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 All in my brain - Helix

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
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Imagine Dragons, Shot *
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MessageSujet: All in my brain - Helix   Ven 10 Mar - 21:32

La fumée s'envole lentement, croquée par l'air glacial de la fin de journée. L'épaule appuyée contre un réverbère, les jambes se croisent et s'éloignent de sa base ravagée par la pisse. Là où les pavés du trottoir sont noircis de crasse. Fouler les rues souillées du quartier est devenu une bien médiocre habitude, dans laquelle je parviens pourtant à me complaire. Les odeurs nauséabondes, balayées par le vent, ne me font plus plisser le nez, et les ordures qui jonchent le sol n'attirent plus l'attention de mes yeux fatigués. Je n'y distingue plus les cernes sombres qui creusent ma peau dans mon reflet, ni les toutes premières rides qui se nichent ici et là, sur mon visage. Comme d'habitude, l'image d'un miroir s'impose à moi, et je dois faire tous les efforts du monde pour l'enfoncer dans les tiroirs poussiéreux de mon esprit. Je tire rapidement sur la cigarette et l'abandonne derrière moi, lui permets de rejoindre toute une famille de mégots brunis, et patiente. Les doigts passent sur mon poignet droit, nu de tout bracelet, et je regrette l'espace d'un instant d'être incapable d'y coller une montre. Les secondes s'écoulent d'une lenteur exaspérante et je fais glisser la fermeture de ma veste de quelques centimètres, laisse le vent s'insinuer sous mes vêtements. Le corps tendu par le froid, sa gifle me réveille rapidement. Le regard se perd pourtant, presque aussitôt, dans l'ombre noire d'un immeuble. Je devrais peut-être aller voir Maisy cette nuit, me dis-je, après le boulot. Juste pour passer quelques heures avec elle, braver le froid de la Nouvelle-Orléans contre son corps brûlant. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres et je me perds dans un songe qui me réchauffe la poitrine.

La porte de l'immeuble s'ouvre sans que je la vois et le corps s'approche rapidement de moi ; il faut qu'elle ne soit plus qu'à quelques dizaines de centimètres pour que je la distingue et m'extirpe de mes rêveries. Je la gratifie d'un grognement. Les longs cheveux blonds ondulent et tombent dans son dos – elle frissonne, et j'imagine aisément le vent croquer ses jambes quasiment nues. Elle serre sa veste contre elle et se poste devant moi – le vent attire quelques mèches de cheveux sur son visage, que je dégage rapidement. « Ça s'est bien passé? » Lorsqu'elle acquiesce, je me redresse et l'incite à repartir vers la boîte. Taciturne, elle frissonne et durant quelques instants, seul le claquement sec de ses talons sur le sol troublant le silence qui s'installe. « Je pourrais pas te récupérer tous les soirs, tu t'en doutes. T'as qu'à essayer de le recontacter, fais-le revenir à la boîte ou je sais pas où, et on le coincera à ce moment-là. Il viendra jamais à toi si je suis flanqué dans ton ombre à chaque fois que tu fous le pied dehors, tu sais... », dis-je avec lassitude en sortant une cigarette de ma poche, que j'allume lentement, gêné par le vent. Comme si leur vie n'était pas déjà suffisamment pénible, à devoir chevaucher des mecs pas assez séduisants pour lever une fille gratuitement, il faut en plus qu'ils se transforment en tourmenteurs. S'ils m'en touchent une sans faire bouger l'autre, je sais que les filles sont rapidement inquiètes, et je dois les gérer. À cette pensée, je passe mon bras dans son dos et frotte rapidement ma main contre son épaule.

Le chemin est rapide et même si les rues sont désertes, je sais que ça n'est qu'une illusion. Ils sont partout, tapis dans l'ombre, dans l'obscurité d'une ruelle ou d'un immeuble. Le bras toujours autour de ses épaules, je la rassure de ma présence sans briser à nouveau le silence réconfortant. Et bientôt, l'immeuble de la boîte s'impose à nous – la porte de l'entrée camouflée s'ouvre sur elle et l'inonde d'une lumière orangée, tamisée, que je connais trop bien. Non sans jeter un dernier regard alentour, je pénètre finalement dans la salle. La musique est douce et les effluves d'alcool et de cigarette se mêlent aux flagrances sucrées dont les filles s'imprègnent. Un regard circulaire dans la boîte, et je reconnais plusieurs habitués. Les visages sereins et ravis de nos clients sont happés par les silhouettes mouvantes des danseuses, sur lesquelles mon regard s'attarde. Une belle danse lascive épousant les courbes d'une mélodie suave, y a pas mieux. L'atmosphère du Little me réchauffe rapidement et je glisse ma veste sous le bar, m'accoude sur le comptoir. Le visage de Maisy s'impose une second à mon esprit, vif éclair qui tranche le ciel de femmes dans lequel je baigne. Je commande un verre, l'esprit embrumé.

Embrumé de pensées obscures, désagréables. Collantes comme le goudron, elles s'emmêlent avec le reste, se rajoutent aux soucis contre lesquels je me bats déjà depuis des mois, des années. Rien n'est simple, tout se complique. Je trempe les lèvres dans le liquide ambré et m'octroie une gorgée. Le liquide chauffe ma gorge, coule dans mon gosier, et je grogne lorsqu'une main se pose sur mon épaule. « Dis, y a une meuf qui veut te parler, là-bas. » Je suis la main du regard et porte mes yeux sur une silhouette féminine, assise à une table. « Je l'ai mise là-bas, je lui ai dit que t'allais pas tarder à revenir ». J'acquiesce et me contente de la regarder un instant, en buvant une nouvelle gorgée. Une seule raison pousse les femmes à me rendre visite au Little, me dis-je en laissant le verre entre mes lèvres, les narines se gorgeant de vapeurs d'alcool. D'une main je lisse mes vêtements, et me décale lentement du comptoir. À mesure que je m'approche d'elle, je distingue mieux son visage à la lumière tamisée et vacillante. Plus que jolie, j'essaie de jauger de ce que son corps a à offrir – la peau hâlée et les nombreuses tresses sont clairement un petit plus. Je prends rapidement place en face d'elle et la gratifie d'un sourire vague, tandis que je poursuis l'examen de ses traits. « Bonsoir – Joseph Townsend, dis-je rapidement en lui tendant une main à serrer, vous vouliez me voir ? ». La mâchoire est carrée, les lèvres pulpeuses. Sous les vêtements, elle m'a l'air d'être mince – sincèrement, ses tresses vont en affoler plus d'un, me dis-je en lançant un regard à la scène, sur laquelle les corps se meuvent avec aisance. Je reprends presque aussitôt, sûr de moi : « Bon, vous savez bouger un peu ? Vous avez l'habitude de danser ? Sincèrement, pas la peine d'avoir de grandes qualités tant que vous savez vous trémousser. Mais..., commencé-je, avant de me pencher vers elle et de poursuivre, prévoyant : Rassurez-moi, vous savez qu'elles font plus que danser, non ? »

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The Handsome Family – Far From Any Road
Princess Nokia – Brujas
The Orwells – They Put a Body in the Bayou
Laura Mvula – Green Garden
Nina Simone – I Put a Spell on You
Charles Bradley - The World (Is Going Up In Flames)
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Ibeyi – Ghosts
Laura Mvula – Can’t Live with the World
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MessageSujet: Re: All in my brain - Helix   Jeu 16 Mar - 17:59


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L’idée lui était venue tout naturellement. Son temps partiel à l’Overlook, avec sa réputation et ses rares clients, lui permettait tout juste de payer son loyer et sa nourriture. Pour le reste, comme la plupart des habitants des quartiers nord, elle devait se débrouiller. L’avantage, puisque tout le monde était logé à la même enseigne, était que le système D fonctionnait bien. Tout le monde alimentait plus ou moins un marché noir d’arrière cour, et tout le monde en bénéficiait aussi. Ça marchait pour la vie de tous les jours… Mais ce n’était pas suffisant pour le reste. En d’autres termes, Helix avait besoin d’argent.

La Rébellion ne se finançait pas toute seule, et puisqu’il ne s’agissait pas d’un parti politique uni et légitime, il y avait peu de chance qu’un mystérieux mécène décide de les sponsoriser. En outre, leur côte de popularité n’était pas exactement au plus haut. Les bonnes gens n’étaient prêtes à absoudre la violence que lorsqu’elle portait l’uniforme du gouvernement. Tous les autres étaient commodément qualifiés de terroristes. Certes, le groupuscule dans lequel officiait la sorcière s’illustrait par quelques empoisonnements judicieux et autres opérations plus musclées, mais la fin justifiait parfaitement les moyens.

