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 « I hear the voice of rage and ruin » Declan

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MessageSujet: « I hear the voice of rage and ruin » Declan   Mar 7 Mar - 18:26



I hear the voice of rage and ruin

 


La fatigue et l'usure de ces derniers mois semblent ne pas vouloir me quitter. J’ai beau avoir revu Shae, savoir que tout le monde est en vie, ce sentiment persiste. Lorsque je ferme les yeux, seul, dans mon lit, les images me reviennent. Toutes. Celles des premiers jeux, des morts, celles des seconds et de la torture subie. Deux dates, deux années bien différentes et pourtant, si ce n'est cette rage au ventre, rien n'a changé. J'ai mal quand je respire, quand je vis. Cette oppression constante qui ne fait que s'accentuer.

Pourquoi moi ? Pourquoi nous ?

Les questions se ressemblent toutes et aucune réponse ne semble acceptable. Je suis mort de peur, là, à attendre la prochaine sentence, le prochain acte injustifié envers les citoyens de ce monde explosé. Autour de moi, la masse d'articles parlant des jeux s'accumule. Pire qu'une obsession, je cherche une explication rationnelle à ce merdier. Une raison de ne pas me faire sauter la cervelle tout de suite. Et puis il y a Jayden, son souvenir qui me hante plus vivant que jamais avec leurs histoires. Des croquis faits à la va-vite avant d’oublier complètement son visage. Cette chance gaspillée de s'excuser auprès d'un mort déjà trop loin de moi. Il faut que je sorte, que je bouge. La colère monte alors que je me demande depuis des jours si l'heure n'est pas venue d'aller voir Lazlo et de lui dire que je m’engage réellement dans la résistance à ses côtés. Je fixe l'horloge qui se meurt avec moi, peut-être une façon de me dire que si j’attends plus il sera trop tard.

Et merde.

J'attrape mon blouson, mes clopes et les clés. La porte claque violemment derrière moi alors que j'entends les articles voler à l’intérieur. C’est décidé, aujourd’hui sera différent, pour tous ceux que je n'ai pas pu sauver et tous ceux qu'il reste à sauver. Les rues sont sombres, plus moroses que d’habitude, la tristesse et la solitude en première ligne de la Nouvelle Orléans. Je baisse les yeux, ignore cette agressivité latente. Mon regard de photographe se ternit, incapable de saisir la lumière dans les ombres ce soir. Mes pas lourds semblent s'accrocher au sol, une part de moi, cette lâche, a trop peur de ce que je suis capable de faire et dire. J'ai mal, sans rien lâcher. J'ai peur, sans rien montrer. La route n'est plus très longue et pourtant je dérive, allonge le moment où je ne pourrais plus reculer. Les rues se ressemblent toutes, hurlant une douleur commune, attendant la mort sans rien pouvoir y faire. Sans même le réaliser, je relève les yeux, cherche un contact humain dans mon désespoir.

Pourtant, la silhouette qui se dessine face à moi n'a rien de rassurant, rien d'un espoir. Je le reconnaîtrais entre mille, ce connard qui se croyait supérieur. Celui qui n’avait d'yeux que pour sa Juliette. Roméo de mes deux. Croyant vaincre la mort sans se rendre compte qu'il n'en était pas capable. J'ai juste à me détourner, me tapir dans l'ombre pour laisser ce sale souvenir s’éloigner. Pourtant j'en suis incapable. Je m'avance de plus en plus vers lui, à deux pas de sentir son aura monstrueuse. L'égoïste qui n'a pas été capable d'aider Mackenzie. Celui qui nous aurait laisser crever comme des chiens pour rester auprès de sa belle. Ce sale con à qui je n'ai pas eu l’occasion de dire ses quatre vérités. C’est maintenant ou jamais. Fini la lâcheté, fini le regard baissé. Alors j'ose, plus fier que jamais. J'ose m'affirmer, me planter face au colosse dont j'ai oublié le vrai prénom. Je plante mes iris dans les siens, habité de cette rage qui ne fait que monter encore et encore en moi. Mon corps se réchauffe dangereusement, de ses fièvres que l'on ne veut pas connaître. Celles qui nous font faire n'importe quoi, n'importe comment. Celles qui peuvent nous faire mourir en un rien de temps. Pourtant j'insiste, sans bouger d'un pouce, ne laissant que quelques secondes s'écouler, histoire de ne pas lui laisser un avantage. Ma voix s'élève brutalement, mes mâchoires toujours serrées, crachant cette violence sans même encore avoir articulé un mot.

