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 Now at last the end has come || Cassidy

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Mar 19 Déc - 20:08


« Bad dreams come true, I make them for you. »



 
 
Noah & Cassidy
featuring

Les mots sont insuffisants. De sa voix encore faible, Noah a complété la fin de ma phrase. Nous nous comprenions autrefois et certains signes ravivent l'espoir qu'il en soit toujours ainsi. Nous sommes d'accord sur ce point, la simplicité du langage nous fait perdre quelque chose de fondamental par rapport à la vérité. Jamais, en effet, les mots ne pourront définir de manière parfaitement satisfaisante ce que nous sommes, pas plus que la complexité de ce que nous pensons ou ressentons. C'est à la fois un drame et une réalité simple qui oppose tous les êtres humains depuis l'aube des temps. La tourmente de mes émotions est bien trop fumeuse pour que je puisse réussir moi-même à m'y retrouver, surtout après ces événements qui nous ont si violemment opposés. Notre séparation et nos retrouvailles douloureuses m'ébranlent encore, je suis toujours sous le choc d'avoir failli le perdre. Noah semble encore si fragile.

Inquiet pour sa santé, je reste à l’affût de ses moindres soupirs, attentif aux couleurs qui reviennent contre ses joues. Me posant à genoux à ses cotés, je ne répond que par un sourire silencieux à son commentaire. Noah et moi possédons des tempéraments fort différents mais je ne peux lui donner tort sur ce point : l'isolement est néfaste à toute âme humaine. J'ai eu tendance à me renfermer et à éviter de nouer des liens trop personnels pendant toute ma vie d'adulte et je ne pensais pas en souffrir. Pourtant, l'amitié exceptionnelle que j'ai développé avec ce prisonnier italien m'a pris au dépourvu, faisant disparaître mes défenses de manière naturelle, comme si nous étions connectés par un lien invisible. Jamais je ne m'étais autant ouvert à qui que ce soit, avec autant de sincérité et de confiance. Et à présent, je me sens démuni face à lui, m'essayant à retrouver plus de légèreté en dépit de ce sourd malaise qui m'oppresse.

A ses mots, un mélange de soulagement et d'incertitude me pousse à rire doucement à mon tour. « J'ai bien l'impression que tu me mets au défi ! On verra ça... » Il m'a assez surpris dans sa répartie pour que je ne trouve rien à y redire, me contentant d'un haussement de sourcil frondeur pour dissimuler cette vague de nostalgie qui m'étreint. Si je cédais à la traîtrise du sommeil avant lui, je serais contraint de passer la nuit dans cette maison comme il m'y a invité. Perfide tentation. A mon grand damne, je me reconnais l'envie de perdre cette compétition, une envie ancrée au fond de moi que je refuse encore d'assumer. Soulagé de le voir plus vif au point de rire, sa taquinerie me replonge également dans les souvenirs de ces heures froides en prison. Ces soirs où je m'endormais comme une masse, harassé par les journées d'interrogatoires et de brimades de nos gardiens tandis que Noah veillait encore, l'esprit toujours trop actif pour se permettre le repos. La main de Noah se pose sur la mienne, renforçant l'envie utopique que cette trêve n'ait jamais de fin et que je puisse m'abandonner à mes réels désirs, sans tenir compte de la réalité.

Jamais je n'avais utilisé mon pouvoir de cette manière mais dans ce théâtre d'ombres, les émotions silencieuses se dessinent sur les murs. Elles me transpercent pendant que mon regard reste fixé sur la flambée, ressentant les doigts de Noah se refermer sur les miens avec plus de force. Je n'ose le regarder, craignant que ma tentative désespérée ne soit qu'un échec lamentable. Mon assurance trouve sa faille dans ma damnation, dans toute la déchéance qu'elle représente ainsi que l'amertume qu'elle m'inflige. Pourtant, la voix trop rauque de Noah brise enfin le silence et me pousse à retrouver ses yeux embués. Mes paupières ploient dans quelques cillements, submergé par l'afflux de mes émotions. Le soulagement inattendu qu'il ait pu comprendre ce que je cherchais à exprimer se partage à une certaine gêne teintée de pudeur. J'acquiesce d'un mouvement infime de la tête, les muscles un peu raides, partagé entre ce plaisir diffus qui m'enveloppe et l'idée de m'éloigner de son étreinte. Ne suis-je pas un éternel danger pour son corps affaibli ? Ne suis-je pas son ennemi... ? Je me garde bien de bouger, cependant, renonçant à briser cet instant de proximité.

Aux excuses qu'il m'offre, un léger souffle m'échappe, évacuant le trop plein de tension accumulée. « Ne sois pas désolé, ce n'est pas ta faute. » Si j'en ai toujours été conscient, je n'ai pas pu pour autant me libérer de ce sentiment de rancune qui ne m'a pas quitté durant ces dernières années. Noah a toujours été innocent. Il l'est également de ne pas m'avoir compris immédiatement. Mon regard ploie un moment avant de revenir à la rencontre de ses yeux verts, dans un aveu murmuré. « J'ai été bien maladroit pour te l'expliquer. » Une maladresse presque délibérée, alors que je m'étais montré si dur avec lui, refusant obstinément de lui détailler les faits, lui avouant sans honte que je m'étais servi de lui. Noah semblait si déterminé à m'affubler du statut de traître, à refuser de croire en ma parole, mais à présent que la rancœur s'efface, nos égo mis de coté, l'horreur du malentendu se dissipe enfin.

Il se détourne et je suis son regard, apercevant alors la silhouette du sorcier se matérialiser à nouveau contre les murs. Retenant mon souffle, je la vois plonger dans les flammes, au risque d'y  brûler, elle aussi. C'est bien ce qu'elle fait, consumée malgré elle par l'ardeur du feu, dans un symbole funeste des plus alarmant. Mon front se plisse songeusement, le cœur battant, et soudain je la vois réapparaître, émergeant dans la danse des flammes, enlacée à celle du maudit qu'elle a été chercher. Noah et Cassidy sont à nouveau réunis, prêts à se consumer ensemble dans la chaleur du feu. Mon frère n'a pas hésité à plonger au cœur du chaos pour me rejoindre. Cette image est si poignante qu'un frisson me traverse jusqu'à me faire tressaillir. Retrouvant son regard, je le vois alors se pencher lentement vers moi jusqu'à ce que son front se pose contre le mien. Mes yeux se ferment alors et enfin, mes doigts enveloppent également sa main, dans une étreinte prudente. Son aveu me brise, par sa réciprocité profonde que je reconnais dans tout mon être. Parce qu'il m'a manqué lui aussi, terriblement. Et je ne peux que lui murmurer quelques mots, agenouillé devant lui dans une attitude si naturelle que je n'en éprouve pas la moindre gêne. « Je suis là, maintenant. » Mais pour combien de temps ?

Le temps au moins de quelques secondes où nous conservons cette posture quand le crépitement des flammes habille l'ambiance d'une couleur plus chaude. Plus aucune image mentale ne se construit sous nos crânes, les illusions dans lesquelles nous plongions pour communiquer n'existent plus. La fatigue de Noah et ma damnation nous privent de les construire à nouveau mais cela ne nous empêche pas de garder cette habitude tactile qui compense nos lacunes. Un besoin presque primaire de se toucher, de se respirer, de rattraper le manque de l'autre que les années ont creusé un peu plus chaque jour. Dressé sur mes genoux, on pourrait me prendre pour un pêcheur, venu quémander l'absolution de ses fautes auprès de son confesseur. Il est bien loin le temps où j'accompagnais mon père à l'église, peiné de le voir s'y rendre seul alors que ma mère rechignait à le suivre. J'avais laissé tomber moi aussi, au bout d'un moment, mais je reste néanmoins marqué par l'influence de cette éducation religieuse, malgré moi. Le souvenir de l'ancienne fonction de Noah m'effleure vaguement à cette pensée disparate qui se mêle à d'autres et puis m'échappe. L'esprit humain est si complexe, nous nous perdons facilement dans l'océan de nos réflexions. Si je n'ai jamais éprouvé le besoin de me confesser à un prêtre ni à qui que ce soit pour me sentir mieux, les choses sont différentes avec Noah. Elles l'ont toujours été. Et je ne cherche pas à étouffer mon désir de me confier à lui, ma main serrant toujours la sienne tandis que l'autre se pose fraternellement sur son genou.

« Je crois que je t'en voulais de ne pas me faire aveuglément confiance. C'était ridicule de ma part, toutes les apparences jouaient contre moi. Je désirais que tu comprennes mais quelque chose en moi luttait âprement pour ne pas t'y aider. » Doucement je me redresse, me détachant ainsi de son contact pour mieux retrouver son regard. « Je n'ai pas pu t'expliquer à quel point je me suis haï de t'avoir laissé croire en ma traîtrise. J'ai voulu tout gérer seul, sans te mettre au courant des projets des autres prisonniers mais j'ai eu tort. » Je m'humecte les lèvres, le temps d'observer son visage encadré de cheveux bouclés, ce visage qui m'a tant manqué. « Tu sais qu'autrefois, j'ai été condamné à mort pour un meurtre que je n'avais pas commis. On m'a traité de bête assoiffée de sang, les rumeurs disaient que je n'étais qu'un psychopathe, un tortionnaire. Tous mes amis m'ont tourné le dos à cette époque. » Un sourire cynique m'effleure à ce souvenir. L'affaire du Dahlia noir est devenue tristement célèbre, probablement à cause de l'atrocité des mutilations de la pauvre victime. Mon Elisabeth. Mais je secoue la tête. « Tout ça n'était rien. Parce que rien n'a été plus douloureux que d'être un traître à tes yeux. » Les miens sont envahis par des sentiments qui me dépassent alors que je porte sa main à mes lèvres dans une impulsion, avide de témoigner cette bouffée d'affection qui me bouleverse. Un baiser chaste que je m'autorise à lui offrir contre ses doigts pâles, incapable de mesurer l'étendue de mes propres émotions. Qu'importe l'avis des autres, croire en la perte de confiance de Noah m'a terrassé et je ne pourrais dire à quel point sa compréhension m'appaise.

Sans doute ais-je trop idéalisé cette communication parfaite entre nous, tout autant que la perfection de notre lien. Mais je ne serais qu'un idiot si je décidai de fuir par dépit, simplement parce que la nouvelle réalité ne correspond pas à cette fusion de nos âmes, aussi magnifique qu'irréaliste. Peut-être le suis-je dans une certaine mesure, un idiot utopiste, éternellement insatisfait par le monde dans lequel il vit. Mais alors que je libère sa main, reculant pour prendre place dans la méridienne, je suis encore moins sûr d'avoir envie de lutter contre la fatigue, plus complice qu'ennemie de mes propres envies. Je suis encore moins sûr de vouloir le laisser sombrer avant moi dans le sommeil, encore moins pressé de m'éloigner dans la nuit et le silence.
 



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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Mar 16 Jan - 0:36


Je suis là, maintenant. Ces quelques mots, combien de fois avait-il espéré les entendre, un jour. Cette voix, cette confession, la sensation de leur front l'un contre l'autre, combien de fois au juste en avait-il rêvé ? Les années avaient passé, s'étaient enchaînées et avaient étouffé progressivement ce désir par l'impuissance puis la rancoeur. De juste une simple volonté, le désir s'était aigri progressivement, avait pris une texture et un goût âcres sans réussir à retrouver la douceur de ses notes sucrées. Un rêve d'enfant qui devenait un cauchemar d'adulte. Non, ils n'avaient pas été capables de se le dire, avant. Ils n'en avaient pas été capables, aveuglés par le remord, le doute, la colère, aussi. Ils avaient été bien sots, tant l'un que l'autre, de croire que la déception n'agirait pas en poison sur leur relation.
De croire que la vie ne les aurait pas rattrapés, qu'ils puissent avoir une vision radicalement opposée tant du passé que du présent. Et pourtant ils étaient bien là. Cassidy était bien là, bien réel, son front contre le sien, et les flammes qui crépitaient vigoureusement l'âtre de la cheminée avaient retrouvé leur éclat. Le feu avait retrouvé sa chaleur, sauf qu'il n'était pas ce qui réchauffait son coeur. C'était cette émotion profonde, indescriptible, celle qui avait marqué tous ces instants si précieux depuis que la communication avait repris entre eux.
C'est en retrouvant certaines personnes que l'on réalise à quel point elles nous ont manqué. Avec Cassidy, c'était différent. Parce que tant dans son absence que dans sa présence, lors de leurs dernières entrevues, le manque avait été cruellement douloureux. Atrocement douloureux. Mais il s'était enfin tu. Il avait fini de les tourmenter, maintenant. Leurs mains jointes, Noah ferma les yeux, profitant de cet instant d'une quiétude rare. Il pouvait entendre le crépitement des flammes avec autant de précision qu'il entendait le souffle, régulier, apaisé, de celui qui ne respirait plus quelques minutes auparavant. Cassidy était mort deux fois, par sa faute. Il ne le laisserait pas mourir une troisième. Une promesse silencieuse, une promesse que le sorcier ne faisait qu'à lui-même, à l'aube de ces retrouvailles.  

Une poignée de secondes qui semblèrent durer des heures, front contre front, main dans la main. La violence de leur séparation, tant d'années auparavant, avait arraché leur capacité de communiquer, mais ils avaient toujours la plus essentielle. Celle du coeur, celle du corps. Des méthodes aussi vieilles que le monde, toutes aussi pures que celles qu'apportaient les illusions. Ils ne parlaient plus, parce qu'ils n'avaient nul besoin de parler. Et si Noah était trop épuisé pour distiller de nouvelles illusions dans l'esprit de Cassidy, il savait, au fond, que c'était bien vain. Parce qu'en ce qui les concernait, ils trouveraient toujours une solution.
Il y aurait toujours moyen de communiquer, de coeur à coeur, comme ils le faisaient avant. Si perdre la couleur des illusions était le prix à payer pour qu'ils se retrouvent enfin, Noah était prêt à se damner lui aussi. Parce qu'il n'était plus capable de perdre la seule ancre à sa vie, son monde, et son univers. La toute dernière personne en laquelle il était prêt à faire une entière confiance, la seule personne qui était encore capable de lui rappeler ce que ça faisait d'être humain. Juste humain. Ils prendraient le temps qu'il leur faudrait, pour peu que Cassidy soit d'accord. Ils prendraient tout le temps qu'il faudrait. Même si le monde les avait séparés, même si la vie qu'ils menaient à présent les opposait radicalement. Ils trouveraient. Ils en étaient capables. Noah en était capable.
Mais la décision ne venait pas que de lui. Et de ça, Noah en était parfaitement conscient. Dans un monde comme celui dans lequel ils évoluaient, garder un semblant de contact pouvait s'avérer dangereux pour l'un comme pour l'autre. Le Gouvernement pouvait avoir vent de leurs entrevues, la Résistance pouvait voir d'un mauvais oeil les accointances de leur pair. Quelle que soit la configuration, leurs retrouvailles étaient teintées d'orage. Mais, au fond, était-ce réellement si important ?
Ils avaient bien le temps d'y réfléchir. Peut-être que la subtilité de cette étrange soirée, entre colère, fratricide et réconciliation, n'était vouée qu'à être unique. Peut-être leurs mondes opposés les pousseraient à ne plus se revoir qu'en tant qu'ennemis. Mais ce soir, juste ce soir, ils redevenaient frères.
Plus que frères.

La voix de Cassidy le tira de ses pensées, le tira de cet instant de quiétude si paisible avec douceur. Retrouvant la chaleur de son regard, il acquiesça lentement. Il comprenait. Il comprenait cette raison, toute aussi paradoxale qu'elle soit. Il comprenait cette envie, pour avoir éprouvé la même lorsqu'ils s'étaient croisés la première fois dans ce maudit salon de thé. Un besoin confus de se faire passer pour l'ennemi, alors qu'il n'avait jamais rêvé que de se faire comprendre. Comme une jalousie confuse, comme une frustration passagère. Il comprenait ses raisons, pour avoir ressenti exactement les mêmes, et c'était bien ça le problème. Comme Cassidy l'avait si bien dit, ils n'avaient pas été capables de s'expliquer clairement, alors qu'avant c'était la chose la plus naturelle du monde en ce qui les concernait. Mais ils avaient encore le temps de s'adapter.
Recueillant les aveux de l'Américain, l'ancien confesseur ne trouva pas nécessaire de l'interrompre. Les mots filaient tous seuls, bien plus clairs qu'ils ne l'avaient jamais été. Des mots d'une justesse sans précédent, d'une douleur que même les illusions n'auraient pu exprimer. Qu'aurait-il fait, lui, s'il s'était retrouvé à la place de Cassidy ? Certainement pas mieux. C'était pour cela qu'il l'excusait. Pour cela, et pour la flamme vagabonde qui se reflétait dans son regard clair. Une flamme qui sublimait l'émotion qu'il lisait dans ses yeux, bien plus éclatante que tout ce qu'il pouvait bien exprimer. Les yeux de l'ancien bagnard avaient toujours eu ce don rare, de trahir ce qui lui passait tant par la tête que par le coeur. Et cette souffrance qu'il expliquait, cette confession qu'il lui faisait, Noah en saisissait toutes les nuances. Difficilement, il posa sa main libre sur celle du Voleur, sur sa cuisse. Il comprenait. Il comprenait parfaitement.
Il les avait vus, ses souvenirs. Des images d'une violence inouie, par l'indifférence crasse dont avaient fait preuve les mortels tout autour de l'Ancien Illusionniste. Des images d'un passé ignoble, d'une injustice sans pareille, qui lui avaient déjà retourné les tripes par le passé. Mais, lorsqu'il avait vu les images, il n'avait pas remarqué le regard de Cassidy. Cette peine indicible, contenue dans son épaisse carapace de fierté. Un homme brisé, qui pourtant cherchait encore à rester droit contre l'adversité. Une pudeur qui le secouait encore, même maintenant. Surtout maintenant.

-Je comprends tes raisons, tu sais. Tu as agi comme tu l'as toujours fait : avec une juste prudence. Ça n'en fait pas de toi un traître, bien loin de là.

