AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Catch me as I fall [PV Ezekiel]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2917
↳ Points : 6879
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - Ghost // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Sam 11 Mar - 23:12

Catch me as I fall
○ Say you're here and it's all over now. Speaking to the atmosphere. No one's here and I fall into myself. This truth drives me into madness. I know I can stop the pain if I will it all away. Don't turn away. Don't give in to the pain. Don't try to hide. Though they're screaming your name. Don't close your eyes. God knows what lies behind them. Don't turn out the light. Never sleep, never die.



Le cliquetis significatif. Sonorité ravageuse qui lui rappelle sa fin proche. La sorcière ne s’avoue pas vaincue pour autant. Elle dépose son arme vide contre le bitume et oriente machinalement sa main vers son couteau. Le manche dans sa paume se teinte de vermeil, l'hémoglobine ramassée sur ses flancs. Un rire froid échappe à ses lèvres serrées. Qu’est-ce que tu comptes faire avec ça dans ton état, bécasse ? La brune évalue ses blessures, se repasse en boucle les attaques. Deux balles, une logée dans son abdomen, l’autre piégée dans l’épaule. La cheville foulée, peut-être cassée. Un autre tiraillement, ailleurs. Les doigts désertent la plaie la plus importante pour effleurer une profonde entaille. Une lame qui a tenté de s’enfoncer dans sa chair au-dessus de sa hanche, sans réussir à atteindre son but. Elle grogne. Le visage tuméfié, le corps parsemé d’hématomes, des poings l’ayant malmenée au début du combat. La douleur la tient éveillée néanmoins et l’adrénaline massacre toujours son réseau sanguin mais ce n’est déjà plus qu’une question de temps avant qu’elle ne se vide de son sang. L’inventaire semble ainsi complet et bien désastreux. Combien de secondes avant que l’un d’entre eux réalise qu’elle n’a plus une seule balle dans son chargeur ? Avant qu’ils ne se rapprochent pour parachever leur œuvre ? Derrière sa benne à ordure, la survivante attend. Elle en emportera autant qu’elle peut avec elle. Si elle doit crever de leur main, elle veillera à en abattre un maximum. Après tout, elle en a déjà éliminé deux. D’après ses observations et malgré la confusion ayant régné durant l’affrontement, il doit en rester cinq. A moins qu’ils aient appelé des renforts. Les tirs se poursuivent mais elle reste planquée, assise sur le sol poisseux d’une ruelle insolite, dos contre son laborieux rempart. Les coups de feu derrière elle s’estompent. La blessée ne perçoit plus que les battements de son cœur qui ne veut surtout pas s’arrêter. La vie réclame ses droits sur sa carcasse mutilée. En vain.

Sa respiration occupe tout l’espace sonore, rythme les pensées qui l’accompagneront, sans doute, d’ici peu, dans l’inconscience. A tous ses regrets non exprimés, à toutes ces batailles qu’il lui restait encore à mener, elle dédie les derniers pans de sa lucidité. Tous ses mots qu’elle n’a jamais divulgués aux intéressés. Susanna hante ses souvenirs comme toujours. Leurs chances toujours bien trop gaspillées, inexploitées. L’une meurt, l’autre subsiste, à nouveau. Ezekiel occupe une part non négligeable du tableau. Et si l’arène lui a fait oublier les conséquences de son trépas, cette fois-ci, elle ne les nie pas. Captif de sa forme animale jusqu’à sa mort, une existence qu’elle ne lui souhaite pas mais que son décès provoquera, inévitablement. Le lien qui les unit, en appelle à cette malédiction. Elle le sait. La culpabilité la connecte à leurs instants passés, quand les sourires chassaient les cauchemars. Des mômes pas vraiment insouciants mais au moins, complices. Elle sait qu’elle a tout gâché en suivant Isaac et en écartant absolument tout le monde. Elle a causé bien des tourments au métamorphe par la suite et elle n’a jamais tenté de se racheter pour ça. Elle aurait aimé pouvoir le faire pourtant. Et puis, il y a Declan. A qui elle a fait la morale sur les dangers qu’il encourait. Il pourra la haïr après ça, il en aurait tous les droits. Elle aura sans doute souillé les rares accalmies dont ils ont pu profiter. Une fois de plus, ils se quitteront sur un échange houleux qui balayera peut-être tout ce qu’ils se sont dits juste avant. Pas de promesse faite et pourtant, elle semble lui en avoir dédiées plus d’une, rien que par ses actions. Ne pas mourir bêtement en fait partie. Elle se rappelle de son regard tandis qu’elle poussait son dernier soupir dans l’arène. Dans toute sa contradiction, elle ressent une satisfaction immense à ne pas devoir lui infliger cette scène cette fois-ci. Et tout aussi vivement, elle aurait souhaité se perdre à nouveau dans l’azur en succombant. Pouvoir une dernière fois éparpiller son souffle sur sa bouche.

Comment apprendront-ils sa mort ? De quelle gorge, la nouvelle sera dispersée ? Est-ce qu’ils retrouveront seulement son corps ? Burton, son coéquipier de toujours, se douterait de ce qui lui est arrivé, il sait que les membres de la Sakpata sont à ses trousses depuis des semaines maintenant. Elle le pense suffisamment loyal pour la chercher. Pour deviner. Pour les alerter. Les ? Il connait peut-être l’existence de Declan. Il ignore celle des autres. La mâchoire serrée, la milicienne ne déniche aucun réconfort auquel se raccrocher, ne peut qu’anticiper les complications que sa fin entrainerait. Egoïste, elle l’a été. Et voilà, le résultat. Les membres de cette mafia allaient bien la retrouver, allaient bien se venger. C’est l’inéluctable qu’elle a cru pouvoir semer. Elle a fait preuve d’une telle arrogance. La main toujours crispée sur sa seule arme valide, la trentenaire se laisse envahir par sa plus belle douleur. Jill, d’une certaine façon, elle s’en rapprochera. Elle n’ose pas se mettre à faire dans le bon sentiment, à croire qu’elle la rejoindra dans une sorte d’au-delà. Pas croyante, septique de nature. Néanmoins s’il y a une barrière entre les morts et elle, elle la franchira inéluctablement. Résignée quant à son sort, la divorcée cherche à se relever. Elle ne peut pas crever à terre. Elle veut être debout, à combattre. C’est sans compter sur sa cheville. Elle se rattrape à la benne, reste dos courbé pour éviter les tirs suivants. Les dents serrées, une main sur son point d’appui, l’autre tenant toujours la lame, elle patiente difficilement. Son exécution aurait dû être plus rapide. Le sang s’échappe toujours plus de ses plaies. Ses hémorragies l’emporteront peut-être avant que le coup fatal d’un de ces trafiquants ne soit porté. Ce n'est pas la façon dont elle se voyait en finir. Mais c’est toujours mieux que de succomber aux coups de son ivrogne de mari. Maigre consolation qui tire, néanmoins, ses lèvres en un léger sourire satisfait.

_________________
Heaven In Hiding
And you thought that you were the boss tonight. But I can put up one good fight. I flip the script like I can take a beating. And when you start to feel the rush. A crimson headache, aching blush. And you surrender to the touch, you'll know. I can put on a show, I can put on a show.  ▬ Don't you see what you're finding ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 327
↳ Points : 279
↳ Arrivé depuis le : 08/03/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Frank Dillane
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Infirmier
↳ Opinion Politique : Pas en accord avec mais préfère fermer les yeux.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général 2, niveau 3 en transformations et sens surdéveloppés
↳ Playlist : Water - Jack Garratt / Alive - Sia / Trees - Twenty One Pilot / What about us - Pink / Alibi - 30 Seconds to Mars / Hurricane - 30 Seconds to Mars
↳ Citation : The only way to survive a mad world is to embrace the madness.”
↳ Multicomptes : Nope
↳ Couleur RP : #BDA44D



les petits papiers
↳ Copyright: Signa : Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Lun 13 Mar - 0:46


« Catch me as I fall »



Joan C. Valentine & Ezekiel Valentine
featuring

Je me trouvais assis à mon bureau, un stylo dans la main, des papiers devant moi. Je n’arrivais pas à me concentrer après la dose que j’avais prise environ une heure plus tôt.  L’heure tournait, l’ennui me gagnait. Je savais que ça ne durerait pas, que soit je trouverais quelque chose de plus intéressant à faire à mes yeux, soit une occupation me tomberait dessus tôt ou tard.

Et ça n’attendit pas. Un des hommes de la Sakpata fit irruption dans le bureau sans frapper. Je le fusillai du regard mais il n’y prit pas garde. J’avais horreur qu’on rentre sans me prévenir. Je pouvais très bien être occupé avec des affaires importantes sans avoir envie qu’on vienne me déranger. Quoique l’option que je sois trop défoncé pour recevoir semblait plus probable. Mais bref, l’homme s’empressa de parler. - On a retrouvé la taupe. Elle est dans une ruelle, une équipe est déjà sur les lieux. J’hochai la tête et le renvoyai. J’avais entendu parler dans l’équipe de cette sombre histoire. Un membre du gouvernement, de la milice plus précisément, avait été démasqué au sein de notre équipe. Mais je n’en savais pas beaucoup plus. Je savais que j’en apprendrais d’avantage une fois la cible éliminée. Je me levai, décidé à me rendre moi-même sur les lieux. Nos hommes avaient pour mission de tuer cette taupe, mais je voulais la voir de mes yeux. Peut-être aurait-elle quelque chose à dire dans ses derniers instants.

Je me retrouvai sur place, j’entendis des coups de feu un peu plus loin. Le combat avait donc déjà commencé et la cible ne semblait pas vouloir se laisser faire. Je rejoignis l’équipe un peu en retrait et me plaquai contre un mur, prudent. Un des hommes vint se placer à côté de moi. - Ca fait un moment que ça a commencé. Elle a plus de munitions. Si on veut en finir, c’est maintenant. Elle ? La taupe était donc une femme ? Mon cœur ne fit qu’un bond quand je pris le temps de réfléchir une minute. Joan était dans la milice. Mais elle ne ferait pas un truc pareil ? Non ? Mon cerveau se mit alors à bouillonner. Pourquoi ferait-elle ça ? Contre moi ? Mais elle ne savait pas que je faisais partie de la Sakpata. Dans ce cas, pourquoi se priverait-elle de faire son job ? J’eus un vertige à force de me torturer pareillement. Il fallait que j’en aie le cœur net. Y avait-il la moindre chance qu’il s’agisse de Joan ? Je levai un bras, ordonnant à mes hommes d’attendre et m’avançai prudemment le long du mur jusqu’à avoir une vue sur la cible. A terre, je n’arrivai qu’à en apercevoir la chevelure foncée. Du sang maculait le sol tout autour d’elle. Mais une force sembla la retrouver et elle se releva. C’est alors que mon cœur rata un battement lorsque je vis son visage. Il s’agissait bel et bien de Joan. D’abord choqué, je restai planté là à la regarder se vider de son sang, habité par une désagréable sensation de déjà-vu. Des flashs de ma mère passèrent devant mes yeux durant de longues secondes jusqu’à ce que le bon sens ne se décide à revenir vers moi. Enfin bon sens. A mes yeux, il l’était, mais certain vous dirons qu’il s’agissait de tout sauf du bon sens. Je me retournai, laissant cette vision d’horreur derrière moi et courrai vers mes hommes. - On arrête tout. Ils se regardèrent jusqu’à ce que l’un deux ose prendre la parole. - Mais Monsieur, et la mission ? C’est elle qui… Je ne le laissai pas finir et, pris d’une rage noire, je l’attrapai par la gorge et le plaquai violemment contre le mur, sentant mes doigts se serrer de plus en plus fort contre sa peau. - J’en ai rien à foutre. C’est moi qui décide. On arrête tout. C’est en le voyant peiner à respirer et se débattre que je pris conscience de ce que je venais de faire. Je le relâchai, la main tremblante. Les autres hommes me regardaient, interloqués. Je posai mon regard sur chacun d’eux avant de leur tourner le dos et de courir vers ma demi-sœur en criant son prénom.

