cevoir du monde ». Toi encore moins. Cette pensée ne franchit pas le seuil de ses lèvres, l’accabler de reproches sous-jacents n’était pas approprié. Un silence. Son regard se planta dans le sien avant d'accrocher le pan de mur face à lui. Ses bras vinrent reposer sur ses cuisses, ses mains se nouèrent nerveusement à leurs extrémités. L'heure des explications pointait et c'était oppressant. Le voilà face à celle que la peur lui avait intimé de tenir éloignée, à deux doigts d'obtenir des révélations qu'il regretterait peut-être d'avoir exigées. Son timbre fila gravement. « Dans quoi tu t’es fourrée Nym ? ». Et cette fois, c'était la vérité qu'il quémandait. Pas juste un soupçon, mais la totalité.
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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Sam 18 Mar - 16:59

L’irlandais se veut protecteur, rassurant. Il ne parvient qu’à moitié à la calmer, tant son enveloppe est ravagée par la terreur. Même s’il est robuste et sait se défendre, aucun d’eux ne peut faire le poids face aux créatures abominables. Pas même avec l’arme à feu qu’il vient de sortir et qui lui fait froncer les sourcils. Que fait-il avec ça sur lui, en pleine forêt ? L’interrogation reste muette. Elle n’a aucune légitimité pour le lui demander. Elle a tout fait pour s’éloigner de lui à tout prix. Par peur qu’il découvre son sombre secret, lui qui était supposé être plus proche que n’importe qui d’autre de la véritable Nymeria. Que deux personnes soient au courant lui semble déjà de trop. Si elle n’a pas de doute sur le fait que Joan tiendra sa langue, elle imagine parfaitement le loup cracher la vérité pour lui nuire dans un accès de colère. Rongée par la peur jusqu'à l'os, elle a du mal à maintenir le contact visuel avec son sauveur. L'une de ses principales différences avec celle dont elle a dérobé le corps. La simple présence de son ainé ne suffit pas à la tranquilliser. Elle ne parvient pas à se noyer dans l’océan de ses pupilles, elle lance des regards à droite et à gauche par pur réflexe. Guette le plus infime bruit, le moindre craquement de brindille. Ils ne sont pas assez éloignés de la brèche pour qu’elle se sente en sécurité. Et même s’ils l’étaient, il est fort probable qu’elle ne se sente plus jamais à l’abri nulle part. La cheville tordue, elle ne proteste pas quand il la soulève d’autorité, certaine que ce serait inutile. Qu’elle le ralentirait démesurément si elle se contentait de s’appuyer contre son épaule.

[…]


Elle ne s’autorise à reprendre vraiment son souffle qu’une fois arrivée dans la chambre d’hôtel. Le trajet s’est effectué dans un silence lugubre, lourd de sous-entendus. Si se retrouver éloignée de la forêt est un véritable soulagement, approcher du moment où elle devra tout lui raconter lui serre le ventre. La boule dans l’abdomen ne fait que grossir, grossir, saccageant ses entrailles. Trop douée pour la lâcheté et la fuite pour vouloir d’une telle confrontation. Elle la lui doit néanmoins, elle en a conscience. Même si elle ne pourra jamais lui révéler l’essentiel. Que sa benjamine est morte, qu’elle n’en est que le substitut. Mais qu’elle se sent pourtant étrangement reliée à lui. Qu’elle le considère sincèrement comme un membre de sa famille, de son sang. Comment expliquer sinon l’angoisse atroce ressentie en visionnant le périple des arènes ? Ou le terrible malaise qui s’était emparée d’elle en réalisant qu’il était amoureux de l’âme de sa jumelle.

Les indications serviables la tirent de ses réflexions, et elle se contente de hocher la tête en se dirigeant vers la douche. Elle ne se fait pas prier, retrouvant un confort qu'elle n’osait plus espérer. L’eau brûlante purge l’enveloppe abimée de la souillure et de la saleté qui s’y sont collées. Comme une forcenée, elle gratte quasiment jusqu’au sang pour retirer la terre, pour faire disparaitre les traces de l’enfer. Se moque de laisser des traces écarlates sur l’épiderme, tant que la salissure s’efface.

[…]

« - Un peu, je te remercie. » La réponse réticente se fait du bout des lèvres. Profondément traumatisée, elle ne parvient pas à s’épancher, à raconter l’ampleur de son calvaire. Trop pudique pour ça, elle reste sur sa réserve. Assise à ses côtés, la jeune femme attrape presque brutalement la bouteille d’eau, la vide d’un trait. Totalement déshydratée, elle laisse de côté la bienséance. Enchaine ensuite avec la viande séchée, affamée depuis des jours et des jours. Ressemblant davantage à une sauvage élevée en pleine nature qu’à une chirurgienne appartenant à l’élite. Elle ne s’arrête qu’une fois le festin de fortune englouti, subitement presque gênée par son manque de manières. Les prunelles claires détaillent enfin l’irlandais, constatent sa nervosité apparente. Elle aurait voulu repousser encore les explications, jouer à l’autruche une nuit de plus. Exténuée, elle n’est pas certaine d’être en état pour ça. Tous ses muscles la tiraillent, la font souffrir. Elle a tellement sommeil qu’elle pourrait en pleurer, le crâne en miettes. Mais elle n’a pas le droit de se défiler, même avec d’aussi bonnes excuses. Elle le lui doit. « - Tu ne vas pas me croire de toute façon. » Soupire-t-elle pour gagner du temps. Elle n’a pas envie de terminer enfermée dans l’asile le plus proche, mais il est évident qu’il n’acceptera pas non plus qu’elle se taise. Ses genoux tremblent malgré elle, trahissent son appréhension.