Le sorcier avait des difficultés à poser correctement sa voix, juste un feulement rauque, pâteux, mais l'intention était là. Cassidy n'était pas responsable du passé. Ils l'étaient tous les deux, par l'effet papillon qu'avaient provoqué leurs actions. Mais ils ne devaient pas se résoudre à ce qu'il s'était passé. C'était ce qui les avait construit.
Jusqu'aux derniers aveux de l'Américain. Jusqu'à ce geste étrange, et si pur, jusqu'à la sensation de ses lèvres contre ses phalanges. Ce frisson électrique quand le baiser atteint sa peau, qui fila le long de ses doigts pour envahir tout son corps. L'intensité de son regard, qui trahissait chaque parcelle de vérité dans sa confession. Sondant ses iris clairs, incertain du message qu'ils envoyaient, le sorcier ne retira pas sa main. La retourna pour effleurer son menton du bout de l'index, le cœur transporté par une multitude de sensations confuses. Débordantes.
Cassidy avait toujours été le catalyseur de bon nombre d'interrogations, chez l'Italien. D'un bon nombre de sensations, d'envies et de questions sans réponses. Cassidy avait toujours su révéler une part de Noah qu'il avait cachée, par la force des choses. Par la violence des Hommes. Une part plus pure, plus sensible, plus humaine.

La gorge trop comprimée pour s'exprimer, il l'observa s'éloigner. L'espace d'un instant, la peur qu'il parte pour de bon s'empara de ses entrailles. Allait-il mettre ses projets à terme et partir dans la nuit noire ? Le froissement du revêtement de la méridienne, derrière lui, lui prouva que non. Une vague de soulagement, pour chasser l'irrationalité de la peur, une vague de soulagement qui lui arracha un soupir. La soirée avait été éreintante. Troublante. Difficile. Il n'était pas étonnant que son ancien ami finisse par abdiquer, pour autant il pouvait sentir la chaleur de son regard dans son dos.
Mais ce n'était pas suffisant. Pas après ce qu'ils venaient de dire, ou tout ce qu'ils avaient partagé. Pas avec l'afflux d'émotions, pas alors qu'il y avait eu cette souffrance, tangible, entre eux. Prenant sur lui, puisant dans les quelques forces qu'il avait recouvrées, Noah finit par se redresser. D'une main fébrile, il agrippa le plaid autour de ses épaules et se servit de l'autre pour s'appuyer à l'accoudoir de son fauteuil. Ses jambes avaient beau menacer de se dérober sous son corps, cotonneuses, il réussit à se lever. Rompit la distance entre son fauteuil et la méridienne, la démarche chancelante, manquant de trébucher plus d'une fois sur les épais tapis qui jonchaient le sol. Sur les débris qui jonchaient le sol. L'effort lui tournait la tête. Son coeur fracassait sa cage thoracique, sous l'impulsion. Sous la fatigue. A cause, peut-être aussi, de l'appréhension face à ce qu'il s'apprêtait à faire.
A tâtons, sa main chercha l'accoudoir unique de la méridienne, et il s'y installa à son tour difficilement. Imposer sa présence de la sorte n'était pas dans ses habitudes, pour autant il avait la sensation, peut-être désuète, que ça ne poserait pas de problèmes. Combien de fois les deux bagnards s'étaient-ils résolus à partager la même couchette, juste pour pouvoir prolonger les illusions quelques minutes de plus ? Ce n'était pas si différent, si ?
Avec d'infinies précautions, le sorcier s'allongea, avant de recouvrir leurs deux formes du plaid. Avec un frisson, il retrouva la chaleur, si proche, du Voleur d'Energie. Une chaleur bien plus salvatrice que celle des flammes, bien moins vacillante. Mais surtout la chaleur qu'il lui fallait. Son geste était terriblement égoïste, il le savait. Sa nécessité de ne pas le laisser seul, de ne pas être seul, l'était tout autant. Mais il y avait eu quelque chose, dans son regard. Quelque chose qui lui donnait l'impression qu'il en avait le droit. La permission.

Ses lèvres tâtonnèrent, cherchèrent son front pour s'y poser l'espace d'une seconde. L'espace d'un nouveau courant électrique, tout le long de sa peau. Jusqu'à ce qu'il finisse par enrouler un bras autour de l'Américain, l'attirant contre lui. Jusqu'à ce qu'il finisse par poser son menton dans ses cheveux. Comme si c'était naturel. Comme si c'était ce que le monde voulait d'eux. Ce n'était pas le monde qui voulait ça d'eux. C'était ce que Noah voulait d'eux. C'étaient ses défenses qui s'étaient abaissées, c'était cette proximité qui lui manquait. C'était ce regard qu'il avait capté. Leur amitié avait toujours franchi les barrières des conventions, depuis les tous débuts de son existence. Il n'y avait pas de raisons que cela cesse, si ?

-Tu n'es pas un traître, Cassidy. Ni un traître, ni un monstre, à mes yeux.

Il lui avait fallu tout le temps du monde pour en arriver à cette conclusion, mais elle lui paraissait à présent aussi claire que le jour. Limpide. S'offrant le luxe d'une nouvelle errance, ses lèvres se posant contre ses cheveux, il poursuivit. La chaleur qui émanait de son ami lui rendait sa force, sa présence lui rendait son énergie. Imprégnait chacun de ses vieux muscles tout en ramenant la vie dans son vieux cœur. Et ce regard, ce regard qui le hantait. Qui s'imprimait encore sur ses rétines, quand bien même ses paupières étaient fermées.

-Tu n'es ni un psychopathe, ni un tortionnaire, ni un assassin. Rien de tout ce que tu as pu entendre de réprobateur tout au long de ta vie. Et, surtout, tu n'es plus seul.

Ses doigts se perdirent dans la crinière léonine de l'Américain. Non, il n'était pas seul. Plus maintenant. Pas alors qu'ils venaient tout juste de se retrouver. Relâchant son étreinte pour baisser la tête, Noah chercha ses yeux. Lui adressa une ombre de sourire, sincère, le regard trouble. S'il était incapable de savoir ce qu'il ressentait précisément en cet instant, il était certain d'une chose.

-Tu n'as pas à rester seul, si tel est ton désir. La vie nous a donné à tous les deux une seconde chance, et tu es libre de choisir si tu désires ma compagnie à tes côtés.

Il ignorait quelle serait la décision de Cassidy, pour peu qu'il en prenne une. Mais en ce qui le concernait, Noah savait.
Il savait que si Cassidy le désirait, il serait présent à ses côtés. Aussi longtemps que dureraient leur existence à la surface de cette planète dévastée. Aussi longtemps qu'il le voudrait.





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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Mar 20 Fév - 18:46


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Noah & Cassidy
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Les coussins de la méridienne s’affaissent doucement sous mon poids tandis que je m'y laisse aller dans un soupir, percevant aussitôt la lourdeur de la fatigue contre mes paupières. M'allonger est une chose dangereuse dans mon cas, surtout lorsque la couche est confortable car je suis capable de sombrer en quelques secondes lorsque le sommeil frappe à ma porte. Mais je ne pourrais me contraindre à partir en ce moment, pas alors que mon cœur me parait aimanté, attiré inexorablement par cette silhouette enveloppée d'un plaid dont je viens difficilement de m'éloigner. Dans la pénombre habillée de la lueur des flammes vacillantes, je ne distingue plus que les boucles brunes par dessus le dossier du fauteuil. Mais si je perçois son souffle, l'acuité de mes sens me suffira pour déterminer le moment où sa respiration se transformera, devenant plus ample et profonde, pour comprendre qu'il se sera endormi. Probablement devrais-je alors me décider à partir pour de bon, comme j'aurais dû le faire depuis un moment déjà.

Pourtant, mon corps se crispe, me redressant légèrement, lorsque j'aperçois la silhouette se redresser avec difficulté, tremblant sur ses jambes trop affaiblies. Que fait-il ? J'aimerais l'arrêter mais je n'en fais rien, me contentant de l'observer en silence réduire la distance que je viens d'installer entre nous. Elle me paraissait déjà si lourde et à mesure qu'il se rapproche, l'aimant au fond de ma poitrine se met à palpiter. Comme les pôles magnétiques de polarité opposés s'attirent mutuellement, il semble que je sois incapable de prononcer quoique ce soit pour l'interrompre, dans un égoïsme glaçant. Tu ferais mieux de rester assis, Noah. Ne t'approche pas de moi, ce n'est pas prudent. Il est encore si faible, ne risque-t-il pas de tomber ? Tout cela pour rejoindre un monstre qui risque de le blesser davantage par son contact maudit. Ces mots que je devrais prononcer restent bloqués dans ma gorge jusqu'à ce qu'il me rejoigne et qu'il s'installe doucement à mes cotés, dans un naturel si désarmant que j'en retiens mon souffle. Son effort insensé pour me rejoindre malgré son épuisement me touche plus que je ne saurais le décrire et un sourire m'effleure alors que je le laisse nous recouvrir du plaid, murmurant son prénom d'un ton faussement réprobateur et envahi par l'affection qui me submerge. « Noah. Noah Meadow. »

Noah dont les yeux si clairs s'étaient remplis de désarroi à la simple idée que je puisse m'en aller. Noah qui m'avait demandé de rester ce soir. Noah à qui je me sentais incapable de refuser quoique ce soit. Je me sentais projeté en arrière, à l'époque où j'avais été touché par l'histoire de ce prisonnier italien, par sa fragilité derrière sa puissance de sorcier, par la pureté de la confiance qu'il me vouait. L'époque où j'avais ressenti pour la première fois ce désir farouche de le protéger au péril de ma vie de toutes les misères du monde, jurant de ne jamais laisser qui que ce soit toucher à une seule de ses boucles brunes. L'époque où nous nous réchauffions dans la même couchette, sans nous poser de questions, comme deux jeunes frères se réconfortant dans le silence et le froid glacial d'une geôle. Sentir sa chaleur contre moi m'inspire une déferlante d'émotions, incapable d'en mesurer l'intensité tant elle m'est vertigineuse, sans doute à cause de cette distance qui nous a trop longtemps séparés. Mes yeux se ferment sous ses gestes d'une douceur infinie, sous ce baiser contre mon front, sous son bras qui m'enveloppe. Mon pouls bat trop fort contre mes tempes tandis que j'enfouis mon visage contre son torse, percevant les battements de son propre cœur qui semble battre au même rythme que le mien.

Incapable de rien rétorquer à ses paroles, je conserve le silence, ma main posée doucement contre son flanc. Un nouveau baiser, des caresses contre mes cheveux et la chaleur troublante qui m'envahit gagne en intensité pendant que je l'écoute me parler. Dans une inspiration légèrement tremblante, je me nourris de son odeur, mes sens s'affolant à la même cadence que mon cœur avant de sentir son mouvement et me résoudre à redresser les yeux vers lui. Mon regard est chargé d'interrogations, malgré moi, tant je me suis accoutumé à ériger des défenses solides entre les secrets de mon âme et le reste du monde. Un sourire en coin arme mon visage, camouflant les faiblesses que ses mots raniment en moi. Ma solitude est mon fardeau, comme l'est ma fatigue, ma lassitude des combats et des souffrances, de toutes les pertes que je dois constamment endurer. Mais elles sont également une nécessité que j'assume et que je n'ai pas l'habitude de partager. Alors le ton de ma voix chaude et assurée ne trahissent rien de mon trouble ni des émotions engendrées par sa demande. « Merci. » Dis-je simplement, une sincérité imprégnée dans mes yeux ancrés aux siens. « Merci de me rendre ta confiance. » Parce-qu'elle est un cadeau inestimable et que la perdre m'avait arraché le cœur avant de le broyer dans l'étau impitoyable de mon désespoir. Meadow, tu m'as tellement manqué.

Alors que nos visages sont si proches, je peux sentir son souffle contre le mien, un souffle chaud et enivrant. Sans le vouloir, mon regard dévie vers ses lèvres avant de me reprendre dans un sourire embarrassé, expulsant un bref soupir. Il ne me rend pas la tâche facile. Mes paupières se ferment avec pudeur et ma main glisse contre son dos dans des caresses apaisantes. Le garder dans l'étreinte protectrice de mes bras est un plaisir dont je ne me priverais pour rien au monde et je laisse le silence s'étendre un petit moment, ma joue retrouvant sa place contre son épaule. Je me sens capable de maîtriser mon appétit vorace et de gérer le danger, il me suffit de rester vigilent et pendant que je sonde mes propres limites, mon inquiétude s'apaise jusqu'à disparaître complètement. Non, il ne risquera rien ce soir.

Si je ne réponds pas immédiatement c'est que j'ignore comment le faire. Il m'est difficile de réfléchir objectivement à sa demande parce que le danger que je représente pour lui dépasse de loin mon statut de voleur d'énergie. Comment pourrais-je lui imposer un ami tel que moi, un résistant extrémiste, un opposant actif du gouvernement, un homme traqué, suspecté, un homme qui imposerait à son entourage les mêmes suspicions de la part de la milice ? Je n'ai pas le droit d'avoir d'amis ni de famille, pas de faiblesse à offrir en pâture à nos tyrans. Pourtant, les mots de Noah ont été extrêmement bien choisi lorsqu'il a évoqué la deuxième chance que nous offrait la vie, alors que nous venons tout deux d'échapper à la mort, alors que nous aurions pu ne jamais nous retrouver ou pire, nous entre-déchirer. Devrais-je tourner le dos à cette chance inouïe ? Celle que peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir rencontré dans leur vie, une amitié si pure et si profonde, un lien si fort dont la perfection n'aurait pu rivaliser avec aucun autre ? Les pensées chaotiques et les sentiments à fleur de peau, je me sens trop bouleversé pour réfléchir de manière cohérente et dissocier la raison et l'émotion. Songer à m'éloigner de lui me transperce d'une douleur oppressante. Quelques secondes s'étirent avant que je ne retrouve son regard, esquissant un sourire désenchanté en redressant les yeux vers lui.

« Ce n'est pas du jeu. Comment veux-tu que je puisse prendre une décision raisonnable dans ces conditions, hm ? » Alors que la chaleur de tes baisers me perdent, que la douceur de ton corps m'enlace et me trouble. Alors que les sentiments fraternels que je te porte sont bousculés par un attachement trop profond et des sensations tempétueuses que je n'ose pas analyser... « Je n'ai pas envie de partir Noah, ni de rester éloigné de toi à l'avenir. Mais je ne veux pas t'exposer au danger. »

Mes derniers mots se perdent dans un léger soupir, tandis que je plisse le front, songeant encore à ses mots, à cette compréhension miraculeusement retrouvée. De sa voix encore si fragile, teintée de la faiblesse qu'il endure par ma faute, il m'a offert sa confiance à nouveau alors que peu de temps auparavant, je la pensais perdue à jamais, étouffée dans l'horreur de cette tempête de neige. Si je souhaite mériter cette confiance, je me dois de tout faire pour le préserver et le tenir à l'écart de toute situation périlleuse et ces précautions impliquent de rester loin de lui. Un paradoxe douloureux auquel je n'arrive pas à trouver de solution. Songeusement, ma main a repris ses caresses contre son dos, le gardant entre mes bras pendant que mon regard se perd dans la pénombre de la pièce, suivant les contours que forment les lueurs des flammes contre le mobilier. Mais peut-être n'est-ce pas le moment de prendre une décision. Nous sommes fatigués, exténués par l'excès de tension qui s'est abattu sur nos épaules, par nos combat fratricide, par les blessures qui ont davantage écorchées nos âmes que nos corps. Et si ces derniers ont besoin de repos, nos esprits méritent également de s'apaiser, de reprendre leur souffle, de réapprendre à vivre sans le poids si écrasant de la peur. Noah est vivant. Ais-je besoin d'autre chose  ? Je veux savourer, je veux profiter de sa présence, de son souffle que je sens contre mon front, de ses baisers qu'il a posé contre mes cheveux... Et si je ne désire pas leur donner de sens, je veux juste me laisser bercer par ces sensations. Et m'endormir peut-être, contre lui. Mon étreinte se resserre dans un besoin primal alors que je m’imprègne une nouvelle fois d'une bouffée de son odeur.

« Entendre ton cœur battre est la seule chose sur laquelle je veux me concentrer ce soir. Je t'ai trop longtemps cherché, j'ai eu trop de mal à te retrouver pour penser déjà à la perspective de m'éloigner. Je veux m'assurer que je ne rêve pas et que tu es bien vivant entre mes bras... »

Ma voix, plus basse, devient murmure, alors que mes yeux se ferment, que j'écoute les battements de son cœur comme une musique et que je me convaincs de la chance infinie qui m'a été offerte. Je ne désire pas gâcher ce moment par des résolutions douloureuses, autant pour lui que pour moi. Noah a déjà assez souffert pour que je m'arrache à lui ce soir, le laissant seul et affaibli. Et moi aussi, moi aussi j'ai assez subi de meurtrissures dans mon âme et dans mon cœur, pour refuser le soulagement égoïste de me reposer, ne serait-ce qu'un bref instant. Pour me priver du réconfort de pouvoir m'abandonner pour un moment à cette affection démesurée qui gonfle mon cœur alors que je le sens contre moi, que je l'entend, que je le respire. Mon bras ploie un peu plus pesamment contre son flanc alors que les picotements du sommeil me gagnent de plus en plus et, bien que je sois conscient d'être en train de sombrer, je n'ai pas réellement envie de lutter contre. Je t'aime, Noah. Mon ami, mon frère d'âme. Dors et demain, un autre jour se lèvera où peut-être de nouveaux horizons seront possibles pour toi comme pour moi. Où peut-être mes désirs les plus irréalistes trouveront une nouvelle réalité.
 



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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Dim 25 Fév - 2:06


Retrouver Cassidy, son étreinte, sa chaleur, avait été aussi naturel que respirer. La distance avait un prix qu'ils n'avaient payé que trop cher, ce soir-là. Et Noah n'avait plus envie de lutter, plus envie de se battre pour préserver des distances de sécurité couteuses et nécessaires. Vitales. Il savait parfaitement les risques qu'il encourait, à se blottir contre le Voleur de Rêves. Pour peu que Cassidy le souhaite, il lui suffirait de dévorer les derniers fragments de son énergie, pour l'achever une bonne fois pour toutes. Mais, au fond, qu'est-ce que ça pouvait bien changer ? Il préférait mourir de la main, des pouvoirs, de la faim inextinguible du Voleur plutôt qu'autrement. Quitte à choisir sa fin, achever une vie bien trop longue dans les bras de la seule personne qui en valait encore la peine était tout à fait ce qu'il envisageait ce soir. Même s'il savait qu'il ne risquait rien.
Un pressentiment, aussi sûr que celui qui avait annoncé l'issue funeste de cette visite impromptue. A l'exception que cette fois-ci, son estomac ne s'était pas tordu, quand il avait retrouvé le contact de son ami. Pas de creux, pas de torsion, rien qui n'ait pu laisser présager d'un accident fâcheux ou d'une perte imminente de sa vie. Juste cette sensation de légèreté, cette confiance farouche qui réchauffait son torse, comme avant. Blottis l'un contre l'autre, puisant chez l'autre l'énergie nécessaire pour faire front face à une vie trop tumultueuse. C'était là ce qu'il éprouvait. Pas de doute. Pas de peur. Juste cette confiance presque naïve, et cette affection sans limites qu'il avait toujours éprouvée pour l'autre homme. Retrouver Cassidy, enfin, c'était se retrouver un peu. Retrouver Cassidy, c'était enfin respirer à pleins poumons.