Toutefois, les camarades d’Helix ne se rendaient pas toujours compte de l’ingéniosité qu’elle devait déployer pour se procurer tous les ingrédients nécessaires à ses philtres dans une ville comme la Nouvelle Orléans. Une grande partie d’entre eux étaient issus de plantes. Et les plus importants devaient obligatoirement être extraits de végétaux sauvages. Impossible de les faire pousser chez soi. Il fallait traverser les murs, s’enfoncer profondément dans le bayou. Parfois plus loin. Jusqu’à d’autres régions plus arides. Helix n’avait pas le temps d’organiser de telles expéditions, elle y perdrait son emploi.

Fort heureusement, elle était loin d’être la seule sorcière en ville, ce qui impliquait qu’il y avait une demande. Ainsi, certains apothicaires tenaient pour une clientèle très spécialisée un marché parallèle où certaines essences, certaines feuilles séchées, certains pollens se vendaient à prix d’or aux sorciers démunis. La jeune femme ne possédait pas ce genre d’argent. Elle arrivait parfois à économiser pendant plusieurs semaines pour se procurer tel ou tel constituant, mais que pouvait-elle faire lorsque le temps pressait ? Il lui fallait une réserve capable de se renouveler. Une autre rentrée d’argent régulière. Ses journées n’étaient pas assez longues pour pouvoir prétendre à un second emploi. Il ne restait qu’une solution… Vendre des biens de sa confection. Et quelle était justement sa spécialité ?

Maintenant, restait encore à savoir qui voudrait bien acheter ses potions. Si préparer une décoction fatale était parfois ardu, il était beaucoup plus simple de créer des mélanges toxiques… mais non mortels. De tout temps, les hommes avaient cherché à altérer leur conscience, à brouiller les contours d’un monde trop vif pour eux. Elle pourrait exploiter cet appétit récurrent pour les substances frelatées… Seul obstacle à son plan : elle manquait cruellement de contacts dans le milieu qui saurait distribuer sa marchandise. C’était une chose de vendre des morceaux de viande ou du savon au marché noir, c’en était une tout autre de trafiquer des stupéfiants.

Après avoir tourné et retourné le problème dans le confort de son esprit, Helix dû se résoudre à demander de l’aide. Elle était trop nouvelle dans cette ville, et presque autant dans cette époque dont elle ne maîtrisait pas encore suffisamment les codes. Zeke l’envoya vers Shonda, une résistante de la première heure qui connaissait tout et tout le monde. Un rapide entretien révéla qu’elle ne disposait pas de l’accès privilégié qu’Helix avait espéré aux truands qui dominaient le marché… Mais elle connaissait quelqu’un. Ou plutôt, elle connaissait quelqu’un, qui connaissait quelqu’un, qui soutenait que… C’était toujours ainsi dans le milieu.

La sorcière devrait donc s’adresser à un certain Joseph, qui travaillait au Little Darlings, un club de strip-tease, apparemment une nouvelle expression pour désigner une maison de passe. La sorcière aimait faire rouler ces nouveaux mots sur sa langue, en goûter la saveur inconnue. Il lui arrivait parfois de les utiliser à mauvais escient, elle tâtonnait encore, mais elle les prononçait avec une telle gourmandise que personne dans son entourage n’avait eu le cœur de le lui faire remarquer. Elle apprendrait. Bientôt, comme les autres, elle se fondrait dans la masse. Mais nous nous égarons.

Ce Joseph, donc, n’était pas un gros poisson, de ce qu’elle avait pu comprendre. Tout au plus un malfrat de bas étage, mais dans la bonne organisation. C’était un début. Après avoir fait décanter plusieurs mélanges aux différentes propriétés, elle les versa avec soin dans de petites bouteilles dégottées dans un marché aux puces. Quelle invention merveilleuse que le plastique. Moins neutre, moins noble que le verre, mais tellement commode. Incassable, immortel. Pour la sorcière, chimie et magie étaient sœurs. Ses produits rangés au fond d’un sac à main volontairement très féminin, Helix attendit la nuit pour se mettre en route, car tout crime méritait son décor de circonstances. Et surtout parce que les lieux étaient morts en journée, et qu’elle avait besoin de la discrétion d’une foule.

Shonda lui avait expliqué comment accéder à l’envers de cette façade aux carreaux aveugles et aux portes barrées. Toutes ces précautions donnaient à la soirée des airs de roman d’espionnage qui ne lui déplaisaient pas. Une fois introduite dans le bâtiment par un employé à l’œil soupçonneux, la jeune femme découvrit un autre monde. Sous les lumières ultra-violettes, l’endroit exsudait une atmosphère mystérieuse et fantomatique, renforcée par la musique sourde et les silhouettes languides qui sinuaient autour de longues barres de métal. Helix n’était jamais entrée dans un tel endroit. C’était féerique et passablement glauque. Il y régnait une ambiance de faim inassouvie, d’espoirs mal colmatés, de piètre pis-aller. Et tout à la fois de rêveries érotiques, d’occasions insoupçonnées, de temple des possibilités.

Caressant les danseuses des yeux, la sorcière se dirigea d’un pas léger jusqu’au bar et demanda à parler à Joseph. Comme prévu, la serveuse lui demanda ce qu’elle lui voulait. Parler affaires. Une réponse vague mais suffisante. L’homme n’était pas encore arrivé. Il faudrait l’attendre. Puisqu’elle était là et qu’elle avait bon espoir en la réussite de son entreprise, elle décida de se faire plaisir en commandant quelque chose. Les noms de boissons s’étalaient en couleurs fluorescentes sur une ardoise, tous plus énigmatiques les uns que les autres. Elle en choisit un au hasard, quelque chose d’exotique au prix relativement élevé. On lui servit un verre rempli d’un liquide au joli dégradé de rose et d’orangé, surmonté d’une petite ombrelle en papier et de morceaux de fruits. Elle ramena le tout à la table inoccupée que la barmaid lui avait indiquée et attendit en sirotant le breuvage trop sucré. Il était alcoolisé, ce qui justifiait son prix. Décidément, c’était une nuit de transgressions, pensa-t-elle dans un sourire narquois.

Une danseuse s’approcha pour lui proposer un numéro privé, mais elle n’avait vraiment pas assez d’argent pour profiter de cette offre tentante. Elle aurait voulu essayer… Juste pour voir. Pour comprendre ce que ressentaient les clients qui venaient expressément pour cela. À regret, elle la laissa s’éloigner en jouant avec la paille de son cocktail. Enfin, après quelques dizaines de minutes, un homme barbu et imposant aux allures de videur s’avança et s’assit d’autorité en face d’elle. Elle lui offrit un sourire lumineux et serra sans hésiter la main qu’il lui tendait, la sienne disparaissant presque entièrement dans cette paume de boucher.

— Helix Dulac, enchantée.

Intimidant était sûrement le mot qui le qualifiait le mieux. Mais Helix s’attardait rarement sur ce genre d’impressions. Il était aussi poli, courtois… Quoiqu’assez direct. Elle secoua la tête, souriant toujours.

— Je ne dirais pas que j’en ai l’habitude, mais ça ne doit pas être bien sorcier.

L’expression l’amusait. Elle dévisagea son interlocuteur d’un œil pétillant. Il se penchait vers elle d’un air de comploteur, s’inquiétant de la naïveté que son visage juvénile pouvait lui prêter. Elle acquiesça d’un air grave.

— Oh, bien sûr… L’humanité ne change pas, on n’a jamais su se contenter de regarder… Il faut toujours qu’on y mette les mains.

Son ton portait en son cœur un éclat de rire. D’un geste mesuré, elle posa son sac sur la table, lissa les commissures de ses lèvres pour leur donner une apparence plus sérieuse.

— Mais je pense que vous vous méprenez. Ce n’est pas le domaine d’activité qui m’intéresse. En fait… Sans vouloir vous offenser, j’aurais voulu parler à vos employeurs. J’ai quelque chose qui pourrait les intéresser, je pense. Des substances, vous comprenez ? Les miennes sont particulières. Magiques, et vous pouvez les vendre comme telles, ça leur donnera un attrait supplémentaire. Mais réellement, ce sont des hallucinogènes tout ce qu’il y a de plus efficaces. De quoi envoyer n’importe qui planer dans une autre dimension… Et je peux en fournir régulièrement.