Elle était toujours là, au milieu de cette mare de sang, son sang. Paniqué à l’idée de la perdre, je sentis mon corps entier trembler. Je me dépêchai tout de même d’agripper son bras et de le passer autour de mes épaules et attrapai sa taille pour la soutenir. - P’tain dans quoi tu t’es mise encore… J’appelai l’un de mes hommes pour qu’il amène une voiture. - Il te faut des soins. Et vite. Je vais t’emmener à l’hôpital, ça ira Joan, tu vas t’en sortir… Ma voix tremblait un peu elle aussi. Trop d’émotions en un coup. Trop à encaisser. L’idée de perdre ma dernière famille planait au-dessus de ma tête et je refusais cette option. En attendant une voiture, j’assis Joan contre le mur et pris son visage entre mes mains. - Reste avec moi, sil-te plaît…




_________________
If I look back I'm lost
« You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece . •• .unbreakable »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5274-milo-i-don-t-want-control

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2917
↳ Points : 6879
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - Ghost // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Mer 15 Mar - 0:39

Des pas qui vont, qui viennent et l’impatience qui grandit. L’incompréhension aussi. Des voix lointaines, la confusion. La tête tourne, les jambes supportent difficilement le poids du corps. Les douleurs propulsent des cris contre ses lèvres serrées, qu’elle avale par pur orgueil, qu’elle ne laissera, sous aucun prétexte, échapper à sa volonté. Plus qu’une question de secondes avant qu’elle ne s’effondre, ne s’évanouisse, noyée dans son propre sang. Les phalanges craquent quand elle resserre sa prise sur la benne, luttant contre la gravité désespérément. Une silhouette émerge abruptement à ses côtés. La milicienne se voit déjà brandir sa lame avant de le reconnaitre. Une demie-seconde seulement et malgré la vision troublée, la brune l'identifie instantanément. Hallucination ? On dit que la vie devient une trame, qu’elle se rejoue quelques instants avant la mort. Est-ce sous cette forme que le concept s’illustre ?  Joan le fixe avec incrédulité, s’attend presque à le voir disparaitre aussi subitement. Mais il reste et sa poigne devient trop concrète pour que le mirage soit une option valide. « Qu’est-ce que tu fous là ? Comment est-ce que… » Mais sa voix se perd dans la souffrance à réprimer. L’odeur familière qu’il traine toujours, la renvoie immédiatement à une autre époque. Elle se sent toute menue quand il la déloge de son point d’appui, l’emporte en dispersant son anxiété en quelques reproches recevables.

Le décor tangue, les plaies tiraillent. Les premiers gémissements franchissent ses lippes tandis qu’il la dépose contre un mur. Elle s'en remet totalement à lui, l'état d'alerte la désertant progressivement. En sécurité relative avec lui, il ne lui inspire qu'une confiance absolue. Tout le reste se pare ainsi d’incohérence, tâches mouvantes, incertaines. Des bourdonnements dans les oreilles et le regard rendu nébuleux posé sur l’égyptien. Son frère. On lui avait expliqué qu’il ne l’était qu’à moitié et elle n’avait jamais compris ce concept. Ezekiel était de sa famille, entièrement. Il ne s’agissait pas de le sectionner en deux morceaux distincts et de décider ensuite quelle partie serait de son sang. Les émotions l’étranglent, le souffle lui manque. Le temps aussi tandis que la terreur s’empare des traits adverses. Elle ne mérite même pas cette considération. Elle semble d’ailleurs plus douloureuse que les blessures à endurer.

Le choc toujours présent, elle tente de comprendre sa situation. En vain, ce qu’il fait là, la manière utilisée pour la retrouver demeure un mystère. Elle doute que le lien magique les unissant ait pu l’alerter, le pousser sur cette piste. Les facultés cognitives de la sorcière s’amenuisent dans l’épreuve subie, elle renonce à la réflexion. Communique dès lors ce qui lui traverse l’esprit. La peur de devoir mourir dans ses bras. Les paumes du trentenaire sur ses joues lui brûlent la peau autant que ses prunelles tourmentées lui rongent l'âme. Son pire crime, son pire châtiment. Le métamorphe qu’elle n’aurait jamais dû créer. La personne qu’elle devait sauver à tout prix pourtant. La culpabilité, la lâcheté aussi, poussent les mots hors de sa gorge. Timbre saccagé par la fragilité, par la fatalité que les paroles du trafiquant cherchent à contrer. « Je veux pas que tu me regardes crever, putain. Barre-toi. » Trop tard pour ça. Elle ne veut pas d’adieu. Elle ne veut pas qu’il la pleure. Il s’accroche bien trop à un espoir improbable. La milicienne s’est résignée à son sort, elle. Sans doute qu’il ne s’accroche pas qu’à la vie de sa sœur, il se raccroche aussi à la sienne. Celle qu’il va perdre quand elle ne sera plus. C’est du moins ce que la magicienne croit. La main se redresse, cherche à chasser la prise du changeur sur son visage mais retombe trop vite, mollement à terre. L’autre tient toujours le couteau. Elle en prend conscience. Dans un moment d’égarement, perdue dans son chagrin, dans ses regrets, elle lui tend. Geste qui nécessite une énergie qu'elle ne dispose plus, qui rend ses sonorités plus rauques, hachées. « Ez, si tu veux faire un truc constructif… » Ses yeux se tournent vers l’arme. Elle suggère ainsi qu’il lui porte le coup fatal, justifie son raisonnement tordu à la suite. « J’ai foutu ta vie en l’air. T’as bien le droit de te défouler avant de... » Sa voix se brise. Avant qu’il ne soit condamné à errer sous sa forme animale, privé de tout rapport humain, de son existence telle qu’il la connait. Dire qu’elle allait faire subir ce sort à sa fille. Jill qui aurait perdu sa mère, un jour ou l’autre, inéluctablement. Quel égoïsme de vouloir conserver ceux qu’on aime à n’importe quel prix et à leurs dépens, en leur imposant un tel rituel. Une telle malédiction. Juste pour conserver leur présence, juste pour ne pas devoir endurer le deuil.

Les sanglots n’outrepassent pas ses paupières, ne franchissent pas clairement sa poitrine mais ils inondent ses intonations très vite. Vulnérabilité qu’elle expose sans s’inquiéter des retombées. De toute façon, elle va crever. « Merde. Je suis désolée… Je suis qu’une conne, d’oublier toujours que je mets pas que ma vie en jeu. Tu mérites pas ça… Et je peux rien faire… Je peux rien faire… Je vais crever comme une merde… » Ses doigts se contractent autour du bras du mafieux. « C’est trop tard… » répète-t-elle, convaincue de la suite logique des choses. Sa conscience ne tient plus qu’à un fil. Son bras enroulé autour des impacts, est imbibé de son hémoglobine. La seule chose qu’elle pouvait discerner, se met à faiblir. Ne demeure que les contours du visage affectionné. « Je voulais pas ça… » Un sursaut de panique. Elle ne veut pas, ne doit pas mourir. Pour lui, pour les autres aussi. Peut-être même pour elle. Mais l’évidence s'impose de plus en plus tandis que ses sens s’effondrent, que la saveur métallique colle au palais. Elle a joué avec le feu si souvent qu’elle loge au cœur d’un incendie désormais. Sans autre motif à l’embrasement que sa fougue, son imprudence et son lot d’erreurs. Sans doute qu’elle les referait pourtant. A commencer par lui donner une seconde chance en le transformant en ce qu’il est aujourd’hui. Trop jeune pour mourir. Bien trop important malgré tout, pour qu’elle réussisse à le laisser partir ainsi. Surtout pas comme ça, pas à cause d’Isaac. L’ironie lui prend la gorge. Cet homme aura même bousillé ça. La mâchoire se serre, le corps se crispe, les maux sont insoutenables à l’extérieur, à l’intérieur. Une agonie qu’elle voudrait abréger. Vite.

_________________
Heaven In Hiding
And you thought that you were the boss tonight. But I can put up one good fight. I flip the script like I can take a beating. And when you start to feel the rush. A crimson headache, aching blush. And you surrender to the touch, you'll know. I can put on a show, I can put on a show.  ▬ Don't you see what you're finding ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 327
↳ Points : 279
↳ Arrivé depuis le : 08/03/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Frank Dillane
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Infirmier
↳ Opinion Politique : Pas en accord avec mais préfère fermer les yeux.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général 2, niveau 3 en transformations et sens surdéveloppés
↳ Playlist : Water - Jack Garratt / Alive - Sia / Trees - Twenty One Pilot / What about us - Pink / Alibi - 30 Seconds to Mars / Hurricane - 30 Seconds to Mars
↳ Citation : The only way to survive a mad world is to embrace the madness.”
↳ Multicomptes : Nope
↳ Couleur RP : #BDA44D



les petits papiers
↳ Copyright: Signa : Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Mer 15 Mar - 4:45