Respirer. Leurs souffles s'étaient arrêtés, le temps d'un battement de paupières, leurs visages si proches qu'ils pouvaient presque se toucher. Qu'ils auraient pu se toucher, l'espace d'un instant, l'espace de suspendre l'air et la planète tout autour d'eux. Mais ce n'était pas le moment. Ajouter du chaos à la confusion, dans leur état respectif, n'était pas au goût du jour. Les émotions avaient été trop fortes, les corps n'étaient pas assez solides. Les coeurs non plus. Une pointe de déception serra le coeur du sorcier, juste pendant une seconde, avant d'être chassée par la fatigue. Ses doigts glissèrent dans les cheveux épais de son ami, tandis que les siens traçaient des arabesques dans son dos, l'attirant dans une étreinte plus profonde. La chaleur qui émanait de l'Américain réconfortait ses vieux os, ranimait son vieux coeur. Et là, contre son torse, il pouvait entendre leurs deux palpitants battre au même rythme, de cette cadence apaisée à laquelle ils avaient aspiré bien trop longtemps. Cette proximité heureuse, leur îlot de calme lorsque la marée les emportait trop loin du large, toutes ces années auparavant. Un instant de quiétude que le sorcier avait souhaité retrouver tant d'années, et dont personne d'autre que Cassidy n'avait le secret.

Cassidy ne souhaitait pas prendre de décision, et son soupir rassura l'Italien. Parce qu'il avait raison. Parce que ce n'était pas le moment de penser à demain, ni même de penser tout court. Réfléchir les avait menés trop vite au pied du mur, les avait fourvoyés tous les deux. Pourtant, un sourire creusa les traits épuisés de Noah. Un sourire complice, alors qu'il se blottissait d'avantage contre l'ancien Illusionniste, caressant distraitement sa nuque du bout des doigts.

-Le danger est dans notre nature profonde, tu sais, il l'a toujours été. Mais tu as raison. L'heure n'est pas à la prise de décision.

Sa voix ne lui faisait plus autant mal, maintenant qu'il n'avait qu'à murmurer pour que Cassidy l'entende. Ses lèvres se perdirent une nouvelle fois dans ses cheveux, juste pour s'y poser, alors qu'il fermait les yeux, s'imprégnant de son odeur. Non, il n'y avait pas de décision à prendre ce soir. Quand bien même en ce qui le concernait, il pouvait être exposé à tous les dangers de ce monde qu'il ne s'en soucierait guère si Cassidy était à ses côtés. Au nom de cette amitié sans bornes, au nom de cette relation fusionnelle qu'ils avaient construite. Au nom de cette tendresse infinie qui faisait battre doucement son cœur, cette sensation de flottaison maintenant qu'il avait retrouvé cette pièce qui manquait à son âme. Maintenant qu'il savait où se trouvait son humanité, après l'avoir cherchée toutes ces années. Au creux des paumes de cet homme, inscrite dans sa chaleur, dans l'odeur de ses cheveux, dans les battements apaisés de son cœur. Dans cette étreinte si naturelle qu'elle lui en donnait envie de pleurer.

Une étreinte qui s'affirma sur son dos, lui arrachant un frisson. Naturellement, il se lova d'avantage contre l'Américain, enroula ses bras tout autour de sa tête. Une inspiration, profonde, pour ravaler toutes ces sensations confuses et indescriptibles qui vagabondaient dans son esprit. Reconnaissance, affection, tendresse, confiance, soulagement. Sérénité.

-Si tu rêves, mon ami, alors nous sommes deux.

Chuchoter contre ses cheveux. S'enivrer de son odeur, s'enivrer de sa chaleur, s'enivrer de sa présence. L'estimer là, bien vivant, bien réel, tout contre lui. S'il s'agissait d'un rêve, c'était de toute évidence le plus beau qu'il lui ait été donné de faire depuis des siècles. Mais il était là, bien réel. Bien vivant. Et il s'assoupissait doucement, progressivement, ses membres s'alourdissant contre son flanc alors que sa respiration se faisait plus profonde. Caressant toujours les mèches brunes, le sorcier soupira contre ses cheveux. Ferma les yeux à son tour, un léger sourire aux lèvres, la gorge nouée par toutes ces émotions confuses. Ils étaient bien là, ce n'était pas qu'un rêve. Parce que, comme avant, Cassidy s'endormait le premier, laissant à Noah les armes nécessaires pour protéger son sommeil. Gardien improvisé, Bras Droit de Morphée, c'était ça qu'il avait toujours préféré dans leur relation. Le droit d'être le garant d'un sommeil sans cauchemars, d'être le protecteur de ce moment où l'âme est mise à nu. Lorsqu'ils étaient en prison, c'étaient ces moments de quiétude auxquels il aspirait le plus. Les moments où l'Américain déposait armes et défense, épuisé, aux pieds de Noah pour qu'il prenne la relève. Des instants volés, d'une légèreté sans pareille, qui réchauffaient son coeur comme jamais.
La vie les avait séparés. Mais ce soir, ils étaient de nouveau ensemble, la même chaleur, la même tendresse les étreignant comme avant. Ce n'était ni un rêve, ni un fantasme, ni une illusion. Juste la vérité. Une vérité si pure, si simple...
Aussi simple que respirer.


Les premiers rayons du soleil s'infiltrèrent timidement dans les grandes fenêtres du salon, à travers les épais rideaux rouges et gris. Baignèrent de couleurs le bureau, les étagères remplies de livres, la méridienne. Rouvrant difficilement les paupières, Noah ne se rappelait plus de s'être endormi. Ni lui ni Cassidy n'avaient bougé, lovés dans les bras l'un de l'autre, corps et coeurs s'engorgeant de chaleur. Difficilement, le sorcier s'extirpa de l'étreinte de son compagnon. Ses membres étaient engourdis, une tempête sombrait sous ses boucles brunes, mais il avait dormi d'un sommeil d'encre, sans le moindre rêve. Un sommeil réparateur, s'il en était. Un sommeil dont seul Cassidy Valdès tenait le secret. Ce dernier toujours profondément assoupi, l'Italien n'eut pas le coeur à le réveiller. L'expression si sereine du Résistant, loin de tous les troubles de la vie, le captiva un instant. Attira de nouveau cette bouffée de chaleur, diffuse, dans sa poitrine.
Tirant le plaid sur les épaules de son ami, Noah finit par s'éloigner. Les maigres rayons de soleil, blafards, dévoilaient l'intensité du combat de la veille. Des feuilles, des objets, étaient répandus pèle-mêle sur le sol. L'odeur âcre du sang envahissait la pièce, supplantant celle de la cheminée. Son regard s'arrêta sur son origine, une masse noirâtre incrustée dans son épais tapis gris. Une mare de sang à silhouette humanoïde, abstraite, qui lui arracha un frisson glacial. Le coeur battant il se retourna vers la méridienne. Croisa les traits apaisés de Cassidy, son visage coloré tout juste illuminé par les rayons du soleil matinal. La vérité. La vérité, elle était là, ce n'était pas un rêve. Cassidy était bien vivant, juste devant lui.

Un soupir de soulagement franchit ses lèvres, aida ses jambes flageolantes à se raffermir. Il avait failli le perdre, c'était ça, la vérité. Une vérité crue et difforme, violente et concrète. Il avait failli le perdre à propre de ses propres erreurs, ses propres errances, ses propres convictions. Mais il était vivant. C'était tout ce qui importait, tout ce à quoi il fallait se raccrocher. La seule vérité tant à concevoir qu'à accepter. L'envie de revenir contre lui, de s'assurer qu'il soit bien là, bien vivant, dans ses bras, le secoua. Une envie vitale, brusque et primale, à laquelle il ne donna pas suite. Les émotions étaient moins fortes, aujourd'hui. Qu'est-ce qui lui assurait que Cassidy veuille de sa présence ou de sa proximité, à présent ? Rien. Rien d'autre que son coeur, qui croyait encore et toujours à des chimères.

Le regard droit, esquivant volontairement toute trace de lutte ou de mort, le sorcier progressa difficilement jusqu'à la cuisine. Ses membres étaient lourds, courbaturés, il se savait fiévreux. Il tremblait. Tant pis pour l'Hôpital, il n'irait pas aujourd'hui. Il avait d'autres choses à faire, nettement plus importantes que d'écouter les plaintes de dizaines d'emmerdeurs toute la journée. Des choses qui concernaient l'homme assoupi dans son salon. Parce qu'il devait savoir, au fond. Il voulait savoir si tout ce qu'ils s'étaient dit était fondé, si toutes ces émotions confuses qu'ils avaient partagées étaient toujours là. Si ces promesses qu'ils s'étaient faites étaient toujours valables. Prenant sur lui, il prépara deux tasses de café qu'il ramena à pas traînants dans le salon. Les déposa sur un guéridon avant de rejoindre la méridienne, et s'asseoir doucement sur le côté.
Quand ses doigts effleurèrent le front de Cassidy pour repousser quelques mèches de cheveux, qu'ils glissèrent le long de sa joue pour le réveiller, ce n'était pourtant pas des doutes qu'il éprouvait. C'était de nouveau cette tendresse paradoxale, profonde, qu'il avait retrouvée au creux de ses bras. Un léger sourire, aussi fatigué, que doux sur ses traits lorsque le regard embrumé du Résistant croisa le sien.

-Prends ton temps, le soleil s'éveille tout juste, lui aussi. Nous avons deux bonnes heures avant que la Nouvelle Orléans s'anime de nouveau.

Un autre rôle qu'il avait, dans le temps. Qu'il avait toujours aimé, aussi. Celui où il tirait l'Américain de sa torpeur, où il était le réceptacle privilégié de ces instants rares d'innocence qu'étaient les moments de réveil. Ceux où les traits n'étaient pas encore endurcis, où les regards n'étaient pas encore lourds de sens. Juste embrumés. Un instant de grâce rare durant lequel Noah avait toujours trouvé son ami magnifique. Ses doigts s'attardèrent quelques instants sur sa joue avant de s'envoler, quelques instants où il retint son souffle. Parce que son coeur se serrait, trop fort. Parce que la tendresse était trop forte, elle aussi. Il se reprit, poursuivit d'un ton détaché, son regard coulant le long de la chemise poisseuse de sang de son compagnon.

-Comment te sens-tu ? Tes forces sont-elles toutes revenue ou as-tu besoin de plus de temps pour te reposer ?

Les marques de la bataille étaient bien plus visibles, à la faveur du soleil. Le torse de Cassidy, sous la déchirure de sa chemise, semblait être parfaitement cicatrisé, mais Noah préférait être sûr que ce dernier se sente parfaitement en forme. Se conforta avec une brève inspection, rapide, passant la pulpe de ses doigts le long des muscles pour s'assurer qu'il n'y ait plus de plaie. S'il ne trouva aucune marque, il n'en était pas convaincu pour autant. Il ne le laisserait pas partir sans la preuve d'une guérison complète. Parce que sa gorge se serrait, ses yeux trop fatigués, s'embrumaient devant cette vision. Les souvenirs de la soirée revenaient, pèle-mêle, secouant son vieux corps d'un frisson glacial. Des images d'une violence inouïe. Des images qui lui rappelaient, encore, à quel point il avait failli perdre cet homme.
Ravalant l'angoisse, ravalant ses émotions, il poursuivit doucement, attrapant une des tasses sur le guéridon pour la lui tendre. Se servit à son tour, plus une parade pour s'occuper que par réelle nécessité.

-Tu peux te servir de ma salle de bain, si tu le désires. Je peux également te prêter quelques vêtements qui seront moins voyants.

Il baissa les yeux vers sa tasse de café, amer. Parfaitement conscient que tout ce qu'il s'était passé la veille était sa responsabilité. Il avait fait ça. Ce n'était pas seulement le quiproquo, ce n'était pas seulement l'incompréhension. Il avait été la cause de le souffrance de son ami, pire, il avait failli provoquer sa perte. Pinçant les lèvres, il finit par les tremper dans le café chaud. Avant de murmurer, la gorge serrée.

-C'est la moindre des choses que je puisse faire, après... Tout ça.

Tout ça. Un doux euphémisme pour qualifier un fratricide. Son regard se perdit derrière eux, embrassant le champ de bataille, s'arrêtant sur la tâche de sang, incrustée au tapis. Il déglutit lourdement, ses doigts tremblants autour de sa tasse. Plus jamais. Plus jamais il ne serait aussi fou, aussi stupide, aussi aveugle. Un serment qu'il ne faisait pas qu'à lui-même. Il le faisait aussi à Cassidy, en témoignait ce regard plus droit qu'il planta dans ses iris clairs.

-Cela n'arrivera plus. Je t'en fais la promesse. Tout comme mes promesses de la veille sont toujours aussi claires dans mon esprit, tout comme tu peux compter sur ma confiance et ma loyauté. Nous avons trop souffert hier et ces dernières années pour que je laisse une telle situation nous atteindre de nouveau.

Pour que je laisse le monde nous séparer de nouveau.


-Tu parlais de dangers, hier, mais je suppose que nous avons atteint des sommets nous-mêmes. Si nous avons survécu à tout cela, je suis certain que nous arriverons à surmonter tout ce qui peut nous attendre par la suite.

Son visage se fendit d'un léger sourire, malgré ses traits tirés. Un sourire amusé, alors que ses yeux pétillaient d'une franchise trop rare ces dernières années. Parce que la situation était cocasse, en y réfléchissant bien. Parce qu'il comptait sur l'approbation, au fond, de Cassidy.
Parce qu'il avait besoin de l'approbation de Cassidy, même si sa boutade était trop proche des événements, trop mal placée, trop mal formulée. Parce qu'il avait besoin de rire de tout ça, de rire du mal qu'il s'était fait, pour s'assurer que les choses ne pouvaient qu'aller mieux dorénavant.
Je t'aime, Cassidy. Mon frère, mon âme soeur. La vie ne nous séparera plus comme elle l'a fait, parce qu'à tous les deux, nous sommes plus fort que nous-mêmes. Plus forts que des siècles d'errance, qu'un gouvernement tyrannique, plus forts que la vie elle-même. Et j'espère, au fond. J'espère sincèrement que tu ressens la même chose que moi.
Que tu veux encore tout ce que tu voulais hier soir, quand nos coeurs étaient à l'orage, maintenant que tout cela est derrière nous.
Parce que je ne supporterai plus d'être séparé, encore, de toi. Je refuse de vivre une vie où tu n'es pas avec moi, pas alors qu'on s'est enfin retrouvés.





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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Ven 9 Mar - 23:52


« Bad dreams come true, I make them for you. »



 
 
Noah & Cassidy
featuring

Mes pensées trop confuses se sont dispersées pour sombrer dans une douce torpeur contre laquelle je n'ai pas lutté, laissant la voix chaude de l'italien me bercer. Ainsi, j'ai baissé les armes, j'ai cessé de penser, je n'ai pas cherché à analyser la moindre chose ni à me perdre en mille conjectures sur le lien qui m'unit à Noah. Il est des instants où l'instinct seul suffit et où il convient de le laisser prendre les rennes quand l'esprit est trop épuisé pour réfléchir. Je ne désire me nourrir que de sensations et celles-ci me sont infiniment douces alors que mes rêves se mêlent à la réalité. Le danger se trouve tout autour de nous, comme un monstre tapi dans les ombres qui ondulent autour de cette bulle où nous sommes blottis, endormis l'un contre l'autre. Le danger fait partie de nos vies depuis toujours, la sienne comme la mienne, il nous colle à la peau, il rampe même parfois dans nos veines. Mais ce n'est pas une chose nouvelle. Sans doute avons nous l'habitude de vivre constamment traqués par de sombres menaces et peut-être même les recherchons-nous activement, conditionnés par nos tempéraments de trompe-la-mort.

Alors, lorsqu'il est possible de profiter d'un instant de paix et de frôler le paradis, pourquoi s'en priver ? En ces heures nocturnes, je m'offre quelques instants de lâcher-prise. Sans plus m'agripper au passé, à ses douleurs et ses frustrations, sans plus craindre ni espérer en l'avenir. Mais en m'ouvrant à l'instant présent, cet instant où je suis enveloppé de la présence chaleureuse de mon âme sœur, de son odeur, de ses caresses et de son souffle contre ma peau. Cet instant où j'accepte de dénouer le fil de toutes mes peurs, celles de le blesser ou de l'exposer à des risques bien trop grands par ma simple étreinte, trop étroite, quand je le serre trop fort contre moi, sans brider l'affection que je lui voue. Cet instant où j'apprivoise cette confiance réciproque retrouvée que je croyais perdue à tout jamais dans les limbes et où je m'essaie plus profondément et sincèrement à pardonner, autant à lui qu'à moi-même.

Perdu dans les brumes de l'inconscience, mon esprit dérive à la surface de mes songes. Et dans cet anachronisme propre aux rêves, je me retrouve avec Noah dans cette usine d'armement où je travaillais autrefois à Richmond, reprenant le métier de mon père. Fixé à mon poste devant la chaîne de montage, les pièces défilent sur le convoyeur mécanique et je suis contraint d'y travailler à une cadence de plus en plus rapide. Je ne peux pas m'arrêter. Derrière moi, Noah m'enlace, je perçois la chaleur de ses bras qui m'entourent et le souffle léger de ses appels contre ma nuque. L'envie de me retourner vers lui me dévore mais je ne peux pas cesser de fixer la machine, au risque d'être submergé par l'accumulation des pièces à assembler qui ne cessent d'arriver. Des étincelles s'associent aux grincements lugubres des machines qui protestent et ronflent de plus en plus fort alors que le rythme du travail à la chaîne devient impossible à assumer pour mes doigts ankylosés. Noah ne me quitte pas, toujours lové silencieusement contre moi alors que je poursuis ce travail que je déteste et qui m'inspire tant de dégoût.