Helix leva subrepticement le rabat de son sac, découvrant un instant les petites bouteilles logées à l’intérieur.

— J’ai amené quelques échantillons, si vous voulez les faire tester. Mais je garantis que leur qualité est irréprochable.

Elle plongea ses lèvres dans son verre, fit tourner une gorgée contre son palais sans quitter l’homme du regard. La sorcière se pensait convaincante, certaine que de telles denrées sauraient trouver amateurs.

— Alors, qu’en dites-vous ? Vous pourriez faire passer cela à vos patrons ?


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MessageSujet: Re: All in my brain - Helix   Mer 22 Mar - 2:10

Un léger sourire incertain se fige sur mes lèvres et je la dévisage, indécis. Elle a l'air d'être un peu pompette – les yeux glissent spontanément sur son verre, mais je ne suis pas convaincu. Elle s'est peut-être fumé un joint avant de venir, me dis-je vaguement ; mais dans son regard brille une lueur malicieuse, et au fond de son crâne ne peut flotter la douce brume du poison. Helix Dulac, a-t-elle dit. À voix basse, je me dis enchanté et prends un plaisir non dissimulé à faire rouler la sonorité étrangère sur ma langue, mon accent rendant l'exercice plus ardu encore. Un nouveau sourire crispé se peint sur mes lèvres, aussi perplexe qu'amusé. Elle exhale une drôle de fraîcheur réconfortante, et lorsqu'elle m'annonce que je fais erreur, je bascule aussitôt en arrière et les membres choient dans le vide. Elle a cependant piqué ma curiosité et je suis la course de ses doigts du regard, néanmoins pressé de savoir ce qu'elle me veut. Mon temps n'est pas vraiment de l'argent, force m'est de l'admettre. Intéressé, je hausse les sourcils à mesure qu'elle s'explique. Plisse les yeux, fais la moue, croise les bras sur ma poitrine. Oh, non, elle ne rencontrera pas Isak, pensé-je avec un sourire. S'il savait seulement qu'elle était là... Je pince les lèvres à cette idée et me redresse, le corps tendu dans mon siège, le visage lentement secoué par un hochement négatif.

Je lorgne pourtant sur les petites fioles dont elle m'offre un aperçu, l'esprit accaparé par cette promesse. Des hallucinogènes, de quoi t'envoyer dans une autre dimension. Oh, la promesse est bien trop belle pour ne pas que les étincelles me réchauffent le ventre et m'arrachent un frisson d'excitation. Un instant bercé par l'idée d'une substance magique coulant dans mes veines, je me reprends rapidement et souris poliment. « Non. » dis-je calmement, en reportant mon regard sur le sien. « Non, mes patrons n'achèteront jamais ça. » C'est la vérité. Je n'imagine pas ce qu'il serait tenté de me faire si je lui apportais Helix Dulac et son sac à malices – comme pour joindre le geste à la pensée, je secoue lentement le visage de gauche à droite. Inconcevable. Pourtant, je ne la congédie pas et reste silencieux, bras croisés sur ma poitrine, regard fixé droit sur elle. Sa peau halée échappe aux deux cercles bleu marine rivés sur elle et son regard pétillant n'atteint pas le mien. Du creux de mon coude se redresse une main, dont les doigts s'érigent lentement en direction du ciel pour lui intimer de patienter malgré tout. Un léger soupir s'enfuit et court le long d'une lèvre mordue, incertaine. Je détourne le regard et fais mine de le laisser sillonner la pièce, alors que je cherche quelques collègues des yeux. Pas de Isak, encore moins de Solveig à l'horizon. Pas davantage l'ombre d'un Eamon. Lorsque je reporte mon attention sur Helix, un sourire affable s'étale sur mes lèvres.

« Mais vous n'êtes pas venue pour rien, j'suis sûr de pouvoir vous trouver des clients. » Un seul, véritablement. « Vous n'écoulerez peut-être pas vos stocks aussi rapidement que prévu, mais c'est un début. » Camouflée sous des airs de propositions, l'affirmation s'impose et n'attend pas de réponse. Je m'efforce de ne pas lorgner sur le sac – pourtant, les pensées se bousculent déjà, pressées de se faire ensevelir. Et comme si le Monstre me susurrait de sa voix rauque, son haleine tiède contre ma joue, de céder avec plaisir, le bourdonnement s'insinue lentement au fond de mon crâne. Lentement, sûrement, il s'accroche à mes songes et les gâte. La langue humidifie les lèvres une seconde et les yeux fuient un regard trop expressif. Le monstre se nourrit de l'humanité, il l'aspire et la bouffe, amplifie le bourdonnement en un brouhaha confus, étouffant, asphyxiant. La salive se coince dans ma gorge, et je détends lentement mon corps sur mon siège, fais comme si les griffes de la bête ne déchiraient pas mes tripes, comme si son grondement sourd ne roulait pas interminablement à mon oreille. Elle s'éveille à peine et fait déjà face à une âme tremblante, à un esprit fiévreux. Pourtant, je fais tous les efforts du monde pour me concentrer à nouveau sur elle, et c'est d'un vague grognement que je l'apostrophe. « Prenez vos échantillons, on va voir si vos promesses sont tenues. » Les mots se mettent difficilement en place, distordus – le bourdonnement enfle et écrase ce qui se trouve sur son passage, fait battre le cœur près du cerveau et dans la gorge, éveille la douleur d'une inflammation près de la tempe ou le long de la nuque. Ce qui ne fait pas de place au doute, c'est que je n'ai pas vraiment de temps à perdre – s'il n'est pas de l'argent, le temps m'épuise. Il me paraît inconcevable de passer davantage de précieuses minutes à discuter avec la femme, qui n'est pas davantage là pour faire la causette.

Le temps est pris pour me remettre debout et je laisse courir mes doigts sur la table, tente de m'accrocher à encore un peu de tangible. Ça va passer, ça va passer. Il faut juste le temps que ça se mette en place. Je passe trop de temps à me baigner dans les yeux de Maisy, trop de temps à me laisser bercer par son corps et trop peu à calmer cette torture. La gifle est plus abrupte à chaque fois qu'elle s'écrase sur moi, sur une peau encore rougie et traumatisée. Lentement, les mouvements mesurés me portent jusqu'au couloir qui s'étale dans notre dos. J'attends que sa silhouette soit près de la mienne et je me remets en route tranquillement. « Des contre-indications ? » Demandé-je simplement, le visage incliné vers elle. Ce ne serait pas le premier mélange malheureux à naître en mon sein, mais je préfère autant m'y attendre. Magique. Peut-être est-ce différent, fondamentalement différent de tout ce que j'ai goûté jusqu'à présent. Peut-être que l'anesthésie sera entière, complète, brutale. Plutôt inconscient de tout un tas de choses, notamment du boulot que je mets entre parenthèses le temps de m'envoler je ne sais où, du fait que je ne connais cette femme ni d'Ève ni d'Adam, que je ne connais rien à ses produits, je me laisse porter tranquillement jusqu'à la chambre du fond, quasiment jamais utilisée. « Ça fait longtemps que vous en préparez ? » J'ouvre la porte et lui fais signe de passer devant, allume la lumière jaune de la chambre. La décoration est un peu étouffante, le vert sombre se mêle au bordeaux en un mélange lourd. La souillure des draps, propres et pourtant moites à jamais, suinte du tissu épais. L'ombre des semelles plates et larges des hommes dansent avec celles, délicates et à talon, des femmes ; je les imagine aisément fouler le sol, passer directement au sol, laissant vierges certains recoins de la petite chambre. L'odeur de l'encens se marie délicatement à celle du parfum des filles, et je nous enferme au creux de la débauche.