« Hey, tu te souviens de moi Roméo ? » Ton agressif, trop même. Cette boule de chaleur qui traverse abruptement mon corps alors que mon cœur cogne dans ma poitrine. Face à lui, je ne lâche pas son regard, sans doute bien trop déterminé vu les circonstances. L'eau est sensée avoir coulé sous les ponts. La vérité est bien différente. La seule chose qui a coulé est mon sang, ma haine. Elle s'est nourrie de mes craintes pour les changer en violence pure et dure. « On a des comptes à régler toi et moi. » Je serre les poings, commence à trembler de rage, alors que les images de Mackenzie souffrantes, de Jackson mort, de toutes ces horreurs, défilent dans mon crâne malade. « Ça va connard, tu dors bien la nuit ? Pas trop mauvaise conscience de nous avoir laissé crever comme des chiens ? » Froid, brutal, mon ton n'a plus rien de celui qu'il a pu entendre. « Que tu me laisses crever moi passe encore, mais elle, comment t'as pu oser ? » Des accusations jetées comme du venin, alors qu'au fond il n'y est pour rien. Dans un rire mauvais, je passe une main sur ma mâchoire, loin d'avoir le contrôle sur mon propre corps. « Tu dois payer. »

Aliéné dans un souvenir violent, je veux passer à autre chose, tourner la page. Et pour cela quelqu’un doit payer. Tu dois payer Roméo à la con.
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MessageSujet: Re: « I hear the voice of rage and ruin » Declan   Mar 7 Mar - 23:02



This is war
It’s the moment of truth and the moment to lie. And the moment to live and the moment to die. The moment to fight


Des visages il en avait croisés tellement, des vivants, des défunts, des agonisants. Tellement qu’il avait cessé de les compter depuis bien longtemps, la plupart avaient même cessé d’exister dans les dédales de ses souvenirs, aussi morts dans sa caboche à la mémoire morcelée qu'ils l'étaient sur Terre. Pourtant, ce visage qui venait se dresser face à lui, sorti soudainement de nulle part, il s’en rappelait comme s'il l'avait zieuté hier. Il était plus sombre et amer, plus arrogant et agressif, peut-être également un peu plus marqué, mais c'était bien lui. Le blond de l'arène.

Des mois s’étaient écoulés, néanmoins le temps n’avait pas fait son oeuvre. Les jeux refirent surface dans cet esprit qu’ils avaient traumatisé, pas totalement brisé mais bel et bien fissuré. Le chagrin, la peur, la douleur, cette rage qui vous consumait en une fraction de seconde et vous poussait à commettre n’importe quoi, à n’importe qui. Qui l’avait contraint à s’en tenir à cette règle qui vous murmurait au creux de l'oreille qu’il n'y en avait aucune, que tout était permis du moment qu'il s'agissait de veiller sur ses proches, au détriment de sa propre vie. L’émotion négative née de ce passé qu'il n'avait pas mérité déferla avant qu’il ne s'empresse de la ravaler, trop fier pour concéder la moindre parcelle de sa vulnérabilité à cet agresseur.