L’incompréhension se lisait sur le visage de Joan. Comment aurait-elle pu penser une seconde que je me retrouve à ses côtés ? Sûrement de la même façon que moi, je n’aurais jamais imaginé ma sœur capable de faire une chose pareille. A quel moment de notre misérable vie aurions-nous pu nous dire que nos chemins se croiseraient en de telles circonstances. Et pourtant, nous nous trouvions là, l’un en face de l’autre. Elle au bord de la mort et moi un sentiment d’impuissance collé au front. Les paroles de la milicienne me firent manquer un battement de cœur. Et pour en rajouter, sa main se leva, cherchant à repousser les miennes posées sur son visage. Mais la faiblesse remporta le combat et sa main s’abattit platement sur le sol. - Parce que si tu crois que je vais me barrer, tu te trompes. Et tu vas pas claquer. Tu m’entends ? Mes mains ne lâchèrent pas son visage, toujours pas. Je comptais bien rester là jusqu’à la fin. Restait à savoir de quelle fin il s’agirait. La sienne ou celle de sa douleur ? Ou les deux. Mes yeux cherchant les siens, un éclat argenté attira mon regard. Son couteau à la main, elle me fit la pire demande que je ne pouvais penser. Mon regard passa de l’arme à ses yeux plusieurs fois. Sa justification ? Le fait qu’elle m’avait bousillé ma vie. Je préférerais vivre des années en serpent plutôt que de lui retirer la vie moi-même. Je n’y avais d’ailleurs jamais réfléchi ; l’idée que si Joan mourrait, je passerais le reste de mes jours en cobra. Je n’y avais jamais pensé car l’idée de perdre ma sœur ne m’avait jamais effleuré l’esprit. Car Joan avait toujours été forte. Elle avait également été la seule à m’accepter à mon arrivée dans la famille Valentine. Que s’était-il passé pour qu’on en arrive là, à se haïr tout en s’aimant à en crever. - Foutu ma vie en l’air… C’est en faisant ce genre de demandes que tu la fous en l’air. Lui avouer tous mes sentiments ? Certainement pas. Lui dire qu’elle a été le plus beau souvenir de mon enfance ? Encore moins. Je l’aimais à en crever, je ferais n’importe quoi pour elle, je la suivrais les yeux fermés, mais lui dire ce que je ressentais, c’est m’affaiblir. Et je le refusais. Pas devant elle. Pour elle je voulais avoir l’air fort, intouchable. Je savais très bien que cette façade ne marchait certainement pas sur elle, qu’elle me connaissait mieux que personne. Mais allait-elle me le faire remarquer ? Certainement pas. Un respect silencieux entre nous deux, une règle tacite créée des années auparavant. Sa voix se brisa, des sanglots retenus mais trahis par son intonation. Ses paroles me firent encore manquer un battement alors que ses doigts se serraient autour de mon bras. L’émotion monta en moi, mon corps tremblait toujours, mais mon visage ne trahissait pas ce que je ressentais, à part peut-être mes yeux écarquillés, apeurés de ce qu’ils pourraient voir si je ne menais pas ma sœur aux urgences. - Tu vas pas crever Joan. Mais le temps de prononcer ces mots, ses forces s’en allaient petit à petit. Une de mes mains se déplaça vers son épaule afin de la maintenir relevée. Je refusais de la lâcher, comme si mon contact était ce qui la reliait à la vie. Mise à part une vie de misères et de condamnation, que serait le tableau sans la deuxième Valentine ? Je me refusais à y penser. Bien que notre relation n’eut pas toujours été facile, je n’imaginais pas un monde sans elle.

Sans lâcher Joan, je me tournai vers les hommes derrière moi et m’adressai à eux de façon peu amicale. - Elle est où cette caisse ? Vous êtes pas venus à pied non plus ou bien ? L’un d’eux haussa les épaules tandis qu’un autres courra voir ce qu’il se passait. Je fusillai le premier du regard. Sans Joan, je me serais déjà levé pour lui montrer qu’on agit ici au lieu de bêtement hausser les épaules. Mais je n’eus pas le temps de blasphémer plus longtemps car l’autre revint aussi vite qu’il était parti. - Y’a une voiture là-bas. Sans attendre et réfléchir plus longtemps, j’hochai la tête et me retournai vers la milicienne. Je l’attrapai du mieux que je pus, tout en faisant attention à ses blessures, pour la soulever, doucement. - J’vais t’sortir de là, j’te promets. Mais que sont des promesses face au bon vouloir de la vie ?

L’homme vint m’aider à transporter Joan jusqu’à la voiture. Difficilement. Que devaient-ils tous penser de cette situation. Le bras droit qui changeait les plans et tentait de sauver la cible. Et surtout, qu’allait en penser Marie ? Mais je n’osais y songer pour l’instant. Les réprimandes me semblaient si loin. Tout me paraissait si futile. Seul Joan comptait. Le monde pouvait bien s’écrouler sous nos pieds, je ne m’en rendrais même pas compte. J’installai la blessée à l’arrière de la voiture, délicatement, puis pris place à ses côtés, ordonnant à l’homme de nous conduire aux urgences. Durant le trajet, mes yeux ne quittèrent ma sœur, attentif à ses moindres réactions, mon bras était enroulé autour de ses épaules pour la maintenir en place. Le trajet me parut une éternité. Elle perdait ses forces, elle était blanche. Sa vie me filait entre les doigts et je ne pouvais rien y faire. Existe-t-il un sentiment plus désagréable que l’impuissance ? Je pourrais remuer ciel et terre pour elle, mais en ce moment même, je ne pouvais rien faire à part patienter que le trajet se passe.

Mais les lumières des urgences apparurent enfin à l’horizon, laissant naitre un espoir. L’espoir que Joan ne meurt pas aujourd’hui. La voiture s’arrêta devant l’entrée et j’ouvris brusquement la portière. Geste tant contrasté avec la douceur avec laquelle je sortis Joan de la voiture pour la mener à l’intérieur des urgences. - A l’aide ! Ma voix résonna à travers le hall d’entrée alors qu’autour de nous s’afféraient tout un tas de gens. Mais je ne voyais plus ce qu’il se passait. L’émotion avait pris ma vue en otage. Tout se brouillait. Je sentis des bras prendre la place des miens autour de la taille de ma sœur, d’autres me repousser gentiment, des paroles, mais je n’entendais pas. Machinalement, je lâchai prise alors qu’on m’enlevait ma raison d’être. Il me fallut quelques minutes pour réaliser ce qu’il se passait, pour que mon cerveau se remette en marche, que ma vue me revienne. Je leur avais passer le relais, sa vie n’était plus entre mes mains mais entre les leurs. Il ne me restait que l’espoir. L’espoir qu’on m’annonce qu’elle était en vie, qu’elle s’en remettrait, l’espoir de la voir sourire à nouveau. L’espoir de jours meilleurs.




_________________
If I look back I'm lost
« You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece . •• .unbreakable »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5274-milo-i-don-t-want-control

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2917
↳ Points : 6879
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - Ghost // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Sam 18 Mar - 0:27

L’obstination du métamorphe confine à la démence. Les douleurs s’accentuent, articulent la détresse sur le faciès de la sorcière. Les mots caressent l’esprit engourdi, sectionnent tout aussi abruptement les artères. Tendresse fraternelle qu’il n’a manifestée qu’en de rares occasions ces dernières années. Affection palpable qu’elle cueille avec maladresse mais chérit avec toute l'énergie dont elle dispose encore. Il réitère ses chimères. Il s’accroche une conviction qui prend des allures de nécessité. La brune retient son chagrin autant que ses paroles. Rien de ce qu’elle lui avance, ne trouve un chemin sensé jusqu’à sa raison. Ezekiel se butte à l’impossible. Va jusqu’à refuser sa requête et à congédier les évidences. Il se bat contre une fatalité inébranlable avec une force désespérée. Joan en profite pour dévorer ses traits avant de devoir basculer dans l’obscurité, emportant avec elle tout ce qu’il lui reste de cette humanité. De son unique famille. Des discours échangés, encore des pas. De l’agitation. Le changeur remue, l’emporte. Une promesse qu’il scelle. Elle qui ne les supporte pas, ces promesses vouées à l'échec. Des pactes futiles soumis au bon vouloir d’une existence capricieuse.

Plus assez de force pour contrer son acharnement, la blessée se résigne à fermer les paupières quand on la déplace, étouffe ses plaintes contre ses lèvres serrées. Une seconde paire de bras supporte sa carcasse mais sa réflexion renonce à mener ces batailles bien vaines. Ce qu’il se passe ne l’intéresse pas. Son champ visuel de plus en plus restreint par sa faiblesse grandissante, lui apprend seulement qu’ils se trouvent à bord d’un véhicule. Et seul le bras de son frère contre ses épaules, la rattache encore au décor mouvant. Le dernier filament de lucidité. Elle dépose sa tête contre le cou de l’égyptien, s’abreuve de son arôme familier. Cette proximité la ramène quelques dizaines d’années en arrière. Elle semble retrouver son foyer. Quand ils partageaient la banquette arrière de la voiture familiale, quand les tensions se manifestaient brusquement. Que sa mère se plaignait de façon peu subtile de la présence de l’enfant qui ne provenait pas de son sang. La gamine serrait alors les doigts de son aîné dans le plus grand silence. Elle ne parlait pas beaucoup à l’époque. Lui encore moins. Mais ils avaient toujours réussi à communiquer.

L’émotion l’étreint, la fracasse. Elle tente de l’exprimer, veut lui expliquer mais sa voix ne produit que quelques sons décousus. Elle renonce à poursuivre l’exercice. Les souvenirs eux, se développent toujours pourtant. Ah la trame, finalement. Arrivée à point nommé. Elle le revoit encore dans l’embrasure de la porte, le gosse muet, maigre et paumé. Ce même garçon qui la défendait quelques mois plus tard contre les gamins du quartier. La première fois qu’il lui a esquissé un sourire, qu'elle lui a arraché un éclat de rire. Les changements qui s’opéraient lentement, leur complicité qui ne cessait de se renforcer. Sans lui, la cruauté de l’adolescence aurait laissé plus de séquelles sur sa personne. Un cocon qu’ils avaient appris à se créer. Elle a toujours eu de la chance de l'avoir. Une valeur sûre, un pilier. D’une histoire à l’autre, tout bascule, se poursuit chronologiquement. Elle ne garde que le meilleur. Isaac et ses belles paroles. Devant l’autel, les rêves débordant des yeux. Jill, minuscule, tenant à peine dans le creux de ses bras. Les rires de sa fille qui pouvaient désamorcer chaque douleur. Tout se confond dans la mémoire qui sombre avec l'hôte. Des flashs, des impressions. L’étreinte de Nymeria. Les paumes d’Ezekiel contre ses joues. Les mains de Declan contre sa peau, sa voix qui résonne, dévoile son affection. Dans l’arène, elle se trompait sur toute la ligne. Elle a bien plus à perdre qu’elle ne l’aurait jamais pensé. Bien trop même. Ce qu’elle n’a jamais souhaité. Mais qui s’avère être une vérité. Elle ne veut pas mourir. Un cri désespéré qui ne perce pas sa torpeur, qui la surprend pourtant par sa vivacité. Il heurte les parois de son crâne, fait trembler son être tout entier.

La portière s’ouvre, elle est emmenée. La conscience s’émiette. Les ténèbres l’engloutissent dès que la chaleur fraternelle s’évanouit. Elle s’interroge brièvement sur la suite de cette âme vagabonde. Va-t-elle se décider à s’éteindre ou va-t-elle encore chercher à subsister ? Une réponse qui se fait attendre. Les minutes deviennent des heures. L’obscurité régit ainsi l’enveloppe détériorée. Le cœur s’arrête quelques instants, redémarre très rapidement grâce à l’électricité injectée. Mais de cette vie qui s’échappe pour lui revenir, elle n’en a déjà plus conscience.