« Vous savez, j'suis plutôt curieux de découvrir votre truc. Bon, pour être honnête, je boirais de la pisse de chat si on m'en vantait suffisamment bien les mérites, alors... » ajouté-je à voix basse, un sourire amer sur les lèvres. La tête ne désemplit pas et le murmure agaçant s'est installé. Les mains passent rapidement sur mon visage, dans ma barbe, s'appuient sur mes paupières closes et je marmonne : « Mettez-vous à l'aise, hein. » La proposition est étrange, dans la chambre de la corruption, et j'esquisse un nouveau sourire. Ah, le regret qu'elle ne soit pas venue offrir ses charmes à la boîte me caresse un instant et je m'appuie contre le mur, patient. Définitivement peu bavard, alors qu'elle est des plus agréables, j'ai du mal à ne pas être taciturne. J'imagine que je n'aime pas m'épancher lorsque je suis au Little – les murs ont des oreilles, les putes ont des oreilles, le plancher à des oreilles. Isak laisse traîner les siennes absolument partout, et je ne peux pas lui en vouloir. Mais, malgré une relation plutôt correcte, relativement ancienne, je ne m'essaie pas à outrepasser les règles, aussi silencieuses ou expresses puissent-elles être.
Les bouteilles ne brillent pas à la lumière plutôt pauvre de la pièce, et elles me semblent pourtant étinceler, trésor liquide à mes yeux avides. « Vous m'accompagnez ? J'aurais l'air con, à planer tout seul à côté de vous. »

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MessageSujet: Re: All in my brain - Helix   Ven 31 Mar - 5:15


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Helix fronça les sourcils, un air de profonde contrariété plissant ses traits d’ordinaire lustrés en sens inverse. Comment cela, non ? Non, non tout court? Non, il ne prenait même pas le temps de réfléchir ? Qu’avait-elle donc fait de travers ? Elle était pourtant tellement certaine que l’on s’arracherait ses produits… Enfin quoi, des hallucinogènes magiques, c’était tout de même quelque chose ! Elle n’était pas experte en drogues, mais il ne lui semblait pas avoir entendu parler d’un tel commerce en ville, elle aurait donc été l’une des premières… La déception se peignait sur son visage en touches miroitantes. Elle s’apprêtait à rétorquer, à plaider sa cause du mieux qu’elle le pourrait, à mentir effrontément. Tant pis pour vous, je connais d’autres organisations particulièrement intéressées… Elles voulaient l’exclusivité sur mes produits, je leur ai dit que c’était contraire à la loi du marché, mais puisque vous n’en voulez pas… Elle avait investi trop de temps et d’énergie dans cette idée et en refusait tout simplement l’échec. Ce grand bonhomme en face d’elle avait simplement besoin d’être convaincu.

Mais il ne lui laissa pas le temps de se lancer dans un exercice de persuasion, coupant le souffle de son inspiration d’un mouvement autoritaire. La sorcière referma la bouche, choisissant pour le moment une docilité curieuse. Machinalement, elle saisit l’ombrelle dans son verre et la fit tourner entre le pouce et l’index, effleurant sa joue d’une caresse de papier tandis qu’elle attendait les conclusions de la réflexion visiblement menée par l’homme. Il ressemblait à une sorte de grosse bête, songea-t-elle. Un ours peut-être, ou l’un de ces énormes chiens des montagnes. Effrayant et tout à la fois débonnaire. Du moins était-ce l’impression qu’il donnait en cet instant, perdu dans ses pensées, toute trace de faux-semblant momentanément effacée de ses yeux.

Tout à l’heure, lorsqu’il l’avait abordée, elle avait pu sentir l’aura de menace dont il s’entourait. Il était double. À quoi ressemblerait-il sans cette barbe ? Paraîtrait-il plus jeune, plus inoffensif, dépouillé de son hirsute protection ? La sorcière laissait son esprit dériver pour ne pas céder à la fébrilité de l’impatience. Elle voulait donner l’air d’avoir tout le temps du monde et de n’accorder qu’une importance modérée à son refus comme à ses hésitations. Il brisa finalement son attente d’un sourire moelleux qu’elle lui rendit par automatisme, pendue à ses yeux. Qu’avait-il décidé ? Ses mots allumèrent une étincelle d’excitation dans sa poitrine : tout n’était pas perdu ! Elle se redressa, dos droit et menton affirmé, l’enthousiasme crépitant déjà à fleur de peau. « C’est un début », avait-il dit. Cela signifiait qu’il pourrait y avoir une suite, n’est-ce pas ?

En face, les muscles de son contact se tendaient et se relâchaient en un ballet étrange, comme s’il retenait un quelconque orage. Le voilà redevenu intimidant, détenteur d’une force trop masculine exprimée jusque dans la crispation de ses jointures. Lorsqu’il se releva, elle ne put réprimer un léger mouvement de recul, précaution instinctive devant cette haute silhouette. Ce réflexe l’agaça, et elle eut tôt fait de retrouver l’appui de ses deux jambes, masquant son embarras sous une attitude plus ouverte, un babillage de convenance.

— Vous m’en voyez ravie. Vos clients ne seront pas déçus, je vous l’assure.

Sans un mot, la créature des cavernes se mit en branle, et Helix saisit son sac par la courroie, pressée de découvrir ses potentiels toxicomanes. Si ce Townsend ne voulait pas faire remonter directement l’affaire à ses employeurs, peut-être pourrait-elle s’approprier directement ses clients. Il suffisait souvent d’un sourire, d’un point de contact glissé dans la conversation… Ce n’était certes pas très éthique, mais la sorcière se préoccupait peu de ce genre de détails.

Elle suivit donc Joseph d’une démarche de moineau, sans se poser de questions. Elle vivait ainsi : au grès des courants. La question qui surgit soudain entre eux deux la déstabilisa par son incongruité. Depuis quand les trafiquants se souciaient-ils des effets secondaires de leur marchandise ? N’étaient-ils pas vendeurs de mort par essence ? Elle prit le temps de réfléchir, le visage froissé d’une expression perplexe.

— Eh bien… Comme tout voyage induit, il est déconseillé d’y résister. Refuser de partir ne donne jamais de bonnes choses, même si la destination ou le chemin ne nous plaît pas. À part ça… Un excès peut être mortel, c’est là tout l’attrait et le danger de la chose.

Les derniers mots furent prononcés d’une voix enjouée, comme s’il s’agissait vraiment d’un sujet anodin. L’autre rebondit sur une nouvelle question, qui lui valut une œillade curieuse. Oh, c’était donc cela… Il faisait la conversation. Une marque de politesse qui contrastait avec le reste de ses apparences, mais que la jeune femme attrapa au vol sans plus de formalités, bavardant avec l’aisance d’une vieille camarade.

— Oh, depuis des siècles ! Enfin, pas celles-là spécifiquement, comme vous pouvez vous en douter je suis nouvelle sur ce type de marché, mais ce ne sont vraiment pas les philtres les plus compliqués à réaliser et j’ai de l’expérience dans le domaine, si c’est ce qui vous inquiète.

Peut-être ses intentions allaient-elles au delà de la simple courtoisie, pensait-elle, sans cesser de s’étonner du professionnalisme d’un homme versé dans ce genre de commerce. Pour tout dire, elle était agréablement surprise par son souci du détail et de la qualité du produit. Il les mena dans une pièce aussi confortable que sordide. Une chambre, plus précisément, dont elle traça les contours du regard, s’attardant sur son impression générale.

Un parfum entêtant servait de cache-misère aux relents de sexe, courtepointe et moquettes trahissaient un luxe bas de gamme. L’endroit lui évoquait une chanteuse d’opéra sur le déclin. Une version populaire de la nostalgie qui infusait l’Overlook... Elle s’y sentit donc tout de suite comme chez elle, et n’attendit pas l’invitation de son hôte pour se laisser tomber assise sur le lit, testant ses ressorts de quelques impulsions.

Trop occupée à s’imprégner des lieux, les mots de l’homme n’atteignirent pas immédiatement sa conscience. Lorsqu’elle comprit enfin, elle se maudit mentalement de sa stupidité. C’était pour lui ! C’était lui, le fameux, le seul client intéressé par sa camelote… Ce qui expliquait évidemment toutes ses interrogations. Il était fort probable qu’il veuille simplement profiter de ses échantillons, sans aucune intention de les faire connaître à un public plus large. Elle perdait son temps. Agacée, elle hésita à se lever aussitôt et partir. Elle trouverait un autre moyen. D’autres contacts. Toutes les mafias ne pouvaient pas être aussi exigeantes, elle finirait bien par dégoter quelque dealer peu scrupuleux.

Et puis elle réfléchit. Après tout, les échantillons étaient déjà prêts. S’il appréciait son voyage, peut-être envisagerait-il finalement d’en parler en plus haut lieu… Et dans le pire des cas, il l’avait dit lui-même, c’était un début. Il pouvait bien être son seul client, s’il décidait d’y revenir régulièrement, ce serait déjà une petite rentrée d’argent. Un premier pas vers un réseau plus vaste. Forte de cette nouvelle résolution, Helix retrouva le sourire, étalant les quatre fioles sur le couvre-lit.

