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 I haven't got my strange ... ft Sigrid Läin

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MessageSujet: I haven't got my strange ... ft Sigrid Läin   Sam 11 Mar - 13:51

Have you got your strange?
Oh, not on me
I haven't got my strange
I've better fetch my strange …

 Inconnu dans cette foule vivante et joyeuse, tu déploies un effort inhumain pour occulter ton étrangeté. Ce sourire automate qui crisperait chacun d'entre eux n'apparaît pas sur ton visage, tandis que tu marches lentement dans Bourbon Street pour trouver la bonne proie. L'affluence n'est pas parfaite pour se fondre correctement dans la masse, mais tu es suffisamment patient, du moins pour cet exercice. De toute façon, la foule ne t'est pas insupportable, toi qui es obnubilé par toutes ces pensées qui te taraudent incessamment, qui te divertissent déjà beaucoup, mais pas assez. Tu es ici pour boucler ce cycle d'imagination malsaine, pour la mettre en œuvre, ou en tout cas essayer. Le contexte brûlant n'aide pas à assouvir ces envies en dehors du cadre professionnel, qui lui aussi n'est plus aussi calme. Rien ne te détourne toutefois de cet objectif que tu te fixes, qui est d'extérioriser de la meilleure manière ces pulsions malveillantes, de passer un jour ou l'autre à la pratique.

 Au cours de tes pérégrinations, tu entraperçois une peinture, exposée en plein air, auprès d'un artiste en plein ouvrage. Ce qui retient ton ton regard, c'est cette agressivité chromatique et artistique, le tout en forme abstraite. Attiré par cette forme d'art qui t'est familière, tu t'en approches pour en étudier les détails. Les couleurs froides et les formes distordues semblent évoquer un mauvais fond patent, enfermé loin du conscient. La thématique de ces œuvres se démarque nettement de l'ambiance régnant sur la place, d'où le petit public autour d'elles. Ce peintre t'inspire néanmoins, de par sa concentration à l'ouvrage, mais aussi de par son style qui lui est propre. Sans savoir encore ce qu'il souhaite évoquer au travers de ses peintures, la manière t'intéresse avant toute chose. Mais une question est légitime : te serais-tu ramolli au point de préférer mirer cet art vagabond plutôt que de chasser des proies comme tu le fais à chaque point ? Cette collocation cérébrale t'a-t-elle rendu, paradoxalement, plus paisible et si peu enclin à répondre à tes pulsions ? En tout cas, le spectacle est bien moins intéressant, tandis que tu restes immobile devant ce travail qui, lui, ne parvient qu'à occuper la démence, et la détourner de ses envies.

 Une sorte d'intuition te dicte soudain de détourner ton regard des peintures, et chercher dans la foule dense de Bourbon Street. Comme si une promesse de retrouvailles t'était parvenue, sans même en saisir l'expéditeur. Peut-être ne voudrait-il, comme la plupart des personnes qui te connaissent ne plus te recroiser, mais ta curiosité a toujours dépassé l'altruisme. Tu t'éloignes alors de l'étal, pour vérifier la crédibilité de cette intuition très spontanée, et ainsi retourner errer dans les alentours, avec un but toutefois différent. La soirée montre à nouveau de l'intérêt, bien qu'il y ait encore beaucoup d'inconnues. Tu vagabondes, toujours camouflé derrière un comportement des plus normaux, mais concentré dans ta traque. Tu ne trouves pas tout de suite cette personne, certainement mêlée dans la troupe trop compacte venue se divertir ici bas ; mais ta détermination est grande. S'il s'agit d'un ancien patient, ou bien d'une ancienne proie, l'amusement sera nettement suffisant pour la soirée. Observer une âme brisée est savoureux, et fait partie des plaisirs rares qui sont à ta disposition. En effet, il est difficile de s'approcher des victimes de tes sévices, peu enclins à redemander le traitement.