C’est dans la moiteur d’une salle étrange que la miraculée émerge. Les paupières chassent cette nuit sans étoile, balbutient dans la confusion. Les tiraillements sont immédiats, lui arrachent un gémissement qui alerte immédiatement une infirmière à proximité. Des mains qui remuent ses membres relâchés. La pupille testée, la tension mesurée, tout s’enchaine trop vite. Elle ne semble plus propriétaire de ce corps malmené, ne parvient même pas à trouver la force de remuer. Ne comprend pas les paroles reçues. Ne perçoit pas les tonalités de la machine qui enregistre les battements du cœur obstiné, qui a continué à battre dans l’adversité. Les yeux résolument figés sur un point fixe, l’esprit léthargique, la patiente tente de dénouer le vrai du faux. A s’être ainsi propulsée dans son passé avant de s’enliser dans la cécité, elle se met à douter du présent. Le lieu et l’époque se font imprécis. Impression de déjà-vu. La canule dans le nez la gêne et quelque chose a été planté dans son bras. Une transfusion qu'elle ne peut pas détailler. Conséquence d’une énième violence domestique ? Les yeux se referment. On l’a droguée pour atténuer la souffrance physique, ce qui ralentit inéluctablement ses raisonnements. A l’hôpital donc avec la tête lourde et la poitrine lacérée. Elle se souvient du chagrin, se rappelle de sa détresse. Une ombre déjà se dessine à ses côtés. Au prix d’un effort incommensurable, sa nuque coopère, daigne lui dévoiler les contours de l’invité. « Ez… » Sa voix n’est qu’un murmure fragile. Sa bouche pâteuse n'aide pas à porter ses maigres intonations très loin. « Qu’est-ce que tu fous là ? » Un couinement, presque une supplique. Le désarroi grandit sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. Sans qu’elle ne veuille réellement savoir. Trop fatiguée pour retrouver un monde qu’elle s’est vue définitivement quitter.

_________________
Heaven In Hiding
And you thought that you were the boss tonight. But I can put up one good fight. I flip the script like I can take a beating. And when you start to feel the rush. A crimson headache, aching blush. And you surrender to the touch, you'll know. I can put on a show, I can put on a show.  ▬ Don't you see what you're finding ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 327
↳ Points : 279
↳ Arrivé depuis le : 08/03/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Frank Dillane
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Infirmier
↳ Opinion Politique : Pas en accord avec mais préfère fermer les yeux.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général 2, niveau 3 en transformations et sens surdéveloppés
↳ Playlist : Water - Jack Garratt / Alive - Sia / Trees - Twenty One Pilot / What about us - Pink / Alibi - 30 Seconds to Mars / Hurricane - 30 Seconds to Mars
↳ Citation : The only way to survive a mad world is to embrace the madness.”
↳ Multicomptes : Nope
↳ Couleur RP : #BDA44D



les petits papiers
↳ Copyright: Signa : Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Lun 20 Mar - 1:51

La porte se referma sur ma sœur et je me retrouvai seul. Seul face à l’attente. Mes mains retombèrent le long de mon corps, mon regard scannant les alentours à la recherche d’une quelconque activité. Je ne savais pas pour combien de temps ils en auraient avec Joan mais je me doutais bien que ce serait long. Elle avait quand même reçu plusieurs balles et vu son état de conscience en entrant dans les urgences, c’est qu’elle n’était pas bien. Je me décidai à aller m’assoir en voyant plusieurs sièges libres. Je me laissai lourdement retomber tout en lâchant un long soupire. Autour de moi, les médecins s’afféraient, des gens allaient et venaient, certains plus blessés que d’autres. Je les observais, distant, désintéressé. Mes yeux passaient de l’un à l’autre sans plus d’intérêt, de compassion. Des vies parallèles, mouvementées, secouées. Autant que la mienne ? Plus ? Moins ? Il était étrange de se dire qu’une multitude de vies différentes se croisaient alors que nous n’avions aucune idée de ce qu’était leur quotidien. Un regard échangé, un geste effectué, et pourtant, on ne savait pas ce qu’ils vivaient le soir en rentrant du travail. Avaient-ils une famille ? Etaient-ils heureux ? Tous ces gens auxquels je ne voulais pas m’intéresser. Je m’en fichais. En quoi leur misérable vie pouvait-elle bien changer la mienne ? Cependant, un trio attira mon regard. Un couple et un homme en blouse blanche. Des larmes. A en juger par cette scène, je pouvais deviner que le médecin annonçait le décès d’un proche du couple. Mes pensées s’envolèrent alors très loin, imaginant ma réaction face à un médecin m’annonçant la mort de Joan. Que dirais-je ? Que ferais-je ? Resterais-je de marbre comme j’en ai l’habitude ? M’effondrais-je ? Attendrais-je d’être seul pour laisser couler toute la peine de mon corps ? Me mettrais-je en colère contre les mauvaises personnes ? Laisserais-je éclater cette colère ? Bien évidemment, en laissant de côté le fait que je me transformerais en serpent contre mon gré et ce pour le restant de mes jours. Le chagrin prendrait certainement le dessus et je perdrais le contrôle de tout mon être. Le mobilier en souffrirait ma haine contre le monde se déverserait, je ne serais plus le même. Mais je préférai taire cette pensée pour l’instant. Je ne voulais même pas imaginer cette possibilité. Joan allait s’en sortir.

Ma main se mit nerveusement à jouer avec les élastiques de mon pull et je me rendis compte du sang sur mes habits. Celui de Joan. J’en avais également sur mes mains. Un frisson me parcouru alors que je pensais à tout ce sang qu’elle avait perdu. Dégoûté, je me levai et me précipitai vers les toilettes. Mes mains se plongèrent sous l’eau du robinet et je me mis à frotter. Frotter si fort que j’en eus mal. Je voulais me débarrasser de ce sang mais aussi de ce sentiment de culpabilité, de honte, de peur. Mais des frottements ne feraient pas partir cette désagréable sensation. Seul le temps ou peut-être la voir respirer, en vie. Mais je frottais, à ne plus m’arrêter, et les larmes coulèrent sur mes joues, si vite, si amères. Dans ma tête, les pensées négatives se bousculaient, tournaient, me hantaient, me poussaient vers le fond. Si un Valentine méritait de mourir, ce n’était certainement pas Joan. C’était moi, le mal aimé, le spécial, le perdu, l’orphelin. Joan n’avait été qu’un soleil dans cette éclipse que j’avais malgré moi traversé. Elle m’avait guidé. Si j’étais encore là aujourd’hui, c’était bien grâce à elle. Donc si quelqu’un devait vivre, c’était elle. Pourtant, c’était elle qui était derrière cette porte, à souffrir, à lutter pour sa vie. Pourquoi ? Oh Joan était loin d’être parfaite, mais comparé à cette misère que j’étais, elle paraissait tel un arc-en-ciel au milieu de l’orage. Mon orage. Combien de fois m’avait-elle permis de me sentir plus léger, meilleur que ce que je pouvais être. Mais son sang se trouvait sur mes mains et je n’arrivais tout bonnement pas à faire partir cette couleur rouge. J’avais beau frotter, j’avais l’impression qu’il y avait plus que ça. Je n’y arrivais pas. Et les larmes continuaient de ruisseler le long de mes joues, brouillant ma vue. Les frottements cessèrent mais pas les larmes. A bout de nerfs, je coupai l’eau et m’effondrai le long du mur, me laissant tomber jusqu’au sol. Mes mains encore mouillées vinrent se poser sur mon visage et je me laissai aller. Depuis combien de temps n’avais-je pas pleuré ainsi ? L’émotion était si forte que je ne fis même plus attention à ce qu’il se passait autour de moi. Peut-être des gens entraient et sortaient des toilettes mais je ne m’en rendis même pas compte. Cette position de faiblesse ne me ressemblait pas. Pourtant, elle était réelle. J’avais perdu le contrôle de moi-même.

Les larmes diminuèrent petit à petit jusqu’à s’arrêter. Mes jambes se ramenèrent contre moi et ma tête vint se poser sur mes genoux, mes bras entourant mes jambes, le regard perdu, vide. Les minutes passèrent, longuement, sans que je ne bouge. Perdu dans mes pensées, le monde semblait s’être arrêté de tourner. Pourtant, la vie continuait. Joan se faisait soigner, elle irait bien. Je devais m’en persuader. Une de mes mains essuya les larmes sur mes joues et je me décidai à me relever. Je me passai de l’eau sur le visage et sortis des toilettes, rejoignant mon siège laissé plus tôt. J’y repris place et l’attente repris.

Après plusieurs heures, les yeux lourds de fatigue, d’émotion, une femme en blouse s‘approcha de moi. Joan s’en était sortie, elle n’allait pas tarder à se réveiller. Mes mains se mirent à trembler et un sourire que je n’avais pas vu depuis bien longtemps apparut sur mon visage. Elle m’indiqua le numéro de chambre et je me levai d’un bond pour me précipiter vers la direction désignée. J’allais la revoir, elle était saine et sauve. Mais une fois devant la porte, j’hésitai longuement avant d’oser entrer. Comment allait-elle réagir face à cette situation ? Marie c’était quelque chose, mais Joan ? Qu’allait-elle en penser ? Se souviendrait-elle seulement de ce que je venais de faire pour elle vu son état ? M’en voudrait-elle d’être là ? L’appréhension se glissa doucement en moi alors que mon poing frappait contre la porte avant que je ne l’ouvre.

Et je la vis, couchée sur le lit, des blessures maculant sa peau visible. Mon cœur se serra tout en m’approchant d’elle. Elle n’était pas encore réveillée. Je pris donc place sur la chaise à côté du lit, ne la lâchant pas du regard. Elle paraissait si paisible après ce qu’on avait vécu. Elle d’un naturel explosif semblait plongée dans la tranquillité.

Mais sa main se mit enfin à bouger, les machines autour d’elle s’animèrent et des infirmières entrèrent. Elles lui prirent la tension, la remuèrent, testèrent des choses qui m’échappaient et je me trouvais planté à côté, à les regarder s’afférer. Leurs gestes étaient précis, rythmés. Elles se parlèrent et je ne pris pas la peine d’essayer de comprendre, très vite désintéressé. Mes yeux retombèrent sur le visage de Joan alors que les siens s’ouvraient gentiment. Elle peina à tourner la tête et je me levai de ma chaise pour m’approcher d’elle. Elle prononça mon nom d’un murmure. L’entendre me fit du bien. Elle me demanda ce que je faisais ici avec sa douceur légendaire. Qu’est-ce que je foutais là ? Elle ne devait pas se souvenir de ce qu’il s’était passé pour me poser une telle question. Un cri s’échappa de sa bouche et j’attrapai doucement sa main pour la ramener vers moi. - Ne bouge pas trop… Mes lèvres se déposèrent sur sa main alors que mes yeux restaient plongés dans les siens. - J’t’avais promis de te sortir de là, tu t’en souviens ? Malgré l’appréhension que j’avais ressentie plus tôt, je me sentais à présent presque apaisé. Joan était en vie, c’était l’essentiel.