Puis, tout à coup, la scène se transforme et dans un grand fracas, ce ne sont plus des pièces de métal qui défilent mais des morceaux de corps humains que je tente désespérément d'assembler. Des visages déformés, des membres désarticulés. Et si ces lambeaux de chairs ne sont pas reconnaissables, je sais confusément que certains appartiennent à mes proches. A Ignacio, mon frère. A Nadja, ma femme. Je ne peux pas m'arrêter, Noah, je dois les reconstruire, je dois tout reconstruire. Ce travail macabre va le faire fuir, je le crains confusément mais pourtant, Noah ne me quitte pas. Je perçois toujours son odeur, sa chaleur, ses caresses contre mon épaule, dans une sensation de réconfort qui dissipe l'horreur pour ne laisser place qu'à une sensation délicieuse qui embrase mes sens et allège mon cœur. Alors, soudain, les visions morbides disparaissent totalement et seul son visage m'est perceptible, dans un flou vaporeux où je m'abandonne, posant enfin mon front fatigué contre le sien. Ce sont ses mots qui résonnent dans mon esprit, sa voix qui touche mon cœur, entre souvenir et songe. Tu n'es pas un traître, Cassidy. Ni un traître, ni un monstre, à mes yeux. Tu n'es plus seul. La vie nous a donné à tous les deux une seconde chance, et tu es libre de choisir si tu désires ma compagnie à tes côtés.

« Noah... »

Un soupir trop tendre m'échappe sur ce nom prononcé d'une voix encore endormie. Si je ne suis pas surpris de le voir là lorsque j'entrouvre les paupières, c'est que je suis toujours plongé dans ce rêve. Pourtant, lorsque je cligne des yeux, son image ne s'évapore pas dans le néant et je me trouble légèrement en apercevant son léger sourire, frappé par la beauté angélique qui se dégage de ses traits fatigués. Quelques secondes me sont nécessaires pour me souvenir de l'endroit où je me trouve et que se dissipe cette sensation d'être désorienté. Je m'attendais à me réveiller dans le décor modeste et intime de ma caravane mais je retrouve l'ambiance luxueuse du bureau du psychiatre, où subsiste une odeur de cendre et de sang. Avec un temps de retard, mes lèvres s'étirent dans un mince sourire en réponse au sien, sans cesser de le dévorer du regard avec une certaine fascination. Dans la douce lueur matinale, le miracle prend une apparence plus concrète qu'il ne l'était hier soir : Noah est bel et bien vivant. Et le réaliser encore une fois, m'imprégner de cette vision bien réelle, de sa présence à mes cotés, me procure à nouveau une sensation de bonheur parfaite. Un bonheur qui n'est pas encore entaché par mes soucis et mes incertitudes, ces tourments sinistres de la réalité engourdis par le sommeil, un bonheur innocent qui s'inscrit dans mes yeux redressés vers lui.

« Buongiorno... »

Ce mot en italien me vient dans un souffle, comme une réminiscence de notre passé en prison où Noah ne comprenait que cette langue et que nous émergions ensemble du sommeil, blottis sur notre infâme paillasse. Pourtant, nous sommes bien loin de cette atmosphère froide et insalubre, et la main de Noah qui s'attarde contre ma joue me semble brûlante. Soudainement, je me rend compte qu'il a veillé sur mon sommeil comme par le passé et qu'il m'a probablement regardé dormir. A cette pensée une vague d'un plaisir coupable déferle sur moi. Peut-être aurais-je dû partir avant le lever du soleil. Nous avons deux bonnes heures avant que la ville s'éveille, a t-il dit et je hoche doucement la tête. Noah ne semble pourtant pas pressé de me voir déguerpir et je perçois l'odeur du café qui envahit la pièce et me renvoie à des souvenirs agréables de ma vie humaine. Si désormais, je ne savoure plus les aliments, je peux néanmoins apprécier les parfums qui transportent les émotions, à la manière des madeleines de Proust. Les souvenirs s'entrechoquent et s'emmêlent sans que je ne bouge immédiatement, couvé par son regard et ses doigts qui effleurent ma joue. Certains éléments de mon rêve me reviennent, comme des flashs aussi fugaces que rapides. Durant une fraction de seconde, je revois cette scène onirique où je me suis retourné vers lui pour poser mon front contre le sien et l'enlacer. Effleurer sa joue de la mienne avant de rejoindre ses lèvres pour me les approprier enfin, fiévreusement.

« Euh... » Sa question me bouscule alors que je baisse les yeux vers mon torse en suivant son regard, tout en me redressant légèrement à sa question. Je porte toujours la même chemise déchirée et maculée de sang séché, qui laisse entrevoir ma peau, désormais indemne de toute blessure. Je n'ai pourtant pas l'opportunité de construire une réponse que les doigts du guérisseur s'immiscent déjà contre ma chair, me procurant aussitôt une sensation électrisante qui me fait tressaillir. Mes abdo se contractent sous la nervosité soudaine, mes doigts se crispent sur le plaid qui me recouvre, alors qu'une certaine chaleur m'envahit, mes yeux baissés vers cette caresse qui réveille des sensations bien trop impudiques dans mon corps, malgré moi. « Mes forces ? Hé bien... » Suis-je devenu incapable de répondre à une question simple ? Il est temps que je me réveille tout à fait. Et que je prenne une douche froide. « Non non, ça va, j'ai pris assez de repos. » Dis-je un peu brusquement, en me raidissant légèrement sous ses attouchements. Quelle idée de faire des rêves pareils, Valdès. Je secoue doucement la tête, retrouvant le regard de Noah en poursuivant d'un ton plus léger pour dissimuler mon trouble. « Mieux vaut que tu évites de me toucher. Je crains de ne pas pouvoir me contrôler, au réveil... Enfin, tu sais. » Dis-je dans un léger cillement, passant sous silence la réalité honteuse de ma malédiction. Non pas que je risque de lui dérober une trop grosse part d'énergie sans réussir à m'arrêter à temps, mais même s'il ne s'agit que d'une dose légère, mieux vaut l'avertir. Bien qu'il soit au courant, Noah n'est pas encore accoutumé à cette tare qui pèse sur mon âme et ses gestes, aussi innocents et spontanés soient-ils, l'exposent aux risques. Des risques que je souhaite lui faire mesurer alors que je ne distingue encore que trop les traces de l'extrême fatigue dans ses yeux et dans les légers tremblements de ses mains, si chaudes. Et peut-être que je préfère éviter également d'autres risques, que je ne suis pas davantage prêt à assumer.

Me rasseyant tout à fait, j'accepte alors la tasse qu'il me tend, acquiesçant à ses propositions. Si je me sentais prêt à filer comme un voleur hier soir, les choses se sont déroulées d'une manière que je n'aurais pu prévoir. Et à présent que je suis resté la nuit entière, j'imagine qu'il serait ridicule de ne pas profiter jusqu'au bout de l'hospitalité de Noah, d'autant plus que ma tenue est loin d'être discrète, en effet. Un regard autour de moi achève de me rappeler la violence terrible de cette scène qui nous a opposée et je ressens intuitivement le malaise qui pèse sur le front de Noah. Par mimétisme, je trempe à mon tour mes lèvres dans le café brûlant qui me donne l'illusion confuse de ne pas avoir changé, cette sensation d'être encore comme lui. Un homme, un sorcier, un illusionniste. Son ami. Fermant les yeux une seconde, j'inspire l'odeur agréable pour mieux me perdre dans ce mirage avant de retrouver le regard droit de Noah, un regard qui porte en lui la détresse que renvoient également ses paroles. Gardant le silence, je suis sensible à la gravité qui se dégage de son ton, de ses promesses qu'il renouvelle, dans la clarté lucide de ce petit matin. Les souffrances passées qu'il évoque ramènent plus de chaleur dans mon regard trop évasif, alors que je m'essayais à une tentative de réserve silencieuse. Hochant la tête, je le laisse poursuivre, baissant le regard dans un léger sourire à ses mots remplis d'une dérision un peu décalée qui ne rendent que son expression plus touchante. « J'avoue, c'était plutôt intense... » C'est un murmure qui lui répond, sur le même ton léger, en écho au sien. Un euphémisme pour qualifier cette soirée où nous sommes morts, tour à tour, avant de revenir à la vie, pour une deuxième chance.

J'ai besoin de quelques secondes de battement supplémentaires, mon regard plongé sur la surface noirâtre du café pour être capable de le regarder à nouveau au fond des yeux. Pour tenter de rester objectif en sondant les étincelles de sincérité presque candides qui illuminent ses iris de jade. Tenter seulement. Car malgré moi, mon cœur se serre, sans réussir à faire autrement qu'être touché par son sourire si fatigué, par cet espoir si pur qui brille dans son expression. J'ignore en réalité ce qu'il faudrait que je fasse pour rester neutre face à lui, pour ne pas être troublé par ce qu'il dégage, par cette sensibilité qui émane de ses traits délicats et de ses yeux si expressifs. Sans doute devrais-je rester sur la même ligne de conduite que je me suis fixé et reformuler les mêmes présages funestes que je lui ai offert la veille. Mais si je tente de construire des phrases plus sévères dans mon esprit, elles meurent aussitôt lorsque je me perd dans son regard. Noah connait mon caractère obstiné, il sait que je ne change que rarement d'opinion. Pourtant dans ce cas, ce n'est pas de moi seul dont il s'agit mais de notre amitié, de la souffrance qu'il a endurée lorsque nous avons été arrachés l'un à l'autre par cette tempête de neige. Par cette incompréhension. Par mon manque de confiance en lui. Car c'est bien de cela qu'il s'agit avant tout. Si j'avais pris la peine d'expliquer clairement à Noah les détails de mes plans et les éventuels problèmes que nous rencontrerions avec les autres détenus, tout cela ne se serait pas produit. Dans un geste spontané, je tend la main pour la poser contre la sienne.

« Non, ça n'arrivera plus, je le sais. Ce qui s'est passé hier n'était que la conclusion de trop de frustrations accumulées, il fallait que ça explose à un moment donné. Et sincèrement Noah, je suis content que nous soyons passés par cette épreuve, aussi dure qu'elle ait été, parce que nous l'avons surmontée ensemble. »

La chaleur de mon regard est profonde alors que je soutiens le sien, caressant doucement sa main.

« Que m'importe ce coup de poignard, la douleur n'est désormais qu'un mauvais souvenir, elle a disparu à présent. Et ce qui me reste est infiniment plus important car j'ai gagné à nouveau ta confiance. Alors tout ça... » Ce sang qui souille encore ma chemise, cette silhouette macabre qui se dessine sur le sol, ces traces de lutte et de colère. « Ce ne sont plus pour moi que des symboles positifs car grâce à ça, nous sommes amis à nouveau. » Le symbole d'une victoire. Celle du gain inestimable que j'ai remporté ce soir alors que je n'osais plus y croire.

« Pour la suite, je... » Subitement, je me rend compte du contact imprudent de ma main sur la sienne et je m'interrompt tout net, me détachant de lui comme si je venais de me brûler. C'est pourtant lui que je risque de blesser. « Excuse-moi. Tu parais fiévreux... Mieux vaut que je ne m'attarde pas, tu es encore fragile et tu as besoin de repos. En plus, il me parait plus sage de partir avant le réveil de ton voisinage... » Dis-je d'un ton songeur, pensant tout haut aux soupçons qui ne manqueraient pas de peser sur un célibataire voyant son invité s'échapper à l'aube. Un homme, qui plus est. L’ambiguïté de mes propres pensées m'inspire un soupir las que j'étouffe dans une nouvelle gorgée de café, me renfonçant contre le dossier de la méridienne. Ce monde corrompu encourage à l'intolérance autant qu'à la délation et désormais, les citoyens craignent plus que tout les regards des autres parce qu'il ne s'agit pas simplement de se méfier du qu'en dira-t-on. Aujourd'hui, la moindre incartade, le moindre soupçon de désobéissance à la loi et aux règles strictes de la prohibition attire inévitablement les pires ennuis. Même ceux qui n'ont rien à se reprocher tremblent, de crainte d'être associés à ceux qu'on qualifie ouvertement de dépravés ou d'immoraux. Les gestes les plus anodins deviennent délictueux dans cet univers rigide et tyrannique. Un cri un peu fort, une jupe trop courte, un couple non marié main dans la main. Des amis trop fusionnels.

« Si tu peux me prêter ta salle de bain et des vêtements propres, ce serait parfait. » C'est tout à ces paroles que j'étend le bras pour poser la tasse sur le guéridon, me dégageant de la douceur du plaid dans le même mouvement pour m'esquiver et me redresser de la méridienne et lui faire face. Dans une inspiration, j'abaisse alors mon regard vers lui, relâchant plus bas. « Ensuite, je pourrai te dessiner le plan qui mène à mon campement au cas où... tu aurais besoin de venir me trouver. » Parce que nous avons survécu à trop de choses pour se séparer si abruptement. Parce que Noah est certain que nous arriverons à surmonter tout ce qui peut nous attendre par la suite. Parce que j'ai envie d'y croire.

 



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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Sam 24 Mar - 1:03


Cassidy avait-il toujours eu une expression aussi douce, au réveil ? La vision s'était superposée aux souvenirs, plus pure, plus tendre, aussi. Embrumé par le sommeil, reposé, le Résistant avait l'air si innocent. Eloigné de toutes les vicissitudes de la vie, de tous les tourments qu'elle apportait avec elle. Juste délassé, juste apaisé. Une sérénité rare, proche de l'enfance, qui conférait à son visage une radiance toute particulière. Et même la nostalgie, même les souvenirs, ne traduisaient pas aussi parfaitement la beauté du Résistant alors qu'il avait marmonné un buongiorno encore empâté par les brumes du sommeil. Une vision que Noah s'était attelé à enregistrer dans son esprit, les conditions de leur relation ayant changé et présageant qu'il n'aurait pas bientôt l'occasion de revoir cette innocence envahir aussi intensément son vieil ami.

Vieil ami qui s'était arraché bien vite à ses doigts, bien trop vite à son goût. L'inspection était déjà finie mais il s'était légèrement attardé, c'était vrai. Pour autant il ne marqua pas une fois ça déception à la vivacité de Cassidy. Les raisons qu'il invoquait étaient valables, honnêtes. En effet, de par sa nouvelle nature, il pouvait s'avérer dangereux. Pourtant une pensée s'était mise à chuchoter, sous les boucles brunes. S'il avait été aussi dangereux que ça pour le sorcier, si le risque était aussi grand pourquoi ne l'avait-il pas repoussé la veille ? Pourquoi avait-il accepté qu'ils dorment lovés l'un contre l'autre, et, de ce fait, comment cela se faisait-il qu'il ne ressentait aucun épuisement autre que celui bien logique qui tirait sur ses muscles ? Une petite pensée insidieuse, qui crût à mesure que Cassidy s'exprimait. Pas que Noah doutât de sa bonne foi, loin de là. Ils avaient passé ce cap, en renaissant tous les deux. Pour autant, la réaction de son ami avait été bien vive à son goût.
Pourtant il n'en fit rien. La conversation avait suivi son cours, teintée de cette amertume bien trop présente alors qu'ils évaluaient tous les deux l'état du salon. La marque sur son tapis, silhouette humaine toute en sang noirâtre, ne rappelait que trop intensément la violence de la veille. Un crescendo qui n'avait fait que monter jusqu'à atteindre un point culminant dont Noah était soulagé qu'ils l'avaient franchi. Ses doigts enroulés autour de sa tasse de café réchauffaient tout son vieux corps alors qu'un tremblement l'avait envahi brièvement. Non, ils ne referaient plus cette erreur. Ils avaient grandi, cette nuit les avait changés. En ce qui le concernait, ce n'était pas qu'une affirmation. C'était une promesse.

Une main vint se poser sur la sienne, rapportant la chaleur dans son vieux corps. Détournant le regard pour faire face à Cassidy, Noah rencontra une paire d'yeux sombres chargés d'une promesse, eux aussi. La même que la sienne. Résistant à l'envie d'étreindre cette main entre ses doigts, le sorcier esquissa un sourire épuisé. La caresse du pouce rugueux sur sa peau le ramenait toutes ces années en arrière, lorsqu'ils se vouaient une confiance sans failles. Lorsqu'ils étaient trop fusionnels pour les paroles. Ce contact avait-il toujours été aussi agréable ? Le sorcier l'ignorait. Pour autant, il avait le don de le détendre.
Tout autant que cette affirmation de leur promesse. Une réciprocité qu'ils avaient attendue, tous les deux. Qui avait été longue à venir, qui n'était pas certaine une fois l'intensité retombée. Et pourtant, elle perçait elle aussi. Un nouveau rayon chaleureux qui s'additionnait à ceux du soleil levant, à travers les épais rideaux du salon.

-Ensemble, exactement...

Sa voix se perdit avec son regard, alors que son attention se portait de nouveau sur les vestiges de leur soirée. Une épreuve qu'ils avaient surmonté tous les deux, qui était aussi bien inscrite dans leurs corps que leurs âmes, que dans le sol de cette pièce. Il pourrait ranger, nettoyer, remettre toute la pièce en ordre qu'il resterait toujours des traces de leur lutte fratricide. Des marques de ce renouveau partagé, bien plus beau que tout ce qu'ils auraient espéré. Ses doigts se lovèrent naturellement entre ceux de l'Américain, alors qu'il hochait silencieusement la tête. Il avait raison, c'était une preuve qu'ils étaient bien plus forts ensemble que l'un contre l'autre. Un témoignage vibrant de leurs retrouvailles, et de leur détermination à ne plus être séparés par les caprices du Destin. Après tout, il n'y a pas de victoire sans bataille. Et il n'y a pas de bataille sans verser de sang.
Rasséréné, le sorcier embrassa une dernière fois le champ de bataille du regard avant de retrouver celui de son ami. La passion qui animait naturellement Cassidy l'avait toujours fasciné. Une constante qui faisait vibrer l'homme tout entier, de sa voix à son regard, qui illuminait chacune de ses expressions. Une vivacité que nul coup de pinceau ne pourrait jamais capter, sinon à la feuille d'or. L'expression léonine de son ami, même avec les troubles du réveil, même avec les marques affirmées de la fatigue, ne changeait pas pour autant. Dans tout ce qu'il faisait, elle le guidait. Elle le consumait tout entier, et embrasait toute âme qui vive dans son entourage direct.

-Tu as raison, comme toujours. Nous n'avons aucune honte à tirer de ce chaos, seulement de la fierté. Celle d'être encore vivants, encore proches, encore ensemble.