 Tu finis par trouver, au loin, cette fameuse personne familière ; tu marques toutefois un certain étonnement. Que ce soit elle Sigrid Läin, et pas un autre, elle qui avait été la patiente que tu avais traité le plus spécialement, le karma ne te semble plus être quelque chose d'intangible. Tu t'approches, ne pouvant t'empêcher de laisser poindre ce sourire horrifique sur ton visage, et tu lances d'une voix calme :

« Le traitement a-t-il porté ses fruits ? »
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MessageSujet: Re: I haven't got my strange ... ft Sigrid Läin   Dim 26 Mar - 3:42

Joshua & Sigrid Katkera painajainen - Amer Cauchemar
Ne pas sombrer dans ses propres pensées, ne pas laisser libre court aux images qui peuplent son esprit. Ce n'est pas simple quand le tic tac de l'horloge résonne dans la pièce égrennant les secondes avec une régularité désemparante, quand les battements de son coeur imite ce rythme et en deviennent bruyants à vous rendre fou. Comme si elle avait besoin de cela pour souligner la folie qui sommeille dans ces veines mais Sigrid est soudainement incapable d'en faire abstraction. Le tic tac se superposant aux images que son cerveau s'empresse de lui offrir avec sadisme. Chaque seconde devient un claquement de fouet et elle ne parvient pas à se concentrer sur cet ouvrage qu'elle vient à peine d'entamer. Soit disant, la lecture calme l'esprit et distrait suffisamment pour oublier le reste. C'est un conseil qu'on lui a donné... mais elle ferme rageusement le bouquin et le pose sans ménagement sur une petite table avant de se lever d'un bond. Elle colle ses mains sur ses oreilles, semble se courber comme si son dos la faisait souffrir et sort de la pièce Elle passe un coup d'eau fraîche sur son visage et regarde l'heure. Il n'est pas encore très tard, ce n'est que le début de la soirée et déjà, elle sait qu'elle aura du mal à en supporter la majeure partie. Elle souffle et retourne dans la pièce principale, se dirigeant vers la fenêtre. Elle fixe l'extérieur avec une curiosité qui tente de remplacer chaque poison de son esprit. Elle s'imagine les rues de la Nouvelle-Orléans, retrace son chemin jusqu'au Colosseum de tête. Elle se rend compte que prendre l'air lui ferait sans doute du bien, l'occuperait suffisamment pour taire temporairement l'écho des voix. Voices won't go away. They stay for days and days. Il ne lui faut que quelques petites minutes pour enfiler une tenue correcte et pour descendre précipitemment dans la rue, retrouvant ce sentiment de liberté soudaine qui l'avait étreinte quand elle avait enfin pu et su quitter le cirque. Marcher est sans doute une sensation rédemptrice pour la rouquine qui s'éloigne de chez elle d'un pas pressé.