_________________
If I look back I'm lost
« You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece . •• .unbreakable »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5274-milo-i-don-t-want-control

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2917
↳ Points : 6879
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - Ghost // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Lun 27 Mar - 13:47

Les tonalités de la machine à proximité éparpillent la vie qui se débat encore dans la cage thoracique. Pas d’échappatoire pour la conscience, les douleurs réveillent peu à peu les souvenirs. La mémoire incomplète restaure au moins le règlement de compte. Les coups, la fusillade, le repli. Dans le flou artistique qui s’en est suivi, Ezekiel a émergé. Un trait de lumière dans l’obscurité oppressante. L’esprit a combattu, s’est raccroché au bras qui l’entourait. Des griffes contractées sur la poitrine immédiatement. Elle allait lui arracher son humanité quelques heures auparavant et pourtant, c’est sa main qu’il serre, approche de ses lèvres. Une tendresse qui la désarme, coupe son souffle déjà erratique. Son cœur chute, loupe quelques battements. La promesse émise ainsi dignement honorée. Elle aurait dû le savoir, il a été la première personne à respecter ses engagements. Du moins, avec elle. Il a mené bien des luttes à ses côtés, a été jusqu’à s’approprier la sienne alors que tout les séparait. Les doigts de la milicienne se replient faiblement autour de la paume alliée. Le trouble l’empêche de s’exprimer, resserre sa gorge. Ses paupières chassent la brume. Sa rétine, elle, traque les traits voisins. La pupille revête la déroute, des sanglots étouffés derrière sa rangée de cils. Chamboulée par le cours improbable des événements, par l’anxiété fraternelle manifeste, la sorcière contient très mal sa culpabilité. Se disputent dans son crâne, une ribambelle d’émotions. Tempête affective ravageant son sang-froid, engendrant plus d’une déficience cardiaque. L’appareil mesure l’affolement, rythmique perturbée par les révélations à dénicher. Les lèvres tremblent. Elle s’est vue mourir, au ralenti. A eu l’occasion de se pencher sur les conséquences de sa disparition. Expérience plus traumatisante que l'arrêt brutal durant les jeux. Donc elle n'est pas aussi libre qu’elle se portait à le croire. Quelle ironie. Sa prise sur la paume du changeur se resserre faiblement.

Les paroles sont soufflées, difficilement portées par son larynx écorché. « Comment t’as su ? Comment t’as fait ? » Apparu au milieu du chaos, ses bras la soutenant déjà. Comme si la créature avait été rappelée au créateur au moment critique. Mais ça, Joan n’y croit pas. La magie possède des limites que même l'affection ne pourrait transgresser. Du moins, le pense-t-elle. Pourtant, le hasard n’existe pas non plus. Les questions s’évanouissent au profit de la faute, aux sentiments qu’elle suscite. Un poids sur l’estomac, un tiraillement au niveau du cœur. Le pouce coulisse contre le dos de la main qu’elle soutient encore. « J’ai failli te foutre dans la plus belle des merdes… » Encore une fois en l'espace de quelques mois. A-t-il seulement aperçu les exploits de l’arène ? Son sacrifice consenti, quand elle s’est jetée devant Declan pour l’épargner au détriment de leur existence à tous les deux ? S’est-il dit qu’elle refaisait les mêmes conneries ? Le jugement de son aîné la terrorise. Peu de gens disposent d’un tel pouvoir sur elle. Mais l’égyptien, lui, se trouve en tête de cette liste. Il a tous les droits et elle n’a dans les mains que tous ses crimes. Ainsi, cette douceur lui reste incompréhensible. Il devrait la maudire. S’énerver. Recracher sa colère. Elle l’a abandonné dans l’épreuve. L’a lié à elle de façon irrémédiable. « Et toi, tu restes là comme un pauvre naze… A me regarder comme si t’avais vu la foutue sainte-vierge. » Articulation lente, le sommeil guette. Seule sa peine lui permet de s’accrocher à quelques pans de lucidité. Droguée à quelques médications, assurément. Dans ce brouillard chimique, la fougue s’assoupit. Ne demeure que les démons. Une larme échappe à la blessée. La mâchoire se serre à la suite. « T’es trop con, putain. » Le visage se tourne comme il peut contre l’oreiller pour effacer le sillon que le chagrin a causé. Qu’est-ce qu’elle en crève de ne pas pouvoir se redresser, le prendre dans ses bras. Se faire pardonner. Le remercier. La force lui manque, les mots s’absentent. Tout ça n’a aucun sens. Et tout est à sa place pourtant.

Des détails manquent pourtant. Des faits importants. Le trentenaire porte les souillures nées de l'hémorragie mais il ne présente pas à première vue - vue néanmoins troublée par l’affaiblissement, d’une quelconque bataille. Elle ne comprend pas comment il a pu la sortir de là, mettre en déroute ses opposants à lui tout seul. Ce qui est clair c’est que ces derniers ne doivent pas être enchantés de la savoir encore en vie. La panique survient brutalement à cette pensée, elle arrache ses doigts au métamorphe. D’un bond, la divorcée redresse son buste. La douleur la fauche, les cris ne s’échappent même pas de son thorax tant elle lui est insurmontable, bloquant l’air dans les poumons. La brune retrouve aussi vite dans les coussins, les bras se repliant inutilement contre ses plaies recouvertes de l’atroce tunique d’hôpital. La tête lui tourne, l’épuisement la cloue au matelas à l’instar la souffrance physique.

Il lui faut de longues minutes pour récupérer de son mouvement impulsif. Figée entre les draps, elle réapprend à respirer et à se décrisper. Ses traits se détendent légèrement avant que l’usage de la parole ne lui soit restauré. « Faut que tu te casses. Vont peut-être revenir finir le boulot, avec du renfort. Faut pas que tu te trouves là. » Sa main cherche à le repousser, à lui faire comprendre l’urgence mais elle parvient, à peine, à atteindre le bras de l’homme. La violence qu’elle voudrait mobiliser décampe. Anémique, elle ne possède même plus la vigueur nécessaire pour soutenir ses propos avec dignité. «  Avec ta tronche à claques… Vont vouloir te butter. » Justification sommaire. Habitée par l’appréhension, elle ne s’entend plus parler. Ne réalise pas plus ce que l’instinct devrait crier à celui qui vient de la sauver. Forcément, il n’a pas accompli tout ça pour la perdre aussi bêtement. « T’as assez pris de coups pour ma gueule. » Se contente-t-elle d’argumenter. « Collègues vont venir. » Une conviction totalement erronée. Ils ne sont sans doute même pas au courant. Qui voudrait veiller sur elle de toute manière ? La spirale reprend. Lui, animal. Elle, bien incapable de se protéger dans cet état. A court d’options et d’énergie pour se battre contre ce problème actuellement, l’insoumise sent son expression se craqueler. Survivre pour mieux crever. Foutue fatalité. Le mental d’acier sectionné et la combattivité définitivement émiettée, la victime se voit à nouveau fixer droit dans les yeux, la faucheuse. Comme l'ultime solution à ce beau désastre. L'unique semble-t-il pour son esprit engourdi mais réaliste.

_________________
Heaven In Hiding
And you thought that you were the boss tonight. But I can put up one good fight. I flip the script like I can take a beating. And when you start to feel the rush. A crimson headache, aching blush. And you surrender to the touch, you'll know. I can put on a show, I can put on a show.  ▬ Don't you see what you're finding ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 327
↳ Points : 279
↳ Arrivé depuis le : 08/03/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Frank Dillane
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Infirmier
↳ Opinion Politique : Pas en accord avec mais préfère fermer les yeux.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général 2, niveau 3 en transformations et sens surdéveloppés
↳ Playlist : Water - Jack Garratt / Alive - Sia / Trees - Twenty One Pilot / What about us - Pink / Alibi - 30 Seconds to Mars / Hurricane - 30 Seconds to Mars
↳ Citation : The only way to survive a mad world is to embrace the madness.”
↳ Multicomptes : Nope
↳ Couleur RP : #BDA44D



les petits papiers
↳ Copyright: Signa : Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Jeu 18 Mai - 1:51


Mes yeux cherchaient toujours les siens alors que la milicienne prenait gentiment possession des lieux. Perdue, déboussolée, je sentais les tremblements qui l’habitaient grâce à ce contact avec sa main. Elle revenait gentiment à la vie, elle qui frôlait la mort quelques heures auparavant. Pourtant, elle était bien là, face à moi, vivante. Sa peau n’avait pas encore repris sa couleur d’origine, mais ce teint cadavérique de tout à l’heure avait disparu. Son cœur s’accéléra comme l’indiquèrent les machines et ma main s’accrocha automatiquement plus fort à la sienne alors que sa prise se resserrait. Je ne savais pas ce qu’elle avait pu ressentir durant tout ce temps, ce qu’elle avait subi, par quel voyage imaginaire elle était passée avant de reprendre possession de son corps, mais une chose était sûre, Joan avait vu la mort de près. Pour l’avoir vécu moi aussi, je pouvais comprendre que revenir dans le monde réel après une telle expérience était traumatisant. Se sentir partir, voir sa fin proche, imaginer un monde sans nous et enfin, accepter. Accepter que le monde continuerait de tourner même sans notre visage au milieu du tableau, accepter que nos proches reprendraient le cours de leur vie comme ils le pouvaient et finiraient par nous mettre dans la liste de leurs souvenirs plus ou moins beaux, accepter que notre temps était passé, que le dernier grain de sable du sablier de notre vie s’était écoulé et qu’il était temps de rejoindre un univers inconnu. Tourner ainsi le dos à notre vie n’était pas facile, mais imaginez seulement ce que pouvaient ressentir ceux qui restaient, les délaissés, une partie d’eux-mêmes arrachée si violemment.

La voix faible de ma sœur me sortit de mes pensées. Elle me demanda comment j’avais su, comment j’avais fait. Elle n’avait donc toujours pas réalisé quel rôle j’avais dans toute cette histoire. Pour elle, j’étais apparu par magie au milieu du conflit pour l’arracher aux bras de la faucheuse. Que dirait-elle en sachant que j’avais approuvé sa mise à mort au départ ? Que cette mafia qui avait failli la tuer n’était autre que la mienne ? Je pourrais lui dire que je l’avais sentie en danger, que le lien plus que fraternel qui nous unissait m’avait guidée à elle, mais ce serait un mensonge. Je n’avais jamais ressenti ça et je ne saurais si c’était quelque chose de possible. Je m’apprêtais à ouvrir la bouche pour lui répondre, mais Joan ne m’en laissa pas le temps. Son pouce se baladant doucement contre ma main – geste tendre et peu habituel – sa voix brisa à nouveau ce silence. Toujours ce même discours. Oui, elle aurait pu me foutre dans une belle merde, mais ne l’avais-je pas cherché ? Je m’étais volontairement jeté dans la gueule du loup, aveuglé par la peur de perdre ma sœur. Tout aurait pu se terminer de façon plus tragique que ça, et pour chaque parti. De plus, à mon sens, je lui devais bien ça. Joan avait abandonné tous ses principes pour me sauver et me métamorphoser. Je lui devais la vie et c’était ma sœur. L’abandonner sur le macadam alors que son sang se déversait ne m’avais même pas effleuré l’esprit. J’avais vu l’épreuve de l’arène, je l’avais vue se sacrifier aveuglément pour sauver cet homme, et pourtant, je n’arrivais pas à ressentir la moindre haine pour ma sœur. Pas en ce moment. J’avais eu trop peur de la perdre. Avait-elle ressenti la même chose en me voyant presque mort ? Lui aurais-je manqué comme elle m’aurait manqué ? Y avait-elle seulement pensé ? J’y avais longuement réfléchi, à ce qui lui était passé par la tête dans l’arène. Si l’idée que sa mort me transformerait pour le reste de mes jours lui avait traversé l’esprit.