Devoir se justifier auprès de quelqu’un lui déplait, tant il lui est difficile d’accorder sa confiance. Pour lui, elle est sa sœur depuis toujours, celle qu’il a couvée aveuglément. Mais pour elle, il n’est que l’ombre d’un frère. Un étranger qu’elle connait par cœur. Anxieusement, elle triture ses  mains, cherche les mots justes. Fragilisée par les épreuves endurées, elle ne retrouve pas sa carapace de glace. Elle se sent comme une gamine prise en faute, enfin rattrapée par l'autorité parentale. « - Tu as… entendu parler de la brèche ? Des monstres qui auraient été aperçus et des carcasses dévorées dans les bois ? C’est là que j’étais… J’étais piégée. » Enonce t’elle d’un trait, sans reprendre son souffle. De crainte de s’arrêter et de ne plus avoir le courage de continuer. « - Surement que non, vu que tu te trouvais justement là… » Lâche t’elle dans un murmure, avant de se tourner brusquement vers lui, une lueur de panique dans les rétines. « - T’y retourneras pas hein ? Promets-moi. » Intime t’elle, affolée à l’idée qu’il pourrait s’y retrouver condamné à son tour. Quitte à passer pour une folle et aggraver son cas. Ses sphères pâles verrouillent le contact avec les siennes, avant qu’elle ne s’en détourne et fixe les lattes du plancher moisi. « - Et toi, comment tu te sens Declan ? Depuis… tu sais… » La voix est fébrile, sincèrement inquiète. Elle se sent mal chaque fois qu’elle le visualise se battre pour elle. « - Rien n’était réel. Les médecins se font rares, ils m’auraient pas sacrifiée si facilement. » L’ironie lacère son palais. C’est ce qu’elle veut croire, qu’ils ne se débarrasseraient pas du jour au lendemain d’une compétence telle que la sienne. Mais elle se doute qu’au fond, ils sont tous jetables et interchangeables. Elle ne peut que profiter du système tant qu’ils veulent encore d’elle.

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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Mar 28 Mar - 16:01



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Des monstres, une brèche, l'Enfer... Les rumeurs et les spéculations revenaient heurter sa mémoire et, cette fois, elles avaient toute son attention. Le monde n'était plus qu'un étranger qui laissait peu à peu l'humanité sombrer, qui ruinait toutes leurs croyances faussement acquises. Ses pensées se dirigèrent vers la Bible, cette fichue relique qui avait été l'un des grands symboles de leur rude enfance. Ces pages n'avaient pas tout tort, les démons et leur Géhenne existaient, mais où était Dieu dans tout ça, ledit sauveur de l'Homme sa création ? Son regard pâle accrocha le bleu givré de celui de Nymeria. Sa main que le labeur avait rendue rugueuse vint au contact de la sienne, dans une attention de réconfort. S'il avait un jour existé, Dieu n'existait plus, car les hommes n'étaient plus des hommes. Ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes, et sur ceux en qui ils osaient placer leur confiance pour se défendre. Pourtant, sa soeur s'était retrouvée seule face au cauchemar, elle avait enduré toutes ces souffrances sans pouvoir puiser l'aide de ce roc qui se tenait face à elle, qui ne s'était même pas douté une seule seconde du tourment qui l'avait happée. Et le roc s'en voulait énormément de ne pas avoir été là, quand elle avait eu tant besoin de lui. De ne pas avoir ressenti le danger qui menaçait l'âme et la vie de sa cadette, de ne pas avoir remué ciel et terre pour la retrouver et la libérer de ce piège. Declan avait simplement continué à survivre sans se préoccuper du sort de sa prunelle, tel un égoïste, pendant qu'elle subissait la terreur et la torture, alors qu'il avait eu toutes les raisons de s'inquiéter. Mais ces raisons, il les avait délibérément ignorées. Il avait l'impression de l'avoir condamnée.

« J’ai vaguement entendu parler d’tout ça, mais mon esprit trop rationnel ne s’en est pas vraiment préoccupé... ». Ca ressemblait grossièrement à une excuse, alors qu’il n’en avait aucune. Ses yeux glacés parcoururent les séquelles tatouées sur le corps de la benjamine. Son état déplorable le blessait, d'autant plus qu'il n'avait rien entreprit pour tenter de l'en préserver. La colère se mêlait à son air coupable, à la douleur. « J’men veux tellement. J’aurais dû savoir qu’un truc clochait. J’aurais dû tout faire pour t’retrouver. T’aurais pu mourir là bas... » Et personne ne l’aurait jamais su. Mourir seule dans l’indifférence, pendant que ses proches épousaient la cause de l’ignorance. « J’n’ose même pas imaginer c’que t’as dû endurer, pendant qu’je continuais d’vivre comme si tout allait bien pour toi ». C’était si injuste pour Nymeria. L’irlandais n’aurait pas dû abandonner l’idée de demeurer dans son ombre, à la guetter pour s’assurer qu’elle allait bien quand elle lui avait pourtant demandé de se tenir à distance. Lâcher prise et se résoudre à cesser de courir après le vent était une erreur qu’il ne commettrait plus, peu importait ce qu’en dirait la concernée. Elle lui avait assuré qu’elle n’avait plus besoin de lui, mais ce n’était qu’un mensonge qui l’avait conduit en Enfer dans le plus grand des secrets. Il avait failli à son rôle de grand frère et protecteur. Failli à la promesse qu'il s'était faite de prendre soin d'eux, d'abord avec Eamon, puis avec Nym. L'échec était total et indigeste. Le rebelle s'était délesté de tout ce poids que sa famille représentait, pour sentir cette brise de liberté sur son visage fatigué qui lui était finalement inaccessible. Jamais il ne pourrait s'en affranchir, pas sans côtoyer le Diable. Pas sans devenir l'homme qu'il avait toujours haï. Il ne suivrait pas les traces de son père.