Ses pas la mène jusque Bourbon Street, cette rue toujours animée et rarement déserte. On y croise toute sorte de choses et jusque là, Sigrid n'a jamais pris le temps d'y témoigner un quelconque intérêt mais cette fois elle prend le temps de fouler le revêtement de la rue d'un pas calme et lent. Pas pressée de rentrer chez elle, elle profite de tout ce qui peut l'éloigner des mauvaises pensées qui la taraudent. L'ambiance semble festive et elle découvre qu'il y a pas mal de bars ou cafés dans le coin, peut-être se posera-t-elle à une terrasse si le coeur lui en dit, plus tard. La foule n'est pas trop oppressante même si la rue est vivante ce soir, Sigrid ne se sent pas agressée par la présence trop envahissante des autres. Elle n'y prête pas d'attention particulière. D'habitude, elle n'aime pas les lieux trop emplis de monde, craignant un contact avec une autre personne, lui rappelant trop de souffrances. Le mot l'a fait ciller un moment et elle fait taire la voix sourde qui s'empresse de parler en son nom. Elle passe devant des boutiques aux vitrines éclairées et y jette un oeil, avant de croiser son reflet et détourner aussitôt les yeux pour marcher un peu plus loin. Il lui semble entendre un peu de musique et elle tend l'oreille, bercée par ce son, se rendant compte qu'elle apprécie vraiment la musique même si elle n'y connaît pas grand chose. Il lui a fallu du temps pour lire correctement. Les mots ne signifiait pas grand chose au début quand elle avait du mal à les déchiffrer mais la musique... elle n'a pas besoin d'en comprendre les ficelles pour en apprécier les saveurs et cela semble lui parler bien plus et éveiller en elle des ressentis plus palpables. Elle reste un instant perdue dans des pensées paisibles portée par un air de ... eh bien, elle n'est absolument pas capable de dire le nom de cet instrument. Elle ne le connaît pas mais il lui plaît et ça l'apaise considérablement. Même la foule soudainement plus présente dans les rues ne semble pas l'inquiéter outre mesure, elle se tient juste un peu à l'écart. La musique se stoppe, la rouquine est un peu déçue mais elle reprend sa marche en songeant un peu plus à se poser dans un café. Peut-être l'un de ceux animé de musique justement. Elle fait quelque pas pour trouver son bonheur.

La soudaine coupure de la chanson se fond dans son esprit comme une note négative au fur et à mesure de ses pas et elle perd un peu de son apaisement en s'éloignant, comme si la soirée allait retourner sous de mauvais auspices parce que le silence était retombé. Elle se sait parfois un peu paranoïaque et tente de ne pas trop se laisser malmener par ses a-priori pourtant elle resserre un peu le fin gilet qu'elle a sur le dos autour de ses épaules. Il ne fait pas froid ici mais c'est un geste protecteur instinctif. Elle se sentira mieux dans une ou deux minutes. Elle a juste besoin d'un remontant, un café, et elle s'arrête à deux pas d'un endroit qui lui semble relativement accueillant, hésitant à y entrer. Ce léger soupçon de doute qui la perd finalement. Une voix l'interpelle et Sigrid ressent un froid glacial parcourir son échine comme si l'on venait de glisser des glaçons le long de sa colonne vertébrale parce qu'elle assimile parfaitement cette voix au visage de son interlocuteur, pourtant elle ne veux y croire. Son esprit lui joue des tours et vient de lui suggérer une hallucination auditive mais le mot traitement... qui pourrait l'utiliser. Elle se convainc que ce n'est pas lui quand elle commence à répondre "Je ne vois pas de quel traitementi vous voulez... parler" Le dernier mot se meurt sur ses lèvres quand elle se tourne vers lui, accusant le sourire qui hante encore ses nuits, celui de cet interne qui a si bien empêché qu'elle se redresse après le cirque. Oh comme elle le déteste, ce sourire atroce.   "... Joshua..." C'est une colère sourde qui gronde en elle, qui réveille la douleur et la voix au fond de son âme, au creux de son coeur. Elle a tout fait pour faire disparaître son nom de ses pensées, son visage de sa mémoire sans jamais parvenir totalement à l'effacer mais au moins elle s'est persuadée qu'elle ne le croiserait pas de sitôt et dans le cas contraire, elle s'est dit qu'il mériterait qu'elle lui fasse payer mille tourments mais quelle naïveté... Il suffit d'une minute, une seconde pour ébranler la carapace de la rousse qui soudainement se revoit entre quatre murs blancs. Elle n'y retournera pas, ça jamais, mais la présence de Joshua le lui rappelle et elle doute encore qu'il soit réel. Peut-être n'est-ce qu'une hallucination. Elle préfèrerait mais après tout, il est aussi un habitant de la Nouvelle-Orléans alors pourquoi n'arpenterait-il pas Bourbon Street à sa guise. " C'est fini tout ça..." Les mots sont plus là pour la convaincre. Elle est si calme ce soir... pour une fois qu'elle a trouvé un peu de répit.   
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MessageSujet: Re: I haven't got my strange ... ft Sigrid Läin   Dim 9 Avr - 17:12