Encore amis. Amis, quel étrange concept pour leur relation indéfinissable. Amis, frères, liés, indubitablement. Un peu plus, un peu moins, nul ne le savait vraiment. Tout à ses considérations, Noah avait replongé ses lèvres dans sa tasse de café, savourant la rondeur du breuvage sur sa langue. Un parfum chaleureux et rassurant qui rendit la séparation subite de leurs mains moins difficile. Baissant toutefois les yeux vers les doigts de Cassidy, en suspens au-dessus des siens, il haussa un sourcil interrogateur. Se rappela à regret les raisons de son ami pour éviter tout contact prolongé. Et soupira doucement.
La raison voulait qu'il parte rapidement. La conscience le désirait tout autant que la bienséance, et ce maudit monde dans lequel ils évoluaient tous les deux. Un monde où chaque mouvement, chaque parole était scruté par tout un chacun, résultant en une multitude d'hérésie et de contradictions qui finissaient toutefois inéluctablement dans une enveloppe. Et l'enveloppe sur le bureau d'un agent des renseignements. L'envie de retenir Cassidy le frappa sèchement. Il aurait pu rester plus longtemps, ne partir qu'au coucher du soleil, mais Noah savait parfaitement qu'il ne l'avait déjà que trop retenu à ses côtés. Pourtant... Pourtant il ne voulait pas le voir partir. Pas alors qu'ils savouraient les premières lueurs de ce jour nouveau ensemble, pas alors qu'il se sentait entier pour la première fois depuis toutes ces années. Mais ce n'était pas uniquement son choix.
C'était celui de la raison.

-Je suppose qu'il est inutile de tenter de te retenir à nouveau ?

L'interrogation était sortie toute seule, sa voix s'éteignant malgré lui. Malgré cette pointe nécessiteuse qui avait transpercé, subtilement, sa voix. Il n'était pas utile d'insister, non, car il en avait déjà trop fait. Car il ignorait où ils allaient, tous les deux, ou même s'il serait réellement possible qu'ils se revoient un jour. Cette société n'acceptait pas le genre d'alliances qu'ils avaient présupposées en s'assoupissant, ou qu'ils avaient ré-invoquées à l'instant. Un pro-gouvernement affiché tel que Noah ne pouvait pas décemment s'entretenir avec un Résistant aussi influent que Cassidy. Pourtant, elle était bien là, cette pointe de déception. Non pas contre eux, mais contre la prudence à laquelle ce monde les forçait. Son regard trop insistant, trop demandeur, finit par s'abaisser alors que Cassidy se levait finalement. Glissa lentement le long des vêtements déchirés, le long de la silhouette athlétique de l'Américain pour finalement se reposer sur sa propre tasse de café.
Se redresser le rappela à l'ordre. Ses muscles étaient encore terriblement engourdis, ses jambes de coton. Une fois de plus, la perspicacité de son ami le frappa, lui attirant une fraction de sourire. Il était fourbu, c'était un fait avéré. Et si Cassidy devait le quitter, il y avait fort à parier qu'il passerait sa journée à se reposer avec un livre, engoncé dans un fauteuil au coin de la cheminée. S'étirant longuement, il haussa un sourcil à la proposition.

-Serait-il possible que tu souhaites effectivement m'attirer dans le secret de ta demeure, Cassidy Valdès ?

Si son ton était railleur, il n'empêchait pas son sourire de trahir le plaisir que cette proposition lui faisait. Car il était certain qu'il viendrait le voir, pour peu que Cassidy lui indique effectivement où il vivait. Leurs promesses n'étaient pas faites que de vent. Et Noah ne comptait pas le laisser filer aussi facilement, pas alors qu'ils venaient de se retrouver. Pour autant, lui dessiner un plan revenait à courir une forme de risque pour le Résistant. Le sorcier était prudent, tant dans ses relations qu'en ce qui concernait sa vie privée. Toutefois il y avait toujours le risque qu'il puisse être suivi, un jour où il suivrait la piste pour rejoindre son ami. Et ça, il ne le souhaitait surtout pas.
Se rapprochant pour lui faire face, chacun de ses muscles hurlant au meurtre, le sorcier grimaça. Considéra longuement l'étincelle de certitude qui illuminait le regard de son compagnon, avant de hocher la tête.

-Je te rejoindrais avec joie, sois en sûr. La vie ne nous a que trop séparés, je ne souhaite plus perdre une minute à me demander s'il serait sûr ou non d'être à tes côtés.

Une nouvelle promesse, une nouvelle certitude. Un nouveau rebond de son coeur contre sa poitrine, qu'il ne chercha pas à étouffer. Il n'en voyait pas l'intérêt, pas alors que la perspective lui paraissait si douce. Son regard dévia de ses yeux à ses lèvres, à son torse. Le vêtement taché de sang noirâtre était déchiré, révélant la peau régénérée de ses muscles. Des muscles secs, bien plus dessinés dans son souvenir.

-Tu ne peux résolument pas sortir dans cet état. Suis-moi, la salle d'eau est à l'étage.

S'arrachant à ses contemplations, il ouvrit la marche jusqu'à la porte verrouillée sur l'escalier dans le vestibule. Fouilla dans sa poche pour en tirer la clé, et s'engouffra au travers de la galerie d'esquisses pour rejoindre la mezzanine. Pour rejoindre son univers, celui qu'il n'ouvrait qu'à de rares occasions à une tierce personne. Mais Cassidy n'était pas une tierce personne. Cassidy était une fraction de son univers, la personne qui le connaissait le mieux. De ses craintes à ses doutes en passant par ses folies, en passant par les images pastorales de l'Italie jusqu'aux portraits de tous les êtres qui avaient croisé son chemin. Cassidy dont l'esquisse elle-même se trouvait sur un chevalet de bois clair, dans un angle de la mezzanine. Un grand portrait en cours de création, qui était resté en suspens, le sorcier n'ayant encore trouvé quelle matière travailler pour retranscrire le Résistant.
Un portrait crayonné qui faisait face aux imposantes peintures à l'huile représentant ses souvenirs d'Italie. Rafaele, Azzura, Alberigo. Ils jaugeaient l'esquisse d'un regard lourd, mais le crayonné leur tenait tête, un éclat effronté dans son expression altière.

Tout occupé à lutter contre les hurlements de ses muscles à chaque pas qu'il faisait pour guider son ami au travers de son antre, habitué aux portraits, leur signification et cet univers étrange, Noah ne pensa pas une seconde qu'ils puissent perturber Cassidy. L'inviter dans ce qui constituait sa vie était si naturel qu'il lui fallut un temps et quelques pas d'avance pour comprendre que ce dernier s'était arrêté. Croisant les bras sur son torse, il finit par rejoindre le côté de son compagnon, une ombre de sourire se dessinant sur ses traits épuisés.

-Les murs étaient trop vides, impersonnels, quand l'Hôpital m'a fourni ce logement. L'ancien propriétaire avait suffisamment de goût pour avoir choisi une architecture aussi particulière, mais il ne s'était arrêté que là. Combler les vides muraux et mémoriels est donc devenu naturel. Nécessaire, d'une certaine manière. Je n'avais plus nos illusions auxquelles me raccrocher, j'en ai ainsi créé d'autres.

Pour combler le vide. Pour combler le manque. Une explication très simple qui n'avait pris son sens qu'à mesure qu'il avait repeuplé tout l'étage avec ses souvenirs. Cassidy n'était plus là pour partager les illusions, pour lui renvoyer ce passé qu'il ne voulait pas voir s'effacer. Alors il avait trouvé une autre méthode pour se souvenir. Des portraits, des peintures, une méthode bien moins volatile, bien plus durable pour conserver tous ces gens au creux de son âme. Quelque part, aussi, au creux de son cœur.
Sans la moindre forme de gêne, un soupçon d'auto-dérision au fond de la voix, il poursuivit.

-Après des siècles d'existence, la mémoire s'efface, qu'on le veuille ou non. Pendant un temps, j'ai cru que peindre aussi assidûment chaque personne qui a compté dans ma vie était un moyen d'exorciser les torts ou les péchés du passé. D'exsuder la douleur dans la matière. Je n'ai réalisé que dernièrement qu'en réalité, il ne s'agissait que d'une manière de les garder un peu plus longtemps à mes côtés. Il y a deux esquisses de toi dans l'escalier, au cas où tu te poserais la question. Et il y avait autrefois un portrait en pied juste ici qui ne me satisfaisait plus après t'avoir revu. Trop éloigné de la réalité. Je suis en train de le refaire.

Joignant les gestes à la parole, il désigna un espace mural étrangement vide. Tout juste la place pour un tableau, au milieu de la galerie des souvenirs, juste en dessous d'une représentation étrange joignant la campagne Italienne et les grands immeubles américains, les charrettes croisant l'éclat poli de voitures noires. Une de leurs illusions jointes, parmi tant d'autres qui n'avaient pas encore trouvé leur chemin sur la toile. Réalisant le surréalisme de la scène, le sorcier pouffa doucement. Ses collègues psychiatres verraient ici une manifestation d'un esprit torturé, malade, l'expression profonde d'une solitude tirant sur le pathologique. Noah, lui, n'y voyait qu'une manière comme une autre de s'exprimer, de perdre pied pendant quelques heures pour se recentrer avec lui-même.
Tout du moins c'était ce qu'était devenu la peinture, pour lui. Elle l'avait été, maladive, au début. Par périodes, lorsque la vie était trop sombre, trop difficile à subir. Mais ce n'était plus le cas. Il se tourna vers Cassidy, une étincelle de malice perçant dans ses iris de jade.

-Je comprends mieux pourquoi je n'étais pas satisfait de mon tableau. L'expression de ton visage était trop dure, elle manquait de passion. De vie. Il lui manquait cette étincelle que je retrouve dans ton regard.

Cette passion qu'il avait aperçue plus tôt, lors de cette promesse qu'ils s'étaient faite pour se revoir. La chaleur de ce regard, comme une caresse, la légèreté qui en émanait alors qu'elle parvenait pourtant à lui soulever le coeur et à élever son âme. Une ardeur délicate, fragile, qu'il n'avait pas su capter autrefois.
Il s'était approché, malgré lui, happé par cette étincelle. Avait appuyé ses mains sur le torse de l'Américain pour mieux l'observer. S'en était nourri, comme Cassidy avait pu le faire de son énergie quelques heures plus tôt. La passion de l'artiste pour son sujet. Un concept qui lui était tout sauf étranger, bien que cette fois-ci, la sensation était différente. Plus profonde. Plus brute. Inexplicable.
Reprenant son souffle, il humecta ses lèvres sèches inconsciemment avant de s'éloigner.

-La salle de bain est au fond du couloir, tu dois pouvoir trouver de quoi te sécher dans le placard sous l'évier. Sers-toi de ce dont tu aurais besoin, ma demeure est ta demeure.

Il aurait pu le garder, lui aussi. Insister d'avantage, pour que le Résistant reste encore quelques heures de plus. Profiter de sa présence pour corriger ce regard qu'il n'avait su saisir, sa mémoire lui jouant des tours. Son absence pesant bien trop pour adoucir ses esquisses. Mais il n'en avait pas le droit.
Le monde tout entier le lui refusait.



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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Sam 14 Avr - 16:00


« Bad dreams come true, I make them for you. »



 
 
Noah & Cassidy
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Le sentiment de fierté est réel. Celui d'avoir réussi à dépasser ce torrent de douleur pour renouer nos liens. Nous aurions pu nous détruire tous les deux, nous ne sommes pas passés bien loin d'une issue aussi dramatique qu’irréversible, tout concourrait à cette conclusion fatale. Pourtant quelque chose nous a permis à tous les deux de vaincre. Avec un certain émoi, je me rend compte que cette chose est probablement plus puissante que n'importe quelle magie, qu'elle soit blanche ou maudite. Non, cette chose n'a rien de surnaturel, bien qu'elle soit extraordinaire par son intensité et les miracles qu'elle est capable d'accomplir. Il s'agit bien de la force du lien qui nous unit, de ces sentiments purs et profonds que nous nourrissons l'un pour l'autre et qui nous ont sauvés. L'amitié, la fraternité... ? Les mots me manquent pour traduire cette charge émotionnelle que je ressens pour cet homme. Sans doute est-elle plus puissante que jamais aujourd'hui, alors que j'ai cru le perdre, alors que j'ai été séparé de lui pendant d'aussi longues années, la rage au cœur. Après avoir marché si longuement dans cette vallée de ténèbres, nous ne pouvions en ressortir que bouleversés et à fleur de peau. Est-ce la raison de ces rêves qui troublent mon sommeil depuis que je l'ai revu, bien vivant dans ce bar ? Il est difficile de faire la part des choses lorsque les émotions sont aussi bouleversantes.

Je me choque moi-même et c'est avec pudeur que je me détourne de lui, confus face à l’ambiguïté de mes propres envies. Il m'est difficile de réprimer mon caractère spontané, alors que je ne souhaite que l'étreindre chaleureusement, mais c'est de moi-même que je dois le protéger en priorité. Ma nature monstrueuse m’écœure et pour son bien, je suis obligé de m'éloigner de lui. Mon rôle de résistant m'oblige tout autant à l'exil, sinon davantage, et je sais que j'aurais dû partir depuis plusieurs heures déjà. Pourtant, je suis resté, à l'encontre de toute raison. Et lorsque Noah me regarde de cette manière, avec cette pointe de regret et de déception dans la voix, mes paupières se ferment dans un soupir léger, en guise de réponse. Parce que j'aimerais qu'il me retienne à nouveau. Parce que j'aimerais me laisser retenir.

Ma proposition l'a fait sourire, je n'ai pu que remarquer ce soupçon de plaisir qui s'est allumé dans ses yeux. Mes lèvres s'étirent légèrement à mon tour, tandis que je hoche la tête. Sans doute suis-je fou de l'inviter ainsi à me retrouver dans mon antre, cette caravane bien cachée hors des chemins, planquée en pleine nature, loin de toute habitation. « Même un ermite a besoin de compagnie de temps à d'autre. » Dis-je sur le même ton léger que le sien, reprenant ainsi intentionnellement sa formulation de la veille. « Qui plus est, je n'ai jamais eu de secret pour toi, alors autant reprendre les bonnes habitudes. »

Oui, c'est une folie mais j'y cède sans la moindre hésitation, parce que ma confiance envers Noah est totale et que je tiens à lui en fournir les preuves, tout autant que celles de ma volonté à ne plus laisser la vie nous séparer. Sans doute suis-je dangereux pour lui, de par ma malédiction autant que de mes actions révolutionnaires, mais ce n'est sans doute pas à moi de décider de le tenir à l'écart. Tout en l'observant se lever, j'écoute alors ses réponses qui me confortent dans mes pensées et me confirment que nous sommes sur la même longueur d'ondes, comme par le passé. C'est bien grâce à son courage et son assurance que je me suis résolu à cette décision qui apaise mon cœur. Me séparer pour toujours de lui, sans plus jamais le revoir, aurait sans doute été plus sage mais sa confiance en notre force achève de me convaincre, avec sans doute trop de plaisir. Parce que je ne demandais que cela.

« Une place à mes cotés sera toujours dangereuse. Mais je te sais assez prudent et habile pour tenter l'aventure. »

Un bonheur pur irradie de mes prunelles pendant que je le contemple, résistant à l'envie de me rapprocher de lui à nouveau. Couvé par son regard, je ne voudrais pas m'en détacher et pourtant, je sais que je n'ai pas le droit de m'attarder plus que je ne l'ai déjà fait. Le moment est venu de me débarrasser rapidement de cette allure de croquemitaine souillé de sang noir, avant de filer... « Parfait, je te suis. » Sur ces mots légers, je lui emboîte donc le pas, avide de sentir l'eau fraîche me recouvrir, pour me laver autant le corps que l'esprit. Sans doute ais-je bien besoin de m'éclaircir les idées, alors que le flot d'émotions de cette nuit me colle à la peau, comme une ivresse délicieuse qui me fait frémir dès que je m'approche trop de lui.

Nous gagnons ainsi le vestibule où Noah ne tarde pas à déverrouiller une porte qu'il tient probablement fermée à clef pour séparer ses patients de son espace privé. Concentré sur sa silhouette en face de moi, mes pensées éparses, je ne prête pas immédiatement attention aux esquisses contre les murs de la montée d'escaliers. Les décors muraux m'intéressent moins que l'élégance de sa démarche que je me surprend à admirer avant de redresser le regard, tout en me sermonnant intérieurement. La douche froide devient urgente... Mais dès que je relève le regard sur le hall de nuit, mon attention est happée par d'énormes peintures à l'aspect brillant, dont les personnage frappent par leur réalisme. Impossible en effet de manquer ces imposants portraits qui animent les murs et offrent à la mezzanine une ambiance vivante et habitée, comme si de silencieux gardiens se tenaient là, au seuil de ces pièces privées.

Les énormes fenêtres qui donnent sur le bureau à l'étage inférieur, participent à cette sensation d'un puits de lumière qui enrobe les peintures et vivifie leur éclat. La présence du chevalet m'apprend immédiatement que l'auteur de ces œuvres n'est autre que l'occupant des lieux. Si ces portraits ne me sont pas inconnus, c'est le regard de Morienval, dans ses habits d'époque, qui me frappe en priorité, au point de me figer. J'ai déjà vu tous ces personnages au travers des illusions de Noah, lorsqu'il me contait sa vie, autrefois, dans notre cellule, mais je ne m'attendais guère à le retrouver ici. C'est avec une certaine curiosité que je me rapproche pour les observer, mes yeux s'arrêtant sur l'esquisse au crayon installée sur ce grand chevalet. La surprise s'inscrit sur mes traits alors que c'est mon propre visage que je reconnais subitement, sur ce grand portrait en cours, qui fait face à la galerie des Italiens. La ressemblance est frappante et l'effet m'est bien étrange de tomber ainsi sur un double de moi-même qui toise ainsi l'assemblée.

Un sourire se mêle à mon étonnement tandis que je m'aperçois de la présence de Noah à mes cotés, dont la voix amusée me parvient. Il a donc décidé de peindre pour combler les vides ? Des vides qui ne s'inscrivaient pas uniquement contre ces murs trop lisses mais qui menaçaient également sa propre mémoire... J'éclaircis ma voix un peu trop rauque pour murmurer, dans une ébauche de rire étouffé.

« C'est assez impressionnant, je ne m'attendais pas à découvrir une telle galerie... Tu auras toujours le don de me surprendre. »

Tournant la tête vers lui, j’acquiesce d'un hochement de tête en l'écoutant reprendre de cette même voix fatiguée au ton toujours léger. Non sans amertume, je comprends tellement bien ce qu'il veut dire. Ma propre mémoire souffre déjà, après moins de cent ans d'existence, et je n'ose imaginer ce qu'il en est après plusieurs siècles. J'ai perdu toutes les photographies de ma famille et leurs visages sont déjà flous dans ma mémoire alors comment un homme qui vivait dans une époque aussi lointaine fait-il pour supporter l'effacement des souvenirs ? J'ai souvent tendance à oublier complètement l'âge réel de Noah et à quel point sa naissance est antérieure à la mienne. Probablement parce que j'ai eu coutume de le considérer comme un homme jeune et désorienté, en dépit de sa puissance de sorcier, parce que je le percevais avant tout comme un être sensible que je désirais prendre sous ma protection et non pas comme un aîné. C'est avec une certaine gravité que j'écoute ses confidences, sa façon de m'expliquer ce que ses peintures représentent pour lui. Un exorcisme, une rédemption, une manière de sublimer un trop plein de souffrance. Une façon de combler le manque.