Mais Joan changea de comportement et redevint la Joan amère dont j’avais trop souvent l’habitude. Les insultes fusaient de sa bouche et je fermai les yeux, essayant d’ignorer ces paroles. Elle était fatiguée et venait de vivre une terrible épreuve. Ce calme me ressemblait si peu. J’aurais déjà explosé en temps normal. Mais la voir dans ce lit, si vulnérable m’empêchait de me retourner contre elle. Elle ne pensait pas ce qu’elle disait, elle était fatiguée. J’aimerais m’en persuader. Mais sa voix brisa encore le silence, me traitant de con. Mes yeux s’ouvrèrent à nouveau, son visage s’était tourné. Je la connaissais ma sœur… Je devinais la peine sur son visage. Oh ce que j’aimerais la remettre à sa place, lui dire ses quatre vérités, qu’elle n’avait rien à foutre dans la Sakpata, mais sa détresse m’empêchait de le faire. Ma gorge refusait de se dénouer. Je n’étais pas cet homme-là, non. Si peu de courage, un faible face à la douleur. Un long soupire me prit alors que le tourbillon de sentiments tourmentait à nouveau mon esprit.

Joan se redressa soudainement, prise de panique. Ses doigts lâchèrent les miens et je vis toute la douleur traverser son corps. Je me reculai, impuissant face à ce spectacle. J’aurais aimé l’aider, faire taire ces machines qui s’affolaient autour d’elle, soulager sa douleur et retrouver la douceur qui liait habituellement les traits de son visage. Ces lignes si parfaites et non cette grimace douloureuse. Mais la milicienne retrouva d’elle-même sa place initiale, me laissant hébété, incapable de comprendre quelle folie venait de traverser le corps de ma sœur. Mais elle ne tarda pas à me faire comprendre ce qui lui avait provoqué cette réaction. Alors que sa main cherchait à repousser la mienne, elle me fit part de ses peurs. Sa douleur prit tout son sens. Voir les troupes revenir, finir le boulot. Tout aurait pu se produire, mais il n’en sera jamais le cas. Pas tant que je serais dans cette mafia. Elle cherchait à s’exprimer, à me repousser, mais comme à son habitude, elle devint agressive en se rendant compte qu’elle n’arrivait pas à ses fins.

Agacé de la voir se tourmenter pareillement, ma gorge se dénoua enfin et le son de ma voix se fit entendre. - Personne ne viendra Joan. Mais elle ne s’arrêta pas là. Ses paroles continuèrent, toujours le même discours à la bouche. Je m’emportai, laissant enfin sortir ce que je m’étais refusé de lui dire. - Mais putain, c’est moi la Sakpata ! Comment j’aurais su que t’étais là-bas ? Comment j’aurais fait pour m’en sortir sans la moindre égratignure ? Réfléchis. Me rendant compte du ton sec de ma voix, je m’approchai à nouveau de la brune et repris ses mains entre les miennes. Un ton doux guida à nouveau mes paroles. - Alors non, Joan, personne ne viendra, tout simplement parce que je leur ai ordonné de ne pas le faire.

La porte s’ouvrit, interrompant ce moment d’intimité. Je sursautai, soudain apeuré que les tourments de Joan ne se réalisent. Et si quelqu’un venait réellement ? Mais ce n’était que les infirmières qui venaient vérifier ce qu’il s’était passé plus tôt. Les machines n’auraient pas dû s’affoler comme ça si tout se passait bien. Agacée, l’une d’elles me demanda même ce que je faisais encore ici. L’heure se trouvait être assez tardive, effectivement, mais Joan venait de se réveiller, j’avais bien le droit à un peu de temps avec elle, non ? On m’accorda de rester encore un moment, mais plus très longtemps. Je soupirai une nouvelle fois et attendis qu’elles repartent pour me retourner vers ma sœur. Tant de questions me trottaient dans la tête et pourtant, une seule ne passa la barrière de mes lèvres. - Pourquoi, Joan… ? Pourquoi la Sakpata ?


_________________
If I look back I'm lost
« You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece . •• .unbreakable »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5274-milo-i-don-t-want-control

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2917
↳ Points : 6879
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - Ghost // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Dim 28 Mai - 1:01

Le silence du métamorphe sublime sa tendresse. De cette vieille complicité que le mutisme commun a solidifiée, à l’abri du monde, rejaillit une douceur impérieuse qui répare le cœur meurtri. La solitaire a injustement affirmé dans l’arène n’avoir personne à attendre. Le déni a réarrangé la réalité à sa convenance. Elle n’avait besoin de rien, besoin de personne, c’était ça le pari, son défi. Mais l’absence répétée du mafieux à ses côtés lui a pesé et les évidences se déploient à chaque seconde un peu plus. En retrouvant sa proximité, elle ré-apprivoise la chaleur d’un foyer au creux de ses iris voilés par l'anxiété. Un sentiment trop précieux pour être gaspillé, un lien trop important pour être sectionné. Le renvoyer avant l’assaut lui parait être la meilleure idée, sa seule opportunité pour le préserver. Lui n’entend rien, se butte à de fausses croyances qu’elle refuse de recevoir. Même s’il doit errer sous sa forme reptilienne, sa survie prévaut à un quelconque sacrifice. Joan ne pourrait pas surmonter sa mort. Elle l’a très bien compris le soir où ses paumes ont été souillées de son sang. Sa propre détresse l’a désarçonnée, au point de s’infliger ce maudit rituel. Elle a eu l’impression de manipuler le corps frêle et disloqué de Jill, de la tuer une seconde fois en osant répéter ses erreurs. Le résultat tient seul devant elle cependant, plus réussi qu’elle n’aurait pu l'imaginer. La honte reste multiple parce qu’Isaac est le centre de ce mal et qu’elle l’a condamné à cette étrange existence sans lui offrir le choix. Quand elle le fixe, c’est sa culpabilité qui la fait crever. C’est pour ça qu’elle a couru en sens inverse, convaincue de pouvoir semer la douleur. A son chevet, elle ne ramasse que des sanglots étouffés et une sincère envie de se reconnecter à celui qu’elle a écarté.

Si ses ratés prennent toute la place durant cette poignée de secondes, ceux du changeur les complètent très rapidement. La révélation tombe sur elle sans préambule. Un coup fictif porté à la nuque, la tête part vers l’avant, l’air refoulé dans le larynx. Le regard hagard effleure les prunelles fraternelles. L’emportement la fait divaguer, ses mains contre les siennes la terrorisent. A cet instant, elle ne sait plus vraiment qui il est, ce qu’elle connait de lui. Le gamin renfermé qui l’a protégée des brimades, disparait pour laisser place à cet homme qui se complait depuis trop longtemps dans la destruction. Elle pensait juste qu’il réservait sa décadence à sa seule personne. Elle n’aurait jamais cru qu’il la disperse aux quatre coins de la ville, affilié à cette organisation malsaine. Le peu d’informations en révèle déjà tellement, dans le choix des mots mais la surprise et la drogue la tiennent éloignée des pires conclusions. Totalement sonnée, son attention ne dévie jamais de son acolyte. Les infirmières interviennent mais c’est à peine si elle les discerne, focalisée sur la cause de son trouble. Elle hoche vaguement de la tête pour répondre aux injonctions des employées et les écoute à peine tandis qu’elles adressent quelques avertissements à son seul visiteur. En temps normal, elle les aurait calmées ces blouses blanches empressées à lui fixer des limites stupides. Mais la norme s’est dissoute au profit d’une hideuse vérité. Elle ne comprend pas. Comment ont-ils pu s’éviter ainsi ? Comment n’a-t-elle jamais su qu’il était si proche d’elle durant tout ce temps ? Dans quelle mesure aurait-elle pu le mettre en danger ? Et pourquoi ? Pourquoi fait-il ça ? Drôle comme elle peut pardonner son amant pour son passif de criminel, affligeant comme elle ne peut pas concevoir la moitié de ce que son aîné a pu engendrer.  

Le jugement régit l’enveloppe dès qu’il ose froisser la quiétude à nouveau, portant à ses lèvres une interrogation qui lui revient à elle. « Putain de merde mais tu te fous de ma gueule ? C’est toi qui ose me demander ça ? » Le timbre trahit le tourment, les paumes tremblent contre les draps. La mâchoire se serre, les membres s’agitent, des soubresauts liés à la tension musculaire. La souffrance physique ne lui épargne pas sa jumelle émotionnelle. « Bordel mais tu fous quoi de ta vie ? Ça t’a pas suffi de manquer de crever ? Bosser pour ces salopards maintenant... » Les scènes resurgissent, tout ce qu’elle a étouffée durant ces mois d'infiltration. L'abomination derrière l'illégalité. C’est cette gamine terrifiée qui hante en premier ses pensées. Le gouvernement l’a forcée à commettre plus d’une atrocité, au nom d’une loi parfois immorale. Pourtant, rien ne l’a jamais plus marquée que cette sombre histoire de fric. Un enjeu ridicule qui a entrainé le malheur d’une môme désormais orpheline.  C’est à ça que son frère s’adonne ? « Mais d’où tu débarques, putain, j’hallucine. T’étais où tout ce temps ? » Les intonations frémissent. Et s’ils s’étaient croisés avant. Qu’aurait-il fait ? Qu’aurait-il dit ? Où se place sa loyauté ? Il l’a sauvée, il est vrai tout en participant à l’acte pourtant. La seconde flopée de souvenirs la ramène à ses femmes qu'elle a vu passées. De celles qui survivent en écartant les cuisses et en simulant l'extase dans des bras poisseux contre quelques dollars. Elle éjecte plusieurs problématiques, se concentre sur ce qu’elle peut. Sur le plus urgent. Recracher le pire, ce qui empoisonne sa cage thoracique, nécrose les poumons. « Et c’était quoi le but, te shooter la gueule gratuitement peut-être ? La came est bonne, j’espère, frangin. Tu les fous aussi sur les trottoirs, toutes ces gamines ? Qu’elles se fassent prendre par le premier queutard qui a les bons billets ? Abruti, après ce que ta mère a subi… C’est comme ça que tu gères ton passé ? En entretenant ce business à merdes ? T’as de la chance que je puisse pas t’en coller une. Putain de merde. Toi associé à la prostitution… Ça me fait dégueuler. » Un grognement lui échappe. Le poids du chagrin et de la déception arque les sourcils.