 Qu'il est plaisant de faire le point sur l'évolution des patients sous ta garde, n'est-il pas ? Observer l'étendue des dégâts, l'empreinte plus ou moins grande des sévices psychologiques que tu as laissées sur le sujet ne te lassera jamais. Cela paraît même nécessaire pour les autres séquestrations à venir, pour retenir ce qui a le mieux marché, et écarter les écueils. Pour les victimes, il ne s'agit toutefois pas d'une rencontre heureuse ; et tu le sais très bien. Tout le travail qu'ils ont pu faire pour rebâtir au-dessus des débris de ce que tu as dévasté est ébranlé par ton apparition soudaine, sans qu'il y ait besoin d'en rajouter. Ton seul sourire déjà dérangeant rappelle ces malheureux au cauchemar qu'ils ont subi par ta faute, là où ils auraient dû poursuivre un objectif de guérison d'un trouble.

 Dans le cas de Sigrid, l'effort de reconstruction n'est pas moindre, ni celui d'évitement pacifique de la menace qui a détruit impunément sa psyché. Mais cela t'est égal, toi qui veut encore profiter de la vue sur les dommages que tu lui as fait subir tout le long de sons séjour. Qu'importe son déni, qu'importe son envie de dépasser définitivement cet événement traumatisant, tu veux prendre plaisir à remuer le couteau dans cette plaie pourtant ancienne, mais évidemment toujours ouverte. A dire vrai, le déni derrière lequel elle se cache t'amuse encore davantage. Les mots qu'elle emploie, comme l'intonation, laisse entendre qu'elle sait parfaitement de quoi tu parlais ; et le désarroi qu'elle montre, bien malgré elle, démontre facilement qu'elle en a clairement le souvenir. Avoue que tu te serais senti vexé si elle avait aisément passer le cap de l'intériorisation, après lequel elle t'aurait tenu tête et éjecté de sa vie aussi promptement que tu y es entré. Sa démarche apparente de travail sur soi est déjà admirable, par rapport à d'autres sujets, mais elle ne pouvait pas si facilement avoir effacé les stigmates de ton passage, de tes manœuvres immondes pour tenter de la détruire.

 Mais au-delà de l'aspect de réussite qu'elle représente, comme tout autre patient, elle te rappelle en la regardant toute la spécialité de sa personne, qui t'a conduit, sans explication, à traiter d'une toute autre façon. Traumatisante à sa manière, tu as toutefois vu ton comportement à son égard, à posteriori, comme une faiblesse. Toi qui t'éprends pour la destruction, la déconstruction mentale de l'être humain, tu auras réussi à entreprendre la seconde facette, sans cependant utiliser la première. La rousse t'avait rendu protecteur, dans tout le paradoxe que cela représente, et son séjour à tes côtés revêtait un caractère moins sadique, mais infiniment plus malsain. Personne, pas même elle, se doute du regard que tu portes sur cette période, mais tu ne comptes aucunement le livrer à quiconque, toi qui préfères nettement délivrer la souffrance qu'effacer tes malaises et tes problèmes.

 Tu laisses parler ton ancienne patiente, comme si tu la respectais vraiment, mais surtout pour la laisser se rendre compte de l'incohérence de ses propos. Tu ne crois pas une seconde qu'elle ait réussi à effacer la douleur émanant de ses souvenirs, et à chacune de ses prises de parole tendant à le faire croire, ton sourire s'élargit un peu plus. Tu sais que tu as réveillé un démon par la simple allusion au traitement, mot que tu as choisi pour sa neutralité, alors que tu sais que le terme de torture était nettement plus approprié. Tu tentes de sonder ses émotions, elles qui doivent être très intenses, entre la colère et le désarroi, entre la force mentale qu'elle s'était inventée pour encaisser la douleur du passé, et la faiblesse réelle de son esprit après les événements. Pour démêler tout cela, et te prouver qu'elle n'est qu'une victime de ton deadpool comme une autre, tu veux encore la placer sur un terrain douloureux :