« Mon portrait... ? »

Je cille légèrement à ses précisions, retournant un regard surpris vers les escaliers où j'aperçois en effet les esquisses que je n'avais pas remarquées en gravissant les marches. Au cas où je me poserais la question. Noah a donc eu envie de me garder un peu plus longtemps à ses cotés, moi aussi. Il m'avait peint malgré mon abandon, malgré qu'il ait cru que je l'avais trahi, malgré la déception et la douleur qui en avaient découlé. Je ne peux que me sentir touché de me retrouver en si belle place dans sa galerie, au point que j'ignore quoi dire. On ne peut jamais saisir la manière dont on est perçu par les autres ou l'image qu'ils se font de nous. Voir cette esquisse de moi est donc une expérience assez troublante, car il ne s'agit pas d'une simple photo mais de la manière dont Noah a représenté mon image en fonction de ses propres ressentis. Et si je n'accorde que peu d'importance à ce qu'on pense de moi en général, il est évident que l'opinion de cet homme m'est chère. Son désir de recommencer entièrement mon portrait me laisse croire au soin qu'il y accorde, mais au delà de cela, je ne peux m'empêcher de me demander en quoi sa façon de me percevoir a changé, suite à nos retrouvailles. Retrouvant son regard dans un léger sourire, je suis ensuite son geste des yeux, fasciné par cette galerie d'art où j'ai la sensation de plonger au cœur des illusions de Noah, peintes sur ces toiles qui nous entourent. Je comprend à présent que la beauté de ses illusions est liée à ses talents d'artiste autant qu'à ses pouvoirs, car si tous les sorciers sont capables de les manier, peu parviennent à les assembler avec autant d'harmonie et d'élégance.

« Tes peintures sont aussi réussies que l'étaient tes illusions... »

C'est dans ce commentaire simple que je dissimule l'excès d'émotions qui accroît mon sourire, en reconnaissant nos univers dans ce tableau surréaliste qui mêle nos pensées et nos rêves. J'aurais sûrement tenté de peindre nos illusions moi aussi, si j'avais su manier le pinceau. C'est une si belle manière d'honorer ces souvenirs précieux, de compenser la peine, la frustration et les regrets. Ce monde que nous avions créé m'a manqué cruellement au cours de ces dernières années, ce monde où nous étions ensemble et où nous avions mêlés notre passé, notre présent et notre futur grâce à la magie. Un monde où nous étions si fusionnels que rien ne semblait pouvoir nous séparer... Sous les rires légers de Noah, je me rapproche de cette peinture pour l'admirer en silence, attentif aux multiples détails qui y sont représentés, me plongeant du même coup dans nos voyages surnaturels, où nous composions ensemble notre monde à nous. Ma mémoire s'éveille alors pour ressentir avec plus d'éclat les émotions chaleureuses qui me liaient à l'illusionniste autrefois et qui sont toujours aussi vivaces. Comment ais-je pu seulement envisager de m'éloigner de lui pour toujours ? Le déchirement serait insupportable et j'en suis conscient plus que jamais.

Les paroles de Noah me poussent à m'arracher à ma contemplation du tableau pour retrouver ses yeux pétillants, comme si la joie dépassait sa fatigue pour animer son regard de douces lumières. « C'est ton regard d'artiste qui est aussi affûté... ? » Le ton malicieux de ma question se perd dans un souffle tandis qu'il se rapproche de moi et que ses mains se posent naturellement contre mon torse, sans que je n'ai pu prévoir son mouvement. Noah semble oublier totalement mes mises en garde et je suis trop déconcerté pour broncher, alors que son regard attentif me sonde jusqu'au fond des yeux. Comment fait-il pour réussir à voir la vie en moi, quand je ne représente plus que la mort ? A le sentir si proche, les effluves de son énergie excitent mon appétit, toujours en éveil, tandis qu'à la fois, je suis parcouru par l'envie de l'enlacer.

Mais il recule déjà, tout en renouvelant des mots d’accueil chaleureux qui me semblent néanmoins chargés de regrets. C'est dans un pas vers lui que je le retiens sans attendre, posant spontanément ma main contre son épaule pour l'étreindre, sans hésitation. « Noah... » Il y a tant de choses que j'aimerais lui dire, tant d'émotions que j'aimerais partager avec lui, et nous nous retrouvons frustrés par l'urgence de nous séparer avant que le soleil ne se lève tout à fait. Alors, je cesse de réfléchir, lui exprimant les choses telles qu'elles me viennent, au travers de la chaleur de mon regard.

« Crois bien que je ne suis pas pressé de te quitter. Moins que jamais. Ce que je retrouve dans tes peintures, cette authenticité qui s'en dégage dépasse l'aspect simplement technique ou artistique... Ce que je vois me touche au cœur, vraiment. Parce que tu exprimes avec ta sensibilité des choses très profondes que peu de personnes sont capables de percevoir. C'était ce qui m'avait déjà touché la première fois que j'ai vu tes illusions, en prison. »

Il voit en moi l'être passionné avant le monstre, alors que désormais, mes pouvoirs ne symbolisent que la destruction. J'arrache l'énergie, j'occulte les sens, j'annihile la magie, je vole la vie et la conscience des autres... Je ne crée plus rien d'autre que la mort. « J'aimerais être encore capable de créer ces mondes avec toi. Mais en ce qui concerne ma présence, tu ne devras plus te contenter d'illusions, désormais. » Parce que je veux rester à ses cotés. Et même si j'ai peur, je n'ai plus envie de perdre une minute à appréhender les risques, moi non plus. Dans un léger mouvement, mon front vient se poser contre le sien, affectueusement. Si je respire son odeur et l'énergie enivrante qui émane de lui, je résiste à la douloureuse torture de mon appétit maudit, ravivé par une nuit de jeune. « Je veux éviter de te blesser, Meadow, mais pour être parfaitement honnête, ce n'est pas la seule chose qui me retient d'être proche de toi. »

Meadow, un surnom prononcé avec une infinie tendresse que je ne ne cherche pas à réprimer. Quelles sont ces autres choses ? Il m'est difficile de traduire mes pensées et je ne suis pas un homme qui se confie facilement, bien loin de là. Pourtant, ma relation avec Noah n'a jamais été floutée par les non-dits ou les faux-semblants, bien au contraire. Mon caractère entier et passionné ne pourrait s'y résoudre, mais je ne parviens simplement pas à poser des mots sur des ressentis que je peine moi-même à comprendre. C'est une caresse contre sa joue qui accompagne le sourire que je lui dédie, reculant légèrement mon visage pour mieux retrouver ses yeux clairs. « Je crains d'être incapable de te résister si tu tentes de me retenir à nouveau. Si je le pouvais, je plongerais dans ce tableau pour retrouver ce monde illusoire que nous avons construit ensemble...» Nous avons tant de choses à rattraper, tant de souffrances à apaiser après ces trop nombreuses années de séparation et cette nuit que nous avons passée, dans les bras l'un de l'autre, n'a fait qu'attiser davantage l'envie de prolonger l'instant. Mais je n'en ai simplement pas le droit.« Qu'allons-nous faire à présent ? Crois-tu que je pourrais camper face à ta galerie de peinture, ni vu ni connu ? » Il n'y a ni réponse ni solution à ce problème que je préfère tourner en dérision pour en apaiser l'aspect trop douloureux. Nous savons tous les deux que je n'ai pas d'autres choix que de partir maintenant. Ma boutade ne cache aucunement les émotions profondes qui vibrent dans mes yeux alors que j'attarde encore mon regard sur lui, avant de me détacher enfin.

« Je vais tenter de retrouver une figure humaine. Il faut que je te laisse un souvenir honorable pour que ta peinture soit réussie... Si tu veux bien me préparer des vêtements de rechange, je pourrai sortir sans attirer l'attention.» Sur un léger sourire je me détourne pour me diriger enfin vers la salle de bain, priant pour que l'eau claire me débarrasse de cette tension qui pèse contre la nuque, dès que je songe à l'heure du départ qui se rapproche, tristement.



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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Lun 7 Mai - 14:29


Tout faire pour ne pas se perdre, n'est-ce pas là le grand paradoxe de l'Humanité ? Celui qui invoque le besoin de laisser une empreinte, sinon dans le monde, au moins dans les coeurs et les esprits de ceux qui nous entourent ? Plusieurs fois, Noah s'était posé la question de l'empreinte qu'il avait laissée chez ses proches. Etait-elle positive ? Etait-elle violente ? Avait-il seulement laissé une trace en eux ? Car la réciproque, elle, était douloureusement vraie. Chaque personne qui avait compté, chaque visage croisé un peu plus longtemps que pour de vaines banalité était inscrit à même le papier. Une galerie de portraits qu'il n'avait partagé qu'avec de rares élus, de ceux qui comptent, de peur peut-être de révéler à quel point tous ces êtres avaient pu le marquer. Ce n'étaient pas des caprices d'un esprit solitaire et las, non. C'était un témoignage de la vie passée, une manière de conserver les siècles et les hommes avant qu'ils ne s'enfuient, délavés par le flot d'une vie bien trop longue. Pour autant, Noah avait toujours du mal à concéder cette part de lui-même à ses visiteurs. Si bien qu'ils n'étaient qu'au nombre de trois à avoir été mis dans la confidence. Liam, Mikkel Ievseï et Cassidy.
Trois hommes radicalement opposés. Trois personnalités contraires qui étaient toutes suffisamment proches du sorcier pour justifier de leur présence à l'étage gardé sous clé. Trois relations confusément proches, élevées à un niveau de proximité que le psychiatre n'aurait pas cru possible. Et pourtant. Pourtant le regard clair de Cassidy, il pouvait le voir sauter de tableau en tableau, sa stupéfaction conférant une lueur presque enfantine à ses traits léonins. La découverte de l'enfant face à un trésor qui n'avait de valeur que celle que le spectateur lui accordait. C'était quand il percevait cette candeur si douce sur les traits de son ami que Noah réalisait les siècles qui les séparaient. A bien des égards, il était son aîné. Et si l'âge n'avait jamais réellement compté dans leur relation, il lui plaisait de le voir aussi réceptif.
Cette lueur dans son regard le rendait bien plus beau qu'il ne l'était déjà.

Echanger sur les tableaux avait été naturel. La soirée avait donné ses leçons, ils les avaient comprises et apprises. Les secrets, les non-dits, étaient bien trop nocifs en ce qui les concernait. Avaient causé bien trop de torts, avaient creusé la distance entre eux. Alors il avait trahi ses pensées, il avait trahi ses raisons sans la moindre honte. Ce ne fut qu'après ses confidences que Noah se rendit compte d'une chose, une infime différence d'avec ses autres visiteurs. Cassidy était le seul à savoir précisément de quoi découlaient chacune des peintures qui ornaient ses murs. Le seul à pouvoir pleinement comprendre l'intention, l'attention aux détails, le pourquoi de la nécessité de tout dépeindre le plus précisément possible. Il n'était pas seulement question de coups de pinceau, de créativité ou de sensibilité artistique. C'était un monde tout entier que Noah avait représenté, le sien, et Cassidy était la seule personne encore vivante à en posséder la carte. Il n'était pas seulement le réceptacle de ses souvenirs, comme le sorcier l'avait prétendu. Il en possédait la clé, et s'ils avaient pu croire que cette dernière se serait envolée avec la perte de sa nature, il n'en était rien. Parce que Cassidy était capable de comprendre. Parce qu'il était capable d'en créer d'autres, à sa manière, différente et si riche en interprétations.
L'entendre confirmer ses pensées, confirmer sa capacité à comprendre et à partager l'expérience, fit naître une vague de chaleur au creux de son torse. Qu'il soit touché par les peintures était appréciable, mais l'émotion contenue dans sa voix était la plus belle des critiques qu'il ait pu lui donner. Parce que toutes ces images, il les connaissait. Toute cette vie, il la comprenait. Elle résonnait dans sa voix, elle s'amplifiait dans son regard. Et il était là, ce détail que Noah n'avait pas su rendre sur le papier. Cette étincelle d'émotion, si profonde, si contenue, qui menaçait d'éclater. Une sensibilité bien au-delà de son apparence altière, cette sincérité qui illuminait ses iris habituellement si durs.

Se rapprocher pour la capter, pour s'en imprégner, avait aussi été naturel. Tout comme s'éloigner, pour mieux lui laisser sa place. Pour mieux se rappeler à leur nécessité de faire vite, de se séparer. Un geste en demi-teinte qui lui serrait le cœur. Car ses paroles avaient beau être chaleureuses, elles n'étaient pas sincères. Il n'avait pas envie de le voir partir.
Aussi, quand l'Américain l'attira contre lui, un poids s'envola de ses épaules. Dans un soupir de soulagement, le sorcier nicha son visage dans le creux de son cou. Sa chaleur, son odeur l'entouraient confortablement, apaisant les battements lourds de son cœur. Chassée, l'appréhension. Chassés, les doutes quant à leurs retrouvailles potentielles. Il n'y avait qu'eux, la voix de l'Américain qui bourdonnait dans son cou, juste là, contre son oreille. Juste la pression de son étreinte, et toute la tendresse qu'elle invoquait dans le vieux cœur du sorcier. S'en arrachant pour suivre la conversation, persuadé qu'il aurait pu rester lové dans son étreinte pendant bien longtemps, il croisa le regard de son ami. Avait-il toujours été aussi étincelant ? Aussi tendre ? Avait-il toujours su trouver les mots justes pour faire vibrer ses vieux os ? Touché par le commentaire, un léger sourire s'étira à la commissure de ses lèvres. Jusqu'à ce que le regard de Cassidy s'assombrisse. Les mains du sorcier glissèrent le long de son dos, le caressant doucement. Tout ira bien. Tout ira bien.

-Je saurai m'en passer, si cela implique de t'avoir encore à mes côtés. D'autant que tu es toujours capable de créer la beauté à partir du néant. Les ombres dansent sous tes doigts, expriment bien plus que la plus simple des illusions. Je serai honoré d'assister de nouveau à un aussi beau spectacle que celui que tu m'as offert cette nuit.

Les paumes de ses mains effleurèrent encore quelques temps le dos de son ami alors que Noah le gratifiait d'un sourire sincère. Cassidy l'avait étonné, par le jeu d'ombres de la veille. Des images d'une puissance inouïe, faites du velours de l'ombre, porteuses d'un message tout aussi riche que les illusions passées de l'Américain. Retrouvant le contact de leurs fronts l'un contre l'autre, Noah soupira doucement. Leur lien, cette bulle d'intimité qu'ils avaient façonnée ensemble, rien ne pourrait les briser tant qu'ils restaient ainsi. Ni le manque, ni leurs natures incompatibles, ni le danger que pouvait provoquer la moindre perte de concentration. Ni la faim de Cassidy, ce besoin d'aspirer toute son énergie. Pressant son front contre celui de son ami, le sorcier se laissa envelopper par sa voix. Ferma les yeux, bercé par la tendresse de ce surnom que lui avait offert Cassidy avant de les rouvrir, sous la surprise. Une autre raison pour laquelle ils ne pourraient pas rester proches ? Le cœur du sorcier se serra alors qu'il interrogeait l'Américain du regard. Cilla une seconde lorsqu'il posa sa paume contre sa joue, incertain de ce qu'il pourrait faire.
Jusqu'à ce qu'arrive l'explication, il retint son souffle. Jusqu'à ce que les mots tombent, et qu'avec eux retombe aussi la tension. Un léger rire soulagé s'échappa de ses lèvres, relâchant les nerfs, chassant la peur. Parce qu'il les comprenait, ces raisons. Parce que sans réussir à l'avouer, il les partageait. Au fond, il n'avait pas plus envie de voir l'Américain partir. Libérant une main du dos de son ami, il la posa contre la sienne. Pressa sa joue contre la paume rugueuse, sans se départir du sourire soulagé qui était né sur ses traits fatigués. Dans sa poitrine, son coeur s'en donnait à coeur joie. Dans tout son corps, un excédent de chaleur, un surplus de tendresse.

-Crois-moi, j'en ferais autant pour peu que cela soit possible. Si tu trouves une méthode potentielle pour ce faire, préviens-moi, pour que nous puissions y sauter ensemble.

Il ne s'agissait pas seulement de retrouver leur monde, leurs illusions et leur histoire. Tout ça n'avait strictement aucun intérêt s'ils n'étaient pas ensemble. Une étincelle de malice sourdant au creux de ses iris, le sorcier pouffa une nouvelle fois aux interrogations de son ami. Glissa sa main le long de son dos pour la poser contre sa nuque, jouant distraitement avec quelques mèches de cheveux.

-J'avoue couver cette idée depuis que tu as franchi l'escalier. Un coup de pinceau par-ci par-là et tu pourras te fondre dans le décor avec brio. Même si la perspective que tu restes dans la pénombre à prendre la poussière ne m'enchante guère, si ça peut te permettre de rester, il me suffit d'aller chercher mon matériel et le tour sera joué !

Malgré la légèreté de leur échange, l'ombre de leur séparation prochaine planait plus intensément sur eux. Ils pourraient ironiser autant qu'ils voudraient, rien n'empêcherait Cassidy de partir. Non seulement car ils avaient des obligations, mais aussi pour leur sécurité. Et la perspective ne plaisait pas à Noah. Si bien qu'il aurait réellement appliqué leur plan pour peu que son compagnon lui donne le feu vert. Non, il n'avait vraiment pas envie de le voir partir.
L'ambiance s'était assombrie, alourdie, lorsqu'ils finirent par se séparer. A regret, Noah abandonna l'étreinte protectrice et fit quelques pas en arrière, joignant ses mains derrière son dos. Feignant le désintérêt, il hocha la tête à ses dernières paroles.

-Prends tout le temps qu'il faut, je laisserai de quoi te vêtir devant la porte de la salle de bain.