Le changeur quitta le lit, mal à l'aise face à la préoccupation de sa petite soeur. Il n'aimait pas se replonger dans les souvenirs des jeux, pas plus qu'il n'appréciait de s'épancher sur ses ressentis et ses blessures toujours béantes. Le sac à dos fut ouvert pour en ressortir les munitions, le revolver fut saisi à son tour avec le geste de l'habitude. Quelques pas las le menèrent jusqu'à la petite commode face au matelas. Il ouvrit le premier tiroir et y rangea négligemment son matériel, le referma avec lenteur puis se retourna pour s'y adosser. Ses bras se croisèrent sur sa poitrine à la respiration paisible, le métamorphe s'octroya quelques secondes de silence et de réflexion avant de lâcher, simplement. « J'suis en vie ». Il observa la belle intensément. « On est en vie et c'est tout c'qui compte, ça va aller pour nous ». En vie et entier, toujours debout malgré les démons et le chaos, les cicatrices du corps et de l'esprit, le Président et Lucifer. Ca irait pour eux. Ils se relèveraient et continueraient d'avancer dans la tempête. Il fallait s'en convaincre, ou bien cesser de respirer. Cesser de se battre. Cesser de vivre. Declan se contentait de ne plus penser aux tortures subies, de rediriger ses tourments vers une cause qui lui permettait de tourner progressivement la page de l'arène et de la prison, qui le guérissait chaque jour un peu plus, tout comme le temps finirait par panser les plaies de Nymeria. Toutefois, rien ne serait jamais oublié, ni pardonné. Rien ne devait l'être. « Ca ira, si on n'oublie pas qu'on est tous sacrifiables. Ca n'était pas réel, mais ça aurait pu l'être. Ils envoient leur propre camp dans l'arène, ils n'mettent personne à l'abri ». Il soupira, repensa à Joan et à la souffrance indescriptible que lui avait causé son sacrifice, puis conclut sur une constatation qui ne laissait planer aucun espoir. « On est à l'abri nulle part... ». En ville avec les tyrans, ou dans la nature avec les créatures, le danger les cernait de toutes parts. « Mais ça n'm'empêchera pas d'essayer de t'protéger, ce que j'n'aurais jamais dû cesser d'faire ». Le résultat de cette acceptation était évident, indiscutablement catastrophique.

Puis vint le coeur du sujet, le moment de faire vibrer la corde sensible. De se défaire de toutes ses pensées qui tournaient en boucle depuis bien trop longtemps dans l'esprit de l'aîné rejeté. « Pourquoi nous as-tu éloignés ? Pourquoi toute cette distance ? Ces mensonges ? Ces secrets ? Depuis ton réveil, tu n'es plus la même. Qu'est-ce qui a changé Nym ? Qu'est-ce que j't'ai fait ? J'avais promis d'être toujours là pour toi et tu m'as contraint à trahir cette promesse ». Sa mâchoire se serra brièvement, ses mains se crispèrent sur son torse alors il les dissimula dans le fond de ses poches. Tenta d'apaiser cette aigreur qu'il ressentait soudain lorsqu'il se rappelait qu'elle avait été à deux doigts de briser son lien avec Eamon, qu'elle avait été l'origine d'une querelle qui l'avait anéanti. Néanmoins il n'en dit rien, d'avantage chagriné d'avoir dissimulé la vérité de sa conception si longtemps que de l'initiative personnelle de Nymeria qui lui avait craché cette sombre révélation au visage. L'heure était également très mal choisie. « Excuse moi, tu viens d'sortir d'l'enfer, littéralement, et moi j'suis là à r'tourner la merde ». Il reprit place à ses côtés, sans oser la toucher. « C'est juste que j'peux pas m'empêcher d'penser qu'tu s'rais pas dans cet état si tu m'avais laissé être là, comme tu l'avais toujours fait avant c'putain d'accident ». Avant qu'elle ne meure et ne fasse offrande de son corps à l'âme d'une autre, en scellant fermement le secret de son réveil miracle.
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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Dim 2 Avr - 21:37

La main rêche agrippe la sienne, l’enserre dans un geste évident de réconfort. L’attention devrait lui faire l’effet d’un baume au cœur, mais elle ne parvient qu’à la gêner. Le profond malaise qu’elle ressent toujours en sa présence persiste. Elle reste une usurpatrice, une étrangère. C’est pour cette raison qu’elle a fait en sorte de rester éloignée. Il est plus difficile de se grimer avec lui, qui a de toute évidence toujours entretenu une relation fusionnelle avec sa cadette. Elle a bien plus de scrupules qu’avec qui ce soit d’autre. Eamon n’a toujours reçu que de l’indifférence et de mépris. Ce qu’elle peut lui offrir depuis son retour d’entre les morts est forcément une amélioration en comparaison de la situation antérieure. En revanche, elle ne peut pas permettre à l’ainé de retrouver ce qu’il a perdu. Elle ne sera plus jamais la même avec lui. Peu importe à quel point elle a envie de faire semblant. D’entretenir ce rôle pour se faire pardonner d’avoir volé le corps de la chirurgienne. Même s’il ne s’agissait au final que d’un cadavre. Qu’ils l’auraient enterrée sous terre si son âme ne s’était pas glissée dans la carcasse vide.

La culpabilité dévore l’irlandais et elle ignore comment l’en délivrer. C’est elle qui a cherché à s’isoler, qui a renié l’affection qu’il pouvait lui vouer. Elle aurait effectivement pu mourir seule dans les géhennes, dépecée par un monstre, sans que personne ne s’en soucie. Sa vie comme sa mort n’auraient eu que peu d’importance. Sa disparition pendant des semaines a même dû en ravir certains. Ses cobayes, ses collègues. Mais il n’aurait s’agit que de sa propre faute. Son incapacité à faire confiance, sa peur démesurée de l’attachement. Les multiples déceptions essuyées, qui la contraignent à se montrer hostile, méfiante. Encore brisée par l’assassinat de sa sœur par son loup. Davantage détruite par la trahison en elle-même que par le deuil atroce. Elle sait que le plus âgé des Grimes n’a rien à voir avec le milicien. Qu’il ne lui ferait jamais tant de mal intentionnellement. Qu’il pense toujours à elle, à sa famille, avant de penser à lui-même. Elle ne le connait pas aussi bien qu’elle le devrait, mais suffisamment pour avoir cette certitude. Il n’a rien d’un traitre ou d’un égoïste. « - T’as rien à te reprocher. C’était légitime de croire ça, ça sert à rien de ressasser ce que t’aurais pu faire. » Soupire t’elle, en se doutant que ses mots n’auront malheureusement que peu de poids. Trop dévoué pour ne pas s’en vouloir de l’avoir abandonnée. D’avoir appliqué plus facilement que prévu la distance qu’elle leur a imposé.