« Tu voudrais le penser ; mais cela paraît difficile. Arrives-tu à fermer les yeux tout en croyant toujours que notre rencontre appartient au passé ? »
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MessageSujet: Re: I haven't got my strange ... ft Sigrid Läin   Dim 7 Mai - 1:37

Joshua & Sigrid Katkera painajainen - Amer Cauchemar
Elle aimerait fermer les yeux deux secondes et s’apercevoir que tout n’est qu’illusions, qu’une simple machination de l’esprit pour lui faire perdre pied, pour lui faire comprendre qu’elle ne devrait pas sortir le soir mais plutôt rester enfermée dans la sécurité de ce petit appartement et attendre que vienne le sommeil, une fois la fatique à son apogée. Les jours passent mais les cicatrices sont toujours prêtes à se rouvrir à la moindre stimulation, Sigrid, plus qu’un autre le sait bien. Parfois il lui semble dans ses nuits tourmentées sentir le claquement d’un fouet sur son dos et quand elle s’éveille en sursaut, il lui semble encore avoir la cuisante impression d’une brûlure sur sa peau. Le corps mémorise ce genre de souffrances, autant qu’il se souvient de la manière dont Joshua a osé jouer avec elle. Les souvenirs sont cachés dans un coin de son esprit, muets mais attendant l’heure de venir faire leur part de mal. Aussitôt que son visage se trouve sous ses pupilles, oui aussitôt, les voix murmurent dans la tête de la rouquine.  They say some awful things, Ways to make you fade away. Un rire qui résonne contre la carcasse d’os de cette frêle finlandaise qui s’ignore. Intériorisant toute la colère qu’elle voudrait laisser éclore au grand jour, elle tente de répéter les noms des animaux du Collosseum pour se focaliser sur autre chose. Elle apprécie ce travail et les animaux sont un ancrage positif dans l’esprit de la femme alors, elle essaie de se rappeler des conseils de Lucrezia mais… elle n’a jamais cru tomber de nouveau si facilement sur lui. Elle s’est toujours sentie libre bien que légèrement angoissée, tant qu’elle était loin de l’hôpital, refusant de remettre les pieds là-bas sous aucun prétexte. Si elle y retourne ce sera parce qu’on l’y aura forcée et qu’elle n’aura pu l’éviter. Elle ne va jamais voir la neurologue directement à son travail. Bref, elle n’a jamais rattaché Joshua à un autre endroit que celui de son emploi. Or, c’est ridicule… elle ne vit pas où elle travaille. La constatation est brutale mais évidente.

La foule n’a jamais paru si sécuritaire qu’en cette soirée-ci, permettant à la rousse de se persuader qu’il ne peut pas l’atteindre alors qu’il y a autant de monde autour d’eux. Il ne peut faire que lui parler et ses mots ne doivent pas atteindre la jeune femme. Ce n’est pas comme s’ils étaient seuls, ce n’est pas comme s’ils étaient entre quatre murs blancs et la sensation d’étouffer n’est pas omniprésente. Respire un bon coup, il ne sait rien de sa vie actuelle. Il n’a plus aucune emprise sur elle. Tout comme le cirque ne peut plus la contraindre à regarder les massacres d’innocents, que pourrait faire cet interne en dehors de son lieu de maîtrise. Son rythme cardiaque ne semble pas convaincu par son apparente envie de se sentir en sûreté. Sigrid jette un coup d’oeil aux personnes qui passent près d’eux sans vraiment leur accorder d’attention. D’un point de vue extérieur, ils ont l’air de discuter comme n’importe qui se connaissant malgré le retrait évident de la jeune femme qui pourrait éventuellement passer pour de la timidité. N’y a-t-il qu’elle qui remarque ce sourire malsain creusé dans les joues du jeune homme ? C’est cette part de lui qui se fait passer pour quelqu’un de correct qui est sans doute la plus abjecte… Elle se souvient avec un goût amer qu’on accorde plus de crédibilité à un homme soi-disant qualifié qu’à une jeune femme internée pour son bien quand elle ose en parler.Il n’y a eu qu’une personne pour la croire et l’extirper des mains de cet individu avant qu’elle ne cède soit à la folie, soit à un silence éternel. Avant qu’elle ne laisse Joshua la morceler un peu plus entre ses mains, avec ses “traitements” incohérents. Elle ne  comprend toujours pas ce qui jusqu’alors l’a retenue d’aller se plaindre de ce qu’il est. Peut-être parce que, intérieurement, elle s’est dit qu’elle aimerait le détruire elle-même si elle s’en sent la force et parfois oui, elle a le sentiment qu’elle le pourrait. Sa colère n’est qu’à deux doigts parfois de se heurter à lui et ce qu’elle est devenue aujourd’hui lui hurle de céder à cette pulsion quand sa peur retient encore ses gestes. Elle se sent tiraillée parce que la douleur est parfois plus forte que le courage...