Declan se figea et planta son regard plus navré que surpris dans les prunelles en feu de cet homme avec lequel il avait côtoyé l’enfer. Son nom lui échappait, son surnom, lui, était resté gravé : le gringalet. Il encaissa les reproches et les insultes sans réagir, glacé comme le marbre. Maintenant qu’il faisait partie d’un groupe, partie d’un tout pour lequel il donnerait volontiers sa vie et que l’individualisme s’était peu à peu terni, il comprenait que ce jour là il s'était montré détestable. L’égoïsme avait primé, cela dit pour une raison qui avait suffisamment valu la peine de l’épouser. Parce qu’il pensait avoir laissé les autres mourir pour que sa compagne puisse leur survivre, il ne regrettait pas de s’être révélé si insensible, presque - ou complètement - criminel. Alors quoi, le freluquet aurait choisi une autre voie, quand il proclamait ouvertement que l’existence de blondie avait plus de valeur que la sienne ? Eux ou Elle... C'est Elle qu'il aurait choisie. L'hypocrite aurait fait exactement les mêmes choix que celui qu’il blâmait pour ceux là, bien qu’ils sonnaient comme des erreurs au goût d'impardonnable dans son coeur en colère. Persuadé du bien-fondé de ses pensées, l’irlandais lui cracha ses convictions au visage. « Elle ou nous, si t’avais dû choisir, tu nous aurais laissés crever aussi... ». Il s’adoucit, finalement il était bien plus blasé que contrarié par cette condamnation sans procès. « Puis techniquement y'a pas mort d'homme, j’ai sacrifié personne, alors on va s'détendre ». Tout n'avait été que virtuel, ce n'était pas un détail négligeable.

Il fut un temps où il aurait dégainé ses poings pour bien moins que ça, mais cette époque lui paraissait si lointaine... Aussi calme qu’il pouvait l’être, il était résolu à ne pas offrir à l’autre ce qu’il recherchait, simplement parce qu’il avait besoin d’un coupable sur lequel défouler sa haine et ses séquelles. « J’n’ai pas envie d’me battre contre toi ». Le colérique se trompait de fautif, semblait avoir oublié que Declan n’avait jamais demandé à faire partie de leurs divertissements macabres, à voir périr son frère et sa compagne. A écumer les coups jusque dans l’arène finale où on l'a convaincu de sévices sur sa cadette, où il a été massacré avec barbarie pour avoir désiré l’épargner. Qu’il n’avait jamais pensé à tuer pour son bon plaisir mais pour la survie de ceux qu’il chérissait, au péril de la sienne. Que si l’autre avait eu la force et les moyens d’en faire autant, il aurait emprunté le même chemin. Celui qu’on croyait coupable n’était qu’une autre victime du système, tout comme le gringalet. Une marionnette, plus à même de jouer le jeu que d’autres, qui ne restait pourtant qu'un pantin soumis aux caprices fous du gouvernement.

D’un ton qu'il refusait toujours d'élever bien qu'exaspéré, accompagné de son assurance sans tâche, sa langue claqua sur son palais. « Putain ». Sa voix rocailleuse tenta de lui ôter ses oeillères. « T'aurais été prêt à tout pour ta blonde, comme j’me suis montré prêt à tout pour Elle. Je n'm'excuserai jamais pour ça ». Elle. Cette femme aussi innocente que l'était la ptite blonde, qui s’était sacrifiée pour lui, élevée au rang de martyre. Cette femme qu’il aimait et qu’il avait cru lui être définitivement arrachée. La douleur qu’il avait ressentie, il en frissonnait encore, c'était une pluie de coups de poignards qui n’avait plus cessé, jusqu’à ce que la comédie leur soit révélée. Tourmenté par cette mort factice dont il cauchemardait encore souvent, il laissa l’agressivité refaire brièvement surface, amener avec elle une provocation acerbe. « C'est pas d’ma faute si t’étais trop faible pour t’montrer à la hauteur ». Ses yeux s’autorisèrent à le défier. « Vas-y l’gringalet, montre moi donc comme tu es dev’nu fort aujourd’hui. Fais moi payer l’prix qu’t’estimes l'plus juste pour avoir voulu sauver la vie d'celle que j’aime. J’suis curieux d’voir si t’en as enfin vraiment dans l’bide ou si c’est juste un air que tu t’donnes quand tu piques ta crise de nerfs ». Il comprenait cette irrépressible nécessité de le frapper, de se libérer de toute cette hargne qui pouvait submerger un homme qui avait été injustement blessé, contraint à l'impuissance. Il était de ce genre là, mais avait appris à la refouler. La prison avait fait de lui un homme bien moins impulsif qui maîtrisait d’avantage ses émotions les plus vives. Oui, il comprenait, mais n’était pas pour autant prêt à se laisser refaire le portrait sans broncher, parce qu’il ne mangeait tout de même pas de ce pain là. « Tu veux jouer les durs vas-y, t'gênes pas, j't'accorde le premier coup qu'ce soit plus équitable. J'ai rien contre toi, mais un conseil envoie moi direct au tapis, parce que si j'réplique j'donne pas cher de ton joli minois de p'tit angelot colérique ». Ce n'était pas une menace, juste un modeste avertissement.