— Je vous rassure, mes décoctions ont bien meilleur goût ! Peut-être une légère amertume en fin de bouche, mais ah, c’est à cela qu’on reconnaît les breuvages supérieurs.

Elle intercepta le regard concupiscent qu’il jetait à ses bouteilles et se félicita de son choix. À première vue, elle ne l’aurait jamais pris pour un, comment disait-on… junkie, mais il se révélait plus prometteur de minute en minute. Ce Joseph fuyait quelque chose, et la sorcière était toute encline à lui remettre les clés de son échappatoire, pourvu qu’il les lui redemande. Sa requête pourtant la prit de court. L’accompagner ? Ici ? Elle jeta un regard nerveux en direction de la porte close, près de laquelle il s’était adossé.

Ce ne serait certainement pas la conduite la plus prudente à adopter. Elle ne le connaissait pas et ne lui faisait que très modérément confiance, pour ne pas dire pas du tout. Mais la prudence n’avait jamais fait partie des qualités d’Helix. Après tout, pourquoi pas ? Elle aussi avait une réalité à fuir, un terrible manque à combler, un quotidien à oublier.

Elle avait beau maintenir les apparences, sourire à tout va, se gorger d’insouciance comme un baume, vivre chaque journée à cent à l’heure, se jeter à corps perdu dans les extrêmes de l’idéalisme… Elle n’était plus tout à fait la même, depuis New-York. Un répit serait bienvenu. Une trêve pour l’âme. Oui, c’était exactement ce dont elle avait besoin. Et, plus prosaïquement, cela lui prouverait qu’elle avait confiance en sa propre marchandise. Un bon argument de vente…

La décision fut prise en quelques secondes. Inclinant la tête, elle ramena ses jambes en tailleur et effleura les flacons du bout des doigts, un sourire jouant à la commissure de ses lèvres tandis que ses yeux restaient graves.

— Le pacte est scellé... Mais n’espérez pas en profiter pour m’escroquer.

Helix ferma les yeux et laissa sa main planer un moment au dessus des possibilités, avant d’en saisir une au hasard. Elles étaient toutes différentes, et la magie rendait de toute façon chaque expérience unique. Brandissant son trophée en direction du grand grognon, elle lui désigna les autres.

— Choisissez votre poison…

Et pour donner l’exemple, elle vida d’un trait les quelques centilitres du sien. Les substances ésotériques offraient l’avantage d’une montée instantanée, puissante comme une injection d’héroïne. En une fraction de seconde, la magicienne fut catapultée dans un monde de sensations tout à la fois pures et éthérées. La pièce entière semblait onduler et se transformer sous ses yeux, perdant peu à peu de son charme turpide pour revêtir des atours plus familiers.

L’intérieur d’une tente bien connue, avec sa toile rêche et son enchevêtrement de tapis, coussins et fourrures récupérés on ne sait où. Helix bascula en arrière sur ce qui lui apparaissait désormais comme une confortable paillasse. Ses sens et son jugement s’étaient brouillés, mais une part d’elle demeurait encore consciente de son environnement et de son co-psychonaute. Elle se redressa sur un coude pour le détailler un instant. Elle jugea que l’expérience l’autorisait à plus de désinvolture et abandonna sans regret l’usage trop lourd du vouvoiement.

— Viens et dis-moi. Dis-moi ce que tu vois.


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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: All in my brain - Helix   Sam 8 Avr - 18:33

Un excès peut être mortel. Oui, c'est bien là tout l'attrait de la chose. Est-ce que ça fait de nous des gens tristes ? Tristes à voir, tristes à imaginer, tristes à l'intérieur. Est-ce que c'est pathétique à pleurer, d'avoir la poitrine qui se serre de plaisir à l'idée de se noyer dans un peu de danger ? Ou est-ce là toute la beauté de l'être humain, tout le sens de la vie ; marcher sur la ligne, déborder un peu d'un côté, puis de l'autre. Se balancer dans le vide, avancer les yeux fermés, s'abandonner au chatouillis des flammes des enfers. Lorsqu'elles te lèchent la nuque et font rouler sur la colonne vertébrale quelques perles de transpiration. La sueur de la peur, de l'effort, de la perdition. Est-ce que ça signifie qu'on sait pertinemment la valeur de la vie, ou est-ce le contraire ?
Elle est là, elle a semblé hésiter. Peut-être, certainement même, s'attendait-elle à autre chose. Elle voulait rencontrer les Eriksson, elle voulait voir un gros poisson, et elle se retrouve coincée dans cette chambre miteuse avec moi. J'esquisse un sourire – ç'aurait pu être pire, mais ç'aurait sûrement pu mieux tourner pour elle. Si c'est ce qui la taraude, elle s'inquiète pour rien. On en est tous là, à s'émoustiller pour quelques gouttes d'oubli. La déception s'évanouit de son regard, laissa place à un consentement qui me tire un nouveau sourire. Si c'est vraiment bien, si elle n'a que très peu enjolivé le caractère de ses petites potions, je pourrais peut-être envisager d'en parler à Isak, ne serait-ce que pour sa consommation personnelle. Mais pour l'instant, c'est mon tour, me dis-je en portant un regard presque luxurieux sur les fioles qui s'allongent sur le lit.

L'hésitation s'empare à nouveau de ses iris, lorsqu'il est question de s'abandonner à mes côtés. Le temps d'un battement de cils, cependant, et elle accepte. Je souris. L'incertitude fut de courte de durée ; oui, on en est tous là. Au fond de mon esprit, aucun signe de doute, aucune hésitation, même pas envers elle. Ce n'est pas sage, ni de son côté, ni du mien. Elle pourrait représenter un quelconque danger, me dis-je en l'observant. Me faire pencher du mauvais côté de la ligne, me pousser dans le vide. Si c'est le cas... je m'agripperais au bord, je m'écorcherais sur les branches, comme toujours. Évidemment, l'idée qu'elle ne soit pas celle qu'elle prétend me fait bondir intérieurement – oui, sois le péril de ma journée, Helix Dulac.

« Vous avez ma parole. » dis-je, bourru. On peut me reprocher bien des choses, mais l'escroquerie n'en fait pas partie. Je me décolle subrepticement de la porte, garde un regard curieux sur elle. Je la dévisage sans ciller et l'observe tandis qu'elle choisit une fiole au hasard, ultime preuve de sa bonne foi s'il en est. Elle ne regarde pas, s'en réfère à la fatalité. Les couleurs dansent à l'intérieur de leur prison de verre et ne sont pas toutes les mêmes – ce ne sont peut-être pas toutes les mêmes. L'envie grandit dans mon ventre, pousse comme la mauvaise herbe et se développe à toute vitesse. Un pas en avant, je m'approche d'elle. Choisissez votre poison. Portant la fiole à ses lèvres, elle la vide de son contenu, et je peux le voir. Je peux voir que c'est déjà effectif, qu'elle est déjà ailleurs, plus vraiment avec moi. Et comme s'il n'y avait pas de temps à perdre, j'engloutis les quelques pas qui nous séparaient encore. Contemplatif devant les flacons, je lui lance pourtant quelques regards curieux de temps en temps, comme pour m'assurer de quelque chose. Qu'elle n'ait pas la bave aux lèvres ou les yeux révulsés. Rien de tout ça, pourtant. Je m'empare lentement d'un flacon, puis d'un autre – quelle importance ? Sans aller jusqu'à le choisir au hasard, je prends celui dont les nuances nacrées m'attirent le plus. L'ouvre, puis le bois.
Le liquide est frais, rassurant comme une caresse de velours dans ma gorge. Je me redresse et file jusqu'à la commode, peu enclin à rester près d'elle. Je ne sais pas ce qu'elle voit ni ce que j'y découvrirais, et je suis mal à l'aise. J'appuie le plat de mes mains dans mon dos, sur le meuble en bois. Et je suis projeté en avant, m'enfonce tête la première dans les étoiles. Je m'entends jurer de surprise. L'amertume ne s'est pas seulement déposée sur ma langue, après le passage du poison, elle s'infiltre dans mon esprit et danse avec les souvenirs. Les réminiscences froides et douloureuses m'extirpent davantage de grossièretés.