Il la laisse dire tout ce qu’elle veut mais il ne semble pas le moins du monde accorder de crédit à cette faiblesse défense. Ce n’est pas ça qui va le convaincre, quand elle n’est pas certaine de ce qu’elle avance et à voir ce sourire qui se dessine sur ce visage, elle comprend qu’elle n’a pas du tout de puissance dans ses mots. Elle voit qu’il se sent ravi de lui rappeler tout ce qu’il s’est passé mais il n’a aucun moyen de la faire plonger dans son monde quand elle est loin de lui. Demain, elle pourra recommencer à oublier son existence, quitte à ne sortir que lorsque c’est nécessaire le temps de se sentir de nouveau la force d’affronter ce genre de possibilités. Elle a la liberté, son appartement, sa vie, son travail et… il ne fait PLUS partie de ce monde. Il ne peut pas la faire flancher et elle s’apprêterait presque à le couper, ouvrant la bouche puis la refermant peu après tandis que la colère se dessine peu à peu sur ses traits. Il met le doigt pile sur le problème : les insomnies qui la ronge sans cesse soit à cause de lui, soit à cause du reste. Elle ne peut avouer qu’il à planter la fléchette en plein coeur de la cible alors elle ment. ” Tu as tort… c’est bien du passé ! Je ne suis plus une de tes patientes alors tu n’es plus rien et tu ne peux rien…” N’est-ce pas ? Pour se convaincre, elle fait ce pas en avant et elle contrôle ses réactions, elle ne détourne pas les yeux. Est-ce la Hellraiser qui prend le pas sur la fragile femme ? Elle ne peut pas taire longtemps les tremblements de son corps, mais elle espère le pouvoir assez longtemps pour qu’il s’en aille, convaincue qu’elle a passé le cap. Qu’il abandonne, qu’il décide qu’il trouvera une autre victime dans cet “asile” plutôt que de se tourner vers celles qui s’en sont échappées. Il la croira peut-être s’il ne se formalise pas les cernes qui trahissent la vérité.   “ Je… je sais que demain, tu ne seras plus qu’une rencontre sans saveurs. Encore un élément du passé.” Elle lui tourne le dos et s’installe à une table d’extérieure, pour se prouver qu’elle ne le fuit pas mais aussi parce qu’elle a trop peur qu’il découvre de quel côté elle habite ou encore croire qu’elle a la fragilité de prendre ses jambes à son cou. S’asseoir lui permet de ne pas avoir les jambes qui flanchent et dans un dernier espoir, elle espère voir Joshua s’en aller vaincu. Perdre le jeu, la partie. Le terme est sans doute mal choisi pour elle, quoique ! Elle est terriblement nerveuse de lui avoir tenu tête et quand le serveur arrive pour lui demander ce qu’elle souhaite boire, elle sursaute.
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