Le skinchanger n’avait pas envie d’en arriver là, lui faire du mal n’était pas dans ses projets, alors il se rapprocha avec un aplomb impeccable, planta son oeil intouchable dans celui du belliqueux. Grimes espérait que les prochaines paroles suffiraient à apaiser les tensions qui électrisaient un peu trop dangereusement le vis-à-vis. Il voulait réorienter sa rage, au minimum parvenir à la contourner. « Si t'as autant b'soin d'en vouloir à quelqu'un, essaye au moins d't'en prendre aux bonnes personnes. Dirige donc ton trop plein d'colère contre notre putain d'système mec, c’est lui qui nous a envoyés dans c'bordel subir toute cette merde qui nous colle encore à la peau. Fais en quelque chose de constructif. Admettons qu'tu réussisses l'exploit d'me casser la gueule... et après ? Tu t’sentiras mieux quelques secondes puis tu s’ras d’nouveau aussi hargneux qu'une salete d'roquet, avec des phalanges fracturées en prime ». Invitation déguisée à la Résistance qu’il avait lui-même embrassée, pour ne pas sombrer. Pour ne pas subir sa propre fureur, mais parvenir à la canaliser, jusqu’à ce qu’elle explose au visage des tyrans.
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MessageSujet: Re: « I hear the voice of rage and ruin » Declan   Mer 8 Mar - 20:32



I hear the voice of rage and ruin

 


 Les mots du viking me heurtent de plein fouet. Si j’avais du choisir, qu'est-ce que j’aurais fait ? L'espace d'une seconde ma respiration se coupe, les sensations de cette arène boueuse me reviennent de plein fouet dans le visage. Les odeurs, les insectes, les blessures, les images. Un frisson parcourt mon corps alors que la raison ne semble pas vouloir se frayer un chemin dans mes pensées. Parce qu'il croit quoi, cet enfoiré ? Que je n'ai pas eu le choix de m’occuper que de Mackenzie ? Est-ce que je l'ai fait pour autant ? Non. J'ai gaspillé du temps précieux et de l’énergie à tenter de les aider, lui et sa brunette. Il ne sait rien, ni de moi, ni même de l’arène. On a pas vécu le même enfer, j'en suis convaincu. Parce qu'il a préféré fermer les yeux sur tout ce qui nous entourait. La remarque qu'il ajoute me laisse un rire amer au coin des dents. 
 
Pas mort d'homme ? Il se fout de ma gueule ce con. Il a cru quoi ? Que ses jolis yeux bleus aller m'adoucir ? Je n'ai rien d'une de ses nombreuses conquêtes qui tombent sous le charme de son regard ténébreux, au contraire, si ça me fait quelque chose, ça m'enivre un peu plus de rage. Il se prend pour qui ? Le jugement dernier ? Qu'il aille se faire foutre avec ses paroles à deux balles, j'ai vu sa vraie nature. Mais le blondinet en rajoute une couche, il étale sa belle parole comme un pseudo messie. « T'as cru quoi là, que j'attendais des excuses et qu'on se tape la bise ? » Il est vraiment con celui-ci. « Je t'aurais cru un minimum plus malin. » Piquant, dur, je n'attends pas de réponse. Je ne sais d’ailleurs pas ce que j’attends, à part qu'il la ferme. J'ai jamais cru en Dieu, je ne vais certainement pas croire ce substitut de Jésus tout droit sorti de la cuisse des démons. Je resserre un peu plus les poings, ne lâchant toujours pas son regard. J'attends désespérément que sa vraie nature refasse surface. Qu'il me donne une bonne raison de dire que j'avais raison, que c'est bel et bien le dernier des connards. « Pardon ? » La réponse est instantané, sans aucun filtre. Trop faible ? La vérité qui blesse, qui arrache un peu plus ce cœur déjà amoché, saignant de toute part. Mais je reste planté là, dans un déni qui m'entoure de sa douceur fine. Trop lâche, n’importe quoi. La seule chose que j'ai pu être, c'est trop humain, à vouloir aider le roi des égoïstes au lieu de ne voir que la dealeuse. La seule chose que j'ai pu être, c’est trop naïf sur la nature humaine dans cette foutue arène. Il se montre finalement comme je l'attends, trop mauvais, trop dur. Cette ruelle sombre lui sied à ravir. Les gens dans sont genre doivent vivre dans le noir, qu'on ne voit pas au premier regard comme ils apportent le désespoir.  
 