Son frère se lève, visiblement gêné. Il s’empare de son arme, la range. Comme une réaction d’instinct au rappel du Gouvernement. L'urgence de garder son flingue à portée, au cas où la milice débarquerait sans prévenir, en abattant la porte d’entrée. Elle regrette qu’il ait lui aussi goûté aux affres de l’Enfer. Qu’il ait cru tout perdre, tous ses proches puis sa propre vie. Elle est tout autant angoissée par le calvaire enduré par le plus jeune dans l’arène de glace, par les profondes séquelles qui ont dû rester. Ils sont en vie oui, mais est-ce vraiment suffisant ? Et à quel prix ? Comment peuvent-ils espérer se reconstruire après toutes les épreuves endurées ? C’est sans doute impossible. « - Peut être pas, mais c’est pire en étant leur ennemi. Ce qu’ils sont prêts à faire endurer à leurs troupes n’est qu’un vulgaire avant-goût de ce qu’ils préparent à l’encontre des résistants. » Lâche t’elle, en espérant que le sadisme des puissants ne l’a pas poussé dans le camp des extrêmes. Elle ne sait que trop bien ce qu’ils leur font subir. Et tout ça, au nom de quoi ? D’une liberté illusoire ? D’un changement de politique qui ne servira sans doute qu’à faire se succéder des régimes tous plus arbitraires les uns que les autres. Les résistants ont soif de vengeance, de sang, d’anarchie. Même s’ils réussissaient à finir sur leur trône plutôt que dans une fosse, qu’en feraient-ils ? Elle est d’avis qu’ils feraient régner un régime de terreur tout aussi abusif que le précèdent. Pour punir les foules conditionnées, les lâches et les tyrans. Sa différence l’a conduite à être traquée comme un animal. Torturée puis calcinée en place publique des siècles auparavant. Elle refuse de revivre ça, de retourner dans la misère. Conserver sa position privilégiée est une nécessité absolue pour elle. Même si elle s’attire ainsi les foudres des opposants au pouvoir.

« - J’ai pas besoin que tu me protège. C’est surement risible à entendre sachant que je me retrouve dans cet état pitoyable devant toi, que je n’étais pas plus en forme la fois précédente. Tu l’as dit, on est plus à l’abri nulle part. Mais t’as pas à jouer les chevaliers servants avec moi pour autant. » Souffle t’elle, pourtant touchée par son discours. Mais elle est trop fière pour faire de lui sa béquille. Pour se voir réduite à une pauvre chose ayant besoin de soins constants. Trop habituée à essuyer les traitrises et se débrouiller seule pour le permettre. La question la plus redoutée écorche les tympans, tasse instantanément ses épaules. Elle ne veut pas lui mentir, mais elle ne peut pas non plus lui avouer la vérité. Il lui faut choisir l’entre-deux. « - Moi. C’est moi qui ait changé. Tu n’y es pour rien. Les médecins t’avaient averti, on ne sort pas indemne d’un coma de plusieurs semaines. J’ai… oublié plein de choses. Je ne suis plus celle que tu as connue. Je devais me retrouver seule. Je ne supporte plus de dépendre de quelqu’un. Même de toi. » Lâche t’elle dans un souffle, en combattant la fatigue qui alourdit ses paupières et ronge ses articulations. Le moment est particulièrement mal choisi mais elle comprend que ce soit vital pour lui. Chercher à l’épargner n’a certainement servi qu’à le faire souffrir injustement et inutilement. « - C’est pas ce que tu as toujours voulu ? Tout ce que tu as sacrifié pour nous… Tu ne peux pas toujours te casser le dos à porter nos malheurs sur tes épaules. » L’aveu prend presque la forme d’excuses. Il n’a été confronté qu’à l’ingratitude d’enfants pourris gâtés. Un frère et une sœur trop heureux de s’en remettre au plus âgé, qui faisait quasiment office de figure paternelle pour eux. Celui qui rattrapait la moindre de leurs erreurs, sans les juger. Qui les couvait constamment, pour s’assurer qu’il ne leur arrive rien. L’abnégation dans sa forme la plus pure. Elle ne le mérite pas.

« - J’ai toujours eu des secrets. J’étais simplement plus douée pour te les cacher. Et tu étais peut être trop aveuglé pour discerner vraiment toute la noirceur que je renfermais. » Ce n’est pas vraiment un mensonge. Il l’aimait sans doute trop pour accepter de la voir telle qu’elle était vraiment. La sadique appréciant de se vautrer dans le vice. Sans doute parce qu’il était alors l’unique détenteur de sa part d’humanité. La femme réputée insensible ne trichait pas avec lui. La douceur qu’elle consentait à lui donner n’était pas feinte, elle était naturelle. Cora a beau mépriser celle qu’elle était de tout son être, elle doit au moins lui reconnaitre ça. Elle n’aurait pas pu ni même voulu survivre sans son grand frère. Elle en serait morte de chagrin. « - Je ne suis pas quelqu’un de bien Declan, ni maintenant, ni avant l’accident. La seule différence c’est que je ne veux plus que tu en pâtisse. » Souffle t’elle, en s’efforçant de plonger son regard clair dans le sien. Elle n’ose pas initier un contact, attraper à nouveau ses phalanges pour appuyer la sincérité de ses propos. Pour lui faire comprendre qu’elle ne cherchera plus pour autant à l’éjecter de son existence, s’il ne décide du moins pas de la rejeter en réalisant qu’il ignore la pire facette d’elle.

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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Mar 4 Avr - 10:42



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Son opinion sur le gouvernement lui fit légèrement détourner le visage, une petite flamme de haine s'embrasa dans le fond de ses yeux torturés; il s'empressa de l'étouffer, pour que sa soeur ne puisse pas la discerner. Les problèmes étaient suffisamment nombreux sans qu'il n'ajoute celui de sa propre façon d'agir à l'encontre des tyrans, de ceux qui avaient tenté d'endiguer le flot de colère qu'ils avaient provoqué en lui pour que celui-ci ne termine finalement par exploser au lieu de se tarir. Les arènes, la prison, les tortures... Il ne savait que trop bien quels étaient les châtiments réservés aux coeurs révoltés qui osaient se dresser contre leur tyrannie, et pourtant. Le voilà en train de surfer sur la vague de la rébellion, aux côtés des femmes et des hommes qui encouraient les peines les plus lourdes, aux côtés des plus extrêmes, alors que ses semaines d'enfermement l'avaient pourtant contraint à goûter aux nombreux tourments qu'on ne destinait qu'à ceux qui n'avait pas encore eu l'audace d'user d'autres armes que la parole contre leur politique. Les jeux, les vrais, seraient la dernière étape de sa triste vie... Conscient de cette sanction s'il se faisait attraper, il oeuvrait pourtant pour cette cause en laquelle son entourage ne croyait pas. Joan, puis Nymeria. Les avis féminins étaient similaires, ne s'accordaient malheureusement pas avec le sien. Sa belle était au courant, sa cadette resterait dans l'ignorance, c'était préférable pour tous les deux quand l'un travaillait pour le totalitarisme alors l'autre se battait contre. Sa confiance en sa prunelle n'était, de plus, plus suffisamment solide pour la mettre dans la confidence. Se justifier ne faisait pas non plus partie de ses envies dans l'immédiat, quand celle à qui ce comportement était destiné n'était de toutes manières pas en état de s'y confronter.