L’incohérence la poursuit mais la rage l’emporte, dissipe les effets salvateurs de la morphine. « Mais il se passe quoi dans ta tête ? T’es trop défoncé pour penser ? » Comme cette nuit, où leurs chemins se sont retrouvés. Bien avant tout ce bazar avec son ex-mari, quand elle l’a sorti du caniveau pour tenter de le remettre sur pied. Elle ignore ce qui l’a conduit à cet état. Et pour cause, elle n’a pas été là quand il avait besoin d’elle. La désillusion se désarticule, l’attachement fait vibrer la voix, la brise. L’émotion accule la rancœur, la tristesse tiraille ses traits. « T’as envie que je te retrouve à moitié crevé combien de fois hein ? Putain, Ezekiel mais qu’est-ce que tu me fais ? » Plus incertaine que jamais, elle veut le comprendre. Elle veut vraiment le sonder, apprendre. Pour mieux le réveiller de ce cauchemar. Pour mieux retrouver l’enfant qu’on lui a initialement présenté. Celui qui aurait tout donné pour ne jamais revoir une femme ainsi maltraitée. Peut-être qu’elle l’a perdu à tout jamais, il y a longtemps. Elle ne sait plus à quoi s’en tenir entre les fragments d’affection récemment collectés et les décalages entre leurs évolutions respectives. Alors elle se permet d’attendre, d’espérer qu’il lui fournisse une explication sensée, qu’elle pourra croire à défaut de l’accepter.

_________________
Heaven In Hiding
And you thought that you were the boss tonight. But I can put up one good fight. I flip the script like I can take a beating. And when you start to feel the rush. A crimson headache, aching blush. And you surrender to the touch, you'll know. I can put on a show, I can put on a show.  ▬ Don't you see what you're finding ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 327
↳ Points : 279
↳ Arrivé depuis le : 08/03/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Frank Dillane
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Infirmier
↳ Opinion Politique : Pas en accord avec mais préfère fermer les yeux.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général 2, niveau 3 en transformations et sens surdéveloppés
↳ Playlist : Water - Jack Garratt / Alive - Sia / Trees - Twenty One Pilot / What about us - Pink / Alibi - 30 Seconds to Mars / Hurricane - 30 Seconds to Mars
↳ Citation : The only way to survive a mad world is to embrace the madness.”
↳ Multicomptes : Nope
↳ Couleur RP : #BDA44D



les petits papiers
↳ Copyright: Signa : Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Mer 14 Juin - 0:51


Ma poigne sur les mains de Joan n’était plus la même. Les pensées de la milicienne l’avaient emportée à des années lumières d’ici et je sentais chacune de ses interrogations en elle. La vérité arrivait enfin à son cerveau, elle comprenait, elle recollait les morceaux, petit à petit. Et cette réalité était bien moins belle que ce à quoi elle s’attendait. Son regard resta posé sur moi tout le long de la visite des infirmières. Je savais qu’à un moment donné elle allait exploser, que la colère allait prendre le dessus et que ses paroles envahiraient la pièce. Mon regard restait plongé dans le sien, attendant qu’elle s’emporte, prêt à encaisser. Le silence entre nous s’éternisait et j’en venais à m’impatienter. Qu’on en finisse. Cette dispute aurait eu lieu à un autre moment de toute manière, autant que ce soit maintenant. J’aurais aimé que cette douceur entre nous dure plus longtemps. La compagnie de ma sœur me manquait. Cette complicité que nous avions autrefois me provoquait une forte mélancolie de temps à autres. J’avais encore besoin de ma sœur comme je savais qu’elle avait besoin de moi. Mais encore une fois, nous étions trop cons pour nous avouer tout ça. Chaque fois que la vie nous rapprochait enfin, il en fallait si peu pour nous séparer. Le conflit était si courant, si naturel. Nos caractères n’étaient pas faits pour s’entendre. Trop impulsifs, la moindre frustration faisait rugir la bête en nous. Le calme entre nous était si rare et pourtant, nous nous entendions si bien autrefois.

Les infirmières finirent par s’en aller, nous laissant seuls, la colère planant au-dessus de nous. La sentence allait tomber. Mais Joan ne parla pas la première car j’ouvris la bouche d’abord, laissant cette interrogation en suspens. Elle bouillonnait, ça allait venir. Et la réponse tomba. La fureur fit rage, me frappant de plein fouet. J’encaissais, je l’écoutais. J’avais envie de répondre à chacune de ses accusations, mais pour une fois, je me contrôlais. Elle avait de quoi être en colère, oh ça oui. Tout allait si vite et ma tête commençait à me chauffer. Allais-je vraiment réussir à me contenir ? Ma nature reprendrait-elle le dessus une fois de plus ou pas ? J’aurais pu me contrôler, vraiment, mais Joan osa ramener ma mère sur le tapis et j’explosai. Je me levai de ma chaise et commençai à faire les cent pas, cherchant à me calmer. Mais elle continuait. Mes mains se posèrent sur mes tempes, mon regard cherchait le sol. Son monologue se poursuivit, m’enfonçant dans ma détresse. C’est lorsqu’elle cessa de parler que ses paroles tournèrent dans ma tête et c’en fut trop. - J’me suis foutu dans la merde, moi et toute la mafia, pour toi ! On est dans la merde jusqu’au cou parce que j’ai été contre mes hommes. Mais la reconnaissance n’a jamais été dans ton vocabulaire. Mes pas s’arrêtèrent, mes yeux cherchant les siens. Malgré la tristesse que je pouvais lire sur son visage, je ne m’arrêtai pas. - Je demande pas à me faire traiter comme un dieu, j’en ai rien à battre, mais pour une fois depuis des lustres, tu pourrais pas agir dans le sens des autres ou simplement comme ma sœur, celle avec qui j’ai grandi et pas cette personne amère, pleine de rancœur et d’injures ?! Mes mots dépassaient mes pensées, mais je ne pouvais plus m’arrêter. Sa détresse n’avait plus aucun effet sur moi, seules ses paroles me contrôlaient. - Tu m’as façonné tel que je suis, cet espèce de monstre sans contrôle sur tout ce qui l’entoure. J’suis plus celui que j’étais. J’suis un animal, un animal que TU as créé. Tu m’as lâché dans la nature comme ça, sans repère. Et pourtant, qui était là pour m’aider à passer à travers ça ? Marie, pas toi, non. Marie ! Alors maintenant viens pas me faire la leçon sur qui je suis censé être ou pas avant de t’être regardée en face !  Je me tus car mes paroles me blessaient moi-même. Tous ces non-dits depuis tant d’années, ce vécu dans la tolérance et non l’amour. Trop perdu pour revenir vers elle, mes cent pas reprirent. Sa dernière phrase me revint en tête. Me sauver combien de fois ? Je m’arrêtai et reposai mon regard dans le sien. - Peut-être que j’ai pas envie que tu me sauves ! Laisse-moi crever une bonne fois pour toute, ça nous évitera bien des problèmes ! Je restai ainsi quelques secondes, cherchant quelque chose en elle. Mais je n’y trouvai rien. Où était ma sœur ? Cette femme n’avait rien à voir avec la jeune fille en qui j’avais totale confiance. Nous nous étions tant éloignés. Avant de rechercher le sol du regard, j’ouvris une dernière fois la bouche. - Au moins ici j’ai l’impression d’appartenir à quelque chose. C’était pareil avec toi autrefois, mais ça fait bien longtemps que j’ai pas ressenti ça.

_________________
If I look back I'm lost
« You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece . •• .unbreakable »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5274-milo-i-don-t-want-control

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2917
↳ Points : 6879
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - Ghost // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Mar 20 Juin - 17:47

Le déclencheur a frôlé les lèvres avant l’esprit, invoquant le spectre de la génitrice. La colère ravage la conscience, l’impulsivité régie par la myriade d’émotions que le changeur a provoquée d’une seule et simple révélation. La déception lacère la poitrine mais très vite, la peur comprime la rétine. Les mots ont acculé Ezekiel dans cette partie de sa personnalité fragmentée. Celle qui est incontrôlable, instable à l’excès. La vague de colère s’estompe vaguement face à cette vision. Les sentiments basculent d’une douleur à l’autre. Les appréhensions se réarrangent tandis que Joan prend conscience des limites qu’elle a sciemment franchies, qu’elle l’avise avec préoccupation. L’agitation du métamorphe n’annonce que la chute du sang froid. Les pas qu’il enchaine, les mains repliées sur les tempes. Il retient la bête qui sommeille tout autant que l’agressivité de l’homme qui a tout perdu il y a un moment maintenant. L’innocence à jamais éparpillée aux quatre coins de l’Egypte et l’abandon résolument fixé à l’âme. Le résultat d’une succession de tragédies se tient juste devant elle, ramené sur le devant de la scène par son impétuosité. Malgré toute cette décadence, son frère n’a pas hésité à un seul instant à la sauver. Cette loyauté devrait toucher la sorcière. Elle le fera sans doute, plus tard quand la hargne aura déserté le réseau sanguin. Qu’il ne restera plus que les souvenirs et les remords inéluctables. Pour l’heure, la brune ignore ce qu’elle ressent, à le voir se décomposer devant elle pour mieux rebâtir la personne qu’elle ne connait pas et dont elle a horreur. Elle l’a provoqué mais vit pourtant très mal avec les retombées. La blessée s’écrase un peu plus dans ses oreillers tandis que la tempête s’abat. Peut-être pourrait-elle mieux l’encaisser en temps normal, habituée à leurs disputes, si familière au conflit qu’elle ne cesse d’encourager autour d’elle. La vérité, c’est qu’elle est épuisée, épuisée et traumatisée.