Je ne réplique pourtant pas, préférant laisser à la colère de se glisser dans chaque parcelle de mon corps. Oh il va voir, le beau Roméo, il va voir comme je peux être en colère et sans pitié à son image. Qu'importe les coups qu'il rendra, tant qu'il en reçoit. Qu’importe qu'il se rapproche et tente de m'intimider. Je n'ai pas peur de lui. Je serre les dents, laissant au combattant une vision plus agressive encore. Viens la connard, approche. Les mots qui suivent laissent éclater un rire si froid qu'il glace mon propre sang. Fou de rage, je ne me reconnais pas, et pourtant, je ne me suis pas senti si vivant depuis bien longtemps. « C'est bon t'as fini ton petit discours ? » Je marque une pause, croisant les bras sur mon torse avant de reprendre, glacial. « Je t'applaudirais bien mais tu vois, j'ai les mains occupées. » Tout en disant cela j'esquisse un geste réflexe en remontant mes coudes. « Tu te prends pour qui au juste ? Porte parole des opprimés ? C'est ton passe temps quand t'es pas occupé à jouer les sombres connards ? Te voilà bien altruiste soudainement. T'es sous traitement ? Un petit suppositoire et le grand méchant loup devient un joli mouton ? Ah non mais bravo, t'es très convainquant dans ton rôle. » 
 
Je m’avance un peu plus vers lui, assez proche pour sentir son souffle sur mon visage, avant de reprendre dans un murmure brisant toute mon humanité. « Tu ne sais rien de moi, d'elle. Et si elle est morte c'est parce que monsieur a préféré la jouer solo. » Accusation totalement fausse, face à lui je me reproche mes propres péchés, incapable de réellement les assumer. « Alors tu vois Roméo, j'en ai rien à foutre que tu me casses la gueule, me rende mes coups, parce qu'au fond, tu nous as déjà tous tués, t'es juste pas capable de le voir. » Je relâche mes bras, serre mon poing droit, cicatrice entre trop fraîche de cette seringue qui s'est plantée dans ma main. « Ça aurait très bien pu être vrai, et tu en avais aucune idée. C'est trop facile de s’échapper parce que t'as eu de la chance. » Fatigué de ces injustices, d’être toujours l’idiot au milieu. Fatigué des excuses pitoyables de la population, de tous les cons. Je pourrais vouloir leur casser la gueule à tous mais il n'y en a qu'un seul en face de moi. Il fait partie du système, l'envenime avec son attitude aussi pourrie que le sol sous nos pieds. 
 
« Arrête de jouer les repentis, ça prend pas. Je t'ai vu dans l’adversité, j'ai vu ta vraie nature. Traite moi de lâche autant que tu veux mais je vous aurais pas laissé crever moi. Contrairement à ce que tu dis, j'ai pas pensé qu’à elle, moi. Fais pas genre que t’avais pas le choix, tu ne trompes que toi. » La rage qui transparaît dans ma voix est fluide, presque trop. Elle trouve un chemin tellement naturel que c'en est effrayant. Parce qu'on doit payer autant l'un que l'autre et que s’attaquer à lui, c’est m’attaquer à moi-même. Alors je lève ce poing trop serré, qui a perdu ces sensations pour ne laisser place qu’à la haine, pure et simple. Brut, précis, je vise son ventre pour mieux l’atteindre. Un coup, sans doute le seul qu'il m'autorisera à donner. Rempli de ce trop plein de sentiments que je ne sais plus comment évacuer. Alors il s'enfonce dans son ventre, ce ramassis de torture qui s’écrase sur le Roméo. Un coup, celui que j'aurais du lui donner dès notre première rencontre. Un coup, qui en appelle naturellement d’autres, et si la folie ne me quitte pas, la raison revient un instant, le temps de croiser son regard et de penser, tardivement, mais qu'est-ce que t'es con Garret
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MessageSujet: Re: « I hear the voice of rage and ruin » Declan   Jeu 9 Mar - 11:27