Ses bras se croisèrent sur sa poitrine dans un souffle entendu. Ses chevilles les imitèrent au bout de ses jambes qui s'étaient tendues contre le plancher grinçant recouvert d'une vieille moquette de mauvaise fortune. Toutes les paroles de la benjamine n'étaient que des vérités qu'il connaissait déjà sur le bout des doigts, qu'il avait toujours pensées sans ne jamais oser les exprimer réellement. Tout ça, il se savait déjà. Tout ça, il en était conscient, et ce depuis bien longtemps. Elle ne faisait que confirmer une réalité qu'ils avaient depuis tout ce temps gardée sous silence, préférant la fuite à l'échange, se dissimulant lâchement du regard de l'autre. Cette distance l'avait bien arrangée lui aussi, quand il pouvait cacher la partie la plus obscure de son existence à ceux dont il se devait d'être l'exemple. Merde, le monde avait changé. Ils avaient changé. S'accrocher au passé n'avait plus le moindre sens dans ce présent où personne n'avait su se préserver. Il avait fait le serment de protéger des enfants, mais les enfants étaient aujourd'hui des adultes qui n'avaient plus les mêmes besoin qu'autrefois. Des adultes qui avaient, tous autant qu'ils étaient, sombré dans les ombres d'un univers impitoyable auquel ils avaient dû s'adapter, en s'obstinant à faire les mauvais choix. Ils étaient les plus faciles. « J'en suis conscient, on a tous changé » déclara t-il simplement, tout aussi sereinement, acquiesçant succinctement au discours de Nymeria. « Mais ça n'm'empêchera pas d'être toujours là pour vous, si vous avez b'soin d'moi... ». Sans en dépendre, juste le soutien infaillible d'un frère sur lequel on savait pouvoir compter en toutes circonstances, qui se préoccupait sincèrement du sort de sa famille sur laquelle il garderait toujours un oeil, proche ou lointain. La dépendance, il n'en voulait plus non plus, elle l'avait exténué pour ne pas récolter le moindre laurier. Ses rétines accrochèrent le sol, un soupir résigné fut délivré, un peu coupable d'approuver le fond sans toutefois consentir à la forme. « J'ai soif de liberté moi aussi ». Face à la fratrie, l'aveu était prononcé pour la première fois. « Mais pas comme ça ». Pas en affrontant la disparition de chacun des membres de son cercle familial dont il avait eu la charge, bien qu'à sa sortie de prison il l'avait pourtant bassement pensé. Presque souhaité finalement, alors qu'il s'en voulait d'avoir émis un tel désir, plus encore maintenant quand il posait les yeux sur les blessures de la disparue.

« Aveugle, non. Juste pas prêt à l'accepter. T'étais la dernière p'tite part d'innocence qui restait dans ma vie Nym et j'voulais pas qu'cette part s'assombrisse. J'voulais préserver ton souvenir et celui d'un monde où tout n'était pas encore totalement parti en couilles, j'me suis raccroché à quelque chose qui n'existe plus d'puis longtemps parce que t'étais mon phare dans cette putain d'tempête qu'est devenue nos vies. J'pouvais pas accepter qu'tout se soit effondré. T'étais mes repères, mon monde à moi. T'étais tout pour moi ». La bouée à laquelle se raccrocher. Declan n'était pas aussi fort que tous l'avait soupçonné, il n'était pas le pilier qui pouvait braver les cataclysmes sans une base solide pour rester droit. Cette base, c'était Nymeria, les brèches dans cette dernière n'avait donc pas été permises, au risque que le changeur ne s'écroule. Finalement, le métamorphe ne paraissait être qu'un égoïste que les autres avaient injustement pensé extrêmement altruiste. Il s'était démené pour sa famille, parce qu'elle avait tout autant à lui offrir que lui à leur sacrifier. Double sens dont personne n'avait eu conscience et qui se révélait ce jour sous le regard intense de la cadette. L'homme avait appris à se dévêtir de son armure pour dévoiler ce qu'elle renfermait, à laisser de côté son immense fierté pour permettre à ceux qui lui étaient le plus proches d'entrevoir quelques unes de ses faiblesses. « Je l'suis maintenant ». Prêt à l'acceptation, parce que plus rien n'était comme avant. Leurs vies, leurs identités, leurs aspirations et objectifs, leurs réseaux de connaissances, tout était différent. L'irlandais n'avait pas échappé à cette évidence. Joan était en grande partie responsable de ce pas en avant. Sa rencontre avait provoqué beaucoup de changements chez son compagnon qui avait cessé de croire que l'univers ne tournerait définitivement qu'autour des Grimes et de leurs dérives.

« Je n'suis pas quelqu'un d'bien non plus ». La confession était livrée avec une simplicité impassible. Le plombier avait cessé d'avoir honte de ce qu'il était devenu depuis des lustres, la conscience s'était accommodée de ses méfaits. « La famille Grimes est pourrie jusqu'à la moelle, on dirait bien qu'aucun d'ses membres n'échappe à cette fatalité, j'ai cessé d'en pâtir depuis quelques temps déjà ». De génération en génération, ils s'égaraient dans les méandres d'une noirceur sans fond. Se rejeter les uns les autres pour une condamnation qu'ils méritaient tous était au fil du temps devenu complètement insensé. Il n'avait plus le droit d'exiger que son frère et sa soeur demeurent dans la lumière quand lui-même arpentait les ténèbres. Le changeur s'était longtemps montré injuste envers ces derniers, à cause de cette tendance à l'hypocrisie dont il avait fini par se délester. « Je n'sais plus qui tu es Nymeria, mais j'suis prêt à l'accepter, si tu consens à arrêter d'me mentir ». Les révélations de Stain revinrent avec clarté à sa mémoire, tout comme sa dénégation au sujet de l'agression dont elle l'avait accusé. Aujourd'hui, Declan avait fait son choix. Il avait décidé de douter de celle avec qui il avait été fusionnel, parce qu'il ne la reconnaissait plus. Parce que les confessions de celle-ci n'ajoutaient que plus de poids à cette déstabilisante constatation, à la méfiance qui s'était installée depuis qu'il avait entamé le retrait de ses oeillères.
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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Sam 8 Avr - 8:20