Le départ devenait plus concret, maintenant qu'il suivait son ami du regard alors qu'il partait vers la salle de bain. Une boule se forma dans sa gorge lorsque la porte se referma sur la silhouette élancée de Cassidy. Appuyant ses paumes sur la rambarde de la mezzanine, le psychiatre hasarda un coup d'oeil en contrebas. Sous les longues fenêtres et les rayons timides du soleil, le carnage de la veille prenait de toutes nouvelles couleurs. S'empourprait des rayons rosâtres de l'aube, les traces noires du sang sur le tapis reprenant vie. Les ombres s'étiraient paresseusement le long du plancher, enveloppant l'espace, dévorant tout sur leur passage. Dans un frisson, Noah suivit leur parcours le long des débris, jusqu'à la cheminée. Dans l'âtre, le feu s'était éteint depuis belle lurette. Et avec lui, les vicissitudes de la veille. S'offrant le luxe d'une illusion, le sorcier reconstitua les flammes. Les silhouettes qui y avaient dansé pour s'y étreindre reprirent vie, dansèrent le temps d'une chanson silencieuse avant de fondre l'une dans l'autre. Car Cassidy avait raison, une fois de plus. Cette pièce, dans son chaos, était un témoignage. Celui de retrouvailles bien réelles. Bien au-delà de tout ce qu'ils auraient pu imaginer, de tout ce qu'ils auraient pu désirer.

Le ronronnement des canalisations l'arracha à ses méditations, et le sorcier finit par reprendre vie à son tour. Oui, Cassidy devrait partir. C'était un fait aussi avéré qu'indiscutable. Mais ils se retrouveraient. S'ils s'en étaient fait la promesse, ce n'était pas pour rien. Ce n'était pas comme la promesse faite à un collègue dont on ne se souvient pas du nom qu'on prendra le café chez lui un jour. C'était une promesse inscrite dans leurs chairs, et Noah ferait tout pour en voir l'accomplissement.
A pas vifs, il rejoignit sa chambre. Leva les yeux vers la fresque au plafond et inspira profondément, puisant dans les couleurs de son Italie pour chasser la boule qui serrait toujours sa gorge. Elle ne partirait pas entièrement, il en était conscient. Mais se raccrocher à ces espoirs était tout ce à quoi il aspirait. Ses pas le dirigèrent automatiquement vers son dressing duquel il tira quelques vêtements neutres. Si Cassidy devait se faufiler entre les ombres pour éviter les regards, il valait mieux éviter des vêtements trop identifiables. Par chance, ils faisaient la même taille. Puisant dans ses réserves, il prépara une chemise, un pull, un pantalon et des sous-vêtements sobres, avant de les plier soigneusement. Les bras chargés, il approcha finalement la porte de la salle de bain, et déposa son paquetage juste devant. Frappa doucement contre le bois, et lança à la cantonade :

-La livrée de Monsieur est avancée, si elle est trop étroite, n'hésite pas à fourrager dans mes placards. Je t'attends en bas.

Satisfait d'avoir réussi à contrôler l'intonation de sa voix et de ne pas avoir trahi son trouble, il tourna les talons, passa la galerie de portraits et rejoignit le rez de chaussée. Chaque pas qui l'éloignait de son ami pesait plus lourd sur ses épaules. Lui rappelait l'engourdissement de ses membres, la violence de la soirée, son énergie manquante. Mais il n'était pas temps de flancher. Une idée avait traversé son esprit pour rendre la séparation plus douce, et il avait l'intention de voir s'il pouvait la concrétiser jusqu'au bout. Revenu dans le salon, il croisa les bras. Où l'avait-il mis ? Ses yeux balayèrent le capharnaüm ambiant, sans succès. Liam lui avait bien dit de faire attention à l'endroit où il le mettrait. Force était de constater qu'il avait appliqué ses conseils avec un peu trop de zèle.

Il continuait de contribuer au désordre ambiant quand il entendit du mouvement à l'étage. Tirant les différents tiroirs de son bureau à la recherche de l'objet, il finit par lever la tête pour croiser le regard interrogateur de Cassidy. Lui lança un sourire gauche mais lumineux sans rien ajouter de plus. Après tout, l'expression enfantine sur son visage exprimait bien sa pensée. Il avait une surprise à lui faire, pour peu qu'il la retrouve. Alors il se remit au travail, redoubla d'application. Et mit la main sur le bout de plastique tant convoité, caché dans les tréfonds d'une boite à documents au fin fond d'une de ses étagères.
Sentant la présence de son ami dans son dos, il finit par se retourner, un sourire solaire sur le visage. Quelques pas suffirent pour rompre la distance qui les séparait, pour soulever de nouveau son coeur alors qu'ils se faisaient de nouveau face à face.

-Mes vêtements et mon parfum te vont à merveille.

L'objet caché dans son dos, il balaya l'Américain du regard. Les vêtements, bien que d'une neutralité absolue, étaient particulièrement bien taillés. Épousaient si bien la carrure athlétique du Résistant que le regard de Noah s'y attarda quelques minutes de trop, avant qu'il ne secoue la tête pour remettre ses idées en place. L'heure n'était pas à ce type de contemplations. Recouvrant le sourire, les joues légèrement rosies, le sorcier finit par dévoiler sa découverte. Un téléphone portable en état de marche, avec son câble de chargement, prêt à l'emploi.

-Cela pourrait nous permettre de communiquer plus aisément. La ligne est privée, ergo elle n'est pas contrôlée par les agents du Gouvernement.

Le téléphone était neuf, malgré les circonstances. L'un des multiples avantages d'avoir un Ministre comme apprenti. Liam lui avait fourni une quantité honorable de ces dispositifs en plastique et lui avait même fourni plusieurs explications sur leur fonctionnement. Et si les ondes révélaient d'une toute nouvelle forme de sorcellerie pour Noah, le Ministre lui avait vite fait comprendre l'utilité de ces moyens de communication. D'autant qu'ils provenaient directement des réserves ministérielles. Des lignes privées que les plus hauts placés pouvaient abuser à loisir avec la juste certitude que personne ne viendrait fouiller dans leurs communications. Liam s'était porté garant de leur sécurité. Noah n'avait aucune raison de ne pas le croire, leurs conversations étant suffisamment sensibles pour que le plus jeune ne tente pas le Diable. Jusqu'à présent, ses promesses s'étaient avérées justes.
Conscient toutefois qu'il ne s'agissait pas d'un cadeau anodin, le sorcier baissa les yeux vers leurs mains. Cassidy aurait certainement des questions sur la manière dont il s'était procuré l'appareil. Il anticipa.

-Je ne peux trahir l'identité de celui qui me l'a confié à cause de sa position dans le Gouvernement, mais je peux t'assurer que sa parole est digne de confiance. Nous pourrons communiquer librement avec ça, mon numéro est déjà mémorisé par la machine.

S'il était certain de l'utilité des téléphones, son sourire s'effaça brusquement. Ils venaient des réserves gouvernementale, Noah venait de le confirmer. Et Cassidy était un Résistant, et pas des moindres, selon ses propres renseignements. Merda. Baissant piteusement les yeux, il se mordit les lèvres.

-...Enfin, je peux comprendre que tu n'aies aucune envie d'utiliser un objet issu du Gouvernement.

Ils n'étaient pas du même camp. Une réalité qu'il n'avait que trop comprise, tant elle leur avait fait de mal la nuit précédente. Si Noah s'était toujours enorgueilli d'une image relativement neutre, ce n'était tristement pas tout à fait vrai. Ses attaches avec le Gouvernement étaient bien concrètes, elles. Bien trop réelles. La boule dans sa gorge s'accentua. L'appartenance à telle ou telle étiquette était si absurde. Elle brisait tellement de choses. Séparait tellement d'individus. Brisait tellement de cœurs. Rendait les frères des ennemis, et foulait au pied les relations. Ses mains tremblèrent, autour du téléphone, autour du câble.
Parce qu'il n'y avait pas que leur nature qui les opposait. Il y avait un monde entre eux. Un monde qui les engloutissait progressivement, et noyait l'espoir pour peu qu'il tente d'y renaître.



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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Lun 28 Mai - 21:00


« Bad dreams come true, I make them for you. »



 
 
Noah & Cassidy
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Les ombres. Elles ont noyé mon regard depuis que le poison a corrompu ma nature, faisant de moi une créature maudite. Pourtant, les paroles du sorcier apaisent la tourmente et allument peut-être quelques nouvelles lueurs au fond de mes yeux. Je ne m'en croyais plus capable avant d'apercevoir ce portrait que mon ami a réalisé, ce miroir qui représente sa vision de moi. Un homme vivant, capable de passion et de chaleur. Je me suis embourbé dans la rancœur et la frustration pendant de trop longues années, peinant à porter le fardeau si lourd de ma déchéance. Aujourd’hui, me voilà gracié et je crois enfin émerger de cette fange visqueuse où croupissait mon âme. Il est temps pour moi de cesser de me voir comme un monstre, d'abandonner cette honte qui m'empêchait d'assumer mes nouveaux pouvoirs et me les faisait haïr au plus haut point. Songeusement, je prend conscience que la nuit que nous venons de passer m'a transformé et m'a permis de me hisser hors d'un gouffre de ténèbres. Cette culpabilité lancinante que je traînais comme un boulet m'a été arrachée et je suis enfin libre de me dégager de mes entraves. D'aussi intenses bouleversements ne peuvent s'opérer de manière radicale, je ne peux changer ma façon d'être si rapidement, je le sais. Lourd est le poids d'années de si vives douleurs. Mais je me sens sur le point d'évoluer positivement et l'espoir n'a jamais été aussi tangible qu'en cet instant, où Noah presse sa joue contre ma paume, un sourire illuminant ses joues enfiévrées. S'il a apprécié le spectacle des ombres, je m’entraînerai pour lui en offrir d'autres et accepter enfin ces dons que me permet ma nouvelle nature. Je m'en fais la promesse silencieuse.

Des rires m'échappent à sa proposition et j’acquiesce dans une promesse tacite de le prévenir, au cas où une étrange magie nous permette de sauter ensemble dans ses fabuleux tableaux, comme au travers de portails dimensionnels nous menant au creux de nos souvenirs. Nous rions, mais tant de choses surnaturelles nous entourent que je suis bien prêt à croire en la possibilité de cette fantaisie, si chère à mon cœur. L'entourer de mes bras, percevoir ses caresses contre mon dos, savourer cette présence que je n'ai cessé d'envelopper pendant une nuit entière... je ne pourrais m'en lasser. L'idée de lui servir de modèle afin qu'il puisse achever sa peinture et me permettre de parader fièrement dans sa galerie m'inspire un nouveau rire franc. Oseras-je l'avouer ? Sentir son regard s'attarder sur moi me plairait bien plus que je ne pourrais le décrire. Je ne me permet que quelques secondes pour me lover dans ce plaisir égoïste et caresser cette douce pensée. Nous n'en avons malheureusement pas le temps... La raison me force à m'arracher à lui pour gagner la salle de bain en quelque pas. Des pas difficiles et pourtant légers d'apparence, Des pas qui m'attristent et pourtant si rapidement effectués. Quelques secondes et nous voilà séparés par une porte close, me laissant seul avec mes pensées.

Ça marche, merci. L'un des derniers mots que j'ai prononcé dans un souffle avant de contempler mon reflet dans le miroir, dans un soupir las. Un bonhomme hirsute aux vêtements froissés et souillés me fait face, un homme aux yeux aussi brillants que ceux d'un ado, un pauvre diable auquel je renvoie un sourire cynique. J'ai bien peu souvent l'occasion de profiter d'une aussi belle salle de bain et le moment est venu de faire peau neuve, chose qui m'aidera probablement à me réveiller tout à fait. C'est que je me crois encore dans un rêve éveillé, baignant dans les parfums et les odeurs de Noah qui habillent l'espace. J'ai tôt fait de me débarrasser de mes vêtements sales et de m'engouffrer dans la cabine de douche, laissant l'eau claire marteler mes épaules. Les paupières closes, je profite du ronronnement de l'eau pour me fondre quelques instants dans ces pensées coupables et délicieuses. Des pensées où la raison n'a pas sa place, où l'imagination nourrit les envies les plus profondes. Je m'attache au souvenir de ce contact contre mon dos, de cette main glissée entre les mèches de mes cheveux... Et c'est soudain la voix de Noah qui me fait tressaillir, rendant soudainement mes songes un peu trop concrets. Un sourire naturel étire mes lèvres alors qu'une idée folle me traverse, celle qu'il puisse pousser la porte et me rejoindre. C'est ma démence qui me prête à sourire, tout comme ses mots qui m'inspirent un mélange d'amusement, de plaisir et de confusion. « Ah c'est trop d'honneur ! Parfait, je te rejoins d'ici peu. » Il est vrai que je suis fou de m'abandonner à de tels rêves mais c'est une folie aussi troublante qu'agréable. La légèreté de nos voix nous maintient à flot, elle masque la réalité trop difficile de mon prochain départ. Et tandis que je me dépêche de me laver, les traces sanglantes disparaissent de mon corps pour laisser ma peau indemne, sans plus aucune trace de meurtrissures. Ne reste sur ma peau que l'odeur du parfum de Noah et lorsque j'ouvre la porte, une serviette autour de ma taille, je peux découvrir de quoi me vêtir, comme promis. Je n'ai aucune envie de laisser des pensées négatives m'envahir quand chacun des tissus qui m’effleure, chaque vêtement que j'endosse, me rappelle son existence, toute proche de moi. C'est comme si une part de lui se collait contre moi pour m'accompagner où que j'aille.

Ces pensées flottent dans mon esprit lorsque je m'avance pour jeter un regard dans le salon, par dessus la balustrade, attiré par le bruit environnant. Avec une certaine curiosité, mes yeux s'arrêtent sur la silhouette du sorcier, penché sur ses tiroirs grands ouverts. Le désordre incroyable qui règne autour de lui me semble encore plus impressionnant vu d'en haut et je fronce légèrement les sourcils avec curiosité, avant de répondre doucement au sourire de Noah. Est-ce utile de l'interroger sur le mystère qui se peint sur son visage ? Je juge plus rapide de le rejoindre pour lui poser la question en face, descendant tranquillement les escaliers avant de pénétrer à nouveau dans le bureau, aux tapis jonchés de documents, de livres et d'objets divers. Les yeux de Noah brillent d'une lueur si étrange que j'en suis médusé. Le commentaire amusé sur son capharnaüm que je m’apprêtais à prononcer, meurt entre mes lèvres avant même que je n'ai pu l'articuler. Ce n'est pourtant pas un cambrioleur qui a mis à sac son appartement et, si ce vieux voleur de Cassidy n'est pas innocent, ce n'est pourtant pas le seul en cause. Non, je ne suis pas le seul responsable de ce désordre que Noah a visiblement empiré en cherchant quelque chose. Que cache-t-il derrière son dos ? Je prétend ne rien remarquer mais sa réplique me coupe de toute façon l'idée de lui demander quoique ce soit. « Tout le mérite revient à leur propriétaire qui a su si bien me les choisir... » Un compliment pour un autre, prononcé d'un ton que j'aurais voulu badin mais qui s'accorde à un sourire trop chaleureux pour être honnête. Les joues roses du sorcier ravivent cet élan de tendresse qui me laisse dans cet état d'insouciance si agréable pendant que je le contemple. L'objet qu'il dévoile alors n'éveille en moi qu'une curiosité pure sans que je ne me départisse d'un sourire aussi amusé que ravi.

M'étant rapproché de Noah, je peux poser le regard sur ce téléphone portable dont la taille dérisoire est en rapport avec mon incompréhension dans les choses modernes. C'est une fameuse surprise qu'il détienne un tel objet mais je n'ai pas le temps de poser la question qui s'allume dans mon esprit que Noah l'anticipe. Alors mon regard s'assombrit. Brutalement et sans que je n'ai pu le préméditer, la chaleur qui baignait mon regard s'est tarie, comme sous l'effet d'un lourd nuage d'orage. Mes lèvres se pincent alors que la colère me serre le cœur, à la simple évocation de ce gouvernement honni. Je ne peux faire autrement que voir rouge en songeant aux contacts que le psychiatre conserve avec les oppresseurs. Le changement de mon expression s'est fait inconsciemment alors qu'en quelques fractions de secondes, je ne puis faire autrement que de laisser parler mon instinct. Il s'exprime dans la rigidité soudaine de ma mâchoire, dans la dureté de mes prunelles qui se redressent doucement vers ma cible pour l'en écraser. Noah... Ce sont ses mains que je vois trembler avant de percevoir ses yeux clairs qui vacillent sous ses mots. Je suis alors frappé par l'affliction qui a prit place dans toute son attitude, par ce regard désolé qu'il me renvoie et me serre le cœur bien plus puissamment que ne l'a fait ma colère. C'est son désenchantement qui me touche alors que je cille légèrement, conscient de cette vague de froid qui vient inopinément de s'abattre sur nous. Quelques secondes s'étirent, dans cet instant de battement qui me parait infiniment long par sa lourdeur. Trop longues, trop courtes, elles nous toisent et nous déséquilibrent jusqu'à ce que je cède à un geste spontané et pose ma main sur la sienne. La colère, le ressentiment, la rage, tant d'émotions hostiles m'opposent aux tyrans. Mais elles sont balayées par quelque chose de bien plus puissant.

« Le pouvoir leur appartient, aujourd'hui... » Ce murmure m'échappe au moment où ma paume recouvre la sienne doucement. Quels sont les objets de valeur qui ne sont pas issus du gouvernement ? Cet oppresseur contrôle tout, absolument tout, de l'usage des routes, aux programmes télévisuels et aux techniques de communication. « Mais ce ne sera pas toujours le cas. La résistance est en marche. » Les journalistes de l'ombre, les animateurs de radio pirates, les hackers et autres révolutionnaires le démontrent déjà. Ma main reste posée contre la sienne sans repousser son cadeau, tandis que je cherche son regard, le mien recouvrant sa luminosité et sa douceur à mesure que je le contemple car jamais son visage ne pourrait provoquer d'autres sentiments sur mes traits. Ma colère s'est évanouie sitôt que j'ai perçu la détresse dans le regard de Meadow et que l'envie de le protéger a pris le dessus sur tout le reste. Les sbires du gouvernement ne pourront jamais détenir ma confiance, je les hais tous avec la même ferveur et mon mépris pour eux n'a d'égal que ma détermination à les détruire. Ils ne méritent que mes soupçons et mes doutes mais pourtant, je suis prêt à les mettre de coté.