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Le calme devant l'ouragan allait se laisser emporter à son tour, avant qu’il ne serre sa mâchoire puis prenne une inspiration profonde. Avant que ses poings qu’il avait instinctivement serrés ne se libèrent dans un léger tremblement. Le jugement allait bon train et l’entendre de cette bouche emplie d’ignorance était exaspérant. S’il pouvait se douter qu’en réalité, il était bien pire... Parce que l'autre non plus ne savait strictement rien de lui, de ce qui l'avait poussé à devenir l’homme condamnable que les aléas du chaos avaient forgé dans l'acier. Tuer pour protéger les siens. Tuer parce que plus fort que lui avait ne lui avait laissé aucune autre option que celle-ci, parce qu'il les avait provoqués sans en avoir les moyens. Et plus il tuait, moins ça devenait difficile, non seulement à exécuter mais surtout pour la conscience qui peu à peu s’indifférait du sort qu’elle réservait aux plus malchanceux. On finissait par s'habituer, tristement, cruellement, à ne plus s’encombrer du bien du mal. On en était résolu à exterminer la vie, simplement parce qu'on nous disait de le faire. On se muait en une machine de guerre à la solde de ceux qui avaient le pouvoir ne nous y contraindre. Un nom sur une liste. Une liste qui n'en finissait plus. On se transformait en apocalypse dans l'apocalypse. Un autre fléau parmi tant d’autres. On devenait ce qu'on détestait puis on cessait simplement de détester ce qu'on était devenu.

Pour ceux qu’il aimait, il se sacrifiait chaque jour. Pour ceux qu'il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, le monde dans lequel il avait été plongé lui avait appris l'indifférence. Il savait qu'il agissait mal, mais ce mal ne le rongeait plus depuis longtemps. Il était un roc dans la tempête qui encaissait les vagues déferlantes et éclatait en mille tous ceux qui avaient le malheur de se retrouver piégés dans ses eaux troubles et de croiser sa route. Il les réduisait à néant, sans flancher, sans penser, sans ressentir. A l'époque, la mort du gringalet ne lui avait fait ni chaud ni froid, c’était une vérité que l’autre avait assimilée. Néanmoins, tuer sans raison... Declan, ça le hanterait. Assassiner quelqu'un qui n'était pas sur une liste, qui n’était pas un dommage collatéral sur la route de la résistance et de son idéal, qui ne menaçait pas sa vie ou celle des siens, ça ne s’était jamais produit. Le colérique était juste un homme au détour d'un banal chemin, qui se montrait certes hostile mais que l’irlandais savait pourtant inoffensif, qui n’avait rien à voir avec toutes ces histoires de mafias et de malfrats. Tuer pour tuer, il ne l'avait jamais expérimenté et comptait faire perdurer cet état de fait, pour préserver le peu d’humanité qui se maintenait à flot dans cet esprit assassin. Cette fois, il avait le choix, et ça faisait toute la différence.

Impatienté par cet ancien concurrent qui menaçait de faire s'écrouler le château de cartes de cette quiétude qu'il s'était si durement bâti - plus ou moins -, le changeur le foudroya de son regard ombrageux, puis son timbre rauque répliqua sèchement. « C’que tu penses je m'en fous, toi non plus tu m’connais pas. C’que t’as vu c’était juste un aperçu, tu sais pas à quel point t’es loin du compte ». Ca tintait comme une nouvelle tentative dissuasive, pour que l'autre évite de réveiller la bête farouche. Sa vraie nature était plus dangereuse encore... Laisser mourir autrui n’était qu’un amuse gueule pour celui qui avait planté un couteau de sang froid dans des entrailles qu’il avait délogées de leur cocon, de trop nombreuses fois. L'image était à peine exagérée pour qui savait qu'il avait énormément de sang sur les mains, de meurtres à son actif.