Les aveux se brisent contre sa carcasse, lui font prendre conscience de ce qu’elle l’a forcé à sacrifier. La culpabilité la tiraille, se glisse dans son cœur comme une épine, impossible à déloger. Elle sait néanmoins qu’elle n’aurait pas pu faire autrement, qu’elle ne pouvait plus lui offrir ce qu’il voulait. Elle regrette que la remise en question ait pourtant été si éprouvante. Dans un sens presque plus qu’un véritable deuil. Si elle avait laissé Nymeria mourir, il n’aurait pas ressenti le chagrin d’être rejeté. Ni l’incertitude brutale, ni l’incompréhension poignante. Son monde se serait effondré, mais d’une manière sans doute moins pernicieuse, moins cruelle. Il aurait tout perdu d’un coup, au lieu de voir tout s’envoler morceau par morceau, jusqu’à dénaturer complètement leur relation fraternelle. Il lui donne la terrible impression d’avoir bafoué une promesse qu’elle n’a pourtant jamais prononcée ni scellée. Elle ne sait tout simplement pas quoi lui dire alors qu’il étale sans pudeur son ressenti. Elle reste désolée sans l’être. Elle regrette de l’avoir fait souffrir, parce qu’elle sait qu’il ne méritait pas qu’elle lui tourne le dos sans une once d’explications. Mais elle ne voit pas comment elle aurait pu procéder autrement. Continuer de lui offrir ce qu’il attendait. Elle se contente d’hocher la tête en apprenant qu’il est prêt à accepter ce qu’elle est devenue, à ne plus se voiler la face. Il ne lui semble pas que beaucoup d’autres options s’étalent devant lui de toute manière. L’irlandais ne peut que la renier ou mettre de l’eau dans son vin.

Je n’suis pas quelqu’un d’bien non plus
. Probablement pas. Elle se doute qu’il suffirait de gratter sous le vernis pour découvrir des choses repoussantes. Qu’il a certainement lui aussi des cadavres dans ses placards. « - Comme certainement la plupart de ceux qui respirent encore dans ce monde en ruines. » La survie impose forcément des actes irréparables, impardonnables. De trahir à un moment ou à un autre sa morale pour s’assurer un avenir. C’est également la voie la plus facile. Celle qui appelle les hommes comme les sirènes entrainent les marins dans des abysses meurtriers. Les chants envoûtants les engloutissent tous, tôt ou tard, dans les profondeurs macabres. Même si certains y résistent certes plus longtemps ou plus fort que d’autres. Et que tous ne sont pas forcément motivés à remonter à la surface. Elle ignore dans quel case se range vraiment Declan, mais elle sait que quelqu’un prêt à tout risquer pour sa famille ne peut pas être si monstrueux que ça. Que l’ombre bataille toujours avec la lumière.

La suite de ses paroles la crispe cependant. Il ne pose aucune question, mais elle sent qu’elle va devoir se justifier. Qu’il va probablement la contraindre à reconnaitre ses torts et à jurer de ne plus recommencer. Elle voit des barreaux invisibles se refermer tout autour elle, l’enfermer dans un carcan où elle ne pourra que se sentir à l’étroit. Elle n’est pas honnête, ne l’a jamais été. On ne lui a appris qu’à manipuler, comploter, calculer. Elle a payé horriblement cher les rares fois où elle a tenté de se montrer digne de confiance. Où elle a baissé sa garde. Presque toujours poignardée dans le dos, pour avoir osé se montrer vulnérable. « - Si tu as des choses à me reprocher, dis-les au lieu de tourner inutilement autour du pot. » Lâche t’elle, plus sèche et cassante qu’elle ne l’aurait voulu. L’épuisement tiraille bien trop violemment ses membres pour parvenir à réagir autrement. Elle ne supporte pas les insinuations, la sensation d’être subitement de nouveau une fillette qu’on réprimande sans en avoir l’air. Elle a trop de fierté pour l’encaisser sans broncher. « - A propos de quoi je t’ai menti ? De Stain ? » Le prénom lui écorche la langue, appuie sur une plaie encore béante et infectée. Celle qui s’élargit constamment au lieu de cicatriser. Plus douloureuse et purulente que jamais. Elle doit des excuses à l’ainé, pour ça au moins. Pour l’avoir utilisé sciemment à des fins douteuses. Trop aveuglée par sa haine pour se soucier des dommages collatéraux. « - Il a tué froidement quelqu’un que j’aimais. Je me suis vengée. J’étais pas… rationnelle. Je regrette que vous ayez été impliqués. » Souffle t’elle, en faisant preuve d’une étrange franchise. Consciente qu’exprimer ses remords à voix haute ne suffira pas. Elle a honte de s’être servie de lui pour faire tabasser le milicien. Mais plus encore d’avoir fait croire à Eamon qu’Il l’avait violée. Le mensonge tentaculaire, aux conséquences dramatiques pour le jeune père.

Sa paume vient s’appuyer contre son front, en lisser les rides de fatigue et d’anxiété. Et soudain, la réalité dérangeante la frappe. Pourquoi sont-ils là ? Dans cette chambre à bas prix qui semble être pour lui un lieu de vie à part entière. « - Qu’est-ce que tu fais ici d’ailleurs Declan ? Dans cet hôtel miteux ? Où sont les petits ? Pourquoi ils sont pas avec toi ? » Sans doute déplacée, la curiosité la pique et la pousse à l’interroger. Même si elle n’est pas la plus légitime pour le faire, elle qui s’est contentée d’adopter le chien du benjamin en reléguant le rôle de père adoptif au plombier. L’inquiétude sincère qu’il leur soit arrivé quelque chose perce sa trachée, se reflète dans ses prunelles claires lorsqu’elle les replonge dans les siennes.