Les paroles de son aîné la propulsent dans ces pans d’histoire qu’elle veut oublier et contre lesquels elle ne peut pas lutter. Pas maintenant, alors que la faiblesse domine l’enveloppe détériorée, que la vulnérabilité instaure entre eux des rapports de force bien trop inégaux. La réincarnée se mord l’intérieur de la joue et replie ses paupières un instant. La culpabilité agit sur elle comme un énième coup de poignard. Elle se crispe, réveillant ainsi une de ses meurtrissures. Un gémissement lui échappe. La seconde suivante, elle mobilise le peu d’énergie qu’il lui reste pour riposter. « J’en ai rien à branler de ta mafia pourrie ! » Un grognement pour marquer le mécontentement. Les bras se replient autour du thorax comme ils peuvent, protègent le palpitant à la rythmique toujours plus irrégulière. « Parce que toi, t’agis comme le mec que j’ai connu ? Putain mais tu te shootes la gueule sans arrêt, t’es totalement paumé et t’as vu pour quoi tu bosses ? Et si j’étais tombée dans ce putain de réseau, moi ? T’aurais fait quoi hein ? » La voix se brise. La boule au fond de la gorge grossit jusqu’à couper la respiration. Elle ne supporte plus de devoir se justifier sans arrêt, avec sa propre personne pour commencer. Les pires accusations nécessitent pourtant un semblant de vérité. Les larmes s’accumulent au bord des cils sans les outrepasser toutefois. « Je voulais pas, moi, te transformer et tu le sais, bordel. Je t’ai jamais demandé d’attaquer ce sale con, ni de finir à moitié crevé dans c’te rue. C’est ta faute, merde. Tu voulais faire quoi de toute façon, hein ? Venger ta connasse de sœur ? Putain, la belle idée. Et qu’est-ce que tu voulais que je fasse, moi ? Te regarder crever ? Je voulais pas faire ça. Mais tu m’as obligée. Tu m’as forcée à te transformer en cette chose. Et je sais pas, moi. Je sais pas, moi ce que j’étais censée faire. Tu sais pas, putain, tu sais pas ce que ça m’a coûtée… Tu sais rien du tout, alors ferme-la. » Les sanglots deviennent muets, les réminiscences se multiplient. Il ignore qu’elle a tenté le même rituel sur Jill. Il ignore ce qu’elle a engendré, ce qui aurait pu lui arriver. Ses pires cauchemars sont souvent alimentés par ce qui aurait pu se produire.

Des sillons se forment sur les pommettes à son insu tandis que la mâchoire se resserre. La fierté éviscérée et la souffrance intacte. Les images tournoient dans son crâne, la mort de sa fille autant que les conséquences de ses choix antérieurs. Elle a bien conscience de mériter ce règlement de compte, d’avoir délaissé une fois de plus l’égyptien face à une épreuve d’envergure mais ça ne l'empêche pas d'enrager contre lui, contre elle, contre le monde entier. Contre ce souhait que l'attitude autodestructrice du mafieux laissait présager, qu’il confirme de son ténor fracassé. Les ongles s’enfoncent dans les draps, les paroles sont autant de plaintes que de cris rageurs. « Ne dis pas ça, putain. T’as de la chance que je puisse pas me lever pour t’en coller une ! » Les dents s’entrechoquent à deux reprises, les tremblements agitent son corps maltraité. Même les drogues ne parviennent pas à dissoudre la peine qu’il vient de lui infliger. « T’es tout ce qu’il me reste, imbécile ! Je peux pas te perdre, bordel de merde. Qu’est-ce que ça te ferait si je te sortais ça ? Hein ? Pense pas qu’à ta gueule, tu m’emmerdes. » Ses sens embrouillés ne lui permettent pas de gérer au mieux un discours plus sensé, elle renonce à le raisonner. Mais se promet de l’empêcher de se nuire dès qu’elle pourra se remettre sur pied.

Pour l’instant, l’épuisement gagne du terrain. Les larmes se tarissent sur ses joues, la prunelle s’éteint à mesure que la discussion se poursuit. Seul le ton cassant perdure. « Puis si appartenir à ces connards t’apporte autant de satisfaction, peut-être que t’aurais dû les laisser me butter. Vu qu’apparemment je suis plus rien pour toi qu’une chieuse pleine rancœur et d’injures. » ajoute-t-elle injustement, blessée par ses propos. « J’ai fait ce que j’ai pu pour survivre. Si j’étais restée la même grognasse… Je me serais déjà tuée. Tu me diras, ça pour le coup, ça aurait vraiment résolu tes problèmes à toi. » Un soupir, elle referme les yeux, tourne le visage et emporte le peu de dignité qui lui reste au fond de son coussin. « Si tu veux te barrer, barre-toi. Va retrouver ta précieuse petite Marie, la meuf qui t’aide si grandement et qui fout entre les cuisses de gonzesses paumées, de gros vicelards. Tout ça pour le fric. Elle doit sans doute bien baiser pour que tu lui sois aussi dévoué. Retourne-lui, va te faire plaiz'. » L’esprit ravagé, elle n’espère déjà plus qu’à s’endormir et distancer cette horrible situation, oublier les dernières vingt-quatre heures pour de bon.

_________________
Heaven In Hiding
And you thought that you were the boss tonight. But I can put up one good fight. I flip the script like I can take a beating. And when you start to feel the rush. A crimson headache, aching blush. And you surrender to the touch, you'll know. I can put on a show, I can put on a show.  ▬ Don't you see what you're finding ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 327
↳ Points : 279
↳ Arrivé depuis le : 08/03/2017
↳ Age : 24
↳ Avatar : Frank Dillane
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Infirmier
↳ Opinion Politique : Pas en accord avec mais préfère fermer les yeux.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général 2, niveau 3 en transformations et sens surdéveloppés
↳ Playlist : Water - Jack Garratt / Alive - Sia / Trees - Twenty One Pilot / What about us - Pink / Alibi - 30 Seconds to Mars / Hurricane - 30 Seconds to Mars
↳ Citation : The only way to survive a mad world is to embrace the madness.”
↳ Multicomptes : Nope
↳ Couleur RP : #BDA44D



les petits papiers
↳ Copyright: Signa : Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Catch me as I fall [PV Ezekiel]   Sam 5 Aoû - 19:47


Ses bras se resserrèrent sur sa poitrine alors que ces paroles infantile dépassaient la barrière de ses lèvres. J’avais l’impression d’avoir face à moi une enfant qu’on avait mis en tort et qui ne savait pas comment se défendre. Je n’étais pas plus mature qu’elle, à lui balancer toutes ces saloperies à la tronche, mais la voir insulter ma mafia de cette manière me fit remonter dans le temps. Elle paraissait si jeune et pourtant avait vécu tant de choses. Nos vies ne nous avaient pas fait de cadeaux mais nous étions toujours là, l’un en face de l’autre, à nous défier. La milicienne me renvoya d’ailleurs l’ascenseur et les tirades continuèrent. - Ca date pas d’hier que j’me pourrisse comme ça ! Pourtant ça t’as pas empêché de ta casser avec ce connard et de me laisser seul dans la merde ! La poigne se fit encore plus dure alors que le contrôle se perdait. Cette dispute remontait à plus loin. Tout revenait au front, faisant reculer Joan dans ses retranchements. - Et je sais que t’es pas assez misérable pour t’abaisser à un trafic pareil. T’es bien trop fière pour finir sur le trottoir. Et je le pensais. Malgré tout ce qu’elle avait vécu, Joan ne se serait jamais lancée là-dedans. Jamais. Elle était bien plus forte que moi. Je cédais bien trop vite aux tentations et aux vices alors qu’elle gardait la tête haute et combattait tout ça. C’est pourquoi elle était dans la milice et pas moi. La force d’esprit. Mais Joan montra une autre facette d’elle-même en m’avouant à quel point elle n’avait pas voulu me transformer. La culpabilité remonta gentiment jusqu’à mon cerveau, se propageant tel un poison. Mes paroles furent murmurées, trop blessé par tous ces aveux. - T’as jamais voulu en parler Joan… Je sais pas et tu veux pas que je le sache.

Mais cet instant de répit ne dura pas puisque la milicienne reprit. - Mais lèves-toi Joan ! Viens m’en coller une ! Ça me réveillerait peut-être de ce cauchemar ! Peut-être que c’est ça qu’il nous faut depuis tout ce temps ! En venir aux mains une bonne fois pour toute ! Le regard plongé dans le sien, la haine revenue, on en était là. Tels deux lions se jaugeant pour savoir lequel serait le plus fort, lequel craquerait en premier. - Je pense tellement qu’à ma gueule que c’est pour ça que je t’ai pas laissée crever sur le bitume. Comment t’oses dire ça, sérieux ? T’es pas tout ce qu’il me reste aussi peut-être ? L’entendre dire de telles choses me faisaient réellement du mal. Elle était tout ce que j’avais. Oui j’avais la mafia, j’avais Marie, mais rien ne passait au-dessus de Joan. Rien. Si je devais crever tout de suite pour elle, je le ferais. Mais en était-elle seulement consciente ? A en juger par ses larmes, j’aurais dit que oui. Mais la fierté l’empêchait de l’avouer. Les relations avaient toujours été toxiques pour nous. Il était bien plus simple de repousser tout le monde et de ne pas montrer nos ressentis. Mais c’était ça qui nous bousillait petit à petit. Ce besoin d’appartenir à quelque chose, de se sentir accepté par quelqu’un qu’on aime. L’humain n’est pas fait pour vivre seul et nous en étions la preuve vivante. Un long soupire me pris, épuisé par cette dispute, épuisé par ces accusations, épuisé de lui en vouloir alors que la faute venait en majorité de moi, épuisé de la vie.

Mais la milicienne continua, la voix cassée par l’émotion. Ces paroles m’arrachèrent un haut le cœur. Etait-ce vraiment tout ce qu’elle pensait de moi ? Réellement ? Sa tête tournée, j’avançai d’un pas vers elle, fronçant les sourcils. - Les laisser te buter m’aurait apporté quoi hein ?  Tu crois que te perdre m’aurait amené de la satisfaction ? Tu peux être la pire des connasses parfois mais tu restes ma sœur ! On a pas perdu assez de monde tu crois ? Tu penses que ce que j’ai envie là tout de suite c’est ton nom sur une tombe ? Et la suite de ses paroles m’en laissa bouche bée. Je ne trouvai plus les mots pour contrer ce qu’elle disait et à ce stade, je n’en avais même plus la force. Joan était têtue et l’expérience m’avait appris que nos disputes ne se terminaient jamais bien – lorsqu’elles se terminaient -. Nous finissions toujours par nous séparer car le poids de nos accusations pesait trop lourd et que nous venions à bout d’arguments. Elle venait justement de dépasser cette limite. Je n’avais plus rien à lui dire. J’avançai encore d’un pas, secouant légèrement la tête de gauche à droite. - Tu sais quoi ? T’as raison. Une bonne baise avec elle me fera oublier à quel point tu peux me les briser parfois. Ou alors non, je vais me shooter jusqu’à ne plus savoir qui je suis ni tout ce qui m’entoure. Sur ces paroles, je tournai les talons et me dirigeai vers la porte. Je n’avais pas envie de la laisser ainsi, pas dans cet état, mais toutes ces paroles m’avaient blessé, je l’avais blessée, et je ne savais plus comment m’en sortir. J’attrapai la poignée de la porte et me tournai encore une fois. - J’espère que la nuit t’ouvrira l’esprit.

_________________
If I look back I'm lost
« You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece . •• .unbreakable »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5274-milo-i-don-t-want-control
 

Catch me as I fall [PV Ezekiel]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» BLOOMER LEAH & KÉSAR — « catch me when i fall... » ♥
» Nergal Vs Ezekiel Jackson
» TWR 2vs2 The Rise and Fall of Rome
» Topic Catch
» Catch WWE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-