« J'ai confiance en toi, Noah. » Et je sais intimement que c'est tout ce qui compte, alors que mon ton s'imprègne de sincérité. Ma voix est calme tandis que je hoche sereinement la tête sans le lâcher du regard. Ces promesses que nous nous sommes faites sont scellées dans le roc et rien ne pourra jamais les effacer. Pas même cette haine si féroce que je ressens pour le gouvernement. « A présent que nous nous sommes retrouvés, je ne veux plus te perdre. »

C'est dans un mince sourire que je recueille les objets entre mes mains, relâchant mes muscles trop raides. Peu m'importe l'identité de celui que Noah désire protéger, je n'ai nul besoin de la connaître. L'assurance de mon ami est un gage de sérieux suffisant pour que je ne craigne rien. Et si cet objet peut me permettre de garder un contact avec lui et que nous puissions communiquer aussi facilement et souvent que nous le désirons, cela suffit pour que mon cœur se débarrasse de toute lourdeur résiduelle. Ma décision est ainsi faite et aucune inquiétude ne voile mes iris limpides qui brillent de cet espoir retrouvé. Je souffrais à l'idée de m'éloigner de lui pour un temps incertain, ne sachant s'il pourrait un jour se hasarder jusqu'à ma caravane sans assurance de m'y trouver. Mais cette possibilité nous offre des perspectives nouvelles. Mon regard se pose sur le téléphone et le câble, désormais entre mes mains, objets insolites que je n'ai que rarement eu l'occasion de manipuler.

« Je l'utiliserai, à une condition... » Redressant le visage, je me perd un instant dans son regard, dressant un sourcil avant que je n'achève ma phrase, laissée une brève seconde en suspension. « Il va falloir que tu m'apprennes à me servir de cet outil du diable. » Mon ton ne reste pas grave bien longtemps. C'est un sourire qui habille mon visage dans un aveu amusé, les yeux illuminés de malice. « J'en suis resté aux modèles à cadran alors j'espère que tu t'y connais, sinon on n'est pas sortis d'affaire... » Allons bon, me voilà réduit à demander à un ancien mage, vieux de plusieurs siècles, de m'expliquer le monde moderne ? Les rires me viennent naturellement, amplifiés par le soulagement qui m’inonde, des rires également embellis par la vue de Noah devant moi. Je suis encore attendri par cette lueur de confusion qui a troublé son visage, alors qu'il semblait si heureux de me faire ce cadeau et trop meurtri à idée de me décevoir. La vie nous oblige à nous séparer bien plus tôt que nous l'aurions voulu, alors que nous venons à peine de nous retrouver et cette nuit de paix s'est avérée beaucoup trop courte à mon gout. Mais alors que mes rires s'apaisent, je suis conscient de l'affection débordante que je ressens pour cet ami que je ne serai pas obligé d'abandonner. Cet ami dont l'expression enfantine si innocente me pousse à me rapprocher, pour compenser la brutalité de mes rires et entourer ses épaules de mon bras libre. Ma joue se pose spontanément contre la sienne pour y poser un baiser léger.

Cette accolade est purement amicale, c'est la pensée rationnelle à laquelle je me raccroche et pourtant, le contact de sa joue contre mes lèvres est si troublant... Les paupières closes, je relâche le contrôle quelques instants de trop, une erreur qui pourrait se payer très cher. Car c'est une bribe de l'énergie si alléchante du sorcier entre mes bras que je dérobe, sans le vouloir, me nourrissant de son aura et de ses pensées éparses. L'effroi me fait tressaillir alors que je me détache de lui, cherchant ses yeux avec effarement. « Désolé... »

Je veux éviter de te blesser, Meadow, mais pour être parfaitement honnête, ce n'est pas la seule chose qui me retient d'être proche de toi.

A quoi bon me voiler la face, la vérité est là devant moi, dans ces yeux clairs qui évoquent une prairie baignée de soleil, contre la douceur de ces joues roses, au creux de ces sourires confiants. Quand mon front se plisse, je rend les armes et cède à cette réalité pour la prononcer, autant pour lui que pour moi. « Si je reste un peu plus, je crains de recommencer, de façon un peu plus chaleureuse... Et je ne parle pas de rapt d'énergie. » Un sourire tempère la gêne qui couve sous cet aveu que je lui murmure, sans pour autant me soustraire à son regard. Ton absence m'a rendu fou, ces années de séparation m'ont déchiré et à présent que tu es là, mes émotions me perdent.« Dépêche toi de me jeter dehors. » Une nouvelle boutade alors que j'accentue mon sourire, m'évertuant à un pas en arrière. Fous-moi dehors avant que je ne te dévore pour de bon. Sinon, je ne décollerai jamais, Meadow, tu sais ? « Je t’appellerai... » A cette promesse, je redresse légèrement ma main qui serre cet objet- précieux ou démoniaque, je ne sais - qui me permettra d'entendre à nouveau sa voix. Danger ou pas, je ne pourrai faire autrement.



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MessageSujet: Re: Now at last the end has come || Cassidy   Dim 3 Juin - 23:34


Les ombres. Il aurait voulu les rattraper, les empêcher d'assombrir le regard si clair de son ami. Les empêcher de s'enrouler autour de son coeur à la mention de l'origine du téléphone, les chasser loin, si loin d'eux. Dans cet équilibre fragile qu'ils avaient retrouvé, les voir revenir aussi promptement sur le visage léonin de Cassidy était une forme d'échec. Parce qu'au fond, il avait raison. L'oppression systématique qu'apposait le Gouvernement sur les crânes de la populace n'était pas suffisante, il leur avait également ôté tous moyens de communication. Un joug tyrannique qui revenait s'infiltrer entre eux pour les diviser, rappelant qu'ils n'étaient pas du même univers malgré toutes leurs tentatives de se rapprocher. Le coeur serré, Noah avait détourné le regard, par trop conscient de ce que la révélation constituait. Par trop conscient de cette honte qu'il éprouvait à être aussi proche de la dictature sans pour autant partager ses convictions. Il n'avait pas l'âme d'un Résistant, mais celle d'un survivant. Il n'était pas aussi noble et digne que Cassidy, il n'était qu'opportuniste. Et confirmer cette facette de sa personnalité changeante à son ami, ses connexions profondes avec ce précisément qu'il combattait, c'était avouer son échec.
Trouveras-tu en toi la force de me pardonner, Cassidy ? J'ai toujours été un opportuniste, je ne te l'ai jamais caché. Tu l'as toujours su. Mais à présent, cet opportunisme peut précipiter notre chute, à toi et à moi. Trouveras-tu la force de me pardonner ? Car moi, je ne veux pas te perdre une nouvelle fois.
 

Un murmure amer. Noah déglutit difficilement, honteux. Oui, l'oppresseur détenait le pouvoir, mais ne pouvaient-ils pas s'en servir contre lui ? La lutte intellectuelle s'annonçait ardue, tant la voix ombrageuse de Cassidy parait déjà les arguments que Noah aurait pu lui opposer. Mais ce ne fut pas l'orage qu'il attendait qui éclata. Bien au contraire, il releva les yeux pour croiser un regard où ne pointaient ni orages lourds, ni éclairs. Juste une conviction profonde en ce qu'il disait. Juste cette honnêteté qui révélait la noblesse de ses traits, de son âme, une vérité crue qu'il énonçait avec la ferveur du pieux. La Résistance avait toujours été le chemin de croix de son ami, depuis leurs toutes premières conversations. Son sacerdoce, ce qui finirait peut-être par le perdre. Mais elle n'avait pas sa place entre eux. Ils étaient au-delà des causes, au delà des combats. Et le coeur de Noah de faire un bond dans sa poitrine, libéré du carcan de la honte et du poids des remords.
Parce qu'au-delà du monde dans lequel ils évoluaient, il y avait encore eux. Cette connivence toute faite de nuances qui leur permettait de respirer, qui déployait cette vague de tendresse exacerbée qui peinait à se contenir. La gelure de la honte avait laissé place au soleil, ramenant des couleurs sur les joues du sorcier, de la lumière au fond de ses iris clairs. Incertain, un sourire timide s'étira au creux de ses lèvres alors que Cassidy confirmait tout haut ce que Noah espérait tout bas.

C'est fou, comme quelques mots sont capables de créer un monde tout entier, tout autant qu'ils sont capables de le déchirer et le réduire en poussière. Comme l'Humanité s'est fondée sur du vent, sur des sons, et pourtant y trouve une forme de réconfort, de stabilité. Et cette confiance que Cassidy renouvelait auprès de son ami, c'était quelque chose d'intangible qui se construisait. Le retour d'une époque où le monde n'était pas aussi trouble ni aussi difficile, les retrouvailles de deux âmes confuses qui n'auraient jamais dû être séparées. En plus de sept cents ans d'existence, l'Italien avait entendu bien des choses. Mais rien n'aura jamais été aussi doux que d'entendre ce que venait de dire l'Américain. Si ses mains tremblaient à présent, alors que Cassidy prenait le téléphone, ce n'était plus sous le coup de la peur. Si elles tremblaient, c'était à cause de cette envie débordante de le serrer dans ses bras malgré les interdictions. Malgré tout le danger qui opposait leurs deux natures.

-Moi non plus, je ne souhaite plus te perdre, Cassidy.

Tout aurait été si simple, si les circonstances étaient différentes. Tout aurait été si simple sans l'étau de la société, avec la certitude que quelque chose puisse être construit. Mais Noah savait qu'il était capable de se satisfaire du peu qu'on lui offrait. Et réalisait, dans cette étincelle qu'il captait au fond des yeux sombres de son compagnon, qu'il y avait peut-être plus à gagner à laisser le temps au temps qu'à précipiter les événements. Même si cela impliquait de se retenir de l'enlacer, de peur de s'y brûler.

Il n'eut pas à considérer la situation bien longtemps, Cassidy ayant repris la parole, son ton bien plus grave arrachant un frisson au psychiatre. Ah, le téléphone du gouvernement. Il l'avait déjà oublié, trop heureux qu'il avait été par la résilience de son ami. Grimaçant légèrement sous l'intensité de sa voix, il leva un regard interrogateur sur ce dernier, s'attendant à un sacrifice qu'il était déjà prêt à faire. Jusqu'à ce que la malice reprenne le dessus, et qu'il ne puisse retenir un éclat de rire libérateur, éclatant. Si ce n'était que ça, il était prêt à ce type de condition !

-Es-tu seulement conscient du fait que tu demandes de l'aide à une personne qui aurait été brûlée pour possession de ce boitier démoniaque il y a quelques siècles ?

La technologie avait toujours eu ce petit quelque chose de magique à ses yeux, et s'il avait fini par s'en accommoder, il devait reconnaître que ses autochtones ne l'auraient pas vu du même œil. Alors lui demander à lui un cours de téléphonie ? Il n'avait certes pas mal calculé son coup, mais la situation lui arracha un nouveau ricanement.

-Si j'ai réussi à m'y faire, tu peux y arriver toi aussi ! Tant que tu ne me demandes pas comment on fait pour envoyer des courriers électroniques, on devrait réussir à communiquer !

Il comprenait parfaitement à quel point Cassidy pouvait se sentir désoeuvré face à l'engin, pour avoir été précisément dans la même situation que lui avant de rencontrer Liam. Le jeune homme avait pris le parti de passer de longues heures à lui expliquer le fonctionnement du téléphone, puisant dans une patience que Noah ne lui connaissait que lorsqu'il devait apprendre de nouvelles formules. Peut-être était-il temps que l'élève surpasse le maître, en la matière. Ou qu'il devienne à son tour tuteur d'un nouvel élève, pour faire passer la tradition.
L'hilarité finit par passer, et Noah se laissa volontiers entraîner dans l'accolade. Glissa ses mains le long du dos de son ami pour le serrer d'avantage contre lui, répondant à cette envie spontanée qui était née au creux de son abdomen et que Cassidy avait résolue de lui-même. Les lèvres contre sa joue électrisèrent sa peau, éveillèrent ses sens. Sans rien ajouter, il soupira, pressant sa joue contre le baiser, les paupières closes. Cassidy avait-il toujours été aussi doux, dans ses gestes, aussi proches ? Il l'ignorait. Mais chacun de ses gestes contribuaient, toute cette tendresse confuse qui émanait de ses actes, ne cessaient de réchauffer le vieux coeur du sorcier. Peut-être se faisait-il de fausses idées. Sûrement. Mais imaginer que cette embrassade puisse durer éternellement transportait tout autant son cœur que cette sensation qu'il avait de glisser entre ses bras. S'accrochant à son dos, il pouvait sentir l'étreinte se faire plus profonde. Pouvait sentir ses pensées s'envoler en même temps que son énergie. Son cœur s'accéléra sous le rapt, sans qu'il ne résiste pour autant. Parce qu'il n'en avait aucune envie. Parce que la sensation était toute aussi troublante que paradoxalement agréable. Parce qu'il aurait pu voler ses lèvres séance tenante pour que l'osmose soit complète.
Mais trop vite, Cassidy s'arracha à leur étreinte. Déboussolé, Noah ne comprit pas tout de suite ce qui venait de se produire. Ressentit de nouveau ce froid glacial au fond de ses os, dans sa chair, alors que son ami reculait. Spontanément, il marqua un pas dans la direction de l'Américain.

-Non, attends... Ne sois pas désolé pour cela...

J'aurais voulu que ça dure.
Ses doigts effleurèrent la peau de ces bras dans lesquels il aurait pu se lover jusqu'à plus soif. Mais glissèrent jusqu'à ce que la main retombe dans le vide, respectant le choix de son ami. Ce n'était pas lui qui risquait d'avoir du sang sur les mains. Ce n'était donc pas à lui de décider de ce qu'il était bon ou non de faire. Malgré l'envie.
Aussi, quand Cassidy avoua les raisons de sa fuite, Noah resta silencieux une minute. Juste le temps que son coeur, qui avait manqué un battement, se remette à tambouriner contre sa poitrine. Juste le temps qu'il fallut à ses yeux agrandis par le choc pour s'illuminer de tous ces troubles qui l'avaient toujours hanté vis à vis de l'Américain.
Ce n'était pas possible. Et pourtant. Pourtant l'attitude revancharde de son ami, aussi blagueuse qu'une battue en retraite, avait convaincu le sorcier de s'approcher de nouveau. De s'engorger de sa gêne, de ses joues roses, de cette sincérité qu'il lisait dans tout son comportement malgré les boutades. Ce n'était pas un homme qui voulait partir. C'était un enfant qui avouait un non-dit. Et Noah de s'illuminer, s'approchant d'autant plus.

-Souhaites-tu réellement partir sans avoir obtenu ton explication sur le fonctionnement de la boîte démoniaque, Cassidy Valdès ?

Amusé, il rompit la distance qui les séparait pour glisser sa main contre celle qui tenait le téléphone, son visage suffisamment proche de celui de l'Américain pour capter son souffle. Pour plonger dans ses yeux et y voir celui d'un jeune homme, les années envolées, des interrogations plein la tête. Sa main libre se glissa le long de sa nuque, de l'arrière de son crâne, pour l'inciter à poser son front contre le sien. Inutile de s'empêcher de sourire, ses lèvres refusaient de répondre aux messages que lui envoyait son propre cerveau. Dans un murmure, il poursuivit, sa main se refermant sur les doigts qui tenaient le téléphone. Le front de Cassidy était brûlant. A moins qu'il ne s'agisse du sien.

-Peut-être ai-je envie que tu recommences de façon plus chaleureuse, en réalité.

Sans rouvrir les yeux, il se hissa pour déposer ses lèvres sur le front de son ami, prolongeant le contact avec retenue. S'il était troublé, il savait parfaitement que Cassidy pouvait s'échapper à tout moment. Que la fragilité qui constituait leur relation pouvait s'enflammer comme une traînée de poudre, et exploser entre eux en un simple claquement de doigts. Pour autant, il ne cessa pas. Relâcha le front pour explorer son visage de ses lèvres, lentement, retenant son souffle, retenant son corps, retenant ses gestes et son propre cœur. Jusqu'à déposer un baiser chaste au creux de ses lèvres fines, ses doigts jouant dans les mèches brunes, pendant quelques secondes trop brèves.
Il évoluait dans un rêve éveillé duquel il fallait s'extirper, il le savait. Ce fut pour cela qu'il se sépara de lui-même de son compagnon, reculant le visage avant d'avoir pu provoquer la moindre réaction. Car s'il était beau, et doux, de se laisser par les songes, ils n'étaient qu'une vision déformée de la réalité. Et Noah espérait que Cassidy partage la même vision déformée que la sienne, si fort qu'il n'aurait pas supporté de le voir le rejeter.

-J'espère avoir un aperçu de la manière dont tu souhaites recommencer la prochaine fois que nous nous verrons...

Le temps les avait séparés, pendant de trop longues années, et devait creuser le gouffre entre eux une nouvelles fois. Les lèvres de Noah s'étirèrent en un léger sourire sous son murmure, avant qu'il ne reprenne un soupçon de contenance. Oui, il l'espérait. Non seulement le geste était un aveu, il était également une promesse. Une confirmation silencieuse, bien plus forte que ces mots qu'ils étaient incapables de maîtriser entre eux. Ses doigts toujours posés sur le téléphone, il contempla encore une fois les iris sombres de l'Américain. S'y perdit, avant de reporter son attention sur le téléphone.

-Tu sais parfaitement à quel point je n'ai aucune envie de te voir partir, mais tu as raison. Nous devons nous montrer prudents. Toi, plus précisément...

Il grimaça, relâchant finalement la main de Cassidy. Combien de temps allaient-ils devoir attendre de se revoir ? La pensée d'être arraché à son ami était bien trop pesante, obnubilante. Qu'allait-il se passer maintenant qu'ils s'étaient noyés dans des promesses que le monde pouvait rendre vaines en un claquement de doigts ? Mais il avait l'espoir. L'espoir qu'ils parviennent à se retrouver, envers et contre tout.

-Sois prudent, Cassidy. Que je te dis ne plus vouloir te perdre, je le pense sincèrement. Et j'espère que nous nous reverrons sous de meilleurs augures. Rapidement.

Combien de temps sans toi, Cassidy ? Cette seule pensée est une torture.

Une dernière étreinte. Juste une dernière. Juste pour le serrer contre son coeur, juste pour poser son visage au creux de son épaule. S'engorgeant de son odeur, le serrant peut-être plus fort que de raison, Noah soupira. Son coeur était lourd, et cette étreinte aurait pu durer des heures qu'elle aurait toujours eu le goût amer des adieux.

-J'attends ton appel. File, file avant que je ne te retienne encore.

Ils n'avaient plus le temps, ils le savaient. Et si son sourire était sincère, son regard ne cachait même plus le poids qui était revenu s'abattre sur tout son corps alors qu'ils se détachaient enfin. Combien de temps, Cassidy ?
Bientôt. Bientôt ils se retrouveraient. Car dans ce monde dévasté et sombre, la dernière lumière, la plus puissante, était celle de l'espoir.


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Now at last the end has come || Cassidy

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