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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Mar 11 Avr - 16:24



This is war
It’s the moment of truth and the moment to lie. And the moment to live and the moment to die. The moment to fight



Declan réfléchit en ancrant son regard dans le vague. Des mensonges, à quel sujet ? Comment savoir lorsqu'elle avouait si facilement s'être servi de lui pour abreuver sa vengeance, sans qu’elle ne soit assurée qu'il aurait le dessus sur l'individu ? Elle avait mis la vie de son propre frère en danger, sans une once d'hésitation, lui avait ouvertement et honteusement menti sur un sujet qu'il jugeait profondément grave, aux conséquences plausiblement désastreuses. La petite diablesse avait fait de son aîné son arme, froidement, sans se soucier des conséquences ni pour lui, ni pour celui qui n'avait pas commis la faute dont elle l'avait accusé. Et si les choses avaient mal tourné ? Elle l'aurait simplement sacrifié, au profit d'une guerre avec laquelle il n'avait rien à voir, parce qu'il avait eu la bienveillance de venir s'enquérir ce fameux jour de son état. La Nymeria qu'il connaissait n'était pas la sainte qu'il avait espérée, mais elle n'était pas non plus suffisamment diabolique pour s'adonner à une telle horreur. Les oeillères terminèrent de se désagréger. Etrangement, le mal s'apaisa pourtant. Le changeur n'avait pas été trahi et manipulé par sa prunelle, mais par une étrangère. Une femme métamorphosée par un monde gangrené qu'il faudrait apprendre à découvrir, tout en étant persuadé de détester ce qui lui serait révélé, sans avoir d'autre choix que de s'y résoudre sans jugement s'il désirait qu'elle continue de faire partie de sa vie. Elle restait sa soeur malgré tout, sa chair, son sang. Pervertie certes, elle était et serait jusqu'à leur dernier soubresaut sa famille, quoiqu'il arrive.

A son tour de parler un peu sèchement, de son grain rauque. « Qui aurait pu m'tuer tout aussi froidement ». C'était un reproche, et surtout une constatation irréfutable quand on savait que Stain était un changeur de peau, qui plus était meurtrier, et que son ennemie pensait que celui qu'elle avait envoyé pour le contrer n'était encore qu'un simple plombier aux gènes humains vulnérables. Lui aussi lui avait caché tellement de choses... Il contemplait le vide, soupirait d'un air blasé. Le passé étant ce qu'il était et impossible à remodeler, il fallait se contenter de tourner la page de ce vilain souvenir, épouser ensuite les promesses d'un avenir tout aussi sombre et incertain. De quoi était capable cette personne à l'allure si glacée qui osait jouer les marionnettistes avec ceux qui lui offriraient pourtant leurs vies sans réfléchir ? Elle n'avait jamais eu besoin de fils pour mener le changeur là où elle le souhaitait, il le lui avait prouvé lorsqu'il avait dissimulé la souillure du sang qu'elle avait eu sur les mains. Si elle s'était contentée de lui expliquer la situation, les mots auraient suffit à le motiver à prendre part à cette querelle, simplement parce que son rôle était d'épauler sa protégée. Nymeria aurait dû le savoir, mais il n'en dit rien. C'était inutile, avec sa fratrie il avait baissé les armes.

Il se glissa dans un silence pesant en gravant toutes ces paroles dans un petit coin de sa mémoire, quitta le lit pour aller se réfugier une nouvelle fois près de ses tiroirs. Ses mains se posèrent sur le meuble sur lequel il prit appui dans un souffle tranquille, demeura quelques secondes dans sa coquille taciturne avant de se tourner vers l'invitée, sans oser la regarder de ses yeux bourrus. Qu'elle l'implique lui était encore passable, il s'en remettrait, néanmoins leur cadet... Non seulement elle avait été les lèvres qui avaient formulé le secret chèrement gardé, mais elle l'avait aussi impliqué dans cette obscure affaire d'agression. Le Vous mêlé à ses regrets n'avait pas échappé aux oreilles du protecteur. Eamon n'était pas assez solide pour affronter tout ce vice et ses manigances, elle était également sensée en être consciente. Putain ! « T'es méconnaissable... ». Son oeillade se posa finalement sur elle, déjà beaucoup moins rude. Le rebelle était bien plus désabusé qu'en colère. « Je n'sais pas à quel jeu tu joues avec Stain, où avec qui qu'ce soit d'autre d'ailleurs, mais laisse Emmy en dehors d'tout ça, c'est la seule chose pour laquelle j's'rai incapable d'me montrer conciliant ». Qu'elle se cantonne à l'indifférence qu'elle avait toujours éprouvé pour lui, c'était largement préférable. Ceci étant dit, il n'ajouta plus rien à ce sujet, il doutait qu'elle lui livre les détails de son quotidien et de ses frasques malgré la franchise dont elle s'était subitement drapée. La confiance qu'il avait placée en elle s'envolait pendant que les ailes de la Nymeria de ses souvenirs battaient l'air, trop lointaines pour qu'il puisse encore les entendre. Qui es-tu ?. La question lui brûlait les lèvres mais trop accusatrice elle n'en franchirait pas le seuil. Il n'était plus en droit de la juger.

Le plombier croisa ses bras sur son torse dans une posture sereine, puis ses prunelles bleutées balayèrent vaguement la pièce. Sa présence en ces lieux était le fruit d'une bien longue histoire, un fruit trop amer pour laisser Nym ne serait-ce qu'en sentir les effluves. Joan était la seule à connaître tous ses secrets. Sa confidente, son refuge, son ancre. La benjamine avait perdu tous ces privilèges le jour où elle avait décidé de creuser le fossé qui les avait, peut-être, définitivement séparés. Qu'elle avait rendu plus profond aujourd'hui, alors qu'elle faisait pourtant preuve de sincérité - sincérité bien trop tardive et déconcertante pour rétablir cette proximité qui lui avait pourtant tellement manquée -. Autrefois à l'aise aux abords de la chirurgienne, maintenant confus, il ne ressentait plus l'envie de lui confier ses troubles. Sensation à priori partagée. Encore une fois, tout avait tellement changé... « Tu n'es pas la seule à avoir des secrets Nymeria » affirma t-il sans se détacher du décor qu'il continuait de parcourir, impassible, avant que ses rétines ne daignent accrocher les siennes. « J'avais b'soin d'changer d'air et c'coin là, c'est l'moins cher de la ville. Les p'tits n'ont pas pu m'suivre là où j'me suis r'trouvé après les jeux. J'ai entendu dire que leur père s'était résolu à r'prendre son rôle durant mon absence ». Il n'avait revu ni l'un ni les autres, ne savait pas ce qu'il était réellement advenu d'eux mais n'allait pas non plus avoué qu'il n'avait pas tout fait pour les retrouver et s'assurer de leur sort, que lui aussi s'était vautré dans un égoïsme condamnable. Que son pressentiment suffisait à lui assurer qu'ils étaient en bonne santé et qu'ils seraient, de toutes manières, beaucoup mieux partout ailleurs qu'auprès de lui.
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MessageSujet: Re: What the fuck ? ft Nym   Mer 19 Avr - 17:30