L'odeur du vomi, de l'urine, la gifle de la drogue qui se mêle au sang. La cocaïne te nique comme la plus grande des salopes, elle en redemande toujours et te vide. L'héroïne est désirable, lascive et délicieuse. En une poignée de secondes, elles sont là partout sur toi, en toi, elles te retournent l'estomac et te brûlent les veines. Elles sont bonnes, meilleures que n'importe qui – le meilleur allié de la solitude. Mais il ne faut jamais les laisser repartir. Elles consentent à rester une heure, deux, trois, mais jamais toute la nuit. Et lorsqu'elles partent, elles t'arrachent un peu à ton âme, s'envolent avec un peu de ton être et ne reviennent jamais. Pas vraiment les mêmes, pas vraiment différentes. Mais dieu qu'elles sont bonnes. La fée verte l'avait dit, elle m'avait prévenu, à susurrer près de mon oreille des conseils que je n'ai pas écoutés. Son haleine d'anis me chatouillait les narines, alors je l'ai embrassée, je l'ai baisée toute la nuit. Elle sentait bon, elle était belle, mais je ne me souviens plus de son visage. Je ne me souviens plus de rien d'autre que de l'odeur du vomi et de la pisse. De mon âme arrachée à mon corps, de mes veines creuses dans lesquelles plus rien ne voulait couler, des rivières asséchées de sang. D'un sang qui ne voulait plus, qui était trop souillé pour accepter de revenir vers moi. De la fée verte qui n'a plus de visage.
Mes doigts s'agrippent au bord de la commode et s'enfoncent dans l'eau salée. Suffisamment chaude, elle est rassurante mais m'étouffe. Si salée que ma peau se froisse comme le papier à son contact. Sous mes pieds, le niveau de l'eau n'est que de quelques centimètres. Je le sais, parce que je l'entends clapoter sous mes semelles immobiles. L'odeur du sexe se mêle à celle du vomi lorsque je relève les yeux vers Helix. Elle me regarde. Ses yeux ne sont pas bleus, me dis-je en la contemplant. Je ne bouge pas, parce que j'ai les avant-bras plongés dans l'eau salée de la commode. Mais ce n'est pas de l'eau, non.

Helix, que vois-tu ? La pièce n'a pas bougé, mais les odeurs se mélangent et me soulèvent l'estomac. J'entends leurs pas dans le couloir, leurs chuchotements lorsqu'ils sont au-dessus de mon visage, leur dispute lorsqu'ils ne savent pas quoi faire de moi. Je distingue leurs perles bleues me dévisager, avec toute la tristesse du monde, toute la déception de l'humanité portée dans l'éclat de leurs iris. Et la pièce s'emplit des larmes de ma sœur, me tâche les mains comme tous les autres litres de sang. Les larmes glissent dans le sillon de ma barbe et s'y abandonnent, se mêlent à celles de mon frère. Je ne sais pas ce que je vois. Je sais que je ne vois rien de positif, jamais. Au bout de mes doigts gouttent les perles vermillon du sang mêlé à l'eau, et je vais m'asseoir sur le lit. M'enfonce dans l'édredon moelleux, glisse mes mains jusqu'à celles de la sorcière, mes yeux jusqu'aux siens. « Je sais pas. Je crois que je suis pas fait pour ça, et je m'évertue à essayer. »
Comme quand on prenait de l'héroïne et qu'on passait des heures à parler dans le vide, tous dans la même pièce mais pas dans le même monde. À discuter avec les planètes, à danser dans le néant. Je n'étais pas fait pour ça, et j'ai essayé, je me suis forcé, j'ai tordu mon essence pour essayer d'oublier et je donnais naissance tous les jours à davantage d'erreurs à oublier. Ses mains sont petites près des miennes, ses doigts fins quand je les presse contre ma paume. Pour être sûr qu'on est là. « Je sais pas. La pire journée de ma vie. Ou la meilleure, le déclic. » Le déclic, mais pas la grande gifle, pas le coup de pied au cul. Juste suffisamment de quoi me dégoûter, me répugner de moi-même. De ne plus vouloir ouvrir les yeux dans un mouroir, entourés de camés en perdition. La détresse, ça se vit seul, et les ruines se dessinent dans le désert.

« J'entends ma sœur pleurer, et j'ai le goût du sang dans la bouche, de la branlée que mon frère m'avait mise. Pas ce jour-là, parce que j'en avais pas besoin. Non, c'était un peu avant, ou un peu après. J'avais pas pris de drogue comme ça depuis des années, je crois que... Que ça m'a rappelé de mauvais souvenirs. »

Mais les mauvais souvenirs sont faits pour ça. Pour être triturés, en permanence tiraillés, pour qu'on se noie dans cet horrible océan de sensations. Mais les beaux souvenirs, à quoi servent-ils ? On ne s'en souvient jamais, jamais clairement. Et lorsqu'on y pense, on est malheureux qu'ils appartiennent au passé. On les regrette, et ils abandonnent dans leur sillon toute leur aigreur.
J'ai l'alcool mauvais, et la drogue aussi. Et maintenant que la gifle est passée, que les mains ont cessé de me rappeler à mes toutes dernières expérience, je distingue la peinture orangée dans son dos. « C'est la cuisine. La cuisine de chez mes parents. » Je ris, d'un rire sans joie. « C'est stupide de penser à cette cuisine de merde. » Cette putain de cuisine qui voyait jamais le soleil, qui n'hébergeait pas les gloussements des enfants ou un putain de repas préparé avec amour. Cette cuisine dans laquelle ils se disputaient, cette cuisine dans laquelle il fallait lui préparer son café, sa saloperie de café à la con. Les doigts se contractent sur les mains que je tiens et je pousse un profond soupir. Je relève les yeux vers Helix – ses grandes perles bleues sont posées sur moi.

Je souris. « Tu as les yeux bleus. Tout le monde a les yeux bleus. » Non, pas tout le monde. Toute ma saleté de famille. Maisy. « C'est beau. Et très énervant. C'est comme si les larmes coulaient directement de l'océan. Mais parfois... Parfois, on a envie d'y nager, de s'y noyer. Même si ce sont des larmes. » J'abandonne derrière les mots un léger silence, avant d'être frappé. « Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vois ? »

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MessageSujet: Re: All in my brain - Helix   Lun 10 Juil - 2:53


« Reality is just a crutch for people who can't handle drugs. »

Joseph & Helix
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— Non, c’est simple, tout le monde peut le faire. Il suffit de se mettre sur le dos et de flotter. Juste… Se laisser flotter.

Helix referma naturellement ses doigts sur la grande main qui avait glissé contre sa paume. Les gens étaient ainsi, ils avaient besoin de contact, besoin les uns des autres. Pour exister. Ou pour s’en assurer. No man is an island. Si l’attitude du grand barbu aurait pu la surprendre quelques minutes plus tôt, elle était désormais partie trop loin pour s’en formaliser. Il n’était qu’une âme perdue, lâchée à la dérive dans un monde trop vaste. Ce qu’il lui fallait, c’était une ancre, un poids solide et tangible auquel s’amarrer.

La sorcière lui offrait ce soutien de bon cœur, car elle-même avait su trouver son chemin dans les méandres ésotérico-chimiques de sa décoction. Elle n’était pas perdue. Elle était à la maison. Étalée sur la peau élimée d’un animal quelconque, elle tourna la tête pour en humer la fragrance familière. Ça sentait la bête et le feu de bois, la cire fondue et le sable, un relent douceâtre de fruits blets, et quelque chose de plus indéfinissable encore, l’odeur chaude de la vie même. Kayiman n’était pas là — parti sans doute mener quelque aventure périlleuse à l’extérieur — mais sa présence habitait chaque objet, chaque étoffe et jusqu’à l’obscurité qui l’enveloppait.

Elle l’attendait.

Elle n’était pas pressée.

Il finirait par rentrer, comme il le faisait toujours. Distraitement, Helix songea à rejoindre les autres dehors, autour du feu. Elle pourrait poser sa tête sur les genoux de Ash, pouffer doucement aux singeries des jumeaux… Elle considérait cette possibilité comme on joue avec un rêve, sans vraiment la prendre au sérieux. Non, elle était trop bien ici, protégée par les grandes tentures. Peut-être qu’elle finirait par s’endormir ainsi, enroulée dans un fatras de couvertures.