Un rire profondément railleur s’échappa de ses lèvres avant que la réalité lui emboîte le pas, sans le moindre filtre. Il n'avait rien à cacher ce grand gaillard en accord avec lui-même, et rien à prouver non plus. « D’la chance ? Mais quelle chance ? ». Il s’assombrit soudainement. « Qu’tu vives ou qu’tu crèves j’m'en bats les couilles, c'est pas un scoop. Si toi et ta blondie étiez morts dans l'arène, ça m’ferait ni chaud ni froid aujourd'hui. Je n’suis qu'un connard d’égoïste qui n’fait ni dans l’social ni dans l’cas d’conscience pour tous ceux qui n’font pas partie d’son cercle intime ». Il répétait les paroles de l’autre, qui s’avéraient finalement d’une sincérité que personne n’aurait pu mettre en doute. Declan n’avait d’ailleurs jamais mentionné qu’il puisse en être autrement.  « Puis même si j’avais voulu sauver ta p’tite vie de pleurnichard, j'aurais rien pu faire ». Trop loin. Un danger trop grand. L'arène ne leur avait laissé aucune chance. Et s'ils étaient vraiment morts, il en dormirait pareillement la nuit. Quoique non finalement, parce qu'il serait six pieds sous terre lui aussi. « J’vis pas dans l’déni, je sais qui j’suis. Et j’me fiche de m’racheter une bonne conduite, dans tous les cas si l’paradis existait ses portes me resteraient fermées même si j’passais l’reste de ma vie à m’repentir. J'ai juste du mal à assimiler les discours d'hypocrite. Mourir en tentant d'aider une personne qu'on nous implore de sauver, ça s'apparente aussi à un sacrifice, c’est juste un peu moins lourd à porter sur sa conscience d’se dire qu’on a laissé au martyr l’choix d’sauver sa peau ou d’se suicider pour les beaux yeux d’un altruisme à la con qui l’conduira dans tous les cas en Enfer » . Le paradis n’existait pas. Le gringalet l’aurait envoyé au casse pipe pour l'y laisser crever, le moyen différait mais la finalité était la même : une mort pour une vie. Sa mort pour la survie de blondie. Leur mort pour la survie de Joan. La nuance était que l’un y mettait les formes, pendant que l’autre refusait de faire dans la dentelle, parce qu’il n’y avait eu de place que pour un seul survivant dans cette arène.

Lassé de cet échange de sourds, il sentait le courroux monter et préféra s’allumer une cigarette pour avoir les mains occupées. Sortir de ses gonds commençait à vraiment le titiller, alors il encrassa ses poumons d’une fumée apaisante avant de balancer une énième remarque, blasé, réprimé. « Dis, tu vas m’prendre la tête longtemps avec tout c’tas d’merde qui n'était même pas réel ? Parce que l’bureau des plaintes ça fait un bail qu'il est saturé ». Il avait tellement commis de méfaits qu'il ne pouvait même plus les dénombrer, il lui faudrait des décennies entières pour explorer tous les dossiers de ceux qui avaient quelque chose à lui reprocher, fantômes des trépassés non compris. « Tu cherches quoi exactement ? A venger la mort d’ta blonde qui n'est pas morte ? » lui demanda t-il avec un faciès dédaigneux. Une bouffée de nicotine fut aspirée pour l’aider à relâcher la pression. Ça sonnait vraiment ridicule à ses oreilles. « Rien n'était réel, tu cours après du vent l’gringalet. Par contre, c’qui s’passe maintenant ça l'est. Si ça dérape mec, t’as conscience qu’tu ressusciteras pas ? Alors prends bien l’temps d’réfléchir à la tournure que t'as envie d’donner à la suite des événements ». Non mais bonhomme, c'était dans l'arène qu'il fallait déballer tes couilles, devant le public face auquel tu as joué les fillettes soumises, pas maintenant alors que tu risquais de te les faire définitivement arracher... Pour les avoir crues plus grosses qu'elles ne l'étaient en réalité. La colère n’était jamais bonne conseillère. « T'as envie d’mourir en fait. Tu veux vraiment passer tes nerfs sur un mec qu'on sait capable de tuer d’sang froid pour l'avoir vu à l'oeuvre ? T'es pas très malin toi non plus... ». Vraiment très con ou suicidaire.
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