La critique tombe, égratigne rudement les tympans. Elle ne peut pas réellement s’en défendre. Aveuglée par sa haine et sa soif de vengeance, elle a commis de terribles erreurs. Obsédée par la trahison de l’italien depuis son réveil. Elle n’avait pas mesuré le danger, la probabilité pour que les choses tournent mal pour l’un ou pour l’autre. Convaincue que le plombier aurait le dessus et que le loup s’en sortirait avec quelques ecchymoses, la queue entre les pattes. Avec du recul, elle regrette d’avoir joué impunément avec leurs vies. Celle de l’un comme celle de l’autre. « - Il s’est contenté d’empoisonner la perfusion d’une femme hospitalisée. Vu la dose de courage du type, tu ne risquais pas grand-chose. » Marmonne t’elle pourtant, trop fière pour se taire ou assumer pleinement ses torts. Le rappel du crime odieux fait remonter la bile le long de sa gorge, incendie les entrailles d’un brasier impossible à éteindre. Elle a beau tenter de passer au dessus de l’assassinat, la colère revient perfidement sur le devant de la scène. Chaque fois qu’elle y repense. Sa rage lui brouille les idées depuis le départ. Declan comme Eamon n’avaient été que des dommages collatéraux. A l’allusion du plus jeune, la sorcière baissa les yeux, honteuse. Une énième erreur à se faire pardonner. A croire qu’elle n’a fait que les enchainer. « - J’avais pas l’intention de l’impliquer en quoi que ce soit. Et si ça peut te rassurer, je ne l’ai pas revu depuis des mois. » C’est surement mieux ainsi. Elle ne lui a jamais apporté que du pire, même en ayant changé d’âme. Même en étant bien plus compatissante et attendrie par lui qu’auparavant. Elle n’est cependant pas certaine d’apprécier le ton abrupt du néo-zélandais, presque menaçant.

Tu n’es pas la seule à avoir des secrets. Ou la manière diplomate de lui faire comprendre que ça ne la regarde pas. La réponse évasive de son ainé la désarçonne légèrement. Non pas tant à cause de son manque de confiance évident envers elle, mais à cause de la négligence dont il a fait preuve vis-à-vis de ses neveux. Qu’il soit soulagé de ne plus les avoir sous sa garde était une chose. Qu’il ne paraisse pas plus angoissé que ça par leur sort en était une autre. Elle non plus, ne le reconnait pas. « - Tu as entendu dire ? Tu n’en es même pas certain, tu n’as pas cherché à savoir ? » Ne peut-elle s’empêcher de demander doucement, après un bref silence. « - Je ne peux pas croire que tu t’en moques. » Insiste t'elle, surement stupidement. Il ne lui dit peut être tout simplement pas toute la vérité, mais il lui parait réellement ignorer où les petits se trouvent. Une issue qui lui parait totalement invraisemblable, après qu’il ait tant donné de sa personne pour leur assurer un avenir. L’épreuve terrible des jeux l’a-elle transformée si drastiquement ? Au point de parvenir à se détacher à ce point de la mission dont il s’était senti investi depuis le décès tragique de leur mère ? « - C’est toi leur père Declan, que tu le veuilles ou non. Pas d’origine certes, et sans doute que tu n’as jamais voulu endosser ce rôle, mais c’est toi qui veille sur eux depuis des années. Eamon ne sait déjà pas s’occuper de lui-même, alors de ses gosses… Impossible. Ils ne savaient surement même plus à quoi il ressemblait. » Une grimace déforme ses traits fatigués, alors qu’elle imagine le carnage. Eamon était trop jeune pour se caser, avoir des enfants à l’époque. Mais il reste tout autant immature aujourd’hui. Qui, sinon un adolescent sans jugeote, se rendrait au parloir d’une prison avec de la drogue dans les poches ? En pleine période de prohibition de surcroit ? Elle ne le juge pas vraiment pour son absence d'instinct paternel, mais que le plus âgé n’ait pas essayé de retrouver leur trace la dépasse. « - Toi aussi tu es méconnaissable. Ils pourraient tout aussi bien être morts à l’heure qu’il est, et ça ne semble pas t’inquiéter outre-mesure. Mon frère ainé aurait remué la ville entière pour les retrouver autrefois, et n’aurait pas laissé le benjamin les reprendre avant qu’il n’ait fait au moins un million de fois ses preuves. » Nymeria ne cherche pas à lui faire la morale, en dépit des apparences trompeuses. Elle n’aurait rien fait de mieux à sa place, et l’a montré maintes fois par le passé. Elle est seulement surprise qu’il soit passé du tout au rien. Inquiète pour lui aussi.

« - Enfin, c’est ta décision. J'espère que tu ne la regretteras pas plus tard. Je crois qu’il vaudrait mieux qu’on dorme. » Souffle t’elle finalement en guise de conclusion. L'épuisement tiraille violemment le moindre de ses muscles. Ses prunelles claires la brûlent affreusement, comme emplies de multiples grains de sable. Cela fait des semaines qu’elle ne connait que la terreur, l’esprit toujours en éveil, les sens aux aguets. Elle ne parvient plus à réfléchir correctement et se maudit pour tout ce qu’elle a pu mettre sur le tapis, au risque de déclencher un débat ou une dispute. Elle n’a pas la force mentale pour le supporter. Sans attendre l’autorisation, la brune se recroqueville contre les draps. Le corps trop endolori pour apprécier à sa juste valeur le confort du matelas ou même la sécurité de la chambre. Seule la présence de son frère dans la pièce reste malgré tout un réconfort à sa manière.


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