Il ne ferait pas exprès, mais il la réveillerait en rentrant. En écartant les pans de l’entrée, ou en se déshabillant, ou en se glissant contre son dos. Elle soupirerait, l’esprit embrumé, et arquerait la colonne pour épouser sa peau fraîche, lui transmettre la chaleur accumulée pour deux aux premières heures de sommeil.

Ce délicieux projet développait ses ramifications dans le songe éthéré de la sorcière, dont les yeux mi-clos papillonnaient avec mollesse. Le timbre grave d’une voix d’homme la tira quelque peu de sa transe, dont elle émergea en se retournant. Quelque chose la retenait. C’était elle, ses doigts entrelacés à ceux de Kay. Mais ce n’était pas lui. Sourcils froncés, elle lutta pour reprendre pied. La pire journée de ma vie, disait l’homme qui n’était pas Kayiman, dans la chambre qui n’était pas leur tente, dans le monde qu’il n’habitait plus. Cette observation envoya une douloureuse contraction dans son cœur. Elle aurait voulu retourner là-bas, là-bas dans le rêve où la certitude de son retour était incontestable. Mais l’homme parlait, sa voix vibrait d’un tourment trop tangible.

Elle ajusta sa vision, fit le point sur le visage massif qui lui faisait face. C’était un paysage. Deux lacs jumeaux et un mont solitaire surplombaient un champ d’orge roussi, au centre duquel s’ouvrait une faille noire comme une balafre. Des crapauds flasques s’en expulsaient, chacun portant en lui un message. J’entends ma sœur pleurer, coassa le premier. J’ai le goût du sang dans la bouche, reprit le deuxième sur un ton plus grave. De la branlée que mon frère m’avait mise, conclut le troisième, lugubre.

Ils étaient laids et tristes.

Helix aurait voulu libérer ses mains pour caresser les épis dorés de part et d’autre du gouffre. Ses yeux sondaient les étangs troubles et elle appuya son front sur les plis sédimentaires qui les couronnaient. Ainsi, le visage contrasté du géant était bien arrimé, elle pouvait l’écouter sans s’occuper des amphibiens qui envahissaient le lit. Il valait mieux qu’ils soient dehors que dedans, elle en était certaine.

Le philtre semblait l’avoir également ramené en arrière, mais il se débattait dans les remous turbides d’un passé déplaisant. Ce n’était pas de chance. Un sursaut de lucidité lui rappela que cette expérience risquait de le dégoûter de ses produits. Cette possibilité ne lui semblait plus aussi importante qu’auparavant. Elle savait toutefois qu’elle s’en voudrait de n’avoir rien fait, plus tard, dans l’avenir flou et lointain où elle s’intéresserait à tout cela. Elle s’attela donc à collecter du regard tous les crapauds éparpillés, força son esprit à écouter leurs voix dissonantes, plia sa volonté à leur compréhension.

Les mains resserrées sur les siennes, il tenait désormais des propos sans queue ni tête, affirmant avec aplomb que ses yeux étaient bleus. La magicienne ne songea pas un instant à le détromper. S’il les voyait azur, qui était-elle pour s’en insurger ? C’était la vérité. La sienne. Elle-même était proche, quelques instants plus tôt, de voir luire deux puits de pétrole à la place des siens. Il conclut finalement sur une question, celle qu’elle lui avait posée il y a une éternité ou une minute, dans cette même chambre et ailleurs. Elle n’avait pas envie d’y répondre immédiatement.

La damnée ne désirait rien de plus au monde que replonger dans le Songe, se laisser partir en arrière et ouvrir les yeux sur la pénombre rassurante de la tente, ses parfums et ses fantasmes au goût de réel. Raconter tout cela, c’était admettre l’illusion, risquer peut-être de la briser, s’interdire le retour en arrière que la drogue lui offrait. Elle ne s’en sentait pas encore capable. Helix préférait se concentrer sur les créatures verruqueuses de son compagnon. Sa propre voix lui semblait tout à la fois pâteuse et bondissante.

— Tu n’en es jamais parti, de cette cuisine… Un morceau de toi est resté là-bas, et c’est pourquoi tu y retournes. Tu dois réussir à en sortir, consoler ta sœur ou tenir tête à ton frère… Changer le sort. C’est simple comme un exorcisme, il faut d’abord expulser le mal si tu veux laisser entrer le bien.

L’Haïtienne n’était pas certaine que ses babillages soient compréhensibles aux oreilles du barbu, quand bien même le raisonnement tenait pour elle valeur d’évidence. Elle reprit, captivée par ces histoires d’eau et de larmes.

— Il paraît que chaque goutte d’eau est différente. Ainsi l’océan n’est jamais deux jours semblable. Qui a les yeux bleus ?

Elle soupira, un long souffle venu des os, froid et piquant. Ses cils jetèrent une ombre sur ses joues, dissimulant les iris onyx ou saphir. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, ils étaient embués d’eau. Elle ne ressentait aucune honte à laisser cascader son chagrin au grand jour. Cela faisait partie de la vie. Sobre, peut-être aurait-elle fait preuve d’un peu plus de réserve, par simple conscience professionnelle. Mais ils avaient dépassé ce stade à l’instant où elle avait accepté de partir en exploration avec lui. Dans un reniflement humide, elle se résolut à répondre à la question de l’égaré.

— Moi, je suis retournée aux Enfers. C’est un endroit que tu ne voudrais jamais connaître, un cauchemar sans fin conçu pour infliger des souffrances insoupçonnées. Mais c’est aussi là-bas que j’ai frôlé le paradis. Je l’ai perdu maintenant, et je ne le retrouverai jamais. Alors… C’était bon de m’y croire à nouveau. Si je ferme les yeux, je peux encore goûter sa texture.

Dénouant ses mains de celle de l’homme, elle céda à la tentation ressentie plus tôt de glisser ses doigts dans la barbe cendrée, de maintenir la grosse tête entre ses paumes.

— Retourne dans ta cuisine, ou plonge dans tes océans. Voyager ne veut pas forcément dire dériver. Si tu ne peux pas changer les choses, tu as encore le choix de les clôturer. Tu pourras alors profiter du reste du trajet.

Helix aurait pu s’en débarrasser de cette manière, le repousser dans son rêve pour retrouver à loisir le sien propre. C’était une idée séduisante. Il lui suffirait certainement de rouler vers l’autre extrémité du lit pour retrouver la douceur de la tente. De l’attente. Mais elle ne pouvait plus faire semblant de croire au mirage. Elle craignait que cette connaissance ne l’altère. Un murmure.

— Parle-moi encore. Je peux te guider.


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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: All in my brain - Helix   Mar 19 Sep - 20:22

Flotter. Il fallait simplement se laisser flotter. Mais comment serait-ce possible, alors je suis embourbé jusqu'au cou dans le tumulte de mon océan ? Les pieds lestés par le poids incommensurable des erreurs, par la lourdeur d'une existence inutile, le corps ne tardera plus à s'enfoncer dans les abysses, tout prêt qu'il est à se laisser sombrer. Les perles bleues ne s'y perdent plus, il n'y a là-bas que l'obscurité, la porte des Enfers au centre de la terre, peut-être. Peut-être même ne suis-je plus dans l'océan mais au bord du Styx, de l'Achéron ou d'un autre, qui me serait moins familier.
Mon corps ankylosé s'enfonce, et pourtant Helix avait raison : l'esprit flotte depuis déjà longtemps. Si léger qu'il me paraît étranger, comme s'il n'appartenait à personne. Des pensées éthérées, qui ne ressemblent en rien à la pollution qui m'embrume d'habitude. Quelques battements de cils confus et je pose un regard vaporeux sur la sorcière. L'impression que ses doigts s'attardent près de mon visage, ou de mes propres mains, s'ancre et s'accompagne de la sensation d'une peau chaude contre la mienne. Deux grands yeux bleus me dévisagent, remplis d'eau de pluie – peut-être a-t-elle rincé la terre qui s'accumulait autour de son visage, mais les orbites s'assombrissent déjà à mesure que le temps s'écoule. L'état de semi-conscience perdure et, empreint de perversité, ne me permets plus de distinguer le réel de l'illusion. La voix de la sorcière s'élève tranquillement lorsqu'elle s'exprime avec lenteur. A l'instar de la mienne, sa voix est pâteuse.

En guise de réponse, je secoue négativement la tête. L'enfant revient, l'homme n'est plus là – l'a-t-il seulement déjà été, à bien y réfléchir ? Tous deux réfutent la réalité, lui tournent le dos comme il est si tentant de le faire. Chez l'un, cela peut se comprendre. Chez l'autre, la fuite n'est que pathétique. Non, je ne suis pas resté dans cette cuisine. Personne n'aurait souhaité se terrer entre ces quatre murs, cette maison qui n'était rien d'autre qu'une cage. De ces cages ouvertes desquelles on peut s'enfuir à toutes jambes, mais dont on se contente de se tenir dans l'encadrement de la porte pour contempler l'extérieur avec amertume. Il ne me faut néanmoins que quelques secondes pour admettre que la sorcière a raison. Tu dois réussir à en sortir, consoler ta sœur ou tenir tête à ton frère. Je ne sais pas si le contenu du philtre que j'ai ingurgité me désinhibe à un point tel que je suis incapable de contenir ne serait-ce qu'une seule émotion sous le verrou qui les maintient habituellement, mais dans ma gorge se forme un amas indistinct. Il me bloque la respiration, m'étouffe, grossit à vue d’œil dans ma trachée. Aucune parole ne serait capable d'en sortir. Consoler ma sœur, tenir tête à mon frère ? Je secoue la tête, d'un mouvement imperceptible que je perçois pourtant comme étant vigoureux. Si vigoureux que les pensées tourbillonnent.

« Oh, tout le monde a les yeux bleus. » Répété-je avec difficulté. « C'est une malédiction. » Un léger sourire me tord les lèvres, de l'absurdité de cette réflexion. « Dans ceux de ma mère, de ma sœur... C'est la naissance de leur chagrin, une source inépuisable.
La tristesse pleut toujours, là-bas.
 » Il n'y a d'aride que le palpitant, qui bat par habitude. « Dans ceux de mon frère, c'est... La tempête. » Marmonné-je après un mouvement d'épaules. « On s'débat pas dans les remous. En fait, on s'en approche même pas. » Lâché-je. « Maisy... C'est deux putain d'océans. En plein été, tu t'jettes dedans, et puis tu réalises que t'as plus pied, que t'es à des kilomètres de la côte. T'es foutu. » Et on a peur de s'en approcher, on se guérit d'avoir jamais envie d'y plonger à nouveau. Je termine rapidement et arrache le sparadrap, soucieux d'abréger la conclusion : « Mon père n'est que la glace. Je te l'ai dit... Tout le monde a les yeux bleus. »

Ses mains abandonnent les miennes et d'un geste machinal, quoique attentif, je les porte à son visage. Le sillon étincelant laissé par les larmes s'assèche sous mes doigts. Alors, les callosités de mes paumes sont leur refuge. Lorsque les prunelles se reportent sur elles, ses traits sont familiers. Je l'ai rencontrée il y a de ça des milliers d'années, ou de secondes, et j'ai l'impression de la connaître par cœur.
Son contact est tiède et rassurant lorsque ses doigts s'enfoncent dans ma barbe. Les paupières lourdes s'abandonnent à un nouvel état de quiétude. Entre les cils, je porte un regard fixe sur la sorcière. Les Enfers, dit-elle. Un frémissement résonne dans ma poitrine et court le long de mes membres. Comme si le monstre s'éveillait, grondait en moi d'entendre parler de cette terre ardente qui lui semble natale. Il s'étire et fait courir plus rapidement le sang dans mes veines, extirpe un cœur ensommeillé de sa torpeur d'un rugissement. Je me plais à l'ignorer, ou à cohabiter, me dis-je avec un nouveau frémissement. À ses paroles, les paupières se referment enfin et je visualise malgré tout la femme. L'imaginaire collectif dessine les Enfers comme un incendie perpétuel, une cave aux parois léchées par les flammes pour l'éternité. Bien peu original, c'est ce que j'imagine. Helix et sa peau aux reflets dorés, ses longues tresses dansant autour de ses épaules à mesure qu'elle progresse parmi les flammes. Somptueuse et inatteignable. D'après la description qu'elle m'a fait de son enfer, il n'en était rien – mais je suis incapable d'imaginer quoique ce soit d'autre.
De ses doigts fourrés dans ma barbe jaillissent des étincelles, l'embrasant. C'est indolore ; parfaitement indolore. Inexistant, même. Pourtant, la bête en mon sein hurle une souffrance tout droit dirigée sur elle. Comme des dizaines de flèches enflammées portées sur sa dépouille. Remontant mes propres doigts le long des avant-bras de la femme, ils glissent jusqu'à ses poignets. Il ne faut pas cesser. Brûle-la, crame-la. Réduis-la en cendre, comme ce que tu as vu dans les Enfers. Tourmente-la comme tu l'as été, éloigne-la du paradis que tu as effleuré.

Le refus gronde dans ma gorge. « Non. Tes enfers plutôt que cette cuisine. C'est de la lâcheté, mais... » N'ayant aucune conclusion à cette phrase, je la laisse en suspens. Lorsque je rouvre les yeux, Helix est pareille à celle qui évoluait dans mes songes. D'une oreille distraite, j'écoute la bête hurler sa douleur factice. Il y a bien trop de silhouettes qui hantent mon enfer personnel, et bien trop d'ombres que je ne distingue pas encore. Les affronter toutes serait un supplice. Mais peut-être, n'en affronter qu'une... Toujours par lâcheté, je me tourne vers celle qui sera la plus clémente. C'est aussi la plus ouverte d'esprit, et celle qui m'a toujours toléré. Aimée a les épaules lourdes de n'avoir jamais pu se rebeller. Pire encore, elle a eu à assumer la révolte de tous ses proches - il fallait les regarder sans jamais oser se mettre en avant. Pourtant je souris, les lèvres tordues par l'amertume. Le visage qui m'observe, patient, n'est pas vraiment celui d'Helix, ni complètement celui de ma sœur. Il ne ressemble à rien, m'est pourtant terriblement familier, et je sais pertinemment qu'il appartient à la sorcière.

« Tu n'es pas ma sœur. » Répété-je lentement, comme si le fait de l'exprimer à voix haute appuyait l'évidence. « Tu sais, lorsque les mots sont au bord des lèvres, lorsqu'ils sont hurlés dans ta tête. T'as juste envie de les dire, de les gueuler aussi fort qu'ils résonnent en toi, de les répéter inlassablement jusqu'à en être épuisé. Tu sais. Quand ça sort pas, que ça en devient douloureux. Comme des lames dans la gorge, comme si tu t'étranglais seule. Elle entendait rien d'autre de ma part que des saloperies. » Avec patience, un doigt glisse au bord de ses cils, comme pour effacer un trait de khôl sur la peau de ma frangine, ou recueillir de nouvelles larmes invisibles de sa part. « Parfois, on passe à côté de son rôle. C'est pas grave. » Au contraire, mais je n'ai plus envie de m'épancher dessus. L'esprit s'imbibe comme une éponge, se gorge de bonnes résolutions - bonnes, elles le sont toujours... Le reste se passe de commentaires et s'achèveront en solitaire. Je n'ai pas grand-chose à ajouter à voix haute que déjà les murmures s'intensifient dans mon crâne. Les heurts des souvenirs précipités par ces quelques mots y sont bruyants. J'aimerais que nous ayons dix ans à nouveau. J'aimerais la prendre dans mes bras comme je le faisais lorsque la fierté n'avait pas sa place en moi. Si je viens à la revoir un jour, je lui dirai. Tout.

Perdu dans mes propres chimères, je m'en dégage après ce qui me semble être une éternité. Découvrant le visage de la sorcière comme s'il m'était brusquement inconnu, je l'observe. Avide désormais d'oublier mes misères pour me plonger dans les siennes, je souffle : « Ton paradis... Pourquoi le croiser dans un cauchemar ? C'était ton châtiment, d'y goûter pour ensuite l'abandonner ? Putain, ce serait cruel. » Putain de cruel, si j'osais me répéter. « Qu'est-ce que tu as bien pu faire pour mériter ça... » La question est soufflée, posée à moi-même comme à la concernée.
Incapable de savoir si je contemple un verre à moitié vide ou à moitié plein, et si Helix est chanceuse d'avoir frôlé le bonheur ou terriblement malchanceuse d'avoir eu à l'abandonner, je la dévisage silencieusement. Secrètement fasciné, j'avalerais goulûment son histoire si elle me permettait ne serait-ce que d'imaginer flirter avec le paradis.

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